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 The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}

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Feuille de personnage
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MessageSujet: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   25th Décembre 2013, 04:33

Ce matin, c'était un petit oiseau qui était venu réveiller notre brun. Il avait frappé à la vitre avec son minuscule bec, l'air de vouloir rentrer dans l'appartement chauffé. Nana s'était simplement contenté de l'observer remuer ses ailes, une main en appui-tête. Il aurait apprécié pouvoir voler comme ce dernier. N'était-ce pas l'un des rêves les plus fous des hommes ? Peut-être que dans un avenir lointain, dans une dimension autre, un homme aurait-il la folie de voler. Peut-être parviendrait-on à faire s'élever dans les airs quelques boites de métal transportant une infinité de passagers. Il y avait tellement de rêves. Mais ces rêves permettaient de faire vivre ces fourmis, et perdurer les générations. C'était la science, et le besoin de rechercher continuellement le confort. Mais sans doute cela allait-il mal terminer. Les humains se détruiraient en construisant la science. Ils détruiraient l'essence même de la vie et finiraient par disparaître. C'est fou ce que notre chain pouvait réfléchir en observant ce petit oiseau bicolore taper contre le carreau. Il faisait visiblement très froid dehors et du gel apparaissait sur les bords de la vitre. Finn avait augmenté la température à l'intérieur de la bâtisse, et Nana dormait donc à peine habillé. En ce moment, il avait des nuits très agitées et se retrouvait la plupart du temps le nez à terre le matin venu. L'année dernière déjà, à l'approche de l'hiver et de la neige, Naaru ne parvenait pas à bien dormir. Il se réveillait souvent en pleine nuit, assailli par d'affreux cauchemars qui parvenait même à le faire transpirer, c'était pour dire. La chaleur le calmait bien, et il en devenait même frileux pour s'éviter des soirées cauchemardesques.

Qu'importe, à fixer ce petit oiseau blottit contre le carreau pour espérer sans doute recevoir un peu de chaleur de son intérieur, Naaru finit par se lasser de cette vue. Il ouvrit sa fenêtre, faisant rentrer beaucoup d'air frais. L'oiseau, lui, ne bougea pas. Il restait les yeux clos, roulé en boule. Le chain se risqua à le toucher, subitement intéressé. Il y eut un faible piaillement, mais le volatile ne s'anima guère. Alors, le brun se saisit du bicolore et referma la fenêtre. Il posa l'oiseau pas plus gros qu'un moineau sur son lit et partit se vêtir d'un kimono. Tout en refermant la ceinture sur sa taille, il s'autorisa un faible bâillement et s'accroupit pour mieux observer l'oiseau. Il n'aimait pas les choses immobiles. S'il était mort, Nana s'en débarrasserait directement en le jetant à la poubelle. Quelle heure était-il ? Pas tellement tôt, ni vraiment tard. Aux alentours de neuf heures un quart, sans doute. Il soupira en se rendant compte que sa nouvelle trouvaille n'allait peut-être pas tant l'égayer qu'il ne l'avait imaginé. Pourtant, à force de patience et de regard penché sur l'animal, ce dernier se mit à ouvrir les yeux, lentement. C'était deux petites boules noires et toutes brillantes d'humidité. La tête s'extirpa la première, d'abord timide, découvrant une tête jaune au collier et bec brun. Et puis, les ailes s'agitèrent, comme à la sortie d'un bain de rosée matinale. D'un beau jaune aussi qui se transformait en dégradé de marron au bout des ailes. C'était un beau petit spécimen d'une dizaine de centimètres. Sans être totalement sous le charme du minuscule volatile, Naaru ne put s'empêcher de lui sourire affectueusement. Il avait toujours aimé les animaux des forêts. Ou disons qu'il avait appris à les aimer. Alors, il se releva et fonça jusqu'à la chambre de Finn afin de lui montrer cette découverte. Mais la porte était ouverte, et le contractant avait déserté les lieux. Il désertait toujours les lieux très tôt, en revenant parfois très tard. Enfin qu'importe. Il entendit piailler l'animal dans sa chambre et le maudit l'espace d'un instant. Avait-il fait le bon choix ? N'aurait-il pas mieux fallu le laisser mourir ? Après tout, en l'amenant chez lui, il avait peut-être transgressé une chaîne alimentaire ? Peut-être que cet animal était la proie d'un plus gros, et qu'en supprimant cette nourriture facile, il condamnait le prédateur ? Beaucoup de choses passionnaient notre chain, si bien qu'il en devenait presque spécialiste à force de se renseigner.

L'oiseau continuait de piailler comme s'il avait faim. Mais le chain avait une certaine peur quant à l'idée de nourrir l'animal. Il craignait de le tuer s'il se mettait d'une quelconque manière à lui faire à manger. Et puis, le moineau jaune donnait l'impression d'être insectivore. Or, Naaru ne savait pas cuisiner les insectes. Tout comme il ne savait pas cuisiner tout court. Et il avait une flemme intense de chercher des insectes par terre. Moralité, il ne pouvait rien faire pour lui. Il râla donc quelques paroles tout en se dirigeant vers la salle de bain, choppant au passage une attache à cheveux qu'il coinça entre ses dents. Pourtant, for fut de constater que le chain n'avait pas pris de nouvelles habitudes. Il constata, blasé, que ses chouchous n'avaient plus aucune utilité à présent. Depuis l'accident des caramels, Nana ne s'approchait plus à moins de vingt mètres d'un quelconque ustensile de cuisine. Et évidemment, ses cheveux en avaient considérablement pâtis. Le pauvre chain en avait perdu ses repères et au final ses cheveux ont repris leurs droits, s'affaissant en une drôle de coupe qui, à vrai dire, ne lui déplaisait pas.

Au final, il a bien fallu nourrir le pauvre animal. Le chain a trouvé des graines, quelque part dans un tiroir. Comment, pourquoi, cela restait en suspense. En tout cas, elles étaient là, au bon plaisir de ces deux énergumènes. Puis, le garçon s'est mis à s'ennuyer. Tout d'abord, il s'est mis à relire des livres avec le bord du lit comme dossier. Puis, il s'est attaché à mettre l'appartement en bordel. Ça lui a pris un certain temps, puisque son nouveau petit jeu consistait aussi à cacher certains appareils. De cette manière, Finn s'énervait deux fois plus en rentrant. C'était vraiment amusant. Mais la source d'amusement ne revenait toujours pas. Alors, Naaru s'est de nouveau ennuyé. Le minuscule oiseau s'était mis à le suivre dès qu'il avait récupéré l'usage de ses ailes et voletait de droite à gauche, se prenant parfois quelques murs lorsque le chain déboulait d'on ne sait où. Pourtant, alors que l'après-midi sonnait déjà quatorze heures, le brun décida alors de sortir dehors. Il se changea, revêtant un ensemble aux couleurs marines et légèrement violettes, et ouvrit la porte afin de sortir. Le minuscule oiseau se posa alors sur son épaule et Nana fit soudainement demi-tour. Il entra en trombe dans la chambre de Finn et se saisit d'une de ses écharpes. Il n'avait, pour ainsi dire, jamais mis d'écharpe et ne portait toujours pas de chaussures. Ses bandes, pour s'accorder à ses vêtements étaient cette fois de couleur noire, l'assimilant presque à un ninja. En tout cas, c'est ce qu'il donnait l'air avec son écharpe autour du cou. Non, il n'avait pas spécialement froid, et ne risquait pas non plus de tomber malade. De toute façon, son haut de kimono était encore bien ouvert sur sa poitrine, si bien que malgré l'écharpe, on pouvait nettement apercevoir son torse mat. L'oiseau vint alors se nicher dans un enroulement de l'écharpe et se tut totalement. C'est ainsi que la petite troupe sortit de l'appartement.

Dehors, il faisait froid. Oh que oui, Naaru sentait nettement sus ses pas les dalles fraîches, mais cela ne l'affectait pas. La plupart des personnes le regardaient bizarrement, lui qui sortait avec une simple écharpe autour du cou et les pieds nus. Il regarda à droite puis à gauche, trouvant le décor bien glacial. Il y avait quelques lanternes aux boutiques, un peu d'animation dans les rues. Les enfants courraient pour la plupart, des moufles aux mains. Le chain ne parvenait pas à comprendre pourquoi cette période lui faisait si... froid dans le dos. Il ne parvenait pas à voir cette chaleur présent chez les enfants. Tout lui semblait tellement superficiel. Puis, il leva les yeux au ciel, contemplant les nuages gris assez menaçants finalement. Il eut envie de s'arrêter quelque part, histoire de ne plus penser à rien. Alors, ses pas le menèrent jusqu'à une petite fontaine, presque totalement givrée. Il observa le bleu de l'eau qui continuait à serpenter sous la barrière de glace. Alors, presque instantanément, les yeux de Michiyo lui revinrent en tête. Voilà, il avait trouvé quoi faire.

Rapidement, il remonta chez lui et se saisit précautionneusement de la boîte de caramel qu'il avait fait. Enfin, Finn l'avait beaucoup aidé -il avait presque tout fait- et lui avait même empêché de remettre un pied dans la cuisine. Bref, on ne changeait pas ses habitudes du jour au lendemain. En tout cas, il les avait fait de bon cœur, c'était le principal. En redescendant avec sa petite boîte, il se dirigea donc tout guilleret vers l'appartement de la demoiselle. Cependant, bloqué devant, il ne sut comment amener les choses. Allons bon, ce n'était pas vraiment dans ses habitudes de faire des cadeaux. Alors en plus il s'agissait de bonbons. Elle se moquerait sûrement de lui. Et puis, il réfléchissait trop aussi. Mais bon, après tout, c'était Noël non ? Le moment où on offrait des cadeaux. Nana l'avait lu quelque part, et puis de toute manière, il était difficile de ne pas être mis au courant. Il monta alors les escaliers jusqu'à ce qui, de mémoire, devait être la porte de l'appartement de Michiyo. Il toqua une fois, puis deux. Ah, elle n'était certainement pas là. C'était même grandement possible. En tout cas, Naaru n'allait pas s'encombrer de caramels toute la journée. Surtout pas de choses sucrées, à vrai dire. Alors, le chain eut une superbe idée. Il se dirigea vers le pot de fleurs et y déposa la boîte de caramels. Les clés se trouvaient une fois encore dedans, et cela fit rire notre brun qui se souvint des conditions dans laquelle il avait découvert l'emplacement de cette cachette. Le bruit fit s'ouvrir une porte en vis-à-vis de celle de Michiyo, et une femme déboula en se demandant ce qui pouvait bien amuser notre jeune homme. Il se retourna et lui lança un regard chargé d'amusement.

-Vous lui direz que je suis passé, quand elle rentrera !

Et sur ces paroles, le chain disparut dans la cage d'escalier, en riant comme un fou. Il n'entendit même pas les paroles de la dame et sortit l'air guilleret. Il soupira dehors et une gerbe de fumée s'échappa de ses narines. Bien, qu'allait-il pouvoir faire à présent ? Le petit oiseau semblait bien acclimaté, en même temps Nana était un chauffage ambulant qui émettait énormément de chaleur, peu importe la température extérieure. Il décida alors de se diriger vers un grand bâtiment. De nombreuses personnes, dans un style particulier que notre chain avait pourtant déjà croisé auparavant. Non, ce n'était pas Pandora. Ce costume-là, il le repérait de loin. Celui-là était beaucoup plus clair. Blanc, peut-être un peu gris par endroits. Il suivit ces personnes à contre sens, jusqu'à se poster devant cette grande bâtisse. Elle était imposante, et cela lui donna aussitôt envie de la découvrir. Se frayant un chemin à travers la marée d'élèves, il faisait un peu tâche dans son costume sombre. Allons bon, il n'aurait pas pu deviner que sa journée se passerait ici, sinon il aurait prévu le coup. Après tout, il avait lui aussi des vêtements très clairs chez lui. Mais pas ici, c'était le problème.

Il se dirigea alors dans les dédales de couloir, observant avec intérêt tout son entourage. On lui jetait des coups d'oeils sceptiques, quelques filles riaient bêtement à son passage, mais tant qu'on ne lui faisait pas spécialement une remarque, il continuait d'avancer. Après tout, il avait toujours une échappatoire : l'Abysse, même s'il ne comptait pas y aller de suite. Il s'arrêta l'espace d'un instant au niveau d'une salle et écouta la douce mélodie qui s'en dégageait. Ça le rendait curieusement nostalgique, pourtant, il n'avait aucun souvenir d'avoir déjà fait du piano ou d'avoir un jour écouté ces sonorités. Il resta en stase pendant de nombreuses minutes, puis partit autre part. Son chemin le mena vers la bibliothèque et il y resta de nombreuses heures. Le jour commençait presque à décliner lorsqu'il quitta la compagnie des livres pour préférer celle du soir. Naaru sortit donc à l'extérieur, ou plutôt dans la cour intérieure, et s'assit sur le rebord d'une balustrade, en fixant le ciel.

Puis, au bout de quelques instants, une jeune femme, plutôt petite, vint le sortir de ses pensées et ils discutèrent. Tranquillement. Quelque part, Naaru avait envie de retourner chez Michiyo. Elle l'avait trop manqué.  Alors, il délaissa sa jeune compagnie sans rien dire et parcourut les allées de la cour extérieure de Lutwidge sans piper mot. Ça lui parut long. Terriblement long. Alors, encore une fois, il se posa dans un coin, resta dans l'ombre et ferma les yeux. Il dormirait bien ici, sans que personne ne fasse attention à lui. Et peut-être qu'une fois encore, la demoiselle viendrait le réveiller pour lui demander de quitter les lieux en vitesse. Cela l'amusait et il se mit à rire doucement, de cette tonalité si particulière qui lui était propre. L'élément perturbateur pouvait bien arriver. Il y eut un petit piaillement d'oiseau près de son oreille puis ce fut la dernière chose qu'il entendit.

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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   30th Décembre 2013, 13:42

Le froid, tout le froid, rien que le froid. C’était la définition que Michiyo pouvait donner de la météo depuis plus d’une semaine. Si au début, elle n’avait pas trouvé le changement de température trop incommodant parce que les degrés étaient tombés doucement, la jeune femme changea bien vite d’avis. Effectivement, les températures avaient soudainement chutées, créant une vague de froid sans précédent dans ses souvenirs sur la Capitale. En même temps, ce n’était pas sur les souvenirs de la contractante qu’il fallait compter pour avoir de véritables informations. Bien au contraire. Pourtant, cette semaine se trouvait être véritablement rude. Dans un premier temps parce qu’il faisait vraiment trop froid et que réussir à se lever devenait une torture, la pire des tortures. Jamais une couverture voire deux ou trois n’avaient jamais été aussi utiles et surtout impossibles à quitter. Quant au reste, tous les gestes du quotidien qui ne se résumaient pas à rester sur le divan sous une couverture avec une boisson chaude ou alors dans un bain bien chaud était un défi de taille. C’était un peu pour cela que la jeune femme aux yeux clairs préférait l’été mais aussi pour une centaine d’autres points positifs. Comme par exemple le fait de pouvoir porter en général lors de ses sorties de tous les jours ou alors les exceptionnelles des vêtements plus ou moins légers, qui ne donnaient pas l’impression d’avoir pris dix kilos entre le moment où le pyjama avait été quitté et le moment où les vêtements d’hiver ont été enfilés. Bien évidemment, il en existait d’autre. Les maladies par exemple, le rhume qui n’existait qu’en hiver, parce que bon, en plus d’avoir froid, de grelotter, il fallait devoir éternuer toutes les dix secondes et vider quatre paquets de mouchoirs à la minute. Sans compter sur les chutes non prévues dans les rues à cause du verglas, devant tout le monde, alors qu’on avait pourtant fait particulièrement attention à ne pas se retrouver les fesses sur le sol. Les bleus à cause de ces dernières. La honte aussi, certes, la honte passe beaucoup plus rapidement que les bleus, surtout lorsque l’on a le caractère de la jeune membre de Pandora. Mais tout de même, le moral en prenait un coup. A cela se rajoute la mauvaise humeur, parce qu’il fait toujours mauvais, ce qui ne favorise véritablement les relations humaines. Pour preuve, même son petit chat ne quittait plus les endroits les plus chauds de l’appartement pour venir quémander quelques caresses. Le traitre. Les repas ne sont plus les mêmes non plus, là où il était toujours intéressant à l’été de manger quelque chose de léger et de frais, il devient limite vital de manger des repas qui remplissent bien l’estomac, reste dedans pendant trois jours. Ah oui, il était bien rare de ne pas prendre de poids pendant la période de grands froids mais aussi de fêtes. Heureusement pour Michi, celle-ci avait accès aux salles d’entraînement de l’organisation qu’elle servait pour se permettre de garder un minimum la ligne. Un bon point pour eux.

Néanmoins, la contractante devait avouer qu’elle aimait aussi l’hiver parfois. Parce qu’elle pouvait porter des vêtements relativement – extrêmement- doux qui lui donnait l’impression de câliner une peluche pendant des heures. Mais aussi parce que c’était la période des fêtes. Bon d’accord, Michiyo n’était pas la femme la plus sociable de tout Réveil, mais parfois, elle aimait passer du temps avec la plupart des individus qu’elle connaissait. Si, elle ne pouvait le faire avec sa famille qui ne répondait plus au téléphone depuis bien des années déjà, elle n’était jamais véritablement seule. Parce qu’elle avait son Chain dans le même appartement qu’elle en permanence. Tout de suite, se sentir seule, ça devait difficile. Puis parce que les habitants de l’immeuble semblaient avoir peu – ou pas- du tout de famille, en même temps avec les Chain et l’Abysse un peu partout, c’était assez facile de ne pas avoir de proches. Donc, pour les fêtes, les résidants allaient dans l’appartement le plus grand en ramenant quelque chose à manger et à boire et passaient toute la soirée et la journée ensemble. Certains d’entre eux n’avaient même pas la force de descendre les marches pour rentrer chez eux. Michiyo riait toujours de cette situation, parce qu’elle, ne buvait pas, au cas où quelque chose arriverait. Du genre un habitant de l’Abysse qui venait à s’inviter à leur table. C’était toujours utile de pouvoir ordonner à Michael de faire quelque chose et de pouvoir se défendre soi même. Pourtant, cette année, à l’approche des fêtes, la jeune femme se disait qu’il y avait peu de chances qu’elle puisse passer Noel tranquillement cette année. Du genre, que les missions lui tomberaient dessus. Mais bon, c’était les risques du métier, elle devait s’y faire. Peut être qu’en rentrant, elle viendrait finir la soirée avec eux. Avoir des habitudes, ça avait du bon pour la mémoire.

En attendant de recevoir les ordres d’affectation pour les prochains jours, la demoiselle flânait la plupart du temps au lit pour éviter de se faire mordre par le froid. Pourtant, elle devait se levait, alors elle s’entoura de sa lourde couverture pour se trainer jusqu’à sa cuisine. Les cheveux en bataille, grelottant et se dépêchant de faire son café. Bien chaud, bien corsé, histoire de se réveiller et de réussir à se motiver pour prendre un bain et partir au travail. Ce qui n’était pas une mince affaire. Alors, elle se dirigea une nouvelle fois vers sa chambre pour prendre un long et gros pull dans son armoire et le troquer contre sa couverture. Voilà, au moins, elle était libre de ses mouvements. Prenant son café à pleine main, elle se dirigea vers la fenêtre pour regarder le temps. Lâchant un soupir, elle remarqua alors que le ciel était blanc comme tous les autres jours de la semaine, mais qu’il ne neigeait pas pour autant. C’était presque frustrant. Fermant les yeux, elle avala une gorgée de café. La chaleur lui fit véritablement de bien, mais lui tira une grimace au passage. Voyant qu’elle ne pouvait donc plus rien avaler, Michiyo jeta le reste dans le l’évier, avant de secouer son Chain qui dormait encore sur le divan. Comme chien de garde, elle avait déjà vu plus réactif. Un mouvement de la main de la part de ce dernier lui permit de comprendre qu’il allait se lever. Par conséquent, la contractante se dirigea vers la salle de bain pour se réchauffer dans de l’eau bien chaude. Ah Dieu, que ça pouvait faire du bien. Si la jeune femme avait le choix, elle serait restée dedans jusqu’à ce que l’eau refroidisse. S’enroulant dans une serviette, la jeune femme se dépêcha de s’habiller avant d’avoir trop froid. Normalement, elle n’aurait mis que de vieux vêtements, mais pour le moment, on ne lui demandait pas ce qu’elle voulait, alors son uniforme de Pandora était obligatoire. Pour l’hiver, ils pourraient au moins prendre la peine d’en faire un plus chaud. Parce que bon, cette jupe et cette petite veste ne l’aidait pas trop.

Soupirant, elle vérifia que toutes les fenêtres étaient correctement fermées avant d’attraper son manteau et de faire sortir son Chain, qui lui aussi semblait ne pas apprécier la saison présente. Attrapant une grosse écharpe, la jeune femme ferma sa porte d’entrée et se descendit les escaliers pour se diriger vers un endroit bien précis en ville. Fourrant ses mains dans ses poches, elle souffla un peu et se faufila dans la foule. Son regard dériva lentement vers les magasins tous richement décorés pour les fêtes à venir. Si elle avait eu le temps, Michiyo serait rentrée dans beaucoup d’entre elles pour dépasser son argent en vêtement. Certes, la demoiselle savait qu’elle ne pouvait pas se le permettre, mais peut-être qu’avec la magie de Noel, elle aurait une surprise sous son sapin. Du moins, si elle prenait le temps de faire un sapin dans son salon. Avec la chance, il ne tiendrait pas très longtemps et finirait par tomber dans la nuit dans un fracas assourdissant. Baissant la tête pour se cacher un peu plus du froid, Michiyo marcha un peu plus vite tout en faisant claquer ses talons sur le sol et levant la tête pour vérifier que son Chain suivait toujours. En général, lorsque les hauts placés demandaient aux membres d’avoir leurs Chains le plus près possible d’eux, ça ne donnait jamais rien de bon. Après, ce n’était peut être qu’une fausse alerte et elle sortait de son chez elle bien chaud pour rien du tout. Ajustant son arme à sa ceinture, la contractante accéléra encore une fois le pas. Vite, vite, qu’il fasse plus chaud. Slalomant entre les individus. Si eux n’étaient pas en retard, elle si par contre, allons autant ne pas faire attendre ses coéquipiers plus longtemps.

Une dizaine de minutes plus tard, Michiyo Konoe se trouvait devant une bâtisse aussi grande que large. La jeune femme imaginait que cela devait rendre particulièrement bien lorsque le soleil laissait quelqu’un de ses rayons caresser lentement la pierre blanche, sauf qu’il était encore bien trop tôt pour imaginer que le soleil se montre pour le reste de la journée. En parlant de cela, quelle heure était-il ? A peine sept heures trente du matin certainement. Soupirant, la contractante franchit les grilles tout en observant les quelques étudiants se trouvant déjà sur les lieux. Des gosses, juste des gosses.  Rien de bien important. La seule chose qui semblait les intéresser au-delà des cheveux de la combattante était plutôt l’allure de l’homme à ses côtés. Michiyo devait bien l’avouer, Michael avait un don pour éviter que les individus ne viennent à trop lui parler de ses cheveux. Puis, il était un peu du genre à ne pas s’en intéresser plus que ça. Ce que les étrangers pouvaient penser de lui ne lui faisait ni chaud ni froid. Sur le coup, une image lui vint soudainement en tête. Celle d’un bel homme aux cheveux chocolat, aux yeux verts véritablement magnifiques. Au sourire ravageur et à une silhouette démoniquement sexy, ainsi qu’aux pieds nus. Un rire franchi alors discrètement ses lèvres en même temps qu’une quinte de toux. Ce qu’elle pouvait avoir mal à la gorge dit dont. En attendant, même sans avoir de nouvelles de Naaru, elle ne pouvait s’empêcher de penser à lui de temps à autres et cela simplement en faisant des gestes quotidien. Comme cacher sa clef dans le pot de fleurs près de sa porte d’entrée, d’ouvrir et de refermer inlassablement sa boite à pharmacie. De simplement porter son épée, se rappelant qu’elle devait aller remonter les bretelles au vendeur qui avait profité de son incompétence dans ce domaine pour lui vendre une arme possédant de multiples défauts. Pourtant, elle se devait de la garder encore quelques temps, histoire de pouvoir se défendre seule.

Tout en pensant au fait de devoir trouver le moyen, mais surtout le temps pour revoir Naaru, la jeune femme vérifia quelques pièces de la grande bâtisse pour trouver ne serait-ce qu’un seul de ses collègues en train de se reposer après sa nuit de garde ou faire son rapport. Sauf qu’elle ne tombait que sur des salles de classe et parfois même des bibliothèques. Apparemment, les élèves étaient particulièrement travailleurs, puisque certains s’y trouvaient déjà et depuis longtemps en vu des nombreuses feuilles autours d’eux. Demandant son chemin à un jeune homme, la membre de Pandora intima l’ordre à son compagnon d’infortune de trouver un coin d’observation tranquille. Autrement dit, de partir explorer les alentours et arrêter de faire peur à la plupart des jeunes adultes qu’ils croisaient tous les deux. Soit dit en passant, Michi avait l’impression que si elle ne portait pas une arme à la ceinture et un uniforme différent de celui qui rentrait dans la catégorie scolaire, elle pourrait allégrement être confondue avec l’un d’entre eux. De part sa petite taille et son visage bien trop jeune. Maudit contrat. Fourrant une nouvelle fois ses mains dans ses poches de manteau, elle se dirigea vers une pièce qui semblait être l’infirmerie tout en pensant que le fait d’avoir des lits à l’intérieur pourrait signifier trouver un autre membre. Bien heureusement, ce fut le cas. L’un d’entre eux, se tenait assis sur un lit, les cheveux encore en bataille, une tasse fumante à la main.  En voyant débarquer la nouvelle venue, celui-ci expliqua qu’il avait passé la nuit à faire des rondes dans tout le domaine et qu’il se reposait en attendant la relève , autrement dit elle et d’autres de ses collègues. Michiyo s’approcha de ce dernier pour reprendre un tas de feuilles contenant les informations qu’elle ne connaissait pas encore. D’un geste de la main elle le remercia tout en faisant demi -tour.

Les yeux rivés sur les quelques feuilles, une lecture en diagonal et le reste du chemin fut rapidement fait. Jusqu’à ce qu’elle comprenne, que son poste d’observation se trouvait à l’extérieur. Maudit enfer. Remettant correctement l’écharpe qu’elle portait autours de son cou, Michiyo s’élança dans le froid qui vint lui lécher avidement le visage. Grimaçant, elle se dirigea tout de même vers le reste de ses collègues, éparpillaient sur le même territoire. Posant son sac contenant de quoi manger et boire sur un petit muret, la jeune femme qui venait de comprendre qu’elle allait devoir faire le piquet pendant des heures se trouva une place et se contenta d’observer les alentours. Jusqu’à ce que l’un de ses supérieurs ne vienne la voir.

« On doit voir ton uniforme pour savoir qui tu représentes. Enlève ton manteau.»

Pouvait-il répéter ce qu’il venait de dire ? Hors de question ! Il faisait véritablement trop froid pour qu’elle risque de quitter le peu de chaleur qu’elle possédait. Pourtant, ce dernier insista lourdement, ce qui força – pour avoir la paix- la combattante à enlever le plus lentement possible son long manteau pour le poser avec le reste de ses affaires. Maudissant de tout son être cet homme tout en souhaitant qu’il tombe malade pour quelque jour. Histoire qu’il comprenne qu’il pourrait avec cette mauvaise idée d’uniforme voyant, faire tomber la moitié des effectifs présents. Regardant sa montre, la jeune femme comprit qu’elle ne pourrait avoir de pause – donc se réchauffer- que dans quelques heures. La journée allait être longue. Très longue.

Ce qui fit que Michiyo s’ennuya rapidement et très profondément. Les mains dans le dos, l’épée à sa taille, elle attendait que le temps se décide à passer plus vite. Parfois, la jeune femme se demandait bien ce qu’elle avait pu faire dans une vie antérieure pour que ses employeurs lui donnent inlassablement des missions dans lesquelles elle se devait de ne pas bouger. Cette fois ci, Pandora avait été mis en place dans une école pour gosses de riches à l’uniforme immaculé parce qu’une alerte au Chain avait été déclenchée – certainement infondée- quelques heures plus tôt. Alors, pour être certaines, les plus hauts placés avaient décidé que tous les membres libres devaient se rendre à Lutwidge uniquement pour surveiller la potentielle présence de danger.  Alors, depuis 7h30 le matin même, la membre de Pandora était sur place, à regarder les allers et venues des étudiants tout en baillant et discutant avec eux de temps à autre. Bien évidemment, la demoiselle ne trouvait rien d’intéressant à faire ça, mais c’était ainsi. Michi souffla alors dans ses mains pour les réchauffer tout en fouillant dans l’une des poches de son sac non loin d’elle pour y trouver une paire de gants en cuir. C’est en reprenant par la suite sa place, que des élèves vinrent la déranger. Apparemment, elles avaient comprises que ces hommes et femmes en noir et blanc étaient là pour les protéger. Par conséquent, elles venaient – parce qu’elle était l’une des seules femmes à cette emplacement et qu’elle paraissait jeune- pour lui expliquer qu’un homme en tenue étrange traînait dans les lieux depuis quelques temps et qu’il semblait s’être endormi non loin d’ici. Mais la chose la plus frappante était qu’il ne portait pas de chaussures.

Pendant qu’elle écoutait, la contractante esquissa un sourire, la description de la personne lui rappela étrangement quelqu’un, tout comme la situation soit dit en passant. Mais, si c’était véritablement la personne à laquelle elle pensait, cette dernière avait vraiment le chic pour se mettre dans de telle situation. Michiyo en vint même à plaindre son colocataire, qui devait très souvent se demander dans quel pétrin son ami avait pu se mettre. Bougeant d’un pied à l’autre pour ne pas faire de mouvement trop brusque, la membre de Pandora informa ses collègues les plus proches – pour être certaine que le mot passe bien jusqu’au patron- qu’elle allait jeter un coup d’œil à cette affaire d’étranger mystérieux assez fou pour ne pas porter de chaussure avec un tel froid. Cherchant du regard son Chain avant de partir, elle le remarqua sur le toit d’une tour, à surveiller les moindre faits et gestes des individus aux alentours, mais aussi de sa contractante. Ah, il n’allait pas être très facile d’échapper à ce dernier si elle ne se trompait véritablement pas de personne. Baissant de nouveau la tête, Michiyo quitta sa place et parti voir cet homme si étrange.

Il n’y avait que quelques mètres à faire pour se trouver à l’endroit décrit par les jeunes filles, et d’un rapide coup d’œil, ne tarda pas à trouver une silhouette qu’elle connaissait presque par cœur, étendu de tout son long à l’ombre d’un coin non loin d’elle. Franchissant les derniers mètres qui les séparaient en essayant de canaliser sa soudaine bonne humeur, Michiyo se pencha au dessus du visage qui lui était revenu en mémoire à son arrivée dans cette école quelques heures plus tôt.

« Mr Irwin, il semblerait que vous vous trouvez toujours dans les endroits où l’on ne vous attend pas ».

La voix qui sortie de la gorge de la jeune femme n’avait pas la même tonalité qu’habituellement. Non, les mots avaient bien des difficultés à quitter sa gorge. Déraillant parfois. Ca faisait presque trois jours qu’elle devait aller travailler avec cette voie enrouée et pratiquement éteinte. Si, désormais elle revenait doucement, ce n’était pas encore ça, la forçant alors à garder une lourde écharpe pour éviter d’aggraver son cas, même si avec le simple port de son uniforme, ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Pourtant, la jeune femme n’y pensait déjà plus, la simple vision de Naaru si près d’elle lui donnant une touche de bonne heure inespérée. Même si elle trouvait cela particulièrement risible de le trouver dans les endroits où Pandora se trouvait en général. Dans les lieux où il pourrait se trouver en danger. Mais ce n’était pour lui déplaire, bien au contraire. Pliant alors ses jambes, elle se retrouva non loin du visage du bel au bois dormant. Du moins au Lutwidge dormant semblerait-il. Gardant un léger sourire sur le visage, elle l’embrassa sur le front.

« Ne fais pas semblant de dormir pour que je t’embrasse surtout ! »

Une petite touche d’humour ne fait pas de mal de temps à autre, même si le plus amusant pouvait être les hauts et les bas dans sa voix habituellement féminine. Ah, lorsqu’il se réveillerait, Michiyo pourrait parier qu’il allait certainement se moquer de ses quelques soucis vocaux ou alors il s’inquiéterait. Tien, finalement, la jeune femme ne pouvait pas réellement dire comment il allait réagir, ce qu’il penserait et ce qu’il dirait. C’était un peu ça le plus intéressant avec Naaru. Le fait que ce soit un Chain imprévisible et qu’il pouvait réagir n’importe comment, parfois même, réagir d’une manière différente à laquelle la jeune femme s’attendait. Allons bon, dormait-il véritablement finalement ?


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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   25th Janvier 2014, 11:05

La patience. Une qualité qui seyait parfaitement à notre Nana adoré. Enfin, tout dépendait de la chose à attendre. Dans le cas présent, la patience n'était pas vraiment son fort. Il était quelque peu déçu de ne pas avoir trouvé Michiyo à son appartement,et se sentait terriblement seul. Voilà pourquoi il s'était dirigé vers un endroit susceptible de le sortir de son ennui. Sa nature de chain lui posait parfois quelques problèmes. Il n'avait pas vraiment d'obligations, et les journées passaient les unes après les autres sans qu'il n'ai à s'en plaindre. Bien sûr, en contrepartie, il pouvait risquer sa vie tous les jours. Mais qu'importe, c'était le prix à payer, et il l'acceptait les bras tendus. Pour lui, tuer n'était pas une besogne. Parfois, c'était une véritable joie. Naaru était un peu fou, mais quelle créature de l'Abysse n'était pas aussi détraquée que lui ? L'Abysse était en soi un monde déformé, une dimension poubelle où ne régnait qu'un chaos complet. Des dizaines de chains disparaissaient par jour, peut-être plus. On luttait pour sa survie, sans être persuadé de vouloir le faire. Après tout, à quoi cela rimait-il ? Vivre pour ne pas mourir ? Mais vivait-il dans l'Abysse ? En se posant ces innombrables questions, Naaru soupira. La vie ici lui offrait au moins un sens. Il se levait chaque jour pour apercevoir le soleil et fixait la lune apparaître peu de temps après. Voilà comment il se figurait le monde. Une danse de deux astres et des millions d'individus régis  par ces derniers.

Doucement, le chain s'était retrouvé face à cet immense infrastructure. Lutwidge d'après l'écriteau à la porte. Il voyait de nombreux jeunes en sortir ou en rentrer avec des drôles de tenues blanches. Naaru n'aimait pas trop les couleurs fades. Et le blanc en faisait parti. Sans détester cette couleur, il la trouvait vide de sens. Et ici, il témoignait l'envie de trouver un sens. Le noir... le noir quant à lui, il le considérait un peu comme l'Abysse. Un néant. Voilà pourquoi il portait toujours des habits clairs. Un peu plus tard, le chain se retrouvait à l'extérieur de la cour de Lutwidge et scruta le ciel sans vraiment savoir pourquoi. Il était couverts d'épais nuages gris, comme prêt à déchaîner une tempête. D'ailleurs, il y avait un vent relativement fort ici. Il entendit un piaillement dans son écharpe et se souvint du minuscule drôle de moineau qu'il avait recueilli le matin même. Ils donnaient l'air de bien s'entendre. Sans rien lui dire, Naaru lui sourit affectueusement et laissa échapper un petit nuage de fumée de sa bouche. C'était désagréable de respirer. Vraiment désagréable. À chaque fois que ses muqueuses recevaient l'air frais, il avait l'impression que tout ses conduits d'air piquaient. Il n'aimait clairement pas l'hiver. Heureusement que sa chaleur corporelle suffisait à luter face au froid, car il ne supporterait guère d'avoir à se vêtir comme ces autres humains. Il les trouvait totalement ridicule, avec leurs peaux et leurs fourrures. Lui, s'il avait pris une écharpe, c'était uniquement pour pouvoir transporter le petit animal sans avoir à s'en occuper constamment. Mais il gardait les pieds nus et son haori dévoilait comme d'habitude son torse mate.

Quelques minutes plus tard, Naaru décréta que la sieste se ferait plus tôt que prévu. Il discuta quelques instants avec une personne puis alla s'installer dans un coin sombre à l'extérieur où il ne tarda pas à fermer les yeux. Il sentait la fraîcheur sur son visage, et haussa les épaules pour se cacher de son écharpe. Il n'avait pas froid, mais cela le gênait. Le petit piaillement du volatile  fut la dernière chose qu'il entendit, avant d'être subitement réveillé par un immense cri venu du fond des âges. Mais était-il vraiment réveillé ? Non. Il le sentait. Il était debout, quelque part dans la neige. Mais il ne neigeait pas ici à Réveil. Alors pourquoi est-ce que les flocons tombaient inlassablement. Le décor autour de lui était flou, mais il n'avait pas de souvenir d'avoir des troubles de la vision. Alors, tout indiquait qu'il était dans un rêve. Pourtant, il jouait son rêve à la première personne. Et il avait froid. Terriblement froid. Il n'accueillait pas la neige et la craignait même. De nouveau, ce cri retentit. Naaru regarda à droite puis à gauche tout en continuant d'avancer. Il était dans une forêt, visiblement. Il percevait avec difficulté les troncs d'arbres. Et il marchait sur une route. Cette fois-ci, le hurlement se fit plus proche, beaucoup plus proche. Alors, Naaru courut. Dès lors, il sut que ce n'était pas lui. Depuis quand fuyait-il face au danger ? Il rêvait forcément. Pourtant, il courait. Et plus il courait, plus son cœur s'accélérait. Il continua de battre, inlassablement, tellement fort que sa poitrine semblait prête à exploser. Puis, soudainement, quelque chose le plaqua sur le sol, et en se retournant, il discerna une immense bête blanche. Biiiiiip. Le cœur qui lâchait.

Le chain se réveilla instantanément, transpirant malgré la fraîcheur. En passant une main dans ses cheveux, une mèche vint se placer devant ses yeux. Il constata qu'elle arborait une couleur blanche. Ce n'était pas rare, en cette saison. Ne pas parvenir à se maîtriser comme il le souhaitait. Naaru était toujours un peu plus stressé et sur les nerfs en hiver. Et plus les années passaient, plus cela se renforçait. Parfois, ce devenait une torture de dormir, alors il restait dans son lit et accumulait les nuits blanches. Et plus cela se produisait, plus son morale diminuait. Cela paraissait insensé, mais le chain n'était pas toujours une partie de plaisir. Tout en ruminant des idées noires, le chain remarqua que quelqu'un l'observait, de l'autre côté de la cour extérieure. Aussitôt, afin de ne pas effrayer – et surtout pour ne pas se faire virer – il reprit des couleurs un peu plus naturelles. Les albinos ne courraient tout de même pas les rues, et surtout pas ceux avec des yeux aussi luminescents que les siens. La personne de l'autre côté, conscient ou conscient d'avoir été repéré(e), fila dans l'enceinte du bâtiment, portant ses cours dans ses bras. Cependant, le chain ne chercha pas à la rattraper et réintégra sa place. Tiens, il n'entendait plus le petit oiseau dans son écharpe. En déroulant cette dernière dans ses doigts fins, il constata tranquillement que l'oiseau avait pris son envol. Voilà, à présent, il possédait une écharpe qui ne lui servait officiellement plus. Il l'enroula néanmoins autour de son cou et croisa les bras tout en fermant les yeux, cachant son nez et sa bouche dans l'épaisse écharpe. Cependant, il ne s'autorisa pas à rêver, et se força à garder l'esprit vide. Cela le mena lentement dans un espèce de demi sommeil dont il était facile de ressortir. Il ne rêvait pas, ne dormait pas. Pourtant, il restait immobile, attendant la première personne qui viendrait le déranger. Pour l'époque, on aurait presque pu dire qu'il hibernait.

Sans ouvrir les yeux, Naaru sentait qu'on l'observait. Mais il restait stoïque et silencieux. La présence disparut de nouveau. Cette mascarade dura encore quelques minutes, jusqu'à ce qu'enfin il sente une présence beaucoup plus rapprochée. Malgré tout, ravagé par une flemme immense, le chain garda les yeux clos. La personne passerait certainement son chemin, comme toutes les autres. La mauvaise humeur revenue, il bougea d'un demi-centimètre pour prendre une autre position. De l'extérieur, il n'y avait aucune différence.

Pourtant, la présence restait devant lui. Allons bon, l'épiait-elle ? Son souffle disparut lorsqu'il sentit cette personne bien plus proche. Puis, son caractère changea du tout au tout lorsqu'il perçut une voix aiguë. Elle était assez différente, mais Naaru la reconnaissait malgré tout. Un sourire étira ses lèvres dans son écharpe, mais il resta immobile. Il entendit son nom prononcé, et une petite remarque bien placée. Oui, il était toujours bien placé. Aux endroits stratégiques. De toute façon, peu importe l'endroit, il finissait toujours par attirer l'attention. Que ce soit à cause de son charme naturel ou son accoutrement. La plupart du temps, c'était plutôt pour la seconde raison. Il était quelque peu fier de lui aujourd'hui. Finalement, il était parvenu à tomber sur Michiyo. Ah, rien qu'au souvenir qu'il en gardait, son visage s'illumina. À travers ses paupières closes, ses yeux pétillaient d'amusement. Un changement d'état d'esprit si rapide, pas de doute, Naaru n'avait pas changé. Pourtant, il repensa à ce rêve et reprit une attitude plus neutre. Le chain sentit du mouvement grâce au vent. Quand il fermait les yeux, ses autres sens étaient multipliés. Il pouvait presque sentir l'odeur si particulière de Michiyo. Un parfum naturel ou non, il l'aimait. Puis, il reçut un baiser sur le front. Tâchant de garder un semblant de dormeur, il ne put retenir une moue un peu déconcertée. D'accord, il gardait ses lèvres cachées sous l'épaisse écharpe, mais tout de même, un baiser sur le front, c'était un peu léger à son avis. À cela, la demoiselle avança qu'il faisait semblant de dormir. Bien déduit. Naaru était plutôt doué pour imiter l'endormi et beaucoup d'autres choses encore. Alors, doucement, il ouvrit un œil émeraude, l'air de sortir d'un profond sommeil et fixa la demoiselle aux cheveux bleus. Il passa alors son écharpe sous son menton, de manière à dévoiler son visage et un sourire en coin. Il tira la langue puis répondit :

-J'attendais simplement la première personne susceptible de me réveiller, et il semble que tu sois la première à faire le premier pas. Ça me rappelle des souvenirs.

Son deuxième œil s'ouvrit puis il se leva, prenant les mains de la jeune femme pour la relever avec lui. De cette manière, il la dépassait d'une tête. Il put pleinement observer son visage. Elle était peut-être un peu plus pale que d'habitude, ou bien était-ce la luminosité qui provoquait cet effet. Sans doute faisait-il aussi froid. Naaru ne pouvait le dire avec exactitude, mais quelque chose n'allait pas chez elle. Sa voix. Oui c'était ça. Sa voix chevrotait. Pour être tout à fait honnête, ça lui donnait envie de rire. Mais il refusa de se moquer. Puis il constata avec un certain temps de retard qu'elle possédait elle aussi une écharpe aussi épaisse que la sienne. Il se gratta la tête et souffla doucement.

-Finalement, cette écharpe ne me servira à rien.

On ne pouvait pas dire qu'il n'appréciait pas de la porter autour du cou, mais voilà, ça le maintenait un peu trop au chaud à son goût. Son corps réagissait face à la chaleur de l'extérieur, sans tenir compte de ce qu'il portait. Résultat, il avait terriblement chaud au cou. Il décida donc de relâcher considérablement la pression autour de son cou. Il retira son écharpe puis la remit en ne faisant qu'un tour et demi, de manière à ce que chaque pan tombe devant et dans son dos. Voilà, il se sentait beaucoup mieux. Michiyo devait avoir un peu froid, voir même très froid. Quelle idée de porter une jupe en cette saison. Il savait les humains exposés à la fraîcheur et aux maladies. Puis, il nota que c'était l'uniforme de Pandora. Allons bon, n'avaient-ils pas de tenue d'hiver ? Pour une aussi grosse entreprise, ils pouvaient se le permettre tout de même. Il déposa ses mains chaudes de chaque côté du visage de Michiyo et remarqua une grosse différence de température.  Ses sourcils se froncèrent légèrement sous cette observation, puis il reprit un regard plus doux et ajouta :

-J'irai me plaindre à tes supérieurs si tu tombes malade.

À cela, Naaru posa son front sur celui de la jeune dame et resta un instant comme ça. Oui, il y avait clairement une grosse différence de température. Le chain était déjà un cran au-dessus de la moyenne humaine, mais avec l'hiver cet écart se renforçait. Puis, il rapprocha son visage du sien et prit possession de ses lèvres avec un douceur extrême. Un baiser d'une ou deux petites secondes, discret et furtif. Puis, il se détacha et mit ses mains dans ses manches, comme à son habitude. Il jeta un coup d'œil à gauche et vit qu'on l'observait encore. Ah, il n'avait peut-être pas choisi le bon endroit pour être tranquille. Certes, ils étaient tous les deux au calme, mais cet endroit pullulait d'humains curieux. Et Naaru les acceptait jusqu'à un certain point. Il rentra les épaules comme parcourut d'un frisson et afficha un regard meurtrier. Oh, le chain ne faisait jamais les choses à moitié. Lorsqu'il pensait à quelque chose, il le pensait jusqu'au bout, poussé à l'extrême. C'était le prendre comme un minerai brut, sans chercher à en faire un beau bijou. Après tout, ce n'était rien d'autre que sa nature. Changez-le, et il ne sera plus le même. Cela paraît pourtant logique. De plus, son humeur du moment se concentrait sur le froid malgré la présence de la jeune demoiselle. Ça n'ajoutait rien de bon. Cependant, en recentrant son regard vers Michiyo, ses yeux se plissèrent en un joyeux sourire, bien loin du précédent. Il espérait qu'elle n'avait pas repéré ce changement d'humeur ou qu'elle ne poserait pas de questions. Enfin. Mieux fallait-il pour lui choisir un sujet.  

-Alors est-ce que c'est encore moi qui t'amène ici ou tu es en mission ?

S'il demanderai s'il la dérangeait ? Non. La première fois non plus, il ne lui avait pas demandé s'il la dérangeait. Il disposait. C'était une sale habitude, certes. Enfin, chacun vivait avec les défauts de l'autre.

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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   23rd Février 2014, 07:15

Le froid n’est pas toujours celui qui rend malade, l’été non plus. Non, bien au contraire, ce ne sont pas les saisons qui sont capables de rendre faibles et pitoyables pendant quelques jours. Des larves sans courage créant le besoin de rester au chaud dans un lit ou le cas échéant sur le divan, mais surtout pas de travailler. Le moindre mouvement devient une torture, la simple idée de manger tend à rendre bien plus malade qu’à la base. Pourtant, il faut des forces pour s’en sortir, le sommeil n’est pas le seul élément à prendre en compte. Que peut-il bien faire de toute façon ? Il n’aide pas à aller mieux, loin de la là même, les nuits paraissent longues et tellement fatigantes, après tout, Morphée n’accepte pas tout le monde dans ses bras. Il faut valoir quelque chose et surtout être en bonne santé, les malades doivent faire des efforts de leurs côtés. Boire des thés, des soupes plus imbuvables les unes des autres, se forcer et prendre sur eux pour se sentir soudainement mieux. Du moins le croire. Parfois, ils ne peuvent pas s’en sortir seul, alors ils appellent un parent ou même un voisin, n’importe qui du moment que la compagnie puisse aider à combattre les microbes. Soudainement, il n’existe plus de rivalité ni même de rancœurs cachées, bien au contraire, tout est bon pour avoir une personne faisant tout à sa place pendant quelques jours. Bien évidemment, il faudra certainement rendre le service à un moment ou un autre, avec un peu de chance ce serait seulement garder les gosses bruyants pendant que les parents iraient prendre du bon temps à l’extérieur ou tout simplement manger au restaurant. Ce n’était pas cher payé pour ne pas avoir à se lever pour entretenir la maison ou l’appartement pendant le repos. La seule chose pouvant alors faire du bien est un bain ou une douce bien chaud, les muscles se détendent, la fumée permet de respirer un peu mieux. Ou alors, c’est bien pire, la chaleur fait tourner la tête, le malaise arrive donc et il faut obligatoirement retourner s’asseoir le plus vite possible. La maladie est la torture la plus douloureuse que le tout puissant n’est jamais inventé. Avec ça, s’il n’avait pas puni les plus récalcitrants, jamais il ne le ferait, c’était sûr et certain. Ah, les plus anciennes générations pouvaient bien rivaliser d’inventivité avec l’écartèlement ou bien  la lapidation, parce qu’il suffisait d’une bonne grippe pour tuer la moitié d’une ville. Suffisait-il seulement de prendre l’exemple de la peste. Certes il existait des médicaments, mais ce n’était rarement des remèdes miracles et sans un peu de volonté c’était difficile de s’en remettre. Pourtant, l’hiver n’y était pour rien.

Alors pourquoi ? Pourquoi Michiyo était-elle malade si ce n’était à cause du froid et des microbes partout dans Réveil ? Un mauvais sort ? Non, c’était purement impossible. Au fond, l’être humain tombe très souvent malade parce qu’il se croit malade après une petite douleur non identifiée. Tout n’est souvent que mental, tout comme la guérison au fond.  Sauf que la jeune femme ne se souvenait pas avoir cru un seul moment être malade avant que les premiers symptômes ne la clouent au lit. Du moins auraient du la clouer au lit, parce que bon, le loyer ne pouvait pas encore se payer tout seul, alors il fallait bien se lever pour aller travailler, donner ses microbes aux autres collègues et retourner chez soi trois voire quatre heures plus tôt. Alors non, ce n’était pas psychologique mais bien physique. Puis bon, qu’est ce qui n’allait pas dans sa vie pour la rendre malade de toute façon ? Rien du tout. La membre de Pandora s’ouvrait chaque jour un peu plus au monde même si ce n’était que par petites touches aléatoires et non récurrentes. Faisait de l’exercice quasiment tous les jours donc ne pouvait pas se plaindre d’avoir pris trop de poids parce que ce n’était pas vraiment le cas. Bon d’accord, Michi savait que sa taille qu’elle considérait comme petit – apparemment moyenne pour le reste de la société féminine- d’un mètre soixante sept avait longtemps été un sujet tabou, mais ce n’était plus le cas désormais. Alors non, pas le poids ni même la taille. La solitude n’était pas un facteur non plus puisqu’elle avait quasiment en permanence son Chain avec elle et c’était une compagnie qu’il était difficile d’ignorer ainsi qu’un petit chat qu’elle adorait tout particulièrement dès qu’elle rentrait chez elle. Alors quoi ? Comment et pourquoi ? Les sentiments ? Oui la combattante en avait et ne pouvait les nier. Mais au contraire, elle se sentait plutôt bien en y pensant, certes Naaru lui manquait tout particulièrement et elle se demandait très souvent comment ils pourraient se retrouver, mais de là à en tomber malade, ça devenait extrême. Parce qu’elle était quand même assez autonome comme jeune femme et ne se voyait aucunement dépendre de quelqu’un.  Non, c’était bien de la faute de l’hiver, du froid et des dizaines de personnes malades dans l’immeuble. Voilà, au diable la théorie de la psychologie malade. Qui était donc le fou qui avait pu écrire ou dire de telles inepties ?

En attendant, la demoiselle aux cheveux bleus se sentait plutôt faible et n’arrivait pas à se concentrer. Le comble pour un membre de Pandora qui devait prendre la relève du groupe de nuit le matin même. Certes, c’était plutôt difficile de trouver le courage d’aller travailler tout en sachant que la nuit avait été très longue et pourtant très courte à la fois, entrecoupée de multiples quinte de toux et de gorge pâteuse, forçant à se lever pour prendre de l’eau. Parfois, elle détestait même son Chain qui à son contente permanent de peut pas tomber malade. Le fourbe, pourrait-il au moins la soutenir au lieu de se moquer d’elle face à ses yeux rougis et son visage pâle, elle se vengerait pour sûr lorsque sa santé ira mieux même si pour le moment son esprit refusait de réfléchir. Pourtant, Michiyo dû trouver on ne sait où le courage de se lever, se préparer et partir pour un établissement scolaire, Lutwidge apparemment. Quel nom étrange, même avec beaucoup d’entraînement la jeune femme n’arrivait pas à le prononcer correctement. Quelque chose la dérangeait et c’était ainsi. Peut être qu’avec le temps elle aurait le déclic, peut être.  D’après ses recherches, il n’y avait rien d’autres que des enfants de familles plus ou moins riches apprenant à vivre dans une cage dorée tout en apprenant des matières et à jouer des instruments tout autant stéréotypé pour les riches. Certes, Michi avait appris à jouer du violon lorsqu’elle était plus jeune dans un des nombreux orphelinats qu’elle avait visité. Même si ça faisait des années que la contractante n’avait plus touché à cet instrument et était certaine de ne plus savoir en jouer. Pourtant, elle était presque certaine que ce genre d’école dispensait des cours de cuisine et de couture pour les adolescentes. Non mais, de la couture, du genre savoir recoudre le vêtement de son mari légèrement abîmé lors du travail tout en regardant le joli repas concocté toute la journée uniquement pour lui. Michiyo retint alors un frisson, Bloody Hell, que quelqu’un abrège ses souffrances si elle devait devenir comme cela. Les femmes devaient être des aventurières avant de devenir des mères.

Finalement, la jeune femme se retrouva à devoir simplement regarder les allers et venus des étudiant et de leurs professeurs entre les nombreux bâtiments et ce en étant débout. Sur le moment, elle en vint même à se demander si la soit disant attaque au Chain et par conséquent contractant illégal n’était pas une mauvaise excuse pour que Pandora ne vienne vérifier que rien de mal ne se passe dans cet établissement.  Certainement une famille un peu trop aisée qui avait de l’argent et le temps des autres à dépenser pour que leur petite progéniture ne se fasse pas attaquer par un chien errant. Comme ci les membres de la grande organisation n’avait pas d’autres choses plus importantes à faire, comme par exemple surveiller de vrais contractants illégaux dont les sources sont sûres et bel et bien vérifiées. Fermant alors les yeux, la demoiselle étouffa un bâillement tout en regardant passer le même professeur pour l’énième fois. Son esprit fonctionna alors de nouveau, oubliant quelques minutes que la membre de Pandora était gelée sans son manteau. Alors, qu’enseignait-il comme matière ? Un professeur de mathématiques ou bien de langues étrangères ?  Peut être même les deux à la fois, ce n’était pas impossible après tout. Michiyo se voyait mal enseigner quelque chose à des personnes plus jeunes qu’elle, non pas parce qu’elle ne s’en sentait pas capable, mais surtout parce qu’elle ne pouvait aucunement rester tranquille pendant de longues journées ou alors corriger des copies toute une soirée. Puis, il fallait avouer qu’elle était entrée dans Pandora assez jeune et que l’enseignement dans les orphelinats ne donnait pas du tout envie de continuer de longues voire très longues années. Bon après, Michi n’était pas plus bête qu’une autre, mais la patience n’était juste pas son fort.

Alors que la contractante sentait son corps s’engourdir de plus en plus et la fatigue venant la frapper de nouveau, elle eut l’occasion d’être celle avec qui un groupe de jeunes filles voulaient parler. Non pas pour lui demander ce qu’elle faisait ni même comment elle se sentait. Non, juste pour dire qu’elles avaient vu un individu étrange dormir dans les jardins un peu plus loin et que personne ne voulait s’en approcher. Ce fut une occasion en or de se réchauffer un peu tout en bougeant que Michiyo ne pu s’empêcher de saisir, affirmant à ses supérieurs qu’elle allait voir ce qui se passait. Ce que la jeune femme fit très rapidement. Parce qu’elle connaissait très certainement l’homme mystérieux qui semblait tellement inquiéter ces demoiselles et qu’elle ne pouvait que se réjouir de sa présence. Ses pas étaient légers mais particulièrement rapides. Il ne fallait surtout pas perdre de temps, parce que la membre de Pandora savait qu’il pouvait partir d’une minute à l’autre et ce sur un coup de tête. Que ses yeux pourraient manquer une chance non négligeable de le revoir enfin. Cela faisait combien de temps maintenant ? Une semaine voire même deux. Michiyo ne s’en souvenait pas parfaitement parce qu’elle n’avait pas eu le temps d’y penser. Depuis qu’elle était partie de chez son contractant, elle n’avait fait que de travailler et d’essayer de se soigner un peu, alors bon, compter les jours n’était pas le premier dans la liste de ses priorités. Ses pas ralentir alors lorsqu’elle se retrouva non loin du lien indiqué. Et si Naaru avait changé d’avis et ne voulait finalement pas la voir ? Parce que si elle n’avait pas cherché à le revoir tout en sachant où il habitait, lui non plus n’avait pas fait le premier pas. En y pensant bien, leur relation était véritablement étrange. Chacun semblait heureux de voir l’autre lorsqu’ils se tombaient dessus par la plus grand des hasards, mais en dehors de ça, ni lui ni elle ne se bougeait pour fixer un autre rendez vous. Puis, bon, ils étaient toujours en train de se contredire, pour des personnes ayant des sentiments l’un envers l’autre, c’était plutôt étrange.

Malgré tous ses doutes, la jeune approcha le plus près possible de l’homme qu’elle connaissait dorénavant par cœur. Des cheveux couleur chocolat et de magnifiques yeux verts clos pour le moment et une peau mate que Michiyo adorait tout particulièrement. C’était difficile de lui résister au fond et la jeune femme pouvait parier ce qu’il voulait, qu’elle n’était pas la seule à le penser. Restant toujours debout, elle la demoiselle aux yeux bleus se rapprocha encore un peu sans pour autant oser le contact physique. Après tout, il avait l’air profondément endormi et la combattante ne se sentait pas le courage de le réveiller. Par conséquent, elle resta sur place à le contempler alors quelques minutes, peut être qu’avec un peu de chance il sentirait sa présence et ouvrirait les yeux de son propre chef. Dans un sourire néanmoins, la jeune femme se pencha légèrement pour lui parler, oui elle n’était pas patiente et non elle n’aimait pas du tout attendre. Alors, elle lui affirma de sa voix désormais enrouée qu’il était toujours dans les endroits où il ne devrait théoriquement pas être. Parce que oui, de toutes les fois où ils s’étaient rencontrés, Michiyo se souvenait que Naaru ne devait pas s’y trouver. Dans un premier temps Pandora, endroit dans lequel un membre des Baskerville ne devait pas se trouver en dehors d’une déclaration de guerre. Puis la forêt dans laquelle elle chassait un groupe d’illégaux et à l’instant présent dans un lieu surveillé qui ne doit accueillir que les élèves, professeurs et parents inscrits. Michiyo le fixa alors sans bouger, histoire de capter une différence, un changement d’attitude, quelque chose qui pourrait montrer que ce fourbe de Chain faisait semblant de dormir.

Lassée de finalement attendre, la jeune femme se baissa pour embrasser le bel homme sur le front, parce que oui, c’était difficile de vraiment l’embrasser tout en sachant qu’il cachait ses lèvres avec une écharpe au moins aussi épaisse que la sienne. Les Chain aussi pouvaient-ils avoir froid ? Michiyo affirma que non. Michael n’avait pas l’air d’avoir senti le brusque changement de température et Naaru quant à lui n’avait toujours pas de chaussure ni même de vêtements plus chauds, c’en était frustrant lorsque l’on savait que les humains comme eux pouvait mourir d’un trop gros coup de froid. Gardant sa position, elle attendit véritablement un changement de la part de Naaru, ce qui arriva finalement. C’était léger et vraiment furtif, mais quelque chose avait changé sur son visage. Sa pensée fut confirmée lorsqu’un œil émeraude fit son apparition avant qu’elle n’ait pu parler de nouveau, puis un sourire. Pour quelqu’un qui semblait dormir, il arrivait à se réveiller bien vite. L’animal. Il savait qu’elle était là depuis un moment, mais n’avait même pas fait l’effort d’ouvrir les yeux. Ca, elle le retiendrait et ça finirait par se payer.

Jusqu’à ce qu’il parle. Ah, ça faisait tellement longtemps que la contractante n’avait pas entendu cette voix si sexy. Elle le détestait véritablement pour réussir à le mettre dans de tels états même si elle ne rougissait plus désormais. Pourtant, elle l’aimait aussi tellement. Ce que ressentait Michiyo n’était que le mélange étrange de deux sentiments contradictoires, c’était difficile à croire et à mettre en relation, mais elle ne pouvait s’empêcher de trouver cette situation plutôt amusante. Naaru lui disait donc qu’il attendait qu’une personne se désigne pour le réveiller et que c’était apparemment tombé sur elle. Comme la première fois. Peut être qu’un jour leur façon de se rencontrer serait différentes des autres. Sans armes, ni même uniforme de Pandora, juste lui et elle en sortant d’un magasin ou d’un tout autre endroit en ville. Mais il fallait avouer que ce genre de relation deviendrait trop rapidement banale et sans intérêts. Si leurs deux caractères jouaient beaucoup, c’était aussi le cas de leur statut dans la société et ça, ils ne pouvaient pas aller contre. Ses yeux se baissèrent lorsque les mains du Chain prirent les siennes pour l’aider à se relever. Son corps suivit le mouvement pendant que sa tête lui tournait un peu. Ah oui, Michiyo était véritablement fatiguée. Tellement fatiguée qu’il lui fallu quelques minutes à se rendre compte de quelque chose que la jeune femme aurait vu du premier coup d’œil habituellement.  Ses yeux clairs s’ouvrir en grand et un faciès intrigué apparu sur son visage. Non mais c’était quoi ça ?

« Tes cheveux. Ils sont… Comment dire ? Non mais c’est quoi ça ? Ils sont plus courts. Tu les as coupés ? Non ce n’est pas possible. Comment tu as fait ton compte pour en arriver là ? ».

Michiyo n’avait aucune certitude que ce ne soit pas de son plein grès que le jeune homme ait coupé ses cheveux. En même temps dans un sens, elle le voyait mal aller chez le coiffeur, sauf peut être pour draguer la dite coiffeuse. La jeune femme n’était pas née dans la dernière pluie et avait clairement compris depuis longtemps que son compagnon avait une légère tendance agaçante à la séduction si ce n’était pas avec elle qu’il le faisait. D’un autre côté, la membre de Pandora avait de larges doutes sur le fait qu’un coiffeur ait pu faire quelque chose d’aussi déstructuré consciemment. Ainsi, elle en vint à penser que c’était simplement un accident d’où sa question. Pourtant, les cheveux courts du bel homme ne la dérangeaient pas plus que cela. Parce qu’elle trouvait que cela lui allait particulièrement bien et que cela le rendait plus désirable qu’il ne l’était auparavant. Avec un air légèrement plus mature que ses cheveux longs, mais pourtant si enfantin. Quelque chose d’étrange en somme. La chose la plus intéressant restait que sans ses cheveux aussi longs, il ne pouvait plus cacher son cou et donc qu’il restait largement à la portée des baisers et autres morsures en tout genre. Sauf qu’il n’avait pas l’air d’y avoir pensé, alors autant ne rien dire pour le moment et en profiter lorsqu’il le faudra. Mais Michiyo ne pouvait pas éviter la réponse à la précédente phrase de Naaru. Ah, elle devenait de plus en plus bavarde même avec une douleur au niveau de la gorge et une voix bien trop grave vis-à-vis des autres jours.

« Théoriquement c’est le beau prince qui doit réveiller la magnifique princesse d’un baiser et non l’inverse. Mais comme nous ne faisons pas dans le théoriquement, cette situation me paraît presque normale et nostalgique. »

Ils ne faisaient pas dans la normalité, que ce soit l’un ou l’autre, sinon, pourquoi se fréquenteraient-ils aussi intimement ? Oui, les sentiments y étaient certainement pour beaucoup, néanmoins s’il n’y avait pas le goût du risque Michiyo se disait qu’ils n’auraient même pas fait attention l’un à l’autre. Pourquoi dont essayer de rencontrer le beau Chain s’il était comme tous les autres hommes qu’elle croisait. Une relation fade et sans intérêt, un nom de plus dans une liste voire même tout simplement une adresse. Alors que là, il y avait quelque chose en plus, un petit quelque chose qui les rapprochaient sans qu’ils ne puissent y faire quelque chose. La jeune femme trouvait cela intéressant et drôlement distrayant, parce qu’elle devait rechercher le «  je ne sais quoi » qui faisait qu’elle avait bien du mal à se passer de lui. Et ça, même s’il lui faudrait du temps, elle arriverait à le trouver. En attendant, elle reprit la parole.

« Puis c’est le destin, partout où tu t’endormiras belle princesse, tel un chevalier je viendrai te sauver et te réveiller d’un langoureux baiser. »

Oui elle avait consciemment inversé les sexes pour voir comment il allait réagir. Il se moquerait certainement d’elle en disant qu’elle n’était pas assez viril – encore heureux- avec son petit mètre soixante sept et ses cheveux très longs, peut-être même trop longs. Après, elle n’arrivait pas à imaginer la façon dont il lui répondrait pour sa soudaine transformation en princesse. C’était une sorte de surprise et Michiyo adorait tout particulièrement ça. Mais au lieu simplement d’utiliser la parole, la jeune femme attira le jeune homme plus proche d’elle pour atteindre ses lèvres et l’embrasser langoureusement, allant jusqu’à titiller la langue du beau brun comme elle venait de lui dire. Certes, il n’était plus vraiment la princesse endormie, mais la jeune femme voulait simplement l’embrasser. En même temps, c’était un peu de sa faute si tous ses hormones fonctionnaient à plein régime lorsqu’il était présent. A bout de souffle la membre de Pandora recula d’un pas puis d’un autre pour pouvoir respirer tout en regardant le Chain d’un Baskerville lui annoncer que cette écharpe ne lui servait à rien tout en la desserrant légèrement. Sur le moment, Michi le détesta réellement, parce que sans son écharpe elle serait certainement en train de se plaindre de son mal de gorge et surtout du froid qui mordait toujours sa peau. Il en avait de la chance, réellement. Soudainement une grande chaleur commença à envahir ses joues pour se déverser dans tout son visage. Ah mon Dieu, c’était tellement plaisant. Ses yeux observèrent alors les mains du plus vieux sur ses joues. Il avait l’air d’avoir tellement chaud.  Doucement la demoiselle plaça ses mains sur celles se trouvant sur son visage, essayant de les garder le plus longtemps. La contractante avait réellement trop froid et la moindre source de chaleur n’était pas de refus. Le haussement de sourcils que son regard capta chez son compagnon lui fit comprendre qu’une remarque arriverait sous peu. Et il ne fallut pas longtemps pour que celle-ci arrive puisqu’il lui affirma que si elle tombait maladie, il irait se plaindre à ses supérieurs. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme aux yeux clairs même si elle évita de rire pour ne pas que sa voix étrange se fasse encore entendre, pourtant elle ajouta quelque chose.

« Ah, j’ai bien l’impression que c’est déjà trop tard pour ça ! »

Michiyo désigna alors de l’un de ses doigts sa gorge ainsi que la lourde écharpe qu’elle portait. Parce que oui, elle était malade depuis déjà quelques jours et son état irait difficilement mieux dans cette situation. Foutu supérieur qui l’empêche de porter son manteau. N’avait-il pas froid lui non plus ? Bien évidemment que non, après tout, il était le seul à faire des papiers à l’intérieur des bâtiments, dans ces conditions ce n’était pas bien difficile d’avoir froid. Au contraire de la jeune contractante et de ses collègues qui eux seraient certainement tous très malade le soir venu et ne pourraient pas venir travailler les jours suivants.  Il serait donc surchargé de travail, bien fait pour lui, c’est une punition du petit Jésus. Fermant les yeux, Michiyo soupira de devoir être dans un mauvais été à cause d’un patron un peu trop bête. Une nouvelle fois un point de chaleur apparu sur son front au contact de celui de Naaru, s’il ne pouvait plus bouger du tout, la jeune femme ne serait pas contre, même si il existait une autre chose qui ne la dérangeait pas du tout. Le baiser qu’il venait de lui donner. Trop court, vraiment trop court. Juste bref.  Ca par contre, ça la dérangeait véritablement, parce que la demoiselle venait véritablement trop gourmande en sa présence. Ce n’était peut être pas une bonne chose.

Une moue boudeuse apparue sur le visage de Michiyo lorsque la source de chaleur que lui procurait le Chain disparue. Ah non, elle avait trop froid pour le laisser partir comme cela, ce n’était pas possible autrement. Dans ces cas là, la jeune femme se dirigea soudainement dans les bras du bel homme en face d’elle. Son corps frissonnait et elle avait tout particulièrement froid sans son manteau sur le dos en cette saison menaçante de neige. De surcroît elle était bien trop malade pour pouvoir s’en passer réellement. Sans demander la permission – parce que ce n’était pas la première chose qui lui venait à l’esprit- Michiyo se serra le plus possible contre le torse du jeune homme et passa ses mains gelées sous ses vêtements pour les poser sur son dos. Ah, ça faisait vraiment du bien. La demoiselle n’avait pas peur de faire tomber malade le Chain juste de part sa condition mais pouvait s’empêcher de chercher la chaleur qu’elle avait ressenti lorsqu’il avait posé ses mains sur ses joues trop froides. Restant ainsi quelques minutes, elle décida à prendre la parole pour expliquer son geste sans pour autant changer de position et sans véritablement faire attentions aux regards des locataires des lieux.

« Ca ne te dérange pas de me réchauffer ? J’ai véritablement trop froid. »

Dit comme cela, c’était une sorte de proposition mais il n’avait pas vraiment le choix désormais. Surtout maintenant qu’elle était collée à lui et qu’il lui faudrait bien du courage pour réussir à l a décoller. Posant sa tête contre le torse du Chain, la jeune femme chercha toujours et encore plus de chaleur tout en profitant bien évidemment d’une petite séance câline dans les bras de l’homme aux cheveux couleur chocolat. S’il ne voulait pas avoir de contact aussi proche avec elle, Naaru aurait juste à lui dire ou bien la repousser, la jeune femme ne dirait rien. Peut être parce que son cerveau ne fonctionnait pas correctement et qu’elle n’était pas véritablement capable de tout comprendre et de réagir convenablement ou à la seconde près comme elle savait si bien le faire habituellement. Si lente à comprendre qu’elle manqua finalement le changement d’humeur venant de Naaru et par conséquent une conversation remplie d’arguments de la part de chacune des parties. Ne relevant pas la tête du torse mate tout en respirant l’odeur du Chain, Michiyo se contenta de l’écouter. Celui-ci lui demander si c’était pour Pandora qu’elle se trouvait dans ce lieu d’enseignement ou bien lui. Un fin sourire se dessina une nouvelle fois sur les lèvres de la jeune femme pendant que la réponse vint sans réfléchir.

« J’aimerai bien te dire que c’est pour toi, mais je suis ici avec Pandora. Même si je dirais bien que c’est toi qui envoies des lettres à Pandora pour déclencher des alertes au Chain et faire en sorte de me voir. Avoues dont ! »

Un léger rire enraillé sorti alors de sa gorge pour montrer son amusant. Leurs rencontres ressemblaient toujours à celles qu’il pourrait y avoir dans un roman d’action voire même d’amour.  Quelque chose de magique mais de si réaliste en même temps. Dans uns sens Michiyo ne s’en plaignait pas, parce que Naaru était la petite lumière qui ne faisait que de grandir dans son esprit pour la faire sourire sans même avoir à prononcer un unique mot. Il était magique et magnifique et ça Michiyo ne l’échangerait pour rien au monde.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   2nd Mars 2014, 06:22



Qu'était donc ce froid ? Pourquoi diable le chain y restait tant insensible. Pourtant, il y a deux ou trois jours, Naaru a tenu compagnie à un homme qui restait dehors malgré le temps. Il était blotti là dans son coin, avec une simple couverture pour lui tenir chaud. Adossé au mur, on sentait qu'il n'en avait plus pour très longtemps. Il ne sentait pas très mauvais, et lorsqu'en toute innocence le chain lui avait demandé pourquoi il ne rentrait pas chez lui, l'homme lui avait ri à la figure. Ils avaient discuté longtemps. Et puis, à un moment, tard ou bien très tôt dans la matinée, l'homme s'était brusquement tut. Ce n'était qu'après plusieurs tentatives de réveiller l'homme que Naaru remarqua finalement sa fraîcheur inhabituelle. Alors, notre brun s'était levé sans mot dire et s'était lentement incliné vers cet homme avant de le quitter. Tant de personnes perdaient la vue en cette saison. Les enfants riaient avec leurs grosses moufles, mais Nana ne parvenait pas à partager cet engouement pour une chose si froide, psychiquement et physiquement parlant. Le blanc, qu'était-ce sinon un vide autre que le noir ? Après tout, le blanc nous embrumait d'abord l'esprit. Avant de tomber dans les pommes par exemple, c'était un blanc pur et épais qui recouvrait nos yeux. Et puis le noir intense, aussi noir que l'encre, que les profondeurs abyssales. On trouvait parfois que le blanc et le noir étaient non compatibles, mais pour le chain, il les trouvait curieusement proches. Où pouvait-on trouver du blanc, ou du noir pur dans la nature ? Nulle part. Même les bien aimées fleurs que notre cher brun adoraient n'étaient pas capable de produire un noir ou un blanc parfait. L'esprit humain les avaient façonné. Enfin qu'importe. Le noir lui rappelait l'Abysse. Le blanc, la neige et un insoupçonnable mal-être. Dans les deux cas, il les trouvait bien trop proches l'un de l'autre. Lorsque l'on mélange ces deux soit disant couleurs, on est censé obtenir du gris. De ces deux puretés, on obtient une couleur triste, fade, sale. C'est dire.

Quoiqu'il en soit, le chain ne pouvait pas encore se plaindre. La neige ne tombait pas et ne recouvrait pas le sol. Bien sûr, tout était une question de temps. Il faisait froid, le ciel était couvert et semblait annoncer une belle averse. Alors pourquoi était-il sorti ? C'était une bonne question, intéressante à soumettre au concerné. Certes, il ne craignait pas le froid et inspirait le respect de par son accoutrement estival. Mais tout de même. Nana prenait la mauvaise habitude de se sédentariser de plus en plus. Allant jusqu'à ne plus quitter la maison. Jusqu'à dormir trente cinq heures dans son lit sans en sortir la tête une seule seconde. Il donnait parfois l'air d'un mort ou bien d'un animal en hibernation. Dans les deux cas, ce n'était pas très mélioratif sur son statut. Avec son écharpe autour du cou, il inspira et fit ses quelques pas, le menant jusqu'à Lutwidge d'où il décréta que son lieu de résidence avait changé. Il s'installa dans son coin et inspira. L'air frais emplit ses poumons, les gelant sur place. Néanmoins, il soupira par la suite et une filet de vapeur vint se perdre dans l'air ambiant. Le chain se gratta la tête et releva les épaules pour mieux s'emmitoufler dans son écharpe. Non pas qu'il craignait le froid, mais la compagnie de cette écharpe n'était pas déplaisante.

Et puis, ses yeux se sont fermés malgré la fraîcheur extérieure. Il se sentit projeté dans un immensément lointain, comme s'il revenait en arrière, bien avant un commencement. Ça lui paraissait tellement saugrenu. Tellement impossible. Ce rêve d'une dizaine de secondes reprenait tous ses acquis pour un misérable mensonge. Son commencement ? Allons bon, devrait-il encore y songer et se prendre la tête avec ? Non. Il en était hors de question. Il ne reviendrait pas sur cette histoire. Tant qu'elle restait enfermée il ne craignait rien. Pas même la pire chose qui puisse potentiellement lui arriver. La mort. Pourtant, cet unique rêve de quelques secondes le réveilla en sursaut, activant inconsciemment sa forme de chain. Il passa une main dans ses cheveux. Il se trouvait un peu minable par moment. C'est en refermant les yeux une vingtaine de secondes plus tard qu'il parvint à se replonger dans une transe semi-consciente. Puis, la demoiselle s'est présentée devant lui, comme leurs nombreuses dernières fois. Il était amusé et montra sous son écharpe un faciès moqueur, sans pour autant se dévoiler au visage humain face à lui. Il était drôle de voir Michiyo se débattre afin de le réveiller. Naaru se réveillait relativement rapidement en temps normal, surtout... en cette saison. Il suffisait parfois d'un rien. Et parfois retourner la maison n'y faisait rien. En fait, avec lui, vous aviez une chance sur deux d'obtenir un Nana réceptif. Et c'était actuellement le cas.

En ouvrant un œil après l'autre, Naaru eut tout le plaisir d'observer sa fameuse dame avec le petit bout du nez presque tout rouge. Sur le coup, il préféra prendre cel à la rigolade et ne nota pas le phénomène, préférant se concentrer sur sa réponse. Allons, ils se répondaient constamment, avides l'un comme l'autre de piques incessantes. C'était un petit piment qui animait leurs échanges et rendaient la chose unique. Les caractères de chacun, les émotions, les réactions, tout. Naaru n'échangerait cela pour rien au monde. Il sourit et se leva tout en proposant son aide pour aider la jeune femme. Elle eut une petite hésitation à mi-chemin, et le chain se demanda un instant si elle allait pouvoir tenir debout sans problème. Mais bon, Michiyo n'était pas en sucre, et le chain l'avait bien compris. Aussi, il ne fit aucun mouvement qui put faire croire qu'il allait la rattraper si elle tombait. Enfin, toujours est-il qu'il se serait précipité si c'eut été le cas. Tout à coup, Naaru inclina la tête de côté, curieux d'apercevoir un tel visage sur la demoiselle aux cheveux bleus. C'était de l'étonnement ? Oui mais pas que. C'était peut-être même plus fort que ça. Avait-elle remarqué quelque chose qui lui échappait ? Quoique, vu le regard qu'elle lui portait directement, ce devait être vraiment criard. Et il comprit à l'instant même où elle s'exprima. Michiyo s'exprimait assez étrangement. À croire qu'elle monopolisait la parole à elle toute seule. Sur le coup, Naaru eut envie de rire, tant la situation était inhabituelle. Mais il s'en retint et se calma bien rapidement lorsque ces questions se turent finalement et qu'il lui fallut réfléchir à une réponse. Dire... qu'il avait raté du caramel ? D'après Finn c'était en quelque sorte la recette la plus facile au monde. En même temps, Finn savait cuisiner, contrairement à lui. Mais tout de même. Et puis, c'était du sucre. Du SUCRE. Comment Michiyo pourrait-elle le croire ? Elle croirait qu'il se fichait d'elle. Alors que pas du tout. Et qui plus est, il avait la preuve de la chose en rentrant chez elle. D'ailleurs, la demoiselle était venue à Lutwidge après lui, avec un peu de chance elle aurait pu être rentrée dans son appartement. Mais il l'ignorait. Quoique, vu la tête que tirait cette dernière, il doutait fortement de la chose. Doucement, il soupira. Et puis quoi, comment parviendrait-elle à faire le rapport entre de la cuisine ratée et une coupe de cheveux improvisée ? C'était absolument incompatible. Surtout pour un humain, Finn le lui avait assuré. Concrètement, on ne démontrait pas ses tours de jongleurs avec une poêle sur le feu et du caramel – substance extrêmement collante – à l'intérieur en train de cuire. Ses cheveux en avaient pâti, mais heureusement cela n'avait qu'uniquement concerné sa queue de cheval étrange. Le reste avait curieusement évité le massacre de peu.

En recentrant son regard sur Michiyo, Naaru réalisa qu'il devrait réellement lui répondre. Et rien qu'à cette idée, il détourna brusquement les yeux et se cacha le visage d'une main. Il avait déjà vécu cette intense chaleur au visage une fois. Ça lui avait suffit, et il savait que la rougeur ne tarderait pas à monter à ses joues. Non, non, non. Elle rirait sans aucun doute de cette histoire. Une moquerie dont se passerait volontiers le chain. En attendant, il lui fallait une réponse. Oh, et quelle réponse se fut. Naaru n'était vraiment pas le dernier des idiots.

-Tu n'aimes... pas ? S'ils ne sont pas bien coupés, tu pourras les arranger.

Et voilà, de cette manière, il passerait pour le gêné de service. Il préférait cela à son explication sordide. Avec un peu de chance, elle oublierait cela. Au pire, elle insisterait et finirait forcément par faire un lien – ou pas – lorsqu'elle trouverait le paquet de caramel devant chez elle. Quelque part, le brun appréhendait quelque peu la nouvelle. Après tout, Nana était connu pour son dégoût incroyable pour les sucreries. Et le caramel en était composé à 100%. c'était un peu hors personnage. Mais voilà, il avait voulu faire un effort et refuserait la moquerie. Il en avait vraiment sué pour préparer ça. Même si au final, Finn l'avait expédié hors de la cuisine et s'en était chargé personnellement. Il n'empêche. Il y avait transmis tous ses sentiments, et Dieu seul sait combien il y en avait. Dans une légère inspiration, le jeune homme régula sa température déjà bien trop haute pour une saison pareille et reprit des couleurs plus sympathiques. Il mit ses mains dans ses manches et fixa Michiyo. Elle donnait vraiment l'air d'être malade en fait. Pourquoi ne dormait-elle pas chez elle, au lit avec un bon livre ou autre. Quelque part, Naaru aurait aimé s'occuper d'elle alors qu'elle était malade. Juste pour voir comment fonctionnait un humain malade. Bon, ça ne l'aurait certainement amusé qu'une petite heure. Après tout, notre chain était un super actif. Enfin, ces derniers temps, on pouvait en douter. Cette saison le rendait pataud. Mou. Il voulait dormir plus souvent, et cauchemardait en prime à longueur de nuit. Alors, il préférait passer en demi-sommeil. Pas assez pour sombrer, mais suffisamment pour passer le temps sans le voir défiler inlassablement. Parfois, la vie de chain était inintéressante. De drôles d'images lui passaient parfois dans la tête en observant des enfants jouer, une famille rire. Il vivrait énormément longtemps oui. Mais il ne pourrait pas vivre cette vie humaine qui chaque jour l'attirait un peu plus dans ses bras. Qu'était-ce que la famille ? Les liens ? Les vrais liens ? Celui qu'il possédait avec Michiyo était vraiment quelque chose de nouveau. Chaque jour où il la revoyait, c'était comme une nouvelle bouffée d'air frais. Il ressentait chaque jour un peu plus, et se demandait parfois si c'était une bonne chose. Il percevait les attitudes des hommes, les comprenait de plus en plus. Il réagissait comme eux et rougissait même. Et cette joie se transformait en tristesse lorsqu'il voyait tout ce qui lui était à jamais interdit en tant que chain.

La bulle de Naaru explosa soudainement lorsqu'un parole de Michiyo retentit à ses oreilles. Un beau prince censé réveiller la magnifique princesse endormie. Ah oui, les livres. Ces contes pour enfants que le jeune chain semblait tant apprécier. On en tirait parfois des conclusions. Il percevait parfois la morale derrière cela. Infime certes. Les contes pour enfants, c'était une magie que le chain ne pouvait ignorer. L'amour et toutes ces choses. Après tout, la rencontre d'eux deux s'était un peu basé sur le hasard. Un hasard qui n'aurait peut-être jamais dû se produire. Et pourtant... Naaru se mit à rire de son petit rire cristallin lorsqu'il entendit la fin de la phrase. Non, ils n'étaient pas normaux. Ils étaient probablement les meilleurs à faire les choses à l'envers. Mais ça ne lui déplaisait pas, et c'était visiblement réciproque. C'est vrai, cette situation avait tout de normale pour lui. Ça le rendait également nostalgique. Comme la toute première fois. Après tout, il était peut-être une princesse à sauvegarder et à embrasser d'un magnifique baiser. Enfin non, Naaru n'était pas une femme et n'en avait jamais témoigné l'envie.

Michiyo reprit rapidement la parole. Assimilant volontairement le changement de rôle. Un léger sourire vint se loger sur un coin des lèvres du chain. Un chevalier. Cette dernière remarque l'amusait le plus. Elle n'avait pas l'étoffe d'un chevalier. Quoique, dans nos temps modernes, il était possible de tout. Aussi, Naaru tâcha de se concentrer pour se figurer le personnage. Il ne lui fallut pas bien longtemps pour pouffer avant d'exploser de rire. Cependant, le chain n'eut pas le temps d'en profiter davantage car il fut subitement rapproché de la demoiselle qui lui échangea aussitôt le baiser qu'elle lui avait auparavant promis. Cet unique échange parvint à calmer notre homme et il passa aussitôt ses mains chaudes dans la longue chevelure bleue afin de prolonger le baiser jusqu'à son maximum. Il fut surpris de sentir une langue étrangère effleurer la sienne comme il l'avait fait la dernière fois. Ça ne provoquait curieusement pas la même chose. Une plus grande émotion. D'ailleurs, son sourire s'agrandissait au fur et à mesure. Mais ce fut à Michiyo de calmer le jeu la première. Elle était à bout de souffle, probablement en raison de sa potentielle maladie, car notre chain n'éprouvait pas totalement de la satiété. Il prit doucement le menton de Michiyo entre son pouce et son index et susurra doucement ces mots :

-Ô mon beau chevalier, prenez garde à ce que votre princesse ne fasse pas semblant de dormir pour pousser vos baisers à leurs extrêmes. Les princesses sont après tout très capricieuses.

En lâchant le menton, il donna une légère pichenette sur le nez de cette dernière et lui tira la langue en ajoutant aussitôt :

-Je prendrais garde à m'acheter une robe pour la prochaine fois.

Oh, bien sûr qu'il mentait. Il n'irait pas jusqu'à se travestir même s'il était persuadé qu'avec un peu de maquillage et une tenue adéquate, il parviendrait à se faire passer pour une femme. En fin de compte, ce pourrait-être très amusant, sans que la demoiselle ne soit bien sûr au courant. Mais bon, Naaru ne savait pas se maquiller, et Finn non plus. Ce n'était pas drôle. Il savait que les femmes avaient parfois de drôles d'envies. Enfin qu'importe, il remit ses mains dans ses manches en ayant au préalable desserré l'écharpe qui lui maintenait un peu trop le cou. Il n'aimait pas les choses qui lui collait à la peau. Et en fait, ça se voyait. À part les bandes à ses genoux, il ne portait que des vêtements amples. Et puis, ces bandes étaient bien pratiques, il fallait l'avouer. Pour se battre et bouger, il n'y avait rien de plus efficace. Voilà aussi pourquoi il ne portait pas de chaussures. Il sentait mieux le sol, beaucoup mieux.

Par la suite, Naaru posa ses main chaudes sur les joues de la plus jeune et inspira profondément. Elle était vraiment gelée. Il lui sourit gentiment, pensant qu'elle accueillerai cette chaleur avec gratitude. Puis, il fronça quelque peu les sourcils avant de poursuivre sur quelques paroles. Il se plaindrait à ses supérieurs si elle tombait malade. Pourtant, il ne parut pas étonné lorsqu'elle lui fit comprendre qu'il était déjà trop tard pour cela. Qu'elle était déjà tombée malade. À cela, elle montra sa gorge. Ah, elle avait donc un rhume ? Est-ce qu'elle se soignait, au moins ? Le chain l'espérait. Il posa son front sur celui de la demoiselle et inspira profondément. Elle avait clairement froid. Lorsque le brun se décala un peu, il eut tout le loisir d'observer la petite face boudeuse de la jeune femme. À cela, un sourire moqueur apparut sur son visage et il eut envie de tirer les joues de la demoiselle. Cependant, cette dernière ne lui en laissa pas le temps et renforça tout à coup le contact entre eux deux. Un gros câlin, en soi. Surpris, le chain ne fit cependant aucun geste de recul et se contenta d'un simple faciès étonné. Cependant, lorsque finalement il sentit les mains fraîches – froides – de Michiyo dans son dos, un frisson le parcourut de long en large et il ne put s'empêcher de faire une remarque enchaînant sur celle de la plus jeune :

-Préviens plus tôt la prochaine fois tout de même. C'est une sensation assez désagréable.

Assez désagréable. Enfin, c'était surtout le froid qui était désagréable. Pas vraiment la sensation de ses mains dans son dos. En fait, il appréciait même plutôt le geste. C'était vraiment une sensation étrange. Il se demandait pourquoi. Pourquoi il voulait tant sentir leurs deux corps serrés l'un contre l'autre. Il se sentait tellement plus en sécurité. Comme dans un cocon. C'est comme si Michiyo pouvait pénétrer dans sa petite bulle secrète quand ils étaient ensemble. Alors le chain passa ses mains sur le cou de la dame et dériva jusqu'à entourer ses épaules, puis posa sa tête près de celle de la demoiselle. Il trouva néanmoins judicieux de préciser ses paroles.

-Enfin, je parle de la fraîcheur. Pas de tes mains dans mon dos. Ça c'est agréable.

Sans bouger, il lui demanda donc la raison de sa présence ici. Après tout, si elle parvenait à le retrouver à chaque fois, c'est qu'elle devait bien le chercher quelque part, non ? Ou bien... était-ce son accoutrement qui attirait Pandora à lui ? Un jour, il tenterai de s'habiller normalement. Un jour. Ce qui n'était pas tout à fait pour aujourd'hui. En tout cas, la demoiselle ne tarda pas à lui répondre. Ah, alors finalement, elle ne venait que parce que c'était Pandora ? Le chain fit une petite moue vexée. Et dire qu'il s'était déplacé jusqu'à sa maison pour lui offrir un cadeau. C'est bizarre, parfois il pouvait se passer de sa présence – même s'il pensait tout de même à elle – pendant plusieurs jours et témoignait subitement une présence familière auprès de lui. Enfin... toujours est-il que Michiyo ne tarda pas à ajouter par la suite qu'elle le suspectait de déclencher des alertes au chain pour faire rappliquer sa troupe. Sur le coup, Naaru rejoignit les rires de la plus jeune. Il trouvait la chose particulièrement amusante, lorsqu'on pensait qu'il était lui-même un chain. Or, il ne risquerait pas sa vie inutilement à donner sa position aux ennemis des Baskervilles. À moins qu'elle n'insinuait pas qu'il était le chain pour lequel l'alerte a été déclenché. Ce qui voulait dire qu'entre autre...

-Il y a une alerte au chain ici ?

Non pas qu'il refusait de se battre, mais parfois il aimerait juste passer du temps avec elle, sans avoir à se battre ou se chamailler constamment. Juste passer un temps sur un canapé à voir le temps défiler sans y faire attention. Juste eux deux, blotti l'un contre l'autre. C'était encore une fois un peu hors personnage, certes. Le chain se décida finalement à éloigner la demoiselle de lui et mit ses mains dans ses manches avant de poursuivre :

-Si tu as trop froid, nous pouvons rentrer. Pas que nos câlins me déplaisent, mais tu te sentiras certainement mieux.

Et à cette dernière phrase, il se mit à rire en tapotant le sommet du crâne de la demoiselle.

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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   29th Mars 2014, 01:42

Michiyo aimait plus ou moins l’hiver. Tout comme elle aimait plus ou moins l’été, le printemps ainsi que l’automne. Chacune des saisons  possédait sa beauté, tout comme ses laideurs et cela dépendait des points de vue des différentes personnes. Justement, l’étrangère aimait particulièrement l’été parce qu’il faisait chaud et qu’elle pouvait porter des robes à longueur de journée lorsqu’elle ne travaillait pas. Même en temps que membre de Pandora, elle restait une femme et une femme particulièrement coquette. Néanmoins, cette douce chaleur qu’elle adorait tout particulièrement la dérangeait à partir d’un certain seuil. Parce que l’été c’était bien, mais la facture d’eau s’élevait un peu trop rapidement après plus de trois douches par jour avec l’impression de sentir toujours aussi mauvais juste après. C’était même pour cela que la jeune femme préférait finalement le printemps à l’été parce qu’il ne faisait pas encore trop chaud, mais assez beau pour qu’elle puisse sortir sans la grosse écharpe et le lourd manteau sur les épaules. Puis au moins, c’était une bonne excuse pour acheter de nouveaux vêtements mi-saison. Juste une excuse pour dépenser de l’argent qu’elle n’avait pas certainement. Dans le même sens, l’autonome était abordable parce qu’il ne faisait pas encore trop chaud ni même trop froid, pour autant les couleurs étaient particulièrement jolies alors autant en profiter. Dommage, il pleuvait énormément et c’était le temps propice avec l’hiver à attraper toutes les petites maladies qui traînaient un peu partout dans les rues. Et enfin vint l’hiver, le moment de devoir trouver tous les moyens possibles et inimaginables pour se réchauffer. Passant des lourds manteaux épais aux bras des amants si possibles. Parce qu’eux, n’avaient pas l’air de subir le froid. Les hommes sont des mystères sur ce point, un jour, les femmes seraient bien intelligentes de leur demander leur secret si bien gardé. La contractante adorait tout particulièrement la neige pendant l’hiver.  Cette grande étendue blanche qui lui rappelait les souvenirs de ses premiers hivers. Les chocolats chauds – qu’elle détestait pourtant aujourd’hui- auprès de la grande cheminée de la pièce à vivre. Les bonhommes de neige qui n’avait de bonhomme que le nom et ressemblaient plus à de grosses patates qu’à autre chose. Mais c’était des souvenirs qui lui restait encore, alors, elle les chérissait. Et désormais ? A vingt deux ans Michiyo était toujours aussi émerveillée que de voir tomber les petits flocons bien au chaud derrière sa fenêtre avec un café entre les mains. Ce n’était plus la même chose qu’auparavant parce qu’il manquait des individus, mais il fallait évoluer encore et toujours. Désormais, elle ne courrait plus à l’extérieur sans même penser à se couvrir pour jouer avec la blancheur encore immaculée, mais c’était toujours aussi magique pour elle et pourtant elle s’en cachait bien de le dire.

A son grand damne, le temps était blanc tirant sur le gris mais malheureusement, il ne permettait pas de neiger et menaçait plutôt de faire tomber une averse sur toute la Capitale dans très peu de temps. C’était plutôt fatiguant comme situation et démoralisant et ça devait s’en ressentir sur le moral de tout le monde, du moins des plus sensibles aux changements de temps. Michiyo Konoe en était la preuve. En général, la demoiselle faisait en sorte de ne pas osciller entre les différents changements de son caractère. Mais c’était difficile, parce qu’elle manquait cruellement d’heure de sommeil, qu’elle avait tout le temps froid, mais qu’elle était surtout particulièrement malade et que même avec toute la bonne foi du monde, la membre de Pandora n’arrivait pas à s’en remettre correctement et passer encore toutes ses nuits à tousser et boire de l’eau pour éviter la déshydratation prématurée pendant le reste de la nuit. Alors le matin elle n’avait aucunement envie de se lever, son lit restait son lit et accessoirement le seul homme de sa vie avec peut être son oreiller. Le temps était tellement gris que la jeune femme était de mauvaise humeur dès qu’elle ouvrait les yeux. Pour quiconque connaissait Michi, il fallait mieux ne pas lui parler de la journée. Parce qu’elle pouvait s’énerver sur n’importe qui et ce pour n’importe quoi. Théoriquement la situation devait aller beaucoup mieux puisqu’elle prenait des médicaments pour se soigner mais aussi parce que Pandora avait enfin une mission intéressante et qu’elle pourrait potentiellement se défouler et expulser toutes ses mauvaises pensées.

Sauf que non, la mission à laquelle elle participait avec la plupart de ses collègues n’était rien d’autre qu’une vulgaire blague selon elle. Une alerte au Chain dans une école pour élite dorée chouchouté par les parents. Parents qui avaient inventés une histoire folle incluant une bête de l’Abysse. Il suffisait simplement prononcer le mot «  Chain » pour que la moitié de l’organisation de Pandora ne soit dépêché sur les lieux. Ah, Michiyo était véritablement de mauvaise humeur et encore le mot était faible. Qui de toute façon pouvait juger qu’une affaire pouvait être catégorisée comme «  alerte au Chain ». Quels sont les éléments permettant de les définir après tout ? Suffit-il qu’un homme accourt au QG de Pandora en criant qu’une bête horrible de trois mètre de haut sur six de large voulait le manger. Ou fallait-il autre chose, du genre, de vraies preuves comme quelques cadavres ou encore disparitions mystérieuses. Parce que bon, une lettre d’une famille influente de la région ne suffisait pas selon la jeune femme  à devoir faire se déplacer la moitié des contractants du domaine. Ou tout du moins la faire se déplacer. Parce que bon, elle était véritablement malade et avait besoin de repos, mais aussi parce que son Chain était plus utile en espionnage plutôt qu’en corps à corps. Et que celui-ci était un peu trop turbulent à son goût et ne se gênait pas pour désobéir à ses ordres. C’était véritablement frustrant parce qu’elle n’avait pas encore la force de le contredire et de le tenir tranquille pendant tout le reste de la journée. Heureusement pour elle, il commençait à s’ennuyer et préférer regarder le monde du haut d’un toit plutôt qu’à côté elle sur le sol.

Alors, la jeune femme aux yeux bleus s’était retrouvé à faire le garde pour une chose en laquelle elle ne croyait pas du tout. Chain ou pas Chain de toute façon il y avait largement assez de contractants formés pour le combat dans les alentours pour que la bête voire son contractant illégal ne puisse faire un pas. Le souci était que les autres membres de Pandora pourraient très vite s’emporter et s’attaquer à tout ce qui ressemble de près ou de loin à une créature du monde Abyssal au risque de faire n’importe quoi et surtout pour prouver que l’on pouvait leur faire confiance. Ce fut même pour cela que Michiyo malgré son grand sourire et sa soudaine bonne humeur ressenti un sentiment de peur lorsqu’elle pu découvrir que celui pour qui elle nourrissait des sentiments indéfinissables se trouver au même endroit qu’elle. Après tout, ça faisait déjà quelques temps qu’ils n’avaient pas cherché à se retrouver, il était donc normal qu’aucun des deux ne puisse penser croiser l’autre dans un tel endroit. Surtout dans un établissement scolaire. La demoiselle savait que Naaru était loin d’être bête et il lui avait prouvé à de nombreuses reprises, mais de là à reprendre des études elle pouvait sérieusement en douter.  Quant à elle, ce n’était pas non plus pour apprendre de nouveau à faire des mathématiques, du français mais aussi de la couture. Dans un premier temps parce qu’elle n’était douée pour un sou avec ses dix doigts et une aiguille, mais aussi parce qu’elle était trop dans la vie active pour vouloir retourner sur les bancs avec devant elle du papier et de quoi écrire. Au fond, aucun des deux n’auraient théoriquement pu se retrouver dans un tel lieu. Sauf que là devant ses yeux était allongé endormi le beau jeune homme aux cheveux couleur chocolat. Ah Michiyo l’adorait véritablement mais il avait l’art et la manière de se trouver au mauvais endroit et surtout au mauvais moment. Que pourrait lui faire Pandora si elle découvrait que Naaru Irwin était un Chain ? Que ferait-elle de surcroît si certaines personnes découvraient que c’était un Chain de Baskerville. La jeune femme frissonna. Non pas à cause du froid, mais parce qu’elle ne voulait pas imaginer les souffrances qu’il pourrait lui arriver. Mais surtout son impuissance si une telle chose venait à se passer. Et ça, ça l’énervait tout particulièrement.

Michiyo se sentit soudainement bien, non pas parce que tous les médicaments qu’elle prenait depuis des jours lui faisaient soudainement du bien, mais plutôt parce que Naaru était un peu comme son remède miracle. Alors, discrètement elle l’observa sous toutes les coutures. Coutures que la jeune femme connaissait pourtant déjà presque par cœur. Cette peau dorée que laissait apercevoir un torse dénudé. Ce sourire chaleureux que la demoiselle avait déjà vu des dizaines de fois, pourtant elle ne s’en lassait pas du tout et en redemandait encore et toujours, comme une nouvelle drogue. Néanmoins, il était toujours intéressant de provoquer ce sourire chez l’homme, pour le voir apparaître différemment. Tantôt moqueur, tantôt carnassier ou alors doux, presque protecteur. La jeune femme se demandait presque si le beau Chain face à elle possédait encore des faciès à lui faire découvrir. Des sourires qu’elle n’avait encore jamais rencontré. Oh certainement, Michiyo ne doutait pas du fait d’apprendre à connaître Naaru encore plus. Le plus vieux des deux était un véritable mystère que la jeune femme adorait découvrir peu à peu. Tout comme ses yeux. De magnifiques yeux émeraude qui – la jeune femme pouvait le parier – devait faire craquer n’importe quelle jeune femme voire filles de toute tranche d’âge. Ah, il devait certainement en jouer de toute cette uniformité presque parfaite et cette pensée créa un petit pincement de jalousie tout au fond de la demoiselle aux yeux bleus. Ah l’animal, il était le seul à réussir à la mettre dans de tels états. Un corps fin et élancé mais aussi particulièrement musclé et ça se voyait sous les vêtements étrangers du Chain d’un Baskerville. Ce n’était pas du tout pour déplaire à la demoiselle qui avait toujours eu tendance à se retourner sur les hommes avec une certaine musculature que les autres. Puis ses cheveux soyeux, demi-longs dans lesquels la demoiselle pouvait passer ses mains pendant des heures. Jusqu’à ce que Michiyo remarque enfin quelque chose. Un faciès intrigué mais aussi mi amusé se dessina sur son visage peu à peu. Mais les mots qui sortirent ne formèrent jamais une véritable phrase. Parce qu’elle ne savait pas véritablement exprimer ce qu’elle pensait. C’était beau, mais surprenant. Très beau, ça le vieillissait un peu, le rendait plus mature, mais c’était intriguant.  Une coiffure sans vraiment de structure sauf peut être la mèche sur le devant mais l’uniformité rendait merveilleusement bien. Oui, Michiyo aurait pu tergiverser sur le sujet pendant encore de longues minutes juste parce que ça l’intriguait tout particulièrement.

Consciente de sa phrase particulièrement étrange sans queue ni tête, elle ne s’attendait pas à une réponse de la part de Naaru, ou alors peut être une moquerie face à sa soudaine perte de maîtrise du langage. Pourtant rien ne tout ça ne vint. La réaction du jeune homme fut même bizarre puisqu’il contenta de se cacher une partie de son visage et détourna le regard. Arrêt sur image. Depuis quand, Naaru Irwin, le Naaru Irwin qu’elle connaissait était-il gêné mis à part situation exceptionnelle ? Qu’est ce qui pouvait bien se tramer dans sa petite tête pour qu’il se mette dans un tel état. Et surtout pour une histoire de cheveux. Enfin la réponse vint. Mais ce n’était pas l’explication que la membre de Pandora attendait. Plantant alors son regard bleu dans le vert de son vis-à-vis, un sourire franchement amusé se dessina sur ses lèvres et qu’elle avança d’un pas pour se rapprocher du Chain. Tendant sa main droite vers les cheveux du brun pour replacer quelques mèches récalcitrantes.

«  Non, c’est parfait maintenant ! »

Sa main lâcha les dernières mèches pour glisser lentement sur la joue de Naaru. C’était chaud, agréable. Une pensée traversa l’esprit de la jeune femme. Naaru n’était pas ou plus humain mais pour elle, il valait beaucoup mieux que la plupart des hommes qu’elle avait connus ou connaissait encore aujourd’hui. C’était une pensée un peu idiote, qui n’avait rien à voir sur le moment ni  même dans la situation. Mais il fallait bien qu’elle se fasse un jour ou l’autre et c’était à cet instant même alors que rien ne s’y prêtait qu’elle se fit. Sauf que Michiyo n’en parlerai pas avec Naaru, ni tout de suite, ni même jamais. Parce que ce n’était pas un sujet qu’elle désirait aborder sans devoir parler sérieusement et divaguer jusqu’à d’autres sujets tabous. Pour avoir déjà fait cette expérience, ce n’était pas quelque chose qu’elle désirait réitérer de suite, ni même plus tard. Poussa sur la pointe des pieds, la contractante se hissa à la hauteur des oreilles de Naaru et murmura quelques mots.

« Même si tu vas devoir m’expliquer comment tu en es arrivé à ce résultat. »

Ponctuant ses paroles d’un léger sourire puis d’un baiser sur la joue du Chain, elle recula un peu pour reprendre sa place d’origine. Michiyo n’aimait pas trop être face à Naaru sans pouvoir avoir de contact physique franc avec lui. Mais il était dans un lieu public, accessoirement son lieu de travail pour la journée, entouré de lycéens ainsi que d’autres membres de Pandora et ce n’était pas le moment de faire trop de vagues. Stop. Bon Dieu, était-ce le mauvais temps qui la rendait si morose et lui procurait des pensées si sombres et tristes ? Certainement. La demoiselle passa une main  pour repousser sa longue mèche derrière son oreille et tenta avec tant bien de mal de se concentrer de nouveau sur la conversation et d’arrêter de dériver sans raison apparente. Pour cela, Michi reprit la parole rapidement. Histoire de ne pas perdre le rythme et avança que normalement c’était Naaru qui devait venir la réveiller et non elle systématiquement et le tout enrobé d’une magnifique métaphore sur les princes et les princesses. Sauf que oui, ils n’étaient pas normaux tous les deux. Parce qu’ils s’étaient plus ou moins avoué leurs sentiments tout en sachant que normalement ils devraient se détester. Baskerville et Pandora. Qu’ils étaient naturellement des antipodes. Chain et humain. Et qu’un jour, Michiyo finirait par disparaître à cause de ce statut, elle n’était pas immortelle et ne le serai certainement jamais. Voilà, elle recommençait. Se pinçant la lèvre, la demoiselle ferma les yeux quelques secondes pour enfin évacuer ses idées saugrenues. La jeune femme pensait trop et partait souvent trop loin. Et là, elle avait eu mal. Etrangement mal. Son cœur manqua un battement lorsque parvint le rire du bel homme jusqu’à ses oreilles la faisant revenir brusquement à la réalité. Se forçant alors à rester concentrer, elle tenta de reprendre un sanglant de naturel et enchaîner la discutions parce que ce n’était pas elle de s’en faire comme cela,  en inversant les rôles volontairement. C’était elle le chevalier et lui la princesse. Il le méritait bien, parce que ce n’était jamais elle qui s’endormait n’importe où comme dans un conte qu’elle avait un jour lu. Il y a longtemps. Encore une fois, le jeune homme se mit à rire. Non mais, se moquait-il d’elle ? Comme toujours, mais pourtant, cette fois-ci elle ne le prit pas mal. Ca lui faisait du bien, ce rire était rassurant. Il ne fallait surtout pas qu’elle se mette à penser au futur. Sinon, elle finirait par tout gâcher et cela inévitablement. Comme un besoin vital, Michiyo attira alors Naaru vers elle pour l’embrasser. Le sentir contre elle, sa chaleur, son odeur, lui simplement, lui procura le plus grand bien. Alors, sans chercher à penser à quelque chose, elle prolongea le baiser jusqu’à titiller la langue du brun, fut même soulagée de sentir Naaru y participer aussi. Jusqu’à ce que le souffle lui manqua.

Alors que la jeune femme allait reculer, son menton fut pris d’assaut par les doigts du Chain. Son regard se plongea dans celui de ce dernier et elle écouta ce qu’il avait à dire. Un large sourire apparu sur son visage au fur et à mesure qu’elle comprenait le flot de parole du brun. Ah, mais il pouvait en profiter autant qu’il le désirait, Michiyo ne serait jamais contre. Alors qu’elle allait ouvrir la bouche pour répondre, une petite douleur se fit ressentir sur son nez un peu trop rouge à son goût. Merde alors ça faisait mal. La demoiselle se pinça alors légèrement le nez, comme ci la douleur pouvait passer. Ah, elle lui revaudrait ça. Mais alors que Naaru continuait de parler, une idée germa dans son esprit.  Allons dont, il voulait acheter une robe. Même si la jeune femme douta de la véracité des dires du Chain, il se pourrait bien qu’un jour il se retrouve avec l’une de ses grandes robes roses à dentelles devant sa porte. Histoire de voir ce qu’il en ferait. Son cerveau se reconnecta soudainement correctement, alors, dans le même élan théâtral que Naaru et parce que ça la faisait énormément rire et qu’étrangement, elle en avait besoin, la jeune femme posa son genou droit à terre, tout en prenant la main gauche du jeune Chain dans les siennes.

« C’est donc une promesse que je vous fait belle princesse. Jamais je ne vous laisserai dormir trop longtemps et de votre corps habillé d’une magnifique robe, je ferai mon nouveau refuge. »

Déposant un léger baiser sur la main du Chain, la demoiselle se releva alors en se penchant respectueusement devant le jeune homme, un sourire toujours affiché sur son visage. Se disant soudainement que ça dernière phrase possédait un arrière goût de double sens, mais c’était dit désormais, et elle ne pouvait plus rajouter d’autres choses pour s’expliquer.  Au fond, Michiyo était aussi une enfant et s’amusait tout particulièrement de la situation. Au fond, depuis qu’elle fréquentait plus ou moins Naaru et sa facette d’enfant enfermé dans un corps d’homme, elle se laissait aller plus souvent. Riait plus facilement et on ne comptait plus le nombre de sourires. Même, lorsqu’elle était dans les bâtiments de Pandora avec certain de ses collègues, il n’était pas rare de la voir sourire légèrement et de participer plus facilement aux conversations. C’était un peu étrange en fait que ce soit Naaru qui la rende plus humaine, plus vivante. Alors que l’inverse aurait normalement était plus logique. Sauf que oui, ils n’étaient pas logiques, alors ça devenait presque normal pour eux. Pour elle surtout de s’y habituer. Ce n’était pas une question de penser différemment, bien au contraire, dans son monde, c’était eux deux qui penser correctement et les autres qui n’étaient pas normaux. Voilà, c’était presque mieux dans ce sens là. Enfin, le jeune homme s’approcha d’elle pour poser ses mains sur ses joues. Ca par contre, ça faisait véritablement du bien. Michiyo se savait malade, particulièrement faible et surtout très gelée. Mais ça, son supérieur s’en fichait réellement et tout ce qui l’intéressait c’était monter dans l’échelon hiérarchique de Pandora. Les autres membres, il s’en fichait, n’hésitait pas à les écraser. Alors, il montrait qu’il était le plus intelligent, le meilleur commandant, qu’il obtenait les résultats les plus probants et que tous l’écoutait. Théoriquement Michiyo aurait du l’envoyé balader en lui disait qu’elle n’était pas sous ses ordres normalement. Mais la migraine persistante qu’elle avait depuis son réveil ne l’aidait pas beaucoup à se concentrer et surtout à être fidèle à elle-même.

Ce fut donc tout à fait logiquement que Michiyo pris place dans les bras du jeune homme lorsqu’il se recula et ce dans demander si elle pouvait. Elle avait besoin de chaleur et un point c’est tout. Puis bon, ce n’était jamais désagréable d’être dans les bras du Chain, par conséquent, elle alliait presque l’utile à l’agréable. S’ils pouvaient rester comme cela le plus longtemps possible et cela sans bouger, la demoiselle ne serait pas contre du tout. Naturellement ses mains froides se glissèrent sous les vêtements de l’homme aux cheveux couleur chocolat pour se placer sur son dos alors que sa tête rencontrait son torse. Généralement ce n’était pas elle qui demandait de l’intention, mais aujourd’hui c’était différemment. Des mots sortirent alors de sa gorge pour lui demander s’il n’était pas contre ce contact soudain. Lorsqu’elle entendit la réponse Michiyo fut presque surprise voire même déçue. Elle voulait répondre quelque chose. Non mais lui demander une explication, mais se reculer et peut être même montrer son mécontentement. Partir était un peu trop exagérer, mais ce fut presque ce qu’elle eut envie de faire. Sauf qu’elle ne le fit pas, n’arrivait pas à bouger. Il fallait qu’elle parle, qu’elle lui demande finalement des explications. Au moment où son corps de décida enfin à écouter son cerveau, des bras entourèrent au même moment ses épaules et la jeune femme pu sentir le souffle chaud du Chain tout près de son visage. Alors qu’elle allait lui dire que pour quelqu’un qui trouvait le contact désagréable il était un peu trop proche d’elle, le jeune homme se décida à parler.

Ses yeux laissèrent passer un voile d’étonnement pendant que la demoiselle se maudissait elle-même d’avoir tiré des conclusions trop hâtives vis-à-vis des paroles du Chain ainsi que de la situation. Pourtant, elle ne pu s’empêcher de se poser des questions. Naaru ressentait-il finalement le froid comme tout le monde ? Apparemment oui. Mais la demoiselle ne savait pas que cela pouvait être aussi dérangeant que ça pour lui. Pourquoi ? Cette foutue question qui lui brûlait les lèvres, qu’elle voulait impérativement poser. Sauf qu’inconsciemment, elle ne voulait pas connaître la réponse, ou alors elle ne voulait tout simplement pas imposer cette réponse au Baskerville. Oui, c’était ça surtout. Ses lèvres s’ouvrir pour laisser passer sa réponse.

« J’espère bien pour toi. Dans le cas contraire, je serai réellement vexée. »

Finalement elle avait pris la décision de ne rien demander, de garder encore une fois toutes ses questions pour elle toute seule. Après tout, Naaru lui avait bien prouvé mainte et mainte fois que s’il voulait parler de quelque chose, il le ferait bien de son propre chef et qu’elle n’avait pas à s’en faire pour ça. Avec le temps, Michiyo avait appris à prendre son mal en patience et attendre que les choses concernant Naaru viennent à elle presque toutes seules. Juste parce qu’elle ne voulait plus le blesser et ne plus récréer la même situation que la première fois. Parce qu’après tout, si ce qui s’était passé, s’était finalement passé, c’était bel et bien de sa faute. Et c’était à elle de faire attention à ce qu’elle disait au moins pour ne pas vexer ou rendre triste le beau brun. Fermant les yeux, elle profita une nouvelle fois de la chaleur de Naaru. C’était reposant. Elle avait froid, mais aussi véritablement sommeil. Ah, Michiyo n’était vraiment pas contre un bon lit ou divan avec Naaru à ses côtés. De toute façon elle n’était jamais contre quelques minutes voire heures avec l’habitant du monde Abyssal.

Par la suite, il lui demanda pourquoi elle se trouvait dans ce lieu. Ce à quoi elle répondit bien vite et sans mentir. Rajoutant par la même occasion qu’elle le soupçonnait grandement de déclencher lui-même les alertes au Chain pour qu’elle se déplace sur les lieux où il se trouve. C’était un fait, les deux jeunes gens se retrouvaient toujours dans les lieux les plus insolites et surtout les endroits où ils ne devraient théoriquement pas se trouver en même. Que pourraient-ils bien faire tous les deux à Pandora ou dans la forêt voire même à Lutwidge ? Normalement rien. Sauf qu’ils y étaient tout de même et se permettaient quelques moments de tendresse malgré tout. Alors que la demoiselle oubliait déjà que la question avait été posée pour se concentrer sur autre chose, elle eut le loisir d’écouter la réponse de Naaru. Cette même réponse lui fit relever la tête et observer la réaction du Chain lorsqu’il s’arrêta de rire. Il lui redemandait sérieusement s’il y avait une alerte au Chain. Oui. Sinon pourquoi Pandora se déplacerait-elle ici en si grand nombre si c’était seulement pour regarder des gosses de riches se balader et faire leurs vies. Non, ils étaient quand même formés à la base pour chasser les Chains et contractant illégaux voire accessoirement courir après les Baskerville, mais non pour regarder les petits oiseaux chanter.

« Oui il y en a une. Mais si tu veux mon avis, je ne pense pas que ce soit une vraie. Un contractant illégal est assez réparable en général et encore plus lorsqu’il est avec son Chain non ? »

Dans un sens, Michiyo lui demandait son avis. Parce que si elle connaissait des choses en tant que contractante, elle n’avait pas la capacité de Naaru qui avait vécu parmi les autres Chains pendant certainement de nombreuses années. Au fond, même si la jeune membre de Pandora était persuadé au plus profond d’elle qu’il n’y avait pas lieu de s’en faire et que ce n’était qu’une fausse alerte, elle se mettait soudainement à douter. Et si c’était une vraie mais que la bête de l’Abysse prenait son temps pour se montrer. Qu’ils avaient compris que Pandora faisait des rondes depuis le début de la nuit uniquement pour l’attraper et peut être le tuer, alors il attendait que l’on donne l’ordre de se retirer à cause de recherches infructueuses et là, ça pourrait devenir un véritable carnage. La jeune femme se pinça discrètement la lèvre. Non. Il ne fallait pas penser de cette façon puisque rares étaient les contractants illégaux capables d’autant de discernement et de patience. Resserrant un peu plus sa prise autours de la taille du jeune homme, Michiyo souffla quelques mots.

« Ne t’en fais pas. Je pense quand même que nous allons être tranquilles aujourd’hui.  Pas d’autres Chain, ni d’épée et encore moins de combat et de sang ».

Pour montrer à Naaru qu’elle était détendue et qu’il ne fallait pas s’en faire à cause de potentiels autres Chain, elle souffla légèrement sur le torse dénudé du jeune homme aux cheveux couleur chocolat pour le refroidir un peu mais aussi pour s’amuser. Un léger sourire moqueur se dessina sur ses lèvres pendant qu’elle reculait face à la demande muette du Chain de Baskerville pendant qu’elle écoutait ce qu’il avait à lui dire. Rentrer ? Oui bien sûr qu’elle voulait. Mais rentrer à l’intérieur des bâtiments de l’école pour continuer à parler tranquillement et faire semblant accessoirement de travailler ou bien de rentrer chez elle pour éviter toute hypothétiquement faible attaque de Chain ? La réponse que Michiyo prononça pu paraître bien idiote sur le moment pendant qu’une mine boudeuse apparue sur son visage alors qu’il tapotait le dessus de son crane. A chaque fois qu’il faisait ça elle se sentait petite et jeune, mais vraiment petite.

« Je veux bien, mais rentrer où ? Parce que mine de rien, je devrai au moins faire semblant de travailler.»

Mais ce fut sans attendre la réponse du jeune Chain que la demoiselle attrapa l’une de ses mains, regarda à droite et à gauche que personne ne pouvait les voir ou ne les observait – juste au cas où -  avant de l’attirer à l’intérieur des bâtiments. Finalement, elle n’était pas patiente pour tout et n’avait pas envie de se refroidir encore plus en attendant la réponse du bel homme. Courant à l’intérieur des longs couloirs pendant plusieurs minutes tout en serrant toujours un peu plus fort la main du brun , elle s’arrêta n’importe où pour reprendre un peu son souffle. Ah vivement qu’elle aille mieux pour reprendre les entraînements, parce que la demoiselle en avait véritablement besoin.

« Je pense que si nous volons rester ensemble un peu plus longtemps douce princesse, il va falloir éviter tous les chevaliers de Pandora pour que notre relation reste secrète. »

Michiyo ponctua ses paroles d’un clin d’œil avant de lâcher la main de Naaru, s’avança rapidement vers lui pour lui voler un petit baiser et reculer de nouveau. Oui, elle s’amusait véritablement avec lui. Les minutes ne passaient pas de la même façon, elles paraissaient vraiment trop courtes et cela désolait véritablement la jeune femme. Pourtant, elle essayait d’en profiter toujours le plus possible, même si cela voulait dire d’arrêter de se mettre des barrières, d’être adulte, sérieuse et de travailler pour ne penser qu’à elle, qu’a eux.



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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   27th Avril 2014, 02:01



Ça avait commencé d'un petit rien. Encore aujourd'hui, Naaru se demandait constamment pourquoi cette femme l'attirait tant. Pourquoi il pouvait passer plusieurs heures penché sur sa fenêtre, observant les humains passer dans les ruelles. Ce n'était pas tant cette habitude qui le dérangeait, mais plutôt sa fâcheuse tendance à s'occuper l'esprit de cette présence entêtante qu'était Michiyo. Parallèlement, il pouvait se passer plusieurs jours sans que son esprit ne soit occupé par elle. En général, il ne pensait plus à rien alors sortait se changer les idées. Car un Nana sans idée derrière la tête n'était plus digne d'être appelé ainsi. Puis, en observant la foule autour de lui, il repensait aux humains, et donc fatalement sa tête lui ressassait cette chevelure bleu azur dans laquelle il aimait tant passer ses doigts fins. Il ressentait cette texture, cette odeur, et puis ce sourire sur leurs deux visages. Parfois, le chain s'amusait à s' auto-censurer , à stopper toute réflexion de sa part. C'était mieux ainsi, et quelque part il redevenait à ce moment le brun qu'il était avant de la rencontrer. Il accordait une plus grande attention à ce qui l'entourait, mais ne cessait de descendre tout ce qui bougeait et se sentir supérieur. Ce n'était pas en soi une si bonne chose. Depuis qu'il la connaissait, les humains étaient devenus « autre chose » pour lui. Pas seulement une source de connaissance, mais aussi une espèce avec laquelle on pouvait s'attacher. Faire confiance, même si cette notion n'était pas encore totalement ancrée dans sa façon de vivre. Après tout, à qui accordait-il réellement sa confiance ? Son partenaire, parce qu'il partageait sa vie avec lui. Après tout, pourquoi accordait-on la confiance à quelqu'un ? Pour ne pas être trahi, pour ne pas souffrir. Par faiblesse, parce que l'on ne peut pas tout garder pour lui. Mais Naaru était un être fier, pas fidèle pour un sou, et on ne peut plus honnête. Il ne gardait pas de secret, et l'importance n'avait pas lieu d'être. Il n'éprouvait pas vraiment la peur, et ne témoignait pas d'importance suffisante à quelqu'un pour se reposer complètement dessus. Pourtant, avec Michiyo, c'était encore une facette de lui qui changeait. Cette confiance, elle se l'appropriait doucement. Pas à pas. C'était comme parvenir à l'apprivoiser. Pour l'instant, même si une partie de lui prenait leur relation très au sérieux, la très grosse autre partie ne pensait à ça que comme un jeu. Après tout, comment pouvait-il céder cette confiance ? Il n'avait pas été pris au dépourvu. Ou en tout cas, pas dans des cas d'extrême urgence. Michiyo était aussi très fière, avait la tchatche, embrassait bien, était belle et Naaru l'adorait. Mais il y avait une pièce manquante à l'échiquier. Ce cas « d'extrême urgence ». Ce cas qui ne s'était jamais produit. Ce sujet ultra sensible qui pouvait mettre le chain dans tous ses états à sa simple évocation. C'était en quelque sorte le témoignage officiel de sa plus profonde confiance. Parce que ça l'obligerait à se dévoiler, à faire face à ses peurs avec une personne qu'il saurait capable d'encaisser ses caprices. Mais même s'il trouvait parfois dans les yeux de Michiyo cette curiosité mal dissimulée, il ne pouvait lui décrire son passé. Parce qu'après la confiance il y avait la peur. Et que même en tant que second point, elle jouait énormément sur son choix. Qu'y avait-il ? Ses précédents essais l'avait mené à d'affreux souvenirs qu'il s'était empressé de dissimuler le plus rapidement possible.

Ah qu'importe, Naaru n'était pas là pour parler du passé. Même si la saison froide approchait, même si ses nuits se remplissaient de cauchemars, il n'était pas question de se miner l'esprit face à celle qu'il aimait. Il n'avait pas le droit, ne serait-ce que par respect pour elle. Le chain voulait la prendre dans ses bras, l'embrasser. Et en fait, il le ferait bien assez tôt. Elle grelottait sur place, mais ne cessait de lui poser des questions. Comme sur sa nouvelle coupe de cheveux, en passant. Sujet qui bien sûr cachait une bien affreuse histoire. Ce sucre. Il le savait, lui et le boudin s'étaient ligués contre lui afin de lui faire subir le plus abominable de ses passages sur Terre. Mais ça fonctionnait mieux que prévu. Visiblement, ça n'avait pas tant l'air de déplaire à la jeune femme et mis à part son sourire un peu étrange, Naaru trouva que cette coupe arrangée n'était pas plus mal que les anciens. Et puis, ils auraient tout le temps de repousser. Après tout, il n'allait jamais chez le coiffeur. Aussi, lorsque la demoiselle passa une main dans ses cheveux pour replacer des mèches – quelque part, c'était totalement inutile, vu sa coupe indéfinissable – Naaru fit une légère moue assez adorable. Elle avait un sens de l'esthétisme qui échappait totalement à notre brun. Sa phrase satisfaite sonna joyeusement aux oreilles de Nana. Puis, ses mains froides se stoppèrent sur les joues du chain. Il ressentait cette fraîcheur envahir son visage, et même si un léger frisson le parcourut, il ferma les yeux et posa ses mains par-dessus les siennes. Elles seraient bien vite réchauffées. Il réchauffait bien mieux que des moufles, c'était un fait. Quelque part, il se demandait à partir de quand il ressentait le froid. Il ne se souvenait pas d'avoir été si sensible la saison précédente. Cette fois, c'était plus profond. Si la fraîcheur extérieure ne faisait qu'effleurer son épiderme sans le faire réagir autrement qu'une constatation mentale, en revanche le contact n'avait pas le même effet. Cette fois, elle pénétrait dans sa peau, envahissait quelques centimètres de la zone environnante et provoquait un léger, très léger frisson. Mais suffisamment pour le faire réagir, ce qui était vraiment inhabituel. Tout à coup, il sentit le souffle de la demoiselle tout proche de son oreille. Ses yeux s'ouvrirent doucement tandis qu'il écoutait la phrase prononcée. Ha ha, une explication. Elle pouvait toujours courir. Son honneur de chain était en jeu. À cette phrase, un léger rire tinta hors de sa bouche. Michiyo ajouta un léger bisou sur sa joue et se recula un peu. Le rire de Naaru se poursuivit encore un instant et il embrassa Michiyo, encore hilare. Lui, avouer qu'il n'était même pas capable de faire du caramel, qu'il s'était amusé à jouer au foot avec une poêle brûlante, qu'il était parvenu à se coller la moitié du caramel sur ses cheveux, que Finn avait dû couper tout ça à la hâte et qu'il lui avait donc formellement interdit de poser un seul orteil dans la cuisine ? Non, c'était un peu trop et ça risquait de le discréditer totalement. S'il se fichait complètement de son image de marque et de sa belle gueule d'ange, il lui restait une once de d'amour propre. Alors, pour unique réponse, il dit :

-Il me faudrait certainement une centaine d'années supplémentaires pour t'avouer ça. Histoire d'oublier et d'enjoliver la situation.

La gêne s'était envolée d'un seul coup. Il avait dit ce qu'il avait sur le cœur. Et puis bon, ce n'était pas une information vitale. Si elle le poussait suffisamment loin, il lui dirait certainement tout. Après tout, il n'avait quasiment rien à cacher. Tout ceci n'était qu'un simple jeu, et c'était aussi pour ça qu'il ne se prenait lui-même pas au sérieux. C'était très mal. Enfin bref, Naaru ne savait si le temps jouait en cette drôle de faveur pas si amusante, mais ils semblaient tout deux attaqués par de mauvaises pensées. L'espace d'un instant, il crut la voir se pincer la lèvre. Voyons, à quoi pouvait-elle bien passer ? Parfois, le chain voulait sonder son esprit. Évacuer toute ses peurs. Il voulait qu'elle partage tout avec lui. Qu'elle lui fasse part de ses moindres petits problèmes. Naaru était prêt à remuer terre et ciel pour la voir constamment sourire. Ça le rendait triste sinon. Ils ne se voyaient déjà pas souvent, si en plus ces rencontres impromptues se trouvaient semées d'embûches, ça n'arrangeait pas les choses. Il voulait bien la prendre dans ses bras, encore. Toujours ce contact. Il la sentait tellement proche et tellement lointaine à la fois. Comme s'il voulait attraper... de l'eau. Oui, c'était ça, une eau limpide. Elle coulait entre les doigts, généreuse, mais il était impossible de s'en saisir, de l'avoir rien qu'à soi. C'était une étrange pensée. Après tout, s'il voulait tant qu'elle s'exprime, il n'avait qu'à le lui demander. Mais il s'y refusait. Parce qu'il n'avait pas le droit. Il lui cachait quelque chose. Cette chose dont il souffrait constamment sans vraiment s'en rendre compte. Encore ce passé. Alors, tant qu'il ne lui en aurait pas parlé, il n'avait pas le droit de lui demander quoi que ce soit. Si ça prenait des années, soit, il tiendrait de même sa langue. Peut-être était-ce pour ça qu'il la trouvait si insaisissable. Parce qu'il n'avait pas encore trouvé le pot permettant d'emporter un peu de cette eau pour la garder chez lui. Un léger sourire, presque blasé, s'afficha dans un coin de ses lèvres. À quoi pensait-il donc ? Il ne se savait pas si sentimental au point de s'empêcher de vivre et de s'exprimer comme il l'avait toujours fait.

Alors, la discussion dériva jusqu'à cette histoire de princes et de princesses. Parce qu'il était drôle d'assimiler ce que ces contes montraient aux jeunes enfants face à la vivacité du monde réel. À sa dure franchise et sa violence. Ça enjolivait tellement les choses. Néanmoins, inverser les rôles n'avaient pas été une si mauvaise idée. Tiens, Naaru s'apercevait presque en train de porter une robe, et cela le fit rire. C'était d'un tel mauvais goût. Il se savait d'un visage un peu féminin, mais pas au point de se travestir. Ses muscles risquaient de gâcher fortement la coupe de la robe. Et il fallait avouer que son torse n'avait rien d'une poitrine bien fournie. Il faudrait bien une tonne de rembourrage pour arriver au premier bonnet d'une femme. Et il éclata quasiment de rire. Mais en reprenant à peine son souffle, Michiyo l'attira subitement à lui pour l'embrasser. Il s'y accoutumait un peu trop vite. Cette façon de le faire taire par la corruption. Et cette dernière marchait plutôt bien. S'ensuivit alors un long baiser riche en échanges. Ça devenait de plus en plus entêtant, et Naaru ne cessait d'en demander encore plus.

Tout ceci partait vraiment trop loin. Ce sujet étranges. Mais avaient-ils eu un jour un échange normal ? Pas sûr. Après tout, deux personnages d'exceptions se devaient d'orienter leurs discutions vers des sujets tout aussi exceptionnels. Alors, en donnant une légère pichenette sur le nez de la jeune demoiselle, il lui fit part d'une petite blague. Qu'il s'achèterait une robe un de ces jours et qu'il la porterait. Foutaises bien entendu. Ça ne risquait pas d'arriver, sauf si bien sûr c'était un pari. Quoique, même ceci n'était pas certain. En tout cas, ses paroles eurent le don de la faire sourire, ce qui était somme toute le but de toute cette mascarade. Ils s'échangeaient constamment du bonheur. Le but était de faire ressentir un maximum de choses au partenaire, pour sa satisfaction personnelle. Et ça, ça rendait notre homme plus amusé que le plus fou des hommes. Il n'échangerait sa place pour rien au monde. Subitement replongé dans le monde réel, il aperçut Michiyo poser un genou à terre. Alors qu'il crut à une perte d'équilibre et s'apprêta à la rattraper, il constata que cet élan n'était uniquement que théâtral. Elle prit sa main gauche et Naaru crut un moment qu'elle lui jouerai la sérénade. Néanmoins, ce ne fut pas le cas. Au lieu de ça, il eut le droit à un mini monologue. Ah cette robe. Non, il ne la porterai pas. Mais peut-être pourrait-ce être le cas pour la demoiselle. Il gardait cette idée pour lui et le ressortir un jour. À part ça, lorsqu'il entendit la fin de la dernière phrase, il cligna deux à trois fois des yeux, surpris. Il avait sans doute les idées assez déplacées voir inconvenantes, mais cette phrase lui semblait curieusement assez perverse. Il ne parvenait pas à en saisir le sens principal. Voulait-elle porter cette robe ? Le prendre dans ses bras comme elle ne tarderait pas à le faire ? Faire autre chose que les propos tairont ici même ? Elle lui fit un baisemain puis se releva. En un très léger clin d'œil, Naaru ajouta, amusé :

-En espérant que mon corps vous apporte toute la chaleur qu'un foyer offre, séduisant prince.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait répondu ça. En tout cas, il l'aida à se relever, histoire d'économiser ses forces parce qu'elle était déjà suffisamment malade comme ça. Puis, elle s'approcha subitement de lui et l'entoura de ses bras. Passa ses mains sous son haori et son kimono plus généralement. Cette fois-ci, il ne put réprimer cette réflexion. Ah, l'espace d'un instant, il se sentit un peu idiot d'avoir prononcé ses ressentis à l'oral. Et malheureusement il ne compris pas de suite le double sens de sa phrase. Ce qui pouvait curieusement porter à confusion voir même vexer Michiyo. Ce frisson qui parcourut son corps hérissa instantanément ses poils de bras. Même si ça ne dura qu'un faible instant, il les sentit se lever tour à tour et c'était oui... vraiment désagréable. Un frisson de froid. Un vrai frisson d'hiver. Allons bon, pouvait-il vraiment tomber malade ? Non, alors pourquoi son corps réagissait-il à ça, et pourquoi maintenant ? Néanmoins, il s'empressa de clarifier les choses dès que son esprit s'éclaircit. Non, cette sensation, une fois réchauffée, était loin d'être peu agréable. Au contraire. Il était satisfait. Alors tout en prononçant ces paroles rassurantes, il l'entoura de ses bras, souhaitant la réchauffer un maximum. S'il en profitait ? Probablement, mais à partir du moment où ce sentiment était partagé, ce n'était pas tant du profit. Tout du moins l'espérait-il. Aussi resta-t-il silencieux pendant un moment. Attendant une réponse de la demoiselle aux cheveux bleus blottie dans ses bras. Pour se rassurer. Juste pour savoir s'il n'avait pas fait de bêtises. Et puis elle arriva, cette réponse tant attendue. Elle se serait vexée. Alors, finalement il avait fait une petite boulette. À force de fréquenter les humains et plus précisément Michiyo, Naaru avait appris à lire à travers ses phrases. Elle s'était vexée durant le moment où il était resté silencieux. Il ne savait trop comment réagir. Alors, pour ne pas installer de silence pesant entre eux, il chuchota presque.

-Cet hiver est plus froid que les précédents.

Désolé ? Pardon ? C'est ce  qui aurait dû sortir de sa bouche. Il se serait bien excusé, mais il ne voulait pas et ne savait pas pourquoi il en était ainsi. Alors, il cherchait à se discréditer en s'expliquant. Bien sûr, il fallait un peu comprendre le fond de sa pensée. Et peut-être que cet hiver n'était pas si froid. Peut-être faisait-il même plus chaud que l'hiver précédent. Mais ce n'était pas ce qu'il ressentait. Alors il l'en informait. C'était sans doute assez enfantin comme manière de faire. Une façon de dire qu'on s'excusait sans vraiment l'exprimer à haute voix. Mais si Michiyo fouillait un peu, elle l'entendrait à travers les sous-entendus de cette phrase.

Puis, en relevant un peu la tête, la raison de sa présence s'imposa logiquement dans sa tête. Elle ne venait certainement pas pour étudier ici, ni même en visite de courtoisie, à moins qu'elle avait de la famille ici, ce dont doutait Naaru. En tout cas, en se posant la question, il en était arrivé à la pure et simple conclusion qu'une alerte au chain s'était fait entendre. Sinon pourquoi Pandora traînerait-elle dans les parages ? Il n'y avait aucune autre explication. Ce ne fut rien d'autre qu'une question qui s'extirpa de sa bouche, même si un soupir aurait bien pu décrire la situation. Encore. Ils n'étaient jamais tranquille. Il n'y avait que leurs appartements pour être tranquille. Sinon, ce n'était pas possible. Après tout, c'était plutôt normal. Pandora et Baskerville. Il n'y avait normalement aucune raison pour qu'ils se retrouvent l'un face à l'autre de façon déterminée. C'était au contraire plutôt quelque chose que l'on cherchait à éviter. Et puis, Nana se dit que c'était peut-être lui le chain en cavale dans Lutwidge. Mais cela lui paraissait totalement impossible, une fois la chose mûrement réfléchie. Après tout, à part à un fou, il ressemblait à un humain tout à fait normal. Et puis, à part se coucher dans un coin en plein hiver, il n'avait pas utilisé ses pouvoirs ni rien d'autre. Ça n'aurait pas dû être Pandora mais la police qui aurait dû se pointer. Pourtant Michiyo était là, en costume officiel. Pourtant, même si cette pensée s'affichait comme évidente, il avait toujours dans l'espoir d'être tranquille avec elle. Enfin elle répondit. Ah, il avait raison. Mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui pose une question en retour. Un contractant illégal, repérable ? Oui, assez. Un contractant illégal se sentait bien souvent emplit d'un grand pouvoir, alors qu'il était le plus contrôlé des deux. Un contrat illégal. Ce mot lui laissait un goût amer sur la bouche. C'était comme de la redite. Comme si... comme si oui, comme si ça s'était déjà passé. Il revoyait presque un visage. Un jeune visage. Quel âge cette personne avait-elle ? Peut-être dix ou douze ans. Ce fut comme un petit déclic dans sa tête. Comme si un compte à rebours s'était mis en place. Comme si quelque chose attendait le bon moment pour faire son apparition. Tâchant de ne pas trop s'en faire, et un peu rêveur, Naaru choisit les mots les plus significatifs et répondit honnêtement en affichant un sourire chaleureux.

-Les deux ensemble sont assez repérables oui. Mais un contractant seul n'est pas si difficile à battre que ça. Au final, c'est un peu le chain qui détermine sa chasse et qui se sert du contractant pour arriver à ses fins. Un chain est toujours plus difficile à combattre sous l'emprise d'un contrat qu'à travers une simple fissure. Et puis, le passage dans ce monde pour un chain n'est qu'un simple jeu. Une danse amusante avec la mort qui provoque une intense adrénaline. C'est assez entêtant comme sensation à vrai dire.

Et voilà, il s'était replongé dans ses pensées. Oui, c'était assez entêtant. Lorsqu'on s'y était habitué, l'odeur du sang et de la chair devenait une drogue. Tuer, tuer. On ne pensait qu'à ça. Le bien et le mal n'avait pas leur place. L'adrénaline seule comptait. Plus la cible se débattait, plus la chasse devenait intense. La souffrance, la peur, c'était tellement jouissif. Naaru sursauta. Allons bon, dans quel monde s'était-il engouffré ? Pourquoi pensait-il ainsi ? Son côté chain s'exprimait rarement de la sorte, pour ne pas dire jamais. Il devait peut-être rentrer. Ce froid lui remuait les tripes, et visiblement ça n'avait pas un effet bénéfique sur son état d'esprit. Michiyo resserra sa prise autour de sa taille, remettant notre brun à sa place. Elle assura qu'ils n'avaient rien à craindre, qu'ils pouvaient passer du temps ensemble, tranquillement. Mais était-ce vrai ? Un doute s'immisça dans sa tête. Il la chassa en un battement de cil et proposa alors de rentrer, parce que la dame en avait cruellement besoin. Peut-être lui aussi, quelque part. Il tapota le sommet de son crâne et lui sourit alors qu'elle lui sortait une petite mine boudeuse à laquelle il se contenta de sourire de toutes ses dents. Elle ne tarda pas à lui demander où ils devaient aller. Ah tiens c'est sûr, ne pouvaient-ils pas rentrer chez elle ? Oh non, attends, le fameux cadeau devait encore attendre à sa place. C'était une mauvaise idée. Chez lui ? Il était probable que Finn ne tarderait pas à rentrer. Après tout, Naaru ignorait l'heure qu'il était. Hm, mine de rien peut-être fallait-il rester là, au chaud. S'il avait fait un meilleur temps, Nana l'aurait invité à se balader dans la capitale, mais avec ses habits de Pandora, cela risquait de compromettre la sortie improvisée. Il soupira quelque peu lorsque la demoiselle aux cheveux bleus lui prit la main pour l'emmener à l'intérieur. Il fit nettement plus chaud. Elle devait faire semblant de travailler. Une fois à l'intérieur, le chain la retint, l'obligeant à le regarder.

-Mais regarde, tu fais superbement bien ton travail, tu as capturé un chain dès ton arrivée. J'ai rarement vu plus efficace !

Et à cette conclusion, il embrassa amoureusement la demoiselle en tranchant rapidement, espérant qu'elle viendrait réclamer son dû, auquel cas le brun serait satisfait. Sinon, il irait de lui-même achever sa douce sentence. Ensuite, elle reprit son chemin et les fit courir dans les couloirs pendant quelques minutes jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus. Ce qui, somme toute, fut assez rapidement fait. Vraiment, la maladie était une horrible chose. Naaru l'avait connu plus réactive et endurante. Il se moqua un instant en pouffant, mais se stoppa rapidement lorsqu'elle trouva assez de force pour continuer sa lancée sur les princes et princesses. Ah, cette demoiselle ne cessait de l'étonner. Pour cette unique raison, il se tut et se décida à l'écouter. Éviter les chevaliers de Pandora. Ah, ça c'était une bonne idée. Une petite course poursuite. Ça lui manquait un peu. Néanmoins, en observant la difficulté qu'avait Michiyo pour reprendre son souffle, il douta fortement sur sa capacité à courir. Alors, il ne se gêna pas de pousser la plaisanterie plus loin.

-Et moi je crois que si mon si chaleureux chevalier malade veut courir, il va falloir échanger nos personnages un instant afin que ce ne soit pas la princesse qui porte le prince dans ses bras.

À cela, il rit. Mais son attitude changea assez rapidement, et il entortilla ses doigts dans les siens tout en l'orientant doucement mais sûrement vers un mur. Lorsqu'il fut certain de l'avoir à bonne distance, il la plaqua contre ce même mur, en plein couloir, et un éclat de satisfaction brilla dans ses deux yeux plissés sous l'amusement. Quelque part ça paraissait effrayant, car on ignorait ce qui se tramait comme toujours dans son esprit dérangé. Il ne tarda pas à dévoiler ses plans en approchant sa bouche de l'oreille de la demoiselle

-Je crois même qu'un prince épuisé est un prince consentant.

Et, ceci dit, il mordilla gentiment le lobe de son oreille avant de s'attaquer à la bouche adverse. Parce que c'était agréable. Son sourire s'agrandit. Il voulait qu'ils sortent de cet endroit, qu'elle laisse son boulot de côté et qu'ils puissent passer plus de temps ensemble. Juste maintenant. Les regards se tournèrent vers les deux tourtereaux, certains chuchotèrent alors que d'autres jeunes filles rougissaient. Mais notre chain se fichait de ces regards. Après tout, ils ne devaient qu'éviter les agents de Pandora. Les élèves de Lutwidge lui étaient totalement étrangers. Pour ne pas trop fatiguer la demoiselle, il se stoppa un instant avant de l'embrasser de nouveau. Mais alors qu'il approchait ses lèvres, un cri de jeune fille retentit de l'endroit où ils se trouvaient précédemment. Et au lieu de sursauter, un râle mécontent sortit de sa bouche. Il y avait cru. Pendant un instant, il y avait vraiment cru. La tranquillité. À croire que leurs rencontres ne pouvaient que déclencher une alerte au chain. C'est vrai que dans un sens, c'était tout à fait logique. Mais tout de même. Alors, Naaru délia ses doigts de celles de Michiyo et mit ses mains dans ses manches en observant l'endroit d'où venait ce bruit. Ne pas se presser. Après tout, peut-être pouvaient-ils faire comme si de rien n'était. Pandora était là, c'était son boulot. Mais Michiyo était aussi là, normalement c'était à elle de s'en charger. Et ça, Naaru ne le laisserait pas passer. Il inspira en silence et grogna :

-J'ai toujours l'espoir infime d'être tranquille. Et à chaque fois, je suis déçu d'apprendre le contraire. J'y vais. Plus vite ce sera terminé, plus vite nous serons libérés.

Et sur ces mots, il libéra sa forme de chain. En jetant un léger coup d'œil à la demoiselle, il lui sourit chaleureusement même s'il pouvait être facilement interprété comme un sourire carnassier. Après tout, ses mimiques en tant que chain étaient bien plus profondes que celles qu'il revêtait sous sa forme humaine. Sans savoir si Michiyo le suivait, il se précipita vers la source du bruit. Il parcourut les allées en silence, alors que les autres élèves se penchaient sur les fenêtres, observant la scène de leurs yeux grossis par la peur. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait de l'extérieur, les élèves couraient dans le sens inverse. Ah, ces humains étaient tellement faibles.

En sortant, il observa de quelques mètres la situation. Une élève était couchée à terre, pleurait et criait, tandis qu'un immense chain le dévisageait de ses yeux sombres. Sans attendre un seul instant, notre brun décoloré courut jusqu'à la jeune fille et la prit dans ses bras pour la faire éviter une attaque du chain. Il la releva aussitôt et lui ordonna de courir. Naaru n'avait pas prit son épée, et il ignorait si son pouvoir se déclencherait s'il n'y avait pas de métal. Les murs étaient en ciment. Il n'y avait pas vraiment de métal aux environs. Ça ne l'arrangeait vraiment pas. Soupirant légèrement, il râla par la suite. Il ne se battait pas souvent à mains nues. Bon bien sûr, contre un humain ça pouvait passer sans trop de problèmes, mais contre un autre chain, c'était une autre affaire. Une fois certain d'avoir la jeune fille en lieu sûr, il se retourna vers le chain pour identifier ses points faibles. Un gros, gros animal. Quelque chose s'apparentant à un ours, voir même un grizzli vu la taille de ce dernier. Ça n'allait pas être simple. Il n'allait pas avoir le choix. Il avait toujours un poignard accroché à sa ceinture. Si petit qu'il n'était pas visible normalement. Ça ne lui permettait pas non plus d'utiliser son pouvoir. Mais pour se défendre, c'était une bonne solution. Il aurait dû prendre l'épée de Michiyo. Mais c'était trop tard, la bestiole l'avait remarqué. Alors, il se mit sur la défensive et se saisit du poignard. Il était léger, c'était une bonne chose. Puis, il se précipita sur l'immense colosse mais fut surpris de sentir un lourd poids s'abattre sur lui. Il l'avait vraiment bien sous-estimé. Avalant sa salive, il grinça des dents. Il était vraiment très lourd et était parvenu à la mettre à terre. À présent, la bête avait sa grosse bouche à quelques centimètres du visage de Naaru et ce dernier le retenait comme il pouvait en soutenant sa gorge. Il avait tellement de force. Quand tout à coup, le brun aperçut une petite boule blanche tomber à côté de lui, puis une multitude d'autres tomber du ciel. La bave du gros ours tomba sur le visage du jeune chain, qui tâcha de l'éviter comme il le put, sans grande réussite. Néanmoins, cette unique action parvint à déclencher tout le rouage et mettre fin au chronomètre qui tournait depuis un temps déjà dans sa tête. Son pouvoir disparut aussitôt. Ses cheveux reprirent leur teinte brune, et ses yeux un bel éclat émeraude. Bien entendu, sa force diminua aussi considérablement. Il tenta pourtant de porter un coup au ventre de l'animal, qui sous la surprise envoya balader le brun jusqu'au mur deux mètres plus loin. Son écharpe tomba et Naaru se massa l'arrière du crâne alors qu'il vit le chain s'approcher dangereusement de lui. Il voyait trouble, et lorsque son regard se tourna vers l'autre animal, il eut l'impression de le voir en double. Mais une vision s'ajouta à cela. Une femme à ses côtés, mal habillée. La neige qui tombait à présent en de gros cristaux. Et l'animal. Cet animal de plusieurs kilos. Il était un peu plus foncé que le précédent. Quel précédent ?
Ça suffit.
Le visage de Naaru se métamorphosa. C'est comme s'il était ailleurs. Mais qu'il ne vivait de toute évidence pas une magnifique expérience. Toutes ses défenses tombaient les unes après les autres. Il voyait une étendue blanche. C'était de la neige ? Oui, mais il y en avait beaucoup. Elle tombait aussi fort qu'aujourd'hui. Naaru n'était pas rassuré. Puis, cette femme apparut soudainement très proche de lui. La sauver. Un pan du mur dans son esprit s'effondra. Comment ? Non, pas maintenant ! Il se releva alors que sa vision était encore atteinte de mirages. Naaru se tint la tête mais tâcha de repérer ce qui était réel de ce qui ne l'était pas. Il évita ainsi un malencontreux coup de patte qui aurait pu lui causer de sérieuses blessures. Ça ne pouvait pas durer comme ça, il était trop affaibli. Il tenta d'appeler le métal à lui, mais il répondait d'une manière étrange, désordonnée. Alors, sans chercher à réfléchir davantage, il s'élança vers l'animal et parvint à le désorienter et à se trouver dans son angle mort pendant quelques secondes. Cela lui suffit pour asséner un violent coup de pied dans la hanche droite. L'animal hurla de douleur, et Naaru se retint de faire de même. Il avait tellement froid en plus de ça. Le chain se tourna vers notre brun et ses crocs se dévoilèrent, acérés. Il les revoyait en boucle. Il sentit une douleur lui prendre au bras, puis une seconde à l'autre. Pourtant il n'avait pas bougé. Mais que se passait-il ? Il était plein de rancœur, de haine, mais il y avait aussi de la peur, une peur qui le tenaillait et le prenait aux tripes.
C'est beaucoup trop tard.
Trop tard ? Trop tard pour quoi ? Pour s'enfuir. Oui, il ne pouvait pas s'enfuir. Il lui fallait le battre. Mais pourquoi était-il donc horrifié à sa vue ? Le calme ne parvenait pas à l'atteindre. Il serra les poings. Ça ne lui ressemblait pas d'être ainsi. Il ferma les yeux, et une flopée d'images lui revinrent en mémoire. La neige, le froid, l'animal, le contractant. Puis des sensations. Une lente dégradation de ses émotions. Et puis un silence pesant. Dans son champ de vision, il évita un nouveau coup de l'animal et dirigea son regard vers plus en aval. Il y avait le contractant. Là-bas. Encapuchonné, bien caché, il observait la scène en silence. C'était de lui qu'il fallait s'occuper. Malheureusement, le colosse chain comprit plus vite qu'il ne le pensait. Il barra la route à Naaru et asséna un coup qui ne manqua cette fois pas sa cible. La manche gauche fut bonne pour une nouvelle recoupe et le bras fut sérieusement entaillé. Le chain se tint le bras et cracha par terre. Il ne rigolait pas. Il ferait de même. Son pouvoir répondrait, même s'il devait l'y forcer. Mais pour le moment, il n'en avait pas la force. Alors, sans même savoir si la demoiselle se trouvait derrière lui, il lança :

-Michiyo, le contractant est là-bas !

Il espérait qu'à travers ses faibles paroles elle l'aiderait. Après tout, si le contractant disparaissait, il en était de même pour le chain. Et quitte à devoir s'en débarrasser, autant commencer par le plus faible, c'était une proie plus facile à atteindre. De nouveau, le chain l'occupa mais Naaru l'esquiva. Ça ne pouvait plus durer. Un flocon tomba sur un de ses cils, obstruant un peu sa vision. Il revit cette femme. Son sourire fou à lier. Il ne l'entendit pas prononcer de paroles. La seule chose qu'il finit par entendre au bout d'un temps fut un Bonne nuit ♫. Puis, il y eut un silence complet. Une douleur, deux, puis trois et enfin quatre. Naaru tomba sur les genoux, atteint d'une subite envie de vomir. Sa main l'en empêcha. Ses yeux s'ouvrirent, ébahis, pendant qu'il ressentait une nouvelle fois cette dernière sensation humaine. La mort.
Sa mort.

Ses oreilles perçurent son hurlement incroyablement puissant. La douleur fut intenable. Une douleur dans la poitrine lui fit manquer plusieurs battements. Un liquide coula de ses yeux, sans qu'il ne parvienne à le stopper. Il pleurait comme il n'avait plus pleuré depuis qu'il était un chain. Il avait mal, et se tenait la tête dans ses mains, prêt à s'arracher les cheveux si cela pouvait le libérer. Il avait perdu tout contact réel avec son environnement et était plongé dans son passé, emprisonné dans ses visions. Mais le monde réel ne s'était pas stoppé. Et la bête était déjà prête à lui envoyer un violent coup de patte. Il fallait faire quelque chose.

Oui, mais quoi ?

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Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Baudelaire
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Nom & prénom: Vincent Nightray & Michiyo Konoe
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   29th Mai 2014, 10:15

Michiyo avait un jour fait un choix non pas crucial, mais un choix tout de même. Un jour, sans se remettre forcément en question ou de douter, elle avait décidé de faire de Naaru – Chain des Baskerville qu’elle connaissait à peine- sa boite à souvenir. C’était certainement une très mauvaise image que de décrire un être vivant comme une « boite » mais c’était le terme qui lui était de suite venu à l’esprit lorsqu’elle avait pris sa décision. C’était plutôt le mot « souvenir » qui clochait aussi. Parce qu’ils ne se connaissaient pas encore assez pour que la jeune femme puisse lui confier tout ce dont elle se souvenait encore plus ou moins correctement. En quelque sorte le jeune Chain était une boite à souvenir mais uniquement pour des souvenirs du futurs. Ceux qu’ils allaient se créer ensemble et que malheureusement elle risquait d’oublier du jour ou lendemain. Il était possible de lui demander quand est ce qu’elle avait pris cette décision et surtout pourquoi. Mais, la demoiselle serait incapable d’y répondre. Peut-être parce qu’elle considérait que la réponse n’intéresserait personne, mais surtout parce qu’elle ne s’en souvenait pas. Mais pour elle, cela signifiait énormément. Une preuve que la membre de Pandora s’était soudainement attachée à une personne qu’elle ne connaissait pas ou très peu et sans raison. Mais, étrangement, elle savait qu’elle ne pouvait pas se tromper dans cette décision. Décrire quelqu’un comme une boite à souvenirs équivaut à donner sa confiance, si ce n’est tout entière, au moins une partie infime. Puis, partie par partie, ce serait une confiance complète qui serait déversée. Bien évidemment, Michiyo savait qu’elle aurait pu destiner son choix vers une tout autre personne, mais ça n’avait pas été possible. Parce qu’elle n’avait, par exemple jamais ressentie pour son Chain – être le plus proche d’elle- ce qu’elle ressentait pour Naaru depuis le début. Avant d’être sentimental, c’était viscéral. Quelque chose qui venait du plus profond d’elle, quelque chose qu’elle ne comprenait pas. Une confiance différente de celle qu’elle accordait à son compagnon d’infortune. Pour lui, cela ressemblait plus à une confiance qu’une vie pouvait offrir à une autre. Quelque chose de mutuel. En même temps, ils n’avaient vraisemblablement pas le choix. Si l’un venait à mourir, l’autre suivrait sans avoir son mot à dire. Autrement dit, il s’agissait plus d’une confiance acquise par la force au tout début, plutôt que quelque chose de spontané. Avec le Chain d’un Baskerville, Michi n’avait pas eu à sa forcer. Bien au contraire, la jeune femme avait rapidement mis sa vie entre les mains de cet inconnu lorsqu’ils étaient en mauvaise posture. Depuis, elle avait recommencé inlassablement. Certes, il y avait eu quelques petites réticences au début. Comme le fait de refuser de se faire soigner. Au fond, la contractante ne savait pas vraiment pourquoi elle avait refusé. Ses tripes lui avaient crié bien des dizaines de fois de ne pas se braquer aussi facilement avec cet homme aux cheveux couleur chocolat, mais, elle n’en avait fait qu’à sa tête. Ce qui, soit dit en passant, n’avait pas découlé sur de bons résultats. Néanmoins, Michi cherchait encore la raison de son refus et se disait finalement, que c’était une part de sa confiance qu’elle refusait d’octroyer. Se faire toucher autrement qu’au dessus de ses vêtements. Après tout, elle n’avait jamais été tactile et ce côté-ci gardait encore jalousement sa confiance. Il faudrait certainement beaucoup de temps pour quiconque, même Naaru pour réussir à l’obtenir.

Quant aux autres parts, il fallait avouer qu’il avait réussi à les obtenir bien rapidement et sans trop de difficulté. C’était peut être cela au fond, qui avait aiguillé ses choix quant à en faire un élément principal de sa vie même si elle ne se voyait pas encore se décrire comme « un couple ». Après tout, pouvait-on réellement les qualifier comme tel ? Certes, Michiyo pensait à ce jeune homme bien souvent et ne savait que faire pour le sortir de son esprit. Mais, la demoiselle ne se voyait pas pour autant passer toutes ses journées avec lui et soudainement se poser dans une vie bien tranquille et rangée. De un parce que ce n’était pas possible au regard de leurs statuts sociaux respectifs. Et de deux, parce qu’ils étaient tous deux certainement bien trop atypiques pour que quelqu’un puisse un jour les regarder comme un véritable couple à part entière. Parfois Michi se disait que certaines personnes étaient faites pour se trouver et donner l’illusion d’être un tout, alors que d’autres se trouvaient mais étaient véritablement deux entités à part entière. De son point de vue, Naaru et elle rentrait dans la seconde catégorie. Quoi qu’ils puissent faire, il était physiquement impossible de les décrire comme un tout parfait et complètement. Certainement parce qu’ils se trouvaient être deux entités bien distinctes. Deux forces de caractères différentes qui vivaient parfaitement indépendamment l’une de l’autre. Ils n’avaient ainsi, aucunement besoin de donner « l’impression d’être un tout parfait », parce qu’ils n’en étaient clairement pas un. Et cela valait mieux que de donner l’illusion. Qui sait ce qui se cache en réalité derrière cette dernière ? Un couple mal accordé, de l’adultère à n’en plus finir ? Des pleurs et des cris le soir venu ? Dans ces cas là, autant être mal accordé et rester soit même une entité propre que de se fondre dans l’existence d’une autre. Puis finalement, Michiyo aimait tout particulièrement chacune des rencontres qu’elle faisait avec Naaru. Rien n’était jamais prévu et la jeune femme était tout particulièrement heureuse de le croiser, même dans les situations improbables. C’était même un peu pour cela qu’elle pensait souvent à lui. Parce qu’il n’était pas une partie intégrale de sa vie, qu’ils vivaient la leur chacun de leur côté et que c’était encore bien assez. Aujourd’hui même, la demoiselle se sentait bien. Parce qu’elle était malade et particulièrement de mauvaise humeur, mais que la présence soudaine du brun lui faisait un bien fou. Naaru était une bouffée d’air frais et lui donnait l’impression d’être réellement vivante. Parce que oui, il fallait bien se l’avouer, mais ce n’était pas tous les jours excitant et particulièrement intéressant que d’être membre de Pandora. Tout au contraire, même sans uniforme, sans arme, sans distinction Chain- humaine, Michiyo savait qu’au simple contact du Baskerville, elle allait passer une bonne journée et avoir l’impression de faire quelque chose de vraiment intéressant et instructif cette semaine.

Du moins, c’est ce que la jeune femme avait pensé lorsqu’ils s’étaient miraculeusement retrouvés dans un endroit improbable. Au fond, tout avait bien commencé, un petit baiser de réveil, ce qui restait plus agréable que la menace avec une arme pointée sur lui lors de leur dernière rencontre. Quelques taquineries bien évidemment mais cela en devenait habituel entre eux. C’était presque normal pour Michiyo de chercher la petite bête avec Naaru, de chercher les éléments qui avaient changé entre deux rencontres. D’affirmer son caractère pour pousser le brun dans ses retranchements. C’était en quelque sorte un besoin indéfinissable que la jeune femme avait. En même temps, pouvaient-ils seulement se croiser, s’asseoir sur un banc et parler de la pluie et du beau temps, mais ce n’était pas non plus un besoin de se battre et de faire monter l’adrénaline à chaque fois. Non, juste un équilibre parfait entre les deux et étrangement, se taquiner dés que l’occasion se présentait. Comme ça, elle découvrait chaque réaction que pouvait avoir Naaru et apprendre à le connaître sans avoir besoin de l’interroger spécialement. Après tout, la membre de Pandora voulait éviter de faire ce genre de chose. Chacun possédait ses souvenirs, ses peurs et ses secrets et ce n’était jamais bon de vouloir forcer quelqu’un à les révéler. Peut-être même déconseillé pour les secrets d’un Chain. Alors, au travers de tous les moyens possibles, la demoiselle cherchait à obtenir de petites informations par ci par là et un jour, elle arriverait certainement à terminer le grand puzzle qu’était Naaru. Même si cela devait lui prendre des années, un jour, elle connaîtrait le Chain par cœur ou du moins le mieux possible.

En attendant, le mystère à résoudre était sa nouvelle coupe de cheveux. Oui, elle l’aimait tout particulièrement comme ça, ce n’était pas moche, juste surprenant. Parce qu’il n’avait juste plus ses cheveux demi longs et que Michiyo pourrait en profiter jusqu’à ne plus avoir d’idée. De toute façon, la jeune femme était presque persuadée que le jeune homme pourrait porter n’importe quel coupe de cheveux, cela lui irait toujours très bien. Quoi que, finalement, le crane rasé ne serait pas si sexy que cela. Replaçant alors une mèche de cheveux qui reprit rapidement sa place, la jeune femme posa un léger baiser sur la joue de Naaru avant de reculer. Elle était malade avant tout et partager ses microbes n’était pas sa priorité. Non, sa priorité était de savoir comment. Comment avait-il réussi à obtenir une telle coupe de cheveux et surtout pourquoi. Alors, elle lui avait chuchoté à l’oreille qu’elle aurait aimé avoir la vraie raison. Cette simple phrase suffit à provoquer un rire de la part du bel homme avant qu’il ne l’embrasse. Ah non, ce n’était pas cela qu’elle attendait mais une réponse. Certes, la contractante adorait les baisers du Chain et tout contact quel qu’il soit avec lui mais actuellement elle voulait une réponse. Sauf que détourner son attention en l’embrassant c’était légèrement inégal et c’était sa tactique surtout. Néanmoins, la demoiselle ne trouva pas la force de se plaindre réellement. Elle avait froid et était véritablement trop épuisée pour réellement bien comprendre et se défendre comme il fallait. Alors que Michiyo allait abandonner, Naaru reprit la parole en lui expliquant qu’il lui faudrait bien une dizaine de décennies avant qu’il ne lui raconte véritablement ce qu’il s’est passé. Le temps pour lui mais principalement son esprit de changer quelques détails. Etrangement, il n’en suffit pas plus à la jeune femme pour se sentir soudainement mieux et trouver quoi répondre. Après tout, elle n’était pas prête à attendre aussi longtemps pour obtenir une réponse, surtout parce qu’elle aurait la chance d’oublier.

« Tu es certain que tu ne veux pas me dire la vérité maintenant ? Parce que je risque de te casser les pieds pendant longtemps pour avoir une réponse. Du genre tous les jours. Et même si cela ne dure pas cent ans parce que je ne tiendrai pas aussi longtemps. Ca peut être très long quand même. »

En temps normal Michiyo était particulièrement tenace et ne lâchait pas le morceau avant d’avoir gain de cause. Le fait qu’elle soit malade depuis quelques jours ne changeait pas beaucoup la donne au final, juste qu’elle serait moins vigoureuse pendant le reste de la maladie et bien évidemment, dès qu’elle irait mieux la jeune femme recommencerait de plus bel. Ah, il était certain que la demoiselle ne le laisserait pas tranquille jusqu’à obtenir une véritable réponse. Peut être que cela pourrait durer des années parce qu’elle pouvait clairement parier que Naaru était une tête de mule à son niveau voire plus, mais elle ne capitulerait pas. Ce serait au moins un prétexte pour se revoir les semaines, les mois et peut être les années suivantes s’ils avaient de la chance. Et s’il venait à céder trop vite, la membre de Pandora trouverait une autre excuse et encore et encore. Inconsciemment, la jeune femme s’était véritablement éprise du Chain et ne se sentait pas la force de le laisser partir pour une raison quelconque. Certes, pour la jeune femme, rien n’était acquis selon ce qu’elle avait vécu par le passé. Rien du tout et il fallait profiter au maximum de ce que l’on possède pendant qu’il en était encore temps. Néanmoins, pour la première fois depuis longtemps Michiyo Konoe voulait se projeter un peu dans le passé et ne voulait pas l’imaginer sans la présence du bel homme et ce sous n’importe quelle forme. Sauf que lui, ne le voyait peut-être pas du même œil. Parce qu’au fond, elle n’était qu’une humaine parmi tant d’autres.

Chassant cette idée aussi idiote que saugrenue, la jeune femme aux yeux bleus se concentra de nouveau sur la situation et sur la conversation. C’était parfaitement elle ce genre d’absence. Normalement, elle était capable de tenir une conversation et de ne pas trop partir dans tous les sens. Mais ce n’était que des conversations avec des personnes lambda pas avec Naaru. Avec lui, Michiyo se posait beaucoup plus de questions, donc c’était normal de divaguer de sentiments en sentiments et de réponses en réponses. Est-ce que toutes les personnes amoureuses ressentaient se trouvaient dans cette situation. La question serait à poser à quelques uns de ses collègues de Pandora, peut-être obtiendrait-elle des réponses. Et comme toujours, la conversation dériva. Une histoire de conte de fée avec des princes et des princesses. Ce qu’ils n’étaient aucunement actuellement. Peut être dans une vie antérieure l’un des deux possédait ce genre de statut, mais pas dans celle-ci. Mais, il n’y avait pas d’âge pour rêver et Michiyo devait bien avouer que pouvoir observer Naaru porter une robe de princesse, un corset et des chaussures à talons – voire des chaussures tout court- valait au moins le détour. Avec une perruque pour encadrer son visage et bien évidemment le voir avec les cheveux longs, un peu de maquillage et des oranges dans le corset, ça peut donner quelque chose de bien à observer. Le jeter dans une soirée mondaine et regarder combien de temps il tenait avant de se faire courtiser et accessoirement découvrir qu’il était en fait un homme. Un jour, elle s’arrangerait pour le séquestrer et l’habiller de la sorte même si elle devait attendre que Naaru s’épuise pour réussir. Alors, elle posa genou à terre pour prononcer des phrases au sens plus ou moins ambigu et l’embrasser sur la main avant de se relever. C’était étrange d’un point de vue objectif, mais cette position avait été prise dans un élan soudain. Rien de véritablement réfléchi.

En entend la réponse du jeune Chain, la demoiselle se mit à rire légèrement parce qu’elle se rendait compte de l’ambigüité de ses précédentes paroles, mais aussi parce que Naaru jouait le jeu. Sa voix partait un peu dans tous les sens, mais Michiyo ne pouvait s’empêcher de sourire voire rire à chacune des remarques de son compagnon. Sauf que là, c’était véritablement risible. Dans un premier temps, elle pouvait simplement prendre sa phrase correctement. Autrement dit, Naaru avait naturellement un corps très chaud et le simple fait de se lover dans ses bras pouvait lui permettre de se réchauffer et de guérir tranquillement. Dans un second temps, il était aisé de comprendre que cette phrase cachait quelque chose de plus profond, de plus sensuel et la jeune femme s’en délectait clairement. Naturellement, sa réponse vint.

« Mais, restons discret sur le sujet. Ce serait dommage qu’un prince ou une princesse vienne prendre ma place dans tes bras. »

Et Michiyo était plutôt possessive et jalouse. Certes, pas au point de faire du mal à une personne pour une telle raison, mais elle pouvait clairement s’arranger pour que le reste de sa vie ne soit pas aisée et facile à vivre. Juste une petite vengeance en toute discrétion. Etrangement, cette sensation de garder pour elle ce qu’elle avait l’impression de posséder s’était allégrement renforcée depuis qu’elle avait rencontré le Chain des Baskerville. La discussion changea de nouveau et Michi se sentie soudainement mal. Sa bonne humeur était retombée d’un cran lorsqu’elle avait entendu les paroles du châtain quant au fait qu’elle passe ses mains sous ses vêtements. La jeune femme détestait les refus en général, mais celui-ci avait un goût amer parce qu’elle n’y était pas préparé. Sauf qu’elle ne voulait pas, non refusait complètement de montrer ce qu’elle pensait, donc ne dit pas un seul mot sur la question. Se contentant même de nier indirectement lorsqu’elle lui avait répondu. Même lorsqu’il se rattrapa en lui expliquant que c’était à cause du froid, elle n’arrivait toujours à se débarrasser de cette sensation désagréable. Ce qui se renforça encore un peu plus quand il prononça une phrase qui sonna étrangement aux oreilles de la demoiselle tout en la serrant dans ses bras. Théoriquement, Michiyo aurait tenté de comprendre le sens caché de la phrase, pourquoi soudainement disait-il cela au lieu d’un simple « pardon ». Mais ce ne fut pas le cas. Son corps la faisait un peu trop souffrir pour que son cerveau veuille véritablement se débarrasser de la déception qu’elle avait ressentie quelques minutes plus tôt. Se contentant uniquement de raffermir sa prise autours de la taille de Naaru. Ils auraient bien le temps d’en parler plus tard.

Ce fut même pour cela que la demoiselle ne rechigna pas à changer de conversation. Parler encore une fois de Chain, d’épée et d’ennemi qui pouvaient probablement se trouver à Lutwidge même si Michiyo n’y croyait pas plus que cela. Pourtant, elle posa des questions au jeune homme, des questions auxquelles elle connaissait déjà par cœur les réponses. Bien évidemment, Naaru confirma sa pensée, même si la fin de sa réponse lui rappela une nouvelle fois qu’il existait un fossé entre lui et elle. Dans leur façon d’être, d’analyser les choses et de les comprendre. Dans leurs passés mais aussi dans leurs présents et leurs futurs. La jeune femme détestait penser de façon aussi négative, surtout pour si peu. Alors, elle se contenta d’hocher la tête pour lui faire comprendre qu’elle avait bien compris de quoi il retournait avant de lui prendre la main et de courir au travers des couloirs de l’établissement scolaire. Il n’y avait aucune explication sérieuse à ce geste si rapide, mais le sport lui avait toujours fait du bien et lui permettait de se sortir les mauvaises pensées de l’esprit. Au moins, ces quelques secondes de courses lui firent du bien dans l’ensemble. Jusqu’à ce que la pression sur sa main se fit plus forte et qu’elle ne puisse plus avancée tranquillement. Se retournant, la jeune femme ne pu retenir un large sourire en entendant ce que Naaru avait à lui dire. Si seulement elle avait la capacité d’attraper des Chains seulement en leur faisant les yeux doux et quelques sourires, Michiyo n’aurait même pas à porter d’arme et à réellement à se fatiguer. Même si le meilleur à ses yeux fut le baiser qui vint après. Un baiser un peu court à son goût et qui ne la satisfaisait pas totalement. Michiyo comme à son habitude tira alors sur les pans des vêtements de l’homme aux cheveux couleur chocolat pour l’attirer vers elle. Et cela bien évidemment pour l’embrasser tendrement. La jeune femme adorait véritablement ces moments plus complices où le reste du monde ne semble pas exister. Et y prenait réellement goût.

« Tu corresponds parfaitement au Chain que je voulais attraper. Je pense donc ne jamais te laisser partir. J’espère que cette situation te convient ? »

Dans un sourire charmeur, la jeune femme lui tourna une nouvelle fois le dos pour reprendre un peu sa course. Soudainement, la contractante se sentait réellement mieux et toutes ses mauvaises pensées avaient disparu pour un temps. Pour autant, elle dû s’arrêter puisqu’elle possédait un bien mauvais souffle en ce moment même et le besoin de reprendre sa respiration se faisait présent. Ah oui, Naaru devait bien rigoler dans sa moustache de son manque de vigueur actuel et Michiyo se maudissait d’être aussi sensible à toutes les maladies hivernales. Une quinte de toux vint la secouer quelques secondes avant de s’en aller. Ah, rien n’allait à s’arrangeant. Pour autant, la demoiselle refusait de se montrer plus faible qu’elle ne l’était et ne se plaignait pas. Après tout, elle aurait tout le temps de se reposer lorsqu’elle serait seule chez elle avec son chat et accessoirement son propre Chain. Pour autant, Michi retrouva rapidement la force de reprendre leur précédente conversation relative aux contes de fée en disant qu’il était plus prudent de ne pas se faire attraper par les autres membres de Pandora. Ce à quoi Naaru répondit assez vite. Il avait clairement raison, dans le rôle de l’homme elle n’était pas la meilleure aujourd’hui. Riant un peu, elle ajouta une nouvelle phrase à leur déjà longue conversation. Comment en étaient-ils arrivés à ce sujet déjà ? Aucune idée.

« Tu as parfaitement raison ! Je ne suis pas très crédible dans mon rôle d’homme. Je te laisse donc la place et reprend celui de la femme qu’il faut protéger. »

Michiyo voulu rajouter quelque chose, mais la sensation des doigts du jeune homme entrelacés avec les siens la fit taire de suite. En général, la jeune femme ne voulait pas parler lors de ces moments un peu tactiles. Comme si le silence se devait d’être roi. Alors, Michi garda pour elle ce qu’elle avait à dire et se contenta de suivre tranquillement les mouvements du jeune Chain. Jusqu’à ce que son cerveau se reconnecte correctement du moins. Non mais, où allait-il comme ça ? C’était un mur et personne ne pouvait à sa connaissance passer au travers d’un mur, mise à part les esprits. Soudainement, la membre de Pandora pensa à une embuscade. Merde, qu’avait-il encore préparée ? C’était mauvais ça ! La jeune femme pensa qu’elle avait eu raison lorsque son dos rencontra sans son accord la froideur du mur. Bloqué entre le mur et Naaru, Michiyo avala lentement sa salive. A lueur qui brillait dans les yeux du Chain et la phrase qui venait d’arriver jusque ses oreilles ne lui disaient rien de bon pour son grade. Rien de bon du tout. Surtout le mot « consentant ». Non mais c’était quoi cette phrase ? Depuis quand quelqu’un de malade voire simplement fatigué était consentant à toute chose faite avec son corps ? Michiyo était pratiquement certaine de n’avoir à aucun moment donné son consentement pour quoi que ce soit. Alors qu’elle allait pour la énième fois parler et se défendre verbalement à défaut de pouvoir le faire physiquement, un frisson la traversa de part en part pendant que le sang affluait dans ses joues et tout le reste de son visage. Michiyo était même prête à parier que ses oreilles étaient rouges et non pas à cause du froid. Plutôt à cause du petit mordillement que venait de subir son lobe d’oreille. Non mais. Il se croyait où l’animal ? Ils étaient dans un lieu public tout de même ! La contractante voulu se plaindre, mais sa bouche fut prise d’assaut par une autre. Une autre qu’elle connaissait parfaitement. Un peu trop peut-être. Sa conscience lâcha alors prise à ce moment précis. Naaru était un enfoiré. Il embrassait bien et lui faisait perdre prise dès qu’il le désirait. Sauf que là, c’était un peu limite et les regards des élèves autours d’elle la dérangeaient un peu tout de même. Pourtant, la jeune femme se sentie étrangement frustrée lorsqu’il coupa court au baiser, mais se sentie heureuse de pouvoir respirer un peu. Reprenant son souffle, Michiyo tenta de se rapprocher plus rapidement des lèvres qui l’attiraient tant lorsque Naaru se rapprocha lui-même d’elle. Finalement à bas l’éthique et le fait d’embrasser dans une école. Elle en avait véritablement trop envie.

Sauf que rien n’allait jamais correctement lorsqu’ils étaient ensembles. Comme si le destin avait dit un jour « jamais vous ne serez tranquilles tous les deux ». Peut-être que dans une vie antérieure ils se connaissaient déjà et avaient fait quelque chose de véritablement mal pour que rien n’aillent jamais correctement. Michiyo sursauta au cri perçant d’une jeune femme à quelques mètres d’eux. Voire pratiquement au même endroit où ils étaient tous deux quelques temps auparavant. La membre de Pandora détourna les yeux pour essayer d’observer vers la direction, si elle pouvait voir quelque chose. Du genre juste agressé par un autre étudiant. Mais rien et la demoiselle savait pertinemment que le pire allait ou était déjà arrivé. Son regard se tourna une nouvelle fois vers le Chain et la demoiselle comprit rapidement qu’il n’allait pas rester sans rien dire, ni même bouger. Ses doigts se renfermèrent plus fortement sur ceux de Naaru. Non, c’était dangereux, trop dangereux et il n’avait pas le droit de partir. Pourtant, il lui fit comprendre le contraire en lui expliquant qu’il allait partir et revenir dès que ce sera réglé. Et pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, la jeune femme n’eut pas peur de voir la forme de Chain de Naaru. Ne bougea pas d’un millimètre et se contenta de le regarder. Elle avait soudainement peur pour lui, mais son corps refusait de bouger, de le retenir avec elle en lui expliquant que les autres membres de Pandora s’en occuperait si c’était le fameux Chain avec son contractant. Sa main droite finie quand même par se tendre pour se refermer dans le vide, frôlant à peine le tissu de la manche de Naaru pour se refermer dans le vide.

Michiyo ferma les yeux, soupira un peu et entreprit de le suivre pour le rattraper. Sauf que c’est à ce moment précis qu’elle se rendit compte que la fièvre était revenue et que sa vision était particulièrement trouble. S’appuyant contre le mur, la jeune femme pris quelques secondes à retrouver une vision normale avant de comprendre qu’il fallait impérativement qu’elle se dépêche. Ses pas la menèrent dans le flot d’élèves paniquaient qu’elle avait bien des difficultés à éviter. Bien évidemment, lorsqu’un danger se profilait à l’horizon, Michi n’était jamais en grande forme et ne pouvait pas donner le meilleur d’elle-même. Pourtant, son propre Chain était dans les alentours et pouvait toujours l’aider au moins à influencer le contractant en entrant dans son esprit. Se mettant au milieu de la foule, la demoiselle poussa un peu sur sa voix pour retrouver le calme dans les couloirs. Leur intimant l’ordre de rejoindre les autres membres de Pandora qui allaient les protéger et s’occuper d’eux s’il le fallait. Pourtant, la vague ne se calma pour autant, des coups d’épaules la firent reculer pendant qu’elle cherchait frénétiquement Naaru des yeux. Comme elle n’arrivait pas à le trouver, Michi fini par déduire qu’il devait être à l’extérieur du bâtiment. Soupirant, elle se mit à courir une nouvelle fois vers la sortie. Il fallait faire vite pour éviter que le Chain ne soit blessé sans raison. Ses talons sur le sol faisaient beaucoup trop de bruit et si un contractant se trouvait dans les alentours, Michi était certaine de se faire voir et de mettre en danger d’autres individus en plus de sa propre vie. Se baissant pour les enlever, la demoiselle jeta ces dernières dans un coin. Le sol était froid et de ses doigts de pied jusqu’à la pointe de ses cheveux, son corps frissonna. Il faisait beaucoup trop froid pour qu’elle ne puisse rester dans cette situation très longtemps. Parce qu’elle n’était pas Naaru et n’était pas insensible au froid.

Michiyo Konoe arriva enfin à la sortie du bâtiment, le chemin inverse lui avait paru beaucoup plus long que lorsqu’elle l’avait fait avec le jeune homme quelques temps plus tôt. Ce qui se dressait devant ses yeux la figea littéralement de peur. Un Chain immense de plusieurs mètres de haut. Des pattes qui pourraient la tuer d’un seul coup sans lui laisser une seule chance. Des crocs qui pourraient la déchirer d’un seul coup de mâchoire. Ce Chain était dangereux, beaucoup trop dangereux. Il fallait impérativement l’arrêter, le tuer, le faire retourner dans l’Abysse. Ses yeux cherchèrent un long moment le contractant, mais rien n’y faisait. Sa vision était trouble et il pouvait se cacher n’importe où dans la masse d’élèves tout autour. Théoriquement, Michiyo aurait dû analyser la situation et trouver la meilleure solution à adopter. Néanmoins, elle n’avait pas le temps pour cela. Ses pieds étaient gelés et elle tremblait de tout son corps. Fermant les yeux, Michiyo soupira légèrement et tenta de se concentrer de nouveau. Jusqu’au moment où un mouvement capta son regard. Une tête brune et des yeux verts magnifiques. Naaru. Mais que faisait-il sous sa forme humaine ? Pourquoi il ne se battait pas ? Michiyo voulait voir les cheveux blancs du jeune homme et non ses cheveux châtain. Quelque chose n’allait pas, c’était presque certain. Quelque chose passa devant son visage pour se poser sur le bout de son nez. C’était froid et blanc. De la neige. Il neigeait. Les choses ne faisaient que de s’empirer au fur et à mesure des secondes. Si la neige continuait de tomber à trop grand rythme, ce serait bientôt trop difficile de voir quelque chose et surtout dangereux pour les personnes alentours. Michi observa les membres de Pandora faire reculer tous les adolescents pour qu’aucun ne devienne de la nourriture encore vivante pour ours géant.

Son prénom fut prononcé et sa tête tourna mécaniquement. Naaru, c’était le Chain des Baskerville qui venait de lui dire quelque chose. Le contractant était là. Caché dans la noirceur d’un bâtiment. Michiyo attrapa son épée et la sortie du fourreau. Ce n’était pas le moment de faire une erreur qui pourrait lui être fatale tout comme elle pourrait l’être à Naaru qui venait tout juste d’être blessé par l’horrible animal. Tout ce qui se passait vu de sa place n’avait véritablement pas l’air normal bien au contraire. Quelque chose qu’elle ne pouvait maitriser correctement se passait devant ses yeux et elle était impuissante. Mais ce n’était pas sa place. Il fallait impérativement que la membre de Pandora puisse tuer le contractant pour que tout s’arrête rapidement. Passer entre les pattes de l’animal était bien trop dangereux pour elle mais pour autant, faire le tour lui prendrait trop le temps et vu l’état de détresse apparent dans lequel était Naaru, il n’y avait pas une minute à perdre. Une idée lui vint soudainement. Michiyo se retourna et attrapa une élève par la manche de sa cape permettant de la protéger du vent et du froid.

« Donne moi ta cape et rentre te mettre au chaud, maintenant. »

Chacun de ses mots étaient tranchants et faisaient comprendre qu’elle refusait impérativement un refus. La jeune adolescente détacha son manteau et le tendis à la membre de Pandora. Il fallait qu’elle puisse cacher son uniforme noir et se fondre dans la masse de curieux pour s’approcher au maximum du contractant. De sa place, il y avait peu de chance que le compagnon du Chain puisse l’apercevoir. Alors, elle enfila la cape blanche et camoufla au maximum ses longs cheveux et ses vêtements foncés avant d’entrer dans le flot de lycée et de se diriger le plus vite possible et surtout le plus discrètement du contractant. Tout se passait bien pour le moment.

Jusqu’à ce que ses yeux clairs captent la silhouette de Naaru.

Il était là. Plutôt près d’elle et ne bougeait plus. Pourquoi ? Que faisait-il ? Il était à terre, et ne faisait rien pour se relever alors que la bête était juste au dessus de lui. Son teint devint soudainement blême lorsqu’elle vit l’animal lever une de ses pattes juste au dessus de la tête du Chain de Baskerville. Il allait le frapper ! Il allait lui défoncer le crane et Naaru ne bougeait pas ! Ses yeux passèrent de la scène entre les deux Chain au contractant et du contractant à la scène de combat. La membre de Pandora ne pris pas plus d’une demi seconde pour se décider. Donnant plus de force dans ses talons, la jeune femme se dirigea le plus rapidement possible vers Naaru et le tira vers elle tout en continuant à courir juste avant que la patte de l’animal ne les frappe tous les deux. Ca c’était joué à très peu et la jeune femme vu quelques unes de ses mèches de cheveux tomber au sol. Poussant Naaru dans un endroit où il pouvait se reposer quelques secondes, Michiyo donna quelques coups d’œil derrière son épaule pour voir comment s’est sortait les autres membres de Pandora avec l’animal. Ils n’avaient pas très longtemps avant que l’ours ne s’attaque une nouvelle fois à eux. A Naaru. Se retournant vers le brun, elle le saisit par les épaules avant de le secouer.

« Qu’est ce qui t’arrive ? Tu veux te faire tuer ? Mourir sans te défendre ? Réagis ! Parle-moi ou je te force à le faire ! »

Ses yeux bleus montraient une très grande peur et ses mains, bien que serrées sur les épaules du Chain tremblaient. Normalement, elle n’avait pas peur d’un habitant du monde abyssal. Normalement. Sauf que ce n’était pas pour elle qu’elle avait peur. Pour sa propre vie. Mais pour celle de Naaru. L’homme qu’elle aimait. Et soudainement elle remarqua. Les deux traces sur les joues de Naaru. Des traces de larmes. Il pleurait ! Mais depuis quand les Chain pleuraient ? Michiyo ne comprenait pas. Se sentait tout particulièrement impuissante devant une telle situation. Elle le secoua encore un peu mais ne comprenait pas ce qui pouvait lui passer au travers de l’esprit. Jusqu’à ce que son propre esprit lui fit mal. Son Chain, son compagnon était dans les alentours et venait de renouer avec elle. Il n’y avait plus qu’une chose à faire et Michiyo avait pris sa décision. Si ni elle, ni Naaru ne pouvait attendre physiquement le contractant – du moins pour le moment- son Chain pourrait s’introduire dans l’esprit de l’illégal. La jeune femme intima alors un unique ordre à son Chain « fais ton travail et rend le fou ». Au risque de perdre quelques souvenirs. Michiyo était prête à tout pour protéger Naaru. Quitte à attraper une grosse migraine et des effets indésirables par la suite.


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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   22nd Juin 2014, 11:26

[HRM. Bonne lecture ♥]

Quelquefois, le chain se plaisait à penser ce qu'il se serait passé s'il n'avait pas ces pouvoirs. S'il n'était rien d'autre qu'un autre humain, pour qui chaque jour sonnait comme un pas de plus vers la mort. Il parvenait difficilement à juger de ce à quoi pensaient ces humains. Ils n'étaient plus tant sans cervelle qu'il l'avait pensé à ses premiers jours sur cette terre englobée par le Soleil. Et ça, c'était depuis qu'il avait rencontré ces humains. Et puis cette humaine.mais qu'importe depuis ce jour-là Naaru s'était souvent demandé ce qu'il aurait été si sa vie avait pris un autre tournant. Il se serait mis à travailler, aurait pu avoir une vie de famille. Ces notions qui lui paraissaient si superficielle en arrivaient même maintenant à lui faire éprouver un léger pincement au cœur. Assez puissant tout de même pour lui faire baisser les yeux et éprouver le besoin de se changer les idées. Comment en était-il arrivé à envier la position de ces personnages lambda, disséminés à travers le monde, faible et sans défense ? Depuis quand se posait-il les bonnes questions, et s'intéressait de plus près à leur mode de vie ? Pourtant, ces humains n'étaient pas si différents qu'il le laissait croire. Ils lui ressemblaient, s'exprimaient de la même façon, éprouvaient à quelques détails près les mêmes émotions. Alors pourquoi était-il là, et pourquoi était-il si différent ?

Ce sale temps n'arrangeait évidemment rien les choses. Avec la neige de toute manière, son cerveau réfléchissait davantage. Pire, il se mettait à ressentir. À sonder le fond de sa pensée, qui ne demandait vraiment pas à s'exprimer. L'hiver lui procurait toujours une impression de mal être. Il perdait en vivacité, il s'affaiblissait. S'il le voulait, il hivernerait volontiers, dans ses couettes chaudes et attendant la fin de cette maudite saison. Après tout, il pouvait se passer de manger, et par-là même de cesser tout besoin primaire. Certes, les plats de son contractant lui manqueraient, mais ce n'était rien d'autre qu'une pure gourmandise. Enfin... toujours est-il que notre chain, toute blague à part, se serait volontiers vu musicien. Oui, un musicien. C'était à l'écart totale de sa façon de vivre. Plus de bataille. Il avait toujours trouvé la musique envoûtante, capable de faire surgir ou resurgir d'intenses sentiments sans élever à un seul instant la voix. Par le passé, après une longue mission auprès de Finn dans une maison aux belles allures, le chain s'était stoppé devant une salle de musique dans laquelle trônait fièrement un piano à queue blanc. Sans suivre son contractant, le chain avait ralenti le pas puis avait pénétré dans la pièce. Ses doigts avaient lentement effleuré les touches après avoir relevé le couvercle du clavier. Sur le coup, ça l'avait presque rendu nostalgique malgré sa quasi certitude de n'avoir jamais joué d'un tel instrument de sa vie. Pourtant, il s'était étonné d'avoir instinctivement placé ses doigts sur quelques touches. Et accessoirement d'avoir sorti un mélodieux accord qu'il n'avait jamais appris. Ça n'avait pas duré bien longtemps, mais cela avait suffit à le rendre désireux de poursuivre un jour son apprentissage. Ça le surprenait. Il s'adoucissait face à un instrument, peu importe lequel. Alors voilà, si le monde tournait un jour à l'envers, il se serait dirigé vers la carrière de musicien. Malheureusement, la vie – si l'on pouvait dire, poursuivait son cours, et le monde n'était pas prêt de tourner à l'envers. Qui plus est, le brun ne regrettait pas sa vie actuelle. Il la vivait pleinement sans prise de tête, ou presque.

Quoiqu'il en soit, en fin de compte il n'avait pas pensé à ça depuis un temps. Ça avait commencé de ce petit oiseau blotti sur le bord de sa vitre, à espérer que la chaleur de l'intérieur réchauffe ses plumes. Naaru se faisait souvent une tonne de film dans sa tête. Paradoxalement, parfois cette dernière n'exprimait plus rien. Pas même le plus infime désir. C'était ça d'être un chain. Une partie quasiment humaine, l'autre une machine incapable de penser. C'est ce qui, entre autre, l'avait poussé à sortir se dégourdir les jambes. Et puis, Michiyo était apparue de nulle part, tout comme leurs innombrables autres rencontres. Alors même qu'ils s'étaient embrassés de nombreuses fois, avoués qu'ils s'aimaient, ces deux-là étaient tout simplement incapables de programmer des sorties en couple. Chaque rencontre faisait face au destin. Parfois, il pensait à elle, parfois il avait la tête vide. Point. En tout cas, cette rencontre dans cette école de jeunes riches avait tout d'exceptionnel. D'abord, ces retrouvailles, le petit bout du nez rouge de la demoiselle. Leurs nombreux échanges oraux et physiques. Pour rien au monde il ne délaisserai ces moments. Il les vivait au contraire à 200%.

Et puis, ils en étaient arrivés à parler de cette satané coupe de cheveux. Ah celle-là. C'était toute une histoire. De sucre. De toute manière, pour qu'une bricole pareille lui arrive, c'était forcément à cause du sucre. Mais s'il se mettait à en parler maintenant, il s'emporterait rapidement et gâcherait par la même occasion leurs retrouvailles. Ce qui, en somme, n'était pas le but principal de notre brun.  Il tenta donc dans un premier temps d'embrasser Michiyo pour lui changer les idées. Le résultat fut celui escompté. Néanmoins, le grand bavard ne put s'empêcher d'en rajouter une couche et de piquer la curiosité de la demoiselle. Et bien évidemment cela lui valut une nouvelle remarque de la part de cette dernière. S'il était certain de ne pas vouloir lui raconter la vérité. Qu'elle allait certainement insister afin d'obtenir sa réponse, tous les jours. Cela fit rire le jeune chain. Il voulait bien la voir tiens, lui demander chaque jour ce qui avait bien pu lui arriver pour terminer avec les cheveux courts. C'était une histoire à ne pas raconter. Elle pourrait très bien rire pendant des années après ça. Cette histoire de Naaru voulant jouer au foot avec une poêle pleine de caramel. C'était hilarant. Sauf pour lui. Ses cheveux en avaient lourdement pâtis. Bref, pourtant, le brun ne put s'empêcher de vouloir répondre. Mais quoi ? Il n'allait certainement pas déballer l'histoire ici, au risque de déclencher un fou rire de la part de la demoiselle. Non, ce n'était vraiment pas le moment. Et puis, soudainement, il pensa à ce qu'il avait fait de ces fameux caramels. Enfin non, les caramels faits par lui gisaient à la poubelle. Mais les caramels faits par Finn étaient dans le pot de fleurs près de la pote d'entrée de Michiyo. Ah, il avait sa réponse.

-Tu sauras tout quand tu rentreras chez toi. J'ai déposé la source de mes maux devant ta porte.

En vérité, Naaru aurait bien aimé la trouver chez elle, mais il avait tendance à oublier qu'un humain ne programmait pas ses journées comme lui. Le chain était l'équivalent d'un chef d'entreprise, avec les heures de travail en moins. En fait, Finn était à la fois son patron et son coéquipier. Quand ce dernier décrétait qu'il fallait sortir, ils sortaient. Le reste du temps, Naaru vaquait à ses occupations. Et il fallait dire qu'il bougeait beaucoup lorsque se présentaient ces longues périodes de tranquillité. Finn était sympa de ne pas le renvoyer constamment dans l'Abysse. D'ailleurs, Nana se demandait souvent comment les chains pouvaient apprécier cet endroit. Peut-être parce qu'ils ne possédaient pas de sentiments propres. C'était le cas de beaucoup de chains, après tout. Naaru était dans la classe supérieure, peut-être même au-dessus du chain de Michiyo. Il ne savait dire pourquoi, mais il témoignait un fort besoin de rencontrer du monde, et ne pas passer son temps à tuer. Souvent, il songeait à ce qui le rendait si différent d'autres chains. Bien sûr, il en rencontrait des comme lui, comme cette Arya par exemple. Mais c'était somme toute chose très rare. La majorité de ses congénères, il les tuait sans une once d'hésitation. Sans même ciller. Ceux avec qui il avait parlé, il les comptait sur les doigts d'une seule main. C'était somme toute bien peu sur le total de chains rencontrés à ce jour.

Après une petite embrassade vint un sujet curieux. Un échange de sexes, en quelque sorte. Un rôle de princesse joué par notre homme. Le prince agenouillé, une phrase ambiguë prononcée. Et puis, les sourires échangés. Oh, ils devaient avoir tout deux conscience des paroles prononcées. Mais après tout, quel mal y avait-il ? C'était une situation tout à fait normal. Les baisers finiraient bien un jour par s'épuiser, et ils voudraient plus, toujours plus. Ça avait de plus déjà commencé. Chacun d'eux commençait déjà à s'intéresser à d'autres parties du corps, comme le cou. Oh, Naaru se doutait qu'avec les cheveux coupés à cette hauteur, c'était la porte ouverte à tous les pires petits désirs de Michiyo. Mais il avait encore des moyens de se faire respecter. Enfin, seulement jusqu'à ce que la demoiselle ne finisse par vraiment s'habituer à sa forme de chain. Ce jour passé, le pauvre brun ne pourrait plus rien faire pour échapper à ces doux baisers dans le cou. Qu'importe, en pensant à cela, un sourire moqueur apparut sur son visage. Et puis, le jeune garçon ajouta qu'il apporterai toute la chaleur qu'il pourrait. Ce à quoi Michiyo répondit qu'il fallait rester discret sur ce sujet, sans quoi un ou une prétendante pourrait bien lui chiper la place dans ses bras. Naaru se mit alors à pouffer. Un ou une ? Cela laissait donc sous-entendre que même un homme pourrait se diriger vers lui ? Les humains ne cessaient d'étonner notre jeune chain, qui en découvrait un peu plus tous les jours. Certes, il n'ignorait pas ce penchant de certaines personnalités, mais ça ne l'intéressait guère davantage. Mais après tout, si physiquement il ressemblait à un homme de la branche masculine, il avait parfois l'impression de prendre des attitudes féminines. Qu'importe. En tout cas, il n'allait pas se contente de laisser la phrase de Michiyo et suspense. Il se saisit des deux mains de Michiyo qu'il rassembla et approcha de ses lèvres. Après ce léger baisemain, son regard plus que charmant pétillait déjà d'une certaine excitation :

-Serait-ce une belle marque de jalousie ? Mais voyons beau prince, qui pourrait donc égaler votre charme et votre beauté ? Je suis toute à vous depuis notre première rencontre !

Et ceci dit, il prit une nouvelle fois les lèvres de Michiyo en otage, sans se presser. Doucement. Un simple baiser d'une seconde à peine. Il s'amusait à jouer avec leurs nerfs. C'était une belle preuve d'amour, non ? De toute façon, notre brun était trop joueur dans l'âme. La conformité, il ne la connaissait pas. Il ignorait même qu'elle existait. En tout cas, avec Michiyo, il était également difficile de faire dans la conformité. D'ailleurs, cette dernière ne tarda pas à rechercher un peu de chaleur en se blottissant dans les bras de Naaru. Mais le brun avait parlé un peu trop vite, et sa phrase fut mal tournée, et fatalement mal prise par la demoiselle. Il le sentait bien. Elle avait raffermi sa prise autour de lui. Ça le désolait de s'exprimer sans réfléchir. Oui, pour une fois, il s'en voulait un peu. Bien que conscient de sa bêtise, il ne put s'excuser convenablement. Par égoïsme, par méchanceté, il ne sut vraiment pas. Néanmoins, les deux personnes préférèrent rapidement changer de sujet. Parler de choses plus actuelles, comme par exemple la raison de sa présence ici. Ah oui. Il fallait toujours qu'un chain face son apparition. Ils n'étaient que rarement tranquille lorsqu'ils se retrouvaient. Ceci faisait aussi parti de leur destin, à tous les deux. C'était ça de vivre dans deux mondes opposés. Ils étaient destinés à se battre. Peut-être même un jour se battre l'un contre l'autre. Naaru secoua la tête brusquement. Il n'en était pas question. Après tout, son contractant était plus au moins au courant de sa dangereuse relation. Et il n'avait pas parut être plus mécontent que cela. Ou en tout cas pas plus suspicieux.

Toujours est-il qu'après ce petit échange, la demoiselle eut la subite envie de rentrer. Et pour cela, elle courut. Tranquillement, le chain la suivit, jusqu'à finalement stopper cette minuscule course et décréter qu'elle avait plutôt bien fait son boulot. Après tout, son travail n'était-il pas de partir à la recherche d'un quelconque chain ? Il était là, derrière lui, tranquillement tenu par la main, obéissant et gentil. Que pouvait-elle désirer de plus ? Bien sûr, le ton avait été prononcé à la rigolade. Bien sûr qu'elle recherchait quelqu'un d'autre. Bien sûr que le brun n'était pas celui qui avait amené notre chère demoiselle en ce lieu, quoiqu'il aurait bien apprécié. Naaru était quasiment indétectable aux yeux de Pandora. Il avait suffisamment étudié les hommes pour se faire passer pour l'un d'entre eux si la situation tournait en sa défaveur. Certes, quelques « détails » venaient souvent gâcher le tableau. Comme sa manie de marcher sans chaussures, à tout hasard. Qu'importe, il se mêlait à eux et leur ressemblait, c'était tout ce qui importait. De plus, et même s'il ne comptait pas en faire usage un jour, assurer qu'il fréquentait une membre de Pandora ne ferait que diminuer ses chances de finir en prison ou autre. Alors, il n'avait pas à s'en faire. En tout cas, suite aux paroles de la jeune femme, Naaru ne put s'empêcher de sourire malicieusement. Ce type de sourire qu'un gosse avec de la boue sur le visage ferait à sa mère en rentrant le soir. Sauf que le brun n'avait pas le visage plein de boue. Qu'accessoirement, même s'il donnait parfois l'air d'un gamin, il n'en restait pas pour autant physiquement un homme mûr de 25 ans aux allures d'ange. Et il le savait. Alors, à travers ce sourire, il passa une main douce dans les cheveux de sa vis-à-vis et lui effleura le lobe de l'oreille avec son pouce tout en l'embrassant rapidement. Mais cet unique geste ne suffit visiblement pas à la demoiselle aux cheveux bleus, qui

-Ne pas me laisser partir ? C'est honteusement égoïste de ta part. Que dirait mon contractant s'il t'entendait parler ainsi ? Mais la situation ne me déplaît pas et le rôle de kidnappeur pourrait bien vite s'inverser.

À cela, il répondit au sourire charmeur de la demoiselle par un petit rire. Elle lui fit dos un instant afin de reprendre son souffle puis toussa pendant quelques secondes. Même s'il ne le montrait pas, Naaru se tut durant cette période. Il craignait toujours que quelque chose n'arrive à Michiyo. Après tout, la toux signifiait beaucoup de choses pour un humain. Alors, il se faisait rapidement des scénario dans sa tête. Puis, la demoiselle changea brusquement de sujet en lui demandant son avis sur les contractant et les chains illégaux. La version qu'il exprima alors fut certainement bien loin de ce que pensait Michiyo, mais il ne se cacha pas pour lui en parler. Après tout, lui même était passé par-là, et il témoignait, non, avait besoin de lui en parler aussi subitement que cela puisse paraître. C'était une part de lui-même qu'il ne pouvait oublier et que Michiyo devait connaître malgré elle. Bref, tout ça, c'était avant qu'ils n'en arrivent à leur trop nombreux dérapages linguistiques. Évidemment, il fallait qu'aujourd'hui ils en arrivent à non plus se donner des rôles mais également échanger les sexes. Cela faisait doucement rire notre brun, d'autant plus que le preux chevalier face à lui n'en donnait pas vraiment l'air. Alors, il proposa un échange le temps qu'elle parvienne à se remettre de ses émotions dirons-nous. Elle reprit donc, pour reprendre ses mots, le rôle de « la femme qu'il faut protéger ». Oh mais bien sûr, Naaru ferait tout pour la protéger, il n'avait de même guère besoin d'un habit particulier pour endosser ce rôle. Mais après tout, c'était un peu cela que d'aimer quelqu'un, non ? Certes, il était un peu novice en la matière, mais ne cessait d'y songer. De vouloir définir ces sentiments. Alors doucement, il en profita bien évidemment.

Attrapant les doigts de la jeune femme, il la plaqua rapidement jusqu'au mur, sans pour autant y mettre trop de force. Allons allons, elle s'en sortait déjà avec un beau rhume il était inutile de lui donner un mal de dos en supplément. Et parce qu'il était un peu frustré par le manque d'entrain dont faisait preuve sa compagnie à cause de sa maladie, il prit les devants à sa façon. Mordillant d'abord le lobe d'oreille, sentant la chaleur affluer près de la joue voisine. Puis, conscient de ne pas tarder à recevoir une jérémiade de la part de Michiyo, il fit taire toute réprimande en l'embrassant une énième fois, en y mettant un maximum de sentiments. Il avait un peu trop rapidement appris à y prendre goût. Et parce qu'il sentait que la demoiselle adorait ça, il s'exprimait encore davantage. C'était une spirale infinie que rien ne pourrait boucler, à part la lourde respiration de la demoiselle sans doute. Néanmoins, malgré les regards alentours, et toute cette mise en scène, Michiyo ne tarda pas à céder et s'approcher d'elle-même pour réclamer un nouveau baiser.

Sauf que.
Sauf que le destin en avait décidé autrement, comme les nombreuses autres fois. Il soupira presque de frustration et revêtit aussitôt sa forme de chain. Même s'il avait hésité pendant le quart de seconde précédent, à présent il était décidé à en finir et revenir auprès de cette jeune femme afin de finir ce qu'ils s'apprêtaient à commencer. Il étai absolument persuadé de se débarrasser de l'opposant venu les déranger. Cependant, au moment de partir, il sentit la pression sur sa manche alourdir son tissu. Jetant un coup d'oeil, il put observer son visage dépité et se contenta de lui sourire doucement en l'embrassant sur le front. Et sur cet unique action, il partit à l'assaut de l'opposant.

C'était somme toute un gros chain. De plusieurs mètres, avec des griffes et des crocs taillés comme des lames de rasoirs. Il était impressionnant, mais cela ne suffit pas à impressionner le brun. Il sauva de justesse la jeune étudiante et lui intima l'ordre d'aller se cacher, en espérant que Michiyo la dirigerait vers un bon endroit. Même s'il ne le montrait pas, avoir conscience de compter pour quelqu'un autrement que par obligation, cela lui donnait des forces pour affronter n'importe quoi. D'autant plus lorsqu'il était frustré, comme actuellement. Il inspira profondément et se lança donc à l'assaut du chain ennemi. C'était un gros grizzli. Naaru cherchait le contractant. Il comptait plus que cette grosse bestiole. Un humain, après tout, restait un humain. Vaincre un chain était tout autre, surtout lorsqu'il faisait facilement le double de sa taille et certainement le triple de son poids. Le brun serra les poings, rentra dans la mêlée contre ce gros ours et trouva bien vite qu'une chose clochait. Il faisait froid. Terriblement froid. Il n'avait jamais eu aussi froid de toute sa vie. Il sentait le sol et ces gravillons entailler sa chair lorsqu'il fut projeté au sol. Il sentait ses forces le quitter peu à peu, et chaque éraflure sur son corps, même cicatrisée l'instant d'après, lui faisait souffrir le martyr. Mais il tâcha de ne pas y faire attention. Jusqu'à ce que, finalement, sa forme de chain ne lâche subitement lorsqu'un flocon tomba sur sa joue. Ce fut le démarrage d'un série qui serait certainement la plus déplaisante de son existence. En ayant encore une maîtrise parfaite de son corps, il repoussa le lourd animal grâce à une des lames dont il ne se séparait jamais. Par la suite, ses yeux cherchèrent désespérément dans chaque coin sombre une trace du contractant. Il ne devait pas se trouver loin, Naaru sentait le contact que ce chain avait avec son contractant. Il ressentait les forces se rassembler vers l'animal. De toute évidence, s'il ne récupérait pas rapidement ses pouvoirs, il y laisserait la peau. C'était une pure constatation, mais ça n'arrêtait pas le brun. Il était persuadé de retrouver ses pouvoirs. Après tout, cela lui était déjà arrivé par le passé, et ça n'avait pas duré plus de quelques minutes. Il fallait qu'il esquive jusque là.

Mais sa forme de chain ne réapparaissait pas. Elle refusait de se manifester, peu importe la force dont usait le brun pour la provoquer. Et sans cesse, l'air se faisait plus vigoureux. Quelque chose n'allait vraiment pas. Et puis, d'un seul coup, il la vit. La contractante qui, dans son coin, fixait intensément le champ de bataille. En tâchant de s'y diriger, il oublia son premier ennemi et le paya plutôt cher. En effet, ce dernier lui asséna un violent coup de patte qui suffit à mettre son bras gauche hors d'état de nuire. Peu importe sa capacité de régénération, un chain restait un chain. Une blessure comme ça ne cicatriserait pas dans la minute. Alors, il s'adressa à Michiyo. Sa tête commençait à lui tourner, alors il s'autorisa quelques secondes pour fermer les yeux. Une série d'images lui revinrent en mémoire. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Il commençait à perdre pied, tituba sur quelques mètres en ignorant si c'était dû à la douleur où à sa perte d'équilibre.

Et puis, il sentit. Ses membres le lâcher un à un, ignorant la situation. Ses jambes flageolèrent avant de ne plus supporter le poids du corps et de s'écrouler. Il tenta tant bien que mal de se servir de ses mains pour amortir la chute, mais son bras gauche lui fit clairement comprendre que ça n'avait pas été la meilleure solution. Il serra les dents pour ne pas hurler de douleur et se concentra plutôt sur son environnement. Mais là encore une douleur à la tête l'obligea à oublier cette option. Il sentit toute ses forces le quitter, une à une. Ne plus rien ressentir. Ne plus rien éprouver, comme une carcasse dont l'esprit aurait quitté l'enveloppe charnelle. Puis, comme un coup porté en plein cœur, une subite reprise, un cœur qui bat trop vite, tambourinant pour accélérer l'afflux sanguin comme pour prévenir au maximum la prochaine action. Les bras puis les pieds qui craquent sous un poids que seul son cerveau retranscrit à l'identique. Un cœur qui, toujours, accélère. Une respiration haletante, une main portée à la poitrine comme pour en ralentir les effets. Et le silence total. L'organe vital qui s'arrête, dans un dernier soupir. Et le cerveau qui déconnecte instantanément, malgré tous les efforts pour luter contre, emportant avec lui le reste d'humanité. Il est dit que l'inconscient d'un être humain ne pourra jamais retranscrire la mort du sujet ou de ses proches. Pourtant, ici, Naaru prouvait le contraire. Il était également dit que cette transcription ne pouvait s'opérer à cause du flot d'émotions que cela pourrait provoquer chez le sujet. Ça, par contre, c'était un fait, et le brun ne tarderait pas à en faire les frais. Hurlant à la suite de cette intenable souffrance, une nouvelle souffrance, déjà plus physique ne tarderait pas à arriver si personne ne réagissait. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Michiyo, pour prévenir l'assaut prochain du chain ennemi, se rua sur Naaru et le tira de toute ses forces pour le relever et le mettre à l'abri. De tous ces exploits, Naaru n'en retint aucun. Il eut la vague sensation d'être déplacé, sans pour autant apercevoir de qui il s'agissait et la raison de cette agitation. Il pleurait. Comme un enfant. Ses larmes refusaient de s'arrêter, et il ne témoignait pas d'envie de les stopper non plus. Il était simplement vide, incapable de refaire surface. Il devait tout effacer, une nouvelle fois. Il l'avait déjà fait, il serait capable de recommencer. Il n'y avait qu'à, douloureusement mais sûrement, bâtir un à un les frondaisons autour de son esprit pour oublier, recommencer de zéro. Mais ses oreilles captèrent subitement une voix. On le remuait. On le stimulait. La voix était forte, mais parallèlement apeurée. Une voix aiguë. Il la connaissait bien cette voix. Celle de Michiyo. Il refaisait surface, peu à peu. Pour combien de temps, il n'en savait rien. Il attrapa à son tour ce qui devait être le vêtement de la demoiselle. Non, il ne pouvait pas oublier. Son esprit ne ferait pas de tri. S'il oubliait maintenant, il oublierait tout. Ses découvertes, ses pseudo amis, les enfants, son contractant.

Et puis elle.
L'espace d'un instant, il voulut la maudire de l'avoir fait aussi faible psychologiquement. Comment pouvait-il un instant penser à subir cette souffrance une bonne fois pour toute pour quelques limbes de souvenirs passés avec cette demoiselle aux cheveux azurs ? C'était absurde. Il serra encore davantage le vêtement et plongea tête la première vers la demoiselle pour sentir un contact physique. Il pleurait de plus en plus fort. La douleur à sa poitrine était excessivement puissante. Chaque respiration emplissait ses poumons d'un air épais et piquant. Son corps tout entier le faisait souffrir, mais le pire restait le cerveau. À chaque nouvelle vague de souvenirs, bon ou mauvais, de sa vie antérieure, il perdait l'usage d'un sens pour le récupérer quelques minutes plus tard. Ça ne s'arrêtait pas. Il se mit brusquement à trembler de toute son être. Sa prise se raffermit encore sur le tissu.

-J'ai peur. J'ai mal. Sors-moi de cet enfer. Je ne veux pas mourir... encore une fois.

Ses oreilles ne captèrent pas sa dernière phrase, bourdonnant à nouveau. Mais il était persuadé de s'être exprimé. Il inspira une nouvelle fois pour tousser quelques instants plus tard. Sa température corporelle monta en flèche mais il n'avait jamais eu aussi froid. Ses sens jouaient au yo-yo depuis un bon temps déjà, même si cela commençait à doucement se stabiliser. Sa forme de chain voulut subitement faire son retour. Mais instable comme il l'était, ce n'était vraiment pas la bonne solution à adopter. Alors, il luta de toute ses forces pour réprimer sa nature. De nouveau, il porta sa main droite à sa poitrine et se plia en deux pour se calmer, sans grande réussite. Alors, il recula. Il s'éloigna un maximum de ce qu'il pensait être Michiyo, pour ne pas la blesser s'il venait à perdre encore davantage le contrôle.

Et puis, la forme de la demoiselle se transforma dans sa tête pour revêtir le visage de cette contractante qui l'avait tué ce jour-là. Il cria. Purement et simplement, se prit la tête dans les mains. Vit à nouveau Michiyo telle qu'elle était. Ça ne pouvait plus durer. S'il devait mettre un terme à cela, il le ferait avec joie. Mais c'est alors qu'en sautant un nouveau battement de cœur, la respiration lui manqua pendant quelques secondes. Et là, il y pensa. Que malgré sa forme de chain, il pouvait encore mourir. Et cela suffit à mettre fin à toute cette lute interne. Il perdit alors l'équilibre et tomba lourdement sur le côté, son cerveau déconnectant toute prise avec le monde. Ses yeux se fermèrent doucement, puis il perdit connaissance.

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MessageSujet: Re: The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}   31st Août 2014, 10:41

Michiyo se disait parfois qu’elle n’était pas une personne particulièrement chanceuse. Voire pas du tout chanceuse. Pour preuve, la jeune femme pouvait aisément fournir des exemples concrets à quiconque voulait en avoir. De toute façon, il n’y avait aucune raison pour un étranger de contester sa parole. Après tout, à son âge, on savait en général si l’on était de nature chanceuse ou non. Et Michiyo Konoe à son grand damne, n’en était pas une. Certes, ça avait commencé par de toute petite chose, comme perdre ses affaires lorsqu’elle sortait en ville avec ses parents quand ces derniers étaient encore en vie. Combien de peluche, de chapeau ou d’autres accessoires avait-elle bien pu prendre sans jamais s’en rendre compte ou alors bien trop tard ? A cause de ça, son père refusait de lui laisser les clefs de la maison ou bien la bourse qu’il avait toujours sur lui. Un jour, il lui avait même confié que ce refus était fondé sur la peur qu’elle ne trébuche et fasse tout tomber dans un trou voire que quelqu’un ne lui vole. La petite fille qu’elle était avait été profondément déçue de cet aveu, mais l’adulte qu’elle est ne pouvait être que d’accord avec son défunt père. Parce que oui, le nombre de fois où la membre de Pandora avait perdu ses propres clefs d’appartement n’était pas anodin et permettait de prouver par A+B ce qu’elle avançait clairement. En grandissant, cette malchance ne l’avait pas réellement quitté. Pour preuve, la demoiselle aux yeux clairs avait perdu grand nombre de ses proches et ne restait que la seule survivante. Peu de famille avait par la suite voulu l’adopter soit dit en passant. Quoi que pour cette dernière information, c’était potentiellement – grandement- de sa faute. Elle qui faisait en sorte de ne jamais donner envie aux différentes familles de vouloir l’adopter. Mauvais caractère, mauvaises blagues en tout genre et accessoirement disputes virant à l’utilisation des mains, pieds, dents, et tout ce qui peut faire du mal avec un autre pensionnaire. Au fond, ce n’était donc pas de la malchance sur ce point, mais plutôt une décision mûrement réfléchie de ne pas retomber dans les travers d’une chambre à elle et d’une famille qui donnerait plutôt bien l’impression de l’aimer. Au moins, Michi n’avait jamais eu à donner le change avec qui que ce soit. Mais elle continuait d’être malchanceuse, de tomber, de se casser quelque chose, d’être la seule petite fille à des kilomètres à la ronde à ne pas voir la marche en entrant dans un magasin. Encore actuellement cela lui arrivait régulièrement. Se coincer le talon dans un petit trou sur le chemin, glissé sur une plaque de glace, se relever chez elle après avoir ramassé quelque chose et se frapper la tête contre un meuble qui n’était certainement pas là auparavant. Certes, ce n’était que de petites choses pouvait être prise pour seulement de la maladresse de sa part. Mais aux yeux de la contractante, c’était certain que quelqu’un lui en voulait grandement et lui faisait payer depuis plus de vingt trois ans. Ou alors, c’était peut-être beaucoup de malchance d’un coup, annonçant par la suite un nombre incalculable d’actes chanceux pour l’avenir. Ca, elle n’arrivait pas à s’en convaincre elle-même. Pas du tout.  

Même dans ses choix, elle n’avait jamais fait preuve d’une grande clairvoyance. Bien au contraire. Dans un premier temps, celui de devenir contractante. Quelle mauvaise idée la jeune femme avait encore eu cette fois ci. Peut-être même la pire de toutes celles qu’elle avait pu prendre dans sa vie. Du moins, c’est ce que Michiyo avait cru pendant plusieurs années. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte que c’était peut-être le choix de son Chain qui avait été la décision la moins raisonnable de son existence. Sérieusement, un homme, avec un très mauvais caractère et surtout prêt à l’enquiquiner de toutes les manières possibles. Si ça, ce n’était pas un mauvais choix, la membre de Pandora ne savait pas du tout ce que c’était. Puis, il y en avait eu d’autres. Des centaines voire des milliers d’autres de mauvais choix. Essayer de goûter une viennoiserie différente de celle qu’elle prenait habituellement et le regretter amèrement. Acheter un vêtement sans l’arrêter ou encore laisser ses chaussures dans les locaux de Pandora en croyant sincèrement pouvoir les récupérer sans encombre. Ou encore boire un verre d’alcool en trop après une soirée déjà trop arrosée. Que de mauvais petits choix trop accumulés malheureusement. Pourtant, la jeune demoiselle ne pouvait s’empêcher de se dire que malgré tout cela, elle avait vécu de très bons moments. Que rien n’était jamais totalement noir ou bien totalement blanc non plus. Que Michiyo pourrait toujours se plaindre, la jeune femme était capable de trouver une raison valable pour se dire que finalement, ce n’était pas si mal. Que le dernier verre qu’elle avait décidé de prendre était peut-être une mauvaise idée, mais ça l’avait assez grisé pour qu’elle décide de rentrer chez elle et de ne pas sortir son Chain dans un défi complètement idiot. Qu’au moins, le mauvais choix de changer son petit déjeuner habituel par un autre un matin, lui empêcherait l’idée de le refaire un autre jour.

Mais, jamais plus elle ne regretterait le fait d’être devenu une contractante et par conséquent membre de Pandora. Cela pour une unique et même chose, sa rencontre avec Naaru. Si, elle n’avait pas été contractante, peut-être que la demoiselle aurait eu une vie bien rangée, avec un mari et certainement un enfant en route. Mais non, elle était de Pandora et donc se battait tous les jours contre les méchants habitants du monde Abyssal. Et était tombé amoureuse de l’un d’entre eux. Si, elle n’avait pas été contractante, peut-être qu’elle aurait fait un autre métier, mais n’aurait découvert l’existence du magnifique brun et n’aurait pas à partager une multitude de sentiments en combattant l’un contre l’autre. La jeune femme n’aurait pas non plus vécu toutes ces aventures avec un inconnu. Serait certainement passé à côté de lui sans même le remarquer. Parce qu’ils n’auraient pas vécu dans le même monde et que ces deux mondes – contrairement à aujourd’hui – ne seraient jamais rentrés en collision. Alors, jamais Michiyo Konoe n’échangerai pour toutes les gloires du Monde ce qu’elle vivait actuellement et ne regrettait aucun de ses choix. En renier un, signifierai briser toute la chaîne qui avait mené à la rencontre qui changeait actuellement sa vie. Ce serait ne plus ressentir les sentiments que la jeune femme ressentait à chaque fois qu’elle apercevait une silhouette qu’elle connaissait désormais par cœur. Lorsqu’elle se réveillait les joues en feu après un rêve qu’elle avait été incapable de maîtriser. Le cœur qui bat la chamade quand ses lèvres s’approchent des siennes comme une jeune adolescente. Mais au moins, elle découvrait une manière d’aimer quelqu’un d’autre que sa propre personne. Qui, de surcroît n’est pas un chat ou tout autre animal mignon. Quoi que dans un sens, Naaru pouvait être considéré comme un animal adorablement mignon. Une sorte d’animal sauvage avec lequel il fallait avoir énormément de patience pour réussir à le dompter, l’apprivoiser et pouvoir l’approcher. Le toucher, apprendre à le connaître et peut-être même obtenir sa confiance avec un peu de chance. Oui, Naaru était un magnifique animal sauvage que Michiyo s’amusait à connaître à chaque rencontre. Toujours un peu plus.  Pendant que la jeune femme s’ouvrait à lui. Finissait par lui avouer le moindre de ses secrets, de ses peurs et de ses rêves. Des pensées que personne n’avait jamais eu l’occasion d’entendre de sa part, comme le fait d’avoir un jour une véritable famille. Sa famille. Avec peut-être des enfants. Bon, avoir des enfants avec un Chain devait être physiquement impossible dans tous les cas, mais la jeune demoiselle ne pouvait s’empêcher d’y penser. Ou du moins annihiler l’idée que c’était quelque chose d’impossible à réaliser.

En attendant, la demoiselle aux yeux bleus se contentait de vivre les choses comme elles venaient sans véritablement se poser des questions. Ce temps là, c’était pour après. Lorsqu’elle se retrouvait seule, sans personne à qui parler.  Sauf que là, elle se trouvait avec le Chain aux cheveux couleur chocolat et par conséquent, toutes ces questions n’existaient plus. Sauf peut-être une seule qu’elle avait déjà posée et qui l’intriguait véritablement. Comment. Comment avait-il réussi à se retrouver avec une telle coupe de cheveux ? Ou bien pourquoi ? En fait, la jeune femme voulait simplement des réponses. Réponses que le jeune homme n’avait pas l’air enclin à lui fournir. Sauf que c’était de Michiyo Konoe que l’on parlait et la demoiselle n’était pas du genre à capituler aussi facilement lorsqu’elle voulait découvrir quelque chose. Alors oui, si le Chain n’était pas décidé à le lui dire dans la journée, le membre de Pandora n’abandonnerait pas. Passerai certainement la journée à le harceler de question ou bien à le menacer de ne plus l’embrasser pour qu’il finisse par céder. Même si la demoiselle pensait sincèrement qu’elle serait la première à se plaindre à ne plus avoir de baisers ou de câlins. En attendant, Michiyo ne pouvait s’empêcher d’observer cette étrange coiffure avec beaucoup d’attention et de fascination en même temps. Comment pouvait-il dont réussir à les faire tenir dans cette position sans qu’ils ne retombent ? Et bon Dieu, qu’est ce qu’il était beau comme cela. Un Naaru qui lui semblait soudainement plus adulte, plus sexy. Un Naaru qui lui donnait des pulsions indéfinissables. Une envie de lui sauter dessus et de l’embrasser sans lui laisser le temps de respirer. Oui, le jeune homme lui faisait ce genre d’effet que la demoiselle n’arrivait pas à définir. Des envies qu’il ne devait pas connaître pour le moment. Jusqu’à ce qu’un sourire se dessine lentement sur ses lèvres lorsqu’il annonça qu’elle aurait les réponses à ses questions lorsqu’elle serait de retour dans son appartement. Un sourire franc, moqueur et plutôt satisfait qui traduisait sincèrement son impatience à enfin découvrir la raison d’un tel changement. Pour autant, aucun mot ne sorti de sa bouche. Ses lèvres restèrent closes. Dans le cas contraire, elle était capable de traduire son impatience et de recommencer à poser des questions toutes les cinq secondes dans l’espoir d’obtenir des réponses plus rapidement.  Par malchance, elle finirait certainement par agacer le jeune homme et mettre fin à leur rencontre sous l’épais froid de cette longue journée.

Ce fut donc pour cette raison que Michiyo se décida à garder le silence et se concentrer sur une toute autre conversation. Une conversation complètement folle, sans sérieux – ou peut-être que si- concernant un échange de sexe entre eux. Transformant donc la jeune femme en homme et le Chain en demoiselle. Michi se surprit même à l’imaginer avec de la poitrine et les cheveux longs et étrangement, Naaru possédait plus de poitrine qu’elle. Beaucoup plus. Une taille plus fine et un plus joli visage. Merde, même en femme il était vraiment tape à l’œil. Par conséquent, la membre de Pandora se promis mentalement de rechercher une robe qui pourrait y aller et de lui faire porter.  De grès ou de force, mais surtout de force. Au fond, la demoiselle devait bien avoir cela dans sa grande armoire. Quelque chose de sobre, de classe mais aussi d’aguicheur, qui donne envie de regarder, de découvrir ce que peut cacher la personne qui la porte. Ah oui, ce genre de vêtement pouvait parfaitement aller à Naaru. Fallait-il seulement qu’il accepte de les porter. Même si ce n’était pas des vêtements féminins, un beau costume pourrait lui donner un charme incontestable. Ca, c’était une idée à garder sous le coude, pour sûr. En attendant, les deux jeunes gens échangèrent quelques paroles non dénués d’un sens plus ou moins bien caché. Peut-être que c’était une chose voulue de leur part ou simplement un sentiment caché qui ne désirait que de ressortir. La contractante ne pouvait encore convenablement définir où elle se trouvait dans leur relation. Jusqu’où elle désirait aller. Plus loin, toujours plus loin. Michiyo n’était pas le genre de femme à rester passive et attendre que les choses se fassent.  C’était une sanguine, il fallait qu’elle bouge, fasse quelque chose, y mette son grain de sel. Quitte à laisser ses marques sur Naaru. Pour montrer qu’il était à elle, même si ce n’était pas son Chain, qu’il ne pourrait lui appartenir entièrement. Qu’en possédant son cœur, la demoiselle aux cheveux bleus pouvait aussi possédait – même si ce n’était que de façon illusoire- son corps.  Parce que oui, Michiyo était possessive, égoïste et accessoirement jalouse. Traits de caractère particulièrement amplifiés depuis qu’elle fréquentait le beau brun. Ce qui lui fit affirmer qu’elle ne voulait pas qu’il parle trop fort pour que personne ne puisse prendre sa place dans ses bras. Après tout, c’était sa place et celle de personne d’autre. Jalousie qui n’échappa bien évidemment pas à l’habitant du monde Abyssal, qui prit rapidement la parole. Juste pour lui annoncer qu’il était tombé sous son charme et lui appartenait depuis leur toute première rencontre. Mais il n’avait pas tort, elle était naturellement jalouse. Quelques rougeurs naquirent alors sur ses joues – ou alors était-ce du froid- et ses lèvres s’ouvrirent rapidement pour lui fournir une réponse.

« Je suis dangereusement possessive, allez vous réussir à vous y habituer ? Je ne pourrais bien évidemment ne jamais mettre un oiseau aussi beau et rare que vous en prison.  Mais mon cœur ne pourrait supporter une quelconque trahison de votre part.  Quel que soit votre immense beauté magnifique et douce princesse. »

En somme, Michiyo n’arrivait pas vraiment à cacher ce qu’elle ressentait.  Dans un sens, comme elle ne se faisait que de se le répéter, la demoiselle savait qu’elle ne pourrait jamais enfermer Naaru dans une cage. Parce qu’il vivait pour être libre et elle aussi dans un sens. La jeune femme ne se voyait pas encore dans une véritable relation pour tomber dans une routine infatigable. Mais, son côté possessif se faisait particulièrement oppressant, présent. La membre de Pandora avait donc beaucoup de mal à contenir ce qu’elle ressentait. Le fait que ses sentiments se trouvaient être beaucoup plus forts qu’elle n’avait pu le croire au début. Qu’elle ne voulait le montrer, bien qu’elle sache parfaitement que ce n’était pas encore leur apogée. Vraiment pas. La demoiselle savait qu’elle pouvait aimer encore plus, beaucoup plus fort. Et elle le saurait au moment où sa jalousie, possessivité disparaitrai pour laisser place à une confiance inviolable. Une confiance que le Chain aux cheveux couleur chocolat ne pourrait jamais perdre et ce quoi qu’il fasse. Pourtant, elle n’était pas encore prête à le mettre dans la confidence. De peur que quelque chose change entre eux certainement. Qu’une tension se forme, qu’un besoin de faire les choses correctement apparaisse. Que leur relation ne soit plus aussi spontanée. Et là, ce serait le moment de comprendre qu’il n’y a plus rien de bon à en tirer de cette étrange relation. Qu’ils finiraient par s’autodétruire mutuellement plutôt que de s’aider à grandir. Le moment de se dire au revoir une bonne fois pour toute et de reprendre leur vie chacun de leur côté. Ce que Michiyo craignait le plus et ce qu’elle désirait tout autant se trouvaient avoir une séparation terriblement infime.

Pourtant, au lieu d’en parler, d’ouvrir un nouveau sujet pour en débattre tous les deux. Apprendre ce que le beau brun pouvait en penser, la demoiselle se contenta de changer de sujet. Autant mentalement qu’oralement pour tenter de garder sa concentration. Chose plutôt difficile lorsqu’elle était malade mais aussi terriblement curieuse. Son regard se posa alors sur la nuque du Chain. Oh oui, elle allait pouvoir y imposer sa marque d’une manière plutôt délicieuse à imaginer et cela lui plaisait étrangement. En même temps, elle n’était plus une enfant et savait parfaitement qu’à un moment ou un autre, deux adultes consentants allaient finir par désirer autre chose que deux ou trois baisers.  Et c’était normal. Faisant aussi partir cette soudaine idée qui ne pourrait être réalisée actuellement, Michiyo décida de rentrer. Parce qu’elle était malade, qu’elle avait froid et qu’elle en avait décidé ainsi. Entraînant alors Naaru dans sa soudaine envie et ce sans lui demander son avis. C’était un peu sa punition pour l’avoir vexée. Lui avoir dit que ses mains sur sa peau était une sensation désagréable. Avoir parlé beaucoup trop vite et surtout de ne pas s’être excusé convenablement.  Michiyo était une demoiselle particulièrement susceptible et prenait rapidement la mouche. Si avec Naaru elle semblait se maîtriser et faire preuve d’un plus grand calme et d’une capacité d’acceptation dont personne ne pouvait témoigner auparavant. Certainement parce qu’il s’agissait du jeune homme aux cheveux couleur chocolat. Très certainement. Mais là, étrangement, cette remarque l’avait touché plus qu’elle ne l’aurait cru et elle avait été vexée, bien que très vite remise sur pieds. Désormais, ils étaient tous deux dans un couloir, plus ou moins au chaud et la jeune femme reprenait difficilement son souffle. Foutu maladie, foutue fatigue et surtout hiver. Il n’y avait qu’elle pour tomber malade coup sur coup parce qu’elle ne prenait pas ses médicaments correctement et devait travailler. Décidemment, Pandora ne savait pas encore qu’un membre prenant quelques jours pour se reposer et revenir en pleine forme fallait mieux qu’un membre qui venait au travail malade et complètement épuisé toute la journée. Incapable de faire quoi que ce soit correctement.

Ce qui fut encore pire lorsque la chaleur envahie son corps et son esprit, la rendant totalement incapable de réfléchir. C’était l’effet Naaru ou l’homme qui savait étrangement bien  user de ses nombreux charmes. En attendant, la membre de Pandora avait le dos contre l’un des nombreux murs froids du grand établissement et se retenait se soupirer d’aisance face à la sensation des dents de son attaquant sur le lobe de son oreille. Dieu, cet animal était doué, particulièrement doué. Michiyo se mit soudainement à rougir. Et ce parce qu’elle ne pouvait contrôler le flot de sensations qui grandissait inlassablement en elle, mais aussi parce que son esprit venait de faire apparaître devant ses yeux de nombreuses images plus ou moins tentatrices. La jeune femme soupira d’aise et se força à penser à autre chose. Après tout, ils étaient tous deux en plein milieu d’une école remplies d’étudiants et la jeune demoiselle n’était pas du genre à montrer au Monde entier ses émotions mais aussi sa façon de rougir lorsqu’elle était en sa compagnie. Un baiser fit taire toutes les protestations que son cerveau avait déjà préparées. L’enfoiré, il savait parfaitement comment la faire taire. Il savait comment la demoiselle fonctionnait et à quoi elle réagissait. Un jour, elle aussi trouvera son point faible et en profitera. Même si elle devait se faire priver d’embrassades pendant plusieurs jours. Même si c’était plus facile à dire qu’à faire bien évidemment. Parce qu’il embrassait fichtrement bien mine de rien. Au final, la jeune femme vint à faire abstraction de tout ce qui était autours d’elle pour quémander un nouveau baiser. Un nouveau contact entre leurs lèvres. C’était un besoin  primaire à satisfaire et la demoiselle n’arrivait pas encore à le faire. C’était à la fois frustrant et étrangement excitant.

Ce fut au moment où son esprit céda que tout bascula.

Des cris, des pleures, des adolescents curieux, des jambes qui courent dans tous les sens. Rien de normal dans une telle école. La jeune femme n’avait pu suivre le rythme puisque prise d’une soudaine quinte de toux. Elle avait vu la silhouette de Naaru partir loin d’elle sans qu’elle ne puisse faire le moindre mouvement. Merde alors, jamais ils ne seraient tranquilles. C’était presque sûr et certain. Puis, la membre de Pandora avait encore perdu du temps à cause de la jeune étudiante qu’il avait fallu mettre en lieu sûr ainsi que les autres. Et enfin, après une course dont elle ne s’était pas crue capable, Michiyo fit la bête. L’horrible bête. Ce Chain géant de plusieurs mètres qui lui provoqua de nombreux frissons dans tous le corps.  Malgré le froid extérieur, elle senti aussi une goutte de sueur couler le long de sa colonne vertébrale. Resserrant la cape autours d’elle, la jeune femme se lança enfin dans la foule tout en observant Naaru du coin de l’œil. Il fallait le surveiller, il était différent. Vraiment trop différent d’habituellement. Moins fort, concentré. Presque plus humain. Ses pieds lui faisaient mal. Elle avait froid et la neige commençait déjà à tomber. La foule recula soudainement à cause d’un coup de patte de l’immense habitant du Monde Abyssal. Michiyo serra les poings pour ne pas sortir son épée de suite et se battre elle-même contre l’animal. Elle était là, impuissante face à un Naaru qui ressemblait plus à un pantin qu’à un combattant. Forcée de garder son calme pour ne pas trahir sa présence, la combattante chercha du regard le contractant et le trouva enfin. Ses pieds désormais gelés avancèrent doucement, lentement. Et ce pendant que son esprit cherchait à rencontrer celui de son propre Chain rapidement.  Il fallait faire vite et surtout tuer le contractant d’un seul et unique coup. Ne pas faire preuve de pitié sinon son compagnon risquait d’y laisser sa vie. Tout se mélangeait dans l’esprit de Michiyo. Il fallait qu’elle se précipite, mais elle devait rester discrète aussi. Protéger Naaru, mais aussi tuer le contractant sans montrer sa présence. S’effondrer parce qu’elle ne se sentait vraiment pas bien. Ses membres tremblaient autant de la maladie que de frustration. La demoiselle aux yeux clairs se mordit violemment la lèvre pour ne pas crier lorsqu’elle vit le Baskerville se prendre un violent coup. Quelque chose n’allait pas, véritablement pas et cela l’énervait profondément. Fermant les yeux pour prendre une grande respiration, Michiyo tenta de se calmer et de se concentrer sur ce qu’elle était capable de faire. Dans tous les cas, se battre contre le monstre n’était pas dans ses capacités et elle ne ferait que de se faire tuer gratuitement et en quelques minutes si elle avait de la chance.

Finalement, son corps décida d’agir tout seul sans que son esprit n’ai vraiment le temps de lui dicter quoi faire. Malgré la douleur qu’elle ressentait dans son corps tout entier, Michiyo se jeta devant la bête pour attraper le brun et le mettre à l’abri. Certes, elle avait perdu quelques mèches de cheveux, mais c’était le cadet de ses soucis. Le plus important était qu’il était encore en vie. Alors, elle prit la parole tout en le secouant de toutes ses forces.  Il fallait impérativement qu’il réagisse. Qu’il arrête de pleurer et enfin lui explique tout ce qui se passait dans sa tête. Bien que la jeune femme se doutait de ce que cela pouvait être. Cette chose qu’il n’avait pas encore voulu lui dire. Son passé. Ainsi, elle ne pouvait pas lui venir en aide. Le rassurer, lui caresser les cheveux et lui dire que ce n’était que du passé. Que jamais il ne serait en capacité de le changer, de revenir en arrière. Qu’il devait maintenant profiter de la nouvelle vie. Ce n’était peut être que de vulgaires mensonges, parce que le passé ne pouvait pas être changé certes, mais pas non plus totalement oublié. Il serait toujours là, tout au fond et reviendrai lorsque la personne sera faible. Comme actuellement avec Naaru. L’effet boule de neige en somme. Non, il ne fallait jamais vouloir effacer son passé, le cacher au fond de soi, mais plutôt apprendre à vivre avec. Un jour, la membre de Pandora serait capable de lui apprendre cela. Il ne devait pas s’autodétruire ainsi, ce n’était pas possible. Une pression sur ses vêtements la fit revenir à la réalité. Le monstre n’était plus très loin, il fallait agir vite. Très vite. Puis, le visage du jeune homme entra en contact avec sa poitrine. Naaru pleurait. Il pleurait. La main de la contractante passa lentement le long du dos de Chain pour le caresser. Ce n’était jamais rassurant comme geste, mais elle ne pouvait s’empêcher de le faire. Sa tête lui fit soudainement mal.  Son propre Chain était de nouveau en contact avec elle. Ses yeux se baissèrent sur Naaru pendant qu’elle attendait qu’il lui parle.  Réponde à sa précédente phrase. Lui explique tout ce qu’il pouvait bien imaginer. Pour seule réponse, elle n’obtint néanmoins qu’une prise plus solide sur son vêtement. Et enfin une phrase vint. Il lui disait qu’il ne voulait pas mourir, pas encore, qu’il avait peur. Ses mains se mirent à trembler sur les épaules du Chain mais sa bouche s’ouvrit tout de même.

« Tu n’es pas seul aujourd’hui. Je ne te laisserai pas mourir. C’est une promesse que je te fais Naaru. »

Jamais elle ne laisserait quelqu’un lui faire du mal et encore moins un autre Chain alors qu’elle pouvait agir. Michiyo savait se battre, réfléchir et possédait un Chain.  Fallait-il seulement trouver le bon moment et frapper un seul et unique coup. Oh, elle s’en fichait d’être blessé du moment que le Baskerville était en sécurité. Après tout, c’était son métier que de combattre les illégaux, de prendre des risques et de protéger ceux qui ne pouvaient pas le faire eux même. C’était un choix qu’elle avait un jour fait et que la jeune femme ne regrettait pas du tout. Bien au contraire. Désormais, il fallait honorer sa promesse. Se lancer dans la bataille. Ses lèvres se posèrent sur le haut du crane de l’homme aux cheveux couleur chocolat et elle l’embrassa doucement et posa son front contre le sien. Sentant la chaleur affluer dangereusement. Ca c’était mauvais, vraiment mauvais. Michiyo n’eut pas à attendre longtemps pour avoir une réponse à ses craintes. Naaru recula et se mit à crier. Un cri qui ne passerait pas inaperçu aux oreilles de l’autre Chain. Merde alors, ça ce n’était vraiment pas bon. Sa main se tendit pour se rapprocher de Naaru doucement, mais elle n’eut le temps de ne rien faire. Tout passa trop rapidement. Lorsqu’elle comprit enfin ce qui se passait, il était déjà trop tard. Naaru Irwin était allongé sur le sol, les yeux fermé et la respiration lente. Trop lente. Sans connaissance. Michiyo s’approcha dans un moment de panique et posa sa main sur la poitrine de Naaru pour sentir les battements de son cœur. Il était encore en vie, c’était une bonne chose.

L’ours rugit de nouveau et donna des coups de pattes aléatoirement dans le vide. Michiyo trembla de nouveau. Que voulait-elle bien faire avec son petit corps, son épée et ses jambes frêles ? Rien. Rien, elle ne pouvait pas protéger Naaru. Parce qu’elle n’était qu’une vulgaire humaine. Rien de bien fort et cela la frustra profondément. Tout paradoxe qu’elle était, Michiyo enleva la cape blanche et la posa sur Naaru avant de se détourner de lui et d’approcher de la bête. Si elle ne pouvait pas le tuer, alors, elle servirait d’appât le temps qu’il faudrait pour que Naaru retrouve ses esprits ou bien que les autres membres de Pandora ne s’en occupent. Fermant les yeux, prenant une grande inspiration, la jeune femme sortie lentement sa lame de son fourreau et arrêta de se cacher. Ses mains ne tremblaient plus, elle avait pris sa décision et voulait à tout prix le protéger. Ses cheveux se tintèrent rapidement de blanc grâce à la neige, mais elle ne trembla pas. Ah, elle ne faisait pas vraiment la fière, mais ses yeux montraient de la détermination. Rapidement, elle se retrouva pourtant dépassée, se contentant d’esquiver les coups en cherchant une faille. Quelque chose que la jeune femme pourrait utiliser contre lui et ce rapidement. Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’elle ne puisse enfin agir. Non pas par elle-même, mais par le biais de son Chain. Dans un mouvement pour éviter un coup qui la blesser à l’épaule, le regard de Michiyo plongea dans celui du contractant illégal.

Son Chain entra rapidement dans l’esprit de l’ennemi.
Une première fois.

Les images de souvenirs, rêves, envies et besoins de l’homme s’introduire dans l’esprit de la membre de Pandora. La jeune femme commença à en changer quelques uns pour créer des pulsions inconscientes dans le corps de l’illégal. Il fallait le forcer à agir seul puisqu’elle ne pourrait pas l’approcher. Le Chain était plus intelligent qu’elle ne le croyait et l’empêchait d’être trop près de son contractant. Chaque pas fait, elle devait reculer d’une dizaine pour ne pas se faire tuer. Parfois, elle jetait un coup d’œil vers l’endroit où se trouver Naaru pour y voir un mouvement. Rien. Toujours rien. Ce n’était pas pour la rassurer. Et enfin, elle trouva la faille qu’elle cherchait. Son esprit s’introduisit plus profondément dans celui du contractant. Profitant de la faiblesse et réussit ce qu’elle avait prévu. Lentement, doucement, elle vit la main de l’homme se lever pour attraper dans sa cape quelque chose de noir et de brillant. Une arme à feu. Sans que le Chain n’ait le temps de s’en rendre compte, le contractant se tirait une balle dans la tête. Michiyo avait une sainte horreur de faire ce genre de choses. Mais elle ne pouvait pas faire preuve de pitié maintenant. Pendant que le corps de l’ancien contractant tombait lourdement sur le sol, une brèche pour l’Abysse s’ouvrit sous les pieds de l’immense colosse. C’était fini, enfin terminé. Soudainement, son corps se rendit compte de ce qui se passait autours d’elle pendant qu’elle regardait la clef de tous les problèmes partir dans les profondeurs d’un monde qu’elle ne connaissait pas. Michiyo Konoe se mit à avoir particulièrement froid. Son épaule lui fit très mal et ses jambes tremblèrent. Oui, elle l’avait fait. Elle avait tenu sa promesse et était encore en vie. Son Chain commença à lui poser une multitude de questions à laquelle elle ne donna aucune réponse. Se contenta d’une seule et unique phrase.

« J’ai besoin de toi une nouvelle fois. Ne demande rien, n’espionne rien et contente toi de l’aider à aller mieux. S’il te plait. »

La contractante se dirigea en compagnie de son Chain – sans ajouter un seul mot- vers le membre des Baskerville , apparemment toujours inconscient. La jeune femme s’approcha de lui et posa l’une de ses mains sur le front de Naaru. La fièvre n’était pas retombée et il n’avait pas l’air en très grande forme. D’un mouvement de tête, elle fit comprendre à son compagnon qu’il pouvait agir. Ce dernier ne posa pas de question et permit à Michiyo d’entrer dans l’esprit du Chain aux cheveux couleur chocolat. La douleur frappa ses tempes et la fit grimacer mais elle ferma les yeux. Non, elle ne voulait pas fouiller dans l’esprit de Naaru pour connaître ses secrets. Ca, il aurait l’occasion de lui dire tout seul quand il se sentira prêt. Non, tout ce que voulait la jeune femme, c’était ériger de nouvelles barrières mentales. Pour qu’il se calme, puisse véritablement se reposer et enfin se contrôler. Il avait avant tout besoin de se retrouver seul avec lui-même et son passé lui revenant en plein visage n’était pas une bonne idée. Au moins, cela tiendrait le temps qu’il faudra. Jusqu’à ce qu’il les brise de son propre chef. Posant sa main droite sur la tête du jeune Chain, Michiyo Konoe commença à lui caresser doucement la tête tout en lui chuchotant quelques mots pendant que son propre Chain s’en allait.

« Ca va aller désormais. Il ne pourra rien t’arriver. Je suis là pour toi. »

C’était la seconde fois.

Michiyo avait désormais mal à la tête, ses souvenirs se mélangeaient avec ceux qu'elle avait croisé en cette journée mouvementée. Bientôt, elle oublierait quelque chose. Mais ça, ce n'était pas important. Du moment que ce n'était pas Naaru, elle pouvait tout oublier. Rien, n'était véritablement important à part lui.


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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
Spoiler:
 
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The cold never bothered me anyway {PV Michi♥}

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