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 Quand la marmotte est énervée... • Fuyu

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MessageSujet: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   2nd Novembre 2013, 03:12


« Je vous jure que je ne vais pas faire meurtre. Si si. Pas volontairement, en tout cas. »

Lace, il avait toujours été d’un calme olympien. D’aussi loin qu’on s’en souvienne, personne ne l’avait jamais vu  s’énerver réellement, fondre en larme ou éclater de rire. Il était de ceux qui ne dévoilaient pas totalement leurs émotions et bridaient leurs sentiments de sorte que personne ne puisse lire en eux. Ils étaient de ceux qui agissaient ainsi par simple méfiance d’autrui, avec un naturel presque offensant. Sans avoir vécu quoi que ce soit de traumatisant, il était une véritable statue de marbre que seul un nombre particulièrement restreint de personnes étaient capables de comprendre en passant outre ce voile d’indifférence. Il y avait Robin. Sa sœur. Et parfois ses parents, lorsque ceux-ci daignaient voir plus loin que l’amour qu’ils lui portaient en tentaient de décrypter les ressentis de leur fils. Quand ils s’y mettaient vraiment, ils parvenaient à lire en lui comme dans un livre ouvert, au point que c’en était frustrant pour quelqu’un d’ordinaire habitué à être incompris et mal jugé. Heureusement, cela n’arrivait pas souvent, car sa mère et son père ne trouvait guère le temps de lui poser plus de questions que cela sur sa vie : le peu de fois où ils se retrouvaient, c’était la tournée de câlins générale. Et il était certain qu’ils ne se gênaient pour demander de ses nouvelles à ses camarades de Pandora, ni même pour feuilleter plus ou moins en règle quelques dossiers à son sujet.
Dans tous les cas, disons-le franchement, personne ne l’avait jusqu’à présent vu dans cet état.

Il n’était pas en colère. Pas encore. Presque, à dire vrai. Il ne suffisait plus que d’une goutte d’eau pour faire déborder le vase. Mais n’importe qui d’un tant soit peu observateur pouvait remarquer ces sourcils légèrement froncés, ce regard éternellement perdu dans un vide agaçant, ces lèvres crispées et surtout, surtout, ces ondes noires et particulièrement nocives pour l’humeur des autres qui s’échappaient de son aura habituellement si paisible. Il n’y avait pas à dire, le garçon était contrarié, irrité, et cette fois-ci il n’arrivait pas à s’en cacher. Et quand on lui demandait ce qu’il avait, il tournait ostensiblement la tête sans rien dire.
Déjà qu’il n’était pas très sociable, il empirait volontairement son cas, là.

« Lace. »

Le concerné tourna ostensiblement la tête. Jusqu’à ce qu’une information cruciale remonte jusqu’à son cerveau.
C’était un de ses supérieurs.
Il posa les yeux sur ce dit supérieur, l’observant plus ou moins calmement. Il n’avait pas d’autres choix que de l’écouter s’il ne voulait pas s’attirer d’ennuis. Mais il était enfermé dans un mutisme quelque peu énervant pour qui devait lui toucher deux mots.

« Je pense que tu devrais patrouiller un peu. Ca te ferait du bien, franchement. »

Le ton était ferme, la voix tout autant quoi que plus posée. La phrase était lourde de sous-entendus. Et le garçon l’avait bien compris. Il hocha donc la tête dans un signe affirmatif et se leva de ce fauteuil qu’il n’avait pas quitté de la journée en se dirigeant d’une démarche nonchalante, en traînant à moitié des pieds.
Il n’était pas souvent vexé, il n’était pas souvent irrité. En revanche, le peu de fois où il l’était, ce n’était pas à moitié.


♥ ♦ ♣ ♠

L’adolescent lança encore quelques coups d’œil autour de lui. Il y avait foule, aujourd’hui. Enfin, c’était un samedi après-midi, alors il n’y avait rien de surprenant à cela. Seulement, dans toute cette foule, il se serait attendu à apercevoir l’ombre d’une cape rouge, une silhouette familière, ou même un bout de Chain mal caché derrière ces ruelles sombres, prêt à  appâter une proie naïve et faible. Mais non, c’était le calme plat.

Décidant qu’après trois bonnes heures passées à inspecter Réveil au peigne fin, il avait assez patrouillé,  il décida de faire demi-tour. Il marchait d’un pas rapide, l’air encore plus endormi que d’habitude. En effet, il avait découvert que lorsqu’il était irrité, il peinait à trouver le sommeil, ce qui le mettait d’encore plus mauvaise humeur. Un vrai cercle vicieux.
Puis, soudain, il la vit. Et qu’est-ce qu’il aurait aimé la voir de loin. Ce n’était pas le cas pourtant.
Il s’était arrêté tout net, juste avant de la heurter. Il était donc à quelques centimètres d’elle.

Fuyu.
Cette fille qui lui avait lancé une petite réplique bien cinglante et embêtante avant de le jeter à la porte. Il savait qu’elle n’était au courant de rien de ce qui se tramait réellement dans la ville, et qu’il n’y avait donc aucune raison de s’énerver, en principe du moins. Il était cependant incapable de ne pas lui en vouloir, c’était tellement… Vrai, ce qu’elle avait dit. Et elle avait dit avec si peu de tact qu’il était allé jusqu’à mal le prendre, lui à qui on pouvait lancer des tonnes d’insultes sans qu’il réagisse le moins du monde.
Le membre de Pandora l’observa encore un instant, tiqua, puis se retourna et se dirigea dans la direction opposée à laquelle Fuyu était. L’ignorance était le plus grand des mépris, n’est-ce pas ?

En plus, il n’était franchement pas d’humeur à parler. Mais vraiment pas.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   3rd Novembre 2013, 07:41


» Anger dwells only in the bosom of fools.
~ Albert Einstein.


Assise sur la chaise haute d’un bar, l’adolescente qu’était Fuyu poussa un profond soupire en trempant ses lèvres dans son verre d’alcool.
Comment une adolescente avait pu se retrouver dans un endroit interdit aux mineurs ? Simple, elle connaissait le videur. Or, elle avait justement rendez-vous avec ce même videur, donc elle devait attendre qu’il daigne trouver un moment pour venir la rejoindre.
Elle ferma les yeux, tenta de faire la vide dans son esprit ; juste impossible. Elle se releva, ayant dans l’idée de sortir par la porte arrière de cette satanée taverne qui lui donnait plus la nausée que l’envie d’attendre ce stupide homme. Enroulant ses doigts autour de la poignée de la porte, elle sentit une main chaude – mais loin d’être rassurante – se poser sur son épaule droite ; elle se retourna vivement, croisa son regard, plissa les yeux, se raidissant. Il afficha un sourire carnassier en attirant le petite dans ses bras tandis qu’elle se laissa faire avant de se mettre sur la pointe de ses pieds pour l’embrasser langoureusement et longuement.
Son dernier souvenir était ce même homme assis sur la même chaise haute qu’elle occupait auparavant, et elle sur ses genoux, enchaînant les verres, l’embrassant à pleine bouche.

Elle ne comprendrait jamais comment elle pouvait être à la fois attirée et rebutée par cet homme qui lui vola l’once d’innocence qui l’habitait encore. Ce même homme qui l’occupa assez longtemps pour qu’elle ne puisse pas retourner chez elle, n’ayant donc pas vu son père s’en aller – après, peut-être était-il parti bien plus tôt, mais dans tous les cas, elle en voulait quand même à son fichu agresseur. Mais alors, qu’est-ce qu’elle faisait assise sur ses genoux, à l’embrasser encore et encore alors que les clients – mineurs et majeures – affluaient en l’absence de leur détestable videur ? Bonne question. Elle était comme qui dirait... À ses pieds. Complètement même. Elle détestait ce sentiment de soumission mais ne pouvait plus s’en passer ; accro, elle était accro à lui.

En ouvrant les yeux, la jeune fille amena directement sa main à son front, appuyant ses doigts dessus en jurant ; communément, on appelle ça « une gueule de bois ».
Elle se redressa, se remémorant quelques bribes de sa soirée d’hier ; du peu de ce qu’elle se souvenait, elle n’était pas allée bien loin avec l’homme.
Pas encore.
Elle se traina sous la douche, laissa le jet d’eau glacée cingler sa peau blafarde puis alla s’habiller d’une jupe noire lui arrivant au-dessus des mi-cuisses, un débardeur violet orné de dentelle noire et se fit trois fines tresses sur le coté avant d’enfiler ses ballerines, croquant dans une pomme à pleines dents avant de sortir, claquant la porte derrière elle.
Elle avait du mal à marcher droit, voyait flou, avait froid ; pourtant, elle gardait la tête haute, tentait malgré tout d’assurer ses pas, ne regretta pas un instant de ne pas avoir mis l’une de ses vestes. Elle laissa ses yeux trainer sur les passants, encore et encore, se demandant comment elle avait pu en arriver là, comment avait-elle fait pour devenir si... Vile et sotte. Que dirait son père ? Sa mère, elle, serait bien frère de voir que ses défauts avaient té transmis à sa fille. À cette fille qu’elle détestait tant.

Elle trouva un banc, s’y installa, ferma les yeux et tenta de complémenter dessoûler, prenant de grandes et profondes respirations amenant la main à sa poitrine, déglutissant, cherchant son souffle... Elle avait, qui plus est, une bonne migraine ; les mères qui passaient avec leurs enfants la fuyaient, mais elle n’avait pas même la force de sourire, de  rire à gorge déployée.
Elle resta ainsi un long moment avant de se lever pour aller s’acheter de quoi se nourrir.
Et voilà l’adolescente oubliée qui reprenait sa marche, avec des pas un peu plus assurés, une démarche plus royale, le regard toujours aussi éteint, tentant d’ignorer ce mal de crâne auquel elle ne réussissait décidément pas à s’habituer. Pourtant, elle n’en était pas à sa première gueule de bois – pas plus qu’elle n’en était à sa dernière, à vrai dire.

Mais en reprenant sa marche, bien décidée à quitter la ville pour aller se perdre dans ses alentours, Fuyu se serait attendue à vraiment tout, excepté le fait de tomber sur lui.
Lace.
Celui-là même qui, lorsqu’il était chez elle, s’était permis de lui cacher une bonne partie de la vérité quand au truc les ayant attaqués – d’ailleurs, elle ‘avait pas croisé Finn, elle ne savait toujours pas ce que c’était – et qui, de surplus, avait osé lui embrasser le front... Non mais sérieusement, la trouvait-il repoussante à ce point pour lui embrasser le front alors qu’ils étaient seuls, chez elle, sur un lit ? Ça aurait été trop demandé de simplement esquisser un geste pour joindre leurs lèvres ? Elle lui en avait voulu doublement, et en le revoyant, sa colère refit surface.
Elle s’immobilisa face à lui, incapable d’un quelconque autre geste si ce n’est le battement de cils. Leurs regards ne se quittaient pas, pourtant Fuyu sentait bien qu’ils n’avaient jamais été si éloignés l’un de l’autre, pas même lorsqu’ils ne se connaissaient pas encore.
Que ressentait-il, là, tout de suite ? Après tout, j’ai oublié de citer plus haut que ce que Fuyu interpréta comme un manque de confiance et un rejet ne lui était pas passé du tout et que, par conséquent, elle avait mis le jeune blond à la porte. Il avait donc une bonne raison d’être en colère, surtout que l’adolescente avait clairement sous-entendu son manque d’expérience avec le sexe opposé.

Il l’observa un long moment pendant lesquels Fuyu ne put lui adresser la parole, puis il tiqua et se détourna d’elle. La jeune fille resta de marbre, ne semblant pas tout à fait comprendre la réaction du blond. Sérieusement ? Il l’ignorait ?
La colère contenue depuis des jours par la jeune adolescente implosa en elle tandis que ses traits se durcirent, sa mâchoire se crispant. Elle tendit le bras devant elle, saisissant le poignet de Lace, le serrant brutalement en le faisant pivoter vers elle. Elle ne le relâcha pas, allant jusqu’à enfoncer ses doigts dans la tendre chair de son poignet ; elle fusilla du regard le blond avant de relâcher son poignet en levant la main pour l’abattre sur son visage, laissant ses doigts marquer la joue droite de Lace.
Elle avait déjà giflé des hommes, mais pour la première fois, elle s’en voulait de l’avoir fait ; en contrepartie, elle savait qu’elle savait qu’elle n’avait nulle autre solution.
Croisant les bras, comme pour le défier de lui rendre le coup, Fuyu haussa le ton :

– Je peux savoir ce qui te prend, hein ? Tu m’ignores ? Tu me méprises ? Tu me détestes ? Parle !

En même temps, si tu le laissais parler...
Pourquoi lui avoir demandé s’il la méprisait ? Car Fuyu savait que l’ignorance est le plus grand des mépris ; cela dit, c’est elle qui méprise, pas elle qui se fait mépriser. Jamais.
Enchaînant les questions, elle en fut elle-même bien rapidement essoufflée. Elle serra ses mains autour de ses bras avant de prendre Lace par le poignet en l’attirant dans une ruelle à part, histoire d’éviter les regards plus qu’irritants des passants.

– Vas-y, énerve-toi ! J’ai bien envie de te voir en colère, toi qui es d’ordinaire tellement calme, presque... Ennuyant.

Comme si sa seule irritation ne suffirait pas à se transmettre à Lace, il fallait qu’elle le provoque.
Bon, elle n’irait pas se plaindre s’il venait à vraiment s’énerver, parce qu’elle l’aurait vraiment bien cherché.
Fuyu, aussi connue sous le nom de petite gamine arrogante et chiante.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   3rd Novembre 2013, 12:31

Hrp:
 

C'était un jour special, aujourd-hui. Tres special. Surtout pour Lace.
Il avait, certainement pour la première fois de sa vie, des envies de meurtre. Pas les passagères, celles ou on s'énerve un bon coup avant de se calmer. Cette colère était un mélange de plusieurs sentiments qui demanderaient bien plus que de se déchaîner une bonne fois pour toute pour que tout soit régler. Parce que même s'il détestait se compliquer la vie, même s'il faisait de son mieux pour rendre celle-ci simple, c'était juste impossible de ne pas la jouer compliquer avec Fuyu.
Il ne prétendait pas la connaitre sur le bout des doigts et encore moins la connaitre tout court a cause des récents événements. Mais... Il ne pouvait décidément pas qualifier son fonctionnement de "simple". Et ils ne comprenait décidément pas ! Il n'avait pas eté si méchant avec elle, n'est-ce pas ? Alors pourquoi était-elle autant en colère après lui ? Il était bien sur incapable de deviner que ce simple baiser sur le front était une grande offense pour la jeune fille, sans parler de toutes ces cachoteries qu'il donnait l'air de lui faire. Quoi que ce n'était pas tellement faux. Il trouvait cependant normal de ne rien lui révéler afin de la préserver du danger.

Dans tous les cas, peu importe ce qu'il en fut. Pas importe qu'il ait eté au départ énervé ou non. Parce qu'au final, il aurait forcement lancé ce regard d'un calme meurtrier, sans piper un mot, tentant d'imploser de colère et non pas d'exploser de colère.
S'il craquait et laisser aller a cette dite colère, il risquait vraiment de ne plus pouvoir ce contrôler sous le coup de l'emotion.
Après tout, elle venait de lui attraper brutalement le poignet, d'y planter ses longs ongles douloureux, et de le gifler. Pour ensuite lui cracher des mots aussi épineux les uns que les autres sans lui laisser le temps de répliquer.

Le garçon serrait les dents, encaissait sans rien dire, sans réagir. Si certains passants pouvaient penser qu'il se fichait totalement de la scène que son amie était en train de lui faire, d'autres n'etaient pas trompés par ce calme apparent et voyaient clairement les ondes noires et agressives s'échapper de son aura d'ordinaire apaisante.
Il ne s'énervait pas souvent. Ne souriait pas souvent, ne riait pas souvent. Mais quand c'était le cas, il avait de bonnes raisons et ne le faisaient pas a moitié. Ceci était un exemple parfait du pourquoi il pouvait parfois tant se retenir et rester de marbre.

Au regard des curieux visiblement irritants aux yeux de Fuyu, celle-ci amena l'adolescent dans des ruelles plus sombres et surtout a l'abri des regards.
Pour lui sortir a nouveaux quelques paroles qui finirent d'énerver Lace.
C'était la goutte d'eau qui fit déborder le vase.  

Il lui prit les bras et la plaqua littéralement contre le mur avec cette force si surprenante venant de quelqu'un a l'air aussi faible que lui. Une fois de plus, l'entrainement drastique qu'il avait subi pour entrer a Pandora se révélait payant.

« Tu me saoules. »

Trois mots qui reflétaient si bien ce qu'il ressentait en cet instant, bien que ce soit tellement plus puissant et... Tellement moins vulgaire a la fois.
Le blond relâcha finalement les bras de Fuyu, laissant a son tour des marques rouges sur sa peau la ou lui-même en avait sur sa joue. Il s'éloigna de quelques pas, shoota soudainement dans un objet non-identifié, passa ses mains dans ses cheveux avec une pointe de brutalité et en levant les yeux au ciel.
Mon Dieu, qu'il avait envie de faire un meurtre, la, maintenant.
Il inspira, expira, répéta ce procédé a plusieurs reprises. Jusqu'à ce qu'il sente sa colère retomber. En partie.

Il revint lentement vers la demoiselle qu'il considérait, sous le coup de l'irritation, comme une véritable peste, le regard haineux. Ses yeux semblaient encore capables de lancer des éclairs meurtriers, bien qu'il soit de nouveau capable de se contrôler... En principe.

« Ce qui me prends ? Oh, j'ai juste eté foutu a la porte sans savoir pourquoi, rien de grave. »

Il s'interrompit, poussa un soupir. Puis repris :

« Non, je ne te déteste pas. Mais je préfère autant t'ignorer et te mépriser que de faire un meurtre, si tu vois ce que je veux dire. »

Sa phrase était lourde de sous-entendus. Mais l'adolescent était certain que Fuyu avait parfaitement compris ce qu'il voulait dire. Qu'elle essayait de le provoquer encore une fois de la sorte et il ne serait plus aussi tendre. Car, même maintenant, il était sur le point de craquer : ses nerfs etaient a bout. Sans parler de son manque de sommeil...


Dernière édition par Lace Whiters le 5th Novembre 2013, 07:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   4th Novembre 2013, 11:09


» Keep your fears to yourself, but share your courage with others.
~ Robert Louis Stevenson.


L’arrogance est une forme de courage, non ?
Plus Fuyu essayait de savoir lequel de Lace ou d’elle avait le plus de raisons de s’énerver, moins elle comprenait son attitude.
Elle l’avait peut-être mis à la porte, mais lui ne s’était pas gêné de lui sous-entendre qu’elle agissait comme une trainée, de littéralement l’offenser et le rejeter avec son baiser au front et d’en plus oser lui cacher identité du truc les ayant attaqué. Fuyu avait déjà un Baskerville pour la protéger et même si elle avait un peu de mal à l’acceptait, ça lui convenait parfaitement car Finn était bien plus âgé qu’elle. D’autant plus qu’elle le considérait comme un grand-frère et que la surprotection coulait presque de source ; Lace, elle ne le voyait pas comme un frère, pas plus qu’elle ne le voyait comme un homme réellement capable de la protéger. Pas comme le ferait Finn, tout du moins.
Alors voilà, elle ne comprenait décidément pas pourquoi Lace la regarda ainsi, avec tant de dureté clairement et mal refoulée, tant de vide qui porterait à croire que Fuyu était la pire de ses ennemies. Et à quoi s’attendait-il à ainsi pivoter sur ses talons, à s’éloigner comme s’il ne venait pas de fusiller la jeune adolescente du regard ? D’autant plus qu’elle était certaine que si elle ne l’avait pas retenu, il lui en aurait encore plus voulu - c’était à en se demander si c’était possible qu’il lui en veuille d’avantage.
Et puis, ce regard... Pourquoi diable avait-il fallu qu’il la regarde ainsi ? Si certains y voyaient de l’indifférence, Fuyu voyait clairement la lueur d’irritation y danser ; elle avait l’habitude des regards vides de Lace, elle savait donc y repérer une once d’amusement ou même de la colère.

Les regards se posant sur eux, tantôt curieux, tantôt insistants et perdus, tantôt moqueurs ; l’adolescente avait pour habitude de se servir de ses yeux tels des armes, de fusiller le moindre passant assez courageux pour regarder la jeune fille plus des quelques secondes autorisées ; aujourd’hui, pourtant, elle n’avait assez de force que pour tenir tête à Lace, que pour le mettre face à l’objet même de sa colère.
Premièrement, le jeune blond ne dit rien et lorsqu’enfin, Fuyu céda sous le poids des regards alentours, entrainant Lace dans une ruelle, ce-dernier réagit enfin.
Rapidement, il agrippa le bras nu de la jeune fille en la plaquant au mur derrière elle, utilisant une force que pas une seconde l’adolescente n’imagina. Tout ce à quoi elle fut capable de penser était qu’au final, le blond pourrait très certainement la protéger. Mais encore faudrait-il qu’il le veuille. Et quand bien même, sincèrement, ça ne justifierait en rien le fait qu’il veuille la protéger.
Elle planta son regard dans le sien, ne dit cependant rien, serrant la mâchoire sous la douleur. Elle nota que sa peau blafarde ne manquerait pas de rougir sous les doigts du blond ; bon, on dira qu’elle l’avait quand même bien cherché à ainsi serrer ses doigts autour de son poignet, y plantant ses ongles et puis le provoquer pour finalement le gifler – ce qui ne le secoua visiblement pas, ou du moins pas assez car il n’explosa que suite à la petite provocation de l’adolescente.

Alors comme ça, elle le saoulait ? Ses lèvres s’étirèrent pour former un sourire carnassier, à la fois mauvais et moqueur, amer mais amusé ; pour qui se prenait-il ? De quel droit osait-il s’adresser à la jeune fille avec pareille de liberté ? Aurait-il oublié que dans l’histoire, c’est elle l’impulsive, elle la mauvaise, elle la méchante et elle aussi qui a pour fâcheuse habitude de prendre les autres de haut, de les mépriser, d’être arrogante et insolente, de complètement manquer de respect à autrui ? Alors à quoi s’attendait-il en lui disant qu’elle le soulait, très sincèrement ? À ce qu’elle s’excuse, peut-être. Ou à ce qu’elle fonde en larmes.
À cette pensée, Fuyu rit intérieurement. Alors, quelle serait donc la réaction de la jeune fille ? Une réponse cinglante, comme d’habitude ; aussitôt le blond relâcha son bras qu’elle lança d’un ton sec, sans appel, le même sourire flanqué sur les lèvres, la même malice brillant dans son regard :

– Je t’emmerde.

Comme ça, c’est dit.
Tandis que le blond s’amusait à calmer ses nerfs sur je ne sais quoi, Fuyu fit passer ses doigts frêles sur son bras en serrant les dos, faisant définitivement disparaitre son sourire de façade.
Car non, la situation n’avait rien de drôle, rien d’amusant, rien qui pourrait faire rire la demoiselle ; elle se détestait de mettre Lace dans une pareille colère, mais ne pouvait se permettre de le lui dire, de témoigner de sa faiblesse. Elle préférait encore passer pour la peste de première, pour la sale sotte que pour l’effarouchée. Hors de question de lui montrer qu’elle était sensible à son attitude et qu’elle s’en voulait vraiment. Mais quoi qu’il en soit, qu’elle s’en veuille ou pas, ça ne changerait pas grand-chose car elle n’allait pas cesser de répondre du tac au tac.
Il finit par revenir vers elle après avoir passé sa main dans ses cheveux, après aussi avoir regardé le ciel, peut-être en priant je ne sais quelles divinités de lui venir en aide.
Son regard noir dardé sur Fuyu, la jeune fille pencha la tête à gauche, clignant des yeux en attendant que « la sentence tombe ». Et elle tomba, car le blond ne se gêna pas de dire ce qu’il avait sur le cœur – ou tout du moins, une partie – ne s’interrompant que pour soupirer.
L’adolescente aimait se faire attendre pour répondre, comme elle le faisait notamment avec Revis – si Lace venait à apprendre son existence, il n’adressait probablement plus jamais la parole à la jeune fille. Or, lorsqu’elle voulait se montrer particulièrement arrogante et chiante, elle répondait rapidement. Et en même temps elle se prouvait à elle-même qu’elle n’avait pas besoin de temps pour concocte rune bonne réponse des plus cinglantes.
Sauf que là, ce n’était pas tant qu’elle voulait continuer sur sa voie d’arrogante chiante de la journée, seulement que voilà, Lace venait d’achever de l’énerver. Elle ferma les yeux un long moment, les rouvrir sur le blond, se redressa et s’indigna :

– Tu as été foutu à la porte parce que tu m’as limite insultée de trainée, que tu n’as rien voulu me dire sur ce truc qui nous ait tombé dessus et que, laisse-moi réfléchir pour voir... Ah oui, tu m’as embrassé sur le front ! Ça voulait dire quoi, hein ? Désolée Fuyu, mais tu mérites pas mieux ?

D’autant plus que, sérieusement, je ne vais pas passer mon temps à te rattraper. TU voulais partir, alors non, je ne t’ai pas vraiment « foutu à la porte ».
Elle fronça les sourcils en croisant les bras, grimaçant lorsqu’elle effleura la partie rougie de son bras.
Elle avait l’habitude des coups de sa mère. Et ils furent bien plus violents que ça. Sauf que voilà, là, son cœur s’accéléra nettement et ce n’était pas dû à la colère ; elle était dans une ruelle, avec un jeune homme et mal à une partie du corps ; le même scénario que celui d’il y a quelques mois, sauf qu’elle avait été un peu plus secouée que ça.
Et là, elle avait beau se dire que c’était Lace, elle ne pouvait s’empêcher d’être… Morte de peur.
Elle tenta cependant de ne pas le montrer à son opposant, préférant reprendre là où elle s’était si bien arrêtée :

– Quoi, tu veux me tuer maintenant ? Mais va te faire foutre.

D’une voix tranchante, l’adolescente ne regretta pas un seul de ses mots.
Sauf que voilà, maintenant, en plus de l’irritation, Fuyu avait le souvenir omniprésent de son agression, était donc apeurée et se sentait, en deux mots, vraiment mal. Elle pleurerait volontiers, plus pour extérioriser tous ses sentiments que parce qu’elle avait mal au bras. Mais pour en revenir à ces rougeurs laissés sur la peau blafarde de la jeune fille, Lace n’allait pas s’en sortir comme ça. Ne savait-il donc pas qu’on ne frappe jamais une jeune fille ? Encore moins lorsque celle-ci a été victime d’une agression. Certes, elle ne régissait pas comme les autres femmes, ne fuyait pas les hommes et allait même d’elle-même vers eux ; cependant, sur un point, elle ne différait pas d’elles : à la moindre douleur physique infligée par un homme, la peur la submergeait, l’inondait et la condamnait littéralement à l’exil psychologique.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   5th Novembre 2013, 07:50


Lace se passa de nouveaux les mains dans les cheveux, à défaut de se permettre de faire quoi que ce soit. Et je peux vous l’assurer : il avait envie de faire d’autres choses. De se défouler, par exemple. Et en urgence, car Fuyu n’allait pas tarder à le mettre totalement hors de lui. « Je t’emmerde ». Il ne put s’empêcher de lâcher pour lui-même un petit rire sarcastique. N’importe qui d’autre le voyant en colère l’aurait évité, l’aurait fui, juste parce qu’il était sain d’esprit et comprenait qu’un Lace en colère, ce n’était décidément pas normal et vraiment très mauvais pour son entourage. Mais Fuyu n’était pas n’importe qui. Plus il semblait passer de temps avec elle, plus il sentait la colère monter en lui –au point qu’il se demandait s’il serait encore capable de se sentir plus énervé suite à une nouvelle remarque épineuse, plus il comprenait à quel point elle n’était pas n’importe qui. Dans tous les sens possibles du terme. A quinze ans, les filles, pour les plus riches du moins, elles faisaient du shopping, parlaient de tout ce qui faisait leur fierté, donnaient leurs avis en matière d’hommes, pour certaines travaillaient dures,… Essayer de visualiser Fuyu de la sorte était juste impossible. Elle avait vécu trop de choses pour son âge.

Mais ça n’excusait en rien son comportement particulièrement irritant de petite peste. Le garçon en venait même à se demander comment il avait pu dériver dans ses pensées de la sorte alors qu’ils… S’engueulaient vraiment fort, disons-le franchement.

– Tu as été foutu à la porte parce que tu m’as limite insultée de traînée, que tu n’as rien voulu me dire sur ce truc qui nous ait tombé dessus et que, laisse-moi réfléchir pour voir... Ah oui, tu m’as embrassé sur le front ! Ça voulait dire quoi, hein ? Désolée Fuyu, mais tu mérites pas mieux ?

A ces paroles, il se figea. Il oublia l’espace d’un instant sa haine actuelle contre son interlocutrice en laissant un petit bout de phrase résonner dans son esprit. Certes, il avait fait tout cela.
Il était peut-être un peu lent à comprendre des fois, quand il n’était pas motivé en tout cas, mais certainement pas naïf. Elle venait tout juste de dire qu’elle aurait préféré qu’il l’embrasse directement dans un sous-entendu, non ? Il ne savait pas trop comment le prendre. Non il n’était pas le genre de mec à coucher comme ça, sur un coup de tête, alors il avait tout sauf voulu lui donner de faux espoirs. Et elle prenait mal le fait qu’il la traite comme quelqu’un de normal et non pas comme une traînée en l’incitant à coucher en l’embrassant ? Et puis, c’était stupide comme pensée.
Il était tant absorbé par cette réflexion qu’il écouta à peine la dernière phrase que prononça la jeune fille : ça ne l’aurait pas même surpris qu’elle le prenne pour une indifférence nouvelle qui avait remplacé sa colère. Il était certain que si elle n’avait pas rajouté ce petit bout de phrase en apparence anodin, il aurait littéralement craqué. Il l’aurait insulté, peut-être giflé, aurait fini par se carapater avant de lui faire réellement du mal,… Bref. Il aurait risqué de faire des choses qui ne lui ressembleraient pas et qu’il aurait amèrement regrettées.
Quoi que la colère de l’adolescent était toujours belle et bien présente, mais il était un peu perturbé, déstabilisé. Peut-être se faisait-il des idées ?
Le meilleur moyen, cela restait toujours de le demander, n’est-ce pas ? En un sous-entendu un peu plus subtil cependant.

« Quoi ? Tu aurais voulu mieux ? Plus ? » Lança-t-il à brûle-pourpoint.

Il savait qu’elle n’était pas sotte. Qu’elle comprendrait parfaitement où il voulait en venir en posant cette question. Il avait cependant prononcé ces mots avec une certaine raillerie, la colère revenant au triple galop. Il en venait même à se demander d’un air légèrement sadique comment elle réagirait. Il ne serait absolument pas étonné qu’elle réponde par la négative, néanmoins il allait être particulièrement attentif et observateur sur ce coup-là, pour mieux comprendre sa réaction. Et, étrangement, cette dite réaction comptait pour lui. Bien qu’il ne se faisait pas d’illusions.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   5th Novembre 2013, 08:57


» Kiss me and you will see how important I am.
~ Sylvia Plath.


Tu te mets en colère parce que tu tiens à moi... N’est-ce pas ?
Mais même si tu tiens à moi, ça ne veut pas dire que je suis importante à tes yeux, Lace. Le suis-je ?


Sur le coup, la jeune fille ne fit pas vraiment attention à ce qu’elle venait de dire, au missile qu’elle venait de lâcher. Elle était en colère – et ce n’était rien de le dire, sincèrement – alors, pour une fois, elle ne pesait pas le moins du monde ses mots, disant les choses comme elles lui venaient, n’essayant pas même de peaufiner son vocabulaire pour en faire un langage un peu moins vulgaire, un peu plus... Soutenu. Car pour qui – pour quoi – passait-elle, à ainsi se comporter, à aller jusqu’à gifler son ami, à lui parler si vulgairement ?
Elle tenait pourtant de se calmer, se disant qu’elle avait aussi et très certainement une part de tort, qu’elle ne devait pas s’emporter, pas si facilement. Pas elle, pas elle qui était si réputée pour son sang-froid, pour cette arrogance et ce mépris, pour ce visage de marbre, parfois teinté de cynisme, face à toutes épreuves.
Cependant, lors d’un moment d’extrême lucidité – à ne point en douter – l’adolescente se dit que Lace occupait réellement une place e de choix dans son cœur, dans sa vie. Car pour al mettre dans une pareille colère, il fallait que la personne en étant à l’origine compte pour Fuyu. On l’avait déjà insultée, ne serait-ce que son agresseur, mais elle n’était jamais en colère contre tous ces gens qui ne sortaient pas du commun, qui n’avaient pas la moindre importance à ses yeux. Là, ce qui l’énervait le plus, c’était que Lace pouvait la voir comme... Comme ce qu’elle était vraiment. Elle aurait tellement préféré qu’il ne voie en elle que l’assidue adolescente qu’elle n’était cependant pas, naïve, innocente, peut-être même studieuse. Mais elle n’était pas cela – elle aurait détesté être ainsi, mais pour Lace, elle aurait aimé feindre l’être, voire réellement l-être. Or, elle était orpheline, avait été détestée par sa mère, aimée mais abandonnée par son père, agressée par un imbécile envoyé par sa génitrice, s’étant vu arrêté les cours car elle n’avait pas le courage d’y faire face. Pas plus qu’elle n’avait le courage de dire aux enseignaient, lorsqu’elle aurait à faire à l’administration, qu’elle était orpheline.
Allez savoir dans quel orphelinat on l’aurait jetée.
Quant au fait de s’imaginer dans la peau d’une fille de bonne famille, elle répugnait littéralement, trouvait cela complètement dégelasse d’avoir peur d’un rien, de ne dépendre que des autres ; et si la sort avait mal joué, s’il avait effectivement fait de l’adolescence une fille de famille aisée, elle n’aurait probablement jamais daigné accorder de l’intérêt à Lace qui n’était pas de sang noble – pas de ce que savait Fuyu, tout du moins.

Que ressentait-elle pour Lace ? De l’amitié. Probablement. Certainement.
Vous lui aurez posé la question avant leur dernière rencontre, elle n’aurait pas hésité du tout. Pourtant, depuis ce drôle de désir qu’elle avait ressenti à son égard, voulant l’embrasser, elle se posait des questions. Elle n’avait que très peu d’amis, ne savait pas trop ce qu’était que ce sentiment ; Fuyu était une gamine, elle n’en savait trop rien de tous ces grands sentiments, non, elle laissait cela aux adultes.
Mais pourtant, ce qu’elle ressentait pour le blond, elle l’avait déjà ressenti. Une fois. Pour Natsu, avant que celui-ci ne disparaisse de la ville, tué, peut-être. À ce souvenir, elle en aurait presque pleuré.
Mais soit, qu’avait-elle donc ressenti de si fort à l’égard de ce brun ? L’avait-elle aimé, par pur hasard ? Si la réponse était oui, cela voudrait-il dire qu’elle aimait actuellement Lace ? Sincèrement, elle en rirait volontiers ; elle n’était pas capable d’aimer quelqu’un qui, à coup sûr, ne l’aimait pas. Non, elle n’était décidément pas prête pour une relation on-réciproque. Alors voilà, elle continuerait à dire qu’elle le considérait comme son ami, jusqu’à ne plus pouvoir se voiler la face, jusqu’à ne plus pouvoir lui voiler la face, à lui.
Une seconde fois, le blond  fit passer sa main dans ses cheveux alors que Fuyu soupira. Elle se sentirait presque comme il y a quelques années, apeurée et sans défense, attendant que sa mère se retourne vers elle, la gifle, la batte, l’insulte et s’en aille. Sauf que non, elle avait beau avoir effectivement peur – pas tant de Lace que de la situation un peu trop semblable à celle d’il y a près d’un an – elle n’allait ni se faire gifle, ni se faire battre – peut-être se faire insultée, cela dit.
Qu’il essaye donc, ce petit blond, de frapper Fuyu – directement, pas simplement en lui faisant rougir le bras sous la pression de ses doigts. Sincèrement, elle n’aurait pas pour autre réaction que de sourire et de partir. Et il ne la reverrait plus jamais, elle ferait tout pour. Alors sérieusement, s’il voulait entretenir rune relation un tant soit peu positive avec l’adolescente, qu’il ne se permette pas de lever la main sur elle. Parce que tout compte fait, en plus d’un sourire amusé et le fait de s’en aller, elle lui dirait ses quatre vérités – tout le monde a les siennes. Et si vous pensiez qu’elle n’avait, jusque là, pas lésiné sur les mots, vous serez étonné de voir qu’elle avait encore de la ressource.


Le rire du blond aurait pu être qualifié de terrifiant, voire complètement terrorisant. Mais Fuyu ne le craignait, pas plus qu’elle ne craignait l’adolescent lui-même. Elle serait totalement prête à lui tenir tête un bon nombre de fois, sans jamais avoir ne serait-ce qu’un peu peur.
Elle avait connu pire ; elle avait connu une indifférence plus glaciale que celle de Lace, une méchanceté gratuite et cinglante, des coups bien plus brutaux et, en plus de cela, des comportements bien plus effrayants.
Elle finit par « éclater », laissant libre cours à sa colère – ou tout du moins, à une partie de celle-ci. Elle se serait cependant attendue à bien des réactions de son interlocuteur, mais certainement pas à celle-là : il demeurait comme figé, ne disant rien, semblant avoir été propulsé dans ses pensées. Fuyu se disait qu’elle avait visé dans le mille, mais vu tout ce qu’elle lui avait sorti, elle se demandait laquelle de ses phrases l’avait le plus atteinte. La dernière, probablement, car sinon, il se serait figé plus tôt. Mais Fuyu parlait si vite en même temps, qu’elle ne savait sincèrement pas. Bon eh bien, ne lui restait plus qu’à attendre, car elle n’allait rien obtenir en ainsi se plongeant dans ses réflexions.

Reparlons cependant du premier sujet abordé : le fait qu’elle ne réfléchit pas avant de parler. Parce que si sur le coup et même après le coup, ce qu’elle dit à Lace lui parut normal, après un peu plus de temps, elle se dit qu’elle n’aurait jamais dû préciser qu’elle avait été touchée, voire totalement vexée. Parce qu’ainsi, elle avait témoigné de sa vulnérabilité, de sa faiblesse et ça, ça l’exaspérait au plus haut point.
Mais ce qui était fait était fait, n’est-ce pas ? Elle ne pouvait pas revenir en arrière, pas plus qu’elle ne pouvait faire oublier le blond qu’elle venait de dire cela – plus aucun doute, c’était cette dernière réplique qui le mit dans pareil état.
Il finit par parler, ramenant Fuyu à elle-même. Une question, deux en fait – le quoi n’était pas à prendre en considération –  qui firent l’effet de deux lames bien acérées plantée dans le cœur de l’adolescente. Elle fit cependant attention à ses réactions, ne faisant que cligner des yeux, incrédule.
Elle ne savait pas encore si elle devait mentir ou lui dire la vérité, mais au moins, en n’ayant eu aucune réaction faciale, elle pouvait prendre le temps de se décider.
Et, une fois n’étant pas coutume, elle ouvrit la bouche sans réfléchir, se disant que ce serait un coup de chance : soit Lace aurait la vérité, soit non.

– T’entends quoi par plus et mieux au juste ? Non, je pensais pas à coucher avec toi si tu sous-entends ça. En revanche, j’crois que j’aurai quand même apprécié plus qu’un foutu baiser sur le front.

Jusque « si tu sous-entends ça », Fuyu avait gardé la mâchoire serrée, ayant du mal à se contrôler en se remémorant que Lace l’avait insultée de trainée l’autre fois – l’avait sous-entendu tout du moins – et continuait d’ailleurs peut-être à le faire.
Pensait-il qu’un baiser était une preuve d’irrespect ? Non mais sincèrement, s’il pensait cela, ça risquait de ne décidément pas le faire. Fuyu soupira profondément avant de faire quelques pas en avant, incitant Lace à reculer s’il ne voulait pas être collé à elle – le connaissant, il serait même carrément près à fuir – sauf s’il décidait de faire un pas sur le coté, et là, il passerait pour un... Idiot.

– Visiblement, toi, tu voulais juste t’en aller.

Sa voix, se fit, une fois encore, froide.
Elle fit passer ses doigts entre les mèches argentées de sa chevelure avant de regarder, de biais et rapidement, son bras. Bras qui demeurait rouge, étant donnée sa peau un peu trop blanche.
Elle attendit alors la réponse de Lace. Si toutefois il allait répondre.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   5th Novembre 2013, 11:02

Hrp:
 

La réponse, cinglante, froide, ne tarda pas a tomber a peu près comme Lace l'imaginait. Au moins etait-ce clair, embrasser Fuyu avait quelque chose d'insultant qu'il ne parvenait pas a comprendre. Evidemment qu'il ne comprenait pas d'ailleurs, le contraire aurait eté étonnant. Lui, il n'avait jamais eu une vie pénible, il était aimé de ses parents et de sa soeur, avait pu intégrer Pandora a force d'entraînements et de volonté, rencontrer Robin et beaucoup d'autres personnes auxquelles il s'était attaché, sans jamais avoir de réels soucis. On pouvait le dire, il n'avait franchement pas a se plaindre. Il était jusqu'à aujourd'hui gâté par la vie et ne souhaitait bien sur absolument pas que cela change. C'était pour ce passé si tranquille qu'il peinait a comprendre le point de vue de Fuyu et n'arrivait décidément pas a l'adopter. Ils etaient trop différents. Le Destin avait parfois de drôles de manières de se distraire... Un garçon sans histoire et une fille aux souvenirs douloureux, quoi de plus ironique que de faire se rencontrer deux jeunes gens d'un monde complètement a part, opposés même. Quoi de mieux pour faire naître quelques situations insolites après tout.

Etrangement, Lace se sentait un peu déçu. De quoi, il ne parvenait pas exactement a le savoir. De la reponse de son amie surement, et de ce simple clignement de paupière dont il n'avait pu tirer une once d'emotion. Ce visage de marbre qui semblait etre le simple reflet de ce qu'il était d'ordinaire : d'un calme plat, en apparence sans sentiments. Il comprit que ce ne devait pas toujours etre facile de le décrypter. Mais il ne comptait pas pour autant devenir plus expressif.

« Ah. Pardon alors. Je ne pensais pas que tu le prendrais comme ca. »

Il fit une pause, légère, comme s'il hésitait a prononcer les dernières paroles qui clôtureraient sa soudaine excuse.

« Je... Ne recommencerais plus. »

Pour certains, ce changement de comportement un peu brusque aurait surpris. Mais le garçon, tout comme il était rare qu'il s'énerve, ne gardait jamais cette dite colère en lui bien longtemps. Il en fallait beaucoup plus attiser la flamme alimentant cette puissante émotion. De même, il en fallait peu pour qu'il redevienne calme et laisse lentement mais surement la colère partir. Certes, elle pouvait revenir a tout moment, a n'importe quelle parole trop venimeuse. En attendant, il la laissait simplement s'évaporer en espérant que la jeune fille n'essaye pas de le remettre en rogne. Volontairement ou non.

« Et puis, je ne voulais pas tant que ca repartir. »

La demoiselle s'était approchée de l'adolescent. Sans la moindre surprise, il avait reculé du même nombre de pas, les mains liées derrière son dos, légèrement penché en avant. Son indifférence n'était pas encore redevenue totale et on pouvait encore lire dans ses yeux une certaine curiosité, presque une envie, une attente de quelque chose. Sans qu'il sache quoi.

Pourquoi reculait-il d'ailleurs ?
Pourquoi fuyait-il a l'approche de Fuyu ?
Lace se posait pour la première fois cette question, aussi soudainement que lorsqu'il s'était calmé puis excusé.
Que craignait-il ? Qu'est-ce qu'il redoutait ?
Il y avait de quoi se demander. Une autre fille l'aurait approché, il ne l'aurait pas même remarqué. Une autre fille l'aurai touché, caressé la joue comme l'avait fait son amie, il l'aurait repoussé -quoi que gentiment. Or, avec elle, il réagissait différemment. Il était indécis, oscillait entre la fuite et l'approche, rendant son attitude parfois contradictoire, et ce constamment. Eh bien oui, s'il ne laissait d'ordinaire pas Fuyu s'approcher, il n'aurait pas du la laisser le toucher. Encore moins l'embrasser sur le front.
Il y avait décidément quelque chose de special avec elle. Quelque chose qu'il ne parvenait pas a décrire. Pas encore. Une chose était cependant certaine, il prendrait le temps d'y réfléchir une fois rentré.
La, il avait d'autres chats a fouetter.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   6th Novembre 2013, 08:47


» Nobody can hurt me without my permission.
~ Mahatma Gandhi.


Oui Fuyu, personne n’a le droit de te blesser sans ta permission. Personne. Pas même Lace. Mais peut-être que ta permission, il l’a ? Tu lui as donné la permission de faire quoi d’autres qui te concerne, dis ?
Ça devenait sincèrement irréparable, incorrigible. Si une adolescente de quinze ans, soit une gamine, pensait déjà que les garçons étaient de bels abrutis, c’est que sincèrement, la gente masculine avait un problème. Déjà, tous les hommes – tous, sans aucune exception – étaient lunatiques. Ils sautaient d’une humeur à une autre sans crier gare, laissant leur interlocuteur hébété un bon instant. Oui bon, ajoutez à cela une once d’impulsivité voire quelques accès de violence et vous obtenez une personne détestable mais dont ne pouvait décidément pas se passer les femmes – et ce, même si elles n’étaient pas toujours les premières à l’admettre.
Fuyu se serait-elle attendu à un tel changement de comportement de Lace ? Non, certainement pas. Non mais sincèrement, lorsqu’il lui répondit, elle cligna des yeux, incrédule, avant de laisser clairement transparaitre l’incompréhension dans son regard, sur son visage. Il n’y avait même pas cinq secondes, il était près à lui cracher son venin dessus, même pas une minute, il voulait la tuer et là... Là, il s’excusait ? Et puis, il s’excusait de quoi au juste, hein ? Fuyu se sentit plus blessée par cette excuse que par la raison pour laquelle il la prononça – oui, les femmes aussi ne sont pas toujours très logiques, mais expliquons.
Ce jour-là, dans son appartement, Fuyu avait ressenti un désir irrépressible de poser ses lèvres sur celles de Lace. Elle avait embrassé bien des hommes, peut-être même pas désir, mais c’était une envie sale, vile ; elle ne ressentait pas cela pour le blond, loin de là. Elle savait, en plus, que le goût de ses lèvres serait certainement le meilleur auquel elle ait eut à faire – jusque là, celui de Finn occupait la première position. Avait-il était aveuglé par je ne sais quelle lumière, ce jour ? Avait-il été aveuglé par la lumière de la stupidité ? Ne voyait-il donc pas le rapprochement soudain de l’adolescente ? Ou alors, était-ce elle qui avait mal interprété son indifférence ? Après tout, peut-être qu’il avait clairement compris que Fuyu désirait l’embrasser et qu’il s’y refusait, tout bonnement. Mais comment diable était-elle censée comprendre, elle, avec ce masque de marbre éternellement accroché à son visage ? C’était lassant, épuisant et irritant de devoir déchiffrer une page blanche, ne pouvant surtout qu’émettre des hypothèses sans jamais en être bien sûr. Ainsi, aujourd’hui encore, elle ignorait s’il n’avait pas compris ses intentions ou s’il l’avait bel et bien repoussée – dans les deux cas, elle ne pouvait pas lui pardonner, ne voulait pas lui pardonner. C’était son ami, peut-être en connaissait-il rien de son passé, peut-être même qu’une partie infime de son présent, mais il était au moins censé savoir quand quelque chose n’allait pas, quand un sentiment prenait le dessus sur les autres – ici, en l’occurrence, de fut le désir, l’envie. Et pourtant, il n’avait rien vu – ou avait d’avoir rien vu – et cela causa la première blessure à l’adolescente ; il n’avait, au mieux, prit aucune initiative et ce n’était rien de bon non plus. Alors, son baiser sur le front, l’adolescente l’accueillit comme une claque monumentale dont elle ne se remit visiblement pas. Mais voilà qu’aujourd’hui, il s’excusait. Comme pour dire qu’il avait bien compris, ce jour-là, où elle voulait en venir et qu’il s’excusait de... De l’avoir repoussée.
Il y avait bien l’hypothèse qu’il s’excusait tout bonnement de sa maladresse, mais Fuyu trouvait cela trop simple et, à ses yeux, tout le monde fonctionne comme elle : en s’enfonçant dans le complexe, dans les corridors entortillés et les méandres abyssales de la difficulté.
La surprise clairement visible dans ses yeux, la jeune fille ne dit cependant rien, préférant, pour une fois, garder le silence – car elle savait, elle allait répliquer méchamment si elle venait à répondre ; soit en le traitant de lunatique, soit en lui disant qu’elle s’en fichait pas mal de ses excuses. Dernier point étant faux, mais c’était une sorte d’auto-défense : je m’en fiche, ça ne m’atteint pas. Alors qu’au fond... On a mal. Elle a mal. Tellement mal.
C’est bien beau de vouloir se donner des airs de dure Fuyu, mais les autres, pensant que tu est réellement insensible, vont enchainer coup sur coup pour t’atteindre, ignorant que le premier a suffi à t’achever, bien que tu ne le montres pas.

La deuxième phrase de Lace acheva de submerger la gamine sous une mer d’incompréhension. Il ne recommencerait plus ? Il ne recommencerait plus quoi, au juste ? Non mais sincèrement, à quoi jouait-il ?
Ce qui apparu dans le regard de la jeune fille, désormais, ne fut ni surprise ni incompréhension ; simplement de l’amertume mêlée à de la douleur. Eh non, ce regard n’annonçait pas grand-chose de bon. L’adolescente secoua négativement la tête, soupirant faiblement avant de darder son regard sur le blond, s’exclamant d’une voix sèche – elle se surprenait à chaque fois cette petite.

– Tu ne recommenceras plus quoi, Lace ? Tu ne me repousseras plus ? Te sens pas obligée, j’te jure.

Sa dernière phrase eut l’effet d’une lame d’acier plantée en elle ; ses jambes fléchirent réellement et elle eut peur de tomber, se rattrapant finalement grâce au mur à ses cotés. Elle ne porta pas son regard dans celui du blond, ne voulant surtout pas y lire de la pitié, voire même de l’inquiétude.
Elle détestait qu’on s’inquiète pur elle, qu’on la prenne en pitié... Elle détestait vraiment ça.
Non, il n’avait vraiment pas à se sentir obligé, comme il le ferait avec une réelle trainée. Fuyu s’insulta elle-même en quelque sorte, précisant qu’il n’était pas obligé, comme s’il ne le savait pas déjà, se donnant le titre d’unique dans la catégorie des filles de joie. Après tout, si elle était si fière de ce qu’elle faisait, elle  n’aurait pas ajouté sa dernière phrase, parce que ça aurait été logique. Mais non, elle la rajouta, juste pour se dire à elle-même « oublie pas de préciser, on sait jamais ». Masochiste cette gosse.
Rah, Lace ! Que fais-tu à Fuyu l’arrogante, Fuyu la fière, hein ? Tu as pris ce masque qu’elle s’était forgée dans le plus dur et le plus résistant des aciers pour le faire fondre ? Sincèrement, dans quel état la mets-tu, pauvre sot !

Il ne voulait pas tant que ça repart ? Fuyu ne dit rien, sachant pourtant déjà ce qu’elle allait répondre, se contentant d’approcher du blond qui, comme elle l’avait prévu, s’éloigna. Elle eut un sourire amer en revenant à sa place ; bon sang, pourquoi la fuyait-il tant que cela ? Que lui prenait-il ? Quel était le souci ? Était-ce seulement avec elle ? Ou alors quoi, il avait une copine ? Pourquoi il avait fallu qu’elle tombe sur lui qui ne s’exprimait que peu et de façon très maladroite.
En penchant la tête sur le coté, laissant son regard trainer sur le visage de l’adolescente en face d’elle, apte à déceler tout ce qu’elle pourrait tirer de sa fichue expression faciale. Elle qui parlait vite, voire trop vite, articula chacun des mots de sa question, appuyant sur le dernier, parlant posément :

– Et tu voulais quoi ?

Elle se garda bien d’approcher de nouveau du blond, ayant définitivement compris qu’il avait un mal fou à supporter le rapprochement entre eux deux : très bien, l’adolescente instaurerait dès lors une distance, si bien physique que mentale.
Il l’avait bien cherché, non ?
Ne savait-il donc pas, qu’en plus de ne strictement pas avoir le droit de faire mal physiquement à une jeune fille, il n’avait pas le droit de la blesser... Sentimentalement ? Ne lui avait-on donc rien appris, à celui-là ? Ne savait-il pas qu’il y avait l’art et la manière de repousser une personne... Fallait-il revoir tout ce qu’il savait sur les filles – les femmes ? Savait-il seulement quelque chose ? Fuyu serait prête à parier que non.

La peur avait disparu. L’énervement s’était brisé en un millier d’éclats. Ne restait plus que le désespoir, ne restait plus que la douleur.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   7th Novembre 2013, 06:33

Lace était décidemment simple dans sa façon de réfléchir. Il n’aimait pas se compliquer la vie et ne cherchait pas de sens caché aux phrases qu’on lui sortait, pas plus qu’au comportement de telle ou telle personne. Il ne cherchait pas à faire compliqué quand il savait qu’il pouvait faire simple, vraiment. Se prendre la tête, ce n’était pas son truc, et il assumait. Car même s’il pouvait très bien se pencher sur un problème particulièrement casse-tête et le résoudre en un rien de temps si monsieur se décidait à y mettre un peu du sien, s’il pouvait se montrait très réactif et vif d’esprit lorsqu’une situation l’exigeait, tous ces cas restaient rares. Tout comme il se montrait d’une franchise parfois déconcertante, il fallait être clair et net avec lui. Ne pas passer par quatre chemins, lui dire les choses telles qu’on les pensait. Car si un jour il vous prend l’envie de lui dire que vous le détestez, sans le penser, sans réfléchir, il le prendra au sens propre et n’essayera pas d’aller voir s’il ne s’est pas passé quelque chose qui vous a mis en rogne. Ou rarement, du moins.
Donc, sérieusement, que pouvait-il bien répondre à Fuyu ? Que pouvait-il lui dire ? Alors que lui-même ne se comprenait pas encore, alors qu’il sentait qu’il avait besoin de réfléchir à tout cela, à elle, et même à eux deux, il était comme qui dirait incapable de saisir ce que son amie voulait vraiment entendre. Il enchaînait maladresse sur maladresse sans vraiment s’en rendre compte. Ce n’était pas faute d’avoir de bonnes intentions au départ, pourtant.

La jeune fille répondit sur un ton sec. Elle semblait vexée, dépitée, quelque chose comme ça. Sans surprise, le garçon ne parvenait pas à trouver l’origine de cette supposée amertume.

– Tu ne recommenceras plus quoi, Lace ? Tu ne me repousseras plus ? Te sens pas obligée, j’te jure.

Et alors qu’elle finissait sa phrase, il eut l’impression que ses jambes se dérobaient littéralement sous elle. Il eut un mouvement en avant, s’apprêtant à la rattraper avec un air légèrement inquiet au visage, avant de constater qu’elle s’était d’ores et déjà appuyée sur le mur. Il poussa un soupir discret, un peu soulagé.

Puis il inclina la tête sur le côté, signe qu’il ne voyait décidemment pas où elle voulait en venir. Il répondit néanmoins, sur ce ton détaché qui dans de telles circonstances en aurait mis en colère plus d’un :

« Comment pouvais-je te repousser alors que c’est moi qui t’ai embrassé sur le front ? De toute façon tu n’as pas eu l’air d’apprécier, alors c’est de ça que je parle. Je ne t’embrasserais plus le front. »

Clair, net, précis. Sans détours. Au moins n’y avait-il plus de doutes à ce sujet.

« Je me sentais pas obligé, tu sais. Sinon je ne l’aurais pas fait. »

Oui, une chose était certaine, il ne faisait jamais rien s’il n’en avait pas envie. S’il n’avait pas voulu embrasser Fuyu sur le front, il ne l’aurait simplement pas fait.
Devait-il donc dire qu’il avait envie d’embrasser Fuyu –sur le front ?

La demoiselle ne tarda pas à enchaîner sur une nouvelle question. Une question bien embêtante. Ce que Lace voulait à ce moment-là ? Pour être franc, il ne s’en souvenait même plus. A cet instant, il avait juste eu des envies de meurtre et il s’était senti blessé, vexé. Alors il n’avait pas vraiment attention à ce qu’il voulait, si ce n’était se défouler sur la première chose qu’il croiserait sur le chemin. Manque de chance pour la dite chose, il était tombé sur un nouveau Chain, qu’il n’avait pas tardé à réduire en pièce et pas très élégamment lorsqu’il avait eu confirmation que le contrat était illégal.

« J’sais pas trop. » Lâcha-t-il finalement en détournant le regard.

L’adolescent se sentait bizarrement gêné. Comme s’il aurait dû répondre autre chose. Mais il n’y avait rien d’autre à répondre, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   8th Novembre 2013, 10:54


» Leave something for someone but dont leave someone for something.
~ Enid Blyton.


Et ce quelque chose, Lace, est ton entêtement, ton obstination. Au cas où tu ne l’aurai pas remarqué, le quelqu’un dont il est question, c’est Fuyu. C’est bon, tu suis ? Tu vois où je veux en venir ? Tu sais ce qu’il faut faire maintenant ? Fais-le. Qui je suis ? Ta conscience.

Pourquoi Fuyu avait-elle été en colère ? Pour la simple et unique raison que Lace avait osé l’ignorer. Il aurait pu prétexter ne pas l’avoir vue, mais non seulement il n’aurait pas été crédible un instant vu qu’ils se retrouvèrent nez-à-nez, mais qui plus est, l’adolescente savait plus que parfaitement que le blond n’allait pas chercher à se justifier. Il assumait, il avait le genre de tête à faire rarement des conneries mais à les assumer lorsque ça se produisait. Quant à la jeune fille, eh bien, elle avait très mal pris ce manque d’attention flagrant de la part de son… Ami – notez que depuis leur dernière rencontre, elle avait un mal fou à utiliser ce terme, aujourd’hui plus que jamais.
Il n’avait pas à l’ignorer. Il n’avait pas à se tourner, à s’en aller. Il n’avait pas le droit de l’abandonner, pas lui. Il n’avait pas le droit de lui tourner le dos, de la prendre de haut. Il fallait que l’un d’entre eux au moins soit un peu mature, qu’il y en ait au moins un pour rattraper l’autre. Et Fuyu savait plus que parfaitement que ça ne pourrait certainement pas être elle, alors il fallait que ce soit Lace. Forcément.
Ce changement soudain de comportement, elle ne savait trop comment le prendre. Elle ne doutait pas de sa sincérité lorsqu’il s’excusa, mais comme nous l’avons déjà expliqué, elle prit sa comme une offense, comme… Comme un coup au cœur. Mais de toute façon, elle savait au fond d’elle que Lace avait eu bien raison de s’en aller, aurait encore raison s’il s’en allait maintenant ; qui lui rapprocherait d’abandonner une sale gamine qui se donne des airs de force alors qu’elle est jusqu’à incapable d’assumer ses faits et gestes ? Fuyu dirait lui en vouloir, mais au fond, elle lui donnerait raison, ne saurait réellement lui tenir rigueur de fuir, de se détourner du monstre qu’elle était. Ce même monstre qui, hier encore, était sur les genoux de celui qui fit d’elle ce qu’elle était, comme si elle s’assumait, comme si elle aimait ce qu’elle était – alors que sincèrement, il n’en était rien.
Mais elle, maintenant, comment devait-elle réagir ? Elle ne voulait pas jouer à la petite tête dure particulièrement chiante et jamais satisfaite ; elle voulait qu’il se calme, il s’était calmé, et maintenant, elle lui reprochait même ce calme de façade ?
Qu’avait-elle ? Pourquoi était-elle si dure, tout d’un coup, envers Lace ? Elle savait, par expérience, qu’on devient dur avec quelqu’un lorsqu’on apprécie cette personne. Or, elle appréciait le jeune blond depuis un moment déjà… Sauf que c’était plus fort. Nettement plus fort. Mais quoi ? Ne pas savoir la déstabilisait, la rendrait folle, l’effrayait littéralement.
Ou peut-être que ce qui la mettait dans pareil état était non pas le fait de ne pas savoir mais peut-être de justement savoir. Dans tous les cas, qu’elle le sache ou pas, elle ne l’admettait pas.
Et bon sang, pourquoi diable avait-il esquissé ce geste, comme s’il voulait rattraper l’adolescente ? Il était la cause de son mal-être, alors sincèrement, qu’il ne fasse pas mine de s’intéresser à son état. Elle ne voulait pas, sincèrement pas ; qu’il s’en aille bon sang, qu’il s’en aille !

Les réponses de l’adolescent, l’une après l’autre, le « j’sais pas trop » y compris, achevèrent d’abattre Fuyu qui, adossée au mur, se laissa tomber en se recroquevillant, entourant de ses bras ses jambes en collant son front à ses genoux, respirant profondément, soupirant encore et encore, cherchant une once de quiétude qui serait très sincèrement la bienvenue.
Elle finit par redresser la tête, portant son regard qui, pour la première fois, laissa transparaitre de la déception – déçue de ces foutues réponses – et surtout de la tristesse. Ses lèvres s’étirèrent en un mince sourire, un sourire amer, un sourire de pure façade, un sourire comme elle savait si bien faire, sur commande.
Que devrait-elle lui dire, sincèrement ? Que pouvait-elle lui dire ? Elle ne savait plus elle-même. Elle changea de position, laissant ses bras pendre le long de son corps, ses doigts pianotant sur le sol bien trop loin d’être immaculé, même en centre-ville.

– Tu sais pas ? Moi j’sais, tu voulais t’éloigner de moi. Et ouais, m’embrasse plus sur le front, c’était vraiment vexant.

Elle se releva difficilement, voulant de nouveau tester quelque chose, une autre fois, une ultime fois. Elle esquissa quelques pas en avant, atteignant bien vite la hauteur de Lace, se demandant s’il allait s’éloigner, encore une fois.
S’il le faisait, elle jurerait qu’elle ne tenterait même plus de l’approcher.
Quoi qu’il en soit, elle recula d’un unique pas et, soutenant le regard du jeune-homme pour être sûre qu’il allait suivre de ses yeux son geste, elle effleura de ses doigts son bras, là où les rougeurs persistaient. Elle releva ses prunelles vers Lace et, de nouveau, toute tristesse et déception s’éclipsèrent au profil de froid et de dureté. Elle articula un simple « Aïe » pour bien souligner que oui, ça lui fit mal, que oui, ça l’avait énervée, que oui, elle n’oubliait pas et que oui, elle n’allait pas pardonner au blond de si tôt.
Elle soupira en basculant sa tête en arrière, fermant les yeux, respirant, expirant : oui, et maintenant ? Elle en avait marre, voulait s’en aller, voulait rester, voulait trouver les bras de Lace, voulait trouver ses lèvres et voulait trouver… Son amour, peut-être. Pas l’amour avec un grand a, mais juste de l’amour. Un amour puéril d’adolescent. Ne serait-ce que de l’affection – c’était le mot juste – car elle savait bien qu’elle n’avait pas à espérer l’amour de la part du blond. Certainement pas, non.
D’ailleurs, pourquoi chercherait-elle de l’amour ? Elle ne l’aimait pas.
Si ?

– Tu voulais partit, non ? Eh bien, pars.

Ou trouve quelque chose à dire, quelque chose à faire. Parle, agis, sois efficace, console-moi, rejette-moi, ce que tu veux, mais bouge-toi Lace !
Et sincèrement, s’il ne le faisait pas, là, tout de suite, alors Fuyu allait finit par éclater, par faire une de ses crises étranges que l’on pourrait presque qualifier de crise hormonale.
Et s’il parait vraiment ? Alors Fuyu lui en voudrait, puis le comprendrait, puis resterait là à déprimer et puis… Irait retrouver l’autre idiot allias son agresseur.
Mais sincèrement, elle espérait que Lace ne s’en aille pas. Elle l’en supplierait presque si elle n’avait pas autant de dignité ; or, aussi orgueilleuse, même son regard n’exprimait rien.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   9th Novembre 2013, 02:23

Il enchaînait gaffe sur gaffe.
Il ne comprenait pas exactement comment il pouvait laisser les paroles maladroites se suivrent aussi fidèlement sans réellement cerner le problème que cela causait chaque fois. Il ne faisait que dire la vérité, il n’était pas si méchant… Si ? Peut-être n’était-ce pas la vérité mais sa vision des choses qui était cruelle pour Fuyu. C’était certainement quelque chose comme cela. Parce que, Fuyu, elle semblait pâlir un peu plus chaque fois qu’il ouvrait la bouche alors que leurs deux visages restaient de marbre, d’un froid palpable. L’atmosphère était tendue. Lace n’était franchement pas à l’aise. Il essayait pourtant de donner du sien pour arranger la situation. En vain, apparemment.
Sa supposition se révéla exacte lorsqu’il vit la jeune fille s’écrouler littéralement par terre, contre le mur. Il eut un nouveau mouvement en avant, essayant de la rattraper, mais se ravisa au dernier moment en pensant qu’elle n’apprécierait pas. Il venait de lui dire qu’il ne « recommencerait plus », n’est-ce pas ? Il craignait qu’en initiant un contact il ait l’impression de trahir sa propre parole… Et qu’elle le repousse.
Il se sentit totalement dépité en découvrant le visage triste de Fuyu. Mais que faisait-il de travers à la fin ?

– Tu sais pas ? Moi j’sais, tu voulais t’éloigner de moi. Et ouais, m’embrasse plus sur le front, c’était vraiment vexant.

Lace ne figea, légèrement irrité par cette remarque. Qui était-elle pour savoir ce qu’il voulait ? Ils étaient tellement différents, comment pouvait-elle prétendre ou ne serait-ce qu’imaginer qu’il voulait s’éloigner d’elle ? Il avait certes oublié à quoi ses pensées étaient occupées à ce moment-là, mais il savait pertinemment qu’il n’avait eu aucune envie particulière de s’en aller. Il aurait presque pu affirmer le contraire. Car malgré tous les évènements qui pouvaient se passer lorsqu’ils se retrouvaient seuls tous les deux, il se sentait bien en sa compagnie. Du moins se sentait-il bien en sa compagnie lorsque l’atmosphère était détendue et que l’heure n’était pas à la dispute.
Il aurait aimé retrouver ce semblant de complicité qui les unissait avant… Avant tout ce qu’il s’était passé dernièrement. Etait-ce mal de désirer une telle chose ?

La demoiselle se releva péniblement, s’appuyant sur le mur, puis s’approcha d’un pas lent vers l’adolescent. Celui-ci releva un peu le visage et la fixa, sans ciller, sans reculer.
Il était peut-être drôlement lent, naïf même, pour ne pas comprendre ce sentiment qu’il le titillait depuis de nombreux jours déjà, mais pas à ce point-là.
Avec ce que son amie venait de dire, il était évident que reculer et lui donner l’impression de la fuir ne ferait que les enfoncer. En plus de lui donner raison. Et ça, il en était hors de question.
Fuyu recula finalement d’un petit pas sans quitter des yeux le membre de Pandora qui en faisait de même. Si bien qu’il remarqua aussitôt quand elle porta sa main à son bras encore marqué de ces traces rouges qu’il lui avait fait sous le coup de la colère. Il se sentit un peu coupable, quoi que n’hésitant pas pour autant à lancer à la concernée un regard lourd de sous-entendus, l’air de dire « Tu peux parler toi, tu m’as giflé. Et pas en douceur en plus, j’suis sûr que j’ai encore la trace des doigts ».

– Tu voulais partir, non ? Eh bien, pars.

Lace la regarda, un peu surpris. Une surprise qui comme d’ordinaire ne se lisait nullement sur son visage. Il n’y avait qu’un air un peu pensif, ailleurs, inexpressif. Un de ces voiles non pas distant mais épais et sacrément solide qui empêchait quiconque de lire dans son regarde la moindre émotion. Pourtant il avait des émotions lui aussi, il ne fallait pas croire.
Quelles émotions l’habitaient actuellement ? La colère, sans doute, ou du moins la traînée de poudre qu’elle avait laissé derrière elle, prête à se rallumer tel un incendie si de nouveau il se sentait un peu trop irrité. Il y avait également une certaine déception qu’il ne parvenait pas très bien à définir, comme s’il avait des attentes insoupçonnées au sujet de Fuyu et que celle-ci n’y répondait jamais correctement. De ce côté-là néanmoins, il n’était pas beaucoup mieux. Pour finir, il y avait cette pointe de tristesse qui l’avait piqué comme une aiguille dans le cœur. Légère, imperceptible, mais bel et bien là. Bel et bien douloureuse.

Enfin, il craqua.
Il ne savait même pas contre quoi il luttait depuis tout ce temps.
Mais une espèce d’affection remonta en lui comme une tornade. Une tornade pourtant si doucereuse. Et tellement révélatrice.
De l’amour, de l’affection, ou simplement une amitié très intime, il ne pouvait pas faire la différence. Pas encore. Il venait simplement de se rendre compte que la jeune fille comptait plus qu’il ne l’avait imaginé à ses yeux.
C’était étrange, comme les déclics pouvaient survenir à l’improviste, sans raisons particulières.

Le garçon s’avança soudainement vers Fuyu. Puis il la prit dans ses bras, avec toute la tendresse du monde.
Il resta un instant comme ça. Un instant qui parut durer une éternité.
Il se demanda même pourquoi elle ne l’avait pas encore repoussé. Peut-être l’avait-il décidemment trop pris par sa surprise et qu’elle ne savait pas comment réagir ? Il fallait avouer qu’un Lace qui initiait un câlin, de surcroît avec une fille, cela relevait du miracle.

L’adolescent se détacha finalement de la demoiselle, se sentant tout aussi brusquement qu’il l’avait pris dans ses bras un peu coupable. Est-ce n’aurait pas dû ? Comment Fuyu l’avait-elle pris, et surtout interprété ? Comme on le disait si souvent, le meilleur moyen de savoir, c’était de demander.

« Pardon… J’aurais peut-être pas dû. Je t'ai vexé ? »

Il y avait décidemment quelque chose qui clochait chez lui aujourd’hui.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   9th Novembre 2013, 11:41


» Leave Hug while you can.
~ Jay Woodman.


Tu vois Lace, ce n’est pas bien compliquer, même pour toi : câline-moi dès que tu en as l’occasion. Ce n’est pas trop te demander, si ?
J’aimerai bien ajouter à la liste un petit baiser… Bon, au moins tu sais comment faire un câlin, c’est déjà un bon début. Je peux donc demander autre chose, effectivement.


De qui provenait réellement le problème ? De Fuyu ou de Lace ? Peut-être des deux, après tout, ils semblaient bien doués pour dire et faire ce qu’il ne fallait absolument pas lorsqu’il ne fallait pas. Entre une adolescente totalement perdue qui est d’humeur particulièrement changeante et relativement mauvaise étant donné le fait qu’elle ne sache plus ce qu’elle ressentait pour le jeune homme et celui-ci même qui ne maitrisait, visiblement, pas l’art du silence – car oui, depuis le début de leur discussion animée, le blond avait raté bien des occasions de se taire – les deux semblaient former la paire.
L’adolescente avait conscience d’être bien pitoyable, bien pathétique, mais que pouvait-elle bien faire d’autre ? Ce qu’elle ferait de plus mature serait de s’en aller, mais sincèrement, elle n’en avait pas la moindre envie. Et quant à cette drôle d’envie de rester, elle ne la comprenait pas. Elle ressentait le besoin immédiat d’être contre Lace, de pouvoir sentir sa chaleur, son affection – son amour – et pourtant, elle se disait que lui n’en avait pas envie.
Mais après tout, comment diable saurait-elle ce que lui voulait alors même qu’elle-même avait un mal fou à cerner ce qu’elle désirait, ce qu’elle voulait faire, ce qu’elle voulait qui se produire ? De quel droit se permettait-elle dire connaitre les envies du blond ? À sa place, elle aurait certainement déjà répliqué. Mais pour le coup, il avait été plus mature qu’elle, plus intelligent aussi ; il ne dit rien, sembla contenir sa colère – si toutefois colère il y avait eu. Dans tous les cas, il eut bien raison en ne disant rien, car ça n’aurait fait qu’envenimer la situation et ils n’avaient sincèrement pas besoin de cela pour le moment.
N’était-ce qu’une impression, en voyant le blond se figer, comme irrité ? L’adolescente n’en savait trop rien, elle se tromperait de toute façon si elle prétendait connaitre le jeune homme.
Il ne répondit rien, lorsqu’elle prétendit savoir ce dont il avait envie et au fond, elle en fut bien soulagée. Parce qu’elle aurait certainement trouvé une réplique des plus venimeuses à lui relancer et, comme d’habitude, ça n’aurait mené à rien de bon sauf si Lace avait fermé les yeux.
Sauf que ne rien répondre voulait aussi dire qu’il ne la contredisait pas. Alors quoi, elle avait visé dans le mille, il avait réellement voulu s’en aller ? Elle avait toutes les raisons de le croire, après tout, car il avait lui-même, de sa propre initiative, pris le chemin de la porte. Ce qu’avait fait Fuyu de mal ? Le devancer et lui ouvrir la porte, rien de plus. Elle n’avait fait que prendre les devants, rien d’autre, alors qu’il ne lui en tienne pas rigueur. Pas trop, tout du moins.

Et lorsqu’elle se laissa tomber le long du mur, Lace avait-il cru à une nouvelle défaillance ? Car, Fuyu le vit bien, il tenta encore de la rattraper, bien que se ravisant. L’aurait-elle mal pris s’il l’avait réellement rattrapée ? Certainement. Une chose était sûre, tout du moins, c’est qu’elle ne l’aurait pas remercié. Elle détestait réellement qu’on la prenne en pitié, d’autant plus qu’elle se laissa volontairement tomber, alors il n’y avait sincèrement pas de quoi en faire toute une histoire.
Mais n’empêche, le fait qu’il ait boulu l’aider fit quand même plaisir à la demoiselle. Certes, elle n’ aimait pas que l’on s’inquiète pour elle, mais ça arrivait tellement peu souvent que lorsque ça se produisait, elle aimait quand même assez ça, bien qu’elle n’en dise rien. Et de toute façon, c’était entièrement de sa faute si les gens ne s’inquiétaient pas assez pour elle, car elle ne leur en laissait que rarement l’occasion.
Finalement, après s’être légèrement remis les idées en place, Fuyu se releva et s’approcha de Lace. S’éloignera, s’éloignera pas ? Il avait tout intérêt à rester en place. Ce qu’il fit, à la grande surprise dissimulée de la jeune fille. Elle sentit les battements de son cœur se faire plus rapides, sans même comprendre pourquoi. Ce qu’elle voulait réduire encore la distance les séparant, ce qu’elle voulait…
Elle se refusa jusqu’à de formuler ce souhait.
Quant au regard qu’il lui lança suite au fait que Fuyu articule son « aïe », elle le comprit et le lui rendit ; oui, elle l’avait giflé, mais elle avait le droit de le faire alors que la gente masculine n’avait pas le droit de lever la main sur celle féminine.
Et paf.

Elle lui demanda de partir, de sa voir ferme et dure, comme elle savait si bien le faire depuis bien longtemps déjà. Elle se demandait, encore et encore, sans cesse, s’il allait ou non s’en aller. Elle espérait dur comme fer qu’il n’en ferait rien, qu’il allait rester, mais… Mais pourquoi doutait-elle ? N’avait-elle donc pas confiance en Lace ? Elle n’en savait rien, était profondément troublée ; mais pourquoi ?
Le temps lui sembla long, long, long… Une éternité sembla s’écouler alors que Fuyu attendait la sentence qui allait certainement tomber.
Il va partir. Tu vas partir. Comme ils le font tous…
L’adolescente soupira profondément, déglutit faiblement puis… Puis se fit prendre dans les bras du blond. Rêvait-elle ? À quel moment avait-elle bien pu s’endormir ? Dans les bras de Lace, la jeune fille se sentait incroyablement bien. Elle ressentait enfin cette chaleur, cette affection ; elle ne rompit pas l’étreinte que lui accorda le blond, pas plus qu’elle n’y contribua. Elle resta les bras le long du corps, ne bougeant pas.
Autant de tendresse, autant de délicatesse… Il s’éloigna et le charme sembla se rompre. Il parla, Fuyu l’entendit à peine, semblait dans les vapes. Elle releva la tête vers lui pour lui répondre faiblement, dans un murmure, un souffle, n’osant pas croiser son regard :

– N-non Lace, tu ne m’as pas vexée… Heum… Merci.

Et maintenant, que devait-elle faire ? Que pouvait-elle bien faire pour détendre un peu plus l’atmosphère, pour que ce soit comme avant ? Pour le remercier convenablement, peut-être. Elle devrait certainement s’excuser, car lui l’avait fait plusieurs fois depuis le début de cette conversation alors qu’elle, pas une fois.
Mais de quoi s’excuserait-elle ? De son tempérament ? Ça faisait partie d’elle, et elle n’allait pas s’excuser d’être elle-même.
Bien qu’elle devrait.
Elle approcha d’un pas vers Lace, osa enfin lever les yeux vers lui, comme pour lui demander son assentiment, puis se jeta littéralement sur lui, lui entourant le cou de ses deux bras en le serrant fortement contre elle, enfouissant son visage contre son torse un instant avant de se hisser sur la pointe de ses pieds pour caler son visage contre son cou. Ses lèvres légèrement appuyées sur la peau dudit cou, elle ne l’embrassa néanmoins pas. Elle se redressa légèrement, sans quitter ses bras, allant coller son front au sien, hésitante.
Depuis le début de cette journée, un sourire sincère étira les lèvres de Fuyu. Serait-ce là le commencement du bonheur pour l’adolescente ? Peut-être. Peut-être pas.
Et cette question qui lui brûlait les lèvres, n’allait-elle pas énerver Lace ? Elle espérait sincèrement que non.

– Si je t’embrasse, tu t’énerveras ?
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   5th Mai 2014, 06:01


"Est-ce vraiment une bonne idée...?"

Lace se sentait décidément bien idiot aujourd'hui. Ou, à défaut, pas vraiment lui même. Depuis quand autorisait-il la colère à bouillir en lui, à dépasser ce voile d'indifférence qui recouvrait son visage toujours si impassible ? Depuis quand laissait-il ses émotions jaillir ainsi et les laisser se ressentir dans l'atmosphère qui l'entourait, dans sa voix d'ordinaire si monotone ? Pire encore, depuis quand prenait-il quelqu'un dans ses bras ; une fille avec qui il venait tout juste de se disputer qui plus est ? Il se sentait comme s'il avait été transposé dans une dimension parallèle où tout était inversé. L'effet ne fit d'ailleurs que s'accentuer lorsque Fuyu baissa les yeux. Oui, baissa les yeux. Ce petit signe de timidité qu'elle devait tant détester dévoiler. Ceci accompagné d'une réponse hésitante prononcée dans un murmure trop discret pour lui ressembler, et plus surprenant encore d'un "merci", le garçon eut la réelle impression d'avoir été téléporté dans un autre monde. C'était trop étrange, cette sensation d'être encore fermement ancré à la réalité et pourtant d'y flotter comme s'il avait bu quelque chose de pas net. Il voulut essayer de se calmer un peu d'ailleurs, d'apaiser les battements de son cœur qui se faisaient plus rapides et plus forts. Il voulut également essayer de reconnecter quelques nerfs de son cerveau au passage, histoire de ne pas laisser cette bizarrerie se peindre avec trop d'évidence sur son visage. Il n'en eut néanmoins pas le temps.

Car Fuyu avança d'un pas. Leva enfin les yeux vers Lace. Et le prit dans ses bras. Brusquement. Sans crier gare. Quelqu'un de plus habitué aurait certainement décelé cette lueur interrogative dans le regard de la demoiselle, qui demandait sa permission pour lui retourner le câlin. Mais lui n'était absolument pas coutumier de telles marques d'affections en dehors du cadre familiale et ne le vit par conséquent pas venir. Raison pour laquelle ce fut un véritable tourbillon d'émotions qui l'animèrent instantanément, ne laissant en apparence qu'un vague air surpris sur son visage. L'adolescent était trop peu habitué à ressentir autant de choses à la fois pour ne pas se sentir littéralement noyé par les émotions qui le submergeaient. Il y eut tout d'abord l'étonnement pur et simple, suivit de la désagréable impression de se prendre une douche froide. Puis une chaleur indescriptible qui réchauffait son corps et une accélération très nette et surtout très brutale des battements de son cœur. Enfin, le rouge qui lui montait légèrement aux joues. Mais légèrement, c'était déjà colossal venant de quelqu'un comme lui. Et cela ne fit que s'accentuer lorsqu'il baissa légèrement les yeux pour découvrir un sourire sincère gravé sur les lèvres de Fuyu. Il sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine ; le pauvre était décidément bien malmené aujourd'hui.
Ce qui l'acheva fut certainement la question que posa ensuite la jeune fille à la belle chevelure enneigée. Est-ce qu'elle pouvait l'embrasser ? Alors ça, c'était une excellente question. Une excellente question sacrément épineuse.

Le membre de Pandora eut un blanc. Pendant quelques minutes il ne réagit plus, son esprit s'étant temporairement détaché de son corps pour lui laisser un long temps de réflexion.
Premièrement. Pourquoi lui est-ce que Fuyu lui avait posé une telle question ? Ce n'était pas comme si elle demandait la permission pour faire telle ou telle chose, d'ordinaire. Ce n'était pas comme si elle se faisait prier pour engager un contact physique avec les hommes. Alors pourquoi fallait-il qu'elle rende cet instant plus compliqué qu'il ne l'était déjà en changeant du tout au tout ? Puis une idée germa dans le cerveau un peu défaillant de la marmotte. Si elle ne se comportait pas avec lui comme avec tous ses compères masculins, c'est qu'elle avait une bonne raison. Et évidemment, la seule qui lui paraissait plausible serait que... Qu'elle... L'aimait ? Hypothèse à revérifier sérieusement, étant donné qu'il ne s'était jamais retrouvé dans ce type de situations auparavant ; ou du moins il s'y intéressait tellement peu qu'il n'avait certainement jamais remarqué ce genre de détails.
Deuxièmement. Et sincèrement, surtout. Est-ce qu'il avait envie d'être embrassé par Fuyu ? Lace se sentait comme scindé en deux, partagé entre ses paisibles habitudes qui lui hurlaient de refuser pour ne pas bouleverser son train-train quotidien et une petite voix, plus discrète mais pas moins influente, qui lui murmurait que oui, il pouvait accepter. Voire même qu'il avait tout intérêt. Instinct de survie pour sauver sa peau si d'aventure il refusait la requête de la demoiselle et qu'elle le prenait mal ? Ou autre chose ? Il avait beaucoup de mal à le définir.
Troisièmement. Il venait intérieurement de briser tout seul le charme du moment en un réfléchissant un poil trop. Et plus accessoirement il faisait toujours attendre la belle. Il déglutit. Il était censé répondre à la question. Et il ne savait toujours pas quelle réponse formuler. Plus exactement, il ne savait pas ce qu'il voulait. Embrasser, pas embrasser... Si pour elle ce devait être un acte tout à fait banal, pour l'adolescent, c'était réellement un geste qu'il ne pouvait faire qu'à celle qu'il aimerait...
Est-ce qu'il l'aimait ?

La question traversa son esprit à la vitesse de la lumière et y trouva une réponse tout aussi rapidement. Limpide comme de l'eau de roche, comme s'il l'avait toujours su sans jamais se l'avouer clairement. Oui. Il aimait Fuyu.
Ce fut exactement pour cette raison qu'il posa ses mains sur ses épaules et la repoussa doucement, fronçant dans un même temps légèrement les sourcils, les lèvres crispés par l'irritation. Oui, il affichait pour une des rares fois de sa vie une expression claire : l'agacement. Ou du moins une de ses formes, car il n'était pas directement agacé de Fuyu mais plutôt d'imaginer qu'elle puisse agir ainsi par habitude et non pas parce qu'elle serait réellement attachée à lui. Et il prononça ces paroles aussi franches qu'elles pouvaient être vexantes pour la jeune fille, masquant à peine la découverte qu'il venait de faire quant à ce qu'il ressentait pour elle.

Ca risque. Si je ne suis pas le seul avec qui tu feras ça, après.

Le seul.
Quel souhait égoïste et terriblement humain. Lace, maintenant qu'il avait le malheur de comprendre la nature de son attachement envers son amie -pouvait-il seulement encore la considérer ainsi ?- sentait une colère nouvelle naître en lui. Envers tous ces hommes qui avaient touché Fuyu. Ca l'exaspérait profondément. Il en aurait presque préféré ne pas avoir cet espèce de déclic ; pas maintenant en tout cas, pas comme ça. C'était si soudain et pourtant il se sentait à peine surpris. Il l'avait toujours senti sans vraiment réaliser. Et, maintenant qu'il s'en rendait compte, c'était comme agiter du tissu rouge sous le nez d'un taureau... C'était comme imaginer les nombreuses nuits qu'avait pu passer Fuyu en compagnie d'autres garçons.
C'était douloureux et insupportable. Et cela lui ressemblait si peu.
La jeune fille allait-elle seulement s'en rendre compte ?
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   10th Mai 2014, 07:14

Non, décidément, ce n’était pas la Fuyu habituelle qui se tenait face à Lace.
Elle se tenait aussi droite qu’à l’accoutumée, le menton haut, le regard presque vitreux, ce sourire à moitié provocateur à moitié blasé étalé sur son visage trop blafard, mais pourtant, quelque chose clochait. Peut-être était-ce cette lueur de peur qui se logeait dans le fond de ses pupilles ou peut-être encore ses quelques muscles contractés, comme si elle n’attendait qu’un mot, qu’un geste pour s’en aller en courant et ne plus jamais revenir. Mais cette peur, en plus de la vivre mal, la jeune fille avait réellement du mal à l’assumer. Car même si elle nierait, même si elle dirait ne pas en connaitre la raison, la provenance, au fond, elle savait parfaitement de quoi elle avait si peur. Quelque chose qui ne l’avait jamais quittée depuis sa plus tendre enfance, mais quelque chose qu’elle n’avait jamais craint auprès d’hommes, quels qu’ils soient – même avec Finn, elle n’y pensait pas. Mais avec Lace, si. C’était présent, palpable et ça faisait tressauter les nerfs de l’adolescente.
Depuis quand lui faisait-il cet effet celui-là, sérieusement ? Il était agaçant et totalement ennuyeux, alors bon sang, qu’est-ce qui lui prenait ? Physiquement, il n’était pas mal – pas mal du tout – mais si elle avait bien sûr vu pire, elle avait vu bien mieux ; elle avait embrassé des garçons plus âgés, plus musclés, bien plus beaux. Mais non, ce n’était décidément pas ça qui l’attirait. Alors quoi ? Certainement pas ce regard éteint, ce visage imperturbable qui lui donnait l’impression d’être aussi misérable que le reste.
Mais dans ses yeux, il y avait cette obscurité. Et sur ce visage, il y avait aussi cette indifférence qui lui chuchotait que, si elle commettait une petite erreur, ça ne le dérangeait pas comme ça dérangeait d’autres. Que, au fond, si il gardait tout pour lui, ça lui éviterait d’avoir à recoller les morceaux – car les autres crient, les autres s’énervent et si elle ne dit rien, à chaque fois, une part de son âme se brise et pour retrouver les morceaux, c’est difficile, pour les recoller, encore moins aisé ; et parfois, elle revient chez elle avec une âme de plus en plus complète.
Mais Lace n’était pas son genre. Car si elle pouvait excuser ce regard et ce visage qu’il avait, jamais elle ne trouverait excuse au fait qu’il soit tout – mais alors là, vraiment tout – sauf tactile. Et ça, ça avait le don d’agacer une adolescente comme Fuyu qui passait ses nuits dans les bras d’inconnus. Alors oui, ce garçon n’était pas fait pour elle. Calmer ses ardeurs ? Oh non, elle n’était pas du tout patiente, alors il serait nettement plus probable qu’elle aille voir ailleurs.
Mais revenons sur ce sentiment de peur que lui inspirait l’adolescent. Non, elle n’avait pas peur de lui. D’accord, il avait combattu une créature bizarre et s’en était sorti – étonnamment – vivant, mais elle n’avait pas pour autant peur – d’ailleurs, ça la perdrait ; non pas qu’elle se pensait capable de le battre ou encore qu’elle pense qu’il ne lui ferait pas de mal à elle, seulement que s’il osait la blesser, elle ferait face, comme une fille parfaitement courageuse et totalement insensée – mais elle n’avait pas peur de lui, point barre.
Non, elle avait peur du rejet, de l’abandon. Parce que venant de sa part, elle l’en croyait réellement capable et elle pensait très sérieusement ne pas être capable de s’en remettre, de se relever.

Il garde le silence, trop longtemps et la jeune fille ne cache absolument pas son agacement, levant ostentatoirement les yeux. Bon, il avait qu’à dire que oui ça l’énerverait s’il l’embrassait et ils s’en tiendraient là. Oui, elle le prendrait mal, mais elle ne lui ferait pas de scène. Elle lui laissa quelques minutes vu qu’elle-même était étonnée de sa question – parce que la Fuyu qu’elle connaissait, la Fuyu qu’elle voulait être ne demandait pas si elle pouvait embrasser ; elle le faisait et, les rares fois où on tente de la repousser, elle devient nettement plus entreprenante et fait comprendre à l’homme qu’elle a en face d’elle qu’elle sait y faire.
Mais là, ça commençait à faire long.
Elle nota une touche d’agacement sur le visage du blond sans comprendre et, après quelques secondes de plus, elle ouvrit la bouche pour lui dire de laisser tomber lorsqu’il lui répondit enfin.
Elle plissa les yeux, puis haussa les sourcils, sans quitter un instant son regard. Le seul ? Est-ce qu’elle pouvait réellement s’engager à n’en embrasser aucun autre ? Et puis, pourquoi il lui disait ça aussi ? Outre le fait qu’une nouvelle fois, il sous-entendait qu’elle était une trainée – mais ça, elle s’en fichait, elle ne se cachait pas du fait qu’elle aimait ouvertement les hommes – pourquoi diable est-ce que Lace lui parle de pareil engagement ?
Et puis de toute façon, comment il saurait si elle en embrasse d’autres hein ? Il allait la croire sur parole ?
Elle poussa un profond soupire en levant les yeux au ciel. Quand elle les rabaissa sur le jeune homme, elle lui saisit le poignet à la volée et l’entraina à sa suite dans une ruelle vide.
Et là encore, son geste la surprit.
Au lieu de le pousser contre le mur, elle alla elle-même caler son dos sur ledit mur en l’amenant à elle, relâchant ensuite sa main pour les poser sur les deux cotés de son visage. Elle se hissa sur la pointe des pieds, allant lui murmurer doucement :

– Je ne veux pas qu’on nous voie, je ne veux pas que n’importe qui se délecte d’un moment qui nous appartient qu’à nous, parce que c’est important, c’est… C’est sacré. Considère ça comme une promesse.

La promesse de ne pas aller voir ailleurs.
La promesse de la sincérité de tout l’amour qu’elle éprouvait pour lui. Et, si elle n’était pas encore prête à lui dire explicitement qu’elle était amoureuse de lui, elle pouvait au moins essayer de le lui faire comprendre.
Elle approcha son visage du sien en allant trouver ses lèvres, appuyant doucement sur ses joues pour plaquer entièrement sa bouche sur la sienne qu’elle entrouvre doucement pour joindre sa langue à un sensuel ballet.
Elle en avait embrassé des dizaines et pourtant… Pourtant, ça ne lui avait jamais procuré pareille quiétude ; jamais elle n’aurait comparé un baiser à l’allégorie du bonheur.
Lorsqu’elle s’éloigna, elle baissa les yeux et, bizarrement, elle avait des rougeurs qui picoraient ses joues. Elle déglutit péniblement en levant les yeux vers Lace, haussant les épaules comme une gamine de cinq ans.

– J’crois que je suis accro, Lace.

Accro à ses lèvres, accro à ce regard trop terne, à ce visage trop indifférent, à cette chevelure trop blonde, à ce caractère trop énervant ; accro à lui, à son amour.
Elle noua ses bras autour de son cou pour se serrer contre lui, se mettant de nouveau sur la pointe des pieds pour nicher son visage dans son cou contre lequel elle déposa un léger baiser, murmurant plus pour elle-même que pour le jeune homme.

– C’est bizarre, je me sens vraiment bien dans tes bras. Je veux dire, j’en oublie tout le reste, je ne vois que toi, je ne sens que toi…

Je n’aime que toi.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   21st Juin 2014, 07:30


"Moi aussi."

L'atmosphère était bizarre, palpable, et elle le devint plus encore à l'instant où ces mots avaient presque involontairement franchi les lèvres du garçon. Ces mots puérils qui exprimaient avec tant de franchise son désir d'être le seul pour la jeune fille ; le seul à ses yeux. Si pour elle, c'était quelque chose de normal que d'embrasser les hommes et de passer la nuit en compagnie d'inconnus, pour Lace, c'était inimaginable, inconcevable. Mais ils n'avaient évidemment pas eu le même passé. Il ne se doutait pas un seul instant de ce que la belle avait pu vivre autrefois, il n'imaginait pas un seul instant qu'autant de problèmes puissent assaillir une seule âme. C'était sans nul doute ce pourquoi il ne la comprenait pas et ce pourquoi il ne la comprendrait peut-être jamais. Parce qu'il avait eu une vie paisible, à la maison avec des parents aimants et une soeur protectrice, puis à Pandora où ses seuls ennuis étaient des supérieurs trop stricts à son goût et quelques Chains qui au fond ne lui causaient jamais beaucoup de soucis. Ils étaient différents au possible, presque contraires, mais pas exactement. C'était peut-être justement pour cette raison que Lace avait été attiré par la demoiselle, d'abord consciemment, puis au fur et à mesure d'une autre façon qu'il comprenait bien moins. Elle était différente. Différente de tout ce qu'il connaissait et avait connu : il enchaînait les gaffes sans même s'en rendre compte et ne cessait de rater des signes annonciateurs de ce qu'elle voulait ou allait faire. Durant tous ces moments qu'ils avaient partagés, il n'avait jamais été une seule fois capable de la cerner complètement. Fuyu n'était pas réellement une inconnue mais représentait plutôt l'inconnu, parce qu'il ne pouvait pas lire en elle comme il le faisait d'ordinaire avec tous les autres. Dire que la Volonté de l'Abyss elle-même était plus prévisible n'était pas si loin de la vérité. C'était sûrement cela qui charmait inconsciemment Lace. De ne pas savoir à quoi s'attendre, d'être incapable de prévoir les évènements à venir et de voir son quotidien menacé d'être chamboulé à tout instant. Après tout, c'était ce qu'il avait cherché départ, en intégrant Pandora. Le changement. La nouveauté. L'inconnu.

Au cours de cette minute infinie pendant lesquelles ces dernières pensées s'entremêlaient encore et encore pour former une toile capable d'expliquer le pourquoi du comment, Lace perçut un changement dans le regard de la jeune fille.
Et il fut une fois encore incapable d'interpréter la chose, incapable de savoir si Fuyu allait éclater de rire et lui demander ce qui lui prenait ou le gifler un bon coup pour lui remettre les idées en place. De fait, ni les moqueries ni la claque ne vinrent. Au lieu de cela, elle lui prit simplement le poignée et incita le membre de Pandora à la suivre on ne sait où.
En l'occurrence, le on ne sait où se révéla être une ruelle sans âme qui vive.
Pourtant, elle avait poussé un soupir et levé les yeux au ciel : c'était que les paroles de l'adolescent l'avait agacé, forcément. Alors pourquoi ne s'énervait-elle pas tout bêtement comme elle le faisait d'habitude ?
De toute faon, le blond était bien forcé de l'admettre, rien ne ressemblait à d'habitude aujourd'hui. Pas plus que ce que fit Fuyu la fraction de seconde suivante.
Elle se cala dos au mur et, pendant qu'elle attirait le garçon à lui, elle relâcha son poignée et posa avec douceur ses mains sur son visage. Lace sentait son coeur s'affoler alors qu'il prenait soin de poser ses mains sur le mur plutôt que de les passer autour de la taille de la demoiselle, comme l'aurait fait beaucoup d'autres. Mais, autant se le dire, il était très différent des "beaucoup d'autres".
La jeune fille se hissa sans crier gare sur la pointe des pieds et murmura quelques paroles aux allures enchanteresses qui achevèrent de faire défaillir Lace. Etait-il en train de rêver ?

Puis Fuyu s'approcha, lentement mais sûrement. Cette fois-ci, Lace le vit venir. Il le sentit venir de très loin. Peut-être était-ce parce qu'il avait l'impression de voir la scène au ralenti au fur et à mesure qu'une chaleur indescriptible montait en lui, ou peut-être était-ce à cause de ces doigts fins qui reposaient sur ses joues et qui y exerçaient une pression à peine plus forte. Quoi qu'il en fût, il ne se sentit pas obligé de fuir, de reculer et d'échapper au charme qu'exerçait la jeune fille sur lui. Il la laissa simplement poser ses lèvres sur les siennes et fut à peine surpris lorsqu'il sentit la langue de la demoiselle l'inviter à une folle danse dont il ne fit que suivre les pas, et qui pourtant déclencha en lui une myriade de sensations qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressenti. Avant cet instant, il n'aurait en aucun cas pu concevoir qu'un baiser puisse le mettre dans tous ses états. C'était pourtant ce qui lui arrivait, si bien qu'il faillit oublier de tenir debout lorsque Fuyu s'éloigna finalement de lui. Il se surprit même à être deçu que la jeune fille ait mis fin à leur sensuel ballet, tout comme il s'étonna à vouloir si vite retrouver ses lèvres et son agréable parfum.

Il entendit à peine les paroles que prononça Fuyu. Ou plutôt, fut incapable d'y formuler une réponse adéquate. Elle était accro à lui... Que pouvait-on répondre à une telle affirmation ? Un simple "moi aussi" ne pouvait pas exprimer tout ce que ressentait Lace, pas plus qu'un long discours n'en serait capable. Il était comme qui dirait à court de mots.
Il découvrait simplement les joues rouges de la jeune fille et notait son regard fuyant avec cette étincelle dans les yeux qui exprimait toute sa joie, alors même qu'aucun sourire n'était affiché sur son visage.

Fuyu enroula ensuite ses bras autour du cou de Lace et y déposa un léger baiser, qui laissa derrière lui comme une sensation de chaleur mêlée à des picotements entêtants mais absolument pas désagréables : c'était juste nouveau, comme beaucoup de choses aujourd'hui.
L'adolescent écouta les murmures de la belle à la chevelure de neige. Chaque mot prononcé semblait se fondre en lui et s'appliquer à y rester ancré comme une preuve qu'elle l'aimait réellement et ne se jouait pas de lui.
Pour toute réponse, Lace passa ses bras autour de Fuyu et la serra tendrement contre lui, comme pour lui dire que, dans ce cas-là, si elle se sentait bien avec lui, elle n'avait qu'à rester ainsi.
Le garçon approcha ensuite ses lèvres de son oreille, puis, après une courte hésitation, comme s'il craignait presque de le dire, il prononça enfin ces mots qu'il brûlait d'envie de murmurer naïvement mais avec tant de franchise à la demoiselle.

Moi aussi. Je t'aime.

Il lui serait certainement difficile de faire plus explicite.
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MessageSujet: Re: Quand la marmotte est énervée... • Fuyu   

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Quand la marmotte est énervée... • Fuyu

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