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 Expect problems and eat them for breakfast

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Personnages préférés : Break, Sharon, Jack, Gil, Elliot

Feuille de personnage
Nom & prénom: Finn Baskerville
Nom du Chain : Naaru Irwin
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MessageSujet: Expect problems and eat them for breakfast   17th Juillet 2013, 13:16

Finn a tellement l’intention de ne pas se lever. Oh que oui, aujourd’hui grasse mat’. Qui va s’étendre jusqu’à treize, quatorze, quinze heures, qui sait, il pourrait bien y ajouter une sieste. Et puis après la sieste, ce sera à nouveau l’heure de se coucher et oui, il pourrait bien ne pas se réveiller de la journée. Rattraper toutes les heures de sommeil que les missions, le boulot et sa copine – oui, oui – lui ont piqué. Bien que dans le cas de sa copine, il ne lui en veuille pas. Même s’il ne comprend pas pourquoi elle s’obstine à se lever aussi tôt tous les jours. C’est vrai quoi. Dormir n’a que des avantages. Déjà on… Dort. Ce qui est agréable. On se repose – et là on pourra joyeusement lui objecter à la figure que ça ne sert à rien d’être reposé s’il ne compte pas se lever, ce à quoi il répondrait que c’est en prévention. Et puis pendant qu’il dort, personne ne peut lui dire qu’il parle trop. Parce qu’il ne parle pas en dormant. Du moins, pas à sa connaissance. Enfin… S’il causait en dormant, Aiko lui aurait déjà collé une paire de torgnoles non ? Si, probablement. Pour le faire taire, ça marcherait à merveille. Passons. Sa passion pour la sieste n’est surpassée que par une seule chose : son amour pour la Baskerville.
Et, ce matin, c’est ce qui va le tirer du lit alors qu’il avait décidé de ne pas en bouger. Comme il est rentré tard la veille, pour changer – voilà ce qui arrive quand on prend des horaires de nuit dans un espèce de bar à tout faire qui est ouvert pratiquement tout le temps – il a complètement oublié de tirer ses rideaux. Forcément, il est rentré chez lui, a miraculeusement évité tous les vilains meubles sur son chemin qui voulaient lui faire un croche-patte – ce qui aurait eu pour conséquence son endormissement immédiat sur le plancher, avant même qu’il ne touche le sol, sa fatigue ayant atteint des sommets cette nuit – et s’est écrasé dans son lit. Pour tout dire, il est encore tout habillé. Et bref. On est en été. Du coup, le Soleil se lève tôt. Alors aujourd’hui, à 6h35 très précisément, il perce déjà l’obscurité de la chambre bien rangée du contractant. Et vient lui chatouiller le visage. Sauf que cette figure de style est pourrie, les rayons de soleil ne chatouillent pas. A dire vrai, leur seul effet est de venir désagréablement troubler l’obscurité qui régnait jusque-là sous les paupières du contractant. Alors il grogne comme un homme qui n’aurait jamais appris à parler et s’enfonce immédiatement sous les couvertures, là où le soleil ne l’atteindra jamais. Evidemment, il commence ensuite vite à avoir trop chaud et les couvertures pare-soleil sont éjectées par terre au profit de l’oreiller pare-soleil. Et hop. Dans tes dents que tu n’as pas, Soleil. En plus l’oreiller est tout doux, comme… De la laine de brebis. Pourquoi est-ce que c’est la première comparaison qui vient, il n’a jamais touché de laine de brebis, en plus. En même temps comparer son oreiller aux cheveux d’Aiko pour la douceur, ça n’aurait pas été tellement mieux… Bah, elle ne le saura jamais. Et personne ne fera de lien entre la laine de brebis et les cheveux de la rousse, merci bien.

Et c’est là que le drame survient. Finn est donc pris dans cet étrange entre deux états, celui où l’on bascule entre rester dans le pays des songes, et le réveil complet. Lorsque l’on devient capable de se souvenir de ce à quoi on a pensé. Et de penser tout court, d’ailleurs. Sauf que voilà, il a pensé à sa copine, à l’instant. Et ça, ça le fait doucement revenir à lui. Très doucement, parce que même s’il sent bien qu’il se réveille, il continue à lézarder au lit, oreiller sur la tête – portons un toast à la gloire qui émane de lui dans l’instant – et ce n’est que presque une bonne heure plus tard que son cerveau s’allume vraiment. Et oui pendant tout ce temps il était semi conscient, semi comateux, oreiller sur la tête, à ne rien faire au lit. Et si on le lui demande, il en assume chaque seconde. Et là ça fait clic. Il est 7h35 et, pour la première fois, il a donné un vrai rendez-vous à sa copine. Incluant donc qu’il aille la chercher chez elle. Dans un peu moins d’une heure, parce qu’en plus il a veillé à ce que ce soit assez tôt, puisqu’elle préfère largement cela. Ah. Mais quel boulet. Dire qu’il était parti pour dormir toute la journée. Sauf que ça non plus elle ne le sait pas et il a encore le temps d’arriver à l’heure. Alors hop, il se lève précipitamment, se prend évidemment les pattes dans la couverture envoyée sur le sol plus tôt – elle se venge, voilà – et trébuche en avant à de multiples reprises avant d’être sauvé par son armoire sur laquelle il se rattrape. Hah. Même pas tombé. Il n’empêche qu’il est incapable de quitter sa chambre sans avoir au préalable remis sa couverture sur le lit. Et encore, il résiste à la pulsion qui lui ordonne de faire le lit pendant qu’il y est. Zou, sous la douche après avoir enlevé les habits de la veille – classe – et tout cela est expédié en cinq minutes. Rhabillage compris. Les joies d’être un homme, la douche complète en cinq minutes n’est plus un mythe intouchable. Est-ce que ce sont les cheveux des femmes qui les poussent à prendre tant de temps ? Grand mystère. Dans tous les cas, il a vite fait de mettre de l’eau à bouillir histoire de faire un thé super fort. A défaut de caféine. Ça marche aussi bien de toute façon. Et pendant que l’eau chauffe, il entreprend de ranger les affaires sales et… De refaire le lit. Voilà, les couvertures ont encore gagné. Tant pis, comme ça c’est fait.

Il n’est prêt à débarrasser le plancher qu’encore dix bonnes minutes plus tard, ce qui lui laisse juste le temps d’arriver pile à l’heure. Et qui le satisfait donc pleinement. Il ne reste qu’à prier pour que ses cheveux soient sec en arrivant mais sinon… Rien à faire. Ils lui colleront au crâne et finiront par sécher quoi qu’il arrive. C’est bien le cadet de ses soucis. Pour l’instant, le but est d’arriver à destination sans se perdre – faisable – et en ayant l’air beaucoup plus réveillé qu’actuellement – beaucoup moins faisable – histoire d’avoir l’air présentable. Sinon, il sera grillé et Aiko saura qu’il a failli oublier. Et là, il pourra bien invoquer toutes les excuses à base de fatigue qu’il veut, rien n’y fera. Même s’il était vraiment, vraiment crevé. Il s’en serait voulu en plus, de lui avoir non seulement posé un lapin, mais d’avoir en plus loupé une occasion de passer du temps avec elle. La dernière fois qu’ils se sont vus, soit quand il a posé cette histoire de rendez-vous, remonte à il y a pratiquement une semaine. Et ça, c’est beaucoup, beaucoup trop. Tout ce que pourront dire les gens à base de « trop se voir c’est mal » n’y changera rien. Ils s’aiment, en quoi se voir tous les jours serait un mal ? Il n’y aurait aucun mal, voilà. Fallait y penser avant que l’envie ne se transforme en besoin. Enfin, il y a toujours une envie bien sûr, mais lorsqu’elle n’est pas satisfaite, aussi sûrement qu’une envie de boire peut conduire à devenir assoiffé, il finit par ressentir un vilain manque. On n’ira cependant pas comparer cela à la drogue parce que c’est dégradant et qu’en plus, il n’a jamais touchés à tous ces trucs louches. Monsieur surveille un peu ce qu’il ingurgite, quand même. Avec ça il fait le ménage et la cuisine, il serait presque bon à marier. Passons.

Ça lui fait toujours un peu étrange de se savoir amoureux, mais il s’y fait. Oh, il rougit toujours quand il en parle ou qu’elle le fait, mais sinon il le vit bien. Il apprend, petit à petit, à complètement relâcher ses gardes et à cesser de s’inquiéter. Le plus difficile étant qu’il ne s’en fait généralement pas quand il est avec elle, mais quand il se retrouve tout seul. Sans la présence de la jeune femme à ses côtés pour justement le rassurer. Mais il y travaille, il y travaille. Ceci mis à part, ils ont peut-être l’air niais tous les deux, mais ils s’en contrefichent, il n’y a donc, pour l’instant, aucun problème à l’horizon. Pour l’instant. Mais le brun ne pense pas à l’avenir et son seul « plan » pour le futur serait de réussir à la voir plus souvent. On a déjà vu plus ambitieux. Soit, il faut bien commencer quelque part.
Savoir que ses sentiments sont réciproques lui fait quand même quelque chose en plus quand ils se voient. Quoi, aucune idée, mais c’est là et c’est agréable alors il ne s’en plaindra pas. Une raison de plus d’aller la voir.

Dans un registre complètement différent, il a vu Sora l’autre fois. Et en fait, il l’a vu dans des circonstances assez… Particulières. L’artiste de rue est un contractant illégal. A durée de vie limitée, donc. Et en fait, c’est surtout ça le problème. Du moins, ça le sera quand Aiko sera au courant, parce que Finn ne lui a bien évidemment rien dit. Tout simplement parce qu’il estime que ce n’est pas à lui de le faire, mais bel et bien à Sora lui-même. Donc en attendant, cette rencontre n’a jamais eu lieu et puis c’est tout. Il faut avouer que cela le peine pour la jeune femme et qu’il est bien incapable d’en tirer une quelconque satisfaction – ce qui aurait été franchement méchant mais hey, il se fiche du reste de la planète, rappelez-vous – parce qu’il… Aime bien Sora, finalement. Mais chut. Ça, ça doit rester secret. Voilà pour cette partie de l’histoire.

Avec tout ça, il arrive finalement devant chez la jeune femme, l’air plus frais qu’au réveil. Et ses cheveux sont secs. Gloire aux cheveux courts. Il toque donc à la porte, sans y mettre plus de force que nécessaire, persuadé que sa copine était déjà debout lorsque lui en était encore à poser l’oreiller sur sa tête. Il y a des choses pour lesquels ils sont aux antipodes l’un de l’autre, comme la capacité de la jeune femme à croire au toujours alors que son copain a du mal, ou bien leurs horaires de réveil le matin. Ou encore la température à laquelle ils prennent leur douche. Pour ne citer que cela. Mais ce n’est pas grave, ils trouvent un terrain d’entente à chaque fois. Finn croit en chaque jour les uns après les autres, ils prennent des douches plus ou moins tièdes et Aiko ne lève en général pas son copain aux aurores lorsqu’ils dorment tous les deux. Comme quoi, tout a une solution. Et c’est sur cela que la porte s’ouvre, amenant un sourire sur les lèvres de l’homme à la vue de la jeune femme. Il vient chercher ses lèvres des siennes en guise de bonjour, bien qu’il y mette les mots sitôt leur baiser terminé.

- Hey. Prête à sortir ?

Normalement, oui. Il ne faut pas qu’ils s’attardent trop longtemps ici ou ils y resteront pour le restant de la journée. Chose qui ne dérangerait bien évidemment pas Finn, mais puisqu’ils ont prévu de sortir… Et puis allez, pour une fois qu’ils vont pouvoir se comporter en couple amoureux et faire des… Trucs de couples amoureux, tenez, ce serait bête de louper l’occasion.

Et donc au final, ils ont décollé. Direction… Eh bien direction la périphérie de la ville en fait. Et même un peu partout, sans vrai but. C’est vrai que prévoir aurait pu être malin, mais d’un autre côté, ils n’ont jamais eu l’occasion de marcher aussi longtemps côtes à côtes sans but. Parce que la dernière fois qu’Aiko a proposé une promenade, celle-ci s’est vite terminée sur les berges de la rivière et ils n’en ont plus bougé. Ce qui, soit dit au passage, était très bien aussi. Mais marcher main dans la main ainsi leur convient aussi. C’est là que Finn décide de poser à voix haute une question qu’il aurait tout aussi bien pu garder pour lui :

- Dis, je peux t’appeler chérie ?

A dire vrai il se surprend lui-même avec sa question, mais tant pis.
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   26th Juillet 2013, 14:01



» Being deeply loved by someone gives you strength, while loving someone deeply gives you courage.

Aiko n’était décidément pas près de comprendre comment faisait son copain pour dormir autant. Outre le fait que le monde appartienne à ceux qui se lèvent tôt, il y avait vraiment trop de raisons de ne pas faire la grasse matinée pour justement la faire. Parmi ces raisons, il y avait indéniablement le fait que se réveiller tard reviendrait à déjà perdre la moitié de sa journée. Pour Aiko, cette sensation de perdre bêtement son temps est l’une des plus désagréables qu’elle n’ait jamais ressentie. En plus de cela, on rate peut-être une bonne occasion de faire quelque chose de constructif ou d’amusant, en passant d’un spectacle d’artiste de rue à une bonne, ou mauvaise hein, rencontre.
Bon, Aiko et Finn ne s’étaient pas connus en pleine matinée. Enfin, normalement. Mais ils auraient pu ! Enfin, si Finn avait eu une illumination la veille et avait pris l’excellente initiative de se lever tôt. Ou alors, qu’il se fasse donc réveiller par les voisins bruyants que tout le monde a forcément connus. Surtout les Baskerville je crois. Parce que c’est bizarre comment les gens qui ont le plus besoin, je ne dirai pas de sommeil, mais uniquement de repos, ont les voisins les plus agaçants et les plus enquiquineurs que possible. Oh et puis, qu’il remonte son réveil mental. Si tant est qu’il en est. Si ce n’était pas le cas, sa copine lui en offrirait gentiment un. Enfin, ce n’est pas dans ses moyens, malheureusement, mais c’est bien l’intention qui compte, non ?
Qu’il ne dorme pas tard tenez ! Enfin, le fait de se réveiller avant huit heures ne signifiait pas que la Baskerville ne dormait pas tard. Au contraire d’ailleurs. Mais cela étant, pour en revenir eu brun et exclusivement à lui, il devrait peut-être travailler moins. D’ailleurs, le couple n’avait jamais réellement parlé de cela. La jeune femme savait bien que son copain travaillait, mais elle ignorait ce qu’il faisait et où il le faisait. Il faudrait qu’elle le lui demande un jour. Pour sa part, elle ne travaillait pas. Ce qu’elle gagnait avec les missions lui suffisait largement, mais peut-être devrait-elle envisager d’économiser. Il faut dire aussi qu’à cette époque, les gens ne pensent pas réellement à économiser ou encore à investir. Vive au jour le jour est déjà un privilège en soi. Mais de toute façon, elle ne savait pas réellement pour quel genre de petit travail elle serait qualifiée. Serveuse ? Elle savait parfaitement bien que son patron lui demanderait quelques concessions pour ne pas perdre la majorité des clients faisant partie de la gente masculine. Et pour une femme telle qu’Aiko, il en était juste hors de question. De toute façon, elle était bien trop du genre impulsif pour permettre cela.
Et si Finn venait à apprendre cela, il ne serait pas très content non plus.
Jusque là, être une Baskerville avait toujours été la priorité absolue de la jeune femme. Toujours, toujours, toujours.
Mais Finn est venu et a tout chamboulé avec lui, autant les habitudes d’Aiko que ses objectifs, autant son humeur que sa sensibilité. Elle qui n’aurait certainement jamais accepté d’être e serait-ce qu’entraperçue comme étant faible en venait à souhaiter l’être si tant est qu’elle pourrait être dans les bras du brun. Elle qui aimait s’emmurer dans un silence digne d’une cathédrale pour le simple fait d’éviter à parler d’elle, de sa vie ou même encore de son passé qui ne cessait de la tourmenter en était venue à tout déballer à son copain. Elle qui n’accordait pas sa confiance, jamais totalement du moins, l’avait fait. Elle qui ne serait jamais tombée amoureuse en sachant qu’en toute logique, son temps pour servir le clan en serait réduit. Elle n’aurait jamais accepté de penser autant à une personne, de s’y lier autant, de lui donner autant d’armer qui pourraient la détruire.
Parce que si Finn n’avait que l’envie malsaine de se retourner contre elle, eh bien, le résultat de ses faits serait désastreux, catastrophique, juste inconcevable pour la jeune femme qui ne cessait de se répéter qu’il ne le ferait pas, qu’elle lui faisait confiance. Mais s’il venait cependant à le faire, ce serait justement cette confiance immense qu’elle aurait placée en lui qui la consumera jusqu’à ne plus lui laisser que… Je dirai bien que les yeux pour pleurer, mais ce serait indigne d’une Baskerville de pleurer. Peut-être ferait-elle comme son père. Peut-être déciderait-elle de mourir en mission. Qui la retiendrait ? Certainement pas la cause de ses maux.
Mais qu’importe, pour le moment, elle s’entêtait à lui faire confiance. Après tout, elle l’aimait, alors c’était normal, non ? Normal de solliciter sa présence, normal de vouloir le sentir contre elle, normal de pouvoir ne rien dire et partager un silence agréable, normal de vouloir tracer son visage du bout des doigts pour s’en rappeler, pour toujours et à jamais. Normal de vouloir croire en un toujours qu’elle avait toujours imaginé comme illusoire. Normal d’être candide, d’être idiot. Normal de faire des erreurs, des faux pas, de tomber, de se faire mal, de faire mal à l’autre. Normal de partager. De vivre, de rire, de pleurer, de crier, de s’énerver, de se désirer, de… S’aimer.
Hein que tout ça était normal ?
N’empêche, dormir plus de six heures, ça, ça n’avait strictement rien de normal. Mais ça, Aiko en parlerait à son brun une autre fois. Parce qu’en se réveillant, en s’imaginant sa journée, elle se disait qu’aborder ce sujet aujourd’hui ne serait pas très convenable.
Pas pour un premier rendez-vous en parfaits amoureux qui l’assument. Oui parce un
Mais deux têtes de mules qui s’étaient bien trouvée n’empêche.

Fidèle à elle-même, la jeune femme se réveilla bien tôt. Elle ne mit qu’une bonne dizaine de minutes pour rentrer et ressortir de la douche, fraîche. Elle resta avec une serviette blanche autour du corps, les cheveux en cascade dans son dos, ruisselant et lui collant à la peau. Elle s’assit sur le lit en fixant le contenu de son armoire.
Aujourd’hui, elle avait son premier rendez-vous avec Finn en... Amoureux. Elle se faisait doucement à l’idée de ressentir des sentiments de pareil ampleur envers l’homme, se faisant tout autant doucement à l’idée que ce soit réciproque.
En même temps, elle avait l’impression qu’à partir du moment où une personne avoue à une autre l’aimer, s’en suit des questionnements quant à ses propres sentiments envers cette personnes. Et, à vrai dire, même si on se fait repousser sur le coup, rares sont les fois où celui qu’on aime – s’il n’est pas déjà pris, cependant – ne ressente pas la même chose à notre égard après réflexion. Après, ceci étant, il est possible que nous n’en voulions plus, de cette relation, car s’être faits rejeté nous fait inévitablement croire que nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle souffrance, peut-être pire que la précédente.
Seulement, lorsqu’Aiko dit à Finn l’aimer, il fallait dire qu’elle avait été totalement stupide de douter de la réciprocité des sentiments grandissants – mais loin d’être envahissants – qu’elle nourrissait à l’égard de son copain. Ce n’était certainement pas le fait qu’elle n’ait pas assez confiance en lui. D’ailleurs, on ne peut pas dire que ce doute là ait un quelconque rapport avec la confiance placée en l’autre. Effectivement, elle ne savait tout bonnement pas. Certes, elle s’était fiée – et qu’elle l’ait voulu ou pas à cet instant – aux réactions de son copain. Et, en toute logique, elle aurait dû en déduire qu’il ressentait, à 90%, la même chose qu’elle ressentait à son égard. Mais elle avait remisé son esprit rationnel ainsi que ce stupide pourcentage. De un car elle tomberait de bien haut si elle venait à apprendre que la réponse de Finn aurait été celle des 10% ; le meilleur moyen de ne pas être déçu est bien sûr de ne pas espérer, tout du moins, de minimiser cet espoir, car ne rien espérer ne serait probablement pas possible. De deux, la jeune femme demeurait modeste et prétendre que Finn l’aimerait sans en avoir la preuve formelle serait exagéré. Du moins, à son goût. De trois, ce serait mathématiser le comportement humain et cela n’avait aucun sens. L’homme est tellement imprévisible que tenter de le cerner entièrement serait commettre une grossière erreur et passer pour un abruti de première qui risque de se faire abuser alors qu’il s’amuser à croire qu’il est assez malin pour tout comprendre, tout connaitre.

Elle opta finalement pour une simple robe blanche, dos-nu, courte. Elle mit avec cela des bottes en cuir noir à lacets et se tressa deux mèches de sa chevelure avant de s’en faire une sorte de bandeau.
Pourquoi tu fais autant d’efforts, Aiko ? Il t’aime, tu le sais bien, pourtant, tu chercher encore à, non pas lui plaire, mais bel et bien le séduire ?
Parce qu’elle savait pertinemment que Finn n’était pas quelque chose d’acquis, pas de ces personnes que l’on garde près de soi pour un long moment et que, si perdus, ne nous causeront pas de mal. Finn était tout le contraire : jamais – et il avait tout intérêt à commencer à s’habituer à ce mot – pleinement acquis, jamais totalement séduit, jamais quelqu’un d’insignifiant et, si la jeune femme venait à le perdre, s’en remettrait-elle seulement ? Elle en doutait. En doutait très sérieusement.
Elle se regarda dans la glace avant de hausser les épaules ; au final, qu’elle fasse des efforts ou pas, ça ne changeait pas grand-chose – pas qu’elle le voulait, seulement qu’elle trouvait les efforts vains. Finn ne le verrait peut-être pas de cet œil là. Il faudrait qu’elle lui demande. Ou qu’il le lui fasse remarquer.
Parce que Finn, c’est le plus important, hein ? Et depuis quand ?
Trop longtemps pour qu’elle continue de l’ignorer.
Agacée par ces questions que cette petite et stupide voix posait dans son esprit, Aiko claqua littéralement la porte de sa chambre en allant vers la cuisine. Elle n’eut néanmoins pas le temps de manger grand-chose ; elle n’avait pas faim, cependant.
On toqua à la porte.
Sa main trembla sur cette pomme verte qu’elle avait saisie et celle-ci tomba au sol, roulant. La jeune femme resta tétanisée un instant.
Boum Boum Boum.
D’habitude, il n’y a que l’adrénaline des missions qui te fait ça, tu sais ? Et là, c’est un homme ? Tu ne te sens pas idiote, Aiko ?
Pas le moins du monde, il n’y avait rien d’idiot à aimer quelqu’un, à dépendre de lui, à le vouloir près de soi, à avoir peur de le perdre, à… Si, le principe en lui-même, celui d’aimer, était totalement idiot. Mais et alors, sérieusement ?
Qu’ils soient donc idiots à deux, ces Baskerville amoureux.

Elle fléchit des jambes en attrapant sa pomme, son cœur battant toujours aussi vite. Elle croqua dedans et la posa sur l’un des deux plans de travail parallèles avant d’aller ouvrir la porte, toute sourire qu’elle était devant ce visage joviale de cet homme qu’il lui manquait – beaucoup – trop vite.
Il vint l’embrasser et continua de sourire lorsque leurs visages s’éloignèrent. Il lui dit si elle était prête et elle hocha doucement la tête avant de rentrer chez elle et d’aller chercher un petit sac en bandoulière noir et rouge dans sa chambre. Elle revint vers Finn et, au seuil de la porte, lui entoura le cou et alla l’embrasser longuement et langoureusement, passionnément pour ce qu’elle considérait comme une première fois – le baser de bonjour n’était presque jamais aussi profond, le but n’étant pas là.
Elle se décolla de lui et lui sourit joyeusement alors que leurs mains semblèrent se trouver d’elle-même.

Avait-il prévu quoi que ce soit ? Ce serait mignon. De façon générale.
Mais Aiko n’aimerait pas que son copain soit trop attentionné. Et préparer une sortie dans les moindres détails relèverait d’un surplus d’attention, tout juste.
Mais Finn n’avait rien prévu, elle le savait. Elle apprenait à le connaitre, facette jamais.par facette, étant parfois elle-même la génératrice de nouvelles facettes qu’elle ne découvrirait peut-être jamais.
La jeune femme réfléchissait à où ils pourraient bien aller, sur quoi ils allaient déboucher par ces multiples chemins lorsque Finn l’extirpa de sa réflexion avec une question vraiment… Chou.
Cependant, elle s’arrêta en le forçant à en faire de même, haussant les sourcils à son égard avec un petit sourire relevant les commissures de ses lèvres :

« Tu peux ? »

Elle le dit d’un ton particulièrement sarcastique, comme quoi la question était stupide. Et elle l’était d’ailleurs. Mais le plus important était que Finn sache que la décision lui revenait à lui, pas à elle. Pas pour cela, du moins. Et puis, cette question sous-entendait aussi une véritable interrogation : Finn Baskerville allait appeler sa toute première – et seule, Aiko l’espérait sincèrement – copine « chérie » ? Sans rougir ?
Ce ne serait pas pour déplaire à sa copine, ceci dit.
Elle alla trouver ses lèvres et le guida à un café, parce que voilà, elle n’a pas pris de petit-déjeuner. Ce qu’elle lui expliqua brièvement. Elle monta directement à la terrasse et, pour faire vite, elle passa sa commande à une blonde qui vint à leur table.
Possessive, bien que pas méfiante vis-à-vis du brun, elle ne put s’empêcher de relever sa réaction face à cette serveuse. Sans arrière pensée.
Bien sûr.
Elle posa son coude sur la table et cala sa joue sur sa paume ouverte, regardant son brun.
Et rien qu’à elle.

« Ma robe fait assez gentille fille, mais mes bottes font très mauvaise fille. Je suis quel genre de fille, chéri ? »

Et le « chéri » a été ajouté naturellement.
Oh et qu’il ne lui dise pas un truc du genre « tu es toi-même ». Elle voulait vraiment savoir ce qu’il pensait de son accoutrement.
Resterait sa coiffure, mais...Mais nan, elle n’en parlerait pas.
Assez gentille fille ; très mauvaise fille. Assez, très. Le deuxième genre l'emporte, nan ?
Elle posa ses coudes sur la table et alla chercher les lèvres de Finn, encore et toujours. Elle mit brusquement fin au baiser et se leva de la chaise, laissant la serveuse amener ce qu’ils ont commandé – un simple jus de citron pour sa part – pour aller vers son copain et lui faire signe, de son index, de se retourner. Elle alla se mettre sur ses genoux et lui tint le visage en allant lui murmurer au creux de l’oreille, dans un souffle à la fois chaud et sensuel :

« Que font les gens amoureux ? Je n’ai pas d’expérience, tu le sais bien. »

Comme elle savait qu’il n’en avait pas plus qu’elle.
Elle l’embrasse furtivement avant de revenir sagement à sa place, buvant un peu de son jus en réfléchissant sérieusement à la question.
N’empêche.
Quelque chose lui travaillait sérieusement. Et pas qu’un peu qui plus est.
Parce que ça ne lui ressemblait pas de penser ainsi. Parce que c’était niais.
Mais oh comme c’était mignon.

« J’aime bien… T’aimer. »


Dernière édition par Aiko Baskerville le 7th Août 2013, 14:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   31st Juillet 2013, 06:14

Quand elle lui ouvre la porte, et c’est peut-être bête à dire et à constater mais c’est ainsi, même en sachant que c’est elle qui va ouvrir, son cœur loupe toujours un battement en la voyant. Comme s’il était surpris, tout en sachant très bien ce qui l’attend. Mais voilà, il est surpris sans l’être. Et aujourd’hui – comme toujours – elle est particulièrement jolie. Si Finn n’était pas Finn, il pourrait même faire un complexe sur le fait qu’elle prenne le temps de faire un effort sur son apparence – même si d’après l’homme il n’y en a pas besoin – alors que lui, pas spécialement. Bon en même temps il est vrai qu’il a un répertoire pour son armoire forcément moins varié que celui d’une femme. Et que niveau coiffure, eh bien… C’est assez limité. Mais tout de même. Sauf que ce genre de considération passe au-dessus du Baskerville et l’esquive complètement. Il profite du résultat des efforts de la jeune femme et se rattrape ailleurs. Il y a bien des trucs que les hommes font mieux que les femmes et qui leur plaisent, non ? En attendant qu’il trouve, ils ont de quoi s’occuper pour la journée.

Un rendez-vous, donc. Oui, il lui a donné un rendez-vous et non, il ne sait pas plus qu’il y a une semaine où est-ce qu’ils pourraient aller. Oh, il y a pensé, n’allons pas non plus le blâmer de plus de torts qu’il n’en a déjà. Il a bien eu plusieurs idées d’endroit, mais, incapable de se décider, a décrété, quelque part entre hier et avant-hier, que le rendez-vous aurait pour thème, but et finalité : passer une journée à deux. Et la destination serait une surprise. Tellement une surprise que lui-même ne la connaitrait pas. Et donc voilà, il ne sait pas où ils vont, mais ils y vont. Ce qui est amusant, c’est qu’il ne sait en fait pas où ils sont tout court. Mais cela était à prévoir. Ce trait là le caractérisant n’a malheureusement pas miraculeusement évolué au contact de la Baskerville. Comme l’histoire de sa tendance à trop dormir. Mais bon. Ils s’en sortiront sans. Peu importe où ils se trouvent au final, il est juste content d’être avec elle. Le lieu, le rendez-vous, tout n’est que prétexte et occupation et perdrait évidemment tout son attrait si elle n’était pas là. Forcément. A qui tenir la main en marchant sinon ? C’est étrange quand on y songe. Les enfants tiennent la main de leurs parents et les adultes tiennent celle de leur moitié. Et c’est un réflexe tellement naturel, il n’y a même pas à y penser que les mains se joignent d’elles-mêmes. C’est rassurant d’avoir la main de l’autre dans la sienne.
Et puis c’est un bon moyen d’annoncer au monde que la personne est prise alors pas touche. Même si cela ne prévient pas des coups d’oeil insistants. On ne peut pas tout avoir et puis, est-ce qu’il est vraiment possible de reprocher à certains de regarder, justement ? Grande question. Mais on dira oui quand même, puisque l’homme voudrait être le seul à faire cela. Passons. Ils vont où ils vont, leur marche semble même les conduire plutôt aux extrémités de la ville, si ce n’est pas d’ors et déjà en dehors, dans une ville environnante. Finn n’en a, personnellement, cure. Et même s’il s’en souciait, ce serait peine perdue pour s’y retrouver. Du moment qu’on le laisse parler tranquillement, tout lui va. Il serait probablement l’homme le plus malheureux du monde s’il était muet, celui-là. Ou presque, parce qu’il lui resterait son amoureuse, ce ne serait pas si moche et ce serait même encore vivable.

En marchant lui vient donc sa réflexion sur les surnoms, dont il fait part à voix haute à la jeune femme à ses côtés. En soi, l’appeler « chérie » ne le gênerait pas. Dans le sens où il sent très bien qu’il pourrait sortir le mot sans se mettre à bafouiller. Pas comme lorsqu’il est question de dire « je t’aime », où les mots se coincent dans sa gorge et où il se sent gêné au possible – et quel étrange sentiment que la gêne, vraiment. C’est juste que. Aiko l’utilise déjà. Et lui se borne à l’appeler par son prénom – très joli soit dit en passant, la question n’est pas là – comme… Comme tout le monde.
Et c’est bien là le problème. Enfin le premier problème. Le second problème, qui découle du premier, est que même quelques mois après, le contractant ne voit toujours pas le principe des surnoms. Il a des difficultés là où les autres n’en n’ont pas. Cela étant, il vient donc de décider, sur un coup de tête, de tenter sa chance aussi. Mais avec sa question, même lui s’en rend compte – malheureusement après l’avoir posée à voix haute – ça fait tout de suite moins naturel. Tant pis.

- Tu peux ?

Evidemment. Le Baskerville tirerait bien la langue à sa compagne juste parce que, mais se contient. A la place il réplique :

- Je prends ça pour un oui, chérie.

Eh bien, c’est étrange à dire. Mais pas aussi étrange qu’il aurait pu penser que cela le serait. Mais bizarre quand même. Il pourrait débattre là-dessus pour la journée, alors l’incident est clos. Un jour, il y arrivera. Un jour. Ou peut-être qu’il devrait se mettre à lire tout un tas de ces livres pour jeunes femmes qui parlent d’histoires d’amour, une feuille et un crayon à la main pour noter tous les surnoms employés et s’instruire ainsi. Sauf que ce monde, celui des livres de ce genre, l’effraie au plus haut point. Il en a déjà vu plusieurs se mettre à glousser en lisant ces trucs. Et si une femme glousse devant un livre, c’est qu’il y a dedans un truc que les hommes ne peuvent pas comprendre. Chose qu’il n’a pas envie de découvrir. Pour une fois dans sa vie, il en viendrait presque à regretter de ne pas avoir d’amie femme proche. Du moins, d’amie autre que son amoureuse qui remplit tellement de rôles en plus de celui-là. Tant pis.

Aiko vient par la suite trouver les lèvres de Finn, qui l’accueille volontiers dans ses bras, la gardant même un peu contre lui alors qu’elle a déjà mis fin au baiser. Il ne tarde cependant pas trop et la relâche lorsqu’elle lui explique le pourquoi du comment elle aimerait qu’ils se rendent dans le premier café qui passera. Les guidant ensuite – elle connait vraiment cet endroit ou est-ce qu’elle est juste douée d’un sens de l’orientation hors normes ? Ou encore d’une sacré chance – vers un café, elle les installe dehors, sur la terrasse. Et là, ce n’est pas un homme qui les sert mais une jeune femme blonde. Ah, ça c’est l’occasion parfaite pour ignorer la présence d’une autre jolie femelle à proximité et montrer à Aiko qu’il est un garçon sage – du moins là-dessus. L’intention sera peut-être appréciée ou, à défaut, la fera au moins sourire. Du coup, mis à part en commandant – politesse oblige – il n’accorde pas d’attention à la jeune serveuse. A dire vrai il l’aurait déjà fait sans avoir à y penser, il fait juste attention à n’envoyer aucun étrange signal en direction de la femme. Pas comme Aiko avait pu faire avec ce serveur, l’autre jour. C’était tellement vilain. Cependant, leur premier rendez-vous en amoureux n’est certainement pas le bon moment pour se venger de cette façon. Bah, comme s’il avait besoin de se venger, depuis le temps. Tiens, ils n’ont même pas encore ouvert les hostilités du jour. Pas encore étant les deux mots clés à retenir.

- Ma robe fait assez gentille fille, mais mes bottes font très mauvaise fille. Je suis quel genre de fille, chéri ?

Quel genre ? La question le fait sourire. Il lui dirait bien un genre à elle, mais c’est plus que ça. C’est carrément son genre à lui. Alors ça pour lui plaire, elle lui plait. Rien de nouveau sous le Soleil, mais le rappeler à Aiko de temps en temps est toujours plaisant. La manière qu’elle a de qualifier son accoutrement est assez amusante. Aux yeux du contractant, elle n’est ni une gentille ni une mauvaise fille. Un peu des deux, mélangé à d’autres choses, très certainement. Mais pas juste l’un ou l’autre.

- Tout à fait mon genre de femme – le mot est légèrement appuyé pour contrer le « fille » qu’elle a employé – et tu es sublime.

Et hop un compliment. Qu’il pense, bien sûr. Oh que oui il le pense. Le type à la table là-bas derrière, qu’elle ne peut pas voir mais qu’en revanche son copain peut voir, doit penser exactement comme ce dernier. Bas les pattes, monsieur l’inconnu. Elle est prise, ça se voit non ? Si la jolie rousse ne s’était pas penchée ensuite pour embrasser le brun, il l’aurait fait lui-même. Pour montrer au monsieur, justement. Mais puisqu’elle a pris l’initiative, il ne fait que suivre, en profitant pour placer une main sur sa joue qu’il caresse en même temps. Et puis, lorsque leur échange cesse, il fait glisser cette même main le long du bras de la jeune femme afin de lui prendre une main. Main qu’il ne lâche pas alors qu’elle se lève pour ensuite s’installer sur ses genoux, il ne la relâche que pour pouvoir la déposer sur le bas du dos de la jeune femme. Et la serveuse qui repasse pour déposer leurs commandes ? Complètement ignorée, la pauvre.

- Que font les gens amoureux ? Je n’ai pas d’expérience, tu le sais bien.

Que font les gens amoureux ? Eh bien… Probablement ce que eux deux sont déjà en train de faire non ? Ce qu’ils faisaient déjà avant parce qu’ils sont amoureux depuis un moment, même sans avoir voulu l’admettre. Il n’a absolument pas plus d’expérience qu’elle et… Au fond, cela ne le dérange pas plus que ça. Bien plus dérangeant est le fait qu’à vingt et un ans, il ne sache en réalité pas vraiment ce qui peut plaire aux femmes quand il s’agit d’entretenir une relation. Ou encore qu’il soit maladroit comme un adolescent quand il s’agit d’être en couple. Mais ne pas avoir d’expérience avec le fait d’être amoureux ? Nope, cela le dérange beaucoup moins. Déjà, il faut l’avouer, parce qu’Aiko n’en a pas non plus. Mais aussi parce qu’il est bien content d’apprendre avec elle. Et que, même sans expérience, il est bien capable de voir que c’est assez spécifique à chacun. Loin de lui l’idée de vouloir tenter avec une autre. Très loin de lui. Cependant, avec une autre, ce serait différent. Il accumule de l’expérience sur le cas Aiko Baskerville. Avec un peu de chance, un jour il deviendra un pro. Pour l’instant… Pour l’instant il sait plein de choses sur elle et en même temps ne sait rien. En fait, il sait probablement le plus important – son histoire, le fait qu’elle soit une Baskerville, ce genre de choses – mais en détail ? Hah. C’est stupide, mais il ne connait pas sa couleur préférée. Ni ses goûts en matière de livre ou même si elle aime les chats. Est-ce qu’elle les aime les chats ? Lui, non. Enfin, il n’aime à priori aucun animal et comme il dit toujours : il a déjà un Chain, c’est amplement suffisant. Bref, il y a une foule de petits détails parfaitement insignifiants de ce genre qu’il ne connait pas. Et auxquels il ne pourrait d’ailleurs même pas penser tant il y en a. Si elle aime les chats ? Eh bien il le saura le jour où ils en croiseront un tous les deux. Sa couleur préférée ? Pour l’instant, difficile à dire au vu de la variété de couleur qui compose sa garde-robe. En fait, vu qu’elle a une garde-robe plus que probablement plus importante que celle du contractant – on l’a déjà dit, il pourrait ne vivre avec rien sur le dos s’il n’y avait personne pour le réprimander et s’il ne faisait pas si bon sang de froid en hiver – il aura probablement plus de chances de trouver en se basant sur ce qu’il porte lui. Changer de couleur à chaque fois, en notant les remarques. Enfin, il le ferait si ce genre de question était sa priorité. Or ce n’est pas le cas et, dans les vingt prochaines secondes, il aura déjà oublié ce plan. Qui aurait pu être un bon plan, cela dit.
Tout cela soulève quand même un trait caractéristique des gens amoureux : ils veulent en savoir toujours plus sur l’autre. Oh, et ils s’embrassent, comme eux actuellement. Même qu’à nouveau, Finn la retient contre lui lorsqu’elle fait mine de s’enfuir – c’est qu’elle a vite fait aujourd’hui – et dépose un baiser sur sa joue. Et puis il décide que c’est le moment parfait pour commencer à embêter la jeune femme – elle finirait par s’ennuyer sinon – et rapproche alors sa bouche de son oreille pour y glisser quelques mots, d’un ton assez suggestif :

- Je n’ai pas plus d’expérience que toi, mais j’ai bien quelques idées.

Et hop, en parlant il glisse l’air de rien sa main libre le long d’une des cuisses de la jeune femme. Suite à cette taquinerie, il la laisse libre de regagner sa place. Ce qu’elle fait, tandis que son copain l’observe en souriant. Il serait bon qu’il donne une réponse un peu plus réfléchie à la question qu’elle a posée, néanmoins aucune ne lui vient dans l’instant. Mais il finira par en avoir, nul doute. En attendant il se contente de descendre une partie de la boisson qu’il a demandée. Et maintenant qu’il y pense, si Aiko avait faim, elle n’ira pas loin avec juste un jus de citron dans le ventre. Mais soit, c’est elle qui juge. Et puis pour l’instant elle semble en pleine réflexion, dont elle fait rapidement part :

- J’aime bien… T’aimer.

Elle lui a fait une remarque à laquelle il ne s’attend pas. Immanquablement, il rosit – oui, rosit – un peu à cause des derniers mots prononcés. Bon sang, cette fichue nouvelle manie marche même quand elle lui dit l’aimer de manière détournée. S’il n’était pas aussi bêtement heureux à chaque fois, il se lamenterait que sa vie est trop dure et que le sort s’acharne. Mais là, même lui ne peut s’y résoudre. Aiko lui enlève même l’envie de se plaindre juste pour se plaindre. D’être chiant, en somme.
Passons. Elle semble presque étonnée elle-même de ce qu’elle avance. Et il est vrai que le concept est étrange. Aimer aimer ? En un sens… Oui. Oui, forcément, c’est logique. Comment ne pas aimer aimer ? Peut-être si l’on est amoureux alors que l’autre fait souffrir ? Oui mais non. Si l’on reste amoureux, c’est que quelque part, on aime cela. On aime l’autre et on aime rester. L’être humain a un instinct, si l’autre est source de réels problèmes avec lesquels on ne peut pas vivre, alors on finit par partir. C’est tout. Alors aimer aimer, c’est assez logique. Et en même temps tellement étrange à réaliser.
Maintenant si Finn annonce à voix haute qu’il trouve cela normal, la phrase risque de sonner terriblement suffisant de sa part à cause du double sens induit. A la place, il dit simplement – rosissement inclus :

- Moi aussi.

Lui aussi aime l’aimer. Et à dire vrai, on pourrait même se demander s’il s’est battu contre ce fait ou celui de l’aimer tout court. Un peu des deux, puisqu’il faut combattre le mal à la racine comme on dit. Il ne se bat plus, la cause étant perdue. Parce que oui, il aime l’aimer. Il est mort de trouille mais il aime ça quand même. Et puis depuis le temps qu’ils traînent sérieusement ensemble tous les deux, il faut avouer que ses gardes s’endorment. L’autre fois, quand elle l’a confronté sur leurs sentiments, elles n’ont pas fait long feu. Le combat à peine engagé, il avait déjà décidé que quoi qu’il arrive et quoi qu’ils puissent se dire, il ne la quitterait pas. Et il ne l’a pas quittée. C’est drôle, parce qu’il a l’impression d’avancer à contre-courant ainsi. D’un côté sa tête qui lui dit que c’est mal, qu’il était mieux avant sans craindre l’avis de personne. Et d’un autre côté tout le reste qui crève d’envie de rester avec elle et qui, jusqu’à maintenant, a toujours gagné. On dit que l’homme fort est celui qui écoute son cœur – ou quelque chose dans ce genre-là – mais… Il s’agit plus de céder que d’écouter, pour l’instant. Enfin, c’est l’impression qu’il donne. Non pas que ses sentiments s’en retrouvent moins sincères, ce serait faux et archi-faux. Il faut juste, en plus de complètement accepter, cesser de se sentir en danger et de se faire pousser. Prendre les devants, peser le pour et le contre, prendre une décision, assumer et avancer. Ce qu’il fait est chaotique, mais il avance. Et c’est déjà ça. Est-ce que ce genre de réflexion a sa place dans un rendez-vous, autour de la table d’un café donc aucun des deux n’a pris la peine de regarder le nom ? Probablement pas. Alors au placard. Leur temps ensemble est trop précieux pour le dépenser en introspection. Il ouvre la bouche pour ajouter quelque chose :

- Je t’aime tout court d’ailleurs.

Et pour le coup il rougit bien comme il faut et tâche d’ignorer ce fait en prenant son verre pour en boire quelques gorgées. Malheureusement, il met un peu trop d’empressement à attraper le verre pour que cela paraisse vraiment naturel. C’est bien essayé. Ok, plan B après le verre, changer de sujet.

- Tu veux aller quelque part en particulier ?

Rapport entre ce sujet et le précédent : zéro. Et en plus, c’est lui qui a proposé un rendez-vous à la base. Bref, la diversion est boiteuse, si ce n’est amputée de ses deux jambes directement.
En proposant cette histoire de rendez-vous, il n’avait pas l’intention de faire de ce jour un jour absolument mémorable, bien qu’il se souvienne pour sa part, au moins un peu, de chacune des fois où ils ont passé plus de cinq minutes ensemble. Non, il est juste question de quelque chose de banal au possible : juste un couple amoureux qui se réunit. Dans un cadre tout aussi banal : la capitale du pays. Evidemment plus rien n’est banal quand la jolie rousse est là puisque le fait d’être avec elle est, en soi, quelque chose d’hors du commun pour le Baskerville. Pour lui, mais pas pour le reste du monde. Et c’est là que se joue la banalité. Se croiser en mission est loin d’être un fait lambda pour tout le monde, à part peut-être pour eux. En revanche, un rendez-vous est tout le contraire. Qui devinerait que ces deux-là, assis l’un en face de l’autre à se regarder régulièrement avec une tendresse dont ils ne doivent même pas se rendre compte, passent leur vie à se battre et ont en réalité peu de moments comme cela, à deux ? Personne. Jusque-là finalement, l’objectif principal est atteint.

Où est-ce qu’ils vont aller. Eh bien aucune idée. Toujours est-il que la diversion n’a pas tout à fait eu l’effet escompté, le brun est encore légèrement rouge. Il rougit même quand il dit l’aimer alors qu’elle n’est pas là. Bon ok il ne l’a pas encore dit lorsqu’elle n’était pas là. Mais quand il y pense sérieusement, tout seul, et que la réalisation le frappe d’un coup, il le sent bien. S’il ouvrait la bouche pour dire ce qu’il pense à quelqu’un à ce moment-là, ce serait le retour de la tomate assuré. Aiko tire toutes ces réactions de lui sans même essayer et sans qu’il ne puisse y faire quoi que ce soit.
Est-il trop tôt pour dire qu’il n’aimera jamais personne comme il l’aime ? Et si oui, quand est-ce que ce sera le bon moment ? Une fois perdue ? Hah, mais il ne veut pas la perdre. Alors il ne pourra jamais affirmer qu’il n’aimera personne d’autre comme il l’aime. Enfin si, chaque jour que dure leur relation, il peut le dire pour le jour d’avant. Jusqu’à hier, il n’a jamais aimé personne comme il l’aime. Et demain, cette phrase sera valable pour aujourd’hui. Et si c’est niais, on accusera encore une fois le coupable tout trouvé qu’est l’amour. C’est une excuse magique qui marche à chaque fois.
Passons. Une fois sa couleur normale retrouvée, après encore un instant, le Baskerville peut enfin assumer de regarder sa copine dans les yeux.

- Il faut que je travaille sur cette histoire de rougissement.

Oh que oui. Imaginez un peu le jour où il devra lui dire qu’il l’aime devant d’autres gens. A tout hasard, des membres du clan, pour une raison X ou Y. Ce sera la honte, pour la première fois de sa vie – et c’est à peine exagéré. En revanche, Aiko peut continuer à rougir, parce que c’est mignon et adorable et qu’il aime lorsqu’elle est mignonne et adorable. Bon certes il aime lorsqu’elle est à peu près tout sauf en colère contre lui – et triste et blessée et tous ces trucs-là. Ce qui, fort heureusement, n’est pas arrivé trop souvent jusqu’à aujourd’hui. On l’a déjà dit, mais en réalité, une Aiko en colère contre lui s’il ne l’est pas lui-même contre elle, c’est effrayant. Les femmes sont capables de faire des trucs étranges que les hommes ne voient pas venir. L’inconnu, ça fait peur n’est-ce pas ?

Accélérons un peu les choses. Une fois les consommations terminées, Finn laisse de quoi payer pour tous les deux. Et si Aiko proteste ? Il n’a rien entendu. Affaire réglée. Ils peuvent se lever et reprendre leur route ensemble. Pas tout à fait main dans la main, parce que Finn, décidé à continuer ce qu’il a commencé plus tôt – à savoir embêter Aiko, hobby en passe de devenir passion –, profite de leur nouvelle station debout pour chatouiller les côtes de la jeune femme en passant à côté d’elle, d’une main et l’air de rien. Chahuter aussi c’est un truc de couple amoureux, non ? Il finira peut-être par se prendre des coups avec ça, mais pour ne pas changer : ça vaudra le coup. Sans mauvais jeu de mot. L’avertissement de la jeune femme comme quoi le Baskerville avait tout intérêt à ne plus jamais la chatouiller, dit la dernière fois, est tombé dans l’oreille d’un sourd.
L’homme ne fait pas beaucoup de pas avant de s’arrêter une fois son méfait commis. Parce que quand même, la main dans la sienne lui manque, alors il se tourne vers la jolie rousse et une remarque lui vient spontanément :

- J’aime bien comment tu es coiffée aujourd’hui.

A croire qu’il ne le remarque que maintenant alors qu’en fait, c’est surtout la remarque qui ne lui vient que maintenant. Il irait bien faire un câlin à la Baskerville, sauf que ses mains risquent de mal se comporter et d’encore la chatouiller. Parce qu’il est évident qu’il n’est pas coupable et que ce sont ses mains, de leur volonté propre, qui font ça. Lui il est gentil, adorable, pas contrariant pour un sous et très sage, non ? Si seulement.


[Hrp : C'est long, nul et chiant ;-;.]
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   7th Août 2013, 14:26



» The more you love, the more love you have to give. It’s the only feeling we have which is infinite.

L’échange d’un regard, le partage d’un baiser ainsi que d’une étreinte, la volupté d’un corps pressé contre le notre, la sensualité d’un regard, l’attendrissement d’une personne, la douceur des mains, des yeux, des lèvres, d’un tout enjôleur ; le coup de foudre, je pense bien que c’est le nom qu’on donne à ce qu’Aiko s’entête à nommer une attraction humaine, éphémère et immédiate. Les sentiments sont tout un art qu’il ne suffit malheureusement pas d’avoir étudié pour comprendre. On cherche à ressentir, toujours, quelque chose de bien spécifique, et bien souvent, c’est le sentiment opposé qui nous incombe, qui nous alourdit et nous freine dans notre ascension du savoir et de l’expérience. Étrangement, les adolescents ressentent une soudaine et irrépressible envie d’aimer. Mais quel bien trouvent-ils à aimer ? Aiko a toujours pensé qu’ils étaient bien sots de penser qu’un sentiment pareil pouvait exister. Aiko le pensait encore il y a quelques temps. Mais Aiko a fait l’heureuse rencontre de Finn et a partagé avec plus, plus d’une phrase ou d’une confession, de la complicité et de la malice, de la joie et des rires, de la légèreté et de la simplicité. Ce n’est qu’après que le coté tactile de leur relation a pris le dessus, bien que pour une journée seulement, sur tout l’aspect philosophique, romantique et même poétique de leur relation qui, jusque là, devait plus se résumer à de l’amitié qu’à autre chose. Cependant, après avoir échangé des regards fiévreux, des baisers exaltés, des caresses passionnées et des mots éloquents. Leurs étreintes se firent nombreuses en ce fameux et premier jour – premier dans tous les sens, car ce fut la première fois à tous les deux, la première fois qu’ils échangèrent plus que des politesses et des mots, la première fois qu’ils se sont regardés de façon autre qu’amicale, autre que neutre, de façon significative, première fois aussi et surtout qu’ils ne firent plus qu’un, non pas seulement physiquement, mais bien plus, bien au-delà de ce que peut concevoir un quelconque esprit rien qu’en lisant ces quelques lignes – tandis que les mots se firent bien rares. Mais ce fut la seule fois, d’après Aiko du moins, que le physique passa avant le reste. Certes, depuis, ils ne se privaient plus des baisers et des caresses, des relations charnelles, mais cela n’empêchait qu’ils n’ont jamais été qu’amants, l’un pour l’autre. Encore une fois, c’est ce que pensait Aiko, car bien qu’elle ne tomba pas amoureuse de Finn dès le premier regard échangé, dès le premier baiser échangé, elle ressentit toujours un petit quelque chose pour lui qui le mettait sur un piédestal bien haut par rapport aux conquêtes de la jeune femme. Déjà, elle le respectait. Ensuite, elle l’affectionnait. Après cela, elle l’admirait. Autant de choses qu’elle n’éprouvait pas pour les autres hommes, autant de choses qu’elle avait du mal à s’avouer  à cette époque et autant de choses dont elle ne fera guère part à l’homme qui est, aujourd’hui, en plus d’être son copain, son amoureux.
Amoureux. Alors, réellement, Aiko était amoureuse de lui ? Elle s’en était rendue compte l’autre fois, mais plus elle y réfléchissait, plus elle se disait qu’elle savait depuis un peu plus longtemps que ça qu’elle était tombée amoureuse de Finn. Elle ne désirait simplement pas se l’avouer. Bon, plus tôt que cela encore, elle avait vraiment des blancs et, par la même occasion, un mal fou à compléter les phrases composant ses pensées.
Finn était son premier, son seul, elle n’en doutait même pas. Aussi, peut-être par manque d’expérience, la jeune femme avait, cependant, une façon particulière de décrire l’amour, le fait d’aimer ainsi que le fait d’être amoureux.
Une nuée d’étincelles, un nuage de feux rougeoyants, un voile d’idylle, une mer de quiétude et de sérénité, un abysse de mystère ; l’amour n’est-il pas, au fond, que des multitudes de mots et d’adjectifs dont le sens échappe encore à certaines personnes ? Il est ici question du sentiment en lui-même, mais nous omettons souvent de préciser à quel point aimer et être amoureux est différent. Non pas seulement parce qu’il est plus facile d’aimer que de tomber amoureux, qu’il est possible d’aimer un proche là où en tomber amoureux s’avère un peu plus complexe. On peut aimer et, par la suite, tomber amoureux.
Aiko aimait Finn depuis un moment déjà. Pourtant, elle n’en était pas tombée amoureuse depuis tout aussi longtemps. Parfois, elle essaye de comprendre. Parfois, elle se demande quand exactement la magie a opéré. Pourtant, elle préfère laisser ce genre de réflexions à quelqu’un d’autre, à quelqu’un qui n’est pas occupé à, justement, aimer.
C’est magique, féerique. Et la magie ainsi que la féerie ne s’explique ni avec des chiffres, ni avec des lettres ; seulement avec de l’espoir, des sourires, de la joie et de la simplicité. Oh oui, surtout la simplicité naïve dont font preuves les plus jeunes.

La jalousie maladive d’Aiko devenait insupportable, voire invivable pour la jeune femme. Elle détesterait qu’on approche son copain, haïrait la femme qui oserait le lui voler, exécrerait l’homme qui pourrait le blesser – physiquement tout comme mentalement – et serait prête à ôter la vue à la moindre ingénue osant un peu trop regarder Finn. Mais bien sûr, lorsqu’elle marchait près de lui, elle ne portait pas même un mauvais regard sur les passantes. Pas même celles détentrices d’une chevelure charmeuse, d’un regard de divinité grecque et d’une langue de vipère qui insistaient un peu trop à contempler son homme. Pour différentes raisons, mais certainement pas parce que j’étais une femme et, qu’en conséquences, je n’avais pas à me faire repérer.
Ce n’est pas parce qu’une période – voir des décennies, des siècles – est connue pour avoir été dégradante pour la femme que nulle personne de la gente féminine se s’est rebellée. Et sérieusement, Aiko pourrait être décrite de bien des choses, mais certainement pas – réellement pas – de soumise.
Elle n’allait cependant pas en vouloir aux autres femmes de l’envier, de trouver Finn beau, charmant et sexy. Elle ne pouvait leur en vouloir d’avoir de bons yeux, ne pouvait leur en vouloir d’avoir de bons goûts et ne pouvait leur en vouloir de jalouser leur couple. Cependant, elle pouvait leur en vouloir – et elle leur en voudrait – d’essayer de briser leur couple. Ils n’étaient déjà pas très doués alors bon, la jeune femme se passerait bien des mesquineries des autres, hommes ou femmes.

La réponse de Finn la fit sourire. Il employait ce surnom à la perfection. Aiko serait bien en peine de dire quelle intonation exacte il prenait lorsqu’il l’utilisait, mais ce « chérie » sonnait diablement juste aux oreilles de la femme.
Il avait bien raison de prendre cela pour un oui. Elle ne pourrait rien lui refuser. Enfin, le « rien » avait des limites aussi.
Vint ensuite un court baiser échangé entre eux deux et un joli brun qui garde sa copine jalousement contre lui avant de la relâcher pour l’accompagner sur la terrasse.
Et la blonde fit son apparition.
Grande et élancée, mignonne et jolie à la fois, cette serveuse avait tout pour plaire. Du moins, physiquement, Aiko ne trouvait rien à redire – pas qu’elle chercha cela dit. Elle posa son regard sur son copain, impatiente de savoir comment il allait réagir.
Pas un regard de trop, pas un mot de plus que le strict nécessaire, par un réflexe ; un tressautement de musclé, un mordillement de lèvre, non, rien. Sa copine afficha un sourire amusé tandis que le souvenir de la sortie avec Sora, l’autre fois, lui revient à l’esprit. Elle ne s’était pas gênée de draguer ouvertement le beau serveur – et de le rembarrer tout aussi ouvertement une poignée de minutes plus tard. Pourquoi Finn ne se vengeait-il pas, au juste ? Parce qu’en tant que première sortie, il devait bien se tenir ? Ou peut-être parce que tandis que les hommes rendent leurs campagnes jalouses d’autres femmes, un bon homme rend les autres femmes jalouses de sa campagne. Et Finn est quelqu’un de bien, Aiko a eu tout le loisir de le remarquer. N’empêche…

« Tu as le droit de la regarder, c’est vraiment une belle femme. Bon, je te ferai la tête quelques minutes, mais bon. »

Elle rit joyeusement en se reprenant mentalement ; mais bon ? Quelques minutes de bouderie restaient quelques minutes de moins à être heureuse avec Finn. Et le bonheur est bien trop éphémère pour en plus le raccourcir. Elle ne se corrigea cependant pas de vive voix, laissant le brun relever cette erreur de syntaxe, l’ignorer ou n’y faire point attention.
Vint ensuite l’étrange question de la jeune femme. Question ayant relevé les commissures des lèvres de Finn en un sourire.
Son genre de fille. Ah non, de femme. Et le compliment « sublime » en prime. Aiko leva ostentatoirement les yeux au ciel, ne retenant pas son sourire alors que de très – très j’ai dis – légères rougeurs teintèrent ses joues.
Elle avait dix-huit ans, d’après sa vision des choses, elle n’avait encore rien d’une femme. Mais Finn la voyait plus qu’elle ne se voyait elle-même, la cernait plus qu’elle ne se cernait elle-même, la jugeait avec nettement plus d’objectivité qu’elle ne pourrait jamais témoigner pour se juger elle-même, la perçait bien mieux que les rayons du soleil perçaient les nuages et la connaissait bien mieux qu’elle ne connaissait elle-même le répertoire des lames de toutes sortes.
La jeune brun pensait peut-être ne pas très bien connaître Aiko. Mais c’était faux. Il la connaissait réellement bien, aux exceptions de quelques questions futiles qui forment un petit tout auxquelles il n’a pas encore réponse. Auxquelles il n’aura peut-être jamais réponse. Aiko préservera son coté mystérieux, après tout. Mais en fait, ce qu’elle entendait par là était surtout le fait qu’il en savait d’avantage qu’il ne pensait ; elle pourrait lui poser une question, là tout de suite, à laquelle il répondrait sans même se douter qu’il y possédait la réponse. Un exemple ? Je n’en ai pas, la jeune femme ayant cessé d’y penser pour aller embrasser Finn qui lui caressa par la suite la joue en allant saisir sa main. Tout en se relevant pour aller vers lui, elle lui murmura quelques mots, les laissent se faire bercer puis emporter par le vent :

« Je suis arrogante, têtue, capricieuse et fugitive, tout à fait le genre d’un homme patient, jalousement protecteur et… Mature. Sublime couple que nous formons ! »

Elle afficha un large sourire en allant se positionner sur ses genoux.
Que font les gens amoureux. Bonne question. Ils restent ensemble, regards liés, doigts entrelacés, âmes étreintes et esprits fusionnés. Ils sont là, ne peuvent plus être indissociables, planent au-dessus du reste ou s’enfonce là où on ne les trouvera pas ; ensemble, ils s’isolent. Le « nous » existe, le « moi, tu, il » ou encore « elle » cessa du subsister. Ils atteignent les cieux sans ailes, trouvent les abysses marines sans nageoires, voient le bonheur avec leur cœur unique et sentent la fièvre de la passion comme l’on sent la soie glisser sur nos peaux.
L’être humain ne peut accorder de l’attention à tout ce qui l’entoure. En outre, sa vie n’est qu’une succession de choix, ceux-ci prenant fin avec la mort de l’individu. Lorsqu’Aiko embrassait Finn, elle ne pouvait sentir l’air frais qui était pourtant bien là, bel et bien présent, soufflant et s’introduisant sous sa souple chevelure. Lorsque Finn lui faisait l’amour, elle ne pouvait se préoccuper de la texture du matelas, de la douceur des couvertures et draps.
Question de priorités.
Les gens amoureux se contentent d’exister, de vivre côte-à-côte, de contribuer au bonheur commun, de croire au présent, de relativiser le passé et les obstacles, de ne point entièrement omettre un hypothétique futur à deux.
Mais était-ce le temps de philosopher ? Si Finn avait posé la question à Aiko, cette-dernière l’aurait éludée, trouvant inutile d’y réfléchir d’avantage. Ils n’avaient de toute façon pas à faire comme tout le monde. Jusque là, l’originalité a été maîtresse de l’évolution de leur relation, alors pourquoi ne pourrait-elle continuer de l’être ? Encore un peu, le temps d’avoir quelques repères, des marques ; le temps de s’habituer à cette situation et de se dire que ce n’est pas un rêve, que ça existe, mais que c’est fragile, que ça risque de s’effondrer ; que ça peut être éphémère, mais aussi que ça peut être… éternel. Une vision des choses que Finn ne pouvait concevoir, lui qui avait déjà sous-entendue à Aiko que le « toujours » ne faisait que rarement partie de son vocabulaire et surtout de ses discussions sérieuses.

La jeune femme s’apprêtait à se redresser lorsque Finn la retint pour lui embrasser la joue. Elle lui sourit doucement en se demandant ce que signifiait ce silence alors qu’elle alla doucement l’enlacer, jugeant que l’étreinte n’a, tout compte fait, pas assez duré.
La bouche du brun trouva facilement l’oreille d’Aiko et sa voix s’y faufila naturellement, les paroles choisies avec soin, le sens très éloquent. Elle s’apprêtait à lui susurrer, à son tour, une pique lorsqu’il agit. Et c’est qu’il agit efficacement en plus ! Sa main se glissa le long d’un des cuisses d’une Aiko se voyant rougir immédiatement, prise de court qui plus est. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il accompagne ses mots d’un quelconque geste… Non mais sérieusement, ce n’est pas très saint tout ça.
Il savait, n’est-ce pas ? Il savait parfaitement que la vengeance de la rousse sera plus que terrible. Elle se contenta cependant de l’embrasser fiévreusement, manquant de faire basculer la chaise. En se séparant de lui, elle fit passer sa langue sur ses lèvres avec un sourire perpétuel en disant long sur ce qu’elle allait bien pouvoir lui faire subir – ce qu’elle ignorait encore, mais avec pareil regard et pareil sourire, Finn pouvait dors et déjà s’attendre au pire. Elle ne l’avait pas embrassé très proprement en plus. Tant pis pour lui, na.
Elle se releva – là encore, tant pis pour lui – et elle sentit autant le regard que le sourire de l’homme sur elle. Lorsqu’elle se rassit, elle se mit à réfléchir. Et sérieusement.
Avant de sortir à Finn qu’elle aimait l’aimer. Sublime, disait-il ? Surtout bizarre, philosophique et légèrement – beaucoup trop – dérangée la petite.

Les jours de son copain virent vers le rouge et la jeune femme ne put contenir son amusement. Rien qu’évoquer le fait de l’aimer, sans pour autant utiliser le deuxième pronom personne, réussissait à le faire rougir ? Mais c’est que voilà une arme dont elle abuserait joyeusement. Mais le fait de l’aimer ne pouvait être une arme contre Finn. C’était beaucoup trop sérieux, beaucoup trop sincère et profond pour qu’elle se permette de le lui sortir à chaque fois qu’elle avait envie de se venger de lui.
Bien sûr, ce qu’elle vient de lui sortir n’a strictement aucun rapport avec la vengeance qu’elle lui concocte encore.
D’autant plus qu’avec certaines tournures, ça pouvait la faire rougir elle-même. Après un instant d’étonnement et de réflexion, elle posa son coude sur la table et son menton contre sa paume ouverte, mordillant son auriculaire avec une pointe d’amusement.
Son copain, elle l’adorait, elle l’aimait, elle en était amoureuse, elle en était folle, elle en était éperdument éprise. Mais tout cela, il le saurait en temps voulu. Et pas tout d’un coup, ça pourrait lui faire peur – surtout que ça réussissait même à effrayer la jeune femme alors hein.
Parlons donc de la réflexion de la Baskerville. Le concept d’aimer quelqu’un ne pouvait qu’être aimé, non ? Parce qu’aimer quelqu’un est, en soi, quelque chose d’assez bien. De très bien même. Quand c’est réciproque. Parce que bien souvent, en aimant, on souffre. Soit parce que la personne concernée l’ignore ; la voir agir avec nous comme elle agit avec les autres tandis qu’on agit avec elle avec attention et amour est dur à vivre tout comme le fait d’ignorer qu’on l’aime revient à ignorer qu’on jalouse toutes les personnes séductrices et enjôleuses qui l’approchent d’un peu trop près. Soit aussi parce que l’amour n’est tout bonnement pas réciproque. Et dans ce cas-là, nul besoin de vous préciser le pourquoi du comment, aimer une personne qui ne nous aime pas nous rebuse et nous fait réellement souffrir.
Donc voilà, en somme, on peut ne pas aimer aimer. On peut détester aimer. On peut nous détester d’aimer la mauvaise personne. Tout est question du choix de la personne. Car, on aura beau dire, c’est bel et bien nous qui choisissons la personne aimée et non le cœur ou je ne sais quelle autre bêtise comme quoi c’est l’âme ou le Destin – et encore, la théorie du Destin tenait la route aux yeux d’Aiko.
Aiko n’aimait pas aimer ; elle aimait aimer Finn.
Lui… Aussi. Elle sourit face à sa réponse, ignora – quelle bonne foi – ses légères rougeurs et alla l’embrasse, sagement cette fois-ci, bien qu’approfondissant tout de même le baiser, goûtant à la langue de son bel ami.
Ce qu’il ajoute ensuite réussit à faire rougir Aiko qui ne tenta même pas de le cacher, fière de ces rougeurs. Pour une fois hein.
Elle avait bien sûr ramena ses bras le long de son corps et en étendait désormais un pour caresser la mâchoire du brun après qu’il ait attrapé son verre un peu trop… Précipitamment.
Ah, une perche.
Il changea de sujet.
Ah, une deuxième perche.

« Si c’est pour que je ne remarque pas tes rougeurs, chéri, c’est raté. Totalement même. »

Elle rit doucement en se souvenant de la pique qu’elle voulait lui lancer tout à l’heure déjà. Bah.
Elle finit le contenu de son verre en deux gorgées à peine et se contenta de sourire lorsque le regard de son copain trouva le sien alors qu’il s’attelait à dire qu’il travaillerait sur ces rougissements.
Oh non, surtout pas.
Elle ne lui dit cependant rien, sachant que quoi qu’il fasse, il continuerait de rougir. L’instinct féminin, disons-le ainsi. C’est magique ce truc, nul besoin de trop expliquer, de trop argumenter, d’un peu trop, aussi, dire n’importe quoi.
Elle se relave ensuite, allant s’accroupir près de la chaise du brun, appuyant ses bras sur ses cuisses en tenant son propre visage entre ses deux mains, souriant et ignorant tout ce que cette position sous-entendait. D’ailleurs…

« Que penserait la blonde si elle me surprend dans cette position ? »

Beaucoup de choses. Beaucoup trop de choses, non pas humiliantes, ais juste gênantes. Et assez drôles, d’un point de vue objectif tout comme subjectif.
Elle s’appuya sur les cuisses musclées du brun et alla l’embrasser doucement, se disant intérieurement que mieux valait placer la pique là, tout de suite.
Pourtant, encore une fois, elle se retint. Ce n’était pas vraiment le bon moment. Elle revint sagement à sa place et alla voire un peu du contenu du verre de Finn avant de hausser les épaules, comme quoi son jus était dix fois mieux.
Gamineuuuuh.

Lorsque son copain eut fini, elle se releva et ne protesta étrangement pas lorsqu’il paya.
Elle lui revaudrait bien, question de temps, elle n’en doutait pas un instant.
En se remettant à marcher, la jeune femme a tôt fait de constater que le brun était bien décidé à l’embêter aujourd’hui, vu qu’une de ses mains un peu trop baladeuses – mais bon Dieu ce qu’elle adorait ça – alla trouver ses côtes pour la chatouiller. Elle s’arrêta net en riant doucement, se dégageant doucement de l’étreinte du brun. Heureusement qu’il arrête bien évite, la jeune femme n’aime pas trop rire.
Faux.
Elle n’aimait pas. Désormais, ça lui plait assez. Ça lui plait même vraiment car, sans qu’il n’ait à le dire, elle savait parfaitement que Finn aimait ça.
Peut-être autant qu’elle-même aimait son rire. C’est un truc de n’amoureux, cherchez pas.
Bon moment – moment opportun même – pour placer sa fameuse pique qui commençait à perdre de son sens tellement Aiko se l’était répétée :

« Des Baskerville amoureux, c’est très très imaginatifs, nan ? Un jour, je te montrerai tout ce que je sais faire d'autre qu’embrasser avec ma bouche, Finn. »

Rougira-t-il, ne rougira-t-il pas ? Bonne question.
Elle lui lança un sourire entièrement charmeur avant d’aller se coller brusquement à lui, profitant d’un long et fougueux baiser pour glisser ses mains toujours aussi froides sur le torse de l’homme, en-dessous de son haut et sans la moindre pudeur. En plein milieu d’une rue pas très habitée visiblement, la bouche de la jeune femme alla vers le cou de son copain, descendit sur le haut de son torse et s’arrêta finalement.
Un jour, elle lui montrera ce qu’elle sait faire d’autre que tout avec sa bouche.
Comme par exemple ne se servir qu’exclusivement d’elle, autant pour embrasser, pour caresser que pour enjôler. Tout quoi. Et sans sous-entendus malvenus, bien sûr.

Elle s’éloigna de lui en lui tirant la langue d’un air gamin avant d’ajouter, comme pour achever son coup, un simple « moi aussi je t’aime ». Rougira-t-il, ne rougira-t-il pas ? Rougira !
La jeune femme alla retrouver la main de son copain de la sienne et laissa son regard se teinter d’étonnement lorsqu’il fit une remarque sur ses cheveux. Elle leva les yeux au ciel, légèrement gênée sans pour autant qu’elle n’ait rougi, effleurant de ses doigts libres quelques unes de ses mèches – réflexe – en murmurant un « merci ».
Bon, et dans tout ça, quel endroit voulait-elle visiter, la jeune Baskerville ?
Elle n’en savait rien. Alors elle se mit à marcher en disant au brun qu’ils finiront par avoir une illumination.

Et l’illumination s’imposa à eux parce que l’orphelinat se dessina devant eux. Aiko s’arrêta devant et lâcha la main de Finn après lui avoir embrassé la joue.
Elle franchit la portail en le poussant et s’adossa à un mur un instant, contemplant les enfants ainsi que la jeune femme les surveillant de loin. Deux petits garçons vinrent vers la Baskerville et, étrangement, l’un d’entre eux sembla avoir repéré les lames car il tenta de s’en saisir. Aiko eut le bon réflexe en s’accroupissant, les regardant avec amusement avant de commencer à leur parler, à sourire, à rire…

Les enfants sont une sorte de lumière bien sombre. Ils peuvent être apporteurs de bonheur ou de malheur, de larmes ou d’éclats de rires. Ce sont ces graines que l’on achète au marché sans savoir d’où elles sont tirées. Ces mêmes graines que l’on arrose tous les jours et que l’on couvre d’amour et d’attention pour ne voir que des jours plus tard – des années pour les enfants – si ce sera un arbre fruitier, un rosier peut-être, voire même une mauvaise plante.
Les enfants sont le bonheur de tous les parents.
Les enfants devraient être le bonheur de tous les enfants.
Aiko n’avait jamais su ce qu’elle ressentait pour eux, mais à la voir ainsi, c’en était à se demander si elle n’était pas mère.
Finn ? La jeune femme ne l’oublia pas, mais pour le coup, elle refusa de ne serait-ce que le regarder. Son avis comptait énormément pour elle et elle n’était pas certaine de vouloir connaitre sa vision sur les enfants. À vrai dire, elle n’était surtout pas certaine de vouloir connaitre son point de vue sur elle et les enfants.
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   15th Août 2013, 12:16

[Hrp : Ce post est tellement long que je mets ma note en haut. 5700 mots. Bonne lecture ._. – oui, c’est ça ma note.]

Même en amoureux dans un café, ils ne savent pas tout à fait se tenir correctement. Et ça, c’est un truc que Finn aime à propos de leur relation. Ils ne savent pas se tenir et alors ? C’est marrant et c’est comme ça qu’ils sont.

- Tu as le droit de la regarder, c’est vraiment une belle femme. Bon, je te ferai la tête quelques minutes, mais bon.

Piège repéré.
Mais en fait même sans ça, il ne se retournera pas pour observer la serveuse. Déjà parce qu’il n’en a pas envie, et ensuite parce qu’il ne pourrait pas renvoyer un sourire amusé à sa copine. Elle lui ferait la tête « quelques minutes » ? Bah tiens. Il le paierait encore ce soir, oui – en plus elle n’a pas le droit de faire la tête pendant leur premier rendez-vous, ce serait trop méchant. C’est vrai qu’il pourrait se venger de la dernière fois et elle peut être sûre qu’il le fera – ce ne serait pas drôle sinon. Cependant rien ne l’oblige à se venger de la même façon que celle qu’elle a pu employer pour le rendre jaloux.
Bref. Tout ça pour dire que même s’il a fait consciemment attention à bien se comporter ici, il l’aurait de toute façon plus que probablement fait naturellement. Pourquoi ? Et pourquoi pas. Il fait ce qu’il veut et si ce qu’il veut c’est être sage, qu’il le soit. Il y a des fois où il ne faut pas chercher à comprendre de manière rationnelle ou à invoquer des raisons là où il n’y en a pas. Souvent, en fait. Il dit et fait ce qui lui passe par la tête, voilà tout.

- J’ai pas envie que tu me fasses la tête. En plus, je ne suis capable de regarder qu’une seule belle femme à la fois.

Encore un compliment ? On dirait bien que oui. Ils sont tous sincères, mais il faut bien avouer qu’il s’amuse aussi beaucoup à tenter d’en placer partout. Juste pour voir ce que ça va faire. Il ne cherche pas à s’en cacher et ne peut pas résister à l’envie d’ajouter :

- Enfin, je me vengerai quand même du coup du serveur.

Quand n’est qu’une question peu importante. Comment est déjà plus intéressant, mais pas plus d’actualité pour le moment. Après tout, s’ils sont encore ensemble demain, puis après demain et ainsi de suite, il a tout le temps qu’il veut pour ça et pour tous leurs autres jeux. Et puis, rendre l’autre jaloux, c’est amusant, mais il ne faudrait peut-être pas en abuser. Du moins, lui sait qu’il y a une ligne qu’Aiko ne doit pas franchir, mais elle doit en avoir conscience aussi. La ligne est même plus facile à atteindre quand il s’agit de Sora, uniquement parce que Finn sait que la jeune femme a une certaine affection pour lui. Et ça, dans sa tête d’homme amoureux, c’est bien plus dangereux qu’un filrt avec un inconnu. Ce qui n’est pas illogique, puisque dans le deuxième cas, ce ne serait probablement destiné qu’à énerver le Baskerville tandis que toute marque d’affection envoyée à Sora a de très grandes chances d’être authentique. Et, évidemment, qu’Aiko finisse par tomber amoureuse d’un autre serait un désastre. Bien entendu, Finn ne lui dira pas tout ça. Elle ne ferait que lui répliquer qu’il s’inquiète pour rien, parce qu’après tout Sora est un ami alors il n’y a aucune chance que ses sentiments se muent en amour un jour. Haha. N’est-ce pas ce qu’il s’est passé entre les deux Baskerville néanmoins ? Le raisonnement peut aller loin comme ça. Mieux vaut ne pas trop y penser alors. De toute façon, le jongleur n’est même pas dans le coin, alors la parenthèse à son sujet s’achève dès maintenant.

Suite à quoi, la jeune femme vient s’assoir sur les genoux de son copain.

- Je suis arrogante, têtue, capricieuse et fugitive, tout à fait le genre d’un homme patient, jalousement protecteur et… Mature. Sublime couple que nous formons !

Aiko a cette tendance à agir de manière considérée, selon les mœurs en cours, comme déplacée en publique. C’est vrai, à cette époque grimper ainsi comme elle le fait sur les genoux d’un homme dans un lieu tout à fait normal comme ce café – et par normal il est entendu ici qu’il ne s’agit ni d’un bar louche ni d’une maison close déguisée – est sacrément incorrect. Pour ne pas dire indécent, voire scandalisant s’ils se trouvaient dans un quelconque lieu fréquenté par la haute société – parce qu’ici, c’est plutôt le peuple, Monsieur et Madame tout-le-monde. Pourtant, elle ne le fait pas pour révolter qui que ce soit. Et Finn, de son côté, s’en fiche comme de sa première chemise – qu’il n’a plus et qui n’a pas duré longtemps parce que l’adoption de son style vestimentaire actuel coïncide avec le moment où sa poussée de croissance a décidé qu’il était temps et donc, oui, ça fait un petit moment qu’il a découvert que les chemises sont diablement pratiques. En fait, il n’a remarqué ce trait caractéristique chez elle que parce que d’autres hommes autour prennent ça comme une invitation. Que ce soit ses agissements ou ses vêtements, pas exactement dans les normes en terme de longueur non plus. Mais voilà, le brun ne l’a jamais trouvée vulgaire. Et pour cause, elle n’a jamais usé de ce genre de talents pour le mettre dans son lit avant qu’ils ne soient ensembles. Et maintenant ? Eh bien maintenant il ne s’en soucie pas plus. Si elle s’amuse à le séduire ainsi en jouant sur ses désirs, ça marchera, bien sûr, mais en soit ce fait ne le dérange pas. Ce sont les autres qui y réagissent, qui le dérangent. D’autres auraient pu ne pas accepter, mais… C’est partiellement qui elle est. Vouloir la changer, la pousser à renvoyer une autre image, ce n’est pas l’aimer. L’amour transforme déjà naturellement de toute façon.
Et puis Finn Baskerville n’a honte de rien et surtout pas des agissements de sa copine. En plus, lui, il aime quand elle vient sur ses genoux et ce n’est certainement pas le fait qu’ils soient au milieu d’autres êtres humains qui va l’empêcher d’en profiter. Non mais. C’est égoïste ? Rien de nouveau sous le Soleil donc, il reste fidèle à lui-même. Parce que oui, se ficher complètement du reste du monde, c’est égoïste. Sans devoir aller jusqu’à aider la veuve et l’orphelin, faire preuve d’un peu de considération pour son prochain est un minimum humain.
Mais niet. Soit il aime, soit il s’en fiche. Les gens qu’il déteste sont encore moins nombreux que ceux qu’il aime. En même temps, c’est vrai qu’il est difficile de détester qui que ce soit si on ne leur prête aucune attention. Quant aux ennemis, Pandora et compagnie là, eh bien… Les détester serait déjà trop leur prêter d’attention. Tuer, c’est nettement plus simple lorsqu’on ne voit pas la cible comme un être humain doté de sentiments, d’émotions et avec une histoire. C’est égoïste à nouveau et on vous renverra au début du paragraphe pour boucler la boucle.

Voilà donc, ils sont tous les deux l’un contre l’autre et peu importe le lieu, il n’y a que l’autre qui compte. Pour en revenir – ou en venir tout court en fait puisqu’il y a eu digression – aux paroles de la jeune femme et que l’homme a accueillies avec un sourire amusé, il y a matière à discuter. Rien que sur la patience et sans vouloir entrer dans un débat, si elle est peut-être bien toujours la première à ramener les problèmes pour qu’ils s’y confrontent – parce que Finn reste l’éternel lâche dans ce domaine, appelons un chat un chat – c’est bel et bien l’homme qui manque toujours de tout faire foirer et c’est elle qui a la patience justement d’attendre et d’encaisser jusqu’à ce qu’il assume et se rende compte de ce qu’il fait. Il continuera à croire le contraire, mais il y a bel et bien un mur derrière lui qu’il a inconsciemment placé là. Faire marche arrière est impossible parce qu’il ne le veut pas. Peu importe s’il s’en croit capable si la situation l’exige, le fait est qu’il est coincé là de sa propre volonté. Et il n’en partira que de sa propre volonté aussi.
Passons. Arrogante, têtue, capricieuse et fugitive. Têtue, ça oui. Il ne vaut pas mieux, alors forcément dès qu’ils sont chacun convaincu d’un truc différent sur le même sujet… Capricieuse, il demande à voir. Peut-être qu’ils n’ont pas exactement la même définition du mot, puisqu’un caprice, pour lui, doit déjà commencer par l’ennuyer. Si la jeune femme peut avoir des envies aussi soudaines que pas forcément logiques, elles ne l’ont, jusqu’ici, jamais dérangé. Arrogante, il a vu faire aussi. Mais pas spécialement envers lui. Une fois de plus, les autres… Eh bien, qu’ils vivent leur vie. Il ne fallait pas s’attirer les foudres d’Aiko Baskerville voilà tout. Fugitive, on peut en revenir à l’histoire du comportement de plus tôt. Et y ajouter qu’il n’y a pas intérêt à la prendre pour acquise – chose qui, visiblement, n’a jamais effleuré l’esprit du brun vu comme il lui arrive régulièrement de flipper en pensant qu’elle va le quitter. Bref, ceci étant dit, il ne contestera rien. Non pas qu’il n’ait pas d’arguments – ils viennent d’être cités – mais juste parce que jouer à « tu vaux mieux que moi, non c’est toi » n’est pas très amusant. Ni très intéressant.
En plus elle l’a qualifié de mature. Ça par contre c’est amusant. Mature, le type qui fuit à la première difficulté quand il ne décide pas tout simplement de les ignorer jusqu’à ce qu’on le coince avec. A vingt-et-un ans, il a encore beaucoup de chemin à faire pour devenir mature. Beaucoup. Heureusement qu’elle compense pour lui.
Enfin, ouais. L’un dans l’autre – sans jeu de mots – ils font un très beau couple. Et puis, s’y sentir bien est le principal et Finn s’y sent plus que bien. Si on omet les rougissements, il est même très à l’aise de manière générale. Pour jouer, il embrasse le bout du nez de la jeune femme avant de répliquer – mature qu’elle disait ? - :

- Mais tu es aussi douce, attentionnée, mignonne et aussi jalouse que moi. On s’en sort bien, ouais.

Bouh, la jalousie c’est moche, dans un cas comme dans l’autre. Et en même temps, c’est une partie de ce qui les maintient tous les deux et un bon indicateur de ce qu’ils ressentent. S’il n’était pas jaloux comme un pou – quelle étrange expression – Finn pourrait légitimement se poser des questions. Mais il ne le fait pas, parce qu’il est trop occupé à jalouser, justement. Amoureux, il veut toute l’attention de la jolie rousse sur lui. Chose qui, il le sait, n’arrivera pas. En même temps, si ça virait à l’obsession, ce serait flippant. Les choses sont plutôt pas mal telles qu’elles sont finalement.

Les gens amoureux, ils font plein de trucs. Ils s’enferment dans leur monde – parfois loin, bien loin de la planète sur laquelle ils vivent en théorie – et ils se câlinent toute la journée sans avoir l’air d’en avoir jamais marre. Ils font chier le reste du monde en affichant leur bonheur et ne s’en rendent même pas compte – quoi de plus horripilant qu’un joli petit couple avec plus de bonheur qu’ils ne savent qu’en faire, quand vous-même vous sentez le plus misérable du monde pour quelque raison juste à côté ? Et le pire, c’est qu’il n’y a même pas moyen de réellement leur en vouloir – et sont toujours flanqués ensembles. Ils font des projets, se câlinent toujours un peu plus, apprennent à se connaître mieux que personne, s’engueulent sur des broutilles et se réconcilient juste après – ou sur des choses importantes et ils se sentent misérables ensuite jusqu’à la réconciliation. Pensent sans cesse à l’autre, comme si ça ne suffisait pas de passer déjà tant de temps à deux. Ils partagent plein de trucs, aussi. Leur vie, tout simplement, mais aussi des choses qu’ils gardaient jusque-là pour eux. Et puis les gens amoureux, ils s’aiment, tout bêtement. Et ça, chacun le vit à sa façon.
Ces deux gens amoureux, là par exemple, sont à nouveau en train de se taquiner. Aiko devrait pourtant savoir, si elle tend une perche pareille à son copain, il ne peut que la saisir. Et vlan, elle rougit. Ça a beau être prédictible – en même temps il le fait exprès pour – ce n’en est pas moins amusant. Oh que oui, il est toujours beaucoup trop satisfait de voir les rougeurs grimper aux joues de la jeune femme lorsqu’il dépose ses mains sur ses cuisses. Tout comme le fait qu’elle rougisse encore lorsqu’ils ont des relations intimes est juste adorable. Ils l’ont fait un certain nombre de fois maintenant, il l’a vue nue bien plus d’une fois – pas qu’il s’en lasse, bien sûr – et pourtant… Elle trouve encore le moyen d’être gênée. Certains pourraient mal le prendre, mais le brun trouve juste cela mignon.
En plus, ça l’aide à penser qu’elle a moins d’expérience qu’en réalité. Penser à n’importe qui qui aurait pu passer avant n’est pas plaisant, en plus d’être dérangeant.
Bref, il n’est pas prêt de cesser de jouer avec ça. Et il continuera même quand elle cessera de rougir, parce que ses mains aiment beaucoup se promener là-bas. Si en plus il y gagne des baisers passionnés à chaque fois… Certes un peu violent, et alors ? Ce n’est peut-être pas à dire, mais la violence fait quand même partie de leur monde. Et puis il y a violence et violence. Il y a la force induite par leur désir pour l’autre, et il y a la violence employée pour manier les armes et briser un crâne d’un coup d’épée. Ces deux violences sont – et heureusement – bien distinctes. Celle dont use Aiko et qui a manqué de les envoyer à terre tous les deux si Finn n’avait pas eu le réflexe d’attraper la table est bien la première et non pas la deuxième. Si cela ne tenait qu’à lui, il la garderait sur ses genoux encore un moment. Juste parce qu’il aime la sentir contre lui, sans qu’il n’y ait forcément d’arrière-pensée derrière. Il ne se savait pas particulièrement câlin – surprotecteur oui, mais ce n’est pas la même chose – sans qu’il ne soit pour autant du type à refuser tout contact physique affectueux. Avec Fuyu par exemple, s’il initie souvent les contacts, une bonne partie quand même vise souvent à la réconforter. Avec Aiko, il n’y a pas forcément de but. C’est juste comme ça, pour l’avoir contre lui et parce qu’il aime ça. Il devient affectueux en sa présence. Mais seulement avec elle.

Vient après la remarque de la Baskerville sur le fait qu’elle aime l’aimer et à laquelle il réplique que lui aussi. Puis il ajoute qu’il l’aime tout court et, évidemment, rougit comme il faut et se flagelle mentalement pour ça. A son âge c’est quand même pas la gloire de rougir à chaque fois qu’il doit avouer, de près ou de loin, être amoureux de la jeune femme. Et ça marche même quand il en parle à quelqu’un d’autre – avec comme exemple principal le Nana, ce jour où lui-même a avoué à son contractant qu’il fréquente de près une membre de Pandora. Et c’est. Gênant. Bon sang.

- Si c’est pour que je ne remarque pas tes rougeurs, chéri, c’est raté. Totalement même.

Le brun se renfrogne en même temps que ses rougissements persistent – parce que le lui faire remarquer n’aide pas du tout. L’important c’est d’essayer, il pourrait presque s’en convaincre. Il réplique néanmoins en boudant presque :

- Tu veux qu’on parle des tiennes ?

Et voici une réaction pleine de dignité. Oui ok, il est le premier à la taquiner sur les siennes, de rougeurs. N’empêche que ! C’est perturbant de rougir et d’être gêné quand on a l’habitude de ne réellement jamais l’être. Il s’en passerait bien, de ces trucs, mais il n’est pas encore capable d’assumer entièrement. Etre amoureux l’expose complètement et il en a pleinement conscience. Mais ce n’est pas vraiment cela qui provoque la gêne. C’est plus… Un mélange de maladresse liée au fait que ce soit la première fois – en réalité, même s’il ne le montre pas, il est comme tout le monde : timide dès qu’on en vient sur un terrain parfaitement inconnu et qui inclut d’autres personnes que lui, il le cache juste derrière une fausse confiance en lui, comme beaucoup de ces gens qui ont toujours l’air si sûrs d’eux. Néanmoins, cela ne s’est vraiment déclaré qu’en amour, pour le reste… Eh bien, il s’en fiche juste – et puis toujours un peu de peur. Peur qu’elle ne l’aime pas, peur de mal s’y prendre, peur d’être blessé. Ça et la réticence à dire ce qu’il ressent vraiment, mais c’est lié à la peur finalement. Ça lui passera bien un jour – du moins il l’espère très fort parce que ce n’est pas la gloire – de rougir comme ça. Même si les sentiments derrière seront toujours présents.
Tout cela ne l’empêchera bien sûr pas de continuer à lui dire qu’il l’aime. Même si c’est encore nouveau et qu’il ne sait pas vraiment ce qui le pousse à le dire, parce qu’après tout elle le sait et rien ne l’oblige à le répéter. Enfin ça, c’est dans sa logique à lui. Ce qui le pousse à le répéter, c’est tout simplement ce qui pousse tout le monde à le répéter. Il est amoureux et aussi sûrement que les caresses et les baisers peuvent en être des preuves, les mots le sont tout autant.

La Baskerville vient à nouveau vers lui, s’accroupissant cette fois à ses côtés, les bras posés sur sa cuisse. Inutile de chercher le pourquoi du comment elle en est venue à penser à adopter pareille position. D’abord, il n’y a peut-être même pas de raison, elle est juste ainsi. Ça oblige juste le brun à se tordre le dos pour réussir à l’embrasser sur le front, mais ça va. Il est encore assez souple.

- Que penserait la blonde si elle me surprend dans cette position ?

Amusé, il répond :

- Qu’est-ce que tu penserais ?

Il ne pourrait pas moins se soucier de la blonde. Elle a déjà quitté son esprit, pour peu qu’elle y soit seulement entrée. Ce qu’elle pense n’a aucune importance. Même pas sûr qu’elle soit encore dans le coin. Ce que peuvent penser les autres aussi n’a pas d’importance. Aiko l’embrasse ensuite – il n’aurait pas pu se baisser aussi loin – en se redressant. Puis elle se sert dans le verre de son copain, qui se contente de l’observer avec amusement lorsqu’elle fait mine que le contenu de son verre est moins intéressant que celui qu’elle a demandé.

Suite à cela, ils finissent par partir et se remettre en route pour ils ne savent où. Ils ne savaient pas en arrivant et ils ne savent certainement pas en repartant. Ils échangent quelques taquineries – enfin, Finn la chatouille et elle le lui fera peut-être payer plus tard – et puis ils ont tôt fait de se retrouver collés l’un à l’autre à nouveau. Juste après que la jeune femme ne lance :

- Des Baskerville amoureux, c’est très très imaginatifs, nan ? Un jour, je te montrerai tout ce que je sais faire d'autre qu’embrasser avec ma bouche, Finn.

Oh les sous-entendus. Il prend note, elle lui montrera un jour. Il laisse échapper un bref rire amusé, pas du tout dérangé par ce qu’elle vient de dire, mais son désir transparait rapidement lorsqu’elle vient l’embrasser. Et quand elle passe ses mains sur son torse, il ne frissonne pas qu’à cause de leur fraicheur – pourquoi les femmes ont toujours les mains froides de toute façon ? -. Soit, l’effet qu’elle lui fait le surprend lui-même parfois, mais c’est loin d’être déplaisant. Ce le serait s’ils n’étaient pas ensembles. Mais s’ils n’étaient pas ensembles, ils ne seraient jamais tombés amoureux l’un de l’autre, hein ? Les choses auraient pu tourner tellement différemment s’ils avaient fait d’autres choix à certains moments.
Lorsque leur baiser se termine et qu’elle s’éloigne, elle murmure un « moi aussi je t’aime » après lui avoir tiré la langue. Ni une, ni deux, le contractant, rougissant à nouveau, vient l’attraper en posant ses mains sur ses hanches et la plaque ensuite contre lui, décidé à voler ses lèvres à son tour.
En plus comme ça, elle ne peut pas le voir rougir. D’une pierre deux coups ou comment joindre l’utile à  l’agréable. Lui aussi vient lui embrasser le cou par la suite et descend même un peu plus bas, mais il se stoppe de lui-même avant de commencer à en vouloir plus. Brave garçon. Avec ça, c’est quand même le regard un peu assombri et en baladant une main le long du dos nu de la jeune femme qu’il vient répondre à la phrase de plus tôt :

- Je te montrerai des trucs aussi, un jour.

Le ton est suggestif alors qu’au fond, il ne sait pas lui-même de quels trucs il veut parler. Oh, il trouvera bien le moment venu. Ce n’est pas un problème.
Sa main arrive en bas du dos de la jolie rousse et il la relâche alors, avec un sourire plus doux sur les lèvres. Il laisse leurs mains s’entrelacer – toujours, il faut toujours qu’il y ait un contact, de quelque manière que ce soit – et lui fait un nouveau compliment sur sa coiffure cette fois. Trop de compliment tue le compliment ? Mais… Les réactions d’Aiko le valent bien. Ce n’est pas comme s’il en abusait habituellement. Certes c’est plutôt pratique pour charmer les femmes, mais il ne s’agit pas ici de phrases superficielles. S’il lui dit qu’elle lui plait, il ne s’agit pas simplement de la surface, mais d’un tout. La nuance peut être difficile à saisir, toujours est-il qu’il ne la complimente pas comme il pourrait complimenter les autres. C’est tout.

Ils reprennent leur marche, Aiko ayant l’air de croire qu’ils finiront par avoir une illumination. Ce qui semble finalement être le cas lorsqu’ils passent près de l’orphelinat –ils ont sacrément marché et le brun ne s’en est même pas rendu compte. Enfin c’est le cas pour Aiko du moins, puisque Finn ne s’y serait pas arrêté de lui-même. La raison est aussi simple que pour beaucoup d’autres choses avec lui : il ne se soucie pas de l’orphelinat et de ses pensionnaires. Les enfants, comme les adultes. Mais puisque la femme qu’il aime en passe la grille et faute de meilleure idée, il la suit à l’intérieur. Si elle veut passer du temps ici, pourquoi pas. Si on lui demande de jouer avec les enfants, il s’y pliera de bonne grâce après tout.
Deux petits garçons qui jouaient pas loin les repèrent et, bien vite, arrivent en courant vers la jeune femme. La source de leur intérêt : les lames que porte la jeune femme sur elle. Visiblement, la plupart des petits garçons sont pareils. Ces deux-là semblent même plutôt énergiques et celui qui parle un peu plus que son copain rappelle au brun ce qu’il était lui-même plus jeune. Physiquement par contre, la ressemblance n’est pas spécialement frappante. Enfin. Passé l’inspection rapide des gosses, c’est surtout Aiko que le brun étudie. Lui ne s’est pas complètement approché et puisqu’il ne porte pas de potentiel jouet sur lui, les enfants ne s’y intéressent pas encore. Aiko qui semble tellement à son aise au milieu des gamins. Non seulement à son aise, mais elle semble en plus avoir une certaine affection pour eux. Déjà l’autre fois en mission avec la gamine. Son ton était doux. Ses gestes étaient doux. Et ici, la même chose a l’air de se répéter. Elle possède une certaine bienveillance pour eux. Probablement l’instinct qui va avec aussi ; elle ferait une bonne mère à n’en pas douter. Qu'elle ait un ou plusieurs enfants dans le futur, elle s'en sortirait. Est-ce qu'elle veut des enfants, d'ailleurs ? Peut-être, peut-être pas. Et Finn est pris d'une réalisation. Et si elle en veut. Comment ils feront si elle en veut ? Est-ce que lui serait un bon père ? Est-ce que lui pourrait être père tout court ? Est-ce qu'elle voudrait de lui pour être le père de ses enfants, pour commencer ? Il faudrait déjà réussir à passer cette première question. S’ils restent ensemble, il n’y aura que lui. Est-ce que lui en veut ? L’autre fois quand il y a songé, la réponse était qu’il s’en fichait. Ils étaient en mission, il pensait quand même grandement qu’Aiko prenait en affection la petite parce qu’elle se retrouvait au milieu d’un cambriolage violent et il n’a pas si sérieusement envisagé les choses. Sauf qu’ici, ils sont dans un orphelinat. Il y a plusieurs enfants, dans un environnement beaucoup plus saint, et le comportement de la jolie rousse ne change pas. C’est plus que de l’affection pour les enfants – il ne le dira pas à voix haute mais quand même : encore un truc de femme – elle donne réellement l’impression de pouvoir en fait être mère. Il y a les femmes qui s’attendrissent autour d’un nouveau-né et aiment les enfants sans pour autant forcément être capable de les élever. Et il y a celles qui pourraient assumer le rôle. Alors voilà, est-ce qu’il en veut ? Dans l’immédiat, la première réponse qui lui surgit à l’esprit est un non ferme. Non dans l’immédiat, c’est trop effrayant. Peut-être après. Finalement la conclusion ne change pas tant de celle qu’il a pu avoir l’autre jour. Si ce n’est que son non est un peu plus effrayé. Parce que la réalité est sous son nez. Ses peurs ne sont pas uniquement liées aux engagements impliqués – même si en grosse partie aussi, quand même. La réflexion va bien plus loin. Non, cette fois…
Cette fois il a peur de décevoir Aiko.
Et pour cause. Est-ce qu'il serait un bon père, lui-même qui n'a jamais eu de père ? C'est stupide de commencer à penser à son propre père maintenant alors que c'est probablement la personne dont il se soucie le moins au monde. Ce qui, quelque part, traduit quand même que cet illustre inconnu, probablement redevenu poussière depuis le temps, le dérange un peu plus qu'il ne veut bien l'admettre. Mais soit, il n'en a quand même rien à faire ce géniteur qui a osé abandonner sa mère - alors qu'elle est très gentille, sa maman - et l'enfant qu'elle portait. Quelle sorte d'homme était-il de toute façon, pour n'être jamais revenu, pas même une fois, voir la femme qu'il était supposé aimer ? Un type dont on ne veut pas en guise de père. Alors pourquoi est-ce que maintenant son absence même serait un problème ? Finn n'a pas eu de modèle, et alors ? Cela ne l’a pas empêché de devenir un homme accompli.
Et alors en fait, il ne s'en fiche pas. En fait, ça l'affecte. En fait, il aurait aimé en avoir un quand même, maintenant qu'il se demande si lui-même peut l'être pour un autre. En fait, il aurait bien aimé qu'il ne parte pas, qu'ils se rencontrent et qu'il l'élève avec sa maman. Ça aurait évité à la maman en question de pleurer seule, le soir, quand elle pensait que personne et surtout pas son tout jeune fils l'entendrait. Ça aurait été cool. Il aurait pu prendre exemple. Ptêt demander conseil et surtout apaiser un peu ses propres peurs. Comment on s'occupe d'une femme enceinte ? Il faut faire quoi quand le bébé arrive ? Et bon sang, à quoi est-ce qu'il faut penser, quand on a envie de claquer la porte et de s'enfuir en courant, pour en fait rester ? Bien que la situation ne s’y prête absolument pas pour le moment.
De toute façon cet homme ne saurait répondre à aucune de ces questions à priori, et certainement pas à la dernière. Il faudra trouver les réponses tout seul, comme un grand. Et prier pour qu'elles soient les bonnes. Mais cette conclusion ne satisfait pas le brun. Il a peur, tellement peur. Peut-être encore plus que lorsqu'il a réalisé qu'il était amoureux d'Aiko. Parce qu'à ce moment-là, ils étaient deux à avoir peur, deux à craindre mais à se tenir la main. Mais ici... Ici c'est différent. Aiko est prête, Aiko peut le faire. Aiko peut fonder une famille.
Pas lui.
Il est trop indécis. La réalisation lui serre le coeur, mais il tâche de ne rien en montrer. Ce qui est stupide aussi, c'est de commencer à s'angoisser ainsi alors qu'Aiko et lui n'ont jamais abordé le sujet des enfants. Il ne sait même pas si elle en veut et le simple fait qu'elle agisse presque de manière maternelle avec eux ne signifie pas pour autant qu'elle souhaite fonder une famille dans les mois qui arrivent. Il y a le temps. Il y a le temps mais... Est-ce que le temps est capable d'enrayer ça, tout ce qu'il vient de penser ? Le temps ne le ramènera pas en arrière dans une dimension où il aurait un père, le temps ne lui prouvera à priori pas non plus qu'il est capable d'avoir un gamin juste en laissant les jours s'écouler. Le temps soigne les blessures, mais ici il n'y en a pas. C'est plus profond, intrinsèque, quelque chose dont il est tellement convaincu que ce serait comme tenter de lui faire croire qu'en réalité la Lune est le Soleil et inversement. Ou que la Terre est plate. Ou qu'Aiko est plate et est en réalité un homme - est-ce que cela le dérangerait ? Très bonne question -. Néanmoins il y a le temps. Ce n'est pas la peine de s'affoler ici, sur leur premier rendez-vous en amoureux. Pour l'instant il n'est question que d'eux deux et de personne d'autre. Voilà, observer la jolie rousse avec les enfants ne devrait que le faire sourire et lui inspirer tout un tas de remarques destinées à la taquiner. Ou peut-être lui donner envie de les rejoindre et de jouer avec eux de lui-même. Ce ne sont pas ses enfants - encore heureux tiens - il ne risque pas de leur faire du mal ou de faire du mal à la jeune femme en jouant avec eux.
Mais bon sang. On pourrait facilement résumer tout cela avec une seule question : est-ce qu’il a le droit, sous prétexte qu’il l’aime, de l’empêcher d’avancer dans sa vie ? La réponse est non. Et, si un jour il fuit, il ne sait pas s’il préfère que la raison en soit la peur ou juste parce qu’il est une entrave.
Encore une fois, ce n’est pas le moment d’y penser. Il ne veut plus y penser, bannir ces idées de sa tête. Fuir. Ah ça, il sait faire. Masque d’amusement en place, il n’a qu’à envoyer une première pique à Aiko et il sera lancé. Ses capacités d’auto-persuasion sont juste impressionnantes.
De toute façon, il n’y a pas à aborder le sujet des enfants. Même si tout cela prouve une chose : le fait qu’il y songe démontre que leur relation est sérieuse. S’il devait avoir un jour un hypothétique enfant, il n’est pas capable de voir qui que ce soit d’autre qu’Aiko dans le rôle de la mère. Et le fait même de songer à fonder une famille montre bien comment est envisagée leur relation.
Dire qu’elle a déclenché tout cela juste comme ça… Allons, il s’en fait tout seul, il n’y a rien à craindre actuellement.

L’homme se tire donc de sa contemplation muette qui n’a pas duré si longtemps que cela. Il pense rapidement, après tout. Il arrive près de la jeune femme, lui frôlant une épaule d’une main l’air de rien et tâche de sourire gentiment aux enfants. S’il n’a pas l’air louche, s’il se montre gentil et avenant et s’il n’émet pas de mauvaises ondes, les gamins ne devraient, en retour, pas spécialement se méfier de lui. De toute façon, ces enfants ne lui ont rien fait. Personne ne lui a rien fait, pour changer. Finalement il va revenir sur sa décision d’un peu plus tôt et s’autoriser à déballer un cliché à la Baskerville, juste pour l’embêter :

- C’est bien un truc de femme d’aimer les enfants comme ça.

Il laisse évidemment bien voir qu’il se moque gentiment d’elle et n’est pas sérieux, ayant remisé au placard toutes ses interrogations. Et, évidemment, il évitera le sujet comme la peste. Autant rester sur des trucs plus légers. Et puis pour poursuivre sur sa lancée, il ajoute :

- Tu peux reporter cette affection sur un chat ou un truc du genre, tu sais.

Un truc. Passons, il n’est pas sérieux du tout. En plus il serait probablement capable de jalouser un chat. Oui, un chat. Ou un chien. Ou un hamster. Mais pas un poisson rouge, parce qu’ils n’ont vraiment pas de chance ceux-là. Cela dit, il ne la voit pas adopter un animal, alors il est tranquille. Reporter l’affection maternelle sur lui n’est pas possible de toute façon, puisque l’affection qu’ils se vouent est d’une toute autre catégorie.
Il ne va sûrement pas falloir longtemps pour que la personne qui surveille les deux petits arrive vers eux. Est-ce qu’ils ont le droit d’être là sans y avoir été invités, d’abord ? Du moment qu’ils ne font pas de mal aux enfants c’est probablement ok, mais… Enfin. Ils verront bien. En attendant Finn n’a pas de geste autre envers les deux petits, parfaitement ignorant de ce qu’il pourrait bien leur dire. Il a été gosse, pourtant. Il n’a pas oublié tout ce qu’il aimait faire. Mais au domaine Baskerville, il n’y avait pas beaucoup d’enfants. Se socialiser avec sa tranche d’âge n’était pas exactement chose aisée. Alors quand il voyait d’autres enfants, il n’hésitait du coup pas à aller les voir, sachant que de toute façon il ne les reverrait probablement pas souvent. En ville il avait quelques copains. Mais la plupart du temps, c’était quand même solo. Et certainement pas d’adulte pour jouer avec lui. D’ailleurs il n’a aucun souvenir d’Aiko enfant, ils n’ont jamais dû se croiser. C’est bizarre quand même mais pas forcément improbable.
Evidemment, il ne sait pas qu’il n’aurait jamais pu la voir enfant étant donné leur différence d’âge réelle.
Bref, les gamins trouveront bien un truc à faire.
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   31st Août 2013, 12:18



» I still fall for you everyday.


Peut-être était-ce le fait que son enfance ne fut jamais tout à fait normale, anodine, innocente – simplement idyllique. Peut-être aussi était-ce parce qu’en plus d’avoir été élevée comme Baskerville, elle eut un lot de souffrance que quelques uns ne connaissent pas en une vie entière. Ou alors, peut-être était-ce parce que lorsqu’elle vit toujours sa sœur comme une enfant. Peut-être était-ce pour l’une de ses raisons, peut-être seulement deux d’entre elles ou même toutes, voire aucune, allez savoir, qu’Aiko aimait les enfants. Peut-être était-ce parce qu’en voyant des petits êtres, elle se disait qu’ils avaient la vie devant eux, qu’ils étaient encore tellement innocents. Tout enfant n’étant pas Baskerville avait déjà un petit sentier lumineux qui, une fois emprunté, l’amènerait à l’adolescence. Bien sûr, il y aussi beaucoup – énormément – de personnes qui ne sont pas Baskerville et qui souffrent, enfants ou pas, mais Aiko se dit qu’être de ce Clan, surtout en ces temps si, nuirait un peu plus déjà l’état mental de l’enfant. Elle ne s’étalait pas trop après, alors bon. Peut-être était-ce parce qu’elle voulait que le maximum d’enfants puissent être épargnés, qu’ils ne voient ni sang ni larmes jusqu’à avoir atteint un âge raisonnable. Peut-être était-ce tout bonnement qu’elle voulait chercher une once de fraternité en chaque petit qu’elle voyait, qu’elle tentait de retrouver sa sœur. Ce serait bien désespéré comme tentative, en plus de tordue et de pathétique, mais c’était fort probable. Aiko était une femme forte qui n’a cessé et qui ne cesse de s’endurcir, mais Aiko est humaine, Aiko est une femme, Aiko est sensible et Aiko était une enfant. Alors, bien sûr, la perte de sa sœur ne fut pas… Rien. Loin de là.
Je vous aurai bien dis que son amour pour les enfants revenait au fait qu’elle ait tué je ne sais combien de petits il y a de cela cent ans, mais si elle avait au moins une qualité en tant que Baskerville, ce serait bien de ne pas avoir mauvaise conscience lorsqu’elle exécute un ordre venant tout droit du haut dirigeant du Clan, Glen-sama.
Après, le plus ironique dans tout cela, c’est que la jeune femme n’assume pas totalement cet amour qu’elle porte pour les enfants. Elle n’y a jamais pensé sérieusement, mais une fois retrouvée dans un orphelinat, accroupie, en train de s’amuser avec des petits morveux, il fallait bien qu’elle se décide à mettre les points sur les i… Avec elle-même. Enfin, nous n’en sommes pas encore là, bien sûr, mais je vais continuer à développer ce qu’elle en pense.
Jusque là, elle disait à qui voulait bien le savoir qu’elle était indifférente à l’égare des enfants. Elle savait bien que c’était faux, elle savait bien qu’elle mentait, mais au fond, elle-même n’était pas trop sûre. Quoi que si, seulement, elle ne comprenait pas et ne voulait pas, justement, aimer ces petits… Ces petits. Parce que sérieusement, ça impliquait beaucoup trop de choses. Oui oui, je vous disais tout à l’heure qu’elle n’y avait jamais réellement pensé, mais à vrai dire, peut-être l’a-t-elle fait. Parfois. Pas longtemps. Rapidement.
Mouais.
Elle avait l’impression, quelque part, de ne pas mériter cela. Effectivement, lorsqu’on aime les enfants, qu’on se montre souriant et aimable avec eux, sympathique et drôle, puéril mais assez mature, alors ils nous aiment en retour. Ils fonctionnent comme ça, rien de bien compliqué – à cet âge, c’est encore tout mignon, l’humain. Par pure relativité, Aiko pensait donc ne pas mériter l’amour des enfants. Et même sans cela, elle était plus que persuadée qu’elle était beaucoup trop souillée, beaucoup trop perdue dans la noirceur et dans les ténèbres du Mal – les crimes et meurtres sanglants, rien que pour ça, il faut bien un m majuscule – pour avoir à ne serait-ce qu’à aimer la Lumière et la Pureté.
Parce que lorsqu’on aime, forcément, on finit par vouloir plus et le pire des deux déteint sur l’autre.
Ainsi donc, la jeune femme se disait indigne des enfants. Encore plus indigne de l’amour que lui vouaient ceux-là. Parce que comme dit plus haut, ce n’est pas sorcier, il suffit de sourire et de jouer avec eux pour qu’ils vous apprécient. Ensuite, vis-à-vis de sa défunte sœur, c’est assez tordu aussi. Parce qu’au fond, elle savait qu’il y avait une part d’elle, la part enfant sans doute, qui demeurait à la recherche de sa sœur. Ou tout du moins, d’une de ses nombreuses spécificités. Peut-être la teinture des cheveux – comme la petite lors de sa dernière mission avec Finn – ou une naïveté exagérée, voire même une gentillesse sans bornes. En plus du fait qu’Aiko n’ait jamais cessé de voir sa sœur comme une enfant et que donc, en tout logique, elle était à la recherche de l’une des qualités – elle voyait les choses ainsi du moins – de sa soue chez une enfant, il y avait aussi le fait que ces mêmes qualités appartenait d’avantage aux enfants qu’aux adolescents. Ainsi donc, la jeune femme d’aujourd’hui n’aurait pas trop de mal à entrevoir sa sœur. Avouons que ça aurait été clairement plus difficile si sa sœur avait été tuée vers la vingtaine et qu’Aiko désirait encore retrouve cette sœur qu’elle a perdue.
Son passé avait effectivement un très grand impact sur son présent.
Mais aimer les enfants veut aussi dire les supporter. Supporter leurs jérémiades, supporter leurs pleurs, devoir les entendre geindre, les voir faire des caprices et savoir demeurer adulte, sévère mais compréhensif. Parce qu’il ne suffit pas d’aimer un enfant que pour jouer avec lui, que pour pouvoir lui tirer les joues et lui caresser les cheveux avant de l’embrasser dans le cou en s’abrutissant – tout adulte qui aime les enfants devient idiot face à un gosse, et plus c’est jeune, ce petit truc, plus il est efficace – mais il faut aussi savoir l’aimer lorsqu’il tombe, qu’il a mal, qu’il s’est fait embêter par un plus grand, qu’il a faim ou sommeil. Est-ce qu’Aiko pourrait faire tout cela ? La question est, sans conteste, oui. L’a-t-elle déjà fait ? Seulement partiellement. L’autre partie viendra lorsqu’elle aura des gosses.
Son cerveau censura cette dernière pensée.
Aujourd’hui, était-elle apte à avouer qu’elle aimait ces petites créatures ? Peut-être bien que oui. Sauf qu’aujourd’hui, elle n’était pas seule. Aujourd’hui, elle était avec son copain – son amoureux – et elle ne savait pas ce que lui en pensait. Elle avait bien sa petite idée, mais justement, ça ne l’encourageait pas à se l’avouer, ni de vive voix, ni même intérieurement. Pas qu’elle ait déjà pensé à Finn en y associant les enfants hein, seulement que la dernière fois, en mission, elle avait bien vu qu’il avait un peu du mal.
Après, peut-être que c’étaient les enfants qui ne l’aiment pas. Ou la petite en question. Ou, ou, ou. Au fond, Aiko ne pouvait tout bonnement pas savoir ce que lui pensait des plus jeunes.
Il y a encore beaucoup à dire sur les enfants, sur ce qu’Aiko aimerait en penser, sur ce qu’Aiko en pense tout court et sur ce que le copain d’Aiko en pense, mais nous laisserons cela pour un peu plus tard.
Pour l’instant, les deux tourtereaux sont attablés et la jeune femme lance une pique au Baskerville face à elle après le passage de la Blonde Ravageuse envers qui la rousse a quelques envies de meurtres. Pas parce qu’elle jalouse sa beauté – sérieusement, Aiko est bien loin de se trouver juste passable – mais uniquement parce qu’elle se dit que cette fille a eu une place, même toute petite, dans l’esprit de Finn. Même s’il pensait à elle en mal – elle en doutait sérieusement, mais autant émettre toutes les possibilités – eh bien c’était du temps en moins qu’il passait à penser à elle.
Possessive ? Pas du tout.
En attendant de pouvoir la convaincre de cette fameuse possessivité – totalement abusée – la jeune femme guettait la réaction du brun. Se retournerait-il ? Ou répondrait-il quelque chose ? Quelque chose d’intelligent, peut-être.

D’intelligent et de mignon. En lui lançant ce petit compliment, Finn réussit à faire sourire Aiko de toutes ses dents, la faisant oublier sa possible jalousie si son copain en regardait une autre et, par la même occasion, sa possessivité maladive. Qui aurait cru que la complimenter sur son physique réussirait à la mettre nettement plus à l’aise ? Certainement pas elle en tout cas.
Lorsqu’il parla par la suite de sa future vengeance quant au coup qu’elle lui fit avec le serveur, elle éclata d’un rire cristallin en hochant vivement la tête, ce regard provocateur ne la quittant pas une seconde. Mais qu’il se venge donc, il n’en verra que plus tôt comment sa copine réagirait. Pas qu’elle serait jalouse, hein. Enfin, pas seulement je veux dire. Les représailles ne seront pas du goût de tout le monde et la jeune femme connaissait parfaitement ses capacités quant à ce qu’enelle pouvait faire subir à Finn. N’oublions pas que s’il était son copain et qu’elle s’était ouverte à lui, c’est qu’à un moment ou à un autre, il avait dû en faire autant et ainsi donc, elle savait où frapper pour le faire bien réagir. Mais pas pour lui faire mal, elle ne se le permettrait pas, ne se le pardonnerait certainement pas. De toute façon, c’est ainsi qu’ils fonctionnaient : se taquiner, se venger et recommencer, apprendre ainsi à se connaitre, en souriant et en riant, apprenant à simplement s’aimer.
Mais Aiko n’a jamais eu honte de dire qu’elle ne savait pas faire les choses, n’avait pas non plus honte d’avoir des lacunes au début. Ainsi, ça ne la dérangeait pas d’avouer ne pas savoir aimer, de n’en être qu’à sa première expérience avec ce sentiment si grand et si fort qu’elle se voyait parfois avoir du mal à cerner. Et puis, elle n’était pas seule car ce qui s’avérait être son premier copain n’en était, lui aussi, qu’à se première copine. Et apprendre à deux, c’est tellement plus amusant. De toute façon, même s’il y en avait eu d’autres du coté du brun, Aiko savait, non pas par expérience mais par logique, qu’on ne peut jamais aimer deux fois de la même façon – quelques similarités, peut-être, mais jamais avec exactitude. Surtout pas si c’était avec deux personnes différentes.
La jeune femme avait autant de mal à s’en vouloir d’avoir rendu jaloux Finn avec le serveur qu’elle avait de mal à accepter le fait de ne pas s’en vouloir. Effectivement, elle trouvait bizarre – et dérangeant – qu’elle ne culpabilise pas d’avoir fait mal à son copain, même légèrement, même temporairement. Au fond d’elle, elle était parfaitement consciente que jamais ça n’aurait pu aller plus loin avec le serveur et c’était peut-être pour cela qu’elle ne culpabilisait pas ; elle se faisait confiance. Si elle avait du mal à se fixer des limites, lorsqu’on les lui impose – comme la relation qu’elle avait avec Finn le faisait – elle n’a pas trop de mal à les respecter. Et puis, elle avait bien espéré la jalousie de son copain et au final, elle n’eut que ce qu’elle recherchait depuis le début. Elle savait cependant qu’à sa place, elle aurait plus que fais la tête. Sincèrement, elle se serait énervée et  cela n’aurait certainement pas beaucoup plut au brun. Tout cela pour dire, au final, qu’ils n’étaient pas pareils, qu’ils n’avaient pas les mêmes armes. Et puis, si Finn veut se venger en reprenant sa méthode, ce sera de la triche, exactement.
Surtout qu’Aiko risquerait de mal le prendre à vrai dire. Mais elle pensait que Finn le savait et que donc, il saurait trouver un autre moyen de l’embêter tout aussi efficacement mais en restant dans le « gentil ».

Sur ses genoux, Aiko pourrait penser à bien des choses, pourrait dire bien des choses. Pourtant, pas une seule seconde elle ne se dit que ce qu’elle fait pourrait être mal – très mal – vu par des personnes. Peut-être même par Finn. Après tout, on ne se hisse pas de la sorte sur les genoux de son copain, fiancé ou même mari – surtout pas mari car on est définitivement « adultes » aux yeux de la société toute entière. Si dans des décennies, ceci sera naturel chez les jeunes, maintenant, ça ne l’est certainement pas. Mais sérieusement, qu’est-ce qu’Aiko pourrait bien avoir à faire ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’une femme comme Aiko pourrait bien avoir à faire ? Elle qui s’habille de cette jupe qui dévoile la moitié de ses cuisses, qui ne cache que le strict minimum, qui laissent seulement aux hommes le plaisir d’imaginer les courbes intimes de la jeune femme là où les longues robes laissent le soin aux autres de deviner jusqu’à la couleur de la peau. Bref, Aiko mâchait le travail aux imbéciles qui la regardaient de trop près. Continuons, voulez-vous ? Qu’est-ce qu’une femme qui se trimballait avec des lames sur elle pouvait en avoir à faire de l’avis des autres ? Une femme qui en plus de cela s’habille d’un décolleté plongeant qui n’en met que plus en valeur sa poitrine et qui met que trop souvent des bottes en cuir noir qui lui donnent cet air de dominatrice. Elle est provocante et si certaines y voient une invitation, je peux vous assurer que ce n’est vraiment pas le but d’Aiko que d’attirer les regards sur elle. Même avant d’avoir celui de Finn entièrement braqué sur elle, ce n’était pas son but. Elle aime s’habiller ainsi, elle aime être cette femme rebelle et forte, elle aime ce qu’elle est et ne va pas changer parce que certains pensent qu’elle est vulgaire ou dévergondée. Au fond, elle n’est pas la plus à plaindre, ni elle ni ceux qui ouvrent leurs bouches ; ceux qui s’approchent trop près d’elle en revanche, eux, sont bien les malheureux de l’histoire.
Est-ce que ça dérange Finn ? Bonne question. Commençons par plus simple que ça : pourquoi ça pourrait déranger Finn ? Premièrement, parce qu’il ne voudrait probablement pas qu’un autre que lui puisse ainsi contempler les formes de sa copine. Deuxièmement, que penseraient les gens de lui ? Soit qu’il est assez désespéré pour s’être payé une fille de joie, une amante d’un ou plusieurs soirs, soit – et ça revient un peu au même – qu’il n’a aucune dignité, aucune estime de soi. Mais ne poussons pas le bouchon trop loin, la jeune femme n’avait rien d’une fille de joie ; aguicheuse, d’accord,  vulgaire, si on veut, mais elle savait parfaitement que rien que sa démarche majestueuse témoignait de son rang. Quel rang ? Celui qui est cent fois mieux que le votre, quel qu’il soit. Si Finn avait quoi que ce soit à lui reprocher, ne serait-ce pas déjà fait ? N’y aurait-il pas déjà réfléchi avant de lui proposer de se mettre en couple avec lui, avant de lui avouer l’aimer et avant même de commencer à trainer un peu trop avec elle ? Il était plus intelligent que ça, Aiko n’avait tout de même pas pris un imbécile et elle savait bien qu’il n’était pas du genre à trop s’attarder sur la première impression donnée. Jusque là, l’accoutrement de sa copine ne semblait pas le déranger et si tel devenait le cas, elle lui ferait clairement comprendre qu’il n’avait pas son mot à dire.
Sauf si elle exagère. Mais elle ne le fera pas. Normalement.

Les compliments qu’elle lui fit, elle les fit avec un voile de sincérité que Finn ne réussira pas à lui ôter. Patient, il l’était forcément ; il avait eu le courage de rester en couple avec elle qui se voyait comme insupportable et intenable, alors oui, il ne pouvait qu’être patient. Protecteur… Oh, ce n’était rien de le dire ! Et mature, même si elle s’attendait à ce qu’il rechigne – oui, il agissait parfois comme un enfant et le savait parfaitement bien alors, il lui dirait probablement qu’il n’était pas mature – elle le trouvait réellement comme tel. Posé, il réfléchissait sérieusement à plusieurs choses. Enfin, du moins, quand on le lui demande et qu’on le met au pied du mur. Comme pour qu’il avoue à Aiko ce qu’il ressentait pour elle… Rien de facile, vraiment.
Mais elle espérait sincèrement qu’il ne la contredise pas sur ne serait-ce qu’un seul des compliments qu’elle lui avait fait, car elle le pensait sérieusement et n’avait strictement aucune envie de le voir se rabaisser – quoi qu’il en dise, pour elle, c’était du rabaissement. En revanche, s’il lui faisait un compliment et qu’elle n’est pas d’accord, elle aurait le droit de le contredire et elle n’appellerait pas ça du rabaissement. Ce sont ses règles à elle qui sont à appliquer, na.
Le joli brun embrassa le bout du nez d’Aiko qu’elle retroussa d’ailleurs, lui tirant la langue avant de sourire en sentant ses joues flamber sous les compliments de son copain. Mais elle n’avait pas honte de rougir, pas cette fois.
Douce ? Elle, une femme Baskerville ? Elle qui se trimballait avec des armes ? Elle l’agressive, elle la violente ?
Mais peut-être qu’avec lui, elle n’avait rien de cette Baskerville. Peut-être était-elle juste Aiko, l’éternelle féminine et, peut-être… Douce. Peut-être l’était-elle, oui. C’était principalement pour ça qu’elle avait rougi ; était-elle réellement elle-même avec son copain ? Ce serait juste parfait.
Attentionnée, elle n’en savait trop rien ; seul le brun pouvait le dire actuellement. Enfin, il y avait bien Sora qui rejoindrait sans peine Finn sur le fait qu’Aiko était intentionnée, voire douce. Vient ensuite le mignonne et de cela, la jeune femme ne pourrait jamais se décrire comme tel. Mais bon.
Oh et jalouse, oui, elle l’était. Sauf que…

« Nan, même pas vrai, je ne suis pas jalouse d’abord. Il y a juste trop de… Hum, comment le dire poliment… Trop de sales profiteuses que je dois garder à l’œil. »

Elle lui fit un clin d’œil complice, amusée. Parce que voilà, elle avait raison un point c’est tout. Lui aussi, il voulait juste la protéger, juste l’avoir que pour lui. C’est ce qu’on appelle couramment la possessivité, chose que la jeune femme trouve normale. Si on one peut être possessif avec celui ou celle qu’on aime, avec qui faut-il l’être ? Ce n’est pas forcément un défaut, le tout est de savoir doser, de ne pas devenir paranoïaque parce que bon, la jeune femme sait qu’elle va se faire draguer encore un moment et Finn doit tout autant le savoir, alors autant qu’il s’y fasse, il ne sera pas toujours avec elle. Et si quelqu’un ose lui parler alors qu’elle est avec son copain, bah là, elle verrait bien ce qu’il ferait, s’il en viendrait aux poings et la façon dont réagirait sa copine. Assez bien, normalement.
Bon, avançons un peu, d’accord ? Venons-on au moment où Aiko fait remarquer à Finn qu’il n’était pas discret pour un sous et qu’elle voyait clairement ses rougeurs. Il sembla se refrogner, arborant un air boudeur face auquel la jeune femme craquait à chaque fois.
Parler de ses rougeurs à elle ? La jeune femme arqua un sourcil avant de lancer un sourire des plus amusés au brun, le défiant du regard d’oser, justement, faire un autre commentaire sur ses rougeurs. Mais qu’il ‘y risque donc.
Il le paierait. De sa vie ! Bon, d’accord, peut-être pas de sa vie.

Elle rougit rarement, la petite Aiko. Lorsqu’on lui touche les cuisses, forcément. Ou du moins, lorsque Finn le fait, parce qu’avec ses précédents amants, elle n’avait pas réellement le temps de rougir, préférant presser les choses. Et puis, avec Finn, c’était bien parce qu’il y avait un « truc » depuis le début. Quand il lui disait qu’elle était mignonne aussi, ça la faisait rougir. Et quand ils passaient à l’acte. Même s’il faut avouer que pour ce dernier point, la jeune femme ne savait réellement pas pourquoi. Elle l’avait fait plein de fois avant Finn et si on justifiait ses rougeurs par ce petit truc qu’il y avait entre le brun et elle, cela n’expliquait pas pourquoi elle persistait à rougir alors qu’ils l’avaient fait bien plus d’une fois maintenant. Mais c’était une spécificité et toute caractéristique la rendait un peu plus unique, un peu plus particulière aux yeux de son copain. Et au fond, c’était bien ce qui comptait.
Accroupie maintenait face à lui, les bras sur ses cuisses, un sourire aux lèvres. Finn entreprit de faire je ne sais comment pour aller embrasser le front de sa copine et cette-dernière lui lança une bien étrange question à laquelle il répondit avec un air amusé. Elle fait mine de penser à la réponse alors même qu’elle la connait parfaitement. Les doigts pianotant sur ses cuisses, la jeune femme se met à racler ses ongles par-dessus son pantalon, montant progressivement mais pas trop quand même.
Timide ? Nan. Pudique ? Nan plus. Juste que ce n’était ni le lieu, ni le moment. Pas que l’envie manquait cependant.
Se surprenant  à débattre intérieurement, elle finit par secouer doucement la tête en posant un regard sur son copain qu’elle alla embrasser.

« Sérieusement, rien de très faisable. Tu veux que je te le dise quand même ? Quoi que nah, j’te le montrerai ce soir. »

Avec un regard sombre et qui en disait long sur ce qu’elle voulait, sur ce qu’elle comptait faire aussi, s’il le voulait bien sûr, elle se hissa de nouveau sur ses pieds, faisant lever un instant son copain pour pouvoir coller son bassin au sien.
Oh, vraiment, elle pourrait être un peu plus réservée. Mais ce ne serait pas Aiko et puis, sérieusement, ça n’aurait rien de marrant.
Elle le gratifia d’un long baiser passionné avant d’aller s’échouer contre son cou, ne disant ni ne faisant plus rien un instant, oubliant à quel point ce qu’elle venait de dire pouvait être déplacé et considéré comme vulgaire.
Elle était bien, mine de rien, juste là, dans les bras de son homme. légant  Vraiment bien.

Lui montrer ce qu’elle sait faire avec sa bouche, hein ? Finn ne semblait pas contre l’idée, y riant d’ailleurs. Ah oui, nous avons avancé, les tourtereaux sont maintenant sur la route, en train d’aller je ne sais où. Signalons juste un autre truc tout à fait mignon : lorsqu’elle lui dit l’aimer, il plaqua ses mains contre ses hanches pour aller l’embrasser. Il avait dû rougir, même si Aiko ne l’avait pas vu et tout contre ses lèvres, elle réussit à sourire. Elle noua ses bras autour de son cou en approfondissant le baiser. Suite à quoi, le brun lui embrassa le cou et entreprit même de descendre plus bas alors que la rousse se sentit frémir en se mordant la lèvre inférieure, désireuse de plus. C’était le genre de moment où elle n’avait qu’une envie et c’était de prendre son copain dans un coin à part. Comme là par exemple... Le regard sombre que lui lança Finn ainsi que sa main baladeuse sur son dos n’aidèrent en rien la rousse à se tenir tranquille. Suite à sa phrase, elle retourna l’embrasser fiévreusement avant de coller son front au sien en soufflant d’un coup, comme pour évacuer son désir. Mais ce n’était pas facile que ça, sérieusement.
Elle ne croisa pas son regard un moment, cherchant son calme alors même que sa propre main se baladait sur son torse.

« Hey chéri, j’ai envie de toi, ça se voit, non ? Donc, si tu ne veux pas que je fasse une sorte de film pour adultes là, tout de suite, va falloir gérer ça. »

Sa propre phrase la faisant rire, la jeune femme se décala en lançant un large sourire à son copain.
Se tenir assez loin de lui. En lui tenant la main cependant, hein.
Ils atterrirent finalement sur un orphelinat et Aiko s’empressa d’y pénétrer. Parlons-en donc un peu, de ce qui la poussa à justement y pénétrer. Elle ne s’était jamais vue pouvoir redevenir grande-sœur. Pour elle, il était évident qu’elle ne saurait comment s’y prendre, qu’elle ferait les choses mal, qu’elle ne pourrait jamais être assez présente pour cet enfant qu’elle ne l’a été autrefois avec sa véritable sœur – pas assez, on dirait. Elle pensait à elle chaque jour. Je ne dirai pas à chaque moment, mais chaque jour, oui, largement. D’ailleurs, il faudrait qu’elle passe une journée entière avec Finn et qu’elle dorme directement après un de ses baisers pour voir si ça l’empêcherait de penser à quoi que ce soit d’autre à part lui et leur amour réciproque. Ceci étant, reprenons plutôt. Lorsqu’elle voyait des enfants, inévitablement, elle pensait à sa sœur. Et c’était bizarre car sa sœur n’était pas morte enfant mais adolescente – mais n’avons-nous pas déjà dis que la jeune femme l’avait toujours vue comme une enfant ? Ainsi donc, en voyant cet orphelinat dans lequel elle était déjà venue plus d’une fois – Finn n’allait pas le savoir, ce petit détail – elle repensa à sa sœur et elle alla chercher cette affection enfantine qu’elle ne pouvait plus posséder. A ses yeux, les enfants étaient une lumière que nul adulte ne pourra jamais remplacer.
Cependant, c’était la première fois qu’elle venait là avec Finn. Et Finn, sérieusement, ne semblait pas vraiment aimer les enfants. Ou alors, il y était indifférent. Dans les deux cas, Aiko se sentit coupable de l’avoir entrainé ici. A quoi pouvait-il bien penser ? Se disait-il qu’Aiko pourrait éventuellement vouloir d’enfants ? Et si c’était bien le cas hein, parce que oui, sur le coup, la jeuen femme se demanda si avoir des enfants serait une bonne idée. La réponse lui vint cependant d’emblée ; non. Pas question. Peut-être plus tard, mais pas maintenant, c’était juste exclu. Elle n’avait pas l’étoffe d’une mère, quoi que quiconque puisse en avoir à redire. Elle n’avait pas le temps non plus, d’ailleurs. Pour l’instant, elle n’était capable d’aimer que d’une seule façon et qu’un seul être et c’était bel et bien son copain.
Elle était amoureuse de Finn depuis un moment mais ne s’en était rendu compte que depuis peu, alors elle voulait profiter de cet amour simple et brut, utopique mais pourtant réel, simplement idyllique et peut-être même pas mérité. Elle voulait ne simplement plus se poser de question, ni quand, ni pourquoi, ni comment. Elle voulait simplement aimer Finn. Elle aimait simplement Finn. Ou plutôt, elle aimait Finn simplement, de cette façon pas très originale mais qu’elle pensait être unique. Elle l’aimait et c’était tout, il n’y avait pas de place pour de doute et encore moins pour des enfants. Aiko en était encore à tomber amoureuse de lui, un peu plus chaque jour, un peu de nouveau chaque jour comme si hier n’existait bien que les leçons tirées n’en demeuraient pas moins réelles, n’en demeurait pas moins présentes.
Avoir un enfant voudrait dire travailler beaucoup moins – n’oublions pas que cette femme consacre énormément de son temps à son Clan Baskerville – et surtout, devoir supporter pleurs et cris, crises de nerfs et d’hormones. Comment ferait-elle, sérieusement ? Elle aurait certainement des envies de meurtres contre son propre enfant et finirait par l’étouffer quand il pleurera trop. Elle n’était pas patiente avec les pleurs et cris abusés. Elle pouvait se montrer gentille avec les enfants, voire même sympathique et aimante, mais sérieusement, s’il y en a un qui l’agace, il risque de regretter fortement d’être tombée sur Aiko. Elle ne se voit absolument pas mère.
Et sérieusement, voyait-elle Finn père ? Globalement, pas vraiment. Mais le voyait-il père de ses enfants ? Elle savait qu’il pourrait faire des efforts, qu’il en ferait même certainement et qu’il pourrait faire un très bon père. Mais cependant, pour le moment, elle ne se voyait sérieusement pas imposer à leur relation toute neuve un enfant. Viendra avec des disputes dont aucun des deux ne désirait et viendra aussi une trop grande responsabilité pour deux jeunes de dix-huit et vingt ans. Peut-être que maintenant, les personnes se marient tôt, mais il est aussi vrai qu’à cette époque, il n’y a nulle fierté à dire qu’on a déjà eu ne serait-ce qu’une seule personne dans son lit avant le mariage. Or, autant Aiko que Finn n’avaient pas attendu le mariage – il n’était d’ailleurs pas question de quelconque festivité du genre – alors il n’y avait rien d’étonnant à ce que la Baskerville se juge autant qu’elle juge son copain beaucoup trop jeunes pour des enfants.
Mais même avec des années en plus, aurait-elle voulu d’un enfant ? Oui, peut-être. Mais. Parce qu’il y avait un mais : elle avait vraiment peur. Sa mère était très sévère et en plus, elle les battait, sa sœur et elle. Elle ne vit qu’une seule fois pleurer et pas une seule fois lui proposer sa main pour se relever. Même maintenant qu’Aiko était devenue adulte, sa mère ne se souciait pas réellement d’elle, cherchant à savoir si elle allait bien pour éventuellement lui proposer une mission ou juste lui rappeler qu’elle avait été éduquée pour travailler et non pas pour aller se faire salement draguer. Notons que sa mère n’était pas stupide et qu’elle savait que sa fille se faisait un peu trop embêtée dehors. Mais elle l’aimait et ça, Aiko le savait parfaitement. Sans pour autant que sa mère l’ait à le lui dire – le lui avait-elle seulement dit ? Elle s’inquiétait pour elle. À sa façon, certes, mais elle s’inquiétait pour elle. Bref, comment ferait-elle, elle, avec ses enfants ? Elle ne voulait pas de pareille éducation pour eux – et Finn n’en voudrait pas non plus, elle en était certaine ; il aurait son mot à dire, quand même. Et lui alors ? Avait-il un bon exemple paternel ? Aiko se rendit compte qu’elle en savait peu sur sa famille. Qu’en fait, elle ne savait presque rien.

La jeune femme pensait à toute vitesse à tout cela, tout en continuant à sourire aux enfants et à leur parler d’un air quelque peu absent, sermonnant gentiment le petit qui est allé toucher l’une de ses lames. C’est qu’il avait l’œil le petit – et les mains baladeuses, mais on lui pardonne hein, c’est un gosse. Il aurait été plus âgé, elle lui aurait montré la lame, mais elle jugea qu’il avait encore quelques centimètres à prendre et une petite dose d’âge à encaisser avant cela. D’ici là, il ne serait plus aussi mignon. Dommage.
Une main lui effleura l’épaule et elle leva les yeux vers Finn, sachant parfaitement que c’était lui et lui adressant un petit sourire. Il lui lança par la suite une phrase complètement cliché face à laquelle la jeune femme fronça légèrement les sourcils, bien que gardant son sourire sur les lèvres car elle voyait bien que son copain rigolait.
Mais même.
Elle s’apprêtait à répondre lorsqu’il enchaîna avec une deuxième phrase qui poussa la jeune femme à se redresser en croisant les bras sur sa poitrine. Il aurait dû ne rien dire, sérieusement, car il venait de limite l’obliger à lui poser une question qui allait inévitablement les lancer sur un sujet qu’Aiko ne désirait pas aborder. Elle ne voulait réellement pas avouer qu’elle aimait les enfants ni même dire à Finn qu’elle n’en voulait pas. D’ailleurs, elle lui ferait même croire le contraire pour voir s’il oserait lui dire que ses envies n’étaient réellement pas partagées. L’éventualité que Finn veuilles des enfants ? Inexistante d’après sa copine.
Son sourire disparut progressivement alors qu’elle plongea son regard dans le sien.

« Primo, ce n’est pas un truc de femmes, estime-toi heureux que je ne prenne pas l’air béat devant les gosses comme beaucoup, hommes inclus. Et puis, attends voir, est-ce que tu sous-entends que tu préfères encore un chat plutôt que d’avoir un gosse avec moi ? »

Là, elle cherche la petite bête, parce que le « avec moi » n’avait rien à faire ici. Elle savait bien que Finn ne voulait pas d’enfants tout court et qu’elle n’était pas le souci, mais même. Elle ne cherchait cependant pas à se disputer avec lui, alors elle décroisa bras pour aller lui prendre la main pour ensuite se nicher contre lui, calant sa tête contre son torse en fermant les yeux. Elle entendit la voix d’une femme demander ce qu’ils faisaient là et elle se redressa, l’ignorant pour l’instant.

« Finn, tu réagirais comment si je te disais que j’étais enceinte ? »

Elle posa une main sur son torse pour le pousser légèrement en arrière avant d’aller expliquer à la jeune femme qu’ils n’étaient rentrés que pour voir, soulignant le fait que la grille n’était pas fermée et que ce n’était pas très sécuritaire. Bref, elle tourna la situation de telle sorte à ce que ce soit l’autre qui en vienne à s’excuser du manque de sécurité, justement. Et puis, elle lui demanda s’ils étaient intéressés par l’adoption et Aiko étouffa un rire des plus amusés en se tournant vers le brun tandis qu’une petite fille brune avec des couettes et habillée en robe rose s’agrippa à la jambe de l’homme, et qu’un petit garçon vint vers la jeune femme pour lui demander si elle savait se battre. Elle lui répondit d’un sourire large en amenant son doigt à sa bouche, soufflant un « chut » comme s’ils partageant un secret. Et comment réagirait Finn avec la petite ? Aiko demandait à voir. La Baskerville se tourna vers l’autre femme, qui devait avoir quelques années de plus qu’elle à peine :

« Si on est intéressés par l’adoption… Hey chéri, on est intéressés par l’adoption ? »

Elle attendit sa réponse en allant murmurer à la femme que non, qu’ils ne faisaient que profiter avec les enfants. Et puis, elle alla vers son copain et lui sourit, attendant sa réponse.
Non, pour sa part, elle n’était bien évidemment pas intéressée. Mais qui sait, peut-être le brun tenterait de se justifier ou quoique ce soit d’autre. Cependant…
Elle attrapa la main du brun et demanda aux enfants d’attendre un instant avant de le prendre à part, derrière l’imposante bâtisse. Elle se plaqua d’elle-même au mur en l’attirant à elle, un petit sourire aux lèvres. Elle alla l’embrasser en laissant ses doigts glisser sur son con et son torse avant d’y mettre fin en baissant les yeux.
Ils allaient en parler, forcément, n’est-ce pas ?
Elle soupira en le regardant, ne sachant trop quoi dire.
Et si elle tombait enceinte, sérieusement ? Que ferait-elle ? Et lui, que ferait-il ? Que feraient-ils ?
En retournant embrasser son copain, elle aperçu une petite silhouette sur le coté. Un regard et elle nota que c’était une petite fille, la même qui embêtait Finn un peu plus tôt. Elle fit le rapprochement ; une petite, un couple, mauvais exemple ; ok, pas de bisous.
Elle se détacha presque aussitôt de Finn en marmonnant d’un ton réprobateur – comme s’il était coupable – mais surtout gamin et boudeur – ça va de paire, hein :

« Les gosses, c’est galère, si on peut pas s’embrasser tranquillement, comment va-t-on bien pouvoir s’ennuyer à deux, hein ? »
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   4th Septembre 2013, 10:52

Finn ne se savait pas particulièrement possessif avant. Mais avant, il n’avait personne à qui tenir comme il tient à Aiko. Il ne voit pas le reste du monde comme une menace et il est même conscient qu’Aiko n’irait pas dans les bras d’un autre sous son nez sans une bonne raison – elle a promis, non ? – mais il ne peut pas s’empêcher d’en regarder certains de travers. Même s’il sait que ce qu’ils partagent tous les deux est fort, même si, rationnellement, ils s’aiment et il n’y a donc aucune raison pour que tout change du jour au lendemain. La chute dans ce genre de cas est prévisible. Il n’est pas tout à fait sûr non plus du processus qui s’enclenche à chaque fois. Est-ce qu’il se compare aux autres, se pense moins bien et donc conclut qu’elle va aller voir ailleurs ? Est-ce qu’il pense plutôt qu’elle ne l’aime peut-être pas autant qu’elle le dit ? Il ne sait pas et ne cherche pas à savoir. C’est plus simple de chercher à attirer son attention. Ça les occupe tous les deux et en plus pendant ce temps elle le regarde lui et personne d’autre. Pourquoi vouloir absolument l’exclusivité est aussi un concept un peu particulier, mais en même temps logique. Il sait ce qu’il ressent et si elle ressent la même chose, il n’est pas possible de le ressentir pour deux personnes en même temps. Du moins, lui ne s’en sent absolument pas capable. Elle occupe déjà toutes ses pensées, comment y insérer une deuxième personne ? Une relation, c’est déjà bien assez prenant comme ça. Même s’ils passent beaucoup de temps séparés car en mission, évidemment pas au même moment sinon ce n’est pas drôle.

- Nan, même pas vrai, je ne suis pas jalouse d’abord. Il y a juste trop de… Hum, comment le dire poliment… Trop de sales profiteuses que je dois garder à l’œil.

L’homme rit à cette remarque. De sales profiteuses hein. Elle serait probablement ravie d’apprendre que le nombre de ses fréquentations femmes autres qu’elles se comptent sur les doigts d’une seule main et qu’il n’est réellement proche d’aucune, Fuyu mise à part. Mais Fuyu, il la voit encore plus comme une enfant que comme une femme. Elle serait moins ravie d’apprendre qu’il faut prendre en compte l’autre sexe, même si là aussi les fréquentations se comptent rapidement et qu’il n’est très proche d’aucun en particulier. Nana mis à part, mais Nana est un cas spécial à lui tout seul et sur de nombreux domaines. Et puisque le Baskerville a aussi arrêté les fréquentations d’un soir il y a des mois – s’il avait une bonne mémoire des dates, il pourrait donner quelque chose de précis, à défaut il faudra se contenter de savoir que cela coïncide avec la première dispute qu’il a eu avec la jolie rousse – il n’y a en fait rien à craindre actuellement.
Bon, bien sûr, il n’ira pas lui exposer tout ça. Déjà parce que ça ferait beaucoup de justifications pour, à priori, justifier qu’il n’y a rien. Et puis, si elle lui faisait la même chose, cela ne changerait rien à son comportement pour autant. Plus simplement, parce qu’il ne fait pas ce genre de chose. Il n’a strictement rien à justifier et n’en ressent pas le besoin pour le moment. Aiko n’a pas l’air de mal le vivre, tout va bien. De son côté, il sait bien qu’il n’y a rien à faire pour empêcher certains de regarder son amoureuse. Elle est belle et désirable et il est le premier à le reconnaître, après tout. S’il ne l’avait jamais rencontrée, il aurait probablement jeté un coup d’œil aussi. Mais il a eu la chance de l’avoir en amie – et s’il pensait effectivement qu’elle était magnifique, il le faisait discrètement et sans jamais agir dessus, parce que leur amitié lui était précieuse et que la gâcher pour si peu aurait été stupide, même pour lui – puis en amoureuse maintenant. Chance dans le sens où ses sentiments auraient très bien pu ne pas être réciproques. Même si tout pointait à croire le contraire, il y avait toujours ce petit doute, cette petite incertitude qui faisait que tout aurait pu se passer autrement. Mais assez de conditionnel, les choses sont bien comme elles le sont.

Après quelques taquineries de plus, notamment sur les rougeurs de chacun – que la jeune femme assume, mais que son copain n’assume absolument pas – et une phrase et quelques actions très imagées de la part de la jolie rousse, ils repartent. Ils sont incapables de tenir en place bien longtemps. Quand ce n’est pas l’un qui tente l’autre, c’est l’inverse. Et, bien sûr, Finn note assidument qu’elle lui a déjà proposé plusieurs fois depuis le début de la journée d’entreprendre des activités instructives le soir même. Croyez bien qu’il a une bonne mémoire pour ça, sans aucun problème. Ils se cherchent sans cesse et cela a toujours été le cas, le terrain s’est juste élargi.
Ce soir pourrait tout aussi bien être maintenant. Ici, tout de suite, dans une ruelle peu fréquentée même si Finn s’y opposerait probablement au final. Juste temporairement, parce que cet endroit est sale, moche, probablement très mal fréquenté dès qu’il commence à faire un peu sombre et qu’il est hors de question de faire l’amour à Aiko dans un endroit pareil. Juste hors de question. Après, il y a sûrement d’autres endroits plus acceptables non loin. Des ruines, par exemple. Exemple donné à tout hasard. Maintenant, pour leur bien à tous les deux, il serait bon qu’ils se décollent l’un de l’autre.

- Hey chéri, j’ai envie de toi, ça se voit, non ? Donc, si tu ne veux pas que je fasse une sorte de film pour adultes là, tout de suite, va falloir gérer ça.*

L’homme rit à défaut de pouvoir retourner l’embrasser. Comme si lui dire ceci allait aider. Mais soit, c’est Aiko et c’est comme ça qu’elle fait. Il faut s’attendre à être surpris, si tant est que cela soit possible. Finn n’étant raisonnable qu’une fois qu’il a joué avec les limites, il vient néanmoins lui glisser à l’oreille :

- Qui te dit que je ne veux pas ?

Ok, ok. C’était pas le but du rendez-vous quand même. Ça, ça viendra après. Quoi que si on s’en tenait strictement au but du rendez-vous, qui est de passer du temps tous les deux en amoureux, en fait ça pourrait très bien marcher. A noter pour une prochaine idée, qui n’est pas très recherchée mais qui leur plairait probablement à tous les deux. En fait, le probablement est à retirer. Elle leur plairait, pour sûr.

C’est main dans la main qu’ils arrivent aux grilles de l’orphelinat Fianna. Lieu où, sans s’en cacher, Finn ne vient jamais. N’est jamais venu, en fait. Il est passé devant, pour sûr, mais n’en a jamais franchi les grilles et ne l’aurait jamais fait si sa jolie copine ne l’y avait pas entraîné à sa suite. Elle, en revanche, semble relativement à son aise ici. Qu’elle soit ou non déjà venue, de toute façon ce détail-là n’importe que peu aux yeux de l’homme. Si elle est venue plusieurs fois, cela signifie juste qu’elle aime bien les enfants d’ici. Rien d’autre. Une petite chose qu’il classera dans un coin de son esprit, avec les autres petits détails sur elle qu’il connait. Qui sait, à force de recueillir les détails, il pourrait bien finir par réussir à prévoir complètement une sortie qui plairait à la jeune femme sans qu’elle ne lui en ait parlé avant. Mais ce genre de surprises sera pour plus tard. Quand il aura acquis quelques connaissances de plus, pour commencer.

Un gosse, quand c’est petit, ça braille, ça geint, ça pleure, ça réveille ses parents – et le voisinage, pour peu que les murs ne soient pas assez épais – la nuit, ça tombe facilement malade, ça se blesse bêtement, c’est inconscient et ça demande une attention constante. Ce qui peut être très rapidement usant. Et ça, il n’y a pas besoin d’être parent pour s’en rendre compte. Il suffit d’observer dans la rue, d’être soi-même dérangé par les pleurs d’un gosse qui fait un caprice et affiche sa mère en public ou d’un autre qui s’est ouvert le genou au sol, en courant après un chat que les adultes lui avaient bien dit d’ignorer. Mais c’est comme ça qu’on apprend, en désobéissant pour essayer soi-même, en touchant la flamme pour comprendre ce que signifie « ça brûle » et pouvoir ensuite l’appliquer à nouveau par analogie aux autres choses qui peuvent brûler. L’expérience, pour résumer ce fait en un mot. Les enfants, il faut en plus leur apprendre. Les éduquer en plus de les protéger, surveiller ce que l’on fait pour qu’ils ne se mettent pas à faire ou à dire des choses qu’ils ne devraient pas à leur âge. Un enfant, c’est envahissant sur tous les plans et c’est un engagement à long terme. Il faut une patience que Finn sait ne pas avoir. Manque de maturité ? Oh mais très probablement, ce n’est pas nouveau. Il a été gamin lui-même, mais être patient avec les enfants des autres… Il peut faire un effort si l’enfant se tient tranquille. Sinon, ils lui usent rapidement le peu de patience qu’il possède. Et puis, un gamin viendrait indéniablement pomper dans le temps qu’Aiko et lui ont à s’accorder mutuellement. C’est égoïste, mais ce temps est tellement précieux que le contractant n’est pas prêt à le partager. Il l’aime, leur relation est sérieuse, mais est-ce que cela signifie pour autant qu’il faut impérativement décider de fonder une famille ? Non. Même si, à leur époque, ce genre de pensées n’est pas à formuler à voix haute. Ils ont le temps. Ils ont le temps, jusqu’au jour où. Rien que cette pensée effraie le Baskerville. Il refuse d’y penser. Il n’y a pas à dire, c’était beaucoup plus simple de ne pas être amoureux. Beaucoup plus simple, mais beaucoup moins enrichissant à vivre. Il n’avait jamais rien attendu avec impatience comme il peut attendre leurs rendez-vous – parce que maintenant, il y a plus de dates fixées que de rencontres à l’improviste, même s’il arrive que l’un se pointe chez l’autre sans s’être annoncé avant – et il ne sourit jamais autant que lorsqu’il est avec elle. Non pas qu’il préfère qu’on le voit sourire plutôt qu’autre chose, mais parce qu’il a des raisons de le faire. Ce sont ces raisons qui sont tellement agréables. Avoir l’air niais ne le dérange pas, les autres peuvent bien penser ce qu’ils veulent. Il aime cette fille et si avant il vivait sans trop savoir pourquoi – juste pour vivre, en fait, aussi bien que pour servir le maître – maintenant il a une très bonne raison de le faire. En plus du clan. Mais est-ce que le clan primerait sur sa compagne ? Rien n’est moins sûr. Mais la question ne se pose actuellement pas. Ils ne demandent, après tout, qu’à être tous les deux. Exactement la raison pour laquelle un enfant n’est pas à inviter au milieu pour le moment. Que ferait-il avec eux deux comme parents, de toute façon ? Pas grand-chose.

Après s’être auto-perturbé mentalement tout seul comme un grand, Finn décide de reprendre les choses en mains en allant embêter Aiko. Gentiment et de manière tout à fait décente devant les enfants. Sauf que lorsqu’il la voit se relever les bras croisés et une expression pas spécialement douce sur le visage dirigée droit vers lui, il sait qu’il a encore loupé une occasion de se taire. Ce n’est pas la première et ce ne sera certainement pas la dernière.

- Primo, ce n’est pas un truc de femmes, estime-toi heureux que je ne prenne pas l’air béat devant les gosses comme beaucoup, hommes inclus. Et puis, attends voir, est-ce que tu sous-entends que tu préfères encore un chat plutôt que d’avoir un gosse avec moi ?

Et pan. On passera sur le bref traumatisme interne lorsqu’elle a dit « hommes inclus » et qu’une image particulièrement perturbante lui a traversé le cerveau – sérieusement, il y a des hommes qui viennent gagatiser au-dessus des berceaux à coups de « oh ce qu’il est mignon gouzi gouzi » ? Brr… - pour en venir directement à la fin. Comment, oui comment, est-ce qu’elle a pu traduire la simple plaisanterie sans arrière-pensée en ça ?Lui ne voit aucun lien. Mais ne voir aucun lien ne l’a pas empêché de pâlir légèrement tout en ayant l’air surpris – et il est vraiment surpris de sa réaction.

- … Je note que tu n’aimes pas les chats, donc.

Il semble visiblement mal à l’aise, alors qu’Aiko est peut-être en fait en train de simplement se moquer de lui et il se maudit pour cela. Stupide, stupide, stupide. Bon sang. Dans la seconde qui suit, il se surprend à prier très fort pour qu’elle éclate de rire d’un coup, se paie sa tête ou n’importe quoi qui fasse qu’il n’ait pas à répondre à cette question ou, du moins, qu’il puisse l’éviter sans que cela paraisse fait exprès. Peu importe à qui sont dirigées ces prières, elles sont entendues et exhaussées puisque la Baskerville décroise rapidement ses bras avant de venir se nicher dans ceux de l’homme, qui n’est que trop content de pouvoir la serrer contre lui et d’éviter ainsi la discussion.
Sauf que les gens là-haut ont un drôle d’humour.

- Finn, tu réagirais comment si je te disais que j’étais enceinte ?

Cette fois l’expression qui traverse son visage n’est rien d’autre que de la peur non contenue et si Aiko l’avait vue, elle se serait posé des questions qu’il ne faut pas qu’elle se pose. Aussi, lorsqu’elle tente juste après de se libérer de son étreinte, il la retient contre lui. Ce n’est pas la première fois de la journée qu’il fait cela alors avec un peu de chance cela n’aura pas l’air trop louche, mais il a besoin d’une poignée de secondes supplémentaires pour travailler son expression. Eviter cette conversation par tous les moyens, oui. Il n’est pas prêt à l’avoir maintenant, certainement pas. Il n’envisage même pas la possibilité que la jeune femme partage son avis, c’est juste un non. Pas de conversation tout court, point. Et il espère sincèrement qu’elle n’est pas réellement enceinte et cherche à tester le terrain. Mais… Elle ne l’aurait pas fait ainsi, non ? Il refuse d’y réfléchir.
Il ne la kidnappe pas longtemps, à peine une poignée de secondes, le temps de prendre une grande inspiration et de supprimer la peur de son visage. Il l’embrasse même sur le front en la relâchant, lui souriant doucement ensuite. A aucun moment il ne répond à la question. Et s’il n’est pas assez idiot pour espérer qu’elle ne s’en rende pas compte, il espère en revanche qu’elle ne pressera pas l’issue. Et ne se mettra pas à avoir de fausses idées sur la question. Elle sait qu’il l’aime vraiment, hein, elle le sait ? Si oui, ça ira. Ça ne pourra qu’aller.

Entre temps une femme est arrivée, demandant immanquablement ce que les deux Baskerville font là. Finn ne prend pas la peine d’y répondre, laissant Aiko aller parlementer avec la dame. Si elle veut les mettre à la porte, il en sera même content. Bien que ça, il ne faut pas le dire à la jolie rousse.
Pendant que les deux femmes discutent – et, de ce que le contractant entend, Aiko a retourné la situation ce qui signifie au passage qu’ils peuvent rester ici – une petite fille que certains qualifieraient probablement de très mignonne, pas plus âgée que de quatre voire cinq ans, vient s’agripper à la jambe de Finn comme si elle le connaissait et était attachée à lui. Ce qui n’est pas le cas, puisque l’homme ne l’a jamais vue. Il n’a pas une mémoire absolue, mais il sait bien qu’il ne traîne pas avec les enfants. Cette gamine brune et aux grands yeux verts – ce sont des caractéristiques communes, avant toute médisance – lui est parfaitement inconnue. Elle l’observe comme si elle semblait attendre quelque chose de sa part. Et, très intelligemment, l’homme se contente de lui renvoyer son regard, parfaitement inconscient de ce qu’il pourrait bien faire ou dire. Est-ce qu’il aurait fait ça, lui, gamin ? Non. Enfin si, mais il aurait ouvert la bouche pour dire un truc du genre « viens jouer avec moi » et il ne l’aurait pas fait à un adulte inconnu. Parce qu’il ne jouait pas avec les adultes inconnus. Le brun est maladroit avec les enfants en un sens. Il ne déborde pas de cette étrange affection protectrice qu’ont certains autres adultes à l’égard des plus jeunes. Ils ne l’agacent pas non plus à vue, après tout un enfant qui joue sagement dans son coin est très facile à ignorer. Mais voilà, il n’est pas très délicat avec eux, pas plus qu’il ne ressent une grande envie, en leur présence, de jouer avec eux. Pour autant, il ne peut pas affirmer ne pas les aimer. Ni les aimer. Il leur est plutôt indifférent.
L’échange de regards ne dure pas plus de quelques secondes avant qu’il ne se décide, quand même, à au moins s’accroupir pour être à la taille de la petite. Il est nul, mais pas mauvais observateur. Pas très inspiré, il lui demande comment elle s’appelle, ce à quoi elle répond simplement un « Julia » tandis que derrière, le rire d’Aiko leur parvient. Le brun ne sait pas pourquoi elle rit, ayant décroché de la conversation qu’elle est en train d’avoir avec l’autre femme. Alors il ne voit pas la suite venir.

- Si on est intéressés par l’adoption… Hey chéri, on est intéressés par l’adoption ?

Oh bon sang. Il entend bien dans son ton qu’elle plaisante – vraiment, cette fois, il n’est pas tout à fait sûr pour les deux fois précédentes – mais il ne sait pas plus comment répondre. Sauf qu’il ne peut pas ne pas répondre, ce serait, cette fois, bien trop étrange. Du coup il force un léger rire accompagné d’un sourire qui, s’ils n’ont peut-être pas l’air parfaitement spontané, ont au moins le mérite de ne pas avoir l’air trop forcés non plus. Juste maladroits.

- Pas vraiment pour le moment, chérie.

Et non, il ne compte pas élaborer plus que cela. Il en a déjà éludé une – deux si on est rigoureux – tout à l’heure et ne compte certainement pas justifier celle-là. Et s’ils changeaient de sujet maintenant ? Plus vite ils passeront à autre chose, mieux ce sera. Il est presque reconnaissant à la petite fille qui agite sa main devant lui pour attirer son attention à nouveau sur elle, lui fournissant une excuse parfaite pour détourner son regard de celui d’Aiko, avant qu’elle n’y lise plus de choses. Julia, donc. Julia qui lui demande en retour comment lui s’appelle, ce à quoi il répond simplement en donnant son prénom. Chose que l’enfant a ensuite l’air de méditer, comme si elle jugeait de si c’est un bon ou un mauvais prénom. La Baskerville arrive à ce moment-là pour récupérer son copain et l’entraîner à l’écart. Il pourrait résister, qui sait si elle ne l’entraîne pas pour parler. Genre parler, de ce dont il ne veut pas parler. Mais il n’en fait rien et la suit et, quand elle l’embrasse et l’attire à lui, il se pense bien tiré d’affaire. C’est cool ça. Il glisse une main derrière sa nuque, l’autre sur sa taille, ayant d’ores et déjà oublié qu’ils sont à quelques mètres d’un groupe d’enfants. Même s’ils ne font rien d’indécent, certains sont très jeunes. Cependant le contractant n’y pense pas, il pense à bien peu de choses quand il embrasse la femme qu’il aime de toute façon. Sauf qu’elle finit par mettre fin à l’échange et baisse alors les yeux. Son premier réflexe est de vouloir lui demander ce qu’il se passe. Un dixième de seconde plus tard il décide de s’abstenir, par crainte que le sujet ne vienne sur la table. A la place il fait passer sa main de la nuque à la joue de la jeune femme, qu’il caresse gentiment. Il est inhabituellement silencieux. Comme, en fait, à chaque fois qu’il veut éviter un sujet. Chose qu’elle a probablement remarqué, vu comme il est doué à ce jeu-là. Elle l’a toujours remarqué jusque-là. Il ne parle que si on le force à le faire. Alors il ne pipe mot et elle revient l’embrasser, cette fois plus courte que la précédente car elle y met précipitamment fin sans qu’il ne comprenne immédiatement pourquoi. Et puis il suit son regard et, évidemment, Julia se trouve-là.

- Les gosses, c’est galère, si on peut pas s’embrasser tranquillement, comment va-t-on bien pouvoir s’ennuyer à deux, hein ?

Ah, enfin quelque chose avec lequel il est parfaitement d’accord. Tellement d’accord que sa langue va plus vite que sa pensée quand il répond :

- En ne faisant pas de gamin.

Oh la boulette. Oh le boulet. Disons qu’il y a des moyens beaucoup moins brutaux d’amener ce genre de phrase. Et si elle était vraiment enceinte, hein ? Comme si c’était contrôlable. Il y a bien des astuces, mais la fiabilité n’est pas de 100%. Ça, il n’y avait pas à s’en soucier quand les partenaires n’étaient présentes que pour un soir – il aurait eu l’air malin, n’empêche, si l’une d’elle était tombée enceinte et avait cherché à lui mettre la main dessus ensuite. Qui sait s’il n’y a pas un ou deux gosses qui possèdent une partie de son patrimoine génétique et qui se promènent actuellement dans Réveil ou autour. Et Aiko, elle est déjà tombée enceinte auparavant ? Toutes ces questions sont flippantes. Toujours est-il qu’ils devraient avoir certaines discussions sérieuses. Mais avant, il ferait bien de se rattraper un peu. Ce qu’il tâche de faire, bien que ses pensées ne soient pas très ordonnées :

- Enfin, pas maintenant. Dans… Longtemps. Quand on… Quand… J’sais pas. Pas maintenant quoi.

Hésitant, il décide cependant de ne rien ajouter de plus. Avec un peu de chance, cela suffira amplement. Il espère juste, à nouveau, qu’Aiko ne poussera pas la réflexion trop loin et prendra les choses pour ce qu’elles sont : Finn qui flippe à nouveau et qui n’a juste pas envie de voir un môme arriver au milieu maintenant. Juste ça. Pas de Finn qui ne l’aime pas ou de Finn qui ne voudrait pas, potentiellement, un jour, qui sait, avoir un enfant avec elle. Il l’aime, après tout.
Avec ça, il se décolle de sa copine, non pas parce qu’il pense avoir jeté un froid soudain sur la conversation – bien que ce pourrait être le cas – mais tout simplement parce que la petite est là. Petite qui vient rendre son verdict et lui annonce qu’il a un prénom bizarre, ce qu’il est ravi de savoir, vraiment. Tenté de répliquer qu’elle n’aura qu’à s’en plaindre à sa mère – la sienne, à lui, évidemment – il abandonne néanmoins avant d’ouvrir la bouche. Non, il n’essaiera pas de gagner une joute verbale avec une gamine de quatre ans, non. Et la gamine, inconsciente de tout cela, enchaîne en leur demandant ce qu’ils faisaient. Ce à quoi Finn répond presque en marmonnant que ce sont des trucs de grands et qu’elle devrait retourner jouer avec ses camarades. Vient l’évidente réplique qu’elle est grande et qu’elle peut donc savoir et le contractant abandonne et tourne un regard suppliant vers sa compagne.

- Comment tu fais ? Et sérieusement, cette fois. Sans histoire de chats ou de trucs de femmes.

De toute façon elle n’aime pas les chats, c’est noté. Un chiot, peut-être ? Ou juste un humain. Mais elle l’a lui, si elle veut un humain à câliner. Du moment qu’elle ne le câline pas comme elle câlinerait un enfant mais bien comme elle câlinerait un homme, tout va bien. Il n’aura jamais assez de câlin, elle peut y aller, de ce côté-là pas de problèmes. Le Finny est une espèce dont son seul représentant est très affectueux et n’a aucun mal à donner des étreintes.

L’enfant aux yeux verts – et s’ils n’étaient pas plus sombres que les siens, Finn aurait presque l’impression d’avoir les mêmes en face, version féminine ce qui lui permet d’affirmer qu’il est très content d’être un homme – les fixe, visiblement pas décidée à partir. Alors l’homme soupire, prend la main de sa compagne et décide de les raccompagner vers les enfants. Si Aiko veut parler de ça – toujours la même chose et il espère qu’elle ne veut pas – il n’y aura qu’à… Envoyer les gamins jouer à cache-cache ou à chat ou… A partir, tiens. Continuer leur rendez-vous ailleurs, oublier qu’ils sont passés ici et… Et… Ouais, Finn devrait s’acheter un paquet de maturité, quand même, et en verser dans son thé tous les matins. Faire une cure d’un mois comme ça et voir ce qu’il se passe.
Avec tout ça, il est quand même conscient d’offrir une piètre performance. Pris de court plusieurs fois, il n’a fait que trébucher et trébucher encore pour finir par avouer qu’il ne veut pas d’enfants maintenant, comme si cela n’était pas visible avant. Ce n’est que la surface du problème, bien évidemment, et il souhaite toujours ne pas aborder le sujet. Il n’y a aucun bon moyen d’avouer que le jour où Aiko sera enceinte, il existe une possibilité non nulle qu’il essaie de fuir. Comme un lâche, parfaitement. C’est donc avec dans l’idée de dévier le sujet sans que ce soit trop évident – même si cela risque de l’être – qu’il ouvre la bouche pour demander :

- Pourquoi être venue ici, au fait ?

Il n’est pas si curieux que cela de connaître la réponse, mais ça c’est uniquement parce qu’il ne sait pas vraiment où se mettre pour l’instant. C’est compliqué d’être amoureux, beaucoup trop compliqué.


[Hrp : *Je tilte que maintenant mais ceci, madame, est un anachronisme \o/.]
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   14th Septembre 2013, 08:03



» We’re just too young to care.


Finn n’est pas un moulin à paroles. Finn n’est pas non plus une sorte de carpe qui ne laisse nul mot filtrer d’entre ses dents. Peut-être qu’avec d’autres personnes, il se montre un peu plus bavard. Avec son Chain, peut-être ? Après tout, ce-dernier était un homme et deux hommes ont toujours beaucoup de trucs à dire. Ou alors, il pouvait se montrer vraiment silencieux, soit car il n’aimait pas la personne en face de lui, soit parce qu’il était fatigué ou pour je ne sais encore quelles autres raisons qu’il serait inutile d’évoquer car n’ayant de toute façon aucun rapport avec l’attitude qu’il adoptait avec Aiko. Lorsqu’ils avaient un bon sujet de discussion, ils pouvaient parler des heures, débattre et exposer leurs avis, échanger ; communiquer, simplement. Ils leur arrivaient aussi de ne rien dire, de rester l’un contre l’autre. Ainsi donc, la jeune femme n’avait pas à plonger son regard dans celui de son copain pour y voir le monde entier se refléter, partageant la même vision à partir du moment où ils ont décidés d’enfin ne former plus qu’un, elle n’avait qu’à poser ses prunelles sur le monde l’entourant pour en saisir les mystères, les secrets, bien que jamais entièrement. Sans se concerner, ils regardaient dans la même discussion. Sans en piper mot, ils savaient pourtant ce dont l’autre avait besoin. Lorsqu’ils partageaient un regard, ils savaient si c’était le bon moment pour le désir fort et brut ou plutôt pour la sensualité. Ça dépendait de l’autre, de sa propre humeur, peut-être aussi simplement du temps – un peu de poésie, un peu de profondeur, un peu d’infinité confinée dans un espace temporel, cloitrée entre quelques secondes à peine parfois.
Les mots ne sont pas toujours le meilleur moyen pour communiquer, ne sont pas toujours des plus efficaces. Parfois même, en plus d’être inutiles à vous aider un quelconque confort, un quelconque terrain d’entente, ils vous font du mal, font du mal aux autres, vous blessent profondément et peuvent jusqu’à vous détruire. Il n’est ici pas question de dispute, car ne nous éloignons pas, il reste question de Finn et d’Aiko qui sont tout de même deux individus respectables qui n’en arriveront pas aux grands mots insultants, si ce n’est des taquineries telle qu’idiot. Taquinerie déjà employée par la jeune femme, mais pas dans un contexte sarcastique mais entièrement et simplement méchamment. Mais pas la peine de revenir sur leur toute première dispute qui, cela dit, n’a jamais été considérée comme la dernière, la jeune femme sachant plus que parfaitement qu’ils se disputeront encore et encore. Pourquoi cela ? Parce qu’elle croyait en leur couple et qu’elle espérait sincèrement que ça durerait ; et pour cela, il fallait bien le lot de disputes.
Mais pourtant, parfois les mots sont nécessaires. On sait que l’on aime quelqu’un lorsque le silence entre nous deux devient agréable, confortable. Cela dit, même en étant complètement fou amoureux de son compagnon, il arrive que le silence devient, en plus d’être lourd, complètement déplacé et pouvant même allé jusqu’à en devenir vexant.
En l’occurrence, c’est ce qui se produit en cette belle journée, durant ce premier rendez-vous entre amoureux officiels. Aiko avait déjà remarqué que Finn fuyait certains sujets. Parce que bon, il ne fallait pas non plus la croire stupide, elle avait un minimum de savoir, d’expérience, de sens d’observation aussi. Lorsqu’il fallu aborder le sujet des sentiments, ce fut elle qui fit le premier pas, qui lança le sujet. Elle aussi qui avoua en premier lieu qu’elle était amoureuse de Finn. Il n’était pas stupide, lui non plus, il devait bien savoir – et ce parfaitement – qu’il y avait quelque chose entre eux deux et qu’il allait falloir éclaircir les choses. Forcément. Pourtant, jamais il ne fit ne serait-ce qu’une allusion au sujet alors qu’Aiko, de son coté, lança plusieurs perches, se rétracta et ainsi de suite. Tout comme le fait qu’aujourd’hui encore, bien que sachant parfaitement l’importance qu’avait Sora aux yeux de sa copine, le jeune brun n’avait pas dit clairement à Aiko ce que lui ressentait à son égard. Il en était jaloux, légèrement peut-être, mais jaloux quand même et cela, la jeune femme aimerait l’entendre et non plus le déduire. Elle aimerait qu’il lui dise ce qu’il a sur le cœur, tout comme il le fit clairement pour lui signifier, il y a plusieurs mois, qu’elle accomplissait trop de missions et qu’il s’inquiétait pour elle. Pour ce genre de choses, ce genre de futilités – mignonnes et tout bonnement adorables, mais ça reste moindre face à la question de la jalousie et de l’amour – il était doué pour se lancer sur le sujet. Bon, il lui avait demandé de sortir avec lui, c’était déjà un très bon début… Une autre femme aurait vraiment eu en travers de la gorge qu’elle soit obligée d’avouer ses sentiments en premier – surtout à cette époque qui plus est. Mais pas Aiko. Elle la féministe s’en fichait pas mal, même si elle aurait apprécié que Finn prenne le risque qu’elle avait pris et qui n’est autre que pouvoir se casser joyeusement – ou pas du tout – la gueule.
Pour une fois, oui, Aiko pense un petit moment à un des gros défauts de Finn : elle ne savait pas  c’était par crainte de la perdre, de se retrouver seul, de souffrir ou simplement parce qu’il était maladroit et qu’il ne savait pas trop comment s’y prendre – peut-être était-il perfectionniste, au lit du moins, il l’était – mais il avait un mal fou à s’engager. Car oui, nt d’ne pas vouloir aborder des sujets assez importants était, aux yeux d’Aiko, un manque d’engagement.
Mais parlons-en, justement, de ce manque d’engagement, avant d’en arriver à la conclusion de la jeune femme.
Il ne fallait pas croire qu’elle était assez confiante pour prendre de grandes décisions seules. Vu qu’il av être souvent question d’enfant dans les lignes à venir, autant les prendre comme exemple : elle ne pourrait pas décider, seule, d’en avoir un. Bon, en oubliant que ça peut lui tomber dessus sans qu’elle n’ait rien demandé hein. Elle n’avait pas la force d’aller adopter un petit sans concerter Finn. Un couple, ça ne fonctionnait pas comme ça. Elle  ne pourrait pas aller dire au brun qu’elle voulait aménager chez lui, elle n’était déjà pas envahissante, mais en plus, elle n’était certainement pas du genre à s’improviser chez l’homme qu’elle aimait. D’autant plus que cela voudrait dire plus de responsabilités, peut-être moins de… D’amour ? Elle ne savait pas, n’en savait rien du tout et, elle aussi avait besoin de l’homme. Il y avait des sujets qu’ils devaient absolument aborder, c’était indéniable. Elle ne pouvait pas tout faire toute seule, n’était pas même assez forte pour encaisser, par exemple, la mort de son meilleur ami seule. Pas moyen. Maintenant qu’elle était avec lui, elle dépendait de lui, lui qui la complétait et lui dont elle avait réellement besoin – en plus d’en avoir réellement et sincèrement envie.
Si certaines femmes font tout toutes seules, alors elle, non seulement elle en était incapable, mais en plus, elle ne voulait absolument pas.
Aiko avait besoin de son copain, de son amoureux ; de Finn.
Maintenant, la fameuse conclusion : elle avait cru comprendre le fonctionnement de son copain et, se basant sur cela, elle savait qu’il fallait le mettre au pied du mur pour qu’il parle. Et encore, il fallait le secouer assez méchamment, jusqu’à en perdre le sourire, lui faire croire que toute la relation était mise en péril. Et c’est ce qu’elle avait décidé de faire, non pas car elle était manipulatrice mais pour pouvoir parler de ce qui lui tenait désormais à cœur avec lui. Car oui, si elle cessait de sourire, si elle prenait un air sérieux, voire même vexé, cela serait une fenêtre sur une possible dispute et cela même pourrait donner sur une probable rupture – il est bon à noter et à ne certainement pas oublier que les couples se séparent pour une multitude de raisons mais surtout pour un petit truc futile qui a fait déborder le vase. Et tout pouvait être futile… Même une mal-interprétation des mots, une allusion au fait que le brun ne voulait pas d’enfants « avec elle » alors que, sérieusement, il ne l’avait pas vraiment v
Un jour peut-être, elle lui dirait clairement qu’elle en avait marre de ce comportement gamin. Mais d’ici là, cette méthode semblait fonctionner – avait déjà fonctionné, en réalité, une fois déjà lorsqu’ils ont parlé de leurs sentiments.

Remontons un petit peu dans le temps, voulez-vous ? Parlons de ce coté complètement je-m’en-foutiste de Finn qui signala gentiment mais avec une pointe de malice que ça ne le dérangerait pas tant que ça que sa copine décide de dévoiler un peu plus que ses jambes, ses bras ainsi que son visage au public, à ces hommes qui la dévorent littéralement des yeux. Aiko haussa les sourcils, sachant plus que parfaitement que si elle tentait ne serait-ce que de le faire, son brun ne serait vraiment pas fier d’elle. Il était lui aussi du genre vraiment possessif et jaloux, alors cette phrase l’étonna un peu, bien qu’elle savait plus que parfaitement qu’elle n’avait réellement pas intérêt à le prendre au sérieux. Enfin, peut-être que s’ils devaient être en privés, la jeune femme accepterait de faire plaisir à Finn. Mais peut-être seulement hein, parce qu’elle le retenait toujours depuis qu’il avait ri lorsqu’elle parla de « sales profiteuses ». Non mais oh, il n’avait pas à se moquer d’elle.
Et voilà où ils en étaient, à vrai dire ; à encore flirter au beau milieu de la rue, ignorants des regards qui les scrutaient ou alors qu’ils les ignoraient délibérément. Ça dépendait on va dire. Quoi qu’il en soit, encore une fois, ils en étaient à e stade où ils se taquinaient et où ils se sous-entendaient sans cesse qu’ils pourraient jouer un peu plus sérieusement n’importe où, que ce soit au coin d’une ruelle ou encore en haut d’une terrasse. Mais Aiko ne désirait nullement que qui que ce soit d’autre qu’elle-même puisse voir son chéri. Et puis, même si lui prétendait le contraire, elle n’oubliait certainement pas la fois où, ayant décidé de se montrer indiscrets au bord d’un lac, le jeune brun n’avait pas voulu que sa copine reste bien longtemps sans sa robe – sérieusement, comme si elle avait l’intention de rentrer chez elle en sous-vêtements.
Un jeune couple, voilà ce qu’ils étaient. Rien de plus, rien de moins. Ils n’étaient tous deux certainement pas du genre à s’occuper d’un probable futur, pas tout de suite, pas pour le moment. La jeune femme y pensait parfois, pourtant. Sauf que cela étant, l’idée d’avoir fondé une famille et d’avoir des enfants ne lui avait jamais ne serait-ce que traversé l’esprit. Elle pensait plutôt à quel jour ils pourraient se voir, où et ce qu’ils pourraient faire – à quel moment de la journée ils pourraient se mettre au lit, les jeunes de ce temps se fatiguent tellement vite ; surtout lorsqu’ils sont Baskerville.
Dans quelques années, peut-être songeront-ils à avoir des enfants. Peut-être seulement car la jeune femme ne pense vraiment pas pouvoir être une bonne mère. Quant à Finn… La jeune femme avait l’étrange impression qu’il n’était pas près à être d’accord pour élever des enfants. Les raisons, bien qu’elle en avait une petite idée – trop de responsabilités, trop grand engagement – elle voulait les connaitre de sa bouche. Ce qui, apparemment, n’allait pas être si facile que ça sil décidait de continuer à éviter le sujet ou à ne rien dire là-dessus.

Finn semblait surpris en entendant els mots se déverser de la bouche de sa copine. Cette-dernière n’ajouta rien de plus, persuadée qu’au fond, oui, Finn n’avait pas envie d’avoir d’enfants. Et comme déjà dis, le « avec moi » était certainement de trop car elle savait bien que le brun n’irait pas voir ailleurs pour avoir des enfants. Déjà que l’idée qu’il aille voir ailleurs ne perturbait plus tant que ça Aiko – elle le savait fidèle et s’il le faisait, c’est qu’elle avait dû commettre une erreur quelque part – mais alors là, s’il allait voir une autre femme pour une autre raison que l’avoir dans son lit, c’est que… Ah bah, ce serait bizarre. Déjà que la jeune femme voyait mal son copain allait trouver une autre femme pour partager sa vie, mais en plus, pour avoir un enfant… Elle en rirait presque, sérieusement.
Son commentaire agaça au plus haut point Aiko qui poussa un profond soupire en fronçant les sourcils. Il notait qu’elle n’aimait pas les chats ? Sérieusement, c’est tout ce qu’il notait ? Il le faisait exprès ou quoi ?
Pourtant, vu que les intentions de la rousse n’ont jamais réellement été de le blâmer, alors elle finit par décroiser les bras en allant dans ses bras. Elle l’aime son Finn et ce, qu’il veuille ou pas d’enfants. à vrai dire, ça aurait peut-être été même un peu plus compliqué s’il voulait des gosses, parce que là, ce serait la jeune femme qui s’y serait opposée. Sauf que le truc, c’est qu’elle envisageait le fait que ça lui tombe dessus et pour cela, elle aimerait bien savoir comment réagirait son copain. Parce que bon, élever un petit toute seule, elle n’en avait pas envie et ça avait tout l’air de ne réellement pas être trop son truc. Alors voilà, elle ne « voulait pas » tomber enceinte mais si ça arrivait, elle aimerait savoir que l’homme qu’elle aimait la soutiendrait.
Lorsqu’elle posa la question fatidique et brun tout en tentant par la même occasion de se libérer de son étreinte, elle le retint et, naturellement, elle revint se caler dans ses bras tout en fronçant les sourcils. Pourquoi la gardait-il contre lui ? Il l’avait fait plus d’une fois aujourd’hui, mais pas alors qu’elle venait de poser une question si importante. Alors quoi ? Pourquoi ? Que cachait-il sur son visage ? Ou alors, était-ce elle qui se faisait trop de films ? Peut-être, après tout, voulait-il la garder près de lui simplement par pur caprice ou encore pour trouver un quelconque réconfort – et il n’y avait rien de bien dans cette hypothèse étant donné que ça voudrait dire qu’il aurait, justement, besoin de réconfort. Et si Aiko tombait enceinte, sérieusement, ce serait elle qui aurait besoin de réconfort et certainement pas de savoir que son copain ne la soutiendrait probablement pas.
Trop de questions. Elle en avait mal  la tête.
Il la relâcha en allant l’embrasser sur le front tandis qu’elle baissa les yeux momentanément avant de les relever vers son visage, vers son mince sourire. Elle se sentit étrangement un peu mieux car peut-être ce sourire voulait-il dire que, pour le moment, il était encore là. Elle n’était pas enceinte, alors elle n’avait pour le moment pas à craindre qu’il s’en aille. Et même si elle voulait être prévoyante, ce serait stupide de mettre un terme à leur relation parce que Finn fuirait « peut-être ».  Pourtant, elle serait justement bien capable de se montrer si stupide car s’il ne serait pas là pour elle lorsqu’elle abriterait une autre vie en elle, alors autant amenuiser les risques en cessant de faire l’amour.
Avec lui. Et alors, elle ira trouver un autre homme, ne serait-ce que pour un soir. Et si lui, il réussit à la mettre enceinte ? Au final, elle sera quand même seule. Mais au moins, elle ne sera pas avec un lâche. Et le fait qu’il ne réponde pas à la question rendait un peu plus Finn lâche… Aiko ne dit rien, n’insista pas, ne voulu plus y penser.
Pas pour le moment du moins.

Vint ensuite la rencontre avec la jeune dame ainsi que le fait qu’une petite fille semble complètement obnubilée par Finn. Aiko lui posa une question précédée par un rire amusé et elle nota bien qu’il mit un instant avant de répondre. Mais ce n’était pas une question piège, la réponse était bien entendu « non ». Et un non ferme, je vous prie.
Le rire de son copain sonnait faux. Elle savait reconnaitre le vrai du faux, depuis le temps. Tout comme son sourire n’a rien de véridique non plus. Elle soutint son regard un petit moment avant de lui sourire doucement, comment pour le rassurer. Alors, lorsqu’il répondit, elle se contenta d’appuyer la réponse auprès de la jeune femme :

« Il veut dire non, vraiment pas, pas d’adoption au programme. »

Finalement, la jeune femme se retira et Aiko saisit la main de son copain pour l’entrainer un peu plus loin. Loin des regards indiscrets surtout, qu’ils puissent s’amuser un peu. Elle l’embrassa longuement alors qu’elle sentit une main ferme se glisser sur sa nuque, l’autre se retrouvant bien vite sur sa taille, le tout réussissant étrangement à la faire frissonner de tout son long. Elle finit par mettre fin au baiser en baissant les yeux. Habituellement, elle savait que Finn lui aurait demandé ce qui se passait. Pourtant, là, il n’en fit rien, se contentant simplement de lui caresser gentiment la joue. Bien qu’un peu agacée, elle ne lui en fit pas part et se contenta de retourner l’embrasser.
Mais la petite revint à l’assaut et la jeune femme dû, une seconde fois, interrompre le baiser, en ajoutant une phrase qui, elle le savait, la mettrait d’accord avec Finn. Sauf que voilà, la réponse qu’il lui donna n’était pas vraiment celle qu’elle attendait. Il aurait pu dire n’importe quoi, mais là, il avait fait fort.
Il se reprit, balbutia en ne trouvant pas vraiment bien ses mots. Aiko ne dit rien, baissant les yeux sur la fillette en lui attribuant un petit sourire, bien qu’elle ne la regarda que très peu de temps avant de focaliser de nouveau son attention sur l’homme. Elle se mit à parler au brun et la jeune femme croisa de nouveau les bras sur sa poitrine, les regardant faire sans rien dire du tout, ne faisant qu’à peine attention à ce qu’elle disait. Un prénom bizarre, son copain ? Ouais, si elle voulait. Ce qu’ils faisaient ? Heu.
Le brun sembla demander de l’aider en tournant son regard étincelant vers sa copine. Cette-dernier soupira longuement.

« Tu n’es pas tiré d’affaire, Finn. Crois-moi, ne pas me répondre ou dire des conner-… des bêtises ne t’aidera en rien à fuir indéfiniment le sujet. »

Bêtises, pas conneries Aiko, il y a des enfants, ne l’oublie pas.
Après quoi, elle haussa les épaules en décroisant les bras, allant s’accroupir près de la fillette en lui tendant les bras, histoire qu’elle vienne s’y loger. Ce qu’elle fit. Elle la garda près d’elle en lui caressant distraitement le dos, lui parlant doucement à l’oreille en lui disant que lorsqu’on est grand, on a beaucoup de soucis et on ne peut plus faire tout ce qu’on veut. La fillette se redressa brusquement en avouant ne pas être grande et Aiko rit doucement en lui embrassant la joue.
Elle se redressa et Finn lui prit la main pour qu’ils s’éloignent. Ce qu’ils firent, se dirigeant vers les autres enfants alors que la petite brunette les suivit avant de retourner courir avec les autres.
Il lui posa une autre question et cette fois-ci, elle se décida à répondre à la première déjà.

« Comment je fais ? Je les aime, c’est tout. Quand tu aimes un gosse, bah il t’aime en retour. Je t’aime, et tu m’aimes bien en retour, non ? »

Aucun rapport, Finn n’a rien d’un gosse et lorsqu’on est adultes, la réciprocité n’est pas toujours au rendez-vous.
Elle regarda son copain avec un regard à la fois sérieux et malicieux. Oui, là, elle avait bien besoin qu’il lui rappelle l’aimer, pas parce qu’on ne dirait pas mais plutôt parce que… Bah parce qu’on ne dirait pas, effectivement.
Elle lui prit de nouveau la main en l’entrainant cette fois-ci vers la sortie de l’orphelinat. S’adossant au mur, elle alla retourner embrasser Finn, avec peu d’entrain cela dit.
Elle était beaucoup trop perturbée pour cela.
Bon, plus sérieusement, pourquoi était-elle venue ici ? Elle n’en savait rien du tout. Elle était passée par-là, avait vu cet orphelinat et avait décidé d’aller voir les enfants. Simplement, pure envie, nulle mauvaise – ou même quelconque – intention derrière cela.
Elle haussa les épaules en caressant distraitement la mâchoire de son copain, allant coller son front au sien, laissant glisser ses doigts sur son cou.

« Je ne sais pas, mais je pense que c’était une mauvaise idée… Finn, je ne suis pas enceinte, je ne veux pas d’enfants, mais si me tombait dessus, je… »

Les mots moururent sur ses lèvres et elle fut bien incapable de dire qu’elle craignait – non – qu’elle avait littéralement peur de se retrouver seul avec la charge d’un enfant sur les bras.
Elle sourit faiblement au brun en allant lui embrasser les lèvres, laissant tomber son visage en le calant contre son cou. Sa respiration s’accéléra et elle ne se soucie guère du fait qu’il avait dû le remarquer, préférant garder ses bras autour de son cou en serrant doucement, comme si elle craignait que ses jambes ne puissent plus la tenir.
Lunatique ? Prévoyante ? Méfiante ? Instable ? Pourquoi est-ce que, tout d’un coup, sa confiance en elle partait en fumée ? Elle n’avait certainement pas besoin de cela maintenant, surtout en sachant que le brun ne pourrait pas vraiment l’aider.
Déglutissant, elle se redressa en soupirant doucement.
Pourquoi n’avait-elle jamais pensé à cela avant ? Pourquoi est-ce que ça tombait aujourd’hui, au plein milieu de leur tout premier vrai rendez-vous ? Et pourquoi pas, hein ? Elle n’avait nulle envie de se disputer avec Finn et, croyez-moi, n’allait certainement pas le faire. D’autant plus que pour cela aussi, ce serait une dispute basée sur de simples probabilités.
Elle laissa ses mains glisser dans la chevelure de Finn alors que quelques passants leur laçaient des regards haineux. Oh, c’était mieux que les regards éberlués et bizarres que pouvaient leur lancer des enfants.
Et puis, sérieusement, n’étaient-ils pas bizarres, tous les deux, à ne point vouloir d’enfants alors qu’à cette époque – tout comme à l’époque de laquelle ils venaient, il y a cent ans – les femmes se mariaient jeunes et avaient des enfants bien tôt que les hommes devaient élever sans se dérober ? Décidément, ils n’étaient pas nés à la bonne époque et ne vivaient actuellement pas à la bonne non plus. Ils étaient, de leur point de vue commun, trop jeunes.
Oui, beaucoup trop jeunes.

« Je ne me pardonnerai pas le fait de t’enchainer à moi sous principe qu’on a eu un enfant. Tu es et tu seras toujours libre de tes choix, chéri. »

Même si les conséquences de ce choix devaient se répercuter sur la vie d’Aiko, elle ne pourrait que faire avec, que se blâmer elle-même. Elle était prête à faire des concessions, de très grandes concessions qui auraient des conséquences d’aussi grandes envergures. Pourquoi cela ? Simplement parce qu’elle était amoureuse de Finn. En suivant cette logique, il devrait pouvoir en faire autant pour elle, car après tout, n’était-il pas amoureux d’elle, de son coté ? Oui, mais elle ne voulait pas y penser, parce que décidément, trop réfléchir l’amener à atteindre des conclusions qui ne lui plaisaient vraiment pas du tout.
Elle prit la main de son copain en lui glissant un « on y va » avant de le diriger clairement vers un endroit qu’elle semblait connaitre. Au bout de quelques minutes de marche, l’endroit n’étant de toute façon pas loin, ils atteignirent un immeuble complètement délabré. Aiko y pénétra et commença à monter étage par étage, évitant de se coller aux murs enduis de plâtres et évitant aussi de se prendre les pieds dans les trous ou les blocs de pierre le jonchant. Elle continua son ascension jusqu’à se retrouver face à une porte métallique qu’elle poussa d’une main. Elle grinça et les laissa alors poser pied sur la terrasse. La jeune femme vers la petite rambarde et s’y adossa, le barre de fer atteignant le bas de son dos. Il suffirait d’un rien pour qu’elle bascule…
Elle tendit les bras vers son brun et racla doucement ses ongles contre sa mâchoire, traçant ses lèvres du bout des doigts.

« On retournera à l’orphelinat pour que tu dises au revoir à la petite, si tu veux. J’aime bien cet endroit ; Il n’y a que là où je ne réfléchis pas trop. »

Car après tout, oui, Aiko réfléchissait beaucoup trop. Et là, ni elle ni Finn n’avaient besoin de ses interprétations bizarres. Pourquoi avait-elle tant de mal à simplement profiter du moment présent ? Pourquoi devait-elle toujours tantôt penser au passé tantôt penser au futur ? Pourquoi prenait-elle un si grand élan pour, au final, n’exécuter qu’un piètre saut ? Et puis, comment faisait Finn pour ne pas penser à tout cela ? Elle l’enviait, le jalousait littéralement. Car au final, le résultat était le même pour eux deux. D’un coté, la jeune femme, par exemple, se projetait dans le futur en étant enceinte et essayait de trouver comment bien réagir. Mais si cela se produisait, sa réaction n’aurait rien de joli à voir. Et de l’autre coté, nous avons Finn qui n’imagine pas une quelconque réaction de sa part et n’appréhende pas, se contente de vivre le moment présent. Après, sa réaction pourrait ne réellement pas plaire à Aiko mais au fond, même s’il avait travaillé ladite réaction, il ne serait pas parvenu à grand-chose. Être un être un humain veut principalement dire reposer sur son instinct. Et l’instinct, s’il peut parfois vous sauver, d’autres fois, il vous terre dans votre bêtise et vous y enfonce avec toujours un peu plus de brutalité.
Ses lèvres allèrent trouver celles de son compagnon et doucement, le baiser se fit plus profond, plus passionné. Elle s’y abandonna entièrement, y abandonnant tout aussi bien ses ombreuses interrogations que ses doutes, ses appréhensions. Ses doigts agrippèrent les cheveux de celui qu’elle aimait et c’est ainsi qu’elle s’imaginait agripper le présent, en délaissant le passé et le futur. Ses yeux se fermèrent pour qu’elle profite du baiser, qu’elle profite de son contrôle immédiat : elle savait ce qu’elle faisait et savait qu’elle vivait pleinement le moment présent, alors elle ne pouvait que bien s’en porter et e débrouiller pour profiter toujours un peu plus. Elle colla Finn à elle au maximum, n’éloignait ses lèvres des siennes que de quelques millimètres, ne reprenant qu’à peine son souffle avant d’initier un nouveau contact, celui qui succède au précédent et qui précède le suivant.
Il n’y avait que Finn, elle, l’instabilité du sol d’une terrasse d’un immeuble délabré qui représente leur présent ainsi que l’infinité d’un ciel qui n’est autre que la promesse d’une sécurité totale, même si le sol vient à s’écrouler, même si le présent actuel s’en va et devient passé.
La promesse que tout continue. Que tout ne fait que commencer.
Et entre deux souffles, une demande, presque une supplication :

« Apprends-moi à vivre mon présent, à… Profiter de notre présent. »
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   27th Septembre 2013, 13:02

Parfois – comprendre : souvent par rapport au temps où il réfléchit pour de vrai – Finn ne sait pas vraiment où il en est. C’est vrai, aussi fort qu’il aimerait beaucoup que ses justifications tiennent, il n’est pas stupide. Pas tout à fait, du moins. Il a parfaitement conscience que ses réticences et ses hésitations peuvent très facilement être mal interprétées par Aiko. Et ça, il n’en a pas envie. Ce serait facile de tout faire s’écrouler en l’accusant elle de s’être imaginé des choses. Facile de tout arrêter sans même avoir à en porter le blâme. Sauf qu’il ne veut pas tout arrêter. Il ne veut pas voir tout s’écrouler, il ne veut pas être séparé de la femme qu’il aime. Mais pour ça, il sait qu’il faut qu’il surpasse ses propres blocages. Même si en un autre sens, tordu, le fait que la Baskerville reste malgré tout est une preuve qu’elle tient à lui, au point de fermer les yeux sur cela. Le brun ne pense pas forcément à ce dernier point, voire pas du tout. Il ne manipule pas sa copine. Il l’aime. Et ça devrait suffire. Ça doit suffire. Et c’était quand même moins compliqué avant. Pour autant, il ne veut pas revenir à avant puisque cela inclut de devoir vivre sans la jolie rousse. Et ça, il fallait y penser avant de trop s’attacher, avant d’en tomber amoureux et de ne plus pouvoir se passer d’elle. Il tourne en rond en se sachant coincé de toute manière. Après tout, il l’aime. Il ne veut pas la perdre. Alors il devrait travailler sur ce qu’il sait être ses problèmes. Sur ce qui a déjà mené à plusieurs haussements de voix entre eux deux. Pourtant il continue à hésiter et la boucle se répète et au final il choisit de ne pas y penser parce que c’est plus simple. Il pourra toujours repousser à la fois d’après, non ? Jusqu’au jour où il n’y aura plus de fois d’après.
Mais allons. Il se reprendra en main avant d’en arriver à de tels extrêmes.

Aujourd’hui cela dit, il enchaîne bourde sur bourde. Rien d’étonnant, il marche sur des œufs, cela se voit et en plus Aiko est loin d’être facile à duper. De toute façon, même si son jeu d’acteur était convaincant, elle trouverait qu’il y a quelque chose de louche à y redire. Il n’est pas transparent, mais elle est forte. Très forte. Et lui bien faible devant elle.
Cela dit, il vaut mieux qu’elle ne le sache pas.
Les enfants autour d’eux ne mettent pas le contractant bien à l’aise. Pourquoi est-ce que les gens s’encombrent d’enfants de toute façon ? Certes, ils n’ont souvent pas le choix. Le gosse tombe du ciel un beau jour et à cette époque, il n’y a rien à faire contre. Mais quand même. L’instinct de préservation de l’espèce ? Sûrement, en fait. Pour un Baskerville pratiquement immortel, ce genre de chose devient tout de suite plus désuet. Préservation de l’espèce ? Aucun intérêt. Instinct de survie ? Il est déjà à moitié absent celui-là. Les gamins sont loin d’être une préoccupation majeure de leurs vies. Fonder une famille, tout ça, c’est pour les autres. Les gens « normaux » au dehors. Ce n’est pas le contractant qui s’en plaindra, il n’a pas tout à fait son âge réel mentalement, au fond. Il n’y songe que parce qu’il est avec la jolie rousse. Et quoi qu’il pense du toujours, il n’a pourtant pas envie que cela se termine un jour. Il se refuse à croire naïvement que ce sera pour toujours mais quelque part, il l’espère quand même. Un peu en ces termes, beaucoup en d’autres termes. En vivant au jour le jour, c’est tout à fait faisable selon lui.

Aiko les éloigne tous les deux des humains courts sur pattes, au grand soulagement du brun. Tout ça pour aller se câliner dans un coin mais hey, il ne s’en plaindra surtout pas. Il aime trop ça, elle peut être sûre de ça au moins. Si elle le laissait faire, il serait constamment collé à ses lèvres et ses mains sur son corps, aucun problème. Evidemment, cela n’est que de courte durée. La gamine de plus tôt revient à la charge, les ayant probablement suivis. Elle a peut-être même tout vu et oui, Finn s’en fiche complètement. Il n’est plus à un enfant traumatisé par sa faute près, de toute façon. Le soupire de la jolie rousse quand il se tourne vers elle pour lui demander de l’aide ne lui dit rien qui vaille, mais il n’en montre rien. Elle finira par lui tomber dessus, à n’en pas douter. Parce que s’il est censé se reprendre en main, ce n’est pas pour tout de suite pour autant.

- Tu n’es pas tiré d’affaire, Finn. Crois-moi, ne pas me répondre ou dire des conner-… des bêtises ne t’aidera en rien à fuir indéfiniment le sujet.

Bien reçu. Il hoche doucement la tête. Non pas que les paroles de la jeune femme lui passent au-dessus de la tête – il prend toujours ses menaces au sérieux, surtout ce genre de menace – mais il n’a rien à répliquer. Il pourrait faire le brave et dire qu’il ne fuit pas, mais ce serait plus ridicule qu’autre chose. Et susceptible d’énerver la Baskerville pour de bon, en plus de ça. Il s’en tire plutôt bien pour cette fois. Néanmoins, quand il vient lui prendre la main pour qu’ils s’éloignent, il lui dépose un baiser sur la joue et lui murmure un « désolé » au creux de l’oreille, sincère. Il l’aime trop pour supporter l’idée de la savoir potentiellement en colère contre lui trop longtemps. Les disputes ne sont jamais quelque chose de plaisant.

- Comment je fais ? Je les aime, c’est tout. Quand tu aimes un gosse, bah il t’aime en retour. Je t’aime, et tu m’aimes bien en retour, non ?

La première partie de la réponse de la jeune femme passe à la trappe au profit de la seconde et le brun rougit en détournant le regard.
Bon sang. Il serait presque en colère contre lui-même avec cette fichue nouvelle manie. Mais elle lui a quand même posé une question, il se doit d’y répondre. Alors en homme courageux, il les arrête tous les deux dans leur marche, dépose une main sur la joue de la jeune femme et tourne son visage vers lui pour pouvoir plonger son regard dans le sien. Ses joues ne décolorent pas, mais tant pis. Il assume.

- Je t’aime, n’en doute même pas.

En fait, il lui interdit même d’en douter, voilà. S’il y a bien une chose qu’il ne faut pas qu’elle fasse, c’est de douter de la sincérité des sentiments du brun. Ils sont tout ce qu’il y a de plus présents et il l’aime un peu plus tous les jours. Sur ce, il laisse retomber sa main à ses côtés et leur marche reprend, Aiko les entraînant bien vite en dehors de l’orphelinat où ils échangent un baiser bref avant que la jeune femme ne se plonge dans ses pensées. Pensées dont l’homme espère bien qu’elle va lui faire part, même s’il en craint le sujet. Il laisse glisser les doigts d’une main le long de sa nuque pour l’encourager à s’exprimer, bloquant pour sa part toute réflexion. Il a déjà beaucoup trop réfléchi aujourd’hui. Beaucoup trop.

- Je ne sais pas, mais je pense que c’était une mauvaise idée… Finn, je ne suis pas enceinte, je ne veux pas d’enfants, mais si me tombait dessus, je…

Il l’entoure de ses bras lorsqu’elle vient contre lui. Une mauvaise idée de venir ? Pas forcément. Ils n’avaient pas de lieu prédéfini après tout. Et la suite de la réponse le soulage malgré lui. Abysse merci, elle n’est pas enceinte. Et, en plus, elle ne veut pas d’enfant. Ils sont vraiment faits pour s’entendre, en fait. En revanche, son inquiétude est justifiée. Aussi horrible que cela soit à penser, elle l’est. Et il ne peut définitivement pas le lui dire. Après tout, il reste l’espoir qu’il change ou que, mieux encore, rien ne se passe, qu’Aiko ne tombe jamais enceinte. L’un d’eux – voire les deux – pourrait tout à fait être stérile. Cela règlerait le problème définitivement. Pour l’heure cependant, l’homme vient brièvement embrasser la jeune femme lorsqu’elle se redresse, disant ensuite :

- Si on part du principe que le but d’aujourd’hui est juste de passer du temps tous les deux, il n’y a pas de mauvaise idée.

Il lui sourit légèrement, essayant d’être rassurant même s’il doute de l’effet de ses mots. Quant à la suite, elle lui offre en fait une magnifique chance de se rattraper. Se rattraper et réussir à apaiser un peu les craintes de la jeune femme, peut-être. Il ne saurait lui mentir en lui disant qu’elle a raison de craindre. Et puis, il n’en est même pas sûr lui-même. Ils pourraient très bien ne jamais se retrouver confrontés au problème et, dans ce cas, à quoi bon l’inquiéter pour rien ? Tout ceci n’est que prétexte après prétexte, mais il fonctionne tellement bien ainsi. Ce qu’Aiko ne sait pas ne peut, théoriquement, pas la blesser. Bien que ce principe-ci soit stupide et revient, quelque part, à mentir à la femme qu’il aime. Ce qu’il refuse de faire. Mais juste pour cette fois, ne pas lui dire est probablement en fait une bonne idée. Il reprend donc :

- J’ai complètement foiré tout à l’heure mais je crois que le message est que je ne veux pas d’enfant non plus. Pas maintenant. Je…

Il s’arrête, il n’aurait pas dû continuer. Il ne voulait déjà pas avoir cette conversation, bien qu’elle se passe beaucoup mieux qu’il ne l’aurait espéré puisque la Baskerville ne veut pas d’enfant, ce qui va dans le même sens que ce qu’il souhaite – ou plutôt ne souhaite pas – lui aussi. Il devrait être capable de lui faire part de ses propres craintes comme elle a déjà pu lui faire part des siennes. Il devrait. Il ne devrait pas être aussi réticent. Mais une fois n’est pas coutume, il continue à l’être. Toujours. Bien qu’il se soit plus ouvert à elle qu’à n’importe qui d’autre depuis sa naissance. Un jour, comme pour le fait de n’avoir jamais parlé de ses sentiments avant qu’elle ne l’y pousse, cela lui retombera quand même sur le dos. Il  le sait et c’est à croire qu’il n’apprend pas de ses erreurs.

- Je pense qu’on a le temps avant de penser à ça. Si on y pense un jour.

Et voilà comment il termine sa phrase, sur quelque chose de bien moins personnel que cela aurait dû être. Il doit encore avoir besoin de temps. Raison de plus pour rester avec elle longtemps. Tout est prétexte à rester avec elle. Surtout depuis qu’il en est amoureux. C’est compliqué et simple à la fois.
Aiko est la première à reprendre la parole suite à cela, ses mains ayant nouvellement élu domicile dans les cheveux de Finn, qui est loin de s’en plaindre. Il a tellement besoin de toujours avoir un contact physique de quelque sorte que ce soit avec elle lorsqu’elle est présente.

- Je ne me pardonnerai pas le fait de t’enchainer à moi sous principe qu’on a eu un enfant. Tu es et tu seras toujours libre de tes choix, chéri.

Est-ce qu’elle se rend seulement compte de ce qu’elle vient de dire ? Lui qui a un tel problème avec ça. Ce qui l’enchaîne n’est pas un potentiel enfant, mais le fait d’être amoureux. Il ne veut pas ne plus l’être. Il ne sait pas ce qu’il veut pour commencer, mis à part continuer à vivre tranquillement avec elle. Du moins aussi tranquillement qu’ils en soient capables étant donné leur condition à tous les deux.

- Je n’ai pas l’intention de te quitter, Aiko.

Il ne sait pas vraiment pourquoi il dit cela, surtout qu’il est question de leur futur et non de leur présent immédiat. La phrase est sortie toute seule, elle n’en n’est pas moins vraie. Mais elle ne vaut pas celle que lui a avoué la jeune femme. Il pourrait en dire plus. Pour lui les gestes parlent plus que les mots, mais ils sont deux et elle ne peut pas lire dans ses pensées. De temps en temps, il doit en dire un peu plus. Il n’y a pas besoin d’un long discours pour la rassurer, probablement pas. Juste quelques mots. Il glisse ses deux mains sur le cou de la jeune femme, leur proximité n’ayant diminué en rien. Ses doigts jouent distraitement sur la peau qu’il aime tant embrasser ici, mais son regard est plongé dans celui de la jolie rousse. Parce que ses mots auront plus d’impact s’il la regarde dans les yeux. Elle n’aura plus qu’à y lire sa sincérité.

- Tu sais, t’es un peu devenue l’une des raisons, si ce n’est la raison, pour laquelle je me lève tous les matins.

C’était dégoulinant ? Qu’est-ce qu’il s’en fiche, Finn Baskerville ne connait pas la honte, rappelons-le. Aussi niaise puissent-être ce genre de phrases, il en dit tellement peu souvent que ce n’est pas si grave. L’important, de toute façon, est juste qu’Aiko comprenne. Il aura d’autres occasions d’être complètement maladroit, voire méchant sans le vouloir, pour compenser tout cela et faire diminuer la jauge d’arc-en-ciel qui se remplit à chaque mièvrerie sortie. Etre amoureux rend stupide de toute façon, non ? Visiblement, si.
Suite à cela, l’homme embrasse brièvement le front de sa compagne puis la relâche. C’est ensuite elle qui les entraîne sur le toit d’un immeuble qu’elle semble connaître, mais Finn ne la questionne pas à ce sujet. Elle connait beaucoup d’endroits et elle sait y retourner, elle, au moins.
Elle va s’adosser contre une rambarde qui semble ployer dangereusement en arrière en réaction, s’attirant par la même occasion un regard particulièrement suspicieux du brun. Il ne manquerait plus qu’Aiko tombe. Du coup, il vient l’encercler de ses bras. Aussi bien pour s’assurer que la rambarde ne tente rien de vicieux, que pour avoir à nouveau la femme qu’il aime contre lui. Elle joue de ses doigts sur son visage, dans une caresse qui n’est pas désagréable et le fait même sourire distraitement sans réellement s’en rendre compte. Il sourit tellement quand elle est présente, et ne s’en rend pas compte les trois quart du temps. Cela devient juste la nouvelle position naturelle de ses lèvres, quand elles ne sont pas collées à celles de la femme.

- On retournera à l’orphelinat pour que tu dises au revoir à la petite, si tu veux. J’aime bien cet endroit ; Il n’y a que là où je ne réfléchis pas trop.

Que là ? Allons. Il peut penser à quelques autres situations où il mettrait sa main à couper qu’elle ne pense à rien. Ou alors, elle est très bonne actrice. Dans tous les cas, la remarque sournoise arrive et il n’y a rien que le brun puisse faire pour s’en empêcher. Pas qu’il essaie, en même temps.

- Tu n’as pourtant pas l’air de penser à grand-chose quand on s’ennuie tous les deux non plus.

Sourire en coin, il se lance peut-être – sûrement – des fleurs, c’est vrai. Mais c’est uniquement par humour, même si sa phrase doit avoir quelque fondement de vrai. Lui, en tout cas, ne pense à rien. Sauf à Aiko, bien sûr. Mais c’est difficile de ne pas penser à elle quand elle est présente, sachant qu’il pense déjà tout le temps à elle quand elle est absente. Son ton et son expression se font cependant plus sérieuses tandis qu’il ajoute ensuite :

- Mais d’accord, on pourra y retourner. Et même plusieurs fois par la suite, si tu aimes cet endroit.

La concession à faire de la part du contractant est minime. Tant qu’il ne pense pas au fait d’avoir des enfants, il survivra. Les efforts à fournir pour s’occuper des enfants en eux-mêmes ne le tueront pas. Qui sait, cela lui apprendrait peut-être même quelques choses.
Leurs lèvres se joignent et, comme à chaque fois qu’ils s’embrassent, l’homme ne réfléchit plus. Il n’est plus concentré que sur leurs lèvres, sur le corps contre le sien et sur le fait que si tout cela est aussi agréable, ce n’est pas uniquement parce qu’elle embrasse bien ou parce qu’elle est magnifique. C’est aussi parce qu’ils s’aiment.
La jauge à arc-en-ciel se remplit toujours un peu plus. De temps en temps, un poney rose s’en échappe. La contrebalance ne devrait plus tarder à arriver. Après leur échange de plus en plus fort, comme s’ils étaient désespérés alors que leur situation n’est finalement pas si mal actuellement. Il n’y a que le futur qui est obscurci. Le futur qui dit qu’ils n’en auront peut-être pas. Chaque baiser est potentiellement le dernier, chaque étreinte peut être la dernière, car ils ne savent pas de quoi demain sera fait. Voilà de quoi rendre le présent encore plus précieux. Et c’est justement l’objet de la question de la jolie rousse, une fois leur baiser terminé – mais leur étreinte toujours en cours.

Apprends-moi à vivre mon présent, à… Profiter de notre présent.

Ce « notre » sonne tellement bien. Ils devraient l’appliquer à plus de choses. Ils y songeront un jour, même si Finn a déjà plusieurs idées. Pour l’heure, la question posée est assez délicate. Comment inciter Aiko à ne pas réfléchir, à juste vivre. Sans se poser de question, sans chercher le pourquoi du comment. La convaincre qu’elle peut faire cela en la présence du Baskerville au moins. La rassurer, au final. Tout en lui montrant que ne pas réfléchir – comme son copain – ça a ses bons côtés.

- La première leçon consistera à ne penser à rien, mais en étant dans mes bras.

Est-ce que cela s’apprend seulement pour de vrai ? Ce sont des années d’habitude qui se trouvent derrière. A tel point qu’il ne sait pas lui-même comment il fait, tant cela lui semble naturel. Bien qu’il se pose maintenant de temps en temps des questions, depuis qu’il a entamé cette relation avec la jolie rousse. Mais, des deux, c’est elle qui songe le plus au futur. Peut-être un peu trop, visiblement. Dans tous les cas, le brun joint le geste à la parole et son étreinte se resserre gentiment. Il ne peut pas prétendre avoir de solution miracle. Pour lui, ça marche plutôt bien de câliner Aiko pour ne penser à rien. Sans qu’ils n’aient tout deux besoin de s’engager dans quelque chose de plus intense. De là à pouvoir expliquer comment il fait le vide dans son esprit… Il y a une marge. Aiko et ses questions qui le désarçonnent. Il s’y fera peut-être un jour. Ou pas, cela n’a que peu d’importance et, en fait, il se surprendrait même à penser qu’il ne veut pas s’y habituer. Qu’elle continue à le surprendre, parce qu’il aime ça au final.

- N’essaie pas de sentir le temps qui passe. De toute façon on s’en fiche on est pratiquement immortels.

Le raisonnement n’est, en soi, pas faux. Même si on peut se permettre de douter de son sérieux.
Il reste ensuite silencieux un moment avec la jeune femme dans ses bras, profitant simplement de l’avoir ainsi. Il n’y a pas besoin de mots pour le coup et, même s’il doute de l’efficacité de ses propres méthodes, au moins ils auront eu un nouveau câlin tous les deux. Le Baskerville bloque toute pensée, le vide est rapidement fait chez lui. Il ne bouge ensuite que pour venir embrasser la jeune femme pendant une période indéterminée, juste par envie, ne rompant l’échange que pour lui souffler gentiment un simple :

- Alors ?

Des progrès ? Ou est-ce qu’il est un mauvais professeur. La dernière fois, elle en avait conclu que oui. Mais le sujet était moins sérieux. Beaucoup moins, même. Il n’était question que d’un de leurs jeux à ce moment-là. Même si leurs jeux sont toujours hautement amusants et non pas moins hautement tordus. C’est comme cela qu’ils les aiment et c’est comme cela qu’ils s’aiment.
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   7th Octobre 2013, 09:12



» A kiss is a lovely trick designed by nature to stop speech when words become superfluous.

Aiko n’avait jamais envisagé sa vie de la sorte. Elle n’avait pas envisagé la mort de sa sœur, n’avait pas réellement envisagé celle de son père et n’avait pas pensé une seule seconde voir sa mère pleurer. On peut croire que ce dernier point est insignifiant en comparaison avec les deux premiers, pourtant il n’en est rien car il entraine dans son sillage une multitude d’évènement que la jeune femme d’aujourd’hui n’avait pas du tout vu arriver. Effectivement, on aurait pu croire qu’une fois la tristesse qui suivit la perdre l’une de ses filles, la mère se serait ressaisie. Mais au fond, tout changea. Même si l’entrainement auquel elle confrontait Aiko n’avait, à cette époque, plus rien avoir avec celui que la petite subissait quelques années plus tôt, elle avouait sans mal qu’il y avait du relâchement. Sa mère ne la poussait plus réellement par-delà ses limites ; elle l’encourageait plus, s’ouvrait un tout petit peu à elle – passer du zéro à zéro virgule un est un progrès inestimable lorsqu’il s’agit de l’affection d’une mère – et ce fut là que la rousse se dit qu’elle se retrouva comme qui dirait... Seule. Et ce, pour de bon.
Elle n’avait plus sa sœur sur qui compter, plus son père avec qui elle partageait quelques moments de complicités lors des missions en duo. Elle n’avait palus ne serait-ce que cette mère qui était allée jusqu’à la battre pour qu’elle progresse. Elle était seule, avec le fantôme d’une jumelle, le spectre d’un père, des promesses faites, des dernières volontés... Celle de sa sœur, précisément : servir jusqu’à sa mort Glen-sama. Ainsi, même en n’étant plus autant harcelée par sa mère – comme quoi, ça avait du bon – la jeune femme eut néanmoins de si bonnes bases qu’elle su aller là où sa génitrice l’avait souhaité et même calculé : aux pieds de Glen-sama. Elle devint dès lors cette Baskerville qui se donnait corps et âme – plus encore, peut-être – à son clan – clan qui fut une famille, qui n’est plus qu’un ensemble de personnes rassemblées sous le même nom, sous la même bannière avec les mêmes buts, peut-être pas les mêmes principes cela dit. Elle devait à son maître la vie qu’elle menait à cette époque ; enchaînant mission après mission, épreuve après épreuve, défi après défi, essuyant des échecs, se retrouvant clouée au lit... Sincèrement, elle avait l’impression de sentir son cœur s’endurcir, de sentir ses sentiments se terrer, s’enfouir sous des couches de froideur. Elle ne perdait rien de sa féminité, mais au combat, elle ne ressemblait plus réellement à une femme. Je dis cela d’un point de vue purement objectif car si on suit l’avis d’Aiko, elle vous dira qu’on reste féminine même au combat. Mais on le sait que trop bien, le corps féminin n’est pas destiné aux combats, à la guerre, aux coups et blessures. On dit aussi que c’est scientifique, que les femmes sont indéniablement plus sensibles. Là encore, la jeune femme protestait ; à moins qu’elle ne soie une exception, elle ne se voyait pas si vulnérable et si sensible que cela, bien au contraire d’ailleurs.
Vint ensuite un évènement que personne n’avait imaginé : le petit détour par l’Abysse avant d’être recraché sur la surface de la Terre, déboussolé à une époque postérieure  la leur d’un bon siècle.
Les petites filles d’antan et de maintenant pensent au grand amour, peut-être aussi au mariage et aux enfants. Celles qui sont nées sous une mauvaise étoile, pauvres, rêvent et fantasment, espèrent mais ne se perdent pas dans pareille utopie. Celles qui sont tirées de familles aisées rêvent et obtiendront ; elles auront ce qu’elles veulent, c’est certain. Et puis, il y a les petites comme Aiko qui n’ont tout bonnement pas le temps. Elle ne mourrait pas de faim, elle n’avait pas le temps de rêver. Les responsabilités alourdissaient trop rapidement ses épaules pour qu’elle ait le temps d’espérer quoi que ce soit de quiconque. Il y avait des Baskerville qui rêvaient du grand amour, mais pas Aiko, jamais.
Elle se familiarisa avec la gente masculine bien assez tôt, dévoilant une attitude de meneuse et de féministe dans l’âme ; on l’appréciait ou on ne l’appréciait pas, il n’y avait pas de demi-mesure. Il y avait Sora, par exemple, qu’elle appréciait et qui l’appréciait. À partir du  moment où il n’était pas un Baskerville en mission avec elle, qu’elle n’avait donc pas l’occasion de lui ordonner quoi que ce soit, de lui dicter sa conduite – à ne pas confondre avec les conseils amicaux – alors tout se passait, le plus souvent, pour le mieux. Bon, elle n’avait rien ordonné à Curtis par exemple, mais comprenez-là, ne pouvait absolument pas apprécier un homme comme lui. Non mais vraiment, ce n’était pas possible.
Elle n’avait pas envisagé rencontrer un homme comme Finn. Elle n’avait pas envisagé devenir proche de lui en si peu de temps. Elle n’avait pas envisagé, lorsqu’ils firent l’amour la première fois, que ce petit plus qu’elle ressentait était une graine d’amour à peine planté en elle. Elle n’avait pas envisagé qu’un jour elle pourrait embrasser un homme en ressentant une électricité, une particularité. Elle n’avait pas envisagé s’éprendre d’un homme, quel qu’il soit, aussi parfait puisse-t-il être en tant qu’être humain. Non, elle n’avait pas du tout envisagé cela. Pas plus qu’elle n’avait, d’ailleurs, envisagé que ses sentiments deviendraient tellement importants qu’elle cesserait de les taire, qu’elle en ferait part à Finn. Et avant cela, elle n’aurait pas non plus envisagé se mettre en couple, avoir d’autres priorités que son clan. Si elle eut l’impression de changer un instant, si elle fut prise d’une quelconque frayeur, ce n’était actuellement plus le cas ; elle était bien fière d’avoir changé. D’ailleurs, au fond, elle était bien fière de tout ce qui se produit avec Finn – même les disputes, car sans elles, ils n’en seraient pas là, tous les deux, ensemble.
Comme quoi, ne pas calculer certaines choses, ça peut être bien.
Mais revenons-en au fait qu’Aiko avait changé et parlons plutôt des changements radicaux. Déjà, à la mort de sa sœur, elle changea une première fois pour s’endurcir. Suite à la Tragédie, elle changea de nouveau, goûtant au plaisir corporel, au désir charnel. Quelques temps après sa rencontre avec Finn, elle devint plus souriante, moins dure moins rude. Après avoir fait l’amour, tous les deux, la jeune femme changea de nouveau pour devenir plus femme que jeune femme – même si elle n’avait que dix-huit ans et un siècle à ne de toute façon pas comptabiliser, cela dit. Il y avait cela dit, avec tous ses changement, quelque chose qui ne pourrait pas s’effacer du jour au lendemain ; son rattachement au passé, son attachement aux calculs et à la rationnel, son lien fort avec le fait qu’elle se devait de réfléchir avant d’agir, de réfléchir tout court et tout le temps.
Bien sûr, il y avait quelques exceptions.

En créant un contact visuel avec son homme, la jeune femme réussissait d’emblée à se perdre dans la profondeur de l’éclat de ses pupilles, à se frayer un chemin jusqu’à son esprit, à y prendre ses aises, à déserter son propre cerveau pour aller explorer le raisonnement de Finn, voire simplement pour se libérer d’un poids excessif pour simplement ne plus réfléchir, juste... Se sentir bien. Parce qu’il était indéniable que sitôt plongeait-elle dans le regard du brun, elle se sentait bien.
Et c’en était effrayant.
Effectivement, il serait faux de dire qu’elle ne se souciait plus de rien à chaque fois qu’elle le regardait. Certes, pour la majorité des cas, c’était ainsi, mais parfois, elle réfléchissait encore plus qu’à l’accoutumée. Comme lorsqu’ils se disputaient et qu’elle tentait de chercher la vérité qu’elle espérait, les mots qu’elle souhaitait. Mais pourtant, même dans pareil extrême cas, même énervée et hors d’elle, il y avait toujours une part d’elle qui était bien, légère. Il arrivait à la mettre en confiance même lorsqu’elle était animée d’une folle de lui en coller une bonne.
Il semblerait que lorsqu’on aime, on fait des concessions. Lorsqu’Aiko aime, elle est prête à aller jusqu’à cesser de trop réfléchir. Non, pardon, elle était capable d’aller jusqu’à essayer de cesser de trop réfléchir. Parce qu’aimer, à ses yeux, voulait dire qu’elle devait donner le meilleur d’elle-même, faire en sorte que tout se passe de la meilleure façon que ce soit. Et comment cela pourrait-il être si elle cessait d’élaborer ses plans, ses stratégies, mettant sur pieds des hypothèses farfelues ?
Ils s’étaient bien trouvés, ces deux là ; Finn prenait les choses à la légère, Aiko les analysait ; ils se complétaient parfaitement.
Pourquoi était-elle incapable de simplement vivre le moment présent ? Pourquoi est-ce pour ce rendez-vous, il avait fallu qu’elle s’encombre l’esprit de stupidités ? Pourquoi pensait-elle aux enfants qu’elle pourrait éventuellement porter dans quelques temps rien qu’en voyant des gosses alors que le brun, lui, ne s’en souciait guère ? En même temps, ce serait elle et non plus lui qui se retrouvera dos au mur ; elle qui portera en elle un petit être, elle qui devra l’héberger neuf bons mois tout en le protégeant, elle qui verra sa vie changer, elle qui risque de se retrouver avec un gosse non-désiré sur les bras et un père qui risque de fuir... Comment pouvait-il négliger les angoisses de sa copine ? Le problème était qu’elle n’arrivait pas à lui en vouloir ; qu’aurait-elle fait, à sa place ? Bonne question.

Elle lui dit clairement qu’il n’était pas tiré d’affaires et ne prit pas en compte son hochement de tête, préférant ne pas s’enfoncer dans ses déductions comme quoi il ne l’écoulait pas. Et elle fit bien car peu de temps après, il lui murmura un mot d’excuse après lui avoir gentiment embrassé la joue. Elle lui répondit par un petit sourire.
Désolé pour quoi, Finn ? Pour fuir les questions et les regards interrogateurs de la jeune femme ? Pour ne pas vouloir se soucier du futur ? Pour profiter du présent ? Pour bien vouloir prendre en considération la possibilité qu’Aiko ne tombe pas enceinte ? Oui, il y avait peut-être de quoi être désolé, mais pourtant, la Baskerville ne pouvait lui pardonnée, ne lui en ayant pas sincèrement tenu rigueur de cela un instant.
Elle a été agacée par son comportement, mais ce sentiment fut balayé par une si puissante  si elle lui en avait voulu un moment, elle n’en avait qu’un moindre souvenir.
Parce qu’on ne peut pas s’éloigner l’un de l’autre et rester en froid.
Elle lui caressa brièvement la joue avant d’étirer son sourire, histoire de le rassurer.
La vengeance est un plat qui se mange froid.
Elle ne lui en veut peut-être pas de se montrer si peu responsable – appelons un chat un chat – et si immature, mais elle veut se venger. Na.
Ainsi donc, elle répondit à sa question – mais sérieusement, autant lui qu’elle, ils n’en avaient que peu faire lorsqu’on parlait de leurs propres sentiments en parallèle – en ajoutant qu’elle l’aimait. La réaction se fit immédiate : il rougit. Et tourne le regard, bien sûr. Ils continuèrent leur marche mais il l’arrêta en posant une main sur sa joue, tournant son visage vers lui en plongeant son regard dans le sien. Il n’avait pas réussi à atténuer ses rougeurs on dirait.
Ses mots... Débordaient de sincérité. Et là, Aiko s’en fichait complètement des gosses aux alentours ; elle entoura ses deux bras autour du cou de son brun et l’embrassa subitement, bien que délicatement, approfondissant peu à peu le baiser avant de s’éloigner tout aussi brusquement, parce qu’elle sentait que ça allait dériver si elle continuait à l’embrasser en se repassant ses mots en boucle. Ou même sans les repasser, rien qu’embrasser Finn – même de façon timide – pouvait l’inciter à aller plus loin.

« Je n’en doute pas chéri, je sais que tu es sincère. »

Et qu’on la pense naïve si on veut.
Pour une femme qui éprouve un amour réciproque pour un homme, ce-dernier ne peut indéniablement pas être un menteur ou un manipulateur ; il était forcément sincère. Aiko dirait, comme dirait chaque femme : ce n’est pas la même chose, lui, il est vraiment sincère.
Après quoi, ils finirent par sortir de l’orphelinat et échanger un rapide baiser. Plongée dans ses pensées, la Baskerville revint à ses esprits lorsque les doigts du brun se glissèrent sur sa nuque, réussissant à la décontracter un temps soit peu. Elle s’exprima et alla se nicher dans ses bras alors qu’il l’accueillait gentiment.
Elle aime Finn. Elle l’aime tellement que s’il ne désirait aucunement d’enfants, même dans quelques temps, elle pourrait aller jusqu’à se débrouiller pour ne pas donner naissance à ce gosse et vivre avec le remord d’avoir tué quelqu’un avant même qu’il ne vienne à la vie. Après tout, elle avait tué un paquet de gens, alors un de plus ou un de moins... Sauf que là, ça reviendrait à tuer son propre enfant ; à éradiquer toute once de d’humanité qui lui restait.
Elle l’aime de façon totalement effrayante. Et le souci ? Elle adorait ça. Peut-être était-elle masochiste. Certainement même. Mais ça ne faisait rien, si être masochiste était le prix à payer pour aimer Finn, alors elle le paierait. Et sans nulle hésitation qui plus est.
Lorsqu’elle se redressa, le brun cueillit ses lèvres en lui disant que ce n’était pas une si mauvaise idée que cela. Ce à quoi elle ne répondit rien ; si, quand même, elle aurait préféré ne pas être perturbée par autre chose que par quand elle aura droit à un autre baiser de son copain. Au moins pour cette sortie.
Son sourire est léger, mais il eut l’effet certainement escompté ; Aiko sourit à son tour, parce que c’était communicatif, parce qu’après tout, sourire ne lui coûtait rien.
Et puis, il reprit. La jeune femme lui prêta une oreille attentive ; oui, il s’est montré maladroit et oui, elle avait compris le message. Il s’arrêta, laissant sa phrase en suspens et la jeune femme vint à s’en sentir coupable. Elle aurait préféré ne pas le confronter à pareil sujet. Elle savait cependant qu’il allait trouver de quoi combler de blanc, alors elle attendit qu’il daigne réfléchir à une fin pas trop difficile à expliquer. Et il finit par trouver. Elle lui caressa alors la joue, puis la mâchoire avant de lui déposer un bref baiser sur ses lèvres :

« Ça va aller Finn, je pense qu’on n’aura pas à y penser à moins d’y être forcés. »

Elle lui sourit légèrement avant de préciser qu’il était totalement libre de ses choix.
Comment aurait-elle pu se douter qu’il était soumis à un débat intérieur, se sentant enchaîné mais ayant la garantie d’être libre en parallèle. Compliqué. Au final, Aiko était bien mieux portante de ne pas savoir ce qui se tramait dans l’esprit de son brun lorsqu’il se mettait à réfléchir sérieusement.
Il ajouta ne pas avoir l’intention de la quitter. Elle ouvrit la bouche pour lui répondre mais la referma aussitôt. Qu’allait-elle bien pouvoir lui dire, de toute façon ? Qu’il n’avait pas encore l’intention de la quitter ? Elle devrait envisager un peu plus la possibilité qu’elle ne puisse tout bonnement pas tombé enceinte et qu’il n’ait de ce fait nulle raison de la quitter. Sauf s’il voudrait le faire pour autre chose encore. Mais cet autre chose, la jeune femme ferait en sorte qu’il n’existe pas ou de tout miser sur autre chose. Elle ne se permettrait certainement pas de perdre l’être le plus cher à ses yeux.
En se faisant cette réflexion, elle eut un petit bug. La personne la plus chère à ses yeux, hum ? Anko était morte, son père aussi ; restait sa mère. Sauf que non, elle l’aimait, l’adorait, mais avait été élevée avec un principe en particulier : les parents font tout pour que son enfant grandisse et vole de ses propres ailes et une fois arrivé à ce stade, il ne doit plus rien à ses géniteurs, pas plus la vie que quelque chose de plus futile. Ainsi donc, Aiko choisirait la vie de son brun à celle de sa mère. Cette-dernière était sa famille, sa première famille. Mais la Baskerville avait atteint l’âge adulte, cet âge où on a une autre famille. Ici, elle était constituée de Finn. De Sora aussi, qu’elle voyait comme un frère – oui, lui aussi passait avant sa mère. Ainsi raisonnait la jeune rousse.
Et Glen-sama alors ? Finn comptait nettement plus.
Aiko se mordit la lèvre inférieure. Non, elle ne voulait même pas y penser. Pas aujourd’hui, elle en avait déjà trop fait à s’enfoncer un tantinet trop dans ses réflexions.
Finn glissa ses mains sur le cou de la jeune femme ses doigts pianotent sur sa peau alors qu’elle vit une lueur de sérieux – de sincérité – se loger dans ses yeux. Elle fronça les sourcils et, en l’entendant parler, laissa ses traits se radoucir en souriant, se rendant d’ailleurs compte qu’ils pensaient à quasiment la même chose. C’était adorablement mignon. Elle alla l’embrasser tendrement en laissant ses mains redécouvrir son torse. Lorsqu’elle réussit à séparer leurs bouches, son regard brillait et ses joues reçurent une légère teinte de rose. Pas vraiment de la gêne, plutôt... Une sorte de preuve de la présence d’une idylle tout autour d’elle ? Elle fit passer son index sur les lèvres du brun en souriant faiblement :

« C’est chou. Très très chou. Tu es complètement adorable. »

Elle rit doucement avant de retourner l’embrasser.
Oh que oui, elle était folle de lui.
Avançons un peu plus rapidement, voulez-vous ? Jusqu’à se retrouver sur le toit d’un immeuble complètement délabré. Lorsqu’Aiko s’adossa à la rambarde, elle ne put retenir un léger rire en voyant le regard que lui lançait son copain. Que ferait-il si elle tombait ? Elle lui poserait volontiers la question si elle n’était pas occupée à se sentir bien dans les bras de Finn.
Elle lui dit qu’ils retourneront à l’orphelinat, ajoutant qu’elle aimait cet endroit où il s étaient car il n’y avait que là où elle ne pensait à rien. Elle se fit rapidement rectifier par son copain et elle arqua un sourcil.
Vraiment ?
Alors comme ça, il se pensait tellement bon que monsieur arriverait à entièrement occuper l’esprit de la jeune femme ? Même pas vrai d’abord ! Ouais bon, si, mais elle ne le dirait pas à son copain. Complimenter un homme sur ses exploits sexuels reviendrait à tellement le gonfler qu’il perdrait de son efficacité, alors elle ne le lui dirait pas. Après tout, elle tenait à ce qu’il reste au top au lit.
Face à son sourire au coin, elle haussa les épaules en faisant tanguer sa main de droite à gauche, histoire de lui faire dire « oui et non ». Elle n’avait pas menti. Enfin, elle l’avait fait partiellement uniquement hein.
Mais bien sûr, elle ne pense qu’à lui, qu’aux sensations. Il doit être magicien, peut-être même sorcier. Son enchanteur attitré, voilà !
Après quoi, il sembla reprendre son sérieux en lui répondant qu’ils pourraient y retourner, oui. Elle lui sourit doucement avant que leurs lèvres ne se retrouvent.
C’était tellement plus simple de s’exprimer par biais de baisers. Ça voulait autant dire merci que pardon, je t’aime que je te désire. Il était aisé pour Aiko de transmettre ce qu’elle ressentait lorsque le récepteur était Finn.
Peut-être parce qu’ils étaient amoureux l’un de l’autre.
Vint ensuite la demande bien étrange de la jeune femme.

Elle allait juger une seconde fois des aptitudes de Finn à enseigner. Sauf que là, c’était nettement plus sérieux. Elle voulait vraiment savoir comment il s’y prenait pour prendre les choses si à la légère là où elle tournait et retournait la situation sous tous les angles pour y trouver une solution. À vrai dire, elle réussissait même à faire naître le problème d’une simple situation totalement banale. La solution suivait rarement, malheureusement.
Elle appliqua un « notre » qu’elle trouvait bien placé. Maintenant, il était d’avantage question d’un « nous » que d’un quelconque « je » et « tu » séparés.
Lorsqu’il exposa sa première leçon, la jeune femme sourit.

« Si toutes les leçons se passent dans tes bras, alors tu es peut-être meilleur professeur que ce que je pensais. »

Les bras de la jeune femme retrouvent leur position autour du cou de son brun tandis qu’il resserrait gentiment son étreinte.
Sauf que voilà, elle avait beau se sentir bien, elle ne pouvait s’empêcher de réfléchir à tout et à rien. Elle se demandait si cette étreinte pourrait être la dernière, se disait qu’avec ses questions bizarres et sorties de nulle part, elle risquait de déstabiliser Finn et de l’amener à se demander comment elle faisait pour pense à pareilles choses. Or, elle n’avait aucune envie qu’il pense à quoi que ce soit ; au moins l’un d’entre eux deux échapperait à cette torture qu’est la réflexion poussée.
Les mots qui suivirent de la part du brun raisonnèrent dans l’esprit de la Baskerville. Elle hocha doucement la tête avant de caler son front contre son torse. Il fallait qu’elle se positionne mieux que ça. Elle se hissa donc sur la pointe de ses pieds et enfouit son visage dans le cou de Finn, pressant ses lèvres contre sa peau tandis que ses mains se perdaient dans ses mèches brunes. Ainsi donc, son sent du touché, du goût étaient occupés. Elle sentait l’odeur du brun – odeur enivrante qu’elle reconnaitrait entre mille – et n’entendait que le raisonnement de l’air dans son esprit vide. Quant à ses yeux, ils étaient clos, elle ne voyait rien, son sens était inutilisable.
Ses cinq sens étaient tenus à l’éveil par une seule et même personne.
Elle se sentait bien, légère, libre. Elle pouvait enfin être amoureuse sans être soucieuse, être femme complète sans se soucier de tomber enceinte ; elle pouvait foncer sans réfléchir aux conséquences, comme elle le faisait avant que sa sœur ne meurt. Elle sembla retrouver son innocence. C’était sans doute ce qui lui manquait, ce qui l’empêchait de ne pas pouvoir cesser de réfléchir à moins d’y être réellement contrainte : son innocence.
Finn l’était-il ? Oui. En étant Baskerville ? Oui, aussi. Il était vraiment doué, son Finn.
Sa voix raisonna sans pour autant rompre l’enchantement ; son ouïe était simplement occupée à entendre un bruit et non pas un silence. Pendant un instant, elle ne répondit rien. Puis :

« Chéri ? »

Elle se redressa en ouvrant les yeux – le charme n’était toujours pas rompu, ses yeux étaient simplement inondés de la magnifique vue que lui donnait Finn. Elle voulait lui dire qu’elle l’aimait, lui dire que ça marchait, qu’il avait réussi à interrompre ses réflexions. Mais les mots ne lui vinrent pas.
Elle se remit à réfléchir à toute allure.
Elle compta dans son esprit jusqu’à trois.
La revoilà un peu plus apaisée. Elle n’avait pas besoin de se retrouver les lèvres pressées contre le cou de son copain pour se sentir mieux ; il suffisait qu’il soit là.

« Embrasse-moi. »

Viens cueillir la vérité de mes lèvres.
Après tout, rien de tel qu’un baiser pour exprimer ce que les mots ne peuvent expliquer.
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MessageSujet: Re: Expect problems and eat them for breakfast   18th Octobre 2013, 12:41

- Je n’en doute pas chéri, je sais que tu es sincère.

Il lui sourit simplement. Il ne pourrait être plus sincère que là, quand il lui dit l’aimer. Cela crèverait les yeux même à un aveugle. A toujours vouloir être avec elle, à penser à elle aussi souvent, à toujours chercher un contact, même infime ou encore tout simplement parce qu’il a l’air heureux quand elle est près de lui. Il ne sourit jamais autant qu’en sa présence. Bien sûr, il ne se rend lui-même pas compte de plus de la moitié des faits mentionnés et il n’en a pas besoin. Il sait ce qu’il ressent et c’est suffisant. C’est aussi accessoirement ce qui l’effraie, sauf qu’il est faible et ne lutte pas contre suffisamment fort. Et puis, ils sont tellement biens tous les deux que lutter n’est pas si facile que cela.
Oh et puis, il n’est pas l’homme qui se prend le plus au monde la tête sur ce genre de choses. Il flippe quand il est devant les faits et il profite sans se questionner le reste du temps. Même si des fois il lui arrive de se demander ce qu’ils vont faire ou s’ils vont aller loin par exemple. Jamais de grande question existentielle. Ou peut-être que si, mais il n’en a pas conscience. Peut-être que dernièrement il a réfléchit à quelques trucs sans être pour autant pleinement conscient de l’importance de ces « trucs ». Peut-être. Ou peut-être qu’en fait, il en est conscient. Qu’importe.

Pour en revenir au sujet des enfants, l’affaire semble plus ou moins close. Du moins, Aiko ne lui a pas explosé à la figure – parce que oui, sa copine peut être parfois vue comme une entité hautement instable capable d’exploser à tout moment, une femme quoi – et ils ne se sont toujours pas engueulés. Donc tout va bien. Elle le rassure d’ailleurs avec ces mots :

- Ça va aller Finn, je pense qu’on n’aura pas à y penser à moins d’y être forcés.

Cela aurait évidemment encore mieux marché si elle n’avait pas précisé le « à moins d’y être forcés » mais, dans l’ensemble, leur vision des choses est donc identique. Parfait. Pour l’instant, du moins. L’homme décide donc de clore la porte aux réflexions ici. Rien ne sert de penser plus avant à ce qui n’est pas en train de se produire, du moins dans sa logique. Demain est un autre jour. Il pourrait presque être un supporter du « vivre chaque jour comme si c’était le dernier », sauf qu’il y parfois un lendemain et qu’il faut alors assumer la veille. Tempérer les choses est donc fortement recommandé malgré tout.
Passons.

En sortant de l’orphelinat, elle place entre deux répliques qu’il est chou et même très chou selon elle. Adorable, qu’elle ajoute. Aucun de ces qualificatifs ne fait rougir l’homme, bien qu’il se demande encore pourquoi est-ce qu’il est mignon quand il n’a pas l’impression de faire quoi que ce soit pour l’être, et pourquoi est-ce qu’il ne parvient pas à l’amadouer en étant mignon quand il essaie de l’être. Ils sont maintenant tous les deux sur un toit. Question de point de vue, sûrement. Il lui trouvera bien un point faible à exploiter un jour, en attendant il faudra se contenter des chatouilles. Ce qui, en soit, est déjà une arme redoutable.

Ils se retrouvent tous deux sur un toit, au bord duquel Aiko se penche bien trop dangereusement au goût de son copain qui vient du coup l’enlacer pour s’assurer qu’aucun accident n’arrive aujourd’hui. A la remarque sournoise du brun sur comment elle n’a pas l’air de penser à grand-chose lorsqu’ils s’ennuient tous les deux, elle lui fait signe que oui et non, chose à laquelle l’homme fait mine de se renfrogner. Oui parce que bon, il y a des réactions qui ne trompent pas, quand même. Et s’il y a bien un sujet où ils sont en parfait accord, c’est là-dessus. Aucun problème, sur ce plan. C’est déjà ça. Tout comme sur la plupart des contacts physiques, en fait. L’envie qu’il a de la serrer contre lui est insatiable, par exemple. Il en redemande toujours et heureusement pour lui qu’elle ne semble pas en être dérangée. Il ne s’en lasse pas, pas plus que de l’embrasser sans cesse ou de lui parler.
Certes, il se lasse rarement de parler. Mais tout de même.

Vient ensuite la « leçon », pour une fois sérieuse, demandée par une Aiko qui aimerait probablement se poser moins de questions, moins douter et plus profiter. En somme, prendre quelques traits caractéristiques de la gente masculine. Bien que Finn ne le voie pas sous cet angle, et qu’il soit même ravi de tenter d’enseigner. Même s’il ne voit pas trop comment. Il essaie un peu, la prend dans ses bras et cela semble lui convenir à elle.

- Si toutes les leçons se passent dans tes bras, alors tu es peut-être meilleur professeur que ce que je pensais.

Bien sûr qu’il est bon professeur, d’abord. Il lui tire gentiment – et de façon très mature – la langue mais ne prononce pas un mot, désireux quand même qu’elle réussisse à se tirer à toutes les pensées qui trottent dans son cerveau. Alors il ne dit rien pendant un moment, la tête aussi vide qu’au jour de sa naissance – du moins il suppose qu’elle était vide de pensées, puisqu’il ne s’en souvient pas. Et comment aurait-il pu penser alors qu’il ne savait pas parler, de toute façon – car pour lui c’est simple à faire. Mais aussi parce qu’il a confiance en elle, parce qu’il sait qu’elle ne le trahira pas – du moins il tient ce raisonnement très bien quand Sora n’est pas dans les parages – et qu’il peut s’autoriser à se laisser aller. Les doutes et les inquiétudes sur le futur, sur la liberté, sur le fait d’être dépendant, tout ça n’importe pas dans l’instant. Il a choisi d’être ici. Même si l’on pourrait objecter à cela que l’on ne choisit pas qui on aime. A titre de comparaison, on fait l’amour parce qu’on en a envie, mais on aime parce qu’on n’a pas le choix. Et quand cela se porte sur une seule et même personne et que c’est réciproque, tout va pour le mieux.
Il finit par lui demander l’effet de la « thérapie » finalement pas si longue qu’ils viennent d’avoir. Elle ne répond pas immédiatement mais cela ne le dérange pas, il pourrait attendre bien longtemps avec elle dans les bras, ici.

- Chéri ?

Il l’observe, curieux de ce qu’elle peut bien avoir à demander. Ainsi, il ne loupe rien de ce qui passe derrière ses yeux, est-ce qu’elle recommence à se poser plein de questions alors même qu’il n’y a pas matière à s’en poser ici ? Peut-être, il ne le sait pas. Il se contente de promener une main dans les cheveux roux tranquillement, en attendant la suite qui ne tarde pas.

- Embrasse-moi.

Il ne se le fait pas dire deux fois.

Par la suite et après avoir traîné encore un peu sur le toit, ils ont fini par retourner brièvement à l’orphelinat, dire au revoir aux enfants toujours présents dans la cours, à jouer. Et puis ils sont partis de là, se sont encore un peu promenés et, inévitablement, ont fini par retourner à leur point de départ, l’appartement d’Aiko. Dans lequel ils ont même passé la nuit, parce que Finn était de toute façon décidé à passer le plus de temps possible avec la jolie rousse, ce qui signifiait donc rester aussi longtemps qu’elle ne le mettrait pas dehors. Sauf qu’à ce jeu, il aurait pu continuer encore longtemps et c’est le devoir qui a fini par se rappeler à eux. Le temps de la séparation finit toujours par arriver, sinon on ne peut pas parler de retrouvailles. Voilà comment ils finissent, après avoir maintes fois repoussé l’instant, par se retrouver tous les deux sur le palier de l’appartement. Et le contractant se retrouve à nouveau en proie à ce désagréable sentiment de ne pas savoir quand est-ce que sera leur prochaine rencontre. Elle lui manque un peu plus à chaque séparation et, bien qu’effrayant au possible, il ne cherche pas à s’en extraire, redemandant rencontre après rencontre. Il n’empêche que ne pas savoir, c’est nul. Vraiment nul. Il dépose un bref baiser sur les lèvres de la jeune femme et accroche son regard du sien. Il y a un truc qu’il a envie de demander depuis quelques temps, mais pour lequel il ne trouve jamais le moment adéquat. Ou le courage, quand le moment se présente. Aujourd’hui encore, le moment est présent, mais le courage semble lui faire défaut, comme souvent avec lui. Pourtant, un mot lui échappe :

- Aiko.

Maintenant qu’il a commencé et récupéré l’attention de la jeune femme, il ferait tout aussi bien de continuer.

- Est-ce que tu voudrais qu’on habite ensemble ?

Il dépose alors un index sur la bouche de la jolie rousse, avant qu’elle ne puisse même songer à formuler  une réponse. Sa question n’est pas très précise sur le lieu et pour cause, il ne parle que du concept. Le reste n’est que détail matériel, mise en œuvre. C’est à l’idée qu’il faut adhérer ou non. Et donc réfléchir.
Certes, il aurait pu y mettre un peu plus de subtilité. Amener le sujet et ne pas le lâcher comme une bombe alors qu’ils n’en n’ont jamais parlé. Trop tard.

- J’veux pas de réponse maintenant. Quelle qu’elle soit, prends le temps d’y réfléchir et on en reparlera la prochaine fois.

Il lui sourit alors. Quelle que soit la réponse, l’avenir de leur relation n’en dépend pas. Un non ne remettra pas leur couple en cause, pas plus qu’un oui ne serait une preuve absolue de l’affection qu’ils se portent. C’est une proposition. Pour laquelle il veut que la réponse soit mûrement réfléchie.
Il remplace son doigt par ses lèvres un instant et puis, après avoir glissé au creux de l’oreille de la jeune femme un « je t’aime » qui le fait évidemment rougir – c’est tout bon pour le comique de répétition ça – il tourne ensuite les talons et entreprend de rentrer chez lui. Un jour, ils auront peut-être un « chez-eux ». Pas forcément sous peu, mais ce n’est pas important. Ils sont ensemble, après tout. C’est tout ce qui compte.
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Expect problems and eat them for breakfast

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