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 Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]

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MessageSujet: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   16th Juillet 2013, 10:52

Etre fort est une notion bien subjective dans un monde où la population se renouvelle chaque jour. Comment l’humain est-il capable de se définir lui-même de fort ? Par sa corpulence physique ? Est-ce réellement un parfait critère ? Le doute se devait d’être présent. Il n’était pas concevable de croire que la personne la plus forte d’un endroit est celle, qui possède les plus gros bras. Qui a frappé et envoyé à l’hôpital le plus d’individus. Après tout, il faut voir les choses après coup et certainement de loin. De très loin. C’est pour cela justement, que la force est une notion trop subjective. L’homme est fort s’il a le courage de défendre sa fiancée ou une sombre inconnue contre des hommes bien plus grands et larges que lui. L’homme est faible si c’est pour se défouler simplement sur des individus plus petits, mais surtout plus faibles. Bien évidemment, il faut prendre en compte le fait que le physique ne fait pas tout. Allez-vous vous dire, que vous seriez beaucoup plus en sécurité avec cette personne aux gros bras qu’avec le tout maigre qui semble malade ? L’être humain est rempli de préjugés et de stéréotypes préhistoriques.  Après tout, il est très facile d’entretenir son corps après quelques années de musculation. Or, cela ne vaut pas les entraînements subis par cet homme fin naturellement. Celui qui sait manier les armes blanches comme si cela était une seconde nature chez lui. Les apparences sont parfois très trompeuses. Non. Elles le sont très souvent. Après tout, un homme placé dans la catégorie comme fort, peut, se retrouver du jour au lendemain, plus faible que celui qu’il méprisait auparavant. De nombreuses raisons peuvent expliquer ce phénomène. Un soudain changement social qui force l’homme à ne plus pouvoir se nourrir. Une maladie qui le cloue sur son lit de mort. Soudainement, l’enfant qui vient de naître se retrouve être plus fort physiquement. Il ne faut pas croire, le physique n’est qu’éphémère. Chacun se retrouvera à un moment ou un autre en position de faiblesse ou de force. Vise versa. Faut-il seulement laisser le temps au temps. Ce dernier devant faire son travail seul et convenablement de surcroît. Néanmoins, certains individus, arrivent, avec beaucoup de courage – ainsi que de malchance- à éviter les assauts du temps. Leurs jeunesses éphémères deviennent permanentes. A quel prix ? La douleur. La mort. Les souvenirs insoutenables. L’Abysse. Autant vieillir correctement et tranquillement.  Pourtant, il existe bel et bien une force qui ne ment jamais. La force mentale. La psychologie reste néanmoins pertinemment difficile à comprendre et appréhender. L’humanité n’est pas encore assez développée pour l’analyser convenablement. Il faudrait attendre encore bien des années pour pouvoir l’approcher du bout de doigts. La force psychologique c’est avant tout, ne pas bouger d’un petit millimètre lorsqu’il le faut. Garder la tête haute alors qu’un flot continu de sentiments vous submerge. Savoir réagir en conséquence de cause. Ne jamais courir dans la gueule du loup les yeux clos. Savoir réfléchir en toutes circonstances. Un homologue du sang froid en somme. Non. Ce n’est pas uniquement cette énumération. Etre fort mentalement, c’est avant tout savoir craquer de temps en autre, lorsqu’il le faut. Se confier, même si l’on  sait pertinemment que cela va faire mal. Très mal. Qu’il faudra peut être plusieurs jours pour réussir à la digérer correctement. Le temps guéris toutes les blessures avant tout. Faut-il seulement faire preuve de patience. Etre fort, c’est savoir pleurer pour se calmer par la suite. La force mentale, elle, n’est pas éphémère pour un sou. Que le corps ait vingt ou quatre vingt dix ans, elle ne lâchera jamais. Pourtant, contrairement au physique, elle ne peut être forgée comme on le souhaite. Généralement, elle vient avec la naissance. Comme un don qu’il faut apprendre à maîtriser pour ne pas en abuser sur les plus faibles. Dès la petite enfance, elle montre des signes d’existence. Dans un caractère fort. Une réflexion intensive.  Un adulte consciencieux et calme. Mensonge. L’homme est faible par nature. Il ne pourra jamais rien faire. Il a peur. Peur de tout. De vieillir. De mourir. Des araignées et des serpents. L’être humain est rempli de défauts et de peur à faire déborder tous les océans. Au fond, ne serait-ce pas cela, qui le rend si fort ? Alors, pourquoi lui avait-il dit tout cela ? Pourquoi cette maudite phrase lui restait-elle au fin fond de sa mémoire ? Il mentait. Ce n’était pas elle la plus forte des deux. Elle était humaine. Entendait-il ? Humaine. Elle ne pouvait pas être plus forte que lui. Toute sa vie était une preuve. Une très bonne preuve. Si elle avait été forte, elle n’aurait pas refait sa vie comme ça, pour se venger. Pour oublier. Elle vivrait avec comme toute personne normale. Qu’est ce qui la touchait tant, dans cette simple phrase ?

Michiyo soupira silencieusement. Ce n’était pas le moment de penser comme ça. Certes, elle n’arrivait pas à comprendre cette phrase. Mais a contrario, elle était apte à assimiler le fait qu’il n’était pas enclin à tergiverser quelques heures de plus sur ce même sujet. Le passé restait un sujet tabou pour le Chain. Désormais, elle devrait faire preuve de patience. En y pensant bien, n’avaient-ils pas fait un chemin considérable tous les deux ? Au tout début, ils n’étaient que deux entités bien distinctes. Dans des mondes différents et des façons de pensés à l’opposé l’une de l’autre. Certes, la dernière partie n’avait pas évolué d’un pouce. La jeune femme restait ancrée sur ses positions quoi que Naaru puisse avancer comme argument. Celui-ci en faisait de même. Néanmoins, ils avaient fini par évoluer sur bien des domaines. Le passé en faisait parti. Michi le savait, à personne d’autre elle n’aurait parlé de son passé après une question comme l’avait posé le Chain. Pourtant elle l’avait fait, avec lui. C’était en quelque sorte sa manière de lui montrer qu’il n’était pas le seul à faire des efforts. En se confiant sans retenu. Sans manques ni mensonges. Le poussant inconsciemment à faire de même. Après tout, si le jeune homme aux cheveux couleur chocolat ne voulait pas se livrer de vive voix. Alors, elle l’aiderait à le faire. Au travers de ses propres gestes. De ses paroles et de sa compréhension. La membre de Pandora comprit alors quelque chose. Ralentir le rythme. Si elle continuait à vouloir aller de l’avant aussi vite, ce ne serait qu’un mur plus résistant et plus haut qu’elle heurterait de plein fouet. La chute risquerait d’être non négligeable et douloureuse. La seule solution était de démonter briques par briques le mur déjà existant.

Pour cela, il fallait que la jeune femme fasse elle-même des efforts. En commençant pas apprendre à se taire lorsqu’elle ressentait le besoin de poser une question. A prendre le temps de respirer un peu avant de s’énerver et de lui crier dessus. En même temps, ne l’avait-il pas cherché en partant de chez elle sans la réveiller ? Oh que si ! Ce n’était pas poli que de partir sans dire au revoir. Après, elle savait pertinemment que demander à un habitant des Abysses d’entrer dans les règles d’éthiques des humains, c’était comme le fait d’apprendre à son chaton à parler. Impossible et insensé. Le bel homme aux yeux verts serait capable d’apprendre ses règles tout seul en grandissant. Il évoluerait et resterait celui qu’elle aurait connu au détour de son chemin. Pendant qu’elle, que deviendrait-elle au final ? Une femme avec un travail d’homme. A la jeunesse pratiquement éternelle. A l’envie de tout plaquer tous les jours sans pouvoir le faire. Ni même trouver un jour la force de le faire. Et si, tout au contraire, elle devenait une femme au foyer avec un mari et des enfants, ce serait qu’elle n’aurait pas fait les bons choix. Depuis quand se voyait-elle avec des enfants ? Un chat et un Chain ce n’était pas encore assez ? Non. La preuve étant sous ses yeux. Brun, yeux émeraude. Sexy et taquin. Un bon résumé. Pourquoi pensait-elle à lui ? Peut-être parce qu’il était quasiment partie intégrante de sa vie désormais. Comment réagirait-elle s’il venait à disparaître soudainement pour une raison comme une autre ? Mal. Très mal. Elle le rechercherait autant qu’elle pourrait. Il lui faudrait beaucoup d’erreurs et de non réussite pour abandonner. Voilà pourquoi elle aurait une vie de famille. Pour ne plus approcher de près ou de loin l’Abysse. Pour ne plus penser à lui et s’en éloigner le plus possible. La normalité. Tout ce qu’ils n’étaient pas.

Sa main se resserra sur celle de celui qui occupait soudainement toutes ses pensées. Et cela pendant qu’elle courait à ses côtés. Se rappelant soudainement, que ce n’était pas la peine de penser à tout cela maintenant. Alors qu’il était proche d’elle. Qu’ils se dirigeaient justement vers son appartement. C’était une brique importante du mur qu’elle venait ainsi d’ôter. Avant d’apprendre à connaître le Naaru du passé. L’humain. Il fallait tout d’abord qu’elle se concentre pleinement sur le Naaru du présent. Le Chain. Merde, elle allait véritablement chez lui ! Pourquoi cela la gênait-elle soudainement ? Il avait bien mis les pieds dans son appartement à elle. Pris ses marques sur son divan. Laissé son odeur sur ce dernier soit dit en passant. Fait enragé son Chain et lui avait fait peur. Son odeur. Michiyo adorait cette dernière. C’était typique des femmes d’aimer l’odeur naturelle des hommes qu’elles aiment. Aimer ? Non ! La combattante refusait de dire ce mot. Pouvait-elle seulement parler d’avoir en sa présence ? Certes, elle ne pouvait réfuter cette soudaine attirance physique qu’elle avait ressentie pour lui. Mais les sentiments étaient-ils réellement présent ? La réponse vint d’elle-même. La faisant sourire nerveusement, alors qu’elle tentait toujours de suivre le rythme de course de son compagnon. La contractante le savait parfaitement. Un  jour au l’autre – plus tôt qu’elle ne voudrait bien le penser- le sujet viendrait irrémédiablement par être abordé. Michiyo sentait qu’elle devait s’y préparer. Bien choisir ses mots pour que le jeune homme puisse les comprendre comme, elle, les comprenait. Néanmoins, elle ne voulait pas penser à tout cela. Pour être plus spontanée. Pour réagir selon ce qu’elle ressentait à ce moment précis. Elle fuyait. Tout simplement. Fuir pour ne pas avoir à subir sa réaction ou tout simplement un refus. Ils étaient si différents, comme il tentait de lui faire comprendre depuis un petit moment.

C’est faux !

Depuis quand pensait-elle comme lui ? Michiyo se connaissait comme étant la tête de mule qui ne laissait jamais Naaru avoir raison. Alors non, ils n’étaient pas si différents l’un de l’autre. Il devait il y avoir quelque chose pour qu’ils se comprennent. Rien de plus. La forêt laissa soudainement place aux immeubles et à l’odeur de pain chaud. Ils étaient de nouveau en ville. Dès que les pas de Naaru se mirent à ralentir, son propre rythme de course en fit autant. La jeune femme tourna la tête pour reprendre un peu son souffle. Il était véritablement temps qu’elle sorte un peu des bureaux pour reprendre le sport. Voyant que le jeune homme n’était pas décidé à s’arrêter. Elle planta ses pieds un peu plus dans le sol et se stoppa soudainement pour le forcer ralentir un peu plus. Leurs deux forces n’étaient pas comparables. Mais au moins, elle avait tenté quelque chose. Michiyo  passa sa main dans ses cheveux pour repousser les quelques mèches qui étaient retombées sur son visage pendant leur petite course. Voilà pourquoi elle les avait attachés. Sa main libre se dirigea de nouveau vers son cou. Trouvant la réponse à sa question. La faisant rougir. Il fallait impérativement qu’elle arrive à trouver quelque chose pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Humidifiant un peu ses lèvres, elle se décida à prendre de nouveau la parole.

« J’espère que tu n’habites pas trop loin. Sinon, il faudra faire plusieurs fois le même chemin pour que je puisse retenir le lieu où se trouve ton appartement. »

Autant lui rappeler de suite, qu’elle n’avait réellement pas une bonne mémoire. Effectivement, elle commençait à connaître un peu les quartiers de la ville, mais de là à retenir une rue voire même une adresse sans la noter, ce n’était pas la même chose. Soupirant légèrement, elle laissa son regard vagabonder de droite à gauche pour retenir le maximum d’éléments. Ne serait-ce qu’une maison de couleur atypique. Mais rien. A ses yeux, tout semblait se ressembler. Ne lâchant pas la main du bel homme qu’elle suivait, elle abandonna alors. De toute façon, il avait plus de chance de venir chez elle, que le contraire. Après tout. Il pouvait venir dans son appartement sans craindre les moindres représailles. Naaru avait forme humaine. Réagissait assez souvent comme tel, bien que cela puisse paraître enfantin le plus souvent. Et certains de ses voisins semblaient avoir retenu quelques détails physiques le concernant. Ainsi, ils ne se poseraient aucunes questions en le voyant entrer sans elle. Dans le pire des cas, le jeune homme ne tomberait que sur elle dans son logement et personne d’autre. Ce qui, ne serait clairement pas son cas. En effet, Michiyo savait qu’elle pouvait avoir de la chance et tomber sur Naaru. A contrario, elle pouvait toujours tomber sur son contractant. Un Baskerville. Si elle, s’en ficherait royalement. Ce ne serait certainement pas le cas de l’autre personne. Elle ne voulait prendre aucuns risques. Que ce soit pour elle. Ou même pour Naaru. Elle se rappela soudainement de sa tenue. Son  uniforme réglementaire. Shit. La combattante savait qu’elle ne pouvait pas faire demi-tour sans froisser le jeune homme. Il pourrait certainement se dire qu’elle avait changé d’avis et que finalement, elle s’en fichait de lui. Prenant une bouffée d’air, la jeune femme décida de lui faire part de ses craintes.

« Dis. Est-ce que tu es certain que ton contractant ne sera pas présent ? Je ne suis pas très rassurée avec mon uniforme. »

Lui mentir ne servirait à rien. Michiyo avait peur. Peur de tomber sur quelqu’un qui aurait son Chain à ses côtés et donc un potentiel avantage. Après tout, elle connaissait la force du jeune brun. Ne pouvant clairement la négliger. Les paroles de Naaru lui revinrent soudainement. Elle se mordit soudainement la lèvre inférieure. Il agirait certainement sous les ordres du Baskerville. Michiyo savait qu’elle n’aurait aucune chance face à ces deux là réunis. La membre de Pandora aimait profondément l’homme qu’elle suivait, mais ce n’était pas pour autant qu’elle voulait mettre sa vie en danger. Parce qu’elle n’était pas seule. Parce qu’elle ne voulait pas devenir elle-même un habitant de l’Abysse si elle devait mourir. Parce qu’elle ne pouvait pas faire retomber son propre Chain. Qui s’occuperait de son chat dans tout ça ? Rien. Rien de tout ça n’était vrai. Elle ne voulait simplement pas mourir. Parce que ce n’était pas le moment. Michi ne savait pas ce qu’il se trouvait réellement derrière la grande Faucheuse. Ses mains se mirent à trembler, alors qu’elle en glissa une dans la poche de son manteau. Ce qu’elle y trouva, ne la rassura pas du tout. « L’insigne » de Pandora. Il fallait impérativement que le Baskerville ne soit pas là. Sinon, elle ne donnait pas cher de sa peau. Pas du tout même.

Raffermissant sa prise sur la main de Naaru, elle en profita pour se rapprocher au maximum de lui. Sa présence était rassurante. Surtout dans un moment où elle avouait avoir peur. Habituellement, la jeune femme n’aurait jamais pris la peine de faire comprendre à une personne et principalement un homme, qu’elle n’était pas en position de force. Dépendre de la protection de quelqu’un. Certes, elle avait confiance en lui. Elle se sentait bien dans ses bras. Mais, elle était à la base une femme forte. Son caractère ne lui laissait pas le besoin d’être rassuré aussi souvent. Néanmoins, elle restait une femme. Une simple femme qui ne pourrait pas se défendre facilement. Dans le pire des cas, elle ferait appel à son propre compagnon. Au risque de perdre Naaru. Au risque de lui faire du mal. Elle n’aurait certainement pas le choix. Puis zut ! Il fallait qu’elle pense à autre chose. Ce qui ne tarda pas à arriver. Un sourire léger passa sur ses lèvres avant qu’elle ne prenne une nouvelle fois la parole d'une voix légèrement plus tremblante qu'auparavant. Vite. Il fallait qu’elle oublie ce malaise se développant peu à peu en elle.

« J’y pense ! Tu dois quand même avouer que j’embrasse plus que bien ! Sinon, tu devras t’en passer le temps que j’apprenne à mieux embrasser. »

Il était certain que Michiyo n’avait pas un très bon humour. Mais, c’était la seule solution qu’elle avait trouvé pour se changer les idées, ne serait- ce que quelques secondes. De surcroît, elle avait beau dire qu’il devrait s’en passer. Ce ne serait pas une mince affaire pour elle. Après tout, elle appréciait particulièrement ce doux contact entre leurs lèvres. Le punir, serait se punir elle-même au passage. Ce qui ne lui plaisait par particulièrement. De plus, elle n’était pas vraiment partante pour embrasser quelqu’un d’autre et encore moins s’entraîner comme elle semblait l’insinuer. Naaru était le seul avec lequel elle voulait partager cette relation si particulière. Les autres hommes ne l’intéressaient pas. Ils étaient beaux certes. Mais la jeune femme aux yeux bleus ne sentait pas au fond d’elle cette attirance particulière. Dont les papillons dans l’estomac lorsqu’il se trouvait trop près d’elle. L’impression d’être niaise et de sourire tout le temps. Ah ! Elle le savait. Voilà qu’elle pensait de nouveau à ça. Oui, elle devait l’avouer. Michiyo Konoe était amoureuse. Amoureuse d’un Chain. Amoureuse d’un Baskerville. Mais oui, douloureusement amoureuse. A tel point, qu’elle n’était pas prête à faire le premier pas. Ni maintenant. Ni plus tard. Sachant pertinemment que sa relation avec le jeune homme changerait après une telle déclaration. Et ca, elle ne voulait pas. Pas du tout.

Dès que le silence retomba. Que son imagination se remit soudainement à fonctionner. La contractante sentie la pression monter de nouveau. Et cela augmentait en se rapprochant de lui. Elle suivait Naaru sans vouloir l’arrêter. Il fallait pourtant retarder l’échéance. Que cette maudite peur disparaisse une fois pour toute ! Ce n’était pas elle de s’en faire autant. Après tout, elle disait toujours que les membres de Pandora avec le plus d’expérience se posaient les questions uniquement après l’action. Ce n’était que le travail des plus jeunes de réagir comme cela. Pas le sien. Pas après le nombre de missions sans réfléchir qu’elle avait fait. Alors merde, pourquoi elle était tétanisée à la simple idée de mettre les pieds dans le lieu de vie de Naaru alors qu’elle faisait des missions sans même trembler ? La réponse arriva soudainement. Parce que ce n’était pas pour elle qu’elle avait peur. Non. C’était pour Naaru lui-même. La réaction que pourrait avoir son contractant face à lui. Et le simple fait de ne plus pouvoir le voir encore une fois. Alors qu’il lui avait promis de ne pas disparaître du jour au lendemain. Se détachant un peu du jeune homme aux cheveux couleur chocolat, elle se décida à lui avouer une dernière fois ses véritables sentiments. Histoire de tout mettre sur le tapis avant d’être nouveau elle-même. Faisant comprendre sa véritable pensée sous d’autres phrases plus discrètes.

« Je n’étais pas d’accord avec toi toute à l’heure. Je ne suis pas plus forte que toi. C’est l’apparence que je veux bien te donner. Mais, je ne suis pas plus forte. J’ai peur . Là tout de suite, j’ai peur. Peur de tomber sur ton contractant en arrivant chez toi. Peur de ne jamais plus te revoir. »

Voilà, c’était dit. Il pouvait la croire ou non. Voire simplement s’imaginait qu’elle lui mentait pour lui faire comprendre qu’il devait arrêter de se sous estimer et le faire parler de son passé. Or, ce n’était pas le cas. Pas du tout. Les pas enchaînèrent. Michiyo chercha quelque peu son air. Ce n’était pas le moment de faire une crise d’angoisse. Depuis quand faisait-elle des crises d’angoisses de toute façon ? Elle était Michiyo, et devait garder au fond d’elle tout ce qu’elle ressentait. Pour ne pas montrer à Naaru cette facette triste et fade de sa personne.  Puis finalement, de quoi avait-elle peur ? Naaru était là. Il ferait quelque chose pour elle n’est ce pas ? Certainement. Il fallait avoir confiance. Confiance en lui et uniquement lui. Tout était entre ses mains maintenant. Il ne restait plus qu’à continuer à avancer.

J'suis pas fière de moi comme je te l'ai déjà dis. Mais j'espère que ça t'iras !

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
Spoiler:
 


Dernière édition par Michiyo Konoe le 30th Novembre 2013, 23:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   17th Juillet 2013, 05:46

L'instant présent était silencieux. Vraiment ? Non, en vérité, deux jeunes personnes courraient à s'en crever les poumons jusqu'à la ville. Les arbres passaient devant eux. Et le chain dans tout ça était heureux, simplement heureux. C'était une émotion qu'il avait appris à comprendre il y a peu. Ce brusque élan de joie, cette envie de sourire et de faire plaisir. Tout cela en même temps. Il sentait son cœur battre dans sa poitrine, régulier et enjoué. Il voyait ce paysage défiler devant ses yeux, et ce vent pousser ses cheveux. C'était un imbécile. Un imbécile totalement heureux. Qui pouvait s'en plaindre ? Certainement pas lui. Il inspira profondément, alors même qu'il se livrait une longue course. Les chains étaient de bien étranges personnages. Son cœur battait quand il le désirait. Et pourtant là, en ce moment précis, cet organe autrefois vital tambourinait dans son corps. Il souriait tout en maintenant la main de la demoiselle derrière lui. Ah, cette femme était en quelque sorte la cause de tout ce bonheur. Pourquoi ? Ah, il lui faudrait du temps pour l'avouer. Ou même tout simplement le comprendre. Car c'était un peu ça au final. Ressentir était une chose. L'assimiler en était une autre.

En tournant la tête, notre petit imbécile matinal crut voir passer un écureuil dans les hautes branches d'un châtaignier. Il se serait volontiers arrêté. En fait, c'est ce qu'il aurait dû faire. Allons bon, avait-il changé à ce point ? Il était conscient que fréquenter des humains risquait fortement de modifier ses habitudes de vie, mais à ce point ? Après tout, Nana était avant tout un être hors du temps. Il n'avait pas de besoins naturels comme manger, se divertir ou dormir – à l'exception près lorsqu'il est en manque d'énergie -. S'il décrétait vouloir rester debout dans la forêt pendant 15 jours, il le ferait. Il pouvait même s'empêcher de cligner des yeux. Mais le temps est passé. Naaru a appris à s'intéresser aux autres êtres qui peuplait le monde. Alors, lentement, le chain en est venu à apprécier les choses de la vie quotidienne. Le repas de son contractant, qu'il ne délaisserai pour rien au monde. Et puis ces petites choses bénignes de la vie. Ces trois mulots traversant la route piétonne avec plus d'aisance qu'un singe, risquant leurs vies au moindre piétinement ou même à leur simple découverte. Il y avait tant de choses que le monde offrait. Les humains n'y faisaient plus attention, car ils étaient eux-mêmes soumis à ce fil obsessionnel n'attendant qu'un infime accident pour se tendre et casser. Mais lui dans tout ça, il avait le temps. La maladie ne l'atteignait pas. L'âge non plus. C'était sa bénédiction comme sa plus grosse malédiction. Enfin qu'importe, Naaru était Naaru. Il n'était ni un chain ni un humain pour l'instant. C'était même pire que ça, il s'en contrefichait.

Le regard toujours centré vers cet écureuil ayant décidé de faire le chemin avec eux, Naaru ne regardait plus devant lui. La cape sous un bras, son autre main prise par une autre, il connaissait de toute manière le chemin par cœur. Après tout, il connaissait la forêt comme sa poche. Son habitude principale était de dénigrer le lit pour passer la nuit dans un arbre. Au final, il était assez malchanceux, réveillé par une bogue sur son crâne. Le jeune chain passait aussi très souvent par ici pour se rendre en mission en compagnie de son jeune contractant. Ce passage n'avait donc plus aucune secret pour lui. Alors, il poursuivit sa longue descente jusqu'à ce qu'enfin les premiers bâtiments ne viennent apparaître dans le paysage. Il fallait dire que l'époque était plutôt bonne, et la forêt de feuillus portait bien son nom. On n'y voyait pour ainsi dire presque pas le ciel. Mais ici, la nature faisait progressivement place à une vaste étendue, menant à la vie en communauté, la vie en ville. Le chain respira doucement l'air ambiant. Ses pas ralentirent progressivement, sans s'arrêter. Il aurait volontiers passé sa journée à courir, mais puisque la demoiselle tenait tant à visiter son appartement, peut-être lui fallait-elle aussi retenir l'emplacement de ce dernier. Le chemin pour y accéder n'était pas particulièrement difficile. Tout droit, toujours tout droit, jusqu'à  pénétrer dans un coin plus reculé de la ville. Loin du centre. En bordure de sortie, même. C'était un petit appartement qui ne payait pas de mine, mais d'après Finette, depuis le temps qu'ils vivaient là sans se faire éjecter prouvait en quelque sorte que c'était décidément le bon endroit où vivre. Après tout, les Baskerville n'étaient pas mieux vu que ça ici. L'appartement était également hors de portée de Pandora. Bref, assez voyant et justement bien caché. Après tout, n'était-on pas mieux caché qu'à la vue de tout le monde ?

Souriant doucement, Naaru fut alors brusquement ralenti. D'abord totalement à côté de la plaque, il força un peu le pas jusqu'à se rendre compte que ce n'était pas un quelconque animal lui empêchant d'avancer mais bien une forte poigne sur sa main. Surpris, il se retourna alors vers la cause de tout cela et inclina la tête de côté pour marquer son étonnement. Ah oui. L'espace d'un instant, le chain s'en voulut. Il n'avait pas pensé un seul instant aux possibles représailles des suites d'une course folle. Il fallait dire qu'en présence de son contractant, il était même habituel et tout à fait normal de s'enfuir tout en riant à la tête de leurs poursuivants. Finette n'était pas non plus un humain à part entière. Et lui avait l'habitude de courser et d'être coursé. Qu'importe, son contractant n'était pas Michiyo, et c'était une bonne chose. Pour rien au monde il ne pouvait mettre ces deux personnes dans le même panier. Pour rien au monde il ne pouvait de toute manière mettre l'un des deux dans un panier particulier. Ils étaient hors catégorie.

La jeune femme passa alors les mains dans ses cheveux, délaissant celle que lui avait tendu Nana peu avant. Ce dernier en profita pour jeter un coup d'œil un peu plus loin. Tout droit, toujours tout droit, et puis à droite. Avec des indications pareilles, n'importe qui était en mesure de se perdre. Mais pas lui. Son contractant le lui avait souvent répété. Il était inhumain d'avoir un sens de l'orientation pareil. Il n'était pas humain, et cela le faisait souvent bien rire. Il fallait de plus dire que Nana lisait beaucoup. Énormément. Dans des sujets toujours plus variés. De ça était né une grande culture générale qu'il ne parvenait pas toujours à comprendre et qui se révélait au final plus inutile qu'autre chose. Néanmoins, cela lui avait permis de savoir lire les étoiles, de se repérer par rapport aux changements des grands astres, de la Lune ou du Soleil. Et pour le coup, cela avait un intérêt considérable.

Recentrant son regard sur la demoiselle pour vérifier qu'elle s'était bien remise de sa course, il tomba nez à nez sur la rougeur naissante sur ses joues. Naaru n'eut pas tant besoin de comprendre. Les gestes de la dame lui suffirent. Il pouffa dans son coin avant de tapoter gentiment la tête de Michiyo. Cette dernière engagea bien vite la discussion. Refaire plusieurs fois le même chemin ? Elle avait décidément bien l'intention de venir à l'improviste. Nana donnait l'air de ne pas s'en faire, mais en vérité il était un peu contre ça. Il y avait peu de chances pour que Finn soit présent dans l'appartement en ce moment. Parti il-ne-sait-où, peut-être en mission, mais pas chez lui. En tout cas, il faudrait rapidement expliquer la situation au contractant. Rapidement et dans son intégralité. Il ne pouvait nier l'avoir emmené chez lui. C'était un peu dangereux, et pour le coup, Nana ignorait lui-même la réaction de Finny. Il n'avait pas tant l'air de détester Pandora, mais les humains pouvaient être tellement imprévisibles. Ce qui était certain, c'était qu'il n'allait pour rien au monde dévoiler son identité. Elle lui était bien trop chère. Indiquant de l'index l'endroit qui, quelques maisons plus loin, lui appartenait, Nana poursuivit, sérieux :

-Ce n'est pas loin. À peine trois cents ou quatre cents mètres. Et puis, il y a plein d'autres endroits pour nous revoir.

Il ne le lui cachait pas. Lui-même n'était pas très rassuré. Pourtant, lorsqu'ils avaient quitté la forêt, ça ne l'avait pas dérangé. Au contraire, il s'était même joyeusement levé et les avait précipité en aval de forêt, jusqu'à la ville. Mais à présent, le monde affluait un peu plus. Les gens se pressaient sans cesse autour d'eux. Ce n'était pourtant pas l'heure de pointe. La ville était un étau d'humains grandissant, en continuelle expansion. Ce n'était pas la capitale par hasard. Il fallait avancer. Ils pouvaient encore faire demi-tour, mais Naaru ne voulait pas. Ne voulait plus. Le jeune chain le lui avait proposé, elle avait accepté. C'était idiot de perdre sans doute de belles heures pour la peur de l'inconnu. Parce que c'était ça, au final. La peur transformée, prenant l'apparence de la pire des choses. Et pourtant. Il pouvait tout aussi bien ne rien y avoir. Une peur envolée. Juste une peur envolée. Alors, Nana saisit une nouvelle fois la main, peut-être un peu brutalement et avança dans la foule qui continuait de s'amasser autour d'eux. La cape était plutôt bien camouflée, et ils avançaient sans peine. Le chain ne pressait pas le pas, puisqu'il n'était pas certain d'avoir laissé le temps suffisant pour permettre à la jeune femme de se reposer.

Michiyo lui fit alors part de ses craintes. S'il ne se retourna pas, en revanche son expression se durcit à l'entente des mots de l'humaine. Son uniforme. Il l'avait totalement oublié. Au mieux, Nana aurait volontiers fait passer Michiyo pour une simple amie de passage. Bon, Finn ne l'aurait probablement pas cru, mais il ne se serait pas douté un seul instant de sa vraie profession. Là, ça allait concrètement devenir plus difficile. Quel duo faisaient-ils ces deux-là. Main dans la main, femme et homme aux couleurs diamétralement opposées, aux appartenances professionnelles incompatibles et pourtant si proches. C'était une belle leçon de morale. Le jeune chain, sans s'en rendre vraiment compte, accéléra un peu plus le pas. Il marmonna quelques paroles, pas même certain qu'elles atteignent les oreilles de la principale concernée.

-Non... non je n'en suis pas certain. Mais il ne t'arrivera rien tant que je suis là.

Oh, ça c'était du Nana en puissance. Le revoilà qui bougonne. Et pourtant, les paroles n'avaient rien en commun avec le ton employé. Il voulait la rassurer. Juste la rassurer. Mais lui-même ne parvenait pas à se tempérer. Après tout, il possédait sa conscience propre, certes. Mais un mot d'ordre et il ne pouvait plus être lui-même. Son contractant l'avait employé à quelques reprises. C’était un peu dangereux, mais il devait aussi lui montrer où il habitait. Pourquoi ? C'était vrai, pourquoi. Parce qu'il en avait envie ? Parce qu'elle le lui avait demandé ? Il n'en savait rien, mais il devait le faire. Le demoiselle raffermit sa prise sur Naaru et s'en rapprocha. Le chain l'aurait bien pris dans ses bras, mais pour le coup, il détestait être tiraillé de la sorte. Il détestait ce sentiment d'incertitude. Alors, plutôt que de fuir lâchement, il lui faisait face de plein fouet.

Les deux jeunes gens arrivaient bientôt à l'instant fatidique. Chaque seconde les en rapprochait un peu plus. Le chain ralentissait le pas. Il était moins certain. Un peu plus nerveux. Non, il fallait qu'il se calme, qu'il prenne le temps de voir les choses elles qu'elles étaient. N'était-il pas fin stratège. Si, bien sûr que si, alors de quoi avait-il peur ? C'était une grande gueule, tout comme son contractant. Il avait une bonne chance de s'en sortir, peu importe ce qu'il arrivait. Se projetant un peu plus dans le temps, dans ce futur incertain, Nana analysa chaque situation. Il y avait pire. Finn pouvait être accompagné. Nana n'était pas idiot, et il savait qu'il fréquentait potentiellement une autre Baskerville. S'ils se trouvaient tout deux dans l'appartement, alors il n'aurait d'autre choix que de fuir ou, encore une fois, ouvrir sa bouche et s'énerver un bon coup. Concentré sur ses pensées, il manqua de sursauter lorsqu'une pointe d'humour vint égailler son esprit si tourmenté. Le jeune chain tourna alors son regard vers la concernée et se stoppa un instant :

-Nous apprendrons ensemble dans ce cas. À force, ça devrait pouvoir donner quelque chose.

Il l'embrassa sur le front et rit, toute peur envolée. La demoiselle avait ce petit pouvoir en elle. Chaque phrase prenait son sens dans le cerveau du garçon. Rien ne lui échappait. Rassuré, Naaru reprit un rythme de marche un peu plus souple. Il tourna aux alentours d'une ruelle et s'y engouffra en compagnie de la demoiselle. Elle ajouta encore quelques phrases qui n'échappèrent une nouvelle fois pas aux oreilles du chain. Ah, encore cette histoire de force. Dire qu'il ne voulait plus en parler. Il soupira faiblement tout en comprenant ce qu'elle voulait dire, là tout de suite. Il n'aimait pas la voir dans cet état. Alors, pour l'empêcher de se sentir aussi démunie, il préférait foncer là, maintenant, tout de suite. Il inspira tranquillement et poussa une porte d'un des petits immeubles. Ils étaient arrivés. Non sans une certaine appréhension, Naaru gravit alors en compagnie de la jeune femme les quelques étages les rapprochant sans cesse de son appartement. Deuxième, troisième et enfin quatrième étage. Sans doute Nana aurait-il dû passer par sa fenêtre de chambre pour vérifier la présence du Baskerville. Mais il n'y avait pas pensé, et il avait vraiment la flemme de descendre le tout en délaissant Michiyo ici. S'approchant lentement de la porte d'entrée, il relâcha la main de Michiyo. Moment de vérité. Finn laissait rarement la porte ouverte lorsqu'il partait. Et Nana n'avait pas la clé. Enfin, ça ce n'était pas un problème en soi. Il se tourna alors vers la demoiselle et lui sourit affectueusement. Allons bon, ils n'allaient pas s'éterniser. Naaru tourna la poignée et tira la porte.
… fermée.

-Eh bien voilà, plus de raison d'avoir peur.

En temps normal, Nana passait justement par la fenêtre du quatrième pour rentrer dans l'appartement. D'où le fait qu'il ne possédait pas de clés sur lui. De toute façon, Finn ne lui en proposerai certainement jamais. Mais là, il n'y avait pas trente six mille solutions. Le chain tourna la tête à droite puis à gauche et revêtit son apparence réelle pour faire rapidement fondre le loquet. Tout fier, il prit la main de Michiyo et l'invita à rentrer, ses yeux rouges pétillants de joie sous l'émotion. C'était en quelque sorte assez rare de lui voir esquisser une quelconque expression sur ce visge-là. Il sourit et prononça gentiment :

-Allez, va donc satisfaire ta curiosité.

Pour l'instant, il ne pouvait pas reprendre son apparence humaine étant donné qu'il comptait bien remettre le loquet à son emplacement d'origine. Mais ce qui était certain, c'est qu'il refusait de rester comme ceci indéfiniment.

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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   21st Juillet 2013, 07:58

Les sentiments. Ces ressentis qui sont la mécanique de l’homme. Sans eux, ce dernier n’est qu’une vulgaire poupée de chiffon sans vie. Ne pouvant bouger qu’au gré du vent et des décisions des autres individus. Devoir tout simplement évoluer sans en profiter. Vivre sans vivre. Vivre pour commencer à avancer. Continuer. Mais ne jamais être maitre de son destin. Ce qui est rare. Théoriquement, tout être vivant doté d’une intelligence est complété par des sentiments. A défaut d’être un corps uniquement rempli de chaire et ligaments. A contrario, le ressenti de sentiments permet de devenir une marionnette avec des fils plus ou moins solide. Puisque dans un premier temps, ils seront très forts pour résister à bien des défis dans la vie qui va suivre la naissance d’un enfant. Puis son adolescence et enfin sa persistance  en tant qu’adulte. Néanmoins, ces derniers peuvent devenir de plus en plus fins. Pour finir par se briser. Généralement, les conséquences ne sont pas les bienvenues. Ni la cause. Une rupture sentimentale. Un décès d’une personne particulièrement aimée. Non pas un petit ami. Ni un fiancé. Mais peut-être une grand-mère qui nous a servi à elle seule, de parents. Un frère qui a toujours été présent. Dans les meilleurs comme les pires moments. Une disparition. Ou tout simplement la séparation avec un camarade pour des raisons plus ou moins discutable selon les points de vue. Dès lors que ce moment semble vouloir se produire. Un maximum de soutien est proscrit. En cas contraire, il n’est pas rare d’apprendre ensuite un suicide. Du moins une tentative. Certaines personnes arrivent à s’en sortir seules. Parce qu’elles sont courageuses. Fortes. Ou du moins, savent que ce n’est simplement qu’un obstacle à surmonter. La vie n’est jamais un terrain plat. Pour personne. Alors, si l’homme qui vient de perdre son premier fils, se donne la mort par désespoir. Ne va-t-il pas laisser tomber sa femme et sa petite fille ? Allait-il créer un cercle sans fin. Peut être. Il ne sait pas. Ne pourra répondre à cette question qu’après avoir vécu les moments que lui réserve la Destinée. Il faut les vivre avant de pouvoir parler. Il ne sait pas ce qu’il risque de rater. Par conséquent, il se relève doucement mais sûrement. Rendant incassable le fil qui le relie aux autres vivants pour lesquels il s’est farouchement battu. S’il avait, a contrario, perdu tous ses sentiments soudainement, il n’aurait jamais pu faire ce tour de force. Puisqu’avoir des sentiments. Forts ou minimes. Le but principal, est de les assumer avant tout. Sans quoi, ils provoqueront une souffrance et une tristesse incommensurable. Bien évidemment, il ne faut pas tous les mettre dans la même catégorie. Certains étant plus profonds et intenses que d’autres. La joie par exemple, est quant à elle, éphémère. Se dégradant au fur et à mesure. Comme beaucoup d’autres. Pour finir par disparaître et être remplacé par un autre. Comme la déception. Ou l’indifférence. Qui finiront à leurs tours par disparaître et ainsi de suite. Certains, néanmoins, tendent à rester plus longtemps. Voire, à ne jamais nous quitter. La haine envers un autre être par exemple. Celle-ci nait pour une raison ou une autre. Puis, grandit de jour en jour. La haine est normale. Un individu lambda – ou non- ne peut vivre en aimant toute personne sur Terre. Non. Il finira un jour, par croiser quelqu’un qu’il ne sera pas apte à aimer. Peut-être parce que ce dernier aura un caractère trop similaire au sien. Et qu’après tout, l’homme est un animal féroce pour l’homme. Refusant de laisser un territoire si durement acquis au fil des années. Alors, on lui mettra des bâtons dans les roues. Devenant violent envers cette dernière. Un peu comme la relation Pandora-Baskerville. Ils se détestaient les uns des autres pour des raisons qui échappaient parfois aux nouvelles recrues. Voire même les anciennes, très souvent. Aux antipodes. Il existe l’amour. Ce sentiment qui rend groggy et bête. Qui donne l’impression de marcher sur un petit nuage lors des heures s’écoulant auprès de l’être aimé. L’envie de toujours en apprendre plus sur la personne que l’on est le seul ou la seule à idéaliser. Pourtant, il faut retenir. Que même si l’amour ne nous quitte jamais, du début à la fin. Celui-ci, ne peut être ressenti sous sa plus forte intensité, que lorsqu’il est avec une seule et même personne. Après tout, l’adage dit clairement, que dans le monde, quoi qu’il arrive, un être, aura toujours une personne faite pour lui. Faut-il seulement prendre le temps de le chercher. Ou simplement, de ne pas faire les mauvais choix. L’amour, c’est savoir aussi se remettre en question lorsque les choses ne vont pas comme elle le devrait. C’est le sentiment principal de toute une vie. De l’amour maternel, à l’amour avec un inconnu du jour au lendemain. Il frappe soudainement. Sans attendre. Se faisant poser des questions. Une multitude de questions.

La jeune femme s’en posait alors. Ce qui la rendait sensiblement plus fébrile. Oh non. Pas sensiblement. Mais véritablement. En général, elle n’avouait quasiment jamais ses sentiments. Que ce soit à une personne proche – ce qui ne se bousculait pas en général- ou alors à une personne aussi triste qu’elle. Qu’elle ne reverrait certainement jamais. Cela pourrait être une bonne idée. Néanmoins, la contractante n’avait jamais été de cette catégorie là. C’était le genre à tout garder au fond d’elle. Ses craintes comme ses espoirs. Avant de craquer du jour  au lendemain. Parce qu’un poids est bien trop difficile à porter seule. Dans ces cas là, elle notait tout sur des feuilles qu’elle brulerait par la suite. De façon à les extraire lentement – mais sûrement- de son âme, jusqu’à la dernière parcelle. Dans d’autres cas, elle tentait d’en parler à celui qui en savait le plus de sa personne. Son Chain. Michiyo savait qu’elle ne pouvait lui cacher des choses très longtemps. Parce qu’ils étaient reliés l’un à l’autre la majeure partie du temps. Celui-ci l’écoutait patiemment avant de se moquer ouvertement et de vaquer une nouvelle fois à ses occupations. Cela énervait la demoiselle. Mais, elle préférait cela à de longues conversation sans queue ni tête qui ne l’aiderait pas plus. En y repensant. Il n’y avait qu’un sujet qu’elle arrivait à lui cacher. Sa relation plus ou moins ambiguë avec l’homme aux cheveux couleur chocolat. Il finirait sûrement par le découvrir. Mais, elle se devait de garder cela secret le plus longtemps possible. Pour ne pas être inquiétée par lui. Ou bien pire, par Pandora. Dans ces cas précis, ce serait difficile de démentir. Par la suite, elle se posait des questions sur le déroulement de tout cela. Certes, elle pensait clairement ressentir quelque chose qu’elle associait à de l’amour. Mais, en était-elle réellement certaine ? C’était un peu rapide au final. En temps normal, Michiyo se savait particulièrement posée et réfléchie. Parfois impulsive. Mais plus dans les combats que dans sa vie personnelle. Dans ces cas précis, pourquoi pouvait-elle avancer de telles choses en seulement quelques rencontres ? Les réponses n’étaient pas particulièrement faciles à obtenir. Pour cela, il faudrait qu’elle prenne son courage à deux mains et en parle à Naaru. Le principal concerné.

Sauf, que ce n’était pas le moment. Parce qu’elle tentait de chercher son souffle dans cette course folle. Devenait-elle trop vielle pour ce genre de chose ? Non. Michiyo n’avait que vingt deux ans après tout. Vingt trois dans pas longtemps, mais tout de même. La jeune femme s’entraînait le plus souvent, tout en continuant de maintenir sa résistance physique au meilleur niveau possible. Pourtant, les faits étaient là. Ses mollets étaient contractés et lui faisaient mal. Sous souffle n’était plus régulier. Sans s’en rendre compte, la membre de Pandora avait calqué son rythme sur celui du Chain aux yeux verts. Sauf, qu’il ne ressentait pas la fatigue comme elle. Vivement qu’il commence à ralentir un peu. Ce, qui à la plus grande joie de la jeune femme, ne tarda pas à arriver. Dès que les premières pierres apparurent. Que la griffe de l’homme puisse être reconnue. Elle sentie le rythme ralentir peu à peu. Lui permettant de reprendre son souffle doucement tout en évitant de montrer au Baskerville qu’elle n’était clairement pas de taille pour rivaliser avec lui. Quoi qu’il devait certainement déjà le savoir. Et que cela serait une preuve de plus. Puis bon, c’était naturel après tout. Elle était humaine. Et lui, un habitant du monde abyssal. Le rapport de force et de résistance n’était clairement pas le même. Quoi que,  avec un peu de courage mais surtout de persévérance elle pourrait augmenter un tant soi peu ses capacités physiques. Certes, elle aurait toujours besoin de dormir ainsi que de manger. Mais ses forces pourraient augmenter.  Réduisant le fossé les séparant. Si seulement cela pouvait être possible. Michiyo savait qu’elle commençait à penser n’importe comment. Parce que ce n’était pas possible de rattraper Naaru. Et cela sur bien des sujets. Elle n’était pas un Chain. Au contraire, elle avait cette partie humaine que le jeune homme n’avait pas. En y pensant correctement. Michi se disait que le fossé ne serait jamais facile à combler. Parce qu’il y aurait toujours cette maigre, mais pourtant si poignante différence entre eux. Frustrant. Cela en devenait complètement frustrant.

Chassant toutes ses pensées persistantes, la jeune femme se concentra de nouveau sur le Chain. Elle tenta de le freiner un peu. Ses poumons cherchaient violemment de l’air. Sa gorge la brulait un peu, mais ce n’était rien. Puis, elle devait se concentrer pour tenter de retenir un nombre important d’éléments qui pourrait lui permettre de retrouver le chemin. De la couleur particulière d’une maison, à une taverne ou bien un morceau de la route diffèrent des autres. Tout était à retenir. Bien, que Michiyo savait pertinemment que malgré tous ses efforts, rien ne rentrera. La couleur changera. Rien ne sera au même endroit. Tout se ressemblerait. Déjà, qu’à la base, elle n’avait pas un bon sens de l’orientation, le pouvoir de son Chain n’aidait pas particulièrement. Une seule petite mission ou utilisation abusive de cette capacité. Et elle oublierait tout. Tout recommencer à zéro. Peut-être même oublier Naaru, si elle venait à attendre trop longtemps avec de le revoir. Parce que les missions s’enchaineraient. Après tout, Michi avait assez demandé à ses supérieurs de lui donner du travail sur le terrain, au risque d’avoir quelque chose de mal fait derrière un bureau. De plus, cette dernière était véritablement capable de faire ce genre de chose. Pour preuve, la demoiselle avait plaqué toute une mission d’espionnage – dans laquelle, elle ne devait pas agir- pour traverser la capitale avec un ennemi soit dit en passant. Michiyo n’était pas digne de confiance lorsqu’elle se trouvait à ses côtés. Puis même si elle n’y était  pas. Après tout, elle n’avait toujours rien dit à personne pour le fait de fréquenter de près ou de loin le Chain de Baskerville. Que si elle prenait le temps d’en parler avec ses supérieurs, ils pourraient former un groupe complet pour débarquer dans le repaire des Baskerville – ou du moins en chopper un-. Ce qu’elle n’avait pas fait de son propre chef  . Pour le protéger. En sachant qu’elle pourrait tout perdre si cela venait à être découvert. C’était un risque à prendre. Un délicieux risque.

Se rendant compte qu’elle avait de nouveau perdu le fil de sa concentration sur le monde réel, une secousse la ramena à la réalité. Alors que ses pieds étaient ancrés dans le sol, elle se sentie attirée vers l’avant. Naaru sans se retourner, ne semblait pas avoir compris qu’elle voulait quelques secondes de repos. Il tirait. Alors, forçant un peu plus, elle renforça sa prise sur le sol. Ce qu’il est fort. Le duel de force ne dura pas très longtemps. Assez pour qu’il puisse comprendre que le poids sur son bras, venait bien de Michiyo et non d’autre chose. L’avait-il déjà oublié ? Vu la tête qu’il tirait. Ca ressemblait un peu à ça. Pourtant, elle ne resta pas concentrée très longtemps sur ce sujet. Se contentant de reprendre son souffle. Oh, ca faisait du bien. La jeune femme tenta de rester droite. Se plier en deux ou s’asseoir reviendrait à s’auto couper le souffle. Sa main  resta dans celle du brun. Pendant qu’elle reprenait des forces. En fin de compte, elle n’était plus si jeune. Enfin, elle avait de plus petites jambes que Naaru. Ce qui rendait le nombre de ses foulées plus conséquent. Michiyo arrêta soudainement de penser à cela. Lui trouver des excuses n’était pas son genre. Son corps se détendit peu à peu. C’est bon. Elle se sentait soudainement bien mieux. Ainsi, elle dégagea lentement les quelques mèches qui voulaient rester sur son front. Habituellement, elle les attachait toujours lorsqu’elle faisait du sport ou pendant une mission. Mais la marque qu’elle avait dans son cou la gênait beaucoup trop. C’était la preuve qu’elle était proche de quelqu’un. En quoi cela devait être dérangeant ? C’était un être vivant, comme tous les autres. Les sentiments faisaient partis de son quotidien, alors bon, pourquoi s’en faire. Ce n’était pas un choix à faire. Il n’est pas possible de choisir par quelle personne nous serions attirés. Il ne reste que le choix de vouloir le vivre ou nous. Souffrir ou être heureux. La balance est mince. Il faut réfléchir et se décider très vite. Tout en jaugeant l’avenir qui pourrait se créer de façon active ou passive.

Une idée lui traversa soudainement l’esprit. La jeune femme attacha de nouveau ses cheveux. Mais non pas en queue de cheval cette fois ci. Mais en une natte qu’elle noua du côté où se trouvait la marque. C’était un bon procédé pour lier les deux. D’un côté, ses cheveux ne la dérangeaient plus trop. Et d’un autre côté,  elle cachait la marque. C’était un peu précaire. Mais au moins, ca cachait tant qu’elle ne faisait pas de mouvements trop brusques. La seule chose qui la dérangeait encore était son uniforme. Si quelque chose se passait en ville, elle devrait certainement agir puisqu’elle n’était pas en tenue de civil. Dans le cas contraire, elle n’aurait eu aucun remord à partir en laissant ses collègues se débrouiller comme des grands garçons. Ou filles. Mais ca c’était plus rare. Apparemment, les femmes étaient bien plus douées en restant derrière un bureau à trier des papiers ou aux archives, que sur le terrain avec des armes en mains. Oui, elles étaient souvent plus petites. Oui, souvent plus faibles de part leurs masses osseuses. Mais, niveau stratégie, elles ne laissaient pas leurs parts aux autres. Alors bon, autant leur donner de bons postes pour une fois. Suite à cela, elle replaça correctement ses cheveux, ce qui fit qu’elle toucha doucement le suçon. Ca piquait toujours. Cette seule pensée, la fit rougir. Au même moment où l’homme se retourna. Ah, quel bon timing. Comme elle aurait pu s’y attendre, ce dernier commença à rire. Comme d’habitude, Michi se pinça la lèvre inférieure pour démontrer son mécontentement/ Geste qui s’intensifia lorsqu’elle sentie la main du Chain sur sa tête.

« Avec ce genre de gestes, j’ai l’impression d’être une petite fille. J’y ressemble à ce point là ? »

Un léger sourire passa sur les lèvres de la jeune femme. Son physique était une discussion un peu taboue pour elle. Ainsi que sa taille soit dit en passant. Après tout, le jeune homme n’y pouvait rien, alors, la réflexion avait été dite sur le ton de la plaisanterie. Au fond d’elle, Michiyo savait qu’elle adorait ce genre de petit geste de la part de Naaru. C’était rassurant en quelque sorte. Aux premiers abords, il paraissait distant de part sa nature. Mais il fallait apprendre à le connaître pour avoir en face de soi un enfant de plus de cent vingt quatre ans si elle comptait bien. Mais aussi quelqu’un rempli de bonnes intentions et de volonté. Même si la jeune femme avait eu une adolescence plutôt tumultueuse, elle n’était pas contre une fois de temps en temps. Dans ces cas là, elle avait plus l’impression d’avoir un grand frère qu’un compagnon ou un Chain en face d’elle. Cette pensée n’était pas mauvaise, pourtant, ce n’était pas ce qu’elle voulait. Embrasser un grand frère était contre l’éthique d’une famille normale. Même pas adoption. Non. Ils avaient le même âge – plus cent ans pour un certain brun- et n’était pas en famille. Point à la ligne. Par la suite, elle ajouta qu’il devrait aller plus lentement pour qu’elle puisse retenir le chemin. Bien qu’elle n’était pas véritablement pour retourner chez lui plusieurs fois, sans qu’il ne lui demande. Ainsi, même s’il devait la réveiller en pleine nuit en rentrant comme un voleur dans son propre appartement, elle ne serait pas contre. Puis, elle avait du travail et en service, n’aurait pas que des allers et retours à faire. Etant persuadé qu’il y avait bien moins de danger là où elle vivait, que dans l’antre du monstre Naaru. Chez un potentiel Baskerville. Potentiel ? Un petit regard sur la cape dissimulée sous le bras de l’homme qu’elle adorait tant, lui permit de se remettre les idées au clair. Chez un Baskerville. Pourquoi devenait-elle soudainement aussi fébrile à l’idée de se retrouver face à l’ennemi ? Elle n’était pas plus bête ou plus faible qu’une autre. Ne dirait rien non plus. En fait, ce n’était pas tant se retrouver face au contractant de Naaru qui lui faisait peur. Mais de s’y retrouver sans son propre Chain. Où étaient donc les guerres où l’on pouvait seulement se battre avec ses capacités et les armes entre nos mains ?

La réponse du Chain à sa précédente question ne se fit pas attendre. Braquant son regard dans le prolongement de son doigt, Michiyo hocha la tête en signe d’approbation. Dit dont, elle aurait presque voulu rajouter quelques kilomètres entre eux et l’habitation. Une phrase eut pourtant plus d’effet dans son esprit. La seconde. Oh oui, il y avait plein d’autres endroits où ils pourraient se rencontrer de nouveau. Dans un simple café ou bien chez l’armurier. Voire un soir, dans un bar, après le boulot. La ville est grande. Ils avaient largement de quoi faire. Plutôt que de se mettre en danger comme des imbéciles à se retrouver chez lui. Quoi qu’une vie vaut bien le fait d’être vécue dangereusement. Mais à ce point là, c’était de la pure idiotie. Michiyo trouva cela plutôt étrange d’être d’accord avec lui sans même avoir à passer par la phase «  discussion » auparavant. Théoriquement, ils devaient être programmés pour se contre dire la plupart du temps. Passant sa langue sur ses lèvres pour les humidifier. La jeune femme prit de nouveau la parole.

« Pour une fois, je suis d’accord avec toi et je te laisse le dernier mot. On se retrouvera dans de biens meilleurs endroits que dans ton appartement. Sur mon prochain lieu de mission par exemple. »

Ca, c’était pour lui rappeler, qu’à chaque fois qu’ils se rencontraient tous les deux, elle était en service. La première fois dans les jardins même de la bâtisse que possédait Pandora. Aujourd’hui, pendant sa mission dans la forêt. Le proverbe disait «  jamais deux sans trois ». Dans quel étrange cas allaient-ils se rencontrer la prochaine fois ? Oh, c’était idiot de déjà penser à l’avenir alors qu’elle était encore proche de lui. Sa main dans celle du Chain. En y pensant plus en profondeur, la contractante se mit à penser qu’au fond, ce n’était que leur seconde rencontre. Pourtant, elle avait l’impression qu’ils avaient déjà passé tellement d’heures ensembles. Passés bien des captes tous les deux. En même temps, leur rencontre n’avait pas été banale. Tout comme le reste. Naaru était un homme qu’il fallait prendre le temps de connaître pour l’apprécier et l’aimait. Que ce soit ses bons côtés, tout comme ses mauvais. Il leur faudrait certainement encore beaucoup de rencontres pour pouvoir se confier amplement l’un à l’autre. Des années pour se connaître parfaitement. Quoi que cela ne serait peut être pas vrai. Il n’est pas possible de se connaître parfaitement, même avec des milliers d’années à dispositions. Sa main entra de nouveau en contact avec celle de Naaru. Qui reprit la marche. Allons. Il fallait être courageuse. Et croire que la chance pourrait être clairement de leur côté cette fois ci. Pas d’autre Chain. Pas d’ennemi. Ni de blessure à guérir. Juste un peu de repos. Et du temps pour discuter ainsi que de se découvrir. Entremêlant ses doigts avec ceux du brun, elle reprit à son tour la marche.

Ne pas trembler. Ne pas trembler. Ce n’était qu’une simple balade. Avec 50% de hasard. Mais une simple rencontre. Au pire, elle fermerait son manteau pour cacher son uniforme et se contenterait de trouver une excuse. Ainsi qu’une fausse identité pour réussir à s’en sortir. Et un petit boulot. Du genre serveuse ou bibliothécaire. Ah non. Elle n’avait pas vraiment la tête de l’emploi. Il lui faudrait quelque chose d’un peu plus sportif et jeune surtout. Parce que bon, tenir une bibliothèque. Il fallait de la patience. Beaucoup de patience. Or, elle n’était pas la première à en posséder. Au lieu d’avoir peur, elle venait de décider de se concentrer sur un potentiel mensonge à débiter plus rapidement que Naaru et pour avoir l’air crédible principalement. Pour la suite, elle ou ils pourraient toujours improviser et prétexter une soudaine envie de sortir pour repartir en un seul morceau si possible. Quant à son arme… Oh, elle l’accrocherait à la ceinture du Chain. Il trouverait une excuse tout seul. Bon, elle avait horreur de mentir. Mais c’était un cas d’extrême nécessité. Puis Naaru ne lui en voudrait certainement pas ? Fallait-il seulement qu’elle puisse contrôler un tant soi peu sa peur. Ce n’était pas normal.

Le silence reprit ses droits. Ce n’était pas pour lui plaire. Parce qu’elle se concentrait beaucoup trop sur cette peur qui lui tordait les tripes à chaque nouveau mètre qu’elle parcourait. Alors, elle s’était sentie obligée de lui faire part de ses peurs. A cause de son uniforme. Habituellement, elle avait un sac sur elle , avec des vêtements de rechange. Un pantalon et un haut. Suffisant pour rentrer chez elle sans être inquiétée. Sauf que sur le terrain elle ne s’embarrassait pas de poids en plus. Alors, elle avait tout laissé dans les locaux de Pandora. Shit. En levant le nez, elle tenta de se repérer un peu. Rien. Cela voulait certainement dire que son appartement n’était pas dans le coin et donc, qu’ils ne pourraient pas s’y rendre tous les deux. Que Pandora était loin aussi. Donc, elle ne pourrait pas retrouver son sac et se changer. Elle n’avait pas le choix. Tout ce qu’elle devait faire. C’était ne pas attirer l’attention sur son uniforme et basta. La réponse de Naaru lui fit soudainement froid dans le dos. Il n’était pas certain. Certain. Bon bah, il faudrait faire avec alors. La peur au ventre, Michiyo se décida à ne pas l’arrêter pour autant. Il fallait avoir confiance en ses capacités. Si elle avait laissé ses doutes prendre le dessus à chaque fois qu’elle était en mission. Cela ferait longtemps qu’elle serait morte et enterrée six pieds sous terre. Sauf que ce n’était pas une mission. Alors elle se rapprocha de lui, en serrant un peu plus fort sa prise. Depuis quand demandait-elle autant le besoin d’être rassurée ? Oui, elle avait véritablement l’air d’une petite fille. A vingt deux ans, ce n’était plus réellement de son âge. Pourtant, entendre qu’il serait là pour la protéger, lui procura une soudaine dose de plaisir. Pourtant, il fallait qu’elle clarifie les choses.

« J’suis désolée. J’ai l’impression de poser des questions idiotes. J’suis du genre à toujours tout vouloir contrôler. Ca me rend nerveuse d’avoir une chance sur deux de «  rencontrer » ton contractant. »

S’il ne s’était pas encore rendu compte de cela. C’était qu’il n’avait jamais véritablement fait attention à sa façon de fonctionner. Certes, Michiyo pouvait et savait faire preuve de sang froid lorsqu’elle avait toutes les cartes en main. Ou que ce n’était pas trop dangereux. Or, elle n’en avait aucune actuellement. Naaru lui avait promis qu’il n’y aurait aucun souci s’il était à ses côtés. Sauf, que ce n’était pas elle sa contractante. Qu’un seul ordre pourrait faire pencher la balance. Retirant de ses mains, violemment, la seule carte qu’elle possédait. Une carte fantôme. Le joker. Sa main droite trembla soudainement. Non. Il fallait qu’elle réfléchisse sérieusement à un moyen de grappiller quelques morceaux de cartes. Par ci et par là. Ce qui n’allait pas être facile. Pas du  tout. Dans un premier temps. Garder son calme. Une bonne chose. Rien de mieux que de tenter une petite blague. Douteuse comme toujours. Mais cela permettait de détendre l’atmosphère. C’était ainsi qu’elle lui avait dit qu’elle devait tout de même, embrasser beaucoup mieux qu’assez bien. Dans le cas contraire, elle devrait apprendre. Parce que, c’était son expression d’embrasser assez bien. Et que, rempli de mauvaise foi, ces termes ne pouvaient pas être retournés contre elle. Ce n’était pas du jeu sinon. La réaction et la réponse ne se firent pas attendre. Un léger arrêt dans leur chemin ainsi que le fait d’apprendre ensemble. Ah. Ca elle n’était pas contre du tout. Néanmoins, il fallait qu’elle chipote sur quelque chose. Sinon Michiyo, ne serait plus Michiyo. Et ce fut sur le geste qu’elle jeta son dévolu. Allons bon, s’attendait-il à ce qu’elle reste d’accord avec lui sur toutes ses phrases ?

« C’est un bon compromis.  Mais ce n’est pas en m’embrassant sur le front, que l’on va réussir à avancer. »

Joignant le geste à la parole. La membre de Pandora profita de ce petit temps de repos pour se mettre sur la pointe des pieds tout en l’embrassant rapidement. C’était légèrement frustrant d’embrasser aussi furtivement. Mais, c’était comme cela. Elle ne pouvait pas faire toute seule le chemin. Il devrait en faire un petit bout aussi. Le rire du jeune homme réussi à la détendre un tant soi peu. Elle n’y pensait presque plus. Suivant un rythme plus rapidement, mais laissa la pression redescendre. Michiyo était un peu comme ça. Lorsqu’elle avait peur, c’était toujours plusieurs jours avant – ou dans le cas présent, plusieurs mètres- mais tout venait à disparaître le moment venu. C’était plutôt pratique. Grâce à cela, elle ne perdait pas ses moyens lors des épreuves les plus fatidiques et réfléchissait même beaucoup mieux. Ainsi, elle fit son dernier pique de stresse sur les derniers mètres. Se sentant obligé de mettre le Baskerville au courant. Oui, elle avait peur et ne s’en cachait pas. Devant faire preuve d’une force surhumaine pour continuer à marcher vers l’appartement et non le supplier de faire demi-tour voire même d’aller chez elle. Au risque de tomber sur son propre Chain. Avec lui au moins, il suffirait de quelques haussements de voix pour que le débat se termine. Un dernier virage avant de s’introduire dans un logement. Au moins, les Baskerville n’avaient pas plus d’argent que les membres de Pandora. Devant vivre dans des appartements. Avec des voisins peu commodes parfois. Au moins, elle était bien tombée sur le coup. Ses voisins et sa propriétaire n’étaient pas bien dérangeant. Et aucun n’avait fait de remarques en la voyant ramener un homme chez elle. Après tout, avaient-ils réellement quelque chose à dire ? Non. Elle était assez grande pour ramener qui elle voulait. Même si sur le coup, elle avait été la plus ramenée des deux. Et pouvait même arriver ensanglantée tous les jours si elle le souhaitait.  Bon pas trop, parce que le sang sur ses vêtements lui prenait un temps fou pour les nettoyer. Au prix où elle les payait. C’était foutre de l’argent par les fenêtres.

Sans s’en rendre compte, elle avait franchi quatre étages avant de s’arrêter devant une simple porte. La  pression disparue soudainement. Parce qu’elle était devant la fameuse entrée contenant la vie de tous les jours d’un Baskerville. Que cela avait l’air tellement simple. Après tout, on faisait toute une histoire des faucheurs pourpres, mais, ils n’étaient que des humains. Enfin en parti. Alors bon, cela ne devait pas être si différent que chez elle ou chez tout autre homme, vivant avec un autre homme dans un soixante dix mètres carrés à tout casser. La main de Naaru disparue soudainement de la sienne, alors qu’elle le regardait tourner la poignée. Michi lui rendit alors le sourire qu’elle venait de recevoir de sa part. Il voulait la rassurer. Mais là. Tout de suite, elle ne ressentait plus de stresse. Juste l’impatience qu’elle avait dans la forêt. Ce n’était plus l’appartement du Baskerville et de son Chain. Mais simplement celui de Naaru et de son colocataire qu’elle allait découvrir dans quelques secondes. Aucunes raisons d’avoir peur. Elle n’était qu’une amie de ce dernier et venait prendre un verre avec lui. Voilà. Ce n’était rien d’autre. Les paroles du brun lui rendirent les dernières forces qui l’avaient quittée auparavant. Sans plus de cérémonie, elle répondit du tac au tac à sa précédente tirade.

« Dépêche-toi alors ! J’ai hâte de voir à quoi ressemble un appartement tenu par deux hommes. »

Quelques minutes plus tôt, elle cherchait toutes les excuses pour ne pas approcher cet appartement et la voilà qui était prête à forcer Naaru à ouvrir. Lui donnant l’impression de faire un nouveau pas dans sa relation. Certes, elle oublierait bien vite l’endroit où il vivait. Le chemin pour y mener ou ni retournerait pas de son propre chef. Mais c’était un moyen de s’imprégner un peu de la vie de tous les jours du jeune homme. L’odeur et l’ambiance. Il fallait juste qu’elle surveille l’heure pour ne pas se faire prendre par le temps et la tombée de la nuit. Si elle se sentait capable de rentrer chez elle en plein jour, ce n’était pas le cas pendant la nuit. Il lui faudrait certainement plusieurs heures avant de se repérer correctement. Depuis le temps qu’elle habitait la capitale, son sens de l’orientation n’avait pas véritablement évoluée de manière positive. Un faciès intrigué s’installa sur son visage, alors que Naaru regardait à droite et à gauche. Vérifiant certainement qu’il n’y avait personne. Il n’allait tout de même pas enfoncer la porte ? Si ? Bien évidemment, ce n’était pas ce qu’il allait faire. Non. Il fit encore mieux en prenant sa forme de Chain. De la part du jeune homme, il ne fallait pas s’attendre à moins. N’était-il pas fou ? Et si un de ses voisins surgissait de la cage d’escaliers pour rentrer chez lui. Que penserait-il de le voir en train de faire fondre le loquet pendant qu’une femme regardait sans rien dire. C’était assez suspect. Mais très pratique pour commettre un vol. Sa main fut prise une nouvelle fois alors que ses oreilles écoutaient sagement les nouvelles paroles de l’homme. Satisfaire sa curiosité ? Si elle faisait cela, elle serait déjà entrée en train de retourner tout l’appartement. Or, elle était plus ou moins diplomatique. Passant la première, elle entra tout en enlevant ses chaussures pour les déposer à l’intérieur, près de la porte.  Evitant ainsi de salir les lieux.  Se retournant vers Naaru, elle attrapa l’une de ses manches, pour l’attirer vers elle. Tout en reculant. L’invitant par la même occasion à entrer dans son propre appartement. Se hissant à sa hauteur. Elle chuchota quelques mots à son oreille.

« Bien que cette forme ne me dérange plus vraiment. Tu peux reprendre l’autre, je la préfère amplement. »

Aurait-elle du dire que même si elle trouvait ses deux yeux rouges très attirants Ses yeux verts le rendait beaucoup plus sexy en s’accordant avec son teint de peau. Descendant la tête vers son cou pour y imposer la marque de ses dents. Elle bougonna bien vite quelques mots à la hauteur de sa déception du moment. Elle arriverait bien à trouver quelque chose.

«Raté. Je n’aurais donc pas d’équivalent à la jolie marque dans mon cou. »

Soupirant gentiment, elle le lâcha pour se tourner vers la pièce. Allons bon. C’était bien rangé. A quoi s’attendait-elle donc en entrant ? Ah un bordel avec des vêtements partout. Sales ou propres. De la vaisselle dans l’évier. Des armes trainant à chaque coin des pièces ? Pour dire vrai. Oui. C’était un appartement d’homme et pourtant, mais pourtant, il était plus propre que le sien. Arquant un sourcil, son regard roula de Naaru à la pièce. Puis de la pièce à Naaru. Non. Ca ne pouvait pas être lui la cause d’une telle propreté. Michi fut soudainement jalouse. Ce Baskerville était une vraie fée du logis. S’ils n’avaient pas tous les deux étaient des ennemis. Elle lui aurait bien laissé un mot lui demandant de venir s’occuper de sa propriété. Dommage. Enlevant son manteau, elle le posa sur le dos de la première chaise à sa portée. Posant son arme à côté par la même occasion. Théoriquement, elle ne devrait pas en avoir besoin à l’intérieur.  Tournant la tête de droite à gauche. Puis de gauche à droite, elle observa tout en se baladant les lieux. N’allant pas jusqu’à ouvrir les portes. S’arrêtant aux zones publiques. Autrement dit, la cuisine et le salon. S’appuyant contre le dossier du divan, elle observa de nouveau Naaru.

« Je t’avoue que je m’attendais à quelque chose de bien plus sale que chez moi. Mais je te remercie de me montrer ton appartement. Ca me fait plaisir. »

Autant ne pas lui mentir. Elle aurait tout de même plus ajouté qu’elle avait l’impression d’en apprendre un peu plus sur lui. Qu’elle était certaine qu’en se posant sur le divan, elle sentirait certainement son odeur dessus. Pas au point qu’en étant dans sa chambre. Mais légèrement. Non, elle n’était pas du tout accro. Cela la rendait juste plus joviale. Contrairement aux autres rencontres qu’elle avait pu faire auparavant. Parce que jamais. Jamais, elle n’avait tissé de tels liens. Jamais. Même si ce n’était pas dans ses habitudes de dire merci à quelqu’un. Elle tenait tout de même à lui montrer ce qu’elle ressentait en se trouvant dans ces lieux. Même si c’était d’une manière un peu gauche et singulière. Franchisant les quelques pas qui les séparaient, Michiyo passa ses bras autours du cou du Chain et se hissa une nouvelle fois à sa hauteur pour l’embrasser sur la joue. Signe de remerciement. Avant de perdre une nouvelle fois une bonne dizaine de centimètres et de reculer pour retourner à sa place nouvellement acquise. Le dos du divan. Oui, elle aurait pu faire beaucoup mieux. Mais, ne l’avait-il pas embrassé sur le front précédemment ? C’était de bonne guerre après tout.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   24th Juillet 2013, 10:00

Se projeter sans cesse dans le futur. Ce n'était pas dans les habitudes du jeune brun. Pour lui, le temps était sans cesse figé. Il n'avait pas vécu assez longtemps dans ce monde pour voir les gens vieillir, se flétrir et faiblir pour mourir. Ses connaissances gardaient cette apparence jeune, tout comme lui. Il avait bien lu dans les livres que la vie était quelque chose d'immatériel, qui avançait sans même le vouloir, sans même y penser. Et qu'il y avait la mort au bout. Quand au mécanisme, il était inconnu. Oui, la vie était une chose bien compliquée à comprendre pour un être qui ne vieillirai jamais. Qui ne mourrait jamais. C'était un concentré de choses qu'il ne connaîtrait pas, peu importe toute la volonté du monde.

Il se souvenait d'une soirée où il avait passé du temps à parler avec un vieil, très vieil homme. Il s'était trouvé en plein milieu d'une route peu empruntée, et l'avait d'abord trouvé ennuyeux en tout point. Il respirait avec difficulté et était assis par terre. Sa canne maintenait visiblement sa position assise. Nana l'avait aidé en le portant sur son dos, à sa demande. Et durant tout le long trajet menant jusqu'à Réveil, le vieil homme lui avait raconté un tas d'histoires. En réalité, le chain avait appris beaucoup de choses sur ces êtres étranges qu'étaient les humains. L'homme l'avait instruit sur ce qu'était une famille, des liens qui les unissait réellement. Il lui avait parlé de sa petite fille, de sa femme défunte il y a quelques mois et du trajet qu'il avait entreprit seul. Naaru avait paru très bavard et très attentif. Puis, à l'approche de la capitale, le vieil homme s'est tut et Nana a continué à marcher longtemps. Puis, il s'est stoppé sur un banc et y a déposé le vieillard. Au final, il est resté une bonne heure avec l'homme devenu muet puis est parti au petit matin. Alors, le vieil homme lui a subitement attrapé la manche et l'a remercié avant de s'endormir profondément. Le lendemain, le brun s'est rendu sur ce banc et a aperçu un bouquet de fleurs accroché à l'un des pieds. Le vieil homme lui avait disparu.

Enfin, au final, dans l'esprit du chain, ça n'a pas fait d'écho, et il restait toujours sans explication. Autant sur la signification de ces fleurs que sur la disparition soudaine du vieil homme. La mort n'existait pas pour lui. Ce n'était qu'un retour à la case départ, l'Abysse. N'ayant pas encore eu affaire à la vraie mort, le chain ne pouvait pas la soupçonner. Et ce n'était pas comme pour les humains. Il n'y avait pas d'explication, pas de philosophes penchés sur le sort des chains. Rien, le néant total. Peut-être était-ce pour cette raison qu'il ne s'occupait pas du passé ou même du futur. À vrai dire, c'était la seule explication possible.

Et pourtant. Parce qu'il y avait un « et pourtant », Naaru était très concentré sur ce futur. Sur leurs futurs. Sur son futur à elle. La présence du contractant à la maison. Pourquoi y pensait-il maintenant ? C'était bénin, tellement habituel. Finn pouvait bien s'y trouver, ça ne lui ferait ni chaud ni froid. Que se passait-il dans la tête du brun pour qu'il en arrive à craindre sa présence ? Il regarde derrière lui. Oui, c'est à cause d'elle. Tout était de sa faute. Naaru se prenait trop la tête sur les détails avec elle. Et justement, ça lui prenait vraiment trop la tête. Il ne savait pas comment réagir, et réagissait souvent à côté de la plaque. Pourquoi y'a-t-il fallu qu'ils se rencontrent ces deux-là ? Pourquoi diable Naaru s'était-il rendu dans le jardin de Pandora, ce jour-là. Il ne s'en souvenait déjà plus. Toujours est-il que cette demoiselle aux cheveux bleus a brusquement fait irruption dans sa vie et s'est rapidement installée en tant que sujet central. C'était injuste. Il voulait l'extraire de sa vie. Mais après. Une fois que tout ceci sera terminé. Une fois qu'il aura obtenu tout ce qu'il voulait d'elle. Une fois que la surprise et la curiosité sera passé. Alors, quand ce jour-là arrivera, il pourra ne plus penser à elle et ne plus jamais la voir.

Mensonges.

Comment pouvait-il en être aussi certain alors qu'il tenait en ce moment-même cette main comme si elle était son seul point d'ancrage ? Naaru avait trop confiance en lui, et c'était une mauvaise chose, car sa volonté elle-même est capable de flancher. Pour cette personne, principalement. Il pouvait tout arrêter, maintenant. Lâcher cette main dans la sienne, tiède et humaine. Il pourrait fuir et ne plus jamais s'approcher de Pandora ni de son appartement. Il pourrait aller jusqu'à fuir dans l'Abysse. Mais faire tant d'efforts n'était-il pas justement signe que la séparation risquait d'être difficile ? Il le savait pertinemment. Il ne tiendrait pas. Le brun pouvait ne pas penser à elle pendant quelques jours certes, en revanche, en sa présence, le chain rattrapait ce temps perdu. Il était lamentable, parce qu'il ne comprenait rien. Parce qu'il n'assumait rien et se contentait de rejeter la faute sur sa compagne. Parce que le mot amour n'existait pas, même s'il était là. Et ça le rendait fou.

La pression sur ses doigts se fit plus forte, et le chain reprit alors ses esprits, ralentissant jusqu'à s'arrêter. Il la regarda alors sans broncher lorsqu'elle attacha ses cheveux sur le côté, cachant le magnifique suçon. À cette vision, le garçon vira ses précédentes pensées et sourit. Elle était adorable. Visiblement, la marque sur son cou la faisait énormément réagir. Naaru ne l'aurait pas pensé, et aurait même essayé plus tôt, si c'était pour se faire offrir pareille scène. Peu après, il s’esclaffa même en la voyant rougir en touchant cette marque. Mignonne. Il se demandait encore comment elle s'y prenait pour le faire autant réagir à chaque mouvement de sa part. Elle était vraiment douée, il est vrai. Pas que Naaru soit psychorigide en temps normal, ça non. Mais c'était autre chose. Déjà, il fallait dire qu'il riait moins en temps normal. Un jour, il finirait par en devenir idiot.

Quoiqu'il en soit, le chain posa alors sa main sur la tête de la jeune dame et lui sourit affectueusement. Après tout, il trouvait qu'il se moquait peut-être un peu trop. Alors, il n'avait rien trouvé de mieux que ça. Dans les livres, c'était souvent bien apprécié. Michiyo ne tarda pas à répondre à ce petit geste par une autre réflexion. Naaru cligna trois fois des yeux avant de saisir le sens de la phrase. Une petite fille ? Ah, c'était à ça que se référait ce genre de geste ? Oh, il apprenait encore une fois quelque chose en sa compagnie. Observant un instant sa main en silence, comme si c'était cette dernière qui lui apprenait la nouvelle, il finit par réfléchir à sa réplique. Et, à l'évidence, la réflexion se termina bien vite.

-Si on s'attache aux détails, j'ai techniquement cent ans de plus que toi. Tu es donc une petite fille pour moi.

Et comme pour souligner ce fait, il reposa sa main sur la tête bleue de Michiyo avec un air taquin. Il n'avait pas tort. Même s'il ne les faisait pas, Naaru avait réellement cent vingt quatre ans. Et pourtant, il était assimilable à un gamin mentalement parlant. Non, ce n'était pas un attardé mental, merci bien. Il apprenait simplement à son rythme, auprès de personnes plus ou moins intéressantes. Et celle-là était on ne peut plus intéressante. Tout en gardant le regard rivé sur la demoiselle aux cheveux bleus, il lui reprit rapidement la main. Juste comme ça, juste parce qu'il en avait envie. Naaru commençait à comprendre comment fonctionnait les capacités physiques d'un humain, et laissa un temps à la jeune femme pour se remettre de ses émotions. À vrai dire, ça ne le dérangeait pas plus que ça. Il commençait à y avoir un peu plus de monde, mais comme il venait si bien de le dire, il y avait tant d'autres endroits pour se voir.

Oh, ça oui. Il inspira longuement et pensa à ses précédentes réflexions. L'Abysse serait vraiment le seul endroit pour être certain de ne plus jamais la voir. Ces êtres étaient parfois terriblement imprévisibles. L'abysse était le seul endroit existant où la demoiselle ne pourrait se rendre aussi facilement. Et quand bien même par un hasard incroyable elle serait parvenu à s'y rendre, encore fallait-il qu'elle puisse le trouver parmi cette étendue noirâtre. En bref, et pour faire simple, Nana préférait largement être en sa compagnie. Tout en continuant de la fixer avec intensité, il fit face à une drôle de réponse de sa part et ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé sans rien répliquer. Alors comme ça ils étaient enfin tombés d'accord du premier coup ? C'était une première. Mais quelque part, ça prouvait une chose. Elle souhaitait probablement le voir autant que lui. Et ça le rendait heureux, pour cette insignifiante raison. Le prochain lieu de mission ? Oui, pourquoi pas, c'était une idée. Enfin non, c'était une mauvaise idée, puisqu'elle devait forcément porter son uniforme, et c'était ce qui allait bientôt poser problème, même si dans l'instant le garçon ne s'en formalisait pas plus que ça. Ah, pourquoi a-t-il fallu qu'ils soient de deux rangs diamétralement opposés ? Était-ce par manque d'adrénaline ? Par volonté d'affronter la dangerosité de leur relation ? Dans ce cas, le brun aurait trouvé la raison de son attirance. Mais ça n'allait curieusement pas. Ça ne lui plaisait pas. Ça ne pouvait pas être que ça.

Il ne fallait pas penser à ça. Naaru décida alors d'emmener les deux personnes vers le fameux endroit. Il l'aperçu à peine refermer un peu son manteau, comme pour cacher l'uniforme. Lui portait la cape sous le bras. Ce n'était pas très discret, et en fait, il ne savait pas trop comment réagir à pareille scène. Ça faisait un peu fréquentation interdite. Il donnait l'air de s'en foutre, mais la vérité était toute autre. Il savait que malgré ses apparences humaines, c'était un chain lié à un contrat. Ce n'était pas un humain, même s'il donnait l'impression d'être libre parce que son contractant était vraiment quelqu'un de gentil. Cependant, il suffisait d'un ordre pour obstruer toutes les pensées du chain. Même celles la concernant. Il préférait ne pas y penser, pour le moment. Il y avait certes ce facteur de le trouver sur le lieu, dans cet appartement pas si grand, mais dans ce facteur il y avait aussi un pourcentage de chance pour que tout se déroule parfaitement bien. Après tout, Finn était assez compréhensif quand il le voulait. S'il comprenait qu'elle comptait beaucoup pour lui, à un point même inimaginable, peut-être reviendrait-il sur ses actes. Il y avait, en somme, de quoi espérer.

Et pourtant, le doute subsistait, persistait encore et encore, jusqu'à ce que le chain en vienne même à douter terriblement. Et si ça se passait mal ? Et s'il venait à devoir la tuer ? Que se passerait-il par la suite ? Ah oui, certes, il serait parvenu de la faon la plus ignoble qui soit de se débarrasser d'elle pour sûr. Mais alors, Naaru préférait ne pas penser à ce jour-là. Et fort était de constater qu'il allait jusqu'à parvenir à se persuader que ce jour pouvait être plus proche qu'il ne le croyait. Alors, il accéléra le pas. Parce que l'attente et lui, c'était pas trop ça. Il préférait faire face au danger plutôt que de se terrer en attendant dans l'ombre. Il fallait avancer, faire fis de toutes ces choses qui les bloquaient là. Il sentit la demoiselle se rapprocher de lui, ce qui le fit considérablement ralentir. Ah oui, peut-être était-elle encore fatiguée. Mais lui, ça le fatiguait mentalement d'être face à une telle peur. Jamais, non jamais il n'avait tant redouté de voir son contractant. En fait, c'était même l'inverse qui se produisait en temps normal. Mais voilà, parce qu'elle était là avec lui, le pauvre était tout chamboulé.

Et force fut de constater qu'il n'était pas le seul à être autant stressé. D'ailleurs, en y pensant, il ne s'en faisait pas pour lui. Lui, le vil être égoïste, craignait pour une autre vie que la sienne. Sans arrière pensée. Ou peut-être la douleur. Cette douleur qui comprenait celle du cœur. La plus violente  et la plus longue. Oui, pour l'instant tout ce qui comptait c'était qu'elle soit en sécurité, et il l'amenait au-devant d'un possible danger. Mais quel danger ! Il était fou. Elle lui fit part de ses craintes, et il les trouva tout à fait justifiées. Toujours tout vouloir tout contrôler hein ? Au moins, ils étaient deux. Mais c'était aussi pour ça qu'ils s'entendaient bien et avaient un fort caractère. Bref, il savait tout ça. Il avait lui aussi quelque chose au fond de son ventre qui lui sciait presque les entrailles. Un stress intense. Il voulait que cela se termine, tout de suite. Il n'en pouvait plus. Et puis, sans prévenir, la demoiselle lui lâcha la main, aussi purement et simplement. Il se retourna. Et puis, le sujet a brusquement dérivé, comme pour détendre l'atmosphère. Un sourire est revenu remplacer l'expression d'anxiété du chain et il a embrassé Michiyo sur le front, parce que pour le coup, il avait apparemment eu la flemme de se baisser un peu plus. Ou bien sans doute était-ce pour la taquiner encore un peu plus, ou même encore pour qu'elle soit la première à l'embrasser. Et ce fut, de toute évidence, chose faite.

La jeune femme se mit alors sur la pointe des pieds et embrassa le jeune garçon que voilà tout en ajoutant que ce n'était pas, au final, tout à fait ce qu'elle désirait, si on en croyait ses paroles. Il est vrai qu'embrasser sur le front offrait totalement autre chose qu'un vrai baiser, mais parfois Nana avait besoin de s'amuser avec le monde. Souvent d'ailleurs. Et puis, Michiyo avait des réactions tellement amusantes qu'il se devait au moins de la taquiner à chaque fois que cela était possible. Cependant, face à ce petit bisou de rien du tout, le chain ne put s'empêcher de faire la moue avant d'en arriver à un presque grognement. C'est qu'il était devenu beaucoup plus demandeur, ces temps-ci. Il avait constamment envie de la toucher, de lui parler, de l'embrasser, et tant d'autres choses encore. Mais il s'en retint et rétorqua par un bisou sur la joue.

-On peut tenter sur la joue alors.

Et ceci dit, le chain explosa de rire en pleine rue. Il reprit alors la main de la jeune femme et l'emmena alors sans détour jusqu'à la maison. Dorénavant, il était plus détendu. Comme si cette petite blague avait eu l'effet voulu. Il monta alors les marches jusqu'à arriver devant la porte. C'est drôle, il aurait dit que Michiyo avançait presque plus vite que lui. Était-elle pressée, à présent ? Ah ces humains, Naaru ne les comprendrait décidément jamais. Patientant devant la porte d'entrée, il finit par ouvrir la porte qui se trouva fermée. Et tout de suite après, la puce de demoiselle lui sortit une drôle de phrase. Un appartement tenu par deux hommes ? Elle risque d'être agréablement surprise, étant donné que Finn devait être passé par-là avant que lui-même ne déserte plus tôt les lieux. En gros, ça sous-entendait plus ou moins que l'appartement devait être archi méga propre. Naaru finissait par croire que l'autre rangeait son appartement uniquement pour énerver son chain.

Bref, toujours est-il que, bien rapidement, Naaru fit fondre le loquet de la porte afin d'entrer dans la petite demeure. Ses cheveux passèrent donc par leur couleur blanche et ses yeux foncèrent jusqu'à devenir profondément rouges. Il se tourna alors vers Michiyo afin de lui adresser un sourire, une petite phrase et la laissa pénétrer dans la petite pièce intérieure. Il ne s'attendit guère à se retrouver prit par la manche pour entrer à son tour. Au contraire, il avait cru comprendre que la demoiselle n'appréciait pas trop cette forme. Et c'est aussi pour cette raison qu'il avait fini par ne pas trop l'utiliser. Oh après tout, à part lors des combats, Nana restait souvent sous forme humaine. C'était plus simple pour lui, même si sa forme de chain pouvait largement passer pour humaine, si ce n'est ces yeux presque fluorescents. Elle s'approcha de lui et lui murmura quelques paroles à l'oreille. Lui se contenta de baisser les yeux, subitement mal à l'aise. Il faut dire que cette forme avait des effets assez imprévisibles. Tout était tellement plus clair. Bon, il y avait aussi cette fâcheuse tendance à voir le meurtre partout, d'où le fait d'être un chain. Il s'appuya contre le meuble de l'entrée et ne répondit rien aux quelques paroles de la demoiselle.

Enfin, il ne dit rien jusqu'à ce qu'il ne ressente une petite douleur au niveau du cou. Aussitôt, elle ajouta quelques mots pour marquer sa déception, alors que Nana reprenait sa forme humaine. Ses expressions devinrent alors beaucoup plus expressives, justement. Il ouvrit de grands yeux et ne tarda pas à répliquer, la main sur son cou.

-Tu... tu voulais faire quoi, là ?

C'était uniquement pour se venger de la marque dans son cou qu'elle avait fait ça ? Mais, comment dire, ça faisait plus mal qu'il ne le pensait. Bon, en plus d'être assez sensible sur cette partie du corps, il fallait dire que le chain n'avait pas trop l'habitude de se prendre ce genre de « blessures ». Disons que c'était toujours beaucoup plus grave. Enfin, bien rapidement, tout ceci ne fut qu'un lointain souvenir et la marque disparaissait déjà. Ah oui, si elle souhaitait lui faire garder une marque, il allait falloir qu'elle s'y mette à fond, puisque avec les capacités régénérantes des chains ça risquait de poser problème.

Toujours est-il que, bientôt, la demoiselle se dirigea vers le salon et put magnifiquement observer l'appartement terriblement. Bien. Trop. Rangé. Ça agaçait déjà le brun. Il grogna quelques paroles inintelligibles avant de la devancer et de poursuivre son inspection. Ses pas s'arrêtèrent devant la cuisine, presque instinctivement. Ah oui. Cet endroit-là. Même en l'absence du maître des lieux, Nana était incapable de poser un pied à la cuisine. Il avait tendance à devenir paranoïaque assez rapidement, et craignait un quelconque piège. Bref, cet endroit était trop propre. Beaucoup trop propre. S'il avait été seul, le chain aurait renversé une poubelle dans le salon, aurait déposé des journaux sur le canapé, mis de l'eau dans la salle de bain et arraché un à un les poils du balais. Voilà. Mais parce que Michiyo était là, il préférait garder l'espace intact. Toujours parce qu'elle était là. Bon Dieu, comment en était-il arrivé à déserter sa fonction principale au sein du bâtiment pour une humaine ? Il se le demandait très sérieusement. Elle allait payer. Très cher.

Fonçant alors vers sa chambre, il ouvrit la porte sans plus de cérémonie, et celle-ci manqua de sortir de ses gonds. Le Nana aussi d'ailleurs. Propre. Pas un seul déchet par terre, pas une seule couverture qui traîne, ni même un kimono. Rien. Rien du tout. Le vide total. Une chambre propre. Lui aussi, il allait le payer très cher. En attendant, il se permit cette fois-ci de mettre sa couverture par terre, en prétextant qu'il allait avoir trop le chaud le soir. Voilà, c'était un prétexte au bordel. Tout était prétexte au bordel. Absolument tout. Laissant la porte ouverte derrière lui, il se dirigea alors une nouvelle fois vers le salon et observa Michiyo qui semblait tenir position sur le dossier du fauteuil. Elle pouvait simplement s'asseoir mais visiblement non. Il écouta son début de phrase et la fin. Le début parce qu'il était d'accord avec elle. La fin parce que mine de rien venir ici n'avait pas été une si mauvaise idée.

-Si j'avais été là plus tôt, l'appartement ne serait pas dans cet état. Je déteste quand il range. C'est toujours trop...

Et Nana poursuivit encore sur sa tirade, mais dès lors ce ne furent que des râles incompréhensibles. Et puis, il se dirigea vers le canapé et prit le bras de Michiyo afin de la faire revenir vers lui. Et puis, enfin, il s'assit sur le canapé et força presque la demoiselle à s'installer sur ses genoux. Sans attendre, il passa alors ses bras autour de son ventre et posa sa tête dans le creux de son cou, du côté où il n'y avait pas ses cheveux. Un sourire se dessina sur son visage tandis qu'il proclama :

-J'serai bien tenté de recommencer de ce côté-là. - et il souffla sur le cou de la jeune femme, persuadé qu'elle comprendrait ce à quoi il faisait allusion - Mais en fait non, je veux juste que tu restes comme ça pour l'instant.

Oui, juste pour cet instant-là. Elle n'avait pas le choix, de toute manière. La poigne du chain était nettement supérieure à celle d'un humain. C'était un étau. Et pourtant, il n'était pas directif ni même froid dans ses mouvements. Il était juste terriblement, terriblement possessif.

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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   1st Août 2013, 08:03

La promesse de la jeunesse éternelle. Qui, n’a jamais souhaitait, au moins une fois dans sa vie vouloir l’obtenir ? Théoriquement, toute personne vivante. Ne serait- ce qu’une seule fois. Arrêter, du jour au lendemain de prendre de l’âge. Se fixer sous son plus beau jour. Cheveux longs ou cheveux courts, ils n’en on que faire. Alors les individus s’observent inlassablement dans le miroir, tous les jours afin de garder en mémoire ce qu’ils pourraient être s’ils n’étaient pas les prisonniers d’un temps horriblement fourbe qui les privent peu à peu de leurs jeunesses et de leurs forces physiques du jour au lendemain. Ne sachant que faire, ils prennent des photos, pour se souvenir inlassablement de leurs visages. Du corps qu’ils possèdent au moment même où ils y pensent. Ils ne veulent pas. Pourquoi, sous prétexte que la nature aurait été ainsi faite, les êtres humains – du moins tous les êtres vivants- devaient-ils obligatoirement mourir ? Se flétrir avant. Dans ces cas là, ils sont en droit de protester. De demander réparation. Ont-ils réellement signé pour être traité de la sorte. Non. Pas à ce qu’ils savent. Si leurs ancêtres acceptaient un tel traitement sans rien dire, ce n’était pas leur cas. Eux, voulait la liberté d’expression. Celle de ne plus prendre une ride. Garder la jeunesse, qui leur permettait de tant faire. Ils ne sont pas des fleurs. Se flétrir lentement sans pouvoir y faire quelque chose n’était pas pour eux. Oh que non. Peu à peu, le miroir devenait leur pire ennemi. Sans compter leur regard des gens. De ces nouveaux adolescents ou tous jeunes adultes qui ont pris depuis longtemps leurs places tant convoités. Pour qui se prennent-ils ? Ces effrontés. N’ont-ils pas peur, comme eux de devenir uniquement de la poussière. Voire pire, des individus ne pouvant strictement plus rien faire seuls ? Non. Ils préfèrent batifoler et passer de femmes en femmes sans se soucier. Enfermés dans leurs souvenirs, ils n’avaient pas vu la société évoluer ainsi que les mœurs. Les individus profitent de la vie plutôt que de s’apitoyer sur un sort qu’ils ne pourront jamais changer malgré tous les efforts du monde. La mort. La vie. La vieillesse. La jeunesse. Tout va n’avait plus rien à voir avec eux. Le seul qui n’avait pas changé était le temps. Fourbe et semblant encore plus rapide. Les souvenirs se fanent. Il faut vivre à cent à l’heure pour ne pas tomber et être abandonné par les autres. L’homme n’est pas fait pour se poser des questions. Ce n’est pas son rôle et encore moins son but. Il n’est qu’une marionnette qui se bat constamment contre la perte de temps inutile. Se débâtant finalement pour ne pas pouvoir. Pourtant, certains y croient encore. Il doit bien avoir une solution. C’est obligatoire. Imparable. Feuilletant de vieux livres poussiéreux. La solution n’est pas automatique.  Il faut chercher loin. La fontaine de jouvence ? Mascarade. Rien de plus. Rien de moins. Les humains étaient-ils dont si naïfs pour croire sincèrement qu’une fontaine avec un peu d’eau soit disant magique pourrait les aider à ne jamais prendre de l’âge ? La bonne blague. Néanmoins, il en existait tant d’autres. Devenir un vampire. C’était simple et facile. Se faire mordre. Boire le sang du vampire. Mourir. Ressusciter et l’affaire était close. Bien évidemment. Si tout était aussi facile. Dans la même catégorie, une vielle légende raconte qu’une femme, pour garder une jeunesse et une peau pâle, prenait des bains rempli par le sang de jeune adolescente – voire femme, l’âge ne comptant pas- prudes et encore vierges. Néanmoins, cette dernière avait fini par être punie pour tous les crimes qu’elle avait commis. Seriez-vous capables de tenter ce genre d’expérience. Tuer de jeunes adultes pures ? Faut-il déjà en trouver certes. Au fond, les solutions restent multiples et plus ou moins faciles, bien que leurs efficacités restent encore à voir. Les hommes n’y croient plus. Tout n’est que mensonges. Il existe une toute autre solution à la question. Simple et loin d’être cruelle. L’Abysse. Ce monde parallèle ressemblant apparemment à une boite à musique brisées se noyant peu à peu dans la noirceur. Il suffit tout simplement de vouloir se lier à un Chain. Ces citoyens au pouvoir exceptionnels. Ils empêchent alors de vieillir. Pouvant vivre tellement longtemps et jeune, si l’on s’y prend assez tôt pour sceller le contrat. Idiotie ! Qui voudrait se lancer dans une telle folie ? Ce que les hommes ne savent pas, c’est que la jeunesse se passe uniquement dans la tête de l’être humain. Le corps n’est qu’un réceptacle, rien de plus. Suffit-il d’empêcher l’âme de trop vieillir à son tour. La jeune femme le savait. Son corps avait cessé de changer quelques années auparavant. Lorsque pour des raisons personnelles, elle avait fait son choix. La mort après une longue vie ne lui faisait pas peur. Elle vivait certes dans le futur, comme toutes les autres personnes, mais aussi dans le présent. Et elle voulait profiter au maximum de ce que le monde avait à lui offrir.

Dans le fond, Michiyo le savait pertinemment. Au début, elle avait bien aimé le fait de ne pas prendre une seule ride et de continuer à observer le monde changer sans que son corps ne sente lui-même les changements. Uniquement au début. C’était avant de subir tous les effets secondaires. Ceux qui ne sont nullement stipulé dans le contrat. Effectivement, cela attire toujours de ne pas vieillir. Seulement, ce n’est qu’un petit détail vis-à-vis de ce qui risque de suivre par la suite. Puis, il fallait dire, que lorsque l’on parlait de la jeune demoiselle, s’attendre à des changements soudains de position devenait monnaie courante. Autrement dit, elle avait trouvé le fait de garder son corps d’adolescente de dix sept ans au moment de son pacte avec son compagnon de l’Abysse dans un premier temps. Puis, elle avait commencé à faire preuve de mécontentement. Parce qu’à vingt deux ans, elle avait toujours un visage d’adolescente et non d’adulte. Certes, elle savait pertinemment à ce moment là, qu’elle ne grandirait plus. Mais sa petite taille restait un sujet plus ou moins tabou, surtout lorsque la jeune femme se découvre être constamment entourée d’hommes tellement plus grands qu’elle. Que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie personnelle. Pour preuve, elle n’était pas capable de nettoyer les vitres de son appartement sans monter sur une chaise. Ainsi, elle maudissait les architectes qui pensaient sincèrement que toutes les femmes vivaient avec des hommes capables de le faire à leurs places. Mais surtout, qu’aucunes d’elles vivaient seules et ne dépassaient pas le mètre soixante sept. C’était aberrant.  Par la suite, elle avait compris bien plus de choses. Qu’il fallait qu’elle côtoie tous les jours le monde des contractants. Celui fait de rancœurs et de peurs. Où, elle du apprendre à ses défendre pour ne pas mourir. A tuer pour pouvoir justifier d’être une contractante. Travailler pour Pandora histoire de se nourrir tous les jours et se loger. Oh, elle ne regrettait pas véritablement son choix. Mais parfois une vie normale où elle ne se posait pas la question de savoir si la personne avec qui elle discute sur la terrasse d’un café n’est pas un contractant, un Chain ou un potentiel Baskerville, lui manquait.

Faisant fuir toutes ses pensées, la membre de Pandora jugea que ce n’était clairement pas le moment de se focaliser sur de telles spéculation. Lorsqu’elle serait seule, elle pourrait clairement prendre le temps de peser le pour et le contre. Comme elle le faisait toujours. Chaque jour, elle se faisait penser qu’elle devait demander à un plus haut placé pendant l’une de ses pauses, si c’était possible ou non de rompre un contrat avec un Chain. Néanmoins, elle n’y pensait pas souvent. Ou alors, se demandait clairement ce qu’elle pourrait bien faire de ses journées si elle ne portait pas son uniforme. Ne risquait pas sa vie chaque jour que Dieu faisait. Ce serait d’un ennui mortel. Alors la contractante repoussait l’échéance. Parce qu’elle aimait bien sa vie actuelle dans un sens. Sans cela, elle n’aurait pas fait certaines rencontres. Principalement une. Naaru. Ce Chain aux cheveux chocolat et aux yeux magnifiques qui occupait la plupart de ses pensées. Du moins, lorsqu’elle ne pensait pas à lui, il s’imposait de sa propre personne à l’intérieur de sa tête. Pour tout et n’importe quoi de surcroit. Lorsqu’elle se coiffait en voyant que sa mèche retombait naturellement sur son œil. Venant même à la déranger. Alors, elle la repoussait tout naturellement. Lorsqu’elle faisait la cuisine, principalement quelque chose de sucré en imaginant la tête qu’il pourrait faire. Et tellement d’autre chose que cela en devenait presque rangeant. Le principal étant qu’il laissait tout de même ses rêves tranquilles. Bien qu’elle n’était pas contre une apparition de temps à autre. Soupirant silencieusement de sa propre bêtise et façon de penser d’adolescente de quinze ans découvrant l’attirance envers un homme, Michi se focalisa sur le dos du jeune homme.

Finalement, elle le stoppa pour se coiffer différemment. Parce que personne d’autre que leurs deux personnes n’avaient le droit de savoir comment ils se comportaient ensembles. Quels genres de réactions ils avaient. De petites taquineries. Mais surtout, personne ne devait savoir qu’un membre de Pandora quel qu’il soit se permet de passer du bon temps avec une autre personne pendant les heures de travail. La langue des individus se délie souvent plus rapidement que l’on pouvait le croire et pouvait très souvent porter préjudice. Non pas qu’elle avait réellement peur pour son travail. Mais surtout pour les recherches qui pourraient se porter sur le Chain si on venait à découvrir qu’il était lié de très près au clan Baskerville. Si Michiyo avait appris à s’en foutre éperdument, cela ne serait sûrement pas le cas des autres membres partageant son métier. Puis, il était vrai qu’elle aurait du s’occuper de ses affaires personnelles pendant son temps libre, habillé en citoyenne que dans sa tenue actuelle. Au diable les remords. Ce qui était fait était fait et elle ne s’en voulait aucunement. Un rire la fit sortir une nouvelle fois de ses pensées. Apprendre à se concentrer ne lui ferait pas de mal pour une fois. Pourtant, elle retint seulement qu’il se moquait encore gentiment d’elle. Ce n’était pas faute de tenter de rester calme mais surtout éviter d’être maladroite au possible. Dans un sens, elle aimait bien ça. Parce qu’elle entendait son rire. C’était un peu comme une mélodie à laquelle la jeune femme s’habituait assez rapidement. Mais pas au geste qu’il avait fait. Ca lui rappelait trop leurs différences de taille. Par conséquent, elle lui fit la remarque. Parce que c’était Michiyo et qu’elle ne pouvait aucunement rater une occasion d’être en désaccord avec le Chain. Seulement, ce dernier trouva aussi le moyen de lui répondre. Ah, la moindre conversation avec eux deux pouvait durer des heures. Et étrangement, la membre de Pandora prenait un malin plaisir à tester les nerfs de son compagnon. Voir jusqu’où elle pouvait aller avec lui. Quels mots elle pouvait prononcer. Dans un sens, il était facile de croire qu’elle s’amusait seulement avec lui. Sauf que ce n’était pas le cas.

Pas du tout.

En ce concentrant sur cette unique phase, la jeune femme se contenta de promettre silencieusement milles tortures à ceux qui oserait ne serait ce qu’imaginer ça. Malgré cette douce promesse, elle se concentra de nouveau sur les paroles du Baskerville. Ah… Un point pour lui. En même temps, c’était facile de jouer sur la différence d’âge. C’était un peu Michiyo ca. S’enticher des personnes dont, dans le politiquement correct, elle n’aurait jamais du s’enticher. Pourtant, là n’était pas le problème. Faut-il déjà que problème il y ait. Un point la titilla quand même. Bien qu’ils aient comme il venait si bien lui dire, qu’elle était bien plus jeune que lui d’une dizaine de décennies, elle ne ressemblait plus à une enfant. C’était une jeune adulte. Non. Une adulte tout simplement. Soudainement, elle trouva une ouverture. Se lançant dans un petit sourire taquin.

« Ce qui fait de toi un homme en âge d’être mon arrière grand père. Et je n’ai pas pour habitude d’embrasser des hommes dans cette tranche d’âge. Tu souhaites toujours que l’on s’attache aux détails ? »

Ce n’était pas encore assez aux yeux de la jeune femme pour égaliser les scores. Encore moins lorsqu’il recommença son geste. C’était peine perdu. Naaru avait un mental à toutes épreuves. Il lui faudrait encore plusieurs mois pour réussir à le faire avouer le contraire de ce qu’il pensait au départ. Voire même plusieurs années. La contractante ne se fit pas de fausses idées. Elle craquerait certainement la première en se refermant sur elle-même pendant plusieurs jours en broyant du noir. Michiyo haïssait le fait que l’on puisse le contredire. Même si avec Naaru elle n’y faisait pas souvent attention, il était fort probable que le naturel revienne au galop. Mais, elle savait pertinemment, qu’elle finirait par tenter de le retrouver et de se faire pardonner pour sa réaction trop excessive. Puis, ils reprirent le chemin. Toujours main dans la main. Ce contact avait quelque chose de rassurant pour la demoiselle. Si elle pouvait, elle ne la lâcherait jamais. Ou tout du moins, garderait un point d’ancrage avec le jeune homme. C’était frustrant pour elle d’avoir l’impression de s’être autant attachée à une personne qu’elle ne connaissait si d’Adam ni d’Eve quelques semaines plus tôt. Mais c’était ça l’enjeu de la vie. Des relations amicales ou bien plus poussées. Soit, le déclic venait du premier coup. Se sentant étrangement bien avec la personne rencontrée dans un premier temps. Soit, c’était plus difficile. Plus timide. Et dans ces cas là, il ne fallait pas s’en formaliser. Il y avait peu de chance que quelque chose de solide ne se forge. Ou alors, avec du temps. Beaucoup de temps. Là, sur le coup, tout avait été très vite avec le jeune centenaire. Vite. Mais aussi si lent lorsqu’ils avaient atteint un certain stade. Pour une fois, Michiyo n’était pas contre la lenteur et la tournure que prenait leur relation. Au fond, elle savait qu’en précipitant les choses, ils allaient tous deux sauter des étapes qui pourraient les aider à se forger mutuellement. Et finalement, terminer par ne plus se comprendre. C’était impensable pour la demoiselle. Vraiment impensable.

Nouvel arrêt. Une nouvelle taquinerie. Ils n’étaient que des enfants. De vieux gamins certes. Mais des gosses tout de même. Cherchant le moindre prétexte pour se tourner autours. Se lancer des piques. Se contre dire. Se prendre la tête. Bouder chacun dans leur coin et finir par se réconcilier en s’embrassant ou en se câlinant.  En y pensant bien. Oui, ils ne réagissaient pas comme des adultes. Pourtant Michiyo mettait un point d’honneur à garder pour elle un passé qu’elle n’avait pu maitriser. Ne pas l’exposer. Mais elle n’y pouvait rien. Le moindre contact avec Naaru faisait tomber toutes ses barrières défensives. La rendait beaucoup plus docile et gentille. Souriante même. C’était le seul qui lui faisait cet effet et elle ne savait que dire si c’était bon ou mauvais pour elle. Pour eux. Par conséquent, la jeune femme l’avait embrassé furtivement. Ce qui ne lui plus pas. Tout en rajoutant qu’ils n’allaient pas aller très loin tous les deux s’ils restaient aussi prudes. Du moins, pour s’embrasser. Un grognement la fit soudainement rire. Ca c’était inattendue de la part de Naaru. Parfois, elle se disait qu’il était le «  monstre Naaru », sans raison apparente. Mais avec ce grognement, elle l’avait soudainement trouvé. Mettant l’une de ses mains devant sa bouche, elle eut bien du mal à retrouver son calme. Ah l’animal. Il continua. Cette fois sur la joue. La jeune femme eue l’envie de se jeter dans ses bras. De l’embrasser pour de vrai cette fois ci. Parce que ce jeu jouait avec ses nerfs et sa capacité à garder son calme. Alors, elle ne rajouta rien. Se contentant de le suivre jusqu’à ce fameux appartement qui lui faisait si peur tout le long du chemin. Mais pas au bout. Non, soudainement, la peur envolée, elle voulait tout faire pour entrer. Qu’il se dépêche un peu. Même si.. La solution qu’il eut trouvée ne lui plaisait pas fortement. Se transformer en Chain était un peu expéditif. Il aurait pu juste trouver autre chose. Bref, tant qu’elle était à l’intérieur, ce n’était pas gênant.

Entrant soudainement, la membre de Pandora pris le temps d’analyser les lieux. C’était simple mais bien tenu. Très bien tenu. Trop bien tenu. Ne perdant pas de temps, elle attira tout de même le Chain vers elle , à l’intérieur. Cela la dérangeait un peu que d’autres individus puissent le voir sous sa forme actuelle. Parce qu’ils pourraient prendre peur. Ne pas comprendre ce qu’il avait bien pu faire soudainement. La peur lui fit soudainement très mal au ventre. Pourquoi dont se prenait-elle autant la tête, alors que le plus difficile était déjà passé ? Puis, personne ne l’avait vu. Ils étaient seuls sur le palier devant la porte à ce moment précis. Aucune fenêtre. A moins que le jeune brun ait une voisine curieuse qui se jetterait sur son judas optique dès qu’elle entendait le moindre bruit dans le couloir. C’était possible après tout. Oubliant très vite cette pensée, elle se hissa à l’oreille du Chain pour lui déclarer qu’elle préférait tout de même sa forme humaine. Ce qui soit dit en passant, n’avait rien d’un mensonge. Certainement parce que c’était la première forme qu’elle avait vu de lui et c’était cette forme qui l’avait attirée physiquement. Que ses cheveux blancs et ses yeux couleur sang avait été la seule chose qu’elle avait vu, alors qu’il aurait clairement pu la tuer dans son propre appartement. Au début, elle en avait eu peur. Vraiment peur d’y laisser sa vie. Puis avec le recul. De la réflexion, elle commençait à s’y faire. Après tout, elle adorait Naaru. Avec ses qualités. Tout comme ses défauts. Sauf que ce qui lui revint après cette phrase lui renvoya clairement ses défauts à elle. Dont celui de ne pas faire attention aux réactions qu’il pourrait avoir lorsqu’elle a envie de lui dire quelque chose. De comment il pourrait le prendre. Après tout, Naaru et Michiyo, ne part leurs différences n’avaient pas la même façon de prendre les tirades de l’autre. Et ce fut un silence qu’elle obtint comme réponse. Les yeux bas. Une mine plutôt déconfite. Bon Dieu, qu’avait-elle encore bien pu dire. Ne savait-elle pas, qu’il y avait des choses à dire et d’autres non. Le passé surtout et désormais la forme abyssal du Baskerville. Se mordant la lèvre, elle voulu répliquer quelque chose. Peut être même lui dire que ce n’était pas grave. Qu’elle ne lui en voudrait pas s’il garder sa forme actuelle/ Sauf que ce n’était pas vrai. Un vulgaire mensonge. Parce qu’elle voulait discuter avec le Naaru aux yeux verts qui la faisait tout simplement craquer. Se sentir moins en danger certainement. Sûrement. C’était ça, elle ne se sentait pas en sécurité lorsqu’elle voyait ses yeux rouge. Pas encore du moins. Il faudrait du temps. Beaucoup ou pas, la jeune femme ne  pouvait rien affirmer sur le coup. Pas encore du moins.

Pour ne pas avoir à parler. Malgré le douloureux silence qu’elle ressentait. La contractante se pencha vers le cou du jeune homme pour le mordre. Ne pouvant alors retenir une phrase montrant sa déception. C’était rangeant de voir qu’il ne marquait pas. Qu’elle serait la seule à devoir cacher pendant plusieurs jours le suçon qui trônait fièrement sur sa peau. Elle allait devoir ruser pour réussir à équilibrer les scores désormais. Pourtant, la réaction de Naaru rendit difficile le fait de ne pas sourire. Des yeux ouverts grands comme des soucoupes. Un faciès surprit. Ca c’était risible. Une hésitation dans ses paroles. Tiens dont. Comme ca monsieur était très sensible  à cet endroit. C’était quelque chose à garder sous le coude pour plus tard. Ne pas l’oublier. Ne surtout pas l’oublier. Se le répétant plusieurs fois. Elle s’humidifia tout de même les lèvres avant de répondre, en reculant de quelque pas.

« Je voulais te voir avec une jolie marque dans le cou. Mais t’es un peu trop résistant pour mes dents. Néanmoins, je n’abandonnerais pas pour autant. »

Ca, c’était quelque chose de sûr et certain. Michiyo n’abandonnerait pas la partie aussi facilement. Certes, la jeune femme n’avait encore aucune solution à ses problèmes de disparition précoce de morsures même violentes. Il lui faudrait encore réfléchir. Ce qui ne serait pas chose aisée avec le brun à proximité. Mais l’idée viendrait d’elle-même. Comme toujours de toute façon. A quoi bon réfléchir à une potentielle vengeance sans profiter pleinement du Chain qu’elle adorait tant. A un moment ou un autre, il finirait bien par se trahir lui-même et la demoiselle aux yeux bleus trouverait bien une faille dedans. En attendant, elle se concentrait sur la visite de l’appartement. Puis, elle adorait l’odeur de propre  qui y régnait. Enfin, l’odeur des produits ménagers. Au fond, c’était l’une des seules choses qui l’intéressait lorsqu’elle était en orphelinat. Un petit quelque chose qu’elle retrouvait à chaque changement. Comme un point d’ancrage. Ca, ca ne changeait jamais. Quoi qu’elle fasse. Les produites restaient toujours les mêmes. Les moins chers par conséquent. Ce fut un réflexe par la suite, de chercher cette odeur. Dans sa nouvelle chambre. Dans le nouveau réfectoire. Partout. Du moins, lorsqu’elle était plus jeune. Parce qu’elle en avait besoin. En grandissant, elle n’y faisait attention que dès le moment où elle le sentait. Ne le cherchant plus. Son appartement était son appartement. Il ne changerait pas de si tôt. Ses voisins étaient toujours les mêmes depuis qu’elle avait emménagé. Connaissant par cœur l’odeur de son compagnon d’infortune désormais. Pendant un moment, on pouvait toujours y trouver l’odeur de Naaru. Cela avait été agréable. Puis, elle avait fait le ménage. L’habitude avait repris sa place. Comme si cette soirée n’avait jamais existée. Au début, la contractante avait trouvé ça plutôt frustrant. Puis finalement, cela ne la gênait plus. Etant heureuse de ressentir de nouveau cette odeur naturelle qu’elle lui connaissait. Il ne fallait pas abuser des bonnes choses. Sous peine de finir par ne plus y faire attention. En le voyant de temps à autre, elle l’oubliait, puis la ressentait. Ce qui était le contraire de finir par ne plus la sentir en le voyant tous les jours. Doux paradoxe lorsque l’on savait qu’elle se demandait très souvent quand et comment ils pourraient de nouveau se retrouver.

Négligeant le jeune homme, la membre de Pandora observa tout minutieusement. Pas un seul grain de poussière. Bon Dieu. Ce Baskerville devint soudainement quelqu’un de très détestable. Non pas parce qu’il faisait parti du clan ennemi. Mais uniquement parce que ce dernier était trop doué avec un balai et une serpillère. En tout cas, si elle avait du visiter cet appartement, sans savoir qu’il appartenait à un Chain et son contractant à la cape pourpre, elle aurait parié dans un premier temps que c’était celui d’une femme. Parce qu’elle n’avait pas pour habitude de voir des hommes avec des appartements parfait. Mais de surcroît, elle aurait tout simplement dit que les habitants étaient innocents. Rien ne prouvant le contraire. Se concentrant sur la cuisine et ses nombreux accessoires, un bruit la fit soudainement se retourner le sourire aux lèvres. Non. Pas un bruit. Le grognement d’un animal mécontent.  Il avait recommencé. C’était déjà la deuxième fois. Qu’est ce qui pouvait bien le mettre dans un tel état le Naaru ?  Avant de pouvoir lui demander. Michiyo sursauta. Merde, qu’est ce qui lui prenait de claquer cette porte contre le mur ? Devenait-il fou l’animal ? Reprenant sa respiration, son corps pencha légèrement sur le côté pour qu’elle puisse l’observer à travers la porte ouverte, de ce qu’elle devina être sa chambre. Pourquoi serait-il rentré dedans comme une furie si ce n’était pas la sienne après tout. L’observant alors jeter sans plus de préambule, sa couverture sur le sol. S’exaspérant d’un tel comportement, la jeune femme passa une mèche de cheveux derrière son oreille tout en s’adossant contre le dossier du divan en voyant l’habitant de l’Abysse revenir vers elle. Ses fines lèvres s’étirèrent en un sourire moqueur alors qu’elle désigna du doigt le morceau de tissu.

« N’oublies pas de me dire ce qu’elle a fait de mal. Je ne voudrais pas faire la même erreur et subir un tel traitement. »

Bien que contrairement à la couverture qui n’avait pas le don de la parole, Michiyo l’avait. Sachant pertinemment qu’il ne la maltraitait pas comme cette dernière, elle se mit à imaginer le cas contraire. Il devrait donc faire sa prière ou tout ce qu’il pourrait pour ne pas qu’elle ne le tue dans les secondes suivantes. Après bien évidemment – ou pas, peut-être avant- lui avait fait comprendre verbalement qu’elle n’était pas d’accord avec ce genre de comportement. Finissant par s’énerver totalement et de s’enfermer dans une pièce pour se détendre. Ou même de refuser de lui parler jusqu’à ce qu’il prononce des excuses qui pourraient la satisfaire un tant soi peu. Oui, c’était excessif comme réaction, surtout qu’elle savait que Naaru ne tenterait vraiment pas ce genre de comportement. Soudainement, elle se souvint du jour où un homme lui avait fait perdre une filature en la percutant de plein fouet et de continuer sa route comme ci de rien n’était.  La jeune femme avait alors tenté de garder son calme. Jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il était impossible pour elle de retrouver la personne qu’elle suivait. Croyant dur comme fer à un contractant illégal. La décision avait été prise très rapidement. Tournant les talons, la contractante avait attrapé par une épaule celui qui l’avait gêné. Ses oreilles avaient du siffler pendant plusieurs jours au nombre de menaces qu’elle lui avait balancé au visage. En somme, le moindre geste de violence envers sa personne était passible de peine de mort. Et il était impossible de négocier. Ainsi soit-il.

Écoutant les paroles du jeune homme, elle ne put se retenir d’arquer un sourcil alors qu'il commençait à partir loin dans son raisonnement et son bougonnement. Que voulait-il qu’elle dise à tout ça ? Pourtant, il fallait qu’elle le fasse taire, chassant par la même occasion cette impression qu’il ne pourrait jamais s’arrêter. En plus, elle ne comprenait rien. Parlaient-ils la même langue ? Optant pour un non catégorique. La demoiselle croisa les bras en attendant qu’il finisse sa longue tirade incompréhensible. Ce qui arriva bien vite. Lorsque Michiyo senti une pression sur l’un de ses bras, la forçant alors à décroiser et à la suivre. C’était soudain comme réaction, alors que quelques secondes plus tôt, il était encore à deux ou trois pas d’elle, râlant comme un petit vieux après un adolescent turbulent. Michi eu tout juste le temps quitter sa place, qu’elle manqua de tomber. Effectivement, sans préparation, ses jambes s’embrouillèrent sans qu’elle ne puisse y faire quelque chose. Ce qui, soit dit en passant,  ne sembla pas déranger Naaru. Sans avoir le temps de reprendre son équilibre, la surprise se lut sur son visage. Assise sur les genoux du brun sans pouvoir bouger. Une nouvelle fois, ses bras puissants se retrouvaient être des étaux autours de sa taille. Il était bien trop fort pour lui. Voulant protester convenablement contre cette position sur laquelle elle n’avait aucun droit.  Lorsqu’un puissant frisson lui parcouru toute l’échine. Néanmoins, ce n’était pas désagréable. Bien au contraire. Cette simple pensée lui fit monter le rouge aux joues. Il avait un don pour provoquer ce genre de réaction. Se concentrant, elle écouta ce qu’il avait à lui dire.

Silence…

Ah non ! Pas encore. Michiyo était contre. Contre. Et encore contre. Un seul ne suffisait pas ? Jusqu’où allait-il continuer lorsqu’il l’aurait fait des deux côtés ? C’était elle qui gardait des marques dans l’histoire. Il était marrant l’animal, mais lui, ne marquait pas. Pas du tout. Et il semblait profiter de ce désavantage. En même temps… Michiyo ne pouvait lui en vouloir. N’aurait-elle pas fait la même chose si c’était l’inverse ? Oh que si. Autant que possible, pour que toutes les autres femmes puissent voir qu’il était déjà pris. STOP . C’était quoi ça ? Depuis quand le prenait-elle pour chose acquise ? Et cette pseudo jalousie. Non. Ce n’était pas elle. Oui, elle était possessive. Mais uniquement avec ses affaires. Pas avec les hommes. Surtout pas avec Naaru. Puis, il n’y avait rien entre eux. Si ? Ce n’était pas uniquement un jeu entre eux ? Rien de sérieux. Ca ne pouvait être que ca. Un jeu. Un jeu dangereux. De « séduction », si le mot pouvait être utilisé dans ce genre de situation. La jeune femme se pinça la lèvre inférieure. Signe qu’elle était contrariée. Se voiler la face n’était plus si marrant. Plus du tout.  Se faisant violence pour penser à autre chose, la contractante adopta une voix dangereusement mielleuse pour protester.

« N’en profite pas trop Naaru Irwin, je pourrais très bien décider de ne plus te rencontrer jusqu’à ce que toutes les marques que tu oseras m’imposer disparaissent. »

Oui, c’était une menace. Mais aussi une douce promesse. Mais, la  jeune femme savait pertinemment qu’elle ne tiendrait pas très longtemps. A moins qu’elle s’arrange pour enchainer mission sur mission à l’autre bout du pays. Rentrer chez elle, fatiguée comme pas possible pour s’effondrer et dormir jusqu’à la prochaine mission. C’était la seule solution de toute façon. Dès qu’elle s’ennuierait, tous ses efforts auraient été vains. Et aussitôt, elle penserait de nouveau à lui. Il faudrait trouver une meilleure solution pour ne surtout pas le croiser. Ou tout simplement empêcher la rencontre. Tout en sachant que s’il continuait à vouloir tapisser son cou de suçon, ca prendrait des semaines avant de partir. Et des semaines, mine de rien, c’était plutôt long. Non. Avec du courage elle tiendrait. Beaucoup de courage. Une phrase vint couper court à son débat mental. Un soupire de soulagement sorti alors soudainement de sa gorge. Merde. Il fallait qu’elle soit plus réfléchi mon Dieu. Sauf que non. Encore une fois, la membre de Pandora n’était pas d’accord avec le Chain. Ca en devenait une habitude à la longue. Alors, après de nombreuses démonstrations de force infructueuses, elle réussit à changer de position et de se placer à califourchon sur les jambes du bel homme. Passant ses bras derrière la nuque de ce dernier elle se rapprocha tout en soufflant quelques paroles.

« J’ai très bien compris que quoi que je fasse, rien ne te marqueras physiquement. Alors c’est à mon tour et j’espère que tu t’en rappelleras au moins aussi longtemps que moi je garderais ce suçon. »

Non, elle n’avait pas oublié. Et comptait bien profiter de la réaction qu’il avait eue précédemment lorsqu’elle avait mordu légèrement la peau de son cou.  Parce qu’elle ne pouvait pas laisser passer cette occasion. Vraiment pas. Sentant son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine, elle se pencha légèrement pour lui embrasser la mâchoire et descendre dans son cou tout en alternant baisers et petites morsures. S’il ne se souvenait pas de ça, elle ne comprendrait pas et serait réellement obligé d’abandonner la guerre en le déclarant vainqueur. Jamais ! Même s’il lui faudrait des semaines pour trouver autre chose, elle trouverait autre chose et c’était tout. Terminant à la naissance de son cou, elle posa sa tête contre son épaule tout en soufflant dessus. Au fond, vouloir gagner la bataille ou parler de «  jeu », ce n’était qu’un moyen de mettre une certaine distance entre elle et ce qu’elle ressentait réellement. Fermant les yeux, elle profita de ce petit moment de repos pour mettre ses idées au clair. C’était ça. Dans un sens, Michiyo lui disait physiquement, ce qu’elle n’était pas capable de traduire avec ses mots. Même si c’était un peu draconien comme stratagème. Se relevant soudainement, elle se décida à rompre le silence installé.

« Oh j’ai failli oublier ! J’ai ton attache à cheveux dans mon manteau, il faudra que tu le récupère ! »

La conversation n’avait plus rien à voir. Mais Michiyo avait soudainement eu peur d’avoir installé un malaise entre eux. Parce qu’elle le savait très bien. Sa réaction avait été trop impulsive. Maintenant, elle commençait à douter de la réaction que pourrait avoir Naaru. Et s’il le prenait mal soudainement ? Croyant qu’elle profitait réellement de lui ? La repoussant ? Oh, elle ne pourrait pas lui en vouloir. Quoi qu’elle ne comprendrait réellement. La situation se complexifié de seconde en seconde. De conversation en conversation. Mais aussi dans leurs silences. Se penchant une nouvelle fois vers son visage, elle fit se rencontrer leurs lèvres dans un baiser qui n’avait plus rien à voir avec celui qu’il avait eu dans le rue. Non, il n’était pas furtif pour un sou. Du moins de son côté. Représentant comme une demande de pardon silencieuse. Sans savoir pourquoi, elle s’en voulait et tenait réellement à ce qu’il ne le prenne pas mal. Ce serait bête. Tellement bête.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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Feuille de personnage
Nom & prénom: Irwin Naaru
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   5th Août 2013, 06:42

Chercher à comprendre sans cesse. Aujourd'hui, le chain était assimilable à un humain. Il voulait savoir, comprendre ce qu'il ressentait au fond de lui, parce que c'était l'unique chose vraiment importante pour lui. Certes, il s'était constamment posé des questions. Partout où il se rendait, Naaru était un être empli de curiosité et de vitalité. Mais ses interrogations actuelles étaient toutes autres. Le sujet principal, Michiyo, était une demoiselle à part. Une femme qui avait su captiver son attention en quelques rencontres à peine. Une dame intrigante dans un premier temps, mais qui avait su se dévoiler au brun. S'ouvrir et sourire. On était bien loin de cette première confrontation sous les arbres des jardins de Pandora. Ça paraissait tellement, tellement loin. Presque irréel. Tout n'avait été que fruit du hasard. Tout. Leurs retrouvailles, leurs découvertes. Ce hasard, ou plutôt cette destinée les avaient sans cesse rapproché l'un de l'autre, comme pour signifier qu'il y avait là quelque chose à construire. Quelque chose à apprendre. Et Naaru apprenait la leçon d'une oreille attentive. Malheureusement, il se contentait de la recracher sans la comprendre. Il ne pouvait se l'expliquer. Il ne pourrait faire ce premier pas par lui-même. Il fallait une aide, quelqu'un pour lui tendre la main et lui faire enfin réaliser ses sentiments. Mais c'était compliqué. Par le passé, ce passé profondément terré dans les limbes de sa mémoire, Naaru avait vécu un certain nombre d'expériences. Avec ou sans sentiments d'ailleurs. Il s'était pourtant entiché d'une femme, à cette époque. Peut-être que psychiquement parlant, elle ressemblait un peu à Michiyo. Mais c'était difficile à dire. Et puis, le chain l'ignorait pour lors totalement, il était donc impossible de faire un rapprochement plus ou moins lointain.

Et puis, le brun avait souri. Comme il souriait souvent. La dame avait cela en elle. Chacun de ses mouvements possédaient cette magie de faire réagir le garçon. Jusqu'à exprimer des faciès dont il n'avait pas fait l'usage depuis de nombreuses, très nombreuses années. Non pas la joie ni même la colère, mais surtout et en particulier la gêne et d'autres expressions plus diffuses. Et le mieux dans tout ça, c'est qu'il parvenait enfin à associer ces mouvements à ce qu'il ressentait. Ça semblait facile au premier abord, mais Michiyo l'y avait considérablement aidé, sans toutefois peut-être s'en rendre compte. Une infinité de remerciements ne suffiraient probablement pas à exprimer toute sa gratitude. De toute manière, la demoiselle ne comprendrait pas, et ce n'était après tout pas dans les habitudes du chain de faire ainsi étalage de ces phrases pré-faites.

Car, qu'on se le dise, Nana était un homme naturel. Il ne se prenait pas la tête avec le monde qui l'entoure. Récemment, il ne rentrait plus très souvent dans sa bulle. En fait, c'était une autre bulle. Lorsqu'elle était avec lui, cette grosse bulle s'étendait jusqu'à la femme qu'il guidait et il n'entendait dès lors plus qu'elle et lui. Elle n'était même pas percée, elle s'était simplement étendue d'elle-même. Et ça, la demoiselle pouvait en être fière. Captiver le brun à ce point était on ne peut plus rare. Qu'importe. Occupé à esquiver les morceaux de verres par terre pour ses pauvres pieds, le chain fut forcé de s'arrêter une nouvelle fois. Ou plutôt de ralentir. On arrivait. À chaque pas, c'était un mètre qui disparaissait de l'endroit où vivait le contractant. Chaque pas se trouvait dans le passé, tout comme les prochains dans le futur. Ce futur proche plutôt menaçant, à vrai dire. Contractant ou pas ? Il faudrait un jour passer par cette case pour s'assurer de sa sécurité. Et cette journée pouvait arriver bien plus vite qu'elle n'y paraissait. Aujourd'hui ou demain. Naaru défendrait son morceau de gras jusqu'à montrer les crocs, et il était décidé. Mais il était vrai qu'ignorer la présence de son contractant à la maison posait quelques contraintes non négligeables. Et pourtant, le brun voulait en avoir le cœur net. Il était idiot de faire demi-tour pour de simples stipulations infondées. Foncer dans le tas sans se retourner était beaucoup plus courageux. Et puis, la mort n'était pas au bout du chemin. C'était déjà ça.

Observant les alentours, le chain commençait à bien se repérer. Quelques maisons à passer et la solution était au bout du chemin. Doucement, ils se remirent en route. Michiyo avait caché son suçon avec ses cheveux, ce qui avait le chic de faire sourire voir rire le fautif. Peut-être qu'il était vraiment content d'avoir fait cette marque. Parce que ça la gênait. Parce qu'elle voulait le cacher, non pas pour faire comme s'il ne s'était rien passé, mais peut-être aussi pour garder cela pour elle-même. Rien que pour eux deux. Alors oui, quelque part, le chain se sentait enfin unique aux yeux d'une personne. Aux yeux d'une femme qu'il avait croisé entre deux siestes et qui ne s'était dans un premier temps douté de rien. Il n'y avait eu aucun intérêt derrière. Elle n'avait appris sa nature que plus tard, et puis enfin son appartenance aux Baskerville. Mais jamais, jamais il n'y avait eu de mensonges derrière. Et ça, ça le rendait fou de joie.

Par la suite, il s'était donc attelé à répondre aux répliques de la demoiselle. Tout était parti d'un furtif baiser, et depuis la discussion avait totalement disjonctée, jusqu'à s'éloigner du sujet principal. Il n'avait pas prononcé cette phrase avec méchanceté ou même à l'inverse avec gentillesse. Non, c'était juste un fait qu'il démontrait purement et simplement. Elle était plus jeune que lui. Il avait vécu des choses qu'elle n'imaginait probablement pas. Des choses que même ces fameux arrières grands pères n'ont certainement pas dû vivre. Naaru ne touchait pas la retraite. Il gardait cette forme physique, ce corps de rêve et ces sourires radieux pour l'éternité. C'était sympathique, mais jamais, jamais il n'avait le droit de se reposer. De se poser sur une chaise à bascule en pensant au bon vieux temps, une couverture sur les genoux avec le chat couché dessus, le tout en observant un paysage de nature morte et les premières couleurs de l'automne. Non, tout ceci lui était interdit. La vieillesse avait ses quelques avantages, après tout. Bien qu'il n'y songeait pas, quelque part, il y avait ce petit quelque chose manquant à l'appel.

Mais la demoiselle avait surenchéri, parce qu'il fallait forcément qu'elle trouve à redire sur le propos du chain. C'était devenu une habitude, et ce depuis leur première rencontre. Leurs tirades n'en finissaient jamais, et c'était un véritable débat qui s'engageait alors. Quoiqu'il en soit, amusé par les paroles de la jeune femme, Naaru décréta qu'il était temps de mettre fin à ce petit jeu. Il s'arrêta presque d'un seul coup et déposa un long, très long baiser sur les lèvres de la plus jeune. Malgré tout, sans s'avouer vaincu, le brun ajouta, encore tout près du visage de la dame, ces quelques mots :

-Si tu n'en as pas l'habitude, moi je n'ai franchement rien contre de fraîches jouvencelles comme toi. Et puis, avoue que ça te manquerait.

À y songer, sans doute les deux tourtereaux s'embrassaient-ils trop souvent. Tout était devenu prétexte à ce genre de pratique depuis qu'il avait lui-même lancé la mode. Il ne s'en rendait compte qu'à présent. Ce n'était pas du tout à son déplaisir mais il ne pouvait juger ce qu'en pensait la principale concernée. Bah, tant qu'elle ne s'en plaignait pas, il partirait du principe qu'elle aimait ce genre de choses.

Enfin bref, toujours est-il que, bientôt, Naaru s'engouffra dans une ruelle avant de ralentir progressivement. Eh bien, ils étaient enfin arrivés à destination. C'était une bonne chose de faite. Levant le regard pour juger la hauteur, le chain vit sa fenêtre ouverte ce qui, en somme était une bonne et une mauvaise nouvelle. En effet cette dernière servait souvent de porte d'accès pour chain survolté. En clair, lorsque le contractant n'était pas là, il avait tendance à ouvrir la fenêtre de la chambre du chain. Cependant, cela voulait aussi explicitement dire que Finn avait pénétré dans sa chambre quelques instants plus tôt. Ce qui, en clair, amenait à penser qu'il avait amené ses amis le balais et la serpillière aussi. C'était une vraie catastrophe. En fait, tout d'un coup, le brun eut envie de faire demi-tour, ne serait-ce que pour éviter un massacre dans sa pauvre chambre. Et surtout éviter que Michiyo ne tombe sur cette scène affligeante d'un homme qui déteste le rangement. Il risquerait de diminuer dans son estime et il n'y tenait pas tant que ça.

Malgré tout, c'est avec courage que le brun monta les multiples marches de la grande bâtisse, jusqu'à se trouver face à la porte masquant encore toute cette propreté. Il sentait la demoiselle trépigner sur place. Elle qui pourtant quelques minutes auparavant avait réussi à transmettre sa peur au plus grand. C'était difficile à expliquer, mais quelque part, Nana comprenait l'attitude surprise des gens face à lui lorsqu'il changeait d'expression à volonté. Ça lui faisait un peu cet effet, là. Néanmoins, sans se fier davantage à ce ressort derrière lui, Naaru appela sa forme originelle afin de rompre le fer qui verrouillait la porte. Il se sentait tellement entier sous cette forme. Après tout, elle était celle qui réagissait à ses émotions le plus vivement. Lorsqu'il façonnait l'acier comme s'il s'agissait de beurre, il ressentait une profonde nostalgie. Il était en paix, même si souvent c'était pour aller à la guerre. Ça lui rappelait d'intenses souvenirs d'une vie passée, et ça l'apaisait. En clair, même si sa forme de chain était relativement – pour ne pas dire totalement – inexpressive, en réalité c'était probablement celle qui ressentait le plus. Il ne s'en rendait juste pas compte parce que cette paix ressentie se trouvait souvent aveuglée par cette soif de sang qui l'accablait. Mais s'il apprenait à oublier un peu cette faim incessante, il parviendrait à recouvrir un certain nombre de sensations, qui découleraient fatalement sur ces morceaux de passé qu'il s'évertuait à masquer. Et c'était ce dernier détail qui bousculait tout le reste. Il était tellement plus simple de se laisser aveugler qu'observer la réalité en face. De ce point de vue-là, il n'était franchement pas courageux, pour sûr.

Subitement galant, le chain décida de laisser passer la demoiselle avant lui. Dès lors qu'il n'y avait plus de danger, elle pouvait satisfaire toute sa curiosité. Cependant, Naaru fut surpris d'être amené si vite à l'intérieur. Et encore plus au moment où la demoiselle s'approcha considérablement de lui. Non pas qu'en temps normal il se serait plaint, mais justement, ce n'était pas un temps normal en ce moment. Il était encore sous sa forme de chain, et se savait assez réceptif à toutes sortes de paroles tout comme de gestes. Il était instable. Tout en reculant, il écouta les paroles de la jeune femme aux cheveux bleus et baissa les yeux, gêné. Il comprenait qu'elle n'appréciait pas grandement sa forme actuelle pour de nombreuses raisons, mais c'était aussi lui. C'était aussi une partie de lui, pour ne pas dire sa moitié. Après tout, il avait vécu plus longtemps sous cette dernière. Cent ans d'errance et de guerre, ça ne s'oubliait pas 'un claquement de doigts. Puisque le chain ne savait pas trop comment s'exprimer, il préférait baisser les yeux et éloigner ces mots.

Et puis, c'était une grosse surprise. Des yeux grands ouverts, fixant de leur couleur émeraude ceux de sa vis-à vis. Une morsure dans le cou. Elle avait fait fort pour avoir décelé dès le premier coup d’œil la partie la plus sensible du garnement. Sans doute ne l'auront-on pas dit, à voir comme il exhibait son torse et laissait son cou à découvert, et pourtant, il était extrêmement sensible. En tout cas, visiblement sa réaction n'échappa guère au regard de la demoiselle, qui ne manqua pas de sourire d'un air presque moqueur. Ah ça non, dans ce sens-là ça n'allait pas. Le chain se sentit commencer à bougonner, mais se retint au dernier moment. Bref, mieux valait qu'elle oublie rapidement cette histoire. D'ailleurs, tout en passant un léger coup de langue sur ses lèvres, la demoiselle répondit alors à son interrogation. À savoir ce qu'elle avait voulu faire. Le soupir du brun qui suivit les paroles de Michiyo fut des plus déconcertants. Il se retenait de lui lancer un « heiiiin ? » plaintif. Alors, c'était un dédommagement pour le suçon d'il y a quelques minutes ? Elle avait de la suite dans les idées, la dame. En tout cas, ce n'était pas tant cette explication qui le rendait désespéré, mais plutôt la phrase qu'elle avait laissé en suspense. Elle n'abandonnerai pas ? Alors comme ça, cela voulait plus ou moins dire qu'il allait devoir se méfier de tous ses gestes et paroles ? Ça risquait de poser quelques problèmes, ça.

-Ce n'était rien d'autre qu'un suçon alors ne t'acharne pas sur moi de la sorte... En plus ça fait mal.

Bon, sa défense était faible. Il voulait dédramatiser le suçon, tout en sachant l'importance que ça pouvait avoir. Personnellement, si ç'avait été lui qui marquait bien, il n'aurait franchement pas apprécié et se serait même volontairement mis un bandage autour du cou. Mais ça l'amusait quand c'était sur les autres. Enfin, oui, ça faisait mal. Disons que c'était autre chose qu'une entaille dans le ventre, mais en plus de procurer une certaine douleur, ça offrait une dose de gêne considérable. Et Nana n'était pas trop familiarisé avec ce genre d'émotions. Bref, il préférait ressentir une vive douleur.

Par la suite, les deux jeunes personnes pénétrèrent dans l'appartement à proprement parler. Dès lors, la demoiselle de Pandora posa son regard sur tout et n'importe quoi. Naaru aussi, mais certainement pas pour la même raison. Lui recherchait désespérément un coin de poussière. Mais rien. Cet endroit était désespérément trop propre. La tempête Nana n'était pas encore passée, mais elle ne perdait rien pour frapper. Et le pire était à venir. Sa chambre. Sa superbe chambre, rangée. Pas un seul kimono par terre. Sa plante le jaugeant de haut en bas, soigneusement déposée sur une table lisse et propre. Pas un grain de poussière. Finn était le démon du rangement et de la cuisine. C'en était affolant. En ouvrant son armoire, Nana fut fort frustré de constater que tout était parfaitement cintré et pendu. Bah voyons. Parce qu'il avait trop de respect pour ses vêtements, le chain décida de jeter son dévolu sur la couverture. Ah cette couverture. C'était à se demander comment elle n'était pas déchirée depuis le temps. Elle avait subi les nuits agitées du chain, les piétinements du matin, les tâches de terre et certainement d'autres substances, la machine à laver et tant d'autres choses. Mais elle était toujours propre. En fait, Nana se demandait parfois si Finn n'en rachetait pas une de temps en temps, du même modèle. Juste comme ça, pour montrer que le chain ne pouvait strictement rien faire. Bref, toujours est-il qu'en balançant la couverture par terre, il s'en retourna auprès de la demoiselle. À sa plus grande surprise, elle semblait avoir suivi du moins la partie de la couverture, puisqu'un sourire moqueur s'étira sur ses lèvres. C'était le deuxième depuis qu'ils étaient rentrés dans l'appartement. Ça n'allait vraiment pas, là.

Ah. Ce que la couverture lui avait fait ? Rien. C'était son souffre douleur, point à la ligne. Une sorte de défouloir qui ne connaissait pas la douleur. Parfois, le chain s'attaquait à sa pauvre plante. Plante qui possédait elle aussi une histoire. Ce n'était pas une fleur synthétique. Non. Pourtant, nombre de personnes étaient en droit de se poser la question. Elle vivait la plupart du temps avec les volets fermés, donc sans lumière – sauf lorsque Nana n'était pas là, en somme, puisque Finn ouvrait les fenêtres – et n'était en tout cas pas nourri ou arrosé par les soins du chain. Moralité, la plante avait beau se trouver dans la chambre du chain, c'était à Finn qu'elle devait sa survie. Bref, elle avait été transplantée une centaine de fois. Naaru n'était décidément pas quelqu'un de soigné. Sauf sur lui. Si on ignorait bien sûr son manque de chaussure. Enfin qu'importe, la dernière partie de phrase intrigua le jeune homme, qui haussa un sourcil interrogateur. Ne pas subir le même traitement ? Pourquoi ? Le chain serra les dents et les poings au fur et à mesure de ses paroles.

-Elle me donne trop chaud. Elle m'énerve. Ce rangement m'énerve. Finn est un démon, je vais le tuer.

Quelles blagues. S'il s'apprêtait à le tuer, c'est lui qu'il mettait en péril avant tout. Ce qui en somme, visait davantage à le pénaliser qu'autre chose. Un très mauvais choix pour un chain aussi calculateur que lui. Malgré tout, son attitude laissa penser à l'instant qu'il avait vraiment l'intention de mettre fin aux jours de son contractant. Même s'il ne le pensait en vérité pas du tout. Doucement mais sûrement, le brun finit par se calmer et dirigea un regard serein vers la demoiselle. Bah, de toute façon, cette histoire ne la concernait pas. Le rangement était à la fois le plus grand jeu des deux bruns et la cause du plus grand nombre de désaccords. C'était la meilleure façon d'énerver les deux extrêmes. Le rangement et le bordel. Finette et Nana. Qu'importe. Là n'était pas le sujet. Enfin, il avait été, mais n'était plus. Il n'allait pas commencer à pester contre l'absent. Au final, Finn avait bien fait de ne pas être présent. Ça n'aurait pu que compliquer les choses. Et la pauvre Michiyo se serait retrouvée face à deux bombes à retardement. Elle aurait presque pu paraître transparente.

Afin de se changer les idées, le garçon décréta qu'il avait besoin de la demoiselle près de lui. Alors, c'est avec une certaine force qu'il entraîna la membre de Pandora à s'asseoir sur ses genoux tout en entourant sa taille d'un air aussi protecteur que possessif. Et puis, il posa sa tête dans le cou de son interlocutrice avant de lâcher quelques mots railleurs. Le premier suçon n'avait-il pas suffit ? Si, Naaru avait un grand respect pour cette femme. Il ne voulait brûler aucune étape. Il ne voulait pas risquer de poser une question déplacée. Par peur de réponse, par peur de représailles, par simple peur. Le grand chain avait peur d'une femme. Il avait peur des mots et des agissements d'une humaine. Il se laissait souvent surprendre, et ça ne l'aidait pas plus que ça. On pouvait même foncièrement dire qu'il n'aimait pas être trop pris au dépourvu. Afin de rassurer la jeune femme, il ponctua ses paroles d'une dernière phrase. Non, il n'avait pas dans l'intention de la marquer une nouvelle fois. C'était juste amusant. Naaru ne la regardait pas. Il avait simplement le front posé près de sa nuque à elle et fermait les yeux. Oh bien sûr, il avait imaginé une rougeur naître sur ses pommettes. Un sourire se dessina rapidement sur ses lèvres, avant de s'évanouir une nouvelle fois. Le chain se sentait capable de s'endormir dans l'instant. Il n'était pas une mauvaise position, a fortiori.

La voix mielleuse qui s'ensuivit surpris le chain, qui se permit d'ouvrir ses yeux, fixant le haut du dos de la demoiselle. Il écouta les presque menaces de la dame aux cheveux bleus. Et sourit d'un air presque terrifiant. C'était dangereux d'amener le garçon sur ces sentiers. La provocation, il la connaissait mieux que quiconque. C'était pour cette même raison qu'il pouvait devenir détestable en peu de temps. Et puis, très honnêtement, Naaru n'y croyait pas trop. Dès la fin de sa tirade, il soupira brusquement, amusé. Ne plus se voir jusqu'à ce que tout ne disparaisse ? Il ne s'était familiarisé qu'avec la régénération des Baskerville, et c'était pour ainsi dire beaucoup plus rapide qu'un humain classique. Et puis, la régénération ne se basait que sur les grosses blessures profondes. Nana n'avait strictement aucune idée de la durée qu'avait un suçon pour disparaître. Il espérait juste que ça ne durait pas plus de quelques jours. Et pourtant, en repensant à la peau vraiment pâle de la jeune femme, il ne put retenir une brusque remise en question sur ses précédents propos. Toujours est-il que le chain n'allait certainement pas faire dos à ce que Michiyo lui avait raconté. Son sourire s'agrandit encore un peu plus, à mesure que sa réflexion se penchait vers ce type de réponse.

-Pourquoi ? Tu n'aimes pas ?

Le sourire moqueur ne le quitta pas d'une semelle. Alors, qu'allait-elle bien pouvoir répondre ? Qu'elle s'en fichait ? C'était la meilleure façon d'être vague et de ne pas blesser le chain, si tant est qu'il puisse être blessé par une réponse. Dans tous les cas, sa réponse entraînait d'un côté ou de l'autre des réactions. Ça allait être amusant. Enfin, pas pour longtemps. En sentant que la demoiselle bougeait avec plus ou moins de force, le garçon raffermit sa prise, avant de se rendre compte qu'elle voulait simplement se retourner. Pour le coup, il relâcha sa force et fut forcé de lever les yeux pour fixer les yeux de sa vis-à-vis. Il cligna des yeux, étonné. Non pas par leur proximité, ça non. Il s'y était habitué depuis longtemps. Mais plutôt pour l'étincelle de malice qui s'était logé dans les yeux de Michiyo.

Et en fait, il ne s'était pas totalement trompé. La phrase de cette dernière avait été énonciatrice de mauvaise minute pour le chain. Et Nana a tendance à se méfier lorsqu'on lui annonce ouvertement qu'il se passera quelque chose. Et s'il savait ce qui pouvait se tramer dans la tête de son contractant ou de lui-même, en revanche, il n'avait strictement aucune idée concernant la demoiselle. Naaru comprit assez tardivement que sa nouvelle position était en adéquation avec le reste de sa « mission ». S'il l'avait su, il ne lui aurait même pas permis d'y penser plus en profondeur. D'y penser tout court. Sans bouger, le regard du chain se fit presque plus insistant, comme si sa curiosité passait avant tout le reste. Alors, qu'allait-elle faire ? Il ne lui fallu pas attendre bien longtemps. Michiyo s'approcha alors dangereusement de son cou, ce qui eut pour réflexe de faire reculer le brun jusqu'à avoir le dos complètement collé au dossier du canapé. Il aurait volontiers reculé encore, mais c'était impossible. Alors la jeune femme posa ses lèvres sur la fin de sa mâchoire et descendit jusqu'à son cou, alternant baisers et morsures. Un frisson parcouru le corps du chain de long en large, en travers et en diagonale, à l'endroit et à l'envers. Il ferma les yeux une nouvelle fois et et repoussa sa tête en arrière, affligé par ce qu'elle osait faire. Non, il n'était pas tant affligé. Naaru ne comprenait juste pas pourquoi il se sentait subitement aussi gêné. Sa tête lui tournait à moitié, et dans l'instant, tout ce qu'il trouva à faire, c'est de passer son bras droit pour cacher ses yeux, tout en se mettant à pouffer presque nerveusement.

-Faites attention à ce que je ne m'y fasse pas, mademoiselle Konoe.

Et là, une brusque chaleur atteint son visage. Sa main se resserra en un poing qui fit blanchir ses phalanges et il se mordit la lèvre pour réguler cette chaleur brutale. Sauf que ce n'était pas très efficace, et plus il pensait à Michiyo, plus ça accentuait ce fait. Il était gêné, parce que ce qu'il avait dit était vrai. D'un autre côté, il était vraiment très sensible du cou, et il se sentait vraiment étrange. Si ça continuait, il allait finir par... NON. Il n'avait jamais ressenti ça. Cette rougeur lui montant aux joues. Naaru savait ce qu'il se passait. Il s'étonnait... non s'effrayait juste que ça lui arrive à lui. Et sa force importait peu pour le coup. Il pouvait se faire saigner que ça n'y changerait rien. Alors, il se dirigea vers ces valeurs sûres. Sa forme de chain. Mais il ne voulait pas qu'elle le voie comme ça. Pour cette raison, ce ne furent que ses yeux qui changèrent de couleur. Et comme ils étaient clos... c'était une bonne chose. En attendant, cela permit à coup sûr de faire réintégrer le chain à son absence totale de réaction. Il se calma en une demi-seconde et inspira profondément, rassuré. Au moins, il ressentait, mais ne l'exprimait pas. Ah, la coquille de Naaru était très complexe à craquer. Il y avait plusieurs couches de rocailles à percer.

Et puis, d'un seul coup, la demoiselle parla d'autre chose. Elle changea de sujet du tout au tout, sans prévenir, ni même laisser au chain le temps de se remettre de ses idées. Son attache à cheveux ? Quand ? Ah, oui Nana se souvenait de ce jour où il lui avait passé son attache tout en souhaitant ardemment le récupérer. Sans bouger, le sourire du garçon réinvestit son visage. Il se remémorait cette partie de leur histoire. À vrai dire, il n'y pensait plus. Certes, cela comptait pour lui, mais il avait appris à attacher plus d'importance à d'autres choses. Comme à Michiyo. Prononçant un faible « Ok », Naaru laissait peu de place à une éventuelle discussion.

Et c'est sans doute pour cette raison que Michiyo s'approcha une nouvelle fois de lui pour l'embrasser. Longtemps. Alors, le bras de Naaru délaissa sa dernière fonction de cache œil pour passer dans les longs cheveux de la jeune femme et l'attirer encore à lui. Et puis, alors que leurs lèvres se séparèrent, le chain se décala alors du dossier du canapé pour aller rattraper les lèvres trop vite décollées. Il ne savait pas vraiment ce qui lui prenait tout d'un coup, mais il ressentait quelque chose d'étrange. Son cœur qui battait un peu plus vite, ces fourmillements dans son ventre et dans sa tête. Que du bonheur. Il ignorait si cela était dû à sa forme de chain à moitié visible, mais il apprécia encore plus le baiser, allant jusqu'à titiller la langue adverse. Mais chaque chose avait une fin et ce fut à bout de souffle qu'il reprit sa précédente position, marquant de nouveau un espace entre eux. Il se mit alors à rire. Sans ouvrir les yeux, il détacha ses cheveux, de façon à ce qu'ils lui tombent sur la nuque, la cachant par la même occasion. Et puis, il laissa libre court à sa forme de chain. Ses cheveux se teintèrent alors d'un blanc pur et c'est en ouvrant les yeux que l'on put apercevoir ces deux fentes tranchantes comme des lames, rouges comme le sang de toutes ses précédentes victimes. Pourtant, il n'y avait aucune méchanceté dans son regard. Peut-être même pétillaient-ils d'une certaine excitation. Ce n'était pas forcément une bonne nouvelle, mais pas une mauvaise non plus. Mais il fallait qu'il explique rapidement son geste.

-Voilà, comme ça je demande à te voir faire un seul pas vers moi.

C'était vrai. Il avait failli blesser Michiyo par le passé. Il avait manqué de lui faire du mal, de la tuer. Tout ça, parce qu'elle ne lui obéissait pas. Tout ça parce qu'elle ne voulait pas se faire soigner. Il avait été idiot ce jour-là. Au final, elle avait fini par s'avouer vaincu, mais il s'était montré sous un mauvais jour. Ça n'arrivait pas souvent qu'il s'énerve pour ce genre de choses. En fait, ça n'était jamais arrivé. Et là, tout lui venait dans la figure. Sans cesse. Sans lui laisser le temps de respirer. Mais il réfléchissait trop. En restant sous cette forme, il était presque certain qu'elle ne tenterait rien de trop osé. Parce que quelque part, elle continuait d'avoir peur. C'était tout à fait justifié. Comme ça, il était aussi simple de lui briser un bras que de la toucher. Et puis, même s'il ne s'exprimait pas visuellement, psychiquement, il réfléchissait beaucoup. Une phrase mal interprétée et il pouvait mal la prendre. Bref, même s'il ne l'exprimait pas explicitement, il voulait un peu de silence. Un peu de calme et de tranquillité. Est-ce que tout ce qu'il ressentait actuellement était dû à ce baiser dans le cou ? Non certainement pas. C'était l'ajout de ci et de ça. La goutte d'eau faisant déborder le vase.

-Tu as peur de moi, non ?

Naaru ne voulait pas se taire. Sans quitter le regard de la demoiselle, sans même sourciller, il trouva ses paroles assez crues. En fait, il voulait presque qu'elle s'énerve. Qu'ils en viennent à être en désaccord total. Qu'ils en viennent presque aux mains. Comme la dernière fois. NON ! Il fallait qu'il se maîtrise. Maintenant. Le garçon osa un sourire faux. Parce qu'il n'avait pas envie de sourire. Il avait juste la haine. La haine contre lui, contre elle. Contre tout ceux qui ne le laissait pas tranquille. Pourtant, il la voulait à ses côtés. Il voulait l'embrasser et l'enlacer sans cesse. Pourquoi est-ce qu'il fallait qu'il s'emporte toujours quand tout allait bien ? Il était idiot.

-Pourtant tu sais, c'est moi, la même personne. Avec les cheveux blancs et les yeux rouges. Avec plus de force aussi.

Beaucoup plus de forces. Michiyo était contractante, elle savait parfaitement à quoi s'attendre. Elle savait à quelle force il faisait allusion. Alors qu'il aurait pu se taire et l'écouter parler, il s'y refusa.

-Et tu sais, je ne te ferais plus jamais de mal. Jamais. Mais...

C'était une promesse. Même maintenant. Mais il y avait un mais. Un gros problème qui pouvait faire pencher la balance à tout moment. Il refusait de se taire. Il voulait qu'elle entende tout ce qu'il racontait. Qu'elle comprenne ce que lui ignorait. Qu'elle lui en parle. Qu'elle le rassure. Lui dise que c'était normal. Qu'elle l'aide. C'était une aide dont il avait besoin. Une main sur la tête et des cheveux ébouriffés. Un sourire et des mots. C'est tout ce qu'il demandait.

-Je ne comprends rien. Même avec toute ma volonté...

Même avec tout ça, il ne pouvait jamais être sûr du dénouement. Et tout ça pour une seule raison. Son sourire se transforma, jusqu'à devenir éperdument désolé. Il posa une main sur la joue de Michiyo et lança, totalement déboussolé :

-Tu me rends totalement fou. Et ça c'est dangereux.

Parce qu'au final, il était terriblement instable. Même maintenant, il voulait la prendre dans ses bras et s'excuser. Mais il ne voulait rien presser. Alors il garda ses distances. Attendait que Michiyo fasse les choses de son côté. Comprenne le fond de sa pensée. La pensée enfouit tout au fond de lui.

[HRP=MOUAHAHA VENGEANCE. Amuse-toi avec ça ♥]

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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   16th Août 2013, 07:37

La femme est idiote. Une douce idiote. Parce qu’elle existera toujours pour l’âme d’un homme. Une femme, c’est pure. Elle possède une peau délicieusement douce. Une odeur de fleur, totalement a contrario des odeurs fortes et musquées d’un homme. Même si ces dernières gardent leurs charmes et sont particulièrement loin d’être désagréables. L’être féminin a des gestes lents et délicats qui peuvent faire se calmer les pires tempêtes au sein de l’homme le plus farouche. Ces dernières possèdent toujours les mots qu’il faut et que l’on veut entendre. Elles prennent le temps d’écouter les soucis d’autrui, même si, au fond, elles sont les personnes les plus tristes du monde. Pleurent devant le cadavre d’un vieux chat miteux mais s’en fichent éperdument. Parce que les représentantes du sexe féminin sont très sensibles. Elles cuisinent parfaitement bien aussi et feront toujours de très beaux enfants. Ne crient jamais. Ils devraient être défendus de toucher à une femme. Et cela à n’importe quel âge. Après tout, elles possèdent des sourires tellement affectueux et rassurant qui remettent sur les rails l’homme qui les reçoit. Leurs larmes sont précieuses. Les faire couler est une véritable mise à mort. Elles sont rares et il faut en prendre soin. Pourtant, au fond, cette définition n’est jamais vraie. Il existe bien d’autres choses à rajouter du moins. Comme le simple fait que derrière le sourire d’une femme,  ne se cache pas toujours une intention pure et innocente. Non. C’est comme ça. Toutes les femmes sont manipulatrices par nature. Le seul fait est, qu’elles ne sont pas toutes pareilles. Certaines en jouant particulièrement souvent pour leurs simples intérêts particulièrement égoïstes. Contrairement des autres, qui ne l’utilisent que pour calmer les ardeurs des autres et éviter une énième dispute pour un sujet tout bonnement banal. Ainsi, elles se divisent en plusieurs catégories. Il est quasiment impossible que de réussir à comprendre une femme en totalité. Voire même, tout simplement impossible. C’est un amalgame de sentiments et de ressentis tous aussi distincts les uns des autres. A cela, il est possible de rajouter qu’une femme est faite pour appartenir à un seul homme. Certes, elle pourrait avoir de multiples relations dans toute sa vie. Parce qu’il est possible qu’elle ne rencontre jamais l’homme qui est fait pour elle. Néanmoins, elle sera toujours triste. Ressentant une certaine pression. Un vide. Ce même sentiment que si elle venait à perdre ce fameux jumeau. A contrario, si l’une d’entre elle le rencontre, il y aura bien évidemment, toujours les disputes et les cris. Mais la séparation serait beaucoup trop douloureuse pour ne serait- ce qu’y penser. Ils arrivent toujours à se retrouver. Au fond, une personne est faite pour une autre personne dans le monde et c’est ainsi. Marquée par leurs différences. Michiyo avait bien du mal à croire à tout cela. Le fait dans un premier temps, que quelqu’un soit véritablement fait pour elle. Sa propre personne. Lorsque l’on savait qu’elle n’était pas douce. Du moins, lorsque la jeune femme en faisant une simple petite preuve, il y avait des chances que ce soit dangereux pour le destinataire de ces mots doux. Au fond, c’était un peu normal, elle était une contractante. Vivant dans un monde d’hommes. De combats en général et de sang. Ce n’était pas non plus le genre de personne à rassurer sur quelque soit le sujet. Il ne fallait pas non plus abuser. Les personnes sont assez grandes pour savoir se prendre en mains seules de temps à autre. Voire même tout le temps. Quant à son odeur, elle ne savait que rajouter là-dessus. Comme toutes les autres femmes, elle portait du parfum, mais, elle ne le sentait pas. Alors bon, de là à dire qu’elle sentait la fleur c’était un peu abusif. L’Abysse peut être. Oui l’Abysse. Comme tous les autres contractants. Quant au fait d’écouter ce que les autres avaient à lui dire… Oh, c’était une toute autre histoire. Il était rare de réussir à la faire pleurer comme le fait de verser quelques larmes pour un chat sur la route. Certes, elle aimait bien les animaux –surtout les chats depuis qu’elle avait pris chez elle monsieur pattes de velours- , mais de là à en être affectée, c’était penser un peu trop loin. Par conséquent, avec le temps, la membre de Pandora, avait pris la décision de ne pas chercher à trouver son «  tout », son « âme sœur » ou n’importe quels autres synonymes existants au travers du monde. De toute façon, cela ne faisait pas parti de ses priorités. Après tout, comment aurait-elle pu faire ? Elle, qui possédait un caractère impossible à supporter. Une façon de dire les choses qu’il  ne fallait impérativement pas contredire pour ne pas en prendre un peu plus plein les oreilles. N’aimait pas être réveillée. Que l’on touche à ses cheveux. Lui parle le matin alors qu’elle n’avait pas bu son café. Non finalement. Lui parle tout court le matin. De plus, il n’était pas possible de lui mettre dans les jambes, une personne avait un caractère similaire. Puisqu’elle voudrait toujours avoir le dessus. Ne se laisserait jamais faire.

Mais ca c’était avant.

Avant qu’il n’apparaisse soudainement dans sa vie. Qu’elle croisse son regard vert. Que ses oreilles captent le son de sa voix grave. Et tellement d’autres détails. Au fond, la jeune contractante ne savait sur quel pied danser. Parce qu’il était loin de son caractère. Très loin même. Qu’elle avait un peu peur de prendre le dessus avec son caractère et de le faire fuir. Mais, d’un autre côté, il était l’un des seuls qui avaient réussi à la remettre à sa place et à faire qu’elle n’avait pas élevée la voix beaucoup plus haut jusqu’à ce qu’il parte de chez elle. Jamais, oh grand jamais, la jeune demoiselle n’aurait eu l’idée de se dire qu’elle  finirait par ressentir quelque chose d’aussi fort à son égard. Qu’il suffirait d’un sourire de sa part pour réussir à la faire craquer. Du moins, plus rapidement que le temps qu’il lui aurait fallu pour capituler en temps normal. Beaucoup plus rapidement. Naaru possédait ce pouvoir. Le brun pouvait obtenir tout ce qu’il voulait de la part de Michiyo. Avec un peu de courage et de patience, certes, mais pratiquement tout. Soudainement, elle se sentit idiote. Parce qu’elle se sentait devenir comme la plupart de ces femmes qui tombent amoureuse. Assez idiote pour finir par accepter. Non. Pourquoi recommençait-elle à penser comme cela ? Ce n’était pas elle. Non elle. C’était la personne qui frappait gratuitement la plupart des contractants illégaux. Se fichait des Baskerville comme de la dernière pluie, pour le peu qu’ils ne se trouvaient pas sur son chemin lors de l’un de ses mauvais jours. Qui vivait avec un homme. Oui voilà. Combien de femmes vivaient avec des autres hommes le tout sans qu’il ne se passe quelque chose. Question idiote. Toutes les femmes contractantes avec un Chain comme le sien. Michiyo le savait pertinemment. Elle se trouvait des excuses. Toujours et inlassablement. Ca devenait frustrant. Tellement frustrant. Ne rien vouloir dire sous peine d’avoir peur du refus et du rejet. De ne plus pouvoir profiter de la chaleur de la personne. Alors qu’il suffit simplement de se taire et de ne rien perdre de tout ça. En continuant à se chercher sans jamais réellement se trouver et ce serait tout. Le silence permet de s’en sortir. La parole nous entraîne dans les bas fonds.  Michiyo le savait parfaitement.

Tout était brouillon dans son esprit. Habituellement, réfléchir ne la dérangeait pas plus que cela. La jeune femme adorait tout maitriser. Dans ces cas précis, elle pouvait s’asseoir des heures à son bureau en griffonnant des notes toutes la journée. Les supprimant. Les remplaçants. Et finir par les reprendre en tentant de tout remettre dans l’ordre. Le hasard pouvait être un traitre. S’il était dans le même camp qu’elle en premier temps, il pourrait tout aussi bien inverser la balance. Pour ainsi la mettre dans une très mauvaise posture. Or, dans sa situation. Leur situation, elle ne pouvait rien maitriser. Parce que Naaru était une donnée bien subjective. Avec sa conscience propre. Puis même, Michi n’avait particulièrement pas envie de tout contrôler. C’était plutôt excitant de tenter de deviner chacune de ses réactions. Au bout du compte, elle n’avait jamais raison avec lui. C’était un être à part, que seul le hasard pourrait réussir à régir. Alors, gracieusement, elle lui offrait toute cette relation. Laissant retomber la pression. Vivant toutes les minutes avec lui comme ci c’était la dernière. Il fallait arrêter de réfléchir. Point à la ligne. La fumée réussirait bien à s’estomper un jour ou l’autre. Michiyo ne savait pas réellement ce qu’elle désirait. Que ce soit rapidement ou pas. Dans un sens, elle aimait particulièrement étreindre le Chain et en profiter un maximum du goût de ses lèvres enivrantes. Et voudrait être pleinement consciente de tout ce qu’elle vivait. Mais dans un autre, avancer à l’aveugle ne lui déplaisait réellement pas. Ayant juste à lui prendre la main pour ne pas se perdre. Un seul mot de lui, et elle ferait ce qu’il voudrait. Il était ce danger non elle voulait s’éloigner le plus possible. Mais comme les papillons, elle était attirée par la lumière et cela, inlassablement.

Fixant le dos de l’homme qu’elle suivait, la jeune femme eut soudainement envie de s’approcher de lui. De se lover contre ce même dos dont elle commençait à connaître les formes pour l’avoir tant observé depuis le début du chemin. D’atteindre son oreille pour lui chuchoter milles promesses. Dont celle de ne jamais le quitter. De se revoir du moins. De s’enlacer mais surtout de s’embrasser encore et encore. Le rassurer pour qu’il profite encore et toujours du temps qu’ils possédaient tous les deux. Pour ne s’être jamais réellement consacrée à une vie de couple, conjugale ou tout simplement potentiellement amoureuse, la jeune femme ne savait que faire. Au fond, elle n’avait que de vagues souvenirs de ses parents, puisqu’elle était bien trop jeune pour y faire attention. Certes, elle voyait un peu le comportement des individus dans la rue, mais bon Dieu, ce que ça pouvait la faire soupirer d’ennui. Des mots doux. Des bisous. Encore des mots doux. Des disputes. Réconciliation, sur l’oreiller ou pas – Michi n’étant pas présente pendant cette période. Encore heureux-. Ce qui, à ses yeux bleus, n’était pas la bonne définition d’une relation. Bien évidemment, il est normal d’avoir cette partie plus ou moins «  charnelle ». Mais, les mots doux, ça ne pouvait durer qu’un temps. Il fallait quelque chose pour pimenter un peu le reste du temps. Dont les discussions qui peuvent durer plus de deux heures sur la simple question du «  tu peux me passer le sel s’il te plait ? ». Se lancer des piques toutes les trois minutes. Des défis aussi. Et se taquiner. C’était ça pour elle avoir une relation. Qu’elle soit officieuse ou officielle. Etre des amis avant tout. Les enfants ? Ah ça. Avait-elle réellement une tête à se lever toutes les nuits pour faire un biberon de lait et passer sa journée à trouver son fils ou sa fille le plus beau bébé du monde ? Non. Alors à quoi bon poser la question. Par contre, elle faisait parti des femmes qui trouvaient que l’homme avec qui elle vivait une relation, le plus sexy. Et il fallait bien avouer que Naaru était très bien placé dans le classement de ces mêmes hommes.

Finalement, ils entamèrent un débat. Dont le sujet de départ échappa soudainement à la contractante. En même temps, c’était un peu ça, le fait de changer de sujet toutes les deux répliques. Pour le moment, la conversation se cantonnait au fait de la différence plus ou moins importante entre leurs deux âges. Le Baskerville semblait vouloir s’attacher aux détails. Ce qui n’était pas le cas de Michiyo. En même temps, même si , oui, ce n’était qu’un détail, cent ans les séparaient. Ce qui voulait dire, que si le jeune homme aux cheveux couleur chocolat n’était pas devenu un Chain – pour une raison qu’elle ignorait toujours-, ils ne se seraient jamais rencontrés. A cette simple pensée, la contractante réprima un frisson. Elle savait très bien qu’elle n’aurait rien ressenti, puisqu’ils ne se seraient jamais connus. La tristesse ne pourrait pas s’emparer d’elle. Néanmoins, elle se rendait compte de tout ce qu’elle n’aurait pas connu. Dans un sens, c’était peut-être un coup de chance son passage dans l’Abysse. Bien qu’elle ne souhaitait pas en parler avec lui. Parce qu’elle le savait très sensible sur le sujet. Puis bon, elle n’était pas «  heureuse » qu’il soit devenu ce qu’il était actuellement. Il faudrait mettre cela sur le coup du destin et c’était tout. Néanmoins, elle préférait se dire qu’ils n’avaient qu’un ou deux ans qui les séparaient et non plusieurs décennies. Dans un premier temps, parce qu’il ressemblait bien plus à un jeune homme qu’à un vieillard aux cheveux blancs. Quoi que. Ca dépendait les moments pour les cheveux blancs. Que de deux, elle en avait décidé ainsi. Et que deux trois, on ne contestait pas très souvent ses décisions. Ce n’était pas de très bons arguments, mais elle ne voulait pas se mettre à penser à toutes les différences entre eux. Il y en avait tellement. Dont des choses qu’elles ne vivraient jamais. Et d’autres qu’il continuera à vivre sans elle bien des années plus tard. Merde, elle s’y était beaucoup trop attachée pour se mettre à penser comme ça.  

Par conséquent, c’était au tour de Michiyo de contester ce que disait l’habitant du monde Abyssal. Donc voilà, elle allait certainement arrêter de l’embrasser s’il continuait à dire qu’il était bien plus vieux que lui. Parce que même, si la jeune femme aimait particulièrement les hommes plus vieux qu’elle – plus grand aussi, mais ca, ce n’était pas bien difficile- ce n’était pas une raison pour aller taper dans les ancêtres. Lui faisant comprendre qu’il n’était pas bon de s’attacher aux détails dans ces cas précis. Pourtant, la demoiselle du soudainement s’arrêter en plein pas. Laissant son pied se poser une nouvelle fois sur le sol, elle attendit une explication à ce brusque changement. Ses yeux s’ouvrirent en grand lorsque des lèvres prirent possession des siennes. Oh, elle n’allait pas se plaindre de cette décision. Profitant alors un peu de la situation pour se rapprocher du jeune homme. Rougissant légèrement lorsqu’elle sentie son souffle encore tout près. Ecoutant alors ce qu’il avait à dire. Michiyo arqua alors à un sourcil. «  De fraiches jouvencelles comme toi ». Fraiches jouvencelles. Ces mots se répétèrent quelques secondes dans son esprit. Il ne fallait pas non plus mentir. Du haut de ses vingt deux ans, elle ne s’estimait pas défraichie. Encore heureux. Non c’était autre chose qui la dérangeait. De fraiches jouvencelles. Avec un S. Ah, parce qu’il y en avait d’autres ? La jeune femme sentie une vague de colère. Non frustration voire déception l’envahir.  Ce n’était pas encore ça. Mais de la jalousie. Bougonnant alors quelques mots sans queue ni tête, elle recula et reprit le chemin. Signe qu’elle capitulait.  Oui ca lui manquerait. Elle devrait peut être lui dire. Mais merde. Au pluriel. Ca l’énervait. Tellement plus qu’elle ne voulait bien se l’avouer. Lui avouer.

Le reste du chemin fut plutôt silencieux de son coté. Se contentant alors de suivre le plus vieux en évitant de parler. Parce qu’elle savait que si elle ouvrait la bouche en ayant encore cette pseudo jalousie au fond de cette esprit, elle s’énerverait certainement. Et finirait par lui dire, que oui, elle était jalouse. Que dans son esprit,  sa phrase avaient été prise au pluriel. Que donc, il y en avait d’autres et que ca ne lui plaisait pas trop ? Comment pourrait-il réagir à une telle déclaration ? Oh, le connaissant, il se moquerait d’elle. Comme toujours. Donc bon. Elle était bien tentée de lui dire. Plus tard. Bien plus tard.  En attendant, elle se contentait de le suivre sans vraiment retenir le chemin de son propre chef. Ils se croiseraient bien dans d’autres endroits, ils avaient le chic pour ne rien planifier de toute façon. Puis, avec leurs deux emplois du temps plus ou moins tumultueux prévoir quelque chose ne semble pas si facile. Effectivement, il faut s’attendre à ce qu’ils soient appelés chacun de leur côté pour une mission en fonction de leur clan «  personnel ». Temps qu’ils ne se croisaient pas dans cette même mission. Tout irait bien. L’excitation repris place dans son corps, ainsi que la parole, au même moment où ses yeux apercevaient la porte en bois de l’appartement du monstre. Souhaitant fortement découvrir dans quelle situation ils pouvaient vivre tous les deux.

Ce qu’elle fit rapidement après avoir pu entrer et attirer le jeune homme près d’elle pour lui murmurer qu’elle aimait plus sa forme humaine que sa forme de Chain. Ce qu’elle regretta aussitôt soit dit en passant. Pourquoi n’avait-elle dont pas retenu la leçon correctement. ? Qu’est ce qui l’empêchait dont de réfléchir en présence du Chain ? Elle le savait pourtant, qu’elle ne devait pas parler de ce sujet tabou. Surtout après ce qu’il était arrivé dans son appartement. Que Naaru était réellement difficile à cerner après tout. Peut-être qu’elle aurait du s’excuser pour son comportement. Voire même tout simplement pour cette phrase. Mais non, la jeune femme préféra trouver autre chose pour changer totalement de sujet. Comme se venger du suçon qui trônait fièrement dans son cou. Au final, ce n’était pas tant une vengeance que cela. C’était une sorte de jeu qu’elle avait décidé de mettre en place. Pour voir jusqu’où il pourrait aller. Ca par contre, ce n’était qu’un mensonge. C’était plutôt pour voir jusqu’où elle-même pourrait tenir. Avant que la plupart de ses sentiments ne lui reviennent au visage. Comme ils avaient un peu trop tendance à le faire ces derniers temps. Au début, elle ne se posait pas de questions, ou alors que très peu. Mais désormais, elle ne pouvait contrôler la vague qui prenait place au fond de son esprit. Pourquoi. Comment. Faudrait-il lui dire ? Oui ? Non. Que dire, comment le faire ? Michiyo, voulait faire taire cette petite voix. Se changer les idées était la meilleure chose à faire de toute façon. Alors, elle avait décidé de mordiller légèrement la fine peau du Baskerville. Ce n’était pas violent. Mais apparemment, c’était assez pour le faire réagir. Et de quelle manière alors ! Il était tout bonnement craquant avec cet air surpris sur le visage. Lui donnant soudainement plus d’envie qu’elle n’en aurait voulu. La faisant légèrement rire. Ce qui était bien avec le jeune homme aux yeux verts, était qu’il n’avait que des réactions voyantes. Certaines valaient réellement le détour. Se sentant alors obligé de s’expliquer mais aussi de rajouter une toute petite chose. Qu’elle ne lâcherait pas l’affaire avant d’avoir obtenu gain de cause. Et cela pouvait durer longtemps. Très longtemps. Désormais, elle s’attendait à une autre réaction. Plus verbale que la précédente. Même si elle ne pourrait pas avoir le même impact. Oh, ce qu’elle aimait le taquiner l’animal. Un sourire se dessina lentement sur ses lèvres lorsqu’elle entendit ce qu’il avait à dire. Michiyo trouva qu’il jouait soudainement très bien la comédie. Parce qu’elle ne s’acharnait pas sur lui, que c’était seulement la première réaction depuis qu’il avait quitté la forêt et qu’il pourrait très bien en avoir d’autres. Mais aussi parce qu’elle avait à peine mordillé. Alors de là à dire que ca faisait mal. Surtout pour un Chain. C’était assez poussé. Soupirant gentiment, la membre de Pandora repoussa les quelques mèches de cheveux qui étaient tombées sur son front. Il était vraiment amusant comme homme. S’approchant une nouvelle fois de lui tout en se hissant sur la pointe des pieds, elle l’embrassa furtivement sur la joue avant de reculer comme toutes les autres fois.

« Pauvre petit chat. Je suis tellement cruelle avec toi que j’en arrive même à vouloir te manger. »

C’était assez ambigu que de le comparer à un chat. Puisqu’en général ces animaux étaient fainéants et plutôt inoffensifs. A contrario du jeune homme. Quoi que, elle ne pouvait s’avancer sur la partie «  fainéant » puisqu’elle ne vivait pas avec lui et ne pouvait pas réellement en témoigner. Seul son contractant pourrait certainement en témoigner. Mais ce dont elle était certaine, c’est qu’elle le voyait plus comme un animal sauvage que rien ne pourrait garder en cage très longtemps. Une personne à qu’il faut beaucoup de liberté pour le rendre heureux. Sous peine de le voir mourir lentement de désespoir. Voilà pourquoi elle ne lui parlait pas de sa soudaine «  crise de jalousie ». Du moins, de ce qu’elle avait ressenti un peu plus tôt. Parce qu’il le prendrait peut-être pour une trop grande marque d’attachement. Du moins, c’était comme cela qu’elle le prendrait elle-même. Ce qui ne lui plairait vraiment pas.  Michi aurait l’impression de se sentir emprisonné. Avec l’impression que chacun de ses pas serait décortiqué.  Qu’elle n’aurait plus la liberté dont elle jouissait actuellement. Avec le fait de vivre seule. Du moins en partie. De sortir boire un verre lorsqu’elle le désirait, sans avoir de compte à rendre à personne. Sa respiration se coupa soudainement. Il ne fallait réellement pas lui dire. Peut-être qu’il penserait de la même façon qu’elle. Le silence serait de rigueur. Même si elle allait y penser jusqu’à s’en rendre malade s’il le fallait.

Tentant d’oublier cette mauvaise pensée, elle commença à promener son regard sur le moindre petit objet. Comme pour tout imprimer dans sa mémoire. Comme elle avait réussi à figer le visage, mais surtout le regard de Naaru. Jusqu’à ce qu’elle décide de son propre chef que la visite était terminée bien qu’elle n’est pas franchie les autres pièces. Pour, elle , tout ce qui portait les noms  « chambres, bureaux, salle de bain » relevaient du domaine du privé. Michiyo n’oserait jamais y entrer sans avoir la permission de la personne concernée. Ca, c’était encore un vestige de ce qu’elle avait été avant. Dans un premier temps, parce que ses parents lui avaient appris à garder ses distances avec leurs chambres à coucher. Surtout au moment de ce qu’elle devina être la conception de son petit frère. Avec l’âge, elle se disait que c’était normal. Comment, auraient-ils pu expliquer à leur petite princesse ce qu’ils étaient en train de faire ? Puis, même, c’était un peu l’endroit où ils pouvaient se retrouver et parler entre eux de ce qu’ils gardaient secret devant leur enfant. Si un jour Michiyo devait avoir un enfant, elle ferait certainement la même chose. Lui interdire l’entrée comme elle le faisait déjà avec son petit chat et son Chain – ce dernier étant un peu plus bête que le premier-. Puis dans un second temps, parce qu’elle avait partagé des dortoirs pendant la période la plus sombre de son histoire. Avec très peu d’intimité. D’endroit où elle pouvait se cacher pour pleurer ou hurler un bon coup sans que quelqu’un ne vienne lui demander ce qu’il lui prenait ou d’appeler les dirigeants. Après cela, dès le moment où elle avait de nouveau obtenu un minimum d’espace vital. Il lui appartenait. Avec ses règles à ne pas franchir. Quoi qu’il arrive. Les mêmes règles qu’elle ne transgressait pas chez d’autres individus. Même si elle mourrait d’envie de découvrir la chambre du Chain. Sans raisons particulières soit dit en passant.  

Ainsi, elle s’était penchée pour pouvoir observer de loin ce qu’il faisait et peut-être même réussir à observer l’intérieur sans avoir à s’en approcher. Découvrant alors la pauvre couverture être maltraitée sans même pouvoir se défendre. Un sourire s’était alors dessiné sur ses lèvres en le voyant revenir. Pendant qu’elle lui demandait clairement de lui dire ce qu’elle avait fait pour ne pas subir le même sort. Ce n’était qu’une simple demande innocente. Qui, théoriquement, n’aurait pas du obtenir la moindre réaction. Théoriquement. Sauf que Michiyo, avait parfois l’impression d’oublier qu’elle parlait avec Naaru. Si c’était véritablement possible de l’oublier. Comment aurait-elle pu deviner qu’il allait commencer à s’énerver en lui répondant. Se faisant alors blanchir les phalanges. Néanmoins, quelque chose tiqua à l’oreille de la demoiselle. Non pas le fait qu’il avait trop chaud avec une simple couverture. Que cette dernière avait la capacité de l’énerver alors qu’elle n’était même pas dotée de la parole. Passant outre. Elle retint un prénom. Finn. Ca ne lui disait rien du tout. Donc bon. Pourtant, elle se doutait clairement qu’il devait être le colocataire du plus vieux. Ce qui faisait par conséquent de sa personne son contractant. Autrement dit, un Baskerville. Théoriquement, cette information aurait du être importante pour le membre de Pandora qu’elle était. Mais uniquement pour le membre de Pandora. Pour le moment, elle était Michiyo. Et elle ne voyait ce prénom, que comme le colocataire de Naaru. Rien de plus et rien de moins. Tout en restant dans cet état d’esprit, elle ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose.

« Si c’est ce fameux démon qui a fait le ménage et le rangement. Je ne suis pas contre le fait qu’il reste en vie le temps de venir s’occuper de mon appartement. »

Surtout qu’elle savait qu’il y avait vraiment peu de chance qu’un Chain issu d’un contrat comme on en faisait chez les Baskerville ou Pandora ne soit pour le faire de tuer son contractant délibérément. Après, tout, n’était-ce pas ces humains qui les maintenaient en dehors de l’abysse sans trop de soucis ? Autant profiter de la situation aussi pour lui faire comprendre que quelqu’un d’aussi propre que ce fameux Finn ne pouvait pas être tué aussi facilement. C’était tellement rare.  Surtout lorsque l’on savait que c’était un homme. Surtout ça. Il pourrait largement faire des heureuses ce Baskerville. Passant outre, elle espérait que le Chain se détendrait un peu, sinon, cela risquait de finir comme la dernière fois. Ce qu’elle ne voulait réellement pas. Triturant un peu la tresse qui cachait le suçon dans son cou. La jeune femme attendit qu’il se détende un peu. Par conséquent, elle attendit qu’il se calme de son propre chef. Pour ne pas avoir à devoir se mettre de l’avant pour qu’il pense à autre chose. Ce qui la fit se poser sur le dossier du divan, prenant son mal en patience. Dans le pire des cas, elle le laisserait déchirer cette couverture – sujet du pseudo litige- pour se changer tout seul les idées. Alors bon, ça n’allait pas non plus durer des heures.

Quelle ne fut pas surprise lorsqu’elle se sentie attirer par une poigne beaucoup plus forte que de toutes celles qu’elle avait connu. Manquant de la faire tomber, du fait de son côté un peu maladroite lorsqu’elle était prise de vitesse. La forçant à s’asseoir sur des genoux qu’elle connaissait à connaître. Ne pouvant bouger autrement qu’en se débattant. Dans un sens, la position n’était pas douloureuse et lui permettait de sentir l’odeur du jeune homme aux cheveux chocolat. Quelque chose dont elle n’avait toujours pas l’habitude. Qui lui procurait des frissons dans tout le corps et des papillons dans l’estomac. Quelque chose qui la rassurait. La reposait. Lui donnant envie de se lover contre son torse. Dans ses bras et de s’endormir en écoutant les battements de son cœur et sentir encore et toujours cette odeur qu’elle adorait tant désormais. Passer des heures comme cela ne la dérangeait vraiment pas. Fermant les yeux quelques secondes, elle tenta de retenir cette odeur pour qu’elle reste dans sa mémoire olfactive le plus longtemps possible. Ecoutant même ce que Naaru avait à lui dire. Cette même chose qui la fit se raidir soudainement. Et contre laquelle elle protesta fortement. Non. Pas un deuxième suçon. Un seul c’était bien suffisant. Surtout pour quelqu’un qui attacherait très souvent ses cheveux en queue de cheval pour son travail et qui laisserait donc, cette marque visible à qui voudrait bien la voir. Voyant déjà le regard de la plupart de ses collègues masculins. Tous aussi bêtes les uns que les autres. Les questions de ses collègues féminines, qui, comme toute femme, adoraient tout savoir sur la vie des autres.  Lui demandant alors avec quel homme elle aurait passé la nuit. Sauf que ce n’était pas une nuit.  Son nom.  Son prénom. Son âge si possible et savoir s’il était doué ou non. Les femmes sont vraiment trop curieuses. Avec un peu de chance, elles s’arrêteraient à son groupe sanguin. Avec beaucoup de chance alors. Se rendait-il compte des répercussions que ca pourrait avoir ? Oh, elle s’en ficherait si elle devrait rester enfermer chez elle. Mais là, ce n’était pas le cas. Quoi que non. Elle vivait avec le Chain le plus curieux et le plus bavard de toute l’Abysse. Sur le coup, Michiyo se demanda soudainement ce qui était le pire. Que tout Pandora lui pose des questions ou son compagnon d’infortune ? Optons pour le Chain.  Michiyo du attendre la suite de la conversation pour être rassurée. Et lui faire plaisir au passage. Par le simple fait qu’il voulait profiter de sa présence.

Michiyo lui répondit alors que s’il le faisait, il devrait attendre que toutes les marques disparaissent avant qu’il puisse de nouveau profiter de sa présence à ses côtés. Ca serait difficile, mais elle finirait par y arriver. Son raisonnement fut soudainement stoppé par une question de la part de Naaru. Si elle aimait ça ? Ses joues devinrent soudainement très rouges. Ce n’était pas désagréable comme sensation. Puis, elle avait l’impression qu’elle ne pouvait pas l’oublier grâce à cela. Mais dans un sens, ça piquait un peu. Et ca la gênait. Parce qu’en sa présence, elle devenait timide. Un peu trop peut être. Néanmoins, elle ne voulait pas l’avouer. Ce qui malheureusement, prouvait qu’il y avait beaucoup trop de non dits entre eux. La jeune femme opta alors pour sa phrase passe partout.

« J’aime plus ou moins. »

Il lui semblait l’avoir déjà utilisé auparavant. Pour une autre question dont elle avait complètement oublié le sujet et la provenance. C’était fou. Mais avec Naaru, elle ne se posait plus les questions de savoir ce qui s’était passé à tel ou tel moment. Elle les vivait à fond, tout simplement. Pourtant, elle rajouta au passage tout en se retournant, qu’elle avait enfin trouvé un moyen qui lui resterait en mémoire à défaut de rester sur son corps. C’était un peu fastidieux comme solution, mais dans un sens, cela ne lui déplaisait pas vraiment, c’était un pas de plus dans leur relation. Un pas qu’elle franchissait de son propre chef. Sans trop d’aide de la part du jeune homme. Même si elle lui devait le suçon. Ce qui était déjà beaucoup. Le ton qu’elle avait pris pouvait être signe de mauvais augure pour le jeune homme. Lorsqu’une femme possédant son caractère devenait soudainement aussi douce que la plupart des autres, c’était que quelque chose se préparait dans son esprit. Quelque chose, que l’homme devrait fuir le plus rapidement possible. Mais, le Chain n’eut pas du tout cette réaction. Ce qu’elle prit alors, pour un «  oui » de sa part. Elle avait alors carte blanche. Puisque, malgré le fait qu’elle ne le montrait pas. Michi ne ferait jamais quelque chose qui irait à l’encontre des décisions du brun. Histoire de ne pas le froisser.  Encore plus, lorsqu’elle capta son regard. Quelque chose de profond qui aurait pu la faire rougir si elle n’était pas concentrée sur ce qu’elle avait prévu. Passant ses bras autours de la nuque du Chain, elle commença donc ce qu’elle avait à faire. Autrement dit, l’embrasser et le mordre légèrement de sa mâchoire à la naissance de son cou. Quelques mèches de cheveux cachant son visage pour ne pas montrer qu’elle était peut-être la plus gênée des deux. Le sang avait afflué à une vitesse sur son visage. Rouge. Elle était très rouge. Des papillons lui faisaient délicieusement mal en dansant jusqu’au fin fond de son estomac. La position étant elle-même très équivoque. Puis zut, elle s’en fichait. Temps qu’elle était avec lui, tout était bon à prendre. La réaction du jeune homme la fit sourire. Il était véritablement beau. Mais surtout très sexy, dans tout ce qu’il faisait. Que ce soit naturel. Ou non. Surtout lorsqu’il prit la parole. Un frison couru le long de son échine. C’était la première fois qu’il utilise son nom de famille et cette même utilisation avait quelque chose de terriblement attirant en sortant de sa bouche. La réponse vint naturellement.

« Tu peux, ca ne me dérange vraiment pas. »

Non, elle n’allait pas lui mentir sur ça. Si certes, elle avait beaucoup du mal à lui dire réellement ses sentiments, ce n’était pas le cas de son attirance physique. Sur ça, même si elle rougissait très souvent, elle n’était pas en reste pour ce qui s’agissait des contacts entre eux. C’était encore très prude, mais cela n’empêchait pas le fait que ce soit en même temps un tant soi peu sensuel. Alors, qu’elle se relevait doucement, quittant cette douce odeur dont elle voulait imprégner ses vêtements, elle pu constater la crispation de Naaru. Michiyo se mordit alors la lèvre inférieure tout en faisant se déplacer l’une de ses mains de la nuque du brun, jusqu’à sa main devenue blanche. La posant simplement dessus pour lui montrer qu’il n’avait pas à s’en faire. La caressant doucement. Pourquoi se mettait-il dans de tels états ? Il était véritablement mignon. Comment pouvait-elle ne pas sourire face à ça ? Une idée lui vint soudainement pour qu’il puisse se détendre légèrement. Ainsi, elle entama le sujet tout simple sur le fait qu’elle avait encore son attache à cheveux dans la poche de sa veste. Il était vrai qu’elle ne s’en séparait que très peu au final. Une sorte de rapprochement. Michiyo n’y tenait véritablement plus. Comment a-t-elle pu autant s’attacher à un inconnu il y avait encore quelques semaines ? Les questions sans réponses devenaient de plus en plus lourdes à garder pour elle-même. Elle tomba de haut lorsqu’elle entendit un simple «  ok ». Bon bah. Ca tombait un peu à l’eau. La dernière solution était un rapprochement physique. Alors, elle se pencha une nouvelle fois vers lui, pour l’embrasser. Différemment des derniers. Plus profond. Elle se sépara de ses lèvres lorsqu’elle jugea qu’il était temps. Bien qu’elle n’était pas pour quitter les bras du jeune homme. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors que Naaru l’embrassait de nouveau. Un sourire qui disparu bien rapidement alors qu’elle fermait les yeux pour profiter des sensations qui affluaient soudainement en elle, alors que sa langue fut prise d’assaut par une autre. C’était la première fois qu’il l’embrassait comme cela. C’étai délicieusement bon. Alors, elle passa de nouveau ses bras derrière la nuque du jeune homme tout en laissant ses mains échouer lâchement dans les cheveux couleur chocolat. Tout en se serrant toujours plus contre lui. Approfondissant le baiser. Jusqu’à ce qu’ils soient contraints de se séparer à bout de souffle. Une nouvelle fois ses joues étaient rouges. Une habitude disait-on.

Néanmoins, le rire du jeune homme la fit se calmer légèrement. Depuis quand prenait-elle un baiser aussi au sérieux ? La membre de Pandora le regarda alors détacher ses cheveux sans prononcer le moindre mot. Voyons, qu’avait-il en tête cette fois ci ? La réponse lui vint malheureusement très vite. Ses cheveux bruns devinrent blancs comme la neige et elle devina avant même qu’il n’eut le temps d’ouvrir les yeux. Que ces derniers étaient teintés de rouge pendant qu’il lui expliquait qu’il voulait savoir si elle osait faire quelque chose comme les gestes précédents alors qu’il était sous sa forme de Chain. Tout son corps se raidit soudainement à cette vision. Non. Elle n’avait pas peur. Ce n’était rien. Il ne faisait rien. Rien du tout. Ne pas paniquer. Surtout pas. Sa bouche s’ouvrit pour répliquer quelque chose. Pourtant, rien ne sorti. Qu’aurait-elle voulu dire de toute façon ? Elle n’avait rien à répliquer. Rien. Alors, Michiyo referma la bouche. Cette pression lui fit soudainement mal. Elle voulait se débarrasser de cette vingtaine de kilos qui s’étaient amassés sur ses épaules. La question qu’elle voulu pourtant lui poser était pourquoi ? . Pourquoi faisait-il ça maintenant ? Alors que tout se passait bien à ce moment précis. Ses mains se posèrent soudainement sur les cuisses du jeune homme. Serrant le vêtement qui les recouvrait. Son cerveau commandita à ses membres de bouger. De montrer qu’elle n’avait pas peur. Ce n’était pas le cas malheureusement. Pas du tout. Ses bras étaient lourds. Elle n’y arrivait pas. N’y arriverait certainement pas maintenant.

Une nouvelle réplique de Naaru la ramena à la réalité. Si elle avait peur de lui ? Oui. Bien-sûr que oui. Il était l’un des Chain face auxquels elle s’était retrouvée impuissante. Dans un premier temps, parce qu’elle ne pouvait pas tuer son contractant pour le faire disparaitre. Mais aussi parce qu’elle était seule avec oui et qu’elle n’avait pas son propre compagnon sortant de l’Abysse pour la soutenir.  Qu’elle aurait pu y rester. Puis dans un second temps, parce qu’il était Naaru et que même à ce stade de leur relation, elle ne pouvait déjà plus lever la main sur lui. Parce qu’elle l’adorait déjà tellement. Fermant les yeux, elle serra les poings à s’en faire blanchir les articulations. Elle voulait fuir son regard à ton prix. Ne pas devoir le supporter encore plus. Sa bouche ne s’ouvrit pas pour autant. Le regardant une nouvelle fois. Elle ne savait que dire. Comment réagir. C’était à son tour de ne savoir que dire. Pourtant, ce n’était pas elle de se taire autant. Il fallait qu’elle réagisse et vite, sinon, elle finirait par se faire manger par le Naaru en face d’elle. Psychologiquement parlant. Néanmoins, aucun son ne sortit. Une nouvelle fois, c’était le silence de sa part.

Puis, le jeune homme aux cheveux bruns ajouta qu’il n’était pas différent du Chain à forme humaine qu’elle côtoyait en temps normal. Juste un changement dans les couleurs qu’elle pouvait notifier. Ah oui, ca elle le pouvait. Mais, c’était ça qui lui rappelait des souvenirs. Principalement des sensations. Cette peur qu’elle avait ressentie face à lui alors qu’elle était impuissante. Cette force qu’il avait décuplée. Devant cette phrase, un rire nerveux sorti soudainement de sa gorge. Pour mourir tristement. Elle passa alors sa main devant ses yeux, à l’instar de Naaru précédemment. Se cachant dur regard rouge de l’homme. Hasardeuse sa voix se fit de nouveau entendre. Ses yeux piquaient soudainement, comme pour s’expliquer. Tout son corps tremblait.

«Je suis idiote. Tellement idiote de penser comme ça. J’aimerais te dire que tu as tort. J’aimerais tellement. »

Puis, il ajouta qu’il ne lui ferait plus jamais de mal. La main de la jeune femme retourna à sa position initiale. Sur ses jambes. Ses yeux brillaient légèrement. Non. Elle ne devait pas pleurer. Parler. Mon dieu, il fallait qu’elle parle. Ce n’était rien. Rien de plus que… Naaru. L’homme qu’elle. Non. Elle ne devait pas le dire. Que pourrait-il bien penser voire même dire s’il ne le prenait pas correctement ? Sous cette forme, elle le savait capable de tout. Pourtant, elle voulait croire à sa promesse. Le fait qu’elle n’aurait jamais mal en sa présence. De sa propre main. Pourtant, il y avait un mais. Toujours ce fichu mais qui pourrissait toutes les relations. Serrant les dents, si fort, qu’elle fit saigner sa gencive, la jeune femme tenta de le croire. Il fallait y croire. C’était la seule chose qui pouvait faire qu’il n’y aurait plus d’ambigüité entre eux. Une nouvelle fois, elle tenta de le regarder dans les yeux pour avoir des réponses, tout en écoutant ce qu’il avait à lui révéler. Qu’il ne comprenait rien, même avec tout le courage dont il pouvait faire preuve. Qu’est ce qu’il ne comprenait pas ? La jeune membre de Pandora voulait bien tout lui expliquer. Mais il fallait qu’elle sache précisément quoi. Ne pouvant pas parler dans le vide. Le sang coulait légèrement dans sa gorge. C’était acre. Elle détestait ça. Si elle continuait à serrer aussi fort. Michiyo savait qu’elle finirait vraiment par avoir mal. La main du brun sur sa joue la fit soudainement sursauter.  Elle connaissait ce contact. Pourtant, elle voulait reculer. Reprendre ses affaires et partir. Mais. Mais si elle faisait ça. Ils ne pourraient jamais plus lui en vouloir. Parce que la contractante s’en voudrait. Mais surtout, parce qu’il lui en voudrait. Et c’était légitime.

Une phrase la fit revenir à la réalité. Elle le rendait fou. Et apparemment c’était dangereux. Au diable l peur. Elle venait de comprendre. Il avait véritablement besoin d’aide. Et elle, pendant tout ce temps, elle se contentait de poser des questions sans jamais donner de réponses. Elle n’était pas d’un grand soutien. Michiyo se rendit alors compte de tout. Non. Il ne lui ferait jamais de mal. C’était le moment pour lui faire confiance. Réellement l’aider. Affichant soudainement un sourire doux, la jeune femme posa une main tremblante sur celle qui était sur sa joue. En essayant de la serrer faiblement dans la sienne. Courage. Si elle voulait le délester d’un poids. Il fallait d’abord qu’elle lui avoue tout.

Tout.

« La folie peut être très douce, lorsque l’on cesse de se voiler la face. Et… Je serais présente pour t’aider. Parce que… »

Le reste de la phrase ne voulu pas quitter sa gorge. C’était douloureux à dire comme ça, soudainement. Parce qu’elle comprenait très bien ce qu’il se passait au fond d’elle. Ce qu’elle ressentait. Tout au contraire de Naaru qui n’arrivait certainement pas à l’interpréter correctement. Et elle, mon Dieu, elle, restait silencieuse sur tout. Alors qu’elle pourrait vraiment lui faire le plus grand bien en parlant. C’était le bon moment. Réellement. Fini les non dits. Pourtant. Parce qu’il y avait toujours un pourtant. Elle ne pouvait lui dire soudainement. Comme ça. A froid. Parce qu’il ne pourrait certainement pas l’entendre comme il faudrait. Mais aussi parce qu’elle n’était pas prête. Cherchant une solution, une idée lui vint soudainement, alors qu’elle retrouva la force de serrer la main du Chain un peu plus fort. Tout en finissant par se replacer contre lui. Posant sa tête sur l’épaule de l’homme pour atteindre son oreille et lui chuchoter quelque chose. Pour que seuls eux deux ne soient au courant. Leur secret. Jalousement gardé. Sa voix sortie alors de sa gorge. Tremblante. Incertaine.

« Tu te souviens du moment où j’ai du t’expliquer que l’on ne disait pas je t’aime à tout le monde pour des raisons particulières ? Après maintes réflexions, j’en suis arrivée à un unique constat. J’ai réuni toutes ces fameuses conditions. C’est un peu brouillon comme déclaration, j’en suis consciente. Mais le verbe aimer a pris tout son sens avec toi. Uniquement avec toi. Tu comprends ? »

Michiyo avait insisté fermement sur le «  toi » en le répétant deux fois. Il fallait qu’il comprenne à travers ses mots maladroits ce qu’elle voulait vraiment dire. Certes, la jeune femme aurait bien voulu l’aider un peu plus. Mais c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment. Désormais, c’était à lui seul de pouvoir le traduire comme il le comprenait. Les joues rouges, la membre de Pandora se nicha un peu plus dans le cou de Naaru. Pour les cacher. Pour se cacher. Parce qu’elle venait réellement de lui dire ce qu’elle ressentait. Elle l’aimait. Même si elle était incapable de le prononcer convenablement. Elle l’aimait. Michiyo Konoe était bel et bien amoureuse et cela la mettait mal à l’aise. Dans une bulle voire un monde qui n’était pas le sien. Relevant la tête quelques secondes, elle l’embrassa sur la joue avant de se cacher de nouveau. Un faible sourire apparu sur ses lèvres. Alors qu’elle prononçait doucement une phrase.

« Tu vois, j’ai réussi. »

Une phrase prononcée pour eux deux. Parce qu’elle avait réussi à surmonter sa peur en faisant quelque chose avec lui sous sa forme de Chain. Même si c’était minime. Réussi parce qu’elle avait pris les devants et avoué ce qu’elle ressentait pour Naaru. La véritablement signification du mot aimer avec lui. Réussi  parce qu’elle ne pleurait pas. Qu’elle n’était pas partie en courant pour fuir le plus loin possible. Non, parce que désormais, elle le laissait comprendre les choses. Lui dire ce qu’il pensait réellement. Michiyo était prête. Prête à essuyer un refus s’il le fallait. Mais aussi un retour de ses sentiments si c’était le cas. Naaru avait toutes les cartes en mains. Et elle lui faisait réellement confiance.

[A ton tour de s’amuser avec ça ! Et oui, je l’ai fais ♥]

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   20th Août 2013, 12:31

La porte avait été ouverte après quelques minutes de pénible attente. Et puis, la situation s'était lentement fait plus sereine, plus sympathique pour terminer par redevenir celle qu'elle avait toujours été. Et qu'était-ce ? Un jeu ? Une taquinerie constante entre les deux personnes ? De dangereuses attractions pouvant rendre bien plus addictif qu'un drogue. Car au final c'était un peu ça. Récemment, le besoin d'avoir la présence de la demoiselle s'était faite plus pressante, même s'il n'osait pas faire le premier pas. Nana voulait la voir auprès de lui, à se parler comme si le monde ne tournait plus. À s'embrasser et à s'enlacer sans s'arrêter. À se prononcer des mots doux dans l'oreille et à diverger d'opinions. C'était le sel qui venait pimenter son quotidien. Il n'avait plus besoin de faire les cent pas, de sortir dehors à la recherche d'une occupation journalière. Tout tournait autour d'elle. Il n'y avait qu'à pousser la porte de sa maison et alors elle se trouvait face à lui, rayonnante. Un petit soleil en bouteille. C'était niais de penser de la sorte, mais après tout le chain était un grand enfant. Et il avait conscience, ou tout du moins était persuadé que ce n'était que ce reflet là de sa personnalité qui l'entraînait à chercher toujours plus loin à se lier à cette dame. Pire même, il était persuadé qu'entre eux ce n'était qu'une profonde amitié. Mais il ne cherchait pas à savoir. Non, en fait, il ne cherchait pas à le savoir de lui-même. Il ne lui poserai pas la question, même si elle l'intéressait. Ce bonhomme était un concentré pur de paradoxe, changeant d'avis et d'humeur à chaque seconde. En cela il était imprévisible. En cela il était fort dangereux de le côtoyer au quotidien. Et pourtant, il était persuadé que rien ne changerai entre lui et elle. C'était tant encré en lui qu'il n'en doutait même plus, et que ça le rendait malade quelque part.

Quoiqu'il en soit, la demoiselle s'était rapidement sentie chez elle, au plus grand plaisir du brun. Il avait dans un premier temps eut peur qu'elle se sente mal à l'aise, mais dès le premier pas franchit, il avait rapidement compris que son inquiétude était infondée. Alors il souriait. Même s'il ne le montrait pas forcément, tout son être était infiniment heureux. Il réagissait aux paroles et aux gestes de Michiyo, comme il l'avait toujours fait. Il n'y avait strictement aucune raideur entre eux. Aucune distance. Et d'aussi loin qu'il s'en souvienne, le garçon s'était toujours trouvé proche de la dame de Pandora, même au tout début. Ça le rendait heureux. Simplement heureux.

La demoiselle aux cheveux bleus s'était permise quelque familiarités avec le chain, et s'en était suivi une discussion pour le moins étrange. Le cou. Ah, cet endroit était le point sensible du garçon, comme probablement la plupart des personnes. C'était un endroit où il n'y avait pas beaucoup de chair, et il fallait dire que peu d'ennemis possédaient le pouvoir d'atteindre cette partie, contrairement au ventre et au dos, par exemple. En cela le garçon trouvait cette minuscule morsure assez douloureuse. Ou bien faisait-il passer ça de cette manière afin de cacher un quelconque trouble, plus profond et plus gênant. Quoiqu'il en soit, ce fut avec douceur que la demoiselle se hissa sur la pointe des pieds pour embrasser le chain. Sur la joue. Tout à fait. Cela eut d'ailleurs le mérite de programmer instantanément une moue boudeuse sur son visage. C'est qu'il en devenait avare, des baisers. La phrase qui suivit poussa le chain à s'exprimer encore davantage. Un chat ? Il ressemblait à un chat ? Les expressions et lui, ça faisait deux. Il prenait tout en sens premier, et cette drôle de métaphore lui était resté en travers. L'espace d'un instant, sa bulle se referma et il songea au petit chat qu'il avait rencontré chez Michiyo. C'est vrai qu'ils s'étaient bien entendus. Ou tout du moins supportés. Mais il n'était pas tout à fait sûr que c'était ce dont parlait la jeune femme. Bref, il préféra ne pas notifier longuement cette phrase et se remit à alors lui sourire tout en embrassant son front à son tour.

Et puis, après avoir fait un tour de l'appartement, la jeune femme s'était posée dans un coin tandis que le chain visitait une première et dernière fois sa chambre, parfaitement impeccable. Forcément, le démon de maison, alias Finn Baskerville, était passé par là, au plus grand déplaisir de son abominable chain. C'était une constante guerre entre eux. Chaque bataille gagnée était synonyme de défaite prochaine. Finette rangeait, Nana déblayait. Un point c'est tout. On ne pouvait pas dire qu'il s'ennuyait. Pourtant, le brun ne s'était pas tant formalisé sur la chose. Il avait simplement viré sa couverture avec violence, pour montrer un signe de son passage. Diffus, et c'était bien ça le problème. Michiyo. Elle était là, et par sa seule présence, elle parvenait à calmer les ardeurs d'un chain aux abois, prêt à déchirer le rouleau de WC dans toute la pièce pour marquer encore une fois son problème avec le rangement. Il tenait en place. Et ça l'énervait quelque part. La jeune femme s’était alors une nouvelle fois exprimée, faisant tomber son interlocuteur de très haut. Quoi ? Avait-il bien entendu ? Elle était prête à faire venir un Baskerville chez elle pour ranger son chez soi ? Non, en fait ce n'était pas ça, le pire du pire. Elle était surtout prête à rendre son appartement aussi propre qu'ici. Et ça, c'était la chose la plus affreuse pour Nana. Chez Michiyo, c'était bien rangé. Mais c'était joli. Il y avait déjà cette touche féminine totalement absente chez les deux hommes. Et puis, il y avait un journal trônant sur un table. Une chose qui montrait que quelqu'un était en vie dans cette maison et qu'il y avait de l'animation quoi. Pas comme dans son appartement aussi livide qu'un... non, il n'y avait même pas de ressemblance à trouver. Cet homme était un vrai démon, et un jour Nana irait péter un câble en sautant du haut de l'immeuble. Voilà. Il avait des tendances suicidaires et meurtrières. Alors voilà, il ne pouvait rester silencieux face aux paroles de sa très gentille compagnie. Lançant un visage on ne peut plus suppliant, il murmura péniblement ces mots.

-Par pitié, ne l'emmène pas chez toi. Il va détruire toute la joie et le naturel qui règne dans ton appartement.

C'était un peu ça. Nana aimait le bordel, car cela montrait un peu la vie de la personne. Bon, c'était à une dose on ne peut plus excessive pour ne pas dire carrément abusée, mais c'était sa manière de s'exprimer. Il ne dessinait pas, il n'écrivait, il ne peignait pas et s'amusait en la simple présence d'une personne. Alors, il fallait bien qu'il s'occupe lorsque la flemme le clouait au lit et l'empêchait de sortir. Il mettait le bazar. Tout simplement. Ça suffisait à son bonheur, et au malheur de son contractant qui au final, finissait par rendre le chain encore plus heureux. Assez compliqué en somme.

Il s'était assis par la suite et avait presque -totalement- forcé la dame à venir s'asseoir sur ses genoux. Ce n'était pas une habitude, mais c’était plaisant. Comme elle était plus petite que lui, il n'avait pas trop besoin de lever la tête. Et au moins, elle pouvait l'embrasser comme elle voulait et réciproquement, ce qui jouait en fait un grand rôle dans la volonté de prendre cette position. C'était devenu une vilaine habitude. Vraiment vilaine. Tellement vilaine qu'elle exerçait son rôle principal, à savoir donner envie. Et ça marchait à merveille. Le chain avait envie de sentir sa peau contre la sienne, comme s'il n'y avait aucune barrière entre eux. Il ouvrait sa bulle pour y laisser passer la seule femme au monde capable de lui faire ressentir tant de choses. Il humait le parfum de cette dernière en posant son menton près de son cou à elle. Riait en écoutant ses réflexions et souriait lorsqu'il la voyait rougir. Il l'observait le menacer de choses probablement insurmontables sous le prétexte d'un simple suçon supplémentaire. Naaru n'aurait pas été dérangé pour le faire. En fait, s'il ne s'était pas un minimum maîtrisé, il aurait tout aussi bien pu exécuter ses pensées, au plus grand déplaisir de la demoiselle. Mais justement, était-ce tant la froisser que cela ? Rapidement, la question s'était faite plus oppressante, à tel point que le brun s'était contenté de la poser à l'oral.

Et puis, il souriait une nouvelle fois. Les yeux fermés, la tête dans le cou adverse, il souriait comme un petit démon. L'envie lui prit d'embrasser ce dernier, mais il n'en fit rien. Qui sait, elle aurait pu mal le prendre. La phrase qu'avait prononcé Michiyo lui donnait envie de pousser le bouchon un peu plus loin, mais une nouvelle fois il s'en retint. Plus ou moins. On ne pouvait pas dire que cela était très explicite. Elle restait toujours campée sur ses positions, des positions bancales et incertaines. Mais c'était aussi ce qui amusait le grand garnement. Ce flou qui régnait probablement dans son esprit donnait envie au chain de la questionner encore et encore, jusqu'à plus soif. Jusqu'à ce qu'elle ne s'exprime non plus oralement mais physiquement, par un petit baiser ou une moue tout simplement adorable. Il l'adorait, après tout. Le jeune garçon s'exprima alors une nouvelle fois, en proie à un violent rire qui se fit entendre dans son ton de voix.

-C'est plus ou c'est moins. Pas les deux sinon c'est de la triche.

Si elle s'était trouvé face à lui, il se serait même permis de lui tirer la langue d'un air farouche. Ça l'amusait de la voir tiraillée entre deux extrêmes. Parce qu'il ne se sentait qu'à moitié concerné d'une part, et puis parce qu'elle pouvait être une grande actrice par moment. Et Nana était sans aucun doute son plus grand fan. Peut-être qu'en fin de compte, Naaru ne riait-il uniquement lorsqu'il se sentait hors de la situation. Lorsqu'il en devenait le personnage principal, c'était à lui de jouer le grand acteur de cinéma et de s'exprimer du mieux qu'il pouvait, sans le désirer. C'est notamment pour cette raison que le chain s'était trouvé dans tous ses états lorsque Michiyo, après s'être débattue pour se retourner face à lui, avait entrepris aussi vite de lui faire subir les représailles de son suçon. Ou peut-être n'était-ce qu'une excuse. Après tout, le brun s'en fichait. S'en fichait jusqu'à subir la représailles en question. Des baisers, des morsures, autant de choses apposées sur le cou qui rendirent le garçon gêné, profondément gêné. Comme quelqu'un à qui on faisait découvrir de nouvelles choses et qui n'était pas vraiment sûr de la position à adopter. Aimer ? Tout son corps le demandait. Par des frissons, de drôles de picotements dans son cou après le passage des douces lèvres. Et puis, Naaru était un dilemme ambulant. Détester. Il se refermait sensiblement à chaque nouvelle chose. C'était trop dur pour lui de tout subir à la fois. C'était un éternel recommencement vers un futur plus riche. Mais la demoiselle semblait s'y être fait, à son plus grand bonheur.

Et puis, n'ayant d'autres choix, le garçon l'avait prévenu de se méfier de ses envies à l'avenir. Il était capable de s'y habituer, même à ça. D'en demander aussi. De le faire aussi très certainement. Et en s'exprimant ainsi, Naaru s'était en quelque sorte attendu à une réponse gênée de sa part. Au final, ce fut lui le plus gêné des deux. Ça ne la dérangeait pas. Vraiment pas. Son regard était en parfaite adéquation avec ses mots. Elle ne les avait pas pesées, rien. C'était un pur concentré de vérité. Et face à ça, le chain fut déstabilisé. Elle était aussi honnête que lui. Il s'en trouvait soulagé et perplexe, parce que peu de personnes s'étaient un jour adressé à lui de la sorte.

L'embarras s'était donc emparé de lui, et il n'avait accordé que peu d'attention aux dires de la demoiselle. En temps normal, ça n'eut pas été le cas. Il n'oubliait pas qu'une attache à cheveux n'était plus à sa place, et que cette attache à cheveux était bien plus importantes que son lit ou sa couette. Elle était jolie et ses deux petites perles étaient fines et radieuses. L'attache en elle-même était plutôt féminine, bien loin du personnage qui le portait. Au final, peut-être était-elle destinée à être portée par la demoiselle, qui sait. En tout cas, tous ces mots n'avaient pas fait écho dans son esprit, bien trop centré sur les récents événements. Un « ok » faible et sans intérêt s'était alors dégagé de sa bouche, avant d'être lentement happé par une autre. Ça, déjà, ça le réveillait un peu plus. Il avait toujours été assez tactile, mais lorsqu'en plus c'était elle la cause de ceci, le chain ne pouvait s'empêcher d'y répondre. Un moment de silence, dans le silencieux appartement. Un échange et puis un deuxième, forcé par le garçon. Une drôle de sensation poussant ce dernier à franchir la barrière adverse. À fermer les yeux et ressentir tout cela dans un méli-mélo incompréhensible mais agréable. Il inspira, expira puis inspira une nouvelle fois, tâchant de garder un maximum de souffle. Il aurait pu continuer longtemps ainsi. Il aurait pu se contenter de ne plus respirer et de poursuivre ainsi éternellement mais tout semblait plus vrai lorsqu'on respirait. Ce n'était pas Naaru le Chain dépourvu de sentiments, c'était Naaru, tout simplement. Un garçon un peu particulier qui ne demandait qu'à être aimé. Ils s'était alors séparés en reprenant leurs souffles respectifs.

La rougeur était monté aux joues de la demoiselle, ce qui avait déclenché une crise de rire chez le plus âgé. Non pas de moquerie, mais plus de douceur. Il aimait la voir s'exprimer ainsi, bien loin de leur toute première rencontre, pas si lointaine que cela. Il posa sa main sur la joue de la jeune femme, et sentit cette chaleur qu'il appréciait tant. Elle était à la même température que lui, maintenant, et il s'en trouvait fort aise. Néanmoins, la gêne persistait dans son regard à lui et il finit par n'avoir d'autre choix que de faire appel à sa forme de chain. Ah c'était tellement plus facile de jouer comme ça. Il savait qu'il lui faisait peur, et c'était un bonheur assez malsain dirons nous. Il se savait protégé. Il n'était plus exposé à des dérives faciales plus que perturbantes. Il n'y avait plus rien capable de le détrôner de ce visage neutre, parfois agrémenté d'une certaine vivacité dans son regard. Car c'était cela. Son regard parlait pour lui. Il suffisait de le regarder en face pour lire toutes ses émotions, tellement plus profondes que sa forme humaine. Naaru était un chain. Et quelque part, s'il se taisait la plupart du temps, il avait de plus en plus de mal à supporter la peur naissante de sa vis-à-vis. Il avait l'impression de ne pas être lui-même. Pas entièrement tout du moins. Il fallait qu'elle l'accepte complètement. C'était dur. Il le savait à l'instant même où elle se rendit compte de sa nouvelle forme. Où elle lui jeta ce regard si particulier. S'il n'en laissait rien paraître, si ce faciès neutre occupait toujours son visage, en revanche ses yeux s'exprimèrent encore plus. Il était triste. Triste d'avoir en incompétent déclenché une telle frayeur dans son visage. Il eut aussitôt l'envie de lui montrer sa forme humaine, de la rassurer, de la prendre dans ses bras et de l'embrasser encore et encore en lui promettant de ne jamais recommencer. Mais le chain n'était pas un menteur et tout comme il la sentait s'évertuer à connaître bout par bout son passé, lui voulait qu'elle s'habitue par couches successives à ces yeux tranchants comme le métal et à ces cheveux décolorés. Et puis, surtout qu'elle apprenne à lui faire, tout du moins refaire confiance. C'est vrai, il s'était conduit comme un idiot. Son premier souvenir devait forcément s'arrêter à son brusque changement d'état, à cette volonté de tuer qui émanait alors du corps du chain. Et pourtant, pourtant il y avait eu un précédent. C'était aussi cette forme et cette force qui les avait sauvé tous les deux. C'était aussi là qu'ils s'étaient enlacés pour la première fois, et qu'elle avait agrippé ces vêtements. Mais sa bêtise était venue gâcher le tableau et maintenant elle ne se souvenait plus. Ça le peinait terriblement.

Il ne se tut pas. Il poursuivit inlassablement ses paroles, jusqu'à n'en plus pouvoir. Il délaissa ce flot de mots, sans se retenir. Il ne pensait plus à rien. Sa bulle englobait Michiyo, et il n'y avait qu'elle. Il voulait des réponses. D'elle. Il voulait entendre sa voix, se rassurer. Alors peut-être se tairait-il. Mais c'était encore trop tôt. Il ajouta sans ciller qu'il n'avait aucune différence avec sa forme humaine. Ce qui, psychiquement parlant, s'approchait de la vérité. Tout résidait dans le physique. La force, la forme, la couleur, l'immobilité. Il ressemblait à une statue humaine et pourtant tout se bousculait dans sa tête, tant et si bien qu'il ne pouvait ralentir ce flot d'expressions. Elle s'écoulait par cascade de ses yeux et de sa bouche sous divers formes. Et cela ne tendit pas à s'arranger alors que la jeune femme passa son bras devant ses yeux afin de se cacher à sa vue. Il sourcilla enfin, chercha en vain le regard qui s'était enfui à sa vue. Qu'avait-il encore fait ? Était-il trop direct, encore une fois ? C'était un trait de sa personnalité, pourtant. Il ne pouvait s'en vouloir. Il changerai quelques choses à son comportement, mais cela ne pouvait changer. C'était un tueur, et les tueurs ne réfléchissaient pas avant de tirer. Point.

Cet avis tendit cependant à changer lorsqu'il l'entendit rire nerveusement avant de prononcer d'une voix peu assurée quelques mots hésitants. Tort ? Alors c'est ce qu'elle pensait. Il n'était pas la même personne pour elle ? Mais qui était-il alors, sinon Naaru Irwin ? Il n'y avait pas deux entités dans son corps. Il y en avait une plus réactive que l'autre, mais l'eprit restait le même. Les sensations restaient les mêmes. Les sentiments aussi. Il lui annonça qu'il ne lui ferait pas de mal. Alors, elle le regarda de nouveau. Il y avait dans son regard une surface assez lumineuse. Elle était au bord des larmes. Le chain ne sut que faire. Continuer. Il allait continuer. Cette femme était la plus forte qu'il n'ai jamais connu, et même si elle se pensait idiote, Naaru la pensait bien plus clairvoyante que n'importe qui. Non, elle était vraiment quelqu'un sur qui l'homme pouvait compter. Alors, il poursuivit et lui fit enfin part de ses craintes. Elles étaient là, au fond de lui. Il était temps de lui en parler, même de cette façon. Floue, tout comme elle. Tout était flou dans son esprit. Et ces réponses n'arrivaient pas. Sa dernière phrase s'échoua en écho. Il se tut. Attendit. Ses yeux ne quittèrent pas ceux de sa vis-à-vis et il inspira profondément, pour reprendre un souffle dont il n'avait pas besoin. Il était résolu à tout entendre, même un profond silence. Le chain ressentit alors une main sur la sienne. Son regard se radoucit. C'était un début. Elle était tremblante, mais elle bougeait. Tout au contraire du garçon. Sans doute ne respirait-il même plus. C'était impossible à dire. Un silence, une nouvelle fois. Moins pesant. Il sentait qu'elle allait parler et ça le rassurait.

Jusqu'à tout du moins en entendre les paroles. Encore du flou. Toujours du flou. Des phrases incomplètes, des mots au sens incompris du chain. Une folie douce. C'était comme lui annoncer que la torture puisse être agréable. Inconcevable. Il devait cesser de se voiler la face. Mais comment ? Comment pouvait-il cesser tout cela s'il ne savait même pas pourquoi cela se produisait ? Dans le cas présent, il lui était impossible de ne pas se voiler la face. Il la voyait face à lui, les yeux remplis de larmes attendant un simple « bouh » de sa part pour couler. Comment pouvait-il rester de marbre -même s'il le faisait à merveille- alors qu'il ressentait tant de choses sans pouvoir se les expliquer ? Était-ce si dur d'avoir des réponses ? La déprime était la seule solution possible pour le calmer.
Malgré tout...

il y eut une suite. Michiyo s'approcha de son oreille et lui murmura un long discours. Le discours le plus brouillon et pourtant significatif de toute son existence. Elle lui remémora tout d'abord une vieille histoire. Leur histoire à tout les deux. Le jour où il s'était exprimé ouvertement et lui avait déclaré un « je t'aime » poussé. Il se souvenait aussi de la dureté qu'avait alors employé la jeune femme pour lui faire comprendre quelques détails. C'était amusant, le chain se souvenait de tout cela, lui qui avait tendance à laisser le passé là où il était. C'était une première. Ses yeux se plongèrent dans une espèce de nostalgie. Repensant lentement à tout ceci. Jusqu'à ce que du moins la demoiselle n'enchaîne rapidement sur d'autres faits. Ou plutôt n'en rappelle la suite des événements passés. Réunir toutes les conditions. Cette discussion remontait un peu trop pour permettre au chain d'en reconnaître toutes les paroles précédemment prononcées. Néanmoins, quelques unes d'entre elles lui revenaient noir sur blanc. L'envie d'être tout le temps auprès de cette personne. De rire et de sourire pour rien. De voir et sentir battre son cœur la chamade. Ce furent les uniques souvenirs de la tirade de la demoiselle ce jour-là. Les seuls enseignements gravés dans la tête du chain. Mais surtout, si le garçon gardait le silence à présent, c'était pour la suite. Encore cette suite. Aimer.
Son cœur rata un premier battement, et la surprise se lit indubitablement sur son visage.
Elle insista sur lui. Il n'y avait que lui.
Alors son petit cœur bien malmené effectua un deuxième soubresaut. Il n'eut pas le temps de songer à ce qu'il ressentait, ça s'imposait à lui sans lui demander son reste. Il n'eut ni le temps ni la force de masquer cette expression. Ses joues se teintèrent alors brutalement d'une rougeur sans précédent, envahissant en un temps record tout son visage, contrastant avec la pâleur de ses cheveux. Il détourna les yeux, subitement incapable de prononcer un seul mot. Il passa une main devant son visage, comme pour se cacher de tout le monde. Mais il n'y avait qu'elle. Son corps bouillonnait furieusement, et il se serait volontiers déshabillé. Naaru sentit sa gorge sèche alors qu'il voulait s'exprimer. Résultat, un râle presque inaudible s'extirpa de ses lèvres.

-Mais... pourquoi ? Je veux dire, tu...

Comment peux-tu me choisir, alors que nous ne nous connaissons pas, alors que je suis un chain. Je ne te mérite pas. Tu n'as pas besoin de dire de choses aussi embarrassantes pour me sortir de ma torpeur. Et si c'était un mensonge. Tant de choses se bousculaient dans son crâne. Peu de questions possédant une réponse. Il n'y croyait pas. Tâchait de ne pas comprendre alors qu'au final il écoutait. Aimer, être amoureux. Être amoureuse. Est-ce que c'était vrai ? Malgré tout ça, malgré cette peur et ces yeux, elle lui faisait une déclaration d'amour ? Vraiment ? Le chain refusait d'y croire. Pire, il était prêt à tout rejeter. Parce que dès lors tout prenait un sens. Il avait beau être un chain et apprendre toutes les relations dans des livres, quelque part ces embrassades et ces touchers prenaient une autre envergure. Et ça, ça ne fit qu'endurcir son visage rouge. Il ne pouvait vraiment rien lui cacher. Ça avait été trop subit. Il n'avait pas eu le temps de se préparer à la réponse, ni même à la façon de réagir. Son cœur battait la chamade et il n'était pas en capacité de s'en occuper. Son cerveau lui commandait bien d'autres choses. Il repensait à tout ce qu'il s'était passé entre eux. Ce n'était plus en jeu entre eux depuis longtemps. Ça s'était concrétisé trop rapidement. Il avala sa salive. Était-il seulement prêt. Il aurait préféré ne pas savoir tout ça. Pourquoi diable s'y était-il intéressé ? Ils auraient pu continuer ainsi encore plusieurs mois, ou même années. Sans se douter de rien. En continuant leurs vies respectives tout en se voyant comme deux amis. La relation prenait une toute autre allure. Malgré toute cette répulsion, Naaru ne pouvait s'empêcher de montrer des signes extérieurs de faiblesse, signe évident d'une réponse on ne peut plus criante. Il accueillait cette phrase avec joie, car même s'il se permettait d'en douter encore maintenant, le chain se sentait véritablement indispensable. C'était sans doute un grand mot, mais cela lui était d'un profond réconfort. Sensation nouvelle et accueillante.

Puis, la surprise passée, le chain reprit des teintes plus adaptées à sa forme, même si son trouble perforait encore terriblement son visage, l'empêchant de se saisir de ce masque habituel. Naaru en arriva alors à la question principale. Qu'en était-il de lui ? L'interrogation souleva grandement son esprit. La réponse était claire et nébuleuse à la fois, pour la simple et bonne raison qu'il n'en savait rien. Il ne pouvait mettre de mots sur ce qu'il sentait. Actuellement c'était de la joie certes, mais il ne parvenait pas à trouver quelque chose. Pourtant, tout semblait se prêter à la chose. Son cœur battait à tout rompre, il riait et souriait pour rien et surtout, surtout, il était emplis de sentiments indescriptibles. De brusques chaleurs envahissaient son corps à intervalles irréguliers, sans crier gare, mais ça ne lui était curieusement pas déplaisant. Il inspira une nouvelle fois, mais cette fois-ci, cette respiration fut saccadée. C'est qu'elle lui avait drôlement échauffé le cerveau, cette demoiselle. Il ouvrit la bouche. Il fallait qu'il lui réponde. Ce silence durait depuis trop longtemps à présent. Il était temps de lancer le deuxième acte. Tout du moins fallait-il terminer sur une note harmonieuse. Et le garçon n'y arrivait pas. Il avait beau ouvrir la bouche et la refermer, les mots ne parvenaient pas à sortir. Alors, sans crier gare, il rit. Rit de sa propre bêtise. Rit d'eux deux. Sa nervosité était à son paroxysme, mais il gardait un sang-froid hors du commun. Cette esquive lui permit alors de s'exprimer.

-Je suis pathétique. Moi le grand bavard, je suis incapable de te sortir la phrase tant attendue.

Non, il n'y arrivait pas. Il avait peur. Tellement peur. Il ne tremblait pas, non. Mais il était effrayé par ces mots qu'il était parvenu à sortir d'une manière aussi naturelle précédemment. Mais justement, c'était avant. Là, brusquement, ces mots avaient pris un autre sens, une autre tournure. Et parce qu'il n'était sûr de rien, il ne pouvait pas s'avancer. Il ne voulait la décevoir. Le chain chercha alors une autre façon de parler. Sa réflexion le poussa à se pencher sur le côté pour tomber lourdement, le dos sur le siège du long canapé, entraînant la demoiselle dans sa course. Il regarda alors droit devant lui, visualisant quelques mèches de cheveux bleus lui tombant en travers de la figure et ces yeux. Il ferma alors les siens. Ressentit la proximité de leurs deux corps, mais n'en fut guère gêné au final. Il sourit, sous cette forme si effrayante. Il avait trouvé.

Ouvrant une nouvelle fois ses yeux rouges, il passa une main derrière l'oreille de la demoiselle pour dégager une mèche qui lui barrait la vue et, une fois persuadé d'avoir l'entière attention de la demoiselle, il lui lança le regard le plus doux possible. Un sourire s'accorda à cette attitude, pour lors encore jamais opérée à ce niveau. Naaru ancra encore quelques secondes son regard dans le sien puis se décida à parler, avec ce même ton de voix qu'avait employé Michiyo pour lui adresser sa déclaration.

-Alors laisse-moi te le dire avec mes mots. -il inspira avant de peser chacun de ses mots, pourtant légers à entendre- Tu... es le seul petit morceau de sucre que je prendrais le plus grand plaisir à savourer, encore et encore. J'ai besoin de toi. Juste de toi.

C'était probablement la première et dernière fois qu'il racontait ça avec ce ton-là. Ça ne le ragoûtait pas plus que ça de parler de sucre dans un moment pareil, mais c'était justement ça le comble de la chose. Il connaissait son aversion pour toute forme de sucreries et confiseries. Alors il souhaitait qu'elle sache vraiment qu'elle était unique à ses yeux. Ce ne serait peut-être qu'à ses yeux, mais pour lui c'était déjà bien assez. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre ressente la même chose que lui pour elle. C'était une belle forme de jalousie, si tant est que le chain connaisse ce mot. Il voulait aussi lui signifier qu'il n'était pas encore tout à fait certain de ses sentiments, tout simplement parce qu'il en ignorait le sens. Mais le temps ferait les choses, et c'était un gros mur qui venait de s'effondrer en cet instant. Le garçon attendit encore de longues minutes et soupira alors en reprenant forme humaine. Cette dose de réaction l'avait vraiment épuisé.

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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   2nd Septembre 2013, 07:26

Dire les choses en face d’une personne comme elles étaient, relevait en général d’une bonne dose de courage et de savoir faire. Ne pas mentir en était une toute autre. Il fallait pourtant, savoir concilier les deux pour réussir à dire quelque chose de bien une fois de temps à autre. Que ce soit une bonne chose ou non de toute façon. Dans un premier temps, il fallait bien réfléchir, pour ne pas froisser la personne par des propos ou a contrario, lui faire croire de mauvaises choses qui pourraient changer une relation d’une minute à l’autre. Que ce soit à cause d’un bonheur causé par un sourire de trop. Ou de larmes coulantes par un tremblement banal dans la voix. Cette partie prenait les trois quart du temps de préparation. Parce qu’il fallait vraiment penser à tout. En fonction de la personne en question. De sa sensibilité et de sa façon de voir le monde. Principalement pour cette fameuse façon. Ses interprétations si différentes des autres la plupart du temps. Du passage d’un sourire aux larmes et en quart de micro seconde. D’un rire qui peut cacher tellement de chose. Non. Il ne faut surtout pas hésiter sur le moindre mot, sur la plus petite expression. Etre capable de tout balancer avec l’expression parfaite. C’est toujours la meilleure chose à faire de toute façon. Quitte à se préparer pendant des jours. Il faut la perfection. Coûte que coûte. Quoi que. Il faut aussi être capable de voir si l’individu en question ne va pas voir la préparation derrière tout cela. Tout est une question de réflexion. En général, lorsqu’il s’agit d’une rupture, autant prendre son temps, mais montrer aussi qu’il y a une très grande réflexion derrière cette difficile décision. Et nous tout simplement un coup de tête pour une serveuse blonde à forte poitrine à qui on aurait promis monts et merveilles sans raisons apparentes. Le répéter une fois de temps en temps avant le jour J ensuite. Se dire que c’est mauvais. Puis tout recommencer encore et encore sans savoir se décider.  Se jeter à l’eau. Tout rater et ne rien pouvoir recommencer de nouveau. Voici ce qui se passe en général dans ce genre de déclaration.  Quelles soient positives ou négatives. Généralement négative pour tout avouer. Certains, ne prenaient même pas la peine de le faire face à la personne concernée. Ce qui, pour tout avouer, n’est que le minimum pour prouver qu’il existe une once de responsabilité, mais principalement de respect pour la personne. Alors, il ne leur reste que deux choix possibles, sans compter les variantes, bien évidemment. La première, étant de fuir. Loin. Sans chercher à se retourner. Pour ne jamais. Oh grand jamais n’avoir à répondre de ses actes devant qui que ce soit. Celle-ci étant la plus grande solution faisant appel à la lâcheté existante. Il faudrait alors que le motif soit réellement grave pour réussir à faire un aussi gros tour de force dans ce domaine. Comme une tromperie inavouable. Du genre, être le père biologique des triplets de la boulangère. Ou d’un nombre incalculable de bambins pleurnichard à travers la ville. Ca c’est une bonne raison. Voire le meurtre inavouable de la belle mère, déguisé en magnifique accident dans les escaliers. Sinon, ce n’est vraiment pas une bonne raison pour ce genre de comportement. Dans un registre très similaire il existe la raison «  détournée ».  Autrement dit, la lettre. Le facteur. Ou l’intermédiaire. C’est bête et méchant. Parce que c’est devoir regarder la personne dans les yeux, toute la journée. Lui murmurer des promesses on ne peu plus alléchantes. Pour au final, le soir venu, rédiger les mots qui feront mal pour finir par les déposer sur le lit ou dans un endroit où la demoiselle aurait la possibilité de tomber sur le petit papier. Voire même tout simplement de s’asseoir en cas de choc post-lecture. Faut-il dire que le niveau de ses mots est souvent très élevé dans la connaissance de la bêtise humaine. Le créateur doit bien rire de son petit jeu de passe – passe. Puisque les mots sont bateaux. Les excuses toutes aussi floues les unes que les autres. L’encre est de mauvais qualité, mais en plus trop mal utilisé pour donner quelque chose de vraiment lisible pour la personne. Qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe soit dit en passant. Ce sont de vulgaires mots. Sans sentiments. Sans plus d’explication. Une rupture banale. Que faire des ces cas précis ? Ne rien dire ? Se laisser aller à la colère et aux ressentiments d’un tel manque de courage ? Répondre ? Non. Ce n’est pas du tout une bonne idée. Autant rester la tête haute. Il ne faut pas se laisser aller aux jeux des enfants. L’utilisation de ses simples stratagèmes n’est que la preuve que ce n’était pas la bonne personne. Qu’elle ne le serait certainement jamais la bonne de toute façon. Pourtant. Oui. Pourtant. Il existe une chose encore plus difficile à dire en face à face. Un jeu difficile à jouer. Une déclaration.

Et ca. Michiyo ne pouvait le nier. C’était affreusement difficile de faire preuve d’une telle dose de courage. Mais surtout, de confiance en soi. Comme sauter du haut d’une falaise sans sécurité, en pensant véritablement que l’eau serait suffisante pour amortir la douloureuse chute. Que son corps sera assez fort pour résister sans se briser en millions voire des milliards de petits morceaux. Ou alors, pour que la mort soit si rapide, qu’elle n’en soit pas douloureuse. La jeune femme se sentait comme au sommet de cette même falaise. Prête à faire le grand saut. Reculer. Avancer. Mettre un pas dans le vide. Reculer de nouveau. Elle se sentait tellement incertaine face à se regard vert qu’elle aimait tant. Mais le résultat était tellement incertain aussi. Elle pouvait se lancer, être rattrapé par ses bras musclés pour humer l’odeur qu’elle connaissait désormais par cœur et pourrait reconnaître dans la rue sans même le voir. Se sentir par conséquent très bien et ne plus le quitter avant d’y être contrainte. Comme toutes ses femmes amoureuses dont elle se moquait pratiquement tous les jours. Ah ca, elle se savait parfaitement autonome. Qu’il faudrait encore bien des centaines d’années pour qu’elle devienne dépendante d’une personne. Vivre avec voire même ne plus pouvoir s’en passer du tout, au point de régler son emploi du temps sur celui de cet homme. La membre de Pandora aimait beaucoup trop sa liberté pour se lier à quelqu’un aussi facilement et rapidement. Pourtant. Parce qu’il y aura toujours une note négative. Elle voulait vraiment se laisser prendre au piège cette fois ci. Parce qu’il y avait un petit quelque chose qu’elle n’arrivait pas à décrire. Ce même petit quelque chose, qui faisait, qu’elle laissait tomber peu à peu ses propres défenses. Dans un second cas, il pourrait certainement la laisser tomber et s’en aller. Oui, cette falaise lui faisait drôlement peur. La jeune femme se sentait indécise sur la question. Elle n’était pas prête. Il lui faudrait certainement beaucoup de temps avant de pouvoir se décider réellement. Assumer la moindre de ses réactions. Pensée mais surtout, sentiment. Michiyo était une femme. Une vraie femme. De la catégorie de celles qui n’ont pas peur de se lancer les premières. Mais qui prennent un temps considérablement fou à la faire. Alors. Sauter ou ne pas sauter ?

Un peu comme elle l’avait fait pour entrer dans l’appartement du monstre Naaru. Au début, la jeune femme avait véritablement eu peur de tomber sur son contractant membre des Baskerville. Parce qu’elle n’était pas accompagnée de son propre compagnon d’infortune. Qu’elle ne pourrait pas se défendre contre deux personnalités comme eux. Mais principalement, qu’elle ne voudrait pas se défendre. La question vint alors d’elle-même. En serait-elle seulement capable ? Certes, elle avait déjà giflé le Chain au moins une fois d’après ses souvenirs. Mais ce n’était rien. Oui. Rien du tout, comparé à la force qu’elle pouvait déployer lorsqu’elle se battait. En général, lors de ces moments, elle ne répondait plus réellement de ses états d’âmes. Effectivement, la jeune femme avait conscience de tout ce qu’elle faisait. N’était pas dans un état second du tout. Ne devenait pas une autre personne avide de sang.  Loin de là. Mais, elle mettait toutes ses questions. Tout ce qu’elle pensait. Qui faisait d’elle la personne à part entière qu’elle était, de côté. Pour pouvoir ainsi se concentrer sur son travail. C’était peu glorieux, elle le savait très bien. Parce qu’elle ne regardait pas la vérité en face. Jamais. La membre de Pandora qu’elle était se défilait complètement à cause de l’éthique. Comme ça, elle pouvait dormir tranquillement la nuit venue. Ah, elle avait honte. Complètement honte de son attitude. Le plus grave, c’était que cela devenait de pire en pire au fur et à mesure des jours et des combats. Son humanisme comme disait la collègue à laquelle elle en avait parlé. Ah, il est beau l’humanisme. Qu’est ce qu’elle pouvait bien avoir à en faire de cette chose. Quand on est de Pandora, on sait très bien qu’un jour, on sera contraint à faire une chasse à l’homme. A éliminer les contractants un par un. Alors bon, son humanité pouvait bien la laisser tranquille pendant toutes les années de son contact. Après ? Il pourrait la torturer, elle n’en dirait rien. Ce serait clairement justifié. Or, ici, la jeune femme savait pertinemment qu’elle ne pourrait dompter son humanité plus longtemps si c’était face à l’homme aux cheveux couleur chocolat qu’elle devait se retrouvait. Sa force la quitterait. Elle abandonnerait bien vite de toute façon. Mais finalement, elle avait pris son courage à deux mains. Et avait sauté largement le pas. Se retrouvant dans un appartement appartenant à un potentiel ennemi.

Au fond, elle s’en foutait.

Puisqu’elle avait rapidement oublié ce détail pour venir taquiner le jeune homme une énième fois et certainement pas la dernière. La réaction l’avait bien fait rire. Surtout pour une si petite morsure. La contractante se savait violente parfois. C’était incontestable. Surtout à cause d’une déformation professionnelle comme la sienne. Mais, elle était pourtant certaine de ne pas avoir mordu si fort que cela. Du moins, pas assez fort pour qu’un Chain à la peau si robuste que Naaru ne puisse s’en plaindre. Ah, il était drôlement bon comédien l’animal. Sauf que lorsque l’on connaissait sa véritable nature, ce n’était pas bien difficile de savoir qu’il en rajoutait une grosse couche sans bonne raison. Mais ça, ce petit rajout. Permettait de faire rire la jeune femme. Parce qu’elle aimait particulièrement sa spontanéité. Sa façon de ne pas réfléchir avant de réagir et de parler. Si tous les humains étaient comme lui. Qu’est ce que le monde serait beaucoup plus intéressant. Tout changerait des individus qui ne riaient jamais. Un peu comme elle. Le monde serait plus rayonnant. Avec quelque chose de magique qu’elle aimait bien connaître un peu plus. Ce n’était que mensonge. Michiyo s’en foutait de la face du monde. De à quoi il pouvait bien ressembler. Ce qu’elle voulait apprendre à connaitre par cœur, c’était la beauté de chaque note qu’émettaient les rires du jeune Chain. Boire chacune de ses paroles comme si c’étaient les dernières. Apprendre à dessiner les courbes de son visage et de son corps, comme si la combattante et le Chain se côtoyaient depuis bien des décennies. Alors qu’il n’est rien de tout ça.  Au fond, sa capacité à désirer quelque chose en était réduite à la simple personne de Naaru. Ce n’était pas plus difficile à comprendre qu’une équation mathématique.

Par la suite, la jeune femme avait fait le tour de l’appartement. Déclarant à qui voulait bien l’entendre, qu’elle n’était pas contre le fait de demander à ce fameux démon de venir faire le ménage chez elle, une dernière fois, avant de se faire tuer par son cher et tendre Chain. Dans un sens, Michi désirait réellement avoir un appartement aussi propre que celui des deux hommes. Ce qui relevait dangereusement du défi lorsque l’on possédait dans un soixante mètre carré – à tout casser-  avec un chat changeant la place de sa nourriture toutes les deux heures environs. Déclarant d’un air hautin, que la chambre de la jeune demoiselle semblait être la plus importante pour qu’il puisse se nourrir et donc, en mettre partout. Et un Chain, prenant plus de place que deux éléphants dans un magasin de porcelaine venant tout droit des pays orientaux. Et qui, de surcroit, trouvait cela amusant que de ne jamais rien ranger. Comme le fait de ne pas faire la vaisselle après trois jours sans sa contractante. De ne pas enlever ses chaussures dans l’entrée et de tout laisser sur le sol de la salle de bain. Or, Michiyo avait l’impression que «  Finn » avait trouvé la combine parfaite pour un appartement impeccable, face à un Chain qui avait l’air d’aimer le bordel plus  que le sien. Et cela, en voyant uniquement la pauvre couverture se faire jeter comme une malpropre atteinte de la peste sur le sol. S’il pouvait uniquement lui donner un indice, elle ne dirait pas non. Et un autre au passage, sur le fait d’arriver à faire rager autant Naaru. Quoi que. Ca, ce n’était pas une bonne idée. La jeune femme trouverait bien par elle-même au bout d’un certain temps. Désormais, la membre des Pandora attendait une réponse de la part du jeune homme. Certaine qu’il allait bien finir par répondre. Michiyo n’était pas une adepte du ménage tous les jours. Mais elle aimait particulièrement lorsque c’était propre. Que le sol brillait. Et que les tapis n’avaient pas un seul grain de poussière entre leurs fibres. Que les ustensiles trouvaient tous leurs places. La réponse vint enfin. Et qu’elle réponse. Ah l’acteur. Elle n’en pouvait plus. Cet air tout bonnement suppliant le rendait totalement irrésistible. Cette toute petite voix qui lui donnait envie de le prendre dans ses bras pour le rassurer. De poser sa tête sur le sommet de son crane pour lui chuchoter des mots doux. Sauf qu’à la place. Elle se contenta de rire doucement.

«  Quel acteur tu fais ! Ce n’est qu’un peu de propreté. Ca n’a jamais rien détruit. Et encore moins la joie et le naturel. »

Surtout que pour la jeune femme, la joie et le naturel contenu dans un domaine, ne dépendait que de la personne qui y vivait. Même si l’appartement pouvait être nettoyé tous les jours de fonds en combles, Michiyo pensait réellement, que les murs étaient imprégnés de la joie de vivre de la personne. De ses sentiments. Ses peurs et ses pleures. Ca se sentait. Même après le passage des clefs de mains en mains. Il restait toujours quelque chose de l’ancien locataire. Les objets se souvenaient de tout. Les meubles et les murs aussi. C’était certain. Son logement avait été refait à neuf lorsqu’elle en avait pris possession juste après le passage de son contrat. Ca sentait encore la peinture. Le neuf. Des meubles à peine posé. La vie de son ancien propriétaire n’était déjà plus. C’en était très frustrant. Peut-être trop. Michiyo avait alors pris quelques jours à se mettre à l’aise. Il lui fallait toujours une odeur. Une preuve qu’une vie lui offrait désormais la place. Certes, la jeune femme savait que c’était une vision de la chose très étrange qu’elle offrait. Mais elle ne pouvait que contester la parole du jeune brun. Quoi que son monstre de contractant puisse faire. Ses meubles garderont toujours son odeur de femme. De parfum et de maquillage. Son divan aurait toujours une certaine forme. Les murs lanceraient toujours le son de ses rires et fous rires. Personne ne pourrait jamais lui enlever tant qu’elle vivrait dans cet immeuble. Personne.  Néanmoins, Michi passa la main dans ses cheveux avant de reprendre la parole.

« Mais si tu y tiens tant et que ca peut te rassurer. Je peux faire l’effort de lui éviter tout contact avec mon appartement. »

Et sans rien n’y comprendre, Michiyo s’était retrouvé sur les genoux du jeune homme. Sans pouvoir bouger, avec la seule capacité de protester oralement. Ce qu’elle fit bien évidemment, lorsqu’il lui indiqua qu’il pouvait marquer son territoire une nouvelle fois dans son cou. Ce n’était pas que cela lui déplaisait tant que ça. Mais tout de même un peu. Le faisait-elle, elle, le marquer sur chaque endroit visible ? Mettant des traces de rouge à lèvre sur ses vêtements, pour montrer aux autres femmes qu’il n’était qu’à elle. Oui. Avec le temps. La demoiselle avait commencé à accepter son côté jalouse. Certes, elle n’irait pas jusqu’à s’énerver contre une femme si elle venait à le regarder alors qu’ils étaient tous les deux. Mais, elle n’était pas en reste pour leur faire comprendre indirectement, que le jeune homme partageait déjà ses lèvres avec une autre paire. Qu’elle n’acceptait donc pas la concurrence. Bon, il était vrai qu’elle se demandait sur une simple trace de rouge à lèvre pouvait parler autant. Mais ce n’était pas la question. La jeune femme se savait capable de lui faire elle aussi des suçons si le Chain pouvait marquer. Alors, si dans un sens, les suçons permettaient à ce que les hommes comprennent qu’elle n’était clairement pas intéressée par eux. Ca pouvait toujours fonctionner. Puis, ce n’était pas si gênant au fond, d’avoir l’impression de faire parti d’un certain tout. Même si ce dernier est rythmé par les non dits difficiles à supporter plus longtemps. Ainsi, elle avait répondu à la question de Naaru.  Qu’elle appréciait plus ou moins. C’était une réponse sécurisée. Qui théoriquement aurait du donner fin à la conversation.

Sauf que l’on parlait bien d’une conversation avec Naaru.

Alors, Michiyo l’entendit prononcer quelques mots entre deux éclats de rire. Ah, c’était reparti. Voilà qu’il en profitait encore pour rire. Etrangement, ca l’amusait aussi. Parce qu’il n’y avait qu’avec cet homme que la jeune femme ne savait pas sur quel pied danser. C’était toujours une jolie incertitude. Un oui. Puis un non quelques minutes plus tard. Il était fort. Très fort. Parce que, seulement dans un petit mouvement, il arrivait à faire pencher la balance clairement d’un côté ou de l’autre. Et Michiyo, en tant qu’idiote, suivait ce raisonnement sans même chercher à vouloir le contre dire. Par conséquent, lorsqu’il lui répondit qu’elle devait décider parce que sinon, ce n’était pas équitable. Un fin sourire se dessina sur les lèvres de la contractante. Il en avait du culot. Un peu trop peut être. Mais grâce à cela, Michi devait se forcer à réfléchir un peu plus. Histoire de prendre une décision. Sans mentir. Pour qu’il soit content et arrête – ne serait-ce que pour quelques minutes- de lui poser des questions qui la dérangeait plus qu’autre chose. Bien évidemment, elle ne lui dirait clairement pas les choses pour lui faire plaisir. Parce que ce n’était pas elle. Il devait s’y habituer à force. En y pensant une nouvelle fois. Non. Elle ne détestait pas ses suçons. Au début, ca gênait un peu. Parce qu’elle n’avait pas l’habitude. Pourtant, maintenant elle n’y faisait plus attention. La sensation de picotement avait disparu. Ce qui pouvait la déranger, c’était uniquement le regard des autres ? Stop. Arrêt sur image. Depuis quand le regard des autres pouvaient lui faire quelque chose ? Tiens dont, c’était marrant ça. Depuis jamais.

« Bon d’accord. T’a gagné. J’aime plus que moins. »

Non, Michiyo n’avait pas dit cela pour faire plaisir au jeune homme. Ni même pour lui mentir. Mais elle aimait véritablement plus, que moins. Parce que c’était en quelque sorte un contact entre eux. Et mine de rien. Elle chérissait tous les contacts qu’ils pouvaient y avoir entre leurs deux corps. C’était quelque chose de plutôt réconfortant. Certes, elle ne savait pas ce que pouvait en penser Naaru. Ni comment il verrait cette réponse. Mais, en tout cas, elle, elle aimait véritablement plus ou moins. Cela dépendait du moment.  De son état de fatigue psychique et mental. Ou tout simplement de son humeur. Pour le moment. Ca allait. Elle riait de bon cœur. Le jeune homme n’avait pas encore fait de mauvais pas. Puis, même s’il venait à en faire, il était certain qu’elle lui pardonnerait très facilement. Peut-être même trop facilement. Pourtant, elle ne pouvait pas encore avancer la façon dont elle réagirait s’il venait à se permettre ce genre de familiarité avec elle lors de l’un de ses mauvais jours. Que ce soit Naaru, l’homme qu’elle aimait tant, ou un autre, ne changerait strictement rien. Dans ces cas là, ce serait certainement plus moins. Alors, elle ajouta quand même quelques mots dans un tout léger sourire.
« Mais ce n’est pas une raison pour que tu en profites un peu plus. »

Voilà. C’était dit. Il savait à quoi s’attendre si elle n’était pas d’accord avec ce genre de pratique et qu’il venait à forcer le passage. Jusqu’à ce que ce soit elle, qui passe à l’action dans son cou. Ah, ça, il allait finalement s’en souvenir. Par conséquent, elle l’avait vu passer par toutes les couleurs. Blanc. Puis rouge. De nouveau blanc. Et encore une fois rouge. Le tout faisant un très beau tableau qu’elle ne se lassait pas d’observer. Le découvrir encore et toujours sous de nouvelles formes. Une sorte de jeu dont elle ne disait jamais non pour la participation. La jeune femme aurait pertinemment continué si elle le pouvait. Mais au fond, il ne fallait pas trop abuser des bonnes choses. Puis, elle ne savait jamais comment pourrait réagir Naaru à une seconde tentative, alors qu’il savait qu’elle était capable de ce genre de choses. Un sourire vint alors illuminer son visage alors qu’il lui disait qu’il pourrait clairement y prendre goût. Ce à quoi elle répondit que ce n’était pas pour lui déplaire. Comment allait-il réagir ? Il était vrai que Michiyo profitait un peu de la chose puisqu’elle y prenait goût. Et se sentait très avenante envers son compagnon aujourd’hui. Mais c’était de sa faute. Parce qu’il était beaucoup trop mignon et attirant pour qu’elle ne puisse y résister. Même si elle y mettait toutes ses forces. Ce qui, pour ne mentir. N’était pas le cas. Pas le cas du tout.

Par la suite, la membre de Pandora avait alors tenté d’engager une conversation pour éviter que le jeune homme ne soit trop embarrassé pour faire autre chose. Sauf que, cela n’avait pas fonctionné. Pas du tout même. Fermant les yeux, elle permit à toutes ses émotions de la submerger lorsque sa langue rencontra son homologue masculine. Merde. Il embrassait vraiment très bien. Mieux qu’elle n’ait pu le penser. Le Chain devait avoir beaucoup d’expérience. Ou alors être doué naturellement. Inconsciemment, Michiyo préféra soudainement que ce soit la deuxième solution qui soit la vraie. Mais surtout la plus plausible. Parce que bon, la jeune femme se sentait devenir soudainement beaucoup plus possessive. Le stress monta soudainement en elle. Depuis quand était-elle comme cela ? Naaru la changeait. Sans même le savoir. Il allait falloir qu’elle apprenne à ne plus y penser du tout pour pouvoir s’en sortir avec lui. Même si elle n’avait aucun expérience dans l’art de la jalousie voire même de sa maitrise. Effectivement, de tous les hommes qu’elle avait fréquentés auparavant, aucun n’avait retenu son attention autant que l’habitant de l’Abysse. Combien de fois s’était-elle dit qu’elle le trouvait beau ? Plus de centaine de fois certainement. Si ce n’était pas plus. Qu’il l’attirait physiquement ? Mentalement ? Tellement de fois. Oui, Naaru était diffèrent des autres hommes à ses yeux. Non pas par sa nature de Chain. Mais par le simple fait d’être lui-même. Michiyo était presque certaine que si elle l’avait rencontré des centaines d’année avant, en tant qu’humain, elle aurait ressenti les mêmes choses pour cet homme.

Sauf que tout avait été chamboulé.

Au commencement. Il n’y avait pratiquement rien. Naaru avait comme toujours laissé son rire sortir de sa gorge lorsqu’elle devint aussi rouge que lui précédemment. Cela en devenait une habitude, mais la jeune femme avait toujours une mine boudeuse sur le visage. Cette réaction devenait presque instinctive avec le temps.  Et là. Le drame. Les cheveux du jeune homme devinrent soudainement blancs et ses yeux prirent une teinte aussi rouge que le sang courant dans les veines de la demoiselle. Ce qui la fit se tétaniser soudainement. Merde. Elle avait vraiment peur de lui. Naaru avait raison sur ce point. Quoi qu’elle fasse, la jeune femme ne pouvait s’enlever l’image de cette arme dans sa main. Qui aurait très bien pu faire s’arrêter sa vie d’un unique coup. Ce même coup qu’elle n’aurait même pas pris la peine d’éviter. Et là. Michiyo ressentait la même peur. Le revoyant encore et toujours. Certes, elle avait su maitriser ses sentiments à ce moment précis. Mais là. Avec le recul, ca devenait impossible. Il était le seul homme à la faire se mettre dans des états pas possibles. Que la balance penche dans le positif ou bien dans le négatif. Bon  Dieu, ce qu’elle se sentait mal. Sur le moment, elle aurait bien voulu être une petite souris pour partir se cacher dans un trou et n’en ressortir que dès le moment où le chat serait endormi et loin d’elle. Quoi que, dans un sens, Michiyo avait déjà l’impression d’être une souris. D’un seul et unique coup, Naaru pourrait lui rompre le cou et tout terminer. Merde. Merde. Et encore Merde. Il fallait qu’elle arrête de trembler comme une feuille. Il ne lui ferait pas de mal. Aucun mal. Jamais de mal. Le jeune homme lui avait promis. La contractante se devait de le croire. Pourtant. Oui pourtant. Elle n’y arrivait pas. Parce que sa peur prenait le dessus sur sa conscience. La rendant plus aveugle qu’un non voyant. Elle voulait fuir pour aujourd’hui. Terminer la conversation. Attendre plusieurs semaines pour se retrouver. Parce qu’il y aurait un malaise entre eux s’ils se retrouvaient trop vite. Mais non ! Elle se devait d’être forte.

Le Chain continua à parler encore et encore. Michiyo voulu lui demander d’arrêter. De se taire une bonne fois pour toute pour qu’elle puisse enfin partir. Néanmoins. Rien ne sorti de sa bouche. Pas un seul mot. Parce qu’elle n’y arrivait pas. Quoi qu’elle fasse. Qu’elle ait envie de faire. Ses muscles ne lui répondaient plus. Comme sous l’effet d’un sort. La jeune femme n’arrivait plus à détacher son regard des magnifiques yeux luisants face à elle. Oui. Elle avait peur de lui sous cette forme. Quoi qu’il puisse en dire. Même si c’était la même âme sous une autre forme. Son cerveau ne voulait l’écouter. Mais pourtant. Elle le trouvait toujours aussi beau. Ses yeux l’attiraient inlassablement. Un doux paradoxe s’installa dans son esprit. La peur. L’envie. Partir. Revenir. Ou tout simplement rester. Tout se mélangeait dans son esprit. Le brouillard encore et toujours. Ses mains tremblaient beaucoup. Comme le reste de son corps de toute façon. Il devait le sentir puisqu’elle était sur lui. Comment en étaient-ils à cette situation tous les deux ? Par sa faute. A elle. Parce que Michiyo avait pris les devants un peu trop vite au goût du Chain. Elle s’en voulait soudainement. Oui. La jeune femme voulait bouger. Pour le prendre dans ses bras. Lui montrer qu’elle n’avait plus peur. Or, les paroles qu’elle prononça et la façon dont elle s’était caché les yeux montraient tout le contraire. Qu’elle n’arrivait pas à faire la part des choses. La peur qu’elle voulait cacher au fond de ses prunelles bleues. Cette phrase maladroite. L’idiotie de la chose. Se sentir tellement idiote après tout. Si Michiyo voulait continuer à le connaître. Evoluer avec lui. Il fallait qu’elle fasse des efforts et fasse disparaître sa peur. Ce serait un long travail sur elle-même. Mais avec le temps, la jeune femme se savait capable d’y arriver. Comme sur toutes les choses qu’elle faisait.

Prenant une longue respiration silencieuse. La jeune femme se lança dans un long monologue. Uniquement pour lui. En espérant qu’il comprendrait son allusion. Puisqu’elle n’était véritablement pas capable de tout lui balancer au visage. Il lui fallait de la préparation. Sachant qu’il ne comprenait pas les choses comme elle, les comprenait. Mais aussi, parce que la jeune femme, tout comme pour dompter sa peur, avait besoin d’une certaine préparation à son tour. Le temps de véritablement assimiler ce qu’elle lui disait actuellement. Avec des excuses bateau et des explications floues. Les deux mots qu’elle voudrait lui proposait lui restaient au travers de la gorge. La panique lui serra soudainement le cœur. Et si elle avait été trop vite en besogne ? Que ce qu’elle ressentait pour Naaru n’était que sur le coup de l’émotion. De la joie de rencontrer quelqu’un de si singulier. Mais dans ces cas là. Pourquoi serait-elle autant attachée à lui soudainement ? N’ait pas prononcé un mot de mécontentement réel lorsqu’il lui avait dit qu’il était un Chain. Hormis le fait de lui avoir caché ? Encore plus pour le coup des Baskerville. Ne posant aucune question sur le clan qu’elle devrait attaquer en tant que membre de Pandora. Ni même sur le physique de son contractant et d’autres informations sur lui. Non. Elle s’en foutait éperdument. C’était Naaru qui l’intéressait. La preuve. Michiyo voulait en savoir le plus sur sa personnalité. Son passé. La jeune femme n’en pouvait plus. C’était tellement difficile de peser le pour et le contre. Mais trop tard. Elle avait déjà tout balancé. Désormais. Tout ce qu’elle pouvait faire. C’était observer la réaction et écouter les paroles du jeune homme aux cheveux bruns.  Insistant sur le principe qu’elle lui expliquait cela que pour lui. Et non une autre personne. Un autre homme surtout. Fermant les yeux quelques secondes, la jeune femme tenta de faire le vide. Il fallait qu’il se souvienne de la conversation. Ou pas en fait. Cela dépendrait de sa réponse.

Cette dernière se fit longuement attendre. Le cœur de la contractante battait à tout rompre pendant que sa respiration se faisait beaucoup plus rapide. Se calmer. Se calmer. Il fallait y arriver. Penser à quelque chose de calme. Une promenade dans les montagnes. Avec un peu de neige. Le chant des oiseaux courageux par le froid. Aucune arme. Juste de la patience et la conversation du silence. Pas de Chain non plus. Ou alors, le moment de la lecture le soir avant de se mettre au lit. Se plongeant dans une autre vie. Quelque chose qu’elle ne vivrait jamais. Une histoire d’amour romantique. Non. Ca c’était possible. Obtenir des pouvoirs ? Ca aussi. Une vie simple et normale. Ah là soudainement, ça devenait plus plausible. Michiyo se voyait bien travailler dans un petit commerce. En tant que serveuse dans un restaurant. Voire même à l’accueil d’une boulangerie. Pas ailleurs. La cuisine et elle, cela faisait vraiment deux. Les pauvres clients pourraient mourir d’une intoxication alimentaire. Ou alors, décoratrice d’intérieur. Vendeuse dans un magasin de vêtement. Parce qu’elle aimait bien habiller les individus dans des styles différents. Ouvrant de nouveau les yeux. Tout son corps s’était détendu pour qu’elle puisse le regarder de nouveau dans le blanc des yeux. Sauf qu’un faciès de surprise se dessina sur son visage pâle. Il était rouge comme une pivoine. Naaru Irwin, sous sa forme de Chain, était plus rouge que toutes les autres fois sous sa forme d’humain. Merde alors. Ca, ca valait le détour. Des paroles difficiles vinrent jusqu’à ses oreilles. Sans queue ni tête. Qu’il s’exprime ! La situation n’était déjà pas assez compliquée pour elle ? Sauf qu’elle comprit enfin le «  pourquoi ». Wait. C’était quoi cette question idiote ? Pourquoi. Pourquoi. Que pouvait-elle lui répondre ? Rien. Alors. Parce que la situation la rendait plutôt méchante, elle se mordit violemment la lèvre en détournant le regard. Le voilà le pourquoi.

Le silence. Trop de silence. La jeune femme n’arrivait soudainement plus à se détendre. L’impatience d’une réponse. Son cœur qui tambourinait à tout rompre dans son corps pour se faire entendre. L’envie de se jeter dans ses bras pour fermer les yeux une nouvelle fois et peut être même s’endormir sans le lui dire. Pour se réveiller en pleine nuit et rentrer chez elle sans le réveiller. Michiyo n’avait plus envie de parler sur le moment. Juste de profiter du fait d’être tactile. Ainsi, elle baissa la tête devant le silence devenu pesant. Ses longues mèches cachant son regard devenu légérement plus froid que les autres fois où les deux personnes se sont rencontrées. C’était difficile pour elle de garder sa bonne humeur devant tant de silence alors qu’elle se sentait impatiente. Courage. Elle pouvait le faire. Il pouvait aussi le faire. La contractante ne voulait plus relever la tête. Pour ne pas croiser un regard qui pourrait changer devant ses yeux bleus coléreux. Ses oreilles captèrent alors quelques paroles. Le Chain lui expliquait alors qu’il ne savait pas quoi dire.  Alors qu’habituellement. Il parlait beaucoup plus que la normale. Naturellement, alors qu’elle avait toujours la tête dirigé vers ses jambes. Les paroles quittèrent sa gorge.

« Idiot et pathétique. Quel duo formidable tu ne trouves pas ? »

La phrase avait été balancée avec beaucoup de cynisme. Peut être même de tristesse loin, tout au fond. Soudainement, sans crier garde, quelque chose en elle se brisa. Ca ne la mettait pas dans tous ses états comme elle aurait bien voulu le croire. Elle ne se leva pas non plus pour partir en courant. Mais au fond. Tout au fond d’elle, une particule la fit douloureusement souffrir. C’était pour ça qu’elle ne voulait rien dire. Pour ne pas ressentir ça. Maintenant, quelque chose allait changer. C’était certain. La jeune femme était tellement mal à l’aise. En fait, si, elle voulait partir. Pour se remettre les idées en place. Tranquillement. Toute seule. Loin de Naaru surtout. Parce qu’en sa présence. Elle ne pourrait pas réfléchir correctement. Préparer ce qu’elle pourrait bien lui dire. Comme une grande personne. Sur le coup. Michiyo aurait bien aimé redevenir une petite fille. Parce que les choses sont souvent plus faciles à dire avec une candeur naturelle.  Mais surtout, qu’elles sont très vite oubliées. C’était ça le principal dans l’histoire. L’oublie. Michi voulait se faire oublier pour quelques heures. Non. Quelques semaines surtout. Alors qu’elle allait relever la tête pour le regarder. Lui dire qu’elle partait de l’appartement pour rentrer chez elle. Prendre un bain mais surtout dormir toute la nuit si possible. Elle se sentie une nouvelle fois entraînée sans pouvoir prononcer mot. Se retrouvant alors, les bras encadrant la taille du centenaire. Le visage au dessus du sien. Les yeux remplis de surprise. Heureusement qu’elle n’avait pas de mauvais réflexe. Sinon, elle se serait écrasée sur lui comme une larve.  Pendant, qu’à travers son rideau de cheveux, elle observait des yeux rouges la regardait avec étrangement de douceur. Un sourire sur le visage en face d’elle. Tous ses muscles se détendirent soudainement. Merde, elle allait tomber sur lui. Non. Non. Rester concentrée. Ce principe tomba soudainement.

Michiyo entendit les paroles du Chain. Le seul morceau de sucre. Le sang monta soudainement à ses joues. Elle eut soudainement chaud. Beaucoup trop chaud. Son cœur rata plusieurs battements avant de battre le tambour à tout rompre. Sa respiration se fit forte et saccadée pendant que les larmes montaient à ses yeux. Non. Elle ne pleurait pas de peur. Mais toute la pression accumulée pendant les dix dernières minutes venaient de retomber soudainement. Sa poitrine se levait et s’abaisser violemment. Pas de crise d’angoisse.  Surtout pas de crise d’angoisse. Mon Dieu, ce que ça faisait du bien d’entendre des mots comme ceux qu’ils venaient de prononcer. Puis, la jeune femme comprit enfin ce qu’il voulait dire. Elle connaissait Naaru comme l’homme qui avait failli s’étouffer avec un petit morceau de tarte aux pommes. Celui qui avait une aversion totale pour le sucre. Alors, l’entendre lui dire cette phrase, c’était un peu comme la déclaration qu’elle venait de lui faire. Plus ou moins équitablement. Soudainement, Michiyo se mit à rire. Parce que ça lui faisait du bien. Parce qu’elle en avait besoin. Un fou rire incontrôlable pendant lequel elle voulu prononcer une phrase.

«  De quoi on a l’air tous les deux à ne pas pouvoir prononcer deux vulgaires mots ? J’ai l’impression d’être face à un amour d’adolescent. T’es bien le seul à me faire cet effet là. Mon Dieu, qu’est ce que je peux t’aimer Irwin ! »

Silence radio. Qu’est ce qu’elle venait de dire là ? Une nouvelle fois, les mèches de cheveux vinrent cacher ses yeux bleus qui venaient de se rendre compte des mots prononcés. Le fou rire passa doucement. Peut-être qu’il n’avait pas entendu. Même pas compris dans le pire des cas. Ne pas rougir. Ne surtout pas rougir. Trop tard. C’était pire que les autres fois. Quelle idiote. Ses bras lâchèrent pendant qu’elle s’effondrait sur le torse du Chain ayant reprit forme humaine. Ecoutant les battements du cœur du jeune homme pour oublier ce qu’elle venait de dire. Pourtant. Sa dernière phrase se répétait inlassablement dans son esprit. Enfouissant son visage rouge dans les vêtements de Naaru, elle tenta de se cacher. Qu’allait-il penser d’elle maintenant ? Fermant les yeux une nouvelle fois, elle prit une longue inspiration en se nichant un peu plus contre lui. Oui, son cœur était réellement une douce berceuse.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   22nd Septembre 2013, 00:45

Naaru aimait bien son contractant. Après tout, il était celui qui nourrissait sa bouche même si cela fort inutile. Il était également celui qui offrait un logis permanent au chain afin de lui permettre de vivre aisément dans le monde humain sans avoir forcément besoin de revenir dans l'Abysse. Et cette unique permission suffisait à rendre le chain terriblement reconnaissant, même s'il ne l'avouait franchement pas. Bref, par-delà les disputes et les désaccords entre les deux personnages, on ne pouvait néanmoins pas dire qu'ils ne s'appréciaient pas. Malgré tout, le lavage et le nettoyage restaient une inépuisable source de conflits. Il suffisait souvent d'une remarque pour déclencher de longs débats avec plus ou moins de vivacité. Bref, dans un cas concret, Naaru finissait forcément par prendre la mouche. Sauf que ce cas concret s'était présenté à lui bien trop tôt pour lui laisser le temps de se préparer. Oh, après tout, ce n'était qu'un rangement banal, accusé par un rangeur et nettoyeur banal, n'est-ce pas ? Non, aucun de ces deux phénomène n'était banal pour le chain. C'était sans aucun doute la pire chose visible. Il ne comprenait décidément pas pourquoi la demoiselle s'en trouvait subitement obnubilée. Ça n'avait rien de particulier, sinon la capacité de chauffer les nerfs du brun au fer blanc. Et croyez bien qu'à ce rythme il n'aurait rapidement plus rien sur le crâne.

Bref, le ménage et Nana ne s'entendaient pas, et ce n'était pas faute d'avoir tenté de l'y habituer progressivement. Il était absolument fermé à toute tentative d'action menant à faire revenir un objet à son utilisation secondaire. Peut-être croyait-il que tout était jetable ? Ou bien peut-être cela le dérangeait-il outre mesure ? Il ne parvenait pas même à supporter de retrouver sa plante debout – et fière – dans son pot sur son support, pot qui s'était trouvé quelques heures auparavant incliné par terre et sa plante parallèle au sol. C'était déjà en soi une forme de rangement. Oui, cela atteignait des sommets bien improbables. Il s'était déjà un peu plongé dans la source de ce maux, sans vraiment parvenir à l'élucider. Ses souvenirs récents ne permettaient pas de tirer au clair une phobie pareille. Il n'y avait rien que lui et le ménage. Une belle histoire d'amour à sens unique. Naaru déclara solennellement qu'il était dans l'intérêt de sa couette de retrouver le sol. Parce qu'elle devait la préférer à la surface molletonnée, que Nana aimait rendre ses objets heureux. En revanche, on pouvait s'offrir le même discours dans le sens inverse. La couverture n'avait pas officiellement eu la permission du maître de chambre pour se poser sur le lit. Alors, elle retournait à sa position initiale. Sachant que cela se terminait au sol. Enfin... Il était impossible de scanner l'univers dans lequel vivait le chain. Il était en même temps rose et tâché de grosses gouttes rouges. C'était un monde de jouets cassés, comme dans l'Abysse. Il trouvait la beauté où elle n'était pas, et se fichait des critères actuels. Il vivait là et puis se retrouvait au loin. Avec une attitude pareille, il eut été simple de ne jamais s'attacher à quiconque, à refermer et renforcer chaque jour un peu plus sa bulle de rêve pour ne jamais avoir à retourner dans l'Abysse.

Et pourtant.

La bulle avait explosé aussi vite qu'il l'avait rencontré. Petite demoiselle aux yeux bleus pétillants, avec cette lueur constante de défi. Tout avait été dirigé au naturel. Rapide mais constant. Le sourire du brun était devenu plus réel après quelques minutes passées avec elle. Il était content. Aussi puérile que cela puisse paraître, il était devenu un imbécile heureux. Et cela, mine de rien, lui empêchait de s'énerver comme de coutume. Restait encore à déterminer si cela était dû au fait de ne pas souhaiter montrer cette facette de sa personnalité ou bien simplement parce que la présence de la jeune femme le calmait instantanément. Il penchait vers la première hypothèse. Calmer Nana d'un simple coup d'œil, ça n'était encore jamais arrivé. Enfin si, bien sûr, lorsque son contractant lui ordonnait quelque chose. Mais voyez, il ne se servait pas souvent de ce pouvoir, et puis Nana ne s'exécutait guère volontairement et en toute gentillesse.

C'était donc avec un certain dédain que le jeune garçon se retrouva une énième fois devant la belle dame aux cheveux bleus. Il était devenu un peu gaga sur les bords. À chaque fois qu'il la voyait, une envie indéniable de passer une main dans ses cheveux se faisait ressentir. Il les trouvait réellement magnifique. Atypique et doux. Cela révélait une bonne part de sa personnalité. Un jour, il lui demanderai si cette teinte était naturelle ou non. Non pas qu'il s'en trouvait dérangé, mais c'était une question de plus à poser. Et pour lors il y avait plus important. Oui, pour lors il y avait encore ce problème de couverture. Ça n'avait visiblement pas échappé au regard de Michiyo. Allons bon. Elle allait lui faire une remarque ? On parlait de Michiyo là. Il était certain qu'elle ferait une remarque sur la situation. Cela amusait aussi quelque peu le chain. Se lancer dans des discours apparemment bénins pour finir par tomber en profond désaccord, obligé de conclure sur une note soit positive soit négative. Ça n'avait rien de très ragoutant et pourtant c'est ainsi que se déroulait la plupart de leurs échanges, avec chacun la certitude de terminer gagnant de cette bataille. Mais c'était suffisant, et le chain adorait ça. Au pire, en temps que mauvais perdant, il finissait par l'embrasser ou l'enlacer pour clore le sujet. Et jusqu'à preuve du contraire, ça fonctionnait plutôt bien.

Pourtant, en cet instant, la demoiselle s'attardait sur ses récentes actions. Pourquoi, pourquoi. Toujours cette question. Les humains étaient décidément vraiment doués pour ressortir ce mot à tout instant. Ça les rendait vraiment intéressant. Malgré tout, le sujet avait rapidement dévié, et Michiyo avait émis l'hypothèse de fire venir le contractant Finn chez elle. Quelle mauvaise idée que voilà. Le visage de Naaru s'était alors instantanément transformé jusqu'à faire apparaître un faciès subjugué. Non pas qu'il était un instant impressionné par la demoiselle qui demandait presque à un Baskerville de venir faire le ménage chez elle. Non, ça, c'était amplement secondaire. Le plus grave de tout ça, c'était bien de vouloir qu'un homme pareil vienne semer sa tourbillonnante tornade chez elle. Il fallait être fou pour ça. Alors, en tout bon chain qu'il était, Nana renvoya la sauce théâtralement. Il ne manquait plus qu'une mimique gestuelle, et le tour était réellement joué. Cela n'échappa évidemment pas à Michiyo et la remarque fusa quasi immédiatement.

Un peu de propreté. Non, non, là ce n'était pas un peu de propreté. On parlait de Finn Baskerville, le démon du nettoyage. Avec lui le travail n'était pas fait à moitié. Il fallait que chaque coin brille de mille feux, quand bien même s'adressait-on au placard à balais ouvert une fois par an le jour de Noël. À cause de ça, Nana n'avait jamais pu observer le devenir de cette araignée ayant pris place sur un des coins de sa chambre. Elle était apparue et puis avait disparu avec tout le reste. Non, Naaru était clair sur ce point. L'autre colocataire n'irai pas chez elle. S'il devait mener la garde jour et nuit devant l'appartement de la demoiselle, il le ferait. Ou bien suivrait-il les pas de son contractant, jusqu'à camper devant sa chambre pour vérifier qu'il ne s'en échappe pas en pleine nuit. Non, non ce n'était pas possible. Et le chain le lui fit bien comprendre.

-Quand bien même. Si je dois rester chez toi pour être persuadé qu'il n'apparaisse pas subitement, je le ferai. Ne l'amène pas là-bas, c'est tout.

Et puis, subitement, comme si un coup de vent était venu balayer toutes ses précédentes paroles, Naaru trouva l'idée fort plaisante. Il pouvait se servir de cette excuse pour venir chez elle. Même s'il ne gardait qu'une vision trouble des lieux, il se souvint néanmoins de l'ambiance qui y régnait. En vérité, il s'était passé tant de choses dans cet appartement. Une multitude de sentiments s'y étaient entassés, de la peur à la joie, de l'agacement à la tolérance, et puis le sommeil avait fini par clore la longue série d'événements. Il se souvenait du canapé et surtout de l'endroit où se trouvait sa trousse à pharmacie. En y repensant, Naaru en rit. Ils avaient le chic pour se prendre la tête sur des choses sans trop grande importance. Enfin, si la demoiselle revenait une nouvelle fois en sang, Nana serait capable de refaire les mêmes erreurs. C'était, comment dire... impossible pour lui d'assister à pareille vue. Et dans ces cas-là, il finissait troublé et ses actions s'en trouvaient fort aléatoires. Bref, au final ce n'était donc pas si insignifiant que ça.

Légèrement alerté par un mouvement de la part de la jeune femme, Naaru tourna la tête qu'il avait précédemment dirigé vers le plafond. Le plafond. Oui, c'était bien la chose la plus dénuée de couleurs et uniforme que les humains aient un jour inventé. Parfois, Nana lisait des livres sur l'architecture. Parfois, parce que la plupart du temps ça ne l'intéressait pas. Il trouvait un nombre incalculable de forme de plafonds. Incurvés, plats, gothiques. Parfois, ces derniers n'étaient que le reflet d'un toit, mais souvent les humains affectionnaient les plafonds plats. Et dès lors ils en devenaient blancs. Et le blanc, c'était une couleur qui laissait un grand champ de possibilités. C'était une couleur subjective. On était libre de voir le blanc comme on le voulait. Certains le voyaient pur, immaculé, tandis que d'autres le trouvaient cassé ou grisé. Bref, dans tous les cas, le blanc laissait libre court à la pensée et à la méditation. Alors souvent Naaru fixait le plafond. Mystère résolu.

Toujours est-il qu'en prononçant une certaine phrase, Michiyo perturba le minime silence qui planait. La bulle éclata et son rêveur avec. Un léger rire vint égayer la conversation. Lui éviter tout contact avec l'appartement. Oui, c'est ce qu'il voulait au fond. Peut-être qu'il était un peu jaloux aussi, à l'idée de voir la demoiselle avec quelqu'un d'autre, ne serait-ce que pour un peu de ménage. Et ça, ça l'amusait. Il riait de sa propre bêtise. Et en vérité cela l'amusait tant qu'il ne se retint pas d'en parler de vive voix.

-Je crois juste ne pas pouvoir accepter la présence d'un autre homme chez toi que moi. Et ton chain aussi, mais lui il ne compte pas. Si ma mémoire est bonne, considérons cela comme de la jalousie.

Oui, ce mot n'avait pas grand écho. Il l'avait entendu à de nombreuses reprises, et puis, en tâchant de recoller les morceaux, il avait considéré ce fait comme de la jalousie. Si c'en était, tant mieux sinon tant pis. Au pire, la demoiselle serait là pour le corriger, comme elle l'avait si souvent fait. Enfin qu'importe, d'un côté il s'en fichait éperdument. Il disait ce qu'il pensait, mais ça s'arrêtait là. Peut-être pas dans sa tête, mais c'était du moins le cas à l'oral.

Par la suite, le garçon décida qu'il était temps de s'asseoir. Et comme on ne discutait pas ses paroles – même si elles n'étaient pas formulées à haute voix – il entraîna Michiyo dans sa course et l'assit sur ses genoux. C'était confortable de la sentir si près. Sentir cette chaleur humaine. Naaru n'était pas un être froid. Au contraire, on pouvait même dire qu'il possédait une chaleur corporelle plus haute que la moyenne. Mais cette chaleur différait de la sienne, celle de la jeune femme. Il y avait ce quelque chose. Cette odeur en supplément. Quelque chose dont il n'avait pas l'habitude mais qui le rassurait. Il avait par le passé essayé de faire des câlins à son contractant, mais ça n'avait pas produit le même effet. Pas du tout même. Peut-être était-ce parce que Michiyo était une femme. Sans particulière idée derrière le crâne, Naaru aimait les formes. Il aimait sa poitrine et ses hanches. Son visage et ses cheveux longs. Ses doigts fins et puis ses jambes élancées. Elle n'était pas fluette au point d'être cassée – même si c'était purement faux lorsqu'on pensait que Naaru était un chain – ni même disproportionnée à cause de trop nombreux exercices. Non, Michiyo était tout simplement parfaite à ses yeux. Alors voilà, il ne voulait pas la voir disparaître de sitôt. Il la serrait tranquillement, ajouta quelques piques pour se changer les idées. Et comme de nombreuses phrases bénignes, celle-ci fut le prémisse d'une longue série. Mais au final, Naaru était persuadé d'en sortir vainqueur. S'enfonçant davantage dans les questions, il finit par lui offrir le fond de sa pensée. C'était plus ou c'était moins. Il n'y avait pas d'entre deux. Le sourire sur les lèvres et le regard toujours penché vers ce cou blanc, le chain patientait calmement jusqu'à écouter cette fameuse réponse. Un léger silence s'était installé. Mais il ne dura guère longtemps.

Et là, le jeune garçon fut frappé de bonheur. C'était tout de même plus que moins. C’était insignifiant et pourtant ça lui faisait extrêmement plaisir. Un simple bonheur.

-Je suis content alors.

Dit-il simplement en souriant jusqu'aux oreilles et les yeux clos, même si pour le coup la demoiselle ne pouvait pas le voir. En tout cas, sa voix laissait clairement transparaître ses émotions. Non, il ne tenterai pas de lui refaire un suçon. Il sentait la remarque planer au-dessus de lui, et à l'évidence, ce fut effectivement à Michiyo de le prévenir. Un suçon était suffisant. Il était assez voyant comme ça. Il n'avait pas non plus envie de gâcher un si beau cou. En même temps, si cette réflexion le rendait si heureux, c'est bien parce qu'elle ne l'engueulait pas à cause d'un geste pareil. En quelque sorte, c'était une autorisation. Il avait ce droit, même s'il ne pouvait pas en profiter pleinement. C'était idiot, mais ça lui suffisait. C'était bien la première fois qu'il attendait une réaction de la part de son interlocutrice vis-à-vis de ses actions. En tout cas, il s'en trouvait à présent soulagé.

Michiyo se décida alors à faire face à un Naaru des plus heureux. Sauf que la suite des événements se trouva fort perturbé. Dans une premier temps, la demoiselle avait expérimenté une nouvelle sensation. Rien que pour eux deux. En plus de provoquer de forts frissons dans le dos du chain, ça l'avait considérablement choqué. Pas qu'il n'avait pas aimé. Pour reprendre les paroles de son interlocutrice, Naaru pouvait affirmer avoir aimé plus que moins, mais que ce n'était pas une raison pour recommencer. Voilà, sauf qu'une action pareille ne réveilla pas le même genre de sentiments. L'esprit du jeune homme se troubla, et les questions apparurent devant lui comme des évidences. Il inspira, afin de calmer ses tendances. Là, tout de suite, ce qu'il désirait faire ? Pleins de choses. Peut-être un peu trop. Ou peut-être pas assez. Pourtant, il lui fallut se calmer. Allons bon, il n'allait pas faire une crise à chaque fois qu'ils se rencontraient, tout de même. Peut-être était-il sadique. Peut-être que ça l'amusait quelque part, de voir sa demoiselle pleurer et renifler en ayant peur de lui. Mais non. Ça ne l'amusait pas du tout. Le sourire qui n'animait plus ses lèvres lorsqu'il passa sous sa forme de chain en était la preuve vivante. Il aurait pu sourire de cet air terrifiant, comme il était habitué. Mais non, il n'affichait plus aucune expression. Quelque part, il s'en voulait d'être comme ça, de profiter de sa force pour effrayer et se sentir plus grand. Sa forme de chain n'était qu'une grosse carapace vide. Un endroit qui n'appartenait qu'à lui, et qui lui permettait absolument tout. Le droit de vie comme de mort, sur n'importe qui. Le droit de blesser mentalement et physiquement pour son grand plaisir. C'était dégueulasse de sa part.

Il inspira une nouvelle fois, tâchant de trouver cet air qui lui manquait. Les questions surgissaient en chaîne, et certaines se muèrent en son, pour atterrir dans les oreilles opposées. Non, il ne voulait pas lui faire peur. Vraiment ? Alors pourquoi se montrait-il maintenant ? Pourquoi n'y allait-il pas par petites doses ? Parce qu'il était Naaru Irwin, et que chaque être était exceptionnel. Non, c'était une remarque trop facile. Il voulait des réponses, mais il mettait ces réponses face à un mur dont il était les frondaisons. Il bloquait Michiyo, mais la pressait en même temps de le sortir de son affaire. C'était facile. Égoïste d'une part et puis cruel de l'autre. Il se demandait pourquoi. Pourquoi elle tenait tant à lui après de telles actions de sa part. Cela aurait dû la rebuter. L'emporter loin. Vers quelqu'un de plus apte que lui. N'était-il au final qu'un gosse ? Un simple gosse à qui on tâchait d'apprendre la vie. Il avait besoin de savoir maintenant ce qui l'attachait à elle. Et ce qui l'attachait à lui, par la même occasion. Cette réponse, il l'avait déjà au fond de lui, mais il attendait un premier pas. Il ne pouvait le faire de lui-même. Tout cela était trop flou pour qu'il parvienne à s'exprimer librement sur le sujet. C'était la première fois qu'il ressentait pareille chose. Tout était trop rapide à son goût. Il lui fit part de sa personne. Il était dangereux. Oh ça, il ne cessait de le répéter à quiconque le souhaitait. Mais bon, au final, si l'envie lui était venue, il aurait très bien pu se contrôler. Sauf que l'excuse sonnait mieux à ses oreilles. Voilà, il était excusé pour ses manières parfois rudes.

Néanmoins ça n'expliquait rien du tout. Ça n'expliquait pas la véritable raison de sa transformation, ni même le regard terrifié de Michiyo. Tout était de sa faute. Il voulait se faire tout petit, mais n'y arrivait pas. Constamment, encore et encore il se grandissait. Pour montrer à tout qu'il n'avait pas peur, même si ce n'était guère le cas. Mais la demoiselle passa rapidement au-dessus de tout cela. Oui, elle passa par-dessus sa peur et s'exprima clairement. Une folie douce. Et puis ce long monologue où la plupart de ses interrogations précédentes furent balayés d'un geste de la main. Il s'était presque figé sur place. Sans vraiment comprendre, sans vraiment saisir le fond de la pensée. Vraiment ? Au final, n'était-ce pas ce qu'il attendait ? Une déclaration, quelque chose qui le fasse sortir de sa torpeur ? Bien sur que si. Alors, lorsque le moment vint, soudainement il fut libéré d'une multitude de conditions. Et assailli par d'autres. Ce n'était qu'un renouvellement constant. L'espace d'un instant, son esprit s'était réellement calmé. Le blanc s'était installé, comme au plafond, et le néant avait pris possession de son corps.il n'aurait jamais pensé recevoir des réponses aussi rapides. Ah, à quoi devait-il songer ? Lui renvoyer l'ascenseur et lui déclarer ses sentiments sans en être réellement persuadé mais curieusement troublé, ou bien faire la mule et plonger dans un silence sans précédent ? La seconde option était préférable à la première et pourtant. Il avait fait suffisamment de dégâts comme ça. Il se devait de s'exprimer. Dans un premier temps, ce ne furent que quelques vagues paroles sans réelle construction. Il prenait peur. La rougeur sur son visage contrastait magnifiquement avec ses cheveux blancs.

Il poursuivit. Se calmait peu à peu. Et puis, il rit. C'en devenait insupportable, alors Naaru riait tout simplement. Il confia ses peurs à la jeune femme et cela le rassura. Il était tout du moins parvenu à lui répondre, même si ce n'était pas la phrase tant escomptée. Naaru soupira. Sa tension était quelque peu retombée. Pas totalement, mais c'était un début. Michiyo ne tarda guère à lui répondre. Oh et quelle réponse. Tellement ironique. Idiot et pathétique. S'il devait en rire, ce ne fut étrangement pas le cas. Non, cette phrase l'entraîna même à se morde l'intérieur de la lèvre. Il sentait que quelque chose n'allait pas bien. Que ce n'était pas comme ça que toute ceci aurait dû se dérouler. Il voulut passer ses mains dans les cheveux bleus et embrasser les lèvres en face de lui, mais au fond il n'était pas persuadé que cela était la meilleure solution. Le chain n'était pas à l'aise. Il détourna le regard face à ses mots et se laissa tomber sur le côté. Que dire ? Rester muet ? Oh, il l'avait été trop longtemps. Il fallait qu'il s'exprimer, maintenant et pas dans cent cinquante ans. Il y avait des choses pour lesquelles il ne fallait pas attendre. Et si en sortant d'ici, elle rencontrait un jeune homme et qu'ils s'entendaient subitement bien, que pourrait-il faire ? Non, il ne pouvait pas laisser passer ça. Loin de lui l'idée de penser que Michiyo était une fille facile, il ne pouvait s'empêcher de songer à ce que la vie pouvait bien leur réserver. Alors voilà, pour une fois dans sa vie, Naaru se considéra en tant qu'humain. Et en tant qu'humain, il fallait saisir l'opportunité lorsqu'elle se présentait. C'est pourquoi il décida de se déclarer à son tour, d'une manière bien particulière.

Le fou rire qui s'extirpa plus tard des lèvres de Michiyo le déstabilisa. Quoi, c'était drôle ? Pas pour lui. Son regard parut un instant plus violent, voir furieux. Non, lui ça ne le faisait pas du tout rire cette histoire. Alors pourquoi ? Est-ce que finalement, il s'était retrouvé pris au piège de quelque chose ? Ces humains étaient parfois tellement perfides. Il espérait de tout cœur que non. Alors, ses yeux tranchants continuèrent de fixer ceux de son vis-à-vis, comme pour y trouver des réponses. Mais rien de particulier ne s'y reflétait. Elle riait. S'il devait en être heureux et rire avec elle, ce n'était pas le cas. Naaru inspira pour se calmer. Doucement. Puis, une phrase fut lancée.

Un silence s'installa. Michiyo tomba dans les bras du chain couché sur le canapé. Il ne pouvait plus voir la demoiselle, mais là curieusement, il n'en avait pas tant envie. Il fixa le plafond. Ah ce plafond blanc. Nana avala sa salive avec quelques petites difficultés. Il avait entendu. Il avait compris. Il pouvait faire semblant de n'avoir rien écouté. Ainsi ils pourraient tout deux tourner la page là-dessus. Mais ce n'était pas possible. Son visage rouge n'exprimait déjà que trop l'écoute de ces paroles. Après être redevenu le Naaru aux cheveux bruns. Il passa une main devant ses yeux, délaissant sa précédente position, à savoir autour de la taille de la jeune femme. Que devait-il penser à présent. Était-ce ça, ce qu'il ressentait pour elle ? Très probablement. Il l'avait souvent lu dans ses histoires, sans en faire le rapprochement. Pourtant, lorsqu'on s'attardait sur les détails c'était exactement cela. Il comprenait parfaitement. Naaru faisait de son mieux pour garder un rythme cardiaque normal, afin de ne pas trahir ses émotions. Mais c'était chose assez corsée.

De nouveau, il plaça un long silence entre eux deux. Il ne pouvait plus feindre de n'avoir rien entendu. Ç'aurait été blesser la jeune femme et mentir par-dessus tout. Ce dont il était, rappelons le, vraiment incapable – à une exception près – Naaru dû se rabattre sur d'autres choses. Lui répondre, garder le silence ou changer de sujet. La dernière solution était trop simple à mettre en œuvre. Après tout, sans doute la demoiselle attendait-elle une réponse. C'était fort à parier dessus. Garder le silence ne serait pas chose aisée. Alors lui répondre. Il était un gamin, ça oui. Malgré tout, à de nombreuses reprises, il était parvenu à se faire voir en tant qu'homme. C'était ce qu'il devait aujourd'hui parvenir à faire passer. S'élever au-dessus de ses peurs. Ce ne devait pas être aussi spécial que ça. Prononcer deux mots. Ah mais on parlait de Naaru. Deux mots c'était trop peu. Il lui fallait plus. Il lui fallait enrober le tout dans un beau papier cadeau, afin que la surprise ne s'en fasse que mieux ressentir. Tout était une question de mots. Il reposa sa main autour de la taille de la jeune dame, se calma et commença :

-Pourquoi est-ce que tu te caches comme ça ? Tu n'as rien dit de mal. Au contraire, de nous deux c'est moi qui devrait être le plus gêné. Et au final, je suis le plus heureux. Pourtant tu sais, te dire « je t'aime » ne devrait pas être si compliqué. Sauf qu'en fait, je l'ai jamais vraiment dit en le pensant réellement, ni même avec ces sentiments. Je suis probablement le plus gamin de nous deux, mais pour une fois je vais essayer de te prouver que je suis vraiment capable de quelque chose.

Oui, s'il le voulait, il le pouvait. Quelque part, il se prenait un coup en ayant laissé la demoiselle s'exprimer avant lui. Maintenant il se justifiait même s'il n'en avait pas besoin. S'aidant alors d'une de ses mains, il plaqua l'autre contre Michiyo et se rassit tranquillement, histoire que la dame aux cheveux bleus soit à peu près à sa hauteur. Naaru passa une main dans ses longs cheveux azur et lui sourit affectueusement. Il l'embrassa une fois, deux fois et puis posa son front contre le sien avant de lui murmurer :

-Je t'aime Myaw. Comme jamais.

Il lui sourit une nouvelle fois. Se demandant pourquoi il était aussi heureux alors que cette phrase l'avait tant rebuté par le passé. Il était content d'en avoir fini avec ça, à présent. Il était fatigué aussi. Mais la présence de Michiyo lui permettait de garder le sourire et de ne penser à rien d'autre. Naaru l'embrassa une nouvelle fois et puis la sera un peu plus dans ses bras.

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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   13th Octobre 2013, 10:35

Michiyo était une personne spéciale. Dans tout ce qu’elle faisait. Que ce soit dans sa vie de tous les jours ou bien au travail. Parce qu’elle n’était jamais la même. Dans un premier temps, c’était une fainéante. Une très belle fainéante. Passant ses journées en jean et pull avec les cheveux lâchement attachés. A boire du café et à bosser sur des dossiers. Manger des sandwichs et pester contre son Chain. Se levant de temps à autre pour tomber deux secondes plus tard sur le divan. En baillant. Ah, la jeune femme était souvent méconnaissable par rapport à la personne qu’elle était dans sa vie au travail. Très propre sur elle. De jolies chaussures. En somme, rarement celles de son uniforme. Les cheveux détachés, bien coiffés et souvent assez bouclés. Un doux maquillage et ses correctement repassé. Non pas qu’elle cherchait à séduire quelqu’un à Pandora. Certes, certains de son collègue se trouvaient bien loin d’être moches. Mais ce n’était pas le plus important. Sauf qu’elle détestait tout simplement sortir en se trouvant particulièrement mal habillée ou avec un défaut. Cela dépendait pourtant des jours. Parfois, elle s’en fichait complètement. Les jours où il n’était pas même la peine de lui parler. Parce qu’elle n’était pas d’humeur pour x ou y raisons. C’était pour dire que sa façon d’être et de se comporter n’était qu’un jeu aléatoire. Le plus difficile n’était pas pour elle. Parce qu’elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait rien y faire. C’était aux autres de se rendre compte des signes que la membre de Pandora lançait dans ses différentes journées. En cas de bonne humeur, elle sortait de sa chambre en s’étirant. De son appartement les mains en dehors des poches de sa veste. Non, la jeune femme ne souriait pas non plus. Mais d ans un langage plus corporel, Michi était plus ouverte. Plus avenante et moins encline à arrive rapidement au travail. Marchant plus lentement. Prenant le temps de regarder autours d’elle. D’éviter les gosses qui lui rentraient dedans, sans même s’énerver ne serait-ce qu’un peu. A contrario, Michiyo pouvait être tout le contraire physiquement certains autres matins. Sortant de son antre en repoussant ses cheveux en arrière. Ca c’était un signe distinctif. En voyant seulement ce petit mouvement capillaire, Michael, savait pertinemment qu’il ne devait passe trouvait dans les alentours. Au moins jusqu’à la prise du petit déjeuner de la demoiselle, même si cela, ne permettrait pas de la calmer. C’était même pire. Ne pas lui parler. Ne surtout pas lui parler. En respectant ces règles de vie, l’habitant de l’Abysse ou tout simplement ses voisins avaient de grandes chances de ne pas mourir. Dans la rue, ses mains étaient dans ses poches. Le menton dans son écharpe. Ah oui, c’était une mauvaise journée. Se détournant des individus tout en soupirant. Grommelant à toutes les paroles/. Pestant dans son coin contre l’écriture particulièrement fatigante à lire de ses collègues féminines. Mais ce n’était pas tout. Non, sinon ce serait véritablement trop facile. Parce que Michiyo était aussi mentalement très particulière à comprendre. Non, elle n’était pas malade. Comprenait tout correctement. Mais se refermait sur elle à la moindre contrariété. Ne cherchait pas à s’en sortir autrement. N’acceptant aucunement la main tendue des autres individus. Alors, elle se cherchait des excuses. Sur le simple fait que comme tous les orphelins, elle ne comprenait pas correctement la nuance des sentiments. Qu’elle était toujours triste. Mensonge. Banal mensonge. La jeune femme aux yeux bleus comprenait tout correctement. Parce qu’elle avait eu une vie sociale avant de ne plus en avoir. Qu’elle en avait de nouveau désormais. Auprès de celui avec lequel elle avait conclu un contrat. Liant par la même occasion son destin jusqu’à la fin. Avec son chat. Parce qu’elle lui parlait quand même souvent,  mine de rien. En lui apprenant à être propre par exemple. Un long débat entre eux. Et désormais avec Naaru. Même s’ils ne se connaissaient pas depuis particulièrement longtemps, il y en avait déjà eu des débats. De multiples conversations avec des fins plutôt aléatoires, marquées par les sourires. Les rires. Les embrassades et les câlins.  Ah oui, elle c’était véritablement socialisée depuis que Michiyo avait rencontré cet étrange animal. En même temps, qui d’autre qu’un esprit comme le sien, aurait eu la bonne idée en temps que Chain de Baskerville, de venir prendre un bain de soleil dans les jardins de Pandora. Pourtant, la jeune demoiselle se voilait toujours la face. Cachant toutes ses pensées derrières de phrases balancées soudainement. Des pleures et parfois même des mensonges. Du moins au début. Ah, oui, pourquoi se mentait-elle autant ? En prétextant ne rien connaître. Ne rien savoir expliquer. Simplement parce qu’elle avait peur. Du résultat. De la vitesse à laquelle tout s’était enchaîné. De l’amitié sautée trop rapidement. De l’amour. Oui surtout ça. Elle connaissait tout de l’amour. Mais refusait simplement d’en parler. De l’accepter. Par peur. Pas véritable peur. Ah ca l’énervait. Et une Michiyo énervait, ce n’était pas un cadeau.

En y repensant. Pourquoi dont la combattante se prenait-elle autant la tête pour une histoire qu’elle pourrait mettre de côté ?  En pensant simplement à la chose présente au lieu de se lancer dans une conversation dont elle perdrait ses moyens. C’était si simple de fermer les yeux et de se laisser porter par l’ambiance. Par les milles baisers que ses lèvres partageaient avec celles du brun. Sauf que ce n’était pas possible. Michiyo ne pourraient se retirer les questions se poussant les une les autres dans son esprit. C’était trop fort pour qu’elle puisse ignorer la voix assistante qui lui criait inlassablement de se lancer. De poser ses questions. De lui sauter dessus pour l’embrasser. Ah, si la jeune femme laissait court à ses pulsions… Non. La question ne se posait même pas. Elle les retiendrait aussi longtemps que possible. C’était une séductrice lorsqu’elle le voulait. Mais pas une fille facile. Loin de là. Faisant taire violemment toutes les contestations de sa voix intérieure. La jeune femme détestait quand ça lui faisait ce genre de choses. Depuis quand sa conscience était contre elle ? Sale bête. Il suffisait juste de se lancer. De prononcer quelques mots. Oui, la jeune femme finirait bien par y arriver. Parce que comme toujours elle ne pourrait se taire. Que le Baskerville soit prêt ou non. Michi se retint de soupirer. Fermant les yeux quelques secondes, elle se concentra une nouvelle fois  sur la conversation. Difficilement. Très difficilement.

Le ménage. A en mettre sa main à couper, la contractante aurait parié que le Chain n’aimait pas particulièrement ça. Sauf qu’elle aimait particulièrement la propreté. Une vie lisse. Quelque chose d’impeccable. Parfois, elle baissait la tête en regardant le sol tout en mâchouillant un stylo et se levait soudainement pour attraper de quoi nettoyer. Une sorte d’échappatoire à tout son stress. Oui, comme tout le monde elle aurait pu faire du sport. Mais les femmes, dans la société actuelle, ne font pas de sport. Alors, elle faisait le ménage. Tous les meubles y passaient. Parfois même jusqu’à la partie des communes entres le couple en face de chez elle et sa propre porte d’entrée. En même temps, si elle ne le faisait pas de temps en temps. Personne ne le ferait. Pour preuve, les traces de sang qu’elle avait perdu lors de la première soirée avec Naaru se retrouvaient limite incrustées dans le sol. Ainsi, deux solutions étaient arrivées jusqu’à la petite lumière à l’intérieur de sa tête. La première étant que ses voisins n’étaient aucunement choqués par le sang sur le pallier. C’était normal. Surtout pour une femme seule. Non, ils ne se seraient jamais posé la question de savoir si elle était encore en vie ou non. En même temps, il suffisait de tendre l’oreille pour avoir la réponse. Quant à la seconde, ils n’avaient juste pas fait attention. Trop fainéants pour nettoyer dans le cas contraire. Michiyo préférait clairement que ce soit la seconde solution. Sinon, elle ne pouvait pas compter sur eux en cas de véritables problèmes majeurs dans son appartement. En même temps, la petite vielle du troisième étage serait plus sauvage que ces deux jeunes – aussi jeunes qu’elle- sans courage en cas de cambriolage. En attendant, la jeune femme s’attardait sur des détails. Parce qu’elle ne demanderait certainement jamais au jeune Chain de nettoyer son appartement. Ni même à son contractant. Ca, c’était juste pour le taquiner un peu. Personne n’avait le droit de prendre possession de son domaine et encore moins faire le rangement. C’était trop impersonnel comme travail. Voilà, la contractante ne comprenait toujours pas comment, les riches, les familles ducales ou pas, cherchaient toujours à avoir des femmes de chambres. De ménage ou quelque soit l’appellation. Le travail se trouvait être le même à la fin de compte. Parce qu’elles faisaient la poussière et le sol dans tous les endroits d’une maison. Ainsi que le rangement. Ca. Oui ca, c’était vraiment le pire cas de tous. Savoir qu’une personne extérieure à la famille touche à des dossiers personnels.  A des objets avec un passé. Une histoire sentimentale. C’était horrible. Juste horrible. Inconcevable. En plus, il fallait apprécier de porter un uniforme. Quoi que non. Un costume. Déguisement. Une horreur. Le mythe de la soubrette. Rien qu’en y pensant, la jeune femme frissonna. Hors de question que quelqu’un vienne nettoyer son appartement. C’était une question de vie ou de mort.

Mais ca, elle ne le dirait pas au jeune brun. Comme bien des silences au final. Le fait qu’elle voulait véritablement l’aider à se remémorer son passé. Qu’elle en avait les capacités si elle le désirait. Quitte à oublier quelque chose en retour. C’était un lourd sacrifice. Ca Michiyo le savait. Mais elle souhaitait le faire. Si un jour il le voulait. Qu’il lui demande, elle ne dirait pas non. Parce que c’était la première fois, depuis bien des années, qu’elle souhaitait venir en aide à une personne. Non pas parce que Naaru comptait énormément à ses yeux. Mais tout simplement parce que la jeune femme, avait cru trouver en lui, quelqu’un de bien plus triste qu’elle. Oh, non pas qu’elle y était constamment. Ni même que le Chain semblait malheureux en permanence. Juste le souvenir de la première soirée passé ensemble. De cette déconnection totale entre la réalité et lui, au moment de la menace – qu’elle aurait du s’abstenir de prononcer- dans son appartement. Puis elle voulait simplement l’aider. Ce n’était pas plus difficile que cela à comprendre. Au fond, Michi se savait particulièrement égoïste sur bien des points de vue. Peut être parce qu’elle en voulait encore à ses parents d’être morts l’un après l’autre en la laissant seule sans rien connaître de la vie. Parce qu’elle en voulait à son Chain de lui faire subir l’oublie de souvenirs à la pelle. A Pandora et aux Baskerville d’avoir créé une guerre entre eux. Elle en voulait au monde entier pour tous les malheurs auxquels elle devait faire face depuis des années. Comme tout le monde. Son petit rappel à l’ordre. Ce n’était que les conséquences de ses choix ou le Destin qu’elle imputait aux autres. Des choses dont ils n’y peuvent rien. Parce que la demoiselle a peur. Clairement peur de tout ce qu’il pourrait lui arriver si elle acceptait que la plupart de ces choix n’aient jamais été les bons. Sauf que là, soudainement, ce n’était plus elle qui l’intéressait. Plus sa propre personne et ses intérêts. Non, c’était ceux de Naaru. La combattante ne lui dirait certainement jamais à quel point elle se sentait bien en sa présence. Qu’elle pouvait rester des heures dans ses bras sans s’en lasser. Oui, ca fait fleur bleue comme histoire, mais ce que les autres pouvaient en penser. Elle n’en avait strictement rien à faire. Un jour finalement, elle lui raconterait tout ça. Sans passer par quatre chemins. Avant qu’elle n’oublie pour longtemps toutes ces pensées. Bientôt peut être. En attendant, il devait encore se débrouiller un peu. La jeune femme n’était véritablement pas décidée à lui mâcher le travail.

Alors, elle lui avait déclaré tout simplement que si cela le dérangeait elle ne ferait pas venir son contractant chez elle. Soutenant pour autant qu’il y avait véritablement peu de chances que la joie et la bonne humeur ou quoi que ce soit d’autre disparaisse après le passage du Baskerville. Aussi diabolique soit-il. Même si elle commençait véritablement à croire aux idées du brun. Il était bien trop persuasif.  Un sourire s’afficha soudainement sur les lèvres de Michiyo lorsqu’elle entendit les paroles du Chain. Celui-ci était prêt à rester chez elle pour vérifier que jamais, l’ennemi naturel de Pandora ne vienne mettre les pieds chez elle. Voyons dont. Monsieur était prêt à prendre position devant la porte d’entrée de la demoiselle pour être sûr. Ce n’était pas une mauvaise idée en soi. Mais la membre de Pandora était persuadée qu’il ne viendrait pas. Une sorte d’intuition. Sauf que même s’il venait à le faire , quelque chose allait clocher. Un truc à taille humaine. Avec une odeur caractéristique de l’Abysse elle aussi. Pour le moment, elle se contenta de sourire au jeune homme en ne donnant pas suite à la conversation. Ca pourrait durer encore longtemps de toute façon. Se demandant même comment Naaru pouvait encore croire qu’elle, Michiyo Konoe, laisserait quelqu’un entrer dans son appartement pour toucher à ses objets ? Sa vie ? Son temple. Ah, il était tellement encore naif. Mais ca le rendait difficilement mignon. Une idée traversa soudainement l’esprit de la demoiselle. Qui retint difficilement son rire. C’était particulièrement débile comme idée. Se disant que les rôles auraient du être inverse. Elle un homme. Lui une femme. Après tout, elle avait le caractère pour et le franc parlé. Non pas qu’il était timide. Loin de là. Mais Naaru ne connaissait pas le monde des humains comme la jeune femme le connaissait. Ce qui le rendait un peu naïf. Amusant. Cela donnait envie à Michiyo de tout lui apprendre. De le prendre par la main et de lui expliquer tout ce qu’elle savait. Théoriquement, elle aurait du être la fille naïve. Enfin dans les romans. Pas dans la vraie vie. Encore moins quand on travaille pour Pandora. Fin du débat mental.

Que Naaru relança pratiquement aussitôt. Parlant qu’il ne supportait pas de savoir une autre personne que lui. Par conséquent un autre homme dans son appartement. Ajoutant que ca devait être de la jalousie. Oui, c’en était et une belle soit dit en passant. Etrangement, la jeune femme ne le prit pas mal. Parce qu’elle aurait pu. En même temps, la jalousie d’une personne, créait dans l’autre, une sensation d’oppression. D’être redevable. De devoir faire attention à tout ce qui se passe autours d’eux. Pour ne pas ajouter d’autres arguments à la jalousie d’exister. A contrario, chez l’humaine, c’était un léger sentiment de fierté. Parce qu’elle avait l’impression d’exister au regard de quelqu’un d’autre. D’être étrangement exceptionnelle. Ce n’était peut être pas le cas. Elle se trompait certainement. Mais ca lui faisait du bien. Une boule de chaleur se créa dans son ventre. Patience. Ce n’était peut être qu’une simple idée de sa part. Pourtant, parce qu’il y avait toujours un pourtant, Naaru ajouta que son Chain ne comptait pas. Ca, c’était une mauvaise chose. Parce que son Chain faisait parti intégrante de sa vie, comme ca devait être le cas pour le contractant du jeune brun. Il passait 90% de son temps avec elle. La connaissait par cœur.  Si l’animal en face d’elle devait être jaloux d’une personne. Ce n’était pas de son voisin. Mais bien de l’autre Chain que la jeune femme connaissait. Après de là à lui dire, ca pouvait se discuter. Quoi que non en fait.  Michiyo était un joueuse et voulais voir à quel point Naaru en connaissait sur le point jalousie. Ce n’était pas foncièrement méchant. Mais pour une fois qu’elle avait les cartes en main. Certes, il n’irait pas de plein front.

« Ah tu sais, je passe beaucoup plus mon temps avec mon Chain qu’avec n’importe quel autre homme. Il va falloir revoir l’ordre de tes priorités. »

Ponctuant sa phrase d’un léger sourire. Un peu moqueur certainement. Un peu trop. Au fond, il n’était pas le seul à se croire jaloux. Michiyo n’y avait pas souvent pensé, mais en se focalisant sur le point. La demoiselle se disait clairement qu’elle réagirait plutôt mal si elle voyait le jeune homme fricoter avec une blonde. Voire même une brune. En fait, avec tout ce qui avait des jambes à ne pas en finir et une poitrine. C’était mauvais.  Elle devenait possessive et jalouse. Se pinçant légèrement la lèvre, elle chercha comment garder cela secret. Dans un premier temps en évitant de tomber sur le beau brun en compagnie d’une femme. Puis d’en parler et ensuite de se moquer vis-à-vis de lui et de sa croyance. Bon, elle ne pouvait plus retirer ce qu’elle venait de dire. Suffisait simplement de ne pas en parler par la suite et d’éviter la conversation. Bon d’accord, c’est impossible. Elle était foutue.

Puis les événements ce sont enchaînés très vite. La position plus ou moins forcée. La menace amusante de suçon. Michiyo avait l’impression que cette conversation ne pourrait pas s’oublier de sitôt. Qu’avec beaucoup de chance ou de malchance, Naaru en profiterait encore pour en refaire un ou deux. Non pas que la jeune femme le souhaitait véritablement. Mais désormais qu’elle lui avait avoué que ce n’était pas si déplaisant que cela, elle devait s’attendre au pire comme au meilleur. Principalement au pire. Avec ca, la jeune contractante savait qu’elle allait rester sur ses gardes. Sentant alors le souffle du brun dans sa nuque, un frisson la parcouru. Ah c’était étrange comme sensation. Entre contre mais finalement capituler peu à peu. Ne pas savoir sur quel pied danser. Seul le Chain lui faisait cet effet. Uniquement lui. Un jour, il arriverait à la faire totalement capituler sur l’histoire «  marque dans le cou » et plutôt rapidement.  Pourtant, elle ferma les yeux et sourit doucement lorsqu’elle entendit le jeune homme lui dire qu’il était content. Etrangement, ca lui faisait tellement plaisir. Une si petite parole, qu’elle pourrait entendre de n’importe qui, la rendait toute chose. C’était bateau comme phrase, mais l’entendre de sa bouche, ca changeait tellement de chose. La jeune femme se sentait devenir plus sensible. Un rien la faisait sourire. Même un simple «  bonjour » de la part du Baskerville pourrait la rendre heureuse pour toute la journée. C’était contradictoire comme sensation. Dans un sens elle aimait ça. Parce qu’elle se sentait différente dans un sens positive. Reprenait de bonnes relations sociales et se sentait prête à se coucher en souriant comme toutes les adolescentes et leur premier amour. Dans un autre, elle détestait. Parce qu’elle devenait vraiment trop gaga d’un homme. Ce qu’elle n’avait jamais fait auparavant. Naaru changeait tellement de chose en elle.

Pour continuer par sa petite torture sur le cou du jeune homme. Il avait plutôt bien réagi, mais inconsciemment, la jeune femme savait pertinemment qu’elle ne pouvait en profiter autant qu’elle voudrait. Ce qui l’amusait un peu en fait. Après tout, si le Chain était un grand joueur, la jeune femme n’était pas en reste. Et recommencer la tenterait bien. Pas forcement pour se moquer et pour le punir. Mais aussi pour revoir sur son visage des rougeurs apparentes. Le battement de son cœur qui s’accélère. Il était sexy. Dangereusement sexy. Et ca, Michiyo pourrait payer tout l’or du monde pour le revoir dans cette situation. Le Chain avait un pouvoir de séduction qu’il devait être le seul à ignorer. Du moins, si c’était véritablement le cas. La jeune femme se persuada soudainement qu’il ne devait pas être si innocent qu’il voulait bien le faire croire derrière son souvenir avenant. Oh non, il devait même en profiter de ses yeux émeraude envoutant qui tentaient de s’y  aventurer. Le chacal. Pour la peine, elle le ferait de nouveau. Encore et encore. Jusqu’à ce qu’elle trouve autre chose pour le taquiner. Qu’il fasse de même. Une bouche sans fin. Juste un jeu de séduction entre eux deux. Après tout, ils étaient tous les deux des adultes consentants n’est ce pas ? Ils ne pouvaient que s’en prendre à eux même si ca venait à déraper d’un moment à l’autre. Comme ca venait de le faire. Les cheveux blancs, les yeux rouges qui pouvaient la transpercer soudainement. Tellement de chose qui la forçaient à se surpasser. Jamais auparavant la jeune femme aux yeux bleus n’avait eu aussi peur que quelque chose. Si en fait. Lorsqu’elle était petite, elle avait peur du noir. Puis après de la solitude. Mais tout ca n’était devenu que caduc avec le temps. Une habitude. Alors, Michi croyait désormais, que comme tout ce dont elle avait eu peur auparavant, la forme de Chain de Naaru actuellement, ne deviendrait qu’une habitude. Après tout, ce n’étaient que les couleurs qui changeaient. Rien de plus. Il restait beau et l’homme qu’elle apprenait à connaître.

Les choses prirent un rythme de plus en plus effréné. Ne maîtrisant plus rien. Il lui avouait ce qu’il ressentait. C’était flou. Archaïque.  Alors que dans la tête de la jeune contractante, tout était clair. Sachant ce qu’elle voulait. L’embrasser. Se serrer contre lui parce qu’ils étaient le plus fort des deux. Et qu’il avait aussi de plus grands bras. Lui caresser les cheveux. Se moquer l’un de l’autre comme deux enfants. Se crier dessus de temps à autre. Sinon tout deviendrait monotone et long s’ils devenaient tous les deux trop gagas. L’aimer en somme. Rien de plus. Non, elle n’en demanderait jamais plus. Uniquement le fait qu’il soit de temps à autre avec elle, suffisant amplement. Pour une possessive, c’était particulièrement limite d’accepter de voir la personne loin d’elle. Mais ca passait.

Après quelques rires, Naaru lui avoua être simplement qu’il se trouvait pathétique. Ce, à quoi la jeune femme répondit du tac au tac quelque chose de cynique. La situation la rendait particulièrement tendue.  Michiyo avait horreur du stress, du trac ou de tous autres synonymes existants. C’était un peu pour ça qu’elle cherchait à tout maîtriser. Toujours et encore. Dans son travail ou dans sa vie personnelle. Surtout dans le travail. Principalement dans le travail. De la formation de la traque, jusqu’au moment où elle devait l’attraper. Pour renvoyer le Chain dans l’Abysse en dernier recours ou attraper le contractant illégal. A force, elle montait des plans les uns après les autres sans se fatiguer. Une sorte de routine. Mais dans sa vie professionnelle. Ca devenait tout de suite plus difficile. Parce qu’elle ne pouvait maitriser son Chain comme elle le souhaitait. En même temps, ils se ressemblaient particulièrement tous les deux. Mais alors depuis qu’elle connaissait Naaru, c’était de pire en pire. Son cœur prenait un rythme diffèrent de ses battements habituels toutes les dix minutes. Ses joues étaient plus rouges et elle souriait beaucoup plus. Néanmoins, elle était plus rapidement stressée. Et ca, ce n’était pas particulièrement bon. Parce que ca la rendait ironique et particulièrement irritable. Le Baskerville pouvait certainement en témoigner. Son Chain aussi. Oui, la jeune femme était un être particulièrement difficile à cerner.

Tellement difficile, qu’en quelques secondes, toute sa pression recommença à diminuer. Au point où elle voulait s’excuser pour son comportement. Rester dans les bras de Naaru et faire comme ci le sujet principal n’avait jamais été débuté. Parce qu’à force, elle commençait à avoir peur. Puis à s’énerver. Se détendre. Rire et pleurer. Un amalgame de sentiments, de sensations qui la fatiguait énormément. Ne lui donnant que l’envie d’aller se reposer dans un bon lit. Bien au chaud sous ses couvertures.  De mettre un mot sur sa porte de chambre et d’entrée d’appartement du genre «  ne pas déranger » avec quelques noms d’oiseaux à la clef en cas contraire. Trouver une excuse pour ne pas aller au boulot le lendemain et flâner toute la journée à lire un roman policier. C’est bien les romans policiers, parce que certains sont vraiment réalise. Contrairement aux romans d’amour où les individus se rencontrent, tombent amoureux les uns des autres et soudainement, ont des enfants. Tout se passe bien. Vivent dans un château et blablabla et blablabla. Mensonges. Rien ne se passait véritablement comme ça. Alors pas de roman d’amour. Un truc bien réel ne lui ferait pas de mal. Elle devenait antipathique. Tombant en même temps que le Chain sur le côté, elle s’appuya sur ses bras pour ne pas s’effondrer sur lui soudainement. Il avait le chic pour bouger sans jamais la prévenir. Le regardant dans les yeux, la jeune femme ne voulu soudainement plus partir. Elle le détestait autant qu’elle l’aimait pour lui donner de tels changements d’humeur.

Encore une fois, ses nerfs lâchèrent. La faisant rire soudainement. Parce que ca faisait du bien. Et là, la phrase fut lancée.  Sans qu’elle ne puisse rien maîtriser. Parce que ca lui faisait du bien. Qu’elle en avait besoin. Puis oui, elle l’aimait tout particulièrement. Avant, elle était seulement attiré. Il était le seul homme pour lequel Michiyo était capable de mettre des mots sur ses sentiments. Et même si ce n’était pas l’amour fou. Que ce n’était qu’un début, toutes les bases étaient posées.  Suffisait-il uniquement de continuer sur la même voie sans trop se forcer. Sinon il était certain que la membre de Pandora finirait par s’en lasser et partir. Comme pour beaucoup de chose qu’elle faisait. Apprendre à jouer du piano. Porter des déguisements de princesses lorsqu’elle vivait encore chez ses parents. Et cela, tous les jours que Dieu faisait. Une folie passagère. Au fond, elle n’avait pas tant changé que cela en grandissant. Juste plus mature. Comme tout le monde. Michiyo du se contrôler pour ne pas relever la tête après s’être effondrée sur le torse du brun. Ecoutant le battement de son cœur pour se calmer. La jeune femme était certaine que si elle avait un miroir en face d’elle, son reflet serait rouge carmin. Ah, pourquoi avait-elle dont dit cela ? Après tout, Naaru ne ressentait peut être pas la même chose. Ou ne comprenait pas . Ou bien….

Stop.

Serrant les vêtements de Naaru, Michi espéra soudainement que tout cela ne soit qu’un rêve. Que les choses s’arrêtent. Sa conscience se taise une bonne fois pour toute. Tais-toi. Tais-toi. Jamais elle n’avait été aussi peu sûre de ses dires et de ce qui allait arriver. Michiyo Konoe ne maîtrisait rien du tout autour d’elle. Fermant les yeux, elle se concentra de nouveau sur la musique de l’organe principal du Chain. Si elle ne les ouvrait pas de nouveau, peut être qu’elle serait en mesure de se réveiller pour de bon. Mais de quoi parlait-elle ? Non, ca ne devait pas être un rêve, pas du tout. La réalité pouvait être difficile à vivre, mais il fallait l’accepter. Un point c’est tout. Ses oreilles captèrent alors un rythme cardiaque bien plus rapide. Renforçant l’afflue de sang jusque ses joues. Il avait entendu. Certainement compris. Et ils étaient là, tous les deux, sans bouger ni parler. Ce que c’était gênant. Ce que c’était frustrant. Serrant un peu plus les bouts de tissus entre ses doigts, la demoiselle tentât de se maitriser.  Lentement, son propre rythme cardiaque revint normal. Ses joues reprirent une teinte plus habituelle. Pourtant, Michiyo ne voulait aucunement relever la tête. Pour ne pas avoir à faire face à la vérité. Pas encore du moins. Une autre partie d’elle désirait ardemment qu’il lui dise quelque chose. Pour qu’elle puisse enfin être fixée. Savoir si après cette journée, ils allaient définitivement couper les ponts l’un avec l’autre. Se croiser dans la rue en faisant mine de ne jamais s’être vu, ni même reconnu. Pour soupirer juste après. Se retourner en se demandant de si oui ou non, il fallait faire demi tour et se parler. Reprendre contacte. Mais non. Jamais. Ou alors s’il allait faire semblant de ne pas s’être parlés de cette façon. Et faire comme si de rien n’était. Même en sachant que c’était particulièrement difficile.

Un contact autour de sa taille la fit soudainement revenir à la réalité. Dans un léger sursaut. Son cœur tambourina de nouveau dans sa poitrine. Non, elle ne pourrait pas véritablement éviter la réponse du jeune homme. Sa respiration devint de plus en plus rapide. Faisant se lever sa cage thoracique à un rythme anormal. Signe de stress. Avaler sa salive devenait particulièrement difficile. Qu’il fasse vite. Qu’il fasse très vite. Véritablement vite. Jusqu’à ce que la première salve de paroles n’arrive. Lui demandant pourquoi elle se cachait. Pourquoi ? Parce que la jeune femme était devenue soudainement timide. Une petite fille que l’on mettait sur le devant de la scène. Une adolescente devant sa première fois. Sauf que bon, Naaru n’était pas nu. Encore heureux.  Sinon la conversation aurait été assez étrange. Et surtout la situation. Se concentrant de nouveau, le nez dans les vêtements du Chain, elle sentait cette odeur qu’elle avait appris à aimer. Il lui disait que d’eux deux, ce devait être lui le plus gêné. Mais qu’au contraire, il se sentait particulièrement heureux. Et que théoriquement, il aurait du les dires les deux mots, sauf qu’il n’y arrivait pas. Parce qu’il ne l’avait jamais fait auparavant. Et finalement, il ne ressentait pas la même chose qu’elle ? Ce n’était pas idiot de sa part. Elle ferait comme ci de rien n’était. En même temps, il y avait peu de chance qu’elle ne pleure. Même si elle serait particulièrement irritable par la suite. Son pauvre Chain ne devrait certainement pas se trouver dans les parages. Fermant de nouveau les yeux. Elle attendit la suite.  Avant de parler. Parce que la contractante avait besoin de revenir sur  un certain sujet. Une main s’appuya dans son dos pour qu’elle puisse se relever et se trouver face au visage souriant du Chain.

Ses joues n’étaient plus rouges. Mais sa respiration était rapide. Michiyo se félicitait d’avoir une assez bonne santé et un cœur bien accroché, sinon, il y aurait longtemps qu’elle aurait perdu connaissance. Naaru pourrait se moquer d’elle pour cette réaction disproportionné et complètement contraire à son caractère habituel. Cette sensation dans ses cheveux. Elle l’aimait particulièrement bien. Tout comme le moindre contact avec lui. Il pouvait faire ça pendant des heures s’il le voulait. La jeune femme ne dirait jamais rien. Elle était complètement pour. Le jeune homme l’embrassa une première fois. Puis une seconde. Ces baisers auxquels elle s’accrochait toujours et encore. Sentant le contact contre son front. Elle s’attendait aux révélations.  Et les mots finirent par venir. Un je t’aime. De grandes mèches cachèrent soudainement ses yeux alors que ses mains se détendaient sur ses jambes. Et ce surnom. Ca faisait étrangement longtemps. Elle avait presque oublié. Pourtant, ca lui faisait extrêmement plaisir. Ses joues redevinrent rouges. Encore une fois. Ainsi, elle releva la tête et embrassa fougueusement le Chain. Parce que Michiyo n’était pas capable de mettre des mots sur le sentiment de délivrance qu’elle venait de ressentir. Alors, elle lui montra. En l’embrassant, tout simplement. Passant ses mains derrière la nuque du brun. S’approchant au plus prêt de lui. Toujours et encore. Se détachant pour reprendre son souffle, elle plaça une main sur la joue du Chain. Ajoutant un sourire.

« Je suis contre le fait que essais de me prouver que tu es capable de quelque chose. Tu es capable d’une multitude de chose Naaru. Sauf que tu ne le sais pas encore ».

Alors, elle lui fit une pichenette sur le front pour lui montrer qu’il fallait se détendre désormais. Que tout était passé. Oh, elle pourrait lui dire encore et toujours qu’elle l’aimait. Mais, ça deviendrait trop fleur bleue et étrangement, ca n’avait pas l’air d’être une part entière de leur caractère à tous les deux. Bien au contraire. Tout comme Michiyo ne se sentait pas prête à utiliser le mot «  couple » ou «  petit ami ». Il faudrait un temps d’acclimatation entre eux deux. Surtout pour la jeune femme. Elle n’était pas comme les autres qui se voyaient déjà mariés avec des enfants. En pensant que les Chains pouvaient avoir des enfants. Et vivre rangé. Ah non pas du tout. L’embrassant de nouveau elle se serra contre lui tout en plaçant ses mains dans le dos du jeune homme. Sauf que la membre de Pandora ne pouvait pas se taire. Il fallait qu’elle parle encore et toujours en essayant de détendre l’atmosphère. Parce qu’il fallait en rire maintenant. Bougeant pour se mettre dans une meilleure position, la jeune femme se posa convenablement sur les jambes du Chain tout  en passant les siennes de chaque côté des hanches de l’homme aux cheveux couleur chocolat. En rajoutant quelques mots dans un sourire et sur le ton de la confidence.

« Oh, une dernière chose. Je souhaite. Non, je veux que rien ne change entre nous. Tu dois savoir que je ne fais pas dans la guimauve. Ce serait tellement ennuyeux si nous étions d’accord sur tout pas vrai ? »

La demoiselle posa sa main sous son menton, tout en souriant ouvertement. Non, elle aimait Naaru parce qu’il n’était jamais d’accord avec elle. Qu’ils pouvaient s’envoyer des piques sans avoir peur de froisser l’autre. Bon aussi, parce qu’il était terriblement sexy l’animal. Mais principalement pour les premières raisons citées. Sauf que sa phrase n’était pas complète, alors elle continua. Sans laisser le temps au jeune homme de s’exprimer.

« Sinon, je te croquerai le bout du nez. En fait non, pas que le bout du nez – elle glissa un de ses doigts le long de la nuque du Chain- je pourrais bien te croquer dans le cou aussi. Et sur le torse. N’importe où en fait. »

Son sourire prévenant venait de se muer en un sourire moqueur. Voilà, avec lui, elle ne pouvait rester sérieuse plus longtemps. Il fallait toujours que tout se termine correctement. Puis, maintenant qu’ils s’étaient tous les deux déclarés. La demoiselle avait vraiment l’intention de lui montrer qu’il n’était peut être pas le plus jaloux des deux. Bien au contraire. Il fallait qu’elle le prévienne un peu dans un sens. Sinon, il allait le découvrir à ses risques et périls. Et Naaru ne savait pas encore ce que pouvait faire  une Michiyo jalouse avec une arme entre les mains. Coupante ou non. Tout devenait une arme, même un sous vêtement de toute façon. L’embrassant sur le front, la jeune femme pris ensuite une nouvelle fois possession de ses lèvres. Il était beau. Véritablement beau et tellement d’autres choses qu’elle appréciait chez lui. Lui caressant la joue du pouce, elle ajouta quelques mots. Oui, elle parlait beaucoup. Comme toutes les fois où elle était avec lui.

« Parce qu’avec les mots que tu viens de prononcer, tu es à moi mon cher. Et si toi tu penses être jaloux. Je suis particulièrement possessive. »

Cette phrase avait été dis sur le ton du défis plutôt que sur celui de la froideur. Elle était possessive certes, mais pas au point d’être méchante et de mettre des barrières tout de suite. Bien au contraire, elle prenait plus cela sur le ton de la rigolade. Après tout, Naaru ressemblait plus à un de ses oiseaux qui meurt si on fini par les priver de la liberté. Et c’était la même chose pour Michiyo. Alors, elle ne mettrait jamais de limites au jeune homme. Ce n’était pas son travail de toute façon. Et puis, rien ne devait changer entre eux de toute façon. Jamais. Fixant les yeux verts de son vis-à-vis, la jeune femme se posa une question. Et aussitôt, elle du la poser pour être certaine.

«  Tu es fatigué n’est ce pas ? Déjà la dernière fois. J’ai l’impression de commencer à te connaître Naaru. Ne voudrais-tu pas aller te reposer ? »

Apparemment, le Chain semblait se fatiguer plus vite qu’elle avec les émotions. Du moins, c’est ce qu’elle avait déjà remarqué la dernière fois. Tournant la tête vers l’une des fenêtres, la jeune femme remarqua qu’il faisait déjà nuit. Son Chain devait certainement la chercher. Le contractant de celui qu’elle avait envie d’embrasser encore et toujours devait revenir sous peu certainement. A moins qu’ils fassent des heures de nuit chez les Baskerville. Puis, elle devait rentrer aussi. Parce que bon, une femme dans la nuit, ce n’était pas très rassurant. Bien qu’elle soit armée et que . Non en fait, elle ne voulait pas rentrer chez elle. Bien au contraire. Loin de là même. Tendant soudainement sa main devant le Chain, elle lui montra son petit doigt.

« Et je te promet que l’on se reverra quand tu veux. Où tu veux et tout ce que tu voudras. »

A cela, elle ajouta un petit sourire tout en repoussant ses longues mèches de cheveux vers l’arrière. Oui, c’était un peu enfantin comme méthode. Mais c’était un vieux relent de son enfance. Il pourrait très bien se moquer. Mais s’il allait au lit pour se reposer, ce serait déjà une petite victoire pour la jeune femme. Après tout, Naaru ne la laissait  jamais véritablement gagné.  Alors pour une fois, il pouvait bien faire un effort. L’embrassant une nouvelle fois furtivement, elle laissa son doigt tendu. Allons bon, il comprenait ce geste n’est ce pas ? Il avait réussi à comprendre tellement de chose en ce jour. Fais d’énorme pas dans son humanité. Alors, Michiyo le savait capable de tellement de chose. Naaru Irwin était l’homme le plus courageux qu’elle connaissait. Pour sûr.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Le temps révèle toute chose. [ Nana ♥]   28th Novembre 2013, 07:50

La grande majorité de leurs discussions partaient le plus souvent d'un rien. Simplement une suggestion, ou même une simple pensée. Naaru était un être qui pensait beaucoup. Qui avait besoin de s'exprimer à l'oral aussi. Il aimait faire ressentir les autres, tout comme il appréciait sourire face aux remarques qu'on pouvait lui faire. Et particulièrement face à celles que pouvait lui faire Michiyo. C'est bien simple, depuis qu'il la connaissait, il ressentait parfois quelques nouveautés. Ses sourires n'étaient plus aussi vides qu'auparavant. Il commençait à comprendre pourquoi les gens riaient, et ce que voulait dire « de bon coeur ». Il commençait à s'habituer aux humains non plus seulement en tant que cobaye mais en tant qu'être à part entière. C'était une première. Enfin, peut-être que ce jugement de valeur ne s'appliquait pas à tous les êtres humains, sinon Naaru n'était plus Naaru, mais en tout cas, cette demoiselle aux cheveux bleus devenait véritablement le seul gros point d'encrage de notre beau brun. Et ça, ça le rassurait, ça lui donnait quelque chose de nouveau, et surtout l'impression de se sentir vraiment utile, non plus seulement observateur des temps qui changent.

Pourtant, Nana y avait déjà pensé. Le monde avançait, le temps aussi. Il savait, avant même de songer à la mort de Michiyo, que ses sentiments pouvaient changer. Il en avait peur, parce que ce qu'il vivait en un instant aujourd'hui était cent fois, mille fois plus intéressant que toute sa vie de chain. Alors, il craignait que le temps fasse ce qu'il avait toujours fait, le rendre encore plus vide et dénué de sentiments. En restant auprès d'elle pourtant, Nana avait l'étincelle de volonté de croire que tout n'était pas perdu pour autant. D'un autre côté encore, en se prenant en plein figure toutes ces pensées, il se sentait plus humain. Et pour lui, ça ne sonnait pas aussi idyllique que ça. Naaru ne les détestait pas. Il n'était pas des chains qui pensent que l'humain est faible, ou tout du moins ne l'est plus. Néanmoins, il ne peut s'empêcher de ne pas vouloir leur ressembler. Ces sentiments pouvaient les mener bien loin. Qui sait ce que l'homme pouvait faire par amour ? N'importe quoi. Il était pire que le plus dangereux des chains. Il n'avait plus de cerveau et réfléchissait aveuglément, poussé par son amour. Voilà ce qu'était un humain. Et notre brun se sentait suffisamment enchaîné par sa vie pour avoir besoin de cordages supplémentaires. Nana était une boule de paradoxe ambulant.

Qu'importe, le moment était venu de s'attaquer au ménage. Ah, ce ménage. Ça aussi, le chain avait parfois quelques difficultés à comprendre comment fonctionnait l'esthétisme humain. En quoi était-ce mal de laisser traîner sa couette par terre ? Naaru trouvait ça au contraire plus sympathique que ce sol dénué de couleur. Et puis, il pouvait marcher sur sa couverture, et c'était agréable sous les pieds. Alors pourquoi ? Pourquoi fallait-il nettoyer, tout le temps nettoyer ? Dans l'Abysse, personne ne nettoyait, et c'était tout le temps un bazar innommable. Pourtant, cela ne dérangeait personne. C'est bien simple, notre garçon ignorait absolument tout de l'ordre. Pire, il se complaisait dans le désordre puisque cela lui rappelait malgré lui le chaos régnant dans l'Abysse. Après tout, il avait beau crier tout haut sa répulsion pour cet endroit obscur, il restait pourtant cramponné à ce lieu, comme s'il était sa propre mère. Et au final, c'était probablement l'idée qu'il s'en faisait.

Bref, toujours est-il qu'il parvenait difficilement à comprendre ce qu'il se tramait dans la tête de Michiyo. Allons bon, quelques minutes auparavant, elle craignait comme si la foudre allait s'abattre sur elle de rentrer dans l'appartement, par peur d'y rencontrer le contractant. À présent, elle déclamait à qui veut qu'elle était prête à l'embaucher pour faire le ménage chez elle. C'est un peu la goutte d'eau qui réveilla notre brun. Finn, chez elle ? C'était de la tuerie. Encore plus si c'était pour réveiller sa capacité spéciale rangement. C'était trop dangereux. Qui sait ce qu'il pouvait s'y passer ? Et puis, Finn était un Baskerville et elle un membre de Pandora. C'était trop risqué. Alors notre homme s'était vigoureusement interposé à cette idée. Allons bon, comment pouvait-elle oser songer à ça ? Oh certes, ce n'était pas Naaru qui se proposerai pour faire le ménage, et de toute façon, il était de fort mauvais goût de le lui proposer. Il fallait ne pas le connaître. Tempête ambulante.

Par la suite, il ajouta qu'il devait être jaloux. Parce que oui, pour penser pareille chose, il fallait avoir un grain de côté. Ce devait être ça. Et visiblement, à voir l'expression que tirait Michiyo, il ne s'était pas trompé. Il poursuivit en disant qu'il ne supportait pas d'autre homme que lui chez elle. En décomptant son chain, bien évidemment. En fait... pour être lui-même de cette nature, il savait à peu près comment fonctionnait ces bêtes. On ne tombait pas sous le charme d'une demoiselle parce qu'on le voulait, ou même parce qu'on s'y entraînait. Ça venait vraiment lentement, même si Naaru croyait encore que tout s'était bien trop précipité dans sa tête. Il soupira doucement. Il ne craignait pas son chain en lui-même, mais plus son pouvoir. Ce pouvoir restait gravé dans sa mémoire, et à chaque qu'il y pensait, un frisson lui parcourait le dos. Trop c'était trop. Il secoua rapidement la tête, puis Michiyo prit alors la parole.

Un sourire naquit sur le rebord de ses lèvres. Oui, certes elle passait plus de temps avec son chain qu'avec lui. Oui, certes, c'était aussi le cas de Naaru avec son contractant. Pourtant, le chain ne craignait rien. C'était ainsi. Une simple évidence était le simple fait qu'elle était son chain. C'était un camarade, il n'y avait pas de jalousie à avoir là-dessus. Elle avait le droit d'avoir des amis tout de même. Cette « jalousie » n'atteignait pas non plus des sommets incroyables. Mais... en vérité, il n'y avait pas que ça, et le chain s'empressa alors de répondre :

-Certes. Mais ton chain est régi par tes ordres. Ce qui n'est pas mon cas. -il l'embrassa une première fois, alors qu'un regard malicieux apparaissait- Et puis, je suis tout de même beaucoup plus beau que lui. Je ne crains pas grand chose de ce côté.

Il ajouta un nouveau sourire et s'empêcha de rire. Il était sérieux, mais il s'agissait encore de Naaru. Point trop n'en fallait. Il gardait toujours ce beau sourire, peut-être parce qu'il était juste doué pour ça. Et puis, ça rendait aussi les gens heureux. Ça la rendait heureuse, et il adorait la voir rire et sourire. On était déjà bien loin de leur première rencontre. Il en deviendrait presque nostalgique. Doucement, il prit les mains de Michiyo et les embrassa doucement. Ça n'avait pas d'arrière pensée particulière, mais l'envie lui était venu d'un seul coup. Il aimait la prendre dans ses bras, mais l'inverse était tout aussi plaisant. Il aurait aimé avoir le don de se faire tout petit comme un de ces enfants avec qui il s'entendait si bien. Il aurait bien aimé se faire prendre dans les bras d'une femme et ne plus penser à rien qu'au cœur battant dans sa poitrine. Quelque chose lui manquait. Toute son enfance. Un blanc aussi épais qu'un brouillard montagneux. Toutes ces émotions, il avait l'impression de les sentir à la traîne. Comme s'il manquait vraiment quelque chose pour enfin tout comprendre. Pourtant, il n'avait jamais osé se diriger vers cette pièce de puzzle manquant, parce qu'il s'y cachait des choses atroces.

Il inspira profondément et ferma les yeux. Repensait à ce qu'il s'était passé en quelques secondes. La réaction en chaîne qui s'était produite en si peu de temps. Le bien et pourtant la gêne incroyable qui s'était emparé de lui lorsque Michiyo s'était amusée à lui mordiller le cou. Et puis, ses pensées qui s'étaient bousculées, les unes après les autres, jusqu'à devenir un brouillon sans début ni fin. Sans vraiment savoir pourquoi, il s'était montré sous sa forme de chain. Pour démontrer quoi ? Qu'elle ne devait pas avoir peur de lui. Pourtant, il ne faisait pas beaucoup d'efforts. Il l'inondait de paroles sans les avoir préparé à l'avance. Non, non il ne lui ferait jamais de mal. Alors pourquoi ressentait-il ça ? C'était venu tellement rapidement, sans prévenir à l'avance. Il regardait le visage apeuré de celle qu'il aimait, en se demandant encore et encore pourquoi c'était à lui que cela arrivait ? Il ne comprenait pas encore ce qu'il se passait. Alors, il s'embrouillait. Pour cacher ce qui était évident. C'était sa seule défense. Mais Michiyo résista et lui fit voir ce qu'il se refusait à visualiser. C'était évident. Il était amoureux, mais ignorait comment s'y prendre.

Avec quelques difficultés, il parvint à s'exprimer, se calmer et puis à l'embrasser. C'était si doux. Bien sûr, il était incapable de lui faire du mal. Comment le pouvait-il ? Pourtant, ce ne devait pas être trop dur. Plus il touchait ces mains, plus il se disait qu'elles étaient un peu comme de épis de blé. Aussi faciles à déchirer. Mais en parallèle, elles étaient douces et attentionnées. Lorsqu'elles se posaient sur sa joue, Naaru ressentait leur fraîcheur. Aussi facilement cassables ? Non, Michiyo n'était pas une femme faible. À l'échelle d'un chain et d'un homme, physiquement, sans doute que si. Mais mentalement c'était tout autre chose. Elle possédait une volonté plus forte que Nana, sur tous les points. Elle était aussi tenace que lui et possédait ce caractère hors norme qui la rendait pourtant gracieuse aux yeux du chain. Non, elle n'était pas née de la dernière pluie. Alors, il avait peut-être quelque chose à dire lui aussi. Pour lui prouver qu'il avait aussi des efforts à faire, mais qu'il essayait d'être mentalement ce qu'il était physiquement. Un homme mûr, en somme. Il enroba ses paroles dans un premier temps, mais finit par se raviser. Il devait le lui dire tout simplement. Reprenant la demoiselle sur sa position assise, il la regarda franchement dans les yeux et lui annonça ce qu'il avait à dire. Qu'il l'aimait et qu'il l'aimerai encore.

Il l'avait dit, et curieusement ce fut un poids en moins qui se dégagea. Pourtant, à peine quelques secondes plus tard, Michiyo prit son visage entre ses deux mains et l'embrassa. Ah, il avait du mal à résister. Il adorait tellement ces moments qu'il serait prêt à faire n'importe quoi pour les voir durer encore, toujours plus longtemps. Tout ces contacts, mêmes les plus infimes, le rendait toute chose. Mais il ne fallait pas s'emballer. Rester toujours maître de soi-même. C'était le mot le plus important à retenir. Puis, lorsque leur baiser se termina, elle lui sourit. Ce qu'il fit en retour, content de lui-même et de sa réaction à elle. Puis, elle lui dit qu'il n'avait pas à lui prouver cela. Qu'elle était d'ors et déjà certaine qu'il était capable de nombreuses choses. À cela le chain lui lança un regard désolé, pas vraiment certain de la véracité des paroles prononcées. Oh si, il était bien doué pour quelque chose, mais il aurait aimé que ce soit autre part qu'en combat. Voilà tout. Enfin... il n'était pas non plus quelqu'un de renfermé sur lui-même, penché sur ses défauts. Non, Naaru était un chain plein de vies qui ne se figurait pas trop de tout ceci. Ce n'était que purement banal. Qui était parfois après tout ? Personne.

-Tuer et embrasser. Je crois qu'on a fait le tour de mes capacités. Et encore, ce dernier propos n'est vérifié que par toi. Je devrais essayer sur quelqu'un d'autre, tiens.

Naaru tira la langue, subitement amusé. Le gamin était de retour, et n'avait en vérité jamais vraiment quitté le chain. Ce à quoi elle répondit d'une pichenette sur le front. À cela, Nana se mit à rire doucement. Mais son rire fut entrecoupé par un nouveau baiser. Et puis, elle l'entoura de ses bras. Alors notre brun décida de se calmer. Parce que ces moments, il les chérissait plus que tout. Il se sentait capable de ne rien faire de la journée autrement que de l'enlacer et quelquefois de l'embrasser. D'autre part, le chain se sentait un peu gêné par ces pensées. Il était un être libre. Totalement libre, tout du moins en apparence. Il avait besoin de passer des journées entières à dormir sur une branche d'arbre, à apprécier les petits animaux des sous-bois, à faire de nouvelles rencontres et à se moquer de son contractant. Sa vie était bien plus grande qu'il ne l'avait imaginé. Elle englobait la ville, mais aussi ses alentours. C'était un tout. Certes, Michiyo avait prit une grande partie de cette liberté, mais Nana n'était pas encore prêt à passer nuit et jour en sa compagnie. Il n'était pas un animal, mais en tout cas, il pouvait facilement y être assimilé. Comme un oiseau qui ne tarderai pas à mourir si sa cage n'était pas constamment ouverte. La vision était belle et mélancolique, mais au final, elle le représentait plutôt bien. Par la suite, Michiyo le ramena à la réalité en bougeant pour adopter une meilleure position. Naaru se tut et se contenta simplement de l'observer, persuadé qu'elle ne tarderai pas à s'exprimer. Et comme toujours, il eut raison.

En effet, la jeune femme ne tarda pas à mettre aussitôt les choses au clair. S'exprimant sur un sujet particulier. Que rien ne change entre eux. L'espace d'un instant, le chain fut un peu perdu. Que rien ne change ? Mais à partir de quand ? À partir de quand avaient-ils commencés ce nouveau petit jeu curieusement réel ? À partir d'où fallait-il tout réécrire ? Nana prit un peu peur, sans vraiment le montrer. Néanmoins, une moue tout à fait craquante s'afficha sur son visage. Il boudait ? Oh ça non. Mais il demeurait paumé dans ces paroles. Qu'ils deviennent d'accord sur tout ? Est-ce que les humains devenaient d'accord sur tout lorsqu'ils devenaient amoureux l'un de l'autre ? Si c'était vrai, alors ce n'était pas le cas du chain. Il n'allait pas changer sa façon de penser pour lui faire plaisir. Ça non, ceci aurait été renier sa nature. Et puis, il aimait voir ses différentes expressions lorsqu'il gagnait un duel verbal. Parallèlement ça ne l'amusait pas de laisser tout passer. Il se devait de rajouter toujours quelque chose. Parce que c'était lui, et dans sa nature.

Pourtant encore bouleversé, le brun écouta la suite de son discours. Ah, on en arrivait alors aux menaces. Son sourire réapparu alors même qu'elle venait de prononcer ses premiers mots. Le mordre. Elle l'avait fait une fois, mais visiblement ce devait l'avoir plu, puisqu'elle voulait recommencer. Et puis, ça ne s'arrêtait pas au nez. Non, elle en revenait au cou, faisant doucement frissonner le chain à son contact. Et termina par annoncer qu'elle était à peu près capable de le mordre n'importe où. Mais c'est que ces gages en devenaient presque autoritaires. Mais cela donna une idée au chain. Il ne tarda pas à en informer la principale concernée, son jeu d'acteur en marche.

-Voilà que je risque des gages maintenant. Tout était bien plus tranquille avant. Soupira-t-il. La prochaine fois, je viendrais tout emmitouflé pour qu'aucune parcelle de peau ne soit visible alors, promis.

Il ajouta un sourire. Oui, la prochaine fois il mettrait des gants et puis une combinaison, et puis une capuche et un masque. Des chaussures aussi. Bon, c'était impossible. Nana avait suffisamment chaud comme ça avec le peu de vêtements qu'il possédait, alors ce n'était pas la peine d'en rajouter. Il inspira et haussa les épaules, l'air désolé, avant de poursuivre immédiatement.

-Mais c'est dommage, je ne pourrais plus t'embrasser. Et comme j'aime plus que moins quand tu m'embrasses, ça risque de me manquer rapidement.

Il lui fit un clin d'oeil par rapport à ce qu'elle avait dit précédemment. Et ça le fit rire. Il se calma rapidement et se fit embrasser. De toute façon, quelques secondes de plus et il l'aurait déclenché. Il passa ses mains autour de sa taille, alors qu'elle était déjà si proche de lui. Il aimait bien ce contact, même s'il était classique. C'était simplement rassurant. De savoir que cette dame faisait attention à lui. Qu'elle l'ignorait en tant que chain, mais le prenait vraiment pour ce qu'il était, lui. C'était si bon de se sentir aimé pour tout ce que l'on était, pour ses qualités comme pour ses défauts. Naaru l'observa un instant, elle et ses yeux aussi profonds qu'un océan. Il n'était pas choqué par l'âge qu'elle montrait physiquement. Après tout, il était marqué du même maléfice. Et Nana doutait fortement qu'elle ai été attiré par lui s'il paraissait avec son âge actuel. Et puis, de toute manière, Nana n'avait pas de critère de beauté. Enfin, disons qu'il tranchait plutôt rapidement quand il observait quelqu'un. Et Michiyo était belle, point à la ligne. Et puis, c'était surtout le caractère qu'il aimait chez elle. Principalement oui.

Par la suite, elle ajouta qu'elle était possessive. Et que par la même occasion, le chain lui appartenait. Oh, ce n'était pas quelque chose à lui dire. Il haussa un sourcil amusé et passa sa langue sur sa lèvre supérieure. C'est qu'il en deviendrait presque excité. Il voulut dire quelque chose mais son rire le précéda de quelques secondes. Pourtant, il se calma rapidement et finit par répondre.

-J'ai bien peur de ne pouvoir rester sous tutelle bien longtemps. Mais si c'est pour recevoir des gages si nous tombons d'accord ou bien des baisers, ça ne me gêne pas tant.

Ce qu'elle pouvait être tyrannique, tout de même. Instaurer autant de choses alors qu'il venait à peine de se confesser. C'était incroyable. Cela le fit rire une nouvelle fois, et il l'embrassa. Non, ça ne le dérangeait absolument pas de de passer des soirées comme ça. Et puis, si c'était ça être possessif alors sans doute l'était-il un peu aussi. Et jaloux par-dessus le marché. Et sans doute plein d'autres choses encore. Ça l'amusait bien de chercher encore et encore ce qu'il pouvait bien devenir en étant à ses côtés, mais Michiyo coupa court. Demandant s'il était fatigué. Oui, certainement. Mais la situation présente le maintenait quelque peu en forme, alors il tâchait de ne pas s'en formaliser. Pourtant, à en parler, il eut soudainement l'impression que la gravité l'attirait au sol. Tout était basé sur la psychologie. Il suffisait de parler d'un sujet pour qu'il ai subitement envie de s'y intéresser. Un point c'est tout. Il acquiesça alors lentement et soupira un peu. Non, il n'était pas encore trop fatigué. Il pouvait tenir, tout du moins jusqu'au retour du Baskerville. C'était en tout cas ce qu'il espérait. Mais la vision de son lit changerait probablement sa façon de penser... très probablement. Puis, tout à coup, Michiyo tendit son petite doigt vers Naaru, qui ne comprit pas aussitôt ce à quoi cela faisait référence. En vérité, il ne comprit pas du tout ce qu'il devait faire. Alors, un peu gêné, il se contenta d'écouter. Une promesse. Comme ils s'en étaient faites des dizaines depuis qu'ils se connaissaient. Le chain commençait à s'y faire, mais c'était la première fois qu'elle lui proposait son petit doigt de la sorte. Il visualisa longuement le petit doigt levé, et sans être vraiment sûr de ce qu'il faisait, il fit marcher son instinct et avança le sien d'un air hésitant jusqu'à se faire se rencontrer les deux. Et puis, naturellement, il le referma sur celui de son interlocutrice. Finalement, conscient qu'il était parvenu à faire la bonne chose, il se mit à sourire comme un enfant.

-C'est promis alors.

Naaru eut un éclair de nostalgie. Pourtant, il avait beau se tourner les méninges dans tous les sens, il ne parvenait pas à se souvenir d'un geste pareil. Pourtant il se remémora aussi les souvenirs d'une fille et de ses propres paroles. C'était vraiment flou et en vérité il n'en tint pas vraiment compte, mais cela raviva des parcelles de souvenirs. De bons souvenirs. Il inspira avec calme. Ça lui avait vraiment fait du bien. Il irait dormir sous peu, ça oui. En attendant, il maintint ce petit doigt et l'attira à lui avant d'embrasser amoureusement la jeune femme face à lui. Oui, ça en tout cas, c'était vraiment une sensation nouvelle.

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