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 Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu

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MessageSujet: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   13th Juin 2013, 00:52


« Rah… J’me suis encore fait avoir par ce Chain… »

Enfin, le garçon avait mis la main ce Chain. Et ce n’était pas peu de le dire.
Cela faisait une semaine qu’il était sur ses traces. Dans la journée du lundi, on l’avait chargé d’éliminer un contractant illégal qui se faisait actuellement trop remarqué en ville et qui attirait la peur des citoyens comme la peste attire les rats. Malheureusement, en le retrouvant une toute première fois, ce dernier avait réussi à lui filer entre les doigts et à s’échapper avec un regard satisfait –Allez savoir comment ce maudit traqué avait fait pour s’enfuir, d’ailleurs… Celui qui avait été chargé de cette mission était donc revenu bredouille, et s’était fait incendié par ses supérieurs, qui lui avaient hurlé que « tant qu’il ne le retrouverait pas, il ne serait ni payé, ni accepté au QG » et que savait-il d’autre. Il n’avait donc pas vraiment eu le choix et avait pisté pendant plusieurs jours le monstre et son maître en y mettant toute l’ardeur du monde. La preuve, il n’avait presque pas dormi de la semaine. Si l’on considérait que son quota de sommeil se remplissait également lors de ses nombreuses… Résultat ? Il était plus que fatigué, et quelques cernes commençaient à se faire voir sous ses yeux pâles dans lesquels se reflétait une lueur pleine de lassitude.

Et cette matinée, Lace avait retrouvé le Chain. Cette espèce de chenille et lui avaient alors débuté une course-poursuite particulièrement éreintantes, où les régulières interventions de Chronos avaient manqué de faire perdre connaissance à son propriétaire, à bout de souffle. Ce qui était certain, c’est qu’il n’était pas au meilleur de sa forme.
Alors on pouvait le dire, il avait eu la chance de sa vie lorsque le contractant était tombé sur un cul de sac, dans une des nombreuses ruelles sombres de Réveil. Il avait profité de cette occasion pour enfin entamer un combat duquel il était sorti triomphant. Mais pas sans séquelles. De une : il avait été forcé d’affaiblir puis de blesser ses adversaires pour ensuite les tuer, et par mégarde il avait fini tâché d’un mélange de sang noir –celui appartenant à la créature, et de sang rouge –celui de son maître. De deux, il s’était fait blessé au bras droit, qu’il tenait d’ailleurs de sa main valide en essayant d’empêcher le filet de liquide rouge évacuer son corps. Son vêtement était donc déchiré en partie, il était couvert de sang, et des marques de griffures jonchaient tout le long de son bras. Etat pitoyable, il n’y avait pas à dire. Il y avait longtemps qu’il ne s’était pas retrouvé dans une telle situation de faiblesse et de ridiculité. Lui qui d’ordinaire effectuait son travail proprement… Il était à côté de la plaque, cette semaine. Quelqu’un avait dû décider de lui porter la poisse et de s’accrocher à lui comme une sangsue, apparemment.

L’adolescent rangea son arme sous sa veste –simple mesure de précaution, puis se dirigea d’un pas titubant vers quelques rues plus éclairées de la ville. Ce n’était certes pas raisonnable de sortir au grand jour dans son état, mais il était bien trop fatigué pour se permettre de sauter de toit en toit comme il le faisait d’habitude. Shit… Pensa-t-il en essayant bien malgré lui de rester poli, ne serait-ce que dans ses pensées.

Le soleil de cette fin de matinée l’éblouit, et il lâcha son membre blessé pour se servir de sa main gauche en visière et se faire de l’ombre. Il plissa les yeux et resta immobile quelques instants, le temps de s’habituer à cette luminosité, ignorant royalement les quelques passants qui le dévisageaient tantôt avec peur et dégoût, tantôt avec mépris, et parfois même avec inquiétude. Néanmoins, personne ne vint le voir, et il ne broncha pas à ce manque d’attention qui lui était porté : il n’aurait ainsi pas à se justifier. De toute manière, il ne l’aurait pas fait, même si on le lui avait demandé. Ou il aurait inventé une histoire à tenir debout dont le sous-entendu serait clair « je reste poli avec toi parce que tu m’aides, mais je ne lâcherais aucunes informations quant aux raisons de mon état ».
Malgré tout, il semblait qu’il ne pourrait pas tenir tout seul de cette manière…

Il réfléchit quelques secondes. Puis fit demi-tour et s’installa non loin de la grande rue. Il s’adossa contre le mur et s’y laissa glisser jusqu’à finir par terre en poussant un très long soupir. Il examina une fois de plus sa blessure. Quatre lignes rougeâtres s’alignaient les unes à côtés des autres. Du sang en coulait encore, mais en moins grande quantité que tout à l’heure. Il n’avait pas de bandages pour se soigner, et visiblement, aucune aide ne lui serait apportée.
Qu’allait-il bien pouvoir faire ? Il était dans une situation très délicate, pour la deuxième fois en une semaine.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   14th Juin 2013, 07:58


» Celui qui n’est plus ton ami ne l’a jamais été.
~ William Shakspeare.


Voici, pour le plaisir de la lecture, le mode d’emploi pour débuter une parfaite mauvaise journée.
Fuyu était assise sur son lit, son dos contre sa fenêtre fermée, ses jambes amenées à sa poitrine, ses bras les entourant et son menton sur ses genoux. Son regard terne fixait avec un intérêt non-feint la lame posée à même le sol. Elle n’avait pas fermé l’œil de la nuit et avait des cernes creusées. Ses yeux étaient bouffis tant elle manquait de sommeil. Elle se releva au bout de quelques instants à peine mais elle tomba lourdement sur ses genoux. Elle était vraiment fatiguée. S’aidant du lit, elle se releva et alla prendre la lame avant de se mettre à jouer avec entre ses doigts. Elle rejoignit la salle de bain et se glissa sous la douche avant d’actionner l’un des deux robinets. Mais pas le bon. Au lieu de l’eau glaciale à laquelle elle s’attendait, ce fut un jet chaud comme la braise qui s’abattit sur sa peau. Elle poussa un cri et s’éloigna brusquement avant de jurer et de fermer le robinet, ouvrant l’autre en appréciant d’avantage l’eau froide. Elle s’habilla d’un débardeur décolleté violet et d’une jupe blanche avant d’enfiler des ballerines et de jeter un œil à son bras droit, meurtri et entaillé. Elle allait finir folle.
Comme ma mère.
Tout cela à cause de lui. De cet homme qui l’avait surprise la veille et qui s’était encore amusé à parcourir son corps de ses lèvres charnues et chaudes, dégueulasses et si agréables. Ça arrivait de plus en plus souvent et, hier encore, il lui a rappelé qu’elle pourrait savoir tout ce qu’elle voulait si elle lui disait clairement qu’elle voulait aller plus loin.
Cette pensée lui traversant l’esprit, elle claqua brutalement la porte derrière elle. Elle ressemblait de plus en plus à sa mère et elle se pensait dépressive. Elle avait peur que cet homme lui fasse du mal. S’il ne voulait plus attendre son prétendu assentiment, il passerait à l’acte. Elle ferait mieux de demander de l’aide à Finn, sérieusement. Trop fière, trop conne. Elle se mit à arpenter les rues de Réveil, de bon matin. Les regards s’attardaient sur ses cuisses dénudées, sur ses bras meurtris, sur son visage fatigué. Quelques femmes la regardaient avec dégoût, quelques idiots la bouffaient des yeux ; elle continuait avec sa démarche royale, le menton haut, un sourire sur ses lèvres. Pourtant, elle n’allait pas bien. Mais cela, les autres n’avaient pas besoin de le savoir, n’est-ce pas ?
L’adolescente commençait à s’ennuyer de ses journées. Elle avait repris ses mauvaises habitudes et, de nouveau, elle se mettait à traîner avec des garçons plus âgés qu’elle et bien loin d’être nets. Ce n’était pas bien, elle le savait. Elle ressemblait de plus en plus à sa mère, elle le savait aussi. Elle se détestait, jour après jour, un peu plus encore. Elle ne pensait pas avoir hérité de ses gênes, cette excuse étant totalement stupide. Elle avait juste le vice logé en elle. Passer ses nuits dans les rues les plus malfamées de Réveil et risquer de se faire agresser n’avait rien de saint. Elle n’avait personne pour la chaperonner, comment diable vous permettrez-vous de la juger ? Son père avait pourtant tout fait pour qu’elle ait une bonne éducation. Oh, mais sincèrement, qu’il aille au diable ; il s’est défilé et a abandonné sa fille. Même si cette même fille l’aimait énormément. Il ne lui restait plus aucune famille. Si ce n’est Finn. Mais Finn n’est pas vraiment son grand-frère, c’est juste un titre affectif qu’elle lui adonné. N’empêche, il fallait vraiment qu’elle aille le voir. Elle n’aimait pas l’avouer, mais elle avait besoin d’aide. Seule, elle se rendait compte jour après jour qu’elle n’était plus capable de grand chose.

Ses pas la menèrent sans qu’elle n’en soit surprise à une des nombreuses ruelles sombres de Réveil qu’elle avait appris à parfaitement connaître. Elle passait le plus clair de son temps ici, parfois à ne rien faire, d’autres fois à se déprimer plus qu’elle ne l’était déjà. Aujourd’hui, elle voulait juste emprunter ce raccourci pour aller rejoindre un certain bâtiment complètement délabré, dans les alentours de la ville. C’était le dernier endroit où elle avait vu Natsu, un garçon, un ami, un... Elle ne savait pas trop, mais il lui manquait. Et aujourd’hui, bah elle était d’humeur nostalgique.
Ses yeux glissèrent sur une silhouette adossée à un mur. Le regard de l’adolescente s’attarda sur cette personne qu’elle reconnut bien rapidement. Elle fronça les sourcils.
Lace.
Il dormait ou quoi ? Elle s’approcha doucement de lui avant que ses yeux jusqueêtre que c’ là ne reflétant que la lassitude s’allumèrent, soufflant sur une petite braise d’inquiétude. Du sang. Noir ? Peut-être que sa vue lui jouait des tours. Mais il y avait aussi du sang rouge et de cela, elle en était plus que persuadée. Elle se précipita vers lui en bousculant quelques personnes qui, idiotes et sottes, le regardaient sans daigner s’approcher de lui. Et puis, arrivée à sa hauteur, elle se laissa sur les genoux en ignorant la vive douleur la traversant, lui relevant doucement le visage d’une main pour le regarder dans les yeux.

« Lace... »

Ce ne fut pas une exclamation, mais bel et bien un gémissement qui s’échappa des lèvres pincées de la demoiselle. Il avait une mine affreuse et des cernes. Lace avait des cernes. Ça, c’était plus qu’inquiétant.
Elle lui relâcha le visage en laissant tomber sa main le long de son corps. Elle prit une grande inspiration avant de chercher du regard d’où provenait sa blessure – ses blessures ? Son bras. Des griffures on dirait. Elle prit son débardeur et en déchira un pan pour en faire un bondage de fortune. Elle le noua alors autour du bras du jeune homme et s’excusa doucement en serrant fortement pour arrêter une possible hémorragie. Rapidement, ses mains se mirent à passer sur son corps, histoire de voir s’il avait d’autres blessures. Visiblement, rien de grave.
Elle poussa un profond soupire en baissant les yeux avant de soudainement relever le visage vers lui.

« Tu m’as fais peur idiot ! »

N’empêche...
Elle noua ses bras autour de son cou sans l’amener à elle, allant poser son front contre son épaule sans non plus trop le serrer dans ses bras. Pourquoi diable avait-elle eu si peur pour lui ?
Il n’allait certainement pas lui dire ce qui c’était passé. Ou, tout du moins, il n’allait certainement pas lui dire ce qui c’était réellement passé. Elle s’éloigna de lui en poussant un soupire de résignation, un sourire néanmoins sincère accroché à ses lèvres.

« Tu ne vas pas me dire ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   14th Juin 2013, 10:17

Hrp:
 

Aussi surprenant que ce soit, en particulier pour Lace lui-même, il fut incapable de se relever. Il avait enfin attrapé ce maudit Chain et l’avait réduit à néant, ainsi que son contractant. Il poussa un long soupir. Il savait que même en revenant après avoir accompli cette mission plus que difficile, il ne serait pas très bien vu par ses supérieurs. Cette gaffe qu’il avait faite en début de semaine lui avait coûté cher, très cher. Et pour lui, le pire n’était même pas le fait d’être blessé et couvert de sang mais plutôt de manquer terriblement de sommeil. Il détestait cette sensation. Et pour un peu, il se serait bien endormi ici, sur le sol froid et dur de la ruelle. Mais il se doutait que ce n’était pas la meilleure des idées. Qui sait quelles mauvaises rencontres il pouvait y faire ? Il s’attendait à tout. A des voyous qui le détrousseraient de son arme et peut-être même de ses vêtements, à des gens qui seraient capable de le tuer de sang-froid dans son sommeil. Et encore bien d’autres choses.

Mais certainement pas à la voir elle.
Il la reconnut aussitôt. Fuyu. Sa longue chevelure blanche lui mit aisément la puce à l’oreille quant à son identité. Mais ce qui lui permit le mieux de la reconnaître fut sa démarche si caractéristique : la tête haute, fière, et ses yeux dont la couleur mélangeant bleu et violet rendait son regard si aguicheur, certainement malgré elle, pensait-il. Et puis, cette cicatrice sur son visage. Oui, cela ne pouvait être qu’elle.

En fait, il ne réagit même pas en la voyant arriver. Pas qu’il n’était pas soulagé de voir enfin quelqu’un de familier, mais surtout parce qu’il manquait de force pour cela. C’était à peine s’il parvenait à ne pas laisser sa vue devenir floue tant il avait besoin de dormir. La jeune fille s’approcha donc de lui, d’un pas si rapide qu’elle en bouscula quelques passants qui le regardaient un peu plus tôt d’un air plus qu’intrigué. Il en aurait presque rit. Mais les paroles, prononcées tel un gémissement, le ramenèrent de suite à la réalité des choses : il était très mal en point.
Il remarqua cependant qu’il n’était pas le seul dans cet état. Son amie semblait également marquée par la fatigue, des cernes se faisaient voir sous ses yeux et ses gestes paraissaient moins vifs et énergiques que toutes les autres fois où elle avait eu l’audace de le sortir des bras de Morphée.

« Lace... »

Son Coeur fit un bond dans sa poitrine. Ce simple mot, son propre prénom, lui avait laissé une certaine pointe de douleur dans la poitrine. Il n’aimait pas qu’on le voit ainsi. Il n’aimait pas qu’on s’inquiète pour lui. Et encore moins si c’était Fuyu : elle ne savait rien des Chains, et en restant avec lui, elle risquait de s’attirer des ennuis. C’était la dernière chose qu’il lui souhaitait, étant donné qu’elle semblait perpétuellement avoir des ennuis.

L’albinos s’empressa de déchirer un bout de son débardeur et de le nouer rapidement autour du bras sur lequel était marqué les griffes de la créature de l’Abysse. Une grimace de douleur naquit sur son visage tandis qu’il poussait un petit gémissement lorsqu’elle dû serrer bien fort le bandage autour de sa blessure afin de stopper l’hémorragie. Il prit néanmoins le soin de ne pas gesticuler, car il savait à quel point il était dur de soigner un blessé qui gigotait sans cesse sous la douleur. Elle poussa ensuite un long soupir soulagé. Le garçon l’observa longuement, sans qu’aucune nouvelle expression ne passe à travers son regard.

« Tu m’as fais peur idiot ! »

Il s’apprêtait à lui répondre de son air habituellement nonchalant que ce n’était rien et qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur. Après tout, ce n’était rien d’autre qu’une simple griffure. Profonde et douloureuse, certes, mais il n’en serait certainement pas mort. L’entraînement drastique que lui avait fait subir ses parents lui avait appris à résister à bien pire que cela. Rien que d’y repenser… Cela lui donnait des frissons partout. Le résultat était là, mais il avait souffert, c’était certain.
Mais il n’en eut pas le temps. La demoiselle passa ses bras autour de son cou et posa sa tête contre son épaule. Elle ne le serrait pas très fort. Mais ce câlin lui permit de comprendre qu’elle avait besoin de réconfort. Après tout, elle ne pouvait pas s’être autant inquiété pour lui, si ? Il ne répondit donc rien, et se contenta donc de lui rendre son étreinte en passant son bras valide autour de son dos dans un élan d’affection. Il n’était pas du genre très tactile, habituellement, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir le réflexe de consoler ses amis de cette façon s’ils en avaient besoin. Or, cela semblait être le cas de son interlocutrice.

Finalement, celle-ci se détacha de lui et, tout en se redressant, adressa à l’adolescent un sourire à l’apparence résigné mais… Sincère. Oui, c’était le mot. Fidèle à lui-même, l’intéressé ne laissa aucun sourire naître sur ses lèvres mais lui adressa un regard reconnaissant.

« Tu ne vas pas me dire ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? »

Il baissa les yeux comme première réponse. Non… Il n’en avait pas le droit. Et même s’il avait été autorisé à raconter que l’existence de l’Abysse et des Chains n’étaient pas qu’un mythe, il ne l’aurait pas fait. A quoi bon la mettre au courant, si cela ne la mettrait que plus en danger ?

« Désolé… Secret professionnel. » Expliqua-t-il sans entrer dans les détails.

Sur ces paroles, il rassembla ses forces et son courage pour se relever. Le mouvement fut pénible,  mais en s’accrochant aux pierres qui constituaient le mur sur lequel il s’appuyait, il y parvint sans retomber sur le sol. Il sentait que ses jambes tremblaient et espérait que ce détail n’était pas trop voyant.
Ce qui était évident, c’est qu’il aurait besoin d’aide. Il hésitait encore à demander à son amie si elle pourrait encore lui en apporter, même s’il ne lui disait rien de ce qui s’était passé… Mais il ne la considérait pas comme une personne proche pour rien, n’est-ce pas… ? Mais avant cela, il allait devoir s’enquérir de son état. Car, quitte à comparer leur état à tous les deux, il se disait qu’elle n’était pas loin de lui.

« Fuyu… Tu n’as pas l’air très bien non plus. Mais tu n’es pas obligé de me le dire, étant donné mon propre refus quant à ta question. »

Il laissa passer quelques secondes, le temps de reprendre son souffle, qu’il perdait à son goût beaucoup trop rapidement. Il avait vraiment besoin de repos et de soin.

« Je peux te demander un service malgré tout ? Vu mon état, je ne pense pas pouvoir aller très loin… Un coup de main serait le bienvenu. »

Il n’était pas allé jusqu’à demander à aller chez elle, à ce qu’elle aille lui acheter mille et un médicaments. Il ne pensait pas qu’elle ait besoin d’aller aussi loin pour lui. Il pensait simplement que si elle l’aidait un peu à marcher jusqu’à Pandora, quelques uns de ses camarades pourraient ensuite prendre la relève. Même s’il doutait que voir Robin lui sauter dessus dans toute son inquiétude soit de tout repos…
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   14th Juin 2013, 13:38


» Se sentir inutile est pire encore que se sentir coupable.
~ Charles-Ferdinand Ramuz.


L’amitié, c’est précieux. Pour le peu de temps qu’elle a passé avec ses parents, ce n’est sûrement pas ça qu’ils ont tenté de lui expliquer. Non, son père a, par exemple, préféré lui parler de comment agir avec les garçons. Tandis que sa mère, elle, lui montrait le comportement opposé : le mode d’emploi pour devenir une traînée, en bref. Au collège, elle restait le plus clair de son temps toute seule, dans son coin, à l’ombre le plus souvent. Ou dans le bureau du proviseur. Dans les classes ? Parfois. Il fallait dire qu’elle n’était pas très bonne élève – pas bonne élève du tout. Elle était actuellement encore scolarisée, officiellement du moins, mais elle n’y allait plus.
Ça aussi, si Finn l’apprenait, il ne serait pas content.
Elle ne pensait pas qu’on pouvait réellement s’attacher à une personne autre qu’à un membre de notre famille. Elle ne pensait pas qu’il était possible avoir al patience nécessaire pour rester avec quelqu’un et apprendre à le connaitre aussi bien que s’il avait été élevé à nos cotés. Elle ne pensait pas que l’Humain pouvait faire preuve d’un tel altruisme. Après tout, pour uniques modèles elle avait eut une mère qui l’exécrait et un peur qui l’a abandonné. Comment diable aurait-elle bien pu penser qu’une personne pouvait, à défaut d’être mauvaise, être digne de confiance ? Et comment, pire que ça, aurait-elle pu s’imaginer que pareille personne, ô combien utopique, s’intéresserait à une gosse arrogante comme elle ?
Et vu que la théorie la plus simple est souvent la bonne, alors Fuyu en avait conclu que l’amitié n’existait que dans les romans ou dans l’imagination trop fertile de certaines personnes puériles.
Mais il y avait eu Natsu, il y avait eu Erin et il y avait aussi eu Finn. Et maintenant, il y a Lace. Il avait des défauts, certes, mais elle avait tout de même l’impression qu’elle ne méritait pas pareil ami, pas pareille affection – alors qu’habituellement, elle était très hautaine. Cette gêne qui aurait néanmoins pu s’instaurer entre eux deux – parce qu’elle avait réellement l’impression qu’il était quelqu’un de bien et qu’elle, eh bien, elle n’était qu’une épave, de plus en plus – n’eut néanmoins pas lieu parce que Lace et elle se taquinaient souvent et se chamaillaient aussi beaucoup. Du coup, pas trop de temps pour le sérieux.
Mais aujourd’hui, Fuyu n’était pas d’humeur à plaisanter. Et l’état de son ami l’inquiétait au plus haut point.

Lorsqu’elle le prit dans ses bras, à son tour, il l’enlaça. Elle ne s’éternisa néanmoins pas, préférant se redresser en lui décochant un sourire duquel elle demeurait elle-même stupéfaite. Sérieusement, elle venait de sourire ? Alors que ses bras la lançaient encore étant donné ses multiples mutilations à différents niveaux, alors que les cernes creusaient son petit minois et que son moral était au plus bas, elle venait de sourire.
L’amitié, c’est beau. Ça fait des miracles. Pourtant.
Pourtant, Fuyu était plus que persuadée que si ça avait été n’importe qui d’autre que Lace, elle se serait peut-être forcée à sourire mais n’aurait jamais souri d’un sourire aussi parlant de sincérité, regorgeant de franchise. Au fond, Lace, bah il est unique. Mais ça, Fuyu n’arrivait pas encore à l’admettre. Trop saugrenu comme concept. Elle s’était déjà trop attachée à quelqu’un et elle en souffrait encore, alors ça suffit maintenant.
Il ne sourit pas, lui. Et ça ne fait qu’amuser Fuyu. Il est vraiment unique, même ça reste toujours aussi bizarre. De toute façon, le regard qu’il lui lance veut au moins dire qu’il n’est pas aussi froid qu’il le laisse paraître.

Le regard masculin se dérobe à celui féminin et la réponse qui en découle n’étonna pas le moins du moins la jeune fille qui n’eut pas même le cœur à soupirer pour exprimer son agacement. Elle se contenta de lever les yeux au ciel, simplement.
Il tenta de se lever, s’aidant de ce qui lui passait sous la main. Fuyu sauta sur ses pieds et passa, sans préavis, un bras autour de la taille de Lace pour l’aider à se maintenir debout. Elle lui lança un regard en coin comme pour lui faire abandonner l’idée hypothétique de lui dire de s’éloigner. Même pas en rêve. Pour le peu d’amis qu’elle avait, Fuyu prenait soin d’eux.
La voix de Lace se fit entendre et l’adolescente esquissa un sourire aux allures tristes avant de secouer négativement la tête.
Ça allait. Ça irait.
Elle ne lui répondit rien, trop occupée qu’elle était à analyser l’effet qu’avait eu la prononciation de son prénom par Lace sur elle. Une bouffée de chaleur des plus agréables et réconfortantes, comme si elle comptait, comme si elle existait, comme si elle était aimée.
Idiote. Fuyu, tu n’es qu’une idiote.
De nouveau, il prit la parole. Elle le relâcha doucement pour se glisser en face de lui et, se penchant pour saisir la main au bout du bras valide, elle se redressa.

« Je t’emmène chez moi, Lace. Et je te laisserai même dormir. Enfin J’crois. »

Un petit rire, cristallin et mélodieux, aguicheur malgré elle. Sérieusement, cette petite avait pris de très mauvaises habitudes dont elle ne réussissait plus à se départir. Pire encore, elle n’en avait pas même envie.
Elle lui relâcha soudainement la main, comprenant que son bras dénudé et meurtri était à découvert. Même si, au fond, elle s’en fichait pas mal qu’il voit qu’elle s’était faite du mal. Elle leva son autre bras et se mit à tracer les traits du visage de son ami, lentement, s’approchant d’un pas pour réduire la distance trop grande à son goût les séparant.
De cela aussi, elle avait dû hériter de sa mère ; elle n’arrivait pas à garder une distance raisonnable avec les hommes. À cette pensée, elle se mordit la lèvre inférieure et se glissa près du jeune homme en s’adossant de nouveau mur, reprenant sa main dans la sienne.

« Ne t’inquiète pas pour moi, d’accord ? Là, j’essaye juste de me faire à l’idée que tu me caches des choses et je crois bien que c’est plus douloureux que le reste. »

Cette fois-ci, sa voix était teintée d’une amertume mauvaise. Mais elle était ainsi et Lace avait dû le comprendre depuis le temps. Ce n’était pas parce qu’elle n’insistait pas pour savoir ce qui était arrivé à son ami qu’elle ne lui tenait pas pour autant rigueur de lui cacher pareille chose.
Par le reste, elle entendait bien des choses qu’il ignorait. Elle entendait l’autre abrutit d’agresseur, sa douleur omniprésente, cette envie dégelasse d’être proche de lui, cette ressemblance entre sa mère et elle, le manque, la nostalgie... Ce n’était pas qu’elle ne voulait pas lui en parler, loin de là, simplement qu’elle n’en voyait pas l’intérêt si ce n’est qu’il veuille l’aider. Oui mais après ? L’aider comment ? Pour l’agresseur par exemple, en allant se battre avec lui ? Fuyu détestait cet homme, mais elle en était aussi folle. Elle voulait qu’il disparaisse, mais surtout pas qu’il s’en aille. C’était étrange mais elle dépendait entièrement de lui. Et pour le reste, il lui était impossible de lui venir en aide. Alors mieux valait ne rien dire.
Elle fit un pas en avant, puis un autre et un autre, tenant la main de Lace dans la sienne et marchant à sa hauteur. Elle s’arrête pourtant. Elle n’aimait pas comment ils marchaient. De nouveau, elle le relâcha et, cette fois-ci, elle prit la liberté de faire passer le bras valide de Lace autour de ses propres épaules. Comme ça au moins, elle pouvait le soutenir. Physiquement tout du moins, parce que moralement, elle ne savait pas même comment s’y prendre.
Deux mots, une très courte pause, une interrogation. Le tout murmuré, soupiré sous forme d’un gémissement plaintif.
Comme quoi, non Lace, Fuyu n’est pas uniquement la gamine chiante et qui t’empêche de dormir.

« Hey Lace... Pourquoi je me sens si inutile ? »


Dernière édition par Fuyu Akeno le 15th Juin 2013, 08:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   14th Juin 2013, 22:49

Alors que le garçon tentait de se relever, il sentit le bras de Fuyu entourer sa taille afin de l’aider à tenir debout. Honnêtement, il lui aurait bien dit qu’il s’en sortirait sans ce coup de main et qu’elle n’était pas obligée de l’aider de la sorte. Mais le regard qu’elle lui avait alors lancé sous-entendait que peu importe ce qu’il dirait, ce serait inutile. Et il la connaissait bien assez pour savoir qu’elle était trop têtue pour qu’il tente de la faire changer d’avis. Il ne protesta donc pas. Une fois debout, il en fut même soulagé qu’elle le soutienne, à dire vrai. Il ne risquait cependant pas de l’avouer.
Il ne réagit pas plus lorsqu’elle lui prit la main. Certes, il était quelque peu surpris, voir même gêné par ce soudain contact, mais comme à son habitude il ne laissa rien paraître. 

« Je t’emmène chez moi, Lace. Et je te laisserai même dormir. Enfin J’crois. »

Cette tentative d’humour et le rire cristallin qui résonna après le rassura quelque peu quant à l’état de son amie. Il répondit donc sur le même ton ironique, sans pour autant insister quant à sa proposition à ce qu’il vienne chez elle : Une fois de plus, il avait compris que refuser ne servirait à rien.

« Essaye un peu de me réveiller une fois endormi, et tu vas sentir passer mon humeur massacrante. De toute manière, j’ai comme qui dirait l’impression que toi aussi tu as besoin de dormir… »

Puis son regard se posa sur le bras de la jeune fille et il plissa les yeux. Est-ce qu’il voyait bien ou était-ce un effet de la fatigue et de l’obscurité ? Non, il ne se trompait pas. Il en était presque certain. Toutes ces coupures rougies ne pouvaient être que réelles. Aussi réelles que sa propre griffures. Et vu le nombre de blessures et leur apparence portait à croire que c’était volontaire. Qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver pour qu’elle se fasse souffrir de la sorte ? Il l’ignorait mais comptait bien le découvrir. Elle n’était pas la seule à savoir se montrer bornée. Lui aussi pouvait le devenir. Quoi que cela restait plus rare. Mais il n’eut pas le loisir de mieux détailler tout cela, car elle avait dû se rendre compte qu’il l’avait remarqué et qu’elle s’écartait alors soudainement.
Il ne posa néanmoins aucune question. Pas dans l’immédiat, du moins. Car elle avait levé son autre bras et caressait maintenant son visage avec douceur. Il ne la repoussa pas, pas plus qu’il ne l’encouragea à continuer. Il ferma simplement les yeux, laissant la demoiselle réduire la distance qui les séparait d’un pas.
Il se sentait bizarre. Seulement, il ne cherchait pas à comprendre pourquoi.

Cet instant presque magique fut rompu lorsqu’elle s’écarta finalement et s’adossa à son tour contre le mur en reprenant la main de Lace. Il ne broncha pas mais… Il le regrettait presque.

« Ne t’inquiète pas pour moi, d’accord ? Là, j’essaye juste de me faire à l’idée que tu me caches des choses et je crois bien que c’est plus douloureux que le reste. »

Son regard se posa une fois de plus sur le visage de Fuyu. Il se doutait bien que ce n’était pas facile de savoir que les gens nous cachaient des choses. C’était au moins c’était aussi douloureux que de savoir cela et de ne pas être en mesure de lui révéler la vérité. Il ne répondit donc pas, espérant que son silence n’offenserait pas son interlocutrice.

Puis elle fit quelques pas en entraînant l’adolescent avec elle, mais ne tarda pas s’arrêter quelques secondes plus tard. Il la regarda, intrigué, puis sentit qu’elle lui lâchait à nouveau la main pour prendre son bras valide et le passer autour de ses épaules. Il murmura un petit « merci » en prenant soin malgré tout de ne pas trop s’appuyer sur elle. Il savait qu’elle n’était pas en sucre, mais ne voulait pas pour autant laisser tout son poids reposer sur elle. 

« Hey Lace... Pourquoi je me sens si inutile ? »

Malheureusement, il n’y avait pas grand-chose à répondre, même s’il sentait qu’elle souffrait moralement, et sûrement physiquement. Il ne savait absolument pas ce qui lui arrivait, et il aurait donné pas mal de choses pour être mis au courant de tous ses problèmes.
Il passa sa main valide dans les cheveux de Fuyu et l’amena à ses lèvres afin qu’il puisse y déposer un baiser. Un geste furtif, qu’il n’était pas habitué à effectuer. Mais il espérait que cela l’aiderait un peu moralement, pour qu’elle puisse se sentir soutenue. Au moins par lui.

« Tu n’es pas inutile, Fuyu. Tu as sûrement un peu de mal à trouver ta place, c’est tout. Ce genre de choses, ça peut prendre un peu de temps parfois. »

Maintenant, c’était décidé. Il découvrirait ce qui lui arrivait et l’aiderait. Il ne supportait pas de la voir souffrir ainsi.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   15th Juin 2013, 12:10


» I hate everything about you, why do I love you ? ♫


C’est étrange. Les coïncidences. Ou le Destin, ça dépend quelles sont vos croyances. Mais c’est bizarre. Fuyu était de très mauvaise humeur aujourd’hui et, en sortant, elle était tombée sur un Lace en bien piteux état. S’il n’avait pas été blessé ou si fatigué, d’une humeur encore plus lasse que d’habitude, Fuyu l’aurait à peine salué. Même s’il avait essayé de comprendre ce qu’elle avait, l’adolescente se serait certainement emportée en prétextant n’importe quoi pour s’en aller. Mais vu qu’il était encore plus mal en point qu’elle ne l’était elle-même, alors il lui parut tout à fait normal de lui venir en aide, autant qu’il le lui permettait. Enfin non, autant dire autant qu’elle le pouvait parce si ça ne tenait qu’au jeune garçon, il ne la laisserait qu’à peine s’attarder en sa présence. Une vraie tête de mule celui-là. Quoi qu’il en soit, même en allant mal, elle ne pouvait tout bonnement pas passer son chemin. Lace avait la tête baissée, le regard terne ; il aurait très bien pu ne pas la reconnaitre si elle ne s’était pas précipitée vers lui. Pourtant, elle était venue à son chevet. Parce qu’elle se serait sentie trop mal, parce que ce n’était tout bonnement pas dans ses principes. Elle était une personne horrible et odieuse, hautaine et méprisable, mais le peu de gens qu’elle appréciait et qu’ils le lui rendaient bien n’avaient pas à craindre ce coté souillé et dominant de sa personnalité. Même si parfois elle s’emportait, croyez bien qu’elle reviendrait toujours si elle a été en tort.  Quoi qu’il en soit, pour en revenir aux deux adolescents, le fait est que Fuyu ne pouvait pas se permettre de montrer qu’elle avait et se sentait mal. Lace était nettement plus à plaindre et jouer les victimes, très peu pour elle de toute façon. Sauf que là plus qu’à un autre moment, elle ne pouvait réellement pas laisser paraître son désarroi. Elle n’était pas celle qui avait besoin d’être soutenue, pas celle qui méritait le plus d’attention aujourd’hui. Il fallait qu’elle soit présente pour son ami et qu’il ne se rende pas compte qu’elle ne souriait que parce qu’il était là. Après tout, si elle avait dû continuer son chemin, n’elle ne serait certainement pas là à sourire avec pour idée et pour but secret de peut-être faire réagir son ami. Même s’il ne souriait pas, elle voulait juste qu’il sente qu’il n’était pas seul. Alors qu’elle, cette solitude accablante, elle la sentait quotidiennement, omniprésente dans sa vie. Il était plus âgé qu’elle mais elle voulait qu’il ne vive pas ce qu’elle a vécu – il a peut-être connu pire mais cela n’empêche que ce qu’elle a vécu elle, eh bien, elle est bien loin de l’espérer pour son ami – et, qu’au moins lorsqu’elle était là, il oublie sa douleur.
Mais ce que cette idiote ne comprenait pas était que l’affection qu’elle portait à l’égard de Lace n’était peut-être pas réciproque. Après tout, elle était toujours là pour le réveiller et l’embêter, l’empêcher de se refaire bercer par Morphée. Elle était vraiment chiante avec lui et elle comprendrait qu’il la considère à peine comme une amie. Même si elle prétendrait volontiers n’en avoir que peu faire en se redressant, le menton levé et en faisant passer une main dans sa chevelure, vaniteuse, cela ne voudrait pas pour autant dire qu’elle le pense réellement. Déjà parce que le fait qu’il ne la considère pas, de son coté, comme une réelle amie voudrait dire que même là, sa présence le gêne plus qu’autre chose. Ou que, tout du moins, il n’accepte son aide que parce qu’elle ne lui laisse pas le choix et parce qu’il a vraiment besoin de quelqu’un pour le coup. Mais au fait, même si elle était persuadée que ce n’était pas la raison principale, au fond, c’était surtout parce que ça la blesserait simplement. Elle se pensait monstre mais elle demeurait humaine ; le fait que ce ne soit pas réciproque la blesserait d’avantage qu’elle ne le pensait. Même si, en allant saisir la main de Lace, ce n’était pas à ça qu’elle pensait.

Fuyu était ainsi faite, tactile et n’appréciant pas une quelconque distance physique instaurait entre un homme et elle. Pourtant, avec Lace, elle s’abstenait souvent, tentait de se contrôlait car elle avait comprit qu’il était tout le contraire et qu’en plus de ne pas spécialement aimer les contacts, il ne les initierait certainement pas.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’elle lui lança une petite phrase taquine, il répondit avec son habituel humour noir qui fit étirer les lèvres de Fuyu en un petit sourire amusé. Elle lui lâcha néanmoins soudainement la main, sachant tout de même qu’il avait remarqué ses mutilations. Elle se maudissait intérieurement, s’en voulant réellement. C’est alors qu’elle prit l’initiative de s’approcher un peu trop de lui. Elle avait l’habitude du rapprochement physique, seulement, avec Lace, ça gardait l’intensité de la « première » fois. Elle se sentait bien ainsi, en sécurité. Elle lui caressa le visage et, étrangement, il ne la repoussa pas. Peut-être était-il trop faible pour cela. C’est ce qu’elle se dit en s’éloignant, lui reprenant la main.
Après quoi, elle l’aida à marcher et il la remercia d’une toute petite voix. À cela, elle se contenta de hocher la tête. Avant de lui dire qu’elle se sentait inutile. Au fond, elle n’attendait aucune réponse. Si elle l’ignorait, ce ne serait certainement pas Lace qui le saurait, évidemment.

Inutile dans tout le sens que pouvait avoir ce mot. Elle était incapable de lutter contre elle-même, incapable de lutter contre cette dépendance entre son agresseur et elle, incapable de prendre sur elle-même et d’affronter ses soucis seule. Il lui fallait de l’aide, mais elle n’y résolvait pas ; elle ne voulait embêter personne, pas même Finn. Elle était, de fil en aiguille, incapable de prendre des décisions. Elle était aussi incapable de vivre simplement. Elle était incapable de retrouver pleinement le sourire avant de découvrir le secret de la mort de sa mère. Fuyu savait que sa génitrice l’avait vendue par manque d’argent, mais cela ne lui expliquait pas comment elle était morte. Elle avait l’impression que ce jeune homme en savait beaucoup trop. Elle se sentait aussi inutile quant au fait de ne pouvoir venir en aide à Lace. Il aurait beau dire, l’emmener chez elle ne compte même pas tant ça parut à Fuyu évident. Savait-il qu’elle était orpheline et qu’elle habitait, de ce fait, seule ? S’il ne le savait pas, ça expliquerait qu’il ne veuille pas  Mais, cela étant, Lace étant Lace, il ne voudrait de toute façon pas. Elle était inutile, inutile comme tout et qu’importe ce qu’il pourrait lui dire. D’ailleurs, lorsqu’il lui répondit, elle ne l’écouta qu’à peine. Ça lui faisait tout drôle lorsqu’il prononçait son prénom, n’empêche. Elle déglutit d’ailleurs, imperceptiblement. Qu’est-ce qui lui prenait de manquer d’air comme ça au juste ?
Elle continua de marcher sans plus rien ajouter, se concentrant pour maintenir Lace alors qu’au fond, elle-même avait du mal à rester debout. Atteignant l’entrée de son bâtiment, elle regarda un instant la bâtisse avant d’y aller, montant les escaliers au rythme de son amis en s’aidant du mur. Une fois près de chez elle, l’adolescente sortit ses clefs et ouvrit la porte avec son pied avant de rentrer, la claquant avec son pied aussi. Déboulant sur le couloir, elle alla jusqu’au bout et pénétra sa chambre avant de laisser Lace prendre place sur son lit. Elle s’agenouilla face à lui et posa ses deux mains sur ses genoux, la tête inclinée, la mine inquiète.

« Tu n’es pas blessé ailleurs au moins, hein ? »

Le savoir blessé, le savoir mal en point et ne pouvoir que le soigner physiquement, ignorer jusqu’à la raison de son état... Fuyu masquait sa frustration derrière un regard inquiet, mais au fond, elle ne serait pas contre don son ami en lui assénant une bonne claque par exemple.
Quoi qu’il en soit, aussitôt eut-elle entendu sa réponse qu’elle se leva et se dirigea vers la salle de bain où elle empoigna de l’alcool, des compresses et du sparadrap. Elle s’assit à coté de lui en déposant le tout sur le lit et retira son bandage de fortune en le mettant sur la table de nuit, commençant par nettoyer la plaie en murmurant une vague excuse avant de commencer à faire un bandage avec ce qu’elle avait comme matériel, c'est-à-dire pas grand-chose, soit en appliquant une compresse et en l’entourant de sparadrap. Lorsqu’elle finit, elle se releva en posant tout ce qui pouvait déranger Lace parterre avant de tirer les draps et de l’inviter à se coucher d’un simple geste de la main. Elle se retourna et alla vers son armoire, retira son haut et mit un débardeur bleu marine. Lace ? Bah ouais, elle n’avait pas oublié qu’il était là, seulement que ça ne la gênait pas du tout de se changer près de lui. Elle retourna d’ailleurs près du lit et se pencha pour lui déposer un baiser sur la joue. Et pour le coup, elle tentait de ne pas penser que, dans son état normal – et peut-être même là – il risquait de la repousser.

« Dors bien Lace. »

Le lit était en parallèle à la porte, le coussin juste en face de l’armoire, celle-ci même près d’une porte donnant sur la salle de bain. Fuyu s’assit à même le sol, de façon à caler sa tête contre le matelas et à tendre ses jambes face à la porte. À son tour, elle ferma les yeux. Elle était bien loin de se douter qu’elle allait dormir si facilement. Et elle était encore plus loin de se douter de ce qui la réveillerait.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   15th Juin 2013, 19:46

Le trajet avait juste paru interminable aux yeux du garçon. Bien que soutenu par son amie, il avait quelques difficultés à marcher, et bien plus encore à ne pas tomber de sommeil. En effet, maintenant qu’une bonne partie de la pression qui l’avait stressé durant cette semaine s’était évanouie avec la mort du Chain, il se sentait à la fois plus détendu et plus épuisé. Il luttait avec force pour ne pas sombrer dans les bras de Morphée. Le problème étant que, comme d’ordinaire il s’y laissait plonger sans aucune résistance, maintenant qu’il devait se forcer à garder les yeux ouverts, il se rendait compte que ce n’était vraiment pas une mince affaire. Il se demandait comment les gens de Pandora pouvaient passer des nuits entières à travailler sur de la paperasse et rester tout aussi actifs en pleine journée. C'est que ça devait demander beaucoup d’efforts, mine de rien. Des efforts sur lesquels il était à présent capable de compatir, vu qu’il était actuellement de le même problème : il avait envie de dormir mais s’y interdisait vu la situation.

Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent tous deux au pied d’un bâtiment, qu’il observa d’un œil à semi clos. Il semblait ne pas être en trop mauvais état, mais sa vue un peu floue l’empêchait de faire un jugement plus approfondi sur cet immeuble.
Ils montèrent –malheureusement pour lui, par les escaliers, jusqu’à arriver à l’étage où habitait Fuyu. De là, elle sortit une clé et ouvrit ensuite la porte pour pénétrer dans ses appartements. C’était assez modeste, et en même temps cette habitation possédait son charme.
Traversant le couloir jusqu’à arriver à la chambre, Lace fut finalement déposé sur le lit. Il ne broncha absolument pas, le lit étant l’endroit de prédilection pour dormir. Il pensait déjà à faire un petit somme.

« Tu n’es pas blessé ailleurs au moins, hein ? »

Il répondit par un signe négatif de la tête, trop fatigué pour faire étalage de son état.
Pendant qu’il s’installait le plus naturellement du monde sur le lit –comme il le faisait déjà si bien sur les canapés, chaises et fauteuils de Pandora, la jeune fille partir dans une autre pièce de sa maison au pas de course. Elle ne semblait pas affolée, mais surtout inquiète. Pour lui peut-être ? Il trouvait qu’il n’y avait pas lieu de se faire du mouron à son sujet. Les blessures n’étaient pas rares dans ses missions, il avait connu bien pire. Seulement, ça, elle ne le savait évidemment pas…
Elle revint armée de sparadrap et d’alcool –ouch, il allait souffrir. Il se doutait néanmoins que si on ne le faisait pas maintenant, on le lui ferait plus tard. Et si par malheur il ne tombait pas sur Robin mais sur ses supérieurs, qui voudraient à coup sûr se charger de lui…. Il allait le sentir passer. C’est que ses supérieurs étaient de grands sadiques. Il ne se méfiait pas d’eux pour des prunes. Il ne broncha donc pas lorsqu’elle lui appliqua le tout après lui avoir murmuré une vague excuse. Il serra juste les dents et attendit sans bouger qu’elle ait fini de s’occuper de lui.

Une fois ceci fait, elle s’éloigna un peu de lui et partit fouiller dans son armoire pour en sortir un débardeur bleu marine. Elle retira le haut qu’elle portait sans se soucier le moins du monde du regard de l’adolescent.
Celui-ci détourna aussitôt les yeux et s’allongea, dos à elle, en fermant les yeux. Dire que ce n’était pas tentant d’y jeter un autre coup d’œil aurait été mentir. Mais il n’était pas ce genre d’homme pervers qui profitait de la gentillesse et de la confiance qu’on lui témoignait. Alors il se montrait respectueux et ne la regardait pas. Quoi qu’il était vraiment gêné là. Il sentit même ses joues se colorer d’un rose très léger et à peine visible. Raah… Elle le mettait dans tous ses états, elle. Et à chaque fois qu’ils se rencontraient. Un coup elle l’agaçait en l’empêchant de dormir et il l’envoyait balader avec mauvaise humeur, un coup elle prenait soudainement ses distances, il s’inquiétait puis venait s’enquérir de son état, et maintenant ça… Il sentait qu’il n’avait pas fini d’en voir de toutes les couleurs. C’était fou ça, quand même.
Il sentit soudainement qu’on déposait un baiser sur sa joue.

« Dors bien Lace. »

Ce fut le déclic qui le plongea dans le sommeil. Comme une berceuse l’aurait endormi, il avait suffi  d’un petit bisou et d’un « bonne nuit » pour que la demoiselle endorme l’intéressé. Il l’entendit à peine s’asseoir sur le sol et poser sa tête contre le matelas, les jambes étendues sur le sol.

Il ne rêva pas. Il était trop profondément endormi. Mais en même temps, il sentait qu’un simple petit bruit pourrait le réveiller. Il supposait que sa fatigue était ce qui rendait son sommeil profond, et que ce lieu qu’il découvrait gardait malgré tout ses sens aux aguets, comme s’il craignait qu’un problème survienne. En ce moment même, c’était son inconscient et son instinct qui travaillaient, non lui. Et ces deux entités de son esprit étaient toutes deux digne de confiance, il le savait par expérience et y croyait dur comme fer.

Il entendit qu’on toquait à la porte. Il sursauta légèrement et se retourna sur le lit sans prendre la peine d’ouvrir les yeux. Il avait complètement oublié qu’il n’était pas à Pandora mais bel et bien chez son amie. C’est pourquoi il fut surpris lorsqu’il entendit sa voix, puis celle d’un autre homme.
Ce fut comme un déclic. Son esprit sortit totalement des brumes dans lesquelles il était plongé, bien que son corps ne bougea pas d’un millimètre et sa respiration demeurait régulière et profonde. Il tendit l’oreille. Il parvint à entendre les voix, à comprendre ce qu’elles disaient. Il tiqua discrètement. Qui pouvait-il bien être pour parler de…. De la sorte à Fuyu ? Il sentait un étrange sentiment s’infiltrer en lui. Il savait ce que c’était mais ne mettait volontairement pas de mot dessus.
La jalousie. Il détestait une émotion aussi basse.

Quand la jeune fille revint dans la chambre et que le membre de Pandora fut certain que l’invité surprise était parti derrière elle, il se redressa peut-être un peu trop soudainement –au point que c’en fut douloureux pour son bras meurtri, même s’il avait tenté de feindre qu’il venait de se réveiller. Pas très convaincant, tout ça.
Ses yeux lançaient sans qu’il parvienne très bien à le dissimuler des éclairs en direction de la porte d’entrée maintenant refermée. Il posa finalement son regard sur celle qui avait accueilli l’intrus et la questionna de sa voix indifférente. Cela, au moins, était plus aisé à simuler, étant donné qu’il semblait toujours indifférent.

« Qui était-ce ? J’ai entendu frapper. »

Remarquant que quelques secondes plus tôt elle semblait pendre son sac à main, il plissa les yeux. Allait-elle vraiment le faire… ?

« Tu t’en vas ? Où ça ? »

Il faisait réellement des efforts pour ne pas montrer qu’il avait tout entendu de la conversation. Il se sentait néanmoins, et à son immense surprise, qu’il était sur le point d’exploser.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   16th Juin 2013, 02:53


» Mentir est un art. Ne réussit pas qui veut.
~ Ernesto Ouellet.


Il y avait des choses que Fuyu était en mesure de pardonner. D’autres choses, en revanche, ne pouvaient vraiment pas passer avec elle. Et parmi ces choses, on cite le mensonge. Elle détestait qu’on lui mente et si elle venait à le découvrir – il fallait avouer qu’elle était plutôt douée pour traquer les menteurs lorsque ceux-ci ne sont pas trop bons – elle pourrait réellement changer de comportement. Et ce, radicalement. Aussi bien avec des inconnus qu’avec des amis. Au fond, elle était ainsi. En parlant pour la première ou énième fois à quelqu’un, la première chose qui lui traversait l’esprit était d’analyser la situation et de mémoriser tous ces petits détails, toutes ces petites réactions, ces tics agitant une quelconque partie du corps, ces rougeurs teintant les joues. Tout cela, l’adolescente le voyait comme une arme. Elle pourrait s’en servir en temps voulu et mettre en gêne la personne en question, la mettre mal à l’aise et pouvoir lui faire regretter ses actes. Bon, il fallait aussi dire que Fuyu n’était pas du genre à uniquement frapper fort pour se défendre. Parfois, elle le faisait parfaitement injustement, juste parce qu’elle avait un coté sadique qu’elle ne terrait pas et qu’elle ne cachait pas sous des couches d’hypocrisie. Oh et bien sûr, détester les menteurs revenait à détester les hypocrites. Enfin, quoi qu’il en soit, quinze ans et une fille en plus, ça voulait dire qu’elle n’avait pas vraiment de force physique. De ce fait, pour exprimer son sadisme, ne lui restait plus que la torture psychologique. Tous ces petits détails gravés dans sa mémoire qu’elle affinait et ressortait doublés de mots qu’elle prenait le soin de choisir. Mais ça, ce n’était pas difficile pour elle. Après tout, elle se taisait bien assez pour avoir tout le temps et tout le loisir de savoir comment manier les mots. Pour en revenir au sujet du mensonge, Fuyu ne peut pas prétendre ne pas aimer les mensonges si elle ne fait que mentir. Du coup, elle a, depuis longtemps déjà, pris l’initiative de ne plus mentir. Plus jamais.
Mais il ne fallait pas se leurrer, même si elle était encore une adolescente candide – même si j’en doute, certes elle est fragile, mais loin d’être naïve – cela ne voulait pas pour autant dire qu’elle croyait au « jamais ». D’autant plus que mentir, elle l’avait déjà fait. Pour se sortir de situations délicates, le plus souvent. Enfin, le reste du temps, elle utilisait le principe qui consistait à savoir que déformer partiellement lé vérité, cacher la vérité ou taire la vérité n’était pas mentir.
Elle n’aurait jamais cru être contrainte de mentir à un ami. Elle n’aurait jamais cru être contrainte de mentir à Lace. Et elle n’aurait jamais cru non plus être contrainte de mentir à Lace pour protéger ce jeune homme qui, en un est mot, pouvait être décrit comme étant son obsession.

Revenons un peu en arrière.
Lace n’était heureusement pas blessé ailleurs et les traits de Fuyu se détendirent légèrement. Enfin, à peine, parce que la blessure qu’il avait au bras  l’inquiétait. Mais sérieusement, elle en faisait trop. Elle le savait, pourtant son inquiétude ne pouvait être que grandissante. Le fait est que ce n’était pas tant la blessure de son ami qui l’inquiétait à ce point-là mais le fait de ne pas savoir d’où elle provenait. Est-ce que lui qui lui avait fait ça allait revenir ? Est-ce que Lace s’en était débarrassé ? Si oui, de quelle façon ? L’avait-il tué ? Est-ce que c’était seulement un humain ? Non mais sérieusement, des griffures pareilles, à moins que ce soit une femme avec de longs ongles... Non mais même, c’était drôlement profond pour des ongles et, de toute façon, Fuyu doutait qu’une femme pourrait mettre Lace dans un pareil état. Elle n’ignorait pas qu’une femme pouvait vraiment faire d’un homme une vile créature, mais il n’était pas question de n’importe quel homme mais bel et bien de Lace. Et Lace n’était vraiment vraiment pas du genre à se laisser ainsi manipuler. Déjà qu’il n’était pas tactile, alors passer un peu trop de temps avec une femme, disons que Fuyu en doutait sincèrement. Mais après, peut-être était-il distant physiquement qu’avec elle. À cette pensée, elle ne put empêcher une vague d’irritation mais surtout d’agacement l’envahir.
Lorsqu’elle se mit dos à lui pour se changer, elle entendit Lace se retourner sur le coté. Un sourire amusé étira les lèvres de Fuyu ; waouh, c’est vrai que voir le dos nu d’une fille était extrêmement gênant. Ce qu’elle ne comprenait cependant pas, c’est que c’était censé l’être. Pour n’importe quelle adolescente « normale », il aurait été exclu de se changer en compagnie d’un jeune homme. Surtout à cette époque. Mais pour Fuyu, c’était plus que normal ; totalement anodin.
Il ne réagit pas du tout au baiser qu’elle lui claqua contre la joue, un peu plus tard et l’adolescente se dit qu’il devait vraiment être fatigué.
S’asseyant à même le sol, elle s’endormit aussitôt que ses yeux se fermèrent. Elle rêva, comme à son accoutumée, du fameux visage anguleux, de la peau pâle, des yeux noirs insondables, des cheveux couleur suie indomptables ; de lui, de cet homme. Mais qu’importe, au moins, elle avait réussi à dormir.

Toc Toc.
Fuyu ouvrit les yeux. Avait-elle rêvé ? Elle osait l’espérer, car même si elle n’avait pas forcément envie de s’endormir pour rêver de nouveau de lui, dormir lui ferait indéniablement le plus grand bien. Elle referma les yeux.
Toc Toc Toc.
Les coups étaient plus forts, plus brusques. Elle étouffa un juron en se rappelant ne pas être seule et se releva, jetant un coup d’œil à Lace. Au moins, il semblait ne pas être réveillé. Elle ouvrit la porte et vit le poing en suspens, prêt à toquer de nouveau. Fuyu, en voyant son invité surprise, déglutit en reculant d’un pas, comme si s’enfoncer un peu plus dans son couloir la mettait en sécurité. Ah, tiens, je n’ai pas encore mis de nom sur ce visage, n’est-ce pas ? Il s’appelait Takumi. Ce même Takumi se saisit du menton de Fuyu en la saluant, ajoutant un « ma belle » de trop, mais bon. L’adolescente, comme d’habitude, ne pouvait pas lui résister. Elle se laissa faire tandis que son regard ne reflétait même plus le dégoût habituel. Cette fois-ci, c’était du désir pur et simple. L’homme le vit bien, lui attribuant un sourire alors qu’il la relâcha. Il tenta de rentrer mais dû apercevoir Lace vu qu’il se rétracta. Finalement, il s’exclama de sa voix grave :

« Je vois que tu es occupé, mais... Descends en bas, j’ai envie de m’amuser un peu. »

S’amuser un peu ? Si seulement Fuyu obtenait une information sur sa mère à chaque fois qu’ils « s’amusaient un peu ». Au lieu de quoi, il n’en faisait qu’à sa tête. Il n’en avait toujours fait qu’à sa tête de toute façon.
Fuyu déglutit une seconde fois avant de hocher positivement la tête en laissant échapper un « à tout de suite ». Elle retourna dans sa chambre et vit un Lace se redresser subitement. Trop subitement. L’adolescente fronça les sourcils en croisant le regard de son ami. Elle ne le soutint néanmoins pas bien longtemps, allant prendre un sac en bandoulière à elle. Disons simplement qu’elle n’aimait pas trop sortir sans. Elle ne répondit rien à son ami, ne jugeant vraiment pas nécessaire de lui en parler. Mais il insista, cette fois-ci en lui posant deux nouvelles questions. Ça commençait à bien faire. Elle n’avait plus de parents et n’avait de ce fait plus comptes à rendre à qui que ce soit. Après, il y a eu Finn. Mais encore, il était plus âgé qu’elle de cinq bonnes années. En revanche, que Lace se mêle aussi de ses affaires, elle n’en avait réellement pas envie.
Elle posa son regard sur son ami et, les sourcils froncés, s’exclama d’une voix où elle ne cachait pas son agaçement.

« C’était... Un ami, il voulait juste prendre de mes nouvelles. Écoute, je ne vais pas tarder, je viens de me rappeler que je dois faire quelques courses. »

Elle lui tourna aussitôt le dos, se mordant fortement la lèvre inférieure, s’en voulant terriblement d’avoir menti sur toute la ligne à Lace, son ami. Elle fit quelques pas en gardant la tête haute, mais s’arrêta. Elle avait vraiment l’impression que le jeune homme n’allait pas la laisser filer si facilement. Elle soupira et se retourna vers lui, dardant son regard sur son visage alors qu’elle bouillonnait de sentiments confus ; d’une part, l’envie d’aller voir Takumi, d’une autre le dégoût qu’elle éprouvait à son égard et d’une autre encore, la culpabilité qui la rongeait pour avoir menti à Lace. Mais au moins, il ne pourrait pas savoir qu’elle avait menti.
... N’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   16th Juin 2013, 03:24

Fuyu semblait contrariée par les questions du garçon. Elle ne le cachait absolument pas, et ce fut donc les sourcils froncés et la mine agacée qu’elle répondit à ce dernier :

« C’était... Un ami, il voulait juste prendre de mes nouvelles. Écoute, je ne vais pas tarder, je viens de me rappeler que je dois faire quelques courses. »

Ce fut au tour de l’intéressé de tiquer et de froncer les sourcils. Il la regarda s’éloigner de sa démarche si fière et la tête haute, avant de finalement s’arrêter et se retourner vers lui pour le fusiller du regard. Aussi surprenant que ce soit, il lui rendit ce regard noir, peut-être même avec plus d’ardeur. Il peinait à se calmer, à contenir sa colère. Il avait beaucoup de difficulté à garder son air nonchalant et indifférent. Si un jour on lui avait dit qu’il s’énerverait un jour de cette façon, il n’y aurait tout simplement pas cru.
Elle lui avait menti. Elle comptait donc bien aller « s’amuser » avec l’idiot qui avait frappé à sa porte. Il sentit comme une pointe lui serrer le cœur. Il n’arrivait pas non plus à maîtriser cette jalousie qui lui prenait aux tripes. Il serra juste les dents et se redressa. Il marcha d’un pas lent, beaucoup trop lent, jusqu’à la jeune fille.
Sa voix glaciale à peine contenue trancha dans l’air comme la foudre déchirait le ciel. Rapidement, avec puissance, mais brièvement.

« Menteuse. »

Oh, il aurait pu s’en aller, lui aussi. Il aurait pu partir sans demander son reste, en profiter pour bousculer comme il se devait l’imbécile qui l’attendait en bas, rentrer à Pandora et ne plus jamais la revoir. Malheureusement, il s’en savait incapable. Plus que tout, il détestait ne plus avoir de nouvelles de ses amis, il détestait s’inquiéter pour eux tout en sachant qu’il ne devrait pas aller les voir. Il restait donc planté là, bouillonnant à l’intérieur.
Il fallait vraiment qu’il arrive à se calmer.

« Je ne suis pas sourd, tu sais. Tu aimes tant que ça « t’amuser » avec quelqu’un comme lui ? »

L’idée qu’elle se soit réellement amusée à ses côtés le mettait encore plus en colère et lui donnait encore plus envie de pointer son arme sur ce cher monsieur pour lui tirer une balle dans la tête. Il savait néanmoins que, sans ordre venant de Pandora, il n’était pas autorisé à ôter la vie. Quoi que… Il pouvait bien lui faire une petite frayeur, n’est-ce pas ?
Il se secoua intérieurement. Non… Il ne devait pas tomber aussi bas. Ce serait trop lâche d’user de son pistolet pour effrayer un voyou désarmé. A moins qu’il ne possède lui aussi quelque chose pour se défendre, caché sur lui ? Il l’ignorait. Et de toute manière, ce n’était pas ses affaires. C’était celles de son… amie. S’il arrivait encore à la considérer comme tel. Ce qui ne l’empêchait pourtant pas de lui sortir une réplique bien réfléchie dans sa tête, qu’il voulait bien blessante.
Il se redressa et posa une main sur sa hanche. Les traits de son visage étaient crispés sous la colère.

« Oh, mais je comprends mieux d’où vient ta fatigue. Tu n’as pas dû beaucoup dormir, avec lui. C’est peut-être lui aussi qui t’a griffé, dans vos débats amoureux ? »

S’il s’était vu en vidéo, il ne se serait même pas reconnu. Depuis quand était-il aussi méchant ? Depuis quand était-il capable de dire des choses aussi horribles ? Il se haïssait presque autant qu’il haïssait la demoiselle pour son mensonge et ses « petits plaisirs » nocturnes et l’intrus.
Enfin. Il supposait que maintenant, c’était lui l’intrus dans la maison. Pourtant il ne comptait pas le moins du monde sortir. Pas sans laisser le temps à son interlocutrice de s’expliquer et de répliquer, sûrement elle aussi avec des paroles aussi venimeuses. La connaissant, il ne serait même pas surpris qu’elle lui sorte à son tour quelques phrases bien blessantes. Il se préparait déjà psychologiquement à subir le retour des mots qu’il avait prononcé. Il le mériterait, de toute façon. Mais sous le coup de la colère, il se sentait incapable de ne pas agir de la sorte. Le problème… C’est que ce n’était absolument pas son genre.

Allez… Il devait se calmer.
Pendant que l’adolescent sentait qu’il parvenait à maîtriser son énervement, il commençait sérieusement à se dire qu’il valait mieux qu’il parte, finalement. S’il s’éternisait, il risquait d’en sortir encore, des paroles cruelles, véridiques ou pas. Et si cela finissait comme il s’en doutait, en une –excusez du mot- engueulade pure et simple, ils risquaient de ne plus jamais pouvoir se considérer comme des personnes proches, ou tout bêtement des connaissances. Il se connaissait suffisamment pour savoir qu’il opterait pour l’ignorance et qu’il ferait comme s’il ne l’avait jamais connu. Il ne voulait pas que ça aille jusque là.
Mais il était décidément trop en colère pour arriver à penser plus longtemps de cette façon.
Alors elle avait intérêt à s’expliquer, et très vite. Et tant pis s'il devait se prendre une gifle pour cela.
Car la gifle, il sentait qu'elle n'allait pas tarder à claquer sur sa joue.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   16th Juin 2013, 05:58


» La déception est un sentiment qui ne déçoit jamais.
~ François Moriac.


Menteuse. Ce mot fit à la demoiselle l’effet d’un dard venimeux s’enfonçant dans sa chair, déchirant jusqu’à ses veines. Elle se détestait d’avoir menti à Lace et se détestait encore plus d’avoir été prise en flagrant délit. Il pourrait peut-être comprendre si elle se décidait à lui expliquer, mais elle n’en avait pas même envie. Elle n’avait pas à se justifier auprès de lui, n’avait pas à ne serait-ce que tolérer qu’il reste chez elle, dans sa chambre à ainsi l’insulter. Pourtant, elle ne lui tonna pas pour autant de s’en aller. Il était encore faible, encore fatigué et elle préférait encore celle qui s’en irait. Quoi qu’il en soit, au fond, peut-être ne comprendrait-il pas, finalement. Comment pourrait-elle expliquer cette dépendance infecte qu’elle éprouvait pour Takumi ? Elle n’était pas amoureuse de lui. On ne peut pas aimer une personne qu’on haït. En revanche, cette même personne que l’on haït peut être notre obsession. Comme avec la drogue, après tout. On y est accro, on en dépend carrément mais cela ne veut pas dire qu’on aime ce qu’on est devenu, cette ombre, plus même cette personne à part entières que nous fûmes. On dit que l’on ne peut se relever qu’après avoir touché le fond. Mais pour le moment, Fuyu ignorait où était ce fond. Il la tenait entre les mailles de son filet et elle avait déjà essayé de se débattre, déjà essayé de lutter contre cette attirance qu’elle ressentait à son égard. Lace ne pouvait pas comprendre qu’elle ne faisait pas cela pour l’argent, qu’elle ne faisait pas cela pour quoi que ce soit d’autre si ce n’est la vérité. Peut-être que si ça avait été quelqu’un d’autre, Fuyu n’aurait pas agi de la sorte. Elle ne savait pas, au fond. Tout ce qu’elle savait était que c’était un choix. Il fallait qu’elle sache comment sa mère était morte parce qu’elle était plus que certaine que ça avait un rapport avec le départ de son père. Personne ne pouvait comprendre qu’elle était prête à toutes les bassesses du monde pour savoir pourquoi son géniteur l’avait abandonnée. Elle devait savoir. Elle devait savoir qu’est-ce qui avait été plus important pour lui que sa propre fille. Mais ça, Lace ne pouvait pas le comprendre, n’est-ce pas ? Il ne pouvait pas comprendre Fuyu. Ne pouvait pas comprendre que Takumi, depuis qui l’avait marquée au visage, était devenu l’obsession de l’adolescente. Mais en contrepartie, elle était dégoûtée rien qu’en le voyant, dégoûtée de son propre comportement avec elle. Lace ne pouvait pas comprendre. Mais Fuyu pouvait toujours essayer de lui expliquer.
Sauf que voilà, c’était peut-être son ami – vraiment ? – mais ce n’était pas pour autant qu’il  avait le droit de parler ainsi à la jeune fille et de sous-entendre son exigence d’avoir des explications. Pourquoi ? Pourquoi hein ? Qu’est-ce qu’il en avait à faire de la vie de Fuyu, des choix de Fuyu, de ses décisions ? C’était son ami, certainement pas son petit ami alors qu’il garde ses distances et cesse de l’agacer de la sorte. Elle en avait déjà marre de son comportement plus que lourd.

Cependant, c’était la première fois qu’elle voyait le visage de Lace reflétait une quelconque émotion. Et il a fallu que ce soit de la colère.
Peut-être même de la déception.
Fuyu laissa ses lèvres s’étirer en un sourire amer alors qu’elle sentait ses jambes trembler. Intérieurement, elle s’en voulait atrocement. Parce qu’il n’y avait pas pire que décevoir quelqu’un qu’on aime, pas pire que trahir la confiance d’un ami, pas pire que d’avoir été pris en train de mentir.  Mais Lace aussi avait poussé le bouchon un petit peu trop loin. Pourquoi lui avait-il demandé où elle s’en allait s’il avait entendu, hein ? Parce que oui, Fuyu était certaine qu’il avait entendu. Certes, elle ne mentait peut-être pas souvent, mais lorsqu’elle le faisait, elle le faisait bien. De ce fait, elle savait n’avoir laissé nulle émotion la trahir. Il avait dû les entendre. Certainement. Et lorsqu’il se releva pour s’approcher d’elle avant de lui déverser de sa voix froide ce qu’il pensait peut-être être des vérités. La jeune fille inclina la tête sur le coté, le même sourire amer sur les lèvres. Elle n’avait bien sûr aucunement l’intention de répondre à Lace. Parce que ce n’étaient pas ses affaires, simplement. Parce qu’il n’avait réellement pas à se mêler de cela, que cette histoire ne concernait que Fuyu et uniquement Fuyu. Elle n’avait donc pas à se justifier, pas à lui donner la moindre explication. Son sourire se dissipa néanmoins lorsqu’il reprit la parole. Si elle avait eu pour intention de le laisser en plan ici – parce que oui, elle en était capable – maintenant, elle avait plus envie de l’étriper sur place qu’autre chose.
Sa main se leva et s’abattit violemment sur le visage de Lace, laissant une trace bien visible de ses doigts. Son regard était vitreux et ses lèvres pincées.
Amoureux ? Des ébats « amoureux » ?

« Ne t’avise plus jamais de me parler sur ce ton. »

Son ton s’était fait sans appel, glacial et tranchant, autant – si ce n’est plus – que celui qu’avait utilisé Lace. Seule différence, elle ne portait pas sur lui un regard mauvais mais indifférent. Alors qu’intérieurement, elle était en pleurs.
Elle était effroyablement gênée qu’il ait désormais cette image d’elle. Elle était atrocement déçue qu’il pense qu’elle était comme ça. Oui, parfois, elle passait des soirées toutes entières avec des hommes. Comme elle l’avait fait avec Revis par exemple. Mais elle avait comme l’impression que Lace la pensait plus prostituée que perverse et ça, ça la blesserait réellement. Mais comment aurait-elle réagi si elle était un garçon et si une amie obtempérait de la sorte en acceptant d’aller s’amuser avec un autre ? Peut-être – sûrement – de la même façon dont avait réagi Lace.
De toute façon, non, elle n’allait pas s’amuser. Le seul à s’amuser, c’était l’autre idiot. Elle ne faisait que suivre ces ordres, comme une parfaite chienne docile.
Fuyu prit une grande inspiration avant de reprendre son sourire amer et méchant, faisant passer le bout de sa langue sur ses lèvres.

« Ce n’est pas mon amoureux. En revanche, tu as vu juste, c’est de lui que vient ma fatigue. Mais pas de la manière dont tu crois. Tu ne sais rien et tu te permets de me juger, tu es ignoble, toi qui refuse jusqu’à me dire ce qui t’a mis dans un pareil état. »

Son regard se déroba à celui de l’homme tandis qu’elle cherchait des yeux un objet en particulier. Ah oui. Elle alla vers la salle de bain et prit la lame dont elle se servait pour se mutiler avant de revenir vers Lace et de la lui jeter aux pieds. De nouveau, son regard croisa le sien tandis qu’elle croisait les bras sur la poitrine, réellement énervée, son regard brillant d’une animosité nouvelle.
Allez Fuyu, respire.
Elle décroisa les bras et s’approcha de Lace jusqu’à poser sa main sur son torse. Elle le fit brusquement reculer pour qu’il s’assied sur le lit et vint lui faire face de tout son long, agacée au plus haut point.

« C’est le prix de la vérité. Je ne tire aucun plaisir à être son jouet, mais il est le seul à pouvoir me dire la vérité et je suis bien décidée à la connaitre. »

Elle n’avait pas non plus le cœur de l’insulter plus qu’elle ne l’avait déjà fait. Elle s’accroupit face à lui et déposa ses mains sur ses genoux, comme elle l’avait fait quelques secondes plus tôt. Elle ne lui demandait pas de la croire, seulement de la laisser tranquille.
Le pire, c’est qu’elle avait envie de pleurer maintenant.
Elle déglutit avant de retirer une de ses mains pour la remplacer par son front. Elle n’avait pas envie que Lace pense qu’elle était une fille de joie, n’avait pas envie qu’il pense qu’elle s’abaissait à cela pour de l’argent. Mais elle ne s’attendait pas non plus à ce qu’il comprenne ce qui la poussait à être... Ce qu’elle était, disons-le ainsi.
Elle releva la tête et se releva en s’éloignant de nouveau. Et puis elle s’arrêta et tourna légèrement la tête vers le jeune homme. Un ami ne la jugerait pas. Un ami ne la traiterait pas de la sorte. Mais Fuyu ne voulait pas croire qu’il n’était pas son ami.

« Qu’est-ce qu’il y a, Lace, tu es jaloux ? Déçu ? Peut-être même les deux. Bon sang, c’est quoi le problème ? Qu’est-ce que tu peux bien avoir à foutre de ce que je fais et des raisons qui me poussent à le faire ? »

Son regard brillait. Pas de malice, pas de colère, pas de déception – pourtant, elle était réellement déçue par son comportement – ni rien de tout cela ; de larmes, en revanche, oui.
Fuyu soupira bruyamment en laissant tomber son sac, allant s’asseoir sur son lit, s’adossant au mur derrière elle, amenant ses jambes à sa poitrine et les entourant de ses bras, laissant tomber son front contre ses genoux.
Un ami ne se serait pas autant énervé. Alors pourquoi Lace avait été aussi injuste avec elle ? Et pourquoi n’avait-elle pas été en mesure de lui rendre au centuple toute la douleur qu’il lui avait infligée ?
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   17th Juin 2013, 05:12


Fuyu étira tout d’abord ses lèvres dans un sourire qui semblait forcé, presque amer. Le garçon ne s’était pas attendu à une telle réaction, mais les paroles qui suivirent parvinrent néanmoins à la forcer à montrer un signe de faiblesse, un signe qui montrait qu’il l’avait blessé. Aussi cruel que ce soit, cela le soulageait. Si ce qu’il avait dit n’avait été que la pure vérité, son regard ne serait pas devenu aussi vitreux et elle n’aurait pas pincé les lèvres de la sorte. Et elle ne l’aurait pas giflé.
Car oui, la claque était finalement partie. Avec une force qu’il ne soupçonnait pas de sa part dans sa fatigue. En plus d’être bruyant, ce geste, il le sentait, avait laissé des marques sur sa joue maintenant chaude. D’une certaine manière, cette réaction, même s’il s’y attendait parfaitement, venait d’embrouiller les idées fixes qu’il venait de se faire sur sa propre amie et lui permettait de se calmer. Un peu.

« Ne t’avise plus jamais de me parler sur ce ton. »

Il serra les dents et caressa les marques de sa main valide. Sa colère s’était légèrement apaisée, suffisamment en tout cas pour lui permettre d’arborer à nouveau son air indifférent.
Ne plus lui parler sur ce ton, hein ? De une, il pouvait lui parler de la façon dont il le souhaitait. Il ne voyait pas ce qui l’empêchait de dire ce qu’il pensait dans sa plus grande honnêteté. Pourtant, il savait qu’il était allé trop loin, et que ses paroles avaient en partie dépassé ses pensées. Voilà ce que c’était, de ne pas laisser aller ses émotions et de craquer… Pour quelque chose d’aussi immature, soi-disant passant.
Malheureusement pour lui, sa colère revint au triple galop lorsque la jeune fille laissa une fois encore un sourire amer et cruel se dessiner sur son visage tout en passant la langue sur ses lèvres. Adjugé, il ne se calmerait pas aussi aisément.

« Ce n’est pas mon amoureux. En revanche, tu as vu juste, c’est de lui que vient ma fatigue. Mais pas de la manière dont tu crois. Tu ne sais rien et tu te permets de me juger, tu es ignoble, toi qui refuse jusqu’à me dire ce qui t’a mis dans un pareil état. »

Le début de la phrase le rassura. Il ne savait pas trop pourquoi, mais entendre de sa bouche qu’elle ne l’aimait pas le réconfortait quelque peu, bien qu’il ne le montrât pas. La suite lui planta un poignard en plein cœur. C’était de lui que venait sa fatigue. Puis les mots suivants le rassurèrent à nouveau…. Pas de la manière qu’il le pensait. De quelle façon, alors ? La fin de son discours lui rappela qu’il était en effet très mal placé pour la juger, alors que lui-même ne lui révélait rien de sa vie et des Chains. Seulement, ça, c’était pour la protéger. Dommage qu’il ne puisse pas lui expliquer cela sans attiser sa curiosité et se faire incendier de questions.

« Tu n’as pas besoin de connaître la vérité sur mon état et ses causes. Tu sembles déjà connaître bien assez les malheurs de ce Monde pour que je t’en révèle d’autres bien plus dangereux. » Répondit-il simplement, l’air énigmatique et surtout plus calmé.

Une fois ceci dit, il observa l’albinos s’éloigner de lui à grands pas, en direction de ce qu’il avait deviné être la salle de bain. Quand elle en sortit, il remarqua aussitôt le couteau qu’elle avait dans les mains. Plusieurs choses lui vinrent à l’esprit. Allait-elle l’attaquer ? Il se mit en position de défense, prêt à agir en cas de besoin. Non pas qu’il pensait qu’elle irait jusqu’à le tuer, mais… Il se méfiait malgré tout vu l’état actuel des choses. Dans son métier, la prudence était toujours de mise. Apparemment, il avait pris l’habitude de rester sur le qui-vive.
Elle lui jeta simplement l’arme au pied. Et posa sa main sur le torse de l’adolescent, qui se laissa lentement reculer pour s’asseoir sur le lit, ne quittant pas du regard son interlocutrice.

« C’est le prix de la vérité. Je ne tire aucun plaisir à être son jouet, mais il est le seul à pouvoir me dire la vérité et je suis bien décidée à la connaître. »

L’intéressé fronça de nouveau les sourcils, contrarié. Donc elle s’était réellement mutilée ? A quoi bon ? Quel était l’intérêt de se faire souffrir ? Il n’en voyait décidemment pas l’utilité. Mais il ne posa pas de questions à ce sujet. Il avait suffisamment envenimé les choses.
L’albinos s’accroupit finalement et posa ses mains sur ses genoux.

« Dois-je te confisquer tous les objets coupants de ta maison pour t’espérer un peu plus en sécurité, alors ? »

Il n’attendait pas vraiment de réponses, à dire vrai. Il s’attendait à ce qu’elle refuse qu’il agisse de la sorte, même s’il fallait avouer qu’il ne se serait pas fait prier pour prendre tout ce qui pouvait se révéler dangereux dans les mains de Fuyu.

« Qu’est-ce qu’il y a, Lace, tu es jaloux ? Déçu ? Peut-être même les deux. Bon sang, c’est quoi le problème ? Qu’est-ce que tu peux bien avoir à foutre de ce que je fais et des raisons qui me poussent à le faire ? »

Nouvelle claque. Psychologique, cette fois-ci.
Oh que oui, il était jaloux. Oh que oui, il était déçu. Mais à cet âge et à cette époque, comment avait-il pu espérer qu’une jeune fille comme elle pourrait prétendre être innocente ? C’était cependant ce qu’il avait naïvement cru pendant un temps. Jusqu’à aujourd’hui, tout du moins. Il poussa un simple soupir las comme réponse, à présent totalement calmé. A noter que sa haine envers l’idiot qui voulait s’amuser avec son amie était loin d’être partie malgré tout. Au contraire, il lui ferait bien sa peau à celui-là.

Puis il remarqua les yeux larmoyants de la jeune fille. Son cœur fit un bond dans poitrine. Il l’avait vraiment fait pleurer ? Bon sang, il faudrait qu’il apprenne à contrôler ses sautes d’humeur quand elles se pointaient réellement. Il serra les dents en la regardant s’affaler sur le lit et se recroqueviller sur elle-même, adossée contre le mur. Il ne sut pas trop ce qu’il devait faire.
Des excuses seraient peut-être un bon début ?

« Je… Désolé, Fuyu. Je ne voulais pas te faire de peine. Je m’inquiète juste pour toi. »

Il passa une main derrière sa tête. Il n’avait pas souvent affaire à ce genre de situation, encore moins lorsque la cause des larmes était lui-même. Il s’en voulait beaucoup, maintenant. Malheureusement, c’était trop tard pour revenir en arrière.
Et il ne savait toujours pas quoi dire.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   17th Juin 2013, 07:20


» Human are vulnerable because they're capable of being hurt.
~ Patch Cipriano (Jev) – Hush Hush – Becca Fitzpatrick.


Fuyu aurait réellement aimé être insensible aux remarques qu’on lui faisait. Et d’ailleurs, elle avait appris à le faire. Les remarques des gens, de manière générale, lui passaient par-dessus la tête. Sauf que là, il n’était pas question de manière générale, mais d’un cas spécial, bien à part.
Lace.
Vous voyez, ça aurait été un autre « ami », Fuyu lui aurait déjà dit qu’il ferait mieux de rester à sa place et de lui foutre la paix. Pire, elle serait peut-être allée jusqu’à se venger. Et les vengeances de la demoiselle ne sont jamais très bonnes à vivre. Mais c’était Lace. Et Lace, eh bien, c’était comme qui dirait compliqué. Enfin, elle n’en était qu’à peine consciente mais cela n’empêchait que si la remarque venait de lui, Fuyu avait forcément mal. Un peu trop d’ailleurs. Elle ne pouvait s’empêcher de se dire que maintenant, il ne la verrait plus jamais de la même façon. Mais que pensait-il, sérieusement ? Adolescente de quinze ans et orpheline, il s’attendait réellement à ce qu’elle soit l’élève et l’enfant modèle ? Pour gagner de l’argent, elle devait travailler comme serveuse. Et ce métier lui a finalement fait découvrir plus d’un plaisir. Certes victimes d’agression menées par des hommes font du sexe masculin une phobie. Certaines. Mais Fuyu, elle, en avait fait tout le contraire ; une addiction. Pourquoi ? Elle l’ignorait, mais au fond, c’était une sorte d’auto-défense. Pour se prouver qu’elle n’était pas traumatisée, qu’elle n’avait pas eu mal. Cette fierté mal placée et totalement stupide qui consister à clamer bien fort : même pas mal. Alors qu’au fond, si, elle avait mal. Elle avait effroyablement mal. Et sérieusement, elle n’avait pas besoin de Lace pour lui rappeler que ce qu’elle faisait était, en plus d’être totalement dégueulasse et dégradant, indigne d’une quelconque jeune fille. Le seul mérite qu’elle pouvait en tirer était qu’elle ne faisait pas cela pour l’argent. Fuyu était une délinquante et, depuis, elle avait accepté cette idée et avait refusé de vouloir y remédier. Elle était devenue ainsi et elle avait bien l’intention de rester ainsi. Sauf si on lui venait en aide. D’une façon en particulier que j’ignore. Mais si la demoiselle était prête à demander de l’aide à Finn, ça ne voulait pas pour autant dire qu’elle serait prête à le faire avec quelqu’un d’autre. Donc, si quelqu’un avait pour intention de venir en aide à cette sale gosse, qu’il le fasse de lui-même. Elle en demandait trop ? Non, justement ; elle n’en demandait pas assez ; ne demandait strictement rien.
Pourquoi Lace s’était-il acharné de la sorte sur elle ? Pourquoi se conduisait-il aussi méchamment ? Pourquoi lui qui, d’ordinaire était si indifférent, témoignait d’une telle rancœur, d’une telle méchanceté ? Fuyu se posait toutes ces questions sans trouver nulle réponse adéquate. Pourtant, elle ne faisait que sourire. Sourire pour cacher une profonde douleur, une blessure qui ne risquait pas de se refermer avec quelques excuses de Lace – si toutefois il avait pour intention de s’excuser. Dans tous les cas, elle lui en voulait moins qu’elle ne s’en voulait à elle-même.
Elle était désolée d’être ce qu’elle était. Désolée d’être une… Non, elle refusait d’employer un quelconque terme dégradant et humiliant pour se décrire. Désolée aussi d’être la chienne de Takumi. Et surtout désolée de n’avoir été qu’une chimère, qu’une illusion  pour Lace. Désolée de lui avoir fait croire qu’elle était chaste et pure. Désolée de ne pas correspondre à ses attentes. Tellement désolée.

Le jeune homme réussit à teindre de nouveau son visage d’un voile d’indifférence tandis qu’il leva sa main vers son visage, pour se caresser doucement la joue ayant subi la gifle de Fuyu. Fuyu qui le regardait faire sans broncher, parce que sérieusement, elle n’était vraiment pas désolée. Il l’avait bien cherché et elle serait, là encore, prête à lui en claquer une seconde sur la joue. Parce que oui, il n’avait pas à lui parler de la sorte. Déjà parce qu’ils étaient censés être amis et parce qu’il y avait d’autres manières – plus gentilles – de dire la vérité, mais aussi parce que jusqu’à preuve du contraire, elle venait de prendre soin de lui comme elle le pouvait, lui laissant jusqu’à son lit et refusant d’aller sur le canapé juste pour rester près de lui. En bref, il était encore chez elle, dans sa chambre, alors il avait intérêt à baisser d’un ton. On pourrait croire que Fuyu, avec ses sales habitudes, accepte de se laisser faire, mais non.
Il n’y avait que l’autre grand brun qui pouvait l’asservir. Et c’était déjà un concept assez difficile à accepter, alors bon.
Lorsque, de nouveau, l’adolescente lui plaça un bon sous-entendu pour lui faire comprendre qu’elle lui tenait encore rigueur de ne pas lui dire pourquoi il était dans cet état, il finit par lui répondre. Vaguement. Elle connaissait assez les « malheurs » de la vie ? Encore une fois, il ne savait rien. Ne savait rien et parlait. Même s’il avait raison, Fuyu n’aimait pas avouer que sa vie n’était quasiment qu’une succession d’évènements tristes ou douteux. Elle se raidit en soupirant doucement, levant les yeux au ciel, semblant oublier un bref – très bref – instant son humiliation, sa colère ainsi que sa déception.

« Oh, ça va, je ne suis pas en sucre. »

Lorsque quelques instants plus tard, elle lui jeta sa lame au pied – notant au passage avec amusement qu’il avait pris une position défensive ; pensait-il réellement qu’elle allait l’attaquer ? – il fronça les sourcils, un air contrarié sur le visage. Oui, elle se mutilait et non, elle n’en avait strictement rien à faire de l’avis de Lace. Pas cette fois. De toute façon, au point où elle en était un… Enfin, heureusement tout de même qu’il ne fit aucun commentaire. Enfin si, mais rien de méchant vu qu’il parlait de confisquer les objets pouvant s’avérer être dangereux. Elle le regarda en sourcillant avant de rouler des yeux. Oh mais qu’il fasse donc ; ce serait totalement inutile.
Avait-elle visé bon en disant qu’il était jaloux ou déçu ? Elle aimerait bien le savoir, sérieusement. Mais Lace ne répondit rien et Fuyu, elle, n’insista pas, se mettant sur le lit en se recroquevillant sur elle-même.
Comme la gamine qu’elle était.
Lace prit la parole mais elle ne releva même pas les yeux. Des excuses ? À quoi bon ?

Elle prit une profonde inspiration, refusant toujours de se redresser. Oh non, elle n’avait pas besoin d’excuses. Elle n’avait besoin de rien du tout, si ce n’est d’être seule quelques instants. Que Lace se taise, il l’avait blessée pour le coup alors sérieusement, il ferait mieux de l’oublier un instant. D’autant plus qu’il ne s’était excusé que parce qu’elle avait eu le malheur de laisser transparaitre le sentiment d’être vexée à travers quelques larmes perlant dans es yeux.
Elle leva les yeux vers le plafond avant de soupirer en posant son regard sur son… Ami.

« Pourquoi tu t’excuses ? Pour avoir sous-entendu que je suis une traînée ? C’est bon, c’est pas grave. »

Elle se demanda pourquoi elle était incapable de lui en vouloir. Le début avait pourtant était prononcé avec une intonation d'ironie, pourtant vers la fin, elle pensait réellement que ce n’était pas si grave que cela.
Traînée. Ce mot était sorti naturellement alors qu’elle avait encore du mal à le formuler en pensée.
Elle posa ses deux mains sur le lit et se pencha en avant pour être sur ses genoux. Elle approcha de la sorte vers Lace et se mit à ses cotés, les jambes toujours sur le lit. Pas tactile ? Pas affection ? Elle s’en fichait totalement, mais il n’avait vraiment pas intérêt à la repousser.
Glissant ses bras autour de son cou, elle l’étreignit doucement. Elle commença ensuite à s’éloigner un peu mais arrêta son visage à quelques millimètres à peine de celui de Lace. Si l’une d’eux parlait, leurs lèvres s’effleureraient. Elle planta son regard dans le sien, déglutissant faiblement. Pourquoi n’arrivait-elle pas à s’éloigner au juste ?
Pourquoi ai-je si envie de l’emb-…
Elle n’eut pas le temps d’entièrement formuler la question dans son esprit qu’elle tendit un vacarme plus bas, puis un cri.
Fuyu s’éloigna brusquement en se relevant. Une seconde de réflexion et elle se demanda si cette voix était bien celle de Takumi.
Elle n’était pas tant que ça inquiète pour lui, mais elle voulait savoir ce qui se passait. Et puis, qu’est-ce qu’elle avait l’intention de faire, deux secondes avant ? Elle préférait aller vers la porte d’entrée, l’ouvrir à la volée et s’apprêter à aller voir ce qui se passait plutôt que de chercher une réponse.


Dernière édition par Fuyu Akeno le 18th Juin 2013, 02:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   17th Juin 2013, 19:21

Aux paroles énigmatiques du garçon, Fuyu ne répondit qu’une chose. Une chose qui le rassura quelque peu, étant donné qu’elle avait repris ses répliques « défensives » lorsqu’elle sentait qu’on voulait l’aider. Malgré tout, il sentait une pointe de… D’il ne savait trop quoi dans sa voix. De la colère, bien évidemment, et de la rancune. Mais aussi quelque chose comme de la déception, ou un genre de tristesse. Il n’en était pas certain, raison pour laquelle il ne fit aucun commentaire de plus.

« Oh, ça va, je ne suis pas en sucre. »

Après quoi, elle lui avait jeté la lame au pied, les larmes avaient coulé sur ses joues et elle s’était recroquevillée sur elle-même, désormais assise sur le lit. En sentant qu’il était vraiment allé trop de loin dans ses paroles –et sûrement même dans ses pensées, il s’était excusé avec ce nouvel air indifférent, bien qu’au fond il s’en était énormément voulu.

« Pourquoi tu t’excuses ? Pour avoir sous-entendu que je suis une traînée ? C’est bon, c’est pas grave. »

Il serra les dents, une fois encore. Le pire était qu’elle avait raison. Il avait en effet sous-entendu qu’elle était une traînée, et même s’il était à cet instant contrôlé par sa propre colère, il savait que ce genre de choses pouvait se montrer particulièrement blessante. Ca avait été le cas pour elle, sans grande surprise. Pourtant, elle assurait que ce n’était pas grave, sur un ton sincère. Il ignorait s’il devait la croire ou non. Il était conscient qu’elle mentait extrêmement bien et qu’elle pouvait se servir de ce talent n’importe quand et pour n’importe quelle raison. Alors il ne savait pas trop s’il devait insister ou pas. S’il était dans le vrai et qu’elle lui cachait ses souffrances, elle allait certainement le renvoyer balader. Et à dire vrai, si elle mentait, le résultat serait quasi identique. Il poussa un soupir, ne sachant vraiment pas quoi faire.

Pourtant, il avait imaginé pleins de réactions venant de la jeune fille. Mais certainement pas celle-là.
Elle venait de se mettre sur ses genoux sur le lit et s’approchait lentement de Lace. Lui ne bougeait pas. Il avait bien une petite idée de là où elle se dirigeait, mais il n’essayait ni de fuir ni de la repousser. Il ne savait pas trop pourquoi… Il ne savait pas grand-chose en fait, là. Juste que maintenant son visage se retrouvait à quelques centimètres de celui de son amie. Il n’osa pas dire un seul mot pour la questionner, car leur lèvre se serait effleurée, si ce n’est vraiment touché. Ca aurait revenu à l’embrasser. Il bloquait inconsciemment sa respiration, retenant son souffle, comme dans l’attente de quelque chose. Mais de quoi ?

Un bruit monstre les tira de cet instant presque magique. Suivi d’un hurlement désespéré. Puis il y eut encore un vacarme assourdissant qui ne s’arrêtait plus.
L’adolescent réagit au quart de tour. Il commença par éloigner doucement l’albinos de lui afin de pouvoir se redresser et courir en dehors de l’appartement en ignorait royalement sa fatigue et la douleur que cela lui causait au bras lorsqu’il le bougeait de la sorte. Non… Cela ne pouvait pas être ça, c’était impossible. Il venait de tuer un Chain des environs, cela aurait dû servir d’exemple pour les autres ! Et depuis quand ils se montraient en plein après-midi dans un immeuble bondé de monde ? Peu importe les questions qu’il se posait, il ne trouvait aucune réponse adéquate. Sauf à une seule.
Une fois sur le rebord de l’escalier, il s’appuya à la rambarde et se pencha comme pas possible pour entrapercevoir la créature des Abysses. Il tiqua. Il ne manquait plus qu’un « Mad Baby » -ou Bébé fou pour les intimes. Ceux-là n’étaient pas très dangereux mais particulièrement éreintant à exterminer. Sans compter qu’il était suffisamment épuisé et blessé comme ça. Cette chasse risquait de lui poser quelques problèmes. Néanmoins, il savait qu’il n’avait pas le choix. Il était certainement le seul à pouvoir l’arrêter ici, à moins d’avoir une chance inouïe de tomber sur un camarade de Pandora qui l’aiderait dans cette mission improvisée du jour.

« Toi, Fuyu, tu restes ici. »

Il savait qu’elle ne l’écouterait pas et qu’elle le suivrait malgré sa directive. Au moins aurait-il essayé de la convaincre de rester plus ou moins en sécurité… Seulement, il n’avait pas le temps de s’attarder dessus.
Il dévala les escaliers quatre à quatre en prenant soin de ne surtout pas trébucher aussi vite qu’il le pouvait. Sans user des pouvoirs de Chronos pour autant. De une, il ne voudrait pas que la demoiselle le voit ainsi, de deux, il refusait de perdre inutilement quelques minutes de son pouvoir. Raison pour laquelle, une fois à environ cinq ou dix mètres du sol, il enjamba la rambarde d’un geste calculé en s’appuyant de sa main valide et se laissa tomber.
L’atterrissage, bien que lourd pour ses jambes et quelque peu douloureux, lui permit en échange de gagner une ou deux minutes qu’il aurait passé à descendre entièrement les escaliers. Après tout, ça ne pouvait pas être plus haut qu’une maison, si ?

L’homme qui avait invité à s’amuser Fuyu avait disparu. Il s’était sûrement enfui, pensa-t-il avec une pensée satisfaite et renfrognée à la fois. Cela prouvait bien qu’il n’était qu’une ordure. Et qu’il aurait abandonné Fuyu sans remords si elle avait été avec lui. Il entendait quelques hurlements venant de tous les côtés, mais personne n’avait l’idée –et dieu merci- d’aller combattre le Chain. Ce dernier avait déjà jeté quelques unes de ses toiles paralysantes un peu partout autour, visiblement sans grand succès. A moins qu’il ne prépare juste le terrain ? Il l’ignorait, et ne cherchait décidemment pas à comprendre ce qui se passait dans la grosse tête de bébé qui trônait au dessus de ses longues pattes d’araignées. Même ses yeux où apparaissait un étrange tourbillon à donner un mal de tête aux plus aguerris paraissait répugnant. Quoi que pas autant que le filet de bave qui dégoulinait de sa bouche. Bon… Pas de contractant dans le coin, hein ? Alors le monstre avait dû trouver une sortie à son monde et en avait aussitôt profité et avait atterri ici. Ca lui semblait être le plus logique. A moins que son partenaire ne soit caché là, quelque part, en train de l’observer ?

Qu’importe, au fond. Il devait se battre, maintenant.
Il sortit rapidement son pistolet, toujours bien installé sous sa veste. Il le pointa sans aucune hésitation sur Mad Baby. Et tira.
La balle atterrit dans un l’œil gauche du visé, qui poussa un cri de douleur à vous percer les tympans avant de se retourner lentement vers la cause de cette douleur. Le membre de Pandora ne lâchait pas son regard, inflexible, et pourtant prêt à esquiver une attaque à tout instant. Maintenant qu’il était prêt à se battre, plus rien d’autre ne comptait. Tant que personne ne se mettrait entre lui et la créature de l’Abysse, il n’existerait pour lui que cet affrontement. Et puis, ça lui permettrait de se défouler un peu après ce qui s’était passé. D’une certaine manière, mieux valait que ce soit son adversaire qui prenne toute sa couleur que Takami, car il semblait avoir une certaine valeur aux yeux de la jeune fille. Il fallait avouer que cela lui coûtait d’admettre cela. Mais bon.

Il tira une nouvelle balle, dans le front cette fois-ci. Et le Chain s’élança sur lui.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   18th Juin 2013, 23:32


» I'm not afraid of death; I just don't want to be there when it happens.
~ Woody Allen.


Fuyu savait qui elle était, savait ce qu’elle valait. Elle n’avait eu, jusque là, besoin de personne pour lui faire prendre conscience qu’elle n’était vraiment pas une fille fréquentable, digne de confiance. Elle avait compris, depuis le premier jour déjà, à quel point elle était devenue horrible, souillée jusqu’à la moelle. Le fait qu’elle n’ait aucune raison valable de le faire ne l’énervait qu’un peu plus contre elle-même. Elle serait bien la dernière à se justifier avec son statut d’orpheline. Certes, elle n’avait plus personne pour la surveiller et la cadrer, mais ce n’était pas comme si on ne lui avait inculqué aucune valeur, aucun sens de la morale. Son père avait fait du beau travail avant qu’elle ne décide de toute fichtre en l’air. Elle s’en voulait. S’en voulait terriblement. Mais peut-être pas assez pour se repentir. Trop tard ? Le proverbe disons qu’il n’était jamais trop tard était-il fiable ? L’adolescente l’ignorait, mais elle avait l’impression que plus les jours s’écoulaient, plus les heures défilaient et moins elle avait de chances de s’en sortir. Toucher le fond ? Sérieusement, il y avait un fond plus profond que celui qu’elle longeait depuis des mois ? Elle détestait celle qu’elle était devenue, détestait celle qu’elle était aujourd’hui. Elle détestait ces longs et terribles moments de solitude où elle n’avait pour autre compagnie qu’elle-même, où elle se remémorait des moments – étrangement, sa sélection ne se portait que très rarement sur des moments joyeux – de sa vie, où elle se disait à quel point elle était ignoble, à quel point elle était laide, à quel point elle ressemblait à sa défunte mère. Et, à chaque fois, elle avait un peu plus de mal à l’admettre, un peu plus de larmes à déverser, un peu plus de force à user lorsqu’elle faisait passer la lame sur ses poignets, ses avant-bras.
Elle n’avait jamais eu besoin de quiconque pour lui rappeler à quel point elle était dégelasse, à quoi point elle était indigne de confiance. Elle se détestait pour cela, se détestait aussi pour avoir des amis. Elle ne le méritait pas, mais ne pensait à qu’à elle en les gardant près d’elle. Idiote et égoïste de surplus. Et en parlant de ses amis, tenez, la plupart avaient compris qui elle était réellement. Ils n’en parlaient pas et elle non plus, de son coté, n’abordait jamais ce sujet. Ils savaient ce qu’elle faisait, ou le devinaient du moins, mais ça s’arrêtait là. Fuyu se dit qu’elle pourrait peut-être s’en sortir comme ça, alors qu’au fond, elle savait parfaitement que quelqu’un finirait par la mettre dans la gêne.
Sauf que voilà, elle ne s’attendait pas à ce que ce quelqu’un soit Lace. Ils étaient de bons amis jusque là, est-ce que ça allait changer ? Est-ce que ça allait changer parce que Fuyu avait fait le mauvais choix et persistait sur ce chemin loin d’être droit ? Elle serait réellement prête à changer ce coté de sa vie, à dissimuler ce coté de sa personnalité, mais Lace en valait-il la peine ? Lui qui n’avait pas hésité à s’énerver contre elle, lui qui l’avait accusé de fricoter avec l’autre débile, lui qui l’avait insultée, lui qui s’était acharné sur elle et, pire que tout, lui qui s’était permis de tirer des conclusions hâtives ? Elle ne lui en voulait pas, elle était simplement terriblement déçue par son comportement. Il ne lui avait laissé aucune chance. Oh et qu’il n’aille pas dire qu’il lui avait laissé la possibilité de s’expliquer parce que c’était déjà trop tard, il lui avait déjà lancé ce qu’il pensait être ses quatre vérités. Elle voulait bien admettre qu’elle n’était pas chaste, qu’elle n’était pas une innocente adolescente, mais de là à ne serait-ce qu’imaginer compter son agresseur dans son tableau de chasse… Elle répugnait à cette idée. Mais elle n’en voulait pas à Lace. Parce qu’il y avait une part de vérité dans ce qu’il avait dit. Elle ne lui avait néanmoins rien dit sur les autres hommes. Et elle ne lui dirait rien là-dessus. Elle avait cessé, de toute façon, alors il n’y avait plus rien à ajouter là-dessus, même si Lace devait maintenant l’imaginer en je ne sais quelle compagnie. Si elle ne l’avait pas calmé avec une gifle, peut-être l’aurait-il insultée de façon nette. Allez savoir. Fuyu, elle, préférait décidément ne pas savoir. Elle avait déjà assez de mal à se dire que Lace aurait certainement été près à cesser de lui parler juste parce qu’elle n’était pas ce qu’il pensait qu’elle était. Et de toute façon, elle n’avait jamais prétendue être quelqu’un de bien, il avait été le seul à se leurrer.
Elle était du genre à s’amuser avec des hommes comme lui, oui. Mais, de ce qu’elle avait compris, Lace s’était surtout penché sur le cas de Takumi, n’avait pas parlé d’autres. Même s’il l’avait subtilement sous-entendu, parce que l’agresseur n’était pas le seul homme « comme ça ».

Elle lui pardonnait sincèrement. Elle était peut-être une bonne menteuse, mais vu que c'étaient ses cachoteries qui l'avaient amenée à se disputer avec Lace, alors elle n'allait certainement pas s'enfoncer. Elle tenait beaucoup trop à lui pour le perdre aux dépens de Takumi. Un jour, elle lui dirait ce qu'il représentait pour elle ainsi que les sentiments obsesionnels qu'elle nourrissait à son égard. Mais s'il avait fait preuve de jalousie - Fuyu en est certaine, d'autant plus qu'il n'a même pas cherché à la démentir - rien qu'en l'imaginant avec lui, alors elle préférait éviter dire qu'elle ressentait d'étranges choses pour lui. Pour le moment du moins, il n'avait pas à en savoir plus.
Finn non plus n'aimerait pas savoir qu'elle n'avait rien d'innocent. Déjà qu'elle avait tenté de l'embrasser, alors bon, il devait s'en douter. Mais pour lui ainsi que pour Lace - elle sentait étrangement que c'était surtout pour Lace - elle allait s'assagir. Bien sûr, sage ou pas de ce coté - pas question non plus de devenir une gentille adorable fille, elle ne pourrait certainement pas de toute façon - le fait est qu'elle demeurerait obsédée par la mauvaise personne.

Lorsqu'elle alla l'étreindre, Lace ne se déroba pas, mais elle n'insista pas, se disant qu'il ne l'avait pas repoussée par pure courtoisie. Mais était-ce aussi par courtoisie qu'il la laissa faire lorsque leurs lèvres étaient si proches ? Il n'avait certes pas initié de baiser, mais Fuyu ne l'avait pas fait non plus.
Allait-il voir la chienne qu'elle avait été il n'y a pas longtemps et qu'il pense qu'elle est toujours à chaque fois qu'il la regarderait ? Fuyu pourrait lui dire qu'elle n'était plus ainsi - plus vraiment - mais cela reviendrait à lui dire qu'elle le fut. Et elle ne voulait pas remuer le couteau de la plaie, elle avait assez mal en se remémorant les mots du jeune homme. Elle se détestait déjà assez et même si on pourrait croire qu'elle avait des tendances masochistes, elle ne désirait pas se faire plus mal encore. Bien sûr, elle pourrait dire n'avoir jamais été comme ça. Mais c'était trop tard, elle aurait dû le faire dès la première réplique de Lace. Sauf qu'à ce moment, elle ne voulait pas encore lui mentir. Pas plus qu'elle ne le voulait maintenant de toute façon. Oh et puis, elle ne lui en parlait.pas simplement parce qu'elle n'était peut-être pas fière de ce qu'elle était, mais elle restait digne ; hors de question de se rabaisser auprès des autres, de leur donner la possibilité de l'écraser, de la réduire à un rien. Elle était la seule qui avait ce droit sur sa propre personne. Et sur les autres, parce qu'elle était sadique, mais ça, c'est un tout autre sujet.
Même si l’effleurement n’a même pas eu lieu, cela n’empêche que le cœur de Fuyu a failli lui déchirer la poitrine alors que sa respiration s’accéléra considérablement. Elle nota que Lace, quant à lui, avait bloqué sa respiration. Il retenait son souffle alors elle se dit  que cela devait vouloir signifier qu’il avait envie, peut-être, éventuellement, probablement…
Un bruit assourdissant. Fuyu se redressa au même moment que Lace la repoussait gentiment, bondissant, lui aussi, sur ses pieds.

Rester ici ? L’adolescente ricana, les dents serrées avant de suivre Lace à la trace. Sauf pour le saut périlleux. Elle préféra perdre quelques minutes à descendre les marches plus qu’à jouer les cascadeuses. D’ailleurs, comment savait-il faire ça, celui-là ?
Quoi qu’il en soit, elle ne comprit pas trop ce qui se passait. C’était quoi ce… Ce truc ? Fuyu en resta bouche bée, les yeux écarquillés, ne cachant pas son étonnement. Comment ça se faisait qu’elle ne connaissait pas ces trucs ? Elle recula par réflexe, sentant un sentiment de peur s’emparer d’elle. Est-ce que ça avait un quelconque rapport avec l’existence des Baskerville ? Il allait falloir qu’elle demande à Finn. Enfin, il faudrait déjà qu’elle s’en sorte.
Lace ne semblait pas étonné, il semblait même à l’aise. Son arme à feu en main, il mettait en joue l’adversaire alors que Fuyu réussit à porter son attention ailleurs, soit sur les alentours. Takumi n’était pas là et, bizarrement, la demoiselle se sentit soulagée. Mais pas pour longtemps, parce que le « truc » - nommons-le ainsi – se jeta littéralement sur Lace.

« Lace ! »

Fuyu plaqua sa main sur sa bouche en se mordant fortement la langue. Elle n’aurait vraiment pas dû hurlé de la sorte. Elle savait pertinemment qu’elle dérangeait son ami, pourtant, c’était son inquiétude qui l’avait poussée à l’appeler, histoire de le prévenir du danger. Sauf que voilà, elle avait attiré l’attention du truc. Heureusement, lorsqu’elle avait peur et qu’elle paniquait, elle n’était pas du genre à s’immobiliser, mais plutôt à prendre des décisions rapides et efficaces. Et cette décision consistait, en ce moment, à gagner du temps. Pourquoi faire ? Elle ne savait pas, n’avait pas le temps d’élaborer un plan alors elle allait se mettre à l’abri et ensuite, bah elle improviserait. Même pas le temps de se demander pourquoi elle voulait gagner du temps. Disons qu’elle faisait confiance à Lace.
Elle recula de plusieurs pas avant de rentrer de nouveau dans le hall d’entrée et de claquer la porte, s’adossant brutalement au mur derrière elle en s’appuyant à la rambarde. Elle n’était pas du tout douée pour se battre, surtout qu’elle avait quinze ans et que sa force n’avait strictement rien de considérable.
Elle ne regrettait cependant pas de ne pas avoir suivi le conseil – enfin l’ordre – donné par Lace. Elle regrettait peut-être, mais un peu plus tard, parce que là, elle était occupée à se demander si elle allait s’en sortir. Tétanisée, elle ne bougeait plus, se mordant la lèvre inférieure, attendant que le truc vienne à elle. Pour éventuellement monter les marches de l’immeuble ? Elle avait l’impression que ça ne servirait à rien – et ça mettrait d’autres personnes en danger, bien que Fuyu n’en ait eu strictement rien à faire pour le coup. Autant rester là et... Prier ?
Vivement que ça se finisse. D’une façon ou d’une autre.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   19th Juin 2013, 01:07

Il aurait dû se douter que Fuyu ferait ça. Pourtant, trop concentré sur le combat qui débutait à peine, il l’avait à peine remarqué qui le suivait. Alors il n’avait pas pris le soin de la tenir à l’écart, de montrer qu’en apparence au moins il ne courrait aucun risque, pour qu’elle ne fasse pas de bêtise en l’observant se battre. Mais comme il n’avait rien de fait de cela, sa réaction lui parut plus que normal. Et ne l’empêcha absolument pas de tiquer et de prévoir de la sermonner après qu’il se soit chargé de son adversaire. Mais qu’était-il passé dans son cerveau alors qu’elle l’appelait… ?

« Lace ! »

Ce simple mot résonnait encore dans son esprit. A ce cri, le Chain s’était immobilisé dans son assaut, et s’était tourné vivement vers sa source. Il sentit que quelques secondes à peine passèrent, pendant lesquels tous deux se regardaient, l’une avec horreur, l’autre avec appétit. Il ne bougea pas le petit doigt, sachant qu’une diversion pourrait aussi bien coûter la vie à son amie qu’à la créature de l’Abysse. C’était l’un ou l’autre, et honnêtement il préférait ne pas prendre de risques inutiles. Il attendit donc simplement qu’elle ait l’intelligence de courir à l’abri, derrière une porte.
Futile. Ca ne tiendrait pas deux secondes face à un Mad Baby. Elle devait s’en douter, et lui en était certain. Il savait juste que maintenant que son ennemi ne lui portait plus aucune attention et qu’il se précipitait vers la cachette improvisée de la jeune fille, il devait agir vite et bien. C’était le bon moment pour invoquer Chronos.
Ce qu’il fit dans un silence de mort, le plus discrètement du monde. Il apparut derrière cette étrange brume qui l’entourait constamment et se mit aussitôt en route lorsque les ordres de son maître passèrent dans son esprit. Le temps autour de ce dernier ralentit considérablement. Il ne perdit pas une minute et fonça vers le monstre dont les pattes allaient et venaient au ralenti, montait sur l’une d’elles puis escalada le crâne de la bête. Une fois debout et stabilisé sur sa tête, Lace se concentra et visa l’endroit approximatif où devait se trouver son point faible. C’était… un peu plus sur la droite, s’il se souvenait bien… Là !
Il tira. Du sang noir gicla à la figure de l’adolescent.

Aussitôt que le coup de feu retentit dans l’immeuble, le temps reprit son cours normal et on entendit les murs vibrer sous le hurlement du vaincu. Il se laissa retomber lourdement sur le sol en gesticulant si fort que son assaillant fut contraint de sauta de son corps pour ne pas se faire malencontreusement écraser par une des pattes qu’il abattait sur sa tête pour essayer de le chasser. Il fit une roulade afin de s’éloigner de son adversaire et l’observa d’un regard indifférent. Pendant quelques instants encore, il fut secoué par des spasmes. Puis tous ses muscles semblèrent se relâcher, et son corps s’immobilisa.

Le membre de Pandora poussa un long soupir en relâchant toute la pression qu’il avait accumulé alors qu’il regardait le Chain mourir. Il s’était attendu à ce que ce dernier se relève et l’attaque dans un élan désespéré, à ce qu’un évènement inattendu subvienne, comme cela arrivait toujours. Mais rien. Absolument rien. Pas de renforts des créatures des Abysses, pas de contractants illégaux, pas de Baskerville dans les parages, pas de traîtres qui pointaient leur arme dans sa direction… Rien. C’était presque trop bizarre. Au point qu’il restait sur ses gardes et scrutaient les alentours dans l’attente d’un nouveau problème. Tout était redevenu silencieux et aucun curieux ne venait voir ce qui avait causé tout ce boucan. Etrange. Il n’arrivait pas à trouver d’explications à cela. Même si au fond cela ne le traumatisait pas plus que cela : il savait que ses supérieurs se chargeraient du nettoyage et du silence des témoins. D’ailleurs, à propos de témoin, il allait devoir se charger de Fuyu. Dans le sens où il allait d’abord le sermonner pour lui faire promettre de ne rien dire à ce sujet. Il ne manquerait plus qu’elle fasse une bêtise en racontant à tout le monde ce qu’elle avait vu.

Il marcha d’un pas fatigué mais pas moins nonchalant jusqu’à la porte qui avait si bien caché et protégé son amie, puis l’ouvrit d’une volée. Il ne devait pas être beau à voir, couvert de son propre sang écarlate –car sa blessure, il l’avait senti, s’était rouverte pendant le combat, et de celui du Chain. Il toisa la jeune fille d’un air sévère. Très sévère.

« Toi. Je te jure que je pourrais te traîner par les cheveux pour t’obliger à regarder ce qui aurait pu te dévorer toute crue si je n’avais pas été là pour rattraper ta bêtise. »

Oui, la bêtise était bien de l’avoir appelé, et d’avoir attiré le monstre. Mais c’est qu’il s’était réellement inquiété pour elle, l’espace d’un instant, alors qu’il savait qu’il ne pouvait rien faire pour la sauver.

Il referma la porte derrière lui pour l’empêcher de regarder ce spectacle macabre puis la dépassa de quelques pas. Il sortit son portable de sa poche –geste ô combien rare venant de lui- et appela Robin, afin que ce dernier puisse prévenir de ce qui s’était passé. Il fut accueilli par un cri de joie, qui se transforma rapidement en inquiétude au fur et à mesure qu’il contait l’évènement.
Cela ne mit dura qu’une ou deux minutes, car il expliqua également qu’il devait lui-même s’occuper de « certaines choses » un poil plus personnelle.
Il avait volontairement omis de préciser qu’il y avait sûrement eu deux témoins. Il avait également « oublié » d’expliquer un ou deux détails. La véritable version des faits, il préférait la lui révéler en face.

Le garçon raccrocha finalement, déjà blasé par l’énergie de son meilleur ami, puis se redirigea vers la demoiselle. Il s’accroupit à ses côtés, tout en prenant soin de garder une certaine distance au cas où elle ne supporterait pas la vue d’autant de sang.

« Comment tu te sens ? »
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   19th Juin 2013, 06:20


» Waiting is painful. Forgetting is painful. But not knowing which to do is the worse kind of suffering.
~ Paulo Coelho.


Ok. Pour une journée bizarre, c’était vraiment une journée bizarre. Certes, la première chose qui aurait dû traverser l’esprit de Fuyu aurait dû être se demander si elle allait vivre ou mourir, ou éventuellement connaitre la nature – certainement pas humaine – de ce truc. Pourtant, alors qu’elle attendait que la bête surgisse, le cœur battant à tout rompre –pour la deuxième fois de la journée, pour une raison totalement différente de la première –tout ce dont elle fut capable d’émettre comme pensée cohérente à cet instant était de se demander si Lace allait s’en sortir. Habituellement, elle agissait comme un être supérieur, réduisait les autres à de misérables vermines, ne semblait pas connaitre le sens du mot modestie et souffrait d’un complexe de supériorité. Habituellement, oui. Sauf qu’étant donné que la situation n’avait strictement rien d’habituel, alors elle n’avait pas à faire preuve de son comportement usuel. Et du coup , elle se dit qu’elle pouvait bien mourir de la main de cette bestiole sortie de je ne sais où, mais qu’elle aimerait que le jeune homme s’en sorte indemne. Parce que si elle devait survivre et lui mourir, alors elle se sentirait beaucoup trop coupable. Coupable de l’avoir amené dans son appartement, coupable d’avoir crié, de l’avoir dérangé, de l’avoir déconcentré. Non, sérieusement, si quelqu’un devait mourir, elle préférait que ce soit elle.
Que c’est lâche. Si Lace mourrait et qu’elle restait en vie, elle ne cesserait de ressasser les évènements dans son esprit, de se torturer et d’avancer lentement mais sûrement vers une mort douloureuse mais bel et bien réelle, certaine, intangible. Alors que si c’était elle qui mourrait, elle n’aurait pas à souffrir de la mort de qui que ce soit. Elle préférait la mort à la souffrance. Elle préférait que ce soit Lace qui souffre plutôt qu’elle. Réellement ? à cette pensée, elle se raidit en prenant une grande inspiration. Elle ne savait plus. Entre espérer la mort de Lace ou préférer qu’il souffre – allait-il seulement souffrir s’il la perdait ? Cette réflexion l’amena à penser qu’elle serait plutôt d’avis à choisir la souffrance de son ami – elle hésitait cependant.
Et pourquoi pas ne pas simplement espérer, en bonne optimiste qu’elle n’était pas, qu’ils s’en sortent tous les deux ?

Elle ne vit rien de ce qui se passa. Elle avait bien envie d’ouvrir la porte pour y jeter un coup d’œil, mais entendant encore que le combat avait lieu, elle se disait qu’intervenir mettrait sérieusement Lace en colère. Et elle n’avait vraiment pas envie de s’habituer à son irritation, parce qu’elle n’était pas moindre.
Un bruit sourd, comme quelque chose qui tombe brutalement à terre. Ça ne pouvait être le corps de son ami, d’autant plus qu’elle venait d’entendre un coup de feu, alors ça voulait bien dire qu’il avait remporté le combat, non ? Fuyu se permettait d’espérer, restant immobile, les yeux rivés sur la porte. Porte qui ne mit qu’une poignée de secondes – des secondes interminables – à s’ouvrir à la volée, laissant apparaître un Lace en plus mauvais état que celui dans lequel l’avait trouvé Fuyu.

L’adolescente plaqua sa main sur sa bouche. La vue d’autant de sang l’aurait mise mal à l’aise dans n’importe quel autre situation. Sauf que là, son regard ne laissait pas même transparaître de l’horreur, seulement et uniquement une inquiétude considérable. Elle nota avec stupeur qu’elle tremblait. Deux secondes de réflexion et elle pût constater que, là encore, c’était par pure inquiétude. Il scrutait les alentours avec un air suspicieux et elle, elle se contenta de froncer les sourcils. C’était quoi le problème encore ? Au bout d’un moment, il sembla cependant s’apaiser – enfin, normalement. Fuyu ne prêta pas grande grande attention au regard noir que lui lança le jeune homme et ne tiqua pas plus que ça lorsqu’il employa un ton si autoritaire. Ça lui rappelait de mauvais – trop mauvais – souvenirs. Force était de constater qu’il avait dû s’inquiéter pour elle. Du tac au tac, elle lui répond d’une voix blanche, devenant désagréable alors que son imbécile de cœur ne voulait pas se remettre à battre à une cadence normale.

« Ou alors, je pourrais y aller de mon propre grès. »

S’il n’avait rien dit, s’il avait évité de jouer au protecteur avec elle, il aurait récolté une attitude un peu plus gentille ainsi que plus redevable de sa part, mais il avait été le premier à commencer les hostilités pour cette fois et il savait que Fuyu savait bien les rendre. Elle poussa un profond soupire en portant son regard sur la porte. Lace la ferma et elle leva ostentatoirement les yeux au ciel, agacée qu’il la traite de la sorte. Cependant, à peine eut-il raccroché – ouais, il avait commencé à parler à je ne sais qui et de façon tellement vague que si Fuyu avait été l’interlocutrice, elle lui aurait déjà raccroché au nez – qu’elle prit la parole, dans un murmure, les yeux dirigés vers le sol.

« Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m’as pris de t’appeler. Hum... Merci. »

Elle posa ses yeux sur son corps cette fois-ci, avant de constater qu’il s’était débrouillé pour se rouvrir se rouvrir sa blessure. Mais il y avait surtout du sang noir et la demoiselle savait parfaitement que ce n’était pas le sien, alors elle n’esquissa pas encore le moindre pas pour le rejoindre. Lui, en revanche, s’approcha d’elle pour s’accroupir alors qu’elle en fit autant, les genoux serrés, histoire d’être à sa hauteur.
Comment elle se sentait ? Excellente question. Comme une enfant qui voit pour la première fois un gros chien. Elle haussa les épaules en se mettant à réfléchir à toute allure : les trucs bizarres qu’elle savait, c’était l’existence de Baskerville ainsi que de l’Abysse. Dans les histoires que lui racontaient son père, il y avait aussi les « créatures » de l’Abysse. Et ce truc là qui leur était tombé dessus n’était certainement pas un Baskerville. Une des fameuses créatures alors ? Elle ne pouvait se permettre de parler de tout cela à Lace, il lui poserait trop de questions et elle devrait certainement lui mentir pour ne pas trahir l’identité de Finn.

« Ça va aller. T’appelles ce truc comment, toi ? Et ne t’inquiète pas, j’irai pas crier ça sur tous les toits, je suppose que tu ne veux pas que ça se sache. »

Parce que si l’existence des Baskerville devait être tenue secrète, alors des bêtes aussi imposantes aussi. Simple question de logique, surtout qu’il ne faudrait pas affoler les autres civils.
Pas tous les toits, sauf celui de Finn en qui elle avait pleinement et aveuglément confiance.
Ouais et sa question, c’était parce que Lace était forcément au courant de quelque chose vu comment il avait bien géré la situation, faisant preuve d’un sang froid épatant.

Fuyu lui sourit légèrement pour insister que oui, ça allait, puis se releva en lui saisissant la main, l’entraînant à sa suite jusqu’à son appartement qu’elle ferma cette fois-ci à double tour, réflexe stupide si le même genre de chose l’attaquait. Elle le guida jusqu’à sa chambre et lui fit signe de s’asseoir avant d’aller ramener de l’eau pour ensuite se mettre sur son lit, nettoyant le visage de Lace avec une compresse mouillée. Finalement, elle monta ses jambes aussi sur le lit et se mit sur ses genoux, plus à l’aise. Elle retira le bandage au niveau de son épaule aussi avant de soupirer ; il allait devoir faire attention, au moins le temps que ça cicatrise. Dans le plus respectable des silences, la jeune fille s’activa à soigner Lace du mieux qu’elle le pouvait, sachant cependant qu’il ferait mieux d’aller voir quelqu’un qui s’y connaissait. Elle poussa ensuite le matériel de coté en enfonçant son regard dans le sien, hésitante quant à ce qu’elle devait dire ou faire maintenant, sachant qu’insister pour en savoir plus ne servirait à rien si ce n’est à attiser une certaine froideur et distance. Elle ferait bien mieux d’en parler à Finn si elle voulait en apprendre plus. Ah, elle n’avait pas remarqué la goutte de sang encore présente sur la lèvre supérieure de son ami. Elle alla donc la cueillir du bout de son index et fit, inconsciemment, passer son majeur sur le tracé de ses lèvres. Elle se servit ensuite de la paume de sa main pour lui caresser le visage doucement, rassurée qu’il s’en soit tiré et qu’elle soit là pour le noter. Elle était incapable de détourner les yeux, pourtant, elle en avait envie. Tout comme elle avait envie de continuer de le regarder. Tout comme elle avait envie de...

« Lace, je ne veux pas que tu penses que j’agis comme ça avec tous les hommes que je connais. »

Cette fois-ci, elle baissa les yeux, gênée.
Elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle avait cette brusque envie de couvrir ses lèvres des siennes parce qu’elle était le genre de filles à ne pas pouvoir garder ses distances avec un homme. Elle ne voulait pas qu’il pense qu’elle faisait ça par habitude, machinalement.
Elle n’aurait jamais cru qu’elle serait capable de rougir uniquement parce qu’elle avait faite pareille déclaration. Elle savait que Lace ne l’aurait pas repoussée si elle avait encore réduit la distance entre leurs visages, mais vu qu’elle savait aussi qu’il n’aurait initié aucun contact, elle préféra se redresser en laissant tomber son bras le long de son corps, essuyant son index alors que le bout de ses doigts brûlait d’une chaleur intense et nouvelle, comme si elle venait de toucher au fruit interdit et que sentence s’en suivit pour avoir eut pour intention d’éventuellement y goûter.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   12th Août 2013, 02:58

Hrp:
 

« Ou alors, je pourrais y aller de mon propre grès. »

Cette phrase sonna, tranchante, dans l’esprit du garçon. Y aller de son propre gré ? C’était hors de question. Fuyu avait déjà vu beaucoup trop de choses en une journée que n’importe quel autre citoyen ne verrait jamais en une vie. Il était plus que probable qu’elle commençait déjà à cogiter dans sa tête et qu’elle était en train de se poser toute sorte de questions au sujet du Chain. D’où venait-il, comment se faisait-il qu’il ait été terrassé aussi rapidement et dans la plus grande indifférence de Lace… Il souhaitait qu’elle ne demande aucunes explications. Il serait alors forcé de la renvoyer balader suffisamment froidement pour que l’envie d’insister ne lui effleure pas l’esprit. En savoir trop risquait sans aucun doute de la mettre en danger. Les membres de Pandora la surveilleraient, feraient en sorte qu’elle ne découvre rien d’autres et surtout qu’elle ne fourre pas un peu plus son nez dans leurs affaires. Les Baskervilles risquaient d’y voir une monnaie d’échange, en imaginant cependant qu’ils prennent connaissance d’un détail aussi minime.
Il imaginait peut-être un peu trop de scénarios catastrophes, alors qu’il racontait les derniers évènements à Robin en lui affirmant qu’il détaillerait tout cela lorsqu’ils se verraient au QG.

Puis, dans un murmure et les yeux tournés vers le sol, la jeune fille finit par rompre le silence qui s’était installé entre eux :

« Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m’as pris de t’appeler. Hum... Merci. »

L’adolescent se tourna vers son interlocutrice, un peu surpris, quoi que son regard fût retourné à son indifférence habituelle.
Il s’approcha finalement d’elle et s’accroupit à ses côtés, gardant malgré tout une certaine distance et lui demanda comment elle se sentait. Cette dernière haussa simplement les épaules et sembla se plonger dans ses pensées.

« Ça va aller. T’appelles ce truc comment, toi ? Et ne t’inquiète pas, j’irai pas crier ça sur tous les toits, je suppose que tu ne veux pas que ça se sache. »

L’intéressé serra les dents et se plongea à son tour dans ses réflexions. Il n’était vraiment pas convaincu à l’idée de lui révéler ne serait-ce qu’un détail de plus à ce sujet. Cela risquait de sérieusement la mettre en danger et c’était la dernière chose dont il avait envie.

« Moins tu en sauras, mieux ce sera. Vraiment. »

Sur ces mots, Fuyu l’entraîna par la main jusqu’à ses appartements et en ferma cette fois-ci la porte à clé, certainement un réflexe vis-à-vis de ce qui venait de se passer. Après quoi, elle s’activa dans le but de soigner le blessé, en commençant par le visage grâce à une compresse mouillé. Docile, il se laissa faire le plus sereinement du monde, laissant place à un regard indifférent devant quelques douleurs sacrément tenaces.
Elle retira ensuite le bandage à présent inutilisable de son bras et s’affaira à le soigner, le tout dans un silence des plus complets.

Le membre de Pandora fut arraché à ses pensées lorsqu’il sentit les doigts du Fuyu effleurer sa lèvre supérieure. Bien que surpris, il n’en fit rien et resta immobile, l’air impassible. Et seulement l’air. Car… Il sentait quelque chose d’étrange tourbillonner en lui, quelque chose dont il connaissait l’origine et la signification mais qu’il se refusait d’avouer. Ca ne ferait que compliquer les choses. Mieux valait qu’il reste ignorant, à sa manière bien sûr…
Il se sentait pourtant quelque peu gêné lorsqu’elle passa la paume de sa main sur sa joue. Une fois encore, son visage demeura de marbre et ses yeux restèrent plantés dans ceux de la jeune fille.

« Lace, je ne veux pas que tu penses que j’agis comme ça avec tous les hommes que je connais. »

L’intéressé ne réagit d’abord pas. Que pouvait-il bien répondre à cela ? Qu’il espérait bien que non, qu’elle n’était pas celle qu’il avait imaginé être pendant un court instant, un instant pendant lequel une certaine colère avait déferlée en lui telle une tempête ? Au fond, il savait bien qu’elle n’était pas comme ça. Sinon, elle aurait déjà initié un contact bien plus poussé et bien plus rapidement, sans jamais hésiter.
Seulement, il ne voyait décidemment rien à répondre à cela. Ne sachant que dire, Lace se contenta donc de la rassurer quant à ceci à sa façon : il souleva la mèche couvrant le front de Fuyu et y déposa un baiser, léger et furtif.

« T’inquiète pas pour ça. » Murmura-t-il doucement.

Puis, tout aussi soudainement qu’il s’était montré un peu plus affectueux et tactile, il se redressa et quitta le lit, pour marcher en direction de la porte, à savoir la sortie. Il en avait peut-être un peu trop fait et certainement trop montré à son amie aujourd’hui…
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   20th Septembre 2013, 04:04

Fuyu était le genre d’enfants à avoir eu une enfance difficile. Désirée ou pas de la part de sa mère, cette-dernière ne l’avais jamais aimée et ne s’était pas privée de bien des sentences qu’elle infligeait à sa propre fille, fruit de ses entrailles, humaine, faite de sang et d’os.
Parfois, Fuyu se disait que même les enfants maudits – ceux qui sont nés avec un ou deux yeux rouges – ont dû être plus aimés qu’elle.
Mais il y avait son père et celui-ci avait su combler le manque affectif maternel. Jamais il ne se comporta comme se serait comportée une mère à l’égard de son enfant, mais il fut tellement présent, tellement protecteur et tellement compréhensif que Fuyu apprit bien vite à l’aimer et à n’aimer que lui. Jusqu’à ce qu’il disparaisse miraculeusement. L’abandonnant ? Peut-être l’avait-il fait. Ou peut-être était-il parti vers sa mort, suivant la grande Faucheuse. À vrai dire, quand bien même il l’aurait réellement abandonnée, Fuyu ne lui en voudrait pas le moins du monde. Comment pourrait-il lui en tenir rigueur, lui qui avait déjà élevé son enfant une bonne quinzaine d’année seul ?
Bien sûr, entre sa vie paisible avec son opère et le départ de ce-dernier, il y avait eu la fameuse agression. Et là, c’était une toute autre histoire ; c’était l’élément de changement, celui-là même qui fit basculer la vie de l’adolescente dans le chaos et la noirceur, les ténèbres des abimes. À partir de là, elle perdu toute confiance qu’elle pouvait bien posséder en elle. À partir de là, bien sûr, plus rien ne fut comme avant. À partir de là, elle se fabriqua un masque qu’elle pensait infaillible. À partir de là, elle fit serment de souffrir en silence.

Alors pour qui se prenait-il, Lace, à vouloir la protéger ? Peut-être même qu’elle avait vécu bien plus d’horreur qu’il ne pourrait ne serait-ce que l’imaginer dans sa propre vie. Il ne pouvait pas se douter de ce qu’elle avait vu, avait entendu et avait subi. Comment le pourrait-il ? Elle ne s’était jamais ouverte à lui. Lui qui venait et la jugeait lorsque la soumission prit place dans son regard. Ne pouvait-il donc pas comprendre que c’était sa façon de se protéger ? Opposer une résistance à son agresseur serait suicidaire et puis, même si on pourrait la qualifier de dépressive marchant ver la mort, elle voulait d’abord avoir quelques informations sur sa mère détenues par ce même agresseur. Si la plupart des femmes agressées développent une phobie vis-à-vis du sexe opposé, avec Fuyu, c’était tout le contraire qui s’était produit. Ainsi donc, les hommes fonctionnaient ainsi ? Là où les femmes suivaient naïvement leurs cœurs, eux suivaient leurs… Bijoux de famille.
Pitoyable. Pathétique. Mais pratique – les manipuler deviendrait tâche aisée pour une adolescente telle que la jeune Akeno.
Lace voulait la protéger, c’était honorable. Pourtant, elle savait bien que l’Abysse existait et selon ses déductions, ce qu’elle venait de voir ne pouvait en être que l’affreuse créature. Ça tenait tout à fait la route ; mais bon sang, quel était le nom de pareille chose ? Sa curiosité prenant le dessus, elle avait fini par poser la question au jeune blondinet. Jeune blondinet qui ne lui répondit en rien, attisant l’agacement de Fuyu qui se redressa d’un bond, les dents serrant, lançant un regard profondément noir à son interlocuteur.
Elle le saurait. Forcément. Elle demanderait à Finn. Mais.
Mais.

Finn chercherait à comprendre pourquoi elle voudrait savoir cela. Déjà que de nature, il était surprotecteur, mais s’il savait qu’elle s’était faite attaquée, ça risquait de tourner au vinaigre. Qui plus est, Fuyu aimerait vraiment que Lace cesse de la considérer comme une enfant. Elle n’était pas morte, il avait su la protéger, elle l’en remerciait, certes, serait prête à lui rendre la pareille, mais il ne fallait pas exagérer non plus : elle ne lui en était pas si reconnaissante que cela. Ce n’était pas de l’ingratitude, simplement la vision des choses selon Fuyu qui juge que le blond aurait dû en faire plus. Comme par exemple la renseigner. Qui pouvait-il bien être pour avoir les aptitudes à ainsi se battre, pour ne même pas être étonné par la présence de ces créatures ? Elle lui parlerait bien de Finn, mais non, elle ne pouvait pas ainsi dévoiler l’existence des Baskerville. Mais si, sérieusement, Lace semblait en avoir conscience.
Cela étant, lorsque son grand-frère affectif lui avoua faire partie de ce clan, Fuyu se fit le serment de ne jamais trahir sa confiance ; jamais, ô grand jamais elle ne dirait ce qu’elle savait. Juste pas moyen.

Suite à un agacement passager qu’elle finit par balayer autant de son esprit que de son visage, entraînant son ami avec elle dans son appartement, sur son lit pour plus de précisions. Elle le soigna du mieux qu’elle le pouvait, tentant de ne pas trop lui faire mal, bien que ne devinant que trop bien les douleurs face auxquelles le blond demeurait de marbre. Fuyu lui confierait presque toute son admiration si elle ne lui en voulait toujours pas un peu.
Et puis, allez savoir pourquoi, son doigt trouva le tracé de la lèvre supérieure du jeune homme. Il ne réagit pas, posant simplement les yeux sur elle. Qu’espérait-elle de la part d’une personne d’habitude si calme et posée, atrocement indifférente ? Elle déglutit avec peine avant de lui confier quelque chose à voix basse. Encore une fois, nulle réaction ne se fit voir, ne se fit entendre. Tout comme lorsque quelques secondes plus tôt à peine, elle lui caressa la joue. Finalement, il releva une de ses mèches de chevelure en lui embrassant le front, parlant faiblement. Lorsqu’il se releva presque d’un bond, Fuyu ne le retint pas. Elle afficha un sourire mauvais avant de se relever à son tour, laissant ses yeux glisser sur la courbe qu’était le dos de son ami.
Si elle, elle avait avec son jeune âge, de l’expérience avec les hommes, lui n’en avait strictement aucune.

– Sérieusement, Lace, tu devrai passer plus de temps avec le sexe opposé… Ah pardon, tu dois être occupé avec les trucs que tu as nommé « moins tu en sauras, mieux ça sera ».

C’est bien ce qu’il avait répondu à la question de la jeune adolescente lorsqu’elle demanda à connaitre le nom de ces créatures de l’Abysse – elle supposait, tout du moins.
Elle le devança pour lui ouvrir la porte : non, décidément, elle ne le retenait vraiment pas. Elle se pencha vers lui pour lui embrasser la joue mais s’arrêta net, à quelques millimètres de sa peau. Pourquoi devrait-elle le faire après tout ? Elle se redressa et lança un sourire froid à Lace.

– Salut.

Et voilà. Fermant la porte derrière lui, Fuyu prit l’initiative d’aller prendre une bonne douche froide avant de sortir. Pour aller où ? Rejoindre un homme qui savait y faire. Rejoindre un homme qui prenant les bonnes initiatives et qui lui ferait passer une assez bonne soirée et nuit.
Sans pour autant aller jusqu’au bout. Pas ce soir. Pas avec le souvenir des lèvres de Lace ainsi encré dans son esprit.
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MessageSujet: Re: Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu   

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Les mystères du sang ne peuvent être révélés • Fuyu

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