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 Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]

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MessageSujet: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   29th Décembre 2012, 09:07

Les journées, Nana les voyait passer sans y attacher un quelconque intérêt. Après tout, il allait en vivre des journées. Et certainement encore davantage que ces petits êtres appelés humains. Sauf, si bien sûr, l'éventualité de se faire tuer n'apparaisse pas. Évidemment. Il faut dire qu'il a plus de chance de vivre plus longtemps. Il a aussi plus de chance de mourir d'autre chose que de causes naturelles. En vérité, il n'a même aucune raison de mourir de façon naturelle, puisqu'il n'est plus vivant depuis longtemps. C'est à se demander s'il a un cœur qui bat en fait. Bref.

Toujours est-il qu'aujourd'hui sonnait comme une journée habituelle. Levé -pas trop tôt, puisque de toute façon, Nana était incapable de se lever sans volonté- en début de matinée, et puis le voilà seul dans l'appartement. Évidemment. Naaru détestait la demeure des Baskerville. À chaque fois qu'il y passait il avait envie de tout défoncer... sans vraiment savoir pourquoi d'ailleurs. Et puis Finn partait toujours trop tôt. Or, réveiller un Nana dormeur, c'était comme toucher avec sa main un objet à 50m. C'était en gros impossible sauf si vous vous appeliez Luffy et que vous jouiez à faire l'homme caoutchouc. Mais laissons cette aparté de côté.

Naaru était donc bien parti pour commencer une magnifique journée à déglinguer qui veut sous forme de chain. Une mission se profilait à l'horizon, et ça il le savait. Restait à savoir ce sur quoi elle portait. Après tout, ces missions pouvaient virer à 90° par rapport à la nature du travail à effectuer.

Finalement, lorsque son contractant revint presque avec la mine grave, le chain comprit qu'en effet la nature de la mission d'aujourd'hui était de tuer. Finette n'a jamais eu l'air d'aimer le faire. Il se contentait simplement de le faire. Nana, lui, en revanche, trouvait une certaine satisfaction lorsqu'il voyait son opposant mort à ses pieds. Et ceci pouvait autant être un chain qu'un humain. Absolument. C'était cette attitude qui prouvait qu'il avait un certain problème. Les gens comme ça, en général on les enfermait pour qu'ils ne perturbent pas l'ordre social. Mais voilà, Naaru n'était pas un humain. Les lois, il s'en balançait vingt par-dessus l'épaule chaque jour. Peut-être même plus, en fonction de la faute « commise ». Passons.

Ils ne tardèrent pas à s'extirper de la maison pour se faufiler parmi la foule sans attirer les regards. Finn avait pris l'habitude de masquer sa cape pourpre dans d'autres vêtements, plus sombre pour ne pas attirer les regards. Honnêtement, Nana n'arrêtait pas de se demander pourquoi ils avaient choisi couleur aussi... vive. On pouvait les voir de loin. De très loin même. Franchement, pour un clan qui veut... qui doit se faire discret, c'était pas la super méthode. Au moins, ouais, on les reconnaissait quand on les voyait. Mais tout de même, ça posait plus de désavantages qu'autre chose.

Toujours est-il que les deux individus ne tardèrent pas à se diriger vers la périphérie de la ville pour achever leur triste besogne. Triste besogne, il en est. Tuer. Tuer. Nana savait le faire aussi bien que quiconque. Peut-être même mieux. C'était même plus que probable, à ce rythme.

Arrivé en bordure de forêt, les deux énergumènes observèrent autour d'eux pour jauger le taux de population présent. Personne. C'était visiblement le bon moment pour laisser à Finn le temps de revêtir sa magnifique cape qui se voyait de loin. À partir de là, tout se passa plutôt rapidement. Ils durent faire encore quelques kilomètres à l'abri des regards indiscrets puis rencontrèrent ceux qu'ils étaient venus rencontrer. Il y eut des « aaaaaah » et aussi des « arg » et puis plus rien. Nana eut un faible soupir lorsque la lourde besogne fut achevée. Voilà plusieurs semaine qu'il n'avait trouvé assaillant suffisamment fort pour le mettre hors d'haleine. Bref, au final, le chain ne se trouva, mais alors vraiment pas, rassasié.

C'est pour cette principale raison qu'il décida, en voyant son contractant rejoindre la voie publique, de rebrousser chemin et de s'installer plus en périphérie. Il avait une certaine soif de combat qu'il rêvait de satisfaire. Bien sûr, il lui suffisait d'aller dans l'Abysse pendant un certain temps. Mais le léger « problème » de la dernière fois l'avait rendu plutôt réticent à se rendre dans l'Abysse sans mettre son contractant au courant. Il était vrai qu'il était rentré en sang et avait apparemment effrayé son propre contractant, qui n'avait pas eu de contact avec lui depuis une semaine. Quoiqu'il en soit, Nana courut droit sur son contractant en reprenant forme humaine et l'informa rapidement qu'il comptait rentrer plus tard. Chose qui, évidemment, il n'aurait pas dû faire. Ce dernier en profita pour lui abouler la cape pourpre sur le dos. Il le quitta sans plus de nonchalance et le chain se retrouva bien vite seul, la cape sur une épaule. Il allait rentrer par l'Abysse, car il était absolument impossible qu'il se balade à découvert avec un truc pareil. Après tout, il était connu des petits garçons de la ville, et il était inutile de les effrayer davantage. Et personne, au grand personne, ne s'aventurait à arborer cette cape par amusement. À moins d'être fou, bien sûr.

Voilà, Naaru se retrouva bien vite démuni et n'eut d'autre choix que de tourner les talons et d'arpenter la route serpentant en parallèle de la voie principale. Elle s'enfonçait dans la forêt, et le chain aurait bien vite trouvé personne avec qui engager le combat. Les forêts recelaient d'une certaine faune malfamée qui ne demandait rien d'autre qu'une mort pure et simple. Mais ils avaient la hargne de vivre malgré tout. C'était suffisant pour amuser le chain. Amplement suffisant. Il n'aurait pas besoin d'utiliser sa forme de chain pour un si menu fretin, mais bon, il fallait pouvoir faire des sacrifices. Il ajusta les deux sabres à sa ceinture. Un petit, un plus long, mais le manche restait le même. La garde était tissée en rouge et le reste était profondément noir. Il aimait beaucoup ces deux couleurs. S'il avait pu choisir sa forme, il aurait préféré avoir les cheveux noirs. Profondément noir, comme le charbon.

En marchant depuis un certain temps, Naaru sentit bien vite qu'on l'épiait. Il connaissait l'endroit comme sa poche. Et pour cause, il avait pris pour habitude de dormir dans ces arbres. Il y avait un pommier un peu plus loin. Il s'était pris une de ses pommes, à la belle saison, pendant qu'il dormait. Il s'en souvenait bien. Un sourire naquit sur son visage. Pas un sourire mélancolique, ni même nostalgique. Non, plutôt quelque chose de sadique, de malsain. Il compta dans sa tête le nombre d'opposants. Cinq. Deux cachés derrière un arbre. Trois dans les buissons. Deux inséparables. Sans doute des frères. Il y avait une femme. Mais Nana n'en tint pas rigueur. Femme ou homme, les chains n'y voyaient aucun changement. Les femmes étaient seulement plus faibles et les enfants encore plus. Voilà tout. Une source d'amusement en moins. Sans se retourner, il se mit à siffler, ce qui eut le don de faire sortir un homme des fourrés. Ces derniers devaient bien être des idiots pour ignorer la couleur de la cape que Naaru portait.

Au moment où l'homme allait frapper, Nana poussa fort sur ses pieds et attrapa une branche d'arbre, un peu plus en hauteur. Saut beaucoup trop haut pour appartenir à un humain, mais saut malgré tout.  En tenant compte de sa vitesse, il en profita pour s'accrocher fortement à la branche et se balança en avant pour poser ses pieds sur le haut, et ainsi se poser sur la branche, accroupi, les bras sur ses cuisses. Il jaugea le petit groupe avant d'acquiescer doucement. La femme, toujours cachée dans son fourré, ne manqua pas de faire de gros yeux suite à sa pirouette. Il posa la cape à ses côtés et redescendit en tranquillité. Le premier homme attaqua, et le chain contra en feintant au dernier moment. Il assomma ce dernier en assénant un rapide et violent coup à la septième cervicale. Les humains étaient des êtres, ma foi, très fragiles. En sachant les parties sensibles, il était facile de les tuer. Nana avait du se faire fureur pour ne pas le taper trop fort. Vint aussitôt le deuxième, en partenariat  avec le troisième. Ils étaient déjà plus coordonnés. Certainement les deux frères. Ceux-ci avaient des armes, ce qui entraîna Naaru à sortir la sienne. Doucement mais sûrement, il en arriva à être en position de faiblesse. Il fut légèrement égratigné sur le bras droit. Mais il s'en fichait. Au contraire. D'un côté, il devait être masochiste.

Puis, au bout d'un moment, il porta un coup fatal au plus jeune des deux. Cela suffit à faire rebrousser chemin à tous les autres. Le chain leva les bras, comme déçu d'en finir si vite. Mais il ne s'amusa pas à leur courir après. Il allait certainement croiser d'autres personnes sur le chemin. Il sauta sur ses pieds pour récupérer la cape sur la branche. Ceci fait, il rengaina et fit quelques nouveaux pas. Il ne rentrerai pas trop tard. Il s'accordait le coucher de soleil. Et puis, il passerait par l'Abysse le plus rapidement possible. Moitié souriant, moitié pris par ses pensées, il s'arrêta bientôt et fixa le sol d'un air intéressé. Le sol recelait d'une faune étrange. Les insectes. Des choses bizarres qu'il était facile d'écraser mais dont Nana avait certainement le plus grand respect. C'était des choses étranges. Et le chain respectait les choses étranges. Doucement, il laissa au bousier le temps de passer la route. C'est à dire très longtemps. Mais il ne bougeait pas, lui, Nana. Au moment, enfin, où l'animal disparut dans les hautes herbes, il se décida à avancer. Le premier pas lui fit poser la main sur la garde de son arme. Dans les quelques pas qui suivirent, le chain poussa le manche pour dévoiler l'acier de la lame. Il sentait quelqu'un, dans son dos. Mais ce quelqu'un avait quelque chose de spécial. Sans doute était-ce un contractant. Et de toute évidence, lui l'avait repéré, marchant sur le chemin. Pourtant, il continua de le faire. Et il le ferait encore si la personne ne faisait rien de déplacé.

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Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Baudelaire


Dernière édition par Naaru Irwin le 26th Août 2013, 03:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   29th Décembre 2012, 14:11

Elle ne dormait pas. Non. Cela faisait trois nuits que ses yeux refusaient de se fermer. Par conséquent, la chose à conclure, serait qu’elle est de très mais alors de très mauvaise humeur. Cette fois ci, ce n’était pas essentiellement de la faute de ses deux animaux de compagnie. Loin de là. Mais une mission qui commençait à lui prendre beaucoup de temps. Ces derniers jours. Elle semblait vouloir trouver à tout prix la solution pour trouver tout le groupe de contractant en même temps. La demoiselle passait les coins et recoins de la ville au peigne fin pour les trouver. Sans résultats. Or, ses supérieurs voulaient des résultats. Elle aussi à vrai dire. Comment un groupe de contractants illégaux pouvait lui échapper aussi longtemps ? Ne sont-ils pas théoriquement tous idiots et incapables de se contrôler ? Puis avec un nombre potentiellement élevé comme le leur, elle aurait du simplement suivre les cadavres pour les retrouver. Seulement. Il n’y avait aucun cadavre. Même pas un petit morceau de doigt humain. De quoi frustrer la jeune femme dans ses plus hauts niveaux. C’est pour cela, qu’elle s’était lancée dans une grande chasse à l’homme. Fouillant la mémoire de toute personne susceptible d’avoir vue ou entendue quelque chose. Cette technique l’épuisant beaucoup. Renforçant jour après jour, la formation de son caractère brûlant. Cette nuit, elle avait encore réfléchi à l’endroit le plus probable pour ce groupe. Car, ils devaient certainement se relayer pour acheter de la nourriture. Ils étaient donc très intelligents. La ville doit leur faire peur. Pourtant, c’est le meilleur endroit pour trouver des cibles. Donc, ils sont près, sans y être. Les alentours. Les quelques parcelles de verdures semblaient alors être la meilleure solution. Ce qui poussa la jeune femme aux yeux bleus à pousser son plan jusqu’à dans les moindres détails. Il ne fallait aucunement que quelque chose se passe mal ou qu’un contractant vienne à lui échapper. Dans ses calculs, ils n’avaient même pas le droit de mourir. Après tout cela, elle se contenta de fermer les yeux. Une ou peut-être deux heures. Sans oublier de se servir de son Chain comme de réveil. Celui-ci devait laisser ses instincts resurgir. Puisqu’il était heureux de mener un combat, tout comme un enfant peut-être heureux devant le jouet qu’il attend depuis déjà des mois. Alors, il la réveilla doucement. Pour une fois.

La jeune femme passa alors quelques minutes dans la salle de bain. Prenant le temps de se passer de l’eau sur le visage. Voire finir par prendre une douche. Laissant l’eau chaude la réveiller doucement. Prenant un temps considérable pour finir par se préparer. Se maquiller était primordial. Histoire de cacher les cernes que son visage abhorrait fièrement. Elle opta pour une coiffure lui permettant de voir sans être gênée d’une quelconque manière par ses longs cheveux. La queue de cheval étant donc de rigueur. Repoussant la mèche qui tend à barrer son œil droit, derrière son oreille. Le blocage se fit de nouveau devant sa penderie. Que pouvait-elle mettre ? Traverser la ville avec des vêtements normaux serait la manière la plus simple. Or, ils ne seraient pas confortables pour le combat. Alors, la jeune femme se tourna vers son uniforme. Au moins, elle aurait la liberté de mouvement. Passant par-dessus, un long manteau blanc, qu’elle ne manqua pas de fermer. Les jours chauds d’été semblaient être désormais bien loin. Ce serait bête d’attraper une grippe, maintenant que l’hiver prône vainqueur. Il faisait froid. Au mieux, voire au pire, elle le poserait quelque part pour pouvoir combattre à sa guise. Faisant alors signe à Michael, qu’il était temps de partir désormais. Elle ferma la porte à double tour avant de cacher les clefs. Ses armes, dont sa nouvelle épée, cachées par la longueur de son vêtement. Au moins, elle pourrait traverser le cœur de la ville, sans avoir à s’occuper d’autres contractants. Sa mission étant au moins de trouver la position de ce groupe. Rien de plus, rien de moins. Sauf que la demoiselle, n’allait pas laisser partir ses proies pour faire un rapport. Non. Elle avait besoin d’un minimum d’adrénaline. Désormais, cette mission prenait des tournures bien plus intéressantes.

Le chemin vers l’extérieur de la ville se passa sans embuches. Voire même dans le silence le plus complet. Elle demandait juste de temps à autre, sans bouger les lèvres- à Michael de lui assurer qu’ils suivaient bien l’une des personnes à suivre justement. Celui-ci lui répondait par la positive. Avant d’en avoir marre et de ne plus répondre aux interrogations de sa contractante. Cette même femme, qui tripotait nerveusement quelque chose dans sa poche de manteau. Oui, elle était nerveuse. Bien plus que cela même. Nerveuse parce que sa mission touchait enfin à sa fin. Qu’elle se sentait capable de combattre ses individus, du moins, de les maitriser un tant soi peu. Mais qu’elle ne voulait surtout pas faire d’erreur et d’attaquer un groupe de voyageurs ou de sans domiciles. De plus, elle était nerveuse, parce que Michael était un Chain de distance. Plus fait pour récolter des informations et déstabiliser les ennemis. Que pour le combat à corps à corps. C’était son domaine à elle cela. Or, elle ne pouvait combattre les contractants, Chain et demander à son propre compagnon d’utiliser ses pouvoirs, en étant seule. Elle devait certainement demander des renforts. Elle n’était pas folle. Mais n’avait pas le temps. Et voulait enfin que son travail porte ses fruits. Plus vite qu’elle n’avait plus le croire, elle se trouvait loin de la ville. Tripotant toujours et encore le bout de papier. Il commençait à s’effacer. Mais à force de l’avoir lu et relu, elle le connaissait par cœur. De toute façon, il commençait même à se déchirer. C’était la seule chose qu’il avait laissé en partant. Au lieu de la réveiller. Cet idiot avait trouvé plus judicieux de partir comme un voleur. Elle lui en avait voulu. Puis finalement, n’avait plus rien dit. La seule peur qu’elle ait, fut qu’avec tous les souvenirs étrangers qu’elle avait accumulés contre son gré pendant cette mission. Ne viennent à faire disparaitre le souvenir de cette personne. Alors, elle serra plus fort le papier. Il était déchiré désormais. La jeune femme se força à penser que ce n’était pas forcement mauvais signe au final. Qu’ils allaient se revoir comme promis. Dans de meilleures circonstances que la fois précédente.

Le voila ! Enfin, elle se retrouvait face au groupe, ou accessoirement une partie de groupe. Le voici enfin le plus gros souci. Elle ne savait pas encore de combien de personnes exactement pouvait se compter. Peut-être qu’ils étaient plus intelligents qu’elle et qu’ils l’aient déjà tous encerclée. Comprenant qu’elle peut-être dangereuse pour eux. Alors, elle ferma les yeux. Ils étaient cinq face à elle. La demoiselle savait qu’elle avait pris beaucoup de cours en combat avec sa nouvelle arme. Ce qui engendrait le fait, qu’elle puisse tenir quelques temps contre ce petit nombre, bien qu’elle soit actuellement seule. Or, une unique personne de plus, pouvait faire pencher la balance en sa défaveur. Elle en était pleinement consciente. Par conséquent, elle pouvait dire adieu à sa vie à Pandora. Voire même à sa vie tout court. Deviendrait-elle un Chain si elle venait à être plongée dans l’Abysse ? Certainement. Ou pas. Elle ne devait pas se poser de questions. Ce sont les plus jeunes recrues qui se posent des questions, avant le combat. Les plus anciennes, aiment mieux le faire après l’action. Histoire de ne pas avoir de remords trop tôt. Michiyo faisait parti de la seconde catégorie. C’était une combattante. Une manipulatrice. Une femme indépendante. Les remords n’étaient pas pour elle. Elle frappe, puis parle après. Ainsi soit-il. Relevant la tête, elle demande alors d’un signe de la main, à Michael de s’avancer. Certes, son Chain possède le pouvoir de communiquer mentalement. Le fait est, qu’elle ne savait aucunement, de quelles capacités disposent les Chains ennemis. C’est ainsi, que le langage des signes qu’elle a patiemment apprise avec sa propriétaire muette, se pouvait d’être utile. Mimant quelques gestes, expliquant à son compagnon, qu’elle allait surveiller ce groupe. Il allait faire le tour des alentours pour vérifier que potentiel danger il n’y a pas. Si quelque chose n’allait pas, elle l’appellerait. La demoiselle fut surprise de connaître autant de mots. Battant des ailes, son ami hocha une dernière fois la tête, avant de s’envoler et de partir.

Michiyo Konoe se contenta de se cacher derrière un rocher surélevé pour avoir une meilleure vision. Interceptant le plus possible des informations pouvant être capitales. Or, quelque chose vint clocher. Quelque chose que Michiyo n’avait vraiment pas pris en compte dans ses calculs. Non. Il n’avait pas le droit. Que faisait-il ici ? La bande venait de se cacher un peu partout dans le champ de vision de la demoiselle. De là où elle se trouvait. Elle ne pouvait voir des visages. Pourtant, cette couleur était connue de tous les membres de Pandora. Pourpre. Ce vêtement si voyant. Cette signification. Les Baskerville. Qu’est ce que ce membre venait faire tout seul ? Ce serait vraiment avoir un manque de chance total que d’avoir la même mission et devoir intercepter le même groupe d’individu qu’un membre du clan opposé. Mais, la demoiselle le savait, elle n’avait aucune chance. Elle n’avait plus été blessée depuis très longtemps. Alors bon. Un Baskerville viendrait faire le travail. Tout était donc normal dans le meilleur des mondes. Fermant les yeux, elle soupira. Sa vue n’était plus aussi bonne qu’auparavant. Il fallait qu’elle dorme impérativement. Le visage de son ennemi n’était toujours pas visible. La seule chose certaine. C’était qu’il était très agile. Un petit signe en somme. Il avait vu que des personnes lui suivaient. Devait-elle intervenir pour sauver ces imbéciles qui venaient de l’attaquer ? Non, pas tout de suite. Autant observer sa façon de combattre. Il n’avait pas l’air de l’avoir senti.

Le premier était à terre. Les deux autres venaient d’entrer en scène. Ils étaient assez doués. Sauf qu’ils n’avaient certainement aucune chance face à l’un des ennemis de Pandora. Le vent souffla dans les cheveux de la jeune femme. Le deuxième homme était mort. Alors, le reste du groupe préféra battre en retraite et partir. Michiyo ne pouvait pas leur courir après. Elle soupira alors discrètement. Michael était loin, mais le lien entre eux était assez présent pour qu’elle puisse lui intimer l’ordre d’attraper les fuyards. Ou alors, simplement de modifier un peu leurs souvenirs pour qu’ils se tiennent sages le temps qu’elle arrive. Bon dieu, elle prenait de gros risques. Elle devait se rapprocher pour voir son visage. Certes, cette façon de se tenir et ces vêtements lui disaient bien quelqu’un. Mais, elle ne voulait pas y croire. Il ne lui aurait quand même pas caché quelque chose d’aussi important que de faire parti des Baskerville. Pas après lui en avoir tant dit sur lui-même. La jeune femme serra doucement les dents à faire saigner sa gencive. Un faciès de dégoût passa sur son visage, lorsque le goût métallique coula dans sa gorge.

Voyant que son ennemi semblait partir. Elle sortie doucement de sa cachette. Ouvra les boutons uns à uns de son long manteau immaculé- qu’elle ne voulait pas laisser trainer dans la boue malgré tout- pour laisser apparaître un uniforme d’agent de Pandora, puis ses deux dagues. Sans oublier sa dernière épée, dont elle n’avait pas encore l’habitude. Un peu trop lourde à son goût. La sortant doucement de son fourreau tout en étant la plus discrète possible. Non. Elle n’allait pas le frapper dans son dos. Certes, elle ne savait qu’à travers les récits et les écrits de quoi était un capable un Baskerville. Mais, elle n’avait pas peur au point de le frapper aussi indignement. Serrant la garde de son arme à s’en faire blanchir les phalanges. Cherchant du regard tous mouvements suspects de la part de la personne qu’elle suivait. Celui-ci ne semblait plus bouger. Oui. De dos, elle aurait presque dit qu’elle le connaissait. Mais elle ne pouvait se le permettre. Ce serait remettre en cause tous les fondements d’une nouvelle amitié. Autant vérifier par elle-même. Michiyo se contentait de calquer ses mouvements et ses pas sur l’autre individu pour rester discrètement un minimum. Quelques pas les séparant tout de même. Un pas. Deux pas. La jeune femme sentait l’atmosphère changer doucement. Le combat semblait alors inévitable. S’il continuait dans cette direction, il pourrait la sentir plus facilement se rapprochant de Michael et de son lien avec l’Abysse et même tomber sur des innocents ou sur un autre groupe de Baskerville. Loin d’être née de la dernière pluie. Michiyo savait qu’il fallait mieux affronter un seul membre de ce groupe et s’en sortir avec des blessures que de se jeter dans la gueule du loup, avec plusieurs d’entre eux. Alors elle se stoppa. Serrant toujours plus fort la garde de son arme. Prenant une respiration, elle laissa doucement l’air emplir ses poumons. Avant d’ouvrir la bouche. Laissant sortir une voix cristalline, mais stricte.

« Arrêtons ce petit jeu vous et moi. En tant que membre de Pandora, je vous demanderais de vous stopper et de vous retourner doucement. Je ne suis pas seule. Ce serait dans votre intérêt de suivre mes instructions et de ne pas provoquer le combat. »

La jeune femme n’avait pas la voix tremblante. Elle n’avait plus si peur que cela. Mais sa voix féminine trahissait son appartenance sexuelle. Ce qui ne jouait grandement pas en sa faveur. Bien au contraire. Les hommes prenant toujours en compte que les femmes leur sont inférieurs en beaucoup de points. Principalement dans celui du rapport de la force et du combat. Qu’elles sont plus faibles. Ayant besoin de leur protection. Ainsi, il se pourrait que cet homme à la cape pourpre face parti de ce groupe et décide alors de l’attaquer. Une femme pourrait certainement lui résister moins longtemps qu’un homme. De plus, elle avait menti. Elle était seule. Michael n’aurait pas le temps de venir de toute façon. Et aucuns autres membres de Pandora ne se trouvaient dans les alentours. Elle prenait de gros risques. De très gros risques. Relevant la lame de façon à avoir son bras droit tendu face à elle, montrait de surcroît qu’elle était prête à toute éventualité dans le cas d’une altercation. Baissant les yeux, elle pu encore une fois constater le cadavre non loin d’eux.

« Et dire, que je les piste depuis trois semaines. Il aura suffit qu’un Baskerville entre en jeux pour qu’ils se sauvent comme des lapins. »

Déjà qu’elle n’était pas de bonne humeur à cause de ces longues semaines de filatures. Il fallait en plus qu’un des grands méchants de l’histoire vienne à en tuer un devant ses yeux. Augmentant le niveau de frustration et de colère contenue d’un niveau. Oh, s’il décidait à attaquer. Il y aurait des chances pour qu’elle ne se laisse pas tuer aussi facilement qu’il pouvait le croire. Il allait devoir payer un peu, pour avoir fait galoper toutes ses proies. Le seul petit problème, restait encore et toujours cette désagréable sensation de connaître l’homme devant elle.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   30th Décembre 2012, 05:12

Il fallait dire que la faune présente dans la forêt n'était nullement souhaitée par le chain. Pas de bonhomme ou de bonne femme. Pas d'assaillants ou de vagabonds, quel qu'il soit. Rien d'autre que des écureuils dans leurs hautes branches. Il faut dire que la vie devait être bien tranquille pour un animal de la forêt. Surtout si on se situait en haut de la chaîne alimentaire. En revanche, la vie de certains insectes devaient probablement être plus dure que l'Abysse. Constamment regarder que personne ne les mange. Sans pouvoir se défendre. Observer le ciel, ne pas l'apprécier à sa juste valeur, guetter sans cesse l'oiseau fondant sur soi, sans pour autre prière que des yeux fermés, attendant l'heure fatidique. Oh non, de ce point de vue, Naaru se sentait moins seul dans sa lutte contre le temps. Il y avait pire. Il y avait toujours pire. Lui avait au moins le courage de se tourner face à l'assaillant et de se défendre. Même en étant certain de perdre, il aurait cependant certain de blesser l'autre animal. Et un autre détail faisait qu'il se sentait rarement en position de dominé. Lui n'était pas aussi faible qu'un insecte. S'il voulait l'écraser, il pourrait mettre fin à la vie du pauvre bousier ayant passé son chemin. Mais il ne le fit pas. Par respect ou par volonté, le bousier passa son chemin sans autre bruit que ses pattes gratteuses sur la litière des bois.

Nana repensa bien vite aux faibles vagabonds s'étant attaqués à lui. Il n'avait pas vraiment fait attention à leur force, et de toute façon, tenter de retenir un chain dans la force de l'âge était une mission plus que suicidaire. Lui-même ne se risquait pas contre ses pensées. Des fois, il se pensait deux âmes dans un seul corps. À d'autres moments, il se sentait entier. Et c'était souvent dans les batailles qu'il se sentait libre dans son corps. Que cela voulait-il dire au juste ? Si lui était un chain, alors... quelle était cette autre partie ? Et si elle venait à disparaître, alors que deviendrait-il, au juste... ? Si sa vie de chain devait être résumée, elle commencerait par le sang et terminerai de cette même façon. Comme la couleur de ses yeux. Peut-être l'autre partie était-elle sa fameuse humanité. Cette personnalité qu'il avait tenté longtemps en vain de former. Mais elle devait être bien faible pour être aussi bien effacé en bataille. D'un côté, ça l'effrayait que cette nouvelle personnalité prenne le contrôle de ses pensées de chain. En arriverait-il à détester tuer ? À avoir... comment dire... pitié ? Cette pensée le fit rire. D'un rire mauvais qui franchit bientôt la parcelle de ses lèvres. À quoi pensait-il, franchement ? S'il avait eu deux personnalités, son contractant s'en serait bien vite rendu compte. Non, non il n'y avait que lui, et il était prêt à se battre contre une autre entité si elle venait à apparaître, un jour.

En inspirant profondément, le chain ne tarda pas à ressentir de nouveau une force. Une personne. Un humain. Mais un contractant. Quelqu'un d'un autre niveau que les précédents. De plus fort. Mais il ne parvenait pas à sentir le chain en question auprès de son contractant. Un humain seul, donc. Soit Nana avait un sacré pot, soit il était maudit. Il fallait dire qu'une certaine quantité de personnes s'étaient présentés devant lui, mais... paradoxalement ils étaient... d'un niveau nettement inférieur au sien. D'abord ce groupe de vagabonds. Sérieusement, c'était quoi leur plans à eux ? S'attaquer à un humain seul dans la forêt, passe encore. Mais si cet humain possédait la cape pourpre des Baskerville sur son dos, ce n'était certainement pas pour faire joli, ni pour s'amuser au carnaval. Bon, c'est vrai qu'ils sentaient de près ou de loin l'Abysse, cependant Nana n'a vu aucun chain survenir afin d'aider leur contractant. À moins qu'ils ne soient pas tous contractant. Bref, passons. Si Naaru continuait de marcher tranquillement alors qu'une présence étrange se faisait de plus en plus proche dans son dos, c'était uniquement pour faire croire qu'il ne l'avait pas vu.

Et de toute évidence, ça avait l'air de marcher. Malgré tout, le Nana ne manqua de poser une main sur sa garde et de dévoiler l'acier de la lame. Se transformer, il n'en avait pas l'intention. Il savait très bien se servir du katana, et pouvait aisément rivaliser avec quelqu'un d'expérimenté. Très facilement même. Son agilité étonnante lui procurait aussi une certaine aisance du poignet, il était très rapide en somme. En restant sur ses gardes, il avança, conscient du rapprochement de l'humain derrière lui. De toute évidence, cette personne n'était pas née de la dernière pluie, et semblait vraiment discrète. Si la faible aura de chain n'émanait pas du corps de la personne, Nana ne l'aurait probablement pas senti arriver. Mais il en était autrement visiblement.

Il sursauta presque en écoutant la voix de femme le surprendre par l'arrière. Un membre de Pandora ? Une femme ? Pas seule... Voilà ce que le petit jeu avait provoqué. Une confrontation avec plusieurs membres de Pandora. Si Nana était plutôt fort en tant que chain, en revanche, il ne donnait pas cher de sa peau face à deux chains expérimenté et encore moins en compagnie de leurs contractants. Bref, si le jeu partait trop loin, lui n'aurait pas d'autre choix que de se retirer pour s'éviter une mort tragique en plus d'être inutile. Et sachez bien que s'il n'était pas lié de près ou de loin avec un contrat légal, il se jetterai dans la bataille sans aucune hésitation. D'un côté, le présence de Finn lui évitait de faire des bêtises. Sans doute, de cette manière, avait-il évité la mort plus d'une centaine de fois. Un jour, il irait le remercier. Un jour.

Pour l'instant, en enregistrant les paroles, il se stoppa, comme la demoiselle l'avait demandé. En parlant de demoiselle, celle-ci avait une voix qui lui rappelait curieusement quelque chose. Mais notre jeune Naaru aimait beaucoup faire attendre son public, et il était aussi lui-même son public. Alors, il sourit, tout en gardant la main sur le manche de son épée. Voyons. Il ferma les yeux, tentant avec délectation de se souvenir de ce timbre de voix. Il sonnait bien dans son esprit. De bons moments passés. C'est dingue, il pouvait presque mettre un nom dessus. Lui qui était pourtant si doué pour les oublier. Il plongea un peu plus dans sa mémoire, se souvint d'un goût amer. Quelque chose de mal aussi s'était passé. Mais surtout des bons moments. Il eut envie de se retourner, mais ne le fit pas. Tenant la cape dans sa main gauche à présent, il la fit passer sur son épaule sans la porter. Même si cette personne lui rappelait de bon souvenirs, il devait faire attention. Il dégaina totalement l'épée de son fourreau et patienta une nouvelle fois. Inspirant profondément, il écouta la seconde parole de la jeune dame.

Vraiment, sa voix lui donnait envie de lui sauter dans les bras. Mais peut-être était-ce fait exprès. Afin qu'il lâche son attention. Ah oui, c'est vrai qu'il était lié aux Baskerville. Chain d'un deux. Et la dame était de Pandora. Deux clans opposés de par leurs idéaux. Malgré tout, Naaru ne les trouvait pas si différent. Ils pensaient de la même façon, et les Baskervile n'étaient pas si méchants que ça. Ils luttaient contre les contractants illégaux, tout comme s'amusait à le faire Pandora. Sa dernière parole témoignait de ses pensées. Ils avaient le même but. Alors bon, à quoi rimait cette vieille rancune ? Les Baskerville étaient-ils plus doués que Pandora ? Certainement. Mais en vérité... en vérité, Nana s'en fichait. Il ne s'amusait pas à se mêler à eux. C'était un chain, voilà tout. Il ne pensait pas comme eux, et ne s'en portait que mieux.

Enfin, il se décida à se tourner, et tourna majestueusement les talons et ayant le bras tendu dans le prolongement de l'épée. Pourtant, ses yeux s'ouvrirent tel des boules de billard lorsqu'il reconnut la longue chevelure bleue maintenue par une queue de cheval. Son nom lui revint instantanément, comme si quelqu'un le lui avait murmuré. Combien de temps s'était-il écoulé ? Il n'en savait rien. Il n'avait as vraiment la notion du temps. Une semaine, peut-être plus. Son costume de Pandora était clairement visible, en-dessous d'un manteau blanc. Naaru cligna des yeux, comme pour vérifier que la personne n'était pas une apparition. Dans un murmure, il souffla ces mots.

-Michiyo...

À quelques mètres d'elle, il lâcha son épée qui tomba lourdement sur le sol et se précipita vers elle, des éclats de lumière dans les yeux. Il l'entoura de ses bras et la fit tomber en arrière tout en dégageant l'épée qu'elle tenait avec elle. Ils tombèrent et Nana posa sa tête dans le cou de Michiyo.

-Tu m'as manqué !

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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   30th Décembre 2012, 11:23

Il est dit, que dans le monde, une personne est faite pour vous. Ainsi, quoi qu’il puisse arriver. Les deux individus ne peuvent s’éviter dés que la rencontre est provoquée. La nature a ainsi faite cette relation. Il n’y a point besoin de promesses. De mots doux. De rendez vous. Non. Juste laisser le temps au temps. Il fera parfaitement son travail. Ainsi, ces deux êtres, n’auront jamais la capacité de s’éviter. Ils se doivent de suivre le tracé. Se rencontrer sans savoir pourquoi au détour d’une ruelle. Glisser sur un pavé pour tomber dans les bras de cet homme. Il se peut même qu’ils ressentent le besoin de se lever et de marcher sans raison. La vie les mène à la baguette sans qu’ils ne puissent riposter. De temps à autre, Dame nature s’amuse. Oh oui, cette femme n’est pas aussi sage que les écrits veulent bien le faire savoir. Loin de là. Tout au contraire, elle fait en sorte qu’une rencontre se créer, sans pour autant, que les deux êtres ne soient fait l’un pour l’autre. Sauf, qu’eux, bougres d’humains. Ils croient dur comme fer être tombés sur la personne parfaite. Celle qui fera battre leur cœur encore longtemps. Le fait est, que ce n’est pas le cas. Alors, ils souffrent. Ils pleurent. Se hurlent dessus. Mais, c’est le petit piment qu’il leur fallait pour qu’ils se sentent vivants. Puis se quittent et rencontre enfin la personne qu’il leur fallait. Certaines autres fois. La destinée se trompe et croit que des personnes sont faites pour être ensemble. Alors que non. Puisque leurs croyances divergent. Leurs idéaux sont faussés. Leurs clans respectifs ne sont pas faits pour être ensemble. Ca, Shakespeare l’avait très bien compris. Roméo et Juliette n’étaient que les erreurs de Dame Nature. Le pire dans cette histoire, c’est qu’elle se damnait à continuer. Les humains passé un certain âge, sont bien capables de se débrouiller tout seul. C’est à cause de cette attitude, que les hommes sont devenus ainsi. Ne plus désirer qu’une aventure d’une nuit. Ne jamais se donner de nouvelles. Se revoir par hasard et vouloir changer les choses. Les hommes n’ont plus confiance en la beauté froide d’une femme. Les femmes n’ont plus confiance envers les mensonges que leurs fournissent gratuitement leurs corolaires. Puisque oui, la pire situation que peut ressentir une femme ou un homme est la tromperie. Un mensonge de petite envergure peut encore passer. Or , de plus gros mensonges ne vont plus tarder à faire leurs apparitions. Trahissant alors peut à peu la confiance existante. Couple ou pas couple. La vie est faite comme cela. Mentir ne peut mener nulle part. Elle n’entraîne plus que la faiblesse de la relation. La peur de perdre l’autre. N’est-il pas plus simple de tout expliquer ? Certes, on parle souvent de « faute avouée, à moitié pardonnée ». Cela est faut. Une faute viendra engendrer divers débats tout aussi houleux les uns des autres. Mais, c’est ainsi qu’une relation se permet d’évoluer. Il faut comprendre l’autre ou les autres. Et leur permettre d’évoluer à travers ses propres mœurs pour nous même évoluer à travers les leurs. Ainsi soit-il.

La jeune femme aux yeux bleus. Elle. Vivait seule. S’imposant ses propres règles. Elle se mentait à elle-même parfois. Préférant se dire que la solitude désirée est beaucoup mieux que celle que l’on nous impose. Cela est faux. Mais, elle s’en fiche. C’est à elle seule qu’elle ment. Personne d’autre n’est mis au courant. Généralement, elle se sent toujours un peu mal lorsqu’elle ment à une personne. Juste un brin. Histoire de dire, qu’elle avait peut-être la confiance entière de la personne qu’elle avait manipulé pendant des heures, voire des jours. Or, elle oubliait cela bien rapidement. Elle ne mentait que très peu sur elle-même. Elle et son passé. Sa famille. Sa personnalité. A quoi bon mentir lorsque les faits sont flagrants ? Michiyo était une femme de caractère et ne s’en cachait heureusement – ou malheureusement selon les points de vue- vraiment pas. La plupart des individus qui la connaissaient de près ou de loin, savaient pertinemment que la jeune femme disait toujours ce qu’elle pensait. Au risque de se faire réprimander ou bien d’autres châtiments. Ainsi, que le fait qu’elle était bien caractérielle. Ne pas l’énerver restait la meilleure chose à faire pour ne pas avoir à subir toute sa colère. Or, sur le moment, Michiyo était de bien mauvaise humeur. Suivre une bande de contractants illégaux depuis plus de trois semaines était un fait principal, certes. Mais, voir ses proies partir en courant parce qu’un membre des Bakerville décidait de passer ses nerfs sur tout ce qui avait la prétention de respirer voire simplement de bouger, au risque de faire partir comme des lapins tout le groupe qu’un gentil membre de Pandora se damnait à suivre, en est un autre. Principalement lorsque ce fameux membre lui disait étrangement quelque chose.

Serrant les dents. La demoiselle s’était donc levée de sa cachette improvisée pour suivre le jeune homme qu’elle ne voyait que de dos. Oui, on pouvait dire qu’elle était folle. De part son statut de femme. Elle n’avait certainement pas la même carrure qu’un combattant mâle. Mais s’en fichait éperdument. Face à un ennemi ayant son Chain prêt de lui, encore pire. Mais pourtant, Michiyo était saine d’esprit. Au contraire, si elle se permettait de suivre ce membre et avait dans l’idée de l’intercepter, c’était uniquement pour ne pas se retrouver face à d’autres membres. C’était peut-être de la peur de sa part. De la lâcheté. Mais elle ne voulait rien entendre. Bon, elle se devait d’avouer, qu’elle avait quand même un peu peur. En effet, nous pouvions voir les jambes de la demoiselle trembler légèrement pendant qu’elle suivait sa nouvelle proie. Sur le coup, la jeune femme aurait pu être comparée à un félin. Posant délicatement l’avant de son pied avant de déposer le talon. Calquant ses mouvements sur ceux de sa victime. A la place des griffes, nous pouvions admirer le tranchant d’une lame nouvelle. Dont le sang n’avait pas encore fait des siennes. Des yeux qui se contentait d’épier le moindre des mouvements de l’autre personne. Doucement. Lentement. Certes, elle n’était pas foncièrement patiente. Mais dans ce genre de situation. Elle savait qu’il fallait mieux se tenir calme et prendre son temps. Pour ainsi ne pas précipiter le combat. Voire un combat tout à fait inutile. Malgré son caractère. La jeune femme était très réfléchie et actuellement, son cerveau fonctionnait plus rapidement que ses jambes ne voulait bien fonctionner. Tout d’abord, si cet individu était véritablement un membre des Baskerville, pourquoi ne l’avait-il pas encore senti ? Il était évident que la majorité d’entre eux possédait un Chain. Dans ces cas là, l’odeur que Michiyo, en tant que contractante porte naturellement sur elle, aurait du attirer son attention. Qu’attendait-il ? Ou alors, il faisait parti des membres les plus faibles et ne savait pas encore comment agir. Voire, un membre très doué ayant une mission autre que tuer tous membres de Pandora se présentant à lui. Les possibilités étaient multiples. Tellement divers que Michiyo manqua de perdre l’équilibre en copiant machinalement les pas de la personne qu’elle s’appliquait à suivre. Il fallait qu’elle ait rapidement une réponse.

Le jeu se termina. Michiyo en avait plus que marre de toute cette petite filature. Oh mieux, elle aurait été menée dans le clan des Baskerville. Au pire, elle tomberait dans le traquenard le mieux ficelé du monde. Or, l’enjeu était de taille. Michiyo voulait en savoir plus sur l’homme devant elle. Après tout, peut-être que le clan ennemi avait plus à lui offrir que les groupes créés par Pandora. Fallait-il seulement qu’il sache mieux lui vendre. Le fait est, qu’actuellement, elle faisait parti du clan des « gentils ». Par conséquent, elle devait s’en tenir à arrêter cet homme pour l’emmener avec elle, subir un interrogatoire musclé ou non. De plus, elle ne comprenait toujours pas d’où pouvait provenir cette appréhension à véritablement connaître l’identité de cet homme. Elle avait l’impression que quelque chose chez elle, allait être chamboulé. Serrant plus fort la garde de son arme, avant de stopper ses pas sans provoquer une tempête de bruit. Braquant larme devant elle. Comme une continuité. Engageant le combat sans dire mot. Attendant qu’il frappe le premier pour comprendre sa manière de se battre. Etait-il plus doué qu’elle ? Oh, certainement. La jeune femme secoua alors la tête. Il ne fallait pas qu’elle commence à penser ainsi. Sinon, la peur ou l’appréhension prendrait le dessus sur son sang froid. La faisant agir sous le coup de l’impulsion et de la bêtise dans la continuité. Ne menant généralement à rien de bon.

Par conséquent, Michiyo engagea la conversation. Sa première phrase ne fut que mensonges. Une simple mise en garde. Il ne devait pas tenter à faire d’actes héroïques inutiles. Qu’elle n’était pas seule et qu’un seul faux mouvement provoquerait un combat contre plusieurs autres membres de Pandora. Fallait-il annoncer la couleur des choses rapidement pour ne pas avoir de mauvaises surprises au final. Alors, elle tenta de garder l’arme bien droite devant elle. Elle aurait du certainement en prendre une plus légère ou bien, s’entraîner un peu plus. Mais aux yeux de la demoiselle, le meilleur entraînement n’est autre que l’évaluation elle-même. Alors oui, elle allait combattre avec cette lame. Cherchant du regard le moindre mouvement qui venait de l’homme. Elle ne remarquait rien. Alors, il n’avait même pas peur. Il ne la défiait pas non plus. Son poignet se devait de rester droit et de ne pas flancher. A quoi s’attendait-elle de la part de cet homme ? Un rire moqueur ? Un « nous t’avons eu », avant qu’un autre Baskerville ne vienne la tuer par derrière. Non, elle s’attendait juste à une réaction. Voyons, bouge un peu… Elle n’allait pas rester le bras tendu pendant des heures. La frustration augmentait de minutes en minutes.

La frustration était telle, que Michi se retenait d’avancer et de réduire la distance entre eux, pour lui attraper l’épaule et le faire se retourner d’un seul coup. Priant en même temps pour ne pas voir un visage familier allant avec cette coiffure lui disant étrangement quelque chose. Encore une fois, le vent devenu glacial lui fouetta doucement le visage. Faisant rougir ses joues et trembler un peu. Pourtant, elle ne fit aucun mouvement pour refermer son manteau. Non. Bien au contraire. S’il était encore ouvert à ce moment précis, c’était uniquement parce qu’elle voulait certifier son appartenance à l’organisation pour laquelle elle travaillait. La parole des individus, en ces temps troublés, ne pouvant plus être pris pour argent comptant. Soupirant doucement, elle annonça qu’il avait tué sa victime. Chose, que Michiyo n’avait pas du tout prévu.

Enfin ! Enfin, il voulait bien se retourner. Plus rapidement que ce que la demoiselle avait pu prévoir. Un geste rapide qui fit voir à la demoiselle, une lame proche de la sienne. S’il avait voulu, leurs deux armes auraient pu s’entre choquer. Provoquant des étincelles qui auraient marqué le début du combat. Or, il n’y eu rien de tout cela. La seule réaction qu’il eut, fut la surprise. Cette même attitude, se lisant dans le regard de la jeune combattante. Lui ? Cet homme ? Non, ce n’était pas possible. Il lui avait déjà menti certes. Mais sur ce sujet, c’était se moquer d’elle. La poigne sur le manche de son arme se renforça peu à peu, au lieu de se détendre à la vue d’un visage connu. Il s’était moqué d’elle. Une fois déjà. Mais ce mensonge restait encore au travers de la gorge de Michiyo. Lui, un Chain à la solde des Baskerville ? Serrant les dents, elle voulu prononcer les cinq lettres qui composait un prénom si bien connu. « Naaru ». L’homme avec qui elle avait partagé un repas. Un combat, une soirée et une nuit. Un Chain venant tout droit de l’Abysse. Un menteur expérimenté. Alors, elle l’écouta prononcer son prénom. Oui, c’était bien elle. Or, la seule chose que son regard voulait bien voir, n’était pas l’arme braquée sur elle. Mais cette maudite cape pourpre. Le fourbe. Le menteur. L’ennemi.

Un bruit la fit sortir de ses pensées. Le bruit sourd d’une arme lâchée sur le sol lourdement. Puis, elle eut du mal à comprendre l’enchainement de mouvement. Avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir. Les puissants bras du brun l’avaient enserré. La corpulence beaucoup plus lourde de ce même homme l’ayant fait tombé sur le sol froid et sal. Un souffle dans son cou. Une cascade de souvenirs et de sensations. Naaru, l’enfant qu’elle appréciait mais détestait en même temps. L’homme qui embrassait malheureusement si bien. Un caractère instable. Tout. Malgré le temps qui les avait séparés. Elle se souvenait de tout dans les moindres détails. Elle écouta alors les quelques mots. « Tu m’as manqué ». Dès ce moment précis. Les yeux de la jeune femme se firent plus méchants. Plus froids. Lui. C’était lui qui osait lui dire cela ? Michiyo était certes une combattante, mais c’était avant tout une femme. Et les femmes font parfois d’étranges caprices. Dans la position où elle se trouvait, elle n’était pas en capacité de récupéré l’arme qu’il avait enlevé de ses mains. Alors, elle poussa un peu sur ses jambes pour faire retourner la tendance. Se permettant de prendre la position de « dominante ». Plaquant à son tour le Chain à terre à califourchon au dessus de celui-ci. Son arme était décidemment trop loin.

« C’est toi qui oses me dire ça ? Toi qui es parti comme un voleur sans même me réveiller ? Toi, qui as pris à peine le courage de m’écrire quelques vulgaires lignes sur un papier trouvé je ne sais où sans donner plus de détails. ? Toi qui m’as caché la partie essentielle de ton histoire ? Toi, qui viens de foutre en l’air trois semaines de filature intensive ! Tu te permets de me dire que je t’ai manqué ? C’est moi dans l’histoire qui n’avait aucun moyen de te croiser. Moi qui me retrouvais avec uniquement des mots sur un papier. Moi qui me suis posée tout un tas de questions. Je devrais t’en vouloir. »

Les mains de la demoiselle tremblaient doucement. Ce n’était peut-être qu’une crise venant d’une jeune femme. Les femmes étaient ainsi. Capricieuses. Voulant toujours avoir le contrôle sur les éléments divergeant autours de leurs petites personnes. Michiyo en était l’exemple type. Celui du plus mauvais caractère. De la force mentale brute. Du fait de vouloir tout comprendre et tout connaître. Elle se retrouvait avec de nouveaux éléments qui faisaient qu’elle remettait tout en cause dans leur connaissance et leur relation actuelle. Elle ne savait comment contenir le trop plein de colère qui bouillonnait dans ses veines. Or, il fallait qu’elle le fasse. Sinon, qui sait, les paires de gifles ou bien pire, qui pourrait arriver au jeune Chain. Car, oui, la jeune femme était en colère après l’homme qu’elle appréciait tant. Sans même s’en rendre compte, elle serrait l’un des poignets du Chain de plus en plus fort. Il fallait qu’il s’explique désormais. Son excuse se devait de tenir la route pour ne pas qu’elle laisse ses nerfs lâcher et ne le tue sur le champ. Oh oui, elle l’adorait énormément voire même plus. Mais voir cette cape pourpre sur ses épaules lui avait fait comprendre certaines choses. Naaru était un être intelligent. Et un Chain de surcroit. Par conséquent, il ne pouvait pas ne pas connaître la signification d’une cape pourpre. Il était certainement de près ou de loin lié aux Baskerville. Le pire dans l’histoire, c’est qu’il osait lui dire qu’elle lui avait manqué. Lui, qui connaissait pratiquement tout d’elle. Où elle vivait. Son nom et son prénom. Sa façon de combattre. Son caractère et surtout, son appartenance à Pandora. Elle, qui a pris le temps de le faire sortir de cette même organisation sans embuche. Cette naïveté surprenante. Alors, elle se contenta de plonger ses yeux bleus dans le regard émeraude si envoutant avant de souffler quelques mots.

« Je crois, que tu as des choses à m’expliquer jeune homme. »

Sa voix disait qu’il n’avait aucunement le droit de la contre dire. Il se devait de lui donner des explications sur ses mensonges. Les doutes prenaient le pas dans son esprit. Et si, il avait profité de la situation uniquement pour en apprendre plus sur Pandora et sur les membres les plus importants ? Michiyo secoua donc doucement la tête pour ne plus y penser. Elle attendait seulement les réponses de Naaru. Ce bel idiot qui aurait pu perdre toute la confiance si rare à obtenir de la part de Michiyo. Cet idiot qui faisait qu’elle ne pouvait, malgré tout. Lui en vouloir. Il avait beaucoup de chance. La jeune femme étant généralement très rancunière. Ne pouvait même pas faire quelque chose contre lui. L’envie de se blottir dans ses bras était trop forte. De se poser sur son torse pour écouter les battements de son cœur. Peut-être même rester de longues minutes ainsi, sans bouger. Au lieu d’être dans cette position. D’être à califourchon sur lui et de serrer fortement un de ses poignets. Il fallait qu’elle se calme. Qu’elle arrête de lui en vouloir. Alors, elle ferma les yeux et souffla légèrement. S’allongeant un peu sur le Chain pour atteindre son oreille.

« Mais, toi aussi tu m’as manqué. »

Oui, elle ne pouvait se mentir. Sinon, pourquoi connaissait-elle par cœur les quelques lignes qu’il avait écrit sur un vulgaire bout de papier ? Pourquoi l’avait-elle quasiment toujours sur elle ? Oui, elle pensait à lui. Se demandant parfois ce qu’il était devenu. Se disant que si, il ne prenait pas une nouvelle fois contact c’était parce qu’il n’avait pas le temps. Ou alors, qu’il avait été tué.. Puis renvoyé dans l’Abysse. Mais, il était là devant elle. Elle pouvait le sentir. Le toucher. Le sentir respirer. Alors, oui, il lui avait manqué le bougre. Énormément manqué.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   1st Janvier 2013, 12:46

S'il avait su à quoi s'attendre, le chain n'aurait pas même osé lever un bras armé sur la demoiselle. Oh, il n'en éprouvait aucune honte ni gêne. Ce qui était fait était fait. Regretter des gestes accomplis n'étaient pas dans ses habitudes. Après tout, il avait rejeté le passé depuis longtemps. On ne trouvait rien dans le passé. Il y avait des joies passagères sans doute, mais aussi beaucoup d'actes manqués, des volontés d'avoir plus de temps. Et lui en avait à profusion, du temps. Alors il se fichait du passé, simplement. Il avait simplement lâché son arme. Lui qui aimait tant cette dernière, qui la suivait depuis tellement, tellement longtemps. Il n'y avait eu pourtant aucune hésitation. Simplement de la surprise. Michiyo. Cette femme qu'il aimait tant était face à lui. Habillée de son costume de Pandora. Lui, avec sa cape des Baskerville sur le dos. Ça, pour lui, ce n'était qu'un détail. Ce n'était pas avec quelle organisation il était l'important. C'était ce que lui, au fond, il pensait. Et il pensait très fort qu'il aimait profondément Michiyo. Sans parvenir à mettre des mots dessus, il savait qu'au fond de lui il ne pouvait pas vraiment l'oublier, malgré toute la volonté du monde.

Alors, il était tombé. Il avait, au final, jeté la demoiselle en arrière. Si la réception avait été bonne, ah, ça, à vrai dire il s'en fichait. Ils étaient au sol à présent. Et Nana tenait fermement la dame dans ses bras. Sans vouloir la lâcher. C'était un élan naturel, comme il en faisait rarement. Pas qu'il n'aimait pas faire des câlins. Loin de là. Mais il n'avait guère l'occasion d'en faire. À son contractant peut-être ? C'était uniquement pour l'énerver, rien de plus. Et même quand, des fois, c'était sincère, il finissait toujours par se marrer tout seul dans son coin. Là, la situation voulait que le câlin soit sincère. Une sorte de retrouvailles sympathique. Pourtant, quelque part dans son cerveau de chain, il savait que quelque chose tournait mal. Qu'un détail, aussi infime soit-il, allait faire pencher la balance de la tranquillité. Il avait, à de nombreuses reprises, entendu Michiyo lui crier dessus pour lui faire des reproches ou autre. Certes, il avait menti, la dernière fois. Il s'était juré que, dès lors, il ne le ferait pu, comme il ne l'avait jamais fait avec personne auparavant. Mentir, il n'était vraiment pas doué pour cela. C'était un escroc certes, mais il savait utiliser les paroles des autres pour arriver à ses fins. C'était un peu sa force mentale, en plus de sa force physique. Sachant que ces deux là n'étaient pas du tout égales. Sa force physique dépassait grandement sa force mentale. Après tout, dès qu'on parlait de loin ou de près de son passé, il s'enfermait dans sa coque de chain et explosait. Michiyo pouvait témoigner.

Bref, en étant tombé de son haut mètre on ne sait combien, Nana s'était retrouvé sur Michiyo et l'enlaçait à présent comme un nounours en peluche. Mais c'était une dame, et le monsieur possédait une certaine force. Et il ne s'en rendait pas vraiment compte en réalité. Il était simplement heureux. Tout du moins jusqu'à ce qu'il sente le genou de la demoiselle appuyer fort contre son corps afin d'échanger leurs positions. Ils allaient finir totalement sales, couchés comme ça sur le sol. Finn se demanderait encore comment le chain se serait débrouillé. Mais bon, ça ne le concernait pas. Mais alors vraiment pas. Retourné, il put voir la demoiselle. Ah oui, c'est vrai qu'elle était vraiment belle. Peut-être qu'à ce moment, Nana nous sorti vraiment un regard niais. Un sourire tranquille, et des yeux fixés dans ceux de l'humaine. Parce qu'il était content. Tout simplement. Décidément, son bonheur ne tenait pas à grand chose. De jolis yeux. Un caractère bien trempé. Et quelqu'un qui arrivait à le supporter, surtout. Et lui savait bien que ce n'était vraiment pas une faculté offerte à tout le monde.

C'est alors qu'il écouta avec une attention quelque peu disséminée ce que la demoiselle avait à lui dire. Mais à la vue du long monologue qui se profilait, le chain n'eut d'autre choix que d'apporter une certaine écoute. Elle lui en voulait. De tout ce qu'avait entendu le chain, elle avait l'air de vraiment lui en vouloir. Les êtres humains étaient vraiment étranges. Avait-il écrit quelque chose de mauvais, dans sa lettre ? Pourtant, ce n'était rien d'autre qu'un satané morceau de papier. Il l'avait simplement remercié, voilà tout. Il avait aussi annoncé qu'il avait pris les livres de la dernière fois. Simplement. Enfin, de ce qu'il se souvenait, bien sûr. Sans doute avait-il ajouté quelques mots en surplus, mais rien de bien grave. Il était parti la tête dans les nuages, sans même savoir si la demoiselle était encore chez elle ou non. De toute façon, il ne se serai pas aventuré dans sa chambre comme ça. Ah oui, il craignait les dames et leurs antres de chambre. Bref. Toujours est-il que Michiyo lui en voulait décidément et lui ne comprenait pas plus que ça. Voilà où en était cette situation désastreuse. Eh bien, ils n'étaient pas sortis.

Passons. Il était donc parti pendant que la demoiselle dormait. En même temps, c'étati bien mal connaître Nana que de penser qu'il allait la réveiller. Il ne se réveillait officiellement qu'une bonne heure après s'être levé. D'où l'écriture un peu scabreuse qu'il avait utilisé pour écrire. Sur le morceau de papier. Peut-être même n'était-ce pas lisible, d'où le fait qu'elle soit énervée. Hm, à l'évidence, non, ce n'était pas ça. Ensuite... la partie essentielle de son histoire ? Mais quelle était-elle ? Il tourna la tête, observant soudainement la cape pourpre à ses côtés. Ah. Ça. Il commençait à comprendre lentement. Très doucement. Il ne fallait pas le presser, de toute manière. Alors, comme ça, c'était le problème des Baskerville et de Pandora. Il n'avait pas pensé utile le fait de mettre au courant la jeune demoiselle. Et en fait, il s'en contrefichait totalement. Pourquoi est-ce ça comptait autant pour elle ? Il n'en savait rien. Mais ce qui était fait était fait. Il inspira longuement, avant de lâcher un soupir équivalent à l'inspiration.

Il ne parla pas, attendant qu'elle se calme d'elle même. Il avait rapidement compris que les humains avaient besoin de lâcher des sacs comme ça. Certains plus lourds que d'autre. Mais tous avaient besoin d'être posés, un jour ou l'autre. C'était apparemment tombé sur ce jour-là. Néanmoins, et parce que la mascarade durait trop longtemps pour lui, il commença à presque bouder et les étincelles dans ses yeux disparurent lentement mais sûrement. Lancer une bonne réplique. Ah ça, il en avait besoin.maintenant tout de suite, pas dans deux heures ni dans une minute. Maintenant.

-Je ne t'ai ni caché ni menti. C'est toi qui ne m'as pas posé les bonnes questions. Baskerville ou Pandora, ça ne veut rien dire pour moi. Je suis un chain, et les chains se contrefichent des idéaux des hommes.

Voilà c'était dit. Du tac au tac. Il avait sorti ces phrases tel des lames de rasoirs. Il ne voulait pas être méchant. À vrai dire, la barrière du gentil et du méchant lui échappait souvent. Trop souvent peut-être. Mais il pensait sérieusement ces paroles. Ça ne rimait à rien de s'énerver pour ça. Il y avait des choses plus importantes dans la vie que deux oppositions. Bien sûr, il ne pensait pas à l'éventualité de se retrouver face l'un à l'autre, avec pour ordre de tuer l'un des deux. En serait-il seulement capable, à présent ? Le débat promettait. Il fixait à présent Michiyo d'un air neutre. Rien ne trahissait ses émotions. Peut-être parce qu'il n'en avait tout simplement pas en ce moment. Sans doute. C'était la particularité des chains de ne rien éprouver. Pas même d'envie, rien. Le néant total, un coupure par rapport au monde. Un blanc sans noir. Rien d'autre qu'une étendue de rien. Ah, c'était beau.

Par la suite, Michiyo n'abandonna pas. Bien au contraire. Elle lui demandait des explications. Qu'allait-il devoir lui fournir ? Comment il était devenu chain d'un Baskerville ? Mais mince, avait-il eu seulement le choix, dans tout ça ? Quelqu'un s'était présenté à lui, un jour parmi tant d'autres, pendant qu'il errait dans l'Abysse. Et si la jeune demoiselle l'avait autant connu que lui, elle aurait fait le même choix de revoir le soleil, quitte à s'enchaîne à l'un de ses humains. Au début, ça ne l'avait pas plu. Il se sentait semi-libre. Mais il fallait dire que son contractant avait une certaine gentillesse que Nana n'oublia jamais. Et c'est alors qu'il fit sa vie. Fallait-il qu'il lui raconte tout ça ? Il fallait dans ce cas qu'ils changent de position afin d'en arborer une plus confortable. Le récit promettait d'être long.

-Si j'avais su, je t'aurais ramené tes livres.

Lui, totalement à côté de la plaque ? Pas du tout... ou bien juste un peu. Pas grand chose malgré tout. Il n'avait rien à lui dire, il avait déjà tout dit. Et il n'aimait vraiment pas se répéter. La prise sur son poignet qui, jusque là s'était faite assez forte commença curieusement à se délier, petit à petit. Devait-il comprendre qu'elle se calmait ? Doucement mais sûrement, comme la majorité des gens ? Oui. Elle ferma les yeux et inspira profondément. Naaru n'ajouta rien. Il se contenta de la regarder. D'observer ses faits et gestes comme si le temps n'avait aucune emprise sur lui. Et c'était le cas. Son regard s'adoucit et il se remit à sourire lorsqu'elle posa son visage près de son oreille à lui. Les gentils mots venaient toujours après les méchants. Et lui n'attendait que ces derniers. Le meilleur pour la fin, comme on disait. Sans doute était-ce le cas. Ou pas. Quoiqu'il en soit, il aimait beaucoup ces parties-là. Il se sentait un peu comme ces autres humains. Un peu à l'étroit quand même.

Son sourire s'élargit encore davantage lorsqu'il entendit Michiyo émettre de nouvelles paroles. Alors voilà. Ça lui faisait plaisir d'entendre ça de sa part. Il soupira d'aise et tourna la tête pour avoir la tête de la demoiselle dans son champ de vision. Il voyait surtout ses cheveux, à vrai dire. Bien attaché vers l'arrière, tout comme les siens, mais dans une coupe différente. La sienne était certainement plus facile à faire que la demoiselle. Tout du moins, il le croyait. N'ayant essayé aucune autre coiffure, il ne pouvait pas vraiment émettre d'hypothèse tangible. Il avança sa main gauche pour rejeter une des mèches qui avait échappé à la prise du chouchou. Et , sans vraiment savoir pourquoi il le faisait, il chercha les lèvres de la demoiselle et les embrassa doucement, sans forcer les choses. Un sourire apparu une nouvelle fois et il lança, assez amusé :

-Je crois que j'y ai pris un peu trop goût.

En effet. Ce n'était pas histoire d'aimer quelque chose. C'est juste que ça lui procurait une joie assez étrange de l'embrasser. Quelque chose qui lui manque. Un contact. Aussi furtif qu'il soit. Il se fichait pas mal des conséquences, après tout, ce n'était pas la première fois. Et puis, elle ne l'avait pas vraiment rejeté. Il s'était expliqué comme il l'avait pu, mais tenter de garder Nana sur un même fil pendant trop longtemps était inespéré.

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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   19th Janvier 2013, 14:02

Si, certains jours ne méritaient pas d’être vécus, a contrario d’autres le méritent amplement. La question à se poser, serait certainement pourquoi. Les humains veulent toujours savoir, pourquoi. Pourquoi tel objet existe ? Pourquoi porte t-il ce nom précis ? Pourquoi dit-on pourquoi ? C’est ainsi que la philosophie est née dans le monde actuel. Vouloir toujours tout expliquer. L’humain est une machine composée de rouages et de vaisseaux bien étranges à vrai dire. Les complications de l’esprit humain sont vraiment incompréhensibles. C’est pour cela que chercher à comprendre les humains tend à nous pousser vers la folie propre. Par conséquent, vouloir comprendre une femme c’est bien pire. Michiyo pensait que cette journée ne méritait pas d’être vécue. Parce que poursuivre ces fichus contractants illégaux l’avait mis de très mauvaise humeur. C’était ainsi, si la jeune femme n’avait pas ce qu’elle voulait. En l’occurrence, attraper ce petit groupe qui lui avait échappé pendant presque trois semaines. Les conséquences n’étaient pas particulièrement bonnes. Des colères plus grosses les unes des autres. Désormais, fallait-il qu’elle pense que sa journée méritait amplement d’être vécue avec le plus de véracité possible. Certainement pour se prouver qu’elle pouvait être la dernière. Qu’il fallait en profiter jusqu’à ce qu’épuisement s’en suive. Le repos viendrait bien ensuite. Il fallait à temps à tout. Celui-ci, se devait d’être consacré avant toutes choses à la beauté du geste que l’on venait de lui offrir. Les raisons étant extrêmement simples. En effet, la jeune femme avait malgré sa traque, retrouvé une chose importante à ses yeux. Personne ne savait pourquoi. Personne ne pouvait l’expliquer. Mais Michiyo avait retrouvé face à elle, épée en vis-à-vis, quelqu’un pour lequel ses sentiments s’emballaient. La faisant faire et surtout dire n’importe quoi. Des réactions s’enchainaient assez rapidement. Des sourires, rires, puis des pleures et des peurs. Oui, la jeune femme avait eu la surprise de retrouver à l’autre bout de la lourde lame, des cheveux chocolat. Des yeux émeraude dont elle était tout simplement folle. Parce que oui, la demoiselle adorait ses deux iris malicieux. Qui pourtant lui avait fait peur. Sans pour autant l’empêcher des les aimer. Ils lui donnaient l’impression de se perdre quelque part où elle n’avait pas à trop réfléchir. Comme ci, elle se devait simplement se laisser aller. Naaru pourrait amplement la diriger. Fallait-il qu’elle lui fasse seulement confiance. Fermer les yeux. Tendre la main. C’était tout. Michiyo avait l’habitude de dire, que « les plus belles rencontres sont celles que nous ne ferons jamais ». Or, la jeune femme était prête à changer sa vision des choses pour croire qu’elle avait fait une belle rencontre. Oui simplement la faire. Alors qu’elle défendait sa cause bec et ongles en disant que jamais, elle n’aurait meilleures rencontres que celles que jamais elle ne serait capable de faire. En fait, la cause n’était pas foncièrement difficile à comprendre en elle-même. Fallait-il seulement ouvrir un peu les yeux et ne pas trop réfléchir. Michiyo avait peur de son mauvais caractère. Elle savait pertinemment que cela faisait beaucoup dans une relation. Amicale ou non. Sauf qu’apparemment, Naaru supportait plutôt bien ses nombreux sauts d’humeur et cela ne pouvait que la faire sourire. Rares sont les individus supportant d’avoir les mots dit sans aucuns préambule pour ménager leurs sentiments. Certaines personnes étaient nées sous l’étoile cachant malgré elle, le manque de tact apparent. La demoiselle en faisait parti. Dire toujours les mots comme ils avaient tendance à venir. Bons ou mauvais. Fallait-il seulement trouver les âmes vivants pouvant supporter d’entendre ainsi, chaque jour, des mots sans qu’ils ne soient courtois.

Lentement, les yeux de la jeune femme suivirent le premier mouvement perçu chez son vis-à-vis. Ce même mouvement, faisant raisonner dans une forêt encore étrangement calme, un bruit sourd. Ses iris bleus avaient relâché toute la concentration qu’ils possédaient pour suivre comme un animal suit son maître, la douce descente de l’arme. Jusqu’à ce que celle-ci ne vint toucher le sol poussiéreux. Tout c’était alors très rapidement enchaîné. Avant qu’elle n’ait eu le temps, mais surtout le loisir de concentrer de nouveau sur le Chain se trouvant face à elle. La demoiselle s’était retrouvée le dos le premier sur le parterre. Son cerveau se décida alors à analyser la situation. Tentant de comprendre en vain ce qu’il venait de se passer. Elle était là, avec son manteau désormais bien sal. Avec un corps au dessus d’elle. Une forte poigne autours d’elle. Si, elle ne connaissait pas, un tant soi peu l’autre individu. Elle aurait pris ça pour une attaque ou une folie quelconque. Or, elle connaissait, certes, pas parfaitement, mais connaissait tout de même, l’homme la serrant. Pour pouvoir affirmer qu’il s’agissait d’une étreinte amicale. C’était Naaru après tout, elle se sentait toujours incapable de mettre des mots assez compréhensibles sur la personnalité de cet homme, pour pouvoir la décrire. Juste qu’il avait encore beaucoup à apprendre sur les relations humains et la façon de dire « bonjour », apparemment. Mais ca, ce n’était pas bien difficile à apprendre. Pour cela, la demoiselle laissait à son contractant, tout le loisir de lui apprendre. Elle n’était pas proche du jeune homme, uniquement pour lui faire des leçons de savoir vivre en société. De ce point de vue, elle avait encore assez de travail avec son propre Chain, pour devoir s’enticher d’un autre. Chacun sa part de responsabilités après tout. Michiyo eu quelques secondes de flottement. Devait-elle profiter de ce câlin si amicalement et sincèrement fourni par les soins du brun ? Une part de son esprit disait qu’elle pouvait bien se laisser aller, quelques minutes. Après tout, sa mission était déjà fichu d’avance, puis bon, elle ne sentait aucun autre Chain pouvant être potentiellement dangereux près d’eux. Toute fois, l’autre partie. Parce qu’il y a toujours une autre partie. Lui soufflait de plus en plus violemment de ne pas être aussi enjouée face à Naaru. Puisque différents éléments se devaient d’entrer en compte et d’être compris rapidement. Cet être, était un Chain travaillant pour les Baskerville. Bien que la demoiselle ne soit pas positionnée sur une position favorisant un groupe plutôt qu’un autre. C’était Pandora qui avait fait d’elle une contractante légale. Par conséquent, elle ne savait pourquoi, mais au fond d’elle, une sensation de leur devoir quelque chose ressurgissait dans certains moments de doutes. Faisant de Naaru, son ennemi potentiel malgré elle. Ainsi, elle s’était retrouvée au dessus de lui. Inversant les rôles.

Le flot de paroles avait été simple, mais très rapide. Ce n’était pas de la véritable colère qu’elle ressentait. Mais plutôt une certaine frustration. Une bête frustration face au fait qu’il soit parti sans lui dire au revoir. Habituellement, elle n’aurait même pas pris la peine de réagir. Se disant que cet homme ne valait pas la peine qu’elle lui accorde autant d’attention. Pourtant, cette fois ci, cela avait été bien différent. Michiyo aurait voulu qu’il ne parte pas aussi rapidement. Du moins, qu’il daigne venir la réveiller, pour lui dire qu’il partait. Elle ne l’aurait pas retenu. Juste simplement dit au revoir aussi, en demandant peut-être s’il voulait vraiment qu’ils se rencontrent une nouvelle fois. Ou alors, qu’ils se rencontrent dans de meilleures circonstances. Histoire de ne pas se retrouver avec chacun une arme sous la gorge, menaçant de mettre fin à chaque lever de poitrine. Juste cela. Alors, elle se contenta de lui dire ce qu’elle avait pensé, et pensait certainement toujours. Un besoin de déballer son sac et de pouvoir respirer. Enlevant un poids important de ses épaules. A certains moments de son monologue, elle faillit flancher plusieurs fois. Simplement parce qu’elle avait regardé Naaru une fois de trop dans les yeux. Bon Dieu, elle ne pouvait vraiment pas détester ses yeux verts. Les contempler pendant des heures n’avait pas l’air de la déranger plus que cela. Puis zut, il avait un petit air naïf sur le visage qui lui allait si bien. C’était un Chain, certes. Mais relativement réaliste sur le plus de l’humanisme. Si, elle laissait sa conscience prendre le dessus, il était certain qu’elle n’aurait jamais cru que cet homme était capable de faire mal à qui que ce soit. Vivant ou non, sur Terre. Or, il en était plus que capable. C’est cela qui rendait Naaru si attirant. Seulement avec quelques regards, nous pouvions nous retrouver face à deux antipodes dans un même corps. Deux aimants incapables de se comprendre. Naaru était attirant, autant physiquement – nier qu’il était un beau jeune homme, serait mentir- que psychiquement.

Peu de temps après, Michiyo trouva encore quelques reproches à faire au jeune homme. Parce que oui, une femme était une femme. Même si des milliers de reproches pouvaient pleuvoir sur la tête d’un homme pendant un lapse de temps indéterminé. Fallait-il mieux se taire jusqu’à la fin des reproches, que de prononcer quelques mots et de recevoir une nouvelle vague. Pourtant, cette fois ci, il était tombé sur la femme la plus complexe possible. Certes, comme toutes, Michi n’aimait certainement pas que l’on lui réponde pendant qu’elle avait quelque chose à dire et encore moins que l’on ose lui tenir tête. Sous peine qu’elle hausse la voix un peu plus ou de subir ce fameux regard noir, qui signifie qu’il est temps de courir acheter des fleurs pour s’excuser ou plus simplement de se taire. Tout au contraire, la jeune femme avait en horreur que l’on reste devant elle, sans parler. Ce qui pouvait mettre toute personne normalement constituée face au plus grand dilemme de sa vie. Parler, ou ne pas parler, tout en sachant que les conséquences n’iraient pas en s’améliorants. Mais, la pire chose que l’homme en dessous d’elle pouvait se permettre de faire, avait bien entendu était faite. Soupirer. Serrant la mâchoire. La jeune femme du retenir de justesse une nouvelle vague de reproches. Pourquoi se permettait-elle de lui faire ainsi de longs monologues simplement pour le sermonner ? Un couple ? Non. Ils étaient certainement à milles lieux d’en être un. Alors, pouvait-on lui expliquer, -parce qu’elle était incapable de trouver une explication logique de son propre chef- pourquoi jouait-elle à la petite maîtresse de maison, qui vient soudainement de trouver son fiancé en plein adultère ? Les deux situations étant loin d’être similaire. Le silence revint, en attendant que le brun se décide à lui répondre. Ce qu’il ne tarda pas à faire.

Les prunelles de Michiyo rencontrèrent une nouvelle fois celle de l’homme. Laissant son corps être parcouru d’un frisson. Encore une réaction qu’elle ne pouvait contrôler sans qu’elle ne sache réellement pourquoi. Apparemment, Naaru avait décidé qu’il était temps pour lui de couper court à la discussion et certainement d’envoyer le premier pique de la journée. Faisant tiquer légèrement la demoiselle. Certes, il n’avait pas tort. Cela tuerai Michiyo de le reconnaître, mais oui, elle n’avait pas posé les bonnes questions. Pourtant, elle trouva quelque chose à répliquer. Ce serait trop facile de lui faire croire qu’elle n’allait rien répondre. Il n’y avait que face à lui qu’elle prenait le temps de peaufiner ses réponses et n’affirmait pas de but en blanc, qu’il avait tort et que c’était ainsi. Sous peine de subir de graves revendications. Passant sa langue pour humidifier un peu ses lèvres, la jeune femme, laissa les mots sortirent naturellement de sa bouche.

« Généralement, lorsque je rencontre quelqu’un qui se laisse bronzer dans les jardins de Pandora, ca ne me vient pas à l’esprit de me dire qu’il vient du clan « adverse » et de lui demander si c’est un des grands méchants à la cape poupre. »

Ce n’était pas une réponse complète. Mais c’était un bon début. La suite semblait bien plus compliquée à formuler. Sur le point que le Chain avait soulevé, la jeune femme ne pouvait débattre. Ne connaissant aucunement la qualité de Chain et leur façon de penser. Or, elle pouvait clairement affirmer, que ce n’était pas tout à fait une question d’idéaux ou non, mais plutôt une toute autre pensée. Effectivement, Michiyo était un membre de Pandora plus ou moins fidèle en vue de l’argument énoncé plus haut. Naaru, quant à lui, semblait être le Chain d’un membre des Baskerville. Ce qui par équation, signifiait qu’ils étaient tous les deux des ennemis. Non pas naturels, mais politiques. Cela, voulant dire, qu’ils pouvaient très bien se retrouver l’un en face de l’autre, dans un combat où aucun des deux ne puisse faire marche arrière, sous prétexte qu’ils « s’aiment bien ». Etre vue comme un déserteur ou un espion à la solde des Baskerville ne semblait pas être un objectif à atteindre pour la jeune femme. Soupirant légèrement, la jeune femme voulu commencer une courte explication.

« Idéaux ou pas. Je n’ai pas envie de me retrouver face à toi sans avoir d’échappatoire à l’ordre de vous tuer, toi et ton contractant. Bien qu’actuellement, je me contre fiche de celui qui te maintien sur terre. »

Ce n’était pas vraiment une explication. Puis, elle n’avait pas menti. Le contractant du jeune Chain n’intéressait vraiment pas la demoiselle. C’était Naaru qu’elle voulait protéger malgré elle. Naaru qui ferait pencher la balance dans les choix de la demoiselle. Naaru qui sans avoir à lever le petit doigt, ferait en sorte que la jeune femme rechigne à l’attaquer lui et son compagnon de combat. Sa main droite trembla légèrement. Ce n’était véritablement pas le moment de penser au fait de se retrouver l’un face à l’autre. Ce n’était pas utile. Seulement à se faire peur inutilement. Quelle serait véritablement le pourcentage de chance, voire plutôt de malchance qu’il se rencontre lors d’un combat ? Pourtant, la pensée ne pouvait être écartée. Aussi minime soit ce pourcentage, il fallait être préparé et avoir en tête les réactions précises à adopter. Michiyo se poserait la question plus tard. Lorsqu’elle serait seule. Lorsque son esprit sera uniquement à elle. Que Michael sera trop loin. Lorsqu’elle commencera à véritablement avoir peur de la réalité. Cela n’empêcha pas la jeune femme de recommencer. Oui, elle voulait savoir. Savoir pourquoi il était là lorsqu’un Baskerville cherchait un Chain. Depuis combien de temps ? Pourquoi avoir tant voulu s’enchaîner à un humain. Pourquoi. Pourquoi et toujours pourquoi. La question de la demoiselle était courte, mais cachait diverses possibilités de réponses. Michi n’était pas différente des autres humains. Sa soif de « pourquoi » ne faisait que de grandir au fur et à mesure des découvertes, au grand damne de la personne se sentant obligée de répondre. Or, ce n’était pas une personne. Mais Naaru. Les réponses n’allaient pas souvent de paire avec les questions précédemment posées.
Ses livres.

Oh, mais elle n’en avait que faire de ses livres. Il pouvait bien les garder s’il voulait. Elle lui en faisait cadeau. Les ayant déjà lus, elle ne ressentait pas vraiment le besoin de les lire de nouveau aussi rapidement. Puis, c’était un bon prétexte pour le revoir de nouveau ça. J’ai besoin ou envie de relire les livres que je t’ai donnés finalement. Cette idée resterait dans un coin de l’esprit de la demoiselle.

« Si l’on avait pu savoir. Je pense vraiment que la rencontre ne ce serait pas faite dans de telles conditions. »

Il était fort probable que le membre de Pandora aurait bien aimé se retrouver dans un endroit plus chaud, comme un café ou bien simplement un magasin. D’après ce qu’elle avait pu retenir de Naaru, la plus grande probabilité aurait été qu’ils se rencontrent lors d’une visite dans une librairie. Ou du moins, dans un endroit contenant une grande quantité de livres et de connaissance. Qu’elle soit gratuite ou a contrario, payante. Les qualités de rencontres pouvaient être bien meilleures, mais aussi étrangement pires. Ils auraient pu se revoir au milieu d’une de ses rencontres plus ou moins fatale entre membre des Baskerville et de Pandora, où généralement, certains combattants y laissent la vie. Je vous laisse bien évidemment, deviner de quel camp il s’agit le plus souvent. Ainsi, elle secoua doucement la tête pour faire partir les étranges visions qu’elle venait d’avoir. Il ne fallait pas penser à mal. Se dire que la prochaine fois ne peut être que meilleure. Sinon, les choses risquent de réellement se passer en leur défaveur.

Pour cause, Michiyo se contenta de se calmer un peu. Après tout, elle ne pouvait sincèrement pas, rester fâcher contre cet enfant trop longtemps. C’était quelque chose qu’elle avait déjà remarqué la dernière fois. Naaru était malgré sa maigre connaissance des relations humaines, quelqu’un de particulièrement gentil si l’on se contentait de rester dans les limites qu’il semble se poser à lui-même. Alors bon, à quoi cela servirait-il de s’énerver contre lui et de lui reprocher tous les malheurs du monde ? Il lui avait tellement manqué lui aussi. Autant lui avouer et profiter au maximum des minutes qui leur étaient accordées cette nouvelle fois. La pression sur le poignet du jeune homme disparu peu à peu, avant qu’elle ne soupire et se penche sur lui pour lui avouer réellement ce qu’elle pouvait ressentir face au fait de l’avoir face à elle. De la joie. Beaucoup de joie. La fin d’un manque qu’elle n’avait pu contrôler pendant quelques jours. Un certain soulagement de voir qu’il n’était pas agonissant. Mais aussi du fait qu’il se souvienne d’elle. Désormais, elle pouvait le dire. Oui, il lui avait drôlement manqué le bougre.

La position dans laquelle ils se trouvaient tous les deux pouvait sembler équivoque et assez douloureuse. Mais la jeune femme se sentait plutôt bien. Ces derniers temps, elle avait ressenti le besoin d’une présence auprès d’elle. De quelqu’un qui saurait la faire rire sans pour autant la pousser à toujours parler. Elle voulait que l’on respecte ses silences. Juste une âme prête à l’enlacer quelques minutes et mettre fin à la solitude qu’elle s’était imposée, pour des raisons qui semblaient lui échapper de plus en plus souvent. Un besoin d’avoir un corps qui l’écoute vider tous les souvenirs n’étant pas les siens. Juste une présence en somme. Naaru remplissant bien ce rôle. Elle n’avait pas mal. Puis, écouter la lente respiration du Chain se traduisait par une mélodie plutôt reposante. Elle sentie la présence d’un corps étranger dans ses cheveux. Plus précisément une main qui damnait à repousser quelques mèches trop courtes encore pour être attachées correctement. Michiyo avait les cheveux fins, par conséquent trop gênants parfois. Encore une fois, les gestes du jeune homme furent plus rapides que la réaction de Michiyo. Un baiser. Furtif. Elle n’était plus étonnée. Les échanges ayant étés nombreux la dernière fois. Tout en se relevant légèrement, la demoiselle écouta les nouvelles paroles qui parvinrent jusque ses tympans. Un sourire se dessina sur son visage.

« Ce n’est pas une mauvaise chose que d’y prendre goût. Alors pourquoi s’en priver ? »

Ce n’était pas dans les habitudes de la combattante de passer par différents chemins pour exprimer une seule et même pensée. Alors, se fut elle-même , qui vint quémander une nouvelle fois le contact entre leurs lèvres. Se penchant pour embrasser le jeune homme toujours allongé sous elle. Apparemment, elle ne voulait pas s’en priver. C’était en quelque sorte leur secret. Quelque chose qu’ils se contentaient de partager entre eux. Pourquoi vouloir arrêter et changer d’avis du tout au tout uniquement parce qu’il faisait parti des Baskerville ? Apprendre à le connaitre et le découvrir n’en serait que plus distrayant. Prenant appui sur l’une de ses mains, la jeune femme se releva après avoir rompu le baiser, tout en tendant la main au jeune homme. C’était à lui de saisir sa chance ou pas, de pouvoir en apprendre plus sur elle en même temps.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   26th Janvier 2013, 06:39

Malgré tous les reproches qui fondaient littéralement sur lui, le chain était empli d'un certain amusement. Et même si son sourire tardait à percer la barrière de ses lèvres, il était persuadé qu'en tout cas, il ne raterai pas l'occasion de reprendre une discussion un peu plus sympathique. Alors bon quoi, le sujet était tellement bénin pour lui. Cape de Baskerville. Ok, elle était un membre de Pandora. Oui, des ennemis, certes certes. Et après ? Nana était de toute façon incapable de lui faire du mal et il y avait peu de chances qu'ils se retrouvent un jour face à face. Et même si cela devait arriver, Naaru résisterai de toutes ses forces aux ordres du Baskerville. Après tout, son contractant n'était pas trop du genre à lui donner des ordres. Et même s'il se retrouverai dans de beaux draps s'ils venaient à être plusieurs Baskerville contre elle, il se sentait capable de changer de camp. Tout du moins l'espace d'un instant. Peut-être devait-il avertir Finn d'ailleurs. Mieux valait pour lui d'être mis au courant le plus rapidement possible. S'il ne connaissait pas vraiment ses sentiments vis-à-vis de la jeune fille, en revanche il se savait incapable de poser la main dessus. Il l'avait déjà testé. Il lui avait fait peur, mais au final, au final, il y avait eu plus de peur que de mal.

Il écoutait lentement les paroles de la demoiselle, sans chercher à s'immiscer dans ses raisonnements. Il avait rapidement compris l'habitude des humains à faire leurs déferlantes de mots dans le seul but d'évacuer. Auquel cas lui parler ne servirait strictement à rien. Pourtant, il osa quelques maigres paroles, sur un ton totalement dénué d'intérêt. Ah, toutes ces choses ne le concernaient pas. Vraiment pas. Pourquoi ne pouvaient-ils pas simplement profiter de ce moment ? Ne pas se prendre la tête sur des futilités. Ça comptait peut-être pour elle, mais maintenant elle était au courant. À quoi cela servait-il de continuer à en discuter. Les choses étaient ce qu'elles sont, et malheureusement pour eux deux, ce n'était pas prêt de changer. Ça n'empêchait aucunement le jeune chain de réfléchir et de se poser des questions. Et de penser ce qu'il pensait sur la demoiselle. Voilà, tout était dit.

Pourtant, elle continua. Répondit sans tact aux paroles du brun. Eh bien. Il s'en prenait décidément beaucoup sur la figure. Oui, bon, d'accord, il pouvait admettre que ses paroles n'étaient pas dénués de logique. Mais bon, il pouvait aussi lui répondre. Et dans l'instant, il voulait vraiment s'expliquer, contrer les paroles de Michiyo. Lui faire comprendre que ce n'est pas parce qu'il est soit disant Baskerville que ça changera quelque chose dans sa façon de la voir. Ou bien peut-être était-ce juste l'inverse. La demoiselle qui commençait à ne plus l'apprécier, lui. Il fronça les sourcils. Décidément, le sourire prenait du temps à arriver.

-Lorsque tu m'as demandé si j'étais un chain et que je t'ai répondu, tu aurais pu voir que je mentais atrocement mal. Tu aurais pu te poser des questions. Après tout, nous les chains, nous sommes plutôt peu dignes de confiance en absence de nos maîtres.

Vers la fin de la phrase, son ton prenait un certain accent d'ironie. Et enfin, son sourire apparut. Ah, ça l'énervait de s'engueuler comme ça. Et puis, il n'était jamais sérieux tant qu'il gardait sa forme humaine. Michiyo ne l'avait que par trop expérimenté. Alors bon, il souriait pour faire redescendre la tension. Comme il l'avait toujours fait. Même s'il s'en gardait de le dire, il aimait bien le caractère de Michiyo. Elle était loin d'être bête. Et puis, elle avait du répondant. Nana n'aimait que trop ce genre de caractère. Malgré tout, il écouta la suite des paroles de la demoiselle. Eh bien oui il avait pensé à la même chose qu'elle. La confrontation entre Baskerville et Pandora. Soit le jeune chain n'avait absolument pas de chance, soit il était un peu masochiste sur les bords pour choisir une personne du clan opposé. Mais bon, il l'avait déjà dit, ça ne lui posait pas plus de problèmes que ça. Alors voilà où ils en étaient. Plus la discussion avançait et plus le chain crevait d'envie de s'enfuir. Il n'aimait pas qu'on le réprimande, et encore moins qu'on lui gueule presque à la figure quelque chose qu'il n'a pas choisi d'être. Car après tout, il n'avait pas eu le choix. Il n'avait pas prévu de la rencontrer, et sur le coup du contrat il ne s'était pas dit que tel ou tel camp était méchant ou gentil. Ça lui était égal. Et ça l'était encore aujourd'hui. Simplement.

Préférant botter en touche sur ses paroles, j'annonçais simplement ne pas lui avoir rendu ses livres. Ah oui, ces livres. Voilà quelques jours qu'ils étaient dans un coin, en attendant d'être rendus. Si Nana les avaient lus ? Durant deux jours entiers il n'était pas sorti. Et diable qu'il lisait vite. C'était tout simplement intéressant. Il inspira tranquillement tandis que la discussion s'éloignait lentement du sujet fâcheux. Voilà qui l'arrangeait plus que de convenu. Prenant part au nouveau sujet, la demoiselle en profita pour dire que s'ils s'étaient rencontrés autrement que par hasard, l'issue et l'endroit aurait été différent. Ah, il commençait sérieusement à penser qu'il aurait dû revenir la voir plus tôt. Sans doute lui en voulait-elle de ne pas être venu la voir ? De l'avoir quitté sans plus de cérémonie, il était certain d'avoir blessé la demoiselle. Mais bon, pour cela il fallait aussi rentrer dans la chambre de Michiyo, et bon, s'il ne l'avouait pas, en revanche, il craignait ces endroits comme la peste. Malgré tout, il ne put s'empêcher de faire une réflexion dessus, un peu hors sujet certes, mais ce n'était plus une nouveauté. Il se gratta la tête avant de sourire d'un air gêné.

-Ah, tu m'en veux vraiment pour t'avoir quitté sans te réveiller la dernière fois on dirait.

Ses yeux se plissèrent sur un regard malicieux, tandis que son sourire se figea dans l'espace. Il n'en avait pas fini avec sa phrase. Sans vouloir s'excuser, il plongea ses yeux dans le profond océan face à lui et dit :

-Mais si tu veux, la prochaine fois, je rentrerai dans ta chambre et j'irai te réveiller d'un magnifique baiser. Tu préfères ça ?...


Dès la fin de sa phrase, Nana explosa d'un rire tonitruant. Il pouvait bien se prendre une gifle, ça lui était égal, il avait dit ce qu'il pensait. Et puis, dans le fond ce n'était pas vraiment méchant. Si c'est ce qu'elle voulait, il en était capable. Cependant, il se reconcentra bien vite sur la précédente conversation. Il faut dire que le chain était devenu légèrement plus actif et attentif depuis qu'il l'avait rencontré il y a quelques semaines. Si c'était une bonne chose ou une mauvaise, ça lui était égal, seul comptait le résultat. Et dans l'ensemble, ça le satisfaisait. Alors à quoi bon se plaindre ? D'autant que, pour une fois, il ne le faisait pas. Bref. Pour s'excuser de son comportement, et en fait surtout juste parce qu'il en avait envie, il embrassa la demoiselle. Une future confrontation ? Franchement, à quoi bon s'en soucier. Naaru avait toujours vécu dans l'instant présent, alors bon, il se fichait bien de ce que lui réservait le futur. Pourtant, il savait que ce n'était pas le cas pour la plupart des humains. Eux, ils savaient, à quelques années près, combien de temps il leur restait à vivre. Alors, ils se projetaient sans cesse dans le futur. Il aimerait réussir à transmettre ses sentiments à Michiyo, juste pour la libérer pour un temps de tout ça. Ne penser qu'à eux deux, comme il était en train de le faire dans l'instant.

Elle lui demanda s'il était vraiment nécessaire de se priver des baisers. Y prendre goût. Et pas qu'un peu. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais ça lui rechargeait ses batteries en quelques secondes. Ça lui donnait des frissons et il avait juste envie de sourire. En soit, ça ne lui procurait que du bonheur. Un grand bonheur. Il voulait bien essayer de rentrer dans sa tête pour voir ce qu'elle, elle pensait de lui. Mais d'un autre côté, il craignait un peu de le découvrir. Pourquoi ? Il n'en savait réellement rien. Mais ça lui prenait réellement la tête. Il soupira, tentant de songer à autre chose. Mais de nouveau, des lèvres se posèrent sur les siennes. D'abord surpris, ses yeux s'ouvrirent en grand. Puis, il les clôt lentement et profita simplement de l'instant. Il aimait vraiment ça. Ce que ça voulait dire. Oh, quelque part il le savait. Il le savait très bien même. Il avait eu le temps de se poser la question. Et même s'il ne l'avait demandé à personne, il se doutait très bien de ce qu'il se passait. Ça l'embêtait juste de l'admettre. Lui qui accordait rarement d'importance à autre chose qu'à son maître ou bien à quelques objets de son entourage pensait à présent bien trop souvent à elle. C'était souvent indirect. Comme quand il parlait et trouvait mentalement ce qu'elle pouvait bien lui reprocher. Ah oui, ça il l'avait compris. Il était très certainement amoureux. Et s'il avait peur d'entendre les pensées de sa jeune demoiselle, c'était certainement à cause d'une mauvaise impression. Après tout, Nana était un peu un gosse. Les sentiments, lorsqu'ils avaient lieu d'être, n'étaient rien d'autres que des sentiments purs. Il n'y avait rien d'autre que de l'amour. Un sentiment profond et puis rien d'autre. Et il savait que les humains avaient tendance à trop se poser de questions. Le contact rompu, il inspira et accrocha ses mains comme des serres autour du visage de Michiyo pour l'empêcher de s'écarter de lui. Mais au lieu de l'embrasser, il l'enlaça juste en enfouissant son visage dans le cou et les cheveux de la demoiselle. Les sentiments humains, ça l'avait toujours torturé. Il cherchait à les trouver, pourtant lorsqu'ils arrivaient, il espérait s'en débarrasser. Et là, il était un plein paradoxe. Ça lui faisait tellement, tellement mal. Et tellement de bien en même temps. Il ne parla pas. Non, il se tut. Et ferma les yeux, entourant ses bras autour du corps de Michiyo. Même s'ils étaient à terre. Même si ce n'était pas confortable, il voulait penser à autre chose.

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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   23rd Février 2013, 08:17

C’était toujours ainsi. Jamais personne ne pourrait changer son caractère si facilement. On se contentait parfois de faire des promesses plus ou moins difficile à tenir. « Je vais changer, reste » étant bien évidemment la plus connue de tous, mais aussi la promesse qui se trouve être la plus rompue. Parfois, on la tenait juste quelques heures, au mieux une semaine, parfois même un mois. Mais toujours. Inlassablement. Le naturel revenait. Jamais, on ne pouvait se débarrer du petit morceau de nous que nous voulions exclure définitivement de notre vie. De notre comportement. Vouloir se changer, ce n’est pas avoir confiance en soi. Ne pas s’aimer comme tel. On change certes. Mais naturellement. Il est impossible de changer sur commande, d’arrêter d’être soi même sur un claquement de doigt. Ca, ca faisait longtemps que Michiyo avait arrêté d’y croire. Elle, plus que n’importe qui d’autre, ne pouvait changer. Plusieurs fois, elle avait tenté d’être un peu moins caractérielle. Mais l’effet contraire se produisait souvent. Elle s’énervait finalement de devoir se contenir. Toutes personnes vivantes – ou non- autours d’elle, prenait toute la colère et la frustration de ne pas être elle-même. Généralement, tout cela se terminait dans une réflexion. Elle partait furieuse dans une mission suicide pour se tester, et laisser libre cour à sa frustration pendant quelques minutes. Elle ne revenait jamais dans un bon état. Parfois. Non. Souvent, ses vêtements se retrouvaient en lambeaux, et la seule solution plausible était de les jeter aux ordures. Dépensant toujours plus dans de nouveaux habits. Alors, du jour au lendemain, après des dépenses excessives principalement. Elle s’était résolue à ne jamais vouloir se brider elle-même. Son caractère était capricieux et colérique, alors c’était ainsi. Pourtant, s’il y avait bien une chose qu’elle n’avait jamais fait. Un seul côté de son caractère qu’elle n’avait jamais tenté de brider, c’était bien celui-ci. En effet, Michiyo avait la capacité de passer d’un sentiment à un autre en moins d’une minute. Voire trente secondes lorsqu’elle était dans une forme olympique. Généralement, il était difficile de savoir comment la jeune femme allait prendre une simple parole. Allait-elle s’énerver ou tout simplement garder pour elle ses pensées ? Le fait est, que ses sauts d’humeurs changeaient en fonction de la personne. Sur une même attitude, un même mot, ce n’était jamais la même réaction. Elle ne savait pas vraiment comment brider cette attitude. C’était la plus difficile à catalyser. Pourtant, avec Naaru, les choses étaient différentes. Les choses étaient toujours différentes avec Naaru de toute façon. Quoi qu’elle fasse, le temps qu’elle prenait à réfléchir. Les moments de vide qu’elle laissait planer le temps de réagir autrement qu’à ses habitudes. Rien. Nothing. Nada. C’était toujours la même chose. Ses mots sortaient toujours plus rapidement que son esprit ne voudrait les trouver. Naaru était le seul à lui faire perdre ses moyens. Le seul avec qui rien n’était identique. Il le savait certainement le bougre et cela n’avait pas l’air de le chambouler plus que cela. Alors oui, elle changeait d’humeur rapidement. Elle l’avait détesté de lui avoir fait rater sa poursuite. Puis, elle avait été heureuse de le revoir. Pour finalement s’énerver de nouveau parce qu’il était un Baskerville. Le Chain était capable de faire ressortir un flot de sentir bien indescriptible pour la demoiselle.

C’était donc pour cela qu’elle lui avait fait la morale. Les yeux fixant les iris verts en face d’elle. Son visage montrant clairement qu’elle n’était pas d’humeur à sourire. Oui, il aurait pu lui dire. Lui laisser un autre mot voire même ne pas partir avant qu’elle-même ne soit levée. Pour une fois qu’elle dormait facilement. Après tout, avec une blessure à la hanche, on se sent plus fatiguée que lors des autres jours. Il la mettait de mauvaise humeur dès le réveil. Uniquement parce que , monsieur, avait décidé qu’il fallait partir pour x ou y raisons qu’elle ne connaissait même pas. Or, Michiyo détestait ne pas savoir. C’était ainsi. Il fallait qu’elle sache. Le pire, était qu’elle ne savait pas ce qui lui était arrivé après. Allait-il bien ? Etait-il tombé malade ? Non, ce n’était pas possible. Les Chain ne tombent pas malade. Puis cette question. Avait-il au moins pensé à elle. Voilà, c’était dit. Elle s’était plusieurs fois posé cette même question. Occupait-elle au moins quelques secondes ses pensées ? C’était cela qui la rendait de mauvaise humeur face à lui. Pourquoi ne savait-elle fichtrement rien. Peut-être. Non. Certainement qu’elle s’en fichait qu’il soit Chain, ou Baskerville. Juste qu’elle ne savait rien sur le Naaru en lui-même. L’homme qu’il était, ou juste, l’homme qu’il est.
Il ouvrit alors la bouche. Quelques maigres mots que Michiyo assimila aussitôt. Elle n’avait pas à poser des questions. Il se devait de lui donner les réponses automatiquement. Alors, oui, elle répondit du tac au tac. C’était plus ironique qu’autre chose. Ses propres mots raisonnaient encore dans son esprit. Elle n’avait pas trouvé cela très gentil finalement. Encore une preuve qu’elle ne réfléchissait pas assez avant de parler. C’était l’effet Naaru. Comme le fait qu’elle n’était pas encore capable de s’enlever d’au dessus de lui. Elle aimait tout contact, même fortuit avec cet homme, sans pouvoir l’expliquer.

C’était justement le contraire que ce qu’elle faisait. Ne pas le laisser s’expliquer. Elle se disait toujours qu’elle ne connaissait rien des individus. Enfin, du moins, rien de ce qu’elle ne voulait bien savoir. Or, dans la situation présente, elle ne ferait jamais appel à Michael pour en savoir un peu plus sur le jeune brun. Cela devait venir de lui-même. Une décision qu’il devait prendre de son propre chef, lorsqu’il serait prêt. Serait-il seulement prêt à un moment ou un autre, si la jeune femme ne le laissait jamais parler. Le connaissant, il n’allait pas non plus la couper dans son monologue. Apprendre à se taire ne serait pas un mauvais changement au final. Alors, doucement, ses lèvres se fermèrent pour lui faire comprendre que c’était à son tour, de prendre part dans le débat. Le silence était roi durant quelques secondes. Des secondes qui parurent longues, très longues pour la jeune demoiselle. Il commença alors son tour. C’était une sorte de débat pour les sourds. Du moins, les plus ou moins sourds. Ils se répondaient sans prendre le temps d’y penser, souvent à côté de la plaque. Oui, c’est vrai, il n’avait pas trop tort dans un sens. Seulement, Michiyo ne faisait pas forcément attention aux individus lorsqu’ils parlaient. Elle se contentait de les regarder vaguement sans jamais les voir. Ecoutant chaque parole qui pouvait lui sembler intéressante. Le jeune brun n’avait pas dérogé à la règle. Comme toute personne qu’elle connaissait à peine, la jeune femme n’avait pas vraiment fait attention à son visage. La question était désormais de lui dire la vérité ou pas. Son regard devint légèrement fuyant. Son choix était fait.

« C’est une bien basse estime de toi-même que tu as là. Ca doit être la première fois depuis que nous nous connaissons que tu dis le mot « maitre ». C’est péjoratif. Moi qui aurait dit que tu étais l’un des Chain les plus indépendants et passionnant de ce fait, que j’ai rencontré. »

C’était un choix. Un très mauvais choix. Jamais, elle n’avait pris la peine de ne pas répondre à une question. Habituellement, elle trouvait toujours quelque chose à répondre. Pourtant, ici, elle avait tout simplement pris la décision d’éviter la question. Il était certain que cela n’échapperait pas aux yeux du Chain. Qu’il aurait certainement quelque chose à dire sur ce point. Mais elle ne pouvait plus rien y faire. Alors, elle c’était simplement contentée de prendre la deuxième partie de la tirade du Chain. C’était faux et vraiment faux. Tous les Chain ne sont pas à mettre dans le même panier. Oui, elle en avait vu des Chain incapables de se tenir correctement et d’être dignes de confiance sans leurs contractants. Mais, certains se tenaient beaucoup mieux au contraire. De plus, ajoutait le mot « maître » au lieu de « contractant » avait fait se poser des questions à la demoiselle. C’était un terme d’infériorité visible. Elle ne savait dire s’il était contrarié ou rigolait simplement. Mais entendre ce mot l’avait légèrement chamboulé. Rares étaient les habitants du monde Abyssal qui se mettait en position de faiblesse vis-à-vis des humains. Du peu, que Michiyo connaissait le jeune Chain, elle pouvait se douter, qu’il n’était pas du genre à se mettre en position de telle faiblesse. Et enfin. Oui, enfin ! Son cerveau analysa toutes les informations. C’était la fatigue. Habituellement, elle écoutait les phrases d’une oreille distraite. Et s’en occupait dans le second cas. La demoiselle se fixait dans un premier lieu sur les intonations dans la voix. Les expressions du visage. Analysait tout ce qu’elle voyait. Les mots peuvent mentir. Ils sont fourbes. Alors que dans la situation qu’elle vivait, les mots du jeune homme avaient pris plus d’importance que l’intonation dans sa voix. Cette ironie. Bon dieu, est ce qu’il se moquait d’elle ? Non, ce n’était pas ça. C’était quelque chose de plus profond certainement. Quelque chose qu’elle ne comprenait pas encore.

Elle n’en débâterait pas si l’on lui affirmait qu’elle avait peur. Elle aimait profondément Naaru, peut-être pas du « true love » comme nous pouvions le lire dans tous les romans à l’eau de rose actuels. Mais c’était un petit quelque chose. Qui ne demandait qu’à grandir si la demoiselle se voulait à le débrider. Fallait-il seulement lui laisser le temps. La décadence et le courage de tout laisser tomber et de vivre enfin sa jeunesse une fois. Certes, elle ne savait pas la durée. Mais elle pourrait vivre un peu son âge . Naaru semblait être la personne parfaite pour cela. Il saurait la tenir juste un peu proche du « travail » qu’elle avait choisi. Le fait est, qu’elle n’était pas la seule à pouvoir prendre une telle décision. Non, il fallait que le jeune homme soit du même avis qu’elle. C’était quelque chose à voir. A sentir, et à comprendre. Cela se ferai minutes après minutes. Rencontre après rencontre. Pourtant, elle ne pouvait pas tomber dans un registre sentimental qui n’était pas une partie essentielle de sa personnalité aussi facilement. Il fallait auparavant qu’il rencontre sa personnalité plus forte. Plus caractérielle, mais surtout sensible. Alors, elle l’écouta tranquillement, laissant son regard dériver lentement vers l’immense forêt qui l’entourait. C’était calme. Un endroit intéressant pour une rencontre finalement. Seul le bruit des animaux et insectes pouvait troubler le son du vent sifflant dans les feuilles. Les individus pouvaient ainsi oublier qu’ils avaient froid. Leurs maux. Leurs douleurs. S’oublier eux même et faire attention au monde environnant. Michiyo eu l’occasion d’entendre quelques mots. Est-ce qu’il avait raison ? Lui en voulait-elle ? Tout à fait. Il était parti sans qu’elle n’ait pu le remercier de son aide. Sans qu’ils n’aient eu le temps de prévoir un moment pour se revoir. Il lui avait promis après tout. Puis, il n’avait pas fait son travail correctement. Ne devait-il pas la guérir ? Au final, elle avait eu plus de mal que prévu à se remettre. Quelques jours à avoir des difficultés pour marcher. Puis finalement, elle avait juste gardé une mauvaise cicatrice. Bref, il était parti avant de lui dire au revoir et cela l’avait chiffonné. Michi était une jeune femme très posée sur le fait de maitriser toutes choses autours d’elle. Or, elle ne pouvait le faire correctement lorsque le Chain s’en faisait qu’à sa tête. Bougonnant alors et détournant le regard, elle avoua la chose.

« Tout à fait. Je t’en veux. »

Ni plus ni moins. Michiyo jouait beaucoup sur les intonations de sa voix aussi. Elle avait mis dans sa voix un peu de déception voire même d’amertume. Toute cette histoire lui était restée dans la gorge au final. Chaque fois qu’elle se permettait de ne pas penser à cette soirée. Cette rencontre. Pourtant, il aura suffit d’un simple regard vers son poignet pour apercevoir, ne serait-ce que quelques micros secondes, l’attache pour cheveux du jeune Chain. Et cela, à n’importe quel moment de la journée. Alors, encore une fois, elle se souvenait des moindres détails. Surprise. Jamais sa mémoire n’avait été aussi peu sélective. Malgré les souvenirs d’autres individus lambda qu’elle pouvait emmagasiner, tout restait intact dans son esprit. Dit dont, ce jeune homme pouvait marquer les esprits aussi facilement que n’importe quel plus grand bonheur. Non, il était le bonheur lui-même. Ce même sentiment qu’il dégageait de part son sourire et ses yeux malicieux. Yeux que Michiyo ne pu éviter une nouvelle fois. Ce regard dans lequel elle souhaitait ardemment se perdre. Avant qu’une phrase la fasse rougir, sourire, puis rire. Il était bien doué pour donner la joie de vivre, même dans la plus grosse colère.

« Uniquement si tu ne m’enlève pas sur un cheval blanc comme dans les romans. Je ne fais pas dans les stéréotypes. »

Et le rire du jeune homme entraina le sien. Ses muscles se détendirent pour laisser place à un rire cristallin et chaleureux. Elle venait de balayer d’un unique geste de la main bien des soucis et des jours de filatures. Toutes les pressions s’étaient envolées comme une feuille dans le souffle du vent. Jeunesse devait se faire. Avec le sourire si possible. Le rire se stoppa bien vite. Le regard bleu se dirigea une nouvelle fois en dehors du visage de Naaru. Pour fixer un élément sur le sol, qui brillait sous le soleil d’hiver. Quelque chose qui aurait pu leur coûter la vie à tous les non. Non, c’é tait faux. Lui coûter la vie à elle seule. Parce qu’elle ne maitrisait pas parfaitement cet art que le brun avait du pratiquer pendant des heures, voire des années de sa vie, avant et après son passage dans l’Abysse. Parce qu’elle n’était pas forcément intéressée par les attaques à distance. Mais, le voir pratiquer des gestes aussi fluides et qui semblaient si simples au travers des mouvements du Chain, lui avait donné envie de tenter. Mettre de l’argent de côté pour alors acheter une fine épée. Quelque chose qu’elle serait capable de porter et de maîtriser sans l’aide. Passant des heures à s’entraîner, avec plus ou moins de succès. La voir sur le sol crasseux, lui donnait un pincement au cœur. Il l’avait fait tomber si facilement, il était bien plus doué qu’elle. Jamais elle ne pourrait y tenir tête plus d’une minute. Frustrée. Très frustrée. Elle n’aimait pas être la seconde dans une situation. Quitte à passer des centaines heures à travailler. Alors, les morts sortirent doucement.

« Je t’adore profondément, mais évite d’abimer mes armes. Je ne pourrais plus m’entraîner la prochaine fois. Ainsi, je ne pourrais jamais te défier. »

Cela était vrai. Provoquant ainsi en elle une certaine excitation. Cet homme pouvait lui faire ressentir de nombreux sentiments. L’amitié. La sécurité. Puis l’excitation. L’envie de relever le défi permanant qu’était le jeune homme. L’embrasser était une forme d’excitation aussi. Chercher ses lèvres. Les caresser. Le taquiner sur des sentiments qu’ils ne connaissaient pas forcément et ne pouvait pas contrôler. Lui donner envie de vivre plus longtemps avec elle. L’intéresser pour qu’il revienne encore et toujours. Mais l’excitation est un ressenti qui n’existait pas uniquement sous forme d’attirance physique ou sexuelle. Non, cela fonctionne dans d’autres registres. Comme par exemple le fait de combattre une personne qui est bien plus entrainait et fort que nous dans un domaine précis. En l’occurrence Naaru dans le maniement de l’épée. Elle voulait le voir s’épanouir et c’était un défi de taille. Le combat pouvait faire du bien. Faire partir toute les tensions qu’il y avait entre eux. Vivre aux travers des lames qui s’entrechoquent. Michiyo avait toujours besoin de découvrir de nouvelles sensations. Elle pouvait alors faire confiance au jeune homme pour ca. En attendant, elle voulait ressentir une nouvelle fois, une sensation bien définie. Alors, elle se pencha vers lui pour quémander un nouveau baiser.

Quelques secondes, rien de plus. Juste se replonger dans une sensation qu’elle connaissait. Après cela, elle aurait voulu se relever. Faire quelques pas pour se dégourdir les jambes avant tout. Mais rien de tout ça. Quelques temps de flottement. Puis ses mains entourèrent fortement son visage. Avant de sentir un souffle chaud dans sa nuque. Des cheveux chocolats lui chatouiller doucement le visage. Les bras musclés de Naaru l’entourer. Des câlins qu’elle connaissait désormais par cœur. L’odeur masculine que dégageait le jeune homme. Certaine personne pouvait tendre à avoir une odeur naturelle acre ou difficile à sentir. Alors que bon, celle de Naaru était douce et agréable. Alors, elle se laissa aller à une telle sensation. Pourtant, elle avait la désagréable sensation que le jeune homme n’était pas tout à fait dans son assiette.

« Si tu as besoin de parler, je ferai en sorte de t’écouter. Si tu veux te taire Naaru, je respecterai ton silence. »

La demoiselle ne voulait en aucun cas le forcer. Mais elle voulait en quelque sorte comprendre la façon de penser de Naaru et ce qui pouvait le tracasser. Après tout, elle ressentait quand même quelque chose de fort à son égard et le voir ainsi pouvait la rendre légèrement triste. Fallait-il seulement qu’il accepte de lui parler sans poser plus de questions.


[Désolée pour le temps... Maintenant il ne me reste plus qu'à répondre aux autres rp..Bonne lecture !]

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   20th Mars 2013, 07:22

[HRP=Je me suis déchaînée sur la réponse, bonne lecture o/]

Qu'était l'existence, après tout ? Pour le chain, cette définition d'existence n'avait pas beaucoup d'écho. Il regardait les jours passer les uns après les autres, il vivait comme le lui dictait son instinct. Quand est-ce que sa propre existence toucherait à sa fin ? Il n'existait pas de fin à proprement parler pour un chain. Sa fin pourrait s'approcher de la mort de son contractant, mais pour Naaru, toute cette mascarade le renverrai dans l'Abysse. Et là, le temps serait disloqué. Si les chains n'avaient pas cette connaissance de la vie qui passe, s'ils n'avaient pas cette notion de temps, comment pouvaient-il définir leur existence ? Même la mort du chain le replongerai dans l'Abysse. Bien profondément, il n'en ressortirai certainement plus jamais, mais au final, il resterai celui qu'il était. Alors bon, la mort, ça signifiait autant de choses que la nécessité de se nourrir. C'était abstrait et volontaire.

Il est vrai que le monde ici, le monde baigné de rayons du soleil, le monde humain et animé, lui offrait quelque chose de plus. Une chose certainement plus importante que sa vie décadente dans l'Abysse. S'il ne parvenait pas à mettre de mots là-dessus, il était néanmoins capable de l'exprimer. C'était une simple chaleur. Un petit cœur qui bat doucement, qui se laisse emporter parmi les autres, patientant jusqu'à une certaine heure. Est-ce que c'était ça, la vie ? Le chain pouvait donc affirmer qu'il en possédait plusieurs. Qu'il lui était possible de recommencer, encore et encore, jusqu'à ce que les autres contractants ne viennent à bout de lui et le plonge définitivement. Ah... quelque part, il enviait un peu ces humains. Ils ne vivaient qu'une seule vie, et le savaient. Leur journée devait être tellement plus colorée que la sienne. Et puis, la mort. Pour certains philosophes, cette dernière s'apparentait à une paix de l'âme. À un grand trou profond, un peu similaire à l'Abysse, mais beaucoup plus paisible. Les chains étaient maudits. Ceux qui gardaient une conscience en tout cas. C'était une malédiction. Une errance continue, jusqu'au grand rien. Jusqu'à l'infini. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de corps, plus rien, juste une entité avec l'Abysse. Pour d'autres encore, la mort donnait naissance à la vie, la réincarnation. Cette version idyllique se rapprochait beaucoup de la vie d'un chain, en vérité. Et puis enfin, le jugement de l'âme. Le bon envoyé au paradis, le mauvais en enfer. Peut-être était-ce le cas, finalement. Peut-être la mort d'un humain par un chain l'envoyait directement en Enfer, où mille et une tortures s'ensuivaient. Où mille et une vie d'errance n'était que le résultat d'une fâcheuse rencontre.

Nana reprit le dessus sur ses idées. Pourquoi pensait-il à des choses aussi graves ? Pourquoi maintenant ? Il se posait des questions, souvent d'ailleurs, mais... mais quoi ? Il comparait toujours son point de vue à celui des humains. Il tentait de les comprendre, de les cerner. Tout comme il essayait de le faire face au visage d'une demoiselle aux cheveux bleus. Le chain se forçait à sonder les pensées de la jeune dame, sans y parvenir. L'esprit humain était trop compliqué, trop poussé dans la réflexion. Et lui, qu'était-il ? Lui-même tâchait de s'approprier les habitudes de ses connaissances, à quelle fin ? Pour s'amuser ? Pour recommencer sa vie, une deuxième vie ? Son premier contractant l'avait rendu ivre de sang, ou bien peut-être était-ce dû à leur relation distordue, ou à cette vengeance ayant été la tentative d'escapade de Nana. Comment avait-il, lui, ce chain, put changer en si peu de temps ? Par quel miracle était-il passé de la manipulation à l'apprentissage ?

Naaru prit le visage de Michiyo entre ses doigts. Il avait tellement de choses à lui dire. Sur lui, sur elle, peut-être même sur eux. Il fallait plus de temps. Ce fameux temps, s'il avait pu se le diviser et en offrir à tous ceux qui lui étaient chers, Nana l'aurait fait. À commencer par elle et son contractant. Il y avait tant de choses à découvrir ici. Les livres fourmillaient d'idées, de notions, de toutes ces choses si intéressantes. L'Abysse semblait si vide à ses côtés. Rien. Toutes ces choses, Nana devait les assimiler le plus vite possible, car son retour dans l'Abysse signifierait sûrement son retour après plusieurs milliers d'années ou quelques secondes. Au final, il était là sans être là. Quelqu'un qu'on voit puis qu'on ignore. Le chain ne connaissait pas l'abandon. Là était l'un des seuls sentiments encore étrangers à son cerveau. Il peinait à comprendre pourquoi Michiyo venait à lui en vouloir pour l'avoir délaissé sans l'honorer de sa présence. C'était tout à fait normal. Il ne se l'expliquait pas, il ne se posait pas la question, il n'y avait même jamais eu affaire. On ne l'avait pas encore une seule fois abandonné. En même temps, il était difficile de songer à un cas de figure comme celui-là. Dans l'Abysse il était seul, vivait ou plutôt survivait sans connaître le temps qui passait. Sa première apparition au monde humain l'avait rendu totalement insensible et... au final il était là aujourd'hui.

Par la suite, Michiyo le sortit de sa rêverie. Lui fronça les sourcils. Non, elle n'avait pas fait attention. S'il avait pu rougir à leur première rencontre, il aurait été fort à prévoir que la demoiselle ne le remarque même pas. En tout cas, ce fut la déduction faite du chain en écoutant les paroles de la jeune femme. Oui, elle avait merveilleusement bien éludé la question à peine formulée. Mais ses yeux fuyaient,et sans même avoir commencé à parler, Naaru avait deviné la réponse. Néanmoins, il attacha autant d'importance au physique qu'à l'oral. Visiblement ses propres phrases passaient au peigne fin. Quelque part, ça l'amusait beaucoup. D'un autre côté, et paradoxalement, il se sentait un peu vexé qu'elle le reprenne sur ce terme. « maître » ou contractant, ça n'avait pas vraiment d'importance. Il aurait tout aussi pu bien l'appeler frère ou même moitié, quoique ça ne lui plaisait pas trop. Oui, peu importe ce que le monde pensait, Finn restait avant tout son maître. Il n'était pas vraiment question d'estime, ni même de fierté. Il ne craignait aucun mot. Il n'y faisait même pas attention. Sa phrase était spontanée, et en vérité elle décrivait fortement bien leur relation. Allons bon, au juste, qu'avait-il comme pouvoir sur sa personne ? Naaru était sans doute l'un des chains les plus libres de tous, mais au final, il suffisait d'un rien pour le rendre obéissant. Quelques mots de son contractant, et lui-même serait forcé de faire la vaisselle tous les jours, et le tout sans broncher. D'un simple mot, il pourrait être renvoyé chez lui, effectuer mille et une choses qu'il déteste. Tuer n'importe qui, même elle. Alors oui, il était indépendant, mais tout son avenir n'était lié qu'à une et une seule personne.

Alors, pour tenter une énième explication, le chain leva légèrement le main et agita son poignet dans l'air avant de fermer le poing. Il n'était pas le plus malheureux de tous les chains, ça non. Mais son indépendance restait fictive. Et même s'il ne pouvait que rejeter la faute sur son contractant malgré toute la gentillesse qu'ils se portaient mutuellement sans même s'en rendre compte, au final c'était sa simple faute à lui d'être né chain et d'être reparu dans un monde qui, peut-être, avait été le sien mais qui ne l'était plus aujourd'hui.

-Je ne suis pas très doué pour expliquer ça, mais toute mon indépendance est liée à mon « contractant ». Il lui suffirait d'un mot pour m'obliger à te tuer, tu comprends ? Au final, je crois que je ressemble un peu à un gros chien. Il fait peur, il mord mais il reste obéissant. C'est quelque chose de plus fort avec celui qui m'a mené ici, mais on peut dire que ça s'en rapproche, à peu de choses près.

À peu de choses près oui. Le chien, il obéirait par peur d'une punition ou parce qu'il sait qu'une friandise attend. Naaru c'était totalement différent. C'était une simple obligation, quelque chose d'aussi naturel que manger, dormir. Pendant l'ordre, il n'y aurait rien d'autre que l'ordre. Les remords viendraient ensuite, probablement. Ou peut-être même ne viendraient-ils pas. Finn en avait aussi le pouvoir. Être aussi bête qu'un légume. Quoique. Tout ceci finirait forcément par faire son retour un jour et là ce serait une vraie catastrophe. Quoiqu'il en soit, il n'en était absolument pas là, et son contractant était probablement l'un des plus emmerdeurs mais gentils hommes de la planète.

Enfin... fallait-il probablement en revenir à des choses plus sympathiques... à peu près. Ce fameux sentiment d'abandon. Oui, il était parti un peu rapidement. Oui, il n'avait pas osé s'aventurer dans le domaine de la demoiselle. Oui, il ne pensait pas à la rappeler ou même la retrouver, en connaissant tout de même l'emplacement de sa maison. Le chain vaquait simplement à ses occupations, songeait à de nombreuses choses, et puis souvent il pensait à Michiyo. Mais quoi, pourquoi irait-il la voir ? Il n'était pas vraiment dans ses habitudes de ne pas s'imposer. Mais là, c'était pourtant le cas. Naaru en ignorait la cause, mais il ressentait un paradoxe sur cette jeune femme. La voir, ne pas la voir. Et comme de nombreux paradoxes finissant dans la tête du chain, il finissait par s'en lasser et oubliait. Voilà comment les choses s'étaient faites. Aussi naturellement que possible, à l'image de la tête en l'air qu'était Nana. Au final,l'effet du hasard les avait de nouveau rapproché. Si c'était pas mignon. Malgré tout, ça n'envisageait rien à l'avenir. Le chain était à fait capable de reprendre ses habitudes. Il serait simplement en possession d'un nouveau souvenir, mais tout ceci s'arrêterait là. Il faudrait de nouveau le hasard pour les faire se retrouver mais... est-ce qu'il voulait vraiment ça ? Après tout, lui était content avec sa présence à elle. Alors comment en arrivait-il à ce paradoxe visiblement infondé ? Il n'en savait rien. Il n'en savait fichtrement rien et ça finissait pas l'agacer.

Finalement, Michiyo fut la première à rompre ce petit silence. Ça ne le déplaisait pas. De toute façon, il appréciait chaque seconde, avec ou sans échange, oral ou physique. La demoiselle était un gros point d'interrogation. Un très gros point qui lui faisait oublier un certain nombre de choses lorsqu'elle venait envahir son cerveau. Au premier abord, c'était un peu... gênant ? Et puis, après, ça n'offrait rien d'autre que du plaisir. C'était si simple, en vérité. Il garda son regard fixé sur le bleu ciel de la demoiselle et lui sourit. Il souriait beaucoup, c'était un fait. Mais dans quelle circonstance pouvait-il s'énerver autre qu'en combat. Et encore, tout dépendait du combat. Très certainement, Nana n'était pas un chain trop difficile à vivre. Sauf si vous vous appeliez Finn Baskerville, mais ça c'était une toute autre histoire. Finalement, Michiyo se mit à bougonner des paroles en fixant un point dans le vide, autre part.

Naaru amena rapidement sa main devant sa bouche et ne put s'empêcher de pouffer devant la mise en scène de la jeune femme. Ah vraiment, quel talent elle avait ! Le chain était sous le charme de son air si craquant. La phrase en elle-même était relativement -insistant bien sur le relativement- attendue, mais disons qu'il y avait tel et tel manière de le dire. Et d'ors et déjà, le chain lui donnait dix sur dix pour la gestuelle. Elle donnait presque l'impression d'être en colère, et Nana refusait intérieurement d'employer le mot bouder pour d'instables et inutiles raisons, mais pas tout à fait. En somme, lorsque le jeune homme en termina de se moquer du visage face à lui, il lui offrit l'un de ses plus beaux sourires et chanta presque ces mots.

-Tu es vraiment trop mignonne.

Comment pouvait-il être sérieux ? Pourtant , quelque part, il l'était en ce moment. Il tenait compte de ses paroles, mais ne se prenait juste pas la tête pour des choses pareilles. Après tout, le temps était passé, ils s'étaient retrouvés, à quoi cela servait-il de se ressasser un tel passé ? Il n'y avait rien d'intéressant dans le passé, surtout dans son passé à lui. En tout cas, il n'y avait rien de joyeux. Mais ce n'était pourtant qu'une façade. Car, après tout, ce beau point d'interrogation face à lui était le résultat du passé. Un passé récent, mais un passé quand même. Leur retrouvailles aussi appartenait à présent au passé, même s'il continuait au présent et se préparait au futur. Au final, chaque temps était un bonheur ou un malheur de plus.

Naaru cligna plusieurs fois des yeux pour être sûr de ne pas mélanger rêve et réalité. Pourtant, elle était bien là, au-dessus de lui, à rougir à sa phrase. Mignonne bis. S'il suffisait de mots pareils pour la faire rougir, alors Nana était prêt à lui sortir l'artillerie lourde uniquement pour voir cette rougeur naissante sur ces joues encore une fois. Ce fut d'ailleurs de courte durée, puis elle se mit à rire. Il joignit ses rires aux siens. Il en était largement capable. Si Michiyo le lui demandait, il l'embrasserai autant de fois qu'elle l'exigerai. Il aimait bien ce doux contact de deux lèvres. Simple. Elle lui fit une remarque par la suite. Le cheval blanc ? Damn, il n'y avait vraiment pas pensé. Heureusement qu'elle ne le souhaitait pas, de toute façon, il n'aurait pas été en position de s'en procurer un. Alors... si elle ne retenait que ça, cela signifiait-il que ces gestes auraient pu être ces derniers pour la réveiller ? Si ça ne le dérangeait pas, si ça ne la dérangeait pas, alors est-ce que c'était vraiment la même chose que ce genre de roman ? Ce n'était pas très clair, même si ça venait petit à petit. Des liens se formaient entre roman et réalité, infime mais de plus en plus nombreux. Quoi, il y avait quelque chose derrière, non ? Une chose, un sentiment même. Fallait-il y penser, ou ne pas s'en formaliser ? Lui penchait pour la seconde option. Si cette chose devait venir un jour, elle viendrait, point à la ligne. Nana n'était pas du genre à courir, mais plutôt à recevoir sans se fatiguer. Quoiqu'il en soit, il ne répondit pas et se contenta de rire. Non, il n'allait pas l'enlever, sauf si bien sûr elle le désirait, mais de ce cas, le sens même d'enlever quelqu'un tombait à l'eau. Bref, il était inutile de se prendre la tête avec ça.

Finalement, Michiyo prononça quelques paroles qui eurent le don de surprendre le chain. Il apprécia la première partie de la première phrase. Il se ficha complètement et majestueusement du milieu mais manqua de sursauter à la fin. Le défier ? Lui ? Avait-elle perdu la raison, ou bien souhaitait-elle vraiment mettre fin à ses jours ? Pour Naaru, il n'y avait pas de juste-milieu dans le combat. Disons, pour faire simple, qu'il ignorait le sens du mot « entraînement » ou « jeu » par exemple. À moins de se retrouver en forte mauvaise position ou tout simplement lassé d'une confrontation, il achevait ses ennemis ou s'enfuyait en courant. Ça finissait toujours dans l'un des deux cas. Alors, pour lui, si la demoiselle lui proposait pareil défi, c'était sans connaissance de cause. Bon, au final, après quelques secondes de réflexion, il s'autorisa le fait de penser que, peut-être, il n'avait pas besoin d'en arriver à ce point-là. Et finalement, il parvint à poser ses propres mots sur cet entraînement. Néanmoins, il ne cessait de penser très fort qu'elle n'avait aucune chance. C'est pourquoi il rit nerveusement avant de prononcer presque amèrement.

-Même si tu t'entraînais d'aujourd'hui jusqu'à tes 80 ans, tu parviendrais peut-être à peine à me désarmer. La chose étant qu'une bonne centaine d'années nous sépare sans aucun doute. L'expérience ne fait que suivre.

Et comme pour paraître un peu plus gentil, Naaru posa son index sur le bout du nez de la demoiselle et sourit d'un air moqueur. En fin de compte, son ton s'était fait un peu plus dur que voulu. En même temps, Naaru était un chain, et un chain se basait sur sa puissance pour vivre et survivre. S'il n'avait pas été un minimum fort, il ne serait pas là aujourd'hui pour en témoigner. Que Michiyo lui propose en quelque sorte de se battre juste pour tester ses capacités le décevait un peu. Et puis, il ignorait si ses talents de professeurs s'étaient un jour exprimé. Mais bon, la chose était bénigne et au final, le chain finit par se concentrer sur autre chose. Le chain leva un peu la tête, et dirigea son regard vers l'arme étendue à terre. Ce n'était pas la sienne, non. La sienne, il pourrait la reconnaître face à mille et une copies. Son katana l'avait accompagné de toute sa vie de chain, il avait un nom, une identité. Il pouvait sentir le bourdonnement de son épée plantée dans le sol, les infimes particules de métal composant la lame, la légèreté de la garde, la finesse des gravures du manche, la longueur, l'épaisseur, le poids et tant d'autres détails encore. Mais cette épée-là n'avait déjà morphologiquement pas la même allure. Elle n'était pas légèrement courbée comme la sienne, la garde n'était pas construite de la même façon. Un simple coup d'oeil suffit à l'analyser presque entièrement. Une vague de nostalgie fit vibrer le dos du chain. C'était une impression de déjà-vu. Non pas l'épée, mais la méthode d'analyse. Il avait la vague impression d'avoir toujours fait ça. Et ce n'était pas dû à son pouvoir. Naaru avait vraiment été forgeron. Quand, c'était impossible à définir, et en fait, il s'en fichait totalement, mais c'était un sentiment agréable. Vraiment agréable.

Finalement, il reposa son regard sur Michiyo et l'observa longuement sans piper mot. En fin de compte, il rendit compte de son observation à l'oral :

-Si tu me permets, la prochaine fois que tu iras chercher une épée, appelle-moi ou fais quelque chose. Ton épée n'est pas très bien équilibrée au niveau de la lame, il y a des défauts de fabrication, même s'ils ont été masqué. Ce n'est pas vraiment grave, mais je suis sûr qu'avec une bonne épée, tu auras déjà fait de fulgurants progrès sans t'en rendre compte. Et puis... un jour quelqu'un m'a dit que l'épée choisit le bretteur et non l'inverse.

D'où sortait-il cette phrase ? Encore une fois, il n'en savait foutrement rien. Mais c'était venu s'ajouter à sa phrase, le plus naturellement du monde, comme si l'homme lui ayant murmuré ses mots était encore à côté de lui pour le lui répéter. L'épée choisit le maître. À l'époque, dans cette époque lointaine dont il ne se souvenait que par morceaux, il s'était toujours figuré une épée parlante, ou bien une épée lumineuse. Pour lui, c'était le fameux signe attendu. La manière de l'épée à dire « tu es venu pour moi. » et pourtant... pourtant, il avait compris que tout n'était que mythe lorsqu'il avait littéralement fondu devant son épée. Cette épée qui le suit encore aujourd'hui. Ça n'avait pas été un coup de cœur. Ou disons plutôt que c'était plus fort que ça. Une forte impression de déjà-vu, de destins liés. Pourquoi y repensait-il maintenant ? Pourquoi ? C'était vraiment étrange.

Par la suite, ses pensées divaguèrent sur autre chose. Elle reprirent le juste chemin du présent. De Michiyo, comme de lui. Tout cela avait été précipité par un nouveau baiser, quémandé par la plus jeune. Qu'étaient-il, eux, au juste ? Deux amis ? Ils ne se connaissaient pas. Ils avaient tant de choses à apprendre l'un sur l'autre. Nana était en mesure de répondre à très peu de question sur Michiyo. Il n'y avait pas tout à refaire, simplement à faire. Mais est-ce qu'elle voudrait, elle, lui dire tout ce qu'elle savait sur elle-même, sur ses amis, sa famille, voir même son chain ? Et lui, était-il forcé de sonder sa mémoire et de replonger dans ces affreux méandres de vie passée ? Il n'était pas en état. Il n'était jamais en état. Il ne le serait sûrement jamais. À force de brider constamment sa mémoire, il finirait par oublier.

Mais ne l'avait-il pas déjà fait ?
S'il pouvait sourire, s'il pouvait rire aussi légèrement, n'était-ce pas dû à cet oubli volontaire ?
Qu'est-ce que ça faisait de se voir mort, vraiment mort ?

ASSEZ !

Il en avait marre de se faire assaillir d'affreux événements dans des moments pareils. Il y avait ça d'un côté, il y avait ces autres sentiments de l'autre. Que pouvait-il faire, lui, malheureux chain découvrant tout ceci en simple victime. Quel était toutes ces choses qu'il ressentait pour lui, et puis surtout pour elle, pour Michiyo ? Y'avait-il une réponse ? Et lui, qui était si extraverti, pourquoi diable était-il incapable de formuler la question d'un bout à l'autre à la principale concernée ? Il suffirait pourtant d'une phrase, mais après tout, il ne savait même pas comment l'expliquer, comment l'arranger pour la faire paraître anodine. Et voilà, il cherchait encore à se cacher quelque chose. Mais est-ce que cela faisait aussi mal que le reste, que ces autres sentiments beaucoup plus torturé émanant de son passé ? Non, c'était absolument autre chose. Ce sentiment était né bien plus vite que prévu. Beaucoup trop vite. C'était leur deuxième rencontre. Il s'en était passé des choses, pourtant. Mais au final, tout ne restait que superficiel. Il ne parvenait même pas à savoir s'il copiait ces sentiments où s'ils s'exprimaient librement. C'était une chose rare. C'était lui, le manipulateur de sentiments, pas ces derniers.

Il y avait trop de questions dans sa tête, mais aucune ne passait la barrière de sa bouche. Alors, il chercha le contact physique. Ce contact parvenait à exclure beaucoup de problèmes dans sa tête, et pourtant, ces derniers persistèrent. Il sentait tellement de choses. La peau un peu plus froide que la sienne, les cheveux couleur océan, le sol vraiment inconfortable, tout ce méli-mélo de sensations. Et puis, elle comprit. Sans même qu'il n'ait à en formuler les mots. Michiyo avait remarqué que quelque chose n'allait pas. Alors qu'ils se connaissaient à peine. Elle avait réussi à le cerner en si peu de temps. C’était un record. Lui qui était si doué pour masquer ses émotions derrière un beau sourire. Pourquoi fallait-il qu'elle y arrive aussi vite ? La demoiselle ne l'avait pas forcé à s'exprimer, loin de là, mais lui connaissait suffisamment la dame pour la savoir curieuse. Même si elle allait faire l'impasse en premier lieu, tout finirait par retomber sur le tapis, un jour ou l'autre. Et même si ce n'était pas le cas, au final Nana voulait se confesser et comprendre, surtout comprendre. Il relâcha une de ses prise et cacha ses yeux avec sa main droite.

-Tu ne m'as jamais parlé de toi, de ta famille, de tes amis et de ton chain.

C'était un bon début, ou disons plutôt que ça aurait pu mieux démarrer. Naaru cherchait un point d'encrage où pouvoir s'exprimer un peu plus librement. Où pas même ses barrières mentales ne pouvaient s'insinuer. Alors, il avait recyclé une pensée plus ancienne. Il faisait rarement preuve d'autant d'intérêt sur quelqu'un ou quelque chose. Ou c'était toujours pour une raison quelconque, voir même simplement par ennui. Pour voir le temps passer. Mais là c'était différent. C'était un peu plus fort. Il n'avait pas relié les ponts plus tôt, ne le regrettait pas et ne le regretterai certainement jamais, mais d'un autre côté, il songeait à ce qu'avait bien pu penser Michiyo. Vaquait-elle tranquillement à ses occupations, ou bien s'était-elle un jour intéressée, avait pensé, ne serait-ce qu'une minute à lui ? Et pourquoi l'intéressait-il de savoir cela ? C'était une grande question, un bébé point d'interrogation grandissant près du grand. Et qu'arrivera-t-il au bout du compte lorsque les deux points seront devenus adultes ? Ça l'effrayait un peu. Peut-être était-ce de ce raisonnement qu'était né le paradoxe de revoir Michiyo ou non. La peur. Il était si facile de couper des liens, comme ça, avec une simple paire de ciseaux. Pourtant, il y en avait de plusieurs matières, et ceux en argent restait les plus résistants. Et de toutes ses connaissances, il n'y en avait que deux. Son contractant, et elle. Sauf que ce dernier fil était passé du mince et fragile coton à la puissance et la richesse de l'argent en quelques minutes à peine. Alors, il fallait le lui dire, à Michiyo. Il fallait l'informer de ce « quelque chose » là, tapit tout au fond de son cœur.

-J'ai envie d'en savoir constamment plus sur toi. Pas juste parce que tu es humaine et moi pas. C'est vraiment... comment dire, c'est vraiment juste parce que c'est toi.

Il n'avait pas exprimé cela aussi clairement depuis... depuis toujours. Pourtant, elle l'avait toujours vu souriant, ou vexé voir énervé. Il possédait tant d'autres défauts difficiles à supporter. Ce n'était pas une question de mérite, mais il trouvait ça vraiment bizarre de ressentir autant en si peu de temps. Alors, il voulait savoir. Savoir son comportement à elle, ses défauts, ses qualités, sa famille, ses activités, ce qu'elle aime ou n'aime pas, son caractère en somme. Et maintenant c'était presque une évidence de le lui demander comme ça, couché par terre, attendant le glas ou un quelconque voyageur passant par là. Non, il n'attendait personne. Si la demoiselle éprouvait le besoin de se lever, elle le pouvait, il ne la retenait plus. Lui irait récupérer son épée un peu plus loin, puis ils se quitteraient. Mais en avait-il vraiment envie ?

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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   15th Avril 2013, 05:15

Chaque être humain dans l’univers a besoin d’une attache. Un petit quelque chose qui le tiendra bien ancré sur le sol. Parfois, c’est simplement une lettre. Une photo ou encore un banal souvenir, qui pourrait clairement passer pour anodin aux yeux des autres individus. Pourtant, pour cette personne, c’est le plus précieux des objets. Il peut être dans un état lamentable voire même brisé ou arraché. Non, il possédera toujours la même valeur sentimentale sous le regard de son propriétaire. Chaque être humain possède un tel objet. Parfois, on le garde jalousement. Parce que c’est une possession. Que personne d’autre ne doit être au courant de son existence. Le soir venu, on le sort de sa boite, de sa cachette et il est possible de l’admirer pendant de longues heures. Pleurer dessus. Rire ou encore lui raconter sa journée. C’est un moyen comme un autre d’oublier les soucis au moins pour un temps certain. Dans d’autre cas, juste le cas de le serrer contre soi permet de se sentir mieux. De décharger le trop plein de sentiments qui bouillonnait à l’intérieur de l’individu comme du magma à l’intérieur d’un volcan sur le point d’entrer en ébullition. A l’opposé, d’autres personnes ne le touche pas. Le simple fait de le contempler permet de se sentir plus léger. En contre partie, cette catégorie d’être vivants se permet de montrer au grand jour leur précis objet dont ils sont si fiers. Cette attache parfaite sur lequel se fonde tout leur équilibre mental. Ils ne sont pas fous. Certaines personnes diront que ce sont simplement des ragots de vielles femmes dont la mémoire se fait désormais défaillantes. C’est un mensonge bien évidemment. Puisqu’ils possèdent eux aussi un petit quelque chose. Sauf qu’ils ne le savent pas encore ou alors rejettent tout simplement son existence. Parce qu’ils ne veulent plus se projeter dans un passé douloureux. C’est une vielle peluche crasseuse dont ils devraient se débarrasser depuis des décennies. Mais à chaque fois, ils butent sur leurs décisions et finissent par l’enfermer dans une male en bois, prétextant la jeter la prochaine fois et qu’ils y penseront. Ils n’ont pas réellement besoin de sortir cet objet tous les jours, mais y pense au moins une fois de temps en temps. Que deviendrait l’individu s’il venait à perdre ce repère dans son monde ? Celui-ci s’effondrerait comme un enfant qui perd la peluche offerte à sa naissance. Son plus grand fardeau, mais aussi sa plus grande fierté. Alors, il faudrait se reconstruire une nouvelle fois. Tout recommencer à nous et trouver une nouvelle attache le plus rapidement possible. Il n’est pas concevable de vivre sans de toute façon. C’est une sorte de coffre à souvenir discret et dont rien ne se perd jamais. Il est possible de perdre un panier contenant la rencontre épistolaire avec la femme de sa vie. Alors qu’il est plus difficile de perdre un grand meuble, sur lequel toutes ces lettres ont été écrites. Les objets possèdent l’âme de leur propriétaire. Ils sont leurs recevoir, leur source de souvenir. Il arrive bien souvent que les individus ne sachent aucunement quel est cet objet, mais finiront, même à terme de leur vie par le trouver. Faut-il faire preuve de patience. La vie n’est pas la même selon les individus. La façon et le devoir de vivre. Rien n’est une fatalité. Faut-il seulement tout prendre en main et vouloir impérativement découvrir ce bien précieux. Néanmoins, il existe des cas, où l’attache, l’objet, la vie, la source de tous souvenirs important n’est pas une boite ou une photo heureuse. Non. Il se peut parfois que cet objet disparaisse pour laisser place à une personne, elle aussi mortelle. Dans ces cas là, il est possible de croire que l’individu en face devienne clairement le catalyseur à sentiments et la boite mouvante à souvenir. En contre partie, pour éviter les inégalités, ce sera à notre tour de devenir son objet précieux. De bien vouloir décharger ses propres besoins et d’obtenir ceux de l’autre. De le garder précieusement en soi. Cela ne signifie pourtant pas, que ces deux individus sont des âmes sœurs. Bien que ce soit tout à fait possible. Il se peut que ce ne soit que des amis. Une simple rencontre d’un soir. Ce même soir où le besoin de tout déverser se fait ressentir. Pourtant, il faut savoir, que tout comme un objet peut être détruit par le temps ou changer de propriétaire, l’humain, mortel de nature, viendra à mourir. Le plus rassurant, c’est qu’il emportera avec lui une part de l’autre. Ca fait du bien. On sait que rien n’est perdu. Que nos souvenirs ne sont jamais perdus, parce que dans la mort, ils se sont mélangés avec ceux d’un être qui aura énormément compté pour nous. C’est plus rassurant que de les voir être découvert lors d’un héritage ou des centaines d’années plus tard.

La jeune demoiselle aux yeux bleus subissait actuellement ce passage de recherche. Au début, elle croyait que son fameux objet était un pendentif. Source de souvenirs. De souffrance. Un retour dans le passé permanant à chaque regard sur cette petite chose brillante. Pourtant, en ce jour, elle venait à douter d’elle. Douter de son choix. De sa décision. Et si elle s’était trompée ? C’était fort probable. Mais, il se pouvait qu’elle se trompe aussi en ayant cette étrange sensation. De toute façon, pourquoi se posait-elle cette question idiote. Ce n’était pas dans ses habitudes de douter de chacune de ses décisions. C’était faux de défendre bec et ongle cette idée. Elle doutait bien souvent depuis sa rencontre. Une seule personne avait eu, en plus de vingt deux ans, la capacité de la chambouler autant. C’était exactement à cause de cet humain qu’elle en était là. Etrangement, elle se sentait apte à devenir son recueil à souvenirs. Etre le livre vivant dans lequel il pouvait tout ranger. Le pire comme le meilleur. Ainsi, lorsque son heure serait venue, il pourrait faire le choix de tout lui reprendre ou bien de tout laisser partir en même temps que le dernier souffle de vie de la jeune étrangère. Il n’aurait plus à souffrir de savoir si oui ou non, il voulait se replonger dans ce flot inlassable de douleurs et de passé. Elle ne s’ouvrirait que s’il le voulait. Pouvant rester close sur de simples mots de sa part. Mais cela voudrait dire que le Chain, serait l’attache si importante de la demoiselle. Certes, elle possédait de nombreux manuscrits relatant de chacun de ses souvenirs avant qu’elle ne les perde à jamais. Mais, elle était presque certaine, qu’il serait plus sage de s’ouvrir, de brûler ce qui n’est que papier et de le confier à l’être qui lui semblait si immortel. Naaru. C’était assez difficile à admettre pour la jeune femme, mais elle avait bel et bien besoin de lui. De sa présence. De sa voix et de sa chaleur si différente de la sienne. Il devait, comme tous ces objets au travers du monde, l’aider à grandir, à devenir plus forte et posséder ses souvenirs. Certes, la demoiselle n’était certaine de rien. Ce n’était peut-être même pas une bonne idée de voir au travers du Chain, ce lien qui pouvait la maintenir dans la normalité. Pourtant, elle voulait tenter de jouer. Le jeu en valait très bien la chandelle. En contre partie, elle pourrait satisfaire sa curiosité vis-à-vis de l’être si diffèrent en dessous d’elle. Mais aussi, de devenir sa boite à secret. Même si sa mémoire se révélait être des plus mauvaises. Elle ferait des efforts s’il le voulait. S’il le demandait tout simplement. Juste parce que c’était lui. Juste parce qu’il est Naaru au final. Un jour elle lui poserait la question. Lui ferait comprendre le véritable fonctionnement de ses pensées. Sa façon de voir le monde. Pour ainsi comprendre sa façon à lui d’évoluer. Elle en avait envie. Possédait ce besoin. Sur le moment, la jeune femme se retint de rire. C’était risible de voir à quel point quelques heures au contact de cet homme avaient pu lui permettre de voir le monde différemment. Non. De se voir différemment. De remettre en question tout ce qu’elle savait pour recommencer à zéro. De briser tous les fondements sur lesquels reposait sa propre vie pour en créer des nouveaux. S’il le voulait bien, le jeune Chain pourrait être la fondation principale de ce nouvel édifice. Et ca, inconsciemment, elle le souhaitait ardemment. Plus que ce qu’elle aurait pu souhaiter dans toute une vie.

Rejetant quelques secondes la tête en arrière, Michiyo se contenta de fermer les yeux. Oubliant un tant soi peu l’espace autours d’elle. La présence du Baskerville à ses côtés. Tout. Pour se concentrer uniquement sur elle-même. Pour faire le vide dans son esprit. Sa respiration se fit plus lente. Il fallait qu’elle se concentre un peu plus. Pour pouvoir cerner cette personnalité si difficile à concevoir. Si Naaru n’avait pas été créé naturellement, il aurait été impossible de l’imaginer. Du moins pour l’esprit si rationnel de la Michi. Elle aimait apprendre à le connaître. A l’aimer un peu plus à chacune de leur rencontre. Leur étreinte. Leurs baisers. Elle avait beau se le répéter chaque jour, ils n’étaient que deux enfants. La demoiselle ayant besoin de trouver un point d’ancrage certain en la personne du plus vieux. Doucement ses yeux s’ouvrirent face au ciel. Ce n’était pas violent. C’était beau et limpide. Un simplement ciel clair dans lequel on ne savait aucunement sur quel pied danser. La pluie ferait-elle son apparition, ou tout au contraire, le soleil garderait ses droits ? Baissant de nouveau le regard, elle se perdit dans ceux de Naaru. C’était la même chose avec lui. Il possédait des yeux magnifiques. Mais, jamais, on ne pouvait savoir à l’avance s’ils seraient amplis d’une joie profonde, ou alors d’une violente colère. Inconsciemment, d’une de ses mains, elle chercha le contact avec le jeune homme. Attrapant et serrant même une des mains de celui-ci. C’était étrange comme elle ne savait être ce personnage forgé lorsqu’elle se trouvait en sa présence. La demoiselle le savait parfaitement sans pourtant vouloir l’avouer. Elle avait besoin de Naaru. De lui tout entier. Ses bons comme ses mauvais côtés. Cela commençait par une simple rencontre entre leur peau. La discussion viendrait certainement plus tard. Ils avaient le temps après tout. Toute une vie s’ils le voulaient ou uniquement quelques heures. Leurs rencontres n’étaient toujours que le fruit d’un bel hasard. Le temps continu de celles-ci relevait souvent du découlement de ce hasard.

En tout cas, il faisait bien les choses ce bougre. Parce qu’ils étaient là tous les deux. Dans le plus grand mutisme possible. Jusqu’à ce que la demoiselle se décide à briser ce profond silence. Ce n’était pas tenable. Elle ne connaissait pas Naaru comme un silencieux. Pourquoi ne parlait-il pas alors ? Pourquoi devait-elle continuer la conversation ? Elle le faisait, mais sans grande joie. Parce qu’il s’était dénigré devant ses yeux à elle. Au fond, dans la façon de vivre de Michiyo, il n’y a aucun lien de servitude entre deux individus. Certes, l’un peut être plus faible que l’autre et donc, peut avoir besoin de l’humain pour se protéger. Mais en contre partie, celui-ci posséderait une qualité qui fait défaut chez l’autre. C’était le cas chez chacun des binômes. C’était pour cela qu’elle n’acceptait pas vraiment le terme de « maître ». Que ce soit de la bouche du jeune brun ou même d’une tierce personne. Personne n’avait une valeur inférieure à une autre. L’un est souvent, voire tout le temps complémentaire à l’autre. Dans son cas précis, Michael était sa force. Sa capacité à se défendre. Avoir l’impression de servir à quelque chose pour le moment. Comme elle était ses yeux lors des missions. Si un Chain rencontre un contractant, c’est que le premier à quelque chose à fournir au second et vise versa. Ainsi, elle sera doucement le poing lorsqu’elle entendit ce mot sortir de la fine bouche du brun. Il était libre. Clairement libre. Ensuite, oui, elle aurait pu voir que c’était un très mauvais menteur. Mais Michiyo avait pris cette mauvaise habitude d’écouter sans faire attention. Certainement qu’elle avait pu le remarquer. Sauf que son esprit n’avait pas pris cela pour acquis. Quelque chose d’autre à ce moment précis avait du retenir son attention. Quelque chose de bien plus important. Seulement, elle ne s’en souvenait pas. Tant d’événement s’étaient rapidement enchainés après cette réponse. Des choses qu’elle avait retenues, d’autres non. Oui qui s’étaient perdue après avoir utilisé les capacités de son compagnon. Néanmoins, elle ne voulait pas lui mentir. Cela ne servirait à rien. Puis de toute façon, elle n’était pas une très bonne menteuse et ils étaient tous deux arrivés à un moment, où chacun faisait particulièrement attention aux dires et mouvances de l’autre. Après qu’elle lui ait fourni une réponse. Le silence revint prendre ses droits entre les deux individus. L’avait-elle finalement vexé ? Au fond, elle avait clairement dit ce qu’elle pensait de la situation. C’était Michiyo après tout. Personne ne pouvait clairement l’empêcher de fournir ses explications à elle. C’était une partie intégrante de son caractère. Bien qu’elle écoute les arguments du parti adverse, il était rare qu’elle quitte les sentiers battus. Sa position ne changeait jamais. Ancrée et toujours sur chacune de ses positions. Si Naaru ne l’avait pas encore compris, il le ferait certainement à ses dépends.

La position commençait à lui faire mal au dos. Elle n’était pas en sucre, mais la fatigue tirait la plupart de ses muscles et articulations. Elle n’allait pas avoir envie de dormir loin de là. Après tout, la jeune femme se trouvait en face de l’être qu’elle voulait voir le plus au monde ces derniers jours. Juste qu’elle cherchait comment s’installer plus confortablement. Si l’adjectif « confortablement » était possible sur le sol bien évidemment. Des mots dissipèrent pourtant la douleur ainsi que la lourdeur du silence. Un geste balaya l’air devant ses yeux. Naaru tenait de lui expliquer sa façon à lui de concevoir les choses. Michiyo se pinça alors doucement les lèvres. Ce n’était pas tout à fait faux ce qu’il disait. Mais pour la demoiselle, ce n’était pas vrai non plus. Chain ou pas Chain, Naaru possédait un esprit. Une volonté. Un devoir. Une combattivité. Il n’était pas soumis à la façon de penser de son contractant. Néanmoins, la demoiselle aux yeux clairs garda le silence jusqu’à ce que l’homme aux cheveux chocolat ne termine son explication. C’était donc, dans l’ordre des choses, à elle de reprendre la parole. Deux propositions virent s’initier dans ses pensées. Dans un premier temps, elle changeait tout au tout de sujet, pour ne pas se retrouver face à un débat, avec deux individus incapables de prendre en compte les arguments de l’autre. Parce qu’elle le savait pertinemment. Si elle, était une tête de mule. Naaru n’était pas non plus mauvais dans ce domaine. Même très doué. Puis, dans un second temps, elle pouvait continuer sur le même sujet. Défendre ses positions et faire des efforts pour écouter l’homme. Oui, elle le pouvait amplement. Passant sa main dans les cheveux bruns du Chain, elle entreprit de lui expliquer la chose comme elle la percevait.

« Je comprend très clairement ton point de vue. Mais je ne suis pas d’accord non plus. Tu es certes un Chain, tu es lié à ton contractant, tout comme Michael est lié à ma présence sur Terre. Pourtant, tout comme toi, ce n’est pas un habitant de l’Abysse complètement idiot et dénué de sentiment. Je ne connais pas son passé parce que je ne veux pas le savoir et qu’il n’a jamais pris la peine de m’en parler. Mais, il n’écoute pas aveuglément mes ordres parce que je suis « sa contractante ». Non, il a sa propre âme. Sa propre façon de penser. De vivre et d’évoluer dans la société. Il a sa volonté et sa conscience. Il combat, pas seulement sous mes ordres, pour ce que moi je crois juste. Non, nous combattons ensemble, sur ce que nous croyons juste tous les deux. S’il se trouvait un jour dans la même situation que nous deux et que je lui ordonnais de tuer sa rencontre, il se battrait bec et ongles pour défendre sa façon de penser. »

C’était long. Très long. Mais c’était généralement comme cela qu’il fonctionnait tous les deux. Parce que oui, Michiyo était avant tout née humaine et comme tous les autres individus peuplant sa « race », elle faisait des erreurs. Minimes ou bien énormes avec de très lourdes conséquences. Michael était là pour la remettre sur le droit chemin. Pour valider ou tout au contraire, invalider ses choix. S’il trouvait qu’un ordre de tuer de la part de la demoiselle était excessif, il lui en ferait par et tenterait de trouver un terrain d’entente le plus rapidement possible. Leurs vies étaient certes liées. Mais ce n’était pas pour autant qu’il devait se plier aux quatre volontés de sa contractante sans avoir son mot à dire. Si Michiyo ne se trompait pas. Naaru faisait sensiblement parti de la même catégorie de Chain que le sien. Avec une capacité de raisonnement et de jugement. Alors, pourquoi suivrait-il comme un vulgaire animal les ordres d’un homme ou d’une femme, juste, parce que pour lui, il lui doit quelque chose ? Sa place sur Terre ? Quelle excuse pitoyable. La demoiselle savait pertinemment qu’elle devait garder son calme. Mais aussi qu’elle devait bouger. Des fourmis faisant leurs apparitions dans ses jambes et c’était assez douloureux. Alors, sans prévenir. Elle quitta l’unique contact qu’elle avait avec Naaru pour se relever et passer d’une jambe à l’autre. Au moins, elle n’avait pas perdue l’équilibre. Ainsi, elle s’étira un peu. Certes, elle avait beau adoré de tout son cœur l’homme encore à terre, la position était bien trop douloureuse pour qu’elle reste ainsi. Faisant craquer les articulations de ses genoux, se mit à hauteur du visage de Naaru. Prenant équilibre sur l’avant de ses pieds. Ne rajoutant pourtant, aucune phrase au sujet précédent. Priant même pour que celui-ci ne s’étale pas trop longtemps. Sinon, il deviendrait bien rapidement un débat d’idéaux et de liberté d’évolution. Et ce n’était certainement pas une bonne idée, avec deux têtes de mules aussi ancrées sur leurs façons de penser et d’évolution.

Posant les mains à terre pour ne pas perdre l’équilibre, -plus ou moins précaire-la jeune femme se contenta d’admirer le paysage. Ce n’était pas déplaisant en somme de se rencontrer dans ce genre d’endroit, lorsque l’on faisait abstraction de la situation en elle-même et du fait qu’ils auraient pu s’entre tuer s’ils ne s’étaient pas rencontrés au préalable quelques semaines plus tôt. S’ils ne se connaissaient pas. Bougeant le regard d’un point à un autre, le membre de Pandora semblait être une girouette. Mais c’était la première fois depuis qu’elle vivait dans la capitale, qu’elle visitait cet endroit. Par manque de temps peut-être ou tout simplement parce qu’elle n’avait jamais voulu le faire auparavant. C’était un peu une habitude de son passé. L’orphelinat et tout ça. Les passages dans des villes différentes. En vérité, elle était incapable de se souvenir de sa ville d’origine. Pourtant, elle savait que ce n’était pas Reveil, ni dans les alentours à vrai dire. Ca, la demoiselle le savait à cause de son accent. Pratiquement aucuns individus natifs de la région et de ses alentours n’avaient la même prononciation qu’elle. Les mêmes expressions et ça s’entendait. Avec le temps, elle n’y faisait presque plus attention. Sur certains mots, son accent restait bien ancré, alors que sur d’autres, il s’effaçait. C’était un mal pour un bien. Puisqu’elle s’éloignait à chaque disparition, un peu plus de ses origines. De sa vie avant tout ça. De ce qu’elle était. A contrario, elle se rapprochait d’une nouvelle vie. De nouvelles connaissances. Michiyo Konoe se cherchait encore et devait avouer que ce n’était pas réellement facile de se créer et ainsi de se forger, sans se mentir en permanence. Puis, ils revinrent sur un autre sujet. Devait-elle ou pas lui en vouloir ? Bien-sûr qu’elle lui en voulait. Michiyo n’était pas du genre à ce que l’on brise son éthique. Pour elle, lorsque l’on quitte quelqu’un, on vient au moins lui dire au revoir. Bon, avec de la chance, elle se serait bien réveillée et n’aurait pas fait preuve de mauvaise humeur. C’était une chance sur deux au fond. Parce qu’elle aurait pu très mal prendre que l’on vienne briser son sommeil réparateur et s’énerver comme elle le faisait souvent contre son Chain. Ou alors, dans une troisième hypothèse, elle lui aurait demandé de rester. Peut-être même l’aurait-elle pris dans ses bras pour s’endormir de nouveau. Elle n’était qu’une enfant de toute façon. Rien de plus et rien de moins, et cela malgré son âge. Alors elle lui avait répondu. Un peu gênée tout de même. Mais avec ce qui faisait sa franchise habituelle. Ce n’était pas une menteuse et Naaru devait savoir que oui, elle lui en avait voulu et lui en voulait toujours soit dit en passant. La réaction était à mille lieux de celle qu’elle avait pu prévoir. Il se moquait d’elle là ? Les yeux de Michi s’ouvrirent un peu plus grands. Oui, il se moquait réellement d’elle. Non, mais quel parfait idiot il faisait. Elle semblait en colère et lui, se contentait de rire. Elle allait finir par le bouffer s’il continuait comme ça. Le faciès de la jeune femme se refrogna légèrement. Oui, quel bel idiot il faisait.

Elle se détendit pourtant en écoutant les paroles sortir de la bouche du brun. Mignonne ? Ses mais quittèrent rapidement alors sur le sol pour refroidir ses joues bien chaudes soudainement. Une telle précipitation engendra le seul résultat plausible. Michiyo Konoe perdit le peu d’équilibre précaire qu’elle avait encore. Avant de finir les fesses légèrement violemment sur le sol, lâchant par la même occasion un « aie ». Jamais, oh grand jamais, elle ne souvenait de s’être retrouvée dans une telle situation. Du moins, aussi loin que ses souvenirs voulaient bien remonter. Michiyo, la fille qui faisait attention plus que tout à son apparence. A sa façon d’être. De parler. De bouger. Venait de perdre l’équilibre en même temps que ses moyens et sa crédibilité. Alors, elle était là, sur le sol, sans avoir bougé depuis sa chute. Restant patois. Que pouvait-elle bien répondre à « tu es vraiment trop mignonne ». Cet homme avait les moyens conséquents de lui faire perdre les siens et son calme. Une nouvelle fois, elle bougonna quelques mots. Du moins un seul. Un « merci » presque inaudible. Elle rougissait devant un unique compliment ou peut-être une moquerie, elle ne savait pas trop devant un homme qu’elle avait déjà embrassée. Aucune logique.

Puis elle rougit de nouveau à l’une des remarques du Chain. Il était l’un des seuls individus qui faisait qu’elle se semblait aussi gênée face à quelqu’un. Face à lui surtout. Avec lui, elle avait la totale impression de ne pas être la même personne. Elle souriait. Riait même parfois. Non, ca c’était un mensonge. Elle riait souvent avec lui. Comme elle était en train de le faire. Elle pleurait. Avait peur. Rougissait. Naaru pouvait créer en elle un tumulte de sentiments qu’elle connaissait, mais ne laissait pas apparaître très souvent. Avec lui, elle se sentait plus libre. Tous ses soucis devenaient beaucoup plus légers. Elle prenait le temps de se poser et de non vivre au rythme assassin des minutes comme une horloge. Plus le temps avançait, plus elle pouvait affirmer que Naaru était son point d’ancrage naturel. Qu’elle devait le rencontrer un jour ou l’autre et pourtant, Michiyo n’était pas du genre à croire au destin et à toutes ses histoires de fil rouge. Mais là, c’était un peu le cas. Comme ci c’était normal d’avoir rencontré Naaru. De le considérer comme un humain à part entière. De vouloir toujours et encore apprendre à le connaître. Chercher ses mots pour ne pas le froisser. L’aider. L’adorer. L’aimer. Oui, il était son catalyseur. Celui qu’elle avait cherché pendant toutes ces années sans jamais le trouver. C’était un ennemi. Mais elle s’en fichait au final. Quand elle se trouvait être en sa présence. Elle était tout simplement Michiyo et non, Michiyo le membre de Pandora. De plus, elle le voyait comme Naaru, ce gamin un peu hyper actif qui était rempli de bonne humeur un peu trop communicatif. Cet enfant qui veut tout apprendre, mais sait être très mature dans certaine situation. Et non comme un Chain et accessoirement Baskerville ayant du sang sur les mains. Mais, elle lui avait finalement répondu. Un peu trop vaguement peut-être, juste après avoir laisser son rire se faire entendre une nouvelle fois. Même si cela faisait romanesque, se faire réveiller par un baiser ne la dérange pas du tout. Elle aimait particulièrement sentir le corps du jeune homme très proche du sien. Le contact aussi furtif soit-il entre leurs lèvres. Si elle pouvait, elle en demanderait encore et toujours. C’était un peu comme le chocolat. Quelque chose de doux, mais si acide dès le moment où il disparaît. Le Chain était son chocolat à elle. Et en aucun cas, elle ne voulait le partager. Ce n’était pas elle, d’être aussi possessif et égoïste. Mais il était rare de tomber sur quelqu’un comme Naaru. C’est une sorte d’oiseau que l’on ne peut mettre en cage, mais que l’on voudrait garder auprès de soi le plus longtemps possible tout en lui permettant d’avoir sa liberté.

Une nouvelle fois, elle changea véritablement de sujet, après avoir vu son arme sur le sol comme un chiffon. Le jeune homme avait une force qui n’était pas négligeable. Alors, une petite boutade fut lancée. Elle n’avait pas vraiment l’envie de se battre comme Naaru. C’était même le dernier être vivant avec qui elle voulait se battre réellement. Bien que ce ne soit pas l’envie qui lui manquait. Histoire de voir de quoi il était capable tout au fond de lui. De quoi « était fait Naaru ». Il devait être fort, c’était indéniable. Mais elle voulait le voir de ses propres yeux. Le sentir au travers de la lame, de sa propre force. Une expérience à tenter juste une fois dans une vie. Une expérience dont l’idée n’avait pas l’air de ravir le jeune homme en question. Tout en restant plongée dans un nouveau mutisme. La demoiselle se contenta de calmer ses ardeurs et ses envies pour écouter ce qu’il avait à lui rétorquer. L’heure n’était pas à l’amusement. Se battre était déjà une chose sérieuse à la base. Mais se battre entre adultes pouvait se révéler bien dangereux. Même si chacun connaissait ses propres limites. Le feu de l’action pouvait commettre des actes bien trop graves, parfois même irréparables et Michiyo ne savait pas encore si elle voulait perdre la vie sur un simple coup de tête. Sur un jeu. Il lui expliqua alors que bien trop de décennies les séparaient. Ce qui n’était pas faux. En verité, elle ne connaissait pas l’âge de Naaru. Ni son nom de famille. Elle ne savait vraiment rien de bénin sur lui. C’en était frustrant au final. Prenant cela à la légère, la combattante, toujours assise sur le sol se pencha légèrement au dessus du visage du Chain pour lui répondre.

« Je ne te promet pas d’être toujours aussi mignonne et active qu’aujourd’hui dans 58 ans. Alors profites au moins de ce que tu peux admirer maintenant. »

Son humeur avait changé du tout au tout en quelques minutes. Si au début elle était assez colérique. Désormais, c’était sur un air plus léger, voire même taquin que la conversation prenait vie. Elle n’avait jamais pensée une seule fois à comment elle pourrait être dans le futur. Vielle certainement. Parce que son contrat ne pourrait pas la maintenir jeune toute sa vie. Si le physique resterait peut-être sensiblement le même. La fatigue psychique serait colossale. Ses muscles seraient fatigués par des années de combat. C’était une femme avait tout et sa résistance possédait de grandes limites qu’elle ne voulait aucunement dépasser. Elle serait fatiguée et certainement plus antipathique que dans les moments qu’elle vivait actuellement. Sur le coup, elle vint même à plaindre les individus qui allaient devoir la supporter dans le futur. Si futur il y avait. La possibilité de mourir bien avant étant tout à fait plausible aussi. D’autres questions parvinrent jusqu’à son esprit. Parce que oui, Naaru parlait de centaines d’années, mais quel âge avait-il si on retirait sa période dans l’Abysse. Il devait avoir sensiblement son âge. Son âge véritable et pas le visage d’adolescente qu’elle portait en permanence. Toujours penchée sur lui, elle se contenta de souffler la plupart de ses questions. Ce n’était pas trop personnel, peut-être qu’avec un peu de chance. Il lui répondrait.

« On parle d’âge. Mais je ne sais même pas le tien. Sans le passage d’une centaine d’année dans l’Abysse bien évidemment. Je sais pertinemment que tu es plus vieux que moi. Mais je trouve ca frustrant de ne pas savoir parfaitement. Ni ton nom de famille. »

C’était en quelque sorte un besoin d’en connaître le plus possible sur l’homme qu’elle appréciait tant. Elle ne voulait pas qu’il fouille dans sa mémoire pour se retrouver dans la même situation que la première fois. Pour cela, elle n’avait pas cherché à en savoir plus. S’il voulait bien lui répondre, peut-être qu’elle se sentirait plus heureuse. Parce que dans ces cas là, elle serait sa boîte à secret. Ce qui dans son esprit. Voulait dire qu’il serait en contre parti, son catalyseur. Cela, uniquement Naaru pouvait le permettre. Ainsi, elle recula légèrement en sentant la pression sur son nom. Fronçant gentiment les sourcils. Avec lui, elle avait l’impression de perdre plus de dix ans d’un coup. De rattraper un passé qu’elle n’avait pas vécu comme elle l’aurait voulu. Ce côté enfantin lui plaisait bien en somme. Là, tout de suite, elle voulait s’allonger sur son torse, pour écouter chaque battement de son cœur. Comprendre comment pouvait fonctionner la machine Naaru. Si elle s’arrêtait pour se reposer parfois. Mais elle ne le fit pas. Gardant un léger sourire sur les lèvres, tout simplement. En fait, elle ne pouvait lui imposer tous ses désirs et ses souhaits comme un être égoïste. Elle était égoïste. Un peu trop peut-être. En tout cas, elle se contenta de le regarder pendant qu’il observait leurs armes au sol. Voyons, qu’allait-il bien pouvoir trouver à redire ? Le temps d’attente ne fut pas si long que cela. Il avança alors le fait que son arme n’avait pas l’air très équilibrée et par conséquent, qu’elle possédait beaucoup de défaut. Qu’il aurait fallu qu’elle lui demande de venir avec lui. Il est marrant l’enfant.

« C’est bien gentil de me dire tout ça, mais de nous deux, tu étais celui qui savait où me trouver. Ce n’était pas facile pour moi, de faire le tour de la ville pour te trouver. Mais la prochaine fois, vu qu’il y aura une prochaine fois. Tu m’accompagneras parce que tu viendras me chercher de toi-même. Puis j’avoue que je n’ai pas l’œil du tout pour les armes. »

La dernière phrase était presque morte dans un sourire. C’était vrai. Elle combattait souvent à distance ou apprenait sur le tas. Dans son enfance, elle avait brisé beaucoup de nez et donc savait se défendre au corps à corps. Depuis qu’elle était à Pandora, elle prenait le temps de parfaire ce genre de technique. Le fait de porter une arme était plus du surplus pour se défendre. Elle avait pris quelques heures d’entraînement, mais ce n’était pas suffisant. Cette arme était encore trop lourde pour elle. Trop encombrante. Alors c’était aussi une façon de souffler au Chain qu’il devrait venir avec elle. Qu’elle voulait volontiers de son aide et qu’au moins, elle pourrait le revoir une fois de plus. Naaru était additif sous toutes ses formes. Elle ne put s’empêcher de rajouter une nouvelle phrase. Bénigne. Sans importance.

« Je pense que mon épée s’est perdue sur le chemin si c’est elle qui devait me choisir. »

C’était la première fois que Michiyo paraissait aussi peu sérieuse dans une conversation. Non pas qu’elle prenait cela à la rigolade. Elle écoutait et répondait ce qu’elle pensait véritablement. Mais elle savait aussi qu’avec le jeune homme, elle ne pouvait rester sérieuse trop longtemps. Il n’était pas là pour se parler sérieusement comme deux adultes le feraient. Ou alors, sur un temps assez limité. Avec lui près d’elle, Michi voulait profiter du temps au maximum. Le toucher, l’embrasser, entendre son rire et voir la malice dans ses yeux. Parfois, elle avait l’impression que les mots ne servaient pas forcement, qu’il fallait laisser parler les gestes. Alors, elle l’avait embrassé de nouveau sans trop lui demander son avis. Elle n’avait pas peur de lui. Non, elle n’avait plus peur de lui. Que ce soit sous cette forme humaine ou la forme de Chain. Au fond, elle se sentait vraiment bien en sa présence et plus, elle en voulait toujours plus sans savoir pourquoi. C’était comme le fait de donner un nom à leur relation. Ils n’étaient pas des coups d’un soir. Puisqu’il ne s’était rien passé de « spécial », entre eux à leur première rencontre. Ils n’étaient pas non plus amis puisqu’ils ne se connaissaient pas encore assez pour pouvoir utiliser cette interpellation. Des connaissances ? Non, ce n’était pas encore assez profond. Il y avait certainement une matière de définir ce lien. Fallait-il seulement qu’elle le trouve. Il se trouvait en dessous de l’amitié. Mais largement au dessus de la connaissance. Du moins, du point de vue de la jeune femme. Parce qu’elle n’avait jamais pensé autant à une « connaissance » au point de souhaiter le revoir. Elle n’avait jamais autant souris devant une personne qu’elle connaissait à peine. Non, elle avait déjà souris autant. Juste qu’elle ne l’avait jamais fait depuis qu’elle portait ce masque qui la tenait loin des autres. Depuis qu’elle ne voulait aucunement possédait de nouveaux souvenirs, de peur de les perdre aussi vite. Depuis qu’elle possédait un isolement choisi.

Le calme tomba de nouveau après que la demoiselle ait demandé si Naaru avait besoin de parler. Elle ne voulait pas le forcer. Comme personne ne pourra la forcer à se confesser réellement. Personne.. La demoiselle savait les conséquences qu’il pourrait y avoir si elle entrait sans permission dans la mémoire du Chain. C’était à lui seul de lui fournir les clefs pour entrer. Après, elle fermerait la porte derrière elle une nouvelle fois. Il pourrait l’ouvrir pour la laisser entrer encore et encore ou tout simplement pour y entrer seul et se ressource. Pour cela, il fallait uniquement qu’elle lui inspire plus de confiance. Qu’il relâche toutes les brides de son âme. Qu’il arrête d’avoir peur comme il avait peur au moment précis où la question avait été posée. En même temps, la demoiselle était certaine d’avoir la même réaction si cela devait lui arriver. Mourir. Se voir mourir. Naitre de nouveau et savoir parfaitement la façon dont la vie avait quitté une première fois son corps. Son propre Chain avait eu les mêmes réactions que Naaru lorsqu’elle lui avait posé la question peut de temps après leur contrat. Moins violemment certes, mais il s’était refermé sur lui-même pendant quelques temps. Alors, elle n’avait plus essayé. Comme elle ne le ferait plus avec le jeune homme. Au fond, enfouir toutes ces choses au fond de leurs mémoires était aux yeux de la jeune femme, un moyen de ne pas devenir fou. Peut-être de garder un sanglant d’humanité. Michiyo ne pouvait pas les blâmer pour cela. Ils n’avaient rien de comparable avec les autres Chains aux regards fous qu’elle avait pu croiser depuis qu’elle connaissait leur existence. De nouvelles paroles la ramenèrent à la réalité. Surprise. La demoiselle était bel et bien surprise. Il lui demandait de parler d’elle. Si ce n’était que des questions basiques peut-être que rien ne l’aurait choqué. Mais là, c’était son passé. La chose qu’elle cachait du mieux qu’elle pouvait aux yeux du monde. Non pas que ce soit dérangeant. Juste que qu’elle n’aimait pas forcement en parler. Baissant les yeux quelques secondes. Elle fini par prendre une décision tout en enlevant la main qui cachait les yeux émeraude, ainsi, elle chuchota presque sa réponse. Comme ci, ce n’était que pour eux deux.

« Si je te parles de ça. Tu deviendras le gardien de mes souvenirs. Alors, dans ces cas là, permet moi d’être la gardienne des tiens. »

Voilà, c’était dit. Enfin. Elle ne le forçait pas à parler maintenant. A tout lui balancer d’un coup. Mais qu’il lui fasse confiance. Qu’elle serait toujours là, jour ou nuit, s’il avait besoin de parler. Qu’elle garderait tout pour elle, sans jamais s’en servir contre lui. Ce n’était qu’une proposition. Ce n’était pas une obligation. Il avait toujours le choix de toute façon. Prenant une gorgée d’air, elle se décida alors à répondre à la demande du bel homme non loin d’elle. Sans savoir pourquoi, ses membres tremblaient tous. Avait-elle si peur que cela de raconter ce qu’elle était ? Son histoire ?

« Tu connais déjà mon nom et mon prénom. Ensuite, malgré cet air permanant d’adolescente sur le visage, j’ai vingt deux ans. Je ne suis pas native de Reveil ,ni même de la région. En fait, je ne sais plus vraiment où je suis née, il me reste juste mon accent pour me le rappeler. Je suis fille unique, ma mère est morte en couche, avec mon frère. Nous sommes tombés quelques années plus tard sur un Chain avec mon père et dès ce moment, je me suis retrouvée ballotée d’orphelinats en orphelinats. J’ai rencontré Michael avant mes 18 ans. C’est un Chain aveugle ainsi que muet qui communique principalement par la pensée. Alors, mine de rien, il a de la conversation le bougre. Je n’ai pas à te cacher qu’il peut lire les souvenirs et les modifier à sa guise. Malheureusement pour moi, je ne sais plus faire la différence entre les souvenirs qui sont les miens et ceux que je récupère au fil des missions à cause de cela. »

La jeune femme marqua une pause. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait rajouter d’autres. Parler d’elle-même ne faisant véritablement pas parti de ses habitudes. De plus, elle du se mordre la lèvre pour ne pas rajouter « et toi alors ? » à la fin de sa dernière phrase. Ce n’était pas à elle d’engager la conversation sur les souvenirs de Naaru. Mais à lui seul encore une fois. Michiyo bougea alors une nouvelle fois. Posant sa tête sur le ventre du jeune homme, pour que son corps se retrouve perpendiculaire à celui du Chain. Elle aimait bien ça dormir sur les ventres des individus. Certainement un vestige de son enfance. Pourtant, dès qu’elle pouvait le faire, elle le faisait. Bon, elle n’avait pas envie de dormir. Mais au moins, elle n’aurait, pendant quelques minutes, pas à faire face au regard du brun. Juste le temps pour elle de se rendre compte, qu’elle avait vraiment déballé son passé. Certes rapidement, mais déballé quand même. Ce n’était pas grave pour son manteau blanc. Il ne craignait plus la poussière de toute façon et elle pourrait clairement le laver plus tard. La voix du jeune homme arriva alors encore une fois jusqu’à ses oreilles. S’il avait pu la voir, peut-être qu’il aurait rigolé une nouvelle fois. En comprenant la phrase, elle avait d’abord rougis, puis souris tendrement tout en laissant son regard vagabonder vers le ciel. Elle ne voulait pas bouger se trouvant étrangement bien.

« Je répondrais à chacune de tes questions le plus sincèrement possible si cela peut t’aider à comprendre et te rendre heureux. Je veux continuer à te voir sourire Naaru, à te voir évoluer. C’est peut être rapide petit homme, mais tu es l’un des seuls avec qui je suis heureuse d’être. »

A son tour, la demoiselle plaça ses mains devant ses yeux. Elle avait gardé son sérieux durant cette petite tirade, mais elle voulait que cette situation avec Naaru évolue toujours et encore. Cette impatience lui valait le résultat qu’elle n’était plus aussi calme et lente qu’auparavant dans leurs touchés. Elle voulait ressentir plus souvent la peau du jeune homme sous ses doigts. La sensation agréable lorsqu’il l’embrassait. Elle ne comprenait pas. Si. Elle comprenait parfaitement.

« Je ressens de forts sentiments pour toi sans pouvoir l’expliquer. »

C’était un semi mensonge. Dans un sens, elle ressentait vraiment quelque chose pour Naaru, mais en vérité, elle savait très bien l’expliquer. Sauf qu’elle ne pouvait pas se jeter corps et âmes dans une bataille dont le dénouement n’était pas certain. Elle avait besoin d’en savoir plus sur ce que lui ressentait. Sinon, elle garderait tout enfoui au fond d’elle. Dans le plus grand des secrets. Le seul secret qu’il ne connaîtrait jamais.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   3rd Mai 2013, 09:50

[HRP= Aaaaaamen]

Les secondes s'écoulaient. Tranquillement, sans se figurer du temps qui le suivait. Une feuille tomba près du visage de Naaru. La nature était éphémère. La vie était éphémère. Tout ce qui vivait en ce monde était destiné à disparaître un jour ou l'autre. Et lui ? Ne transcendait-il pas cette loi universelle ? Certes, le chain disparaîtrait un jour d'ici. Un jour, lorsque son contractant mourrait probablement. Et alors ? Il retomberai dans l'Abysse, l'endroit qui l'avait vu renaître. Oh non, Nana ne se comparerai pas à un phénix. D'une, parce qu'il n'en connaissait même pas l'existence. Secundo, leur façon de vivre étaient bien différente. Le phénix renaissait avec une autre personnalité. Il connaissait la mort aussi bien que la vie. Voilà ce qu'il était. Mais ce n'était pas le cas du chain. Lui retomberai. Il serait plongé dans ce marécage sans pouvoir en ressortir. La mort, il ne la connaîtrait pas. Tant qu'on ne lui plantait pas quelque chose dans le cœur, tout du moins. Là, il se demandait ce qu'il se passerai. Lui qui avait vécu quelques centaines d'années sans jamais les voir passer, il ne connaissait pas la « mort ». Et sans s'en soucier, il était incapable d'apprécier la « vie ». Et pourtant. Parce qu'il y avait un pourtant. Cette demoiselle était apparue devant lui, un jour, comme ça. Et il lui avait donné un sens à sa présence ici. Il y avait son contractant aussi, bien évidemment. Sans lui, il n'était pas digne d'apparaître au soleil du monde. C'est Finn qui lui avait permis de vivre. Et Michiyo qui lui avait permis d'en comprendre le sens. S'il devait partir du jour au lendemain, il les emmènerai tous les deux.

Il la vit rejeter sa tête. Oublia l'instant d'après ce mouvement. Plus aucun bruit. Naaru fixa le ciel au-dessus de lui. Quelques mèches bleues passèrent devant ses yeux, balancées par un vent léger. Ils n'avaient pas la teinte du ciel, non, ses cheveux étaient plus clairs encore. S'il devait leur donner une couleur à assimiler avec un élément, il l'associerai à l'eau. À l'eau pure et claire, légèrement teintée par le soleil et les fonds marins. Aigue marine, voilà à quel pierre il associait cette couleur. Doucement, un sourire se dessina sur ses lèvres. C'était une belle couleur, sans aucun doute. Et ses yeux aussi. En parfaite harmonie. Le chain n'avait rien de bien particulier à dire. Et visiblement c'était aussi le cas de Michiyo. Alors, ils restèrent blottis l'un contre l'autre, dans cette forêt, couchés sur le sol. Il aimait aussi les moments de silence. Ça lui faisait se poser des questions sur lui-même, comme sur eux. C'était une bonne chose et une mauvaise à la fois. Il fallait constamment qu'il bride son esprit. Nana le faisait inconsciemment, mais cela le fatiguait aussi. Parfois, le chain se demandait ce que cachait son passé qui le rebute à ce point. Et puis, dès lors qu'il marchait sur ce sentier, dès qu'il recherchait, il tombait. C'était une obligation. Alors, il s'était résolu à ne plus penser à ça. Il s'était résolu à constater que sa vie avait commencé en tant que chain. Et uniquement en tant que tel. Il soupira, mais ce soupir était tellement diffus qu'il n'était même pas sûr de l'avoir fait. Le ciel était bleu. Bien que caché par les arbres, on pouvait nettement l'apercevoir.

Un pression sur sa main lui fit reprendre pieds sur terre. Instinctivement, il resserra un plus cette prise, de peur qu'elle ne lui échappe. Pourtant, elle était bien là, près de lui. Et c'était elle qui avait déclenché ce contact, sans lui demander son reste. Le chain approcha ces deux mains mêlées près de son cœur. Il ne savait pas si son propre cœur battait. Après tout, il n'était rien d'autre qu'une enveloppe humaine. En ce qui concernait son esprit, il n'était en rien comparable à un humain. Il assimilait les sentiments des autres aux siens, il copiait à merveille, mais au final, est-ce que ces expressions étaient les siennes... le jeune homme ne pouvait pas en être sûr. Quelque part, ça le dérangeait. Quitte à devoir se croire entier, autant mimer ces sentiments à la perfection. Il espérait que ses sentiments pour Michiyo étaient à lui seul et à personne d'autre. Qu'il ne copiait pas un style particulier. Qu'il ne se mettait pas dans la peau d'un personnage autre que lui. Mais qu'était-il, s'il n'éprouvait rien ? Un chain tout simplement. C'était la meilleure réponse qu'il pouvait donner. Qu'il pouvait se donner. Peut-être devait-il avoir le point de vue de Michiyo pour se faire une idée de sa propre personne. C'était une chose à tester.

Finalement, la demoiselle se releva pour se mettre en position assise, tout près de lui. Nana ne bougeait pas. Il tourna juste son regard vers le mouvement. Il était bien ici. Il priait pour ne pas voir cette journée se finir. Ou peut-être irait-il encore une fois chez elle. Le chain avait perdu tellement de temps à se poser des questions qu'il n'était pas passé la voir une seule fois. Pourtant, il le savait, il était bien la seule personne à pouvoir retrouver l'autre. L'espace d'un instant, il trouvait ça injuste. Sans doute devait-il emmener Michiyo chez lui ? C'était probablement la meilleure chose à faire. Mais dès cet instant il lui faudrait aussi parler à son contractant de l'existence de la demoiselle. Et fatalement, ils en arriveraient à parler de sa fonction. Et il doutait franchement de sa réaction lorsqu'il lui expliquerai qu'elle faisait parti de Pandora. La deuxième solution, c'était de ne pas lui en parler. Après tout, Finn n'était en aucun cas son père. Il ne devait pas lui faire part de chaque personne qu'il rencontrait. Néanmoins, bien vite, le chain laissa divaguer ses pensées sur la discussion actuelle. Il se demandait combien de temps allait durer leurs altercations orales. Chacun défendait son idée, et personne n'avait l'intention de bouger de son piédestal. Mais quelque part, il avait aussi besoin d'écouter la demoiselle aux cheveux bleus. Elle le défendait, d'un côté. Lui montrait qu'il n'était pas seulement un pantin dont les fils menaçaient de se briser s'il n'obéissait pas.

Avant de prendre la parole, Michi passa ses mains dans les cheveux de Naaru. L'intéressé cligna des yeux, se demandant la raison de ce contact subit. Avait-il dit quelque chose de mal ? Pourtant, c'est ce que lui pensait, au fond, tout au fond de lui. Il n'en voulait pas à son contractant, il était simplement conscient de sa condition et ne s'en portait pas plus mal. C'était pour lui comme de vivre en sachant que la mort arriverai un jour ou l'autre. Aussi naturel en tout cas. Le chain écouta par la suite la jeune femme lui sortir un long monologue. Le sourire qui habitait constamment Naaru finit par se tarir au fur et à mesure des paroles prononcées. Elle n'avait pas non plus tort. Même s'il devait obéir sur le coup, sous l'ordre énoncé, cela ne l'empêcherai pas de s'en vouloir pendant et après. Mais après, tout dépendait aussi du contractant. Si ce dernier souhaitait avoir le chain sous son commandement, il en était tout à fait capable. Néanmoins, cette façon de pensée était plus facile à avoir lorsque le chain était dénué de sentiments. Ce qui n'était pas le cas du jeune Nana. Il n'avait lui-même jamais compris la raison pour laquelle ces deux types de chains existaient.

Sa volonté et sa conscience. Alors comme ça, son chain était exactement comme lui. Mine de rien, cela intéressait Naaru. Il n'avait eu que peu d'occasions de discuter avec d'autres chains possédant une quelconque intelligence. Nana soupira, tandis qu'il pensait à ce qu'il ferai si Michiyo et lui venaient à se trouver face à face. Quelque part, il fallait qu'il avertisse son contractant de la présence que tenait la demoiselle dans son cœur. Pour qu'au moins, Finn ne lui demande pas le pire. Oh, il ne doutait pas de la force du chain de Michiyo. Bien au contraire, il devait être probablement aussi fort que lui. Mais ne pas prendre de risques était toujours mieux que de jouer avec le feu.

Le chain ouvrit la bouche. Il voulait répliquer, encore et encore. Que pouvait-il faire d'autre, de toute manière ? Ces deux personnes ne vivaient pas dans le même monde, quoi qu'on puisse en dire. Leur façon de penser étaient logiquement assez différente. Ils semblaient tout deux d'accord, sans s'accorder sur tous les points. Mais que pouvait répondre Naaru ? À tout les coups, il finirait par se répéter, et il sentait bien que le sujet pouvait encore tourner en boucle pendant de nombreuses heures. Nana voyait la vie selon sa vision de chain, Michiyo tentait de la comprendre à travers ses yeux d'humaine. Il était plus que difficile de concilier ces deux points de vue, et le jeune homme en avait parfaitement conscience. C'est pour cette raison qu'il n'insista pas. Son sourire recommença à animer ses lèvres. Après tout, sans doute ne voulait-elle que l'encourager à se sentir indépendant. À se sentir un peu plus libre. Le chain n'avait pourtant que rarement ressenti cette pression le rattachant constamment à l'Abysse et menaçant de le faire sombrer une nouvelle fois. Mais il appréciait quelque part que la demoiselle se fasse un tantinet du soucis pour lui. Il l'appréciait vraiment beaucoup. Trop peut-être. Naaru eut envie de se relever pour l'embrasser mais s'en retint. Au lieu de ça, il prit la main qui traînait encore dans cheveux et la prit dans les siennes. D'un air qui se voulait légèrement moqueur mais aussi et surtout sympathique, le chain lui dit alors :

-Tu n'a pas à te faire du soucis pour moi tu sais. De toute façon, il est difficile d'allier les idées d'un chain à celui d'une humaine.

Il ne savait pas vraiment comme s'expliquer. Tout était parti d'une vulgaire phrase de sa part. Peut-être l'avait-il même dit pour rigoler. À vrai dire, Naaru ne s'en souvenait même plus. Il ne parvenait plus à savoir si elle cherchait à le défendre, à lui montrer qu'il n'était pas qu'un être enchaîné à un autre, sans volonté propre, ou si elle expliquait simplement sa façon de penser. Il préféra, égoïstement sans doute, penser qu'elle se faisait un minimum de soucis pour lui.

Finalement, elle se leva et fit craquer ses articulations. C'est vrai qu'il n'avait même pas penser à ce qu'elle pouvait bien ressentir, à force de rester sur lui, couché par terre. Si lui pouvait tenir la position sans bouger pendant probablement plusieurs heures ou plusieurs jours, ce n'était certainement pas le cas de Michiyo. Naaru l'observa donc silencieusement s'étirer. Les humains étaient des êtres bien fragiles. Même s'il possédait la même constitution qu'eux, lui ne souffrait d'aucune ankylose. Ses genoux craquaient, certes, mais aucun nerf ne le prévenait d'une quelconque souffrance. Sauf lorsque, bien sûr, il se prenait des coups ou saignait. Mais c'est toujours beaucoup plus diffus que n'importe quel autre sensation d'humain. Des nerfs en moins. Cette réflexion le fit à moitié sourire. Sans doute n'avait-il pas seulement perdu de nerfs, mais aussi quelques cases dans son cerveau. Surtout lorsqu'il était sous sa forme originelle. Le regard du chain se recentra sur la demoiselle, qui semblait visiblement observer le paysage environnant. À croire qu'elle n'était jamais venue là avant. Il profita du fait que Michiyo se soit levée pour finalement faire de même, après une certaine hésitation. Naaru se posa sur ses deux pieds en quelques secondes puis gesticula jusqu'à retrouver son katana, un peu plus loin. Il passa la lame dans son fourreau et garda le tout en main. Ceci fait, il se rapprocha alors de la demoiselle et posa l'épée contre un arbre, tout en s'y adossant à son tour.

C'est notamment à ce moment qu'il fit cette remarque. S'il s'était attendu à cette réponse de Michiyo, il se serai amusé bien plus tôt à la taquiner de cette manière. La couleur de son visage avait viré au rouge écarlate et elle était tombée en arrière. À partir de là, le jeune chain s'était mis à rire bruyamment. Tellement fort qu'il dû se tenir l'estomac et la bouche pour ne pas pleurer. On était loin du moment où ils s'étaient furieusement battus oralement pour faire admettre au chain qu'il avait tort, et que cacher sa qualité de Baskerville n'était pas une chose à prendre à la légère. Pour lui, ça ne changeait rien, mais ce n'était pas le cas de la membre de Pandora. Malgré tout, au fil de la discussion, elle avait semblé un peu moins renfrognée. Et là, elle était même tombée en arrière après avoir perdu son équilibre précaire. Bien qu'elle ne l'avait qu'à peine murmuré, Naaru entendit le remerciement qu'il lui était adressé. Cela lui permis de se calmer et au final, il lui offrit simplement un beau sourire plein de gratitude.

Et elle continuait à faire monter le rouge à ses joues. Sans pouvoir mettre de mots sur cette expression, cela lui donnait un charme considérable. Non, il ne regrettait nullement ses mots. Elle était mignonne, elle était aussi très belle. Elle possédait un caractère bien à elle, mais que Naaru ne pouvait qu'apprécier. Il aimait extraire tous ces sentiments en elle. Lorsqu'il l'avait aperçu la première fois, le chain l'avait trouvé plutôt distante. Proche physiquement mais pas mentalement. Et puis, tout s'était accéléré, et ce à une vitesse effréné. Il avait su l'ouvrir comme un livre et vivait chaque page avec l'envie de connaître la suite. Michiyo, c'était son livre à lui seul, sa connaissance et sa motivation. Un livre sur la vie, sur l'humain... ou non, sur elle, tout simplement. Quand le chain était avec elle, il se fichait royalement de ce que les autres pouvaient penser, pour une fois. Il voulait savoir tout sur elle, et uniquement sur elle. Il finirait forcément par lui en parler. Cette phrase s’échapperait d'elle-même, naturellement.

Par la suite, ils discutèrent de bataille. Mais Nana ne jouait pas, lorsqu'il se battait. Bien souvent, il engageait un duel à mort lorsqu'il sortait l'épée de son fourreau. Sauf en ce cas précis où Michiyo s'était trouvée devant lui. C'est pourquoi il lui proféra quelques phrases assez moqueuses sur un arrière goût assez sec. Le chain n'arrivait pas à s'exprimer, et n'arrivait pas à exprimer ce qu'il pensait au fond de lui. Il était surpris, pour sûr. Mais était-ce de l'énervement ? Non, autre chose. Sans s'en formaliser, il écouta les paroles de Michi en silence. Naaru haussa un sourcil. Il avait vraiment totalement oublié ce détail. Les humains vieillissaient. Puis, il inclina la tête de côté, songeant qu'elle était contractante et que physiquement elle ne changerait pas. Et même si elle devait changer, le chain s'en fichait pas mal. Ils auraient le temps d'y penser. Doucement, il attendit que la demoiselle ait fini pour poser à son tour sa question et poursuivre son un ton plus léger :

-Tu es une contractante. Techniquement, je n'ai pas à craindre de ton physique si c'est ce qui te fait peur. Et puis, je ferais plus attention à toi quand tu vieilliras. Si je suis toujours de ce monde, tout du moins !

Après tout, lui garderait toujours cette apparence et sa force, mais il restait un chain avant tout. Il était soumis à moins de choses naturelles, mais l'anormalité était pour lui. Les autres chains, les batailles, il n'avait strictement aucune certitude de vivre toute sa belle « vie » ici. Il était doué, mais une erreur était si vite arrivée. Michiyo le savait, il était chain de Baskerville, ce n'était pas rien. Le sang, il en avait vu, et en verrait encore longtemps. Que ce soit le sien ou celui des autres, il était loin d'être un humain lambda, même s'il était facile d'être berné au premier coup d’œil. Il avait tué, sans même s'en rendre compte. Il le faisait déjà dans l'Abysse, et le ferait encore pendant longtemps. C'était une habitude qu'il n'était pas prêt d'oublier. Et pour cause, à quoi servait-il si ce n'était pour se battre et aider ? À rien. Il se pensait parfois rejeté vis-à-vis du monde. Mais cette sensation ne l'habitait que rarement, et bien souvent elle ne se manifestait que lorsqu'il retournait dans ce monde sombre et disloqué. Ou lorsqu'il s'ennuyait.

Quoiqu'il en soit, par la suite, la demoiselle lui posa une drôle de question. Elle voulait en savoir plus sur lui, tout comme lui ressentait ce même besoin. Son âge ? Elle commençait par une question bien difficile. Il n'en avait aucune idée. Il ne s'était jamais posé la question, et personne ne la lui avait jamais demandé. Naaru n'avait pas d'acte de naissance dans cette ville. Pour se souvenir de son âge, il fallait qu'il se plonge dans son passé. De toute façon, le chain ignorait même combien de temps son errance avait durée avant de revenir. Lui donner l'année ne lui servirait à rien, puisqu'il ignorait même où et quand il était né. Il n'y avait pas de calcul à faire. Alors, ses yeux se teintèrent d'une tristesse à peine perceptible, et il se laissa glisser le long de l'arbre, jusqu'à réintégrer sa position couchée. Son âge. Son âge ? Il fixa sa main, comme si elle était capable de lui fournir la réponse. Physiquement, Naaru n'était pas vieux. Loin de là. Mais il était mature, c'était un homme et non plus un garçon. Sa musculature était bien développée, signe de son âge tout de même assez avancé. Il avait des bras puissants, mais ignorait si c'était un facteur à prendre en compte pour évaluer son âge. Le chain voulait lui fournir la réponse la plus proche de la réalité, sans savoir s'il allait un jour pouvoir lui en fournir une juste. Soupirant à sa propre bêtise, il analysa la suite de la question. Son nom de famille ? Ah, son nom. Tiens, ça aussi c'était une question qu'on ne lui avait presque jamais posé. Il s'humidifia les lèvres. Qu'allait-elle pouvoir faire de ces informations ? Elles étaient bénignes. Et pourtant, Naaru souhaitait y répondre avec le plus d'exactitude. Il se concentra encore un peu plus sur son âge. Une vingtaine d'années, sans doute. Un jeune adulte, dans la force de l'âge. Entre 23 et 25 ans sûrement. Alors, il décida d'y aller au hasard, en y croyant. De cette façon, la révélation lui paraîtrait sans doute vraie et justifiée, alors qu'il n'en avait fichtrement aucune idée. Assez déstabilisé, le chain ne put s'empêcher de balbutier à ses premières paroles.

-Mon... mon âge ? Eh... eh bien... Déjà, mon nom de famille est Irwin. Je crois... Je dois avoisiner les 24 ans... à peu de choses près.

Eh bien, si c'était ça sa conviction, il méritait de prendre quelques cours de self-control. Il n'était même pas sûr de ce qu'il avançait. Tout en étant à moitié certain de son nom de famille, Nana ne pouvait pas non plus l'affirmer à cent pour cent. C'était comme être né avec une certitude. Personne ne vous a jamais appelé comme ça, personne ne vous l'a inculqué, c'était né avec lui. Sans dire pourquoi, il s'assimilait à ce nom de famille. Il était fort probable qu'il l'ai trouvé quelque part dans l'Abysse sur une boîte ou autre et se le soit approprié. Il y avait tellement de facteurs. Comme Michiyo l'avait dit, il était vieux et même s'il se souvenait bien de tout ce qu'il s'était passé jusqu'à maintenant, en revanche, son long passage dans l'Abysse l'avait rendu presque amnésique sur les faits passés. Tout du moins ne voulait-il pas s'en souvenir. Mais alors dans tout ça, son âge c'était un peu l'une des choses les plus dures à annoncer. Ceci dit pourtant, il eut l'impression de ne pas trop se tromper. D'avoir donné une réponse proche de la vérité. Certainement pas juste, mais proche.

Naaru dirigea alors son regard émeraude vers l'arme de Michiyo. Un éclat de nostalgie passa dans ses yeux tandis qu'il appréciait sa fine analyse. Il jaugea d'un coup d’œil le poids de l'épée et finit par sortir le compte rendu de tout cela à l'oral. Sans même s'en rendre compte, d'ailleurs. Mais la demoiselle ne manqua pas de notifier ses dernières paroles. Tout en souriant, elle fit remarquer quelques petits détails. Subitement, le chain fit une mimique on ne peut plus gênée. Oui, la jeune femme lui répétait sans cesse qu'il était le seul à pouvoir enclencher une rencontre entre eux deux à moins de le demander au hasard même. Une nouvelle fois, l'envie de l'emmener chez lui se fit plus forte. Mais il ne dit rien, attendit qu'elle termine sa phrase. Alors comme ça, ce serait à lui de l'emmener chez le forgeron ? Pourquoi pas, ça lui rappellerai des souvenirs.

Quels souvenirs ? Le chain fronça les sourcils pour lui-même. La phrase était sortie naturellement de son esprit. Avait-il une quelconque connexion avec le métier de forgeron ? Non, non, il ne fallait pas y penser. Nana posa son regard sur Michiyo, relâcha la pression de ses sourcils et poursuivit son écoute. Ne pas avoir l'œil pour les armes ? Lui non plus, à vrai dire. Ç'avait été un réflexe plus qu'une véritable envie. Une sensation simplement agréable. Le chain acquiesça doucement. Pour se faire pardonner de l'avoir lâchement abandonné pendant plusieurs jours ou semaines, il viendrait la chercher un jour ou l'autre, le plus rapidement possible, et l’emmènerai dans une boutique pour choisir son épée. Restait à savoir où se trouvait cette boutique, car actuellement, le chain ne connaissait nullement un emplacement pareil. Son katana l'avait suivi dans l'Abysse depuis le premier jour. Il était comme un prolongement de sa personne et de sa personnalité. Cet objet avait une forte valeur sentimentale, et l'épée semblait même le savoir car la lame ne lui avait jamais fait défaut. Elle n'était en aucun cas émoussée, la lame brillait de mille feux, semblait danser avec son bretteur à chaque nouvelle action. Pour Naaru, il la considérait presque vivante. L'épée ne répondait pas, restait silencieuse et fixe, mais lorsqu'il l'utilisait à travers son pouvoir, il sentait le métal vibrer entre ses doigts comme une complainte. Pour faire simple, son épée avait autant de valeur à ses yeux que sa propre vie. Il n'imaginait pas devoir la perdre un jour.

Qu'importe, toujours est-il que la phrase qui suivit n'échappa nullement à l'oreille du chain. Une blague. À son humble avis en tout cas. Peut-être se moquait-elle aussi des précédentes paroles de Nana. Après tout... après tout, ce n'était pas dans ses habitudes de jouer les nostalgiques et de sourire niaisement à une évocation dont il ne se souvenait même plus. Sans nul doute... Naaru pencha la tête du côté de son épée et resta un instant silencieux, contemplant sa presque moitié. Une épée perdue en chemin, hein ? C'était fort possible. Après tout, tant que l'un ignorait l'autre, il y avait beaucoup de chances de se croiser sans se voir. Les humains fonctionnaient un peu comme ça aussi. Naaru avait lu dans un livre que les hommes pouvaient se voir sans y faire attention.Deux personnes étaient mentalement capable de se rencontrer tous les jours, sans jamais se reconnaître. Sans s'adresser une seule fois la parole. Sans même se rendre compte de l'existence de l'autre. Le chain, tout en songeant à ça, tâcha d'associer ses propres connaissances vis-à-vis de la phrase de Michiyo. Il tourna alors enfin la tête vers cette dernière et lui offrit un doux regard, presque plongé dans la mélancolie.

-C'est aussi à toi de faire le premier pas. Une épée ne parle pas. L'homme peut ignorer une fleur s'acharnant pousser entre les pavés, voir même l'écraser. C'est pareil pour cette arme. Elle n'a pas de méthode pour parler, c'est à toi de venir vers elle et la reconnaître.

C'est aussi simple que ça.


Le chain eut envie d'ajouter cette phrase, mais il préféra la garder en mémoire. Lui parvenait à ressentir cette émotion si particulière, mais elle était néanmoins beaucoup plus difficile à expliquer et surtout à faire comprendre. Sans doute était-ce différent parce qu'il était un chain. Ou bien était-ce cette impression de déjà-vu qui illuminait son regard lorsqu'il fixait une épée, et qui l'obligeait à s'exprimer sur ce qu'il sentait, lui ? Honnêtement, le brun n'en savait strictement rien. Il préféra d'ailleurs s'occuper l'esprit sur autre chose.

Et cet autre chose fut bien rapide à arriver. Un baiser. Un parmi tant d'autres. Il y en avait eu, il y a quelques semaines ou quelques mois, à vrai dire, il se fichait de ça. Naaru n'avait jamais aimé le passé. Le futur, en revanche, et pour une fois, semblait l'intéresser. Il souhaitait connaître l'avancement de leur relation. Ce qu'il finirait par se passer, dans ce futur plus ou moins proche. Alors, à travers ce baiser, il en oublia presque tout. La raison de sa présence ici, sa nature de chain, ses précédentes paroles. Plus rien ne comptait sinon cette femme, face à lui, qui avait su lui parler la première fois et le faire redescendre sur Terre, si l'on puis dire. Il garda ses lèvres accrochées à celle de Michiyo, comme pour être sûr de la véracité de la chose, puis ce fut à cette dernière de rompre le baiser. Et puis, il y eut un long silence. Très long, presque assez lourd. La demoiselle lui avait posé cette question. À laquelle il s'efforça de répondre le plus justement possible.

Le passé. Oh, et quel passé. Sitôt sa pensée énoncée, le chain manqua de se pincer la lèvre. Comment pouvait-il lui demander ça alors qu'il n'était lui-même pas en mesure de lui retourner la pareille ? À cette évocation, le cœur du chain sauta un battement. Ça n'eut pas de réelle répercussion sur sa personne, mais durant un instant il s'était senti.... bizarre. Juste comme s'il s'en voulait, quelque part. Culpabilité ? Probablement. C'était la première fois que ce sentiment l'assaillait. C'était lui, et uniquement lui qui l'avait ressenti. Pas une copie d'une précédente observation. Non, ce sentiment-là était né de nulle part. Et d'un côté, ça l'effrayait. Il regrettait d'avoir posé la question, mais était tiraillé d'autre part d'en savoir la réponse. Paradoxe ambulant, le chain restait figé dans le temps, à l'écoute d'un quelconque murmure. Michiyo semblait elle-même réfléchir à cette question. Avait-il touché un point sensible sans le faire exprès ? C'était fort possible. Il connaissait peu de personnes au passé sans encombre, sans malaise. Et pour cause, plus l'individu vivait, plus ce passé s'endurcissait, se grossissait pour faire abstraction au futur. Et plus les mauvaises expériences se défilaient et s'agglutinaient dans ce passé. Naaru en avait vécu, des choses. Et certaines étaient trop violentes, trop réelles et tristes pour pouvoir être supportées. Mais lui était un chain. Il ne se doutait absolument pas qu'un humain ait pu vivre chose aussi fatale que lui.

Et après tout, il avait raison. Personne n'avait subi de voir sa propre mort. Pas même lui ni toutes ces autres chains. Peut-être était-ce cette ignorance qui le maintenait dans la sensibilité, l'écoute. Peut-être était-ce cette ignorance qui le différenciait des autre chains sans cervelle. Il n'en savait franchement rien, et quitte à devoir y songer dans ce sens, ça ne l'intéressait pas tant que ça d'avoir affaire à son vécu. Il continua donc de fixer Michiyo, comme pour trouver dans son regard une quelconque réponse. Mais elle ne laissait rien filtrer. Elle réfléchissait, simplement. Il se fichait bien de la dignité à devoir garder un secret. Il avait toujours été honnête, si bien qu'on lui confiait rarement des choses importantes, de peur qu'il n'aille les répéter sur tous les toits. Et pourtant, actuellement, il se promettait de ne rien dire. La phrase de Michiyo fut un écho à cet aveu secret. Le gardien de ses souvenirs. Ça sonnait tellement joliment pour un temps aussi atroce. Elle était aussi cette personne fraîche qui lui offrait une poésie agréable aux plus grands malheurs du monde. Réellement, le chain adorait passer son temps avec elle, même s'il craignait néanmoins cette relation tordue et distordue. Il ne comprenait pas, et c'était cette ignorance qui lui faisait peur. Alors, lorsque la demoiselle lui avait répondu affirmativement, Naaru s'était illuminé d'un sourire sincère. Le brun n'avait pas fait abstraction de la dernière partie de ses paroles. La gardienne de ses souvenirs à lui. En était-il seulement capable ? Non. Et même s'il souhaitait ardemment lui prouver sa sincérité, la sortie en restait identique. Non. Il n'avait rien à dire. Il était Naaru le chain, et Naaru l'humain n'était rien, son existence était effacée, loin bien loin dans les méandres de souvenirs. Si loin qu'il doutait lui-même d'avoir un jour eu un cœur qui battait au rythme de ses émotions, des poumons accrochés à la vie et une fragilité digne d'un humain.

-C'est un lourd poids à porter pour toi.

Le chain se défilait. Il souhaitait ardemment connaître la vie de la jeune femme, mais il n'était pas prêt à se remuer de son côté. Alors, le brun se cachait derrière la douleur de l'autre. La douleur de ce qu'il ressentirai lorsque ses souvenirs referaient surface. Il rendrait probablement cette douleur au centuple. Rien, il n'y avait rien à faire. Il ne ferait pas d'effort. Comment pouvait-il faire un effort. C'était au-delà de ses moyens. Alors, doucement, il se laissa bercer par le long monologue de Michiyo et tâcha de se concentrer et d'imaginer ce que devait être son enfance, à elle et uniquement à elle.



Michiyo Konoe. Oui, il lui fallut un certain temps avant de se souvenir de son nom de famille. En même temps, il avait toujours eu du mal avec les noms. Il parut à moitié surpris lorsqu'elle lui indiqua son véritable âge, mais cela ne fit au final qu'arranger le chain qui trouva finalement qu'ils n'étaient pas si différents que ça... à quelques centaines d'années près. Tout en écoutant attentivement la suite du déroulé de sa vie, le chain tenta de se figurer à sa place. Non, on ne pouvait pas dire que la demoiselle avait eu une vie facile. En revanche, il n'avait jamais notifié ce petit accent chez elle. Il lui paraissait tellement naturel... Il inclina la tête, un peu intrigué par le fait qu'elle ne se souvienne plus de sa ville de naissance. C'était... comment dire, assez inhabituel. En général, dans une présentation, la première chose à donner était son âge et son lieu de naissance. Mais elle l'ignorait. Quelque part, ça rassura le chain. Il se sentait sans doute moins seul dans sa lente démarche vers ses fragments de mémoire. Michiyo lui parla ensuite de ses parents. De son frère qu'elle n'avait pas connu et qui avait emporté sa mère dans la même mesure. Naaru n'arrivait pas à se sentir triste pour des inconnus. Il restait stoïque, le torse planté dans le sol comme un « i » et les genoux croisés. Parfois, la demoiselle tremblait en évoquant quelques passages. Plus le temps passait, et plus le chain se demandait si tout déballer était une bonne idée. S'ils devaient se voir souvent, Naaru finirait par oublier quelques détails de sa vie, c'était forcé. Mais elle lui avait demandé d'être le gardien de ces souvenirs. En était-il seulement capable ?

Le brun grinça quelque peu des dents lorsqu'elle lui parla d'un chain. Ils étaient tous loin d'être aussi sympathique que lui. Il y en avait quelques uns, certes, mais très peu. Avait-elle perdu son père aussi ? Tout portait à le croire. Les orphelinats. Nana n'y avait jamais posé les pieds, et d'aussi loin que ses souvenirs de lecture remontaient, il ne s'en faisait pas une image très glorifiante. Une grosse bâtisse avec pleins d'enfants dedans. Des enfants sans parents. Voilà ce que techniquement ce mot voulait dire. Dans l'instant, il voulut presque lui demander pour son compte personnel l'ambiance qui régnait dans ces lieux, mais préféra ne pas laisser cette question franchir la barrière de ses lèvres. Il y avait des choses à ne pas dire, et Nana semblait enfin l'avoir compris.

Quelques secondes plus tard, Michiyo reprit sa respiration pour parler de son chain. Naaru n'avait pas l'impression de l'avoir déjà vu, mais il en avait entendu parler via sa contractante. S'il voulait vraiment tout connaître de cette dernière, il devait aussi se familiariser au chain qui la suivait. Il doutait franchement de sa capacité à devenir ami avec celui-ci, mais au moins il avait le mérite d'en connaître un minimum. Et puis, son pouvoir était une chose à savoir. À savoir et à ne pas sous-estimer. Lire les souvenirs. Sans doute était-ce la chose qui pouvait effrayer le chain le plus. Les manipuler. Mine de rien, les sourcils de Nana se froncèrent. Il n'avait pas envie de paraître sérieux, mais il ne pouvait pas non plus refréner le soucis qu'il se faisait. Comme la contractante l'avait si bien dit, il arrivait que le chain soit en désaccord avec son coéquipier. Qu'allait-il arriver s'il faisait usage de son pouvoir sur Naaru sans lui demander son reste ? Et pourtant... pourtant c'était un risque à prendre s'il voulait rester avec elle le plus longtemps possible.

En écoutant le dernier point, le brun fut frappé d'un espèce de gêne. Elle récupérait les souvenirs de ceux qu'elle prenait. Et tout finissait par être mélangé. La demoiselle ne se souvenait plus avec exactitude de son endroit de naissance. Était-ce de la faute à son chain ? Et lui, Naaru, avait-il une quelconque influence sur Finn ? Il en doutait franchement, n'étant pas muni de pouvoir mentaux.

Toujours est-il qu'une fois le discours fini, le chain ne put s'empêcher d'afficher un sourire désolé. Il lui avait demandé beaucoup de renseignements, et la réponse s'en était pratiquement aussitôt suivie. Elle n'avait pas demandé son reste. Simplement d'être la gardienne de ses souvenirs à lui. Sans être sure de pouvoir l'être un jour, soit dit en passant. Au final, Elle s'était confiée à lui, simplement. C'était sans doute beaucoup, mais le Naaru ne comprenait certainement pas la situation. Il poursuivit sur la lancée de la jeune femme par ces quelques mots :

-Merci de m'avoir tout confié. Je ne suis pas sûr de pouvoir égaler tes aveux... mais je te promets que j'essaierai... un jour.

Quand bien même ce jour durerai des années. Et comme pour lui prouver que cela lui faisait réellement plaisir, Le chain s'approcha un peu plus d'elle et l'embrassa doucement. Si doucement qu'il aurait bien pu effleurer simplement ses lèvres qu'il n'y aurait eu aucune différence. Mais cette fois-ci, ce n'était pas parce qu'il la pensait fragile. Non. Il voulait juste lui prouver sa sincérité, mais ne pas trop en profiter. Peu de temps plus tard, le chain décida de se rallonger, parce qu'au final, il trouvait la position couchée beaucoup plus confortable. Et il servit en outre d'oreiller à la jeune femme. À quoi ressemblaient-ils, tous les deux, très honnêtement ? Heureusement que personne n'était là à les observer. Heureusement ? En vérité, il s'en fichait pas mal. Du moment que les espions ne venaient pas les déranger, ils pouvaient même boire un thé dans les buissons. Ça lui était bien égal.

La jeune femme tourna la tête, si bien que son visage fut caché du regard du brun. Cela permit à Naaru d'approcher sa main pour la poser dans les cheveux bleus et se perdre dans ces longs fils. Il ne pouvait dire pourquoi, mais il adorait cette sensation. La ressentir aussi bien que la procurer. Surtout avec Michi. En même temps, il avait initié cela avec elle, et depuis n'avait retenté avec personne d'autre. Il poussa un léger soupir avant de s'attaquer à la partie la plus difficile de ses aveux. Il fallait lui en faire part, lui montrer qu'il y avait ce quelque chose qui le poursuivait constamment en sa présence. Mais comment l'expliquer ? Lui-même tâchait de savoir de quoi il en retournait. La jeune femme avait probablement les réponses à ses questions. Et c'est une question indirecte qui fusa alors de ses lèvres pour s'échouer jusqu'aux oreilles de Michiyo.

La réponse ne fut pas celle à laquelle il s'attendait, et pourtant, il fut heureux de l'entendre. Ce petit battement vint réanimer son cœur tandis qu'il écoutait la belle demoiselle. Il écouta attentivement le début. Elle lui parlait si gentiment. Pas qu'elle ne l'eut jamais fait jusqu'à présent, mais c'était encore autre chose à décrire. C'était plus profond, tout du moins était-ce selon l'interprétation du chain. Il fut véritablement touché par tout ce qu'elle prononçait, et principalement pour la dernière phrase. Sitôt cette fin arrivée, Naaru ouvrit la bouche pour le refermer instantanément. C'est dingue, les mots ne voulaient plus venir. Il n'arrivait pas à formuler de désir. Il n'était même plus en mesure de lui retourner un compliment. Il en fut tellement touché que l'espace d'un instant, le monde s'arrêtait de tourner, même pour lui, insignifiante chain. Sa main se stoppa dans les cheveux de Michiyo et il posa son regard loin devant lui. Si c'était ça ce que les gens appelaient le bonheur, alors il souhaitait s'y intéresser davantage et plonger dans cet univers à corps perdu.

Ce n'était pas tant les mots. Mais plutôt leur signification. Et cette impression, ô combien croissante, de réciprocité. Naaru s'attachait surtout à cette dernière sensation. Elle possédait peut-être cette réponse, et sans doute viendrait-elle à la suite. Il l'espérait du fond du cœur, afin de comprendre enfin ce qui motivait son être à être autant attiré par une seule et unique personne. Le brun ne put rien dire, mais recommença à passer sa main dans les cheveux bleus, en silence. Il sentait que Michiyo n'en avait pas terminé. Il écoutait.

De forts sentiments. De forts sentiments. Est-ce qu'il ressentait de forts sentiments ? Des sentiments, ça oui, il n'avait jamais été aussi ballotté de part en part par autant de flots d'expressions. Peut-être était-ce ça que désignait le terme « fort ». Ils n'étaient peut-être rien comparés à celles de la demoiselle, mais n'en restait pas pour autant conséquent et bien présents en lui. Il inspira. Expira. Trouva l'air bien difficile à attraper malgré cette non nécessité de respirer. Pourquoi tout devenait si dur, tout à coup ? Naaru eut chaud, puis froid, puis encore une fois chaud. Cette chaleur remonta lentement jusqu'à son visage, si bien qu'il du retirer sa main des cheveux de Michiyo pour ralentir lui-même cette température. Ses mains lui semblaient si froides, comparées à celle de ses joues. Il ne comprenait rien, décidément rien du tout. Et, subitement gêné, il préféra empêcher la demoiselle d'apercevoir son visage en passant une main dans ses propres cheveux, détournant subitement le regard. Que se passait-il donc ? Il se mit assis, dérangeant par-là même la position prise par Michiyo, et sans lui laisser réellement le temps de souffler, Naaru la prit dans ses bras. Ça l'énervait un peu de ne pas comprendre, parce que malgré les paroles de la demoiselle, il savait qu'elle ne lui avait pas tout dit. Quelque part au fond de lui, il était certain qu'elle lui cachait quelque chose. Mais ça lui était égal. Au moins, il savait que c'était un tant soit peu réciproque.

Peu amène à devoir se prendre la tête trop longtemps avec ça, parce que ça ne lui ressemblait décidément pas, le chain dériva lentement son visage vers le cou de la demoiselle et posa subitement sa bouche sur ce dernier. Et puis, d'un seul coup, il se décida à aspirer. Ce qui, communément appelé un suçon, eut l'effet de le faire rire aux éclats. Non, il ne se fichait absolument pas de ce qu'elle venait de dire. Bien au contraire, c'est parce qu'elle l'avait trop déstabilisée qu'il riait à présent aux éclats. Amusé, il dit alors :

-Eh bien voilà, pendant quelques jours au moins, tu pourras penser à moi quand tu te regarderas dans ta glace, pas vrai ?

Non, il ne sortait pas cette donnée de son cerveau. Il avait lu au hasard ça quelque part. Les marques que ça pouvait laisser, principalement au niveau du cou car la peau y était très fine. Et en fait... il n'avait rien trouvé de mieux que ça pour détendre cette atmosphère, qui bien que terriblement délicieuse, ne contribuait qu'à le gêner davantage. Et sachez-le, ce chain-là préférait avoir les choses en main plutôt que de les voir s'échapper entre ses doigts.

Par la suite, il relâcha Michiyo même s'il garda un point d'encrage sur sa main en emmêlant ses doigts aux siens. Une idée avait brusquement germée dans son esprit. Enfin, non, disons qu'il se l'était déjà posé auparavant, mais qu'elle trouvait à présent le moyen de se concrétiser. Un air plus que sympathique sur le visage, il décida de lui soumettre une petite demande.

-Dis... Tu te plains tout le temps mais... Est-ce que tu veux venir chez moi ?

La question était à double sens, et dans un premier temps, il ne s'en était même pas rendu compte. Mais au final, ça n'avait pas de réelle influence sur le sens général de la phrase et il offrit un joyeux sourire. L'amener chez lui. Enfin chez Finn. C'était aussi chez lui. Il avait sa chambre, après tout. Sa plante aussi qui ne payait pas de mine. Il n'était pas tout à fait certain que son contractant ait quitté l'appartement, mais il y avait tout aussi peu de probabilités de le trouver à cette heure-ci. Michiyo se plaignait de ne pas connaître sa maison, eh bien il était prêt à le lui indiquer. Pas à un seul moment il ne se dit que donner l'adresse d'un Baskerville à un membre de Pandora n'était probablement pas la meilleure chose à faire. Non, pour l'instant, il voulait simplement faire plaisir à la demoiselle aux cheveux bleus. Et le monde pouvait se mettre contre lui, ça ne changerai strictement et absolument rien.

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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   6th Juin 2013, 13:05

[ Paix à mon âme et à la tienne.]

La vie d’un être humain – ou tout simplement d’un être vivant- est faite de hauts et de bas, à l’instar des montagnes russes. Aucun individu ne peut échapper à cette logique. Cela prendra du temps à se déclencher parfois. Des mois, des années. Des décennies. Dans un premier temps, ce ne seront que des déceptions. Puis, l’erreur permet d’avancer, alors l’avènement des victoires prendra forme. Un échec, une réussite. Une réussite. Un échec. Au fond, la succession d’événements dans une vie, n’est que le résultat aléatoire d’une équation mathématique, dont seul, le « créateur » possède la solution. Un matin. Non, chaque matin. Il se lève pour jeter les dés du destin. Ainsi, des centaines voire des milliers de visages apparaissent ainsi que la chance et la malchance. Personne n’y échappe. Personne ne peut changer la donne. Alors, il faut se lever le matin, en ayant la désagréable impression ou tout au contraire, l’agréable impression que quelque chose va se passer avant l’écoulement des vingt quatre heures composant une journée. Il est rare que le ressentiment soit faussé. Il est rare d’en échapper, faut-il alors, réussir à contrôler un tant soi peu son destin. L’événement se produira toujours tôt ou tard de toute façon. A quoi bon tenter de vouloir y échapper. Si c’est pour voir de succéder une série incontrôlable de malchance ? De toute façon, quoi que les personnes puissent en dire. Quoi que les personnes puissent vouloir faire. C’est un passage obligatoire pour l’engrenage sociétal. Cela fait parti de la relation « pauvres- riches ». Les riches dépensent l’argent que les pauvres n’ont pas dans des repas et fêtes somptueuses. Pendant que les plus pauvres, se damnent à gagner, ne serait-ce que de quoi se payer un morceau de pain. Pour, finalement, payer des impôts et donc se priver de repas, pour ainsi, contribuer indirectement à ses galas, auxquels ils ne participeront même pas. La vie est injuste. Vivre en soi même est une injustice. Mais c’est le fondement principal d’une machine humaine bien huilée. Les malchanceux existent pour aider les plus chanceux, alors qu’ils pourraient amplement se débrouiller tous seuls. A contrario, les chanceux existent pour se moquer et faire travailler les malchanceux à la loterie régissant une société évolutive comme celle d’aujourd’hui. Pourtant, un jour. Tout s’inverse. Il ne suffit pas d’y croire. Croire, c’est comme la douleur. Tout se trouve uniquement dans sa tête. Non, il faut simplement attendre son tour. Celui-ci viendra obligatoirement un jour au l’autre. L’expression veut que « la roue tourne ». Cette dernière tournera toujours quoi qu’il en soit. La patience restant une vertu indispensable dans ce genre de situation précaire. Sans patience, ce serait un carnage humain aux centaines voire dizaine de millier de suicides par ans. Michiyo avait vécu ça. Un jour, elle avait perdu sa mère et son frère. Pour le premier cas, c’était pratiquement inévitable. Pour le second, c’était un simple mauvais coup du sort. Au fond, était-elle vraiment triste ? Pouvait-elle seulement se sentir mal, pour quelqu’un qu’elle n’avait pas connu ? Puis, son père avait suivis. Troisième perte en quelque année. Une quatrième dans son intégrité avec une famille. Pourtant, les trouvailles étaient arrivées soudainement. Pandora. Son Chain. Une nouvelle vie. Une force non négligeable. Peut-être pas un combat permanant. Ni de grandes trouvailles. Mais au moins, elle s’en sortait. N’avait pas plongé dans la dépression comme la moitié des cas. Puis, elle l’avait rencontré. Une âme sucrée. Une personnalité hors du commun. Un Chain certes. Mais un humain à connaître avant tout. Une aventure humaine à vivre. Entre le politiquement correcte et le ressentie incontrôlable. Cet homme. Ces cheveux couleur chocolat. Ces deux émeraudes dont elle était folle. Cette façon de se moquer d’elle en permanence. Naaru. Cinq lettres qu’elle pouvait prononcer sur commande si l’on venait à lui demander. Un être. Non, un enfant, que la jeune femme appréciait plus que la normale. Michiyo devait se l’avouer. Elle adorait Naaru et se lover dans ses bras accessoirement. Même sa forme de Chain au final, ne lui faisait plus si peur que cela. Lui avait-elle seulement faire peur une seule fois ? Elle le savait taquin et ne disait pas le moindre de mot sur ses réactions. Habituellement peu tactile, chacun de ses contacts avec cet homme la rassurait.

C’était Naaru.

Son Naaru.

Depuis quand pensait-elle comme ça ? La jeune femme aux yeux bleus n’avait pas l’habitude d’être possessive. Certes, comme toute femme, elle tenait beaucoup à ses affaires. Ses vêtements principalement. De plus, sa chambre était sa chambre. Ainsi que son lit. Personne ne pouvait dormir dedans, sans son autorisation principalement. Puis même, si elle était d’accord, c’était uniquement avec elle dedans. Non pas pour obtenir de dormir dans les bras de quelqu’un. Juste pour être sûre et certaine de le retrouver dans un bon état le lendemain matin. En fait, c’était cela son plus gros souci. A défaut d’être réellement possessive, elle était matérialiste au possible. Possédait d’énormes difficultés à se séparer des objets. Même les plus vieux. Les plus inutiles. La solution n’était pas compliquée au fond. C’était en quelque sorte une partie d’elle qui partait avec l’objet. Après tout, elle l’avait utilisé. L’avait acheté. En somme, une partie de son âme s’y trouvait, qu’elle soit d’accord ou non. Pourtant, parfois, elle se levait le matin – de très mauvaise humeur en général- avant de tout jeter sur un simple coup de tête, sans prendre le temps de s’arrêter quelques minutes pour manger quelque chose. Elle savait pertinemment, qu’en cas de pause, des regrets prendraient place dans son esprit, agrémentés de quelques souvenirs. Ainsi, Michiyo se disait qu’en vérité, tout cela n’était qu’un vulgaire mensonge de sa part. C’était juste qu’elle tenait aux objets acquis dans sa vie, comme une sorte de revanche aux années passées dans les orphelinats, sans ne rien posséder réellement. On leur demandait toujours de n’avoir qu’une petite valise avec quelques vêtements. De toute façon, ils seraient lavés assez souvent pour qu’ils n’aient pas à en posséder des centaines. Au moins, elle avait trouvé la raison d’une armoire débordant de vêtements, dont certains qu’elle n’avait jamais porté plus d’une heure. Au moins, ils possédaient tous leurs propres brosses à dents. Quoi que certains étaient assez bêtes pour se tromper. Ce qui forçait la combattante à garder la sienne dans sa valise en permanence. On ne savait jamais après tout. En parlant de cela, elle devait bien s’avouer, qu’elle n’avait plus aucuns souvenirs des autres orphelins qu’elle avait pu côtoyer. Juste des nombreuses disputes avec les autres garçons et surtout les plus grands, qui se permettaient d’attaquer les nouveaux venus. Elle s’était laissé faire les deux première fois. Parce qu’elle s’en fichait. Qu’elle n’avait plus réellement le moral. Puis la troisième fois, par réflexe, elle lui avait donné un coup de poing en plein visage. Si les entraînements à Pandora étaient difficiles. Les plus efficaces étaient les bagarres en orphelinat.

La membre de Pandora rejeta alors la tête en arrière pour observer le ciel. C’était une situation prenante que de regarder se déplacer les nuages. Calme et relaxant. Un peu comme ce qu’ils vivaient tous les deux au moment présent. Le Chain ne parlait pas. Ce qui engendrait le fait, qu’elle-même n’avait plus de conversation. Pourtant, elle ne s’en inquiéta pas plus que cela. Une conversation avait elle-même des hauts et des bas. Avec des blancs et des meublés. Il fallait s’y attendre. La normalité reviendrait bien assez vite. Ainsi, ils pourraient encore parler pendant des heures sans avoir besoin de trouver des sujets pour meubler la conversation. Ses cheveux volèrent au vent. Ils étaient longs. Peut-être trop longs pour son âge. Elle, qui se plaignait très souvent de paraître trop jeune, les couper ne serait pas du luxe. Plus courts, ils seraient beaucoup moins difficiles à coiffer le matin. Surtout en cas de retard. Un art, qu’elle maîtrisait parfaitement depuis son entrée à Pandora. Puis même avant. Massant doucement sous ses yeux, elle remarqua que la fatigue avait pratiquement disparu. Pourtant, elle n’avait pas tant dormi ces derniers jours. Croyant même avoir des poches sous les yeux, plus voyant que la couleur même de ses cheveux. Soudainement, elle se sentait mieux. De meilleure humeur. Plus en forme. Depuis qu’il était arrivé. Il était contagieux le renard et pourtant, elle aimait ça. Plus que de le taquiner, elle aimait rire avec lui. Il fallait faire face à un changement dans ses habitudes de vie. Mais elle s’en foutait. Ca faisait tellement de bien.

En revenant dans le monde réel, la jeune femme serra la main du brun sous elle. Une façon de vérifier qu’il était toujours à ses côtés. Qu’elle ne s’était finalement pas endormie pendant sa mission et que son envie de le revoir, avait créé chez elle, un rêve. Non. Il était bien présent. Elle ressentait la chaleur de sa main sous la sienne, la serrant toujours un peu plus fort. Si, elle se disait qu’elle avait besoin d’une présence masculine à ses côtés, simplement pour permettre un équilibre mental conséquent. Tout était faux. Non, elle avait besoin d’une présence masculine pour se permettre un peu de repos. Se lover dans ses bras pour oublier tous ses soucis. Se décharger d’un poids conséquent ou tout simplement le partager. L’humain n’est pas fait pour vivre seul. Il doit s’ouvrir, éclater sa bulle et partager sa vie avec la personne qu’il considère comme le plus apte à pouvoir le soutenir. Une entraide mutuelle. Parce qu’avec l’homme aux cheveux couleur chocolat, elle sentait toutes ses priorités tomber peu à peu pour la durée de leur rencontre. Leur étreinte. Comme s’il les prenait pour qu’elle puisse respirer. Si, elle oubliait pour quelques heures sa position de contractante chez Pandora, en contre partie, elle se posait de nouvelles questions introduite par la présence du Chain. Est-ce que c’était vraiment bien ce qu’ils faisaient tous les deux ? Devait-elle continuer à s’attacher à l’homme qu’elle devrait prendre comme son ennemi à part entière ? Que ressentait-elle véritablement ? Question idiote. Elle savait pertinemment ce qu’elle ressentait pour lui. Alors pourquoi se voilait-elle la face ? Cette façon qu’elle avait de faire croire qu’elle ne savait pas. Elle n’était pas idiote. Naaru n’était pas idiot. Ils sentaient tous les deux qu’il y avait quelque chose. Si l’habitant de l’Abysse ne le comprenait pas, la contractante était tout à fait apte à le savoir. Pourquoi se volait-elle la face ? Avait-elle peur. Mais de quoi alors. Qu’il la repousse ? Non. C’était d’autre chose. Il fallait qu’elle y pense. Lorsqu’ils ne seront plus ensembles. Ce n’était pas le moment de gâcher une retrouvaille avec cet homme. Après. Il serait toujours temps.

Une main chaude se referma sur la sienne. Son cœur rata un battement. Les contacts étaient pourtant récurent entre eux. Pourtant, elle se surprit à ressentir des papillons dans son estomac, à chaque fois que leurs peaux se rencontraient. Ce n’était pas désagréable. Loin de là. Mais, il fallait apprendre à maîtriser cette sensation, à ne rien laisser paraître pour que Naaru, ne pose pas plus de questions, dont elle n’aurait certainement pas la réponse. Après tout, elle ne voulait pas qu’il se rende réellement compte de ce qu’elle, pouvait ressentir. Parce qu’on ne sait jamais. Non pas qu’elle est réellement peur d’être rejetée. C’était normal entre individus. Non. C’était d’elle-même qu’elle avait peur. De ne pas savoir comment s’y prendre. Certes, elle avait déjà eu des relations charnelles. Ce n’était plus une gamine de douze ans non plus. Mais amoureusement parlant, elle n’avait jamais pris le temps de s’y consacrer. Le temps, toujours le temps. Qu’un jour, ils se lassent l’un de l’autre. Parce qu’ils sont deux caractères puissants et diamétralement opposés. Peut-être qu’ils se disputeraient comme un vieux couple tous les jours que Dieu fait. Au fond, même si Naaru et Michiyo en tant qu’êtres, n’avaient rien à se reprocher. Pourtant, ils avaient un statut. Trop conséquent pour être oublié au profit de leurs personnalités respectives. Chain des Baskerville. Membre de Pandora. Tout aurait été plus simple s’ils étaient comme tout le monde. Sauf qu’ils ne sont pas simples en eux-mêmes. Etaient-ils réellement faits pour s’entendre ? Pourquoi pensait-elle à tout cela ? Secouant légèrement la tête, la combattante fit partir tous ses questionnements. Ce n’était pas le moment. Ce ne serait jamais le moment.

Michiyo bougea. Parce qu’elle n’aimait pas rester dans la même position. Parce qu’avec la présence du jeune homme trop prêt d’elle, elle n’arrivait plus à penser correctement. S’éloigner n’était pas une bonne solution. Aussitôt, la demoiselle ressentait le besoin de réduire la distance entre eux. Comme un jeu de séduction entre ados. Ils n’étaient plus des ados bon Dieu, mais bien des adultes ! Alors que faisaient-ils à ne pas savoir ce qu’ils voulaient réellement. Que voulait-elle au final ? La réponse s’afficha alors instantanément devant ses yeux.

Lui.

Elle n’en demandait pas plus. Lui et uniquement lui. Certes, elle avait déjà croisé des hommes beaux dans sa vie, voire magnifiques. Pourtant, jamais aucun ne lui avait fait cet effet. L’envie de tout savoir et d’être constamment avec. Naaru était une drogue. Pure et simple, mais dangereusement additive. Soupirant légèrement, elle s’appuya sur ses mains. Eviter de se poser des questions. Ne penser qu’à l’instant présent. Omettre Pandora et Baskerville. Vivre. Quelques mots qui s’affichèrent soudainement devant ses yeux. Il fallait qu’elle arrête. Le temps était fourbe. Ils devaient en savoir quelque chose tous les deux pour le côtoyer aussi différemment des humains. Alors autant l’oublier pour profiter de la présence de l’homme à ses côtés. Avant qu’il ne reparte dans le camp adverse sans qu’elle ne puisse le suivre. Michiyo pensa alors à l’insigne de Pandora qui trônait dans la poche de son manteau. Cet objet qui faisait d’elle une contractante. C’était maintenant qu’elle s’en voulait. Parce qu’en acceptant de se lier à son compagnon de fortune, elle n’avait jamais pensé aux conséquences. Conséquences qui se heurtaient à elle comme une tornade. Foutue impulsivité. Revenir en arrière n’était plus possible. Il fallait faire des concessions. Difficiles. Mais en trouver. Parce qu’elle ne voulait aucunement lâcher l’être qui respirait près d’elle. Par égoïsme. Par ressenti. Par sentiments. C’était difficile à avouer pour Michiyo. Pas une question de fierté. Elle ne savait pas pourquoi, mais c’était compliqué. Rien de plus. Rien de moins.

Puis, elle avait repris contact avec lui. Dans une simple caresse dans ses cheveux. Ils étaient doux, d’une couleur commune certes, mais elle les aimait bien. Ils étaient très harmonieux avec ses yeux émeraude, si taquins qu’elle adorait. La conversation reprit de plus bel. Toujours la même. Michiyo, fidèle à elle-même, restait sur ses positions. Tentant néanmoins de concilier sa façon de penser avec celle de Naaru. Alors que celui-ci, semblait jouer au même jeu. C’était frustrant. Comme parler à un mur avec une bouche sensuelle et des yeux envoutants. Frustrant, mais sexy. Pourtant, il fallait qu’il comprenne. Qu’il n’était pas qu’un Chain idiot. Il pouvait l’attaquer en combat s’il voulait. Elle riposterait. Parce qu’elle était femme de caractère. Que Michael lui en voudrait de retourner dans l’Abysse à cause de « sentiments d’humain complètement idiots ». Dans ces cas là, elle le verrait comme le premier des imbéciles. La conversation n’allait nulle part. Il était temps qu’elle se termine. C’était pratiquement toujours comme ça entre eux. Incapables de se mettre d’accord sur une phrase banale au possible. Des enfants capricieux et têtes de mules. Michiyo se disait sur le coup, qu’avec Naaru elle rattrapait le temps perdu. Tantôt enfants, tantôt adultes. Elle ne pouvait se soustraire à son âge véritable aussi facilement. Mais il lui arrivait de pouvoir le faire. Lorsqu’elle était fatiguée et faisait des crises à son Chain ou lorsqu’il était là. A rire à gorge déployée sans se soucier du regard des autres. Se câliner, comme au restaurant. S’embrasser en oubliant les années qui les séparaient réellement. S’oublier totalement.

Dans leur conversation, Michiyo lâcha quelques vérités sur son Chain. Inconsciemment ou peut-être consciemment, et ça, elle s’en foutait royalement. Après tout, Naaru aurait fini un jour ou l’autre par apprendre que le Chain de la jeune femme n’était pas le dernier des idiots. Au contraire, il tendait à être très intelligent et donnait l’impression de la soupçonner de quelque chose. Il disait avoir senti l’odeur d’un autre Chain lorsqu’il était entré dans l’appartement de sa contractante après leur passage rapide avec Naaru. Que pour lui, il avait du se passer quelque chose, puisque beaucoup des objets avaient été brisés, alors que sa camarade était seule. Ainsi, il l’avait questionné pendant plusieurs heures en avançant toujours et encore, la même hypothèse. Elle lui mentait purement et simplement. Croyait-il réellement qu’elle allait lui avouer avoir amené un Chain à la solde d’un Baskerville quelconque, chez elle. Qu’ils s’étaient embrassés. Égueulés et bien d’autres choses ? Alors, c’était bien mal la connaître, malgré toutes ces années. L’excuse avait été simple et rapide. Un de ses confrères liés à un contractant illégal avait attaqué des innocents au moment même où elle arrivait dans la rue. Elle l’avait combattu. Obtenu une blessure, qui laissa une belle cicatrice. Puis, elle était rentrée, titubant, fatiguée, avant de s’effondrer et de casser certains objets en rejoignant sa chambre en pleine nuit. Il ne l’avait pas cru. Pourquoi sentait-il l’odeur du Chain sur son lit - accessoirement divan de la jeune femme- si elle l’avait combattu à l’extérieur ? Excédée, elle avait fini par répondre, qu’elle avait tout simplement l’odeur sur elle, et basta. Ce qui avait irrémédiablement mis fin à leur conversation.

Ses mains lui piquaient un peu. C’était difficile de trouver une position adéquate au milieu d’une forêt. Son esprit se heurta soudainement à une conclusion ou plutôt une question. Que faisait-elle dans cet endroit à la base ? Chasser des contractants illégaux. Et par conclusion, où étaient-ils ces hors la loi ? Quelque part, dans un endroit dont elle ne connaissait pas encore la localisation. Puis après tout, Michael les avait suivit, donc elle pouvait bien se permettre de ne pas penser à sa mission pour le moment. Pandora n’était plus à quelques jours près désormais. Des mots la firent sortir de ses pensées soudainement ainsi qu’un nouveau contact sur sa main qui n’avait pas quitté les cheveux de l’homme. Elle tendit alors l’oreille pour écouter ce qu’avait à dire Naaru sur la conversation qui prenait des proportions un peu trop grandes à son goût. Ce dernier lui disait qu’elle n’avait pas à se faire du souci. Arrêt sur image. Où avait-il entendu qu’elle se faisait du souci pour lui ? Quand avait-il pu comprendre ce genre de chose ? Michiyo plongea alors son regard bleu dans le vert de celui du jeune homme, sans ouvrir la bouche. Comme pour le sonder et comprendre d’où lui venait cette idée. Trente secondes. Une minute. La jeune femme n’arrivait pas à revenir quelques minutes en arrière pour trouver ce qu’elle avait dit. Bon, il n’avait pas tort. Elle s’en faisait du souci. Mais juste un peu. Parce que ce n’était pas son genre de s’inquiéter pour les autres. Surtout quand l’autre en question possède des pouvoirs intéressants, sait s’en servir et en plus, combat mieux qu’elle à l’épée. Jusqu’à ce qu’elle analyse enfin le ton de voix du jeune Chain. Ah c’était comme ça. Pour la suite, elle ne pouvait – étrangement- que n’être d’accord avec lui. Il était pratiquement impossible d’allier leurs deux visions de la vie. Parce qu’ils n’avaient pas le même vécu dans un premier temps. Et parce qu’ils devaient être nés pour se contredire 99% du temps. Replaçant sa mèche derrière son oreille, la combattante ouvrit la bouche pour répliquer à son tour.

« En dehors du fait que tu sois un Chain et moi une humaine. Il est surtout difficile d’allier tes idées avec les miennes. »

Ce n’était pas faux. Ce n’était pas la différence Chain-Humaine qu’il fallait prendre en compte. Mais la différence Naaru-Michiyo, et celle-ci valait gros dans la balance. Certes, la membre de Pandora, était une contradiction à elle toute seule. Mais en rajoutant à cela, la machine Naaru, c’était une contradiction presque automatique. Certains individus ne les connaissant ni d’Adam ni d’Eve pourraient croire facilement qu’ils jouent à un jeu. Celui qui gagnera et fera plier l’autre en premier. C’était peut-être vrai. Mais ce n’était pas d’un accord commun. Alors qu’un sourire se dessinait sur son visage, la jeune femme poussa sur ses doigts pour se pencher au dessus du visage de son camarade de conversation. S’approchant de son visage jusqu’à sentir leurs souffles se mélanger. Elle aussi pouvait être moqueuse. Il ne fallait pas croire.

« Mais il n’est pas exclus que je puisse me faire du souci pour toi. Même si je tiendrais le pari sur le fait que ce soit plutôt l’inverse. »

Après tout, qui l’avait protégé lorsque l’autre habitant de l’Abysse lui avait charcuté la hanche ? Il était aussi celui qui l’avait porté jusque chez elle, alors qu’elle s’était endormie. Cette même personne qui avait failli la charcuter à son tour, uniquement dans un premier temps pour qu’elle se soigne – même si la conversation avait dérivée-. Les exemples n’étaient pas nombreux, mais assez flagrants aux yeux de la jeune femme. Dans le cas, où s’était, elle qui soutenait cette hypothèse, il était hors de question qu’elle pense aux contre exemples que Naaru pouvait avancer. En attendant, elle était là, penchée au dessus de lui. Naaru était un dangereux aimant dont elle ne pouvait se soustraire qu’avec beaucoup de courage. Posant un baiser sur le front du Chain, elle reprit sa place initiale. Bancale soit dit en passant. Il fallait qu’elle se concentre un léger moment pour ne pas perdre son équilibre au moindre souffle de vent. En attendant, elle avait observé sans bouger, Naaru, se lever. Passer à côté de leurs deux armes. Ramasser la sienne. La ranger de son fourreau. Repartir et s’asseoir contre un arbre. Michiyo le fixa alors longuement. Est-ce que ça aurait été trop fatiguant pour Monsieur le Chain, que de ramasser la sienne au passage ? Aberrant. Il n’avait même pas pris la peine de faire un gentil geste et de l’aider. La jeune femme commença alors à ouvrir la bouche pour lui faire remarquer- avec toute la grâce dont elle pouvait faire preuve- lorsqu’il la devança. Ca, c’était vraiment une très mauvaise habitude qu’il avait pris. Ecoutant alors ses paroles, la suite avait été assez honteuse pour la combattante. Un unique compliment l’avait fait rougir et en même temps faite tomber au sol. Sans même qu’il n’eut à la pousser. Ne pas relever la tête. Ne surtout pas relever la tête au risque de l’entendre se moquer. Ne pas bouger. Peut-être qu’il n’avait rien vu avec de la chance. Beaucoup de chance.

Sauf que l’on parlait de Naaru. Relevant discrètement les yeux, Michi pu l’admirer rire comme un gosse pourrait rire de sa propre bêtise. C’est bon. Il en faisait trop là. Baissant de nouveau les yeux elle se refrogna en attendant qu’il se calme. Elle était juste tombée. Cela arrivait à tout le monde au moins une fois dans sa vie, de rencontrer le par terre. Et en connaissant le Chain, elle pourrait mettre sa main à couper que pour lui, c’était un nombre incalculable de fois. Elle n’avait juste pas été présente pour se moquer à son tour. Il menait au score. Serrant les poings, elle se releva avant de frotter ses vêtements pour ôter la poussière. Ils étaient déjà bons à laver de toute façon. Elle bougea alors vers le Chain, qui soit dit en passant, riait tellement qu’il devait en attraper mal au ventre. Que devait-elle faire maintenant ? Le frapper ? Non. C’était trop violent comme réaction. Même pour quelqu’un comme elle. Attendant –plutôt- patiemment qu’il se calme, elle tira sur l’un des pans de vêtements du brun, lui permettant ainsi de l’attirer vers elle. Comme il n’était toujours pas à sa hauteur. Elle poussa sur sa pointe de pied pour se hisser au niveau du visage du jeune homme. Attirant ainsi ses lèvres contre les siennes. L’embrasser était une très bonne façon de le faire taire tout en se faisant plaisir. Pourtant Michiyo n’en resta pas là. Parce que c’était Michiyo. Retenant un sourire moqueur, elle lui mordilla la lèvre inférieure, avant de rompre et de reculer d’un pas. Ainsi, elle murmura un simple merci. Parce que oui, c’était quand même un compliment et qu’elle n’était pas si ingrate que l’on pouvait le croire. Mais rajouta quelques mots, sur le ton de l’humour et légèrement de la moquerie.

« Tu as de la chance d’être mignon et d’embrasser assez bien. Sinon, je t’aurais fais taire d’une tout autre manière. »

Parce que oui, elle aurait été beaucoup moins gentille avec n’importe quelle personne osant rire voire même sourire à la « chute » qu’elle avait fait. Si celle-ci avait osé avoir un fou rire, la jeune femme ne donnait pas cher de sa peau. Mais là, c’était lui. Toujours lui. Alors ça changeait considérablement la donne. Dans un premier temps, parce qu’elle ne pouvait pas le tuer aussi facilement qu’un humain. Dans un deuxième temps, parce qu’elle ne voulait pas le tuer aussi facilement qu’un individu lambda , malchanceux d’avoir vu une telle scène. En troisième temps, parce que oui, il embrassait vraiment bien et ce ne serait pas une bonne idée de le tuer. Et enfin, oui, il était beau et la jeune femme – bien qu’elle ne lui dirait jamais- considérait cela comme une excuse acceptable. Un sourire plus gentil se dessina sur ses lèvres alors qu’elle enlevé les derniers grains de poussières de son haut. Puis, elle devait avouer qu’elle s’amusait beaucoup avec lui. Et que le voir rire comme un gosse de dix ans, lui faisait plaisir plus qu’il ne pourrait l’imaginer. Jusqu’à ce qu’il recommence. Pourquoi Naaru ne pouvait-il pas s’arrêter après un fou rire ? Ce n’était donc pas possible pour lui ? Faire rougir la contractante semblait être un jeu apparemment très amusant pour qu’il recommence une seconde fois. Soupirant, elle se demanda jusqu’où pouvait aller l’esprit enfantin du jeune homme. Il n’avait certainement pas de limites après tout, alors pourquoi se poser la question ?

Ainsi, se fut, elle qui engagea de nouveau la conversation. Ajoutant une pointe de son humour parfois douteux. Ce n’était pas faux ce qu’elle disait. Lorsqu’elle aurait quatre vingt ans, Michiyo n’aurait plus la même force que lors de leur première rencontre. Un jour, elle atteindrait son apogée après plusieurs années d’entraînement dans un corps qui ne connaitra pratiquement jamais les sévices du temps. Puis, elle commencerait à prendre de l’âge, sans pour autant prendre une ride. Gardant ce visage d’adolescente. Sa force diminuerait avant de disparaitre peu à peu. Les humains devaient tous subir un jour au l’autre l’attaque de l’âge. Les contractants étaient différents, du moins, ceux de Pandora et les Baskerville d’après ce qu’elle avait pu comprendre. Ils ne pourraient pas vieillir physiquement, mais pour Michiyo, le psychique en prenait quand même un gros coup. Puis, même si elle n’était pas encore en âge de penser cela, elle savait pertinemment qu’elle ne pourrait pas passer toute sa vie à chasser les grands méchants Chain et les Faucheurs pourpres. Elle n’avait jamais pensé à une vie de famille. Mais, elle savait déjà qu’un jour, elle serait trop vielle pour continuer. Qu’un jour, elle partirait sans demander son reste, même si elle devait prendre toute les années accumulées en pleine face d’une minute à l’autre. Même si elle devait mourir pour cela. Parce qu’être contractant, c’était se punir avant tout. Au premier abord, cela peut sembler plutôt jouissif que de rester jeune ou dans la fleur de l’âge toute sa vie. D’avoir un Chain avec des pouvoirs puissants ou non. D’apprendre à combattre et de se sentir utile. Sauf que la réalité semble être tout autre. Il faut commencer par accepter qu’un autre monde existe quelque part et que celui-ci regorge d’êtres tous aussi forts les uns des autres qui pourraient donner la mort en claquant des doigts. Qu’il faut s’attacher toute sa vie à quelqu’un ou quelque chose. Accepter par la suite de faire couler le sang si ça devient nécessaire. De risquer sa propre vie tous les jours. Mais aussi de garder le corps dans lequel tous ces douloureux souvenirs son ancrés. De voir les individus avec lesquels ont a grandi commencer à prendre de l’âge. Devoir s’en détacher parce qu’on rappelle trop souvent les années passées et perdue. Accepter d’être un contractant, c’est s’auto punir avant tout. Et Michiyo voulait vieillir. Parce que mentalement, elle était certaine de ne pas tenir.

Les mots du Chain firent écho à son raisonnement. Et une révélation la frappa soudainement. De quel droit se permettait-elle de se plaindre comme ça ? L’être qu’elle adorait tant ne prenait pas une ride non plus. Certes, il n’avait pas l’air d’être dérangé plus que cela par son corps de jeune adulte. Mais la jeune femme était loin de comprendre la manière de penser et de comprendre le monde qui l’entour de Naaru. C’était une donnée tellement inconnue, que c’était à elle de changer pour ne pas bloquer l’équation sans avoir la capacité de trouver le résultat. Ce qui était certain, c’est que si elle devait mourir. Elle aimerait que tout s’arrête. Même si c’était dans une heure ou dans dix ans. Elle ne voulait réellement pas devenir Chain un jour ou l’autre. Si le statut de contractant ne l’enchantait guère, celui de Chain n’était le dernier des derniers. Devoir vivre avec sa propre mort au risque de devenir fou ou tout simplement la refouler comme le faisait Naaru. Ce n’était pas un choix. C’était égoïste, mais jamais, elle ne voulait devenir Chain. Elle croyait en la vie après la mort, mais pour elle, ce n’était pas une vie. C’était une torture permanant. Celle de vivre dans l’Abysse en attendant des années voire des siècles un contractant. Avec peut être la malchance de tomber sur un non légal. Non. Non merci, très peu pour elle. Les paroles du brun la ramenèrent sur terre pendant quelques instants. Elle ne pu s’empêcher de sourire gentiment à de telles paroles. S’imaginer viellir n’était pas une mauvaise chose en soi, mais s’imaginer viellir avec un « ange gardien » comme Naaru, ça donnait envie d’avancer le temps. Michiyo s’humidifia les lèvres avant de lui donner sa réponse.

« Viellir ne me fait pas peur. Juste qu’il est naturel de ne pas être autant en forme dans plus de 50 ans ! Mais, maintenant que tu m’as dis ça, je t’interdis formellement de ne « plus être de ce monde » Naaru. Tu dois rester avec moi jusque la fin. »

Jusque la fin, qu’elle retarderait finalement le plus possible. Brisant alors la plupart de ses règles éthiques. Si, elle avait prit ça sur un ton très léger. Elle pensait vraiment tous les mots qu’elle avait prononcés. Et cela du début jusque la fin. Il ne devait pas repartir soudainement dans l’Abysse et sortir de sa vie aussi rapidement qu’il y était entré et la laisser toute seule comme une idiote. Même si personne ne devait rien savoir de leur relation, elle pourrait garder le secret indéfiniment. Tout ce qu’elle voulait, c’était effacé les mots de Naaru de sa mémoire. Même si elle savait que ce n’était pas réellement sérieux, elle ne voulait pas y penser. Quel parfait idiot ce Chain ! Après, ce n’était pas une obligation pour lui, il pouvait très bien partir lorsqu’il le souhaitait. Elle ne dirait rien sur sa nature ni ce qu’elle connaissait véritablement de lui. Naaru ne lui appartenait pas. Il vivait avec son contractant certainement. Avait lui aussi une vie en dehors de leur rencontre dont elle ne connaissait rien et ne voulait rien savoir sans qu’il n’en prenne seul l’initiative. Le jeune homme restait un parfait inconnu pour elle. Et cela sur beaucoup de points importants. Il était évidemment qu’elle souhaitait en connaître un maximum sur lui. Quitte à lui raconter sa propre vie si cela pouvait être un échange équitable. Il était une personne très intéressante et adorable à côtoyer et oui, elle ne voulait pas le laisser partir. Pas d’un seul coup.

Alors, pour se distraire, elle avait complètement changé de sujet. Du moins non, elle restait toujours sur Naaru, mais lui avait demandé son âge. Pour elle, c’était une question toute à fait bénigne. Mais elle jugea trop tard que ce ne semblait pas être le cas pour Naaru. Après tout, il avait banni beaucoup de ses souvenirs et il semblait soudainement logique pour Michiyo, que se rappeler de son âge ou de son nom de famille n’était certainement pas la première des priorités pour le jeune homme. Quelle gourde… Elle le vit alors glisser le long de l’arbre avant de se concentrer pour réfléchir. Il semblait vouloir y répondre sans pour autant s’énerver auparavant. C’était une bonne chose et ça lui éviterait de devoir se tenir droite et être fière tout en cachant qu’elle avait peur de lui. Oui, sa forme de Chain lui donnait de réels frissons tout le long de l’échine. Il restait pourtant le Naaru qu’elle connaissait. Mais il dégageait cette présence pesante que possédaient la plupart des Chains compétents et très forts en sortant de l’Abysse. Un jour, elle s’y ferait. Peut être pas maintenant. Mais à force de le côtoyer comme elle l’avait fait avec son propre Chain. Se concentrant de nouveau sur le jeune homme, elle attendit une réponse ou du moins une réaction. Ce qui ne tarda pas à venir. Le sourire sur le visage de la jeune femme s’évanouis dès les premiers sons quittant la gorge de son compagnon. Il était mal à l’aise. Il n’en savait rien. Mais pourquoi avait-elle voulu changer de sujet ? Ne pouvait-elle pas se contenter de se taire. Serrant les dents violemment contre elle-même, elle fit quelques pas pour le rejoindre et s’asseoir près lui, cherchant honteusement comme lui éviter ce genre de supplice encore une fois. La jeune femme aux yeux bleus ne pu s’empêcher de répéter silencieusement « Irwin » comme pour ne jamais l’oublier. Quant à son âge, même s’il était peut être approximatif, elle n’était pas surprise de voir qu’ils avaient tous les deux sensiblement le même âge. A quelques centaines d’années près. Il était mort si jeune.

Se positionnant un peu mieux, elle plaça sa main sur le visage du Chain avant de lui caresser furtivement la joue du pouce. Elle se sentait réellement honteuse. C’était un sentiment désagréable qui n’allait pas l’aider pour faciliter son humeur. Elle ne savait que dire. Quoi faire après une telle gaffe de sa part. Se mordant la lèvre inférieure, la combattante se contenta d’ajouter quelques mots avec une toute petite voix. Celle de quelqu’un qui vient de se faire attraper pour une grosse bêtise.

« Ne te force pas à répondre à mes questions si celles-ci te semblent difficiles. Te voir triste à cause de ton passé est la dernière chose que je souhaite en ce moment. »

La dernière chose oui, mais cela ne l’empêchait pas de vouloir combler certains vides dans la case « Naaru Irwin » réservée spécialement dans sa mémoire. Il n’était pas exclus qu’elle en oublierait certainement la moitié avec le temps. Mais en rajouterait aussi. C’était un pari difficile et long à réaliser. La patience serait sa plus grande arme. Fallait-il seulement en avoir. Michiyo faisait souvent partie de la catégorie de personnes que l’on peut désigner comme « je veux tout, tout de suite ». Mais, lorsque le sujet abordé était le jeune homme, elle ne pouvait qu’attendre encore et toujours. Le forcer ne ferait que de le faire se refermer sur lui-même. Il faudrait bien choisir ses mots pour le mettre en confiance vis-à-vis de sa mémoire et de son passé, ne serait-ce qu’un sanglant. Sa main rejoignit lâchement son autre main pendant qu’elle réfléchissait silencieusement. Il leur faudrait certainement des années pour apprendre à se connaître tous les deux. Non pas pour s’accepter. Parce que ça, Michiyo l’avait déjà fait. Nous, pour apprendre à se connaître mutuellement malgré les différences qui tendaient à les séparer toujours un peu plus tous les jours. Oh, elle ne regrettait nullement d’être tombée sur Naaru, Chain et Baskerville de surcroît. Pour rien au monde, elle n’aurait voulu rencontrer un autre membre de Pandora, ou alors un citoyen tout ce qu’il a de plus banale. Parce qu’elle ce serait ennuyée ferme. Et puis, qu’elle connaissait les humains pour être particulièrement susceptibles et ne supportant que très peu son caractère. Chose que le Chain réussissait avec brio à chacune de leurs rencontres. Pour cela, elle ne pouvait que le féliciter. Puis au fond, temps qu’elle ne croisait pas son contractant ou dans ce cas, que celui-ci découvre son statut de membre de Pandora, elle ne s’inquiétait pas plus de côtoyer le Chain. Si a contrario, il venait à l’apprendre. Que ferait-elle ? Elle ne savait pas encore. Habituellement, elle ne ce serait pas pris la tête et aurait fini par lui changer la mémoire pour qu’il oublie un maximum d’informations sur sa personne. Quitte à devoir se détacher du Chain. A contre cœur, mais c’était ainsi.

La conversation dériva une nouvelle fois. Pour se tourner vers les dernières paroles qu’elle av ait prononcées. C’était une sorte de plainte de sa part, mais elle était réellement la seule des deux à devoir le chercher dans toute la ville pour avoir ne serait-ce qu’une petite chance de le croiser. Après tout, Réveil n’était pas une toute petite ville, alors, il fallait beaucoup de courage pour espérer le croiser au détour d’une rue. Peut-être que le jour où Michiyo sortirait, celui-ci resterait chez lui, sans soucier qu’elle le cherche. Puis, ils n’avaient aucuns moyens de contacts et la jeune femme ne voyait pas comment elle pouvait faire sincèrement. Il avait à lui seul toutes les cartes en main, et il pouvait clairement décider de ne plus la revoir si il en ressentait l’envie. Elle avait sourit. Pour ne pas qu’il le prenne trop mal. Mais elle voulait vraiment pouvoir le revoir si elle en ressentait le besoin et non dans une forêt après une chasse à l’homme conséquente. Bien évidemment, elle ne lui dirait pas directement qu’il devait impérativement lui donner son adresse. Donner un ordre à Naaru semblait être comme parler au vent. Il y avait peu de chance qu’il l’écoute et ne la conteste pas . Elle ne se sentait pas la force et le courage de traverser toute la ville de Réveil – ville très conséquente- pour croiser le jeune homme. Avec la malchance dont elle pouvait faire preuve en temps normal, il était tout à fait plausible, que le jour où elle sorte de chez elle, celui-ci n’en ressente pas le besoin et reste dans son appartement. Ou vise versa. Autant allier la facilité plutôt que de risquer de ne jamais se recroiser. Après tout, il se pouvait que Naaru vienne la voir chez elle et qu’elle ne soit pas présente ou en mission à l’autre bout du monde. Là, elle pourrait savoir où le dénicher et ne reculerait pas pour le faire venir avec elle.

Quant au reste, ce n’était pas important pour la jeune contractante. Une arme était une arme pour elle. Bien qu’elle pense sincérement qu’un objet renferme un bout de l’âme de son propriétaire, elle ne semblait aucunement s’attacher à ses armes de combats. Certainement, parce que celles-ci, a contrario des objets gardés dans sa chambre, volaient une partie de vie des individus contre qui elle combattait. Et ça, elle n’en voulait pas. Gérant ainsi la plupart de ses combats au corps à corps dés que cela était possible. Sinon, elle réglait le problème en quelques coups et les remords viendraient plus tard. Si remords il y avait. Alors, elle avait rajouté au jeune homme, qu’elle n’avait pas l’œil pour les armes. C’était un peu un écoulement normal au fait d’éviter de s’en servir au maximum pendant un combat. Rajoutant au passage une boutade, comme quoi, son arme s’était certainement perdue en route puisqu’elle ne l’avait toujours pas rencontrée. Au fond, elle ne croyait pas trop aux paroles du Chain. Ou alors, ce serait simplement qu’elle n’était pas faite pour la vie de combattante et qu’aucune arme n’avait été façonnait pour elle. Non. Elle avait suivi cette voie avant tout, alors ce n’était pas une lame ou un quelconque objet qui allait lui dire si oui ou non elle avait fait le bon choix, en la trouvant. Si Naaru y croyait, elle n’allait rien lui dire. Mais ses mots ne la touchèrent aucunement. Seulement ce voile nostalgique qui s’était installé dans le regard émeraude. Un voile léger, mais qui en disait long. Long sur le passé du jeune homme. Sur quelque chose qu’elle ne connaissait pas encore. Mais elle en mettait sa main à couper qu’il n’avait pas sorti cela d’un livre ou d’une conversation précédemment entendue. Ca semblait plus profond que ça. Beaucoup plus profond.

Michiyo se pinça la lèvre devant la nouvelle vague de paroles du brun. Elle pouvait craquer à tout moment devant le regard du jeune homme. Mais elle ne devait pas. Pourtant, elle devait lui dire que pour elle, tout ça n’avait pas d’importance. Sans le froisser. Comment ? C’était une question difficile. Les réactions du Chain étaient imprévisibles et Michiyo se sentait assez bien placée désormais pour le savoir. Il fallait trouver les mots justes ou tout simplement lui mentir. Serait-ce une bonne idée ? Elle ne mentait pas souvent et seulement dans les cas qu’elle jugeait de « grande nécessité » . Or, ce n’était pas le cas. De plus, Naaru était loin d’être bête et Michi mentait très mal. Il pourrait s’en rendre compte et lui vouloir, déclarant ainsi le début d’une « nouvelle dispute », sur un sujet banal, dont la vérité aurait pu engranger une autre conversation. Dans un second cas, Naaru pouvait très mal prendre la façon de voir de la jeune femme et enclencher une nouvelle fois, un débat philosophique au possible sur leurs façons de penser et de voir les choses différemment. Replongeant encore le fait qu’elle est humaine et lui un Chain. Serrant légèrement le point et faisant blanchir ses phalanges, elle trouva les mots et la solution.

« Accompagne-moi seulement. Ce sera plus simple d’avoir l’avis de quelqu’un d’autre. »

Détourne le sujet. C’était petit et minable. Mais le seul moyen que possédait la membre de Pandora pour ne pas froisser le jeune homme. Ca tombe, elle se faisait des idées. Le Chain était certainement capable de prendre ça de façon très diplomate et d’accepter qu’elle ne comprenait pas cette vision des choses. Or, Michiyo ne voulait pas parier sur un cheval perdant sans avoir toutes les données en main. Ainsi, elle préféra attendre. Un jour, cette conversation reviendrait certainement sur le tapis et là, ce serait le moment pour tout lui dire. En attendant, elle garderait ses commentaires pour elle. Histoire de rester en bons termes quelques jours de plus. Un ange passa par la suite. Ils s’étaient embrassés comme ils l’avaient fait de nombreuses fois déjà, puis plus rien. La combattante n’était pas très douée pour meubler une conversation. Il lui fallait de la spontanéité. Un sujet et paf, elle pouvait parler durant des heures sans s’arrêter. Malgré qu’au premier abord, elle jouait sur la distance et sur un mutisme impressionnant. Mais dès que l’on arrivait à percer sa bulle de sûreté, on pouvait remarquer une très grande bavarde. Pouvant tergiverser pendant des heures sur la beauté de sa nouvelle paire de chaussures si elle le voulait. Le fait est, qu’avec le Chain d’un Baskerville, la jeune femme changeait de sujet pratiquement toutes les deux minutes, avant de revenir sur celui de base inlassablement. Parce qu’elle voulait avoir le dernier mot comme avec tous les autres. Mais que Naaru n’était pas les autres et lui aussi lui tenait tête. C’était frustrant parfois, mais passionnant la plupart du temps. C’était comme cela qu’elle arrivait à cerner sa personnalité enfantine et son côté adulte plus rare. Comme celui-ci avec l’épée. Michiyo ne voyait à ce moment précis, que le Naaru de son âge. Sérieux et non moqueur.


Il brisa alors le silence en une prononçant une question. Surprenant la demoiselle dans un premier temps. Puis la faisant réfléchir longuement. Ce n’était pas une réponse à donner à la légère. C’était son histoire. Son passé. Oh non, elle n’en avait pas honte. Mais généralement, elle en venait rarement à ce sujet. Il fallait donc une nouvelle fois choisir ses mots, prendre le temps de réfléchir. Ses yeux se levèrent au ciel une nouvelle fois, alors qu’elle cherchait le moindre détail de sa vie et supprimant ceux, qui seraient susceptible de ne pas intéresser le jeune homme, pour n’en garder que les grandes lignes. S’il voulait plus de renseignement, il poserait les bonnes questions, comme il lui avait fait remarquer. Lors du moment où elle l’avait grondé pour ne pas lui avoir avoué d’être un Baskerville. Ce serait donc la même chose. Comme elle lui avait déjà dit, ses réponses seraient données avec le plus de sincérité. La jeune femme sentait le regard de l’homme sur elle. Mais il lui fallait encore un peu de temps pour réunir toutes les brides de sa mémoire et formuler une réponse correcte. Alors, elle passa outre. Les autres questions viendraient plus tard après tout. Alors, elle lui avait donné une réponse affirmative. Sans lui faire promettre de tout garder pour lui tout seul. Ca, elle s’en fichait éperdument. Non. D’être simplement le gardien de ses souvenirs. Parce que c’était un poids à porter et qu’un jour, les épaules de la jeune femme ne seraient plus assez fortes pour le faire. Alors, son physique craquerait soudainement et le mental suivrait irrémédiablement. Puis, elle pourrait lui faire confiance pour retenir le plus important. Ce qu’elle, ne pourrait certainement plus faire au fur et à mesure que s’enchaînerait les missions pour Pandora. L’utilisation de son Chain. C’était un choix à faire et elle ne pouvait le forcer. S’il disait oui, elle prendrait sur ses épaules, le poids que Naaru ne pourrait plus porter seul à son tour. Une sorte de partage équitable. Qui sembla faire sourire le jeune homme. Craquant la fine pellicule de stresse qui entourait Michiyo pendant l’attente. La faisant respirer d’un coup. Ca faisait tellement de bien.

Pourtant, comme elle aurait pu s’y attendre, Naaru ne semblait pas réellement confiant en cette idée. Souriant gentiment, la jeune femme vint se placer en tailleur devant lui, attrapant les deux mains du Chain avant de prononcer quelques mots qui lui virent par instinct. Parce qu’il ne fallait pas réfléchir dans ce genre de situation. L’humain n’était réellement pas fait pour peser inlassablement tous ses mots. C’était un animal. Et Michiyo n’échappait pas à la règle.

« C’est pour ça que nous existons ,nous les amis. Pour t’aider à porter ce lourd poids qui est le tien. Une sorte de partage équitable. »

Durant sa phrase, le sourire doux de la jeune femme ne l’avait pas quitté, ne serait-ce qu’une micro seconde. Elle avait l’impression de rassurer un enfant qui allait à l’école pour la première fois et qui ne voulait pas quitter sa mère. Naaru lui donnait véritablement cette impression. Non pas qu’elle se prenait pour sa mère. Loin de là. Mais simplement pour l’aider à franchir le pas. Il ne fallait pas y aller comme une brute. Mais lentement. Point par point, en installant préalablement une relation de confiance mutuelle. Pour cela, il fallait faire attention à la moindre réaction du Chain. Car le moindre faux pas, ferait qu’il se renfermerait dans sa bulle instantanément. Ce n’était pas concevable. Alors, elle reprit la parole de nouveau.

« Mais dans ces cas là, on attendra patiemment le moment où je serais capable selon toi, d’être assez forte. »

Désormais, elle lui plaçait entre les mains, toutes les cartes. S’il ne voulait pas, ce serait ainsi. Sinon, elle lui montrerait qu’elle pouvait amplement soutenir le poids de ses souvenirs à lui et des siens en même temps. En ayant tout de même l’étrange conviction, qu’à contrario de sa propre mémoire, celle qu’elle obtiendrait de Naaru serait difficile à effacer. Même avec les pouvoirs d’un Chain. Fermant les yeux, elle termina de formuler la réponse la plus importante selon elle. Le plus long monologue en vingt deux ans. Long, mais complet selon elle. Le résumé était simple. Sa mère n’était plus. Son père n’était plus également. Elle vivait dans des orphelinats et avait le Chain le plus prétentieux au monde. Simple et rapide. Pourtant, elle fut surprise du silence que laissait planer le jeune homme. Le temps lui sembla soudainement interminable, transformant les secondes en minutes et les minutes en heures. Que pouvait-il bien penser de tout cela ? Alors la poigne de Michiyo sur les mains de Naaru se fit brutalement plus forte. Shit. Relent de stresse. Lâchant soudainement ces dernières, elle se releva pour se détendre un peu. Ce n’était que des souvenirs, bon Dieu ! Se prendre autant la tête ne servait strictement à rien. Il n’était pas capable de la juger sur son passé tout de même. Si … ? Ce qui la gêna le plus, était la dureté de son regard, lorsqu’elle avait abordé le pouvoir de son Chain. Alors, sa voix s’éleva dans l’air encore une fois pour clarifier les choses.

« Mais, si le pouvoir de mon Chain t’inquiète. Crois moi que je ne serais pas clémente une seule seconde s’il osait prendre le pas sur mes ordres et l’utiliser sur toi. »

C’était une promesse, mais aussi une menace pour son Chain, si celui-ci venait à relier leurs esprits soudainement. Parce que oui, elle serait tyrannique avec de dernier si il désobéissait à cet ordre. Habituellement, elle le laissait faire ce qu’il voulait, tant qu’il était présent pour les missions et surtout ne portait aucun préjudice en son nom. Mais là, ce serait des limites à ne pas franchir pour éviter de subir le véritable mauvais caractère de la jeune femme. Alors, elle décida qu’un jour, elle lui parlerait yeux dans les yeux de la situation présente. Le mettant en garde contre toute tentative d’insubordination. Sinon, elle trouverait un moyen de lui faire payer au centuple son acte et ça, elle en était tout à fait capable. C’était même certain. Les mots du Baskerville la firent sortir de sa menace intérieure. Ce n’était pas grave s’il ne pouvait pas égaler ses aveux. Ca elle le savait et avait pourtant parler en connaissance de cause. Mais, ce qui l’énerva un tant soi peu, était ce sourire désolée qu’il affichait. Ca sortait d’où ça ? Désolée pour son passé ? Pour ne pas pouvoir lui parler à cœur ouvert ? Soupirant, elle donna un léger coup sur le front de Naaru, affichant un faciès refrogné. Ignorant sa précédente phrase.

« Retire moi de suite ce sourire désolé de ton visage Naaru Irwin, il n’a pas lieu d’être dans la conversation. Tu vas très bien. Je vais très bien. Alors oust. »

C’était un peu enfantin comme réaction. Mais elle ne voulait pas de cette mine désolée qu’elle avait pu remarquer sur tous les visages des gérants d’orphelinat, lorsqu’elle était contrainte de leur expliquer sa vie avant son arrivée avec eux. Après tout, si elle était orpheline, ce n’était pas parce que ses parents voulaient la punir d’avoir trop mangé de sucreries avant un repas. Non, c’était du sérieux. Soit, parce qu’ils n’étaient plus là pour s’occuper d’elle. Soit ils l’avaient tout simplement abandonnée. Pour Michiyo, c’était la première solution. Mais elle haïssait par-dessus tout de voir ce regard compatissant et ce sourire désolé. Si en plus, l’homme qu’elle adorait tant, commençait à s’y mettre. C’était que son cas était vraiment désespéré. Alors qu’elle allait bien. C’était une partie de sa vie où elle n’avait rien pu faire d’autre que de regarder et pleurer. Désormais, elle pouvait se défendre, alors ce n’était pas le moment de se morfondre dans son coin avec toutes les personnes qu’elle côtoyait.

Pourtant, elle afficha un nouveau sourire, lorsque les lèvres de son vis-à-vis se posèrent furtivement sur les siennes. C’était toujours trop court avec lui. Mais, elle n’allait pas non plus en quémander un autre, bien que l’envie s’en fasse violemment ressentir. Se contentant juste de poser sa tête sur le ventre du Chain pour observer le ciel, et ainsi cacher toute la gêne qu’elle pourrait ressentir s’il lui disait encore quelque chose de mignon ou tout ce qui pouvait toucher à ce registre. Puis, elle aimait bien cette position. C’était relaxant et elle pouvait sentir la respiration et les battements de cœur du Chain plus distinctement. Cachant même un nouveau sourire lorsqu’elle sentit une main passer dans ses cheveux. Elle avait horreur de ça normalement. Ses cheveux, c’était sacré. Mais là, elle n’avait rien dit. Naaru pourrait alors se vanter auprès de qui il voulait, d’être l’homme ayant obtenu le plus de sourire et de faveurs de la part de Michiyo, en une seule journée. Pour le coup, elle ne le contredirait pas. Mais ça, elle n’allait pas lui dire. Certainement pas.

Répondant par la suite à une phrase de Naaru, elle eu du mal à comprendre pourquoi le mouvement dans ses cheveux s’était soudainement arrêté et la respiration du jeune homme avait sensiblement changée. Mais elle ne dit rien. Peut-être qu’il s’était endormi après tout. Relevant discrètement les yeux, elle tenta néanmoins de l’apercevoir. Histoire de le réveiller, s’il était vraiment capable de s’endormir sur un sol crasseux et plutôt froid. Mais elle ne voyait rien et ne voulait surtout pas bouger pour éviter de le déranger. Abandonnant, son regard se tourna légèrement vers son arme plus loin. Il faut peut-être qu’elle aille la chercher. Peut-être. Les mouvements reprirent peu de temps après. Ah non, il ne dormait donc pas. L’esprit de Michiyo se mit à fonctionner. Qu’est ce qui s’était passé dans ses cas ? Devait-elle lui demander une explication ? Soupirant, elle décida silencieusement de sa réponse. Non. S’il avait quelque chose à lui dire, il lui dirait. Sinon, elle attendrait, comme elle avait pris l’habitude de le faire avec lui.

Ainsi, elle avait repris la parole pour lui avouer qu’elle ressentait de profonds sentiments envers lui. Ce n’était pas un véritable mensonge, mais elle savait pertinemment qu’elle aurait pu en rajouter beaucoup plus dans cette explication. Néanmoins, elle n’en ressentait pas le besoin actuellement. Il ne fallait pas aller trop vite avec le Chain. Non. Avec elle. Parce que c’était des sensations qu’elle avait inconsciemment banni de sa vie. Elle les ressentait parfois. Mais rien de plus qu’elle ne voulait exploiter. Or, ce n’était pas le cas ici. Michiyo voulait réellement avouer ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle au Chain. Pas de tout de suite. Bientôt. Parce qu’elle ne voulait pas faire le premier pas. Parce que pour la première fois depuis longtemps, elle avait peur. Peur de la réaction d’un autre que sa propre personne.

Elle commença à réagir lorsque le mouvement dans ses cheveux se stoppa de nouveau et que les mains du Chain les quittèrent soudainement. Encore une réaction qu’elle ne comprenait pas. Comme celle qui allait suivre. Naaru avait changé de position pour s’asseoir. La forçant alors à bouger à son tour. Mais alors qu’elle avait s’appuyer contre lui, tous ses mouvements furent stoppés par des bras qu’elle commençait à connaître parfaitement. Fins et musclés de surcroît. Une odeur caractéristique, que Michiyo n’arriverait pas à oublier même si elle le voulait. Des cheveux fins couleur chocolat qui vinrent lui caresser le visage, la chatouillant au passage. Finalement, les paroles se trouvaient être un surplus par moment. Et Michi se devait bien de l’avouer, elle préférait les moments où son corps rentrait en contact avec celui du Naaru comme pour le moment, sans qu’une parole ne soit prononcée. Fermant les yeux, elle se laissa aller à cette étreinte surprise tout en l’attirant un peu plus vers elle.

Ce qui fut de courte durée, lorsqu’elle sentit des lèvres se poser dans son cou. Son corps fut parcouru soudainement d’une décharge électrique, de la pointe de ses pieds, jusqu’au sommet de son crane. C’était étrange comme sensation. Agréable mais étrange. Ce qui fut aussi de courte durée. Puisque ce gosse de Naaru lui laissa une marque dans le cou, pendant que les yeux de la jeune femme s’ouvrirent comme des soucoupes. Mais qu’est ce qu’il faisait là. Non. Non. Et non ! Elle était contre ce genre de marquage de territoire et encore plus dans son cou ! L’entendant rire aux éclats, elle tenta de le faire desserrer son étreinte autour d’elle, pour le fixer dans les yeux. Il en avait profité l’enfoiré ! Non, elle n’était pas en colère. Mais ca pouvait être presque ça. Passant la main dessus, elle sentie que sa picotait. Le foutu renard ! Plantant toujours son regard dans celui du Chain hilare, elle attendit une explication. Qui devait être très bonne pour excuser un tel geste.

Attente d’explication entre deux rires.

La jeune femme connu la plus grosse déconnection de son cerveau en vingt deux ans de vie. Battant des cils, elle tenta de reprendre ses esprits. Elle n’avait pas besoin de ça pour penser à lui bon Dieu. Pourquoi ressentait-il le besoin de marquer son territoire l’imbécile heureux ? Soupirant, Michiyo détourna les yeux et détacha ses cheveux pour cacher la marque. Heureusement qu’ils étaient longs finalement. Elle perdit soudainement l’idée de les couper de suite. Se pinçant la lèvre, elle bougonna quelques mots.

« J’ai pas besoin de ça pour penser à toi, idiot de Naaru. »

Et merde, elle avait pensé tout haut. Rougissant soudainement, elle ne détourna pourtant pas le regard. Il fallait assumer ses paroles maintenant. Oui, elle pensait à lui et non, elle n’avait pas besoin d’une marque dans son cou – qui resterait pendant un temps indéterminée- pour se souvenir de son existence. Mais, elle cherchait déjà un moyen sûr et certain de lui rendre la monnaie de sa pièce. Parce que non, elle ne pouvait pas laisser ce geste impuni trop longtemps. Si au moins, il pouvait marquer facilement, elle aurait laissé joyeusement la marque de ses dents, sur n’importe quel endroit visible du corps du brun. Parce qu’il était important qu’ils soient à armes égales question marques gênantes. Quoi qu’avec lui, Michiyo s’attendait à tout. Du meilleur comme du pire. Mais surtout du pire. Reprenant sa liberté, elle constata tout de même qu’il lui tenait toujours la main. C’était reposant comme contact. Même si elle lui en voulait encore. Néanmoins, elle écouta ce qu’il avait à dire pour sa défendre.

Nouvelle surprise. C’était bien Naaru, le Chain qu’elle connaissait qui lui demandait de venir chez lui ? Secouant la tête, elle tenta de reprendre ses esprits. De chocs étaient trop dans la même journée. Alors, sans lui répondre, elle enleva sa main de celle du jeune homme, pour se lever et faire quelques pas. Histoire de se dégourdir les jambes et de ramasser non chaleureusement son arme, trônant toujours dans la poussière. Avant de la remettre dans son fourreau. Tournant le dos au Chain. Un sourire amusé se dessina alors sur ses fines lèvres, alors qu’elle se retournait pour lui faire face. Les yeux dans les yeux. La réponse quitta sa gorge sans plus de cérémonie.

« J’ai bien cru que tu ne me le proposerai jamais ! »

Puis, elle laissa s’échapper un léger rire cristallin avant de réduire la distance entre elle et l’autre individu. S’arrêtant à quelques centimètres de lui, elle tendit une nouvelle fois sa main. Comme pour la première fois qu’ils s’étaient parlé tous les deux, dans les jardins de Pandora, où il n’avait rien à faire soit dit en passant. Perdant soudainement dix ans d’âge, Michiyo semblait toute excitée d’enfin pouvoir découvrir la tanière du monstre Naaru.

« Si monsieur veut bien se donner la peine de se dépêcher. Je préfère partir vite, avant que tu ne changes d'avis Juste au cas où. »

Agrémentant ses paroles d’un nouveau sourire. Elle se contenta d’attendre qu’il se décide à se lever. Enfin, elle allait en apprendre plus sur lui. Enfin, elle pourrait retrouver Naaru là où il vivait et surtout lorsqu’elle le voulait et non pas uniquement au bon vouloir de monsieur. Sur le coup de l’euphorie, Michiyo oublia complètement qu’elle était membre de Pandora et qu’elle devait prévenir ses supérieurs de la découverte d’un lieu de vie certain d’un Baskerville accompagné de son Chain et de la connaissance des pouvoirs de ce dernier. Qu’elle pourrait peut-être y risquer sa vie si celui-ci était présent. Qu’elle avait une mission à terminer avant tout. Mais ça, elle s’en foutait royalement. Ses supérieurs attendraient encore quelques jours s’il le fallait et des semaines si elle avait décidé ainsi. Parce qu’ils avaient cas la mettre avec quelqu’un pour cette lourde tâche. Parce qu’ils l’avaient mise à la paperasse pendant plusieurs semaines et elle était en colère après eux.

Parce que Naaru était plus important.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]   2nd Juillet 2013, 08:31

La confusion. L'anxiété. Sans parvenir à mettre ces mots sur ces émotions, c'est ce que ressentait le chain. La confusion, ça oui. Il cherchait à comprendre, sans cesse. Il voulait savoir ce qu'il y avait chez cet être de différent par rapport aux autres. Cette différence l'ayant poussé à se libérer l'esprit, à parler si clairement, à s'énerver, à se parler, se toucher. Toutes ces choses paraissant si lointaines pour Naaru. Une effluve de nostalgie ? Pas seulement. C'était un tout. Il avait l'impression d'être quelqu'un avec elle. Michiyo était une fleur entourée d'épines. Elle pouvait lui offrir tant de choses. Et pourtant, derrière tout ça, il y avait la peur. Qu'arriverait-il s'il s'apparentait à un humain ? Il avait peur de ce que cela pourrait provoquer chez lui. Les sentiments et ressentiments animant ces êtres de chair et de sang semblaient si puissants, si réels. Peut-être était-il déjà en train de changer, sans s'en apercevoir. Alors, que faire ? S'il le voulait, il pourrait partir. Quitter à tout jamais la belle femme aux cheveux bleus. Ne plus jamais passer sa main autour de son visage pâle. Ne plus voir son sourire et ses expressions si charmantes comme ses moues vexées. S'il le voulait, oui, il pourrait tout plaquer. Il était un chain, et l'attachement n'était accordé qu'à son contractant. Alors pourquoi ne pouvait-il pas ? La pensée même de ne plus la voir lui était insupportable. Dans l'instant tout du moins.

Après tout, il s'était bien passé d'elle pendant plusieurs semaines, sans – trop – y penser. Il laisserait le temps faire le reste. Naaru paraissait fort, sûr de lui. Il l'était, mais face aux humains, il était à la fois effrayé et attiré. Regarder de loin, sans doute était-ce la meilleure solution. Il avait tenté une approche, et voilà où il se retrouvait. Dans un guêpier dont il ne pouvait pas sortir aussi facilement. Dans un guêpier fort relaxant, dépaysant. Michiyo était sa bouffée d'air frais. Il pouvait ne penser à rien en sa présence. Il avait le droit de parler sans peur tout comme de se taire pendant de nombreuses secondes. Il échangeait, comparait, riait. C'était un pur bonheur qui, dans l'instant, valait bien tous les cadeaux du monde. Que risquait-il ? Pourquoi se faisait-il du mal à vouloir s'en éloigner si elle comptait autant pour lui ? L'attachement l'angoissait-il tant que ça ? Il fallait croire. Naaru n'avait pas eu d'accroche depuis sa vie d'humain. Et puisqu'il ne cherchait pas à s'en souvenir, on pouvait même affirmer qu'il n'avait jamais connu cette affection. Et pourtant, elle venait aujourd'hui, aussi naturelle que possible. Comment devait-il interpréter tout cela ? L'accepter ? C'était la solution la plus facile. Mais lui n'aimait guère plonger dans la facilité. Le chain aurait bien voulu demander à Michiyo de ce qu'elle pensait de tout ça. Mais il ne voulait pas déclencher un nouveau débat à n'en plus finir. Sans doute était-ce une excuse aussi. Ne pas rechercher l'aide. La refuser lorsqu'on la lui propose. Alors, il tut ses propos et les enfouit bien profondément. Comment pouvait-elle comprendre, et comment pouvait-il seulement lui expliquer ce malaise au fond de lui, mêlé à cet étrange bien-être ?

Il sentit la main fraîche se refermer sur la sienne, ce qui l'amena à reprendre contact avec la réalité. Peut-être devait-il lui en parler, en fin de compte. À quoi jouaient-ils ? Qu'est-ce qui l'assurait que Michiyo n'avait pas une idée derrière la tête. Qui lui assurait qu'elle ne cherchait pas juste qu'à trouver l'endroit où habitait son contractant ? Ah, la confiance était si dure à accorder. Les relations se construisaient avec une telle lenteur. Et pourtant... pourtant, celle-ci allait trop vite pour être réelle. Est-ce qu'elle éprouvait quelque chose ? Oui. C'était le cas. Elle le lui avait avoué. Mais les humains étaient d'habiles menteurs. Pourquoi souhaitait-il qu'il y ai quelque chose ? Pour ne pas être seul, ou par simple bien-être personnel ? Il était incapable de répondre à toutes ces questions se pressant dans un coin de son cerveau. S'il ne surchauffait pas encore, c'est parce qu'elles s'écoulaient comme un flot continuel. Apparaissant et disparaissant sans cesse, comme le fil d'une rivière, ou plutôt d'une cascade. Toutes ces interrogations défilaient, sans trouver de réponses, et s'écrasaient sur les rochers avant de disparaître hors de sa vue. Mais ce débit était incessant. Il voulait du calme. Un tout petit peu de calme, juste le temps de s'éclaircir un peu les idées. Il était Nana, et Nana ne se prenait pas la tête pour des broutilles pareilles. C'était pourtant si dur.

Sans vraiment comprendre pourquoi, il rendit cette pression de main à la demoiselle à ses côtés. Il n'avait pas besoin de parler avec elle. C'était un soulagement, et en même temps il avait parfois du mal à tenir ces instants de silence. À d'autres moments, il en éprouvait le besoin. L'adulte était étrange. Aussi étrange que la demoiselle qui s'était brusquement intéressé à lui. Il ne comprenait toujours pas ses motivations, et avait tendance à s'en soucier encore plus maintenant que leur situation se complexifiait. Il pouvait inventer n'importe quoi. Mais son cerveau de chain avait tendance à trouver le malheur là où il n'était pas. Il ne connaissait pas la trahison, certes, mais il savait qu'il était possible de berner quelqu'un derrière de beaux sourires. Il en était le premier utilitaire. Il donnait l'air de ne pas s'en occuper, et pourtant, il serait le premier à défendre son contractant si Pandora venait à débarquer chez lui. Après tout, c'était un peu sa vie qu'il mettait en jeu à jouer ainsi avec un membre de Pandora. Jouer ? Non. Curieusement, il ne le ressentait pas du tout comme ça. Que pourrait-il bien ressentir si Michiyo se fichait de tout cela ? S'énerver ? Ah le mot est certainement bien faible. Il s'était véritablement attaché à elle, et s'il tenait bien trop à sa vie pour tenter quoique ce soit d'imprudent, en revanche ce n'était pas le cas pour son vis-à-vis. Oui, il pouvait se trouver cruel. Parce qu'il aurait eu mal au cœur. Un violent mal de cœur pourrait le pousser à faire des choses qu'il regretterai plus tard. Après tout, de quoi était-il vraiment capable. Lorsque Michiyo l'avait à moitié poussé à se souvenir de son passé, il avait sombré dans une colère insoutenable. Restait à présent à savoir ce qui lui faisait le plus peur à présent : son passé ou bien subir une quelconque machinerie de sa part. Pour Naaru, la réponse était toute naturelle. Son passé était la seule chose à vraiment lui faire peur. Il était capable de quitter Michiyo non ? Il s'assurerait un futur sans encombre, ou tout du moins sans nouveau problème. Mais alors, pourquoi ne déguerpissait-il pas dans l'instant ? Pourquoi se posait-il toutes ces questions si elles ne concernaient pas ce fameux passé l'effrayant autant ? Grande question.

La demoiselle passa alors ses mains dans les cheveux du brun. Ils se retrouvèrent alors à fixer le ciel, parce que c'était ce qui, dans l'instant, semblait le plus intéressant. Un silence. Aucune tension dans l'air. Ils n'entendaient pas les oiseaux chanter, mais ils auraient tout aussi bien pu. Naaru reprit un peu son calme. Ces moments de questions existentielles le rendait nerveux par moment, faisant resurgir son malaise. Mais il n'eut guère le temps de remplir son petit cerveau de nouvelles interrogations car déjà une discussion s'était engagé entre eux deux.

Ah oui, certes, elle avait décidément du mal à admettre que la différence se fasse sur le principe humain et chain. Pourtant, c'était ce que lui ressentait. Il était différent. Personne ne lui avait inculqué cela. Mais il savait qu'il n'avait pas tort. Il possédait simplement un visage humain, mais il restait plus proche de ces monstres sorties de failles que des humains. C'était ainsi. Irrévocable. Qu'elle l'accepte ou non, ça lui était bien égal. Lui ne se considérerai jamais comme rien d'autre que cela. Et c'était en soi cet effort de la part de Michiyo qui provoquait souvent ce retour sur la défensive. On aurait dit qu'elle tâchait de le comparer à un humain, en partant du principe que, contrairement à Naaru, il était plus près d'eux que des autres chains débiles.  Au final, les deux jeunes gens possédaient une part de vérité. Naaru ne faisait pas parti de cette catégorie de monstres imbéciles. Il avait une volonté propre. Mais il n'avait clairement pas les mêmes réactions qu'un humain lambda. Tuer était normal. Il réagissait violemment -en bien ou en mal- à chaque remarque comme si cela le touchait personnellement. Il était bon à interner.

Un sourire naquit sur les bord de ses lèvres lorsqu'il entendit la dernière remarque de Michiyo. Elle était craquante à toujours vouloir avoir le dernier mot. Jusqu'où pouvait bien continuer leurs échanges ? Il pouvait y passer la nuit. Peut-être même le lendemain et le sur-lendemain. Dans tous les cas, Naaru finirait par avoir le dernier mot, il en était persuadé. Il n'avait pas ces besoins humains, alors avait par-là même un moyen de faire pression. Des méthodes basses et viles, mais il n'hésiterai pas à la priver de repas ne serait-ce que pour avoir son approbation. C'était son petit jeu à lui. Et pourtant, parce qu'il était justement persuadé de gagner, il décida de laisser quelques points d'avance à la jeune femme en lui laissant conclure sur ce sujet tout du moins. Espérons juste que cette fable n'en terminerai pas comme le lièvre et la tortue. En riant aux éclats, il approcha sa main du visage de son interlocutrice et lui boucha alors gentiment le nez.

-Pourtant parfois, c'est possible. Tiens, là justement je suis d'accord avec toi.

Il retira sa main du nez de la demoiselle et la laissa s'échouer non loin d'elle. Par la suite, ce fut à elle de jouer sur la distance entre eux deux. Doucement, elle se rapprocha du visage du jeune garçon et il crut un instant qu'elle allait l'embrasser une nouvelle fois. La tentation fut forte, mais Naaru compris qu'elle voulait simplement lui parler. Et que dire de ces paroles ! S'il fit dans un premier temps le fier parce qu'elle semblait lui avouer qu'elle se faisait du soucis, en revanche cette attitude se dégrada considérablement lorsqu'elle acheva son intervention. Actuellement, il en détourna même le regard, détaillant la feuille d'un arbuste en pleine croissance. Elle n'avait pas besoin de dire pareille chose. Il n'aurait pas emprunté ses mots pour dire ce qu'il ressentait au fond de lui, mais oui, d'un coté, le devenir de Michiyo l'affectait. Pourquoi, il n'eut sut le dire. Et pourtant, c'était ainsi. Pour avoir fait tant de choses avec elle, chose qu'il n'aurait jamais fait en temps normal, on pouvait dire qu'il se faisait parfois du soucis. Parfois. Pas tout le temps. Il ne manquerai plus qu'elle obstrue toutes ses pensées continuellement. Et puis quoi encore. Ronchon ? À peine.

-Exclu ? Tu veux plutôt dire que tu te fais un sang d'encre quand je ne suis pas là, hein ? Les exemples sont à l'appel.

Le Nana était devenu maître dans l'art de retourner les situations. D'accord, il avait volontairement ou involontairement amené la discussion à ce qu'elle était à présent. Mais comment pouvait-il avouer qu'elle l'affectait autant ? C'était impensable. De toute façon, après avoir aussi magistralement détourné son regard gêné après ses paroles, il n'y avait plus grand chose à dire. Seulement à vérifier que cela était bien réciproque. Il fallait croire que la réponse ne l'avait pas suffisamment satisfait. Il inspira profondément en se hasardant à penser à autre chose. Et la tâche fut plus aisée qu'elle n'y parut au premier abord car Michiyo déposa un baiser sur son front. Il l'observa reprendre un peu plus de distance entre eux deux. Silencieux, il fixa cette demoiselle aux cheveux bleus choisir une position bien inconfortable aux humains. C'est drôle, avec elle, il n'avait pas besoin de se triturer les méninges pour trouver un sujet. Toutes venaient le plus naturellement qui soit. Mais dans l'instant, il se contenta de se relever et d'aller chercher son épée parce qu'il n'aimait manifestement pas avoir son arme loin de lui. Il en profita aussi pour récupérer la lourde cape pourpre propre aux Baskerville. Il se demanda ce qu'il arriverai si un membre de Pandora débarquait dans l'instant et croisait les deux curieux personnages. Naaru en prendrait certainement pour son grade et n'aurait probablement d'autre choix que de s'échapper. Il fallait savoir battre en retraite. Michiyo n'aurait certainement pas d'autres choix que de suivre l'autre membre, ou bien d'immobiliser le chain. Quand il pensait aux risques qu'il prenait, parfois Nana se demandait s'il ne jouait pas un peu trop avec le feu. Pire en fait, il embarquait cette fille dans ses histoires compliquées. Paradoxalement, il se fichait bien de l'avis de son contractant s'il lui annonçait un jour la profession de sa plus grande... connaissance ? Le mot était faible.

Quoiqu'il en soit, en réintégrant bientôt sa position assise, il ne put s'empêcher de faire une remarque plaisante. Parce que c'était marrant de connaître les réactions de la jeune femme. Parce qu'il était sûr de rire encore davantage après s'être exprimé. Et ce fut, à l'évidence, une fois de plus démontré. Alors, il s’esclaffa moqueusement en voyant Michiyo tomber fesses les première sur le sol terreux. Et s'ensuivit une expression qu'il n'était pour le moment pas en capacité de pouvoir produire mais qui l'étonnait beaucoup, elle se mit à rougir. Ça ne fit qu'ajouter une dose d'euphorie au chain apparemment survolté. Il aimait beaucoup la voir dans tous ses états. Dans un premier temps, il s'était servi de l'excuse du « je veux connaître les humains » pour apprécier ces changements d'attitude, mais à présent il pouvait clairement affirmer que si la personne était différente, il aurait pris un moins bon plaisir à la taquiner. C'était vraiment juste parce que c'était Michiyo, et parce que c'était une fille persistante et bornée, mais aussi terriblement attirante.

Concentré sur son propre rire, Naaru ne vit même pas Michiyo s'approcher de lui. En fait, il ne se rendit compte de sa présence – alors qu'elle était à l'origine de son fou rire – qu'au moment où leurs deux bouches se rencontrèrent. À ce moment, il réalisa même qu'il s'était penché pour accueillir le baiser. Enfin, disons qu'il fut forcé de le faire puisque la demoiselle exerçait un poids considérable sur ses vêtements. Il la serra machinalement dans les bras pour prolonger le baiser, mais cette dernière le surprit à lui mordre la lèvre. Il se détacha alors aussitôt, subjugué. C'était bien la première fois qu'on lui faisait un coup pareil. En même temps, ce devait être la première fois qu'il embrassait quelqu'un de toute sa longue vie de chain. On ne s'amusait pas vraiment à savoir embrasser lorsqu'on risquait sa vie tous les jours et dans un champ de bataille continuel.

Malgré tout, la demoiselle lui murmura un petit merci. Mais Nana ne rit pas à ce remerciement, car il le savait sincère et il détestait se moquer lors de discussions sérieuses. Bon, il est vrai que cela dépendait grandement de son interlocuteur. Prenez Finn, par exemple. Nana se fichait éperdument de rire face à son sérieux. Mais pas face à celui du membre de Pandora. Peut-être était-ce aussi tout simplement pour dire qu'il appréciait particulièrement le remerciement. Il n'y avait pas grand chose d'apte à attirer l'attention constante du chain, sauf elle et tout ce qui sortait de sa bouche.

En revanche, il ne retint guère un sourire désabusé lorsqu'elle justifia ses actes. Alors c'était pour sa simple belle gueule qu'il ne s'était pas pris un coup quelque part ? Il était déçu. Ah, elle avait ajouté que l'autre raison était sa faculté à embrasser « assez bien ». Encore une fois, Naaru fut au summum de son amusement. Elle utilisait l'ultime inverse de lui. S'il avait tendance à dire ce qu'il exprimait multiplié par cent, en revanche Michiyo préférait commencer par les adverbes péjoratifs avant de s'intéresser à la meilleure partie. Il n'y avait pas de « bon », en revanche du « pas mauvais » coulait à foison. Et si ça le divertissait ? Ça oui. Peut-être gagnerait-elle à être un peu plus franche. Mais bon, Réveil ne s'était pas fait en deux jours. Lui-même avait beaucoup de choses à améliorer sur sa conduite. Et puis, après tout, Naaru ignorait avant qu'elle ne le lui dise qu'il savait embrasser. Il n'avait jamais eu l'occasion d'expérimenter la chose avant. Mais bon, ça ne l'empêchait pas de le remplir de joie. Néanmoins, il ne se gêna guère pour faire clairement part de ce qu'il pensait à la demoiselle. Il l'approcha alors et la prit dans ses bras, posant son menton sur le sommet de la tête de Michiyo. D'un ton totalement neutre, il répondit :

-Oh, j'en suis terrifié à ta simple énonciation. Je suis aussi ravi de savoir que mon joli minois m'a sauvé de l'étranglement. Ah et toi aussi, tu embrasses assez bien.

Il insista fortement sur les deux derniers mots. Les phrases de Michiyo étaient parfois énigmatiques, mais laissaient présager tellement de choses. Faire taire d'une toute autre manière. C'est qu'il avait échappé de peu à la pendaison, le pauvre! À cette idée, le chain martyrisé sourit encore davantage. Il détacha la demoiselle de son emprise et déposa un baiser éclair sur les lèvres de son interlocutrice. Eh bien, puisqu'il embrassait assez bien, elle était largement capable de se passer de ses baisers ! Tout du moins voulait-il s'en persuader pour ne pas résister lui-même à la tentation. Il se remit à rire, parce qu'il n'était décidément destiné qu'à rire en cette journée. Un jour, le chain se calmerai. Un jour. Il devrait bien arriver à un moment où un autre.

La discussion dériva une nouvelle fois. Quand il disait qu'il n'avait pas besoin de trouver de nouveaux sujets de discutions. Ils venaient d'eux-même égayer un peu la conversation, et parfois un silence se plaçait entre ces deux-là. Ils s'échangeaient quelques baisers, quelques étreintes et par le coup du hasard, une remarque finissait par relancer la machine. C'était tellement naturel. Cette fois-ci ils s'étaient attaqués au fait de vieillir. Après tout, Nana était destiné à ne jamais vieillir. À ne pas ressentir cette chose qui donnait aux humains l'impression de se sentir vivant. Après tout, les humains n'accordaient d'importance à ce maigre fil du destin uniquement parce qu'ils savaient que ce dernier ne durerait pas éternellement. Qu'il se romprait, tout au bout et qu'alors il n'y aurait plus rien. Un noir intense. Naaru l'avait connu, et ç'avait été trop. Comment supporter sa propre mort à moins de devenir fou ? Sentir cette chaleur nous quitter petit à petit. Ne plus avoir le contrôle de son corps. Ni stress ni calme. Un froid absolu et quelques gestes désordonnés pour chercher l'air qui manque. Comment supporter cela ? Impossible. Et le chain était bien le premier à le savoir, tout au fond de lui. Vieillir ne lui faisait pas peur à lui non plus. Il resterai le même. Aussi beau, aussi fort, aussi gamin et parfois adulte. Pour lui, la vie n'avait pas de sens, puisqu'elle n'avait pas son contraire.

Il attrapa les mains de Michiyo sitôt sa phrase terminée. En forme dans 50 ans. Il n'espérait pas cela. Et honnêtement, le chain ignorait comment lui-même évoluerai. Il ne pouvait prévoir le futur. Comment leur relation évoluerai, si elle y était destinée. Il ne voulait pas tant se projeter. Tant d'événements pouvaient se préparer en 50 ans. Sans doute aurait-il croisé le fer une bonne centaine de fois. Aurait manqué de perdre ce lien qui le rattachait à ce monde lumineux. Elle lui interdisait de ne plus être de ce monde. Il appréciait.

-J'essayerai de ne pas me faire tuer, je te le promets.

Et comme pour le lui jurer, il approcha la main de la demoiselle à sa bouche et embrassa cette dernière ? Où il avait appris ça ? Aucune idée. Pas même dans ses bouquins. Mais il savait que ça pouvait faire son effet. Son rire revint se loger dans le fond de sa gorge un instant avant de le quitter une nouvelle fois. Et Naaru en profita pour s'adosser confortablement près de son arbre. Michiyo ne tarda pas à le rejoindre. La discussion avait, une fois de plus, totalement dérivée. Le passé de Nana. Après tout, la demoiselle lui avait posé de telles questions. Des questions pour le moins étranges aux yeux du chain. Son âge. On ne le lui avait jamais demandé par le passé. Et s'intéresser à ce genre de détail faisait forcément appel au passé du gamin. Pourtant, il tâcha de s'approcher un maximum de la vérité sans avoir à plonger dans ses méandres de souvenirs.
Ne pas chercher trop loin pour ne pas sombrer. Il aurait bien aimé demander à Michiyo si elle n'avait pas peur de le voir changer. De le voir devenir quelqu'un d'autre, parce qu'il saurait. Qui sait ce que cela provoquerai chez le chain de savoir, alors qu'il s'était jusqu'à présent contenté de rester les yeux fermés. Il pouvait devenir fou, dans le meilleure des cas. Il pourrait faire des choses irraisonnées. Il savait que son passé ne cachait pas de bonnes choses, et au fin de lui, il était conscient de ce qu'il y trouverait. En somme rien de bon. La curiosité était parfois un vilain défaut. Il lui demanderai plus tard. Dans l'instant, il ne souhaitait pas la voir triste par sa faute.

Pourtant il l'avait fait sans s'en rendre compte. Lorsque la demoiselle l'effleura du bout des doigt. Il tourna alors la tête vers elle, parce que la mettre mal à l'aise n'avait vraiment pas été son intention. Au contraire, dans un premier temps, ça avait été pour lui faire plaisir. Il s'était royalement trompé dans ses calculs. Lui qui pourtant ne laissait rien au hasard. Ah, ces humains. Il inspira et retint la main de Michiyo sur sa joue en fermant les yeux. Il écouta les phrases de la demoiselle avec une certaine attention. Ah, c'était donc son hésitation qui l'avait trahi. Mais il avait été pris au dépourvu. Et puis, il n'était pas spécialement triste. Juste un peu... juste un peu effrayé par ce que ce passé pouvait bien lui cacher. Oui, une peur terrée tout au fond de lui, n'attendant que son simple accord pour refaire surface. Que pouvait-il bien faire contre ça ? L'enfouir encore plus profondément à chaque fois qu'il osait poindre le bout de son nez. C'était l'unique solution. Et puis, que Michiyo souhaitait-elle connaître ? Le passé de Naaru n'avait pas d'écho pour lui. Pas encore tout du moins. Il ne se souvenait même pas avoir été un humain un jour. Ses premiers souvenirs remontaient à sa vie de chain. Avant, c'était le néant et quelques suppositions. Alors, il ne voulait pas la voir se voiler la face alors que lui n'en faisait pas tout un plat. C'était ainsi, point à la ligne.

-Je ne suis pas triste.

La voix s'était faite plus sèche que prévu. Il n'aimait pas lorsque l'on cherchait à interpréter ses paroles. Il était... un peu dérangé. Enfin qu'importe, il n'avait pas envie de se prendre la tête avec des choses pareilles maintenant. Michiyo et lui se voyaient tellement peu. Et c'était en partie de sa faute, alors il n'avait aucun droit de se plaindre. Il soupira et délaissa la main de la demoiselle en détournant la tête.

Par la suite, ils en vinrent à discuter de l'épée. Celle qui était à ses côtés l'accompagnait depuis des lustres. C'est pourquoi il l'avait toujours sur lui. Parfois, il lui arrivait d'en prendre une deuxième, notamment lorsqu'il était en mission. Ça lui faisait plus de métal à manier et ce n'était non négligeable quand il en avait besoin. Mais au fond de lui, cette épée remontait à bien plus. Comme si elle n'était rien d'autre que le prolongement de son corps. Après tout, il maniait ce katana mieux que n'importe qui. C'était aussi le métal qu'il parvenait le mieux à maîtriser. Sans doute y avait-il une histoire. Il pouvait de plus passer des heurs devant un armurier sans ciller. Reconnaître les décorations aux vraies armes. La fabrication des moindres détails. Il avait un œil d'expert.

Alors, lorsqu'elle lui avait proposé de l'accompagner, il avait joyeusement souri. Cela lui ferait une sortie de plus à son compteur. Et puis, c'était une promesse pour se revoir aussi. Il n'était pas question qu'elle lui échappe des mains. Et heureusement pour lui, ça avait l'air d'être réciproque. Que ce soit pour rire, parler, s'embrasser ou n'importe quoi d'autre, Nana chérissait ces moments, parce qu'ils étaient tout simplement uniques. Que ce soit dans une armurerie ou non, d'ailleurs. Il inspira profondément avant de lever les yeux au ciel. Nostalgie. Son sourire s'était fait un peu plus mature que les autres. Est-ce que c'était ça, ce qu'il se cachait derrière l'épais voile noir de son passé ? Un frisson parcourut son dos, le ramenant à la réalité. Se confier. C'était tellement dur. Personne ne l'avait habitué à une telle chose. Et puis, s'il eut un jour eut l'idée de le faire, il se serait adressé à une personne lambda. Personne qu'il était certain de ne jamais revoir. Au contraire, Michiyo était une femme qu'il était certain de croiser de nouveau. Non, même pire, il devait la revoir. Pour cette raison, il avait encore plus de mal à lui parler de tout cela. Premièrement, parce qu'il n'en était pas encore capable. Deuxièmement, parce qu'il avait peur de son regard. Il pouvait changer si rapidement et il ne voulait pas voir cela. Pour rien au monde. Alors, il taisait ces propos. Au final, de quoi avait-il peur ? De lui ou de la perdre ? Les deux. Il se posait inlassablement cette même question. Elle revenait même quand il avait l'impression de l'avoir oublié.

Michiyo passa devant lui pour lui prendre à son tour les mains et lui enchaîna deux phrases. Non, Naaru n'était pas d'accord avec elle. Les amis n'existaient pas... Michiyo n'existait pas pour l'aider. Il n'avait pas l'intention de laisser cette ancienne vie empiéter sur le reste. Il s'en fichait. Il en avait tout du moins l'envie. La deuxième partie de sa phrase le rendit encore plus gêné. Le problème, ce n'était pas tant elle. C'était lui, et sa mauvaise habitude à ne rien déléguer, quitte à en rendre malheureux son entourage. Il soupira et esquissa un faible sourire. Il entoura le visage de Michiyo dans une de ses mains et lança, presque moqueur :

-Tu es tellement plus forte que moi psychologiquement parlant. Je suis instable, Michiyo. Terriblement instable. J'ai peur... j'ai peur de changer. Mais n'en parlons plus.

Naaru secoua la tête, comme pour chasser ces vilaines pensées. Il l'avait dit. Il avait prononcé sa peur à haute voix. Il se sentait tellement minable à présent. Avouer ses faiblesses ne faisaient vraiment pas partie de son train train quotidien. Personne n'y avait droit, pas même son contractant. Oh, Nana aimait se plaindre de beaucoup de choses, mais celles qui étaient profondément ancrées dans son esprit, elles, ne ressortaient jamais. Alors, de son point de vue Michiyo était bien plus forte que lui.

Cette dernière ne tarda pas à se relever pour se dégourdir les pattes. Dos à lui, elle ne tarda cependant pas à lui exposer clairement ce qu'elle pensait. Le pouvoir de son chain. À sa simple évocation, Naaru en sursauta. Elle était décidément bien clairvoyante. Il n'avait pourtant pas le souvenir d'avoir prononcé quoi que ce soit qui eut put diriger la demoiselle vers ce qu'il pensait réellement. Même si l'expression du chain n'en devint que plus sérieuse, il apprécia les paroles du membre de Pandora. Si son chain agissait contre lui, c'était donc de sa propre volonté, et non pas sur ordre de Michiyo. Et cela suffit à le rassurer. Cependant, il se garda de toute réflexion. En vérité, cette seule phrase ne suffisait pas. Si Naaru venait à rencontrer ce chain, il en aurait probablement peur et resterait figé, sans rien pouvoir prononcer, de peur qu'il ne cherche dans sa mémoire des limbes de souvenirs.

Michiyo se mit donc à parler de son passé et Naaru écoutait tout ce qu'elle dit d'une oreille attentive. Et puis, il avait sourit. Mais cela n'eut pas l'air de plaire à la jeune femme, qui ne manqua pas de le lui faire remarquer. En vérité, ce n'était pas vraiment pas rapport à ce qu'elle avait dit qu'il possédait ce sourire désolé. Il regrettait juste de ne pas réussir à égaler les aveux faits. Malgré tout, le pauvre chain se prit une petite pichenette sur la tête et Michiyo lui annonça rapidement qu'il ne devait pas sourire de cette façon. Eh bien, il ne recommencerait pas. Il ne comprenait pas trop les actes de la demoiselle, mais acquiesça doucement à ses paroles.

Et puis, ils s'embrassèrent. Comme pour tout oublier, pour passer un peu de temps en figeant le temps. Se couchant presque l'un sur l'autre, un long silence s'ensuivit. Nana passa une main dans les longs cheveux bleus de Michiyo. Il aimait aussi tellement ses cheveux. Ils étaient tout doux et ils sentaient bons. Et puisqu'elle n'avait pas l'air de bouger, il partit du principe qu'elle appréciait son geste. Son geste se stoppa lorsqu'elle lui fit part de différentes choses. Nana était déstabilisé. Oh oui, tellement déstabilisé. Elle lui annonçait ces choses avec une telle légèreté. Pourtant, il pouvait sentir une certaine pression peser. C'était une chose étrange. Son cœur battait un peu plus fort. Il le sentait dans sa poitrine, chose qui n'arrivait pas souvent. Peut-être même ne battait-il pas par moment, comme pour lui rappeler qu'il ne fonctionnait pas comme tout le monde. qu'il était différent. Et pourtant, Michiyo avait l'air de s'en foutre éperdument. C'était agréable. Comme une bouffée d'air frais.

Malgré tout, les aveux de la jeune femme semblaient bien trop difficiles à porter pour lui, et il ne tarda pas à le dire à sa manière. S'approchant d'elle, il l'embrassa dans le cou avant d'y laisser une marque. Une façon bien à lui d'être sûr de changer de sujet. Michiyo ne resterai pas de marbre. Et cela fut bien vite vérifié. Nana se mit à rire très fort et ce fut au tour de la demoiselle de le fixer d'un air indéfinissable. Eh oui, il avait osé. Parce que c'était marrant. Uniquement pour ça ? Non. Détourner la conversation aussi. Finalement, Michiyo lui sortit une drôle de phrase. Idiot de Naaru. Cela mis le chain dans un état d'euphorie sans précédent. Ah bon ? Pensait-elle à lui plus souvent qu'il n'y songeait ? C'était à vérifier. Au moins, là il en était persuadé. Elle détacha ses cheveux pour cacher la marque et le chain apparut à ce moment pour décaler la mèche qui était de nouveau venue se mettre en travers de son visage. Il en profita bien entendu pour lui chipper un nouveau baiser.

Suite à ça, la demoiselle se mit à rougir. Par rapport à ce qu'elle avait dit ? Probablement. Mais le chain n'en était pas totalement certain. Et puis, il repensa à l'envie de Michiyo de venir chez lui. Voyons. Il devait bien pouvoir faire ça pour elle. Après tout, par la suite, elle n'aurait plus l'excuse du « je ne sais pas où tu habites ». La chose étant qu'il ignorait si le contractant était à la maison ou non. Oh et puis mince, Naaru s'en fichait totalement. Il pouvait bien ramener qui il voulait, après tout. Alors, il demanda à la jeune femme si elle pouvait arrêter de se plaindre et qu'il l’emmènerai chez lui dès que possible, à savoir maintenant. Il y eut comme un espèce de déclic qui fit sursauter le chain lorsque Michiyo se leva brutalement en annonçant à qui veut qu'elle attendait visiblement cette proposition depuis un certain temps. Ceci eut le don de faire sourire le chain et quelque peu rire.

Sans vraiment lui laisser le temps de souffler, elle poursuivit rapidement par de nouvelles paroles. Se presser, alors maintenant il fallait se presser ? La demoiselle lui tendit chaleureusement la main, tout sourire. Elle ressemblait à une grande gamine, mais cela fit considérablement craquer le chain. Il prit la main qui lui était tendue pour se relever, dépoussiéra la cape de Baskerville et la roula en boule pour la faire paraître un peu plus discrète. Puisqu'il devaient rentrer en ville autant fallait-il éviter de trop se faire remarquer.

-Je t'y amènes de suite. Ne me perds pas, hein.

De toute façon, le chain ne lâcha guère cette main et entraîna la dame après avoir passé son épée à la ceinture. Il s'élança alors à toute vitesse à travers la forêt jusqu'à apercevoir les premières maisons et ralentit alors le pas, sans perdre un instant sa jolie compagne de vue. Il ne lâchera pas sa main.

Jamais.

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Un jour, je te parlerai de moi [PV Michi♥]

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