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 « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »

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Feuille de personnage
Nom & prénom: Finn Baskerville
Nom du Chain : Naaru Irwin
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   10th Février 2013, 22:08

En fait, à bien y regarder, ils ne traînent à faire les choses que lorsqu’il est question de séparation. Ou d’aller au lit – le cas de la sortie étant spécifique à Finn. C’est vrai, ils ne mettent pas trois plombes à s’habiller maintenant, n’ont pas mis trois ans à faire la cuisine la veille ni même à prendre leur douche. Par contre, l’autre fois pour se séparer, ou bien juste la veille avant d’aller au lit ? Ça a traîné et ça a trainé volontairement qui plus est. D’un côté comme de l’autre. Enfin, tant qu’ils y consentent tous les deux. Même pas besoin de se concerter pour se mettre à grappiller du temps ensemble. En fait ils n’ont même pas besoin de se concerter sur un certain nombre de choses qu’ils font déjà avec l’accord tacite de l’autre ou en communiquant juste par le regard. Finn trouve cela assez amusant. En plus d’avoir quelque chose d’autre qu’il ne peut pas décrire.

- Ca n’aurait pas été la fatigue, je suis sûre que t’aurai aménagé ce temps passé à dormir à autre chose... J’aurai volontiers troqué mon sommeil contre l’expertise de tes mains, Finn.

Eeeh… Vu ce qu’ils faisaient avant de dormir, hier, c’est très probable qu’en fait, s’ils n’avaient pas été fatigués, ils auraient continué. Remis le couvert de l’après-midi. Ce qui, bien entendu, n’aurait certainement pas dérangé l’homme. Ce n’est pas lui qui refuserait cela à Aiko. Enfin, c’est assez visible, comme il décale toujours ce qu’il avait en tête dès qu’elle l’embrasse par exemple. Comme elle sait très bien le mener rien qu’en utilisant ses mains. Comme il est toujours très content de se laisser faire.
Il sourit avec amusement en réponse à sa phrase, son expression sous-entendant qu’en fait il n’en pense pas moins qu’elle, puis disparaît dans le couloir. Pour en ressortir quelques instants plus tard, chemise sur le dos – il y en a un qui aura de la couture à faire en rentrant – et décide alors d’attaquer à nouveau. Convaincre Aiko de rester sagement chez elle pour aujourd’hui. Potentiellement pour demain aussi, mais une journée c’est toujours mieux que zéro. Sauf que vu l’expression de la jeune femme suite à ses mots, l’opération semble déjà en danger.

- Je... Désolée.

S’excuser ne fera rien avancer mais, au moins, elle a l’air réellement désolée. Ce serait mentir que de dire qu’il ne voulait pas la faire culpabiliser. Certes son but n’était certainement pas qu’elle soit rongée par le doute, mais il savait très bien qu’en ne cachant pas son inquiétude, il risquait fort de déclencher ce genre de sentiment chez elle. Et il espérait juste que, pour cette fois, elle ferait une exception et ne retournerait pas de suite au travail. Ça vient visiblement de louper, sinon elle ne s’excuserait pas auprès de lui. Soit. Il n’oublie pas qu’on ne tue pas un Baskerville aussi facilement que cela et encore moins un Baskerville entraîné. Il n’oublie pas non plus qu’Aiko est une femme qui sait très bien se défendre. Néanmoins, même s’il sait tout cela et qu’à priori il n’y a que peu de chances que la jeune femme ne revienne pas de cette mission – et encore moins que la cause de sa disparition dans ce cas soit l’une des blessures causées par celle de la veille – il est incapable de s’empêcher de s’inquiéter. Tous les arguments rationnels du monde ne feront rien contre ce fait, puisque qu’aucun des arguments en question ne pourront enrayer le fait qu’il y ait quand même un risque réel. Un risque dont l’homme est d’autant plus conscient qu’il y a tout simplement déjà fait face lui-même, car lui aussi va en mission. Il aurait nettement préféré se passer de ce genre d’appréhension loin d’être agréable, mais le sentiment s’est insinué là tout seul. Enfin, le remède est bien simple. Puisque la jolie Baskerville semble fermement décidée, il n’y a plus qu’à attendre qu’elle revienne. En vie bien sûr.

Elle fait quelques pas dans sa direction avant de tout simplement achever la distance qui les sépare en se jetant dans ses bras. Il a beau être surpris par son geste non annoncé, son corps réagit plus vite que son cerveau et ses bras se referment sur elle, la serrant contre lui. Il lui faut alors quelques secondes pour réaliser qu’il la serre peut-être un peu trop fort et il relâche alors un peu son étreinte en murmurant une excuse. Si cela ne tenait qu’à lui, il ne la relâcherait jamais. Enfin, jamais – comme toujours, d’ailleurs – est un grand mot, mais au moins il ne la laisserait certainement pas partir en mission aujourd’hui. C’est tellement rassurant de sentir le corps chaud de la jeune femme contre le sien. La mort est froide, elle.
Finn sent plus qu’il ne voit sa compagne relever la tête, l’amenant à baisser la sienne pour pouvoir la regarder. Il se refuse à l’imaginer morte quand elle est devant lui, si pleine de vie. Le contraste est tellement énorme qu’il ne peut tout simplement pas se le figurer. Comment imaginer qu’elle puisse ne plus lui répondre quand il lui parle ? Comment imaginer juste son regard sans aucune vie ? Il ne peut pas et c’est tant mieux. Inutile de se faire du mal ainsi, le sentiment dans sa poitrine lui suffit.

- C’est moi, ça, Finn. Têtue et déraisonnable. Ma vie a toujours tourné autour du clan, et maintenant que tu es là, eh bien... C’est différent. Je comprends que tu t’inquiètes, mais il faut croire que je ne suis pas encore prête pour changer mes habitudes.

Différent en quoi ? Bien que la question lui brûle les lèvres, il n’est pas sûr de vouloir en connaître la réponse. Ni de pouvoir réussir à l’accepter, alors il ne la posera pas. C’est différent, c’est tout.
L’homme l’avait déjà remarqué bien avant tout cela, Aiko effectue bien plus de travail pour le clan que lui. S’ils sont aussi fidèles à leur camp l’un que l’autre, elle leur est en revanche bien plus dévouée. Finn ne vient que lorsqu’on l’appelle. Aiko vient même si personne ne lui a assigné de tâche spécifique. Elle en fait plus pour eux. Comme elle dit, sa vie tourne autour du clan. Ce qui, somme toute, est quand même le cas de la plupart d’entre eux, à des degrés variables. Quant à ses habitudes, loin de lui l’idée de la changer elle ou ses habitudes. Il a appris et apprend toujours à l’apprécier telle qu’elle est et l’envie de la changer n’est pas présente. Il y a une différence entre vouloir à tout prix changer quelqu’un et simplement changer du fait de la fréquentation régulière de telle ou telle personne. Ce dernier fait étant bien plus naturel et, même s’il peut très bien ne pas être bénéfique du tout si la personne en question est mauvaise, non subi. Le premier cas est lui par contre forcé. Non, le contractant voulait juste une petite exception pour cette fois. Enfin, il ne peut probablement pas débarquer comme ça dans la vie de la jeune femme et espérer qu’en un jour elle commence à faire plus d’exception pour lui qu’elle n’a déjà dû en faire jusqu’ici, surtout sur des sujets comme celui-là. Il la serre un peu plus contre lui, sans y aller trop fort cette fois.

- Je ne te demande pas de changer, juste de faire une exception pour cette fois.

Quelque part il s’en veut un peu de la faire culpabiliser alors qu’elle n’a rien demandé. C’est vrai, avec ou sans lui elle l’aurait fait. Et avec ou sans lui elle recommencera de toute façon. Le jour où elle n’ira pas juste pour lui, c’est qu’il se sera passé quelque chose de gros. Ça ou alors un sacré empêchement incluant le brun. Dans tous les cas, ce n’est pas pour aujourd’hui. Il n’abandonne pas, il sait juste qu’il n’a pas d’argument qui pèse assez lourd à avancer. Rien d’autre que le fait qu’il tient à elle sans l’avoir explicitement dit et ce fait n’est, pour l’instant, pas assez fort. C’est normal, à ce stade. Le savoir le peine un peu – sans qu’il sache réellement pourquoi, d’ailleurs – mais il s’en remettra très bien au final.

- Et puis, si je disparais, tu me retrouveras, hein ? J’en suis certaine ; tu me retrouveras toujours.

Elle l’embrasse ensuite, calmement. Pas un baiser signifiant « je te veux », mais juste un pour montrer son affection. Auquel l’homme répond avec autant de douceur.
Finn ne croit pas au toujours. Il ne croit pas au toujours, il sait que tout est périssable, que tout peut avoir une fin d’une manière ou d’une autre. Que cela est d’autant plus vrai dans les relations humaines. Et que cela peut faire très, très mal. Il n’a pas de proches décédés, c’est vrai. Il a peut-être détruit des liens, mais aucun des siens n’a été brisé, mis à part les camarades disparus et puis la Tragédie. Il ne peut pas prétendre savoir ce que cela fait, ne prétend pas le savoir et ne veut surtout pas le savoir. Faire en sorte d’avoir peu de proches, peu de gens auxquels il tient est exactement fait pour aller dans ce sens. S’auto-préserver, éviter la douleur de perdre une personne chère car ce genre de douleur est tellement plus fort que la simple douleur physique. On guérit d’un bras cassé, mais on se souvient pour toute la vie et le manque est un sentiment qui ne s’apaise jamais complètement. Alors peu de proches, c’est d’autant moins de chances d’avoir à faire face à tout cela. Il n’y a qu’à voir, même dans ses relations il y a quelque chose. Son meilleur ami est un Chain. Bien qu’il ne l’ait absolument pas choisi dans ce but, n’avait même pas prévu de s’y attacher en premier lieu, le fait est quand même présent. Et il n’a nullement l’intention de faire quoi que ce soit à propos de son manque d’attachement aux gens, toutes catégories confondues. N’avoir que des connaissances et ne jamais chercher à creuser lui vont parfaitement. Enfin, avec Aiko, c’est complètement raté. De toute façon leur relation était bizarre depuis le départ, ils ne faisaient que jouer et se lancer des piques l’un à l’autre. Ils le font toujours, mais maintenant, en plus, c’est confus. Tout un tas de trucs se sont ajoutés et, bizarrement, pour une fois il a envie de creuser et d’en apprendre plus sur la jeune femme. Parce qu’étrangement, cela lui donne l’impression qu’ils sont un peu plus proches. Lui qui pensait à s’éloigner pas plus tard que la veille – parce qu’en plus d’avoir cette peur de la perte, il a aussi de sérieux problèmes lorsque d’autres semblent avoir un semblant d’emprise émotionnelle sur lui sans qu’il ne sache quoi ni pourquoi – est paradoxalement en train de chercher à les rapprocher.
Pour en revenir au toujours auquel il ne croit pas, l’idée, à défaut d’être parfaitement réalisable sur le plan rationnel, lui plait. Et au diable la logique. Il la retrouvera. D’une manière ou d’une autre. La seule condition à ce que le toujours semble plus atteignable serait que la Baskerville reste en vie. Pour l’instant, elle l’est. Et puis, jusqu’ici, ils se sont en effet toujours retrouvés.

- Mieux que ça, j’essaierai de t’empêcher de disparaître.

Il lui sourit. La protéger, puisque c’est plus ou moins ce qui est sous-entendu ici, n’est pas une mince affaire non plus. Mais l’un dans l’autre, ils devraient s’en sortir. Se retrouver et s’empêcher de disparaître. Pour toujours, cela reste à voir. Malheureusement le brun ne changera pas d’avis sur ce terme du jour au lendemain. Cela dit, chez lui jour après jour est très proche du toujours.
Après avoir détaché ses lèvres des siennes puis être restée un moment de plus contre lui, la jeune femme finit par aller s’assoir sur le lit, sans qu’il ne cherche à la retenir dans ses bras. Elle se cale contre le mur tandis que lui reste debout. Non pas qu’il n’a pas envie de l’avoir contre lui, il est juste en train de penser – pour une fois. A tout, à rien et à eux deux. Surtout à eux deux, en fait. C’est toujours étrange de penser au « nous » comme s’ils n’étaient plus que deux membres d’une seule entité, fonctionnant ensemble. Etrange, nouveau, encore un peu difficile à manipuler. Surtout en pensant que, d’ici quelques heures seulement, ils seront séparés, éloignés l’un de l’autre. Est-ce que pour autant le « nous » disparaitra ? Moins sûr. Beaucoup moins sûr. C’est étrange comme truc, très étrange. Il est bien incapable de dire ce que cela peut bien être. Ce que cela peut bien signifier. Ils sont liés maintenant ? Par quoi ? Il aurait bien envie de répondre des sentiments, sans pouvoir les nommer. Mais pas seulement. Des souvenirs, aussi. Des mots. Des actions. Des non-dits. Quelque chose en construction tout simplement. Une construction qu’il a envie de continuer, mais qu’il ne peut pas continuer tout seul sinon elle sera imparfaite et bancale. Elle finirait par s’écrouler sur eux. C’est un « nous » encore fragile. Mais c’est un « nous » quand même.
Le contractant est tiré de ses songes et pose son regard sur la jolie rousse en l’entendant bouger pour se caler contre le mur. Il serre la mâchoire mais ne dit rien lorsqu’elle se met à effleurer ses blessures de la veille. D’ici quelques jours, à moins qu’elle ne les rouvre, il n’y aura plus rien. Des blessures, ils en prennent tellement qu’ils seraient bien en peine de se rappeler de toutes. Celles-ci n’y feront sûrement pas exception et, d’ici peu, elles seront disparues et oubliées. D’autres prendront leur place un jour ou l’autre de toute façon. Il serait plus rassuré si elles n’étaient pas présentes dès maintenant, c’est sûr. Le regard de la jeune femme croise le sien et s’y accroche, puis elle dit :

- Relation confuse et bizarre, peut-être, mais je pense n’avoir jamais été si...

Si ? Il y a tellement de façon différentes de terminer cette phrase que chercher à deviner ne sert à rien. Quant à leur relation… Confuse. Ah ça pour être confuse. Confuse, bizarre, tout est confus et bizarre et étrange, tout, et ça fait peur et mal et c’est pourtant agréable. Ouep. Bizarre et confus. Qu’est-ce qu’il ressent en tant que tout ? Aucune idée. Séparément, il peut nommer certains trucs et d’autres non. Comme par exemple la raison pour laquelle il ressent cette étrange chaleur quand il la prend juste dans ses bras ? Aucune idée. Et la raison pour laquelle il a besoin de la toucher ? Simple, elle l’attire comme pas permis. Pourquoi il a si peur qu’il lui arrive quelque chose ? Parce qu’il sait que ça ne lui ferait pas rien et tout simplement parce qu’il lui souhaite de rester en vie. Ils sont au moins deux à tenir à la vie de la jolie rousse maintenant. Elle-même et lui, qui vient s’assoir près d’elle alors qu’elle termine sa phrase.

- Moi-même.

Elle-même ? Tant mieux. Il s’en voudrait de s’attacher à une personnalité fausse, de transgresser une grosse partie de ses propres règles pour une illusion, un semblant. Et il en voudrait à Aiko de ne pas se comporter librement, de se sentir obligée de cacher et de faire semblant en sa présence. Mais après tout, elle n’a absolument aucune raison de le faire avec lui. Il n’y a rien à y gagner et cela vaut dans les deux sens.
Il remonte sur le matelas juste pour se mettre à la hauteur de la Baskerville, se caler lui-même contre le mur et passer un bras autour des épaules de sa camarade pour l’amener un peu contre lui en lui embrassant la joue au passage.

- Je t’aime comme tu es. Change pas.

Avec ça il vient d’avouer à peu près tout ce dont il est sûr, tout ce qu’il peut nommer. Et il n’est absolument pas gêné par cette confession-là. Lui avouer qu’il a peur de la perde pour de bon est, au contraire, à ses yeux un aveu bien plus fort. Elle le sait déjà, qu’il l’apprécie, il manquait juste la confirmation à voix haute. Quant au choix de mots, lui n’y voit rien de douteux. D’où le fait qu’il n’ait absolument pas l’air perturbé par ses propres mots cette fois. Un jour peut-être il lui dira que l’une des choses qu’il apprécie le plus chez elle, c’est de pouvoir faire comme il veut quand elle est là et d’avoir le sentiment qu’elle en fait autant. Qu’en fait, « je t’aime comme tu es » est sûrement la raison principale et pèse plus lourd qu’on ne pourrait le croire en l’entendant le placer comme cela. Mais bon, un jour ne signifie pas aujourd’hui. Aujourd’hui, il ne sait pas exactement quand est-ce que la jolie rousse a l’intention de filer, alors il la garde encore un peu contre lui. Juste un peu plus longtemps. Surtout quand il a bien l’impression que le lever aux aurores n’avait pas pour autre but que de partir tout aussi tôt. S’il n’avait pas été là, elle serait même probablement déjà dehors. L’homme joue donc actuellement le rôle du boulet qui la ralentir. Joli. Mais rien à faire, tenter de retenir Aiko est assez amusant finalement. Qui sait, un jour peut-être même qu’il la retiendra tellement qu’il se lèvera avant elle. Comme ça il pourra la regarder dormir. Autant avouer qu’il a plus de chances de la voir dormir en s’endormant après elle qu’en tentant de se réveiller avant. L’espoir fait vivre, courage Finny. Finny qui ne peut d’ailleurs pas s’empêcher d’en placer une d’un ton amusé, maintenant qu’il vient de remarquer quelque chose :

- Enfin, tu peux devenir une lève-tard si tu veux, ce changement-là ne serait pas un problème. D’ailleurs t’as vu, on est revenus sur le lit.

C’est ça, fais le malin et attends donc qu’elle te mette à terre pour de bon cette fois ci. Il n’avait même pas remarqué en fait que la Baskerville s’était remise sur le lit. Enfin, si, il l’avait vu puisqu’il n’est pas aveugle. Il n’avait juste pas fait le rapprochement avec leur dernier sujet de désaccord-devenu-jeu, plongé dans une discussion plus sérieuse. Il se lèvera probablement sans rechigner cette fois, mais il ne faut toujours pas attendre de lui qu’il soit le premier à le faire. Parce que, cette fois, le lever signifiera probablement le départ et il ne veut pas partir. Rien du tout, il veut rester ici avec Aiko et ne rien faire de la journée. Mais s’il n’a pas pu la convaincre de ne pas aller en mission, il n’est pas près de réussir à la convaincre de s’abandonner à ce genre d’absence d’activité – d’activité constructive, du moins ; en somme perdre une journée complète de travail. Il la kidnappera pour de vrai et demandera ce prix en rançon la prochaine fois.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   15th Février 2013, 11:08

En disant à Finn qu’elle était têtue et déraisonnable, la jeune Aiko n’avait nullement exagérer. De toute façon, elle était plus du genre à dires les choses telles qu’elles étaient qu’à peaufiner la vérité pour la rendre plus impressionnante. De toute façon, ce n’est pas comme s’il y avait de quoi s’enorgueillir à être têtue et complètement déraisonnable – le beau brun serait sans nul de son de son avis, soit dit en passant. Comme tout être humain – nous n’aurons de cesse de le répéter – la jeune femme possédait des défauts. Des qualités aussi, bien sûr, mais nous en ferons l’étalage un peu plus tard. Commençons donc pas ses petites bêtes noires. Je vous préviens néanmoins, je ne développerai pas tout, voire pas même la moitié du caractère de la rousse, car, après tout, n’était-ce pas mieux de la côtoyer et d’apprendre à la connaître ? Finn avait su à le faire, même s’il faut avouer que ce n’est pas à la portée de tout le monde d’avoir une Aiko pareille, souriante, bavarde, douce, gentille et moqueuse. Une Aiko qui relègue volontiers ses défauts à la remise pour laisser simplement ses qualités enfouies prendre le dessus. Malheureusement, parfois, l’un de ses défauts revenait à la surface. Prenons l’exemple qui sera utilisé un moment encore par les deux jeunes gens, je n’en doute pas, et qui se résume à la dispute de la veille. Aiko avait beau être celle qu’elle était au fond et ne pas avoir à se montrer hypocrite ou méchante, pour le coup, elle ne réussit pas à se retenir et laissa de nouveau ledit défaut prendre le dessus sur elle ; la nette et nuisible jalousie. Mais de toute façon, pour être soi-même, ne fallait-il pas aussi avoir des défauts ? De toute façon, impossible de se prétendre être complètement naturel et libéré des entraves que la vie a sur nous si nous ne commettons pas parfois des erreurs. Qu’aurait-elle pu faire d’autre, de toute façon ? Le prendre normalement ? C’est qu’elle aurait bien voulu, croyez-moi ! Cela nous aide d’ailleurs à rentrer un peu dans le vif du sujet ; l’une des caractéristiques de la jeune femme. Je ne saurai s’il faut la classer dans la catégorie des défauts ou des qualités, car cela dépend surtout des situations et des personnes. Aiko avait cette capacité que peu possèdent de nos jours et qui consiste à pouvoir se dévêtir du masque qu’elle porte pourtant quasiment à toute heure de la journée ou de la nuit. Avouons qu’à force de paraître sous un certain visage, les gens ont tendance à ne plus savoir ce qui se cache derrière, une fois le masque tombé ; ils ne voient que ce qu’ils se sont habitués à voir, que ce qu’ils veulent voir. À vrai dire, depuis longtemps déjà, la jeune femme ne s’était jamais sentie aussi bien, aussi sereine, aussi elle-même, aussi peu… Menteuse. Pas qu’elle mentait, non, juste qu’elle avait l’impression de le faire en étant cette personne froide et distante. Après tout, les évènements antérieurs à la Tragédie d’il y a cent ans ne manquèrent pas de la changer. En fait, pas vraiment de la changer. C’est juste que ce fut à cette période là qu’elle façonna le masque qu’elle détissait et qui manqua de s’incruster dans sa peau. Et de cette ignoble façon, elle avait l’impression de mentir au monde entier, de ne pas leur dévoiler sa véritable personnalité, de juste être une femme qu’elle avait de toute parts créée pour ne plus jamais s’attacher, plus jamais aimer, plus jamais souffrir. Mais Finn avait fait irruption de sa vie et avait, à l’aide de son regard, de son sourire, brisé les ténèbres environnantes. Aiko n’avait pas vu le coup venir. C’est vrai, elle avait toujours eu ce défaut qui consistait à avoir une certaine part de naïveté. Entre autre, par exemple, plus jeune, elle avait toujours rêvé à cet homme qui viendrait l’extirper de sa noirceur. Comme si, déjà petite, elle s’attendait à sombrer. Comme si elle avait anticipé le futur. Peut-être, après tout, mais à cette époque, elle était encore trop sotte pour interpréter ces signes justement. Et puis, cet homme, elle ne l’avait jamais imaginé blond, fièrement dressé sur un cheval à la robe blanche Déjà, elle préférait les chevaux noirs et les bruns aussi, tenez. Enfin, qu’importe. Jusque là, nous n’avons cité que deux défauts de la demoiselle ; le fait qu’elle soit menteuse et quelque peu naïve. Reste encore sa vulnérabilité et sa nostalgie du passé. Et encore une liste qui, à vrai dire, pourrait s’étendre sur plusieurs mètres. Têtue ? Agaçante ? Jalouse ? Cela, Finn le savait déjà – après tout, il avait largement eu l’occasion de noter cela. Le reste, il saurait le découvrir. En temps et en heure voulues. Autrement dit, pas encore. Ce n’était que le début. Même si tout prêtait à croire que cette relation avait été établie depuis quelques temps déjà, cela ne changeait rien à la réalité ; ce n’était que le début. Et c’était déjà si riche, si jouissif. Plus vite ça avance, plus il y a de risques qu’une chute s’en suive. Le joli brun avait semblé le comprendre car en rien il n’avait brusqué Aiko. Pas à un quelconque moment. Pas même sous l’effet de la colère, lorsqu’ils se disputèrent. Après tout, il aurait pu s’en aller, simplement. Aiko avec sa fierté mal placée et son orgueil – tenez, encore un défaut – ne lui aurait certainement pas couru après. Enfin, normalement – de toute façon, ce n’est pas comme si elle pouvait prévoir la réaction qu’elle aurait eue. Mais il ne s’en était pas allé. Il ne l’avait pas brusquée, ne l’avait pas confrontée à une situation inattendue et ne l’avait pas non plus indirectement obligée à vite prendre une décision. Non, du tout. Il l’avait laissée réfléchir, n’avait pas tenté de la déstabiliser ou de l’inciter à faire quoique ce soit contre sa volonté, n’avait pas usé de méthodes saugrenues pour obtenir d’elle ce qu’il désirait – à part son « mignonisme », mais comment lui en vouloir ?
Passons désormais aux qualités. Avouons que pour le coup, il n’y en a pas énormément. Sûrement pas autant que les défauts, tout du moins. Cela étant, nous ne les citerons pas toutes, car encore une fois, mieux valait apprendre à connaître la rousse que de lire simplement des écrits la décrivant. Elle était juste et loyale, cela, nous en avions déjà convenu. Elle était attentionnée, aussi. Parfois, pas tout le temps. Avec quelques rares personnes – en fait, à part sa sœur, sa mère et maintenant Finn, elle n’avait jamais été attentionnée. Une autre qualité… Voyons voir. Hum, peut-être pourrai-je dire qu’elle pouvait et savait surtout faire la part des choses en oubliant quelques instants qu’elle était Baskerville pour simplement être une jeune femme douce ? Cela, plusieurs hommes – désolée, Finny – pourraient en témoigner. Être joueuse était-ce une qualité ? Et aguicheuse ? C’est vrai qu’Aiko avait toujours aimé jouer aux séductrices car, en fait, elle ne se lassait jamais de se faire désirer. Et elle savait encore le faire, mais elle ne savait pas trop si, avec Finn, elle était ainsi. Elle avait l’impression qu’elle n’avait pas besoin d’être ainsi – mais en même temps, ça faisait partie intégrante de sa personnalité – et que de toute façon, autant y aller sans détour et voir le résultat. Cela n’empêchait que les jeux seraient toujours présents dans leur relation. Ça débuta ainsi, n’est-ce pas ? La situation avait toujours été ambigüe ; cette même ambiguïté avait simplement gagné du terrain depuis.
Et Aiko était butée. Très butée. Très très butée. Trop butée en fait. Alors, culpabilité ou pas, raisonnable ou pas, folie ou simple inconscience, elle effectuerait cette mission. Et ce, avec ou sans l’assentiment de Finn..

Voulait-il la changer ? En fait, elle ne pensait pas, non. Il n’était pas ce genre d’homme qu’elle avait déjà croisé et qui n’avaient en tête que cela ; faire de la femme qui partageait leurs nuits celle de leurs fantasmes. Mais non. Pas Finn. Ce ne serait pas faute de l’avoir répété n’est-ce pas ? En rien, strictement en rien, il ne leur ressemblait. Elle ? Eh bien, elle n’était pas non plus du genre à vouloir changer un homme et à le perfectionner. Le brun était tel qui l’était et de toute façon, c’est comme ça qu’elle avait appris à l’apprécier et à l’aimer comme elle l’aimait aujourd’hui. Le changement est quelque chose qui, depuis la nuit des temps, a toujours fait peur. Et cela continuera sûrement. Basculer brutalement d’un coté à l’autre n’a rien de facile et nous avons beau nous y préparer, cela est toujours plutôt effrayant Que ce soit le fait de passer à la vie active du jour au lendemain ou juste de passer d’une totale obscurité à la lumière – voire le contraire – il y a toujours un temps d’étonnement. Lorsque nous sommes prévenus à l’avance de ce changement ? Il y a une appréhension et, plus que tout, une crainte. Et si. Toujours ce « et si » qui a tendance à semer la pagaille et qui dramatise toujours les situations. Baskerville ou pas, Aiko n’était pas meilleure que les autres dans ce domaine ; elle aussi craignait le changement. D’où, en vérité, le fait qu’elle ne réussisse toujours pas à trouver les mots convenables à dire à Finn. Parce que quels qu’ils soient, cela reviendrait à avouer quelque chose et, que ce soit réciproque ou pas, plus rien ne sera pareil. Plus jamais. Peut-être serait-ce mieux. Mais peut-être aussi serait-ce pire. Et, dans ce cas, elle ne préférait pas prendre le risque. Étrange, non, de la part d’une femme qui essaye de convaincre Finn qu’elle est parfaitement capable de revenir en un seul morceau ? Elle qui, d’habitude, est dans le premier rang, prête à foncer dans le tas, toujours armée. Pour une fois, elle ne voulait pas participer à ce qui pourrait vite – trop vite – se transformer en massacre. Elle avait peur. Trop peur. Défaitiste ? Avec Finn et concernant ce sujet, elle l’était effectivement. Complètement terrifiée, cette petite. Mais cela, elle ne pouvait pas le dire au brun. Elle ne voulait pas le lui dire. Comment ? Elle passerait pour une idiote de première. Bon, de toute façon, tant à être naturelle, autant tout de suite dire au brun que quelques fois, elle pouvait être complètement à coté de la plaque. Comme tout le monde, sans doute. Et lui, avait-il peur ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Comment pourrait-elle le savoir si elle ne lançait pas le sujet en commençant par avouer ses craintes ? Mieux valait attendre encore un peu, car de toute façon, pour le moment, cette relation convenait parfaitement à la jeune femme. Finn ne pourrait jamais la changer ; il avait fait en sorte qu’elle soit celle qu’elle fut vraiment, comment diable pourrait-il revenir au point de départ tout en empruntant un chemin que la jeune femme n’avait jamais connu ? Pas moyen. Juste pas moyen. Il lui voulait du bien. Elle en avait l’impression. Non, la certitude.

Il était bien vrai que s’excuser ne ferait en rien avancer les choses. Mais tant pis, car la jeune femme n’était en mesure que de s’excuser. S’excuser de ce qu’elle allait s’apprêter à dire, à faire parce qu’elle n’avait toujours pas abandonné l’idée d’aller effectuer une mission. Pourtant, elle aurait pu faire une petite exception. Juste aujourd’hui. Mais juste aujourd’hui se transformerait en juste demain aussi. Et ainsi de suite. Cela, elle ne le voulait pas. Car elle avait peur du changement. Comme déjà dit plus tôt. Elle en était tout bonnement terrifiée. Alors elle ne voulait pas faire d’exceptions. Pas encore. Elle finirait par être prête si la relation qu’ils entretenaient continuait d’avancer sur le bon et droit chemin. En attendant, elle s’excusait. Et en le faisant, elle ne s’attendait pas à une réaction spécifique de la part de l’homme. D’ailleurs, en parlant de lui, quel était son but en lui tenant pareil discours ? La faire culpabiliser ? Il avait réussi. Et haut la main qui plus est. Mais de toute façon, ce n’est pas comme si la jeune Aiko pouvait lui en vouloir ou même ne serait-ce que lui en tenir rigueur. Parce que, comme déjà dit, c’était mignon. Et très attentionné, du coup, ça va de soi. Il s’inquiétait. Et il voulait la protéger. Simple déduction hein. Enfin, quoiqu’il en soit, Finn allait devoir se résoudre à l’idée qu’Aiko ne pourrait pas toujours être près de lui et elle ne pourrait pas non plus toujours compter sur lui et se laisser aller car elle serait totalement confiante quant à sa sécurité. Même si être avec lui était divin, elle ne pourrait pas toujours être en sa compagnie parce que les séparations finissaient toujours par venir, par survenir. Ils ne s’y feraient peut-être pas, mais c’était ainsi. Et puis, on s’habitue à tout dans la vie, alors pourquoi pas à cela ? Peut-être parce que ça ne faisait sans doute pas partie du tout. Eh bien, tant pis. Ils vivraient avec. Ou sans. Après tout, qui sait, peut-être que cette relation ne serait même plus leur, dans quelques temps. Ils attendront, car de toute façon, seul le temps le leur dirait. Pour une fois, la jeune femme allait devoir se contenter de probabilités, de pourcentage, de peut-être.
C’est alors qu’elle réduit la distance les séparant en allant se jeter de façon soudaine dans les bras de Finn. Étonné ? Il devait sans doute l’être. En fait, elle aussi l’était. Elle n’avait pas prévu cette étreinte. Mais ça ne lui déplaisait pas. Elle voulait appuyer ses excuses, mais aussi juste le sentir près d’elle, pouvoir sentir ce mélange de senteurs qui teintaient l’odeur propre au brun. Alors qu’elle priait intérieurement qu’il réponde rapidement à ladite étreinte, les bras de l’homme se resserrèrent autour d’elle. Un peu trop ? Elle ne savait pas. Elle ne sentait aucune douleur ; trop concentrée à profiter de ce moment. Ce n’est qu’après un bref instant, quand il desserra quelque peu les bras et qu’il accompagna cela d’une excuse marmonnée qu’elle se dit qu’il avait effectivement peut-être un peu trop serré. Ce ne serait sûrement pas elle qui irait se plaindre, hein. Après s’être exclamé, elle attendit simplement qu’il réfléchisse à une réponse à lui donner. Elle cala son front contre son torse et respira doucement alors que, de nouveau, les bras de l’homme se resserrèrent autour d’elle. Elle releva les yeux vers lui et puis, en réponse à ses paroles, elle leva les yeux au ciel avec un petit sourire à la fois amer et désolé – étrange mélange, n’est-ce pas ? – collé sur les lèvres. Elle n’avait pas dit qu’elle n’était pas prête à changer, juste qu’elle n’était pas prête à changer ses habitudes. Finn n’aurait même pas droit à une exception. Elle voulait faire cette mission et la jeune femme avait encore assez de contrôle sur sa vie pour décider de cela. Après, je ne dis pas que sa décision ne pouvait pas être influencée par telle ou telle personne, tels dires ou tels autres. Mais pas aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, sa volonté était juste inébranlable. Et même si Finn ne serait pas forcément enthousiaste à cette idée, il fallait avouer que c’était grâce à lui qu’elle avait acquise cette confiance en elle-même. Pas qu’elle ne la possédait pas déjà, mais aujourd’hui, ça avoisinait le cent pourcent. Enfin, « grâce à » pour Aiko, pour Finn, ce serait plutôt « à cause de ».

De nouveau, elle parla, lui faisant part de sa certitude quant au fait qu’il la retrouvera. Parce que c’est vrai, il la retrouvera toujours. Elle en était sûre. Et si lui n’avait pas assez confiance en lui, elle, avait pleinement confiance en lui. Elle l’embrassa calmement, doucement, délicatement, voulant lui transmettre cette certitude qu’elle avait. L’instinct féminin ? L’instinct Baskerville ? Juste un instinct. Et, jusque là, l’instinct d’Aiko ne l’avait jamais trompée. Si nous revenions quelques années auparavant, lorsqu’elle proposa à son père de l’assister à cette mission, son instinct avait encore frappé. Un instinct purement fraternel, car son subconscient avait voulu malgré tout protéger sa sœur. C’est ce qu’elle se disait. Mais au fond, cela ne l’empêchait pas de s’en vouloir. Mais qu’importe, le sujet n’étant pas celui-ci, autant ne pas trop nous étaler là-dessus.
Tout n’a pas forcément de fin. Enfin si, mais encore fallait-il prendre en considération la mort qui sépare malheureusement tout. Peut-être qu’au fond, Finn avait raison de ne pas croire au toujours et au jamais. Peut-être que c’était la naïveté infantile de la jeune femme qui refaisait surface. Eh bien, c’était bien la seule fois où elle était contente d’être naïve, car croire en ce toujours lui donnait un espoir qu’elle avait cru perdre à tout jamais. Mais non, cet homme qui se dressait devant elle et qui s’inquiétait pour elle était bien la preuve qu’il ne fallait pas faire avancer les choses trop vite ; de nouveau, l’espoir faisait partie de sa vie. Mais pourquoi voulait-il la protéger ? C’est vrai que maintenant qu’elle y pensait, seuls les membres de sa famille s’étaient un jour inquiétés pour elle. Sa mère n’en avait jamais témoigné. Elle se contentait de lui dire avant chaque départ en mission qu’elle avait confiance en elle mais qu’elle l’attendait tout de même ce soir pour le dîner. Son père, quant à lui, était la plupart du temps avec elle, mais lui au moins n’avait jamais caché le fait qu’il s’inquiétait lorsqu’elle entreprenait des actions dangereuses. Et puis, sa sœur. Elle, eh bien, ne cachait strictement aucun de ses sentiments et disait clairement à son aînée qu’elle préférait qu’elle reste avec elle, que la mission pourrait être accomplie par quelqu’un d’autre. Ses amis ne s’inquiétaient pas pour elle. Ils savaient bien qu’elle se débrouillait avec des armes, mais en même temps, ça ne pouvait pas faire office de justification car Finn aussi avait dû remarquer qu’elle était parfaitement capable de se défendre – et non, avoir une blessure au niveau des côtes n’est pas la preuve qu’elle était déconcentrée, juste qu’il y a toujours plus fort que soi. Mais cela ne l’empêchait pas de toujours et encore aller en mission. Pourquoi est-ce que Finn s’inquiétait-il pour elle ? Seulement parce qu’elle était blessée ? Si elle était en bonne forme, l’aurait-il laissé ou aurait-il tout de même tenté de l’empêcher de s’en aller ? Était-ce seulement parce qu’elle fut, un instant, une camarde de combat, une camarade Baskerville, qu’il s’inquiétait ainsi ? Ça n’aurait pas été le cas, s’en serait-il fichu ? Tant de questions qui voulaient être posées. Tant de questions qui sommaient à la jeune femme de s’évader de sa bouche. Pourtant, elle était incapable de le faire. Et si les réponses ne lui convenaient pas ? S’en remettrait-elle seulement ? Pourquoi être si émotive ? Elle qui avait toujours voulu connaître la vérité coûte que coûte se retrouvait à la fuir pour se protéger.
Lâche.

Il la retrouverait toujours. Et peu importe que tu ne crois pas au toujours, Finn, il allait bien falloir faire une exception.
Elle ne savait pas trop ce qu’il allait répondre et, en vérité, n’essaya même pas de deviner. Heureusement, il répliqua bien vite, laissant un sourire venir éclairer le visage d’Aiko qui était un peu plus soulagée et qui culpabilisait quelque peu moins aussi. Le brun lui sourit aussi alors qu’elle laissa sa tête tomber sur le coté, allant se perdre dans ses yeux. Quel beau vert. Elle avait déjà pris note de cela dans un coin de son esprit, mais n’empêche, aujourd’hui, elle avait l’impression que l’éclat de ses pupilles était encore plus présent qu’à l’accoutumée. L’empêcher de disparaitre. C’était sincère. Elle le savait, le voyait, le sentait. Elle leva sa main doucement et laissa ses doigts venir effleurer la joue de l’homme alors qu’elle acquiesça d’un simple hochement de tête. Elle détestait qu’on la protège, qu’on la couve, mais là, avec Finn, c’est comme si elle entendait les mots qu’elle avait toujours espéré entendre de sa part. Aussi étrange que cela puisse l’être. À vrai dire, le fait de redevenir celle qu’elle fut toujours, celle qui ne cessa de subsister derrière le masque, revenait aussi à un changement. En quelque sorte, mais un changement tout de même, car revenir au point A revient à effectuer le chemin en sens inverse et donc à changer. Et puis, en cours de route, elle arborait de nouvelles caractéristiques. Elle changeait sans vraiment le savoir tant c’était progressif, à son rythme. Finn non plus ne devait pas s’en rendre compte. De toute façon, il a toujours connu la jeune femme sous cet aspect car le premier jour déjà, elle ne se montra pas désagréable avec lui.
Elle se retira de ses bras réconfortants pour aller s’asseoir sur le lit. Elle lui jeta un coup d’œil et il lui sembla qu’il était dans ses pensées. Elle garda alors le silence un instant, les yeux clos, se demandant où est-ce que tout ça allait bien pouvoir les mener. Elle voulait… Elle voulait continuer de marcher, marcher, sans jamais s’arrêter, sa main dans celle de Finn. Mais comment se résoudre à cela ? Elle qui, pendant des années, avait fait en sorte d’être complètement indépendante se voyait en train de vouloir être en compagnie de cet homme. Comment diable faisait-il pour la faire réfléchir ainsi ? Comment faisait-il... Elle aurait tant voulu le savoir. Même si, au fond, elle connaissait cette réponse. Au moins celle-là. Il était juste lui-même. Et c’était ce même « lui » qui lui plaisait. Ce même « lui » envers qui elle éprouvait ce quelque chose encore indéfinissable. Cela aussi, au fond, elle devait savoir ce que c’était. Elle pourrait jurer que jamais elle ne ressentit pareil chose envers qui que ce soit, envers un quelconque homme. C’était pour cela qu’elle ne voulait pas encore se risquer à mettre un mot sur cela ; elle n’avait aucun moyen d’être sûr de ses propres sentiments, ne possédant nulle référence. Elle cessa de penser à tout cela – il était encore trop tôt de toute façon, et puis, ce n’était vraiment pas le moment – pour rouvrir les yeux et adresser quelques mots à Finn. En achevant sa phrase après un bref moment de réflexion, elle le sentit qui vint s’installer près d’elle. Elle le regarda alors faire tandis qu’il remonta sur le matelas pour être à sa hauteur. Il amena son bras autour de ses épaules alors que son dos rencontra le mur, l’attirant à elle et lui embrassant la joue. Elle se laissa faire, laissant tomber sa tête contre l’épaule masculine. Ils n’avaient pas besoin de s’embrasser ou de se toucher pour sentir la présence de l’autre. Ils n’avaient pas tant que ça besoin du physique. Ils pouvaient se passer du désir charnel. La chaleur de la veille était passée. Et là, en ce moment, ils le pouvaient de la meilleure façon qui puisse être.
Et puis, il parla. Un sourire attendri prit place sur les lèvres d’Aiko alors qu’elle se cala un peu plus contre lui, allant déposer sa main sur la cuisse du brun. Je t’aime comme tu es. Non, les premiers mots ne la gênèrent pas. De toute façon, c’était plus une expression qu’autre chose. Elle pourrait lui retourner ces mots d’ailleurs. Mais avant cela, elle avait surtout envie de lui dire quelque chose. Pas besoin de partir sur un débat pour dire que le changement fait peur mais qu’il est inévitable ou je ne sais quoi encore. Finn ne la verrait certainement pas changer s’il changeait en même temps. Encore faudrait-ils qu’ils demeurent sur la même longueur d’ondes jusque là. Une seconde fois, Aiko ne pouvait se fier qu’au temps.
Dans un souffle – de toute façon, il était trop près d’elle pour ne pas l’entendre – chaud, des paroles fusèrent.

« Je ferai de mon mieux. Et plus encore. »

Pour toi. Uniquement pour toi. Car tu es celui que me pousse à me surpasser, à aller au-delà de mes limites. Si je vais en mission, c’est juste pour me rattacher à quelque chose qui avait pour habitude d’être lorsque tu n’étais pas là. Pour me rattacher à mes habitudes avant que tu ne fasses irruption dans ma vie. Mais maintenant, si je reviens, ce sera uniquement pour toi, Finn.
Ces mots ne voulurent pas franchir le seuil de ses lèvres. Elle ne lui dirait pas tout cela de si tôt. Mais au moins, il saurait qu’elle n’avait aucune envie de périr dans cette fichue mission. Alors voilà, elle reviendrait. Elle reviendra.

Sur un ton amusé, il lui lança quelques paroles qui réussirent sans nulle peine à la faire rire d’un rire cristallin. Elle s’éloigna un instant – tout de même pas assez pour se défaire de son étreinte – et le poussa légèrement sur le coté. Oh, oui, elle aurait très bien pu le faire tomber du lit. Mais cela voudrait dire qu’il allait falloir qu’elle se lève ou qu’il se lève pour qu’elle puisse retrouver ses bras, n’est-ce pas ? Ouep, bien vu. Cela étant, elle n’avait strictement aucune envie de perdre ce temps qui leur restait ainsi. Alors non, pas la peine de le faire tomber du lit. Pas cette fois-ci.
Une lève-tard ? Nié. C’était lui qui se levait trop tard, pas elle qui se réveillait trop tôt. Enfin, si quand même, vu qu’elle réussit à ouvrir les yeux avant même que le soleil ne monte dans le ciel. Ouais bah… Voilà quoi.
Elle revint gentiment caler sa tête contre l’épaule du brun alors qu’elle sourit légèrement, plus à elle-même qu’à Finn. Elle se sentait bien. Comme à chaque fois qu’elle était avec lui, en fait. Mais au fond, chaque fois, elle se sentait un peu mieux que la dernière fois. Surtout là alors qu’elle se rendait pleinement compte que leur relation valait un nombre infini de fois plus que celles qu’elle avait pu entretenir auparavant avec les différents hommes qu’elle connaissait.
Elle pivota alors pour aller s’asseoir sur les jambes de Finn, prenant bien soin de mettre ses genoux de chaque coté de son bassin et de ne pas y mettre tout son poids. M’enfin, ça n’aurait sûrement pas dérangé le brun, mais elle n’allait de toute façon pas s’éterniser dans cette position. Doucement, elle alla nouer ses bras autour de son cou. Elle commença à s’approcher de lui lentement, un tendre sourire étirant se lèvres. Et puis, toujours aussi peu hâtivement, elle vint coller son front contre son torse, le serrant dans ses bras. Elle le serrait fort, mais il ne se plaindrait pas. Pour différentes raisons. Parce qu’elle ne serrait pas si fort que cela, parce que cela ne lui ferait sûrement pas assez mal pour qu’il se plaigne, parce qu’on ne se plaint pas lorsqu’on reçoit une étreinte et puis, sans doute aussi parce qu’il avait sa fierté d’homme. Enfin, qu’il se plaigne ou pas, au fond, ça ne changerait rien car la jeune femme ne voulait pas desserrer l’étreinte. Pas encore. Elle voulait juste préféré de ce moment privilégié passé avec lui. C’est tout. Elle déglutit faiblement, cachant son visage alors que ses poings se resserraient sans qu’elle ne sache pourquoi elle réagissait ainsi. Dans un murmure, le prénom de l’homme fut prononcé. Elle ne voulait pas s’en aller. Elle ne désirait pas se séparer de lui. Le rapport, la mission, son travail, plus rien de tout cela ne possédait la moindre importance aux yeux de la jeune femme. Elle désirait demeurer indéfiniment dans les bras du brun. Elle désirait pouvoir y sourire et pouvoir y pleurer, pouvoir y être forte et y être faible et lâche, pouvoir y parler comme elle parlerait à un ami ou à un confident et pouvoir juste l’entendre parler, dire des sottises ou des choses plus sérieuses, juste parler. Elle voulait juste y être, dans ces bras. Juste se sentir aimée, se sentir… Juste sentir qu’elle comptait, qu’elle existait. Juste ne plus avoir cette affreuse et ignoble impression de ne vivre que pour mourir. Juste pour trouver un sens à sa vie. Juste pour pouvoir se lever le matin sans prier que le soir arrive vite. Juste pour se regarder dans la glace sans se trouver hideuse, sans avoir à tenter de se remémorer le nom de l’homme ayant partagé sa nuit juste pour ne pas paraître trop sotte et vile. Juste pour pouvoir vivre. Juste pour avoir une raison de se lever, de brandir son épée. Juste pour cesser de n’exister que pour son clan. Juste pour pouvoir rêver de la même personne plusieurs nuits successives et penser à elle le jour. Juste pour se sentir normale, humaine. Juste pour ne plus avoir à supporter la douleur, la nostalgie et le froid seule. Juste pour ne plus être seule.
Combien de secondes s’étaient écoulées ? Peut-être même les secondes s’étaient-elles muées en minutes. Aiko n’en savait rien. Elle desserra son étreinte et releva doucement la tête, souriant légèrement à Finn avant d’aller lui embrasser tendrement la joue. Elle croyait en lui. Elle avait confiance en lui. Et elle avait aussi confiance en un lendemain avec lui. Alors qu’il en fasse autant. Il ne devait pas s’inquiéter pour une femme qui ne s’inquiétait pas elle-même de son propre sort. Sauf que, peut-être que maintenant qu’il s’inquiétait pour elle, il allait l’initier à en faire autant. Peut-être aurait-elle définitivement une bonne raison de revenir le soir en un seul morceau. Peut-être oublierait-elle, juste quelques instants, que mourir la rapprocherait de sa sœur. Peut-être, après tout, que Finn était le seul à pouvoir réellement la retenir sur Terre, dans ce monde. Le seul à pouvoir la maintenir en vie.

Un dernier sourire et la voilà qui revient calmement à sa place avant d’approcher du sol pour se relever. Elle se tourna vers Finn et lui fit signe d’attendre quelques instants alors qu’elle se dirigea vers la salle de bain. Elle fit passer de l’eau sur son visage et se dépêcha de tresser ses cheveux, laissant quelques mèches encadrer son visage. Elle se regarda dans le miroir et, pour la première fois, elle ne se sentit pas le moins du monde coupable d’avoir passé la nuit avec un homme. Elle retourna dans sa chambre et ouvrit l’armoire, ouvrant un tiroir pour aller chercher dans le double fond un étui en cuir noir prévu pour les cuisses et qui contenait quatre petites lames. Elle releva sa jupe pour le placer et alla ensuite chercher derrière ses innombrables vêtements pour tirer une dague dans son fourreau qu’elle fit glisser à sa taille, sous sa jupe. Ne restait plus que son sabre, car de toute façon, l’épée était au manoir. Tant pis. Si quelqu’un, dans la rue, la surprenait avec tout cela ? Elle prétendrait faire partie de Pandora comme elle l’avait fait plus d’une fois déjà. Étrangement, les gens étaient d’un coup nettement plus rassurés. S’ils savaient, ces idiots ! Le jour où elle tomberait sur un vrai membre de Pandora, ce serait une toute autre histoire. Pour le moment, ça ne lui était pas encore arrivé.

« Allez, debout ! Il va bien falloir le faire ce rapport. »

Elle lui tira la langue d’un air amusé avant d’écarquiller les yeux. Comment avait-elle bien pu oublier ça ? Ni une ni deux, la voilà qui lui tourne le dos et qui court littéralement dans l’appartement pour aller dans le salon chercher une feuille de papier et un stylo. Elle revint vers sa chambre et tendit le tout au brun, un sourire gamin collé aux lèvres. Non mais oh, il ne fallait pas non plus qu’il oublie de lui donner son adresse. Elle aurait bien cette envie d’aller lui faire une visite surprise un jour ou l’autre, n’est-ce pas ? Bah, sans adresse, ça n’allait vraiment pas être évident. Elle revint s’asseoir sur le lit le temps qu’il écrive et laissa sa main passer et repasser sur sa cuisse, lentement et calmement. Nulle idée saugrenue derrière la tête, elle voulait simplement le caresser.
Encore une fois, même si c’était elle qui venait de demander à Finn de se lever, l’idée de ne pas bouger la reprenait. Vraiment aucune envie de s’en aller, de s’éloigner de lui. Elle laissa une seconde fois sa tête tomber contre son épaule alors qu’elle chercha de sa main la sienne pour entrelacer leurs doigts.
Plus jamais sans lui. Plus jamais toute seule. Elle ne devait plus être égoïste. Elle ne devait plus penser qu’à elle. Il y avait désormais une personne à qui elle attribuait nettement plus d’importance qu’à sa propre personne.

« La prochaine fois que tu me retrouveras, Finn, ne me laisse pas m’en aller. Pas même au nom du clan. »

Rappelle-moi ce moment précis s’il le faut, rappelle-moi mes mots, rappelle-moi la douleur indescriptible qui me traverse en ce moment même quand je pense que le hasard ne voudra peut-être pas faire croiser nos chemins de si tôt. Car après tout, même si tu sais où j’habite, même s’il me suffit de jeter un coup d’œil à la feuille pour mémoriser ton adresse, rien ne garantie que tu seras là lorsque je viendrai ou que je serai là si tu viens toquer à ma porte. Alors autant te faire dire que tu réussiras, la prochaine fois, à me retenir.
Elle voulu réellement se lever. Mais pas assez de courage. Pas assez d’audace. Il allait pourtant lui en falloir. Alors, à contrecœur, elle se releva en se tournant vers le brun en lui tendant la main, un sourire fiché sur ses lèvres.

Elle alla chercher leurs deux capes et lui tendit celle qu’il avait prise la dernière fois – et non, elle ne s’était toujours pas résolu à lui rendre la sienne. De nouveau, elle alla se loger dans ses bras, sachant pertinemment au fond d’elle que ce serait sûrement la dernière fois pour aujourd’hui. Étrange ce soudain pincement au cœur. Elle resta dans les bras de l’homme moins longtemps qu’elle ne l’aurait voulu. C’était néanmoins plus longtemps qu’il ne faudrait pour être une simple étreinte. Non, cela signifiait bien que le départ approchait. Non. Le départ était plus que proche ; il était là, à quelques minutes à peine. Elle releva la tête vers lui et alla happer sa lèvre inférieure entre ses propres lèvres. D’abord calmement, puis un peu plus ardemment. Elle n’approfondit pas le baiser plus que cela, mais cela n’empêchait qu’elle n’y mit pas autant de douceur que dans le précédant. Qu’importait, de toute façon, nous avions déjà convenu du fait qu’aucun baiser échangé ne ressemblait au précédant, n’est-ce pas ? Lorsqu’elle s’éloigna quelque peu pour mettre fin à l’échange, elle ne put se résoudre à le regarder dans les yeux, le menton baissé, les pupilles fixées sur tout et n’importe quoi sauf Finn. Aiko n’aimait pas les au revoir. Aiko détestait les au revoir. Le hasard avait tout intérêt à faire en sorte qu’ils se revoient vite. Très vite. Parce que là, il lui manquait déjà. Elle empoigna son sabre qu’elle mit à sa taille et serra sa cape – enfin, celle de Finn officiellement – contre sa poitrine. Elle alla alors chercher la main du brun en se dirigeant vers la porte d’entrée. Manger ? Personnellement, elle n’avait pas faim. Et puis, ils achèteraient quelque chose en cours de route si Finn en avait envie.
Alors qu’elle ouvrit la porte, sa main serra un peu plus celle de l’homme.

« Allons-y. »

Allons faire ce rapport. Allons juste au manoir. Allons-y. Pas seulement pour aujourd’hui. Allons-y au sens large. Vers ce long chemin. Aiko avait toujours eu envie de courir sur le chemin de la vie pour rapidement en atteindre le bout et ainsi cesser de vivre. Même si, allez savoir quelle sorte de malédiction s’abattit sur elle, il a fallu que les Baskerville possèdent un chemin bien plus long que ceux des autres. Mais là, avec Finn, elle voulait marcher lentement, très lentement. Main dans la main. Tant qu’il était avec elle, tout ne pourrait qu’aller bien. Elle avait de l’espoir, cette petite. Tout irait bien du moment qu’il soit avec elle. Tour irait... Parfaitement bien. Le plus difficile allait être de garder Finn près d’elle. Mais ils allaient se préserver l’un l’autre et tout irait bien.
Vers le futur. Vers ton futur. Vers mon futur. Vers notre futur. D’accord, Finn ? Allons-y.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   18th Février 2013, 09:50

Tandis qu’elle se cale contre lui, il laisse sa main glisser de l’épaule à la taille de la jeune femme. Sa seconde main vient recouvrir celle que sa camarade laisse sur sa cuisse. Puisque maintenant le temps de présence semble arriver à sa fin, il a envie de la garder là et de l’empêcher de se relever. Juste pour que la fin ne vienne pas, ce qui est déraisonnable et il faudrait bien que sa raison finisse par revenir de vacances. Alors il tâche de pousser de côté ce genre de pensées, sans pour autant oublier d’apprécier chaque minute offerte, d’ors et déjà impatient que la fois suivante vienne. Juste impatient, mais il ne faudrait pas trop y penser non plus. Le futur, il ne s’y intéresse réellement que lorsqu’il est devenu le présent.

- Je ferai de mon mieux. Et plus encore.

La déclaration le fait sourire et il serre gentiment la main sous la sienne. Il ne sait pas trop ce qu’il ressent à l’idée qu’elle puisse, ne serait-ce que partiellement, faire de son mieux pour revenir pour lui, mais c’est très agréable. Et neuf. Il ne doute pas que de toute façon elle ne se serait pas laissée mourir en mission parce qu’elle tient à sa propre vie – sinon il y a longtemps qu’elle ne serait déjà plus là, pourquoi attendre quand on a autant d’occasions – mais peut-être qu’en plus, maintenant, il y a une petite raison de plus. Bien entendu, il ne dira certainement pas tout cela à voix haute.

Sa remarque suivante fait rire la jolie rousse. Et il aime l’entendre rire. Elle le pousse légèrement, agrandissant par la même occasion le sourire du contractant. Si elle ne tenait réellement pas à cette mission, il l’aurait attachée au lit pour la garder là. Ou alors… Nan, garder les clés de l’appartement ne servirait à rien, elle serait capable de s’enfuir par une fenêtre. L’attacher au lit serait la meilleure solution. Il ne se sentirait qu’à peine coupable de l’empêcher de faire son devoir. Il y a d’autres Baskerville, personne ne lui en voudra d’emprunter Aiko un petit moment, non ?
Evidemment ce genre de raisonnement pourrait sembler nuisible au clan même s’il ne le pense certainement pas dans le but de leur mettre des bâtons dans les roues, mais bon… Juste pour la prochaine fois. Bref, assez de complots.
La jeune femme vient ensuite s’installer sur lui afin de lui offrir une étreinte. L’homme l’entoure alors de ses bras, tâchant de lui montrer son affection par des caresses dans ses cheveux et sur son dos. On dirait presque, maintenant, que c’est elle qui a peur de partir et plus lui. Ce qui au passage est faux, il continue à craindre pour elle et accepte juste le fait qu’elle veuille absolument partir. Mais bien sûr, cela ne signifie pas qu’il en sera de même la prochaine fois. La prochaine fois, il protestera peut-être plus fort et plus longuement, qui sait. La prochaine fois aussi, Aiko aura peut-être déjà décidé de ne pas partir. Au fond, ils le savent tous les deux, même s’ils en ont envie, ils ne sont probablement pas prêts à passer autant de temps d’affilé l’un en présence de l’autre. Autant de temps sans savoir où ils en sont ou où ils se rendent. Le temps seul permet de faire le point – ou, à la manière de Finn, de ne pas le faire consciemment, mais de le faire quand même – et de démêler les sentiments. C’est nécessaire, même si ce n’est pas plaisant. Ils ont besoin d’être plus calmes à l’intérieur. Difficile de se calmer quand la source de l’agitation est aussi proche. Même si en apparence, dans les bras l’un de l’autre ici, ils semblent parfaitement calmes et le ressentent sûrement ainsi aussi.
La Baskerville finit par desserrer son étreinte et venir lui embrasser la joue. Finn retient son visage en attrapant son menton, juste un instant, pour pouvoir lui déposer un baiser sur les lèvres. Et puis voilà, c’est terminé et elle est déjà repartie, lui faisant signe d’attendre là avant de disparaître. Ce qu’il fait, en revenant simplement se placer sur le rebord du lit, la présence dans ses bras lui manquant déjà. Enfin, ce manque est probablement accentué par le fait que le départ soit imminent. Savoir qu’il n’y aura plus beaucoup d’autres étreintes aujourd’hui et pendant un moment rend toute séparation plus difficile. Mais hey, hors de question d’être triste ou abattu ou aucun de leurs synonymes. Non mais. Il a passé, depuis hier, de très bons moments avec la jeune femme mine de rien et il est tout simplement impossible qu’ils s’en gâchent la fin en faisant tout un plat d’une séparation qui signifie aussi retrouvailles plus tard. Enfin, du moins, c’est ce qu’il se dit.
Aiko lui a dit d’attendre il y a une minute, mais il se relève quand même au bout du compte. Juste pour aller récupérer ses armes là où il les avait laissées la veille, pour les remettre en place sur lui. Une dague et son sabre, le compte est rapidement fait et il vient s’assoir à nouveau en même temps que la jolie Baskerville est en train de placer ses propres armes. Elle en porte d’ailleurs plus que lui et les cache dans des endroits qu’il juge très intéressants à observer. Forcément, hein. Cela dit, ces mêmes armes sont celles qui lui sauveront la vie. Mieux vaut trop que pas assez, se faire désarmer peut rapidement arriver.
D’où l’avantage d’avoir un Chain, au passage.

- Allez, debout ! Il va bien falloir le faire ce rapport.

Il lui répond en tirant la langue à son tour. Allez savoir ce qui peut bien l’avoir pris d’avoir eu cette réaction spontanée. Enfin, il n’a même pas le temps d’être perplexe envers lui-même qu’Aiko écarquille les yeux et disparaît sans explications. Genre pouf, enfuie. Mais vraiment enfuie cette fois, en courant. Laissant l’homme partagé entre son étonnement et son envie de retourner dormir juste à voir tant d’énergie dès le matin. Oui, les gens qui s’agitent beaucoup à peine levés lui donnent envie d’aller se recoucher. Juste pour marquer l’écart entre leurs niveaux d’énergie. Aiko qui court, c’est définitivement une bonne raison d’y retourner. Mais elle revient aussi vite, armée d’un crayon et d’une feuille et soudain une partie de la conversation de la veille lui revient. Un simple « oh » lui échappe. Mince alors, il en avait oublié de lui laisser son adresse avec toute cette histoire de kidnapping. Ce qui serait fort dommage, des fois que la victime ait envie de se jeter dans la gueule du loup tout à fait volontairement. Moins d’efforts et la flemme est contente. Evidemment cette excuse est en carton mouillé et en fait le brun serait tout simplement très heureux qu’elle vienne le voir d’elle-même. A condition qu’il soit chez lui, bien entendu. Mais du coup l’inverse est aussi valable, il ne pourra revenir dans l’appartement de la jeune rousse que si elle y est présente.
Finn prend la feuille et le crayon tandis que sa camarade revient s’assoir à côté de lui. En posant le papier à plat sur sa cuisse, il écrit ensuite rapidement l’adresse de son bâtiment, l’étage et le numéro de la porte. Parce que l’adresse seule, c’est sympa, mais s’il faut ensuite deviner la porte, c’est moins sympa. Même si, dans son cas – et ce n’est franchement pas glorieux –, une bonne partie de l’immeuble connait les « voisins bruyants du troisième ». Et « voisins bruyants du troisième » est la plus gentille des appellations auxquelles ils ont droit avec Nana. Certaines lui donnent envie de se taper la tête contre le mur à répétition jusqu’à ce qu’il réussisse à oublier ce qu’il vient d’entendre. Fichu Chain, fichu Chain. Et ce serait très bien qu’Aiko ne les entende jamais. Jamais, jamais, jamais. Il devrait presque ajouter sur la feuille qu’il ne faut parler à absolument personne dans l’immeuble. Ou du moins, pas de lui ni de son « colocataire ». Mais ça serait trop louche. Fichus voisins. Quand il sera riche, il emménagera dans une maison. Déjà parce qu’il n’y aura pas de voisins derrière des murs trop fins et puis ensuite parce qu’il pourra envoyer Nana à l’autre bout de la maison, l’isoler loin de lui. Enfin, avec son salaire, il peut toujours continuer à rêver. Baskerville, c’est quand même pas la joie depuis un peu plus d’un siècle.
Aiko pause sa tête sur son épaule et glisse sa main dans la sienne tandis qu’il termine d’écrire. Il serre inconsciemment la main plus fine, sans raison particulière. Et puis elle dit :

- La prochaine fois que tu me retrouveras, Finn, ne me laisse pas m’en aller. Pas même au nom du clan.

Il est tenté de rajouter ça sur le papier, comme preuve qu’elle a bien dit ça. A la place, il l’enregistre et cela le conforte dans son idée de tantôt. La prochaine fois sera plus longue. Parce que la prochaine fois, hors de question qu’elle s’en aille. Oh que non.

- La prochaine fois, l’idée de t’en aller ne te traversera même pas la tête.

C’est absolument faux, mais il le dit néanmoins en lui offrant un sourire volontairement sûr de lui. Elle lui semble soudain un peu déprimée, alors il tente de la faire sourire. Puis il lui rend le papier en accompagnant le geste d’une bise sur la joue. Voilà pour l’adresse.

La Baskerville se relève ensuite, tendant une main vers lui qu’il saisit en se relevant. Pas décidé à la lâcher, il la suit quand elle va chercher leurs deux capes, lui rendant celle qu’il avait en arrivant et donc pas celle qui lui appartient. Quelle importance, porter la cape d’Aiko est une bonne excuse pour penser à elle sans avoir à se demander pourquoi. Du moins, c’est un bon moyen pour éviter de se demander pourquoi sans se dire qu’au fond, la question est juste évitée. Un bon prétexte.
Finn serre la jeune femme dans ses bras à nouveau quand elle vient s’y loger, tentant de mémoriser la sensation tout en sachant que la meilleure mémoire du monde ne remplacera de toute façon pas le fait de la tenir pour de vrai. Ils échangent un baiser et, de nouveau, le seul contact entre eux est entre leurs deux mains liées. La cape sous le bras – bien qu’honnêtement il la mettrait bien sur son dos, dehors il doit faire sacrément froid et n’oubliez pas que le Finny est une espèce plus frileuse que la normale – il suit la jeune femme.

- Allons-y.

Il tâche d’afficher un sourire bien qu’il ressente un pincement au cœur. Pas envie d’y aller du tout. Pas envie de se retrouver seul après avoir rendu ce fichu rapport. En fait, plus que le fait de se retrouver seul, il n’a juste pas envie de se retrouver sans elle. Mais, une fois de plus, il est temps. Précipiter les choses et les forcer ne fera qu’amener la relation vers une fin qui ne plaira ni à l’un ni à l’autre. Nouveau tournant ou pas nouveau tournant dans la relation en question, Finn est loin d’avoir envie de perdre une amie à laquelle il tient – plus qu’il ne devrait, mais c’est autre chose.

- Je ne te laisserai pas toute seule.

Un sourire et ils sont partis, sans jamais se lâcher la main. Finn est même tenté de diriger, juste parce qu’il sait très bien qu’il va se perdre. Juste pour gagner un petit quart d’heure. Ce qu’il ne fait au final pas et le petit quart d’heure est quand même plus ou moins gagné puisqu’il prend un malin plaisir à arrêter la jeune femme quand ils passent dans des allées sombres pour l’embrasser. Enfin, une fois sur le lot il l’a embrassée au milieu d’une rue tout à fait normale. Juste comme ça, pour qu’elle ne s’y attende pas que dans les endroits cachés du monde. C’est très amusant d’embêter Aiko de la sorte. Le rapport et sa mission ne sont pas à quelques minutes prêt et il n’a vraiment pas envie de la laisser seule. Pas envie de la laisser tout court. Elle a intérêt à faire attention à elle et à continuer à vivre pour qu’ils puissent se retrouver. Et, la prochaine fois, ils ne se laisseront pas partir. Ils ne se laisseront pas seuls.

[Terminé]
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