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 « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »

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MessageSujet: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   16th Décembre 2012, 11:20

Suite du Rp précédent. ~

Au fond, il n’est pas impossible que l’on possède tous une part de masochisme en nous. Surtout à l’adolescence je dirai. Effectivement, nous ressentons ce besoin pressant d’avoir mal, de souffrir, de se retrouver plus bas que terre, de juste ne plus rien valoir. En fait, ce n’est que de la lâcheté. Si nous pensons êtes courageux d’ainsi agir, nous nous trompons d’autant plus sur la nature humaine. Il est juste impossible de ne pas avoir mal. La vie, aussi courte puisse-t-elle pour certaines personnes, n’est que simple succession d’évènements. Certains douloureux, d’autres nettement moins, simplement agréables. En ce qui concerne notre sujet, nous parlerons principalement des ces évènements qui font office de lames, de balles, qui vous transpercent tantôt le cœur, tantôt la chair, cinglant le visage, blessant l’âme, souillant l’esprit. Ces évènements qui peuvent laisser autant de traces physiques que mentales. Ces évènements là dont on préférerait ne jamais parler, que l’on préférerait oublier. Ces évènements qui, qu’on le veuille ou pas, nous font face un jour ou l’autre, se dressent devant nous, deviennent des obstacles. Si réellement, ce n’est rien de tel – rien de physique ou de mental – alors c’est notre propre mort qui nous surprend, qui nous frappe, qui nous fauche, qui nous entraine aux oubliettes, qui font couler les alarmes de notre famille, de nos amis et de nos proches. Ces évènements comme le décès d’un être aimé, chéri, la séparation qui survient avec des couples, peut-être aussi. Ou alors, pour tout Baskerville se respectant, ça peut simplement être une mission. Cette mission qui blesse physiquement au minimum. Si réellement, il n’y a pas de dégâts, on s’encaisse maints et maints coups qui jurent de nous laisser une belle cicatrice. Enfin belle, vous comprenez. Malgré le fait qu’il y a grand nombre de blessures qui demeureront ouvertes, qui ne se refermeront jamais, qui nous feront mal rien qu’en entendant quelqu’un y faire allusion, il y a du bon à savoir que certains évènements peuvent réellement nous déstabiliser, nous plonger dans un gouffre où seul le vil espoir peut nous permettre de survivre encore quelques instants, nous garantissant quelques moindres bouffées d’air dont profiteront nos poumons. Il est réellement bon à savoir qu’il ne faudrait jamais abandonner de refermer les plaies, que nous avons bien trop à perdre. Ces séparations, ces morts, ces coups, tout cela ne fait que partie intégrante de la vie. C’est là pour nous rappeler que nous ne sommes riens. Que même si quelques uns ne croient pas en une force supérieure, tout porte à croire qu’elle existe réellement. Après tout, on ne peut pas vivre comme ça et disparaitre de la même façon, presque par enchantement. Il doit bien y avoir quelqu’un, quelque chose, je ne sais quoi, qui possède des ciseaux adéquats pour couper le fil qui nous unit à cette immense sphère donneuse de vie. Et la mort, aussi étrange que cela puisse être, est le meilleur moyen pour faire comprendre à un être qu’il est en vie et que ce n’est pas par la simple et pathétique force de sa propre volonté. Quand l’un de nos proches décède, on comprend qu’un certain vide en notre cœur se crée et que plus jamais il ne pourra être comblé. Pas même par la venue au monde d’une autre personne. Tout a été prévu pour que l’on ait un jour ou un autre mal. Tout a été un peu trop parfaitement planifié pour dire que c’est l’œuvre d’un humain. On comprend que la vie est drôlement éphémère. Que rien n’y fera, nous aussi, on y passera. Que vraiment, celui qui dit que la vie n’est pas faite pour être prise au sérieux a eu raison. Il suffit de savoir jouer. De savoir jouer et de savoir placer ses pions sur cet immense échiquier. D’anticiper et de savoir jouer. Voilà la clef du succès. Sans jamais oublier qu’il y a toujours plus fort que soi et que c’est d’ailleurs la raison principale qui fait que nous mourrons. Parce que notre roi n’a pas été assez bien protégé. Parce que nous avons un peu trop baissé notre garde. Parce qu’après tout, nous sommes humains, nous nous trompons. Parce que nous ne vivons pas dans ce monde de féeries dont rêvent tous les enfants. Parce que la mort est le dernier point du chemin de la vie. Après, s’il y a autre chose après ladite mort, cela, je serais bien incapable de vous le dire. Quoiqu’il en soit, tout a été fait pour que nous nous endurcissions un peu plus, pour que nous connaissions un peu mieux notre place, pour que nous sachions que par rapport au Reste – de ce tout dont nous ignorons justement tout – nous ne sommes que moindres, que cendres, que rien au final. C’est ce que l’on nomme avoir des prises de consciences. On comprend alors, non pas tout, mais au moins partiellement, l’univers dans lequel nous évoluons. On comprend qu’il vaut mieux profiter du moment présent. Qu’il vaut mieux ne pas penser à un passé révolu et qu’il est préférable de ne pas non plus penser à un futur de toute façon incertain. Présent. Vivez-le présent. Pensez au présent. Apprécier le présent. Si vous voulez vous plaindre, plaignez-vous du présent. Ne voyez que cela. Que le présent.
Il était difficile pour Aiko de ne jamais penser à son passé. Pas difficile tout compte fait, mais tout bonnement impossible. Elle ne pouvait pas ne pas se remémorer le dernier sourire que lui décocha sa sœur, le dernier rire qu’elle émit en sa présence. Ce jour-là, elle était certaine de la revoir le lendemain. Mais non. Ce lendemain fut juste terriblement douloureux. Comme le jour de la tragédie. Aucun lendemain n’exista pour les Baskerville. Aujourd’hui néanmoins, tout cela était calé dans un coin reculé de son esprit. Elle ne voyait que Finn, ne sentait que Finn, ne désirait que Finn. Son présent se résumait en fait à cela. À Finn.

Être dans ses bras fausait naître en la jeune Aiko une sensation qu’elle ne saurait décrire. Un sentiment tout aussi trouble que celui qui l’a incité à lui faire des reproches. Un sentiment qu’elle ne comprenait pas. Un sentiment qu’elle voyait transparaître dans le regard du brun. Un sentiment partagé. Un sentiment qui n’en restait pas moins brumeux. Un sentiment d’appartenance, d’une certaine gêne installée pour je ne sais quelle raison. Aussi un sentiment de perplexité vis-à-vis de sa propre personne, car on se demande bien pourquoi on est jaloux. Surtout qu’en réalité, la seule raison pour laquelle on doit être jaloux c’est lorsqu’on… Enfin bref, la jeune rousse repoussait cette idée tant elle lui paraissait incongrue, pas assez adéquate à la situation, à la relation qu’elle entretenait avec Finn. Mais de toute façon, de quoi était-elle sûre ? De rien, au fond. Elle remettait en question chacun de ses pensées, de ses résolutions. Rien n’était plus clair. Plus rien ne semblait réel non plus. Tout n’était qu’imagination, que fascination. Sauf quelques rares choses. Les paroles prononcées et les gestes esquissés. Tant que cela concernait le Baskerville, bien sûr. Elle ne se sentait réellement en vie que lorsqu’elle était blottie dans ses bras, que lorsque sa tête reposait contre son torse, que lorsque ses yeux trouvaient les siens, que lorsque ses lèvres goûtaient les siennes, que lorsque les mains masculines trouvaient leurs places sur le corps féminin. Quand elle était avec lui. Quand elle savait pertinemment qu’ils respiraient le même air. Quand elle ignorait tout du reste du monde, qu’elle n’était consciente que des réactions de celui en face d’elle. Plus attentive à ses petits tics qu’à ce qu’elle laissait elle-même échapper par inadvertance. Mais pourquoi ? Pourquoi ressentait-elle « ça » ? Même si la dispute était passée – du moins celle-là et en espérant qu’il n’y aurait pas d’autres –, les questions ne cesseraient de revenir à la surface et d’assaillir l’esprit de la jeune femme. Pourtant, il n’avait pas changé. C’était toujours Finn. Quant à elle, eh bien, elle était toujours Aiko aussi. Qu’est-ce qui avait changé, dans ce cas ? Leur relation ? En fait, elle non plus n’avait pas changé. Elle était juste officielle. Elle s’était comme qui dirait concrétisée. Mais elle n’en demeurait pas moins floue. N’en demeurait pas moins trouble et troublante. N’en demeurait pas moins mystérieuse. N’en demeurait pas moins attirante et enivrante. N’en demeurait pas moins pétillante. N’en demeurait pas moins dangereuse, presque interdite tant ils s’imposaient des obstacles qui n’existaient même pas. N’en demeurait pas moins teintée de cet amour naïf et juste fabuleux. Cette relation n’en demeurait pas moins idyllique.
Alors quoi ? Où avait opéré le changement ? Plus elle cherchait des réponses, moins elle en trouvait. Pourtant, elle n’abandonnait pas. Même ainsi confortablement installée dans ses bras musclés, les questions s’entassaient. Seule différence, la douleur n’était plus présente. Elle se sentait maintenant bien. Toujours frustrée, mais bien. Qui sait, si Finn continuait d’agir comme il le faisait, si Finn continuait simplement d’être lui-même, peut-être que, comme la dernière fois, l’univers d’Aiko ne serait plus composé que de lui. Pas de toutes ces stupides questions.
Dis Finn, tu penses être capable d’être l’unique raison de vivre d’Aiko ? Juste temporairement. Maintenant, elle a dû comprendre que tu n’étais pas forcément d’accord avec le « toujours ». Elle non plus, au fond, n’arrive pas à encore à s’y faire. Pas vraiment. Soutenez-vous. Appréciez-vous. Mais ça, ne le faites pas temporairement. Acceptez l’éternité. Acceptez une éternité à deux. Une éternité fugace. Une éternité fugace que vous retiendrez aussi longtemps que vous vous accepteriez l’un l’autre. Aussi longtemps que vous voudriez l’un de l’autre.

Avait-elle pardonné à Finn ? Normalement, oui. En fait, elle trouvait que c’était plus juste ainsi. Nettement plus juste que de continuer à se disputer pour rien. Oui, c’était plus juste. Parce qu’au fond, elle n’avait pas le droit de lui en vouloir. Elle n’avait nullement possédé le droit de s’emporter. D’être jalouse. Pourtant. Elle le savait. Elle l’avait su. Mais même. C’était comme ça. Involontaires. Spontané. Elle lui en avait voulu alors qu’au fond, elle n’avait pas eu le droit de le faire. Vraiment pas. Et Finn le lui avait d’ailleurs fait remarquer. Pourquoi ? Pourquoi ses sentiments l’avaient guidée, elle qui avait passé dix-huit ans à affiner sa lame tout en aiguisant son cœur ? Pourquoi avec lui ? Pourquoi seulement et uniquement en sa présence à lui ? Pourquoi était-il si attirant, d’abord ? Oui, c’était de sa faute maintenant. Gamine, Aiko. Vraiment, tu agis comme une enfant. Il n’avait qu’à pas être charmant. Il n’avait qu’à pas plaire à la jeune rousse. Il n’avait qu’à pas avoir une personnalité qui attrayait et enivrait la Baskerville. Non mais.
De toute façon, même si on supposait qu’elle avait eu le droit de lui en vouloir – de toute façon, s’il s’était comporté sagement, rien de tout cela ne serait arrivé – là, en ce moment, elle lui pardonnerait. Parce que c’était passé et parce que de toute façon, elle ne pouvait tout bonnement pas rester irritée contre lui bien longtemps. Si au moins ils s’étaient disputés et se seraient éloignés. Mais non. Ils étaient restés à quelques mètres l’un de l’autre, à se dire que même si proches physiquement, ils étaient en train de glisser, en train de se perdre. Ils se faisaient du mal comme pour comprendre l’importance de l’autre à leurs yeux avant même qu’ils ne le perdent. Pas si bête que cela.
Si Aiko avait perdu Finn ? Si elle s’en était allée ? Si lui s’en était allé ? Elle serait, dans tous les cas, allée au manoir. Vers les ruines. Dans un coin plus reculé encore que là où eurent lieu leur petit jeu, la dernière fois. Elle ne cesserait de penser à lui et n’interdirait pas à ses souvenirs de la blesser grièvement. Et puis, sans nul doute, elle se serait permis quelques larmes. Mais pourquoi y penser alors que tout allait pour le mieux, maintenant ? Leur relation continuera d’évoluer. Ou pas. Dans tous les cas, aujourd’hui au moins, Aiko ne voulait pas quitter Finn. De toute la journée. De toute la nuit. Elle voulait qu’il reste avec elle. Se rendre compte de son importance pour elle. Comprendre enfin pourquoi avait-elle été si jalouse. Peut-être – sûrement – qu’elle ne comprendrait pas dans l’heure. Mais elle voulait y croire. Juste trouver un prétexte pour rester lovée dans ses bras.

Lorsque son rire se fit entendre, elle remarqua du coin de l’œil le sourire étirant les lèvres de Finn. C’est cela qui la calma et qui transforma ledit rire en un simple sourire. Un sourire tout bonnement heureux. Lorsqu’elle entreprit de l’embrasser, lui, glissa ses mains sur ses hanches pour l’attirer un peu plus près. Amusée, elle se dirigea vers son cou tandis qu’il vint lui chuchoter quelques mots. Cette fois-ci, un rire étouffé se fit entendre. S’excuser à deux, se pardonner à deux, ensuite, s’ennuyer à deux. Il était certain qu’elle n’allait pas refuser. Lorsqu’elle se redressa, son regard brin pétillait, le sourire affiché sur ses lèvres étirant jusqu’à ses yeux tant il était communicatif. Et puis, elle l’entraîna plus loin. Pourquoi ? Simplement parce que l’endroit où ils étaient debout lui rappelait trop de mauvais souvenirs. Même si, logiquement, l’air était le même, pour Aiko, il était largement différent. Et puis, elle les fit s’asseoir et lui posa, comme à l’accoutumée, une bien étrange question.
Et elle alors ? Maintenant qu’elle pouvait réfléchir calmement, nullement pressée par la maladresse du brun ou sa propre amertume et méchanceté, qu’en pensait-elle ? Est-ce que ça aurait été meilleur si elle avait gardé son sang froid ? Aurait-elle seulement pu ? Pas sûr. Ces deux mots faisant office de réponses pour les deux questions, sachez-le. En fait, pour que sa réaction eut été plus douce, si je puis le dire ainsi, il aurait fallu soit qu’elle ne voit pas la marque sur le cou de Finn, soit qu’elle ne l’ait pas apprécié. Avant de nous attarder sur la deuxième supposition – et croyez-moi, on va s’y attarder – regardons d’un peu près notre première suggestion. Que Finn n’ait pas eu de bleu sur la peau. Qu’il ne se soit pas senti d’humeur fêtarde ou d’humeur maussade pour aller dans un bar, que cette maudite femme ne soit pas rentrée dans ce même bar, qu’ils ne se soient pas abordés, qu’ils ne se soient pas amusés. Ou alors, qu’elle se soit assez respectée pour ne pas marquer Finn. Quoique bon, Aiko pensait certes cela, mais au fond, elle-même ne s’était pas gênée de le faire la dernière fois qu’elle en eut l’occasion. Quoique bon, disons que c’était différent. Derrière ce jeu de provocation ne se cachait pas seulement de la malice, mais un certain amour qui, pour le moment, ne pouvait toujours pas être expliqué par la rousse ou pas le brun. Alors qu’avec l’autre – elle ne méritait que cette appellation –, il voulait juste assouvir ses désirs naturels. Utilisons ces termes au lieu de nous montrer un peu – beaucoup trop – déplacés, voire complètement vulgaires. En fait, s’il était juste resté chez lui. S’il avait attendu trois malheureux jours de plus. Hum. Je ne dis pas que voir Aiko l’aurait calmé, car il n’est pas certain qu’ils jouent de cette façon-là… Quoique bon, vraiment, qu’ils restent sages aujourd’hui n’allait pas vraiment être dans la mesure du possible.
Si cette marque avait tout de même était là, mais qu’Aiko ne s’y soit pas attardée. Là, si Finn ressentait un semblant de sentiments à son égard, il lui aurait été permis de se faire du souci quant à la réciprocité de ce même sentiment. Si la jeune rousse n’avait pas réagit de la sorte, cela se serait traduit en une indifférence totale tant que leurs corps n’étaient pas mis à nus et pressés l’un contre l’autre. Juste du désir. Juste du physique. Pas de cœur. Pas de sentiment. Pas d’âme. Une coquille vide en somme. Finn n’aurait été qu’un homme parmi d’autres. Elle n’aurait pas été jalouse, car alors bon, pourquoi l’être ? Cette jalousie cachait un certain amour. Et si Finn s’était excusé après s’être calmé – autant qu’elle – alors il avait dû réussir. Réussir à voir au-delà de cette jalousie dont faisait preuve la jeune femme pour simplement voir en elle, à travers elle. Voir à quel point elle l’aimait.
Là voilà donc, la raison de son emportement. Le degré d’amour qu’elle lui portait.

Elle sentit les doigts allant et venant dans sa chevelure écarlate, prodiguant des caresses agréables à la jeune femme. Lorsqu’elle se redressa pour aller retrouver ses lèvres, il ne s’y opposa pas. Elle laissa sa langue aller au-delà des lèvres de Finn, découvrant sa bouche en se penchant inconsciemment vers lui, approfondissant toujours un peu plus le baiser. Une main se glissa sur sa joue et lors de l’échange, elle esquissa un léger sourire. Et puis, il s’occupa de l’encombrante chevelure qu’il dégagea de son cou, rompant le contact en allant déposer ses lèvres sur les nouvelles parcelles de peau mises à jour. Aiko pencha la tête de l’autre coté, de façon à lui offrir complètement son cou, déglutissant faiblement lorsque ses dents prirent la place de ses lèvres. Et puis, avant de se redresser, il laissa une trace brûlante d’un baiser qui, bien que furtif, ne manqua pas d’avoir son effet. Lorsqu’il lui fit face et qu’il lui répondit, elle mit ses mains des deux cotés du cou du brun en lui souriant légèrement. C’était elle qui avait ouvert le sujet, pourtant, maintenant, elle voulait le clore. Mais pour cela, quelques mots devaient être placés. Elle laissa traîner ses lèvres sur celles de l’homme, les glissa sensuellement sur sa mâchoire, frôla le lobe de son oreille et lui susurra quelques paroles en son creux.

« Seulement parce que tu as su voir au-delà de ma jalousie pour percevoir l’amour que je te porte. »

Elle remonta lentement vers ses lèvres, empruntant le même chemin que celui par lequel elle atteint son oreille, et alla lui déposer un baiser des plus chastes au coin de la bouche. Elle ne s’éloigna que quelques minces secondes, laissant son souffle chaud s’abattre sur ses lèvres. Rapidement, elle revint vers elles, cette fois-ci de façon moins calme, moins naïve. Bien rapidement, son urgence se fit ressentir tandis qu’elle se collait un peu plus à l’homme. Ses mains se perdirent dans ses souples boucles tandis qu’elle l’attirait encore et toujours vers elle, menant ce baiser jusqu’à son apogée et le contact jusqu’au point le plus profond qu’il fut donné d’explorer dans la bouche d’une personne. Lorsqu’elle éloigna son visage, elle esquissa un léger sourire.
C’était vrai. S’il n’avait pas vu cet amour qu’elle portait pour lui, même s’il le fit inconsciemment, alors il n’apprécierait pas la tournure des évènements, comme il venait de le lui dire. Il aurait trouvé cela stupide, puéril. Il se serait retiré, sans nul doute.
Après quoi, les doigts masculins agrippèrent l’un des bords inférieurs du débardeur d’Aiko. Elle fit une légère moue, comprenant d’emblée où il voulait en venir. Comprenant aussi que rien n’y ferait et que Finn aurait ce qu’il voulait, découvrant les blessures de la jeune femme. Jeune femme qui se fit amadouée par une bise sur sa joue. Elle roula des yeux et se laissa entièrement faire lorsque le brun fit jouer ses doigts jusqu’à découvrir l’étendue des dégâts. En somme, plusieurs égratignures. Mais la plaie au niveau de ses côtes gauches était bien loin de n’être qu’une blessure superficielle. Ça ne saignait plus vraiment, mais ça faisait toujours mal. Ce dernier détail, elle préféra le garder pour elle. Lorsque Finn finit son inspection et remit le tissu en place, elle n’osa pas croiser son regard. Néanmoins, lorsqu’il parla, elle fut bien obligée d’aller cueillir ses prunelles des siennes. Elle ne pouvait de toute façon pas prétendre qu’elle ne ressentait rien. Elle avait bel et bien mal, ça, elle ne tentait ni de se le cacher, ni de le cacher à Finn. Sortir d’une mission pareille indemne n’était pas vraiment possible, pas même pour un Baskerville entraîné principalement pour cela ; entraîné à torturer et à s’approprier le droit d’ôter la vie. Sauf qu’elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas guérir cette blessure. Parce que ce temps dont elle devrait user empiéterait sur celui qu’elle pourrait passer là, blottie dans les bras de Finn, à la recherche d’une chaleur physique mais aussi psychologie. Car au fond, elle était aussi faible que tout autre être humain. Même si au fond, elle paraissait forte. Même si au fond, elle était respectée. Et puis, aussi loin qu’elle s’en souvienne, jamais elle n’avait baissé sa garde. Jamais elle n’abattit les barrières de glace entourant son cœur si ce n’est avec un membre de sa famille proche. Sauf avec Finn. Donc oui, se blottir dans ses bras lui donnait aussi une certaine confiance en elle. De toute façon, il était le seul à pouvoir la comprendre. Il était le seul à qui elle permettait de la comprendre.
Et lui alors ? N’était-il pas blessé ? Il faudrait qu’elle aille vérifier comme lui-même le fit.
Il vint trouver ses lèvres, ajoutant quelques autres mots par la suite. Elle afficha un sourire espiègle, parfaitement consciente qu’il tentait de l’avoir par les sentiments. Et que d’ailleurs, il réussissait progressivement à l’atteindre. Elle hocha docilement la tête avant d’aller poser ses lèvres sur la joue du brun. Docilement. Un peu trop. Juste assez pour que Finn comprenne qu’elle n’avait nullement l’intention de se montrer aussi sage qu’elle le prétendait. Et puis, de toute façon, le sourire qu’elle lui lança un peu plus tôt voulait tout dire. Elle n’avait vraiment pas l’intention de le laisser user de quelques minutes qui ne devraient être que leurs pour verser du désinfectant sur sa plaie encore tout nouvelle.

Elle laissait ses doigts danser sur son torse, pianoter sur son cou, se tortiller sur son visage, un sourire simple illuminant son visage. Son regard baignait dans le sien, allant parfois se perdre ailleurs, plus loin, plus profondément. Atteignant ce point que l’on ne voit pas avec les yeux. Yeux qui nous créent néanmoins un tunnel et un chemin sûr pour accéder au dit point. Au creux de l’âme. Par-delà l’enveloppe charnelle. Par-delà les préjugés. Par-delà bien tout ce qui peut être qualifié de matériel en fin de compte. Si la dernière fois, ils s’étaient appartenus physiquement, désormais, ce que désirait Aiko, c’était que son âme se fende en celle du brun. Et vice-versa, il en va de soi. En le fixant, elle se sentit frémir. Frémir de cet indescriptible et extrêmement agréable frisson vous parcourant et vous agitant en traversant l’échine. Et puis, clignant des yeux, son sourire saint disparu pour laisser un air malin s’étaler sur tout le visage de la jeune rousse. Délicatement, ses lèvres s’alignèrent contre les siennes. Lorsqu’elle recula, elle lui murmura un mot pour lui signifier ce qu’elle avait en tête. Un simple mot. Un unique mot.

« Rentrons. »

Comme si au fond, il était tout à fait normal qu’elle lui dise cela. Comme si rentrer voulait dire qu’ils allaient chez elle. Peut-être chez lui. Comme si rentrer rimait avec être ensemble, tantôt là, tantôt là-bas, dans un appartement ou dans une chambre du manoir. Juste être ensemble au chaud. Comme s’ils vivaient en plein rêve. Comme si les Baskerville avaient enfin droit au bonheur.
Elle ignorait où il habitait, alors pour ne pas perdre plus de temps, elle prit l’initiative de l’emmener chez elle. Après tout, comme je viens de le souligner, là-bas ou plus loin, quelle importance ? Tant qu’ils étaient ensemble. Elle se releva lentement, faisant attention pour ne pas trop faire agoniser ses muscles qui lui tonnaient sous la moindre contorsion de s’immobiliser. Elle poussa un léger soupire d’exaspération suite à la vive douleur lui parcourant les côtes et retira simplement sa cape. Comme la dernière fois, elle la plia et la serra contre elle. Sauf que cette fois-ci, elle fit en sorte de cacher tout son débardeur, soit troué, soit noirci, soit rougi par son sang. Et puis, elle se retourna vers Finn, lui baisa les lèvres de cette façon lascive qui était sienne, et commença à marcher, s’éloignant de cette plaine, progressant sur divers chemin, pour unique but dans son esprit d’atteindre rapidement son appartement. Il n’était pas particulièrement loin, mais pas très près non plus.
Elle marchait à ses cotés. Quelques mots échangés, quelques sourires transmis, quelques baisers donnés lorsqu’ils se savaient loin des regards curieux, quelques caresses attentionnées allant de l’épaule au courde, plusieurs pas esquissés, une bonne distance parcourue et les voici près de ce tournant où ils s’étaient séparés la dernière fois. Aiko laissa sa cape reposer sur une de ses épaules et saisit à la volée la main de Finn. Elle lui lança un sourire provocateur en même temps que ses mots fusèrent.
Ose me contredire.

« Tu n’as jamais été faible. Aujourd’hui, en m’accompagnant, tu témoignes d’une grande force. Celle de ne pas m’abandonner. »

Il était vrai que la dernière fois, il revint vers elle pour la gratifier d’un ultime baiser. Il avait qualifié cela de faiblesse et sur le coup, elle n’avait pas vraiment eu la tête à le corriger. Elle prenait ce mot un peu trop au sérieux, je vous l’accorde. Mais apprécier – disons aimer, même si nous ne savons toujours pas de quel amour il est ici question – une personne ne pouvait en aucun cas être qualifiée de faiblesse. Même si généralement, on pensait que si. Parce que je ne sais qui a un jour clamé qu’aimer revenait à être faible. La raison ? Simplement parce qu’on pensait trop à cette personne pour pouvoir entièrement se focaliser sur notre objectif. Alors que non. Il suffisait de savoir utiliser cet amour en sa faveur pour le transformer en une force, en un air soufflant dans notre dos pour nous pousser dans la bonne direction.
Et cette histoire de ne pas t’abandonner Aiko, ça voulait dire quoi exactement ? Allez savoir. Elle était bien consciente du fait que ses mots soient mystérieux et pas facilement déchiffrables. Mais bon. Être différent était une force. Et tenir à quelqu’un revenait à être différent. Différent des autres imbéciles qui n’aimaient que pour un soir. Et puis, aujourd’hui au moins, en aucun cas, il n’avait tenté de l’abandonner. Même lors de cette stupide dispute, il avait fait en sorte de ne pas s’en aller, de ne pas s’irriter plus qu’il ne le fallait. Et puis, ne pas abandonner un être aimé est donc, de fil en aiguille, une force plus noble encore. Ne pas laisser notre égoïsme prendre le dessus sur l’amour porté à autrui. Tout cela relevait d’une immense force. Finn était fort. Et qu’il se garde bien de prétendre le contraire.

Elle l’entraîna jusqu’à un bâtiment, le dernier d’une rangée de quatre, lui fit franchir le seuil et l’entraîna dans l’escalier jusqu’à atteindre le troisième étage. Elle ouvrit la porte en tournant la poignée. Effectivement, s’étant attendue à vite finir la mission, elle n’avait pas pris soin de fermer la porte à clef. Ce n’était de toute façon pas faux, la revoilà plus ou moins vite revenue chez elle. Parlons de cet appartement, donc, que l’on puisse un peu s’y repérer. Un couloir, pour commencer. Sur le coté gauche, deux portes ; sur le coté droit, deux portes aussi. Au bout du couloir, une énième porte. Néanmoins, ce qui se cachait derrière cette-dernière n’était révélé à personne. Passons. Les deux portes de gauche : la première abritait le salon, la deuxième dissimilait la chambre. Quant aux deux portes de droites, eh bien, la première cachait une cuisine et derrière la deuxième s’étendait une salle de bain. Rien de trop grand, mais pas trop petit non plus. Comme quoi, les missions au compte de son clan pouvaient au moins servir à avoir quelques fonds de cotés. Surtout quand maman ne nous aide qu'un peu.

Elle entraîna Finn jusqu’à sa chambre et lui murmura d’attendre en lui volant un bref et rapide instant ses lèvres. Juste pour le faire languir. Hâtivement, elle se dirigea vers la salle de bain et attrapa des bandages, du coton et du désinfectant. Elle se mit devant le miroir et releva son débardeur, grimaçant en voyant les dégâts. Elle soupira d’un air désespéré et retourna vers la chambre. Le lit était parallèle à la porte et un bureau était plaqué contre le mur gauche. La table de nuit, quant à elle, reposait naturellement près du lit. Elle déposa ce qu’elle ramena dessus, lança un regard malicieux au brun et fit reculer lentement son butin.
Eh non.
Obstinée comme elle l’était, elle refusait de se faire soigner. Pas tout de suite du moins.

Elle ouvrit son armoire à la volée – doit-on aussi situer ce meuble ? – et choisit un autre débardeur, cette fois-ci de couleur blanche. Vraiment, ce n’étaient pas de ces habits légers dont elle manquait. De dos à Finn, elle retira son habit en le balançant quelque part au sol et enfila l’autre. Son dos était-il blessé ? Elle n’en savait rien. Elle se retourna le plus naturellement qu’il puisse être, se dirigea vers Finn, posa son index droit sur son torse et le poussa lentement jusqu’à le faire asseoir sur le lit. Elle se mit ensuite sur ses genoux, une jambe de chaque coté du bassin de l’homme. Tout en allant lui offrir un profond et passionné baiser, elle pensait aux avantages et inconvénients de cette position.
À moins de la presser fortement contre lui, ses côtes ne se plaindraient pas trop. C’était déjà un bon point. Et puis, elle pouvait aisément prendre le contrôle du jeu, installée comme elle l’était. Restait à savoir si elle le voulait, prendre les rênes. Cela étant une toute autre question, elle se focalisa sur le reste. Quoi d’autre ? Elle ne voyait pas trop. Finn, quant à lui, ne pouvait pas inverser les positions. Tiens, ça aussi c’était bon pour elle. Quand ils étaient debout, comme la dernière fois, le brun n’hésita pas à plaquer la jeune femme contre le pilier. Allongés, d’un coup de reins, ils pouvaient se retrouver à tour de rôle en positon dite favorable, dominante. Mais comme cela, installée sur ses genoux, il pouvait toujours essayer de changer les rôles. Bien qu’en soit, il n’y ait pas réellement de rôles à endosser. Quoique. S’il avait une bonne prise sur ses hanches ou au creux de son dos, il pouvait la faire basculer sur le coté et la faire allonger. De cette façon, non seulement il serait au-dessus, mais il pourrait aisément l’emprisonner à sa guise.
Oups ?
Espérant que le brun n’y penserait pas, elle approfondit un peu plus le baiser, laissant ses mains défaire un second bouton de la chemise du brun. Et puis, elle alla s’échouer dans son cou, couvrant cette partie-là de son corps de baisers et de douces caresses langoureuses. Entre deux mordillements, elle chuchota quelques paroles.

« J’espère sincèrement que tu ne pensais pas qu’un chaste baiser me convaincrait de me laisser gentiment soigner. »

Elle se redressa après un dernier baiser laissé sur son cou et retint un rire amusé. Pour qui la prenait-il, sérieusement ? Qu’il se débrouille comment s’y prendre, elle n’allait pas tout faire non plus. Elle lui présenta les armes, indiqua indirectement qu’il n’y avait pas de règles, fixa le but – la convaincre de penser ses blessures –, il ne lu restait plus qu’à jouer. Comme il savait si bien le faire de toute façon. Vraiment, il n’avait pas de leçons à prendre. Ni d’Aiko ni d’aucune autre femme.
Comme d’habitude, le regard d’Aiko ne quittait pas celui de son interlocuteur. Comme à d’habitude, elle était bien plus attentive à ses réactions qu’à ses propres sentiments. Elle refusait de se poser d’autres questions. Ça viendrait. Ça reviendrait. Les mots bizarres reviendront aussi. Elle placera d’autres paroles incompréhensibles, tenterait de soutirer à Finn quelques informations – quelles qu’elles soient. En revanche, pour le moment, l’embrasser et le caresser était suffisant. Ça suffisait amplement à couper ce lien qui liait son âme, son esprit à son corps. Tout ce matériel qui empêchait l’amour, qui empêchait l’allégresse. Qui empêchait la liberté. La liberté d’être emprisonnée sous le corps de l’homme avec lequel vous partagez bien plus qu’une ou deux nuits. La liberté d’avoir comme bourreaux les yeux de ce même homme. Cette liberté qui ne se ressent que lorsque notre corps est pressé contre celui de cet élu. Cette liberté qui ne se ressent que lorsque nos lèvres sont liées aux siennes, lorsque nos poignets ne peuvent bouger de part la pression de mains plus fortes qui pèse sur eux. Nous ne sommes libres que lorsque nous nous appartenons plus. Nous ne sommes Libres que lorsque nous ne sommes pas libres. Que lorsque nous passons outre les apparences et toutes ces futilités, ces preuves concrètes et tangibles de l’existence humaine. Que lorsque nous devenons insensibles au reste du monde. Que lorsque nous trouvons une raison de vivre.
Et pour l’instant, la raison de vivre d’Aiko se résumait à faire plaisir à Finn. Que ce soit en gardant le silence ou de façon plus adulte, si lui vivait, alors elle vivrait. Autrement dit, c’était lui et lui seul sa raison de vie. Mais ça, bien que ce soit une conclusion à laquelle il était aisé d’aboutir si on savait que l’on voulait vivre pour voir vivre un autre, Aiko ne réussissait pas à la voir. Elle aurait tout le temps de le faire. Tout le temps de comprendre qu’elle court derrière une liberté qui est désormais, grâce à Finn, sienne.


Dernière édition par Aiko Baskerville le 5th Janvier 2013, 09:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   18th Décembre 2012, 07:22

Finalement, l’incompréhension c’est pas si mal quand on n’y pense pas. C’est vrai, il suffit juste de profiter. C’est mal dans le sens où les questions finiront par revenir s’écraser sur sa tête. Mais c’est bien pour profiter de l’instant présent. Pour une fois, il devrait quand même songer au futur. Un futur difficile à envisager lorsqu’on ne comprend pas vraiment le présent non plus, bien qu’il y ait de gros indices. Peut-être faudrait-il juste envisager le présent à court terme. Par exemple ce soir, où seront-ils ? Séparés ou ensemble ? Demain ? Après demain ? La semaine prochaine ? Dans un mois ?
Dans un mois commence déjà à faire trop loin. Et la prochaine rencontre, hasard ou pas ? Quand est-ce qu’il faudra commencer à se pencher sur les questions ? Est-ce que tout va pouvoir rester comme cela ou est-ce qu’il manque des choses ? Et Aiko, elle en pense quoi ?
Mais ça, pour le moment, il a encore un peu trop peur de le demander.

- Seulement parce que tu as su voir au-delà de ma jalousie pour percevoir l’amour que je te porte.

Une partie de son cerveau court-circuite sur le mot « amour », dans la réponse de la jeune femme, qui a du mal à passer étant donné que c’est la première fois depuis le début de la journée qu’il vient frapper à la porte. Mais il passe dessus, parce que rapidement le mot est juste pris pour une de ses nombreuses significations qui n’est pas la plus forte. Lui aussi il l’aime après tout. Il n’y a rien d’étrange à cela. Il ne sait pas comment il l’aime parce qu’il n’a absolument rien pour comparer, mais il l’aime. S’il fallait utiliser un mot, c’est celui-là. Il aime sa mère, il aime Fuyu, il aime Nana, il aime certains de ses amis les plus proches, et il aime Aiko. Tous d’une façon différente. Un jour Aiko a été aimée comme un de ses amis, puis il y a eu plus, et plus, et encore plus, jusqu’à aujourd’hui qu’il ne sait pas définir. Mais oui, il l’aime.
Alors pourquoi le penser semble-t-il aussi étrange ?
Il découvre encore le monde comme un gosse. Quand il était tout petit, l’amour se mesurait en quantité. Des « je t’aime grand comme ça », il en a dit plein. Il ne différenciait pas les sortes d’amour, d’ailleurs. Quand il aimait, il aimait et puis c’est tout. En même temps lorsqu’on est petit, il n’y a qu’une seule façon d’aimer. Tout se différencie sur la quantité, ce que plus tard on nomme l’attachement. En grandissant, l’amour devient sélectif, parfois hypocrite, il revêt des manteaux que l’on n’a même pas conscience d’avoir acquis. C’est moche, c’est dommage de perdre cette capacité que l’on possède tout petit à s’attacher sans condition. Même si certaines choses ne changent pas. L’amour qu’il a pour sa mère par exemple n’a pas changé. Maintenant il râle si elle lui fait un bisou en public ou l’affuble de ces surnoms dont elle a toujours usé, mais au fond il aime ça. Et il serait fichtrement jaloux si quelqu’un d’autre venait à obtenir la même affection de sa mère. Un fils est un fils. A cinq ans comme à vingt, si l’affection n’a pas changé, on est jaloux de ceux qui accaparent une partie de l’attention des parents. Bien sûr, à vingt on le garde bien mieux sous contrôle qu’à cinq et on s’en accommode plus rapidement.
Aiko aussi il l’aime sans conditions de toute façon. Certainement pas de la même manière que sa mère et heureusement. Et puis il serait bien en peine de nommer des conditions. Il peut nommer tout un tas de choses qu’il aime chez elle. Mais dire pourquoi il l’aime elle et toutes ces choses ? Il en est incapable. Encore et toujours des interrogations.

Réellement, se poser des questions ne lui réussit pas, qu’elles la mettent donc en veilleuse pour le reste de la journée. Sinon, il ne pourra même pas se concentrer sur la jeune femme comme il le devrait. Remarquons quand même qu’en fait, qu’il le veuille ou non, elle accapare quand même toute son attention. Questions ou pas questions. Et puis, impossible de se concentrer ailleurs quand elle l’embrasse ainsi puis lui sourit. Il récolte chacune de ses réactions, engrange chaque détail sans même s’en rendre compte. Des fois, elle pourrait bien faire tout ce qu’elle veut de lui, il s’y plierait. Non pas par question de dominance-dominé, mais simplement pour voir la suite. Juste l’observer évoluer. Son sourire le désarme rapidement. C’est drôle, pourtant encore une fois ils sont armés tous deux. Bien que l’idée de se servir de ces lames contre la jeune femme ne lui effleurerait pas l’esprit. Tout sauf lui faire du mal. Physiquement comme mentalement. Si physiquement il est bien plus facile – assez étrangement d’ailleurs – de ne pas lui faire mal car il lui suffit de ne pas lui porter de coup, en revanche mentalement c’est plus délicat. Des fois, on blesse les gens auxquels on tient sans s’en apercevoir.

Leurs regards plongés l’un dans l’autre a quelque chose de privé et profond. L’on s’en rend assez rarement compte, mais en fait pour pouvoir autoriser autrui à nous regarder longuement dans les yeux sans se sentir dérangé et sans rien cacher, il faut une sacré confiance. C’est presque une mise à nu que de laisser voir tout ce qui se cache dans les yeux, de soutenir le regard d’une autre personne. Quelque chose qui n’est pas partagé avec tout le monde. Et Finn n’a aucun mal à laisser Aiko plonger dans son regard aussi longtemps qu’elle le souhaite, pas plus qu’elle ne semble avoir à le faire. C’est presque naturel. Mieux encore, il se sent bien quand ils échangent des regards et qu’elle l’autorise à plonger dans le sien. Puis il la voit frémir, souriant légèrement lui-même sans comprendre. Elle semble avoir une idée derrière la tête, idée qu’il a vu arriver dans son regard sans pour autant savoir de quoi il retourne.

- Rentrons.

Décidément cet emploi du « nous » lui plait de plus en plus. Ennuyons-nous, excusons-nous, pardonnons-nous, rentrons. Il sera dedans jusqu’au cou avant de s’en rendre compte.

Une fois de plus il s’est laissé guider. Tentant tant bien que mal de retenir le chemin. Mais c’est peine perdue, il a complètement perdu le fil après un tournant et a dû avoir l’air dépité pendant une poignée de secondes. Pauvre petit. A défaut, il mémorise le bâtiment. Des fois qu’il parvienne à tomber dessus au hasard, sait-on jamais. Aiko ne doit pas savoir pour son sens de l’orientation désastreux étant donné qu’elle a guidé la marche à chaque fois – et qu’il s’est bien gardé de faire la moindre remarque. Mais un jour, cela se saura. Pas qu’il ne cherche à le cacher spécialement, mais bon… Ça reste un peu la honte quand même. Il s’en remettra. Dommage pour lui que le GPS ne soit inventé que bien plus tard. Il faudra se contenter de la version papier qui ne bouge pas : son ancêtre le plan. Heureusement que la jeune femme guide pour le moment. Même en marchant, ils ne peuvent pas s’empêcher de toucher l’autre. Des contacts plus ou moins prononcés, mais des contacts. Déposer une main sur l’épaule de la Baskerville l’air de rien lui suffit. Lui effleurer le cou pour la voir réagir, se baisser pour lui murmurer quelque chose à l’oreille en la frôlant. Des fois il ne s’aperçoit même pas qu’il le fait. D’un autre côté tant mieux, voilà encore une chose qui risquerait bien de l’inquiéter. Mais il a laissé les questions dans la plaine de tantôt. La décision étant prise, il n’y a plus à y penser. Voir Aiko sourire en ayant l’air heureux en vaut largement le prix.

- Tu n’as jamais été faible. Aujourd’hui, en m’accompagnant, tu témoignes d’une grande force. Celle de ne pas m’abandonner.

Oh référence à sa dernière phrase, il y a deux mois. Ce que la jeune femme voit comme une force n’est pas tout à fait perçu comme tel par le jeune homme. Pas une faiblesse non plus, parce qu’après tout en quoi vouloir être avec Aiko est une faiblesse ? Il ne cède à aucun instinct étrange et tordu, il a choisi d’être là. Il a cédé bien plus tôt, mais c’était face à la douleur qu’il infligeait à la Baskerville. Puis ensuite quand il a compris qu’ils étaient dans le même bateau et non pas deux séparés. Encore que cela pourrait être sujet à débat, mais un débat où il n’y aurait pas de vraie réponse. Mais pour en revenir à la force, il veut être avec elle. Rien ne l’a tiraillé pendant le trajet, en fait il était même occupé à tenter de retenir le chemin. Et ce dans l’unique but non pas de pouvoir partir sans problème ensuite, mais bien de pouvoir revenir sans problème. Si ce n’est pas une force, qu’est-ce ? Très bonne question à laquelle il ne possède pas de réponse. La force, c’est elle qui l’avait plus tôt quand elle lui a tenu tête malgré tout. Ce qu’il avait qualifié de faiblesse, l’autre fois, était tout simplement le fait de revenir en arrière une dernière fois au lieu de leur faciliter la tâche à tous les deux et d’achever la séparation qu’elle avait eu le courage de commencer. Mais sur un coup de tête il était revenu l’embrasser une dernière fois, complètement incapable de résister aux yeux de la jeune Baskerville. Probablement qu’Aiko ne pense pas de la même façon – en même temps se retrouver avec son double en face est bien moins intéressant que d’avoir une autre personne à part entière. Il faut des points communs et des différences – et que le Baskerville continue encore et toujours à ne pas mener ses réflexions au bout. Il est terre à terre, souvent sur le premier degré ou le sens le plus logique pris à partir du plus simple. Voire plusieurs s’il y en a plusieurs. Quand la personne en face s’exprime avec des mots où chacun a son sens propre et n’emprunte pas à d’autres, cela marche plutôt bien. Sinon, il met les pieds à côté jusqu’à réaliser. Aiko a le mérite de dire ce qu’elle pense mot pour mot. Encore une chose qu’il apprécie chez elle. Un jour il fera une liste. Ou pas. Il la fait déjà sans s’en rendre compte à dire vrai.

Et cette histoire d’abandon ? Bonne question aussi. Fait-elle référence à un peu plus tôt aujourd’hui ? Ou bien est-ce autre chose ? Ou bien encore autre chose qu’il ne parvient pas à cerner ? Peut-être juste le fait d’avoir avoué. Il ne sait pas. Mais il connaît par contre le sens du mot abandonner et il est hors de question qu’il l’abandonne. Absolument hors de question. Aussi vrai que cette histoire lui fait peur, le fait de rompre tout contact avec la jeune femme semble l’effrayer encore plus. Ça et le fait de lui faire mal. A deux contre un, son camp est choisi. Il resserre un peu sa main sur celle d’Aiko. Parce qu’il ne sait pas quoi répondre d’autre mais qu’elle mérite une réponse parce que ses phrases le touchent, il lui dit simplement :

- Toi aussi, Aiko.

La gratifiant d’un sourire, il l’arrête ensuite un instant pour la serrer contre lui. Des fois les gestes parlent bien mieux que les mots. C’est une étreinte simple, mais il n’a pas d’autre moyen pour communiquer son affection que des étreintes et des caresses. Et des mots, quand ces derniers lui viennent.

Il la relâche et puis elle les entraîne de plus belle tous deux vers un bâtiment dans lequel elle entre. Troisième étage, c’est noté. Porte non verrouillée, c’est noté aussi. Ce détail ne sert à rien, parfaitement. Il n’a pas l’intention d’entrer par effraction un jour. Evidemment Finn observe relativement discrètement l’appartement avec la curiosité que tout le monde a devant un nouveau lieu. C’est amusant d’essayer de deviner ce que peuvent bien cacher les portes.
Oui, il s’amuse de peu. Cape et armes sont toutes déposées. Parce que mine de rien, elles pourraient se révéler encombrantes par la suite. Et puis il est vite distrait quand Aiko revient contre lui un bref instant avant de filer. Oh, est-ce qu’en fait elle va réellement se laisser soigner ? Il n’y croit pas trop, son sourire de tout à l’heure était trop louche pour être vrai. Mais des fois que… Il entend du bruit dans une pièce adjacente et profite du court temps sans la jeune femme pour observer son entourage. Non pas qu’il ne veut pas le faire en sa présence, mais une fois de plus, si elle est là, c’est que l’attention du Baskerville est sur elle et pas ailleurs. Bref. La chambre en elle-même est très simple. En même temps, il ne voit pas ce qui aurait pu mieux refléter la jeune femme. Qu’on ne lui demande pas pourquoi, il n’en a aucune idée. La sensibilité au décor est quelque chose qui lui passe loin au-dessus de la tête, tout ce qu’il peut en dire sont des impressions. Et encore.

En voyant la Baskerville revenir avec tout ce qu’il faut pour faire un soin en bonne et due forme, il croit presque qu’en fait, elle s’est rangée de son côté. Pendant qu’un coin de son esprit crie au complot. Evidemment quand son regard change pour se teinter de cette malice qui lui est propre, il comprend qu’il était en train de se faire avoir. Il lui rend quand même son sourire, y’a plus qu’à comme on dit. Trouver un plan. Oh pourquoi chercher. L’instinct, y’a qu’ça d’vrai !
Cela dit, il hausse un sourcil quand il la voit se diriger vers son armoire puis se changer – sous son nez, quelle audace ! – dos à lui. En même temps, de face, il ne l’aurait peut-être pas laissée faire. Elle ne doit pas tout à fait se rendre compte de l’effet qu’elle a sur lui.
Retour à l’objectif principal. Elle le distraie trop facilement, c’est dangereux. Il faut la soigner. La plaie sur ses côtes est vilaine et lui fait mal en plus de ça. En plus comme cela elle disparaîtra plus vite par la suite. Déjà qu’être Baskerville aide le processus. Lui aussi est amoché. Mais lui se laisserait faire, alors il n’est pour le moment pas nécessaire de se pencher sur son cas.
Et puis elle revient vers lui, le fait assoir sur le lit sans qu’il n’oppose de résistance et prend place sur ses genoux. Les mains du contractant semblent connaître le chemin de ses hanches toutes seules avant qu’il n’en donne l’ordre, prenant place directement. Le baiser qu’ils partagent lui ôte pendant un instant toute pensée cohérente. Voire toute pensée tout court, en fait. Avec une facilité complètement déconcertante en plus, dont il ne se plaindra pas. Il fait passer ses mains sous le haut de la jeune femme, sur son dos qu’il caresse. Prenant bien garde malgré tout ne de pas s’approcher de trop près de ses blessures. En fait nan, elle aurait dû ne rien remettre du tout sur elle il y a quelques instants, parce que ce débardeur risque fort d’aller rejoindre son collègue par terre sous peu. De toute façon, on ne peut pas soigner sur les vêtements, n’est-ce pas ?
Il lui offre ensuite son cou en fermant les yeux pour profiter, s’abandonnant un instant aux caresses offertes. Du moins jusqu’à ce qu’elle chuchote quelques mots qui lui rappellent la mission qu’il a failli oublier pour la seconde fois :

- J’espère sincèrement que tu ne pensais pas qu’un chaste baiser me convaincrait de me laisser gentiment soigner.

Beh… Si un peu, il avait espéré qu’en tentant de la prendre par les sentiments... Mais ce n’est pas grave, il aime bien les défis. Encore plus quand c’est Aiko qui les lui lance. Et puis il ferait un mauvais camarade de mission sinon. Et un mauvais homme tout court, on ne laisse pas une femme blessée. Même quand elle dit que non. Surtout quand elle dit que non. Du coup, il dépose sur ses lèvres un autre de ces « chastes baisers » dont elle parle, juste pour l’embêter, et lui répond :

- Qui ne tente rien n’a rien. Et si la méthode était moins chaste ?

Le problème de ce genre de méthode c’est qu’il risque de s’y perdre avec, mais qu’importe. La question est bien entendu purement rhétorique, parce qu’il va le faire. Reste juste à trouver un compromis en cours de route pour qu’elle accepte de se soigner. Il réfléchira. Ou il improvisera. En attendant, il lui renvoie un sourire malicieux, comme elle un peu plus tôt.
Doucement, ses mains reprennent puis achèvent leur ascension dans le dos de la jolie rousse afin de retirer le vêtement qu’elle vient de mettre. Officiellement, c’est parce qu’on ne soigne pas sur les vêtements mais sous. Officieusement, il avait quand même bien envie de le retirer aussi. Evidemment, maintenant ses plaies sont bien visibles. Il retourne cueillir ses lèvres, d’abord tendrement tandis qu’il replace ses mains, l'une sur ses hanches, l'autre jusqu’à sa tête, puis avec plus d’ardeur. Il les entraîne ensuite en arrière tous les deux, progressivement et sans rompre l’échange, jusqu’à ce que son propre dos atteigne le matelas. Et puis il inverse leurs positions afin de se retrouver au-dessus, veillant bien sûr à ne pas l’écraser en se soutenant de ses bras. Bien, maintenant il reste à trouver une corde, l’attacher, et dégainer le désinfectant. Ou pas. Néanmoins il rompt l’échange lui-même avant de finir par s’y perdre et descend sur son cou. Il prend un soin tout particulier ici à l’application de ses caresses parce qu’il a plus ou moins compris que c’est un endroit qui marche bien chez elle. Autant que chez lui, en fait. L’un de ses bras cesse de le soutenir provisoirement afin d’aller se servir sur la table de nuit. Reconnaissant en tâtonnant ce qui semble être Monsieur Désinfectant afin de l’attraper, la bouteille est ensuite ramenée vers lui en même temps qu’il s’appuie de nouveau sur cet avant-bras là aussi.
Sa descente continue, sans qu’il ne cesse d’embrasser, mordiller voire de passer la langue sur la peau parcourue, ajoutant bientôt une main pour offrir quelques caresses. Dans l’unique but de finir par la faire céder.
Et puis sans prévenir, il arrête, se redresse et sourit à la jeune femme. Il n’oublie pas qu’elle l’a défié et laisse son visage au-dessus du sien, juste assez haut pour ne pas loucher en la regardant. Il lui murmure :

- Et maintenant ?

Il ramène la bouteille vers eux, levée pour qu’elle puisse la voir, en ajoutant :

- T’es coincée.

En réalité non, elle pourrait très bien retourner la situation, dans tous les sens du terme. Mais il a de l’espoir. Qui sait, peut-être qu’elle va se laisser faire. Comme ça ils reprendront où ils en étaient juste après. Et puis encore après ? Oh, ils n’en sont pas là.
Doucement, il se penche juste assez pour pouvoir mordiller sa lèvre inférieure et la taquiner de son souffle.

- Et puis ça m’évitera de m’inquiéter.

Tout à fait il vient de tenter à nouveau de la prendre par les sentiments. Un peu plus mesquin cette fois, certes. Même si le but n’est pas du tout de la culpabiliser, ce dont elle devrait se rendre compte puisque qu’il ne veut que la soigner. N’empêche qu’il aura effectivement l’esprit plus tranquille une fois cela fait. Au fond, probablement que la jeune femme aussi. Ce serait dérangeant que ses blessures les embêtent tous deux ensuite. Que celles de l’homme les embêtent aussi, d’ailleurs. Seulement, leur demander de rester sages le temps que cela disparaisse semble être un peu trop vouloir. D’autant plus que cela est une affaire de jours. Et dans quelques jours, ils seront à nouveau séparés. A attendre que le hasard se charge à nouveau de leur cas. Sauf s’ils décident de mettre la main à la pâte et de forcer le hasard à se plier à leur volonté. Voilà qui serait bien nouveau pour eux. Tout est nouveau depuis peu. Sauf peut-être le fait qu’Aiko reste décidément sa partenaire de jeu favorite. Et même l’unique partenaire sur ce terrain-là.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   20th Décembre 2012, 11:33

Le fait d’être dans une pièce sombre où la lumière surgit brusquement, nous éblouissant, provoque en nous une déstabilisation temporaire, une agression des yeux. Tout comme passer brusquement du froid au chaud crée des frissons dans le dos, agitant imperceptiblement le corps. Nous pouvons prendre divers autres exemples, tous reliés aux sens. Un en particulier. Mais pas tant relié à un sens qu’à un membre du corps. Un membre vital. Le cœur ? À vrai dire, à part être un muscle obéissant, comme tous les autres, aux ordres du cerveau, il n’est pas utile à grand-chose. Et il n’est certainement pas relié – du moins, scientifiquement – à l’exemple que l’on s’apprête à citer. En revanche, en parlant de cerveau, eh bien, il ne serait pas faux de dire qu’il est celui duquel nous avons l’intention de parler. Effectivement, le changement le plus soudain à mon avais auquel peut être soumis un humain est le fait qu’une personne anodine au départ devienne réellement importante, prenant peut-être un peu trop de place dans notre vie. Ou le contraire. Mais nous parlerons plutôt du premier cas. Bien qu’en fait, pour en revenir au vif du sujet, il n’est pas réellement question d’une personne ayant un jour été anodine aux yeux de l’autre. Dès le début, elle attisa une certaine curiosité, celle-ci même vêtue d’une attirance tout simplement inexplicable. Et puis, qui est-ce qui est la cause, au fond, de cette attirance ? De ce désir d’être près de cette personne ? D’un besoin presque aussi vital que le responsable de ce sentiment ? Bien sûr, le cerveau. Pourquoi dit-on que c’est le cœur qui s’occupe de gérer les sentiments alors qu’en vérité, c’est le cerveau ? Le cerveau qui donne et transmet ses ordres, pour le bien, bien sûr, du corps. Pour reparler de ce changement, comme tous les autres, il crée une certaine déstabilisation. Parfois qui ne dure qu’une simple poignée de secondes, d’autres fois pouvant être plus longue, plus épuisante. Après tout, se rendre compte de l’importance de quelqu’un fait plus de mal que de bien. On a beau se dire ce qu’on veut, être aussi fort qu’un humain puisse l’être, on subit tout de même une secousse intérieure. Car après tout, on se demande ce qui a bien pu se produire, quand cela a bien pu se passer. Pourquoi, après tout, cette personne et pas une autre ? Une once de frustration, une pincée d’anxiété, une bonne dose de stress, beaucoup trop d’appréhension, et puis, au final, simplement de l’hésitation et du recul. Ce qui parfois nous pousse à provoquer des disputes. Comme ce qui venait de se passer entre Finn et Aiko. En vérité, il est seulement et uniquement question de ces deux jeunes gens. Deux jeunes gens en qui opéraient un changement radical. Sans même qu’ils n’en s’en rendent réellement compte, pensant seulement qu’ils venaient d’effectuer un nouveau pas, cette fois-ci ensemble, il venait de se produire une réelle avancée dans leur relation. Laquelle ? Comme déjà dit, ils seraient bien incapables de le dire. Mais il y avait quelque chose. Ce quelque chose avait toujours été là. Une sorte de charbon qui avait fini par s’enflammer avec leurs âmes et leurs corps, bien entendu. Mais ce quelque chose n’était plus officieux, désormais clairement officialisé. Ce quelque chose composé seulement de brume, de brouillard, de flou. Officialiser une relation floue. Drôle, non ? Mais encore une fois, pas seulement. Non, vraiment, ce n’était pas seulement cela. Aiko avait l’impression que Finn représentait beaucoup plus de choses, de sentiments entremêlés ainsi que de sensations qu’avant. Tout un tout. Quelque chose avait vraiment changé. Et rien de moindre, croyez-moi. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne semblaient le voir. Comme quoi, réellement, lorsqu’on est loin, on voit mieux. Bien sûr, je m’adresse de mon statut d’écrivant, je ne fais que transmettre les grandes lignes. Aux deux Baskerville d’écrire leur futur. Aux deux Baskerville et seulement à eux deux de définir le moment où ils seront aptes à se poser d’autres questions, plus précises, plus décisives. Qui sait, la prochaine fois, peut-être qu’une autre dispute se déclenchera. Peut-être qu’elle sera plus violente. Peut-être que cette fois-ci, la jeune rousse lancera des paroles aussi cinglantes que les larmes qui lui déchiraient au même moment les joues. Finn serait-il capable de la faire pleurer ? Au fond, oui. Si une personne pouvait en être capable, ce serait bien lui. Il possédait un pouvoir immense. Il ne s’n servait que pour lui faire toujours un peu plus plaisir, pour lui amener tout ce dont elle avait besoin en matière d’affection, de douceur, de tendresse, d’humour, mais aussi et surtout de sensualité, d’amour. Pourtant, la jeune femme savait qu’il pouvait lui faire mal. Bien plus que les que les mots pourtant simples qui ne manquèrent pas de l’atteindre il y a quelques temps seulement. Comme quoi, si elle avait été sensible à cela, alors si Finn le voulait, il ne la ferait pas simplement pleurer. Il la détruirait. Il fera en sorte qu’elle touche le fond et l’empêchera de remonter à la surface.
Si elle devait tomber, ce serait pour l’accompagner dans une chute de laquelle elle n’aurait pu le sauver. Ou alors, ça serait parce qu’elle n’en pouvait plus. Mais dans tous les cas, elle ne doutait pas de sa fidélité. Il l’accompagnerait. Et ce, même s’il devrait prouver une certaine faiblesse, ayant pour dernière solution de l’accompagner dans sa chute. De cela, était-elle vraiment certaine ? Peut-être esquissera-t-il un dernier geste pour elle en l’accompagnant dans sa descente aux enfers. Et puis, si elle devait s’élever pour peut-être retrouver des ailes qu’avaient perdu les Baskerville, ce sera aussi en sa compagnie. Pour toujours, à jamais, cela, elle ne pourrait l’affirmer. Elle ne savait pas de quoi était fait le lendemain. Ni s’il resterait leur lendemain. Mais au moins, elle pouvait affirmer une chose ; elle pouvait promettre que jamais elle n’agira sur un coup de tête. Que si elle devait couper les ponts et s’infliger une terrible souffrance pour telle ou telle raison, ne serait-ce que pour protéger Finn de je ne sais quoi, elle y réfléchira à deux fois. Après tout, ce n’est pas une décision qu’elle pouvait prendre seule. En aucun cas. Seul le présent était certain. Et de toute façon, elle faisait en sorte qu’il se passe de la meilleure façon qu’il puisse être. Au fond, même si parfois, elle avait l’air d’une gamine, elle n’en était rien. Même en frissonnant sous le regard brûlant de son partenaire de mission et de jeu, son partenaire de son présent, il y avait toujours une part de son esprit qui se posait des questions. Car elle était incapable de bannir toute réflexion, comme cela. Elle réfléchissait. Elle réfléchissait à la meilleure façon de ne pas décevoir Finn. Et pour cela au moins, elle voulait dire que cette volonté perdurera pour toujours.

Et elle alors ? Possédait-elle un quelconque pouvoir sur lui ? Peut-être. Sûrement même. Elle était sans doute aussi capable que lui de l’atteindre, de lui faire mal. Peut-être pas de le briser. De toute façon, de ce pouvoir, elle ne voulait même pas en avoir conscience. Comme ça au moins, elle ne risquait pas de s’en servir. Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Alors qu’au fond, cette arme somnolait en elle. Elle pouvait s’en servir comme bon lui semblait. Par auto-défense, elle s’en servirait totalement inconsciemment. Par pur égoïsme, car elle n’était pas parfaite, elle serait capable de faire du mal à Finn. Pourtant, elle ne voulait pas. Elle répugnait rien qu’à cette idée. Comment pouvait-elle ? Pourquoi diable cette perfection n’existait-elle pas ? Pourtant, ses causes étaient nobles. Elle ne la désirait même pas pour plaire. Pas même à Finn. Elle la voulait pour être capable de faire les bons choix, tout le temps. Même si du coup, tout en serait nettement moins amusant. Moins pétillant. Cela n’empêchait qu’elle serait prête à céder ce coté si drôle de la vie pour voir à jamais un sourire fleurissant au coin des lèvres de l’être chéri. Finn. En pensant à lui, elle souriait. Avec lui, elle riait. En sa présence, elle frissonnait. Dans ses yeux, elle se retrouvait. En lui, elle se plaisait. Contre lui, elle jubilait. Pour lui, elle ferait tout. Pour lui, elle irait jusqu’à se faire du mal elle-même. Même si à tête reposée, elle serait parfaitement capable de déduire que le fait de se faire du mal à elle-même viendrait à créer une certaine douleur en Finn aussi, vu la nature de leur relation. Mais sous le coup de la pression, de la peur, sera-t-elle capable de penser ainsi ? Certainement pas. Elle fera sans doute ce qu’elle penserait être le mieux. Alors qu’elle aurait tort. Et c’était justement pour éviter pareilles situations qu’elle désirait être parfaite. Au fond, juste pour Finn. Pour lui, elle courait derrière quelque chose qui ne lui appartiendrait jamais. Elle croyait. Elle espérait. Aiko espérait. Elle qui avait juré de ne plus jamais le faire. Plus d’une fois elle le fit et elle regretta autant de fois. Plus d’une fois elle pria pour un Dieu auquel elle ne croyait pas. Plus d’une fois ça ne servit à rien. Plus d’une fois elle supplia une Etre Supérieur pour lui donner une chance de se repentir de son pêché – celui qui consistait à avoir laissé sa sœur mourir, même si, nous le savons, elle n’était pas la cause de son passage de l’autre coté. Mais encore une fois, ça ne porta guère ses fruits, totalement inefficace. Mais pour Finn, elle croyait de nouveau. Sans perdre de vue ses principes, elle s’ouvrait à d’autres voies, à d’autres horizons. Pour Finn. Pour un homme qu’elle aimait. Qu’elle adorait. Mais était-ce tout ?

Le guidant à travers les ruelles, elle se posait encore et toujours des questions. Même si parfois, elle s’arrêta pour retrouver des lèvres dont elle estimait avoir été séparée pendant trop longtemps déjà. Même si d’autres fois, elle voulait juste laisser ses doigts courir sur le torse de Finn comme elle courait elle-même dans les champs lorsqu’elle était plus jeune. Les questions s’entassaient, parfois n’étant même pas assez cohérentes pour qu’Aiko ne puisse n’y serait-ce que penser à une réponse pouvant éventuellement y être adéquate. À vrai dire, son cœur battait la chamade. Elle avait vraiment l’impression qu’il ne tarderait pas à s’échapper de sa poitrine. Et puis, elle avait cette impression de ne pas pouvoir respirer. Comme s’il fallait vraiment qu’elle soit pressée contre lui pour trouver un oxygène qui n’en serait pourtant que réduit. Oppressée pour ne plus être oppressée. Étrange. Totalement. Parfois, l’amour – dans tous les angles dont il est possible de le voir – est vraiment bizarre. On ne s’attend à aucun de ses effets néfastes. C’est à peine si on réussit à distinguer ses symptômes. Nous parlons ici d’un sentiment merveilleux tel une vulgaire maladie. Quelque chose dont on espérait se débarrasser. Alors qu’au fond, on ne pouvait pas vivre sans. Si Aiko devait mettre un nom sur le sentiment qu’elle préférait, ce serait la loyauté. Mais au fond, la loyauté, la fidélité, la justice, tout cela n’était-il pas amour ? Ou du moins, l’amour est le tronc principal. De lui se divisent multiples branches. Alors au fond, elle trouvait l’amour fabuleux. Après, il ne restait plus qu’à savoir à quel amour elle pouvait bien faire référence. Allez savoir. De toute façon, il était difficile de cerner ce qu’elle ressentait. Un amour nouveau. Un amour qu’elle n’avait jamais ressenti. De cela au moins, elle était certaine. Après, elle serait bien incapable d’en dire plus. Quoiqu’il en soit, ils étaient bientôt arrivés, pas le temps de penser cela. Bon, je vous l’avoue, ce n’est qu’un prétexte pour passer à autre chose. Car oui, elle ne cessa pas pour autant de réfléchir. Et le sentiment qu’elle détestait le plus ? Le fait de ne pas être loyal ? En tant que Baskerville, oui. En tant que femme, non pas que fille de sa mère, en tant qu’Aiko, ce serait plutôt l’amour. Elle l’aimait autant qu’elle le détestait. Et avec Finn, elle espérait que ce sentiment prenne ds allures positives. Mais là encore, elle n’était pas la seule présente sur le terrain. Quoiqu’il advienne de leur relation, ce sera grâce à eux deux que le soleil pourra percer de derrière les nuages pour laisser filtrer ses rayons sur ce que l’on pourrait simplement nommer de Vérité.
Arrivant à destination, Aiko ne se rendit compte du fait qu’elle avait encore ses armes sur elle que lorsqu’elle vit Finn déposer les siennes. Elle s’y était réellement habitée. Alors, à son tour, elle relève légèrement son haut pour déposer sa dague et puis, lentement, elle retira sa ceinture avec le fourreau et l’épée. Même avec ces couches de métal retirées, elle ne se sentait pas particulièrement plus légère. Il fut un temps où elle enchainait mission sur mission. Depuis, elle avait grandi. Et depuis, elle n’avait plus sa mère sur son dos. Mais bien sûr, elle ne négligeait pas toujours ses responsabilités en tant que Baskerville. Même s’il faut avouer que ces dernies mois, elle s’était quelque peu relâchée. Bien sûr, la cape avait aussi été déposée sur un meuble.
Et puis, pour ne pas répéter ce qui fut déjà dis, nous reprendront simplement au moment où ils se retrouvaient tous deux sur le lit, Finn assis, Aiko sur ses genoux.

Comme quoi, porter des jupes pouvait avoir quelques désavantages. Mais elle n’était pas gênée d’ainsi dévoiler ses cuisses, d’être dans une position si peu convenable pour une femme. Sérieusement, qu’importait ? De quoi aurait-elle pu avoir honte en présence de Finn ? De rien, évidemment.
Tandis qu’elle entamait un baiser passionné dans lequel elle ne lésinait pas sur la pression de ses lèvres contre celles du brun, elle se remémorait l’étreinte qu’il lui avait offerte avant qu’ils n’arrivent à l’appartement. Et les quelques mots qu’il lui transmit. La pensait-il forte ? Réellement ? Peut-être physiquement. Effectivement, elle serait en mesure de battre un homme sans grande difficulté si celui-ci n’était pas entraîné ou particulièrement aguerri. Bon, après, Finn par exemple, elle ne le battrait sûrement pas en corps à corps. Croyez-le ou pas, les mères Baskerville sont sévères et exigent de leurs enfants le meilleur. Pour une fille, on lui dit que son but est de battre un homme – ce qui, en soit, était déjà un réel exploit – et pour les garçons c’était sûrement d’être plus fort qu’une autre personne. De toute façon, Aiko ne savait pas ce que pouvait bien raconter les autres mères à leurs enfants. En ce qui la concernait, elle passa sous les mains de sa mère tellement de fois. Son but ? Servir Glen-sama, quitte à en mourir. Comme tous les Baskerville, me diriez-vous. Sauf que pour elle, c’était le seul et unique objectif de cette éducation brutale et violente. Ce qui fit qu’elle possédait un sens inné de la droiture et de la justice. Elle n’acceptait ni dépassement, ni dérive. Pas en ce qui concernait son devoir. Elle serait prête à se battre contre un ami s’il venait à trahir la famille. Jamais, ô grand jamais, elle ne laisserait les sentiments prendre le dessus sur ses responsabilités. Ce qu’il en était de Finn ? Disons qu’elle espérait – pour elle autant que pour lui – qu’il ne se montre jamais désobéissant envers la famille et qu’elle vienne à l’apprendre. Elle ne voulait pas même penser aux conséquences, ignorant ce qu’elle ferait. Même si au fond, elle doutait pouvoir lever la main sur lui. Au moins, elle n’était pas inconsciente ; il était plus fort qu’elle physiquement. Le seul moyen pour qu’elle le batte serait de le provoquer en duel où l’épée serait l’arme de prédilection. Et encore, lui aussi avait une bonne maîtrise de cette arme blanche. Oui bon, d’accord, ce n’était pas parce qu’elle ne voulait pas perdre qu’elle serait incapable de se battre contre lui. Mais bon, devait-elle s’avouer que c’était parce qu’elle tenait trop à lui ? Elle l’avait déjà fais une fois aujourd’hui – voire plus –, ça devrait suffire.
Et mentalement alors ? Était-elle forte ? Pourquoi Finn le pensait-il ? Pourquoi tout le monde pensait cela ? Pourquoi tenaient-ils à elle ? Pourquoi étaient-ils fiers d’elle ? Pourquoi comptaient-ils sur elle ? Mine de rien, c’est une sacré pression qu’on avait là. Pourtant, elle faisait avec. Pour ne pas décevoir. Jamais. Ni sa famille, ni sa mère, ni sa défunte sœur, ni Finn, un homme qui était nettement plus qu’un partenaire de jeu pour elle, admettons-le. Peut-être était-ce justement pour cela, parce qu’elle n’abandonnait, qu’ils la pensaient forte. En vérité, c’était les autres sa force. Si personne ne lui avait et ne lui prête encore aucune attention, elle n’en serait pas là. On ne fait jamais rien tout seul. On ne peut pas aimer tout seul. On ne peut pas non plus haïr tout seul. Il est impossible d’accomplir réellement quelque chose tout seul. Ou du moins, de mener sa mission à bien et d’attendre l’objectif fixé. Pas tout seul. La vie n’a pas été faite pour qu’on agisse seul. Il faut savoir s’entraider. Se faire confiance. Savoir simplement qu’on n’est pas seuls. La solitude. Une punition ? Une bénédiction ? Juste une conséquence.

Un instant, Aiko s’arrêta pour pouvoir lui lancer ces quelques mots qui ne manqueraient sûrement pas de l’embêter. Il répondit volontiers à son invitation, alors lui offrir un nouveau baiser bien trop pur. Elle voulu faire une moue boudeuse, mais ne réussit qu’à sourire, hautement amusée par le comportement complètement enfantin de son interlocuteur. Et aussi le sien, mais ça, chut, il ne faut pas le dire. Alors qu’il parlait, elle restait sage, refusant d’aller rejouer sur son cou, d’aller refaire frissonner sa peau, de tenter de le déstabiliser, de l’induire dans une ignorance totale, dans un oubli obscur. Se soigner. Elle devait se soigner. Oui, elle avait compris. Elle n’était pas stupide non plus, elle avait bien l’intention de le faire hein. Juste après l’avoir embêter encore un peu. De toute façon, comment pourraient-ils jouer si elle s’obstinait à ne pas se laisser soigner ? Au moins, elle n’aura plus aussi mal. Quoique.
Devait-elle répondre à cette question ? Pas verbalement, du moins. S’il s’y prenait autrement ? Oh mais Finn, si tu agis avec l’expertise dont tu fis soupirer Aiko la dernière fois, tu obtiendras d’elle tout ce que tu désirais et qu’elle pouvait t’offrir. Il suffisait de savoir comment faire. Et d’agir en suivant ton instinct. Tu sais, mine de rien, elle n’attendait de toi nulle promesse, nulle chose si ce n’est que tu restes toi-même.
Aiko n’était pas le genre de femme à vouloir changer un homme. Elle le prenait comme il était ou ne le prenait pas du tout. Finn avait des défauts. Aiko ne les connaissait pas encore tous. Si ce n’est qu’il était vraiment têtu, elle ignorait peut-être même tout de ces fameux défauts. Mais de toute façon, quelle genre de femme désirait avoir un être parfait à son coté ? Comment perdre bêtement son temps à l’idéaliser après ? Un comportement propre au sexe féminin, ça. Peut-être était-ce la même chose pour la gente masculine. Je suis en bien mauvaise posture pour pouvoir vous le dire.
Finn reprit son activité, allant faire glisser ses mains le long du dos de la rousse. Doucement, il lui retira son habit, dévoilant ses plaies ainsi que le bandage qui lui serrait la poitrine. Alors qu’il redirigeait ses mains, cette fois-ci vers ses hanches et sa tête, elle retrouva sans problème les lèvres qu’il lui offrit, approfondissant au fur et à mesure le baiser, se sentant basculer sur Finn. Ce-dernier finit par se retrouver allongé et avant même qu’il ne fasse ce qu’il avait derrière la tête, la jeune femme afficha un sourire amusé. Vraiment ? Et puis, prudemment, il inversa leurs positions. Le sourire d’Aiko s’adoucit brusquement – bien que toujours contre les lèvres de son partenaire – alors qu’elle laissait trainer ses doigts sur la joue du bel homme. Bel homme qui rompit finalement le contact, allant s’échouer sur le cou de la Baskerville. Elle retint inconsciemment sa respiration, se laissant aller sous l’application étonnant que mettait Finn à chacun de ses baises, chacune de ses caresses. Il avait dû comprendre que cette partie de son corps était très sensible. Bravo. Il s’y prit lentement, faisant durer le plaisir, alors qu’Aiko avait fermé les yeux et soupirait doucement, serrant les lèvres pour ne pas en faire trop. Pas déjà. Elle refusait de céder sur son terrain de jeu favori. Et puis, un des bras la soutenant se retira et se tendit pour faire quelque chose. Elle ne savait pas quoi, n’étant pas en bonne posture pour le voir. Mais elle avait comme l’impression qu’elle ne tarderait pas à savoir. En attendant, il descendit un peu plus bas, usant aussi bien de ses lèvres, de sa langue que de ses dents. Plus il descendait, plus le corps de la femme tremblait de frissons de plaisirs. Elle se mordit fortement la langue, empêchant un gémissement de se frayer un chemin entre ses lèvres quand elle le sentit s’éloigner de son cou pour se diriger plus bas encore. Lorsque Finn se redressa – soudainement – elle fut bien en peine de dire si c’était un soulagement ou pas. Face à son sourire, elle resta un moment déconcertée.
Pas juste que voulut-elle dire.
Enfant, Aiko. Enfant.
Juste au-dessus de son visage, il murmura quelques mots, amenant la bouteille de désinfectant au dessus d’elle. Ah, c’était donc pour cela qu’il l’avait lâchée, un peu plus tôt. Il rajouta encore quelques mots. Et ce n’est qu’ainsi qu’elle revint entièrement à elle-même, riant faiblement.
Tu crois ? Tu crois vraiment ? Sans même inverser les positions, elle pourrait te faire céder.
Il s’approcha un peu plus, lui mordilla la lèvre inférieure et laissa son souffle s’abattre sur la peau de la demoiselle. Il la tentait. Et il allait le regretter.

Ne jamais essayer de prendre Aiko par les sentiments. Elle n’en était que doublement boostée pour jouer. Elle fit mine de réfléchir, mais à son sourire, on devinait que ce fut inutile. Pas les gestes bien sûr, aucune des caresses qu’apportait Finn à Aiko n’était inutile. Mais il avait échoué. Elle savait que ce n’était qu’une défaite temporaire, qu’il finirait par avoir ce qu’il voulait, mais bon, pour le moment, elle préférait encore retarder ce moment, encore s’amuser quelque peu. Doucement, une de ses jambes alla se placer entre celles de Finn alors que son bras retrouvait sa place derrière sa nuque. Elle lui happa la lèvre inférieure entre les siennes, s’éloigna quelque peu, se rapprocha, mais ne l’embrassa pas. Bien sûr, tout cela pour le faire languir, céder. Et aussi pour lui faire comprendre qu’il n’avait pas encore gagné. Pas même avec une position aussi favorable que celle-là. Elle laissa sa langue traîner sur sa joue sensuellement, allant vers son oreille pour lui chuchoter quelques mots.

« Et maintenant, eh bien, à mon tour. »

Aussi simple que cela. Doucement, son autre main se fraya un chemin vers le bas de la chemise de l’homme. Elle commença à la déboutonner lentement, allant retrouver ses lèvres en attendant. Elle s’abandonna entièrement en sa bouche, faisant tout de même attention à laisser le dernier bouton du haut encore gênant sans y toucher. En attendant, elle rompit lentement le baiser, laissant tomber sa tête en arrière, sur le matelas. Son visage reposait dans une nuée de sang. Écarlate. Ses cheveux. Elle s’appuya sur ses coudes pour inspecter le torse de l’homme, tenant de mémoriser les plaies les plus encombrantes pour ne pas avoir à ne serait-ce que les effleurer plus tard. Une nouvelle fois, elle laissa sa tête retomber sur le lit, saisissant à la volée le désinfectant. Elle fronça les sourcils, amusée. Pas encore. Elle l’agita sous le nez de Finn et tendit à son tour le bras pour la reposer sur la table de nuit. Sois patient, Finn. Elle posa ses mains sur les deux cotés de son visage et l’embrassa suavement, ne cherchant même pas à mettre plus d’ardeur dans ce banal échange. Banal en apparence. Car ce n’est qu’en ces instants qu’elle avait réellement l’impression de connaître Finn. Lorsqu’elle éloigna son visage, quelques instants plus tard, ses traits semblaient s’être encore adoucis.

« Inquiète-toi plutôt pour ton sort, Finn. »

Son attitude sembla changer du tout au tout, car elle remonta sur ses coudes pour aller vers le torse de l’homme. Elle plaqua ses lèvres dessus, ressentant toute la chaleur du corps masculin, sentant aussi une certaine électricité agitant ses membres. Elle retira le dernier bouton sans daigner se servir de ses mains, usant plutôt de ses dents. Et puis, elle revint embrasser le torse de plus belle, cette fois-ci plus délicatement. Elle laissa sa langue s’ajouter au contact, donnant de légers coups provocateurs. Fatiguée, elle se rallongea, attirant Finn vers elle, quitte à se retrouver avec la poitrine écrasée contre le torse du brun. Elle faisait attention pour que sa blessure ne soit pas touchée, mais pour le reste, elle n’en avait que faire. Et puis, elle retira entièrement la chemise de Finn, la jetant je ne sais où. Elle s’appliqua à le caresser, évitant ses blessures de peur de lui faire mal. En parlant de douleur tiens. Il serait peut-être temps de laisser le brun s’occuper d’elle, non ? Parce que bon, pas qu’elle voulait perdre, mais ça commençait sérieusement à la gêner. Elle poussa un léger soupire résigné, son regard semblant féliciter l’homme au-dessus d’elle.

On ne peut pas se prétendre juste et loyal si on ne sait pas avouer ses torts. Aiko savait faire cela. Mais elle n’aimait pas le faire. Ça le mettait dans une bien inconfortable situation, la confrontant à des yeux qui n’attendaient que cela, un moment de faiblesse. Chaque faille pouvait et serait à coup sûr exploitée, alors il ne fallait pas en avoir. Surtout pas quand on était un Baskerville. On ne pouvait pas se permettre de laisser quelqu’un de l’extérieur avoir une influence sur nous, nous faire chanter et risquer de nous soutirer des informations. En réalité, il n’est que très peu important de savoir ce qu’il va advenir de notre petite personne, mais plutôt de la grande famille. Ça mettrait trop de choses en danger. Les plans échafaudés, les avancements effectués, la vie de Glen-sama. Beaucoup trop de choses importantes en fin de compte. Mais être Baskerville n’excusait pas le fait de se montrer hautain et d’avoir cet orgueil et cet égo surdimensionné qui ne nous permettait pas d’avouer nos torts. En fait, c’est à peine s’il nous permettait de les distinguer. Ce qu’on pouvait éventuellement faire, la façon de laquelle pouvait procéder Aiko serait, je dis bien éventuellement, de ne pas avoir tort. Pas trop souvent du moins. Pourtant, aujourd’hui, elle avait fait une erreur. L’erreur de ne pas avoir su se défendre tout en attaquant alors que l’offensive était censée être la meilleure des défensives. Elle s’était encaissé un vilain coup. Ça n’aurait pas été le cas, ils ne seraient pas en train de jouer. Du moins, pas en essayant de persuader l’autre de se faire soigner ou de ne pas s’occuper de la blessure. Sauf que bon, vu comment ils sont, ils auraient sûrement trouvé un autre truc pour se défier. Quoiqu’il en soit, Aiko avait aujourd’hui commis une erreur. Et ne disait-in pas qu’elle savait avouer ses torts ? Il allait falloir se rendre. Se repentir, bien que le mot soit trop grand.
Elle fit glisser de nouveau son bras pour saisir le désinfectant et l’amena à elle, le serrant dans une main tandis qu’une énième fois, le visage de Finn ainsi que le sien se rapprochèrent.

Ce baiser fut différent. De toute façon, avec eux, aucun baiser ne ressemblait au précédant. Chacun était particulier, unique. Du moins, aux yeux d’Aiko, c’était ainsi qu’elle voyait les choses. Mais ce dernier échange qu’ils avaient était encore plus unique. Elle ne cherchait pas à se perdre en lui, ne cherchait pas non plus à entremêler leurs langes, ni même à faire quoique ce soit de vicieux. Quelque chose de pur sans vraiment l’être. Effectivement, même si le baiser s’approfondissait, la rousse faisait preuve d’une étonnante délicatesse. Elle intimait le silence à son désir urgent, à son besoin vital, pour juste pouvoir embrasser Finn sans penser au reste. Elle voulait juste qu’il comprenne. Qu’il ressente ce qu’elle ressentait à chaque fois qu’il lui souriait, qu’il la regardait. Elle désirait qu’il puisse comprendre l’effet qu’il avait sur elle. Cette sensation d’allégresse, de quiétude. Cette incroyable force qui naissait en la jeune femme. Cette sensation d’être capable de tout, de n’avoir à reculer face à nul obstacle. Parce qu’elle n’était pas seule. Aussi bizarre que ça puisse l’être, et même en sachant à quel point ses nuits pouvaient être longues et agitées, Aiko était souvent seule. Solitaire, au fond. Alors être accompagnée était nouveau pour elle. D’autant plus que c’était avec Finn. Pas un autre. Juste lui. À cette pensée, elle sépara un instant leurs lèvres, les gardant tout de même à proximité, caressant celles qui n’étaient pas siennes avec son souffle chaud. Elle revint les reprendre, calmement, lentement. Rien de pressant. Finalement, dans ce baiser, même si elle n’en fut pas réellement consciente sur le coup, elle se perdit bien plus en Finn qu’en les précédents.
Et puis, elle éloigna son visage, un sourire doux sur les lèvres. Elle tendit le désinfectant à l’homme, sachant qu’il devrait se redresser s’il désirait la soigner. Dans un murmure, les mots fusèrent.

« Je te fais confiance. »

Autant cela voulait dire qu’il pouvait y aller, autant ça voulait dire que réellement, elle lui faisait confiance. Et puis, vous savez, Aiko n’accordait pas facilement sa confiance. Même ses amis ne pouvaient pas réellement prétendre que la jeune femme leur faisait confiance. C’était quelque chose de précieux et si elle venait un jour à tomber entre de mauvaises mains, il pourrait arriver bien du mal à la rousse. Et puis, même si elle passa son enfance ainsi que son adolescence à s’entraîner physiquement, cela ne voulait pas dire qu’elle ne prenait soin d’elle-même autre que dans des duels, des affrontements. De toute façon, toute femme devrait agir ainsi. Si l’homme avait au moins le courage – parfois – de se relever sans geindre, il n’était pas réellement facile pour une femme de le faire. En aucun cas je parle en usant d’un quelconque sexisme, il est juste évident que les femmes sont plus sensibles que leurs compagnons. Ce besoin d’être protégée. D’être aimée. Ces deux besoins que rêvaient de ressentir toutes les petites filles. Ces deux besoins que ressentait en ce moment même Aiko. Aiko qui regardait Finn sans laisser fuir un traitre mot. Parfois, le silence en dit bien plus que tous les mots. Et là, c’était le cas. Elle n’avait besoin de rien dire de plus, son regard parlait pour elle. Et Finn était, tout compte fait, le seul homme à pouvoir lire parfaitement en elle. Car pour lire en une personne comme un livre ouvert, il ne suffisait pas d’être doué. Non, il fallait avoir la permission de cette même personne dont on voulait découvrir le fond de la pensée. Et Finn avait cette permission. L’avait eue depuis le début, même s’il était difficile d’expliquer clairement comment ou pourquoi. Juste comme ça. Comme par magie. Aiko pouvait bien se permettre de croire en la magie, non ? Au moins aujourd’hui.
Ils étaient fatigues de tout cela. Fatigués de se battre l’un contre l’autre. Car même si ça ne dura que quelques instants, ce fut pour eux une réelle épreuve. Maintenant, vu que la fatigue n’était pas physique, il suffisait de se réconcilier. De se pardonner. De se retrouver. Que leurs regards se retrouvent. Que leurs lèvres se retrouvent. Quant aux mains, eh bien, elles trouveront, elles aussi, très facilement leurs chemins sur le corps de l’autre.
Ce que je ressens pour toi ? C’est nouveau. C’est beau. C’est bon. Je pense que je... Je... Je quoi ? Je ne sais pas. Reste juste là, je finirai pas trouver. Promis.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   23rd Décembre 2012, 05:05

Savoir précisément ce que l’on ressent est une tâche ardue. Tout comme se connaître soi-même l’est, combien de fois dans une vie se dit-on aux autres qu’ils nous « connaissent bien » ou « mieux que nous-même » ? Le manque de recul est en cause. Principal acteur, aux premières loges avec une immersion totale, on pourrait pourtant penser en premier lieu que l’on se connait mieux que tous les autres mais il n’en est rien. On sait certes un certain nombre de choses inavouables ainsi que, puisque tous les humains sont les même, la vérité sur toutes ces actions que l’on fabrique, tous ces sentiments que l’on masque sous d’autres. Mais pour ce qui est du naturel, toutes ces choses que l’on fait sans s’en rendre compte, tous ces gestes que l’on fait, ces émotions que l’on exprime sans artifice aucun par-dessus ; ils sont souvent mieux connus des autres que de nous-même. Parce qu’ils peuvent nous voir évoluer, nous observer, nous analyser. On se retrouve souvent surpris quand, un soir, un matin, au détour d’une conversation anodine, pour une raison X ou Y, ils nous dévoilent ce qu’ils pensent réellement de nous. Alors on se découvre un côté protecteur ou bien encore rassurant, méchant, vicieux, malin, astucieux, gentil, simplet, amusant, un côté dont l’existence ne nous était pas connue. Bien pratique pour ce qui peut se voir. Maintenant, pour ce qui est de l’intérieur, des sentiments bien cachés même à celui qui les ressent, c’est tout autre chose. Seul face à soi-même. Et, souvent, Soi-même est une personne encore plus effrayante qu’Autrui. Parce que se protéger de soi est parfaitement impossible. On peut se protéger des autres, les fuir si besoin est. On ne peut pas se fuir soi-même. A part peut-être en mourant, mais c’est une solution qui, en plus d’être extrême, est sans but. Il n’y a rien à fuir lorsque plus rien ne peut être ressenti. Ainsi, difficile de mettre des mots sur ce qui est éprouvé tout au fond. D’autant plus que cela est fluctuant, flou, entremêlé et jamais pur. Faire le tri n’est pas tâche aisé, surtout lorsque certaines sensations sont tellement entremêlées qu’elles en sont liées. Certains parviennent à y voir clair après quelques temps seuls avec eux-même. D’autres n’y arrivent jamais. D’autres encore marchent à la pulsion et ne découvrent les choses que d’un seul coup, bien qu’elles aient été là à couver pendant plus longtemps. Après il reste encore à les accepter, mais il est assez vain de nier ce que l’on ressent. Puisque cela ne fera pas repartir les sentiments en question. Même s’il est possible de prendre des mesures pour tenter de ne plus les ressentir, lutter contre Soi-même est, une fois de plus, bien moi aisé que contre Autrui. La vraie réponse à la question « aimes-tu ? », par exemple, ne devrait en fait peut-être pas être un « oui » catégorique lorsqu’il est sûr que l’on ne déteste pas ou que l’on n’est pas indifférent, mais un « je ne sais pas ». Puisque nous ne sommes pas totalement soumis à nos émotions et incapable de les déchiffrer. Si les sentiments sont absents, il est très facile de le voir. L’amour est tellement complexe, tellement différent selon les personnes, qu’en réalité, être sûr d’aimer est difficile. La plus belle preuve est de rester aux côtés de l’autre, année après année et épreuve après épreuve. Tout en témoignant respect et affection. Pas de dire « je t’aime » à tout va. Bien que certains compilent les deux. Une fois de plus, c’est très différent selon les gens. Cela ne signifie pas que les mots mentent et que le dire n’est jamais vrai. Certains – et même pratiquement tous, en réalité - ont, après tout, besoin de preuves orales et il serait cruel de les en priver.

Finn fait partie de ces gens qui réalisent les choses d’un seul coup et se posent des questions après. Comme cela s’est vu un peu plus tôt. Finn n’est pas sûr de ce qu’il ressent. Ce qui n’est pas nouveau. Par contre, Finn sait qu’il apprécie particulièrement de taquiner Aiko. Il sait qu’il aime échanger des regards avec elle juste pour y lire ce qu’elle pense. Il sait que leur complicité grandissante l’affecte particulièrement. Il sait qu’il aime la voir rougir et en être la cause. Il sait qu’il frémit sous ses mains comme sous nulles autres. Il sait qu’il a cette étrange envie de se montrer doux avec elle. Bien qu’il risque de ne pas se contenir jusqu’au bout étant donné son envie d’elle grandissante. Déjà ils ont échangés plus d’un baiser pas tout à fait calme. Tout en ayant conscience qu’ils ont pourtant quelque chose à faire avant de s’amuser tous les deux.

Eh bien monsieur Baskerville, c’est perdu pour cette fois. La jeune femme lui renvoie un sourire indiquant clairement ce qu’elle pense. Et elle pense qu’elle ne va pas se rendre aussi vite. Peut-être qu’il aurait dû pousser son jeu plus loin. Mais alors il aurait eu un tour particulièrement long, c’est tricher ça. Evidemment sur coup, il y aurait eu peu de chances qu’Aiko s’en plaigne. Ce n’est pas grave, la situation l’amuse autant qu’il l’apprécie. Joindre l’utile à l’agréable, en voilà un exemple parfait. D’autant plus parfait qu’il permet de passer du temps avec la Baskerville. Et, comme chaque moment est précieux, il faut en profiter au mieux. Ce qui ne signifie pas faire le plus de choses possibles sur un laps de temps le plus court possible, mais simplement apprécier chaque instant. Ce qui n’a pas été jusque-là un problème.
A son tour, la jolie rousse s’amuse à frôler ses lèvres, à juste le taquiner pour lui faire comprendre que la victoire n’est pas pour tout de suite. En soit, cela reste une défaite agréable vu sa punition.

- Et maintenant, eh bien, à mon tour.

Tour qu’elle entame très bien en s’appropriant ses lèvres. Lui amène une main sur la joue d’Aiko, se laissant aller dans leur échange. Avec elle, il s’offre complètement. Alors même qu’il a conscience qu’il aura des prochaines fois – si tout va bien -, il n’a aucun mal à s’abandonner dans leurs échanges. C’est drôle, lui qui luttait pourtant pour un semblant de contrôle sur lui-même un peu plus tôt. Changement d’avis ? Contradiction ? En premier lieu, c’est surtout que tout a été remisé au placard et que, dans l’instant, il n’est absolument pas en train de songer à tout cela. Mais il y a effectivement contradiction. En fait, si personne ne l’avait posé en face des faits, il aurait pu être content de poursuivre une relation ambiguë et de s’y abandonner sans jamais avoir à l’avouer ni à le reconnaitre. Bien sûr cela n’aurait jamais pu arriver, il y a trop de choses qui auraient pu faire exploser une situation aussi bancale. A commencer par le fait que lui aussi aurait terminé jaloux si la jeune femme avait été touchée par d’autres. Entre autres. Trop de facteurs et de possibilités. Pour le cas présent, il faut et faudra se contenter de l’explication qu’il ne réfléchit pas. Plus. Depuis qu’ils sont partis tous les deux, il a coupé le contact avec les questions. Qui sont pour le moment apaisées. Peut-être qu’Aiko en saurait plus que lui sur le sujet, si jamais un jour il se décidait à l’interroger.
Cependant pour le moment Aiko semble bien avoir d’autres occupations. Occupations très plaisantes, si vous voulez l’avis de l’homme au-dessus d’elle. Il laisse sa propre main glisser jusqu’à la taille de la jeune femme, alors qu’elle délaisse sa chemise aussi bien que ses lèvres pour se laisser retomber en arrière. L’homme lui sourit lorsque leurs regards se croisent. Puis elle lui agite sous son nez le désinfectant qu’il n’a pas vu filer d’entre ses doigts et son expression se mue en un froncement de sourcils perplexe pendant quelques secondes. Il retient ensuite une expression boudeuse puérile quand le désinfectant est reposé sur la table. Son précieux ! Enfin, son butin, pardon. Le nouveau baiser qu’elle lui offre lui fait cependant oublier le désinfectant. Temporairement.

- Inquiète-toi plutôt pour ton sort, Finn.

Cette fois il ne peut pas s’empêcher de souffler en réponse :

- Même pas peur.

Bien qu’il n’y ait pas à avoir peur, ni à s’inquiéter en premier lieu. C’est juste amusant de s’envoyer de petites piques. Avant d’essayer de faire céder l’autre le premier à coup de caresses et de baisers. Comme s’y applique la jeune femme, soutirant plusieurs soupirs au contractant qui se laisse ensuite entrainer vers elle. Il veille à ne pas s’aplatir de tout son poids sur elle, étant bien probablement plus lourd que la jeune femme en premier lieu. Il disait « même pas peur » et pourtant, incapable de se tenir tranquille deux secondes, il repart voler les lèvres de la Baskerville pendant qu’elle lui retire son haut. Le contact peau contre peau qu’il n’y avait pas eu la dernière fois le fait frissonner. Il reste bien les bandes sur la poitrine d’Aiko pour les séparer, mais ce n’est qu’une affaire de temps avant qu’il ne leur arrive quelque chose à celles-ci aussi. Pour garder contenance sous les caresses qui lui sont offertes, il va s’échouer dans le cou de la jeune femme qu’il embrasse. Il ne cesse que lorsqu’elle-même s’arrête, relevant alors la tête pour la voir. Ooh, le désinfectant revient. Les lèvres d’Aiko aussi, alors le désinfectant repart au second plan. Une pensée à la fois, pas deux. D’autant plus que ce baiser est plus… Tendre que les autres. Plus délicat presque. Plus calme, surtout. Baiser auquel il répond de la même manière, sans empressement aucun, désireux de lui faire ressentir ce qu’elle lui fait ressentir. Lorsqu’elle les sépare un bref instant, il souffle son prénom sans raison particulière. Juste parce qu’elle occupe tellement son esprit qu’il a besoin d’en extérioriser une partie, aussi infime soit-elle. Le reste se dissipera en touchers et en étreintes qui, parallèlement, serviront à alimenter ses pensées quand même. Il va perdre l’une de ses mains dans la chevelure écarlate en reprenant leur échange, qui finit par arriver à son terme. L’homme rend son sourire à la jeune femme, commençant à se redresser lorsqu’elle lui tend la bouteille prisée, l’entrainant avec lui au passage avant de se décaler pour aller à ses côtés, légèrement en retrait. Histoire d’avoir accès à tout ce qu’elle a pu déposer sur la table de nuit plus facilement.

- Je te fais confiance.

Il sourit à cette phrase. L’un de ses bras l’entoure tandis qu’il dépose ses lèvres un bref instant sur son épaule. Elle lui fait confiance avec la bouteille entre ses mains, mais elle lui fait aussi confiance tout court, pas vrai ? Comme elle a pu lui faire confiance plus tôt pendant la mission où elle ne le surveillait pas lui et ses faits et gestes, sachant très bien qu’il s’en sortirait tout seul et que, le cas échéant, elle pourrait lui confier ses arrières. Comme elle a pu lui faire confiance un peu après en s’exposant ouvertement devant lui alors qu’il était clairement perturbé. Et puis, comme elle a pu lui faire confiance encore plus récemment en le conduisant jusqu’à chez elle pour les laisser partager un peu plus de temps tous les deux. Sans doute que d’autres avant lui sont venus ici aussi – et il refuse d’y penser -, mais ces autres ont été invités dans un but autre que le leur. Parce qu’après tout, peu importe comment ils s’y prennent, leur but à eux reste en premier de passer plus de temps en présence l’un de l’autre.
Finn relâche la jeune femme afin de récupérer de quoi la soigner. Il imbibe un coton de désinfectant, étudiant ensuite les blessures un instant. Et puis, en guise d’excuse en avance parce que nettoyer des plaies n’est jamais agréable, il dépose un baiser sur ses lèvres avant de s’atteler à la tâche. Peu importe à quel point il y va gentiment, cela n’empêchera pas les estafilades de brûler. Bien que ceci ne soit pas une excuse pour y aller comme une brute. Ce qu’il ne fait de toute façon pas. Gentiment mais efficacement, voilà tout. Il ne recouvre d’un pansement que la plus imposante des blessures, les autres craignant moins. Comme ça, si ses mains vont s’égarer par-là, il le sentira avant d’atteindre les blessures. Ils auront l’esprit tranquille tous les deux. Il y a peu de chances que cela fasse moins mal lorsqu’elle bougera en forçant dessus, malheureusement. Il faudra rester prudent.

En déposant la bouteille près de lui, l’homme suit la courbure de l’épaule de ses lèvres, frôlant le long du cou avant de remonter tout le long de sa mâchoire, légère caresse jusqu’à son oreille où il glisse :

- Réciproquement, tu as ma confiance aussi.

Il lui fait confiance, bien sûr qu’il lui fait confiance. C’est d’ailleurs assez inexplicable. En combat, il sait qu’elle ne le laissera pas pour le frapper en traitre. D’ailleurs à ce propos, il est assez convaincu qu’Aiko est une Baskerville très fidèle. Même si ils sont tous loyaux dans leur ensemble, en premier lieu, certes. Cela n’empêche qu’il est rassurant de penser que s’il doit courir après un traitre un jour, il y a peu de chances que cela soit Aiko. Cependant sa confiance ne s’arrête pas au seul champ de bataille et aux affaires du clan. C’est un hasard de toute façon, que la femme qui parvienne à le perturber appartienne au même clan que lui, un hasard total. Loin d’être ce qui a pu les pousser l’un vers l’autre en premier lieu. Et donc loin d’être le centre de leur relation. Sa confiance est placée en la jeune femme tout court. Que ce soit la Baskerville lame à la main ou juste Aiko, jeune femme de dix-huit ans. Même si les deux sont assez indissociables. Le pourquoi ne s’explique pas vraiment. Encore une fois, cela est lié à ce fort sentiment d’être complètement libre d’agir comme il le souhaite en sa présence tout en sachant qu’elle en fait de même. Rien à cacher ni à l’un ni à l’autre. D’où la confiance naturelle qui en découle, du moins en partie. Là-dessus aussi il pourrait se casser la figure. La confiance peut être trahie si facilement. Pourtant, il ferme complètement les yeux sur ce fait, n’y pense même pas. Il y a tellement de plans, de faces sur lesquelles une relation non superficielle peut frapper. Et, en général, on ne s’en rend compte qu’une fois qu’elles sont touchées et pas avant.
Ses doigts effleurent une épaule, caressent le haut du dos avant de tâtonner sur les bandages qui se trouvent-là, à la recherche de ce qui les maintient en place. Lorsqu’il trouve, il joue un instant dessus, faisant mine de le détacher sans pour autant le faire, souriant contre la joue de la jeune femme qu’il embrasse ensuite. Et puis il lui glisse la bouteille qui n’arrête pas de voyager depuis tout à l’heure entre les mains, se reculant pour pouvoir la voir.

- A ton tour.

L’homme se laisse ensuite docilement soigner. Il est têtu sur bien d’autres choses de toute manière, ce n’est pas ce qui manque. Ajouté à ce défaut on pourra trouver son fichu tempérament qui peut partir en flèche sans prévenir. Il se calme aussi vite qu’il s’énerve d’ailleurs, ce qui peut être fortement agaçant. Il a peu voire pas du tout de sens de l’indécence. Rarement honte, même quand il devrait. S’amuse au dépends d’autres quand il s’ennuie, en général de pauvres inconnus qui n’ont rien demandé à personne. Est un fichu maniaque, le cauchemar sur pattes de Naaru. Absolument aucun sens de l’orientation que c’en est affligeant. Fermé comme une huitre aux relations avec autrui. Il est question de relations qui ne soient pas juste de surface, ici. Des amis auxquels il tient, il en a d’ailleurs peu. Bref, la liste s’étend encore, l’observer suffit à en déceler d’autres.
Lorsque la jeune rousse en a fini avec lui, il glisse une main sous son menton afin d’amener son visage vers le sien pour l’embrasser tendrement. Ses doigts reviennent sur l’attache avec laquelle il jouait un peu plus tôt, dans le dos de la Baskerville, et ne s’arrêtent pas cette fois, la défaisant pour enlever les bandages qui les séparent encore. Ceux-ci sont déposés quelque part au pied du lit. Puis il colle la jeune femme contre lui, le contact lui soutirant un soupir qui l’oblige à rompre leur baiser et à rouvrir les yeux – impossible de dire quand est-ce qu’il a bien pu les fermer. Son regard dans celui de la Baskerville semble lui demander l’autorisation de continuer alors qu’il sait qu’il pourrait. Tout comme elle sait qu’elle peut l’arrêter quand elle le souhaite. Des mots tout autres lui brûlent la langue, des mots qu’il n’arrive pas vraiment à identifier. Alors il ne les dira pas, pas maintenant du moins. Le silence vaut mieux. Alors leurs lèvres se joignent à nouveau parce qu’il a bien du mal à s’en défaire, tandis qu’une de ses mains part explorer le terrain qui vient d’être dégagé. C’est presque nouveau pour eux. Ils l’ont certes déjà fait, mais pas dans ces conditions d’esprit. Ni dans ces conditions tout court pendant qu’on y est. Le jeune brun n’avait pas pu par exemple, la première fois, avoir accès à tout le corps de la jeune femme du fait de leur position. Aujourd’hui, en revanche, pour l’un comme pour l’autre il n’y a pas d’autres contraintes que les restes de la mission de plus tôt.
Lorsque leurs lèvres se séparent, il lui sourit.

- C’est à mon tour et il faut que je me fasse pardonner, non ?

Une légère lueur d’amusement teinte son regard qui ne tardera pas à être voilé d’autre chose. En l’allongeant sur le lit afin de pouvoir prendre place entre ses jambes, il se penche à son oreille afin d’y glisser :

- Tu crois qu’on peut le faire combien de fois avant d’être complètement épuisés ?

Au-dessus d’elle, il lui embrasse ensuite le cou lascivement, descendant toujours plus bas, en usant aussi de ses mains afin de faire plaisir à sa partenaire. De sa dernière question prononcée avec autant d’amusement que de désir dissimulé, il n’en pense rien. Juste pour la taquiner. La réponse viendra ou ne viendra pas, ils s’en rendront bien compte. Ces instants n’appartiennent qu’à eux.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   25th Décembre 2012, 09:25

Apprécier quelqu’un revient simplement à dire qu’on le porte dans notre cœur. Lorsqu’on utilise ce verbe, apprécier, c’est que ça ne va pas plus loin. Bon, bien sûr, il doit y avoir des exceptions pour les plus incultes et ceux qui n’apprécient pas trop la littérature française pour daigner chercher un verbe plus approprié. Mais même pour les plus férus d’un langage un minimum travaillé et personnalisé, il est bien difficile de trouver un bon mot pour expliquer les sentiments que l’on éprouve envers quelqu’un qu’on apprécie un peu trop pour que ce soit juste de l’appréciation. Il y a toujours le verbe aimer. Mais celui-là, en revanche, peut être un peu trop grand, trop fort, trop profond. Trop complexe, au fond. Car comment savoir si on aime réellement ? Comment savoir aussi si ce qu’on éprouve est réel, authentique ? En réalité, nous ne possédons aucun moyen d’en être certain si ce n’est en suivant les racontars. Et son instinct. Si l’homme n’est pas la Perfection façonnée, la nature, voire plutôt le naturel, en est l’allégorie même de cette fameuse Perfection dont nous parlons. En somme, suivre son instinct n’est pas une si mauvaise idée que cela. S’il nous dit que c’est de l’amour, alors ça l’est, point barre. Il suffit juste de se faire un peu confiance. Un minimum tout de même. Après, il reste à savoir de quel amour il est ici question. Un amour qui intime aux gens de se mettre en couple ? Ce qui fait qu’ils cèdent leur liberté pour... Pour pouvoir être avec quelqu’un d’autre, un quelqu’un qu’ils prétendent aimer ? Ce n’était pas juste un peu beaucoup trop – ce n’est pas très français ? J’en concède – puérile ? Enfantin. Totalement même. On pouvait aimer en demeurant libre. On pouvait aimer sans avoir d’attaches. On pouvait juste aimer, pas promettre. On pouvait sourire et rire en la présence de la personne aimée sans pour autant lui jurer allégeance. Même en lui appartenant, il était possible de sauvegarder sa liberté. Comment ? Simplement en imposant des limites. Je t’appartiens, tu m’appartiens, mais en aucun cas tu ne possèdes le droit de me dicter mes faits et gestes. Cette possession consiste à s’énerver, par exemple, si notre partenaire s’est donné, même temporairement, à un autre. En revanche, elle ne consiste pas à l’empêcher de faire cela. Voyez-vous, cette possession impose en fait aux deux partis les réactions qui doivent découler des choix de chacun, mais elle n’impose pas pour autant ces mêmes choix. C’est une appartenance spéciale, presque partielle. Quoique non. Même si elle peut être considérée comme partielle dans un certain sens, juste de surface, elle n’en demeure pas moins complète au fond. Sinon, où serait la différence en cet amour totalement épuré et l’autre, juste souillé ? Ne fais pas ça, ne fais pas ci. Pourquoi ? Qui es-tu pour me dire ce que je dois faire ou dire ? Mon père ? Ma mère ? Eux-mêmes n’ont pas ce droit sur moi. Ne l’ont plus eu à partir du moment où j’ai découvert ce mot ouvrant tant de fenêtres, tant d’échappatoires à la vie réelle ; Liberté. Comme quoi, oui, appartenir à quelqu’un ne veut pas spécialement dire avoir des chaines qui nous lient poignets et chevilles et qui nous empêchent d’avancer. D’ailleurs, au contraire, cela peut simplement être une brise fraiche dans notre vie, nous poussant dans le bon sens, nous incitant à accélérer, à ralentir parfois, à se stopper pour mieux reprendre notre marche. Comme quoi, appartenir à quelqu’un n’est ni soumission, ni abandon de Liberté. Comme quoi, appartenir à quelqu’un ne revient pas à lui obéir. Comme quoi, la Liberté, on peut y accéder de bien diverses façons – bien que la meilleure reste de rester soi-même. Comme quoi, la Liberté, ça ne sert à rien de la chercher. C’est lorsque nous n’y pensons pas qu’elle s’immisce dans notre vie, parfois même sans que l’on ne se rende compte que c’est bien elle. Sous forme d’un homme, d’une femme. Notre Liberté est cette personne. Notre Liberté est mortelle. N’est pas éternelle. Au fond, seule la poésie et la philosophie, voire l’imagination et l’utopie permettent d’accéder à cet éternel. Ou alors, un espoir enfantin. Enfantin et terriblement naïf.
Cela étant, réussir à trouver un compromis, réussir déjà à s’avouer à soi-même qu’on appartient à une autre personne qu’à soi-même n’est nullement chose aisée à faire. Surtout quand notre partenaire ne nous y aide pas. Mais supposons qu’il soit aussi troublé que nous par ce changement de situation et que donc, son manque d’enthousiasme est une aide bénéfique – une aide consistant à savoir et à sentir que nous ne sommes pas seuls. Cela ne nous empêche en rien à tergiverser quant au comportement à adopter.
Doit-on accorder notre confiance ? Doit-on nous exposer et, par la même occasion, prendre le risque de toucher le fond ? Dans tous les cas, c’est un choix égoïste. Effectivement, si on garde notre confiance pour soi, c’est qu’on refuse de la placer en quelqu’un d’autre de peur qu’un jour la situation ne se retourne contre nous. Et donc, c’est égoïste. Ou alors, on place notre confiance en l’autre, ce qui revient à agir pour notre propre plaisir, même momentané et incertain. La deuxième solution peut s’avérer être la bonne, car tant à profiter, autant aussi en faire profiter l’autre. En vérité, toutes ces questions, on se le pose un jour ou l’autre. Tout cela est souvent sous forme de débat intérieur. Mais le moment venu, rien à faire, impossible de nous rappeler à quelle déduction nous sommes arrivés – si déduction il y a eu. D’ailleurs, ce même moment venu, les réponses n’existent plus. Seules les questions. Les questions et encore les questions. Si on remonte à la source, on comprendra sans trop d’efforts que toutes ces maudites interrogations, on y a déjà pensé. Mais comme pour tout, on a dit que ça ne pouvait pas nous arriver. Pas à nous. Après tout, le malheur ne s’abat que sur les autres, n’est-ce pas ? Tout comme ce n’est jamais de notre faute. Et ose prétendre que la naïveté caractérise l’enfance. Plutôt l’âge adulte, d’après moi. Même si je l’avoue, à cet âge, ce n’est plus de la naïveté mais de la stupidité. Une forme dérivée et souillée de la naïveté. Voilà tout.

On fait ou on ne fait pas confiance. C’est un choix ; Aiko avait choisi de faire confiance à Finn. Il pouvait lui faire du mal. D’ailleurs, ça venait d’arriver. Il pourrait faire d’elle ce que bon lui semblait. Elle en était consciente. Mais tant pis. Elle avançait tête baissée. Elle fermait les yeux. Elle refusait de voir la réalité en face. Elle la mémorisait et passait outre. De toute façon, elle aura tout le temps de le regretter plus tard. Bien que je vous l’avoue, elle préférait que ce plus tard où elle se maudirait n’arrive jamais. Et puis, après tout, si elle lui faisait réellement confiance, c’est qu’elle lui faisait aussi confiance pour ne pas en abuser, de cette confiance, n’est-ce pas ? Elle verra bien. Ils verront bien. Nous verrons bien. C’était assez nouveau pour Aiko que de parler en utilisant le premier pronom du pluriel. Ce nous. Nous. Pour l’heure, ils n’en sont pas là. Pour le moment, soupirer et faire soupirer doivent être leurs seules et uniques occupations. Pour le moment seulement, car si la dernière fois, après l’acte, ils n’ont pas eu du temps pour eux, cette fois-ci, ils en auront. Et la jeune femme avait bien l’intention d’aménager ce même laps de temps et de le meubler de quelques mots, parfois futiles, parfois insensés. Même les mots silencieux seront prononcés. Mais encore une fois, pour l’heure, ils n’en sont pas encore là.

Parce que de toute façon, Finn le méritait amplement. Parce que s’il pouvait lui faire du mal, il pouvait aussi lui faire du bien. Tant à peser le pour et le contre, autant bien le faire, non ? Jusque là, seule cette dispute les a réellement freinés. Et puis, c’était pour une bonne cause, car désormais, ils sont repartis, main dans la main. Il suffisait qu’il relève les commissures de ses lèvres en un sourire pour faire de ces imperceptibles mouvements musculaires un sourire communicatif. Il suffisait qu’il commence à rire pour qu’Aiko se laisse aller avec lui, confiante. Il lui suffisait de la regarder avec sérieux pour qu’elle baisse les yeux comme elle le faisait en présence de sa mère, réduite à l’âge enfantin, impuissante, honteuse. Comme elle le fait encore d’ailleurs. Il lui suffisait de plonger dans ces mêmes yeux pour qu’il puisse y lire tout ce qu’il désire. S’il le désirait assez fort, Aiko entendrait ses souhaits et en ferait l’esquisse dans le vrai monde, celui qui n’était pas propre à l’imagination. Il suffisait qu’il la regarde avec ces yeux brûlant d’une urgence sans pareille pour qu’elle frémisse. Il suffirait de quelques simples mots pour la faire jubiler. Finn était capable de bien des choses sans même le toucher. Alors s’il venait à y ajouter les mains ? Malheureusement, je ne trouve pas de mots assez puissants pour décrire l’était d’esprit dans lequel serait, dans lequel fut déjà, dans lequel est Aiko.
Finn faisait d’elle un être vivant. Finn lui permettait de croire. Finn lui permettait de ne pas être sur ses gardes, de ne pas craindre un coup bas. Finn lui permettait de se détendre. Finn lui offrait ses bras pour qu’elle s’y repose. Finn était là pour elle. Finn ne s’opposerait certainement pas à simplement la serrer contre lui et laisser pleurer. Finn ne lui poserait pas de questions s’il voyait – et il le verrait certainement – qu’elle ne voulait pas parler. Finn brûlerait de cette inquiétude, mais tentera de la cacher pour ne pas faire déferler sur la jeune femme une vague de culpabilité.
Finn ne lui donnait pas d’ailes ; Finn était ses ailes. Les ailes d’une Baskerville. Les ailes d’un ange déchu. Les ailes d’Aiko.

Vraiment, ce qui peut s’avérer être extrêmement amusant avec lui, c’est qu’il pouvait être lent à la détente. Si certains voyaient cela comme un défaut, Aiko, aveuglée peut-être par une sorte de fascination – bien qu’elle ne l’avouera jamais, pas même pour elle-même – voyait plutôt cela comme une qualité. Il faisait effectivement preuve d’un détachement étonnant quant aux actions extérieures au petit cercle dans lequel il évoluait. Ou plutôt, il ne voyait que ce qu’il voulait voir. Comme là. La jeune femme lui avait chipé le désinfectant des mains, mais en contrepartie, elle l’avait occupée avec baisers passionnés et caresses sensuelles. Ce qui fit qu’au final, eh bien, il ne sembla pas même remarqué que quelque chose manquait dans sa main. Une attitude assez enfantine, pas assez – pas du tout – responsable. Et, il faut l’avouer, terriblement séduisante. Et puis, même si elle aurait pu obtenir une réaction plus puérile encore en continuant son petit jeu jusqu’à ce que le brun se noie sous des couches de volupté – et elle aussi par la même occasion –, elle préféra s’en arrêter là. Finn pouvait décider de passer à l’attaque avant que le tour de la rousse ne soit achevé – avant qu’il n’ait même réellement commencé – et lui reprendre le désinfectant n’aurait pas non plus été impossible. D’autant plus que dans cette position, elle était sacrément désavantagée ; s’il suffisait au brun de se redresser pour se dégager, pour la jeune femme, les mouvements plus complexes ne dépendaient pas que d’elle. Pourtant, il ne fit rien de tel, agrippant simplement ses hanches pour la maintenir. Fairplay.
Et puis, face à sa petite taquinerie, il lui répondit spontanément, du tac au tac. Elle ne put retenir un rire amusé à l’entente de ces quelques mots. Un enfant, oui, vraiment. Mais vous savez, les enfants, c’est vraiment mignon. Ils sont tout bonnement adorables. Et Finn n’en demeurait pas moins adorable qu’eux, et ce, même du haut de ses vingt années.

Même pas peur, je veux bien, mais pourtant, il fut bien incapable de résister aux lèvres de la jeune femme qui s’affairait à lui retirer son haut. Même quelque peu surprise, elle répondit au baiser. Après tout, elle ne pouvait qu’y répondre, à pareil baiser. Comme déjà dis, chacun possédait une caractéristique lui étant propre. Chacun était relié à un sentiment bien précis. Chacun était plus délicieux que le précédant. Parfois plus doux, parfois juste nettement plus sauvage de part l’incapacité de l’un, de l’autre, ou tout simplement des deux de se contenir plus longtemps. Même si Aiko avait eu la chance de tomber sur un homme qui privilégiait tout autant qu’elle la tendresse et la grâce, elle en avait connu d’autres qui allèrent jusqu’à créer sur sa peau des hématomes pas vraiment volontaires. Et Baskerville ou pas, ça faisait mal. Elle n’aimait pas ça, les hommes agissant avec les femmes comme si elles n’étaient que des morceaux de viande. De toute façon, Finn était nettement différent. Il n’y avait pas même lieu de comparaison.
Et puis, il vint s’échouer dans son cou qu’il embrassa délicatement, faisant frissonner la demoiselle qui serait prête à se plier, en ce moment même, au moindre de ses désirs. Quoiqu’il en soit, elle lui offrit ce tendre et étrange baiser dont nous avons déjà parlé. Ce n’est que le moyen le plus simple qu’à trouver pour s’exprimer un esprit nébuleux d’une jeune femme qui ne savait plus trop réellement où elle en était. Qui savait juste avec qui elle était. Et qui d’ailleurs ne voulait rien savoir de plus. Une femme qui voulu transmettre tout ce qu’elle ressentait. Une femme qui reçu le message envoyé par l’homme qui répondit avec autant de tendresse au baiser. Lorsque son prénom fut murmuré dans un souffle, sans même qu’elle ne comprenne pourquoi, son corps trembla alors qu’elle poussa un soupire qui, bien que faible, n’en demeurait pas moins clairement audible. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il murmurait son prénom. Peut-être la première fois depuis l’officialisation de l’obscure clarté régnant sur leurs têtes, imbibant leur relation. Peut-être juste la première fois dans de pareilles conditions entourés d’un désir un peu moins embrumé que la dernière fois. Ou un peu plus peut-être. Dans les deux cas, un désir différent.

Lorsque le baiser prit fin, le beau brun répondit au sourire que lui décocha la jeune rousse. Et puis, le désinfectant en main, il prit l’initiative de se redresser ; elle le suivi dans son mouvement s’aidant de ses coudes. Il sourit une nouvelle fois lorsqu’elle dit lui faire confiance. Et puis, il vint lui embrasser doucement les lèvres avant de commencer à s’atteler à la tâche.
Pas mal. Je sens riens. Vraiment rien. Pas mal j’te dis ! Sérieusement, ça chatoui… Aïe !
Aiko serra les dents en fixant un point imaginaire sur le plafond. Tiens, il y avait une petite fissure vers la droite. C’était bien joli de tenter de se faire des réflexions inutiles, mais en rien ça n’aidera à ne plus sentir les brûlures causées sur les blessures qui s’étalent sur ton corps. Et encore, grâce à l’habitude, les petites entailles ne lui causaient pas grand tort, pas même après être passées sous du désinfectant. En revanche, la plaie sur ses côtes était une toute autre affaire. Un « aïe » lui échappa d’ailleurs à un moment ou à un autre. Finn mit un pansement dessus, histoire de couvrir la blessure et de ne pas risquer de la toucher par mégarde, sans doute. Au moins comme ça, elle avait une bonne excuse pour rester allongée. Dis comme ça, on la prendrait presque pour une flemmarde. Alors que non, pas du tout. Ça allait être difficile de se mouvoir à son aise. Mais bon hein, elle avait connu pire, alors elle n’allait sûrement pas se plaindre.
Et puis, les lèvres masculines allèrent traîner sur son épaule, remontant jusqu’à son cou pour finalement atteindre son oreille après avoir frôlé sa mâchoire. De cela suivirent de longs frémissements successifs et diablement agréables. Lorsqu’il lui dit qu’elle aussi possédait sa confiance, elle pencha la tête sur le coté, un sourire simple accroché aux lèvres. Doucement, elle alla lui offrir une étreinte, lui embrassant délicatement la joue avant de s’éloigner. Ce n’était pas encore son tour. Pas tout à fait. Justement, la main de l’homme passa dans son dos. Le sourire de la demoiselle, quant à lui, ne s’était pas émoussé, se teintant simplement d’un amusement clairement lisible. Il joua de ses doigts sur les bandages cachant et maintenant la poitrine de la jeune femme un instant avant de finalement se reculer. Là, c’était elle qui avait dû rater un épisode. Elle cligna des yeux deux fois avant de se rendre compte de la présence de la bouteille de désinfectant dans ses propres mains et du sens des mots de Finn. Ah bah là, qui est-ce qui avait une attitude puérile, peu responsables, presque béate ? Elle retint un rire moqueur – moquerie dirigée vers elle-même – et, à son tour, alla lui déposer un léger baiser sur les lèvres. Un léger parce que… Je ne sais pas trop. Ah si ! Parce que s’il avait fait plus attention en mission, il ne serait pas blessé et ils pourront reprendre le jeu. Punition. Bon, je vous l’accorde, justification totalement frivole.

Tout en faisant passer le coton sur ses blessures, Aiko se laisse entraîner dans un tourbillon de réflexion. Elle n’avait pas pour habitude d’apprécier les missions qui se font à deux ou à plusieurs. Elle préférait de loin faire cavalier seul, car de toute façon, elle s’en sortait toujours mieux ainsi. Si une erreur était commise, elle serait la seule à blâmer. En revanche, lorsqu’ils étaient plusieurs à avoir pour but de mener à bien la mission, il pouvait y avoir des malentendus, des dérapages. Entre autre, une pure perte de temps. Surtout lorsqu’elle se retrouvait avec des caractères aussi fort que le sien. Ça finissait souvent en dispute, même si je vous l’avoue, la jeune rousse faisait tout pour que cela finisse ainsi. Déstabiliser son compagnon pour ne pas avoir, plus tard, à se soucier des bêtises qu’il pourrait faire. Avec beaucoup de chance, il s’en irait ou se tiendrait en retrait. En bref, il la laisserait agir comme bon lui semblait. Aujourd’hui, la mission n’avait pas été une mauvaise expérience. Néanmoins, il serait intéressant de souligner le fait que quand elle jouait son obstinée, elle revenait souvent avec un peu trop de blessures. Et si ça avait été un autre que Finn pour le coup, elle ne s’en serait pas si bien tirée, car encore une fois, elle aurait préféré se débrouiller seule. Le plus étrange encore était le fait qu’usuellement, elle n’en avait strictement rien à faire des blessures de ses camardes. Sauf quand ils étaient plus jeunes qu’elle. Mais bon, trouver des Baskerville de moins de dix-huit n’était pas très courant non plus. Bon, après, il y avait des exceptions. Elle pouvait juste faire la mission, sage comme tout. Quoiqu’il en soit, là, elle était en train de soigner méticuleusement son camarade. Peut-être justement parce que ce n’était pas son camarde. Elle n’agissait pas envers lui comme tel du moins. Il représentait bien plus à ses yeux pour en être réduit au rang de simple camarde Baskerville.
Il n’y avait pas d’imposantes blessures, alors elle se contenta de faire passer le coton sur les blessures, effleurant parfois du bout des doigts les égratignures, telle une enfant fascinée. Ce qu’elle était de toute manière lorsqu’il s’agissait de sang et, plus particulièrement, d’hémoglobines. Ce rouge... Flambant. Ses cheveux en étaient teintés, de toute façon, de la couleur du sang. Et ses mains aussi.

Une main forte se glissa sous son menton tandis que ses lèvres se firent cueillir par celles de Finn. Finn qui s’activa dans son dos, retirant pour de bon les bandages. Même si c’est plus efficace pour se battre, il est vrai qu’elle devrait penser à juste mettre le sous-vêtement adéquat, celui-ci étant nettement plus facile à retirer. Elle nota cela dans un coin de son esprit. Un coin éloigné, très éloigné. Parce qu’elle était occupée à autre chose. Lorsque sa peau mise à nue se retrouva collée à celle de Finn, ce-dernier releva la tête et sembla ouvrir les yeux. Il les avait fermés ? Elle ne pouvait pas le voir en l’embrassant, elle n’en savait donc rien. Il soupira en réponse à ce nouveau contact ; elle, elle poussa un léger hoquet mêlant surprise et plaisir. Elle plongea dans son regard, elle plongea en lui sans la moindre hésitation, tentant de déceler ce qui s’y abritait, tentant de comprendre ce que lui-même ne comprenait pas, tentant d’apercevoir le fond d’une âme qui ne semblait point en posséder. Lui demandait-il s’il pouvait ? Pensait-il que maintenant, elle aurait seulement l’envie de l’arrêter ? Ne parlons même pas du courage qu’il lui faudrait pour le repousser. En réponse à cette question silencieuse, elle plaça ses mains sur ses joues et approcha assez son visage pour pouvoir frôler ses lèvres sans pour autant les embrasser. Elle ne cherchait pas à le faire languir, pas cette fois-ci. Mais ainsi proche de lui, elle sourit faiblement. Un sourire qu’elle ne désirait pas qu’il voie. Un sourire qu’elle désirait qu’il ressente. Qu’il le sente contre ses propres lèvres. Son autorisation, sa bénédiction, il l’avait. Si au premier baiser, elle ne le repoussait pas, autant qu’il comprenne tout seul qu’il peut continuer. De toute façon, elle le lui aurait dit si elle n’était pas d’humeur. Vraiment ! Ces femmes, jamais satisfaites ! Si les hommes ne leur demandaient pas leurs avis avant de continuer, elles disaient qu’ils étaient machistes et s’ils ne le leur demandaient, elles estimaient que c’était évident. Quoiqu’il en soit, ce regard là qu’il lui envoya était un signe de respect. C’était tout ce qu’elle devait retenir.
Finalement, c’est lui qui revint pour prendre possession de la bouche féminine. Voulait-il parler ? Avait-t-il quelque chose à dire ? Parce que les mots, dans l’esprit de cette même jeune femme, étaient en train de s’amasser. Encore et encore. Tellement qu’elle ne saurait plus par où commencer si elle devait parler. Tellement qu’elle en oublie jusqu’à ce qu’elle désirait lui transmettre. L’avait-elle seulement su ?

Encore une fois, la réflexion fut bannie. Bannie par la présence physique et mentale de l’homme. Bannie par quelque chose de plus saint, quelque chose qui n’en demeure pas moins irrationnel. Finn. Aucun être n’est logique. Après tout, où était-elle, cette logique ? N’être qu’une petite bosse pour devenir un être complet et accompli, dépassant facilement le premier mètre, était-ce quelque chose qui aurait pu être envisageable si ce n’était pas venu comme ça, naturellement ? Je ne pense pas, non. Et puis la mort. Pourquoi venir au monde si c’est pour le quitter par la suite, après un nombre inconnu de temps passé à survivre ? Plus on se penche sur ce genre de questions existentielles, plus on se demande comment avons-nous fait pour ne pas nous poser ces interrogations plus tôt. Alors oui, au fond, Finn était irrationnel. Un peu plus que les autres parce qu’Aiko avait, au tréfonds de son âme, une certaine peur. Une crainte plutôt. Effectivement, elle craignait. Elle craignait que Finn ne soit qu’illusion, que mirage. Elle avait peur qu’il s’en aille aussi simplement qu’il avait fait irruption dans sa vie. Pourtant, elle ne voulait pas y penser. Vraiment pas. Cela ne l’empêchait pas d’avoir ce pincement au cœur, quelques fois. Néanmoins, en ce moment, rien. Elle ressentait uniquement les bienfaits des caresses et des baisers de Finn. Elle ne pensait qu’à lui, ne se posait même plus de questions, celles-ci mises à l’écart. Après tout, cela devait être son but d’accaparer toutes les pensées, tout l’esprit de la jeune femme. Espace aussi bien physique que mentale.

Finn murmura quelques mots, soutirant à la jeune rousse un sourire des plus amusés. Oui, vas-y, fais-toi pardonner Finn. C’est qu’elle devait peut-être aussi s’atteler à la tâche celle-là, vous ne croyez pas ? Oh, contrairement à lui, elle n’avait pas besoin de le dire. Il savait. Il savait qu’elle allait se faire pardonner, qu’elle le faisait même déjà en ce moment. Il savait que son énervement temporaire de tout à l’heure, sans pour autant le regretter – car si la situation devait se représenter, elle agirait de la même façon voire pire –, la faisait culpabiliser et sentit plus ou moins mal. Elle y penserait sûrement une fois que le brun ne serait plus devant elle. Elle y pensait même sans nul doute lorsqu’il occuperait uniquement l’espace de ses songes. Peut-être dans une heure, peut-être juste une fois la nuit tombée, peut-être même plus loin dans le temps encore. Cela, je vous l’accorde, était un faible espoir que possédait Aiko.
Suite à quoi, il l’allongea doucement, revenant se positionner au-dessus d’elle. Il était certain qu’ils n’allaient pas batailler pour savoir qui aurait la position dite dominante, parce qu’entre nous, si c’était lui, la Baskerville n’en avait vraiment rien à faire. Au contraire, peut-être même préférait-elle lorsque Finn prenait les rênes. Après tout, où trouverez-vous une femme qui n’aime pas se laisser aller dans les bras de l’homme qu’elles... Qu’elles ? Bref, vous m’avez compris. Non ? Eh bien, Aiko elle-même n’était pas allée au bout de cette pensée, alors je ne vois pas trop comment vous l’expliquer. Nous verrons plus tard, voulez-vous ?

De nouvelles paroles. Cette fois-ci, une question. La réponse brûlait la langue de la rousse, mais lorsqu’elle ouvrit la bouche dans le but de répondre, ce ne fut qu’un gémissement qui s’en échappa suite à la luxure dont usait Finn pour s’attaquer de nouveau à son cou. Inconsciemment, ses paupières devenant pesantes permirent à sa vue de se voiler. Les yeux donc clos, elle rejeta sa tête en arrière, se mordant la lèvre inférieure pour éviter de soupirer ou de gémir. Vu la façon tout particulièrement avenante de Finn, il était réellement difficile pour Aiko de se contenir. Aiko qui, au bout du compte, ne chercha même plus à se contenir. Après tout, pourquoi ? Pourquoi chercher à cacher à l’homme à qui l’on se donne qu’il nous fait plaisir, qu’il nous fait, avant même de vraiment passer à l’action, frôler l’extase ? Il n’y a nulle réponse à cette question et c’est d’ailleurs pourquoi la jeune femme n’hésita pas à s’exprimer. Parfois des soupires, parfois des gémissements, d’autres fois, sans s’en apercevoir, elle se contenait tout de même. Sûrement par habitude.

À son tour, n’est-ce pas ? Même si en réalité, ils ne faisaient que commencer, désormais, elle devait s’atteler à la tâche autant que Finn. Ce-dernier, maintenant qu’elle y pensait, avait pour la première fois le corps de la femme complètement mis à nu devant ses yeux. Elle fit glisser ses doigts jusqu’à sa nuque et appuya légèrement dessus, enfonçant plus qu’elle ne l’était déjà la tête du brun dans son cou. Elle attendit patiemment – pas silencieusement – qu’il en finisse avec cette partie-là de son corps avant d’aller retrouver ses lèvres, entamant un baiser des plus profonds, des plus sincères, des plus ardents. Comme quoi, quelques mots placés ci et là suffisaient à rendre l’échange plus intéressant, plus plaisant aussi. Quelques piques surtout. En parlant de mots, avait-elle répondu à sa dernière question ? Non, pas encore. Mettant lentement fin au baiser, elle éloigna juste assez son visage du sien pour pouvoir lui sourire. Un sourire malicieux et aussi provocateur que les mots qu’il lui lança un peu plus tôt.
Même pas cap de battre ton propre record.
Oh non, tout de même, elle n’allait pas lui répondre ça. En plus, c’était trop long, et là, elle manquait comme qui dirait de souffle. Et puis, de toute façon, son regard transmettait cette phrase infantile. En fait, il la criait même haut et fort.

« Fais-moi voir. »

Voilà, ça au moins, c’était dit. Qu’aurait-elle pu répondre de plus ? Rien ? Le silence n’était pas toujours très efficace pour faire passer un message purement provocateur et volontairement tentateur. Même si le regard pouvait être un excellent moyen de communiquer ce genre de choses.
Le silence. Beaucoup aiment ça. Beaucoup détestent cela aussi. À vrai dire, les avis restent encore bien divisés sur ce point-là. Après tout, cela va de paire avec la nature des personnes. Quelques uns penchant vers le coté bavard, préférant nettement passer leur temps à discuter tandis que d’autres préfèrent encore avoir les lèvres scellées que dire des sottises. C’est, comme tout dans la vie, un simple choix. Aiko faisait partie de la deuxième catégorie. Même si, pour ne rien vous cacher, plus jeune, elle était bavarde et enthousiaste. Mais désormais, elle ne l’était plus. Comment l’être après avoir dû subir la mort de sa moitié, de sa sœur réelle amie, confidente ? Et quelle confidente ! Elles se comprenaient sans avoir à parler. Cela, en revanche, n’empêchait en rien le fait qu’elles parlaient. Et pas qu’un peu. D’ailleurs, en réalité, plus petite, c’était sa sœur et non pas elle qui jouait à la petite fille silencieuse et sage. Comme quoi, ce n’était pas tant le temps qui changeait une personne que les aléas de la vie. Ses hauts, ais malheureusement aussi ses bas. Surtout ses bas. Étrangement, avec Finn, elle n’était pas si silencieuse que cela. Retombait-elle en enfance ? Peu probable. Alors quoi ? Elle redevenait comme elle l’était plus jeune ? Heureuse ? Plus probable. Il est vrai que ces derniers temps, elle était un peu plus souriante, plus joyeuse presque. Serait-ce possible que Finn soit la raison de ce soudain, mais loin d’être désagréable, enjouement ?

Aiko laissa ses mains trainer sur le torse de l’homme, allant à son tour s’échouer au niveau de son cou. Elle s’y attarda plus qu’elle ne l’aurait fait pas simple taquinerie, preuve qu’elle-même commençait à céder à ce jeu. Jeu qui, en réalité, n’en était plus vraiment un. Mais une chose à la fois, d’accord ? Ils s’étaient avoué assez de choses aujourd’hui alors qu’ils continuent d’avancer pas à pas, doucement mais sûrement. Quoiqu’il en soit, elle continuait de racler ses ongles sur la peau chaude, ses lèvres allant arpenter de long en large et tout particulièrement lentement le cou du brun. De cette façon lubrique qui était leur, elle alla de nouveau déposer ses lèvres sur le bleu déjà présent. Lui avait-elle fait mal ? Elle ne l’espérait sincèrement pas. Elle ne retira ses lèvres que pour laisser traîner ses lèvres à ce même endroit, histoire de se prouver d’abord à elle-même que cette histoire de jalousie, c’en était fini. Du moins, pour le moment. Pour aujourd’hui. Elle finit par s’attaquer à d’autres parcelles de cette peau si délicate, mordillant, happant la chair entre ses dents, y ajouter ses lèvres pour la marquer légèrement de quelques rougeurs – non, elle n’en était pas arrivée au bleus, elle se montrait plutôt gentille aujourd’hui –, et puis, d’autres fois, elle donnait simplement des coups de langes. À quelques endroits, elle appuyait plus qu’à d’autres. Parfois, peut-être exagérait-elle sur la pression de sa bouche contre son cou, mais au fond, ce n’était pas tant voulu que réactif. Elle acheva cette exploration en laissant trainer le bout de sa langue sur la peau de l’homme et finit par reculer son visage, inspirant une grande bouffée d’air. En attendant qu’elle reprenne son souffle, elle laissa ses mains encadrer le visage de son ténébreux pour amener son torse à se plaquer contre sa poitrine. Attendez un peu. Son ténébreux. Son ténébreux. Son ténébreux ? Eh bien oui. Toux deux n’avaient-ils pas accepté de s’appartenir l’un à l’autre ? En fait, ce n’était pas qu’elle venait de s’en rendre compte, juste que dans pareille situation, c’était la première fois qu’elle s’autorisait pareille réflexion. Même si la peau de la jeune rousse était habituellement froide, aujourd’hui, c’était bien loin d’être le cas. Le contact de leurs bustes avait provoqué une elle une certaine surprise – même si c’était elle qui avait fait en sorte que ce contact ait lieu. Tant qu’elle poussa un hoquet, allant d’emblée retrouver les lèvres du brun, avare de d’avantage sensations. Lorsqu’elle les quitta de nouveau, ce fut pour aller embrasser son torse, délicatement, comme si elle craignait de lui faire mal. Elle commença son chemin, descendant progressivement. Elle n’embrassait pas vraiment, se contentant de faire passer ses lèvres sur les courbes des muscles de Finn. Atteint el plexus solaire, elle embrassa réellement, laissant sa langue s’ajouter au contact. Elle n’alla pas plus loin, pas plus bas, décidant simplement se rallonger convenablement, les yeux plongés dans ceux du Baskerville. Sans bouger, elle murmura. Deux fois. Elle demanda. Elle sembla même supplier par le biais de ce simple mot. De ce prénom. De son prénom

« Finn... Finn... »

Elle se mordit la langue, ses yeux semblant demander à Finn de continuer. Chose qu’il comptait sûrement faire. Pourtant, le regard d'Aiko ne put s'empêcher de se teinter de ce désir urgent, pressant. De ce besoin.

D’autres murmures à peine audibles en général, mais en pareille position et avec pareille distance les séparant – parfois simplement nulle quane qd ils s’embrassaient et que leurs corps se collaient –, ils ne pouvaient que s’entendre. De toute façon, Aiko, même sourde, aurait entendu le moindre des mots prononcé par Finn. Et puis, des soupires, des frissons, des gémissements ; des extériorisations en toutes sortes du plaisir ressenti. Sans parler des caresses qui continuaient, des baisers qui défilaient, des mordillements ici et là, au cou ou ailleurs. Vint ensuite une autre étape. D’autres caresses. L’amusement ne pouvait que déserter le regard des deux Baskerville face à l’intensité du désir qui jetait son voile sur leurs prunelles. Dans cet échange, était-ce seulement le corps qui s’unissait à l’autre ? Aujourd’hui plus que la dernière fois, n’y avait-il pas autre choses ? N’y avait-il pas un plus ? Un petit quelque chose qui n’était pas là la dernière fois ? Une libération plus grande peut-être. Une jubilation sous toutes ses formes peut-être aussi. Comme quoi, l’appartenance créait de réels bienfaits. Comme si jusqu’à leur âme se fendaient l’une l’autre avec pour seule arme cet amour dont ils n’arrivent pas encore à comprendre toutes les facettes. Dont ils ne comprennent, en réalité, aucune facette.
Grâce à Finn, Aiko se sentait bien. Elle se sentait libre. Elle se sentait sienne.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   26th Décembre 2012, 10:18

« Fais-moi voir » qu’elle a dit. Faisons-nous voir aurait presque été plus correct en réalité, puisqu’il faut être deux pour cela. Penser et dire le « nous » est tout récent et pourtant le mot peut glisser hors de leurs lèvres comme de l’eau. Mais oui, ils vont se montrer. Ils vont faire plus que se montrer, ils vont surtout s’apprendre. Parce que la complicité n’est pas quelque chose qui tombe du ciel mais qui se construit. Brique par brique avec pour ciment la confiance. Là-dessus, ils sont plutôt bien partis. Et puis c’est toujours très amusant de réussir à deviner les pensées de l’autre avant qu’il ne les formule à voix-haute, de savoir faire plaisir sans un mot ni une indication, de se comprendre en un regard. Même pour ceux qui aiment parler. La bouche laisse filer les piques et les provocations, les yeux disent la vérité. Tout un art. Et puis, taquiner Aiko, c’est quand même une activité hautement intéressante. Rien que pour entendre la réplique, quand bien même la réplique en question le remettrait proprement en place en lui coupant l’herbe sous le pied. Pas grave, à chaque but, la balle est remise au centre après tout. L’amusement, c’est tout de même le fond du fond de leur relation. L’étincelle qui a pris feu.

Le désir qu’il voit dans les prunelles de sa compagne est reflété par les siennes. Parce qu’ils s’attirent beaucoup physiquement, aussi bien que mentalement. Ce qu’elle lui fait subir est délicieux, autant qu’ils en veulent plus tous les deux. Céder tout de suite ? Oh que cela est tentant. Céder aux pulsions, aux envies, couper court à toute attente, s’offrir l’un à l’autre sans plus se retenir. Elle ne serait peut-être pas contre. Mais se faire languir mutuellement est plus amusant. Plus jouissif aussi, quelque part. Soutirer des réactions à l’autre est toujours plaisant. Plaisant pour les deux. Pour soi, réussir à contenter son ou sa partenaire, et puis pour l’autre bien entendu en premier lieu. Il faut mieux réserver la hâte pour les fois où le temps presse, ce qui n’est pas le cas ici. Ils ont du temps, autant en profiter. Alors ils le font, même si leurs yeux crient pour plus en se posant sur l’autre. Ils le savent, l’attente est bonne et la récompense n’en sera que meilleure. Ce plus, ils l’auront.

Leurs lèvres se séparent, se rejoignent, s’effleurent, se touchent, s’appuient avec plus ou moins de force, plus ou moins de hâte les unes sur les autres. Lui en a perdu la notion du temps. Est-ce qu’ils viennent de commencer à s’embrasser ou est-ce que cela fait déjà un moment ? Chaque nouveau contact, chaque nouvelle pression est unique et appréciée en tant que telle. Il connaît le chemin qui mène aux lèvres d’Aiko par cœur, où que sa tête à lui puisse bien se trouver. Un comble pour ce jeune-là. Un comble. Il est aussi perdu qu’il sait où il est, avec elle. Habituellement il est paumé physiquement et à peu près situé mentalement. Avec elle, c’est tout l’inverse. De toute façon, avec elle, tout est chamboulé, renversé, retourné, depuis un moment. Une tempête ciblée, mais pas de celles qui sont des catastrophes. Paradoxalement – tout est paradoxal de toute manière -, c’est une bonne tempête. De toute façon, aujourd’hui une chose est bien simple. Soit ils ont fait un choix qu’ils regretteront amèrement pendant plus ou moins longtemps par la suite. Soit c’était l’une des meilleures idées de leurs courtes vies. Voilà tout.

Des fois, ses mains s’agrippent aux draps au lieu d’être posées sur la jeune femme. Pour évacuer la pression. Il y a quelque chose, impossible de savoir quoi, qui le rend prévenant avec la jeune rousse même quand il ne sait plus comment il s’appelle. Les draps n’ont pas mal lorsqu’on les serre avec force. Alors qu’Aiko, Baskerville ou pas, si. La seule marque qu’il veut bien s’autoriser à laisser sur elle aujourd’hui se trouve dans sa tête. Pas ailleurs. Faire en sorte qu’ils s’en souviennent tous les deux et qu’ils s’en souviennent longtemps, pour bien entendu être un souvenir agréable. Evidemment la tâche s’effectue à deux. Le meilleur moyen ici de se souvenir est encore de s’investir. Ce que lui fait bien volontiers.

Plusieurs choses le fascinent – à défaut d’autre mot - assez chez la Baskerville. Ses cheveux par exemple. Rouges. Ce n’est pas commun. Encore qu’on croise de toutes les couleurs à Réveil, mais le rouge de la chevelure d’Aiko attire l’œil. En tout cas, attire celui de Finn à coup sûr. En combat un peu plus tôt, du coin de l’œil quand ce n’était pas tout simplement bien en face de lui, il pouvait voir les cheveux en question la suivre dans ses mouvements. Quand elle bouge vivement, il n’y a pratiquement plus que cela pour la suivre. Danse hypnotisante si l’on s’y laisse prendre. Quand on est acteur du combat, il vaut mieux en décrocher son regard alors. Mais il l’a noté dans un coin de son esprit. L’observer évoluer en général est quelque chose qui l’intéresse grandement aussi. Et ça, c’était déjà le cas avant. Discrètement, pas tout le temps, il glane quelques informations par-ci par-là ou bien se contente de voir. D’être étonné, surpris, attendri, agacé, incompréhensif, un peu tout. En s’en rendant plus ou moins compte. Il a toujours été un garçon assez attentif – quand il a décidé de l’être, cela dit – mais ce n’est pas ce trait qui le pousse à observer la jeune femme. Elle capture son regard sans qu’il n’ait jamais cherché à s’en défaire. Et puis il y a d’autres choses, moins visibles, plus ressenties et nouvelles par ailleurs. Ses mains. Cette façon qu’elle a de le toucher. Plus ou moins doucement, plus ou moins tendrement, toujours agréable cependant – et on mettra de côté l’épisode du désinfectant. C’était pas sa faute mais celle de la bouteille, d’abord. Extérieurement, la jolie rousse a l’air de beaucoup de choses. Mais pas spécialement d’une tendre. Son visage est souvent fermé – et Finn prend toujours un grand plaisir à y faire apparaître des émotions diverses et variées ou juste à observer, une fois de plus, les changements. Il serait erroné de dire que dernièrement son expression s’est adoucie quand elle le voit car il n’en sait rien. Après tout, il ne l’a pas vue en deux mois. Même si aujourd’hui, cependant, il l’a vue plus d’une fois avec un sourire aux lèvres. De l’affection dans le regard. Heureuse ? Il n’ira pas jusqu’à prétendre l’avoir temporairement rendue heureuse, ni même d’en être capable. Parce qu’en premier lieu, rien ne lui indique qu’elle ne l’était pas déjà. La faire sourire, la faire rire, c’est déjà beaucoup. Il ne faut pas en demander trop d’un coup. Surtout que la valeur d’un bonheur temporaire est bien faible. D’autant plus que la plupart des instants de bonheur éphémères, souvent provoqués et non pas fortuits, se paient. Des bonheurs artificiels. Ils sont amenés par une cigarette, une nuit dans les bras d’un ou d’une inconnue pour oublier, un verre d’un quelconque alcool, un souvenir heureux ravivé par un objet ou bien un instant avec quelqu’un qui n’aime pas autant qu’on l’aime et à qui on le cache. Tous ceux-là se paient.
Il y a bien sûr d’autres moyens d’obtenir des petits instants heureux. Un parent qui prend son enfant dans ses bras. Un bon moment avec un ami. Une lettre, un petit mot, une petite intention d’un être cher. Ceux-ci, cependant, n’interviennent que lorsque le fond est déjà à peu près heureux. Et, surtout, ils sont parfaitement involontaires.
Dans les expressions d’Aiko, il y a aussi celle qui a lancé leur relation. Son air de défi amusé qui ne manque jamais d’amener en écho celui du contractant sur son propre visage. C’est tout, depuis le tout début, si elle le défie, il répond. Plus fort que lui, peu importe où elle place la barre – cela a été prouvé il y a deux mois -, il suit. Et des fois, c’est l’inverse. Ce n’est pas tant un jeu de chat et de la souris qu’une simple émulation mutuelle. Ils sont joueurs tous les deux. Des jeux un peu tordus, parfois moins. Cependant toujours équitables, chacun a ses chances.
Finn aime aussi comme elle parvient à les enfermer tous les deux dans une bulle à part. Cela est, une fois de plus, quelque chose qui existe depuis déjà un moment. S’ils sont tous les deux, alors le reste est oublié. Que ce soit pour discuter, jouer, se battre ou bien encore, plus récemment, se perdre dans les affres du désir. Il n’y a plus que l’autre. Peut-être que c’était ce qu’elle voulait dire quand, la dernière fois, elle parlait de perdre toute lucidité. Sauf qu’à ce moment-là, le jeune brun n’avait pas tout à fait percuté. Et qu’il l’avait pris comme un défi mais, pour une fois, qu’on bénisse son crâne épais. Cela ne crée pas que des ennuis. Du moins dans l’état actuel des choses.

Ses doigts mémorisent la courbe de sa taille, de ses hanches, du creux de ses reins qu’elle parvient d’ailleurs à arquer souplement. Après, il sera capable de les redessiner dans les airs. Parce que sur une feuille, étant donné ses talents – complètement absents, il ne manie que les lames et le coup de spatule sur le Naaru - avec un crayon, ce serait bien moins élégant. Il apprend à sentir ses muscles sous ses paumes, à la toucher là où cela l’affecte le plus. Il y a toujours les endroits « stratégiques » qui marchent chez beaucoup de femmes. Mais il y a ceux propres à la Baskerville, aussi. Et puis même, certaines choses qui marchaient sur d’autres ne marchent pas sur elle. Il ne faut pas fonctionner à la comparaison, chacune est unique. D’autant plus qu’à partir d’aujourd’hui, la partenaire de tous ses ébats futurs, c’est elle. Cela semble parfaitement logique vu ce qu’il s’est passé un peu plus tôt. Oh certes il n’est qu’un homme, jamais à l’abri d’un dérapage, toujours susceptible de poser les yeux sur d’autres dans la rue – ce dernier fait est assez inévitable, mais ne signifie pas grand-chose mis à part qu’il voit bien -, mais rien que le souvenir de la douleur qu’il a causée tantôt suffirait à lui ôter l’idée de la tête. Il n’est qu’un homme mais il refuse, à tout prix, de la blesser à nouveau. S’il lui fait du mal en allant en voir d’autres, alors il n’en verra pas d’autres. De toute manière, par respect, il n’y a pas à en voir d’autres. Ils se satisfont pleinement tous les deux. Si leurs expressions et leurs réactions pendant leurs ébats en sont un bon indicateur. Lui ne cherche pas spécialement à se contenir. S’il doit soupirer, il soupire. S’il doit gémir, il gémit. Si le prénom de la jeune femme lui échappe, alors il lui échappe. Plus d’une fois, d’ailleurs. Elle lui fait du bien et il aurait tort de ne pas le lui montrer. Elle expose ses réactions aussi après tout, et il n’y a qu’eux pour les voir.


En rompant leur liaison, il vient s’écrouler près d’elle, haletant et incapable de se soutenir tout seul. Le retour à la réalité se fait lentement, encore perdu dans cet étrange sentiment de plénitude, un peu hors du réel. Là où la réalité n’a pas réellement d’emprise sur le corps complètement détendu. Alors, réponse à la dernière question de l’homme ? Eh bien continuez à parier. Aucune idée du temps qui s’est écoulé – sûrement un bon moment néanmoins. Après tout, ils ont pris leur temps. Et ça en valait le coup, en espérant que la jeune femme soit du même avis. Mis à part qu’il est maintenant crevé et ne cracherait pas sur une douche, il se sent parfaitement bien. D’autant plus que, contrairement à la dernière fois, rien ne presse. Ils peuvent rester ensemble encore un peu. La durée du « un peu » dépendant entièrement de la jeune femme. Lui n’a rien de prévu. Mais elle ? Et puis, c’est son appartement. Si elle veut le mettre à la porte, elle en a tous les droits. Bien que tout au fond, il espère que cela n’arrivera pas. La séparation viendra, inévitablement, mais si elle pouvait rester lointaine encore un peu, ce serait mieux.
Il vient doucement l’entourer d’un bras tandis qu’il se soulève un peu pour pouvoir l’embrasser brièvement mais tendrement, peu désireux de les éloigner l’un de l’autre. Sa main sur elle dessine des motifs abstraits sur son corps, du bout des doigts. Parce que fatigué ou non, il a besoin de la toucher, de profiter du contact de leurs peaux l’une contre l’autre et parce qu’il n’aura jamais assez de câlins. Besoin qui est encore tout récent. Avant il y a deux mois, ce n’était pas vraiment le cas. Mais c’est comme ses lèvres qu’il va si souvent chercher, avant d’y avoir goûté, il pouvait s’en passer. Plus maintenant, sans qu’il ne soit tenté de s’en plaindre. Loin de là. Aujourd’hui était différent de la dernière fois. Non pas que les fois suivantes, s’il y en a, ne le seront pas aussi, bien sûr que non. Mais il y avait quelque chose en plus. Un poids sur la conscience en moins, peut-être ? Ou une liberté de plus. Des certitudes ? Il n’en sait fichtrement rien et ne cherche pas vraiment à le déterminer. Simplement, tout au fond il a l’impression de s’être bien plus offert qu’il y a deux mois. Alors même que, il y a deux mois, il pensait déjà n’avoir rien retenu. D’ici à ce qu’il mette le doigt sur un nom pour cette impression, il y a encore du chemin à faire. Et puis, pareillement, il a peut-être bien plus reçu d’elle cette fois.
Silencieusement – cela ne durera pas, on ne se refait pas -, il écoute la respiration de la femme contre lui en reprenant encore son souffle. Ses sens sont toujours tournés vers elle. Il pourrait rester ainsi à ne rien faire un bon moment. Comme cela a déjà été constaté, ne rien faire avec la jolie rousse est une activité qui lui plaît. Ils ne font pas vraiment rien d’ailleurs, ils profitent chacun de la présence de l’autre. Jusqu’ici, elle a paru apprécier cela aussi.

Le lit est passablement bordélisé, étant donné qu’ils ont bougé plus d’une fois. Les vêtements sont éparpillés ci et là, complètement abandonnés à leur sort et surtout parfaitement oubliés de leurs propriétaires. Se retrouver nu face à Aiko est loin de déranger Finn. Le fait lui passerait même complètement au-dessus de la tête s’il n’y avait pas le contact chaud de leurs corps pour le lui rappeler agréablement. Il n’y a pas à dire, ce toucher-là est réellement plaisant. Plus que plaisant, même. Il cesse de faire voyager sa main pour la poser simplement à plat contre le ventre de la jeune femme, un peu au-dessus du nombril de sorte qu’il puisse sentir son cœur battre sous sa paume. Puis il tourne son regard vers le sien, lui offrant un sourire au passage avant d’approcher son visage du sien, déposant ses lèvres sur sa joue, puis son nez, ses tempes, son front, murmurant entre chaque un petit morceau de sa phrase :

- Je n’ai pas dû te le dire tout à l’heure et après j’ai eu l’esprit légèrement occupé – il accentue cette partie-là d’un ton amusé et la ponctue d’un sourire contre sa peau, faisant en fait référence à leurs ébats où son esprit était en réalité plus que « légèrement » occupé – mais merci d’être restée tout à l’heure malgré tout.

Il a sincèrement voulu la remercier plus tôt mais n’a d’abord pas trouvé le courage puis a effectivement complètement pensé à autre chose. Maintenant que cela est calmé, il peut la remercier. Même oralement elle est plus courageuse que lui et expose plus ce qu’elle pense. Parfaitement injuste pour elle. Il revient en place après avoir terminé par embrasser ses lèvres, retournant dès lors se poser complètement sur le lit. Dites donc, à larver comme cela ils finiront par ne plus jamais se relever. Ce serait quand même dommage. Sauf que pour sa part, Finn refuse de se lever si cela signifie s’éloigner d’Aiko. C’est tout, il a décidé d’être collant encore un petit peu. Petit peu qui se verra écourté si elle décide de le repousser. Et puis il n’a pas encore vraiment réussi à la faire rougir aujourd’hui, elle ne peut pas le virer tout de suite. Le mieux, pour réussir à la faire rougir, c’est encore de trouver le moyen de la prendre au dépourvu. Il va y réfléchir et trouver quelque chose. Oui, oui, il trouvera. Quitte à avoir l’air bête au passage. En attendant, il a un tout autre problème existentiel à faire partager à sa camarade allongée contre lui.

- J’ai envie de prendre une douche mais je n’ai pas envie de m’éloigner de toi. Tu viens avec moi ?

Même pas honte, non madame. S’il a commencé sa réplique en fixant le plafond avec un air volontairement désintéressé, il l’a terminée en la regardant avec un air malicieux. Et si elle dit non ? Il ira tout seul. Il ira tout seul après l’avoir embêtée pour avoir dit non, parce que voilà. Il ne s’en vexerait pas pour si peu. Par contre elle devra quand même lui indiquer le chemin si elle ne veut pas qu’il se risque à ouvrir les portes au hasard dans le couloir pour trouver la pièce convoitée. Bien que son idée ne soit pas très intelligente vis-à-vis de la jeune femme, il lui faudra retirer le pansement fait avec amour plus tôt. Mais, en homme – ami, copain, amant ? - dévoué, le contractant le lui refera. Ou peut-être que laisser la plaie à l’air libre maintenant serait plus convenable, en fait. Bref qu’importe, ces détails techniques se décideront sur le coup. Il y a bien plus intéressant pour le moment.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   28th Décembre 2012, 03:40

Finalement, plus nous avançons dans la vie, plus on découvre de quel paradoxe elle est faite. Rencontrer une personne, à première vue, est banal. Et pour certaines rencontres, ça l’est, effectivement. Pourtant, d’autres fois, c’est vraiment tout le contraire. Des regards qui se saisissent à la volée, des sourires qui s’échangent presque inconsciemment, cette coquetterie qui se transmet, une gêne incompressible qui s’installe, une oreille distraite qui écoute ce qu’on lui dit alors que les yeux sont fixés sur une toute autre personne. Et puis, finalement, nous avons cette impression d’être pris au piège. Et le pire, c’est qu’on aime ça. Nous trouvons que ce piège a été confectionné pour nous et pour nous uniquement. Nous avons cette impression qui nous somme de laisser nos poignets se faire lier. Se faire lier non pas par une chaîne mais plutôt par une ficelle. Une simple ficelle qui, en fait, ne nous entrave pas. Mais cela reste néanmoins largement suffisant pour nous mettre en tête que nous ne nous appartenons plus. Les papillons dans le ventre, les clignements d’yeux qu’on tente de faire rare pour observer le plus longtemps possible cet être qui semble tout droit tiré de nos songes, cette envie presque incontrôlable d’aller le voir, mais surtout cette fierté qui nous empêche de le faire. De toute façon, à quoi bon ? Nous sommes pris au piège, cette personne peut obtenir tout de nous. Pourquoi donc aller vers elle et perdre le risque de ne plus jamais pouvoir plonger dans autre chose que dans ses yeux si tout tourne mal ? Ces mêmes yeux qui nous couvent, ces bras qu’on imagine déjà nous enserrer, cette odeur que nous sentons malgré la distance, cette voix suave que l’on entend malgré les mètres nous séparant. À vrai dire, pendant ces moments là, chacun d’entre nous devient sourd, muet et aveugle. Sourd au reste du monde ; il perçoit nettement la moindre syllabe, le moindre son, la moindre hésitation faisant vibrer les cordes vocales de l’être qui, peut-être sans même le savoir, a fait de nous une poupée de chiffon. Muet pour tout le monde sauf pour lui ; nous parlons, nous répondons même si c’est juste pour dire de répéter, même si c’est juste pour approuver, nous parlons simplement pour que cet inconnu ne pense pas que nous sommes captivés par lui, pour qu’il se dise qu’on reste attentif à ce qui nous entoure, mais aussi et surtout pour qu’il puisse entendre notre voix, pour pouvoir partager l’un de ces moments si intimes et si forts avant même de vraiment se connaître. Quoique si, car nous avons l’impression – décidément, il y a beaucoup trop d’impressions qui nous prennent au dépourvu – de le connaître mieux que quiconque. Nous flottant sur une eau fraiche et claire, nous survolons les cieux encombrés par des nuages qui menacent de laisser la foudre s’abattre, mais nous ne sommes plus sur Terre, nous sommes hors d’atteinte. Et puis, il approche. Ou alors c’est nous qui approchons. Nous n’en savons rien, car les pas de l’autre sont parfaitement coordonnés aux notes. Peut-être que nous approchons en même temps tout compte fait. On ne veut pas savoir, on n’y pense même pas. Il est là. Cet être exceptionnel est là. Il se tient devant nous et on se retrouve gêné d’ainsi l’observer, d’ainsi le contempler. Pourtant, impossible de décrocher nos prunelles des siennes. Il n’est pas réel. Ce n’est tout bonnement pas possible qu’il soit réel. Peut-être rêvons-nous. Ça ne fait rien, dans ce cas, il serait préférable de ne pas se réveiller. Pour une fois que l’on peut s’octroyer un moment de pur bonheur sans pour autant s’obliger à regarder la réalité en face. Ce sentiment. Quel est-il ? Bien sûr, c’est...
Aiko avait-elle ressenti tout cela, lors de sa première rencontre avec Finn ? Pourquoi diable ne s’en souvenait-elle pas ? Pourquoi ne se souvenait-elle que de ses yeux ensorcelants, de sa voix mielleuse, de ses mains fortes, de sa peau douce et de son sourire d’ange ? Peut-être, au final, avait-elle ressenti tout cela. Peut-être ne voulait-elle pas s’en souvenir. Car la fin de cette charmante histoire n’est pas encore écrite. Ce fameux sentiment dont la jeune rousse a omis le nom n’en a pas fini avec les deux jeunes gens. Pourtant, combien de fois avait-elle espéré faire pareille rencontre ? Elle avait été petite fille et ce n’est pas parce qu’elle ne rêva jamais au prince charmant sur un cheval blanc qu’elle n’espérait pas qu’un jour un ténébreux vienne la libérer des chaînes qui la lient à son enfance pour l’emprisonner à jamais dans une sorte de bulle qu’il confectionnera. Qu’ils confectionneront. Mais quel était le lien entre ce ténébreux est Finn ? Le savait-elle, au fond d’elle ? Voulait-elle le savoir ? Ou alors, peut-être désirait-elle perpétuer le mystère. Ce devait plutôt être cela, car cette jeune femme a toujours eu un penchant pour le danger, l’inconnu. Une âme poétique perdue dans un monde de perpétuelle logique ? Non, sûrement pas. Elle était plutôt ce genre de personne à être rationnelle tout en demeurant rêveuse. Sans pour autant être rêveuse. Compliqué n’est-ce pas ? Disons, pour faire simple, qu’elle était une sorte de philosophe. Ou quelque chose qui s’en approchait. Sans croire au grand amour, sans croire au coup de foudre, sans croire à l’éternel, cela ne l’empêchait pas de tenter d’y croire, de tenter d’être l’enfant et l’adolescente qu’elle aurait dû continuer d’être encore un moment. Au lieu de quoi, la mort de sa jumelle suivie de celle de son paternel l’empêchèrent de vivre comme elle le souhaita. Elle grandit trop vite. Elle mûrit trop vite. Et aujourd’hui, elle en subissait les conséquences. Les effroyables conséquences. Justement, cela était relatif à Finn. Avec lui, tout semblait être plus doux, plus calme. Et ces effroyables conséquences devenaient nettement plus faciles à accepter. Ça ne la dérangeait pas de croire à des sottises si c’était avec lui. Parce qu’il le lui permettait. Parce qu’il ne la jugeait pas. Parce qu’il avait accepté d’être sien. Et surtout parce qu’avant aujourd’hui, avant que tout ne devienne un tout petit peu plus clair pour les deux Baskerville, il l’avait faite sienne. Il lui avait rendue se liberté en l’emprisonnant dans sa vérité. Leur vérité du coup. Être libre en devenant nouvellement emprisonnée. Pourquoi donc la vie s’amusait-elle à se teinter de ce saugrenu paradoxe ?

Tout ce que peuvent exprimer ses propres yeux, elle le lit clairement et nettement dans le regard de son compagnon, écho du sien. Tout ce qu’elle veut, il le sait, parce qu’elle ne lui cache rien, parce qu’elle est franche avec lui. Parce qu’elle ne s’était pas réellement mise à nue, mais que lui s’en était occupé ; il l’avait mise à nue sans qu’elle n’y oppose nulle résistance. Aussi bien au sens propre que figuré. Bien qu’ici, il est bien plus question du sens figuré que du propre. Il suffit qu’elle le regarde pour qu’elle ne pense qu’à lui. Il suffit qu’il le veuille pour qu’elle ait mal. Il suffit qu’elle l’embrasse pour qu’elle se rappelle du danger de cette étrange relation. En quoi consistait e danger ? Non, elle n’irait sûrement pas dire que l’union de deux Baskerville était interdite. Beaucoup trop l’avaient fait avant eux – alors qu’il n’est pas vraiment question d’union ici – pour que ce soit aujourd’hui interdit. Et puis, aucun lien de sang ne les liait, alors pourquoi s’en prouveraient-ils ? Si cette règle existait, elle aurait été transgressée depuis longtemps déjà. Vous l’aurez compris, le problème ne venait certainement pas de là. Au fond, c’était simplement, comme avec toutes les relations, que tout pouvait prendre fin bien trop subitement pour qu’Aiko puisse encaisser le coup. N’importe quoi pourrait arriver. De surplus, ce n’importe quoi pouvait arriver n’importe quand. Et que pourrait-elle bien y faire, hein ? Malheureusement, rien de bien efficace. Que l’accident se produise sous ses yeux ou derrière son dos, elle ne serait certainement pas en mesure d’arrêter le cours des évènements, d’obliger le temps à s’arrêter. Rien ne disait qu’elle ne tenterait pas, qu’elle n’espérerait pas, mais au bout du compte, si cela devait se produire, ça se produirait. Comme pour la tragédie de Sablier. Quelqu’un aurait pu arrêter le drame. Quelques uns avaient peut-être essayé. Mais ça semblait avoir été écrit, alors tout se passa comme l’histoire le narre de nos jours. Tout pouvait les séparer et ça faisait atrocement mal de savoir que l’on ne pourrait pas retenir l’être chéri malgré tout l’amour que nous lui portons. Aussi incertain et aussi flou puisse être ce même amour. D’autant plus qu’ils étaient Baskerville. La preuve, ils se sont soignés avant de commencer leurs ébats. Aiko n’avait pas voulu y penser, mais elle savait qu’aujourd’hui, Finn aurait pu y rester. Qu’elle aurait pu y rester aussi. Si tous deux avaient passé l’arme à gauche lors de cette mission, au moins, aucun d’entre eux n’aurait eu à souffrir de l’absence de l’autre. Mais demain, après-demain, ils n’effectueront pas toujours les missions en duo. Combien même, ce duo ne serait peut-être plus jamais composé d’eux deux. Comment veiller l’un sur l’autre dans pareilles circonstances ? Dans tous les cas, c’était plus ou moins désavantagé pour eux. Effectivement, par exemple, aujourd’hui, il aurait été erroné de prétendre qu’Aiko ne lançait pas parfois des regards en coin à Finn pour savoir si tout allait bien de son coté. Même si elle lui faisait pleinement confiance et ce, qu’importait la situation. Mais n’empêche, il fallait qu’elle en soit certaine, qu’elle le voie de ses propres yeux. Et puis, le voir gesticuler et manier cette arme créait une envie irrésistible envie d’être proche de lui, car elle se rendait compte dans ce genre de moment à quel point il était fort. Aussi bien physiquement que mentalement, car il ne semblait avoir aucun regret à mettre un terme aux vies des personnes qui possédaient leurs noms marqués sur la liste noire des Baskerville. Et si lors d’une autre mission, ’il n’était pas là, elle penserait à lui. Certes, il y aura des moments où ses pensées se déroberont à son visage d’ange, mais cela n’empêchera en rien son esprit de revenir à lui, alors elle repensera à lui, à ses muscles qui se tendent, à la sueur qui perle sur son visage, à son regard enduit tantôt d’un mépris sans pareil, tantôt d’une indifférence glaciale. Elle y penserait parce qu’elle saurait impertinemment qu’elle risquait de périr sous les coups de l’ennemi. Et comme toute personne qui se respecte, elle penserait à l’être auquel elle tenait le plus en ce bas monde.

Comment pouvait-elle l’embrasser et se laisser aller contre lui alors qu’elle pourrait tout autant que lui rompre la promesse silencieuse qu’ils se sont faite ? En sachant que tout pourrait prendre fin ? Que ferait-elle dans ce cas ? Quand elle embrassait Finn, elle pourrait jurer de lui appartenir pour toujours. Mais une fois loin de lui, se remémorant ce bleu qu’elle avait vu sur son cou, peut-être n’aurait-elle pas les mêmes pensées. Même si elle lutterait. Elle n’était pas si rancunière que cela et ce bleu était une bien piètre justification. Avait-elle le droit de l’embrassant en sachant que, peut-être dans seulement quelques jours, tout prendrait fin ? Peut-être même en moins de temps que cela. Oui, elle en avait le droit. Parce que lui aussi ignorait cela. Et puis, la mort n’étant pas la seule chose pouvant les séparer, la relation n’en devenait que plus dangereuse pour les deux partis. Qui sait, peut-être qu’une autre femme entrera dans la vie du brun. Combien même il lui promettrait que ça n’arriverait pas, il ne pourrait pas en être sûr. Savait-il qu’il allait la rencontrer, elle ? Sans doute pas. Tout compte fait, certainement pas. Et elle alors ? Pourrait-elle jurer de rester fidèle ? Sans problème. Elle ne buvait pas trop, alors elle ne serait pas inconsciente au point de ne pas savoir ce qu’elle ferait. Même si elle venait à vouloir être saoule, sans doute pour le plaisir, elle ne le ferait qu’en présence de personnes de confiance et qui pourraient la surveiller. Mais si elle tombait sur un autre homme ? Un homme qui lui plairait et qui la séduirait de part par son caractère, mais aussi en usant de son physique. Non, elle ne voulait pas y penser. Elle désirait simplement penser au présent. Parce que Finn avait de nombreuses qualités et que l’un d’entre elle consistait à imposer le présent et uniquement le présent au cerveau d’Aiko. Elle ne pensait qu’à cela. Et en ce moment, ce présent était composé de Finn, de ces mers vertes et de ses profondeurs abyssales, de ce corps musclé, de ces lèvres envoûtantes et tentatrices, de ces cheveux en bataille mais qui travaillent au charme de l’homme, sans parler de ces traits qui n’avaient peut-être rien particulier aux yeux des autres femmes mais qui, pour Aiko, étaient singuliers. Un présent composé de lui. Lui et seulement lui. Lui sur elle, lui sous elle, lui en elle. Lui qui la caresse, lui qui l’embrasse, lui qui murmure son prénom. Lui qui la possède. Lui qu’elle possède. Lui qu’elle désire. Lui qu’elle fait plus que désirer. Lui qui accapare tout ses pensées. Lui qui s’impose partout ; que ce soit dans son espace physique ou dans le mental. Lui qui la faisait céder en un regard au désir charnel. Lui qui... Lui qui représentait tout pour elle. Lui qu’elle appréciait tant. Lui qu’elle aimait de cet amour encore incompréhensible. Lui qui pourrait la faire geindre et lui qui pourrait la faire rire. Lui qui l’a faite geindre et qu’il l’a faite rire. Lui qu’elle voulait à ses cotés pour toujours. Lui qui pourrait se réfugier dans ses bras s’il en avait besoin. Et lui qui l’accueillerait dans les siens si c’était elle qui s’avérait avoir besoin d’affection, de soutient. Simplement lui, car il n’y a pas plus noble façon de le décrire qu’ainsi. Finn était Finn. Avec Aiko ou pas, il le demeurait et le demeurerait. Peut-être qu’avec elle, il était plus authentique qu’avec les autres, plus authentique que lorsqu’il était seul. Mais de cela, elle ne pouvait en être certaine qu’en le lui demandant, car elle ne pouvait pas savoir comment il se comportait quand elle n’était pas là. Mais pour le moment, il usait de l’une de ces qualités, celle citée plus haut. Il usait de son don. D’un de ses pouvoirs, car sur Aiko, il en possédait plus d’un. Celui de ne lui faire voir que lui, de ne la faire penser qu’à lui. Ou, d’une façon plus concise, de ne la faire penser qu’au présent.

Parce qu’avec lui, elle avait tous les droits. Tous les droits sur lui. Même lui faire du mal. Après tout, s’il lui avait donné le droit de le posséder, le droit de l’aimer comme il était, alors il lui avait aussi attribué la possibilité, l’opportunité et surtout le droit de lui faire du mal. Mais à cela, elle ne voulait même pas y penser. Cela reviendrait à se faire du mal. Cela reviendrait à se blesser. Même si au fond, le blesser lui était bien plus douloureux que toutes les blessures physiques et mentales qu’on pourrait lui affliger à elle. Le décevoir, voir cette lueur dans ses yeux serait une épreuve qu’elle ne surmonterait pas. Parce que ce genre d’épreuves est censé être surmonté à deux, mais tout aussi paradoxalement, celle de la déception, on ne pouvait y faire face que seul. Ou du moins, sans l’être en lequel on voyait cette déception. Quoiqu’il en soit, elle ne pourrait pas accepter cela. Pas de Finn. Ça lui ferait trop mal. Elle ne s’en relèverait pas, même si l’homme venait à lui pardonner. Alors pourquoi s’y risquer alors qu’elle savait qu’elle avait tout à y perdre – car n’avait-on pas dit que son tout se résumait au brun ? – et strictement rien à y gagner si ce n’est une accablante honte ? Elle se retiendrait. Elle se débrouillerait. Elle ne lui ferait pas de mal. Jamais. Qu’importe qu’il croit au jamais ou pas, elle, pour cela au moins elle y croirait. Elle y croyait.
S’il la décevait, elle tenterait d’encaisser. Elle resterait avec lui, tenterait de comprendre. Au final, peut-être s’en irait-elle. Peut-être lancera-t-il quelques paroles vexantes. Mais dans ce cas, ce serait légitime, car ce serait uniquement une autodéfense. Comme aujourd’hui. Mais concrètement, c’était le seul moyen qu’elle lui fasse du mal.

Pour rien au monde elle n’aurait troqué ces délicates caresses, ces sensuels regards, ces délicieux et délectant baisers. Pour rien au monde elle ne se serait pas donnée à lui dans pareilles circonstances. Ou dans d’autres d’ailleurs. Elle ne voulait pas et n’aurait de toute façon pas pu lui résister. Pas après une dispute. Un malentendu serait le mot le mieux approprié. Son corps ne pouvait que frissonner tout entier tandis qu’il se faisait si bien traité, tantôt caressé, tantôt embrassé, d’autres fois mordillé ou légèrement brusqué. Mais tout cela était bon. Bien trop bon pour que les mots les plus forts puissent en exprimer l’ampleur. Son corps brûlant contre le sien, ses mouvements experts, délicats, ses yeux étincelants et assombris à la fois par un exquis désir ; tout cela contribuait au bien être de la demoiselle. Il faisait courir ses doigts sur sa peau de porcelaine et sa langue sur son cou lui étant totalement offert. Il lui procurait un désir qui ne pouvait être décrit ni avec des gestes ni avec des mots ; on ne pouvait que le vivre et l’apprécier. Il la faisait frissonner, la faisait gémir, la faisait pousser quelques cris aigus quand elle le sentait un peu plus présent en elle. Et lui aussi réagissait. Ce qui, au fond, ne faisait qu’éveiller une certaine satisfaction qui accentuait les bruits qu’émettait naturellement la jeune rousse. Il est étrange comme la voix de Finn changeait quand elle était teintée de simple amusement ou quand elle était imprégnée d’un profond désir. Comme toutes les voix sans doute. Mais c’était la première fois qu’elle remarquait pareil changement chez un homme. Elle n’y avait jamais fais attention. Peut-être – sûrement même – qu’avec Finn, même son coté observateur s’éveillait. Il était envoûtant, fascinant. Séduisant. Terriblement séduisant. Un torse contre lequel l’une de ses joues pourrait reposer pendant des nuits. Un charme qui était sien, des lèvres qui étaient désormais à Aiko, un caractère pur et franc. Tout cela était-ce une idéalisation de cet homme, car la jeune femme éprouvait à son égard un profond respect teinté d’un sincère amour ? Certainement pas. Au fond, c’était surtout elle la mieux la placée pour savoir à quoi il ressemblait vraiment. Ce n’étaient pas seulement ses yeux qui lui renvoyaient pareille image du brun, mais simplement que maintenant, sans particulièrement le connaître comme elle le voudrait – comme elle finirait par le faire, sans doute – elle savait pertinemment qu’elle ne se trompait pas. Même si un jour, je ne sais pour quelles raisons, elle venait à le détester – il faudrait bien plus qu’un simple malentendu pour cela ; elle tenait bien trop à lui pour ne serait-ce que penser à pareille éventualité – elle ne changerait pas son avis sur son physique et sa personnalité. Le seul avantage à avoir aimé quelqu’un puis à le détester est que l’on peut par la suite voir ses défauts en préservant ses qualités. Pas tout le temps, je vous l’accorde. Mais Aiko n’était pas non plus vraiment habituée à éprouver des sentiments négatifs envers les personnes, elle ne saurait donc dire si elle se montrerait dotée du sang froid dont il est question ici. Cela vous étonne, avec un caractère de chien comme le sien ? Disons qu’effectivement, à défaut d’être méchante – car elle ne voulait simplement pas s’abaisser aux niveaux des vils – elle se montrait indifférente. Indifférente et bien souvent silencieuse. Après tout, quel était le plus grande mépris ? Le silence, bien sûr.

Alors plus d’une fois, pour être sûre de ce qu’elle avançait, elle plongeait dans ses yeux. Elle se noyait dans leur infinité et ne désirait plus pouvoir en sortir. De toute façon, elle ne pourrait pas tant que Finn les gardait fixés sur elle. Prisonnière de son regard, elle l’était sans conteste. Elle meublait donc ce temps qu’elle possédait à autre chose. Ou du moins, ce fut son mental qui s’occupa de ces autres tâches, car comme dit déjà, son physique était bien trop occupé à agir et à réagir sous les mains électriques de son partenaire. Tout était brouillé dans son esprit, elle ne savait même plus distinguer le vrai du faux, ce qui fit qu’elle ne savait pas si Finn était tout droit tiré de ses songes ou s’il était bien réel. La réalité existait-elle seulement ? Peut-être, après tout, n’était-ce que l’utopie de ceux vivant dans les songes. Peut-être que tout la vie d’Aiko n’était qu’illusion. Peut-être qu’elle-même en était une. La réalité n’existerait donc pas. Elle n’arrivait pas à réfléchir, n’arrivait pas à émettre une seule pensée cohérente. En fait, elle n’arrivait à émettre qu’une seule et unique pensée qui se résumait à Finn. Une pensée qui, bien que des plus agréables, ne l’aidait pas à y voir plus clair. Mais pourquoi vouloir y voir plus clair alors qu’elle se plaisait tant à être dans le brouillard le plus opaque ? Que ce soit une illusion ou un mirage, un rêve ou une réalité, elle était bien, là, détendue et étendue entre les bras d’un homme qui, elle le savait, promettait de part son regard de ne pas lui faire du mal – ou du moins, comme elle, il essaierait –, alors pourquoi vouloir s’extirper de ce doux état où elle semblait planer ? Où elle planait, pour être plus juste. Nulle raison valable. Alors elle se perdait. Elle se perdait dans ses yeux tout comme lui se perdait en elle, tout comme leurs langues se perdaient dans la bouche de l’autre, tout comme leurs mains se perdaient dans le touché mirifique du corps de l’autre. Tandis que tout autour d’eux s’écroulait, que leurs propres voix s’évanouissaient à peine eurent-elles atteint les oreilles de celui ou de celle à qui l’être se donnait corps et âme. Aiko ne pouvait pas réfléchir. Aiko ne voulait pas réfléchir. Aiko était bien. Aiko se plaisait à ce contact qui était différent de celui qu’elle pût éprouver de la dernière fois. Elle qui pensait que ce fut déjà unique, que dire désormais ? Cet homme… Finn. Qui était-il pour faire plonger la jeune femme dans pareil était d’esprit complètement brumé et nébuleux ? Possédait-il lui-même réponse à cette question ?

Le degré ultime ayant été atteint, les deux Baskerville finirent par se calmer. Passablement. La jeune rousse lança un regard au lit avant de reporter son attention sur le brun, nullement étonnée de voir que rien n’était plus en place, pas même leurs propres corps. Face à elle, le brun avait déposé sa main sur son ventre, un peu au-dessus de nombril. Il reprenait, tout comme elle, son souffle. Souffle qu’elle désirait reprendre autrement d’ailleurs, car il était clair que désormais, son oxygène se trouvait bien plus dans la bouche du joli brun que dans l’air environnant. Il répondit alors à cette demande silencieuse, bien que pas totalement. Mais ça suffisait, car le contact de ses lèvres chaudes contre son visage était tout aussi agréable qu’un baiser direct. Et puis, juste avant, il lui sourit. Un sourire auquel elle répondit immédiatement, sans même s’en rendre vraiment compte. Sourire qui lui monta jusqu’aux yeux, les faisant briller d’une étincelle de malice. Il commença alors son petit jeu par sa joue qu’il embrassa, l’achevant par son front, en passant par son nez et ses temps. Elle émit d’ailleurs un léger rire lorsque les lèvres douces de son compagnon se déposèrent sur son nez. Et puis, entre temps, il parlait. Des mots hachés par ses baisers, mais ce n’était pas pour autant qu’elle perdait le fil. Ce qui la poussa d’ailleurs à sourire doucement lorsqu’il dit qu’il fut « légèrement » occupé. Légèrement beaucoup, mais pour cette fois-ci, elle lui pardonnerait, va ! Il acheva par un remerciement. Il la remerciait d’être restée. Son sourire ainsi que tous ses traits s’adoucirent et alors qu’il venait cueillir ses lèvres, elle tint son visage entre ses deux mains pour pleinement répondre au baiser. Ça ne voulait pas tant dire un « de rien » qu’un simple « c’est normal ». Parce qu’elle n’aurait pas pu faire autrement. Parce qu’elle ne pourrait jamais faire autrement. Tant à faire, autant ajouter quelques mots, elle aussi. Autant se mettre à nue plus qu’elle ne l’avait déjà fait tout à l’heure, en ce moment, tout ce temps. Après tout, ne lui avait-elle pas avoué avoir été jalouse parce ressentait à son égard un certain amour ? Les autres aveux paraîtront bien plus faciles à dire.
Alors lorsqu’il quitta ses lèvres pour aller s’allonger à ses cotés, elle se tourna vers lui, une expression plus sérieuse lui traversant les yeux.

« Je n’aurai jamais pu, Finn, avec tout le courage du monde, ne pas t’accorder l’occasion de t’expliquer. Alors qu’au fond, tu n’avais même pas besoin de t’expliquer... »

C’était d’ailleurs aussi en partie pour cette dernière phrase qu’elle s’était excusé tout à l’heure. Parce qu’il ne lui devait rien et qu’elle lui avait tout de même forcé la main pour avoir des explications auxquelles elle n’avait sûrement pas droit. Elle laissait son index passer sur son visage, caressant le contour de ses yeux pour ensuite passer sur sa joue droite, ses muscles qui tressautaient parfois à ce même endroit, continuant sa descente jusqu’à atteindre sa mâchoire. Mâchoire qu’elle vint embrasser délicatement avant de lui décocher un sourire amusé. Oui, très juste, elle pouvait passer d’une humeur à l’autre très facilement. Même si les mots qu’elle lui avait lancés avaient été du plus grand sérieux, cela ne l’empêchait nullement de reprendre un ton et une expression plus enjoués. Elle alla lui offrir l’un de ses baisers tellement chastes et lui tira ensuite la langue d’un air espiègle. Mine de rien, sans ce baiser chaste qu’il lui offrit tout à l’heure, allez savoir si elle aurait accepté d’aller se faire soigner. Oui bon, même si elle avait affirmé que ça ne suffirait pas, ça avait plutôt servi pour qu’elle le ramène chez elle. Ou pas. Bref, comme d’habitude, tout finissait comme ça avait commencé. Même si, au fond, rien n’était encore fini. Bien au contraire.
À ses derniers mots, elle aurait volontiers ajouté qu’elle tenait trop à lui pour s’en aller. Pourtant, elle ne le fit pas. Elle le ferait peut-être plus tard, quand elle en trouverait le courage. Quoiqu’il puisse penser, elle n’était certainement pas plus forte que lui, même si parfois, elle s’en donnait les airs. Quoiqu’il en soit, en attendant que Finn gardait le silence, elle voulait bien s’adonner à cette activité à laquelle elle ne réussit pas à se consacrer un peu plus tôt, parce qu’elle était, elle aussi, « légèrement » occupée. La contemplation des deux émeraudes qu’il possédait. Qui était-il ? Un homme, un brun, un fils, un frère Baskerville. Quoi d’autre ? Elle s’enfonça un peu plus à l’intérieur de ses puits. Un être exceptionnel. De cela, elle en était certaine. Quoi d’autre ? Un homme qui, aux yeux d’Aiko – et sûrement de sa mère tant qu’on y était – ne pouvait avoir et n’avait de toute façon certainement pas d’égal. Au fond, elle ne savait rien de son passé. Rien de sa vie si ce n’est quelques futiles détails. Elle ne voulait pas y penser. Pas maintenant. Ce n’était vraiment pas le temps. Finn était simplement Finn. Son Finn. C’est tout ce qu’elle avait besoin de savoir. Pour le moment.

La voix de l’homme retentit, extirpant la demoiselle de ses pensées. Elle cligna des yeux avant d’afficher un sourire amusé. Il voulait prendre une douche avec elle alors ? Elle fit glisser sa main droite jusqu’à son ventre pour ensuite achever son ascension sur son torse, faisant doucement racler ses doigts là-dessus. Elle faisait courir les doigts de son autre main sur son visage, un sourire taquin accroché aux lèvres. Elle fit non de la tête. Enfin, même si ses yeux criaient au mensonge et qu’elle ne tentait même pas de le cacher, elle tenait à lui faire comme qui dirait un peu perdre la tête. L’une de ses activités favorites, avouons-le. Elle se releva ensuite pour se pencher au-dessus du lit et prendre la main du brun. Lorsque ce-dernier se releva, elle se hissa sur la pointe de ses pieds pour aller l’embrasser de nouveau. Il était clair que maintenant, elle ne pouvait plus se passer de ses lèvres. Tant pis, ça ne semblait pas le déranger. Elle l’entraîna à sa suite et, ayant franchi le seuil de la porte de sa chambre, elle passa celle juste en face. Porte qui, au passage, était entrouverte et donnait sur la salle de bain. Une description n’étant pas indispensable, nous dirons simplement que la douche se trouvait vers le nord-ouest de la pièce. Elle retira son pansement en plissant les yeux, jetant un coup d’œil à la blessure. Elle soupira et se glissa dans la douche après avoir ouvert les portes en verres, entraînant le jeune brun à sa suite. Pas la peine de signaler qu’il suffirait qu’il force un peu sur ses muscles pour qu’il empêche la rousse d’avancer, nous avons établi depuis un moment déjà qu’il était plus fort qu’elle physiquement. En revanche, il n’avait aucune raison de le faire. Si ?
Avant de commencer cette douche, elle fit glisser ses bras autour de son cou et alla coller son front contre son épaule, les yeux clos. Juste se reposer contre lui. Quelques secondes. Elle n’avait pas sommeil, alors non, ce n’était pas de ce genre de fatigue dont il est ici question. Elle retira l’un de ses bras pour glisser sa main jusqu’au robinet. Eau chaude ou eau froide ? Sérieusement, elle ne savait pas où ses doigts allaient se poser. Ce furent sur le robinet agrémenté d’une touche de bleu. Elle ouvrit à pleine puissance et émit elle-même un hoquet de surprise suite à l’eau glaciale qui glissa sur sa peau. Elle se détacha du brun et activa l’autre robinet, diminuant de la puissance de l’eau froide. Quelques autres réglages et l’eau devint tiède. Elle se tourna vers Finn et s’excusa silencieusement à l’aide d’un sourire à la fois amusé et gêné. Elle leva la tête vers le jet d’eau et clos ses yeux, profitant de ce doux contact contre sa peau. Elle avait volontairement laissé l’eau froide prendre le dessus sur l’eau chaude, parce qu’elle n’aimait vraiment pas ça, l’eau chaude. Ce qu’il en était de Finn ? Elle l’ignorait, mais les robinets étaient tout autant à sa disposition qu’à celle de la demoiselle. Ça ne la dérangerait pas outre mesure qu’il change le dosage. Elle fit alors courir son index sur son torse, atteignant son nombril, un sourire étirant ses lèvres rosées par la chaleur. Elle alla retrouver ses lèvres, appréciant tout particulièrement les baisers mouillés. C’était d’ailleurs le premier qu’elle échangeait avec le brun. Pas la peine de penser aux autres hommes. Pas quand Finn était là. Et Finn était toujours là, même lorsque physiquement, il n’était pas présent. Vous l’aurez compris, Aiko refusait de penser aux autres. De toute façon, elle n’y pensait pas habituellement, alors pourquoi se torturer l’esprit maintenant ? D’autant plus qu’elle veillerait à ce qu’il n’y est plus d’autres.

Quoiqu’il en soit, elle se détourna un instant du visage candide pour aller se saisir le shampoing. Elle fit signe à Finn de se baisser pour qu’elle puisse lui en mettre, mais sans l’attendre, elle se mit sur al pointe des pieds pour atteindre la hauteur désirée. Oui, elle avait l’intention de s’occuper de lui comme lui-même l’avait fait préalablement pour sa blessure. Le sourire qu’elle lui lançait ne lui laissait de toute façon pas le choix de refuser cela. Quoique. Elle versa le liquide mousseux sur ses cheveux et laissa ses doigts s’inviter à la fête, les faisant glisser entre ses boucles brunes, les lissant au fur et à mesure. Avec l’eau qui ne cessait de s’écouler, ça moussait rapidement et ça descendait le long du corps. Il y avait aussi du gel douche, mais pour l’instant, ce n’était pas indispensable. L’eau cinglait la peau de la demoiselle, ravivant la douleur de sa plus importante plaie. Néanmoins, elle ne fit que légèrement grimacer, trop occupée à faire courir ses doigts dans la chevelure de Finn. Il était simplement trop chou comme ça. Elle rit à cette idée, peu consciente du fait que l’homme devait la prendre pour une folle à lier. Il avait décidé de prendre une douche avec elle, à ses risques et périls. Elle posa ensuite sa main sur le torse du brun et le fit reculer jusqu’à ce que son dos rencontre le mur, hors d’atteinte de l’eau qui continuait de s’écouler. Elle alla lui offrir un long et passionné baiser, sans raison apparente. De toute façon, depuis quand avait-elle besoin de se justifier d’embrasser Finn tantôt calmement, tantôt avidement ? Elle alla se perdre dans son cou, ses lèvres enduites d’une mousse blanche. Elle rejeta brusquement sa tête en arrière en essuyant ses yeux. Bête, n’est-ce pas, d’aller se perdre dans le cou d’un homme alors que l’eau n’avait pas encore fait disparaître toute la mousse ? Tant pis pour elle. Juste pour cette fois-ci, le brun avait le droit de se moquer. Et encore une fois, à ses risques et périls. Elle se remit sous le jet d’eau, toussa doucement et se gratta de nouveau les yeux, cette fois-ci parce que ça piquait. Stupide.
Ouais bon, vu comment elle s’était collée à Finn, il ne lui manquait plus qu’un shampoing. Ou même pas vu qu’elle s’était douchée le matin même et que ses cheveux n’étaient pas sales du coup. Alors qu’elle réussit à rouvrir normalement les yeux, un nouveau sourire pris ses aises sur ses lèvres. Elle était passée pour une enfant, autant s’immiscer dans le rôle complètement. Avec une mine faussement boudeuse, elle s’exclama.

« J’veux un câlin ! »

Parce que parfois, être un Baskerville n’était pas si aisé que ça en avait l’air. Parce que même en étant Baskerville, on avait parfois besoin de s’amuser, de juste oublier que l’on porte un nom de famille enduit de sang d’innocents. Surtout qu’en ce moment, il n’y avait pas de secret – enfin, pas de secrets trop lourds du moins, parce que des secrets, il devait certainement y en avoir, peut-être même sans qu’ils ne s’en rendent eux-mêmes compte – entre Finn et Aiko. Ils n’avaient pas même besoin de cacher leurs identités, alors ils ne tentaient pas de trouver un moyen d’éloigner le plus possible la discussion sur ledit sujet de leur appartenance à la famille déchue. Ils avaient le droit de sourire, de rire. Ils avaient le droit de tout oublier, de juste être heureux. Ils avaient le droit de cesser de survivre, de simplement vivre. Ils ne savaient pas ce qui les attendait demain, alors pourquoi se priver d’un bonheur éphèmère ? Juste aujourd’hui, juste...

« Reste avec moi cette nuit »

Juste cette nuit.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   29th Décembre 2012, 08:22

Le regard d’Aiko semble s’adoucir lorsqu’il la remercie. Un peu comme lorsqu’il s’était excusé. Mais il se devait de le faire, comme il se doit maintenant de la remercier. Après tout, c’est quand même lui qui s’est comporté n’importe comment un peu plus tôt. Lui qui a sorti des paroles blessantes au lieu de dissiper le malentendu immédiatement. Lui qui aurait dû, dès le départ, être plutôt content qu’elle soit jalouse et en profiter pour ouvrir un peu les yeux. Mais ce qui est fait est fait. Et comme ça, tout est dit.

- Je n’aurai jamais pu, Finn, avec tout le courage du monde, ne pas t’accorder l’occasion de t’expliquer. Alors qu’au fond, tu n’avais même pas besoin de t’expliquer...

Il lui sourit simplement. Voilà qui clos le débat et par la même occasion la mésentente.
Elle fait ensuite glisser un index sur son visage, comme il l’a déjà vu faire plusieurs fois. Sur son visage ou sur son torse d’ailleurs. Et il faudra le torturer pour qu’il avoue à voix haute aimer ce contact somme toute assez léger et surtout très propre à la jeune femme. Jeune femme qui vient ensuite l’embrasser. D’abord sur la mâchoire, puis ensuite très simplement sur les lèvres. Un de ces « baisers chastes » dont elle parlait un peu plus tôt. D’ailleurs elle doit y penser aussi puisqu’elle lui tire la langue. Tout au fond, Finn est persuadé qu’elle finira par apprécier ça et qu’elle en réclamera. Juste un peu de patience… En attendant, il l’embrasse sur la joue avec un regard parfaitement – et surtout faussement - innocent.

Suite à sa demande, elle lui fait non de la tête tout en démentant cela par son expression. Il n’a qu’à peine le temps de chercher une fausse vengeance qu’en fait, elle se relève en l’invitant à faire de même. Elle y échappe pour cette fois. Mais il n’a pas fini de comploter pour l’embêter.
Il se plie volontiers à ce qu’Aiko l’entraîne à faire, se levant d’abord pour la suivre ensuite. Non sans avoir échangé un autre baiser initié par la Baskerville au passage. C’est qu’ils sont loin de s’en lasser. La jolie rousse est contrainte de retirer ce qui pansait ses blessures. Bien évidemment le contractant jette immédiatement un œil à ce qui marque le flanc de sa compagne. Tout cela pour constater qu’ils n’ont heureusement pas ouvert à nouveau la plaie avec leurs bêtises et qu’elle se porte même plutôt bien. De toute façon, en tant que Baskerville, il ne faudra que quelques jours pour que cela disparaisse. C’est autant un atout qu’un désavantage. Très pratique sur les blessures qui peuvent être cachées, mais moins sur celles qui sont visibles. Dur d’expliquer pourquoi il n’y a plus une trace de la balafre sur le visage au bout de seulement quelques jours à l’entourage qui doit rester étranger à un certain nombre de choses.
Elle les dirige ensuite tous les deux dans la cabine de douche, sans qu’une fois il n’y ait la moindre opposition de la part de l’homme. Hey, il est celui qui a demandé à venir prendre une douche après tout. Elle vient se poser contre lui un instant tandis qu’il l’entoure de ses bras. A chaque fois il le fait. Comme s’il craignait qu’elle ne parle soudainement alors qu’elle ne le fera pas. La tenir dans ses bras est rassurant. Et puis, ce n’est pas lui qui dira non à un contact avec la Baskerville, quel qu’il soit.
L’eau glacée qui leur tombe dessus soudainement leur arrache un hoquet de surprise à tous les deux, détruisant par la même occasion le calme qui venait de s’installer et leur étreinte. Cependant, bien vite en voyant la jeune femme s’activer sur les robinets, Finn continent un rire, l’amusement évident dans ses yeux. La brutalité de l’eau glacé les aura réveillés tous les deux, eau qui redevient assez rapidement tout simplement tiède. Du moment que l’eau n’est ni glacée, ni brûlante, il s’en accommodera. Idéalement il faut le milieu. Parce qu’il est chiant et supporte mal le froid, mais aussi le chaud. Au moins il applique les mêmes politiques sur la température extérieure que sur celle de l’eau. L’eau tiède réglée par la jeune femme lui convient très bien. L’homme profite un instant simplement du jet d’eau avant de sentir un contact qui n’est pas de l’eau se promener sur lui. Le retour du toucher agréable qui le fait sourire à la jeune rousse. Jusqu’à ce qu’Aiko ne vienne clamer ses lèvres une nouvelle fois. Est-il utile de préciser qu’il y répond bien volontiers ? Qu’ils soient sous la douche ou ailleurs, le jour où il refusera un baiser de la part de sa camarade Baskerville n’est pas près d’arriver.

Quoiqu’il en soit, elle finit par se détourner un instant afin d’attraper un des flacons derrière elle. Faisant ensuite signe à Finn pour qu’il se baisse un peu, elle le devance quand même afin d’aller lui appliquer une partie du flacon sur la tête. Lui baisse gentiment la tête pour qu’elle ne reste pas sur la pointe des pieds en terrain glissant trop longtemps. Ainsi, elle est donc en train de s’amuser à lui laver la tête. A dire vrai, par prendre une douche, il pensait surtout à laver le reste du corps, parce qu’après une mission puis leurs activités sportives d’il y a un peu plus tôt, il y en a plutôt besoin. D’ailleurs en fait, en y repensant, peut-être bien que les draps du lit aussi auraient besoin qu’on prenne soin d’eux. Ils ont créé un sacré bordel. Mais qu’importe. Aiko semble bien s’amuser à lui shampooiner la tête et l’homme, en entendant rire sa camarade, doute que ceci soit fait dans le but de servir son objectif, à savoir prendre une douche et se laver, mais plutôt pour l’amuser elle. Et lui au passage, forcément. Et puis les doigts de la jeune femme sur son crâne sont quand même diablement agréables. Mais il râle quand même pour la forme.

- Je peux me laver tout seul tu sais.

Son regard amusé se pose sur la jeune femme. Quand il était petit, aussitôt qu’il a su parler, il a commencé à protester contre sa mère quand elle le lavait. A peu de choses près, il sortait la même phrase que précédemment. Sauf que lorsqu’il était petit, il en foutait partout et maman devait quand même s’occuper de lui au final. Il s’est calmé depuis. En fait, il a même récupéré Naaru qui a presque besoin qu’on le lave, tellement cet animal semble fuir la douche comme la peste. Non pas parce qu’il est sale, juste parce qu’il n’en voit pas l’intérêt. Comme le rangement, par exemple. Evidemment, Finn se refuse à donner un bain à Nana. Du coup, il préfère l’enfermer dans la salle jusqu’à ce qu’il se lave. Il n’y a pas de fenêtre dans la pièce, alors tenir le siège est aisé. Un coup de clé et hop, la bête est enfermée jusqu’à ce qu’elle en ait marre et se rende. Et la clé est soigneusement cachée pour que le Chain ne la trouve pas. Cachette qui change régulièrement, d’ailleurs. Tss, être obligé de faire de la stratégie de guerre dans son propre appartement. Un collier, une laisse et une niche sur le paillasson pour Nana. Oui, oui, un jour, un jour…
Bref, cela n’empêche pas l’homme de se laisser docilement faire. Du moins pour le moment, il n’est pas exclu qu’il change soudainement d’avis et décide de contre-attaquer. Avec quelle méthode, cela reste encore à déterminer. Toute tentative de rébellion est néanmoins remisée au placard aussitôt qu’il sent les lèvres de la jeune femme contre les siennes, peu après qu’elle l’ait fait reculer hors du jet d’eau contre un mur. Bon sang, il se fait avoir à chaque fois. Un bisou et pouf, y’a plus personne. Parce qu’il a complètement baissé sa garde actuellement. Quand ils jouent à tenter l’autre, par exemple, il fait des efforts pour être un peu plus concentré. Histoire de ne pas perdre trop vite, voire pourquoi pas de gagner. En attendant, ce n’est pas l’objet du jeu actuel. En fait il n’y a même pas de jeu à proprement parler. Juste deux jeunes adultes qui s’amusent sous une douche. Et pas de la façon dont on pourrait penser premièrement.
Il fait courir ses doigts sur le milieu du dos de la Baskerville, les glissant dans les cheveux mouillés qui arrivent jusque-là. Puis elle descend sur son cou. Pour en ressortir l’instant d’après sans qu’il ne comprenne immédiatement. Jusqu’à ce qu’il la voit essuyer ses yeux. Ah, la mousse. Malin. En plus ce n’est pas bon du tout et il peut la sentir glisser dans son cou, cette mousse. A la voir se frotter les yeux, il ne peut pas s’empêcher de rire. Alors qu’en fait, il aurait pu se faire avoir de la même manière. Allez, c’est une avance pour quand elle apprendra la terrible vérité sur son sens de l’orientation décédé trop jeune. Voire pas né du tout. Bref. Les agissements de la jeune femme l’amusent beaucoup. En plus d’être adorables. Il lui a déjà dit qu’elle était mignonne. Mais c’est vrai, quand ils sont tous les deux, elle l’attendri facilement. Et probablement involontairement, en plus. Ce qu’il fait qu’il a probablement un sourire un peu niais à cet instant sur le visage, pendant qu’elle tâche de retrouver l’usage complet de ses yeux. Ce qu’elle parvient à faire rapidement.

- J’veux un câlin !

Oh, un câlin. Mais bien sûr qu’elle peut avoir un câlin. Et même plusieurs si elle le souhaite. Il s’approche d’elle lentement – enfin tout est relatif, étant donné qu’ils sont quand même dans une cabine de douche où il n’y a certainement pas de place pour plus que deux – jusqu’à ce qu’elle soit contre le mur derrière elle – en somme pas très loin – et dépose ses mains sur ses hanches. Son sourire amusé accroché aux lèvres, il la provoque du regard un court instant. Puis il glisse ses mains jusqu’aux creux de ses reins, offrant une caresse par la même occasion, et la serre contre lui en déposant son front sur le haut de sa tête. Il risque fort de lui mettre du savon dessus, mais le savon, ça s’en va avec l’eau. Ils restent ainsi un instant avant que l’homme n’aille chercher à embrasser la femme dans ses bras, avec toute la douceur qu’il arrive à y mettre. Puis, quand il cesse de l’embrasser, il bouge ses lèvres jusqu’à son oreille – en prenant garde, malheureusement, de ne pas embrasser la peau sur son trajet à cause du savon – où il glisse :

- Tu es mignonne.

Il reste ainsi un instant de plus à la serrer contre lui avant de la relâcher et de reculer légèrement. Là, en rejetant la tête en arrière, il prend soin d’enlever tout le shampoing dans ses cheveux. Chose faite rapidement étant donné qu’il n’a pas les cheveux bien longs, même une fois mouillés. Ils lui collent juste au crâne maintenant.

- Reste avec moi cette nuit.

Cette nuit. Elle vient juste d’accomplir un de ses souhaits immédiats. Repousser la séparation à loin. Et, le lendemain, c’est loin. Même si elle vient juste de l’inviter à dormir – regardons les choses en face, ils vont finir par sentir la fatigue leur tomber sur le dos d’un coup et sans prévenir – et que dormir semble pourtant faire passer le temps plus vite. Semble seulement, en réalité il s’écoule à la même vitesse. Alors elle vient en effet de repousser à loin toute séparation. Ils étaient près à s’éloigner définitivement l’un de l’autre un peu plus tôt ? Ah bon ? Ah. Il aura tout le temps de repenser à son comportement contradictoire plus tard. Maintenant est un de ces instants où l’on dit grossièrement merde à tout juste pour profiter. Et, bien sûr, il n’est pas totalement inconscient au point de profiter en ignorant complètement les conséquences. Il lui faudra du temps, mais abandonner Aiko n’est pas inscrit dans son programme futur.

- D’accord.

Le sourire comme le regard qu’il offre en même temps que sa réponse positive est doux. A dire vrai, il aurait probablement finit par demander lui-même. Une fois que l’idée lui aurait traversé les neurones, ce qu’elle aurait fini par faire à coup sûr. Quand il se serait mis à penser un peu plus fort au moment du départ en voyant décliner le Soleil dehors. En fait, vu la saison hivernale, il doit déjà être en train de le faire. Alors il y aurait pensé dès la sortie de la douche.
Bien avec tout ça, ils sont toujours sous la douche. Et le regard de l’homme vient de se poser sur ce qui parait grandement être un gel douche. Oh. Certes Aiko a largement pris l’eau et un peu profité du savon qu’elle avait versé sur la tête de Finn et en plus elle est bien assez grande pour se débrouiller toute seule, mais… Mais. Ouais.
Mais nan.
Tendant un bras, il attrape ce qui semble fortement être le gel douche. Même si chez Aiko, il n’y a aucune raison que ce ne soit pas le cas. Contrairement à chez lui où les étiquettes et les flacons peuvent avoir étés inversés. Toujours à cause de la même bête sauvage qui rôde. Mais qu’importe, il ne pense certainement pas à son Chain pour le moment. Oh que non. Le Baskerville s’affaire plutôt à récupérer du liquide dans une main, reposant ensuite le brave contenant, en lançant un simple mot vers la jolie rousse :

- Vengeance.

Qui n’a de vengeance que le nom, réellement. Il répartit le savon entre ses deux mains puis, avec un regard amusé dirigé vers sa camarade, il lui attrape le poignet gauche et commence à répandre le savon sur tout son bras, en frottant délicatement. Un sourire vient de lui-même orner ses lèvres lorsqu’il passe ses doigts sur le tatouage qu’ont tous les Baskerville et qu’elle porte sur ce bras-là. Pas mauvaise comme idée d’emplacement. Lui l’a sur une omoplate dans le dos. Mais il en a vu qui l’avaient sur le visage. Pourquoi pas après tout.
Après son bras, il s’occupe ensuite des épaules, puis du dos tout entier – où ses cheveux longs font partie des dommages collatéraux, les pauvres -, puis de l’autre bras. Là il s’arrête un bref instant pour déposer ses lèvres sur sa joue. L’autre, celle qui n’a rien eu plus tôt. Il va ensuite sur ses côtes en évitant de passer ses mains sur la plaie principale. Déjà que l’eau doit piquer un peu, le savon risque par contre d’imiter le désinfectant au niveau de ses effets. Lui a des blessures à des endroits un peu plus divers, mais aucune n’est aussi sérieuse que celle-là. Pour cette fois, c’est elle qui a pris le plus cher. Mais tous deux ont accompli suffisamment de missions pour savoir qu’il y a bien plus grave que cela et que, pour cette fois, ils s’en sortent bien.
Après les côtes il termine son jeu en posant ses mains sur son ventre et en relevant ses yeux vers elle. Son travail n’est pas terminé, son travail a même évité volontairement certaines zones en fait.

- Je continue ou pas?

Juste pour la taquiner alors que ses doigts jouent sur son ventre. Glissent ensuite pour aller caresser ses hanches, puis passent derrière et il en profite pour la coller contre lui et l’embrasser avec plus de force que la fois d’avant. L’eau qui lui passe dans le dos le fait soudain frissonner, l’obligeant à aller chercher à l’aveuglette les robinets pour redresser la température de l’eau qui a fini par descendre trop bas pour lui. Il se souvient en posant la main sur le métal de ce qui est arrivé peu avant, quand Aiko s’est trompée parce qu’elle ne regardait pas. Finn met alors un terme à leur échange, sans brusquerie et en marmonnant un « trop froid » dans sa barbe innexistante, pour pouvoir tourner la tête vers les commandes de l’eau. Grand bien lui en a pris, il avait la main sur le mauvais des deux objets. Alors il ouvre l’autre un peu plus fort pour rétablir la tiédeur de la douche. Même tiède, les vitres de la cabine sont toutes embuées par la vapeur. Le contraste de température entre l’intérieur de la cabine et l’extérieur est suffisant pour cela.
Finalement, le contractant reprend son jeu là où il en était, achevant de passer ses mains là où elles n’étaient pas passées – sauf sur la blessure à éviter, bien entendu. Puis il recule, souriant, en attirant la jeune femme avec lui, sous le jet de la douche qui s’occupe d’emporter progressivement toute la mousse qui se trouve sur eux.

- Moi aussi j’veux un câlin. Même plusieurs. Et j’espère qu’on dort dans le même lit.

Ok sa dernière phrase est parfaitement inutile et juste mise là parce qu’il avait envie de parler – on vous a déjà dit qu’il est bavard ? -, parce que bon. D’abord, en restant dans les détails strictement techniques, il ne doit y avoir qu’un seul lit dans l’appartement. Et puis. Voilà quoi. Maintenant la polémique pourrait ou ne pourrait pas être sur l’emploi du mot « dormir ». Mais comme dit un peu plus tôt, ils vont tomber de fatigue, c’est inévitable. Un autre truc auquel il ne pense absolument pas sur le moment, c’est que le lendemain au soir, quand cette fois il ira se coucher tout seul, il y a de fortes chances que le manque de la présence d’Aiko lui tombe sur la figure comme une avalanche en pleine montagne. Mais ça il ne peut pas le prévoir, c’est bien la première fois qu’il ira s’endormir avec une femme à qui il s’est offert et qui a son affection – plus que ça, mais il a encore du mal avec l’autre mot, un peu - en plus de cela. Petit Baskerville va aller de découverte en découverte. Cela lui mettra un peu de plomb dans la cervelle. Mais il n’y est pas encore. Sa – il a le droit ? – jolie Baskerville est encore juste là, à ses côtés.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   30th Décembre 2012, 08:02

Il y a un jour ou il y a un siècle, bien avant ou le jour même de la Tragédie de Sablier, le temps n’a eu de cesse de s’écouler avec la même cadence délibérée. Cadence trop lente pour les enfants qui attendent de grandir, trop lente aussi pour les vieux attendant la mort, trop rapide pour les adolescents profitant de leurs jeunesses, mais aussi pour les adultes voulant croquer, comme on dit, la vie à pleines dents. Pourtant, pour les sages qui n’ont nul penchant envers la philosophie – ces gens là voient le temps défiler bien trop lentement – ou vers la poésie – pour cela, les aiguillent de l’Horloge tournent à une vitesse phénoménale –, le temps s’écoule normalement, ni trop nonchalamment, ni trop hâtivement. Et c’est bien eux qui ont raison. Eux les sages, eux qui se font trop rares, eux qui ne comprennent que trop tard qu’ils ont consacré une bien trop grande partie de leurs temps à courir après une Liberté qui n’a jamais bougé, qui n’a jamais eu de cesse de nous attendre. De nous attendre là où tout a commencé. De ce même temps nait le passé, le présent et le futur. Le passé étant un arbre flétri, le présent un arbre printanier, le futur une graine à peine emportée par le vent. Vent qui depuis le passé n’a eu de cesse de souffler, de nous accompagner. Que ce soit pour nous aider ou pas, il a toujours et sera toujours à nos cotés. Il est important de savoir que le présent fut un jour notre futur et qu’un jour peut-être, il deviendra notre passé. Je dis peut-être, car après tout, comment être sûr que demain sera un jour où nos yeux s’ouvriront sur un ciel bleu et un soleil gai ? Qui nous dit, plutôt, que nos yeux s’ouvriront seulement ? L’orphelin s’était-il un jour attendu à ce que son futur soit un pont juste assez large pour le laisser passer seul ? Un futur où, prenons-en l’exemple, il n’aura que douze ans. Avant, il s’était vu survolant les étapes, traversant le temps, mais cela en compagnie de ses parents. Un enfant sait-il seulement ce qu’est le temps ? Il dit qu’il doit se mesurer en secondes, en minutes, voire en heures. Il se dit, quant il est à l’apogée de son innocence, qu’il se mesure selon le degré de bonheur et d’enthousiasme. Il se dit, pessimiste peut-être – réaliste ou fataliste, allez savoir –, qu’il se mesure selon les douleurs, selon les blessures. Ce-dernier a-t-il seulement tort ? Ne ressentons-nous pas le temps suite aux nombreuses plaies qui nous déchirent corps et âme, qui se ravivent bien trop facilement, qui peuvent ne jamais se refermer ? Quoiqu’il en soit, dans tous les cas, un enfant n’est pas censé connaître tout cela. Il est censé simplement savoir que le temps lui court après tout comment lui-même, adulte, lui courra après. Mais ce même temps, il fut brutalement arraché à ce même enfant orphelin. Il n’a plus le temps. Plus le temps d’aimer, plus le temps de rien. Si ce n’est peut-être se lamenter et pleurer. En fait, ce n’est pas le temps qu’il lui fut arraché ; c’est le temps heureux.
Pour les adultes, c’est une toute autre histoire. Ils lui courent après, ils veulent à tout prix en saisir les moindres infimes secondes. Ils ne peuvent qu’avoir raison. Les règles existent pour qu’on puisse y désobéir et le temps existe pour qu’il soit écoulé. Et ne craignez-rien, lui ne faillira jamais à sa tâche, il continuera éternellement son ascension. Car si ce mot, éternellement, devait prendre tout son sens, il représenterait à merveille l’écoulement incessant du temps. Alors les gens ont bien raison de vouloir profiter de leurs vies. Pour le peu qu’ils en ont, autant qu’ils le fassent. Pour les Baskerville, le temps s’est immobilisé tellement longtemps qu’ils en viendraient à espérer sa suspension perpétuelle pour eux s’ils n’avaient pas pour but de retrouver Glen. Aiko aussi avait cette folle envie de retrouver son maître, mais même sans cela, elle n’aurait jamais espérer voir le temps se figer pour toujours à elle ; elle ne désirait pas mourir. Pas encore du moins. Elle voulait vivre sa vie, vivre la vie qu’aurait eu sa jumelle. Elle voulait, ne le cachons pas, d’abord vivre pour elle. Car sans même s’en rendre compte, elle s’y était bien attachée à cette misérable vie. Actuellement, elle était en mesure de dire que son passé se résuma à son apprentissage pour devenir une déchue respectée. Et réussit-elle à devenir cela ? Réussit-elle à être le rêve éveillé, le rêve réalisé de sa très chère mère ? Même si elle se remettait souvent en question, même si elle faisait souvent le bilan de sa vie, elle n’en savait trop rien. Et de toute façon, elle n’en avait que peu faire. Elle avait fait de son mieux, faisait encore de son mieux, continuerait sans doute d’aller au-delà de ses limites, alors elle ne regrettait rien. Strictement rien. Elle savait qu’elle n’aurait jamais pu mieux faire selon les circonstances et selon les deux cadavres de sa famille qui n’étaient plus qu’à ses pieds lorsqu’elle allait se recueillir auprès de leurs tombes. Bien entendu, il était hors de question qu’elle dise que cela l’avait affaibli ; elle préférait prétendre et affirmer le contraire. Alors que nous ne le savons-bien, ça avait détruit une bonne partie de sa volonté, car apprendre qu’on se battra seul n’est jamais bien réconfortant. Mais cela étant, comment décrirait-elle son présent ? Eh bien, excellente question. Vraiment, plus elle se penchait sur cette interrogation, plus elle se disait qu’il serait fort possible que l’épicentre de son présent soit Finn. Ou alors, pensait-elle cela suite à sa toute récente extirpation d’une jubilation loin de pouvoir être décrite ? Parce qu’avant aujourd’hui, elle n’avait pas vraiment pensé à lui pour définir son présent. Peut-être devrait-elle lui demander ce qu’il en pensait. Mais alors, comprendra-t-il qu’elle parle du présent au sens large ou se restreindra-t-il à parler du Ici et Maintenant ? Oui, tout compte fait, elle devrait lui poser la question. Et c’est ce qu’elle ferait. Un jour.
Et son futur alors ? À celui-là, elle n’en voyait que les grandes lignes. Le reste, elle l’écrirait au fur et à mesure. Que ce soit en tant que Baskerville ou en temps que femme aimante, elle n’en savait encore trop rien. Était-elle seulement faite pour une vie de famille ? Était-elle faite pour donner la vie et élever des enfants ? Pour l’instant, elle en était tout à fait incapable. Cette petite avait l’esprit trop rebelle, trop furtif, trop imprenable pour être saisi par un quelconque homme. Sauf s’il était saisi d’une façon particulière. Sauf s’il était saisi à la volée. Sauf s’il n’était pas saisi, s’il était simplement calmé par la présence d’un autre esprit aussi taquin que le sien. Sauf si son esprit était déjà capturé, si l’homme de sa vie se trouvait sous ses yeux sans qu’elle ne le sache. Devait-elle s’attarder sur cette pensée ? Elle la fuyait comme l’on fuyait la peste. Elle ne voulait pas savoir. Pas encore.

Il est vrai que la jalousie est agaçante. Il est vrai qu’une femme jalouse est particulièrement irritante. Il est vrai que le malentendu entre Finn et Aiko avait été principalement envenimé par la jalousie. Mais il serait faux de dire que la jalousie pouvait briser des liens. Soyons francs envers nous-mêmes un instant seulement et voyons la vérité en face. Si entre deux amis, l’un était jaloux, c’est qu’il s’inquiétait pour l’autre, qu’il craignait qu’il ne prenne pas la bonne voie. Ce même autre s’énerve bien trop rapidement, juge que trop hâtivement, se fait des films avant même de daigner ne serait-ce que tenter de comprendre. Il y a de ces amitiés qui n’en sont pas réellement unes. Il y a de ces amitiés où l’un des deux partis espère secrètement transformer ce lien sacré en amour. Dans ces cas-là, la jalousie n’est pas vraiment la bienvenue. Mais nous parlons ici de généralités, pas de cas particuliers où l’un aime en cachette l’autre. Des histoires d’adolescents, pouvant malheureusement perdurer jusqu’à l’âge adulte. Dans un couple, si l’un est jaloux, c’est que l’autre commence à dériver. Et à moins que ce ne soit un but qu’il se soit fixé pour telle ou telle raison, cette jalousie n’a rien de méchant, rien de néfaste non plus. Au fond, elle ne fait que prouver que l’on tient à l’être aimé, que l’on reste attentif aux activités de notre partenaire, que nous ne passons pas notre temps à chercher plus jeune ou plus beau ailleurs, que nous aimons encore comme nous avons aimé le premier jour. Mais celui n’ayant jamais subi cela ne peut pas comprendre. Ne peut même pas imaginer, car il s’y refuse. Il ne peut pas modeler les faits dans son esprit en inversant les rôles, ça lui parait bien trop complexe sur le coup, mais surtout bien trop inutile. Pourtant, il a tort. S’il prenait le temps d’inverses les rôles, il comprendrait à quel point il est puéril de s’énerver parce que, sois disant, l’autre est trop jaloux. Il n’y a pas de trop en amour. La jalousie ne brise que les couples qui ne prennent pas le temps de percer la bulle, de jouer franc jeu, cartes sur table. Quand je parle de couples, il peut tout aussi bien être question de Finn et d’Aiko. Effectivement, même quand ce n’est pas de l’amour avec un grand a – car même pour eux deux, c’est quand même l’une des facettes de l’amour –, il peut y avoir de la jalousie. Comme ce qui s’était passé un peu plus tôt. Finn aurait-il pu s’en aller, en ce qui le concernait ? Aurait-il pu jouer les idiots et tourner le dos à Aiko avant même de comprendre pourquoi elle s’irritait ainsi ? D’ailleurs, si c’était lui avait vu sur elle une marque soigneusement déposée par un autre homme, lui aurait-il laissé la chance de s’expliquer ? N’aurait-il pas agi bêtement ? Étrangement, elle ne voulait pas le savoir. Pas qu’elle craignait la réponse – quoique si, un peu –, mais elle se disait qu’il était simplement impossible de prédire comment aurait pu tourner la situation si les rôles venaient à être inversés. Pour clore ce paragraphe, j’aimerai dire que c’est le dernier qui parlera de cette tension s’étant installée entre les deux jeunes gens. C’était définitivement fini, Aiko ne voulait même plus en entendre parler. Et le sourire que lui décocha son séduisant brun semblait l’inciter à ne plus rien dire là-dessus. Parfait. Ça au moins, c’était réglé. Restait maintenant ces baisers chastes. Eh bien oui, ils avaient assez intervenu pour avoir droit à une petite prise de conscience de la part de la rousse, eux aussi !

Parfois – souvent même –, après le tumulte, nous avons une envie irrépressible d’être seul, au calme. Mais surtout au calme. Lorsqu’on subit quelques uns de ces faits bestiaux, nous voulons juste nous en aller, nous fondre dans ce qui nous parait être à coté le parfait représentant de la diplomatie, qu’importe ce que c’est. Et après avoir été sérieusement actifs, Finn et Aiko devaient avoir envie d’un peu de calme. D’où la douche. Bon, après, tous deux devaient bien se douter que l’autre ne manquerait pas une seule occasion de revenir titiller les nerfs, de revenir aussi faire glisser les mains encore si chaudes sur le corps de l’autre. Rien de bien dérangeant ; ils l’avaient bien cherché de toute façon. Et puis, c’était la faute de Finn, cherchez pas. Demander à prendre une douche avec Aiko, tout de même ! Avouez que c’était suspect. La rousse ne voulait rien entendre, c’était sa faute et puis c’est tout. Gamine ? Hum… Elle l’admettait, effectivement. Qu’importait. Ces baisers chastes face auxquels elle témoigna une certaine obstination en protestant étaient loin d’être déplaisants. Avoir simplement les lèvres du brun contre les siennes demeurait un contact intime, car ils se prouvaient mutuellement qu’ils ne faisaient pas cela pour le désir charnel. Ils prouvaient nettement que la personne qu’ils embrassaient ne pourrait pas être nommée telle une banale « autre » par je ne sais qui. Aiko, en allant offrir ce baiser à Finn, tentait d’avantage à lui faire comprendre qu’il était unique et qu’à ses yeux et qu’il valait bien plus que n’importe lequel des « autres » – ô combien vils, elle ne le comprenait que maintenant – que de raviver le souvenir de tout à l’heure, lorsqu’elle joua son enfant, refusant de se soigner. Alors non, au fond, ça ne la dérangeait vraiment pas. Tout à l’heure, avant que son corps tout entier soit calmé par le Baskerville, elle n’avait pas spécialement envie de ces baisers trop calmes. Maintenant en revanche, elle n’avait rien contre. D’ailleurs, lorsque Finn vint lui laisser le vestige de ses douces lèvres sur sa joue, affichant un air un peu trop faussement innocent, Aiko se contenta de lui sourire d’un air narquois, haussant les sourcils comme si elle était excédée. Vous l’aurez compris, il était tout bonnement hors de question qu’elle avoue que les baisers dits chastes que lui offrait le brun lui convenaient. Imaginez qu’il s’en accommode et qu’il ne daigne plus user de cette douce et sensuelle férocité – à défaut de trouver un mot qui soit moins bestial mais qui puisse exprimer ce que je veux transmettre comme idée – en l’embrassant ? Non, il ne saurait strictement rien du fait qu’elle appréciait tout particulièrement le passage du plus ou moins brusque et soudain au doux. Le seul moyen pour qu’il le sache serait qu’elle cède un peu trop à l’envie d’aller simplement effleurer ses lèvres des siennes. Quoique ça pourrait ne rien vouloir dire s’il pensait que c’était pour le faire languir qu’elle agirait ainsi. Vraiment, elle était en train de ruser pour ne pas avoir à dire qu’elle aimait, par moment, les baisers – trop – calmes et sans remous ? Oui, bon, en attendant, elle entraînait Finn sous la douche. Et puis, avec elle qui privilégiait les contacts profonds et parfois soudains, ça n’allait pas être bien difficile de ne pas être sage. À moins de passer la nuit dans ses bras à faire travailler son cerveau, elle n’aurait aucun mal à cela. Si cela venait à se produire, si elle allait réellement passer la nuit dans ses bras, le brun découvrira à ses dépens qu’Aiko pouvait s’avérer ne pas être aussi forte qu’il se le figurait.

Suite à l’anecdote de l’eau froide s’étant glisser sur les deux jeunes gens, Aiko tenta de plus ou moins s’activer sur les robinets pour rendre la douche un tantinet plus agréable. Pendant ce temps, Finn laissa filtrer un rire amusé d’entre ses dents. La rousse reposa ses yeux sur lui, son sourire gêné laissant place à un sourire plus malicieux, lui étant plus propre aussi – car vous aurez compris que s’amuser était bien plus le fort de la demoiselle que les excuses. Vinrent ensuite les baisers qu’ils échangèrent. Nul besoin d’en parler une seconde fois et de préciser que le brun ne se fit pas prier pour y répondre. Enfin bon, reprenons plutôt le fil de l’histoire à partir du moment où la jeune femme se saisit du shampoing et en versa un peu sur les cheveux de l’homme. Était-ce tant pour laver ses boucles brunes que pour prendre une petite partie de plaisir ? Je mentirai en affirmant que oui. Le plus amusant ne fut pourtant pas de laisser glisser ses doigts et de lisser une chevelure bien rebelle, de faire savonner ces mêmes boucles qui finissaient tout de même à se plier aux lois de la physique suite à la pression du savon et de l’eau. En vérité, le plus drôle fut d’entendre les jérémiades de l’homme. Homme ? Pour cette fois-ci, nous nous permettrons de le décrire tel un enfant. Et les enfants, c’est vraiment mignon. N’empêche, lorsqu’il ouvrit sa bouche pour laisser filer quelques paroles affirmant une soi-disant protestation, Aiko ne put s’empêcher d’arrêter ses mouvements pour aller cueillir de ses prunelles les yeux de Finn. Celui-ci l’observa avec une pointe d’amusement. Et puis, un instant, il sembla absent. A quoi pensait-t-il ? Aiko décida de ne pas tout de suite lui lancer la petite pique qu’elle avait confectionnée dans son esprit, de lui laisser un bref instant pour qu’il puisse survoler les cieux de ses pensées, de ses souvenirs peut-être. Mais finalement, elle finit par le pousser en arrière et aller lui embrasser doucement les lèvres. Lorsqu’elle recula, ce fut pour arquer un sourcil en s’exclamant le plus innocemment possible.
Assez grand ?

« Ça, Finn, c’est toi qui l’dis. »

Aujourd’hui, il n’était pas réellement question de jeu entre les deux Baskerville. Même si Aiko prenait un grand plaisir à embrasser le brun lorsqu’il s’y attendait le moins ainsi qu’à le pousser contre un mur pour qu’il puisse comprendre que cette position provoquait une toute autre sensation que cella à laquelle il était habitué. Effectivement, la dernière fois, même si au début, ce fut lui qui se retrouva collé au pilier, au bout du compte, ils finirent bien par échanger leurs positions. Tout comme il y a quelques instants aussi. Effectivement, même si au début, l’air taquin, Aiko prit la position du dessus sur le lit, lorsque Finn lui asséna un coup de rein pour qu’elle se retrouve en-dessous, elle ne protesta pas. Comme déjà dit, ça ne la dérangeait pas du tout quand il s’agissait du brun. Donc, lorsqu’elle le poussait hors du jet d’eau pour qu’il soit dos au mur, c’était aussi pour lui montrer qu’elle gardait ce petit coté dominant. Ou pas, parce qu’en fait, comme dit plus haut, il n’était plus vraiment question de jeu. Ils s’amusaient certes, mais sûrement pas de la même façon qu’à l’accoutumée. Tout n’avait-il pas ainsi commencé ? Par une histoire de jeu, une histoire de défis et de victoire voulant être obtenue. Et ça avait fini… En fait non, ce n’était pas encore fini. Aussi étrange que cela puisse l’être, leur relation n’en était encore qu’à ses débuts. Tout était bien trop flou et trop brumeux pour que ça reste ainsi. Ça finirait par évoluer. Avec le temps. Après tout, n’y avait-il pas un temps pour tout ?
Vint ensuite le passage de la mousse sur les lèvres et les yeux de la jeune femme. Tandis qu’elle s’éloignait pour pouvoir se rincer et retrouver complètement son sens de la vue, elle entendit le rire de Finn. Un œil plissé, elle le regarda – ou du moins, tenta de le faire – avec un air boudeur étalé sur son visage. Malheureusement, elle ne réussit pas à garder ce sérieux bien longtemps, finissant par éclater de rire, accompagnant le jeune homme dans sa symphonie cristalline. Après s’être calmée, elle exigea un câlin de la part de l’homme. Petit caprice auquel il répondit bien rapidement, approchant lentement de la jeune rousse. Vu qu’il ne prenait aucune initiative, elle se retrouva bien obligée de reculer jusqu’à sentir le mur froid sur son dos. Mur froid pas si froid que cela. Les mains de l’homme se posèrent sur les hanches de la jeune femme tandis que ses lèvres s’étirèrent en un sourire provocateur. Il laissa danser ses doigts sur sa peau mouillée jusqu’à atteindre le creux de ses reins. Se servant de cette prise, il l’attira doucement à lui, lui offrant le câlin qu’elle avait demandé. Elle sentit son front se poser sur le haut de sa tête et elle ferma alors les yeux, profitant de ce doux contact. Ils restèrent ainsi un instant. Un instant où Aiko, aussi bizarre que cela puisse l’être, ne pensait à rien. Elle qui était toujours la première à se charger l’esprit de pensées – futilités ou pas – l’avait aujourd’hui complètement vidé pour simplement être dans les bras du brun. Brun qui vint l’embrasser d’une délicatesse qu’elle ne cessait de lui découvrir et ce, malgré le fait qu’elle la connaisse déjà. Il s’éloigna alors pour aller se glisser jusqu’à son oreille. Les paroles qu’il lui dit alors firent rougir la demoiselle. Comme à chaque fois qu’on essayait de l’approcher de tout ce qui pouvait être mignon. Elle remercia un être supérieur ou je ne sais quoi ou qui d’ailleurs, car Finn ne pouvait pas la voir dans cette position.
Je ne suis pas mignonne. Même si elle le pensait fortement, elle n’arriva pas à sortir ces mots là du seuil de son esprit. Elle ne les prononça donc pas, préférant rester un instant encore blottie contre l’homme.

Il finit par s’éloigner, rejeter sa tête en arrière, faisant donc passer ses belles boucles sous l’eau, les rinçant entièrement. C’est à ce moment là qu’elle lui demanda de rester avec elle cette nuit. Ça ne ressemblait pas tant à une proposition qu’à un ordre. Pourtant, croyez-le ou pas, ça restait, en son fort intérieur, une requête. Finn pouvait refuser, bien sûr. Aiko ne voulait néanmoins pas penser à cette éventualité. Elle s’efforcerait sans doute de sourire et de paraître indifférente. Et d’ailleurs, elle échouerait sûrement et ne ferait pas long feu avant de laisser la déception prendre le dessus sur un air faussement enjoué. Alors qu’elle s’était dit de ne pas pensé à ladite éventualité, elle se retrouvait en train de le faire. Et ça n’aurait pas été la voix du brun, elle aurait continué à s’enfoncer dans ses probabilités. D’accord. Elle releva vivement le regard vers lui – quand l’avait-elle baissé ? – pour pouvoir l’observer un instant. Ses traits s’étaient considérablement adoucis et elle ne put s’empêcher de murmurer un « merci », car au fond, elle ne pouvait que le remercier. À cet instant, sans pour autant être dans ses bras ou être en train de l’embrasser, elle se sentait réellement proche de lui.
Elle finit par entièrement retrouver ses esprits lorsqu’il alla saisir un flacon qu’elle reconnu en ne lui lançant qu’un simple coup d’œil. C’était donc à elle d’être traitée comme une enfant, n’est-ce pas ? Vengeance. Ce doux mot trouva rapidement sa place dans son esprit. Il versa un peu de gel douche dans ses propres mains et commença à l’appliquer sur l’un des bras de la jeune femme, faisant délicatement courir ses doigts sur sa peau. Contrairement à lui, elle ne protesta pas. Il s’y prenait trop bien pour cela. Vint ensuite le tour de son dos. Pour lui faciliter la tête, elle alla même jusqu’à laisser son front se coller à son torse, de façon à ce qu’il ait une meilleure vue sur le fameux dos. Vint ensuite le tour de l’autre bras et elle se redressa presque aussitôt qu’elle sentit les doigts se poser sur cette nouvelle parcelle de son corps. Il vint alors lui embrasser la joue et elle nota dans un coin de son esprit que c’était celle qui ne se fit pas embrassée un peu plus tôt. Méthodique hein. Et puis, ce fut au tour de son ventre. Sans même baisser son regard là-dessus, elle savait qu’il évitait la plaie la plus importante. Et tant mieux tiens. Le savon devait faire drôlement mal. D’ailleurs, elle se rappelait qu’un jour où elle ne fut pas particulièrement fière de sa prestation lors d’une mission, elle passa sous la douche et le savon fit gémir la demoiselle en se glissant sur l’une des blessures qu’on lui avait causée. Donc oui, se souvenant assez de la vive douleur l’ayant traversé, elle était plutôt contente que Finn évite soigneusement sa plaie.
Il acheva – vraiment ? – son tour en passant par ses hanches et en revenant finalement sur son ventre.

Les doigts tapotaient cette zone, semblant s’amuser à glisser sur sa peau. Et puis, il parla. Il demanda. Il questionna. Ça, Finn, c’est ce qu’on appelait une question rhétorique. Tu sais, le genre de questions qui n’attendent strictement aucune réponse et qui ne se posent que pour... Pour taquiner. Comme tu le fais en ce moment même à vrai dire. Aiko avait d’ailleurs l’intention de lui faire signaler cela lorsqu’elle le sentit prendre les devants, revenant sur ses hanches pour passer derrière. Il se servit de cette nouvelle prise pour la coller lui, allant lui offrir un baiser fort passionné. Elle amena ses mains à son visage et répondit avec autant d’ardeur à ce magnifique baiser. Baiser qui se rompit malheureusement à cause de cette satanée eau trop ayant viré vers le froid. Il se détourna donc de la jeune femme pour aller régler l’eau, sans nul doute dans l’intention qu’elle soit plus tiède qu’autre chose. Finalement, il revint vers elle pour faire passer ses mains sur les endroits qui n’avaient pas encore subi le doux traitement du Baskerville. Aiko leva les yeux au ciel – le plafond plutôt – en se mordillant la lèvre inférieure. Geste qui, elle l’espérait hautement, passerait inaperçu. Après tout, lorsqu’on venait de faire un passage par le lit, il était plutôt stupide de paraître gêné par cela. Ne tentez pas de comprendre Aiko, ce serait de toute façon peine perdue. Ils revinrent se placer entièrement sous l’eau et la jeune femme eut un sourire amusé lorsque Finn reprit la parole. En attendant de trouver une réponse adéquate – ou plutôt, en attendant que sa spontanéité retardataire décide de pointer le bout de son nez –, elle allait lui faire rapidement passer un peu de savon sur le corps. Même s’il devait déjà être pas mal nettoyé. Allez, juste pour le plaisir. Elle se saisit donc du gel douche et fit passer ses mains sur le corps de l’homme, commençant par son ventre, passant par ses bras, son dos, ses épaules où elle s’attarda particulièrement, son cou qu’elle caressa plus qu’autre chose et tout ce qui s’en suit. Restait néanmoins quelques zones par lesquelles ne passa pas encore la jeune rousse. Elle rit faiblement en allant lui saisir les lèvres, s’en éloignant assez rapidement, murmurant au passage.

« Ne gigote pas trop ou tu seras puni, d’accord ? »

Nous passerons les détails, car ce n’était pas primordial. Quoiqu’il en soit, elle lui offrit un dernier baiser, cette fois-ci nettement plus appliqué et langoureux. Elle finit par lui faire signe de se taire – ou plutôt de ne pas encore réclamer son câlin – en affichant un sourire amusé. Elle sortit la première de la douche, saisissant une serviette blanche qu’elle enroula autour de son corps, sous ses bras. Elle laissa ses cheveux au grand air, car elle préférait que ses cheveux sèchent tous seuls. Et puis, elle chercha une autre serviette et la tendit à Finn, le même sourire espiègle sur les lèvres. Après lui avoir laissé le temps de l’entourer autour de sa taille – comme le font la majorité des hommes, pas la peine d’être un génie ou d’avoir de l’expérience avec la gente masculine pour le savoir –, elle se saisit de sa main et alla de nouveau se coller à lui, entourant son cou de ses deux bras pour lui offrir l’étreinte qu’il avait demandé. À défaut de lui en offrir plusieurs, l’une après l’autre, elle préféra encore faire durer ce câlin assez longtemps, les yeux clos, le front sur son torse. C’est qu’elle se sentait toujours aussi bien lorsque plus rien ne séparait leurs corps. Bien qu’ici, il y avait les serviettes. Mais bon, ce n’était pas vraiment un souci. Elle s’éloigna lentement, se mettant sur la pointe des pieds en allant lui murmurer à l’oreille, laissant intentionnellement son souffle chaud s’abattre sur son cou.

« Sauf si tu préfères le canapé. Si tu veux, je te le prépare hein. »

Et hop, elle lui embrassa la joue et se détourna juste après avoir relâché sa main, non pas sans lui avoir lancé un petit sourire en coin. Direction la chambre, parce que Finn n’allait sûrement pas choisir le canapé. Il n’avait pas intérêt surtout hein, parce que sinon, ça voudrait dire qu’il préférait la solitude à sa compagnie. Eh bien oui, elle n’aurait plus qu’à être jalouse du canapé tant qu’elle y était ! Enfin bref. Inspectant une dernière fois sa serviette pour voir si elle pouvait lui faire confiance – question de principes, nous le dirons ainsi –, elle alla retirer les draps du lit. Bons à jeter ou pas ? Leurs blessures avaient sûrement laissés des tâches de sang, non ? Aiko n’y fit pas attention, se contentant de les jeter dans un coin. C’est que la pièce était drôlement bien rangée comme ça, avec plusieurs habits ci et là. Bilan ? Deux débardeurs bons à jeter et une flemme monumentale de s’en occuper maintenant. Pourquoi s’était-elle changée avant même de se soigner déjà ? Ah oui, parce qu’elle avait l’impression d’être sale avec un débardeur imbibé de sang. En plus, elle en avait choisi un blanc. Vraiment, parfois, elle devrait y penser à deux fois. Voire même à trois. Elle ouvrit son armoire et tira d’autres draps, cette fois-ci couleur sombre, allant les étendre sur le lit. Ça au moins, c’était fait. Elle revint vers le joli brun et lui tira la langue d’un air enfantin. Elle voulait encore jouer avant de faire autre chose. Autre chose comme dormir par exemple, parce qu’après une mission qui dura plus de deux heures, le sommeil finirait pas avoir raison d’eux plutôt que d’habitude. Du coup, même si Aiko était une couche-tard, elle finirait par s’endormir plus rapidement ce soir. Quoiqu’il en soit, elle ne dormirait pas avant d’avoir mangé, ça c’était sûr. Était-elle bonne cuisinière ? Disons qu’elle cuisinait pour se nourrir. Peut-être que si elle se concentrait un peu, elle réussirait à sortir quelque chose de potable de sa cuisine. Ou pas. D’ailleurs, Finn n’avait pas faim lui ? En bonne hôtesse qui se respecte, elle ferait mieux de lui demander s’il voulait manger quelque chose. Mais tout de même pas en serviettes. Ah oui, en parlant de serviettes. Elle posa son index sur les lèvres du brun et, penchant la tête sur le coté, s’exclama d’une voix à peine audible.

« Tu veux bien finir le travail ? »

Même si la serviette était plutôt efficace pour absorber les quelques gouttelettes d’eau présentes sur le corps de la rousse, elle préférerait que Finn fasse passer la serviette sur sa peau, histoire d’être sûr qu’elle était bien sèche. Comment ça, une justification ? Non, du tout. Enfin, un peu tout de même. Quoiqu’il en soit, avant même qu’il ne daigne répondre, elle revint lui offrir une nouvelle étreinte. C’était bien lui qui avait demandé « plusieurs » câlins. Elle ne savait pas pour lui, mais en ce qui la concernait, elle savait parfaitement que chaque étreinte pourrait bien être la dernière. Qu’elle pourrait ne même plus le revoir. Voire même l’éviter. Ça, croyez-moi, après tout ce qu’ils avaient vécu, ce serait le comble. Mais aussi le pire. Et à chaque câlin, bien que malgré elle, elle y pensait. Elle y repensait. Elle ne cessait de se redire que tout pouvait prendre fin. Et ça faisait mal. Beaucoup trop mal. Pourtant, cela ne la dérangeait nullement de revenir à chaque fois se blottir contre le brun, d’oser espérer encore et encore que l’éternel puisse exister, que s’ils y travaillaient tout deux, ça pourrait réellement exister. Était-ce naïf ? Sans doute. Sans aucun doute même.

Finn comptait pour elle. Cela était un fait sur lequel il ne devait plus y avoir nulle trace d’hésitation. Mais alors ? Il était tout à fait normal d’avoir peur de perdre la personne chérie, la personne aimée. Pourquoi ça faisait mal, dans ce cas ? Pourquoi, en ce moment, dans les bras de cet homme, se demandait-elle si elle était la seule à avoir mal au cœur à chaque fois qu’elle se figurait le brun loin d’elle ? Au fond, tout ce qu’elle désirait, c’était qu’il lui prenne la main et qui l’emmène. Où qu’il veuille. Elle s’en fichait. Où est-ce que les menait cette relation ? Ils n’en savaient trop rien. Où étaient-ils en ce moment, d’ailleurs ? Ils l’ignoraient sans doute, mais où qu’ils soient, ils étaient ensemble. Et c’était d’ailleurs déjà un bon début. Le resteraient-ils ? Pourquoi est ce que rien ne pouvait être certain ? Combien même une promesse se ferait, cela ne changerait rien. Si ce n’est que la déception serait plus grande si quelque chose venait à se produire, car il y aurait de surplus une promesse rompue. Heureusement, lorsqu’elle releva la tête pour croiser le regard de Finn, il lança sur elle sa poudre magique, féérique. De nouveau, elle ne pensait plus qu’au présent. De nouveau, elle ne pensait plus qu’à lui. De nouveau, elle remisait le futur dans un coin reculé de son esprit. Et de nouveau, elle se prenait à se perdre dans ses yeux. À se perdre en lui. Au plus profond de son être.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   31st Décembre 2012, 03:34

A lui de passer au lavage ! Allez hop. Sous les mains de la jeune femme. S’ils ne venaient pas de s’épuiser au lit, il l’aurait probablement déjà arrêtée pour l’embrasser et pousser les caresses plus loin. Et sans savon. Parce que cela restent les mains de la jeune femme actuellement en train de passer sur lui. Mais le sujet n’est pas d’actualité pour le moment. Pour le moment, il profite juste. De ses mains autant que de sa présence tout court. Elle a insinué qu’il n’était peut-être pas assez grand pour se laver tout seul et, en fait, si cela sous-entend que c’est elle qui s’en charge… Il veut bien ne pas être assez grand encore un petit moment. Nous sommes tous de grands enfants, n’est-ce pas ?

- Ne gigote pas trop ou tu seras puni, d’accord ?

Puni ? Comme un gamin ? Ou un autre type de punition ? Oh allons, Finn. Tiens-toi tranquille, veux-tu. Si Aiko le punissait, nul doute qu’elle trouverai exactement la chose qui le rendrait sage instantanément. Il y en a probablement plusieurs, de ces choses. Mais elle trouverait le moyen de mettre le doigt sur la plus importante du moment. Il n’en doute pas du tout, étrangement.
Enfin ça ne l’empêche pas de s’agiter sur place un bref instant juste pour contredire. Quitte à jouer le gosse chiant, autant assumer le rôle jusqu’au bout. Mais juste un instant hein, parce que quand même, plaisanterie ou pas, il se méfie de la punition qui pourrait tout à fait tomber. Et puis comme elle l’embrasse, il redevient un homme juste le temps d’y répondre. Changement de comportement sur commande, oui.

Elle finit par sortir de la douche, sans lui donner son câlin – Finny n’a pas oublié, il n’oubliera pas, que non –, mais en lui faisant signe de se taire. Pour le moment. Il l’observe ensuite aller chercher une serviette. Il a peut-être eu tout le loisir d’observer son corps mais puisqu’il sait que la vue va lui en être retirée sous peu, il n’y a pas de mal à profiter un peu, non ? Il n’a rien à cacher sur l’effet qu’elle lui fait. Cela a déjà été démontré un peu plus tôt dans la chambre. Et effectivement, elle s’enroule dans la serviette qu’elle a attrapée. Bah voilà. Il y aura d’autres occasions. Bien sûr.
Elle lui tend à son tour une serviette qu’il prend avec un sourire amusé, tâchant d’essuyer rapidement une partie de l’eau qui dégouline de partout sur lui avant de l’enrouler autour de sa taille, sans y prêter plus attention. Habitude, c’est comme la cape. Puis il sort de la cabine de douche dont il a éteint l’eau quand sa camarade en est sortie. Maintenant il va falloir sécher. Pas besoin d’essuyer la tête, d’ici vingt minutes tout est sec. Cheveux courts oblige. Passer un coup de peigne dedans ? Mais qu’est-ce donc qu’un peigne ? Blagues à part, si, des fois il se coiffe. D’autres fois non. Et là, puisqu’ils ont été bien aplatis par leur lavage, il a décidé qu’il n’y en aura pas besoin. Bref, parenthèse fermée.
Aiko vient lui offrir le câlin qu’il a demandé plus tôt. Alors l’homme la serre contre lui comme il fait toujours. Mais peut-être que cette fois-ci, il la serre un peu plus fort comme s’il avait peur qu’elle ne parte. Petit aparté dans l’attitude amusée qu’il ne cesse d’arborer depuis tout à l’heure. Si elle ne l’avait pas invité à rester, cette étreinte-là aurait pu être l’une des avant dernières. Il n’y pense pas, sur le coup, mais il la serre quand même contre lui. Conscient qu’ils sont encore loin d’être tirés d’affaire, même si cela suffira pour aujourd’hui. Personne ne sait de quoi sera fait le lendemain. D’ailleurs en parlant de lendemain, il faudra, à l’occasion, qu’ils n’oublient pas d’aller rendre leur rapport de mission. Si possible en même temps tous les deux, non ?
Elle finit par s’éloigner un peu, se rapprochant rapidement pour lui glisser quelques mots à l’oreille, tandis qu’il ne parvient pas à réprimer un frisson en sentant son cou être chatouillé de son souffle :

- Sauf si tu préfères le canapé. Si tu veux, je te le prépare hein.

Canapé ? Canapé. Canapé… Attendez non, pas canapé ! S’il reste, c’est pour la garder à côté de lui. Non mais. Il a décidé de sombrer pour aujourd’hui – depuis qu’il a accepté de la suivre après la mission – et il veut sombrer jusqu’au bout. Parce que, quitte à se torturer l’esprit après cela, autant que ça soit pour quelque chose de complet. Accepter de rester ici pour la nuit était autant une erreur stratégique pour le futur – qui commencera dès demain soir – qu’un excellent choix tactique pour le présent. Il ne le sait pas, mais il s’en rendra compte. Bref, cela dit, il veut rester avec elle.
Evidemment, il sait très bien qu’elle le taquine. Surtout quand elle s’éloigne ainsi l’instant d’après en le narguant presque. La Baskerville retourne vers sa chambre et son camarade lui emboîte le pas. Au passage, il lance amusé :

- J’accepte le canapé seulement si tu restes dessus après l’avoir préparé.

C’est bien comme compromis, non ? Mais oui, c’est très bien. Le lit doit quand même être plus confortable pour deux, mais qu’importe. Dans la logique de Finn, le sol pourrait tout à fait convenir du moment qu’ils y sont tous les deux.
La jeune femme s’occupe ensuite des draps de son lit et il l’aide à les retirer. Bons à laver, les pauvres. Ils finissent dans un coin de la pièce. Pièce où se trouvent d’ailleurs leurs vêtements éparpillés un peu partout. Vêtements ? Oh, vêtements. Disons que la bienséance veut qu’il porte quelque chose d’autre qu’une serviette autour des hanches. Il est trop fatigué pour annoncer sa façon de penser à la bienséance et, puisqu’il n’est pas chez lui, il n’a que ce qu’il portait en arrivant. Sa chemise qui ne cracherait pas – certes elle ne le peut pas tout court – sur un bon coup de fil et d’aiguille va devoir faire quelques heures sup’. Et le reste. Et il fera avec. En plus, ça enlèvera une partie du désordre dont il est co-auteur ici. C’est un maniaque. Mais un maniaque sur son territoire. Celui des autres, il respecte, ils font ce qu’ils veulent. Même si jamais il n’ira y mettre le bazar lui-même, déformation par trait de caractère, que voulez-vous.
De même qu’il a aidé à enlever les draps, il aide rapidement à mettre les suivants que la jeune femme tire de son armoire. Puis elle vient vers lui en lui tirant la langue et il résiste de peu à l’envie de l’attraper pour la plaquer gentiment sur le lit et ensuite passer à l’attaque d’une manière ou d’une autre. Ils viennent de mettre les draps, voyons.

- Tu veux bien finir le travail ?

Le travail ? Le trava- oh ! Il vient de comprendre. Le « travail » commencé sous la douche. Achever de « l’aider » à se laver. Mais oui bien sûr, maintenant il faut la sécher. Mais avec plaisir. Après son câlin, cela dit. Ce qu’il aime beaucoup avec les étreintes d’Aiko, c’est cette façon qu’elle a de, souvent sans prévenir, venir se lover dans ses bras comme si elle y avait toujours eu sa place. Il ne sait pas si elle l’a « toujours eu », ce serait d’ailleurs un concept assez étrange, mais une chose est sûre. Elle l’a maintenant. Même si de l’extérieur elle donne l’impression d’être celle qui se niche contre lui parce qu’il est plus grand, en réalité ils sont autant blottis l’un contre l’autre tous les deux. Même s’il peut, du fait de sa taille, l’entourer complètement de ses bras et la cacher un peu, il n’en va pas moins souvent cacher son visage dans ses cheveux. Cette fois-ci ne faisant pas exception à la règle. C’est un réflexe un peu idiot que tout le monde a. Croire que si on ferme les yeux et qu’on ne voit donc plus le monde, celui-ci ne nous voit plus non plus. Un réflexe d’enfant surtout, car en grandissant on sait très bien que se cacher dans un coin avec les mains sur les yeux ne suffit pas. Pourtant quand elle se serre contre lui, il ferme les yeux quand même. Cela ne changera rien, il le sait. Mais c’est réconfortant.
Au bout d’un moment, elle relève le regard vers lui, qui lui rend un sourire affectueux. Nouvel échange de regards, sans que l’homme ne cherche à y lire quoi que ce soit cette fois-ci. Les traits d’Aiko s’impriment un peu plus dans sa mémoire.

Et maintenant, finir le travail. Le contractant glisse une main jusqu’au haut de la serviette qui entoure le corps de sa compagne afin de la détacher, son sourire se muant dès lors à nouveau en amusement. C’est qu’elle est déjà pratiquement complètement séchée en fait. Juste une excuse pour qu’il la touche. Enfin pas qu’il en ait douté, tout est prétexte à toucher l’autre de toute façon. S’il n’y avait pas de prétextes, ils feraient sans. En prenant bien soin de la frôler de ses mains, il passe la serviette sur ses épaules et l’y dépose, pour commencer à frictionner le tissu sur le corps de la jeune femme. Même si elle est déjà presque entière séchée. Allant jusqu’à se baisser afin de s’occuper de ses jambes, il se redresse ensuite vers elle, venant frôler ses lèvres des siennes.

- Maintenant, ma récompense.

Absolument, personne n’a jamais parlé de récompense mais il vient quand même prendre les lèvres de la jolie rousse des siennes. Récompense auto attribuée. Tout à fait. Il en profite pour lui attacher de nouveau la serviette là où elle l’avait mise à l’origine avant de déposer sagement ses mains sur ses hanches.
Il finit néanmoins par se détacher d’elle, parce qu’ils ne vont pas pouvoir s’utiliser mutuellement comme bouillottes tous les deux toute la soirée, afin d’aller enfiler ses affaires. Bien qu’éparpillées, il les retrouve toutes autour du lit. Il termine par la chemise, qui est boutonnée à la va-vite. Tellement à la va-vite qu’il attache les mauvais boutons ensemble. Un juron marmonné lui échappe sans qu’il s’en rende compte, obligé alors de tout défaire pour tout rattacher. Il n’y a rien de pire que cela lorsqu’il se lève à la traîne et est obligé de courir pour rattraper son retard, encore un truc qui le met de bonne humeur le matin. Ici, cependant, ce n’est pas le cas alors, bien sûr, il est calme. Il a juste juré par habitude. Bref, quand il a terminé de se bagarrer avec les boutons de sa chemise – et pour la peine, il en a attaché deux de moins que d’habitude, un en haut et un en bas, bien fait pour eux – il va pour enserrer la Baskerville par la taille, en étouffant un bâillement d’une main avant d’aller nicher sa tête dans son cou. Si on lui demande s’il est fatigué, il niera quand même.
Un peu plus tôt, des mots lui avaient brûlé la langue sans qu’il ne sache réellement les identifier. Ce qui n’a pas été dit, c’est que cette impression lui revient à chaque étreinte, toujours un peu plus forte. Ce sentiment tout neuf, la peur toute simple de la perdre, qu’il n’arrive pas à vraiment discerner, est pesant. Il aime son clan et lui est complètement dévoué, quand bien même il ne doit pas figurer parmi les plus actifs sur le terrain. Il n’a pas non plus à se plaindre de sa vie. Mais il n’empêche que, des fois, un peu plus de sécurité serait la bienvenue. Autant pour lui que pour la femme dans ses bras surtout.

- Je ne veux pas te perdre, Aiko.

Les mots ont franchi la barrière de ses lèvres, murmurés avant qu’il n’en prenne vraiment conscience tandis qu’il la serre un peu plus contre lui. Du coup il réalise un peu mieux ce qu’est cet étau qui lui enserre le cœur quand il la prend dans ses bras et laisse un peu trop son esprit dériver. Parce que son inconscient pense visiblement beaucoup plus que lui. Ce qui n’est pas un mal. Il n’y a pas à regretter les mots prononcés, il lui a déjà dit qu’elle compte pour lui. D’ailleurs à ce moment-là il lui avait même dit que cela l’effrayait. L’effraie en fait toujours mais comme il ne veut pas y penser, sur le coup tout va bien. Le changement d’orbite fait peur, voir le monde soudain commencer à peut-être se mettre à tourner autour d’une seule personne. Errer sans point d’attache et se contenter de juste vivre, c’est bien plus simple. Il n’a de compte à ne rendre à personne sauf à lui-même. Il ne dépend de personne, sauf de lui. Tout est alors plus ou moins sous contrôle. Mais plus maintenant. Et pourtant à côté, il y a tellement de bien qui est tiré de tout cela. Mieux encore, il semble rendre quelqu’un d’autre heureux. Ça, quand on a plutôt pour habitude de donner des coups, c’est tout neuf. Encore une fois cependant, savoir qu’une autre personne compte un minimum sur nous apporte avec la peur de décevoir. Quand il était plus jeune, il avait peur de mal faire et de décevoir maman. Ici c’est différent. Parce que sa mère, même s’il faisait des bêtises – Dieu sait qu’il en a fait d’ailleurs – il savait qu’elle l’aimerait quand même. Avec Aiko, il a conscience qu’une trop grande déception pourrait l’éloigner pour toujours. Voilà, s’il ne la perd pas à cause d’une vie dangereuse, il pourrait encore la perdre en la décevant. Il a déjà hâte de la revoir, juste pour constater qu’elle est toujours vivante. Et il a déjà hâte de pouvoir la serrer à nouveau contre lui, juste pour constater qu’elle n’est pas partie. C’était moins compliqué avant, mais il ne reviendrait pas en arrière pour autant.

Maintenant… Maintenant, eh bien dormir a l’air d’être une option sympa. Mais ça, c’est s’il avait été tout seul. D’autant plus qu’il a faim avant, le fait d’avoir juste avalé une tasse de thé le matin commence à se faire sentir – en fait c’était probablement le cas avant sauf qu’il ne s’en est pas rendu compte. Qu’il soit seul ou pas. Mais bref, même sans cela, il ne veut pas vraiment dormir maintenant. Cela est sans doute un peu puéril comme comportement, mais il veut profiter de la présence de la jeune femme encore un peu en étant éveillé, quitte à vraiment tomber d’épuisement ensuite. Si tant est qu’elle n’ait pas envie de se coucher tout de suite, bien sûr. Et peut-être d’avaler un bout avant. Tiens, il pourrait offrir ses services. Après tout, elle l’héberge gentiment. Il redresse alors la tête.

- Tu n’as pas faim ? Je peux cuisiner quelque chose si tu veux.

Comment il a fini par savoir cuisiner ? Eh bien, comme il vivait seul avec sa mère, il n’a pas eu le choix. Dès qu’il a pu, elle a commencé à lui apprendre tout un tas de tâches pratiques. De la cuisine à la lessive, parfaitement. Ok, il ne faut pas être un génie pour savoir laver du linge, certes. Il n’empêche que lorsqu’il vivait encore chez sa mère, ils alternaient dans les tâches ménagères. Rien de plus normal. Et pour la cuisine, même principe. Au tout début, ils mangeaient des pâtes un jour sur deux. Certes. Quand c’était le tour du petit Finn qui ramait un peu beaucoup. Et puis à force il a saisi le truc jusqu’à devenir relativement bon avec. Sans être formidable, c’est suffisant pour qu’il ait pu trouver un travail grâce à cela. Travailler en tant que cuisinier n’était même pas son but quand il a commencé à chercher un travail à côté des missions. En réalité n’importe quoi qu’il puisse faire lui aurait convenu. Il se trouve qu’il est tombé là-dessus en premier. Tant mieux, la patronne et ses collègues sont bien sympathiques, en plus. Les horaires sont assez ingrats pour certains. Mais en échange, on ferme les yeux sur ses absences inexpliquées du moment qu’il les rattrape et on ne questionne pas trop les fois où il arrive dans un état questionnable physiquement. A peine un « il t’est arrivé quoi encore ? » amusé. Jusqu’ici, ça a plutôt bien marché et il espère pouvoir garder cela ainsi encore un moment.

Une fois de plus, il ne sait pas à quelle porte du couloir correspond la cuisine. A dire vrai, la disposition de l’appartement l’amuse un peu. Un couloir et des portes. Aucun moyen de savoir ce qui se trouve derrière elles sans les avoir ouvertes ou le connaître d’avance. Il a retenu la position de la chambre et il sait que la salle de bain est juste en face. S’il se perd étonnement facilement dès qu’il est dehors, il parvient quand même à s’en sortir sur un espace restreint. Et encore heureux, il ne manquerait plus qu’il soit capable de se perdre chez lui par exemple. Bien sûr, cela reste valable tant que l’espace restreint en question ne fait pas la taille du Manoir Nightray par exemple. Le domaine Baskerville ? Il connaît pour y avoir vécu enfant. Encore que lorsque c’est devenu un beau champ de ruines, il a eu des ratées au début à l’intérieur même de leur bâtiment. Quant à l’extérieur, c’est encore assez précaire. Bref.

Il la relâche sans pour autant réellement s’éloigner, un air malicieux sur le visage.

- A moins que tu n’aies peur que je ne mette quelque chose dans la nourriture pour pouvoir t’enlever pendant que tu dors.

Et après l’enfermer en haut d’une tour avec juste une fenêtre et seulement lui comme compagnie. Bien sûr. Elle serait capable de lui mettre une rouste même dans son sommeil, il devrait se méfier un peu plus. Il ne faut pas sous-estimer les femmes, elles sont pleines de ressources.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   3rd Janvier 2013, 05:01

Il y a plusieurs sentiments. Beaucoup trop en fait. Quelques uns se ressemblent en apparence, peuvent même avoir les mêmes symptômes sur les personnes. D’autres sont totalement opposés, incompatibles. Parfois, notre corps tremble. Pour certains, la meilleure extériorisation est les crises de larmes, les pleurs incessants, les sanglots en bref. Pour d’autres, ils réagissent demeurant immobiles, incapables d’esquisser le moindre geste. D’autres encore hurlent. Cela, avouons-le, sont les plus agaçants. Mais pour tous, une boule s’installe dans leurs ventres, un poids se dépose sur leurs épaules et des frissons agitent fortement leurs corps en une secousse fortement désagréable. C’est ce que l’on nommait comme étant la peur. Un sentiment effroyable, difficile à accepter, mais si facile à s’installer en nous, autour de nous, nous oppressant, nous empêchant de respirer cet air pur auquel nous étions habitués. Pourquoi avoir peur ? Pour bien trop de raisons pour qu’elles soient toutes citées. Mais essayons tout de même d’en donner quelques unes, histoire de réussir à introduire notre sujet principal. Pour commencer, sous la menace d’une arme. Lorsque le canon d’un quelconque revolver ou pistolet est appuyé contre notre tempe, notre corps est pris de terribles sueurs froides. Si une lame est appuyée contre notre jugulaire, nous devenons rouges, avons des difficultés à respirer ou à avaler notre salive, de peur que ce dernier geste puisse nous coûter la vie. Et puis, il y a bien sûr d’autres formes de peur que celles qui nous prennent lorsque notre pathétique vie est mise en jeu. D’autres peurs qui n’incluent pas forcément l’instinct de survie. Par exemple, il y a la peur de décevoir. Décevoir une quelconque personne qui compte un minimum sur nous. À partir du moment où elle nous dit ouvertement qu’elle nous apprécie et qu’elle nous fait confiance, nous avons cette peur. Et si tout ce que nous faisons ne suffisait pas ? Ne suffisait plus ? Et si ce que nous sommes ne plaît pas à l’être aimé ? Nous oublions. Nous oublions stupidement que cette personne nous a chéri justement parce qu’elle a réussi à voir en nous, à travers le voile opaque qui nous couvrait. Nous oublions qu’elle nous aime parce que nous sommes nous. Nous oublions que changer est l’une des rares choses – mais qui n’en demeurent pas moins efficace – qui peut mener l’autre à ne plus nous apprécier, à ne plus nous reconnaître logiquement et peut-être même à regretter la confiance qu’il a un jour placé en nous. Mais toutes ces réflexions, nous ne réussissons pas à nous les faire en temps voulu. Alors nous prenons peur. Il n’y a pas réellement de symptômes apparents, mais seulement la peur que nous sentons bel et bien présente. Ses conséquences sont bien pires que celles des autres peurs. Effectivement, dans ce cas là, nous agissons simplement bêtement. Je dis simplement, pourtant, ça va bien au-delà de la simplicité, devenant bien complexe soit-dit en passant. Mais il y a une autre peur. Une autre peur bien plus dévastatrice. Une peur qui nous habite continuellement à partir du moment où nous avons une quelconque attache, un lien ou une relation avec une personne. Dès le premier jour, avant même de nous rendre compte que cette personne que nous avons face à nous va devenir réellement importante à nos yeux, cette peur s’installe en nous. Nous avons peur de perdre cette personne. Au début, nous ne comprenons pas. Néanmoins, après s’être rendu compte à quel point nous aimons ce nouvel être ayant fait irruption dans notre vie, nous comprenons en même temps que nous sommes apeurés, terrifiés comme de vulgaires enfants qui écoutent pour la première fois le tonnerre et qui observent de leurs yeux ébahis la foudre s’écraser au loin, se perdant dans l’horizon.
Aiko avait, la première fois déjà, terriblement peur. Mais elle n’avait pas compris que c’était de la peur. Elle n’avait pas même compris que quelque chose d’anormal s’était abrité en elle. Ce n’était qu’une rencontre, après tout. Une rencontre parmi tant d’autres. Comment aurait-elle pu seulement se douter que Finn deviendrait si important à ses yeux qu’elle aurait peur à chaque fois qu’elle plongerait dans son regard ? Aucun indice ne se présenta à elle. Sauf si elle fut la seule fautive, totalement aveugle. Mais maintenant, elle s’en rendait bel et bien compte. Elle avait affreusement peur de perdre le seul être qui comptait à ce point-là à ses yeux. Il était en tête de liste, c’était maintenant certain. Pourtant, cette pensée là, elle ne se la fit pas encore. Une chose à la fois, voulez-vous ? Quoiqu’il en soit, elle comprenait maintenant la raison pour laquelle son cœur se serrait lorsqu’elle allait se blottir dans ses bras, persuadée qu’elle était à l’abri de tout danger. Elle comprenait que son regard verdoyant et étincelant ne dissipait pas seulement ses doutes, mais s’occupait principalement de sa peur. Elle comprenait qu’elle l’appréciait – non, qu’elle l’aimait, nous avons convenu que ce mot pouvait être utilisé dans plusieurs contextes – bien plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. Mais de cela, elle ne voulait pas en faire part à Finn. Elle avait déjà eu peur de perdre des personnes aimées. Elle avait déjà eu peur de perdre sa mère, son père et sa sœur. D’ailleurs, sa crainte s’avéra être fondée pour ces deux derniers. Mais à ses yeux, c’était normal. Après tout, ils faisaient partie de sa famille et ils avaient, depuis toujours, étaient avec elle. Avec les autres Baskerville, avec ses amis, elle n’éprouvait que rarement l’envie d’être à leurs cotés. Jamais ce ne fut plus puissant que cela. Elle ne craint jamais de les perdre. Alors quand ça se produit avec Finn, elle ne reconnut pas ce sentiment. Ou alors, peut-être ne comprit pas pourquoi elle l’éprouvait avec Finn et décida donc de l’ignorer, de le rejeter. Mais le lui dire reviendrait à témoigner ce qui pourrait éventuellement être qualifié de puéril, de stupide, de naïf. Elle ne voulait pas. Elle se prenait donc à ne pas dire ce qu’elle pensait pour ne pas décevoir. Et peut-être que c’était justement comme ça – en ne faisant pas part de cette peur – qu’elle décevait le plus.

Et après tout, qu’est-ce qu’un être aimé ? À priori, il est « normal ». Bien que je vous l’accorde, juger que quelqu’un est normal n’est pas facile. Qu’est-ce qu’être normal ? Ne pas avoir de défauts ? Alors la normalité n’existerait pas. Être exactement ce que l’on attend de nous ? Cela est de l’hypocrisie, de la superficialité. Alors quoi ? Peut-être qu’être normal revient à agir comme doivent agir els gens de notre sexe, de notre rang, de notre tranche d’âge, en suivant l’exemple de nos aïeux qui ont érigé des proverbes basés, au fond, sur une utopie. Les adolescents de quinze ans sont bonnes à marier à et à élever des enfants, auraient dis plusieurs – pour ne pas dire tous – il n’y a pas de cela si longtemps. Pourtant, aujourd’hui, les filles de ce même âge qui sont enceintes sont mal vues. Si je comprends bien, ça ne dérangeait personne d’offrir la main d’une fille à un homme qu’elle ne connaissait peut-être pas et de l’accabler de responsabilités alors qu’elle-même est encore en âge de commettre des bêtises, mais c’est humiliant que d’avoir une fille qui s’est donnée à un garçon qu’elle aime ? Tout comme un homme ayant atteint la vingtaine est en âge de courtiser dignement une jeune femme. Pourtant, lorsqu’on en trouve certains en train d’accumuler les verres, emplissant le sang d’un taux élevé d’alcool, lorsqu’on voit ces mêmes hommes suivirent des femmes jusqu’au bout de la nuit, s’enfonçant dans le matelas, se couvrant des draps, donnant et recevant du plaisir, on dit que c’est un salaud – pour rester polie. Au fond, tout est normal ou tout ne l’est pas. Dans tous les cas, à nos yeux, l’être aimé est juste différent. Normal ou anormal, humain ou inhumain, charmant ou malencontreux, pour nous, il est juste différent. Nous ne cherchons pas à le juger, nous ne regardons que ce qu’on veut bien regarder, ne prenant que le meilleur, laissant le pire aux autres. Nous avons réussis à voir en cette personne, au plus profond de son âme, à percer le masque, à juste la voir telle qu’elle est, à apprendre à l’apprécier, à l’apprivoiser si, au début, elle ne fut pas facile à approcher. Telle une anguille qui se glisse entre nos doigts. Mais une anguille particulièrement élégante et séduisante. Lorsqu’une personne compte pour nous, alors on sait d’emblée que nous ferons tout pour elle. Nous nous plierons sans peine à ses volontés. Nous céderons. Nous ferons tout, quitte à perdre ce pourquoi nous nous sommes tant battus jusque là. Notre cœur ne bat pas forcément la chamade, mais nous savons, rien qu’en croisant son regard, qu’elle fera partie intégrante de notre vie et que pour rien au monde nous n’accepterons de la perdre. Nous nous battrons. Nous lutterons. Nous n’abandonnerons pas. Nous continuerons d’espérer, quitte à nous faire du mal, quitte à simplement retarder le terrible moment de la séparation. Quitte à perdre notre dignité. On ne peut pas aimer à moitié. On aime ou on n’aime pas. Dans tous les cas, il faut le prouver. Aimer en secret n’est pas non plus une solution. Si un malheur venait à arriver à la personne – et ne dites pas que ça arrive seulement aux autres, ça vous épargnera d’être trop surpris si cela venait à se produire –, nous regretterons amèrement de ne pas lui avoir dévoilé nos sentiments. Autant être sincère. Les sentiments ne sont pas toujours réciproques, mais ça s’en approche. Effectivement, si nous sommes amoureux d’une personne et qu’elle ne l’est pas, elle nous apprécie au moins. Sinon, elle ne nous aurait pas laissé nous approcher, ne nous aurait pas laissé l’aimer.
Au fond, une personne aimée, c’est juste une personne que l’on craint de perdre.

Comment aurait-elle bien pu punir Finn ? Oh, de différentes façons. Même si, pour certains, ce mot pouvait avoir des allures égrillardes, dans ce contexte là, c’était tout le contraire. De quoi aurait-elle été capable ? Au fond, de tout. Le priver de câlins, tiens ! Vu qu’il semblait tenir à sa dose d’affection. Chou. Elle aurait pu être nettement plus sévère. Mais, avouons-le, elle aurait peut-être cédé trop rapidement. Car il était certain, oui, qu’elle aurait fini par céder. Après tout, elle ne pouvait pas restée éloignée du joli brun trop longtemps. Ce serait plus une punition pour elle que pour lui et se faire du mal ne faisait pas partie de ses activités favorites. Donc bon. Au moins, elle pouvait s’estimer heureuse que sa menace fonctionna, car Finn ne bougea que légèrement, histoire de lui tenir tête, avant de se calmer. Craignait-il la punition qui menaçait de lui être attribuée ? Gardait-elle, malgré tout, ce coté un peu « effrayant » ? Il fallait que croire que mère y avait sérieusement veillé, alors elle aurait été plus ou moins déçue de noter que ce coté là de sa personnalité s’était envolé, émoussé, dissipé. Même avec Finn. Même avec cet homme qui ne demandait rien, mais à qui elle offrait pourtant tout. Tout ce qui était immatériel, du moins. Elle ne savait pas trop s’il recevait ses offrandes. Elle ne savait pas non plus s’il prenait conscience de tous les sentiments qui tournoyaient autour d’eux. Pourtant, elle n’arrêtait pas. Elle fournissait encore des efforts et ne cesserait sans doute pas de le faire. Elle voulait lui offrir un peu plus d’espoir, une peu plus de chance, d’amour, d’affection, de douceur. Peut-être aussi une touche de féminité, mais cela, elle le faisait naturellement dès qu’elle était en présence d’un homme. Elle tentait de les faire rire, de les voir sourire, mais sans pour autant perdre son sérieux. Sauf avec Finn. Avec lui, elle vendrait son sérieux sans nulle hésitation si cela signifiait qu’il souriait pout toujours. Si cela signifiait que ses yeux resteraient illuminés par une lueur malicieusement infantile. Au fond, en lui offrant son confiance, elle lui offrait aussi son amour. Mais quel amour ? C’était cette question qui perdurait.
Matériellement, que lui offrait-elle ? Seulement et uniquement son corps. Elle n’avait rien d’autre à lui offrir. Et puis, vous l’aurez compris, Aiko n’est une femme matérielle. Loin de là. Et encore, ce corps qu’elle lui offrit suivit simplement. Ça vint naturellement. Leur relation n’a jamais – et ne sera jamais – basée sur cela. Finn valait infiniment mieux que tous les autres hommes que la jeune femme eut l’occasion de rencontrer. Finn... On ne pouvait pas le comparer aux autres. Ce serait une insulte. On en comparait pas l’incomparable. Il n’y avait pas un seul point commun ; seulement des différences. À commencer par ce qu’éprouvait la rousse. Si pour les autres, ce n’était qu’un vil désir, pour Finn, c’était nettement plus profond, plus vrai. Mais quoi ? Cela, elle l’ignorait encore. Et elle avait comme l’impression qu’elle ne le saurait pas encore. Peut-être n’était-elle pas encore prête. Peut-être devra-t-elle découvrir autre chose du brun avant de pouvoir mettre un mot – voire plusieurs – sur ce qu’elle éprouvait pour lui. Après tout, elle ne connaissait que quelques facettes de sa personnalité. Elle aurait – elle l’espérait – l’occasion d’en découvrir d’autres. Elle aurait l’occasion de lui venir en aide, qui sait. De juste l’écouter. Ou peut-être de râler s’il venait à faire quelque chose qui lui déplaisait. Après tout, elle n’était pas du genre à ne pas dire ce qu’elle pensait sous prétexte qu’elle aimait bien la personne en face d’elle. Au contraire, cela pourrait même être une raison supplémentaire pour laquelle elle pourrait se montrer intransigeante. Mais reperdons notre sérieux quelques instants et reprenons le fil des évènements au moment où Aiko finit par accorder une étreinte à Finn.

Rien d’exceptionnel, au fond. Juste une étreinte. Juste un câlin. Juste une nouvelle preuve de la part de la demoiselle qui témoignait du fait qu’elle offrirait tout au brun s’il le lui demandait. Même si ça semblait simple. Même si ça semblait anodin. Ce n’était pas le cas. Pourtant, ce câlin ressemblait aux autres. C’était toujours aussi agréable et ça accordait à la jeune femme la chance d’oublier un instant qui elle était. Était-il réellement possible d’oublier qui on était ? Peut-être pas ; elle en avait pourtant l’impression. Surtout lorsque nous sommes un montre. Une tueuse. Une déchue. Un ange de la mort. Une Baskerville, après tout. Pensez-vous réellement qu’avoir fait couler le sang de je ne sais combien d’innocents est chose aisée à accepter ? Même si elle fut élevée pour cela, pour obéir, pour obtempérer sans jamais questionner. Comme tous les autres. Tuer était devenue une activité qu’elle faisait sans même plus réfléchir. Pourtant, tuer des enfants était différent. Alors oui, elle devait être un monstre. Elle l’était sans aucun doute. Mais elle s’en fichait. Elle ne s’en voulait pas, ne culpabilisait pas. Peut-être qu’avant de s’être habituée à ce fait, elle se demandait pourquoi. Mais plus maintenant. Et puis, jamais elle ne chercha non plus à se rebeller. Elle était née Baskerville et mourrait comme telle. Elle ne retrouverait ses ailes de liberté et de dignité perdue que si tout le clan retrouvait les siennes. Mais lorsqu’elle était sous la protection peut-être imaginée des bras forts de Finn, elle oubliait jusqu’au fait qu’elle soit l’une des personne ayant participé au massacre d’il y a cent ans. Elle n’était plus qu’Aiko. Même pas. Elle était simplement sienne. Qui profitait le plus de ce contact ? Oh, il n’y avait sûrement pas de privilégié. Si Aiko se sentait en sécurité, peut-être que Finn ressentait autre chose, allez savoir.
Elle lui fit alors part de ses pensées, parlant de canapé. Sa réponse la fit rire. Mais oui, bien sûr ! Ils allaient dormir comment, hein ? L’un sur l’autre ? Hum, tout compte fait, ce n’était pas une si mauvaise idée que cela. Stop ! Non mais à quoi elle pensait là ? On ne croirait pas qu’elle venait tout juste de retrouver son calme après avoir atteint l’extase. Nul besoin de répondre à cela, tous deux savaient que tout n’était question que de taquinerie. Le lit ferait très bien l’affaire. Après tout, si Aiko tenait à dormir sur Finn – l’inverse ne conviendrait pas à la jeune demoiselle ; le brun était trop lourd pour elle, non mais ! –, ils pourraient tout aussi bien le faire sur le lit. Tout juste.

Et puis, elle va ramasser les draps pour les troquer contre d’autres, propres cette fois-ci. Finn l’aida et elle le remercia d’un simple sourire. Tiens, maintenant qu’elle y pensait, il ne vivait sûrement plus avec sa mère. Du coup, il devait se débrouiller tous seul pour les tâches ménagères. En même temps, quelle idée que de croire que les femmes étaient plus douées pour cela que les hommes ? Aiko était la preuve vivante du contraire. Elle se débrouillait, mais sans plus. Vraiment sans plus. Après, pour mettre des draps il ne fallait pas non plus être un génie, alors bon.
En ce qui la concernait, ça ne la dérangerait nullement de retourner faire un tour sur le lit. Mais plus tard. Lorsqu’elle sera habillée. Et lorsqu’elle aura mangé. Et lorsqu’elle aura embrassé Finn aussi. Oui, encore. Elle le ferait encore plus d’une fois. Après tout, quoiqu’ils fassent, tant qu’ils étaient ensemble, ils pouvaient pimenter le tout en usant aussi bien de leurs mains que de leurs bouches. Au lieu de tout faire en suivant les normes, pourquoi ne pas innover ? L’originalité peut être amusante lorsqu’on était deux à s’y prêter. Surtout lorsque les deux en question étaient Finn et Aiko.
Elle lui demanda de finir le travail. Nouvelle preuve qu’elle n’avait rien de sage. En même temps, ce n’est sûrement pas Finn qui irait se plaindre du fait que la jeune Aiko soit plutôt... Turbulente ? Oui, disons-le comme ça, turbulente. Enfin bref, finir le travail. Après pareille demande, il aurait été plus logique de se laisser complètement faire. Mais non. Pas elle. Sitôt dit qu’elle retourna dans les bras du brun. Nouvelle étreinte. Cette fois-ci, dans le regard de la demoiselle se nicha une nouvelle étincelle. Une bien sombre étincelle. La peur. Une nouvelle fois, elle la submergea. Pourtant, elle cessa bien vite d’y repenser. Le pouvoir de Finn avait encore agi sur elle. Et c’était bien loin de lui déplaire, croyez-le bien. Elle sentit alors un poids sur sa tête. Finn. Un sourire se forma sur ses lèvres tandis qu’elle resserrait légèrement l’étreinte.
Ce qu’elle était bien, là, dans ses bras.

Et puis, lorsqu’elle s’éloigna, il répondit à son sourire avant de simplement l’imiter, retournant plonger dans ses yeux bruns. S’amusait-il, comme elle, à déceler quelque chose ? Des émotions ? Une vérité ? Ou alors, s’enfonçait-il sans s’en rendre compte au creux de l’âme de la jeune femme ? Elle n’était plus seule, désormais. En fait, elle avait la plupart du temps eu des personnes avec elle. Mais nous ne parlons ici pas de cette solitude. Je parle plutôt de cette solitude qui fait en sorte que nous ne nous sentons jamais bien, toujours un peu trop perturbés, jamais au calme, jamais serins. Mais aujourd’hui, cette solitude, Aiko ne semblait pas la connaître. Pas du tout. Finn comblait tout l’espace vide. Finn comblait tout. Finn ne hantait pas ses pensées – car avouons que ce serait bien vil de dire cela alors que la jeune femme appréciait cela – ; il habitait ses pensées. Et c’était tellement agréable. Tellement bon.
Ses doigts se faufilèrent jusqu’au haut de la serviette. Un regard, un sourire taquin et il détacha ce qui ne pourrait même pas être qualifié d’attache. Avait-il remarqué qu’elle déjà quasiment complètement sèche ? Sans doute. Avait-il douté que ce n’était qu’un prétexte pour sentir ses mains sur son corps une énième fois ? Sûrement que non. Il déposa doucement la serviette sur ses épaules, ses doigts venant frôler la peau blanchâtre, des frissons prenant dès lors la jeune femme qui laissa son sourire amusé s’adoucir. Et puis, il commença, comme elle lui avait demandé, à la sécher. Il se baissa d’ailleurs pour s’occuper de ses jambes et Aiko ne put qu’être gênée face à ce geste. Les lèvres pincées, elle détourna le regard. Lorsque Finn se redressa, elle revint accrocher ses prunelles aux siennes. Il s’approcha alors d’elle et... Et ne l’embrassa pas. Mais. Au lieu de quoi, il fit simplement frôler leurs lèvres, sa voix retentissant. Sa récompense ? Oh mais oui, bien sûr, sa récompense. Je veux bien oui, mais de quoi est-ce qu’il parlait ? Aiko avait-elle proposé quoique ce soit ? Elle avait dû oublier. Oui, voilà, elle avait oublié. Ce n’était sûrement pas Finn qui inventait. Oh et puis, de toute façon, la jeune femme n’avait pas eu le temps de se faire toute ses réflexions que le brun vint interrompre les quelques pensées qu’elle avait en ce moment. De toute façon, ce n’était pas comme s’il lui avait seulement laissé le temps de comprendre. Elle approfondit le baiser alors que ses bras trouvèrent naturellement leur place, allant se nouer autour du cou de l’homme qui vint rattacher la serviette autour d’Aiko avant de déposer ses mains sur ses hanches. Lorsqu’il eut l’intention de s’éloigner, elle glissa sa main jusqu’à la sienne et le retint. De nouveau, elle alla trouver ses lèvres, s’éloignant et revenant, pas assez longtemps pour le faire languir, pas assez vite pour ne pas ressentir un certain manque lorsqu’elle s’éloignait. Elle acheva son manège en déposant simplement ses lèvres contre les siennes, lui lançant un simple sourire avant de le laisser vaquer à ce qu’il avait en tête de faire.

Il va alors vers ses habits, n’ayant eu qu’à les chercher du regard avant de les identifier. Elle l’observa s’habiller un instant, un sourire collé aux lèvres – sûrement niais, avouons-le – avant qu’elle ne décide qu’elle ferait mieux de s’habiller aussi. Pourquoi maintenant ? Car si elle le faisait plu tard, cela reviendrait à perdre un certain temps qu’elle préférerait partager avec le brun. Elle ouvrit donc doucement l’armoire – l’avantage d’être chez soi – et sortit des sous-vêtements noirs et une nuisette. Elle ne changerait sûrement pas ses habitudes pour un soir ; par la peine de vouloir paraître plus aguicheuse qu’elle ne l’était déjà. La nuisette peut vous amener à pensez autre chose ? Ce serait faux, car elle était plutôt banale. En soie noire avec deux rubans dénoués violets – qui devraient faire office de nœud de papillon en temps normal – au creux de sa poitrine, là où le décolleté commençait. Quant à la longueur, eh bien, un peu au-dessus des mi-cuisses. Enfin bref, alors qu’elle s’amusait à enrouler son doigt autour de l’un des rubans, elle ne put s’empêcher de rire doucement lorsqu’elle entendit le juron poussé par le brun. Le souci ? Il avait mal boutonné sa chemise. D’ailleurs, pourquoi la boutonner ? Il perdait son temps, Aiko ne resterait pas longtemps impassible alors qu’elle ne pouvait même pas profiter de la vue de son torse. Non mais.
Lorsqu’il recommença à la boutonner, elle eut l’idée d’aller l’aider. Mais non. Elle allait l’aider à la déboutonner un peu plus tard, alors bon. Lorsqu’il eut fini, il captura la rousse par la taille, allant enfouir son visage dans son cou. Elle se laissa faire, répondant doucement à l’étreinte. Et puis, il parla. S’il n’avait pas ajouté son prénom en fin de phrase, elle n’aurait pas pu être certaine du fait que ce soit bien lui qui venait de parler et non pas elle. Il la serra un peu plus contre lui et elle se redressa dans ses bras, l’incitant à relever le visage. Elle laissa ses doigts défiler sur son visage, allant le retracer comme elle aimait le faire. Et puis, ces mêmes doigts passèrent sur ses lèvres, s’y attardèrent, s’y arrêtèrent. Elle pencha la tête sur le coté et sourit légèrement. Elle n’avait pas réfléchi. Elle réfléchirait après. Après lui avoir répondu. C’est qu’elle pourrait simplement dire qu’elle avait aussi peur de le perdre, mais en quoi ça l’aiderait ? En rien. Elle le ferait pourtant. Elle lui dirait qu’elle avait aussi peur de le perdre. Mais pas tout de suite.

« Alors ne me laisse pas partir. »

Elle n’était donc pas la seule à avoir peur. D’un certain coté, ça la soulageait énormément. Ça devait d’ailleurs être visible sur son visage, sur ses traits. Qu’importe. Elle ne savait trop quoi penser de cette déclaration. Au final, il était plus courageux qu’elle. Il avait réussi à sortir cela tandis qu’elle refusait de lui en faire part. Après tout, ce n’était ni puéril, ni stupide. C’était vrai, simplement. Réel. Alors ça suffisait. Ça suffisait pour qu’Aiko lui dise cela. Pour qu’Aiko lui demande la retenir. Bien qu’au fond, dans sa voix se cachait tout autre chose. Elle voulait qu’il la retienne. Elle ne désirait surtout pas qu’il la laisse filer face au premier obstacle. Peut-être se défilerait-elle, mais alors, Finn devrait la mettre face au problème, quitte à se montrer brutal. Elle ne serait sûrement pas de cet avis le moment venu et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle le lui disait maintenant. Une sorte de prévention. En même temps, c’est tout ce qu’elle avait trouvé à dire. Qu’aurait-elle pu faire de plus ? Lui promettre qu’il ne la perdrait pas ? Il lui en voudrait sûrement de faire une promesse alors qu’elle ne savait même pas si elle la tiendrait. Mieux valait lui dire quelque chose de vrai et qui pourrait rester vrai dans longtemps encore que de promettre l’éternité. Ça pourrait être possible, au fond. Il pourrait s’avérer possible qu’ils ne se perdront pas mutuellement. Mais rien n’en restait moins sûr, alors bon. Elle alla lui embrasser calmement les lèvres – oui, un baiser chaste – avant de sourire et de rajouter quelques mots. Histoire d’être totalement franche avec lui. Après tout, il avait amplement prouvé qu’il le méritait. Et pas qu’un peu d’ailleurs.

« J’ai peur de te perdre, Finn. Alors ne pars pas. S’il te plaît. »

Ça avait déjà commencé en murmure, alors dites-vous que ça finit de façon quasiment inaudible. Aiko n’aimait pas exiger. Aiko n’aimait pas demander. C’est pour cela qu’elle avait ajouté le s’il te plaît. Mais en rien ça ne changeait les faits ; c’était une demande. Elle baissa les yeux, les ferma et revint coller son front contre son torse.
Après tout, si tout se passait comme elle l’espérait, il n’y aurait vraiment aucun problème. Il suffisait que tous deux y mettent du leur. Il suffisait de deux simples choses. Ne pars pas. Ne me laisse pas partir. Ces deux phrases pourraient aussi bien être prononcées par Finn que par Aiko.Si seulement ils étaient encore deux gosses qui pouvaient croire à tout cela. Juste cette nuit. Juste cette nuit, Aiko penserait comme une enfant. Parce que c’était plus facile. Parce que c’était plus simple. Et parce qu’elle voulait être aussi naïve qu’eux. Finn ferait mieux de faire de même. Ils réfléchiront plus tard. Quand ils seront l’un loin de l’autre. Ça les occupera.
Tu me suis ou pas, Finn ?

Après quoi, il lui proposa de faire la cuisine. Elle s’éloigna d’un pas et sourit, amusée. S’il voulait bien manger, ce serait une bonne idée, effectivement. Elle n’avait néanmoins pas dit oui lorsqu’il enchaîna. Elle éclata alors de son rire mélodieux, posant son index sur le front de Finn après s’être mise sur la pointe des pieds. Avec ce geste, elle pourrait presque le sermonner. Mais ce n’était pas marrant, il restait plus grand de taille qu’elle.
Peur ? Non, en fait, c’était même tout le contraire. Mais bon, elle n’allait pas répondre toute de suite. Non, pas pour réfléchir à une réponse adéquate. Juste pour... Bah, juste pour l’embêter. Elle glissa sa main vers celle de l’homme et entremêla leurs doigts, un sourire malicieux étirant ses lèvres. Elle l’entraîna alors hors de la chambre. Où se trouvait la cuisine ? Juste à coté de la salle-de bain. Autrement dit, la porte qui, une fois reliée à celle de la chambre, créait une ligne horizontale. Elle tourna la poignée et actionna l’interrupteur, laissant la flaque de lumière imbibait toute la pièce. Sur le mur de face, il y avait une fenêtre. À sa droite, un réfrigérateur et un four à sa gauche. Sinon, le long des deux murs est et ouest s’étendaient des plans de travail. Celui de droite était interrompu par la présente d’un évier. Les meubles étaient en noir. Pas d’ébène, parce que les Baskerville n’étaient malheureusement pas riches. Enfin bref.
Elle entraîna Finn vers la droite et se hissa elle-même sur le plan de travail. Au moins comme ça, elle était plus grande de taille que lui. Na. Elle lui tint le visage, plaquant chacune de ses mains sur une joue du brun, allant coller son front au sien, souriant d’un sourire purement taquin. Elle alla lui mordiller la lèvre inférieure, ajoutant quelques coups de langues avant d’éloigner juste quelque peu son visage. Viendra ou ne viendra pas ? Cédera ou ne cédera pas ? Aiko se posait ces questions alors qu’elle continuait de lui titiller les lèvres, allant jusqu’à faire lentement – trop lentement – passer sa langue dessus. Une de ses mains glissa vers le chemise de l’homme et elle défit le deuxième bouton de la chemise – le premier n’étant déjà pas fait. Allez, pour le coup, ça suffirait. Armée d’un énième sourire – ne souriait-elle pas trop ? Ça pourrait presque en devenir louche. Mais c’était Finn, alors rien d’étonnant –, elle plaqua sa main sur son torse et le fit reculer, sautant à terre.

« Je ne te laisse cuisiner que si tu me promets de m’enlever après. »

Elle lui sourit légèrement, lui tournant un instant le dos pour ouvrir les tiroirs et sortir quelques ustensiles. Et puis, elle s’accroupit pour ouvrir une sorte de petite porte – plutôt un placard – et en sortir une casserole, une poêle et un bol. Elle ne savait pas de quoi aurait besoin Finn, alors elle sortait tout ce qu’elle trouvait. Elle se redressa ensuite et alla déposer le tout sur l’autre plan de travail, près de l’évier. Sur ce même plan étaient disposés quelques épices, quelques herbes. Rien de bien fameux en somme. Elle se tourna ensuite vers le brun, un sourire collé aux lèvres. Elle s’en approcha et fit défiler ses doigts sur son cou, allant ensuite y enfuir son visage, laissant ses lèvres effleurer la peau, son souffle s’abattant sur les nouvelles parcelles. Avant de s’éloigner, elle vint déposer un baiser sur ce même cou. Dans un murmure, une question fusa.

« De quoi aurons-nous besoin ?»

Bien sûr, pas la peine de préciser sur tout ce qui se trouvait ici était à sa disposition. Mais bon, en bonne hôtesse, il fallait tout de même qu’elle lui pose cette question pour qu’elle puisse lui disposer tout ce dont il aurait besoin. Elle allait l’aidait, car avec les années, elle savait tout de même utiliser un couteau.

Si ça n’avait pas été une question de jalousie, se seraient-ils retrouvés ici ? Fort probable, car leur relation n’aurait pas vraiment changé. Enfin, ça aurait quand même été un peu compliqué. Effectivement, s’il n’y avait pas du tout eu ce fichu bleu, ils auraient continué leurs jeux sans se poser de réelles questions et peut-être que cette affection qu’ils éprouvaient désormais l’un pour l’autre ne se serait jamais développée, n’en ayant pas eu l’occasion. Mais si Aiko avait vu la marque mais n’avait rien dit, alors allez savoir comment l’aurait pris Finn. Peut-être que dans un premier temps, ce serait le soulagement qui aurait été peint sur son visage. Mais après réflexion, il lui en aurait peut-être voulu, se serait dit que ces sentiments brouillés qu’il ressentait pour elle n’étaient pas réciproques. Mais ça ne s’était pas passé de cette façon là. Elle avait été jalouse. Et même si sur le coup, elle avait un peu regretté de s’être montrée brutale envers lui, désormais, ce n’était vraiment pas le cas. Elle était fière de la façon dont elle avait réagi. Elle n’avait pas cherché à se cacher derrière un masque de fille ou d’adolescente. Elle avait largement assumé l’adulte qu’elle était. Elle avait agi en gardant en esprit que c’était Aiko qui devait parler. Pas la personne parfaite que les gens voulaient qu’elle soie. Après tout, Finn, qui appréciait-il ? Elle ou elle en perfectionnée ? Cette-dernière n’était pas elle. Cette-dernière, Aiko ne voulait pas l’être.
Si seulement. Si seulement tout pouvait être parfait. La vie en deviendrait nettement moins amusante, moins pétillante, mais ça nous permettrait de nous reposer. Pourtant, aujourd’hui, la jeune rousse ne demandait rien de tel. Elle désirait simplement qu’ils se retiennent. Qu’ils se prennent la main et qu’ils ne se lâchent plus. Au moins cette nuit. Au moins ces quelques heures qui s’offraient à eux deux. Qu’ils se les approprient pleinement. C’était son seul souhait. Et, plongeant dans son regard, elle demandait cela à Finn.
S’il te plaît.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   4th Janvier 2013, 06:12

Aiko rit. Aiko sourit aussi. Mais là, elle rit devant les âneries de Finn, qui ne le fait même pas exprès d’ailleurs. C’est vrai quoi, sa chemise tente une rébellion, ce n’est pas de sa faute. Qu’importe, Aiko, elle rit. Et lui, il aime beaucoup son rire. Il aime beaucoup sa voix aussi en fait, à bien y penser. Elle n’est pas aussi bavarde que lui – ils auraient peut-être du mal à s’y entendre à force, sinon. Alors peut-être aussi que lorsque lui parle pour ne rien dire, c’est dans l’espoir qu’elle réponde. Juste pour entendre sa voix. Il ne sait pas trop, parce qu’après tout, chez lui réussir à différencier la simple envie d’ouvrir la bouche juste pour causer qui lui vient si souvent de celle d’entendre Aiko répondre, c’est difficile à dire. Peut-être que. Peut-être que pas. Il ne réfléchit pas réellement avant de l’ouvrir ni avant d’agir. Les réactions de la Baskerville, quand elles sont positives, sont alors une plaisante surprise. Comme son rire ici. Le rire – parlons bien de celui qui est agréable et spontané, pas de toutes les formes méchantes ou forcées – rapproche un peu les gens dans ces conditions. Et puis c’est aussi un témoin très bref que l’attention de la personne qui rit est concentrée sur la cause de son rire. Ici donc, Aiko a son attention sur Finn. Voler l’attention des gens n’a jamais été sa priorité. A part celle de sa mère quand il était petit, mais elle était déjà continuellement sur lui. Sur-protectrice peut-être, mais pas étouffante. La preuve, elle l’a laissé filé quand il en a exprimé le désir. Pour en revenir à l’attention, il se fiche de celle des autres. Sauf de celle d’Aiko. Celle-là, il la veut. Sans trop savoir pourquoi. Il n’est absolument pas sans savoir qu’elle ne peut lui être exclusive tellement ses formes sont diverses, et il n’en demande pas tant, bien sûr. Seulement pour aujourd’hui – ou plutôt ce soir, vu ce qu’il reste d’aujourd’hui – et c’est peut-être puéril, il veut son attention toute entière. La faire rire, ça marche plutôt bien.

Après, il va chercher un énième câlin de lui-même. Comme ils ne savent pas quand sera la prochaine fois, autant en profiter tant qu’ils le peuvent. Ils le savent, au fond, que ce ne sera pas simple. Ils ne veulent pas y penser – du moins Finn ne le veut pas – mais cela ne sera pas simple. Si l’un est disponible, l’autre peut être en mission et inversement. Ces mêmes missions qui peuvent être la fin définitive. Et puis après, il faut l’énergie. L’envie n’est pas un réel problème. Il faut aussi réussir à trouver l’autre à une époque où les moyens de communications sont assez limités. Face à face, courrier, le reste relève de la chance puisqu’il n’y a pas de « lieu commun » où ils se croiseraient souvent. Il devrait penser à lui laisser son adresse, par ailleurs. Même le domine Baskerville est en réalité limite. Du moins, Finn n’y met les pieds que sur ordre ou pour remettre un rapport. Ni plus, ni moins. Il ne cherche pas particulièrement à l’éviter, mais il ne cherche pas pour autant à s’y rendre. Il faut avouer que comme cadre de promenade, il y a mieux. Beaucoup mieux. La situation n’est pas simple, mais elle est loin d’être impossible. Et puis, il y a toujours moyen de plus ou moins s’arranger.

- Alors ne me laisse pas partir.

L’homme lui sourit. Hors de question de la laisser partir, mais il a bien compris. Cela signifie surtout qu’il ne faut pas l’abandonner à la première difficulté. Ne pas les éloigner. Après la scène qu’il a causée plus tôt, les difficultés peuvent bien venir. Même pas peur. Evidemment, cela est bien facile à dire lorsque l’on n’a absolument aucune idée des formes que peuvent prendre les difficultés en question. Qui sait, elles pourraient s’avérer coriaces. Ils verront bien. Avant cela, il faudra déjà qu’il réussisse à accepter l’idée de dépendre de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas gagné, mais de l’autre côté de la balance se trouve le fait qu’il se sent tellement bien avec elle. Entre autre. Il verra bien, mais s’il voulait s’en détacher, il se peut que cela soit déjà un poil tard pour s’y prendre. Il n’y a pas pensé mais pourtant le fait était bien là : avoir accepté de la suivre n’a fait qu’offrir chance sur chance de constater à quel point il y est attaché. Cela n’est qu’une poignée d’heure, néanmoins elle en dit plus qu’elle ne pourrait le laisser paraître. Ils n’ont pourtant pas eu le temps de faire tant de choses que cela. A dire vrai, ils ne se connaissent même pas mieux qu’en début de journée par exemple. Ou si peu, quelques détails observés à la dérobée, quelques traits de caractère découverts et encore. Il y a la complicité naissante. La puissante envie de toujours toucher l’autre qui, si elle peut être satisfaite actuellement, ne le pourra bientôt plus. La dernière fois, il y a deux mois, l’envie était là aussi et il n’y avait pas Aiko de disponible pour qu’il la prenne dans ses bras. Il a fallu plusieurs jours pour que cela s’atténue puis soit relégué au second plan. Disparu ne serait pas le mot approprié, après tout plus tôt aujourd’hui, cela a resurgi aussitôt qu’ils se sont vus. Sur le coup, il ne s’en est même pas rendu compte. Cela semblait tellement naturel, tellement normal. Alors que ça ne l’est pas. Ça aussi, il ne le voit pas.

Elle lui offre un baiser chaste – ah ha ! Il le savait qu’elle s’y mettrait. Oui, une fois suffit à le convaincre – et ajoute ensuite :

- J’ai peur de te perdre, Finn. Alors ne pars pas. S’il te plaît.

Elle se cale contre son torse. Lui glisse une main sur sa tête, dans ses cheveux à la couleur si vive, offrant des caresses avec ses doigts. Il pourrait la garder tellement longtemps dans ses bras. Plus tard, ils penseront à tout cela plus tard. Toujours plus tard. Quand ils seront seuls. Quand ils auront de quoi se poser les questions. Quand ils ne seront pas dans les bras l’un de l’autre, là où « pour toujours » semble finalement possible. C’est facile de penser que « toujours » existe dans ces cas-là. Le temps semble les contourner. Cette bulle qui les entoure et les isole – uniquement parce qu’ils l’ont voulu pour cette fois – les en protège. Illusion, juste une illusion à laquelle il est tellement simple de croire. Pour ce soir, il n’y a pas de mal à croire aux chimères. La réalité attendra demain.
Elle a murmuré sa phrase, alors, sans vraiment s’en rendre compte lui-même, il lui murmure sa réponse :

- Je ne peux pas partir puisqu’il faut que je reste pour te retenir.

Référence à son « ne me laisse pas partir » d’un peu plus tôt. Et s’ils profitaient un peu de leur soirée maintenant ? Pas qu’ils n’aient pas déjà commencé à le faire ceci-dit, ils se sont déjà bien amusés jusqu’ici. Aucun des deux ne le démentira. Personne ne pourra non plus nier qu’il est plus agréable de rire que d’avoir peur. Leur but principal était avant tout de passer du temps avec l’autre. Autant que possible et pour l’instant, tout s’est bien passé. Mais après tout, il n’y a pas de raison que cela se déroule mal. Le seul sujet potentiel de dispute a été épuisé un peu plus tôt. Et ils ont les mêmes croyances politiques – Baskerville, Baskerville – donc aucun risque de ce côté-là. Cette blague était sponsorisée par le gouvernement. Ceci mis à part, en réalité les disputes dans un couple – couple ? – n’apparaissent pas en début de relation en général. Sinon, c’est relativement mal parti. Est-ce qu’ils peuvent s’appliquer le nom de « couple » quand ils ne savent pas vraiment désigner ce que l’autre représente ? Un jour il faudra mettre leur statut au clair. Il y a tellement de choses qui ont besoin d’éclaircissement.

Cette histoire de cuisine. Il a réussi à la faire rire – volontairement cette fois – avec son histoire d’enlèvement. Elle rirait moins s’il le faisait vraiment, sauf qu’il n’a pas de tour. Dommage – ou pas. La Baskerville entraîne son acolyte à sa suite. Alors, au niveau du plan mental de l’appartement, la porte à côté de la salle de bain, c’est la cuisine. C’est noté. Il reste des portes mystérieuses dont il trouvera bien l’utilité un jour. Ou peut-être que non. Qu’importe. Le sourire d’Aiko montre qu’elle a quelque chose en tête. C’est bien, maintenant il arrive à voir quand est-ce qu’elle complote quelque chose. Par contre, il reste incapable de prédire quoi. Cela ne manque pas une fois de plus. Elle s’assoit sur l’un des plans de travail, devenant plus grande que lui de cette manière. On mentirait en affirmant que l’homme n’a pas eu quelques pensées déplacées en la voyant faire. Surtout lorsqu’elle vient taquiner ses lèvres même s’il tâche de se reconcentrer. Le combat contre lui-même est néanmoins perdu quand il vient placer une main derrière la tête de la jeune femme pour l’empêcher temporairement de reculer, afin de pouvoir l’embrasser langoureusement. Allez, même pas honte d’avoir cédé – comprendre qu’il trouvera un moyen de rattraper cela plus tard. Il vient poser sa seconde main sur l’une des cuisses de la jolie rousse, sans pour autant chercher à faire plus, à aller plus loin. Juste pour la taquiner comme elle l’a eu à l’instant. L’échange est rompu lorsqu’elle défait un des boutons de sa chemise. Qu’il a eu tellement de mal à boutonner. Elle le fait reculer ensuite en souriant et il obtempère, la relâchant par la même occasion. L’effronté lui renvoie quand même un sourire malicieux et un regard parlant en reculant. Même pas honte qu’on vous dit.

- Je ne te laisse cuisiner que si tu me promets de m’enlever après.

Cette fois c’est à lui de se mettre à rire. Oh mais avec plaisir qu’il la kidnappera après. Dans son propre appartement mais qu’importe. Un enlèvement est un enlèvement. Enfin, techniquement la victime ne devrait pas être consentante, mais ici, c’est peut-être meilleur signe quand même. Après qu’il ait cuisiné, bien entendu. L’homme qui cuisine, pour mener la vie dure aux clichés. En même temps, quand on vit tout seul, c’est ça ou être affamé. Par que bon, les pâtes c’est facile à faire mais ça va bien quelques jours. Merci maman Baskerville d’avoir tellement insisté pour qu’il s’y mette. Ça et le reste, au moins lui s’autogère sans trop de problèmes. Comme ça il peut s’occuper de ceux de Naaru.
Tandis qu’Aiko se baisse pour faire il ne sait encore quoi et que le rire du contractant se calme, il lui répond :

- Je te promets de te kidnapper dans ton propre appartement. J’accepte aucune rançon par contre, tu seras coincée.

Ouais mais c’est un gentil enleveur de jeunes femmes. Comme elle sera la première et potentiellement la dernière, il sera sage. A peu près. En fait ça dépend un peu d’elle, si elle continue à l’appâter comme elle vient de le faire, forcément…
Elle se redresse ensuite, les bras chargés de divers ustensiles. Voilà donc ce qu’elle faisait baissée. Finn s’écarte légèrement afin de ne pas lui barrer la route lorsqu’elle part déposer ce qu’elle a sorti à l’autre bout de la cuisine, se contentant de l’observer tout du long. Oh, il n’y a pas encore eu de ligne consacrée à ce qu’il pense de la tenue qu’a adoptée Aiko ? Il aime beaucoup. Il n’y a pas d’histoire de décence ou d’indécence, parce que de toute façon ils se sont promenés sans rien pendant un moment. Néanmoins il doit bien avouer – pas à voix haute non plus – que ce que porte la jeune femme lui va. Très bien. Trop bien. Il n’est pas près de réussir à détacher son regard d’elle une fois de plus. Pauvre enfant, vraiment.

Elle revient ensuite vers lui caresser son cou agréablement. Il en profite pour passer un bras autour de sa taille et lui voler une étreinte dont elle peut cependant se défaire sans problème, juste en faisant pression sur son bras.

- De quoi aurons-nous besoin ?

De quoi ? Ah, bonne question. Il a offert ses services sans avoir la moindre idée de quoi faire. D’ailleurs en fait, il ne sait même pas ce qu’elle aime et n’aime pas –remarquez, ce sera l’occasion de le découvrir. Mais puisque que cet enfant a l’imagination fertile, un sourire taquin vient se dessiner sur ses lèvres. Son regard glisse vers celui de la jeune femme alors qu’il passe une main sous son menton, venant frôler ses lèvres des siennes.

- De toi.

Puis il l’embrasse pleinement, pendant plusieurs secondes à la fois longues et trop courtes en même temps pour profiter des lèvres contre les siennes. Tout est prétexte à des échanges, tout. Même quand il n’y a rien, juste comme ça. Cela dit ce genre de technique ne remplissant pas l’estomac, il finit donc par rompre l’échange, s’éloignant doucement en offrant un sourire à sa compagne. Il reprend alors la réponse réelle à la question qu’elle a posée :

- En fait j’en sais rien du tout, t’as quoi ?

Comme ça c’est dit et avoué. Quand il est chez lui, il attrape les premiers trucs qui lui passent sous la main et se débrouille avec. Des fois il en fait trop histoire d’être tranquille pour plusieurs jours. Les seuls fois où il fait quelque chose de spécifique, à moins qu’il ait une soudaine envie quelconque – à dire vrai cela n’arrive pas souvent – c’est lorsque son Chain a une nouvelle lubie. Comme la bête peut s’avérer encore plus têtue que lui, il cède la plupart du temps. Fichu animal bizarre aux goûts tout aussi bizarres.
Finn va pour répondre à sa question un peu tout seul vers le frigo, relâchant donc Aiko pour pouvoir bouger – il y aura une prochaine étreinte, c’est certain. Il ouvre l’appareil, l’inspecte rapidement – habitude, habitude – puis demande :

- Des œufs ça t’irait ? Avec… Je te laisse choisir les légumes.

Les œufs ou la solution ultime du repas vite préparé – avant l’invention du micro-onde. Bien qu’en fait la solution se passer de repas aille encore plus vite, mais ils ont faim. Bref, ceci étant dit il sort les œufs en question pour aller les déposer près de ce que la jeune femme a sorti un peu plus tôt. Le récipient est visé, bien entendu. Autant ne pas casser les œufs par terre quand il faudra les casser. L’œuf par terre, à nettoyer c’est une plaie. Il le sait parce qu’une fois, il y a déjà un bon moment, il a tenté de jongler avec – il avait perdu à ni oui ni non – et que cela s’est mal terminé. Pour les œufs. Pour lui aussi du coup. Remarquons que cela aurait pu être pire ce jour-là, il aurait pu les lancer trop haut. L’œuf au plafond, cela ne doit pas être top non plus à essuyer. Même plus délicat.
Bref, reprenons. Il n’est de toute façon pas question d’œuf par terre ici. Aiko n’apprécierait pas et à dire vrai lui non plus. Ce n’est pas son appartement. En parlant d’appartement, à bien y réfléchir celui-ci semble plutôt spacieux. Plus tôt il pensait qu’il n’y avait qu’un seul lit mais peut-être qu’il y a une seconde chambre derrière l’une des portes qu’il ne connaît pas. La jeune femme n’a pas de Chain, cela n’empêche pas qu’elle puisse avoir un ou une colocataire normal. Certes à deux cet appartement paraîtrait plus petit, mais pas invivable. Il n’en sait absolument rien. C’est peut-être l’occasion de poser quelques questions, aussi banales puissent-elles être. On ne peut tout apprendre par l’observation. En cassant les œufs dans le récipient, une question lui vient à l’esprit.

- Dis Aiko, tu vis seule ici ?

Il se tourne vers elle et ajoute :

- Et t’aurais pas une fourchette ?

Absolument aucun rapport entre ses deux questions, la parole a dépassé sa pensée quand il a voulu s’essayer à être multitâche. Ici à savoir observer son environnement immédiat à la recherche d’une fourchette, qu’il n’a visiblement pas trouvée, tout en faisant la conversation. Cela dit il est réellement intrigué par la réponse à la première de ses deux questions – avons que la deuxième, d’ordre pratique, le laisse de marbre. Si elle répond oui ? Eh bien elle répond oui, qu’est-ce qu’il peut bien y faire. Il prendra juste le paramètre en compte la prochaine fois afin de ne pas déranger l’illustre inconnu. Si elle répond non, l’affaire sera classée. Il aura appris quelque chose de plus sur sa camarade, voilà tout. Un détail absolument sans importance. Pourtant, tous les détails qu’il peut obtenir l’intéressent, même ceux sans incidence aucune sur la personnalité d’Aiko par exemple. Il a envie de savoir. Les détails que l’on connaît sur une personne sont souvent ceux qui font la différence d’avec les autres. Bien connaître quelqu’un, c’est aussi être capable de donner des trucs tous bêtes à son propos. Savoir combien de sucres il va mettre dans son thé ou son café par exemple. Cela ne sert à rien – à part à économiser une phrase à l’oral – mais tous les détails accumulés donnent quelque chose. Ici cependant, ce quelque chose est bien loin d’être atteint. Le chemin qu’il reste est long. On ne sait jamais tout des gens qui nous sont proches. L’impression de les connaître par cœur n’est qu’une impression, il y aura toujours une petite nouveauté même si le fond reste le même. C’est ce qui est intéressant après tout. Et Aiko est assurément une personne intéressante. A ses yeux en tout cas, elle l’est même particulièrement.

[Hrp : en fait, je me demande si y’avait vraiment des frigos à cette époque ._. . Azy, ça s’trouve ils enterraient dans la neige, comme les hommes préhistoriques pour conserver les mammouths *baff*]
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   6th Janvier 2013, 07:59

Il faudrait bien mettre un nom sur la relation qu’ils entretenaient. De cela, Aiko n’en doutait pas. Pourtant, cela ne l’encourageait pas le moins du monde pour qu’elle consacre ne serait-ce qu’une seule seconde du temps qu’elle passait avec Finn à se demander quelle était la nature exacte de ce sentiment ayant élu domicile dans leurs cœurs. Pourquoi ? La réponse a déjà été donnée. Effectivement, c’était un temps qu’elle passait « avec Finn », alors ce serait à lui et seulement à lui qu’elle pensera. Son attention sera et est déjà entièrement dirigée vers lui. Enfin, je dis entièrement, mais il est logique qu’elle fasse aussi attention à ce qu’il l’entoure. On ne retire par des années d’éducation en une seule nuit ; en tant que Baskerville, mais aussi en tant que femme, Aiko se devait d’être sur le qui-vive. Elle faisait confiance au brun, cela était un fait, mais cela ne voulait pas non plus dire qu’en cas d’attaque inopportune – oui, cette petite regorgeait d’imagination –, elle devrait le laisser se débrouiller tout seul. Quoiqu’il en soit, nous parlions de sentiment logeant dans les cœurs des deux jeunes gens. Au fond, la jeune femme ne pouvait même pas être sûre du fait que ce qu’elle ressentait à l’égard de Finn – aussi brouillé et flou que cela puisse l’être – soit réciproque. Pour le moment, le seul point commun était le fait qu’ils n’y voyaient tous deux rien, aveugles ou aveuglés par leur propre volonté, comme si en réalité, ils ne voulaient simplement pas savoir et s’enfoncer encore un peu plus dans cette utopie. Qu’y avait-il de mal à se laisser aller ? Pas pour longtemps. Pour cette nuit du moins, il était certain qu’ils n’allaient pas y réfléchir. Et demain alors, au réveil ? La rousse ne savait pas pour son compagnon, mais en ce qui la concernait, elle n’avait nullement l’intention de se poser des questions à peine ses paupières soulevées. Premièrement parce que son cerveau sera déjà bien assez ramolli par le réveil récent ; vraiment, elle n’avait pas besoin d’une situation confuse de surplus pour être complètement sonnée lorsqu’elle se réveillait. Deuxièmement, elle était fatiguée. Et lorsqu’elle était fatiguée, elle n’était vraiment pas bonne à réfléchir. En plus d’être d’humeur bien maussade, elle serait tout bonnement irritante. Bon là, ce n’était pas le cas, mais comprenez-là, elle était avec Finn et ils venaient tous deux de ressortir du lit. Et croyez-moi, ils ne se sont pas sagement allongés dessus en attendant que leurs ventres cirent famine. Ils ne se sont donc pas retrouvés en sueur parce qu’ils se faisaient de l’effet à distance. Non mais. Bon, continuons et évitons ce genre de réflexions. Troisièmement, ça faisait déjà quelques nuits qu’elle n’avait pas réussi à fermer les yeux parce qu’elle réfléchissait justement trop, alors si elle réussissait aujourd’hui à se faire bercer par les bras de Morphée, elle n’irait sûrement pas gâcher une si agréable nuit – dans les bras forts de son brun, qui plus est – en se posant des questions à son réveil. Juste totalement hors de question. Savoir qu’il était là suffirait à ce que sa nuit soit des plus douces, certes, mais qu’il partage le même lit qu’elle la rendait encore plus délectable. Pourtant, à un moment ou à un autre, il faudra bien faire face aux faits. Se connaissant, elle savait qu’elle allait sûrement retarder le moment de se poser les questions auxquelles elle devait faire face, mais que ses nuits finiront pas en être affectées et complètement troublées. Elle commencera à y penser avant même qu’elle ne s’en rende compte. Quand ce sera le cas, quand elle comprendra enfin qu’elle a cédé aux tiraillements des interrogations et à leurs cris incessants, ce sera trop tard pour s’extirper d’une bulle à l’atmosphère cotonneuse. Mais pas encore. Elle ne voulait pas y penser. Pas encore. Finn était encore là, elle ne voulait pas se demander ce qu’elle ressentait pour lui, car durant ce laps de temps, allez savoir si elle-même aura encore assez d’emprise sur elle. Effectivement, durant ce genre de moments, elle ne savait pas réellement de quoi elle pouvait être capable. Et même si c’était Finn, elle ne pourrait pas éviter un accès de colère et se vider sur le brun alors qu’au fond, elle ne s’en voudrait qu’à elle-même. Et puis, il faudra ajouter à l’incompréhension de la culpabilité. Non, vraiment, elle ne voulait rien de tel pour cette nuit.
Qu’en pensait-il, lui ? Qu’allait-il faire exactement ? Vu ses gestes, vu ses mots, il ne semblait pas vraiment penché sur la question. Il y avait alors deux explications. Soit il était tout bonnement inconscient et ne se rendait donc pas compte de la situation, soit il faisait comme elle et préférait repousser au maximum le moment où il aurait à se poser les questions qui, au fond, ne tarderont pas à refaire surface. Et entre nous, Aiko penchait plutôt pour la deuxième hypothèse car Finn était tout de même loin d’être bête. Sauf s’il repousserait ce moment un peu trop. Traduction ? Jusqu’à ce qu’il revoie Aiko. Bon là, ça explosera sûrement à leurs figures. Ce ne serait pas malin, ça. Mais bon, en allant voir ailleurs, le brun n’a pas été très malin en même temps. Quoique bon, il ne savait pas que tout cela allait se produire. Oui bon, nul besoin de ressortir cette histoire encore une fois. La cicatrice restera présente, mais sera à peine visible, croyez-moi. Aiko ne voulait plus y penser et ce serait étonnant que le jeune brun soit celui qui y fasse allusion, alors bon. Au pire, même s’il se refuse encore un moment à penser à leur relation, Aiko avisera, essayera de trouver un moyen de l’inciter gentiment à le faire. Quitte à le priver de tout autre plaisir jusque là. Oui, elle pouvait être affreusement sadique.
Bref, ce moment n’était pas encore arrivé. Peut-être que ça se réglera par magie, tiens. Peut-être aussi qu’ils se disputeront encore et que ça finira bien. Ou alors, la fin ne sera pas aussi heureuse que cela. Tout ce qu’ils contrôlaient, en ce moment, c’était le présent. Qu’ils fassent bon usage de ce temps. Pour cela au moins, ils sont plutôt méticuleux. Si Aiko pouvait juste ouvrir les yeux le matin et se blottir un peu plus dans les bras de l’homme qu’elle... Dans les bras de cet homme, ça lui conviendrait. Ça lui conviendrait parfaitement même.

Le fait était qu’Aiko ne voyait pas Finn comme les autres le voyaient, comme lui-même peut-être se voyait. Elle ne se contentait pas du strict minimum en ce qui le concernait ; elle ne le voyait pas en tant que simple Baskerville, en tant que banal homme, en tant que contractant. Rien de tout cela. Si c’était un Baskerville, alors c’était de loin l’un des plus courageux, des plus téméraires. Aux yeux de la demoiselle, du moins, ça l’était. Plutôt – entièrement – subjectif, en effet. Un homme. Un simple homme ? Aux yeux du monde, aux yeux des autres, aux yeux de tous ceux qui ne veulent voir que les apparences, que l’artificiel, que la couverture du livre, ne daignant pas même lire le tire, sans doute oui, il n’était qu’un banal homme. Pourtant, pour la jeune femme, il était loin d’être un homme parmi tant d’autres. Il était difficile de le qualifier, en même temps. Nous pourrions éventuellement énumérer ses qualités, mais ça ne serait pas réellement neutre comme avis. Vous me diriez, en même temps, que l’avis de la jeune rousse n’était pas non plus objectif. Mais qu’importe. La meilleure façon de le qualifier, et je pense d’ailleurs l’avoir déjà dis, est de dire que Finn est Finn. Il restera Finn. Malgré les années, malgré les déchéances dans lesquelles il tomberait peut-être, malgré les attraits de la vie qui pourront souiller son âme, son corps, malgré la pression qu’impose rien que le nom déchu et maudit qu’il porte, malgré tout, ce sera toujours Finn. Il ne pourra jamais radicalement changer. Même si un jour, allez savoir, Aiko ne le reconnaîtra même pas de part le changement stupéfiant dans son comportement, ce serait entièrement elle la fautive. Elle qui n’aurait pas su, quand elle en a eu l’occasion, voir toutes les facettes de sa personnalité. Après tout, il devait certainement – sans aucun doute même – y avoir du mauvais en lui. Quelques points noirs qui ne sont soit pas exploités tout court, soit pas exploités en présence d’Aiko. Dans tous les cas, elle était consciente du fait qu’il y en ait. Elle ne voulait de toute façon pas le voir dans une colère noire. Vraiment, elle adorait cette version de Finn affectif et souriant. D’autant plus que ça influençait sur elle et la rendait plus enthousiaste qu’à l’accoutumées. En somme, vraiment pas de quoi se plaindre. Il était aussi l’objet de ses songes, parfois, le soir. L’objet de son intérêt en ce moment même. Celui qui possédait ce visage qu’elle voulait toucher à tout moment, effleurer du bout des doigts, caresser. Et puis, ces lèvres qu’elle voulait, plus qu’embrasser, croquer. Plus qu’y goûter, les déguster, les savourer. Nous parlons de son physique, effectivement, car il serait faux de dire qu’Aiko ne le trouvait pas beau, charmant et séduisant. Un brun aux yeux verts s’il vous plaît ! Oui bon, hum. Elle avait cette envie folle de faire courir ses doigts sur son torse, de redessiner ses muscles, de retracer ses abdominaux, de juste venir y coller son front, fermer les yeux, et se laisser aller. Et puis, ses bras aussi. Elle y était à l’aise. Étaient-ils particulièrement forts ? Musclés ? En vérité, elle n’en savait trop rien. Mais elle y était bien. Elle se sentait... En sécurité. C’était bête, n’est-ce pas ? Il serait de tout façon erroné de dire qu’Aiko n’avait jamais peur, qu’elle n’avait pas besoin de se sentir aimée ou en sécurité. Contrairement à d’autres, elle n’en exprimait pas expressivement le désir ou le besoin. Mais c’était pourtant là. Elle ressentait tout cela. Peut-être pas au même degré que d’autres, peut-être que si. Au fond, elle ne savait pas vu qu’elle n’avait pas vraiment de contacts avec les autres. Enfin si, on ne va pas non plus dire qu’elle était coupée du monde. Mais premièrement, c’étaient surtout avec des Baskerville qu’elle discutait. Donc, au fond, ils étaient comme elle, ne témoignaient pas d’un quelconque besoin d’affection. Et puis, les autres, comme Erin par exemple, ce n’étaient pas vraiment le genre de personnes avec qui elle irait parler de tout cela. Elle adorait Finn. Elle voulait l’avoir près d’elle. Elle avait besoin de l’avoir près d’elle. C’était comme ça, c’est tout. S’il allait bien, elle irait bien. S’il n’allait pas bien, son humeur pourrait aller jusqu’à changer radicalement, bien qu’elle se débrouillera pour essayer de lui remonter le moral.

Il y aura des difficultés. La première serait celle de ne pas pouvoir mettre un nom sur leur relation. De ne pas pouvoir dire ce que représentait l’un pour l’autre. Mais il y en aurait d’autres. Sûrement. Sans aucun doute même. Comme quoi ? Oh ça, Aiko ne saurait trop le dire. En même temps, ce n’est pas comme si elle y réfléchissait particulièrement. Elle venait tout juste de commencer à tromper les lèvres dans un délicat et délicieux breuvage, alors elle n’allait sûrement pas gâcher ces moments de pure quiétude pour aller s’embrumer l’esprit d’interrogations. Elle verra le moment venu, simplement. Ou plutôt, ils verront le moment venu. Et puis, ces difficultés, ils les surmonteront. Parce qu’ils n’auraient pas le choix s’ils voulaient continuer d’avancer. À moins que cela prenne fin plus tôt que prévu. À moins que tout tourne au désastre bien rapidement. Après tout, c’était aussi une hypothèse. Et dans pareille situation, mieux valait prendre en considération toutes les possibilités. Quelques uns étaient favorables à une union, d’autres pas du tout. Il faudrait un minimum de courage, de force et de confiance en soi-même et en l’autre pour atteindre un point où ils n’auront plus à lutter. Où ils n’auront plus qu’à se laisser aller, pour une fois. Le voulaient-ils ? Sûrement. Qui ne voudrait pas dénouer une situation complexe, après tout ? S’il y avait une solution, ils étaient preneurs. Mais que voulaient-ils vraiment, au fond ? Que désiraient-ils ? Quelle sorte de « dénouement » voulaient-ils se voir accomplir dans leur cas ? Bonne question. Aiko n’en savait rien. Elle ne savait pas non plus ce qu’il en était de Finn en vérité. Et puis, à dix-huit et vingt ans, ils étaient tout de même encore en apprentissage de la vie. Ils ne savaient pas tout, ne sauraient jamais tout de toute façon. Néanmoins, ils finiraient bien par trouver une solution. Pas encore. Un jour. Sûrement pas demain. Pas cette nuit non plus ; aucune chance. Qu’ils se contentent de sourire et de s’amuser. Avouons tout de même que c’était plus facile de faire cela que de se casser la tête à réfléchir. Même Aiko qui aimait bien s’élancer dans des débats philosophiques intérieurs ou avec d’autres préférait encore les petits jeux qu’elle avait avec Finn. C’était nettement plus drôle. Plus jouissif aussi. Et puis, c’était aussi un excellent moyen de se laisser aller après une mission. Une justification ? Mouerf. Du tout.

Lorsqu’elle lui fit à son tour part de sa peur de le perdre et qu’elle alla se caler contre lui, fuyant son regard, il vint faire glisser ses doigts dans sa chevelure, lui prodiguant de douces caresses. Elle ferma les yeux, eut un frisson et pria intérieurement de rester dans ses bras encore longtemps. Elle ne voulait pas bouger. Vraiment pas. Elle n’avait strictement aucune envie de se défaire de la protection que lui offraient les bras de Finn. Le toujours, le jamais, l’éternel, tout cela prenait son sens lorsqu’elle était avec lui, lorsque son regard brun plongeait dans le sien, lorsque ses doigts allaient glisser sur sa peau. Qu’ils s’enfoncent encore un peu plus dans cette chimère de vie, qu’ils relèguent la dure réalité au second plan, au lendemain. Qu’importait, pour le moment, elle ne voulait pas même y penser. Même la peur. Plus tard, oui. Elle aura peur plus tard. Elle se sentira anxieuse et perturbée plus tard aussi. Pour le moment, elle voulait juste être avec lui. Profiter de sa présence, de ses lèvres, de son torse, de ses mots, de son caractère. De lui.
Et puis, dans un murmure lui aussi, il répondit. Pourquoi murmurer ? Pourquoi avait-elle murmuré, d’abord ? Ils étaient seuls dans l’appartement, dans la même pièce et enlacés l’un à l’autre qui plus est. Pourtant, c’étaient comme si les mots qu’ils prononcés étaient interdis et que malgré la distances, ils craignaient que les murs entendent ou je ne sais quelles autres sottises. Aiko voulait donner un peu plus l’impression qu’ils étaient seuls. Étrange fait, non ? Oh, qu’importait au pire. La réponse qu’il lui donna fit sourire la jeune femme. Il ne partirait pas parce qu’il serait occupée à la retenir. Pas bête. Vraiment pas bête.

Vint l’histoire de la cuisine. Elle avait effectivement ri. N’aurait-elle vraiment pas ri s’il décidait réellement de la capturer ? Oh, allez savoir hein. Bon, non, je ne dis pas non plus qu’Aiko est masochiste… Non, ce n’est vraiment pas ce que j’ai désiré laisser sous-entendre. Elle prit alors place sur un des plans de travail, attirant l’homme à elle. Elle le provoqua, venant titiller ses lèvres, les mordiller, y laisser traîner ses lèvres, s’éloigner, se rapprocher de nouveau. C’est qu’elle aurait pu elle-même cédé. Et croyez-moi, elle l’aurait fait si Finn ne l’avait pas fait en premier. Disons qu’elle avait fait assez confiance à ses capacités de séduction. Enfin, pour le coup, ça avait marché. Ça ne marchait malheureusement pas toujours. Il fit glisser sa main derrière sa tête, l’obligeant à ne pas reculer. Contre ses lèvres, elle eut un sourire satisfait. Ce qui, disons-le tout de même, ne l’empêcha pas le moins du monde d’approfondir le baiser et de vite en faire un échange ardent. Finn ne semblait pas contre non plus au vu de sa langue qui venait taquiner la sienne. Les baisers chastes, il les avait peut-être inauguré, mais il va quand même falloir qu’il admette que ceux-là pouvaient s’avérer être meilleurs par moments. Elle sentit une main se poser sur sa cuisse et instinctivement, elle pencha la tête sur le coté. Ce fut elle qui mit fin au baiser, allant déboutonner la chemise du brun. Sachez que d’ici que le repas soit prêt, elle ne sera plus présente. Enfin, peut-être retarderait-elle le moment d’entièrement la retirer jusqu’au couché. Ça va, il ne faisait pas froid dans l’appartement d’Aiko, après tout, elle n’avait pas laissé les fenêtres ouvertes ou autre. Et puis, elle sera là pour lui tenir chaud au pire. Hum ? Un quelconque sous-entendu ? Oh mais chaque mot ici transcrit possède un second sens. Allez seulement savoir si ce second sens n’était pas censé être le premier. Enfin bref. Elle remit pieds sur terre et s’exprima de nouveau. Au tour de Finn de rire maintenant. Était-ce le but de la demoiselle ? Elle n’en savait trop rien. Elle n’avait vraiment fait que dire ce qu’elle pensait au fond. Elle lui décocha un sourire taquin avant de lui tourner le dos pour aller tirer les ustensiles nécessaires. Toujours baissée, elle l’entendit néanmoins répliquer. Un instant, elle abandonna sa tâche, bascula sa tête en arrière et tira la langue. Elle ne voulait pas être sauvée de toute façon. Et puis, sérieusement, la seule personne qui pourrait aller jusqu’à payer la rançon serait son ravisseur, alors hein. Il y avait toujours sa mère, mais la connaissant, elle ferait confiance à sa fille et la laisserait se débrouiller seule, comme une grande. Pas qu’elle était radine, loin de là – elle l’avait même aidé en lui avançant une certaine somme pour pouvoir louer l’appartement –, mais disons qu’elle n’était pas du genre à payer des rançons. Quitte à aller jusqu’à se déplacer elle-même. C’était une Baskerville après tout. Bon, peut-être qu’après un moment, elle alla payera, cette fichue rançon. Elle demeurait une mère, après tout. Et malgré le fait qu’elle soit sévère, Aiko ne l’échangerait pour rien au monde. Une mère aimante et affectueuse. Elle l’adorait. Et puis, c’était la seule famille qui lui restait. Oh et puis, je vous l’ai dis, elle n’aurait strictement aucune envie de s’en aller. Seule avec Finn, elle l’était déjà. Coincée avec lui, c’était une toute autre histoire. Mais ça pourrait être amusant aussi. Un jeu plus pervers, admettons-le. Mais pourquoi pas. À essayer. Mais bon, il faudrait d’abord en faire part au brun. Tandis que toutes ses réflexions tournaient dans l’esprit de la demoiselle, s’étant remise à sa tête, elle se releva, les ustensiles désormais en main.

Alors qu’elle revint vers lui, s’attaquant cette fois-ci à son cou, le brun passa le bras autour de sa taille. Pour rien au monde elle n’avait envie de se défaire de son étreinte. Il fallait néanmoins le faire. Enfin bon. Elle lui demanda de quoi ils auront besoin et en voyant son sourire narquois, elle se prépara déjà à l’un des tours malicieux du jeune brun. Son regard s’accrocha au sien tandis que sa main glissa pour cueillir son menton. Sa réponse l’étonna un court instant. Et d’ailleurs, si elle en avait eu le temps, elle aurait sûrement souri. Il lui offrit de suite après les deux mots prononcés un long et profond baiser. Elle laissa sa main traîner sur l’avant-bras du brun tandis que l’autre allait reposer contre son torse. Combien de temps dura cet échange ? Plus d’une seconde. Moins d’une minute ? Elle n’en savait rien. Ne voulait de toute façon pas savoir. Ne se posait pas non plus la question. Elle était trop occupée à pimenter cet échange, à l’approfondir, à simplement y participer pleinement. Elle aurait aimé le renouveler encore et encore, mais au fond, elle savait que jamais elle ne serait repue, qu’elle ne cessera de faire preuve d’avarice en voulant déguster les lèvres de l’homme. Pas bien de perturber ainsi cette jeune et chaste – enfin chaste, vous m’aurez comprise. Ou pas, je vous l’accorde – enfant. Et puis, Finn s’éloigna légèrement, souriant à la jeune femme avant de reprendre. Elle lui sourit en retour et ouvrit la bouche pour répondre. Mais non. Il s’en va lui-même chercher réponse à sa question et elle étouffa un rire pas-si-bien-étouffé-que-ça. Il était vraiment bizarre ce garçon. Mais bon, rien de déplaisant, alors ça irait. Il parla et elle approuva d’un simple hochement de tête – sur le coup, elle n’avait pas dû faire attention au fait qu’il était toujours de dos. Alors qu’il venait casser les œufs dans un récipient mis à sa disposition, elle le contourna pour aller ouvrir à son tour le frigo et chercher les légumes. Des carottes, des navets, de la betterave, des tomates et de la laitue. Et hop. Elle posa le tout dans l’évier et rinça chaque légume avec soin. La laitue, les tomates et la betterave, c’étaient surtout pour la salade hein. Si Finn n’aimait pas l’un des produits sélectionnés par la demoiselle ? Il le lui dirait, ne le mettrait pas dans le plat, n’y toucherait pas ou... Ou il se débrouillerait tout compte fait. Il n’avait qu’à pas lui dire choisir, non mais ! Oui, vous l’aurez compris, ce n’était jamais la faute d’Aiko. Elle prit les carottes, les navets, un couteau et s’attela à la tâche. Tâche qui consistait à éplucher les deux sortes de légumes et à les repasser sous l’eau. Elle allait les découper en rondelles lorsqu’elle fut interpellée par Finn. J’aurai bien dis qu’elle l’aurait presque oublié celui-là, mais pas possible qu’elle l’oublie. Même pas à moitié. Même pas pour rire. C’était Finn quand même ; l’homme qui réussissait à la perturber avec un simple bleu sur le cou. Il lui posa deux questions – vous savez, le genre de questions qui ne peuvent pas être liées, pas moyen – et sembla revenir à sa tâche. Bon, la fourchette d’abord. Elle n’en avait pas ramené ? Elle haussa les épaules et retourna vers l’autre plan de travail, ouvrant un tiroir et en tirant une fourchette. Elle se faufila derrière Finn et posa son menton dans le creux de son épaule – sans lui faire mal non plus – et lui tendit la fourchette avant d’aller se nicher dans son cou, mordillant la peau brusquement, histoire de voir comment il réagirait. Elle fit glisser ses mains jusqu’à ses côtes, lui procurant de douces caresses tandis qu’elle troquait son menton pour son front, un sourire collé aux lèvres. Une réponse maintenant.

« J’habite seule, Finn. Tu peux donc venir quand tu veux. Enfin, je ne pourrai pas ta garantir que je te laisserai t’en aller après, mais… Tu prendrais bien ce risque pour me voir, non ? »

Tout juste, c’était bien elle qui était en train de le menacer de kidnapping. Le problème avec cet appartement, c’est qu’il semblait apprécier Finn. Et puis, surtout que s’il se débrouillait pour faire la cuisine, alors Aiko n’aurait strictement aucune raison de le laisser partir. Même s’il décide de l’empoissonner après et de la faire plonger dans un profond sommeil d’où elle ne pourrait s’extirper que si ses lèvres se déposaient sur les siennes. Non, elle ne croyait pas au prince charmant, même si d’après ce qui vient d’être dit, on dirait fortement. Enfin bref. Pour me voir. Elle n’avait pas particulièrement choisis ses mots. Ça c’était glissé naturellement dans sa phrase. Le fait que ce qu’ils ressentaient l’un pour l’autre dépassait la simple attirance n’était plus un secret pour eux de toute façon. Mais. Mais n’allait-il pas avoir de bug sur ces quelques mots ? Allez savoir.
C’était quoi cette question, aussi ? Comment avait-il fait pour en arriver à cela ? L’appartement lui semblait-il trop grand pour une personne ? Peut-être finalement. Elle ne s’était jamais réellement posé la question, car au final, elle n’était que rarement chez elle. Et ces mêmes rares fois où elle était chez elle, eh bien, elle en profitait souvent pour s’amuser et inviter quelques hommes chez elle. Mais ça, elle ne voulait pas le dire à Finn. Elle ne pouvait pas le lui dire. Elle ne voulait pas voir une expression de déception, de jalousie ou je ne sais encore quoi d’autre ou de pire s’étaler sur le visage du brun. Donc voilà, elle avait répondu à sa question sans s’attarder sur les détails. Elle se mit sur la pointe de ses pieds, se pencha vers le brun et lui embrassa furtivement la joue avant de retourner à ses carottes et à ses navets. Si elle savait faire quelque chose, je vous l’ai déjà dis, c’était bien découper en rondelles. Se saisissant de son couteau, elle commença donc à découper avant de tout mettre dans un récipient. Elle relança un coup d’œil du coté de Finn, histoire de voir si le sel et le poivre étaient à portées de main et déposa ledit récipient près de lui. Qu’est-ce qu’il allait en faire ? Enfin bon, tant qu’ils mangeaient hein. En attendant, elle revint vers l’évier pour faire sa salade à base de laitue, de betterave et d’un peu de carottes.
Je vais vous passer les détails, car ce n’est sûrement pas le plus important ici. Ils réussirent – enfin, Finn réussit – tout de même à sortir deux assiettes. Elle lui tendit l’une d’entre elle, se saisit de l’autre, d’une carafe d’eau et se dirigea vers la salle en face de lui cuisine, à coté de la chambre. Je vais aussi vous épargner la description de la pièce, bien qu’elle ne comporte qu’une table haut, un canapé, quelques petits meubles. Relativement petite, effectivement. Elle laissa Finn s’installer et prit place à ses cotés. Elle attrapa l’un des couverts qu’elle avait tout de même pris soin de rapporter et s’apprêta à commencer à manger avant de s’immobiliser, laissant tomber la fourchette. Elle tourna son visage vers le jeune brun et lui sourit délicatement alors qu’une de ses mains alla se déposer sur sa cuisse. Non, vraiment aucune idée déplacée pour le coup. Elle amena son autre main à son visage qu’elle caressa doucement et approcha ses lèvres des siennes, les effleurant. Sa main glissa jusqu’à son cou qu’elle caressa aussi délicatement. De nouveau, elle murmura quelques paroles. Encore des murmures. Toujours des murmures.

« Si demain, en me réveillant, je me rends compte que tu n’était qu’une illusion, je... »

Tu quoi ? Tu rien. Tu te replieras sur toi-même ? Tu refermeras les yeux et tenteras de t’enfoncer de nouveau dans tes rêves, juste pour retrouver ses yeux verts et ses lèvres ? Juste pour le retrouver, pour pouvoir être à ses cotés, dans ses bras. Ou alors, tu te maudiras d’y avoir cru, tu t’en voudras. Tu te demanderas sûrement ce qui est vrai, dans tout cela, dans tout ce brouillard. Tu seras bien incapable de démêler le vrai du faux, tu seras encore plus perdue que tu ne l’es en ce moment. Peut-être que tu pleureras. Ça fait longtemps que tu n’as pas pleuré, n’est-ce pas ? Alors tu vas pleurer. Pleurer comme une enfant. Te morfondre sur ton sort. Dans tous les cas, tu feras affreusement pitié à voir. Tu seras pathétique. Désolante. Mais surtout pathétique.
Elle secoua négativement la tête et afficha un sourire amer en reculant légèrement.

« Tu dois me prendre pour une enfant maintenant. »

En plus d’être une fille stupide et complètement naïve. Rêveuse aussi. Bref, une idiote. Tans pis. Au moins comme ça, Finn saurait qu’elle ne pouvait pas seulement être rationnelle et aguicheuse. Quoique pour ce dernier point, il serait possible qu’elle le soit en tout temps. Elle se rapprocha de nouveau, allant cette fois-ci au bout de son geste, offrant à l’homme un long baiser. Presque... Désespéré. Et puis, elle commença à racler gentiment ses ongles sur le torse de l’homme, retirant un nouveau bouton pour pouvoir sentir la chaleur émanant de son corps.
Elle ne faisait pas attention à ce qui pouvait bien être dit en sa présence à lui. Elle s’en ficher de passer pour une enfant, au fond, allant jusqu’à tout faire pour y ressembler, parfois. Mais là, c’était plus pour une idiote que pour une enfant qu’elle ressemblait. Et ça ne lui plaisait pas particulièrement. Ne lui plaisait pas du tout en réalité.
Une fois à bout de souffle, elle recula son visage et sourit à Finn avant de se redresser sur sa chaise, allant enfin goûter à ce plat. Elle n’était pas du genre à faire pleuvoir des compliments. Loin de là même. Elle prit donc son temps avant d’ouvrir sa bouche de nouveau, goûtant avec attention, bien que l’esprit naviguant sur d’autres mers. Alors que ses yeux commençaient à glisser sur Finn, elle parla, cette fois-ci d’une voix bien claire. L’une de ses mains était toujours présente sur la cuisse masculine et elle la bougea d’ailleurs, histoire de caresser le brun.

« C’est bon ! Faudra que tu m’apprennes à cuisiner hein. »

Aiko n’était pas lunatique. Elle était d’ailleurs bien loin de l’être. Bien au contraire, elle pouvait garder la même humeur pendant assez longtemps. Sauf si, réellement, quelque chose de brusque surgissait dans sa vie de tous les jours. Et puis, en ce moment, assisse aux coté du jeune brun, ce serait totalement faux de croire que son humeur avait changé parce qu’elle avait sorti ce qu’elle considérait comme étant une bêtise. Bêtise qui n’en était peut-être pas vraiment une. Après tout, elle était la seule à dire que c’était une sottise. L’était-ce ? Elle se reposait la question, histoire d’étudier un peu mieux la réponse qu’elle pourrait lui associer. Au fond, pour une fois, elle ne voulait pas qu’elle se juge. Pour une fois aussi, elle préférait que quelqu’un d’autre porte sur elle un jugement. Et aujourd’hui, le juge serait Finn. Je disais donc que son humeur n’avait pas changé ; elle nageait toujours en pleine allégresse. Et puis, s’il tenait réellement à elle, alors il tiendrait aussi bien à la Baskerville qu’à la petite fille qu’elle pouvait parfois être. Une nouvelle facette de sa personnalité venait maintenant d’être dévoilée. Une nouvelle facette de la Baskerville. Et un nouveau défi à relever pour Finn ; celui-ci d’accepter cette nouvelle facette d’Aiko.


Dernière édition par Aiko Baskerville le 12th Janvier 2013, 05:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   10th Janvier 2013, 03:43

Ils sont tous les deux à un endroit différent de la cuisine et pourtant Finn a très bien conscience de la présence d’Aiko non loin. Une présence qui a quelque chose de rassurant d’ailleurs, être dans la même pièce plus ou moins en silence – si ce n’est le bruit de leurs gestes – n’est pas inconfortable. Ils sont toujours dans leur bulle, celle qui fait oublier tout le reste. Paradoxalement, cette même bulle est ce qui, lorsqu’ils seront chacun de leur côté, réussira à leur faire penser à l’autre en remarquant par exemple des choses qu’ils ne remarquaient pas avant. C’est comme l’échange de cape, l’homme pensait à la Baskerville avant chaque mission du coup et il appréciait cela. Alors qu’avant, il faut bien avouer qu’enfiler l’étoffe pour aller compléter les ordres, ce n’était pas quelque chose qui parvenait réellement à le faire sourire. Avec le temps et une relation qui progresse, il y a ainsi de plus en plus de petits détails qui font penser à l’autre. Il pense à elle maintenant, il pensera à elle demain et après-demain et il n’a pas fini de penser à elle. Reste à voir si cela sera une bonne ou une mauvaise chose. Et cela, il n’y a que le futur qui pourra le dire.

Si demander une fourchette lui rapporte un câlin à chaque fois, il risque d’en demander plusieurs en faisant disparaître les précédentes mystérieusement à chaque fois. Pour qu’Aiko ne puisse pas lui dire qu’il en a déjà une. Puéril ? Mais tout à fait. Moins puéril est le frisson qui le parcourt lorsqu’il sent le mordillement dans son cou – inattendu – ou bien les pensées qui viennent lui effleurer l’esprit aux mains sur ses côtes. Eh. C’est pas sa faute d’abord, c’est Aiko qui s’évertue à venir le titiller depuis qu’ils sont entrés dans la cuisine. Ce serait vraiment méchant de sa part de ne pas réagir, non ? Ce n’est pas elle qui lui fait trop d’effet. Du tout, voyons.

- J’habite seule, Finn. Tu peux donc venir quand tu veux. Enfin, je ne pourrai pas te garantir que je te laisserai t’en aller après, mais… Tu prendrais bien ce risque pour me voir, non ?

Le risque de se faire enlever par Aiko s’il vient la voir ? Mais quand elle veut, quand elle veut. Il prend le risque les yeux fermés même. En tapant à sa porte un beau jour à l’improviste, il craindrait plus de se voir laissé sur le paillasson que kidnappé par la femme qu’il serait venu voir. Mais elle a dit qu’il pouvait venir « quand il veut », hein ? Cela risque d’être pris au mot. Ils verront bien, l’idée de provoquer une de leurs rencontres qui jusque-là étaient complètement aléatoires lui paraît encore étrange mais… Il pourrait s’y faire. Mettons après avoir testé l’idée, tenez, juste pour voir.
Oui, il est déjà en train d’élaborer des prétextes.
Au moment où elle veut filer, il la retient un instant par la main pour l’embrasser brièvement sur les lèvres. Puis il laisse la main de la jeune femme glisser hors de la sienne, soufflant au passage :

- Ça sonne comme une invitation.

Une invitation pour l’instant sans date d’expiration. Magique.
On passera sur la suite de la préparation. L’avantage d’un truc vite expédié, c’est qu’en plus cela permet d’avoir plus rapidement les mains libres. Et Finn, quand il a les mains libres et qu’Aiko n’est pas loin, dernièrement, il a tendance à poser ses mains sur elle. Et à finir par l’attirer contre lui d’une manière ou d’une autre. Profiter tout bêtement. Rien à faire que la raison pour laquelle il semble tant apprécier leur proximité soit inconnue, rien à faire. Ça produit plein de sensations agréables pas forcément identifiés, de la serrer dans ses bras. Sans arrière-pensée. Voilà, voilà encore un truc auquel il n’est pas habitué. Ce n’est pas qu’il n’est pas affectueux en temps normal, il n’en ressent juste pas le besoin. Avec les autres, les câlins juste pour des câlins, c’était pas trop ça. Et surtout, pas aussi agréable. Avec Aiko, on dirait que ça a un sens même s’il l’ignore et qu’au fond ce n’est pas sa motivation première. C’est bon, c’est réconfortant, ça fait du bien, il veut continuer alors il continue. Parce qu’il ne voit pas ce qui les en empêche ici. Incroyablement aveugle sur certains points, presque naïf. Et puis elle est mignonne. Il n’a pas de faible pour les trucs mignons, non. Alors du coup, ça veut dire que c’est spécifique à la Baskerville. Il a un faible pour Aiko, oui. Mais ça aussi, on en discutera « plus tard ». Parce que maintenant, il faut songer à relâcher la jolie rousse. Et, deux assiettes plus tard et une nouvelle pièce ajoutée dans le plan mental de l’appartement que dresse Finny – il en est fier, en plus –, ils sont assis tous les deux. Dommage que sa compagne n’ait pas oublié d’apporter des fourchettes, il aurait pu en demander. D’ailleurs en parlant de fourchette, Aiko laisse tomber la sienne, ce qui fait hausser un sourcil à l’homme et poser le verre d’eau qu’il vient de servir pour se tourner vers elle. Cela dit, son expression étonnée a vite fait de s’adoucir sous les mains qui le touchent.

- Si demain, en me réveillant, je me rends compte que tu n’étais qu’une illusion, je...

Tu ? Tu quoi ? Illusion, comme dans un rêve ? Il rêve rarement – pour ne pas dire jamais – de missions, Finn. Parce que bon, y’a plus agréable à rêver que de se prendre des coups. Baskerville c’est chouette comme boulot mais pas au point d’en rêver la nuit. Qu’on se rassure, il ne rêve pas non plus des radis qu’il aurait pu découper plus tôt dans la journée. Après pour la suite… Eh bien, il ne l’admettra pas à Aiko mais il a déjà rêvé d’elle. Seulement le scénario des rêves en question était, comment dire… Bien moins élaboré que ce qu’il a pu se passer aujourd’hui. Remarquez qu’il préfère largement la réalité au rêve. Les sensations sont bien meilleures et il n’est pas question uniquement ici de leur choix d’activité sur le début de leur temps à passer ensemble. Il pose une main sur celle sur son cou, l’autre sur celle sur sa cuisse. Et il lui sourit. La chaleur de ce contact, elle est là. Bien réelle, non ? Les mains féminines sur lui et ses propres mains sur celles plus délicates. Elle a beau manier les armes probablement depuis des années – un jour il lui demandera depuis quand, par pure curiosité – elle n’en a pas moins des mains plus fines que les siennes. Féminine, Aiko est très féminine. Même si elle fait peur quand elle sort sa dague. Un peu à lui aussi d’ailleurs, crainte respectueuse cela dit. Dans sa tête, il ne la voit certainement pas la retourner contre lui sans lui envoyer quinze-mille signaux d’alarme avant. Se battre contre Aiko avec une arme ? Quelle drôle d’idée. Un entrainement, peut-être. Rien d’autre. Mais passons. Elle est déjà en train de secouer négativement la tête, un sourire amer accroché aux lèvres.

- Tu dois me prendre pour une enfant maintenant.

Il n’a pas le temps de penser à formuler une réponse qu’elle l’embrasse, vient s’accrocher à ses lèvres. Il rend le contact. Ce genre de réponse-là, par contre, est parfaitement spontané. Il sent le bouton de chemise qui se fait défaire – encore un, il va finir par croire qu’elle veut tout simplement tous les enlever, pas qu’il s’en plaigne. Aiko, les enfants ne font pas cela. Tu es une drôle d’enfant, alors. Ce côté plus doux, plus innocent, plus vulnérable aussi – et cela ne fait rien, c’est lui l’homme, au fond il est quand même fier qu’elle compte un minimum sur lui, même s’il ne doute pas de sa force à elle – est un des aspects de la personnalité de la femme qui l’embrasse. Pas déplaisant, loin de là. Et puis surtout…

- Les enfants, c’est mignon.

La phrase est glissée l’air de rien à la fin de leur baiser. Oh que oui il prend un malin plaisir à le lui dire, qu’elle est mignonne. Il a toujours l’intention de la faire rougir, bien qu’il ait déjà réussi un peu plus tôt. Mais comme il n’en a rien vu et n’en sait rien, cela ne compte pas. Il pourrait aussi lui raconter qu’elle est belle et qu’elle l’attire, mais elle le sait. Ses gestes un peu plus tôt et même actuellement sont tellement parlants. Ce qui, cela dit, ne l’empêche pas de le dire s’il a envie de le dire. Etre bavard ne fait pas de lui quelqu’un de plus doué avec les mots que d’autres. Ici en particulier, il a bien du mal à dire tout ce qu’il pense. A être sûr qu’il le pense en premier lieu. Un jour peut-être que lui aussi pourra faire de jolies phrases à la jeune femme. Pour l’instant, elles ne lui traversent pas vraiment le cerveau.
Il reprend son verre d’eau comme il s’en était arrêté là afin de boire, notant distraitement au passage que la main sur sa cuisse n’a pas bougé. Et puis à côté de lui, Aiko s’exprime à nouveau tandis qu’il note avec amusement qu’elle parle de plus en plus en sa présence.

- C’est bon ! Faudra que tu m’apprennes à cuisiner hein.

Il achève son verre d’une traite puis le repose. Cool, il n’a pas raté son plat. Ça aurait été vraiment pas de chance alors qu’il ne se loupe pratiquement jamais sur des choses aussi simples. Un peu la honte alors qu’il a proposé de cuisiner en plus, mais bref. Il est content qu’elle apprécie et lui dépose un baiser sur la joue pour la remercier du compliment. Lui apprendre, hein.

- Ma mère serait un meilleur professeur que moi, mais un jour, si tu veux.

Sa mère a réussi à lui enseigner à lui alors que c’était mal parti. Même s’il était jeune, c’est vrai. Bien qu’au fond Aiko s’en sort sûrement déjà très bien. Elle vit toute seule et ne semble pas souffrir d’une quelconque carence alimentaire, non ? Vivre seul oblige à acquérir un certain nombre de compétences de survie. Ou tout du moins d’apprendre à se débrouiller et à relativement bien le faire, peu importe les méthodes. Lui, il a même depuis un moment maintenant un entraînement à mi-chemin entre le baby-sitting et l’élevage d’enfant, avec Nana. Espérons quand même pour eux que le jour où il en aura, des enfants – et s’il en a –, il ne leur lance pas des trucs à la figure comme il le fait sur son Chain. Il y a peu de chances cela dit. Ce qui est bien avec Nana, c’est qu’il peut cogner sans crainte de l’abimer.

Après cela ils reprennent tranquillement leur repas qui, même s’en s’être pressé, est rapidement terminé. Il faut dire qu’il n’y avait pas tant. Même en parlant. Ou en allant taquiner à son tour sans prévenir la cuisse d’Aiko pour voir s’il arriverait à la faire frissonner. Il triche un peu vu qu’elle est bien moins vêtue que lui, même si du coup il en est bien content. Puis il songe à nouveau à ce qu’elle a dit au tout début du repas – il n’y a pas si longtemps que ça, donc – et auquel il n’a pas proprement répondu, sauf avec un sourire, alors qu’ils se lèvent. Il faudrait probablement remédier à cela, rassurer sa camarade que demain, il sera toujours là. Alors il pose une main sur celle de la Baskerville afin de l’interrompre dans ses gestes, quels qu’ils soient. Et il l’embrasse sans un mot, simplement et brièvement. Une main passe sur le cou féminin pour l’en débarrasser des cheveux à la couleur vive qui l’empêchent de pouvoir atteindre la peau en dessous, avant de glisser cette même main dans le creux du dos de la femme. Il faudra quand même faire un petit aparté sur le fait que la cascade rouge sur la peau blanche à cet endroit a quelque chose d’hypnotisant à regarder. Elégant. Mais ce n’est pas le sujet.
Aiko, le prénom s’échappe des lèvres de l’homme, murmuré alors qu’il s’approche du cou jusqu’à y poser ses lèvres. Il l’embrasse, mordille un instant doucement, puis s’emploie à laisser une marque. Il avait décidé plus tôt de ne pas le faire. Mais voilà, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, non ? Il a une justification et ce n’est pas par possessivité. Il s’éloigne à peine ensuite, de façon à pouvoir attraper le regard brun du sien.

- Comme ça pas de doutes que ce n’était pas une illusion.

Cela servira de preuve physique. En plus de son évidente présence demain matin au réveil puisqu’il n’a pas l’intention de s’enfuir avant qu’elle ne se lève. Pas qu’il l’ait fait à d’autres auparavant. Ou du moins, pas à qui que ce soit qui n’était pas au courant qu’il le ferait. Mais avec Aiko, il veut rester. Ce n’est même pas dit qu’il réussisse à se lever avant elle, flemmard comme il est. Et puis avoir un câlin dès le matin, c’est le pied, voilà tout. Il en veut même plusieurs mais ils n’y sont pas encore.
Finn caresse la joue de sa compagne d’une main, lui souriant avant de se décoller d’elle en lui rendant sa liberté de mouvement. Il l’aide ensuite rapidement à ramasser puis faire la vaisselle – pour deux assiettes et autant de couverts, cela va vite – afin qu’ils soient tranquilles. Et puis encore une fois, le bazar qu’il crée chez les autres, il tient à le ranger. C’est plus fort que lui et ça amuse grandement son Chain. Voilà tout.
Une fois cela terminé, ils retournent vers le salon alors que Finn a l’agaçante impression d’oublier quelque chose. Quelque chose qu’il s’est dit qu’il ferait mais qui finalement a réussi à s’enfuir de son esprit. Ça y reviendra, mais en attendant… En attendant, il attrape la jolie rousse par la taille sans prévenir et, avec un sourire joueur, l’entraîne sur le canapé, l’allongeant plus ou moins dessus. Evidemment il la bloque de son corps en se plaçant au-dessus d’elle.

- Voilà, enlevée ! Comme promis. J’attends ma rançon.

Et avec ça il commence à lui embrasser le cou. Sa victime, il en fait ce qu’il veut, non ? Sa victime qui peut de toute façon le pousser par terre quand elle veut, vu leur position, plus de force ou pas plus de force, il finira les fesses sur le sol si elle le pousse. Mais le kidnappeur veut jouer. Comme les enfants avant d’aller au lit, « encore cinq minutes ». Qui pourraient potentiellement devenir dix, vingt, plus encore. Les enfants sans surveillance ne se couchent que lorsque la fatigue a raison d’eux. L’enfant ici n’est qu’une image, le jeu auquel il joue en embrassant ainsi toute la peau qu’il peut atteindre est, de loin, un jeu d’adultes. Encore plus quand il décide d’utiliser une main pour la passer sous ce que porte la Baskerville et caresser son ventre. Toujours en faisant attention à ses blessures qui lui reviennent en tête sitôt qu’il aventure ses mains par-là. Il n’a pas assez profité plus tôt ? Bien sûr que si. C’est juste que même si c’était assez, c’était assez tout à l’heure. Entre temps il s’est passé des trucs et puis il est bien décidé à obtenir une petite vengeance pour la cuisine tout à l’heure. Avec une méthode moins subtile, elle l’avait tenté pour qu’il cède alors que lui attaque déjà. Cela réduit le risque qu’il perde à son propre jeu. Pour cette fois. Il achève son tour en allant effleurer les lèvres de la jeune femme des siennes, passant juste sa langue sur la lèvre inférieure féminine avant de reculer. Cela dit, sa main sous les vêtements d’Aiko ne s’en va pas complètement et va se poser sur sa cuisse qu’il caresse du bout des doigts. Légèrement orientée vers l’intérieur. Et puis d’un coup ce qu’il voulait demander lui revient en tête.

- En plus de ma rançon je veux un papier et un crayon pour te noter mon adresse dessus. Si le syndrome de Stockholm te frappe, tu pourras venir voir ton ravisseur comme ça.

Elle aussi risque le kidnapping à nouveau mais bon. Il l’en a déjà menacée aujourd’hui et vient d’ailleurs de le mettre à exécution. Après elle risque de finir par croire que c’est une de ses obscures passions cachées. Qu’il n’a pas. Le truc le plus obscur chez lui, c’est cette obsession à avoir un appartement propre. Même sa mère n’a aucune idée d’où cela peut bien venir. Un grand mystère qu’il se fiche bien de résoudre d’ailleurs. Surtout maintenant, quand il est avec la jolie rousse. Les mystères existentielle, c’est quand il s’ennuie tout seul. Pas quand il essaie de grappiller du temps avant d’aller dormir, ni de soutirer quelques contacts de peau supplémentaire sans en avoir l’air. Oui bon, la nature de la rançon demandée n’est pas bien difficile à deviner, mais honnêtement qui aurait pensé à autre chose ? Pas lui. Parce qu’après tout s’il kidnappait pour de vrai et pas juste pour un jeu celle qu’il veut, elle serait bien la seule à pouvoir se libérer. Normalement – enfin, « normalement » hein – on enlève quelqu’un ou quelque chose pour en obtenir en échange ce que l’on veut. Si on prend directement ce que l’on veut, cela s’appelle du vol. Enfin « je te vole » à la place de « je t’enlève » il faut avouer que cela a quelque chose d’assez étrange. Pour un jeu, on va cesser de pousser la réflexion et s’en tenir là. Après tout, elle lui a fait promettre de l’enlever, non ? Eh bien voilà, c’est fait. Maintenant, elle n’a plus qu’à se libérer. Et sans le pousser parce que ce serait de la triche. Parfaitement, la victime n’a pas le droit de fuir. Non mais.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   12th Janvier 2013, 08:03

Aiko envisageait tous les sentiments. Tous les sentiments possibles. Alors qu’elle s’attelait à couper en rondelles les légumes qu’elle avait soigneusement choisis, elle s’octroya un moment pour se consacrer à la réflexion. Chose qu’elle n’avait pas réellement fait depuis un petit moment déjà. Mais là, elle s’impatientait. Pourtant, elle pouvait s’avérer être patiente. Mais pas aujourd’hui. Pas avec elle-même. Elle pouvait être impitoyable, ne tolérant strictement aucun dépassement. Tout comme, il faut l’avouer, elle pouvait être compatissante, fermant les yeux sur les faits. Cela dépendait. Quand elle voulait se consacrer à un jugement vis-à-vis d’elle-même, c’était plutôt dans premier état d’esprit qu’elle était. Finn ne le remarquerait sûrement pas, mais à un instant, ses gestes se firent plus rapides, plus tranchants, plus secs. Elle en avait marre. Pourquoi ne pouvait-elle pas mettre de mot sur ce qu’elle ressentait pour lui ? Pourquoi était-elle plus que persuadée que ce n’était pas du désir ? Pas que du désir. Pas cette fois-ci. Oui, elle le voulait. Oui, elle le voulait tout entier, corps et âme. Mais voilà, le corps, elle pouvait déjà l’avoir, mais qu’en était-il de l’âme ? Elle s’avait que lorsqu’ils étaient ensemble, lui aussi ne pensait qu’à elle. Effectivement, elle avait lu cela dans ses yeux, dans ses gestes, dans ses mots. Sur son visage. Lui aussi savait parfaitement qu’elle ne pensait qu’à lui. Elle n’avait de toute façon nullement cherché à le cacher. Pourquoi ? Pourquoi elle qui, d’ordinaire était si froide, si réticente, si renfermée, s’ouvrait-elle à cet homme ? Elle le connaissait certes, mais tellement peu. Tellement peu qu’elle avait l’impression de très bien le connaître. Limite de l’avoir elle-même façonné. Lorsque ses doigts effleuraient son visage, balayant les mèches rebelles qui lui caressaient le visage, elle avait l’impression d’avoir toujours su de quelle façon avait été dessiné son visage. Et pas que son visage. Son corps tout entier. Son cou, son torse, ses cuisses... Rien qu’à ce genre de pensées, son corps tout entier frissonnait. Elle avait besoin d’air. Besoin de respirer. Besoin de réfléchir. Besoin de crier. De courir. De se défouler. Mais ce n’était aucun de tout ces fichus besoin sur lesquels elle s’attarda. Elle avait besoin d’autre chose. Et ce besoin était brûlant, la consumant, lui carbonisant la peau lorsqu’enfin il était assouvi. Plus qu’un désir. Tellement plus qu’elle venait à s’en demander si c’était réellement un besoin. Si ce n’était pas plus. Pouvait-ce être plus ? Était-ce seulement possible ? Elle doutait. Elle doutait de tout. Mais qu’importait. Elle n’avait besoin que de lui. Elle avait besoin de Finn. Elle a besoin de Finn. Toujours. Elle le voulait près d’elle. Aujourd’hui et demain. Pour toujours. Elle le voulait pour elle. Uniquement pour elle. Il devait lui appartenir. Jusqu’au dernier atome. Mais. Mais comment se faire à cette idée ? Comment accepter le fait qu’elle soit si envoûtée par un homme, elle qui, jusque là, n’avait fait que s’amuser avec la gente masculine ? Et puis, si elle exposait tout cela, de but en blanc, comment pourrait-il bien le prendre ? Difficile à dire. Et puis, il n’accepterait sûrement pas. Qui accepterait d’appartenir à quelqu’un d’autre ? Et puis d’ailleurs, elle devrait lui appartenir aussi, n’est-ce pas ? Bon, c’était déjà le cas, d’un coté, ils s’appartenaient déjà. En quelque sorte seulement. Mais Aiko était avide. Avide et gourmande lorsqu’il s’agissait de Finn. Quel était le prix à payer pour qu’il soit définitivement sien ? Que pouvait-bien donner en échange de son amour éternel ? Céder elle-même à l’homme ? Une petite voix en elle lui murmurait qu’elle était sur la bonne voie, qu’elle approchait du nom de ce sentiment. Qu’elle l’avait déjà, lui brûlant le bout de la langue. Mais elle ne vit rien. Elle ne repassa aucune de ses pensées. Tout paraissait limpide. Se donnerait-elle entièrement à lui ? La réponse, eh bien, bien que n’étant guère évidente pour Aiko, était sous ses yeux. Oui, bien sûr. Elle ferait tout pour lui. Vraiment tout. Mais elle l’ignorait. Elle l’ignorait encore. Elle s’obstiner à l’ignorer. D’un coté, elle désirait avec hardiesse connaître les réponses à ses questions, mais d’un autre coté, elle refusait chacune des réponses les plus probables. Peut-être avait-elle peur de paraître bête. D’avoir mal. Ce ne fut que lorsqu’elle s’apprêta à retourner à sa besogne, quelque peu après avoir souris en le sentant frissonner contre ses lèvres, lorsqu’elle lui mordilla subitement le cou, qu’elle trouva une réponse. Au moins une. Il l’avait empêché de s’en aller, l’attrapant par la main, l’attirant à lui et lui embrassant les lèvres. Elle laissa sa tête tomber sur le coté. Pourquoi avait-elle l’impression que le besoin d’avoir Finn à ses cotés était bien plus qu’un besoin ? Parce qu’il était bien plus qu’un besoin. Être avec Finn était l’une des conditions. L’une des conditions qu’elle imposait à la vie pour continuer de vivre. Rester dans ses bras pour toujours faisait partie d’un serment silencieux, presque inintelligible alors qu’elle était censée l’avoir prononcé. Son imagination. Toujours cette imagination lui jouant des tours. Alors, lorsqu’il laissa glisser sa main, elle l’attrapa brusquement, l’enserrant dans la sienne, affichant un doux sourire. Finn ne faisait pas partie de sa vie, désormais. Finn faisait intégralement partie d’elle. Et pour une fois, elle ne se demanda même pas pourquoi. Après tout, ce ne fut que lorsqu’elle arrêta de se poser des questions qu’elle trouva une réponse. Comme tout, que ce soit l’argent, le bonheur ou la liberté, il ne faut pas les chercher ; ils se manifesteront quand on s’y attendra le moins. Et puis, suites au mot du brun, elle hocha doucement la tête. Logique que ça sonne comme une invitation ; c’en était une. Il était invité à venir la voir. Quand il voulait. Pourvu qu’elle soit chez elle. Ce qui n’était malheureusement pas très fréquent. Il aurait d’avantage de chance de la croiser tard le soir. Et encore fallait qu’elle ne soit pas dehors, prétextant vouloir prendre un bol d’air. Désormais, traîner dans les tavernes du coin auraient pour seul but ressentir une présence humaine. Car les gens avec qu’elles côtoyaient n’étaient pas humains. Les Baskerville n’étaient pas humains. Aux yeux de tous, ils étaient des monstres. On dit que ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison, mais Aiko venait tout de même à se demander si pour le coup, ils n’avaient pas raison, tous ces gens. Alors elle aussi. Elle aussi était un monstre. En plongeant dans le regard de Finn, elle refusa cette idée. Les Baskerville n’étaient pas des monstres. Sinon, cela inclurait Finn. Et Finn n’était pas un monstre. Ce n’était tout bonnement pas possible. Même lorsqu’il brandissait son arme. Même s’il pouvait être effrayant – de cela, la jeune femme n’en doutait pas. Un monstre qu’elle connaissait, par exemple ? Eh bien, Curtis. Ce taré. Ce cinglé. Il avait dû oublier que pour une première rencontre, enfoncer une dague dans la joue de l’inconnu n’était nullement une manière courtoise de dire qu’il était enchanté. Non mais. Il n’y avait pas que lui, mais c’était pourtant le seul qui venait à l’esprit de la jeune femme. Et Curtis ne ressemblait pas du tout à Finn. Voilà. Alors dans ces tavernes, assises sur une chaise, calée et buvant sans prêter attention au reste, elle sentira tout de même une chaleur humaine. Elle fera cela seulement si le hasard ne décidait pas de se manifester et de faire croiser le chemin de Finn et le sien. Dans tous les cas, elle s’était promis de ne pas aller jouer avec d’autres hommes. Mais cette promesse allait plus loin encore. Aiko refusait de ressentir de chaleur humaine, aussi distante puisse-tête, si ce n’était celle de Finn. C’était comme ça. Mais parfois, elle irait tout de même à la recherche de nouvelles têtes. Parce qu’elle était curieuse et qu’elle avait besoin de décompresser, de ne pas être tout le temps en présence de personnes armées. Quelle ironie. Elle prétendait cela alors que son arme ne la quittait jamais, ayant plus d’une fois arrondis les yeux des hommes avec qui elle partageait la nuit. Qu’importait. Elle ne voulait pas non plus penser à eux. Finn comptait. Finn était le seul qui comptait. Pour l’éternité. Pour une éternité indéterminée, certes, mais périssable, c’était certain. Ephémère. Mais il fallait l’avouer. Il fallait avouer que les plus belles choses étaient celles qui disparaissaient. Ça nous donnait cette envie de profiter de chaque moment. Comme les roses qui fanaient. Sauf que Finn ne devait pas périr. Pas encore. Pas tant qu’elle serait en vie. Elle refusait tout bonnement de l’imaginer mort. De l’enterrer. Sinon, elle s’abaisserait à quelque chose de vil. Elle s’abaisserait à abandonner. Tout abandonner. La vie y compris.

Vint l’évènement où Aiko ouvrit la bouche sans même s’en rendre compte. Vint ce moment où sa fourchette tomba dans un bruit qu’elle n’entendit même pas tant elle s’était terrées dans ses pensées les plus interdites. Si elle ne le trouvait pas, demain, elle ne serait plus jamais la même. En fait, elle n’était déjà plus la même. Elle avait changé. Sans s’en rendre compte. Elle était souriante, bavarde, allant parfois jusqu’à être goguenarde, usant d’un humour qui n’avait jamais été l’un de ses traits de caractère si ce n’est lorsqu’elle était encore une enfant. Mais ça, Finn l’ignorait. Il ignorait qu’il avait métamorphosé la jeune femme. Pourquoi ? Parce qu’au fond, sous es yeux, elle s’était toujours présentée sous cet angle là. Elle avait toujours été cette Aiko là pour lui. Mais là, il découvrait autre chose. Il découvrait son aspect enfantin. Il continuerait d’ailleurs de découvrir bien des choses sur elles. Par exemple, un sadisme particulier. Oh et un sens de la loyauté un peu... Effarant. Déstabilisant. Elle était à cheval, beaucoup trop à cheval, sur les règles. À part les règles qui ne lui plaisaient pas, bien sûr. Enfin, ça dépendait. Je dis surtout ça pour les règles de la moralité, celles protégeant, par exemple, l’intimité de la femme jusqu’au mariage. Une Baskerville qui attendrait le mariage ? Non mais sérieusement, ces saintes-là, Aiko ignorait même si elles existaient. Elle ne savait même pas si elle allait un jour se marier ! Si elle ne mourrait pas avant, si vous voulez tout savoir. Mais toutes ces craintes, elle n’avait pas appris à les dissiper, mais au moins à les taire sous de multiples couches de froideur, voire d’agressivité. Finn faisait fondre cette glace, abattant tous les obstacles se dressant devant lui. Comment ? Elle ne le savait pas. Elle le lui demanderait bien, mais elle avait la nette impression que lui-même n’en savait rien. Juste en étant lui-même, après tout. Mais tout cela avait-il la moindre importance ? Elle n’en voyait aucune. Donc, je disais, cette étonnante fidélité et loyauté et l’une des caractéristiques de la demoiselle. Et Finn le découvrirait bien rapidement s’il osait seulement faire une erreur en tant que Baskerville. Aiko était implacable. Un défaut ? D’un certain coté, oui. Chacun son petit secret. Bien que ce secret, la jeune femme était loin – très loin – de farouchement le cacher. Qu’importait. Son enfantillage, en revanche, l’énervait. Elle s’était toujours raccrochée à son enfance. Plutôt à son adolescence en fait. Elle avait perdu sa sœur à cet âge-là et elle jugeait injuste qu’elle grandisse et embellisse tandis que sa jumelle était privé de tous les bienfaits que pouvaient apporter le temps. Mais vu qu’elle était bien incapable d’arrêter la course effrénée de celui-ci, alors elle agrippait fermement son passé dans une main. Avec le temps, ça devint aussi une partie de sa personnalité. Et aujourd’hui, elle en fit part à Finn. Elle ne lui laissa pas réellement le temps de réagir, allant de ce fait l’embrasser fougueusement. Il répondit au baiser et elle l’approfondit un peu plus encore. Elle voulait se perdre en lui. Revenir en arrière et appuyer sur pause au moment exact où elle était complètement sienne. Ou alors, tout à l’heure, assis sur l’herbe fraîche, lorsqu’ils se contemplaient simplement, souriants, silencieux. Elle avait parlé sans s’en rendre compte et désormais, elle n’avait qu’une envie, le faire taire. L’empêcher de parler. De lui rire au nez. De voir de la déception traverser ses yeux. Comment pouvait-elle savoir la façon dont il allait réagir, hein ? Elle n’avait aucun moyen de le faire. Alors voilà, elle paniquait. Et avait désespérément envie de l’embrasser. Ce qu’elle fit sans détour. Pourtant, lorsqu’elle s’éloigna, reprenant doucement son souffle, elle savait rien qu’en croisant ses yeux qu’il allait lui répondre. Elle savait que ce baiser ne suffirait pas à le faire taire lui et les paniques intérieures qu’elle ressentait.
Sa réponse, donc. Aiko écarquilla les yeux, visiblement bien étonnée. Mais ce n’était pas tout. Malheureusement. Ça marchait à tous les coups. Les enfants, c’est mignon, hein ? Donc, elle est mignonne ? Inconsciemment, son regard se détourna de celui de l’homme, des rougeurs empourprant ses joues. Non mais qu’est ce qui lui prenait de dire ça, sérieusement ? Je sais pas moi, il aurait pu trouver une autre réaction ! Mais Aiko se reprit bien vite, secouant négativement la tête en signe de déni avant de froncer les sourcils, espérant sans doute ainsi atténuer ses rougeurs. Il n’avait pas encore réussi à réellement la confronter à la gêne ; ça ne comptait pas. Non mais oh.

Elle voulait changer de sujet, maintenant. Ne pas être gênée, ne pas se montrer enfantine. Pourquoi faisait-elle cela ? Pourquoi n’assumait-elle pas ce qu’elle était ? Pourquoi ne voulait-elle pas partager cette partie d’elle-même avec Finn ? Elle l’ignorait. Elle se sentait juste stupide. Oh mais avant de continuer, il serait importante que je retranscrive un détail. Mais pas des moindres. Lorsqu’elle releva les yeux vers ceux de Finn et qu’elle fronça les sourcils, une nouvelle vérité la surprit, la prenant de court, lui faisait l’effet d’une gifle. Comment le garder près d’elle ? Elle savait. Elle savait comment. En disant que les enfants étaient mignons, bien que l’ignorant sans doute, il venait de l’éclairer. Et pas qu’un peu. Elle savait maintenant que pour le garder près d’elle, il suffisait qu’elle reste elle-même. Il semblait l’aimer telle qu’elle était. Alors elle ne devait pas changer. Pas ne pas progresser, il ne fallait pas confondre. Simplement ne pas changer. Mais pour qu’il continue de l’apprécier, il faudrait que lui-même ne change pas. Ne pas le perdre ? Elle ne pouvait pas en être certaine. À moins de s’en aller avec lui loin. Très loin. Parce qu’après tout, si on n’aime plus vraiment une personne, c’est qu’on a vu quelque chose qui nous a fait prendre conscience de cela, qu’on a trouvé mieux. Bref, au fond, c’était toujours les autres, la source du problème. Donc, ils devraient s’en aller. Cela, avouons-le, était tout simplement inconcevable. Ils avaient trop de responsabilités ici, à Réveil. De toute évidence, elle commençait vraiment à s’égarer. Mais qu’importait. Elle avait une nouvelle réponse. Elle savait quelque chose de nouveau à propos de Finn. Il aimait le naturel. C’était plus rassurant de voir que quelques hommes saints d’esprit subsistaient ; beaucoup trop ne juraient plus que par la superficialité de certaines dames. Eh bien, elle ferait en sorte de rester elle-même. Chose qui s’avérait de plus en plus difficile avec le défilement des heures, des jours. Mais pour lui, elle serait prête à fournir bien plus que le double des efforts déjà fournis. Pourquoi ? Elle n’en savait toujours rien. Parce qu’il était trop important pour elle. Pourquoi ? Parce que c’était Finn et que c’était ce même Finn qu’elle adorait. L’adoration. Ça sonnait faux. Ça sonnait creux. Quand ce mot était associé à Finn, tout du moins. Ce n’était pas de l’adoration. C’était autre chose. Plus, moins ? Aiko ne pouvait pas trop le dire, mais elle avait tout de même la nette impression que c’était plus. Mais qu’est-ce qui était plus fort que l’adoration ? Au fond, la réponse était évidente. Evidente pour tout le monde. Sauf pour elle et pour le brun. C’est vrai que les meilleurs observateurs sont ceux qui prennent de la distance, qui s’éloignent du problème, du trouble. En vérité, si elle n’était pas si concernée par la situation, le mot lui viendrait à l’esprit sans aucun doute. Mais vu qu’elle était l’un des deux partis, elle ramait, pataugeait. Elle finirait bien par se fatiguer, par cesser de se voiler la face. Elle finirait bien par trouver. Un jour ou l’autre. D’ailleurs, pourquoi se voiler la face ? Parce qu’elle avait peur. Elle était terrifiée. Terrifiée à l’idée de nommer ce sentiment, de prendre le risque qu’il ne soit pas réciproque, de se faire mal et de faire mal à Finn par la même occasion. Terrifiée à l’idée de le perdre. Et l’avoir, en ce moment, près d’elle, ne l’aidait pas. Se sentir si proche d’une personne et puis se dire qu’il est possible de ne plus jamais pouvoir la voir sourire. Pas à nous, du moins. Pas pour nous. Ça faisait mal. Mais Aiko s’empêchait d’y penser. Et, heureusement, le brun ne semblait pas vouloir la laisser se poser des questions en relation à un futur de toute façon trop incertain pour qu’elle y songe. Le baiser déposé sur sa joue acheva de la réveiller, la faisant sourire. Et puis, il parla.

Sa mère ? Aiko sembla réfléchir un instant, attardant ses yeux sur son assiette. Sa mère devait être Baskerville, n’est-ce pas ? C’est que la rencontrer était loin de la déranger. Peut-être irait-elle jusqu’à faire un tableau de ressemblances et de différences entre elle et son fils. Peut-être aussi pour connaître son avis sur différents sujets. Et puis, elle se plaisait bien à imaginer un Finn turbulent et qui touche à tout ce qui bouge. Ce serait amusant de parler de lui, tiens ! Bizarrement, elle était sûre que si elle faisait part de ses intentions au brun, il ne serait plus vraiment d’accord à ce que sa mère et elles se rencontrent. Au fond, Aiko voulait aussi voir si la génitrice du brun l’apprécierait. Juste pour savoir, par simple curiosité. Au fil des mots, des évènements, vous aurez compris qu’elle n’était réellement pas du genre à changer parce que quelqu’un ne l’aimait pas ou ne la supportait pas. Et puis, il n’y a pas de cela plus de cinq minutes qu’elle s’était dis qu’elle allait faire plus d’efforts pour rester elle-même, pour ne pas changer. Ou du moins, ne pas changer au point d’être méconnaissable aux yeux de ceux qui la connaissaient le mieux. De toute façon, non, cette perspective de rencontrer sa mère pour qu’elle lui apprenne à cuisiner ne lui plaisait pas trop. Devait-elle seulement être prise au sérieux ? Elle en doutait. Quoiqu’il en soit, les cours de cuisine avec Finn seraient infiniment mieux. D’ailleurs, pour qu’ils soient d’accord, elle lui lança un regard sous-entendant bien des choses et pas des plus saintes et chastes, croyez-moi, agrémentant cela de quelques mots. Quelques simples mots. Mais il comprendrait. Il ne pouvait que comprendre.

« Oui, mais les punitions de ta mère ne sont pas similaires aux tiennes, n’est-ce pas ? »

Elle rit légèrement, allant se pencher sur lui pour l’embrasser profondément. Après quoi, elle planta sa fourchette dans un morceau de tomate et l’amena à sa bouche. Et puis, elle continua de manger, pas forcément lentement, ne se hâtant guère non plus. Parfois, pour embêter le joli brun, elle faisait glisser l’un de ses doigts le long de sa cuisse. N’essayez même pas de lui mettre en tête qu’elle ferait mieux de s’occuper de son assiette uniquement alors qu’elle avait Finn à moins d’un mètre d’elle. Non mais sérieusement, elle pouvait se contrôler, d’accord, mais il ne fallait pas trop en demander non plus. D’ailleurs, elle se demandait ce qu’ils allaient faire une fois le repas achevé. Iraient-ils simplement se coucher ? Elle ne le permettrait pas. Et une petite voix dans sa tête lui soufflait que Finn ne semblait pas réellement de cet avis non plus. Rien qui, au final, ne dérangeait notre rousse. Le contact de sa peau contre la sienne était à la fois doux et brutal, provoquant une multitude de frissons en elle. Lorsque ses yeux la caressaient, elle fondait. Et puis, quand ses lèvres remuaient, que ce soit lorsqu’il parlait ou lorsqu’il cueillait les siennes, elle ne pouvait que fermer les yeux et savourer l’extase. Elle ne cessait de se demander s’il savait tout l’effet qu’il lui faisait, s’il savait à quel point elle se concentrait sur chacun de ses mots. Pourquoi ? Elle n’en savait trop rien. Et puis, en même temps, elle ne cessait de chercher une petite erreur pour pouvoir retourner cela contre lui. Comme lorsqu’il fit allusion à sa mère. Pas moyen, il n’allait pas se débarrasser d’elle si facilement que ça.
Enfin bref, elle acheva son dîner en se versant un verre d’eau qu’elle but rapidement, en deux gorgées. Maintenant qu’elle y pensait, c’était son premier verre d’eau du jour. Comme quoi, être Baskerville ne permet pas de boire son litre et demi d’eau par jour. Elle se releva, pensant à tout et à rien, quelque peu évasive, attrapant son assiette et regroupant les couverts. Une main se posa sur la sienne et cela suffit à lui faire tourner son regard vers le brun, lâchant ce qu’elle avait en main pour se retourner entièrement vers Finn. Il s’approcha d’elle et l’embrassa sans préavis. Elle posa ses deux mains sur son torse alors qu’il écartait quelques mèches écarlates de son cou. Sa chevelure. C’était quelque chose qu’elle aimait beaucoup en elle. Une couleur vive, ce qui apportait un peu de gaieté dans sa vie, un peu d’énergie, d’activité. Et puis, du rouge, donc du sang. Paradoxalement, cela exprimait la mort, non pas la vie. Alors oui, ses cheveux, elle y tenait. Petite, elle les gardait au niveau des épaules, désormais, elle les laissait pousser. Cela ne faisait qu’accentuer un peu plus une féminité à laquelle elle tenait énormément. Pourquoi ? Elle maniait les armes à peine sortie du ventre de sa mère celle-là, n’avait jamais réellement eu l’occasion d’être féminine, alors maintenait qu’elle avait atteint un certain âge et que son corps se soit fait de jolies formes, de jolies courbes, elle en profitait, jouissait de la vie telle qu’elle était. Et puis, sérieusement, y-a-t-il seulement un seul homme sur Terre qui n’aime pas que la femme en face de lui soit réellement femme ? Bien sûr que non. Ce qui, en réalité, ne faisait qu’inciter la jeune femme à être, comme déjà dit, féminine.
Enfin bref. Finn acheva de dégager le cou de la jeune femme et s’en approcha, murmurant son prénom au passage. Elle agrippa sa chemise entre ses doigts et serra dessus, comprenant les intentions du brun. Elle réagit à la proximité de leurs deux corps et surtout à celles des lèvres de Finn de son cou dénudé, frissonnant alors qu’elle déglutit faiblement, de façon tout de même audible. Il embrassa les parcelles de peau et un nouveau frémissement la prit de court. Après quoi, elle sentit ses lèvres. Et puis, il sembla s’atteler à la marquer. Elle ferma les yeux un instant, sa tête penchée sur le coté, de façon à complètement donner son cou au brun, sa cascade rougeoyante lui effleurant le bras. Et puis, il éloigna son visage, venant croiser son regard. Pourquoi ? Pourquoi maintenant, subitement ? Elle eut sa réponse, esquissant un léger sourire. Pas bête. Elle approcha son visage du sien, quittant son regard, esquivant ses lèvres et allant la rencontre son oreille. Elle mordilla le lobe de celle-ci en lui murmurant un « merci » avant d’aller à la recherche de ses lèvres, l’embrassant impétueusement. Et puis, il lui caressa la joue de ses doigts, les faisant courir sur la peau laiteuse de la jeune femme. Il lui sourit alors avant de la relâcher. Elle se contenta de lui rendre son sourire avant de reprendre son activité, avec plus d’entrain cette fois-ci. Ils se dirigèrent alors tous deux vers la cuisine et s’affairèrent à laver les quelques couverts et assiettes utilisés. Aiko avait déjà invité des hommes chez elle. Aiko avait déjà été sous la douche avec des hommes. Aiko avait déjà dîné avec des hommes. Que ce soit chez elle, chez eux ou dehors. Mais c’était la première fois que l’homme en question l’aidait à faire la vaisselle. D’habitude, elle laissait tout sur le plan de travail pour vite retourner jouer. Sauf que là, ledit jeu n’était pas une obsession. Elle était parfaitement capable de se tenir à distance. Enfin, parfaitement, c’est beaucoup trop dire. Mais bon, le petit accrochage de tout à l’heure prouve qu’elle en était capable autant que lui. Même si, au bout du compte, ils ont tous deux cédé bien rapidement. Même si pour eux, ce fut loin d’être rapide. Bien au contraire. Enfin bref, faire passer de l’eau et du savon sur la vaisselle pouvait même en devenir amusant, car la jeune femme ne se dérangea pas de s’interrompre pour aller taquiner le brun de ses mains devenues glaciales une fois aspergées d’eau.

Voilà, c’était fini. Comme quoi, ça ne prenait vraiment pas beaucoup de temps hein. Et encore moins à deux. Enfin bon. Ils revinrent vers le salon et la jeune femme observa une mine perplexe s’étaler sur le visage de Finn. Elle n’eut néanmoins pas le temps de lui poser la moindre question qu’il vint la saisir par la taille, l’entrainant jusqu’au canapé où il la fit asseoir puis allonger, venant se placer au-dessus d’elle, histoire de l’empêcher de se dégager de cette prise. Lorsqu’il s’exprima, elle ne put s’empêcher de sourire, hautement amusée par la tournure que prenait la situation. Elle avait complètement oublié qu’il était censé la kidnapper. Et voilà, c’était fait ! Rien de bien dérangeant. Au contraire. Je vous l’ai déjà dis, avoir un si beau garçon à quelques millimètres de notre corps n’avait rien – strictement rien – de désagréable. Il ne lui laissa néanmoins pas le temps de rétorquer – de toute façon, qu’aurait-elle bien pu dire ? – qu’il s’attaqua une nouvelle fois à son cou. Naturellement, sa tête se pencha et quelques soupirs s’échappèrent du seuil de ses lèvres. Lorsqu’elle sentit la main de Finn se faufiler sous le fin tissu qui la recouvrait partiellement, un long frisson la parcourut. Un long frisson qui ne s’estompa nullement lorsque la main masculine s’immobilisa, se déposant sur son ventre, faisant onduler sa peau sous ses doigts. Il ne lui laissait pas même le temps d’agir, de contre-attaquer. Elle ne faisait que réagir, soupirer, voire gémir faiblement lorsque les baisers au niveau de son cou se faisaient plus appuyés. Finn redressa son visage, venant effleurer les lèvres de la rousse des siennes avant de laisser passer sa langue dessus. Son regard s’assombri d’un voile de désir, mais elle s’attela néanmoins à le dissimuler sous de simples lueurs d’amusement. En temps normal, elle n’aurait pas attendu avant de faire glisser ses bras autour de son cou et de l’attirer à elle pour entièrement lui céder, l’embrassant profondément. Mais elle ne pouvait pas le faire. Ce n’était pas dans le contexte du jeu. En tant que victime, elle était censée se débrouiller pour se libérer, pas céder à son ravisseur. Mais ça allait être difficile. Vraiment difficile. D’autant plus que la main de l’homme se faufila jusqu’à sur sa cuisse, vers l’intérieur. Dans le feu de l’action, si je peux me permettre, elle n’était pas particulièrement gênée. Voire même pas du tout. Au fond, elle savait qu’elle pourrait elle aussi mettre l’autre dans une position assez inconfortable. Mais là, toujours en tant que victime, elle n’avait pas une marge d’action bien large. Du coup, eh bien, pour la deuxième fois en peu de temps, elle rougit. Sauf que là, elle ne pouvait pas même détourner le regard tant elle semblait obnubilée par celui qui lui faisait face. Elle se mordit la lèvre inférieure, attendant de voir ce qu’il allait faire, peut-être dire. Dire. Elle afficha un léger sourire lorsqu’il eut fini, hochant doucement la tête. Oui, plus tard, quand elle serait libre, elle lui donnerait ce qu’il lui demandait. Ou demain tiens. Oui parce que là, ils étaient plutôt occupés. Mais Finn avait un Chain, non ? M’enfin, s’il le lui proposait, c’est que ledit Chain ne devait pas être bien dérangeant. Normalement.

Récapitulation. Elle devait se libérer, mais ne pas s’enfuir, c’est cela ? Parce que ce serait trop facile de pousser Finn en arrière. Oui mais bon, en même temps, c’était tout ce qu’elle pouvait faire. Elle ne pouvait pas même donner de coup de reins, le canapé n’étant pas favorable à pareils déplacements. Eh bien, pourquoi ne pas simplement agir comme l’aurait fait Finn dans la même position ? En bannissant la réflexion et en suivant son instinct, bien sûr. Son corps bougea légèrement, histoire de sentir un peu plus la main du brun contre sa cuisse. Elle savait bien que cela ne contribuerait qu’à donner un peu plus de confiance en soi à Finn, mais elle ne pouvait de toute façon pas s’empêcher d’ainsi se mouvoir. Il avait dû comprendre, depuis la dernière fois, qu’elle était particulièrement sensible lorsqu’il déposait sa main sur sa cuisse. Lui plus qu’un tout autre homme. Encore une fois, elle ne trouvait nulle réponse au pourquoi qui pointait son nez. Elle fit glisser l’une de ses mains sur le torse de l’homme, achevant de déboutonner sa chemise, un sourire narquois étirant ses lèvres. Elle laissa ses doigts encore froids traîner sur sa peau, raclant gentiment ses ongles dessus. Son autre main se retrouva rapidement sur la nuque de l’homme, l’attirant à elle alors qu’elle esquiva ses lèvres pour aller s’échouer sur son cou. Cou qu’elle mordilla doucement, embrassant d’autres fois, donnant plus de coups de langues qu’autre chose. Elle le fit éloigner en le repoussant à l’aide de la main présente sur son torse tandis qu’elle acheva son travail, lui faisant précautionneusement retirer sa chemise. Il était mieux sans. Et puis, elle préférait pouvoir voir ses muscles et les toucher de ses doigts que simplement les deviner se dessinant sous un quelconque tissu. Elle plaqua brusquement, mais pas violemment tout de même, ses lèvres sur le torse face à elle. Elle resta un moment ainsi, laissant sa langue percer. Et puis, une idée fleurit dans son esprit. Elle se redressa et alla coller son front à celui du brun, le regardant sans bouger, n’allant pas trouver ses lèvres des siennes. Elle releva lentement sa jambe, incitant Finn à faire glisser sa main un peu plus loin, accentuant sa caresser, ou à la retirer – à lui de choisir, bien qu’elle préférerait qu’il ne l’enlève pas –, effleurant son bassin de son genou avant de la relaisser tomber. Juste pour donner une position un peu plus... Ardente. Disons cela pour éviter d’autres mots. Elle se mordit la lèvre, faisant lentement passer le bout de sa langue dessus avant de faire frotter sa jambe contre celle Finn en venant l’enrouler et la dérouler lentement autour du bassin masculin. Cessant de le faire languir, elle vint enfin retrouver ses lèvres en un long et fougueux baiser. Lorsqu’elle manquait de souffle, elle s’éloignait. Pour vite se rapprocher et reprendre le contact là où elle l’avait laissé. Entre deux reprises de souffle, elle murmura quelques paroles.

« Je ne peux te payer qu’en nature, Finn. J’espère que ça te convient, hein. »

En nature. Sérieusement, si elle n’était pas tant occuper à l’embrasser, elle rirait elle-même de sa réplique. Ses lèvres allèrent se poser sur les joues du brun, sur sa mâchoire, redescendant vers son cou, sur son torse. Réellement, tout à l’heure, elle s’amusa beaucoup, mais c’était tout de même plus amusant d’agir alors qu’une sorte de scénario était établi. Une victime qui, au plus grand désarroi – ou pas – de son ravisseur, n’avait strictement aucune envie de s’évader. Elle payait simplement sa rançon, vu que ce ne serait sûrement pas sa mère qui allait payer Finn hein. Pas de cette façon du moins. Et Aiko avait comme qui dirait l’impression que son camarde préférait ce mode de payement au liquide. De toute façon, elle aussi préférait cela. Largement. Jamais ce ne fut plus stimulant d’être une victime. Elle s’arrêta finalement, reprenant calmement son souffle, laissant ses doigts courir sur son visage alors que son regardait brillait d’une malice nouvelle. Et d’une certaine satisfaction aussi. De son autre main, elle se saisit de l’un des rubans violets pendants au niveau de sa poitrine et l’enroula autour de son doigt, un sourire purement provocateur sur les lèvres.
Devait-elle payer plus ? Après tout, la rançon dépendait de la valeur de la personne, non ? Ou pas. Qu’importait. Elle planta son regard dans celui de Finn, se demandant un instant qui est-ce qu’il pouvait bien être pour ainsi la faire agir et réagir. Surtout réagir, en fait. Elle pourrait lui trouver bien des surnoms, mais aucun ne correspondait réellement. Sa lumière. D’un certain coté, il était bel et bien cette lumière qui éclairait son chemin. Mais cela, elle y reviendrait un peu plus tard. Elle savait pertinemment que, comme pour le reste, elle aurait tout le loisir d’y penser. Ne serait-ce que dans quelques minutes, une fois blottie dans les bras forts de Finn, prête à s’endormir. Là, en ce moment, telles n’étaient pas ses préoccupations. Elle cessa de jouer avec le ruban enroulé autour de son doigt et prit une grande inspiration avant de s’exclamer d’un ton avoisinant le solennel.

« Embrasse-moi. Donne-moi un baiser que je ne suis pas prête d’oublier. »
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   15th Janvier 2013, 02:57

Elle a rougit ! Il a tout vu. Tout. Victoire. Victoire sur quoi ? Aucune idée mais victoire quand même. Elle est tellement adorable quand elle rougit. Enfin, replaçons les choses dans leur contexte : Finn la trouve tellement adorable quand elle rougit. Ça l’amuse un peu aussi de réussir à faire rougir cette femme-là. De l’extérieur elle semble tellement inatteignable. Qu’on ne s’y méprenne pas, il a compris depuis tout à l’heure qu’elle ne l’est en réalité pas complètement, comme tout le monde, et que lui plus particulièrement arrive à la toucher. Et qu’à cause de cela, il doit faire attention. Pour ne pas lui faire de mal. Mais si on met de côté les mots blessants qui peuvent quitter ses lèvres, il continue à avoir l’impression que peu de choses peuvent atteindre Aiko. Il l’admire pour cela même s’il n’en dira rien et ce n’est pas une question de relation qui a évolué. Lui à côté a vécu peu de choses et a été relativement chanceux tout le temps. Ou du moins, il n’y a rien dont il doive se plaindre réellement. Même être coincé avec Nana pour le restant de ses jours n’est pas une catastrophe. C’est nul pour inviter Aiko, mais tant pis. Au pire il le lancera par la fenêtre et… Arrêtons ici les pensées meurtrières sur ce pauvre Chain qui n’a pour une fois rien fait. Finn admire Aiko et puis voilà. Il la trouve mignonne quand elle est gênée et détourne le regard. Elle est belle et en plus elle est mignonne, que demande le peuple ? Ajouter à cela qu’il lui trouve aussi tout un tas de qualités morales dont la force qui était le sujet un peu plus tôt fait partie. Bref, si quelqu’un devait dire du mal de la Baskerville, ce ne serait certainement pas le brun. Même si au fond il est loin de la connaître parfaitement, tout comme elle est loin de le connaître parfaitement. Ils doivent être à égalité, en fait. Que se passerait-il si soudain l’un des deux découvrait sur l’autre un trait qu’il ne peut absolument pas supporter ? Ce serait étrange. Ils ne se connaissent peut-être pas tant, mais de là à ne pas être déjà conscient de ce genre de chose ? Sûrement si un tel trait de caractère existait, ils le sauraient déjà. Du côté de l’homme il n’y a pas grand-chose qui ne soit pas déjà révélé. Pour le reste, probablement que ce sont des choses agaçantes mais pas insupportables, non ? Espérons pour lui et revenons-en à l’histoire.

- Oui, mais les punitions de ta mère ne sont pas similaires aux tiennes, n’est-ce pas ?

Les punitions de sa mère ? Les siennes ? Mais pourqu- oh. Ooh. Elle préfèrerait qu’il soit son instructeur. Mais il en a toujours été question, même si sa maman serait meilleure, Aiko est à lui. Donc c’est lui qui donne les leçons, parfaitement. D’autant plus que l’idée que la jeune femme rencontre sa mère ne lui avait pas réellement traversé le cerveau. Et maintenant qu’il y pense, la seule question qui lui vient à l’esprit est « pourquoi ». Il est encore assez à côté de la plaque, tout à fait. Mais, dans l’instant, il ne voit pas trop le pourquoi de l’affaire. Ils sont biens tous les deux, pourquoi inclure d’autres personnes ? Sa mère… Sa mère n’a potentiellement jamais entendu parler d’Aiko, en fait. Vu la nouveauté de leur relation et le fait qu’il n’a pas été voir sa mère depuis plusieurs semaines – fils indigne, il sait ce qu’il lui reste à faire – c’est fort probable. Cela dit il se peut que cela change dans pas longtemps et qu’elle en entende parler. En bien, évidemment. De là à présenter l’une à l’autre… Intérêt de la chose dans son esprit : zéro. Sans qualifier cela de perte de temps – quand même, passer du temps avec deux des femmes les plus importantes dans sa vie en même temps ne peut décemment pas être qualifié de perte de temps – ce n’en est pas loin néanmoins. Bref ceci étant dit, il a vite fait le tour de la question, ne voit pas pourquoi présenter la Baskerville à sa mère alors l’affaire est close. Une question de moins à se poser ! Moins y’en a, mieux il se porte. N’empêche qu’il devrait peut-être, potentiellement, parler à sa mère de ce qu’il ressent. Elle saurait l’aiguiller, non ? Ou se payer sa tête aussi. Mais que dire à sa génitrice alors qu’il ne sait pas quoi se dire à lui-même en premier lieu ? Eh bien voilà retour au point de départ, sujet suivant. Ou sujet initial, comme il n’a pas tout à fait répondu. Apprendre deux trois trucs à Aiko. Magnifique prétexte pour la voir, vraiment. Cela dit il préfère récompenser que punir, tant qu’à faire.

- Et mes récompenses sont meilleures que mes punitions. Tu as tout intérêt à être bonne élève.

Voilà, maintenant qu’ils se sont mutuellement promis de se faire plein de choses l’un à l’autre, ils peuvent finir leur repas. Puis faire la vaisselle. Note pour plus tard : Aiko n’a aucune pitié et surtout aucun scrupule à mettre ses mains une fois gelées sous le haut de pauvres Baskerville innocents. Pourquoi les femmes ont toujours les extrémités du corps complètement froides est un grand mystère aux yeux de l’homme. Evidemment le réflexe humain est de frissonner puis de faire un écart pour s’éloigner des mains gelées qui envahissent. Ce que fait Finn. Sauf qu’il est bien obligé de revenir ensuite, tout en surveillant avec suspicions la jeune femme du coin de l’œil. Histoire d’éviter une récidive des mains glacées. Oh il adore toujours qu’elle le touche. Avec des mains plus chaudes. Si ses mains sont froides il veut bien les réchauffer des siennes. Enfin là il n’est question que de jouer une fois de plus, comme des gamins. Ce qu’ils font très bien, comme quoi cela ne se perd pas forcément en grandissant.

Bref. Après cela vient l’enlèvement. Qui n’a d’enlèvement que le nom, il faudra faire preuve d’imagination pour le reste. Cela a l’air d’amuser la jeune femme, alors autant en profiter. Surtout si après il parvient à la faire réagir à ses caresses. Réussir à faire apparaître le désir dans les yeux de sa camarade est quelque chose dont il ne se lasse pas, aussi bref l’instant où elle le laisse paraître peut-il être. C’est même encourageant pour continuer. Sans oublier d’ajouter qu’il est toujours agréable de réussir à faire plaisir à sa partenaire.
Rougissement, deuxième édition ! Cela lui donne juste envie de la serrer contre lui pour un câlin. Juste avant de l’embrasser et d’aller plus loin. C’est adorable et ça lui donne envie… De la manger, pour ne pas dire autre chose. A la place il embrasse une de ses joues et lui envoie un sourire amusé. Puis c’est elle qui bouge. La chemise s’en va, elle menaçait de le faire depuis un moment de toute manière. Il frissonne sous les doigts pas tout à fait réchauffés de la jolie rousse. Seulement comme elle n’y met que le bout des doigts, son frisson n’est pas dû qu’au froid. Tandis qu’elle s’amuse sur son torse, lui joue de sa main sur sa cuisse qu’il caresse. Elle semble ensuite avoir trouvé une nouvelle idée puisqu’elle le taquine de sa jambe sur ses hanches. S’ils n’avaient rien fait plus tôt, il aurait probablement envoyé son self-control par la fenêtre sans autre forme de procès et se serait chargé de plaquer leurs bassins l’un contre l’autre. A la place, pour ne pas être le seul à se retenir – et puis parce qu’il est censé être le ravisseur – il accentue juste l’activité de sa main sur la cuisse de la jeune femme. Leurs lèvres se rencontrent enfin quelque part au milieu de tout cela. A croire qu’ils sont repartis pour un tour et que le jeu est oublié, perdu derrière d’autres pensées. Sauf si l’un des deux trouve le moyen de lier cela au jeu. On n’en trouverait pas un seul pour s’en plaindre.

- Je ne peux te payer qu’en nature, Finn. J’espère que ça te convient, hein.

Et donc c’est ce que fait Aiko. Elle lui paie sa rançon et qu’il soit trois fois maudit si jamais il venait à penser que cela ne lui convient pas. Il n’attendait rien d’autre de sa victime qui est paradoxalement aussi ce qu’il veut. Celle qu’il veut. C’est encore étrange de penser ainsi, de vouloir quelqu’un pas seulement par désir purement physique. D’attendre en fait plus que des relations et échanges basiques d’une personne. Pourquoi cette personne-là et pas une autre ? Pourquoi maintenant ? Et puis qu’est-ce qu’il en attend exactement ? Qu’est-ce qu’elle attend de lui ? Pourquoi cette impression que si jamais elle le repousse, il le vivra très mal ? D’ailleurs depuis quand est-ce qu’elle compte plus que les autres ? Tout ça, c’est juste bizarre. Ce sont des incertitudes qui viennent gratter sur la paix et l’insouciance – relatives – avec lesquelles il vit quotidiennement. Pas là maintenant alors qu’ils sont tous les deux. Mais dès qu’ils seront séparés. C’est difficile de ne pas douter de ce sur quoi l’on n’a aucun contrôle, même en faisant confiance à l’autre. Evidemment, Finn étant Finn, il n’y pensera pas avec obsession. Néanmoins ce genre d’interrogations finira par venir le voir de temps en temps. Quand plus il sera attaché à la Baskerville, plus il se rendra compte du nombre de paramètres à prendre en compte dans une relation naissante de ce type. Et à côté pourtant, collés l’un à l’autre comme ils le sont actuellement, tout a l’air tellement simple.

Ses yeux sont fermés pour profiter du traitement que lui inflige la jeune femme. De ce fait, il ne répond pas tout de suite à son affirmation, n’émettant qu’un vague « hmm » pour signifier qu’il a bien entendu. Cela va être dur, demain, de passer d’une présence constante pendant plusieurs heures avec des caresses quand il veut ou presque, à plus rien du tout. Plus rien du tout et aucune idée de quand sera la prochaine fois. Dur, dur, dur. Mais ça, il n’y pense pas. Comment penser à cela alors que l’objet de ses pensées est juste là, qu’il peut la toucher, l’entendre, la voir et échanger avec elle ? Pour lui c’est très simple, il n’y pense absolument pas. Ne pas se focaliser dessus. Le jour où il ne vivra plus dans le moment présent, cela se saura. Habitude bien ancrée qui aura du mal à céder un peu de son règne absolu sur l’esprit de l’homme à d’autres modes de pensées. Un jour, un jour. Peut-être.

Lorsqu’elle se recule avec un air aussi malicieux que satisfait et que la fin du contact le fait ouvrir les yeux à nouveau, il lui sourit lui aussi. Simplement, alors qu’il est mentalement en train de prévoir son prochain coup. Enfin, plus ou moins.

- Ça me convient, seulement le prix est élevé.

Passons sur le paradoxe qui fait d’elle aussi bien sa victime que ce qu’il demande pour la libérer, amenant du même coup le fait qu’en réalité il ne devrait pas la laisser filer et que le jeu tourne en rond. Le prix est élevé car c’est Aiko qui est kidnappée. Il ne peut pas la laisser filer pour presque rien, non ? Bien qu’elle soit sur la bonne voie. Au fond, il a juste envie de jouer encore un peu. Et de profiter au passage, cela va de soi. Après il laissera à la jeune femme – et à lui-même en fait – le temps de récupérer de leur mission du matin. Et le lendemain… Oh, le lendemain peut bien attendre.

- Embrasse-moi. Donne-moi un baiser que je ne suis pas prête d’oublier.

Il accède immédiatement à sa demande sans prendre le temps de songer que les rôles sont alors temporairement inversés dans le jeu. Mais au diable le jeu, si elle lui demande de l’embrasser après l’avoir chauffé, il l’embrasse. La suite attendra, comme le lendemain. Même tarif.
Il l’embrasse d’abord doucement, gentiment en y mettant autant d’affection qu’il peut en mettre. Sa main quittant sa cuisse pour sa joue – elle redescendra après – qu’il caresse du pouce. Puis il approfondit le baiser au fur et à mesure qu’il y met plus de force, plus de ferveur. Perdu dans l’échange, il en oublie complètement ce qui peut bien les entourer. Seule compte la Baskerville, comme souvent. Elle et ses réactions. Elle qui l’autorise sans vraiment le dire à la toucher entièrement dans tous les sens du terme. Avant, sur les autres, il n’avait pas spécialement conscience de ce droit, c’était juste pour une fois et l’idée d’avoir le droit à nouveau sur la même personne ne lui traversait pas l’esprit. Mais sur la jolie rousse, il en a conscience. Que c’est quelque chose dont il faut prendre soin sinon il lui sera retiré parce qu’au fond il n’a aucune emprise dessus. Cela lui est prêté et peut être repris absolument n’importe quand. Il ne faut plus simplement profiter tant qu’il peut mais aussi entretenir le fait de pouvoir, pour garder l’autorisation. Parce que pour une fois il ne veut pas de quelque chose de simplement temporaire. Aucune idée de la durée souhaitée et il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir son mot à dire dessus, mais c’est bien plus qu’une poignée d’heures. Beaucoup plus.

Quand il met fin à leur échange avec douceur, il ne s’éloigne pas de suite. Préférant descendre embrasser le long de la mâchoire de la jeune femme, puis son cou où il s’attarde légèrement sur la marque qu’il a laissée là un peu plus tôt. Puis il remonte sa tête un peu, dépose son front contre le cuir du canapé et cache son visage dans le creux du cou de la jeune femme. Il y souffle doucement :

- Fais-moi un câlin.

Parce que dans cette position en fait Finn ne peut pas réellement le faire lui-même, du coup il faut qu’elle le fasse elle. Il a besoin d’un élan d’affection dans l’instant. Et après promis il reprend son kidnapping. Enfin, il reprend le rôle de celui qui récupère sa rançon. Plutôt plaisant comme rôle à dire vrai, ne rien faire et profiter de temps en temps c’est sympa aussi. Il l’enlèvera plus souvent, tenez. Juste pour ça. Jouer tous les deux, c’est ce qu’ils font de mieux.

L’homme finit par se redresser en l’attirant à sa suite, l’incitant à prendre place sur ses genoux. Le cuir froid du canapé contre son dos qu’il avait oublié être nu lui tire un bref frisson – décidemment lui et le froid ne vont pas ensemble. Certes leur position maintenant donnerait plutôt l’impression qu’Aiko est celle qui attrape l’homme, mais qu’importe. Cela ne les empêche pas de jouer et puis… Il court plus vite qu’elle. Voilà. Ce n’est potentiellement pas le cas, mais il a décidé que si. Pour cette fois du moins. Aucune fuite possible. D’ailleurs il l’entoure d’un bras, attrapée. L’autre main est déposée à nouveau sur sa cuisse parce qu’il a décidé que c’était un excellent emplacement. Un air malicieux revient prendre place sur son visage.

- Ta rançon n’est toujours pas payée.

La main sur la cuisse de la jeune Baskerville se faufile à nouveau sous le tissu qu’elle porte pour aller caresser sa hanche. Il aime bien – beaucoup, en fait – taquiner Aiko. Verbalement aussi bien que physiquement, c’est toujours amusant. En général ses réponses font mouche, c’est d’autant plus intéressant. D’autant plus intéressant qu’elle l’étonne en plus souvent. Même très souvent, et s’il la provoque un peu trop il finira par perdre.
L’homme l’embrasse à nouveau, glissant par la même occasion sa main de sa hanche à son dos et les rapprochant l’un de l’autre. Il apprécie particulièrement de sentir les muscles du dos de la jeune femme bouger sous ses mains. Et oui, il y a un petit paquet de choses qu’il apprécie particulièrement, mais tant mieux. Il n’en est que plus simple à contenter.
Reculant le visage après avoir pris soin de mordiller la lèvre inférieure de la jeune femme – c’est à se demander qui cherche à tenter l’autre – il va poser sa tête sous son cou et ferme les yeux. Néanmoins son ton reste amusé lorsqu’il s’exprime de nouveau :

- En fait… J’pense pas que t’arriveras à payer une rançon suffisamment élevée pour que je te libère.

Enfin, la libérer ne faisait pas partie de ses intentions. Il n’y a pas de mal à la garder encore un peu, non ? Non. Par contre, ils vont effectivement finir la nuit sur le canapé si cela continue. Un peu serré pour deux peut-être. Au pire il faudra faire un transfert, déplacer la prisonnière dans une nouvelle cellule. Plutôt pas mal comme idée. Quand il aura trouvé la force de bouger car il est actuellement trop bien installé pour cela. C’est vrai, avec la jeune femme sur les genoux, il est très bien. Quand ils sont tout proches comme cela, en plus il parvient à ne penser absolument à rien. A faire le vide mental. A juste apprécier le contact de la peau chaude de la jolie Baskerville sur la sienne, embrasser cette même peau, écouter la respiration de la femme dans ses bras et sentir chaque seconde passer agréablement. Prendre son temps. C’est un luxe, on est si souvent en train de lui courir après, de penser aux divers problèmes qui nous accablent et de se dire que jamais on n’aura le temps de tout faire pour les régler et de profiter de la vie au milieu. Quand le moment de le faire se présente, il ne faut alors pas hésiter trop longtemps ou le moment passera. Il ne faut pas non plus se précipiter. Ici néanmoins le choix est vite fait. Profiter immédiatement car la suite n’existe peut-être pas. Baskerville c’est bien, sauf pour la partie risquer sa vie en mission. Encore qu’ils sont bien lotis, ils guérissent plus vite que tout le monde. Merci l’Abysse.
Finn dirait bien à Aiko qu’il la garde et qu’ils vont se coucher, mais il a envie de jouer encore un peu. Juste cinq minutes de plus. Juste cinq petites minutes.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   17th Janvier 2013, 11:16

Chaque être nait avec une part d’ombre ainsi qu’une part de lumière. Il est étrange, je viens de le remarquer, que je commence toujours par citer le mal. Peut-être pour vous laisser le meilleur pour la fin. Ou peut-être parce que je suis pessimiste, fataliste. Je vous dirai bien qu’il n’est point question de moi, ici, mais je suis aussi un être qui vint au monde avec ces deux parts distinctes ; l’une pure, l’autre souillée. Au début, est-ce équilibré ? Y a-t-il autant de chance pour que l’on suive le bon chemin pour que l’on dérive du chemin dit droit ? Sans doute. Après, je ne dis pas que seul le temps et l’âge peuvent influencer sur nos choix. En plus de la volonté – celle-ci pouvant être inébranlable pour certains et inexistante pour d’autres – de la personne, il y a aussi les décisions que prennent les autres, alors que nous sommes encore incapables de prononcer ne serait-ce qu’une poignée de mots cohérents. Cela, au fond, repose en partie sur l’éducation qu’offrent les parents à leurs enfants. Mais cela influence surtout sur la période de l’enfance. Après tout, après, en pleine adolescence, nous ne sommes plus tant suivis par les parents, par les proches. Nous ne sommes plus ce bébé trop chou, juste ce satané délinquant qui cherche à faire le mur. Enfin, bien sûr, ils y en a qui restent sages. Mais ceux-là, voyez-vous, sont ceux qui décident de suivre un chemin érigé par d’autre sans même chercher à tâtonner les alentours, à voir si réellement, au moindre pas à coté, on risque d’entièrement dériver. Des peureux. De vulgaires lâches, effrayés rien qu’en évoquant l’inconnu. Et puis, aussi, c’est bien l’âge ingrat qui établi là son règne. Il n’est pas difficile de s’en départir. Et puis, contre rien au monde nous ne voudrions troquer ce sentiment de supériorité grisant et tellement bon. Personne ne nous arrive à la cheville. Tout le monde doit lever les yeux pour nous regarder, combien même plus petit de taille que nous. Cette période qui suit ou précède dans certains cas l’âge de quinze ou seize ans, cette autre période où nous nous sentons indignes de la vie, faibles et juste totalement sans importance. Cet âge où l’on se demande qui nous sommes, pourquoi nous sommes. Cet âge qui fait que chacun d’entre nous se forge une carapace, se jure de ne jamais plus être naïf, promet d’être intouchable, peut-être de ne même plus aimer. Même si cela semble futile, voire complètement idiot, je pense que ce soit aussi à cet âge que certaines résolutions s’encrent profondément en nous. Le fait de simplement prétendre ne plus jamais être faible crée une résistance, même moindre. Et cela aidera. Plus tard. Après l’adolescence. Après tout ce tumulte, tout les changements opérant sur le physique et le mental. Donc oui, au début, nous avons tous autant de chance de réussir que de faillir. Après, c’était aussi une histoire de croyances. Comme tout. Des croyances qui empiètent sur la Science et sur la Poésie. Mais cela n’étant pas notre sujet, je me permets d’enfin toucher à la personne dont je veux réellement parler ici. Aiko. Elle était née avec une moitié blanche, une autre noire. Mais l’éducation apportée par ses parents n’attisa pas spécialement l’une des deux parties. Sa mère l’élevait pour qu’elle devienne une guerrière. Mais ce n’est pas pour autant que la jeune femme d’aujourd’hui se plaignait autrefois. Au contraire, l’éducation dure qu’elle lui procurait faisait en sorte qu’elle ne pense qu’à arpenter la route lui ayant été tracée. Elle ne déviait pas. Elle n’en avait jamais eu l’occasion. Les bêtises faisaient partie de sa vie. Elles en avaient toujours fait partie. Mais ce n’est pas pour autant qu’il fallait qualifier cela comme étant une quelconque déviation du bon chemin. Quant à son père, eh bien, il fut peu présent. Elle l’aimait comme un père, mais n’y était pas particulièrement attachée. Sauf après avoir atteint l’âge de faire les missions accompagnées. Il devint dès lors son tuteur, celui qui lui dictait sa conduite hors du manoir et hors des heures d’entrainement entièrement sous commande sa génitrice. En ce moment, il y avait toujours du noir en elle. Et toujours du blanc aussi. Elle ne savait pas quelle couleur prenait le dessus sur l’autre et au fond, elle s’en fichait pas mal. Simplement, aujourd’hui par exemple, il n’y avait ni noir ni blanc. Juste Finn. Il était en elle. Au sens figuré ici, vous l’auriez compris. Il habitait son esprit, y logeait sans même lui demander son avis. En fait, non. Il y avait une couleur. Mais c’était étrange, parce que la jeune femme n’avait jamais réellement pensé à cela. Elle était une Baskerville. Elle obéissait aux ordres, obtempérait sans jamais se poser de questions lorsqu’il s’agissait de ses supérieurs. Autrement dit, elle n’était pas blanche. Pas moyen. Le noir prenait le dessus. Le mauvais était supérieur au bon. Quand sa bouche était plaquée contre celle de Finn, quand leurs langues se claquaient l’une contre l’autre, quand leurs lèvres se retrouvaient, se cherchaient alors qu’elles étaient collées, eh bien, ses pensées étaient floues. Totalement floues. C’est à croire qu’elle ne pensait même plus. Et au fond, ce n’était pas réellement faux. Après tout, combien de fois ai-je précisé que la rousse ne pensait plus à rien lorsqu’il était avec elle ? Et puis, lorsqu’elle pensait, c’était à lui. Complètement et uniquement à lui. Elle s’abandonnait à lui. Et aujourd’hui, elle pensait. Si j’en crois les précédentes lignes, ce serait donc à lui qu’elle pensait. Et c’était bel et bien le cas. Mais pas que. Enfin si. Plutôt compliqué, laissez-moi vous expliquer. Elle imaginait un grand espace noir, dénué de toute clarté. Totalement obscur et empêchant ses pensées de défiler à leur vitesse habituelle. C’était relatif ; Aiko était perturbée lorsqu’elle était dans le noir, seule. C’est alors qu’elle n’était plus seule. Un déchirement. Un déchirement sourd. Mais un déchirement quand même. Une personne a un jour dit qu’il y a une faille en toute chose et que c’est par là que passe la lumière. Ici, le déchirement pouvait être interprété comme étant un dérèglement, un problème, quelque chose qui pourrait tout gâcher. Mais non. Ce déchirement était la faille à laquelle fait référence le proverbe. Et c’était en se frayant un chemin à l’aide de cette faille que la lumière submergera l’étendue obscure, l’esprit de la jeune femme. Cette lumière, c’était Finn. Et la faille n’était autre que leur dispute.

Depuis quand se connaissaient-ils ? Quelques temps. Avaient-ils joué dès la première fois ? Peut-être. Ont-ils franchi le seuil du non-retour la première fois ? Non. Ils l’ont fait la dernière fois, il y a de cela deux mois. D’accord. Cela était clair au moins. L’attirance avait opéré depuis la première fois. Mais c’était léger. Tellement superficiel. Pour Aiko du moins. Elle avait été attirée par lui, avait senti qu’il était intéressant et qu’il méritait son attention. Après, avec le temps, l’attirance s’était muée en une attirance encore plus forte, plus physique aussi. Avant de se transformer encore. En autre chose. En un quelque chose sur lequel aucun des deux n’avait encore réussi à mettre de nom dessus. Mais ça ne saurait tarder. Ça ne saurait plus tarder. Laissons-les espérer. Et espérons avec eux, tant que nous y sommes. Quoiqu’il en soit, elle tenait désormais à lui. Peut-être un peu trop. Elle le désirait et avait besoin de lui. Plus qu’il ne pourrait jamais l’imaginer et plus que je ne pourrai jamais vous l’illustrer à l’aide de simples mots. Il faut les voir ensemble. Et encore. Il faut être Finn pour comprendre à quel point Aiko tenait lui ou être Aiko pour pouvoir avoir accès à une pensée parmi d’autres complètement emmêlées ; elle tenait bien plus qu’énormément à lui. Mais depuis quand ? Pas depuis la première fois, c’était certain. La dernière fois, ça avait commencé. Mais ça n’avait été clair et limpide que lorsqu’elle était au bord de la falaise. On pouvait être au bord de la falaise, prêt à se laisser tomber dans les abysses du désir et de l’extase à deux. Mais elle fut seule. Elle fut terrifiée. Elle l’était encore, mais d’une façon différente. Même si au fond, dans les deux cas, ce fut la peur de le perdre. Sauf que lors de l’accrochage, elle était réellement à ça de le perdre. Ne dit-on pas que l’on ne se rend compte de l’importance de quelque chose ou de quelqu’un seulement une fois l’avoir perdu ? Heureusement, Aiko avait eu la sagesse d’esprit de se rendre compte de l’importance que Finn possédait à ses yeux avant de le perdre. Juste avant de le perdre. Mais avant de le perdre tout de même. Pourtant, à première vue, les disputes n’amenaient rien de bon. Pourquoi dit-on, à votre avis, que les couples qui se disputent sont ceux qui tiennent le plus ? Parce que les disputes étaient une affaire de communication lorsque ça manquait. Le malentendu avait fait office de faille.
Maintenant, la lumière. Finn était celui qui éclairait et déchirait l’obscurité. Il a le fendait en deux. Et il se saisit se la main d’Aiko. Il la lui saisit à la volée. Elle aurait pu se dérober, d’une façon ou d’une autre. Mais elle ne chercha pas même à le faire. Elle était, au fond, soulagée qu’on l’aide. Qu’on l’aide à s’extirper de sa torpeur, de sa routine. De sa noirceur. Il l’avait tirée vers lui et elle ne lui opposa nulle résistance. Et puis, plus que tout, plus que le désir de vouloir être éblouie par la lumière, elle voulait être avec lui. Il l’avait sauvé. Il n’en savait rien. Et elle venait tout juste de s’en rendre compte. Elle était en train de faiblir, de dériver. Et il venait de la ramener sur le bon chemin, restant à ses cotés pour veiller à ce qu’elle ne dérive plus. Elle qui n’aimait pas demander l’aide n’eut pas même à le faire pour qu’il vienne à sa rescousse. Même s’il l’avait tiré vers le bas, elle l’aurait naïvement suivi. Mais ce ne fut pas le cas. Il ne lui voulait pas de mal. Elle le savait. Le sentait. Il était là pour elle. Serait là pour elle. Sa lumière. Son sauveur. Son...

Lorsque Finn répondit, un sourire narquois étira les lèvres de la jeune. Il était vrai que les récompenses pouvaient s’avérer être cent fois mieux – si ce n’est plus – que les punitions. Une différence entre le bel homme et elle qu’elle prit soin de noter dans un coin de son esprit. Lui semblait prendre la vie à la légère, cela elle l’avait remarqué plus tôt, mais en plus de quoi, il était plutôt optimiste. Après tout, Aiko aurait très bien pu penser qu’il prenait cela à la légère et vivait au jour le jour parce qu’il était trop fataliste pour penser au lendemain, craignant peut-être qu’il ne soit pas à la hauteur de ses espérances. Après tout, il aurait eu raison ainsi aussi. C’était un peu complexe. D’un coté, il vivait le présent et ne cherche pas à ressasser le passé ou à mettre en ordre un futur encore invisible à l’horizon ;le meilleur moyen de ne pas être déçu reste encore de ne rien espérer. Mais d’un autre coté, pour son présent, voire le futur proche, il pouvait s’avérer qu’il soit plus ou moins optimiste. Peut-être que la jeune femme se trompait. Mais au moins, elle était certaine du fait qu’il soit plus optimiste qu’elle. Après tout, elle avait évoqué les punitions. Pourquoi pas les récompenses ? Complexe d’infériorité qui lui faisait croire qu’elle ne réussirait pas à suivre de simples cours de cuisine ? Pas du tout. Ce complexe ne pouvait pas émaner d’elle. Ne pourrait jamais venir d’elle. Ni aujourd’hui, ni demain, elle pouvait en être certaine. Elle ne se sentait nullement inférieure aux autres. Au contraire, parfois, son orgueil pouvait la perdre. Après, pour une Baskerville ne côtoyant que des Baskerville, il serait difficile de lui en vouloir de reprocher aux autres de ne pas être aussi efficace que l’étaient les membres du clan. Elle venait parfois à en oublier qu’ils étaient tous, en tant que Baskerville, nés pour servir le Glen de leurs époques – et qu’ils étaient donc des machines de guerre, pas comparables aux civils. Pas besoin de le connaître personnellement – bien que ce ne soit nullement défendu – pour pouvoir suivre à la lettre ses ordres. Il suffisait que l’on ait insufflé en vous un certain sens de l’honneur. Et du respect. Heureusement, ces deux choses ne manquaient pas à notre jeune femme. Merci qui ? Merci maman. Mais maman n’avait néanmoins pas réussi à empêcher le pire. La mort d’Anko, de son autre fille, de sa petite dernière. Si Aiko avait su que la mission serait si difficile, elle y serait allée avec son père. Sa mère l’aurait encouragé à le faire, pour voir si elle s’était améliorée. À cet âge, l’idée de perdre un combat face à des Chain ne lui aurait pas même effleuré l’esprit – l’âge ingrat, je vous disais – et sa génitrice n’aurait sûrement pas été celle qui aurait tenté de l’empêcher d’accomplir son devoir de faucheuse pourpre. Quoique peut-être si. Elle était mère avant d’être Baskerville. Elle n’aurait sûrement pas voulu que l’une de ses filles accomplisse la mission et serait déplacée elle-même si elle avait connu ce qui pourrait en découler. Dans tous les cas, Aiko aurait réussi à se faufiler pour affronter l’ennemi. Elle s’en serait peut-être tirée en un morceau, peut-être avec le visage balafré ou des membres au moins. Ou peut-être serait-elle morte aussi. Mais Anko serait encore en vie, au moins. Et même si au fond, ça ne changerait rien pour Aiko qui aurait été dans un cas comme dans l’autre séparé de sa sœur, elle ruminait donc, broyant du noir. Ce jour où elle vit son père revenir au manoir, la mine affreuse, complètement abattu, jamais elle ne l’oublierait. Aiko avait d’emblée compris. Et sa mère aussi. Elles avaient, pour la première fois, pleuré ensemble. Ce qui fit que l’adolescente devint affreusement pessimiste. Sans être fataliste, car elle savait qu’il y avait toujours un espoir, quelque part, terré je ne sais où. Les miracles, ça se provoque après tout. Mais elle préférait ne pas y penser. Ne pas espérer. Même si rien n’était jamais sûr à cent pour cent – ou très peu de fois – elle se débrouillait pour ne pas envisager les chances les plus minimes. Ne pas voir la lumière. Demeurer dans l’obscurité la plus totale. Après tout, il n’y avait pas plus obscur que l’obscurité. Alors que si elle se créait des illusions et provoquait des déchirures d’où provenaient la lumières, il pourrait toujours y avoir un déclic, un je ne sais quoi qui plongerait de nouveau la jeune femme dans l’obscurité. Elle devrait tomber. Encore. Alors que là où elle était, il n’y avait pas moyen de tomber, étant déjà à terre. Pas la peine de se relever, de se fatiguer, de retomber encore et encore. Elle avait toujours pensé que dans sa vie, dans sa petite bulle, mieux valait guetter le bon moment pour se relever. C’étaient les règles. Tant qu’elle était à terre, l’adversaire – ici, la vie – ne pouvait l’atteindre. Elle attendrait le bon moment, se lèverait à la hâte et prendrait ses jambes à son cou. Vu qu’elle resta longtemps – beaucoup trop d’années – dans cette obscurité, elle en avait oublié ce qu’était al lumière, ne vivait plus que pour savoir s’il y avait différents tons de noir. D’où son pessimisme.
Mais Finn avait frappé. Finn avait été cette occasion. Et elle la saisit. Car être pessimiste n’empêchait pas d’être opportuniste. Mais pas profiteuse. Aimante, peut-être. Elle accepta l’aide que lui offrit le brun et s’évada avec lui. Elle ne savait pas où, mais au moins, elle baignait désormais dans une certaine clarté. Et être avec Finn était une nouvelle lumière. Était, en réalité, une source de lumière plus forte encore que celle que pouvait apporter la joie ou l’optimisme. C’était une douce lumière. Une lumière sensuelle. Une lumière de sentiments. Et rien n’es plus fort que les sentiments – quels qu’ils soient. Finn l’avait tirée vers le haut. Alors il savait voler. Certainement qu’il le savait.

Elle ne lui répondit pas, se contentant de hocher la tête, un sourire accroché aux lèvres. Aiko demeurait Aiko et même s’il fallait avouer qu’elle parlait nettement plus en présence du brun, elle réussissait encore et sans mal à garder le silence sans avoir à se forcer et quand il n’était pas particulièrement nécessaire voire indispensable d’en placer une. Il n’y avait plus rien à dire. Et puis, il y avait encore la vaisselle à faire.
Cet enlèvement était plus amusant qu’effrayant. Se faire enlever par Finn, sérieusement, la jeune femme pourrait lui redemander de le faire plus d’une fois. Tous les moyens, après tout, étaient bons pour l’avoir près d’elle. Parfois, en effleurant involontairement sa peau de ses lèvres, quand son intention n’était pas de le taquiner – vraiment parfois alors, hein, vu la fréquence de ses provocations –, elle se demandait combien de femmes avaient eu l’occasion de l’embrasser et de le toucher comme elle était en train de le faire. Mais rapidement, elle cessait d’y penser. Ça ne comptait pas. Elle n’avait pas à être jalouse. Pas alors qu’elle ne le connaissait même pas. S’il y avait lieu d’être jalouse, ce serait de cette femme avec qui il a passé du bon temps récemment. Mais sincèrement, de quel droit le blâmait-elle ? Bien que ces deux derniers mois, elle se soit restreint, avant de le connaître, et même après l’avoir connu d’ailleurs, jamais elle ne s’était interdit de passer du bon temps avec des hommes. Pas que c’était un hobby ou une sorte de passion, loin de là, sauf que c’était rapide et efficace pour se vider la tête. Et elle en avait besoin. Réellement besoin. Même si en apparence, il semblerait qu’elle soit totalement indifférente à son petit monde, au fond, bien des pensées ne cessaient de prendre l’assaut sur un esprit déjà bien troublé. Elle était observatrice, notait les nouveaux détails, peut être très rancunière, rarement hypocrite – sauf s’il le fallait –, mais en réalité, elle faisait simplement cela pour être un peu analyste. Pour ne pas se laisser avoir. Pour ne pas être naïve. Elle le faisait simplement discrètement. Et puis, elle n’avait pas à qui parler. Sa mère ? Elle n’avait jamais été une confidente pour elle. Depuis son plus jeune âge, elle avait appris à tout garder pour elle. Sauf que lors de ce jeune âge, il y avait sa sœur. Aujourd’hui, le meilleur moyen de s’exprimer restait encore de jouer avec des hommes stupides qui ne vous veulent que pour une misérable nuit. Chacun sa façon de procéder. Et surtout, chacun ses défauts. Tout cela n’empêchait en rien notre demoiselle de garder la tête froide et d’éprouver de réels sentiments. Suffisait de trouver une personne digne d’intérêt et surtout digne de confiance. Ce qui pouvait s’avérer drôlement difficile. Ce qui s’était réellement avéré difficile avant le passage à l’Abysse. Après quoi, la jeune femme se trouva un caractère propre à elle. Réellement. Néanmoins, qu’importait en quoi consistait ses activités, à une certaine période de l’année, elle ne faisait plus rien. Ou alors, elle échouait sur tout ce qu’elle entretenait. Mais nul besoin de parler de mélancolie, n’est-ce pas ? Je vous en ai déjà bien assez dit comme ça.

Heureusement, ses petits gestes et ses attentions n’avaient pas manqué de faire réagir le joli brun. Bien sûr qu’elle allait se prêter au jeu. Et pas qu’un peu. Que font les otages, en réalité ? Ils pleurent ; Aiko sourirait. Ils supplient ; Aiko supplierait aussi – mais à sa façon. Ils font référence à leurs proches, à leurs enfants peut-être ; Aiko donnerait encore plus de raisons à Finn de la garder, lui faisant comprendre avec ses gestes que de toute façon, le seul qu’elle voulait, c’était lui. Et vous savez quoi ? La différence entre les otages normaux et la demoiselle, c’est qu’eux finissaient rarement par retrouver leur liberté. Quant à la jeune rousse, elle serait de nouveau libre. Pourquoi ? Parce qu’elle savait qu’elle obtiendrait de Finn ce que bon lui semblait. Toujours dans le contexte du jeu, bien sûr. Il serait hors de question de chercher à le manipuler réellement. Simplement pas envisageable. En réalité, sa liberté, elle l’avait déjà. Et c’était d’être sa prisonnière qui faisait d’elle un être libre. Elle s’était toujours dit que pour être libre, il ne fallait dépendre de personne pour entièrement se consacrer à l’arpentement du long chemin menant à la Liberté ultime. Alors qu’au fond, peut-être pas. Certes, être avec quelqu’un nous empêcherait de nous concentrer sur notre objectif totalement et aveuglément. Mais sans cette personne, eh bien, nous ne vivrions plus. Nous voudrions tellement trouver cette liberté que nous nous laisserions mourir. Il faudrait quelqu’un à nos cotés. Ça avait toujours été plus simple ainsi. Ça le serait toujours. Pour surmonter un obstacle, il fallait savoir que la personne à nos cotés pourrait nous faire la courte échelle, qu’elle pourrait nous rattraper si on tombe et qu’elle nous tendrait la main si l’on est incapable de se relever de nous-mêmes. De la même façon, cette personne nous aiderait à survoler mers et cieux. En réalité, la quête de la liberté n’était pas là. La quête de la véritable, seule et unique Liberté. Elle consistait à faire face au maximum de situation, à encaisser le plus de coups possibles et à se relever autant de fois, à fabriquer notre caractère et à le solidifier, à apprendre à se gérer, à acquérir le plus de sagesse possible et surtout, oui surtout, à profiter de la vie. Car c’est en enchaînant aventure sur aventure que l’on apprend le plus. Relativement, pour apprendre, il faut découvrir. Et la Liberté est une éternelle quête de découverte. Parce que nous naissons libres. Parce que nous sommes toujours libres, quelles que soient les circonstances. Parce que personne n’a le pouvoir, en ce bas monde, de prétendre le contraire, prétendre ne pas être libre. Parce que si c’était réellement le cas, ce serait de sa faute, la faute de son incommensurable faiblesse. Aiko comprenait-elle cela ? Comprenait-elle, désormais, que mieux valait s’allier à un ange que de marcher seule ? À cette question, je répondrai simplement… Attendez. Un ange. Un ange ?

Avant de lui retirer sa chemise, un doux baiser vint fleurir sur sa joue. Elle ne put s’empêcher de répondre au sourire du brun, bien que le sien soit moins amusé, peut-être un peu plus doux. Un instant, elle abandonna son activité pour lui caresser la joue d’une main. Même si ce n’était pas la première fois qu’il était au-dessus d’elle, elle avait l’impression de le redécouvrir. Il était tellement séduisant dans cette position… Elle retira sa main précipitamment et ce n’est qu’après lui avoir retiré sa chemise qu’elle s’expliqua, tirant la langue à l’homme. Elle aurait continué de lui caresser le visage, elle n’aurait vraiment pas tardé à lui céder, cette fois-ci entièrement et sous tous les angles envisageables. L’activité de tout à l’heure aurait vite fait de se faire renouveler. Enfin bref.
Les yeux clos de Finn n’aidaient pas Aiko à savoir s’il avait fait attention à ce qu’elle venait de lui dire. Mais ce n’était pas pour autant qu’elle cessa le traitement infligé. Finalement, il émit un bref bruit, soutirant un large sourire à la jeune femme. Eh bien, Finn, pour un ravisseur, tu as plus l’air d’être la victime ici ! Finalement, la réponse avec des mots et une phrase bien formée vint finalement, une fois que le jeune homme ait rouvert les yeux et répondu au sourire d’Aiko. Cette-dernière haussa les sourcils, cachant mal son amusement. Le prix était si élevé que cela ? Avec tout ce qu’elle venait de faire, elle n’avait réellement pas réussi à le convaincre de la libérer ? En même temps, c’était elle qu’il semblait vouloir et il l’avait déjà. Quel paradoxe, réellement. En réalité, elle ne pourrait jamais payer la rançon. Parce que Finn voulait plus, toujours plus et que donc, en la laissant filer, il n’aurait plus rien et ça lui serait défavorable. La réponse qui brûlait la langue de la jeune femme ? Elle voulait lui dire et lui affirmer qu’elle ne voulait de toute façon pas être libre. Aucunement. Mais cela serait se dérober au contexte du jeu. Et ça, elle ne le voulait pas. Elle le lui prouverait, mais ne le lui dirait pas. En attendant de trouver une réponse avec un peu plus de mordant, il serait bien de savoir ce qui allait suivre. Elle lui demanda – lui ordonna ? – alors de l’embrasser. Et pas n’importe quel baiser. Un vrai. Pas que les autres ne l’étaient pas, mais elle voulait un baiser avec un certain cachet, qu’elle n’oublierait jamais. Un sourire auquel elle pourrait se raccrocher si, sait-on jamais, leur devoir en tant que Baskerville ou autre chose – pas la peine d’y penser, la jeune femme ne ferait que raviver sa frayeur – venait à les séparer. Il obtempéra immédiatement, ne cherchant pas même à se repasser la phrase dans la tête. Leurs lèvres se retrouvèrent et s’unirent en un baiser clame et affectueux. Du moins, au début. La main ayant fait des siennes sur la cuisse d’Aiko vint se déposer gentiment sur sa joue, la caressant délicatement alors que son corps tout entier était agité de forts frissons. Et puis, le baiser s’approfondit et sans devenir bestial, devint tout de même nettement plus épicé. Une certaine effusion se transmettait, une chaleur aussi, peut-être irai-je même jusqu’à dire la formation d’une idylle. Une idylle qui donna bien vite naissance à une bulle englobant les deux déchus. Aiko fit passer ses deux bras autour du cou de Finn, collant ses avant-bras à sa nuque en se cabrant pour pouvoir s’investir un peu plus encore dans l’échange. Ni gêne ni malaise, elle était, au contraire, tellement bien. Encore une fois, les mots sont faibles. Beaucoup trop faibles.
Finalement, Finn s’éloigna lentement, doucement. Aiko retira précautionneusement ses bras, frémissant sous le moindre des baisers qu’il lui offrait sur le visage, le cou. Ses lèvres laissaient derrière elle une traînée de frissons simplement incontrôlables. Lorsqu’il atteint son cou, elle le sentit se diriger vers la marque qu’il lui laissa un peu plus tôt. Elle déglutit et ferma les yeux, poussant un léger gémissement. Elle avait depuis un moment déjà complètement abandonné l’idée de tenter de dissimuler les signes extérieurs qui témoignaient de son bien être.

Il finit finalement par nicher son visage dans son cou. Il avait aussi le front collé au cuir du canapé, mais cela, Aiko n’en savait rien. Elle n’y pensait de toute façon pas, car il s’exclama, contre elle, si près de son oreille qu’elle eut de nouveau un frisson. Il lui demanda un câlin. Ce fut à son tour de s’exécuter. Elle noua de nouveau ses bras autour du cou de l’homme et l’attira gentiment à elle, allant coller son front contre l’une de ses épaules. Elle lui offrit une étreinte affectueuse, notant dans un coin de son esprit qu’elle lui donnerait un câlin plus digne de ce nom une fois tous deux redressés. Avait-il lui dans ses pensées ? Effectivement, il finit par se redresser, l’amenant à sa suite et l’incitant à prendre place sur ses genoux. Ce qu’elle fit. Cette position, elle l’adorait. Tout simplement. Elle pouvait faire tout ce qu’elle voulait. Pourtant, il suffirait à Finn de savoir placer ses mains pour la faire brusquement redresser. Où ? Eh bien, à cet endroit qui tire une mine étonnée aux femmes si le geste est esquissé par surprise. M’enfin. Tandis qu’il faufilait de nouveau sa main sur la cuisse de la jeune femme et qu’une énième fois, le regard de la rousse se détourna de celui-ci du brun – pourquoi est-ce que ça marchait toujours ? –, elle revint l’enlacer. Elle venait tout juste de remarquer qu’un de ses bras forts lui entourait la taille. Elle eut un sourire taquin et frissonna en sentant la main de Finn se déposer sur l’une de ses hanches. Elle alla lui offrir une étreinte plus prononcée qui, malgré tout, ne perdit rien en douceur. Elle se redressa ensuite, remarquant un sourire de loup sur les lèvres de son compagnon. Compagnon qui lui fit signaler que sa rançon n’était toujours pas payée. Oh mais elle allait s’en occuper, qu’il ne s’inquiète guère. Il vint ensuite l’embrasser alors que sa main migra de nouveau, allant se déposer sur son dos. Elle frémit et éloigna légèrement le visage, donnant un coup de langue sur les lèvres de l’homme. Elle revint alors l’embrasser, mais ce fut à son tour de s’éloigner, se saisissant de la lèvre inférieure de la jeune femme à l’aide de ses dents. De nouveau, ce fut son cou qu’il visait, allant s’y échouer, parlant néanmoins avec autant de taquinerie qu’au début du jeu – si ce n’était plus. Aiko fit passer le bout de sa langue sur ses lèvres, écoutant attentivement les mots prononcés par Finn. Un sourire éclaira son visage alors qu’elle glissa l’une de ses mains dans ses boucles brunes, lui offrant de douces caresses. Elle le préparait simplement à la sentence qui n’allait pas tarder à tomber. C’était mignon. Très mignon. Car au fond, il sous-entendait bien des choses. Principalement le fait qu’il ne serait jamais rassasié. Et c’était attentionné. Et, au risque de me répéter, totalement adorable.
Elle recula légèrement, histoire qu’il se redresse, et vint ensuite coller son front au sien, son regard brillant d’un éclat de malice.

« Je n’abandonne jamais, Finn. Mais... Tu as déjà tout. Je suis tout à toi. »

Pour le jeu uniquement ? Vraiment ? Peut-être aussi était-ce là une forme d’aveu. Pour la première fois, elle refusa d’y penser plus sérieusement. Autant profiter de cette position désormais. Elle approcha son visage du sien et lui lança un regard appuyé et provocateur, allant l’embrasser juste au-dessus de la lèvre supérieure. Chose qu’elle n’avait, jusque là, jamais faite avec lui. Elle venait tout juste d’y penser. Elle qui aimait se servir de sa langue, elle en avait désormais pleinement l’occasion. Elle vint alors tracer la bouche de l’homme à l’aide du bout de ladite langue. Lorsqu’elle revint au point de départ – donc au-dessus de la lèvre supérieure – elle embrassa de nouveau, glissant son visage vers le bas jusqu’à trouver ses lèvres. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre à son baiser qu’elle s’éloigna, allant cette fois-ci lui embrasser le coin de la bouche. Elle fit ensuite traîner ses lèvres sur les siennes de droite à gauche, particulièrement lentement, un sourire narquois sur le visage. Ses mains se placèrent des deux cotés du cou masculin qu’elle caressait du bout des doigts, appuyant parfois. Elle n’oubliait pas la main présente sur son dos qui pourrait vite se joindre au jeu – surtout qu’elle pourrait prendre Aiko de court si elle revenait se placer sur sa cuisse. Elle alla ensuite lui embrasser les deux joues en glissant ses mains lentement le long de son torse, raclant la peau de ses ongles. Elle s’arrêta au niveau de son abdomen, approchant un peu plus de son corps en faisant d’avantage glisser ses jambes repliées sur le cuir et en enserrant sa taille avec ses cuisses. Quand je vous disais qu’elle adorait cette position, c’est qu’elle savait aussi tourner les choses à son avantage. Ses cheveux lui barraient la vue, mais elle n’en avait que peu faire, car elle savait exactement où se trouvait le cou de l’homme. Elle s’y dirigea donc, l’effleurant de ses lèvres involontairement – elle respirait et sa bouche suivait naturellement el rythme. Mais ce n’était pas pour autant une erreur. Elle voulait le faire frissonner, pas seulement l’embrasser. De ses index, elle dessinait des ronds un peu partout sur son ventre alors que ses lèvres s’affairaient à laisser une traînée de baisers sur son cou. Elle s’attarda sur le clavicule qu’elle mordilla gentiment avant de se placer sur la jugulaire, incitant l’homme à basculer la tête en arrière. Profitant de cela, elle fit glisser sa bouche jusqu’à son torse qu’elle rit grand soin de caresser de ses lèvres avant d’embrasser. Elle se redressa, le regard sombre et joignit enfin ses lèvres à celles de son camarde en un baiser des plus fougueux. Eh non, même si c’était elle qui agissait, ça ne voulait pas dire qu’elle ne ressentait aucun plaisir. Et puis, sa main droite se glissa sur la cuisse de l’homme alors qu’elle se décalait juste assez. Elle suivit le chemin jusqu’à atteindre le haut de son pantalon. Elle fit alors passer un doigt, puis un deuxième, s’amusant à le taquiner alors que sa langue visitait les profondeurs de le bouche de Finn. Et puis, elle bascula tête en arrière et amena le dos de sa main droite sur son front, fermant les yeux, un sourire toujours accroché aux lèvres. Lèvres qui laissèrent filer le prénom de Finn en un murmure.

« Si avec cela, je n’ai pas réussi à te convaincre, alors je me vois dans l’obligation de te proposer une nuit dans tes bras, histoire que je n’essaye même pas de m’échapper. »

Son sourire se fit plus amusé encore alors que, sans attendre sa réponse, elle se redressa en se défaisant du bras qui l’entourait, lui attrapant la main. Qui était la victime déjà ? Ah oui, elle. Oh, c’était quand même l’hôtesse hein et il fallait s’occuper des invités. Surtout lorsque ça consistait à les conduire à la chambre. Et surtout aussi lorsque c’était Finn. Elle revint donc vers la pièce et lui sourit avant d’aller de nouveau l’embrasser. La main du brun était toujours dans la sienne et elle en profita pour la déposer sur sa hanche. Elle attrapa l’autre main pour la diriger vers sa cuisse droite, sous le tissu, bien sûr. Elle se mordit la lèvre inférieure et respira un bon coup avant de laisser sa tête basculer sur le coté, amusée telle une enfant qui avait réussi à réparer son jouet. Elle voulait voir si elle était toujours sensible à ce contact. Ça n’avait pas changé. Elle ne rougissait sûrement pas, car pour le coup, c’était elle qui prit l’initiative. Mais Finn n’avait pas à s’inquiéter, il aurait d’autres occasions de la voir rougir. Autant qu’il le voulait ; il suffisait qu’il sache trouver les bons endroits. Normalement, elle ne serait pas satisfaite vu que son corps frissonnait toujours au vu de la main positionnée sur sa cuisse, même si elle n’était pas dirigée vers l’intérieur. Mais elle l’était tout de même - saitsfaite. Pourquoi ? Ça n’aurait pas été drôle que Finn n’ait plus d’effet sur elle rien qu’en déposant sa main sur cet endroit stratégique. Alors oui, elle était tout de même satisfaite. Satisfaite surtout que le brun la fasse réagir comme aucun autre homme ne réussissait à le faire. Peut-être pas satisfaite, mais simplement fière de lui. Allez savoir. Elle laissa ses mains tranquilles, histoire qu’il les positionne où il veuille alors qu’elle approchait dangereusement son visage du sien. Moins d’un millimètre et ils s’embrassaient ; leurs lèvres se frôlaient. Pourtant, elle retrouva son rôle de victime. Autrement dit, c’était de nouveau à Finn de prendre les initiatives. Elle était sa prisonnière, alors il faisait d’elle ce qu’il voulait. Il ne dépasserait pas les limites qui, une fois franchies, feraient d’Aiko une parfaite masochiste. Elle lui faisait confiance. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance.
Son regard brun défiait celui éclatant de son vis-à-vis. Aiko détestait perdre. Mais Aiko était bonne perdante. Et pour ce jeu, Finn avait gagné.
Mon ange.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   19th Janvier 2013, 07:02

Poser ses mains sur les cuisses d’Aiko lui tire toujours une réaction. Et une réaction intéressante qui plus est. Encore une information à garder bien précieusement à son sujet, elle resservira plus d’une fois, pour sûr. Même s’ils sont de base mutuellement sensible à la simple proximité de l’autre. Comme si l’homme s’en plaignait. En fait il devrait, c’est une des raisons supplémentaires qui le poussent vers la jeune Baskerville sans qu’il arrive à se battre contre cela. Sans qu’il essaie réellement d’ailleurs. Il a essayé et échoué plus tôt. Et cet évènement est trop récent pour qu’il essaie de nouveau, sans compter qu’il ne regrette actuellement pas d’avoir suivi Aiko. Pour tout dire, l’évènement de tantôt est d’ores et déjà remisé dans un coin de sa mémoire et il n’y repensera probablement que bien plus tard. Pratique comme technique, n’est-ce pas ? Allons, il est bien trop occupé actuellement pour réussir à songer à ce qui a pu se passer plus tôt. Et puis après, quand ils seront tous les deux sous les draps pour dormir – et pas faire autre chose – il va probablement s’endormir comme une masse. Vlan, toute la fatigue qui court derrière lui depuis tout à l’heure va finir par le rattraper et l’assommer proprement avant qu’il n’ait le temps de s’en rendre compte.
Enfin pour l’instant, elle court toujours.

Aiko vient coller son front au sien et il en profite pour remonter sa main dans son dos jusqu’à rencontrer ses cheveux encore humides de la douche de plus tôt, avec lesquels il joue un instant sans trop se concentrer dessus. Son attention est plus dirigée vers la jeune femme et en partie vers la main dans ses propres cheveux. Il n’y a pas de mal à profiter un peu, sachant très bien que la contre-attaque de la jolie rousse ne tardera pas.

- Je n’abandonne jamais, Finn. Mais... Tu as déjà tout. Je suis tout à toi.

Il aime trop, il aime beaucoup trop ce genre de déclaration. Terrible, il clamait le contraire plus tôt pour la repousser – rappelons à nouveau que cependant il n’est pas actuellement en train d’y penser – et pourtant l’entendre lui plait. Lui plait trop. Ce n’est pas normal – à son sens – il ne devrait pas souhaiter qu’une femme soit toute à lui pour plus que temporairement. L’idée devrait plutôt le dégoûter gentiment, le repousser. Il n’est certainement pas prêt ni suffisamment mature pour s’engager auprès de qui que ce soit d’autre que son clan. Cogner c’est facile, il n’y a pas à réfléchir. Les relations avec les autres, c’est nettement différent. Pourtant voilà, Aiko qui se déclare tout à lui et il est content. Une voix au fond le somme de ne pas y croire, de ne pas trop se réjouir pour cela, mais il la fait taire parce qu’il a décrété plus tôt que ce soir c’en était fini des questions et qu’il profiterait simplement. Il cède presque à une impulsion qui lui ordonne de répondre que lui aussi est tout à elle, mais ces mots-là ne franchissent pas ses lèvres. A priori, son absence de réflexion pour ce soir ne va pas jusque-là, elle s’arrête avant. Eh, il ne peut pas non plus changer d’avis aussi soudainement en aussi peu de temps. Le fait de se comporter comme il se comporte depuis qu’ils ont franchi la porte ne signifie pas pour autant qu’il accepte complètement la situation sans rien en craindre. Même si à l’avenir il tâchera de mieux réfléchir pour ne pas faire de mal à Aiko. Et puis, ceci étant dit, le fait est qu’il n’est quand même pas capable de la repousser et qu’il la veut près de lui. Mais c’est encore autre chose.
Puisque les mots réciproques refusent de franchir ses lèvres, il lui sourit doucement en échange en espérant que, quelque part, son regard trahira son affection mieux que ses mots qui en sont incapables actuellement. Si on se penchait quelques secondes sur les mots qu’ils ont pu échanger depuis qu’ils sont tous les deux dans cet appartement, on remarquerait d’ailleurs qu’en fait, il n’y a qu’Aiko qui réussit à chaque fois à donner le fond de sa pensée pleinement. Finn, lui, n’a que très peu parlé de ses sentiments, mis à part avoir affirmé qu’il ne veut pas la perdre. Parenthèse fermée, ce n’est pas le moment de se pencher là-dessus. De toute façon, la jolie rousse ne lui laisse pas le temps de répliquer. Elle s’attaque à ses lèvres et s’il y a bien une chose qui parvient à frustrer le Baskerville quand ils jouent à ce genre de jeu, c’est de devoir attendre son tour. Ne pas répliquer à la provocation immédiatement combien même il meurt d’envie de l’embrasser là maintenant tout de suite alors qu’elle s’amuse à se faire désirer. Et évidemment, quand elle lui accorde finalement ce qu’il veut, à savoir l’embrasser, ce n’est que bref. Triche. Provocation. Oui, il trouve le moyen de se plaindre de ce qui est pleinement affiché comme étant le but du jeu. Ce qui ne l’empêche pas de lui offrir son cou sans résistance. Il se fiche de gagner ou perdre, mais il n’empêche que. Il n’empêche que lorsqu’elle s’approche un peu plus en usant de ses cuisses et lui tire un gémissement, il décide – tout à fait sournoisement alors que ce n’est pas son tour mais que c’est lui le ravisseur donc voilà – de déplacer une main sur l’une des cuisses de la jeune femme. Juste comme un avertissement. Un avertissement bien étrange en effet, juste pour rappeler que lui aussi peut faire des trucs. Et qu’accessoirement ils s’éloignent de leur nuit de sommeil. L’homme frémit néanmoins sous les caresses de la Baskerville et il n’a qu’une envie, pousser les choses plus loin là tout de suite. Sauf qu’il ne faut pas, il a déjà cédé un peu plus tôt à des provocations de sa camarade. Il faut lui opposer un peu plus de résistance que cela de temps en temps quand même. Cela dit, heureusement qu’elle ne tarde pas trop à venir l’embrasser ensuite. La réaction du Baskerville à la main qui prend un peu trop d’assurance plus bas et à laquelle il ne s’attendait pas – triche, triche qu’il vous dit – ne se fait pas attendre. L’homme n’a même pas le temps d’y penser qu’il a déjà collé la jeune femme contre lui et gémi dans le baiser. En train d’en demander plus malgré lui. Parce que c’est mal, on avait dit cinq minutes, pas le triple. Enfin, elle n’avait qu’à moins le taquiner, voilà.
Et puis elle s’éloigne et maintenant il va falloir qu’il trouve un truc efficace pour penser à autre chose dans les secondes qui suivent. Ou du moins pour se calmer un peu. Ce qui, cela dit, ne l’empêche pas de placer un :

- Tu triches.

Presque boudeur. Presque parce qu’il a un peu plus de contrôle que cela. Et ce n’est évidemment pas un reproche de sa part. S’il était honnête, il devrait avouer sa défaite. En fait, si le fait de perdre n’entraînait pas une si grosse contradiction à cause du jeu, il aurait admis sa défaite. Mais, en l’état, puisque cela inclus la libération d’Aiko, il n’est pas près d’ouvrir la bouche pour admettre quoi que ce soit.

- Si avec cela, je n’ai pas réussi à te convaincre, alors je me vois dans l’obligation de te proposer une nuit dans tes bras, histoire que je n’essaye même pas de m’échapper.

Et avec ça, il est encore plus loin d’avouer une quelconque défaite. Sa libération attendra demain matin.
La jeune femme l’entraîne ensuite sans attendre jusqu’à la chambre et il se laisse guider. Même s’il sait où elle est. Le plan mental, actualisé en temps réel, est toujours d’actualité. En chemin il lui glisse à l’oreille :

- Tu n’arriveras pas à me convaincre, c’est toi que je veux.

Et on ne reviendra pas sur le débat de plus tôt et sur le nombre assez conséquent de contradictions qu’il peut y avoir entre ce qu’il pense et son comportement.
La jolie rousse lui offre un nouveau baiser relativement court auquel il répond sans se faire prier. Evidemment. Puis elle semble s’amuser à placer ses mains, le manipulant un peu beaucoup à sa guise sans qu’il ne cherche à résister. A dire vrai c’est même plutôt amusant à observer et puis, il n’ira pas protester contre les endroits où ses mains viennent d’être déposées.
Lorsque la jeune femme lui rend ses mains et vient, une fois de plus, taquiner ses lèvres sans l’embrasser en se plaçant tout près, il ne cède pas immédiatement et lui murmure amusé :

- Ton but secret c’est qu’on ne dorme pas en fait.

Inutile d’ajouter qu’elle est bien partie pour. Il va réussir à se calmer, oui, attendez juste un peu. Il faut penser à autre chose. En attendant cela ne l’empêche pas de l’embrasser en prenant volontairement son temps, lui offrant au passage quelques caresses sur sa cuisse avant de retirer sa main et de la poser sagement, comme la seconde, sur ses hanches. Sans cesser de l’embrasser, la guide vers le lit. Sans forcer, histoire que lorsque ses jambes rencontreront le meuble en question, elle ne tombe pas à la renverse dessus. Il ne rompt l’échange qu’une fois que le lit est atteint, un sourire sur les lèvres. Est-ce qu’il est calme ? Pas vraiment en si peu de temps, non. Néanmoins en tâchant de ne pas y penser – et aussi parce que la fatigue est en train de se faire sentir – l’homme enjoint sa compagne à s’assoir sur les draps. D’une main, il lui caresse le visage un instant avant de faire le tour du lit pour s’installer de l’autre côté. Quelque part au milieu de tout cela et avant de lui-même s’assoir sur le lit, il trouve le moyen de virer son pantalon. Parce que selon lui, c’est nul pour dormir. Remarquez, il fait pareil chez lui. Puis il se glisse ensuite sous les draps, invitant Aiko à le rejoindre. Une fois ceci fait, il l’entoure d’un bras pour lui offrir une étreinte affectueuse avant de la menacer d’un ton faussement sérieux :

- Si tu essaies de t’échapper, je le saurai.

Evidemment le peu de crédibilité que sa menace tient – si elle en tient – s’envole la seconde d’après alors qu’il dépose brièvement ses lèvres sur celles de sa camarade tout en resserrant son étreinte.
C’est drôle comme il est détendu rien qu’en la tenant contre lui – et au passage, il a réussi à se calmer. Il n’est pas Baskerville dans l’instant, il n’a pas participé au meurtre d’un homme le matin même, ni encore avant. Il n’est juste qu’un humain, un homme comme tant d’autres rien que dans la ville, avec une femme contre lui. Pas n’importe quelle femme, une femme qui lui fait un drôle d’effet. Et cette femme n’est pas Baskerville non plus, juste une femme normale. C’est tellement facile d’oublier ici. Bien qu’en soit la vérité ne le perturbe pas spécialement, ils sont Baskerville tous les deux après tout. Il n’empêche que de ne pas y songer du tout, c’est agréable. Ce n’est pas comme si le maître allait soudainement tous les convoquer au milieu de la nuit. Pandora qui frappe sans prévenir et surtout sans qu’ils ne les voient venir du tout, c’est loin d’être un fait récurrent. A dire vrai, c’est plutôt eux qui ont l’effet de surprise de leur côté généralement. Tant mieux, Pandora c’est nul, voilà. En plus ils font des contrats bizarres avec des miroirs. Juste une bande de tordus. Bref, laissons les opinions politiques du brun de côté.
Il desserre son étreinte, de façon à laisser la jolie rousse s’installer comme elle l’entend. Puis il dépose un baiser chaste sur ses lèvres – il n’abandonnera jamais, jamais – et lui dit en souriant :

- Dors bien, Aiko.

Et avec ça il ferme les yeux. S’endormir ne lui prendra pas longtemps, surtout avec Aiko contre lui.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   24th Janvier 2013, 11:54

Les anges sont des êtres faits de lumière. Uniquement de lumière. Si je m’appuie sur ce que disent les différentes religions, ils ne furent créés que pour vénérer leur Créateur, leur Dieu. Archange est le titre le plus convoité – vous l’aurez compris, mêmes les êtres du ciel doivent se plier à la dure loi de la hiérarchie – par les anges, car cela donne je ne sais quel droit de plus que pour les autres, je ne sais quel réel avantage si ce n’est la jouissance de contrôler quelque chose, quelqu’un. Ce vice de vouloir gouverner est tout de même censé être propre aux humains. Allez savoir, car en réalité, j’ignore réellement en quoi être archange est si favorable. Comment le saurai-je, de toute façon ? Toujours selon les religions, il y a aussi des anges gardiens qui, comme l’indique leur appellation, veillent au bien être de leurs protégés. Les anges de la mort, quant à eux, sont bien connus. À vrai dire, bien que n’augurant rien de bon, ils demeurent des anges, des êtres à la bonté infinie et débordante. Seulement, on leur assigna l’ingrate tâche d’ôter la vie. D’où découle le fait qu’ils présagent le mauvais sort. Bien qu’il n’en soit au fond rien du rien. Enfin, cela est relatif aux personnages. Pourquoi la mort serait mauvais présage, après tout ? Il suffisait d’être quelque peu philosophe, un temps soit peu éveillé et ouvert d’esprit, peut-être aussi quelque peu évasif pour comprendre ; la mort est la dernière contrée inexplorée par les hommes. Pour qu’une personne se prétende sage, réellement sage, il faudrait avoir fait face à diverses situations. Qu’importe le fait d’avoir pris les bonnes ou mauvaises décisions ou directions. Le plus important reste le fait qu’à la fin, nous en ayant tiré une bonne leçon. Il y a énormément d’expériences dans la vie ; des combinaisons infinies de petits évènements, déclic. Beaucoup trop de ces combinaisons pour toutes les citer ici d’ailleurs. Néanmoins, il y en quelques unes dont je vous ferai part. Par exemple, l’amour. Tout en demeurant l’un des sentiments les plus difficiles à gérer – et des plus faciles à éprouver, sérieusement, on croirait décrire une maladie que l’on attrape et dont nous ne réussissions pas à nous débarrasser – l’amour est aussi un sentiment qui nous oblige à prendre des décisions rapidement. Il nous met face à la montre et le tic-tac incessant ne cesse de nous tonner que la moindre seconde s’écoulant pourrait nous être fatale, être fatale à un cœur que trop sensible. Enfin, le cœur est une image, car comme tous les sentiments, c’est le cerveau qui le gère. Pourquoi cette idée reçue ? Je ne saurai pas même vous dire quand est-ce que cela a commencé. Mais même ainsi, c’est bien vague. L’amour, je veux bien, mais l’amour comment ? Les situations dans lesquelles on peut éprouver ce sentiment sont diverses et multiples ; d’où les différentes combinaisons existantes dont nous avons parlé un peu plus tôt. Pour en revenir à nos anges, – n’étaient-ils pas, au fond, notre sujet principal ? – nous pourrions aussi dire que, selon la bible, ils peuvent être déchus. Selon une autre religion, c’est tout bonnement impossible ; ils sont dans l’incapacité la plus totale d’enfreindre les règles leur ayant été imposées. Mais suivons la bible, car avouons que ce que s’y trouve peut s’avérer plus passionnant – plus véridique ? Les avis sont partagés là-dessus, naturellement. Si un ange venait à commettre une erreur assez grave, comme par exemple descendre sur Terre, alors il perdrait ses ailes. Enfin, encore fallait-il que ses supérieurs, les archanges, aient remarqué sa déchéance. Ainsi naissent les anges déchus. Comment vivent-ils ? Comment les reconnaître ? Chaque personne modèle ce genre de détails selon ses envies, selon ses besoins aussi, comme de nombreux écrivains qui arborent le même sujet mais de bien différentes façons – tant que l’on oublie qu’ils nous parlent de la même chose. Parlons maintenant de Réveil et du fourmillement de ses habitants. Pour ceux connaissant le conflit opposant l’organisation secrète et infestée de parasites de Pandora à l’ancienne famille noble Baskerville, cette-dernière ne faisait sûrement pas office d’archange. Tandis que Pandora, c’est limite si ce n’était pas Dieu. Alors qu’au fond, quoi ? Ils ne sont que de vulgaires enfants, pauvres inconscientes et stupides par-dessus tout. Pour Aiko qui avait vécu la tragédie, elle qui avait vu le massacre se produire sous ses yeux et qui avait plongé ses mains dans le bain de sang sans même se poser de questions, il était tout bonnement inadmissible de ne serait-ce qu’imaginer se faire réprimander par un quelconque membre de Pandora n’ayant même pas assisté à l’évènement historique. Que veulent-ils vraiment ? Qu’ont-ils à y gagner ? De quel droit agissent-ils ainsi ? Pourquoi diable ne se mêlent-ils pas de ce qui les concerne uniquement ? Ils ne sont même pas de la même époque que la plupart des Baskerville ! Donc oui, ce ne sont que de sales gosses. C’est ainsi que les voyait la jeune rousse. Même si en apparence, certains étaient plus vieux qu’elle. Elle n’en avait que faire. Elle ne va, de toute façon sûrement pas respecter de sales vermines voulant du mal à sa famille. Ce n’est pas faute de l’avoir dis et répété ; Aiko ne tolère nul atteinte à sa famille.
Enfin, quoiqu’il en soit, on pouvait considérer cette famille comme étant déchue. Un ange déchu ? Un ange a toujours une part de clarté, non ? Même lorsqu’il est déchu. Quoique non. Vu qu’il a perdu ses ailes, alors il a dû perdre la lumière qui s’abritait en lui. Peut-être se réfugiait-il dans un vulgaire corps d’humain. Enfin, vu que ce n’est qu’une image, il ne serait pas faux de dire que les Baskerville sont des anges déchus. Mais aussi des faucheurs. Les faucheurs pourpres. Des anges de la mort aussi donc. Bien que cela valent mieux encore que les déchus et qu’au fond, les Baskerville sont bien trop mauvais pour être qualifiés d’anges de la mort. Mais là encore, ce n’est qu’une image, alors nul besoin de nous attarder sur les formalités.
Mais tout cela, Aiko n’y prêtait qu’une moindre attention. Un être de lumière. Un être qui possède des ailes. Un ange. Quel qu’il soit. Nous disions que Finn est la lumière d’Aiko. Et nous disions qu’il l’a sauvée. Donc, il l’a extirpé de sa noirceur. Et vu qu’il n’y avait pas, comme déjà dit, plus obscur qu’obscur, alors ce ne fut que vers la lumière qu’il l’emporta. Ce ne fut que vers al lumière qu’il aurait de toute façon pu l’emporter. On dit souvent que les ténèbres sont en bas et que la lumière plane au-dessus. Alors il avait volé. En conclusion, c’était un ange. Un archange ? Un ange gardien ? Un ange de la mort ? Rien de tout cela. Sûrement pas un ange déchu non plus, je viens tout juste de vous dire qu’il savait voler. Simplement son ange. L’ange d’Aiko.

Il ne serait pas faux de dire qu’Aiko était observatrice. Elle ne jouait pas les pestes, ne cherchait pas à tout comprendre. Ne cherchait même pas à comprendre si ça ne la concernait pas directement pour tout vous dire. En vérité, elle n’était pas réellement curieuse ; la plupart du temps, elle s’en fichait de ce qui pouvait bien se passer autour d’elle. Un certain – grossier ? – manque d’altruisme, je vous l’accorde. C’était ainsi depuis plusieurs mois déjà. Mais maintenant, il y avait Finn. Et elle ne s’en fichait pas de Finn. Habituellement, elle était observatrice juste comme ça, de nature. Elle analysait simplement la situation. Bon après, je vous avoue que même avec beaucoup d’essais, elle n’avait pas encore réussi à échafauder le genre de stratégies infaillibles. Pas même à faire une quelconque stratégie en fait. Elle n’était pas très douée pour cela. Vraiment pas. Elle fonçait. Elle réfléchissait logiquement et n’y allait pas tête baissée, mais elle ne cherchait pas à positionner le moindre des pions ou à anticiper les coups de l’adversaire. Aiko était douée lorsqu’elle était dans le feu de l’action. Mettez-là face à un test de QI, elle atteindra sans peine la moyenne. Mettez-là devant un jeu d’échec ou de shōgi et vous ne comprendrez que trop vite que vous avez à faire à une amatrice. Avec le temps, donc, elle apprit au moins à garder un œil attentif sur tout ce qui se tramait autour d’elle. Par exemple, lors d’une discussion, au lieu de chercher à la meubler, elle préférait regarder les visages de ses interlocuteurs, à l’affût de la moindre réaction qui les trahirait. Était-elle douée ? Bof. Pas vraiment. Mais elle pouvait au moins distinguer les menteurs de ceux qui disaient la vérité. Enfin, après, il était nettement plus difficile de distinguer un bon d’un piètre menteur. Pour la jeune femme, il n’y avait pas de réelle différence entre eux. Si ce n’est qu’avec la première catégorie, elle mettait plus de temps à comprendre qu’ils mentaient. Enfin, pour en revenir à notre sujet, j’aimerai surtout dire qu’avec Finn, ce n’était pas sa nature qui refaisait surface. Elle ne le faisait pas « comme ça ». Mais ce n’était pas non plus de la curiosité. Pas vraiment du moins. Elle voulait savoir. Au fond, il n’était question ici que d’un désir. Le désir de le mettre à nu – autrement qu’au sens propre. Ce désir de savoir qu’on gardait une part de mystère alors que nous dévoilions la moindre parcelle de chaque facette composant la personnalité de notre vis-à-vis était tout bonnement grisant. Mais subterfuge, subterfuge. En vérité, alors qu’Aiko tentait – car parfois, elle ne pouvait simplement pas réagir et guetter en même temps – de demeurer attentive aux moindres réactions s’étalant sur le visage du jeune brun, elle-même laissait malencontreusement transparaitre un bon nombre d’émotions et de sentiments qu’elle aurait préféré garder pour elle ne serait-ce que quelques minutes de plus. Mais laissons-là donc croire qu’elle possédait un train d’avance sur Finn. Ça lui permettrai au moins de ne pas céder et de continuer à traquer le moindre frémissement, le moindre gémissement, la moindre contraction de muscles, le moindre tremblement de la lèvre supérieure et bien d’autres moindres réactions encore. Que voyait-il sur elle, quant à lui ? Elle n’en savait trop rien. Elle savait qu’elle réagissait. Mais elle savait aussi qu’en réagissant, cela mettrait Finn en confiance et l’inciterait à ne plus faire attention à ses propres réactions et à continuer à faire plaisir à la jeune femme. Se retenait-il seulement ? Elle en doutait. Au fond, peut-être était-elle la seule à ainsi réfléchir. À se faire pareilles réflexions et à se poser autant de questions.
Habituellement, elle voyait. Elle voyait tout. Tout ou presque. Elle voyait tout ce que lui permettait de voir ses deux yeux. Elle voyait et identifiait. Parfois instantanément, d’autres fois avec nettement plus de temps. Elle pouvait savoir si deux personnes se désiraient et pouvait aussi savoir si deux êtres s’appréciaient un peu trop. Pourtant, en voyant Finn, elle n’arrivait pas à savoir ce qu’il ressentait pour elle. Et en plongeant dans ses yeux verts dans l’espoir d’y voir se refléter son regard, elle ne voyait pas non plus ce qu’elle ressentait pour lui. Quoiqu’en fait, si. Elle voyait ce qu’il ressentait pour elle. Elle voyait ce qu’elle ressentait pour lui. C’était clair. Clairement confus.

À chaque réaction qu’Aiko percevait de la part de Finn, l’envie d’aller plus loin la prenait et l’incitait à pousser la provocation à un stade nettement plus éloigné, tel que ça ne serait même plus un jeu. Elle avait cette envie somnolente d’activer les choses et de surtout venir à renouveler ce qu’ils firent un peu plus tôt. Mais elle restait raisonnable. Premièrement, elle était plutôt fatiguée et ne tiendrait sûrement pas jusqu’au bout. Deuxièmement, Finn ne serait pas forcément d’accord. Troisièmement et surtout – ça aurait d’ailleurs dû se placer en premier – eh bien, leur relation n’était pas basée sur cela. C’était là toute la différence entre les autres hommes et le séduisant brun. Et, la jeune femme l’espérait, cette même relation ne serait jamais basée sur pareilles activités. Il est vrai que l’être humain ne peut pas taire certaines de ses envies, mais de là à ne les écouter qu’elles et de ne plus penser qu’à cela, ca en devenait vil et sot. Et ces deux adjectifs ne devaient jamais avoir l’occasion de caractériser ce lien solide qui les unissait. Solide pourquoi ? Une impression. Aiko avait l’impression que c’était solide. Et la réconciliation qui suivit la dispute à laquelle ils furent confrontés tout à l’heure ne pouvait que souffler dans son sens.
Lorsqu’elle lui dit être tout à lui, il faut bien avouer que pour une fois, elle n’avait pas tourné sa langue dans sa bouche avant de laisser filer les mots. Elle avait dit cela comme ça, persuadée que c’était la fameuse victime et non Aiko qui parlait. Mais si derrière des mots futiles se cachait-il un véritable aveu ? Elle ne savait pas trop. Elle ne voulait pas savoir. Après tout, si c’était le cas, avouons qu’elle n’aurait pas vraiment apprécié. Elle ne s’était toujours pas résolue au fait d’appartenir à quelqu’un d’autre. S’appartenir à soi-même était une autre histoire, car après tout, si nous commettions une quelconque erreur, nous ne pourrions blâmer que notre propre petite personne. C’était ainsi. Alors qu’appartenir à quelqu’un d’autre, c’était déjà se demander s’il saurait prendre soin de nous. S’il oserait nous faire passer avant lui-même. S’il serait altruiste et aimant ou s’il se contenterait de témoigner d’égoïsme, voire d’hypocrisie. Vu qu’elle ne se penchait pas vraiment sur la question, même maintenant qu’elle tentait d’y penser, il était naturel qu’elle n’attende nulle réponse de la part de Finn. Néanmoins, lorsqu’il lui décocha un sourire, elle fut perplexe. Un bref instant, certes, mais c’était bel et bien de la perplexité qui zébra ses yeux. Ce n’était pas le sourire qui clochait. Mais plutôt le regard. Il y avait quelque chose. Quoi ? Elle ne savait pas trop. Ses yeux semblaient vouloir dire quelque chose. Mais si c’était le cas, pourquoi est-ce qu’il ne parlait pas ? Lui qui aimait bavarder, il en avait désormais l’occasion. Pourtant, il ne dit rien. Et pour le coup, la jeune femme se dit qu’elle ferait mieux de ne pas trop y penser. Enfin, disons qu’elle ne voulait pas se casser la tête de crainte d’en arriver à une conclusion qui ne lui plairait pas trop. Et si elle venait à viser dans le mille, à comprendre pourquoi il n’avait pas parlé ? Serait-elle interloquée ou déçue ? Allez savoir. Elle ne voulait pas prendre le risque.

Jusqu’à où pouvait-elle aller alors qu’elle devait rester dans le rôle de la victime ? En vérité, elle pourrait rapidement se défaire de ce rôle pour simplement profiter du fait d’être avec Finn. Laisser tomber sa tête contre son torse ou son épaule et fermer les yeux ne la dérangerait pas le moins du monde. Pas la peine qu’il parle ou qu’elle ouvre la bouche, il lui suffirait simplement de percevoir le souffle de son camarde pour être à l’aise. Juste pour être sûre de son existence. Juste pour se raccrocher à quelque chose de scientifique. Quelque chose d’absolu. Juste pour ne pas tomber, pour ne pas risque de sombrer. Comme elle avait déjà sombré la dernière fois, au milieu des ruines. Comme elle avait sombré il y a de cela quelques minutes seulement. Elle n’avait plus envie de rejouer à cela, maintenant. Donc, pour le moment, être victime ne la dérangeait pas. Du tout. Néanmoins, lorsqu’elle approcha en usant de ses cuisses et qu’elle nota la petite tricherie de Finn qui fit glisser une de ses mains jusqu’à ses cuisses, elle comprit qu’elle venait de se prendre un avertissement de celui qui était censé mener le jeu. Elle afficha un sourire amusé, ne cherchant même pas à contenir les frissons qui la prenaient. Elle vint néanmoins enfouir son visage dans son cou avant de passer à autre chose, cachant son visage en lui donnant un simple baiser au-dessus de la clavicule. Quoi ? Comment ça elle avait rougi ? Vous l’avez vue ? Finn l’avait vue ? Il avait des preuves ? Non ? Très bien, alors elle n’avait pas rougi. Non mais oh.
Elle enchaîna ensuite ses caresses alors que sa main prenait un chemin périlleux, s’approchant du bas de l’homme. Il frémissait sous les doigts de la jeune femme qui ne cachait pas sa satisfaction. Oh, bien sûr, elle faisait habituellement – et ferait naturellement – nettement moins la fière quand c’était elle qui se retrouvait dans la position de celle qui ne pouvait plus que réagir. Avec une aisance déconcertante malgré le tumulte qu’il y avait en elle, un tourbillon d’une certaine maladresse et d’une once de gêne aussi, mais chut, il ne faut pas le dire, Aiko laissa sa main prendre un peu plus d’assurance au niveau de la ceinture de Finn. Une réaction ? Elle l’espérait. Enfin non, excusez-moi ; elle n’avait pas eu le temps d’espérer. Bien sûr, elle n’allait sûrement pas se plaindre. La jeune femme se fit brusquement attirée vers l’homme qui gémit contre ses lèvres. Gémissement qui, allez savoir pourquoi, se fit communicatif. Sentir une telle ferveur couler en lui ne pouvait que l’atteindre. Et, vu que ça va de paire dans ce cas-là, ça ne pouvait que la faire réagir aussi.
Et puis, lorsque leur contact prit fin et qu’Aiko éloigna juste assez son visage pour retrouver son souffle, le jeune homme lui dit qu’elle trichait. Elle haussa les sourcils, un sourire innocent sur les lèvres. Pourquoi est-ce qu’elle trichait, voyons ? Il n’y avait pas de règles. Pas de limites. Elle n’avait pas besoin d’ouvrir la bouche pour lui dire que malgré sa défaite imminente, elle faisait toujours ce qu’elle voulait – fière jusqu’au bout, tout juste. Elle laissa alors son index courir sur son visage alors qu’elle vint gentiment plaquer ses lèvres contre sa joue. Pour se faire pardonner.
Elle n’attendit pas plus longtemps avant de l’entraîner dans la chambre. D’ailleurs, dans le couloir, il lui glissa quelques mots à l’oreille qui la firent rire de ces rires spontanés et propres à chaque personne. Bien sûr qu’elle n’arriverait pas à le convaincre. C’était évident. À sa place, elle n’aurait sûrement pas dis à sa victime qu’elle était libre de s’en aller. C’était pour cela qu’elle avait rit ; comme si elle avait besoin d’une quelconque affirmation pour savoir qu’il ne déclinerait pas son invitation à aller se coucher. Malheureusement, être Baskerville n’épargne pas les coups de fatigue.

Aiko vint ensuite le titiller, s’amusant à lui donner un bref baiser auquel il répondit néanmoins. Elle s’était calmée – plus ou moins – et n’irait maintenant plus s’amuser autre que sur son visage ou son torse. Sage fillette. Fillette qui a de drôle de jeux, cela dit. Au pire, on pourrait dire qu’elle était simplement mâture. Oui bon, je vous l’accorde, autant simplement dire que ce n’était pas une fillette. Loin de là. Il lui murmura quelques mots sur un ton goguenard et un nouveau rire primesautier la prit. Elle aurait bien aimé répondre, là tout de suite, mais elle préféra répondre au baiser lui étant offert. Il employait une telle lenteur... Était-ce délibéré ? Et c’était elle, la tricheuse ? Elle n’irait sûrement pas se plaindre – elle est bonne perdante je vous disais – et se contenta de répondre à son baiser, suivant son rythme sans – trop – de souci. Elle se vengerait. Plus tard, oui, mais elle se vengerait quand même. Enfin, en même temps, elle le comprenait quelque peu. Enfin, elle pensait. D’autant plus que lorsqu’il la gratifia de quelques caresses au niveau de sa cuisse, lui faisant soutirer un soupire d’aise, il déplaça sa main jusqu’à atteindre son autre hanche. Elle eut dès lors la certitude de ce qui n’était jusque là qu’une hypothèse ; il tentait de se calmer. Et c’était amusant de le voir ainsi. Alors elle sourit. Parce que ça ne coûtait rien de sourire. Le plus étonnant ? C’était que c’était de sa tête que s’évadait cette pensée. Avant qu’il ne puisse l’entraîner je ne sais où, elle décida de quand même répondre. Parce qu’elle voulait parler. Pour une fois. Voilà.

« Mon but secret c’est que tu ne dormes pas. Qui veillera sur moi sinon ? »

Quel altruisme ! Elle eut un nouveau sourire, cette fois-ci amusé, contredisant ce qu’elle venait tout juste de dire. Elle était fatiguée. Finn semblait l’être aussi. Alors, respectant cela, elle ne ferait rien pour les empêcher d’aller se coucher, se blottissant l’un contre l’autre. Ou du moins, elle essaierait. En même temps, il y avait une allusion dans ce qu’elle venait de dire. Ou plutôt, je devrai dire une autre allusion. C’est qu’il y en avait eues plusieurs aujourd’hui. Qui veillera sur elle ? Si ce n’était pas un sous-entendu comme quoi elle lui faisait confiance, qu’était-ce ? Mais qu’importait qu’il comprenne ou pas ; il savait déjà qu’elle lui faisait confiance vu qu’elle le lui avait clairement dit tout à l’heure, lorsqu’il s’apprêtait à nettoyer sa plaie. Et elle ne doutait pas qu’il ait compris qu’elle ne lui faisait pas seulement confiance vis-à-vis du dangereux désinfectant qui menaçait de la faire gémir.
Un nouveau baiser. Celui-là était plus long parce que Finn ne le rompit pas avant d’avoir fait reculer Aiko jusqu’à la faire asseoir sur le lit. Il lui sourit, passant de l’autre coté du lit. C’est que si elle avait encore un peu d’énergie, elle se lèverait et courrait. Juste pour l’embêter. Peut-être demain, au réveil. Enfin, si elle n’était pas prise d’une soudaine paresse. Là, tout de suite, elle était fatiguée. Elle attendit qu’il se glisse sous els draps pour aller l’imiter, allant se nicher dans ses bras. En sentant ce corps masculin plaqué contre le sien, plus frêle à coté, elle fut secouée d’un violent frémissement alors qu’elle fermait un instant les yeux, sans même s’en rendre compte. Déglutissant faiblement, elle se rendit compte que c’était faux, qu’elle n’était pas encore calmée. Elle savait qu’elle avait tout intérêt à l’être dans pas longtemps, mais pour le moment, elle n’en avait pas encore le courage. Allongée sur le coté gauche, face à Finn, elle fit glisser sa jambe droite entre les jambes de l’homme, allant lui offrir un profond baiser suite au bref qu’il lui offrit. Oui, malgré la menace qu’il avait proférée juste avant qu’elle ne décide de jouer de sa jambe, elle avait eu l’audace d’aller de nouveau le provoquer en l’embrassant fiévreusement. Oh, qu’il ne craigne rien, elle n’avait nullement l’intention de s’échapper. Elle se plaisait bien à ce petit jeu. Elle s’y plaisait beaucoup trop d’ailleurs. C’est que ça pourrait être dangereux de continuer ainsi. Oui mais pour qui ? Sans doute pour les deux, car tous deux devaient se contenter de quelques caresses, de quelques baisers volés. Elle afficha un doux sourire à l’homme avant de hocher légèrement la tête. Elle ne s’échapperait pas. Et allait se calmer. Une promesse silencieuse alors qu’elle glissait sur le lit pour que son front rencontre le haut du torse de l’homme sans qu’elle n’ait à baisser la tête et sans non plus prendre le risque de se retrouver avec un torticolis le lendemain matin.

Suite à quoi, l’homme lui offrit un dernier baiser. Un baiser qu’Aiko ne connaissait que trop bien désormais. Un baiser qui, étrangement, n’était pas défavorisé par la jeune femme. Mais elle ne l’avouera pas. Un baiser chaste. Hors de question. Elle tenta d’arborer une mine boudeuse – tentative se soldant par un échec vu que seul son amusement fut visible – avant de simplement lui sourire, lui souhaitant une bonne nuit à son tour, achevant sa phrase en prononçant son prénom dans un murmure à peine audible. Elle amena ses jambes à elle et les remonta légèrement avant de fermer les yeux, ses mains plaquées contre le torse de Finn. Au début, ses doigts dansaient sur la peau, occupant la détentrice de la chevelure rousse. Mais elle s’arrêta bien vite, ne désirant aucunement empêcher Finn de dormir. Pourtant, quelques secondes après, elle bougea. Cette fois-ci pour se mettre définitivement plus à l’aise. Elle savait qu’elle allait vite s’endormir. Tout comme elle savait parfaitement qu’elle n’allait pas rêver. Parce que lorsqu’on rêve, c’est soit de quelque chose que l’on veut qui se produise, soit de quelque chose que l’on craint. Ici et en ce moment, Aiko n’avait peur de rien. Elle ne pouvait pas avoir peur alors qu’elle était logée dans les bras protecteurs de... De son ange. Ange qui s’avérait avoir le statut et le titre d’ange gardien. Pour cette nuit. Demain, il redeviendra simplement un ange. Alors elle n’avait pas peur. Pas du tout. De toute façon, une jeune femme de son âge ne devrait avoir peur de rien – si ce n’est de petites bêtes ou je ne sais quelles autres sottises. Et elle n’aurait eu peur de rien si elle n’avait pas été Baskerville. Un travail à plein temps et exténuant qui plus est. Pourtant, dans les bras de Finn, elle ne pensait pas à cela. Elle ne pensait pas au rapport qu’elle devrait faire demain. Elle ne pensait pas aux missions qui allaient suivre. Elle ne pensait pas aux problèmes d’argent que devaient affronter la majorité de la population. Elle ne pensait pas non plus à un emploi du temps qui allait se faire alléger dans pas très longtemps, mais qui minerait le moral de la jeune femme. Elle ne pensait pas à son devoir ni même à sa vie en tant que Baskerville. Pas à son passé non plus. Sa vie, en ce moment, se résumait à cela : elle dans les bras de Finn. Rien d’autre. Qui plus est, ce qu’elle voulait, elle l’avait aussi. Que pourrait-elle demander de plus, sérieusement ? Rien. Vraiment. Elle était bien. Elle était satisfairt. Heureuse. Elle n’avait pas à se contenter de ce qu’elle avait, car après tout, elle avait toujours exigé le meilleur. Et aujourd’hui n’avait pas fait exception. Seule différence, le meilleur dont il était ici question, Aiko le possédait déjà. Étrangement, elle n’avait pas même peur de perdre Finn. En ce moment, elle avait l’impression que tout était possible. Que tout lui était possible. Que tout leur était possible.
Elle somnola rapidement avant de finalement complètement se perdre dans les profondeurs abyssales du sommeil, s’endormant en bien peu de temps. Avant ou après Finn ? Sans doute après. Une nuit paisible. Un sommeil plat. Sans rêves, comme elle l’avait pensé. Ce qu’elle était bien. Ce qu’elle était bien là, dans les bras de son chér-... Dans les bras de son ange. Dans les bras de Finn.


Le soleil se levait, prenant la place de l’astre lunaire pour s’accrocher dignement au ciel dégagé du jour. Aiko émit un léger gémissement plaintif lorsqu’elle sentit qu’elle était réveillée, plutôt agacée de se lever aux aurores. Elle s’obligea à garder les yeux clos, tentant de retrouver le sommeil. Avant de complètement sortir de sa torpeur. Elle releva brusquement ses paupières, poussant un soupire d’aise lorsqu’elle bougea ses doigts, sentant le torse de Finn. Instinctivement, son autre main se dirigea vers son cou, cherchant et trouvant rapidement le bleu y étant présent. Elle fit une légère grimace avant d’afficher un doux sourire. Il avait raison. Cette marque était là pour lui rappeler que la nuit qu’ils ont passée hier n’était pas un rêve, pas une vile chimère. Loin de là. Mais cette marque n’avait servi, au final, qu’à réconforter la jeune femme sut le moment. Il faut avouer qu’elle aurait très facilement pu continuer sur sa lancée, craignant que tout ce qu’elle était en train de vivre se muerait en un vulgaire rêve au réveil et perdant donc stupidement l’occasion de profiter du présent. Mais Finn avait su la calmer. Comme quoi, lorsqu’on ne possède pas les bons mots, les gestes peuvent toujours rattraper le coup. Et quand nous ne savons même pas comment agir ? Eh bien, la seule présence d’un être chéri peut suffire à nous réconforter. Avoir été dans les bras du jeune brun un bon moment avait été d’un réconfort qu’elle ne saurait exprimer. Qu’elle n’arrivait même plus à imaginer, à illustrer. L’avait-elle sentie, cette vague déferlante, hier ? Peut-être pas. Après tout, son esprit n’était-il pas trop confus, pas trop embrumé par un étrange mais épais brouillard de peur ? En ce moment, elle était un peu plus lucide. Même si bon, elle venait tout juste de se réveiller, alors la lucidité, vous comprendrez mon indulgence face à son état actuel. Quoiqu’il en soit, comme je le disais, la marque sur son cou n’avait servi qu’à la mettre en confiance et à la remettre dans un état plus ou moins normal. Effectivement, maintenant qu’elle était réveillée, il ne lui suffisait que de contracter les doigts ou de soulever les paupières pour savoir que Finn était là, pour sentir qu’il ne l’avait pas quittée, pour voir que si la nuit d’hier avait été un rêve, alors celui-ci se voyait prolongé. Et nullement au désarroi de notre demoiselle, vous l’aurez compris.
Elle cligna des yeux et se hissa silencieusement vers le haut, de façon d’atteindre plus ou moins la taille du brun. Son sourire sembla s’adoucir un peu plus tandis qu’elle faisait traîner son index droit sur sa mâchoire, comme elle aimait tant le faire. Allait-il se réveiller, comme dans les contes de fées, par un baiser ? Comme les princesses, exact. Ce serait amusant, tiens. Pourtant, Aiko n’y pensait pas vraiment, préférant profiter du fait qu’il dorme encore pour revenir se blottir dans ses bras. Au bout de quelques instants – secondes ? Minutes ? Elle ne saurait trop le dire – elle finit par se redresser sur un coude, allant délicatement coller ses lèvres au coin de ses lèvres alors que sa main traînait sur son visage, montant se perdre dans ses souples boucles brunes. Suffirait-il de cela pour que l’homme se réveille ? Elle en doutait quelque peu, alors elle décida de parler. Sans pour autant cesser ses lentes caresses dans ses cheveux. Quoi dire de si bon matin ? Sa malice enfantine et usuelle était-elle seulement un masque qu’elle portait parfois ou était-ce réellement une caractéristique de sa personnalité ? Les mots qui allaient franchir sa bouche seraient la meilleure réponse à cette question.

« J’avoue que je ne te réveille que par pur égoïsme de ma part. Hors de question d’être la seule à ne plus trouver le sommeil. Et puis, je ne sens plus ton étreinte, ça veut dire que je suis libre ? »

Parce que libre ou pas, je n’ai strictement aucune envie de me lever.
Elle n’était pas fatiguée, mais en même temps, elle n’avait rien à faire si elle devait se réveiller. Sauf le rapport de mission. Mais ça pouvait bien attendre encore un peu, non ? Juste quelques minutes. Et puis, ce serait bien dommage de ne pas profiter de ce lit – qui, au passage, était destinée à une seule personne – encore un peu. Analysons néanmoins les mots qu’elle venait d’employer pour interpeller le jeune homme. Parce qu’au fond, elle avait repris cette petite manie de jouer avec les mots, avec leurs sens. Leurs double sens surtout. Pourquoi par égoïsme ? Bien qu’elle précisa que c’était parce qu’elle ne voulait pas être la seule à ne plus trouver le sommeil, en vérité, c’était surtout parce qu’elle voulait de nouveau le voir sourire et la provoquer. Même s’il était diablement mignon lorsqu’il dormait – et croyez-moi, elle avait eu tout le loisir de profiter de cet attendrissant sourire. Mais bon, elle préférait tout de même qu’il soit réveillé. Pour pleinement profiter de lui. Pour avoir le loisir d’entendre sa voix. Pour avoir le plaisir de sentir ses mains sur elle. Mais surtout pour l’extase grisante qu’elle ressentait lorsqu’elle le savait simplement près d’elle et éveillé. Ce n’était pas parce qu’elle était une femme, mais simplement parce qu’elle faisait partie de la race humaine qu’elle ressentait ce besoin de parfois se laisser aller, de ne plus rester sur le qui-vive, de se sentir en protection. Et ce sentiment, il n’y avait que Finn qui le lui apportait. Donc oui, c’était égoïste. Mais elle s’en fichait pas mal. Ce ne serait sûrement pas Finn qui allait se plaindre, n’est-ce pas ?
Et puis, sur sa dernière phrase, elle sous-entendait que s’il ne remettait pas rapidement son bras autour d’elle pour l’empêcher de se s’enfuir – pour l’éteindre – alors elle risquait de se libérer elle-même. En vérité, elle n’avait pas du tout l’intention de se lever. Mais si elle le disait à Finn, peut-être ne prendrait-il pas la peine de la serrer dans ses bras, comme il l’avait fait la veille pour qu’elle ne s’enfuie justement pas. Pour que la routine ne s’installe pas, pour qu’il y ait toujours du nouveau, de la surprise, un certain pétillement dans une relation amoureuse, basée sur l’adversité ou simplement aussi confuse que celle de Finn et Aiko, il fallait que les deux partis sachent se faire désirer. Et c’était exactement ce à quoi était en train de s’atteler la jeune rousse.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   25th Janvier 2013, 11:30

Ces deux-là ne savent pas quand il est temps de cesser de s’amuser ou de se taquiner. Ou tout bonnement de faire les deux dernièrement, puisque leurs jeux sont devenus un peu plus tordus pour certains. En même temps c’est difficile de s’arrêter, chaque réaction en amenant une autre de la part de l’un ou l’autre faisant réagir son camarade à son tour et ainsi de suite. Ils ont ainsi vite fait de ne pas voir le temps leur filer sous le nez. Qui a dit que les adultes savaient se contrôler ? Pas eux en tout cas. Eux sont bien loin de cela. Tout Baskerville qu’ils sont, cela ne change rien. Et puis, il n’y a personne pour les juger ici de toute façon. Personne pour leur dire quoi faire, personne pour les orienter vers telle ou telle chose, personne pour les obliger à quoi que ce soit. Juste eux deux. Il y a tout le temps d’être sérieux en mission pour le clan, le reste leur appartient du moment qu’ils ne mettent pas la famille en péril. Dans une relation entre deux Baskerville comme la leur, il y a objectivement peu de chances de mettre à mal le clan ainsi. Pas d’informations à garder secrètes de l’autre, pas de relation interdite… Non, ils sont clean sous tous les aspects, rien ne vient contredire leur envie. Tant mieux, c’est déjà assez compliqué comme cela avec tout le reste.
Enfin, en plus, une femme comme Aiko complètement dévouée à son camp… Si elle se trouvait chez l’adversaire, une telle relation n’aurait sûrement pas eu lieu entre eux. Lui le montre moins et est sûrement moins radical dans ses idéaux, mais il est tout aussi fidèle aux Baskerville qu’elle peut l’être. L’idée de trahir ne lui effleurerait pas l’esprit. Alors s’engager dans quelque chose de semblable avec un membre de Pandora ? Oh pas question. Ses hésitations de plus tôt, pendant la dispute après la mission, auraient eu raison de lui rapidement et il ne serait pas resté cette fois. Parti sans se retourner et tant pis pour ce qu’il ressentait, cela aurait fini par passer. En fait cela n’aurait probablement jamais pu en arriver là en premier lieu. Mais bref, à camps identiques, la question ne se pose pas et ne se posera jamais. On ne trahit pas le clan. Les problèmes sont ailleurs. Et puis, Aiko Baskerville, ça sonne très bien comme ça et ça permet d’échanger les capes. C’est marrant, l’échange de capes. Tiens et s’ils récidivaient le lendemain ? Par hasard total, bien sûr.

- Mon but secret c’est que tu ne dormes pas. Qui veillera sur moi sinon ?

Mais lui, madame ! Par la seule force de la pensée même. Bon en fait non, mais comptons sur le fait que s’il devait arriver quelque chose à la jeune femme, il se réveillerait. Et ne soulignons pas le fait que si Finn ne dort pas à cause d’Aiko, alors cela signifie qu’Aiko non plus ne dort pas. Ils ne sont pas rendus sinon. C’est mignon, au fond, de demander qui veillera sur elle. Peu importe s’il est en train de prendre la phrase bien trop au premier degré, certaines fonctions de son cerveau sont d’ores et déjà éteintes. Lui il veut bien veiller sur elle peu importe le sens qu’elle a caché – ou pas caché – derrière ces mots. Sans même aller jusqu’à parler du nouveau tournant de leur relation, c’est normal de veiller sur les amis, non ? La jolie rousse est plus qu’une amie – il faut se rendre à l’évidence et c’est déjà fait –, mais si elle est plus qu’une amie, cela signifie aussi qu’elle est une amie tout court. De base, elle l’a toujours été et cela est juste en train de se muer en quelque chose de visiblement plus fort. Si elle lui demande de veiller sur elle, il le fera. En plus c’est une excuse parfaite pour l’avoir dans son champ de vision, ça.

Il ne fait que répondre à son sourire, préférant pour une fois ne rien dire, parce qu’après tout ils communiquent très bien comme cela aussi. A dormir l’un dans les bras de l’autre, qu’est-ce qui pourrait bien leur arriver cette nuit ? Rien du tout. Pas ici et pas maintenant. Les ennuis seront pour une autre fois, ne pas avoir un seul problème de temps en temps ce n’est, contrairement à ce que certains semblent penser, pas ennuyant. Loin de là. L’après-midi et la soirée qui viennent de s’écouler sont d’ailleurs passés bien trop rapidement au goût de l’homme. Et demain… Demain attendra. Encore et toujours, ce n’est pas la peine de commencer à se poser la question du quand sera la prochaine fois alors que celle-ci n’est même pas terminée. Alors qu’il n’a strictement aucune idée de ce qu’il pensera, de ses réactions une fois éloigné de la Baskerville. Tout attendra. Pour l’instant ils s’embrassent, une fois de plus – sérieusement, comment Aiko peut espérer qu’il se calme et soit sage après, hein ? – puis enfin arrivent à s’installer dans le lit, l’un contre l’autre. La taille du lit les y oblige, certes. Mais à dire vrai, même si le lit faisait le triple, ils ne se seraient pas chacun mis à un bout différent. Il ne faut pas trop leur en demander non plus.

Aiko semble décidée à le taquiner une dernière fois, si sa position – surtout sa jambe – en est une indication. A dire vrai, si le brun avait été un poil plus en forme – et sa camarade aussi – probablement que cette fois il aurait cédé, retardé encore un peu l’heure du coucher. Le meilleur moyen de se calmer pour de bon, c’est encore de céder. Evidemment cela s’applique au cas présent où il a le droit de céder puisque la jolie rousse serait probablement d’accord avec cela. Une autre fois, quand ils seront plus en forme, il se vengera. Pour l’heure, elle finit par s’installer pour la nuit, amenant par la même occasion un sourire sur les lèvres de l’homme lorsqu’elle se cale contre lui, bien que de sa position, elle ne puisse pas le voir. Lui entoure ses épaules d’un bras et dépose sagement sa main sur la taille de la jeune femme. Après cela il a tôt fait de s’endormir, appréciant sans le dire les quelques dernières caresses de la Baskerville à son égard.


Le contractant adore dormir. Vraiment. Enfin, des fois il rechigne à y aller quand, comme par exemple pas plus tard que la veille au soir, il est occupé faire quelque chose qu’il ne veut pas voir se terminer. Mais, une fois qu’il y est, il en est très content. La plupart du temps, il dort même très bien et ne se réveille que rarement. Les cauchemars l’évitent, bien qu’il ait de quoi en faire. En contrepartie, il ne rêve que rarement aussi, à moins qu’il ne s’en souvienne tout simplement pas du tout. Bref, son sommeil est continu et peu perturbé. Ce n’est pas lui que l’on risque d’entendre parler dans son sommeil. A côté de cela, en mission il a le sommeil léger. Un peu trop, forcément moins réparateur. Mais mieux vaut être fatigué que mort, le repos éternel n’est pas pour tout de suite. Du moins il l’espère très fortement. Les grasses matinées, c’est une très bonne excuse pour compenser le manque de sommeil lié aux missions ou au travail où ses horaires sont assez chaotiques. Dès qu’il le peut, il en fait une. Des fois, c’est juste par pure flemme de se lever. Dans une vie antérieure, le Finny était probablement une couleuvre. Ou un lézard. Ouais, lézard devenu Baskerville, c’est plutôt pas mal.

Le Finn fatigué et se sachant parfaitement en sécurité – sinon il ne dort que d’un œil, quand même – est une espèce qui ne se réveille pas facilement. Du tout. Il faut comprendre par là que pour le ramener dans un état conscient, il faut se montrer insistant. Ou faire un sacré boucan à côté de lui. Ou bien encore s’appeler Nana, parce que ce Chain a un nombre de moyens de le réveiller qui semble quasi illimité, comme son imagination. Son préféré étant de lui sauter sans ménagement dessus. Un peu comme les chats domestiques, sauf que Nana pèse beaucoup plus lourd que n’importe lequel de ces félins et qu’il prend aussi beaucoup plus de place qu’eux. Pauvre Baskerville avec son étrange Chain qui a d’étranges façons de manifester son manque d’affection quand il en sent un. Passons sur le cas de l’animal – et après on dit que c’est Finn qui est un maître tyrannique.
Le Finn est aussi une espèce qui n’aime pas le réveil. Du tout. Ce qui fait qu’il passe très souvent les premiers instants de chaque nouvelle journée à râler. Sa bonne humeur ne se lève qu’après lui et la mauvaise a le sommeil léger – ce qui expliquerait son fichu tempérament. Il est difficile de déterminer dans ces moments s’il en veut au fait même de se réveiller, à ce qui a déclenché le réveil, ou bien tout simplement à tout le pays. Ça doit dépendre de la cause du réveil. La cause « Nana » à titre informatif réussit à combiner les trois.
Là, cependant, le toucher sur sa mâchoire est définitivement plaisant. De sorte que le contractant, toujours endormi, n’est pas immédiatement amené à penser que le contact est réel. La chaleur contre lui aussi d’ailleurs n’est pas vraiment interprétée comme réelle bien que, lentement, les deux le ramènent peu à peu à lui. A force de présence. Un peu comme la sonnerie du réveil qui peut d’abord passer pour un élément de rêve – ou de cauchemars – avant que le cerveau ne l’interprète finalement autrement et de manière bien plus juste. De la même manière, le contact sur son crâne contribue à le rendre de plus en plus conscient, doucement. Jusqu’à ce qu’une voix se fasse entendre :

- J’avoue que je ne te réveille que par pur égoïsme de ma part. Hors de question d’être la seule à ne plus trouver le sommeil. Et puis, je ne sens plus ton étreinte, ça veut dire que je suis libre ?

Ah, il sent les draps sur lui et la chaleur de tantôt est finalement associée à celle de la présence d’un autre corps. Celui d’Aiko, puisqu’il en a reconnu la voix. Cette fois, le brun est bien réveillé. Ou tout du moins, conscient. Il n’a qu’à moitié compris ce qu’a dit la jeune femme à côté de lui – plus conscient que réveillé en fait – et autant dire que le début de sa réplique n’a pas été enregistré du tout. Dans sa tête il n’y a qu’une seule question à laquelle il peut présentement répondre. Est-ce que tu veux te réveiller maintenant, Finn ?

- Non.

Et avec ça, il passe son bras libre autour de la jeune femme en se tournant, juste assez pour pouvoir enfoncer sa tête à moitié dans l’oreiller – et fuir la lumière du Soleil comme la créature nocturne, dans laquelle il semble se métamorphoser à chaque fois dans son sommeil, qu’il est. Sans ouvrir les yeux une seconde, elle se trouve maintenant entre ses deux bras. Bien que son étreinte soit bien plus un câlin qu’un semblant de prison destiné à la retenir. Heureusement que son « non », qui est à la base un refus pur et simple de se réveiller balancé en grognant à moitié et à on ne sait qui, réponde aussi à la question d’Aiko. Et puis en se tournant il fait d’une pierre deux coups, le Soleil va le laisser tranquille un peu plus longtemps le temps de monter dans le ciel et non, Aiko, tu n’es toujours pas libre en voilà la preuve. Allons, le Baskerville même à moitié réveillé n’abandonnera pas sa proie aussi facilement. Mal réveillé, il n’est pourtant pas surpris de trouver la jolie Baskerville à ses côté, cela lui semble parfaitement normal. Visiblement, il s’est endormi avec l’idée en tête et, fidèle au poste, elle est toujours là au réveil même si le reste de son esprit est encore bien vide. A dire vrai les évènements de la veille ne sont pas encore tout à fait revenus dans sa tête entièrement. Parce que bien malgré lui sa conscience lui est rendue pleinement – pourtant il essaie de la repousser, retourner dormir un peu plus longtemps – et la journée d’hier avec. Remarquez, vu qu’il n’y a rien de déplaisant dans ces souvenirs – ok, la dispute, mais tant pis il assume – ils ne sont pas dérangeants et sont même agréables pour la plupart. M’enfin, même de mieux en mieux réveillé au fur et à mesure que les secondes passent, il va continuer à essayer de gratter du temps au lit. On est Finn Baskerville ou on ne l’est pas. Et, quand rien ne nécessite absolument qu’il se lève, eh bien il ne le fait pas. Dormir le matin c’est trop bien pour être interrompu quand cela peut être évité. Voilà. En l’occurrence, pas de mission à l’horizon, pas de catastrophe matinale dont l’origine est son Chain, pas de boul… En fait si mais plus tard, pas de rappo… Ah bah si aussi tiens. Mais plus tard aussi. Nope, décidément rien qui ne justifie son réveil.
Enfin, à part le fait qu’Aiko elle-même est réveillée. Ok bon. L’argument pèse autant qu’une mission. Mais une mission où il peut traîner un peu. Parce que c’est une gentille mission pas suffisamment cruelle et sans cœur pour tirer sans remords du lit un gentil et innocent Baskerville qui n’a fait de mal à personne aujourd’hui, non ?
Quelque part, il est assez positivement convaincu que la gentillesse en question est assez limitée quand on en vient au cas de la grasse matinée. Mince. D’autant plus que, ne vient-elle pas de le réveiller ? A ce propos est-ce qu’il lui en veut ? Du tout. Si ce n’était pas maintenant, c’était plus tard. Il était bien parti pour dormir un moment encore de toute façon si personne n’avait rien fait. Et puis, allons, ce n’est pas lui qui ira se plaindre de la méthode de réveil.
L’étreinte de l’homme sur la jeune femme se resserre un peu tandis qu’il sort la tête de l’oreiller afin de finalement ouvrir les yeux. Evidemment, la Baskerville est la première chose qu’il voit. Tout comme elle était la dernière juste avant de s’endormir la veille. C’est mignon comme continuité. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir toujours la même idée en tête actuellement. Prolonger son temps de sommeil. Ou, à défaut, rester au lit. Le tout bien sûr avec la jeune femme, sinon cela a tout de suite moins d’attrait.

- On peut pas marchander un quart d’heure de plus ?

Son ton est volontairement plaintif, poussant le vice jusqu’à ajouter une moue à l’ensemble avant de lui embrasser une joue. Dans le seul et unique but d’attendrir Aiko – il est mignon, autant s’en servir de temps en temps, même pas honte. Après, est-ce que ça va marcher… C’est moins sûr. Et évidemment le paiement se fera une fois le quart d’heure passé. Elle est toujours sa « victime », tout à fait. Mais victime ou pas victime elle peut le virer du lit si elle veut, donc il marchande avec la femme capable de le mettre par terre plutôt qu’avec sa proie. Quant à ce qu’il est prêt à marchander, il n’en a pas la moindre idée. Mais hey, elle fixe le prix de toute façon. Tout ce qu’elle veut tant qu’elle reste contre lui et le laisse profiter de sa présence encore un peu.
Sa moue, qu’il garde un instant pour faire bonne mesure – et parce qu’il espère vraiment que cela va fonctionner – finit par se muer en un sourire plus doux alors qu’il dit :

- Bonjour quand même. Bien dormi ?

Lui a dormi comme une masse. C’est-à-dire sans se réveiller une seule fois et profondément. Comme un bébé quoi, complètement oublieux du monde qui pouvait bien l’entourer. En même temps, il est très bien installé là. La présence de la jeune femme n’étant évidemment pas étrangère à ce fait, cela a déjà été dit mais il aime être contre elle. Elle lui tient chaud en plus et il est convaincu que sortir quoi que ce soit de sous la couverture qui ne soit pas déjà en dehors va le geler sur place. Le monde est une grande place froide et cruelle et il n’y a que sous les draps qu’il fasse chaud. Parfaitement. Sa vision du monde au réveil est assez altérée, ce n’est pas faux. Mais bon, si Aiko tient absolument à sortir, il la suivra quand même – non sans protester, bien sûr. Le monde est forcément moins froid si elle est dans le coin, non ? Elle le réchauffera sans problèmes – et sans allusion douteuse même si ça pourrait.

Finn glisse gentiment l’une de ses mains à travers les cheveux de la jeune femme. On ne dirait pas, mais croyez bien qu’il est parfaitement prêt à se rendormir sur le champ si l’autorisation lui en est donnée. Il suffirait de fermer les yeux et hop ! A condition qu’Aiko reste, sinon c’est moins bien. Il n’y a que peu d’intérêt à dormir dans le lit d’Aiko sans Aiko dedans voyez-vous. Tout comme il y a peu d’intérêt à se trouver chez la Baskerville si elle n’y est pas. S’il veut un lit ou un appartement, il a les siens. Ici, la jeune femme s’y trouve. En fait en parlant de son appartement, cela lui rappelle qu’il avait dit la veille qu’il lui laisserait son adresse. Il faudrait bien veiller à ne pas oublier. Même si rien n’est sûr pour eux, que chacun sache où se trouve l’appartement de l’autre n’a rien de dérageant après tout. Qu’est-ce qu’il pourrait se passer ? C’est juste pratique pour se retrouver. A condition pour commencer qu’ils y soient, ce qui n’est pas toujours le cas, mais pour sa part l’homme serait tout à fait content d’ouvrir sa porte à la jeune femme. Elle l’a déjà fait pour lui hier en plus. Bref, ceci attendra car ceci inclue de sortir du lit. Et ça, il n’en est pas encore question, absolument pas. Il aurait peut-être fallu l’inclure dans les conditions d’utilisation du Finny, qu’il est très attaché au lit surtout le matin. Enfin, maintenant Aiko le sait.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   30th Janvier 2013, 07:55

Quoiqu’on puisse en penser, le matin est tout bonnement le pire moment de la journée. Autant il était divinement bon de se faufiler sous les draps et couettes le soir pour profiter d’un peu de chaleur et de confort après une journée tantôt ennuyeuse, tantôt dure, tantôt parfaite, tantôt tout bonnement anodine, autant il était insupportable de devoir s’extirper de je ne sais combien de couches de tissus pour faire face à une nouvelle journée. Premièrement, parce qu’à moins qu’il fasse trente bons degrés à l’extérieur, on a toujours froid quand on se débarrasse des draps. Il nous faut quelques instants pour nous habituer à la température ambiante. Enfin, il faut surtout quelques instants à notre corps parce que mentalement, on n’espère que trop vite retrouver notre chère chaleur. Cela d’une part. En parallèle, il est tout aussi irritant pour beaucoup de se trouver dans un état de torpeur et de somnolence où décrire l’humeur comme étant massacrante serait n’être que trop indulgent envers celle-ci. Sans généraliser non plus, quelques uns pouvaient s’avérer être de véritables brutes au matin. Criant et jurant pour les plus gentils, d’autres ne se gênaient pas de balancer ce qui traînait à coté d’eux sur la tête du malheureux ou de la malheureuse ayant eu le courage, l’audace et surtout l’immense bêtise de venir les réveiller. Mais pourquoi une si mauvaise humeur ? Eh bien, il serait difficile de le dire. Peut-être parce qu’ils ont passé une mauvaise nuit ? Fort possible. Pourquoi pas une nuit agitée et tourmentée par des cauchemars, des visions d’horreur et des sueurs froides, sans parler d’une fièvre qui nous prend et qui nous étouffe tout au long d’heures interminables. Bébé, les cauchemars ne sont pas très usuels. Après tout, nous ne prêtons, à cette époque là de notre vie, qu’un regard superficiel à tout ce qui nous entoure. Si nous avons peur, nous pleurons et évacuons aussitôt. Même en prenant un peu d’âge, développant notre mémoire et notre intérêt aux choses futiles de la vie, enfant donc, les cauchemars sont nettement plus présents. Pour certains plus que pour d’autres. Il est clair que pour un enfant au sang bleu, voir des atrocités ne devait sûrement pas avoir été programmé par papa et maman. Pas avant un certain âge tout du moins. Alors que pour grand nombre des civils de Réveil vivant dans la pauvreté et la misère la plus noire, avoir faim, froid et peur faisaient tant partie de leurs terribles quotidiens qu’ils en venaient hantés le seul moment où tout enfant devrait pouvoir faire ce qu’il voulait ; la nuit, lorsqu’ils se laissaient bercer par les bras d’un Morphée semblant s’être laissé pervertis par la rudesse d’Hadès. Atteignant l’adolescence, les cauchemars se font plus rares. Les gamins sots perdent trop leurs temps à broyer du noir que la nuit, même le destin ou je ne sais quel Dieu accepte de les laisser reposer en paix. C’est qu’ils font véritablement pitié à cet âge stupide où grand nombre de décisions sont prises. Souvent, malheureusement, sans avait été préalablement mûrement réfléchies. Après, il y a les cas plus ou moins spéciaux mais qui sont étrangement de plus en plus répandus. À croire qu’être dépressif et suicidaire est devenu une mode. Enfin, je suppose que ça en a toujours été une ; après tous, tous les adolescents convoitent une certaine forme de liberté au même degré où ils désirent être « différents » – bien qu’il ne soit même pas certain qu’ils savent réellement ce qu’est la différence, car s’ils en étaient conscients, ils sauraient pertinemment qu’on ne pouvait qu’être différent étant donné que nul être ne ressemblait à l’autre. Adulte, on ne rêve plus trop. Comme déjà dit, on ne rêve que de ce que l’on craint ou de ce que l’on désire. Or, nous comprenons enfin qu’il n’y a rien à craindre si ce n’est les impôts et les huissiers de justice – mais de cela, on s’en occupe déjà assez en étant éveillées – et qu’il n’y a plus rien à espérer de la vie. Vers la vingtaine, néanmoins, il y a encore une once d’espoir. Le reste, les exceptions plutôt, cela dépend des circonstances de vie de chacun. Parmi ces exceptions, nous avant le cas Baskerville. Ces-deniers n’ont plus d’espoir. Accoutumés aux horreurs de la vie, au sang et aux meurtres, les nouveaux – ou plus jeunes, cela dépend – membres de ce clan déchus font souvent des cauchemars. Les premiers temps seulement hein, parce qu’après, ça en devient lassant. Mais là n’est pas tant la question. Malheureusement, être Baskerville ne nous épargne pas les durs et rudes réveils. Surtout à l’aurore. C’est le plus sournois et les plus sadiques, ceux-ci. Avec ces satanés rayons de soleil vous lancinant – comment ça, on utilise habituellement le verbe chatouiller ou caresser ? – le visage, vous ressentirez une soudaine envie de meurtre envers le monde entier. Aiko n’était néanmoins pas comme ça. Ce qu’elle détestait le plus était de se faire manipuler et de ne pas agir de son propre chef. Au réveil, elle mettait un certain temps avant de totalement se réveiller. Donc, elle somnolait encore, plongée dans une certaine torpeur. Chose qu’elle détestait. Mais qu’elle subissait malgré elle. Après, bien sûr, son humeur dépendait de la façon dont on la réveillait. Si c’était de la façon dont elle procéda pour extirper gentiment Finn de son sommeil, elle se montrerait d’emblée douce. En revanche, si c’était pour lui assigner une fichue mission ou je ne sais quoi encore, elle ne manquerait pas de vociférer. Aujourd’hui néanmoins, elle se réveilla le plus calmement que possible. Bien qu’au début, sa vision des choses demeurait floue. Elle savait qu’elle était dans son lit, sentait bien une présence à coté d’elle, mais ne l’identifia néanmoins pas tout de suite. En même temps, elle savait qu’elle n’avait rien à craindre de cette personne ; elle était en parfaite confiance et était même très détendue. Et puis, elle contracta ses doigts, sentant le torse masculin et l’identifiant instantanément. Finn. Jusque là, les souvenirs de la veille n’avaient pas encore prit d’assaut son esprit encore quelque peu embrumé. En attendant, presque inconsciemment et comme mue par son instinct, elle lui prodigua des caresses. Doucement, elle se rappela. Calmement, les images s’inséraient dans son esprit alors que les sons propres à chaque instant venaient s’ajouter aux différentes scènes. Ce n’est qu’après s’être remise des émotions de la veille qu’elle daigna parler. Et aussi trouver les bons mots pour ne serait-ce qu’espérer une réaction de sa part. Par la même occasion, elle allait découvrir de quelle façon il réagissait le matin. Bon, j’avoue que sur le coup, elle ne s’était pas du tout posé la question.

Finn se réveillait-il de bonne humeur ? Aiko ne connaissait pas tout de Finn. Elle était bien loin de tout connaître de lui, d’ailleurs. Il y avait des choses qu’elle avait réussi à voir dès le premier regard échangé, d’autres choses encore qu’elle n’apprit pas avant la veille – comme un certain répondant par exemple, mais aussi une sensibilité et volupté qu’il me serait malheureusement impossible de décrire avec de simples mots – et d’autres choses encore qu’elle déduit. Mais il y avait encore tant de choses qu’elle ignorait à son sujet. À vrai dire, peu importait le nombre d’heures qu’elle passerait avec lui, peu importait sa volonté pour découvrir jusqu’à la moindre parcelle de la personnalité de Finn, elle n’arriverait jamais à rien. Parce qu’il était beaucoup trop mystérieux. Et parce qu’il changeait. Comme tout être humain, il évoluait et des réactions puériles pouvaient se muer en des réactions nettement plus réfléchies, plus matures, plus adultes et surtout plus responsables. Alors Aiko ne cesserait jamais de le découvrir. Ne cesserait jamais de chercher à le découvrir. Ne cesserait jamais de courir derrière une vérité furtive et toujours aussi changeante. Sans cesse. C’était palpitant. Délectant. Et puis, qui sait, peut-être aussi dangereux. Après tout, elle avait beaucoup à perdre. À commencer par son amour propre – ne lui courait-elle pas après ? Et aussi autre chose. Mais cet autre chose, elle-même était loin de s’en douter. Alors pour le moment, nous n’en parlerons pas. Après tout, ressasser à chaque fois que les sentiments qu’elle éprouvait à l’égard du brun étaient extrêmement confus ne les éclairerait en aucun cas. Bien au contraire.
Quant à lui, eh bien, il ne la connaissait pas si bien que cela non plus. Il ne la connaitrait jamais par cœur. Mais au fond, elle-même ne se connaissait pas aussi bien qu’elle devrait. Donc, ce serait certainement sans difficulté que le séduisant brun apprendrait à anticiper les réactions de la jeune femme. Enfin, pas tout le temps hein. Effectivement, tout comme lui, elle gardait jalousement une part d’impulsivité, de jugeote et d’imprévisibilité. Donc voilà, aucun des deux ne connaîtrait parfaitement l’autre. Mais de toute façon, la perfection n’existe pas, n’est-ce pas ? Alors ils sont tout pardonnés. Ils apprendront. Ils sont encore jeunes. Ils ne connaissaient pas encore tout. Ils resteront ensemble d’ici là. Et si Finn a le bon sens de ne pas s’octroyer le plaisir de croire au toujours et au jamais, Aiko y croyait encore, elle. Parce qu’elle était plus jeune ? Parce que c’était une femme ? Tout bonnement parce qu’elle était comme ça. Que sans espoir, quoiqu’on en dise, elle n’en serait pas là. Elle serait la première à dire qu’elle n’espérait plus rien de cette sotte de vie, pourtant... Pourtant. Finn comprenait-il cela ? Finn se rendait-il compte du coté enfantin et rêveur de la jeune femme ? Elle n’en doutait pas. Surtout après l’épisode du dîner, hier soir, lorsqu’elle douta de la réalité des évènements, de l’existence de Finn, de sa propre existence en fait. Finn savait déjà bien des choses sur elle. Et elle, comme une idiote, se créait des illusions ; je le connais parfaitement, qu’elle vous dira. Mais il n’en était rien. Il n’en serait sûrement rien. Elle le savait. Bien qu’elle n’en avouerait jamais rien. Au fond, tout au fond, il était évident qu’elle désirait le connaître un peu plus que nécessaire. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. Tout comme elle ne savait pas pourquoi une bonne dose de jalousie la submergeait lorsqu’elle pensait aux autres femmes l’ayant précédée. Elle voulait le connaître mieux que les autres. Elle ne voulait pas – n’autoriserait pas – qu’une autre femme le connaisse mieux qu’elle ne le connaissait, l’aime plus qu’elle ne l’aimait. Et de cela, Finn, en es-tu conscient ? Sais-tu qu’Aiko est extrêmement possessive ?

Non. Ce simple mot réussit à faire passer la douce expression qui était étalée sur le visage d’Aiko en une moue infantile et hautement amusée. Un instant, je ne sais trop quand, sans doute un moment d’extrême lucidité, elle se demanda si cette question répondait réellement à la question qu’elle lui posa. Mais bien vite, le fait de n’être réveillée que depuis quelques instants la rattrapa, et de nouveau, une once de fatigue assombrit son visage. Elle avait bien dormi, pas trop tard à priori, mais en même temps, maintenant qu’elle réussissait à se remémorer plus que les dernières heures de sa soirée, eh bien, sa journée fut drôlement longue. Et épuisante aussi. Les missions de routine, c’est bien facile, mais à la longue, mon dieu que c’est lassant ! Et puis, pas si facile que ça hein. Sinon, elle s’en serait occupée seule. Ou Finn toute seul. Ou même Finn et son Chain. Bref, une nuit de sommeil dans les bras du séduisant brun n’allait malheureusement pas suffire à la jeune rousse pour être en parfaite forme dès le réveil. Même en étant Baskerville, elle ne faisait malheureusement pas partie de ces personnes qui n’avaient besoin que de quelques heures de sommeil pour rattraper une journée riche en action, en émotions mais aussi et surtout en romantisme. Enfin, pour en revenir au présent, la réponse de Finn fut prononcée dans un semblant de grognement grincheux. Chose qui fit sourire la jeune femme sans qu’elle ne cherche à cacher le sarcasme zébrant ses pupilles. En même temps, elle savait parfaitement qu’il ne pourrait la voir avec le visage ainsi enfoncé dans l’oreiller. Enfin, je n’ai pas cité l’essentiel. Tout en répondant – oui bon, en grognant –, le jeune homme fit passer son bras autour de la taille de la jeune femme qui se rapprocha un peu plus de lui en enfonçant à son tour son visage dans son oreiller. En attendant que le jeune homme soit un peu mieux réveillé, elle voulait rajouter une nouvelle information et l’encrer assez profondément dans son esprit pour ne jamais l’oublier. Encore ce jamais. Encore ce jamais auquel ne croyait pas l’homme. Encore une différence. Encore quelque chose dont ils pourraient discuter plus sérieusement, un jour. Encore, donc, quelques heures à gratter en sa présence. Tout était réellement relatif, dans la vie. Amusant. Ou plutôt, ironique, car au fond, nous sommes donc les seuls à nous conduire vers la torture, vers les mauvaises rencontres, vers la mort. À s’être réveillé à telle heure, à avoir effectué telle chose, à s’être dérobé à telle habitude, à avoir suivi à la lettre une routine installée depuis un moment déjà, nous voici dans de jolis draps. Nous nous retrouvons nez à nez avec une lame menaçant de couper aussi bien je ne sais quels nerfs ou muscles que simplement le fil de notre vie. Alors que si nous n’avions pas traîné ou que si, au contraire, nous avions traîné, nous nous serions retrouvés à un autre à un moment qui ne nous serait pas fatal. Plusieurs faits relatifs, ou tout bonnement une sorte de chaîne d’évènements qui vient croiser celle d’une autre personne – de plusieurs autres personnes. Après, cette relativité étourdissante et plutôt complexe si l’on se pense bien sur le sujet peut être nommée de hasard par beaucoup. Mais quel hasard, dîtes-moi ? Si l’autre jour, ils s’étaient rencontrés dans les ruines, c’était parce qu’Aiko avait eut envie de se rappeler son passé, parce que Finn avait quelque chose à faire. C’était la volonté de chacun. Et peut-être aussi d’une force supérieure. Pas un être, plutôt une force. Peut-être l’instinct. L’instinct animal, car celui-ci, mieux encore que celui de l’homme, ne trompe jamais. Et au fond, ne possédions-nous pas tous une part bestiale ?
Cette nouvelle information qu’elle encrait dans son esprit, qu’était-elle ? Un nouveau trait de caractère du brun, simplement. Son humeur le matin. Plutôt ronchon. Et, étrangement, c’était mignon. Mignon comme tout. Aiko qui se faisait pareilles réflexions… Vraiment, pour la première fois depuis longtemps, elle était elle-même. Ce qu’elle avait toujours voulu être ? Non, plutôt celle qu’elle avait toujours était. Plus précis encore, celle qu’elle avait toujours été derrière le masque qu’elle portait. Ce masque qu’elle ne portait qu’en présence des inconnus. Pas tant un masque qu’un avancement d’une de ces caractéristiques ; elle mettait en avant sa froideur et son sarcasme et reléguait sa douceur féminine dans un coin de sa tête, loin, très loin de la réalité.
C’était la première fois qu’elle dormait dans les bras d’un homme. D’habitude, ils s’en allaient d’eux-mêmes après en avoir fini avec Aiko. Ou alors, elle s’éclipsait lorsqu’ils s’endormaient. Étrangement, partager son corps avec eux ne la répugnait pas, pourtant, partager une nuit avec eux la dégoûtait au plus haut point. Parfois, elle en était arrivée jusqu’à leur demander de s’en aller. S’ils étaient chez elle, bien entendu. Ce que lui procurait cette première fois ? Difficile à dire. Mais c’était quelque chose de positif. De fort agréable. De... De délectant.

Lorsqu’elle sentit l’étreinte de l’homme se resserrer autour de sa taille, elle releva le visage. Enfin, disant surtout qu’elle se positionna comme lorsqu’elle s’était réveillée, de façon à pouvoir le voir. Bien qu’au fond, elle s’attendait à revoir ses boucles brunes surtout. Mais non. Il sortit aussi son visage de l’oreiller et vint plonger ses yeux dans l’infinité marron de ceux de la jeune femme qui sourit légèrement. Lorsqu’il s’exclama, elle écarquilla quelque peu les yeux. Oui, de l’étonnement. Mais pas vis-à-vis de sa demander à rester dans le lit encore un quart d’heures. Cette légère stupéfaction était surtout due au ton plaintif qu’employa Finn pour amadouer la jeune femme. C’était... Drôle. Les lèvres pincées, elle s’empêcha de rire, voulant voir jusqu’où il était prêt d’aller. Et elle ne fut pas déçue. Il afficha une moue qui manqua réellement de la faire exploser. Pourtant, lorsqu’il plaqua ses lèvres contre sa joue, il réussit – malheureusement ? – à l’amadouer. Elle haussa les sourcils avant de hausser nonchalamment les épaules. Ça dépendrait. De son humeur. Oui, tout juste, ça dépendrait de son humeur dans quelques minutes. Pour l’instant, il avait le droit de gratter encore quelques instants. Chose qu’elle lui fit comprendre en retournant se blottir dans ses bras un bref instant avant de simplement repositionner son visage face au sien, notant que sa moue infantile – et non, ce n’était pas tant cette moue que le baiser qu’il lui plaqua contre la jour qui réussit à la convaincre de ne pas tout de suite l’extirper du lit – s’était transformée en un doux sourire. Et puis, il parla de nouveau, cette fois-ci en lui demandant si elle avait bien dormi. Elle le dévisagea un instant, sans daigner ne serait-ce que penser à la réponse qu’elle allait lui attribuer et vint finalement rapprocher son visage du sien pour lui embrasser à son tour la joue. Maintenant, la réponse. Enfin, la question d’abord. Il était sérieux ? Si elle avait bien dormi ? Alors qu’elle avait été dans ses bras toute la nuit ? Alors qu’elle lui avait clairement dit qu’elle était sienne, qu’elle lui faisait confiance, qu’elle tenait réellement à lui, qu’elle ne voulait pas le perdre, qu’elle ne voulait donc pas qu’il parte, qu’il la retienne, et tous ces aveux en un jour, en l’espace de quelques heures seulement. Lui qu’elle aimait déjà bien à la base déjà. Lui qui la mit d’excellente humeur lorsqu’elle su qu’il serait son camarde pour la mission, même si elle ne l’avait vu que de dos de prime abord. Lui qui réussit à la faire devenir jalouse, elle qui n’avait jamais été jalouse d’une autre femme. Lui qui avait l’avait fait douter de sa valeur, elle qui ne s’était jamais sous-estimée. Lui qui l’avait blessée et qu’elle avait blessé. Qui commença ? Au fond, elle ne saurait le dire. Et puis, qu’importait ? Ils avaient tous deux eu mal, c’était tout ce qu’il fallait savoir. Ensuite, ils se réconcilièrent, se réconfortèrent, s’embrassèrent, se touchèrent, se découvrirent, rirent, jouèrent et enfin, partagèrent ce lit. Ils avaient partagé plus que ce lit en vérité, car ils partagèrent aussi déconcertation, douleur, impuissance, peine, peur, joie, amusement, mais aussi leurs corps. Beaucoup – trop – d’émotions en une seule journée. Alors après tout cela, après tout ce qu’ils avaient traversé hier, était-il sérieux en lui demandant si elle avait bien dormi ? Il est vrai que d’après ce que je viens de citer, il serait possible d’envisager qu’Aiko ait mal pris cette question. Il n’en était bien sûr rien du tout. Bien au contraire. Alors qu’elle se faisait toutes ces réflexions, l’une des mains du brun trouva facilement le chemin de ses cheveux pour lui prodiguer des caresses. Elle fit glissa ses doigts sur son torse masculin puis sur le lit, de l’autre coté du corps de Finn. Elle se hissa au-dessus de lui, un sourire amusé sur les lèvres. Logiquement, il se laisserait glisser sur son dos. Enfin, ça aiderait la jeune femme à positionner ses genoux surtout. Elle ne chercha pas à lui saisir les poignets, car étrangement, c’était nettement plus crédible lorsque l’homme faisait cela à la femme. Pourquoi ? Eh bien, sans doute des idées reçues ou alors des faits prouvés, je ne sais pas trop. Elle laissa courir ses doigts sur son visage avant de le saisir un peu plus fermement, allant délicatement lui embrasser le coin des lèvres.

Elle lui caressa le visage à l’aide du dos de ses doigts, les laissant traîner jusqu’à son cou, les remontant jusqu’à ses cheveux, le tout avec une extrême lenteur. Elle ne lui avait pas répondu. Ni pour le quart d’heure – même s’il avait déjà dû bénéficier d’un peu plus de cinq bonnes minutes – ni même pour la véritable question. Il serait temps d’y remédier, non ? Elle l’embêtait effectivement déjà assez en le taquinant comme elle savait le faire. Elle se redressa légèrement en immobilisant son index droit sur sa mâchoire et après avoir posé sa main gauche sur son torse, prête à donner une réponse un temps soit peu travaillée.
Ou pas.

« On reste dans le lit, au moins, on est au chaud. Oh et non, j’ai très mal dormi ! Tu sais, tes bras réconfortants et ton torse musc-... Hum, bref, loin d’être agréable tout ça, ce n’est vraiment pas sérieux. »

Le torse musc- ? Ça veut dire quoi ça, Aiko ? Même si tous tes autres mots avaient été quelque peu étudiés auparavant, celui-là, il faut bien dire qu’il t’échappa complètement. En vérité, ça ne la dérangeait pas de lui faire deux compliments de suite, même s’il faut avouer qu’elle n’aimait pas congratuler les gens. Et encore moins les hommes. Parce qu’elle était féministe ? Exact. Mais pas quand il était question de Finn. Pas du tout. D’ailleurs, lui, ça ne le dérangeait pas de le complimenter, tant que ce n’était pas ostentatoire. Alors pourquoi ne pas être allé au bout de sa phrase ? Surtout que ça paraissait encore plus louche, dit comme ça. Trop de fierté ? Sans doute. Narcissique ? Pas très loin, mais assez tout de même. Orgueilleuse ? Cela revient au trop de fierté auquel il est fait référence en premier. Une soudaine envie de l’embêter l’ayant prise ? Certainement. Très certainement même. La réaction de l’homme face à cela ? Eh bien, elle l’attendait. Sans détourner les yeux. Parce qu’elle n’avait pas honte, n’était pas gênée. Pas le moins du monde. Pourquoi aurait-elle dû l’être, de toute façon ? Une petite erreur. Une simple et minuscule petite erreur. Même ps. Rien de grave. Rien qui ne nécessitait de détourner les yeux. Rien qu’il ne soit pas possible d’assumer.
Pourquoi rester dans le lit ? Pour faire plaisir à Finn, pour pouvoir l’embêter encore – rien de paradoxal, je vous assure – et aussi pour conserver la chaleur et pour rester aussi dans le lit. Parce qu’avoir meilleure humeur en se réveillant ne signifiait nullement qu’elle désirait s’extirper des draps, de leur chaleur, mais surtout de la chaleur corporelle du joli brun. Non mais oh. Aiko colla son front à celui du brun et ne bougea pas d’un iota pendant quelques secondes, un simple sourire collé aux lèvres tandis que le bout de sa langue perçait, sous-entendant des choses, des pensées aussi peut-être, bien peu chrétiennes. Mais qu’importait, son regard exprimait déjà son envie d’embrasser Finn et de sentir ses mains parcourir son corps. Elle ne fit néanmoins rien de tel, revenant à sa place initiale en déposant sagement sa joue droite sur le torse de l’homme avant qu’il n’ait eu le temps de basculer sur le flanc droit. Elle resta un instant sur lui, n’appuyant tout de même pas avec sa tête, de façon à ce qu’il n’ait aucun mal à respirer. Oui, elle n’est pas grosse, oui elle avait une taille tout à fait normale pour son âge et sa carrure, je veux bien, mais dans cette position, appuyer un temps soit peu fort obligerait l’homme à se redresser. Et elle ne voulait pas qu’il se redresse. Elle chercha l’une des mains du brun et, la trouvant, elle vint entremêler leurs doigts avant de sourire, fixant le plafond, prête à dire quelque chose qui n’avait pas été prévu. Dîtes ce que vous voulez, faîtes les sciences que vous voulez, ce qu’elle allait dire dans quelque secondes n’était pas voulu. Action involontaire ? Ce serait bizarre. Surtout qu’elle savait qu’elle allait parler. Elle se redressa de nouveau – décidément, elle bougeait beaucoup trop – et appuya légèrement son avant-bras droit sur le torse de Finn en allant lui embrasser la mâchoire, narguant ses lèvres sans les saisir. Encore une fois, pour le tester. Pour se jouer de ses nerfs, de ses désirs. Pour le faire céder. Pour pouvoir être satisfaite. Parce qu’elle était comme ça. Et parce qu’à la longue, il avait bien fini par le comprendre. Elle n’avait donc aucune raison de cesser cela ; il n’avait manifesté aucun signe de désapprobation de ses techniques pour le provoquer. Le provoquer en tentant de le séduire. Une séduction renouvelable. À chaque fois. Il n’était pas contre, mais aimait-il cela ? Finn était du genre à dire ce qu’il pensait, pas à tourner autour du pot en déformant la vérité ; mentir et dissimuler la vérité devait être la même chose pour lui. Il ne cherchait pas midi à quatorze heures. Elle ne le connaissait pas si bien que cela. Pourtant, elle en avait l’impression. L’étrange impression. Et, en parlant, en disant ces quelques mots, elle en eut même la certitude. Certitude bien chimère. Celtitude néanmoins.
Sa phrase fut chuchotée de façon à peine audible. Mais audible tout de même.

« Tu es mignon. Non. Adorable. »

Volontaire. Pas volontaire. Elle n’en savait rien. Mais ce n’était pas une erreur. De cela, elle en était certaine. Parce que c’était vrai. Pas que le torse musclé dont elle allait faire référence plus tôt ne soit pas aussi une vérité, mais bon, juste que là, elle n’avait pas l’impression qu’elle lui faisait un compliment. Elle aurait de toute façon bien fini par la sortir celle-là, alors autant que ce soit maintenant. Et puis, elle voulait voir comment allait réagir le concerné. Le mignon. Ah non, pardon ; l’adorable.Lui qui s’amusait à la faire rougir en lui disant cela. Douce vengeance. Bien qu’avouons qu’elle n’y pensa pas le moins du monde, pas à un quelconque instant. Elle pourrait toujours l’employer comme justification. Mais elle n’en avait pas envie. Pourquoi le ferait-elle de toute façon ? J’ai biens dis que ce n’était pas une erreur, n’est-ce pas ? Enfin bref.
Suite à ces bien simples mots, elle sourit de cette façon juvénile avant de rire doucement en retournant vers son oreiller, bien que toujours collée à Finn. Ils allaient larver comme ça encore combien de temps au juste ? Bonne question. Très bonne même. Aiko n’en avait pas la réponse. Finn non plus ne devait pas la détenir. Aiko ne voulait pas avoir de réponses. Est-ce que Finn le voulait ? Elle en doutait. Et comme une prière silencieuse – parce qu’elle n’avait vraiment, mais alors là vraiment pas envie de se lever – elle vint se caler un peu plus contre lui en allant nicher son visage dans le cou de Finn pour le lui laisser la trace de ses lèvres chaudes. Et revenir à sa place, sagement. Parce qu’elle avait vraiment beaucoup trop bougé là. À cette pensée, elle sourit bêtement. Elle qui n’était jamais jalouse – peut-être enfant, mais de qui ? Adulte, elle ne s’en souvenait pas – l’avait été en présence de l’homme. Elle qui ne blessait jamais les personnes qu’elle aimait l’avait pourtant fait avec Finn. Elle qui ne parlait pas beaucoup se retrouver à parler et à parler, ne serait-ce que pour dire des sottises, juste pour que Finn lui réponde, juste pour entendre sa voix. Elle qui n’aimait pas être dominée n’avait aucun mal à se plier aux caprices de l’homme. Elle qui préférait vite quitter le lit – comme un sparadrap que l’on retire d’un coup sec – se retrouvait à être aussi pitoyable que le jeune brun à essayer d’avoir quelques minutes de plus. Hilarant, vraiment.

Allaient-ils seulement se lever ? Allaient-ils trouver la force de faire cela ? Si oui, quand ? Pas tout de suite, cela, c’était certain. Mais se lever voulait dire qu’ils allaient devoir aller rendre le rapport. Et ça, Aiko n’en avait pas envie. Parce qu’elle devrait dire au revoir à Finn. Hors de question. Pas encore. Elle ne voulait pas. Et elle ne serait pas plus enthousiaste à cette idée dans quelques minutes, voire heures, croyez-moi. Mais en même temps, il allait falloir qu’elle voir son supérieur hiérarchique. Il fallait qu’elle aille voir s’il avait une mission pour elle. Et pas nocturne si possible. Bien sûr, Baskerville ou pas, ayant le sens de l’honneur ou pas, elle n’était pas folle au point d’enchaîner mission sur mission périlleuse. Bien que celle de la veille ne fut pas si périlleuse que cela. Enfin, heureusement que Finn était là tout de même. Quoiqu’il en soit, elle ne prendrait qu’une mission de routine. Elle refuserait toute autre mission, affirmant qu’elle faillirait et y laisserait la vie vu qu’elle était tout de même encore handicapée par la blessure au niveau de ses côtes. Qui demeurait gênant et qui la lancinait d’ailleurs encore lorsqu’elle se mouvait. Mais elle n’y faisait pas attention. Celle-ci – cette même attention – était essentiellement dirigée vers le brun, de toute façon. D’ailleurs, qu’avait-il à faire ? À part le rapport à rendre bien sûr. Bon bah, vu que, malheureusement, Finn ne lisait pas dans les pensées, il allait falloir de lui demander, non ? Bonne idée.

« Tu as quelques chose à faire aujourd’hui ? »

Finn était réellement adorable. Et elle ne pensait pas cela parce qu’il était dans son lit – dans tous les sens du terme – mais plutôt parce que c’était le cas. Simplement. Oui, c’était ça. Il était adorable parce qu’il était simple. Il ne cherchait pas le complexe. Il était différent. Nous sommes tous différents. Chacun à sa façon, voilà tout. Mais Finn était l’un des rares – le seul à la connaissance d’Aiko – à ne pas sembler vouloir chercher à être différent. Il l’était juste. De nature. Il était lui. Il était Finn. Et Aiko adorait ce Finn. Une adoration démesurée, effrénée. Mais tellement vraie. Tellement profonde. Tellement naïve. Une adoration idyllique.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   1st Février 2013, 09:05

Comment va l’opération « gratter du temps au lit autant que possible » ? Eh bien… So far so good, pas si mal pour le moment. Enfin Finn ne s’autorise à penser cela que parce qu’il n’a pas encore été viré du lit. Ce qui finira par arriver parce qu’il n’y a juste pas moyen qu’il en sorte de lui-même.
Ou alors il faudra trouver un sacré appât. Genre vraiment, le lit a la priorité totale le matin ou presque, les exceptions ont déjà été citées. Et puis il est si tôt. Si, si, le Soleil perce à peine. D’ailleurs s’il y avait des rideaux plus épais ou des volets de fermés, cela n’arriverait pas. Ok, la prochaine fois il ramènera des rideaux, c’est décidé. En attendant ils pourraient passer sous les draps par exemple. Se cacher du Soleil et dormir. Ils l’ont mérité après la journée d’hier, qui somme toute a été longue. Enfin ça il ne s’en est rendu compte qu’une fois allongé, là où la fatigue l’a rattrapé d’un coup. Pouf, assommé le Finny. Ou presque. Bref, revenons-en à son occupation principale actuellement. Réussir à fermer les yeux à nouveau pour plus de cinq minutes avec la certitude qu’il ne va rien lui arriver de désobligeant. Cela a déjà été dit, mais Aiko est probablement l’une des seules femmes dont il craint quand même les réactions. Pas forcément dans le mauvais sens du terme. Il sait juste qu’elle est tout à fait capable de le contraindre à obéir. A sortir du lit, pour prendre un exemple de circonstance. La jolie Baskerville est forte et sait se montrer autoritaire, quoi qu’elle puisse bien penser du premier point, et l’homme en est parfaitement conscient.
Tout cela pour dire que s’il veut rester au chaud, il va falloir la jouer un peu plus finement. Le coup du ton plaintif marchera peut-être une fois, mais certainement pas deux. Dommage. Elle n’a pas le droit d’être immunisée avant même d’y avoir été confrontée, triche, triche, triche. Ça détruit le principe même de l’immunité. Sauf qu’il protestera à ce sujet un autre jour. Et il y a de quoi protester, si elle avait fait la même chose sur lui, il aurait probablement cédé – dans un autre contexte cela dit, ici en fait il l’aurait probablement prise dans ses bras pour dormir avec.

En réponse à sa demande elle hausse les épaules – il faudra retravailler son numéro. Eh bien… Qui ne dit mot consent ! En plus elle vient se blottir contre lui juste après. Victoire. Qui ne dure qu’un bref instant. Comment fait-elle pour bouger autant – même si ses déplacements sont très courts – si tôt ? Lui ne demande qu’à rester sur son dos, là, comme une tortue incapable de se retourner même s’il n’est pas une tortue et ne sait en fait probablement même à quoi ça ressemble. Flemmarder au lit, meilleure invention du cerveau humain. Enfin, après le lit en lui-même, soyons logiques.
Aiko dévisage par la suite le contractant, après sa question. Bah quoi, elle avait quelque chose de bizarre sa question ? Il ne fallait pas s’enquérir de son état ? Oui bon, certes, elle a l’air parfaitement en forme – et réveillée, mince alors – et à priori la réponse est parfaitement évidente. Mais… Mais. Le Finny est un gentil, alors il demande comment va sa camarade. Et réfléchit à la réponse à sa question après l’avoir posée. Voire, en réalité, ne réfléchit pas du tout. Avec tout ça, il aura quand même eu un bisou sur la joue. Mis à part qu’il est réveillé, la journée commence bien. Remarquez, on ne peut pas profiter d’un bisou en étant endormi.
Mince. Voilà qui entre en conflit avec le fait de dormir sur le plan logique – et technique à dire vrai. Oh, soit. Tant qu’ils ne bougent pas du lit, ça ira.

Avec tout cela, la Baskerville a eu le temps de s’installer sur lui, l’homme suit bien évidemment le mouvement et bascule sur son dos afin de ne pas perdre le contact visuel. A quoi est-ce qu’elle joue ? Absolument aucune idée. Mais elle peut rester là où elle est, aucun problème. Surtout si elle paie le parking en caresses comme elle le fait actuellement. Le brun ne ferme pas les yeux, préférant la regarder, un léger sourire sur les lèvres alors qu’il glisse ses mains le long de ses genoux puis sur ses cuisses. Très sagement, les mains incriminées ne font que reposer sur la jeune rousse, sans arrière-pensée et sans chercher à la tenter.

- On reste dans le lit, au moins, on est au chaud. Oh et non, j’ai très mal dormi ! Tu sais, tes bras réconfortants et ton torse musc-... Hum, bref, loin d’être agréable tout ça, ce n’est vraiment pas sérieux.

Il hausse un sourcil tandis qu’un sourire amusé s’amène sur son visage sans qu’il ne puisse le retenir.
Si on enlève les remarques ironiques et qu’on ne garde que le reste – en fait que ce que Finn veut entendre quoi, et son cerveau, bien qu’encore un peu à côté de sa place habituelle, parvient très bien à faire le tri. Un compliment ? Deux compliments même ? Attendez, trois carrément si on compte le fait qu’elle vient de sous-entendre gros comme cinq baleines qu’elle a bien dormi dans ses bras.
C’est mignon. C’est très mignon.
Chercher à obtenir des compliments de la part d’Aiko est loin, bien loin, d’être un de ses buts. Parce que… Allons, obtenir sa confiance ou être autorisé à la toucher – dans tous les sens du terme – comme il le fait, c’est déjà en soit un sacré compliment. Celui qui dit qu’elle l’aime bien. Beaucoup. Qui sait. Pas lui en tout cas et on s’éloigne du sujet. Les compliments il les a plus ou moins tacitement. Il n’empêche qu’entendre ce genre de choses à voix haute fait toujours plaisir. Et l’amuse aussi, puisqu’elle s’est reprise en plein milieu.
Oh et puis. Victoire ! Elle a dit qu’ils restent dans le lit. Il manque encore une durée, mais l’opération rester au lit avec Aiko progresse bien.

- Tu voulais dire musclé ? Mais fais donc je t’en prie.

Les mains de l’homme remontent sur la taille de la jeune femme en même temps qu’il s’exprime avec un amusement non dissimulé. Il ne fait que la taquiner, parce que c’est chacun son tour après tout. C’était trop tentant pour le laisser passer. Est-ce qu’elle avait envie de le dire à la base ? Aucune idée, mais bon. Au milieu de tout cela, elle aura quand même affirmé avoir bien dormi. Ce qui, somme toute, aurait tout à fait pu ne pas être le cas. Cela vient juste confirmer qu’ils sont à l’aise l’un en la présence de l’autre.

Aiko vient coller son front au sien. Ils sont tellement proches qu’il n’y aurait presque rien à faire pour l’embrasser. Il est tôt et pourtant, le Baskerville est déjà bien conscient du corps contre le sien, à peine vêtu dans un cas comme dans l’autre. Bien que pour autant il n’en fera rien. Du moins, dans l’immédiat. Leur proximité a aussi quelque chose de rassurant, de doux, de chaleureux. Quoi, il n’en sait rien, mais c’est bien là. Peut-être juste le fait de s’être réveillés côte à côte, même si être avec Aiko déjà hier apportait un peu de cet étrange sentiment. Dans tous les cas, il renouvellerait bien l’expérience plusieurs fois, juste pour voir si cela donnerait le même résultat à chaque essai. Reste à ce que la Baskerville soit pour, il lui exposera peut-être son plan un jour. Juste pour voir.

Doucement, la jeune femme finit par glisser sur le côté, reposant sa tête sur lui. Sans l’avoir embrassé encore. Elle attrape sa main et il serre la sienne gentiment en réponse en fermant les yeux. Et non, il n’essaie pas de se rendormir, il a juste envie de fermer les yeux et de profiter du calme. Il reste parfaitement conscient et attentif. Quelque part, il serait étonnant que la jeune femme cesse de s’agiter ainsi. Elle a l’air décidée à le taquiner.
Tant qu’elle n’est pas décidée à le sortir du lit, tout ira bien.
Peu après, la jolie rousse se met effectivement à bouger de nouveau, amenant Finn à ouvrir les yeux. Elle lui embrasse la mâchoire – et s’il avait su, il aurait tourné le visage pour que leurs lèvres se rencontrent à la place. Elle évite soigneusement ses lèvres depuis qu’ils sont réveillés de toute façon. Pour embêter l’homme qui finira par régler le problème, si Aiko ne cède pas avant à son propre jeu. Ils aiment beaucoup se tenter l’un l’autre. Le seul ennui, c’est qu’en faisant cela ils peuvent tout à fait céder eux même à leurs propres tentatives. Pour le moment, le contractant a seulement décidé de faire de la résistance jusqu’à ce qu’elle fléchisse. La contre-attaque si elle ne fléchit pas viendra plus tard. Ou ne viendra pas, qui sait jusqu’où il peut user faire jouer son entêtement. Enfin, cela n’empêche pas que Finn Baskerville aimerait beaucoup qu’Aiko Baskerville l’embrasse là maintenant tout de suite. Sauf qu’au lieu de ça, il obtient une affirmation sortie de nulle part :

- Tu es mignon. Non. Adorable.

Sa première réaction est l’étonnement. Il n’a rien fait d’adorable dans les cinq dernières minutes, du moins pas qu’il ne sache. Et voilà encore un compliment, à croire qu’Aiko a décidé de tous les lui faire.
Pas qu’il s’en plaindrait, vous pensez bien.
L’étonnement laisse pourtant rapidement place à un sourire accompagné d’une lueur d’amusement dans ses yeux. Mignon. Adorable. Deux adjectifs tellement virils à appliquer à un homme. Vraiment, le genre de qualificatifs qui font tout de suite penser à un être humain, mâle, relativement grand, de carrure normale, sans problème particulier à noter – la flemme est un fléau, il n’y a rien à faire contre cela. Le genre d’adjectifs loin de faire songer à un petit chaton ou à un chiot par exemple. Mais Finn n’a honte de rien – ou presque, vraiment – et lui, contrairement à Aiko, n’en rougira pas. Hey, il n’y a pas deux minutes, elle le qualifiait de musclé. Vous voyez, il n’y a rien dont il faille avoir honte ou se sentir gêné. En fait c’est même amusant, vu qu’elle le complimente encore. Elle bouge à nouveau et va reposer sa tête sur son oreiller. L’homme glisse une main dans les cheveux de la jeune femme en se tournant vers elle – lâchant au passage sa main –, sur sa tête où il appuie légèrement afin de l’enjoindre à rapprocher son visage du sien. Toujours amusé, il vient frôler ses lèvres des siennes – ok la vengeance n’aura finalement pas tardé – et lui souffle :

- Ton niveau surpasse le mien tu sais.

Il conclue sa phrase en déposant un bisou sur son nez. Son nez, parfaitement. Et par « niveau », il est évident qu’il veut tout simplement dire qu’elle est plus adorable que lui. Sans l’ombre du moindre doute. Victoire écrasante de la Baskerville sur ce plan.
Finn relâche la jolie rousse suite à cela, sans pour autant se laisser retomber sur son dos. En éloignant le visage juste pour que ce soit convenable, sa main glisse jusqu’à l’une de celles d’Aiko pour la reprendre dans la sienne en entremêlant leurs doigts. L’embêter est une occupation absolument passionnante si vous voulez son avis. Et, en même temps, ils restent au lit. D’une pierre deux coups, que demander de plus ? Ce grattage de temps avance à merveille. Ils ne se lèveront jamais. Jamais, jamais, jamais. Jaaaaaaaaaamais. Nah.
Enfin ça c’est ce qu’il aimerait bien penser. Heureusement, la Baskerville est là pour le ramener à la réalité de temps en temps.

- Tu as quelques chose à faire aujourd’hui ?

Aujourd’hui ? Aujourd’hui, est-ce qu’il a un truc à faire… La liste a été dressée un peu plus tôt mais, bien entendu, elle est déjà oubliée. Alors à la place de la réflexion vient la réponse absolument spontanée qui montre au passage qu’il n’a définitivement pas envie de bouger :

- Non.

Evidemment, deux secondes de réflexion plus tard vient le froncement de sourcil pensif et le :

- Quoi qu’en fait, si. Je travaille ce soir.

Voilà ce qui arrive quand on sèche le boulot, il faut rattraper. Et pas question qu’il y coupe cette fois. Mais, comme il a dit, c’est ce soir. Et présentement, c’est le matin très tôt. Alors il y a le temps. Plein de temps encore. D’ailleurs il s’est levé trop tôt et il sera fatigué ce soir. Même qu’après il devra probablement s’y reprendre à trois fois pour déverrouiller sa porte avec ses clés en rentrant du travail tellement il n’y verra plus clair. Et, si vraiment il est hors service, son lieu de crash sera le canapé. Economie de huit pas et d’une autre porte à ouvrir – bien qu’il suffise de la pousser, celle-là. Dure vie.
Mais encore une fois, ce sera ce soir. Cette nuit, même. Il serait mal avisé d’y penser plus que cela et de ne pas profiter du présent donc. Est-ce qu’Aiko a du travail à faire, elle ? Mis à part le rapport.

- Tu as quelque chose, toi ?

Non, non, non, dis non. Enfin à part le rapport, comme ça ils n’ont pas à bouger immédiatement. Et, plus que cela, leur séparation est remise à plus tard. Sauf qu’évidemment il ne dit pas cela à voix haute, ni même le laisse paraître. Mais il n’en pense pas moins. Pour l’instant elle est encore un peu trop loin, mais il sait qu’il va craindre la séparation. La dernière fois déjà elle avait été délicate. Elle avait trainé en longueur pour « juste cinq minutes de plus ». Enfin, il y aura le temps pour y penser plus tard.

Décidé à embêter un peu Aiko à nouveau – et à la coincer au lit, toujours, toujours – l’homme décide de venir lui embrasser le cou gentiment. En glissant une jambe entre les siennes, il bascule sur elle à son tour sans cesser son jeu dans son cou, prenant soin de ne pas l’écraser de son poids et sans lâcher sa main qu’il remonte au niveau de la tête de la jeune femme. Va-t-il ou ne va-t-il pas céder tout seul ? Il cède trop. Il cède trop mais c’est tellement bien aussi. Et puis elle n’a qu’à moins le tenter, à moins l’attirer, voilà. Remarquez en même temps plus le temps passe plus il semble s’y complaire. L’étreinte de la jolie Baskerville n’est pas quelque chose dont il aime se défaire.
Le contractant embrasse délicatement tout le cou, puis le long de la mâchoire avant de remonter au coin des lèvres. Et puis son corps agit sans sa permission – mais avec sa bénédiction, cela va de soit – et il attrape la lèvre supérieure de la jeune femme entre les siennes, l’embrassant ensuite de cette manière à plusieurs reprises. Non, il ne sera pas celui qui approfondira le contact, c’est décidé. Non mais.
Enfin, pour ce que ce genre de résolution chez lui vaut…
Il n’empêche qu’il finit quand même par reculer le visage, un sourire doux accroché aux lèvres juste pour la jolie rousse. Sourire qui migre ensuite au coin de sa bouche alors qu’une idée lui traverse la tête et il va pour sceller brièvement leurs lèvres à nouveau avant de dire :

- On troque des baisers contre du temps au lit ? Tu me dois déjà dix minutes de plus.

Mais quel escroc. Chassez le naturel, il revient au galop hein, puisque l’attaque mignonne n’a pas marché, on passe à un autre type de tentative afin d’éviter de sortir de là. Tout aussi bancale, cette technique, cela dit. Il fera quoi si elle décide de le priver de bisous par exemple, hein ? Mis à part dire qu’elle triche et venir en voler quand même, parce que lui interdire quelque chose de ce genre, surtout de la part d’Aiko, est la meilleure façon pour qu’il vienne le chercher lui-même. Juste pour contredire. Et parce que c’est interdit, et braver un interdit sur les lèvres de la jeune femme ne peut qu’être amusant et terriblement tentant. Surtout tentant.
De nouveau l’homme revient frôler les lèvres de la jeune Baskerville des siennes, décidant alors de compléter sa proposition très sérieuse – du moins, de son point de vue – en ajoutant :

- A moins que tu ne veuilles échanger autre chose.

Lui, faire des sous-entendus ? Du tout, ce n’est pas son genre.
En fait si et il ne s’en cache pas, mais bon. D’ici à ce que la jolie rousse le prenne au mot et trouve une parade, il n’y a qu’un pas. Ou, encore une fois, le jette juste dehors. Ce serait tellement facile de le pousser par terre, de le prendre par surprise pour qu’il n’oppose même pas de résistance.
Un dernier baiser comme les précédents et il reprend sa place initiale à côté d’Aiko, prenant soin de rester contre elle, lui rendant juste sa liberté de mouvement qu’elle aurait de toute façon pu regagner d’elle-même. Il ne lâche sa main que pour pouvoir l’entourer de son bras et caresser doucement son dos. Le sommeil le tente moins à présent – quoi que si elle offre, il ne dira certainement pas non – mais rester sous les draps reste son objectif. Avec Aiko, bien sûr. C’est amusant de marchander avec elle – vu la « monnaie » d’échange, en même temps – même si elle ne cède pas facilement du terrain. Voire n’en cède pour le moment pas du tout. Ou en cède sans en avoir l’air du point de vue de Finn puisque, selon lui, s’ils sont encore lit c’est qu’elle est parfaitement d’accord pour. En réalité, c’est surtout aussi parce que quelque part il doit l’amuser avec ses tentatives et surtout être en train de déteindre sur elle, mais passons. A bien y regarder, ils n’ont jamais dû passer autant de temps l’un en présence de l’autre avant. La transition s’est effectuée sans même qu’ils ne s’en aperçoivent.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   4th Février 2013, 09:18

Il y a des personnes faites pour se battre. Il y a des personnes faites pour les armes. Il y a des personnes faites pour ne vivre pour un désir, un envie, une personne, tout ce que vous voulez mais pas pour eux-mêmes. Ce sont ces personnes qui veulent se venger, peut-être simplement et tout bonnement obéir aux ordres. Il y a d’autres personnes, celles-ci faites pour rester à la maison, pour remplir le décor, pour donner une bonne image, pour faire joli en somme. Ce genre de personnes qui prennent le thé et croquent dans des biscuits en riant de cette façon leur étant propre. Ce genre de personne qui, même si parfois superficielles, sont celles qui réussissent dans la vie. Parce que dans un jeu d’échecs, ceux ne courant aucun risque, c’est bien sûr les deux personnes s’opposant. Ceux qui dirigent tout, ceux qui se contentent de déplacer les pions. Même s’ils s’investissent réellement dans la partie, il suffit que celle-ci prenne fin pour que tout cesse au même moment. Chacun vaque de nouveau à ses occupations, continue sa vie, sa routine. Ils ne risquent donc rien. Jamais. Si ce n’est peut-être perdre un titre ou je ne sais quoi – encore fut-t-il qu’il soit question de championnat ou de quelque chose du même genre et que celui-ci ait d’assez grandes envergures. Tout comme ces mêmes personnes qui, comme déjà dit, sont celles qui réussissent dans la vie. Parce qu’ils ne se salissent jamais les mains. Parce qu’ils ne font rien. Quoique si. Il y a bien quelque chose qu’ils savent faire à part à merveille, bien sûr, se vêtir à longueur de journée d’un masque d’hypocrisie qui, au début, il faut tout de même l’avouer, est lourd. Cette autre chose dans leurs cordes était d’éprouver des sentiments. Ils ne ressentiraient sûrement jamais les frissons que pouvaient ressentir les personnes qui se battaient pour eux, ces personnes qui, chaque jour, mettaient leurs vies en péril. Ces montées d’adrénaline, pourtant, on ne peut tout bonnement pas les troquer contre tout l’or du monde. Même si c’est effroyablement dangereux, rapidement, cela devient grisant. Faire couler le sang et même avoir notre propre sang qui coule est grisant. Sentir nos lames déchirer la peau de l’adversaire, atteindre ses organes et le voir pousser des hurlements bestiaux avant de nous faire subir la pareille, nous faisant capituler ; tout cela était grisant aussi. Ces personnes là vivaient réellement. Par pour l’image, pas pour la famille ; elles vivaient juste, n’avaient pas le temps de se demander quel thé elles allaient bien pouvoir déguster le lendemain. Après tout, ils ne savaient même pas si lendemain il y aurait. Mais, en même temps, vivre ne signifie pas pour autant vivre pour soi. Vivre, c’était vivre. Juste vivre. Comme cela. Elles vivaient pour assurer la vie de leurs supérieurs. Ces mêmes supérieurs qui, dans les familles nobles – prenons donc l’exemple des Rainsworth – étaient des personnes – des femmes ici – distinguées et ne possédant nulle aptitude physique pour tenir face à un quelconque danger. Seules, elles ne servaient à rien – ou pas grand-chose pour ne pas tenir des propos insultants. Mais il faut de tout pour faire un monde et les représentants de la noblesse sont malheureusement indispensables, bien que complètement inutiles à ceux qui ne cessaient de combattre en leurs noms, au nom de la paix ou de je ne sais quelle autre sottise. Les deux points communs entre ces deux catégories de personnes ? Eh bien, simplement l’incroyable capacité à ressentir divers émotions, comme déjà cité plus haut. Ils étaient tous capables de s’inquiéter – bien que peu souvent pour les mêmes choses, les mêmes personnes – et de se faire un sang d’ancre. Tous capables d’aimer – bien que sûrement pas des personnes du même rang. Tous capables de haïr – là en revanche, il est possible que ce soit les mêmes personnes. Étrange, non ? Simplement parce qu’ils sont tous humains. Vous vous dites sûrement que je raconte n’importe quoi ou que, tout du moins, ça n’a aucun rapport avec le court de l’histoire, non ? Eh bien, détrompez-vous. Cela a un étroit lien avec Aiko. Aiko qui fait partie de la catégorie qui vit pour assurer la survie des autres. Sauf que dans leur cas à eux, Baskerville, Glen-sama était bien loin de se vêtir d’une robe et d’aller boire le thé en parlant du beau temps – soit dit en passant, c’est une scène plutôt drôle à imaginer et qui devrait être illustrer par un joli dessin tenez ! –, bien loin de là. Glen s’appliquait parfois même dans les missions. La jeune femme obéissait néanmoins à ses ordres et ce, de façon absolue. Et Finn faisait aussi partie de cette même catégorie. Tous deux étaient capables d’éprouver des sentiments. Et tous deux étaient capables de ressentir du désir, de la peine. Ils l’avaient d’ailleurs prouvé, et ce, pas plus tard que la veille. Néanmoins, il y avait une autre différence entre les deux catégories. La plus basse hiérarchiquement ne pouvait pas se permettre de ressentir des sentiments qui pourrait la perturber et la mener à faillir quelques tâches lui étant assignées. Ni Aiko ni Finn ne devaient se laisse perturber. Sous aucun prétexte. La jeune femme savait bien que, sans doute comme tout Baskerville, le jeune homme devait être particulièrement loyal envers son clan. Pourtant, il y avait bien une relation, en ce moment, entre eux. En fait, c’est une chose indéniable. Et si, par hasard, le fait de ne pas y voir clair serait parce qu’ils ne veulent pas avoir une vue plus nette de leur situation ? Si c’était de la pure crainte, de l’appréhension ? Quelque chose s’en approchant, sans doute. S’ils avaient été les dirigeants, ils ne se poseraient peut-être pas tant de questions. Ça avait peut-être un rapport avec le fait qu’ils soient tous deux des déchus. Ou plutôt, pour Aiko. Parlons d’elle. Elle qui rapportait tout à son clan, à sa famille. Même si Finn était aussi un Baskerville, elle savait que mettre un nom sur leur relation serait l’officialiser. Et du coup, sa propre vision des choses ne sera plus la même. Elle n’aura plus en tête le seul objectif de réussir les missions, mais elle s’inquiétera inlassablement pour Finn lorsqu’il sera loin d’elle. Elle ne sera plus la Baskerville modèle qu’elle était. Qu’elle était pour sa mère avant tout.
Allongée près de l’homme, elle y pensait. Elle se demandait si là n’était pas son blocage. Peut-être craignait-elle de ne plus avoir les mêmes objectifs ? Ce serait fâcheux car elle décevrait plus d’une personne. Mais en contrepartie, elle verrait un sourire illuminer le visage de l’homme. Alors, qui choisirait-elle ? Finn ou je ne sais combien de personnes, dont principalement sa mère ? Son passé et son présent ou son présent et son futur ? Elle ne savait pas. Et ça la perturbait. Chose qui la perturbait plus encore, eh bien, c’était le fait que sa théorie n’était pas crédible du tout. À compter de la veille déjà, ses objectifs avaient changés. Il n’y avait pas encore eu de séparation entre les deux jeunes gens, mais lorsque ça arriverait, elle ne pourrait s’empêcher de penser à lui. Encore et encore. Déjà que la dernière fois, c’était passé limite, mais alors là maintenant... Ce prétendu blocage était une malheureuse justification. Aiko le savait. Et Aiko savait autre chose. Si elle découvrait que Finn est un traitre, elle s’occuperait de lui de la même façon qu’avec toute autre personne. Pire encore, cela deviendrait une affaire personnelle et elle se montrerait plus odieuse encore. Pourtant, elle savait parfaitement que Finn ne serait jamais un traitre. Sans une excellente raison. Et encore. Alors peut-être pensait-elle pouvoir lui faire du mal seulement parce qu’elle savait que c’était inenvisageable. Après, en revanche, si elle devait elle-même choisir entre son clan et Finn – allez savoir pourquoi – eh bien, il lui paraissait étrange comme la réponse était claire désormais. Peut-être était-elle encore dans les vapes, tout juste réveillée. Pourtant. Pourtant, le prénom de l’homme lui brûlait la langue. Était-ce possible qu’elle qui, pendant dix-huit années successives, s’était battue pour l’honneur des Baskerville choisirait un homme ? Peut-être après tout, mais... Mais pourquoi ?

Il n’avait jamais été question de choisir. Pourquoi y pensait-elle alors ? Parce qu’elle était comme ça. Parce qu’elle était le genre de personne à se poser beaucoup trop de questions. Tout le contraire de Finn en réalité. C’était tellement ironique. Lors de leur première rencontre, ils avaient vu en l’autre juste assez d’intérêt et de points communs pour s’y intéresser de plus près et avoir cette envie d’en apprendre plus, d’éventuellement devenir amis. Après, avec le temps, après avoir étudié quelques uns de ces points communs qu’ils possédaient, eh bien, ils découvrirent plusieurs différences. Dit comme ça, il est vrai que ça pourrait paraître défavorable pour leur relation. Il n’en était néanmoins rien. Effectivement, ces différences pourraient être interprétées comme d’excellents sujets de conversations. Et aussi une très bonne excuse pour approcher l’autre, l’effleurer, le toucher. De toute façon, tout était excuse pour embrasser l’autre, n’est-ce pas ? Depuis quelques temps du moins. Parce que bon, avant, avouons que leur relation n’était nullement basée sur cela. En plus de quoi, il y avait naturellement le fait que l’un soit un homme et l’autre une femme. Les liens les plus durables sont ceux qui unissent les sexes opposés. Pour qu’il y ait un certain contraste. Même en étant une Baskerville, même ensachant manier les armes, même en n’ayant aucune pitié lorsqu’elle ôtait la vie, même si elle possédait un fort caractère – voire complètement un caractère de chien – et même si elle avait ce coté féministe que lui avait inculqué sa mère sans même s’en rendre compte – après tout, une femme parmi les hommes ne peut avoir son dû que par elle-même et sans jamais espérer de l’aide d’un quelconque stupide mâle – elle demeurait une femme. Et les femmes sont plus vulnérables que les hommes, c’était comme ça et c’est tout. Elles pleuraient plus facilement et prenaient peur plus rapidement aussi. D’ailleurs, hier soir, elle lui avait clairement dit qu’elle avait peur de le perdre. Elle s’était montrée vulnérable, touchable. Chose qu’elle ne faisait habituellement jamais. Pourtant, il y avait eu un début. Et, heureusement, elle était tombée avec une personne qui avait nettement les capacités pour la réconforter. Après tout, c’était lui l’homme, n’est-ce pas ? Il était « censé » être plus fort qu’elle, plus courageux, je ne sais trop quoi. Censé parce que bon, il faut avouer que dans certains couples, eh bien, c’est la femme qui dirige. Complètement même. Mais Aiko n’était pas comme ça. Enfin, je dis couple, mais elle n’avait jamais été en couple hein. Je veux juste dire que lors de ses relations amicales ou uniquement basées sur le désir, elle avait beau se montrer autoritaire, elle ne tenta jamais et ne tenterait jamais d’occuper la place qui était réservée à celle de l’homme. Féministe ou pas, elle savait parfaitement que certaines personnes – que certains hommes – ne méritaient nullement pareil traitement. Prenez par exemple Curtis et Finn. Pas comparables du tout ces deux hommes. Mais alors là, pas. Du. Tout. Normal qu’Aiko soit féminine, douce et gentille avec l’un et tout bonnement féministe et méchante avec l’autre. Enfin bref, désires-tu un nouvel aspect de la femme qui partage ce lit avec toi, Finn ? Sache simplement qu’elle estime chaque personne à sa juste valeur et qu’elle sait respecter le sexe masculin aussi. Qu’elle connait sa place et que malgré un accès de narcissisme la prenant parfois – bien que rarement, Aiko était, envers et contre tout, juste.

Tandis qu’elle s’installait sur Finn – pas la peine d’imaginer des trucs tordus hein. Enfin, pas pour l’instant du moins – ce-dernier laissait un sourire errer sur ses lèvres alors qu’il venait déposer ses mains sur les cuisses de la jeune femme. Pour une fois, cette-dernière ne rougit pas, se contentant de sourire légèrement. Derrière ce geste ne se trouvait actuellement pas de pensées particulières, alors aucune raison de rougir. Ce ne sera pas pour tout de suite, Finny. Parlons-en donc de la réaction tant attendue par la jeune femme. Après tout, il était rare – non, en fait, jamais ça ne se produit d’après ses souvenirs – qu’elle fasse des compliments à des hommes. Et encore, ça aurait été de simples compliments, pourquoi pas ? Mais il a fallu qu’elle s’interrompe au bout du deuxième. Et ça, c’était sacrément louche. Voyez-vous, c’est dans ce genre de moments qu’elle aurait apprécié être au-dessus d’un homme assez dans les vapes pour ne pas relever ce petit détail. Ce tout petit détail. Mais non. Finn semblait s’être réveillé. Il devait simuler tout à l’heure. À coup sûr. Non mais, il écoutait vraiment que ce qu’il voulait écouter. Elle laissa ses yeux bruns étudier son visage et nota sans grand souci son haussement de sourcil accompagné d’un sourire particulièrement amusé. Et qui la mettait plutôt… Mal à l’aise. Bien sûr qu’il n’avait pas manqué de remarquer le mot inachevé que prononça la jeune rousse. Et bien sûr qu’il était amusé. Comment ne pas l’être, sérieusement ? À sa place, elle se serait même moquer – cela voulait dire que le brun était clément avec elle, eh oui. Cela n’empêche qu’elle nota dans un coin de son esprit qu’elle allait lui faire payer cette « mise en gêne ». Oui, tout à fait, elle était rancunière. Enfin, qu’importe, elle préféra plutôt se concentrer sur les mots qu’il prononça alors qu’il remontait ses mains sur sa taille. Elle se contenta d’ailleurs de lever les yeux au ciel de façon purement ostentatoire alors qu’elle ne réussit pas à dissimuler un sourire amusé. Bien sûr qu’elle voulait dire musclé. De peur que sa voix ne trahisse un trouble quelconque, elle préféra simplement poser soigneusement ses doigts sur son torse et les bougea, enfonçant légèrement ses ongles dans la peau, histoire qu’il réagisse en contractant ses muscles. Voilà, réponse donnée, et par lui-même en plus, n’en demandez pas trop d’elle non plus.
À bien y penser, Aiko s’en fichait complètement que ce soit la première fois qu’elle dorme dans les bras d’un homme. Ce qu’il fallait retenir était qu’elle avait dormi dans les bras de Finn. Et ça avait quelque chose de tranquillisant. De totalement affectueux. Alors que son visage était si proche du sien, que ses lèvres effleuraient les siennes, elle voulait l’embrasser, certes, mais elle n’y pensait pas tant que cela. Elle le sentait juste un peu plus. Le sentait près d’elle, littéralement en elle. Les Baskerville n’étaient jamais à l’abri d’un danger. Et en ce moment, allez savoir ce qui pouvait se passer, ils n’étaient pas tant en sécurité que cela. Pourtant, aucun des deux n’y pensait réellement. Et puis, sûrement pas Aiko. Elle savait qu’elle était avec Finn. En avait pleinement conscience. Alors elle était en sécurité. Même entre les flammes, des lames sous la gorge, tant qu’elle le savait à ses cotés, alors elle était en sécurité. Malheureusement, lui ne devait sûrement pas ressentir cela. Mais que voulez-vous ? Il fallait bien qu’il y ait quelques désavantages à être l’homme.
Lorsqu’elle lui saisit la main, elle sentit une légère étreinte là-dessus. Il était bien là. Aujourd’hui, à ce moment plus qu’à un autre, elle le sentait là, à ses cotés. Quelqu’un était enfin là pour elle. Aiko pouvait enfin cesser d’être aussi dure et autoritaire. Aiko pouvait enfin se contenter d’enduire son comportement de gentillesse et de tendresse, de simple douceur. Finn était-il celui qu’elle avait toujours attendu ? Celui qu’elle avait toujours attendu sans même attendre, en fait. Qu’importait. Tout ce qui importait était que maintenant, elle n’était plus seule.
Oh, bien sûr qu’il a dû remarquer qu’elle fuit inlassablement ses lèvres. Pour le taquiner, oui. Et pour tester ses propres capacités à tenir tête à l’irrésistible brun. Jusque là, ça va, elle tenait plutôt bien. Mais si Finn n’était pas le premier à céder, elle ne jouerait plus. Oui, elle pouvait céder à son propre jeu à tout moment. Et donc être la perdante. Sauf lorsqu’il n’était plus question de jeu. Et donc plus question non plus de gagnant ou de perdant. En même temps, ce n’est pas comme si Aiko y pensait alors qu’elle revenait sagement à sa place. On dirait qu’elle avait décidé de bouger ce matin. Si ce n’était pas une preuve de son excellente forme, alors qu’était-ce ? N’avions-nous pas déjà dit que tout était relatif ? En suivant cette même logique, cette excellente forme ne pouvait qu’être due à son excellente nuit. Dans les bras du brun. Parce qu’elle refusait tout bonnement de dire que c’était son amant. Parce qu’un amant avait quelque chose de... De presque vil.

Le compliment qu’elle venait de lui sortir était tout bonnement venu de nulle part. Elle ne savait pas même pourquoi elle lui dit ça. Et bon, sur le coup, elle ne pensa nullement au fait que ça pouvait, d’une quelconque façon que ce soit, toucher sa masculinité. Elle aurait pu lire dans ses pensées, elle aurait bien ri en imaginant le brun en un petit chiot. Mais bon, commentaire à part, elle n’avait pas cette capacité et ne savait donc pas à quoi il pensait. En ce qui la concernait, elle ne s’attarda pas plus que cela sur les mots qu’elle venait de lui dire. N’oublions pas que ça ne faisait pas plus de dix minutes qu’ils étaient réveillées hein, alors la réflexion poussée ne sera pas pour tout de suite. Pas pour elle du moins. Enfin, pour Finn, allez savoir s’il allait décider d’activer son cerveau pour la journée hein. Non, ça n’avait strictement rien d’insultant. Simplement véridique. Qu’est ce que ça avait de mal, après tout, de savoir maîtriser son cerveau et de le mettre en veille lorsqu’on ne voulait plus réfléchir ? Rien du tout. Et, encore une fois, non, cela n’a rien d’ironique. Vraiment.
En revanche, en ce moment, il semblait étonné. Aiko regarda ce même étonnement se muer en amusement. Elle n’attendit néanmoins pas plus longtemps avant de retourner s’allonger. C’est alors qu’elle sentit sa main glisser dans sa chevelure écarlate et appuyer juste assez sur sa tête pour l’inciter à rapprocher son visage du sien. Chose qu’elle fit sans se faire prier, allant d’emblée coller son front à celui de l’homme. Heureusement qu’il ne s’était pas plaint du fait qu’elle évitait ses lèvres un peu plus tôt, parce qu’il semblait prendre autant de plaisir à le faire. Méchant. Na. Alors que leurs lèvres se frôlaient – pas plus, mais ça ne saurait tarder –, Finn murmura dans un souffle chaud quelques paroles qui, à défaut de faire rougir notre demoiselle, réussirent tout de même à lui faire détourner les yeux un bref instant. Il allait arrêter, oui ? Il avait déjà deux armes contre elle pour la faire rougir : déposer ses mains sur ses cuisses et lui dire qu’elle était mignonne, voire le lui sous-entendre. Comme il venait tout juste de le faire. Oh, il allait vraiment le lui payer... D’autant plus qu’il venait de l’embrasser sur le nez ! Sur le nez ! Tiens, répéter une phrase lui donne effectivement plus d’entrain – et non, je n’avouerai pas avoir toujours rêvé de dire quelque chose du genre. Il allait vraiment le lui payer, c’était décidé. Et puis, un instant, elle se remémora. Adorable ? Hier, avec une arme à la main, peut-être moins. Mais là, en nuisette qui ne couvrait quasiment rien, il fallait avouer qu’elle ne pourrait pas le contredire. Même si elle devait avoir les cheveux en bataille. Pour une fois, gagner ne lui plaisait pas tant que cela. Pas sur le plan de degré de mignonisme du moins. J’aime bien ce mot, on devrait vraiment l’ajouter au dictionnaire.
Il lui rendit alors sa liberté en la relâchant, allant chercher sa main. Ah oui, il l’avait lâché. Sans doute au même moment où ses doigts allèrent trouver leur chemin entre ses mèches de cheveux. Après tout, pour qu’elle ne se soit pas aperçue du fait que la main de Finn se soit retirée de la sienne, il a bien fallu qu’il troque ce geste contre un autre. Il demeura allongé sur le flanc droit, lui faisant face. À quoi pouvait-il bien penser ? À quoi pouvait bien ressembler son utopie du moment ? Étrangement, Aiko avait l’impression que ça avait un lien avec le lit. Un étroit lien avec le lit. Et si elle avait visé juste, alors elle venait de détruire ses rêves à l’instant même en lui posant la question fatale. En outre, elle venait de lui demander s’il avait quelque chose à faire aujourd’hui. À part le rapport de mission qu’ils rendront ensemble et qui signera sans doute la fin de cette bien longue rencontre. Ce pourquoi elle évita de mentionner qu’elle voulait parler de choses à faire en dehors de ce rapport. Parce qu’elle penserait à leur séparation. Même si bon, dit ou pas dit, elle y pensait tout de même. Au moins, seul l’un d’entre eux était en train d’imaginer cet instant où ils devront se séparer. Que c’était perturbant de l’avoir à portée de main en ce moment, à quelques centimètres, et de savoir qu’il allait être loin de plusieurs kilomètres dans quelques heures. Peut-être minutes. Perturbant, oui, vraiment. Et ce n’était rien de le dire.

Alors qu’il répondait à sa question – et qu’il revoyait d’ailleurs cette même réponse – la jeune femme laissa un sourire étirer ses lèvres tandis qu’elle attrapa le visage de l’homme entre ses deux mains en allant lui embrasser la joue – non, elle n’allait toujours pas l’embrasser, il n’avait qu’à le faire lui, non mais. En attendant, l’information atteint son cerveau. Ah. Il devait travailler. Mais le soir. Donc, du coup, le problème allait venir d’elle parce qu’il fallait qu’elle aille au plus tôt voir son supérieur. Suite à la question du brun, elle poussa un soupire qui en disait déjà bien long sur les mots qui allaient suivre. Eh non, elle n’était malheureusement pas libre. Enfin, elle pouvait tout de même encore rester un peu au lit. Mais juste un peu hein. Parce que bon, avec Finn dans l’appartement, il y avait comme qui dirait une petite voix dans sa tête qui lui disait qu’une fois tous deux debout, ils n’allaient pas tout de suite prendre le chemin de la porte. Pas de pensées tordues s’il vous plaît. Enfin, quoique ça pourrait. Ça pourrait très bien même.
Elle amena son index à sa bouche et sembla réfléchir un instant. C’est vrai qu’elle pourrait ne pas prendre d’autre mission. Surtout vu son état physique actuel. Mais si elle ne le faisait pas, ce serait remettre au lendemain. Voire au surlendemain. Elle ne pouvait pas se le permettre. D’autant plus que vu qu’elle ne travaillait pas à coté, alors il allait vraiment falloir qu’elle bosse sur les missions données par le clan si elle ne voulait pas aller demander une aide financière de la part de sa mère dans les jours à venir. Les jours à venir. Ces-mêmes jours où, comme chaque année, elle ne ferait strictement rien si ce n’est passer ses journées dans un certain endroit. Elle balaya toutes ces pensées en laçant un demi-sourire à Finn.

« Je vais voir s’il y a une mission pour moi. T’inquiète, rien de bien dangereux. »

Oui parce que ce ne serait pas très commode qu’il s’inquiète et commence à lui dire que ce n’était pas raisonnable et je ne sais quoi encore. Il avait prouvé hier qu’il s’inquiétait pour elle. Bien sûr, Aiko était parfaitement consciente du fait qu’il savait pertinemment qu’elle était adulte, qu’elle faisait ce qu’elle voulait et tout ce qui s’en suit. Mais apparemment, rien que le fait d’avoir vu une plaie sur ses côtes avait fait qu’il l’avait obligée – oui oui, obligée, je n’exagère rien – à se soigner. En usant aussi bien d’un baiser chaste qui n’était, à ce moment là, pas encore assez apprécié par la jeune rousse, que d’une façon nettement moins chaste. Enfin, ce serait bien drôle tout de même qu’il tente de la convaincre de ne pas faire cette mission. Pourquoi ? Parce qu’il lui tardait de redécouvrir ses baises effrénés, ses caresses frénétiques et sa douce fureur lorsqu’il la le regardait, la transperçait. Mais bon. Finn était têtu. Très têtu. Trop têtu. Et entre-nous, elle doutait du fait qu’elle puisse se montrer plus convaincante que lui s’il décidait de jouer à la sourde oreille. Tout compte fait, elle trouvera bien un autre moyen de pouvoir à nouveau le redécouvrir.
Elle n’eut pas à réfléchir bien longtemps que le jeune brun décida d’agir, allant lui embrasser délicatement le cou alors qu’elle laissait tomber sa tête de l’autre coté, les yeux mi-clos. Que ce soit avec douceur ou ardeur, ça lui procurait toujours ces mêmes frissons diablement agréables. C’est alors qu’elle sentit l’une de ses jambes allant se loger entre les siennes, la ramenant sur terre. Lorsqu’elle reporta son regard sur Finn, il était au-dessus d’elle, l’une de ses mains entre ses mèches écarlates. Elle sourit légèrement alors qu’il s’affairait à continuer de passer son cou au peigne fin. Il le connaissait si bien avec le temps. Et puis, il avait dû comprendre que ça faisait vraiment plaisir à la demoiselle qu’il laisse ses lèvres traîner dessus. Elle fit passer sa langue sur ses propres lèvres avant de les coincer entre ses dents. Quand Finn passa sur sa mâchoire, elle étouffa un soupire. Il vint ensuite lui embrasser le coin de la bouche. Ce serait si facile. Si facile de tourner la tête de quelques infimes millimètres. Au lieu de quoi, elle enfouit ses doigts dans les boucles brunes de son opposant en appuyant juste assez sur sa tête pour l’inciter à venir l’embrasser. Ou elle le ferait. De toute façon, dans cette position, il était juste hors de question qu’il éloigne son visage avant qu’ils ne s’embrassent. Même si c’était elle qui, depuis leur réveil, ne cessait de provoquer. D’ailleurs, elle aurait su qu’il travaillait tard, elle n’aurait pas cherché à le réveiller. Qu’importe désormais. Il finit par l’embrasser, sa lèvre supérieure coincée entre celles de l’homme qui renouvela ce geste plusieurs fois avant d’éloigner quelque peu son visage, un sourire doux sur le visage. Sourire qui laissa rapidement place à une certaine malice vu qu’il revint pour l’embrasser, prononçant une phrase qui ne manqua pas de faire rire la jeune femme. Il revint frôler ses lèvres, achevant une proposition qui était déjà assez bizarre comme ça, avant de l’embrasser de cette façon une dernière fois et revenir à sa place, lui caressant le dos de sa main ayant récemment quitté la sienne. Il n’en fallait pas plus pour la demoiselle pour qu’elle retourne se positionner au-dessus de lui, plaquant ses mains sur le lit, des deux cotés de son visage. Elle sourit malicieusement – machiavéliquement ? Ça pourrait aussi convenir tout compte fait – et alla l’embrasser. D’abord tendrement, délicatement. Ça ressemblait plus à une longue caresse qu’à un réel baiser. Mais cela ne tarda pas longtemps, car elle entreprit elle-même d’approfondir le contact, allant faire passer sa langue sur la barrière que formait les lèvres de Finn contre les siennes, histoire qu’il entrouvre la bouche. Elle le fit calmement car elle savait pertinemment qu’il n’allait pas opposer de résistance à un geste qui devint presque naturel pour eux deux. L’une de ses mains alla vers le visage de l’homme qu’elle caressa délicatement alors qu’elle éloignait légèrement son visage. Onze minutes comme ça. Bien sûr, rien ne disait qu’elle allait accepter ce marché. Et, si Finn décidait de ne pas voir que ce qui se présentait sous ses yeux, il comprendrait qu’elle avait une idée derrière la tête. Enfin une occasion de se venger.
Elle ouvrit la bouche, une pique esquisse n’attendant que d’être prononcée. Troquer autre chose hein ?

« Je ne pense pas que tu aies quoi me donner pour que je reste au lit ne serait-ce qu’une heure, mon pauvre Finn. »

Huh ? Une atteinte à sa virilité ? Ça ? Mais non voyons. Pas du tout. Du tout, du tout, qu’est-ce que vous croyez ? Enfin, quand même un peu hein. Un peu beaucoup d’ailleurs. Comme quoi il n’avait pas assez pour tenter de lui soutirer soixante malheureuses minutes au lit. Comme s’il ne pourrait jamais tenir le coup. Alors que bon, elle était parfaitement placée pour savoir qu’il pouvait tenir aussi longtemps qu’elle. Sans doute plus s’il le voulait vraiment. Qu’espérait-elle en lui disant cela ? Peut-être lui soutirer une moue boudeuse. Sûrement pas le vexer ; comme déjà dit, elle savait parfaitement de quoi il était capable. Après, elle aurait pu se montrer plus explicite pour être sûre qu’il comprenne. Mais c’était lui qui avait commencé avec les sous-entendus tordus, d’abord !
Mon pauvre Finn. Mon Finn si on retire l’adjectif. Hum... Il ne relèverait pas ce détail, n’est-ce pas ? Parce qu’Aiko venait tout juste de s’en rendre compte, elle.
Elle revint cueillir ses lèvres, continuant d’approfondir le baiser alors que la main caressant le visage de l’homme préféra aller se poser sur le torse masculin qu’elle inspecta rapidement. Elle n’éloignait son visage que de quelques millimètres, juste pour retrouver son souffle avant de reprendre son activité. Ce n’était pas sa faute. S’il avait approfondi le contact dès qu’il en eut l’occasion, elle ne serait pas en train de limite l’étouffer en ce moment. Pas sa faute que je vous dis. Finalement, au bout de je ne sais combien de baisers échangés, les derniers aussi ardents que les premiers, notez-le bien, elle bascula sa tête en arrière en affichant un sourire purement amusé. Combien même il aurait boudé, elle n’aurait pas vraiment pu le voir. Et lui n’avait de toute façon pas eu le temps de témoigner de cela. Sauf si l’idée de ne pas répondre aux baisers offerts par la rousse l’avait prise. Enfin, quoiqu’il en soit, la jeune femme conclut d’un baiser dit chaste avant de retourner à sa place. En usant d’un effort surhumain, elle réussit à s’asseoir sur le lit. Et avant que Finn n’ait pu l’en empêcher – sinon elle n’aurait plus essayé, croyez-le bien – elle se releva du lit. Elle alla s’adosser au mur faisant face à ce même lit et sourit légèrement, sa tête inclinée sur le coté, le regard relevant de la pure malice. Comme si elle allait vraiment accepter de troquer des baisers contre du temps au lit. Ses baisers, elle les avait quand elle le voulait. Et qu’il n’essaye même pas de lui ôter ce droit. En revanche, elle pouvait bien le faire, elle. C’était elle qui écrivait les règles, alors bien-sûr, elle était immunisée contre tout ce qui pourrait la contrarier. D’une voix enjôleuse, elle s’exprima alors, espérant réussir à faire bouger Finn du lit. C’est qu’il était vraiment prêt à tout pour se rendormir. Non mais sérieusement, où est-ce qu’elle trouva bien un homme pareil ! Enfin, même si cela relève du sarcasme total, elle n’oserait jamais réellement penser cela. Un homme pareil, ça ne court pas les rues. Un homme pareil n’avait logiquement rien à faire avec elle. Aiko ne se voilait pas la face. Elle avait des défauts. Finn en avait aussi. Mais même si elle possédait des qualités, le brun méritait mieux. Tellement mieux...

« Si tu ne te lèves pas tout de suite, Finn Baskerville, je peux t’assurer que tous tes droits sur moi te seront ôtés. »

Une voix enjôleuse. Un ton autoritaire. Un brin de malice. Et, en réalité, zéro en crédibilité. Bien que pour ce dernier point, elle n’en laissa rien paraître. Elle avait trop l’habitude. Trop l’habitude d’entendre les gens mentir, être hypocrites, malhonnêtes, escrocs, faire du chantage. Il fallait croire qu’elle s’était laissée influencer par tous ces gens. Pour une fois qu’être un tas de ces adjectifs dévalorisants ne la dérangeait pas.
Finn Baskerville. Elle n’avait jamais prononcé son prénom suivi de son nom de famille. Parce que c’était bête ; elle savait parfaitement que c’était un Baskerville. Mais ça avait ce quelque chose d’autoritaire. Pourquoi ? Bonne question. Il faudrait qu’elle demande à sa mère d’ailleurs. C’est vrai que c’était elle qui la faisait frissonner de tout son long lorsqu’elle l’appelait par son nom complet. Ou alors, il allait falloir attendre qu’elle soit mère. Tiens, ça pourrait presque faire office de blague.
Tes droits sur moi. Quels étaient-ils, Finn ? Tu es bien le seul à le savoir. Mieux qu’elle-même en réalité. Même s’il est hors de question qu’elle t’ôte pareils droits, dis-toi qu’elle serait prête à te mentir encore quelques minutes pour que tu te bouges de ce fichu lit. Veux-tu vraiment en arriver là ?
Elle poussa un léger soupirer en approchant du lit, agrippant les draps qu’elle ôta d’un coup sec. Sa tête toujours penchée vers le coté, elle avait un réel sourire enfantin accroché aux lèvres. Allez, sait-on jamais, peut-être que le joli brun ne sait pas de quels droits peut bien être en train de parler la jeune femme. Une justification ? Bien sûr. Aiko se pencha au dessus de lui et lui tint délicatement le visage avant de lui offrir un long, langoureux et passionné baiser. Était-il réellement prêt à rester au lit et perdre cela ? À lui de choisir, bien sûr. Elle lui montrait juste toutes les solutions. Et l’incitait aussi vu qu’elle venait de l’embrasser ardement et qu’elle retira les draps – il ne pourra pas prétexter un manque de chaleur, na.
Elle alla ensuite vers son armoire, l’ouvrant doucement alors qu’elle piocha un jupe couleur indigo légèrement plus longue que celle qu’elle portaitlal veille, en pleine mission, et un t-shirt noir avec une étoile blanche imprimée dessus. Elle se tourna alors vers Finn et, avec un sourire malsain, s’exclama. Avec cela, elle aura abattu toutes ses cartes. Eh bien, croisons les doigts.
La vengeance est un plat qui se mange froid. Froid et épicé.

« Quoique tu peux rester encore quelques secondes, histoire que je me change. »

Il faut avouer que si elle voulait réellement prendre cette mission et s’en occuper rapidement, ils n’auraient pas le temps de jouer un peu plus sérieusement. Jouer sérieusement. Ça en serait presque un oxymore. Pas avec eux deux du moins. Les jeux pouvaient être très sérieux. Beaucoup trop sérieux. Enfin, quoiqu’il en soit, en suivant cette même logique, ils n’auront pas le temps de se rincer l’œil. Enfin, pas Finn, parce qu’Aiko avait eu tout le loisir de le faire vu que Monsieur dormait avec un simple sous-vêtement en guise de pyjama. Ce qui, il faut le dire, était loin – très loin d’ailleurs – de déplaire à notre jeune rousse. Lui en revanche, n’aurait aucune occasion de la voir plus dénudée qu’avec son habit actuel ? Quand on est une femme, il faut savoir se servir de son corps. Voilà tout.
Elle tourna, presque à contrecœur, le dos au séduisant brun et ôta son habit violet. Elle posa le t-shirt sur le bord du lit et enfila sa jupe, fermant un instant les yeux.
Le moment approchait. Elle ne voulait. Elle ne voulait pas qu’ils se séparant. Même si elles voulaient qu’ils se retrouvent. Et que les retrouvailles exigeaient une séparation. Autant qu’ils ne se retrouvent pas et qu’ils restent ensemble. Qu’elle ne fasse pas sa mission. Qu’il n’aille pas travailler. Peut-être bien. Mais jusqu’à quand ? Ils seront trop rapidement grisés. Autant se séparer tant qu’ils en avaient encore le courage.
Pas encore. Encore quelques minutes. Quelques malheureuses minutes où Finn serait en sécurité. Où elle veillerait sur lui comme veille une femme sur son... Je complèterai sûrement ce vide présent dans l’esprit d’Aiko une fois qu’elle aura trouvé le mot adéquat. Et puis, être en sa présence lui assurera aussi sa propre sécurité. Alors que faire cette mission, même de routine, pourrait lui coûter la vie. Mais c’était ainsi qu’elle aimait vivre. C’était ainsi qu’elle était condamnée de vivre aussi. En se battant. En se battant pour défendre son clan, son maître, l’honneur, la justice. Aussi juste puisse être celle-ci pour un Baskerville. Les baisers, les caresses, la délicatesse et l’amour ne suffisent pas à subvenir aux besoins humains. Un jour, ce sera le cas. Un jour, Aiko ne vivra que de cela. Telle était son utopie.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   7th Février 2013, 09:47

A sa question, elle soupire. Elle soupire comme dans « oui, j’ai quelque chose à faire ». Finn tâche de ne pas avoir l’air déçu. Pourquoi il serait déçu, d’abord ? Ils se reverront. La dernière fois ils avaient eu un peu de mal, mais il avait bien vécu la séparation. Il n’y a aucune raison que cette fois-ci soit différente. Aucune. Ou pas, mais il refuse d’y penser et, au réveil, il est très facile de remiser au fond ce à quoi il ne veut pas penser. Et il ne veut pas penser à leur séparation ou au fait qu’elle pourrait être plus dure cette fois-ci.

- Je vais voir s’il y a une mission pour moi. T’inquiète, rien de bien dangereux.

Il s’en doutait mais maintenant c’est officiel : Aiko n’est pas du tout raisonnable dès qu’il est question de blessures et de soins à y apporter. En fait il faudrait probablement qu’elle soit clouée au lit pour de bon pour être sûr qu’elle ne reparte pas en vadrouille sitôt la tâche précédente terminée. Evidemment, l’assommer n’est pas non plus une option raisonnable, même si l’idée traverse la tête de l’homme alors qu’il passe une main sur les blessures non visibles sous le tissu, mais qu’il devine pour les avoir vues, de la jeune femme. Il les survole juste afin de ne pas lui faire mal, mais ce geste en dit déjà long sur ce qu’il pense. Aiko, tu es blessée et tu ne devrais pas repartir tout de suite. Attendre au moins quelques jours, la vitesse de récupération des Baskerville aidant, il ne faudra pas longtemps. Quelque part, il a des doutes sur la véracité du « rien de bien dangereux ». Elle n’a pas encore été voir et rien ne dit que si la seule chose qui s’offre à elle est quelque chose de dangereux, elle ne le prenne pas. Le Baskerville soupire. Depuis quand est-ce qu’il s’inquiète ainsi pour elle en dehors ? Prendre soin de ses plaies est une chose, il le fait avec tous ses coéquipiers non raisonnables, Nana – et maintenant Aiko – en tête de liste. S’inquiéter pour la vie de Baskerville somme toute réellement difficiles à tuer – avouons que quelqu’un qui ne meurt pas si poignardé à mort, c’est déjà quelque chose – en est une autre. Pourtant c’est là, au fond, une petite appréhension qui ne le quittera probablement pas pendant quelques jours, qui reviendra le piquer régulièrement quand il pensera à elle – parce qu’il pensera à elle, c’est indéniable. Qui ne sera réellement calmée que lorsqu’il reverra la jeune femme. C’est dur de tenir à quelqu’un.

- Fais attention à toi.

Il repose sa main. Cela ne sonne pas en tant que tel, mais c’est aussi un avertissement. Il pourrait tenter de l’en dissuader, pourrait employer les mêmes méthodes qu’hier. Cela ne ferait que retarder l’inévitable ; sitôt qu’il serait parti, elle irait. Il est têtu, elle aussi et forcément s’il n’est plus dans le coin, il n’y a plus rien pour s’opposer à elle. Alors à la place il lui montre son inquiétude et compte bien faire en sorte qu’elle s’en rappelle jusqu’au bout. Histoire de bien réfléchir avant de prendre une mission et de ne pas accepter n’importe quoi. Technique odieusement basse, mais rien à faire. Allons, qui a cru qu’il n’essaierait pas un truc quand même ? Finn reste Finn. L’un de ses nouveaux objectifs dans la vie est d’empêcher la jolie Aiko Baskerville de faire trop de bêtises incluant ses armes, des ennemis et elle-même. La tâche ne sera pas facile, mais, pour Aiko, il veut bien le faire. Même pas peur. Ce genre de plan possède plusieurs types d’attaques. L’une d’elle consiste tout simplement à tenter d’influencer la cible par diverses méthodes. Comme, à l’instant, afficher pleinement son inquiétude. Qui, au passage, n’est nullement feinte et ne signifie pas pour autant qu’il ne tentera pas quand même de la dissuader de bouger à nouveau, un peu plus tard et sans prévenir.

Suite à cela, il vient finalement à son tour chercher sa dose d’affection. Oui parce qu’en fait, il n’y a qu’Aiko qui bouge depuis tout à l’heure, lui ne fait qu’observer ou agir sans vraiment se déplacer. Et puis, il aime beaucoup se retrouver au-dessus d’elle, aucune de ses réactions ne peut lui échapper. En contrepartie, bien sûr, aucune des siennes ne peut échapper à la jeune femme. D’ailleurs, la position marche même si les rôles sont inversés et l’homme n’a, pour sa part, pas de réelle préférence. Tant qu’elle est contre lui, il n’y a pas grand-chose qui le dérange de toute façon.
Sa tentative pour avoir du temps en plus à flemmarder sur le matelas se solde par un rire de la jolie rousse. Chouette, il l’a faite rire. Moins chouette, il vient encore de rater à priori. A croire que rien ne pourra la convaincre que si, ils ont tout à fait besoin tous les deux de rester au lit. Parce que le Soleil vient seulement de se lever. On passera sur le fait qu’à cette époque de l’année, M. Soleil ne se lève pas si tôt que cela non plus. Enfin d’après Finn de, tout ce qui se trouve avant dix heures est trop tôt de toute façon. Dix heures c’est très bien. Son horloge interne sonne à dix heures. Bref, il est trop tôt pour lui. Le monde appartient peut-être à ceux qui se lèvent tôt, m’enfin quand ils sont repartis se coucher et que les lèves-tard sont toujours debout, c’est l’inverse qui se produit.
Après quelques baisers échangés, il retourne sagement à sa place. Il n’en faut pas plus pour que la Baskerville revienne sur lui. Le sourire qu’elle affiche a quelque chose d’étrange, mais Finn n’a pas réellement le temps de se demander quoi qu’elle l’embrasse à son tour, effaçant efficacement toute trace de réflexion de son cerveau. Entre un sourire qui a un petit truc pas tout à fait normal et un baiser, il a vite fait son choix sur ce qui a droit à son attention et n’hésite pas à offrir plus d’accès à la jeune femme quand elle en fait la demande. Ha, finalement c’est elle qui aura cédé. Il passe une main sur sa nuque comme pour la maintenir en place bien qu’il n’y effectue qu’une pression très légère. Ce qui fait que la jolie rousse n’a aucun mal à reculer le visage par la suite.

- Je ne pense pas que tu aies quoi me donner pour que je reste au lit ne serait-ce qu’une heure, mon pauvre Finn.

Alors là ! Trop cruelle, trop mesquin, c’est un coup bas ! Vile femme cruelle, méchante et… Ok, il n’en pense pas un mot. Non, parce que par exemple pas plus tard qu’hier après-midi, ils ont fait des trucs et elle a dit plus ou moins volontairement d’autres trucs et… Voilà. Certains signes ne trompent pas, si elle n’avait pas aimé un minimum, elle ne l’aurait pas laissé faire. Ce n’est pas comme si elle lui devait quoi que ce soit. Mais bon, œil pour œil, dent pour dent hein, c’est lui qui a commencé après tout. N’empêche que c’était bas et facile. Donc sa vengeance ne tardera pas. Et en attendant il tâche quand même d’afficher un air mis-choqué, mis-blessé, mis-boudeur – trois demis pour une unité, parfaitement. Il aurait bien boudé ou répliqué quelque chose, mais elle le fait taire efficacement avant même qu’il n’agisse plus, en revenant l’embrasser. Et là, qu’il soit maudit s’il décidait de ne pas en profiter dans le seul but de répliquer à cette pique. Il profite et il verra le reste après. Son cas est complètement désespéré. Hey, la vengeance est un plat qui se mange froid. Même si cela ne l’empêche pas, soit dit en passant, de venir « punir » Aiko en faufilant une main sous le vêtement qu’elle porte et de poser l’autre sur sa cuisse, dangereusement vers l’intérieur. Même pas une heure, hein. Tss. Il l’a occupée toute une nuit juste en la gardant dans ses bras, d’abord, même si cela sort un peu du contexte.
De toute façon, au pire, il pourra toujours l’attacher avec les draps, piquer une sieste et se réveiller dans une heure. HA. Enfin ça aurait probablement marché sur une femme incapable de lui tenir tête en combat, qu’il soit plus fort au niveau musculaire ou non. Attacher une Aiko non consentante pourrait bien s’avérer périlleux pour son intégrité. Mettons donc à part les fantaisies.
Leurs échanges finissent par se calmer puis s’interrompre sur initiative de la jeune Baskerville, qui conclue le tout d’un baiser chaste. Il le savait qu’elle aimerait ça, il le savait. Elle les pratique elle-même maintenant. Et puis, voilà bien quinze minutes en tout de gagnées au lit sans avoir eu à faire grand-chose, mis à part sur la fin. Et toc.

Aiko va ensuite reprendre sa place, puis s’assoir. Elle a vite fait de se relever et de filer deux secondes plus tard alors que l’homme se redresse – enfin – en position assise. Non il ne rêve pas, elle vient bien de prendre la fuite. Il n’y a pas d’autre mot pour expliquer le départ rapide suivi de sa migration à l’autre bout de la pièce contre le mur. Tricherie ! Ses tentatives pour la garder dans le lit n’étaient en fait pas si vaines. Mince alors. La prochaine fois, il essaiera directement plus fort. Et maintenant, le dilemme. Sortir de la chaleur pour aller attraper Aiko – qui ne le laissera jamais retourner entre les draps ensuite, cela va de soit – ou rester là à l’observer ? La jolie rousse semble avoir parfaitement deviné ses pensées puisqu’elle ne tarde pas à asséner :

- Si tu ne te lèves pas tout de suite, Finn Baskerville, je peux t’assurer que tous tes droits sur moi te seront ôtés.

Quoiiii ? Jamais ! Il refuse. Inadmissible. Non mais. D’où est-ce qu’elle essaie de l’enchaîner réplique après réplique comme ça ? Il proteste. Révolution. Révolution !
Ou pas. Non, à dire vrai le premier truc qui lui vient à l’esprit est de répondre du tac au tac :

- T’oserais pas.

Et rien que pour appuyer son ton provocateur, il ne bouge pas d’un poil de sa position. Chaleur, chaleur, chaleur. Qui va lui être enlevée, il le sait, il le sent, Aiko ne s’arrêtera pas là. Elle l’a réveillé et maintenant elle va le tirer de là, peut-être bien au sens propre. Il ne relève même pas qu’elle l’a appelé par son nom complet et que ça fait un peu bizarre parce qu’elle a le même et que s’il avait décidé de répliquer avec son nom complet à elle, ça aurait sûrement sonné étrange. En même temps le cas de leur famille où peu sont réellement liés par le sang est particulier. Le contractant ne s’interroge pas non plus sur la nature des droits. Quels qu’ils soient exactement, il ne veut pas les perdre. Et puis dedans, il doit y avoir inclus ceux qui l’autorisent à l’approcher de très près ou à la serrer contre lui et à être serré par elle. Rien que ceux-là suffisent de toute façon à ce qu’il refuse de perdre quelque droit que ce soit sur elle. Voilà c’est niet, rien ne sera perdu. Rien du tout.
Oh tiens, la jolie rousse revient rapidement vers le lit. S’il avait quelques micros espoirs qu’elle lui lance un « c’était une blague » et revienne se blottir contre lui, ils sont maintenant tous annihilés. Elle ne vient que retirer les draps sans autre forme de procès. Finalement, ce sont les draps qu’elle tire du lit au lieu de lui. Adieu, chaleur. Froid. FROID. Impossible de retenir le frisson dû au changement de température soudain qui le parcourt. Bah oui, passer de la chaleur des draps à l’atmosphère forcément plus froide de la pièce d’un seul coup et alors qu’il ne porte pratiquement rien, ça se sent passer.
La jeune femme vient ensuite l’embrasser et il en profite pour se rapprocher d’elle un peu plus. Il pourrait, tandis qu’ils s’embrassent, tout à fait vicieusement rompre l’échange et l’amener sur le lit tandis qu’elle ne s’y attendrait pas pour récupérer Aiko et la chaleur. Il pourrait. Mais il ne le fait pas. Il s’approche juste plus près. Et il est bien évident que sa vengeance viendra et qu’elle sera terrible. Tout à fait.
Mais après son bisou. Qui arrive à son terme trop vite. Qui amène la Baskerville à attaquer son nouvel objectif trop vite aussi et à se détacher de lui pour aller vers l’armoire. Pourquoi est-ce qu’elle a à nouveau un sourire étrange sur le visage ?

- Quoique tu peux rester encore quelques secondes, histoire que je me change.

Oh bah si c’est si gentiment demandé… Et lui de répliquer :

- Mais fais, tu as toute mon attention.

Puis elle lui tourne le dos. Ça c’est moins drôle, y’a moins à voir. En fait, y’a moins à voir et Finn vient de décider que maintenant serait un très bon moment pour venir l’embêter à son tour. Alors il se relève – oh, miracle –, attrape et met son pantalon au passage puisqu’il se trouvait au pied du lit – et qu’il a vraiment froid, où diable a-t-il laissé sa chemise la veille – puis s’approche de la jolie rousse avant de l’enlacer par derrière, collant le dos féminin à son torse. Puisqu’Aiko a éliminé la chaleur du lit, elle n’a plus qu’à servir de nouvelle bouillotte. Excuse pour se coller à elle ? Mais pas du tout.
Il fait ensuite passer toute sa chevelure sur une épaule d’une main, en prenant soin de laisser ses doigts trainer sur la peau de la Baskerville. Puis il embrasse la seconde épaule ainsi dévoilée en prenant son temps pour remonter le long du cou jusqu’à sa mâchoire. Si elle se prépare maintenant, c’est sûrement qu’elle a l’intention de partir sous peu. Ils ont un rapport à rendre et, à priori, elle compte faire une mission, bien que le contractant n’approuve toujours pas cette décision-là. Quel mal y aurait-il à attendre quelques jours ? Deux à trois maximum seraient amplement suffisants. Ils y reviendront. Ils y reviendront parce que Finn n’a pas dit son dernier mot un peu plus tôt. Il lui a juste montré sa désapprobation dont elle devait peut-être se douter. Peut-être, à cause de la scène du désinfectant la veille. Mais peut-être seulement, parce qu’après tout avant la veille elle n’avait jamais eu moyen de se douter que le contractant avait une tendance à la protection ainsi. Surprotection diraient même certains. Ils reviendront là-dessus, mais pas tout de suite. Tout de suite il veut juste la taquiner et profiter du même coup d’une étreinte supplémentaire. Qui sait quand seront les suivantes. Enfin, il n’y pense pas dans l’immédiat, trop occupé à venir mordiller la jonction entre le cou et la mâchoire, près de l’oreille de la jolie rousse. Il lui glisse ensuite à l’oreille quelques mots en laissant avec amusement son souffle la chatouiller :

- Je n’ai pas envie que tu t’habilles.

Sous-entendu : je vais t’empêcher de le faire encore un peu. Et il n’attend pas son approbation pour la tourner vers lui et lui voler ses lèvres dans un baiser langoureux. Autant profiter tout de suite avant qu’elle ne décide que cela suffit pour de bon. D’ailleurs, pour palier à ce fait et tenter de dévier temporairement l’esprit d’Aiko de son objectif – enfin, officiellement, officieusement il profite surtout de la situation – il parcourt le corps féminin de ses mains, afin de lui offrir des caresses. L’idée de lui enlever la jupe qu’elle a réussi à mettre, simplement pour l’embêter, lui traverse le cerveau, mais il ne la met pas en application. Non parce que, s’il commence à la déshabiller, autant tout enlever. Et là, pas sûr qu’elle soit d’accord. Dommage. La retarder à la place suffira.
Quand le brun sépare enfin leurs lèvres, il plonge son regard dans celui plus foncé de sa camarade. Elle a de jolis yeux, avec différentes teintes de marron qu’il serait bien en peine de nommer. Mais il n’y a pas besoin de savoir les décrire exactement pour les trouver beaux et attirants, ni pour pouvoir y lire toutes sortes de choses et encore moins pour s’y perdre.
En déposant une main sur la joue de la Baskerville, le contractant approche à nouveau leurs visages. Cette fois cependant il lui offre un baiser plus sage et plus doux. Il s’agirait bien de rester calme. Le temps de jeu est terminé, ou presque, après tout. Voilà, encore une raison de ne pas se lever le matin. Même si, paradoxalement, ils ne s’amusent pas non plus quand ils dorment, ils sont… Juste tous les deux. Et au chaud. Ah, il vient de se rappeler où a atterri son haut la veille. Avec cette idée en tête, il recule le visage, non sans lancer une dernière pique avant de se décoller d’elle :

- Et au fait, t’as été occupée bien plus d’une heure au lit cette nuit juste dans mes bras sans qu’on ait à bouger.

Et ne parlons pas de l’après-midi d’avant. Bref. Il abandonne donc temporairement sa compagne pour aller récupérer sa chemise abandonnée près du canapé. Sans se tromper de porte une fois dans le couloir, parce qu’il a bien retenu. L’aller-retour étant très bref, il revient rapidement dans la chambre, tout en boutonnant son vêtement. Y voir les déchirures causées par la mission d’hier le ramène sur un sujet plus sérieux. Aiko et son état physique.

- Je suppose que rien de ce que je ne pourrai dire n’arrivera à te convaincre qu’attendre un jour ou deux avant de repartir en mission serait plus prudent, hein ?

Notez qu’il n’a parlé que de dire. Mais bref, il ne cherche pas midi à quatorze heures et a juste déroulé de but en blanc le fond de sa pensée. Et puis, pendant qu’il y est, il enchaîne :

- Hier tu avais peur que je ne sois qu'une illusion, moi j’ai peur que tu disparaisses pour de bon.

Il réalise à retardement ce qu’il vient de dire et détourne le regard, pour le coup un peu gêné. Ce n’est pas qu’il ne voulait pas le dire, ou qu’il ne le pense pas – ce qui est complètement faux –, mais pour le coup, le balancer comme cela… Jusque-là il l’avait sous-entendu, pas vraiment avoué à voix haute. Oh allez, ce n’est pas non plus grand-chose. C’est normal de souhaiter que les personnes chères restent en vie. Enfin, il ne voudrait pas non plus qu’Aiko se mette à penser qu’au fond il la trouve faible ou quoi que ce soit du genre. Mince alors, dur tout ça. Il aurait lancé la même chose à quelqu’un d’autre – en fait cela ne serait sûrement pas dit comme ça – il n’y aurait même pas eu d’arrière-pensée sur la façon dont l’autre personne aurait pu le recevoir. Bref, qu’importe, il n’aura été gêné qu’à peine quelques secondes avant de replacer son regard sur la jeune femme. Et son arrière-pensée ne lui a que traversé le cerveau. Le changement n’est pas pour tout de suite non plus.
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MessageSujet: Re: « Don’t let me go. Don’t leave me alone. Please. »   9th Février 2013, 07:54

Aiko se souvenait de ce jour. Aiko s’en souvenait parfaitement. Ce jour. Ce terrible jour. Ce maudit jour qui a signé la fin de la période de joie, de partage et d’innocence. Ce jour où elle reçu le droit de pleurer pour la première fois. Ce jour où elle pu laisser rouler ses larmes sur ses joues sans être battue ensuite par sa génitrice, sa mère, sa maîtresse d’armes et tous les rôles qu’elle occupait dans sa vie. De surplus, cette femme, ce modèle qu’avait la petite à cette période – car maintenant, elle n’avait pas réel modèle, si ce n’est une profonde estime pour cette même mère – eh bien, elle l’avait accompagnée dans sa déception, dans ce deuil ; c’était la première fois qu’Aiko voyait sa mère pleurer. Elles avaient toutes deux compris rien qu’en voyant l’homme de la famille arriver. Seul. Anko. Anko était morte. Morte pour toujours. Ne reviendrait plus jamais. Parce qu’Aiko n’avait pas su être assez persuasive. Parce que le père n’avait pas su défendre son enfant jusqu’au péril de sa vie. Comment avait-il osé revenir seul ? C’est ce qu’il disait. Il aurait dû y rester. Aiko ne l’avait jamais contredis. Il est vrai que si elle avait été à sa place, uniquement en tant que sœur et sans même être parente, elle n’aurait jamais accepté de faire face au reste de sa famille, au clan, alors que son compagnon de mission y était resté. Elle s’en souvenait. Elle se souvenait parfaitement de cette journée, de ce temps, de ce qu’elle faisait, ainsi que des moindres paroles prononcées ce jour-là. Que ce soit l’autorisation silencieuse que lui donna sa mère malgré ses mots contradictoires ou la mine dépitée de son paternel, vraiment, elle se souvenait de tout. Et principalement de l’effroyable douleur l’ayant secouée. Ces tiraillements au niveau de sa poitrine, ses suffoquassions suivies naturellement de difficultés respiratoires. Elle avait été à cela de s’étouffer dans ses propres larmes. Sans parler de ses membres engourdis ; des jambes en coton et des bras en porcelaine, prêts à se briser sous la moindre pression. Adulte qu’elle était maintenant, elle avait effectué de bien multiples missions, quelques unes qui la clouèrent au lit pendant plus d’une semaine, prise d’atroces spasmes et de tremblements découlant des sueurs froides. Et puis, ces cris bestiaux s’échappant du plus profond de sa poitrine alors que des lames, des griffes ou que sais-je encore s’enfonçaient dans sa peau, la blessant, faisant couler abondamment son sang. Oh, bien sûr, ça faisait mal. Vraiment très mal. Et encore, ce n’était rien de le dire ; fallait-il encore ressentir tout ce que je vous cite pour bien comprendre les mots qui vont s’aligner prochainement. Les contractants illégaux, les membres de Pandora, certains serviteurs de familles ducales aussi peut-être ainsi que les Baskerville affirmeraient cela : la douleur est un élément majeur de la vie sur lequel repose la survie. Une vie sans douleur ? Tout bonnement inimaginable. Pas possible de se figurer des choses qui ne pourront jamais se produire. Pas même dans un monde parallèle. Mais celui qui subit cette douleur un peu trop – tels les personnes citées il y a un instant – ne vivaient pas, loin de là. Elles survivaient. D’où le fait que la survie repose sur la douleur. Aiko était bien sûr d’accord avec cela. Mais il y avait quelque chose qu’elle avait malheureusement apprise à ses dépends. De quoi s’agit-il ? Avec tout ce que nous avons dis, avec toutes les douleurs qu’a bien pu subir Aiko – et Dieu sait qu’elles furent nombreuses –, elle n’avait jamais trouvé plus pertinente et plus dévastatrice que celle qu’elle subit lorsqu’elle apprit la mort de sa sœur – non – de sa jumelle. Il y avait d’ailleurs aussi eu la mort de son père. Mais... Comment dire ? Je pense bien qu’elle s’y attendait quelque peu. Je n’irai sûrement pas dire qu’elle était la mieux placée pour dire cela, mais il fallait avouer qu’elle était tout de même en mesure de dire que perdre un être cher était douloureux. Terriblement douloureux. En ces temps, quels êtes chers lui restaient-ils ? Sa mère, quelques rares – très rares en fait – amis ainsi que... Eh bien, Finn. Elle n’était sûrement pas encore prête pour avouer cela, mais il devait être en tête de liste ; plus que jamais, elle avait peur de le perdre. De le perdre lui et pas un autre. Lorsque sa sœur décéda, Aiko commença à comprendre pourquoi les gens disaient et répétaient qu’aimer équivalait à souffrir. Après tout, cela revenait à perpétuellement vivre dans la peur. Toujours dans cette même peur qu’un jour, tout prenne fin, tout change. Radicalement. Aiko avait eu peur pour son père, mais bien trop affectée par la récente mort de sa sœur, cette peur ne se concrétisa pas vraiment ; plus une simple crainte. Enfin, n’allez pas non plus croire qu’elle n’aimait pas son père. Quoiqu’il en soit, pour en revenir à Finn, il allait de soi qu’après les multiples révélations de la veille – certaines étant d’ailleurs demeurées silencieuses –, elle avait peur. Peur de le perdre. Que ferait-elle si elle le perdait ? Bonne, non, excellente question. À vrai dire, elle devait sans nul doute l’ignorer. Elle ne pouvait imaginer sa vie sans lui. Plus maintenant. À quel instant était-il devenu si important pour elle ? La dernière fois, au beau milieu des ruines et des vestiges de leur passé commun ? Peut-être. La veille ? Peut-être aussi. Bien que bon, était-ce envisageable que leur dispute les ait rapprochés ? Ce serait ironique tout de même, car elle avait beau remonter dans ses souvenirs, jamais elle n’avait perdu son sang-froid face à un être aimé. Elle n’avait jamais blessé des personnes qu’elle aimait. Pas de cette façon. Pas de la façon dont elle s’y était prise pour atteindre Finn. Rappelons qu’elle avait appuyé sur son bleu, s’était éloignée de lui de quelques pas – étrangement, elle avait eu l’impression que ce n’était pas uniquement de la distance physique qu’elle mettait entre deux ; quelque chose s’était brisé et Finn avait dû le ressentir aussi – et l’avait, par la suite, traité de menteur et insulté d’imbécile. Ce qui fit le plus mal ? C’était les non-dits et les non-faits. D’ailleurs, maintenant qu’elle y pensait, la seule et unique fois où la douleur qui la traversa approcha de cette douleur dont il fut question un peu plus tôt et qui la secoua lorsqu’elle apprit la mort de sa sœur, c’était bien lorsqu’elle aperçu la marque soigneusement déposée sur le cou de Finn. À cet instant, son esprit se vida pour n’accueillir qu’un seul mot. Mot qui sonnait étrangement dans sa tête. Trahison. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. La douleur se propagea, se mua en une jalousie infernale et devint par la suite une irritation incontrôlable. Finalement, Aiko parvint à déterminer au moins une chose ; Finn était maintenant le seul être sur Terre à pouvoir la transformer en une poupée de chiffon. Volontairement ou involontairement. Pour ressentir de nouveau la douleur qui se sinua entre les remparts défensifs que consistaient sa volonté dans son esprit il y a de cela quelques années, il fallait que Finn subisse le même sort que sa jumelle. Mais il ne fallait pas qu’elle y pense. Il ne fallait pas qu’elle se l’imagine. Jamais.
Pourtant, lorsqu’il prit cet air grave et sérieux, qu’il planta son regard dans le sien, qu’il lui dit qu’il craignait qu’elle disparaisse, elle s’imagina morte. Juste quelques secondes. Puis elle se mit à sa place. Et elle l’imagina déserté de la vie, un simple corps qui se désintégrerait au fil du temps. Son âme à elle, à tout jamais, suivra la dégradation du corps de l’homme. Elle mourra mentalement avant de trouver le courage de mourir physiquement.

Finn mort. Comment pourrait diable réagir Aiko ? Cela dépendait des circonstances dans lesquelles elle apprendrait cette nouvelle. Si elle apprenait cela par pur hasard, en entendant des Baskerville parler, elle essaierait sans doute d’en apprendre plus, de savoir si ce n’était pas un simple et vulgaire mensonge. Même si en entendant ces mots, une partie d’elle saurait qu’il ne fallait pas se leurrer ni se figurer un Finn en vie, elle ne cesserait de chercher des informations – il fallait dire qu’elle était aussi entrainée pour cela – et elle ne serait entièrement abattue que lorsqu’elle aura vu son corps, non, sa dépouille. Ce ne sera qu’un simple moyen pour s’occuper l’esprit en attendant le moment fatidique où elle n’aura d’autres choix que de faire face à la vérité, à la réalité. Mais chaque jour, plutôt, chaque nuit, les larmes couleraient tandis qu’une partie d’elle se détachera, le vide présent en elle ne faisant que s’agrandir et s’élargir jusqu’à devenir un gouffre de ténèbres. Parfois, elle pleurera silencieusement, d’autres fois rageusement. Le jour, elle sera une Aiko dure et froide, insupportable et excessivement hautaine. Au diable les bienfaits de la vie et le statut de Baskerville s’il n’y avait plus l’unique personne avec qui elle pouvait et voulait partager cela. Partager cela et aussi partager ses jours, ses nuits, son temps et son corps. Désespérer et s’avilir en allant se perdre dans les plaisirs charnels avec d’autres hommes ? Très peu pour elle. Jamais elle ne pourrait ne serait-ce qu’espérer trouver un homme comme Finn. Et de toute façon, l’envie de chercher ailleurs ne la prendrait sûrement pas. Pas après tous les moments qu’elle a bien pu partager avec lui. Ce serait plus qu’une trahison; un blasphème ! Elle n’aurait de toute façon pas le temps. Elle occuperait ses journées à tenter de savoir si ce qu’elle a entendu est bien vrai, s’il y a une quelconque preuve de ces avancements – au fond et étrangement, elle ne doutait pas du fait qu’elle saurait en entendant les vils et fatals mots si c’était vrai ou faux – et les nuits, elle pleurerait en se défoulant comme elle le pouvait. En martelant ses poings contre un mur, en défiant des maîtres d’armes. En outre, elle chercherait – vainement – de trouver une douleur plus forte que celle qui découlerait de la mort du brun. De son brun. De celui qui était son brun.

Il y avait un autre moyen pour la jeune femme de découvrir la mort de Finn. Si elle était avec lui. En mission peut-être. Dans ce cas-là, je pense que soit elle se battrait dans l’unique but de mourir, soit elle tenterait de le venger et réussirait sans doute. Serait-elle lâche ou courageuse ? Elle l’ignorait. Mais si elle trouvait le courage de le venger, de rester en vie, alors elle continuerait de chercher une douleur plus forte encore pour espérer, non pas oublier, mais seulement surmonter cela. Alors elle chercherait des moyens de faire cela. Peut-être en allant voir sa mère et de se présenter à elle comme l’unique responsable. Mais au fond, elle ne savait pas comme elle réagirait. Ce genre de réaction ne pouvait être prédit. Ni par elle ni par un autre. Elle aurait juste effroyablement mal. Et la douleur qu’elle subit lorsque sa sœur décéda sera renouvelée. Renouvelée au centuple. Elle aura au moins trouvé cela. En ayant perdu l’être le plus cher à ses yeux. Perdre Finn n’aurait rien d’une partie de plaisir. Et même si elle ne pourrait déterminer précisément la réaction qu’elle aurait, elle saurait qu’elle ne tiendrait pas longtemps avant de le rejoindre. Finn la qualifiait de forte, mais il ignorait quelque chose. C’était lui qui faisait cette même force qu’elle possédait. Sans lui, elle serait faible. Faible et frêle, sans appui et sans protection. Elle ne serait plus que l’ombre d’elle-même. Elle qui avait toujours été la lumière. Lumière éblouissante au début et sans ombre un peu plus tard. Sans Finn... Elle mourrait, consumée d’une douleur indescriptible et extrême.
Il ne devait pas mourir. Ce serait affreux. Elle ne voulait pas. Mais c’était un grand garçon ; il savait parfaitement se défendre. Et Aiko ne sera pas toujours près de lui. Combien même, qui dit qu’elle pourrait le protéger ? Seulement veiller sur lui. S’inquiétait-il pour elle comme elle s’inquiétait pour lui ? Si tel était le cas, alors elle comprenait qu’il veuille qu’elle attende un peu avant de prendre une mission. Oui, elle comprenait. Mais la vie ne pourrait s’arrêter là. Ils ne pourraient vivre éternellement dans la peur de se perdre l’un l’autre. Finn ne devait pas s’inquiéter pour elle. Il ne devrait pas. Alors pourquoi ? Et pourquoi se sentait maintenant si...
Nous n’étions-nous pas encore là, alors reprenons le cours du récit, mais commençons un peu plus tôt. Hum ? Comment se sentait-elle ? Vous le saurez. Vous le saurez plus tard, quand nous nous étalerons d’avantage sur les ressentis de la demoiselle lorsque Finn lui fit part de ses inquiétudes.
Rembobinons.

D’abord, lorsqu’elle lui dit qu’elle avait pour intention d’aller voir s’il y avait une mission pour elle, il ne se fit pas prier pour laisser son visage se teinter d’un voile sombre d’inquiétude. Elle s’y attendait, bien sûr, mais cela ne l’empêcha pas d’être atteinte par sa réaction. Elle se mordit la lèvre inférieure, détournant le regard. Elle ne voulait pas être la cause de son anxiété. Même s’il fallait avouer que d’un certain coté, c’était touchant car cela voulait dire qu’il tenait à elle. Mais même si ça avait ce coté mignon, cela réussissait tout de même à mettre la jeune Aiko bien mal à l’aise. Il avait approché sa main de son ventre et laissa ses doigts effleurer la surface du tissu. Ses blessures. Oui mais quoi ? Elle ne pouvait pas ne pas faire de mission aujourd’hui. Pour toutes les raisons déjà cité. Finn doutait peut-être de sa deuxième phrase, lorsqu’elle dit qu’elle se contentera d’une mission anodine. Elle le pensait vraiment, mais il est vrai que si elle ne trouvait pas son bonheur, il serait fort probable qu’elle prenne tout ce qu’on lui proposait. Parce qu’elle était comme ça ; Aiko n’était pas raisonnable. Ne l’avait jamais été et n’avait pas pour intention de le devenir. Mais ça, Finn s’en doutait sans qu’elle n’ait à le dire, alors autant ne pas s’enfoncer en lui promettant de ne pas faire de bêtises et se retrouver avec une promesse rompue sur les bras.

Il parla et la jeune femme se contenta de hocher doucement la tête. « J’essayerai », qu’elle aurait voulu dire ; mais elle s’abstint, car ce n’était sûrement pas la réponse qu’il désirait entendre. Il n’ajouta rien d’autre, plantant simplement son regard dans le sien et lui transmettant toute son inquiétude. Elle lui sourit doucement, mais la promesse silencieuse qu’elle voulait lui faire ne se transmit pas. Étrangement, à part cela, il ne fit rien d’autre, ne chercha pas à la convaincre de rester sage pendant deux ou trois jours. Bizarre. Qu’est-ce qui se dissimulait derrière ce manque de pertinence ? Aiko avait comme l’impression de ne pas encore être sortie d’affaire. Tant pis ; elle effectuerait cette mission, car elle était ce genre de Baskerville à enchainer mission après mission. Voilà tout.
Quelques instants plus tard, la voilà qui le provoque avec une mesquinerie qui la fait intérieurement bien rire. Lui ne semble pas rire, car son visage eut le temps de se vêtir de bien des expressions. Ce garçon était unique, spécial dans son genre ! Comment diable réussissait-il à être choqué, blessé et boudeur en même temps ? Juste avant d’aller coller ses lèvres aux siennes et d’entamer une séance de baisers, elle sourit, satisfaite de l’extrême finesse – ben voyons ! – dont elle usa pour choisir ses mots. La vengeance de Finn ? Elle l’attendait. Et impatiemment qui plus est. Cap de faire face à son esprit tordu. Pourtant, cela n’empêche qu’elle pensait que la sentence tomberait un peu plus tard, lorsque ce serait son tour de jouer. Mais non. Finn semblait bien décidé à faire regretter à la jeune femme ses mots, omettant complètement le système de tours – ce ne serait sûrement pas elle femme qui allait se plaindre de toute façon. L’une de ses mains trouva aisément son chemin, se déposant sur la cuisse d’Aiko, en dessous du tissu et vers l’intérieur qui plus est. Il ne manquait pas de culot – et c’est elle qui disait cela, sérieusement. Ajoutez à cela la surprise du geste et vous obtenez une Aiko prise d’un long, violent – et fort agréable, il faut l’avouer – frisson qui interrompt son activité un instant pour se cambrer en laissant un faible – sans doute pas aussi faible qu’elle l’aurait voulu, néanmoins – gémissement s’échapper d’entre ses lèvres qui demeuraient collées à celles de Finn. Ne pouvant le fusiller du regard vu qu’elle n’avait strictement aucune envie de cesser de l’embrasser, elle se contenta d’approfondir subitement et un peu plus encore le baiser en claquant sa langue contre la sienne. Alors qu’elle éloigna enfin son visage pour un bref instant et dans l’unique intention de reprendre son souffle, elle lui lança un sourire mi-amusé, mi-malicieux. Vraiment, les punitions de Finn, elle pourrait en pendre une dizaine au petit déjeuner, une vingtaine au déjeuner, une quinzaine au goûter et une bonne tren... Oui, d’accord, vous avez compris. Tout ça, donc, pour dire que les punitions du bel homme étaient tout bonnement exquises. Bien sûr, elle ne le lui avouerait pour rien au monde. Mais bon, il fallait croire qu’il s’en doutait vu qu’il prenait un malin plaisir à ainsi la torturer. Une torture adorablement délectant. Mais bon, il avait aussi de fabuleuses récompenses. Comme quoi ? Heu... Ils marchaient surtout avec les punitions ces deux là. Les récompenses, il faudrait attendre les cours de cuisine. Enfin, encore faudrait-il qu’Aiko soit une bonne élève. Elle ne promettait rien. Vraiment rien. Elle n’était pas sage. Surtout pas avec Finn. Mais ça semblait lui plaire. Ne vous avais-je pas déjà dis que toute personne possédait un coté masochiste ?

Fuite ? Quelle fuite voyons ? Il n’y avait nulle fuite. Juste une libération. Voire une simple précaution ou un détournement de la flemme monumentale. Si Aiko ne s’était pas levée, je pense bien qu’elle n’aurait jamais trouvé le courage de le faire et qu’elle aurait fini par faire prendre au jeu auquel jouaient Finn et elle de bien plus importantes envergures. Pas les moyens de l’occuper pendant ne serait-ce qu’une heure ? Vraiment n’importe quoi ; le brun pourrait l’occuper pendant toute une journée sans qu’elle ne se lasse. Ce qui les poussa à s’arrêter hier devait certainement être la fatigue. C’est tout ce que voyait la jeune femme comme explication plausible. Peut-être que sans les blessures handicapantes. Sans cette fichue mission, ils auraient joué encore un petit moment à vrai dire. Enfin, petit, vous me comprendrez hein. En même temps, ça n’aurait pas été cette « fichue » mission, ils ne se seraient pas vu la veille. Peut-être que Finn aurait – encore – été chercher ailleurs. Oui, bon, la jalousie, rancune et mesquinerie de la rousse mises à part, reprenons. Elle s’éloigna, allant s’exiler à l’autre bout de la pièce – rester près de Finn reviendrait à être tentée à retourner se nicher dans ses bras et dans la chaleur qu’apportait les draps – pour ensuite lancer sa menace. Du tac au tac, le brun répondit. Elle n’oserait pas ? Elle ? Aiko Baskerville revenir sur ses menaces ? Ouch, il se trompait. Il se trompait lourdement. D’ailleurs, elle haussa ses sourcils en se penchant quelque peu en avant, chuchotant d’une voix mélodieuse un « sûr ? ». Elle n’avait de toute façon pas besoin d’en dire d’avantage, car elle ne doutait pas du fait que ses yeux en disaient long sur ce qu’elle pensait. Serait-ce un défi que nous avions là ? Malheureusement pour le joli Finny, Aiko relevait tous les défis qu’on lui lançait. Ou qu’on lui sous-entendait – comme là quoi. Même si au fond, elle n’avait vraiment aucune envie de retirer au brun les droits qu’il possédait sur elle. Eh bien oui, elle prenait tout autant de plaisir que lui – si ce n’était plus. Elle ne chercha néanmoins pas à lui prouver son sérieux, vu que pour le coup, elle savait que son regard ferait à lui seul comprendre au brun son erreur – les femmes avaient cette formidable capacité à faire preuve d’un coup une effrayante autorité.

Elle alla alors lui retirer subitement le drap le couvrant. Froid ? Oh, ça, elle s’en fichait pas mal. De toute façon, il l’avait bien mérité avec son « t’oserai pas ». Ne jamais – jamais je vous dis – sous-estimer une femme. Encore moins Aiko. Et encore moins une Aiko mise au défi par un homme. Par Finn ? Bah, plus moins que moins, ça donne quoi ? Figurez-vous cela. Bref. Après quoi, elle vint retrouver ses lèvres quelques instants. Finn s’approcha et, pendant un moment, elle se demanda s’il serait assez suicidaire pour brusquement l’attirer à lui. Penchée sur lui, elle n’était malheureusement pas aussi bien positionnée que lorsqu’elle se retrouva sous lui et où il aurait suffi qu’elle le pousse simplement pour l’expulser du lit. Quoiqu’il en soit, il s’avéra que Finn ne soit pas suicidaire car elle réussit à s’éloigner.
Suite aux paroles de l’homme qui incitaient vivement Aiko à revenir trouver ses lèvres, la jeune femme le regarda avant de tirer d’un air gamin sa langue. Allez, jute pour l’embêter, elle lui présenta son dos. Elle savait qu’elle aurait droit à toute son attention, ce qu’elle voulait, c’était qu’il se bouge. Oui oui, elle était parfois d’une grande modestie. Tandis qu’elle enfilait sa jupe, elle entendit plusieurs bruits. Elle n’eut néanmoins que le temps de comprendre que Finn s’était levé que ce-dernier vint se faufiler derrière elle pour l’enlacer, amenant son dos à la rencontre de son torse. Elle alla caler sa tête sur ce qui pouvait bien lui servir d’appui sur le moment et alla faufiler ses mains derrière elle, vers le bassin de l’homme. Pas doux. Pas chaud. Pas de peau. Tissu. Roh, pourquoi il avait enfilé son pantalon ? Tant pis, les hommes avec un bas et torse nu sont très très sexy. Elle frictionna lentement et doucement ses mains sur les jambes de Finn, dans l’espoir secret de les réchauffer. Rester en soutien-gorge pour le plaisir de Finn, ça pouvait être envisageable, mais s’il voulait bien avoir la gentillesse d’avoir envie de se rincer l’œil en été, ça éviterait à Aiko d’avoir froid. Il ne semblait pas prêt à la laisser s’habiller. Ah mais oui ! C’est vrai qu’il ne s’était toujours pas vengé. Avec un sourire en coin, elle fit passer le bout de sa langue sur ses lèvres. Je t’attends, Finn.

Et il arrive, qu’Aiko ne s’inquiète donc pas. Délicatement, il fit basculer sa masse de chevelure d’un seul coté, prenant le soin de laisses ses doigts courir sur sa peau nue, lui soutirant un frisson. Ses doigts se retirent finalement, laissant place à ses lèvres qui incitent la jeune femme à se redresser, alors qu’elle laissa sa tête tomber de l’autre coté, offrant ainsi son cou à l’homme. Homme qui s’affairait d’ailleurs à revenir explorer cette partie de son corps, remontant avec une lenteur indéniable jusqu’à sa mâchoire. La Baskerville se mordit la lèvre en immobilisant ses mains sur les jambes de Finn – eh bien oui, jusque là, elle continuait à tenter de se les réchauffer – pour pleinement profiter du doux contact. Il se mit alors à mordiller la peau présente sous ses lèvres, Aiko baissant légèrement la tête en étouffant un léger rire. Quand je vous disais que les punitions de l’homme étaient tout bonnement exquises. Doucement, il s’éloigna quelque peu, laissant tout de même son souffle s’abattre sur le cou de la demoiselle – ce qui eut pour effet de la chatouiller – en laissant quelques mots filer. Pas envié qu’elle s’habille ? Ça lui plairait bien de rester comme ça, mais comme déjà dis, le brun n’est pas le seul à ressentir les effets néfastes du froid. Alors qu’il soit gentil et qu’il la laisse... Eh bah non. Il n’attendit même pas qu’elle ait trouvé une répliquer qu’il la fit faire volte-face et vint se pencher sur elle pour lui saisir ses lèvres en un baiser ardent. Baiser auquel elle répondit sans se faire prier, allant d’emblée nouer ses bras autour de son cou, laissant néanmoins à l’homme le soin d’approfondir le baiser ou pas. Allez, pour le coup, elle le laissait décider du sort de sa propre bouche ainsi que de sa propre langue. Alors qu’il continuait son activité, ses mains vinrent gratifier la jeune femme de caresses un peu partout. Cela eut pour effet de la faire soupirer tout contre les lèvres du brun. À ce rythme, ni rapport, ni mission, ni boulot ce soir ; ils allaient rester ici et jouer encore un peu. Heureusement, Finn sembla lire dans ses pensés car il cessa son petit jeu, éloignant lentement son visage du sien, plantant son regard dans le sien. Regard qu’elle soutint sans trop de mal, un simple sourire accroché aux lèvres. Quelle que puisse être l’intensité du baiser échangé, les regards qu’ils échangeaient après étaient toujours doux – même si parfois, voilés d’un sombre désir. Elle caressa sa nuque en appuyant légèrement avec ses doigts, descendant alors vers son torse qu’elle explora lentement en ne laissant que l’extrémité de ses doigts le toucher. Sans pour autant changer de direction à son regard. Là, dans les pupilles du brun, tout comme dans ses bras d’ailleurs, et ce n’est pas faute de l’avoir déjà dit, elle se sentait bien, en sécurité. Une main déposée sur sa joue, il se rapprocha pour l’embrasser de façon plus calme. Lorsqu’il retira son visage, il lui lança une réplique à laquelle elle n’attendit pas plus d’une seconde pour répondre. Non mais, elle s’était tût jusque là, mais là, il fallait bien qu’elle réplique. Et pas mesquinement pour la peine.

« Ca n’aurait pas été la fatigue, je suis sûre que t’aurai aménagé ce temps passer à dormir à autre chose... J’aurai volontiers troqué mon sommeil contre l’expertise de tes mains, Finn. »

Elle lui sourit doucement alors qu’il s’éloignait, allant je ne sais où. Elle profita de ce moment de solitude pour attraper son t-shirt et l’enfiler, faisant passer une main dans sa chevelure dans l’intention de la démêler. Un élastique. Il lui fallait un élastique. Elle fit quelques pas vers la table de nuit, mais s’arrêta en chemin en se retournant lorsque Finn fit irruption dans la pièce. Il était en train de boutonner sa chemise et elle laissa sa tête tomber sur le coté, perplexe. Son air n’augurait rien de bon ; qu’avait-il à lui dire ? Il s’approcha et elle continua de le fixer, les sourcils haussés. Alors ?
Ah. La mission. Oui, il avait raison, rien de ce qu’il pourrait dire ne pourrait la retenir. Sauf s’il la capturait – et vraiment cette fois-ci – et l’attachait, la bâillonnait, l’assommait et... Oui bref, encore faudrait-il qu’elle se laisse faire. Comme quoi, être Baskerville a vraiment des avantages.
Elle ne lui répondit rien, car elle savait que c’était une question rhétorique. Il savait d’emblée que rien n’y ferait, alors pourquoi vouloir remuer le couteau dans la plaie en refaisant ressurgir sa culpabilité ? Car oui, tout au début, quand je vous disais qu’Aiko se sentait quelque chose, c’était bien de culpabilité donc il s’agissait. Elle s’en voulait d’être la cause de son inquiétude. Au fond, elle avait espéré qu’il cesse d’en parler, qu’il passe à autre chose. Mais non. Il était tenace. Et bien que, d’habitude, elle admirait cela, aujourd’hui, c’était bien loin de l’arranger. Elle continua de le regarder, le regard ferme, impassible. Mais lui ne sembla pas en avoir fini avec elle. Et dès lors qu’il ouvrit la bouche, elle sentit sa conviction s’effriter. Elle ne cacha pas son étonnement, écarquilla les yeux alors que lui fuyait son regard, sans doute gêné. C’est vrai qu’hier, elle avait été la seule à dire ouvertement ce qu’elle pensait. Lui n’avait fait que placer ses sous-entendus, peut-être aussi quelques mots révélateurs. Mais c’était tout autre chose d’ainsi faire part de ses ressentis à la jeune femme, de but en blanc. Elle redressa sa tête et baissa les yeux, perdue. Que pourrait-elle bien répondre à cela ? Elle pourrait, là, tout de suite, redevenir celle qu’elle avait toujours été, pas bavarde, et simplement se taire. Mais elle ne pouvait pas. Premièrement parce qu’avec Finn, elle ne pouvait tout bonnement pas être la même qu’avec les autres. Et deuxièmement parce que Finn ou pas Finn, ça ne se faisait vraiment pas qu’elle ne réponde pas.

« Je... Désolée. »

Stupide. Idiote. Insensée. Pourquoi tu murmures ? Pourquoi tu balbuties ? Pourquoi tu t’excuses tout court, d’ailleurs ? Tu t’excuses du fait d’être la source de cette crainte qu’il semble ressentir ? Au fond, ce n’est pas de ta faute. C’est lui seul qui a choisi de s’inquiétée, toi, tu n’as fais qu’être toi. Mais tu ne comprends pas ça, n’est-ce pas ? À tes yeux, tu es la seule coupable. Et tu t’en veux. Tu culpabilises atrocement. Fais quelques chose d’intelligent, parce qu’à défaut d’avoir été perspicace, tu as témoigné de ton anxiété face à la situation.
Un pas. Deux. Elle relèva les yeux, croisa le regard de Finn et se jeta littéralement dans ses bras, cachant son visage en allant coller son front au torse masculin. Elle ne voulait pas qu’il s’inquiète. Mais en même temps, elle comprenait. Non, sur le coup, elle ne pensait pas du tout que Finn puisse la prendre pour une femme faible et incapable de se défendre. Que ce soit une femme ou un homme, un civil ou un Baskerville, personne n’était à l’abri de la disparition à laquelle faisait allusion Finn. Un accident est si vite arrivé. Elle qui en avait secrètement voulu à sa sœur de l’avoir abandonné, à son père d’avoir fais la même chose, la voilà qui prenait le risque de faire du mal au seul homme pour qui elle ressentait de pareils sentiments. Elle ne voulait pas qu’il soit peiné, ne voulait pas qu’il s’inquiète, mais pourtant, elle-même se ferait un sang d’encre si elle apprenait qu’il voulait se risquer à faire une mission juste après celle de la veille. Elle serra les dents, les lèvres aussi, respirant difficilement, déglutissant parfois. Elle voulait qu’il la serre dans ses bras. Là, tout de suite, qu’il la serre comme jamais auparavant. Elle voulait trouver le courage de lui faire une promesse. De lui faire la promesse de revenir. Mais comment ? Elle n’était sûre de rien. Le seul moyen qu’elle avait de mettre un terme à son inquiétude serait d’abandonner la stupide idée d’aller en mission. Mais non. Trop têtue. Trop bête. Trop Baskerville. Trop fille de sa mère. Trop Aiko, en somme. Elle releva la tête vers Finn et ouvrit la bouche, dans l’espoir de réussir à le convaincre que ça ne valait pas la peine qu’il s’inquiète. Qu’elle allait vraiment prendre une mission de routine. De cela, il pouvait en être certain. Mais, cela n’empêche que sa sœur était morte dans une mission dite de routine. Elle posa ses mains sur le torse de Finn et serra calmement els poings.

« C’est moi, ça, Finn. Têtue et déraisonnable. Ma vie a toujours tourné autour du clan, et maintenant que tu es là, eh bien... C’est différent. Je comprends que tu t’inquiètes, mais il faut croire que je ne suis pas encore prête pour changer mes habitudes. »

Encore désolée. Elle se mordit les lèvres, s’en voulant un peu plus déjà qu’il y a quelques instants. De nouveau, elle baissa les yeux. Si elle tenait vraiment à lui, elle ne prendrait pas le risque de disparaître. Non, elle ne devait pas penser de cette façon. Être Baskerville revenait à mettre sa vie en jeu plus d’une fois par mois. Ça ne serait pas aujourd’hui, ce sera un autre jour. Finn le savait aussi bien qu’elle. Aujourd’hui, elle avait juste un peu lus de chance de périr qu’usuellement. Mais cela n’empêchait qu’elle tenait à lui. Qu’elle tenait réellement à lui. Et elle ne voulait pas qu’il en doute. Jamais. Une énième fois, elle releva les yeux et posa ses deux mains sur les joues du brun, se mettant sur la pointe des pieds pour être à sa hauteur et allant coller son front au sien. Qu’il ne s’inquiète pas. Il ne devait pas s’inquiéter. En fait, si. Mais elle ne voulait pas qu’il s’inquiète. Tant pis, il ferait ce que bon lui semblait, n’est-ce pas ? De toute façon, il ne pouvait pas lui reprocher d’être têtue, car il n’était vraiment pas mieux. Et puis… Et puis, elle avait un argument. Un excellent argument. Leur relation. Leur lien. Ce lien solide qui les liait.
Elle parla de nouveau, dans un murmure, un souffle chaud. Vraiment, elle préférerait qu’il cesse de tenter de la persuader de ne pas effectuer cette mission. Parce qu’elle allait la faire, coûte que coûte. S’il te plaît, Finn...

« Et puis, si je disparais, tu me retrouveras, hein ? J’en suis certaine ; tu me retrouveras toujours. »

Ce toujours. Ce toujours auquel Finn ne croyait pas. Il faudrait bien qu’il y croit, parce qu’il a suffi de quelques mots pour pousser la jeune Aiko au bord du gouffre, alors si maintenant, il décidait de ne pas croire en ce toujours, je pense que ça finira de l’abattre. Elle pencha légèrement sa tête sur le coté et joignit ses lèvres aux siennes en un tendre et calme baiser. Une sorte de promesse. Pas la promesse de revenir ; simplement la promesse de faire de son mieux pour revenir. Parce que maintenant, elle avait un but, une raison de revenir de mission. Pour Finn. Et même si ça avait ce quelque chose de mignon, cela n’empêchait que c’était troublant et plutôt étrange confus. Elle revint se nicher dans ses bras, les yeux clos, les pieds à plat sur terre, la joue calée contre le torse de l’homme, ayant retrouvée un rythme de respiration raisonnable. Elle s’éloigna ensuite de quelques pas, allant s’asseoir sur le lit en poussant un léger soupire. Cette relation avait beau être confuse et complexe, cela n’empêchait que ça semblait entièrement convenir à la jeune femme. Elle remonta sur le lit jusqu’à ce que son dos rencontre le mur derrière elle et amena ses jambes à sa poitrine, les entourant ses bras en observant Finn.

Il y avait encore quelque chose à dire. Quelque chose qui lui brûlait la langue. Mais ça ne voulait pas sortir. Elle ne savait d’ailleurs pas pourquoi, mais ça ne voulait vraiment pas sortir. Pourtant, il fallait qu’elle le lui dise. Non pas pour l’amadouer – elle n’était pas ce genre de femmes à vouloir amadouer les hommes. Pas dans pareille situation sérieuse tout du moins –, mais simplement pour qu’il soit au courant. Elle amena l’une de ses mains vers son ventre, releva son t-shirt et effleura du bout de ses doigts ses blessures. Moi, j’ai peur que tu disparaisses pour de bon. Elle eut un léger sourire. Elle venait tout juste de se rendre compte que ce qu’i avait dit, en plus d’être touchant, était réellement mignon. En se faisant cette réflexion, de nouveau, elle planta ses yeux dans ceux de Finn avant de s’exclamer.

« Relation confuse et bizarre, peut-être, mais je pense n’avoir jamais été si... »

Si quoi ? Si heureuse ? Si libre ? Si bien ? Si protégée ? Si... Affectionnée ? Voire aimée. Oui, tout cela était bien vrai, mais ce n’était néanmoins pas ces mots qu’elle recherchait. Finalement, il n’y avait rien de mieux à faire que de suivre un conseil qu’on lui avait un jour fait, je ne sais trop quand, ni dans quelles circonstances, ni même de la personne ayant dit de si sages paroles. Les mots exacts s’étaient depuis longtemps perdus dans des profondeurs abyssales et confuses, mais en somme, cela disait que parfois, il fallait cesser de réfléchir, ouvrir la bouche et laisser les mots filler telle l’eau coulant dans les rivières et fleuves.

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