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 « What do you want to my family, blasted Nightray ? »

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MessageSujet: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   28th Novembre 2012, 10:43

Respecter une personne revient à obéir à ses ordres. À tous ses ordres. Sans nulle exception. À ne jamais aller à l’encontre de sa volonté. Quoique ça dépend en fait en fait. Ici du moins, ça dépend de quel respect il est question. Par exemple, pour Aiko, il y avait deux sortes de respect. Premièrement, celui qu’elle pouvait vouer aux membres de sa famille. Comme à Finn par exemple. Cet homme, de toute façon, lui inspirait un véritable méli-mélo d’émotions. Un manque clair, parce que ça faisait un moment qu’elle ne l’avait pas vu, mais aussi ce respect dont on parle. Elle le respecte. Mais pourquoi ? Ils se connaissent depuis un petit moment, mais elle ne le connait pas assez bien pour autant. Pas assez bien pour dire qu’elle le respecte. Et pourtant. Elle le respecte. Elle trouve qu’il le mérite. Qu’il n’est pas comme les autres. Elle serait prête à bien des choses pour lui, plus par affection – affection ? Seulement ? – que par respect. Mais pour d’autres choses, ce serait par respect. Si un jour, allez savoir pourquoi, elle le voyait en difficulté, elle réfléchira longuement avant d’intervenir. Comme pour tout autre homme, qu’une femme se mêle à ses affaires ne lui plaira sûrement pas. Et le fait de considérer ce détail est une forme de respect. Enfin, bien sûr, si vraiment il avait besoin d’aide, elle n’en aurait que faire des représailles. Bref, elle le respecte tout comme elle respecte quelques rares autres membres Baskerville. Tout comme elle respecte une certaine fille aussi. Une étudiante à Lutwidge. Allez savoir pourquoi. Alors qu’à chaque rencontre, elles se lançaient des répliques mesquines et ne manquaient pas de s’accrocher, Aiko la respectait. Elle l’aimait bien cette petite. Petite. Elles avaient le même âge pourtant. Quoique non, parce qu’avec la Tragédie, la rousse était bien plus âgée. Mais bref. Il y avait une autre sorte de respect. Celui qu’elle ne vouait qu’à Glen. Elle lui obéissait aveuglément. Comme elle l’avait si bien fait en son jeune âge. Comme elle continuerait à le faire. Sa mère, par exemple, avait beau être un véritable modèle pour la jeune femme, ne faisait pas partie de la deuxième catégorie. Parce que cette catégorie ne devait appartenir qu’à Glen. C’est comme ça et puis c’est tout, voilà tout. Après tout, si elle avait un jour été capable de mettre fin aux jours d’un enfant sous ordre, alors ce n’est sûrement pas autre chose qui la fera reculer. En fait, pour être plus juste, rien – vraiment rien – ne pouvait obliger Aiko à capituler et à ne pas obéir à l’ordre donné. Même si ça ne lui coûterait peut-être rien. Glen, c’était la personne à laquelle elle devait obéir, et ce, depuis son plus jeune âge. Même s’il changeait. Quoique jusque là, elle n’en avait connu que deux. C’était déjà assez, me diriez-vous. Et puis, il y avait Charlotte. Elle ne la connaissait pas personnellement, mais vu qu’elle semblait proche du Glen actuel, alors elle devait la respecter. Un minimum. L’aimait-elle ? Pas spécialement. La détestait-elle ? Elle n’aurait rien à y gagner. La jalousait-elle ? Pas le moins du monde. Pourquoi, de toute façon ? Elle n’avait jamais aimé Glen – avouons que Lottie ne cachait pas si bien que cela ses sentiments – d’amour, alors elle n’en avait que peu faire. Elle lui obéissait en le respectant, allant jusqu’à le craindre, voilà tout. Quoiqu’il en soit, pour une fois qu’Aiko avait décidé de passer la nuit au manoir, à son réveil, elle le regretta. Apparemment, Vincent Nightray voulait voir Lottie. D’après je ne sais plus qui, Aiko devait l’y guider. C’est que Monsieur ne pouvait même pas monter quelques marches sans risquer de se perdre, en plus. Elle revint à sa chambre improvisée pour se saisir de sa cape pourpre – qui au passage, n’était pas la sienne, mais ça, c’est une autre histoire – et la nouer autour de son cou, s’en allant d’un pas nonchalant, encapuchonnée, vers le hall.

Vincent Nightray. Elle avait déjà vu son insupportable chevelure blonde dans les couloirs du manoir et en fait, elle ne l’aimait pas trop. Il n’avait pas l’air très net. Il voulait quelque chose. Mais quoi ? Il leur voulait quelque chose. Leur, c’était les Baskerville. Sa famille. Et personne n’avait le droit de toucher à sa famille. Après, si la détentrice de la chevelure rose ne voyait pas de mal à s’entretenir avec lui, alors Aiko n’avait pas à porter de préjugés. Préjugés qui étaient fondés, elle en était certaine. Mais en manque de preuve, elle gardera le silence. De toute façon, elle n’avait pas à qui en parler. Qui serait intéressé par pareille histoire ? Sûrement personne. Et heureusement, la jeune rousse n’était pas très bavarde. Du coup, tout allait pour le mieux. Presque. Ça aurait été le cas si elle n’avait pas l’esprit un peu dérangé, voire habité par un esprit malin. En effet, en effleurant de ses pieds le sol du hall, son regard s’éclaira d’une malice tout nouvelle. Elle cacha un sourire des plus amusés en baissant la tête, approchant lentement de la seule tête blonde présente.

Rapidement, l’analyse s’effectua. Elle devait le mener à l’étage, mais la seul personne sachant qu’elle était responsable de son arrivée en un seul morceau en haut – comme s’il n’était pas capable de se défendre et comme si aussi qu’il pourrait y avoir un quelconque Chain dans le manoir – était le je-ne-sais-plus-qui de tout à l’heure qui lui demanda d’escorter le Nightray. Donc, vu qu’il n’était pas dans les parages, alors elle pouvait s’amuser un peu. Juste un peu. De un parce qu’elle était d’humeur joueuse, de deux parce que ça éliminerait l’ennui, de trois parce qu’elle n’avait rien d’autre à faire, de quatre parce que Vincent, elle ne l’aimait pas, de cinq parce qu’elle pourrait en savoir un peu plus sur lui, de six... Bon, arrêtons-nous là, je pense, pour faire court, qu’elle possédait assez de raisons comme ça. De justifications. Oui voilà, comme ça, elle aurait de quoi se justifier. Quoique pas vraiment, parce qu’elle n’était pas du genre à se justifier. Quand elle faisait quelque chose, elle l’assumait. Sans plus. Restait juste à espérer que la demoiselle à la chevelure rose n’était pas au courant de la visite du noble, de cette façon, Aiko pourra prendre tout son temps avec lui. Dans le cas contraire, on viendra les chercher. Et elle aura des problèmes. À cause d’un fichu Nightray. N’allez pas croire qu’elle leur en voulait particulièrement à eux, juste qu’elle ne supportait aucun des quatre grandes familles ducales. Un mépris basé sur que dalle. Un mépris peut-être infondé. Un mépris injuste. C’était son caprice.

Face à lui, elle le jaugea de son regard brun, sans nulle pudeur ni gêne. Après tout, à trop fixer quelqu’un, on craint de s’attirer des représailles. Mais là, c’était limite si elle ne le provoquait pas, ce Nightray. Pourtant, il ne lui avait rien fait. Plus elle y pensait, moins elle trouvait de raisons valables de lui en vouloir. Quoiqu’il en soit, elle ôta sa capuche, secouant sa tête de droite à gauche pour remettre en ordre sa chevelure écarlate. Derrière ce geste ne se cachait aucune prétention, malgré le fait qu’elle aurait tout aussi bien pu s’arranger les cheveux avec ses mains.
Aiko n’était pas hypocrite. Aiko était sincère. Aiko était franche, parfois trop. Mais Aiko n’était pas hypocrite.

« Vincent-sama, je présume. Je m’appelle Aiko, veuillez me suivre je vous prie. »

Et là, elle ne s’était pas montrée hypocrite. Simplement juste. Parce que ça aurait été de l’hypocrisie seulement et seulement si elle le connaissait personnellement, qu’elle avait estimé qu’il ne possédait nulle réelle valeur et qu’elle s’entêtait à lui parler avec respect. Là, elle était juste passée outre ses préjugés pour lui donner non pas une deuxième mais simplement une chance. Une chance de montrer qu’il ne cachait pas un esprit manipulateur. Enfin, elle était certaine qu’il n’en serait pas capable, parce qu’il était manipulateur, mais bon. Au moins, elle pourra se montrer courtoise encore un certain temps.

Et puis, accordant le geste à la parole, elle fit volte-face et s’en alla vers la sortie. Après tout, il ignorait où était censé se trouver son rendez-vous qui n’était ici autre que Lottie. Rendez-vous présumé. Aiko ne savait pas si c’était vraiment à elle qu’il devait parler et de toute façon, elle s’en fichait. Elle avançait le plus sereinement possible, un sourire des plus amusé relevant les commissures de ses lèvres rosées. Une fois hors du manoir, elle prit la direction des ruines, là où elle était certaine d’être en paix. Quoique c’est ce qu’elle pensa la dernière fois, pourtant, sa journée avait été bien plus mouvementée qu’elle ne l’aurait cru. À ce souvenir, elle se surprit à rougir. Rapidement, elle se reprit. Estimant s’être assez éloignée du manoir, elle s’arrêta.

Elle poussa un léger soupire en s’adossant à une sorte de mur. Bien qu’effondré. Bref. Elle faisait face à Vincent, les bras croisés sur sa poitrine, le regard vide, un sourire étrange sur ses lèvres. Avait-il comprit qu’elle ne l’emmènerait pas là où on lui avait indiqué de l’emmener ? Ou alors, pensait-il qu’elle devait rester avec lui jusqu’à attendre son rendez-vous, pour ensuite partir l’esprit calme ? Peut-être ne savait-il simplement pas, totalement perdu dans ses hyppothèses. Elle poussa un léger soupire avant de commencer à parler. Autant aller de but en blanc.

« Et aujourd’hui, que venez-vous faire ? Peut-être que je peux vous aider. »

Ça n’avait rien d’une question et en fait, elle espérait qu’il le comprendrait. Une sorte d’ordre. Une sorte seulement hein. Son épée se trouvait à sa taille, dans son fourreau, comme à son éternelle habitude. En revanche, elle ne savait rien de son opposant. Peut-être possédait-il un Chain. Contrat légal ou pas, elle s’en fichait. Ça serait dangereux pour elle, mais étant sur le territoire Baskerville, elle n’avait rien à craindre. Et de toute façon, elle savait se défendre. Et elle courait vite. Maintenant, il fallait juste qu’il coopère. Elle voulait en savoir plus sur lui, rien d’autre. Peut-être que ça finirait autrement. Peut-être qu’ils seront en train de discuter sur tout autre chose, au bout du compte. Peut-être même qu’ils s’entendront bien. Tout comme il est possible qu’ils en viennent aux mains. Pourtant, jusque là, elle s’empêchait de lui poser une question. La question. Celle qui incluait sa famille.
Que veux-tu à ma famille, fichu Nightray ?
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   20th Février 2013, 05:13

Vincent tenta de se souvenir à quand remontait la dernière fois où il avait mis les pieds au manoir des Baskerville. D’ordinaire, c’était toujours Lottie et sa bande qui débarquaient chez les Nightray, profitant de l’absence du Duc du même nom. Mais, compte tenu des récents évènements survenus au manoir de Yura, l’heure était plus que jamais à la prudence. Ainsi avaient-ils jugé plus simple – et plus sûr- que ce soit lui, Vincent, qui leur rende visite chez les Baskerville. . Il avait fini par s’y faire, puisqu’il n’avait pas le choix, mais ça n’avait pas était facile les premiers temps. Le souvenir de Jack y était omniprésent, sans parler de celui de Glen. Quand à Gil, il préférait ne pas y penser. Certaines choses sont trop douloureuses quand on n’a de cesse de se les remémorer.
Le problème venait justement de ces souvenirs, qui avaient une fâcheuse tendance à s’imposer à son esprit, et ce lorsque le jeune Nightray s’efforçait justement de les reléguer au second plan de sa mémoire. Ainsi, il se revoyait dans se même manoir, à peine âgé d’une petite dizaine d’années, en train d’appeler Gil. Tenant fermement Jack par la main. Jouant à cache-cache avec un dénommé Finn, s’inclinant devant Revis, puis plus tard devant Oswald. Autant d’instants gravés dans sa mémoire, associés à un souvenir douloureux, associés à la perte, l’échec. Autant de souvenirs qui semblaient lui hurler à quel point il avait failli à sa tâche, à quel point il avait pesé comme un fardeau sur les épaules de Gilbert, à cette époque là et tout au long de sa vie.
Ce prénom qu’il avait tant crié, cette main qu’il avait serrée, ces jeux d’enfants, ces révérences. Qu’en restait-il aujourd’hui ? Jack l’avait trahi de la pire des façons, Oswald et Revis étaient morts, Gil ne se souvenait de lui qu’à moitié et l’évitait comme la peste.
Trahi, abandonné, oublié. Voila ce qu’il en était de lui, Vincent Nightray. Oh, non pas qu’il soit du genre à s’apitoyer sur son sort, loin de là. Il était, d’ordinaire, bien plus enclin à s’inquiéter de celui de ses victimes. Le problème, c’est que tout dans ce foutu manoir lui rappelait son enfance. Et que même en enjolivant les faits, ladite enfance était relativement éloignée des stéréotypes des contes de fées.

Enfin bref. Il esquissa un geste de la main, comme si ça suffisait pour chasser ses idées noires, et se mit en marche vers le hall du manoir, s’efforçant de garder les yeux rivés au sol, comme si l’observation minutieuse de ses chaussures allait le sauver des douloureux souvenirs dont il était la proie. Il détestait ça. Le passé n’était rien d’autre qu’une prison dont il avait tout fait pour se défaire, et voila qu’il se trouvait bouleversé à la simple vue d’un manoir tout ce qu’il y a de plus ordinaire –ou presque-. C’était comme si sa conscience lui murmurait, au fond de son esprit, qu’il pouvait se débattre autant qu’il voulait, il n’échapperait jamais à son passé. A ce qu’il avait fait, à ce qu’on lui avait fait, à lui et surtout à Gil. Comme si, même six pieds sous terre, toutes ses personnes trouvaient encore le moyen de le hanter. Et ça l’énervait.
Il tenta, pour la énième fois, de se concentrer sur quelque chose de futile, n’importe quoi qui puisse le détourner de ses souvenirs, en vain. Son esprit refusait catégoriquement de lui obéir. Il n’avait qu’une hâte : trouver Lottie, lui faire part de l’avancement de sa mission et décamper le plus vite possible. Ca revenait à fuir, mais il s’en fichait. Certaines personnes considéraient la fuite comme une honte, lui l’assimilait simplement à une solution de facilité. D’aucun auraient répondu que ça revenait au même, mais Vincent ne faisait pas partie de ceux qui jugent bon de faire face quoi qu’il arrive. Parfois, il était tout bonnement plus simple de prendre la tangente et d’éviter des problèmes qu’affronter ne mènerait à rien de toute façon. Le commun des mortels pensait que quelque chose d’héroïque résidait dans le fait de ne jamais fuir devant rien, lui jugeait cela comme une perte de temps. Ces mêmes personnes pensaient que le courage consistait à affronter lesdits ennuis, à se débattre quoiqu’il arrive, à tout tenter même lorsque c’était voué à l’échec. C’était, indéniablement, une forme de courage, et même Vincent ne trouvait rien à y redire. Cependant, il existait d’autre forme de courage, certes bien moins noble, comme celle qui consistait simplement à admettre l’évidence et à cesser de lutter. Ouvrir les yeux et accepter l’échec, c’était une marque de courage. Et c’était, à l’heure actuelle, ce qu’il faisait : il admettait que sa simple présence au manoir le mettait mal à l’aise, qu’il était totalement impuissant vis-à-vis de ses souvenirs, et qu’il choisissait la facilité en voulant s’en aller le plus vite possible. Et alors ? Le propre de l’homme n’était pas de réagir en héros lorsqu’une difficulté se présentait. Si tous les hommes se révélaient capables d’affronter leurs peurs et leur passé, les héros dont on contait les exploits dans les histoires n’auraient pas lieu d’être. L’homme avait besoin de héros. Ca confortait Vincent dans l’idée que sa lâcheté n’était rien d’autre qu’un fait établi.

La voix d’un homme qu’il ne connaissait pas l’intimant de rester là et d’attendre qu’on vienne le chercher le tira brusquement de ses réflexions. Si ces considérations philosophiques l’avaient, l’espace d’un instant, distrait et lui avaient permis d’occulter ses maudits souvenirs, ces derniers reprenaient déjà le dessus sur son esprit. Vincent décida donc de se faire une raison, et se contenta de patienter en attendant son « escorte ». Et puis d’ailleurs, depuis quand avait-il besoin qu’on l’accompagne jusqu’à Lottie ? Après tout, lui aussi connaissait le manoir comme sa poche. Ce n’était pas faute d’en avoir arpenté les couloirs en long, en large et en travers cent ans auparavant.

- Vincent-sama, je présume, lança une voix qu’il ne connaissait pas, coupant court à ses pensées pour la deuxième fois. Je m’appelle Aiko, veuillez me suivre je vous prie.

La gamine –bien qu’il ignorait son âge, il était peu probable qu’elle soit plus âgée que lui- le toisait sans la moindre gêne. Il retint un petit rire, et décida de faire de même, c'est-à-dire de détailler son vis-à-vis sans s’en cacher. Ainsi, il dépassait la jeune femme qui lui faisait face d’une bonne tête. Les yeux qu’elle braquait sur lui était marrons, et la chevelure qu’elle s’appliquait à remettre en ordre, d’un rouge éclatant. Pas franchement déplaisante à regarder, bien au contraire. Il se borna donc à soutenir son regard, jusqu’à ce qu’elle ne fasse volte-face et ne l’intime de la suivre. Il se lança à sa suite sans trop se poser de questions, tout en se demandant s’il la connaissait déjà. Non pas qu’il s’en soucie spécialement ; c’était simplement un moyen comme un autre de se distraire et d’écarter ses souvenirs déplaisants. Mais même en cherchant bien, il n’y avait pas de jeune fille aux cheveux rouges dans les souvenirs de son enfance. Etait-elle présente lors de la tragédie de Sablier ? L’avait-il oubliée, comme tant d’autres, ou ne l’avait-il simplement jamais croisée ? Il pensa à lui demander, mais ne dit rien. Au fond, il savait que ces interrogations n’étaient qu’une diversion pour lui, pour se détourner de ses souvenirs les plus douloureux. Qu’il la connaisse ou non, il s’en fichait.

Ce ne fut que lorsque la gamine s’arrêta, masquant à peine son amusement, qu’il commença à se douter de quelque chose. Il connaissait bien le manoir ; or, peu importe où on voulait se rendre, il n’y avait guère de raisons de faire un détour jusqu’ici. Intérieurement, Vincent commença alors à manifester un semblant d’intérêt pour la jeune femme. Bien qu’elle ne lui ait en rien fait part de ses intentions, elle ne faisait pas grand-chose pour s’en cacher non plus. Elle l’avait simplement amené là, sans prétendre qu’il s’agissait de la bonne destination. Après tout, elle lui avait juste demandé de le suivre, sans rien promettre d’autre. Elle n’avait rien dit de semblable à « je vais vous emmener à votre rendez-vous» ou « Lottie-sama vous attend ». Simplement qu’il devait la suivre. Et il l’avait fait. Alors, il sourit à son tour. La situation prenait un tournant amusant.

- Et aujourd’hui, que venez-vous faire ? lança la jeune femme, confirmant ce qu’il pensait déjà. Peut-être que je peux vous aider.

Il étouffa un petit rire. Au moins, elle se donnait la peine d’être polie. Si elle ressentait la moindre hostilité ou la moindre crainte à son égard, elle ne le montrait pas. Pas encore, du moins. Vincent décida de faire de même : Il n’allait pas la défier, ni faire mine de s’inquiéter. Implicitement, ce qu’elle lui demandait, c’était ce qu’il fabriquait là. Il allait lui répondre. Mais pas tout de suite non plus. Seulement quand elle en ferait clairement la demande. En attendant, il aller se plier aux règles qu’elle avait, volontairement ou non, fixées, et se contenter de répondre à sa question par une autre. Ca, c’était sa spécialité.

- Serait-ce une façon détournée de me dire que vous vous méfiez de moi ? demanda-t-il, amusé.

Il aurait pu prendre la peine de faire mine d'être aussi poli qu'elle, mais à quoi bon ? Il se doutait bien qu'elle lui voulait quelque chose, de toute façon. Et comme il n'avait pas l'intention de s'éterniser, autant rentrer dans le vif du sujet. Vincent darda son regard si particulier sur elle, guettant la moindre de ses réactions. S’il n’avait aucun doute sur la raison pour laquelle elle l’avait emmené ici, il ignorait tout des soupçons qu’elle avait à son égard. Pensait-elle qu’il était quelqu’un de louche ? De dangereux ? Qu’il les manipulait, ou bien justement qu’il était manipulable ? Le voyait-elle comme un ennemi, ou comme un allié potentiel ?
Vincent esquissa un sourire. Il ne savait pas vraiment dans quoi il s’embarquait, mais ça promettait d’être amusant. Il était loin d’être naïf et savait pertinemment qu’une grande majorité de la famille se méfiait de lui, le considérant sans doute comme une menace, ou comme quelqu’un de peu fiable qui ne cherchait qu’à servir ses propres intérêts. Sur ce point, il ne pouvait pas franchement leur tenir rigueur : il avait beau coopérer pour l’instant, il faisait en réalité cavalier seul et tout le monde le savait. Il ne s’attendait donc pas à ce qu’un seul de ses encapuchonnés ne lui fasse pleinement confiance, et encore moins ne l’apprécie. Mais si la plupart des Baskerville se posaient des questions à son sujet et ne faisaient pas toujours d’efforts pour le cacher, personne n’avait encore osé lui demander clairement ce qu’il voulait. Et voila qu’une gamine qu’il ne connaissait pas le défiait, en quelque sorte. Ca, c’était une première. La dénommée Aiko ne semblait ni le craindre lui, malgré le fait qu’il soit membre d’une des quatre grandes familles ducales, ni Lottie qui était pourtant l’actuelle leader des Baskerville et qui pouvait mal prendre l’initiative d’une de ses subordonnées de cuisiner l’un de leurs alliés. Et pourtant, la jeune fille l’avait amené là, au milieu des ruines, et lui faisait maintenant face, attendant une réponse précise de sa part. Si elle s’attendait à ce qu’il cède aussi facilement, elle allait en avoir pour ses frais.

- Vous n’êtes pas sans savoir que je me suis récemment rangé du côté de votre famille, hm ? ajouta-t-il. Question rhétorique. Elle savait, et il savait qu’elle savait. Qu’est-ce qui vous fait croire que je viens pour autre chose que parler affaire ?

Le message était sous-entendu : Si tu veux savoir quelque chose, demande-le clairement. Vincent était loin d’être stupide et avait parfaitement compris ce qu’impliquait la demande de la jeune femme. Mais il voulait également qu’elle sache qu’elle n’était pas la seule à vouloir s’amuser, bien au contraire.

[Voila, vraiment désolée de t’avoir fait attendre 4 mois pour un post aussi naze. ;^ ; Je me rattraperai & je mettrai moins de temps à répondre la prochaine fois, promis. ;^ ; -aw, j’ai honte-]
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   24th Février 2013, 07:59

Aiko est une femme qui, tout au long de sa vie, tente de demeurer juste. Une femme qui tente de ne pas juger une personne au premier coup d’œil. Une jeune femme qui laisse sa chance à tout le monde, qui peut même faire confiance au temps, parfois. Pourtant, il y a des personnes qu’elle ne supporte pas. Je ne dis pas non plus qu’elle les considère d’emblée comme des ennemis – pour endosser pareil rôle, il n’y a que les misérables membres de Pandora – mais cela ne l’empêche pas de ne pas spécialement avoir envie de les voir. Bien sûr, il est nettement plus facile pour elle d’accorder sa confiance aux Baskerville. Pas non plus aux gosses qui ne sont pas nées dans la famille. En fait, c’est étrange, mais il n’y a pas tant de personnes que ça qui possèdent la confiance d’Aiko. Les différents Glen qu’elle a connu, ça va de soi, ainsi que Finn – pas la peine de s’attarder sur ce-dernier cas, déjà qu’en sa présence, il lui est bien difficile de cerner ses sentiments à son égard – et aussi Curtis. Étrange, n’est-ce pas ? Curtis. Un sale macho sans cervelle. Mais fort. Et les hommes forts, Aiko les respecte. Enfin, ça lui fait mal de l’avouer, mais cet écervelé méritait au moins son respect. En revanche, même sous la torture, elle ne l’avouerait jamais. Jamais. Parmi ces personnes que la jeune femme n’aimait pas particulièrement, il y avait ce charmant Vincent Nightray. Parlons donc de lui. D’abord d’un point de vue général. Grand et blond, une paire d’yeux hypnotiques dont la couleur de l’un était d’un somptueux rouge. L’œil maudit. Même Aiko, qui ne prêtait pas à ce genre de racontar le moindre intérêt, connaissait ce qui se disait à ce sujet. N’empêche, elle aimait bien la couleur de son œil. Vraiment. D’ailleurs, il était plutôt mignon comme homme. S’y serait-elle intéressée, en temps normal ? Eh bien, allez savoir. Déjà, il aurait fallu qu’il ne vienne pas s’immiscer dans la vie des Baskerville. Mais vraiment, même comme ça, dans la vie d’Aiko, Finn occupait une place trop importante pour qu’elle puisse ne pas penser à lui en regardant d’autres hommes. L’empêchait-il d’éprouver des sentiments pour d’autres hommes ? Non, loin de là. C’était juste... Trop compliqué. Quoiqu’il en soit, le caractère du Nightray plaisait à la jeune rousse. Il était provocateur et surtout malin. Manipulateur aussi. Elle aimait bien les manipulateurs. Ils savaient ce qu’ils voulaient, savaient où ils allaient, ne redoutaient rien – effectivement, ils savaient se replier lorsqu’il le fallait et s’en sortaient donc indemnes, quitte à parfois apparaître sous l’image de parfaits lâches – et finissaient toujours par avoir ce qu’ils voulaient. Même si cela pouvait prendre des années et des années, au bout du compte, ils obtenaient ce qui leur tenait à cœur. Ou du moins, en partie. Vraiment, elle aurait pu l’adorer, ce Nightray. Elle aurait pu très bien s’entendre avec lui et se permettre de jouer avec lui à quelques jeux saugrenus. Pourquoi ne pas s’utilise mutuellement ? Tout cela aurait pu être charmant. Vraiment amusant. Mais au lieu de quoi, il a fallu qu’il fasse preuve de son art de manipulation sur les faucheurs pourpres. Comment osait-il s’en prendre à sa famille ? Aiko ne le laisserait pas tranquille avant de lui avoir extorquer toutes les informations qu’elle désirait avoir. Pas spécialement en un jour, bien sûr. Elle y travaillerait. Et elle finirait par trouver. Personne n’a le droit de vouloir du mal à sa famille. Surtout pas cette tête blonde. Mais il fallait qu’elle la joue fine si elle désirait avoir de lui quoi que ce soit. Le cuisiner. Oh, elle allait le faire. Bien sûr qu’elle allait le faire. Patience.

N’avions-nous pas dis que les seules personnes qu’Aiko se permettait de juger du premier coup d’œil étaient les membres de Pandora ? Vincent Nightray faisait d’ailleurs justement partie de cette satanée secte – bon, d’accord, le clan Baskerville avoisinait plus la secte, mais bon hein – d’après ce qu’avait entendu Aiko, il en faisait partie. Alors pourquoi diable se rangeait-il à leur coté ? C’était louche. Trop louche pour être crédible. La jeune femme ne trainait pas souvent dans le manoir, depuis la tragédie d’il y a cent ans, mais cela ne l’empêchait pas d’entendre quelques rumeurs. Elle en avait donc déduit sans nul mal que ce blond n’était nullement fort apprécié au sein du clan. Sauf que ces idiots étaient tous aussi lâches les uns que les autres ; nul n’osait lui parler franchement ; nul ne désirait subir les foudres de Charlotte. Alors qu’Aiko, elle, s’en fichait complètement. Manifestement, elle n’avait pas peur de subir un quelconque courroux d’une quelconque personne. Effectivement, vu que Glen avait disparu – était sans doute mort, en fait –, elle n’avait tout bonnement plus d’ordres à recevoir de qui que ce soit. Oui, Lottie était sa supérieure hiérarchiquement, d’accord. Cela étant, ce ne sera jamais la même chose que si c’était Glen. Si on lui confiait une mission, elle s’en chargerait. Comme elle l’avait toujours fait. Quoi qu’il en soit, lui faire face ne la dérangeait pas. Que pourrait-il s’en suivre, hein ? Un combat. Elle se battrait. Une punition ? Laissez-moi rire. On n’allait tout de même pas punir une Baskerville de dix-huit ans. Non mais, il ne fallait pas exagérer. Et maintenant, Vincent Nightray. Que pourrait-il lui faire ? Plein de choses. Trop de choses, en fait. Mais elle s’en fichait pas mal, car elle savait qu’il ne ferait rien. Simplement car elle avait des limites qu’elle n’avait pas encore pour intention de dépasser. Et puis, il était malin, n’est-ce pas ? Joueur aussi. Alors il ne ferait rien. Il jouerait. Et elle, de son coté, demeurerait raisonnable. Et respectueuse. Enfin, pas sûr que cela tarde. Surtout s’il continuait de prendre les choses si peu au sérieux et qu’il parlait d’un ton si léger. Fichu Nightray. Cette famille, sérieusement, n’apportait rien de bon.

Il devait savoir. Il savait même sûrement qu’elle ne l’emmenait pas à son lieu de rendez-vous. Il connaissait le manoir, depuis le temps qu’il y venait. Et puis, rien qu’au regard qu’elle lui lança, il était clair qu’elle n’allait pas faire ce que l’on attendait d’elle qu’elle fasse. Elle n’en ferait qu’à sa tête. Car elle demeurait une gamine. Et fière de l’être, s’il vous plaît.
Pourtant, il ne l’avait pas arrêtée, n’avait pas cherché à comprendre pourquoi est-ce que celle qui devait l’escorter ne faisait que l’éloigner un peu plus de son point de rendez-vous. Il n’avait pas froid aux yeux. Elle ne savait pas si cela devait le faire monter dans son estime ou l’énerver un peu plus encore, sérieusement. Elle ne fit néanmoins rien, se contentant simplement d’atteindre les ruines et de se tourner vers lui. Un instant, elle garda le silence, le jaugeant du regard. Alors qu’elle parla, trouvant je ne sais où le courage d’être polie, lui se contenta d’étouffer un rire. Qu’est-ce qui lui prenait ? Elle fronça légèrement les sourcils. Qu’attendait-il ? Non, plutôt, qu’espérait-il ? Lire du respect sur son visage ? Il ne fallait pas non plus rêver ; elle ne respectait pas ce fichu homme ; il ne le méritait pas – pas encore du moins. De la crainte, peut-être ? Drôle. Très drôle même. Aiko n’avait pas pour habitude de prendre peur. Et certainement pas d’humains. Encore moins s’il était question d’hommes. Fallait-il rappeler qu’elle était féministe ? Enfin, quoi qu’il en soit, cela ne l’empêcha pas d’avoir peur. Récemment même. Face à Curtis. Mais bon, lui, il n’était pas vraiment humain, n’est-ce pas ? Il était plus un monstre, plus un fou furieux qu’un homme. Largement. Dans tous les cas, son visage demeura impassible face au blond. Blond qui finit d’ailleurs pas répondre. Par une autre question. Quand je vous disais que les hommes étaient idiots. Il ne comprenait pas le sens de la question ou alors, il ne possédait pas assez de jugeote pour y répondre clairement ? En plus, il osait teinter sa voix d’amusement.
Un sourire espiègle incurva les lèvres d’Aiko. Mais non, voyons, ce n’était pas une façon détournée de lui dire qu’elle se méfiait de lui. Si elle avait voulu lui dire cela, elle n’aurait pas tourné autour du pot. Certainement pas. Ce n’était pas réellement un sous-entendu, juste une sorte de… De préface ? Oui, voilà, elle le préparait aux mots cinglants qui finiraient bien par fuser. Après, s’il prenait cela pour un sous-entendu, c’est qu’il prenait réellement la vie pour un jeu. Ce qui n’était pas pire. Cela n’empêche pas les faits : elle se méfiait de lui. Ils n’avaient juste pas la même définition de « sous-entendus ». Pas vraiment quoi. M’enfin.

Oh, bien sûr, il ne se montrait pas réellement poli. C’est un homme faisant partie d’une des quatre grandes familles ducales, alors il ne fallait pas s’attendre à ce qu’il se montre vraiment respectueux. Chose qui ne dérangeait pas Aiko qui, de toute manière, n’en avait que faire des bonnes manières. Elle ne répondrait pas encore. Parce qu’il avait encore quelque chose à dire. Certainement. Suite à quoi, elle prendrait la parole et tenterait de rapidement mettre les points sur les i. Rapidement, oui, mais pas trop non plus. Elle devait prendre le temps de s’amuser. Car oui, désormais, sa priorité était plus de prendre un peu de bon temps avec l’homme et de s’amuser quelque peu avec lui que de vite en finir. Une journée qui s’annonçait anodine, voire complètement ennuyeuse se manifestait désormais comme étant une journée pouvant être pleine de rebonds et plutôt intéressante même.
De nouveau, un sourire. Arrogant. Aiko afficha un amusement ostensible tandis qu’il parlait. En revanche, sa deuxième question la dérangeait quelque peu. Il se fichait d’elle. Il désirait qu’elle soit concise avec lui, qu’elle cesse de tourner autour du pot. Sauf qu’il avait oublié quelque chose : c’est elle qui fixe les règles, pas lui.

Aiko approcha de quelques pas, laissant ses bras tomber le long de son corps. Le même sourire courbant ses lèvres, elle leva sa main droite vers le visage du dénommé Vincent en laissant ses doigts se déposer délicatement sur la peau. Elle lui caressa le visage du bout de son index, de son majeur et de son annulaire sans la moindre gêne, un regard qui n’avait rien de saint dirigé toujours vers l’homme qui lui faisait pour le moment office d’interlocuteur. Quels que puissent être les jeux auxquels elle participait, il fallait toujours que la distance physique entre elle et son adversaire soit quasi-réduite – voire complètement réduite. Mais vu que là, tel n’était pas le jeu, elle se contenterait de témoigner d’une provocation flambeuse et charmeuse.
Et puis, d’une voix étonnement calme et posée, elle s’exclama.

« Bien sûr que je me méfie. Je ne tente même pas de le cacher. Tout le monde se méfie, seulement, moi, je prends des initiatives. Les conséquences, je n’en ai rien à faire. »

Vlan, dans ta face. Elle planta son regard dans le sien en achevant l’ascension de ses doigts au coin de sa bouche, amenant son index à ses propres lèvres tandis qu’elle faisait mine de réfléchir à sa dernière question.
Qu’est ce qui lui faisait dire qu’il n’était pas là pour affaire ? Mais voyons, tout le problème était là. Il était là pour affaire. Ça n’avait pas l’ombre d’un doute. Seulement, il leurrait tout le monde. Lottie comprise dans le lot. Les affaires qu’il avait n’étaient pas celles des Baskerville. Il n’était pas de leur camp. Il ne pouvait pas s’être rangé de leur coté. Que voulait-il vraiment ? Quel était son but ? Pourquoi jouer avec Pandora et avec les déchus ? Pour devancer tout le monde, gratter des deux cotés et rafler la mise en fin de partie ? S’il jouait aux observateurs, ça marcherait parfaitement. Mais il ne pourrait rien faire. Alors il prenait des risques et se risquait à jouer double jeu. Il finirait par se brûler les ailes. Sauf si ses adversaires et pseudo-alliés en même temps sont des idiots. Malheureusement, il était possible que ça soit le cas. Aiko ne pouvait pas accepter cela. Elle devait se mêler à une affaire qui ne la concernait pourtant pas personnellement. Que pourrait-elle y perdre ? Plusieurs choses. Et sa vie y compris. Ça promettait. Mais c’était ainsi, c’était elle ; dévouée aux Baskerville corps et âme.
Cette fois-ci, de façon purement aguicheuse – pas la peine de chercher à la changer, elle était ainsi malgré tout, malgré les sentiments peu positifs qu’elle éprouvait à l’égard de l’homme se tenant devant elle –, Aiko approcha son visage de celui du Nightray, un sourire malsain étirant ses lèvres et positionna sa bouche près de son oreille. Dans un murmure, comme si quelqu’un d’autre pouvait l’entendre, comme si elle partageait là avec l’homme un secret, quelques mots s’échappèrent de sa bouche, transportés par le vent.

« C’est pourtant simple, non ? Les Baskerville n’ont pas d’alliés. Je ne te reproche pas de jouer sur deux tableaux, seulement, j’aimerai savoir ce que l’on t’apporte de plus que Pandora. »

En s’éloignant, ses lèvres effleurèrent la peau de l’homme. Et puis, une fois redressée, son sourire s’élargit encore tandis qu’elle saisit l’une de ses mèches écarlate pour l’enrouler autour de son doigt, faisant passer le bout de sa langue sur ses lèvres.
Tenez, c’est vrai, elle venait de le tutoyer. Tutoyer un sang noble. Oh, bien sûr, elle s’en fichait pas mal. C’était Aiko, il ne fallait pas non plus l’oublier. Ni se leurrer. Elle n’en avait néanmoins pas fini avec cet homme. Pas le moins du monde. Mais en même temps, il fallait bien qu’elle réfléchisse un peu au lieu de lui dire tout ce qui lui passait par la tête. Donc. Elle avait beau se creuser la tête, elle ne trouvait toujours pas ce qu’il avait à y gagner. Rafler la mise, je veux bien, mais quelle mise ? Que pouvait bien vouloir cet homme ? Il devait avoir ses secrets, bien sûr. Et ce n’est sûrement pas à une gosse comme Aiko qu’il allait les révéler, elle ne se créait nulle illusion à ce sujet.
Et puis, ce qu’elle lui dit était complètement véridique. Elle ne lui reprochait nullement le fait de jouer double jeu. Même si elle ne l’aurait jamais fait, dévouée comme elle l’était, cela ne l’incitait pas non plus à détester toutes les personnes qui agissaient ainsi. C’était leurs vies, leurs soucis ; elle s’en fichait pas mal. En revanche, elle désirait savoir ce qu’il avait derrière la tête. Avait-il l’intention de se ranger du coté du plus fort pour être debout à la fin, quoi qu’il arrive, ou alors, voulait-il tout détruire une fois qu’il en aurait fini avec eux ? Détruire les Baskerville. Un seul homme en était-il capable ? Un long frisson parcouru Aiko qui fronça légèrement les sourcils. Avait-il un Chain ? Pandora n’était pas réputée pour donner à ses membres des Chains très forts. Cela étant, elle ne voulait surtout pas faire l’erreur de sous-estimer cet homme. Ce Nightray.

« Que nous réserves-tu, dis-moi ? Combien de temps encore as-tu l’intention de terroriser les membres les plus candides qui te craignent en silence ? Cela doit te plaire, n’empêche... »

Elle planta ses yeux bruns dans les siens avec un léger sourire faussement inoffensif sur les lèvres. Et puis, elle se laissa basculer en arrière, son dos retrouvant le mur délabré. Froid. Frisson. Elle tendit alors sa main vers le noble, une seconde fois, effleurant cette fois-ci sa mâchoire. Un geste d’appartenance qui avait aujourd’hui un autre sens ; il était sur son territoire, elle érigeait les règles et lui n’avait qu’à bien se tenir. C’est ce qu’elle voulait lui faire comprendre. Et même s’il avait l’intention de participer au jeu, il demeurera simplement un pion. Même les plus grands joueurs d’échecs deviennent un jour de vulgaires pions sur un échiquier qui n’est plus leur terrain de jeu mais uniquement leur terrain de guerre. Ils n’étaient pas à l’abri de l’art divin de la manipulation.
À ainsi demeurer sur le perchoir, à ainsi guetter plus fort que nous, on oublie de regarder en bas. Il y a toujours plus fort que soi, certes, mais cela n’empêche pas les faibles de se relever. Vincent Nightray devait avoir des ennemis bien plus importants que des subordonnés Baskerville. Pourtant, il serait fort possible qu’il soit déstabilisé, déséquilibré. Et par qui ? Quelqu’un qui est en dessous. Il ne prendra pas la peine de baisser les yeux. Pas lui. Pas un homme si imbu de lui-même – il demeurait noble, non ? Il devrait se méfier. Se méfier de tout le monde. Hiérarchiquement, il était supérieur à Aiko, n’est-ce pas ? Eh bien, cela ne change rien. Qu’il se méfie. Qu’il se méfie vraiment. Parce que la jeune femme était bien décidée à lui faire baisser les yeux vers elle et à lui faire amèrement regretter le fait qu’il ne daigne se méfier que de ses égaux. Les Baskerville sont ses alliés ? Alors Aiko est censée faire partie de ces mêmes alliés, logiquement. Alors, qu’il n’oublie simplement pas qu’il vaudrait mieux pour lui garder ses amis proches de lui, mais ses ennemis encore plus proches.

[C'pas si grave que ça, t'inquiète. '^' Et puis, ton post compense l'attente. o/ Voilà, j'espère que ça ira. ♥]
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   2nd Mars 2013, 01:27

Vincent était exigent. A un certain point, son exigence pouvait même être qualifiée d’égoïsme. Il était exigent avec ceux qui l’entouraient, pour commencer. Il méprisait les faibles, se méfiait des puissants, aimait ceux qui lui ressemblaient mais craignait ceux qui l’égalaient. Il y avait comme ça toute sorte de personne qu’il détestait, et qu’il détesterait toujours. Selon votre façon d’être, de penser, d’agir, vous ne trouverez simplement jamais grâce aux yeux du jeune Nightray. Ce mépris s’exerçait sur les membres de Pandora, qui vouaient leur vie à la protection de quelque chose dont il ne faisait que soupçonner l’existence, à défaut de savoir de quoi il en retournait vraiment. Sur la plupart des Baskerville, obsédés par leur stupide quête de l’âme de leur maître. Sur les contractants illégaux, qui se laissaient aller à leur désespoir et justifiaient leurs crimes par leurs petits malheurs personnels, usant de la mort d’un proche comme d’un prétexte pour massacrer des innocents. Meurtres perpétrés en vain de toute façon, puisqu’ils finissaient tous plongés au plus profond de l’Abysse, qu’ils aient en ai tué trois ou cent. Mais ce dédain s’étendait également à tous les emmerdeurs en général, à tous ceux qui s’opposaient à lui, que ce soit directement ou non, et à tous ceux qui se dressaient sur son chemin. Ainsi, par exemple, il ne se contentait pas d’haïr ce maudit Chapelier : il lui vouait également un mépris sans borne. Et il en allait de même pour Alyss, pour Jack, pour tous ceux qui lui avait un jour fait du mal, à lui mais surtout à Gil.
Qu’en était-il des quelques personnes qu’il appréciait, ou qu’il tenait un minimum dans son estime ? Ils étaient rares à tel point qu’on pouvait croire qu’il les acceptait complètement, qu’il se reposait entièrement sur eux, qu’il tolérait leurs qualités comme leurs défauts. C’était faux. Même avec ceux qui lui étaient chers, Vincent Nightray était quelqu’un d’exigent. Prenez Lottie, par exemple. Il l’appréciait, mais attendait d’elle une loyauté sans faille, ainsi qu’une efficacité à toute épreuve. Si elle faisait ne serait-ce que mine de douter de lui un jour ou l’autre, si elle s’avérait incapable d’accomplir son devoir ou s’il se rendait compte qu’il l’avait tout simplement surestimée, alors il la mépriserait à son tour. Et qu’importe si sa personnalité restait tout aussi plaisante : elle n’avait simplement pas droit à l’échec. Ni elle, ni personne de son entourage. Il ne tolérait pas d’être déçu, c’était aussi simple que ça.

Il y avait aussi ce côté égoïste, presque malsain. Il ne s’en était rendu compte qu’assez récemment, d’ailleurs. Tout ça à cause d’une dénommée Heather, une contractante illégale qu’il avait manqué de tuer avant de finalement la ramener au manoir des Nightray. Enfin bref, c’était une longue histoire. Toujours était-il qu’il s’était pris d’affection pour elle. Ladite demoiselle ayant, tout comme lui, perdu son frère de vue, il était passé outre son côté exigent et avait toléré sa faiblesse, ses doutes, ses inquiétudes. Parce qu’il savait ce qu’elle ressentait, qu’il pouvait comprendre sa fragilité. Il l’avait lui-même éprouvée, après tout. A défaut d’être dictés par son intransigeance habituelle, ses actes et ses paroles avaient alors été guidé par un tout autre de ses défauts : l’égoïsme. Il s’était surpris à mentir pour qu’elle reste à ses côtés, à attendre d’elle qu’elle sacrifie son bonheur au profit du sien. Il avait souhaité, au plus profond de lui-même, qu’elle abandonne ses recherches et qu’elle ne s’en aille pas, qu’elle délaisse son frère à son profit. Tout ça pour quoi ? Pour lui, Vincent Nightray. Au nom de quoi ? Mystère.
Enfin bref. Vincent attendait donc des autres une conduit bien précise, des paroles bien précises, des actes bien précis. Sitôt qu’il rencontrait quelqu’un, il s’efforçait de le cerner au mieux afin de trouver une quelconque raison de le mépriser. Ou de l’estimer, même si c’était plus rare. Et, de ce fait, il attendait beaucoup d’Aiko.

Il reporta son attention sur la jeune femme. Il aurait fallu être idiot pour ne pas se rendre compte qu’elle ne l’appréciait pas. Vincent ne lui en voulait pas spécialement : à vrai dire, il s’en fichait. Et au moins, elle avait le mérite de ne pas s’en cacher. Ce qui n’était pas le cas de tous ses chers camarades encapuchonnés. Il haussa les épaules. On ne pouvait pas en vouloir aux gens d’être lâche quand on n’était pas courageux soi-même. Bref.
Ladite Aiko n’avait pas vraiment l’air troublée par sa réponse. Tant mieux, c’aurait été décevant. Elle commençait tout juste à susciter son intérêt, et il espérait ne pas s’être trompé lorsqu’il l’avait, un peu plus tôt, jugée comme potentiellement intéressante. Le sourire qu’elle afficha le tira de ses réflexions. Alors comme ça, il n’était pas le seul à s’amuser ? De mieux en mieux. Un jeu est toujours plus amusant lorsque l’on trouve un adversaire à sa taille.

Il n’esquissa pas le moindre mouvement de surprise lorsqu’elle fit courir ses doigts sur son visage, se rapprochant dangereusement de lui sans prendre la peine de feindre l’innocence. Tiens donc. Ca, c’était déloyal. Quoique, les femmes partaient toujours avec un avantage certain lors de ce genre de confrontation. Personne n’en voudrait à la dénommée Aiko d’user de ses charmes pour le déstabiliser, ou même pour le provoquer. Elle pouvait toujours lui lancer ce genre de regard charmeur, réduire à néant la distance qui séparait leurs deux visages. On lui accordait, parce que c’était une femme. Si lui avait tenté quoi que ce soit avant elle, pour tenter de prendre l’avantage le premier, c’aurait été déplacé. Très déplacé, même. Ceci étant dit, maintenant qu’elle avait lancé les hostilités, elle ne pourrait pas lui en vouloir s’il répliquait. Il espérait simplement qu’elle s’en rendait compte.

- Bien sûr que je me méfie, lui lança la jeune femme. Je ne tente même pas de le cacher. Tout le monde se méfie, seulement, moi, je prends des initiatives. Les conséquences, je n’en ai rien à faire.

Tiens donc. Il était sans doute censé s’étonner devant sa sincérité, son air de défi. Il était vrai que la plupart des Baskerville se contentaient de désapprouver sa présence en silence. Etait-ce une raison suffisante pour être fière de le clamer haut et fort ? Et puis d’abord, était-elle fière ? C’était étrange. Plus elle parlait, plus elle agissait, et plus il avait de difficultés à la cerner. Il avait bien compris ce qu’elle lui reprochait –à savoir, d’utiliser sa famille comme bon lui semblait- et il pouvait parfaitement la comprendre. Lui-même aurait réagi de la sorte, voir pire, si quelqu’un avait fait de même avec Gil. Non, ce qu’il n’arrivait pas à déterminer, c’était ce qu’elle lui voulait. Mais bon, elle ne semblait pas en avoir fini avec lui, au vu du regard qu’elle lui lança à ce moment-là, donc peut-être allait-elle lui en dire un peu plus par la suite. Il se contentait de subir le rythme qu’elle lui imposait, suivait ses règles pour le moment. Pour le moment.
Il sentit alors sa bouche près de son oreille, son souffle dans sa nuque. Vincent esquissa un sourire amusé. Elle ne lui laissait aucune chance.

- C’est pourtant simple, non ? Les Baskerville n’ont pas d’alliés, déclara-t-elle. Je ne te reproche pas de jouer sur deux tableaux, seulement, j’aimerai savoir ce que l’on t’apporte de plus que Pandora.

Il devait admettre que la question était pertinente. Lui-même se l’était posée, et avait retourné dans sa tête toutes les réponses possibles avant de trahir Pandora et de s’allier aux Baskervilles. Qu’est-ce que ce changement de camp pourrait bien lui apporter de plus ? S’allier aux Baskervilles lui permettrait-il d’accomplir plus vite son objectif ? Qu’avait-il réellement à y gagner ?
A ses débuts, Pandora semblait prometteuse. L’organisation avait des bases solides, une connaissance de l’Abysse relativement convenable et des objectifs qui rejoignaient parfaitement les siens. S’ils obtenaient la Volonté de l’Abysse, alors il pourrait effacer toute trace de son existence et offrir à Gil une vie meilleure. Un passé dont il serait absent. Vincent avait donc placé tous ses espoirs en Pandora. Mais très vite, l’organisation s’était lancée dans une espèce de chasse aux sorcières, traquant impitoyablement les contractants illégaux et se reposant insolemment sur ses lauriers. Tous, jusqu’aux plus hauts placés, avaient fini par perdre de vue leur objectif principal : la Volonté de l’Abysse. Ces imbéciles se contentaient d’agir comme une sorte de police, délaissant leur mission d’origine. Vincent avait alors commencé à se demander s’il avait encore quelque chose à faire avec Pandora et s’il ne ferait pas mieux de chercher des alliés ailleurs ? Et, comme pour répondre à ses interrogations, les Baskervilles avaient recommencé à faire parler d’eux à cette époque là. Qu’ils aient le même objectif que Pandora ou presque n’était un secret pour personne, aussi le calcul avait-il été vite fait : Pourquoi rester auprès d’une bande d’incapables quand on avait à disposition une toute autre force de frappe dont les méthodes s’avéraient diablement plus efficaces ? Pandora avait beau détenir de nombreuses informations sur l’Abysse, ils ne faisaient pas le poids face aux Baskervilles. Les Baskervilles n’étaient pas seulement familiers avec l’Abysse : ils en étaient les messagers. Nul doute qu’ils serviraient bien mieux ses intérêts que n’importe quelle organisation gouvernementale.
C’est ce qu’il s’apprêtait à lui répondre quand la jeune femme, provocatrice, passa la langue sur ses lèvres.

- Que nous réserves-tu, dis-moi ? demanda-t-elle. Combien de temps encore as-tu l’intention de terroriser les membres les plus candides qui te craignent en silence ? Cela doit te plaire, n’empêche ...

A ce moment-là, il leva vers elle un regard victorieux, tandis qu’elle caressait sa joue d’un geste presque possessif. Première erreur, au bout d’à peine quelques échanges verbaux. Qu’est-ce qui lui plaisait ? Il aimait voir la terreur dans les yeux de ceux qu’il persécutait, il aimait cet air de défi qu’ils avaient toujours au début, embarqués vainement dans un combat futile pour défendre leur dignité. Il aimait voir, ensuite, la peur s’immiscer dans ce même regard, au fur et à mesure que ses proies comprenaient qu’ils n’avaient aucune chance. Il aimait semer l’espoir dans ce regard-là, faire mine de se repentir, faire croire qu’il leur laissait une opportunité, leur laisser entrevoir une issue. Mais il aimait par-dessus tout lire la résignation dans les yeux de ses victimes, lorsqu’il leur portait le coup de grâce, anéantissant tout l’espoir qu’il avait fait germer. Oui, Vincent était indéniablement quelqu’un de sadique. Il n’en voulait pas à ceux qui le prenaient pour un dingue : il savait pertinemment que quelque chose chez lui ne tournait pas rond. Mais ce qu’il refusait, c’était d’être associé à l’un de ses petits tyrans méprisables, qui jouissaient d’une emprise quelconque sur les autres seulement du fait de leur rang, de leur place dans la hiérarchie ou sur l’échelle sociale. Oh, bien sur, il aimait être haï, il aimait qu’on le craigne. Mais seulement s’il avait fait quelque chose pour mériter qu’on lui voue ce genre de sentiments. Ces Baskervilles qui le fuyaient simplement du fait de son appartenance aux Nightray et à Pandora, et de l’influence qu’il possédait sur Lottie, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Ca l’attristait plus que ça ne l’amusait, à vrai dire. Ca n’avait rien de glorieux, il n’y avait pas de quoi en être fier. Et ça ne lui apportait rien non plus. C’était donc une réputation futile, basée sur des craintes futiles, venant de personnes dont il se fichait complètement. Une pure perte de temps, et ça ne lui plaisait certainement pas.

Il fallait donc qu’il la détrompe, mais comment ? Il ne suffisait pas de lui affirmer qu’il s’en moquait : elle n’avait aucune raison de le croire, il le savait pertinemment. Il allait devoir le prouver. Non seulement avec des paroles, mais aussi avec des actes. Et il ne savait pas vraiment comment il allait s’y prendre. Cependant, au vu du tournant que prenait la conversation, il n’était pas obligé de le faire tout de suite. Elle pouvait bien continuer de croire que Vincent était un simple tyran imbu de sa personne pendant quelques instants encore, il aurait tout le loisir de lui démontrer le contraire par la suite. Pour l’instant, de toutes les questions qu’elle avait posé, la première était sans doute celle à laquelle elle accordait le plus d’importance. Pourquoi ? Pourquoi s’était-il allié aux Baskervilles, en même temps qu’à Pandora ?

- Y’a-t-il quelque chose, quelqu’un, commença-t-il, qui te rend heureuse ? Qui te rend ou qui t’a un jour rendu heureuse, peu importe. Quelqu’un d’important, quelqu’un qui compte plus que n’importe qui d’autre ?

Il plongea son regard dans le sien. Vincent n’avait pas eu la vie facile. Souvent, les gens qui souffrent ont tendance à se renfermer sur eux-mêmes, à ne plus voir que leur propre souffrance et à négliger celles des autres. Vincent n’était pas de ceux-là. Il savait qu’aucun des Baskerville n’avait mené une existence heureuse. La plupart d’entre eux avait été reniés, rejetés par leur famille, ou avait vu celle-ci disparaître, mourir sans pouvoir rien y faire. Certains étaient rongés par les remords, parla culpabilité, d’autres par la tristesse. A l’image des enfants maudits, leur particularité ne leur avait apporté que malheur et mésaventures. Il était donc certain qu’au fond d’elle-même, Aiko pensait à quelqu’un de bien particulier, en cet instant précis. Ce n’était peut-être pas aussi fort que le lien qui l’unissait à Gil, mais la jeune femme avait sans doute quelqu’un. Ou avait eu, qui sait.

- Il se pourrait que tu la perdes. Il se pourrait même, hasarda-t-il, que tu l’aies déjà perdue. Tu fais tout pour la préserver, ou tu as tout fait pour la protéger, par le passé. Mais, poursuivit-il, tu as échoué.

Rien à faire. Il avait beau faire des efforts, ses phrases finissaient toujours au passé. Vincent soupira. Ses récentes retrouvailles avec Gil, au cours desquelles il lui avait tout avoué dans les moindres détails, n’avaient pas suffit à lui redonner espoir. Il avait toujours désespérément peur qu’il lui échappe encore une fois. Il avait peur de l’échec, peur de la perte, peur des remords. Il ne voulait pas faillir à protéger Gil une nouvelle fois. Hors de question que Gil ait encore à souffrir. Il ne leur permettrait pas. C’était la raison pour laquelle il jouait « sur les deux tableaux », pour reprendre les mots de la jeune femme. Il ne pouvait tout simplement pas se permettre d’échouer.

- Et si, lui dit-il, après des années passées à t’en vouloir, à te morfondre, à envisager tout ce que tu aurais pu faire afin de ne pas échouer, et si la vie te laissait une seconde chance ? Une chance de rattraper tes erreurs, de tout effacer. Si on te donnait cette chance, acheva-t-il en plantant son regard dans le sien, ne ferais-tu pas tout ce qui est en ton possible pour ne plus jamais faillir à la tâche ?

Moi, songea-t-il, je mettrai toutes les chances de mon côté. Et c’était ce qu’il avait fait. Il n’avait pas trahi Pandora de gaieté de cœur, n’utilisait pas les Baskervilles simplement parce qu’il s’amusait à manipuler les plus faibles que lui : il l’avait fait par nécessité. Tous ses mensonges, tous ceux qu’il avait tué pour servir ses propres intérêts, toutes ses manigances, ses trahisons, toutes les souffrances qu’il avait engendrée et toutes celles qu’il engendrerait encore ; tout ce qu’il avait fait, il l’avait fait pour Gil. Parce qu’il s’en voulait plus que tout de ne pas avoir su le protéger, parce que sa simple existence avait foutu la sienne en l’air. Parce que Gil n’aurait pas souffert, ou du moins pas autant, si lui, Vincent, n’avait jamais existé. Parce qu’il se maudissait, qu’il voulait disparaître sans laisser la moindre trace, et offrir à Gil le passé, le présent et le futur qu’il méritait. Une vie heureuse, dénuée de toute souffrance, une existence dorée comme il la méritait. Une vie qu’il aurait eu s’il avait été fils unique. Vincent n’avait quasiment jamais fait part de ses intentions à qui que ce soit, excepté à Leo, le seul qui soit capable d’accomplir son vœu. Alors bien sûr, tout ce qu’il venait de dire à Aiko n’était que suppositions. Une simple manche de leur petit jeu, basée sur rien de plus que des suppositions, que sur des « et si » fantaisistes à souhait. Rien de tout cela ne lui était vraiment jamais arrivé, hein ? Il disait ça pour se justifier, rien de plus. Pourtant, il espérait qu’au fond d’elle-même, elle comprendrait. Qu’il n’était pas simplement un homme machiavélique qui se réjouissait de la souffrance d’autrui. Qu’il avait, lui aussi, quelque chose à protéger.
Il s’avança vers Aiko, qui s’était adossée au mur. Profitant du fait qu’il la dépassait d’une bonne tête, il la domina de toute sa hauteur, s’approchant d’elle le plus possible. Puis, avec une infinie lenteur, il s’empara de son menton d’une main et rapprocha dangereusement son visage du sien. Puis, lorsque la distance entre eux fut quasiment réduite à néant, il parla.

- Est-ce quelque chose que tu peux comprendre ? lui demanda-t-il, d’un ton égal. Il n’est pas question de ce que vous m’apportez de plus qu’une quelconque organisation. Il n’est pas question, continua-t-il tout en relâchant son emprise, des Baskervilles ou de Pandora. Il s’agit de savoir si oui ou non, tu serais prête à saisir cette chance et à tout sacrifier pour une seule chose, pour une seule personne.

Une fois de plus, il plongea son regard dans celui d’Aiko, tentant d’y déceler la moindre réaction, la moindre émotion. Etait-il possible qu’elle ne le comprenne pas, qu’elle n’ait aucune idée de ce dont il voulait parler ? Si elle avait effectivement perdu quelqu’un, s’était-elle résolue pour de bon ? S’imaginait-elle qu’elle pourrait accepter la perte, si elle échouait un jour à protéger celui ou celle qui lui était cher ? Si elle pouvait le comprendre, si elle pouvait comprendre ce qu’il ressentait, alors leur petit jeu prendrait une toute autre tournure. Bien sur, il ne comptait pas s’épancher auprès de la jeune fille : ils n’étaient ni amis ni même proches, il n’avait aucune raison de le faire. Mais il comptait bien lui montrer qu’aussi condamnables soient ses méthodes, si égoïste soit son but, il était quelqu’un de loyal. Peut-être pas à une organisation, ni même à une famille. Mais à quelqu’un. Quelqu’un qui méritait qu’il commette tous les sacrifices.
Et puis, il était curieux de voir comment elle allait réagir. Il était peu probable qu’elle se livre à lui, mais il arriverait sans doute à voir un peu plus clair dans son jeu s’il la déstabilisait. Et en bon joueur qu’il était, il serait bien content s’il arrivait à mettre le doigt sur l’une de ses faiblesses. Parce qu’ils jouaient à un jeu, dont elle avait elle-même décidé du but, dont elle avait elle-même fixé les règles. Et qu’il aurait beau pouvoir la comprendre, il n’hésiterait pas à se servir de tout ce qu’il pourrait contre elle pour lui porter le coup de grâce et remporter la victoire.


{Voila voila ! J'me suis relue & normalement ça va, mais y'a peut-être des choses qui veulent rien dire, j'étais pas très en forme quand j'ai écrit. & si tu veux que je change quoi que ce soit, mp :3}
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   4th Mars 2013, 02:38

Quelques uns, quelques rares rescapés d’un funèbre destin, ont réussi à avoir un passé sans remous. Un passé teinté d’innocence, de naïveté ainsi que de beauté infantile. On peut croire, de prime abord, que ces chanceux sont ceux tirés d’une quelconque famille noble. Mais ce n’est pas toujours juste. Je ne pourrai pas parler avec certitude, certes, mais cela étant, les riches ne sont pas toujours ceux qui ont le plus de chance. Oh et puis, quelle chance, dites-moi ? Tous se trouvent différents. Et tous pensent que la différence est quelque chose de « bien ». Si on peut le dire comme ça. On trouve tout le temps de quoi se plaindre. Les humains sont sots. Les humains sont vils. Les humains sont tout sauf parfaits. Et jamais ils ne pourront ne serait-ce que frôler la perfection. Les humains n’ont pas d’ailes. Ils ne peuvent pas voler. Et la liberté, la perfection, la délivrance sont toutes hors de leur portée, en hauteur. Cela étant, le fait d’avoir une enfance difficile endurcit le caractère. Vraiment. Pas toujours dans le bon sens, cela étant. Effectivement, il est possible que la personne se referme sur elle-même. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas une très bonne affaire pour les relations. Prenons, par exemple, Aiko. Avant de perdre sa sœur, elle était une sorte de boule d’énergie, souriante, pleine de vie ; radieuse. Jamais son regard ne fut aussi étincelant ; jamais son teint ne fut aussi clair ; jamais le bonheur n’avait été aussi acquis pour elle. Mais après la mort de sa sœur, elle fut sujette à une torture omniprésente, à une culpabilité mordante, à une tristesse monstre et à une mélancolie qui habitait dans son ombre, qui grimpait jusqu’à dans son âme et qui la consumait à petit feu, qui la détruisait, la détériorait, la soumettait. Et qu’était-elle devenue, en fin de compte ? Elle ne savait pas. Elle vêtait un masque. Et ce masque avait élu domicile sur son visage ; elle ne savait plus comment s’en débarrasser, ne cherchait même plus, avec l’écoulement des années, à se débattre. La couleur était annoncée ; tout n’était plus qu’une question de temps, autant juste patienter. Et vous voyez, lorsqu’on devient ce genre de personne sans sentiment, mettant instinctivement de la distance entre les autres et elle-même, alors on est horrible, un monstre, quelqu’un que l’on ne reconnait pas, quelqu’un de méprisable, quelqu’un que notre vrai nous méprise, au fond. Nous nous nourrissons dès lors que de rancune, de malheur, de douleur et de dédain. Les autres nous mésestiment ? Nous ne nous sentons que mieux après avoir vu dans leurs prunelles se loger une étincelle de souffrance, de haine. Et Aiko était ce genre de personnes. Ce genre de personne qui ne voulait pas être aimée. Ou du moins, qui disait ne pas vouloir être aimée. Alors qu’au fond, elle aimerait bien qu’on lui prenne la main et qu’on lui dise que tout irait bien, que ça allait s’arranger, qu’elle n’était pas seule – qu’elle n’était plus seule. Qu’on lui mente, qu’on la prenne pour une idiote, qu’importe. Elle voulait juste entendre ces mots mélodieux. Elle voulait juste que ces mots l’atteignent, fassent fondre la glace autour de son cœur, se dérobent à l’emprise du masque pour atteindre ses yeux et y déclencher une cascade de larmes.
Aiko jouait. Ça la divertissait. C’était tout ce qui marchait avec elle. Pour qu’elle aille mieux. Pour qu’elle se sente mieux. Pour qu’elle ait seulement cette impression. Pour s’enfoncer dans une illusion crée de toute pièce par la volonté juvénile d’une ancienne Aiko.

Et puis, il y avait une autre catégorie de gens. Ceux qui eurent un passé loin d’être glorieux mais qui réussirent à s’en tirer. Comment ? Je serai bien en peine de vous le dire. Peut-être que ces personnes ont été simplement plus fortes qu’Aiko. Tout bêtement. Peut-être ont-elles été accompagnées, à un quelconque moment. Même si, au fond, la jeune femme, détentrice de la chevelure couleur sang, n’avait pas été seule non plus. Seulement que le lien qu’elle entretenait avec sa génitrice faisait plus d’elle un maître qu’une réelle mère. Quoiqu’il en soit, ces personnes continuaient leurs vies. Elles ne se morfondaient pas sur leurs sorts. Pas qu’Aiko le faisait, juste que c’était différent. Et en quoi résidait la différence ? Simplement dans le fait que la jeune femme se sentait coupable de la mort de sa jumelle alors que les autres, pas forcément. Alors voilà, elle avait beau vivre avec cela sur la conscience, elle continuait de vivre.
Comment aurait-elle pu se douter que Vincent avait vécu quelque chose d’aussi terrible et de douloureux ? Comment aurait-elle bien pu savoir que derrière ce sourire malsain se cachaient de bonnes intentions ? Elle avait beau témoigner du fait qu’elle ne le portait pas dans son cœur, ça ne voulait pas dire qu’elle était insensible aux réponses qu’il allait lui fournir. Et puis, d’ailleurs, ce n’est pas comme si elle avait réellement pensé aux réponses qu’il aurait pu lui donné alors elle ne pouvait encore être sûre de lui. Avait-elle commis une erreur en le questionnant? Après mûre réflexion, elle ne trouvait pas. Quelles que soient les révélations qu’il pourrait lui faire, elle ne devait pas se laisser déstabiliser, ne devait pas perdre de vue le principal : cet homme risquait de faire du mal à sa famille. Et cela, pas la plus majestueuse des causes ne pourrait le justifier, ne pourrait l’excuser. Ce n’était certes pas encore dit qu’il ferait réellement du mal à son clan, mais ça n’empêchait que ça restait possible. Et aussi longtemps que subsistera le doute, Aiko se débrouillerait pour ne pas compatir, ne pas laisser paraître la compréhension sur son visage. Enfin, elle essaierait. Aujourd’hui, aussi bien Vincent qu’elle-même faisaient preuve d’un grand égoïsme. Et tous deux pour des causes. Ils demeuraient humains ; vils ; sots ; dégueulasses. Alors ils feraient tout pour défendre leurs principes, leur famille ; quitte à compter dans leurs listes déjà bien longue un nouvel ennemi.

Vincent avait-il souffert ? Vincent avait-il eu une enfance difficile ? Aiko le devinait à son œil rouge. Cet enfant maudit. On avait réellement dû le faire souffrir, lui mener la vie dure. Mais la jeune femme ne se doutait pas le moins du monde de la véritable raison de son malheur actuel. Elle n’en savait rien. Et c’était exactement pour cette raison qu’elle ne désirait pas le juger. Qu’elle n’avait pas à le juger. Elle demeurait juste et ce n’est pas faute de l’avoir déjà dis. Allait-elle en savoir un peu plus sur lui, d’ici la fin de cette discussion qu’ils avaient ? Rien n’était sûr. Tout demeurait probable, cela étant. Bien sûr, il n’allait pas non plus se confier à elle. Après tout, elle n’était pas son amie, pas sa confidente. Officiellement, elle était son alliée. Officieusement, elle n’en savait trop rien. En l’entraînant ici, elle était certaine qu’elle continuerait de ne pas l’apprécier. Mais tout compte fait, il fallait croire que cela n’était plus aussi certain que ça en avait l’air.
Mais Aiko avait été délivrée. Elle n’était pas restée enfermée dans sa bulle, seule. Quelqu’un avait réussi à faire tomber son masque. Quelqu’un avait réussi à lui faire rappeler qu’elle portait un masque. Finn. Un Baskerville. Rien qui ne l’étonnait. Mais le fait qu’en si peu de temps, il ait pu se rapprocher d’elle et obtenir d’elle plus que du désir charnel était, en revanche, plutôt stupéfiant pour Aiko. Elle ne l’idéalisait pas, ne le mettait pas sur un quelconque piédestal, mais il fallait avouer qu’il avait tout de même réussi à faire sourire une femme qui avait oublié de quelle façon elle devait incurver ses lèvres pour arriver à pareil résultat. Et maintenant, en plus de faire glisser aussi bien ses yeux que ses doigts sur son corps, elle les faisait aussi glisser sur son âme. Le fait qu’il soit là pour elle était quelque chose qu’Aiko ne connaissait pas. Mais maintenant qu’elle y avait gouté, elle y était devenue accro. Elle avait besoin de cette personne. Et c’était justement cela qu’elle aurait préféré éviter ; être dépendante ; ne pas être libre ; prendre l’ignoble risque de souffrir encore si elle venait à perdre le brun, si elle venait à ne pas réussir à le protéger. Et comment protéger quelqu’un qui la dépassait d’une bonne tête ? Il faudrait bien qu’elle trouve. Il faudrait bien qu’elle prenne le risque de le perdre. Ses sentiments pour lui étaient trop forts. Et ce sont ces mêmes sentiments qui l’ont sauvée et qui pourront sauver d’autres personnes. Des personnes telles que Vincent. La nature des sentiments importe peu ; pourvu qu’ils soient assez forts pour réveiller la personne – même une profonde haine pourrait faire la faire tant qu’elle est réellement ressentie et non simulée. Mais Aiko n’était pas là pour l’aider. N’était pas là pour le prendre en pitié. Et puis, de toute façon, elle doutait du fait qu’il ne s’énerve pas réellement si elle venait à agir par pitié.
Le jeu continuait. Le jeu n’avait jamais prit fin. Et le fait que la jeune femme laisse ses mains glisser sur le visage de l’homme et son souffle s’abattre sur sa nuque n’était pas tant de la tricherie qu’un simple profit ; elle profitait de son statut de femme. Son but n’avait jamais été de déstabiliser le Nightray. Je vous l’ai déjà dis, elle préférait être loyale, affronter ses adversaires dans les règles de l’art. Alors voilà, son objectif n’était nullement de déstabiliser le séduisant blond. Elle faisait cela par habitude car l’un de ses principaux traits de caractère était l’enjôlement. Provocatrice et séductrice, voilà ce qu’elle était. Avec tous les hommes et quelles que soient les circonstances. Même avec Curtis, lorsqu’elle savait pourtant sa vie en véritable danger.

Elle restait devant lui, son regard planté dans le sien. Elle avait posé ses questions clairement, cette fois-ci, alors il n’avait plus aucune raison de se dérober, n’est-ce pas ? Il n’avait aucune raison de lui faire confiance, alors pourquoi prendrait-il la peine de lui répondre ? Parce qu’il était joueur. Et parce qu’elle était un pion qu’il pourrait envisager de contrôler. Elle pouvait se servir de ses réponses comme d’une arme, persuader Lottie de ne pas lui faire confiance – franchement, elle doutait quand même de la réussite de l’opération. Cela étant, elle ne ferait rien de tel. Si elle avait quelque chose à lui reprocher, c’était de mettre en danger les Baskerville, n’est-ce pas ? Alors si elle devait régler les choses, elle ferait en sorte de le faire seule. Pas la peine de mêler d’autres personnes dans cette histoire ; elle se débrouillerait seule, comme une grande. Et lui alors ? Qu’avait-il l’intention de faire ? Que pourrait-il réellement y gagner ? Manipuler Aiko ? Il avait dû deviner qu’elle n’était pas le genre de femme à se laisser manipuler. Pas ce genre de femme que l’on qualifie de « faciles ». Mais qui sait, il devait sûrement aimer les défis, la difficulté. Sinon, pourquoi lui prêter le moindre intérêt et prendre la peine de lui répondre ?
Car oui, effectivement, il lui avait répondu. Il avait plongé son regard dans le sien sans qu’elle ne cherche à se libérer de l’emprise qu’il commençait progressivement à avoir sur elle. Un instant, un court instant, les yeux de la jeune femme se voilèrent d’un sombre voile de culpabilité, d’amertume ainsi que d’irritation. Parce que Vincent avait visé juste. Il y avait bien une personne à qui elle pensait en ce moment même. Il y avait bien une personne qui l’a rendue heureuse. Il y avait bien une personne qui réussit, en usant de la mort – entre autre, en mourant – à prendre aujourd’hui Aiko malheureuse. Cette personne, vous l’aurez compris, c’était sa sœur. Sa jumelle. Morte lors d’une mission à laquelle elle n’aurait jamais dû participer. Morte lors d’une mission où Aiko aurait dû être l’unique cible du contractant illégal ainsi que de son chain. Au lieu de quoi, elle n’avait pas su s’imposer. Elle n’avait pas su refuser à sa sœur cela. Elle l’avait laissée s’en aller. Elle l’avait laissée se diriger tout droit vers la mort. Sans rien faire pour l’en empêcher. C’était pour cela que la culpabilité teinta son regard. L’amertume était due à sa vulnérabilité d’aujourd’hui lorsqu’on évoquait cette situation. Quant à l’irritation, c’était uniquement dû au fait que ce maudit Nightray avait mit le doigt sur quelque chose qui fragilisa, même un court instant, Aiko.
Elle n’aimait pas aborder ce sujet. Non, en fait, elle détestait aborder ce sujet qui avait le don de la mettre en très mauvais état. Elle qui, pendant des années, s’était débrouillée pour se forger une armure de glace se voyait retenir ses larmes à l’évocation d’une personne chère à ses yeux. Bien sûr, elle pensait à Anko. Celle qui réussissait à la faire rire rien qu’en tirant la langue, qui réussissait à la mettre de bonne humeur juste en étant là. La seule fois où elle avait parlé d’elle, c’était avec Finn, au cimetière, lorsqu’il l’avait surprise près de deux tombes. Ce Vincent devait se taire... Il devait se taire et cesser de déstabiliser la jeune femme, bon sang ! Ses mains se faisaient moites et les fils de la situation lui glissaient entre les doigts bêtement. C’était un jeu, n’est-ce pas ? Et malheureusement, elle se voyait en train de totalement perdre le contrôle. Mais ce n’était pas trop tard. Pas encore. Si seulement il pouvait se raire, n’empêche...

Et il continua. Il continua ses mots, ses paroles, les achevant au passé, atteignant un peu plus la jeune femme qui commençait à se renfrogner, bien que n’en laissant rien paraître.
Échoué. Tu as échoué. Oui, Vincent, elle avait échoué. Elle avait échoué à la protection de l’être le plus chéri à cette époque là. Elle avait failli. Elle n’avait pas réussi à protéger sa sœur, la prunelle de ses yeux. Sur le coup, alors que lui continuait d’enfoncer le poignard machiavéliquement, la jeune rousse se remémorait les traits de sa jumelle. Elle ne risquait pas de l’oublier. Premièrement parce qu’elle se regardait chaque jour dans al glace et qu’elle savait donc parfaitement à quoi elle ressemblait. Deuxièmement, ce n’est de toute façon pas comme si elle risquait d’oublier le visage de sa sœur – elle avait tout de même quinze ans la dernière fois qu’elle l’a vue. Il y a de ces personnes que l’on aime plus que tout mais que l’on ne veut pas forcément protéger. Après tout, Aiko aimait beaucoup sa mère. Mais cela étant, elle n’avait jamais pensé concrètement à la préserver. C’était plus le rôle de sa génitrice envers son enfant que le contraire. Mais sa sœur, c’était une toute autre histoire. Elle désirait la protéger. Elle accordait d’avantage d’importance à sa vie qu’à la sienne. Elle voulait vraiment la protéger. Elle voulu la protéger. Et, comme le soupçonnait peut-être l’homme en face d’elle, elle avait effectivement échoué.
Aucune réaction ? Vraiment ? Malgré les années de pratique pour qu’elle demeure impassible, cela n’empêcha pas quelques infimes réactions qui ne seraient peut-être pas visibles. Ou peut-être le seront-elles. Qu’importe, au fond. De toute façon, Aiko ne s’en rendit pas compte elle-même. Elle ne se rendit effectivement pas compte du fait qu’elle se mordit un bref instant la lèvre instant en entremêlant ses doigts, son regard dérivant un court instant sur le coté avant de revenir s’accrocher à celui du Nightray.
Il avait réussi à la mettre mal à l’aise.

Pendant ce court moment de pause que s’accorda le blond, Aiko tenta de comprendre où il voulait en venir. Doucement, les pièces du puzzle se mettaient à sa disposition et elle n’avait plus qu’à les assembler. Avant même d’en arriver à cette étape, le dessin qu’elle devait reproduire était encré dans son esprit. Cet homme qu’elle aurait volontiers qualifié de manipulateur et d’imbu de lui-même, le genre de personne hautaine qu’elle méprisait plus que tout, faisait cela pour quelqu’un d’autre. Pas pour lui. Pas par égoïsme. Il avait quelqu’un d’important à ses yeux. La jeune femme n’en avait jamais douté ; dans ce monde, personne n’est jamais totalement seul. Il y a bien trop de vivants pour que l’un se permette de s’isoler sans que quelqu’un ne vienne faire irruption dans sa vie, le dérangeant peut-être de prime abord, mais devenant néanmoins rapidement d’une bien charmante compagnie. Ce qu’elle ignorait, en revanche, c’était que les raisons le poussant à agir ainsi, tel un lâche – mais aussi un fin stratège, il fallait l’avouer – pouvait s’avérer bien plus nobles qu’elle ne le pensait. Elle n’avait pas imaginé cela. Pas à un quelconque instant. Après tout, comment aurait-elle pu ? Elle avait beau penser qu’elle voyait cette situation objectivement, il n’en était rien. Si tel avait été le cas, elle aurait imaginé que Vincent avait de réelles bonnes raisons d’ainsi agir. Mais non. Elle avait été aveugle. Et totalement stupide au passage. Enfin, bien sûr, hors de question d’admettre cette erreur de vive voix. Car après tout, les fais n’avaient pas changé : cet homme menaçait sa famille et aucune excuse ne pouvait le justifier.
Et puis, pas à un quelconque instant il dit qu’il était concerné par la situation. N’empêche, c’était évident, complètement flagrant. Espérait-il la compréhension de la jeune femme ? Si tel était le cas, il fallait croire qu’il avait réussi son coup. En revanche, s’il espérait de la compassion, il pouvait toujours essayer ; ça ne servirait strictement à rien ; l’éducation de la jeune femme fut trop stricte et bien trop basée sur l’honneur et la fierté d’être Baskerville pour qu’elle laisse faire un maudit Nightray avoir ne serait-ce qu’une chance de faire mal aux siens.

De nouveau, il reprit la parole. Alors qu’il continuait, semblant peut-être se remémorer un sombre passé, un sourire vint incurver les lèvres de la demoiselle. Un sourire ne dissimulant pas réelle émotion si ce n’est l’amertume. Oui, elle savait ce que c’était. Oui, bien sûr, si elle avait la moindre chance de se rattraper, elle le ferait. Elle mettrait bien plus que toutes les chances de son coté ; elle remuerait ciel et terre dans l’unique but de ne plus jamais avoir à supporter le poids de l’échec, de la défaite. Qu’il se taise maintenant. Qu’il se taise parce qu’elle comprenait malheureusement très bien de quoi il parlait.
Mais.
Cela ne changera rien. Cela ne mènera à rien. Toutes ses belles paroles n’auront eu pour effet que de raviver un instant la mémoire d’Aiko qui redessinait mentalement le moindre trait composant le visage de sa jumelle. Ça n’aura servi, au bout du compte, qu’à énerver un peu plus la jeune femme. Personne n’avait à lui parler sur ce ton. Personne n’avait à lui parler de cela, de ce genre d’évènements. Personne n’avait le droit de ravier la flamme de la mémoire de la jeune Baskerville concernant sa cadette. Personne. Et sûrement pas un fichu Nightray !

Il avança alors d’un pas, l’incitant à relever les yeux vers lui pour ne pas ciller. Il était plus grand de taille qu’elle et la dominait complètement. Cela étant, elle demeurait de marbre, les bras croisés au niveau de sa poitrine tandis que le même sourire était présent sur ses lèvres. Il allait le lui payer. Elle ne savait pas encore comment elle avait bien l’intention de s’y prendre, mais il allait certainement le lui payer.
Il lui saisit le menton et elle ouvrit la bouche, non pas pour protester – après tout, c’était elle qui avait ouvert les hostilités – mais simplement pour répondre à tout ce qu’il venait de lui dire. Mais il le devança. Il parla. Encore. Il la relâcha au milieu de ses mots avant d’achever, son regard ancré dans le sien. Elle savait, ce qui en ce moment même, se reflétait dans ses propres yeux. La colère, cette même amertume mais aussi et surtout la compréhension ainsi qu’une once de... D’admiration ?

« Je comprends ce que tu peux bien ressentir. Et pour cause, je sais exactement de quoi il est question. Si j’ai une deuxième chance, je réussirai là où j’avais préalablement échoué. Je ne m’autoriserai pas l’échec. Sous aucun prétexte. Je sacrifierai tout... Tout pour que cette personne ait la vie qu’elle mérite. »

Elle se tût alors, estimant en avoir déjà bien dis. Relevant les yeux vers le ciel, elle prit une grande inspiration avant de fermer les yeux.
Anko.
Si elle avait la possibilité de la sauver, elle le ferait. Quitte à tout perdre. Quitte à mourir. Quitte à souffrir. Et quitte à faire souffrir les autres. Pourrait-elle aller jusqu’à trahir son propre clan ? Au début, elle en doutait. Mais finalement, elle réussit à comprendre qu’elle aurait été prête à ôter la vie aux autres Baskerville de ses propres mains rien que pour préserver le sourire de sa sœur. Enfin, bien sûr, elle n’irait pas non plus sacrifier sa mère, par exemple, car ça reviendrait à ensuite culpabiliser pour cela. Mais ce dont elle ne doutait pas, c’était que si sa mère devait mourir pour que l’une de ses filles revienne à la vie, elle s’offrirait volontiers à la mort. Et Finn alors ? Serait-elle capable de lui faire du mal ?
Ce n’était pas important. Rien de tout cela ne comptait. Pourquoi ? C’est simple, elle n’était pas Vincent. Et elle n’avait pas sa chance.

« Mais je n’aurais pas de deuxième chance, Vincent. Je peux comprendre ta hargne, ta volonté, mais je ne pourrai jamais te pardonner si tu venais à faire du mal aux miens. Pire encore, je peux te jurer que tu m’auras comme ennemie jurée. »

Elle se fit passer la main dans les cheveux en poussant un profond soupire. Il le savait déjà, n’est-ce pas ? Il savait déjà que quelques uns s’opposeraient à lui, se dresseraient devant lui. Et il devait aussi être prêt à tout. Prêt à les éliminer sans pitié. Aiko n’était qu’un rempart qu’il pouvait abattre. Seulement, là était une question de volonté, non, de principes. Elle ne connaissait pas les détails, mais il lui semblait bien qu’il désirait sauver une vie. Sauf qu’elle, eh bien, elle avait plus d’une vie au bout de sa lame. Elle avait juré, à la mort de sa sœur, de ne plus vivre que pour le clan. Pourtant, elle s’était laissé distraire. Cela n’empêchait en rien le fait qu’elle serait prête à tout pour sauver sa famille. Elle serait prête à trahir, à manipuler, à changer, à se sacrifier. Tout ce dont était capable Vincent, elle en était parfaitement capable elle-même.
Il ne s’était pas éloigné, alors elle n’eut qu’à se redresser pour que la distance entre leurs deux corps n’en soit que plus réduite. Amenant sa main à son visage, elle pencha la tête sur le coté. Pendant quelques instants, l’amusement disparut de son visage. Elle ne jouait plus ; elle était sincère. Totalement sincère. Là n’était plus question de conflit ou de mépris entre les deux jeunes gens ; ils avaient trouvé un terrain d’entente et si le blond avait réussi à lui faire ressentir pareille douleur, alors elle pourrait lui faire comprendre quelque chose. Juste une chose qu’il avait semblé oublier.

« Je n’occuperai jamais la place que tu occupes aujourd’hui. Je ne pourrai jamais me repentir. Je suis celle qui défend sa famille, alors même si je te comprends, nous ne sommes pas... Alliés. Tu penses à tes intérêts ; je pense aux miens. Nous sommes deux parfaits égoïstes qui, en fait, dissimulent certainement de bien nobles volontés. »

N’était-ce pas vrai ? N’agissaient-ils pas tous deux pour le compte d’autrui ? Ne défendaient-ils pas tous deux, néanmoins, des buts personnels ? Si. Alors voilà, ils demeuraient égoïstes. Mais bons joueurs. Tout cela pour lui dire qu’elle le comprenait, mais qu’aujourd’hui, elle n’était pas en mesure de le faire pleinement. Car, après tout, elle était aujourd’hui plus défenderesse qu’attaquante. Elle protégerait sa famille. Elle protégerait ses valeurs. Et Vincent en ferait de même. Elle était mauvaise en stratégie, mais cela étant, le plan finirait bien par s’échafauder dans son esprit. Et ce même plan rencontrerait celui de du Nightray. Un magnifique feu d’artifice, elle n’en doutait pas le moins du monde.
Elle fit glisser son index jusqu’à ses lèvres et un nouveau sourire releva les commissures de ses lèvres. Pendant une fraction de secondes, ce sourire fut presque amical. Mais bien rapidement, il se refit pervertir par l’amusement. C’était grisant d’affronter des adversaires plus forts que soi. Jubilant.

« Qui est-ce ? »

Son doigt glissa le long de sa mâchoire avant qu’elle ne le retire entièrement, son regard planté dans le sien.
Alors ? Qui est cette personne que tu t’entêtes à défendre, hein ? Il est clair que selon la réponse, la blond monterait ou baisserait considérablement dans l’estime de la jeune demoiselle. Après tout, s’il lui disait que c’était un ami ou peut-être un parent, elle ne le comprendrait pas. Pourquoi préserver quelqu’un qui, à ses yeux, ne méritait pas tant que cela pareils sacrifices ? S’il était prêt à faire couler le sang, à faire couler le sang des Baskerville – la famille d’Aiko – alors il avait tout intérêt à avoir l’une des rares bonnes réponses. Tout comme il est possible qu’il ne réponde tout bonnement pas. Après tout, c’était comme il le voulait, pas autrement. Doucement, bien que sûrement, il commençait à prendre part un peu plus personnellement au jeu, y ajoutant ses règles, y fixant un but. But qu’Aiko ignorait toujours d’ailleurs. Après tout et encore une fois, pourquoi discutait-il, en ce moment même, avec elle ? Personnellement, elle avait tout à gagner, mais lui alors ? Elle le lui demanderait. Oui, mais pas tout de suite.
Il prenait du terrain. Aiko ne se méfiait que plus de lui. En revanche, quelques détails changèrent. À commencer par la nature profonde de cette méfiance. Elle le considérait d’avantage comme un adversaire de taille et doué d’un cœur et d’une réelle sensibilité que comme un stupide homme ne faisant cela que par pur égoïsme. Peut-être valait-il la peine qu’elle reste un instant encore là, à discuter, à lui prêter une oreille attentive. Quoi qu’elle apprenne sur lui, aujourd’hui, ça resterait sans nul doute entre eux. Pas qu’elle hésiterait à faire part de la moindre preuve impliquant une possible trahison à ses supérieurs, mais les connaissant et stupides comme ils étaient, elle préférerait se débrouiller seule. Son orgueil la perdrait. Son orgueil la perdrait un jour. Mais ce jour n’était pas encore arrivé. Et n’était d’ailleurs pas encore prêt d’arriver.
[Blondie, tu joues Vince' suuuuuuper bien. Et j'ai plus qu'adorer ton post. ♥]
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   26th Mars 2013, 09:41

Vincent ne tenait pas grand monde dans son estime. Et encore, c’était là un doux euphémisme pour signifier qu’il méprisait le commun des mortels en général, et que les exceptions à cette règle se comptaient sur les doigts d’une main.
Comme tout le monde, il détestait les gens faux. Ces personnes qui, de prime abord, semblaient chaleureuses, vous offraient grands sourires et belles paroles pour vous mettre dans leur poche, et vous utiliser à souhait par la suite. Jack Bezarius en première ligne. Cet « homme », même si Vincent l’assimilait davantage à un monstre qu’à un quelconque être vivant doté d’une âme et d’une conscience, qui les avait recueillis, Gil et lui. Vincent pouvait se remémorer la scène comme si elle avait eu lieu hier, et non pas cent ans auparavant. Un regard. Pas un de ces coups d’œil à la fois craintifs et méprisants que leur jetaient habituellement les passants, non. Un regard rassurant, de la gentillesse à l’état pur. Un regard, donc. Un sourire, une main tendue. Autant de choses qui semblaient banales à n’importe qui, mais qui, à l’époque, étaient pour Vincent les plus précieux des trésors. Ce n’était pas seulement quelques égards, quelques politesses : c’était la promesse de lendemains meilleurs, la promesse d’une stabilité qu’ils n’avaient jamais connu. Une vie de valet ordinaire, un maître tout ce qu’il y avait de plus normal, un manoir ni trop luxueux ni particulièrement miteux. Des choses des plus banales qui, pour Vincent, relevaient de l’extraordinaire, de l’inimaginable. Cet homme avait soulagé leurs épaules du fardeau qu’ils portaient, cet homme les avait hébergés, cet homme leur avait offert une sécurité dont ils n’osaient même pas rêver. Cet homme avait sauvé leurs vies. Pour mieux les briser ensuite.
Vincent ne niait pas qu’il avait souffert des moqueries ou de l’hostilité des autres à son égard, simplement parce qu’il était un enfant maudit. Il leur en avait voulu, il en avait voulu à sa mère, à la terre entière de lui infliger cette souffrance, à lui et surtout à Gil, qui ne méritait rien d’autre que la petite vie tranquille qu’il aurait eu si Vincent n’avait pas existé. Bien sur qu’il avait souffert, bien sur qu’il avait pleuré. Mais cette souffrance là n’était rien comparée à celle que lui avait infligée la trahison de Jack. Ce n’était rien, c’était même moins que rien tant c’était incomparable. Les passants avaient toujours fait preuve d’agressivité à son égard, avaient annoncé la couleur dès le début en le dévisageant, en le bousculant, en le frappant. La situation avait été claire, établie : ils le haïssaient, le haïraient toujours et lui mèneraient la vie dure tant qu’ils le pourraient. Vincent avait été averti, et même s’il en souffrait, il savait à quoi s’attendre. Tandis que Jack ? Jack leur avait fait miroiter un avenir radieux, Jack leur avait fait goûter au bonheur, Jack avait fait naître l’espoir en eux. Jack les avait bercé des plus douces illusions avant de les jeter en pâture à la réalité, Jack les avait trahis de la pire des manières. Il leur avait fait croire qu’ils pouvaient être heureux, avant de les forcer à ouvrir les yeux.
Vincent détestait Jack, et plus que tout au monde.
Vincent le haïssait.

Ca, c’était un fait établi. Ca pouvait se comprendre, ça devait se comprendre, même. On déteste ceux qui nous font du mal, on nourrit à leur égard une rancœur justifiée et justifiable. Jusque là, tout est normal. Puis, il y avait les gens que Vincent détestait sans raison particulière, simplement par caprice ou par envie. Les gens dociles et soumis, qu’il juge faibles. Les gens jouant au faux-modeste, qu’il trouve arrogants. Et puis surtout, ceux qui veulent à tout prix faire de leur expérience une vérité universelle, ceux qui ont tout vu, tout entendu et tout vécu. Ceux-là même qui vous regarderont de haut lorsque vous leur exposerez vos problèmes, et qui vous répondront d’un ton dégoulinant de condescendance combien ils ont vu pire et à quel point vous devriez vous estimer heureux de n’avoir que ça dont vous soucier. Ceux-là, il les haïssait à peine moins que Jack.
Vincent n’avait jamais fait du malheur des autres un critère afin de définir s’ils étaient ou non méprisables. Il se fichait pas mal que le principal souci d’Ada Bezarius fut d’assortir ses souliers vernis à sa robe à crinoline. C’était le problème de la jeune femme, et certainement pas le sien. Il n’avait pas à trouver ça pitoyable ou non. De même qu’il n’irait pas apprécier davantage Aiko simplement parce que sa majeure préoccupation était de protéger sa famille à n’importe quel prix, celui de sa vie y compris. La vie était injuste, et ils n’étaient pas tous égaux : rien d’étonnant à ce qu’ils n’aient pas tous les mêmes problèmes. C’était compréhensible et de toute façon, c’était comme ça. Non, ce qui énervait Vincent, c’était ces personnes qui jugeaient que leurs problèmes étaient les pires, et qui se prenaient pour des héros quand ils parvenaient à les résoudre. Qui se permettaient de prêcher la bonne parole ensuite, qui brandissaient fièrement leur minable existence comme justification à tous leurs propos. A grand coup de « Mais si, tu t’en sortiras. Regarde, moi, quand il m’est arrivé ça, par exemple … », ou bien « Si j’étais toi, je ferait ceci ou cela. ». Ou encore « Mais bien sur que je te comprends, il m’est arrivé exactement la même chose, tu sais. » Et enfin, « Si on t’offrait cette deuxième chance, est-ce que tu ne ferais pas tout ton possible pour ne plus jamais faillir à la tâche ? »
Et la réponse : « Mais je n’aurai pas de deuxième chance, Vincent ».

Vincent aurait voulu rester de marbre, continuer la partie telle qu’il l’avait commencé. Inexpressif, comme tout bon joueur. Il essaya de garder son regard dans le vide, de ne traduire aucune émotion, quelle qu’elle fut. Mais le fait est qu’Aiko l’avait déstabilisé. « Je n’aurai pas de deuxième chance, Vincent ». C’était vrai. Il n’avait pas le droit de lui faire espérer un dénouement meilleur. Il ne pouvait pas faire comme Jack et lui donner espoir, il ne pouvait pas faire comme ces gens détestables et considérer son expérience à lui comme un modèle.
Il entendit à peine les vagues menaces de la jeune femme qui suivirent, trop occupé qu’il était à se torturer l’esprit. Quand était-il devenu ce genre de personnes ? Quand était-il devenu imbu de lui-même au point de se considérer comme un exemple ? Ou alors était-il heureux au point de vouloir que tout le monde autour de lui le soit également ?
Impossible, parce qu’il n’était pas heureux.
Alors, il était égoïste.
Il leva les yeux vers Aiko. Son regard ne traduisait aucune animosité, aucun reproche. Elle ne lui en voulait pas d’avoir déterré le passé, de lui avoir servi son grand discours et de lui avoir imposé son histoire comme s’il s’agissait là d’une chance donnée à n’importe qui. Elle ne lui en voulait pas, et c’était sans doute parce qu’elle avait cessé d’espérer. Peut-être même n’avait-elle pas été aussi stupide que lui pour espérer quoi que ce soit.
Si la direction que prenait leur petit jeu était encore relativement évidente quelques minutes plus tôt, la déclaration d’Aiko avait fait voler ses certitudes en éclat. Ca faisait un petit moment déjà qu’il avait renoncé au peu de fierté qu’il lui restait, mais il ne s’imaginait pas avoir touché le fond si vite. Et il n’avait aucune excuse : son petit laïus, il ne lui avait pas servi pour la déstabiliser et prendre l’avantage. Il avait parlé parce qu’il croyait en ce qu’il disait, parce qu’il pensait réellement la convaincre que ce qu’il faisait été juste, même si la manière dont il agissait était discutable. Il avait dit tout ça parce qu’il croyait encore aux happy-end, parce qu’il espérait réellement un avenir meilleur pour Gil et pour lui. Et il n’avait pas pensé qu’Aiko puisse ne pas partager sa vision des choses, qu’Aiko puisse s’être résignée. Il n’avait pas envisagé une seule seconde qu’il aurait pu, lui non plus, ne pas avoir cette chance. Et comme pour enfoncer le clou, la jeune femme continua.

- Je n’occuperai jamais la place que tu occupes aujourd’hui, poursuivit-elle. Je ne pourrai jamais me repentir. Je suis celle qui défend sa famille, alors même si je te comprends, nous ne somme pas … alliés, conclut Aiko. Tu penses à tes intérêts ; je pense aux miens. Nous sommes deux parfaits égoïstes qui, en fait, dissimulent certainement de biens nobles intentions.

Et Vincent sentait à peine la main de la jeune femme glisser le long de sa joue. Il esquissa néanmoins un sourire lorsque celle-ci atteint ses lèvres, et il vit qu’Aiko faisait de même. Le message était clair : s’ils s’étaient accordé, l’espace d’un instant, une petite pause dans leur combat de fierté, celle-ci était bel et bien terminée. Aussi, lorsqu’Aiko lui demanda de qui il s’agissait, Vincent ne parvint pas totalement à déterminer si elle s’y intéressait vraiment, ou si elle le testait seulement. A vrai dire, cela n’avait aucune importance : il n’était en rien obligé de lui répondre. Aiko avait formulé une question, et non un ordre ; il était libre de l’esquiver, de mentir, de ne pas y répondre ou simplement de lui dire la vérité. Vincent se mit alors à réfléchir. Les quelques réactions dont Aiko avait fait part –il lui accordait volontiers qu’elle cachait assez bien son jeu- laissait supposer qu’elle avait perdu quelqu’un d’extrêmement proche, probablement quelqu’un dont elle estimait que l’existence valait bien plus que la sienne. Tout comme lui avec Gil. Oui, il voyait en la jeune femme comme dans un livre ouvert, en ce qui concernait ses sentiments. Pour ce qui était de qui, quand, comment et pourquoi, en revanche, il demeurait dans le flou. De toute façon, s’il comptait en savoir plus sur l’identité de cette personne, il allait d’abord devoir répondre à la question d’Aiko. « Qui est-ce ? » Ainsi qu’à toutes celles que la jeune femme n’avait pas formulées. A commencer par cette histoire de chance.

- C’est vrai, lâcha-t-il d’un ton égal. Tu ne seras jamais à ma place, et tu n’auras jamais cette chance. Tu ne trouves pas ça injuste ? demanda-t-il, autant pour elle que pour lui-même.

Encore une fois, il ne savait pas vraiment s’il s’adressait à Aiko, ou bien s’il réfléchissait tout haut. Qu’importe. Vincent se demandait réellement ce que pouvait bien éprouver son « adversaire » à son égard maintenant. Du mépris, celui-là même qu’il vouait à ceux qui prenait leur cas pour une vérité absolue ? De la jalousie, parce qu’il avait eu cette seconde chance ? De la compassion, de la compréhension ? Tout était possible, et surtout justifiable. C’est pourquoi il allait devoir l’amener à parler : aucune hypothèse n’était plus envisageable qu’une autre. Et s’il comptait gagner leur petit duel, il avait besoin de savoir comment elle se sentait vis-à-vis de lui. Pour mieux triompher par la suite. Pourtant, il avait beau rationnaliser, tout considérer sous l’angle de leur jeu dangereux, il en venait à se demander s’il serait réellement capable d’exploiter la moindre des faiblesses d’Aiko, maintenant. Si, en connaissance de cause, il n’allait pas se laisser attendrir. A ces pensées, il laissa échapper un petit rire. Ce serait bien la première fois qu’un de ses adversaires trouverait grâce à ses yeux.

… Non.
A vrai dire, ce ne serait pas la première fois.
Avant Aiko, il y avait eu Heather. Cette orpheline rencontrée dans les bas fonds de Sablier, alors qu’il se rendait à la maison de Fianna pour le compte du Duc de Nightray. Au départ, il l’avait poursuivie pour son bon plaisir, pour voir la peur dans ses yeux, pour ressentir cette joie malsaine qu’il éprouvait à terroriser ses proies. Puis, de concours de circonstance en coïncidences, il s’était pris de pitié pour elle. Il avait, l’espace d’un instant, ressenti de la compassion envers cette gamine qui avait perdu son frère et qui le cherchait avec toute la force du désespoir, exactement comme il l’avait fait des années auparavant. Et il avait fini par l’apprécier, par l’aider, même. Par rechercher sa compagnie, par lui mentir pour la protéger, pour se protéger, pour qu’elle ne parte pas. Et ça ne lui ressemblait pas. Pas du tout.
Tout ça pour dire que Vincent commençait à se demander s’il ne développait pas une fâcheuse habitude à épargner ses opposants, sous prétexte qu’ils avaient vécu ou qu’ils vivaient la même chose que lui. S’il n’avait pas trop tendance à s’identifier aux autres. C’était de cette manière qu’il s’était, jusque là, protégé de toute souffrance : en évitant de se projeter, en ne cherchant pas à connaître les autres afin de ne pas pouvoir les comprendre. C’était lâche, il vous l’accordait volontiers, mais aussi terriblement efficace. Or, aujourd’hui, son masque d’indifférence commençait à se fissurer.

- Je ne m’attendais pas à ce que tu me considères comme un allié, lui dit-il en souriant, je te rassure. Je ne m’attendais même pas à ce que tu puisses me comprendre, en fait. Peut-être, hasarda-t-il, que j’ai un peu trop tendance à me croire au dessus du lot.

Enfin, une règle d’or dans un jeu est qu’on ne peut attendre de ses adversaires qu’ils jouent cartes sur table si on ne le fait pas soi-même. Alors, Vincent décida de miser sur l’honnêteté, espérant que la jeune femme se montrerait ainsi moins réticente à lui dévoiler quelques uns de ses secrets, quelques unes de ses faiblesses. Parce qu’un secret est une faiblesse : par définition, si on se donne du mal pour cacher quelque chose, c’est qu’il en ressortirait quelque de chose de mauvais si on l’exposait au grand jour. Cacher un secret revient à être tributaire de celui-ci, et par conséquent, à avouer l’une de ses faiblesses. Parce qu’en soi, le secret en lui-même n’était pas important. Ce qui l’était davantage, en revanche, c’était l’importance que la personne y attachait, le mal qu’elle se donnait pour l’enfouir au plus profond d’elle-même. Là résidait la véritable faiblesse.
Il commencerait donc par lui avouer la sienne.

- Mon frère aîné, lâcha-t-il sans trahir la moindre émotion. Gilbert.

Inutile de s’étendre sur les émotions contradictoires qu’il éprouvait par rapport à Gil. Il préférait éviter d’y penser, de peur de laisser transparaître quoi que ce soit. Pourtant, il savait très bien qu’au moment où il avait prononcé son nom, une ombre était passée dans son regard. Son sourire avait perdu en conviction, et sa belle assurance s’était faite la malle, l’espace de quelques secondes. De quelques secondes seulement. Mais si la jeune femme était aussi bonne joueuse que lui, ce dont il doutait de moins en moins, elle l’aurait surement remarqué.
Gilbert. Son nom évoquerait peut-être quelque chose à Aiko, surtout si elle avait vécu à l’époque de la tragédie de Sablier. Mais, dans l’ensemble, il y avait peu de chances qu’elle se souvienne de l’identité du successeur du Glen de l’époque, surtout après que celui-ci ai été écarté. Des évènements d’il y a cent ans, elle gardait sans doute le souvenir du sang qui coulait à flot, de la mort omniprésente, des agissements incompréhensibles de son maître. Certainement pas celui d’un domestique. Vincent ne prenait donc pas beaucoup de risques en lui donnant son prénom. A moins qu’elle ne fasse le lien avec sa condition d’enfant maudit, condition sine qua non pour mener à bien la cérémonie de passage au cours de laquelle le maître des Baskerville actuel transmettait au futur Glen la dernière de ses Chains. Mais c’était peu probable, et, de toute façon, il trouverait bien un moyen d’esquiver la question, ou de la tourner à son avantage. Il n’en était pas à son coup d’essai dans l’art de manier à sa guise les informations.

- Peut-être que tu as –ou avais, ajouta-t-il au cas où-, un frère ou une sœur, toi aussi. Si c’est le cas, dit-il, tu devrais pouvoir imaginer sans problème jusqu’ou je suis capable d’aller pour le protéger. Tu sais sans doute, poursuivit-il, que je ferai n’importe quoi, y compris massacrer tous les membres de ta famille jusqu’au dernier, toi y compris, acheva-t-il avec un sourire candide. Tu le sais, n’est-ce pas ?

Ce disant, il faisait d’une pierre deux coups : il mettait les choses entre eux au clair, de façon explicite cette fois-ci, bien qu’il ne doutait pas un instant que la jeune femme soit déjà au courant de l’ampleur de sa volonté. Et surtout, il achevait de se convaincre lui-même. Il balayait tous ses doutes, ceux comme quoi il serait incapable d’éliminer la jeune femme parce qu’ils étaient semblables, tous les deux. Ils avaient beau avoir perdu quelqu’un, ça s’arrêtait là. Aiko vouait à sa famille une loyauté sans faille, tandis qu’il avait renié tous ceux qui avaient tenté de l’accueillir. Lui n’avait pas besoin de famille pour pallier au manque de l’être aimé ; lui avait retrouvé Gilbert. Pas elle.
C’était risqué : soit elle noterait l’effort et répondrait à sa question avec tout autant de sincérité, soit elle le considèrerait définitivement comme une menace et n’hésiterait pas à s’en prendre à lui. Qu’importe, le jeu en valait la chandelle. Ce fut alors à son tour d’avancer son visage vers celui de la jeune femme, avant de murmurer, les lèvres à quelques centimètres des siennes :

- Alors, qui est-ce ?, tout en imitant volontairement l’intonation de la jeune femme lorsqu’elle lui avait posé la question, quelques minutes auparavant.

La question avait son importance. Selon ce qu’Aiko y répondrait, cela marquerait soit la fin du jeu, soit le début d’une seconde manche. Mais surtout, selon ce qu’elle répondrait, il serait ou non capable de mépriser la jeune femme comme il méprisait tous les autres, et s’éviterait ainsi une foule de contrariété. Qu’elle lui réponde qu’il s’agissait d’un ami, d’un amant, et il pourrait définitivement la regarder de haut. Qu’il s’agisse d’un membre de sa famille, et tout deviendrait alors beaucoup plus compliqué. Si Vincent était un fin stratège, adepte des combats en tout genre, il s’avançait en terrain inconnu : il n’avait jusque là jamais tenté de connaître ses adversaires, et encore moins de les comprendre. On éprouve moins de répugnance à éliminer un parfait inconnu qu’une personne pour laquelle on éprouve les moindres sentiments, si minimes fussent-ils.
Alors Aiko, réfléchis bien. A toi de répondre ce qu’il te chante, de mentir s’il t’en prend l’envie, ou de dévoiler la vérité si tu l’estimes suffisante. En posant cette question, il lui laissait à main, lui accordait l’avantage. A elle de décider sur quel terrain elle voulait réellement jouer.

[Une fois n’est pas coutume, désolée pour l’attente ! Et ça risque de pas trop s’arranger pour la prochaine fois vu que maintenant faut vraiment que je m’attaquer à mes rps très très très en retard, et y’en a quand même quelques uns. :c Et merci beaucoup, ça me fait vraiment plaisir quand on me dit ça ;^; ♥ Ton post aussi était awesome, comme d’habitude. *^* Pour le mien j’espère qu’il sera à peu près cohérent, je l’ai commencé y’a bien deux semaines et je m’y suis prise en trois fois, souvent tard dans la nuit donc j’espère vraiment que ça veut dire quelque chose, même si j’en suis pas très très fière ;^ ; N’hésite pas à me mp si ça te convient pas ou quoi, voila voila ! ]
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MessageSujet: Re: « What do you want to my family, blasted Nightray ? »   19th Avril 2013, 11:03

À trop vouloir cacher ses sentiments, à trop vouloir masquer ses réactions, Aiko commençait à réellement craindre d’oublier ce qu’elle était réellement, qui elle était réellement. Pourtant, quelques fois, lorsqu’elle oubliait qu’elle devait garder son masque sur son visage, lorsqu’elle en oubliait jusqu’à l’existence, lorsqu’elle était à l’aise avec quelqu’un – pas spécialement comme elle l’était avec Finn, mais cela demeure un bon exemple – elle se retrouvait, elle se revoyait, elle s’apercevait et se disait qu’il restait encore un espoir pour qu’elle puisse redevenir celle qu’elle était. Sauf que voilà, elle n’était plus celle qu’elle était ; celle qu’était avait de l’espoir, celle qu’elle est aujourd’hui n’en nourrit plus aucun. Plus rien n’était certain dans sa vie. Si, avant, sous la protection de ses parents, de sa mère en particulier, et enveloppée par un halo d’amour fraternel, elle se pensait infaillible, elle avait la certitude de se réveiller le lendemain, aujourd’hui, plus rien n’était certain ; il n’y avait plus pour elle nulle promesse de lendemain quelconque. Son père avait périt, habité et rongé par le remord d’avoir perdu l’une de ses filles. Anko s’en était allée. Trop vite. Et Aiko se sentait plus que jamais responsable de sa mort. Elle aurait dû aller à cette fichue mission. Elle aurait peut-être pu en revenir vivante, car il fallait avouer qu’en plus de l’expérience qu’elle avait accumulée, elle avait toujours été plus forte que sa cadette. Ou alors, elle serait morte. Après tout, son propre père s’était retrouvé en difficulté et elle n’allait pas pousser sa fierté jusqu’au point de dire que ses capacités dépassaient largement celles de son paternel. Alors voilà, dans tous les cas, Anko serait vivante. Elle n’aurait eu aucune raison de s’en vouloir, n’est-ce pas ? Elle n’aurait pas été responsable. Elle aurait eu une belle vie. Elle… Elle serait vivante.
Lâche. Aiko était abominablement lâche.
Comment osait-elle penser cela ? Comment pouvait-elle penser que sa sœur aurait une vie paisible ? L’affection – non, l’amour – qu’elle lui portait était inestimable, mais ce qu’elle oubliait, c’est que c’était réciproque. Alors si elle avait décédé à sa place, Anko se serait torturé, se serait débrouillé pour se considérer responsable. Et c’était affreux, car Aiko qui vivait cela, savait que ça faisait effroyablement mal, que c’était, par moment, insupportable. Alors oui, elle était lâche. Car si elle était morte à sa place, ce jour-là, elle ne serait pas là à se remémorer tous ses souvenirs qui lui faisaient plus de bien ou de mal. Car désormais, même les bons souvenirs étaient douloureux. Car désormais, tout était teinté par la couleur sombre de la mort, infestée de l’odeur nauséabonde de celle-ci. C’était horrible. Elle cherchait la facilité. Si elle était morte, elle ne souffrirait pas. Et elle agissait aussi comme une parfaite égoïste. Au moins comme ça, Anko qui était morte, n’avait pas à souffrir. Juste à ne lus ressentir. Au fond, qu’est-ce qui était pire, hein ? Mourir ou souffrir ? La jeune femme pensait que c’était souffrir, mais qu’en savait-elle au fond ? Pourquoi se permettait-elle de juger alors qu’elle ne savait pas ce que ça faisait de mourir ? Est-ce que ça faisait quelque chose déjà ? N’était-ce pas, justement, ne plus rien ressentir ? Ça faisait une sorte d’arrête brusque, non ? Tout n’était qu’hypothèses. Et basées sur quoi, dîtes-moi ? Rien. De simples réflexions qu’elle tentait d’avoir alors qu’elle commençait à s’avouer que les mots de Vincent lui avaient fait plus de mal qu’elle ne voulait bien l’avouer. Lui avait une chance. Pas elle. Mais ce n’était pas ça le problème. Tant mieux pour lui. Elle avait beaucoup de défauts – énormément même – mais la jalousie n’en faisait certainement pas partie. Elle n’irait pas non plus jusqu’à dire qu’elle était heureuse pour lui. Juste que… Bon, nous y reviendrons plus tard, d’accord ?
Elle n’avait jusque là vu Vincent que comme une menace évidente, que comme une épée de Damoclès au-dessus du clan Baskerville. Pas une seule fois elle avait tenté de s’adresser à lui, de lui parler. Elle ne voulait pas discuter avec lui, ne désirait pas se mesurer à lui de peur de lui exposer des faiblesses dont il pourrait se servir contre elle plus tard – même si cela lui aurait permis d’avoir elle-même quelques informations sur lui – car au fond, elle ne désirait pas qu’il ait une justification. Elle avait beau être une déchue, une meurtrière – autant nommer un chat un chat écoutez – cela ne l’empêchait pas de ressentir encore différents sentiments. Dont la compréhension et la compassion. Serait-ce possible que, dans d’autres circonstances que celles-ci, elle aurait agi exactement comme le Nightray et lui se serait opposé à elle comme elle le faisait actuellement ? Plus elle y pensait – pourtant, croyez-moi, elle tentait de ne pas y penser – plus elle se disait qu’il était fortement possible et probable que ce soit le cas. Serait-ce alors possible qu’ils soient, d’une certaine façon, semblables ? Elle répugnait à cette idée. Elle répugnait à l’idée d’être comme lui. Tout comme elle répugnait parfois à l’idée d’être elle-même. Alors, voilà, cela était une pensée qui prouvait bien ses doutes, ses craintes : une part d’elle s’identifiait à Vincent.

Il y avait l’affection, il y avait l’amour, il y avait la haine. Il y en avait encore d’autres. Tellement. Aiko avait déjà ressenti tout cela. Mais elle n’irait pas non plus dire qu’elle avait tout ressenti. Elle n’avait pas vécu la même chose que Vincent et il était totalement puéril d’essayer de savoir qui d’eux deux à le plus souffert. Il est impossible de le savoir, même si tous deux décidaient de raconter à l’autre les moindres détails de leurs vies – ce qui, soit-dit en passant, est une trop douce utopie pour ces deux joueurs. La jeune femme jugeait-elle avait assez souffert ? Non. Personne ne souffre jamais assez. Ni trop d’ailleurs. On souffre simplement. Et si, aujourd’hui, elle était débout, elle était en vie, alors c’est que ses souffrances étaient moindres ; que sa capacité à rejeter la douleur était plus grande qu’elle ne le pensait. On aura beau dire, vivre est la plus belle preuve – et la plus convaincante aussi – pour témoigner de sa force. Elle avait résisté, elle avait tenu le coup, parfois seule, d’autres fois accompagnée – ce n’était pas de la triche, se priver d’aide était masochiste – mais voilà, le fait est qu’aujourd’hui, elle fait face à un adversaire de taille. Et ça lui plait, ça l’excite. Elle savait, elle le sait d’ailleurs encore, qu’en décidant de se mesurer à lui, elle prenait des risques. Mais que serait la vie sans les risques ? Que serait l’amour sans la souffrance ? Que serait un concours sans la possibilité de perte ? Il ne fallait pas refuser de vivre sous prétexte d’avoir peur de mourir ; il ne fallait pas se refuser l’amour sous prétexte de craindre la souffrance ; il ne fallait pas refuser de participer à un concours car on craint de perdre, de devoir supporter le lourd fardeau qu’est la défaite. Alors, bien sûr, Aiko qui pensait cela – qui savait cela – ne se dérobait pas à ses quelques règles de survie. Si elle voulait battre Vincent à son propre jeu, il allait falloir qu’elle accepte d’exposer quelques unes de ses propres faiblesses ; rien que pour jubiler ensuite d’avoir plus d’informations sur lui. Bien sûr, elle pourrait mentir. Après tout, pourquoi pas ? Simplement parce que porter un masque ne signifiait pas pour autant refuser catégoriquement d’être celle qu’elle demeure, au fond d’elle-même ; et elle n’était pas une hypocrite, n’était pas une menteuse ; si on pouvait lui reprocher quelque chose, ce ne serait certainement pas cela.

Aiko détestait prétendre comprendre les autres. Surtout pas sous prétexte qu’elle vivait la même chose. Mais, pour le coup, elle comprenait réellement Vincent. Une nouvelle fois, elle se dit qu’elle lui ressemblait. Du moins, partiellement. Il avait toutes les raisons du monde de ne pas la croire, de l’insulter même, de dire qu’elle était totalement stupide de parler ainsi – il pourrait même aller jusqu’à lui en vouloir de prétendre le comprendre. Mais il aurait tort de le faire, il aurait tort d’ainsi agir. Pourquoi ? Parce que lui ignorait qu’elle avait vécu la même chose. Il avait dû comprendre qu’elle aussi avait perdu quelqu’un qui lui était cher, mais cela étant, il n’avait pas encore compris qu’elle aussi avait perdu un membre de sa famille, une sœur. Elle aurait l’air bien bête si elle révélait l’identité de cette personne perdue sous le titre d’ami ou que sais-je encore. Dieu merci, elle n’était pas encore tombée assez bas – et elle n’avait pas pour intention de tomber aussi bas, soit dit en passant – pour s’attacher à des amants d’une nuit. Même si bon, si elle venait à prendre l’exemple de Sora, elle ne se remettrait probablement pas facilement de sa mort. Mais elle s’en remettrait. Tandis que de la mort de sa sœur, elle ne s’en remettait toujours pas malgré les trois ans avant la tragédie, un siècle passé dans l’Abysse et le temps passé en-dehors, dans la nouvelle capitale du pays.
Aurait-elle dû lui en vouloir ? Pourquoi ? Parce qu’il venait de déterrer le passé ? D’accord, je vous accorde volontiers qu’Aiko n’aime pas ce sujet et que l’aborder lui procure toujours un pincement au cœur, d’autant plus si le personnage principal de ses souvenirs est Anko, mais ce n’était pas pour autant qu’elle se renfrognait à chaque fois. Elle ne dévoilait souvent rien sur son propre passé, mais l’évoquer ne la dérangeait plus tellement. Alors non, le fait que Vincent en parle ne la dérangea pas outre mesure ; ça la déstabilisa juste quelques instants. Pensait-il lui avoir donné de nouveau espoirs ? Si tel étai le cas, il se trompait. Aiko n’avait plus aucun espoir quant à revoir sa sœur. Comment pourrait-elle s’y prendre ? Le seul moyen serait de revenir en arrière. Loin. Très loin. Remonter le temps et empêcher Anko d’aller à cette mission, même s’il fallait utiliser la force. Et ensuite ? Et si elle mourrait pendant la tragédie ? Non, cela faisait bien longtemps – depuis le début en fait – qu’Aiko avait cessé d’espérer. Elle ne retrouverait jamais sa sœur. Alors non, Vincent ne lui avait pas servi d’espoirs. Si lui avait cette chance, alors vraiment, elle espérait qu’il réussirait. Mais si, pour cela, il devait sacrifier les Baskerville, Aiko ne le laisserait pas faire. Il voulait aider un membre de sa famille tandis qu’elle désirait sauver plusieurs membres de sa propre famille. Qu’il soit Nightray ou autre, qu’il fut un jour un enfant maudit ou pas, qu’importe. Aiko était aveuglée par cette loyauté. Une loyauté sur laquelle il faudrait un jour revenir, histoire de savoir depuis quand était-elle si fidèle à son clan.

Lorsqu’elle lui dit ne pas avoir de deuxième chance, elle cru apercevoir quelque chose sur le visage de son interlocuteur. Aiko fronça alors les sourcils. Pourquoi réagissait-il donc ainsi ? Bien qu’il semblait profondément ancré – elle irait même jusqu’à dire qu’il était perdu – dans ses souvenirs, elle continua à parler. Ses mots étaient peut-être futiles, mais c’était ainsi. Il fallait qu’il sache le fond de sa pensée tout comme il avait exposé le sien à la rousse. Au bout d’un moment, elle-même ne saurait pas dire combien de temps s’était écoulé exactement, il releva le regard vers lui. Elle le soutint naturellement. A quoi pouvait-il bien s’attendre ? Qu’espérait-il voir ? Était-il étonné ? Déçu ? Elle n’en savait trop rien. Il lui était de plus en plus difficile de deviner à quoi il pensait.
De nouveau, elle parla encore, plus convaincue que jamais de ce qu’elle disait. Sa main s’était posée sur sa joue, avait glissé tout son long, s’était immobilisé sur ses lèvres. Alors, elle sentit un sourire, bien que léger, se former sur les lèvres de Vincent. Elle avait vraiment une drôle d’impression désormais. Le fait est qu’elle ne savait plus à quoi elle jouait. Jouait-elle seulement toujours ? Cela aussi, elle l’ignorait. Que se disputaient-ils ? La victoire, bien tendu. Mais quelle victoire ? Et à quel prix ? Ils semblaient tous deux prêts à aller loin, tellement loin que c’en était effrayant. Et si ça finissait en combat ? La seule fois où Aiko s’était mise dans un joli pétrin et où ça avait fini avec les mains alors qu’elle savait que ses chances étaient moindres, elle avait ressenti la peur dans son état le plus pur, le plus brut. Mais ce n’était pas même un humain qui s’était retrouvé au-dessus d’elle ce jour-là, une lame à la main. C’était Curtis. Et Curtis n’avait vraiment rien d’humain. Son cœur battait à tout rompre, son sang cognait férocement contre ses tempes et ses membres tremblaient. Plus jamais elle ne voulait ressentir cela, pareille faiblesse. Baskerville ou pas, son instinct de survie subsistait toujours. Et aujourd’hui, elle savait pertinemment qu’elle n’avait pas grandes chances face à Vincent. Ce-dernier avait sans nul doute en sa possession un Chain – voire même plusieurs tout compte fait. Alors qu’elle n’en avait aucun. Ce serait stupide de se battre contre lui. Et s’il venait à la tuer ? Oh, il pourrait prétexter je ne sais combien de choses pour se justifier auprès de Lottie. Elle n’en doutait même pas. Oh et puis, de toute façon, son but n’était pas de finir cette discussion en combat. Et plus ça allait, plus elle se disait que Vincent n’avait pas non plus pour intention de s’en prendre à elle.

Et puis, elle posa cette question fatidique. Il fallait qu’elle sache. Il fallait impérativement qu’elle sache. Bien sûr qu’elle s’intéressait à la réponse – encore une fois, Aiko n’était pas hypocrite et elle ne poserait certainement pas une question si la réponse lui importait peu. Et puis, ce n’était pas non plus de la simple curiosité. Disons juste qu’il fallait qu’elle le sache. Oui, voilà, il le fallait. Disons-le comme ça.
Vincent semblait réfléchir. Répondrait-il ? Ne répondrait-il pas ? La rousse l’ignorait et attendait patiemment – enfin, en faisant part d’autant de patience que possible. Et puis, Vincent parla. Mais pas pour répondre à sa question, non. Juste pour parler, lui semblait-il. Pourtant, que cette question lui soit directement adressée ou qu’elle ne soit qu’une pensée formulée de vive voix, ça méritait réflexion.
Trouvait-elle cela injuste ? Bonne question. Très bonne question même. Au fond, un peu quand même, si. Parce qu’elle aurait voulu avoir cette chance. Mais cela étant, elle n’en voulait pas à Vincent pour autant. S’il avait eu cette chance, il avait dû avoir une malchance quelque parte. L’équilibre de la vie.
Aiko soupira légèrement avant de prendre la décision de lui répondre, même si ce serait sans doute de façon assez vague.

« Ça m’est égal. Et en tant que Baskerville, je suis mal placée pour parler d’injustice. »

Elle faisait référence au massacre d’il y a cent ans, bien entendu. Après tout, elle n’avait jamais compris pourquoi le Glen de cette époque avait donné l’ordre à tous les Baskerville de massacrer la population de Réveil. Tout ce dont elle était persuadée était le fait qu’il avait ses raisons. Serait-ce possible que… Serait-ce possible que Vincent sache quelque chose sur cela ? Après tout, il venait de cette époque, lui aussi. Même s’il devait être un enfant. Normalement.
Aiko cette néanmoins d’y penser lorsque le blond en face d’elle se mit soudainement à rire. Elle ne désirait pas lui poser une quelconque question, parce qu’elle pensait à autre chose. À ce jeu auquel elle se prêtait, auquel ils se prêtaient. Elle jeta un coup d’œil à son interlocuteur et nota qu’il était, une fois encore, dans ses pensées. Eh bah voilà, ça tombait bien ; aucun des deux ne se risquerait à déranger l’autre.
Ils ne jouaient plus. Aiko en avait néanmoins l’impression. Mais si tel n’était pas le cas, que faisaient-ils ? Discutaient-ils normalement ? Ce serait trop demandé pour deux personnes comme eux. Entre autre, une Bakserville et une sorte de… D’agent-double. Disons-le comme ça.

Lorsque, de nouveau, il parla avec son sourire, elle eut une irrésistible envie de lui tirer la langue d’un air totalement enfantin, voire même tout bonnement gamin. Surtout que suite à sa dernière phrase, elle eut réellement envie de lui sortir un « non, tu crois ? » parce que bon, Vincent était bien connu comme étant imbu de lui-même. Aiko n’avait jamais cru les racontars, elle ne s’y était jamais fiée, mais au fond d’elle, elle avait toujours pensé qu’ils ne devaient pas avoir si tort que cela. Mais maintenant qu’elle lui parlait, qu’elle avait l’occasion de se faire une idée personnelle, elle se jugeait stupide d’avoir prêté attention à ce qui se disait dans son entourage. Il n’était pas ainsi. Et même si ça ne lui faisait pas grand bien de l’avouer, il fallait croire qu’il avait comme qui dirait un bon fond.
Au bout du compte, elle se contenta de hausser les épaules avant de lui sourire doucement. Ce n’était pas hypocrite, juste un peu plus mature et digne. Nuance.
Oh et puis, il se trompait. Elle le comprenait. Il était même réellement justifié. Mais ce n’était pas pour autant qu’Aiko allait l’aider, allait accepter de sacrifier les siens et des années de loyauté. Elle comprenait, oui, mais elle ne pouvait pas se résoudre à se plier aux caprices d’une tête blonde pareille.
Que cherchait-il ? Avait-il envie d’étendre le vice plus loin, de jouer un peu plus sérieusement ? Voulait-il récolter des informations sur Aiko ? Assez probable. Mais pourquoi ? Ça ne lui servirait pas à grand-chose. Pas d’après la concernée du moins. Elle avait beau se creuser la tête, elle ne voyait aucune raison pour qu’il désire cela ; tandis qu’elle, en vérité, elle avait tout à gagner. Sans non plus être une personne que l’on qualifierait de balance, Vincent devait bien savoir qu’elle était tout à fait capable de répéter ce qu’il lui disait. Qu’on la croie ou non, elle se débrouillerait. Mais Vincent devait aussi savoir qu’elle ne le ferait pas, qu’elle était trop fière pour s’abaisser à demander, même indirectement, de l’aide. Oui, au fond, il méritait amplement son estime ; pareil fin stratège pourrait lui être utile. Et si elle-même n’avait rien d’une personne stratège, au moins, elle pouvait prétendre avoir quelques notions dans l’art de la manipulation. La manipulation des hommes.

Gilbert. Gilbert… Baskerville ?
Aiko cligna des yeux avant de secouer négativement la tête. Qu’est-ce qu’elle s’imaginait là ? Et puis, pourquoi avait-elle seulement eu cette pensée, aussi fugace fusse-t-elle ? Irritée contre elle-même, le regard de la jeune femme se durcit. Mais elle avait vu. Elle l’avait vue. Cette noirceur. Cette ombre. Ce petit quelque chose ayant régné sur le visage de son interlocuteur. Elle avait presque envie de le prendre de ses bras. Presque seulement parce que Vincent n’avait certainement pas besoin de cela et que, de toute façon, elle n’avait pas forcément envie de le faire. Ah et j’oubliais : elle n’était pas câline.
Son frère alors. Elle comprenait. Elle le comprenait bien plus qu’il ne pouvait le croire. Elle baissa les yeux, ne désirant plus voir le blond déstabilisé ou autre. Il était le genre de personne à toujours être forte. À ne jamais faillit. À …

« Vincent Nightray. Le Vincent. Tout compte fait, je préfère ton air arrogant et parfois ton indifférence monstre à ta déstabilisation. Je n’en tire étrangement aucune satisfaction. Et bon sang que c’est frustrant. »

L’avait-elle interrompue dans ses pensées ? Elle n’en savait ; elle s’en fichait pas mal.
Effectivement, c’était affreusement frustrant de savoir qu’elle, grande joueuse depuis des années, ne tirait aucune plaisir à voir l’une des faiblesses de son adversaire se dévoiler à elle. Parce que oui, le fait de lui avoir fait part d’une part, même minime, de son passé, était une faiblesse. Car elle pouvait l’exploiter. Et ce ne serait pas très bon pour lui. Enfin, quoiqu’il en soit, ça ne lui faisait rien. Si ce n’est que ça faisait croitre le respect qu’elle avait à l’égard de cet homme.
Elle releva les yeux et lui sourit légèrement avant d’effacer ses propres mots d’un geste las de la main.
Son frère. Enfin, son grand-frère. Cette idée sonnait faux dans l’esprit de la jeune femme. Effectivement, il lui était difficile de concevoir que ce soit le cadet qui veuille protéger l’aîné. Même si Anko en aurait été parfaitement capable. Il fut un temps tout de moins.

Lorsque de nouveau, il prit la parole avec ce sourire trop niais, trop innocent et naïf pour être vrai, la jeune femme ne put s’empêcher de hausser les sourcils. Même si sa voix ne tremblait pas, elle avait cette impression qu’il ne la tuerait pas. Pas elle. Parce que tout compte fait, selon le début de sa phrase, il avait semblé comprendre – deviner ou même hasarder, qu’importe vu que son intuition était bonne – qu’elle aussi avait perdu quelqu’un d’important. Alors il ne la tuerait pas. Parce qu’elle était comme lui. Et que les monstres ne tuent pas les monstres. Que les égoïstes ne tuent pas les égoïstes. Que les manipulateurs de tuent pas les manipulateurs ; ils se manipulent mutuellement et éternellement. Alors, elle ne pût s’empêcher de lui sourire. Le savait-elle ? Non, telle n’était pas la question, car oui, la véritable question était de savoir si lui le savait. S’ils n’étaient pas alliés, il n’y avait pas de raison qu’ils soient ennemis. Pas si Vincent ne faisait pas le mauvais choix en s’en prenant aux Baskerville. Alors, de nouveau, elle décida de lui répondre sans plus attendre.

« Oh, moi je le sais. En revanche, je ne suis pas sûre que toi, tu en sois certain. Et puis, qui sait, tu auras peut-être besoin de moi. Tant que les miens ne sont pas concernés, bien sûr. Pas la peine de te dire que, dans le cas contraire, je peux t’assurer que ton élimination sera ma priorité. »

Menteuse.
Elle aurait du mal à tuer Vincent. Pas seulement parce qu’il était sans nul doute plus fort qu’elle en combat, mais aussi parce que ça lui ferait mal de tuer l’une des rares personnes à travers lesquelles elle reconnaissait une partie, même infime, de sa propre nature. Mais réellement, s’il faisait du mal aux Baskerville, elle serait peut-être capable de se mesurer à lui. Sauf que voilà, elle-même était une Baskerville et vu que mieux valait être trop prudente que ne pas l’être du tout, autant partir du principe que le Nightray n’hésiterait pas l’éliminer aussi. L’affrontement aura alors forcément lieu.
N’empêche, la jeune femme se prenait à espérer qu’il n’aurait pas besoin de faire couler le sang des siens.

Lorsqu’il avança son visage vers le sien, leurs lèvres s’effleurant presque, la jeune femme sourit. Habituellement, elle aurait fait disparaitre la distance présente. Pourquoi ? Uniquement pour provoquer. Son domaine de prédilection. Mais, pour le coup, elle ne le fit pas. Pas tant parce qu’elle considérait cela comme une tromperie vis-à-vis de Finn, mais seulement parce qu’elle trouvait cette provocation trop peu… Provocante, voilà.
Elle posa son index entre sa bouche et la sienne après avoir entendu ses mots et l’appuya sur les lèvres de Vincent avant d’approcher de quelques millimètres et de presser sa bouche contre son propre doigt. Et puis, elle bascula sa tête en arrière en soupirant légèrement avant de planter son regard dans le sien, son regard amusé se muant en une expression un peu plus sérieuse.

« Ma petite-sœur. Ma jumelle, Anko. »

Elle déglutit légèrement avant de fermer les yeux et de prendre une grande inspiration. Suite à quoi, ses paupières se soulevèrent et elle posa ses deux mains sur les joues de Vincent, faisant glisser ses doigts droits dans sa longue et somptueuse chevelure blonde. Son autre main glissa jusqu’à son cou où elle racla gracieusement ses ongles. Douce vengeance pour lui avoir fait prononcer son prénom, car bien qu’il ne l’avait obligée à rien, le fait qu’il ait répondu à sa question, un peu plus tôt, la poussait à en faire autant. Si elle ne le faisait pas, cela voudrait dire qu’elle se dérobait et qu’elle lui accordait donc, par la même occasion, un point d’avance. Et c’était totalement hors de question.
Elle ramena ses deux mains le long de son corps et porta son regard au loin. Lottie devait s’impatientait. Oh, qu’elle s’y fasse ; Aiko ne désirait pas encore laisser son Nightray s’en aller.

« Je veux connaitre ton histoire, Vincent. Ton frère est précieux à tes yeux, mais l’es-tu aux siens ? Ou alors, n’es-tu que celui qui a fait de sa vie un calvaire, que le grand-frère… Indigne ? »

De fil en aiguille, la jeune femme en avait conclu que le blond était responsable de quelque chose qui était arrivé à son frère. Mais de quoi exactement ? De sa mort ? Ou alors, il était en vie – ce qui était plus logique vu qu’il voulait le sauver ou je ne sais quoi encore – mais il avait fait quelque chose dans le passé. Peut-être avait-il fait de sa vie un enfer, à un quelconque moment, voire même tout au long de sa vie. Une vie éphémère. Vincent en avait conscience. Peut-être voulait-il se rattraper.
La jeune femme hasarda vu l’emploi du dernier adjectif pouvant qualifier Vincent. Si elle avait raison, alors le jeu prendrait une tournure plus personnelle. Aiko prenait le risque de s’impliquer, cette fois-ci, émotionnellement, car ce qu’elle ressentait pour le Nightray était simple et pouvait se résumer en un et unique mot.
Admiration.

[Tsoooooooo, je suis dégoûtée. ;__;' Mais j'ai réussi à poster aujourd'hui, ça va. Bref, je relirai demain, donc fais pas gaffe aux fautes. .w. J'espère que ça ira. Ow et merci. ♥
Ton post est, comme toujours d'ailleurs, vraiment génial, magnifique, splendide... Merveilleux. *^* Vince' a trop la classe. ♥]
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