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 Enjoy for forget or forget for enjoy ?

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Nom & prénom: Fuyu Akeno.
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MessageSujet: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   16th Novembre 2012, 10:41

Face à lui, elle était immobile. Ses yeux baignaient dans les siens, toujours si étincelants de cette malice qui fit, il y a quelques mois, tressaillir l’adolescente. Elle était plaquée contre le mur, les mains au-dessus de la tête, les poignets retenus par l’une des mains du jeune homme. Son visage était proche du sien. Très proche. Trop proche. Ses lèvres s’étiraient en un sourire douteux et il ne cessait de les laisser traîner sur celles de Fuyu qui, malgré sa répulsion et son dégoût profond, ne pouvait pas tourner la tête. Comme si ça lui plaisir de sentir la pression de ses lèvres contre les siennes. Comme s’il la retenait de tourner le visage sur le coté pour éviter ce contact. Mais non. Il ne la retenait pas. Pourtant, elle ne faisait rien. Elle ne se débattait même pas pour échapper à la main baladeuse du brun aux cheveux couleur suie. Elle frissonnait seulement, mais elle-même ne savait si c’était de froid ou de peur. Pas de plaisir, ça c’était certain. Elle se raidit plus qu’elle ne l’était déjà quand les doigts répugnants descendaient plus bas, mais elle ne ferma pas les yeux pour fui. Étrangement, elle ne cherchait pas non plus à se défaire de cette emprise. Comme si elle avait abandonné, mais pas totalement. Il lui murmura qu’elle était bien courageuse de venir ici et lui avoua que si sa mère lui avait donné son argent et n’avait pas dit qu’elle avait une fille, il ne s’amuserait pas autant. Elle déglutit et son front se colla doucement à l’épaule du brun qui ricana face à ce geste. Geste de faiblesse. D’abandon. De soumission.

Parce qu’après tout, la vengeance n’a rien de savoureux. Parce qu’après tout, la vengeance n’apaise pas. Parce qu’après tout, la vengeance nous empêche de cicatriser. Parce qu’après tout, quand on revoit le visage de cette personne qui, nous l’avons juré, périra de nos mains, le saignement reprend, abondamment. Et on crie. Et on pleure. Et on est faibles. Si faibles.
Qu’est-ce que la vengeance, après tout ? D’un point de vue objectif, d’abord. La vengeance c’est se dédommager d’un affront ou d’un quelconque préjudice. C’est juste vouloir retrouver une dignité perdue, souillée. C’est juste désirer ne pas se laisser distancer. C’est juste vouloir témoigner d’une force que nous ne possédons souvent pas, car après tout, si une fois, on a manqué de cette force, alors pourquoi pas une seconde fois ? D’une façon plus subjective, nous dirons que c’est une perte de temps. D’abord, le coté positif. Eh bien, navrée de vous dire qu’il n’y en a pas vraiment. Enfin, sauf quand on réussi à mener à bien cette dite vengeance. En fait, dans ce cas, ça peut nous apporter une certaine quiétude de l’âme qui, parfois, est demandée avec acharnement. Mais il faut en payer le prix, car il n’est pas facile de réussir une vengeance. Après, cela dépend. Il y a vengeance de vengeance. Il y en a qui mettent en jeu la vie, il y en a d’autres qui sont beaucoup plus... Bénignes. Presque pitoyables. Nous parlerons ici du désir intense de vengeance d’une femme. D’une adolescente qui fut un jour assez vulnérable pour laisser son corps se faire malmener. Pas de viol, ne vous méprenez pas. Mais si elle venait à retrouver son agresseur, alors il y en aura peut-être. Elle prendrait le risque. Ce qu’elle voulait, exactement ? Le voir souffrir. Le voir avouer. Le voir la supplier. L’achever ? Elle verrait sur le coup. Pendant cette dernière année, elle ne cessa de se bourrer le cerveau d’excuses et de justifications, comme quoi elle était trop jeune pour pouvoir se défendre. Comme quoi, la prochaine fois, elle se montrera plus forte. C’est ce qu’elle croyait. Plutôt ce qu’elle voulait croire. Fuyu se dressait devant sa glace et effleurait chaque matin sa cicatrice sur la joue, seule évidente différence entre sa mère et elle, car si cette-dernière était toujours en vie, sa fille aurait atteint sa taille. Toutes deux possédaient ce regard terne, mort, vide. Toutes deux ne vivaient que pour la vengeance ; la plus âgée pour se venger de son mari, la plus jeune pour se venger de son agresseur. Pour se venger d’un homme, en outre. Pourtant, Fuyu faisait tout pour ne pas ressembler à sa mère, et ce, en commençant par ne pas s’avilir comme sa génitrice le fit un jour.
En se réveillant ce matin, elle prit l’initiative de retourner s’enfoncer dans cette ruelle qu’elle avait, depuis un an, fuit. Elle ne savait pas si elle en serait capable, mais vu qu’il allait falloir qu’elle le fasse un jour ou l’autre, pourquoi pas aujourd’hui ? Pourquoi pas un autre jour, me diriez-vous. Bref. Elle s’habilla comme à son habitude, d’une jupe noire, courte et plissée et d’un débardeur blanc. Pas de veste ni de parapluie, malgré les cordes qui se détachaient du ciel. Elle traîna dehors longtemps, déjeunant à l’extérieur et continuant à flâner. Elle laissa les perles d’eau s’accrocher à sa chevelure argentée jusqu’à ce que celle-ci soit totalement mouillée. Elle l’attacha ensuite en une queue de cheval haute et prit la direction des ruelles malfamées de Réveil.

Quand elle l’aperçut, son cœur se mit à battre irrégulièrement. Ceci ne l’empêcha néanmoins pas d’aller à sa rencontre. Il était adossé à un cul-de-sac, semblant attendre quelqu’un. Une femme, sans doute. Une gamine, plutôt. Fuyu s’avança d’un pas plus assuré qu’elle ne l’aurait cru et se dressa face à lui, le regard dans le vague. Il la reconnu d’emblée, riant à gorge déployée. L’adolescence plongea dans ce regard de velours, s’ancra dans ces traits si parfaits et se laissa attirer par ses bras forts lorsqu’il prit l’initiative de l’amener à lui, se retrouvant dos au mur froid, un corps en chaleur pressé contre le sien.
Retour au moment présent.

Il lâcha ses mains, comme s’il était persuadé qu’elle ne s’en servirait pas pour le repousser. Il avait raison. Et puis, il fit glisser ses doigts dans sa chevelure, la détacha, et commença à la caresser. Ça n’avait rien d’affectueux. C’était effrayant. Terrifiant. Elle déglutit faiblement et il lui demanda de relever la tête. Elle obtempéra, n’osant pas le fixer. Il l’embrassa et força la barrière de ses lèvres avant de s’éloigner d’elle. Avant de se détourner et de s’en aller, il lui demanda de revenir le voir et il lui promit des retrouvailles chaleureuses. Chaleureuses pour lui. Elle en aurait eu que peu faire si c’était tout. Mais il lui promit toute la vérité. Même les circonstances de la mort de sa mère.
Elle se laissa tomber le long du mur et se recroquevilla, tremblante de peur.

Maintenant qu’elle avait la vue plus nette, elle reconnaissait cet endroit. Surtout maintenant qu’elle s’était échappée de ce coin sombre qui réussit une fois à la traumatiser et qui la rendait toujours aussi vulnérable. Elle connaissait ce coté de la ville. Mais pourquoi ? Quand l’avait-elle connu ? Elle n’eut pas besoin de réfléchir bien longtemps avant de comprendre qu’elle connaissait surtout l’un des bâtiments qu’elle repéra immédiatement quand ses yeux passèrent dessus. La pluie était plus légère, presque plus douce, alors elle ne la gênait pas. Et puis, la dernière fois que Fuyu passa par là, c’était aussi en pleine nuit. D’ailleurs, quelle heure était-il ? Vingt-deux heures, peut-être.

Maintenant, c’était de froid qu’elle tremblait. Elle resta plantée là un moment, à se demander si elle pourrait rentrer chez elle sans s’effondrer avant. Elle n’avait pas sommeil, pas peur non plus, mais son cœur tressautait toujours, si je puis dire. Elle s’entoura de ses deux bras, espérant peut-être se tenir chaud. Et puis, lentement, elle commença à marcher. Elle n’allait pas chez elle. Elle voulait le voir. Et tout compte fait, il lui manquait. La dernière fois, il prit un air sérieux pour lui dire que ses portes étaient toujours ouvertes. Même la nuit. Eh bah, il allait falloir assumer ! Rembobinage. Il lui manquait ? Exactement, oui.

Debout devant la porte, elle hésitait. Ce serait stupide de tourner les talons pour retourner chez elle, mais ce serait tout autant stupide, à vrai dire, de débarquer ainsi chez son aîné. Et s’il était occupé ? Elle ne préféra pas imaginer à quoi, car aux dernières nouvelles, elle était toujours aussi possessive avec son grand-frère. Quoiqu’il en soit. Elle laissa ses doigts effleurer le bois et elle y colla son front, serrant la mâchoire.

Se venger. Ouais. C’est bien beau de le vouloir, mais pour le faire, ça restait une toute autre affaire. Pourtant, Fuyu avait encore une chance. Sauf que les mots de son dernier interlocuteur en disaient bien long. Ils se reverraient, ça, c’était certain. Mais si elle voulait connaître la vérité, elle devra payer le prix fort. Et ça, elle ne savait pas si elle en était capable. Sauf si elle trouvait une bonne contre-attaque. Elle y réfléchirait. Plus tard.

Elle serra son poing et toqua trois fois successives, pas trop fort. En attendant qu’on vienne lui ouvrir – si l’occupant de l’appartement était là – elle se rattacha les cheveux, même si son débardeur était déjà complètement trempé. Tant pis.

Finn, c’était son grand-frère. La dernière fois qu’elle visita son chez-lui, elle possédait les idées plutôt brouillées et leur relation était ambiguë, encore à ses premiers pas. Maintenant, elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. Entièrement. Après, lui raconter ce qui s’était passé aujourd’hui serait difficile. Car premièrement, elle devrait lui dire comment elle connaissait le jeune homme. Et quand elle lui aura raconté ses circonstances, après, il faudra qu’elle lui explique pourquoi est-ce qu’elle revenait vers lui. Donc, elle devra lui dire qu’elle voulait découvrir la vérité sur sa mère. Et donc parler de sa mère. Bref, trop long. Trop inutile. Pour elle. Du moins, c’est ce qu’elle se disait. Mais ce n’était pas ça qui la dérangeait vraiment, à vrai dire. Elle s’en fichait qu’il en sache un peu plus – beaucoup plus- sur son passé. Elle ne voulait pas lui dire comment elle avait réagi. Elle ne comprenait pas elle-même. Elle ne voulait pas qu’il sache qu’elle avait abandonné. Qu’elle s’était littéralement donnée à cet homme qu’elle craignait. Comme une lâche. Et Finn verrait l’étendue de sa faiblesse. Elle savait – elle espérait surtout – que le regard de son grand-frère ne changerait pas. Mais. Mais. Mais non, simplement. Peut-être qu’il la regardera avec dégoût. Ou pas. En fait, ce n’était pas tant à lui qu’elle ne faisait pas confiance ; plutôt à elle-même ; elle ne se faisait pas confiance.

Lorsque la porte gémit, prête à s’ouvrir, Fuyu prit une grande inspiration et se redressa. L’image du colocataire de Finn fusa dans son esprit. Ah. Elle l’avait oublié, celui-là. Le taré. Celui à qui il manquait une case. Celui qui, après avoir surprit Fuyu – adolescente – sur les genoux du brun – un adulte – ne réagit pas, faisaient juste une remarque complètement hors contexte. Celui qui, limite, l’avait traumatisé plus que son agresseur. Le féru de boudin. L’inventeur de la boudinophobie. Bah. Fuyu espérait juste ne pas déranger.
Tant qu’elle pouvait passer un peu de bon temps et oublier.
[HRP : C’est p’tit. C’est moche. C’est nul. Pardon.]
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   17th Novembre 2012, 06:36

Ce n'est pas la journée de Finn aujourd'hui. Pourtant, il a vraiment été sage toute la journée. Il ne s'est battu avec personne, a souri au voisin du dessous alors qu'il a continuellement envie de lui tordre le cou - mais ça, c'est réciproque -, a même été félicité par son patron au boulot plus tôt, n'a pas crié sur Nana de la journée, bref : il est resté parfaitement calme. Pour une fois. Et pourtant. Ce matin, il s'est brûlé en se renversant maladroitement de l'eau bouillante pour le thé dessus. Ensuite, en descendant les escaliers, il a loupé l'avant dernière marche. Ça arrive. Malheureusement pour lui, ce n'était pas l'avant dernière en partant du haut, mais l'inverse. D'ailleurs, il n'avait jamais entendu Naaru rire à ce point. Plié en deux comme jamais, l'animal. Et, du bas des escaliers, l'homme était bien trop sonné pour penser à lui lancer quoi que ce soit dessus. En l'occurrence, ça aurait été le paillasson d'un illustre inconnu. Heureusement pour lui qu'il est résistant en plus d'être un Baskerville. Il s'est juste ouvert la joue et si elle est actuellement recouverte d'un pansement blanc, cela ne restera pas visible bien longtemps. Comment il a pu s'ouvrir la joue en faisant des tonneaux dans l'escalier reste un mystère complet. Mais d'après Nana, c'était hilarant.
Qu'on brûle ce païen.
Bref. Pour une fois quand il a raconté à ses collègues que sa nouvelle blessure était dû à une chute dans l'escalier, il n'a pas menti. Enfin bref, accélérons encore un peu sur la journée pour arriver à maintenant. Ni le Chain ni l'homme ne dorment. Tous les deux sont bien réveillés et d'ailleurs pas spécialement fatigués. Pour une fois qu'ils ont une soirée tranquille, autant en profiter. Et comment ils en profitent ? Là est le problème, c'est qu'il n'y a pas tant de choses à faire que ça. Au moins quand ils s'engueulent, ça les occupe. Des fois c'est juste Nana qui fait une crise, absolument persuadé d'un truc complètement aberrant en plus d'être faux. Comme quand il est parfaitement convaincu que son contractant a acheté du boudin en allant faire les courses.
Sérieusement, c'est quoi son problème avec ce truc ? Hormis le fait que le nom soit franchement ridicule. Le plus jeune n'en achetait déjà pas souvent parce qu'il n'en est pas très fan, mais depuis que le Chain fait une énorme fixette dessus, il n'en achète plus du tout. Et pourtant cela n'empêche pas le bougre d'être toujours prêt derrière la porte quand Finn revient des courses, et de pratiquement lui arracher ses achats des mains pour en vérifier scrupuleusement le contenu. Une fois, il l'a même accusé d'en avoir caché dans son manteau. D'ailleurs le contractant se méfie aussi des concombres depuis que le Chain a disparu dans l'Abysse pour en trouver. Sait-on jamais. Des fois, vivre avec Nana est une sérieuse aventure.

Comme là. Des fois, Finn se demande si le Chain n'a pas des papilles gustatives un peu altérées. Il n'est plus si jeune même si on ne dirait pas après tout, alors peut-être que... Parce qu'il fait des mélanges étranges. Déjà, il a été banni de la cuisine après avoir tenté de cuisiner - d'empoisonner - une seule et unique fois. Le contractant avait d'ailleurs refusé de toucher à quoi que ce soit ce jour là. L'odeur était limite. La couleur était limite. Mais ce qui avait achevé de le décider fut le couinement émis par la "nourriture" quand il a planté une fourchette dedans. Nana avait voulu tenter quand même, lui.
Il a disparu pendant trois jours suite à cela. Et même s'il refuse de l'avouer à son contractant, ce dernier pense dur comme fer que le Chain avait filé dans l'Abysse pour faire passer plus vite son malaise.
Bien fait.

Bref, après ça ils n'ont pas eu de mal à décider que, pour leur survie commune, il valait mieux laisser la cuisine au plus jeune. Ce qui n'empêche pas Nana de continuer à tenter des choses étranges. Comme... Là, en fait, pour en revenir à l'histoire du goût douteux de l'animal. Finny a fait du thé un peu plus tôt - sans s'en renverser dessus cette fois, joie. Et sitôt servi, Naaru a commencé a mettre tout un tas de trucs dedans, lui récoltant un soupir de la part de son contractant. Un autre jour, il se serait peut-être énervé dessus pour essayer - une fois de plus - de lui faire rentrer quelques manières dans le crâne. Aujourd'hui, juste las, il a laissé couler. Tant pis pour lui s'il réussi à produire un mélange nocif. Tant qu'il ne met rien dans la théière même, tout ira bien pour ce soir.
Evidemment la théière en question est sous surveillance. Sait-on jamais. Un accident serait si vite arrivé. Le Nana est un animal qui aime bien faire des blagues de temps en temps.

Enfin pour le moment, le Nana est surtout un animal qui est en train de gagner haut la main leur jeu de cartes. Comment et pourquoi sont deux mystères. Il est de notoriété publique que Naaru n'a certainement pas une capacité de concentration élevée. Et, pourtant, ceci est la sixième manche et il a gagné les cinq précédentes. Tout au fond, son contractant désespère complètement. Finalement, ils abattent leurs cartes à nouveau. Résultat inchangé. Finn s'étale sur la table en poussant une longue plainte :

- Non mais pourquoiiii...

Il y a des jours avec. Et il y a des jours sans. Ceci est un jour sans. En plus sa joue le gratte. Sous le pansement, sinon ce n'est pas drôle. Son attention est déviée de son agaçante joue en entendant toquer à la porte. Qui ? Pas un voisin, parce que pour une fois il n'y a pas de bruit dans l'appartement. Le nombre de fois où on a bien pu leur dire de se taire... Evidemment, rien n'y fait. Mais, pour une fois, ils sont calmes. Et à cette heure, les voisins ne se lèvent pas s'ils sont calmes. Du coup le plus jeune, intrigué, se lève pour aller ouvrir. Bien content du même coup d'avoir autre chose à faire que de perdre aux cartes et ne pas pouvoir se gratter la joue. Bien entendu il commence par entrouvrir légèrement, histoire que si la personne derrière est un vilain, il puisse refermer immédiatement. Sauf que ce n'est pas un vilain derrière la porte. Il reconnaîtrait la chevelure argentée entre milles, ouvrant en grand aussi tôt que son esprit percute. Fuyu. Fuyu, l'air mal en point. Fuyu, l'air mal en point et complètement trempée. Ce dernier point faisant immédiatement tiquer l'homme qui lui dit :

- Tu vas aller enfiler quelque chose de sec tout de suite.

Pas de questions, aller hop. Parce qu'il sait que sa présence ici dans cet état à cette heure signifie que quelque chose va mal. Et peu importe ce qu'est ce quelque chose, il n'y a pas besoin de l'aggraver. Alors il fait son grand-frère sur-protecteur et autoritaire - bien qu'il n'ait vraiment pas à se forcer pour le premier point - et la guide, gentiment mais fermement, d'abord dans l'appartement dont il referme la porte, puis vers la salle de bain. Lui collant ensuite entre les bras une grande serviette propre et surtout sèche. Evidemment, il n'y a pas à se questionner sur l'usage à en faire, et il espère bien obtenir la coopération de la plus jeune sur ce coup là. Sinon, il le fera lui-même et le résultat final sera de toute manière celui qu'il attend. Il disparaît en coup de vent de la salle pour y revenir quelques instants plus tard, armé cette fois d'un t-shirt - le plus petit qu'il ait trouvé, et qui doit tout de même être trop grand - et d'un short gris tout simple. Sélectionné surtout parce qu'il possède de quoi l'attacher comme il faut autour de la taille. Sinon, peut-être bien qu'il se casserait la figure sur les hanches de l'adolescente. Il dépose le tout sur un meuble. Et puis son regard s'adouci enfin en se posant sur elle, l'attirant à lui pour une étreinte. Rien à faire qu'elle soit encore trempée. Et puis pour s'excuser, aussi, de son accueil un peu brusque.

- On discutera après que tu te sois changée. Si tu veux parler, bien sûr.

Parce que, comme d'habitude, il ne la forcera à rien.
L'homme la relâche ensuite et quitte la salle, fermant la porte derrière lui pour retourner vers son Chain. Il ne se fait pas de soucis quant à Fuyu pouvant potentiellement se perdre dans l'appartement, c'est impossible. Déjà parce qu'elle le connaît, et ensuite de ça parce qu'il n'est pas bien grand et que la salle d'eau donne sur le salon.
Nana sait déjà. Qu'elle sait qu'il est un Baskerville. Nana sait aussi qu'elle ne sait pas que son "colocataire" est en réalité un Chain. Le sien, d'ailleurs. Parce que ça, ce n'est pas à Finn de le dire si cela doit un jour être dit. Ce n'est de toute façon pas une information qui a une importance capitale dans l'affaire. Nana est Nana, sa nature passe après. Le contractant lui jette par contre clairement un regard signifiant "sois sage".
Cause perdue, il le sait. Mais pour faire bonne mesure. Et justifier la vengeance qui s'en suivra plus tard. Il ne va pas le forcer à retourner dans sa chambre, ce serait idiot. En plus de paraître assez louche devant Fuyu. Le Nana est imprévisible et il faudra faire avec. Il l'aime bien quand même.

Il se dirige vers la cuisine pour récupérer une tasse supplémentaire afin d'y verser du thé pour Fuyu - qu'elle en veuille ou non, comme ça c'est fait -, revenant avec vers la table où trône encore leur jeu de plus tôt. Jeu qu'il se met à ranger en lançant à son Chain :

- De toute façon, six victoires consécutives, c'était louche.

Non Finn, tu es juste complètement nul à ce jeu, voilà tout. Enfin. Pour le moment son esprit est surtout dirigé vers sa jeune protégée. Qu'est-ce qui a pu lui arriver ? Peut-être pas grand chose, peut-être qu'elle n'avait juste pas envie de rester seule ce soir ? Il espère que la raison soit celle-ci, mais il en doute. Pour qu'elle vienne d'elle-même, il faut quelque chose de plus gros, malheureusement. Il y a encore trop de zones d'ombre dans son histoire pour qu'il puisse tenter de deviner ce qu'il a pu se passer. Soit elle lui dit, soit il ne saura pas. Dans tous les cas, maintenant qu'elle est ici elle ne risque rien.
Et pour le moment, il faudra s'en contenter.


Dernière édition par Finn Baskerville le 17th Novembre 2012, 12:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   17th Novembre 2012, 12:14

La journée se leva comme elle devait se lever. Et comme d'habitude, Nana n'y fit pas attention. Ce qui l'avait sorti de l'Abysse, cette volonté de revoir le soleil briller... lui était tout simplement passé. Si le soleil se levait le matin, c'était uniquement pour le forcer à se lever, si bien qu'il avait fini par comprendre à quoi les rideaux servaient. Le problème étant qu'ils étaient trop, voir beaucoup trop transparents, et que bien souvent c'était la couverture qui servait de parasoleil. Parce que ce mot existe pour Nana. Parfaitement. Parce que son esprit encombré déclama bientôt qu'il faisait trop chaud sous les couettes, Naaru en est venu à la parfaite conclusion qu'il fallait changer ses rideaux. Et comme il n'en possédait pas sous la main ce matin très tôt-là, il se leva pour poser sa couverture sur la barre horizontale tenant les anneaux du rideau, bouleversant au passage la vie de l'unique plante survivante trônant dans sa chambre. Et il s'est rendormit. Sans même avoir atteint son lit. Ce fut un magnifique plat. Curieusement, au matin – soit quelques heures à peine plus tard –, le chain se retrouva sur son lit. Et ses yeux s'ouvrirent. S'ouvrirent face à l'obscurité de la pièce. Il n'avait strictement aucun souvenir de tout ce qu'il s'était passé. Absolument aucun. Il en alla à se demander si c'était Finn qui avait mis sa couverture sur le rideau. C'est lorsqu'il vit sa plante à terre, la moitié de la terre renversée sur son sol qu'il la prit pour fautive. Et son mutisme effectif conforta le chain dans ses idées.

Ce fut donc avec une allure relativement fière que Naaru passa le plus clair de sa matinée à vivre dans son monde, totalement reclus de ce que pouvait bien lui annoncer son contractant. C'était un fait, sa plante avait bougé pendant la nuit. Et c'était la chose, hormis sa couverture, qui avait bougé d'endroit. Étalée au sol, elle avait voulu lui signifier que ce n'était pas de sa faute, mais Nana avait vu clair dans son jeu. Quoiqu'il en soit, ce serait un autre jeu que de voir Finn hurler au meurtre en rentrant dans sa chambre. Nana adorait ces moments-là. C'était probablement le moment qu'il préférait dans la journée. Voir son jeune maître passer le balai dans la maison, lui ordonner avec méchanceté de bien vouloir lever les pieds pendant qu'il nettoyait le salon. C'était un vrai diable de maison. Et c’était franchement amusant. Un bâillement s'échappa une énième fois de sa bouche, qu'il ne tenta même pas de dissimuler alors même qu'il fixait son contractant finir du moins de préparer son thé. Il avait l'impression de s'être levé tard, mais en l'occurrence non puisque Finn venait à peine de se lever lui aussi. À moins bien sûr qu'il n'ai profité du sommeil de la chain pour traiter avec les poussières. Nana hocha la tête d'un côté, comme un petit chien qui essaye de comprendre une phrase, la chose étant que personne ne lui avait adressé la parole. Ancré sur sa chaise, assis en tailleur, il continua de fixer son contractant. Ah oui, il disait qu'il ne mangeait pas. De toute évidence, Nana n'avait pas la nécessité de manger. Mais il fallait avouer que Finn était plutôt doué. Contrairement à lui. Il avait toujours l'espoir de s'améliorer mais Finn lui avait dès lors interdit toute approche avec la cuisine. Bref, ça c'était pour la raison officielle. Officieusement, il savait que s'il ne mangeait pas, il ne ferait pas la vaisselle. Et pour lui, ça comptait beaucoup. Voir énormément.

Le premier cri poussé dans la journée eut le don de réveiller le chain à coups de piquant. Il en a même sursauté de surprise. Son regard rivé sur Finn lui permit de vérifier que le son s'était en effet échappé de sa bouche. Cependant incapable de rire ou de sourire, Nana finit traumatisé par cette matinée, et notamment par la façon de crier de Finn pour une simple petite brûlure. La matinée passa, et Nana eut un malin plaisir à observer son contractant faire la vaisselle tandis que lui plissait les yeux de malice, son coude posé sur la table, sa main soupesant sa tête. Vraiment, son contractant était quelqu'un d'amusant.

Plus tard, Naaru se décida à sortir. Curieusement, Finn eut à faire à ce même moment. Profitant de cet avantage pour quitter l'appartement sans prendre les clés, Nana prit la porte après avoir ouvert la fenêtre de sa chambre – qui accessoirement donné directement sur la rue – et attendit que son compagnon ne ferme la porte pour l'accompagner dans sa descente. Descente magistrale, d'ailleurs. Finn avait manqué la marche. La première ou deuxième marche qu'importe, mais c'était marrant. Et Nana n'en finit plus de rire. Plié en deux, sans même s'occuper un instant de la douleur que l'autre pouvait éprouver. Il était moqueur, parfois trop moqueur. Et le viandage dans les escaliers était presque trop amusant pour être, en plus, rare. Ça l'avait une fois de plus traumatisé dans sa matinée. Dans le bon sens en tout cas. Sorti de l'immeuble, le chain était tout sourire, presque les larmes aux yeux. Il leva les yeux pour fixer la fenêtre de sa chambre, satisfait de l'avoir ouvert en grand. Quoi, après tout, il n'avait pas les clés. Et il était plutôt bon grimpeur, en plus d'être un chain. Que fallait-il demander de plus ? Il n'avait certainement pas fait ça pour la plante. Et puis, le temps se rafraîchissait ces derniers jours. Il détestait dormir dans un lit frais. Presque mécontent par sa précédente action, Nana enfonça ses mains dans ses manches et commença son périple à travers la capitale dans l'espoir d'y trouver quelques satisfactions ou occupations. Tel fut le cas, plus ou moins rapidement, lorsque deux belles jeunes dames commencèrent à lui parler d'un ton presque mielleux. Nana n'était pas dragueur. Il était beau, certes, mais pas dragueur. La seule façon qu'il avait de le faire passer comme tel était cette attitude sans-gêne qu'il opérait plusieurs fois par jour. Voilà tout. Il ne trouvait pas les barrières entre le monde humain et celui des chains, alors il se croyait tout permis. Alors si en plus il avait des mimiques assez craquantes – et surtout effrayantes – voir même amusantes – et surtout effrayantes –, il n'avait vraiment pas à s'en faire.

Bref, la journée s'écoula comme dans un puits sans fond, si bien que Nana finit par tout simplement rentré, alors même que le soleil n'était pas encore couché. Pour lui pourtant, c'était un peu le signal de « tiens, il faut que je pense à rentrer ». Mais non, aujourd'hui, il voulait simplement rentrer de suite. Comme il avait un temps incroyable à perdre, il ne prit même pas le temps de tenter une escalade jusqu'à sa chambre, mais plutôt l'espoir de monter les marches et d'y trouver une porte fermée pour ensuite redescendre et lui faire ainsi perdre quelques minutes. Manque de pot, il se trouva que Finn était déjà rentré. Et que la porte, elle, était belle et bien ouverte, comme une invitation. Ce qui n'empêcha à Nana de se saisir des clés par frustration et de fermer la porte après son passage.

Vint alors le moment du jeu de cartes. Finn lui avait rapidement expliqué les règles. En vérité, Nana n'en avait strictement rien à faire, même si, dans un premier temps, il semblait tout à fait passionné par le sujet. Sans vraiment comprendre le nom du jeu ni même ses différentes règles, Naaru eut un sacré bol – ou peut-être un don pour le jeu – et rafla absolument toutes les manches, sirotant par moment un peu de thé. Parlons-en de ce thé. Il n'était, en lui-même, pas mauvais. En vérité, pour des humains normaux, il se trouvait même plutôt bon. Mais voilà, Nana ne le trouvait pas assez ceci, pas assez cela. Alors il rajouta de ce fameux ceci, et de cela. Ce qui bien vite manqua de finir en purée si lui-même ne s'était pas arrêté de rajouter encore différents aliments. Quelquefois, il tournait la tête vers le jeu. Rarement en fait. Il était bien plus occupé par le canapé. Il ne savait pas vraiment ce qui l'attirait tant, mais ce canapé avait quelque chose. Et ce quelque chose était, ma foi, plutôt anormal. Sans doute parce que le journal qui y trônait n'avait pas encore déguerpi dans un de ces rangements magiques disséminés un peu partout dans l'appartement, dans lequel Finn semblait pouvoir y mettre tout et n'importe quoi. Ces mêmes rangements qu'en fait Nana détestait, communément appelé sachet plastique ou plus précisément poubelle. À chaque fois qu'il jetait un coup d’œil dedans, il avait l'impression que ces derniers allaient exploser et paf ! Le lendemain, il n'y avait plus rien qu'un sachet vide. Lui avait essayé. Ça n'avait pas marché. Ça avait même, en vérité, gravement énervé Finn qui lui avait hurlé de ne pas mettre la nourriture à manger dans la poubelle. C'était marrant, ce jour-là. Vraiment amusant.

Nana décrocha une nouvelle fois du canapé, continua de boire un peu et se concentra un instant sur le jeu pour abattre ses cartes. Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il comprit qu'il avait encore gagné. Il commençait, lentement mais sûrement, à comprendre les règles. Au bout de six parties gagnées... Finn ne faisait décidément pas un bon instituteur. On toqua alors à la porte, et la flemme ambulante se décida à rester flemmarde. Ce fut donc à Finn d'aller répondre aux éventuelles injures ou autre des voisins. Nana se souvenait qu'un jour on lui avait demandé s'ils étaient en couple, à force de hurler presque tous les soirs pour, la plupart du temps, des broutilles. Nana était parti tellement loin dans son raisonnement qu'en fait, à force de rester muet, le mec d'en face avait abandonné. Il entendit son contractant parler, ce qui fit lever une oreille au chain. Il déplaça sa tête dans le même instant, tâchant avec inutilité de percevoir qui pouvait bien lui arracher d'aussi gentilles paroles. Alors, il la vit entrer, elle et ses cheveux argentés. Sur le coup, il ne tilta pas un seul instant et observa simplement le couple passer devant lui, l'air de rien. Suivit, peu à peu, des allés et retour de Finn. Qui d'ailleurs parlait de temps en temps, sans que Nana ne cherche à savoir de quoi il pouvait bien causer. Puis, finalement, le train-train devenu habituel s'échoua à la case cuisine, agrémenté d'une touche de thé. Son contractant revint, presque l'air de rien, et commença à ranger le paquet de cartes. Naaru ne leva même pas la main pour l'aider ou quoique ce soit d'autre.

- De toute façon, six victoires consécutives, c'était louche.
-Je crois juste que t'es nul.

Et paf, Nana dans toute sa splendeur, Nana dans toute sa finesse et sa délicatesse. Un pur concentré d'honnêteté et de tact. Que voulez-vous. Il fixa alors consécutivement son thé et celui de l'autre énergumène. Il avait fini le sien, contrairement à Finn, qui s'était même resservi sans lui en proposer. Son attitude se mua bientôt en une sorte de bouderie avancée, rapidement éradiquée par une nouvelle idée.

-Toi qu'est cuisinier, tu peux faire quoi avec des courgettes ?

Qui était cette personne ? Pourquoi tu l'as fait rentrer ? Tu pourrais me faire du thé ? Ces questions n'effleuraient même pas son esprit saccadé et troublé. Non, il venait juste de se souvenir de son aventure dans l'Abysse. Et qu'il n'avait, en vérité, jamais mangé de courgette. Ou peut-être que si, mais sans s'en rendre compte. Le boudin, bien sûr, n'était pas éradiqué de son cerveau, mais pour lors, il avait réussi à se persuader que Finn n'en cachait nul part dans son appartement. Comment il avait fait ? Combien de temps ça durerait ? Personne ne le sait. Toujours est-il que son occupation première avait légèrement déviée.

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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   21st Novembre 2012, 11:11

Ce n’est pas tant par peur que par honte que les femmes battues ne se plaignent ni à leur proches, ni aux autorités – si autorité il y a. Il est impossible de comprendre. Pas sans avoir vécu pareille situation, du moins. Alors ceux qui nous lancent ces sourires faux et tristes, qui pleurent avec nous, qui nous entourent de leurs bras censés être réconfortants, mais ne faisant, au fond, que raviver de douloureux souvenirs, nous n’en avons que faire. Ceux qui prétendent comprendre et compatir, on leur rirait volontiers à la figure si nous n’avions pas la gorgée nouée, des sanglots y étant bloqués. Tous ces yeux. Toutes ces questions. Toutes ces voix. Tout ce monde. Pour quoi au final quoi ? Rien du tout. Un peu plus de désespoir, peut-être. Un peu moins de naïveté, maintenant que nous sommes en mesure de voir qu’ils mentent sans même s’en rendre compte. Dire qu’ils comprennent est devenu habituel pour tout le monde, alors qu’au fond, ils ne comprennent pas. Ils ne peuvent juste pas comprendre. Parce que la compréhension est relative. Relative au vécu de chacun. Relative aux souvenirs, aux erreurs personnelles. Et sûrement à bien d’autres choses encore. Mais tant que nous n’avons pas vécu la chose, prétendre comprendre revient simplement à manquer de respect à la victime. Alors cette victime ne préfère n’être victime qu’à ses yeux et à ceux de son agresseur, ne trouvant pas d’utilité à en parler. Parce qu’après avoir survoler les apparences, il serait bel et bien temps de s’attarder sur les détails. Plus discrets, plus infimes, mais tellement plus importants. Nous verrons alors que cette femme n’a pas seulement souffert physiquement. N’a pas simplement encaissé des coups sur son corps. N’a pas seulement été marqués par des bleus et des rougeurs. Ce moment fut bien plus terrible. Bien plus profond. Bien plus dangereux pour le mental que pour le physique de la fille, l’adolescente ou la femme. Parce qu’à un moment ou à un autre, elle a sûrement dû comprendre. Elle a dû comprendre que lutter ne lui ferait que plus de mal. Alors, que cela dure une minute ou tout le long de l’acte, il y a un instant où elle abandonne. Où elle en a marre. Où elle veut juste fermer les yeux. S’échapper. Mentalement, si elle ne le peut pas physiquement. Alors elle s’envole. Par-dessus les mers et les cieux. Par-dessus sa propre dépouille, souillée maintenant. Mais une partie d’elle sait que cela est inutile. Qu’elle aura tout de même mal. Qu’il vaut mieux rester digne, car le résultat sera le même. Alors elle revient sur place, vivant ce moment vaillamment, aussi difficile que cela puisse l’être. Elle subit. Elle a abandonné. Elle se laisse faire. D’autre luttent. Ces autres n’abandonnent que vers la fin, souvent. Mais si vous ne l’avez toujours pas compris, eh bien, nous ne parlons pas de cette deuxième catégorie. Juste d’une femme, à vrai dire, bien qu’il soit plus juste de dire adolescente. Juste de Fuyu.
Alors qu’elle se présenta à la porte de son grand-frère, elle ne cessait de se demander comment il allait réagir en la voyant. Heureusement, elle n’avait aucune preuve de ce qui se passa sur son corps, si ce n’est quelques imperceptibles tremblements ainsi que de très légères rougeurs sur ses poignets. Pas de quoi attirer l’œil. Après tout, pourquoi ne pas lui en parler ? Il lui avait fait comprendre maintes et maintes fois qu’elle pouvait lui faire confiance, qu’il ne lui ferait jamais de mal. Il avait aussi promis de toujours rester à ses cotés. À leur dernière rencontre, il lui dit une partie d’un lourd secret. Il lui dit qu’il faisait partie de la famille Baskerville. Alors vraiment, ce n’était pas du tout un problème de confiance en lui. Eventuellement, si elle décrivait son agresseur à Finn – dont elle ignorait d’ailleurs le prénom – peut-être qu’en le rencontrant, il le reconnaitrait et lui en collerait une. Ce serait drôle. Un peu gênant, peut-être. Mais surtout drôle. Ce n’est pourtant pas ce qu’elle craignait. Parce que non, elle n’avait pas peur de ce brun si attirant. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle ressentait pour lui, en fait. Du dégoût. Mais autre chose. Comme si ça ne lé dérangeait pas tant que ça de souffrir. On lui apprit à ne pas se plaindre. On lui apprit aussi à se sentir coupable. Et cette petite, elle se sentait coupable de beaucoup de choses. De beaucoup trop de choses pour son âge encore enfantin. Enfin, quoiqu’il en soit, elle ne voulait pas en parler à Finn. Bien sûr, rien n’était encore sûr, car en le voyant, il ne serait pas impossible qu’elle change d’avis. C’est qu’il peut être capable de faire des miracles avec elle, celui-là. En même temps, lui avouer qu’elle avait abandonné, qu’elle avait laissé cet odieux personnage faire, ce ne serait pas fameux. Après tout, depuis plus d’un an, Finn avait été le seul à lui dire qu’il l’aimait. Et surtout, à le lui prouver. Elle ne voulait pas le perdre. Elle savait qu’il ne l’abandonnerait pas pour si peu, mais elle se sentait incapable d’un jour pouvoir reposer son regard sur lui sans imaginer une lueur de pitié. Encore une fois, ce n’est pas à lui qu’elle ne faisait pas confiance, mais plutôt à elle.

La porte s’ouvrit sous les yeux perdus dans le vague de la demoiselle. Finn. Elle fut assez soulagée que ce soit lui. Son colocataire ne se souviendrait sûrement pas d’elle et elle ne tenait pas vraiment à expliquer ce qu’elle était venue faire – alors que bon, au fond, elle n’en avait aucune idée – et à faire juste assez entendre sa voix pour que Finn vienne se poster près de la porte à son tour, pour la sauver en lui épargner d’autres explications. Enfin, quoiqu’il en soit. D’un œil expert, le jeune brun l’examina. Elle cligna des yeux face à son attitude, n’étant ni capable de s’étonner, ni de rire. Ni de se rebeller d’ailleurs. Maintenant qu’elle y pensait, c’était la première fois qu’il témoignait de pareille autorité face à elle. Et d’ailleurs, elle se surprit à aimer cela. Néanmoins, elle ne répondit rien. Il lui saisit le poignet à la volée, l’entraînant à sa suite. En fait, elle n’eut même pas le temps de contempler cet appartement qu’elle connaissait maintenant. Il l’entraîna dans la salle de bain et lui colla une serviette entre les bras – dire qu’il la lui donna serait trop doux. Si elle avait été de meilleure humeur, elle lui aurait demandé de le faire lui-même. Mais non. Pas après cette soirée qu’elle venait de passer. Sourire lui devint impossible. Et lorsque Finn lui tourna le dos, allant Dieu sait où, elle resta immobile, ses yeux couleur tempête braqués sur le sol. Pourquoi était-elle venue, exactement ? Ce n’était pas très réfléchi. Voire totalement irréfléchi. Et si elle était de trop ? Et s’il n’était pas là, qu’elle avait simplement perdu son temps, et qu’elle aurait dû retourner chez elle à pareille heure ? Et surtout, maintenant qu’elle était là, qu’allait-elle bien pouvoir faire ? Et d’ailleurs, qu’allait-elle lui raconter ? Pas de mensonges. Elle n’aimait pas mentir. Surtout pas à Finn. Mais elle ne pouvait pas non plus lui dire ce qui s’était passé. Alors quoi ? Peut-être ne lui posera-t-il aucune question. Mais elle serait stupide d’ignorer les interrogations qui avaient d’ores et déjà pris leur aise dans le regard vert de Finn.
Il revint dans la salle de bain, des habits en main. Fuyu fronça les sourcils, incrédule. Elle allait vraiment devoir se vêtir de ça ? Pas que ça la dérangeait vraiment, mais c’était drôlement large. Bon, elle n’allait pas commencer à exiger quoique ce soit ; il lui avait ouvert sa porte, et son cœur plus tôt, alors vraiment, elle n’était pas à plaindre. Quoique. Quand même, il la traitait vraiment comme une enfant. Il déposa les habits sur un meuble et son regard sembla s’adoucir alors qu’il revenait vers le sien. Il l’attira doucement à lui et la gratifia d’une étreinte. Étreinte à laquelle elle ne répondit que brièvement, vu qu’elle ne tenait pas à mouiller Finn. Il la relâcha et se retira, mais juste avant qu’il ne ferme la porte derrière elle, la laissant seule, elle murmura un merci. Une bonne chose au moins, car elle n’avait pas oublié ses bonnes manières. Enfin, pas tout oublié du moins.

Elle ne se sécha pas tout de suite, s’asseyant à même le sol, ses yeux dirigés vers le plafond, sa poitrine se relevant irrégulièrement, témoignant d’une respiration hachée. Elle ferma les yeux et se laissa submerger par ses souvenirs. Souvenirs douloureux, mais qui, elle le savait, devaient être revécus. Alors maintenant qu’elle était seule, elle voulait faire. À choisir entre cela et en rêver ce soir, elle préférerait largement se torturer tout de suite. Elle amena machinalement la serviette à ses cheveux et elle se rappela que ses propres doigts ne furent pas les seuls à s’y faufiler, ce soir. Elle frissonna et rouvrit brusquement les yeux. Incapable. Lâche. Elle était tout bonnement incapable de revivre ce moment. Elle était tout simplement trop lâche pour cela. Ni plus ni moins. Elle se releva, peut-être trop vite, car elle dû se retenir au meuble où étaient déposes les vêtements, titubante. Elle prit une grande respiration et entreprit de commencer sa besogne. Elle se dévêtit, faisant bien attention à ne pas mouiller le sol plus qu’il ne l’était déjà. Elle entassait tout dans un coin, faisant lentement passer la serviette sur son corps, bien qu’assez négligemment. Elle regarda les vêtements et enfila le t-shirt. T-shirt qui atteignait ses mi-cuisses. Elle n’eut même pas besoin de réfléchir avant d’abandonner l’idée d’enfiler le short. Elle était très bien comme ça. De toute façon, la jupe qu’elle portait ne couvrait pas bien plus, alors bon. Et puis, Fuyu n’avait vraiment rien de pudique. Surtout qu’elle était en présence de Finn. Du coup, même si elle l’avait été, pudique, elle n’aurait pas pensé à se vêtir un peu plus pour être habillée d’une tenue pouvant être décrite comme acceptable. Il y avait l’autre homme de l’appartement. Elle pensa à lui, mais là encore, ne réfléchit pas avant d’opter de rester comme elle l’était. Elle refit passer la serviette dans ses cheveux, les laissant en cascade dans son dos.

Elle ouvrit silencieusement la porte, et avança à pas de loups, pieds nus. Elle se mit en retrait, observant un instant ce qui se dressait sous ses yeux. Finn était debout près d’une table. Table où reposaient trois tasses de thé, dont une fumante. Table autour de laquelle il y avait deux chaises tirées, l’une occupée, l’autre déserte. La première était occupée par le colocataire de Finn. Il lui ressemblait. Traduction ? Il était bel homme. Il possédait des yeux étincelants et des cheveux bruns tombant au ras de ses épaules. Peut-être étaient-ils plus longs. Peut-être aussi plus courts. Fuyu n’en savait trop rien. Fuyu qui se fit remarquer – si ça n’avait pas déjà été fait – en émettant un léger rire face à la question de l’inconnu. Son premier rire de la journée. Déclenché par quelqu’un qu’elle ne connaissait pas.

Les courgettes, ce sont des légumes verts. C’est bon pour la santé, comme tous les légumes. Ça donne des vitamines. C’est bon.
Ou pas.
Ce genre de choses, personne ne les dit jamais à l’adolescente. Elle mangea toujours ce qu’elle voulu et laissa le reste de coté. Les courgettes, elle n’aimait pas spécialement, mais en mangeait cependant. Ça dépendait surtout de l’accompagnement, en fait. Et vu que la jeune fille avait peu souvent la tête à s’activer en cuisine, alors elle n’en mangeait que rarement. Ce qui la fit rire, ce fut le jeune homme en lui-même. Le boudinophobe. Et puis, elle tourna ses yeux vers Finn. Cuisinier ? Un jour, elle lui demandera de lui concocter un plat. Un jour, oui.

Elle avança vers ce-dernier, se hissa sur la pointe de ses pieds et entoura son cou de ses bras, restant près de lui un bref instant avant de simplement lui laisser un baiser sur la joue. Elle s’approcha ensuite vers l’homme assis, se penchant vers lui pour coller ses lèvres à sa joue, lui aussi. Non, vous ne vous trompez pas : elle ne le connaissait effectivement pas. Mais elle s’en fichait. Ca voulait juste dire bonsoir. Et peut-être aussi un petit « désolée du dérangement ». Elle s’assit le plus naturellement qu’il puisse être sur une chaise qu’elle tira et prit une gorgée de thé. Elle aimait le thé. Et aujourd’hui, cette source de chaleur lui fit le plus grand des biens. Elle sourit au breuvage et ferma un instant les yeux, la tête basculée vers l’arrière.
Après un instant, elle se redressa.

– Finn, tu as bien caché le boudin cette fois-ci, hein ?

Elle fit de son mieux pour garder un ton sérieux alors que ses yeux étaient ancrés dans ceux de son opposant dont elle ne connaissait toujours pas le prénom. Elle avait cru comprendre, la dernière fois, qu’il n’aimait pas le boudin. Une sale bête, pour reprendre ses mots.
Et puis, ce fut vers Finn qu’elle se tourna, arborant un air étrange. À la fois innocent et malicieux. Mais aussi troublé. Il allait être difficile pour elle de faire mieux. Son regard chercha celui de son aîné, et quand il le trouva, elle articula un désolée avant de sourire légèrement. Ce mot en voulait dire long. Pour la petite pique qu’elle venait de lancer à son ami, oui, mais beaucoup plus pour le fait qu’elle soit venue – qu’elle se soit incrustée –, qu’elle ne se soit pas montré assez chaleureuse, et surtout pour le fait de ne pas encore avoir dit un seul mot sur la raison de sa présence ici. Pas qu’elle avait réellement envie de se justifier, en réalité. Pas qu’elle le devait non plus, d’après Finn. Mais elle s’en sentit obligée. C’était vraiment le moins qu’elle puisse faire.

– J’étais avec une connaissance qui… Une connaissance.

Qui quoi, Fuyu ? Ce n’est pas vraiment ce que l’on peut nommer une phrase complète, ça, tu sais ?
Qu’avait-elle l’intention de dire ? Beaucoup de choses. Mais elle préféra se taire, car pour le moment, ça suffisait. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle attendait de Finn. Il pouvait déduire ce qu’il voulait de cela. Au moins, elle n’avait pas menti. Elle était aussi loin d’avoir tout dit, mais au moins, elle ne mentit pas. Il pouvait très bien penser qu’elle avait simplement discuté un assez long moment, oubliant que le temps défilait, et qu’elle avait eut peur de rentrer chez elle seule, le soir. Peu crédible, car il l’avait quand même déjà trouvée au plein milieu d’une ruelle malfamée de la ville, à une heure toute aussi avancée de la nuit. Il devait maintenant savoir que s’il désirait obtenir une réponse, il devrait la ménager, s’y prendre doucement. Il savait aussi qu’elle pouvait s’entêter et que, s’il ne posait aucune question de vive voix, elle pourrait feindre l’ignorance. Tout comme il savait que mieux valait être précis avec elle, car en étant vague, elle ne savait pas ce qu’elle pouvait se permettre de dire ou pas, ce qui, du coup, l’incitait à se taire, par pure prévention.
Elle se rendit alors compte qu’elle venait de commettre une grave erreur. Le fait qu’elle ait dit qu’elle était avec une connaissance. Par un ami. Pas un inconnu. Entre les deux. Si elle avait appréciée la personne, elle aurait utilisé le premier terme. Si elle ne ressentait rien de particulier envers cette personne, elle aurait dit inconnu. Depuis le temps, Finn avait dû comprendre qu’elle pouvait très bien passer des heures à discuter avec un inconnu. Mais non. Elle avait dit connaissance. Cela voulait dire qu’elle connaissait la personne, mais qu’elle n’en était pas vraiment fière. Restait à espérer qu’il ne relèverait pas ce détail. Mais ça, elle en douta. Elle en douta fortement.

Elle lui décocha un léger sourire avant de reporter son attention vers le jeune homme face à elle. Elle souriait, amusée, la tête inclinée sur le coté, les doigts se tortillant sur la tasse de thé, tenant de se procurer de la chaleur, quelle que puisse en être sa source. Elle en bu une nouvelle gorgée, gardant le liquide un peu plus en bouche avant de le laisser lentement couler, le savourant pleinement. Elle reposa sa tasse sur la table et croisa ses jambes sur la chaise, les deux coudes sur la surface en bois de ladite table, les paumes soutenant le visage. Quel était son prénom ? Pas qu’elle voulait vraiment le savoir, mais en fait, dire que ce n’était qu’un simple inconnu lui était difficile. Il semblait plutôt complice avec Finn, alors elle voulait en savoir plus sur lui. Pouvoir mettre un nom sur son visage l’aiderait à se sentir plus proche de lui. Et par la même occasion, plus proche de Finn. Mais cette réflexion, elle ne se la fit que bien plus tard. Il y avait une autre raison. Mais cela, elle-même l’ignorait, à vrai dire.

On ne se pointe pas chez quelqu’un en justifiant cela par une rencontre avec une connaissance. Fuyu se giflait intérieurement, mais maintenant qu’elle était là, repartir serait encore plus louche. D’ailleurs, à cette pensée, elle se demanda si Finn la laisserait partir si elle en exprimait le désir. Il ne la retenait pas prisonnière, certes, mais elle voyait bien son inquiétude. Et pour cela aussi, elle s’en voulait. Pourtant, elle ne témoigna de nulle culpabilité, essayant de garder le même air arrogant habituel sur le visage. Plutôt difficile, car des images ne cessaient de s’imposer dans son esprit, la faisant par moment détourner son regard de celui de l’inconnu. Du colocataire. Et lui, est-il perspicace ? Intelligent ? Du tout ? La curiosité de la demoiselle était en perpétuel conflit avec une culpabilité qui ne voulait s’émousser ainsi qu’un certain mal aise vis-à-vis de Finn. Elle n’avait pas été aussi franche avec lui qu’elle ne l’aurait voulu. Son regard, maintenant doux, passa sur le visage de ce-dernier. Lui en voulait-il ? Que pensait-il ? Se posait-il des questions ? Sûrement. Autant qu’elle ? Allez savoir. Était-il inquiet ? Malheureusement, Fuyu n’en douta pas une seconde.
Son index jouait sur la table, silencieusement, allant et venant, s’attardant ci, accélérant là. Elle s’occupait. Elle était nerveuse. Avec Finn, ça lui arrivait rarement. Et puis, enfin, elle réussit à se mettre dans la tête qu’aujourd’hui, elle n’était pas avec Finn. Pas seulement. Elle était avec Finn et son colocataire. Finn et son étrange colocataire. Finn et son ami. Finn et, elle en était certaine, un bien drôle personnage. Personne à laquelle elle espérait pouvoir se lier, ne serait-ce que d’amitié, car elle voyait en lui un petit quelque chose qu’elle ne connaissait pas. Quelque chose de différent. Pas comme Finn. À première vue, selon le peu qu’elle venait d’entendre, tout le différenciait du brun ayant ouvert la porte, un peu plus tôt. Pourtant, il y avait autre chose. Quelque chose de plus. Ou de moins. Peut-être un peu des deux. Quelque chose qui attirait et amusait à la fois Fuyu. Mais quoi ?
[HRP : Excusez le retard.]
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   23rd Novembre 2012, 10:42

Dans quel état est l'adolescente. Et encore, il n'a eu droit qu'à la vision de surface, juste ce qui n'a pas l'air d'aller physiquement. Elle était un peu pâle, pas tout à fait assurée, trempée bien sûr, visiblement pas blessée mais peut-être que ce jugement là serait révisé en examinant un peu mieux. Pas qu'il le fera, il n'a pas à conduire d'examen. Et, si jamais elle est blessée quelque part, cela se verra dans ses mouvements. C'est quelque chose qu'il peut très bien repérer. Nana aussi d'ailleurs. A force de s'en prendre plein la figure régulièrement tous les deux. Enfin, bien sûr il ne souhaite pas qu'elle soit blessée. A priori, le mental a déjà suffisamment pris comme ça. Rien que pour qu'elle se présente à sa porte. Il sait qu'elle doit avoir l'impression de déranger, de s'imposer. Parce qu'elle ne veut pas être un poids. Un jour il arrivera à lui faire comprendre que ce n'est pas le cas. Qui est-ce qu'elle dérange en venant dans l'appartement avec les deux hommes ? Pas eux. Si Naaru veut la paix, il n'a qu'à rentrer dans son antre. Le contractant quant à lui est toujours heureux de voir l'adolescente. Alors non, elle ne dérange personne. Si l'appartement avait été plus grand, il aurait très bien pu lui dégager une chambre, un jour. Bon, dans les conditions actuelles, il faudra se contenter de ce qu'il y a. Tant pis.

Enfin. Ce n'est pas le plus important dans l'immédiat, c'est une affaire qui se réglera toute seule avec le temps. Dans l'immédiat, il faudrait identifier le problème de l'adolescente. Peut-être... Pas forcément immédiatement la cause. Juste le problème, pour pouvoir y remédier. Et ensuite voir à la cause si elle souhaite en parler. Et si cause et problèmes sont bien trop liés, alors peut-être qu'il faudra aller agir sur la cause. En attendant d'en savoir un peu plus, il s'inquiète. C'est une réaction qui ne sert à rien. Du moins, qui ne fait pas avancer la situation, qui ne fait que poser des questions sans en apporter les réponses et qui en plus risque de faire potentiellement culpabiliser l'adolescente. Bien qu'il serait complètement vain de tenter de cacher cette inquiétude. Alors voilà, il s'inquiète, se questionne tout en sachant pertinemment qu'il ne trouvera aucune réponse par lui-même et range ces fichues cartes pour s'occuper les mains. Pendant qu'à côté, un Naaru complètement ignorant de la situation lui balance de but en blanc le fond de sa pensée :

- Je crois juste que t'es nul.

Nul ... ? Nul ? C'est tout une affaire de relativité d'après le plus jeune. Nana pense qu'il est nul, mais il pense que Nana est juste chanceux. Un jour Finny réalisera son erreur. D'ici là, il a encore pas mal de parties à perdre. Bref. En attendant il lui lance juste un regard en coin sans commenter parce qu'il est persuadé qu'un jour, il lui montrera, et que la vengeance est un plat qui se mange froid. Prends garde, Chain.
Allons bon, et pourquoi est-ce qu'il semble bouder maintenant ? Oh. A quoi bon se poser la question. Naaru Irwin est un synonyme de lunatique. Franchement, Finn n'aimerait pas être un de ses neurones. Ils doivent mener une vie assez compliquée.

- Toi qu'est cuisinier, tu peux faire quoi avec des courgettes ?

Voilà qui fait hausser un sourcil au plus jeune qui dépose le paquet maintenant rangé sur un coin de la table. Evidemment dans son collimateur pour le ranger comme il faut plus tard. Comme le journal sur le canapé, d'ailleurs. Cependant, il n'a pas le temps de répondre qu'un rire se fait entendre dans son dos. Malgré lui, l'entendre rire le soulage un peu. Malgré lui car au fond, cela ne signifie pas grand chose. Mais voilà, il est très difficile d'enrayer ce genre de réaction immédiate. Il regarde par dessus son épaule comme pour confirmer visuellement que c'est bel et bien la plus jeune. Qui n'a pas enfilé tout ce qu'il lui a donné à enfiler mais franchement, cela lui passe au dessus de la tête. Qu'importe, tout ce qu'elle veut du moment que c'est sec. Le chauffage fera le reste et il n'y a pas à s'inquiéter des regards qu'elle pourrait s'attirer de la part de ceux présents dans la pièce. Tout va bien. Alors il lui lance un sourire et se tourne à nouveau vers son Chain pour répondre à sa question.

- Plein de choses tant que tu ne te mets pas à faire une fixation dessus.

Comme pour le boudin. Ou les concombres. Mince alors, un jour à cause de Nana ils en seront réduits à manger de la salade matin, midi et soir. Encore que cet énergumène serait tout à fait capable de trouver quelque chose à redire à la salade. Quoique, comme il n'aime pas ça... Bah. Il n'a même pas besoin de manger à la base. Etrange Nana. Il n'a pas besoin de dormir non plus en fait. Ça a besoin de quoi, un Chain ? Un jour il lui demandera, tiens. Peut-être que le Chain sera aussi perplexe que son contractant sur la question.
Bref, cela ne règle pas le soucis principal. Qu'est-ce qu'a Fuyu et réussir à trouver quelque chose pour y remédier. Temporairement. Il ne doute pas un seul instant qu'il arriverait à endiguer le problème de façon permanente. Ce n'est pas comme s'il suffisait de le rayer de la métaphorique carte pour qu'il disparaisse. Quand bien même il serait en effet possible de détruire la source, les souvenirs et le mal fait seront toujours présents. Au moins pour le moment elle est en sécurité.

Il laisse venir lui embrasser la joue, ne cherchant ensuite pas à retenir un sourire amusé quand elle fait de même à Naaru. Même si elle ne le connait pas. Il n'a de toute façon pas l'air très menaçant là. Bien sûr, pour l'avoir vu faire, Finn sait parfaitement qu'il peut l'être et pas qu'un peu. Seulement dans l'instant, il a l'air inoffensif.
Jusqu'à ce qu'il rouvre la bouche du moins. Toujours se méfier de l'eau qui dort.
Fuyu tire une chaise pour elle tandis que le plus jeune des deux hommes se rassoit sur sa propre chaise quittée un peu plus tôt, puisqu'il n'y a plus aucune raison de se tenir debout. Du moins pour le moment. Il brûle de demander à l'adolescente quel est son problème, sans prendre de détour, aller directement au but car le plus court chemin est toujours la ligne droite. Et comme souvent, il ne le fera pas. Pas immédiatement. Parce qu'il préfère laisser le premier tour à la jeune fille, la laisser sortir ce qu'elle voudra bien sortir et ensuite composer ses propres questions à partir de là. Peut-être aussi qu'elle ne veut tout simplement pas parler maintenant alors qu'ils sont tous les trois installés autour d'une table. Et voilà qu'il recommence à se poser plus de questions qu'il ne le faudrait.

– Finn, tu as bien caché le boudin cette fois-ci, hein ?

Non Fuyu, pas toi aussi. Où va le monde si tu t'y mets aussi ?
Plaisanteries. Il a très bien compris que c'était une plaisanterie, comme en témoigne son sourire amusé malgré lui. Croisons juste les doigts pour que Naaru comprenne aussi. Et qu'il ne se mette pas à penser qu'il en cache réellement. Sinon... Sinon. Impossible de prévoir sa réaction de toute manière à cet animal.
Subtile référence à ce fameux soir où Naaru est sorti de nulle part, a balancé des inepties sur le boudin que son contractant a eu tôt fait d'oublier - visiblement, pas Fuyu - avant de repartir dans sa tanière. Est-ce que le Chain s'en souvient seulement ? Peut-être. Peut-être pas. Le contractant décide d'en placer une, même si la réplique ne lui est pas vraiment adressée malgré l'emploi de son prénom, juste pour enfoncer un clou de plus dans le proverbial cercueil :

- Y'en a plus depuis qu'il a développé une phobie spontanée contre cette chose.

Phobie spontanée, c'est tout à fait le terme à employer. La force d'auto-persuasion de Nana est assez impressionnante.
L'adolescente se tourne ensuite vers lui, arborant un air qu'il a du mal à déchiffrer. Au travers duquel une fois de plus il ne parvient pas à lire le nom du problème. Ce qui ne l'empêche pas de répondre à l'excuse en allant gentiment appliquer une pression réconfortante sur le genou de la jeune fille le plus proche de lui, à défaut de pouvoir serrer l'une de ses mains puisque toutes deux sont sur la tasse de thé. Elle n'a pas à s'excuser, mais le dire à voix haute entraînerait un débat stérile. Et surtout, cela ne l'empêcherait nullement d'être désolée. Elle sait parfaitement ce qu'il en pense. Il l'a invitée à venir lui-même après tout. Déclarant plus ou moins en ces termes que sa porte lui sera toujours ouverte. Du moment qu'il y aura quelqu'un derrière pour le faire, bien sûr.

– J’étais avec une connaissance qui… Une connaissance.

Qui ? Une connaissance ? Il y a d'un coup plein d'informations et de possibilités qui se bousculent. Qui quoi, pour commencer ? Mais même sans cela. Une connaissance ? Qui l'aurait mise dans cet état ? Il y a anguille sous roche. Baleine sous gravillon même, à ce stade. C'est quelqu'un qui a un impact sur elle. De là à dire qu'elle connaît bien la personne, il y a une marche qui n'est pas forcément bonne à franchir. Les gens que l'on connait peuvent avoir un gros impact sur nous, mais ceux que l'on ne connaît qu'à peine, voire des inconnus, peuvent tout aussi bien faire autant de dégâts. Et ici, le contractant pencherait plus pour la deuxième option en rayant le "inconnus". A cause de l'emploi de "connaissance". Ce qu'il faut donc comprendre, c'est qu'elle a rencontré une personne qu'elle ne porte à priori pas dans son coeur et que visiblement tout ne s'est pas bien passé. Comme si ça aurait pu le faire. Voilà donc la cause. Après, ce que la cause a fait, a quoi elle est liée, ce que cette personne a pu dire, aucune idée. Dans tous les cas, il n'est pas spécialement content d'apprendre qu'il y a là dehors des personnes pour s'en prendre à Fuyu. Sans aller jusqu'à penser qu'elle ne peut pas s'attirer d'ennuis ou avoir des ennemis - allons, c'est chose assez impossible à faire -, il y a ennemis et ennemis. Les ennemis sur lesquels on aboie, on grogne, qu'on ne peut pas voir et qui nous mettent en boule quand ils sont présents - donc par exemple le voisin du dessous. Et les autres. Ceux qui ont un impact plus profond, qui font plus mal. De cette catégorie-là, le contractant ne pensait pas que l'adolescente en avait. Voilà la preuve du contraire. Si toutefois elle le catégorise comme un ennemi. Pour Finn, c'est tout vu, cet illustre inconnu a droit à une place dans ce panier-là d'office. Le neutre, l'indifférence qui devrait pourtant être en réalité le point culminant de la haine réelle, n'existe pas vraiment pour lui. Soit il déteste. Soit il aime. Soit il n'en pense rien, réellement rien, et on parle alors gens qu'il connait vaguement comme pour la plupart de ceux qu'il fréquente.

Alors voilà. Fuyu s'est justifiée, a levé une micro parcelle de brouillard en répondant à l'une des questions. Elle est dans cet état non pas parce qu'elle était en proie à des souvenirs envahissants - et au fond, il aurait plutôt préféré que ce soit cela -, mais parce qu'elle a croisé quelqu'un - une "connaissance" - et que ce quelqu'un lui a fait du mal. Pourquoi et comment sont encore à déterminer. Et, une fois de plus, il serait bien en peine de tenter de deviner. Est-ce que pour autant il peut se permettre de la presser de questions ? Il n'est pas sûr. Pas sûr du tout. Si cela revenait à remuer le couteau dans la plaie encore fraîche, il s'en voudrait. Et elle risquerait bien de lui en vouloir aussi. Peut-être qu'il serait plus sage d'attendre un peu. Par exemple le temps qu'elle cesse de se sentir coupable d'être là. Alors pour le moment, il rapproche sa chaise de la sienne pour pouvoir passer un bras autour de ses épaules et la serrer contre lui.

- Tu n'as pas besoin de te justifier si tu ne veux pas en parler.

Tous deux savent qu'il a des questions, qu'il finira par les poser, qu'elle y répondra si elle le veut, mais que pour le moment rien ne presse. La connaissance concernée n'est pas dans la pièce, Fuyu peut prendre son temps. Qu'est-ce qu'il ferait d'ailleurs s'il la croisait, cette personne inconnue ? Aucune idée. Sûrement pas quelque chose de bien. C'est mal d'être enclin à la violence, très mal. Malheureusement les deux hommes de la pièce penchent plutôt de ce côté. Enfin qu'importe pour le moment. Ils parlaient encore de courgettes il y a quelques minutes.
Il relâche ensuite l'adolescente, revenant en place sur son siège sans pour autant chercher à le déplacer pour le remettre sur sa position d'origine, jugeant qu'il est très bien ici. En plus, si Nana commence à dire des trucs étrange, il est parfaitement bien placé pour lui envoyer un coup dans le genou. Oui, le genou. Parce que le Chain ne sait pas s’asseoir normalement sur une chaise, il s'y assoit toujours en tailleur. Du coup impossible de lui envoyer un coup dans le tibia. Son contractant avait essayé plusieurs fois au début, par réflexe, et sa leçon a depuis été douloureusement apprise. Les tables ne pardonnent pas. Bref, sans en venir à un schéma de physique, il est dans la diagonale qu'il faut. Voilà. Après s'ils veulent se battre, ils n'auront qu'à se lever. Faire du bruit. Alerter les voisins. Et couper toutes les lumières en catastrophe quand ils viendront toquer à la porte pour demander des comptes afin de faire croire qu'il n'y a personne. Oui, ce plan est travaillé. Fait amusant, Finn va deux fois plus vite à simuler l'appartement vide quand c'est la porte de la voisine de gauche qui s'ouvre.
En parlant de Naaru, ce dernier est observé par Fuyu. Qui ne sait d'ailleurs toujours pas son prénom. Ni qui il est tout court, d'ailleurs. Du coup, en s'enfonçant un peu plus dans son dossier, le plus jeune des deux bruns lance :

- Il s'appelle Naaru. Mais tu peux l'appeler Nana.

Ça, c'est pour le "Finette" de l'autre soir, Nanette. Non mais.


Dernière édition par Finn Baskerville le 24th Novembre 2012, 08:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   24th Novembre 2012, 07:41

Le cerveau du chain s'emplissait peu à peu de pensées diverses et variées. La majorité d'entre elles s'opposaient, la partie restante touchant de sujets inutiles. C'est dans cette dernière partie que les règles de ce jeu s'étaient posées. D'un air presque vide de sentiments, le chain regardait son contractant ranger le paquet de cartes. Il était persuadé que Finn avait mis un nom sur leur précédente distraction, mais il était à présent incapable de s'en souvenir. Et bien vite, frustré par sa propre mémoire, il abandonna. Un soupir s'échappa de ses lèvres, et il opta pour un changement de sujet. Les courgettes. Ces choses-là, comme un nombre mesurable d'autres choses, étaient un mystère pour le chain. La forme même était on ne peut plus étrange. Il attendait de sentir le goût pour se faire sa propre idée. D'où l'envie de cuisiner des courgettes. Et c’était à Finn de s'en charger, puisqu'il lui était interdit de s'approcher de la pièce à moins d'un mètre.

Son esprit fut attiré par un rire. Et c'était bien parce qu'il était différent de celui de Finn qu'il obligea le chain à se taire. Son regard se tourna vers la source et il aperçu de nouveau les cheveux argentés de la demoiselle. Elle était à moitié cachée derrière le mur, si bien qu'on ne voyait qu'un hémisphère. Sans l'ouvrir, Nana ne parvint à détacher son regard de la dame. Cela lui permit de jauger son âge. Ainsi que l'accoutrement qu'elle portait. Un instant, il détacha ses yeux de la nouvelle arrivante pour les poser sur ceux de son contractant. Il n'avait pas l'air choqué. À vrai dire, lui non plus. Il portait plus ou moins des tenues légères quand il était chez lui – enfin chez Finn – Et puis, la pudeur et lui se connaissaient peu. Voir très peu. La jeune fille portait un simple haut, mais il était visiblement beaucoup trop long pour elle, si bien que le col dévoilait à moitié une de ses épaules. Elle avait un visage très mignon. Mais il y avait quelque chose dans ses yeux qui n'allait pas. Si le chain l'avait voulu, il serait parvenu à trouver le fond du problème. Mais les humains étaient trop compliqués. Beaucoup trop compliqués. Et lui ne tenait pas à scanner les sentiments de la jeune dame. Par ennui ou bien par politesse, Nana n'en savait lui-même rien.

Après une légère inspiration, Naaru posa ses mains sur la table et s'étira tranquillement. Il ignorait l'heure qu'il était. En revanche, à voir le sourire que Finn lança à la seule fille de l'appartement, il comprit instantanément qu'il l'appréciait. Et en gentil chain, il se devait d'être poli à son tour. Bon, tout ceci n'était sûrement l'affaire que de quelques minutes. Celles-ci passées, Nana redeviendrait Nana. Mais qu'importe, l'idée lui avait effleuré l'esprit, ce qui était une bonne chose en soi. Le regard de Finn se tourna vers lui.

- Plein de choses tant que tu ne te mets pas à faire une fixation dessus.

Il y eut deux seconde de silence. Deux secondes qui suffirent à rejoindre les deux neurones qui avaient suivi la discussion. Ces deux neurones qui se souvenaient de sa précédente phrase. Les deux seuls sur les milliers qu'il possédait. Voilà pourquoi le chain était multi-fonction. Sa capacité de concentration avait beau être – très – limitée, il gardait une très très bonne mémoire. Il n'empêche qu'à défaut d'expression oral, Naaru fixa son contractant intensément avant de croiser les bras, vexé. Il ne faisait pas de fixation. Il adressait simplement un très grand intérêt aux habitudes humaines. Et la gastronomie en faisait partie. Les légumes donc. CQFD. Plus important, sa phrase sonnait-elle comme une affirmation ou bien une négation ? Il tenait à ses courgettes. Il y tenait fort. Si Finn ne lui cuisinait pas quelque chose, il allait...

-Je te jure que JE m'y mets si t'en cuisines pas dans les trois jours.

Ultime prévention. Ultime corruption. Nana en était capable. Il était capable de créer une nouvelle recette. Une recette que seule la poubelle était capable de digérer. Mais une recette tout de même. Finn irait faire les courses pour acheter des courgettes. Finn cuisinerait. Finn irait trouver une recette qu'il allait pouvoir aimer. Et Naaru mangerait ses courgettes. Il était égoïste. N'empêche qu'il demanderait des concombres la prochaine fois. La forme était approximativement la même, mais le chain était pourtant persuadé que le goût était différent. Comment est-ce que poussait ces trucs-là ?
Un jour, Naaru se pointerai dans un jardin – puisque Finn n'en possédait pas – et planterai la courgette/concombres – à voir en fonction du stock – à même le sol. Il verrait bien si ça grandit. Curieusement pourtant, il doutait fortement de la réussite de cette futur mission.

L'inconnue réveilla une énième fois le chain et ses pensées profondes. Il lui fallut réfléchir un instant pour comprendre qu'elle l'avait embrassé sur la joue. Il garda cependant une attitude neutre et suivit du regard ses moindres gestes. Elle s'assit à ses côtés, bientôt suivi par Finn. Voilà. Ils étaient tout trois face à face, un simple morceau de bois les séparant. Naaru ne se demanda pas ce que la jeune fille faisait ici à cette heure tardive. Après tout, lui-même rentrait souvent très tard. Et Finn était un homme avant tout, il avait bien le droit d'avoir des relations un peu partout. Il n'y avait aucun sous-entendu, et Nana restait objectif. Pas qu'il ne voulait pas de préjugé, mais uniquement parce que ça ne l'intéressait pas.
Bien sûr, il y avait toujours ce regard étrange chez la fille qui la rendait étrange. Qui n'allait pas. Un traumatisme ? Peut-être. Les humains cachaient souvent mal leurs expressions. Leurs sentiments étaient souvent bien trop puissants pour être totalement masqués. Il y avait toujours quelque chose. Le fond des yeux. C'était souvent le fond des yeux qui trahissait le mieux leurs pensées. Remarquant qu'il la fixait depuis un certain temps, il se détacha d'elle et reporta son attention sur le thé à ses côtés. D'ailleurs, la femme en but une gorgée.

– Finn, tu as bien caché le boudin cette fois-ci, hein ?

D'un air presque électrique, le chain releva les yeux et fusilla ceux de son colocataire. Il en était presque en colère. Ce genre de phrase était tout à fait motif à dispute dans son esprit. Il n'attendait qu'une réponse de sa part pour exploser. Pour relâcher ses pensées. Il le savait. Il le savait. Finn lui avait menti. Ça faisait plusieurs jours qu'il lui assurait ne plus avoir de boudin. Nana restait suspicieux. Puis finalement, il avait – presque – fait confiance au contractant. Ça faisait peut-être quelques minutes. Mais il s'était trop relâché. Et voilà qu'en plus, il prenait part à un complot. Naaru était multi-fonction. Naaru s'en souviendrait. Il fronça les sourcils si fort que son front se marqua de nombreux plis. Enfoncé dans son siège, il remarqua que Finn semblait légèrement détaché du sujet. Ou bien était-ce une sorte de... déprime occasionnelle ? Le chain ne parvint à poser un mot dessus. Et ne chercha pas bien longtemps à le faire. Bien vite, il trouva le temps trop long. Son contractant, heureusement, parvint à s'exprimer malgré l'expression tueuse affichée sur le visage du chain.

- Y'en a plus depuis qu'il a développé une phobie spontanée contre cette chose.

Naaru se fichait de ce qu'il pensait dans l'instant. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il l'avait trahi. Et qu'en plus, il se permettait de mentir à voix haute, devant lui. Il irait vérifier. Il le ferait. Il se demandait comment il avait pu, un jour, manger du boudin. Le mot-même était étrange. La texture-même était étrange. Le goût lui-même était étrange. Quand à la composition, le chain préférait l'ignorer. Quoiqu'il en soit, bien vite, l'envie irrésistible d'aller vérifier dans la cuisine percuta son cerveau. Le geste précéda pourtant sa pensée. Sans ouvrir sa bouche – lui qui était pourtant bavard – il poussa sur ses mains pour reculer sa chaise et se lever. Malheureusement, le sol n'était pas vraiment enclin à glisser. Et Nana n'avait pas les pieds au sol. La chaise bascula avec une lenteur incroyable en arrière. Réflexe incroyable, il parvint à décroiser les jambes pour lui éviter un roulé boulé. Un peu sonné, il trouva vraiment bizarre le fait de voir le canapé de travers. Ça ajoutait un peu... d'originalité, si tout du moins, bien sûr, tout l'appartement n'avait pas subitement pivoté de 45°. Il se souvint quelques instants après de sa tentative d'évasion pour partir à la recherche du boudin. C'est pourquoi, en quelques secondes à peine, il effectua une magnifique pirouette en arrière, utilisant ses mains et la vitesse de sa galipette pour se remettre sur pied. Comme si de rien n'était, il se dirigea avec rapidité vers le réfrigérateur et l'ouvrit si fort qu'il faillit en arracher la porte.
… Force fut de constater qu'il n'y avait rien. Finn portait trop d'intérêt à la nourriture pour la cacher autre part que dans cet endroit frais. Ça, Nana l'avait rapidement compris. Alors, pourquoi ? Pourquoi ? Était-ce une blague ? En était-ce vraiment une ?
Il ne se trouvait pas idiot. Le ridicule ne l'avait jamais tué, et lui-même se plaisait souvent à jouer le pitre. Étonnamment calme, le chain se tourna de nouveau vers les deux gugusse et s'adressa à la plus jeune en l'indiquant de l'index. Après tout, c'était elle qui avait lancé le sujet. C'était à elle d'en subir les lourdes conséquences.

-Toi dont-je-connais-pas-le-nom, où est-ce que tu as vu le boudin ?

Après tout, elle avait bien parlé de « cacher ». Il n'était pas doué en chasse au trésor. Surtout pour le genre de trésor qu'était le boudin. Et puis, il avait perdu toute politesse. Il ne calculait plus le nombre de fois où Finn lui avait fait comprendre que c'était « mal » de pointer les gens du doigt. Mais il ne connaissait pas le nom de la jeune fille, alors quelque part, il fallait bien qu'il attire son attention. D'une façon ou d'une autre, Nana avait toujours préféré bouger plutôt que parler. Il suivait simplement la continuité de ses habitudes. Personne ne pouvait lui en vouloir. Et quand bien même ce fut le cas, il s'en fichait éperdument.
Quelques minutes s'écoulèrent, puis Nana réintégra sa chaise, après l'avoir relevé et s'être resservi du thé sans y ajouter divers ingrédients. La tension autour des trois individus se raffermit rapidement. C'était une sorte de gêne. De silence pesant. La demoiselle fut la première à brusquer ce moment, s'exprimant par de bien faibles mots.

– J’étais avec une connaissance qui… Une connaissance.

Il haussa un sourcil en reprenant sa position favorite. Cette phrase le confortait dans ce qu'il pensait. Quelque chose n'allait pas. Et même s'il ne voulait pas poser de mots dessus, il ne put s'empêcher d'y penser plus profondément. La phrase en elle-même n'était pas bénigne. Mal construite par sa terminaison, elle témoignait d'une nouvelle gêne. Elle voulait cacher un acte. Une pensée. Peut-être une parole. Naaru n'aimait pas se torturer l'esprit sur les sentiments des humains. Il voulait être comme eux, mais quelque part, ça l'effrayait. Il savait que certains pouvaient devenir fous à cause de ces sentiments. Qu'ils en arrivaient même à se suicider. Naaru trouvait ça idiot, en plus d'être inutile. Il ne voulait pas de ça. Mais pour les comprendre, il devait passer par ce qu'ils ressentaient. Son esprit refusa catégoriquement cette option, si bien qu'il s'érigea un barrage mental et se détacha de la discussion. Nana avait peur. Il n'affichait rien. Mais c'était justement cet air détaché, cette étrange impression qu'il ne pensait à rien qui prouvait qu'il ne pouvait pas supporter ça. Pour s'occuper, il observa les mouvements du contractant. Il inspira en le voyant s'approcher de la demoiselle pour lui passer les bras autour du cou. Il ne voulait pas savoir. Il ne voulait rien savoir. À voir ce tableau sous ses yeux, il se rendit compte qu'il était incapable de rassurer un humain. Il pouvait l'imiter. Mais il n'aurait jamais les mots pour. Il ignorait si dans sa vraie vie il avait été apte à le faire. Et paf, une nouvelle fois, le mur s'érigea sur ses souvenirs. Il réfléchissait trop.

- Tu n'as pas besoin de te justifier si tu ne veux pas en parler.

Si l'impression de faire tâche ne lui effleura même pas l'esprit, en revanche, il se sentit un peu à côté de la plaque. Il se plaisait bien plus à faire rire plutôt qu'à rassurer. Alors, il se tut en attrapant ses chevilles et détourna son regard vers ces derniers. Quelque part, il s'ennuyait. Peut-être que ce n'était pas qu'une impression. Son visage, toujours aussi neutre, se détachait de la situation, aussi loin qu'il le put. Lorsqu'enfin l'étreinte se termina, il releva le regard, tomba nez à nez sur celui de Finn. Il était vraiment juste en face. Et ne semblait pas vouloir se déplacer. Ça ne le gênait pas. Il implanta juste un peu plus son regard dans celui du plus jeune des garçons. Il sentait aussi que quelqu'un d'autre le fixait, lui. Et c'était la jeune fille. Gardant un mutisme sans faille, il but un peu de thé. Il était temps de savoir si oui ou non, la période « triste » était passée. Visiblement oui, si on croit les dernières paroles du contractant.

- Il s'appelle Naaru. Mais tu peux l'appeler Nana.
-Je refuse.

La réponse s'était faite directe. Prononcée du tac au tac, elle était sans appel. Il ne la connaissait pas, et seul Finette était autorisé à utiliser ce diminutif. Les yeux subitement clos, une attitude presque hautaine et les bras croisés, Nana montrait ses espérances avec force. Il était tout à fait hors de question que la nouvelle venue l'appelle ainsi. D'ailleurs, si un jour il l'avait su, il ne connaissait toujours pas son prénom. Alors, il posa son regard dans celui de la demoiselle et lui demanda :

-Et c'est quoi ton nom ?

Après tout, elle ne s'était pas présentée. Et Nana n'allait pas le deviner, à moins de l'affubler de noms plus ou moins recherchés.

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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   25th Novembre 2012, 07:32

La meilleure preuve d’amour, c’est la jalousie. La plus sûre façon de briser un couple, si on omet la trahison, c’est sans nul doute aussi la jalousie. Pourtant, quand on parle d’amour affectif, pour réellement prouver son amour à la personne qui à défaut de faire battre notre cœur l’aide à ne pas s’arrêter, c’est l’inquiétude. C’est bête de s’inquiéter, n’est-ce pas ? Après tout, se poser des questions n’aide en rien à se faire patienter – quoique d’une certaine façon, avec un petit coté masochiste, ça pourrait le faire – et d’ailleurs, ça n’apporte nullement les réponses convoitées. Parfois, la cause de cette inquiétude ne peut pas toujours être apportée par quelqu’un. Alors s’inquiéter n’en devient que plus inutile. Même si on réfléchit sérieusement au problème, quand on ne sait pas, on ne sait pas. Finn qui laissait clairement transparaitre son inquiétude dans son regard n’avait aucun autre moyen d’assouvir une curiosité relative à ladite inquiétude qu’en daignant attendre que Fuyu lui apporte ce qu’il voulait savoir. Mais non. Elle n’était pas prête à parler, pas prête à dire quoique ce soit. Ce qui ne faisait qu’accentuer un terrible sentiment de culpabilité de venir la ronger un peu plus, de consumer une innocence qu’elle devrait posséder. Innocence. Fuyu était-elle innocente ? Sûrement pas. Elle avait été dépouillée de ce droit, souillée par bien trop de personnes. Le trop de personne incluait la fameuse « connaissance ». Revenons-en à ce sentiment de culpabilité qui n’était malheureusement plus inconnu à la jeune Fuyu. Depuis qu’elle avait fait la connaissance de Finn, ça devint quasiment son quotidien. Elle ne se plaignait pas bine sûr, car cette relation ne lui apportait que du bien. Après, cette culpabilité, elle le voyait comme une preuve de la véracité des sentiments qu’elle portait au jeune brun. C’était la première fois qu’elle ressentait des sentiments si forts à vrai dire. À croire que même l’amour qu’elle porta un jour à un adolescent de son âge ne réussit pas à être aussi fort et profond que celui qu’elle portait aujourd’hui à Finn. Elle s’était déjà sentie coupable de lui avoir manqué de respect, tout comme elle s’était sentie coupable de l’avoir poussé à bout, d’avoir voulu l’embrasser, de l’avoir poussé à révéler un secret qui, peut-être, était trop lourd pour être dit. Elle était allée jusqu’à le menacer de disparaître de sa vie. Elle a joué de ses sentiments. Pourtant, elle savait que c’était mal. Alors toute cette culpabilité lui était devenue habituelle. Et aujourd’hui, c’était d’être trop lâche pour ouvrir la bouche dont elle s’en voulait. De voir cette inquiétude assombrir le regard de son Finn. Oui, son Finn. Quoiqu’il en soit, ce sentiment dévastateur avait un bon coté. Un très bon coté. Ça permettait à Fuyu de faire ressurgir son coté humain. De ressentir quelque chose. De se rattraper en faisant tout pour se faire pardonner. Dans ce cas, à trop voir le fond de la pensée de Finn, elle ne tardera sûrement pas à lui expliquer ce qui se passa. Elle-même ne savait pas trop comment elle allait s’y prendre, pourtant, il allait bien falloir qu’elle le fasse. Elle lui devait bien ça. Mais pour le moment, elle fuyait son regard. Elle fuyait aussi, par la même occasion, la vérité. Elle se contentait de regarder le deuxième présent dans l’appartement, lui faisant face. Elle s’en servait pour contourner la dure réalité qui allait bientôt l’obliger à parler, mais aussi pour s’enfoncer dans un regard qui laissait apparaître des nuances étranges et lui étant inconnues. Elle découvrait. Elle préférait de toute façon cela qu’à la déchéance de son armure de glace pouvant être causée par le simple regard que lui portait Finn. Elle se démenait pour ne pas tout de suite faiblir, pour ne pas tout de suite passer aux aveux. Pour éviter bien des choses. Pour éviter que ses traits ne se durcissent. Pour éviter que ses yeux ne laissent plus rien transparaître que du dégoût, de la peur et de la honte. Pour éviter, qui sait, de pleurer. Alors oui, pour le moment, autant continuer d’observer cet étrange et amusant inconnu. Si sa présence la gênait ? Pas le moins du monde. De toute façon, il était chez lui, alors elle n’allait pas lui demander de s’en aller. Comme si elle n’avait pas assez l’impression de s’être imposée comme ça. Et puis, c’était comme si elle le connaissait. Elle pourrait lui faire confiance sans même qu’il n’ait à lui offrir une quelconque preuve de son mérite. Peut-être qu’habituellement, il n’était pas comme ça. Peut-être qu’il était râleur et arrogant. Peut-être aussi qu’il était violent. Mais quelle importance ? Finn, en tant que membre de la famille déchue des Baskerville, devait aussi avoir son coté sombre. Et elle-même, en présence des deux bruns, n’était rie, d’autre que Fuyu. Pourtant, à l’extérieur, elle était bien vile. Bien en proie à la souillure tantôt de son âme, tantôt de son corps. Et c’était aussi par compréhension qu’elle refusait tout bonnement de juger les personnes sur des faits qu’elle ne pouvait qu’imaginer ; sur des hypothèses.
Et puis, en continuant ainsi de l’observer, elle finit par comprendre en quoi résidait la véritable et seule différence entre lui et Finn.

L’indifférence. Il ne semblait pas exprimer un quelconque sentiment. Comme si... Comme s’il n’était pas humain. Effectivement, Fuyu savait parfaitement que tout humain exprimait, à son insu le plus souvent, des sentiments. Se terrant dans leurs yeux, étirant leurs traits, hérissant les poils de leurs bras, peut-être. De diverses façons, certes, mais ils trouvaient toujours un moyen de se frayer un chemin pour être communiqués à l’autre. Comme si le subconscient de cette personne – quelle qu’elle soit – voulait et cherchait de l’aide. À tout prix. Cela prouvait simplement à quel point ils étaient faibles et lâches. Et cet inconnu ne semblait n’être ni faible ni lâche. C’était étrange et ça n’attira que trop l’attention de la demoiselle. Demoiselle qui n’avait nulle gêne à ainsi le fixer. Impolitesse ? Elle s’en fichait. Qui lui ferait la morale, de toute façon ? Peut-être Finn tiens. Après tout, c’était son grand-frère, il possédait bien ce droit. Mais elle avait l’impression qu’il ne le ferait pas. Pas aujourd’hui. Il savait qu’elle allait mal. Il savait aussi qu’il aurait beau lui répéter ce qu’il fallait faire, si elle n’en avait pas envie, elle n’y remédierait guère. Les diverses bonnes manières que son père ne réussit pas à lui inculquer ne feront sans doute jamais partie de sa personnalité. Enfin bref
Et puis, quand ce n’était pas l’indifférence, c’était de l’insouciance. Avec lui, ça irait presque de paire. Il ne tentait pas de comprendre ce qu’elle avait, ne cherchait même pas à faire la discussion avec elle. En fait, elle ne préférait pas ce comportement à celui de Finn, et le contraire n’était pas vrai non plus. Ils étaient, sur le point de la personnalité, assez différent. Enfin, du peu qu’elle savait sur le nouvel homme. Ce fut sûrement pour cela que le regard aux différentes couleurs et nuances de Fuyu ne cessaient de scruter ceux, étincelants et vertes, du brun. Il n’avait pas réagi lorsqu’elle l’embrassa sur la joue, et d’un coté, elle en fut soulagée. De toute façon, ce n’est pas comme ci elle en aurait eu quelque chose à faire s’il avait, d’une quelconque façon, exprimé une once de répulsion. Mais là encore, il ne témoignait que d’une indifférence monstre. Ce qui, l’espace de quelques instants, réussit à la captiver. Et ce, entièrement. Mais bien vite, ses pensées s’en allèrent divaguer sur d’autres mers.

L’expression qui dévasta le visage de Finn lorsqu’elle fit son allusion sur le boudin caché amusa au plus haut point la jeune fille qui retint un rire sarcastique. Et puis, une nouvelle fois, ses yeux allèrent se poser sur l’inconnu. Face à son attitude, elle écarquilla ses yeux, ne cachant nullement son étonnement. Une irritation déconcertante. Témoignait-il réellement de colère pour cela ? Faisait-il, comme y avait fait allusion Finn, une fixation sur cet aliment aussi étrange en apparence qu’en tout autre chose ? Sûrement, oui. Sans nul doute même. Elle se contenta de le regarder, silencieuse. Elle avait embrasé la mèche, restait plus qu’à attendre de voir le feu d’artifice. Si ça allait trop loin, elle se débrouillerait pour trouver de l’eau à jeter sur la nouvelle flammèche, mais pour le moment, rien de bien alarmant. Normalement. Finn répondit néanmoins. Pourtant, ça ne calma nullement son colocataire. Cette fois-ci, l’adolescente haussa les sourcils. Il la croyait elle plutôt que son ami ? Eh bien, c’est que cette histoire de boudin n’était vraiment pas à négliger. Une nouvelle fois, la jeune fille en vint à se demander si cet étrange personnage était humain. Ou si, je ne sais comment, il avait était déshumaniser. Un jour, elle posera la question à Finn. Un jour oui, parce que là, elle était occupée à contempler l’enchainement de réactions du brun dont elle ignorait le nom. Il s’aida de ses mains pour pousser sa chaise en arrière et, l’espace de quelques secondes, Fuyu perdit le fil, ne sachant plus réellement ce qui se passait sous ses yeux. La chaise bascula en arrière, mais le jeune homme réussit juste à temps à décroiser jambes – en même temps, s’il s’était assis comme Monsieur tout le monde le faisait, il n’en serait pas là – et réussit à se rattraper de justesse. Quoiqu’en fait, non, pas du tout. Il réussit plutôt à se ramasser avec le peu de grâce dont on peut user lorsqu’on tombe. Il resta un moment immobile, comme qui dirait sonné par les évènements. Fuyu n’affichait rien, pas même un sourire, pas même une quelconque attitude amusée. En revanche, la façon dont il se releva réussit à étonner la demoiselle, lui faisant esquisser un faible sourire. Une galipette en arrière et le voilà debout. Agile. C’était noté. Il se dirigea vers la cuisine et l’adolescente n’eut même pas besoin de porter son regard vers lui pour savoir qu’il venait d’ouvrir à la volée – et l’expression restait faible – la porte du réfrigérateur. Elle regardait sa tasse de thé, plongée dans ses réflexions. Lorsqu’elle l’entendit parler, elle haussa une seconde fois les sourcils, tournant sa tête vers lui. Il la pointait d’un doigt – accusateur ? – et lui demanda où est ce qu’elle avait vu le boudin. Elle ne répondit rien. Bien sûr, le fait qu’il ait rangé la politesse au placard ne la dérangea pas le moins du monde, car de toute façon, elle-même n’avait pas été très polie jusque là. Elle n’allait pas encore lui répondre. Elle allait le faire languir. Pas par caprice, seulement parce qu’une justification vis-à-vis de son aîné lui brûlait la langue.

Finn rapprocha sa chaise de la sienne et l’enlaça d’un bras, l’attirant vers lui. Elle en oubli presque la présence de l’autre homme. Presque seulement parce qu’elle se sentait encore mal à l’aise vis-à-vis de lui. En se justifiant comme elle l’avait fait, elle voulait surtout donner un fil conducteur à son grand-frère, de façon à ce qu’il en sache un minimum sur ce qu’il l’amenait ici. Un strict minimum, maintenant qu’elle y pensait bien. Mais peu importait, car il allait bien finir par connaître toute l’histoire et ce, d’une façon ou d’une autre. Lorsqu’il la relâcha, il n’éloigna pas sa chaise. Tout à l’heure, il lui avait signalé qu’elle pouvait être à son aise en la titillant avec son genou. Mais à défaut de le remercier silencieusement en usant de la même stratégie, elle glissa simplement sa main vers la cuisse de son grand-frère pour y fermer simplement le poing, esquissant un léger sourire. Il disait qu’elle n’avait pas besoin de se justifier, mais l’inquiétude assombrissait toujours autant son regard. Ce qui, en somme, ne faisait que faire culpabiliser un peu plus la demoiselle. Et donc, verbalement, il lui disait de ne pas se justifier, mais si elle s’en tenait à ses faits et gestes, à ses expressions et à ses ressentis, tout lui sommait de lui expliquer. D’un coup. En un bloc. Ne pas tourner autour du pot. C’est tout.
Mais non. Ça n’allait vraiment pas être possible. Elle allait le faire, mais à son rythme à elle, tentant d’ici là à ignorer du mieux qu’elle le pourrait l’urgence qui embrasait le regard de son aîné.

Et puis, au bout de quelques instants, il lui présenta l’inconnu. Naaru. Avec deux a, semblerait-il. Ou Nana. Tiens, c’était amusant ça. Elle afficha un sourire amusé, mais dirigé vers Finn. Non, elle n’allait pas l’appeler en usant de ce surnom affectif. Elle sentait qu’elle n’en avait pas le droit. Et le refus ferme et rapide de ce même Naaru lui confirma ce ressenti ; elle n’avait tout simplement pas le droit de se montrer si familière avec lui alors qu’elle ne le connaissait pas.

Elle poussa un soupire où se mêlaient lassitude et malice, se releva lentement et se dirigea vers ce Naaru. Elle se pencha vers lui et positionna son visage près de son oreille. Non, dans ce geste, il n’y avait nulle affection particulière. Elle ne voulait simplement pas que Finn l’entende. Bien qu’au fond, de ça aussi, elle s’en fichait. Simple mise en scène, en somme.

– La dernière fois que je suis venue, tu n’étais pas là et j’avais moi-même ramené du boudin avec moi.

Et la voici redressée, de nouveau assise sur sa chaise, l’air de rien. Mensonges. Pourtant, sa voix avait été plus qu’assurée. S’il y avait au moins une chose qu’elle savait faire sans flancher, c’était bien mentir. Enfin, pas mentir, seulement cacher une partie de la vérité. Ce n’était pas la même chose. Du moins, d’après elle. Nulle importance. Dans sa phrase se trouvaient plusieurs incohérences, mais c’était totalement voulu. La dernière fois, ça remontait à quand ? Peut-être que depuis, Finn avait jeté ce fichu aliment. Et puis, le fait d’avoir dit qu’elle en avait ramené avec elle était déjà assez... Peu crédible, en fait. Elle s’en fichait. Elle voulait répondre – bien qu’en retard – sans pour autant énerver de nouveau le jeune Naaru ou paraître trop insolente. Après tout, elle ne le connaissait toujours pas.
Et puis, dans un nouveau soupire, cette fois-ci purement et simplement de lassitude – parce qu’elle n’avait que trop l’habitude de répéter ce qu’elle allait dire –, elle répondit à sa question qui, avant d’être prononcée verbalement, était demeurée silencieuse. Sans retenir un petit commentaire. Un tout petit. Tout innocent.

– Naaru, pas Nana, je retiens. Moi, c’est Fuyu.

Après quoi, elle se tourna vers Finn. Elle était bien loin de se douter des tourments de Naaru, car après tout, il semblait réellement détaché de la conversation des deux autres. Peut-être que c’était justement à ce détail qu’aurait dû se rattacher Fuyu. Peut-être qu’elle aurait dû comprendre qu’elle ferait mieux de se taire pour ne pas le plonger dans des réflexions dont elle ne se doutait même pas. Pourtant, son silence entraînerait aussi une inquiétude décuplée de la part de son premier hôte. Choisir ? Elle ne voyait pas cela comme étant un choix, en fait. Effectivement, au risque de me répéter, Fuyu ne savait pas ce qui se tramait dans l’esprit du brun non Baskerville, alors ce qui aurait dû être un choix fut simplement une initiative. Il fallait qu’elle parle, ni plus ni moins. Pour dire quoi, ça, elle l’ignorait pour l’isntant. Finalement, après avoir fait défiler son index sur la mâchoire de Finn, elle détourna le regard vers le mur derrière lui pour pouvoir s’exprimer. Comme si ça la gênait. Alors que non, car le regard était toujours omniprésent, pesant sur elle.

– Je pensais que désormais, je serai plus forte, mais... Il m’a chaleureusement fait comprendre que j’avais eu tort.

En avait-elle trop dit ? Trop peu ? Elle n’en savait rien. Pourtant, il y avait quelques informations à ne pas négliger. Premièrement, le désormais voulait dire qu’elle avait déjà connu cette personne. Mais cela, Finn avait dû le comprendre, car elle qualifia cette même personne comme était une connaissance. Ensuite, elle dit qu’elle pensait être plus forte. Oui mais en quoi ? C’était sûrement le plus important, mais elle n’en dit pourtant pas d’avantage. Est-ce que ça suffirait ? Ça devrait. Du moins, pour le moment. Il. Un homme. Un garçon, peut-être. Mais s’il était plus fort, c’est que ça devait être un homme. Finn le comprendrait sûrement, surtout qu’il savait que Fuyu n’était pas assez sage pour n’avoir que des adolescents de son âge dans son répertoire de « connaissances ». Et puis, la partie la plus riche selon la jeune fille : chaleureusement. Chaleureusement n’avait ici strictement rien de bienveillant. D’un coté, elle s’en voulu d’avoir dit cela et elle priait d’ailleurs pour que le jeune brun ne percute pas et qu’il ne comprenne pas que chaleureusement était intimement lié avec le physique dans ce contexte. Elle en serait bien plus que gênée pour le coup. Néanmoins, il n’était pas à exclure que le brun comprenne. En fait, elle n’était vraiment pas sûre de l’incapacité à Finn de comprendre, surtout quand ça la concernait. Sauf si, inconsciemment, il ne voulait pas comprendre. Là, ce serait une toute autre histoire. Néanmoins, le seul moyen dont il disposait pour en savoir plus serait qu’il daigne lui poser les questions adéquates, car sans, elle n’irait pas plus loin dans ses explications.

Elle osa de nouveau croiser son regard, sans pour autant s’y attarder. Pas du tout. Elle avait bien trop peur d’y lire... D’y lire quoi, en fait ? Elle l’ignorait. Et de toute façon, elle ne voulait pas savoir. Parce que le seul moyen de le savoir, ce serait de le voir, ce sentiment qu’elle appréhendait. De l’entrevoir. Et ça, elle était bien trop loin de le vouloir.
Son regard porté cette fois-ci vers le dénommé Naaru, elle laissa ses doigts danser sur la peau de Finn. Sans pour autant le regarder. Elle en était toujours si incapable. Ce geste, ces caresses dont elle le gratifiait, c’était bien plus pour elle que pour lui. Pour sentir qu’elle n’avait pas été idiote. Bien qu’au fond, elle en était persuadée ; elle avait fait preuve d’une bêtise sans égale à ne pas réussir à supprimer définitivement l’inquiétude du regard de son aîné. Elle cessa en laissant sa main retomber sur sa propre cuisse, montant un pied sur la chaise, entourant la jambe d’un bras et appuyant son menton sur le genou.
Naaru. Elle sentait qu’elle avait fait quelque chose de mal vis-à-vis de lui. Quoi ? Elle serait parfaitement incapable de le dire. Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir l’impression d’avoir fait quelque chose de mal. Elle murmura un « pardon » en fermant les yeux, n’étant même pas sûre du fait que l’un des hommes l’ait entendu.
La confiance, apparemment et d’après je ne sais qui, se récolte par gouttes et se perd par litres. Finn avait récolté l’ultime confiance de Fuyu et ce, rapidement. Jusque là, il n’en avait pas encore perdu une goutte. Naaru, pour le moment, la récoltait par gouttes. Doucement. Progressivement. Mais chaque goutte semblait être totalement et réellement acquise. Chaque goutte était tout bonnement incapable de se perdre. Qui sait, peut-être qu’un jour, elle aura aussi entièrement confiance en lui. En Nana.
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   27th Novembre 2012, 11:36

A la menace de Naaru sur le fait qu'il puisse se mettre à cuisiner à nouveau, le contractant ne peut que répondre par un regard absolument pas effrayé pour un sous devant cet ultimatum... Qui serait grotesque pour n'importe qui d'autre. En réalité, il sait très bien que l'autre mettra sa "menace" à exécution, et que ce jour-là il va s'énerver, et qu'ils vont encore se jeter à la gorge de l'autre pour des broutilles avant de finir par se calmer pour une raison x ou y et tout oublier en dix minutes. Les disputes sont magiques entre ces deux-là, ils oublient tout. Bref, tout ça pour dire que même si Finn lui montre clairement qu'il n'est pas impressionné, il y a de forte chances que des courgettes atterrissent sur cette table un des trois prochains soirs. D'une ça lui évitera de chercher quoi faire, de deux pour une fois Naaru sera bien obligé de manger quelque chose sans y ajouter ceci ou cela et puis trois, raison majeure : il aura la paix. Pas de guerre dans sa cuisine, parce qu'après c'est lui qui nettoie. Ou Banana, mais il faut jouer le tyran pour qu'il s'y soumette. Un vrai gosse indiscipliné. Il a vu des Chains plus obéissants.
Certes les Chains en question passent le plus clair de leur temps dans l'Abysse et n'ont donc pas à faire la vaisselle, ni à vivre dans le même lieu que leur contractant. En même temps certains ont une apparence qu'il serait délicat de faire passer pour normale. D'autres ne doivent même pas pouvoir passer une porte, alors bon. Ok, la comparaison serait finalement hors de propos. Mais quand même. Enfin, passons sur leur application douteuse du lien Chain/maître.

Ah. Le Nana n'a pas compris la blague de l'adolescente. Le Nana l'a prise au mot. Le Nana n'a pas l'air content du tout. Le Nana a un geste brusque et irréfléchi et son contractant soupire lourdement tandis que l'autre se casse lentement la figure en arrière. Bien fait. Il n'a probablement rien senti du tout, mais bien fait. Finn est tellement las des âneries de l'autre sur le boudin qu'il ne se sent même pas de se moquer de lui, en vengeance pour le matin même. Et puis de toute façon, une petite chute comme celle-là ne vaut pas la gamelle qu'il s'est payé dans les escaliers tantôt et dont il a encore la trace sur la joue, alors il ferait mieux de ne pas trop la ramener.
Et voilà. Le Nana aura eu l'air approximativement normal pendant trois minutes et trente-six secondes. Alors pendant qu'il fait sa galipette arrière pour se relever - frimeur, il n'est pas le seul à en être capable, d'abord -, le contractant se penche un peu vers sa jeune camarade :

- Tu te rappelles l'autre soir, quand je te disais qu'il était bizarre...

Et qu'accessoirement elle avait pleine autorisation de le frapper si elle en ressentait le besoin. Eh bien voilà. Et puis il se redresse et dévie son attention du spectacle sur pattes qu'est le Chain pour la reporter sur sa propre tasse de thé qu'il attrape.
Nana. Quelle mouche l'a encore piqué. Dire que Finn pensait - naïvement - que sa dernière lubie lui était passée. Que le Chain avait quand même finit par le croire et qu'il n'y avait plus qu'à guetter la prochaine vague de folie qui ne manquerait pas de venir frapper son cerveau dérangé. Mais non, que dalle. Il avait fait semblant de le croire et c'en serait presque vexant si le ridicule du sujet n'était pas aussi fort. Alors à la place de s'énerver - ce qui serait dommage alors qu'il a été bien sage toute la journée -, le plus jeune des deux bruns se contente de porter sa tasse de thé à ses lèvres. Thé tiède, presque froid. Pas grave, c'est bon aussi. Et pendant ce temps il peut ignorer le cri de désespoir poussé par la porte qui vient d'être méchamment ouverte par l'animal furieux dans la cuisine. C'est qu'il va finir par lui coûter cher celui-là. Un seul salaire pour deux. Bon, ce n'est pas tout à fait vrai, après tout Nana prend part à la plupart des missions qui tombent sur le museau du contractant et puisqu'il y participe, quelque part les recettes qui en découlent sont aussi un peu les siennes. Mais n'empêche que. Finny ayant tendance à faire moins de missions ou des missions moins longues que les Baskerville qui se consacrent plus pleinement à leur cause - et ça, c'est encore une fois dû à l'éducation qu'il a reçue -, cela ne suffirait pas. Même si bien évidemment il accepte toutes celles qu'on lui donne à faire. Maître Glen passe avant tout le reste.
Enfin, c'est de sa faute quand même. Ils ont un repère à Sablier où loger ne lui coûterait rien, mais il a voulu en partir malgré tout. Qu'il assume donc. Bref. Tout cela ne règle pas le cas Nana. Et son problème avec un certain nombre d'aliments. Enfin, ce problème-là attendra, parce qu'il faut bien s'y résoudre : il y a peu de chances de réussir à le guérir un jour. Tant pis. Surtout que le voilà qui revient - parfaitement bredouille, évidemment - de son excursion dans la cuisine. Est-ce qu'il a pensé à fermer la porte du réfrigérateur ?

- Toi dont-je-connais-pas-le-nom, où est-ce que tu as vu le boudin ?

Tic nerveux.

- On ne pointe pas les gens du doigt.

C'est sorti avant même qu'il y pense, l'habitude. Malpoli. Ce n'est pas qu'il est à cheval sur la politesse - ce serait fortement déplacé de sa part, il est loin d'être le parfait modèle des bonnes manières -, c'est juste que corriger Nana est presque devenu un réflexe. Et s'il avait été de mauvaise humeur, il lui aurait même lancé un truc dessus pour faire bonne mesure. Juste pour le plaisir, que l'autre réussisse à l'esquiver, ou non. Mais pour le moment, il est encore trop calme. Plus ou moins. Si l'animal continue sur cette voie, cela ne durera pas, évidemment. Chassez le naturel, il revient au grand galop. Et puis, au fond, se bagarrer avec Nana, ça défoule pas mal. Même pas peur de cogner fort sur le Chain, il guérit en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Le revers de la médaille étant qu'on ne puisse pas en dire autant de son contractant. Même s'il guérit plus vite que les autres humains, il reste plus lent que le Chain. Mais tant pis. Comme il dit après : ça valait totalement le coup. Enfin, pour l'instant, il y a plus urgent que ce genre de choses.

Fuyu sourit en réponse à son étreinte. Elle a compris le message, même si cela ne suffira pas. De toute façon, il a bien conscience que tout ce qu'il ressent vis à vis d'elle et de la situation se voit. Il ne cherche absolument pas à le cacher alors qu'au fond, il devrait peut-être. En même temps ce dernier point est un peu une impasse. Certes il pourrait - devrait peut-être - cacher son inquiétude pour qu'elle se sente moins coupable. Mais alors, elle risquerait d'en penser qu'il s'en fiche.
Ce qui est loin d'être le cas, elle compte pour lui et le meilleur moyen qu'elle le sache est de le lui prouver. Il n'y a pas trente-six mille méthodes pour y parvenir. Alors voilà, il ne cherchera pas à contenir quoi que ce soit et continuera à la rassurer jusqu'à ce que cela marche. Au moins un peu. Patience, il y arrivera. Rome ne s'est pas construite en un jour. D'autant plus qu'au fond, se sentir coupable de l'inquiéter revient un petit peu, par extension, à se sentir coupable de compter pour lui. Et ça, c'est sacrément indépendant de sa volonté. Elle n'est pas arrivée avec un couteau un jour en le menaçant pour qu'il se mette à l'apprécier. De toute façon en plus, elle aurait perdu puisqu'il est plus fort. Non, il a choisi tout seul comme le grand qu'il est du haut de ses - cent - vingt ans, avec son - encore maigre - expérience de la vie qui lui sifflait très clairement à l'oreille qu'attachement égal vulnérabilité, point faible aussi bien que fort et exposition. Forcément, on ne lui susurrait pas les points positifs pour l'attirer, son instinct est encore pas trop mal foutu. Il s'est quand même jeté tête la première là-dedans, sans savoir où il allait, et sans jamais chercher à remonter la pente. Est-ce qu'il le regrette ? Absolument pas. Pensez bien. Ça a probablement déjà été dit ailleurs, mais Finn Baskerville ne regrette jamais rien. Ou si peu. Et il est bien entendu question ici de décisions importantes.
Tout ça pour dire qu'il ne lâchera pas l'affaire. Et il lui dépose un baiser sur la joue pour répondre à son sourire.
Bien, maintenant il va falloir trouver des questions, et surtout les bonnes questions. Pas trop pointues, pas trop vagues, cadrées sans trop l'être. Par exemple, même s'il brûle de connaître l'identité exact du ou de la fautif(ve), il ne la demandera pas. Parce que ça, c'est une information qu'elle devra lui livrer d'elle-même si jamais elle juge avoir besoin d'aide. Non, ceci ne sous-entend pas forcément une aide violente. Il ne peut pas non plus faire trop d'estimations au risque de mettre les pieds totalement à côté ou au contraire trop dans le plat. Encore une fois parce qu'il ne sait rien, ce dernier point revient un peu à la chance. Soit il se focalise sur ce qu'il faut, soit pas. Et dans le deuxième cas, il sera vite remis à sa place. Quoi qu'il en soit, pas de précipitation. Tout en réfléchissant, il y a par exemple moyen d'embêter le Chain qui s'est enfin assis de nouveau.

- Je refuse.

La réaction de Naaru amuse grandement Finny. Comme c'est mignon, ce surnom est à usage exclusif juste pour lui ? Il lui pardonnerait presque sa fixation sur le boudin tiens. Presque. Parce que Banana aussi l'affuble de surnoms douteux. Bien que le cas du "Nana" soit assez particulier puisqu'il remonte à leur première rencontre.
Quand Finn avait joyeusement écorché le nom du Chain qu'il rencontrait alors pour la première fois, sans le vouloir. Lui l'avait mal pris, et du coup celui qui allait devenir son contractant lui avait sorti ce surnom qui est resté depuis. Comme quoi, il aurait dû pardonner l'oubli d'un "a". Maintenant il en a bien deux, mais pas aux bons endroits. Enfin, il le vit bien, et "Nana", c'est quand même plus simple à dire que Naaru. Comprenez que faire deux "a" à la suite, ce n'est pas tout à fait naturel. Des fois il l'appelle "Na'" tout simplement. Cela marche aussi, le Chain en a pris l'habitude.
Est-ce qu'il est inquiétant que Naaru paraisse trop étrange aux yeux de Fuyu ? Du tout. Elle pourrait même apprendre qu'il est en réalité un Chain, cela ne dérangerait pas son contractant outre mesure. Juste parce que de toute façon, elle sait déjà que le plus jeune des deux colocataires est un Baskerville. Et, franchement, colocataire d'un Baskerville ? Louche. Naaru aurait été une personne lambda - Chain ou non là n'est pas le but - non impliqué dans ce que fait son colocataire, il aurait été amené à se poser des questions à un moment ou à un autre. Et de grosses questions, qui finiraient par amener certaines vérités à éclater.
Non, il n'est pas vraiment possible pour un Baskerville qui fait un minimum de missions pour son clan d'avoir un colocataire aléatoire. Et ça, il n'y a pas besoin d'en savoir long sur les Baskerville ou de réfléchir bien longtemps pour mettre le doigt dessus. Enfin, à condition bien sûr d'avoir conscience de ce dans quoi baigne le clan en question. Evidemment. Mais, juste en repensant à la Tragédie... Bref. Si Finny avait été obligé de vivre avec une autre personne qui ne soit pas son Chain, il aurait choisi soigneusement. Et, de préférence, il se serait tout bonnement installé tout seul. Bien qu'au fond il soit bien content d'avoir Nana, être seul n'est pas tellement son truc. Un peu ça va, tout le temps ça va moins. Chacun sa tolérance à la chose.
Dans tous les cas, que l'adolescente trouve le plus âgé du trio - si seulement elle connaissait son âge réel, pauvre enfant entourée de deux centaires dont un multi-récidiviste - particulièrement singulier ou non, cela n'a pas l'air de la déranger. Nana est gentil, au fond. Tant qu'il reste loin de ses armes - si Finn ne maniait pas plus ou moins exactement les mêmes, il les qualifierait de "jouets pointus" vu ce que peut en faire le Chain - et de ses ennemis. Et peut-être aussi de toute source de métal de manière plus générale. Il a tué une mouche avec une fourchette alors qu'il faisait la vaisselle, une fois. Traumatisant. S'ils s'entendaient bien en plus de cela, Finn serait très content.

– La dernière fois que je suis venue, tu n’étais pas là et j’avais moi-même ramené du boudin avec moi.

Evidemment il entend tout, comme ils sont à genre... Soixante-dix centimètres de lui dans une pièce silencieuse ? Mais soit, il est aussi curieux qu'il redoute de voir la réaction du Chain. Il ne va pas entrer dans une de ces colères dont il a le secret pour ça, hein ? Il va enfin percuter que tout cela n'est qu'une blague, n'est-ce pas ? Pas sûr. Nana est un grand ami du premier degré. C'est comme cette histoire de concombre dans l'Abysse... Non mais quelle idée.

– Naaru, pas Nana, je retiens. Moi, c’est Fuyu.

Pas drôle. Il faudra trouver une autre façon de procéder pour la vengeance du Finette. Qu'importe, plus tard, la récréation est terminée. Et ça, il le voit au regard de Fuyu qui part se promener vers le mur alors que ses doigts jouent sur la mâchoire du contractant. Chose qu'il l'a déjà vu faire, juste avant de s'exprimer sur un sujet où, à défaut d'hésiter, elle pèse néanmoins chacun de ses mots. C'est drôle, il commence à lui repérer certaines habitudes. Lui ne détache pas son regard de son visage, dans l'espoir d'y saisir quelque informations. C'est un peu moche comme technique ici, alors qu'elle évite de le regarder, mais si ça pouvait ensuite lui éviter de commettre une erreur, il prend. Elle était parfaitement libre de cacher son visage comme elle déjà pu le faire contre son épaule par exemple. Enfin, détail, détail.

– Je pensais que désormais, je serai plus forte, mais... Il m’a chaleureusement fait comprendre que j’avais eu tort.

Désormais ? Ce que le contractant comprend-là, peut-être à tord d'ailleurs, c'est que cette connaissance, ce "il", Fuyu le connait depuis un moment. Que le "désormais" fait référence à un temps passé qu'elle supposait révolu et où se trouvait déjà cet homme - ou ce garçon ? Etrange manière de parler d'un adolescent, mais à 15 ans certains sont déjà presque des hommes, alors pourquoi pas -, qui finalement a démontré que ce n'était pas si révolu que cela. Le "chaleureusement" placé là l'air de rien ne fait que renseigner sur la méthode. Et si l'on pourrait tout simplement penser que la jeune fille est ici sarcastique et que la méthode était tout sauf chaleureuse, il y a aussi une autre option. Option qui ferait grincer des dents le Baskerville s'il était tout seul. Rien à faire, ce genre de terrain, quand il est relatif à Fuyu, continue à le faire tiquer. En même temps, qui ne serait pas dans le même état vis à vis de sa petite soeur ? Voilà, grand-frère surprotecteur en action pour la seconde fois en une dizaine de minute. Si jamais cette option était toutefois passée en veille depuis l'entrée de l'adolescente dans l'appartement. Ce dont, très honnêtement, il serait judicieux de douter.
S'il devait s'en tenir strictement aux mots de Fuyu, alors il serait bien enclin à penser qu'on l'a forcée, de quelque manière que ce soit, qu'elle a été contrainte, peu importe ce qui a pu arriver - non, il refuse de commencer à émettre des hypothèses. Seulement encore une fois il manque beaucoup trop de pièces au puzzle pour pouvoir tenter de deviner l'image qu'il va reconstruire. Pas tout de suite, pas avec deux informations. La précipitation n'amène jamais rien de bon. Il va falloir creuser un peu plus, et surtout creuser jusqu'à tomber sur ce qui rend la jeune fille si rétiencente à parler. Même si une partie de la raison se cache probablement derrière le "chaleureusement". Quoi que cela puisse être, ce n'est pas le contractant qui pourra se permettre de juger. Il pourra tout à fait désapprouver, mais ce qu'il désapprouve au fond, c'est qu'on touche à Fuyu. Pas ce qu'elle peut bien faire elle. Même si... Bon un peu. Mais ça, il n'a absolument pas le droit de juger alors il le gardera pour lui. La majeure partie de ses protestations restent dirigées à l'encontre des autres. Malheureusement, il a fort peu d'emprise sur la situation, et il faudra bien l'accepter. Actuellement par exemple, tout ce qu'il peut faire est offrir une écoute et une présence à la plus jeune. C'est le minimum, et s'il se trouve qu'il peut faire plus par la suite, alors il le fera. Sans hésitation.
La taille de ce paragraphe n'est absolument pas proportionnelle au temps que passe Finn à réfléchir. En réalité, il sort de ses analyses dès que les yeux de Fuyu croisent brièvement son regard :

- Tu sais, le fait qu'il soit plus fort que toi ne prouve pas que tu ne l'es pas pour autant.

L'on penserait immédiatement à la force physique, certes, mais ce ne serait pas tout à fait suffisant. Parce que oui, un homme adulte - ou un adolescent de quinze ans aussi - a plus de force que la jeune fille. C'est presque indéniable, c'est moche et c'est comme ça. Il y a toujours moyen de composer avec bien sûr, et l'écart tend à se refermer comme il faut si on se met à comparer deux personnes entraînées. Mais dans les faits, sur des gens tout à fait normaux, il faut le reconnaître. Bien. Mais Fuyu ne parlait pas que de physique, elle parlait aussi de mental. Et c'est surtout à cela que fait référence le Baskerville. Parce que oui, il pense réellement qu'elle est plus forte que ce qu'elle a bien l'air de penser actuellement. Même s'il n'est pas au courant de tout, qu'il est au courant en réalité de peu, très peu. En fait il n'a carrément que les faits les plus objectifs possibles ou presque. Parce qu'un observateur extérieur aurait dit plus ou moins la même chose, l'avis sur la faiblesse et l'ironie du "chaleureusement" en moins. Du moins, encore une fois, sur ce que sait et seulement ce que sait le plus jeune brun.
Bien, ceci étant dit, il n'est pas en train d'essayer de la réconforter avec des tentatives un peu floues, mais de balancer pleinement ce qu'il pense. Après, il se prendra peut-être une grande claque dans la figure de la part de Fuyu quand tout lui sera révélé. Qui sait, quand on se pense faible, on n'a pas forcément envie d'entendre les autres, les gens extérieurs au problème et qui n'ont justement pas à faire face à la situation, que l'on va s'en sortir. Parce qu'eux, s'ils étaient dans la même situation, est-ce qu'ils en penseraient autant d'eux-mêmes ? Là est le problème. Enfin, ce cas s'applique tout de même plus aux personnes qui ne nous sont pas si proches que cela. Les proches, on aura tendance à mieux accepter. Surtout si derrière, ils soutiennent réellement. Le même commentaire prononcé par deux bouches différentes dans un contexte identique peut tirer deux réactions radicalement opposées à la même personne. Et il n'est pas question ici d'hypocrisie. Passons, la réaction de l'adolescente ne peut pas être prévue de toute manière. Voilà bien un des points communs qu'elle partage avec Naaru : l'imprévisibilité. L'un, comme l'autre. Sauf que bien évidemment, l'un est bien plus excentrique que l'autre. Et encore, il a une excuse, au fond, cet excentrique.
Coucou Nana, c'est de toi que ça cause.

A côté de lui, Fuyu semble se recroqueviller un peu sur elle-même. Dans une autre position, il l'aurait prise dans ses bras. Ici, la manoeuvre étant un peu périlleuse, le contractant se contente de passer gentiment une main dans la chevelure argentée encore humide. Et puis, il risque un :

- Le fond du problème est ailleurs, non ?

Loin de lui l'idée de la presser ou de témoigner d'une quelconque impatience qu'il ne ressent pas. C'est juste une interrogation, savoir s'il fait fausse route ou non. Une question à laquelle elle pourrait très bien ne pas répondre. Comme toutes les autres d'ailleurs.

Tiens, la tasse de thé est vide. La vilaine. Et s'il se relève, il y a fort à parier que la théière sera vide. Comme par hasard. M'enfin, pour cette fois l'appel de la tasse de thé remplie est plus fort que la flemme, alors il se lève, non sans embrasser le haut de la tête de l'adolescente avant de se diriger vers la cuisine en marmonnant qu'il va refaire du thé.
Du moins, mettre à chauffer de l'eau dans une casserole d'abord. Parce qu'en effet, le niveau restant est plutôt critique. Et puis, comme l'appartement n'est pas immense, il reste pas bien loin de ses deux camarades. Trio assez atypique. Et pourtant, et pourtant... Ça a l'air de plutôt bien marcher.


[Hrp: Pardon de la taille et des paragraphes moyennement compréhensibles. J'autorise à ce qu'on déplace Finn pour le ramener dans le salon se rassoir sur sa chaise si quelqu'un en a besoin. =)]
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   8th Décembre 2012, 12:13

Ce n'était pas comme s'il était un chain. Ce n'était pas comme si ce dernier prenait tout au sens propre. Non, Nana était un être posé, un être parmi tant d'autres qui savait où s'arrêtait la blague. FAUX. Naaru n'était rien d'autre qu'un semblant d'homme -ce n'en était même pas un- qui prenait tout ce qu'on lui disait au premier degré. Toujours au premier degré. Parfois, ça pouvait s'avérer fort utile. Ça lui donnait un air plus sérieux. Souvent, ça provoquait quelque chose d'encore pire. Comme cette histoire de boudin. Sérieusement, il fallait que cette phobie du boudin tombe sur lui. Il fallait que cette saucisse de sang lui monte à la tête, alors même qu'il n'y pensait pas. Cette demoiselle qui, pourtant, au premier abord s'était trouvée fort sympathique, avait prononcé le mot interdit. Boudin. Boudin. Qu'il soit noir ou blanc, piquant ou tout simplement... boudin, la forme restait la même. Enveloppée dans du boyau d'animal. Ça avait de quoi dégoûter. Nana s'était renseigné sur la structure anatomique de cet aliment étrange. Il l'était. Du boyau... pourquoi les humains en étaient-ils réduits à manger du boyau ? Et du sang séché à l'intérieur ? Certes, il n'avait pas vraiment des goûts très gastronomiques, pour la simple et bonne raison qu'elle se répercutait dans ce qu'il tentait de cuisiner. Non, il avait même le plus souvent des mauvais goûts. Comme par exemple rajouter de multiples choses dans son thé au lieu de le laisser tranquillement à l'état de thé dans une tasse sur une table. Après tout, sans doute voulait-il changer. Changer la façon de voir. Que le thé dans la tasse sur une table devienne le thé-qui-n'en-est-plus dans la tasse sur une table. Peut-être. Ou peut-être pas. Bref, les pensées du jeune chain étaient parties bien trop loin.

Reposons donc la situation. Monsieur était tombé sur le sol. S'était littéralement écrasé sur le sol, la chaise fournissant un magnifique bruit dissonant. Pourtant, sans rien dire il s'était relevé sans mal, après une belle galipette arrière, et avait foncé jusqu'au réfrigérateur, histoire de vérifier les dires de la demoiselle. Dans sons dos, il entendit sans problème les paroles de son contractant.

- Tu te rappelles l'autre soir, quand je te disais qu'il était bizarre...

Il ignorait s'il était censé l'avoir entendu, en tout cas, tout ceci était parvenu jusqu'à ses oreilles en un rien de temps. Et le Nana avait de la fumée qui sortait des oreilles. Probablement énervé par un certain boudin imaginaire qui ne se trouvait pas à sa place, il pointa son index droit sur celui de l'intrus. Oh, il ne lui ferait rien de mal. Parce qu'elle était à la source des renseignements. Finn n'était désormais plus digne de confiance. Pour un simple boudin, tout à fait. Le chain l'oublierai bien vite, car au fond de lui, il avait un certain respect pour son contractant. Et la confiance était une chose primordiale du respect que l'on a pour autrui. Bref. Quoiqu'il en soit, avant de prononcer les quelques paroles qui fusèrent de sa bouche, le chain posa son regard furibond sur Finette. Il n'était pas bizarre. Il voyait les choses autrement. Il était dans son monde, un peu reclus certes, mais il était tout à fait capable de réfléchir comme un chain. Il ne fallait pas lui demander de réfléchir comme un humain. Il en était incapable. À moins que bien sur quelqu'un ne souhaite lui faire tout de suite la leçon d'un esprit humain. Et encore...

- On ne pointe pas les gens du doigt.

Au Naaru de faire une mine frustrée. Il en était sûr. Au fond, il l'attendait. Cette petite remarque qui était devenu un tic. Il était un gosse à qui il fallait apprendre les bonnes manières. Un gosse des rues qui n'en avait strictement rien à faire des mondanités des haut bourgeois. Voilà. Autant dire que l'information passait dans une oreille... pour ressortir l'instant d'après dans l'autre. Parfois même, l'ordre ne l'effleurait même pas, coupé par un mur imaginaire. Et curieusement, c'était le cas aujourd'hui. Il ne prit la peine de baisser le bras uniquement lorsqu'il était persuadé d'avoir attiré l'attention de la plus jeune. Cependant, il n'eut aucune réponse. Et l'animal, quand ce genre de chose arrive, il se calme. Enfin, ça c'est dans le cas d'une personne bêta. Avec Finn, il changeait ses plans et l'agressait jusqu'à ce qu'il ait une réponse. Pour le coup, c'était à la jeune dame qu'il avait demandé une réponse. Elle ne lui en avait pas fourni. Bien. Naaru retourna à sa chaise. Observer avec une certaine once de curiosité le pourquoi de cette chaise au sol. S'il se souvenait vaguement être tombé au sol, en revanche, il ne comprenait pas pourquoi la chaise l'avait suivi. À cette époque, on n'avait pas encore découvert les lois de la gravité. Dommage pour toi Nana. Il y a des choses qui ne pouvaient -pas encore- s'expliquer.

Au final, il attrapa sa chaise et s'assit de nouveau dessus, ramenant ses pieds vers son torse, posant son menton sur ses genoux, entourant ses jambes de ses bras. Il fixa un instant la tasse de thé devant lui. Elle était vide. Et la théière au fond aussi, très certainement. Pendant qu'il jouait, Finn avait enchaîné les verres, à tel point que le chain lui-même s'étonnait que les toilettes ne l'aient pas encore appelé. Les humains étaient décidément doués. Qu'importe. La suite des événements fut tout autre. En effet, Finn et la-jeune-fille-dont-Naaru-ne-connaissait-toujours-pas-le-nom était plongés dans une étreinte qui rappela un instant au chain de bons souvenirs. Il n'en avait même pas parlé à Finn. Il gardait un peu ça pour lui. Michiyo. Nana aimait beaucoup cette personne. Il aimait la sentir dans ses bras. Et puis c'était tout. Ah, l'embrasser aussi. Mais rien de plus. Ça l'étonnait de penser à elle alors qu'ils étaient en train de parler de choses graves. Mais leur étreinte avait vaguement rappelé à Nana quelques méandres de bons moments.

Pourtant, un peu plus tard, le sourire non visible du chain s'effaça peu à peu. Parler du passé des gens. Ah, c'était vraiment la dernière personne à qui on pouvait demander ce que le passé rappelait. Il pouvait entrer dans une colère noire, et cette dernière n'aurait en aucun cas à voir avec la petite dispute sur le boudin. Non, ce serait quelque chose de bine plus profond. Ça pouvait trahir un profond malaise. Ça le mettait hors de lui. Et il n'y pouvait rien. C'était son moyen de défense à lui. Un peu violent comme moyen, mais pour le moins radical. Finn lui-même ne s'était pas risqué à aborder ce lourd passé. Il devait se douter qu'il n'avait rien de gai. Ce qu'il ignorait sans doute, c'était que le chain s'était lui-même enfermé dans un cocon pour ne pas avoir à subir ce moment de sa vie. Il avait tellement appris à vivre sans qu'à présent, il en craignait même de changer après la découverte. Voilà pourquoi il vivait dans le présent. Toujours dans le présent. Le passé il l'oubliait, tandis qu'il se fichait tout simplement du futur.

Le surnom que prononça Finn fit déclencher toute une série de frissonnements dans le dos du chain. Nana ? Oui, ça c'était lui. Y'a aucun soucis, il se reconnaissait parfaitement dans ce personnage, à tel point qu'il n'y faisait même plus attention lorsque son contractant le surnommait ainsi. Mais voilà le problème. Il n'adorait pas les surnoms. On pouvait même dire qu'il les détestait au plus profond de son être. Ça c'était sûrement dû au fait qu'on avait souvent écorché son nom. Et Nana tenait à ses deux « a ». Naru, pour lui c'était déjà un surnom. Il aimait pas. Voilà tout. La nouvelle n’était en aucune cas en droit de l'appeler comme ça. Sans doute plus tard. Sans doute jamais. Après tout, il n'était même pas sûr de la revoir un jour. De temps en temps. Il l'ignorait. Sans même prendre le temps de réfléchir, sa voix avait fusé tel un avion pour prononcer deux maigres mots, pourtant riches de significations. Et surtout sans appel. La dame se greffait à de graves dangers si elle contredisait son refus. Mais ça n'avait visiblement pas l'air d'être son cas.

La... magnifique discussion reprit sur le boudin. Franchement, franchement Naaru l'avait déjà oublié. Mais genre vraiment. Pour reprendre le sujet, il devait fouiller dans sa mémoire. Au final, le boudin, c'était qu'une façon de passer le temps. C'était amusant -surtout pour ceux qui regardaient- et ça changeait les idées. Bon, Nana avait véritablement un problème avec ce dernier cela dit. Mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne finisse par se poser sur un autre objet. Qu'il soit comestible ou non d'ailleurs. Il adorait les expérimentations après tout. Ça occupait un certain temps. La dernière fois, son aventure du concombre dans l'Abysse l'avait tenu une bonne semaine. Ben voilà. Ça occupait l'esprit.

– La dernière fois que je suis venue, tu n’étais pas là et j’avais moi-même ramené du boudin avec moi.

Le boudin. Mot étrange. Goût étrange. Morphologie étrange. Ce n'était sans doute pas pour rien si on l'avait assimilé à une expression. « fait pas ton boudin ». Hey vraiment. Sérieusement. C'est possible d'imiter un boudin ? Le plus souvent, Nana voyait les humains prononcer cette phrase en s'adressant à un gamin planqué dans son coin, la mine rabougri et le regard borné. Depuis quand les boudins sont bornés ? Ça commençait certes par la même lettre, mais de là à en faire le rapprochement c'était un peu gros. Tout ce que le chain en tirait, c'était donc que le boudin était 1. un être profondément boudeur. Boudin, boudeur.. paraît que l'étymologie, ça voulait dire boyau. Ouais, dans l'ensemble, ça lui expliquait toujours pas comment on pouvait faire du boudin. Enfin l'expression quoi. 2. un boyau auquel on a rajouté du sang et de la graisse. Fallait avoir vraiment faim pour manger ça. Ou bien peut-être que les humains ignoraient carrément de quoi c'était composé. Cette dernière hypothèse n'étant pas tout à fait à exclure. Personnellement, tout de suite après coup, ça paraissait beaucoup moins appétissant. Qu'importe. Concentré sur ses méditations internes, le chain n'enregistra que peu de temps après la phrase prononcée par la plus jeune. Ramené du boudin ? Elle avait osé ramener du boudin ? La dernière fois... son regard se tourna cette fois-ci vers son contractant. Soit il était vraiment très rarement chez lui, soit il avait une mauvaise vue, soit la demoiselle se payait sa tête -mais c'était tout à fait à exclure-, soit c’était un complot mais BREF y'avait visiblement un problème qu'il ne parvenait pas à élucider. Quand ? Comment ? Ramener du boudin ? juste pour ramener du boudin ? Les humains avaient vraiment des attitudes anormales. Des attitudes trop anormales pour être naturelles. Mais Nana ne s'en rendit pas compte. Nana était penché sur le phénomène « boudin », sur toutes les significations que la langue ait pu leur offrir. Autant sur le goût gustatif que verbal.

-T'invite souvent des gens ici ? Genre pour ramener mes ennemis chez toi ?

Les ennemis du moment, tout à fait. Le plus étrange, c'était la réaction du chain. Tout à fait calme et posée, il n'avait pas bougé d'un centième de mètre. Il avait simplement cligné des yeux, et sa bouche s'était animée. Rien de plus. Il se demandait vraiment s'il avait affaire à un complot. Un méchant complot. Mesquin et tout ce qu'il y avait d'autre. Il se vengerai un jour. Un jour, quand il aurait retrouvé ses boudins et les auraient jeté par la fenêtre. N'empêche qu'il était bien parti pour ne pas dormir si on lui rappelait trop souvent leur présence. Il pouvait la sentir, cette présence oppressante autour de lui. Comme s'ils étaient là, cachés sous le journal sur le canapé. C’était donc ça. Étonnamment pourtant, le plus âgé ne se leva pas pour aller vérifier. Flemme occasionnelle ou autre.

– Naaru, pas Nana, je retiens. Moi, c’est Fuyu.

Ah ben voilà, il avait eu son prénom. Fuyu. A u moins, il avait l'avantage d'être aussi original que le sien. Il se sentait un peu mieux à présent. Au moins, il pouvait enfin poser un nom sur son visage. Fuyu, Fuyu. Ouais, il fallait dire que ça lui allait plutôt bien, maintenant qu'il y songeait plus en détail. Il n'aurait probablement jamais deviné sans qu'elle ne lui dise, mais après tout elle-même aurait certainement eu la même difficulté pour son prénom à lui.il était compliqué d'inventer. Les surnoms étaient simples, tout du moins était-on en possession du prénom initial. Il manqua néanmoins de grincer des dents lorsque Fuyu prononça son surnom. Même si c'était pour appuyer le fait qu'elle n'en parlerai plus, ça provoquait toujours une certaine réponse chez le chain. Et il ne pouvait que subir. Subir. Le terme était un peu poussé. Il acquiesça néanmoins lorsqu'il lui donna son nom, pour ne pas paraître malpoli. Lui qui était d'habitude assez bavard gardait un certain mutisme par cette soirée.

– Je pensais que désormais, je serai plus forte, mais... Il m’a chaleureusement fait comprendre que j’avais eu tort.

Naaru détourna la tête. Les discussions sérieuses, c'était pas vraiment pour lui. Surtout quand ça concernait vraiment la psychologie de l'humain à l'état pur. Il savait que s'il y prenait une quelconque attention, il pouvait en apprendre plus sur leurs manières de penser. Le seul problème c'était aussi le risque qu'on lui demande son avis. Et là, Nana serait Nana le chain. Et le chain ne répondrait pas. Parce qu'il ne saurait pas.point à la ligne. Alors il s'éloignait. D'abord, il écoutait d'une oreille distraite. En faisant semblant, en gardant une certaine attention sur le sujet. Finalement, et c'était la pure terminaison, son esprit s'occupait vraiment à autre chose et il oubliait carrément qu'il avait un jour voulut savoir le sujet de la discussion. Vraiment il était assez terrible...

Pour le coup, il était déjà parti depuis bien longtemps. Il avait entendu d'un oreille que Finn s'était exprimé, et puis plus rien. Sans vraiment tenir compte du couple, il se leva lentement de sa chaise, sans la faire tomber cette fois-ci et prit sa tasse avec lui. Il alla se poser deux pas plus loin sur le sofa, non sans avoir vérifié au préalable qu'aucun boudin ne se trouvait sous le journal. Soudain, il eut la subite envie de manger. Non pas qu'il avait faim. Il n'était techniquement pas fait pour avoir faim. Mais voilà, le Finny lui avait donné de trop mauvaises habitudes. Et parler de toute cette nourriture lui avait donné une certaine envie. Non, il ne voulait pas manger de boudin. Loin de là. Vraiment loin de là. Alors... alors il eut envie d'énerver son monde. Il tendit son pied et posa la tasse dessus comme si de rien n'était. Il était très très doué en équilibre, et naturellement en tant que chain possédait des réflexes plutôt hors normes. Il inspira profondément, et ferma les yeux.

- Le fond du problème est ailleurs, non ?
-J'ai faim.

Il n'avait pas rouvert ses yeux. Ils étaient toujours clos. Il ne voulait pas voir le regard que l'autre allait lui jeter, ni même celui de Fuyu. Il savait casser l'atmosphère. Ah, ça on pouvait dire qu'il était vraiment doué pour le faire. C'était presque encré dans ses principes. C'était même une habitude. Sans respirer, il se décida enfin a rouvrir les yeux et croisa les bras. « Il fait du boudin ». Cette pensée lui déposa un sourire sur ses lèvres, et ce dernier resta encore en suspens lorsqu'il poursuivit, pendant que le contractant se levait pour faire on ne sait quoi.

-Fais-moi à manger.

Nana était vraiment bien un gosse des rues. Pas de manières, ça se voulait direct et sans détour. Il savait que ça n'allait pas suffire. Il le savait pertinemment. Mais il n'avait pas lancé toutes ses cartes. Vous croyez connaître le Nana chiant ? Vraiment ? Pas sûr.

-J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim.

Et ça s'arrêta. Il avait toujours ce regard fixé sur son contractant.

À manger.

[HRP:Excusez du temps de réponse ._. Fuyu t'as le droit de me frapper pour pas avoir échangé avec ton personnage ._.]

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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   12th Décembre 2012, 09:07

Qu’est-ce qu’être fort, après tout ? Physiquement, c’était plus ou moins clair. C’était pouvoir surpasser quelqu’un dans un combat au corps à corps. C’était une question de muscles ainsi que d’habilité, d’une certaine agilité aussi. Il fallait aussi être un homme pour prétendre être fort physiquement, car pour une femme, c’était toujours bien plus compliqué. Le seul moyen qu’elle avait de surpasser un jour quelqu’un du sexe opposé était qu’elle s’entraîner d’arrache pied. Mais là encore, il faudrait que son concurrent ne se soit pas entraîné de son coté. Bref, trop compliqué en somme. D’un point de vue général, si on prend un jeune homme d’une quinzaine d’année et une adolescente un peu plus âgée, ce serait le sexe dit fort qui l’emporterait. Après, il y avait une autre façon d’être fort ; être fort mentalement. Tout se passe dans la tête, et là, même si le contraire pourrait paraitre plus logique, il est clairement plus difficile de surpasser quelqu’un sur ce terrain. Car après tout, nous ne pouvons pas juger avant d’y être trempé jusqu’au cou. C’est flou ? Je vais vous éclairer. Quand deux combattants s’avancent sur une arène, ils peuvent approximativement juger leurs chances en voyant la physionomie de leurs prochains adversaires. En revanche, question mental, difficile – voire impossible – de savoir ce qui nous attend et la difficulté du duel. Du moins, pas avant de se retrouver en plein combat. Rien de bien facile, je vous l’accorde. Et puis, aussi fort que l’on puisse m’être, on peut flancher à n’importe quel moment, et du coup, il est difficile pour chacun de surpasser l’autre. C’est pour cela que chacun doit donner le meilleur de lui-même et ce, dès le début, car sinon, il prend le risque de ne plus avoir l’occasion de frapper de nouveau. C’est ce qui faisait que cette force ne pouvait être mesurée d’un regard et que, par la même occasion, il était difficile de ressortir vainqueur d’un quelconque affrontement. Mais certains se démarquaient. Rien qu’à leur regard. Ce regard sombre et éclairé par la même occasion. Ce regard chatoyant d’une malice ténébreuse et des plus dangereuses. Et ce regard appartenait aussi à Fuyu. Sauf que Fuyu, c’était différent. Elle avait plus appris à imiter ce regard qu’à l’acquérir d’elle-même. Ce qui faisait toute la différence, bien entendu. Il était impossible, de l’extérieur, de savoir à quel point elle était vulnérable. Mais une personne le savait. Il le savait et exploitait ce savoir autant qu’il était possible d’exploiter pareille faille. Il savait comment la posséder, et ce, dans tous les sens du terme. Il ne l’avait pas obligé à faire cela, il lui avait simplement proposé de revenir la prochaine fois pour savoir la vérité. Autrement dit, il savait qu’elle était prête à tout pour connaître cette fameuse vérité qu’il était le seul à détenir. Mais. Mais est-ce que ce qu’il lui demandait de faire faisait partie de ce tout ? Allez savoir. D’ici la fin de la soirée, elle espérait qu’elle aurait la réponse. Quoique, à vrai dire, elle savait déjà ce qu’elle allait faire. Elle n’arrivait simplement pas à s’y résoudre. Et puis, pour en revenir à ce principe de force, beaucoup voyaient Fuyu comme étant forte. Et bien sûr, ce ne serait sûrement pas elle qui irait dire le contraire, de crainte de se retrouver bien trop vulnérable face à eux. Une force imitée. Imitée presque à la perfection, mais cela restait une misérable et vile imitation. Parce qu’au fond, elle était faible. Aussi bien physiquement – mais ça, elle avait réussi à l’accepter sans trop de mal – que mentalement. Tout ce qui pouvait lui rester, c’était le mental. Si elle se montrait faible sur ce terrain, alors le seul moyen d’échapper à la survie pour simplement vivre serait de fuir. Fuir, c’est lâche. Et Fuyu détestait les lâches. Les lâches, les menteurs et les hypocrites. Mais les lâches plus que tout. N’étant pas réellement du genre « fais ce que je dis, mais pas ce que je fais », elle refusait tout bonnement de s’abandonner à la lâcheté. Alors elle se débrouillait du mieux qu’elle le pouvait pour aiguiser un mental qui, elle l’espérait, finirait par faire le poids contre ceux de toux ceux qui lui voudraient du mal. Après tout, elle n’avait que quinze ans, il serait bien naïf de croire que le seul problème qu’elle aurait serait cet odieux personnage qui a réussis à faire d’elle ce qu’elle était et qui, apparemment, n’en a pas encore fini avec elle. Mais dans toute cette histoire, nous avons oublié d’émettre une hypothèse qui pourrait changer la donne. Et si, par hasard, elle était simplement aveuglée ? Si elle était incapable de juger sa force parce qu’elle s’entêtait à ne voir que de la faiblesse ? Dans ce cas-là, il faudrait se fier au jugement de quelqu’un d’autre. De quelqu’un en qui elle avait pleinement confiance. Et cette personne ne pouvait être que Finn. Pourtant, il était bien incapable de lui dire si elle était forte ou pas. Parce qu’il ne savait pas. Il ne savait tout simplement pas toute l’histoire. Quand il saurait, il sera sûrement du même avis qu’elle. Je vous l’accorde, cette dernière phrase est totalement subjective. Mais qu’importe. Fuyu restait Fuyu. Et Fuyu était persuadée d’avoir raison.

Tandis que Naaru était occupé à tomber de sa chaise, Finn se pencha vers la demoiselle pour lui murmurer quelques mots. Elle ne pût s’empêcher d’émettre un léger rire. Oui, maintenant, elle comprenait ce qu’il voulait dire par bizarre. Était-elle d’accord ? Plus ou moins, oui. Il n’était pas normal, ça, elle l’avait compris depuis un moment déjà. Mais Finn non plus n’était pas normal. C’était un Baskerville. Quoique non, cet argument ne tenir pas la route. Qu’est-ce qu’être normal, après tout ? Ne pas être différent, me diriez-vous. Et qu’est-ce que ne pas être différent ? Ne pas être normal. Fuyu avait passé grand nombre de ces nuits à se poser ce genre de questions existentielles, mais jusque là, elle n’avait rien trouvé de satisfaisant. Baskerville. Ce mot résonna dans sa tête alors que son regard se perdait dans le vide. Baskerville. Naaru devait le savoir, non ? Ce serait logique. Un Baskerville devait avoir son lot d’adrénaline et d’activés hebdomadaires. Pourquoi est-ce que Finn le gardait près de lui, d’ailleurs ? Un simple ami ? Vraiment ? Fuyu n’y croyait pas. Il y avait quelque chose avec ce Naaru. Il devait avoir un rôle plus important qu’un simple ami. Elle-même était au courant du secret de Finn et pourtant, elle n’avait rien de particulier. Sauf qu’elle avait ce genre de tics propres aux... Humains ? Pas Naaru. Pourtant, envisager qu’il ne soit pas humain dépassait de loin les cordes de l'adolescente. Avoir réussi à croire aux Baskerville ne signifiait pas pour autant croire au surnaturel. Soit c’était un humain, soit un animal. Et vu qu’il ne semblait pas stupide, alors il ne devait pas être un animal. Quoique vu son impulsivité, ce détail était à revoir. Fuyu s’interdit d’y penser d’avantage. Elle le saura. Ou ne le saura pas. Quelle importance, au fond ? Ce n’était qu’un détail et elle n’avait pas besoin d’être mise au courant de tous les détails de la vie de Finn. Tout comme il n’avait pas besoin de connaître tout le passé de l’adolescente. Seule différence, elle voulait qu’il sache. Aussi paradoxal que ça puisse l’être, car d’un autre coté, elle refusait de voir une de ses émotions telle le rejet lui traverser le regard. Elle était néanmoins en mesure d’affirmer une chose : elle irait par-delà ses craintes et placerait une confiance des plus aveugles en l’homme en lui dévoilant tout son passé. Tout ce qu’elle était incapable de dire, c’était quand. Il allait falloir être patient avec elle, voilà tout. Ne pas la précipiter. Mais pour cela – comme pour tout en fait –, elle faisait confiance à Finn, car ce n’était sûrement pas qui irait la brusquer. Déjà, au terme de cette soirée, il en saura plus. C’était indéniable et tout bonnement inévitable.

Pourquoi ? Pourquoi lui cachait-elle la vérité ? Toute la vérité ? À quoi bon ? Que craignait-elle exactement ? Au fond, rien. Ce n’étaient que des excuses. De simples et vulgaires excuses. Comme si Finn allait vraiment arrêter de la considérer comme sa petite sœur parce qu’elle avait été incapable de tenir tête à un pauvre imbécile. De toute façon, imbécile ou pas, il était bien le seul à la mettre dans pareil état. Et puis, le brun aux yeux étincelants lui avait déjà dis, le jour où ils s’embrassèrent pour la première fois, qu’il ne pouvait pas la jeter « comme ça » maintenant. Restait à savoir comment il réagirait en sachant que sa petite sœur n’avait rien de courageux. Strictement rien. Mais au risque de me répéter, ce n’était pas à cause de cela qu’elle ne lui disait pas tout, qu’elle progressait par étape. Et je pense avoir déjà évoqué la raison de son silence, car en vérité, elle avait juste honte. Honte de le dire à qui que ce soit. Pourtant, avec Finn, elle ne devrait pas être comme ça. Et pourtant. Il était impossible de comprendre ce que pouvait ressentir une adolescente s’étant fait agressée – car ça n’en restait pas moins une agression – à moins que l’on vive la même chose. Dans le cas de Finn, il était impossible pour lui de comprendre. Il pouvait toujours essayer, mais ça ne servirait sûrement à rien. Autrement dit, il avait tout intérêt à oublier la phrase « je comprends ce que tu ressens » s’il ne voulait pas risquer d’attirer une irritation plus que certaine de la part de l’adolescente. Elle avait beau l’adorer, s’il dépassait cette limite, elle n’hésiterait pas une seconde à le remettre à sa place. Comment s’y prendrait-elle ? Elle n’en savait rien, mais ils n’en étaient pas encore là de toute façon, alors autant ne pas y penser. Et puis, Fuyu espérait qu’ils n’arriveraient jamais à ce point là. Bref, Finn ne pouvait pas comprendre les raisons de son silence. Il pouvait les envisager. Feigner la compréhension. Ça, ça lui était permis. Mais encore fallait-il qu’il se garde de faire part de cette imitation à Fuyu, car même cela, elle ne l’accepterait pas. Pourtant, c’était injuste, car elle, eh bien, elle ne se privait pas de montrer une force totalement imitée. Injuste. Elle devait sûrement l’êre.
Avant d’avoir pu répondre à la question de Naaru, Finn lui fit remarquer qu’on ne pointait pas les gens du doigt. Fuyu s’enfonça dans sa chaise en esquissant un sourire doux. Presque fraternel. Ils étaient drôles. Pas des amis. Des frères. Et Fuyu était sensible à pareille tableau.

Finalement, ce même Naaru revint sagement à sa place. D’accord. Fuyu elle, ne lui prêta pas grand attention. Elle laissait son regard traîner ici et là, dans ses réflexions, n’oubliant pas pour autant où elle se trouvait, ce qu’elle faisait là. N’oubliant pas non plus tout ce qui se passa avant ce début de soirée. Elle en eut des frissons, grimaçant quelque pour sous l’effet du dégoût. Elle aurait peut-être mieux fait de rentrer chez elle.
Nous disions donc que le plus grand de taille revint à sa place après avoir arrangé sa chaise, s’y installant et se tortillant pour s’asseoir dans une position qui fit sourire la demoiselle. Cette position qu’elle n’affectionnait que trop. Et qui était tellement agréable. Tiens, elle commençait à l’estimer un peu plus celui-là. Bien qu’il soit loin d’être bavard. Pas que ça dérangeait Fuyu, mais elle ne pouvait que sentir mal à l’aise. Néanmoins, elle s’obligea à focaliser son attention ailleurs. De toute façon, il était parfaitement compréhensible qu’il n’ait pas forcément envie de lui parler. Il ne la connaissait pas après tout. Elle non plus ne disait rien. Encore une fois, il était injuste de le blâmer lui et pas elle. Bien que là, il ne soit pas réellement question de blâme. En bref, il était logique qu’ils gardent leurs distances. Du moins, pour lui. Pour elle aussi à priori, alors elle s’en fichait. Et puis, il parla. Il parla à Finn, vous vous en doutez bien. Elle l’écouta à peine. Elle ne retint qu’un seul mot. Ennemis. Un sourire s’esquissa sur ses lèvres sans qu’elle ne comprenne pourquoi. Elle poussa alors un sourire faussement blasé. Naaru. Il était... Bizarre.

De toute façon, pour vivre avec un Baskerville, on ne pouvait pas être normal. Après, normal, c’est un bien trop grand mot. Difficile au fond, de dire ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. De séparer le vrai normal. Oui oui, il y a le vrai et le faux normal. Bref, difficile de faire le tri. Quelle est notre base de données, après tout ? Aucune. Nous partons de nulle part et nous jugeons. Et juger, ce n’était pas le fort de Fuyu. Autant elle n’aimait pas qu’on la juge, autant elle évitait de le faire avec autrui. Sauf que lorsqu’elle le faisait, c’est qu’elle s’intéressait à la personne. Et la demoiselle ne s’intéresse qu’à ceux qu’elle apprécie. Comme Finn. Après tout, elle l’avait jugé. Elle avait jugé qu’il était excellent dans le rôle de grand-frère. Elle avait jugé qu’il était doué pour tout ce qu’il entreprenait avec elle, doué pour écouter, pour savoir trouver les bons mots. Doué tout court au final. Elle connaissait, comme beaucoup, la sale réputation que trainaient derrière eux les faucheurs pourpres, mais elle ne voyait pas le brun comme cela. Du tout. Ce n’était qu’un nom. Du reste, elle n’en avait que peut faire. D’ailleurs, à cette réflexion, elle pencha la tête sur le coté et ferma les yeux. Et ce Naaru alors ? Peut-être était-il aussi un membre de la famille déchue. Ou peut-être pas. Que pouvait-il être d’autre ? Pouvait-elle poser la question ? Ne serait-ce pas trop indiscret alors qu’il ne semblait pas vouloir entamer une discussion ? Elle ouvrit la bouche pour parler quand elle fut soudainement assaillie par la bonne idée de donner quelques détails à Finn. Nana attendrait.

Une main glissa dans ses fils d’argent alors qu’elle n’arrivait pas à faire face à son aîné. Cette gêne sans borne qui teignait son visage et son regard devenait insupportable. Pourtant, elle n’arrivait pas à s’en défaire. Plus elle y pensait, plus elle se disait qu’elle ferait mieux de se taire. En fait, ce n’était pas tant pour ne pas connaître la réaction du brun que parce qu’elle ne voulait simplement rien dire. Comme ça. Elle ne voulait pas. Ne désirait pas passer pour une idiote. Mais d’un coté, elle le voulait. Compliquée cette fille, n’est-ce pas ? Eh bien oui. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait et ça n’en était que plus perturbant. Mais bon. Et puis, un lourd silence s’installa entre les trois jeunes gens. Les yeux de l’adolescente dérivèrent vers l’autre brun, totalement désintéressé par la situation. Elle plissa les yeux et se mordit la langue pour ne faire nul commentaire, ramenant ses prunelles vers Finn. Lui, réfléchissait. Pendant un laps de temps, il semblait analyser chaque mot qui venait d’être prononcé par sa cadette. Avec tous les sous-entendus placés dans sa phrase, il était vrai qu’il fallait un minimum de temps pour faire main basse sur le véritable sens de ces mots. Néanmoins, lorsqu’il entreprit de parler, elle comprit qu’elle n’avait aucun moyen de savoir ce à quoi il pensait. S’il s’empêchait de dire telle ou telle chose. Elle n’en savait rien. N’allait pas le savoir de toute façon. Et puis, il lui posa une question. Elle ne répondit rien, toujours plongée dans ce que certains nomment le petit jardin secret d’une personne. Lorsqu’il se releva, il réussit à définitivement la tirer sur sa rêverie. Avant de s’en aller vers la cuisine – marmonnant quelques mots au passage –, il déposa un baiser un baiser sur le haut de sa tête. Elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même, adoptant la même position que Naaru, si ce n’est que ses chevilles étaient croisées. En parlant de celui-là. Ou plutôt, en reparlant de celui-là. À peine son ami avait-il posé la question à Fuyu qu’il parla à son tour. Pour dire… N’importe quoi en fait. Et le pire, c’était qu’elle venait tout juste de s’en rendre compte. Elle fronça légèrement les sourcils en l’observant, ses yeux réussissant à se faufiler pour l’atteindre, malgré le fait qu’il soit assis sur le canapé. Canapé ? Quand est-ce qu’il y était allé exactement ? Et puis, pourquoi diable s’amusait-il avait une tasse ? Qui tenait… En équilibre sur son pied. Pourquoi pas. La jeune fille colla son front à ses genoux en soupirant doucement. Mais c’était quoi encore que cette bizarrerie ?

Finn quant à lui s’en était donc allé pour faire du thé. Ou autre chose. Fuyu n’y avait pas prêté grande attention en fait. Elle resta sagement assise, temporairement déconnectée des deux bruns. Sauf quand la voix de Naaru retentit de nouveau. Cette fois-ci plus assourdissant qu’autre chose. Si Finn ne lui donnait pas à manger, leurs oreilles allaient payer le prix fort. Elle releva la tête et fit une moue perplexe, s’exprimant doucement.

– T’es qui toi ?

Elle ne l’avait pas agressé, mais il était certain qu’il y avait bien des tournures plus respectives pour poser pareille question. Elle s’en fichait. Elle se releva et se dirigea vers Finn, comme si elle ne venait pas tout juste de parler à l’autre. Comprendrait-il seulement ? Peut-être n’était-il pas aussi perspicace que son colocataire. Tant pis. S’il fallait lui préciser les choses, elle le ferait. Mais pour le moment, elle voulait vraiment avoir une réponse. Elle n’était pas particulièrement curieuse aujourd’hui, le moral miné, mais cette question fusa avant qu’elle n’ait pu l’en empêcher. Et bien sûr, elle ne regrettait rien. Il pouvait tout aussi bien ne pas répondre. C’était son problème. Reposerait-elle la question à Finn si Naaru ne voulait pas éclairer sa lanterne ? Non. Après tout, ça ne le concernait pas.
Et puis, il était possible qu’elle se fasse des idées et qu’au fond, il était un simple humain, tout à fait anodin Non. Pas possible. Mathématiquement, il y avait sûrement des chances, une quelconque probabilité, mais dans la situation présente, non. Pas de maths, pas de chiffres. Juste les faits. Et ici, les faits et les pensées indiquaient qu’il n’y avait aucune chance pour qu’il soit « normal ». Bon, par normal, vous comprendrez que ça veut dire une personne qui n’est ni Baskerville ni autre. Un truc du genre. Comme Fuyu. De toute façon, la normalité est bien trop relative pour pouvoir réellement être expliquée. Voilà.

Elle s’approcha alors de Finn, glissa ses mains le long de ses bras et saisit les siennes, entremêlant leurs doigts et allant caler sa joue droite contre son torse. Au moins maintenant, elle ne perdait pas son temps à être tiraillé entre deux sentiments, l’un purement affectif, l’autre nettement plus physique. Finn était son grand-frère. Et c’était parfait ainsi.
Ce n’était pas que du désintérêt qu’elle avait cru voir sur le visage de Naaru. Elle avait eu l’impression qu’il n’appréciait pas le moins du monde ce de quoi elle parlait. Peut-être se trompait-elle. Peut-être aussi qu’elle avait raison. Ou alors, il était comme ça. Elle l’ignorait. De toute façon, ce qui se passa aujourd’hui, si elle devait le dire, seul Finn pourrait l’entendre. Donc bon.

Oui, le problème était ailleurs. Finn avait visé bon, embellissant ses mots de ce baume de confiance qui incitait Fuyu à répondre tandis qu’il instaurait en même temps la pensée qu’elle n’était pas obligée de le faire. Aussi étrange que ça puisse l’être, ce n’était pas vraiment le fait qu’il se soit joué d’elle qui la mette dans pareille situation, qui la perturbe, qui la déstabilise.
Juste que.
Inconsciemment, elle serra les doigts droits de Finn dans les siens, soudainement, brusquement et releva la tête, cette fois-ci pour plonger son regard dans le sien. Elle afficha un sourire amer en murmurant quelques mots à son égard.

– Je l’ai laissé faire.

Et puis, son étreinte disparut entièrement. Finn n’avait rien qui l’empêchait de se libérer les mains désormais. Comme elle avait l’habitude de le faire pour trouver une sorte de courage, de réconfort, elle ne saurait trop le dire, elle se hissa sur la pointe de ses pieds et alla nicher son visage dans le cou du brun, ses lèvres n’étant pas pressés contre sa peau. Elle laissait simplement son souffle s’abattre dessus. Étrangement, elle avait réussi à croiser son regard lorsqu’elle parla, mais pour le soutenir maintenant qu’elle venait de faire part de ce qui la tracassait vraiment, c’était une toute autre histoire.
Que pouvait-il faire pour elle ? Rien du tout. Il n’y avait rien à faire, rien à dire. Elle était bien la seule à blâmer. Si elle était la propre cause de sa douleur, alors elle ne devait pas se plaindre. Ne devrait pas se plaindre. Pourtant, elle le faisait. Pathétique.

Elle retira son visage et sourit légèrement, reculant d’un pas pour basculer la tête en arrière. Elle ferma les yeux et une image assaillit son esprit, les traits s’y imprimant nettement. Pas celle de sa « connaissance ». Celle de Naaru. Elle rouvrit les yeux, se redressa et haussa simplement les épaules, fuyant toujours le regard de son grand-frère.

– Tu devrais t’occuper de lui.

Naaru. Avec lui, elle n’avait qu’un peu plus l’impression de déranger. Il agissait si étrangement en même temps, tantôt perturbé, tantôt terriblement calme. Mais bon. Elle n’allait tout de même pas se plaindre alors qu’elle s’immisçait ainsi dans leur soirée. Soirée précédée d’une journée. Et une journée qui avait été mouvementée pour elle, mais qu’en était-il pour eux ? Allez savoir.
De toute façon, étrangement, elle se plaisait bien avec ce duo. Un duo qui, disons-le, était assez... Explosif.

[Nah, j'oserai pas voyons. ♥ En revanche, si tu ne réponds pas là, j'oserai. o/ *sbaaf*]
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   19th Décembre 2012, 03:04

- J'ai faim.

Finn l'ignore. Il l'ignore paaaarfaitement. Il ne l'a pas entendu.

- Fais moi à manger.

Aucun problème non, il n'y a pas un Chain chiant comme la pluie assis sur son canapé. Du tout.
Ses yeux sont déjà en train de scanner son environnement immédiat afin de juger quel serait l'objet le plus approprié à lancer à la figure du Chain. Parce qu'il sait que l'animal ne s'arrêtera pas avant d'être sûr d'avoir énervé son contractant. Et il n'est pas encore énervé. La théière et sa tasse font partie des objets à sa portée. Mais ce sont deux des objets qui lui sauvent la vie tous les matins en allant le repêcher, il ne peut pas se résoudre à les sacrifier sur la tête de Naaru.
En revenche, leur amie la banane là dans la corbeille à fruits... Parfaite pour l'animal. La pauvre banane tremblerait de peur devant son nouveau prédateur si elle pouvait trembler. A défaut, elle continue à faire ce qu'elle faisait deux secondes plus tôt : être une banane.

- J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim. J'ai faim.

Cette fois c'est la bonne, le bananoboomerang décolle dans les airs en direction du Naaru en même temps que son contractant fait volte-face. Ligne droite parfaite, que la cible la réceptionne, l'évite, la mange en cours de route ou se la prenne en pleine face. La Finny-cocotte-minute a explosé. Pouf, adieu soupapes de sécurité.
Il n'est pas méchant. Juste un peu prompt à s'énerver quand on pousse les bons boutons. Comme Naaru sait tellement bien le faire. Au fond, il y a de grandes chances que l'envie subite d'avaler un truc du Chain se soit juste transformée en envie subite d'emmerder le monde et surtout son contractant. Parce qu'il sait parfaitement que cela ne loupe jamais. Et, dans ces moments là, c'est comme si des messages flashy et lumineux apparaissaient tout autour du Chain, visibles seulement du Baskerville, et appelant à la violence sur l'animal. Brigitte Bardot en serait toute retournée.
La planète Naaru s'expose à des tirs d'astéroïdes. La planète Finny risque fort d'entrer dans son orbite et de se crasher dessus.

- Il va t'arriver des problèmes Naaru Irwin.

Et vlan, le nom complet. En plus ce genre de phrase a le don pour... Ne pas impressioner le Chain le moins du monde. Si son contractant avait été juste à côté de lui, il se serait jeté sur l'animal pour lui faire comprendre quelques petites choses. Mais il est loin. Il a pratiquement grogné sa phrase. Et son manque de recul sur la situation l'empêche de voir que lancer la pomme qui était à côté de la banane - paix à son âme - aurait été un peu plus digne. Oh et puis en fait...
La pomme prend le même chemin que la banane.

- Mange ça et pose cette tasse.

Parce qu'en plus la bête joue avec une tasse qui doit lorgner le sol avec appréhension. S'il la fait tomber et qu'elle se brise, son contractant le fera ramasser chaque débris jusqu'au dernier. A la main. Ça l'occupera. Puis le Baskerville se retourne à nouveau vers son thé pour s'en verser une tasse en marmonnant pour lui-même quelques paroles difficilement compréhensibles à propos de Chain chiant. Réellement, un jour il l'abandonnera dans une rue sombre sous la pluie dans un carton avec la mention "adoptez-moi" dessus. A condition de trouver un carton suffisamment grand. Vu sous cet angle, la cohabitation va durer encore un moment. Autant de temps pour que Naaru continue à trouver des stratagèmes pour tirer son contractant hors de sa coquille. Coquille qui, avouons-le, n'est pas très solide. Pendant que le plus jeune, lui, continuera à en apprendre sur le Chain. S'il veut l'embêter, il suffit de ranger sa chambre. S'il veut avoir la paix un moment, il suffit de lui mettre sous la truffe quelque chose de nouveau et susceptible de piquer son intérêt. Bon cette méthode là marche des fois. Et des fois pas. Parce qu'après tout il reste très délicat de prédire le comportement de Nana, voire impossible. Il vit dans son monde et se mêle parfois à celui des autres quand l'envie lui en prend. Lui qui doit probablement penser qu'il ne pige rien au monde des humains et vit comme un marginal ne l'est en réalité pas tant que cela. Il a surtout un sacré recul, un certain détachement sur les évènements. Un recul que seuls ceux sur qui le temps n'a que peu d'emprise peuvent se permettre.
Enfin il reste bizarre. Très bizarre. Même sans référence sur la normalité, il sort du lot. Finn n'a de cesse de s'en rendre compte tous les jours.

En se retournant avec sa tasse fumante dans les mains, le plus jeune des deux hommes voit Fuyu arriver vers lui. La tasse est alors redéposée derrière lui.
L'arrivée de la jeune fille refoule ses pulsions meurtrières au fond de son esprit. Ce qui ne l'empêche pas, quand elle se serre contre lui, de jeter un dernier regard noir à son Chain. Puis son attention diverge vers l'enfant dans ses bras. Oui, c'est une adolescente. Mais il ne peut pas s'empêcher de songer à une enfant quand il sent qu'elle a besoin de protection. Ici ce n'est pas une question de fragilité. Il est possible d'avoir besoin de protection sans pour autant être fragile. Les êtres qui paraissent les plus forts mentalement sont même souvent ceux qui en réalité ont besoin du plus de repères dans leur vie. Un seul chamboulement et ils en prennent un coup. Après, certains ont la patience de les encaisser, persuadés que tout finira par aller mieux tandis que d'autres finissent par s'écrouler. Une dernière catégorie encore ne sait bien souvent pas quoi penser. Finn serait bien incapable de placer Fuyu dans une catégorie. Forte ou pas forte, enfant ou pas enfant, un peu tout à la fois. Enfant qui vit des choses qu'elle ne devrait pas vivre. Enfant quand même.
Pourtant il n'y a que cinq petites années qui les séparent - le siècle dans l'Abysse ne compte pas vraiment ici -, c'est autant de doigts que sur une main. Pas tant que cela. C'est une pure construction de son esprit, il le sait bien, et c'est aussi la raison pour laquelle il ne prête pas attention à ce genre de pensées.
Patiemment, il attend qu'elle dise quelque chose ou agisse. Sans spéculer plus qu'il n'a déjà pu le faire. La réponse ne sortira que de la bouche de l'adolescente. Adolescente qui finit par relever son regard vers lui, lui murmurant dès lors quelques paroles :

– Je l’ai laissé faire.

Il lui faut un instant pour saisir ce qu'elle veut dire. Elle ne s'est tout simplement pas défendue face à cette personne qu'elle n'a pourtant pas l'air de porter dans son coeur. La première question qui viendrait ensuite est "pourquoi ?". Mais peut-être qu'elle ne le sait pas elle-même. Au moins, voilà donc la raison pour laquelle elle se disait faible un peu plus tôt. Se résigner est pourtant une sorte de force aussi. Mais l'homme ne sait pas et ne peut pas savoir. Si elle s'est résignée, si elle a abandonné, si quelque chose d'autre. C'est une situation qu'il ne peut pas saisir et ne peut même que très difficilement s'y projeter. Puisque lui a toujours eu l'habitude de rendre chaque coup et de se battre. Mentalement ou physiquement, mais les cas ne sont pas comparables. Après tout, il a été élevé pour cela. Il l'entoure de ses bras, incapable de répliquer quoi que ce soit. "Tu aurais dû te battre" ? Allons, il n'est ni en place ni en droit de lui faire le moindre reproche. Elle n'est pas un soldat qui a abandonné face à l'ennemi alors qu'il aurait pu gagner. Le choix de la réaction lui appartenait, elle l'a fait et il n'y a pas à le questionner. D'autant plus qu'il ne sait toujours rien ou presque de la situation. Seulement, maintenant, il peut commencer à saisir pourquoi son moral semble aussi bas. Néanmoins, il y a une question qui lui brûle les lèvres.

- Tu regrettes ?

Il n'y a pas de réponse qui soit juste ou non. Qu'elle dise oui, ou qu'elle dise non, il ne portera aucun jugement. Seulement si elle dit oui, alors peut-être qu'il aura le droit de proposer son aide. Sinon, il attendra qu'elle la lui demande.
Il dépose gentiment ses lèvres sur son front, désolé de son incapacité à agir pour le moment. Parce que la seule chose qu'il peut faire dans l'immédiat est la distraire un peu. Jusqu'à ce qu'elle en dise plus. Il la relâche lorsqu'elle commence à reculer.

– Tu devrais t’occuper de lui.

Lui ? Oh. Lui. Nana. Le regard du plus jeune glisse avec suspicions vers la bête. En effet l'emploi de ce vocabulaire signifie qu'il n'a pas tout à fait oublié ce qu'il s'est passé quelques instants plus tôt. Avec un sourire mauvais - ce type est une véritable girouette dans son comportement - il s'approche du Naaru en question. Chacun son tour d'emmerder l'autre. Pour parler poliment.

- Tu as besoin qu'on s'occupe de toi, tu te sens délaissé ?

Parfaitement il est en train de se payer sa tête. Et de l'assimiler fort peu discrètement à une espèce de chiot. Un jour Naaru lui aboiera à la figure et il tombera sur le derrière de surprise. En attenant il continuera à l'embêter.


[Hrp: Mon Banana adoré, si tu veux que je rajoute un sale coup de Finny sur la tête de Nana, faudra m'le dire, parce que j'ai des précisions à te demander xD.]
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   29th Décembre 2012, 09:10

Ah, il fallait avouer que la vie sans un chain aussi prise de tête, c'était une vie paisible. Oui, mais une vie aussi dénuée d'intérêt. Après avoir vécu avec une pile survoltée à ses côtés, il fallait avouer que c'était difficile de reprendre une vie normale une fois l'avoir perdu. L'avantage étant que ce genre de choses ne pouvait pas se passer pour Finn. Il le suivrait dans la tombe. Quelque part, c'était un bien triste destin. D'autre part, ça avait l'avantage de le garder jeune éternellement. Après tout, ne disait-on pas que la pratique d'une activité physique régulière permettait de garder le cerveau et le corps en équilibre ? Eh bien voilà, Nana était l'instrument de sport fait pour ça. Par des mots simples, il parvenait à déclencher chez le sujet concerné une série d'injures ponctuées du travail des jambes et des bras. À vrai dire, avec lui, on devenait rapidement très fort en lancer d'objets divers et variés. Mais on améliorait aussi son vocabulaire grossier.

Bon, il fallait dire que son contractant n'était pas vraiment très doué pour cette dernière chose. Pas du tout même. Il ne lui sortait que rarement des insultes dénuées de sens. Peut-être qu'il n'avait tout simplement pas d'imagination. Peut-être pas. En fait, Nana ne pouvait pas vraiment le savoir. En tout cas, il était paradoxalement très imaginatif sur la nature des objets envoyés. S'il pouvait compter la différence des trucs s'écrasant sur sa pauvre personne, il aurait explosé la barre des cent depuis longtemps. Fruits, légumes, pots, coussin, chaise. Chaise. Ah, celle-là, il s'en souvenait comme si c'était hier. Un jour, Finn avait vraiment pété son câble. La raison ? Naaru l'avait oublié. Il l'avait même oublié au moment du drame c'était pour dire. Ça n'avait pas plu au colocataire qui, à défaut d'objets à portée de main, l'avait posé sur la chaise avoisinante. Et la chaise avait valsé, effleurant presque la lumière qui, curieusement, avait échappé au massacre. Quoiqu'il en soit, le problème fut pour Nana la suite des événements. La chaise était un gros objet. Un très gros objet. Alors, le chain avait pu l'éviter de justesse. Et ce pauvre truc était venu s'écraser sur le mur d'en face, pour tomber avec deux pattes rescapées sur le sol. Ça avait fait un bruit monstre. Mais vraiment. Ça avait même hurlé de l'autre côté du mur. Ce jour-là, les voisins étaient même venus leur rendre visite, et Finn s'en était pris plein, mais alors plein la figure. Au final, il était tellement énervé qu'il avait presque refermé la porte sur les doigts du pauvre voisin qui n'avait rien demandé. Et lui, Naaru, n'avait rien trouvé de mieux que rire. La suite ? Il ne s'en souvenait plus. Il a dû se prendre un coup. Un sacré coup dans le dos. L'autre l'avait sans doute assommé sans qu'il se s'en rende compte. Bon, c'était quand même très, très marrant.

Pourquoi il raconte tout ça ? Pour une raison simple. Un projectile fonça sur lui pour la cent... euh... quelque chose fois. Peut-être même deux cent. Oui, évidemment, Finn n'a pas toujours fait preuve d'originalité, et le Nana s'était déjà reçu plusieurs fois la même chose. Après tout, une pomme restait une pomme. Une banane aussi. Même si ce n'était pas la même... bref...

En voyant la chose voltiger vers lui, le chain l'attrapa au vol et s'en saisit aussitôt. Il n'avait pas faim dans ce sens là. Il aimait bien les plats cuisinés par son contractant. Lui il n'avait pas l'obligation de manger, alors c'était vraiment juste par plaisir. Si l'autre ne pouvait même pas le lui accorder, il allait passer un sacré quart d'heure. Demi heure. Heure même, si Finette insistait trop. Il garda la banane dans la main. Ce fruit avait une sacré forme. En fait... de plutôt près, sa forme était on ne peut plus étrange. Il se demandait vraiment comment ça poussait. Dans une arbre ? Ou bien ça poussait dans la terre ? Jusque récemment, Nana ignorait que la plupart des choses présentes autour de lui étaient issues d'une vie antérieure. Ou vivaient encore. Il était même resté une journée entière à fixer le canapé, à se demander comment il avait pu atterrir dans un état pareil. Après tout, le canapé était vraiment l'un des objets les plus maltraités. Il n'a jamais rien vu d'autre que les fesses des gens. Parfois même les pieds. Est-ce que quelqu'un avait-il déjà pensé à embrasser son canapé, hein ? Personne. Absolument personne. Alors, pour rehausser un peu le niveau, Nana lui avait accordé une journée entière d'attention. Personnellement, si on s'amusait à me fixer une journée, je m'arrangerai pour fermer les yeux ou m'enfuir. Mais le canapé était mort depuis longtemps. Et lui se fichait bien de ça. Pas Naaru. Il devrait revoir l'ordre de ses priorités, un jour. Mais ce jour n'était pas encore arrivé.

- Il va t'arriver des problèmes Naaru Irwin.

Un sourire se présenta sur les lèvres du chain, étirant son visage. Ah, il était énervé. C'était dommage. Vraiment dommage. Bientôt il se prendrait quelque chose d'autre dans la tête. Bientôt. Mais pas tout de suite. En attendant, il s'amusait avec la tasse. Cette fois-ci, jugeant la position très inconfortable, il la posa sur sa tête. Il y eut un instant d'acclimatation, mais finalement, la tasse n'ayant pas le vertige, elle ne bougea plus et Nana pu s'enfoncer un peu plus dans le sofa. Doucement mais sûrement, il posa alors son regard sur la banane et scruta un peu plus. En fait... en fait, de loin, ça avait la même forme que le boudin. Parfaitement. Étrange était égale à boudin. D'autant plus qu'ils en discutaient, un peu plus tôt. Bref. Pour en revenir à cette forme, Nana trouva qu'il y avait une certaine familiarité avec ces deux choses comestibles -encore que, le chain était incapable d'avaler du boudin à présent- et douta un instant du caractère de banane de cet aliment. Après tout, les bananes devenaient noires avec le temps. Comme les boudins. Ha ha. Si ça continuait comme ça, sa fixation dériverait sur la banane. Peut-être fallait-il qu'il la mange maintenant. Mais il risquait peut-être d'attraper on ne sait quelle maladie. Il était persuadé que ses fixations étaient justifiées. Que ce soit le cas ou non de toute façon, il ne touchait pas à ces derniers. Or, il se trouvait qu'il en avait dans la main. Alors, réaction irréfléchie, il relança la banane sur l'autre au fond en proférant :

-Ramène-moi de la nourriture, pas ces espèces de boudins en combinaison de poussins !

Par... parfaitement. En combinaison moulante. Jaune. Avec des points noirs. À moins... à moins que... les bananes ne soient les victimes dans l'histoire. À moins que ce ne soit elles, les infectées. Infectées par le boudin. Ah, tout à fait. Ça paraissait tellement plus logique d'un seul coup. Mais le chain ne regretta pas son geste, ni même les paroles. S'ils étaient venus en mission, au moins ils étaient démasqués. Finn ne devrait plus acheter de banane.

- Mange ça et pose cette tasse.

Le chain bouda ramena ses jambes à lui et sortit une tête vexée. Il n'avait rien fait de mal. La tasse tenait très bien. En équilibre précaire, certes. Mais elle était toujours vivante. Et Nana tenait trop à sa tasse pour la laisser s'écraser. Après tout, pour ce genre de choses, il était capable de se retrouver dehors à devoir chercher une nouvelle tasse de remplacement. Il savait que son contractant en était capable. Plus que capable. Même s'il était tard. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'il se retrouverait le soir dehors. Il passerait la nuit dans la forêt. Le chain en avait l'habitude. Et ce n'est fort pas déplaisant, sauf quand il se retrouvait sous un pommier à la belle saison. Évidemment.

Par la suite, son collègue décida d'en finir et s'occupa de son thé. Tiens, c'est vrai qu'il avait une forte envie de boire maintenant. Souvent, il prenait son thé trop chaud. Il se brûlait la langue. Et ça, il n'aimait pas trop ce que ça procurait. Mais, ne détaillons pas les sensations du chain. Ce pourrait être rapidement ennuyeux. Non sans dissimuler une certaine envie, le chain lorgna très fort la théière. Et le thé dedans. Mais quelque chose d'autre attira son attention. Une phrase. Une simple phrase. Mais prononcé par des sonorités qu'il ne connaissait que depuis peu. Fuyu.

– T’es qui toi ?

Il tourna son regard vers elle, pas vraiment certain de piger le fond de sa pensée. Qui il était ? Naaru Irwin, Finn l'avait dit. Même son nom de famille qui, franchement n'avait plus d'écho pour lui depuis trop longtemps déjà. Beaucoup de chains n'avaient pas de deuxième nom. Parfois même ne possédaient-ils pas de nom. Ou bien on leur en donnait, et ça ressemblait souvent à rien, il fallait bien l'avouer. Il y en avait qui se ressemblaient comme deux gouttes d'eau. Au final, ça permettait au chain Naaru de se sentir plus fort que la majorité des autres. Il avait une identité à lui, un cerveau qui réfléchissait... étrangement, mais qui réfléchissait malgré tout. Il y avait une sacré dose de philosophie dans les quatre mots de la jeune demoiselle. La meilleure réponse qu'il trouva fut d'annoncer clairement qu'il était un chain. Après tout, Naaru était un être on ne peut plus honnête. On lui posait une question, et il répondait. Mais il trouvait la question trop étrange pour obtenir une réponse pareille. Elle n'avait pas vraiment de sens propre. Elle n'avait pas d'origine, était arrivée telle un cheveu sur la soupe. Alors, pourquoi ? Pourquoi s'intéressait-elle à présent au plus âgé des trois ? Pourquoi maintenant ? Naaru se prenait souvent trop la tête. Mais il nageait exceptionnellement dans un méli mélo de pensées en tout genre. Et plus il s'y plongeait, plus ça l'énervait. Alors, au comble de sa patience, il se leva d'un seul coup et cria presque ces quelques mots :

-Qu'est-ce que j'en sais ?!

Il se mordit la lèvre. Ces yeux se fixèrent dans ceux de Fuyu, et il la fusilla l'espace d'un instant. Puis, il partit. Oui, il quitta la salle et alla droit vers sa chambre. Il s'était auto puni. Non sans, au passage, boire le reste de thé qu'il restait dans sa tasse et la balancer sur la table. Elle tourna pendant un instant puis se stabilisa, bien droite. Mais Nana ne put apercevoir cette magnifique démonstration d'équilibre. Ah, il avait un sacré caractère. Et il détestait qu'on lui pose des questions sans réponse. Comment pouvait-il répondre à une questions pareille ? Comment, c'était la question. Qui était-il ? Il ne pouvait pas parler de son passé. Et personne ne le forcerait à le faire. À moins de secrètement jouer avec les nerfs du chain, ce qui était à vos risques et périls.

S'écrasant presque sur son lit, Nana s'isola quelques minutes. Il ferma les yeux. Pensa que le lit n'était pas mieux loti que le canapé. Il subissait même pire. Malgré ces essais pour penser à autre chose, rapidement, il eut envie de revenir dans le salon. Ce qu'il fit sans attendre. Il ne chercha pas à se cacher. Après tout, il ne se sentait pas en faute. Et il avait parfaitement le droit de se balader librement chez lui... chez lui... enfin oui, chez lui. On ne va pas chipoter. Reprenant sa position initiale, il remarqua que les deux jeunes gens étaient très proches. Leur migration s'était, progressivement mais sûrement, achevée dans la cuisine. Il reprit la tasse qu'il avait failli casser et s'amusa un instant avec, à présent couché sur le canapé. Il replia une de ses jambes et passa l'autre par-dessus, de manière à les croiser. Puis, finalement, il posa la tasse sur le genou le plus haut et passa ses bras sous sa tête, fermant les yeux. Il n'était pas spécialement fatigué, mais il devait avouer que ça faisait beaucoup de bien de fermer les yeux de temps en temps.

– Tu devrais t’occuper de lui.

Attention, le Nana ouvrit un œil perplexe. Décidément, cette jeune fille faisait bien attention à lui. Peut-être devait-il lui rendre la pareille. Peut-être pas. Seul le futur le dirait. Or, il restait silencieux, pour le moment tout du moins. Non sans garder une certaine approche sur la suite des événements, le plus âgé ne bougea cependant pas. Il scrutait Finn s'avancer vers lui. Il sentait le truc foireux arriver. Il savait qu'il arriverait quelque chose. Vérifiant furtivement que l'autre n'ai pas pris un quelconque projectile avec lui. Ni même du thé. Oh, il serait pas aussi méchant pour le lui verser alors que c'est bouillant. Hein ? Hein ? …

- Tu as besoin qu'on s'occupe de toi, tu te sens délaissé ?

Il grogna. Ouais, il grogna même méchamment. Pas un grognement d'animal, fort heureusement. Non, simplement un râle entre deux mâchoires. Rien de plus. Rien de moins. Il ne rêvait pas, il lui parlait comme à un chien. Un petit chien qui plus est. Oui, il sentait la différence. Il ne savait pas comment, mais il le sentait. Et il n'aimait pas qu'on se fiche de lui. Alors, comme il l'avait si souvent vu faire, il attrapa la première chose qui lui tombait sous la main. La tasse. Non, celle là, il la garda dans sa main gauche, et empoigna de la droite un coussin. Sauf que lui avait perfectionné la méthode. Finn était à bonne distance. Au lieu de lâcher le coussin, il le maintint dans sa main, ce qui lui permit d'asséner un deuxième coup. Il passa la tasse entre ses deux cuisses dépliées, et prit de sa main gauche ce même coussin, pour en prendre un autre et le lancer plus gentiment droit sur Fuyu. Dans un clin d’œil, il sourit avant d'annoncer :

-Tu devrais aussi t'occuper de lui !

Pour l'avoir traité d'animal mis à l'écart, il fallait bien en subir les conséquences. Et Nana invitait bel et bien la jeune Fuyu à tester ses muscles à une bataille puérile de polochon.

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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   1st Janvier 2013, 13:03

Qui suis-je ? Toute personne finit un jour ou l’autre par se poser cette question pouvant jusqu’à être qualifiée d’existentielle. Mais comment y répondre ? Par quels mots ? De quelle façon ? Commençons plus simplement. Premièrement, quand se posait-on cette question ? Ça devait, comme toutes les autres interrogations, débuter vers l’adolescence. Néanmoins, en prenant de l’âge, en devenant adulte, contrairement à d’autres, cette question perdurait. Elle continuait de sagement – ou pas – trotter dans l’esprit jusqu’à ce qu’on se refuse complètement à lui faire face, à y réfléchir. Il est normal, après tout, de vouloir savoir qui nous sommes. Prenons l’exemple de Fuyu, car il serait plutôt déplacé de parler de Finn ou de Naaru. Qui était-elle ? Fuyu Akeno, tout juste. Mais pourquoi donc, lorsqu’on nous demandait qui nous étions, se présentions-nous ? En quoi un simple prénom accompagné d’un nom de famille aiderait à éclairer la lanterne de celui qui nous posait cette question ? Les prénoms, plusieurs pouvaient porter le même. Quant aux noms de familles, ça voulait simplement dire que nous avions des origines, quelles qu’elles soient. Ce pourquoi, quelques enfants ne possédant pas – ou plutôt, ignorant, car il est impossible de ne pas en avoir – leurs noms de familles pouvaient être qualifiés d’orphelins. Ou même, en ces temps sombres, ils pouvaient être nommés d’enfant n’augurant rien de bon, tels des corbeaux, oiseaux de malheur. Ajoutez à cela des pupilles de sang et l’affaire était close aux yeux des habitants de Réveil. Néanmoins, ils seront toujours quelqu’un, même sans nom de famille. En somme, cela n’était pas important. Quoiqu’il en soit, pour en revenir à notre sujet, répondre par son prénom et son nom de famille n’était pas une réponse adéquate. Pas du tout même. Mais alors quoi ? Que devions-nous dire ? De quelle façon pouvions-nous répondre à cette maudite question ? A vrai dire, avoir écrit toutes ces lignes ne m’aide nullement à trouver une réponse pouvant correspondre. Fuyu était une adolescente de quinze ans, une orpheline. Orpheline. Ça dévoilait une partie de son passé et une autre partie de son présent. De façon plus concise, ça répondait plutôt au genre de questions de psychologues. Or, suite à la question posée en début de paragraphe, nous n’étions nullement censés donner des informations personnelles. Pas trop du moins. Que pouvait-elle bien dire sur elle qui, sans en dire trop, en dira tout de même assez ? On pouvait simplement s’énerver. C’était la méthode la plus simple pour fuir cette question. Pourquoi s’irriter ? Soit parce que cette question nous rappelle de mauvais souvenirs, soit parce que nous nous sommes déjà posé cette question mais que nous n’avons pas trouvé de réponse malgré le temps nous ayant été accordé, soit aussi et simplement parce que cette question amène notre cerveau à travailler plus rapidement. Dans ce dernier cas, le stress monte et le rouge aussi, ce-dernier venant colorer le visage, principalement les joues. Pourtant, c’était l’une des seules réactions pouvant être acceptables. Effectivement, si nous n’avions pas quoi répondre, alors autant éviter de répondre. Au lieu de se méprendre soi-même et d’entraîner notre interlocuteur dans l’erreur, mieux valait se défiler tout bonnement. Ce n’était pas lâche, ça pourrait même être noble. D’autres ne répondraient pas, riraient. Les poètes pourront dire qu’ils sont une âme en quête de liberté. Les sages diront qu’ils sont un esprit en attente de plus de savoir. Les philosophes se contenteront de clamer qu’ils sont une âme perdue, errant dans une enveloppe corporelle leur ayant été attribué par je ne sais quelle force supérieure. Les romantiques diront qu’ils ne sont que des personnes attendant l’aventure, la réelle romance. Les simples d’esprits diront qu’ils sont eux, ne chercheront pas midi à quatorze heures et au fond, ne prenant même pas le risque d’être contredits. Après tout, si nous n’étions pas nous, qui étions-nous ? Les réactions tout comme les réponses pouvaient être diverses. Finn, par exemple, pourrait prétendre être un déchu. Qui comprendrait ? Ce serait un bon moyen de faire taire les curieux. Après tout, il était bien cela, un déchu. Un Bakerville. Un rejeté par plusieurs. Mais, encore une fois, cela reviendrait à donner son nom de famille. Répondre à cette question est un réel casse-tête et d’ailleurs, Fuyu ne savait même pas pourquoi elle avait posé cette question à Naaru. Elle n’avait rien à savoir sur lui et elle ne désirait pas qu’il se méprenne sur ses intentions. Elle aurait mieux fait de tenir cette langue celle-là, mais de toute façon, il aurait été impossible de la faire taire une fois qu’elle eut en tête cette idée de questionner le brun. Tout comme elle avait trouvé le courage de menacer Finn alors qu’elle mourrait d’envie de se blottir dans ses bras, l’autre fois. Tout comme elle l’avait incité à dévoiler son identité. Sauf que là, elle avait fait bien fort en demandant à Narru qui il était. Mais nous reparlerons de sa bêtise un peu plus tard.
Qui est-tu, Fuyu ? Je suis tout ce que tu ne vois pas.

De toutes les réactions citées plus haut, Naaru choisis celle de la colère. Il répondit plus ou moins brutalement et Fuyu comprit qu’elle aurait réellement mieux fait de ne pas tenter d’engager la conversation avec lui. Pourtant, elle ne regretta rien du tout. Elle n’était pas vraiment du genre à regretter, vous le comprendrez au fil des paragraphes – quoique. Néanmoins, quand ça lui arrivait de culpabiliser, elle préférait encore le faire silencieusement, se torturant l’esprit sans se donner une chance pour se rattraper. Elle était comme ça. Elle était Fuyu. Elle. Toutes ces multitudes facettes qui ne sont visibles qu’à peu de gens. Qui était-elle ? Une idiote, vulnérable et un peu beaucoup trop sensible. Voilà, ça répondait plutôt bien à la question, non ? Elle s’en fichait que l’on soit d’accord ou pas avec elle, à son avis, c’était ainsi qu’elle était. Et encore, je vous ai épargné d’autres formes de rabaissement. Se sous-estimait-elle ? Ne serait-ce pas les autres qui la surestimer et elle qui ne faisait que s’estimer à sa juste valeur ? Allez savoir.
Quoiqu’il en soit, pour en revenir à Naaru, après avoir répondu, il la fusilla un bref instant du regard avant de se relever et d’ensuite se diriger je ne sais où. D’accord. Fuyu poussa un profond soupire d’exaspération face à cette attitude. Elle n’attendit d’ailleurs pas plus longtemps avant d’aller vers son grand-frère. L’autre occupait encore ses pensées, mais pour l’instant, elle préférait l’en exclure. Ou du moins, elle tentait de le faire. Qu’avait-elle fait de mal, après tout ? Rien à ce que je sache. Elle avait posé une question, il y a avait plus ou moins répondu – sans rien apporter de nouveau, mais bon, cela demeurait une réponse et la demoiselle le respectait – et voilà. Ce qui l’embêtait ? Sa réaction infantile. Mais pour cela, elle n’avait vraiment pas son mot à dire. Avait-il pensé qu’elle désirait en connaîtrai un peu plus sur sa personne ou peut-être sur son passé ? Il s’était alors trompé. Elle n’en avait que faire et n’aimant pas elle-même parler de sa personne ou qu’on la questionne sur les évènements antérieurs à son présent, elle ne se risquait que très rarement sur pareil terrain glissant. Naaru revint rapidement. À quoi il jouait ? Elle tourna son regard vers lui et hocha simplement la tête. Voilà, sujet clos. Il ne savait pas qui il était ? D’accord. Tant mieux. Tant pis. Au fond, ce n’était pas le problème de la demoiselle. Elle aurait essayé de parler, d’engager la constations.

Fuyu écarquilla les yeux lorsqu’une banane partit de la main de Finn pour se diriger vers Nana. Duo explosif, avions-nous dit ? Pas la moins du monde. C’était bien plus. D’ailleurs, peut-être faudrait-il inventer un mot rien que pour les décrire. Non mais sérieusement, si c’était son colocataire, c’est qu’il devait s’entendre avec lui, non ? Est-ce qu’on tirait des bananes sur ses amis ? Eh bah oui. Fuyu n’était pas tant étonnée par ce fait – d’ailleurs, pourquoi le serait-elle ? – que par la soudaineté du geste. Rien de plus. Bon, n’empêche, les bananes, ça peut faire drôlement mal. Néanmoins, lorsqu’elle vit le spécimen rare qui faisait office de compagnon à Finn saisir l’objet sans autre forme de procès, elle se dit que Finn avait dû calculer cela. Ce même spécimen était agile, rapide, simplement furtif et efficace. Son aîné lui aurait-il tout de même balancé le fruit à la figure s’il ignorait cela ? Peut-être. Peut-être pas. Pour ne rien vous cacher, elle ne se posait même pas la question. En fait, si Finn pouvait qualifier cela d’accès de colère ou quelque chose d’avoisinant, Fuyu se contenterait de dire qu’il avait comme qui dirait « puni » son ami. Comme s’il l’éduquait. Qui était le plus âgé ? Naaru d’après elle. Mais bon, elle ne pouvait pas en être sûre. Dans tous les cas, on aurait facilement dit que Finn se plaisait à l’éduquer ou tout du moins à lui montrer les bonnes manières et à le réprimander lorsqu’il faisait quelque chose de mal. Comme un enfant. Perdue un instant dans ces étranges réflexions, elle finit par être réveillée par un timbre de voix qu’elle avait appris à connaître, à aimer, à chérir et qui ne lui manquait que trop rapidement. Finn. Ah. Naaru Irwin. Irwin. Bizarre ce nom de famille. Était-il vraiment sien ? Sans doute. Encore une fois, Fuyu ne se posa même pas la question. Encore une fois, ce n’étaient pas ses affaires. Encore une fois, elle tentait de se faire toute petite alors qu’au fond, elle ne cessait de rebondir. Elle voulait rentrer chez elle. Tout de suite. Elle voulait s’en aller et les laisser. Elle ne voulait pas embêter l’un ou l’autre avec ses histoires stupides. Elle retournerait voir l’homme qui s’était joué de son corps et de son mental aujourd’hui. Sa décision était d’emblée prise, mais même maintenant qu’elle y réfléchissait un peu plus, elle trouvait que c’était la seule chose à faire. Néanmoins, elle doutait fortement que Finn apprécie cela. Elle n’aurait qu’à rien lui dire. Et puis, il savait mieux qu’elle-même qu’il n’avait aucun mot à dire sur les faits et gestes de la demoiselle. Même si en vérité, il pensait mal. Il suffisait qu’il lui dise qu’il ne soit pas d’accord avec quelque chose pour qu’elle ne le fasse pas. Aussi têtue qu’elle puisse être, sans savoir pourquoi, elle se plierait aux volontés de son ainé si elle estimait qu’il pouvait éventuellement avoir raison. Après tout, il était plus âgé qu’elle et jusque là, il n’avait pas semblé lui voulait du mal.

Tu sais Finn, si je dis qu’une banane fait mal, ça ne veut pas dire qu’une pomme peut faire moins mal. Bon après, c’est juste mon avis hein, tu peux très bien bombarder Naaru, c’est ton problème. Et le sien aussi d’ailleurs.
Pourtant, face à cette scène, Fuyu ne pût qu’étirer ses lèvres en un sourire amusé. En attendant, néanmoins, elle repensa à la réaction de celui des deux bruns qu’elle connaissait le brun. Ne fut-ce pas excessif ? Elle ne devait pas tout saisir. Qu’est ce qui l’avait tant énervé ? Totalement lunatique. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? Aurait-elle apprécié qu’un inconnu lui demande qui elle était ? Allez savoir si elle n’aurait pas giflé son interlocuteur sans même chercher de réponses à cette question – bien qu’elle y réfléchirait une fois seule. Elle était, malheureusement, plutôt impulsive. Alors elle ne pouvait rien lui reprocher. Et sûrement pas sa réaction.

Bon, autre chose maintenant. Pas que l’information venait tout juste d’atteindre le cerveau de la demoiselle, mais en réalité, elle venait de prendre le temps d’y penser à l’instant même. Lorsque Finn lança la banane sur Naaru, ce-dernier s’exclama. Rien de bien étonnant jusque là, nous sommes d’accord ? Bon alors, c’était quoi cette histoire de boudin en combinaison de poussins, sérieusement ? Fuyu n’avait pas réagi. Elle n’avait pas percuté surtout. Il était complètement malade. Fou. Taré. Déjanté. Cinglé. Ce que vous voulez, mais pas normal. Qui était-il ? Elle avait la réponse à sa question. Au fond, qu’il soit Baskerville ou autre, elle n’en avait que peu faire. En revanche, savoir qu’il lui manquait une – voire plusieurs – case était bon à savoir. Comme ça au moins, elle savait à quoi s’attendre. Ce n’était pas faute de l’avoir prévenu, Finn. Oh et perturbé aussi, j’avais oublié.
En quoi est-ce que la banane ressemblait au boudin ? La forme ? Si on veut, oui. La couleur ? Naaru avait émis l’hypothèse de combinaisons de poussions. Ah oui ! Les trucs bidules là devaient être en missions, sous couverture, infiltrés ! Mais oui, bien sûr.

La chronologie des évènements n’y est pas forcément, mais j’ai surtout progressé à la manière dont Fuyu accordait de l’importance aux évènements. Quoiqu’il en soit, elle était désormais debout près de Finn, dans la cuisine. Elle le lui a dit. Elle lui a avoué que ce qui la tracassait réellement était le fait qu’elle n’ait même pas cherché à se défendre. En vérité, elle était en train d’attendre que le « pourquoi » fuse. Que répondrait-elle à cela ? Elle n’en savait strictement rien. Que pourrait-elle répondre ? L’envie ne l’avait pas prise, voilà tout. Disons surtout qu’elle savait à quoi s’attendre et qu’elle n’avait jamais pensé à se défendre contre lui. L’autre fois, il y a bientôt un an, elle avait tenté. Elle s’était retrouvée avec une entaille sur la joue. À cette pensée, elle vint effleurer sa cicatrice du bout des doigts, son regard se perdant dans un vide absolu. Que lui prenait-il ? De nouveau, l’envie de rentrer chez elle la prenait. En vérité, ce n’était pas parce qu’elle ne se sentait pas à l’aise. Juste que chez elle, elle pouvait se permettre quelques caprices auxquels il était totalement hors de question de ne serait-ce qu’y songer en présence des deux hommes. Piquer une crise aurait dû faire partie du programme de l’adolescente. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Finn la laisserait-il rentrer chez elle ? Elle en doutait. Elle savait qu’il pouvait se montre sévère avec elle et, entre nous, elle n’avait pas forcément envie de le voir à l’œuvre, préférant encore se lover dans ses bras qu’avoir à lui tenir tête. C’est qu’elle savait tout particulièrement à quel point les mots qui sortaient de sa bouche pouvaient être aiguisés de façon à blesser les gens. Connaissant et aimant Finn, le blesser pourrait être involontaire. Mais tellement facile. Et une fois le mal fait, les excuses suffiront-elles ? Peut-être pour qu’il lui pardonne, mais sûrement pour qu’elle se pardonne elle-même.

Elle s’attendait à bien des choses. À des reproches en premier lieux. Pourtant, ce ne fut pas ce à quoi elle avait droit. La question de Finn assombrit un bref instant le regard de Fuyu. Hein ? Il lui fallu un moment pour comprendre, pour se reprendre en main. Non, vraiment, elle ne s’était pas attendue à cela. Mais vraiment pas du tout. Est-ce qu’elle regrettait ? Malheureusement, la réponse n’était pas si facile. Ce ne serait pas un oui ou un non, c’était plus complexe, plus sinueux comme chemin. Car d’un coté, oui, elle regrettait. Mais en même temps, elle ne pouvait pas se permettre de regretter tandis qu’elle savait que si la situation devait se représenter, elle agitant sans nul doute de la même manière. Cet homme – cet être, ce monstre, ce que vous voulez – tenait en ses mains les réponses aux questions de Fuyu. Le seul moyen qu’elle les obtienne était qu’elle agisse comme il le désire, qu’elle soit sage et docile. Comme un chien, exactement. Mais comment diable pourrait-elle faire autrement ? Si elle se rebellait, elle n’aurait jamais ses réponses. Si elle ne les avait pas, elle ne comprendrait pas. Si elle ne comprenait pas… Dieu seul sait ce dont elle pourrait être capable de faire. Elle n’aimait pas ne pas comprendre et sa nature mesquine mais calme pourrait vite – très vite, voire même trop vite – changer. Son esprit se perdit dans ce chemin étrange, tellement étroit. Il se contorsionnait pour tenter de saisir une réponse. Une réponse présentable qu’elle pourrait donner à Finn. Elle aurait mieux fait, une fois encore, de ne rien dire. Pourquoi était-elle venue ? Pourquoi n’avait-elle pas continué son chemin ? Pourquoi n’était-elle pas rentrer chez elle ? Pourquoi n’avait-elle pas cherché, comme elle le faisait parfois, à se divertir autre part, avec d’autres personnes ?
Les lèvres chaudes se posant sur son font la firent cligner des yeux. Ah oui. Avant de faire allusion à Naaru et de demander à Finn de s’occuper de lui, elle lui saisit le poignet et, plantant son regard dans le sien, murmura quelques mots.

– Oui, je regrette. Pourtant, si la situation venait à se représenter, et ça se produira, j’agirai de la même façon sotte.

Bizarre. Cette voix détachée. Presque froide. Presque méchante. Mais pas froide. Pas méchante. Juste détachée. Comme si, tout d’un coup, ce n’était pas d’elle dont il était question. Comme si ça ne la concernait plus le moins du monde. Comme si elle parlait de quelqu’un d’autre, mais à la première personne du singulier. Son regard ne s’était pas durcit, il s’était juste un peu plus perdu. Perdu. Elle, par exemple, était totalement perdue. Perdue entre le désir de s’en aller, le désir de rester, le désir de sourire, le désir de pleurer, le désir de crier, le désir de mourir, le désir de cesser de survivre, le désir de vivre. Perdue dans un méli-mélo de réflexions que ne se faisaient pas tous les orphelins. Mais qu’elle se faisait, elle. Parce qu’elle savait que c’est tout ce qu’elle méritait. Parce qu’elle pensait avoir fait quelque chose de mal. Parce qu’au fond, peut-être qu’elle n’avait pas tort. Elle était persuadée d’avoir mal agi. Quand ? Peut-être il y a de cela bientôt quinze ans, le jour même de sa naissance. Peut-être aurait-elle dû y rester, ce jour-là. Elle n’en savait rien. Et là, les doigts serrés autour du poignet de Finn, elle n’y pensait pas trop. Elle ne pensait à rien. Elle avait mal à la tête, c’est tout. Elle ne voulait plus rien dire. C’est bon. Pour l’instant, le sujet était clos. Il suffirait qu’elle reporte son attention sur le brun pour que l’envie de tout déballer et de cesser ses énigmes lui revienne. Mais là, tout de suite, elle ne voulait plus rien savoir, plus rien dire. Pourquoi ne pas juste tout déballer, débitant à toute vitesse des mots qui ne passeraient pas même par son filet de réflexion ? Juste dire ce qui lui passait par la tête, quitte à passer pour une sombre idiote quelques secondes après. Ou quelques minutes, ça dépendait l’allure à laquelle sa réflexion se soumettrait de nouveau à des désirs pour le moment terrés au fond de l’esprit de l’adolescente. Pourquoi ne pas juste dire que cet homme l’avait agressée un jour, avait accusé sa mère, lui avait entaillé la joue et s’en était allé pour revenir aujourd’hui et jouer de son corps un peu plus longtemps, un peu plus sérieusement. Pourquoi ne pas juste dire qu’il lui demanda de revenir pour en savoir plus. Pourquoi n’arrivait-elle pas à dire cela ? Pourquoi n’arrivait-elle pas à sortir ces fichus mots du seuil de se pensée ? Et ce n’était pas faute de ne pas hurler intérieurement tout cela.
Clignant des yeux, elle eut l’impression qu’elle resta perturbée pendant des heures. Pourtant, à peine quelques secondes s’écoulèrent. Elle ne laissa pas réellement le temps au brun de répliquer, lui lançant qu’il devrait s’occuper de son colocataire. C’était la seule chose lui ayant traversé l’esprit pour signifier à son grand-frère qu’il ferait mieux de ne rien dire de plus dans l’instant, de juste réfléchir ou même pas. Elle lui redonnerait l’occasion de parler. Pour une fois, elle ne se privait pas d’exiger le silence ou, d’au contraire, intimer qu’on lui réponde. Si Finn s’énervait, il le montrerait. Mais pour le moment, il n’y avait vraiment pas de quoi s’irriter.

Finn se dirigea alors vers Naaru tandis que Fuyu observait un mur, l’air ailleurs un instant. Elle poussa un soupire inaudible et se saisit de la tasse encore fumante de son aîné. Qui part chasser le spécimen boudinophobe perd sa tasse, tout juste. La demoiselle trempa ses lèvres dans le breuvage qu’elle vida à moitié. Elle reposa ensuite la tasse. Pas de témoins, ce n’était pas elle. Après quoi, elle tendit l’oreille pour écouter ce que venait de dire Finn à ce qui semblait, en ce moment, plus être son animal de compagnie qu’autre chose. Elle se mordit la lèvre inférieure, réflexe qu’elle avait pour se retenir de rire et mordit d’ailleurs nettement plus fort lorsqu’elle entendit le grognement de l’autre homme. Elle qui, il y a même pas une minute, était limite dépressive. Non mais vraiment.
Elle ne bougea pas d’un iota lorsqu’elle vit Naaru se saisir d’un coussin pour frapper Finn. Et hop, un deuxième coup. Enfin quelqu’un qui comprenait ! Pourquoi lancer des objets alors qu’on pouvait les garder en mains pour frapper et refrapper ? Non mais sérieusement, il ne fallait pas être un génie pour le prouver. Et, sans vouloir vexer le brun, bien sûr, l’Irwin venait de le prouver. Tout à fait, en quelques secondes à peine. Le rire cristallin de la demoiselle se fit entendre sans peine ; pour le coup, Finn l’avait bien cherché. Quoiqu’il en soit, trop occupée qu’elle l’était dans sa contemplation, elle ne vit pas un autre coussin foncer droit sur elle. Résultat ? Pas d’esquive miracle, elle ne se baissa pas super rapidement ou ne sauta pas assez haut pour l’éviter. Du tout. Elle se le prit en pleine face, exactement. Sonnée, elle lança un regard faussement boudeur vers Naaru qui, avec d’un clin d’œil, venait de l’inviter au jeu. D’une façon ou d’une autre, ne cherchez même pas à comprendre comment elle avait réussi à saisir tout le sens des mots du plus âgé. Eh bien oui, en temps normal, après s’être pris un oreiller en pleine figure, on met un certain temps à reprendre tous ses esprits. Ou pas.
L’air innocent, elle mit ses mains derrière son dos – l’oreiller avec elle, il en va de soi – et s’approcha des deux hommes. L’un étant assis, l’autre debout. La cible la plus facile ? Celui assis, car elle le surplombait du haut de son mètre et quelques. Et puis, l’autre debout en question était Finn. Son adorable grand-frère chéri. Pourtant. Pourtant, brusquement – mais loin d’être brutale –, elle vint écraser le pauvre oreiller sur la tête de Finn. Enfin, sur sa nuque, mais il avait qu’à être plus petit aussi. Et puis elle s’éloigna, se faufilant de l’autre coté du canapé pour aller s’asseoir. Un instant, elle réfléchit. L’instant d’après, elle envoya son coussin valser contre la figure du brun debout tandis que son autre main se saisissait d’une autre arme blanche – le coussin n’est pas une arme blanche, dites-vous ? Il devrait – qu’elle envoya, malgré la courte distance, contre Naaru. Pour esquiver, il pouvait faire n’importe quoi. À commencer par pencher la tête, voire parer d’un autre coup ou se baisser. Elle réfléchissait à une stratégie tandis qu’elle vint détailler Finn. Un sourire accroché aux lèvres, elle articula un simple mot. Et puis, elle détourna les yeux vers l’autre taré.
Quel fut ce mot ? Pardon.

Pourquoi ? Pourquoi avoir dit cela ? Pour tout. Pour être venue et donc s’être immiscée dans l’appartement, pour avoir fait son enfant pour parler, pour n’avoir dit que trop peu de choses, pour en avoir trop dit – pas assez pour lui, beaucoup trop pour elle –, pour avoir énervé Naaru, pour ne pas comprendre, pour être bête parfois, un peu beaucoup trop d’autres fois.

Pardon pour tout. Même si tu ne comprends pas, ça ne fait rien. Pardon d’avoir été moi, peut-être. Pardon de ne pas comprendre. Pardon de ne pas être celle que l’on veut que je sois. Pardon aussi de ne pas juste sourire et rire, comme le feraient d’autres de mon âge. Pardon d’avoir été responsable d’un passé qui influence irrévocablement sur mon présent. Pardon de ne pas avoir compris jusque là, en fait. Pardon de ne pas avoir compris que je ne m’amuse pas pour oublier, mais qu’en fait, tant vous avez réussi, Naaru et toi, à me donner envie de jouer, je suis surtout en train de m’obliger à oublier. Oublier pour ne pas regretter. Oublier pour profiter.
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   19th Janvier 2013, 07:01

Énerver Finn amuse Nana au plus haut point. Et il le montre, ce qui en retour ne manque jamais d'énerver un peu plus son contractant. Le serpent se mort la queue et, en fait, souvent pour se calmer il est finalement obligé de s'isoler loin de l'animal. Ou de réussir à le faire partir bouder d'une manière ou d'une autre. Des excuses? Allons, il n'en aura jamais et ne les cherche même pas. Il faut avouer que se défouler sur Naaru, c'est quand même plus drôle. Le Chain n'a jamais eu de mal à quitter la scène quand le vent tourne en sa défaveur ou qu'il en a tout simplement marre. Le Nana réagit par impulsions la plupart du temps. Comme là, si d'un coup il a décidé qu'il avait faim, alors il va dire qu'il a faim. La banane ne semble pas à son goût mais alors ça, son contractant s'en fiche complètement.

- Ramène-moi de la nourriture, pas ces espèces de boudins en combinaison de poussins !

Boudins en ... Quoi ? Oh stop, ne pas essayer d'analyser cette phrase pour en tirer un sens. Surtout pas, il faut savoir faire abstraction de ce que raconte le Chain des fois - souvent - sinon il ne s'en sortira pas.

- Ça se mange. Ça s'appelle un fruit.

Il se paie bien évidemment sa tête une fois de plus, Naaru sait parfaitement ce qu'est un fruit depuis le temps.
Il le sait, n'est-ce pas ? Oui. Oui il le sait. Quand même... Y'a de quoi douter des fois. Bref passons. Le Nana se met à bouder ensuite - victoire - visiblement mécontent qu'on remette en doute sa capacité à assurer la survie de cette pauvre tasse. S'il la tenait normalement, cela n'arriverait pas. Le Chain sait ce qui l'attend s'il venait à la briser de toute manière. Ramasser les débris. Et aller en trouver une nouvelle si jamais il se trouve que son contractant est de mauvaise humeur. Remarquez ce serait un magnifique prétexte pour le virer temporairement de l'appartement et réussir à peut-être parler sérieusement avec Fuyu plus de deux minutes d'affilé. Bien qu'au fond Naaru ne soit pas réellement ce qui les en empêche. Son absence accèlerait juste les choses. Mais hey, rien ne presse. Alors s'il pouvait garder cette tasse en un seul morceau...

– T’es qui toi ?

Drôle comme la question ne fuse que maintenant. Le plus jeune des deux hommes est assez curieux d'entendre la réponse que son Chain a à fournir à cette question, d'ailleurs. Il pourrait très bien répondre normalement par son nom, son prénom et pourquoi pas balancer qu'il est un Chain au passage. Mais avec Nana, il ne faut pas trop rêver. Nana va probablement avoir une réaction parfaitement étrange et imprévue. Une réaction à la Nana quoi.

- Qu'est-ce que j'en sais ?!

Eh bien voilà. Il va ameuter les voisins, à crier comme cela. Nana, Nana, Nana... Finn se contente de hausser un sourcil, habitué aux soudains excès de Naaru qui vient de disparaître dans le couloir. Cela dit, l'adolescente ne l'est pas.

- Ne t'inquiète pas trop de sa réaction.

En plus, il ne faut surtout pas lui parler de tout ce qui peut avoir, de près ou de loin, trait à son passé. Sinon, c'est la crise. Passé que le Chain lui-même ne connait pas. Il ne doit avoir souvenir que de sa vie de Chain. Vis à vis de son contractant, cela n'a pas d'importance. Il a vécu longtemps avant lui et vivra encore plus longtemps après lui, aura d'autres contractants, bref. Leur relation est écrite au présent. Et, en parlant de présent, Nana a peut-être disparu de la scène, mais pas Fuyu. Remarquez si c'était Fuyu qui avait fui pour une raison X ou Y, il aurait cherché à la rattraper.

– Oui, je regrette. Pourtant, si la situation venait à se représenter, et ça se produira, j’agirai de la même façon sotte.

Oh... Sur le coup, ce qui résonne le plus aux oreilles du contractant, c'est le "ça se produira". Comment dans elle y aura droit à nouveau et qui sait - enfin, elle doit savoir - ce qui pourra bien lui arriver à ce moment-là. La sacré contradiction entre le fait qu'elle regrette mais qu'elle recommencerait quand même serait à discuter aussi. Mais après. Après le fait que cela va se reproduire et peut-être bien plus mal se passer. Fait qu'il ne peut décemment pas laisser passer. Quitte à s'attirer les foudres de la plus jeune, il se doit au moins de lui en toucher quelques mots. Reste à savoir comment. Quant au quand, ce n'est pas tout de suite. Elle vient de détourner la conversation. Peut-être en effet serait-il plus judicieux de lui laisser un temps pour oublier tout cela temporairement et revenir à la charge ensuite. Plus tard dans la soirée. Alors d'accord, plus tard et en attendant il va embêter Nana qui est revenu de son exil au fin fond du couloir - et très probablement dans sa chambre en fait.

La réponse du Nana à la provocation ? Eh bien... Un coussin dans la figure. Sur le coup, Finn était en train de faire grandement attention au sort de la tasse qui finit dans des endroits improbables. Du coup le premier coup de coussin l'a rendu perplexe. Le temps qu'il comprenne ce qui lui arrive, un second coussin le frôle et part dans son dos.

- Tu devrais aussi t'occuper de lui !

Mais... Mais non ! Mais il n'a pas le temps de se retourner que, déjà, il prend un coup. Trahison ! Comment ça deux contre un ?

- Y'a inégalité numérique là. Et Nana. Pose. Cette. Tasse.

Parce qu'il n'ira pas la chercher lui-même vu l'endroit où elle se trouve actuellement, parfaitement. C'est Nana, il faut se méfier. Ne pas trop s'en approcher même si là c'est trop tard, il s'est déjà pris un coup. Auquel il va falloir répliquer. Le Nana a déclenché une bataille de polochon et son contractant cherchait un prétexte pour lui taper dessus ça tombe bien - ok il ne cherchait plus mais puisque l'occasion se présente, autant en profiter. Et Fuyu ? Fuyu aussi prendra. Mais moins fort que Nana, Fuyu n'est pas un Chain, Fuyu n'est pas entrainée, il faut faire attention contre Fuyu. Retenir les coups, ce qu'il n'a pas l'habitude de faire. Grosse brute. Bref, juste le temps d'attraper un coussin pour lui-même et de l'écraser sur la tête de Naaru - non pas l'envoyer ou donner un coup mais bien l'écraser pour être sûr d'atteindre sa cible - qu'il s'en prend déjà un deuxième de la part de Fuyu. Non mais eh ! Bon au moins l'instant d'après elle en envoie un contre Nana. Son contractant en profite pour lui asséner un coup - un vrai - de coussin sur le ventre. Ou quelque part par là, il n'a pas spécialement cherché à viser sur son Chain, juste à le toucher. Deux coups pour le prix d'un. Au passage, il en profite pour répondre par un sourire aux excuses de la jeune fille. Qui n'avait pas à s'excuser, mais qu'il accepte néanmoins. Puis il lui donne un coup de coussin à elle aussi - plus gentiment bien entendu -, comme ça il a rendu tous ses coups et il peut se concentrer sur sa cible principale : le Chain.
Sans entrer dans les détails, il se peut qu'à un moment il ait essayé de lui faire manger le coussin. Comprendre qu'il lui a foutu dans la figure sans trop de délicatesse. Enfin Nana sait très bien qu'il n'a pas - pas trop du moins - à retenir ses coups sur son contractant non plus. Il en a aussi donné à Fuyu, toujours en faisant plus attention. Si jamais Naaru le remarque, il pourra crier au favoritisme et ce sera justifié. Par contre, chose qu'il devrait garder à l'esprit mais ne fait pas, c'est qu'ils sont en train de causer un joyeux bordel. Au milieu de la nuit. Il ne serait pas étonnant que quelqu'un vienne toquer à la porte sous peu.
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   1st Mars 2013, 06:56

[HRP=Deux mois.... Pas taper T_T]

Nana était un être étrange. Pas dans le sens étrange comme bizarre... enfin si peut-être aussi dans ce sens-là, mais surtout par le fait qu'il était dérangé. Il me savait pas faire face à telle crise ou telle autre, et se contentait de voir ce que le présent lui offrait. Ou lui balançait à la figure. C'était d'ailleurs plutôt ce deuxième cas de figure qui se répétait. Il se prenait des phrases dans la figure, et les paraît avec tranquillité ou bien violence. Ou bien, parce qu'il excellait dans cette catégorie, restait tout simplement indifférent. Qu'importe, le Nana actuel restait rivé sur l'objet non identifié communément appelé banane qui avait lui aussi manqué de peu sa figure. Mais le chain, en possession de ce que l'on appelle une main, a rattrapé la chose avant le drame. Réflexe sans doute un peu trop puissant, le principal était pour lui d'observer l'objet ayant fait irruption dans sa vie. Une banane. La morphologie était beaucoup trop proche du boudin. Peut-être que la banane était un boudin malade. Atteint de la fièvre jaune. Même si cette fièvre ne rend pas les gens jaunes. Pour Nana, c'était une façon d'expliquer la création de cette chose. Même si cela n'expliquait pas la création du boudin. Pourquoi cette chose était-elle née ? Qui avait eu la malicieuse idée de faire rôtir du sang et de ne pas trouver autre chose qu'un morceau de boyaux, qui, précisons-le, se trouve être l'une des parties les plus sujettes aux bactéries diverses et variées. La première personne à avoir testé cette histoire-là a bien dû y laisser la vie, sans aucune autre façon que ce soit. D'où le fait que le boudin soit mauvais pour la santé, en plus de son mauvais goût et sa texture assez particulière. Les humains étaient bien dérangés pour vouloir manger du sang et non pas ne boire. Sachant que boire du sang n'est pas vraiment adressé à une grande partie de la population, mais plutôt à un coin de la littérature fantastique. Bref.

- Ça se mange. Ça s'appelle un fruit.

Nana releva la tête vers son interlocuteur. Un fruit. Bien sûr qu'il le savait. C'était un fruit, tout ce qu'il y a de plus idiot. Oui, ça se mangeait, ça aussi il le savait. Mais lui ne voulait pas manger ça. Il voulait les bons petits repas préparés par son gentil contractant. Gentil contractant. Hein qu'il ferait la cuisine ? Ce n'était rien d'autre qu'une gourmandise abjecte et égoïste. Tout Nana quoi. Il ne voulait pas déguster cette banane tout droit sortir de la coupe de fruits un peu plus loin. Ou bien seulement une fois cuisiné. Nana n'était pas vraiment fameux du mélange sucré salé. Principalement à cause de son dégoût pour le sucre en vérité. Il ne savait pas ce qu'il manquait. Vraiment pas. Mais essayez de raisonner un chain sur de la nourriture, l'une des choses les plus inutiles et dénuées de sens qu'un chain puisse avoir. Franchement. Vous risqueriez de vous heurter à un mur. Et à un mur épais. Et je ne parle pas des dommages à l'arrivée. Mieux vaudrait prévoir de bons airbags.

C'était bien beau tout ça. Mais l'esprit un peu occupé de Nana ne prit pas tout de suite en compte la phrase de Fuyu. Et évidemment, surpris par cette nouvelle question, le chain eut tendance à mal interpréter et parti idiotement dans sa chambre, se punissant lui-même pour son attitude. Qui était-il ? Il était inutile de relancer le débat. Il était lui, rien d'autre. Mais qui était lui ? Une grande question de philosophie qui mériterai le détour. Un jour, Nana avait acheté un livre de philosophie. Au final, il s'est trouvé encore plus embrouillé dans ses jugements. Bien évidemment, tout ceci parlait uniquement des humains. Et Naaru trouvait déjà les humains compliqué. Après cette étude approfondie, le chain avait fini par remballer toute sa paperasse et avait abandonné ses recherches sur le phénomène humain. Un jour lui aussi écrirait un livre sur le chains. Montrerait qu'ils sont -pour la plupart- doués d'une conscience propre, savent donc réfléchir, mais sont incapables de reconnaître une émotion sans l'avoir vue ou vécue. Si, lui connaissait bien plusieurs sentiments à son retour dans ce monde. Ce que les humains appelaient colère, mépris, et encore d'autres basé sur le même champ lexical. Et alors, où en était-il à présent ? Connaissait-il plus de choses ou bien stagnait-il toujours ? La question méritait d'être posée. Après tout, il s'était lui-même exilé dans sa chambre. Et s'il continuait ainsi, il finirait par se morfondre dans l'Abysse. Ce qui, en somme, n'était pas la meilleure des idées.

Alors, le Nana international sorti de sa chambre et reparu. Les deux petits enfants discutaient toujours, mais ne manquèrent pas de le voir revenir. Et alors, l'autre là, le colocataire, vint l'embêter, lui. Et lui, en réponse ? Il lui envoie un coussin. Parce que le chain s'ennuie rapidement. Et ce qui reste le plus intéressant et amusant pour Naaru, ça reste la bataille. Avec du sang ou non, il s'en fiche. Alors, il adapte ses coups aux humains. Pas de sang, pas d'arme. Juste des polochons. Et comme c'est son contractant, il met les bouchées doubles. Pas qu'il se fiche de le blesser. Peut-être un peu quand même. Enfin... il savait que Finn était beaucoup plus fort qu'il n'y paraissait. Parce que niveau physique... voilà. Le fait que le chain le dépassait d'une tête voulait dire beaucoup de choses. En même temps, Nana n'était pas petit. Il n'empêche que pour lui, toute chose humaine ou non, plus petite que lui était automatiquement rétrogradé au stade « petit » et donc « enfant ». Fuyu en faisait évidemment parti, même s'il n'osait pas vraiment le dire à l'oral. Par politesse ? Non, il ne voyait juste pas l'intérêt là-dedans. S'il trouvait un endroit où placer sa phrase, il la placerai. Il était honnête. On lui posait une question, il répondait. Il avait fait une exception une fois. Une seule fois. Et ne la referai plus. Jamais. Normalement, les humains mentaient pour sauver leur peau, ou se vanter. Nana n'était pas vantard. Et il avait tendance à chercher la bagarre plutôt qu'à l'éviter.

Le combat avait commencé, et Naaru voulut faire entrer la petite demoiselle dans leur jeu. Et puis, il avait compris qu'il y avait quelque chose qui clochait chez elle. Il n'aurait pas su dire quoi, mais il y avait, de toute évidence, un truc. Alors, il n'allait pas la laisser se morfondre dans son coin. Peut-être que ça allait l'amuser, elle aussi. Et puis, il n'était jamais trop tard pour montrer sa suprématie à son contractant par la persuasion sur autrui. Et ça eut l'air de marcher. Bientôt Fuyu prit part à la jolie mascarade. En plein milieu de la nuit. Si c'était pas beau.

- Y'a inégalité numérique là. Et Nana. Pose. Cette. Tasse.

Nyark. Ça, ça voulait dire, « cause toujours tu m'intéresses ». Naaru était tout à fait capable de tenir une tasse et d'asséner des coups de coussin dans la figure, comme d'en recevoir. Et pour s'en recevoir, il s'en reçut. Principalement par Finn, qui ne se retenait visiblement pas non plus, quelquefois par Fuyu. Enfin, au bout d'un moment il ne savait même plus. Peut-être que ce n’était que Finn. Mais il avait des doutes. Il souriait, et ça suffisait pour l'amuser. Finalement, il fut forcé de poser la tasse, tout en se prenant plusieurs coups de coussins. C'était marrant. Et puis, au bout d'un moment, on sonna à la porte. Ignorant dans un premier temps cette sonnerie énervante, ce fut en revanche pour cette dernière raison que le chain finit par se lever et marcha avec nonchalance vers l'entrée. Il ouvrit la porte, le coussin toujours à la main. Il lâcha ce dernier qui tomba sur le sol et passa ses mais dans ses cheveux pour refaire sa coupe. Devant lui se trouvait le voisin du dessous. Il le reconnaissait aisément, avec sa bedaine remplie et son allure un peu noble. Il avait un visage rond et le crâne bien velu. Enfin, Nana était persuadé qu'il ne s'agissait que d'une perruque. Un jour, Finn lui avait dit qu'en général, ça ne servait à rien de parler le premier quand des gens venaient. Qu'ils parleraient d'eux-mêmes. Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu tort. Il se tut donc et laissa l'homme parler à sa place.

Ce fut le monologue le plus ennuyant et le plus dénué d'idées que Nana ait connu. À la fin, le chain lui lança un regard totalement désabusé. Et le monsieur recommença à gausser dans son coin. Ce qui eut le don d'énerver un temps soit peu le Nana. Et le Nana énervé est une race ma fois plutôt imprévisible. Dans l'instant, il voulait simplement que l'autre ferme son clapet une bonne fois pour toute. Alors ? Alors Naaru prit le coussin par terre, le tendit en silence à son opposant, attendit quelques secondes, leva le pied droit et posa ses mains de chaque côté de l'encadrement de la porte. Il prit alors rapidement appui sur les bords de la porte et propulsa son corps, plus précisément son pied, en plein milieu du coussin, droit sur le ventre du monsieur. Ce pauvre bonhomme venu se plaindre s'envoya balader trois mètres plus loin, stoppé par la porte opposée du bâtiment, qui subit une légère incurvation. Sous le choc, le pauvre monsieur perdit connaissance. Et Nana, lui, n'y comprit pas grand chose. Il ne savait pas les humains aussi fragiles. Il avait pourtant bien mis le coussin pour le protéger. En tout cas, le monsieur était effectivement chauve. Sa perruque gisait un peu plus loin. Bref, il fallait régler un léger détail à présent. Nana, en gardant son regard sur l'homme à terre, décala légèrement la tête et appela :

-Finn, nos voisins d'en face sont bien partis en vacances, hein ?

Non, parce qu'il ne voulait pas se faire autrement embêter par d'autres personnes. Il réglerai le problème de la porte plus tard. Il alla alors vers l'homme à terre, récupéra son coussin et préféra simplement refermer la porte pour éviter à Finn d'aller fouiner dehors. Ou même à la jeune fille.

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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   15th Mars 2013, 05:39

On dit qu’il faut laisser du temps au temps. Le problème, c’est lorsqu’on manque de ce même temps. On dit aussi qu’il faut laisser les plaies se refermer à leur rythme, qu’il faut laisser la souffrance se dissiper avec l’écoulement des heures, des jours ou peut-être même des mois. Lorsque Fuyu avait perdu son père, elle avait bien sûr compris que la souffrance persisterait encore bien longtemps en elle, l’agitant de toute part au moindre souvenir qu’elle aurait de lui. Qui plus est, ce même jour fut le jour où avait choisi le jeune homme pour la prendre comme proie. Pourquoi ? À cause de sa mère. C’était tout ce qu’il avait daigné lui dire, l’insultant au passage de je ne sais quel nom d’oiseau. Mais aujourd’hui, de tout cela, elle s’en fichait pas mal. Tout ce qui comptait désormais était le fait qu’elle se sentait comme liée à lui. Elle avait l’impression qu’elle lui devait quelque chose – alors qu’au fond, ce n’était certainement pas le cas. Mais alors qu’il y a moins de deux heures, il lui avait proposé de revenir pour aller cette fois-ci au bout de son geste, elle ne savait plus ce qu’il représentait exactement pour elle. Devrait-elle y aller ou plutôt ne pas y aller ? Dans un état dénué de quelconque sobriété ou lucidité, elle avait commencé à marcher, à vouloir se perdre aussi bien dans les rues de Réveil que dans ses pensées. C’est alors qu’elle prit conscience du fait qu’elle se trouvait près du bâtiment de Finn. Et pourquoi pas, tant que nous y sommes ? Alors voilà, sa décision vite prise, elle alla toquer à sa porte.
Oublier. Elle voulait oublier. Pas parler de ce qui venait de se passer. Pas déballer son passé. Pas se confier. Elle n’avait, actuellement, pas besoin de tout cela. Peut-être qu’un jour, elle se confierait à Finn. Ou peut-être qu’elle n’en ferait rien. Elle n’en savait trop rien et elle n’avait de toute façon pas encore réellement réfléchi à cela. Ce qu’elle désirait, c’était oublier. Se changer les idées. Peut-être dans l’espoir secret d’aller mieux, de ne plus avoir à ressasser ses souvenirs. Mais comment oublier ? Bien sûr, il va de soi qu’elle n’espérait qu’un oubli temporaire. Parce qu’oublier pour de bon, non seulement il lui faudrait un sacré coup sur la tête, mais en plus de quoi, elle ne voulait vraiment pas. Oublier cela reviendrait à oublier l’une des plus importantes parties de son passé. Et même si elle était dans un état plutôt lamentable, la jeune fille gardait la tête sur les épaules ; sans passé, il n’y avait pas de futur. Et ce futur, elle l’espérait. Bien qu’elle n’y pensait pas. Pas du tout en fait. Elle vivait au jour le jour, sans trop réfléchir. Ce n’était pas pire hein, mais elle espérait tout de même qu’elle aurait un futur.
Une nouvelle fois, alors que son poing demeurait hésitant devant la porte de son grand-frère affectueusement attitré, elle se demandait comment diable pourrait-elle oublier. Soudain, alors qu’elle toqua, décidant d’y réfléchir plus tard, la réponse lui vint. Comme quoi, il suffit parfois de lâche prise pour avoir ce que l’on désire. Et là, ce qu’elle voulait, c’était une réponse. Comment oublier ? En s’amusant. Alors qu’elle découvrit Naaru, elle eut l’impression que ce serait peut-être possible. Même si bon, il avait vraiment un comportement des plus particuliers. Surtout après le fait qu’il se soit retiré dans sa chambre ou que sais-je encore. Finn l’avait prévenue, alors Fuyu ne s’en étonna pas trop. À vrai dire, il est fort possible que l’amusement n’existe que pour pouvoir créer l’oubli. Pouvoir s’amuser, pouvoir sourire et rire sans garder à l’esprit que nous sommes des idiots qui ont bien plus de raisons de pleurer que de rire. En même temps, si chaque petite excuse devenait une justification acceptable pour pleurer, nous ne sommes pas, mais alors là vraiment pas sortis de l’auberge. Néanmoins, il reste plusieurs façons de s’amuser. Boire pour certains, s’adonner à des activités charnelles pour d’autres. Chacun son style, en quelque sorte. En même temps, ça dépend des âges. Enfin, bon, l’âge de la jeune Fuyu ne l’avait pas empêché de déjà boire. Mais sans non plus exagérer, car elle ne trouvait pas ça bien jouissif. N’empêche, entre ça et s’amuser avec des hommes plus âgés qu’elle, il aurait été plus judicieux qu’elle se mette à boire. Aussi, si elle avait connu Finn plutôt peut-être ne serait-elle pas devenue ce qu’elle était aujourd’hui. Peut-être qu’elle se serait confiée à lui au fil du temps. Peut-être se serait-elle sentie mieux. Mais comment lui parler de cet homme ? Comment lui dire qu’elle voulait faire ce qu’il lui demandait, ce qu’il attendait d’elle ? Elle avait beau ne pas avoir froid aux yeux habituellement pour dire aux gens leurs quatre vérités en face, cela n’empêchait que lorsqu’il s’agissait d’elle, elle était nettement moins bavarde. Au mieux, elle deviendrait rouge comme une pivoine. Dans le pire des cas, eh bien... Elle préférait ne pas trop y penser. Elle ne voulait pas lui en parler et c’est tout. Pas encore. Elle était là pour s’amuser. Pour oublier, en somme. Comment elle avait l’intention de s’y prendre, elle ne savait pas encore trop comment. Mais elle avait l’étrange impression que la bizarrerie qu’était Naaru allait peut-être pouvoir l’aider. Lui, il ne chercherait pas à comprendre étant donné qu’il ne la connaissait pas. Et même si ça lui faisait, d’un certain coté, plaisir que Finn s’inquiète pour elle, pour le moment, elle préférait faire comme si de rien n’était. Le brun avait semblé comprendre qu’elle n’était pas d’humeur à continuer leur petite conversation. Tant mieux.

À un moment donné, lorsque Naaru se retira, Finn dit à la petite de ne pas s’inquiéter de sa réaction. Elle ne répondit pas, ne fit rien. Mouais.
Pour reprendre là où nous nous étions arrêtés, Finn attrapa rapidement un coussin pour l’écraser sur la tête de son ami. Et il en profita d’ailleurs pour lui asséner un autre coup, au niveau du ventre. Bizarrement, ce coup semblait nettement plus violent. Fuyu ne nota néanmoins nulle grimace de la part de l’autre brun. Il n’avait donc pas mal ? Elle avait récemment appris l’existence des Baskerville dont elle ne se doutait pas le moins du monde, n’ayant jamais prêté grande attention aux racontars autour d’elle – et, tout compte fait, elle aurait peut-être dû – alors pour ce qui est des Chains, elle ignorait jusqu’à leur existence dans les contes. Donc, elle ne pouvait, pour le moment, se douter de rien. N’empêche, avec le peu d’informations qu’elle avait, elle tentait de savoir pourquoi Naaru était si agile et avait de si bons réflexes. Après, bah... Bah Fuyu ne suivait plus trop, en fait. Tout ce dont elle se rappelait avec clarté était le fait que son adorable grand-frère avait casé quelques mots au beau milieu de cette petite bataille. Comme quoi il y avait inégalité numérique. Fuyu lui lança un regard malicieux avant de lui tirer simplement la langue. Oh, bien sûr, elle s’en fichait pas mal. Finn était assez fort pur lutter contre eux deux – l’excuse ! – alors voilà. En fait non. Nana semblait plus fort que Finn, mieux baraqué du coup et plus agile – bien qu’elle était loin de connaître l’étendue des capacités de Finn, cela dit. Alors voilà, la jeune fille se rangeait du coté du plus fort, na. Pour ensuite se retourner contre lui, le renverser et être l’heureuse gagnante. Ouais bon, ça, elle n’était pas sûre de pouvoir y arriver. Bah, elle aviserait, ça ne faisait rien.
Les coups continuaient de fuser. Que ce soit Finn qui frappait sans ménagement son ami ou ce-dernier qui lui rendait les coups avec autant de force – Fuyu commençait vraiment à se demander s’ils n’étaient pas tout deux bons pour aller faire un petit séjour dans un hôpital psychiatrique, car vraiment, ça ne pourrait que leur faire le plus grand des biens – ou alors les deux hommes qui frapperaient Fuyu avec nettement plus de ménagement ou même encore cette dernière qui leur rendait gentiment les coups ; tout était excuse pour rire. Pourquoi gentiment alors qu’ils ne sembleraient pas se plaindre des coups violents ? Simplement parce qu’elle ne voulait pas. De un parce que sa force était minime et que l’utiliser ne changerait rien et de deux parce que ça demeurait un jeu et qu’elle jouait avec ces deux hommes comme elle aurait pu jouer avec n’importe quelle fille de son âge. Pas non plus qu’elle avait l’habitude des batailles de polochons. N’empêche, elle pourrait bien vite s’y habituer. Oui, voilà donc une excellente excuse de revenir se pointer un beau jour chez les deux jeunes gens. Et sans avoir fait de merveilleuse mauvaise rencontre – quelle oxymore que nous avons là et qui décrit magnifiquement la situation – préalablement.
Les coussins, ça ne faisait pas mal, voilà. Sauf que dans les mains de Naaru et de Finn, ça semblait être dangereux. De vrais gamins, sérieusement. Mais qui étaient vraiment drôles. Même si tout personne lucide aurait dit qu’ils se détestaient en les voyant se battre ainsi, Fuyu avait l’intime certitude qu’il serait difficile d’être plus proche d’une personne que l’était son grand-frère de son colocataire – ou vice-versa. L’amitié était vraiment magnifique. Bien que là, et peut-être l’ai-je déjà dis, cela ressemblait d’avantage à de la fraternité. Cela dit, ça ne retirait rien au charme des deux bruns. Adorables. Ils étaient juste adorables.

Au bout du compte, Naaru avait pris la sage décision de poser la tasse qui menaçait de tomber et de se briser en mille morceaux à tout moment. Fuyu jeta un regard à Finn, histoire de voir s’il serait un minimum soulagé. Elle ne lui connaissait pas cet attachement très étrange pour les tasses. Et, croyez-moi, elle l’embêterait avec cela un moment encore. Enfin, pour l’instant, elle gardait le silence, ne témoignait même pas du fait qu’elle avait noté cette étrangeté chez son grand-frère. Était-ce un comportement habituel pour quelqu’un que de se faire du souci pour ses tasses? Elle ne savait pas trop. Après tout, de sa vaisselle, elle s’en fichait pas mal, elle. Et avant elle, ses parents n’en avaient que trop rien à faire non plus. Bon après, vu que Naaru semblait tout aussi taré que son ami, il fallait dire qu’il était très plausible qu’il ait l’habitude de casser des tasses. Pas malencontreusement, non, mais plutôt pour énerver l’autre. Ha, ce serait drôle à voir. Dans ce cas – et dans ce cas uniquement – Fuyu pourrait comprendre la réaction de son grand-frère. N’empêche, comprendre ne voulait pas dire compatir ; elle allait bien lui ressortir cette anecdote un jour ou l’autre. Pourquoi ? Pour s’amuser, pardi.
Au bout d’un instant, on sonna à la porte. L’adolescente leva d’emblée un regard interrogateur vers le brun. Stupide réaction ; comment pourrait-il savoir qui sonnait ? À moins qu’il attendait quelqu’un, bien sûr. Mais, bon, elle en doutait sérieusement. Ou alors, il était médium ! Cette supposition écartée, elle en conclu que sa réaction fut réellement stupide. Bof, une fois de plus ou de moins, ça irait hein.
Elle se releva, curieuse et ne tentant même pas de le cacher pour pouvoir voir ce qui se passait. Naaru avait relâché le coussin qu’il tenait toujours en main et avait fait glisser ses doigts dans ses cheveux avant d’ouvrir la porte. Il ne dit pas un traitre mot. En revanche, celui qui venait, comme un parfait imbécile, d’interrompre leur partie de plaisir ne se gêna pas. Et, pour cause, il ne voulu pas se taire. Fuyu se relaissa tomber sur le canapé, amenant ses genoux ses à sa poitrine en serrant son coussin contre elle, un sourire las sur les lèvres. Un voisin, elle n’en doutait pas. Ils avaient fait tant de grabuge que cela ? Soit c’était ça, soit l’autre avait une sensibilité de l’ouïe. Dans les deux cas, il aurait pu s’abstenir de se ramener, non ? Fuyu n’avait jamais eu de problèmes avec ses voisins. En même temps, elle doutait du fait qu’ils la connaissent tant elle passait peu de temps chez elle. Du coup, elle ne se sentait même pas responsable du fait que l’homme soit venu faire une leçon de morale à ses voisins. Ce n’était pas elle qui avait lancé la bataille, d’abord. Enfin bon, elle laissa tomber sa tête en arrière en poussant un bruyant soupire, déjà agacée. Si au moins il baissait le temps, histoire que seul Nana soit agacé – tant qu’on peut sauver une vie, on le fait hein. Quoi qu’il en soit, à un moment ou à un autre, son regard glissa sur le coté. Ce canapé. Ce canapé où elle avait échangé un baiser avec Finn. Pourquoi avait-elle fait cela, déjà ? Elle n’eut pas le temps de recoller les bouts de ses souvenirs que les mots cessèrent de découler de la bouche de l’autre idiot là-bas. Pour rependre aussitôt. Elle se leva et se dirigea vers Finn avant de joindre une main à l’une des siennes et d’aller entourer son bras libre autour de sa taille pour pouvoir se blottir contre lui. Un moment de silence. Et puis un bruit sourd. Fuyu leva les yeux vers le brun contre lequel elle était et arqua un sourcil. Qu’est-ce que pouvait bien fichtre Naaru ? La jeune demoiselle avait un mauvais pressentiment et alors qu’elle se décollait de son grand-frère en esquissant un pas sur le coté. Celui qui s’occupait du voisin lança une bien étrange question à Finn qui ne fit qu’augmenter un peu plus la suspicion qu’éprouvait l’adolescente. Pour le coup, elle voulait vraiment savoir ce qui se passait. Mais Naaru revint juste après avoir fermé la porte. Tso.

« Tu l’as pas tué au moins, hein ? »

Les mots filèrent avant qu’elle n’ait pu les retenir. De toute façon, il n’était pas dit qu’elle aurait eu l’envie de ne pas parler. Après tout, c’était une question comme une autre, posée sur un ton sarcastique et accompagnée d’un petit sourire. Plus aimable que ça pour Fuyu, je ne pense pas que ça existe. Néanmoins, c’était censé être moqueur, certes, mais avec Naaru-l’étrange, rien n’était joué. Enfin, il ne l’avait tout de même pas tué. Peut-être amoché, en revanche. Elle relâcha la main de Finn qu’elle avait encore dans la sienne et s’éloigna de quelques pas avant de s’étirer vers le haut et de faire passer une main dans ses cheveux encore mouillés. Elle soupira légèrement en étouffant un bâillement. La fatigue commençait à la rattraper. Elle revint s’installer sur le canapé, l’air de rien, sauf que cette fois-ci, elle s’y accroupit, les genoux serrés, les deux coudes posés sur ses cuises, le visage entre ses mains ouvertes. Elle posa les yeux sur le Baskerville avant d’esquisser un léger sourire et de lancer, laissant percer sa curiosité :

« On vient souvent vous déranger comme ça, Finn ? »

Oui parce qu’il était évident pour Fuyu que c’étaient les voisins qui les dérangeaient et jamais les deux hommes qui dérangeait les autres. Même si bon, comme déjà dit, il était plutôt aisé de les imaginer avoir des coups de gueules et réveiller jusqu’aux habitants des autres paliers. Comme un couple. Couple ? Fuyu se demanda alors si les fameux voisins les avaient considérés comme un couple. Un couple d’homme était-il bien vu ? Elle en doutait, mais trouvant cette pensée puérile, elle décida de ne pas s’y attarder.
Les Baskerville étaient des êtres malfaisants. C’est ce que tous disaient. Et Fuyu n’était pas vraiment de cet avis-là. Elle ignorait tout d’eux et la seule personne Baskerville qu’elle avait côtoyé étant Finn, elle ne pouvait qu’avoir une bonne image d’eux. Cela étant, Finn devait lui-même avoir des facettes de sa personnalité encore inconnues pour la demoiselle. Et d’autres facettes qui demeureront à jamais inexplorées par cette-dernière. Leur relation ne leur permettait après tout pas de connaître tout l’un de l’autre. Pareille relation existait-elle seulement ? Peut-être oui, mais ce n’était certainement pas celle qu’ils entretenaient tous deux.
Et puis, se relevant encore une fois, elle se dirigea vers Naaru avant de se mettre sur la pointe des pieds pour déposer son index sur son front. La tête penchée sur le coté, elle décida de lui poser la seule question qu’elle désirait vraiment lui poser.

« Dis, Naaru, toi aussi tu es un Baskerville ? »
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   1st Mai 2013, 11:33

Le détecteur de catastrophe de Finn ne se calme que lorsque que Nana pose enfin la tasse en lieu sûr. Son détecteur n'aurait pas dû. En fait, il aurait carrément fallu envoyer Nana au lit, l'enfermer à triple tour et manger la clé. Parce que la catastrophe, c'est lui. Du moins, aujourd'hui. Des fois c'est le Baskerville, des fois le Chain, des fois les deux. Souvent les deux en fait, mais bref. Toujours est-il qu'ils se battent donc inconscient du sombre futur qui les attend. Quand soudain, la cloche de leur destin sonne.
Bon arrêtons là les métaphore foireuses. La sonnette sonne, donc. Ce qui est logique, parce que c'est ce que font les sonnettes. Elles sonnent. Quand quelqu'un appuie dessus, il y a donc quelqu'un à la porte. Nana en arrive aux même conclusions puisqu'il va ouvrir. S'en suit une discussion à laquelle Finn tâche de s'intéresser au début avant de vite décrocher. D'autant plus que Fuyu vient lui faire un câlin et que c'est nettement plus intéressant que d'entendre le voisin râler à tout va. Oui, bon, ils ont fait un peu de bruit, d'accord. C'était peut-être pas l'heure de faire une bataille de polochons, on en convient. Mais enfin, il devrait plutôt les féliciter d'avoir été discrets jusqu'à maintenant. Alors non, Finn n'écoute pas et fait juste un câlin à Fuyu en retour. Sans jamais oublier que, tout à l'heure, il l'encouragera un peu plus que ce qu'il a pu faire à se confier. Il n'écoute pas, mais pourtant quand le silence se fait soudain, il dresse l'oreille. Qu'est-ce que fait le Nana ? Trop de silence de sa part, c'est suspect. Et soudain, le bruit. Un choc, et même un choc contre une porte à ne pas s'y méprendre.
Qu'est-ce qu'il a encore fait ? Et qu'on ne vienne pas dire que Finn n'a jamais de raison de s'énerver.

- Finn, nos voisins d'en face sont bien partis en vacances, hein ?

Fuyu se détache du brun, qui en profite pour aller voir de lui-même ce qu'a fait son Chain. Oh pu... Volonté de l'Abysse. Il vient d'assommer le voisin. Et de défoncer la porte de la voisine à moitié. Oh, une perruque. Voilà, Finn le savait que ce type est chauve en vrai. Bref, ce n'est pas le sujet. Il est vivant au moins le voisin ? Le contractant n'a pas encore dit un mot et observe silencieusement Naaru, l'auteur du crime, aller récupérer son coussin comme s'il se promenait au milieu des coquelicots puis revenir dans l'appartement et fermer la porte.
C'est là que le Baskerville sort de sa torpeur et l'attrape par le col pour le plaquer sur la porte en question.

- J'espère pour toi que tu ne l'as pas tué.

Et pratiquement en même temps :

- Tu l’as pas tué au moins, hein ?

Sauf qu'ils ne se préoccupent probablement pas de l'état du pauvre homme pour la même raison. Et Finn espère très franchement que le voisin est toujours vivant.
Parce que sinon, ils sont bons pour changer d'appartement. Parce que maquiller tout ça et croiser les doigts pour que Pandora ne vienne pas fourrer son nez ici, c'est un peu croire au Père Noël. Et puis si Nana croit pouvoir partir comme une fleur sans réparer les dégâts, il se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude.Et après on s'étonne encore que leurs rapports soient aussi... Énergiques ?
Bref, passons. L'adolescente relâche la main de Finn avant de bailler puis de retourner dans le canapé. Scène qui calme le contractant deux secondes avant que son regard ne se reporte sur Naaru.

- On vient souvent vous déranger comme ça, Finn ?

Le brun soupire. Sa vie est trop dure en fait.

- Ouais.

Regard noir adressé à Naaru, alors qu'en fait Finn y est quand même au moins à moitié pour quelque chose à chaque fois. C'est peut-être Nana qui l'énerve, mais c'est lui qui braille le plus fort en général. Ici, son ton quand il s'adresse à Naaru est juste affreusement froid mais pas élevé car il se contient. Histoire de ne pas rameuter de témoins à la scène. Heureusement que les voisins sont effectivement absents ce soir. Et que ceux du dessous semblent avoir un sommeil de plomb. Enfin, sauf celui qui vient de monter.
Il bouge le Chain de la porte pour pouvoir ouvrir, allant ensuite directement prendre le pouls de la pauvre victime, sans oublier de traîner le Nana à sa suite. Miracle, l'homme n'est qu'assommé. Après il y a peut-être des trucs internes comme une hémorragie, mais à camoufler c'est faisable. Des remords dans l'affaire ? Aucun. Déformation professionnelle que voulez-vous. La marche à suivre ensuite germe dans son esprit en deux secondes.
1/ Embarquer la victime pour la remettre dans son appartement.
2/ Casser un truc à côté pour faire croire qu'elle s'est assommée toute seule.
3/ Défoncer mieux que ça la porte de la voisine et l'ouvrir pour faire croire à un cambriolage.
4/ Récoler les remerciements pour avoir stoppé ce même cambriolage au retour de la voisine en question.
Parfait. Il y a même un bonus à la fin. Maman Baskerville serait fière.
Ou pas. Mais elle n'en saura jamais rien alors au boulot. Enfin, avant cela vient la voix de Fuyu :

- Dis, Naaru, toi aussi tu es un Baskerville ?

Bah, la question s'adresse à l'autre. Oui, l'autre et oui il est toujours remonté contre lui. Il n'avait qu'à bien se tenir. Et refermer la porte au nez du voisin comme une personne normale au lieu de lui donner il ne sait quel coup pour réussir à l'envoyer dans la porte en face. Fichu Chain. Une laisse, un collier, une niche et sur paillasson. Un jour, cette menace sera réellement mise à exécution. Pour de vrai. Et la laisse sera trop moche. Et le collier grattera. Voilà.
D'ici à ce que les fantasmes étranges de Finn se réalisent, il y a le temps. Pour le moment, après avoir laissé le temps à Nana de répondre - ou de ne pas répondre -, le plus jeune des deux hommes dit d'un ton beaucoup plus normal que celui employé pour parler à Naaru :

- Tu nous attends deux minutes Fuyu ? On règle le problème dans le couloir et on revient.

On, parce que Nana n'aura absolument pas le choix. C'est ainsi qu'il lui fait porter le voisin - et sa perruque, tant qu'à faire - puis qu'ils descendent à l'étage d'en dessous en s'assurant de ne pas être vus. Ils - enfin Nana - déposent l'homme assommé dans un endroit où il aurait pu s'assommer tout seul et Finn renverse ce qui se trouve sur le meuble à qui ils font porter le chapeau à leur place. Ils partent de là rapidement, le plus jeune des deux ayant tout juste le temps de pester contre Naaru et de penser que ce voisin a des goûts très douteux en décoration. Vraiment douteux. Bref, en remontant, c'est à nouveau Nana - il a fait, il assume - qui est chargé de défoncer un peu plus la porte pour faire croire au cambriolage. Quelque part entre quand ils sont descendus et le moment où ils sont remonté, le Baskerville a rapidement expliqué à Naaru ce qu'il avait en tête. Ceci fait, ils s'empressent de rentrer dans l'appartement - enfin, Finn pousse Nana à l'intérieur avant qu'il ne lui vienne de nouvelles idées catastrophiques. Et, oui, tout du long Naaru a reçu des ordres. De vrais ordres. Sinon, il n'aurait jamais obéit et se serait contenté de rire en observant Finn faire. Le fourbe l'aurait peut-être même suivit en bas des escaliers pour le voir renverser des trucs - Finn qui met le bazard lui même, Nana ne peut pas louper ça vous comprenez.

Le contractant soupire en refermant la porte de l'appartement et considère un bref l'instant l'idée de faire passer Naaru par une fenêtre. Juste pour le plaisir de le voir descendre jusqu'en bas puis avoir à remonter les escaliers. Mais il n'en fait rien, s'attrape une nouvelle tasse de thé - il aurait juré en avoir rempli une avant la bataille d'oreillers sans l'avoir bue, quel étrange mystère - qu'il rempli et va s'assoir avec à côté de Fuyu. Non sans fusiller Nana du regard à nouveau. Vilain, vilain Nana. Et à partir de là, il met un point d'honneur à faire abstraction de la présence du Chain pendant les trente prochaines secondes. Juste trente secondes de paix mentale. Trente secondes dont il profite pour demander à sa soeur de coeur :

- Fuyu, tu voudrais peut-être aller te reposer ?

Il était furieux tout à l'heure, mais il n'a pas manqué de remarquer la fatigue manifestée par la plus jeune. Et puis, comme ça, ils auront peut-être l'occasion de discuter au calme.
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   3rd Juin 2013, 06:21

La scène était affligeante. Et Naaru se contentait de la fixer sans sourciller. Ce bonhomme était assis par terre, les bras le long du corps et la tête penché sur le côté, comme s'il dormait. À l'évidence, c'était le cas, sauf qu'on l'y avait vraiment forcé. Et face à cette tête chauve, la seule remarque que le chain avait trouvé à dire était de s'enquérir de la présence de leurs voisins. De leur porte, plus particulièrement. Le brun n'éprouvait pas particulièrement de remords sur ces récents agissements. Non, en réalité, il s'en fichait même royalement. Il était tout à fait capable de laisser l'homme en plan, ad vitam aeternam. Ce qu'il fit... ou tout du moins essaya de faire en récupérant soigneusement son coussin posé sur le ventre du bonhomme, puis en refermant la porte derrière lui, sans un seul regard pour sa victime.

Naaru n'eut pas même le temps de soupirer ou de crier avant de faire coller au mur par plus petit que lui. Pourquoi, pourquoi ce petit sourire s'affichait-il systématiquement sur les lèvres du chain lorsqu'il voyait son contractant le regard dur, posé sur sa personne ? Était-il masochisme ? Nul n'était en possession de la réponse. Toujours est-il qu'il le fixait avec reproche. Instantanément, le chain sut qu'il avait fait quelque chose de mal. Bien qu'il n'eut nullement l'intention d'y remédier, il entendit Finny lui poser une question indirecte.

- J'espère pour toi que tu ne l'as pas tué.
- Tu l’as pas tué au moins, hein ?

Aussitôt, il explosa de rire. Le sujet en lui-même n'était pas particulièrement prenant ni hilarant, mais il savourait quelque part ces inquiétudes propres aux humains. Il n'y avait qu'eux pour se poser pareilles questions. Malgré tout, et c'est ce qui contribuait en parti à ce rire déplacé, Naaru comprit aussi le sens caché derrière ces différentes intonations de voix. C'était anormal pour le chain de vouloir se projeter dans le futur, mais il comprenait tous à fait le rapport cause-conséquence dans le temps. Il le comprenait mais ça ne l'empêchait pas de n'y accorder aucune importance, contrairement à son jeune et petit contractant. Décrétant qu'il était de son devoir d'au moins répondre à leurs questionnements, le chain informa ses interlocuteurs :

-J'en sais rien, j'ai pas vérifié.

Phrase qui, il est sans dire, faisait grandement avancer la situation en plus d'ajouter ce petit piment d'incertitude. Tout ce que Nana aimait faire en somme. Son sourire ne quittait toujours pas ses lèvres, et s'agrandissait même considérablement au fur et à mesure du regard noir du plus jeune. En fait, le Nana était pire qu'un gosse, parce qu'il agissait comme tel mais ne retenait strictement aucune leçon. C'est aussi ce qui faisait son charme... non ?

Toujours est-il que le visage de Finn se décontracta un instant lorsque Fuyu lui demanda s'ils étaient souvent dérangés par des cas semblables. Le chain se retint de rire, parce qu'il savait qu'il n'allait pas tarder à récolter les graines qu'il avait planté. Malgré tout, il ne put s'empêcher de sourire à l'évocation de ces « apparitions ». Un jour, Naaru ferait une étude sur la porte. C'est vrai, la porte était une bien curieuse invention. Bénigne au départ, pour se protéger de l'extérieur, posséder une intimité propre à chaque individu. Et puis, par la suite, c'était la cause de tellement de facteurs divers : Les rencontres, les engueulades, les coups et pleins d'autres choses toutes aussi amusantes. Il pouvait s'en passer des choses près d'une porte.

Plongé dans ses pensées, le brun ne remarqua pas tout de suite ce regard qui le fusillait de toute part, menaçant à chaque clignement d'yeux de le foutre dehors et de ne plus jamais au grand jamais entendre parler de lui. Mais Finn était son contractant, tout comme lui était son chain. La vie était injuste, mais ils devraient se supporter jusqu'à ce que la mort emporte l'un deux. Liés à la vie comme à la mort. Il lui aurait bien déversé son monologue à la figure, mais Naaru sentait que, quelque part, ce n'était pas du tout le bon moment pour blaguer.

Quoiqu'il en soit, le Baskerville décida subitement de relâcher sa prise sur son col et d'ouvrir la porte à la volée. Naaru n'eut qu'un dixième de seconde pour se décaler afin de ne pas subir le même sort tragique du mur. Se penchant légèrement en avant, le regard tourné vers les agissements du plus jeune, Nana entendit alors des paroles dans son dos. Fuyu avait l'air de s'adresser à lui, alors le chain tourna la tête dans l'autre sens, sans délaisser sa position.

- Dis, Naaru, toi aussi tu es un Baskerville ?

Premier étonnement. Elle était au courant. Ok, il s'en doutait plus ou moins. En fréquentant Finn, c'était un peu forcé de découvrir sa nature un jour ou l'autre. Si on pouvait bien sûr appeler ça nature. Après tout, il n'était pas comme Nana, capable de choses inhumaines – en fait ça dépendait, sur son chain, Finny était à peu près capable de tout – et de réactions décalées. Bref, toujours est-il qu'après s'être lentement remis de cette découverte, le chain opta pour une position pus confortable et se redressa, ses mains dans ses manches. Que devait-il dire ? Il refusait d'être assimilé aux Baskerville. De plus, il avait cru comprendre qu'ils possédaient un peu tous le même nom de famille, contrairement à lui. Alors non, il n'était pas l'un des leurs. Mais c'était aussi un peu suspect d'avoir un colocataire aux origines différentes. Et puis... Nana préférait toujours la facilité à quelqu' autre solution. C'était aussi sa marque de fabrique. Le chain soupira, sans se formaliser sur ce que l'autre pouvait bien faire dans son dos, et avança jusqu'à la salle où Fuyu se trouvait, deux ou trois pas plus loin. Il s'adossa sur l'encadrement de la porte et fixa longuement la jeune fille. Alors ? Alors voilà, Nana se lança sans partir par trois chemins.

-Non, mais je suis lié à Finn à la vie comme à la mort alors mieux vaut pour lui de m'avoir à ses côtés.

Une réponse sérieuse ? Vous espériez quoi d'autre de lui ? Annoncer qu'il était un chain ? Allons bon, il n'était pas certain que la jeune Fuyu sache même de quoi il en découlait. De cette manière, il tentait maladroitement et en appuyant sur les grandes lignes d'expliquer en quoi cela consistait. En plus, de sa place, il était certain que son contractant n'entendrait rien, sauf s'il avait bien sûr ces oreilles à l'affût des moindres paroles du chain. Ce qui était aussi fortement possible. Soit, le chain ajouta un petit sourire avant de reporter ses yeux vers l'entrée. Pile au bon moment pour apercevoir son colocataire débouler devant lui et s'adresser d'une voix beaucoup plus sympathique à Fuyu :

- Tu nous attends deux minutes Fuyu ? On règle le problème dans le couloir et on revient.

« On » ? Finn se rebellait contre Naaru ? Ah bon ? C'était pourtant si marrant de le voir trouver des techniques pour faire passer les agissements de l'impulsif Nana comme des choses banales, du quotidien. Il se demandait encore comment les voisins pouvaient gober toutes les phrases de Finn. Être humain persuasif, Nana n'en doutait pas un instant. Et sans le savoir il allait en faire les frais.

Par la suite, il fut donc amené à l'extérieur de leur petit appartement. Et là... là, ce fut assez compliqué à expliquer. Les pensées du chain se brouillèrent durant un instant, avant de devenir claires comme de l'eau de roche. Pour l'avoir subi une ou deux fois par le passé, Naaru connaissait parfaitement bien cette sensation. Sensation qui au départ ne lui procurait rien d'autre qu'une absence, mais qui bien vite finissait par l'agacer, voir l'énerver. C'était un peu le gros défaut du chain. Même si Finn n'en faisait pas souvent l'usage par respect ou autre – et c'était aisé à comprendre, vu ce qu'il se passait généralement par la suite – lorsqu'il le faisait en général, Nana réintégrait – un peu – sa place mais aussi sa condition.

Bref, le chain fut donc forcé à son plus grand désespoir d'effectuer différentes tâches qui ne l'amusaient pas tellement. Il écouta également attentivement le discours de son contractant sur ce qu'il fallait faire pour croire qu'il s'agissait d'un vol, alors qu'il n'en avait, lui, rien à faire. Il enfonça donc encore un peu plus la force, et apprécia même de pouvoir le faire. Enfin, les deux jeunes gens retournèrent à l'appartement et Nana referma soigneusement la porte. Voilà qui était fait. Oui, voilà qui était fait. Le brun était remonté, ça oui. En fait, il s'était trouvé la subite envie de sortir pour se défouler un peu. Mais d'un autre côté, le seul à qui il en voulait vraiment, c'était à Finn. Et ça, personne ne pouvait le lui effacer de la tête. Alors, lorsque ce dernier lui lança un regard noir, Naaru renvoya la balle avec la même pression. Non mais. La machine Nana était en stand by pour l'instant, tâchant de garder son calme – c'était rare – pour ne pas sauter à la gorge du jeune brun – c'était encore plus rare – qui semblait déjà l'avoir oublié.

- Fuyu, tu voudrais peut-être aller te reposer ?

Nana n'avait pas envie de bouder. Tout ce qu'il ressentait là dans l'instant, c'était de l'humiliation. Il avait tendance à accentuer des sentiments connus fois mille, et dans l'instant, tout ce qu'il y avait, c'était un fort sentiment d'impuissance. Et pour un chain, c'était pire que dégradant. Mais, pour ne pas fuir comme un voleur, Naaru restait immobile, les bras croisés et adossé au mur, fusillant de ses prunelles virant au rouge la seule personne qui lui faisait défaut. Il n'y avait pas de sourire, pas de respiration. Juste une statue dans un coin, le regard rivé sur un seul et unique point.

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Baudelaire
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MessageSujet: Re: Enjoy for forget or forget for enjoy ?   17th Juin 2013, 06:12

Autant dans les relations amoureuses que celles amicales, le dialogue est le pilier, la base même de la relation établie entre deux personnes. Et on aura beau dire, le meilleur stimulant du dialogue est la dispute. Effectivement, se disputer nous oblige à dialoguer, à échanger et à tâter le terrain jusqu’à découvrir le fond du problème et à, éventuellement, trouver la solution adéquate. Bon, le dialogue ne se passe pas forcément de la meilleure façon qui puisse être et il est aussi doublé d’un ton haussé et agrémenté de quelques mots embaumés d’un venin mesquin, mais rien de trop méchant à priori si l’on prend en compte la colère teintant notre esprit et l’indignation influençant notre choix de vocabulaire, guidant le cours de la dispute. Cela étant, le plus important est qu’une fois que la dispute éclate, à moins de n’avoir pour but que de remporter le prix de qui gueulera le plus fort, on n’en sort que plus mûr et plus réfléchi. Dialoguer va indéniablement de paire avec échanger des choses et, de ce fait, apprendre. Pas spécialement apprendre ce qu’on peut apprendre à l’école. Après tout découvrir ce qui cause le trouble de notre ami ou notre conjoint revient aussi à apprendre quelque chose, ne serait-ce qu’apprendre une des nombreuses choses à éviter si on veut minimiser les engueulades veines et qui ne mènent à rien. Parce que bon, se disputer, je veux bien, mais si ça devient quotidien, alors ça risque de mal finir. Après, tout excès est mauvais et c’est bien connu. Aussi, si on a pour but bien précis de se disputer, ça risque fort de ne mener à rien de bon non plus. Il ne faut pas être vicieux. Les disputent ne manquent pas un rendez-vous alors autant ne pas les inviter car si c’est un excellent moyen pour dialoguer, cela ne veut pas dire pour autant que c’est le seul moyen. D’ailleurs, je vais finalement me corriger : se disputer n’est pas un excellent moyen de dialoguer, mais un excellent moyen d’initier le dialogue. Après, il vous faudra innover pour que ça débouche sur une vraie discussion, pour que ça ne soit pas vain et futile.
Le dialogue, c’est important. Important pour préserver l’amitié des gens, l’amour du seul pouvant à la fois faire rater à notre cœur un battement et avoir l’habilité de le refaire partir au quart de tour, le faisant battre plus vite qu’il ne l’a jamais fait. Les relations humaines positives sont précieuses. Fuyu ne se lie pas beaucoup avec les gens. Elle n’a réellement que très peu d’amis par exemple. Mais elle a Finn. Et Finn, elle l’aimait vraiment beaucoup. Elle ne voudrait le perdre pour rien au monde. Elle savait que pour éviter cette catastrophe, elle devrait converser avec lui sérieusement plus souvent. Mais comment lui parler de cet homme ? Comment lui expliquer qu’elle était obsédée par lui ? Parfois, elle se demandait ce qui se passerait entre eux deux une fois qu’il lui aurait dit toute la vérité qu’elle désirait connaitre à propos de sa vie - si toutefois il allait le faire, bien qu’elle n’en doutait étrangement pas du tout. Elle avait la terrible impression qu’il garderait ce statut d’obsession à ses yeux. Elle ressentait en parallèle un dégout et un mépris profond. Elle était en mesure de ressentir des sentiments si contradictoires, mais les expliquer aller être une tâche délicate. Alors elle se défilait, simplement.
En voyant Naaru et Finn échanger des regards si noirs, des mots si tranchants, Fuyu eut effroyablement mal au cœur. Elle ne doutait pas un instant qu’ils soient d’excellents amis, mais le fait qu’ils se prennent ainsi la tête la mettait vraiment mal à l’aise. Ajoutez à cela le sentiment d’être de trop qui ne l’avait pas quittée depuis qu’elle avait pénétré l’appartement et vous obtenez une Fuyu frémissant de la tête au pied. Mais reculons un peu dans le temps, voulez-vous ?

Naaru éclata de rire et Fuyu fronça les sourcils en lançant un regard à Finn. Qu’est ce qu’il trouvait de marrant aux mines perplexes de ses interlocuteurs ? Non parce que s’il avait vraiment tué le voisin... Ah bah ça promettait. Oh, sa réponse inquiéta cette fois-ci réellement l’adolescente.
Er puis, Finn affirma avec un soupire que oui - enfin ouais - on venait souvent les déranger de la sorte. Fuyu lui adressa un petit sourire compatissant avant de se tourner vers Naaru en lui demandant s’il était Baskerville. Et la réponse fut non, mais le reste, la demoiselle le comprit à peine. Lié à son grand-frère ? Le genre de principe tordu à la vie à la mort ? Si l’un mourrait, l’autre disparaitrait ? Peut-être aussi que ça marchait dans un seul sens. Dans tous les cas, suite aux derniers mots du grand brun, Fuyu fronça les sourcils. Elle avait oublié que les Baskerville, des meurtriers, risquaient presque toujours leurs vies. Malgré la multitude de questions tournoyant dans son esprit, elle hocha simplement la tête. Elle les lui poserait plus tard. À lui ou à Finn.
En bref, il n’était pas Baskerville. Fuyu enregistra en se disant que lorsque deux personnes sont liées il devait y avoir un maître. Enfin, dans un couple, il n’y a pas de maître. Tordu cette histoire. Ah ! Finn et Naaru devait être un couple avec un maso et un sado. Bah la voilà l’explication !

Finn finit par demander à l’adolescente de l’attendre deux minutes, incluant Naaru dans son plan de réanimation. Ou de sauvetage. Ou un truc du genre. Fuyu se demanda ce qu’ils allaient bien faire mais elle ne posa aucune question, ayant simplement hoché la tête en croisant les bras sur sa poitrine. Elle savait parfaitement que nulle interrogation ne serait actuellement la bienvenue. Et puis, elle préférait voir le comportement ô combien fascinant des deux hommes lorsqu’ils revinrent dans l’appartement au lieu de les embêter. Ce même comportement qui l’aida à définitivement prendre sa décision : elle n’allait pas raconter son agression à Finn, mais elle lui parlerait de ses sentiments confus ainsi que de son addiction malsaine, son désir dégoutant et obsessionnel et après, qu’il porte sur elle le jugement qu’il voulait. Le reste de l’histoire viendrait avec le temps. S’il y avait en revanche bien une chose que Fuyu ne dirait jamais à Finn c’est qu’elle collectionnait les hommes comme sa mère, à la seule différence qu’elle ne le faisait pas pour l’argent mais pour le plaisir, par pure délinquance. Elle ne supporterait pas le regard déçu que pourrait porter sur elle l’adulte. Mais bon, elle aurait juré ne rien dire à Finn de son agresseur il n’y a même pas une heure, alors sait-on jamais, elle pourrait aussi lui confesser avoir déjà passé quelques nuits avec des hommes. Il n’y en avait pas tant que cela non plus et de toute façon, depuis Revis, elle avait arrêté. Son agresseur... Ouais bon c’était une autre histoire, que du flirt poussé. Même si elle refusait son offre alléchante d’aller jusqu’au bout avec lui, elle savait qu’il continuerait de jouer avec elle. Et qu’elle, elle continuerait d’aller vers lui. Comme la chienne qu’elle savait être depuis près d’une année.

Pourquoi avoir pris cette décision en les voyant échanger des regards noirs ? Parce qu’elle se dit que s’il fallait qu’elle s’engueule avec Finn, le plus tôt serait le mieux. Et aussi parce qu’elle de dit que les deux adultes agissaient comme des gamins et qu’elle au moins voulait prendre une décision mature.
Finn lui demanda si elle avait envie de se reposer mais la concernée ne se vit pas le cœur de lui répondre alors que Naaru, adossé au mur, bras croisés et regard braqué sur Finn, semblait mal en point. Un regard qui penchait vers le rouge. Fuyu aurait juré qu’il avait les yeux verts celui-là. Pourquoi regardait ainsi l’autre homme de la maison ? Fuyu les regardait tour à tour sans comprendre. Que s’était-il passé ? Finn avait-il été trop sévère ? Il semblait plus jeune que Naaru alors pourquoi se permettait-il de le traiter de la sorte ? Elle n’y comprenait décidément rien. Elle passa une main sur son front avant de lever les yeux vers le plafond, les dirigeant par la suite sur Finn. Ce n’était pas son affaire, elle n’avait pas à s’en mêler. N’empêche, si elle n’avait pas été là...

« Je suis désolée. »

Elle poussa un soupire avant de reporter son attention sur Naaru.
Vous savez, les enfants font souvent de bien étranges choses. Comme par exemple vouloir aider une bête sauvage blessée. Ils ne comprenaient pas que blessée ou pas, la bête restait une bête. Ils sont tellement candides, tellement innocents.
Fuyu se dirigea vers Naaru et tendit sa main vers son torse jusqu’à trouver sa main et la serrer doucement dans la sienne, l’incitant à décroiser ses bras. Ce fut son regard qu’elle chercha par la suite. Elle ne savait pas pourquoi elle faisait ça. D’autant plus que ça ne lui ressemblait réellement pas d’agir aussi puérilement alors que ça risquait fort de ne faire qu’envenimer un peu plus la situation. Mais elle s’en fichait pas mal. Elle resta un instant face à Naaru, se demandant s’il pourrait déverser sa colère sur elle, semblant néanmoins ignorer les risques. Sans le lâcher, elle se mit à coté de lui avant de répondre à Finn.

« Avec toi. Je veux dormir avec toi. Et... Je pourrai peut-être essayer de t’expliquer ce que je ressens pour cette "connaissance". Si tu me promets de pas t’en mêler. »

Un dernier regard à Naaru et elle lui relâcha la main avant d’aller vers Finn et de se dresser devant lui, la tête inclinée sur le coté. Elle lui sourit doucement en se mettant sur la pointe des pieds, lui entourant le cou de ses bras et l’étreignant doucement avant d’aller poser ses lèvres sur sa joue.
Fuyu était aussi accro à Finn. Mais pas de façon salasse. Elle l’aimait beaucoup et ne voulait pas s’imaginer vivre sans lui. Mais elle ne ressentait pas pour autant l’envie de sentir son corps contre le sien. Et tant mieux d’ailleurs, parce que ce serait vraiment bizarre pour le coup. Certes, ils s’étaient déjà embrassés, mais ça ne voulait strictement rien dire. D’autant plus que Finn ne l’avait fait que pour assouvir les caprices de sa sœur de cœur. Celle-ci même qui se mit à lui caresser la mâchoire du bout des doigts. Il avait dû s’y habituer depuis le temps, à cet étrange geste d’appartenance.
Elle alla ensuite effleurer ses doigts des siens avant de se mordre brutalement la lèvre inférieure. Il ne serait pas si gentil avec elle s’il savait à quel point elle était... Mauvaise. Voilà, elle se sentait maintenant indigne de cela. Elle s’éloigna hâtivement, manquant de tomber, avant de soupirer en se remettant à faire papillonner son regard de Finn à Naaru.
Ce qui est bien entre deux meilleurs amis, c’est que même s’ils se disputent souvent, ils se réconcilient souvent. Enfin... Normalement.
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