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 Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]

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Nom & prénom: Irwin Naaru
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MessageSujet: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   6th Novembre 2012, 00:16

[Suite du rp précédent]

La vision de Michiyo un peu moins « dominatrice » comme elle le disait rendait Naaru encore plus sensible à ses moindres gestes. Il n'irait pas jusqu'à la surprotéger, non, ça Nana en était totalement incapable. Il finissait toujours par se détacher d'une situation, quelle qu'elle soit. Michiyo était la première personne avec qui le chain parvenait à lier une relation qu'il croyait durable. Une relation étrange certes, mais une relation quand même. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Alors qu'il était toujours un être bizarre, aujourd'hui il se trouvait étrange. Il ne ressentait pas quelque chose de particulier. Non, son cœur ne battait pas plus vite. En revanche, il mourrait d'envie de pousser le bouchon toujours un peu plus loin. Toujours. Ce n'était pas quelque chose qu'il se reprochait. Non, dans son fort intérieur, il se disait que c'était pour découvrir l'être humain. Pourtant, il savait qu'il n'avait pas envie de faire ça avec tout le monde. Juste avec elle. C'était quelque chose de nouveau, et il souhaitait en profiter pleinement.

Aussi, lorsque la vie de Michiyo s'est sentie menacée, même légèrement, Nana ne put s'empêcher de jeter des coups d’œil hasardeux sur les ombres mouvantes au sol, au lieu de se concentrer sur son propre combat. Puis lorsque, enfin, la bataille prit fin, Naaru fut le premier et le seul à venir vers la demoiselle assise sur son cadavre fraîchement tué. Juste un regard, et le chain l'oublia.  Cependant, la dame, muée d'un certain respect pour l'être humain que Nana ne possédait pas, ferma les yeux de la jeune victime. Ils en vinrent à parler par la suite de divers choses, sans s'intéresser à la blessure. Pourtant, Nana lorgnait souvent dessus. Si ce genre de blessure ne suffisait pas à déstabiliser un chain, en tout cas, il était les prémices d'une douleur affreuse pour les humains. Et le chain l'avait bien compris en sentant la main de Michiyo se poser dans la sienne pour reprendre pied à terre. Ses flageolements signifiaient bien son manque d'équilibre. Elle avait mal, et ça se voyait comme le nez en plein milieu de la figure. Michiyo avait parlé de domination. Sauf que dans l'instant, c'était un peu Naaru le dominateur. Celui qui décidait de ce qu'il allait se passer.

Ce sourire moqueur se dessina à l'extrémité de ses lèvres. Lui faire retrouver la position de dominé hein ? Ça n'allait plus arriver. Même s'il éprouvait une certaine douceur pour la demoiselle, Nana n'en restait pas moins un chain. Et même chez les humains, la fierté des chains ne devait pas passer inaperçu. Loin de là. On l'avait surpris une fois, on ne le surprendrait pas deux fois. Sans répliquer, le chain prit Michiyo dans ses bras, comme pour lui signifier à travers les gestes qu'il y avait peu de chance que cela se reproduise. Mais pour savoir ça, il fallait déjà bien connaître Nana. Il fonctionnait souvent en mimant, sans parler. Ça lui suffisait amplement. Après, il fallait posséder un décryptage, bien sûr. Et tout le monde n'était pas en capacité de pouvoir se l'offrir. D'ailleurs, jusqu'à présent, il n'y avait que Finn qui comprenait vraiment ses paroles à travers ses mouvements. Qu'importe.

Le chain profita d'un instant de silence pour lui annoncer qu'en vérité il ne connaissait pas beaucoup d'histoires, qu'il n'était donc pas si bon conteur que ça. La demoiselle accueillit cette réponse d'un sourire, et Nana crut un instant qu'elle allait encore se moquer alors même qu'elle était en mauvaise position. En fait, il s'attendait même trop à recevoir une pique. C'était une habitude qu'il avait pris depuis qu'il l'a connaissait. Et il la connaissait depuis moins d'une journée, en vérité. Sa tête allait trop vite. Le temps lui-même ne lui permettait aucun moment où reprendre son souffle. Finalement, Michiyo lui répondit. Il n'y avait aucune vanne dans sa phrase. Non, rien d'autre que d'aimables paroles destinée à rassurer le chain. Il chercha un sous-entendu sans en trouver. Si lui était capable de formuler une phrase pleine de sous-entendus sans s'en rendre compte, en revanche il était terriblement nulle pour percuter ce que voulait dire ses interlocuteurs. Son esprit vagabonda alors quelques minutes sur l'horizon, dans un silence total. Il n'y avait que la pluie s'écrasant sur le sol. Bientôt, ils arrivèrent au restaurant. Naaru avait quelque chose à récupérer avant de chercher un endroit chaud où loger. Les livres. Il n'allait pas les laisser là. Le chain savait pertinemment que le restaurant n'était pas un hôtel et encore moins une bibliothèque, mais la bataille urgente l'avait obligé à sortir en vitesse. Et il se voyait très mal se faire jeter au sol, se prendre une gifle, se battre et porter Michiyo avec des bouquins dans la main, et attention, sans les mouiller. Voilà, pour une fois, il était réaliste. Et ce n'était pas tous les jours qu'il pouvait s'en vanter.

-Tu me connais pas, sur ce coup-là.

La réponse avait quelque peu tardé, mais en fin de compte elle était sortie. Peut-être même ne savait-elle même plus de quoi il parlait. Son regard se fixa sur l'enseigne du restaurant, l'air assez sérieux, le moral redescendu d'un seul coup. Voilà, il allait devoir faire un coup rapide, entrer, chercher ses affaires, sortir. Il ne pouvait faire attendre Michiyo trop longtemps. Et puis, ils n'étaient pas encore à l'abri. Déposant la demoiselle sur une chaise à l'entrée, il scruta un instant l'extérieur, trouvant avec peine que la pluie avait redoublé d'intensité. Ils n'allaient pas aller chez Finn. Non, non ça, c'était hors de question. C'était la miss qui était malade, alors c'était à elle de lui indiquer le chemin pour rentrer. Tout simplement. Et puis qu'allait dire son contractant, si cela venait à arriver. Nanane voulait même pas y penser. D'humeur morose, il se dirigea vers le bar et demanda ses livres après avoir donné une menu monnaie pour le repas qu'il avait à peine eu le temps d'avaler. Il se serait bien enfui sans payer, mais ses livres ne lui auraient pas été rendus. Dommage. L'instant suivant, il ressortait, livres dans les bras de Michiyo, elle-même dans les bras du chain. Ce dernier se stoppa d'ailleurs sous son abri pour remettre ses idées au clair. Ok, il allait falloir trouver un endroit où dormir. Son esprit ne prit même pas le temps de réfléchir, que déjà les paroles fusaient à travers la bouche de Michiyo. Il écouta avec attention, tout en portant déjà son esprit sur la futur question qu'il allait lui poser, à savoir le chemin qu'ils emprunteraient.

Pourtant, son esprit tilta lorsqu'elle termina par son envie de ne plus quitter le haori qu'il lui avait prêté. Un haussement de sourcil lui fit prendre conscience de la nature de la phrase. Voyez-vous, si Nana n'accordait absolument aucune importance à son entourage, à l'appartement, et même à la plante qui siégeait sur la commode du champ de bataille qu'était sa chambre, il gardait en revanche une certaine propriété sur ses habits. Une très grande propriété, en vérité. Surtout qu'aujourd'hui, comme de nombreux autres jours de la semaine, il s'habillait de son kimono favori. Il ne l'appelait pas comme ça mais l'attachement était le même puisque c'est celui qu'il avait porté le jour de son contrat. Et qu'il portait déjà en tant que chain errant dans l'Abysse. Bref, c'était son petit trésor, moins que les cinq autres qui trônaient dans son armoire. Il ferma les yeux et soupira :

-Je ferais certainement plus que me plaindre, si tu ne me le rends pas.

Il n'y avait aucune méchanceté dans sa voix, même si pourtant le ton se faisait dur. Et à moitié plaintif. Il était prêt à donner n'importe quoi, malgré son sens  de la propriété assez incroyable, mais ses vêtements restaient l'unique chose à quoi il tenait vraiment. Ce fut quelques minutes plus tard que Michiyo soupira à son tour, face à l'affirmation qu'avait annoncé le chain. Non, elle n'avait effectivement pas le choix. Pas du tout le choix, même. Et à travers ce soupir et cette phrase laissée en suspens, il savait qu'il avait gagné la manche. Elle sembla pensive un instant, comme pour rassembler ses idées, puis lui annonça lentement les instructions. C'était très dangereux de donner des instructions à Nana. Parce qu'il restait rarement concentré sur quelque chose bien longtemps, surtout quand ça le barbait. Et pour le coup, ça le barbait. Il avait l'habitude de dormir dehors parfois, en haut d'un arbre, dans un talus, parfois même en plein milieu d'un chemin. Et ce, par tous les temps. Un jour qu'il dormait dans un de ces arbres, il y avait même eu de l'orage et la foudre était venue s'abattre à quelques kilomètres. Quand il était en compagnie de son ancien contractant illégal, il avait pris l'habitude de dormir dans des abris de fortune. Et puis, là, il trouvait qu'avoir Michiyo dans les bras n'était pas si mal. C'était même tout à fait appréciable. Elle s'était même servi du haori pour le couvrir un peu. Il avait ri à ce moment-là, mais en vérité ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Tant que la demoiselle était à peu près au chaud, ça lui allait.

Avec tout ça, Naaru était devenu inattentif. Et Michiyo ne lui avait même pas donné de nom de rue. Il ne pouvait donc que s'en prendre à lui et à lui seul s'ils finissaient sous la pluie dans plus d'une heure. La seule véritable chose qu'il nota c'était que la dame qui s'occupait des lieux était sourde et muette. Comme ça...
Alors, Nana se mit à marcher. Il n'y avait vraiment plus personne dans les rues. C'était aussi désert qu'un désert sous la pluie. Même les mouches étaient parties se cacher. Plus rien. Ah si, les restaurants étaient bondés. Les magasins aussi. On voyait des gens blottis sous des abris, de temps en temps, en attendant que Messire le Ciel veuille bien se calmer. Mais Messire n'en avait apparemment pas l'intention. Tâchant de rassembler les informations, Nana bifurqua aussitôt à droite et manqua de se prendre un gosse qui courait, casquette et manteau si noir qu'on eut cru avoir affaire à une boule de suie. À présent, il allait falloir trouver le magasin de jouets. Et il n'y avait pas de magasin de jouets. Alors, le chain continua d'avancer. La demoiselle ne bougeait plus beaucoup dans ses bras, mais il ne voulait pas la regarder de peur d'oublier le trajet qu'il faisait. Il continua, continua. Passa devant une librairie. S'y arrêta cinq secondes pour être au sec sous le porche. Ne manqua pas d'observer quelques bouquins. Puis, il descendit son regard, jusqu'à tomber sur les yeux clos de Michiyo. Ah, la voilà qui dormait. Il releva son regard.

Alors, le magasin de bois. Qu'est-ce que c'était, au juste un magasin de bois ? Elle aurait pu être plus précise dans sa façon de parler. Un râle s'échappa de sa bouche tandis qu'il passait devant de nombreux magasins. Toujours pas de magasin de bois. Un carrosse passa non loin de lui, éclaboussant tout sur son passage. Il se mit dos à celle-ci quand il arriva, histoire de ne pas réveiller la jeune femme qui dormait dans ses bras d'une douche froide. Le moment passé, Nana se souvint alors d'un magasin de jouets en bois. Et le magasin de jouets était passé depuis un certain temps. Tellement de temps qu'en vérité il ne se posa le problème qu'une fois arrivé tout au bout de la longue rue de plusieurs kilomètres. Il inspira profondément, et fit demi-tour. Sans cesser de râler, il retomba au bout d'une dizaine de minutes devant le magasin. Une fois en face, il se trouva fort dépourvu. Il ne se souvenait strictement plus de ce qu'avait ajouté Michiyo. Chouette. Alors il tourna sur lui-même, comme pour trouver une issue à cette fichue mémoire un peu trop sélective. Immeuble en brique rouge. Ça lui rappelait quelque chose. Pas le bâtiment en lui-même, mais plutôt de ce qu'il signifiait dans sa tête. Il pénétra à l'intérieur et tomba sur une vieille dame. Il s'apprêta à venir la voir pour trouver son chemin mais aperçu les noms des personnes logeant derrière les portes. Il fixa chacune d'entre elles, monta, monta encore jusqu'à trouver le nom de Michiyo. Heureusement pour lui, elle avait mis son prénom. Michiyo Konoe. Ça lui allait bien. Bref, il était bloqué au troisième étage, devant une porte et il n'avait pas les clés. Il secoua ses bras pour réveiller la miss qui dormait, mais il se rendit compte qu'il la berçait plus qu'il ne la réveillait. Cette pensée lui arracha un sourire moqueur. Elle avait l'air d'un gros bébé comme ça. Tous les humains avaient l'air de gros bébés quand ils dormaient. Nana ne trouvait pas ça particulièrement mignon, mais ça lui donnait toujours envie de rire pour se moquer. Lui, il faisait peur dans son sommeil. Parce qu'une fois les yeux clos plus rien n'était en mesure de le réveiller tant que lui ne l'ai décidé. C'était ainsi. Il ne faisait pas semblant de dormir. Il était vraiment impossible à réveiller. Surtout à la suite d'un combat, même bénin. C'est pourquoi il n'avait pas l'intention de rester trop longtemps chez elle, de peur de s'endormir définitivement. Il inspira profondément, parce qu'il savait que ces pensées ne le mèneraient pas loin non plus. Il n'était pas décidé à lâcher Michiyo d'un seul coup pour la réveiller, et il craignait de lui faire mal inutilement. Il tenta dans un premier temps de lui parler :

-On se réveille, j'ai pas les clés.

Il n'essaya même pas d'ouvrir la porte. Il la croyait verrouillé et il pensait certainement juste. En tout cas, Finn fermait toujours derrière lui, et avait obligé Nana à faire de même. Alors la seule pensée géniale qui fleurit à son esprit, qui alla même à se trouver justifié dans son cerveau fut d'embrasser la demoiselle. Oh, ce n'était rien de bien grave. C'était juste quelque chose de furtif. Juste pour réveiller la dame, comme dans les films qu'il avait vu au cinéma. Très bonne culture que la cinématographie. Ça c'était à l'origine. Dans l'esprit tordu de Nana, c'était pas tellement une bonne culture. Alors, il contracta un peu ses bras pour ramener la demoiselle vers lui et pencha la tête afin de poser ses fines lèvres sur celles de Michiyo. C'était rapide. Plus que rapide même. Mais ça valait bien les cent baffes qui allaient pas tarder à venir. Et quelque part, Nana devait être un peu masochiste pour le savoir.

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Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.
Baudelaire


Dernière édition par Naaru Irwin le 28th Août 2013, 00:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   11th Novembre 2012, 03:09

Parfois, il se trouvait que certains jours, ne devaient pas être vécu. Ces jours où tout semble morose et que l’on sait obligatoirement, d’instinct surtout, que quelque chose va arriver. Grave ou pas grave. Mais il y aura indéniablement quelque chose. C’était ainsi. Personne ne pouvait contre dire cette vérité. Ces jours où il serait bon de rester au fond de son lit. La tête sur la couverture et de dormir sur le matelas. De peur que l’oreiller vienne vous étouffer lors de votre sommeil. Non, rien, ce jour précis, ne devrait détenir le pouvoir de vous faire sortir du lit. Pourtant, il y aura toujours quelque chose. La faim, l’envie d’aller aux toilettes. La soif, ou bien le facteur qui, comme par hasard, vous apporte la plus grosse lettre de votre vie. Bien évidemment, celle-ci ne rentre pas dans la boite aux lettres. Le compte à rebours débute à partir de ce moment. Personne ne sait le temps exact. Il varie même en fonction des personnes. Mais les secondes défilent et son assassines. Cherchant le moment pour que la chose arrive. Michiyo l’avait senti le matin même, cette envie de ne pas quitter son lit en prétextant une bonne grippe. C’était souvent elle qui dormait sur le matelas. Une mauvaise habitude lui avait-on dit une fois. Au diable les conseils. Elle aimait particulièrement cette position pour dormir. Les oreillers ne l’attiraient pas plus que cela et personne n’y changerait la donne. Ce qui était sûr et certain, c’était qu’elle n’avait pas voulu quitter son lit. Michael dormait encore. La vaisselle était faîte et ne lui laissait aucun remord. Le frigidaire ne semblait pas avoir trop faim. L’eau ne coulait pas. Bon, tout semblait en ordre. Elle pouvait se rendormir. Quelques minutes de sommeil furent son seul réconfort. Un petit bruit, une étrange impression d’être observé, et hop, un poids sur le ventre. Avant d’ouvrir les yeux, elle savait très bien que ce n’était pas son Chain. Il aurait été bien plus lourd que cela. Un œil bleu, puis le deuxième. Quelques minutes d’adaptation, et la vision n’était plus floue. Face à elle, se trouvaient deux iris verts. Ceux de Naaru étaient beaux, mais n’avaient aucune chance face aux iris qu’elle avait pu observer à son réveil. Un pelage noir. Un miaulement. Monsieur pattes de velours ou John Does selon les jours, venait réclamer son repas. Elle lui avait fait comprendre qu’il devait attendre un peu. Ou essayer de croquer le volatil dans le salon. Bien-sûr, cela n’avait pas fonctionné. Quelques petites léchouilles sur la joue, des petits coups de patte et câlins. Bon, il avait gagné. Se levant rapidement pour ne pas avoir à retourner dans sa tentation première, elle lui servit son cher et tendre petit déjeuné. Ainsi, Patte de Velours avait réussi à faire démarrer sa très mauvaise journée.

Très mauvaise dans le sens où, trier des papiers, se faire charcuter la hanche dans la même journée. Ca ne pouvait pas être vu comme très bon. Bon, bien évidemment, elle avait rencontré Naaru. Le petit électron positif de sa journée après tout. Enfin, petit, dans le sens où l’on mesure deux mètre de haut et non l’inverse, cela tombe sous le sens. Par conséquent, pour le moment, sa journée semblait s’être doucement mitigée. Hormis le fait d’apprendre que son compagnon était un Chain et lui avait menti toute la journée. Cela tombe sous le sens. La journée ne semblait pourtant pas se terminer. Ce qui entrait en jeu dans le fait qu’il fallait obligatoirement se dire, que quelque chose d’encore pire pouvait arriver. La pire chose, serait que Naaru devienne fou et l’attaque. Ce qui n’avait pas l’air d’être grandement le cas actuellement. Pourtant, malgré le fait qu’elle aimait bien le jeune homme, quelque chose lui interdisait de lui donner sa confiance. Au début, c’était le manque de connaissance. Désormais, c’était le fait qu’il soit Chain. Certes, il l’avait aidé dans un moment plus ou moins difficile. Mais cela devait être génétique, les Humains avaient peur naturellement des Chains. Michiyo voulait l’apprécier aussi fort que possible. Pourtant, cette petite voix dans sa tête, lui disait de se méfier tout de même. Au fond, même son propre Chain n’avait pas une confiance aveugle. Oui, c’était chromosomique au possible.
Ce n’était pas pour autant qu’elle n’aimait pas le taquiner un peu. Retenant le fait qu’elle avait pu le dominer pendant l’espace de quelques secondes. De longues secondes où tout aurait pu se passer. Le pire, comme le meilleur. Des moments où elle aurait pu décider de le tuer, lui, lui et son contractant. Après tout, en tuer un, voulait dire annihiler l’autre en même temps. Michiyo savait que si elle venait à mourir, Michael repartirai lui aussi dans l’Abysse. Et vise versa. Pourtant, elle laissait le Chain vagabondait dans la ville comme il le souhaitait. Bien qu’il n’est pas tout à fait forme humaine. Quoi que… Elle le savait assez fort et débrouillard pour ne pas prendre de danger inconscient. Alors une question lui traversa l’esprit. Furtive. Comme un électrochoc au niveau du cerveau. Pourquoi ne s’était-elle pas encore posé la question ? C’était bête, tellement bête. Naaru as t-il un contrat légal ou alors illégal ? La réponse pouvait faire changer toute la donne. Si c’était dans le premier cas, elle n’aurait pas à faire son travail. Néanmoins, cela engendrerait une nouvelle question. Quel groupe ? Bien-sûr, quel groupe, Pandora ou Baskerville ? C’était les seuls qu’elle croyait capable de faire ce genre de pacte. Après, ce n’était pas exclus qu’elle ne connaisse pas tout et vienne à se tromper. Or, elle n’avait jamais vu Naaru auparavant dans Pandora, ce qui voudrait dire, que ce n’était pas bon, mais alors pas bon du tout. Dans le cas contraire. Elle devrait ordonner de trouver le contractant et les emmener tous les deux à l’organisation. Seulement, la blessure ne jouait pas en sa faveur. Sur le coup, elle penchait beaucoup plus sur le fait que ce soit un contrat légal. On ne laisse pas lorsque l’on est contractant illégal son Chain faire ce dont il a envie. Et général, ces Chain avaient tendance à être fou. Bon dieu, elle souhaitait ardemment se tromper dans ses déductions soudaines. Sinon, la vérité serait pire que d’apprendre que ce jeune homme est un Chain.

Secouant légèrement la tête pour oublier tout cela. Elle aurait bien le temps de demander cela à Naaru lorsqu’elle se sentirait beaucoup mieux. Au moins, la discussion pourrait être plus sécurisée. Cela semblait si difficile de ne pas y penser sur le coup. Elle qui avait l’habitude de parler directement. D’exposer ses hypothèses sans même que l’on lui ait demandé. C’est comme la douleur, ne pas y penser. En parlant de douleur, celle-ci se fit moins présente lorsque ses pieds quittèrent le sol. Non, elle ne volait pas. Mais deux bras qu’elle commençait à connaître que trop bien. Deux bras musclés. La soulevèrent sans souci. Elle n’était qu’une petite plume. Une position de faiblesse apparente dans les bras de Naaru. Oh, il devait se sentir fière de pouvoir reprendre un peu d’humilité et de pouvoir montrer, que la fille qui l’avait auparavant plaqué sans ménagement au sol. Etait à son tour en position de faiblesse. Il devait jubiler intérieurement, elle en était certaine. Cela ne resterait pas impuni. Un jour, alors qu’il aurait certainement oublié, il se retrouverait en position de faiblesse. Promesse de Michiyo.

Ils avaient fini par se diriger vers le restaurant pour récupérer leurs dernières affaires. Elle était bien dans ses bras. Il n’était pas trop doux, mais c’était assez pour qu’elle puisse penser à autre chose que la douleur. Puis, ils avaient parlé du fait qu’il lui raconte une histoire. Petit débat sur le fait de le faire ou non. Michi avait voulu rire quelques secondes. Bon dieu, elle s’en fichait de son histoire. Tout ce qu’elle voulait c’était ne pas passer la nuit toute seule. Ou juste quelques heures. Jamais elle n’aurait ramené un inconnu dans son appartement. Quoi que, Naaru n’était plus vraiment un inconnu. Mais ce n’était pas tout à fait un ami non plus. Il se situait ailleurs. Quelque part entre les deux. Ou au dessus. Voire encore en dessous. La demoiselle n’était pas capable de se situer. Puis, après tout, elle voulait juste qu’il reste pour avoir une compagnie. Par pour lui sauter dessus dès que la porte de l’appartement serait ouverte. Elle n’en trouverait aucune satisfaction. La possession mentale étant bien plus attrayante que la possession physique. Il fallait juste laisser le temps au temps. Ainsi que pousser le jeune homme dans ses retranchements. Sans pour autant y tomber. Il fallait juste faire preuve de patience. Naaru était un compagnon bien amusant. Le laissait partir aussi rapidement serait une trop grande erreur. Il fallait le tenir tout prés d’elle, encore et toujours. Quelques mots la firent sortir de son plan contre le jeune homme. Quelques mots qu’elle eu du mal à comprendre. Pourquoi lui disait-il cela ? « Tu ne me connais pas ». La demoiselle afficha un faciès incrédule pendant quelques secondes. Que voulait-il lui dire ? Recherchant dans sa mémoire, elle fut tout de même incapable de relier ses mots, à l’une de ses précédentes conversations. Alors, elle laissa les mots franchir ses lèvres. Doucement. Presque dans un unique souffle.

« Alors, apprend moi à te connaitre. »

C’était court, mais simple à comprendre. Après tout, il était le seul capable de tout lui apprendre. C’était lui le meilleur dans ce domaine. Les « on dit » ne pourront pas l’aider beaucoup. Elle voulait apprendre à connaître Naaru, à travers les paroles de Naaru lui-même. Il y avait pourtant une condition. Qu’il lui dise la vérité. C’était ainsi, aucune relation, même tout bonnement amicale, ne pouvait être basée sur des mensonges. Maintenant, elle se trouvait dans le restaurant. Les cheveux ruisselant, le sang tachant toujours ses vêtements et observant Naaru. Aller d’un pas rapide vers la dirigeante du restaurant, pour payer son repas et récupérer les vieux livres que Michi lui avait passé. Elle souriait légèrement. Il avait tellement l’air humain et mal à l’aise, que personne ne pouvait se douter qu’il était capable de tuer sans remords. Au fond, tout le monde détenait le chromosome du meurtre en lui. Sauf que dans certains cas, il ne se montrait jamais. Dans d’autres, il n’avait pas eu le choix. Puis chez les Chain, cela avait l’air plus ou moins naturel. Quelle belle expérience c’était de pouvoir parler à un Chain. C’était un monde tout nouveau à découvrir et à apprendre. Un monde qui semble si attirant. Mais qui fait aussi si peur. Un paradoxe à lui tout seul. Naaru était le digne représentant de ce paradoxe. Attirant, mais qui laisse planer quelque chose qui tend à s’en détacher légèrement.

Puis, encore une fois, ils se retrouvèrent sous la pluie, tous les deux. Pourtant, cette fois ci, la jeune femme portait le vêtement de son ami. Un vêtement plus ou moins chaud. Il avait bien voulu lui prêter. Un élan de gentillesse qui l’aurait presque fait rougir. Alors la demoiselle le sera contre elle, tout en essayant de cacher le torse du jeune homme. Le mieux possible. Voir si un Chain pouvait être malade serait pas mal. Mais, ce n’était pas son Chain et elle ne pouvait se permettre ce genre d’expérience plus ou moins étrange. Dans ces conditions, elle était prête à lui voler ce vêtement. Il n’avait rien à dire après tout. Enfin si, quand même…Alors il répondit, plus froidement qu’elle n’aurait pu le croire. Faisant arquer un sourcil à la demoiselle. Dit dont, c’est qu’il semblait attaché à ses affaires. Dans un sens, qui ne le serait pas ? Alors, elle ne put s’empêcher de reprendre un peu du poil de la bête. Retenant un léger sourire.

« Oh, je vois que monsieur est possessif. Dans ces cas là, je te met au défis de réussir à le récupérer »

Malgré la fatigue. La blessure et sa position qui ne la laissait pourtant pas donner des ordres. Elle voulait le taquiner jusqu’au bout et il semblerait qu’il lui ait tendu une trop jolie perche pour qu’elle ne dise rien. Maintenant, il allait devoir faire preuve d’un peu de courage et d’ingéniosité pour le récupérer. Il ya avait pourtant un bémol à ses paroles. Aussi provocatrice que pouvait être Michiyo, jamais, au grand jamais, elle ne prendrait à quelqu’un un objet ayant une puissance sentimentale conséquente. Elle lui rendrait, c’était certain, mais pas sans avoir joué un peu auparavant. Lui aussi avait l’air décidé à lui donner des ordres, puisqu’il voulait impérativement aller chez elle. Mettant sa patience de côté et sa peur de se heurter à son véritable compagnon de combat. Elle soupira, longuement avant de lui donner toutes les instructions possibles. Maintenant, il devait en faire bonne usage et trouver les lieux sans soucis. Ce n’était pas difficile si on prenait la peine de faire attention aux indications. Après tout, Michiyo ne connaissait aucun nom de rue et ne pouvait même pas lui donner le sien, puisque c’était un tout nouveau logement. Ses anciens propriétaires n’ayant pas appréciés le fait que Michiyo sous loué son appartement à un imbécile heureux qui ne répondait même pas à leurs questions. La jeune femme ne savait même pas s’il avait pris le temps de l’écouter comme il fallait. Il devait se débrouiller tout seul.

Une nouvelle fois, l’eau recommença à les attaquer, et de plus en plus fort. Alors, qu’au début, elle venait à se plaindre du soleil. Si le ciel arrêtait de pleurer au moins une heure, la demoiselle pourrait promettre de ne plus jamais se plaindre et de toujours faire son travail. Mais juste une heure, le temps que ses vêtements essaient de sécher. Puis le froid lui donnait envie de fermer les yeux. Doucement, lentement. Alors, ils furent clos, histoire de pouvoir se concentrer sur certaines images et oublier la douleur que lui donnaient les arrêts soudain ou pas rapide du jeune homme. Elle ferma si bien les yeux, que finalement, son esprit se laissa lui aussi aller avant de plonger dans le sommeil. Oh non, pas un sommeil profond voire même avec des sursauts. Non, un petit sommeil, juste assez pour reprendre quelques forces et ne plus être fatigué. Alors, elle se lova encore plus contre son protecteur du moment. Se laissant aller à de vrais moments de faiblesses. S’il faisait vraiment parti du clan adverse comme sa déduction avait pu le prédire. C’était le moment pour lui de la tuer sans souci. Sans même se poser de questions. Le coup pouvait être rapide et précis. Ce que Michiyo ne sentirait même pas. Parfois, des sons lui parvenaient. Plus ou moins forts. Mais juste parfois, elle avait même imaginé Naaru se plaignant de ne pas trouver son chemin. Puis, fini par sombrer totalement. Si soudainement, qu’elle n’eut même pas le courage d’ouvrir les yeux pour prévenir son prince charmant qu’elle ne serait plus en mesure de l’aider. Son souffle était calme et régulier. Ses mouvements n’étaient pas conséquents, car inconsciemment, elle savait qu’elle n’était pas dans son lit et ne pouvait pas se retourner comme elle le souhaitait. Elle n’avait pas non plus l’impression de rêver. Juste de se reposer un peu trop profondément. Si profondément, qu’elle n’entendit pas la phrase de Naaru. Aucune impression que l’on voulait la réveiller. De toute façon, ce ne serait pas très bon pour une personne de réveiller Michiyo. Généralement, elle était de mauvaise humeur, caractérielle au possible et semblait vouloir tuer n’importe qui. Cela jusqu’au prochain sommeil avec un réveil un tant soit peu normal.

Tien ? Qu’est ce que c’était cette sensation agréable. Courte. Mais agréable qu’elle avait senti à travers son rêve. Son imagination peut-être. Alors, ses yeux commencèrent à vouloir s’ouvrir. Doucement, mais un peu trop surpris peut-être. Elle était toujours dans les bras du jeune brun. Mais, son visage se trouvait peut-être trop prêt de celui de la jeune femme. Quelques secondes s’écoulèrent. Pour Michi, elles semblèrent être une éternité. Une éternité pendant laquelle elle comprit ce qui c’était passé. Sa main ne bougea pas pour le gifler et lui dire qu’il n’était qu’un idiot. Mais ses yeux bleus parlèrent pour elle. Sur le coup, elle aurait pu confondre Michael et Naaru. Vu la façon dont elle lui avait parlé.

« Si tu recommences ça, sans mon consentement, Naaru. je te promet que même la pire des tortures dans l’Abysse, te semblera bien douce par rapport à ce que je vais te réserver. »

Une longue phrase pour quelqu’un qui venait de passer quelques temps à dormir. Mais, elle avait la capacité de se réveiller bien vite lorsque les conséquences le valaient bien. Donc, se faire embrasser par Naaru, même si c’était très agréable. En faisait tout à fait parti. Elle lui avait promis une punition, dont elle n’avait même pas idée. Une punition, qu’elle ne mettrait même pas à profit s’il venait à recommencer. Son esprit était un peu chamboulé au final. Plantant son regard bleu dans le regard vert du Chain. Elle essaya de comprendre pourquoi, il avait fait ce genre de chose. Avant de tourner ses yeux et de se retrouver face à une porte close qu’elle ne connaissait que trop bien. Sa porte. Pensant alors qu’il voulait les clefs. Qu’elle n’avait de toute façon par sur elle. Parce qu’il avait essayé d’ouvrir, mais que c’était fermé. Elle se sentie plus légère, au moins, l’oiseau n’était pas encore de retour. Point positif. Elle leva lentement la main, pour désigner un pot de fleurs, juste à côté.

« Je les perds tout le temps. Alors, tous les locataires savent qu’elles sont ici. Histoire de ne pas me retrouver devant une porte fermée. »

Elle était un peu honteuse de lui raconter qu’elle ne savait pas du tout garder ses clefs sur elle. Mais bon.. Agrippant un peu plus forts les vêtements du jeune homme. Une dernière demande vint se former dans l’air. Une toute dernière.

« Je vais te paraître bien capricieuse, mais reste avec moi s’il te plait. »

Elle avait encore une fois avoué que la présence du Chain était indispensable pour la fin de sa journée, comme pour une autre rencontre. Peut-être, aurait-elle dit qu’elle voulait qu’il ne marche pas sur la queue de Monsieur Pattes de Velours. Ce petit chaton qui n’avait pas l’air de trop aimer les Chains. S’il ne voulait pas se retrouver avec des griffures un peu partout. Mais ça, il le verrait s’il restait un peu avec elle.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   15th Novembre 2012, 02:43

Le pas pressé. Nana était relativement pressé. Comme il était rarement possible de le voir. En temps normal, c'était un chain qui voyait le temps passer. À vrai dire, il s'est toujours fichu de ce fameux temps qui rattrape les humains. Devait-il se croire chanceux ? Après tout, les assauts de la vie ne l'affectaient plus, il n'était plus soumis aux lois humaines, il vivait comme bon lui semblait, avait des pouvoirs extraordinaires. Tout ceci paraissait tellement paradisiaque pour un humain. Tellement. Et pourtant, c'est un petit Enfer pour lui. Il y a son contractant, ce fil qui le maintient à cet endroit, l'extirpant avec peine du monde obscur qui l'a entraîné à sa mort humaine. Si jeune.

Mais Naaru n'avait pas envie de penser à ça. Son cerveau brûlait de lui dire toute la vérité, qu'en fait il se rebutait jusqu'à présent à accepter. Ce n'était que de l'égoïsme. Il ne voulait pas souffrir. Il préférait oublier, prétendre une amnésie psychologique. Il avait peur du changement. Il avait peur de changer, lui et ses sentiments. De n'être qu'un être sanguinaire. Et puis après tout c'est ce qu'il était. Lui apprendre sa vie d'humain n'avait rien de particulièrement traumatisant. Pourtant c'était autre chose. Il avait peur d'avoir trop changer, de vouloir redevenir l'humain qu'il était. Il savait que c'était impossible. Qu'il avait perdu la lumière qui animait les yeux des hommes. La vie.

En revenant sur sa position, il prit une nouvelle fois la demoiselle dans ses bras. Non, elle ne le connaissait pas. Tout comme lui ne la connaissait pas. C'était ainsi. Ils ne pouvaient prétendre à rien en s'étant fréquenté une unique fois. Longue fois, mais unique. On ne rattrapait pas dix ans. Ni même plus. Et voilà, d'un seul coup, elle lui balançait, comme un murmure, qu'elle aimerait qu'il lui en apprenne plus. Immense fracture nucléaire dans le cerveau du chain, qui préféra marquer une pause bien méritée avant d'y penser. Il ne savait pas comment réagir. Et ce n'était curieusement pas l première fois depuis qu'il avait rencontré Michiyo. Son cerveau se scinda en deux, comme deux partis opposés. Les débats fleurirent par milliers, mais le chain calma tout le monde en secouant furieusement la tête. Il était hors de question qu'il y pense maintenant. Plus tard. Un jour peut-être. "tu n'aimerais pas". Voilà ce qu'il aurait voulu répliquer, mais il n'en fit rien. C'est lui qui n'aimerait pas savoir ce que lui tramait son esprit, son passé. Il pouvait raconter ce qu'il était aujourd'hui bien sûr. Mais lui-même n'arrivait pas à se cerner, à se décrire. Mentalement en tout cas, il savait qu'il pensait différemment. Pas qu'il avait un esprit louche. Il restait terriblement subjectif dans ses agissements, dans ses mots. Alors il préféra taire tout ceci et prendre Michiyo dans ses bras pour trouver couvent où loger, chez elle plus précisément.

Ses lèvres se fendirent d'un rictus amusé lorsqu'elle lui répliqua qu'il était à même de devoir récupérer son haori par lui-même, mais soumis à un certain problème. Elle-même. Son ton était celui du défi, mais il savait au fond de lui-même qu'elle finirait par lui rendre, quoi qu'il arrive. D'ailleurs, s'il l'avait vraiment voulu, il aurait pu reprendre sa veste à n'importe quel moment lorsqu'elle dormait dans ses bras pendant qu'il cherchait désespérément son chemin sous la pluie. Il aurait pu la laisser là, poursuivre son chemin comme si de rien n'était. À vrai dire, l'idée lui était venu en tête. Nana ne s’entêtait que très rarement sur des choses vraiment utiles. Il prenait au contraire un soin infime à s'occuper des inutilités du monde humain. Pourquoi un insecte s'écrasait en passant sur la route, par exemple. Bref, pourtant, aujourd'hui, il ne lâchait plus le petit être dans ses bras, qui dormait d'un air si paisible. Il se sentait... comment dire... cruel de lui donner sa confiance sans la lui accorder lui-même. Et pire que ça, il ne voulait pas lui déplaire. L'immeuble aux briques rouges en face du magasin de jouets en bois, la porte poussée, les marches montées, le regard de la vieille dame sur leurs êtres dégoulinants d'eau. Ces mêmes gouttes qui s'écrasaient avec fracas sur les fenêtres du couloir.

Et puis, il s'était retrouvé devant cette porte, bloqué. Il avait tenté de réveiller la demoiselle en vain. Alors la seule opportunité qui s'était présenté à son esprit, c'était de l'embrasser. Il n'y avait pas vraiment de sentiment, juste un baiser comme ceux fait dans la cours de récréation par des primaires. Rien de plus qu'un geste. Mais cela suffit à faire ouvrir les yeux à Michiyo. Le sourire du chain s'afficha, patientant jusqu'à la réaction de la demoiselle. Et elle ne tarda guère. Son sourire continuait de s'afficher pendant qu'elle prononçait cette phrase. Alors, comme ça, ça importait vraiment aux humains d'embrasser quelqu'un. Plus il les fréquentait plus Nana pensait que les humains étaient vraiment étranges. Du style très étranges même. Il s'empêcha de soupirer. Alors, il devait attendre le consentement. Viendrait-il un jour ? Est-ce qu'il attendrait ? Si elle n'avait rien dit, alors il serait passé à autre chose, mais il voulait savoir ce que la dame lui réservait. Alors, il était capable de recommencer. Mais pas tout de suite. D'abord, il avait autre à s'occuper. Il n'avait pas l'intention de rester à la porte comme ça. Michiyo venait à peine de se réveiller, et son air à moitié incrédule montrait qu'elle ignorait la phrase qu'il avait déjà prononcé. Où étaient les clés ? De toute évidence dans son sac, mais Naaru avait les mains prises et malgré son attitude sans-gêne profondément ancré dans ses principes, il n'en restait pas moins assez galant.

Mais non, non, définitivement, il s'était trompé. Il était dans le pot de fleur. Il ne l'avait même pas remarqué, alors qu'il faisait parti intégrante du décor. Elle les perdait tout le temps ? Eh bien. Nana était du même acabit, sauf que lui les oubliait parce qu'il n'y trouvait aucune utilité. À force d'avoir changé les serrures, Finn lui a retiré les clés. Enfin, ça c'était encore avant. Maintenant, il les prend de temps et temps mais ne les oublie jamais. Le sourire resta fixe sur ses lèvres, sans changer d'émotion. Ça l'amusait un peu de l'imaginer tête en l'air, elle qui semblait marquer d'un trait noir son caractère. Il s'approcha du pot de fleur, lâcha doucement les jambes de Michiyo et prit les clés avant de reprendre Michiyo dans ses bras. Comme s'il portait un simple paquet pas plus lourd qu'un petit animal, il prit les clés et les essaya les unes après les autres jusqu'à ce que l'une d'entre elles tourne dans la serrure.

Et il ouvrit la porte. Il allait déposer Michiyo, peut-être rester un peu et il partirait mais pas plus. Finn était capable de s'inquiéter pour rien, il en était certain. Il se stoppa au pas de la porte, pas vraiment sûr d'être autorisé à rentrer. Depuis quand se prenait-il autant la tête ? Il n'aimait pas ça. Mais la demoiselle rompit tous ses soupçons, en s'accrochant un peu plus aux vêtements du chain. Ce dernier baissa les yeux vers elle pour l'écouter lui demander de rester avec elle. Il tâcha de ne rien laisser transparaître, pourtant un étonnement se lit sans peine sur son visage. Il acquiesça. Aussi simplement qu'un acquiescement. Et il entra. La première chose qu'il remarqua c'était que c'était plutôt bien rangé. Et Nana dû se faire violence pour ne pas mettre le bordel en un rien instant. À la place, il resserra un peu plus sa prise sur Michiyo. Non, elle n'allait pas s'enfuir. Le seuil franchit, le chain scruta les parages d'un air soucieux. Il n'avait pas l'habitude de rentrer chez les gens. Et il avait tendance à calquer le modèle de l'appartement de Finn à tous les autres. Malheureusement pour lui, c’était loin d'être le cas. Et il s'en rendit doucement compte. Parvenant à s'acheminer vers le salon, il posa la demoiselle sur son canapé en position couchée et ne broncha pas en voyant que Michiyo gardait encore son haori. Il y avait plus important. Cette blessure. Nana s'était déjà fait soigné par Finn, et il songea alors à faire la même chose avec elle. Les humains ne cicatrisaient pas aussi vite que lui. Il était par-là même plus facile de les tuer. Oui, les humains étaient terriblement faibles. Mentalement comme physiquement. Voilà tout.

-Je vais te chercher quelque chose. Il faut aussi que tu te changes. Que tu te douches. Je te soignerai après.

Sa voix était calme. Terriblement calme. Il n'avait pas peur, il ne stressait pas. Il fixait simplement la femme face à lui, lui indiquait ce qu'elle devrait faire. Michiyo devait sûrement le savoir mieux que Nana, mais il préférait le lui répéter, puisqu'elle venait simplement de se réveiller. Même si Naaru se sentait un peu hostile avec cet endroit, il se précipita assez vite dans la chambre ou quelque chose qui lui faisait l'office de chambre. Une fois trouvé, il entra sans discernement et prit la couette d'un seul coup en évitant de la tâcher et se redirigea vers l'occupante de l'appartement. Lorsqu'il la vu, il ne pu s'empêcher d'afficher un sourire jusque là bien caché. Il déposa la couverture à côté d'elle, de façon à ce qu'elle puisse s'en servir pour se couvrir si elle le souhaitait. Alors qu'il s'apprêtait à s'asseoir pour se reposer un peu, Naaru repensa à la phrase de Michiyo. Lorsqu'il l'avait embrassé. Toujours placé derrière le canapé, dos à la demoiselle, ce dernier se baissa pour être à hauteur de sa tête et engouffra sa tête dans son cou nacré. Il ferma les yeux. Il ne savait pas ce que c'était, cette sensation. Quelque chose d'incompréhensible. Mais ça se passait quand il la touchait. Quand il la regardait. C'était agréable. Ses mains passèrent naturellement autour de la femme, s'échouant lâchement sur sa poitrine. Sans rien commettre d'obscène, il garda la pose un instant. Sa main rencontra un vêtement qu'il connaissait bien, et il en profita pour raffermir sa poigne dessus.

-Tu as froid.

Il le sentait bien. Son haori ne lui avait pas suffit. Elle avait les membres gelés. Tout l'inverse du garçon. Il se releva doucement. Tranquillement, afin de laisser à la demoiselle le soin d'aller se laver avec une douche bien chaude. C'est tout ce qu'il pouvait faire.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   18th Novembre 2012, 06:51

La demoiselle était là. Dans une situation où elle ne croyait jamais se retrouver. Pas tactile pour un centime. Ayant tendance à repousser toutes personnes essayant de mettre tout simplement une main sur son épaule. Prenant uniquement lorsqu’elle en avait besoin, sans jamais rendre. C’était comme cela qu’elle fonctionnait. Quoi que, généralement, elle ne demandait pas que l’on reste avec elle. C’était juste une question de quelque temps. Après, elle ne voulait plus qu’on la touche. Non, bien-sûr que non, elle n’avait pas été touchée lorsqu’elle était enfant. Bon, juste un câlin de temps en temps par son père avant d’aller au lit. Toujours un bisou sur le front lorsqu’elle allait au lit par sa mère – lorsque celle-ci pouvait encore se lever- mais rien de plus. De temps à autre dans son premier orphelinat, un petit contact physique avec la femme qui surveillait leur dortoir. Mais après, elle refusait tout contact. Elle ne hurlait pas non plus, mais repoussait les personnes automatiquement. Même pas de paroles, juste un refus total. Un quelque chose qui voulait dire « n’essais pas de nouveau ». Certes, elle acceptait lorsqu’elle avait fait une mauvaise chute et qu’il fallait soigner son genou écorché ou son bras presque cassé. Oh, elle ne comptait plus comment de membres elle s’était cassé depuis qu’elle ne vivait plus dans sa petite maison. Au fond, elle avait toujours été casse cou. Elle défiait souvent les garçons plus ou moins vieux qu’elle. D’abord, au bras de fer, puis, elle avait appris à frapper. Bon, elle ne pouvait pas écraser quelqu’un qui faisait trois fois sa taille. Mais casser un ou deux nez, ce n’était pas mauvais pour elle. Puis, elle était devenue peu à peu une femme. Une vraie femme. Bon, déjà, elle avait grandi, puis, elle s’était développée. En arrêtant de frapper tous les hommes de l’orphelinat. Mais ce n’était pour autant, que l’on pouvait la toucher comme on le voulait. Elle était partie. Avait commencé une nouvelle vie. Devenue un nouveau membre de Pandora. Avait son Chain avec elle. Son appartement. Parfois, s’il était gentil, elle lui permettait de lui laver le dos. Bon, c’était parce qu’il était doux lorsqu’elle faisait ça. Mais avec lui, elle rattrapait son enfance. Ils se battaient souvent l’un contre l’autre. Mais rien de bien méchant. Et là, à ce jour. Elle laissait quelqu’un d’autre la toucher. Rien de bien méchant. Juste la toucher. Un câlin. Une étreinte. Et la soulever comme une simple enfant. Elle s’était même surprise à trouver ce contact plutôt agréable. A ne pas le repousser. Car oui, il était presque le seul qui ne s’était pas fait repousser dans un premier temps. Maintenant, elle se lovait contre lui. Il n’avait pas trop chaud, ni trop froid à ce qu’elle pouvait sentir. Elle se permettait même de le refroidir parce qu’elle n’avait pas très chaud. Ses membres tremblaient sans retenu. La seule chose qui pouvait la gêner pendant son sommeil, étaient les gouttes d’eau qui tombaient lentement sur son visage. Des gouttes d’eau qui venaient tout droit des cheveux du jeune homme.

Elle se demandait comment les Chain faisaient pour ne jamais être gêné par rien. Comment faisaient-ils pour ne jamais être malades ? Jamais, il n’avait pas eu peur de quelque chose. Ni froid. Bon dieu, parfois, elle les enviait plus que tout, mais juste parfois. D’autres fois, devoir combattre ses compatriotes de l’Abysse, ne devaient pas être la meilleure chose. Voilà, au fond , ils n’étaient pas si enviables que cela. En attendant, elle voulait remercier, juste pour elle-même, l’ancien humain qui la portait gentiment. Qui s’arrangeait pour qu’elle n’ait pas à poser les pieds à terre. Qui voulait qu’elle ne souffre pas trop. Alors, qu’ils n’étaient même pas bons amis. Ils se connaissaient uniquement depuis quelques heures. Ils avaient parlé de tout et de rien. Les sujets avaient découlé tout simplement. Pour en venir au fait. Apprends-moi qui tu es vraiment. Parle-moi de toi. Racontes moi tout ce que je dois savoir. Voilà ce que donnait la dernière parole de Michiyo. Inconsciemment, elle voulait tout savoir de lui. Après tout, elle lui permettait de la toucher. Alors, elle devait connaître qui était cette personne. Oui, une personne et non un Chain. Et peut-être qu’il en apprendrait un peu plus sur elle. Elle qui ne voulait jamais en dire trop sur sa personne. Qui évitait le maximum les relations inutiles. Pourtant, il ne répondit pas à son affirmation. La vexant un peu. Peut-être au fond, qu’il ne voulait rien dire. Rien se rappeler. Beaucoup de personnes n’aiment pas forcément voir leurs souvenirs resurgir d’un coup. Qu’ils soient bons ou mauvais. Beaucoup n’aimaient pas devoir les revivre encore et toujours. Michiyo n’avait pas ce souci, ses souvenirs disparaissaient au profit des nouveaux qu’elle voyait ou vivait. Mais, elle ne parlait pas à un humai normal. Non, elle parlait à Naaru. Un humain qui était devenu Chain. Un humain qui devait se rappeler de qui il était avant sa descente dans l’Abysse. Quelqu’un qui devait se rappeler de sa mort. De tout. Et, aussi égoïste soit-elle, elle ne pouvait le forcer à retourner dans un passé qu’il ne voulait plus, ni voir ni entendre. Après tout, chacun avait ses petits secrets. Le petit quelque chose, que l’on souhaite garder au plus profond de soi, histoire que personne ne puisse être au courant. Les individus pourraient porter un regard diffèrent. On pourrait se sentir changer. Alors, elle se contenta de fermer les yeux et de ne plus rien dire. Le laisser chercher l’endroit où elle vivait.

Néanmoins, avant de fermer totalement les yeux, et de se laissait aller dans les bras de Morphée sans même s’en rendre compte. Elle lui expliqua qu’il devait venir le chercher lui même son haori s’il voulait un jour le récupérer. Ce n’était qu’une manière pour elle de ne pas finir la soirée sur une triste note. Fallait-il le dire, ce n’était pas agréable de terminer une soirée sous la pluie, baigné dans le sang avec un cadavre en plus sur les bras. Non, pour finir une soirée, généralement on essais d’avoir une petite note joyeuse. Quelque chose de bien. Certes, ils n’allaient pas tourner autours d’une table tous les deux, pour que le jeune homme attrape la demoiselle et donc son vêtement. Mais une petite taquinerie, un sourire et d’un coup, le sommeil serait peut-être moins lourd. Parce que parfois, la bonne humeur ne peut faire de mal. Laissait éclater une bulle de retenue. De colère ou de frustration, permettant ainsi de se libérer, même l’espace de quelques minutes. Puis rentrer une nouvelle fois dans une bulle. Qui pourra durer longtemps, ou pas, selon la prochaine personne qui essaiera de la faire exploser, voire même imploser. Ce fut ces dernières pensées avant que la noirceur de son inconscient ne prenne le dessus.

Lorsque ses yeux s’ouvrirent de nouveau, ce fut sous le coup d’une sensation. Une douce sensation, mais qui pourtant l’agaça un peu. Oui, il existe des moments où une sensation se retrouve avec son antipode. Michiyo en avait la preuve. Le première exemple, qui peut faire comprendre le contraire est le fait, que de se faire embrasser n’était pas une sensation désagréable en soi même, or se faire embrasser sans son consentement, alors que l’on est dans un sommeil. Ce n’est pas la même chose. Certes, la sensation restait la même, pourtant, l’agacement se faisait présent. Généralement, on préfère se faire embrasser lorsqu’on le veut. Mais dans le cas présent, Naaru l’avait fait sous sa propre décision. Alors, elle lui avait promis la pire punition, les pires tortures, s’il venait à recommencer. Regardant alors un Naaru possédant un sourire. Elle ne savait pas ce qu’il pouvait penser. Voulait le savoir, mais apparemment, il n’allait rien lui dire sur tout cela. Non, rien du tout. Peut-être parce qu’elle ne lui laissa pas du tout le temps. Regardant longuement la porte fermée face à eux, elle se rendit compte de la vérité lorsque son cerveau connecta les deux neurones dont elle avait besoin pour comprendre. Il n’avait tout simplement pas la clef. Alors, elle lui avait désigné l’endroit secret – pas si secret, parce que beaucoup des autres résidents étaient au courant- où elles étaient cachées. Le pot de fleur. C’était bête et petit. Mais tellement bête que la plupart des individus ne cherchaient pas à cet endroit. Naaru non plus apparemment. Alors, il se déplaça pour attraper les clefs tout en lâchant les jambes de la demoiselle. Celle-ci s’attachant un peu plus au jeune brun. Comme-ci le fait que ses pieds touchent le sol allait lui faire du mal. Les brûler. Vous savez, un peu comme les enfants – ou les Chain avec un âge mental très réduit- qui sautent de divan en divan sans que leurs corps touchent le sol. Sinon, ils se feront manger par les crocodiles ou autres animaux carnivores vivants dans les salons. Relâchant tout de même la pression, lorsque Naaru la repris correctement dans ses bras. Bon dieu, elle avait l’air d’une enfant pas du tout lourde dans les bras d’un adulte. Elle n’aimait pas se sentir enfant.

De nouveau il se stoppa. Qu’est ce qu’il se passait ? Un appartement trop bien ou pas assez rangé ? Quelque chose qui n’allait pas dans son sens ? Ou alors, peut-être qu’il avait peur de rentrer. Après tout, ce n’était pas son appartement, son chez lui. Cela peut perturber certains individus normaux. Quoi que, Naaru était-il normal au final ? Oh, elle n’avait pas envie de tergiverser des heures sur cette idée. Elle aurait le temps bien plus tard. Pour le moment, elle venait de se réveiller. Et, il ne fallait jamais trop en demander à Michiyo lors de son réveil. Histoire d’avoir des réponses et raisonnements un peu près potables et logiques. Au mieux, il fallait attendre une heure. Au pire, revenir le lendemain. Alors il avança, sortant la demoiselle de ses pensées. Observant, non sentant, la pression des bras de Naaru devenir un peu plus fort autours d’elle. A quoi pouvait-il penser ? Il avait l’air si silencieux. Non, elle n’allait pas partir en courant. Fallait-il d’abord qu’elle puisse marcher. Ce qui n’avait pas l’air d’être une mince affaire. Quoi que, avec juste quelques minutes, ses jambes voudraient la porter de nouveau. Après tout, elle avait déjà dormi quelques temps. Et ses forces semblaient être revenues peu à peu. Pas vraiment terrible comme blessure. Alors, elle se sentie posée sur son propre divan, voire même allongée. Ses yeux regardèrent un peu autours d’elle. Mais ses oreilles captèrent des sons. Non, des paroles, prononcés par le jeune homme. Alors, se relevant un peu, elle dirigea vers son regard vers Naaru. Lui donnant toute une série d’ordre. Encore quelques uns et Michiyo aurait l’impression d’être revenu douze ou treize ans en arrière. Apparemment, elle devait se changer, se doucher, normalement, l’ordre précis aurait été l’inverse. On se douche avant de se changer. Question de bon sens. Et après, elle serait soignée. Il avait bien du mal à se sortir l’idée de la tête. Elle n’avait plus vraiment mal. Le sommeil était un bon anesthésiant. Il pouvait bien se poser quelques temps et se reposer un peu.

« Calme toi mère poule, ce n’est qu’une toute petite blessure. Je pense, pouvoir m’en remettre. »

Michiyo ne put rien ajouter d’autre, que déjà, la boule d’énergie Naaru était partie fouiller dans son appartement. Oh, elle n’aimait pas trop ça. Mais se contenta de se taire. Se relevant pour se mettre en position assise. Sa tête lui tourna quelques secondes. Devant ses yeux, dansaient de petits points noirs. Elle posa alors sa main sur son front. Oh, elle avait une migraine. Comme toute les fois où elle se réveillait. Bientôt, cela passerait. Elle ne devait juste pas bouger. Pourtant, lorsque sa vue revint normal, elle sentie quelque chose frotter contre sa jambe. Baissant doucement le regard, elle remarqua une petite chose qu’elle connaissait très bien. Monsieur Pattes de Velours venait demander un peu d’attention. Au début, elle n’avait même pas pris la peine de regarder qui était autours d’elle. Heureusement, laissant s’échapper un soupir de contentement. Michael n’était pas encore de retour. Il ne pouvait donc pas se heurter à Naaru et encore moins à sa condition de Chain. Se baissant un peu, elle attrapa la petite boule de poils noirs et l’amena sur ses genoux pour le caresser un peu. Cette bête était vraiment adorable et amicale. Puis, sa tête se tourna de nouveau vers quelque chose un peu intrus. Quoi que non, pas tant que ça. Cet objet lui semblait bien familier. Sa couverture. Naaru était donc de retour. Alors, qu’elle allait se retourner, elle se retrouva prise dans un étau. Un étau qu’elle connaissait. Des bras forts et métis. Bien que ses mains se retrouvèrent sur la poitrine de la demoiselle. Elle ne prononça mots. Se laissant aller à l’étreinte nouvelle et surprenante du jeune homme et à son souffle dans sa nuque. Les mains de la jeune femme se posèrent sur les bras de Naaru. Resserrant un peu plus l’étau autours d’elle. La jeune femme aimait la sensation que lui procurait la présence de Naaru. Elle ne cherchait pas à comprendre pourquoi. Ni ce qu’était cette sensation. L’aimait lui suffisait amplement. Même, si comme celle-ci, elle fut de courte durée. Pour trois petits mots. Non, elle n’avait pas vraiment froid. Elle avait eu froid. Lorsqu’ils étaient tous les deux dehors. Sur le coup, elle se surprit presque à demander au jeune homme, sur un ton de défis de la réchauffer. Mais se retint. Alors, elle se leva doucement. Faisant partir le chaton de ses genoux, pour qu’il puisse se lover à sa place sur le divan.

La jeune femme se dirigea alors vers sa chambre. Fermant la porte. Peut-être pas à clef. Mais ce n’était pas pour autant une invitation. Alors, elle se changeant. Troquant ses vêtements humides contre un pantalon en lin noir et un long pull à grosses mailles blanc. Assez pour la réchauffer. Ses cheveux avaient été de nouveau détachés. La mèche plaçait derrière son oreille et à son poignet se trouver l’attache que Naaru lui avait confié quelques heures plus tôt. Pour ne pas la perdre. La douleur était encore présente sur sa hanche. Le sang n’était pas présent. Sur le coup, la demoiselle pensa qu’elle aurait du proposer au jeune homme de s’asseoir. Bien qu’elle ait l’intime conviction qu’il allait le faire tout seul. Fouillant dans un tiroir, elle en sortie quelques vêtements qu’elle prit avant de se diriger vers la salle de bain. Puis, revenir vers Naaru. Lui accordant un sourire, elle lui tendit les vêtements contenant un vieux jean noir et une chemise.

« Je ne sais pas si tu veux te changer. Ni s’ils seront à ta taille. Mais ce sont les seuls vêtements d’hommes que je puisse te prêter pour le moment. Je rajoute aussi, que si tu te changeais, ça éviterai que mon sol soit tout mouillé. »

Car oui, c’est bien de vouloir l’aider, mais ne pas salir tout son appartement avec de l’eau et risquait à ce qu’elle glisse sur une flaque pour se casser un bras. Ce n’était pas vraiment utile. Mais bon, avant de se changer. Il fallait s’occuper aussi de ses cheveux. Car ils allaient obligatoirement humidifier une nouvelle fois ses vêtements propres. La demoiselle lui accora un sourire en l’invitant à s’asseoir – du moins, en le faisant s’asseoir- sur le divan. La jeune femme se plaça derrière le divan, dans le dos de Naaru. Gardant un petit sourire, elle plaça la serviette sur la tête du Chain pour commencer à frictionner doucement.

« Je pense que tu seras encore plus beau les cheveux secs ».

Michiyo continua à les sécher.Puis, elle aimait bien lui dire qu'il était beau. Un jour, peut-être qu'elle le verrait rougir avec de la chance. Si le jeune homme n’était pas d’accord avec elle. Il aurait seulement le loisir de lui attraper le poignet pour la faire arrêter ou tout simplement lui dire. En attendant, elle en avait décidé ainsi. Tant qu’il serait dans son mutisme de Chain torturait par le mensonge qu’il lui avait fourni toute la journée, elle n’allait pas s’arrêter. Seulement au cas où sa blessure lui en donnerait l’ordre.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   20th Novembre 2012, 06:13

Ils étaient rentrés dans l'appartement. Sans doute trop bien rangé pour le chain, qui dû bien vite se concentrer sur la demoiselle pour ne pas avoir l'indéfectible envie de tout balancer par terre. Sans vraiment savoir si elle avait ressenti cette petite pression, Nana n'accorda pas un instant son regard à celle de Michiyo. Non pas qu'il l'ignorait. Il cherchait simplement un endroit où pouvoir la poser. Un endroit que, de toute évidence ils allaient tâcher, sales et mouillés comme ils étaient. En commençant par Naaru qui, en plus de s'être fait jeter à terre, avait dû affronter à mains – presque – nues un autre chain non moins sauvage et effrayant. Autant dire qu'il n'était certainement pas le plus propre des chains, si tout du moins la propreté rentrait dans leurs lignes de compte. Après tout, cela ne dérangeait pas plus que ça le chain de devoir rester habillé comme ça sans demander son reste. De nombreuses fois, il rentrait de mission avec Finn, aussi crade que le dernier des mendiants. Mais l'un comme l'autre étaient tellement fatigués qu'ils s'écroulaient sur leurs lits ou tout du moins à quelques centimètres avant même de s'être changés. Autant dire que Nana s'en foutait prodigieusement. Les humains aimaient la propreté, il s'y était simplement accommodé.

Sa minute de réflexion lui permit de reprendre ses esprit tandis qu'il posait la demoiselle sur le divan. Doucement. Il savait à présent qu'elle n'appréciait pas trop être traitée comme une princesse ou même une fille fragile, mais si Naaru ne se contrôlait pas lui-même, il était bien capable de la lâcher sans plus de circonstances qu'un sac de farine. C'était tout ou rien. La force d'un chain n'était pas comparable à celle d'un humain, tout comme leurs façons de pensée, et par-là même l'expression réduite à néant chez la plupart des cousins du jeune homme. Continuant cependant sur sa lancée bien entamé, le chain se prit à lui commander divers choses que lui-même n'aurait jamais fait prononcé sur ce ton. Ni méchant, ni autoritaire. Et c'était bien le problème. Quand Nana écoutait des ordres, c'était à travers l'autorité de la commande qu'il percevait le caractère ou non obligatoire de la chose proposée. Bref. Le chain fut donc bien aise d'entendre Michiyo lui répliquer que ce n'était qu'une petite blessure. Son sourire fusa sur un coin de ses lèvres. Bien que blessée, Myaw n'en gardait pas un certain caractère. Mais c'est ce que le jeune homme appréciait chez elle. Contrant avec brio en repoussant de son index le front de la demoiselle, Naaru répliqua :

-Écoute ton aîné. Et repose-toi. Sinon je pars.

Le chain était... un être stratégique. Constamment observateur, il avait bien compris que sa présence semblait faire plus que plaisir à la jeune dame. Ce qu'il faisait là était tout simplement une sorte de chantage mêlé à de la corruption pure et simple. Si son contractant s'était habitué depuis longtemps à ces accès quelque peu excessifs, en tout cas, sans doute n'allait-ce pas être le cas de Michiyo. Après être parti lui chercher de quoi se réchauffer dans sa chambre et ce, sans aucune gêne, le chain ramena une bonne couverture. Certes, la jeune femme était encore toute mouillée et ses habits semblaient frémir de bonheur à l'idée d'être lavés. Mais ça, Nana n'y fit aucunement attention. Il déposa la couverture à ses côtés dans l'unique but de lui laisser le choix de se couvrir ou non. Et puis, il avait mieux à faire. S'il souhaitait secrètement simplement échanger une étreinte avec elle, il se douta bien vite qu'il pouvait en plus en profiter pour récupérer son haori. Sa main se resserra donc sur cette nouvelle prise, tandis qu'il profitait d'un autre sens de la chaleur qui émanait malgré tout du corps de la demoiselle. Les yeux clos, et le souffle léger, il ne tint bientôt plus compte du monde qui l'entourait jusqu'à ce que des mains ne viennent se poser sur les siennes. C'est suite à ça que leur câlin se termina. Et c'est aussi à ce moment qu'il aperçu pour la première fois le chat qui était précédemment sur les genoux de Michiyo. Et cette dernière s'éloigna un instant, pour aller il ne sait où. Quoiqu'il en soit, bien vite, Naaru se retrouva face au chat, roulé en boule sur le canapé. Les chats c'était un peu... la seule espèce animale qu'il arrivait à supporter, voir même à aimer. Les chiens étaient trop bruyants. Les chevaux puaient trop à son goût, en plus de leur attitude continuellement peureuse. Et puis, tout ce qui était rat et rongeurs ne l'inspirait pas plus que ça. Alors il n'y avait que les chats.

Doucement, il s'approcha du petit minou et s'accroupit à quelques centimètres du félin. Son sourire s'agrandit encore davantage, tandis qu'il l'observait dormir. Il aimait particulièrement bien les yeux des chats. Et aurait aimé savoir les siens. Son vœu font bien vite exaucé. De beaux yeux, de toute évidence. Pas vairons, mais beaux tout de même. Il adorait les yeux vairons, particulièrement les associations jaune vert ou bleu marron. C'était tout simplement magnifique. Ses yeux se plissèrent de gentillesse sous la vue d'un si charmant animal. Il tenta une approche plutôt direct avec l'animal mais n'en sortit qu'avec une petite égratignure qui ne tarda vraiment pas à disparaître. Le chain essaya alors autrement. Il posa sa main, paume ouverte, à une dizaine de centimètres du félin, de manière à ce qu'il ne puisse pas lui attraper la main. Dès lors que la créature curieuse pencha sa tête en avant pour scruter et humer l'air qui se détachait de la main, Nana éloignait cette dernière un peu plus. Une patte avança, puis l'autre. Enfin, ce fut toute sa petite anatomie qui s'anima dans un silence profond. Le chain ne risqua d'autre approche que celle-là, et laissa l'animal s'en aller dieu sait où dès lors qu'il comprit le jeu terminé.

Ce ne fut que quelques minutes plus tard que la jeune dame revint, vêtue d'un pantalon noir et d'un long pull. Il aimait particulièrement ce dernier. De toute, Nana détestait tout ce qui était trop seyant. Ça lui bloquait la majorité de ses mouvements. Or il se trouvait que ce pull semblait bien plus large que son petit corps. En fixant son interlocutrice, il ne tarda pas à dériver lentement sur ce qu'elle tenait dans ses bras. D'autres habits. Le chain eut peur de comprendre. Et il se trouva que, bien rapidement, il eut raison.

Il allait devoir se changer ? Ça ne le dérangeait pas de garder ses affaires-là. Nana ne nota même pas le fait qu'elle ai des affaires d'homme chez elle, tant il était intrigué par ce qu'elle allait lui apporter. À entendre sa dernière phrase, la proposition en devenait plus obligation. Le chain retint un soupir et opéra un semblant de regard sur ses nouveaux vêtements de rechange. Fallait-il ou non lui annoncer qu'il n'avait jamais mis autre chose qu'un kimono ou autre habit semblable de toute sa vie de chain ? Son contractant avait bien tenté de lui faire revêtir quelque chose de moins voyant, mais il s'était profondément heurté à un mur. Et Nana semblait bien résolu à faire de même. La tête de mule fronça son nez et croisa les bras d'un air borné. Ah ça il l'était. Ses vêtements n'allaient pas tarder à sécher, après tout. La seule différence étant qu'ils sécheraient sur lui. Il était prêt à mettre n'importe quoi d'autre. Enfin, pas vraiment. Juste quelque chose s'approchant du kimono une pièce. Cette fois-ci, son soupir se dégagea de ses lèvres. Il jaugea encore un instant les vêtements. Un jean. Quelque chose qui serrait trop. Beaucoup trop. Il préférait encore un pyjama. Le haut n'était qu'une chemise mais, encore une fois, c'était quelque chose de très serré. Il savait qu'il n'avait rien de particulier à risquer, mais le chain était toujours sur ses gardes, même s'il ne le montrait pas.

Après un bref sourire adressé à la demoiselle, cette dernière lui posa les mains sur ses épaules afin de l'asseoir. Il essaya de lever le tête pour voir ce que Michiyo s'apprêtait à faire mais se retrouva rejeté en avant ses cheveux rencontrant une surface qu'il connaissait bien. Il put apercevoir des deux coins de la figure certains de ses cheveux fouetter son visage. Mais la pression n'était pourtant pas si forte. Alors Nana ferma les yeux en baissant la tête avec un sourire en coin lorsqu'il entendit Michiyo lui faire la remarque qu'il était plus beau les cheveux secs. Il ouvrit de nouveau les yeux, fixa son pied auquel était encore accroché le ruban de la demoiselle. Il allait falloir qu'un jour ou l'autre elle lui rende son attache à lui aussi. Mais sans doute pas tout de suite, vu l'acharnement qu'elle avait voulu prendre pour lui garder son haori. Il garda ce sourire sur les lèvres rien qu'en y pensant. Mais il était temps de répliquer quelques petites paroles. Il attendit qu'elle en ait terminé pour rejeter sa tête en arrière et avoir celle de la demoiselle juste au-dessus d'elle. Il dit, du tac au tac :

-Accessoirement, j'ai pas envie de me changer. Si tu veux je bougerai pas de là pour pas mettre de la flotte partout.

Plus il fixait les vêtements qui l'attendaient, moins il voulait les essayer. Le plus facile à endurer était encore la chemise. Mais le jean. Non, très peu pour lui. Il remarqua qu'elle avait posé la serviette juste à côté. Alors, sans en attendre davantage, il la prit et la lança droit sur la tête de Michiyo, sans se poser la question si oui ou non elle aurait le temps de la rattraper. D'un air on ne peut plus sérieux malgré le sourire qui étirait toujours son visage, le chain poursuivit :

-J'aimerai aussi que tu fasses plus attention à toi plutôt qu'à quelqu'un qui n'est même pas capable de tomber malade.

Et c'était bien vrai. D'eux deux, c'était elle qui risquait d'avoir un rhume, une blessure, de la fièvre ou même autre chose. Lui n'était pas humain. Lui n'était rien d'autre qu'un chain qui vit sans vraiment vivre, à qui on a totalement inoculé la sensation de douleur comme de maladie. Peut-être que quelque part, il aurait bien voulu se mettre dans un lit, la fièvre lui tenaillant sa tête. Il aurait voulu que quelqu'un soit là pour lui, le rassurant, l'obligeant à manger. Peut-être lui manquait-il la sensation d'être vivant. Il se leva peu après, lui qui avait pourtant presque juré de ne pas bouger. Au fond, il savait que c'était impossible. Pourtant debout, il eut un doute. Il voulait savoir où était la fameuse trousse que tout contractant, meurtrier, médecin et autre se devait d'avoir pour panser les blessures infligées. Fermant les yeux d'un air presque autoritaire, il se tourna vers Michiyo et lui dit :

-Et n'essaye pas de me dire que ce n'est qu'une petite blessure. Celle de mon pied en était une. Elle est déjà cicatrisée depuis longtemps. – Et comme pour le prouver, il retira le précédent ruban de son pied pour montrer une plante totalement parfaite – Où est ta trousse à pharmacie ?

Nana s'était mis en tête de la soigner. Et rien ne pouvait l'arrêter. Il était presque persuadé.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   24th Novembre 2012, 12:09

Franchement, elle avait beau se tourner et retourner la question dans tous les sens, elle n’était pas capable de trouver la solution. Ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait face à une question sans réponse. Mais, elle n’aimait vraiment pas ça. C’était comme avoir petit quelque chose qui manque. Essayait de trouver toujours et encore ce qu’il peut bien manquer. Jusqu’à ce qu’un jour, hop, la solution nous tombe dessus. Pendant une douche, une nuit de sommeil, un acte bénin, ou alors, en se lavant les deux. La demoiselle trouvait toujours ça amusant de voir les solutions venir à elle sans qu’elle n’ait à réfléchir. Quoi qu’en fait, elle sache très bien qu’inconsciemment, son cerveau se triturait jour et nuit pour lui donner la fameuse réponse qui la torture. Généralement, elle restait une semaine à faire les cent pas dans l’appartement, usant les voisins. Faisant toute les théories possibles devant le regard moqueur de son compagnon. Puis, la réponse lui vient. Oh, elle détestait ces moments. Michiyo était un peu le genre à vouloir que tout lui tombe dans la main directement. C’était comme ça . Personne ne pouvait la contre dire lorsqu’elle avait une idée en tête. Des heures, oui elle pouvait passer de longues heures à trouver la meilleure solution. C’était ainsi, personne ne pouvait tenter de la changer. Pour l’instant, elle n’avait pas une. Mais deux questions qui lui posaient problème. Dans un premier temps, pourquoi est ce que Naaru tenait tant à ce qu’elle aille se soigner. Après tout, elle lui avait dit bien trois fois déjà, ce n’était qu’une « petite blessure ». En fait, la jeune femme avait pour optique que ce qui saignait beaucoup, n’était pas forcement ce qui faisait lu plus de dégâts sur l’organisme. Elle se méfiait souvent de ce qui n’était pas vraiment douloureux, qui se voyait peu. En fait, elle n’avait même pas osé regarder l’ampleur des dégâts. La chose qui tournait en boucle dans son esprit, était de se réchauffer un peu, d’empêcher Naaru de salir son appartement, parce qu’elle n’avait aucune envie de le nettoyer. Et aussi de passer une partie du temps avant d’aller se mettre au lit pour essayer de le remettre en position dominé une dernière fois. Puis, la deuxième question se reliait très facilement avec la première. Comment pouvait-elle se sortir de cette situation. Le jeune homme étant une tête de mule et Michiyo n’étant pas mal non plus dans son genre. Comment allaient-ils s’en sortir tous les deux au final ? Qui allait capituler le premier ? En fait, elle avait tellement de questions qui se bousculaient dans sa tête. Elle se devait de tenir tête à Naaru. Déjà, parce qu’elle n’aimait pas perdre. Et de deux, parce qu’il était Naaru et que c’était comme ça. Elle avait envie de lui tenir tête et rien d’autre. Voir jusqu’où il pourrait bien aller. Jusqu’où elle-même pourrait marcher. Jusqu’où ils pourraient courir tous les deux. Pour Michiyo, toute leur rencontre n’était pas qu’un jeu bien évidemment. Mais là, elle avait l’impression que le jeune homme cherchait parfois à voir jusqu’où elle pourrait tenir. Si elle allait craquer la première ou non. Peut-être qu’elle se trompait sur toute la ligne. Seulement, c’était Michi. Elle aimait avoir raison, point à la ligne.

Finalement, il l’avait posé sur le divan, avec plus ou moins de délicatesse. Michiyo n’aimait pas être prise pour une poupée. Sa petite taille et son visage figé donnait souvent cette impression. Impression qui partait souvent dès qu’elle avait ouvert la bouche. Dans son cas, l’expression « Tais toi et soit mignonne » prenait tout son sens. Puis, elle avait son caractère. Tenir tête à tout le monde. Ne pas céder trop vite. Jouer quelques minutes. Voilà, il fallait la suivre. Comme quoi, parfois, le caractère et le physique n’avaient rien à voir l’un avec l’autre. Posant son regard sur Naaru, elle attendait quelque chose. Un mot, un elle ne savait pas quoi. Mais quelque chose. Qui ne tarda pas à venir. Toute une liste d’ordres. Non, elle ne prendrait pas de douche maintenant. On n’abandonne pas un invité sans son appartement sans surveillance. Surtout lorsque celui-ci provient de l’Abysse. Non, elle ne voulait pas se soigner. Elle n’était pas phobique des médicaments et tout autres objets à contenance médical. Juste qu’elle n’en avait pas l’envie. Ne ressentait plus la douleur. Elle savait qu’après la fièvre de la nuit qui allait suivre, son corps se remettrait peu à peu. C’était fait comme cela. Alors, elle lui répondit. Ce qui lui apporta de se faire repousser le front par le jeune homme. La demoiselle se mordit la lèvre, légèrement vexée en écoutant les dire du Chain. Encore des ordres. Il prenait un peu trop ses aises peut-être. Alors, son esprit chercha quelque chose à répliquer pendant qu’elle rejetait légèrement la tête en arrière. Premier soupir. Le premier d’une longue liste certainement.

« Ca, c’est un sacré chantage. »

De une, elle n’aimait pas que l’on fasse du chantage. De deux, elle n’allait certainement pas le forcer à rester et de trois, non, elle n’allait pas se soigner bon sang. Mais, en disant cela, elle lui laissait le choix. Rester ou partir de son propre chef. Michiyo avait déjà fait beaucoup de chemin pour les rapprocher. Consciemment ou inconsciemment. Désormais, elle allait pouvoir observer ce que le jeune homme était capable de faire. Quel choix il allait faire surtout. Partir. C’était facile. Il quittait la pièce. Michiyo irait se mettre au lit comme la plus grosse larve du siècle. S’il restait. Rien n’était certain. Depuis le peu d’heure qu’elle connaissait le jeune homme, la demoiselle ne se permettait plus de préparer ses coups à l’avance. Juste d’essayer de savoir répondre aux siens comme il fallait. Gentiment ou plus froidement. Cette fois ci, elle avait lancé la balle dans le camp du brun. Il pouvait la relancer et continuer la partie. Ou simplement la poser au sol et tendre le drapeau blanc. Repousser la partie à une autre fois. D’autres circonstances. Un autre lieu. Voilà, ainsi soit-il. Il avait toutes les cartes en main pour jouer ses coups comme il le sentait. Michiyo avait fait d’après elle, pour le moment, sa part des choses. Ses pensées furent coupées, lorsque les bras musclé du Chain virent la serer. Elle aimait bien le peu d’étreinte qu’elle avait eu avec lui. Il était doux. Mais pas trop non plus. Rien que cela lui plaisait assez. Parfois, la fermeté d’un homme pouvait manquer à une femme. Surtout à elle. Personne n’était là pour lui dire « ça suffit. ». Sans qu’elle n’ait le droit de répliquer. Bien-sûr, elle avait son Chain. Mais ce n’était pas la même chose, c’était difficile d’être sérieux avec quelqu’un dont la voix ne sort pas de la gorge elle-même pour donner un ordre. Mais là, oui là. Elle devait se rendre à l’évidence. Les étreintes de Naaru étaient loin d’être désagréables. Bien que toujours trop courtes. Cet être devait avoir du mal à se concentrer sur une même chose, ce n’était pas plus difficile que cela.

Cachant un peu sa déception, elle se décida à aller se changer lorsqu’il lui annonça qu’elle avait froid. Tout en cherchant des habits un peu plus propres et qui ne mettraient pas de saleté partout pour le brun. Il ne lui fallut que quelques minutes pour se changer et passer dans la salle de bain chercher une serviette. Pourtant, elle passa plus de temps à regarder le spectacle depuis l’encadrement de la porte. Monsieur Patte de Velours. Ce petit pelage noir et ces yeux verts venaient d’avoir raison du jeune homme. Cet animal avait vraiment tout pour lui. Sauf le sens de l’obéissance. Il avait bien de la chance, normalement, il n’aimait pas Michael et Michiyo en avait très vite déduis le fait qu’il n’aimait pas les Chains. Dans les récits populaires, on racontait bien que les animaux sentaient la présence d’esprits bien plus que les humains. Alors pourquoi ne pourrait-il pas sentir les Chain mieux que leurs maîtres ? La demoiselle ne put retenir de sourire pendant la scène. Au moins, sa rencontre avec Naaru aura eu un bon côté pour le jeune homme. Rencontrer John Doe. Jusqu’à ce que le petit prince se décide à partir. Mettant fin à leur jeu. Se dirigeant d’un pas souple vers la chambre de la demoiselle. Celle-ci le réceptionna et lui bloquant le passage.

« Tu n’as pas le droit d’aller dans ma chambre, Monsieur Patte de Velours. Retourne voir ton nouveau camarade si tu veux un endroit douillé. »

Elle avait envoyé le petit animal vers Naaru. La demoiselle ne savait pas s’il comprenait parfaitement ce qu’elle avait dit. Mais, elle ne voulait pas qu’il aille se lover dans son lit. Les poils de chat partout. Non merci. Puis même, il avait l’air d’être un peu intrigué par le nouveau venu. Alors, autant qu’il s’amuse un peu. Le jeune homme avait l’air lui-même intéressé par son John Doe. Dans un sens, cela faisait plaisir à Michiyo qu’il s’amuse un peu, même si c’était avec un animal et non avec elle. Par conséquent, elle se décida à avancer pour tendre les nouveaux vêtements du jeune homme. Pendant un petit laps de temps, elle ne dit mots. Histoire que Naaru puisse comprendre et assimiler les informations correctement. Oui, elle lui disait bien de porter des vêtements qui n’étaient pas les siens et qui de surcroit avait tendance à être moulant. Combien de fois Michiyo avait-elle dit à son compagnon que les vêtements serrant ne lui allaient pas. C’était comme essayé de faire comprendre à un escargot qu’il devait avancer plus vite. Peine perdue. Alors elle l’observa. Elle s’attendait à une réaction de la part du jeune homme. Plutôt mauvaise que bonne pour tout dire. Ses doigts ne lâchant pas les morceaux de tissus. Qu’est ce qu’il allait encore bien pouvoir lui trouver comme excuse. Certes, cela n’avait rien à voir avec les vêtements qu’il portait. Mais bon Dieu, c’était son divan, le lit de Michael et elle n’avait pas envie de passer son temps à le nettoyer. Au pire, elle lui donnerait un pyjama ou il resterait en sous vêtements le temps que ses vêtements sèches. Elle n’était pas vraiment à ça prêt maintenant. Et elle le remarqua ce regard, ce regard qui disait « Non ». Qui cherchait une excuse. Son appartement. Ses règles et c’était tout. Non discutable.

Alors, devant un tel mutisme, elle se contenta de lui sécher les cheveux. Au moins ce serait toujours cela de fait. Les siens dégoulinaient encore un peu sur ses vêtements. Mais c’était un choix personnel. Ils sécheraient bien tous seuls. Elle n’était pas violente, mais Michiyo n’était pas doté d’une grande douceur et encore moins d’une grande patience. Rapidement, le fait de lui sécher les cheveux fini par la lasser. Alors, elle recula un peu tout en lui laissant la serviette sur la tête. Ecoutant par la même occasion, ce que le jeune homme avait à dire. Apparemment, il avait enfin pris sa décision. Tout en le regardant d’en haut, la demoiselle buvait ses paroles. Quoi que … Pas tout à fait. Elle retint un second soupir tout en laissant les mots sortirent de sa gorge sans aucune retenue.

« Accessoirement, j’aimerai ne pas passer ma journée de demain à nettoyer le divan. De plus, crois-tu que si je t’embrasse, genre maintenant, tu capitules ? »

Bon. Ce n’était pas une menace. Ce n’était pas une affirmation. Ni une question. Juste un moyen de le faire réfléchir sur autre chose pendant quelques secondes voire minutes et donc, réussir à trouver une autre excuse pour qu’il se décide à se changer. Il ne pouvait pas savoir à quel point le mobilier n’était pas facile à nettoyer. Qu’elle allait devoir expliquer à son Chain pendant des heures, pourquoi son lit de fortune est mouillé et qu’il doit dormir sur un vieux matelas avec une simple couverture ? Sans oublier de lui stipuler pourquoi est ce que l’Abysse sent à plein nez dans l’appartement. Non, trop de chose à trouver. Il mettrait d’autres vêtements, un point c’est tout. On pourrait se demander, sur le moment, pourquoi la Destinée a eu la merveilleuse idée de faire se rencontrer ces deux individus. Ils étaient aussi têtus l’un que l’autre, ce qui engendrait dans la plupart de leurs conversations, des conflits verbaux, des piques et bien d’autres légers désagréments. Sans compter le fait que Michiyo était un membre de Pandora et que Naaru un Chain ayant un contractant qui pouvait potentiellement être un Baskerville. Il fallait qu’elle garde cette question en réserve. Lors du prochain quart d’heure de révélations. En attendant, ils étaient là, tous les deux. Jusqu’à ce que Naaru ait la bonne idée de lui lancer la serviette dessus. Laissant s’échapper le fameux second soupir de la demoiselle aux yeux bleus. La posant sur une chaise non loin d’elle. Ses oreilles captèrent une nouvelle fois la voix du jeune homme. Apparemment, elle devait s’occuper plus d’elle que de lui. Troisième soupir ponctuait d’un léger sourire alors qu’elle repoussait ses cheveux en arrière pour fixer le Chain dans les yeux. Avant de s’approcher de celui-ci et de s’asseoir sur l’une des places du divan qui n’avait pas encore subis l’attaque de l’eau et de la saleté.

« Qu’est ce qui m’empêche de le faire ? »

Une phrase. Courte et compréhensible. Pourquoi n’avait-elle pas le droit de le faire ? Certes, il se trouvait que le jeune homme près d’elle n’était autre qu’un habitant de l’Abysse. Or, pour Michiyo, ce n’était pas un argument recevable. Après tout, son colocataire était lui-même un Chain. Cela n’empêchait pas la jeune femme de s’inquiéter parfois. Elle avait peur qu’il ne rentre pas. Qu’il tombe sur d’autres contractants et leurs Chain. Qu’ils se battent, se blesse. Ce n’était pas pour elle qu’elle pensait à lui. Tomber dans l’Abysse n’était peut-être pas sa priorité première. Avouer qu’elle se faisait parfois du sang d’encre pour Michael n’était même pas inscrit. Mais pourtant, elle s’en faisait bel et bien. Parce qu’il était son Chain. Son colocataire. Son confident. Son ami. Naaru se trouvait certainement dans la même situation. Peut-être qu’à l’heure actuelle, la personne avec qui il avait fait un contrat se posait des questions. Ressentait même de la peur. Alors oui, ce n’était pas parce qu’il n’était pas – certainement plus- humain, qu’il ne fallait pas s’en faire. La vision des choses de la demoiselle pouvait sembler risible. Mais c’était ainsi. Il faudrait certes poser les bonnes questions pour qu’elle puisse l’expliquer. Pour le moment, elle n’avait pas envie de s’occuper plus que de cela de sa blessure.

Sur le coup, elle se surprit à penser que Naaru parlait beaucoup. Il cherchait tous les moyens possibles pour la soigner. La faire capituler. La soigner et après la mettre au lit. Encore une fois, elle eut l’impression de retomber quelques années en arrière. Années où les adultes usaient de tous les stratagèmes et réparties possibles pour faire faire quelque chose aux enfants. Le jeune adulte faisait un peu parti de cette catégorie désormais. Si, au début elle soutenait vent et marrés qu’elle pouvait le qualifier sans souci d’enfant. Avec toutes les réactions liées au statut. Ce n’était plus la même chose au final. Il avait prit non pas plus d’assurance. Mais d’aisance. Il savait de quoi il parlait. Ce qu’il fallait dire et ne pas dire. Peut-être pas ce qu’il ne fallait pas faire sans permission. Mais c’était une autre histoire que la demoiselle ne pouvait pas encore gérer toute seule. .Le contractant ou la contractante du Chain le ferait bien pour elle. Ce n’était pas une maîtresse d’école, bien qu’elle ait pu le vouloir, elle ne pouvait pas tout lui apprendre convenablement. Alors elle écouta. Sans bouger les paroles du jeune homme. Décidant de son propre chef que la blessure de la demoiselle n’était pas petite contrairement à celle qu’il avait au pied. Que, par conséquent, il devait connaître l’emplacement de la trousse à pharmacie. Elle en avait une. Sauf qu’elle est cachée pour le moment. Mettant à part le ton plus autoritaire qu’il avait pris, la jeune femme laissa un sourire prendre place sur son visage, tout en s’approchant du Chain.

« Vois tu Naaru, je pense que nous sommes dans une impasse tous les deux. Tu ne céderas pas. Je ne compte pas céder non plus. Alors, qui va capituler le premier ? »

Elle était sûre et certaine de ne pas lui laisser le loisir de gagner cette fois ci. Pour Michiyo, la vie n’était pas un jeu. Loin de là. Pourtant, dès le moment où l’on rajoute une nouvelle inconnue à l’équation. Celle devient bien plus difficile et intéressante. Naaru était la nouvelle inconnue. Et il rendait la partie beaucoup plus palpitante. Maintenant, elle n’allait pas capituler de si tôt, cherchant toujours le moyen de pousser le Chain dans ses tous derniers retranchements.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   27th Novembre 2012, 10:07

Un soupir s'échappa de la fine bouche de la demoiselle, ce qui eut pour conséquence de faire hausser un sourcil désapprobateur au jeune homme à ses côtés. Avait-il dit quelque chose de mal ? Il ne pensait pas à mal, et malgré toutes les réprobations de Michiyo sur sa blessure, Naaru ne pouvait que constater les dégâts. Et il n'était pas du genre à ne pas broncher ni rien faire. S'il devait devenir méchant, alors il deviendrait méchant. Ce chain détestait qu'on lui tienne tête. La preuve en était qu'avec son contractant, les discussions finissaient souvent par des haussements de voix assez significatifs. Mais qu'une inconnue plus si inconnue le fasse le mettait bien assez rapidement de mauvais poil.

Alors qu'il était encore debout et qu'il rivait toujours son regard sur la femme allongée, cette dernière prononça cinq malheureux mots. Cinq mots sur lesquels fusèrent la réaction du chain. Sa main droite se plaqua à quelques millimètres du visage de Michiyo, avec une précision époustouflante et si rapide qu'elle-même n'avait pas dû le voir arriver. Les yeux du garnement lançaient des éclats de malice si puissants que son regard semblait presque étinceler. Durant quelques instants, il se fixèrent yeux dans les yeux. Puis, Nana rapprocha encore un peu plus son visage de la demoiselle, allant plus légèrement encadrer de sa main gauche la tête de la plus jeune. Il se stoppa si proche qu'il pouvait même sentir son souffle lui caresser les lèvres. Son sourire s'étira, presque sadique, lorsqu'il apposa sa bouche tout près de l'oreille de Michiyo, pour lui murmurer ces paroles :

-Et tu n'as encore rien vu.

Toujours est-il qu'après cette petite démonstration de force, la jeune femme partit se changer, comme il lui avait prescrit. Il ne doutait pas un seul instant qu'elle n'exécuterai pas tout ce qu'il lui avait demandé, mais il espérait tout du moins qu'elle prendrait des mesures pour se soigner. Mince alors, les humains étaient-ils tous aussi bornés ? Alors même que le sang leur coulait des flancs ? C'était idiot. Une réaction idiote. Nana n'aimait pas voir le sang des hommes. Le sang des chains, le sien, celui-là curieusement ne le gênait pas. Mais le leur était trop rouge. Trop significatif d'une mauvaise nouvelle. Leur sang n'apportait rien de bon. Et même s'il était uniquement superficiel, il était bien là, et ne disparaissait pas avant plusieurs semaines. En ça les humains étaient tous faibles. La mort les égrenait. La mort frappait. Le sang se répandait. Non, Nana n'aimait pas voir ça. Sauf quand bien sûr c'était celui de ses ennemis. Naaru était une machine de guerre relativement paradoxale.

Ses pensées furent troublées par l'apparition d'un nouveau camarade. Petit chaton. Qui à première vue n'avait pas l'air d'apprécier le chain. Mais qui, pourtant, force d'avoir été sympathique, finit par accepter de jouer quelques instants avec Nana. Et puis, il était parti, laissant le jeune homme batifoler à diverses choses. Il vagabonda son esprit sur la structure de la pièce. Il enregistra chaque détail. Bien vite, l'ennui commença à peser sur ses épaules. Allait-il rentrer ? La question lui était parvenue plusieurs fois. Curieusement, la présence de Michiyo lui manquait. Lui manquait même atrocement. Il aurait aimé la prendre dans ses bras, maintenant tout de suite. Mais elle était probablement encore en train de se changer. Et pour s'être pris quelques baffes par le passé, le chain savait qu'il ne fallait pas risquer d'entrer dans une chambre de femme quand ladite femme s'y trouvait. C'était souvent pire que l'Abysse.

Le chain se posa sur le sofa, sans prendre trop de place et ramena ses pieds en tailleur. Son dos tomba en arrière rencontrer celui du canapé. Il soupira en fixant le plafond, aussi blanc que du blanc. Naaru n'aimait pas vraiment la neige. C'était très froid. Trop froid certainement. Quelque part au fond de lui, ça lui rappelait de mauvais, voir de très mauvais souvenirs. Il se doutait bien que cela avait un rapport avec son passé. La barrière mentale qu'il s'était érigé était si présente qu'il ne voyait plus qu'elle. Son regard se fit presque vitreux tandis qu'il sentit de nouveau une présence à côté de lui. Le chat était revenu. Assis face à lui, le regard dirigé vers les prunelles vertes du chain, ce dernier osa un regard en contrebas. Il se demandait ce qu'il voulait. Peut-être que l'animal pensait la même chose. En général, le chain s'entendait plutôt bien avec les animaux. Qu'ils soient chiens, chats, rongeurs, oiseaux, ou même insectes, Nana les appréciait tous. Et c'était souvent réciproque. Mais celui-là avait un certain flair qui n'échappait pas au jeune chain. Il le sentait. Il sentait l'Abysse émaner du jeune homme aux airs pourtant si humains. Il voyait le fond de ses prunelles émeraude totalement dénuées de sentiments. Il connaissait son fond sans même lui parler. Les échanges mentaux lui suffisaient. L'espace d'un instant, la tension monta d'un cran. Sans échanger un seul mouvement, un seul cri, même pas un seul clignement d’œil, les deux êtres vivants se jaugèrent. Nana crut un instant qu'il allait perdre patience. Non pas pour cette fixation, lui-même était assez accro à ce genre de pratique, mais plus pour cette sensation qu'il ressentait. Comme si le chat voulait forcer ses barrières mentales. Et cela incluait aussi la dernière barrière que lui-même n'osait pas franchir. Ses racines se teintèrent très lentement d'un blanc neigeux, alors qu'il l'ignorait lui-même. Lentement, l'envie lui vint de tuer cet animal. Cette pensée, d'abord aboli, s'insinua dans son esprit, poussa le chain à faire appel à sa vraie forme.

Les pas réveillèrent Naaru qui était visiblement parti. Le chat, quand à lui, s'enfuit à toutes pattes nul ne sait où. Toujours est-il qu'en ayant quitté cet animal une seconde, Nana ne parvint pas à le retrouver. Il s'était calmé en une micro-seconde, si bien que même Michiyo n'avait rien vu de la scène. Après lui avoir gentiment ordonné – à moitié – de mettre d'autres affaires pour éviter de salir le canapé, elle posa une serviette sur les cheveux de Naaru et commença à frictionner ses derniers comme s'il s'agissait de la patte à modeler. D'abord surpris, le chain finit par se taire et attendit. Attendit de courts instants avant de décrire le fond de sa pensée. Il trouvait ces habits bien trop seyants. Il n'aimait pas ce genre de choses. Vraiment pas. Même s'il savait que ce n'était pas vraiment à lui de faire la guerre alors qu'il n'était pas dans son appartement. Il s'en fichait en vérité, et cela était tout à fait secondaire.

La friction des cheveux se termina bien vite, si bien que Nana leva son regard pour observer Michiyo. Eh bien, il sentait sur son regard qu'elle brûlait déjà de l'envie de lui répondre. Il n'attendait que ça. Sans pour autant afficher une quelconque marque d'amusement, il scruta les yeux bleus sans broncher. Nettoyer le divan. Il baissa la tête pour observer les dégâts. C'était juste un peu mouillé. Et puis, la maigre tâche de sang n'était pas de lui. La majorité de ce qu'il avait sur ses vêtements avait été lessivé par la pluie. Il était. Juste. Mouillé. En somme, un bon radiateur à côté, et le tour serait joué, Michiyo n'avait vraiment pas à s'en faire. Il la laissa néanmoins terminer sa phrase qui, il savait n'être pas totalement achevée.

Et il rit. Il rit de la seconde partie. L'embrasser ? Parce qu'en plus maintenant elle voulait le faire, alors que lui-même avait risqué son regard assassin ? Ah, les humains étaient décidément de bien étranges créatures. Mais cela plaisait grandement au chain. Elle était prête à l'embrasser simplement pour qu'il enfile des vêtements. On ne le lui avait jamais faite, celle-là. C'était vraiment hilarant. D'ailleurs, Naaru ne parvint gère à se calmer avant plusieurs minutes. Alors qu'il riait encore relativement bruyamment, il articula quelques paroles :

-Parce qu'en plus... maintenant... c'est toi qui veut m'embrasser ? Demande-le simplement... au lieu de chercher des excuses !

Le rire du garçon résonna encore longtemps, tant il était plié par sa réflexion. Sans doute était-ce malpoli. Sans doute allait-elle mal le prendre. Sans doute risquait-il une baffe. Sans doute que plein de choses arriveraient qu'il n'imaginait même pas. Mais il s'en fichait éperdument. Seul importait sa bonne humeur et son rire presque féminin tant le timbre était élevé. Il passa ses mains de chaque côté du canapé, sans pour autant vouloir un instant se changer. Ses vêtements étaient déjà en train de sécher sur lui, alors à quoi bon ?

Finalement, au bout de quelques instants, il redevint sérieux. Le passage se fit presque anormal tant il était rapide. De toute évidence, Nana n'était pas un être normal. Il inspira pour finalement faire la remarque à la demoiselle qu'elle devait d'abord penser à elle. Après tout, lui ne craignait vraiment, mais alors vraiment rien. La seule chose qui pouvait lui faire mal au cœur était de voir la jeune dame malade. Alors, sans lui faire part de ses arrières pensées, il tâchait de persuader Michiyo de se faire soigner, quitte même à s'en occuper lui-même. Il commençait à avoir l'habitude avec son contractant. Et la physionomie était approximativement la même. À quelques détails près. La demoiselle soupira une énième fois. Eh bien, le chain devait vraiment l'embêter. Pourtant, son sourire vint contraster avec son effective frustration. Elle se plaça près de lui, en prenant soin de se poser à une place sèche. En somme, c'était plus loin que ce que le chain avait escompté. Il ne prononça cependant mot et se contenta de river son regard sur Michiyo.

Ce qui l'empêchait ? Rien. Nana n'irai pas jusqu'à râler parce qu'on prenait soin de lui. Parce que, après tout, il appréciait beaucoup ça. Et puis, aussi parce que c'était Michiyo. Avec Finn, c'était pas vraiment la même chose. Peut-être que ce sentiment se renouvellerai avec une autre personne, ou peut-être pas. Nana n'en avait jamais fait l'expérience jusqu'à présent. Seulement avec elle, pour le moment. Il inspira quelques instants en fermant les yeux.

-Tu n'aimes pas que je veuille prendre soin de toi ?

Tel fut sa réponse. Réponse qui n'avait aucun rapport avec la question, tout du moins pas dans celui d'un cerveau normalement constitué. Il était parti par des détours pour revenir au sujet principal, tout en ayant furieusement dévié. C'était un caractère de Naaru. Mais sa nouvelle question n'avait rien d'inutile. Il voulait honnêtement connaître la réponse. La plupart des gens aimaient bien qu'on fasse attention à leur petite personne. N'étais-ce pas son cas aussi ? Est-ce qu'il poussait lui-même le bouchon un peu loin ? Il n'en savait rien, ce monde n'était pas le sien, et malgré tout ses efforts, il ne parviendrait probablement jamais à égaler un digne représentant de la race humaine. Il était incapable de rassurer quelqu'un, parce que lui-même n'éprouvait pas d'autre tristesse que celle qu'il voulait bien posséder. Pas d'autre joie qu'il se forçait à provoquer. Ce n'était que des réactions qu'il avait appris à calquer. Mais demandez-lui un jour ce qu'il est, et il ne pourra guère vous répondre. Demandez-lui de réagir à quelque chose qu'il n'a jamais vu. Il possédera une réaction de chain. Peut-être de la curiosité, à force. Si l'objet en question lui apportera trop de soucis, il s'en débarrassera. Tout comme il le ferait avec un chain. Tout comme il était possible qu'il le fasse avec un humain. Voilà tout.

Inspirant, puis expirant, le chain ignora ces pensées qui le malmenait. Souvent, il se laissait sombrer dans ses pensées. Voilà pourquoi il préférait toujours les occuper par diverses choses que le monde voulait bien lui offrir. L'éclosion d'une fleur, le soleil qui se lève, la pluie qui tombe, l'oiseau qui chante, la couleur du sol, tout. Tout était motif à occuper son esprit. Toujours est-il qu'il ne pensait probablement à rien pendant ce temps. Ça, personne n'était en mesure de savoir ce qui se tramait dans son être quand il fixait un insecte par exemple. Il n'y avait que lui.

Quoiqu'il en soit, la discussion était, elle, loin d'être close. Il s'était enquis de l'endroit où était censé se trouver la boîte à pharmacie. Boîte qu'évidemment il savait cachée. Forcément, les humains cachaient tout le temps tout dans leurs tiroirs. Et Nana avait la flemme de chercher dans son appartement. Quoique, parti comme il l'était, il se sentait bien de le faire si la femme opposait une quelconque résistance. Et à voir le regard qu'elle lui jeta alors, Naaru comprit avec énervement que c'était bel et bien le cas. Debout, il scruta le sourire naissant sur les lèvres de Michiyo, hurlant intérieurement pour qu'elle cesse de jouer avec ses nerfs. Lui qui était calme. Lui qui était, d'extérieur tout du moins, accueillant et sympathique. Pourtant, il y avait cette demoiselle qui lui faisait face, qui lui montrait l'allure d'une grande dame alors qu'en vérité il pouvait presque absolument tout faire. Et le pire, c'est qu'elle était forcée de le savoir. Ça le frustrait. Ça le frustrait tant et si bien que la phrase qu'elle prononça l'instant d'après déclencha un clic diabolique dans sa tête. Clic qui, probablement, n'aurait pas dû se faire. Presque instantanément, le chain passa sous sa vraie forme, genoux et bras croisés et le regard dirigé vers le sol. Il avait une patience relativement limité et il s'emportait assez voir trop rapidement. Il releva lentement les yeux vers Michiyo, un visage affichant une attitude totalement dénuée d'expression. Peu de temps après, Naaru poussa un soupir avant de rectifier.

-Tu es dans une impasse. J'ai souvenir d'avoir sauvé ta peau. Si ça ne te suffit pas, je peux toujours agrandir cette blessure afin qu'enfin, tu te décides à te faire soigner.

Sa phrase sonnait comme une blague, mais il y avait quelque chose, dans son regard vide, qui montrait un certain sérieux. Et puis quelque chose de monstrueux. Naaru n'était rien d'autre qu'un chain, et il ne voulait pas qu'elle l'oublie. Il ne voulait pas, jamais lui faire de mal. C'était idiot de penser ainsi. Nana savait que la demoiselle n'aimait pas vraiment ça. Elle était du genre à ne pas demander d'aide. À préférer faire son petit bonhomme de chemin, comme si de rien n'était. Il ne la connaissait pas, mais il pouvait déjà l'affirmer sans crainte de se tromper. Tout de même, le chain craignait sa propre forme. En temps normal, ce n'était pas le cas. Il était ce qu'il était et ne se prenait pas la tête. Mais là, c'était différent. Il avait envie de faire des choses pour elle, même si c'était insignifiant à son avis. C'était uniquement ça.

Il se sentait bien comme ça. Non pas parce qu'il était plus puissant sous cette forme, mais uniquement parce qu'il sentait l'Abysse autour de lui. Cette chose noirâtre qui embrumait ses sens comme un brouillard épais. C'était un peu sa mère, celle qui l'avait fait naître, ou plutôt renaître, même à son insu. Finalement, il revint sous sa forme humaine, pas si différente de la précédente. Il ferma les yeux durant cette transformation, avant de rouvrir ses yeux verts. Un sourire presque gêné s'afficha sur ses lèvres, tandis qu'il murmura presque :

-Je t'ai fait peur ? Désolé.

Il n'avait pas observé sa réaction, mais à vrai dire ça lui était un peu égal. Il s'en voulait d'être aussi impulsif, mais il savait aussi que rien ne pourrait modifier ça. C'était comme une bombe à retardement, qui n'explosait que par petites parties. Mais avec des ressources incroyables. De nouveau, il referma les yeux et repoussa sa tête contre le dossier du divan. Eh bien, tout ça promettait.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   28th Novembre 2012, 10:45

Lorsque l’on prenait le temps d’observer la jeune femme, on pouvait remarquer différents tics. De langage, de mouvement. Habituellement, elle était celle qui remarquait ceux des autres. Tics qu’elle n’aimait pratiquement jamais. Ses yeux ne pouvaient se détacher de ces troubles du comportement. C’était ainsi. La personne avait beau parler, lui proposer de faire quelque chose, tout en ajoutant à cela, le désire de la demoiselle à se concentrer sur autre chose. Rien n’y faisait. Michiyo était un être qui se fixait sur quelque et avait beaucoup de difficulté à penser et regarder d’autres éléments dans ces cas précis. Or, elle avait beau soutenir tous les Dieux Grecs si elle le voulait. Elle se trouvait démunie devant ses propres tics. Le premier était qu’elle parlait souvent avec ses mains. Non, pas comme dans le langage des signes. Puisqu’en effet, les mots sortaient bel et bien de sa gorge, mais ses mains se damnaient à vouloir bouger en même temps. Ce qu’elle aimait vraiment le moins, était le fait qu’elle s’en rendait compte. Peut-être un peu trop. Le second porte plus sur le langage, on ne peut certes, pas le définir comme un tic, mais c’était comme tel. Le fait est, que la demoiselle ne sait pas vraiment prononcer le mot « Chain » correctement. Bon, il fallait prendre en compte qu’elle n’était pas originaire de Réveil, mais, un accent venait toujours se glisser. Déformant légèrement le mot. Compréhensible. Mais déformé. Alors, depuis qu’un individu lui avait fait la remarque. Michiyo avait tendance à éviter de prononcer ce mot. Au fond, elle avait beau se creuser la tête, elle ne savait plus si elle l’avait déjà fait en présence de Naaru. Peut-être. Peut-être pas. Pourtant, elle savait que si elle venait à faire entendre son accent, le jeune homme s’en rendrait obligatoirement compte. Alors, elle faisait attention. Les moqueries ne lui faisaient en général vraiment pas plaisir. Les plus gentilles passaient. Or, son accent était son accent et elle n’arrivait certainement jamais à le faire partir. Certains mots étaient encore marqués au fer rouge. Maudites origines. Le fait est, qu’elle avait beau chercher encore et toujours, aucuns tics n’étaient présents dans le comportement de Naaru. Aucun mouvement avec les mains, ni avec ses lèvres et encore moins dans son regard. Il y avait certainement quelque chose. Personne ne pouvait naître sans tics. Alors elle cherchait encore et toujours. Certes, Naaru était un oiseau moqueur. Mais cela ne constituait pas un tic nerveux. Il ne faisait pas claquer sa langue tout le temps non plus. La demoiselle marqua une pause. Finalement, chercher ne lui servirait à rien. Naaru se dévoilerait à elle, par petits morceaux. Doucement, lentement. Mais elle prendrait son mal en patience. Attendrait clairement qu’il daigne s’ouvrir un peu plus. Le Chain était une fleur bien capricieuse. Seulement, c’était une belle fleur. Une fleur qui réclame beaucoup d’attention pour s’épanouir correctement

Le souci, c’était que cette fleur était plus ou moins déjà adulte. Pesait un certain poids et était largement plus grande que la demoiselle. Cette fleur pouvait parler et proliférer quelques menaces. Ces mêmes menaces qui ne plurent pas à la demoiselle. Comme toujours, elle avait répliqué. Parfois, elle se disait que se taire ne serait pas un mauvais point. Que savoir juger la situation correctement non plus. Toujours est-il que Michiyo faisait parti de ces femmes qui avaient passé une partie, même infime de leur vie dans la rue. Qui ne savaient pas se taire. Qui ne réfléchissaient plus beaucoup avant d’ouvrir la bouche. La demoiselle était depuis son plus jeune âge très impulsive. Généralement, les soucis suivaient avec ce genre de caractère. Les coups aussi. Ou simplement la peur. Peur. Ce mot qu’elle ressentit du plus profond de son être lorsqu’une main se plaqua soudainement près de l’une de ses oreilles. Il n’y eu quasiment pas de bruit. Un léger cri de surprise s’était fait attendre de la part de la demoiselle, pendant qu’un faciès rempli de stupeur prenait place sur son visage. Quelques secondes furent suffisantes à la demoiselle pour comprendre ce qu’il s’était passé. Naaru. L’explication ne tenait qu’en cinq lettres. Un unique prénom. Elle ne comprenait pas pourquoi un tel geste de sa part. Ce qu’elle comprenait, c’était qu’elle n’était pas en position de force, face à un Chain avec une idée derrière la tête. Qu’elle soit bonne ou mauvaise soit dit en passant. La demoiselle soutenait le regard émeraude qui se trouvait au dessus d’elle. Avec beaucoup de difficultés néanmoins. Son souffle n’était plus régulier. Son cœur avait raté un battement. Ses lèvres étaient légèrement entrouvertes. Le constat était là. Michiyo Konoe, avait eu peur. Jamais elle n’aurait pu prévoir qu’une telle situation arrive. Encore moins, ce jeune homme, au dessus d’elle qui s’avançait de plus en plus. Elle voulait le repousser. Elle aurait pu, si la peur ne la tenaillait pas. Ou bien, cette attraction qu’elle ressentait dès qu’il était un peu trop proche. Il le savait certainement. Il en jouait aussi.

Doucement, elle reprenait son souffle. Ses poumons manquaient cruellement d’air. Il fallait qu’elle se calme. Alors ses yeux bleus décidèrent de se fermer. La demoiselle inspira, puis expira doucement. La peur n’était plus. Alors elle écouta. Patiemment les paroles du jeune homme. Elle n’avait encore rien vu. Michiyo retira d’un coup toutes les paroles qu’elle avait pu dire sur Naaru. Il n’était pas un adulte, c’était un gamin. Un véritable gamin qui savait où et comment jouer avec ses nerfs. Aucun soupir ne franchit la barrière qu’était les lèvres de la demoiselle. Bien au contraire, un léger sourire. Voire très pâle sourire s’y dessina. Se relevant doucement, des mots se firent entendre.

« J’espère en voir plus alors. »

C’était ainsi. Personne ne pourrait la forcer à changer. Michiyo était une femme qui adorait les défis. Parfois, elle se disait que ce n’était pas bien pour elle. Qu’elle était une femme. Un petit être d’un mètre soixante sept qui ne pourrait jamais tenir tête à un homme aussi grand que Naaru. Mais quelque chose en elle faisait qu’elle ne résistait jamais. Quelques mots bien placés. Une attaque verbale et le tour était joué. Si certains hommes ne frappaient jamais une femme, d’autres ne se gênaient pas. Michi allait toujours vers cette seconde catégorie. La peur était une douce adrénaline. Au fond, c’était peut-être pour cette raison qu’elle avait fait le choix de sceller un contrat avec un Chain. De rejoindre les rangs de Pandora. Si elle était restée une jeune femme au foyer, son esprit n’aurait pas supporté. Elle avait besoin de la peur avant tout et Naaru venait de lui en fournir une dose conséquente.

Puis sa chambre l’attira pour aller se changer. Ses vêtements n’étaient plus assez chauds et si, Michiyo savait tenir tête, elle n’était pas pour autant une idiote. Une grippe ou une autre maladie ne l’enchantait guère. La demoiselle n’était plus vraiment fatiguée, ses yeux montraient encore certains signes certes. Mais quelque chose au fond d’elle, une petite voix, lui disait que le moment de se coucher n’était pas encore venu. Qu’elle avait certainement encore beaucoup à apprendre de cette soirée. Ses yeux tentèrent malgré tout d’observer l’importance de la blessure qui lui tenaillait la hanche. Le Chain avait raison. Elle n’était pas belle à voir. Pas belle du tout non. Le sang n’avait pas encore cessé de couler. La preuve. A peine eut-elle enfilé ses vêtements propres, que déjà, une auréole carmin s’y dessina. Michiyo savait très bien qu’il lui faudrait plusieurs jours pour s’en remettre. Oh, elle ne doutait pas du fait de s’en remettre. Seulement, que celle-ci serait un peu plus longue que les autres. Le principal fait était qu’elle pouvait encore marcher. Au moins, elle ne serait pas obligé de rester au lit pendant une semaine, le temps que sa jambe ne se décide à la porter. Peut-être devrait-elle ravaler sa fierté quelques minutes, juste le temps pour Naaru de faire ce qu’il avait décidé de faire. Après tout, même si le contact la dérangeait. Ceux qu’elle avait avec le jeune homme n’étaient pas désagréables. Alors bon, pourquoi pas…

Alors la demoiselle quitta sa chambre, en ayant tout juste le temps de bloquer son geste pour que sa porte ne brise le cou de son animal de compagnie. Il savait, il savait pourtant qu’il n’avait pas le droit d’aller dans sa chambre. Alors pourquoi était-il parti aussi vite ? Il avait eu peur. Aussi courageux que pouvait-être ce chat. Il avait eu peur de quelque chose. Par conséquent, pendant qu’elle prenait le temps de fermer la dite porte correctement. Michiyo déplaça lentement son regard vers Naaru. Rien ne semblait différent. Elle voyait de dos une touffe brune en bataille et humide de surcroit. L’animal avait du profiter d’un moment de faiblesse pour rentrer dans sa chambre, rien de plus. S’approchant du jeune homme, elle se contenta de sécher ses cheveux. Au moins, c’était toujours ça de gagné, à défaut de le faire se changer.

Dès la fin de ce moment. Les discussions eurent le droit à un nouveau retour. La phrase que la demoiselle avait prononcée n’avait pas eu la même répercussion dans son esprit que lorsqu’elle se décida à sortir de sa bouche. Michiyo était une jeune femme qui avait tendance à être tête en l’air malgré son caractère. Elle oubliait ses clefs. De plus, elle oubliait souvent la tournure de ses phrases. Au début ; elle avait une phrase potable qui aurait pu avoir de meilleure répercussion. Sauf que finalement, elle ne l’avait pas fait sortir correctement. La demoiselle arqua un sourcil. Un unique sourcil. Pendant que l’un de ses poings se serrait. Enfonçant les ongles la demoiselle dans sa propre paume de main. Allait-il terminer ce qu’il était en train de faire ? N’en avait-il pas marre de rire. La demoiselle devait se faire violence pour ne pas craquer. Elle avait ses yeux qui n’étaient pas vraiment les siens. Cette colère aveugle qu’elle ressentait. Alors qu’elle pouvait être si calme. C’était un masque. Un masque qu’elle s’était forgée pour ne plus être triste. Elle le montrait sous sa vraie forme, à Naaru. Cet homme qu’elle appréciait tant.

Ce rire. Ce rire qui la mettait dans tous ses états. Cette phrase prononcée si difficilement. La jeune femme eut la furieuse envie de le gifler. Une violente gifle pour le faire taire. Pourtant, ce qui se passa par la suite, n’était pas vraiment du même acabit. Tout en se mettant sur la pointe des pieds, elle attira Naaru vers elle. Des mots côtes à côtes. Une phrase. « Tu l’as voulu. ». Ses lèvres rencontrèrent celles du jeune homme. Ce n’était pas violent. Ce n’était pas doux pour autant. Après tout, c’était Michiyo qui l’avait voulu. Juste un baiser. Elle ne savait pas le temps précis. Son esprit avait arrêté de fonctionner. Ses yeux étaient clos. Il pouvait partir s’il le voulait. Mais ce qui est fait est fait. Ainsi soit-il. Rompant le contact, elle relâcha la pression sur Naaru. Non, elle n’allait pas s’excuser de son geste. Qu’il lui demande ou pas.

Peu de temps après, le calme revint. Michiyo pu reprendre une nouvelle fois son souffle. La colère et la frustration semblait de nouveau partis. C’était comme, elle s’énervait aussi vite qu’elle se calmait. Sauf que souvent la première phase était très longue à découler vers la deuxième. Capricieuse et caractérielle, malheureusement pour elle, elle n’était pas bonne à marier semble t-il. Ses yeux eurent beaucoup de difficultés à rompre le contact avec les yeux verts qu’elle aimait. Elle n’avait pas rougis non plus. Son cœur continuait de battre comme il le fallait. Pour elle, c’était pour lui montrer que les mots n’étaient pas des mots. Seulement, elle aimait beaucoup Naaru. Fallait-il juste que son esprit se décide à l’admettre. Fallait-il uniquement que Michiyo elle-même se décide à l’avouer. Chose qui n’était pas une mince affaire. Même si le jeune Chain lui-même lui demandait, elle ne serait pas capable de le faire. Michiyo était un paradoxe à elle toute seule.

Ses pensées furent coupées par de nouvelles paroles de la part du brun. Des paroles qui n’avaient rien à voir avec la précédente conversation. Simplement, il lui posait la question de savoir si elle n’aimait pas que l’on prenne soin d’elle. C’était une question plus ou moins intéressante. Michiyo n’avait pas encore pris le temps d’y penser. Que pouvait-elle lui répondre ? Ce n’était pas qu’elle aimait bien ou pas. Uniquement qu’elle avait perdu cette habitude avec le temps. Bien évidemment, elle n’allait pas lui révéler qu’elle avait vécue deux ans dans la rue. Que par conséquent, c’est le genre d’endroits où l’on essai de se débrouiller tout seul quoi qu’il arrive. Depuis, elle avait gardé l’habitude de ne pas se faire toucher par autrui. De se débrouiller toute seule lorsqu’elle n’allait pas bien. C’était encore le cas aujourd’hui. Elle aimait bien, comme toutes les femmes que l’on fasse attention à elle. Elle avait ce petit quelque chose en elle, qui faisait que Michiyo se sentait encore mieux lorsque c’était Naaru qui posait ce genre de questions. Seulement elle n’avait pas l’air de vouloir lui répondre.

« Je ne répondrais certainement pas. Mais je pense que j’apprécie plus ou moins, oui. »

Sur le coup, Michiyo voulu rajouter une phrase qu’elle disait souvent lorsqu’elle était enfant. « Sers moi aussi fort que tu m’aimes. ». Sauf que Michiyo n’était plus une enfant. Elle arrivait largement sur ses vingt deux ans et malheureusement pour elle. Même si l’envie de la murmurer à l’oreille du jeune homme. Elle ne pouvait se résoudre à le faire. Qu’allait-il penser de tout ça ? Elle et son caractère flamboyant qui lui demander de la serrer aussi fort qu’il l’aimait ? Son rire enfantin se ferait encore entendre dans toute la pièce. Elle n’était pas certaine de pouvoir le supporter si c’était pour se moquer. Finalement, elle se rendait compte que malgré tous ses efforts. Son caractère était bien présent. Elle ne pouvait pas se résoudre à le laisser partir. Il était Naaru, le grand homme, enfant, qu’elle aimait bien. Celui à qui elle voulait réclamer toute sorte de tendresse. Celui qui était aussi un Chain. Un habitant de l’Abysse. L’un des ennemis des hommes en sommes. Un être instable.

La discussion dériva lentement sur autre chose. Apparemment, le jeune homme n’avait toujours pas compris qu’elle ne souhaitait pas se faire soigner. Certes, d’après ce que la jeune femme avait pu retenir face à lui. C’était qu’il n’abandonnait jamais. Malheureusement pour lui, Michiyo n’était pas du genre à capituler facilement. Il en fallait beaucoup, de patience pour qu’elle daigne se laisser faire. Même, son propre Chain avait bien du mal à lui faire entendre raison par moment. C’était une part entière de sa personnalité. Michiyo ne disait jamais le contraire de sa première intuition. De son premier choix. Lorsqu’elle sentait qu’un individu avait un quelconque lien avec l’affaire qui l’intéressait ou bien l’Abysse. Elle pouvait le suivre pendant des heures pour savoir le fin mot de l’histoire. La demoiselle était du genre à vouloir voir la preuve de ses deux yeux. Les mots parfois ne lui suffisaient pas. La faire changer d’avis était bien difficile. Le pire était le moment où elle avouait avoir tort. La jeune femme pouvait passer des heures enfermer dans sa chambre ou son bureau à laisser court à sa frustration sur chaque personne qui voulait bien lui parler. Alors, si Naaru venait à la faire changer d’avis, elle ne savait pas si elle aurait la capacité à ne pas s’énerver. Ce n’était pas de sa faute. Juste qu’elle était comme cela malheureusement. Le seul souci avec cet homme. C’est qu’elle avait tendance à lui dire oui trop facilement. A capituler. Alors que non bon dieu, ce n’était pas elle, cette fille qui disait oui à tout. Alors, elle se contenait. Elle voulait rester sur ses premières bases. Montrer qu’elle affirmait bel et bien son caractère, malgré l’étrange attirance qu’elle ressentait envers lui.

Alors, elle prononça quelques paroles. Bénignes. Qui normalement n’auraient pas du avoir d’incidence sur le caractère d’une personne lambda. Parce que oui, même si elle était impulsive, la demoiselle savait plus ou moins ce qui pourrait blesser ou mettre en colère une autre. Sauf qu’elle avait oublié quelque chose. Naaru n’était pas une personne lambda. Naaru était quasiment la seule personne que Michiyo n’arrivait pas à comprendre totalement. Cette part d’ombre la dérangeait plus qu’autre chose. La lumière serait faite à un moment ou un autre. Lorsqu’il en ferait lui-même le choix. Le fait est, que ce n’était plus Naaru qu’elle avait devant les yeux. Mais ce Chain. Comment pouvait-elle honorer sa promesse s’il se changeait après quelques mots ? Elle le voyait toujours comme ce jeune homme de Pandora. Mais elle voyait aussi, l’habitant de l’Abysse… Alors, malgré la boule au ventre qui venait d’apparaître. Le réflexe de passer ses mains sur sa ceinture pour attraper ses armes. Elle le laissa parler. Appuyant sur le fait, qu’uniquement elle était dans l’impasse. Un point pour lui. Se retrouver désarmé face à un Chain en colère, c’était une belle impasse. Qu’elle ne serait plus en vie s’il n’avait pas sauvé sa vie. Deux points. Seulement, la jeune femme prit très mal la suite de la phrase. Apparemment, le ton semblait sur la boutade. Sauf que Michiyo prenait presque tout au premier degré. Son regard se durcit doucement. Soit. Si c’était son choix, qu’il le fasse.
Les mots sortirent plus vite que Michiyo n’aurait bien voulu le vouloir. Il avait certainement dépassé une limite.

« On va mettre les choses au clair toi et moi. Car deux et uniques solutions sont présentes. Soit tu te calmes maintenant de ton propre chef. Soit je te mets dehors, après avoir fait ressurgir tous les souvenirs que tu te damnes à cacher au fin fond de ta mémoire. Et crois moi, j’ai largement les moyens de le faire. »

En fait, elle les avait ses moyens. Sauf, que ce moyen en question, n’était pas dans l’appartement actuellement. C’était une sorte de demi mensonge. C’était bête et méchant. Mais la demoiselle avait très mal pris sa dernière remarque. Fallait-il désormais qu’elle se calme. Inconsciemment, elle avait placé une certaine distance entre elle et le jeune Chain. Une distance qui n’avait jamais existée depuis le début. Michiyo soupira longuement. Son regard devint beaucoup plus doux. Son visage se détendit lorsqu’elle vit de nouveau les yeux verts de Naaru. Alors, la jeune femme passa sa main dans ses cheveux. Un tic encore une fois. Pour repousser la longue mèche ayant repris ses droits sur son œil. Et là, seulement là, elle venait de se rendre compte, que la plupart des capacités de son Chain venait d’être dévoilées. Peut-être même à un membre des Baskerville. Bien jouait ma grande. Alors, elle remarqua le sourire désolé ou peut-être gêné sur le visage du jeune homme. Une question et une excuse. Sans prendre la peine de répondre, la demoiselle se leva pour récupérer un objet dans sa salle de bain. Revenant avec une petite boite blanche, qu’elle posa sur les genoux de Naaru.

« A la condition, qu’après, tu me sers aussi fort que tu m’aimes. »

Michiyo n’aimait pas l’utilisation abusive du verbe « aimer ». Ici, c’était plus dans le genre d’appréciait peut-être. Ou peut-être pas. Sur le coup, tout ce qu’elle voulait savoir, c’était à quel degré Naaru l’aimait. Ce qu’elle pouvait représenter pour lui. Les mots n’étaient jamais suffisants pour la jeune femme. Les gestes. Encore et toujours les gestes. Après tout. Michiyo n’était qu’une enfant. Une enfant dans un corps d’adulte qui voulait récupérer le temps perdu. Connaître encore une fois, l’étreinte de cet homme.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   29th Novembre 2012, 09:29

Peut-être que le chain allait un peu loin. Elle jouait avec ses nerfs, et le problème principal était que lui-même n'était pas aussi patient qu'il voulait bien le montrer. Il avait senti la peur traverser le visage de Michiyo lorsqu'il avait posé sa main à quelques centimètres de son visage. Il était tout à fait conscient de son geste, et quelque part il voulait lui montrer sa puissance. Il voulait lui prouver qu'elle n'avait aucun droit sur lui, mais que ce n'était pas réciproque. C'était en quelque sorte une marque de propriété. Il ne concevait pas vraiment l'amitié autrement, son contractant pouvait aisément en témoigner. Mais le problème était là, elle refusait de se montrer dominée. Et Nana ne la fréquentait que depuis peu. Il ne pouvait pas dire si oui ou non elle était sérieuse. Ça l'énervait. Alors il poussa encore un peu plus. Il voulut lui faire peur. Et il l'avait eu. C'était vraiment méchant, mais pas pour Naaru.

En fin de compte, un très léger sourire vint animer la bouche de la demoiselle, ce qui eut le don de frustrer encore davantage le jeune chain. Jeune, il l'était. Il n'avait pas appris le quart de l'existence humaine. Et il croyait avoir la science infuse. Dans le fond, il restait très naïf. La preuve étant qu'il prenait souvent tout au premier degré.

En voir plus ? La phrase avait intrigué Nana. Le voir faire du chantage ? Certes, il était capable de bien plus. En général, c'est ce qui faisait craquer son contractant. Mais avec Michiyo il ne savait pas. Il ne connaissait pas ses limites. Il se sentait capable de n'importe quoi. Sans doute était-ce encore renforcé par le fait qu'il ignorait tout de cette femme. Ce qu'elle aimait vraiment, ce qu'elle détestait. Et puis, ce qu'elle pensait, toujours, de lui. Il aurait bien aimé le lui demander toutes les vingt minutes, pour voir comment évoluait le cerveau d'un humain. Mais il trouvait définitivement cette remarque trop déplacée. D'autant plus que ce qu'il voulait ce n'était pas le cerveau humain mais plutôt le cerveau de Michiyo. Rien que le sien. Il se fichait du regard des autres lorsqu'il sortait dans la rue. Il se fichait du chat de l'appartement, et même des voisins de son propre appartement. Tout ce qui l'intéressait en ce moment c'était simplement elle. Ce qu'elle, elle pensait de lui. Tout simplement. Cette dernière était d'ailleurs partie se changer, pendant que monsieur chat et Nana s'amusaient ensemble à se découvrir. Leur prochaine rencontre sonna néanmoins beaucoup moins sympathique. De toute façon, lorsque Michiyo revint dans le salon, décidée à faire enfiler des vêtements qui ne plaisaient décidément pas au chain – et que de toute façon il n'enfilerai pas – ce dernier avait ri face au chantage proposé par la demoiselle. L'embrasser. Il l'avait pris au mot, comme d'habitude. Et comme d'habitude, il s'était mis à rire. Parce qu'il trouvait certainement la situation loufoque. Lui qui avait risqué la potence pour un simple baiser, et elle qui en redemandait. Le monde tournait décidément à l'envers. Tranquillement cependant, il prononça différentes paroles. Et sentit l'espace d'un instant un regard furieux posé sur lui. Que risquait-il d'autre qu'une baffe ? Il se le demandait.

Pourtant, ce fut quelque chose de beaucoup plus doux qu'une baffe. Il s'était laissé faire, sans rien dire. Mais ne s'était pas attendu à ce qu'elle passe vraiment à l'acte. Alors, il ouvra de gros yeux subjugués tandis qu'elle l'embrassait doucement, précédemment suivi d'une petite phrase. S'il l'avait voulu ? Oui, au final. Mais c'était à elle que revenait la faute de l'avoir posé sur ce terrain-là. Alors, tout comme la demoiselle, il ferma les yeux et se laissa porter par le doux contact de leurs deux lèvres jointes. C'était vraiment très agréable. Ce fut elle qui rompit la première, à la plus grande frustration du chain. Oui, tout à fait, il était frustré. Il aurait bien voulu plus. Et il voulait toujours plus. Il ne souhaitait pas comprendre pourquoi, mais il était tout du moins persuadé que non, ce n'était pas terminé. Alors, il attrapa le visage encore proche de Michiyo et poussa un peu sur ses pieds pour provoquer une nouvelle fois la liaison. Celle-ci dura encore moins longtemps que la précédente, parce qu'après tout, il ne voulait pas forcer la demoiselle. Il avait un curieux respect pour elle qu'il ne s'expliquait pas vraiment puisqu'il était de nature différente que celui de son contractant.

Bref, en tout cas, Michiyo n'avait pas l'air d'apprécier l'attitude rébarbative du chain quand à sa blessure. Il la pensait grave, et elle était persuadée du contraire. En somme, ils étaient tout les deux bloqués sur leur position. Nana restait néanmoins le plus à même de faire pencher la balance de son côté. Il se demanda si elle était simplement différente des autres humains et qu'elle détestait qu'on s'occupe d'elle. Alors, il formula la question à haute voix. La réponse ne tarda guère.

Et c'était une sorte d'affirmation déguisée. Eh bien voilà, Nana n'en demandait pas plus. Tout ce qui l'importait c'était qu'elle dorme bien, qu'elle ne soit pas trop fatiguée, et que sa blessure guérisse vite. Il pouvait certainement paraître violent lorsqu'il parlait, mais en vérité il était très à cheval sur la fragilité des humains, même si avec son contractant il aimait bien penser le contraire. De toute façon, ce dernier était un Baskerville, lui-même n'était donc pas tout à fait humain. D'où le fait qu'il fasse moins attention à lui qu'à elle. La discussion dériva encore un peu, jusqu'à ce que l'on en vienne à la transformation du chain. Il n'avait eu dans l'idée que de lui faire peur afin qu'enfin, elle se décide à se laisser faire...mais... ça n'avait pas trop marché...

Son regard dériva jusqu'aux mains de la demoiselle. Une moitié de sourire vint se poser sur ses lèvres. De toute évidence, elle avait peur. Après tout, elle aussi était incapable de prévoir ce que Naaru était en mesure de faire. Les possibilités étaient trop grandes, trop diverses. Il prononça sa phrase. Mais visiblement, elle n'apprécia vraiment pas le ton sur lequel c'était prononcé. Ou peut-être était-ce la structure de la phrase. Qu'importe. Tout ce que le chain pu déduire, c'est qu'elle était prête à se défendre. Et de toute évidence, Michiyo devait être persuadée que Nana ne resterait pas les bras croisés.

Le début de la phrase amusa doucement le chain. Voyons, ce n'était plus du chantage à présent. Elle avait vraiment l'intention de le virer de sa maison. Mais il ne se laisserai pas faire. Impatient, il attendit la deuxième proposition en cas d'échec. Et son sourire s'éteint aussitôt. Il bloqua littéralement son regard sur celui de la demoiselle, sans cligner une seule fois des yeux. Il fut pendant un temps incapable de prononcer quoique ce soit. C'était comme une carcasse vide. Avait-il bien entendu ? Quand lui en avait-il parlé ? QUAND lui avait-il parlé de son passé ? Comment savait-elle qu'elle le cachait ? Ses sourcils se froncèrent, au point de former de profondes rides sur son front. Ses poings se serrèrent, blanchissant ses phalanges. Le calme avant la tempête. Ses yeux commencèrent à lancer des éclairs. Encore plus rouges qu'ils ne l'étaient en temps normal, il préféra les fermer. Stop. STOP ! Pourquoi ? Pourquoi lui avait-elle parlé de ça ? Pourquoi maintenant ?

-Retire ça.

Autour de lui, le métal présent dans la pièce commença à vibrer. Au point d'émettre un bruit sourd. Il essayait de se maîtriser. Préféra ne pas respirer. La phrase s'était faite sèche. Il n'y avait aucun ton particulier, elle avait simplement été prononcée très rapidement. Il serra les dents, comme en proie à des vertiges. Faire resurgir ses souvenirs, sa mémoire. Non, non il n'était pas prêt. Ce n'était pas de sa faute. Ce n'était pas lui qui avait voulu oublier, il était obligé. Comment pouvait-elle lui faire pareille chose ? Comment pouvait-elle lui faire revivre sa propre mort ? NON ! Il n'était pas mort. C'était un chain.

Il revit ce mur qu'il s'était formé dans son esprit. Il n'avait qu'à tendre la main pour le toucher. NON ! Il ne voulait pas se souvenir ! Un flocon de neige tomba à ses pieds. Il DETESTE la neige. C'était ce jour-là. STOP ! Un ours. CE chain. Qui était-ce ? c'est lui.
*Laissez-moi*
Une longue chevelure blanche. Des yeux violets. La volonté. Il se souvenait d'elle. D'avant ?
*Je ne veux pas*

Retour à la vie réelle. Était-ce la vraie vie ? Ou bien lui... il était mort, n'est-ce pas ? ON l'avait tué. Il ne voulait pas qu'on en parle. Personne, PERSONNE n'avait le droit d'en parler. Il se torturait suffisamment tout seul. Pourquoi elle ? Que fallait-il faire ? C'était dangereux. Trop dangereux pour lui. Il était un chain, il réagissait comme un chain. Premier degré. Il oublia tout. Un instant. Il s'érigea un nouveau mur par-dessus l'autre. Non, il fallait oublier ça. Vite. Son regard revint sur la demoiselle. Blanc. Il voyait tout blanc. Rien d'autre. La chaleur ne l'atteignait pas. Rien n'était en mesure de le pouvoir. Lui seul était en mesure de se calmer. Mais pour l'instant, le chain se sentait menacé. Terriblement menacé. Fallait-il.... fallait-il la tuer ? C'était la meilleure chose. Il avait peur. Terriblement peur. Il ne voulait pas se souvenir. Il ne voulait pas qu'on remette son passé au-devant de la scène. Les flocons de neige, l'ours, la femme. Il s'y refusait. Il ne parlait plus. Il n'était plus en mesure de le faire. Il n'était plus en mesure d'écouter, ses oreilles vibrait aussi fort que le métal autour de lui.
...iyo
Il était persuadé de fixer la demoiselle. Il ne la voyait pas, mais son regard, à travers l'épais voile blanc, sentait sa présence. Il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait. Peut-être s'était-il levé, peut-être que non. Il inspira.
...chiyo
Ses pieds avancèrent l'un après l'autre. Il était debout. Depuis quand ? Il l'ignorait. Ça ne l'intéressait pas. Trois pas. Trois simples pas qui le rapprochèrent instantanément de la jeune dame. Il sentit la force du métal lui entourer le bras. Dénué d'expression, ses mouvements se faisaient lents, presque trop lents. Pourquoi ? Fallait-il le faire ? Qui était-ce ? Qui était-il ?

-Michiyo...

Le prénom de cette dame ? Le voile se perça instantanément. Il l'aperçut, elle et ses cheveux bleus. Ses yeux accordés à ces derniers. Elle était belle. Pourquoi pensait-il à ça ? Il tourna la tête vers sa main droite qu'il trouvait subitement bien encombrée. Une épée bien aiguisée y trônait, encerclant la main du chain. Son ahurissement fut tel qu'il tomba sur les genoux. Il reprit sa forme humaine, qui eu l'effet direct de faire retourner le métal à sa forme d'origine. Peut-être avait-il cassé des choses. Il ne s'en souvenait plus. Toujours est-il qu'il regardait devant lui. Et ce regard tomba sur les jambes de Myaw. Il inspira longuement, en fermant les yeux, sans penser à rien. Qu'allait-il faire ? C’était dangereux. Il avait envie de pleurer. Mais il n'avait jamais pleuré. Il ne savait pas comment c'était possible. Il en avait vu des humains pleurer. Mais ne parvenait pas à déclencher cette déferlante d'eau. Il en était incapable. Pourquoi ? Parce que c'était un chain ? Probablement. C'était triste. Il releva lentement les yeux vers ceux de son interlocutrice.

-Ne reparle plus de ça.

Ce n'était pas une proposition. Pour lui comme pour elle, ils devaient s'en tenir à ça. Il ne voulait pas se laisser emporter. Il était trop impulsif. Il s'en voulait profondément. Sa voix n'avait pas d'accent particulier. Il serra les poings, puis, après quelques minutes d'attente, se rassit sur le canapé.

Quoiqu'il en soit, Michiyo se leva à son tour et laissa le chain seul. Il crut un instant qu'il devait partir. Qu'il devait s'en aller maintenant et la laisser seule. Mais curieusement il ne voulait pas. Il voulait pouvoir s'expliquer. Même si les mots ne franchissaient pas son cerveau. Le regard rivé sur le sol, il se refusa à penser ce qu'il venait de se passer. C'était le passé, et il n'y avait décidément rien à gratter dans le sien. C'était ainsi, et le chain s'y était plutôt bien acclimaté. Curieusement, la demoiselle revint l'instant d'après et posa sur ses genoux une boîte blanche. Boîte qu'il devina être la trousse à pharmacie. Au lieu d'afficher un immense sourire, celui-ci fut plutôt maigre. Il était allé trop loin, pour une cause qui se voulait injustifiée. Enfin, si elle était justifiée mais cela n'empêchait nullement le fait qu'il avait risqué de la blesser encore plus qu'elle ne l'était. Et c'était la pire chose qui pouvait arriver.

Ses yeux s'agrandirent encore davantage lorsqu'il comprit les paroles de la demoiselle. Jusqu'où allait sa gentillesse ? Il se le demandait. Il avait presque voulu la tuer, il l'avait même pensé profondément et elle voulait qu'il l’étreigne ? Naaru ne parvenait pas à comprendre ses motivations. Certes, il appréciait ça. Il voulait s'excuser mille fois pour son comportement, mais rien n'était en mesure de le faire. Il n'y avait que le contact physique. « sers-moi aussi fort que tu m'aimes ». La phrase était vraiment belle, aussi mignonne que belle. Avait-il le droit ? Il leva son visage pour fixer Michiyo et lui prit la main pour l'obliger à s'approcher de lui. En même temps, il se laissa tomber sur le canapé de façon à être couché, la demoiselle au-dessus d'elle. Il passa sa main droite autour du corps de la femme, sous l'aisselle, tandis que la main gauche vint se placer près de sa tête, enfouit dans ses cheveux bleus. Il n'avait rien mérité pour faire ça. Il avait simplement obéi. Et pourtant il était heureux. Heureux qu'elle ai toujours cette volonté à vouloir le découvrir, morceau par morceau. Malgré cette attitude continuellement dangereuse et imprévisible. Il s'approcha de son oreille et plongea sa tête dans le cou de la demoiselle, en murmurant.

-Pas après, avant. Et puis, je crois que j'aime beaucoup... quand tu m'embrasses.

Il ne comprenait pas pourquoi il avait eu du mal à sortir ces derniers mots. Il commençait à comprendre, peu à peu certes, mais comprendre comment fonctionnait l'humain. Seulement avec elle. Toutefois, il n'avait pas menti. Naaru avait toujours été honnête. Il détestait cacher la vérité, et de toute façon il était très mauvais menteur. Si Michiyo avait relevé la tête plus tôt dans la matinée pour voir l'expression de Nana lorsqu'il avait répondu négativement à sa nature de chain, elle aurait tout de suite vu le mensonge dans ses yeux. Mais le destin en avait voulu autrement et depuis ils étaient là, ensemble. Il cessa de respirer. Ferma les yeux. Puis murmura à nouveau, davantage gêné :

-Est-ce que c'est mal ?

Naaru était fatigué. Terriblement fatigué. Il avait trop joué aujourd'hui. Il avait trop essayé de calquer l'humain. Maintenant qu'elle savait vraiment, il était soulagé. Il pouvait être lui-même. Il voulait être lui-même.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   1st Décembre 2012, 10:36

Il existe dans le monde, différentes façons d’embrasser. Différentes connotations dans la continuité de la chose. Il serait bien évidemment, beaucoup trop long de tous les détailler. Les expliquer, les décrire. Suffit-il de les énoncer. Un humain reçoit généralement son premier « baiser » très tôt. Pratiquement après la naissance. Les parents montrent ainsi leur amour. C’est chaste. Il n’y a aucun danger, pas de pédophilie apparente. Non, juste un signe d’amour lambda. Plus tard, le premier baiser voulu n’est autre qu’un baiser avec son amoureux ou son amoureuse d’école. Il tend à être mignon. Montrant que l’être humain est devenu assez mature pour éprouver des sentiments autres qu’envers ses géniteurs et lui-même. C’est à ce moment précis, que l’on comprend qu’il n’est pas égoïste. Qu’il commence à se formaliser à la vie sociale. Plus tard, on embrasse toujours par amour. Un amour que l’on croit éternel, parce que l’on a douze ou treize ans. On ressent le besoin de s’émanciper du complexe d’Oedipe. Alors, on aime à la pelle. On embrasse toujours timidement. Parce que les hommes sont des animaux pour les hommes. Il leur faut un temps d’adaptation conséquent. Puis, les baisers deviennent plus profonds. On prend de l’assurance. Beaucoup trop. On est vraiment amoureux aussi final. C’est dangereux. Parfois même trop douloureux. Enfin l’âge adulte. Les baisers sont profonds bien plus rapidement. On ne réfléchit plus. Pour une soirée, une nuit, une vie. On embrasse parce que l’on en ressent le besoin tout en entier. C’est comme cela. Un adulte ressent le besoin d’avoir des contacts physiques. Minimes ou intenses. Le baiser est l’un des niveaux. Le deuxième ou le troisième peut-être. Plus le temps avance, plus le besoin d’avoir de contact se fait ressentir. C’était ainsi. L’homme n’était pas qu’un animal violent pour l’homme. Bien au contraire, l’homme est un animal attirant. Certainement trop attirant. Les femmes ressentaient perpétuellement cette violente attirance face aux hommes. Aux hommes et leurs regards plus froids. Leurs sentiments habilement dissimulés. Leurs sourires charmeurs. A contrario, les femmes attiraient par leurs mouvements doux. Leurs sourires plus compatissants. Leurs visages si doux. Ils étaient tous les deux de dangereux prédateurs. Michiyo, comme toute humaine, ne dérogeait pas à la règle de la boucle humaine. Elle ressentait l’attirance face aux hommes. Bien qu’elle avait un atout de taille pour ne pas se jeter dans les bras de n’importe qui. Son antipathie face au fait d’être touchée par une tiers personne. Puis, il fallait bien avouer, qu’en tant que membre de Pandora, elle ne ressentait pas souvent l’envie de s’enticher d’un homme. Sa vie actuelle ne se résumait qu’à traquer des Chain pour gagner de l’argent. Remplir le frigidaire. Faire le ménage. Tuer quelques contractants. Faire à manger. Manger et dormir. Voilà, ce n’était pas plus difficile. Parfois, sa vie ne tenait qu’à un fil. Comme lors de cette soirée. Si Naaru n’avait pas été présent, son corps ne serait plus rien. Son Chain serait dans l’Abysse, elle aussi certainement. Non sûrement. Le fait est, qu’elle avait beau se damner à se dire qu’elle n’avait pas besoin d’une présence masculine. Elle se trompait totalement. Une partie de son être voulait crier à Naaru de partir. Qu’elle ne comprenait pas cette relation qu’il entretenait. Cette attirance. Ils étaient deux aimants. Deux contraires et pourtant, ils étaient attirés l’un par l’autre. Non. Michiyo n’était certaine que d’une seule chose. Elle ressentait une attirance indescriptible pour le jeune homme. Ce n’était peut-être pas le cas du Chain. Tandis, qu’une partie d’elle voulait lui dire de rester malgré tout. Trouver tous les prétextes possibles pour qu’il reste. C’était difficile de lutter contre elle-même. Contre deux parties contraires d’un tout.

Pourtant, ce n’était pas parce qu’elle ressentait quelque chose de difficile à exprimer. Qu’elle n’avait pas la même capacité à décrire la peur que le jeune homme lui avait fait ressentir. Elle ne lui avait pas hurlé dessus comme elle aurait pu le faire sur son compagnon. Sa voix n’était pas sortie du tout. La demoiselle avait ressentie un blocage. Juste quelques secondes. Mais, elle avait eu peur qu’il lui arrive quelque chose de bien plus douloureux qu’un simple arrêt de battement. Naaru aurait-il était capable de lui faire du mal ? Elle n’était pas en position de force. Il pourrait facilement la tuer s’il le voulait. S’il était l’ennemi qu’elle redoutait. Comme toujours, elle avait réussi à garder un sanglant de self-control. Comme toujours, elle poussait le bouchon trop loin. Elle allait pousser Naaru loin, là où il ne pourrait peut-être pas revenir. Mais c’était ainsi. Michiyo n’était pas gentille au premier abord. Puis finalement, ce n’était pas forcément bon pour elle. Elle jouait sa vie. Au mieux, juste un bras. Naaru était un Chain, un dangereux être de l’Abysse qui pouvait tout à fait la maitriser sans qu’elle ne puisse réagir. Au fond, ses membres étaient tétanisés depuis qu’il avait provoqué en elle, la peur. Mais, elle ne pouvait s’empêcher de le pousser.

Plus ou moins rapidement, elle se dirigea vers sa chambre pour se changer. Découvrant l’ampleur réelle de sa blessure. Manquant de rompre le cou de son petit animal de compagnie. Sans comprendre, pourquoi ou quoi surtout, avait pu lui faire aussi peur. Elle était revenue avec des vêtements qu’il avait refusé d’enfiler. Après quelques soupirs, la demoiselle rata sa première tentative de menace. Comme toujours, ses phrases n’avaient pas les mêmes répercussions que lorsqu’elle les avait prononcés dans son esprit. Alors oui, le jeune homme s’était moqué d’elle. Peut-être un peu trop au goût de la jeune femme. Son poing c’était violemment contracté. Sa lèvre avait elle aussi subit le contre coup d’une telle moquerie. Puis, il avait continué à ouvrir la plait. Doucement. Lentement. Fallait-il en plus de son rire enfantin, qu’il parle ? Ne pouvait-il pas se taire cet idiot. La jeune femme vint même à s’en vouloir de ne pas avoir fait se terminer la soirée bien plus tôt. Elle, elle qui disait souvent qu’il fallait toujours finir une soirée sur une note plus ou moins potable. Le fait que des événements aussi peu joyeux se succèdent, allaient à l’encontre de son éthique. Alors, oui, elle l’avait pris au mot. Son cœur avait cessé de battre lorsqu’elle avait pris sa décision. Attirant Naaru contre elle pour l’embrasser. Oui, elle avait pris cette décision. Fermant les yeux pour ne pas à avoir à supporter le regard vert qui lui faisait face. Alors non, elle ne voyait rien. Uniquement la surprise de dessiner sur le visage de l’homme qu’elle embrassait. Puis le noir. On dit souvent qu’une personne avec un sens en moins, vois les autres décuplés. Michiyo pouvait l’affirmer. Le baiser qu’elle partageait lui paraissait si doux. Mais court. Beaucoup trop court. Sauf, que ce n’était que de sa faute. C’était elle, qui avait ouvert les yeux pour rompre et reculer d’un demi-pas. Essayant de soutenir le regard du jeune homme.

Alors que son cœur reprenait un rythme normal. Qu’encore une fois elle changeait d’avis sur le jeune homme. En reconsidérant comme un adulte plutôt qu’un enfant. Parce que oui, elle n’allait pas embrasser un enfant. Un enfant n’allait pas non plus poser ses mains sur ses joues pour provoquer une nouvelle fois un contact. La réaction de la demoiselle fut identique que celle du Chain précédemment. Ses yeux étaient grands ouverts. Alors, non, elle ne s’attendait vraiment plus à cela. Naaru avait eu des réactions qui avaient déjà maintes fois surprises la jeune femme depuis leur rencontre. Mais de là, à ce que lui l’embrasse de son propre chef, hormis pour la réveiller. Ce n’était pas du tout ce qu’elle avait pu prévoir. Alors, une seule pensée traversa l’esprit de la jeune femme. Qu’elle ne devait plus continuer à réfléchir. Forçant un peu sur ses pieds pour grandir un peu, elle passa ses bras autours de la nuque du jeune homme. Laissant ses mains se nicher dans les cheveux bruns. Accentuant par conséquent le contact. Non. C’était sûr et certain. Elle ne voulait pas le laisser rompre maintenant. Le contact se devait plus fort que le précédent. Ils étaient deux adultes. Il était l’adulte qui avait rompu le premier. La demoiselle se mordit alors la lèvre inférieure. Il embrassait bien le bougre. Pourtant, elle n’en redemanda pas. Ils n’étaient pas chez elle pour s’embrasser comme un couple. Ils n’étaient pas un couple. Ils n’étaient même pas en relation. Juste des connaissances.

Lorsqu’elle recula une nouvelle fois. C’était pour faire comme ci les quelques minutes qu’ils venaient de passer tous les deux à s’embrasser n’avaient jamais existées. La demoiselle ne cherchait pas du tout à en parler de nouveau. Il mettrait bien le sujet sur le tapis de lui-même. Pour cela, elle lui faisait confiance. Alors oui, elle lui affirma qu’elle aimait bien que l’on s’occupe d’elle. Après tout, elle était humaine. La nature de l’homme est de se laissait aller parfois à la douceur d’une autre personne. De s’asseoir dans un divan et de se faire masser les épaules. De soupirer d’aise après une simple étreinte. Sauf que la plupart des individus ne cherchaient pas à le montrer. Comme tout le monde elle avait besoin d’une présence à ses côtés. Que l’on s’occupe et panse ses blessures. Actuellement, Naaru s’était proposé pour ce poste. Certes, elle se damnait à le faire changer d’avis. Mais elle ne pouvait pas encore lui dire non. Il savait certainement ce qu’il faisait. Dans l’esprit de la demoiselle, la question restait encore à se poser. Alors, elle ne donna qu’une réponse approximative. Bien-sûr, elle n’était pas parfaite comme réponse. Il pourrait amplement deviner, que oui, elle aimait bien qu’il prenne un tant soit peu soin d’elle. Néanmoins, si elle lui permettait de la serrer dans ses bras et accessoirement de l’embrasser. Le fait qu’il la touche un peu plus, la bloquait encore. Ce n’était qu’une question de temps. Malgré qu’elle ne sache lui dire non. Il avait un petit quelque chose, qui faisait que même si elle pensait « non », c’était le mot « oui » qui sortait.

Michiyo se contenta de prononcer quelques paroles pour lui expliquer qu’ils étaient tous les deux dans une impasse puisque chacun semblait camper sur ses positions. Ceux à quoi il se permit de répondre aussitôt. Si encore, il était resté sur la base de sa première phrase. Il n’y aurait eu aucun souci. S’il n’avait pas continué de parler, elle n’aurait pas serré les dents. S’il ne s’était pas transformé, elle n’aurait pas mis toute sa méchanceté dans sa propre menace. Oui, elle lui avait promit que s’il ne venait à ne pas se calmer, elle allait utiliser ses « talents » pour faire revenir tous ses souvenirs cachés en même temps. Bien-sûr, elle ne le ferait pas. Mais, elle avait ses raisons pour dire de telles choses. Cependant, le résultat fut stupéfiant. Le sourire de Naaru qu’elle adorait. Qu’elle avait appris à aimer. Venait de disparaître. D’un coup, sans préavis. Alors, la demoiselle du soutenir le lourd regard de son compagnon. Pourtant, elle se contenta de le soutenir doucement. En fait non, elle était assez en colère après lui. Alors, elle remarqua le changement de couleur de ses pupilles. La jeune femme avala lentement sa salive. Ca se gâtait mine de rien. Les questions commencèrent à se bousculer dans son esprit. Qu’allait-il lui faire ? La blesser ? La tuer ? Elle attendait. Seul lui pouvait lui apporter la réponse. Qui, de toute évidence n’avait pas l’air d’une bonne nouvelle. Une phrase. Un ordre plutôt. Les nerfs de la demoiselle lâchèrent dès le moment où le métal commença à quitter sa place. Un rire. Son rire éclata dans toute la pièce. Oh oui elle avait peur. Tellement peur qu’elle riait.

« J’ai l’impression d’avoir touché pile où il fallait. C’est parfait si je peux me permettre cette expression. »

Non, elle avait toujours peur. Tellement peur. Mais Michiyo savait très bien qu’en prononçant cette phrase il y aurait une réaction. Même la plus minime soit-elle. Quatre vingt quinze pourcents des individus ayant un passé, se trouve avoir quelque chose à cacher. La demoiselle ne l’avait pas lu dans des livres. Juste qu’elle était la contractante de Michael. Et ce Chain pouvait lire dans la mémoire des individus. Pour toutes les fois où la jeune femme obtenait des souvenirs qui n’étaient pas les siens. Elle savait. Oh oui, elle savait que toucher au passé de quelqu’un avait de grande chance de réussir. Que la personne en question se mettrait obligatoirement dans des états pas possibles. Certes. Lorsque la personne est humaine, il y a toujours une solution de replis. A contrario, se retrouver face à un Chain en train d’utiliser la moitié de son appartement contre elle, n’était pas la même chose. Pourtant, non, elle n’était pas maso. Juste qu’elle savait un tant soit peu ce qu’elle faisait. C’était son compagnon d’armes qui lui avait appris. Lorsque Michiyo se trouvait être de mauvaise humeur, Michael la poussait dans ses derniers retranchements. Jusqu’à ce qu’elle fasse vraiment une crise de nerfs et se calme en dernier lieu. Toute seule. Alors, elle avait pris la peine de s’entraîner sur son Chain. Sauf que là, elle ne pouvait pas prévoir les réactions du Chain en face d’elle. Ses membres tremblaient de plus en plus. Alors qu’elle avait envie de se boucher les oreilles. Le bruit était tel qu’elle pensait pouvoir devenir sourde. Continuer à le pousser peu à peu. Toujours et encore. C’était quitte ou double. Soit il en finirait avec elle. Soit il finirait par se calmer tout seul.

Michiyo était incapable de bouger. Pourtant, elle voulait bouger la mèche qui barrait de nouveau son visage. Elle voulait l’approcher. Lui faire comprendre qu’elle était là devant ses yeux. Qu’il arrête ce bruit qui lui semblait si douloureux. Que le métal ne devienne pas une arme. Il lui avait promit de venir la revoir. S’il venait à la tuer. Jamais, oh non jamais, ils ne pourraient se revoir. Ce serait bien difficile dans le cas présent. Pourtant, la jeune femme aux yeux bleus ne pouvait pas s’empêcher de vouloir comprendre ce qui se passait dans l’esprit du jeune homme. Pourquoi semblait-il si torturé ? Que pouvait-il se passer dans la tête de ce Chain pour qu’il vienne à laisser son visage d’animal venant de l’Abysse au grand jour. Ce serait des questions à lui poser lorsqu’il serait prêt. Prêt à parler d’une mort certaine. A s’exprimer. A ne plus se cacher. Elle pouvait l’écouter s’il le souhaiter. Prendre une partie de son lourd fardeau sur ses frêles épaules. Certes, elle était petite et menue. Mais elle était capable. Elle voulait le délester de ce lourd poids qu’était son passé. Sa jambe fut prise d’un spasme. Ses muscles voulaient de nouveau bouger. Alors, elle releva les yeux vers Naaru. Quand est ce qu’elle les avait baissé ? Ce n’était pas sérieux de ne pas regarder quelqu’un dans l’état actuel de Naaru. Voilà pourquoi elle bougeait. Il s’approchait. Son instinct de défense venait de se mettre en route. La peur. L’adrénaline. L’attirance. Tout s’enchaîner dans son esprit. Un pas. Deux pas. Il était là. Tout prêt. Trop prêt. Alors, elle arrêta de respirer. Ses yeux se posèrent alors sur ce qui se trouvait dans l’une des mains du jeune homme. Elle allait pleurer. Les choses allaient si rapidement qu’elle n’avait pas le temps de tout suivre. La peur était telle, que tous ses sentiments décidèrent de s’exprimer tous seuls. Elle pleurait. La colère et la peur, la faisait pleurer. Juste quelques larmes silencieuses qui coulaient sur sa joue. Puis une voix. Son prénom. Relevant la tête vers le visage du jeune homme. Elle se contenta de répondre.

« Compte tu me faire du mal désormais Naaru ?. »

Sa gorge était nouée. Sa voix tremblait. Respirer, il fallait qu’elle respire. Peut-être un peu bruyamment, mais au moins l’air entra dans ses poumons. Pourtant, elle essayait d’être calme. D’arrêter les larmes doucement. Sa voix avait un peu d’assurance. Il revenait. Du moins c’était ce qu’elle espérait. Il venait au moins de se rendre compte de l’arme qui aurait pu lui être fatale. Cela semblait se terminer plus ou moins bien. Puis, elle se sentit grande. Il était là. A terre. Si elle avait voulu, elle aurait pu l’enfoncer encore et toujours. Le détruire juste avec quelques mots. Sauf que non, elle ne voulait pas. La jeune femme faisait souvent cela lors de ses combats. Sauf que Michyo ne combattait pas Naaru. La demoiselle se contenta alors de fléchir les genoux pour se retrouver à hauteur du visage de son vis-à-vis. Posant une main sur sa hanche de nouveau douloureuse et une autre sur le visage du brun. Caressant la joue du Chain de son pouce. Elle voulu ajouter quelque chose. Rien ne pouvait le rassurer certainement. Alors, elle chercha longuement tout en continuant de le rassurer à travers son geste . Finalement, son rire cristallin se fit entendre.

« Souris, tu n’es pas un monstre ! »

Michiyo en avait conscience. Elle pouvait trouver une phrase beaucoup plus intelligente, mais c’était la seule qui lui était venue. La seule qui permettait peut être de faire sourire le jeune Chain. Il se moquerait certainement d’elle. Mais elle n’était plus à cela prêt. Sur le coup, elle s’en voulait d’avoir fait du mal à ce jeune homme. Alors elle essayait de se rattraper un peu. De voir ses yeux verts pétillaient de nouveau et son rire lézarder les murs. Des mots se firent entendre à la place d’un rire. Ceux de Naaru. Non. Elle n’en reparlerait plus. C’était sa solution de survie. Son instinct avait pris le pas sur sa raison. Sa foutu raison qui n’avait pas voulu se mettre dans une position dominée. S’approchant de son visage un peu plus, elle se contenta de déposer un baiser sur son front. Une manière à elle de lui dire qu’elle était désolée. Qu’elle s’en voulait et qu’elle n’allait jamais refaire la même erreur. Une telle peur n’était pas bonne pour sa santé. Ne pouvant rien dire d’autre, elle se releva pour trouver l’objet du litige. Revenant quelques secondes plus tard pour poser cette fameuse boite à pharmacie sur les genoux du jeune homme, de nouveau assis sur son divan. La seule réponse qu’elle pu obtenir était un tout petit sourire. C’était toujours ça de pris. Alors, elle ajouta sa petite phrase. Phrase qu’elle disait tous les jours lorsqu’elle était enfant. Naaru avait le droit de l’entendre au moins une fois. Qu’il la sert ou pas finalement. La réponse ne fut pas très longue à arriver. Un contact contre sa main. Une pression qui l’attira vers l’homme qu’elle appréciait. Se retrouvant une nouvelle fois dans ses bras. S’il continuait ainsi, elle allait y prendre goût. Il était doux dans ses gestes. Rien à voir avec l’homme qui venait de lui faire la plus belle peur de sa vie. Elle profita du souffle chaud dans sa nuque, avant d’écouter les nouvelles paroles du brun. Un léger sourire s’afficha en même temps que le sang lui montait dans les joues. Il était mignon. Très mignon.

« Serais-ce une façon de dire « encore » ? Je pense que si tu continue à être toi-même, je serais en mesure de t’embrasser de nouveau. »

Elle voulait le taquiner légèrement. Juste le revoir sourire. Ce n’était pas dans ses habitudes de vouloir faire qu’une atmosphère soit plus détendue. De faire sourire les autres, alors qu’elle même avait le sourire en option. Mais la situation était tout autre. Naaru l’avait habitué à être le personnage souriant de l’histoire. L’être rempli de vie. Alors, bon Dieu, il devait se sentir mieux. Même si l’humour de Michiyo n’était pas le mieux placé pour lui remonter le moral. Relevant la tête doucement. Ses lèvres embrassèrent la commissure des lèvres du jeune homme. Peut-être qu’en le poussant un peu, il ne tomberait pas dans la déprime. Elle ne savait pas si les Chain avaient cette possibilité. Ce qui était sûr, c’était qu’elle ne voulait pas en faire l’expérience la première. Pourtant, une phrase fit s’installer une douce surprise sur le visage de la demoiselle. Est-ce que c’était mal au fond ? Peut-être. Peut-être pas. Pour deux humains, ce n’était, pas mal. C’était même normal. Pour deux Chain peut-être. Ca, elle n’en savait rien. Pour un Chain et une humaine, c’était une toute autre question. Le cerveau de la demoiselle tournait à plein régime. Quelle réponse pouvait-elle bien lui fournir ? Alors, les mots franchirent seuls, la barrière de ses lèvres.

« Je ne saurais vraiment te dire si c’est bien ou mal. Cela dépend de ton point de vue. Ce que je peux juste te dire, c’est que pour moi, ce n’est pas foncièrement mal. »

Voilà, tout était dit. Elle ne voulait pas cela comme quelque chose en dehors de la normalité. Naaru avait une forme humaine après tout. Michiyo était quant à elle humaine. Sauf que voilà, personne ne devait en savoir plus. Ces baisers étaient en quelque sorte leur secret à tous les deux. Aucunes promesses. Rien de plus obscène. Juste des baisers pour apprendre à se connaître. Se relevant pour quitter les bras du jeune homme. Michi se contenta de s’asseoir près de lui. Tapotant légèrement sur sa cuisse droite. Signe qu’elle voulait qu’il pose sa tête sur ses genoux pour s’allonger.

« La journée a été éprouvante pour toi. Repose-toi un peu. »

Un léger sourire. Une petite demande. Si elle, avait eu le droit de se reposer un peu. Lui aussi. Autant qu’il soit bien installé. S’il ne voulait pas s’allonger sur elle, c’était son choix. S’il voulait dormir quelques heures ou simplement se reposer, elle pourrait lui prêter son lit. A lui de choisir au final. De lui apprendre ce qu’il voulait faire. Tant qu’elle pouvait obtenir un nouveau sourire de sa part. Elle était prête à tout.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   7th Décembre 2012, 11:03

Nana était un être très paradoxal. Il était capable de changer d'émotion toutes les cinq secondes environ. Mais depuis qu'il avait vu Michiyo, il se trouvait étrangement calme. En vérité, il n'était pas simplement calme. Il n'avait pas envie de penser à autre chose qu'elle quand ils étaient tous les deux ensemble. C'était une sensation nouvelle que le chain appréciait beaucoup. Et pour une fois aussi, il ne voulait pas savoir d'où lui venait cette subite envie. Lui qui cherchait toujours à tout prouver se trouvait lui-même refuser de comprendre. Il profitait tout simplement. Alors, quand il avait simplement rit à la réflexion de la demoiselle en lui indiquant que si elle souhaitait l'embrasser, elle n'avait pas besoin d'inventer des excuses minables, cette dernière l'avait embrassé. Et Naaru avait beaucoup aimé ce rapprochement. Certainement encore plus que quand lui l'avait fait. Mais voilà, toutes les bonnes choses avaient une fin, et il faut croire que celle-ci fut de bien courte durée. Elle rompit le baiser la première, comme elle l'avait provoqué. Et cela eut le don de rendre le chain plutôt frustré. Alors, parce qu'il n'en avait pas eu assez, il rapprocha le visage de la demoiselle à lui en se servant de ses mains et posa plutôt brutalement ses lèvres sur celles d'en face. Sans tenir compte du regard surpris de la demoiselle, des milliers de possibilités s'offrirent à lui. Il adorait le contact avec elle. C'était tellement quelque chose de nouveau. Il ignorait s'il allait un jour s'en lasser, mais Nana avait toujours vécu dans le moment présent. Et il vivrait probablement tout le temps dans cette période. Le futur ne l'intéressait pas, et le passé lui faisait peur. Voilà tout.

Finalement, au bout d'un moment, le chain rompit le baiser sans rien dire. Il avait senti la main de Michiyo dans ses cheveux, et cela avait provoqué un soudain plaisir. Il l'adorait. Si fort, si fort. Il le savait maintenant. Il n'était pas en capacité de poser des mots certains dessus, car c'était quelque chose de tout à fait nouveau pour lui, mais il pouvait tout du moins affirmer que cette demoiselle ne le laissait absolument pas insensible. Il tâcha de poursuivre quelques secondes, faisant durer le baiser, mais se stoppa finalement. Et s'il s'était autorisé ce petite débordement, c'est aussi parce qu'il croyait qu'il n'était pas le seul à autant aimer la présence de l'autre.

Plus tard, le chain fit la rencontre de monsieur chat. Ou bien mr chaton. Il ne savait pas vraiment différencier l'âge. La taille de certains chats était excessivement petit, et pourtant ils étaient des chats mûrs. Quoiqu'il en soit, cette dernière rencontre se termina bien rapidement. Non, il ne fallait pas pousser Nana dans ses derniers, ses tout derniers retranchements. Ce n'était jamais une bonne chose. Il y avait des choses à cacher. Des choses qu'il s'interdisait lui-même de penser. Scellés au plus profond de son être. Qui pourtant refait surface de temps en temps pour lui torturer l'esprit. C'est ce que Michiyo avait fait. Vouloir ou ne pas vouloir importait peu au chain, qui désormais se battait contre lui-même pour calmer ses ardeurs. Non, elle n'était pas autorisée à lui parler de son passé. Non, il fallait s'en débarrasser. L'esprit du chain s'emballait. Il s'emballait si fort qu'il en avait même du mal à réfléchir. Pourtant, il fallait continuer à le faire. S'il ne réfléchissait plus, il allait le faire. Il allait la tuer. Et il ne voulait pas. Il en avait le pouvoir. Le pouvoir d'être de nouveau un meurtrier. Il l'était si souvent. Il avait tué. Plein de fois. Mais non. Il voulait hurler. Qu'on achève ses souffrances. Le chain qu'il était exauça ses prières. Ses cheveux prirent la couleur de la neige, tandis que ses yeux se teintèrent d'un violent accent de sang. Illuminé d'une certaine animosité, il priait pour que la demoiselle face appel à son chain. Il ne voulait pas blesser. Non, il ne fallait pas. Naaru était trop faible pour s'arrêter. Et Naaru savait que la demoiselle était une contractante. Il était trop fatigué pour pouvoir faire face au pouvoir d'un chain à côté de son contractant. Alors pourquoi ? Pourquoi ne bougeait-elle pas ? Elle jouait à un jeu bien dangereux. Un jeu où même le chain n'était pas en mesure de connaître la fin. Pourquoi ne fuyait-elle pas ? Après tout, sans doute avait-elle raison. Nana l'aurait poursuivi. Il l'aurait suivi n'importe où, et à moins de posséder un chain qui se téléporte, elle n'aurait pas pu lui échapper.

Tout de même, la demoiselle rit. Ce qui eut le don de réveiller un instant le Nana épris. Que lui arrivait-elle ? Comment pouvait-elle rire dans des circonstances pareilles ? N'avait-elle pas peur ? Souhaitait vraiment qu'il achève sa triste besogne ? Lui ne voulait pas. Mais le chain avançait. Le chain utilisait son pouvoir à tort et à travers. Il s'occupait l'esprit. Il éprouvait presque une certaine joie quand il voyait la peur dans les yeux qu'il fixait. Il voulait faire mal. Faire regretter quelques paroles. La souffrance. Il souffrait profondément. Lui rappeler son passé, même si ce n'était qu'un clin d’œil, donnait un très gros coup dans son petit cœur. C'était d'ailleurs l'une des choses vraiment capable de l'atteindre. Son contractant lui-même ne s'était jamais risqué à border cette partie de sa vie, même en blaguant. S'il savait, si ça ne l'intéressait pas ou même s'il voulait le lui demander, bien que Nana l'ignorait, il n'avait jamais entendu Finn en parler. Ni même le sous-entendre. Et ils n'en vivaient que mieux ensemble. Alors pourquoi elle ? Pourquoi elle, qui avait fait éprouver tant de sentiments au chain ? Elle n'en avait pas le droit. Lui seul pouvait décider du jour où il voulait s'en souvenir. Cela pourrait bien prendre des jours, des mois, des années voir même des décennies ou des siècles, il le ferait un jour. Cela faisait déjà plus de 100 ans que la situation restait inchangée. Et ce n'était pas pour une simple demoiselle qu'il allait changer ses plans. Certainement pas. Même pour un chain. Il était à présent maître de sa vie. En tout cas, il l'espérait. En vérité, il était soumis à la volonté. Elle pouvait faire ce qu'elle voulait de lui. Dès lors qu'elle s'en serait lassée, la volonté de l'Abysse pouvait le tuer. Mais il préférait l'ignorer. Aussi simplement qu'il lui était permis d'oublier son passé. La vérité est parfois trop dure. C'était plus que le cas pour lui.

Il ne supportait pas le ton de la demoiselle, ce qui ne fit que provoquer une nouvelle fois une nouvelle vague de haine. Mauvaise nouvelle. Le métal hurla sous la pression que Naaru lui soumettait. Elle n'était pas en mesure de pouvoir discuter avec lui. Lui-même était incapable de discuter avec le chain. Il était deux personnes totalement différentes. Et l'autre s'était présenté à lui. L'avait écrasé comme une vulgaire mouche. Fallait-il qu'il continue ainsi ? Qu'il se lève, qu'il lève la main sur la femme aux cheveux bleus ? Non. Non, il ne fallait pas. Il devait lui faire comprendre avant qu'elle ne parle décidément trop qu'elle n'avait pas le droit de parler de ça. Pour leurs bonheurs réciproques. Bientôt, il s'en irait. Il n'y avait qu'un détail à régler. Ce n'était pas qu'un détail. Non, c'était bien plus. Il devait s'en aller avant que cela ne dégénère. C'était une très mauvaise chose de forcer Nana à jouer au méchant. Il était on ne peut plus persuasif, on ne peut plus réaliste. Et il prenait tout au sérieux. Il savait qu'il était capable d'en finir, maintenant tout de suite. Il n'avait qu'à lever son bras encore un peu plus et l'abattre sans aucune vergogne sur l'humaine. Rien d'autre. Il y aurait du sang. Certainement beaucoup de sang. Mais ça ne suffirait pas à rendre au chain toute sa tête. Il disparaîtrait certainement encore un peu, il partirait pour revenir dans la nuit ou même le lendemain chez Finn. Et l'autre lui demanderai ce qu'il serait arrivé. Naaru ne pourrait pas répondre. Nana ne comprendrait pas. Il reprendrait ses esprits encore le lendemain. Il partirait probablement dans l'Abysse. Et il oublierai tout, une nouvelle fois. Il se formerai un nouveau mur par-dessus l'autre. Comme si ça n'avait été qu'un affreux cauchemar. Voilà tout. Oui. Voilà tout.

De nouveau la demoiselle ouvra la bouche, en réponse à ce que lui avait dit précédemment. Ce qu'il avait l'intention de faire ? Il ne savait pas. Lui ne savait pas. Le chain, lui connaissait la réponse. Mais le chain était muet. Nana ne pouvait plus parler. Lui faire du mal. Oui, probablement. Mais il le faisait déjà en ce moment. Il sentait le stress, les nerfs de la demoiselle. Le chain aussi les sentait. Elle avait peur. Pas le chain. Elle prenait conscience de la différence de force. Ou peut-être l'avait-elle déjà en tête depuis un moment. Pourquoi ne se taisait-elle simplement pas ? Pouquoi les humains n'en étaient pas capables ? Pourquoi étaient-ils bavard quand il sentait leur heure approcher ? C'était idiot. Terriblement idiot. Ça ne changeait rien. Elle pouvait le supplier à genoux, rien ne changerai. C'était la triste réalité. Il n'y avait que lui. Il devait refermer la violente blessure dans son cœur. Lui-même. Et ce, même si des images lui parvenait. C'était dur de vouloir ça. Il devait choisir. Il était en mesure de choisir. Il avait toujours détesté le faire. Pour la simple raison que ça nécessitait souvent des sacrifices des deux côtés. on ne remplace pas une âme humaine. Effectivement. Mais Nana était égoïste. Certainement le plus égoïste de tous. Il voulait que sa blessure se referme d'elle-même. Mais ça nécessitait de tuer Michiyo. Il ne pouvait se le permettre.

Quelque part dans ses yeux, il vit les larmes perler sur le visage de son interlocutrice. Non, elle ne devait pas pleurer. Il s’arrêterait. Il lui promettait. Autour le métal crissait. Il vibrait des plus grandes profondeurs de sa constitution. Les molécules semblaient sur le point d'exploser. Comme lui. Il fouilla en lui-même la grosse blessure. Celle qui saignait à flot et qui maltraitait son crâne. Il vit l'ours, il vit une effluve de neige. Des flocons. Des flocons rouges. Un mélange des yeux et de ses cheveux. Pourquoi fallait-il que sa forme de chain soit si proche de son meurtre.. meurtre. Il ferma les yeux. Voilà. Voilà, il l'avait dit. Sa poigne se referma encore plus sur l'arme dans sa main droite. Trop dur, c'était trop dur. Il voulait faire couler le sang. Tout de suite. Il le fallait. Il fermait les yeux. Presque. Pour Michiyo. Pour lui-même. Il oublierai après. Il se le promettait. Il oublierai. Ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Le mur se reforma en même temps que la blessure, obstruant si fort ses pensées que même son corps s'en était arrêté. Il n'y avait plus que ça. Il inspira profondément. C'était bientôt fini. Alors, il tomba sur les genoux. Il reprit ces yeux émeraude. Ses cheveux chocolat.

Il sentit la demoiselle s'agenouiller à ses côtés. Il avait essayé de faire une chose atroce. Et sa tête lui faisait atrocement souffrir. Encore plus qu'avant. Il pensait qu'elle allait exploser. Et elle rit. L'interrogation se lit sur le visage du plus âgé. Allons bon, croyait-elle encore qu'il jouait la comédie ? Ou bien relâchait-elle la peur par le rire ? Nana en apprenait toujours plus sur les humains à force de les côtoyer. Ils étaient plus forts qu'il ne le pensait. Ce n'était pas de la force brute. C'était mental. Ils étaient beaucoup plus résistants qu'il le pensait. Ou peut-être n'était-ce qu'elle ? Il n'en savait rien. Mais son cerveau ne voulait pas poser la question. Son cerveau se reposait, récupérait. Il essayait tout du moins. Il n'était pas un monstre. Lui ne pensait pas pareil. Il en était un. Mais il était au moins heureux d'avoir encore un semblant de maîtrise de soi. Elle lui avait demandé de sourire. De sourire ? Comment avait-il encore le droit de sourire ? Il avait pensé les pires choses qui soit sans en ressentir la moindre gêne. Il avait voulu la tuer. Le savait-elle ? En prenait-elle conscience ? Certainement, elle n'était pas née de la dernière pluie. Pourquoi, pourquoi, mais pourquoi à la fin ? Elle agissait tellement étrangement. C'était... oui anormal. Voulait-elle se racheter ? Il ne pouvait pas sourire. Pas tout de suite. À la place, il fixa la demoiselle, prononçant d'un air plaintif ces quelques mots :

-J'ai... tu sais, j'ai essayé de tuer. Je ne suis pas fier. Non. Je ne peux pas sourire. Pas tout de suite.

C'était trop dangereux. Nana était à présent sur sa défensive, même s'il ne le montrait pas. Il prendrait un infime soin à décrypter toutes les phrases de la demoiselle, par seule peur qu'elle n'engendre de nouveau la conversation. Peut-être le souhaitait-il, au fond de lui. Peut-être voulait-il qu'une personne fasse le premier pas. Qui lui fasse prendre conscience, petit à petit, la bêtise qu'il faisait en cachant ainsi son passé à ses propres yeux. Mais pour l'instant, il n'était pas prêt. La demoiselle était trop rapide. Et Nana trop virulent sur ce sujet. Peut-être devait-il s'en aller, pendant qu'il en était encore temps. Il était encore instable, comme après un choc. Il ne pouvait pas prévoir ses actions futures. Non, il ne le pouvait pas.

Sans doute devrait-il partir. Mais il refusait. Il s'était énervé pour une chose futile. Une chose idiote. Il voulait la soigner, il a manqué de la tuer. Quel idiot il pouvait faire. La demoiselle s'en alla dans l'instant qui suivit. Qu'était-elle parti faire ? Naaru l'ignorait. Toujours est-il qu'il réintégra sa place. Sur le sofa. Il était bien mouillé, mais seulement à un endroit. Il voulait tenter de se racheter. Mais ce n'était pas dans ses habitudes. Il savait pourtant qu'il avait fait une bêtise, même si la demoiselle n'était pas vraiment non plus innocente. Il soupira, observant les vêtements qu'elle lui avait proposé. L'espace d'un instant, il se crut résolu à les enfiler. Le seul problème, c'était cet instant, de bien courte durée. Il n'en fit rien. Et Michiyo revint. Lui posa quelque chose sur les genoux. Il la reconnut du premier coup d’œil. La trousse à pharmacie était donc toujours la même, peu importe l'endroit. Blanche, cubique quand elle était en métal, ou bien dans une trousse mais toujours aussi blanche. Pourquoi était-elle blanche ? Pour prouver qu'elle n'était souillée, et destinée à purifier les blessures ? Cette dernière pensée fit sourire le chain qui pétilla de nouveau de malice. Enfin. Nana était redevenu Nana, un être peu sérieux. Un gamin. Ou peut-être un adulte dont les responsabilité n'ont jamais pesées sur les épaules. Après tout, c'était de leur faute, aux responsabilités, si les humains grandissaient trop vite. La perte d'un être cher, l'indépendance et toutes ces choses qui font « mûrir ». Nana n'en voulait pas. Naaru n'en avait nullement besoin. Il soupira un instant puis se surprit à entendre une drôle de parole venant de la bouche de la dame.

La réaction fut rapide. Très rapide. Le chain l'attira à lui. L'enlaça doucement. Ni trop fort, ni trop faiblement. Simplement un câlin. Il n'en demandait pas plus. Sentir le souffle de l'humaine contre sa peau, ses cheveux entre ses doigts, son corps contre le sien. Il ferma les yeux. Prononça quelques phrases. Il était gêné, sans en comprendre la raison. Mais ce n'était pas une mauvaise gêne. C'était même plutôt rassurant. Il inspira profondément, humant une nouvelle fois le parfum de la dame au-dessus de lui.

« encore » ? Peut-être. C'était probablement le cas, il n'allait pas lui mentir. Il aimait beaucoup cette sensation. Sans se l'expliquer certes, mais c'était mieux ainsi. Il soupira. Allons bon, elle se remettait à le taquiner. À blaguer. Et cela marchait drôlement bien. Un sourire s'afficha sur son visage, à moitié frustré. Alors comme ça, elle le prenait à la rigolade quand il lui racontait de pareilles choses. En voyant le visage de la demoiselle, il haussa un sourcil, toujours souriant et attrapa les joues de Michiyo pour les pincer très légèrement.

-Ne prends pas mes paroles à la légère et arrête de te moquer.

Il pensait ce qu'il racontait. Sauf la dernière partie. Après tout, c'était à cause de ses moqueries qu'il avait retrouvé le sourire. Qu'il s'était énervé. Ces moqueries provoquaient tellement de choses chez lui. Alors c'était pas si mal. Peut-être qu'il voulait qu'elles se terminent. Mais d'un autre côté, elles étaient la source de cette attirance. Il soupira, quelque peu fâché de la réponse de la demoiselle. Mais finalement, la dame se décida à lui répondre. Il écouta avec attention. Alors, ça dépendait du point de vue ? Vraiment ? Ce que l'esprit humain était compliqué. Il y a de nombreuses questions sans réponse. Et pour Nana quand on parlait de « point de vue », c'était une question sans réponse, puisque cette dernière était en mesure de changer selon la personne. Ce n'était pas une vérité générale. Et même la vérité se trouvait parfois corrompu. Nana le savait pour être un chain et en fréquenter d'autre. Les paroles mielleuses à son contractant, il en avait prononcé. Des vérités, cachant un profond mensonge. Voilà pourquoi, depuis qu'il connaissait Finn, et même depuis qu'il était sous un contrat légal, il s'était promis de ne plus mentir. Alors voilà, le point de vue est inutile tant qu'il n'était pas dévoilé. Ce qui amena Naaru à se poser la question du point de vue actuel de Michiyo. Non seulement parce qu'elle était la seule avec pouvoir confronter son propre point de vue, mais aussi parce qu'il n'avait pas envie de connaître celui d'un autre. Alors qu'il s'apprêtait à lui poser la question, cette dernière le devança.

Alors non, ce n'était pas mal. Il avait le droit de penser que ce n'était pas mal. Alors, est-ce qu'il pouvait encore l'embrasser ? Puisque ce n'était pas mal, il le pouvait ? Mais allait-il réclamer ? Peut-être pas. Il attendrait. Il avait tout le temps devant lui. Michiyo se releva alors lentement. Elle s'assit à ses côtés, tandis que lui était encore couché, le regard suspendu dans l'air. Qu'attendait-il ? Il était fatigué. Il avait utilisé beaucoup d'énergie aujourd'hui. Et mine de rien il n'était plus très tôt. Il n'était pas nécessaire pour lui de dormir mais il en avait pris l'habitude. Et la fatigue mentale se faisait sentir. Il allait sans doute rester ainsi. Mais se releva, en position assise. Il avait toujours un sourire sur les lèvres, mais ce dernier témoignait d'un certain épuisement. Le tapotement de la jambe de Michiyo attira son attention. Et sa proposition fit écho jusque dans ses membres, au point d'en immobiliser un certain nombre. Elle avait deviné qu'il était fatigué. Il ne se fit pas prier, et dans un énième soupir, il posa sa tête sur les genoux de Michiyo, le regard posé sur le ventre de cette dernière, donc de profil vers la demoiselle. Il ferma les yeux sans rien ajouter.

Peu de temps après pourtant, il les rouvrit et tourna son regard vers la dame, sans bouger la tête. Un bâillement s'échappa de ses lèvres, et il râla quelques paroles :

-Avoue t'as fait exprès de m'énerver. C'est ta faute si je suis aussi crevé.

Il détourna son regard d'elle en clignant un peu les yeux. S'il s'endormait maintenant, ce pouvait être pour plusieurs jours, et rien ne pourrait le réveiller. Autant avertir Michiyo que dès lors qu'il aurait profondément fermé les yeux, elle pourrait aller dormir car lui ne parviendrait plus à se réveiller. Mais il était encore plus claqué maintenant. Et il en ignorait la raison. Toujours était-ce le cas. Il fixa la tâche rouge sur la hanche de Michiyo. Voilà en plus il ne l'avait pas soigné. Il était vraiment inutile.

-C'est aussi de ta faute si t'es pas soignée. On en reparlera.

Oui, ils en reparleraient. Elle pouvait en être sûre. Nana n'avait pas fini de frapper. Mine de rien, il prenait ça au sérieux. Cette blessure. Sans doute allait-elle le faire elle-même. Peu importe. Du moment que cela disparaissait. Il n'en demandait pas plus. Il ferma les yeux. Il devait la prévenir avant de sombrer. Mais diable, qu'il était fatigué. Il bâilla une nouvelle fois. Il fallait qu'il ajoute encore quelques paroles. Pas grand chose, mais tout de même. Il ouvrit la bouche, pour la refermer. Bon il fallait que ça sorte. Maintenant. Alors, il murmura :

-S'il te plaît... quand je dormirai, laisse-moi ici. Je... je serai certainement pas réveillé demain. Mais c'est ta faute, après tout.

Un nouveau sourire s'afficha sur son visage, tandis qu'il peinait pour garder les yeux ouverts. Quand il partait, il partait pour de bon. Et rien n'était en mesure de le réveiller. Oh et puis après tout, Michiyo en avait prononcé des trucs. Ça l'avait frustré, énervé, fait rire et tant d'autres choses. Peut-être que d'autres le réveillerait. Peut-être. Ou peut-être pas. Tout du moins, le Nana inspira et ferma les yeux, bien parti pour commencer sa nuit.

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MessageSujet: Re: Je te tiens, tu me tiens ♫ [PV Michiyo]   16th Décembre 2012, 11:05

La fatigue, la tristesse, la peur, la colère. Tous ces sentiments créaient un amalgame bien étrange au sein de la demoiselle. Elle n’était plus en mesure de comprendre véritablement toutes les situations qui se concrétisaient autours d’elle. Elle savait pourtant, qu’elle possédait le don de s’énerver ou de ressentir d’autres sentiments en moins de quelques secondes. Qu’elle devrait prendre plus souvent les choses au second degré pour ne pas se retrouver dans ses situations plus ou moins gênantes. Mais Que Nenni. Michiyo était ainsi. Une âme se voulant libre. Trop libre peut-être. Vivant selon ses propres règles, sans jamais en douter. Après tout, pourquoi douter un seul instant de ce qu’elle avait elle-même instaurée ? Malheureusement, ces règles précédemment instaurées n’étaient pas permanentes. Loin de là. La demoiselle se faisait une joie de les changer perpétuellement en fonction de la situation présente. Elle se mentait souvent à elle-même par la même occasion. Après tout, Michiyo n’était pas une âme libre. Les âmes libres vivent au jour le jour, sans avoir d’attaches matérielles de n’importe quelle nature. Les âmes libres, si elles ne devaient pas être rattachées à un corps physique dans le monde où les humains évoluent. Pourraient être les Chain. Ils ne suivent pratiquement aucunes règles, ne serait-ce les leurs. Ils évoluent très souvent en fonction de la journée qui se présente à eux. Se réinventant chaque jour que Dieu fait. Contrairement à cela. Les humains sont faibles et dépendent de beaucoup de facteurs. Ils ne peuvent être totalement des âmes libres. Déjà, parce qu’ils sont contraints de respecter l’un des facteurs principales de la nature. Celui de manger pour vivre. Sans cela, ils risquent très souvent de ne pas faire long feu. Uniquement cet argument, peut prouver que les humains sont faibles. Bien plus faibles que les Chains. Ils se doivent de suivre des règles instaurées par la nature elle-même, sans jamais pouvoir en déroger. Michiyo ne pouvait pas en déroger. Elle n’était qu’une petite marionnette aux mains de celle qui avait fait en sorte que son espèce puisse survivre aussi longtemps. La demoiselle savait pertinemment qu’elle ne pouvait plus faire machine arrière. Qu’elle ne pouvait pas décider de tout quitter du jour au lendemain pour devenir une exclus de la société. Non, bien qu’elle puisse le dire à qui voudrait l’entendre qu’elle était libre de ses choix. C’était faux. Ces même choix qui dépendaient de la situation présente.

En effet, qui aurait pu croire, en écoutant les règles de la jeune femme, qu’un homme qu’elle ne connaissait que depuis quelques heures tout au plus. Puisse se retrouver dans son appartement. Dans ses bras. Voire même en train de l’embrasser. Mais pourtant, c’était la situation actuelle. Les deux individus partageaient un unique contact. Une situation qu’eux seuls avaient le droit d’arrêter. En effet, rien ni personne n’avait le droit de les forcer à se séparer. Michiyo profitait du temps qui s’écoulait lentement. Bien qu’elle ait fait le choix de rompre la première fois. Ce ne serait pas son cas pour la décision qu’avait pris Naaru de l’embrasser à nouveau. Bien au contraire, elle avait tout fait pour accentuer le contact. Ce n’était qu’une pulsion. Une vaine pulsion. Mais elle appréciait. Oui. Elle appréciait passer ses mains dans les cheveux bruns du jeune homme. Toucher sa peau douce malgré les tortures qu’elle avait du subir dans l’Abysse et sa condition précaire de Chain. De toute façon, Naaru était un homme avant d’être un Chain. Avant d’être quoi que ce soit d’autre aux yeux de la demoiselle. Alors, encore une fois, oui. Elle pouvait se permettre de l’aimer particulièrement. Elle ne saurait capable d’expliquer d’où provenait cette étrange attirance. Elle qui se contentait de se réfugier dans les bras d’une tiers personne – bien souvent un homme- lorsqu’elle en ressentait le besoin. Et non par attirance. Par envie. Or, c’était bien de l’envie qu’elle ressentait. Une envie où les mots ne seraient jamais assez précis pour l’expliquer. De toute façon, il n’y avait rien à expliquer. C’était ainsi. Michiyo était attirée par Naaru. Rien d’autre ne devait être expliqué ni contesté. Chain ou pas Chain. Humain ou non humain. Elle le voyait comme son égal et c’était ainsi. Sur le moment, elle pouvait affirmer à n’importe quelle personne son point de vue sans démordre une seule seconde.

C’était justement cela qu’elle défendait. Son point de vue. Mais face au jeune homme qu’elle aimait tant. Certes, elle avait peur. Bien trop peur. Mais le mal était fait. Sa phrase avait quitté sa bouche bien trop rapidement. Comment avait-elle pu le menacer ainsi. Elle qui avait tout fait pour surveiller la moindre de ses paroles depuis qu’ils se connaissaient et peut-être même encore plus depuis l’affrontement. Depuis qu’elle savait pour sa condition de Chain. C’était chromosomique. Les humains auront toujours peur des Chain. Ces Chains qui leur permettent de se sentir un peu plus fort de temps à autre. De contrôler certaines choses. Pourtant, ce n’étaient pas eux les individus qu’il fallait craindre lors d’une rencontre. D’un combat. Mais plutôt les habitants de l’Abysse qui étaient leurs compagnons. Michiyo se trouvait face à l’une de ses peurs. Bien qu’elle côtoyait en permanence l’une de ses peurs. Elle ne pouvait s’empêcher de trembler devant Naaru. Devant sa forme venant tout droit de l’Abysse. Une partie de son esprit lui criait de partir vite, d’au moins trouver quelque chose pour se défendre. Mais rien n’y faisait. Son corps ne lui appartenait plus. La magie faisait son effet. Comme le jour où elle avait elle-même rencontrée Michael. Uniquement sa langue et sa voix voulaient encore l’écouter. Ne pas se laisser avoir par la pression que ressentaient ses membres face à l’Abysse elle-même. Peut-être que l’inverse aurait été beaucoup plus bénéfique. Les mots sortaient bien trop rapidement de la bouche de la demoiselle. Elle prenait à peine le temps de réfléchir. Son cerveau était sous pression, comme toutes les fois où elle pouvait affirmer avoir peur. Alors, son caractère naturel reprenait le dessus. Elle défiait. Toujours et encore. Pousser les individus à leur paroxysme. Souvent, elle s’en tirait mal. Pour le moment, la chance n’était pas de son côté. Tout ce qu’elle pouvait faire était de croire en Naaru. Ou simplement de prier pour qu’il s’effondre de fatigue. Quant à la dernière partie de son esprit, elle se contentait de lui dire de s’excuser. De lui expliquait qu’elle regrettait son acte. Ses paroles. Sauf que la principale concernée était Michiyo. Les excuses ne faisaient que très rarement partie de son vocabulaire. Pourquoi ne savait-elle pas se taire ? On lui avait dit une fois, que sa franchise et son manque apparent de silence, allait lui apporter bien des soucis dans la vie. En contre partie, quelqu’un lui avait dit, qu’elle ne devait pas manquer tous ces problèmes, car ils l’aideront à forger sa vie. Allez dont savoir qui avait raison ou tort.

La preuve était qu’elle avait laissé son rire se faire entendre lorsqu’il lui avait dit de retirer ce qu’elle avait osé prononcer. Non. Michiyo ne revenait jamais sur sa parole. Ce qui était dit, était dit. Elle en rajoutait souvent même. De toute façon, elle avait déjà toute son idée au fond de sa mémoire. La jeune femme savait jouer de ses charmes pour obtenir n’importe quoi. Lorsqu’elle était particulièrement de bonne humeur. En contre partie, elle savait très bien jouer de son caractère pour ne pas flancher la première. Certes, la peur lui tenaillait les muscles et le cerveau. Mais elle tenait bon. Prenant garde à rajouter par touche. Bon, il était vrai que rire n’était peut-être pas une bonne solution lorsque quelqu’un de bien plus puissant que soi risque de nous tuer. Pourtant, elle le faisait. Ouvertement. Parce qu’elle voulait pousser Naaru dans ses derniers retranchements. Voir si toutes les promesses qu’il avait pu lui faire. Toutes ses paroles. N’étaient pas que du passé. Non. Qu’il soit capable de les tenir un tant soi peu. Voir si le Naaru à forme humaine est capable de résister à son homologue Chain. Voir si elle pouvait vraiment lui faire confiance. Pouvait-elle au moins lui faire confiance ? Etait-elle capable de faire confiance à quelqu’un d’autre qu’elle même au final ? Elle aimait beaucoup Naaru, mai, pas au point de lui confier une nouvelle fois sa vie entre ses mains. Ce n’était pas le même niveau. Il faudrait beaucoup de temps. Enormément de temps. Ce qui était certain. C’était que s’il ratait son coup. Lui faisait uniquement une blessure. Il lui faudrait du temps pour s’en remettre c’était certain. Mais elle le retrouverait. Histoire de le punir. Ou pas. Etait-elle capable de faire du mal à cet homme après tout ? Généralement, les pensées et les actes n’étaient pas des corolaires. Loin de là. Fallait-il seulement qu’elle se retrouve face à la situation pour en trouver la solution. Le seul souci, était qu’elle ne trouvait pas de solution à la situation présente. Partir ? Appeler Michael ? Se laisser faire ? Elle n’était pas suicidaire et ne voulait pas mourir. Demander à son propre Chain en tant que combattante d’agir, serait mettre Naaru dans des états mentaux encore plus catastrophiques qu’au moment présent. Ses souvenirs allaient lui revenir en tête bien plus violemment. Quant au fait de partir, ce n’était plus possible désormais. La blessure ne lui permettait pas de courir. Faire confiance. Juste ca, faire confiance au jeune homme pour qu’il se calme tout seul. Non. Ce n’était pas encore possible. Fallait-il qu’elle trouve une alternative potable. Son cerveau ne savait plus où donner de la tête. Devait-elle vraiment réagir et tenter quelque chose coûte que coûte ? Après tout, c’était un Chain. Un vulgaire être de l’Abysse. Si elle arrivait à lui infliger une blessure assez conséquente pour le renvoyer dans l’Abysse. Elle pourrait se débarrasser en même temps d’un contractant qui pourrait se révéler à long terme, bien gênant. Cela semblait être une bonne idée dans l’esprit de la demoiselle. Or, tout ce qui semblait être une bonne idée dans sa tête. Ne finissait jamais bien en pratique. Un peu comme se dire que l’on a réussi un concours et subir le contraire. Puis, un souci de taille se dressait. Oui. C’était un Chain certes. Mais Naaru avant tout. Alors non. Elle ne pouvait pas lui faire de mal. Elle ne voulait pas. Après tout, ils c’étaient fait une promesse tous les deux. Se revoir. Alors aucun des deux n’avait le droit de mourir. C’était ainsi. Une promesse est une promesse.

Le métal hurlait de douleur sous la force du Chain. Michiyo serra les dents. Le bruit était horrible. Elle aussi allait-elle crier sous la force de Naaru ? Aurait-elle mal ? Au fond, elle n’ était même pas certaine qu’il serait capable de lui faire du mal. C’était en quelque sorte la guerre dans sa tête. Les pour et les contres. Ces imbéciles n’étaient pas capables de se départager. Au grand damne de la jeune femme qui n’en pouvait plus. Il fallait qu’elle trouve une solution à toute cette histoire. Or, elle n’était pas seule. Et Naaru, se trouvait être la données manquante. L’électron instable. La seule personne que la demoiselle n’arrivait pas à cerner. A comprendre ses intentions. Cela en devenait bien frustrant. Trop frustrant. Elle voulait l’approcher. Lui tenir la main. Le poignet. Le faire lâcher cette arme qui lui faisait peur. Le jeune homme avait l’air d’un Chain puissant au combat. Et cette lame pouvait largement en témoigner. Bon dieu, il fallait que tout s’arrête. Souris Michiyo. Fais un effort. Dans le meilleur des cas. Ils arriveraient à s’entendre un peu mieux. Malgré une légère distance. Personne n’avait levé la main sur la jeune femme sans en subir les conséquences. Le Chain aurait certainement de bonnes remontrances. Ou une bonne paire de gifle. Rien n’était gratuit. Dans le cas contraire. Naaru allait abattre son arme si rapidement, que la demoiselle n’aurait le temps de réagir. Allait-elle sentir la douleur ? Mourir sur le coup ? Voir son sang se répandre et tâcher ses vêtements ? Pleurer. ? Crier ? Hurler. Tant de questions que Michiyo ne se posait plus lors des ses faces à faces avec des contractants illégaux. Voire même avec un Chain. Elle avait pris l’habitude de laisser aux mains du destin la fatalité. Vivre ou mourir ne dépendait très rarement des questions qu’elle osait avoir en tête dans les divers moments. Ce n’était qu’au début tout ça. Plus lorsque l’on a vingt et un ans et que l’on est soit même contractant. Non. Pourtant, elles étaient là. Bien présentes dans son esprit. Face à Naaru.

Ses muscles étaient contractés sous son pull. Pourtant, elle ne pouvait encore bouger. Ses nerfs à vif. La peur au plus haut point. Des larmes. De petites larmes. Silencieuses et douces. Se contentant de perler sur son visage pour montrer qu’elle n’en pouvait plus. Michiyo ne pleurait rarement par faiblesse. Non, ce n’était pas un monstre sans cœur. Elle avait des larmes. Sauf que sa fierté faisait qu’elle les ravalait. Pour les laisser ensuite tomber sur le sol, seule. C’était ainsi. Sauf qu’elle pleurait. La peur lui faisait perdre la tête. Elle possédait des bouffées de chaleur. Des sueurs froides. Elle se sentait sale. A l’intérieur. Ainsi qu’à l’extérieur. Comme une poupée que personne n’a voulait ranger. Fallait-il maintenant qu’elle arrive à se calmer pour se sentir beaucoup plus propre. Fallait-il, qu’elle arrive à ne plus se poser de questions. Laisser Naaru prendre ses décisions et se muer dans le silence toute seule. Juste pour quelques minutes, voire secondes. Alors, tout se calma. Le bruit devient fort. Puis tellement silencieux. Un homme à terre. Une âme en peine. Un jeune homme tiraillait. Voici ce qu’elle voyait devant elle. Alors, elle se contenta de se mettre à sa hauteur et de le rassurer comme elle le pouvait. Avec ses gestes maladroits. Sa tendresse rare. Son regard si distant pour quelqu’un qui veut en faire plus que possible. Son corps était en total contradiction avec son âme. Pourtant, elle lui caressa le visage. Son cerveau ne trouva qu’une boutade pour le rassurer. Or, Michi n’avait aucun humour. N’était vraiment pas douée avec les mots. Encore moins à l’oral. Comment pouvait-elle lui montrer qu’elle s’en voulait. Qu’elle ne lui en voulait pas plus que cela. Après tout. Elle avait parlé de passé. Alors que le passé faire souffrir. Le passé n’est pas agréable pour les humains. Encore moins pour les Chain certainement. La prochaine fois. Elle se contrôlerait. C’était promis. Chacun de ses mots seraient vu et revu pour ne pas toucher l’être. Inconsciemment, elle le testait. Elle se devait de le cerner. C’était un ordre. Même si cela mettait sa vie en danger. Laissant son rire cristallin rempli l’appartement. Oh, il fallait que tout le stress sorte. D’une manière ou d’une autre. Pourtant, il ne resta que quelques micros secondes. Coupé par les paroles faibles du jeune homme. Une phrase qui fit apparaître la déception sur son visage. Non sans une once de tristesse.

« J’ai vu clairement que tes attentions étaient mauvaises. Or, je préfère me fier aux à ce que je ne vois pas. Plutôt qu’aux apparences. »

Certes, Michiyo n’étaient vraiment pas la meilleure pour s’expliquer. Alors, elle voulu tout éclaircir. Non, ce n’était pas le moment. Naaru lui demanderait bien après. Il était certain. Qu’elle préférait connaitre ce que le jeune homme avait pensé lors de ce long moment. Plutôt que l’apparence physique de Chain et sa tendance à vouloir la tuer. Il était vrai que le physique était intéressant. Pourtant, la séduction. La compréhension de l’esprit est beaucoup plus distrayante. Intéressant que les séductions de la chair. C’était à Naaru de décider ce qu’il voulait faire. Lui expliquer ou non tout ce qui avait pu lui passer par la tête. Sans pour autant qu’elle ne lui force la main. La situation était déjà bien compliquée à la base. Alors, elle se leva doucement pour chercher l’objet de tant de souffrance. Une vulgaire trousse à pharmacie. Des bandelettes blanches qui semblaient ne jamais avoir subis de douleur. Des produits. Rien qui soit assez conséquent pour engendrer une telle dispute. Leurs réactions avaient été petites et mesquines. Ils n’étaient que des enfants. Des grands enfants qu’il fallait contenir. Le fait est, qu’aucun des deux ne connaissait ses limites. Au point de se mettre en danger l’un et l’autre. Ils étaient encore trop jeunes pour être laissé sans surveillance. Plaçant l’objet du litige sur les genoux du jeune homme. Lui faisant comprendre que la hache de guerre était enterrée pour de bon. Enfin pour le moment… Qu’elle capitulait. Qu’il pouvait faire ce qu’il voulait désormais. Ce qu’il fit. « Sers-moi ». Son souhait. Etre dans les bras de l’homme qu’elle chérissait un tant soi peu. Montres moi que je suis aussi importante à tes yeux. Alors, son cœur pris quelques battements de plus, lorsqu’elle se retrouva dans ses bras. La chaleur de Naaru. Le Naaru plein de vie, était reposante.

Peu de temps après. Les paroles furent de retour. Le sourire du jeune homme aussi. Ce qui permit à la demoiselle de la taquiner encore une fois. Peut-être une dernière. Mais ce n’était pas important. Elle avait le droit et ne pouvait se maitriser. Alors, ses joues furent pincées. La demoiselle aux yeux bleus laissa un faciès boudeur apparaître sur son visage. Michiyo n’était qu’une enfant. Son visage pouvait en témoigner. Ses yeux bleus pétillaient pour une fois. Elle avait besoin d’un peu d’amusement une fois de temps en temps. De se laissait aller. Naaru était sa petite bouffée d’air frais.

« Je ne me moque pas. Vous pouvez bien raconter que les femmes sont susceptibles. Mais je vois que vous n’êtes pas mieux. »

Ce n’était pas faux. Certes les femmes n’étaient pas faciles. Généralement très capricieuses, elles ne sont pas foncièrement fan des hommes qui se moquent d’elles. Même si ce n’était pas méchant à la base. Les femmes prennent tout de travers. Souvent au premier degré. Ne sont pas forcément souriantes naturellement. Les femmes s’énervent pour un seul petit mot dit de travers. Or, les hommes ne sont pas mieux. Eux aussi sont susceptibles au possible. Sauf qu’ils ont la décence de ne pas le montrer. Alors, elle se contenta par la suite de répondre au questionnement de Naaru. Bien-sûr que non, elle ne trouvait pas cela mal. Pourquoi ? Parce qu’ils n’étaient pas du même monde ? Ils étaient justement dans leur monde. Leur bulle à eux. Uniquement pour quelques secondes. Parfois plus. Parfois moins. Ils ne faisaient de mal à personne. Si quelqu’un avait bien évidemment quelque chose à leur reprocher. Il devrait se retrouver face au mur que Michiyo allait ériger. Devoir défier les yeux clairs de la jeune femme. La froideur de ses mots. Après, Naaru pourrait en faire ce qu’il en souhaite. Tant qu’elle pouvait montrer son mécontentement la première. Ils étaient des enfants. Mais assez grands pour savoir ce qui était bien pour eux ou non. Se levant doucement. Elle décida qu’une meilleure position de leur ferait pas de mal. Alors, elle se posa délicatement un peu plus loin sur le divan. De manière à ce que Naaru puisse s’allonger sur ses jambes et tendre les siennes. S’allonger et trouver une position confortable en somme. Quelques tapotements sur sa jambe droite pour lui faire comprendre. Ainsi qu’une timide proposition. Il était certain qu’il pouvait rentrer chez lui s’il le voulait. Elle ne le retiendrait pas. Ne demanderait rien de plus. Il lui avait promit après tout. Il avait l’air d’un homme de promesse. Il se devait d’assurer. Alors, il s’allongea sur elle. Arrachant un léger sourire à la jeune femme. Elle pouvait admirer uniquement une partie de son visage. Mais c’était suffisant. Le regardant fermer les yeux. Il se faisait tard. Il devait avoir sommeil. Elle aussi soit dit en passant.

Pendant que les yeux de la demoiselle tentèrent de se fermer. Un bruit la fit légèrement sursauté. Naaru. Il ne dormait pas. Au contraire, il venait de bailler. Décrétant qu’il voulait parler. Non. Non. La soirée se devait de se terminer. Pour ne pas finir plus mal. Pourtant, elle l’écouta d’une oreille attentive. Il lui ordonna presque d’avouer qu’elle avait voulu l’énerver et que tout était de sa faute. Il marquait deux points en une seule phrase. Oui, au fond, elle l’avait poussé au plus loin. Elle avait voulu qu’il craque sur la fin. Croyant dur comme fer, que la colère allait finir par le fatiguer. Le calmer. Tout comme elle le faisait généralement. Pleurer comme une enfant dans son coin. Frapper dans les murs contrairement au fait de frapper dans le torse de son Chain. Voilà, Naaru avait arrêté de s’énerver avec le temps. Après l’avoir poussé fortement. La jeune femme passa sa main dans les fils bruns qu’étaient les cheveux de Naaru. Machinalement, elle joua un peu avec, laissant un nouveau sourire s’afficher.

« Ce serait mentir de te dire que ce n’est pas de ma faute. »

Michiyo se contenta de garder son sourire et de caresser la tête du jeune homme. Elle ne le voyait pas comme un Chain. Mais plus comme un camarade. Peut-être même un de ses amis. Pour le moment, elle ne voulait pas créer de distance entre eux. Juste le garder près d’elle. Le plus longtemps possible. Même si ses yeux picotaient et forçaient pour qu’elle se décide à se reposer. Elle n’était pas un Chain. Le sommeil était primordial dans son cas. Sommeil qui ne viendrait pas pour le moment, puisque le jeune homme venait de nouveau de parler. Retenant un soupir, elle prit une nouvelle fois sur ses épaules, la difficile tâche d’endosser la faute.

« Bien évidemment. Je prends l’entière responsabilité de t’avoir empêché de réussir ta mission. »

Passant sa main libre face à sa bouche pour étouffer un bâillement. Il était temps maintenant. Même si la position n’était pas forcement agréable. Elle se contenta de ne rien dire. Il fallait qu’il se repose. Qu’allait donc dire son contractant s’il retrouvait un Naaru sans force lors d’un combat face à l’ennemi ? Oui, au moins, elle pouvait prendre soin du jeune homme comme elle le pouvait. Alors, elle baissa légèrement la tête. Laissant quelques mèches de cheveux tomber sur le visage du bel homme qui se trouvait sur ses jambes. Elle allait peut-être le chatouiller. Mais elle aussi voulait dormir. Murmurant un « bonne nuit » elle ferma une nouvelle fois les yeux. Encore une fois, très rapidement ouvert. Pourtant, sa tête ne se releva pas. Une voix masculine lui expliqua qu’il lui faudrait un peu de temps pour se réveiller et qu’elle n’avait pas à le bouger. Oh non, il était trop lourd et trop grand pour qu’elle le déplace.

« Je fais énormément de fautes je trouve. Mais ne t’en fais pas, tu es trop lourd pour que je puisse te déplacer. Dors autant que tu en as besoin. »

Une dernière « bonne nuit ». Une main qui s’arrête de tripoter des cheveux couleur chocolat. Des yeux qui se ferment une dernière fois. La nuit avait été longue. Ils auraient encore une fois le temps de parler de cet incident. Le temps de se taquiner. De se séduire. Ils étaient jeunes, la vie n’était pas si courte que cela après tout.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥️
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