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 "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]

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MessageSujet: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   24th Octobre 2012, 09:03

Sablier a bien triste mine maintenant. L'ancienne capitale n'est plus qu'un vaste champ de ruines. De cailloux, de pierres, de gravas. Il n'y a presque plus de plantes. Le Manoir Baskerville n'a pas été épargné. A chaque fois que Finn y va pour rendre un rapport, il ne peut s'empêcher de se rappeler. Avant il y avait une grande propriété aux jardins magnifiques dans lesquels il jouait quand il était plus jeune. Un sacré insouciant qu'il était à cette époque. Le manoir n'était pas spécialement le lieu rêvé où grandir, mais puisqu'il n'avait connu que cela, c'était quand même "la maison". A la sortie de l'Abysse, il ne restait plus rien de "la maison". Depuis, le lieu n'a pas changé et le contractant n'aime pas spécialement s'y rendre. Trop de souvenirs, trop de fantômes. Trop de bribes d'un passé qui ne sera jamais récupéré. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'apprécie pas l'époque actuelle. Tant qu'il reste loin de Sablier. Mais aujourd'hui il y est et, comme à chaque fois, les souvenirs aussi. Venu rendre un rapport de mission qui s'était remarquablement bien déroulée pour une fois, rendant par ailleurs son supérieur satisfait, il n'est pas reparti immédiatement ensuite vers Réveil. Contrairement à ses habitudes. Cette fois, il a préféré aller errer un peu au milieu des ruines. Il n'a pas non plus ramené sa chain avec lui, car le matin même l'animal était intenable. Dans ces moments là, il peut prendre un malin plaisir à faire tout pour que son contractant finisse dans le collimateur de ses supérieurs. Tout cela parce qu'il trouve ce genre de hiérarchie humaine hautement amusante. Forcément, comme Finny est le contractant, c'est toujours lui qui prend. Fichu bestiau.

Avançant à travers les décombres qu'il a depuis longtemps cessé d'essayer de reconnaître, il finit par s'assoir sur ce qui ressemble plus ou moins au vestige d'un mur. C'est assez difficile à dire au fond, un bloc de pierre ne ressemble à rien d'autre qu'un bloc de pierre. Enfin, ce n'est pas sa préoccupation première. La roche froide est loin d'être confortable, mais elle opère comme une bonne ancre vers le réel, le concret. Sinon, il est facile de dériver mentalement. Alors pendant un temps indéterminé - mais probablement pas bien long vu sa patience - il ne fait qu'observer autour de lui sans laisser un seul souvenir remonter. Jusqu'à ce que ses yeux se posent sur deux blocs se chevauchant, formant une crevasse dont la forme ramène une vielle histoire dans son esprit.

Il se rappelle de la fois où, trop curieux, il s'était faufilé dans un passage étroit pour voir ce qu'il y avait de l'autre côté. Il s'est bien évidemment retrouvé coincé quand il a voulu refaire le chemin en sens inverse - déjà qu'à l'allez c'était passé limite - et il avait fallu agrandir l'entrée pour le tirer de là. Maman n'avait pas été contente du tout. Tellement pas que si elle venait à tirer la même tête à nouveau un jour, il aurait probablement peur. A vingt ans, tout à fait. Sous-estimer le pouvoir des mères est une très mauvaise idée, peu importe l'âge. Quand on peut donner la vie à un enfant et l'élever, on peut tout faire.
Sans compter que sa maman a un tempérament de feu quand elle s'énerve. Cela arrive bien moins souvent que son fils qui peut démarrer pour trois fois rien, mais quand ça arrive... Même Nana se calme. Ce vendu. Même étant chain, il respecte tous ces vieux adages qui racontent qu'il faut à tout prix éviter de se trouver dans le colimateur d'une femme en colère. Ceci étant aussi valable quand on est l'enfant de la femme en question, en général. Enfin Finn applique ce genre de règles avec toutes quand il sait qu'il ne sert à rien d’argumenter, comme ça il évite les ennuis. Parce que pour en calmer une, bonjour. Autant aller attendre sagement ailleurs que l'orage passe. Chacun ses méthodes de survie.

Finalement il se décide à se relever - quelle vie passionnante -, replaçant au passage sa capuche sur sa tête. Plus par habitude que par réelle envie de se faire passer pour un asocial en contradiction avec lui-même puisqu'habillé en rouge voyant. Niveau discrétion, on aura vu mieux. Mais il faut coller à la marque de fabrique "faucheur poupre".
Traditions...
Bah, de toute façon, puisque tout le monde est fringué comme ça ici. Pourtant ils arrivent tous à se reconnaître. Une sorte de sixième sens, abilité à voir à travers les capuches rouges. Ou capacité sur-développée à reconnaître les gens rien qu'en voyant leur menton, au choix. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas un problème pour eux de parler à leurs collègues avec ou sans.

Pour en revenir au sujet, il se relève et fait quelques pas, disparaissant derrière un pan de mur - cette fois, c'est visible - pour continuer tout droit. Il remonte ainsi près de ce qui fut visiblement un balcon. Il s'est trompé de direction, ce n'était pas son but. A la base, il voulait sortir de là. Alors, soupirant, il se retourne.
Et dans son champ de vision, il y a soudain quelqu'un. Quelqu'un qu'il reconnaît aussitôt qu'il pose les yeux sur lui. Sur elle, en fait. Amenant au passage un sourire à ses lèvres tandis qu'il s'approche de la nouvelle venue.

- Aiko.

Aiko Baskerville, de son nom complet. Où, quand, comment, pourquoi ils se sont rencontrés, il ne s'en rappelle pas. Ne s'en rappelle plus. Il est juste à peu près certain que cela ne date pas d'avant la tragédie. Qu'importe de toute façon. Entre eux il n'y a que du présent, pas spécialement de passé, et un futur qui se construit dans l'instant au gré des rencontres hasardeuses. Rien n'est planifié. Tout maintenant et le reste attendra. Une politique qui a plutôt bien marché jusqu'à maintenant, alors pourquoi ne pas continuer ?
Arrivé près de la Baskerville, il dépose l'air de rien - et inutile de préciser, en toute innocence bien sûr - un baiser sur sa joue. Sans raison particulière. Ce n'est pas qu'ils sont spécialement proches, mais ils ne sont pas deux parfaits inconnus pour autant. Sinon, l'homme se serait bien entendu abstenu. Et puis, Finn étant Finn, il n'y a pas de raison à chacun de ses agissements. C'est mieux comme ça, d'ailleurs.

- Qu'est-ce que tu viens faire par ici ?

Des banalités. Toujours des banalités pour commencer. Cela ne dure pas, mais c'est toujours amusant de poser des questions ordinaires à quelqu'un avec qui l'on partage une relation qui ne l'est pas. Puisque la suite finit toujours par dévier. Plus ou moins rapidement. Cela dépend du duo. Et chez eux ? Eh bien... Qui vivra verra.


[Hrp= Le bisou c'est pour me faire pardonner de la lamentablitude du post. Et du titre en anglais. Again. /excusedemerdebonsoir]


Dernière édition par Ayumi Hasegawa le 17th Novembre 2012, 13:09, édité 3 fois (Raison : Edit du titre)
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   25th Octobre 2012, 11:53

La nostalgie. C’est ici un bien étrange sentiment. Un mélange de mélancolie liée à un passé. Cela peut être ressenti à tout moment, mais il y a toujours un déclic. Un déclencheur. Peut-être une personne. Un objet. Un endroit. N’importe quoi, en fait. Cela fait naître en nous un mélange de ressentis atrocement douloureux. Les larmes coulent souvent. Incontrôlable. Nul raison de vous sentir faible, c’est naturel. Voues êtes dès lors plongé dans un gouffre parfois sombre, d’autres fois lumineux. Après tout, pourquoi la douleur devrait-elle être associée aux ténèbres ? C’est souvent sous les yeux du soleil que l’on subit les pires déchirements. Et puis, est-ce que la mélancolie peut être qualifiée comme un mal ? Après tout, tout ce qu’elle fait, c’est vous envoyez dans votre passé. Un passé qui à un moment ou à un autre a dû vous plaire – après tout, n’êtes-vous pas toujours en vie ? Et même si ce n’est pas le cas – si vous n’êtes encore qu’un enfant et que vous n’avez pas encore pensé au suicide, votre passé fût un jour votre présent. Et votre présent vous permet de vivre. Alors vous lui devez au moins ça. Quoiqu’il en soit, la mélancolie a beau vous faire mal, ce n’est pas son but premier. À la base, elle désirait juste jeter sur vous un voile, vous soutirant au monde réel pour vous menez plus haut, pour que vous puissiez planer dans le ciel, ou plus bas, pour vous enfoncer sous terre. On ressent plusieurs petites choses. D’abord un pincement au cœur, puis un picotement aux yeux. Un nœud se forme dans votre ventre ; c’est à peine si vous le sentez. Vos pieds ne vous soutiennent plus, semblables à du coton. Vous vous effondrez. Physiquement. Mentalement. Parfois, les larmes viennent. Ce n’est pas de votre faute. Ce n’est pas à cause de votre faiblesse. Ce n’est jamais à cause de vous de toute façon, n’est-ce pas ? Non, bien sûr. Rejetez la faute sur les autres. Dîtes que ce n’est pas à cause de votre passé. Un passé qui a été tellement beau que vous désirez le retrouver ou tellement douloureux que vous désirez l’oublier. L’effacer. Et vous omettez alors que sans le 0, le 1 ne vient pas. Ne viendra jamais. Êtes-vous donc vils au point de ne pas comprendre que sans votre passé, vous perdrez votre présent et condamnerez votre futur ? Réfléchissez-y un instant. Et dîtes-moi si réellement, la mélancolie ne fait que du mal. Parfois, elle va jusqu’à vous remettre les idées en place. Vous vous demandez ce qui cloche, pourquoi vous n’arrivez plus à vivre comme vous l’avez toujours fait. Alors vous provoquez la mélancolie. Vous provoquez votre tristesse. Pour revenir en arrière. Pour surplomber votre passé et pouvoir l’analyser. Sans pour autant le revivre selon vos plans. Malheureusement. Mais après tout, n’êtes-vous pas là simplement pour arranger votre présent ? Alors vous cherchez. Vous déambulez dans les rues, espérant croiser un visage que vous connaissez, espérant passer devant un endroit que vous reconnaîtrez, peut-être même juste entendre un enfant dire des mots déjà ouïs. Vous serez étonnés de savoir tout la quantité de données que peut emmagasinez votre cerveau. Par exemple, lorsque vous vous prenez une gifle, chaque détail est remarqué. Si entre deux hurlements, vous avez perçu les sanglots d’un enfant, alors à chaque fois que vous entendez des pleurs d’un gosse, vous vous retournerez. Vous vous souviendrez de cette gifle. Après, bien entendu, ce n’est qu’un exemple. Quoiqu’il en soit, quand on a besoin de réguler notre vie, notre taux de tristesse ou de colère, on requiert à la mélancolie. Parfois.
Aiko ne se sentait pas très bien. Elle craignait quelque chose. Avec le temps, elle apprit à ne plus avoir peur des êtres humains. La seule personne pouvant encore soutirer d’elle des réactions de crainte était sa mère. Elle la respectait, mais parfois, elle pouvait vraiment se montrer terrifiante. Même si, pendant quelques jours, la rousse avait pensé que sa génitrice allait se calmer, suite à la mort de son deuxième enfant. Mais non. Elle criait toujours autant. Sauf que maintenant, Aiko était la seule à subir. Fort heureusement, ce n’était pas courant. Pas autant qu’avant, du moins. Alors, pour en revenir à notre sujet, elle craignait d’oublier. Craignait d’oublier son passé auquel elle était tellement liée. Elle voulait revoir cet endroit. Cet endroit en ruines. Elle n’avait rien à y faire question boulot, mais il fallait qu’elle s’y rende. Parce qu’elle voulait entendre de nouveau les rires de sa sœur. Des rires transportés par la brise de ce mois, dans les mains ridées de la mort. Elle était à la recherche de son passé. Être triste pour quelques minutes valait mieux qu’attendre des mois avant de se sentir mieux. Alors oui, elle voulait être nostalgique – quoique vous puissiez penser, elle n’est pas masochiste. C’est sur cette idée qu’elle décida de s’en aller vers Sablier, capitale du crime.

Juste avant de sortir, vêtue d’une jupe courte noire plissée et d’un chemisier blanc manches courtes, elle prit la peine de saisir sa cape rouge. Pour elle, se rendre au manoir sans cet habit approchait du blasphème. Elle qui vouait un si profond respect pour ce lieu. Pour ses principes. Et pour son dirigeant – quel qu’il soit. Elle évita le centre de Réveil et s’isola rapidement dans les ruelles les moins fréquentées. Une fois sûre que les regards les plus indiscrets avaient été détournés d’elle, la jeune femme plaça sa cape pourpre sur ses épaules, décidant de garder sa tête à découvert. Au moins, si quelqu’un la voyait, il ne la prendrait pas totalement pour une cinglée. Pas que ça la dérangeait, mais elle ne voulait pas se faire suivre jusqu’au manoir. Elle ne désirait juste pas chercher un moyen de se débarrasser d’un fardeau. Enfin bref. Fort heureusement, c’est à peine si quelques enfants passèrent devant elle. D’ailleurs, que faisaient-ils ici, ceux-là ? Où étaient leurs parents ? Elle cessa de se poser la question quand elle déboula sur un croisement et qu’elle s’engagea sur l’un des chemins s’offrant à elle. Pour se rendre au manoir, il ne devait pas y avoir plus efficace qu’elle. Rapide, connaissant tous les détours, elle avait passé tellement de temps là-bas qu’elle connaissait ses endroits les plus stratégiques. Du moins, avant. Avant la tragédie. Maintenant, ce n’était qu’un tas de ruines.

Un tas de ruines, oui. Des pierres ci et là, des poutres cassées, des blocs, des semblants de murs. Le manoir était encore debout, bien que sur des béquilles. Il inspirait toujours le respect pour Aiko. Et il en fallait beaucoup pour réussir à se faire respecter de cette jeune femme. Vraiment beaucoup. Pourtant, le fait d’avoir passé dix-huit années dans les murs de ce manoir suffit à lui soutirer ce respect presque inhumain. Après, si on omettait les endroits, il y avait les personnes. Là, c’était nettement plus difficile. Mais elles n’étaient pas inexistantes. Il y en avait une ou deux qu’elle respectait et dont elle ne se passerait jamais. Mais pourquoi le leur dire ? Surtout que malheureusement, il a fallu que ces « une ou deux personnes » soient des hommes. Elle, la féministe. Elle, la volonté inébranlable. Elle, Aiko. Comment pourrait-elle s’abaisser à dire à un homme qu’elle l’appréciait ? Qu’elle ne pouvait pas se passer de lui ? Pire encore, qu’elle le respectait ! Oh, ils pouvaient attendre. Et longtemps. Très longtemps encore.

Quand ses pieds foulèrent la terre sèche, elle releva instinctivement les yeux vers le ciel. Elle avait voulu venir ici, pourtant, maintenant, elle tentait de fuir. N’importe quel moyen ferait l’affaire. Et le ciel pouvait s’avérer être une excellente échappatoire. Prenant une grande inspiration, elle laissa ses yeux bruns traîner sur les ruines alentours. Elle approcha d’un pas hésitant, et arrivée devant ce qui ressemblait à une poutre, elle se laissa tomber sur ses genoux. Elle s’encapuchonna, colla son front à la pierre froide, ferma les yeux et se remémora. Après tout, elle n’était là que pour cela, se remémorer.

Sa voix retentit. Réalité ? Imagination ? Qu’importait ? Anko a toujours été plus douce qu’elle, et comme le hasard fait bien les choses, elle avait bénéficié d’une voix plus aigue, plus féminine. Celle d’Aiko n’était pas grave, loin de là, mais elle était gouvernée par un timbre autoritaire qui lui avait toujours été propre. Elle la revoyait courir, sourire et rire. Elle se revoyait elle-même, debout face à sa jumelle, le regard vide, déserté de toute affection. De tout sentiment. Le plus expressif en elle était la lame qu’elle tenait, pointée vers sa sœur. L’arme en disait long. Elle voulait dire que le combat allait commencer. Que les liens de sang n’étaient plus. Et elle voulait aussi dire qu’elle allait mener sa maîtresse à la victoire. Et ça, c’était parce qu’Anko avait toujours cette lueur malicieuse dans ses yeux. Elle n’était jamais totalement concentrée au combat. En fait, il n’y que face à un jeu d’échecs qu’elle devenait réellement sérieuse.
Aiko repensait à sa sœur comme étant une personne bien, parce que jamais elle ne la vit autrement, et surtout parce que jamais il n’en fût autrement. L’image surgit dans sa tête. D’habitude, ça mettait un peu plus longtemps. Aujourd’hui, ce fût rapide. Anko, violemment rejetée en arrière, une blessure béante sur le corps, se vidant de son sang. C’était sa petite sœur. Elle aurait dû être à sa place. Elle s’en serait sortie, elle. Ou peut-être pas, tout compte fait. Elle serait peut-être morte. Mais au moins, elle ne se sentirait pas coupable. Coupable de ne pas avoir d’avantage insisté auprès de sa mère pour faire la mission à la place d’Anko. Après tout, elle aurait préféré se disputer avec sa sœur pour quelques heures – voire jours – que la perdre pour toujours. Elle était à la recherche de nostalgie ? Elle l’avait trouvé. Maintenant, restait à savoir si elle allait se sentir mieux.

Elle se releva et retira sa capuche, secouant sa chevelure écarlate pour se rafraichir les idées. Elle empli ses poumons d’air et pivota sur elle-même, commençant à marcher sans réel but précis. Elle tourna d’abord à droite, puis elle monta, tourna à gauche, monta encore, tourna à droite et puis… Elle ne s’en souvenait même plus. Elle se retrouvait néanmoins sur un semblant de balcon. Avait-elle seulement grimpé des marches ? Occupée à se poser la question, elle ne fît pas attention à la nouvelle couleur se dressant devant ses yeux. Elle était tellement présente dans sa vie de tous les jours. Et puis, quand la nouvelle couleur bougea, Aiko cligna des yeux. La personne se tourna vers elle. Elle n’avait pas encore eu le temps de se demander à qui elle avait à faire que le ou la Baskerville - parce qu’à priori, ainsi vêtu, ça ne pouvait qu’être un membre de la grand famille – parla. À peine le premier souffle lui étant destiné émit qu’elle su à qui elle avait à faire. Elle n’avait pas besoin d’entendre sa voix pour le reconnaître. Même avec la capuche rabattue sur la tête, elle pouvait le reconnaître. Après tout, il n’y en avait pas deux comme lui. Finn. Et puis, qui d’autre aurait l’audace de se pencher sur elle pour lui baiser la joue ? Elle cacha son étonnement n’ayant duré que quelques instants derrière un sourire amusé.

Et puis, il lui demanda ce qu’elle venait faire par ici. Elle ne portait pas son arme, alors elle n’était sûrement pas là pour répondre présente à une mission qu’on lui aurait assignée. Elle n’était pas non plus ici pour faire un rapport. Mais ça, Finn ne pouvait pas le savoir. Qu’était-elle venue faire ici ? Se souvenir. Ne pas oublier. Consolider ses liens avec son passé. Passé. Elle n’aimait pas en parler. En fait, elle ne cachait rien, n’en avait pas honte, ni autre chose, mais elle ne voyait simplement pas en quoi connaître le passé d’une personne – ses erreurs incluses – aiderait une autre à mieux la comprendre. Aiko partait du principe que nul ne pouvait la comprendre. Parler de son passé était donc inutile. Alors elle n’allait sûrement pas donner au brun la véritable raison de sa venue ici. Mais, lui mentir ? Sûrement pas.

Des banalités. Toujours des banalités pour commencer. Au fond, qu’est-ce que pouvait bien lui faire de savoir la raison de sa venue à Sablier ? Rien si ce n’est les plonger tout deux dans le bain de la discussion. Un sujet en amenant un autre, l’un d’eux finira par dire quelque chose déboulant sur des évènements plus intéressants. Ça se passait toujours comme ça. Mais pour une fois, elle n’allait pas répondre à une question banale avec simplicité. Son sourire ne l’ayant pas quittée, elle haussa simplement les sourcils, s’exclamant d’un ton qui semblait reprocher maladroitement à Finn de ne pas pouvoir répondre à la question lui-même. Maladroitement parce qu’en vérité, elle ne lui reprochait rien du tout.

« Répondre à ton appel silencieux, bien sûr. »

Comme s’il l’attendait. Comme si seulement, parce qu’il ne devait sûrement pas s’attendre à ce qu’elle vienne lui tenir compagnie. De toute façon, leurs rencontres n’étaient jamais planifiées. Et puis, c’était juste pour la taquiner. Et peut-être aussi une façon d’éviter le sujet. Surtout ça, en fait.
Elle tendit son bras devant elle et saisit le bout des doigts de Finn. Ce n’était qu’un frôlement, et elle ne le tenait pas vraiment. Mais ça suffisait à l’entrainer à sa suite quand elle revint sur ses pas – à peu près. Elle finit par retrouver sa poutre à moitié effondrée, et elle vint se dresser à coté, n’ayant toujours pas relâché Finn. Face à eux s’étendaient plusieurs centaines de morceaux de pierres éparpillées. Plus loin, il y avait le manoir. Mais de là où ils étaient, c’est à peine s’ils le voyaient. Elle recula d’un pas, pour être au même niveau que le brun. Elle avait réussi à rejeter la banalité, alors elle n’allait sûrement pas lui demander ce que lui faisait ici. Elle lui jeta alors un regard de biais, et c’est là qu’elle se dit que la capuche sur sa tête lui enlevait une partie de son charme. Et puis, elle ne pouvait pas le regarder comme elle le voulait si elle était à ses cotés. Habituellement, elle se positionnait face à lui, et ça n’allait d’ailleurs pas tarder à arriver. Mais d’ici là, la capuche posait problème. Elle fit glisser ses doigts sur ceux de l’homme et les glissa derrière son dos, le frôlant à peine, pour aller agripper et retirer la fameuse capuche. Elle ne chercha même pas à se justifier, et continua comme si de rien n’était. Car après tout, ce n’était qu’une formalité.

« Ai-je bien fais ? »

Avait-elle bien fait de répondre à son appel ? N’allait-elle pas s’ennuyer ? Ne le dérangeait-elle pas ? Ne lui volait-elle pas un temps qu’il voulait peut-être partager avec quelqu’un d’autre ? Et combien même il n’avait rien de spécial à faire, voulait-il de sa compagnie ? Là, en ce jour, était-il d’humeur à supporter son arrogance ? D’ailleurs, n’était-elle pas censée être déstabilisée aujourd’hui ? Finalement, se remémorer les traits caractérisant le physique et le caractère de sa jumelle lui fît le plus grand bien. Comme prévu. Enfin bref, avait-elle bien fait ?
[HRP : J'adore le titre ♫ Et le bisou, c'était trop chou. ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   26th Octobre 2012, 09:58

Le contrôle que chacun a sur sa propre pensée varie. Certains sont très doués pour éluder ce à quoi ils ne veulent pas penser, tandis que d'autres vont au contraire ressasser sans cesse ce qui les occupe. Certains peuvent encore, pour se protéger, oublier ou bien prétendre que telle ou telle chose n'est jamais arrivée. D'autres font face et sont suffisamment fort pour ressortir à l'autre bout du tunnel. Le temps étant un guérisseur aussi puissant qu'il est assassin. Laisser le temps agir pour guérir revient en un sens à sacrifier un peu de vie, se rapprocher un peu plus de la fin, pour mieux profiter de ce qu'il restera ensuite. Cela ne change pas le fait énoncé au début. Chacun gère à sa façon, avec plus ou moins d'efficacité. Mais, comme pour tout, il y existe aussi des pensées face auxquelles tout le monde réagit de la même manière.

Par exemple, il y a une chose que personne n'arrive à concevoir, et cette chose est sa propre mort. Qu'on comprenne bien, tout le monde sait qu'elle existe, tout le monde sait qu'elle arrivera un jour, tout le monde sait que c'est inévitable, mais tout le monde pense, au fond, que c'est un truc qui n'arrive qu'aux autres. Jusqu'au jour où. Ce jour ayant pour problème d'être le dernier, il n'est même pas possible de se dire le lendemain que finalement, ça arrive vraiment à tout le monde. Il est difficile de concevoir sa propre mort d'abord parce qu'au fond, tout le monde en a peur, même ceux qui diront le contraire. Entre autre, cela s'appelle l'instinct. Et puis parce que le rien est l'une des choses les plus difficiles à imaginer. Aussi bien que l'infini, d'ailleurs. Il est strictement impossible par exemple d'imaginer l'univers. Car il n'a pas de fin, et qu'il nous est impossible de considérer quelque chose qui n'a pas de fin. Combien même l'univers serait en réalité finit, alors qu'y aurait-il derrière ? Rien ? Et ce rien, ce serait quoi ? Du vide ? Alors du coup, le vide, c'est quoi ? Car si on tentait de l'imaginer, certains se le représenteraient en noir, d'autres se l'imaginent blanc, d'autres encore tentent le gris par exemple. Dans tous les cas, ce "rien" est en fait plein. D'une couleur, de points, de n'importe quoi. Le rien, le vrai vide comme au sens mathématique n'est pas vraiment imaginable. Il ne représente, dans la vie réelle, que l'absence de quelque chose dans un environnement plus important.
Tout ça pour en revenir à la question de base. Aucun ne peut imaginer sa propre mort, et tous tendent à s'imaginer immortels. Sûrement qu'en contre exemple on songerait à brandir celui des suicidaires. Mais non, même pas. Pourquoi une personne peut en venir à souhaiter se suicider ? Pour ne plus ressentir la douleur, pour ne plus faire face à une situation difficile qui dure souvent depuis bien trop longtemps. Mais pour ressentir, ou même arrêter de ressentir, il faut être vivant. Le suicide est un paradoxe. Ce qui est recherché, ce n'est pas la mort en fait. C'est une sensation. De là, la conception même du décès que se fait le suicidaire est fausse. Il imagine une sensation - combien même la sensation en question est en fait une absence d'autres sensations - et ressentir n'est, encore
une fois, possible que lorsque le coeur bat.

Tout cela pour en revenir à la première phrase, parce qu'il serait peut-être temps de songer à adapter le sujet à la situation en cours. La façon qu'a Finn de gérer ses propres pensées est relativement simple. Quand on lui procure une distraction, même minime, il tend à oublier facilement. Quand les pensées lui prennent trop la tête, elles passent toutes par la fenêtre, direction la corbeille "à voir plus tard". S'il n'a pas décidé que tout allait être vu maintenant tout de suite via une action en général fort peu réfléchie. Il est impulsif, c'est un fait. Mais ce n'est pas tant ce fait qui fait sa façon de penser. Il a juste une façon très simple de gérer. Et les questions avec les alternatives les plus simples restent celles où il n'y en a que deux. Voilà tout. Voilà aussi pourquoi, aussitôt qu'il aperçoit Aiko, ses pensées sur le passé commencent à s'effacer. Son attention se tournant vers la nouvelle venue.
Bien bien bien, alors. Qu'est-ce que deux Baskerville sur le lieu qui a vu le déclenchement de leur déchéance peuvent bien faire ?
Bah en fait, sûrement pas mal de trucs.

- Répondre à ton appel silencieux, bien sûr.

Il en rigolerait presque, tant il ne s'attendait pas à ce genre de réponse. Il envoie des signaux qu'elle capte ? Joliment trouvé. Bien qu'il ne doute pas qu'au fond, cette réponse sortie de nulle part n'a absolument rien de vrai et ne sert qu'à dissimuler celle qui l'est. Ou peut-être qu'elle n'avait pas de raison et vient d'en inventer une. Qu'importe au final. Les Baskerville ont bien toutes les raisons du monde de se trouver sur le lieu de ce qui fut leur manoir. Puisqu'on ne veut pas d'eux ailleurs et que Pandora cueillerait joyeusement leurs têtes si l'occasion lui était offerte.

Et puis la jeune femme les entraîne plus loin, sans que l'homme ne cherche à résister le moins du monde. Une ruine ne ressemble toute façon à rien d'autre qu'à une ruine. Le paysage ici semble à première vu diversifié, avec tous ces blocs dans tous les sens, mais en réalité il est bien monotone. Encore plus quand l'observateur a connu sa splendeur passé. Ce n'était pas un lieu très chaleureux. Mais en comparaison avec l'impression glaciale et presque malsaine qui règne ici, avant c'était un petit paradis. Trève de bavardages, revenons-en au sujet. Après qu'ils se soient donc arrêtés dans un lieu qui, au final, ressemble au premier, le Baskerville sent soudain un poids disparaître de sur sa tête. C'est à ce moment qu'il réalise qu'il avait toujours sa capuche sur le museau, tandis qu'Aiko non. Maintenant ils ont tous les deux la cape rouge, et la capuche baissée. Pour mener une conversation, c'est clairement plus pratique. Conversation que la femme reprend :

- Ai-je bien fais ?

Il sourit. Comme à chaque fois, il sourit. C'est plus agréable de parler à quelqu'un qui sourit qu'à quelqu'un qui fait la tête. Après, il y a différents types de sourires. Des sincères, des tristes, des joyeux, des neutres, des amusés, des moqueurs, des tordus, certains qui dévoilent plus ou moins les dents. Il y a même des sourires fous. Les lèvres ont en effet une grosse panoplie de mouvement, de torsions qu'elles peuvent effectuer. Ces mouvements seuls en disent long, mais ils ne suffisent pas. Il faut que les yeux parlent aussi pour que l'expression dans son ensemble puisse mériter un adjectif. Autrement, c'est juste un mouvement des lèvres. Le sourire de Finny, lui, tire plutôt vers l'amusement. La situation en elle même ne l'est pas tant que cela, bien que les répliques inattendues d'Aiko tendent tout de même dans ce sens, mais c'est la réaction qui lui vient naturellement. Peut-être parce qu'il pense - et même qu'il sait, qu'ils savent - que les évènements vont le devenir. Peut-être est-ce aussi, au fond, pour s'inverstir inconsciemment dans une activité autre que de ressasser sans cesse un passé hors d'atteinte. Ils ont fait un bond de cent ans dans le futur et l'inverse n'est pas possible.
Enfin, avec l'Abysse on ne sait jamais cela dit.
Toujours est-il qu'aujourd'hui, une fois de plus, le présent l'emporte sur le passé. Et dans ce cas-ci, c'est tant mieux. Le présent d'aujourd'hui est une excellente distraction face au présent d'hier, et qui lui-même perdra face au présent de demain.
Alors le verdict ? Aiko a bien fait. Bien qu'il n'ira pas le lui dire en ces termes. Ce serait une victoire trop facile. Embêter son monde est tout un art. Il faut savoir s'arrêter à temps pour que l'entourage ne soit que gentiment exaspéré, ne pas trop jouer avec le feu. Sinon, on finit perdant. Et à ce jeu là, Finny n'accepte de terminer perdant que lorsqu'il décide lui-même de s'arrêter.
Bien que pour le moment, il ne soit pas réellement question d'embêter. Pas trop, du moins.

- Peut-être... Tu as eu un bisou. Ça valait le coup ?

Il ne masque pas son amusement. Pas plus qu'il ne pense que la réponse à sa question ne soit oui. Voyons, ils savent tous les deux que leur rencontre est due au hasard. Mais cette conversation est amusante. Bien légère, mais amusante. Ils s'amusent souvent, tous les deux, non ? A des jeux aussi divers que variés, mais qu'y peuvent-ils. Ils ont de l'imagination, voilà tout. C'est beau, l'imagination. Très pratique aussi. Les plus imaginatifs pourront regarder dix fois un même objet, et lui trouver dix fois une nouvelle fonction, un détail non remarqué, ou bien encore une nouvelle histoire dessus. C'est une capacité qui se perd parfois en grandissant, en vieillissant. Comme si l'esprit se retrouvait peu à peu dépouillé de toute possibilité à voir le monde au delà de ce qu'il est, au delà de la fonction de base de chaque chose. Juste au delà, tout simplement, de ce qui est visible au premier coup d'oeil. C'est triste pour ceux à qui cela arrive. Il y a plus à voir que ce qui peut être vu avec les yeux après tout. L'Homme est doté d'une raison, autant en profiter.
Et donc, puisque Finn est un être très imaginatif - ou pas -, il pivote et fait un pas pour se retrouver face à sa camarade Baskerville.

- En réalité, avant que tu n'arrives, je m'ennuyais un peu.

Ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque, très exactement, avant qu'elle n'arrive il était en pleine session d'exaspération envers lui même pour s'être trompé de direction une n-ième fois. Sachant que cette fois, néanmoins, il aurait retrouvé son chemin sans trop de problème. Forcément, le terrain étant plutôt dégagé, une fois l'objectif à atteindre repéré, il n'y a qu'à marcher en ligne droite. Et dire qu'il ne peut pas se permettre d'être las de tout cela, puisqu'il est coincé avec jusqu'à sa mort. Terrible destinée.
Enfin, cela dit, sa déclaration n'est pas totalement fausse non plus. Parce qu'avant de se tromper, il n'avait rien à faire. Et s'il ne s'ennuyait pas exactement, cela n'aurait de toute façon pas trop tardé. Dans tous les cas, ce n'est actuellement plus d'actualité.

- Tu veux qu'on s'ennuie à deux ?

Oui en fait cette phrase sous entend tout le contraire de ce qu'elle dit. Puisqu'il est évident qu'il ne compte pas - et Aiko non plus, très probablement - s'ennuyer. Mais allons, c'est une invitation... Imaginative ?
Un tout petit peu. De toute façon, c'est Aiko qui a lancé la conversation bizarre. Voilà. Excuse absolument pitoyable. De toute façon, c'est mieux quand il n'y a pas d'excuse. Alors il n'y en aura pas.
Les excuses, c'est pour les gens sans imagination.
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   27th Octobre 2012, 12:50

La vie. Nous sommes en vie, pourtant, peu de personnes se posent la question : qu’est-ce ? Car au fond, nous ignorons tout d’elle. Nous savons juste qu’elle nous permet de vivre. Et du coup, une question relative vient s’ajouter à la première : c’est quoi, vivre ? Seulement se nourrir, respirer et grandir ? Commençons par – essayons de – répondre à la première question. La vie, c’est un long chemin. Quelques fois éclairé, d’autres fois assombries. Il est semé d’embûches et d’obstacles pouvant ralentir votre ascension, mais il peut aussi contenir des sortes d’accélérateurs, de façon à ce que vous alliez plus vite. La vie, ce sont des choix et des décisions. C’est un évènement en amenant d’autres. Autrement dit, une suite d’évènements. Et c’est ce qui fait que chacun a une vie différente. Les premiers choix ne nous appartiennent pas ; nos géniteurs s’en occupent – précautionneusement ou maladroitement. Le lieu de notre naissance déterminera en effet plusieurs évènements. Mais nous allons passer les détails, car je pense que personne ne se souvient du premier cri qu’il a émis en sortant du ventre de sa mère. Il y a des milliers, voire des milliards de formules possibles. Quelqu’un peut passer par le point A et dériver vers le C, d’autres commencent par le Z pour ensuite monter au B. Quelques uns progressent et vont de l’avant ; d’autres régressent et reculent inévitablement. La vie pourrait être comparée à plusieurs objets. Car en tant qu’être humain, on a du mal à croire ce que l’on ne voit pas. Du coup, on ne peut pas se poser des questions sur ce en quoi l’on ne croit pas. Et la vie, on ne la voit pas. On la vie, mais on ne la voit pas. On la ressent à chaque seconde, mais on ne sait pas que c’est ça. Parce qu’avec le temps, nous avons donné des noms à tout ressenti. Quand on tremble, on est censés sentir la vie couler dans nos veines et animer notre corps. Mais maintenant, on tremble parce qu’on a peur, froid ou peut-être aussi parce que nous sommes dégoutés. Et ce n’est bien entendu pas le seul exemple à notre disposition. Quoiqu’il en soit, il nous est impossible d’imaginer la vie. Mais il nous est tout aussi impossible d’imaginer le monde sans vie. Bref, à la base, je désirais seulement représenter notre sujet par un objet. Je prends donc la bougie. La cire c’est une sorte de page vierge attendant d’être remplie. Lorsque la flamme fait brûler le fil à l’extrémité, la cire commence à fondre et la progression commence. On avance. On avance encore. On ne cesse d’avancer. Parfois, on recule. Parce que parfois, une brise souffle et la flamme manque de s’éteindre – pendant ce temps, elle est sur mode pause. Des gouttes de cire fondue viennent se durcir plus bas, sur le sol peut-être – on laisse des traces de notre passage. Mais la flamme continue de consumer le fil, et la cire s’amoindri encore et toujours. La flamme, c’est nous. Elle peut rencontrer des obstacles. En fait, il est certain qu’elle en rencontrera. Quand quelque chose s’interpose sur son chemin, elle le brûle ; notre instinct nous oblige à être égoïstes, à chercher notre bien avant de penser à celui des autres. En somme, nous sommes tous égoïstes. Certains plus que d’autres. Effectivement, pendant que quelques uns se contentent de faire passer leur bien être avance celui d’autrui, d’autres ne pensent qu’à eux, ignorant tout des malheurs de leurs égaux. Quoiqu’il en soit, la flamme continue. Elle avance. Mais vers quoi ? Et nous, on avance, mais pourquoi ? Quel est notre objectif final ? Pourquoi ne nous sommes-nous jamais posés la question ? Parce que nous connaissons la réponse, voilà tout. Mais que nous avons – tous autant qu’on est – peur d’elle. Peur de cette réponse. La flamme avance vers la base de la bougie. Une fois ayant brûlé la cire restante, elle hésite quelques instants avant de s’éteindre. Et il est impossible de la rallumer. On avance jusqu’au bout du chemin. Et on meurt. Parfois, on s’arrête plus tôt, soit parce que l’obstacle est trop difficile surmonter – une maladie, par exemple – soit par simple abandon – le suicide. Parfois aussi parce que quelque chose que nous n’avons pas du tout prévu ni pris en compte survient – un accident ? Et nous ne sommes pas immunisés contre cela, alors on ne peut que se laisser aller. Ou alors lutter. Mais à la fin, on meurt tout de même. Du moins, si c’est ce qui doit vous arriver. Mais quelques rares personnes réussissent à parcourir tout leur chemin. Elles meurent alors volontiers. Pour se reposer. Éternellement.
Du coup, vivre revient à ne jamais cesser de marcher. Vivre revient à sa fatiguer. Et au fond, vivre, c’est juste aller vers la mort. La mort. Nous en avons tellement peur. Mais il ne faut pas le dire. Parce que notre fierté ne nous le permet pas. On vie pour mourir. Et on meurt pour… Autre chose. Une chose que nous ne connaissons pas. Et c’est justement cela qui nous rend sceptique à l’idée de la mort. Autant nous avons du mal à croire à l’infini – cela nous parait stupide car nous avons grandis avec l’idée que tout a une fin – autant nous ne pouvons pas croire à la fin. C’est vrai, on vit, on souffre, on aime, on rit et on pleure, pour à la fin mourir ? Pour à la fin ne plus rien ressentir ? D’ailleurs, ça fait quoi, ne rien ressentir ? Comment imaginer une si mauvaise fin ? N’y a-t-il vraiment rien après ? Et même si c’était vrai, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre qu’une autre vie ? Une vie sans fin, peut-être. Mais le concept est tout aussi difficile à croire. Sans fin. Je viens tout juste de dire que nous ne pouvons pas y croire. Ou peut-être qu’il y a une autre vie au bout de laquelle il y aura une autre mort. Ainsi de suite. Mais cela reviendrait à renouveler la même opération indéfiniment. Lassant. Et peu crédible. Peut-être qu’il y a autre chose que l’on ne connait pas ; autre chose que la vie et la mort. Mais qu’y-a-t-il d’autre que ressentir et ne plus ressentir ? Ressentir à moitié ? Oui, pourquoi pas. Pourquoi si, d’ailleurs. C’est bizarre. Enfin bref. D’ici là, autant juste vivre. Parce que quitte à se poser des questions, autant se poser celles auxquelles on peut apporter des réponses.

Aiko était une jeune femme qui aimait bien s’approfondir dans des réflexions sans queue ni tête. Elle aimait bien se compliquer les choses, parce qu’elle savait que si vraiment ça l’agaçait, elle cesserait tout bonnement d’y penser. Et elle avait bien sûr médité sur la vie. Sur cette suite d’évènement.
Suite d’évènements. La rencontre de la rousse avec le brun, aujourd’hui, au manoir des Baskerville, faisait aussi partie de cette longue chaine. Mais ce n’est pas un simple évènement. C’est bien plus. Le genre d’évènements si importants qu’on ne peut tout simplement pas les oublier. Mais ça, Finn ne le savait pas. Et au fond, Aiko aussi l’ignorait. Elle savait qu’elle aimait bien cet homme. Elle savait aussi que leurs rencontres n’étaient jamais ennuyantes. Mais elle ignorait ce qu’il représentait exactement pour elle. Comme je vous l’ai déjà dis, elle compliquait ce qu’elle voulait, et facilitait ce qu’elle souhaitait. Et sa relation avec Finn, elle ne voulait juste pas y penser. De part parce que la réponse ne tombera pas du ciel, d’autre part parce qu’elle était persuadée que le temps l’éclairera sur ce point-là. Et qui sait, peut-être que d’ici ce soir, elle trouvera la réponse. Ou une partie de la réponse.

Elle ne chercha pas à déceler l’expression de Finn lorsqu’elle lui attribua sa réponse qui, bien qu’inattendue – elle n’en douta pas – reste tout de même étrange. Si Finn a pour habitude d’entendre des excuses maladroites, il vient de tomber sur une personne étant plus minutieuse. Et de ce genre d’excuses, Aiko en revendait. Mais au fond, ce n’est pas tant une excuse qu’une réplique pour déboucher sur autre chose et vite quitter cette banalité. Elle ne doutait pas du tout du fait que l’atmosphère allait changer, elle ne voulait juste pas attendre. Bien qu’elle puisse être patiente, elle reste un être humain. Une femme qui plus est. Et puis, elle était en présence d’un homme. De Finn. Elle savait que quelle que puisse être leur prochaine activité, elle sera des plus intéressantes. Comme toujours. Alors, oui, elle était impatiente. Mais pour l’instant, elle le cachait. Elle ne voulait pas qu’il sache qu’il lui tardait de passer aux choses sérieuses. Il le découvrira tôt ou tard, car elle finira par céder. Soit en cessant de cacher ses sentiments, soit en esquissant un geste qui voudra tout dire. Je dis esquisser un geste car il est rare qu’elle exprime son impatience avec des mots. Pour qu’elle se dévoile sous les yeux de son vis-à-vis, il fallait qu’elle perde une partie du contrôle qu’elle avait sur elle-même. Elle n’était dès lors plus réellement en mesure de parler. Ou du moins, pas clairement.

Il se laissa entraîner – chose qui n’étonna nullement la jeune femme. En revanche, quand elle lui demanda si elle a bien fait, elle lui jeta un regard en biais, pour voir quelle serait sa réaction. C’est là qu’elle se dit que la capuche était gênant et qu’elle la lui retira. Heureusement, elle n’avait rien raté, vu qu’il avait toujours le même sourire étirant les commissures de ses lèvres. Il aimait sourire cet homme, et ça plaisait à la jeune rousse. Elle qui grandit entre les mains fermes de sa mère ainsi que le regard autoritaire et dur de celle-ci, n’avait pas pour habitude de voir les gens sourire, alors du coup, elle-même ne le faisait pas souvent, si ce n’était avec sa sœur, avant. Pourtant, avec Finn, c’est comme si elle oubliait cet aspect-là de son passé. Quoiqu’à vrai dire, elle oubliait son passé tout court quand elle était en sa présence. Elle préférait profiter. Et ça au moins, elle savait le faire. C’était surtout quand elle revenait à Sablier qu’elle se remémorait sa vie passée. Et aujourd’hui, elle était près du manoir, mais avec Finn. La nostalgie du passé ou le bonheur du présent ? Aiko avait délibérément provoqué sa nostalgie, alors maintenant qu’elle n’en avait plus besoin, elle s’en débarrassait. Si sa nostalgie n’avait pas été provoquée par elle-même, elle l’aurait quand même rejetée. Parce que les moments qu’elle passait avec Finn n’avaient tout bonnement pas de prix. Et combien même la douleur pourrait lui faire du bien plus tard, ça pouvait attendre, non ? Pour Finn, si.

Et puis, sa réponse vint. La taquinait-il ? Peut-être. La provoquait-il ? Peut-être aussi. Elle ne voulait pas savoir, parce qu’elle était trop occupée à chercher une réponse adéquate à lui attribuer. Elle pourrait dire simplement oui. Mais non. Trop simple. Et puis, elle n’allait tout de même pas avouer que ce bisou lui avait fait plaisir, même si au fond, elle ne cherchait pas à la cacher. Est-ce que ça valait le coup. Rien que le fait de l’avoir croisé ici valait le coup. Elle n’allait pourtant pas le lui dire. Mais que lui répondre, dans ce cas-là ? Bonne question. Excellente même. Bon bah, elle y réfléchira plus tard. Effectivement, elle avait trouvé autre chose sur quoi braquer son attention. Le ton particulièrement amusant dont avait usé Finn pour lui parler. Comme si sa question n’attendait pas de réponse. De toute façon, le sujet est basé sur un peu n’importe quoi. Ce n’est pas vrai, elle n’a pas capté un appel silencieux – il n’y en avait d’ailleurs même pas eu – de la part de Finn. Et puis, elle lui demanda si ça valait le coup qu’elle le fasse. Il avait répondu en lui posant une autre question. Alors qu’au fond, elle était venue sur un coup de tête. Donc le bisou n’était pas une preuve, car il n’y avait justement rien à prouver. Bref, j’ai l’impression que ce que je dis est confus. Ce n’est qu’une impression, n’est-ce pas ?
Pour lui répondre – car il allait bien falloir qu’elle le fasse – Aiko haussa les épaules, un sourire espiègle étirant ses lèvres. Puis, d’une voix mielleuse, elle se décida à ajouter quelques mots pour compléter sa réponse.

« Je vais devoir m’en contenter. Mais vu tout le chemin que j’ai fais pour toi, je m’attendais à mieux. »

Elle rit faiblement, levant les yeux au ciel, les détournant enfin des ruines qui lui rappelaient irrévocablement son passé. Même si elle voulait s’en débarrasser. Juste pour aujourd’hui. Le temps de sourire et de rire sans se dire que sa sœur aurait dû être avec elle. Aurait dû profiter de la vie, elle aussi. Inspectant le ciel bleu, elle se demanda si le temps n’allait pas changer. Si le temps n’allait pas l’obliger à s’en aller. Son regard glissant de nouveau sur le brun, elle se dit que finalement, peu importe, elle ne s’en irait nulle part. Elle voulait être avec lui, mais pas n’importe où. Elle voulait être avec lui ici. Elle voulait partager avec lui son présent alors qu’ils étaient encerclés d’un passé lourd qu’ils avaient tout deux connus. Elle voulait avoir un présent mais aussi un passé en commua avec lui. Elle voulait pouvoir aimer la vie grâce à cet homme alors qu’elle l’avait un jour haïe à cause de l’Homme. À cause de ce vil Homme tombé entre les bras d’une Chain ayant décapité sa sœur. À cette pensée, elle secoua légèrement la tête.

Et puis, Finn pivota pour se positionner face à Aiko. Elle le regarda, clignant des yeux, le même sourire sur les lèvres. Elle savait dors et déjà qu’il allait parler, mais elle n’eut pas le temps de se demander ce qu’il allait lui dire qu’il s’exprima. Elle haussa les sourcils. Elle n’était pas étonnée, non. En fait, c’était surtout une incitation à continuer.
Il s’ennuyait ? Elle le savait déjà ça. Quand on vient au Manoir, on s’ennuie toujours. Parce que soit on récolte d’une mission dont l’on ne veut pas forcément et que donc, on doit aller bosser – et ça, croyez-moi, ça ne plait à personne, soit on doit rendre un rapport et donc faire face à notre superviseur. Aiko par exemple, se passerait bien de leurs têtes, à tous ces Baskerville qu’elle n’aimait pas particulièrement. Et puis, elle avait trouvé Finn au beau milieu des décombres, seul, alors il ne devait sûrement pas s’amuser. Même si au fond, elle n’en savait trop rien. Ne s’était-elle pas refusé de lui demander ce qu’il faisait là pour ne pas tomber dans la banalité ? Eh bien, il allait falloir assumer.
Et puis, Finn continua, comme prévu. Aiko ne pensa même pas à cacher son amusement, laissant tomber sa tête sur le coté, son sourire s’élargissant un peu plus. Si celui-ci n’avait pas cet aspect malin, elle pourrait faire peur. Mais étant donnée son humeur particulièrement joueuse du jour, elle n’avait rien d’effrayant.

Elle leva sa main vers le visage de Finn et laissa trainer le dos de ses doigts sur sa joue droite. Elle les faisait bouger de haut en bas, lentement, délicatement, le même sourire mélangeant malice et amusement étirant ses lèvres, mais aussi ses yeux. Elle finit par redresser sa tête au bout de quelques secondes, sans pour autant cesser ses caresses. En même temps, elle réfléchissait à la réponse qu’elle allait lui donner. Bon, elle devrait peut-être commencer par accepter son invitation, non ?

« Oui, ennuyons-nous donc. »

C’était évident. Elle n’allait tout de même pas refuser. Autant s’en aller tout de suite sinon. Enfin bref, il fallait maintenant qu’elle ajoute quelque chose. Il lui avait gentiment proposé de diviser son ennui en deux pour en porter le fardeau avec elle, maintenant, c’était à son tour. Oui son tour, je veux bien, mais pour faire quoi ? Eh bien, il allait bien falloir qu’elle trouve. Pourquoi ne pas l’aider à trouver un jeu ? Parce qu’il semblerait que tous deux soient d’humeur à s’amuse. Le regard du brun en disait long, mais le fait de lui avoir demandé si elle désirait s’ennuyer avec lui finit de persuader Aiko qu’elle n’était pas la seule à ne pas pouvoir tenir en place aujourd’hui.
Elle arrêta alors de faire bouger ses doigts contre la peau du brun pour aller se pencher vers son oreille, lui susurrant quelques mots à l’oreille, sur un ton particulièrement provocateur. Comme si elle lui lançait un défi. Comme si juste, hein. Parce que bon, ça restait tout de même une question. Je crois.

« Vas-tu me faire perdre toute lucidité, Finn ? »

Question, oui. Mais rhétorique dans ce cas-là. Enfin bref. Elle fit tourner sa main, de façon à pouvoir déposer sa paume sur le visage de l’homme, et recula sa tête, lui faisant de nouveau face. Et maintenant, qu’allait-il pouvoir répondre ? S’il disait oui, il allait falloir qu’il le prouve. Bien sûr, sinon, ce serait trop simple. Enfin, qu’il commence à le prouver, parce qu’il serait impossible d’en finir en quelques instants. Aiko ne savait pas du tout comment il pourrait s’y prendre, mais ça, elle lui laissait le soin d’y réfléchir. Au fond, elle ne l’avait pas du tout aidé. Elle lui avait juste offert un croisement, et à lui de choisir le chemin qu’il voudrait emprunter. Elle lui avait, autrement dit, fixé un contexte qui, elle n’en doutait pas, il comprendrait. Il pouvait aussi répondre non. Mais ça serait étonnant. Enfin, tout comme il n’était pas probable qu’Aiko refuse de « s’ennuyer avec lui », il n’était pas non plus probable que Finn dise que non, il n’allait pas lui faire perdre toute lucidité.

Ce qu’il ignorait, c’est qu’à chaque rencontre, il la laissait pour folle. Il lui faisait perdre toute clairvoyance, la rendant pendant un instant incapable de réfléchir posément ou mûrement. La rendant incapable de réfléchir à autre chose qu’à lui, en fait. Et ça ne l’aidait d’ailleurs pas à comprendre leur relation. C’est aussi une des raisons qui la poussait à ne pas vouloir y penser – trop tordu. Mais au fond, c’est comme si elle connaissait la réponse. Mais qu’elle n’en voulait pas. Pas encore. Ça finira par devenir plus clair. Ou pas. Quoiqu’il en soit, pour elle, la question qu’elle lui avait posée ne méritait pas de réponse. Car même si c’était involontaire, il allait lui ôter non pas une part, mais toute lucidité. Mais ça, était-il vraiment obligé de le savoir ?


Dernière édition par Aiko Baskerville le 1st Novembre 2012, 09:54, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   28th Octobre 2012, 07:05

Il l'aime bien, Aiko. Oui, il l'aime bien. Elle fait partie de ces gens qu'il apprécie. De ces personnes qu'il n'est jamais déçu de voir. De ces personnes aussi avec qui il entretient une relation qui n'est pas réellement définie, qui se construit au gré des rencontres sans pencher vers un modèle pré-conçu. Amie ? Peut-être. Autre chose ? Peut-être aussi. Qui sait. En tout cas, pas lui. Et est-ce qu'il se pose des questions ? Oh que non. Tant que la situation n'exige pas de définir quoi que ce soit, tant que tout peut continuer à avancer comme ça l'a toujours fait, il ne se posera aucune question.
Evidemment, une fois de plus et comme toujours, il se retrouvera peut-être piégé un jour car ayant réalisé trop tard qu'il s'est un peu trop pris d'affection pour la jeune femme. Il réitère ce schéma à chaque fois, et à chaque fois il se fait avoir. C'est une leçon qu'il n'apprendra jamais et c'est tant pis pour lui. C'est le propre de l'Homme de répéter et répéter encore ses erreurs après tout. Dans tous les cas, il l'aime bien. Puisqu'il l'aime bien, il ne lui fera pas de mal. On ne fait pas de mal aux gens qu'on aime bien. Puisqu'il l'aime bien, il évitera aussi de lui mentir. Ce n'est pas qu'il voue un culte à la vérité, c'est juste que bien aimer et respecter vont de paire dans sa tête. Et on ne ment pas aux gens qu'on respecte. Dans la limite du possible néanmoins. Puisqu'il l'aime bien et qu'en plus elle manie les mots aussi bien que les armes, il n'hésitera pas à la taquiner. Un peu, beaucoup, trop ? Le trop lui reviendra dans la figure s'il devait se produire. Enfin, qui atteindra le trop en premier ? Mystère. Peut-être bien aucun. Y'a t-il seulement une limite ? Très bonne question. Il finira par le découvrir. Parce qu'il est vrai que dans sa définition d'apprécier telle qu'elle est applicable à leur relation, il n'y a pas vraiment de limites. Ou plutôt, il ne sait absolument pas où elles sont. Fixées en partie par la jeune femme mais aussi par lui-même. Il ne sait pas où, mais il sait qu'il les découvrira le jour où il tentera de passer à travers. En attendant, le terrain semble juste s'étendre à perte de vue derrière le brouillard.
L'inconnu, c'est parfois drôle.

- Je vais devoir m’en contenter. Mais vu tout le chemin que j’ai fais pour toi, je m’attendais à mieux.

Oh. Ce n'est pas beau de décevoir les demoiselles, Finny, pas beau du tout. L'homme se demande si derrière cette petite pique, il n'y a pas une provocation cachée à son égard, qui le défierait de faire mieux. Peut-être. Mais allons, la partie ne fait que commencer. Elle aura mieux. Elle aura bien mieux à un moment ou à un autre. En attendant il se contente d'agrandir son sourire et de lancer un :

- Moi aussi je t'aime.

Sans se départir de son ton amusé. Il a tout le temps de faire mieux. Et de ressortir cet argument au moment opportun. En attendant, il y a plus intéressant. Comme par exemple la main de la Baskerville contre sa joue, lui permettant de profiter de quelques caresses pendant qu'elle réfléchit. Elle semble bien absorbée dans ses pensées, la jolie Aiko. Elle est belle, en restant objectif. Bien qu'il ne soit pas possible en réalité d'être objectif et d'émettre un avis en même temps. Mais soit, les faits n'en sont pas moins là et il ne sert à rien de tenter de ne pas les voir. Dans ce cas là ce n'est pas un problème, puisqu'ils sont agréables à voir. Bien que ce ne soit absolument pas le sujet en cours.

- Oui, ennuyons-nous donc.

Il laisse s'échapper un bref rire à cette déclaration. C'est qu'elle semblerait presque enthousiaste à l'idée de s'ennuyer, bien loin de ce que l'on peut habituellement penser de l'ennui. Forcément, le fait qu'ils sachent tout deux qu'en réalité ils vont chercher à s'occuper et non pas à s'ennuyer rend la déclaration beaucoup moins étrange. Que vont-ils donc bien pouvoir faire ? A part mener d'un bout à l'autre des conversations étranges qu'ils sont les seuls à complètement saisir. Visiblement, ils ont envie de s'amuser tous les deux. Leur terrain de jeu environnant est un peu triste avec tous ses rochers, ses vestiges et probablement ses animaux petits et grouillants dans les coins sombres. Un peu glauque, quand même. Oh, ils peuvent toujours transformer l'autre en terrain de jeu, à défaut. L'espace plus réduit n'en serait pas moins intéressant.
Bref. Avant de sombrer dans les méandres du tordu pour de bon, peut-être qu'Aiko a une idée intéressante ? Du moins, vu comme elle se rapproche et comment elle murmure son idée, elle a certainement de l'imagination sur la façon de les annoncer.

- Vas-tu me faire perdre toute lucidité, Finn ?

Toute lucidé ? Toute ? En voilà un défi de taille. A moins que la question n'en soit réellement une, auquel cas il n'a absolument pas de réponse car il ne prédit pas l'avenir. Dans un cas comme dans l'autre, il peut toujours essayer. La grosse interrogation devenant dès lors : comment ? En s'enfonçant dans une conversation sans queue ni tête ? En trouvant autre chose ? Ah, Aiko et ses phrases étranges. Bien qu'il ne laisse pas paraître que sa question le décontenance un peu. A moitié désarçonné, le cavalier peut toujours se remettre en place. Si le cheval ne s’agite pas trop.* Sur cette lamentable comparaison, continuons. La réponse à la question doit être oui. C'est tout, il n'y a pas de défi d'Aiko auquel il ne réponde pas oui. Même s'il devait perdre derrière, il répondra oui quand même. Il y a un truc chez la Baskerville qui le pousse à toujours répondre aux défis. Non pas qu'il s'en plaigne, loin de là. Cela pourrait juste se retourner contre lui le jour où elle s'en apercevra. Si ce n'est déjà fait. Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à dire oui bien sûr.

Remontant une main vers sa propre joue, le contractant la laisse ensuite entremêler ses doigts à ceux d'Aiko afin de ramener la paume féminine en avant pour y déposer ses lèvres un bref instant, une malice assez évidente dans son regard dirigé vers celui qui lui fait face. Puis il se sert de cette prise pour attirer la Baskerville vers lui sans prévenir. Pas que l'effet de surprise soit particulièrement nécessaire, elle serait probablement venue s'il l'avait attirée à lui en lui laissant le choix. Ne serait-ce que pour voir la suite. Son autre main vient cueillir le menton de la jeune femme tandis qu'il approche son visage du sien, ne déviant de sa ligne droite qu'au premier frôlement entre leurs lèvres afin d'aller poser les siennes sur l'autre joue d'Aiko. Celle qui s'est vue délaisser il y a quelques minutes. Ainsi positionné près de son oreille, l'homme lui souffle ensuite :

- Tu penses que je réussirais ?

Plagiat ? Mais non, pas du tout.
Ce n'est certes pas un oui direct. Mais il est grandement sous entendu vu son comportement et ses taquineries continuelles. Doucement, il lui relâche le menton et recule la tête, laissant leurs deux mains toujours l'une dans l'autre descendre vers une position plus naturelle le long du corps. Voyons, voyons, faire perdre toute lucidité ? Oui, mais pas d'un coup. Il n'y a rien d'intéressant à abattre tout son jeu de carte d'un coup. Et puis, cela lui laissera plus de temps pour réfléchir - quoique dans le cas du contractant, il vaudrait mieux parler de temps pour que les idées soudaines et les illuminations lui viennent, pendant qu'il fait semblant de réfléchir.
Comme actuellement en fait. Distraitement en train de tracer des cercles avec son pouce sur la main d'Aiko, ses yeux dérivent un instant vers le ciel. Pour en redescendre rapidement une fois son idée trouvée.

- On joue à qui fera perdre toute lucidité à l'autre en premier ?

Jeu tordu ? Mais non pas du tout. Tout dépend de la façon de l’interpréter et... Ouais. Peut-être qu'il aurait du réfléchir un peu plus avant d'ouvrir la bouche. Ils vont avoir l'air très malins tous les deux s'ils s'y mettent. La victoire revenant à celui ou celle avec le plus de suite dans les idées. A moins qu'ils ne dérivent sur autre chose, qui sait.
En attendant, cela n'empêche pas que le contractant s'amuse beaucoup. S'ennuyer à deux peut se révéler hautement intéressant.


[Hrp= *J'ai eu une vision terrible. J'étais en train d'écrire que le cheval c'est Aiko et que le cavalier c'est Finny et mon esprit tordu s'est allumé tout seul et... ._. J'ai buggé et tout effacé xD. Anecdote inutile mais qui doit être partagée comme tout ce qui est anecdotique et inutile *baff*.]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   28th Octobre 2012, 10:41

La première leçon à laquelle Aiko eut droit, c’était celle lui demandant de montrer du respect envers ses aînés. Petite, elle était quel peu rebelle, n’aimant pas particulièrement – n’aimant pas du tout, en fait – les ordres. Quand elle répondit grossièrement la première fois à un Baskerville, sa mère se contenta de le l’obliger à s’excuser et la prit à part pour lui ordonner de se montrer plus respectueuse la prochaine fois. Elle avait hoché la tête, mais elle était déjà en train de penser à la prochaine mesquinerie qu’elle lancera à un autre membre de sa famille. Quand ça se reproduit, elle n’eut pas droit à un quelconque avertissement. La sentence tomba et sa joue droite se souviendrait longtemps encore de la teinte rouge l’ayant recouverte suite à la gifle que lui asséna sa mère. Au moins comme ça, elle ne désobéira plus. Pensez ce que vous voulez, Aiko était maintenant persuadée que les coups pouvaient éduquer les enfants. Elle n’osa plus jamais se rebeller contre les ordres de sa génitrice ou de quelqu’un d’autre. Du moins, pas contre les ordres directs. Et puis, en grandissant, elle se rendit compte que cette gifle avait servi à autre chose. À lui faire comprendre que le respect ne lui avait pas été inconnu avant ce jour-là. Quand elle vit sa mère ainsi dressée devant elle, quand elle vit la gifle arriver au ralenti, elle comprit qu’elle savait déjà ce qu’était le respect. Que cette femme à la longue chevelure écarlate qui allait la battre était l’image même qu’elle avait du respect. Mais ça, jamais elle ne le lui dit. Au fond, elle ne doutait pas qu’elle l’ait remarqué à un moment ou à un autre. Elle était tout de même sa mère. Quoiqu’il en soit, aussi bien en compagnie de cette dernière qu’en celle d’autres Baskerville, Aiko se montra dès lors respectueuse. Ce n’est qu’après plusieurs années qu’elle commença à faire le tri pour voir qui méritait son respect et qui ne le méritait pas. Il n’y a qu’une seule et unique personne n’étant jamais passée entre les mailles de la demoiselle. Glen. Elle n’avait jamais cherché à savoir s’il était bon ou mauvais, s’il était gentil ou méchant, s’il aimait les enfants ou pas. Glen, elle le respectait, un point c’es tout. Elle le respectait énormément. Mais elle ne savait pas s’il méritait que tant de personnes se donnent corps et âme pour lui. Néanmoins, elle s’interdisait ce genre de pensée. Elle faisait confiance à sa mère, et cette-dernière lui dit de respecter Glen et de ne jamais lui désobéir, quel que puisse être l’ordre donné. Sa jumelle l’y encouragea aussi, alors elle ne se posa plus de questions. Après plusieurs mois, elle n’y pensa même plus. Elle s’en fichait de ce que Glen représentait aux yeux des Baskerville, aux yeux des autres nobles, aux yeux de Pandora ou à ceux des villageois, pour elle, il était juste son maître. Je vous ai dis, un peu plus haut, qu’elle obéissait aux ordres directs. Sauf qu’avec cet homme, elle ne cherchait pas à jouer sur les mots. Elle n’oserait pas.
Tout cela pour finalement en arriver au vif de notre sujet. Le respect. On n’aime pas forcément quelqu’un que l’on respecte, mais néanmoins, on respecte toute personne que l’on aime. Parce que pour aimer quelqu’un, il faut qu’il ait mérité notre respect. Si ce n’est pas le cas, alors il ne nous intéresse pas. On prend plaisir à traîner avec des personnes qu’on respecte, car au fond, ce que l’on désire, c’est apprendre. Progresser. Et si on trouve une personne trop vile, trop peu digne de notre intérêt, alors on ne perd pas notre temps avec elle. Donc, pour résumer, quand on aime quelqu’un, on le respecte. Et quand on respecte quelqu’un, on veille sur lui. Quand on veille sur quelqu’un, on commence par le protéger de nous-mêmes. Alors, inconsciemment, on fixe des limites entre cette personne et nous. Et cela nous amène aux limites. On les impose souvent, mais il n’est pas vraiment facile de respecter celle que l’on nous fixe. Aiko aimait Finn. Alors Aiko s’était juré de veiller sur Finn. Du coup, les limites étaient présentes. Les limites interdisant à la rousse de faire du mal à Finn. Les limites qui l’empêchaient de lui mentir ou de mijoter quoique ce soit derrière son dos. Les limites qui donnaient à Finn le droit de la rejeter pour toujours si jamais elle venait à les enfreindre. Mais en ce qui est de leur relation encore indéfinie, la jeune femme ne savait pas s’il y avait des limites. Logiquement, une partie d’entre elles – si toutefois, il y en avait – devraient être imposées par la brun et une autre partie par elle-même. En ce qui la concernait, elle n’avait fixé aucune limite. Sauf si elle l’ignorait elle-même. Elle répondait toujours présente aux jeux tordus de l’homme. De son coté, il en faisait tout autant. C’était réellement à se demander si leur relation comportait des limites. Peut-être qu’une fois que le temps aura soufflé sur leur terrain et qu’il lèvera le brouillard présent, les limites seront visibles. Ou alors, ce sera l’étendue sans fin qui sera visible. Et là, Aiko sera bien obligée d’admettre que si la fin existait, alors l’infini devait tout autant exister. Mais sûrement pas avant d’avoir posé un nom sur sa relation avec Finn.

Son sourire s’élargit lorsqu’elle lui lança sa petite remarque mesquine. Comme si elle s’était réellement attendue à mieux. Déjà que le voir avait été une agréable surprise, alors le baiser qu’il lui laissa sur la joue avait réussi à la mettre d’excellente humeur pour la journée. Et qui dit excellente humeur dit forcément humeur joueuse. Du moins, quand il s’agit d’Aiko. Il n’y a qu’avec lui qu’elle se permettait d’être totalement elle-même. Bien sûr, il y avait d’autres personnes avec qui elle s’entendait relativement bien. Mais ce n’était pas comme avec Finn. Parce qu’avec elles, il fallait toujours qu’elle remplisse son rôle de gamine ou, au contraire, d’adulte. Avec le brun lui faisant face, elle pouvait se permettre de sautiller d’un pied à l’autre, sans jamais craindre sa réaction. Bien qu’au fond, rien ne lui disait que réellement, elle ne lirait jamais une quelconque trace de mépris ou de dédain dans son regard. Elle en avait juste la nette impression. L’impression qu’il ne la laissera pas tomber si elle ne commet pas une erreur irréparable. Pourtant, elle ne faisait rien de particulier pour éviter de commettre cette erreur. Elle n’y pensait même pas. Elle préférait profiter au maximum du temps qu’elle partageait avec le seul homme qu’elle respectait assez pour qu’il soit totalement immunisé contre son féminisme. Jamais, ô grand jamais elle ne lui fera une quelconque remarque sur la supériorité des femmes. Pas même pour le taquiner.

Et puis, il lui répond, sa voix toujours teintée par un amusement qu’il ne tenta même pas de dissimuler. À son tour, elle ne pu s’empêcher d’étirer un peu plus son sourire. En fait, ce n’était plus le sourire moqueur et sarcastique éclairant son regard d’une lueur de malice, mais seulement un sourire doux. Vrai. Elle ne cherchait pas à y ajouter un quelconque autre sentiment que l’authenticité. Elle laissait ses lèvres s’étirer sans leur sommer de s’arrêter à un quelconque moment. Elle ne répondit rien, tout bonnement parce qu’il n’y avait rien à répondre. Un instant, son regard s’assombrit et ses caresses se firent plus insistantes. Mais elle se rattrapa rapidement, n’étant qu’à moitié sûre que Finn n’avait rien remarqué. Ce n’était pas le genre d’assombrissement n’augurant rien de bon, loin de là. La lueur ayant zébré dans on regard n’était rien d’autre que... Qu’un sentiment que le brun en face d’elle de devait pas reconnaître. Pas encore.

Quand elle lui déclara qu’elle était apte à s’ennuyer en sa compagnie, il émit un léger rire. Avait-il pensé qu’elle allait décliner pareille invitation ? Non, sûrement pas. Peut-être riait-il simplement parce qu’il venait tout juste de se rendre compte de l’étrangeté de sa question ainsi que de la réponse de la jeune femme. Après tout, s’ennuyer à deux revient à ne pas s’ennuyer. Quoique vous me diriez qu’il est fort possible d’être deux et de s’ennuyer. Ce qui était étrange, c’était seulement qu’ils étaient les deux seuls à saisir le fond de leur discussion. Ce n’était pas particulièrement voulu, mais ça finissait toujours par arriver. Ça finissait toujours par dériver. Et c’était toujours aussi amusant. Alors au fond, Aiko comprenait exactement pourquoi est-ce qu’il riait. C’est vrai que ce n’est si étrange – si drôle – qu’après avoir entendu ces mots dans la bouche de l’autre. Car avouons tout de suite que de telles paroles ne peuvent être prononcées que par la jeune femme rousse aux yeux bruns ou pas le jeune homme brun aux yeux verts. Quoique pour Finn, il serait plus juste de dire homme. C’était plus valorisant.

En demandait-elle trop lorsqu’elle le défiait littéralement de lui faire perdre toute lucidité ? Peut-être. Peut-être pas. Après tout, pourquoi devrait-elle toujours fixer la barre basse pour commencer, la montant progressivement ? Elle frappait fort dès le début, comme ça, elle n’avait pas besoin de fixer un nouvel objectif à Finn à chaque fois le premier but atteint. Il savait quel était le point à atteindre et à lui de se débrouiller. Bien sûr, elle ne doutait pas du fait qu’il allait bien la faire languir avant de pleinement la satisfaire. Enfin, encore fallait-il qu’il soit capable de pleinement la satisfaire.

Finn vint déposer une de ses mains sur celle d’Aiko, celle présente sur sa joue, et laissa ses doigts s’entremêler aux siens. Bien sûr, elle ne riposta pas d’une quelconque façon. Dire que ce contact ne lui faisait pas du bien reviendrait à mentir. Et mentir, c’est pas bien. C’est ce que lui a toujours dit maman. Bref. Le brun ne se contenta pas de ce geste. En fait, il se servit de cette prise pour amener la paume de la rousse à sa bouche, y laissant fleurir un doux baiser. Baiser qui rendit le sourire de la jeune femme plus pur qu’il ne l’était déjà. Le regard malicieux plongé dans le sien l’incita à ne pas se laisser déconcerter, mais à peine eut-elle cette idée qu’il décida de profiter une nouvelle fois du fait qu’il tenait la main d’Aiko. Il l’attira brusquement – mais délicatement – vers lui, la déstabilisant une seconde fois. Elle soutint son regard sans ciller, le même sourire aux lèvres. Qu’allait-il faire maintenant ? Elle n’eût pas besoin de lui poser la question à haute voix pour qu’il y réponde, saisissant son menton pour approcher son visage du sien. Elle plissa les yeux, curieuse. Et puis, quand leurs lèvres se frôlèrent, il les esquiva pour se diriger vers sa joue. Pas bien d’ainsi faire languir les dames, Finn. Il allait falloir qu’elle le dise, un jour. Oui, un jour, parce qu’aujourd’hui, elle n’aurait sûrement pas le temps. Donc. Sur son autre joue, celle qui ne bénéficia pas de baiser tout à l’heure, il déposa ses lèvres, faisant naître un sentiment de bien être au plus profond d’elle-même. Profitant de sa position, il s’exprima. Comme si l’abattement de son souffle chaud sur son cou ne suffisait pas à la déstabiliser, il a fallu qu’il y ajoute des mots. Elle laissa le bout de sa langue percer pour s’humidifier les lèvres et répondit du tac au tac, sans même attendre qu’il recule, sachant néanmoins qu’il pouvait voir la partie inférieure de son visage s’il lui lançait un regard par biais.

« Je ne pense rien. J’attends de voir, Finn. »

Elle pensait que oui. Elle pensait qu’il réussirait sans trop forcer. Elle pensait que le seul obstacle pouvant se dresser devant lui serait son entement à lui résister. Elle pourrait d’ores et déjà lui céder, mais ce n’était pas dans ses habitudes. Et puis, elle était là pour s’amuser. Et céder à un homme n’était pas amusant. Céder tout court n’était pas amusant, quel que puisse être le contexte. Mais dans cette situation plus que dans une autre, ce n’était pas vraiment pas drôle. Finn n’aura pas à claquer des doigts pour avoir ce qu’il veut. Il le savait. Et Aiko pensait qu’il ne voulait pas non plus d’une victoire facile. Une victoire. Mais quel était le jeu ? Le premier qui cède ? Ça a toujours été le cas, même s’ils ne l’ont jamais formulé.

Et puis, Finn lâcha son menton et laissa tomber leurs deux mains le long de leurs corps. C’est plus agréable, bien qu’Aiko n’ait pas réellement pensé au confort. Ce n’est pas comme si elle en avait eu le temps de toute façon. Elle est soudainement tirée de sa rêverie en sentant le pouce de Finn s’activer contre sa peau, y dessinant des cercles. Elle haussa légèrement les sourcils en allant poser sa main libre sur le coté de son cou, profitant un bref instant de la chaleur émanant du corps du brun et contrastant parfaitement avec la froideur cadavérique du sien. Quand il lui posa sa question, elle commença à faire bouger ses doigts contre son cou, raclant gentiment ses ongles dessus. Attendait-il réellement une réponse à cette question ? Aiko glissa sa main sur sa nuque pour attirer son visage vers le sien, collant son front au sien. Vu qu’elle ne faisait rien contre, leurs lèvres se frôlaient. Et lorsqu’elle parla, les siennes remuèrent contre celles de son opposant.

« N’est-ce pas le jeu auquel nous jouons à chaque fois que nous nous rencontrons ? »

Elle ne savait pas si en disant ça il comprendrait mieux, ou s’il l’avait déjà compris, mais elle tenait à clairement le lui dire. Elle aurait tout aussi bien pu dire que leur relation a toujours été basée sur ce jeu, mais cela exclurait trois points plus qu’importants. L’amour qu’ils se portaient l’un envers l’autre. Le respect qu’ils s’échangeaient mutuellement. Et la confiance qu’ils plaçaient en l’autre. Parce que malgré les apparences, leur relation n’était pas basée que sur un misérable jeu. Mais sur bien plus. Tellement plus.

Elle ne bougea plus, laissant à Finn le soin de s’écarter s’il le désirait ou de passer aux choses sérieuses. Elle avait lancé le défi, il y avait répondu par une invitation. C’était néanmoins toujours à lui de jouer le premier. À lui aussi de déterminer les limites. Si toutefois il voulait en fixer. Aiko, silencieusement, espérait qu’il n’y en aurait pas. Elle voulait jouer sur un terrain dégagé. Elle voulait que l’un de ses vœux s’excuse. Trouver un défi pas trop facile à remporter.
[HRP : Bon bah, faut que je te dise aussi que... J’ai pensé exactement à la même chose en lisant la phrase. ♫]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   29th Octobre 2012, 11:38

Ils se tournent autour sans jamais se poser. Non pas comme des adversaires qui chercheraient une ouverture, ou comme un couple qui chercherait à tâter le terrain chez l'autre, à en tester les limites pour voir jusqu'où il est possible d'aller. Non, ils ne vont cela que par amusement, sachant pertinemment qu'il y a aura un moment où ce petit jeu s'arrêtera pour donner lieu à une suite. Ils ne cherchent pas de limites. Ils ne savent pas où elles sont, si elles existent, mais pour autant, ils ne les cherchent pas. Ils tomberont - ou non - dessus. De toute façon Finny ne se pose pas de question. Ce qui n'est pas très juste, et si Aiko en avait ? Dans ce cas, il faudra peut-être alors qu'elle lui envoie de gros signaux pour qu'il capte. Sauf s'il se décide un jour à remuer ses neuronnes. Bref, il ne sert à rien de remuer sans cesse ce problème là, qui aura son heure de gloire en temps et en heure. Actuellement, le contractant est bien plus concentré sur les faits et gestes de sa camarade de jeu que sur ce qui peut passer entre ses deux oreilles.

- Je ne pense rien. J’attends de voir, Finn.

Oh. Sous entendu il faudrait qu'il se bouge. Sauf qu'il n'a pas envie de se bouger tout de suite. La faire patienter un peu mais pas trop. Comme il ne sait pas où est le peu, où est le pas trop, il y va au feeling comme on dit. Son sourire revient, mais cette fois, aussi bien que son regard, il s'adoucit quand il lui dit :

- Toi, ne rien penser ?

C'est une petite pique de plus. Mais son expression trahit que c'est aussi juste signe qu'il commence - au moins - à la connaître. Juste assez pour savoir qu'elle pense toujours. Ou presque. Mais comme le ou presque est assez difficile à déterminer, il part du principe que c'est toujours. Un jour il sera capable d'en dire bien plus. Pour l'instant, il ne fait qu'apprendre à chaque rencontre. C'est en assemblant les détails qu'on finit par avoir quelque chose de plus conséquent.

Il frissonne sans pouvoir se contrôler quand la main de la jeune femme vient se poser sur son cou. C'est qu'elle a les mains particulièrement froides, il ne s'attendait pas au choc thermique sur son cou. Qu'à cela ne tienne, il n'y aura qu'à réchauffer tout cela. Facile, non ? En théorie du moins. Lui a pratiquement toujours les mains chaudes. Pratique en hiver, très pratique. Nana a déjà découvert comment s'en servir pour réchauffer les siennes. Sauf qu'ici, s'il devait employer la même sur Aiko, ils s’ennuieraient un peu pour de vrai. Sauf s'il avait quatre bras mais, fantaisies mises à part, ça serait quand même handicapant. Les chemises à quatre bras ne courent pas les rues. Et puis pas sûr qu'Aiko ose encore l'approcher après ça.
Bref. Fermons ce paragraphe dérangeant.
La Baskerville se rapproche à son tour de lui, tellement proche qu'il peut sentir son souffle sur sa peau, venir chatouiller ses lèvres. Oh, s'il n'était pas aussi têtu qu'une mule, il aurait cédé dans l'instant.

- N’est-ce pas le jeu auquel nous jouons à chaque fois que nous nous rencontrons ?

Le jeu auquel ils jouent à chaque fois... Vu sous cet angle, peut-être que. Peut-être. Le contractant n'y avait jamais pensé, mais à bien y réfléchir, le nombre de fois où l'un a tenté de faire perdre une partie ou toute raison à l'autre eh bien... Il y en a eu. Il serait faux de dire qu'il a saisit toute la phrase. Tout ce qu'elle peut sous entendre. Il ne sait pas ou n'en a pas conscience peut-être aussi. S'il faisait plus attention, la question ne se poserait pas. Qu'importe, l'idée lui plaît.
S'il était un peu plus disposé à la réflexion, il pourrait en tirer des conclusions intéressantes néanmoins. Comme par exemple celle qui dit que, comme Aiko est celle qui l'a dite, cette phrase la concerne en premier. Et qu'il y a des choses intéressantes à tirer de ce genre d'information. Enfin, heureux sont les simples d'esprit.

La tentatrice en face de lui est en train de lui rendre la monnaie de sa pièce en laissant volontairement leurs lèvres se frôler. Ce n'est pas beau de faire patienter les dames mais ce n'est pas beau de tenter les hommes non plus. Ils jouent à qui cédera le premier, allant taquiner l'autre dans l'espoir qu'il abandonne d'abord tout autant que pour essayer de se contenir un peu plus. Les vilains. Parce qu'au fond, comme aucun des deux ne souhaite reculer - blasphème, ils n'y pensent même pas - il y en aura forcément un qui va céder. Ceci n'étant pas forcément un désavantage puisqu'il permet ensuite d'avoir une longueur d'avance.
Sauf que. Le petit Finn n'a pas terminé d'embêter la jolie Aiko. Comme on dit, plus longue est l'attente, meilleure est la récompense. Même si leur position laisse très peu de marge de manoeuvre. Il n'a - et il en est bien conscient - qu'à avancer d'une poignée de millimètres pour clore la distance quasi inexistante entre eux. Ce serait si facile. Trop facile.
Sans bouger, il lève sa main libre jusqu'aux épaules de la Baskerville, attrapant ensuite une mèche de cheveux à la couleur vive qu'il fait glisser entre ses doigts. Et puis à titre de petite vengeance - en réalité l'exécution lui plaît aussi beaucoup - en laissant leurs lèvres se frôler, il lui dit :

- Dans ce cas, je ne m'en lasse pas.

Doucement, il mordille sa lèvre inférieure un instant sans pour autant se rapprocher plus qu'ils ne le sont, avant de la relâcher.

- Et je ne céderai pas le premier.

Leurs lèvres se rencontrent brièvement, juste une pression, avant qu'il ne recule la tête avec un nouveau sourire. C'est qu'au moment où il a prononcé sa phrase, il était déjà à deux doigts de lâcher. Mais... Mais il n'a pas totalement perdu sur ce jeu dans le jeu, non ? Aiko risque de lui faire payer cher ses taquineries à force. Il l'aura cherché. Vilain garçon.


[Hrp= j'ai enchainé en une phrase. Finn avec quatre bras. Chemises avec quatre bras qui COURENT. Et un sous entendu pervers. Et je crois que ce post est incroyablement court. *saute par la fenêtre du rdc*]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   30th Octobre 2012, 13:17

Est-ce vrai ? Est-ce que les yeux sont réellement les miroirs de l’âme ? Est-ce que des sentiments si différents les uns des autres peuvent tous trouver leur place dans deux simples yeux ? Est-ce-que ces derniers sont capables de trouver comment les exprimer sans jamais commettre une erreur ? Sans jamais s’éclairer trop ou pas trop ? Il semblerait que oui. Parce que sans avoir à dire quoique ce soit, notre opposant comprend. Et quand on ne sourit pas, qu’on est sûr de ne pas avoir rougi, mais qu’on voix ce sourire malicieux voulant dire qu’il a compris, alors forcément, il ne reste que les yeux. Et parmi tous les sentiments pouvant transparaître de cette façon, il y a le désir. Si la joie peut éclairer le regard, alors sachez que le désir lui, ne fait que l’assombrir. Preuve en est que non, les ténèbres ne sont pas associées qu’au malheur. Enfin, quoiqu’il en soit, c’est une émotion que l’on ne peut malheureusement pas cacher, malgré tout nos efforts. Même nos sourires en sont contaminés, devenant à leur tour pervers ou juste aguicheurs. Provocateurs simplement, si vous avez un minimum de contrôle sur vous. Ainsi, lorsque ce voile sombre tombe devant vos yeux, vous ne pouvez plus réellement offrir ces sourires amènes ou même parler en toute sérénité. Le timbre de votre voix en est affecté, celle-ci devenant rauque et montant dans les graves, en murmures la majeure partie du temps. Le souffle est chaud, le pouls est anormalement irrégulier tandis que le corps est secoué de quelques frissons naissant de l’échine pour se répandre à travers tous nos autres membres. Mais le désir, quand est-ce que nous le ressentons ? En présence d’une autre personne, en temps normal. Et de l’autre sexe. Mais plus les années passent, plus tout cela passe pour des idées reçues. Pourtant, pour la suite de cet écrit, nous continuerons à penser comme les anciens, en partant du principe que le désir ne naît que lorsqu’on se retrouve face à une personne de sexe opposé. Que l’on connaisse cette personne ou pas, cela n’importe pas réellement. Quoique si. Plus on connait la personne, plus le désir est intense. Parce qu’on a beau savoir qu’il y a certaines parties de sa vie que l’on connait, on ne peut retenir cette soudaine curiosité nous frappant, cette folle envie d’en savoir plus, toujours plus, et de pleinement découvrir notre partenaire. Car jamais nous ne pouvons prétendre connaître quelqu’un avant d’avoir exploré la plus infime parcelle de son corps. C’est sûrement pour cela que les meilleurs amis, ça n’existe pas. Les amants pourraient éventuellement êtres ces meilleurs amis, mais justement, on les appelle des amants. Enfin, ce n’est pas un point de vu spécialement répandu. Pas du tout même. C’était ce que pensait Aiko. C’était ce qu’elle avait toujours pensé, à vrai dire. Mais aujourd’hui plus qu’un autre jour, en présence de Finn, elle se rendait compte de la véracité de ses pensées vagabondes. En plongeant dans son regard étincelant, elle y voyait plusieurs choses. Plusieurs sentiments qu’elle n’avait jamais réussi à lire dans les yeux de ses opposants. La compréhension avant tout. Il semblait la comprendre. La connaître. Pourtant, ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça. En fait, elle ne s’en souvenait pas. Mais ça n’avait pas grande importance. Car au fond, ce qui importait, c’était qu’elle était là. Et que lui aussi était là. Et ce qui importait aussi, c’était ses yeux plongés dans les siens. Et ses pensées tourbillonnant dans sa tête. Si elle réussissait à voir cette gentillesse si pure dans des yeux si verts, si elle réussissait à déceler de la compréhension alors qu’il la connaissait à peine, si elle réussissait à voir aussi cet air malicieux et joueur qu’elle avait appris à détecter, c’est que Finn aussi devait être en mesure de voir tout ce qui se cachait dans les yeux bruns de la jeune femme. Elle aurait bien aimé savoir ce qui se reflétait dans ses propres yeux. Elle aurait bien savoir si Finn était assez concentré pour voir le désir qu’elle tentait de cacher derrière une malice. Ne vous méprenez pas, ce n’est bien sûr pas de ce désir salasse qui éclaire – au lieu d’assombrir – le regard des hommes dans ces rues malfamées dont je parle. Plutôt de ce désir chaste. Tellement chaste qu’Aiko ne désirait pas qu’il soit visible. Pas maintenant. Il était encore trop tôt. Et si Finn réussissait à mettre la main là-dessus, la victoire lui serait assurée. Victoire qui, elle l’espérait, lui appartiendrait à a fin de la partie. Mais elle doutait sérieusement de cette issue qui était plus favorable que possible. Bien sûr, ce n’est pas de sa capacité à pousser Finn à bout dont elle doutait, mais seulement de sa capacité à tenir le coup. Car si elle savait avoir une certaine expérience avec les hommes, elle ne doutait pas que Finn ne s’adonne à de telles activités avec elle sans être un temps soit peu sûr de lui. Et c’est ce qui inquiétait Aiko. Elle allait peut-être perdre. Jamais, aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle ne douta de sa victoire proche. Et là, en face de ce brun, elle se disait que peut-être, peut-être oui, elle allait perdre. Était-ce lui, ce défi qu’elle recherchait et qui ne serait pas trop facile à remporter ? Sans doute. Mieux encore. Finn représentait un défi auquel Aiko n’avait jamais osé rêver. Un défi presque insurmontable, pour ne pas dire insurmontable tout court. Un défi qu’elle pourrait éventuellement perdre. Mais pas sans lutter.

Ce fût au tour de l’expression du brun de s’adoucir, se dénudant de toute malice, en écho à celle de la rousse. Quand il parla, elle pencha légèrement la tête sur le coté. Ce n’était pas qu’une impression. Si elle lisait dans son regard de la compréhension, c’est qu’il en faisait réellement preuve. Effectivement, ses dires voulaient dire, d’un certain coté du moins, qu’il commençait à la connaître – parce que d’un autre coté, il la taquinait. Et il avait raison. Il était tout bonnement impossible qu’elle ne pense à rien. Mais elle n’allait sûrement pas lui dire qu’elle pensait qu’il allait gagner. Qu’elle allait perdre. Cela reviendrait à abandonner. Et en tant que Baskerville, mais aussi en tant que la fille de sa même, elle n’aimait pas ça, l’abandon. Hors de question. Alors pour l’instant, la discussion était close. Bien sûr, elle répondra à sa question. Sa question indirecte l’incitant à lui dire à quoi elle avait pensé et à quoi elle pense en ce moment même. Mais pas tout de suite. Oui, elle ne répondra pas tout de suite. Plutôt quand elle aura une réponse. Une réponse convaincante de préférence.

Lorsqu’elle le toucha de sa main froide, sur cette partie censée être si chaude – le cou –, elle ne s’étonna pas du frisson faisant imperceptiblement trembler la peau de Finn. Mais ce n’est pas ces frissons là qu’elle voulait qu’il ressente. Et s’il fallait changer de niveau, alors elle changerait. S’il fallait qu’elle pousse la provocation un peu plus loin, ce n’est sûrement pas elle qui hésitera. Mais s’il continuait à s’entêter ? S’il ne voulait vraiment pas céder ? Elle ne doutait pas qu’elle réussirait à le pousser à bout, mais serait-ce assez ? Et s’il se révélait être meilleur qu’elle à ce jeu ? Eh bien, elle devra perdre. À ce jeu, elle n’aimait pas perdre. Mais si son adversaire s’avérait être plus fort qu’elle, elle n’aura pas réellement le choix. C’était la première fois qu’il l’invitait verbalement à jouer. C’était aussi la première fois qu’il semblait prendre conscience que ce jeu ne leur était pas inconnu. Mais aujourd’hui, alors que des mots s’étaient assemblés pour créer un défi d’envergure, la victoire n’allait pas être oubliée. Au contraire, ce jour pourrait même être marqué d’une pierre blanche.

Si Finn se rendait maintenant compte que ce n’était pas la première fois qu’ils jouaient à ce jeu, alors Aiko se contentait de se demander qui avait gagné les précédentes parties. Pourtant, elle qui savait que le jeu n’avait été que renouvelé aujourd’hui, devrait normalement se souvenir de ça. Et pourtant. Pas le moins du monde. Elle ne savait pas du tout. Elle n’y prêta jamais attention. Un jour, c’était elle qui lui sautait dessus, un autre jour, c’était lui qui faisait le premier pas. D’autres jours, ça partait d’une envie partagée, tout bonnement. Après ce jour, elle fera sûrement plus attention. Et Finn aussi je suppose.

Chaque geste esquissé avait deux buts. De part pousser un peu plus l’autre à céder, d’autre part s’obliger à se calmer et à se contenir. Pourtant, on peut facilement se laisser prendre à son propre jeu. À force de trop tenter l’autre, il est fort possible de s’être tenté soi-même plus que notre opposant. Mais c’était amusant. Et c’était bien la première fois que la jeuner rousse jouait pour s’amuser et non pas pour gagner. Parce qu’après tout, avec Finn, même si elle perdait, elle gagnait. À tous les coups. Avouons que voir l’autre céder serait tout de même plus délectant. Mais au fond, pousser et repousser nos propres limites, c’était tout de même ce qui pouvait y avoir de mieux dans un jeu. Être vainqueur n’est qu’un titre après tout. Pourtant, en pensant ainsi, Aiko ne pu s’empêcher de dire que ça ne collait pas à sa personnalité. Que c’était un discours de perdant ça. Et qu’elle, eh bien, elle ne fût pas élevée pour perdre. Quelle que soit la bataille. Quel que soit le jeu.

Ainsi proche de lui, elle l’obligerait presque à aller voler ses lèvres. Et pourtant. Elle ne douta pas du fait qu’il allait trouver un autre moyen de s’échapper. Parce que c’était Finn. Et parce qu’il n’allait pas lui faire de cadeaux. Comme elle l’espérait. De sa main libre il saisit une mèche écarlate et commence à jouer avec. Aiko ne réussit néanmoins pas à détourner ses yeux des siens. Quand il parla, quand elle sentit la nouvelle vengeance de Finn, elle ne pût s’empêcher d’étirer quelque peu son sourire, tout contre les lèvres du joli brun. Il ne s’en lassera pas, lui dit-il. Mais elle non plus, voyons. Et ça, elle n’avait pas besoin de le formuler de vive voix, parce que son regard en disait plus long que tous les mots du monde. Et puis, il emprisonna sa lèvre inférieure entre ses dents et un geste lui échappa. Un geste qui n’échappera pourtant pas à Finn, elle en était certaine. Elle avait soudainement resserré l’étreinte sur sa main toujours dans celle de l’homme. Quand il ajouta ces quelques mots, rien que pour l’inciter à faire plus, elle déglutit faiblement. La brève pression sur ses lèvres contribua à cette déglutition.

Il n’allait pas perdre ? C’est ce qu’il croyait. C’était un net sous-entendu pour qu’elle s’active, comme si ce qu’elle avait fait juste que là n’était pas suffisant. Pas seulement comme si, parce que sinon, Finn aurait déjà cédé. Mais non. Alors elle allait devoir faire plus, c’est cela ? Elle n’attendait que son feu vert. Maintenant, il allait regretter. Elle n’allait pas tout donner, mais tout de même assez. Si ça ne suffirait toujours pas, alors il lui faudrait réellement se préparer mentalement. Parce que si avec ce qu’elle avait en tête, le jeune brun s’entêtait à lui résister, c’est qu’il allait certainement le lui faire payer au centuple. Espérons qu’ils n’en arrivent pas là quand même. La partie s’annonçait difficile pour Aiko. Et l’adversaire qui, en plus d’être diablement attirant, était redoutable.

Elle laissa tomber sa main présente sur la nuque du brun le long de son corps, un sourire espiègle éclairant son visage, contrastant à merveille avec son regard assombri. Elle attira Finn à elle, de façon à lui faire croire une fraction de secondes qu’elle était prête à céder – alors même que la lueur de malice dans ses yeux indiquait tout le contraire – et, au dernier moment, elle recula. Elle posa un doigt sur les lèvres de Finn et secoua négativement la tête.

« N’y comptes pas trop. Tu sais, tu avais raison. Je pensais bien à quelque chose tout à l’heure, et j’y pense d’ailleurs toujours. »

Elle ne dit rien de plus. Pas encore. Elle relâcha doucement sa main, pour avoir libre usage de la sienne, et alla d’emblée la laisser traîner sur son torse. Son regard rivé sur le sien, elle ne voulait pas rater ne serait-ce qu’une émotion pouvant transparaître dans ses yeux. Elle se mordit la lèvre inférieure et alla enfouir sa deuxième main dans ses boucles brunes, attirant son visage vers le sien, rencontrant une nouvelle fois son front. Un instant, elle parut totalement lucide. Elle était prête à céder. Il suffisait juste de… De rien en fait. Ainsi proche de ses lèvres, elle voulait les sceller en un baiser passionné. Elle ne voulait plus rien voir d’autre que ses yeux et le désir y brulant. Elle ne voulait plus rien sentir d’autre que le corps embrasé de cet homme contre le sien. Elle ne voulait croire qu’en une seule chose : qu’il soit sien. Elle ne voulait être accrochée qu’à une unique vérité, celle lui dictant que nulle bataille n’aurait lieu si elle décidait d’abandonner. Que l’abandon, au final, il n’y avait rien de plus simple. Il suffisait de se laisser aller. De ne rien faire. Et ce serait merveilleux. Elle aurait tout ce qu’elle souhaitait.
Presque.
Elle aurait presque tout ce qu’elle souhaitait.
Peut-être réussira-t-elle à pleinement le conquérir aujourd’hui. Peut-être qu’elle lui transmettra l’étincelle de désir assombrissant son propre regard. Peut-être qu’elle pourra enfin étancher sa soif en se servant directement à la source, la bouche même de Finn. Peut-être oui. Sûrement même, si elle s’adonnait réellement à cette activité. Mais ça ne lui suffirait pas. Il y aura toujours quelque chose qu’elle n’obtiendra pas du brun. Et c’est ce quelque chose qu’elle convoitait tant. Qu’elle convoitait même plus que le désir qu’elle voulait lire dans ses yeux. Ce quelque chose est un sentiment. Et ce sentiment n’est autre que l’admiration. Si elle abandonnait, jamais elle ne pourra se délecter de l’admiration qu’elle pourrait lire dans les yeux de Finn si elle remportait la victoire. Si elle réussissait à relever ce défi silencieux. Et ce fût bien la seule et unique chose qui la poussa à ne pas abandonner. Et qui, alors même que ses lèvres frôlaient et appliquaient une légère pression contre celles du brun, réussit à lui faire changer d’avis. Elle laissa alors tomber sa tête sur le coté, son souffle chaud et irrégulier s’abattant frénétiquement sur la peau tendre du cou de l’homme.

Sentant que son tour avait été trop court, Aiko décida d’agir une dernière fois avant de passer la main à Finn. Elle laissa le bout de sa langue traîner sur la chaire recouvrant son cou, et elle vint d’ailleurs y ajouter l’index de sa main libre, dans l’intention sans doute d’y mettre un peu plus d’entrain. Ses gestes étaient affreusement lents, mais elle s’appliqua pourtant comme jamais avant. Refusant de laisser ses lèvres toucher la peau de Finn – peur de céder à la tentation ? – elle se servit de ses dents pour coincer une parcelle de ladite peau et la titiller légèrement avant de la relâcher. Quand elle bascula sa tête en arrière, les yeux clos, profitant un instant de la brise d’automne, elle avait la certitude d’avoir déjà gagné. Gagné contre elle-même. Et puis, quand de nouveau, elle fit face au brun, et bien que le souffle court, son regard était teinté d’une conviction inébranlable. Lentement, très lentement, trop lentement même, elle fît passer le bout de sa langue sur les lèvres de Finn pour ensuite la faire passer sur les siennes, avalant tout aussi lentement sa salive, comme si elle était en train de savourer une liqueur rare. Ce qui n’était pas tout à fait faux. Cette liqueur n’appartenait qu’aux lèvres de Finn. Et elle était enivrante. Bien qu’Aiko ne pourra la découvrir pleinement qu’après l’avoir embrassé.

Sa défaite ne dépendait plus que d’une seule chose et ce n’est sûrement pas la volonté de la jeune rousse. Maintenant, il fallait que Finn se surpasse. Qu’il lui prouve qu’il était meilleur qu’elle. Est-ce que ça allait être facile ? Peut-être. Peut-être pas. Pas tant que ça tout de même. Elle avait encore plusieurs tous dans son sac, mais il était tout à fait normal que la jeune femme refuse de tout dévoiler. Ce n’était que son premier tour après tout. Elle espérait ne pas entendre un « c’est tout ? » parce qu’elle n’hésitera plus.
Quand elle plongea ses yeux bruns dans ceux verdoyants de Finn, elle lui disait tout ce que ses lèvres étaient incapables de laisser passer. Elle lui disait qu’elle n’allait pas abandonner. Elle lui disait qu’elle allait gagner. Et ce n’est qu’à ce moment à qu’elle se rendit compte qu’elle avait laissé sa phrase en suspens. Alors, dans un murmure à peine audible, mais d’une voix chargée de conviction, elle s’exprima. Elle exprima ce qui devrait être, pour le moment, la pire crainte de Finn.

« Ta défaite imminente. »
[HRP : Oh, Finn, tu fais un excellent exemple ! ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   31st Octobre 2012, 12:01

Convaincre et persuader, bien que présentés comme synonymes dans le dictionnaire, ont en réalité deux sens. Deux sens qui prennent racine au même endroit mais donnent deux ramures différentes d'un même arbre appelé argumentation. Persuader est rationnel, n'appelant qu'aux fonctions logiques, il tente de démontrer son point de vue en s'appuyant sur des exemples les plus objectifs possible. C'est, en théorie, le discours tenu par les politiques, les orateurs, toutes les personnalités haut placées s'adressant à la foule. En théorie, cela devrait aussi être applicable à tous les discours visant à vendre. En pratique, ça l'est beaucoup moins car ils essaient moins de persuader que de convaincre, biaisant la raison pour lui faire croire qu'elle intervient quand, au fond, ce n'est pas le cas. Convaincre relève donc de l'argumentation par les sentiments. Il n'y a aucune objectivité, ou alors elle est factice. Il est plus simple de chercher à convaincre qu'à persuader dans de nombreux cas, l'Homme ayant une fâcheuse tendance à toujours tout rapporter à lui-même. Dès lors, lui parler de lui, c'est l'atteindre directement.
La personne la plus apte à nous convaincre est nous même. Il est très difficile de faire changer d'avis quelqu'un qui est convaincu de ce qu'il pense. Quelqu'un de persuadé n'aura qu'à voir un contre-exemple pour changer d'avis - avec plus ou moins de bonne volonté. En revanche, quelqu'un de convaincu pourra le rester même après preuve qu'il a tord. Les sentiments sont une puissante attache. C'est ainsi que nombre de personnes commettent des erreurs que la raison aurait pu leur éviter.

Pourtant, ne se servir que de la raison n'est pas bon non plus. Tout ne doit pas être traité avec froideur et détachement, uniquement à partir de données, de faits qui ne peuvent et n'en diront jamais plus que ce qu'ils ne sont. Doser raison et sentiments pour ne pas sombrer ni trop dans l'un, ni trop dans l'autre est donc un travail délicat, perfectible et perfectionné tout au long de la vie. La perfection dans ce domaine ne peut être atteinte, l'on ne peut avoir toujours raison et commettre des erreurs permet d'avancer. Le tout étant de ne pas faire des erreurs ensuite difficilement réparables. Là aussi, ce fait est inévitable dans une vie, et c'est ainsi que les leçons sont apprises. Le test sera toujours présenté avant la leçon, rendant par ailleurs celle-ci plus marquante. La vie est une maîtresse cruelle qui ne fait aucun cadeau à ses enfants et qui les abandonne, un jour, avec une ultime leçon qui ne sera jamais totalement assimilée par celui qui la reçoit. Mais, doucement, petit à petit - mais aussi parfois brutalement - les leçons sont apprises. Parfois retenues, parfois non, elles n'en demeurent pas moins données. Il arrive, souvent, que l'on ne s'en rende même pas compte, tant certaines sont anodines tandis que d'autres sont des constructions qui prennent des mois et des mois. Parfois des années. Dans tous les cas, celles retenues sont réutilisées pour ne pas refaire les même erreurs. Les aînés pouvant aussi les transmettre aux plus jeunes qui, dès lors, en font ce qu'ils en veulent. Et, pour en revenir à convaincre et persuader, il arrive malheureusement trop souvent que pour les persuader de la véracité de la leçon, il faille qu'ils s'en convainquent eux-mêmes via une expérience. Comme ils disent après, "j'aurais dû écouter maman".

Finn est convaincu qu'il peut résister - du moins, encore un peu - à la jolie rousse qui lui fait face. Il n'en est pas persuadé, car il n'y a aucun argument rationnel pour appuyer tout cela. En fait, les arguments rationnels viendraient plutôt réfuter qu'il puisse résister. Et de toute façon, au fond, même lui sait qu'il ne tiendra pas indéfiniment. La question est donc combien de temps tiendra t-il ? Pour offrir un défi un peu plus conséquent à Aiko. Il n'a strictement aucune idée des défis qu'elle a bien pu rencontrer avant et ce n'est pas un sujet qu'il souhaite particulièrement aborder - regardons la vérité en face, ce serait un peu glauque. Aucune idée, mais qu'est-ce qui l'empêche de faire mieux ? Quand on ne sait pas où se trouve le maximum, il n'y a qu'à taper le plus haut possible avec l'espoir que cela dépasse le maximum invisible. Des fois cela marche, des fois pas. Il aura au moins eu la satisfaction d'avoir essayé. Et puis, et puis, il a senti la pression se renforcer sur sa main. Main qui d'ailleurs se trouve toujours emmêlée à sa comparse féminine. La pression, geste trop évocateur pour être volontaire, lui prouve que, à défaut de faire mieux qu'un hypothétique précédent défi, il fait bien. Et bien, c'est déjà pas mal. Alors le défi reste d'une taille compétitive.
Evidemment, il veut aussi tenir un petit moment pour se prouver qu'il peut le faire. Et puis, avouons-le, tout simplement pour titiller Aiko. Tirer des réactions de la jeune femme est un jeu dont il ne parvient pas à se lasser. Pas qu'il ait réellement essayé, bien sûr. Pourquoi ? Aucune idée. Il aime la voir réagir et savoir qu'il est la cause des réactions et c'est tout. Ce n'est pas vraiment une question d’ego, car à ce tarif il pourrait tout aussi bien aller faire réagir d'autres personnes qui placent la barre moins haut. Non. C'est parce que c'est la Baskerville que c'est intéressant. Le pourquoi du comment ne lui travaille pas les neurones du tout.
Trop réfléchir empêche à la longue , selon lui, de profiter comme il faut. Argument faible et réfutable, bien entendu.
Tout répond en partie à la question du pourquoi qui n'a pas été posée, mais pas à celle du temps. Combien ? La réponse est simple : autant qu'il le pourra. C'est à dire, vu ce qu'il peut lire dans les yeux de sa camarade, probablement pas autant qu'il voudrait.

La fourbe l'attire à elle avant de reculer. Son regard l'annonçait pleinement, mais il n'empêche que. Voir ces lèvres remuer en face de lui quand il pourrait tout bonnement les recouvrir des siennes et les découvrir autrement qu'avec ses yeux, c'est cruel.
En même temps, il l'a cherché.

- N’y comptes pas trop. Tu sais, tu avais raison. Je pensais bien à quelque chose tout à l’heure, et j’y pense d’ailleurs toujours.

Oh ? Il est tenté de répondre "quoi donc ?" mais le silence de la rousse lui indique qu'il n'aura pas une réponse de suite. De toute façon, elle est déjà partie sur sa prochaine stratégie pour le faire abandonner. Une main baladeuse. Celle là même qu'il tenait jusqu'à maintenant. Tiens donc. L'attraper reviendrait à commettre l'erreur de prouver que ce toucher l'atteint. Bien qu'il soit évident qu'il le fait. Mais tant qu'à faire... Question de fierté. Alors, entêté, il lui offre un sourire en coin. A l'intérieur, il est à deux doigts de se mordre quelque chose pour contrôler toute réaction involontaire qui pourrait entraîner derrière elle toutes ses
amies et sa défaite avec. Il est parfaitement conscient qu'il ne peut pas tout cacher, qu'une partie de ce qu'il ressent doit se voir. Mais qu'importe. Le but est de ne pas flancher le premier, pas de jouer à qui paraîtra le plus frigide.

La Baskerville revient taquiner ses lèvres. Si près qu'il serait tellement facile de bouger la tête en avant et de ravir ce qui devient de plus en plus tentant.
Il faut savoir se faire désirer, hein ? Elle s'en sort très bien. Et puis elle délaisse son visage pour s'attaquer délibérément lentement à son cou. La lenteur employée ici ne fait que faire durer le temps pendant lequel l'homme doit se contenir. Ne pas, par exemple, pencher la tête sur le côté dans le but d'offrir inconsciemment plus d'espace. Il pourrait presque s'auto féliciter quand elle redresse la tête, laissant une sensation assez indéfinissable s'attarder sur la partie du cou du contractant qu'elle a titillé. Sauf que non, parce qu'il faut qu'elle achève son tour en revenant sur ses lèvres, allant jusqu'à passer un bout de langue dessus. Lentement, bien trop lentement. Tellement qu'il passe à ça de tout lâcher et de saisir son visage pour enfin aller au bout de ce qui commence mais ne finit jamais depuis tout à l'heure.
Sauf que non. La seule réaction qu'il n'arrive pas à contrôler est sa main qui part se perdre dans la chevelure rousse et qui s'y crispe un peu. Si dans l'instant elle voulait reculer le visage, il l'en empêcherait.
Et maintenant, ça va être son tour et, accessoirement, l'heure de la vengeance.

- Ta défaite imminente.

A titre de provocation, Finn sourit à la déclaration. Alors qu'au fond, sa défaite, il l'a entendue toquer à la porte pas plus tard qu'il y a quelques secondes. Il va pour embrasser la commissure des lèvres de la jeune femme, prenant garde à ne toucher qu'à peine ses lèvres des siennes tandis que sa main dans les cheveux d'Aiko se détend. En se décalant juste assez pour pouvoir chatouiller la bouche féminine en parlant, il réplique à la provocation précédente :

- N'inverse pas les rôles.

Comment il fait le malin alors qu'il n'en menait pas large. Alors que, pour tout ce qu'il en sait, il pourrait achever de se faire céder tout seul - et donc à cause de la Baskerville de manière indirecte. Parce qu'en fait, ils s'approchent chacun un peu plus de la rupture en tentant d'amener celle de l'autre. Et, au fond, la défaite de l'un n'amènerait-elle pas irrémédiablement la chute de l'autre ? Pour sûr, celui qui lâchera en premier aura tout le loisir de faire ce qu'il veut. Et peut-être qu'il serait bon pour eux de ne pas oublier le premier défi, à savoir faire perdre la raison à l'autre. Pourtant, ils continuent à s'enfoncer dans leurs jeux. Jeux qui, petit à petit, deviennent aussi des envies pures. Est-ce qu'ils s'en plaignent ? Loin de là.

Le contractant glisse sa main libre sur les hanches d'Aiko - sous la cape, bien sûr -, se rapprochant du même coup d'elle. Il va jusqu'à prendre le paris risqué de coller leurs corps. Aux grands maux les grands remèdes comme on dit, mais il risque fort d'ainsi précipiter sa propre chute.
Il descend son visage. Evidemment, le cou de la jeune femme va y passer. Non mais, chacun son tour. Et puisqu'il avait bien envie d'y poser les lèvres, il tient là une occasion de le faire. Ce qu'il fait donc, gentiment, près de la base du cou. Mordillant un instant la peau avant d'y reposer ses lèvres. Et puis il dévie, embrassant la peau au fur et à mesure qu'il progresse le long de son cou, puis de de sa mâchoire, embrassant aussi bien que mordillant la peau douce. Jusqu'à l'oreille de la jeune rousse où il s'arrête pour y glisser avec amusement:

- Tu sais, ma défaite pourrait bien entraîner la tienne.

La main qui se trouvait dans la chevelure va se poser sur la joue contre laquelle il n'est pas, tandis que sur la hanche, la main aventureuse a suffisamment remonté pour pouvoir glisser un pouce sous le haut de la jeune femme, et il s'amuse depuis peu à faire des allez retour sur la parcelle de peau touchée. Et ça, il ne s'en est même pas rendu compte plus tôt. Le pouce se figeant alors dans son mouvement dès que le contractant s'en aperçoit.
Avec un sourire qui indique qu'une idée vient de germer entre ses deux oreilles, il revient placer son visage face à celui de la Baskerville. Sans pour autant mettre

de la distance entre eux.

- J'crois que je peux même te le prouver.

Leurs lèvres se rencontrent. Enfin. Sans autre avertissement que cela, il vient prendre possession temporairement de la bouche offerte, avec une force née de l'envie couplée à l'attente, sans pour autant être brusque. Et maintenant qu'il a cédé sur ce terrain là, il en profite. Et il en profite beaucoup, prenant un soin tout particulier à la façon dont il bouge ses lèvres contre celles de la femme. Il profite autant qu'il essaie de la faire profiter. Et de prouver son point, bien sûr. Bien que sur le moment, ce ne soit pas ce qui se trouve sur le devant de son esprit, ses sens étant tous concentrés ailleurs. Parce qu'après tout, il n'aura peut-être pas d'autres occasions. Si Aiko juge qu'il a finalement été très faible sur ce coup. Il a en effet cédé. Plus ou moins. Du moins, il a été le premier à bouger. Mais au final, qui perd vraiment ? Pour sa part, il s'en fiche.

Il finit par relâcher la bouche de la jeune femme en éloignant à peine son visage. Son souffle peut encore s'abattre sur les lèvres qu'il vient de quitter et sur lesquelles il retournerait bien. Mais allons, il y a quand même un jeu en cours. C'est qu'il est facile de se laisser distraire.

- Tu regrettes toujours d'être venue ?

Oh, elle est finalement ressortie.
Son pouce explorateur plus bas a recommencé ses mouvements. Sauf que cette fois, Finn le laisse faire tandis qu'il attend toujours avec un sourire amusé - et probablement un regard un peu plus sombre - la répartie qui ne manquera pas de venir. Ce n'est probablement pas demain la veille qu'il entendra de cette jolie bouche agréable à embrasser qu'il a réussi son coup. En même temps, il ne jouerait pas avec Aiko s'il y tenait absolument. Après tout, elle manie aussi bien les mots que l'art d'embrasser.

[Hrp: MOUAHAHAHAHA. ♥ Bon en vrai j'aime pas trop le post. Mais je suis satisfaite de sa longueur *baff*]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   1st Novembre 2012, 07:24

Il est tout à fait probable de trouver des mots dans le dictionnaire qui n’existent pas réellement. Par exemple : licorne et griffon. Mais il est toujours indiqué que c’est tiré de l’imaginaire, de la mythologie grecque, romaine, ou autre. Pourtant, il y a un mot qui n’est suivi ni précédé par nul terme portant sur l’irréel. La perfection. Ne pensez-vous qu’il devrait être indiqué que telle chose n’existe pas ? Quel tel état ne peut être approprié à l’Homme ? À ce vil Homme ayant pour seule différence avec l’animal un cerveau ? Et un cerveau dont il ne sait se servir qu’à moitié qui plus est. Brutal, barbare et sauvage. Sa place n’est sûrement pas sur Terre. La perfection ne peut pas être associé à pareille être. À pareille chose. À pareille bête. Rien, aussi loin que remonte l’Histoire de l’Humanité, n’a jamais été parfait. Même les plus grands savants, les plus grands physiciens et matheux – toux ceux censés représenter l’espoir du monde de part leur intelligence et leur perspicacité à ne pas s’attarder sur les futilités de la vie – ont commis une erreur quelques part. Aujourd’hui, nous les découvrons, relevées par des êtres amateurs par rapport à tous ces pseudo-savants. Quoiqu’il en soit, les exemples n’en finissent pas. Et croyez-moi, alors que mon cerveau est parfaitement éveillé pour vous faire part de ce sujet, je cherche encore un évènement qui aurait pu ne serait-ce que frôler la perfection. Il y a bien des guerriers qui ont appliqué une stratégie sans failles. Mais de un, si réellement elles étaient sans failles, ils ne seraient pas morts l’arme à la main et auraient été présents près des historiens pour écrire de cette main écorchée et ensanglantée leurs véritables histoires. L’Histoire qui devrait s’étudier aux rangs des établissements scolaires ; celle qui n’est pas falsifiée. Ils y a ceux qui ne sont pas morts. Mais qui, plus tard, sont tombés plus bas que terre. Et bien sûr, il y a à notre disposition maintes et maintes autres exemples. De deux, en aucun cas je n’ai l’intention de soutenir le mouvement de la guerre. Ceux ayant vaillamment combattu étaient ce que l’on nomme des héros, mais en aucun cas ils n’ont atteint le haut degré – bien trop haut degré – de la perfection. D’ailleurs, comment l’atteindre ? En ne commettant aucune faute. Et les fautes ne sont pas toujours celles que l’ont croient, les plus apparentes – c’est d’ailleurs tout bonnement impossible de ne commettre aucune erreur. Pour reprendre l’exemple de la guerre, rien que le fait d’avoir pris les armes et de ne pas avoir été assez éveillé d’esprit pour trouver une autre solution que d’ôter la vie est une erreur. Soit ils ont fait cela pour protéger leurs familles, ce qui malheureusement veut dire qu’ils n’ont pas trouvé un meilleur moyen pour épargner à ceux qu’ils aiment la vue du sang à longueur de journée, soit ils ont obéis aveuglément aux ordres de leur supérieur. Jamais un humain n’a été à la hauteur de la perfection. Il y toujours mieux que soi, après tout. C’est ce qu’on ne cesse de nous répéter depuis notre plus jeune âge. On peut toujours faire mieux. Même lors d’examens écrits. Car effectivement, même en obtenant la note complète, il aurait été possible de travailler mieux que ça, d’éviter les gribouillages, d’écrire plus clairement peut-être, ou d’utiliser une méthode plus facile pour atteindre la réponse convoitée. Lors d’examens oraux, il est évident qu’atteint un moment, on balbutiera. Et c’est une faute. Même si avec le temps, nous avons réussi à définir le stress comme étant quelque chose nous submergeant et n’étant pas forcément contrôlable. Alors il n’entre en compte dans ces examens que si nous bégayons et hésitons trop ; ce qui ne relève au fond plus du stress mais d’un manque de confiance en soi. La musique n’est pas non plus un art où l’on peut être parfait. On peut peut-être exceller, mais sûrement pas atteindre la perfection. Un autre exemple ? Face à une situation, nous adoptons un certain comportement. Qui n’est pas non plus parfait. Soit on manque de tact, ou alors d’indifférence, voire même de sentiments pour les plus psychopathes d’entre nous. Les familles Ducales de Réveil ne sont pas non plus parfaites, et ce ne sont sûrement pas les exemples qui manquent. Pandora, qui manque d’informations sur l’Abyss, ne l’est pas non plus. Pas même les Baskerville qui, malgré le fait d’être toujours debout malgré les nombreux coups auxquels ils ont dû faire face, ont obéi à Glen sans réfléchir. Aiko, elle qui aimait faire preuve de supériorité face aux autres, n’en demeurait pas moins imparfaite. Elle avait fait partie de ce troupeau qui a abattu sa lame sur les têtes d’innocents sous ordre direct du chef de famille. Elle n’était pas idéaliste, ni utopiste, et n’aspirait donc pas à la perfection. Pas vraiment, car on veut toujours l’atteindre, d’un coté ou d’un autre. Ce qui ne l’empêchait pas de penser qu’il était impossible de l’atteindre. C’est ce qu’elle pensait néanmoins jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui où elle faisait face à Finn et face à son expertise. Il n’était pas parfait, lui non plus. Il obéissait, comme tous les Baskerville. C’était un suiveur, pas un meneur. Mais ce n’était pas tout. Même lorsqu’il se prêtait à ce jeu avec la rousse, il commettait des erreurs. Erreurs qu’Aiko appréciait, car ça la rapprochait un peu plus de la victoire. Mais il avait tout de même frôlé la perfection. Et c’était bien la première fois que la jeune femme voyait pareille chose se produire. Ne pas réagir aux caresses et aux provocations des hommes est relativement difficile. Mais avec le jeune brun, elle était vraiment à ça de fermer les yeux et de se laisser aller. Après tout, elle avait tout à gagner et rien à perdre. Peut-être perdre le jeu. Mais ça, elle s’en fichait un peu. Elle pourrait enfin profiter de ce corps qui ne cessait de s’approcher du sien pour aussitôt s’esquiver. Bien trop vite pour qu’elle ait eu le temps de l’attraper. Ce serait si facile. Tellement facile de ne rien faire. De juste se laisser aller. Pourtant, une petite voix en elle lui sommait de ne pas faiblir. Pas tout de suite. Parce que le moment viendra. Et elle ne le repoussera pas plus longtemps qu’il ne le faille. Mais il ne fallait néanmoins pas nier une chose. Finn l’avait traînée à un gouffre de ressentis et de pensées qu’elle ne connaissait que par réputation. Et pour cela, il avait, à ses yeux et en ce jour seulement, frôlé les fourbes limites de la perfection. Il n’atteindra jamais la perfection absolue. Même pas à ce jeu. Parce qu’il avait beau se contenir, il n’était pas indifférent à Aiko. Et ce n’est pas comme si cette femme ne savait pas en profiter. Alors il est évident que la perfection reste pour toujours et à jamais un point que l’on ne peut atteindre. Une parfaite utopie qui nous permet néanmoins de progresser.

Ce jeu auquel ils se prêtaient tout deux avait quelque chose de particulièrement plaisant. En somme, il était drôlement tordu. Mais ni l’un ni l’autre n’y faisaient attention. Ils avaient depuis un moment déjà dépassé ce cap. Aiko était là la recherche de ce défi difficile – voire impossible – à remporter. Quand elle le trouvera, eh bien, elle ne cessera de vouloir dépasser les imites qu’il lui imposera. Sans jamais entrevoir l’ombre de la perfection, elle en était bien consciente. Mais rien que pour son propre plaisir, elle fera toujours mieux. Son plaisir et celui de son opposant. Finn était bien parti pour être le seul homme restant avec qui la jeune rousse désirait s’amuser. En fait, ce n’était plus que de l’amusement. Ça prenait lentement mais sûrement d’autres envergures. Envergues auxquelles elle ne voulait pas penser. Non seulement ça gâcherait le moment présent, mais en plus de cela, elle n’était vraiment pas pressée. Ce qu’elle vivait avec lui convenait à merveille. Alors pourquoi voir encore plus loin, au risque de ne plus jamais réussir à faire marche arrière ? Néanmoins, elle se demandait ce qu’il ressentait, lui. Exactement. Même si elle le lui demandait, même s’il y répondait, elle ne pourra jamais savoir. Lui-même ne le pouvait, à vrai dire. Ça s’exprimerait tout au long de leur jeu. Ça évoluera. Dans un sens ou dans un autre. Mais ça évoluera. Et ça assouvira peut-être la soif de curiosité de la jeune femme. Jeune femme qui devrait d’abord essayer de démêler ses sentiments avant de ne serait-ce que penser à s’attarder sur ceux de son opposant.

Plus elle y pensait, plus elle trouvait stupide le fait qu’il y ait à la fin un vainqueur. Si Finn réussissait – et elle n’en doutait pas le moins du monde – à lui faire perdre sa clairvoyance, alors il le sera tout autant qu’elle dans un état second. Car pour faire devenir quelqu’un fou, ne faut-il pas d’abord l’être soi-même ? Si elle venait à trouver le point sensible de ce charmant brun et qu’elle réussissait à appuyer dessus, alors elle sera assez déconcentrée pour l’amener lui-même à être dans la ma tête situation qu’elle. Parce qu’effectivement, si elle venait à trouver ce fameux point dont je vous parle, elle sera inévitablement ivre de ce pouvoir qu’elle aura sur lui. Et relativement, elle baissera juste assez sa garde pour que Finn puisse trouver le moyen de prendre le contrôle sur elle. Et donc, l’un ne vaudra pas mieux que l’autre. Le jeu, au fond, renvoyait à plusieurs idées. D’abord à qui aura le contrôle sur l’autre le plus longtemps. Car il était plus qu’évident qu’à un moment ou à un autre, ce sera au tour de l’autre de prendre le dessus, plaçant la barre plus haut. Toujours plus haut. Ce qui fait que les adversaires ne cesseront de se surpasser. Ce sera nouveau. Inconnu. Et c’est cela qui attire inexorablement l’être humain. Après, leur jeu ne signifie pas spécialement « qui fera perdre toute lucidité à l’autre en premier », mais « qui perdra le premier sa lucidité – ce qui, au final, a un peu le même sens car l’autre en sera tout de même reponsable. » Après toutes ces réflexions, Aiko était sûre d’une chose. Il n’y aura pas de vainqueur. Au dernier moment, le jeu dérivera vers un simple désir qui ne sera plus possible de contrôler. Le but ne sera plus aucun de ceux qu’ils ont pu être, jusque là, fixées. L’unique objectif sera l’unique règle de leur jeu ; profiter au maximum.

Après tout, n’étaient-ils pas tous deux Baskerville ? Il est donc tout à fait normal que la torture et la cruauté ne leur échappent pas. Et ce, quelque que puisse être le contexte, bien entendu. Heureusement pour Aiko, elle maîtrisait bien ce domaine-là. Heureusement pour Finn, il n’était pas moins doué que la demoiselle. Malheureusement pour la rousse, son opposant ne cessait de la narguer. Et malheureusement pour lui, elle n’avait pas encore cédé. Pas encore. Révélateur, n’est-ce pas ? Il était étrange qu’elle sente sa défaite si proche. Un gouffre qui n’était pas à plus d’un pas derrière elle. Mais elle était solidement agrippée à Finn. Si elle tombait, si elle sombrait, elle ne le ferait sûrement pas seule. Rien que pour profiter de ce moment de folie tous deux. Rien que pour oublier les règles dictées par le manoir et par la Société. Rien que pour oublier l’étique. Être juste ce qu’ils sont. Sans se cacher. Et surtout enfin laisser la raison se perdre parmi l’invasion de l’inconscience. Après tout, ils le méritaient bien. Parce d’un point de vu objectif, même si leurs vies n’avaient à priori rien de désastres, ils vivent tout de même dans un mensonge omniprésent. Leur appartenance à cette famille les entravait, même si tous deux étaient aveuglés et convaincus du contraire. Pour deux adultes comme eux, protéger ceux qui leurs sont chers est maintenant la raison qui dicte leurs vies et leurs ascensions continues. Mais une vie donc les murs sont tapissés de sangs d’innocents ou d’ignobles personnages – d’être vivants, quoiqu’il en soit – n’est pas tant une vie que ça. Pourtant, ils l’acceptaient. Et ils le vivaient bien. C’est pour cela qu’ils mériteraient bien une escapade hors d’atteinte de ce monde. Hors d’atteinte de la raison.

Le visage de Finn ne laissait pas tout transparaitre. Bien sûr. Mais tout de même juste assez pour prouver à Aiko qu’elle s’y prenait plutôt bienn mais que, peut-être, elle devrait faire plus. Quoique non. Il y avait deux plaisirs dans ce jeu : faire ressentir et ressentir. Et il était temps pour elle d’échanger les rôles avec son camarade. À lui de montrer ce dont il était capable et à elle de lutter du mieux qu’elle le pourrait pour ne pas laisser ses yeux trop en dire. Ni une quelconque autre partie de son corps d’ailleurs. Mais elle ne pensait pas à cela pour le moment. La main s’étant allée se perdre dans sa chevelure rousse se crispa, et elle le sentit bien. Elle ne pût s’empêcher de sourire, amusée, se demandant ce qu’il ferait si elle reculait. Elle ne le saurait probablement jamais car elle en était tout bonnement incapable. Incapable de créer une distance plus ponctuée entre leurs deux visages. Comment sentir son souffle sur sa peau, après cela ? Elle resta donc sur son idée première, gardant son visage proche du sien, lui cédant son tour, cachant farouchement une impatience bouillonnant en elle.

Lorsqu’elle lui fit part de ce qu’elle pensait, il sourit. Provocation. Elle nota cela dans un coin de son esprit, de façon à le lui faire payer ultérieurement. Lorsqu’il s’approcha pour lui embrasser le coin de la bouche, elle frémit. Un long frémissement agréable. Comme pour lui signaler que si elle le voulait, elle aurait droit à ces vagues de plaisir déferlantes à volonté. Pourtant, elle s’obstina. Elle ne voulait pas qu’il gagne. Pas comme ça. Un frôlement. À peine. Mais tellement plaisant. Oui, vraiment, il suffirait de tourner sa tête de quelques infimes centimètres pour pouvoir pleinement en profiter. Heureusement, il recula. Enfin, heureusement, c’est ce que pensa Aiko premièrement. Avant de voir qu’il n’avait pas l’intention d’en arrêter là. Tout en parlant, ses lèvres effleuraient les siennes, l’incitant une énième fois à céder. Elle s’obligea néanmoins à rester concentrée sur ce qu’il venait de lui dire.

Comme si les rôles avaient été fixés à un quelconque moment. Tout de même, c’était bien lui qui avait dit qu’il allait perdre, par conséquent, lui tenir ainsi tête en prétendant le contraire était certes un inversement de rôles. Elle sourit, tout contre ses lèvres, de ce sourire espiègle et arrogant. Et puis, s’étant un peu trop perdue dans le regard de son opposant, elle sursauta légèrement lorsqu’une main vint se poser sur sa hanche, juste au-dessus de sa jupe, rapprochant plus qu’ils ne l’étaient déjà leurs deux corps. C’était dangereux. Autant pour elle que le brun. Mais ils se délectaient toux deux de ce danger. Le visage de son opposant descendit progressivement, et elle comprit que la sentence n’allait plus tarder à tomber de tomber. Et de tout son poids. À peine le souffle chaud s’abattit-il sur sa peau qu’elle crispa ses mains derrière la nuque de Finn, déglutissant faiblement. Le cou est une zone sensible. Chez certains plus que chez d’autres. Aiko faisait partie de ces certains, au plus grand plaisir – elle le devinait – de son opposant. Le contact de ses lèvres contre sa peau l’obligea à fermer les yeux et donc à se priver volontairement du de son sens de la vue pour se concentrer sur celui du touché. Il commença alors à progresser tout au long de son cou, mordillant par moment sa peau, pour ensuite venir la recouvrir de ses lèvres douces et chaudes. L’étonnement avait été clairement lisible ; le but de Finn avait donc dû être atteint. Inconsciemment, elle vint enrouler ses deux bras autour de son cou. Il continua son ascension jusqu’à sa mâchoire, et Aiko rouvrit les yeux presque à contrecœur, refusant tout de même qu’il remarque ce détail. Atteignant son oreille, d’une voix teintée d’amusement, il exprima une vérité qu’elle aurait préféré ne pas voir en face. Lorsqu’elle sentit l’un des doigts de Finn se balader sur une parcelle de son ventre dévoilée, ses mains se crispèrent un peu plus alors qu’elle se mordit la langue, s’empêchant de faire ou de dire quelque chose qui l’entraînerait inévitablement à sa perte. Bizarrement, elle avait l’impression d’avoir soupiré. Espérons que Finn ne s’en soit pas rendu compte. Il arrêta soudainement ses caresses, et la rousse ne saurait dire si ça lui faisait plaisir ou pas. La main ayant passé suffisamment de temps dans sa chevelure avait depuis peu glissé jusqu’à sa joue, mais c’est à peine si elle le remarqua. Quand il revient placer son visage face au sien et qu’il lui sourit de cette façon si particulière, elle s’attendit au pire – au meilleur. Non, non, non. Ça, ce n’était pas bon. Pas bon du tout. Elle aurait bien aimé protesté, lui dire qu’elle le croyait, qu’elle n’avait nulle besoin de preuve. Mais. Sa curiosité – son désir ? – l’emporta. Les paroles accompagnant le sourire, Finn venait de souffler sur la très légère brume d’espoir qu’il restait à la jeune femme. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir lui faire ?

Elle aurait bien voulu y réfléchir, mais elle n’en eût pas le temps. Les lèvres du brun vinrent recouvrir les siennes avant qu’elle ait pu faire quoique ce soit. Ce n’est pas comme si elle aurait reculé ou autre de toute façon. Instinctivement, un de ses mains prit place sur la nuque de Finn tandis que l’autre remonta dans ses boucles brunes. À ce moment, elle comprit deux choses. Premièrement, il avait raison. Il venait de chuter et elle venait de le suivre sans même prendre le temps d’y réfléchir. Et deuxièmement, elle venait de perdre le contrôle de la partie.

Le mouvement de ses lèvres était subtil, et la jeune femme comprit bien que Finn s’appliquait. Elle lui laissa – pour cette fois-ci du moins – l’entier contrôle de ce baiser. Il l’a généré, il le dirigeait, et il y mettra fin quand il en aura envie – ou quand le souffle lui manquera. Pour cette fois, et uniquement cette fois, Aiko ne fit et ne ferait que réagir. Pendant ce baiser, où elle n’avait conscience de la situation qu’à moitié, elle réussit quand même à se demander si cela voulait dire que Finn avait perdu. Il était évident que non. En fait, il n’avait pas tant cédé qu’elle ne le fit. S’il ne l’avait pas embrassé à l’instant, elle l’aurait fait. Donc elle ne pouvait le blâmer d’avoir cédé. Sûrement pas après l’agréable moment qu’il venait de lui faire passer. Si lui était coupable d’avoir cédé, alors elle était coupable de s’être abandonnée à lui.
Quand il rompit le contact et qu’il revint se placer devant elle, toujours aussi proche, elle ne pût s’empêcher de sourire. À la fois amusée, satisfaite et... Désireuse. Il parla, mais elle l’écouta à peine. Ce qui la ramena définitivement sur Terre, c’était le doigt baladeur qui recommençait à caresser son ventre.
À son tour, donc ? Eh bien. Et si elle commençait par parler, parce que ça fait tout de même un moment qu’elle n’avait rien dit.

« Ta défaite... Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que ce n’est qu’une cruelle illusion qui m’empêche de voir ma propre chute ? »

Sa voix, quelque peu rauque vu que ça faisait un moment qu’elle ne l’a pas utilisée – bien que ce serait surtout à cause de la chaleur de son corps – n’était pas mélancolique ou autre. Elle le dirait presque avec satisfaction. Sa façon de féliciter Finn, parce qu’il pouvait toujours attendre s’il espérait recevoir des éloges de la part de la jeune femme. Ses mains se détendent enfin, et celle présente dans la chevelure brune retomba sur l’épaule de l’homme. Non, elle n’était pas en train de réfléchir. Elle ne réfléchissait pas à une quelconque stratégie, car ce n’est pas une bataille mais un jeu. Elle cherchait juste à retrouver l’usage de ses moyens avant de commencer. Avant de contre-attaquer. Et elle allait frapper fort. Du moins, elle l’espérait.

Elle posa ses deux mains sur le visage de Finn, plongeant son regard dans la sien, le même sourire aux lèvres. Elle vint coller son front au sien et prit une grande inspiration avant de saisir la lèvre inférieure de l’homme entre ses dents, la mordillant. Elle n’usait plus de cette douceur timide ; elle le faisait frénétiquement, prenant tout de même garde à ne pas faire mal à son opposant. Ses mains froides tombèrent le long de son corps pour aller relever le haut de Finn. Elle y avait pensé plus tôt, mais elle n’avait pas osé. En revanche, si lui ne s’était pas gêné, ce ne serait sûrement pas elle qui hésitera plus longtemps. Elle les déposa sur son ventre, au niveau de ses abdominaux, et elle-même ne pu retenir un frisson en sentant la soudaine chaleur sur ses mains. Elle cessa son petit manège en haut pour laisser ses lèvres traîner un peu partout sur le visage de Finn, alors qu’elle prenait un malin plaisir à dessiner des cercles à l’aide de son index, allant parfois jusqu’à racler ses ongles sur la peau tiède. Mais cela revenait à copier. Et copier, c’est pas bien. Alors, refusant de réfléchir à ce qu’elle allait faire – car cela reviendrait à se rétracter, elle glissa l’une de ses mains un peu plus bas, au ras de la ceinture. Son autre main alla d’ailleurs s’accrocher à cette ceinture. Avouons que lorsqu’elle avait ainsi plaqué ses mains contre lui, il n’était pas facile de rapprocher leurs deux corps. Eh oui, sa seule intention était là. Se servant donc de cette prise, elle attira Finn à elle, immobilisant la main présente sur sa peau, une étrange malice dans son regard.

Elle arrêta aussitôt son petit jeu de lèvres, plongeant ses yeux dans ceux de son opposant. Elle inclina légèrement la tête sur le coté en saisissant ses lèvres à la volée. Maintenant que le terrain était dégagé, ne pas s’y aventurer approcherait du blasphème. Comme tout premier baiser qu’elle donnait, sans être maladroite, elle était tout de même assez timide. Mais avec Finn, elle ne passait pas plus de quelques infimes secondes ainsi. Rapidement, elle y ajouta passion et entrain, allant jusqu’à obliger le brun à reculer, le suivant bien sûr de près. Cette fois-ci, elle ne lui laissa même pas le choix de diriger ou pas le baiser. Au fond, quelle importance ? Le baiser est un échange, et si l’un refuse, il ne peut avoir lieu. Tout bonnement. Alors celui qui le génère, celui qui y met le plus d’ardeur, ça n’a nulle importance. Pas pour Aiko du moins, et ce, malgré son féminisme. Je pensais tout de même vous avoir dis qu’avec Finn, elle n’y pensait guère, à ce féminisme. De toute façon, ce n’est pas comme si elle était en mesure de réfléchit, ne se focalisant que sur les lèvres du brun qui étaient pressées contre les siennes, ainsi que sur les profondeurs de sa bouche se faisant explorer par sa propre langue.

Quand elle rompit le contact, elle bascula sa tête en arrière en recherchant son souffle. Une fois qu’elle l’eût trouvé, elle se redressa et lâcha enfin la ceinture de Finn pour glisser la main désormais libre sur son visage. Comme attirée, elle revint vers lui, esquivant cette fois-ci ses lèvres pour aller se nicher au creux de son cou. Après tout, elle n’avait toujours pas eu le privilège de toucher cette peau si tendre de ses lèvres. Ce qu’elle fit d’ailleurs, le plus délicatement possible après pareil baiser. Elle laissa traîner sa langue dessus sans avertir, se lassant néanmoins rapidement. Finalement, elle laissa ses lèvres plaquées près de sa jugulaire, là où elle sentait le sang battre. Elle resta un moment ainsi, les yeux clos, profitant uniquement de l’instant présent. Quand elle se redressa, elle n’était même plus en mesure de lui répondre en disant qu’elle ne regrettait rien. De toute façon, après tout cela, il comprendrait. Forcément. Tout ce qui réussit à s’échapper de sa bouche fût un murmure où se mêlait soulagement et désir.

« Finn... »

Stupide, non ? C’était pourtant typique. À quoi cela pouvait bien servir de prononcer son prénom ? Sûrement et seulement à évacuer une pression s’étant depuis trop longtemps attardée sur tout le corps de la jeune femme. Alors qu’elle laissait tomber son front contre son torse, ses doigts, plus bas, ne cessaient de racler la peau du brun, allant narguer et défier sa ceinture.

Il avait de loin dépassé toutes ses espérances. Il s’était avéré être bien plus qu’un défi. Et c’était bien la première fois qu’Aiko voyait un homme autrement qu’un être inférieur ou qu’un défi. En fait, Finn, elle le voyait comme il était. Simplement. Elle ne voulait toujours pas savoir ce qu’il représentait exactement pour elle, alors qu’il suffirait de se pencher quelque peu sur la question. Pour l’instant, elle n’avait qu’une seule envie, aussi étrange qu’elle puisse être. Et cette envie se résumait à entraîner Finn avec elle dans sa déchéance.
[HRP : Comment j’ai adoré ton post ! *^* Huhu, moi aussi je suis fière de la longueur de mon post. ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   2nd Novembre 2012, 00:35

La précipitation n'amène, en général, rien de bon. Parce qu'elle n'est pas réfléchie, parce qu'elle relève du coup de tête, parce qu'elle va vite, trop vite, parce qu'après vient presque toujours le regret en "si". S’il c'était passé ça, si j'avais agis autrement, si, si, si. Si, mais les faits sont là. Cela n'empêche en rien de regretter une action mûrement réfléchie, bien entendue, mais il y a moins de regrets sur soi-même. Car la décision, bonne ou mauvaise, aura été précédée d'une réflexion. Cela ne signifie pas pour autant qu'agir sur un coup de tête est mauvais. Des fois, des gestes ont été mûrement réfléchis, trop longtemps hésités, et sortent donc un jour sans prévenir. D'autres fois, le temps joue contre l'acteur. Auquel cas, il n'y a pas d'autre solution que la précipitation, penser revenant à une perte de temps trop souvent fatale. Enfin, il ne faut pas confondre précipitation et hâte. Le premier contenant cette idée d'urgence, de bousculement; quand le second sous-entend plus que l'action effectuée l'a été vite et avec peu de soin quant à sa réalisation, sans pour autant que quoi que ce pousse en ce sens. Néanmoins, autant que faire se peut, il faut toujours trouver le temps de réfléchir. S'il n'existe pas, il faut le libérer, tenter de le créer. Ou, à défaut, remettre la décision à plus tard. Dans le cas de décisions, remettre à plus tard n'est pas forcément toujours une mauvaise chose. A condition bien sûr que ce plus tard ne se transforme pas en trop tard. Ce qui serait regrettable. Un bon moyen de pallier à tout cela est bien sûr de voir les choses venir et de commencer à y réfléchir en avance tout en surveillant l'évolution des choses. Etre paré à toute éventualité comme on dit. Difficile, car il y a toujours des imprévus. Mais mieux que d'être constamment pris au dépourvu. Finn fait partie des gens qui refusent de voir venir - et à force ne le font même plus exprès -, et se retrouvent avec des situations sur les bras à devoir gérer en temps réel. La plupart du temps du moins. Des fois il s'en sort, d'autres fois non. Mais la fois d'après, il recommence. Encore, toujours, seul le moment présent compte. Le passé est révolu, l'avenir attendra demain. Pourquoi se préoccuper de ce qui n'est plus ou n'est pas encore ? Négligeant par là même le fait que ce qui n'est pas encore deviendra ce qui est, qui lui-même deviendra ce qui n'est plus. Et ainsi de suite. C'est drôle comme il réagit toujours ainsi. A se prendre la tête uniquement quand la situation est en place, alors même qu'il pourrait, en réfléchissant un peu, la voir venir de loin. Au moins y donner quelques pensées, songer aux éventualités, peut-être poser le doigt sur d’éventuels problèmes à venir. C'est ainsi qu'il s'est retrouvé dans une impasse l'autre soir avec Fuyu par exemple. Pas qu'il s'en plaigne, oh non loin de là. Mais maintenant, il ne sait pas où va cette relation qui se renforce petit à petit, et ne cherche pas à le deviner à l'avance. Il sait juste qu'il tient à la plus jeune et se jetterait volontiers en travers d'un coup qui lui serait destiné si cela pouvait l'épargner. Tout autant qu’il sait qu’il ne veut pas qu’on lui fasse de mal. Sujet d’ailleurs sur lequel, à chaque rencontre, il a du mal à se mettre d’accord avec lui-même. Parce qu’il n’a pas de contrôle sur sa vie, n’a pas le droit d’en avoir, et pourtant il voudrait que certaines choses se passent d’une certaine manière et pas autrement. Mais ça, il n’y réfléchit qu’aux rencontres. Viendra un jour où il tombera nez à nez avec les faits en train de se dérouler. Ce jour-là, il improvisera. Voilà tout. Et il continuera à agir comme cela jusqu'à ce qu'un évènement tourne réellement mal et lui fasse rentrer dans le crâne une bonne fois pour toute la ligne de conduite qu'il serait plus raisonnable d'adopter. D'ici là, il n'a pas fini de se comporter ainsi. Tant pis pour lui.

Cette fois-ci encore il ne réfléchit pas. A ce que certaines des sensations qui le traverses veulent dire, à ce qu’il lit dans le regard d’Aiko peut aussi sous-entendre, à pourquoi il ressent certains sentiments nouveaux. On pourrait, pour sa défense, tout de même pointer que la situation laisse difficilement l'occasion de réfléchir. Il ne serait pas étonné d'apprendre qu'Aiko, pourtant la première à faire usage de son cerveau, se trouve entravée dans ses capacités à le faire actuellement. A marcher plus sur les bases instinctives et sur impulsion qu'autre chose. Ce sont des gestes qui ont déjà été accomplis maintes fois avec d'autres. Pourtant, tout semble neuf sans l'être. Il n'est pas étranger au désir qui est en train de se former, mais les réactions d'Aiko à ses gestes lui sont propres. Tout autant que les caresses qu'elle peut lui donner, ainsi que la façon dont il doit s'y prendre pour la toucher. Certes les gestes, sur le principe, restent les mêmes. Avec toute une palette de nuances propres à la situation qui, au final, les éclairent d'une autre façon. Il serait de toute façon erroné de comparer l'actuel à ce qui a déjà été vécu. A commencer par le fait qu'habituellement, il ne tient pas particulièrement aux femmes avec qui il partage ce genre d'échanges. Elles ne tiennent pas à lui non plus, d'ailleurs. Alors qu'Aiko, il l'aime bien. Elle n'est pas une femme dont il se dit qu'il ne la reverra jamais et tant mieux. Sans aller jusqu'à dire qu'il est prêt à planifier une nouvelle rencontre ici et maintenant, il sait qu'il la reverra. Tôt ou tard. Et que ce ne sera pas à contre-coeur qu'il ira lui adresser la parole. Comme à chaque fois. Sans que leurs discussions aient à tourner comme elle l'a fait aujourd'hui d'ailleurs. Il l'apprécie et le vit très bien, point à la ligne. En espérant que ce soit un peu réciproque. Il suppose que oui, vu qu'elle peut "capter ses appels silencieux".
Sacré Aiko.

Aiko qui, d'ailleurs, est en train de céder sous ses caresses. Il aura fallu qu'il abdique devant le défi précédent - d'ailleurs jamais prononcé à voix haute, complètement tacite entre les deux - pour cela. Même si au fond il l'a sentie proche de la rupture avant. Il n'empêche que. La prochaine fois, si prochaine fois il y a, elle n'aura pas de petite victoire aussi facile. Enfin, "facile". Pour sa fierté d'homme, il affirmera s'être vaillamment battu. Faudrait pas pousser mémé dans les orties, quand même. Bref. Ceci étant révolu, la suite est quand même nettement plus intéressante. Il la sent se rendre progressivement sous ses caresses. Tout en sachant bien que, lorsqu'il cessera, il devra faire face au retour de bâton. Retour qui est, dans ce cas, aussi craint qu'il est attendu. Tout à fait paradoxal. Disons alors qu'il est plus anticipé que craint. Nuance assez minime, ici. Il ne sait peut-être pas l’étendue de ce dont elle est capable, mais il ne la sous-estime pas. Pas plus qu’il n’a d’attendes qui devraient être potentiellement comblées. Ce serait stupide. Tout ce qu’il y a à faire est de profiter du moment autant qu’il faut en faire profiter à l’autre.

- Ta défaite... Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que ce n’est qu’une cruelle illusion qui m’empêche de voir ma propre chute ?

Sa réplique l'amuse. Au moins, il a bel et bien prouvé ce qu'il cherchait à prouver. Ce n'est pas glorieux ni pour l'un, ni pour l'autre. Qui s'en soucie, au fond ? Si sa défaite est en effet, au final, un leurre qui ne fait que masquer temporairement la chute d'Aiko; elle diminue aussi l'ampleur de celle de Finn. Alors qu'ici, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Il pourrait lui répliquer qu'il trouve l'illusion plus agréable que cruelle, mais ses yeux et son sourire en disent déjà long.

Ils ont l'air de beaucoup s'amuser, tous les deux. L'un comme l'autre avec un sourire aux lèvres. Elle, alors qu'elle se penche à nouveaux vers lui, et lui, attendant qu'elle vienne. Parce que c'est son tour.
Cela dit, même si c'est son tour, il a bien l'intention de participer.
Sa main toujours sur la joue de la jeune femme redescend jusqu'à ses hanches, non sans lui offrir une caresse au passage. Il veut se saisir de ses lèvres lorsqu'elle joue avec les siennes mais se contient. Cela viendra. Cela viendra, et cette pensée est rapidement écrasée par une nouvelle information. Les mains fraiches sur son ventre qui ne manquent pas de le faire frissonner, cette fois autant par la fraicheur inattendue que parce que la caresse est agréable. Eh bien, elle vient de passer à la vitesse supérieure. Lui n'avait fait que venir taquiner la peau cachée par son haut. Il est grand temps d'explorer un peu plus. Ce qu'il fait en glissant une main d'abord sur le ventre de la jeune femme, avant de la faire passer sur son dos pour ne pas les entraver tous les deux. Les yeux clos, il profite du traitement qu'elle lui inflige. Il les garde ainsi jusqu'à ce que l'une des mains vagabondes ne décide de descendre plus bas, les rouvrant alors pour rencontrer le regard aussi bien que le corps de la Baskerville qui profite de sa prise pour les rapprocher. Il hausse un sourcil en réponse à son regard, souriant ensuite contre ses lèvres lorsqu'elle vient pour voler les siennes. Sourire disparaissant ensuite au profit du baiser qu'ils commencent à échanger.

Il y a toujours une main en zone dangereuse. Zone dangereuse désignant ici ces endroits dont on devient soudainement clairement conscient dès que quelque chose s'en approche d'un peu trop près avec des intentions assez claires. Tout ça pour dire que les actions de la jeune femme tirent un son rauque de la gorge du contractant qui, à ce stade et pleinement occupé au niveau des lèvres, ne cherche même à le retenir. De toute façon, au point où ça en est. Et puis, et puis... Il a eu droit à son lot de réactions de la part de la Baskerville, chacun son tour. Bref. Pourquoi chercher des notions d'égalités là où il n'y en a pas besoin, quand ils sont dedans jusqu'au cou tous les deux. Enjoy the moment, comme ils disent. Ce qu'il fait. Sans chercher une quelconque domination de l'échange, son seul but est de répondre avec autant de passion qu'elle en met. Rendant caresse sur caresse avec sa langue, tout en maintenant, sans vraiment s'en rendre compte, une prise sur le dos musclé de la jeune femme les gardant l'un contre l'autre. Comme si elle ne faisait pas déjà de même de son côté.
Lorsqu'elle le force à reculer et qu'il ne cherche pas à résister, il est contraint de retirer temporairement sa main sur les hanches d'Aiko afin de tâter derrière lui à l'aveuglette tout en faisant - plus ou moins - attention à où il met les pieds. Il serait malheureux qu'ils se cassent la figure tous les deux sur les cailloux du coin qui n'attendent que cela. Heureusement pour eux, sa main rencontre rapidement une colonne contre laquelle il s'autorise à venir terminer sa courte course. Plaçant ensuite sa seconde main avec la première, sous le haut d'Aiko, la laissant vagabonder sur ses côtes. Elle a une peau douce sur laquelle il laisserait bien courir ses lèvres. Si elles n'étaient pas déjà occupées ailleurs. Pas que cet ailleurs soit déplaisant, loin de là.

Quand vient la séparation et que la femme rejette la tête en arrière dans le but de reprendre son souffle, lui glisse son visage dans son cou où s'abat alors son souffle chaud et surtout irrégulier après cet échange. Il y dépose gentiment, presque avec précautions, ses lèvres dans une série de contacts où s'alternent baisers et mordillements. Tentant par la même occasion, sous ce contrôle de ses propres gestes, de retrouver un semblant de calme. Ne cessant ces petites caresses quand il la sent se redresser, afin de revenir en place sans pour autant laisser sa tête reposer contre la colonne dans son dos. Pas un ne pipe mot, leurs souffles plus ou moins saccadés parlant largement pour eux. Il ne s'autorise à se laisser pleinement aller contre la colonne que lorsqu'elle vient poser sa tête dans son cou, sans pouvoir retenir un nouveau frisson face aux actions de la jolie rousse. Le support lui permettant de retrouver contenance. Il s'en décollera par la suite ou y plaquera Aiko. A voir. Pour l’instant, il veut juste profiter.

Ses yeux se ferment et il remonte une main pour aller la perdre dans la chevelure rousse. Après ces derniers instants, le temps paraît soudain s'être ralenti. Alors qu'il semblait s'être au contraire bien accéléré durant leur échange. Forcément, à s'être tentés comme ils l'ont fait, faire sauter la dernière barrière a eu l'effet que peut avoir la destruction d'un barrage. Beaucoup qui s'engouffre à travers une petite ouverture. L'accalmie temporaire maintenant ayant un effet de calme après la tempête. Loin d’être désagréable. Finalement, Aiko se redresse, amenant le contractant à ouvrir les yeux. Il ne sait pas trop ce qu'il lit dans le regard de la jeune femme. Beaucoup de choses. Il ne sait pas non plus ce qu'elle pourra bien lire dans le sien. Tout autant de choses probablement. Actuellement, il serait bien en peine de formuler une seule pensée cohérente.

- Finn...

Et il n’est visiblement pas le seul. Il se penche brièvement en avant afin de lui poser un baiser sur les lèvres, bien chaste en comparaison avec les deux précédents. Et puis il la laisse venir échouer contre son torse, prodiguant des caresses de sa main toujours dans ses cheveux. Parfaitement conscient qu'elle est en train de s'amuser avec sa ceinture. A quoi est-ce qu'elle peut bien penser, en ce moment ? Il aimerait bien le savoir. Est-ce qu'ils jouent encore, ou non ? Car si tel est le cas, le contractant a encore - un peu - de réserve. Du moins, il peut encore tenter. Nul doute qu'il cédera avec, c'est déjà fait. Seulement, quel mal y aurait-il à la pousser un peu plus loin dans l'abandon ? A se pousser tous les deux, car pour pousser quelqu'un il faut après tout qu'il y ait contact. Et tant qu'il la poussera, il sera forcé de suivre. Comme si l'idée le dérangeait. Rien du tout qu'elle le dérange. Ce genre d'abandon, il s'y jette sans regarder en arrière. Et puis, au risque de répéter ce qui a déjà été dit, tirer des réactions d'Aiko, tout type de réaction, est une activité formidable. Autant faire d'une pierre deux coups.

C'est drôle comme il se tait, pour une fois, depuis que leurs lèvres se sont séparés, non ? Il n'a pas du tout confiance en sa voix dans l'instant. Aiko a, en plus évidemment d'avoir très bien manoeuvré, réussi à lui clouer le bec. Alors, à défaut de pouvoir s'exprimer de suite, sa main libre descend vers celles de la Baskerville, qu'il attrape gentiment. Loin de lui l'idée de l'empêcher de faire quoi que ce soit. Néanmoins, il se doit de l'avertir. Ce qu'il fait, d'un ton qu'il voudrait amusé mais où, manque de chance pour lui, sa voix descendue dans les basses et murmurante témoigne d'autres pensées :

- Ce n'est pas très prudent ce que tu fais là.

A défaut d'avoir le ton exact, il sourit. Même si la jeune femme ne peut pas réellement le voir depuis sa position actuelle si elle reste contre son torse. Du coup, il cesse ses caresses dans ses cheveux pour pouvoir amener sa main sous son menton et l'inciter à relever la tête. Leurs regards en cet instant expriment probablement la même chose, derrière tout le reste. Cette insatiable envie de l'autre. De le toucher, de l'embrasser, de lui offrir caresses et touchers pour lui soutirer des soupirs. Sombrer un peu plus. De toute façon, comme tout tunnel, il y aura une sortie à l'autre bout. Qui débouchera nul ne sait où avant d'y avoir mis les pieds, mais qui débouchera quelque part. Même s'il est déjà possible d'en avoir une idée.

L'homme amène une nouvelle fois leurs bouches à se lier en déplaçant sa main sur la joue de la jeune rousse. Pas spécialement sagement, mais pas avec autant de hâte que lors du précédent. Entre les deux, pour profiter au maximum maintenant qu'ils ont tous deux retrouvé un semblant de contrôle sur eux même. Contrôle qui partira en fumée sous peu, il ne faut pas se leurrer. Il relâche les mains d'Aiko plus bas afin de pouvoir tenir sa taille et, tout en se décollant de la pierre derrière lui, il inverse leur position.* La plaquant dès lors contre la colonne en amortissant le choc. Oui, oui, elle n'est pas en mousse. Ce n'est pas une raison pour la brutaliser comme un sauvage contre un mur de pierre qui, quoi qu'on en dise, sera toujours le plus solide des deux. Il ne faut pas croire tout ce qui est montré dans les films.

Bref. Il vient se caler contre elle en alignant leurs bassins, la contraignant par la même occasion à soit devoir écarter les jambes, soit à se coller complètement à la pierre. Rien à faire que, dans un cas comme dans l'autre, la position puisse trahir tout ce qu'il pourrait se passer plus bas. Ce n'est pas comme s'il avait quoi que ce soit à cacher. Voyons, ils se font un effet mutuel qu’il serait bien vain de dissimuler.
Doucement, il relâche ses lèvres, s’amusant à les mordiller avant de reculer le visage pour pouvoir la voir. Plus il la regarde plus il a envie de la posséder. Temporairement, du moins. De faire en sorte qu’elle ne pense qu’à lui à ce moment. Cette fois, c’est peut-être bien un caprice de sa part. Auquel la jolie rousse n’opposerait probablement pas d’objection vu les méthodes qu’il faudrait employer. Il ne pense bien entendu pas ce genre de chose à chaque fois qu’il la voit. Mais clairement, maintenant qu’ils sont lancés, c’est inévitable. En étant honnête, il ne pense pas pareil des autres. Une fois de plus, la raison principale est que la Baskerville a son affection aussi bien que son respect. La rendant beaucoup moins impersonnelle à ses yeux. Loin de lui l’idée de s’en plaindre.

Avec une nouvelle idée derrière la tête, il vient frôler ses lèvres des siennes tandis qu’il glisse sa main de sa taille à plus bas, le long de sa cuisse, pour ensuite la faire remonter sous sa jupe. Pas trop haut, mais suffisamment pour qu’il sache qu’elle en est aussi consciente qu’il a pu l’être de ses mains baladeuses près de sa ceinture. Chacun son tour, encore une fois. Doucement, il caresse la peau de ses doigts, laissant sa paume en place réchauffer la peau et souriant plus haut contre ses lèvres. Un murmure :

- Abandonne…

Oh le vilain. Alors qu’il a lui-même dit que l’abandon de l’un entraînera inévitablement celui de l’autre. Mais, n’a-t-il pas envie d’abandonner, lui ? Si, bien sûr que si. De s’abandonner complètement sous les mains de la jolie rousse. Autant qu’il a envie de la faire abandonner, en fait. Parce que c’est Aiko et qu’il aime être la source de ses réactions même s’il ne sait pas pourquoi. Encore une fois. Et puis, elle est trop jolie pour qu’on ne lui oppose pas au moins un peu de résistance. Même si l’issue est connue à l’avance des deux. Rendre un rapport de mission au milieu du champ de ruine qu’est Sablier peut s’avérer très intéressant, finalement.

[Hrp= *Je suis perturbée. J'ai pas déjà écrit un truc semblable dans un rp avec Fuyu ? ._. Ça me dit trop quelque chose xD. Btw, j'ai sur-lové ton post ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   2nd Novembre 2012, 08:09

L'Homme a bien des défauts, mais bien des qualités aussi. Parfois, il possède des caractéristiques qui, selon la situation, peuvent être considérées comme des qualités ou, au contraire, comme des défauts. Être exigeant fait partie de ces dites caractéristiques. Il ne suffit pas de rien pour satisfaire un Homme ayant pour habitude au meilleur. Mais alors, que lui faut-il ? De quoi a-t-il envie ? Qu’est-ce qui peut bien le satisfaire ? À vrai dire, beaucoup de choses. Beaucoup trop de choses. Les chiffres peuvent faire monter quelques personnes au septième ciel – même si d’autres détestent et répugnent rien qu’en évoquant ces mêmes chiffres. Les mots, pour les mordus de littérature. Et bien d’autres moyens encore. Sauf que pour ce sujet, nous allons seulement aborder une façon parmi les milliers existantes pour satisfaire l’être humain. Vous devinez ? Simplement le rapprochement physique. Le contact physique. Le plaisir physique. C’est efficace et, atteint un certain âge, personne ne peut résister face à cela. Mais il y a des manières d’amplifier le plaisir. Prenons un homme et une femme, de façon à illustrer ce sujet d’un exemple. Un frôlement, un frisson, puis peut-être un baiser. Ça nous paraît être énorme, un baiser. Parce que lorsqu’on commence, la première étape à franchir – quand on se connaît un temps soit peu – est le baiser. On ne peut pas se permettre de sauter sur l’autre en l’embrassant, du moins, pas quand un jeu a débuté. Car c’est à travers les règles et les objectifs des jeux que l’on s’amuse le plus. Après que la barrière du baiser soit abattue, on peut passer à autre chose. Autre chose. Oui, mais quoi ? Croyez-moi, vous ne voulez pas le savoir. Quoique. À vrai dire, je doute du fait que vous ne le sachiez réellement pas. Nul besoin d’en parler ici. Ce qui est étrange, c’est que la main de notre partenaire nous paraît toujours douce sur notre peau qui se réchauffe à ce contact. Même Aiko qui possédait la peau froide savait qu’avec les doigts experts de Finn, elle se réchaufferait et irait même jusqu’à rougir. Sentir son corps près du sien, son souffle s’abattant sur sa nuque, hérissant ses poils, faisant naître des frissons à la base de son dos et qui, naturellement, se répand dans tous les autres membres, les agitant imperceptiblement. Scientifiquement, il est clairement expliqué pourquoi nous ressentons le plaisir. Je suppose d’ailleurs que même le plaisir est expliqué par la Science. Quoiqu’il en soit, le physique, pouvant être cause de douleur pour l’être humain – les coups, les blessures et les plaies, sans parler du sang s’écoulant abondamment – est aussi la cause de ce grand plaisir naissant. Pour reprendre le cas des deux jeunes gens que sont Finn et Aiko, c’est ce qu’ils vivaient en ce moment même. Bien sûr, le désir était dès lors le seul à guider leurs faits et gestes. Il y avait aussi les rares mots prononcés, mais leur influence était faible par rapport au désir mutuel qu’ils ressentaient. Car il était évident que depuis le début du jeu, ils n’arrivaient plus à formuler des pensées cohérentes dans leurs esprits. Il était du coup encore bien plus complexe de les dire de vive voix. Ce qui ne retirait rien à l’intensité du moment vécu. Il est étrange que l’on ressente un plaisir tout particulier lorsque nous soutirons des réactions à notre partenaire. Des réactions qui, nous le savons, nous satisferons. Il suffit de s’en donner les moyens et de ne pas trop négliger le travail que l’on apporte sur l’autre. Il existe bien d’autres moyens pour satisfaire un Homme, mais celui-là reste non seulement le plus courant, le plus aimé, mais aussi le plus efficace. Pourquoi le plus aimé ? Pas la peine de rentrer dans les détails, je suppose que vous les connaissez autant que moi, si ce n’est mieux. Ce sujet, Aiko l’avait déjà abordé avec elle-même. Elle avait déjà débattu sur cela. Elle en était donc aussi arrivée à la conclusion qu’elle n’échappe pas à la règle et qu’en tant que femme, jamais elle ne pourra rester indifférente face à Finn. Et n’allez pas croire qu’elle s’en plaignait. Les moments qu’elle passait avec lui étaient tous aussi fabuleux les uns que les autres. Fabuleux. Le mot reste faible à vrai dire. Bien sûr, ce n’est tout de même pas à chaque fois qu’ils se voyaient qu’ils jouaient. Non. Ils pouvaient discuter normalement. De tout et de rien. Comme deux adultes ayant perdu le goût de la vie et aussi le peu d’imagination qui vient avec l’enfance et qui s’émousse dès l’adolescente, pour ne plus du tout exister à l’âge adulte. Pourtant, comme aujourd’hui, lors de ce jeu, ils faisaient preuve de cette imagination. C’est à croire que par désir, on peut faire bien des choses. C’est ce qu’avait toujours pensé la jeune femme. Mais pas aujourd’hui. Alors qu’elle était en face de lui, seule une pensée réussit à se démarquer des autres. Une pensée dont elle se serait bien passée, car à vrai dire, elle n’avait aucune envie de réfléchir. Et c’était malheureusement une pensée qui amenait à réfléchir. Ce n’était pas que du désir. Pas que. Avec les autres hommes – ce n’est pas un secret pour Finn, bien sûr, il y en a eu d’autres avant lui – elle ne ressentait pas cela. Elle se contentait de jouer, parfois gentiment, d’autres fois brutalement. Mais avec le brun, tout était subtil et, sans être mûrement réfléchi, était tout de même anticipé. Elle ne voulait pas être trop ça ou trop cela. Elle désirait trouver le juste milieu. Elle ne voulait pas non plus être comme les autres, comme les précédentes – car là encore, l’expertise de l’homme relevait naturellement des antécédents. Il était différent. En tout point. Même le désir qu’il avait suscité en elle était différent. Et elle aussi, elle voulait être différente. Elle voulait se sentir différente. Et Finn était décidément bien le seul à pouvoir lui faire ressentir cette différence tant convoitée.

Réfléchir. Ça, c’était un domaine qu’Aiko maitrisait. Pas aussi bien que le faisait sa jumelle, mais elle n’était tout de même pas stupide. En grandissant, en mûrissant, elle avait appris à se poser avant de foncer. À ne pas agir comme les hommes. Ces hommes qu’elle rabaissait avec tant de plaisir. Elle se posait les bonnes questions et ne lésinait pas sur le temps à s’approprier pour trouver la réponse adéquate. Elle n’était pas une bonne stratège, car elle préférait tout de même le feu de l’action au calme de la réflexion, mais elle était tout de même capable de se guider à la victoire. Car s’il lui était impossible de diriger des troupes, se diriger elle-même n’avait plus aucun secret pour elle. C’est aussi pour cela qu’avant de partir en mission, elle l’étudiait avec le plus grand soin, se renseignant même sur son coéquipier pour voir ses forces et faiblesses. Quand elle devait agir sur le moment, elle ne réfléchissait pas. Elle agissait, comme le lui obligeait le temps. Car vous n’imaginez même pas le nombre de fois où sa lame fendant l’air sans préalable réflexion lui sauva la vie. Alors, après le coup, elle réfléchissait. Venaient les remords. Pas tout le temps. Car après tout, si j’avais fais ça, reviendrait à, si j’avais réfléchi, et cela même reviendrait à si j’avais eu le temps, et donc ça ne correspondait plus car, justement, on n’avait pas eu le temps. Quoiqu’il en soit, tout cela pour dire que la réflexion précédait la majeure du temps ses gestes. Même lorsqu’elle s’adonnait à des activités douteuses avec les hommes. Et pourtant. Elle n’aurait jamais cru qu’elle serait un jour en présence d’un de ces hommes et que ce-dernier serait assez aguerri pour lui brouiller ainsi l’esprit. Elle avait le temps de réfléchir. Pourtant, elle ne le faisait pas. Le regard pressant de Finn l’en empêchait. Et là encore, elle ne se plaignait pas. Loin de là. Juste que ça l’étonnait. Elle n’avait pas pour habitude d’ainsi être prise au dépourvu. Mais étrangement, maintenant qu’elle l’était, ça lui plaisait.

Vous comprendrez bien sûr que tout ce dont je vous parle, elle n’y réfléchissait pas sur le coup. C’étaient juste des informations qu’elle possédait déjà et qui remontaient à la surface à mesure qu’elle s’enfonçait dans les ténèbres éblouissantes de ce jeu. Éternelle insatisfaite. Comme tous les humains. Mais cela ne l’excusait en rien. Quand on réfléchit, on se plaint de ne pas être simple d’esprit. Quand on est simple d’esprit, on se plaint de ne pas être capable de réfléchir. Après tout, le meilleur serait encore de trouver le juste milieu et de n’être ni trop l’un, ni trop l’autre. Mais ce n’est pas aussi facile à faire qu’à dire. Et c’est là qu’intervient le principe de vouloir c’est pouvoir. Sottises. Aiko n’avait jamais spécialement voulu être une de ces personnes agissant sans prendre la peine de réfléchir, pourtant, maintenant qu’elle avait goûté à la simplicité des choses lorsqu’elle s’épargnait d’encombrantes réflexions, elle voulait rester ainsi. Mais sa nature, ce qu’elle était, l’en empêchai, et l’en empêcherait. Au fond, ce n’était pas pire comme ça. Elle retrouvera la vie qu’elle avait toujours eue. Quand elle rencontrera Finn, elle pourra avoir et ressentir de nouveau ce plaisir de se laisser aller. Il lui était bien trop difficile de l’avouer pourtant, elle aimait bien le fait d’enfin pouvoir se reposer sur quelqu’un. Le fait que personne n’attende de vous quelque chose de précis. Le fait de... L’insouciance, tout bonnement. Elle ne pouvait ressentir cela qu’en présence du brun. Et c’est pour cela que chaque moment avec lui était précieux. Tellement précieux.

Elle avait compris qu’elle était en train de perdre tout contrôle sur la partie qui était en train de se jour. Pourtant, elle avait été incapable de reprendre les rênes en main. Par manque de moyens ou par manque de volonté ? Elle refusait de se poser la question. Bien sûr, la réponse était claire. Elle ne le désirait pas. Elle ne désirait plus jouer aux fortes. Elle voulait se laisser aller. Elle voulait témoigner d’une faiblesse qui n’en était pas tellement une. Elle voulait dévoiler ses points faibles en sachant pertinemment que Finn, celui auquel elle les dévoilera, n’en profitera pas. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle lisait dans son regard une promesse de sécurité. Une promesse de sécurité qu’elle ne pouvait et qu’elle ne voulait de toute façon pas ignorer. Elle voulait s’y raccrocher. Aussi longtemps que possible. Elle estimait qu’elle avait le droit de fermer les yeux et de cesser d’être sur ses gardes. Même si cette voix qui depuis des années lui criait que se laisser aller aux mains d’un homme reviendrait à ne plus jamais avoir la possibilité de relever la tête. Elle ne savait d’ailleurs toujours pas d’où était né ce féminisme. Mais la question n’était pas là. Après tout, pourquoi pas ? Non seulement ce n’était pas n’importe quel homme, mais en plus de cela, il n’y avait rien de honteux à cela. Elle voulait que Finn soit sien. Quelques temps seulement. Ça, c’est ce qu’elle disait et dirait volontiers. Mais ce qu’elle refusait d’exprimer à voix haute, c’était le fait qu’elle voulait être sienne. Et pas seulement pour quelques temps.

Chaque caresse qu’il lui attribuait faisait céder une partie d’elle. Il le savait. Mais il n’avait pas sur le visage cette fierté qui dégoûtait Aiko. Il ne considérait pas cella comme une victoire. Pas vraiment. En fait, avant même qu’ils ne s’en soient rendus compte, le but du jeu avait changé. Il ne suffisait plus de faire perdre toute lucidité à l’autre. Il fallait maintenant profiter. En fait, ce n’était même plus vraiment un jeu. Il n’y avait pas de gagnant. Pas de vainqueur. Et quand nous n’avons pas ceux deux là, on ne peut considérer la situation comme étant un jeu. Quand on pousse quelqu’un, qu’on veut être bien sûr de sa chute, on le suit. Comme ça, on voit de nos propres yeux qu’il a bien rencontré le sol en contrebas. Et c’est ce que faisait Finn. Il poussait Aiko progressivement, et elle reculait sans chercher à se débattre. Tant qu’elle ne tombait pas seule. Tant qu’elle n’était plus seule. Plus jamais seule. Il est tout de même bien étrange de réussir à se découvrir alors que notre corps est à disposition de quelqu’un. Et c’est pourtant ce que faisait la jeune femme. Elle découvrait à quel point elle était vulnérable alors qu’au fond, elle le savait sans doute déjà.

Lorsqu’elle lui fit part de ce qu’elle pensait, de cette illusion, elle vit un éclair d’amusement fendre le regard de Finn. Cruelle illusion, pour reprendre ses mots exacts. Cruelle, car elle l’a empêché de voir la réalité. Mais aussi agréable, car elle lui avait évité une chute imminente. Enfin, son regard en disait plus long que ses mots, alors ça suffirait pour que Finn comprenne. De toute façon, celui-là, il pouvait la comprendre sans qu’elle n’ait à parler. C’était un pouvoir qu’il avait sur elle bien qu’elle ne soit pas sûre qu’il en ait conscience. Ce n’était pas pire. Un jour, il le remarquera. Ou il s’obstinera. Un jour, oui.
Doucement, la main présente sur sa joue revint sur sa hanche. Bien que ce soit son tour de jouer, Finn n’avait pas pour l’intention de la laisser faire ce qu’elle voulait. Du moins, pas sans la surveiller de près. De très près. Et c’était d’ailleurs tant mieux. Lorsque ses mains rentrèrent en contant avec sa peau, plus bas, elle devina un frisson de sa part, bien qu’elle ne saurait l’attribuer à la froideur de ses mains ou à la douceur de la caresse. Peut-être un peu des deux. Sans grande importance. Un instant, elle se figea dans ses mouvements. Et cet instant eut lieu lorsqu’elle sentit les mains de Finn remonter sur son ventre pour se glisser sur son dos. Le frémissement l’ayant agitée – immobilisé surtout – fût long et agréable, et elle se surprit à avoir fermé les yeux. Elle se reprit néanmoins assez tôt. C’était son tour, et Finn n’allait pas le lui voler. Même si elle lui céderait volontiers la main. Quand elle l’observa, elle ne pût empêcher un sourire taquin de prendre place sur ses lèvres. Le jeune brun avait les yeux fermés, et c’était déjà une victoire pour Aiko, bien que minime. Et puis, quand il les rouvrit, ce fût pour hausser un sourcil face à son geste qui pourrait presque être considéré comme déplacé. Presque seulement, hein. Quand elle entama le baiser, un cri rauque s’échappa de l’homme. Elle se rappela soudainement que l’une de ses mains était toujours aussi proche de sa ceinture. Et elle n’allait pas la retirer. Il la tenait, par le dos, aussi solidement qu’elle le tenait par la fameuse ceinture. Pour le moment, sa seule intention était de la garder proche d’elle. Comme s’il risquait de s’en aller. Le baiser était doux et passionné, et le jeune brun y répondit avec le même degré d’intensité que la rousse. Tous deux ne pensaient plus à la domination, juste au moment présent. Ça aussi, ce n’était pas habituel pour la jeune femme ; profiter du moment présent. C’était pourtant ce que lui appris à faire Finn. Et elle l’en remercierait volontiers si ses lèvres n’étaient pas collées aux siennes. En parlant de cela, le baiser prit d’ailleurs doucement fin.

Lorsqu’elle rejeta sa tête en arrière, dans l’espoir de reprendre son souffle, Finn vint enfouir son visage dans son cou, entièrement à sa disposition. Ce qui la poussa à rester ainsi plus qu’elle ne l’aurait voulu de prime abord. Mais elle resta tout de même dans cette position, profitant du souffle irrégulier et chaud s’abattant sur sa peau et faisant frissonner sa peau. Il déposa des baisers sur sa chair, la mordillait aussi par moment. Bref, il en prit grand soin. Inconsciemment, les doigts de la jeune Aiko se figèrent sur cette ceinture dont elle ne voulait toujours pas se décoller, si ce n’est pour aller caresser la peau juste au-dessus. Aussi, ce n’est que lorsque Finn se redressa entièrement qu’elle comprit qu’il les a menés vers colonne. Sûrement quand elle l’a obligée à reculer, un peu plus tôt. Tant mieux. C’est à cet instant qu’elle prit l’initiative d’explorer son cou, une nouvelle fois. Décidément, autant elle appréciait les nombreux contacts des lèvres et des doigts de Finn contre cette partie de son corps, autant elle appréciait jouait avec. Quand elle se redressa, il la gratifia d’un doux baiser. Et puis, ils ne dirent rien. Ils restèrent dans un silence parfait, alors que la tête de la rousse reposait contre le torse musclé de l’homme. Elle se sentait bien, comme ça. Mais elle savait aussi que le jeu n’était pas fini. Même si cette position lui plût, elle ne frissonnait de plaisir que trop face à l’idée d’aller plus loin. Trop loin, peut-être, parce qu’elle faisait entièrement confiance à Finn. Et que depuis sa sœur, jamais elle n’avait ainsi donnée toute sa confiance. Surtout pas à un homme.
Elle était plongée dans un autre monde. Je vous aurai bien dis qu’elle était plongée dans ses réflexions, et peut-être que c’était le cas, mais alors des réflexions sans queue ni tête. Elle était incapable de réfléchir. Et elle ne voulait pas. Il n’y avait qu’avec lui qu’elle s’autorisait pareil détachement du monde. Et elle aimait atrocement cette sensation de liberté. Pourtant, elle réussi tout de même à sourire légèrement lorsqu’elle remarqua le silence s’étant installé entre eux. Finn, se taire ? Elle avait au moins le mérite d’avoir réussi son coup. Et pas qu’un peu. C’était la seule pensée qu’elle eût, et elle disparut aussi vite qu’elle était survenue lorsque la main de Finn vint rencontrer la sienne, plus bas. Elle garda la tête baissée, son sourire s’étirant pourtant. Que voulait-il dire à la base ? Car dit sur ce ton, ses mots ne voulaient sûrement pas dire ce qu’il voulait communiquer à Aiko. Un avertissement qui serait presque une demande de faire le contraire.

En fait, elle pourrait répondre plusieurs choses à cela. Elle pourrait simplement dire qu’elle ne voulait pas être prudente. Elle pourrait aussi répondre qu’elle préférait le plaisir à la prudence. Tout comme elle pourrait relever ce manque d’assurance dans sa voix. Dans ce murmure. Après tout, ce n’était pas comme si ça lui déplaisait. Tiens, ça aussi, elle pourrait le lui dire. Mais finalement, elle opta pour le silence. Au fond, tout cela, il le savait déjà. Et quitte à dévoiler une voix qui, elle le savait, serait chevrotante et faible, autant que ce soit pour dire quelque chose qu’il ignorait. Ce n’est aussi que lorsque les caresses dans ses cheveux cessèrent qu’elle se rendit compte que la main de Finn avait été dans sa chevelure rousse. Décidément, on ne se rend pas compte seulement de l’importance d’une chose lorsqu’on la perd ; on se rend compte de la présence d’une chose lorsqu’on la perd. Il glissa alors sa main sous son menton pour l’inciter à relever la tête, ce qu’elle fit, bien sûr. Face au sourire qu’il lui offrit, elle haussa les sourcils, ne cherchant même pas à cacher un amusement que trop évident. À défaut de trouver une bonne réplique, elle se contentait de le provoquer.

Une nouvelle fois, la main de Finn prit place sur sa joue pour l’attirer vers lui. Elle alla retrouver bien rapidement ses lèvres. Il ne se précipitait pas, ne se hâtait pas non plus. Mais ce n’est pas le baiser chaste qu’ils échangèrent un peu plus tôt. Difficile à expliquer. Disons que c’est un baiser particulièrement enivrant et agréable. Il relâcha sa main sur laquelle elle avait exercé une légère pression et la plaça sur sa taille. Au moment où il se décolla de la pierre derrière lui, leurs corps étaient encore plus près qu’ils ne le furent déjà. Délicatement, il inversa leurs deux positions. Fort heureusement, il ne la poussa pas brutalement sur la pierre. Parce qu’Aiko se demandait bien comment elle aurait fait pour retenir un hoquet de douleur. Croyez ce que vous voulez, même les Baskerville s’inclinent face à la force de la pierre.

Il se plaça bien devant elle, et elle n’eût pas besoin de réfléchir bien longtemps – en fait, pas du tout – pour se rendre compte de la proximité de son bassin du sien. Et puis, elle ne réfléchit pas non plus avant d’écarter les jambes. Elle se serait collée volontiers à la pierre, mais elle n’y avait pas pensé sur le coup. Elle agit plus instinctivement qu’autrement, alors bon. Cela reviendrait au même de toute façon, car le fait serait toujours là. Et ce n’est pas comme si elle en avait honte. Ils n’étaient plus des enfants ou des adolescents en chaleur. Ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient. Il libéra d’ailleurs ses lèvres, les mordillant une dernière fois avant de reculer légèrement son visage, l’observant. Elle noua ses deux bras autour de son coup et rompit le contact visuel en fermant les yeux. Elle attendait simplement la suite, car elle ne doutait pas de son existence. Restait juste à savoir ce que lui réservait le brun.

Nouveau frôlement au niveau de ses lèvres. Pourquoi avait-elle l’impression que ça cachait quelque chose ? Eh bien. Impression fondée. Finn glissa sa main de sa taille jusqu’à atteindre les pans de sa jupe. Il remonta alors cette main plutôt baladeuse, en dessous de l’habit, sur la cuisse de la jeune femme. Elle rouvrit d’ailleurs subitement les yeux, sachant pertinemment que ses joues s’empourpraient. Elle se crispa, sentant que la chaleur que lui procurait la paume de main de l’homme était en train de se répandre dans tous son corps. Elle se mordit la lèvre inférieure en laissant son front rencontrer l’épaule de Finn, gémissant faiblement. Ça, elle s’en serait volontiers passé, croyez-moi. Mais en sentant cette main sur sa cuisse, elle ne pouvait empêcher ce genre de réactions de s’échapper d’elle, et ce, avec ou sans sa volonté. Elle comprenait alors ce qu’il avait bien pu ressentir lorsqu’elle laissa sa main traîner près de sa ceinture.
Abandonne. Mais Finn, est-ce un ordre ? Non. Une requête, peut-être ? Ou alors, est-ce une supplication ?

Elle prit une grande inspiration avant de se redresser. Elle n’avait plus le choix, il fallait qu’elle passe à la vitesse supérieure. Elle revint positionner l’une de ses mains sur la ceinture de Finn, bien que cette fois-ci, elle s’y agrippa solidement. Non, il n’allait plus la faire lâcher prise. Pas maintenant. De toute façon, c’était clairement visible dans son regard. Qu’il n’essaye même pas de lui faire changer d’avis. Elle lui sourit d’un sourire à la fois arrogant et provocateur et glissa sa deuxième main sur la sienne, celle présente sur sa cuisse. Elle la laissa sur la sienne un instant. Elle pourrait la retirer, car après tout, cela reviendrait à rejouer sur le même terrain que lui. Et vu qu’il prenait un malin plaisir à le faire, alors pourquoi pas elle ? Parce qu’elle ne voulait pas, tout bonnement. En fait, elle s’étonnait à l’avance de ce qu’elle allait faire. Délicatement, elle dirigea sa main vers le haut. La lenteur pourrait faire penser qu’elle a parcouru une grande distance, mais il n’en était pourtant rien. Elle ne la remonta que de quelques infimes centimètres. Et puis, se servant de sa prise sur la boucle de la ceinture de Finn, elle l’attira encore plus près vers elle. Aiko remonta sa jambe le long de celle de Finn pour l’entourer autour de son bassin. Regrettait-elle de porter une jupe ? Du tout. Même si dans cette position, sa cuisse était presque entièrement dévoilée. Elle cessa d’y penser et vint faire passer une nouvelle fois sa langue sur les lèvres du brun, toujours aussi lentement, bien que cette fois-ci, elle y ajouta une pincée de sensualité.

« Non, Finn… Abandonnons. »

Sa voix, tout autant que son regard, était teintée d’un désir qui était bien plus que visible. Elle s’en fichait maintenant, parce qu’avec tout ce qu’elle fit, Finn s’était forcément rendu compte de quelque chose. Il possédait seulement une preuve parmi tant d’autres.
Son visage, toujours face au sien, laissait paraître bien trop de sentiments. Elle ne savait pas trop ce que pouvait y lire le brun, d’ailleurs, elle ne savait même pas s’il saurait y lire quoique ce soit. Peut-être. Peut-être pas.
Sa main, celle présente sur celle de l’homme, changea de position. Son choix se porta sur le torse de l’homme. En fait, non. Elle déposa d’abord ses doigts, progressivement sur son ventre, puis elle commença à monter jusqu’à atteindre son torse. Elle racla – pas aussi gentiment qu’elle l’aurait voulu ou espéré – ses ongles sur sa peau, allant plaquer ses lèvres contre les siennes. Un baiser d’une douce férocité s’entama tandis que la jeune Aiko resserra un peu plus l’étreinte qu’elle avait sur la boucle de la ceinture de Finn. Elle laissa son doigt se faufiler entre la peau et le tissu du bas, prenant tout de même garde à ne pas descendre plus bas qu’il ne le faille. Elle traça donc une ligne, alors que son regard avait clairement rejeté toute clairvoyance. Quand elle rompit le baiser, s’amusant toujours à faire défiler ce doigt juste sous le tissu du pantalon de l’homme, elle pencha la tête sur le coté et fit passer le bout de sa langue de sur ses propres lèvres. Elle avait bien conscience de sa poitrine qui se levait et se rabaissait, suivant cette respiration saccadée qu’elle ne réussissait pas à calmer. Quand elle parla, sa voix se fit réellement faible. Un murmure. Qui plus est, là encore, le désir avait laissé des traces de son passage.

« Est-ce que tu penses que je peux, Finn ? Est-ce que tu penses que je peux me laisser entièrement aller dans tes bras ? »

Entièrement. Aiko, tu es bien vilaine. Ces questions n’en étaient pas réellement. En fait, elle savait qu’elle pouvait. Parce que ce n’était sûrement pas à Finn de décider de ce qu’elle pouvait faire ou pas. C’était surtout une demande de confirmation. S’il le voulait, lui aussi. Elle pourrait juger que oui rien qu’en voyant l’éclat nouveau dans ses yeux, mais elle voulait qu’il parle. En revanche, il est vrai que ce n’était pas très clair ce qu’elle venait de dire. Quand je vous disais qu’il devenait de plus en plus difficile d’émettre des pensées logiques.

Cessant de faire racler ses ongles sur le torse du brun, elle remplaça cela par de simples caresses appliquées. Quand à son index, il n’avait toujours pas cessé de taquiner la victime du jour d’Aiko qui, tout compte fait, pouvait tout aussi bien être le bourreau de la jeune femme. Son front collé au sien, elle s’amusait à capturer ses lèvres et à les relâcher aussitôt, comme si elle hésitait à l’embrasser. Ce n’est pas qu’elle hésitait en fait, c’est juste qu’atteint un certain point, elle ne pourra plus faire marche arrière. Et voulait que Finn en prenne entièrement conscience. Même si au fond, il devait déjà le savoir. Elle ferma les yeux et, une énième fois, souffla quelques mots.

« Je ne veux plus que tu t’arrêtes. »

Plus. Ce n’est pas comme si elle l’avait voulu à un quelconque moment, mais c’était surtout pour dire que s’il acquiesçait, ils ne pourraient plus reculer.
Une chose était sûre. Et c’était la seule chose claire dans l’esprit de la jeune femme. Elle ne savait même plus s’ils jouaient encore. Elle ignorait avec quels mots il allait bien pouvoir lui répondre. Elle ignorait même s’il allait utiliser des mots. Elle ne savait pas non plus de quelle façon il allait procéder pour contrattaquer. Tout était flou. Sauf une chose. Au prochain tour, Finn aura réussi. Autant qu’elle, au final. Car maintenant qu’il allait devoir répondre à des demandes claires, tous deux allaient réussir. Ils auront faire perdre à l’autre toute lucidité ; ils auront perdu toute lucidité. Toute.
[HRP : Oui, je pense que tu as déjà écris ça dans un des Rps avec Fuyu. x) Enfin, bien sûr, la situation n’était pas totalement la même. ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   2nd Novembre 2012, 20:58

Il est délicat de toujours parvenir à satisfaire ses partenaires. Oui, vous savez de quelle satisfaction il est question ici. C’est délicat quand on ne connaît pas vraiment la personne en face. Oh oui, il y a des trucs, des tours, des endroits à toucher qui marchent de manière assez universelle. Parce qu’après tout, les humains sont tous formés de la même manière sur le plan anatomique. Mais toujours, chacun aura telle ou telle préférence. Sera plus sensible au cou qu’au visage. Voudra que l’on insiste plus à tel endroit et moins à tel autre. Et, quand on ne connaît pas la personne, on ne peut - si l’on est suffisamment respectueux pour avoir le bon sens de juger que chacun doit profiter autant que l’autre et qu’il n’est pas question d’une voie à sens unique – découvrir les préférences qu’en temps réel. En prêtant attention aux réactions obtenues, aux soupirs, aux gémissements, aux corps qui se cambrent ou se tendent involontairement sous le toucher. En mémorisant ce qui a été fait pour faire réagir, et en le reproduisant à nouveau. Peut-être en y ajoutant une nuance, pour voir si cela ne serait pas plus efficace. Ou bien en le reproduisant à l’identique un peu plus loin. Petit à petit, on élabore un schéma, d’abord grossier puis de plus en plus précis, des zones à travailler pour que le partenaire profite au mieux. Evidemment, ce schéma ne sera jamais parfait et ne peut, de toute façon, s’approcher de la perfection qu’à force de l’avoir travaillé. Traduction : il vaut mieux un partenaire régulier dans ces cas-là. Pour autant, un schéma trop travaillé conduira, souvent, à la lassitude. Pas toujours, bien sûr. Et, honnêtement, ce n’est pas si souvent que cela le motif premier de rupture des couples. En général, ils se sont sautés mutuellement à la gorge avant d’en arriver là. Bref. Pour en revenir à la satisfaction du partenaire, pour y parvenir il faut donc être attentif. Tâche difficile dans le feu de l’action, mais tout à fait faisable. Fonctionner à l’instinct ne signifie pas pour autant que toute raison est éteinte. D’ailleurs, l’instinct sait très bien gérer si on le laisse faire. On aurait tort de s’en priver, quand nombre des bons gestes à effectuer sont en fait déjà connus. Connus sans le savoir, du coup, au fond, il faut quand même les expérimenter et les vivre avant de comprendre que cela marche. Bref, le cerveau est mal foutu des fois. Qu’importe. Au moins, il permet d’apprendre et de retenir. Apprendre, retenir, corriger, améliorer, réutiliser. Et le cycle recommence. Toujours, sans cesse, jusqu’à ce qu’un jour, il s’arrête à la fin d’une boucle pour ne jamais en refaire d’autre.
A vingt ans, cela dit, on a encore techniquement la vie devant soi. Difficile des fois de penser que cette vie aurait déjà dû s’arrêter pendant le siècle passé. Est-ce qu’ils se seraient connus, avec Aiko, si le temps avait suivi son cours normalement pour eux ? Peut-être. Est-ce que cela aurait fini comme aujourd’hui ? Peut-être pas. Les mœurs d’il y a cent ans n’étaient pas tout à fait les mêmes. Même si elles n’ont pas tant changé que cela, au fond. Il y a des époques où, d’une année à l’autre, tout évolue rapidement et où l’on peut se sentir dépassé au bout d’une décennie. Et il y a d’autres époques ou pratiquement rien ne bouge pendant des décades et des décades. Est-ce une affaire de solidité des savoir-vivre ? Ou juste une histoire de stabilité du monde environnant ? Probablement un peu des deux, comme tout est affaire d’adaptation. L’évolution est en réalité une course constante à l’adaptation au milieu environnant. Si ce dernier ne bouge pas, alors il n’y a pas de raison à tenter de s’adapter. Se reposer sur ses acquis et vivre tel quel quand tout marche est bien moins fatiguant. Dans tous les cas, hier, on ne vivait pas comme aujourd’hui. Alors, s’ils s’étaient rencontrés hier, l’histoire aurait été différente. Mais il ne sert à rien d’imaginer une autre histoire quand celle en cours ne fait que commencer. Une autre fois, peut-être.

A vingt ans, avec la vie devant, comme à dix-huit d’ailleurs, il y a pleinement la place d’apprendre. Les enfants croient que les adultes savent tout mais c’est complètement faux. Ils en savent plus, ont plus d’expérience, mais continuent d’apprendre tous les jours. Aussi bien qu’ils découvrent de nouveaux terrains à expérimenter. En clair, il y aura toujours quelque chose de nouveau à remarquer, un nouvel angle sous lequel contempler les situations habituelles, une nouvelle façon de se lever le matin et de se coucher le soir. Même si pour ces deux derniers, il va falloir être inventif. Néanmoins, il reste donc à apprendre. Sur des sujets d’adultes, des sujets plus matures. Mais aussi, et on a tendance à l’oublier, sur la vie en générale. Aujourd’hui il n’est cependant pas question de vie en générale, mais bel et bien d’un de ces sujets adultes et mature. Un sujet entre adultes consentants et largement volontaires.
Actuellement, le contractant est donc en train d’apprendre à faire plaisir à Aiko physiquement. Sa main baladeuse – audacieuse devrait-on dire – réussit même à la faire rougir. L’obligeant ensuite à cacher sa tête dans l’épaule du contractant, qui, même s’il faudra lui passer sur le corps pour qu’il l’avoue, trouve la réaction aussi attirante qu’elle est adorable. Ouais, adorable. Tout à fait, ce mot a sa place dans cette situation. Pourquoi pas, d’abord. Rien n’a besoin d’être brutal, brusque et presque violent, après tout. Certes ils alternent hâte et moments de calme relatif où ils se tentent l’un l’autre pour finalement céder pratiquement en même temps, mais tout de même.

Et puis elle redresse la tête, la lueur de défi bien en place dans son regard. Avertissant Finn qu’il va payer le prix de la réaction qu’il vient de lui tirer. Parce que pousser l’autre toujours plus loin semble être une activité qui leur plaît grandement à tous les deux. Aujourd’hui cela dit, il n’y aura pas de vainqueur au défi. Pas de perdant non plus. Car, pour une fois, au lieu de travailler l’un contre l’autre, ils travaillent l’un avec l’autre. Le jeu en est tout aussi délicieux.
La main revient à la charge sur la ceinture qui, depuis sa position, se demande bien quand est-ce qu’elle se fera retirer. C’est que les mains d’Aiko provoquent, titillent, donnent un peu avant de se rétracter, ne font que faire monter l’envie sans jamais rien faire pour la faire redescendre. Du moins, à ce niveau-là. Et en tout cas, pour le moment.
Il lui retourne son sourire sans même y réfléchir, le gardant effrontément quand elle pose sa main sur la sienne, sur sa propre cuisse. Même lorsque la main en question remonte. Même lorsqu’elle les rapproche un peu plus avec sa jambe. Du moins pendant que la jambe remonte. Car il est bien contraint de se mordre la lèvre inférieure pour étouffer un gémissement lorsqu’elle les rapproche, les frottements en découlant générant décidément bien trop de sensations électrisantes pour qu’il puisse continuer à faire le malin. Et la Baskerville qui vient en remettre une couche sur ses lèvres.

- Non, Finn… Abandonnons.

Le regard de la jeune femme en dit long. Elle est déjà prête à abandonner, si ce n’est déjà en cours. Lui aurait bien voulu croire qu’il résisterait plus que ça, alors qu’il ne vaut pas mieux. Et il lui aurait répondu oui si elle n’était pas venue reprendre ses lèvres presque immédiatement. Laissant au passage une main se balader sur son torse. Elle lui tire un gémissement lorsqu’elle commence à glisser un doigt au-delà de la ceinture. Acte dont il se venge – douce vengeance – en tournant juste assez sa main pour qu’elle ne touche non plus l’extérieur mais l’intérieur de la cuisse de la jeune femme. Et si sa main est remontée encore un peu, il fera croire que ce n’est pas de sa faute mais de celle d’Aiko. Tout à fait. Et puis il glisse sa seconde main à nouveau sous le haut de la jeune femme, pour une séance d’exploration de front, cette fois. Il n’a après tout plus besoin de la retenir puisqu’il est celui qui la maintient contre le mur. Merci, M. Mur.
Sa main vagabonde sur le ventre de la jeune rousse. Passant sur ses côtes, allant même taquiner plus haut sans cesser de répondre au baiser initié par la femme. Quand elle le rompt, il ramène sagement sa main sur son ventre pour dessiner des motifs abstraits de temps en temps. En revanche, plus bas, et parce qu’elle non plus n’a pas cessé son manège au niveau de sa ceinture, il ne s’arrête pas dans ses caresses sur sa cuisse.

- Est-ce que tu penses que je peux, Finn ? Est-ce que tu penses que je peux me laisser entièrement aller dans tes bras ?

Quelle étrange question. A laquelle il veut bien sûr répondre oui. Mais il n’est pas sûr de comprendre. Est-ce qu’elle peut ? Question de confiance ? Parce que pour ce qu’il en est de la capacité physique, il est évident qu’elle l’a. Alors non, il ne comprend pas trop. Et son esprit est bien trop entouré de brume pour pouvoir déceler un quelconque sens caché à cette phrase. A ce stade, il pourrait pratiquement dire oui à tout. Mais il se doit de faire un effort. Il ne sait pas de quoi exactement elle attend une confirmation, mais il va la lui donner. Peut-être, tout simplement, qu’elle veut être sûre que ni l’un ni l’autre ne regrettera ces gestes par la suite. Evidemment, poser cette question à l’homme qui a décrété qu’il ne réfléchira pas, ou peu, n’est pas la meilleure façon d’avoir une confirmation très utile. Pour sa part, il ne voit pas ce qu’il pourrait regretter. Rien. Il se mettra pas soudainement à voir la jolie Baskerville sous un autre angle, ni à vouloir l’utiliser ni, non plus, à chercher à lui faire du mal via leur relation. Il n’en a ni l’envie ni les moyens psychologiques. Absolument aucune raison de lui causer du tort.
Alors, en essayant de maîtriser au mieux sa voix pour reprendre son ton amusé qu’il semble tant affectionner depuis le début de cette rencontre, il lui répond :

- Je pense même que tu devrais. Que tu dois.

Ce n’est nullement un ordre. Simplement une façon détournée de dire qu’il veut continuer. Qu’il veut continuer, lui aussi, précisons. Après tout, ils ont été deux à initier ce jeu-là. Le point de non-retour n’ayant pas encore été franchi, s’il fallait s’arrêter, alors il le ferait. A contrecœur, mais il le ferait. Et une fois ce point de non-retour franchi ? Cela dépendrait de la situation, du pourquoi de l’arrêt potentiel. Il est difficile de s’arrêter. Enfin, plus précisément, de regagner suffisamment de contrôle sur soi-même pour réussir à s’arrêter. La raison, dans ce genre de cas, peut bien crier tout ce qu’elle veut, sa voix se heurte souvent à un mur. Un mur difficile à abattre une fois dressé, alors même qu’il se désintègre tout seul au final. Mais, ils n’en sont pas encore là.

- Je ne veux plus que tu t’arrêtes.

Sous la jupe d’Aiko, la main sur contractant ralenti. Ce n’est pas qu’il hésite, c’est juste qu’il comprend qu’un oui de sa part entraînera le franchissement du fameux point de non-retour. Et, si la jeune femme lui laisse le choix sur le mot final, c’est que sa décision est déjà prise. Qu’il ne manque que celle du contractant qui n’avait pas réalisé qu’il y avait une décision à prendre. Pour lui, elle était déjà toute vue. Elle l’est encore. Forcément, fonce dans le tas, regarde après. Bien que la métaphore ne convienne pas ici, c’est néanmoins plutôt représentatif de sa façon d’agir. Alors, est-ce qu’il compte acquiescer ? Bien sûr. Aucun des deux n’abandonnera le jeu. Ils se sont mis d’accord pour s’abandonner dans le jeu. Jeu qui n’en est plus tellement un, il faut le reconnaître. Ils se font mener par le bout du nez par le Désir. Et ils sont largement volontaires tous deux pour continuer à le faire.
Puisqu’elle a délaissé ses lèvres pour parler, l’homme revole sa bouche un instant. Gentiment, l’on pourrait presque dire tendrement. Bien que cet adjectif semble un peu hors de place ici. La tendresse est un degré de délicatesse employé dans un cadre relationnel bien plus précis que le leur. La tendresse témoigne en fait de sentiments sous-jacents, elle ne vient jamais toute seule car alors elle n’a pas vraiment de sens. Et Finn ainsi qu’Aiko ne nourrissent actuellement pas pareils sentiments l’un pour l’autre. Du moins, ils n’en sont pas conscients si jamais ils sont en fait déjà là. Et ils n’en prendront probablement pas conscience avant d’avoir décidé de se pencher sur la question. Mais, pour se pencher sur la question, encore faut-il se la poser. Bref, ils sont loin d’être rendus. Qu’importe. Juste pour quelques brèves secondes, il met leur frénésie de côté pour cette démonstration volontaire d’affection. Si tout à l’heure sa question concernait la confiance, il cherche aussi à la rassurer par ce même geste. Je t’aime bien, je ne te ferai pas de mal et je n’ai pas l’intention de m’arrêter. Voilà le message codé.
Et puis, en rompant le contact, il lui souffle :

- Oui.

Ce oui est un oui à ses trois dernières remarques. Oui à l’abandon, oui au laisser aller, oui au fait d’aller jusqu’au bout. Voilà. Et c’est probablement le dernier mot qui franchit ses lèvres pendant un moment. Des fois, les actions priment sur les mots ; et le bien joué surpasse le bien dit. Maintenant est un de ces moment. Alors, au boulot.

Contre ses lèvres, il sourit. Offrant alors un dernier baiser via un simple contact de lèvres avant de se mettre à descendre dans son cou. Cou dans lequel il pourrait laisser une marque mais décide de ne pas le faire. Au fond de lui, quelque chose lui dit que ceci serait déplacé. Un comble vu ce qu’ils s’apprêtent à faire, mais il n’a ni l’envie ni le courage de combattre ce genre de pensées. Il révisera son jugement si Aiko décide, elle, que ce n’est pas déplacé du tout. Alors en attendant, il taquine la peau, mordillant plus ou moins fort en veillant néanmoins à ne pas faire mal. Sans cesser de descendre. L’attache de la cape rouge qui se dresse, vainement, sur son chemin l’oblige à retirer sa main de sous le haut de la Baskerville pour pouvoir la défaire d’un geste habile né de l’habitude. Personne n’enlèvera mieux la cape rouge d’un Faucheur Pourpre qu’un autre Faucheur Pourpre, qu’on se le dise. Une fois l’obstacle hors du chemin, il reprend son jeu de lèvres jusqu’à la clavicule de la jeune femme sur laquelle il s’attarde, tandis qu’un peu plus bas sa main – la plus haut placée des deux – est retournée sous le haut et est maintenant complètement remontée. Puisqu’il a le feu vert, il ne va pas se priver de tout explorer. Attentif néanmoins aux réactions de la Baskerville, qu’il note soigneusement afin de s’en resservir contre elle. Enfin, ce contre elle ici devrait plutôt être un pour elle. Donner du plaisir à sa partenaire est difficilement condamnable comme pouvant aller à l’encontre de la jeune femme. Du moins, à son sens. S’il devait faire un truc de travers, nul doute qu’il serait rapidement mis au courant. Lui permettant ensuite de corriger son erreur. Parce qu’après tout, on apprend aussi beaucoup de ses erreurs.


Ses gestes ne sont pas lents. Ses gestes ne sont pour autant pas précipités. Pour la simple raison qu’il s’attaque à des parties du corps de la jeune femme qui n’ont pas besoin d’être brusquées. Adapter son rythme fait aussi partie des choses qu’il a pu apprendre. Des fois, aller lentement et au fond des choses n’est pas mauvais. Pour tenter c’est même en réalité assez idéal. Donner sans pour autant trop donner. Réussir à frustrer en même temps qu’on s’attèle à contenter. Créer le manque alors même qu’on donne. Plan généralement brillant. Bien qu’il ne soit pas celui qu’il emploie actuellement. Bien qu’il n’emploie pas de plan tout court, en fait. Il n’a pas abandonné l’idée de la rendre complètement désireuse au moins temporairement, bien sûr que non. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’applique à explorer chaque parcelle de peau offerte. Mais c’est aussi pour cela que sa seconde main ne fait que provoquer depuis tout à l’heure. S’approchant toujours plus près, sans jamais toucher pour autant. Parce qu’il sait que savoir la présence là, à une poignée de centimètres, pouvoir pratiquement en ressentir la chaleur, fait presque autant d’effet que le contact. Et surtout, crée une attente. La jolie rousse l’a tenté, l’a cherché avec ses mains baladeuses, eh bien elle l’a trouvé. Comme si elle ne s’y attendait pas au préalable. Voyons, ils ne font qu’appliquer le proverbial œil pour œil, dent pour dent, depuis le début. Il veut l’entendre gémir son prénom. Mais ça, il va falloir le mériter.
Incapables de s’empêcher de taquiner l’autre, peu importe la situation. En même temps, ce serait moins drôle sinon. S’ils ne s’embêtaient pas continuellement, il n’y aurait pas de dérapages comme celui-ci. D’ailleurs, en est-ce réellement un, de dérapage ? Cela ne leur flottait-il pas au-dessus de la tête, comme une épée de Damoclès prête à s’abattre ? Ce n’est pas que c’était à prévoir. C’est que, vu leur relation, c’était une des possibles facettes inexplorées. Plus ou moins inexplorées. Facette pourtant hautement intéressante puisqu’elle fait tomber plein de barrières et offre l’abandon complet. Oh certes ils continuent à s’embêter – on ne change pas une équipe qui gagne – mais, pour autant, il y a là un côté très intéressant pour apprendre sur l’autre. En plus de l’aspect… Ludique, dirons-nous, de la chose.

Et puis, temporairement et parce qu’il a besoin d’une prise, la main audacieuse du bas retourne glisser au dos de la cuisse d’Aiko. Lui permettant d’utiliser la prise, en les décalant tous les deux un peu de la colonne de pierre juste un instant –faisant au passage tomber la cape détachée –, afin de pouvoir plaquer à nouveau la jeune femme plus haut sur le mur. De sorte qu’elle soit maintenant un peu plus haute que lui. Le but ? Simplement pouvoir poursuivre sa course avec ses lèvres jusqu’à la naissance de la poitrine de la jeune femme. Qui subit le même traitement que son cou, bien sûr.

Et puis il décide qu’il a suffisamment tenté. Suffisamment taquiné. Tenter d’user la patience de sa camarade use aussi la sienne. Malheureusement.
Alors ses doigts sous la jupe achèvent de se faufiler vers le haut, passant sous toute couche de tissu pouvant se trouver sur leur chemin. La position de la jeune Baskerville facilite la tâche. Il y prodigue encore quelques caresses tentatrices afin de la faire ployer pour de bon. Et, pour être sûr de faire son effet, il redresse la tête afin d’aller lui souffler dans l’oreille :

- Je te taquinerai jusqu’au bout.

Suite à cela il lui offre un bref baiser avec force, puis relâche ses lèvres pour ne rien manquer de sa réaction lorsqu’il va enfin au bout de son geste afin d’offrir des caresses plus approfondies. Dans tous les sens du terme. Prenant cette fois volontairement tout son temps sur cette partie sensible. Ces gestes réussissant au passage sans mal à faire grandir son envie à lui de placer autre chose que ses doigts à cet endroit-là. Patience, patience. Son but premier est déjà de la rendre éperdue de plaisir. Est-ce qu’il est en bonne ou mauvaise voie ? Bonne question. Dans le doute, autant s’efforcer d’être le meilleur possible. Profiter de mener la situation pour placer ses pions et abattre ses cartes. Car, quand viendra la contre-attaque, qu’il attend par ailleurs avec joie, il risque fort de ne plus répondre de rien. Mais d’ici là, c’est lui qui a la main. Et il met un point d’honneur à suffisamment s’appliquer pour qu’elle ne puisse penser à rien d’autre. N’avoir que des réactions qui relèvent de l’instinct le plus simple. Rien de réfléchi. Rien du tout. En clair : l’abandon. Puisque lui s’est de toute façon complètement perdu dedans. L’y entrainant à sa suite.
Après ça, il faudra qu’ils songent à se mettre à la télépathie tous les deux pour de vrai. C’est plutôt productif comme truc.

Il varie ses touchers, allant plus ou moins loin, plus ou moins rapidement. Sa bouche étant retournée s’affairer là où elle était avant, en dessous du cou. Il se permet même de sourire contre la peau de la jeune femme juste avant d’arrêter ses gestes. Enfin, il retire entièrement sa main de là pour aller la poser sagement avec la seconde sur le ventre de la Baskerville à qui il emprunte une nouvelle fois les lèvres. Lui offrant un bref moment d’accalmie.

Il n’a pas un air fier sur le visage. Fier de quoi ? Il ne fait rien par fierté ici. Il le fait par… Bonne question. Désir, plaisir, simple envie de la voir se rendre entre ses bras, suite du jeu, échanges entre deux adultes, les raisons sont multiples mais aucune n’inclus la fierté. Il n’y a pas de fierté à retirer pour le moment de caresses ciblées sur des endroits où elles ne peuvent qu’être efficaces. Il n’a pas inventé l’eau chaude, il peut simplement tourner le robinet. Bref, les techniques sont là et il n’y a que l’utilisation qu’il en fait qui lui appartienne.
Sur son visage ne règne qu’un vestige d’air amusé, ses yeux ne reflétant pratiquement plus que du désir d’une tension qui s’accumule après chaque geste. Alors il se cale un peu mieux contre elle avec l’aide de ses mains qu’il place sur ses cuisses. Les frottements lui arrachant au passage des gémissements étouffés par le baiser qu’il ne cherche même pas à retenir. Au point où ça en est. De toute façon, même s’il le voulait, il serait bien en peine de le faire. Ils sont partis un petit peu trop loin pour ça. Pas qu’il s’en plaigne, bien au contraire. Les règles sont celles de l’abandon, non ? Alors la retenue, dehors.

Quand, enfin, il lui relâche les lèvres, il va ensuite placer sa tête dans son cou afin de reprendre son souffle, les yeux clos. Son souffle fort peu régulier s’abattant sur la peau du cou de la Baskerville qui se fait régulièrement malmener depuis le début de la partie. La chaleur du corps contre le sien ne l’aide pas vraiment à se calmer, et ne l’aidera d’ailleurs pas jusqu’au bout. Ni à penser clairement, son esprit étant pleinement embrumé. Une brume, cela dit, très agréable. En fait, la seule pensée qui brille au milieu de ce brouillard, c’est :

- J’ai envie de toi, t’as pas idée.

Comme ça c’est clair. Et l’idée, elle doit en fait, à défaut de l’avoir, pouvoir la sentir. Ce qui du coup doit offrir une idée plutôt claire. Mais il assume parfaitement ses mots, et finit même par redresser la tête pour pouvoir la regarder. Son souffle est loin d’être redevenu régulier, mais vu comme son cœur bat, c’est peine perdue. Tant pis, il fera sans. Au moins cela est moins visible. Qu’importe. Pour le moment, l’état d’Aiko l’intéresse bien plus. En fait, l’état d’Aiko l’intéresse plus pratiquement tout le temps dernièrement.
Bref. Il n’y a qu’une chose à retenir de tout cela : l’abandon, des fois c’est bon. C’est même très bon.



[Hrp : Titre casé : Done. *baff*. Et y’a toujours pas un mot de travers. Bon par contre, la description reste… Bref =’). Et désolée pour la fin, fallait un truc pour couper sans que ça fasse paragraphe tranché au couteau en plein mileu.]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   3rd Novembre 2012, 07:38

Finn. Ce n’était pas la première fois qu’Aiko le rencontrait – vous vous en doutez bien. Ce n’était pas non plus la première fois où elle sacrifiait une envie de solitude pour un besoin urgent de compagnie. De sa compagnie. Ce n’était pas la première fois qu’elle voulait être dans ses bras. Pas la première fois qu’elle voulait partager avec lui ses plus sombres secrets. Pourtant, c’était la première fois que son regard s’assombrissait ainsi en croisant le sien. C’était la première fois qu’elle condamna sa raison pour se donner corps et âme – l’expression ne convient-elle pas à merveille à la situation ? – à lui. C’était aussi la première fois que seul son désir guidait ses faits et gestes. La première fois qu’elle laissa pour seul maître de son corps son instinct. Un instinct comparable à celui des animaux, parfois, tant la jeune femme devenait brusque. Elle s’en étonnait elle-même. Mais aussi un instinct qui l’a sauvé bien plus d’une fois. Un instinct pouvant s’avérer maternel lorsqu’elle se retrouvait près d’enfants. Un instinct, tout simplement. Elle s’y fiait souvent, mais son coté logique et rationnel était omniprésent, prêt à intervenir à n’importe quel moment et ce, qu’importe la situation. Sauf que. Aujourd’hui, il semblerait que ce soit un jour de la vie de la jeune femme consacré aux exceptions. Effectivement, en plus de ne pas agir comme elle avait pour habitude de le faire, même ses pensées ne correspondaient plus. Elles ne correspondaient en aucun point à celles qui auraient dû trotter dans son esprit. En fait, c’était même à ce se demander s’il y avait réellement des pensées dans sa tête. Sûrement, oui. C’était même évident. Elle pensait à plusieurs choses. Trop de choses justement pour pouvoir ne serait-ce que s’attarder sur l’une d’entre elles. À peine décidait-elle de faire halte sur une pensée qu’une autre la bousculait pour prendre sa place. Et elle n’avait pas d’autres choix qu’essayer de réfléchir. Essayer seulement, car en réalité, elle en était tout bonnement incapable. Elle savait qu’elle voulait Finn. Ici et maintenant. Elle savait qu’elle désirait être sienne. Ça, elle pouvait l’accepter au vu de la situation. Mais elle ne désirait pas simplement être sienne, comme ça devrait être le cas. Pas pour quelques instants. Pas le temps de clore la partie. Du moins, pas seulement le temps de la clore pour aujourd’hui. Elle voulait être sienne tout court. Pas pour une minute, pas pour une heure, et pas pour un jour. Le temps était indéfini. Et ça, elle n’arrivait pas à s’y faire. Avec d’autres hommes, il était facile pour elle de se détacher de leurs regards, de leurs bras, de leurs corps. Il était facile pour elle de les posséder. Et parfois, elle ressentait aussi ce besoin d’être dominée, d’enfin pouvoir se reposer sur quelqu’un. Mais c’était toujours temporaire. Toujours sauf aujourd’hui, en présence de Finn. Elle n’arrivait pas à comprendre, alors elle tentait d’établir un tableau mentalement. Quelle était la différence entre les autres hommes et lui ? Il n’y avait – pour une fois – pas besoin de réfléchir ; Finn, elle l’appréciait, les autres, elle leur était indifférente si ce n’est lorsqu’ils s’adonnaient à leurs activités douteuses. C’est vrai que maintenant qu’elle y pensait, jamais elle ne daigna accorder plus d’importance qu’il n’en fallait aux autres hommes. C’était donc – au risque de me répéter – aussi la première fois qu’elle jouait à ce genre de jeu avec quelqu’un qu’elle aimait tout particulièrement. Au début, Finn, elle ne le voyait qu’en membre Baskerville qu’il était. Je ne vais pas vous dire qu’elle le considérait comme un frère, car tout de même, elle ne voyait pas tous les Baskerville comme des frères et sœurs. Mais elle avait déjà un certain respect pour lui. Quand elle apprit à le connaître, le respect s’amplifia. S’ajouta alors une sympathie qu’elle éprouvait à son égard. Un ami ? Pas vraiment. Elle savait qu’elle pouvait compter sur lui. Mais pas comme un ami. C’était difficile à définir. Parce qu’un ami, on avait une confiance limitée en lui, on ne pouvait pas tout lui dire, ni pas trop lui en dire. Alors qu’avec Finn, il la laissait faire comme bon lui semblait sans pour autant la juger. Et c’est justement parce que c’était difficile de trouver un mot pour résumer leur relation qu’Aiko cessa d’y penser. Pas la peine de se casser la tête sur cela. Elle finira par trouver un jour ou l’autre. Ou alors, leur relation évoluera différemment et elle pourra, sans trop réfléchir, lui trouver le nom adéquat. Quoiqu’il en soit, ce n’était pas pressé. Avec un ami, on ne fait pas ce genre de choses. Avec un amant, on ne fait que ce genre de choses. Alors quoi ? Enfin bref. Ce qu’elle savait, c’est qu’il était bien le premier à lui avoir amputé son coté rationnel et à ainsi avoir embrumé son esprit. Il n’était pas comme les autres. Il était particulier. Et il possédait une importance qui n’en était pas moins particulière aux yeux de la jeune femme. Après tout, c’était aussi la première fois qu’elle se délectait ainsi de la beauté d’un désir obscur n’ayant attendu que cet homme pour remonter à la surface et submerger la jeune femme.

Décidément, ce jeu n’était vraiment pas fait pour les enfants. Ils avaient beau prétendre ce qu’ils voulaient, il y a certaines situations dont ils ne pourraient pas tirer profit. Il y a des choses qu’il faut laisser pour les plus âgés, c’est tout. Jouer avec les mains, c’est déconseillé aux plus jeunes. Pourtant, c’est étrange, mais nous n’avons jamais précisé de quel jeu de mains nous parlons ici. Enfin bon. Quoiqu’il en soit, Aiko et Finn semblaient bien s’amuser. Après tout, pourquoi devraient-ils s’en priver ? Deux adultes consentants. Que leur fallait-il de plus ? Qui plus est, le voile sombre du désir tombé devant leurs yeux avait été un peu plus assombri par l’affection qu’ils se portaient l’un l’autre. Peut-être n’avaient-ils même pas remarqué cela. Mais le fait était là. Et puis, quand Finn se mordit la lèvre alors qu’Aiko s’affairait à créer un frottement entre leurs deux jambes pour remonter la sienne et l’enrouler autour de son bassin, elle ne pût s’empêcher de sourire. D’un sourire plus amusé que satisfait ou fier.

Pour faire plaisir à l’autre, il ne suffisait pas de bien positionner ses mains et de savoir faire danser ses doigts sur la partie du corps choisie. Il ne suffisait pas non plus de coller inlassablement son bassin à celui de notre opposant. Autrement dit, il y avait un autre moyen d’augmenter le désir de l’autre sans même le toucher et sans non plus changer de contexte. Vous n’avez pas trouvé ? C’est pourtant simple. Lorsque, par exemple, Finn jouait son tour, la jeune rousse ne cherchait plus à taire ses réactions. De toute façon, ce n’est pas comme si elle en était capable. Quoiqu’en forçant un peu, elle aurait au moins pu éviter qu’il la voie rougir. Mais à quoi bon ? Il est tout à fait normal qu’elle ne soit pas indifférente à ses gestes – surtout que dire qu’il s’y prenait mal reviendrait plus à mentir qu’à autre chose – et puis, par expérience, elle savait que voir l’autre réagir nous procurait aussi notre dose de plaisir. Aiko ignorait pourquoi, à vrai dire. Mais là encore, se poser la question ne servirait à rien. À rien d’autre qu’à se fatiguer pour au final ne trouver nulle réponse pouvant correspondre.

En plongeant dans son regard, la jeune femme découvrait à chaque fois un nouveau sentiment. Mais pas en ce qui le concernait lui, car là, elle avait déjà établi un petit bilan. Elle voyait du désir, une lueur d’amusement et d’autres choses qu’elle ne pouvait expliquer mais qu’elle comprenait pourtant. Néanmoins, ce qui était étonnant, c’est qu’en accrochant ses yeux bruns aux siens, elle découvrait quelque chose de nouveau. Mais quelque chose qui la concernait elle et personne d’autre. La possessivité. Elle en avait toujours fais preuve et l’avait jusque là très bien assumé. Mais aujourd’hui, elle avait l’impression que c’était différent. Et surtout qu’elle n’avait pas le droit. Pas le droit d’être possessive. Pas avec Finn. Parce qu’elle ne le possédait justement pas. Pare qu’elle n’avait pas sont mot à dire sur sa vie. Parce qu’elle n’avait pas non plus le droit de lui dire de faire ci ou cela selon ses propres envies. Elle en était bien conscience. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de sentir cette boule au ventre créant en elle un malaise particulier à chaque fois qu’elle l’imaginait avec une autre femme. Elle lui en aurait bien parlé, de ça. Mais pour lui dire quoi exactement ? Et surtout, qu’est ce qu’il pourrait bien lui répondre ? Comment expliquer à quelqu’un que ce que l’on ressent à son égard est trop confus pour qu’on puisse le définir, mais qu’on ne veut pourtant pas le voir avec quelqu’un d’autre ? C’était stupide. Totalement. Mais elle ne pouvait s’empêcher d’être ainsi possessive à son égard, et par la même occasion, de témoigner d’une telle stupidité. Ce qu’elle avait le plus de mal à avouer, même à elle-même, c’était que la possessivité voulait dire, en parallèle, autre chose. Et ce quelque chose, elle ne voulait pas le ressentir. Pas à l’égard de femmes qu’elle ne connaissait pas et qui pourraient poser leurs mains sur Finn. Parce que ce quelque chose, c’était de la jalousie.

Heureusement, Finn ne lui laissa pas le temps de s’attarder sur ses sentiments. Il s’appliquait sur chacun de ses gestes et Aiko venait à s’en demander qui des deux en profitait le plus, car vu comment il s’y prenait, et vu surtout tout le plaisir qui déferlait sur elle, elle doutait sérieusement que ce que ressentait le jeune brun pouvait rivaliser avec ce qu’elle couvait. Bien sûr, elle se débrouillerait pour ne pas être injuste vis-à-vis de lui et lui rendre la monnaie de sa pièce. Au fond, ça ne revenait pas à le lui faire payer, car elle ne doutait pas le moins du monde du bien qu’il pouvait ressentir. De toute façon, ils ne faisaient pas la concurrence. Ils jouaient en se faisant mutuellement plaisir, ne cherchant pas à avoir une quelconque domination sur l’autre, si ce n’est par moment, lorsque l’instinct dévastait la plus minime part de raison encore présente. Et là, c’était plus l’instinct animal. De toute façon, Aiko ne se plaignait ni de la douceur des gestes de Finn – et encore heureux tiens – ni du fait que quelques uns de ses gestes soient brusques. Elle s’accommodait des deux. Si elle avait une préférence ? Cela ne reviendrait-il pas à demander si elle possédait un coté masochiste, non ? Eh bien, disons simplement qu’on ne pose pas ce genre de questions aux femmes. Enfin, c’est surtout pour esquiver la question et je ne doute pas du fait que vous ayez compris, à travers ces mots, la réponse que vous attendez.

Lorsqu’elle glissa un de ces doigts par-delà sa ceinture, Finn gémit faiblement. Elle lui aurait bien lancé un de ces regards totalement provocateurs si elle n’était pas occupée à l’embrasser. Mais comme s’il avait deviné ce qu’elle voulait faire, il fit doucement glisser sa main de l’extérieur vers l’intérieur de sa cuisse. Sans rompre le contact, ce fût au tour de la rousse d’émettre un gémissement, moins audible que les précédents tant il approchait du murmure. Le fait d’avoir, un peu plus tôt, remonté la main de Finn aidait ce-dernier, car en effectuant une légère rotation, il était bien trop près. Et ça suffisait à Aiko pour se cramponner à lui. Sentir sa main ainsi proche de cette zone créait en elle des frissons réguliers qui l’agitaient et embrumaient un peu plus son esprit. Mais il ne s’arrêta pas là, car son autre main s’aventurait maintenant sous son haut. Ainsi, il pouvait aisément sentir les frissons de la jeune femme, mais elle était trop occupée à réagir pour pouvoir s’en soucier. Ses doigts se baladaient, à leur aise sans doute, laissant une trace de leur passage sous forme de frémissement. Ne pas être chatouilleuse ne veut pas dire que les côtes ne sont pas une partie sensible. Alors quand il passa ses mains dessus, elle pressa un peu plus fortement ses lèvres contre les siennes. Doucement, il commença à remonter. Plus haut. Toujours plus haut. Quand elle rompit le contact tactile de leurs lèvres, il redescendit sa main vers son ventre, dessinant quelques formes sur sa peau. En revanche, son autre main n’avait toujours pas cessé de faire frissonner Aiko. C’est qu’elle était vraiment à ça de la remonter elle-même, cette main. La faire ainsi languir fera sûrement naître l’expression et le sentiment voulu quand il ira au terme de son geste, mais pour l’instant, elle était la seule à tenter de résister à ces cruelles caresses. Vous comprendrez que par cruelles, je veux dire plus qu’agréables.

Quand il répondit à sa question, elle ne pût empêcher un sourire. Bien que ça ait tout d’un ordre, la première partie de sa réplique voulait bien dire que non. Oui, c’est ce qu’elle pensait aussi. Elle devrait. Elle doit. Bien sûr, en aucun cas elle n’allait lui demander de s’arrêter. Elle voyait d’ailleurs mal ce qui pourrait bien la pousser à vouloir arrêter. Tout ce qu’elle savait, c’est que si elle demandait à Finn de cesser, à contrecœur ou même difficilement, il le ferait. Mais elle n’allait pas lui faire subir ça. Ni à lui, ni à elle d’ailleurs.
Lorsqu’elle lui fit part du fait qu’elle ne voulait plus qu’il s’arrête, elle sentit la main sous sa jupe ralentir. Elle n’était pas en mesure – ni en était – de définir si c’était de l’hésitation ou s’il prenait simplement le temps de réfléchir, comme elle le lui avait silencieusement demandé. Elle verrait bien. Et la réponse vint d’ailleurs. Plus délicatement, plus tendrement, qu’elle ne l’aurait pu le penser. Il lui déroba ses lèvres calmement, transmettant par biais de ce baiser toute la réponse dont elle avait besoin. Son cerveau enregistrait mais ne triait pas. Il mettait tout ce qu’il captait d’un coté et ce serait à Aiko de décider quand elle devrait revoir tout cela. Pour l’instant, elle répondit tout aussi doucement au baiser de Finn, ses mains s’étant temporairement arrêté dans leurs caresses et provocations. Il ajouta, dans un souffle, un oui et reprit là où il s’était arrêté. Il sourit contre sa bouche et, la gratifiant d’un dernier baiser, furtif cette fois-ci, il commença à laisser ses lèvres traîner sur son cou. Elle pencha la tête, le lui offrant entièrement, ayant aussi fermé les yeux alors que sa main commençait doucement à défaire la ceinture alors que lui s’affairait à dénouer sa cape. Après tout, il allait bien falloir qu’elles s’en aillent ces deux là. Pas qu’elles devenaient gênantes, mais… Si, elles étaient gênantes. Aussi, Aiko aura besoin de plus de liberté si elle voulait pleinement faire profiter son partenaire. Partenaire qui a complètement remonté sa main sous son haut d’ailleurs. Elle gémit doucement, ne sachant elle-même si c’était à cause du nouveau contact ou à cause de l’attardement des lèvres de Finn sur sa clavicule. Ou peut-être même était-ce dû à ses précédents mordillements plus prononcés et qui, logiquement, avaient plus d’effet. Quant à son autre main, tout aussi bien positionnée que sa jumelle, elle s’approchait, s’éloignait, sans cesser de caresser et d’augmenter le plaisir d’Aiko qui était en train de lutter pour ne pas gémir une nouvelle fois. Au lieu de quoi, elle racla ses ongles contre son torse et réussit à retirer complètement sa ceinture. C’était déjà ça. Le reste, elle le fera plus tard. Parce qu’il était drôlement difficile d’essayer de se contenir un minimum tout en agissant.

La main du brun revint vers l’extérieur de sa cuisse et, se servant de cette prise, il positionna la jeune femme plus haut contre le mur. Elle n’eut pas le temps de lui demander ce qu’il faisait car il décida de continuer son jeu de lèvres, descendant cette fois-ci dangereusement vers sa poitrine. Elle ferma les yeux et poussa un long soupire de plaisir. Même pas besoin d’essayer de le retenir celui-là. Finn décida peut-être qu’il avait assez taquiné Aiko car il cessa son petit jeu. Enfin, pas vraiment. Il cessa surtout de faire languir la jeune rousse. Ses doigts, sous sa jupe, se frayèrent un chemin vers le haut. Je vous avoue que là, il est plus que vain d’essayer de ne pas réagir. Mais Aiko est sage, alors elle ne lutta même pas. Elle se cambra et immobilisa ses mains présentes sur le torse et le pantalon de Finn. Ce-dernier, lorsqu’il prodigua des caresses toujours plus insistantes, réussit à soutirer à sa partenaire un long gémissement, plus audible que tous les autres. Elle enfonça ses ongles dans la chaire de son torse et détourna le regard, déglutissant par moment aussi. Il releva la tête vers elle et lui souffla quelques mots. Mots suivis d’un baiser féroce auquel elle répondit en y mettant tout autre d’ardeur. Quand de nouveau, il la regarda, elle devina ce qu’il allait faire et retira ses ongles de sa peau pour y déposer simplement ses doigts. Parce que si elle les avait laissés, ses ongles, il aurait eu mal. Et elle ne voulait pas qu’il ait mal. Pas de cette façon du moins. Il alla au bout de son geste, laissant ses doigts s’aventurer avec une lenteur délibérée plus profondément, obligeant Aiko à se raidir, poussant des soupirs, des gémissements ou de faibles cris raques, alternant. Elle ne se maîtrisait plus du tout, et seul Finn était maître des réactions qui l’agitaient. Là, elle pouvait dire qu’elle avait réellement perdu toute lucidité. Elle n’était plus maîtresse d’elle-même. Elle ne pensait à plus rien. Elle ne se rendait même pas compte de tous les bruits s’échappant de sa bouche. Ainsi, elle était tout bonnement à la merci de Finn. À un instant particulier où elle sentit l’agitation des doigts du brun, elle ne se retint pas de pousser un faible cri, déglutissant immédiatement après.
Tout ce dont elle était certaine, c’est qu’il allait le payer. Elle sera bien plus vilaine sur ses gestes qu’elle n’avait l’intention de l’être. Surtout maintenant qu’il changeait de touchers, de parts la profondeur que la vitesse. En plus de quoi, il prit l’initiative d’aller continuer son jeu de lèvres sous son cou. De quoi faire trembler la jeune femme de plaisir. Tout bonnement. Est-ce réellement indispensable de souligner qu’elle n’avait toujours strictement aucun contrôle sur les bruits qu’elle émettait ?

Finn arrêta ses mouvements sans violence, délicatement – ou du moins, aussi délicatement que possible après tout cela – et alla ramener sa deuxième main sur le ventre d’Aiko. Lorsqu’il se saisit une nouvelle fois de ses lèvres, elle le remercierait presque de ce moment de calme qu’il lui offrait. Pendant le baiser, il plaça de nouveau ses mains sur ses cuisses, et elle crut entendre quelques bruits étouffés de sa part. Elle ne pouvait en être certaine car elle avait l’impression que seuls les battements de con cœur étaient audibles. Il finit par mettre fin à se baiser et par aller chercher du repos au niveau de son cou. Rien que sentir son souffle chaud et totalement irrégulier s’abattre sur sa peau la déstabilisait. Ça, revanche, Finn ne devait pas le savoir.
Au bout d’un moment, il sembla renoncer et remettre son visage face au sien, non pas sans lui souffler un dernier commentaire. Commentaire qui la fit tressaillir et auquel elle aurait volontiers répondu si elle n’avait pas si peu confiance en sa voix.

Elle resta un moment face à lui, sans bouger, si ce n’est sa poitrine qui témoignait de son souffle saccadé. Elle réussit à esquisser un léger sourire. Et dans cette situation, ça n’augurait vraiment rien de bon pour Finn. Quoique. Elle revint capturer ses lèvres, avec plus de brutalité qu’elle ne l’aurait voulu – mais ça, il ne pourrait vraiment pas le lui reprocher – et ouvrit le pantalon du brun sans trop se hâter, malgré l’urgence qui brûlait en elle. C’est qu’elle aurait bien voulu jouer sans l’ouvrir, mais c’était plutôt impossible. Totalement même. Elle glissa sa main à l’intérieur, prenant directement la direction de ses cuises. Sans cesser d’approfondir le baiser, elle vint ajouter sa deuxième main, cette fois-ci pour faire légèrement glisser le tissu sur les hanches de l’homme. Elle commença à approcher lentement ses doigts de cette zone dont il a tenté de l’éloigner un peu plus tôt, les laissant danser sur le tissu encombrant recouvrant cette partie avec un malin plaisir. Elle allait le faire languir. Et pas qu’un peu. Elle remonta son autre main vers son cou pour la nouer autour et, se servant de cette prise, elle vint enrouler sa deuxième jambe autour de son bassin. Il n’y avait vraiment pas position plus explicite quand les deux étaient debout. Elle commença à frictionner leurs bassins, vigoureusement, rompant le baiser pour aller laisser sa langue traîner exagérément lentement sur ses lèvres. Elle laissa tomber sa tête dans son cou et, contrairement à lui, elle n’hésita pas un instant avant de laisser ses lèvres ainsi que sa langue travailler à laisser une jolie trace sur sa délicate peau sous laquelle elle sentait sou pouls. Sa main, plus bas, frôlait à peine la zone dangereuse. Quand elle releva sa tête, elle haussa les sourcils, un air particulièrement malicieux sur le visage.

Et puis, soudainement, elle fit franchir à sa main toute limite qui aurait pu exister. Mais même ainsi proche, sans nul tissu l’empêchant de continuer son ascension, elle s’amusait juste à le frôler. Pas plus. Après, de toute façon, les hommes trichaient tout le temps. Ils pouvaient s’amuser avec les femmes et avaient plus d’une partie de leurs corps à leur disposition. Alors que pour les femmes, il était bien difficile de trouver quoi faire avec les hommes. Enfin, Aiko allait devoir faire avec.

Tout en continuant ainsi ses frôlements taquins, elle plongea son regard dans celui de Finn. Son autre main, toujours derrière sa nuque, appliquait une légère pression dessus. Et puis, elle l’attira à elle, vers son cou, l’incitant à rester ainsi un moment. D’ailleurs. Dans cette position, elle avait un vue sur son dos. Rouge. Cape. Sans réfléchir plus longtemps, elle la dénoua et la jeta près de la sienne. Elle lui fit redresser sa tête et alla retrouver ses lèvres. Alors que sa langue s’appliquait à découvrir les profondeurs de la bouche de Finn, sa main acheva son voyage pour saisir entièrement ce qui l’intéressait. Et même si elle se maintenait grâce à la prise qu’elle avait sur sa nuque, elle savait qu’il a retiendrait, alors elle fit glisser cette main jusqu’à sa hanche, la faufilant lentement derrière pour approcher encore plus leurs bassins, même si son autre main, celle présente plus bas l’en empêchait.

Elle revint l’embrasser, cette fois-ci tendrement. Paradoxal n’est-ce pas, quand sans autre main s’amusait pleinement plus bas ? Bien sûr, Aiko restait attentive à toute réaction de Finn, car c’était de là qu’elle puisait sa force. Étrangement, même si ce n’était pas elle qui subissait, son pouls avait encore accéléré. Et vu que, ce ne sera pas la première fois qu’on le soulignera, Finn était différent des autres, alors rien que le fait d’ainsi laisser ses mains se balader plus bas la faisait rougir. Mais son souffle irrégulier pourrait tout autant être la cause des ces rougeurs, non ? Elle voulait y croire. Parce que sincèrement, elle n’avait aucune excuse crédible pour justifier ses joues s’empourprant. Si toutefois elle devait le justifier.

Pour ne rien vous cacher, elle craignait – pour une fois – de ne pas être à la hauteur. Elle avait la nette impression que Finn lui procura bien plus de plaisir qu’elle ne pourrait lui en donner. Pas dans cette position du moins. Le seul moyen de lui faire plaisir serait d’utiliser son propre corps. Et n’allez pas croire qu’elle allait hésiter.
Elle colla son front au sien et lui souffla quelques mots.

« Tes habits me gênent, tu sais ? »

Elle ne pouvait pas rire, car vu son souffle, elle s’effondrerait sur place, mais elle lui offrit un sourire plutôt amusé. Autant qu’elle le pouvait, du moins. Ce n’était qu’une provocation de plus. Elle pourrait y remédier, mais pas comme ça. Il était étrange pour elle d’ôter les tissus recouvrant les hommes ainsi, sans les provoquer une dernière fois. Elle se mordit la lèvre fortement, et, simultanément, elle resserra l’étreinte qu’elle avait plus bas. Après quoi, elle retira sa main pour la faire sagement glisser sous son haut, titillant sa peau de ses ongles. Elle resserra ses jambes autour de son bassin pour l’obliger à être tellement collé à elle qu’ils pourraient ressentir le moindre changement opérant sur le corps de l’autre. Mais surtout de façon à ce que leurs bassins soient parfaitement collés l’un à l’autre. Elle profitait elle-même de ce contact car elle colla sa tête sur la pierre derrière elle pour déglutir. Quand elle se redressa, son regard en disait plus long que tous les mots qu’elle pourrait dire. Elle fit passer sa langue le long de son cou, passant de sa jugulaire à sa clavicule pour remonter vers son menton qu’elle mordilla doucement.

« Finn, je… »

Elle ne réussit pas à achever sa phrase. Elle ne savait même pas ce qu’elle voulait dire. Elle savait juste qu’elle avait le visage en feu, la plupart des parties de son cœur humides – de sueur seulement ? – et que ses lèvres n’arrivaient plus à retenir les gémissements. Ce qui ne l’empêcha pas de recommencer à frotter, cette fois-ci doucement et lentement, son bassin contre celui de Finn. Il va sans dire que le but n’était pas de frotter les bassins, bien sûr. Mais nul besoin de nous attarder sur les détails, vous les connaissez sûrement.

Elle voulait l’embrasser. Mais elle s’en empêcha. Pas tant qu’elle n’aura pas fini sa phrase. Elle voulait littéralement lui sauter au cou – quoique dans cette position, c’était un peu déjà fais, – mais ça aussi, elle ne devait pas le faire. En fait, ce qu’elle voulait lui dire, elle ne l’avait jamais dis. Aussi étrange que ça pouvait l’être pour cette jeune femme. En se penchant sur Finn pour frôler ses lèvres, sa raison réussit à s’amasser une fraction de seconde en un accès de sincérité.

« Je te désire. »

Elle lui offrit un long et langoureux baiser alors que l’une de ses mains recommençait son ascension, descendant plus bas. Elle passa sous son haut pour s’arrêter sur le bas ventre et rompit le baiser pour le regarder, toujours pas satisfaite d’elle-même. Pourtant, pour ce tour, Finn devrait s’en contenter. Quoique. Pour son dernier geste, elle lui saisit le menton et l’attira vers elle. Enfin, plutôt vers sa clavicule que vers son visage. Finalement, quand elle le relâcha, il se retrouvait à l’endroit exact où il avait cessé de jouer avec ses lèvres, au niveau de la naissance de sa poitrine. Elle cala sa tête contre le pilier et ferma les yeux, entourant son cou de son bras libre. Elle parla dans un souffle. Un murmure. Un gémissement et une supplication à la fois.

« Continue s’il te plaît. »
[HRP : Roh, c’était parfait, comme d’habitude. ♥
Pas un mot de travers non plus ! **’ Mais j’ai pas fais grand-chose. Comme je l’ai dis, c’est pas facile avec les hommes. v_v Tu me dis si la fin ne te convient pas, hein. xx]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   4th Novembre 2012, 04:56

Relation, relation, quelle relation ? Ce n’est pas qu’il n’y en a pas – il y en a définitivement une, quelle qu’elle soit -, c’est qu’elle est indéfinissable. Habituellement leurs jeux ne prennent pas de telles envergures, cette fois-là étant une première qui, pourquoi pas, pourrait être amenée à se répéter à l’avenir. A force de jouer à se taquiner, il fallait bien qu’un jour le dérapage arrive. Celui-là est arrivé tellement naturellement qu’il serait même difficile d’y fixer un point de départ précis. Et cela a peu d’importance. Le moment précis du démarrage est bien moins intéressant que l’endroit où cela pourrait les mener. Où cela va les mener. Même s’il y a peu de chance que leur relation change du jour au lendemain juste pour ce dérapage, il va bien les amener, à un moment ou à un autre, à se questionner. Et nul doute que leurs jeux futurs pourraient bien revenir lorgner de ce côté-là maintenant que la porte est ouverte. Mais sinon, oui, ils sont tout à fait capables de parler de la pluie et du beau temps tous les deux sans avoir besoin de provoquer l’autre ou – nouvellement – de poser ses mains sur lui. Leur relation n’est pas que tordue et indéfinissable, fort heureusement. Ils pourraient même être amenés à conduire une mission à deux un jour, qui sait. Ce n’est pas parce que cela n’est pas encore arrivé qu’il n’y en aura jamais. Et, pour éviter l’échec, mieux vaudra pour eux qu’ils ne se distraient pas mutuellement. Ce serait délicat à expliquer ensuite. Délicat et probablement embarrassant.

Pour en revenir au problème de base qu’est cette relation indéfinissable. Elle ne rentre dans aucun des modèles préconçus. Amis ? Oui mais non. Ils s’apprécient mais, enfin, on ne fait pas cela avec des amis. Amants ? Encore raté. Sinon, ils auraient exploré ce terrain-là bien plus tôt. L’on aurait presque envie de dire que c’est entre tout cela. Un peu plus que des amis, mais pas vraiment des amants non plus. Et bien sûr, la palette de relations entre les deux est bien vaste. Au final, c’est difficilement définissable. Ils s’apprécient mutuellement, s’apprêtent à entretenir un rapport physique, et pourtant ne savent absolument pas ce que l’un représente pour l’autre. Bien sûr, là n’est pas le moment d’y réfléchir. Ce serait, de toute manière, fortement compromis par l’objet même des pensées en train de s’affairer en face. Mais après. Quand tout sera fini, qu'ils auront calmés leurs cœurs et retrouvé leur souffle, alors peut-être. Peut-être surtout quand ils ne seront plus en présence de l’autre. Car avant de pouvoir réfléchir à quoi que ce soit, il faudrait déjà calmer les tourbillons de pensées et de sensations qui ont été déclenchés. En clair, il n’est pas prêt d’y avoir un nom sur cette relation indéfinissable. Ce n’est même pas dit qu’ils se penchent dessus quand ils se quitteront. Préférant sans doute juste savourer le bien être encore présent. Ils en seront difficilement blâmables. Mais qu’importe, rien ne presse. Si ce n’est ni à cette rencontre ni à la prochaine et aux dix suivantes, ce sera à celle d’après. Même sans savoir quand est-ce qu’elles seront. Ils se croisent relativement régulièrement de toute façon. Plus souvent au Manoir qu’ailleurs. En fait, Finn ne sait même pas où elle peut bien habiter. Réveil ? Sûrement pas dans le même quartier que lui où ils se seraient croisés. Néanmoins, la question méritera d’être posée un jour. Et si elle lui demande pourquoi, il lui répondra en lui donnant son adresse et en lui disant que, maintenant, c’est à son tour. Tout à fait logique, parfaitement. Bref, ce n’est pas un sujet d’actualité et se pencher plus avant sur leur relation pour le moment mènera toujours au brouillard.

En parlant de brouillard, celui embrumant l’esprit de Finn est particulièrement épais. Et il s’y complait parfaitement. Plus ça va, moins il est capable de différencier le Nord du Sud. Déjà qu’en temps normal ce n’est pas trop ça, la jolie Aiko achève de le désorienter. Enfin, avec des méthodes pareilles, il veut bien perdre le peu qu’il a dans ce domaine sans problème. De toute façon, il n’est pas perdu. Pas exactement du moins. Il est parfaitement conscient de la présence de la Baskerville, par exemple. Même s’il faut avouer que sa conscience de la présence des choses s’arrête à la colonne de pierre bien pratique derrière la jeune femme. Tout le reste lui passe largement au-dessus de la tête. Ce n’est pas comme s’il fallait se soucier de quoi que ce soit dans ce coin reculé de la propriété. Et c’est tant mieux, ils peuvent ainsi pleinement se consacrer à l’autre.

Le contractant n’a qu’à peine conscience que sa ceinture est finalement retirée. Certes, ça fait de la place et il en est bien content. Mais il va falloir quand même plus que ça et il est occupé ailleurs. Il sait qu’il fait bien quand la Baskerville laisse échapper des sons. Mais aussi des frissons, son corps qui se tend et se détend sous ses mains, qui se déplace plus ou moins vers le toucher qu’il est en train d’offrir. Et alors, bien qu’il soit celui qui offre à l’autre, la réponse est très appréciée. Aussi encourageante qu’elle l’enfonce un peu plus dans le gouffre où ils chutent tous les deux.
Evidemment son petit jeu de taquinerie a porté ses fruits, amenant la jeune femme à s’arquer contre lui. La rendant plus désirable encore si c’est possible. Ainsi complètement à la dérive contre lui, il n’a plus envie que de lui prodiguer autant de bien qu’il peut. Chaque mouvement amenant un nouveau soupir, un nouveau gémissement, un nouveau raidissement sous l’assaut d’une sensation plus forte que les autres. Autant de choses le poussant à continuer pour pouvoir la sentir à nouveau comme cela, pour lui offrir l’abandon. Viendra un moment où l’abandon sera commun, en union. Même si, déjà, ils sont bien loin de la réalité qui les entoure. Quelle réalité ? Leur réalité porte un nom et se trouve en face de chacun d’eux. Dans l’instant, ils sont chacun le seul point d’ancrage de l’autre avec le réel, le concret. Tout le reste est perdu en ressentis, flou, brouillé. Des sensations pures.

Puis il y a une accalmie. Une accalmie qui n’arrête pas les cœurs affolés ni les souffles saccadés. Pas plus qu’elle ne freine l’anticipation toujours montante, l’envie de plus en plus pressante. Ce qu’ils se font à chacun est bon. Très bon. Délicieux. Mais il y a un stade encore au-dessus, que l’un comme l’autre veut toucher. Un stade qui sera plus que probablement atteint, par ailleurs. Qu’ils veulent mais dont ils retardent la venue, faisant graduellement monter tous les paramètres. Envie, désir, plaisir, et la conscience reléguée au second plan. Qu’elle prenne donc des vacances, celle-ci. Elle risque même fort de complètement s’effacer sous peu. Lorsqu’ils cesseront de repousser leur but final. Parce que oui, plus longue est l’attente, meilleure est la récompense.

La pause est terminée dès lors qu’Aiko revêt un sourire qui promet bien des choses à l’homme. Finn étant Finn même à moitié ailleurs, il ne peut s’empêcher de lui répondre avec un sourire de la même trempe. Un sourire qui dit qu’il l’attend de pied ferme même s’il sait qu’il va perdre. Un sourire qui, peut-être aussi, annonce qu’il peut faire pareil. Il vient après tout de le prouver. Un sourire qui est effacé par le baiser qu’elle lui offre. S’il y a bien une chose dont il n’est pas prêt de se lasser, ce sont de ces lèvres qui reviennent si régulièrement contre les siennes. Tantôt douces, tantôt brutes, toujours aussi tentatrices dans tous les cas. Que le baiser offert soit brusque, doux, tendre, langoureux ou juste chaste, tous lui plaisent. Ce qui lui plaît moins – mais tout est relatif, en réalité il est ici question de frustration, mais d’une frustration douçâtre, paradoxalement agréable – c’est l’application que met la jeune femme à défaire tranquillement son pantalon. Il a presque envie de brûler les étapes. Mais brûler les étapes, c’est mal. Et allons, ce n’est pas ainsi qu’il réussira à la faire languir un peu plus. Même si dans l’instant, il est celui dans l’attente. Une autre fois peut-être, sur qu’importe quel coup de tête, ils auront droit à un acte brutal, presque animal. Mais pas aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, tout est parti d’un jeu.

Aiko lui fait payer de l’avoir faite attendre. Et elle le lui fait payer cher, à tenter comme cela, à planer sans se poser. Ce qui n’empêchera pas Finn de ne rien regretter du tout. Ça valait totalement le coup, de l’avoir laissée languir. Rien que pour sa réaction.
Il n’empêche que maintenant, il est la cible de la douce torture. Il est relativement facile de lui tirer un son à ce niveau-là, au point où il en est. D’où le fait qu’il essaie – du moins au début – de se contenir. S’aidant pour cela du baiser approfondi pour tenter d’étouffer les sons qui passent. Sons étrangement synchrones avec le fait que la main baladeuse se rapproche de la zone sensible. Il est à ça de s’arquer en avant pour enfin avoir le toucher. Sauf que même là, il a plus de retenu que cela. Patience, patience, la tentatrice finira par cesser de tenter. Chacun son tour.

Evidemment, toute retenue est jetée par la fenêtre quand elle modifie sa position pour pouvoir frotter leurs bassins. Lui soutirant gémissements aussi bien que réaction, ses deux mains allant trouver ses hanches d’elles-mêmes pour accompagner ses mouvements. Il soupire de manière audible lorsque leurs bouches se séparent, rejetant alors la tête en arrière. Un son rauque lui échappe alors qu’il sent qu’elle marque sa peau avec ses dents et il ramène son visage en avant. Douleur brève mais qui subsiste comme un écho. Cependant rapidement effacée par ce qu’il se passe plus bas. Et là, il est bien en peine de répondre à l’air malicieux de sa compagne. Difficile en effet avec son regard presque perdu et les sons qui lui ont échappé. Il aurait bien voulu, à défaut, revenir prendre ses lèvres pour effacer cet air de son visage, mais le moment où l’idée lui vient est aussi le moment où la jeune rousse décide de pousser sa taquinerie un cran au-dessus. Cette fois, il n’y a rien pour étouffer son gémissement, l’obligeant à fermer les yeux un instant avant de les rouvrir. Néanmoins, il soutient le regard d’Aiko. Chacun lisant probablement la même chose dans les yeux de l’autre. Et puis elle l’attire vers son cou, qu’il prend alors le temps de mordiller. Sans la marquer. Plus tard. Il le fera, mais plus tard. Comme ça ils repartiront tous les deux avec une jolie marque qui restera un moment. Témoin pour les autres de ce qui aura pu se passer.

Elle l’incite à se redresser, ce qu’il fait sans protester. Le baiser offert est profond, l’homme se perd dedans. Aussi est-il pris d’un violent frisson incontrôlé quand, sans prévenir personne et surtout pas lui, elle achève enfin sa torture pour quelque chose de plus fort. De manière tout aussi incontrôlée, ses mains resserrent leur prise sur les hanches de la jeune femme. Une bonne chose pour lui éviter de tomber, quand, la seconde d’après, elle n’exerce plus aucune prise sur lui. Enfin, plus aucune prise qui pourrait lui permettre de se maintenir dans cette position du moins. Parce qu’effectivement, il y a bien une prise qu’elle exerce sur lui. Prise qui lui soutire soupires et mouvements inconscient du bassin, l’amenant à se cambrer légèrement en avant, vers le toucher. Il a conscience de se perdre dans les sensations offertes et essaie lentement de regagner un semblant de contrôle sur lui-même. Sans qu’il ne cherche pour autant à retenir les sons franchissant ses lèvres. Une chose à la fois si vous voulez bien, le multitâche est un truc féminin.
Puis elle vient l’embrasser tendrement. Contraste vif avec son état, et il ne saurait dire si le fait qu’il ne réponde pas avec force vienne du peu de contrôle qu’il tente de retrouver, ou juste du fait qu’il ne soit plus qu’en mesure de suivre ce qu’initie sa compagne. Probablement un peu des deux. Dans tous les cas, il rouvre les yeux après cet échange, gratifiant la Baskerville d’un sourire simple qui ne porte aucune trace d’amusement. Aucune idée d’où il le sort, celui-là. Peut-être est-ce juste pour exprimer le bien qu’elle lui fait. Il note ses rougeurs mais ne commentera pas dessus. Les raisons peuvent être multiples même s’il en soupçonne certaines plus que d’autres. Après tout, il l’a lui-même faite rougir précédemment. Et puis, il n’y a rien de honteux là-dedans. C’est la première fois qu’ils s’adonnent à cette activité l’un avec et l’autre et, quoi qu’ils en disent, l’avis de l’autre compte. Sans aller jusqu’à dire que l’avis d’une partenaire qui est une parfaite inconnue ou presque ne compte pas – il n’est pas égoïste et odieux avec les femmes sur ce terrain-là -, l’avis de la Baskerville a clairement une valeur de plus pour le contractant. Une valeur plus importante à ses yeux. Son avis compte, comme celui des autres, mais son avis a le pouvoir de lui faire plaisir en plus de celui d’être plus important. L’avis des autres, il le prend surtout en compte pour ne pas les mécontenter et que chacun tire un maximum de la rencontre. C’est probablement aussi pour cela qu’il retire tant d’agréments lorsque la jeune femme réagit. Bien entendu, cela ne changera en rien la façon dont il la voit, dont il pense à elle et la respecte. Elle restera Aiko à ses yeux, et c’est tout ce qui compte.
Aiko qui vient coller son front contre le sien. Nouvelle enclave de calme. Toute relative puisqu’il se passe toujours tout un tas de choses plus bas qui continuent à lui soutirer des frissons de délice.

- Tes habits me gênent, tu sais ?

Amusante réplique. Amusante en effet, et il pourrait en dire autant de ses vêtements à elle. Seulement, dans leur position, il ne serait pas aisé de tout retirer. Sans compter qu’en plus, la jolie rousse a le dos collé à la pierre. Dans quel état serait ce dos si jamais il n’y avait plus de tissu pour empêcher la roche de frotter dessus ? Pas glorieux. Tant pis, la vision complète sera pour une autre fois. Il a déjà eu droit à une bonne idée via le toucher de toute manière. Néanmoins, il va tout de même lui répondre.
Sa respiration est haletante, saccadée. Rendant ses mots légèrement entrecoupés entre eux lorsqu’il parle :

- Tu es invitée à les enlever.

Sa phrase se termine abruptement quand il serre les dents pour retenir, vainement, un gémissement plus long que les autres. Encore une fois à cause d’une action imprévue de la jeune femme.
Et puis elle retire complètement sa main, le laissant là à tenter de s’en remettre. Ce qui ne pourra être pleinement fait que d’une seule façon. Et elle est visiblement du même avis puisqu’elle resserre les jambes. Position plus qu’équivoque. Lui va s’échouer dans son cou. Pensant qu’il est grand temps d’en venir aux faits. Aux faits qu’ils attendent tous les deux et avec lesquelles ils se tentent depuis un moment. Puisqu’ils ont décidé plus tôt de ne pas s’arrêter. Pas qu’il y en ait un qui se plaigne. Visiblement, ils sont très contents tous les deux.
Il se redresse en même temps qu’il la sent bouger, leurs regards se croisant à nouveau. C’est qu’ils n’auraient presque pas besoin de mots pour se comprendre. Néanmoins les mots ajoutent un impact de plus. Et c’est aussi une façon de ne pas entièrement se perdre. Elle descend sur son cou qu’il lui offre bien volontiers. Est-ce qu’elle se rend compte qu’il se rend sous chacune de ses caresses ? Qu’il continue à répondre aux provocations juste parce qu’il est têtu mais qu’en réalité il suffit d’un geste pour modifier l’expression de son visage ? Sûrement que oui, à force. Chacun s’est abandonné aux mains de l’autre. Plus vraiment de retenue. Et pour qu’il n’y ait plus de retenue, il faut mettre la raison, la lucidité, de côté. Est-ce que la Baskerville pensait à cela quand elle parla de perdre toute lucidité tout à l’heure ? Vu qu’il est question d’une première ici, probablement pas. Un coin de l’esprit du contractant qui ne fait qu’enregistrer mais ne se manifeste pas se demande alors ce qu’elle pouvait bien sous-entendre. Evidemment, s’il réfléchissait un peu, il comprendrait. Mais certainement pas maintenant. Plus tard, toujours plus tard.

- Finn, je…

Elle… ? Il ne peut qu’émettre un vague son signifiant qu’il l’écoute toujours quand elle recommence ses mouvements de bassin. Ah ça, il ne faut pas s’attendre à avoir une conversation constructive et compréhensible avec lui en agissant ainsi en même temps. Alors il attend sagement qu’elle termine d’elle-même sa phrase.

- Je te désire.

Si elle ne l’avait pas embrassé l’instant d’après, il l’aurait fait lui-même. Parce que c’est la seule réponse non verbale à sa phrase qu’il peut trouver. Mais puisqu’elle prend l’initiative, il répond avec passion pour tenter de lui communiquer tout ce qu’il pense. Même si elle le sait probablement déjà. Sa dernière déclaration mérite réponse. Qu’il lui offre donc.
Baiser qui finit cependant par arriver à son terme, la jeune femme le guidant une dernière fois. Là où elle avait commencé son tour, d’ailleurs. Tour hautement satisfaisant et il ne l’a pas caché. Doucement, il dépose des baisers sur la peau face à lui. N’attendant qu’une chose pour continuer, l’aval de la jolie rousse. Qui ne tarde d’ailleurs pas.

- Continue s’il te plaît.

C’est si gentiment demandé, comment refuser ? Relevant la tête pour lui voler ses lèvres brièvement, il réussit ensuite à prononcer d’une voix rauque :

- Avec plaisir.

Puisque l’accord est donné, il n’y a plus qu’à faire. Loin d’être calme, l’envie d’accélérer, de presser le mouvement est là. Et pourtant, ses mains remontent doucement le long des cuisses de la Baskerville, dans le but de faire disparaître du chemin tout tissu gênant. Non sans s’assurer bien sûr au passage qu’elle ne tombera pas. Il n’est pas excessivement lent, incapable de l’être. Mais il se contient. Juste pour faire monter un peu plus l’anticipation chez elle. Ce qui au passage marche aussi chez lui, bien sûr. A ce stade, n’importe quel coup porté à la patience de l’autre se répercute aussi sur l’effecteur. Mais pour Aiko, l’effort ne le dérange pas. Au contraire.
C’est que leur position n’est soudain pas bien pratique pour ce qu’il a à faire avant de pouvoir passer à la suite. Aussi doit-il les éloigner temporairement, comptant bien sûr sur la jeune femme pour tenir en place plus ou moins toute seule. Profitant bien sûr de la moindre occasion pour lui offrir un toucher plus prononcé ou une caresse. Plus haut, sa bouche est retournée s’affairer sur son cou. S’appliquant à la marquer là où il avait hésité plus tôt. Un endroit qu’elle pourra toujours cacher si elle le désire, avec ses vêtements. Non pas qu’il l’ait choisi pour cela, en fait. Il a juste envie de le faire là. Bien que, très honnêtement, il trouve le fait de le faire volontairement très voyant agaçant. Ça reste plusieurs jours et ça raconte tout à tout le monde. Et puis surtout, ça éloigne pour un temps toute proie potentielle. Evidemment, il est question du cas où il n’y a pas de couple.
Bref, ce détail mis à part, il a avec succès réussi à déplacer du chemin le tissu gênant chez Aiko. En retournant capturer ses lèvres, il fait de même sur lui. Travail déjà bien commencé par la Baskerville, par ailleurs.

Doucement, il vient poser une main sur la joue de la jeune femme, rompant le baiser et reculant le visage juste assez pour la voir. Juste assez pour la taquiner sur une dernière petite pique :

- Tu sais, tes rougissements sont plutôt mignons.

Rien à faire que mignon et Aiko ne soient pas forcément des mots faits pour aller ensemble. Il fallait qu’il le dise, ainsi proche de son visage. Juste pour voir si cela pourrait la faire rougir un peu plus. Et puis sa main sur la joue de la Baskerville descend, retourne se poser avec sa jumelle sur les hanches de la jeune femme tandis que plus haut, il reprend ses lèvres. Il parvient à réunir juste assez de contrôle sur lui-même pour rapprocher à nouveau lentement leurs bassins. Et, avec force mais douceur, il les amène à ne faire qu’un d’un coup de reins. Ne cherchant même pas à retenir le gémissement de soulagement qu’il émet dans le baiser tandis qu’il commence ses allez-retours. D’abord lents, essayant d’être le plus doux possible pour ne pas lui faire mal. Le temps qu’elle s’habitue. Préférant la laisser mener la danse, imprimer le rythme, au moins au début. Début qui ne durera pas indéfiniment, parce que son propre contrôle a ses limites.

La posséder lui fait un bien fou. Temporairement, elle n’est qu’à lui et à personne d’autre. Si un nom doit franchir ses lèvres, ce sera le sien. Si elle doit penser à quelqu’un, c’est à lui. Il va sans dire que tout cela est bien entendu réciproque. Lui aussi est sien. Lui aussi murmure son nom entre deux baisers fiévreux parce qu’il refuse de lâcher ses lèvres. Les relâchant seulement quand une vague de plaisir le traverse pour revenir les prendre l’instant d’après. Chaque coup de rein venant un peu plus éroder ce qu’il lui reste de contrôle, l’amenant à augmenter amplitude et rythme de ses mouvements. Cependant toujours attentif à sa compagne. Tout en sachant qu’elle n’est pas en mousse et qu’il ne risque pas de la briser tant qu’il ne se comporte pas comme un sauvage. Il faut juste savoir doser.
Arrive cependant rapidement un moment où il rejette la tête en arrière avec un râle. Aucun des sons qu’il n’émet n’est contenu du tout, pas plus que sa respiration forte et haletante, perdu comme il est dans les sensations offertes qui se répandent dans tout son corps. En espérant que la jeune femme ressente autant de plaisir qu’il en ressent. Parce que c’est quand même bien le but. Un jeu où les deux prennent leur pied, pour faire peu classe. Jeu qui était passablement innocent à ses débuts. Après tout, tout a commencé avec un bisou sur la joue et une histoire de signaux. On ne peut plus innocent. A la prochaine rencontre, il aura sûrement l’audace de décaler un peu ses lèvres quand il visera pour lui faire un bisou. D’ici là, ils n’en ont pas encore terminé tous les deux.
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   7th Novembre 2012, 09:53

Il y a des sentiments que l’on ne ressent pas tout de suite, qui s’installent progressivement en nous, prenant leurs aises dans notre cœur puis dans notre âme, sans doute. Comme la haine, par exemple. On ne peut pas ressentir un sentiment si puissant rien qu’en regardant une personne, ni en un unique jour. Ça prend tout de même assez longtemps. Parce que haïr quelqu’un, c’est définitif. Alors, inconsciemment, on essaye de chercher des excuses à la personne nous ayant fait du mal – directement ou pas – de façon à ne pas aller jusqu’à la haïr. Quand réellement, on ne trouve pas, alors on s’abandonne à cette noirceur nous consumant. Parce qu’après tout, l’abandon nous aide à nous reposer. À nous sentir mieux, même si au fond, ce n’est que pour quelques instants. Mais nous sommes égoïstes, alors on pense à notre bien être avant à celui des autres ; profiter d’une seconde est bien mieux que ce soit les autres qui profitent, et ce, même si c’était pour des années. La bienveillance, réellement, ça n’existe plus. Enfin, je ne veux pas généraliser, alors je vais simplement reformuler en disant que ça existe de moins en moins. Pour reprendre là où nous nous sommes arrêtés, nous finissons par haïr cette personne. Après tout, si elle le mérite, c’est qu’il ne doit pas y avoir d’autres solutions. On dit qu’il ya toujours une solution à tout problème, mais on ne souligne pas le fait qu’il puisse y avoir plusieurs solutions. Enfin bref. La haine. Ne dit-on pas qu’elle est étroitement liée à l’amour ? C’es vrai, mais dans un sens seulement. On peut passer de l’amour à la haine, mais l’inverse est impossible. Vous trouvez sûrement des adolescents qui prétendront le contraire, mais la vérité est pourtant là. Par haine, on peut faire bien des choses. On peut torturer – physiquement, mentalement, directement ou indirectement, voire même en jouant aux maîtres chanteurs – ou alors, on peut tuer. Mais pas aimer. Pas qu’on hait vraiment. Pas quand nous sommes aveuglés. Parce qu’il est tout autant possible d’être aveuglé par l’amour qu’il est possible de l’être par la haine. Enfin, je suppose que je ne vous apprends pas grand-chose. Quoiqu’il en soit, notre véritable sujet ici est cet amour. C’est quoi, en fait ? Si on peut passer de l’amitié à l’amour, de l’amour à la haine, c’est que c’est tout de même un sentiment important, non ? Sûrement. Mais comment aimer une personne ? Aïe. Plus difficile de répondre à cette question qu’à la précédente, à vrai dire. Je suppose que c’est en aimant l’autre, simplement. Il n’y a pas meilleure façon d’expliquer cela. En étant là pour l’autre, en portant avec lui ses fardeaux, en le dépannant quand il a besoin de nous, en sachant prendre des décisions qui feront du bien à l’élu, quitte à ce que ce soit à son insu. Vous me diriez alors que j’oublie quelque chose d’important, non ? Les relations physiques. Et vous n’aurez pas totalement tort, car c’est une suite tout bonnement inévitable à l’amour. Tellement inévitable que tout le monde s’y met d’ailleurs, même ceux pour lesquels c’est tout bonnement interdit. On le déconseille à un certain âge, on l’interdit à un autre. Logique, non ? Bref. Après, il y a l’inverse. Ceux qui commencent par les rapports physiques. Je ne me permettrai pas de juger, mais je ne pense pas qu’on puisse qualifier ce genre de relation comme étant amoureuse. C’est un peu trop tordu. Au pire, vous êtes seulement des amants. Après tout, un amant, on ne l’aime pas forcément. Si ? Du moins, on prétend l’aimer. On prétend l’aimer pour avoir ce qu’on veut, bien sûr. D’habitude, ça suffit amplement à nous satisfaire. À satisfaire nos besoins. Nos besoins animaux.
Finn et Aiko. Ils ne s’aimaient pas – pas dans le sens premier auquel nous pensons en évoquant l’amour du moins – pourtant... Pourtant ils ne faisant pas ça que pour le plaisir. Ils ne s’adonnaient pas à de telles activités par simple envie. Bon, certes, le désir les poussait. Mais le désir, il a bien dû naître à un instant ou à un autre ? On pourrait presque appeler ça un point de dérapage. Mais la rousse ne considérait pas cela comme un dérapage, donc non. Juste une dérive. Volontaire, alors sûrement pas regrettable. Elle partait du principe qu’il fallait assumer ses choix ainsi que ses actes, alors elle s’empêchait comme elle le pouvait de ne pas trop culpabiliser après. Mais pour aujourd’hui, elle savait qu’elle n’aurait même pas besoin de se contenir. Elle n’allait rien regretter. En fait, ça allait être tout le contraire car elle allait se remémorer cet instant et le savourer, même plus tard. Quoiqu’il en soit, ils ont bien dû être poussés par quelque chose. Vraiment, le jeu fût le seul déclencheur ? Le défi d’Aiko aurait mené à pareil évènement ? La volonté de gagner ? Pas que. Ils s’appréciaient assez pour ainsi jouer – disons-le ainsi – alors qu’ils ne se connaissaient pas si bien qu’ils le laissaient prétendre. Encore une fois, seulement l’affection ? Rien d’autre ? Aiko, s’agrippant une dernière fois à sa raison, se demanda pourquoi est-ce qu’elle pensait à ça alors qu’elle s’y était refusée, un peu plus tôt ? Elle comprenait plus ou moins ses pensées. Toutes sauf une. Elle ne pensait jamais à quelque chose sans raison. Et l’amour dans tout ça, que venait-il faire ? Quel était son rôle ? Pourquoi y avait-elle pensé ? C’est sur cette dernière interrogation qu’elle lâcha prise, se laissant tomber dans un gouffre aux ténèbres étincelantes.

D’ailleurs, ce défi, quel était son réel but ? Son but premier, plutôt. Après tout, quand elle l’avait dit, ils étaient encore tout innocents. Pas qu’ils ne le sont plus, sauf que bon, disons qu’ils s’en éloignaient. Toujours un peu plus. Jusqu’à finalement ne plus du tout voir cette innocence à l’horizon. Mais qu’importe où on va ? Qu’importe d’où l’on va ? Tous les endroits se ressemblaient pour Aiko. Dire qu’elle pouvait apprécier tel ou tel lieu était relatif à la personne lui tenant compagnie. Et avec Finn, elle irait bien loin. Ou alors, juste à coté. Mais sans jamais regarder en arrière. Ni en avant, d’ailleurs. Elle voulait juste que son regard soit plongé dans le sien. Pour un jour, peut-être. Bien qu’au fond, cette possessivité qu’elle allait cacher farouchement ne cessait de lui hurler qu’elle ne voulait pas être à ses cotés pour un seul jour. Ni pour un an. Elle le voulait pour l’éternité. Mais ça, il ne fallait pas qu’il le sache. Pas tout de suite. C’était encore trop tôt et la jeune femme voulait y réfléchir un peu plus. Mais nous avons changé de sujet, non ? Le but réel du défi, donc. Eh bien, bonne, voire excellente question. Et Aiko ne détenait pas la réponse. Avait-elle envisagé une telle tournure ? Peut-être dans un coin reculé, très reculé de son esprit. Et très mal tourné aussi.

Dans cette position, elle ne pouvait pas vraiment se mouvoir. Et d’ailleurs, même si elle demandait à Finn de s’éloigner, elle doutait qu’il accepte. Pas après pareille avancée. De toute façon, ce n’est pas comme si elle allait vraiment le lui demander. Enfin, dans ce genre de situation – ou dans tout cas où elle était incapable de bouger, – elle réfléchissait. Ça aurait aussi dû être le cas aujourd’hui. Mais elle en était tout bonnement incapable. Elle se perdait dans ses yeux verts, ses mains se perdaient sur sa peau électrisée et ses muscles tendus, son esprit, quant à lui, se perdait tout simplement. Où exactement ? Elle n’en savait rien. D’habitude, elle avait un bon sens de l’orientation – ou du moins, elle se débrouillait, – mais pour cette fois, elle était vraiment perdue. Mais ça lui faisait du bien. En fait, cela lui procurait une sensation délicieuse. Une sensation à laquelle elle n’était pas habituée. À vrai dire, Finn était le premier à avoir pareil effet sur elle. Parfois, elle se perdait. De telle ou telle façon, avec tel ou tel moyen. Mais c’était la première fois qu’un homme réussissait à lui faire perdre le nord. Étrangement, malgré son comportement de féministe, ce n’était pas déplaisant. Au contraire. Perdu dans une agréable brume était son esprit. Et elle, eh bien, elle était perdue en Finn. Comme si elle l’explorait de l’intérieur. Mais elle ne touchait par le point qu’elle voulait. Elle désirait ressentir cet étrange sentiment de compréhension. Oui, elle voulait le comprendre. Le comprendre sans qu’il n’ait à dire quoique ce soit. Mais pour le connaître, il allait falloir qu’elle l’explore un peu plus extérieurement. Après tout, peut-être qu’il fallait explorer une nouvelle parcelle – ou alors, d’une autre façon – pour pénétrer réellement son âme. Pour en faire partie intégrante, quelques instants. Bref, le but était atteint. Aiko se demandait si Finn pouvait faire mieux, mais l’interrogation lui parût stupide. C’était évident. Et il n’allait pas tarder à le lui prouver et à, par la même occasion, confirmer ce qu’elle pensait. Donc non, le but n’était pas atteint. Mais ce n’était plus qu’une question de temps.

La réalité. Aiko n’y pensait pas. Elle ne savait plus ce que c’était. La pensée ne lui effleura même pas l’esprit. Tout ce qu’elle savait, c’est que quoique ça puisse être, elle n’y était pas. Parce qu’elle savait tout de même que c’était un monde de vérité. Et là, elle n’était même plus en mesure de différencier vérité de mensonge. Elle était avec Finn. Son champ de vision se limitait à Finn. Ses pensées n’allaient pas au-delà de Finn. Alors où qu’ils puissent être, quoiqu’ils puissent faire – bien que ça, elle le savait – tout ce qui comptait, c’étaient qu’ils étaient ensemble. Elle pouvait, en ce moment, compter sur lui. Alors que pareil comportement ne lui ressemblait point. Compter sur quelqu’un. Non, vraiment, ça ne collait pas. Plus jeune, elle pouvait plus ou moins se le permettre, mais maintenant, elle n’avait même pas besoin de protection physique. Bien sûr, je ne dis pas ici qu’elle va se sortir de n’importe quelle impasse, avec je ne sais qui en face d’elle. Disons qu’elle ne se laisserait sûrement pas faire. Mais mettez là face à une armoire à glaces et vous verrez le résultat. Agile, je veux bien, mais il ne faudrait pas pousser. Même si Finn était à peine plus âgé qu’elle, elle n’ignorait pas qu’il était bien plus fort physiquement. En fait, même une personne plus jeune qu’elle et de sexe plus fort qu’elle ne l’était. Logique. En fait, elle s’en fichait. Elle était en mesure de protéger toute seule, c’es tout. Ni plus ni moins. Alors, pour aujourd’hui, tandis qu’elle implantait toute sa confiance dans le brun, elle ne cherchait nulle protection. Juste une présence. La sienne. Celle de Finn.

Lorsqu’elle lui lança ce sourire prometteur, il y répondit. L’attendait-il? Elle n’allait pas tarder. Néanmoins, avant de se mettre en action, elle ne pût s’empêcher d’aller l’embrasser. Ses lèvres. Elles attiraient la rousse. Elles l’enivraient. Maintenant qu’elle avait goûté à cette douce drogue, elle ne s’en lasserait plus. Plus jamais. Finn ne semblait pas s’en plaindre, alors bon, ce ne serait sûrement pas à elle de mettre fin à cela. Ça ne faisait que commencer, alors pourquoi Aiko pensait déjà à la fin ? Fâcheuse habitude, sans doute.
Dire qu’il était le seul dans l’attente ne serait pas tout à faire juste, à vrai dire. Même si c’était Aiko qui prenait ce malin plaisir à agir lentement, cela ne l’empêchait pas de ressentir cette envie – ce besoin – de brûler toute étape pouvant être encombrante. Pourtant, elle s’en empêchait. Son désir de vengeance était ici plus grand que son désir de sentir Finn encore plus proche d’elle. Simplement parce qu’elle savait que ce dernier évènement allait arriver – il n’y avait plus nul doute là-dessus, – alors que le faire languir, eh bien, ils finiront par atteindre un moment où ils ne chercheront plus à se faire attendre. Ce serait impossible. Et ce ne serait plus leur priorité, qui plus est. Plus du tout leur priorité. Seul les habitera ce besoin incontrôlable d’assouvir aussi bien leurs envies que celles de leurs opposants. Mais ils n’en sont pas encore là. Patiente, ça finira par arriver. D’ici là, Aiko ne cesserait pas de le faire languir. Pour son plaisir personnel. Pour un caprice enfantin.

Il lui sembla entendre quelques sons étouffés. Elle n’en était pas sûre. Mais lorsque Finn se laissa volontairement tomber dans leur baiser de plus en plus approfondi, elle comprit qu’elle avait eu raison. Essayait-il de se contenir ? Qu’il essaie donc ! Il ne tiendra pas longtemps, elle le savait. Pour cause, elle-même avait essayé de ne rien laisser paraître au début. Mais au final, elle avait cédé. Et après tout, sa main était tout aussi proche de la zone sensible de Finn que fût la sienne, tout à l’heure, posée sur l’intérieur de sa cuisse. Quand elle entama les frictions de leurs bassins, le brun ne tenta plus de lutter. Volontairement ou pas, elle n’en savait rien. Ce n’était pas si important, après tout. Du moins, sûrement pas aussi important que son gémissement et la descente de ses mains vers ses hanches. Prise parfaite pour pouvoir l’aider dans ce geste. Quand le baiser prit fin, il rejeta sa tête en arrière. Difficile pour Aiko de dire quel son elle venait d’entendre, car elle-même venait de gémir en sentant leurs bassins ainsi proches. Néanmoins, elle supposa que lui aussi avait dû réagir. Bref. Elle lui laissa une marque au cou, plutôt bas, près de la clavicule, de façon à ce qu’elle ne s’emporte pas et n’en fasse pas une trop voyante – difficile de résister aux cous pour la jeune femme, alors plus bas c’est, mieux c’est pour sa victime. Cette fois-ci, le cri rauque de Finn ne lui échappa pas. Mais c’est à peine si elle réagit. Bien sûr, cette réaction lui plaisait, mais elle était tout bonnement incapable de pouvoir afficher autre chose qu’un désir pressant sur son visage. Quand elle parvint au terme de son geste, l’homme gémit, d’une façon bien audible cette fois-ci. Un instant, alors que ses propres yeux se baladaient sur le visage de son partenaire, elle le vit laisser ses paupières s’alourdir. Elle réussit à esquisser un faible sourire. Sourire rapidement effacé quand il ouvrit les yeux, soutenant son regard. Elle ne tenta même pas d’y lire quoique ce soit. Elle le savait. Et elle savait tout aussi parfaitement que ce regard qu’il lui lançait était en écho au sien. Quand elle l’attira vers son cou, il le mordilla, la faisant faiblement gémir. Si au début, elle se serait retenue, maintenant, elle n’y voyait plus aucun intérêt. Surtout qu’après toute cette agitation, elle était nettement plus sensible à ces petites morsures plaisantes sur la tendre peau recouvrant son cou.

Une nouvelle fois, elle prit l’initiative de revenir voler ses lèvres. D’une façon peu douce. Mais Finn y répondit abruptement, et elle se rendit alors compte qu’il sera difficile pour eux d’échanger des baisers plus chastes. Pas aujourd’hui. Ou du moins, pas tout de suite. Elle exerça une pression plus forte sur ce qu’elle avait déjà en main, Finn amenant ses mains sur ses hanches, resserrant cette prise. Elle ne douta pas du fait qu’il ait réagit. Peut-être un frisson. Sûrement même. Elle ne pouvait le savoir. Qui plus est, le touché qu’elle lui offrait lui soutirait des mouvements répondant aux siens, en parfaite synchronisation, ainsi que des sons qu’il émettait qui faisaient frissonner la jeune femme. Jeune femme qui prenait aussi du plaisir, bien sûr. Le voir ainsi s’arquer, réagir, lui faisait un bien fou. Mais sa main électrisée réussissait aussi à transmettre le courant aux restes de ses membres. Elle se mordit la lèvre inférieure, sa respiration s’accélérant soudainement. Quand elle revint pour l’embrasser, elle n’avait presque plus aucun contrôle sur elle. Le baiser fût presque maladroit. Elle comprit pourquoi un peu plus tard. Pareil baiser n’avait pas réellement sa place ici. Il manquait une pincée de passion qu’elle a voulu éviter pour ne pas s’enfoncer un peu plus dans ce gouffre lui tendant les bras. Elle ne regrettait rien ; ce n’est pas comme si elle n’aurait plus l’occasion de retrouver les lèvres de Finn. Elle quitta celles-ci rapidement, laissant ses yeux s’accrocher à son sourire. Un simple sourire. Pas malicieux ou provocateur. Authentique. Au début, elle ne réagit pas. Comme si son cerveau n’arrivait plus à suivre le rythme. Comme si elle n’arrivait plus à suivre le rythme. Quand elle colla son front au sien, elle réussit à répondre à son sourire avec autant de simplicité. C’était bizarre, parce que de nos jours, la simplicité est l’art le plus complexe qui puisse être. On ne verrait que leurs visages, on ne se douterait sûrement pas de tout ce qui se passait plus bas. Ce qui comptait, c’est que ni Finn ni Aiko ne semblaient l’oublier. Pour cause, l’homme réagissait toujours ; le touché semblait encore efficace. Après tout, il ne pouvait que l’être. La façon dont il lui répondit était terriblement attirante ; une voix affectée par tout ce qui se passe et mots entrecoupés par une respiration haletante relevant aussi des évènements qui ont eu et qui ont toujours lieu. Ce qui n’empêcha pas la façon brusque dont il acheva sa phrase. Compréhensible, vu ce que venait de faire Aiko. Il gémit, et à cette entente, elle soupira de façon audible. Non, vraiment, il n’était pas le seul à profiter des caresses qu’elle lui prodiguait.

Lorsqu’elle commença à bouger, resserrant ses jambes autour de son bassin, Finn se laissa tomber au niveau de son cou. Inconsciemment, elle pencha la tête, de façon à le laisser reprendre son souffle. Juste quelques secondes. Et puis elle se remit en action. Elle ne chercha plus à déceler quoique ce soit dans son regard. Elle ne chercha pas non plus à savoir l’effet qu’elle lui faisait. Il le montrait bien, mais quand elle avait un doute, elle ne s’y éattardait pas. Parce qu’au fond, elle savait qu’elle ne lui était pas indifférente. Tout comme il était très loin de lui être indifférent. Quand elle lui déclara son désir pour lui, elle n’attendit pas longtemps avant d’aller retrouver ses lèvres. Ces lèvres tellement appréciées. Le baiser fût passionné, sans nulle retenue. De toute façon, ce n’était pas comme s’ils s’étaient retenus pendant les autres baisers. Quand elle le dirigea vers la naissance de sa poitrine, il laissa ses lèvres traîner sur la tendre chaire qu’il avait depuis peu quittée. Lorsqu’elle lui demanda de continuer, il répondit avec une voix rauque. Toujours aussi attirante, bien entendu. Il commença à s’affairer plus bas, laissant, entre temps, ses dents marquer la peau qu’il embrassait. Endroit peu habituel, certes, mais vu que c’était orignal, alors pourquoi pas ? En fait, ainsi laisser des marques sur la peau de nos partenaires relevait d’une certaine possessivité. Un désir de domination dans certains cas, mais surtout celui de la possessivité, à vrai dire. Enfin, quoiqu’il en soit, comprenant ce qu’il voulait faire, elle laissa tomber une de ses jambes, ne pouvant retenir quelques gémissements quand il profitait de la position de ses mains pour lui procurer des caresses. Drôlement pas pratique de s’adonner à de telles activités en étant debout. Non, ceux qui ont créé le lit n’étaient pas bêtes. Pas bêtes du tout. Mais trouver un lit à Sablier, sans rentrer dans le manoir et ainsi s’attirer bien des regards, ce n’était point une mince affaire. En même temps, qui aurait cru que pareil désir naîtrait au milieu de ruines ?

Il s’éloigna un instant, pour pouvoir mener à bien son affaire, et Aiko, ayant le pied posé à terre, n’eut aucun mal de se maintenir. Bien sûr, elle l’aida, à la fin, à complètement retirer le tissu gênant. Il revint vers elle et reprit possession de ses lèvres tandis qu’elle remonta sa jambe pour l’enrouler une nouvelle fois autour de son bassin. Il renouvela la même opération sur lui-même alors qu’elle glissa ses mains sur son torse, agrippant les pants de son t-shirt. Il rompit le baiser et éloigna juste assez son visage, lui soufflant quelques mots qui lui firent légèrement écarquiller les yeux. Yeux qui ne restèrent pas longtemps accrochés à ceux de Finn, vu qu’elle détourna le regard. Était-elle gênée ? Ce serait une première. Pourtant. Pourtant, les rougeurs s’accentuèrent sur son visage. Quand elle sentit sa main glisser vers sa hanche, elle se raidit et alla d’elle-même retrouver ses lèvres. Ce qui l’étonna, c’était la lenteur dont il venait d’user pour rapprocher leurs bassins. Et puis, en un instant, en un geste, ils touchèrent ce point dont ils se rapprochaient et s’éloignaient malicieusement le début de cette provocation audacieuse. Il était tellement proche d’elle qu’elle ne savait plus où est ce qu’elle finissait et où est ce qu’il commençait. Bien sûr, vouloir retenir les bruits qui montaient en elle aurait été stupide. De part parce que c’était impossible et d’autre part parce que c’était tout bonnement ainsi. Pour faire plaisir à l’autre, il faut des réactions. Et Finn, elle ne voulait pas lui faire plaisir ; elle voulait ne lire que le désir dans son regard. Qu’il oublie tout le reste. Vraiment tout. Elle devait être l’objet de toute son attention. Tout comme lui était l’objet de la sienne. Il devait être sien.

Il commença d’abord doucement, délicatement. Enfin, doucement, mais avec une certaine force. Bref, impossible de poser des mots là-dessus. Aiko, sans rompre le baiser, gémit fortement en s’arquant. Elle réussit à remonter ses mains vers son torse et racla ses ongles là-dessus – bien moins gentiment qu’elle ne pût le faire plus tôt, – ne cessant pas pour autant de pousser des soupirs d’aise et même, quelques fois, des bruits juste indescriptibles, montant dans la aigus, mais étouffés par le baiser.

Et puis, il bascula sa tête en arrière, laissant ses cris franchir les frontières de ses lèvres. Aiko, quant à elle, cala sa tête contre la pierre derrière-elle, ne s’en sortant pas vraiment mieux que son partenaire. Sa poitrine montait et baissait à une vitesse folle, et elle entendrait presque les battements de son cœur. Les baisers étaient brûlants et fiévreux, les enfonçant un peu plus dans leur folie. Dans leur perte de lucidité. Et puis, dans ce noir, dans ce tumulte, elle réussit à percevoir son prénom. Son prénom murmuré par Finn. Par celui... Aucune pensée cohérente ne lui effleura l’esprit. Pas Finn, simplement.
Elle redressa sa tête et s’éloigna un instant du corps de Finn pour approcher une seconde fois, plus brusquement. Son front alla se coller contre le cou de Finn alors qu’elle poussait un profond et long gémissement. Tout près de son oreille, elle laissa filtrer son prénom. Elle ne le prononça pas vraiment. Ne le dit pas sur un ton neutre non plus. Elle le gémit.

« Finn... Finn... »

Elle resta un instant un moment, les yeux clos, les lèvres pressées contre son cou, les décollant parfois, mais pour une courte durée, quand elle ne pouvait vraiment pas laisser ses bruits étouffés témoigner de tout le désir qu’elle ressentait et qu’il l’agitait. Ses mains étaient pressées contre son bas-ventre, et elle y enfonça ses ongles un instant alors qu’elle resserra encore ses jambes autour de son bassin. Et puis, quand elle réussit à retrouver un semblant de calme – ici, le calme, c’est réussir au moins à contenir un soupire pour pouvoir agir, – elle lui retira plus ou moins hâtivement son haut, car ainsi agitée par des frissons, une peau électrisée par le désir, le plaisir, mais surtout le plaisir partagé, il était difficile de s’appliquer. Elle se perdait en lui. Alors que techniquement, il serait plus juste de dire qu’il se perdait en elle. Ce qui n’empêchait nullement la jeune femme de se laisser totalement aller contre lui.
Quand son torse lui fût dévoilé, elle noua ses bras autour de son cou et se serra contre lui, s’empêchant littéralement de respirer étant donné la forte pression appliquée sur sa poitrine. Ce n’est pas comme si qu’avant ce geste, elle pouvait respirer, de toute façon.

La chaleur qui s’émanait de son corps traversait aussi Aiko qui en profitait pleinement, bien entendu. Elle n’avait pas cessé de soupirer, de déglutir, de gémir, ou de pousser d’autres bruits, car ils n’en avaient pas encore fini. Quelques femmes criaient, mais la jeune rousse n’aimait pas ça et se l’interdisait littéralement. Ça avait beau faire plaisir à certains hommes, elle ne voulait pas. Elle avait l’impression que c’était plutôt stupide. Pourquoi crier ? Pour prouver qu’on a du plaisir ? Quand on du plaisir – du vrai plaisir – il nous est impossible de crier, car nous manquons atrocement de souffle. Même si Finn n’avait pas remarqué la difficulté avec laquelle respirait Aiko, s’il était occupé à je ne sais quelle autre activité à part celle qui se produisait plus bas, elle ne crierait pas pour autant. En fait, ne cherchez pas plus loin. Elle ne voulait pas. Point à la ligne.
Néanmoins, pour ne pas perdre le fil des actualités, la jeune femme avait maintenait remonté ses mains vers le dos dénudé de l’homme qu’elle caressait délicatement, malgré la rafale de ressentis qui tourbillonnait en elle.

Elle voulait que Finn soit sien. Et maintenant, elle avait eu ce qu’elle voulait. Il était sien. Tout comme elle était sienne, bien sûr. Il la possédait. Elle le possédait. Ils se possédaient mutuellement. Bien qu’encore une fois, au sens technique, c’était surtout lui qui la possédait. Mais ce n’était pas pire. En fait, elle n’était pas en mesure de dire ce qu’elle préférait. Pas avec lui. Il est étrange que tout devienne si complexe en sa présence. Mais une complexité qui relevait de mystère. Et le mystère était quelque chose dont Aiko se délectait.
Elle avait perdu toute lucidité. Elle ne voyait que lui. Elle ne sentait que son odeur. Elle n’entendait que ses gémissements et ses bruits, éliminant instinctivement ceux qu’elle émettait elle-même de son cerveau. Elle le touchait. De plusieurs façons et à plusieurs endroits en même temps. Elle le sentait. Elle le sentait près d’elle. Elle le sentait en elle. Elle serait en mesure d’expliquer ce qu’il ressentait si elle pouvait parler. Parce qu’après tout, ils devaient ressentir la même chose. Et ainsi, ils pouvaient se comprendre. Sans mots. Sans regards.
Lors de l’acte, homme et femme sont égaux. Même pour Aiko. Mais ça, elle n’y pensait que bien après. Bien après s’être débarrassée des derniers frissons après sa séparation avec son partenaire. Mais avec Finn, elle avait l’impression que ça n’allait pas se passer aussi vite avec les autres. En fait, elle avait la nette impression que tout le long du chemin menant à son appartement, elle ne cesserait pas de penser à lui. Et son visage, cet instant ainsi que tous les précédents, sa marque sur le corps, l’agitation en elle, elle emporterait tout cela jusque dans ses rêves.
Et maintenant, à frémir et à céder, était-elle si mignonne que quand elle rougissait, Finn ? Était-elle tout aussi désirable ? Elle lui avait demandé de lui faire perdre toute lucidité. Il avait réussit. Et bien plus encore, car en effet, il avait aussi réussit l’isoler de la réalité. Avec pour seule preuve de la véracité de ce qui se passait : lui-même. Mais même lui, était-il réel ? Car après tout, qu’est-ce que la réalité ? Pour Aiko, sa réalité, pour le moment, c’était Finn. Et seulement Finn.
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   9th Novembre 2012, 12:48

Bâtir une relation, quoi qu’on en dise, prend du temps. Une construction hâtive n’en sera qu’aussi rapide à détruire. Parce qu’après tout, pourquoi chercher à pardonner à quelqu’un qui ne nous a que trop peu prouvé sa valeur ? On ne s’accroche pas à ceux auxquels on ne tient pas. Ou alors, c’est peut-être qu’il y a un manque affectif profond à combler et c’est encore une autre histoire. Dans tous les cas, une relation, une vraie, solide, avec quelqu’un à qui l’on peut réellement donner un titre – positif ici, il va de soit – est quelque chose qui se fait sur la durée. Il n’est pas forcément questions d’années. Parce qu’après tout, des évènements importants, marquants, peuvent rapidement survenir en quelques mois. Les années ne feront qu’ajouter à la solidité du lien. Mais il n’est pas question de qualifier quelqu’un d’ami par exemple pour une poignée de jours à sympathiser. Futile. Le poids de ces jours face à la durée que peut avoir une vie est ridicule. Bien qu’il ne soit pas non plus question ici de parler de relations qui dureront toute la vie. Celles-ci sont rares. Possibles, mais rares. Et commencent de toute manière comme toutes les autres. Cependant, le cas traité est un peu plus généraliste.
Le temps donc. Puissant acteur qui peut faire bien des choses. Et ici, il permet de consolider les ponts, renforcer les liens, apporter à chaque bout de la relation des connaissances sur l’autre. Il permet de vivre des choses communes aussi bien que d’en apprendre sur un passé solitaire, que l’un des deux partis n’a pas vécu. Parce qu’à ce moment-là, leurs chemins divergeaient encore. Le temps permet en outre de s’attacher à l’autre. Toujours dans le cadre d’une relation qui évoluerait de manière positive, bien sûr. On pourra objecter à tout cela que le temps est aussi le poison qui s’infiltre dans les brèches qu’il crée lui-même, l’agent qui érode les sentiments et le premier à déposer de la poussière sur les souvenirs. Le destructeur de ce qu’il permet et fabrique. C’est vrai. Aussi bien qu’il permet l’évolution, il apporte le dépérissement. Sauf qu’il est possible de lutter contre. La lassitude ne vient que si on la laisse faire, l’oubli n’arrive que lorsqu’on remet tout à plus tard si bien que le plus tard devient jamais. Quand on veut on peut n’est jamais aussi vrai que dans le cadre de l’entretien d’un lien. Le seul paramètre à prendre en compte est que l’effort doit venir des deux côtés. Quand il faut faire du chemin pour rejoindre quelqu’un, le plus simple est bien de se rejoindre au milieu. Chacun en parcourant la moitié pour qu’à deux la distance totale soit couverte. Les efforts mutuels sont après tout appréciés. Alors on peut en revenir à la déclaration de départ. Un lien ne sera qu’aussi résistant que le nombre de briques qu’il aura été possible de poser pour le construire. Il y aura toujours moyen de porter des coups à la construction, certains la mettant plus en danger que d’autre. Mais, toujours, si la relation est forte, alors elle ne tombera pas au premier coup dur. Il en faudra plusieurs, à répétition, avant de réussir à tout détruire. Parce que lorsque les gens qu’on aime nous font du mal, on refuse d’abord d’y croire. Leur cherchant foule d’excuses et de justifications, acceptant avec soulagement celles qu’ils nous fournissent pour ne plus avoir à en chercher en essayant de se convaincre. Parce qu’après tout, bien sûr qu’il arrive que le mal ne soit pas fait volontairement. Qu’il ne soit que la conséquence d’une série de circonstances malheureuses. Mais lorsque ce n’est pas le cas, que tout est volontaire, on tait la douleur. Une fois. Deux fois. Trois fois. Arrive un moment où le verre déborde, le trop plein vient gratter un lien déjà fragilisé et finit par en avoir raison. La personne aimée devient peu à peu, au mieux, une presque inconnue. Un souvenir encore vivant que l’on regarde à regret en se disant qu’un jour, elle était une petite partie de nous. Dans le pire des cas, on la hait. Pire car alors la cause de la douleur est toujours présente. Elle pulse, elle se rappelle à nous régulièrement et on se déteste soit même d’être encore affecté par une personne qui nous a déjà blessés. Difficile d’accepter le pouvoir que les autres ont sur soi.

Le fait qu’une connexion forte, dépendante, puisse ainsi devenir tout son contraire n’est qu’une preuve de l’inconstance humaine. Aucun des aspects des relations humaines ne fait d’ailleurs exception à cette règle. Amour compris. Comme l’a dit un autre grand monsieur –ils sont tous grands, faut pas leur en vouloir – au sujet du mariage : « Ils se sont juré fidélité en prenant à témoin un ciel inconstant qui n’est pas un instant le même ». Tout est dit. Le reste est affaire d’avoir ou non son parapluie quand la pluie tombe.

Enfin, Aiko et Finn sont loin d’avoir besoin de protéger leur relation de quoi que ce soit pour le moment. Ce n’est pas un bébé relation – allons, tout de même -, c’est… En voie de développement. Navigant entre deux eaux connues et inconnues à la fois. Au fond, ils sont perdus avec pour seul accroche l’autre. Tout aussi perdu. Même si le monsieur ne se pose pas vraiment de questions pour le moment, il finira par réaliser que oui, il ne sait pas poser de nom sur leur relation. Qu’il ne sait pas non plus jusqu’à quel point Aiko compte pour lui non plus. Que ses repères ne sont pas vraiment placés. Mais il s’en rendra compte plus tard et si possible au dernier moment. Qu’importe. Leur relation, jeune, n’en est pas pour autant à ses premiers pas. Ils se connaissent un peu. Pas beaucoup, mais un peu. Ils se connaissent suffisamment pour savoir qu’ils s’apprécient et se font suffisamment mutuellement confiance pour s’abandonner complètement l’un dans les bras de l’autre. L’abandon amenant avec lui la vulnérabilité. Et l’on ne se laisse pas vulnérable auprès de quelqu’un avec qui il n’y a pas de confiance. Sauf si l’on est inconscient. Ils ne s’en rendent peut-être pas forcément compte, mais c’est déjà pas mal. Avec cela, ils apprennent à se connaître physiquement et c’est là que démarre l’ambiguïté. Mais encore une fois, qu’importe. Fais et réfléchis ensuite. Le désir les a raflé tous les deux, ils auraient tort de s’en priver dans ces conditions.

En effet il aura réussi à la faire rougir une petite fois de plus. Cette réaction l’attire étrangement et il serait bien capable de recommencer à la taquiner juste pour ça. A un autre moment, bien sûr, car l’heure n’est plus tellement aux taquineries. De toute façon, il serait bien en peine de tenter quoi que ce soit. Quoi que ce soit d’autre que ce que l’instinct dicte, et l’instinct dicte de continuer jusqu’au bout. Le contractant utilise la part de raison qu’il peut bien lui rester uniquement pour veiller à ce que sa partenaire profite elle aussi. Sa jolie partenaire qu’il sent bouger contre lui. Toutes ses réactions sont encourageantes autant qu’elles la rendent plus désirable encore si c’est possible. A croire qu’il n’en aura jamais assez d’elle. Etrange pensée.
Il sent les ongles qui s’enfoncent dans sa peau, lui-même ayant déjà une forte prise sur les hanches de la jeune femme. Aussi bien pour extérioriser que parce qu’elle ne va pas se mettre à tenir toute seule. La douleur ciblée qui s’en suit ne le dérange pas outre mesure. C’est presque une sensation de plus dans ce cas-là, et prière de laisser les pensées tordues au placard. Mais au fond, les sensations de chacun, maintenant qu’ils sont liés, doivent être semblables. Chaque vague de plaisir plus forte que la précédente commune, leurs gémissements aussi. Rien d’individuel comme cela peut parfois être le cas. C’est drôle comme, alors même qu’ils s’accordent tous deux sur le fait qu’ils ont encore du chemin à faire sur leur relation, ils se soucient majoritairement du bien-être de l’autre et de ses réactions. Leurs souffles mêlés et erratiques les empêchent d’échanger beaucoup de mots. Seules des syllabes sont soufflées, quelle chance que leurs prénoms à tous deux ne fassent que quatre lettres. Tellement faciles à placer entre deux soupirs*ou lorsque les lèvres se décollent avant de se joindre à nouveau. A murmurer, à gémir, à penser, à glisser entre deux souffles. Comme pour confirmer à l’autre qu’il n’y a qu’une seule personne qui compte à cet instant. Parce qu’au fond c’est le cas, le monde s’est réduit à une personne. Même le lieu n’a pas tant d’importance. Ici, ailleurs, le résultat est le même, la conscience s’est trop réduite pour le prendre en compte. Mais la conscience s’en fiche. Les deux aussi. Quels regrets ? Aucun. Ils s’y sont jetés volontairement et ont eu l’un comme l’autre beaucoup de possibilités de retraite qui n’auraient pas entaché leur relation. Rien ne les a poussé à céder, l’urgence n’ayant commencé à pointer le bout de son museau qu’une fois qu’ils étaient déjà bien dedans. Encore une fois, évidemment, l’homme se serait arrêté si elle l’avait souhaité. Autrement, ça porte un nom : le viol. Et non, il ne ferait jamais cela à Aiko. Ni à personne d’ailleurs, mais à Aiko plus que les autres. Il a bien l’intention de ne lui infliger aucune forme que le mal peut bien revêtir. C’est comme ça et pas autrement. Leur relation est plus que physique. Autrement, ils se seraient adonnés à ce genre d’activité bien avant.

Lorsque la Baskerville veut lui retirer son haut, il est contraint de la lâcher un instant pour permettre sa manœuvre. Ce qu’il fait sans réfléchir, s’assurant qu’elle ne tombe pas. Il aurait bien fait pareil sur elle, mais c’est, à nouveau, une mauvaise idée. Et puis elle vient se coller contre lui, entièrement, fortement, lui tirant un soupire d’aise. Le contact serait encore mieux sans cette dernière couche de tissu, mais elle n’empêche en rien la chaleur de circuler entre eux. Lui relâche une main pour la passer dans la chevelure rousse, comme pour la rapprocher un peu plus de lui alors qu’il n’est pas possible d’aller plus loin. Néanmoins il profite de cette position pour lui offrir un baiser profond quand elle relève la tête, glissant alors sa main jusque sur sa joue. Murmurant ensuite à nouveau de façon à peine audible contre ses lèvres le prénom de la jeune femme en laissant glisser sa main le long de son corps pour rejoindre sa jumelle plus bas. Il faudra quand même, quand tout sera terminé, qu’il lui avoue qu’elle a fait plus que lui faire perdre toute lucidité. Elle a obtenu son abandon complet et inconditionnel. Elle a imprimé son image, son odeur, le goût de ses lèvres, les sons qu’elle émet, la sensation de sa peau sous les mains de l’homme, sur les cinq sens de ce dernier. Nul doute qu’il ne parviendra pas à oublier. Comme s’il le souhaitait, de toute manière. Loin de là. Bien loin de là.

Il se sent peu à peu perdre pied, la limite arrive. La délivrance avec aussi, par ailleurs, mais il souhaite qu’Aiko l’atteigne aussi. Avec lui. Elle doit le sentir, que la fin approche. A la hâte qui les prend de plus en plus, la patience ayant été complètement épuisée. Aux sensations de plus en plus profondes, grandes, qui se répandent à travers tout le corps. Peut-être qu’elle aussi a presque atteint sa limite ? Il le saura vite, puisqu’elle ne retient aucune de ses réactions. Tout comme lui d’ailleurs. C’est brut, épuré, simple au possible, transparent de clarté, l’être humain sans la partie vraiment humaine. Il ne reste que la partie animale, instinctive. Instinctive mais pas sauvage, terme polysémique qui pourrait être vu péjorativement. Lâcher prise, ne rien retenir, tout mettre de côté, ça aussi fait du bien. Et pouvoir le faire à deux ? Encore mieux.

Et puis la fin vient. Le sommet. La « petite mort » comme certains l’appellent. Le summum, la délivrance, la fin, bref donnez-y le nom que vous souhaitez. Le terme en « o » ne sera pas employé, c’est tout. Le bruit qu’il émet n’est pas réellement descriptible, le soulagement mêlé au plaisir teinte sa voix toujours rauque. Complètement submergé par ce qu’il ressent, il échoue contre Aiko, la serrant dans ses bras, haletant. Et pendant un instant, il ne sait, ne voit, n’entend plus rien. Juste les vagues de plaisir qui parcourent son corps frissonnant. Une pause. Juste le temps de se réorienter, de savoir distinguer le bas du haut. Même pas sûr que ses jambes puissent le porter encore bien longtemps. Et la jeune femme dans tout ça, où en est-elle ?
Gentiment, il les sépare l’un de l’autre. Plus de connexion mais il la tient toujours dans ses bras. En tournant la tête contre l’épaule d’Aiko où il était venu échouer, il dépose ses lèvres sur son cou tout en remettant rapidement en place les seuls vêtements qui sont encore sur lui. Ceci dans le seul et unique but de s’assoir par terre en entraînant la jeune femme à sa suite la seconde suivante. Et, s’il n’avait pas amené la Baskerville avec lui sur le sol, il se serait tout bonnement écroulé. Purement et simplement. Mais le sol, il est bien. C’est bien de ne pas avoir à se soutenir soi-même dans son état. Non pas que l’état lui déplaise, oh que non. Il est encore loin sur le plaisir houleux qui le traverse de part en part. S’amenuisant petit à petit comme un écho. Et après ça, nul doute qu’il se sentira bien pour le restant de la journée. Enfin, la journée peut bien attendre. Pour l’instant, assis par terre, le dos à moitié calé contre la colonne, il serre la jeune rousse contre lui. Juste pour la garder pour lui un peu plus longtemps pendant qu’il récupère. Son dos nu sur la pierre froide ne le dérange même pas outre mesure. Il a chaud de toute façon. Et tant pis si le fait de s’y appuyer laisse quelques marques qui finiront par s’en aller rapidement.

Eh bien. Ce fut quelque chose. De l’effet, ça pour lui en avoir fait, ça lui en a fait. Il s’en souviendra, et il s’en souviendra longtemps.
Et maintenant ? Et maintenant il faudrait déjà qu’ils commencent par reprendre leur souffle, par descendre des vagues de plaisir sur lesquelles ils sont encore. Les yeux clos, le contractant savoure le bien-être ressenti, la jeune femme tout contre lui. L’envie de s’exprimer ne lui vient pas immédiatement. Après tout, ils ne sont pas dans un silence pesant. Ils ne sont même pas vraiment dans un silence, les respirations sont trop fortes, les oreilles résonnent encore, l’agitation intérieure qui se calme lentement fait le reste. Il ne pense absolument à rien. Rien du tout. Un blanc qui n’est absolument pas dérangeant. Ce n’est pas qu’il n’est plus en mesure de penser – maintenant, c’est tout à fait possible -, c’est juste qu’il souhaite profiter. Profiter purement. Et pour cela, il faut couper le contact entre les deux oreilles, mettre entre parenthèse tout ce qui ne relève pas d’un des cinq sens. Il perçoit mais n’analyse pas l’information, prend juste la sensation. Pas longtemps, juste encore un peu. Le temps que son cœur cesse de cogner contre sa poitrine tellement fort qu’il est pratiquement certain qu’Aiko peut le sentir et l’entendre. Encore un fait qui ne le dérange pas outre mesure. Qu’elle sache donc qu’il n’y a pas une partie de lui qui n’ait pas été touchée.

Plus tard, quand ils regarderont rétrospectivement ce moment, ils verront qu’il y a eu plus qu’un simple acte de désir partagé. Parce qu’il y avait un jeu, le leur, qu’ils ont décidé de perdre tous les deux. Parce qu’il a été question d’envoyer balader toute retenue et ça, ça touche à la confiance. Parce qu’ils sont encore là tout frissonnants, essoufflés, l’un contre l’autre et vulnérables. Parce que l’un comme l’autre a trouvé chez son partenaire et grâce à lui, à elle, des sensations jusque-là inconnues.
Mais bon, rétrospectivement, hein. Pas maintenant, donc.

L’homme bouge, se tourne juste assez pour pouvoir enfouir son visage dans les cheveux roux de la femme. C’est qu’il n’a même pas la force de lui offrir un câlin autrement. Du moins pour le moment. Mais en même temps, plus tard, quand ils seront tous les deux remis d’aplomb, il n’y aura peut-être pas de câlin. De… Tendresse, si on omet la partie de la définition de cet adjectif qui peut faire tiquer dans leur cas. Plus tard, ils seront revenus à leur état normal. Le contractant ne niera pas ce qu’il s’est passé, il serait prêt à recommencer. Les élans d’affection de ce genre ne font juste pas partie de leur relation actuelle en temps normal. Pas que ce soit désagréable. Juste hors contexte. Eux, ils jouent, ils se cherchent, se rétractent, se taquinent et s’envoient des piques. Parlent. S’apprécient. Et apprennent à le faire encore mieux et à étendre le terrain. C’est tout. S’il est aussi difficile de définir Aiko et Finn comme un tout – comme pour chaque relation -, c’est parce que le tout n’est pas encore terminé. Les petites fondations timides ont encore besoin de renforcement et la construction d’une forme. Cela viendra. Rome ne s’est pas faite en un jour.

Finn décale sa tête de sa cachette, maintenant un peu mieux calmé. Et puisqu’il est calmé et qu’il n’a pas utilisé sa voix – du moins volontairement – depuis un petit moment, il se sent obligé d’en placer une :

- On a perdu tous les deux. Mais du coup, j’crois qu’on a gagné.

Si elle a perdu, il a gagné. S’il a perdu, elle a gagné. Conclusion : il y a deux vainqueurs. Alors qu’ils se considèrent comme perdants depuis un moment. Comme quoi quand on peut connecter deux neurones, il y a des conclusions intéressantes qui se dessinent. Qu’on ne se réjouisse pas trop vite non plus sur le potentiel productif des deux neurones en question. Sûrement encore bien limité.
Limité mais pas suffisamment pour ne pas lui rappeler qu’il y a des choses qu’il devrait dire à la jolie rousse, non ? Ou peut-être qu’il devrait se taire ? Qu’elle ne veut rien entendre ? Qu’elle ne veut même pas parler ? Il voudrait savoir ce qu’elle pense. Le plus simple serait de lui demander, mais est-ce que ce serait là aussi réellement raisonnable ? Peut-être. Peut-être pas. Pourquoi est-ce qu’il commence déjà à se prendre la tête ? Il ne se prend pas la tête. Il ne se prendra pas la tête. Il embrasse la joue d’Aiko, c’est comme ça que tout a commencé. Voilà.

- T’es douée.

Voilà, tout résumé en deux mots. Brillant.
Il aurait pu faire mille fois mieux. Même si ses soupirs d’il y a quelques minutes parlaient mieux que tous les mots qu’il pourrait trouver. C’est vrai. Tant pis, au moins il assume parfaitement.
En retournant s’appuyer complètement sur la roche derrière lui, il ferme les yeux un instant un peu trop long pour être un clignement d’œil avant de les ouvrir à nouveau pour les poser sur Aiko. Sur ses cheveux, son front, ses beaux yeux qui, il l’a bien vu, peuvent refléter beaucoup, sur son nez, sur ses lèvres… Tiens. La bouche de l’homme s’ouvre toute seule :

- Dis, j’ai le droit de t’embrasser ?

Comme c’est poli de demander. Après tout ça. Le droit, il l’a déjà pris, il se l’est déjà acquis. Mais il n’a jamais vraiment demandé la permission, c’est vrai. Les permissions étaient silencieuses. Silencieuses et réciproques.
Il n’a pas spécialement envie de la quitter maintenant. Pourtant, ils auraient besoin d’une douche tous les deux. Probablement de temps tous seuls pour penser aussi. Un peu de paix, bien que le contractant se sente parfaitement bien ici. En fait, il commence juste à faire un poil froid mais sa tenue vestimentaire – ou son absence en ce qui concerne le haut – explique peut-être cela. Mais il va falloir se séparer à un moment ou à un autre. Comment ? Par un salut maladroit, des aux revoir gênés ? Il n’est pas spécialement gêné, loin de là. Mais la séparation directe ici risque fort de sembler aussi abrupte et inopinée que la rencontre. Enfin, il faudra faire avec. Il a quand même, mine de rien, un petit pincement au cœur de ne pas savoir quand est-ce qu’il la reverra. Même s’il sait qu’il la reverra. Parce que c’est comme ça et pas autrement. Le hasard fait bien les choses après tout.




[Hrp=* DEDICACE. J’avais dit. Noms à quatre lettres > all. C’tout /mouettes/. Btw, la citation est de Diderot. Rendons à César ce qui est à César.]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   11th Novembre 2012, 07:26

La réalité, c’est réel. La réalité, c’est tout ce qui n’a nul rapport avec les rêves. Tout ce qui n’est pas lié à un monde crée par notre imagination et amélioré par notre esprit fugitif, en cavale, fuyant indéfiniment notre corps devenu trop étroit pour abriter pareille grandeur. Quoiqu’il en soit, la réalité, on s’y maintient. Pour vivre. Pour survivre. Parce que ça se résume à ça, la vie. Pas que, mais surtout à ça. Aussi parce qu’à trop planer au-dessus de cette réalité, il nous devint impossible de reposer les pieds sur Terre. Et même si cela peut nous paraître sans importance les premiers temps, arrivera un jour où on voudra revenir au point de départ, revenir vers nos amis, nos proches, les êtres chéris, pour leur dire, ne serait-ce qu’une dernière fois, qu’on les aime. Pour résume ce qu’est la réalité, nous dirons que c’est la partie difficile de la vie. Pour vivre, il faut avoir des rêves, mais aussi faire en sorte qu’ils deviennent réalité. Combiner réel et irréel, sans dépassement d’un coté ou d’un autre. Trouver le juste milieu. Ce n’est pas toujours facile, j’en conçois. En fait, ce n’est pas facile du tout. Dans les rêves, on peut faire plusieurs choses. À vrai dire, on peut vraiment tout faire. Pas de lois, si ce n’est celles que nous avons-nous-même érigées. Pas de limites, si ce n’est celles que nous avons-nous-même imposées. Pas d’interdits, si ce n’est ceux que nous avons-nous-même imposés. Et surtout, pas de réalité. Tout ce qui se passe dans cette partie inconscience de vous-même ne sera et ne restera qu’un rêve si tel est votre souhait. Vos plus profonds, vos plus intimes vœux se réaliseront. Et vous serez bien les seuls à le savoir. Sombrer et tomber dans une déchéance préméditée, ou juste survoler les cieux et les mers, quel que puisse être votre désir, il ne tardera sûrement pas à être exaucé. Il suffit juste d’y ajouter la dose de volonté nécessaire. Après, prenez garde à ne pas prendre vos désirs pour des réalités. Tout est relatif. Pour savoir rêver, il faut connaître la réalité. Parce que si on ne la connait pas, si on ne la subit pas, on ne cherche pas à la fuir. Mais à trop rêver, on finit par ne plus savoir comment revenir vers la réalité. N’empêche, pour que réalité il y est, il faut d’abord que le rêve soit. Pourquoi ? Parce que s’il n’y avait pas de réalité, alors on ne se prendrait pas la tête pour descendre de notre perchoir. Enfin, quoiqu’il en soit, comme dans ce monde, tout est relatif, alors il n’y a nul besoin d’expliquer le comment du pourquoi. Ce sont des faits, on les accepte comme ils viennent et on s’en sert pour les incruster dans l’une des nombreuses leçons de la vie. Après, vous pouvez juste ignorer tout cela. Ce qui, au fond, n’amènera du tort qu’à vous-même. À vous donc de prendre votre décision. Mais pour continuer sur notre sujet, il va falloir étudier les façons que nous possédons pour nous évader de la réalité. Et ce n’est vraiment pas ce qui manque. On peut s’y prendre de maintes et maintes manières, certaines nous mettant en danger mentalement, d’autres physiquement. D’autres ne font pas de mal tant que nous n’en abusons pas. Car après tout, le tout est une question de dosage. L’une des meilleures façons de s’éloigner de cette terrible réalité qui nous pourchasse, qui nous entoure aussi, qui nous oppresse et qui nous asphyxie, ce serait de s’adonner physiquement à une autre personne. Cela peut s’avérer être très efficace. Mais dans certains cas seulement. Effectivement, si la personne a l’habitude de faire cela – pour gagner sa vie, peut-être – alors cela deviendra sa réalité, et elle ne pourra donc plus la fuir. Elle y sera coincée, et ce, pour un bon moment. D’autant plus qu’elle en deviendra dépendante. Je ne dis pas qu’elle y restera bloquée toute sa vie, car non seulement elle peut utiliser d’autres moyens – aussi vils ou pas – mais en plus de quoi, elle peut simplement trouver une autre personne, capable de la satisfaire. De satisfaire ses besoins. Ses désirs. Une personne qui la hissera au summum du plaisir, là où la libération a lieu, là où l’être peut, sans entraves, profiter et exprimer tout ce qu’il ressent. Il y a bien d’autres mots pour expliquer cela, quelques uns plus éloquents que d’autres, mais nous ne les utiliserons pas et ce, pour garder une marge de respect vis-à-vis de nous-mêmes.
Mais Aiko, lorsqu’elle demanda à Finn de continuer, lorsqu’elle lui fit part de son urgence, de son désir profond d’arriver au terme du geste, ne pensait pas à s’échapper de la réalité. Elle voulait perdre toute lucidité, d’accord, mais pensez-vous que c’était ce qui l’avait poussée à en demander plus ? Ce n’était qu’une excuse. Une justification. Mais une justification qu’elle démentira si la question devenait sérieuse. Finn l’avait tirée de la réalité, mais aussi de la rêverie. Il l’avait emmené dans un autre monde, parallèle aux deux connus. Un monde où leurs raisons n’existaient pas. Un monde où ses lèvres étaient pressées contre les siennes. Un monde où ses yeux bruns se perdaient dans les siens. Un monde où ses mains découvraient l’homme. Un monde où les mains de Finn ne lui laissaient que le temps de soupirer de plaisir. Un monde où il n’y avait que son corps et le sien, l’un contre l’autre. Pour faire court, un monde où ils étaient les seuls présents en soustrayant la lucidité. Leur monde. Leur illusion. Leur utopie.

Coincés dans ce monde, ils ne se posaient pas de question sur demain. Ils ne pensaient pas plus à hier. Ils étaient incapables de visualiser quoique ce soit au-delà du corps collé aux leurs. Ils ne pouvaient rien faire si ce n’est laisser leurs instinct les guider, guider leurs mains, leurs lèvres, leurs yeux, leurs bassins. Guider leurs mots, leurs soupires, leurs murmures. Les guider, eux, emprisonnant toute trace de raison. L’emprisonnant dans un monde qui, après tout, était sien. L’emprisonnant plus bas, dans le monde réel. Je dis plus bas car il est évident que là où ils étaient – quel que puisse être l’endroit, – ils étaient en hauteur. C’était certain. On ne peut pas ressentir pareil plaisir si l’on est proche de la réalité. Et vu que l’on préfère tous l’irréel, c’est que c’est au-dessus du réel. Sauf que là, voyez-vous, ils étaient plus hauts que tout ça. Plus haut que tout ce que l’imagination de l’être humain a pu, jusque là, bâtir. Et ils étaient seuls. Ils partageaient leurs solitudes, pour en faire quelque chose de commun. Leurs ennuis. Car au fond, tout n’avait-il pas commencé ainsi ? Par une envie de partage un ennui qui les exaspérait tous deux ? Tout cela n’était que des justifications. Pour ne pas dire qu’ils avaient envie l’un de l’autre. Bien que maintenant, dans pareille situation, dans pareille position, ils n’allaient sûrement pas se priver d’admettre qu’ils se désraient. Et c’était d’ailleurs déjà fait. Bien sûr, rien de tout ce qui se passait en ce moment n’avait été prémédité. Pas avant qu’ils soient tous deux bien enfoncés dans un jeu tordu. Un jeu tordu amenant des questions, inexorablement.

Questions qui, aussi vite posées, étaient recluses dans un coin plus qu’isolé de leur esprit, faisant la queue pour descendre plus bas, vers la réalité. Là où, pour le moment, ils n’avaient pas d’emprises. Là où tout commençait toujours. Et là où tout finissait pas s’achever. Là où ils allaient devoir retourner. Pour continuer de vivre. De se battre. De mentir. De saigner. D’avoir mal. De pleurer. De rire. De profiter. Là où ils allaient devoir retourner pour continuer à avancer vers la mort. Questions qui finiraient par avoir des réponses. Un jour peut-être. Parce que leur relation exigeait un minimum de réflexion. Parce qu’avant ce jour, ils auraient pu être considérés comme amis, mais qu’après pareils évènements, il était impossible de les qualifier comme tels. Déjà qu’avant, ça passait sur le fil du rasoir, alors maintenant, c’était juste inconvenant. Mais ils finiront par se poser la question. Ils étaient quoi, l’un pour l’autre ? Finn était important aux yeux d’Aiko. Tellement important. Pourtant, elle ne savait pas comment le considérer. Parce qu’après tout, s’ils n’étaient que des amis s’adonnant à des activités comme ça parfois, alors pourquoi serait-elle jalouse rien qu’à l’idée de l’imaginer dans les bras d’une autre ? Et surtout, lui, que pensait-il ? Peut-être que leur prochaine rencontre les aidera à avancer sur ce chemin dont ils ignoraient encore tant de chose. Peut-être est-ce qu’Aiko trouvera le courage de lui demander ce qu’il en pensait. Ou peut-être trouvera-t-elle un moyen détourné de le faire. Mais pas aujourd’hui. Parce qu’aujourd’hui, elle réussissait déjà à profiter, à renouveler ses gestes et à parler – à peu près. Et de toute façon, elle ne voulait pas gâcher ce moment qu’elle passait avec lui. Sous aucun prétexte.

La forte pression sur ses hanches, elle n’y prêta qu’une moindre attention. C’est vrai que s’il n’y avait pas ses mains pour la maintenir, elle tomberait. Mais elle n’avait pas non plus besoin d’une si grande force. Bien sûr, elle n’allait pas lui en vouloir. Elle-même n’avait pas réussi à se contrôler, enfonçant ses ongles dans la chaire de Finn. Mais toutes ces douleurs qu’ils s’infligeaient faisaient en réalité partie d’un tout. Et vu que le tout leur faisait hautement plaisir, alors ils ne s’attardaient pas sur les détails futiles. Ils n’étaient pas en mesure de penser à cela, de toute façon. Ils n’étaient pas en mesure de penser tout court. Ils ne pouvaient que multiplier les mouvements, les frictions de bassins, les coups de langues, les coups de reins, les murmures, les gémissements et les soupires. Leurs sens étaient en éveil, sachant que les cinq n’étaient occupés que par une seule image, une seule senteur, une seule voix, un seul toucher. Une seule pensée. Finn pour Aiko et Aiko pour Finn. Le brun appartenait à la rousse, en ce moment, autant qu’elle lui appartenait. Et jamais son corps ne fut ainsi agité par de tels frissons. Sa peau s’électrisait sous les caresses, tantôt douces, tantôt abruptes – mais qui n’en demeuraient pas oins agréables – de l’homme. Son visage s’empourprait lorsqu’il lui parlait, ses lèvres quittaient les siennes, un instant, juste un instant, pour lui exprimer tout son plaisir. Pour qu’il le ressente lui aussi. Pour qu’il la ressente en lui autant qu’elle le ressentait en elle. Elle s’en fichait de savoir qui de l’homme ou de la femme prenait le plus de plaisir pendant les relations physiques. Elle s’en fichait de savoir qui de Finn ou d’elle ressentait le plus de plaisir. Elle ne le saurait jamais, car tout ce qu’elle pouvait savoir, c’est ce qu’elle ressentait, elle. Bien entendu, elle savait parfaitement que même si Finn réussissait à trouver des mots adéquats pour décrire ses ressentis, ça n’approcherait que très peu de la réalité. Il faut ressentir. Et les mots, aussi forts qu’ils puissent être, deviennent bien faibles. Tellement faibles face aux sentiments. Aux ressentis. Mais ce qu’elle voulait, c’est qu’il ait plaisir. Simplement. Qu’il se sente aussi bien qu’elle le sentait. Qu’il comprenne enfin le véritable et l’unique sens de la quiétude. De l’allégresse. Qu’Aiko soit sa seule définition du mot plaisir. Car pour elle, seule l’image de Finn s’imprimait dans son esprit lorsqu’elle pensait au désir et au plaisir des relations physiques. Pourra-t-elle, après avoir goûté au meilleur, retomber assez bas pour se servir de ce qui, un jour, fut assez bon pour elle ? Elle ne pensait pas. Mais en même temps, elle n’allait pas demander à Finn de la satisfaire à chaque fois qu’elle en aurait besoin. Quoique. Non, réellement, elle ne devait pas y penser. Ni aujourd’hui, ni un autre jour. Car vous aurez bien compris que tout cela, elle n’y pensait pas alors que Finn s’activait en elle. Elle était bien trop occupée à tout ce qui a déjà été cité plus haut.

Lorsqu’elle lui retira son haut, il la laissa faire. Vu qu’il était tout contre elle, qu’elle avait donc le dos collé à la colonne derrière elle, elle ne tomba pas. Et puis, quand elle se colla à lui, elle perçu de sa part un soupire d’aise. Soupire d’aise auquel elle répondit en gémissant faiblement. Elle se serait bien passée de son propre haut, mais les conditions actuelles ne le lui permettaient pas. Une prochaine fois. Cette pensée lui traversa l’esprit sans qu’elle n’ait pu la contrôler. Prochaine fois ? Est-ce qu’il y en aurait seulement ? Bizarrement, elle n’en doutait pas. Mais ça, eh bien, ça restait à voir. Et puis, il laissa sa main glisser jusqu’à dans sa chevelure rousse, approchant son visage encore plus près du sien. Enfin, façon de parler, parce que vu comme ils étaient positionnés, difficile d’être plus proches l’un de l’autre. Mais c’était typique, tous deux voulant avoir l’autre encore plus près d’eux alors qu’ils savaient parfaitement que ce n’était pas possible. Qu’à moins que leurs corps ne se fondent dans celui de l’autre, il n’allait pas être possible de faire mieux. Quand elle releva la tête, il vola ses lèvres, lui offrant un profond baiser dans lequel elle s’abandonna entièrement à lui – encore une fois, façon de parler, parce que c’était déjà fait depuis un moment. Ses lèvres posées contre les siennes, il murmura, une nouvelle fois, son prénom. Elle, elle ne savait plus combien de fois elle avait pensé au sien, combien de fois elle l’avait murmuré, combien de fois elle l’avait gémi. Autant de fois qu’elle le put, sans doute. Autant de fois que l’occasion se présenta à elle. En fait, elle était bien trop occupée à surveiller les réactions du charmant brun que de faire attention aux nombreuses façons dont elle réagissait au touché divin qui avait lieu plus bas.

Plus rapide, plus urgent, plus pressant, plus profond aussi, et toujours avec plus d’effet sur elle. Bien qu’elle s’adonna à pareille activité plus d’une fois, elle n’eut pas l’occasion de ressentir ce moment tant attendu par les deux partis – la fin, si vous préférez – venir avec tant… Eh bien, quand je vous disais que les mots étaient bien faibles. Elle se sentait plus que bien ; jamais elle ne se porta mieux qu’en ce moment. Cet instant qu’ils attendaient, cet instant où tous deux seraient entièrement soulagés, libérés d’un poids dont ils ignoraient tout, approchait. Approchait à grands pas. Ça se voyait au voile sombre qui tombait avec plus d’opacité sur leurs regards, à l’urgence qui se lisait aussi bien dans leurs yeux que dans leurs gestes, à leurs voix, plus rauque pour l’homme, plus aigue pour la femme. À tout, en fait.

Et puis voilà. Ça arriva enfin. Jamais Aiko ne réagit de cette manière. Jamais elle ne comprit, avant aujourd’hui, le véritable sens de ce point culminant des relations physiques. Ce moment de libération. De soulagement extrême. La sensualité se trouvait sous les projecteurs et les lumières du plaisir le plus intense. La volupté au sens propre, brut, pur, malgré les faits qui étaient loin de l’être, purs, était mise au grand jour. Elle n’arriverait sûrement pas, malgré ses efforts, à décrire le son qu’elle émit. Elle savait juste qu’elle avait la tête collée sur la colonne, les yeux ouverts et les lèvres séparées. Un gémissement ? Trop faible. Un soupire ? Trop peu puissant. Peut-être un cri. Sûrement un cri. Cri où se mêlaient plaisir total, désir suprême et envie divine. Cri qui, elle l’espérait, saurait témoigner de tout le bien qu’il lui faisait. Car même plus tard, si elle le lui disait clairement, avec des mots et des nuances dans la voix, ce ne serait jamais aussi puissant que ce qu’il pouvait, en ce moment, percevoir de lui-même. Parce que cette réaction n’était pas contrôlée. Donc vraie.
La voix de Finn fut plus rauque à ce moment qu’à un quelconque autre. Aiko ne savait pas trop ce qu’elle venait d’entendre, mais elle y lu toute son soulagement. Tout son plaisir. Tout son désir. Toute sa délivrance.
La jeune rousse ferma les yeux, incapable des les maintenir ouverts. Elle ne savait plus où elle était. Elle ne savait plus ce qu’elle faisait. Plus qui elle était. Un moment terriblement prisé par l’être humain. Mais dans tout ce brouillard, dans toute cette ignorance, elle savait au moins quelque chose. Juste une chose. Elle savait que Finn était avec elle. Finn. Elle savait exactement ce qu’il était alors qu’elle ignorait même qui elle était. Un instant d’extrême clairvoyance. La seule preuve possible de la réussite de Finn à lui avoir fait perdre toute sa lucidité. Comme l’eau. Parfois, tellement elle est chaude on a l’impression qu’elle est froide. Et là, Aiko avait réellement perdu toute sa lucidité, car l’espace de quelques infimes secondes, elle en fut maitresse comme jamais elle ne le fut.
Ce qui la réveilla, ce qui la tira de cet état second, ce fut le contact de la tête de Finn contre son épaule. Elle rouvrit alors les yeux, sa respiration toujours hachée. Quand il retrouva un semblant de calme, il se déjoignit d’elle, pivota sa tête et déposa ses lèvres sur le cou brûlant de la jeune femme qui laissa ses bras se nouer autour du cou du brun. Ce-dernier réajusta son habit, se tourna pour être dos à la colonne, et se laissa tomber, amenant à sa suite Aiko qui se retrouva sur ses genoux. Ses propres genoux, eux, touchaient le sol. Ce sol froid qui contrastait à merveille avec l’intense chaleur de son corps.

Ses yeux bruns se perdaient. Quelque part. Dans le vague. Ailleurs. Surement pas ici, de toute façon. Elle n’avait toujours aucun contrôle sur son corps agité, bouillonnant aussi bien intérieurement qu’extérieurement. Elle n’avait pas plus de contrôle sur sa respiration trépidante qui ne réussissait pas à retrouver une cadence habituelle. Un moment, elle fut incapable de réfléchir. Puis, quand son cœur, sans cesser de battre aussi irrégulièrement, commença à lui faire moins mal à la poitrine – mal relatif à son état – elle repensa à tout cela. Pour dire qu’il avait réussi son défi, il l’avait réussi. Et en plus, il s’y prit bien. Très bien. Divinement bien. Oui voilà, comme un Dieu. Aiko était capable de dire ça sans avoir eu à avoir pareille relation avec un Dieu. Enfin, qu’importe. Elle avait toujours son image entre ses yeux, gravée dans son esprit. Quand elle battit des cils, clignant donc des yeux, elle déposa directement son regard sur son visage. Ce visage qu’elle avait exploré de ses lèvres. Ce visage qui, de l’amusement passa au sérieux, et qui, du simple plaisir passa au désir profond.
Finn bougea légèrement la tête, enfouissant son visage dans la chevelure rousse, la serrant tendrement contre lui. Elle n’osa pas serrer plus fort, se contentant d’à peine resserrer l’étreinte, y ajoutant une once de délicatesse. Comme s’ils craignaient toux deux de se brusquer après toute cette agitation. Après tout, leur relation était encore indéfinie. Encore incertaine. Avant, c’était simple. Maintenant, ce n’était pas aussi net. C’était équivoque, à vrai dire. Mais pas déplaisant. Juste équivoque. Ils finiront par éclaircir cela. À eux deux, ils trouveront bien une solution. Forcément. Mais d’ici là, ils allaient leur falloir quelques instants de calme pour retrouver leurs points de repère.

Sa respiration se calma quelque peu alors que Finn se dégagea des cheveux écarlates, lui faisant face. Maintenant que sa voix était un peu plus posée, il l’utilisa. Après tout, Finn était toujours Finn. Il n’avait pas changé. Aussi bavard qu’il était, il n’avait pas du tout changé. Elle sourit alors qu’il n’avait même pas achevé sa phrase. Et quand, d’ailleurs, il l’acheva, elle rit faiblement. Pas bête. Elle n’avait pas cessé de croire qu’elle avait perdu, alors qu’en fait, on pouvait aussi dire qu’elle avait gagné. Du coup, ils avaient gagné. La jeune femme était du genre à toujours voir le verre à demi vide. Finn était l’une des rares personnes à apporter un peu de gaité et d’optimisme dans sa vie. C’est ce qui fit qu’elle rit à cette réflexion. Peut-être qu’elle devrait dire quelque chose, elle aussi. Mais là, elle ne savait pas trop quoi. Parler de ce qui venait de se passer ? Tout a été dit. Pas verbalement, mais dit quand même. Transmis plutôt.

Ses yeux ancrés dans les siens, il se pencha vers elle, l’embrassant sur la joue. Tout n’avait-il pas commencé ainsi, après tout ? Elle trouva ça attentionné de sa part. Et mignon. Douée. Tiens, ce compliment, on ne le lui avait pas encore sorti. D’habitude, on lui débitait je ne sais quels mensonges. Bref, des phrases. Et de longues phrases en plus. Mais tout résumer comme ça, c’était original. Et encore une fois, mignon. Une seconde fois, elle lui sourit. Sourire qu’il ne pouvait pas d’emblée voir, car il avait fermé les yeux. Mais lorsqu’il les rouvrit, elle l’avait toujours collé aux lèvres. Maintenant, il fallait répondre. Et là, elle savait quoi. En revanche, quand elle ouvrit la bouche pour parler, il la devança. Et sa question lui fit vite refermer ladite bouche. Elle écarquille légèrement les yeux et pencha la tête sur le coté, amusée. Tiens, elle lui répondrait bien que non. Comme si ce droit, il ne se l’était pas déjà donné. Approprié. En fait, il s’était approprié plus que le droit de l’embrasser. Il se l’était appropriée, elle. Il s’était approprié Aiko. Alors ce droit, il l’avait. Et pas qu’un peu. Vraiment, elle le trouvait mignon. Elle posa sa main sur sa joue et lui sourit légèrement, redressant sa tête.

« Tu es très doué. »

Bon, voilà, ça s’est dit. Et c’était réellement sincère.
Doué à quoi ? Était-ce vraiment la peine de préciser, sérieusement ? Finn comprendrait. Après tout, ça ne faisait que quelques instants qu’ils avaient mis un terme à cette suite de gestes et de mouvements. Et puis, elle ne fit que reprendre son expression. Pur et simple plagiat.
Maintenant, lui donner ou pas le droit. Rien que pour voir sa réaction, elle dirait bien non. Mais cela reviendrait aussi à se priver de ses lèvres. Et ça, croyez-moi, ça relevait du blasphème.

Aiko se mit à lui caresser la joue de ses doigts, lentement, délicatement, comme si elle craignait de lui faire mal alors que, quelques instants plus tôt, elle n’hésita pas – bien que ce ne fut pas volontaire – à planter ses ongles dans sa chaire. Elle approcha son visage du sien, s’arrêtant quand leurs lèvres se frôlèrent. Après tout, elle n’allait pas cesser de le taquiner. Avant aujourd’hui, leur relation était essentiellement basée sur ça. Et peut-être que ça allait rester comme ça. Ou pas. Elle n’en savait rien. Elle ne voulait pas savoir. Parce que savoir reviendrait à y réfléchir. À prendre une décision. À assumer ensuite. Et pour l’instant, elle voulait laisser les vagues de plaisir quitter son corps sans les presser en instaurant brusquement une quelconque réflexion.
Et puis, contre ses lèvres, elle murmura quelques mots. Une réponse.

« Seulement si moi, j’ai le droit de t’embrasser. »

Suite à cela, et sans autre forme de procès, elle vint coller délicatement ses lèvres aux siennes, entamant un baiser qui, sans être chaste, était tout de même loin d’être sauvage. Un simple baiser. Réel. Réel ? Eh oui. Un baiser qui, définitivement, les ramènerait sur Terre. Une Terre qu’ils avaient quitté main dans la main et à laquelle il revenait de la même manière. Tant pis. Tout avait une fin. Et cette fin plus qu’une autre était annonciatrice d’un autre début. Lequel ? Ils verront bien. Quand ? Elle ne saurait le dire. Mais tant qu’elle serait en sa présence, alors ça irait. Pourtant, elle pensait déjà au départ. Départ qu’elle voulait repousser. Aussi longtemps que possible.

Départ qui aurait lieu. À un moment ou à un autre. Car si un homme a un jour dire que la fuite est le dernier espoir, un autre a ajouté qu’on ne peut pas éternellement fuir. Sauf que là, Aiko ne voulait pas fuir, juste rester. Mais rester relevait aussi de la fuite. Du moins, dans ce cas, car elle fuyait le moment où elle devra se séparer de lui. Le moment où elle devra repenser à lui sans l’avoir à ses cotés. Le moment où elle retrouverait, devant la porte de son appartement, toutes les questions qu’elle tenta d’esquiver un peu plus tôt.
Elle mit doucement fin au baiser et recula juste assez son visage pour esquisser un sourire. Un simple sourire. Puis, elle laissa tomber sa tête sur le coté, vers le cou de Finn. Rapidement, elle repéra la marque qu’elle lui laissa. Elle vint alors la recouvrir de ses lèvres. Une façon de dire qu’il était à elle. Qu’il était sien. Sans durée déterminée. Une façon aussi de dire qu’il ferait mieux de ne pas l’oublier. Enfin, restait à savoir s’il comprendrait. Un autre jour, elle trouvera le courage de le lui dire avec des mots. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, en se redressant, elle se contenta juste d’embrasser la tendre peau avant de caler son front contre son torse, ses mains tombant de sa nuque pour se poser simplement près de son visage, sur la peau mise à nue par ses soins, un peu plus tôt.
Un murmure. Un souffle. Une plainte. Un appel à l’aide.

« Je ne veux pas m’en aller, Finn. »

Ça, ça voulait dire qu’elle devait y aller. Rien ne l’y forçait, tout l’incitait même à rester ici, pourtant, il allait falloir qu’elle y aille. Pour telle ou telle raison. Alors qu’elle était bien loin de le vouloir. Ce qu’elle voulait, c’était rester avec lui. Encore quelques instants. En parlant ou dans le silence, elle s’en fichait. Elle voulait juste ressentir la présence de Finn près de la sienne. Son corps contre le sien. Bien que tout cela, elle le ressentit déjà un peu plus tôt. Mais de façon différence.

Ils finiront par se revoir. Mais sûrement pas assez vite pour Aiko. Même si elle le revoyait demain, elle trouvera sans nul doute le moyen de se plaindre. Et pourquoi pas le soir même, tiens ? Pourtant, chacun d’entre eux deux devait avoir quelque chose à faire. Ou pas. Ils se reverront. C’était vraiment la seule chose certaine. Peut-être ici, par pur hasard. Peut-être dans la rue où ils habitaient, l’un ou l’autre. Ou peut-être dans les rues malfamées de Réveil. Les rues marchandes aussi, qui sait. Ou peut-être par leurs supérieurs, les hauts placés Baskerville. Une réunion. Ou une mission assignée à eux deux. Ça, ce serait quasiment parfait. En outre, plusieurs lieux étaient à leur disposition tandis que grand nombre de raisons étaient potentielles à les aider à se revoir. Enfin, ce n’était sûrement pas le temps d’y penser.
En ce moment, et pour un moment encore – un long moment, ça, je peux vous l’assurer – Aiko était à Finn. Il serait difficile pour elle d’affirmer qu’il était et resterait sien maintenant qu’ils ne faisaient rien de particulier – si vous voulez ce que je veux dire, – mais elle voulait y croire. Croire que Finn était, malgré le fait que leurs corps soient maintenant calmés, sien.
[HRP : Quatre lettres, ceylebien. *sbaaf* ♥]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   12th Novembre 2012, 20:20

C’est que ni l’un ni l’autre n’a de volonté à fournir pour produire l’effort nécessaire. Le contractant les a entraînés au sol – en même temps il ne tenait plus debout – et maintenant ils ne veulent plus s’en relever. L’homme est tout à fait content d’avoir encore un peu contre lui la jeune femme. Sentir sa chaleur, son corps agité qui se calme peu à peu, juste la tenir. Comme ça, sans raison. La tenir et profiter. Pas profiter comme ils ont profité tantôt, le voile du désir les a quittés pour le moment. Là, il s’agit juste d’un contact d’humain à humain plus que d’homme à femme. D’Aiko à Finn et de Finn à Aiko. Affectueux, parce qu’ils auraient tort de se cacher qu’ils apprécient mutuellement. Affection un peu bizarre, pas tout à fait définie, floue mais définitivement agréable. Et, quand on refuse de se poser des questions, l’agréable convient tout à fait. C’est tout, il veut la tenir dans ses bras, ressentir ce qu’il ressent et ne pas chercher pourquoi, ne pas chercher comment, ne pas chercher tout court.

- Tu es très doué.

Oh elle insiste sur le « très ». Il ne faut pas trop le flatter voyons. Enfin, un compliment est un compliment et il ne dira jamais non. Et, même s’il a tout parfaitement entendu plus tôt, voilà nouvelle confirmation. Il l’a vue atteindre sa délivrance en même temps que lui. Partage d’un moment extrêmement intime et secret. Parce qu’ils étaient particulièrement exposés tous deux, et le fait que l’autre ait accepté de partager cet état signifie beaucoup.
Il laisse la main courir gentiment sur sa joue, penchant même un peu la tête vers le toucher plaisant, répondant au sourire en face de lui. Et puis elle s’approche et le jeu semble recommencer un peu, en écho car il n’y a pas vraiment d’objectif cette fois. Elle le tente de ses lèvres qu’il goûterait bien une fois de plus. Enfin il a fait plus que goûter, il a savouré. La gourmandise est un vilain défaut, mais pour cette fois faire l’impasse ne le dérange absolument pas. Accro ? Accro… Accro. Peut-être. Peut-être pas. La question ne lui traverse pas la tête. Il sait juste qu’il veut. Qu’il veut et qu’elle le sait et qu’elle le tente. C’est leur jeu à eux. Et leur jeu est très amusant.
Alors, sa permission, accordée ou pas ?

- Seulement si moi, j’ai le droit de t’embrasser.

Il lui aurait répondu avec plaisir si elle n’avait pas pris l’initiative du baiser. Auquel il répond bien entendu avec beaucoup de bonne volonté. S’il veut garder le droit qui vient de lui être accordé, il va falloir s’en montrer digne. Ce qu’il tâche de faire, bien sûr. Sur un baiser qui se termine bien trop tôt, la jeune femme allant d’office ensuite vers son cou. Déposer ses lèvres sur, il le sent car après tout c’est un bleu, la marque qu’elle lui a déposé là un peu plus tôt. Il y a probablement là une symbolique au geste qui lui échappe. Un jour il comprendra. Mais ce jour n’est pas aujourd’hui. Aujourd’hui, en attendant d’être ce jour, il lui dit avec amusement en réponse à sa dernière phrase tout en jouant d’une main dans ses cheveux :

- T’as même tout mon corps en libre-service si tu veux.

Allez hop, ça, c’est dit. Il ne parle pas fort de peur de briser l’atmosphère qui les entoure. Et puis c’est Aiko qui reprend ensuite la parole après, sur un ton encore plus bas que le sien :

- Je ne veux pas m’en aller, Finn.

Il resserre gentiment sa prise autour d’elle, cessant de jouer dans la chevelure douce. Elle ne veut pas y aller. Ça tombe bien lui non plus. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’avait prévu de rester. Le contractant ne sait d’ailleurs toujours pas ce qu’elle était venue faire ici, mais au fond, quelle importance. Peut-être qu’avec tout ça, il a réussi à la mettre en retard pour une mission. Ou pour un quelconque rendez-vous, peut-être qu’elle allait voir quelqu’un ? Il n’en sait rien. Si le temps avait été contre elle, elle ne se serait probablement pas arrêtée pour « s’ennuyer » avec lui. Tout ce qu’il sait c’est qu’il n’a pas spécialement envie de bouger. Et qu’elle non plus visiblement. Même si le fait de le dire sous-entend qu’elle doit le faire. Après tout on n’a rarement pas envie de faire ce qu’on n’a pas à faire.
Aucun des deux n’a envie d’y mettre de la volonté. C’est drôle comme ils sont sur la même longueur d’onde depuis tout à l’heure. A avoir envie et au contraire à refuser de faire les mêmes choses. Bon ok, ce n’est pas bien difficile à faire vu les situations qui s’enchaînent. Pourtant il va bien falloir qu’ils se mettent l’un comme l’autre à bouger. Sans parler de ce qui serait ou ne serait pas raisonnable –arguments bien faibles étant donné qu’ils ont déjà renoncé à toute pensée rationnelle depuis un moment -, ils ne peuvent pas rester ici toute la journée. Déjà parce que les ruines, qui sont un cadre tout à fait sympa tant qu’on oublie qu’on y est – ils ne viendront pas démentir ce fait -, sont froides, glauques, pleines de souvenirs qui viendront toquer à la porte, et qu’ils n’y sont pas tous seuls. Cela ne se voit peut-être pas dans l’immédiat, certes. Ensuite parce que le temps ne les attendra pas, lui. Et puis, raison sous-jacente mais raison quand même, c’est la porte ouverte sur les questions cette affaire. Alors qu’elles doivent rester devant une porte fermée pour aujourd’hui. Profiter sans se questionner. Tout bonnement parce que cela fait du bien. Une fois de temps en temps, ne pas réfléchir aux conséquences. Conséquences qui ne seront que bénignes s’ils ne se prennent pas la tête dessus ni l’un ni l’autre. Hautement improbable.
Mais ça, c’est encore une autre histoire.

Enfin. L’homme sait tout ça. Qu’il doit bouger, qu’il doit rentrer chez lui vaquer à ses occupations, qu’il doit libérer Aiko qui est loin d’être à lui et a probablement d’autres choses à faire, qu’ils doivent se séparer. Séparer. Pourquoi c’est plus facile avec les autres, hein ? Ils font leur affaire, ça discute un peu, parfois non, et ils se séparent sans un regard en arrière. Aucun problème. Il n’y a pas cette étrange… Envie d’affection, ça doit être le mot, après l’acte. L’envie de se reposer ça oui, mais pas spécialement celle de serrer la femme dans ses bras un peu plus longtemps. Ni celle de vouloir rester en sa présence un peu plus longtemps. Non pas qu’il n’apprécie pas la compagnie des autres, il a rencontré des femmes tout à fait charmantes, drôles, agréables. Cependant pas au point qu’il souhaite absolument rester. Alors qu’avec Aiko, la question ne se pose pas. Il l’a naturellement prise dans ses bras, comme s’il avait peur qu’elle ne soit celle qui s’enfuie. Visiblement ce n’est pas le cas, mais il aurait fait quoi si elle avait souhaité s’en aller directement ? Aussi fort qu’il veuille se convaincre du contraire, il n’aurait probablement pas été aussi indifférent qu’il l’aurait feint. Il s’en serait remis, bien sûr. Mais sur le coup, il aurait fallu encaisser. Le tout laissant une petite trace dans sa tête, et il y aurait peut-être, cette fois, réfléchi à deux fois avant de recommencer. Peut-être.
Mince alors, il le savait que s’attacher rendait tout plus délicat. Même si sur le coup il n’y a pas pensé. Il n’a pensé à rien, le gredin. Pas pensé au contrecoup, pas pensé à ce qu’il pourrait se passer après, pas pensé à la séparation, il n’a pensé à rien. Rien du tout. Sauf au fait que, décidément, il voulait de plus en plus s’abandonner avec la jeune femme. Pas qu’il le regrette. Il regrette rarement ce qu’il fait de toute façon. Irrécupérable. Heureusement que la vie est une maîtresse patiente qui ne se lasse jamais de répéter encore et toujours les mêmes leçons. Jusqu’à ce que ça rentre. Ou pas. Certaines leçons ne sont jamais apprises.
Bref, le temps de pensée est terminé. Bien que la majeure partie de tout ce qui précède ne lui ait pas vraiment traversé le cerveau tandis qu’il la serrait un peu plus contre lui. Il ne sait pas quoi lui répondre. Que lui aussi ? Ça y’est, c’est fait, il la garde contre lui au lieu de se relever en lui disant qu’il va falloir bouger quand même. Ce qui serait au passage franchement cruel. Alors il déplace d’une main une mèche rousse qu’il renvoie derrière l’épaule du même côté, caressant la dite épaule au passage du bout des doigts. Et puis il sourit gentiment à la Baskerville contre lui. Qu’elle puisse ou ne puisse pas le voir n’a pas vraiment d’importance. Le calme qui les entoure communique pour lui. Cette étrange accalmie presque duveteuse qui contraste tellement avec la hâte brute et frénétique d’il n’y a pas si longtemps. Ce sont pourtant les deux mêmes personnes, pas de doute là-dessus. Les deux mêmes avec leurs envies calmées. Du moins pour le moment, car personne ne sait encore ce qu’il pourra bien se passer après.

Et puis sans prévenir personne, même pas lui-même, le Baskerville tend un bras, se décollant au passage temporairement de la roche dans son dos, pour attraper une des capes rouges abandonnées qui traînaient là. Aucune idée de si c’est celle d’Aiko ou la sienne. La sienne doit probablement être un poil plus longue, mais qu’importe. Il s’en sert pour les recouvrir tous les deux, avec pour toute justification un :

- J’ai froid.

Lancé comme une constatation. En fait la jeune femme lui tient bien entendu chaud, c’est juste une excuse foireuse pour les garder là tous les deux. Mais puisqu’il est lancé là-dedans, autant y aller jusqu’au bout. Il amène le haut du tissu sur les épaules de la jeune rousse, nouant ensuite habilement la cape à son cou, sans prendre garde à ce que ses doigts ne viennent pas chatouiller la peau en dessous. Voyons, faudrait pas trop en demander non plus. La manœuvre aurait pu être exécutée plus rapidement, il en a trop l’habitude pour que ce ne soit pas le cas. Néanmoins, il met plus de temps que nécessaire, l’air faussement concentré dessus, les gestes délibérément plus lents que ce qu’ils devraient être. Bien sûr qu’il sait qu’elle le sait. Le nouage de cape est un art Baskerville que tous maîtrisent à la perfection, merci bien. D’autant plus que la dextérité avec laquelle il l’a défaite tantôt le trahit largement. Mais pas grave. Tout est bon pour gratter des secondes et toucher encore un peu la peau d’Aiko. Le restant de l’étoffe repose à moitié sur lui et sur elle puisqu’il les en a entourés en premier lieu. Mais, quand elle se relèvera, tout la suivra. Comment retarder le départ tout en le préparant. Toute une stratégie. Et si la cape nouée n’est pas la bonne ? Eh bien, ils n’auront qu’à se revoir pour échanger ! Tout prévu, il a tout prévu. Tout.
Ou pas.

Enfin, il achève son travail, relevant deux orbes verts vers leurs camarades bruns, une ombre de sourire dansant sur ses lèvres, vague vestige d’un amusement toujours un peu présent vis-à-vis cette fois de ses propres actions. Ses doigts glissent ensuite sous l’attache nouvellement formée, l’enserrant tranquillement tandis qu’il se penche pour embrasser Aiko. Sans un mot. Pour une fois qu’il ne ressent pas le besoin de parler. Parce qu’il craint que chaque parole ne les rapproche un peu plus de la séparation. Quel mal y a-t-il à voler au temps quelques précieuses minutes d’oubli supplémentaires ? Pour sa part, il n’en voit pas. Surtout si c’est pour partager un baiser de plus, tout en se demandant à chaque fois si celui-ci sera le dernier. Le dernier de la journée ? Le dernier du moins ? Le dernier pour toujours ? Qui sait. Enfin, lui, il sait. Ce ne sera pas le dernier pour toujours. Parce qu’il y a une chose de sûre dans leur histoire, c’est qu’il y aura toujours une prochaine fois. Alors quand leurs lèvres se décollent une énième fois, c’est avec assurance qu’il lui murmure :

- On se reverra.

Et puis il se redresse et ajoute joyeusement :

- Tu peux prendre ça comme une demande de rendez-vous.

Idiot. Il n’y a rien de rendez-vous dans leurs rencontres hasardeuses, il le sait, humour douteux. Mais un jour il lui en donnera un vrai, avec une date et tout. Ouep. Il fera ça, un jour. Quand il sera sûr d’obtenir un oui en retour et qu’il aura bien planifié trois mois à l’avance le lieu pour être sûr de pouvoir y aller sans se paumer en route. Parce que ça, ça serait trop la honte. La catastrophe. D’ici là, il faudra se contenter du hasard. Pas grave. Le hasard est celui qui a créé tout ça aujourd’hui. Même si, selon Aiko, ce serait entièrement dû à des dons télépathiques douteux. Enfin, qui ira s’en plaindre ? Pas lui. Qu’elle continue à le capter, ça sera parfait.
Là par exemple, il faudrait qu’elle capte qu’il ne se lèvera pas tout seul parce que ça inclurait de faire bouger la Baskerville et qu’il ne veut certainement pas la faire bouger de là où elle est. Et puis si jamais, ô miracle, ils parviennent à se remettre debout, alors quoi ? Deux chemins différents pour être sûrs de ne pas se croiser ? Ah mais Finn n’en connait qu’un seul, lui. Enfin, qu’un seul pour retourner à Réveil. Mince, et s’ils devaient faire un bout de la route ensemble ? Oh, quel hasard. Enfin. Oui, il sait, elle a autre chose à faire. Alors il va laisser la jolie demoiselle tranquille au final.
Mais pas maintenant.

- Tu sais, j’ai pas envie de bouger non plus, en fait. Donc j’te propose un truc. A trois, on se lève. Et après… Après on verra. Je te laisse compter, prête ?

Idée brillante. Vraiment. Il ira loin dans la vie cet enfant. Le pire étant qu’il est relativement sérieux avec son idée. Il faudrait presque que quelqu’un vienne les bouger de là. Dur. La prochaine fois, ils tâcheront de ne pas se retrouver perdus en pleine nature. Comme ça, ils pourront rester à paresser l’un sur l’autre autant qu’ils le veulent. Encore une chose à planifier. Ça commence à faire beaucoup de machinations pour des rencontre supposées dû au hasard. Mais, comme on dit, on peut toujours filer un coup de main au hasard.
Alors, prête Aiko ?


[Hrp= Ok bon. La position du paratonnerre a pas marché. Donc euh… L’idée du chemin en commun est exploitable et y’a toujours moyen de dire qu’ils se séparent tous les deux à Réveil après avoir joyeusement causé tout le chemin/ avoir écouté Finn causer parce que de toute façon faire la conversation tout seul ça ne le dérange pas. Le monsieur sera sage et raccompagnera la dame /méduse/. Si t’arrives pas à les bouger, j’emploierai la pelleteuse dans mon prochain post *baff*]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   15th Novembre 2012, 05:13

Il est techniquement impossible de posséder une femme si ce n’est lors de l’acte physique. Et encore, ce n’est pas réellement de la possession, pas même de la domination, juste un certain temps où l’homme, bien que se laissant aller autant que sa partenaire, profite du fait que s’il le désire, il peut rompre le contact. Autrement dit, d’un certaine coté, ça renvoyait à la même idée ; il domptait la femme. Mais, au risque de me répéter, lui aussi jouissait d’un plaisir sur lequel nous ne pouvons certainement pas mettre de mots, alors bon, ce n’est pas comme s’il prenait réellement conscience du rôle qu’il lui était attribué. Quoiqu’il en soit, pour en revenir au vif de notre sujet, il n’est pas vraiment facile de posséder une personne. On ne peut pas l’empêcher de faire cela ou ceci. D’ailleurs, au fond, nous n’avons même pas le droit de faire autre chose que donner notre avis – et un avis objectif – sur les faits et gestes de cette fameuse personne. Surtout si nous tenons un minimum à elle. Bien sûr, je ne dis pas ici qu’il faut lui mentir. S’il y a quelque qui cloche, qu’il faut qu’elle le sache, autant être franc avec elle et ne rien lui cacher. Mais en ce qui concerne ses choix, il faut savoir mettre nos sentiments de cotés. Pas tout le temps. Certaines relations permettent de donner plus qu’un avis. Mari et femme ont tout de même un certain contrôle sur la vie de leurs conjoints, tandis que des amis plus ou moins proches peuvent aussi toucher mots de ce qui est dérangeant et n’augure rien de bon pour leurs copains, penchant plus vers la subjectivité que vers l’objectivité. Les amis, après tout, on peut tout leur pardonner, même quand il y a des débordements, des dépassements. Du coup, on peut aussi dire que tout repose sur la complicité, car aussi bien les relations amicales qu’amoureuses, on finit par pardonner. Parce que c’est comme ça. Parce qu’on n’aime pas facilement, et que quand on le fait, on le fait sérieusement. Du moins, atteint un certain âge, car il faut tout même avoir acquérir une certaine maturité et sagesse avant d’entreprendre une quelconque relation – même amicale, oui. Cela n’empêche que même dans les deux cas cités plus haut, nous ne possédons aucunement la personne. Parce que premièrement, une personne ne se possède pas. Un objet, oui, une personne, non. Cela ne correspond nullement à l’éthique, voilà tout. Pourtant. Bien qu’il soit tout à fait possible d’être jaloux car telle ou telle personne possède un objet que nous n’avons pas, il est plus probable – du moins, chez une certaine catégorie de gens – qu’on soit jaloux d’une personne, car elle est proche d’une autre. Vient interférer une étrange possessivité. Il est difficile de continuer de parler de cela sans illustrer ces dires d’une image. D’un exemple. Nous prendrons donc Aiko. Avant ce jour, tout ce qu’elle était en mesure de dire, c’était qu’elle tenait plus ou moins à Finn. Plus qu’à un autre Baskerville, mais sûrement pas assez pour être prête à tout faire pour lui. Mais aujourd’hui, après avoir passé quelques temps en sa charmante compagnie, elle était prête à dire que rien ne l’arrêterait si c’était pour être avec lui encore quelques instants. Rien non plus ne l’arrêterait pour forcer le temps à lui accorder encore quelques secondes avant la tombée de la nuit – alors que nous le savons parfaitement, la jeune femme n’avait aucun contrôle là-dessus, – tandis qu’au fond, même la nuit ne pouvait pas réellement l’empêcher de bouger de cette position tout particulièrement agréable. Prête à tout faire, nous avons dis. À quoi se résume ce tout ? Nous en parlerons plus tard, ou une prochaine fois peut-être. Quoiqu’il en soir, maintenant, elle avait tellement de choses à dire à son sujet et surtout, tellement de choses à taire. Elle repoussait tellement les sentiments l’envahissant qu’elle-même venait à perdre le fil, à ne plus savoir les identifier. En réfléchissant, peut-être qu’elle trouvera. Mais elle ne voulait pas y réfléchir. Elle ne voulait pas savoir. Elle avait déjà réussi à s’avouer une chose, et croyez-moi, ce n’était pas mal du tout pour Aiko. Elle avait réussi à accepter le fait qu’elle était devenue plutôt possessive vis-à-vis de lui et que, même s’il ne le savait pas encore, il finirait par le découvrir. Le fait est qu’elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi. Il n’était pas le premier. Il ne serait pas le dernier. Il ne serait peut-être pas le dernier, car même si maintenant, Aiko y réfléchirait à deux fois avant d’inviter un homme à partager sa nuit, cela ne l’empêcherait pas de se laisser aller dans les bras d’un autres, quelque fois. Peut-être. Quoiqu’il en soit, elle ne trouvait toujours pas de réponse à la question « qui était-il pour elle ? ». Question qu’elle tentait de repousser, mais maintient qu’elle était simplement dans ses bras, elle ne pouvait garder sa réflexion à distance trop longtemps. Ce qui ne l’empêcha pas de continuer à repousser toute interrogation, réussissant au bout du compte à se persuader qu’à peine ne l’aurait-elle plus en vue que les questions viendraient se bousculer dans son esprit. Pour l’instant, elle voulait profiter. Profiter et rien d’autre. Juste sentir Finn contre elle. Juste savoir qu’il était là. Juste... Ne rien faire.

Car après tout, entre ne rien faire et s’ennuyer, il y a un grand fossé. Et Aiko était bien loin de s’ennuyer pour le moment. Enfin si, disons qu’ils s’ennuyaient à deux, avec le brun. Un code, peut-être ? Ça en avait tout l’air, certes, mais pourtant, je ne cesserais de répéter qu’avant aujourd’hui, jamais ils ne firent pareille chose. Pas qu’ils regrettaient. Du moins, pas elle. Lui non plus, d’après elle. Non, bien sûr, elle n’était pas en train de se jeter des fleurs en sous-entendant que le compliment qu’il lui lança un peu plus tôt, elle le méritait. En fait, c’était juste qu’au vu de ses réactions, il ne pouvait qu’avoir aimé ça. Et il ne cachait pas, ce qui arrangeait grandement notre demoiselle. Demoiselle qui, au final, réussit à blottir dans les bras de l’homme en gardant le silence un instant. Ils parleront. À un moment ou à un autre. Ce ne sera pas plus déplaisant que de rester dans ce silence. Tout convenait à Aiko tant qu’elle était avec Finn. Nouvelle pensée amenant des questions. Nouvelle pensée bien étrange. Nouvelle preuve d’affection. Nouvelle preuve d’attachement. Et, bien qu’elle ne voulait pas y croire, peut-être aussi une nouvelle preuve d’une souffrance approchant.

Parce que c’est bien connu, après tout. Quand on aime quelqu’un, quand on s’attache à quelqu’un, quand on commence à monter, viendra la chute, la déchéance pour certains, et puis, on souffre. Parce que c’est inévitable. Parce qu’à l’amour suit parfois le regret. Pas la haine, je n’irai pas jusque là, mais le regret, pourquoi pas. D’autres fois, à l’amour suit la routine. Et d’autres fois encore, à l’amour suit simplement l’amour. Je ne parle ici pas de cet amour fougueux, mais simplement de l’amour entre deux personnes, pouvant être dû à une profonde affection. Mais notre langue est peu riche pour exprimer ce genre de sentiments, malheureusement, alors on va dire que c’est de l’amour. Aiko ressentait cet amour envers Finn, et elle se demandait ce qui allait suivre. Son regard étincelant était une promesse. La promesse de ne jamais lui faire du mal. Et peut-être aussi la promesse de la protéger et d’empêcher les autres de lui faire du mal. Ce dernier point, elle le vérifierait avec lui. Un jour. Une prochaine fois.
Cela n’excluait pas l’hypothèse qu’inconsciemment, il lui ferait un jour du mal. Pour qu’il puisse l’atteindre, il faudrait qu’elle le laisse pénétrer son cœur. Mais elle n’avait nulle emprise là-dessus ; il y était déjà rentré et s’y était installé à son aise d’ailleurs. Restait à savoir s’il fera un faux pas. Et si Aiko y sera sensible. Aiko. Cette femme qui avait acéré son cœur autant que sa lame de prédilection mais qui, quelques fois, redevenait l’adolescente enjouée qui faisait tourner sa mère en bourrique et qui agaçait sa sœur, installée derrière une table à jouer aux échecs avec quelques autres Baskerville.

Elle possède tout son corps d’après lui. Oui, mais pour en revenir au premier paragraphe, est-ce qu’elle le possède lui ? Elle n’arriva pas à empêcher la question de venir lui trotter dans la tête. Et là, c’était de la faute de Finn hein ! Enfin, normalement. Quoiqu’il en soit, elle lui sourit un instant avant d’envoyer ce coté adulte et responsable au diable pour lui tirer la langue d’un air tout particulièrement enfantin. Après tout, ça commençait à devenir un peu trop sérieux là. Et Finn était bien loin d’être sérieux, de ce qu’elle connaissait de lui. Après, malgré les apparences et l’image qu’Aiko aimait se donner pour tout de même se faire respecter – après tout, les femmes ne cesseront sans doute jamais d’être rabaissées, ce qui fait qu’elles auront toujours plus d’efforts à fournir que les hommes pour atteindre leurs objectifs, – elle pouvait encore se montrer bien gamine. C’était sa nature, elle ne voulait pas grandir. Elle n’aura sûrement pas à le regretter, car ses traits pouvaient vite se durcir après tout – prenons un exemple, – elle a été élevée pour obéir aux ordres, et le deuxième venait de sa mère : protéger son identité de Baskerville. Donc, si Finn et elle venaient à être interrompus par une quelconque personne, avec les capes pourpres gisant au sol, elle saura reprendre son sérieux. Mais rien de tel ne se passerait. C’était ainsi et puis c’est tout.
Quand elle lui avoua son manque de volonté pour bouger de sa position, il resserra doucement l’étreinte qu’il avait sur elle tandis qu’elle fermait les yeux calmement. Ce geste voulait tout dire : lui non plus ne voulait pas y aller. Après tout, il était normal qu’ils aient besoin de repos. Bien qu’en réalité, ça commençait à faire bien trop longtemps pour n’être qu’un simple moment de répit. Non, pas la peine de se voiler la face, ils voulaient tous deux être en présence de l’autre. Par pure envie. Pour satisfaire un caprice. Parce qu’il n’y avait pas d’explication. Parce qu’à trop trouver d’explication, de toute façon, la beauté des choses s’évanouit. Parce qu’après tout, c’était comme ça et puis c’est tout.
Avaient-ils quelque chose à faire ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Quoiqu’il en soit, ce qui était certain, c’est qu’ils n’avaient tous deux pas l’intention de s’attarder ici. Sablier. Si pour le moment, ils avaient réussi à mettre de coté les souvenirs qui déferlaient sur eux, – pout tout Baskerville ayant vécu la tragédie de Sablier, c’était un combat de se présenter au manoir en gardant la tête haute et le regard inexpressif ; tous se faisaient rattraper par le passé et submerger par la mélancolie – ça ne durera peut-être pas aussi longtemps. Ils vont bien finir par se rendre compte de l’endroit où ils sont. Non ? Avec eux, me diriez-vous, tout est possible. Tout est envisageable. Tout.

Aiko avait établi depuis un moment déjà les faits : Finn était différent de tous les autres hommes avec qui elle s’était amusée jusque là. S’était-elle seulement amusée avec le joli brun ? Cette question méritait une réponse. Cette question méritait aussi réflexion. Mais elle ne lui accorda rien des deux. Pas tout de suite. Après quelques instants néanmoins, elle se laissa assaillir par les questions. Juste quelques secondes. Non, elle n’avait pas fait cela que pour l’amusement. Pas pour la provocation et la taquinerie. Pas que. Son regard avait réellement flambé de désir. Mais pas de ce désir qui nait naturellement au bout de quelques jours passés dans le lit, dans le froid et sans compagnie. Non. Plutôt le désir qui nait instantanément en croisant le regard d’une autre personne. Elle n’avait jamais connu ça. Peut-être que Finn ne l’estimait pas comme elle le faisait avec lui. Peut-être que Finn ne la considérait que comme une conquête. Un nouveau visage sur son tableau de chasse. Une femme parmi tant d’autres. Elle n’espérait vraiment pas une telle chose. Parce que cela renverrait à la faire souffrir. Et elle ne voulait pas souffrir. C’était pour cela qu’elle s’adonnait à pareille activité avec quelques hommes sans vouloir trop en savoir sur eux ; pour ne pas s’attacher eux et, par la même occasion, ne pas souffrir. Avec Finn, tout s’était produit naturellement. Trop naturellement pour que l’air ne vienne pas souffler sur le long fleuve tranquille.
Mais la chaleur du corps du brun lui saturait l’esprit. Peut-être qu’elle avait raison et qu’après tout, elle n’était rien pour lui. Mais pour l’instant, selon le regard qu’il posait sur elle, selon la douce férocité qu’exprimait ses yeux semblant la déshabiller une seconde fois, elle se sentait importante. D’habitude, elle n’en avait que faire, mais aujourd’hui, elle y fut sensible. Elle cala sa tête contre son torse et ferma les yeux. Finn, qu’avais-tu donc fais de l’Aiko féministe, intouchable et irréprochable sur la sécurité de son cœur ?

Ce qui la réveilla de sa temporaire rêverie fut l’agitation de Finn. Elle se redressa et sourit en le voyant tendre son bras pour saisir une des capes rouges. La sienne ? Non ? Qu’importe, après tout ? Il la mit sur eux deux, les serrant un peu plus l’un contre l’autre, justifiant cet acte par des mots peu crédibles tout de même. Quoique. Aiko rit légèrement en secouant la tête, l’air désolée. Comme face à un enfant. Parce que oui, Finn, en ce moment, ressemblait à un enfant. Et c’était juste adorable.
Et puis, il noua la cape autour de son cou. Ce serait trop simple de le dire ainsi. Il fallait préciser, bien sûr. Il la noua avec une lenteur exagérée, bien qu’habilement. Comme si un Baskerville ne pouvait pas faire cela en deux secondes. Comme si un Baskerville ne se prêtait pas à ce rituel plusieurs fois par semaine. Comme si un Baskerville de son âge ne pouvait pas effectuer ce geste sans effleurer sa peau. Mais heureusement qu’il ne faisait pas comme tous les autres Baskerville, parce que sinon, elle n’aurait pas senti ses doigts glisser sur sa peau ayant retrouvé sa froideur habituelle. Elle frissonna légèrement et répondit à son sourire où les traces d’un amusement étaient encore clairement lisibles. Elle aussi était amusée. Sauf qu’elle, elle était en train de se laisser distancer. Il allait falloir qu’elle contre-attaque. Dois-je vous rappeler que le jeu avait toujours lieu ?

Il laissa ses doigts traîner sur l’attache qu’il venait de former pour la resserrer calmement, se penchant vers la jeune rousse pour l’embrasser. Sans préavis. Sans un mot. Dans un calme digne d’un sanctuaire et dans une simplicité relevant presque de l’habitude. Un baiser qu’elle espérait ne serait pas le dernier. Pas le dernier de la journée du moins. Parce que. Parce que. Parce qu’elle ne voulait pas. Parce que les lèvres de Finn lui étaient devenues une réelle addiction. Parce qu’elle ne pouvait et ne voulait plus s’en passer.

Son murmure lui fut susurré à l’oreille avec assurance. Ça résonnait comme une promesse, cela aussi. Et puis, quand il se redressa et ajouta sur un ton tout particulièrement amusé quelques mots, elle rit de bon cœur. Oui, c’était bien une promesse. Bien qu’il n’y aurait pas de rendez-vous arrangés – pas pour le moment du moins. Enfin, le hasard fera bien les choses. Ils s’y étaient fiés jusque là, alors ils continueront à le faire. On ne change pas une équipe qui gagne, après tout.
Et puis, ils ne dirent rien un moment. Ils se contentèrent de se regarder, et c’est exactement comme s’ils discutaient. Bien mieux encore. Aiko laissa sa main se poser sur la joue de Finn et commença à la caresser doucement, glissant ses doigts jusqu’à son cou pour les faire danser sur la symphonie menée par les battements de son propre cœur. Lorsqu’il lui parla, elle hocha simplement la tête. Oui, elle était prête. Mais pas toute de suite.

Elle amena son deuxième bras vers le jeune brun pour le nouer autour de son cou et dirigea son visage vers la sien, penchant légèrement la tête sur le coté pour aller rencontrer ses lèvres. Elle recula légèrement, juste assez pour pouvoir titiller cet objet de tentation, le mordillant faiblement. Et puis, elle laissa sa langue traîner dessus, avant de céder à son propre jeu, ne résistantes pas plus longtemps pour aller l’embrasser de nouveau. Un long baiser qui exprimait aussi bien la tendresse que la passion. C’était juste moins sauvage que tout à l’heure. Elle lui caressait aussi bien la joue que la nuque, sachant qu’elle n’aurait pas à forcer la barrière de ses lèvres pour aller explorer la bouche du brun à l’aide de sa langue. Ce fut sûrement le baiser le plus long qu’ils aient échangés aujourd’hui, et quand elle recula, c’était parce qu’elle manqua de souffle. Ce qui ne réussit pas à la persuader à reculer, lui souriant doucement, glissant une de ses mains vers celle de droite de Finn, entremêlant leurs doigts.

« Trois. »

Elle lui tira la langue pour la seconde fois de la journée et se releva, l’entraînant à sa suite. Elle lui sourit de cet air tout particulièrement enfantin qu’elle avait depuis peu arboré et lui fit signe d’attendre, lui relâchant la main pour se faufiler derrière lui. Un des nombreux désavantages de ne pas être dans un endroit clos ; leurs affaires traînaient dans la poussière. Elle saisit la cape et s’accroupit pour prendre le tissu qui avait, un peu plus tôt, gêné le jeune brun – et elle aussi d’ailleurs. Elle le remit en place et bascula sa tête en arrière pour apercevoir le brun. Faisant volte-face, elle revint vers lui et, positionnée derrière lui, posa délicatement la cape pourpre sur son dos, ne vérifiant pas l’appartenance de celle-ci. Elle revint face à lui et s’adonna à la même activité que lui un peu plus tôt, sauf qu’elle avait le front calé contre son épaule et les yeux clos. Elle s’amusait à la nouer tout aussi lentement, mais elle ne prenait pas cette mine faussement concentrée vu qu’elle était allée jusqu’à détourner les yeux. Pas la peine de redire ici qu’elle était tout à fait capable de nouer cette cape sans voir. Enfin, au moins elle, elle ne laissait pas « maladroitement » traîner ses doigts sur la peau du charmant brun. Elle le faisait volontairement et n’essayait même pas de s’en cacher. Quand elle finit, elle se redressa et haussa les sourcils avant de se pencher vers lui pour lui susurrer quelques mots.

« On y va ? »

Sans attendre sa réponse, elle lui prit la main à la volée et, après avoir entremêlé une seconde fois leurs doigts, elle commença à marcher, empruntant un autre chemin que celui par lequel elle était arrivée à Sablier. Un endroit ravivant tant de souvenirs pour elle. Pour tous les Baskerville, en fait. Pas plus pour elle que pour un autre. Pas de raisons. Tout ce qui l’embêtait un peu, c’était d’entendre les fantômes du passé, venant lui murmurer et lui appeler tous les moments qu’elle eut un jour passée avec sa jumelle. Mais elle s’y faisait. Et puis, ça lui permettait de rester en contact avec sa moitié. Sa sœur. Elle tenait bien trop à elle pour se permettre de l’oublier. C’est donc pour cela qu’elle venait souvent ici. Pas pour ses responsabilités. Juste par caprice. Pour elle. Comme ça, si son subconscient prenait le dessus sur sa volonté et qu’il la forçait à vouloir oublier, elle l’en empêcherait. Elle assimilait. Si elle voyait ce paysage détruit et lugubre se dessiner sous ses yeux bruns plusieurs fois, alors il sera à jamais gravé en elle. Ancré en elle. Son passé serait et resterait pour toujours partie intégrante d’elle-même. Personne ne pouvait lui ôter cela. Personne. Ni l’homme dont elle tombera un jour amoureuse, ni même le temps guérisseur et meurtrier.

Elle le guidait sans même s’en rendre compte. Elle marchait simplement, empruntant les ruelles le moins fréquentées, car après tout, tous deux portaient leurs capes. En ce qui la concernait, elle cacha son visage à l’aide de sa capuche ; elle partirait comme elle était venue. Elle ignorait où habitait Finn, mais elle partait du principe qu’il logeait à Réveil. Si ce n’était pas le cas, eh bien, il l’arrêterait, non ? Comment aurait-elle bien pu savoir qu’il possédait un faible sens de l’orientation – aucun sens de l’orientation ? Enfin bon. Cela ne l’empêcha pas de marcher vers Réveil, commençant peu à peu à s’enfoncer dans son présent, laissant son passé derrière elle, là où se place était réellement.

Je vais vous épargner les détails de cette marche, ne vous comptant que les grosses lignes. Aiko n’avait pas lâché la main de Finn et d’ailleurs, elle ne lui permettait pas de le faire de son coté. Parfois, elle resserrait subitement l’étreinte, comme animée d’une étrange vibration. Elle-même ne savait pas pourquoi elle faisait cela. Ils parlèrent de tout et de rien, parfois gardant aussi le silence, car ce n’était pas plus mal au fond. Néanmoins, atteint une ruelle, la jeune rousse s’arrêta et relâcha le brun pour dénouer sa cape et la serrer simplement contre sa poitrine, comme si elle tenait simplement un habit rouge à la main. Elle pencha la tête sur le coté, espérant que Finn en ferait de même, car ils attireraient beaucoup trop l’attention maintenant qu’ils allaient pénétrer dans l’agitation de la ville.
Et la marche reprit, la jeune femme ayant définitivement libéré la main de l’homme. Je vous ai promis de vous épargner les détails, alors je le ferai.

Atteignant un tournant, Aiko se dressa devant Finn et après avoir trouvé ses yeux des eins, elle lança un regard vers la droite, exprimant qu’elle habitait par là. C’était plutôt isolé, alors et elle savait qu’il n’y avait que son bâtiment dans ce coin là de la ville. Enfin bon. Ils étaient seuls, une fois de plus. Tant mieux. Elle noua ses deux bras autour du coup de Finn et se hissa sur la pointe des pieds pour lui offrir un long baiser. Quand elle y mit un terme, elle recula juste assez son visage pour pouvoir parler. Sa voix n’était plus teintée d’amusement ou d’enfantillage ; elle était juste douce et suave.

« Prends soin de toi, d’accord ? Du moins, jusqu’à ce que je puisse prendre le relai et m’occuper de toi. »

Elle lui sourit faiblement, sachant que quel qu’ait pu être les sous-entendus placés dans cette phrase, il les aurait compris.
Premièrement, elle lui demandait de prendre soin de lui. Ce qui témoignait de son affection envers lui. Deuxièmement, elle venait de confirmer une nouvelle fois le fait qu’ils se reverraient. Et puis, elle lui promettait de prendre soin de lui la prochaine fois. Comme aujourd’hui, peut-être. Peut-être aussi d’une autre façon. Cela dépendra sûrement de leurs humeurs qui, Aiko l’espérait, seraient tout de même supportables pour l’autre. Aussi, le fait de ne pas avoir parlé sur ce ton tout particulièrement enjoué indiquait qu’elle était sérieuse : elle prendrait soin de lui.
Le seul problème maintenant, c’était qu’elle ne voulait pas se séparer de lui. Elle colla son front à son torse et ferma les yeux, profitant des, elle le savait, les derniers instants avec lui.

Lorsqu’elle se redressa, elle avait les yeux rivés vers le sol. Que pourrait-elle bien lui dire en guise d’au revoir ? Et surtout, où trouvera-t-elle le courage de le faire ? Elle avait déjà un mal fou à croiser son regard. Cela signifierait que ce serait le dernier qu’ils s’échangeraient, et elle ne voulait pas. Elle ne voulait pas y aller. Mais elle ne voyait pas vraiment autre chose. C’est qu’elle l’aurait bien invité chez elle si elle n’avait pas prévu de ne pas rester en place ce soir. Elle ne savait pas encore ce qu’elle ferait, mais elle n’avait l’intention de rentrer chez elle que pour prendre une bonne douche. Une prochaine fois, oui, elle l’inviterait. Mais pour cela, il faudrait déjà qu’ils se séparent aujourd’hui.
Elle déglutit faiblement et se mit sur la pointe des pieds pour laisser ses lèvres se coller tendrement à la joue de Finn. En fait, elle se rendit tout juste de se rendre compte que lui qui l’avait embrassée trois fois sur la joue n’avait pas réclamé un seul pareil baiser de sa part. Elle lui sourit, satisfaite d’avoir trouvé un bon geste pour mettre fin à cette fabuleuse rencontre. Il ne manquait que des mots. Des mots appropriés. Des mots qui ne seraient pas précédés par une quelconque réflexion. Des mots sortant du fond du cœur. Des mots sincères.

« Tu me manqueras, Finn. »

Elle lui caressa le visage et recula de deux pas, un sourire collé aux lèvres. Et puis, elle se retourna et commença à marcher lentement vers le chemin qu’elle lui avait indiqué un peu plus tôt des yeux. Elle s’immobilisa face à un nouveau tournant et se mordit la lèvre inférieure. Sans vouloir s’encombrer de questions qui, elle le savait, l’attendraient de toute façon au seuil de sa porte, elle se retourna vers Finn. Ce geste pouvait en dire bien plus long que tous les autres mots. Le jeune brun comprendrait sans nul doute, bien que ce ne fut pas prémédité. Juste une soudaine envie incontrôlable.

Cette journée était la meilleure qu’elle avait passée depuis des mois. Finn était la meilleure compagnie qu’elle avait eue depuis des années. Vraiment, elle venait de faire bien plus que donner son corps à un homme. D’abord, ce n’était pas n’importe quel homme, c’était Finn. Et puis, il l’avait mérité et s’était autant donner à elle qu’elle l’avait fait. Du début jusqu’à la fin, il ne lui avait pas une seule fois manqué de respect. Ne s’était pas non plus montré machiste. Il avait été bien plus qu’à la hauteur ; il avait été parfait. Et Aiko qui ne croyait pas à la perfection y croyait désormais, ayant même réussi à y fixer un visage. Un visage qui était celui de Finn.
Finn. C’est qu’il avait vraiment réussi à faire tourner la tête à la jeune femme. Il était aussi doué qu’elle l’avait dit plus tôt. Il avait réussi à lui faire oublier sa douleur et sa nostalgie du passé. Elle avait aussi appris que tous les hommes n’étaient pas aussi vils. Pas Finn du moins. Et elle avait aussi retenu une bonne, voire excellente leçon. Une leçon importante pour elle : elle pouvait se faire respecter sans brandir son arme ; elle pouvait se faire aimée sans inspirer la peur, ce qui, dans ce cas, je vous l’accorde, n’était pas de l’amour mais plutôt de la crainte. EN outre, elle pouvait se faire aimée. Elle, Aiko. Et Finn n’eut pas besoin de le lui dire ; il le lui prouva simplement. Well done is better than well said.

[HRP : J’espère que ça va te plaire. >w< Tu me dis si ça te va pas hein, tu m’envoies un mp, tu me dis e qui cloche... Bref, j’arrangerai. ;;]
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MessageSujet: Re: "Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]   17th Novembre 2012, 11:49

Il ne sait pas vraiment ce qu'il en est d'Aiko, mais lui pourrait rester longtemps là. Aussi longtemps qu'elle le voudra bien d'ailleurs. Juste parce qu'il s'y sent bien, et qu'il peut affirmer que c'est parce qu'elle est là. Se leurrer là dessus ne servirai à rien et puis de toute façon, ce n'est pas pour autant qu'il en tirera la moindre conclusion. Déjà parce qu'il ne se questionne pas, mais en plus parce qu'avant même de se poser des questions, il pense déjà tenir une grosse partie de la réponse : c'est Aiko. Voilà tout. Il l'aime bien, c'est la première fois qu'il tient à la personne avec qui il le fait, alors toutes ces nouveautés doivent y être liées. Doivent être normales, voilà surtout ce qu'il se dit. Simple, ô combien simple, façon de penser. Pas qu'il ira tester avec une autre femme qu'il apprécie juste pour voir si ça fait le même effet. Il n'en a juste pas envie, tout bêtement. Après, qu'il n'en ait pas envie parce que le fait qu'Aiko agisse sur lui ainsi lui suffit ou parce que, tout au fond, il aurait un peu l'impression de la trahir, cela reste à déterminer. A déterminer dans le futur. Comme tout le reste. A déterminer aussi, le moment où il se rendra compte que ce qu'il pense est trop simple pour être la réalité. Dès qu'il est question de relations, tout est toujours plus complexe qu'il n'y paraît. Toujours.
Mais pour aujourd'hui, c'est la simplicité qui prédomine. Les actions sur les mots.

Son agitation semble amuser Aiko, qui rit simplement devant ses actions. Et là on pourrait placer le célèbre "femme qui rit, femme à moitié dans ton lit". Sauf que. Ils l'ont quelque peu inversé. Et que la faire rire n'était pas exactement le but premier du contractant qui essaie juste de gratter du temps. Un peu comme un gamin capricieux avec ses "cinq minutes de plus" qui se renouvellent jusqu'à ce que quelqu'un vienne briser le cercle, gentiment, mais fermement.
Et après les promesses, à nouveau le silence. Confortable et agréable. Ils n'ont pas besoin de parler, même pas de communiquer tout court. Parce qu'après tout, ils doivent plus ou moins penser la même chose. C'est qu'il seraient presque mignons quand ils sont calmes. Les quelques caresses qu'ils peuvent s'échanger sont plus affectueuses que tentatrices. Même si Aiko, visiblement jamais la première à abandonner un jeu - même s'ils ne jouent plus que sur les vestiges de ce jeu qu'ils ont après tout gagné tous deux -, revient taquiner ses lèvres. Pas longtemps, cédant elle-même à son jeu pour joindre leurs lèvres à nouveau. L'homme laissant quant à lui ses mains aller trouver d'elles-mêmes une place dans les cheveux roux et dans le creux de son dos. Chemins maintenant connus par coeur. Étrangement, il se repère bien mieux sur Aiko que dans son environnement de tous les jours. La différence résiderait-elle dans les méthodes employées ?
Laissons de côté ce genre de réflexions.

Ils échangent un baiser long, un échange dans lequel l'homme se laisse aller sans un seul regard en arrière. Sa camarade n'a absolument aucun mal à approfondir le contact, après tout il le veut aussi. Même pas honte de ne lui opposer aucune résistance. Il a déjà prouvé qu'il peut le faire, non ? Alors puisque maintenant le temps est compté, autant aller à l'essentiel directement. Et la prochaine fois, il se rattrapera. Il se rattrapera et il prendra de l'avance. En voilà un bon plan. Par contre, il faudra veiller à avoir plus de temps. Enfin, "veiller", comme ils ne décident absolument pas ni l'un ni l'autre, en fait ils ne veilleront à rien du tout. Ils sauront juste. Ça pour savoir, ils sauront.
Et puis ils se séparent. Encore une séparation. Elle ne serait pas aussi prononcée s'il était sûr qu'il y aurait un autre échange sous peu. Sauf qu'il n'en est pas sûr, et qu'il faudra s'en contenter. Recommencer à se contrôler un peu mieux que cela. Mais pas tout de suite. Parce : encore cinq minutes.
Sa main dans le dos d'Aiko glisse sur ses cuisses où elle vient reposer sagement alors que sa jumelle plus haut a légèrement glissé, pour pouvoir caresser du pouce la joue de la jeune femme.

- Trois.

Il en avait complètement oublié qu'il l'avait laissée décider de leur situation. Mais pourtant, il la suit quand elle les relève, sans se poser plus de questions. Répondant ensuite à son air malicieux, tout en se contenant pour ne pas la coller à nouveau contre ce pilier pour aller lui ravir de nouveau ses lèvres. Doucement les pulsions. Il secoue légèrement la tête quand il se rend compte qu'il se fait mener par le bout du nez depuis quelques minutes, souriant ensuite tandis qu'elle remet en place sur lui ce qu'elle a elle-même retiré plus tôt. C'est qu'il serait inconvenant qu'il continue à se promener comme il était. Inconvenant pour les autres bien sûr. Parce qe lui s'en fiche éperdument. Exhibitionniste.
Bref. La Baskerville s'adonne au même jeu que lui tantôt, sans s'en cacher par contre. Son front reposant sur l'épaule de l'homme lui rapporte un geste d'affection supplémentaire lorsqu'il tourne la tête afin de pouvoir embrasser celle de la jeune femme, restant là plus longtemps que nécessaire tout en profitant du contact sur sa peau un peu plus bas. Cependant arrive le moment où elle se redresse, prononçant des mots auxquels il n'a pas envie de répondre "oui" :

- On y va ?

Sauf que la raison qui en a marre d'être ignorée revient suffisamment pour qu'il abdique et suive la jeune femme sans rechigner, revenant vite à sa hauteur, leurs mains liées. On y va, mais on se reverra. La séparation n'en rendra les retrouvailles que meilleures. De toute façon sans séparation il n'y a pas de retrouvailles, pour commencer. Alors il serre juste un peu plus sa main brièvement et la laisse complètement guider le chemin à travers ce qu'il reste de Sablier. Ce qu'il reste de leurs souvenirs à tous. Cependant il ne laissera pas ces bribes de souvenirs venir tâcher le présent quand il se porte aussi bien. Pas question. Sablier est morte il y a cent ans et, juste pour aujourd'hui, qu'elle y reste. Pourquoi se remémorer des joies passées quand on peut en avoir des présentes. Il n'était de toute façon pas venu pour une séances de réminiscences mais pour rendre un rapport. Ni plus, ni moins.
Evidemment, il a eu plus. Pas qu'il s'en plaigne, encore une fois.

Avant qu'elle ne rabatte sa capuche sur sa tête - et qu'il en fasse de même -, il lui vole un bref baiser, souriant l'instant d'après. Un dernier pour la route. Il refuse obstinément de réfléchir et ne le fera pas. C'est tout, c'est comme ça et pas autrement. Après cela, ils avancent tranquillement. S'arrêtant à un moment quand il n'est plus possible de garder la cape sur le dos pour l'enlever. Ne pas tenter le diable, surtout dans Réveil. Il a l'impression de reconnaître un peu l'endroit où elle les a guidés. Peut-être bien qu'ils n'habitent pas si loin que cela l'un de l'autre. Ce ne serait pas si étonnant. On dit que le monde est petit, mais pour autant il est tout à fait possible de ne pratiquement jamais croiser quelqu'un habitant proche de chez soi. Néanmoins il ne pourra vérifier ce fait que s'il retrouve le chemin de son appartement. Il y arrivera, il y arrive toujours. Il n'aura qu'à retrouver une zone un poil plus résidentielle que celle dans laquelle ils sont arrêtés actuellement.

Qu'importe. Il répond au baiser d'Aiko en enserrant sa taille de ses bras, peut-être avec un peu plus de force qu'au précédent, comme elle vient clairement de lui faire comprendre qu'ils sont arrivés à destination. Et puis leurs lèvres se séparent à nouveau, le contractant tâchant cette fois de garder en mémoire autant que possible la sensation de celles de la Baskerville sur les siennes. Parce que savoir qu'ils se reverront ne lui dit pas quand. Peut-être que ce sera dans plusieurs mois.
Oh, l'horreur. Allons, allons, ne pas penser aux choses qui fâchent.

- Prends soin de toi, d’accord ? Du moins, jusqu’à ce que je puisse prendre le relai et m’occuper de toi.

Il lui sourit gentiment, son regard s'adoucissant. Il avait raison, plus tôt. Aiko est mignonne. Pas quand elle est en colère ou avec une arme à la main. En fait, pas sur la première impression qu'elle offre à la face du monde. Mais lui est privilégié et a pu voir une autre facette.
Il se trouve que cette facette lui plait beaucoup, d'ailleurs. Il resserre sa prise sur elle pour une dernière étreinte quand elle vient contre lui.
Beaucoup, en effet.

- Pour ça il faudra que tu commences par prendre soin de toi.

Après une seconde de silence, il ajoute :

- On pourra prendre mutuellement soin de l'autre comme ça.

Et puis il lui embrasse le haut du crâne. Plus ça va, moins il veut la lâcher. Mais c'est mal, très mal. Il a définitivement besoin de rester seul dans son coin avec ses pensées. Un coup de sevrage. Et Aiko, elle, a tout autant besoin que lui de rester tranquille. Elle est d'ailleurs bien plus raisonnable, puisqu'elle vient lui embrasser sagement la joue. Clore la rencontre comme elle a commencé.

- Tu me manqueras, Finn.

Son regard s'adoucit une nouvelle fois. Elle devrait arrêter, si elle ne veut vraiment pas qu'il finisse par l'embarquer autre part. Oh qu'il est temps qu'il se sauve.

- Toi aussi, Aiko.

Elle lui caresse le visage et il la relâche. Voilà, cette fois, c'est fait, et il ne cédera pas à l'envie de la rattraper. Non. Non. Pourquoi est-ce qu'elle s'arrête ? Allez, disparais. Ne croise pas son regard. Non.
Trop tard.
Il la rattrape en quelques enjambées comme elle n'a pas été loin, en posant une main sur l'un de ses épaules. Marmonnant un :

- Je suis faible.

Avant d'échanger un dernier baiser avec elle. Oui, oui, dernier, pour de vrai. Il a fini de faire l'idiot. Pour aujourd'hui, du moins. Alors quand il les sépare et qu'il commence à reculer - pour être sûr - il lui lance :

- C'est une avance pour la prochaine fois. Rentre bien.

Un dernier sourire et il se retourne définitivement. Pas question de regarder en arrière jusqu'à ce qu'il tourne au premier coin de rue qui croise son chemin. Là, il s'arrête un instant, s'appuyant contre un mur tout en laissant son regard dériver vers la cape dans ses bras. Tiens, il était pourtant convaincu que la sienne avait besoin d'un coup de fil et d'aiguille parce que la couture de l'ornement près de la fermeture était en train de se faire la malle.
Oh, il les a bel et bien inversées. Eh bien. Il sourit tout seul à la cape dans cette ruelle isolée avant de se décoller du mur pour se remettre en route. Destination aucune idée, jusqu'à ce qu'il reconnaisse les lieux mieux que cela. Marcher sans réfléchir et juste profiter du fait de se sentir bien. La réflexion viendra. Elle risque de venir à retardement, mais elle viendra. Reste à ce que le retard ne soit pas tellement en retard qu'il se retrouve être cette fameuse prochaine rencontre. On est Finn ou on ne l'est pas. Et puis qu'il l'est, il va se contenter pendant un bon moment de juste constater que la Baskerville l'atteint et qu'il l'apprécie plus que ce qu'il veut bien avouer. Le pourquoi ? Bah, qui se soucie du pourquoi. Qui veut se soucier du pourquoi. Pas lui, même s'il sait que cela viendra.
Aiko a très bien joué aujourd'hui.

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"Well done is better than well said" [Hentai][Terminé]

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