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 On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]

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MessageSujet: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   8th Septembre 2012, 10:51

[Suite du rp précédent]

La nouvelle mode était de ne plus se préoccuper des autres individus. De faire sa vie dans son coin tout en se concentrant un minimum pour obtenir voire même se créer quelques liens de temps à autres. Bien évidemment, ces liens ne devaient en aucun cas mettre son développement personnel dans le mal être. Notre personne devait passer avant toute de chose. Les activités après le travail ne devaient être considérées uniquement comme des options qui rendaient la vie un peu plus amusante. L’alcool ne devait pas non plus prendre une trop grande place. La génération actuelle ne se voyait vivre que dans un corps sain, pour que son esprit puisse se développer considérablement. Toutes nuisances devaient être bannies. On faisait l’amour bien-sûr. Mais pour se prouver que l’on avait dans la vie, autre chose que l’argent en tête. Autosatisfaction.
Pour créer des enfants, ces monstres qui ne naissent que pour nous élever dans le rang social. Egoïsme.
Les personnes différentes étaient ainsi bannies. Les pauvres. Les fous. Les malades. Les aveugles. Les sourds. Les handicapés. Tout ce qui n’était pas conforme dans les règles personnelles et strictes de la Société. On devrait mourir dans la conformité. Dans une intimité. Ainsi, ceux qui mourraient publiquement n’étaient que des vantards ou des animaux en liberté.
Les femmes se devaient d’être fines et de manger peu, même si leurs estomacs souffraient. Que la nuit, elles gardaient les yeux ouverts tiraillés par la dureté de la faim. Une femme devait être belle. Sourire en toute circonstance. Ne pas montrer ses jambes. Savoir faire à diner. Se trouver rapidement un mari –de bonne société si possible. Pas un rebus des bas quartiers- et l’épouser pour devenir mère. Ne pas pleurer. Etre douce. Toujours dire oui. Ne jamais mentir.
Désormais, la moindre personne qui ne rentrait pas dans ces critères sélectifs, étaient mis de côté. Comme des enfants du Diable. Dès qu’ils mettaient un peu de couleur dans cette peinture terne qu’était la société, ils devenaient des étrangers de cette Secte.
Les membres de Pandora mettaient de la couleur. Oui, le rouge carmin du sang des contractants illégaux. Leur propre sang qui faisait d’un coup, vivre cette peinture sans couleur.
Les Baskerville faisaient eux aussi partis de ce monde. Rajouter une couche de carmin. Faisant vivre la ville. Ces groupes étaient les peintres de la nouvelle ère. Des artistes perdus entre la folie de l’Abysse, la curiosité. Et la réalité du monde actuelle. Faible.

Michiyo faisait parti de ces rebus de la société. Elle vivait dans son monde. Repoussant sans repos les barrières. Elle n’était pas gentille tous les jours. Ni jolie. Elle ne souriait pas souvent. Ne voulait pas d’un mari pour le moment et encore moins d’un enfant. Un enfant c’est mignon. Mais uniquement lorsque c’est celui d’un autre. Elle disait plus souvent non que oui. Elle n’était pas douce – frapper un homme de temps à autre ne faisait pas de mal pour le moral- . Elle possédait un être de l’Abysse à travers des chaînes invisibles. Elle sombrait peu à peu dans la folie des souvenirs. Elle était elle-même une artiste.
Mais la raison principale était qu’elle ne se laissait pas mourir de faim. C’était une mort tellement bête. Si le Créateur avait pris la peine de placer l’Homme pendant quelques millénaires au sommet de la chaine alimentaire. Ce n’était pas pour rien. Le propre de l’homme était de se sustenter avec les plus faibles. Actuellement, elle comptait bien réaliser son dessein et se nourrir. Que la société soit d’accord ou non.
Tout en prenant son repas avec un homme qui n’avait rien à voir avec un amant secret. Juste un homme qu’elle ne connaissait pas. Mais qu’elle avait approché. Pour se rapprocher l’un et l’autre. Comme ci les barrières avaient voulus céder tout naturellement. Elle avait lu un jour, que quelque part dans le monde, il y avait une personne qui nous convenait. Michiyo avait toujours pris ça pour de l’Amour. Mais non, cela pouvait fonctionner en ressentait quelque chose dont il était difficile de mettre un nom dessus. Un petit quelque chose.

Et Naaru était la personne qui possédait ce petit quelque chose que Michiyo aimait bien. Il avait la couleur qui manquait dans la société. Lui aussi pouvait être qualifié de peintre. Mais sa nature était autre que les combattants qu’étaient les membres des deux clans. Non, il est le peintre au sourire. Celui qui met des couleurs plus humaines. Plus dans le jaune. Le bleu. La joie en somme. Il était un artiste. Qui peut faire sourire n’importe qui. Trop contagieux !
Les cheveux de la demoiselle volaient au grès de ses pas et du vent. Les deux partenaires de conversation avaient finis par sortir de Pandora. Une sorte de délivrance en quelque sorte. D’abord pour le jeune homme, qui n’avait plus le regard des autres membres sur sa personne. Et Michiyo qui n’avait pas le regret de ne pas avoir travaillé. En parlant de cela, les papiers qu’elle devrait étudier le soir venu pour rendre un rapport, venaient de montrer le bout de leur nez et sortir de son sac. Elle plia donc quelques feuilles et les remis correctement.
Décidément, elle n’était pas faite la paperasse. Elle avait besoin de sa dose d’adrénaline par jour et étrangement. Pour le moment, elle ne l’avait pas encore obtenu. Ainsi plusieurs paris arrivèrent dans sa tête. Le premier étant qu’elle allait se disputer en rentrant. Parce que Michael aurait décidé de vider le frigidaire rempli préalablement bien plus tôt. Dans ce cas là, ce serait une dispute pour le forcer à faire la vaisselle en guise de punition.
Le deuxième cas, serait de rencontrer par malchance un contractant illégal à l’endroit où ils allaient s’installer pour manger Naaru et elle. Et donc, de devoir s’en occuper sans faire de blesser et sans Michael. Pas la meilleure des chances.
Le troisième, serait une dispute avec Naaru à cause de la tension qui c’était tout de même installée. Elle le voyait mal à l’aise. Lui aurait-il menti au final ? Une part d’elle-même décidait de voter pour le oui. Une autre ne voulait pas savoir. Chain ou pas, elle l’aimait bien et c’était le principal pour le moment.
Après la nourriture.

En attendant, elle n’allait pas l’avouer, mais l’invitation quelque peu déguisée de Naaru lui avait fait plaisir. Elle allait changer un peu son train- train quotidien qui se répétait par des disputes avec son Chain à répétition. Elle allait pouvoir avoir une conversation normale, manger en ville et peut-être s’amuser. Cet enfant avait bien fait de grandir et devenir un adulte au final.
Ce même enfant lui affirma qu’ils allaient la suivre là où elle voulait aller. Il était tout de même marrant. Parce qu’elle ne savait pas elle-même ce qu’elle voulait manger.

« Si tu as une idée, c’est le moment d’en faire part. Je ne sais pas encore si je veux du sucré ou du salé. »

Par moment, le fait que ce soit le diner du soir ne l’empêchait pas de manger quelque chose de sucré. C’était au gré de ses envies, du goût qu’elle avait en mémoire et dans la bouche à ce moment là. Certes, elle était difficile. Très difficile. Mais c’était comme cela. Essayer de changer Michiyo, c’était comme ce heurté à un mur en béton. Et ainsi la mettre de très mauvaise humeur. Comme l’accident qui venait de se passer. Naaru venait de la délaisser quelques secondes seulement pour rattraper un enfant bousculé par un plus grand. Acte de gentillesse. De trop grande gentillesse peut-être. La jeune femme n’avait pas eu le temps de voir l’action se dérouler. Mais ce petit monstre avait couru vers eux sans raison apparente. Etrange.
La demoiselle voulu ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais Naaru la devança d’un simple « Allons-y ». D’accord. Elle ne dirait rien si son acte d’héroïsme l’embêtait tant que cela.

Haussant les épaules elle se remit à marcher. Maudissant intérieurement ce ruban qui ne voulait décidément pas tenir, laissant s’échapper à chaque pas, différentes mèches de cheveux d’ici et là. Elle soupira. Jamais contente. Elle avait décidé de marcher côte à côte avec le jeune homme. Se permettant de l’observer d’en bas. Sa peau matte lui allait vraiment bien. Et il était vraiment grand. Même avec ses talons, elle se sentait toujours inférieure. Elle allait grandir un jour, juste un retard de croissance à cause de son pacte. Oui, juste ça !
Une pensée lui vint soudainement à l’esprit, alors qu’elle gardait son mutisme depuis l’accident avec le jeune garçon. En dehors du fait qu’elle pensait qu’il était un simple petit voleur bien évidemment. Non, juste qu’elle prenait à son tour le temps de Naaru. Et si quelqu’un l’attendait chez lui ? Une mère, un père ? Une petite amie... Oui, elle était égoïste de prendre son temps comme cela. Une nouvelle fois, elle trouva le besoin de laisser les mots franchir la barrière des lèvres.

« J’espère à mon tour ne pas monopoliser ton temps. Mais si c’est le cas, n’hésite surtout pas à me le dire. Je peux comprendre si quelqu’un t’attend chez toi. »

Dans un sens, c’était une question légèrement déguisée pour en apprendre un peu plus sur le jeune homme. Après tout, elle n’en savait rien et quoi de mieux pour connaître quelqu’un que de parler lors d’une petite balade. Ainsi, elle n’en disait pas plus sur elle. Mais en apprenait plus sur cet artiste solitaire. Elle savait juste son prénom et son tempérament à s’en ficher un peu de tout. Il n’en savait pas plus sur elle. Mais les indices viendraient certainement au cours de la conversation. Comme deux anciens amis qui se retrouvent après des années pour rattraper le temps perdus. A la différence qu’ils n’étaient pas des amis. Juste des semi-inconnus.

En attendant une réponse, elle laissa son regard passer du jeune homme à la vitrine juste derrière. Des objets anciens. Elle adorait cela. Mais pour le moment n’avait pas assez d’argent pour se payer la jolie montre qu’elle avait remarqué quelque jour auparavant. Elle pourrait bien évidemment, demander à son Ange Noir d’insuffler dans la tête du vendeur quelques mots gentils pour qu’il lui donne. Mais ce serait du vol. Et, elle n’était pas partante pour ce genre d’action.
Un léger voile de tristesse passa sur son visage. Combien d’argent allait-elle encore devoir économiser avant de pouvoir se payer ce petit bijou. Beaucoup. Beaucoup trop.
La demoiselle réduisit la distance entre le jeune homme et elle-même, sans s’en rendre compte. Par moment, elle ne marchait pas très droit et en voilà une des principales conséquences.

Une rue plus tard, ils se retrouvèrent au cœur de la capitale. Une rue où les restaurants laissaient leurs odeurs titiller les narines des passants. Michi pris le temps de prendre une inspiration avant d’ouvrir la bouche.

« Ce mélange d’odeur me donne envie de tout manger. Pas toi ? »

La jeune femme agrémenta ses dires d’un sourire. Elle avait envie de tout goûter. De partager ce petit moment devant un verre avec son camarade de discussion. Cet attachement devenait presque normal au fur et à mesure des minutes. Le seul souci majeur étant seulement la foule qui ne faisait que de grandir. En même temps, avoir l’idée de manger à l’heure de pointe, n’était pas une bonne solution. Elle se faisait bousculer presque toutes les cinq minutes. Un coup d’épaule d’un homme plus grand avait fini par la faire reculer. Non mais ! Il ne pouvait pas faire attention. Quel idiot.
Elle soupira une nouvelle fois, son niveau de mauvaise humeur ne faisait que de croitre de seconde en seconde. Si elle n’était pas en plein milieu de la rue et que son estomac n’avait pas gagné la précédente bataille. Elle lui aurait bien dis sa façon de penser.
Elle concentra néanmoins son attention sur Naaru, son visage étant devenu plus renfermé.

« C’est pour cela que je déteste la foule. »

Pour confirmer ses dires, elle massa son épaule endoloris. S’il y avait mis un peu plus de force, elle n’aurait pas su se retenir plus longtemps. Sans compter sur l’aide des couples, jeunes ou plus vieux, qui avaient décidés d’un accord commun. De rester sur leur chemin pour s’embrasser. Si la journée avait bien commencé, la soirée risquait d’être plus « tumultueuse ».

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   9th Septembre 2012, 02:41

Parfois, le hasard de la vie décidait de changer le destin. Par de petites touches ponctuelles, témoignant par un changement inhabituel, une coupure dans les mœurs. Pour Naaru, c'était tous les jours comme ça. Aucune de ses journées ne se ressemblaient. Il provoquait ces changements en se baladant dans Réveil, en débutant les discussions avec beaucoup d'inconnus. Pour une grande ville comme la capitale, on ne pouvait pas dire qu'il était spécialement connu. Non, il prenait juste le temps de vivre à son rythme, et ce, peu importe l'heure. Le chain n'était jamais venu à Pandora. Finn le lui avait scrupuleusement interdit. Après tout, Nana avait la langue bien trop pendue, et révéler quelques informations se trouvaient être tout à fait à la portée du jeune monsieur.

De l'extérieur, Pandora était une plutôt grande bâtisse aux hautes verreries. Il fallait dire que Réveil abritait bon nombre de grands bâtiments, tous plus extravagants les uns que les autres, en fonction des quartiers dans lesquels on se baladait. Nana connaissait bien le quartier des smicards, et pour cause, l'appartement de son contractant s'y trouvait. Les rues n'étaient pas bien larges, souvent mal entretenues. Il n'y avait que peu de maisons individuelles et parfois, on pouvait voir de longs fils auxquels étaient accrochés des vêtements dans l'attente du travail du soleil. Nana aimait bien ces moments. Et puis, il y avait des rues comme celles dans laquelle ils étaient tous les deux. De larges rues qui laissaient passer les carrioles et les carrosses, les chevaux et les personnes à pied. Ce fut le cas du garçon qui courait vers eux et que Nana rattrapa l'instant d'après, alors qu'il tombait à la renverse. Aucunes paroles n'avaient été échangées entre les deux bonshommes. La rapine était un métier dans lequel le silence était de paire. Et puis, suite à ça, Naaru était revenu vers Michiyo, ne lui laissant guère le temps d'en placer une.

En revanche, peu de temps après, alors qu'ils commencèrent à marcher pour aller on ne sait où, la demoiselle demanda les goûts du jeune homme, ou tout du moins s'il avait un lieu de prédilection. À l'écoute du mot « sucré », Nana eut un brusque grincement de dents. C'est vrai qu'il avait oublié que les humains mangeaient un peu de tout, et que bon nombres d'entre eux aimaient tout ce qui touchait au sucré. Sucre... prononcer ce mot, c’était comme faire crisser une fourchette sur une assiette. Ça lui donnait la chair de poule. Il ne se fit pas prier pour annoncer haut et fort qu'il n'avait pas l'intention de dîner ou tout du moins de grignoter dans un salon de thé ou autre chose du même goût. D'un air chuchoteur, le chain s'approcha de l'oreille de Michiyo et lui dit alors :

-Si ça ne te gêne pas, je déteste tout ce qui touche au sucre... c'est... comme ça.

Voilà, le chain avait dit ce qu'il pensait, ne se justifierai pas. Il était tranquille maintenant. Observant les alentours en se relevant, il vit que la densité de personnes autour d'eux s’alourdissait à chacun de leurs pas. Bientôt, ce serait l'heure de sortie de bons nombres de personnes. Et fatalement, ils seraient encore dehors lors de cette heure de pointe. Nana n'affectionnait pas particulièrement le surplus de monde. Mais tant qu'on n'empiétait pas sur son espace personnel qui se voulait humble en se limitant à ses parties du corps, il ne ronchonnait pas. Car, si d'habitude il s'emballait rapidement lorsqu'on le touchait d'un peu trop près, cette fois-ci, il voulait paraître un peu plus... sympathique au regard de la jeune dame. Ils passèrent dans quelques rues. Plusieurs rues. Il y avait des librairies, beaucoup de librairies. Naaru n'avait pas beaucoup de livres à lui. La majorité, il les lisait sur place ou les emportait chez lui pour les rendre peu après. Oui, c'était un grand lecteur, avide de nouvelles connaissances que ces pages de papiers lui offraient en toute objectivité. Il lisait de tout, s'intéressait en particulier à l'étude des astres, l'astronomie. Mais ces livres lui coûtaient chers, et la plupart du temps, il ne pouvait pas s'en offrir. Parfois proche de certaines de ces boutiques, il détachait totalement son regard de la route, au risque d'en percuter certains. Les couvertures de romans semblaient si belles qu'il aurait pu les observer pendant plusieurs heures, tâchant de définir chacune des fibres qui la composait. Les belles lettrines, pour les plus chers, étaient même composés en fils d'or. Un jour, il en achèterai un.

Par moment, il sentait que la dame se rapprochait de lui, mais lorsqu'il la regardait pour lui demander la raison, il finissait par suivre son regard et se rendait compte qu'elle n'était pas non plus attentive à son environnement. Si lui aimait la lecture, il ne savait en revanche rien de la demoiselle et de ses goûts. Oh, il était certain qu'il n'offrirait rien, en particulier si c'était cher et surtout parce que ça avait un coût, mais il désirait en savoir plus sur Michiyo. Non pas pour débuter une discussion bénigne -il en avait plein en réserve en temps normal- mais parce qu'il voulait vraiment en savoir plus sur elle. Une manière de savoir à qui il s'adressait, et de pouvoir, plus tard, dire « je la connais ». Voilà ce que cette question révélait des sentiments du chain.

-Qu'est-ce que tu aimes ?

C'était une simple question, qui disposait d'un large spectre de réponses. Elle pouvait lui parler de tout et de rien, d'une chose la plus insignifiante de son existence ou de son plus grand rêve. Il ne la forçait pas à se dévoiler, mais lui intimait d'en dire plus. De soulever le mystère comme il l'avait pour sa mèche de cheveux. Il était prêt à répondre si elle lui posait des questions, alors elle se devait de faire de même pour lui. Ce n'était pas « juste » sinon. Certes, il avait menti par obligation. Parce qu'il avait avait décrété que c'était une obligation. Sans doute par peur. Et pourtant, à chaque fois que la dame lui offrait un sourire, il se demandait s'il n'avait pas mieux fait de se séparer plus tôt. Pourtant, il l'aimait beaucoup malgré lui, et il avait grand plaisir à passer du temps à ses côtés. Les mains toujours dans ses manches, il continuait à se balader pieds nus sur un sol plutôt chaud, dont les pavés provoquaient trous et bosses par moment. Il appréciait ce contact avec le sol, même si de nombreuses personnes trouvaient ça étranges. Quand il rentrait, Nana passait directement par la salle de bain pour se laver les pieds, car il fallait avouer que les rues n'étaient pas particulièrement propres.

Soudainement, Michiyo lui demanda alors si elle ne monopolisait pas tout son temps. Puisqu'il avait fait la remarque inverse il y a quelques minutes de cela, Nana lui sortit une once d'étonnement. Elle lui demanda d'un façon détournée si quelqu'un l'attendait chez lui. Prenant le temps de réfléchir, il leva les yeux au ciel, tout en continuant de marcher. Actuellement, non, il n'y avait personne à la maison. Sauf si bien sûr Finn avait décidé de rentrer plus tôt chez lui. Mais comme il ne connaissait absolument pas le planning de son contractant, Nana partait du principe qu'il faisait sa vie. Quand ils se croisaient le soir, ils se lançaient des piques à tour de bras, et puis finalement ils s'aimaient bien malgré tout. Ça pouvait amuser le chain quand il rentrait, mais il finissait toujours par s'endormir avant l'heure. Sauf quand bien sûr, il était le plus fatigué. Oui, tout à fait logique. Comme il n'avait toujours pas répondu à Michiyo, il se tourna vers elle, se pencha un peu pour être à sa taille et lui tira un instant la langue en un sourire malicieux.

-Pourquoi, ça t'intéresse ?

Suite à ça, il se mit à rire tranquillement, pas trop fort pour ne pas attirer les regards sur eux. Pas que cela le gênait, mais il pensait plus à la demoiselle. Puis, finalement, consciente qu'elle voulait tout de même une réponse, quelle qu'elle soit, il continua de sourire et expliqua, un peu plus sérieusement.

-Non, j'ai tout mon temps. Y'a personne qui m'attend chez moi.

Il n'y avait pas de ton particulier à ces mots. Simplement un fait. Son colocataire ne l'attendait pas vraiment, puisqu'il savait qu'un jour ou l'autre il rentrerai à la maison. Il ne voulait pas non plus faire croire à la dame qu'il fallait qu'elle le prenne en pitié. Il n'avait plus de famille, certes. Pas de copine non plus. Rien d'autre qu'un contractant. Son passé s'était construit sur cette rencontre, à présent il vivait le présent sans attendre le futur. Sans doute était-ce pour ça que le jeune chain gardait cette attitude enfantine.

En pénétrant dans une nouvelle rue, ils se rendirent compte que la rue marchande n'était qu'à quelques pas. En l'espace d'une seconde, Naaru s'était retrouvés presque coincés dans une file qui était impossible à remonter. Ou bien il fallait s'exposer à une vague dont le courant t'empêchait de reculer, ou même pire, de t'arrêter. Heureusement, le chain était d'une plutôt grande taille, et son drôle d’accoutrement lui valait souvent des regards et des éloignements. Mais il n'empêchait rien. Il entendit rapidement les hommes et les femmes crier pour vendre leurs derniers prix. C'était tous les jours jour de marché, on dirait. Il fallait dire qu'entre les restaurants et les étalages presque vides de par cette fin de soirée, les odeurs d'aliments et d'épices remontaient dans toutes les narines, provoquant troubles digestifs pour les plus affamés. Nana riva son regard sur différents aliments, certains plus appétissants que d'autres. Il retenait les noms de ceux qui l'intéressaient. Comme ça, il irait le marquer sur la liste de course en rentrant. Parce qu'il était tout simplement incapable de cuisiner sans tuer quelqu'un par ingestion.

Michiyo lui offrit dans un sourire quelques paroles. Elle lui dit qu'elle avait envie de tout manger à présent. Il savait que ce n'était qu'une exagération, et c'est pour cette raison qu'il lui sourit en échange. Relevant la tête, il tâcha de chercher un petit restaurant pas trop cher -ce qui n'était pas dire, étant en plein cœur de la capitale-. C'est vrai que les odeurs ravivaient en lui le désir de manger. Et tant pis pour le repas de Finn, au moins il aurait l'excuse de ne pas avoir mangé pour échapper à la vaisselle. Bref. Il acquiesça gentiment à la phrase de la demoiselle, au moment même où elle se fit bousculer par un grand homme, plus grand que lui -enfin c’était difficile à dire puisque le chain se baladait souvent le dos courbé-. Les deux jeunes gens lancèrent de violents regards au bonhomme, mais pour lors il était déjà loin. Michiyo se renferma un peu plus en râlant qu'elle n'aimait pas la foule. Dans un soupir masquant un léger amusement, Nana garda son sourire. Il avait enfin repéré un petit restaurant un peu à l'écart. Mais pour ça, il fallait passer perpendiculairement au sens du courant d'humains. Ce qui, autrement dit, n'était pas une mince affaire. Comme Michiyo et Nana étaient côte à côte, le chain eut une idée et prévint la demoiselle au préalable.

-Si tu me permets...

Le chain sortit les mains de ses manches et se permit alors de prendre la main de la demoiselle dans la sienne afin de la guider derrière lui, en sorte de bouclier pour l'empêcher de tomber. Il attendit la faille dans le bloc d'humains mouvants et l'instant d'après, il avança d'un pas rapide en tenant un peu plus fermement la main de la dame pour l'obliger à le suivre. Et voilà, en quelques minutes qui semblèrent être des heures, le duo se retrouva près du restaurant, un peu à l'écart de la foule. Il avancèrent encore un petit peu et Nana poursuivait, sans faire attention qu'il gardait encore la main de Michiyo. De son autre main, il pointa le doigt vers le petit bâtiment sympathique et proposa alors :

-Celui-là, il te plaît ? Je crois qu... Aïe !

Naaru n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Il observait tellement le monde ambulant, l'environnement autour de lui qu'il ne fit même plus gaffe à où il posait ses pieds. Et il fallait dire que les rues -comme déjà dit précédemment- étaient loin d'êtres propres, surtout dans un endroit comme celui-ci où se mêlait nourriture et débris en tout genre. Et c'était actuellement un morceau de verre qui avait transpercé la chair pourtant épaisse du chain. Il souleva sa plante de pied et vit qu'il y avait une entaille. Le sang coulait légèrement. Ah ça, Nana se baladait rarement ici, et quand il sortait sans chaussures, c'était souvent pour aller dans des parcs, là où il n'avait aucune raison de tomber sur des morceaux de verre, tout du moins en général. Ce n'était pas la première fois qu'il se blessait, et donc il n'y fit pas plus attention que ça. Il nettoierai la plaie et rentrant et ça se terminerai là. Après tout, c’était un chain, et il n'avait rien à craindre des maladie humaines. Ronchon, il reposa son pied sur le sol, un peu plus loin des débris et lança alors, comme si de rien n'était :

-BREF, je crois qu'ici on peut manger pas trop cher.

Oui, après tout, ce bâtiment était un peu éloigné des autres, dans une rue perpendiculaire à la rue marchande. Mais il y avait tout de même du monde à l'intérieur et de bonnes odeurs s'en échappaient.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   10th Septembre 2012, 09:43

Les vielles femmes avaient tendance à raconter que la vie d’un être humain n’est rien plus qu’un fil. Au début, il n’est pas trop tendu, puis, avec les années qui s’écoulent, il se tend de plus en plus, jusqu’au jour où les ciseaux du Destin vienne briser la boucle qu’il était temps de boucler. Le Destin.. Cet être impitoyable que les humains se damnent à suivre sans réfléchir. Parfois, l’un d’entre eux essai de s’écarter avec tant bien de mal de ce qui avait été choisi pour lui. Sans que personne n’ait demandé son accord. Et généralement, il n’a aucune chance que tout se passe comme prévu. Dame Destinée reprend son droit et punis son animal égaré pour montrer aux autres, qu’il n’est pas bon de croire que nous avons une prise sur ce qu’elle a dessiné pour nous dès notre naissance.
Personne ne peut défier cela. Jamais.
Personne n’a le droit de contre dire ce qu’elle a un jour prévu pour nous. Mais une chose est certain, elle est en colère. Dame Destinée ne sais plus se contrôler. Une poignée, une toute petite poignée d’Humain sont sortis de leur chemin. Celui qu’elle avait eu tant de mal à dessiner. Elle avait pourtant pris ses meilleurs crayons. Par moment, elle avait utilisé son crayon noir. Mais, même si elle aimait les couleurs vives. Elle ne pouvait pas toujours les faire mourir dans un bain de sang. Par moment, une petite dépression ne pouvait pas faire de mal. Et elle voyait dans quel état pouvaient se mettre ses enfants dans la pire des situations.
Mais eux, elle ne les aimait pas. Il l’avait rendu triste en défiant toutes ses lois. Ils avaient du jour au lendemain décidé de ne plus vieillir physiquement. Leurs fils ne se tendaient plus correctement.
Impardonnables.
Ils étaient tous impardonnables. Pourquoi avaient-ils passé un pacte avec ces créatures ? Ils n’étaient plus dignes d’elle. Elle. Qui avait tout donné pour eux. Elle avait tant sacrifié pour ces ingrats. Ils avaient seulement trouvés une échappatoire. Un par un. Doucement. Lentement. Discrètement. Elle allait tous les retrouver et les punir. Sans aucune exception.
Elle était le Destin. Et personne n’échappe à son Destin.

Aujourd’hui, elle avait trouvé sa victime. Cette femme. Cet enfant au regard bleu. Elle ne savait aucunement ce qui pouvait l’attendre dans cette soirée. La Destinée avait décidé de mettre son grain de sable. Elle n’était pas fière de sa petite protégée. Son destin n’était pas de porter l’uniforme de l’Organisation. Ni de se lier avec cet animal volant. Et surtout, il n’était pas prévu qu’elle rencontre cet homme. Non. Mais il était arrivé, défiant les lois lui aussi. Sa petite fille n’avait pas le droit de s’ouvrir à lui. Il n’avait pas le droit d’être là de toute façon. Il défiait, aux yeux de la Destinée en permanence la théorie de l’Univers. Lui. Lui et ses compères. Impardonnables.

La demoiselle réprima un léger frisson, laissant le fin duvet sur ses avants bras se dresser. Elle n’avait pourtant pas froid. Bien au contraire, même si l’astre de lumière avait décidé de laisser sa place à sa concubine la lune. Le vent n’était pas monté et le soleil continuait d’étreindre invisiblement la Terre de ses longs bras. Non. Juste une mauvaise impression. Sans rien de précis. Elle avait l’impression que quelque chose allait arriver dans la soirée. Certainement son imagination. Mais pour elle. Une journée ne pouvait pas se passer aussi bien, sans que quelque chose ne vienne tout gâcher. Alors qu’elle n’était pas d’accord. Elle ne voulait pas que quelque chose vienne gâcher le lien invisible qui se créait doucement malgré elle. Elle l’aimait bien ce jeune homme. Certes, cela la tuerai de l’avouer la première. Mais Michiyo Konoe appréciait le petit garçon qu’était Naaru.
Ainsi, elle lui avait proposé de choisir lui-même ce qu’il voulait manger. Que ce soit sucré ou salé. Néanmoins, elle ne s’attendait pas à avoir une telle réaction. Un grincement de dent. Bon Dieu, elle n’aimait pas entendre les dents grincer comme cela. Ni même entendre les fourchettes taper sur les habitantes de la bouche. Ca avait le don de la mettre de mauvaise humeur et d’arrêter de manger. Sur le coup, elle se crispa un peu. Mais se détendis rapidement lorsqu’elle sentie le souffle chaud du brun tout près de son oreille. Elle frissonna. Un frisson étrangement agréable.
Ce qui ne l’empêcha pas d’écouter ce qu’avait à dire son camarade. Pendant que les mots se laissaient porter par la douce brise, un léger sourire se dessina sur les lèvres de la demoiselle.
Apparemment, le sucre n’était pas le meilleur ami du jeune homme. Elle allait en prendre note. Au cas où il ferait quelque chose de désagréable envers elle. Une douce vengeance. Soit, elle parlerait pendant des heures de sucre, sucre et encore sucre. Ou alors, lui en ferait manger de force. Même si, elle avait peu de chance de gagner. Différence de taille oblige.

La demoiselle aux yeux bleus laissa son sourire s’effacer doucement avant de prendre le même ton de confidence et de se mettre sur la pointe des pieds pour elle aussi, lui chuchoter à l’oreille.

« Je saurais garder ce dur secret qu’est le tien. Dans ces cas là, nous mangerons quelque chose de salé. »

Elle ne lui avait pas dis, pour ne pas le contrarier. Mais, elle était plus partante pour des crêpes au sucre que pour de la viande. De toute façon...Elle n’aimait pas la viande. Si celui-ci choisissait de manger cela. Il aurait le droit à une part gratuite. En attendant. Elle redescendit doucement pour poser ses talons à terre et continuer leur balade. Remarquant que le jeune homme avait l’air attiré par les quelques livres qu’elle pouvait voir. Elle se doutait aussi qu’il n’avait peut-être pas les moyens de se les payer. Vu le prix de certain.. Elle savait ce qu’il devait ressentir. Cette frustration de ne pas pouvoir avoir l’objet désiré entre les mains, à cause de vulgaires pièces. L’inégalité des rangs sociaux ne faisaient que de se creuser. Et seule une petite partie des habitants de la capitale avait l’argent nécessaire pour se payer ce genre de luxe.
Une idée germa doucement dans la tête de la demoiselle. C’était osé de lui demander ça. Ou plutôt de lui proposer. Mais cela pouvait lui permettre d’analyser plus profondément la réaction de Naaru. Elle devait essayer avant tout. Elle ne pouvait rien perdre.

« Tu aimes les livres ? J’en ai un ou deux dans mon sac, je pourrais te les prêter. Si tu viens me revoir pour me les rendre. »

Voilà, c’était dis. Elle voulait simplement le revoir une fois. Elle pencha légèrement la tête pour sourire doucement, laissant s’échapper une nouvelle fois des mèches de cheveux. Son ruban n’en avait plus pour longtemps. C’était rare qu’elle puisse s’entendre avec quelqu’un aussi rapidement. Aussi simplement. Et, elle ne voulait pas le laisser partir, sans avoir la certitude de le revoir au moins une fois. De pouvoir sourire naturellement avec quelqu’un.
Michiyo appréciait cet homme.
Elle aimait aussi beaucoup cette montre ancienne. Les objets anciens l’avaient toujours plus ou moins attiré. Malheureusement, son salaire de membre ne lui permettait pas de tout payer. Elle devait aussi nourrir Michael. Son argent partait rarement dans ces beaux objets, mais plus souvent dans de la nourriture – dont elle n’avait pas le temps d’apprendre à connaître le goût-. Aux yeux de certains, ce ne sont que de vielles breloques. Aux yeux de Michiyo, ils étaient des objets chargés de souvenirs. Imprégnés des sentiments de feu, leurs propriétaires. Ces objets avaient une âme. Une histoire à raconter, si l’on prenait le temps de les écouter.

Michi leva légèrement la tête pour regarder Naaru pendant que celui-ci lui posa une unique question. Ce qu’elle aimait ? Le chocolat. Elle raffolait du chocolat. Mais elle savait que lui annoncer cela comme ça, pourrait terminer d’achever ce pauvre Naaru, qui avait vraiment l’air de ne pas apprécier le sucré. Elle savait très bien pourquoi il lui posait cette question. Elle n’avait pas était d’une grande discrétion en regardant les vitrines. Manquant même, parfois, de lui rentrer dedans. Ne baissa pas son regard, elle y répondit du plus brièvement possible.

« J’aime les objets anciens, et les beaux vêtements. »

Elle aurait pu rajouter qu’elle aimait passer du temps avec lui. La couleur de sa peau. Sa façon d’avoir le sourire contagieux. Trop contagieux et d’avoir réussi à la mettre à l’aise. Elle. Qui n’arrivait pas à tenir une conversation plus de deux minutes trente. Mais elle se retint de le faire. Elle aimait avant tout les beaux objets. Et puis, s’il voulait en découvrir un peu plus sur elle, il poserait un peu plus de question. C’était comme cela que ca fonctionnait avec Michiyo. Il fallait lui montrer de l’attention. Elle était comme un petit chat. Si elle voyait que l’on ne s’occupait pas d’elle. Elle partirait plus loin et ne reviendrait pas. Etre malheureuse ne faisait pas prévu au programme. Ce soir, elle voulait au jeu du chat et de la souris avec lui. Savoir lequel des deux allait en dire plus à l’autre. Sur un simple coup de tête ou non. Juste pour le plaisir de se chercher. De se découvrir mutuellement. De se taquiner.

En parlant de cela, Naaru venait de le faire en réponse à l’une des précédentes questions de Michi. Savoir si quelqu’un l’attendait chez lui. En prétextant ne pas vouloir prendre tout son temps. Ainsi, elle le vit se baisser pour se mettre à sa taille. Son visage prit rapidement une mine vexé. Elle était petite, elle le savait. Mais il n’était pas non plus forcé de se baisser pour lui parler. Elle n’avait pas dix ans et ne ressentait pas le besoin qu’on la rassure.
Ensuite il lui tira la langue. Quel enfant. Finalement il n’avait pas tant grandis que cela. Et même si elle ne connaissait pas son âge. Elle était prête à parier qu’il était plus jeune qu’elle. Puisqu’il n’avait pas l’air de savoir, que pour une certaine croyance, tirer la langue signifiait que l’on voulait celle de l’autre personne. En somme, un baiser.
Dans un sourire tout aussi enfantin, il lui demanda si cela l’intéressait. Michiyo pouvait marcher dans son jeu et répondre de façon à ce que ca reste ambiguë. Ou simplement lui répondre la vérité. Oui.

« Plus ou moins. »

En trois mots. Trois uniques mots. Elle avait laissé l’ambigüité s’installer doucement. A lui de le prendre pour un oui ou pour un non. De choisir ce qu’il voulait entendre. Elle n’allait quand même pas tout lui dire d’un coup. Ce serait trop rapide et mettre fin à leur discussion. Le rire qui suivit de la part du brun fini par la vexer. Elle gonfla discrètement l’une de ses joues. Mauvais caractère. Il fini enfin par lui répondre normalement. Et non, personne ne l’attendait. C’était triste dans un sens. De rentrer et de ne pouvoir parler à personne de sa journée. Qu’elle soit bonne ou mauvaise. Certes, elle se disputait plus avec Michael qu’elle ne lui confiait sa vie. Mais au moins, elle n’était pas seule dans un appartement froid, lorsqu' elle ouvrait la porte de chez elle.
Elle lui répondit tout de même, en se rendant compte qu’elle laissait s’écouler de plus en plus de temps entre les réponses.

« Je peux donc continuer à monopoliser tout ton temps »

Un léger sourire. Une vérité. Maintenant qu’ils étaient partis pour manger tous les deux. Il n’allait pas partir rapidement. Surtout que personne ne pourrait le gronder d’un pseudo retard. Qui pourrait être de nombreuses heures. Vu le bain de foule qu’ils partageaient. Les rues étaient pleines. Tout le monde poussait tout le monde. Certaines personnes prenaient le temps de se saluer. Mais sans plus. On ne voulait pas perdre de temps. On voulait regarder vers le futur. Allait manger en extérieur, pour fêter quelque chose, ou bien se faire pardonner. Les heures de pointes étaient les pires moments de la journée. Michiyo venait d’en faire l’expérience à travers une douleur. Un léger voile de surprise passa lorsqu’elle remarqua le regard noir du jeune homme envers l’inconnu qui n’avait même pas pris la peine de dire pardon. Le plus surprenant fut l’action suivante. Alors qu’elle venait de ne rien comprendre après une simple phrase. Il lui avait pris la main pour couper la foule et se diriger vers un autre endroit sans pour autant la lâcher une seule seconde. Les joues de Michiyo avaient ainsi pris une couleur carmin. Baissant la tête pour que seul le pavé puisse rire de ses rougeurs d’enfants. Ce n’était pas la première fois que l’on lui prenait la main .
Elle exprimait pourtant quelques difficultés à le suivre. Il marchait vite, avait de grandes jambes et elle, portait des talons.
De sa main libre, elle attrapa le vêtement du jeune homme pour être sûr qu’ils ne seraient pas séparés. Le lâchant dès qu’ils furent arrivés devant une bâtisse qui ne payait pas de mine. Mais dégageait de multiples odeurs, toutes aussi alléchantes les unes des autres.

Elle ne pensa pas à retirer sa main de celle de Naaru, quand celui-ci commença une question, sans jamais la finir. La fin étant remplacée par un petit cri de douleur. La bouche close, les yeux clairs de la demoiselle se déplacèrent lentement jusqu’au sol. Des bouts de verres étalés un peu partout. La rue n’était pas très propre dans cet endroit. Et elle avait complètement oublié, qu’au contraire de sa petite personne. Naaru ne portait aucune protection à ses pieds et il était certain, vu les quelques gouttes de sang qui tombaient lentement sur le sol. Qu’il c’était blessé. Mais n’avait pas l’air de plus s’en soucier que cela. La demoiselle resta dans un mutisme alors qu’elle déplaça de nouveau son regard vers l’intérieur du restaurant tout en écoutant les paroles du blessé. Heureusement que cela n’est pas cher, avec une entrée aussi dangereuse.

Enfin. Enfin, elle remarqua que sa main était toujours dans celle du jeune homme. Au lieu de rompre le contact physique, elle accentua celui-ci en la serrant un peu plus fort, avant de le tirer gentiment pour rentrer. Laissant une petite femme, ronde, leur donner une table pour deux, sous la demande de la demoiselle. Si, il avait pris des initiatives un peu plus tôt, elle aussi allait en prendre.

Le faisant s’asseoir sur l’une des deux chaises, elle posa son sac à terre pour chercher quelque chose pendant quelques longues secondes. Puis, ressorti un petit bout de tissu blanc propre d’entre ses nombreux papiers. Un mouchoir propre. Attrapant la carafe d’eau posée au préalable sur leur table, elle l’humidifia entièrement, avant de s’appuyer sur son genou droit pour attraper le pied blessé du jeune homme. Nettoyant la plaie sale où le sang coagulait déjà. Laissant son blanc mouchoir attraper de petites tâches rouge.

« Tu ne sais pas tous les microbes qu’il y avait sur ce bout de verre. La blessure pourrait s’aggraver si tu ne t’en occupes pas vite »

Sur ces mots. Elle défi le ruban qui tenait encore sa coiffure. Laissant ses longs cheveux retomber rapidement en cascade sur ses épaules et dans son dos. Une mèche reprenant tous ses droits sur l’œil droit de la demoiselle. Le cachant de nouveau. Elle fit de ce ruban blanc, un pansement de fortune sur la blessure. L’empêchant de saigner de nouveau ou d’être mise à nue face aux bactéries et aux saloperies trainant sur le sol. Serrant le nœud pour terminer le bandage, elle se releva et planta son regard dans celui du jeune homme.

« Tu pourras bouder si tu veux. Mais ce qui est fait est fait »

Son regard était dur et ne voulait en aucun cas une nouvelle contestation. Elle avait fait en sorte que la blessure ne saigne plus et ne puisse pas s’aggraver le temps qu’ils étaient ensemble. Si, en rentrant chez lui il voulait l’enlever. Jeter son ruban dans la poubelle. Il aurait tous ses loisirs et droits. Mais pour le moment, Michiyo avait décidé qu’il serait soigné et rien d’autre.
Enfin, elle alla s’asseoir face au jeune homme. tout en nettoyant ses mains. Attendant sa réaction avec impatience. La réaction de l’impétueux Naaru.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   12th Septembre 2012, 06:44

Le duo monopolisait la place centrale. Nana avait rendu ses comptes aux enfants du coin, et à présent il marchait près de Michiyo. Ils se dirigeaient lentement vers l'endroit qui saurait les accueillir, qui saurait leur donner un repas convenable à moindres coûts. À vrai dire, Naaru avait peu apprécié, malgré lui et de toute sa contenance, quand la demoiselle avait évoqué le mot « sucre ». Bien évidemment, en exposant à voix haute ce secret bien rapidement découvert, il s'exposait aussi à dévoiler son point faible. Et c'était sans conteste son plus grand point faible, également le plus facile à utiliser contre sa volonté. Nana avait préféré grincer des dents. Oui, parce que même si ça provoquait un trouble métapsychique chez certaines personnes, lui ne trouvait que cette expression pour réellement montrer son dégoût envers ces sucreries. Rien que prononcer ce mot l'avait rendu encore plus sucrophobe... bien que ce mot ne soit pas encore désigné comme tel, classé pour le moment chez les hapax, les mots inventés. Le chain se baissa légèrement, très légèrement lorsqu'il sentit que la demoiselle se mettait sur ses petites pointes pour faire face à sa grandeur et atteindre elle aussi son oreille. C’était plus un réflexe qu'autre chose, et Naaru ne s’était finalement que très peu penché sur le côté.

Le sourire de Naaru réapparut aussitôt à l'entente de cette confidence. Mi-amusé, mi-blasé, il écouta la demoiselle lui lancer presque ironiquement qu'elle garderait ce lourd secret. Lourd secret... C'est ce qui déclencha la machine Nana. Machine qui, mise en route, se mettait à rire. La fin de la phrase lui plut de même, et son écoute insista sur le mot salé. Oui, c'était mieux que tout. On pouvait tellement faire avec le salé. Tant de choses, tant de parfums. Le sucré, c'était autre chose. Une sensation étrange sur le palais, un goût trop direct, pas assez subtile. Pour Nana, c'était trop fort. Pas au point de vue épicé, non. Mais plus sur le côté... écœurant du sucre. Un jour, en se baladant dans l'Abysse, il était tombé sur du sucre. Du vrai sucre, en gros cubes tout blancs. Il était longtemps resté devant, à regarder ce qui l'horrifiait le plus au monde. Il fixa cette boîte bien rangée, cette armée de rectangles blancs, prêt à satisfaire toutes les bouches. Toutes, sauf la sienne. Mais le pire du pire, c'est qu'à force de l'observer, il avait voulu en goûter. Ce qui, au bout du compte, il avait fait de son plein gré. Ce fut le pire jour de sa vie, et il recracha le morceau à peine entamé. En revenant, il avait l'impression d'avoir encore des cristaux dans la bouche. Bref, cet homme était un vrai phénomène.

Ils continuèrent à deux leur longue balade, se laissant entraîner par une foule toujours plus dense, et par les martèlements de pas. Quoique, d'eux deux, c'était Michiyo qui faisait le plus de bruits avec ses talons. Il regardait sans relâche les magasins devant lesquels ils passaient. Réveil n'était vraiment pas la capitale pour rien ! Il y avait tellement de choses à voir, à découvrir, à sentir ! Et ce que Naaru voulait faire, c'était lire. Certains livres étaient plus beaux que d'autres. Dans quelques rares exemplaires, on pouvait même trouver des enluminures. À la manière des livres de sorcellerie. C'était vraiment magique. Et c'était le cas de le dire. Dans ces cas-là, il ne fallait pas simplement lire et comprendre, il fallait aussi admirer le travail, aussi méticuleux qu'un orfèvre travaillant la pierre.

Il fut troublé dans sa contemplation par une parole de Michiyo. Aussitôt, pour ne pas paraître malpoli, il détourna son regard des vitrines et plongea dans celui de la demoiselle. Il écouta avec attention la première partie. Elle lui proposait des livres ? Oh, il était toujours d'accord pour ça. Mais... il y avait un mais. Il se trouva alors que ce « mais » était la plus belle chose que le chain attendait. Le sourire de Michiyo arriva vers la fin, et quelques mèches continuèrent de repasser devant ses cheveux. Nana s'humidifia les lèvres et se mit à sourire en coin en recentrant son regard vers l'horizon. Finalement, il se stoppa, pris le bras de la demoiselle pendant une demi-seconde afin de lui demander de s'arrêter. Son expression prit d'abord un goût d'étonnement, de suspicion puis finalement, son esprit détourné détourna à son habitude la question. Ce fut donc, au lieu de répondre à sa question, une autre question qui fut prononcée.

-Myaw, comment est-ce que tu me vois, moi ?

Non, ce n'était pas les questions idiotes qui sortaient souvent de sa bouche. Oh, bien sûr, il affichait ce regard pétillant, ce sourire toujours présent, cette sensation de bien-être intérieur que même le temps ne pourrait pas désaxer. Mais d'un côté, si on l'observait de plus près -et il prit visiblement le temps de planter son regard dans celui de son interlocutrice-, on pouvait aisément penser qu'il y avait une sérieuse démarche derrière cette attitude, derrière cette façade. Il voulait vraiment savoir. Il savait peut-être qu'elle le considérait comme un gosse, ou même comme un adulte ou que sais-je encore. Non, tout ça ne l'intéressait pas plus que ça. Il ne savait pas qu'il pouvait potentiellement mettre Michiyo dans l'embarras avec cette étrange question, mais il souhaitait voir ce qu'elle pensait de lui, psychiquement. Et son regard se voulait sincère. Comme pour étoffer davantage ses propos, il tendit doucement la main vers la demoiselle, et poursuivit par sa propre réponse :

-J'aime les livres, et je t'aime, toi.

Par cette phrase, il devenait un idiot de première qui ne devrait même pas parler avec une fille. Pour lui, il ne sous-entendait rien derrière ça. Peut-être qu'il pourrait le penser un jour, plus tard, dans un futur lointain ou proche, mais pour l'instant, il se concentrait plus sur ce qu'il racontait. Le bras à moitié tendu, il ouvrit sa paume, signe qu'il acceptait de la revoir, et que par la même occasion il acceptait les livres. Sa non-connaissance des humains l'handicapait beaucoup dans ses relations, et c'est pourquoi il s'en faisait rarement, et ne cherchait pas non plus à s'en faire. Enfin... qu'importe, Nana était malgré tout très gentil. Du moment qu'on restait dans ses critères de tenue face à lui. Et c'était un test qu'avait passé Michiyo haut la main.

Finalement, ils se remirent en route. Un peu plus loin, le chain lui demanda ce qui lui plaisait. C'est vrai, il ne connaissait rien à la vie de la demoiselle, et en vérité, elle était libre de lui répondre comme elle le voulait. Mais après un bref moment de réflexion, Michiyo lui répondit qu'elle aimait les objets anciens et les beaux vêtements. Aussitôt, le regard du chain se tourna vers une boutique qui visiblement vendait ce genre de choses. Les objets anciens. Il n'y avait jamais fait attention. Pour lui, des bibelots étaient des bibelots, mais à la réflexion, on pouvait penser facilement que les objets avaient vécus de tonne de choses. Le bois, au fil des siècles d'existence, était devenu beau, poli. Le chain avait lu quelque part qu'il y avait un bois issu du fond de la tourbe, au fin fond des marécages. C’était des arbres, des pins en général, qui avaient fini fossilisés sous des centaines de mètres de profondeur. Lorsqu'on les sortaient, c'était des troncs entiers qui après 4 ou 5 ans à l'air frais et libre devenaient incassables. Comment ça s'appelait déjà ?... La morta peut-être ? Il ne s'en souvenait plus. Ce devait être ça. La morta rouge. Un beau nom. Il acquiesça à la phrase de la demoiselle, sans rien répondre.

Et puis, vint le moment où Michiyo lui demanda si elle ne lui prenait pas tout son temps. Nana s'était contenté de lui répondre de manière ambivalente, ce à quoi elle lui répondit « plus ou moins ». Cela fit rire le jeune homme, qui poursuivit alors par la véritable réponse. Elle était vraiment amusante. Enfin, la dame conclut par le fait qu'elle pouvait monopoliser son temps sans problème. Et Nana acquiesça en ajoutant tranquillement :

-Absooolument.

Ils poursuivirent leur chemin jusqu'à l'allée marchande, grande allée qui par heures de pointes se retrouvait soudainement plus petite, de par l'affluence de monde. Ça criait, ça piaillait. Au final, les petites oreilles du chain n'en pouvait plus. C'est pourquoi il finit par sortir du courant d'humain et emmena Michiyo dans un petit endroit où ils pourraient manger. Endroit où... finalement il se coupa la plante de pied...

Alors que Nana se lamentait déjà intérieurement sur le repas qu'il allait manger ainsi que sur la nature des plats qu'on lui serviraient, il se souvint alors qu'il tenait la demoiselle dans la main. Enfin... disons plutôt que Michiyo lui rappela sans mal que c'était encore le cas. Le tirant gentiment dans la petite maison aux décorations accueillantes, ils furent stoppés peu de temps après par une petite dame rondelette, dont les fossettes de sourire semblaient encrées dans son expression faciale. Visiblement, le regard de Nana ne s'était pas trompé. Si la cuisine n'était pas fameuse, ils avaient au moins la certitude d'être bien accueillis. Et il fallait dire qu'à cette heure-ci, c'était vraiment ce que recherchais les gens.

La restauratrice invita le duo à s'asseoir à un table, à l'intérieur du petit bâtiment. Nana prit un temps considérable pour admirer la décoration. C'était plus grand que l'idée qu'il s'en faisait. Bâti sur deux étages, ils occupaient le rez-de-chaussée. Il y avait beaucoup de plantes vertes, soigneusement cloisonnés dans leur pot de différentes couleurs. Le bois était probablement l'élément principal. On l'affichait sous toutes les coutures : mur, sol, et mêmes objets décoratifs. Oui, objets décoratifs. Le regard du chain était posé sur une étrange forme taillée dans le bois, elle-même posée sur le bar. On fonction de l'inclinaison visuelle qu'on prenait, on voyait différentes choses. Cela représentait des animaux. Quand il était entré, il avait vu un ours. À présent assis, il était persuadé d'observer un jeune cerf, dont les bois n'étaient pas encore développés. Naaru aimait beaucoup les animaux. Il n'en faisait pas une passion, se trouvait même parfois violent avec certains d'entre eux, mais en général, il s'arrêtait pour les observer. Pour entrer dans un plus large spectre, Nana adorait aussi passer son temps libre à fixer les insectes. Rampants, à pattes, à ailes, tout l'intéressait. C'était Naaru Irwin, quoi. Il y avait une réputation à entretenir, après tout.

Lorsque son regard se délogea enfin de l'objet à priori intéressant, ce fut parce qu'il sentit quelque chose d'humide, de froid sur son pied. Il ne l'avait pas vu chercher son mouchoir. En fait, il croyait même qu'elle s'était assise face à lui. Mais ce n'était apparemment pas le cas. Il scruta de différentes façons la manière dont Michiyo était à moitié accroupie par terre. Puis, son regard se tourna vers la carafe d'eau, sur la table tout près d'elle. Ah, c'était donc ça. Quand enfin, au bout de quelques secondes, il réalisa vraiment que la demoiselle était en train de désinfecter rapidement la plaie, ou tout du moins de la nettoyer, il se tut. Encore plus qu'il ne s'était tu avant ça. Il regarda la demoiselle penchée sur son pied, tendu vers elle. Son expression frôlait la gêne de peu, et tout ce qui en sortit fut un trouble profond. Incapable de sortir un mot correctement articulé dont la syntaxe s’approcherait du réel, il écouta Michiyo lui annoncer qu'il y avait probablement des microbes sur les bouts de verres, et qu'il fallait mieux s'en occuper de suite si l'on ne voulait pas avoir des problèmes.

Cette phrase eut pour effet de relativiser ce que Naaru pensait jusqu'à présent. Lui ne pouvait pas vraiment tomber malade comme un humain. Oui, il en fallait bien plus pour tuer un chain. Ou même le faire souffrir. Sauf quand Nana cuisinait bien sûr. La substance qu'il créait était si toxique qu'elle provoquait même des troubles digestifs chez les chains. C'était pour dire. Quoiqu'il en soit, actuellement, Naaru scrutai Michiyo. Il ne savait pas vraiment quoi dire. Il l'observait simplement.

Peu de temps après, elle défit le ruban qui lui permettait de faire une queue de cheval. Sans comprendre, le chain continua à la fixer. Cette attitude d'incompréhension se lisait parfaitement sur son visage. Et il ne pouvait le masquer. Quand il la vit faire son nœud autour du pied de Naaru, il manqua de retirer son pied en toute hâte. Non pas qu'il n'aimait pas les bandages. Il en avait souvent aux pieds pour tenir son bas. Mais là, il se sentait mal de lui laisser faire ça. Après tout, c'était son ruban. Il n'était pas à lui. Comme il avait lui-même les cheveux attachés, il attendit que la demoiselle se lave les mains.

En s'asseyant, elle lui lança d'un regard dur qu'il pouvait bouder s'il le souhaitait. Mais que dans tous les cas, il était soigné et visiblement, ça avait l'air de lui faire plaisir. À l'inverse de Nana. On ne s'occupait pas vraiment de lui en temps normal. Finette était son contractant, il savait qu'il avait la peau dure et des capacités extraordinaires. Mais là, il était considéré comme un vrai humain, avec toutes ses faiblesses. Ça lui... faisait tout bizarre. Il se sentait à moitié minuscule et paradoxalement terriblement important. En somme, il était heureux. Simplement heureux qu'on fasse attention à sa petite personne sans s'arrêter à la première vue. Vraiment, il ne savait pas quoi dire. Même, si, visiblement, Michiyo s'attendait à une réponse, aussi futile soit-elle. Il aurait bien boudé, mais à l'évidence il ne le ferait pas. Il ne put cependant s'empêcher d'afficher une mine renfrognée. Parce qu'il n'avait pas la volonté pour bouder devant un tel acte. Et parce que Michiyo lui avait fait la remarque avant qu'il n'y pense.

Le chain continuait d'être troublé depuis plusieurs minutes. Sans rien répondre, il jaugea la dame du regard, lui lançant ce visage interloqué, ce visage doux à la fois. Il voulait vraiment lui dire à quel point il l'appréciait. À quel point il pourrait l'adorer si le destin le voulait bien. Et d'ailleurs, même s'il ne le voulait pas. Mais sa fierté d'idiot le poussait à garder ce secret. Alors, il préféra passer par d'autres chemins. Plus long certes, mais qui constituent une même fin.

-Tu es vraiment très gentille...

Il avait été simple. Sans cligner des yeux, il l'avait fixé en prononçant ces paroles. Il voulait se jurer de ne jamais les répéter, mais si la dame le lui demandait, il l'aurait pourtant fait. Une douceur extrême s'était faite sentir dans ces mots. Et puis, toujours ce sourire présent sur ses lèvres, qu'il n'avait visiblement pas quitté depuis sa rencontre. Il ajouta cependant, en se renfrognant un peu sur sa chaise, les bras croisés, parce qu'il n'avait pas dit son dernier mot :

-... mais c’était quand même inutile.

Michiyo avait de nouveau cette mèche qui barrait son visage en deux. Non, Naaru n'aimait pas vraiment ça. Il voulait voir son visage en entier. Lentement, il passa une main dans ses cheveux pour défaire sa coupe. Car, croyez-le ou non, il fallait bien les attacher avec quelque chose. Ce n'était pas du même acabit que le beau ruban de Michiyo. Non. C'était quelque chose de plutôt simple à première vue. Un espèce de fil assez grossier tout blanc, avec au bout de chaque extrémité une petite boule ressemblant à une perle orangée. Mais quand on observait de plus près, on pouvait voir que les perles étaient décorées de motifs divers. C'était très joli. Nana l'avait dans les cheveux quand il était tombé dans l'Abysse pour devenir un chain -même s'il ne s'en souvenait plus-. Il en avait deux aujourd'hui, l'autre avec des perles bleues. Il y tenait beaucoup, mais il tenait encore plus au geste que la demoiselle avait fait pour lui. Cela pouvait paraître bénin à première vue, mais au final, ça comptait beaucoup pour lui.

Il détacha ses cheveux et prit de nouveau la main de Michiyo, en lui déposant cette fois-ci l'ersatz qui lui servirait de chouchou. D'un air un peu amusé, pour cacher sa gêne néanmoins visible, il lui dit :

-Tiens. J'y tiens beaucoup, alors tâche de me le rendre la prochaine fois qu'on se verra.

Il avait bien insisté sur la fin de la phrase. Voilà, à présent lui aussi était pressé qu'ils se revoient, ou que cette journée ne termine pas. Ils avaient échangés chaque chose qui leur tenait à cœur, tout du moins pour Nana. Le chain s'assit enfin correctement... enfin, il s'assit en tailleur, comme il avait l'habitude de faire chez Finn. Ça aussi, ça faisait parti de sa marque de fabrique. Naaru s'exprimait à l'oral, mais aussi beaucoup en mouvements. Et pour avoir autant cherché le contact avec Michiyo, il pouvait assurer qu'il tenait beaucoup à elle, malgré le peu de temps passés ensemble. D'ailleurs, il repensa à leur précédente discussion et sourit d'un air amusé en se penchant vers la demoiselle, cheveux face à elle.

-Au fait, si j'ai des mèches rebelles, n'hésite pas à m'en faire part.

Et le voilà à nouveau qui se mit à rire à moitié penché. Vraiment, il s'amusait un peu trop.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   13th Septembre 2012, 10:40

C’était la première fois depuis bien longtemps qu’elle avait ce genre de pensées. La pensée de vouloir à tout pris rester avec une personne. La première fois depuis bien des années qu’elle laissait son sourire ressortir aussi facilement, presque naturellement. Elle ne voulait pas le cacher ainsi. Il le faisait rire, la faisait sourire. La rendait elle-même. Il en était quasiment attachant. Mais ca, personne ne pourra jamais l’entendre. Aucune âme sur Terre n’aurait le loisir d’écouter ces paroles. La seule chance de pouvoir apercevoir ne serait ce qu’une petite partie de ce qu’elle pense au fond. Serait de lire dans ses yeux. D’être présent au moment où son regard se tourne vers lui et pétille légèrement lorsqu’il la fait rire. Regarder ses joues prendre un teinte rouge lorsqu’il fait quelque que chose de « déplacé » pour quelqu’un de son âge et surtout, pour quelqu’un qui connait un membre de Pandora depuis seulement quelque heure.
L’unique solution pour comprendre et entendre ce qu’elle ne voulait pas dire était de faire attention à chacun de ses mouvements. Faire attention à la Michiyo physique et non la Michiyo mentale. Cette façon de répondre à chacune de ses paroles sans jamais s’énerver. D’avoir été patiente. Habituellement, elle ne prenait même pas la peine de parler à quelqu’un qui son attitude, son physique, son regard ne lui disait rien de bien.
Etonnement, dès le début, elle l’avait supporté. Premièrement, parce qu’il avait eu un culot fou de défier ainsi les règles si structurées de Pandora. Puis, malgré son attitude détachée du Monde, il n’en était pas moins intelligent et savait tenir une conversation. Il avait surtout ce sourire si contagieux et après tout, c’était une personne très gentille.

Ce fut de cette manière, que la demoiselle qui n’avait en tête qu’au début, le but de le jeter dehors. Avait fini dehors. Avec lui. Avec qui elle marchait depuis plusieurs minutes déjà. Regardant de temps à autres les vitrines. Se disant qu’il lui fallait tel ou tel objet. Elle était dépensière. Assez matérialiste. L’argent ne représentait pas grand-chose. Elle était loin d’être riche. Loin de pouvoir se payer les plus belles parures. Les plus beaux objets. Mais, elle savait toujours se débrouiller pour se payer ce qu’elle voulait. Ce n’était pas une seule pièce de monnaie en moins, où un acheteur potentiel de dernier moment qui allait pouvoir l’empêcher. Non, ce qu’elle voulait, elle l’avait. Toujours et sans conteste. Parfois, elle utilisait la force, mais uniquement quand elle voulait se débarrasser d’un Chain et de son mauvais contractant. Parfois, elle utilisait son charme. Mais c’était le cas que très rarement. Utilisais son corps ou son sourire pour obtenir une réduction n’était pas ce qu’elle aimait le plus. Certes, manipuler n’étant pas la pire solution ou monde. Mais non en utilisant son physique. Immoral.
Là, ce qu’elle voulait avant tout, c’était le faire rire, voire simplement sourire, en faisant tout ce qu’elle pouvait. Non, elle ne faisait rien de spécial. Elle restait simplement elle-même. Même si elle venait à s’énerver, à montrer le mauvais caractère qu’elle avait la plupart du temps. Il devrait l’accepter avant tout. Michiyo Konoe ne comptait pas mentir sur elle-même. Loin de là.
Finalement, il se mit à rire. Un rire franc comme tous les autres avant lui. Elle ne souriait pas, mais été heureuse de la complicité qui naissait peu à peu.

Sur le moment, la demoiselle aux yeux bleus ne fut pas vexée de l’attitude de son compagnon. Non, se contentait de le regarder. Lui faisant comprendre qu’elle voulait une réponse. Car, après tout, elle lui avait proposé de lui prêter quelque chose. Elle n’était pas égoïste, aux antipodes, elle n’était pas prête à tout pour les autres. Pourtant, elle donnait de l’argent aux mendiants ou leur donnait parfois de la nourriture. Parce qu’elle se disait que ces personnes ne méritaient pas plus que les autres d’être dans la rue, à devoir attirer la pitié pour pouvoir manger et vivre. Non. Survivre. Bref, elle n’avait pas bon cœur, mais s’en servait lorsqu’il le fallait. Mais de là, à prêter ses propres affaires. SES affaires. C’était inimaginable. Elle tenait souvent à tout ce qu’elle possédait, parce que le plus petit des objets été chargé de souvenirs. Du plus bénin, au plus important. Elle faisait un geste. Certes, ce n’étaient que des livres. Mais ils avaient vu de nombreuses nuits blanches de la part de la demoiselle. A les éplucher un à un. Ligne par ligne. Pour ne rater aucune information.
Sans s’en rendre compte, elle avait fait un pas et demi de plus que le jeune homme. Elle ne l’avait pas vu s’arrêter soudainement. Elle ne c’était pas attendu non plus à ce qu’il lui attrape le bras. Ce qui la fit se stopper aussitôt. Le contact ne dura que peu de temps. Mais fut suffisant pour lui faire comprendre qu’elle ne devait plus marcher.
Alors que les yeux de la demoiselle fixaient le visage du brun, elle le vit passer par une multitude de sentiments différents à une vitesse folle. Que lui prenait-il ? La réponse ne viendrait jamais. Il avait répondu par une autre question.

Celle-ci eu le don de dessiner lentement la surprise sur le visage et surtout dans les yeux de la jeune femme. Pourquoi lui demandait-il cela d’un coup ? Sur le moment, elle se demanda si elle n’avait pas fait quelque chose de déplacé, ou, montrait des sentiments à travers ses attitudes qui n’étaient pas forcement siens. Certainement cela.. Elle avait dû lui faire comprendre de mauvaises choses. Oui.
Non.
Elle se mentait à elle-même. Et si, ce qu’elle allait répondre était au fond ce que lui voulait attendre ? Après tout, elle lui avait fait comprendre, ce qu’elle voulait bien plus faire comprendre. Elle l’aimait bien. C’était indéniable. Se mentir n’était pas possible. Mentir tout court n’était pas possible. Cette question la surprenait. Elle était loin de s’attendre à ça. Mais s’il voulait une réponse. Il l’aurait et puis voilà. Elle le voyait comme un enfant, comme un adulte, comme le peintre au sourire. Comme un homme. Un adolescent. Naaru. Comme le seul qui avait pris le temps de lui chercher un surnom. Surnom qui la fit rougir doucement lorsqu’il le prononça.

« Tu es quelqu’un que j’apprécie beaucoup. »

Michi détourna le regard pour qu’il ne puisse voir la gêne qui prenait ses droits sur son visage. Elle avait prononcé ses paroles tout bas. Pour que personne ne puisse les entendre. Elles n’étaient uniquement que pour lui. Il était le seul à avoir le droit de les entendre. Un secret. Il devait aussi les entendre du premier coup, parce qu’elle ne les dirait pas une seconde fois. Avouer qu’elle aimait bien quelqu’un n’était déjà pas une mince à faire. De surcroit s’il est un homme de vôtre âge que vous connaissez à peine, la charge est beaucoup plus lourde. Alors qu’elle voulait reprendre la route, pour ne pas qu’il pose d’autre question qui pourrait la mettre dans une telle situation. Elle n’eut aucunement le temps de mettre son plan en route. La seule chose qu’elle put faire, fut de la regarder tendre la main vers elle. D’ouvrir doucement la bouche. Non. Ne parle pas. La jeune femme redoutait ce qu’il allait bien pouvoir dire.
Double surprise.

Michiyo manqua de s’étouffer. L’air déserta ses poumons rapidement. Elle ne toussa pas, mais du ouvrir légèrement la bouche pour reprendre une respiration normal. Ce n’était pas le début de phrase qui lui avait donné une telle réaction. Non. Qu’il aime les livres, elle le savait déjà. Sa façon de regarder les vitrines des librairies en disait beaucoup. Il n’avait nullement besoin d’utiliser les mots.
Quant à la dernière partie, elle ressentit de grosses difficultés à être assimilée. « Je t’aime toi ».. Elle ferma les yeux quelques secondes. Une échappatoire. Elle ne pouvait pas supporter le regard de Naaru. Trop lourd. Subitement trop lourd.
Les mots prirent eux même une décision. Franchisant doucement la barrière des lèvres pour s’envoler dans la brise. Oubliant qu’ils ont été un jour prononcés.

« Ce sont des mots qu’il ne faut pas dire à la légère Naaru. »

Michi n’avait pas mis dans ses mots autant de conviction qu'elle le souhaitait. Autant de force. Sa voix avait même tremblé. Mais, on ne disait pas « je t’aime », après quelques heures de conversation. Ces mots se méritaient. Il fallait du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir les prononcer en y croyant dur comme fer. Ces syllabes étaient lourdes à porter pour n’importe quelle personne. Il fallait peser le pour et le contre longuement avant de les utiliser. Cela ne changeait pas pour autant qu’une bonne dose de spontanéité fût requise. Le cœur et les pensées devaient être en parfaite accord. Pour la jeune femme, les mots de Naaru ne pouvaient être prononcés dans une telle situation. C’en était presque blessant. Plus tard, plus tard, il pourrait les dire à une personne si il le voulait bien. Pour le moment, le temps n’était pas venu.

Une huitre. La demoiselle se referma sur elle-même après ses paroles. Laissant son mutisme devenir la seule chose qu’elle pouvait exprimer. Son vœu n’était pas de tergiverser plus longtemps sur ce point. Peut-être allait-il mal le prendre. Mais c’était son choix. Elle ne voulait pas de nouveau malaise entre eux. Ils marchèrent alors jusqu’au moment où Naaru prit sa main pour l’emmener devant un restaurant où la nourriture avait l’air de moins bonne qualité que dans les autres de la Capitale. Avant de se couper le pied. En même temps… Sans chaussures, c’était un risque à prendre. Elle se rappela qu’il avait tendu la main vers elle quelque temps plus tôt, signe qu’il acceptait sa proposition pour les livres. Alors ils allaient se revoir. C’était plutôt plaisant à savoir après tout. Pourtant, elle ne lui donna rien. Il allait devoir attendre la fin du repas pour pouvoir les toucher. Et puis, c’était plus pratique que de les voir par terre ou sur la table, parce qu’il ne savait où les mettre. Ils l’attendaient bien au chaud. Dans le sac de la demoiselle.
Un sourire heureux se dessina sur son visage lorsqu’il répondit positivement au fait de rester avec lui toute la soirée et d’accaparer tout son temps. Cet « absolument » mit fin à ses doutes. Elle n’allait pas le laisser partir de si tôt. Profiter de chaque seconde sans s’en vouloir. Sans se dire qu’elle empiétait sur le territoire d’une autre personne et qu’elle n’avait pas à être aussi égoïste.

Ce même sac qu’elle ouvrit pour soigner sa blessure. Sur le moment, elle ne pensait qu’à cela. Le soigner. Sa position à genou devant lui, l’importait peu. Le regard des individus le prenant pour une femme étrange. Elle s’en fichait. Se servir de son ruban pour lui faire un pansement. Naturel. Elle ne prit même pas la peine de regarder la décoration du restaurant, ni même d’être polie envers cette femme rondouillette qui les avait accueilli avec tant de gentillesse. Lorsque Michiyo avait quelque chose en tête, il était difficile d’attirer son attention sur autre chose. Elle ne vit même pas la petite sculpture faite main qui était sur le comptoir. Habituellement, elle aurait observé l’objet pendant des heures. Mais là, ce n’était même pas la peine de lui en parler. Un simple « hum » sortirait de sa bouche. Avant que son attention retombe de nouveau sur le pied blessé du jeune Naaru. Elle ne fit même pas attention au fait que son geste irréfléchi pouvait mettre le jeune homme dans une situation de gêne. Après tout, il n’avait peut-être pas envie qu’une femme se mette à genou devant lui pour lui nettoyer les pieds. Vraiment. Qui voudrait d’une telle chose ?

La jeune femme senti tout de même son regard sur sa personne, elle leva alors doucement la tête pour lui faire comprendre gentiment qu’elle voulait juste l’aider. Avant de continuer. Elle avait commencé et n’allait pas s’arrêter en plein milieu comme ci de rien n’était. Puis, elle avait sacrifié son ruban. Rien d’extraordinaire. Juste un « cadeau » de Michael, qui était un jour revenu avec. Elle ne savait pas ni où et encore moins comment il avait pu dégoter une telle chose, mais elle l’avait gardé. Et là, elle lui « offrait », trouvant une excuse pour son Chain. « Il s’est envolé par la fenêtre pendant que je me changeais ». Bête, très mauvais mensonge, mais elle le connaissait assez pour savoir qu’il ne poserait aucune autre question. Il ferait certainement une petite investigation, mais sans plus. Après tout, il y avait peu de chance qu’il tombe sur Naaru, avec son ruban au pied, ou même dans les cheveux.

Puis, elle se dirigea vers sa place, face au jeune homme en se nettoyant les mains. Elle lui avait dit de ne pas bouder tout naturellement. Une impression sur le fait qu’il allait le faire si elle n’avait pas prononcé ses mots avant lui. Elle remarqua tout de même une petite mine refrognée qui la fit sourire légèrement. Il était mignon comme ça. En ajoutant à cela un petit trouble. La demoiselle voulu claquer des doigts devant son visage pour le faire revenir à la réalité. Mais préféra le regarder un petit moment, histoire qu’il se rende compte lui-même de sa situation. Dans le pire des cas, elle commanderait une part de tarte au sucre, pour le réveiller un peu plus en force. Machiavélique.
Une seule phrase sortie de la bouche de Naaru, laissé légèrement en suspend. Gentille. Gentille. Il avait bien dit, qu’elle, elle était gentille ? Elle profita de la nouvelle apparition de sa mèche pour se cacher un peu. Cacher ses nouvelles rougeurs. Elle rougissait beaucoup trop avec lui. Oui, trop. Mais il était doux avec elle. Rien à voir avec les autres individus, plus distant. Elle la cherchait souvent cette distance. C’était vrai. Mais lui, n’en avait pas pris compte. Lui était gentil. Pas elle. Alors qu’elle allait se mettre à parler, il la devança en croisant les bras.
Inutile.
Elle le retenait. Il venait de lui dire que son geste était inutile. Le visage de Michiyo se ferma un peu. Quel gros gamin il faisait. Encore un peu, et elle lui mettrait vraiment cette part de tarte au sucre sous le nez. Vengeance ! Se décidant à parler, elle prit un ton un peu plus dur.

« Si, au moins, il n’y a pas de sang sur le parterre. Donc ce n’est pas inutile. »

Elle voulut ajouter, « et puis si tu n’es pas content, c’est la même chose », mais se retint. Il ne fallait pas mettre d’animosité entre eux. Il y avait ce lien invisible qui les rendait toujours un peu plus proche l’un de l’autre. Ce serait bête de le briser d’un coup de ciseau. Autant en profiter. Le chérir, le faire grandir, évoluer avec de la patience et du naturel si possible. Michi le regarda défaire sa propre coupe de cheveux. Son visage changeait légèrement lorsqu’ils étaient libres. Il faisait plus vieux. Plus mature. Et tout cela se renforçait peu à peu avec sa peau. Cette couleur que Michi adorait. Mais, elle garderait ce secret pour elle-même. Ainsi soit-il. Elle regarda le long fil qu’il venait de défaire et fut prise d’une certaine attention pour les perles qui se balançaient aux extrémités de celui-ci. Elles étaient jolies, simples, mais jolies. Et orange aussi. Elle sortie de sa torpeur, lorsqu’elle sentie la main chaude de Naaru toucher la sienne, avant d’y déposer l’objet qui tenait ses cheveux peu de temps avant. Elle serra ses doigts. Ne pouvant pas accepter. C’était à lui. Alors qu’elle allait lui rendre en lui expliquant qu’elle ne pouvait pas dire oui à un tel présent. Il parla de nouveau avant elle. Mauvaise habitude.

La jeune femme entendit alors ce qu’elle voulait entendre. Cachant une nouvelle fois son visage grâce à sa mèche. Elle avait la confirmation. Un sourire. Des mots qu’elle attendait depuis un petit moment déjà. Non, pas ceux disant qu’il y tenait beaucoup. Ca, sur le moment, elle s’en fichait. Ceux qui expliquaient qu’il lui promettait en quelque sorte de la revoir. De venir la revoir. De faire en sorte que leurs deux âmes puissent encore une fois se rencontrer. Une sorte de bonheur qu’elle ne pouvait définir. Tout comme cette envie de le revoir. Elle ne pouvait pas l’expliquer, mais le voulait ardemment. Sans savoir beaucoup. Sa voix se fit alors entendre. Douce, et gentille.

« Je te promet d’en prendre soin, jusqu'à ce moment précis, où tu reviendras. Tu auras tes livres à la fin du repas. »

Elle allait vraiment en prendre soin, le regarder et y faire attention pour qu’il ne soit pas abîmé. Pour que son Chain ne fasse pas une seule bêtise avec dans le but d’énerver Michiyo, pour savoir où elle l’avait trouvé. Elle lui couperait les doigts s’il faisait ça. Elle savait que sa mèche avait tendance à ne pas plaire au jeune homme. Elle allait donc mettre à profit, son « cadeau ». Prenant tous ses longs cheveux dans une seule main, elle en fit une tresse. Une très longue tresse qu’elle attacha à l’extrémité grâce à l’attache de Naaru pour retomber sur son épaule droite. Laissant les perles s’entrechoquer doucement et se balancer dans le vide. Pour lui faire plaisir. Elle repoussa sa mèche derrière son oreille. Montrant de nouveau son deuxième œil. Au moins, cela servait à quelque chose.

Un rire sortit de sa bouche. Un rire qu’elle essaya de faire discret pour ne pas indisposer les autres clients. Pourquoi ? Il venait de prendre la même position que plus tôt dans la journée. Lui montrant silencieusement qu’elle pouvait lui remettre les cheveux en place si elle le souhaitait. Quel enfant. Il se sentait obligé de lui expliquer en plus avec un rire.

« Dis moi Naaru tu ne te moques pas un peu de moi là ? »

Elle frotta doucement la tête du jeune homme. Signe bête. Trop bête. Mais elle s’en fichait. Mais elle ne pouvait s’empêcher de penser, qu’elle devait lui demander la marque de son Shampooing . Il avait les cheveux étrangement doux.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   16th Septembre 2012, 02:57

L'amitié, l'amour, la haine, l'envie, tous ces sentiments qu'un humain normal ressentait pour une personne. Un interlocuteur. Parfois ce n'était que de l'indifférence. Une indifférence qui se montrait par un échange de regard rapide, ou tout simplement rien. C'était comme si cette personne n'avait pas, jamais existé. L'esprit humain supprimait, annihilait ce qu'il jugeait indifférent. Nana faisait attention à tout. Cet air toujours décalé masquait bien une attention toute particulière à tout ce qui bouge. Il ne pouvait pas décrire toutes les têtes qu'il voyait, mais au moins il affirmait qu'il avait ce vieil homme se faire bousculer, cette femme crier au vol, ce cheval hennir, et tant d'autres choses encore, aussi futiles, aussi habituelles soit-elles.

Il avait vu ce morceau de bois au sol. Ce morceau qui devait probablement appartenir à la roue d'une calèche. Calèche qui actuellement devait se retrouver en mauvais état. Oui, ses yeux n'étaient accaparés par rien. Et par tout paradoxalement. Ils ne les posaient pas sur tout ce qu'il bougeait, mais aimait tout ce qui était insolite, rare, témoignant d'un fait passé. Ça faisait travailler son imagination, tout comme ce morceau de bois. L'observation était une très bonne façon d'en apprendre beaucoup sur les humains. Et le chain l'avait visiblement très bien compris. À présent c'était presque un jeu. Jeu qui avait tendance à faire partie intégrante de son caractère, dérivant jusqu'à faire attention à tout ce qui est capable de se mouvoir. Même les scarabées de la forêt. Il fallait dire que les scarabées étaient vraiment des bestioles étranges, avec leurs élytres qui cachent des ailes tellement membraneuses qu'elles en étaient véritablement transparentes. Et puis, il se demandait comment elles faisaient pour voler avec leur poids. Alors, finalement, le chain s’était renseigné et avait fini en rat de bibliothèque pour toute une soirée, couché sur le sol, entouré de livre dans une allée où peu de monde passait, jusqu'à ce qu'on se décide à l'y déloger.

Actuellement, le chain portait son regard sur ces livres, ces savoirs renfermés entre deux pages, elles-même concentrées en un gros volume. Il y avait de tout. L'on pouvait comprendre tellement de choses. Mais visiblement pas assez. Non, il y avait quelque chose qui lui manquait, quelque chose qu'il ne pouvait pas connaître dans les livres. Il n'avait pas le contact humain, ce contact si naturel qu'aucun humain n'y faisait attention. Pourtant, c'était quelque chose qui différenciait l'humain de l'animal ou tout du moins d'une autre espèce qui n'avait pas connu la même façon de vivre. Nana agissait beaucoup par réflexe. Et ces réflexes étaient formés sur sa nature de chain, et non d'être humain à part entière. Il ne pouvait pas savoir si ce qu'il faisait était bien, parce qu'il n'avait tout simplement pas les mêmes critères. Il était maladroit en quelque sorte. Et cette maladresse l'assimilait à un enfant, sans qu’il ne s'en rende vraiment compte. C'est avec cette même maladresse, ce sourire qui le rendait si charmant et aussi si enfantin que l'homme demanda alors à Michiyo comment elle le trouvait. Non physiquement. Oh, il se fichait pas mal de son apparence. Il aimait ses kimonos, c'était un fait. C’était quelque chose de difficile à repasser, à laver aussi, mais il ne s'en occupait pas. Il attachait ses cheveux quand il voulait, les détachait dans le même cas de figure. C'était des envies et rien d'autre. Rien ne le soumettait à la société. Il ne rentrait dans aucun critère. En un mot, il était quelqu'un d'étrange, de bizarre. Et pourtant la demoiselle lui avait tenu la conversation. Il ne savait pas ce qu'elle pensait. Et cette volonté de connaissance le transporta vers cette question. Que pensait-elle de lui ? Qui était-il ? Que se reflétait dans ses yeux ? Il ne put le dire, et attendit la réponse sans chercher à la provoquer, à la deviner. Il voulait des mots, et simplement de mots, lui qui était pourtant très expressif.

Elle avait murmuré quelques mots. Quelques simples mots qu'elle ne voulait transmettre qu'à une seule personne, lui. Elle l'appréciait beaucoup. Pourquoi détournait-elle le regard alors ? Pourquoi se cachait-elle ? Était-ce si difficile à dire ? Le chain se sentit touché par cette révélation et marqua lui aussi un temps d'arrêt. Un faible temps d'arrêt qui lui permit de refaire le plein d'idées. Qui lui permit de reprendre le fil de ses pensées. Durant ce court laps de temps, et avant qu'il n'en vienne à ne parler d'autre chose, un mince petit « Merci » passa la barrière de ses lèvres pour s'échouer près des oreilles de son interlocutrice. Ce n'était pas un remerciement ordinaire. Pas un simple mot qu'on prononçait un peu par réflexe, par habitude face à un cadeau, ou même par obligation. Non, celui-là, il l'avait donné de bon cœur, sans fixer Michiyo. Il se sentait bien, et remerciait à travers cette confession la place que prenait Nana dans les relations de l'humaine. Encore un fois, la culpabilité rongea le chain, qui se devait de dévoiler sa nature. Plus le temps passait, et plus ses remords s'accumulaient. Chaque sourire, il pensait qu'il se transformerai en dégoût lorsqu'elle saurait. Comme tout ceux avant elle. Il avait besoin de rentrer dans le moule de l'humain pour se faire accepter. Il ne devait rien laisser au hasard. Il sentait qu'il la trahissait, elle qui était si sincère envers lui. Envers sa petite personne.

Et puis, il dit la phrase qu'il ne fallait pas. La phrase de trop qui le différenciait d'un humain normal. D'un humain qui se contrôle, qui connaît les barrières à ne pas franchir. Celles de l'intime. Il n'avait pas dit ça dans le but de blesser la dame, ni même de s'en moquer. Non, il était très sérieux, trop même pour un aveu comme celui-ci. Dans le terme aimer il plaçait un grand nombre de choses. Lui, il aimait beaucoup de choses, et la distinction ne se faisait pas trop entre objet et être vivant. Ou en tout cas, il ne voyait pas cette distinction. Il n'y avait pas « apprécier » ou « adorer ». Non, c'était aimer. Comme on aime un livre, comme on aime passer du temps avec quelqu'un, sur quelque chose. D'un côté, c'était un peu horrible d'être associé à un objet, mais Nana ne connaissait rien d'autre que ça. À travers sa phrase, il avait voulu faire passer ce sentiment. Sentiments qui s'étaient heurtés contre un mur. Un solide mur. Il ne comprit pas ce qu'il arrivait à Michiyo. Si elle avait été en train, elle se serait probablement mise à cracher. Heureusement, ils n'étaient pas dans ce cas de figure. La voix presque tremblante de la dame effleura les oreilles du chain. Des mots à ne pas dire la légère ? Nana nageait à présent en pleine confusion. Ce qu'il avait voulu dire, dans un terme plus humain était qu'il aimait passer du temps avec elle, qu'il voulait apprendre à la connaître, continuer à rire, à s'amuser. Les termes apprécier et aimer se confondaient dans son esprit. Comment pouvait-il comprendre si personne ne prenait le temps de lui expliquer ? Son regard se fit légèrement vitreux tandis qu'il se concentra sur le ciel pour finalement retourner son sourire vers Michiyo et lui dire affectueusement.

-Moi je trouve au contraire qu'on ne le dit pas assez souvent.

Et ce n'était pas faux. Même si Nana l'interprétait autrement. Aimer. Aimer pour adorer, pour apprécier, le vocabulaire ne manquait pas pour décrire les sentiments. Il y en avait tellement. Mais Nana ne connaissait que celui-là. Aimer pour partager. Pour passer, passer le temps, l'oublier en quelque sorte. Le chain ne comprenait pas, ne cherchait pas non plus à comprendre ce que le demoiselle avait bien voulu lui dire à travers ses paroles. Tout ce qu'il pouvait affirmer à présent, c'était cette brusque sensation de gêne, ce mince filet d'électricité les éloignant un peu, comme un aimant repousse son congénère et en attire d'autres. La demoiselle semblait renfermée sur elle-même, comme ces crustacés étranges. Le jeune homme qui n'avait pas pour habitude de culpabiliser ne ut cette fois s'empêcher de ressentir un léger malaise. Il ne savait pas. Il ignorait vraiment ce qui avait rendu Michiyo aussi muette, tout à coup. C'est pourquoi, après sa phrase, le chain se tut lui aussi.

Ce silence fut rapidement comblé par les paroles de Nana et les deux personnes désertèrent le flux d'humains pour venir se placer sur les extrémités de la rue passante, dans une petite auberge qui ne payait pas de mine. Là où Naaru s'était coupé sans vraiment y prendre garde. Il s'en fichait, quoi. Mais ce ne fut visiblement pas le cas de Michiyo qui s'évertua alors à désinfecter la plaie comme elle le pouvait, avec de l'eau et un mouchoir. Le chain ne se sentait pas bien. Pas parce qu'il était blessé, mais parce que la dame s'occupait bien de lui. Dit comme ça, on aurait pu penser à un chiot dans une boîte à l'entrée d'une maison dans l'espoir d'être adopté. À vrai dire, nous n'en étions pas si loin. À l'évidence, Nana ne se faisait juste pas à ce brusque élan de douceur. La gêne était trop grande, et c'est aussi pour cette raison qu'il se laissa faire, préférant poser peu à peu son regard sur le bâtiment. Lorsqu'elle termina, le chain lui indiqua franchement qu'elle était vraiment très sympathique. C'était un grand signe de reconnaissance, et Michiyo la reçut comme tel. Ses cheveux ne permirent pas de cacher l'intégralité de son rougissement, et Naaru lui sourit affectueusement. Puis, il se renfrogna légèrement et indiqua que ce qu'elle avait fait, malgré tout, était inutile. Au final, il rentrerai le ruban à la main, pour être sûr de ne pas le salir sur le sol. Si ça se trouvait, la plaie était déjà cicatrisée. Ce n'était vraiment pas grand chose. Nana en avait vu des pires.

Peu importe, la dame n'apprécia pas vraiment la remarque de Naaru et lui répliqua d'un ton dur qu'au moins, il n'y avait pas de sang par terre. Comme à son habitude, Nana ouvrit la bouche pour surenchérir mais resta un instant ainsi. Non. Non, il n'allait rien dire. Sa bouche se referma sans un son. Il ne fallait pas. Il ne voulait pas s'énerver avec elle. Elle qui lui avait offert tant de choses. L'amitié. Pas cette amitié qu'il entretenait avec son contractant. Non. Autre chose d'aussi puissant. Il avait envie d'être lui-même avec elle. Il ne voulait rien lui cacher. Il n'avait peur de rien. Ou tout du moins si, de sa propre nature de chain. Inlassablement cette culpabilité refaisait surface, comme un courant porté vers les terres, s'échouant sur le sable en de multiples vagues.

Il observa le visage de Michiyo. La mèche lui retombait devant le visage. Non décidément, il aimait bien voir son visage, ses deux yeux couleur marine et son visage bien proportionné. Il voulait voir. La voir. Alors, il lui tendit sa propre attache que la demoiselle refusa dans un premier temps. Mais les paroles du chain finirent par lui faire entendre raison et la dame accepta alors. Son sourire naquit au moins où il l'entendit lui répondre qu'elle allait en prendre soin. Et puis, cette autre partie de la réponse. Cette promesse à peine développée. Oui, il voulait la revoir. Il n'arrivait pas à mettre de mot là-dessus, mais il le souhaitait ardemment. Il ignorait pour quelle raison, si c'était simplement parce que c'était la première personne avec qui il s'était vraiment entendu, ou bien parce qu'elle était belle, ou même parce qu'il avait peut-être l'intention de lui soudoyer des informations sur Pandora. Il n'en savait rien. Tout se mélangeait dans sa tête, à tel point qu'il n'arrivait même plus à différencier le réel de l'imagination. En vérité, il avait perdu le fil de ses pensées, simplement. Comme à son habitude. Pourquoi était-il venu sur les parterres de Pandora ? Qu'avait-il eu en tête à ce moment ? Ça lui semblait tellement loin. Tellement irréel. Il avait du mal à croire que tout ceci s'était vraiment passé. Il avait bien fallu engager la parole non ? C'était parti d'une simple demande, puis ils avaient discutés. Puis, ils s'étaient entendus. Puis, ils avaient terminés la journée ensemble. Pourquoi ? Le chain l'ignorait. Et c'est cette ignorance, cette chose qu'il n'arrivait pas à mettre en forme qui l'énervait. Il voulait savoir. C'était peut-être pour ça qu'il avait voulu demander ce que Michiyo pensait de lui ? Il avait cru qu'elle, elle savait. Qu'elle aurait pu l'aider à se débrouiller. Mais ce n'était visiblement pas le cas. Les deux individus nageaient en pleine confusion, et cela rendait Naaru totalement différent. Il aimait beaucoup cette sensation, mais peu importe les efforts qu'il fournissait, il ne parvenait pas à s'exprimer. Maladresse.

Michiyo fit alors une tresse et attacha le fil au bout. Il la trouvait tellement plus mignonne ainsi. Les deux perles s'entrechoquèrent en silence. L'espace d'un instant, Nana trouva dommage qu'il n'ai pas mis les autres perles, les bleues, sur lui. Ainsi, elles auraient pu être assorties à la demoiselle. À l'inverser, ces perles-là tranchaient beaucoup avec l'uniformité bleue qui occupait les cheveux et les yeux de Michiyo. Ça avait aussi un certain charme. Elle repoussa sa tresse et mit sa mèche derrière son oreille. Eh bien, voilà, il la trouvait beaucoup plus jolie ainsi. L'espace d'un instant, il ne dit rien et fixa gentiment la demoiselle. Puis, il se pencha légèrement en avant et lui demanda si il n'avait pas de mèches rebelles, tout en riant à moitié. Elle rit elle aussi, plus doucement que lui, et frotta ses cheveux en lui demandant si elle n'avait pas l'impression qu'il se moquait d'elle. Sans répondre, le jeune chain continua à rire et se remit droit sur sa chaise. Au même instant, on leur apporta le menu. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas déjeuné dans un restaurant. Celui-là n'était peut-être pas très réputé, mais en tout cas, il était tout au goût du jeune homme. Instinctivement, Naaru sauta la page des desserts sans prendre le temps de lire les titres. Il se dirigea vers les viandes, mais comme il ne souhaitait pas vraiment manger lourd, il opta simplement pour une salade composée. Il leva de temps en temps les yeux sur Michiyo, pour voir où elle en était, et aussi simplement pour la regarder. Juste avant de commander, Nana ferma le menu et lança, les yeux encore posés sur le mini livret :

-Au fait, je te déconseille de me donner du sucre. Sauf si bien sûr, tu me fais découvrir comment on est capable d'aimer ça.

Oh, ce n'était pas une menace. Loin de là. Il était juste habitué à Finette. Et Finette aimait bien commander des desserts qu'il ne voulait pas manger pour obliger le chain à le faire. En général, c'était une punition. C'était ça ou faire les courses. Autant dire que Nana n'appréciait pas du tout et finissait toujours par refuser de manger ces trucs. Et il ne faisait pas de différenciation en fonction de qui il fréquentait. Il n'aimait pas le sucre. Point. Même si parfois il hésitait longuement sur certains fruits. Mais qu'importe. Pour la demoiselle, il ne ferait pas non plus d'exceptions, mais comme il avait découvert pas mal de choses avec elle, il se demanda s'il allait pouvoir changer. Mais secrètement, il pria pour un « non ». Il n'aimait pas le sucre, et ça s'arrêtait là. La serveuse arriva l'instant d'après et Naaru commanda alors sa salade composée, en dirigeant progressivement son regard sur Michiyo, pour lui indiquer qu'elle devait donner sa commande.

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Prisonnier du temps:
 
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
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Baudelaire
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   17th Septembre 2012, 11:09

Des années. Oui, cela faisait des années qu’elle n’avait pas autant ris. Qu’elle n’avait pas autant laissé libre court à sa elle intérieure. De longs jours qu’elle l’avait enfermé. Tout ca, toute cette torture physique. Tous ces mensonges brûlants. Uniquement parce qu’elle avait un jour rencontré l’Abysse. Certes, elle avait déjà perdu une part de son innocence quelques temps plus tôt, mais cela c’est une autre histoire. Il faudra faire preuve de patience pour pouvoir l’entendre. Comme tout membre de cette Organisation Maudite, elle avait des choses à raconter. Fallait-il encore être prêt à l’entendre. On ne rentre pas dans Pandora en étant sain d’esprit. Personne n’est sain d’esprit dans ce bâtiment. Il fallait avoir des choses à cacher. Des mystères à dévoiler sous la faible lueur d’une bougie. Des sourires menteurs. Des rires jaunes. Des yeux fuyants. Oui, dès le moment où l’on veut rentrer dans Pandora, toute innocence a déjà disparu. Si ce n’est pas le cas, l’Abysse terminera doucement le travail inachevé. Par conséquent, un enfant pourri gâté, gosse de bourgeois capitalistes, grandissant dans une culture dorée, ne peut survivre dans un tel environnement. Non, il faut déjà, ne plus être un enfant pour s’y introduire. Renoncer à tout.
Elle avait rencontré l’Abysse au détour d’une ruelle, un jour où ils auraient mieux fait, son père et elle, ne jamais se lever. Ne jamais sortir de leur lit pour porter des fleurs sur l’objet de leur tristesse. Cela aurait évité bien des soucis des dizaines d’années plus tard. Comme le fait de devenir une huitre. Ce crustacé maudit. Bon dieu ce qu’elle avait pus changer. Certes, elle avait toujours eu mauvais caractère. Personne ne pouvait la contre dire. Mais, elle c’était forgée cette carapace dur comme pas possible. Renforcer son esprit pour pouvoir y accueillir Michael et supporter tous les chocs extérieurs. Voire même parfois, être capable de montrer qu’elle écoute, sans même entendre. Elle c’était détachée d’un monde autour d’elle, et était désormais capable de ne pas s’intéresser à des centaines de choses. La capacité de regarder les actions se dérouler sans s’en mêler plus que cela. Même si c’était la plus horrible de choses. Elle c’était détachée, et ne le vivait pas plus mal que cela.
Il y avait quelque chose. Non quelqu’un, qui avait réussi à la faire rire. Naturellement. C’est ainsi, par moment, on se découvre des atomes crochus avec une entité dans l’Univers. Quoi que l’on puisse y faire. Rien n’en démordait. Dame Nature avait choisi de nous lier un jour, même pour quelques heures à cette personne. Et, nous n’avons pas notre mot à dire sur la question. Ainsi soit-il.
Certes, elle avait déjà Michael. Liaison plus ou moins dangereuse en fonction de leurs caractères flamboyants. Il y avait aussi le fait que Michiyo n’avait pas plus d’humour qu’un clown à la retraite – même encore actif par moment…- et que son Chain en possédait un, plus que douteux. En fait, pour eux, jute quelques atomes étaient crochus. Ceux de la discorde.
Alors qu’étrangement, elle s’entendait bien avec lui. Du moins, de son point de vue. En quelques heures, elle c’était presque attachée à cet enfant indescriptible de Naaru. Peut-être les hormones de maternité. Non. Les enfants, c’est mignon, mais uniquement chez les autres. Et puis zut, Naaru n’était pas un enfant. Juste un adulte dans son monde. Un monde un peu enfantin certes. Mais il fallait parfois garder une certaine distance envers la réalité. Histoire de ne pas devenir fou. Et de ne pas être tenté de se plonger dans l’enfer Abyssal.
La question n’étant pas là. Naaru était là, avec elle. Un homme-adolescent, qu’il fallait qu’elle arrive à décrypter. C’était peut-être pour cela qu’elle restait avec lui. Pour arrivait à trouver ce qu’il y avait de diffèrent chez lui. Cette chose qui l’avait attiré, pour qu’elle finisse par y rester collé. Nul.
Ils apprenaient à se connaître. Un peu trop vite parfois. Un peu trop doucement dans d’autres cas. Mais, après tout, pour connaître la nature d’une personne, il faut lui parler. Evoluer. Et participer activement à la conversation. Ce qui n’était pas chose facile, lorsque l’on se refermait sur soi même à cause de certaines phrases. En même temps… Quelle idée de dire « je t’aime » aussi rapidement. Sans mise en garde préalable. C’était dangereux. On ne peut se permettre de dire ce genre de chose. Les humains sont fragiles. Ont des sentiments ambigües et ne peuvent accepter ce genre de chose. Il faut vraiment prendre le temps de respirer. D’être sûr et certain de ce que l’on pense. De ne pas faire une erreur. Prendre en compte les sentiments et la réaction de son vis-à-vis. Des facteurs à prendre en compte et qui rendent la vie difficile. Extrêmement difficile.

En attendant, ils avaient tous deux pris le temps de s’installer dans un restaurant. Ou la nourriture ne promettait certes, pas de grandes merveilles. Mais en contre partie, leur promettait de ne pas vider leurs bourses en un claquement de doigts. Du bon et du mauvais. Michiyo avait ainsi décidé de lui offrir son ruban. Mais dans son esprit, quelque chose la tracassait. Encore et toujours les paroles du jeune homme. Elle lui avait fait comprendre par un silence qu’elle ne voulait pas en parler plus longuement. C’était tout le contraire. Elle le voulait. Elle le voulait ardemment même. Mettre les choses au clair. Ne pas créer de distances, d’animosité inutile. Il fallait seulement trouver les bons mots. Les bonnes tournures de phrases, pour que rien ne les force à se disputer comme un vieux couple au milieu du restaurant. Michiyo n’aimait pas les éclats de voix. Migraine assurée. En fait, ce n’était plus tellement le premier flot de parole qui la faisait réfléchir. Mais plutôt le second. Son regard se perdait sur le visage de Naaru sans pourtant le voir. Elle était déjà loin , son regard était légèrement plus vitreux. Oui, on ne le dit pas assez souvent. Il n’avait pas tort. Mais la demoiselle venait de comprendre ce qu’il avait dit. Il avait au final seulement confondu l’amour et le fait d’apprécier quelqu’un. Beaucoup de peur pour rien…Non pas pour rien. Il y avait ce quelque chose qui la rendait chose. Elle avait désormais cette envie de lui expliquer, de revenir sur cette discussion même à table. Pour qui la prendrait-il ? Avait-elle des leçons à lui donner ? Certainement pas. Pourtant, c’était plus fort qu’elle. Il avait fait tombé une à une ses barrières mentales. Doucement mais surement. Elle n’avait même pas essayé de savoir si il n’était pas par hasard un espion. Après tout, il est rare que l’on décide de rentrer dans Pandora tout simplement pour s’amuser. Croire en cette option l’enquiquinait plus qu’autre chose. Certainement parce qu’elle aurait été manipulée comme une simple débutante. Et qu’elle le torturait certainement pour cela. Mais non, elle ne voulait même pas y croire. Ni même y penser. Pour le moment, elle se devait de le faire.

« Je ne dis pas que tu as tort Naaru. Mais, à mes yeux, dire je t’aime, c’est une manière d’exprimer des sentiments indescriptibles envers une personne. Ce n’est pas à dire à un individu que l’on connait que depuis quelques heures. Ces mots là doivent avoir été mûrement réfléchis auparavant. Je ne veux pas te dicter ta façon de conduite après tout… »

Quelle idiote, elle devait apprendre à se taire plus souvent. Elle n’avait pas à lui dire quoi penser, ni quoi faire. Ils n’étaient pas mariés après tout. Naaru avait bien le droit de s’exprimer comme il le sentait. Un point c’est tout. La demoiselle n’était pas la meilleure pour expliquer ce genre de sentiment de toute façon. Après tout, personne n’est véritablement capable d’expliquer ce genre de chose. Chacun avait, a et aura toujours sa propre définition du mot « je t’aime ». Il y aura autant de définitions, que de personne respirant sur cette terre, c’était ainsi fait, et personne ne pourrait défaire la donne. Michiyo avait la sienne, et Naaru aussi. Elle devait s’y faire et ne pas réagir aussi radicalement à chaque fois qu’ils n’allaient pas se comprendre lors de la conversation. Elle voulut s’excuser de sa maladresse. De sa façon de donner des ordres malgré elle. Mais ne le fit pas. Dire pardon une fois dans une journée était déjà bien difficile. Mais le dire deux fois, à la même personne de surcroit était totalement impossible. Question de fierté.

Il avait fini par lui offrir son attache pour les cheveux. Elle avait voulu dire non au début. Peine perdu. Le jeune homme était bien trop convaincant par moment. Michi avait donc fini par s’attacher les cheveux en longue natte. Histoire qu’ils ne la dérangent pas lors de son repas. Elle aimait les avoir libres le plus souvent. Mais, c’était une question de préférence. Si il voulait voir on œil, il allait le voir. Elle voulait lui faire plaisir. Rarement elle s’occupait des autres. Mais aujourd’hui, elle était dans un bon jour, elle l’aimait bien et comptait juste être gentille. Etre une partie d’elle-même. Que pour quelques heures. Et puis, il avait ce rire. Ce rire qui tranchait avec la dureté des choses qu’elle vivait tous les jours à Pandora. Ce rire qui lui donnait envie d’en faire autant. Personne ne pouvait s’y soustraire. Il y avait des personnes qui possédaient ce don. Le don du rire.
Elle dut se résoudre à regarder la carte. Généralement, elle ne la regardait pas beaucoup. Elle passait toujours des heures à se décider. Mais ne put retenir un sourire légèrement – beaucoup- moqueur lorsqu’il sauta d’office les desserts. Dommage, elle aurait bien aimé voir son visage pendant qu’il en mangerait une part.
Ses mains glissèrent doucement vers le livret pour le feuilleter doucement tout en laissant ses yeux glisser sur les mots. Viande, viande et encore viande. La demoiselle était loin de vouloir défendre ardemment les droits des animaux. Mais, elle ne voulait pas pour autant en manger. Juste une question de goût. Les salades n’avaient pas l’aire mauvaise. Du moins de nom, sur le papier. Après, elle ne l’avait pas non plus sous le nez. Elle n’avait pas envie de manger non plus de gâteaux, ni de tarte. Bon il fallait faire un choix.

« Il y a bien trop de choses. »

Comme toujours, le choix de la nourriture était difficile. Il le fallait bien. Peut-être qu’il pourrait l’aider à se décider après tout. Elle allait attendre qu’il parle pour choisir. S’il lui donnait quelque chose de bon à manger. Elle continuerait d’être de bonne humeur. Tout, sauf de la viande, des œufs et du poisson. Bien-sûr, ne lui dîtes jamais qu’elle est difficile, elle risquerait de mal le prendre après tout. La demoiselle aux yeux clairs posa son regard sur l’homme à la peau dorée lorsqu’il prononça quelques paroles qui extirpèrent un sourire à la jeune femme. Il devait avoir l’expérience de ce genre de plan foireux. Mais lui faire manger du sucre serait une bonne idée.

« Sors de ma tête. Si tu devines toutes mes pensées avant que je n’ai eu le temps de les mettre à exécution. Ce n’est pas intéressant. »

Elle n’avait pas menti, son regard c’était stoppé sur une tarte aux pommes. Ce n’était pas la chose la plus sucrée au monde. Après tout, la tarte au sucre aurait été bien plus désagréable pour quelqu’un qui n’en a pas l’habitude. Elle savait aussi comment on pouvait faire aimer quelque chose à quelqu’un. Mais n’avait pas envie de le faire. Il y avait toujours la solution des lèvres. Mais cela allait trop loin. Et se tartiner les lèvres de tartes aux pommes n’était pas la première des priorités. En parlant de tarte aux pommes, elle en avait envie.

« Je trouverai un moyen et je te promets de faire en sorte qu’il soit le plus agréable possible. »

Une promesse qu’elle ne pourrait peut-être pas tenir. Ponctuée d’un clin d’œil moqueur. Cela dépendrait de sa faim. Levant la tête vers la « serveuse ». Du moins la dame qui les avait accueilli et venait désormais prendre leur commande. Avant d’ouvrir une nouvelle fois la bouche. Lui indiquant qu’elle voulait uniquement une tarte aux pommes. Dans ce genre de restaurant, ils prenaient souvent le temps de bien les faire et celles-ci étaient généralement très bonnes. En attendant, s’il ne voulait pas y goûter, elle n’allait pas non plus lui enfourner le morceau dans la bouche. Et ne voulait pas non plus la gaspiller. Ce serait de l’argent jeté par les fenêtres.

Déformation professionnelle entrant en scène. Son regard quitta le visage doux de son compagnon pour balayer lentement la salle. Cherchant des attitudes particulières. Des regards fuyants. Des jambes tremblantes. Le signe de contractants illégaux. Certes, elle ne voulait pas non plus en croiser un dans le restaurant. Ce ne serait vraiment pas de chances. Puisqu’elle aurait Naaru à protéger en plus d’elle-même et des civiles. Sans compter sur l’aide de Michael. Trop loin pour agir. Tout cela n’était pas une mince à faire. En plus de la récente blessure à l’épaule droite, qui lui avait valu le fait de trier des tonnes de papiers inutiles toute la journée. Et non une simple vengeance de la part de Pandora elle-même. Il lui fallait d’être prudente. Et l’homme, assis tout seul à une table devant une simple boisson, l’avait tiqué malgré elle. Le regard de la demoiselle se voulu plus dur. Plus distant. Michiyo vint même à en oublier pendant quelques minutes Naaru. Elle ne savait pas sur quoi ils pouvaient tomber. Ce serait pourtant de la malchance.
Ses yeux bougèrent de nouveau vers le jeune homme qu’elle appréciait tant. Son regard se détendit un peu. Elle se faisait peut-être de fausses idées, totalement inutiles et se portait malheur elle-même, mais elle avait un instinct. Et un instinct ca ne ment pas. La demoiselle humidifia ses lèvres doucement. Elle avait faim et soif désormais. Que le repas arrive vite bon dieu.

La chose fut aussitôt faite. Si la nourriture ne méritait peut-être pas un cinq étoile. Le service tout au contraire en avait le droit. Rapide et avec le sourire. La politesse en plus. Ce n'était pas le plus réputé des restaurants, ni même le plus beau. Mais il possédait une chaleur naturelle. Presque humaine qui se devait de réchauffer les âmes en perdition. Michi regarda longuement sa tarte, elle en avait envie. Trop envie, tout en se dirigeant vers le repas de Naaru. Plutôt équilibré comparé au sien. Certes, la demoiselle passerai certainement pour une gourmande. Mais son envie de sucre était plus importante que son envie de sel et, on ne contrarie pas une femme lorsqu'elle a une envie quelconque. Jamais.

Coupant légèrement un petit morceau - le plus petit possible- de son "repas", elle le dirigea lentement, le bras tendu vers le jeune homme. Combattre le mal par le mal. Personne ne peut resister au goût d'un fruit. Surtout de la pomme. Bon, en vrai, cela était quatre morceaux de sucre. Mais du sucre naturel, cela n'avait pas le même goût. Elle ne voulait aucun refus. Il n'avait pas le droit. Ils avaient l'air d'être tous les deux de belles têtes de mules campées sur leurs positions respectives. Michiyo ayant le caractère en plus. Le bras toujours tendu, elle décida de s'exprimer.

"Si tu ne goûtes, ne serait-ce qu'un seul morceau de pomme, je répondrai à toutes tes questions. Que celles-ci puissent être considérées comme gênantes ou pas."

La demoiselle avait pris la première excuse possible. Certes, il en existait certainement bien des meilleures. Mais sa matière grise, après une telle journée, avait décidé que ce serait celle ci et non une autre.
On ne défis pas sa matière grise.
Si, dans le meilleur des cas, il venait à dire oui, ce ne serait pas un souci. Dans le pire des cas, elle essaierai encore, par petite touche, à travers différentes stratégies plus ou moins intelligente. Pourtant, elle n'allait pas lui donner toute sa tarte. Elle avait faim et c'était elle qui payait après tout.

"Si tu n'es pas d'accord maintenant. Je te promets que je trouverai d'autres moyens beaucoup moins amusants. Je suis maître dans l'art de la torture."

Elle n'était maître dans aucun art. Ce fut pour cela qu'elle ponctuant ses paroles d'un sourire chaleureux voire même d'un léger rire. Il ne devait pas le prendre mal. Loin d'être méchante, elle ne voulait toujours pas de dispute. Parfois, le manque de chaleur dans sa voix, avait tendance à engendrer le fait que peu de gens prenaient ses paroles du bon côté de la chose.
Dans ce cas ou même dans le cas contraire, la soirée risquait d'être bien mouvementée si elle décidait réellement de lui faire manger du sucre. Après tout, si on lui confis ce genre de secret, c'est pour qu'elle l'exploite d'une manière ou d'une autre.


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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   22nd Septembre 2012, 03:45

Ils parlaient. Parlaient en échangeant leurs points de vue, leur façon de voir la vie, les choses et les hommes. Les humains. Naaru avait beaucoup de mal à les cerner. Il cernait son contractant, mais après tout, lui-même n'était plus vraiment humain. Et c'était pareil pour tous les Baskerville. Mais Myaw, elle, avait l'air d'une vraie humaine qui respirait la vie humaine. Une contractante elle aussi, mais il y avait tout de même ça. Cette étincelle qui montrait la vie, le destin, et qui brillait dans les yeux de la demoiselle. Le monsieur était totalement charmé par cette magie, et ce n'était pas juste par envie qu'il jouait le curieux. Il voulait savoir, découvrir ce qu'avaient les humains et ce qui lui manquait, à lui. Simplement. Mais il y avait aussi un peu plus que de la découverte. Il y avait de la sympathie. Une sympathie qu'il n'aurait jamais cru éprouver pour quelqu'un. C'était un chain qui avait vécu des années et des années dans l'Abysse. Qui avait tué autant d'humains que de chains, sans jamais remettre en question ses agissements. Il avait perdu de vue le sablier du temps, et se croyait perdu dans une autre dimension, encore différente de celle de l'Abysse. Une entité encore plus sombre, où rien, rien ne vient troubler ni mettre du piment. Le goût d'apprendre, il l'avait eu lorsqu'il était revenu sur Terre en contrat légal. D'abord blasé, facilement irritable, il s'était calmé pour s'enfermer dans les livres, comme une cloison l'empêchant de faire face au monde extérieur. Oui, au début Nana avait peur de ce monde. Et il en a appris des choses dans ces milliers voir millions de pages. Ce qui l'a amené à s'ouvrir à ce monde étranger pour en comprendre tous les fonctionnements. Et puis, Naaru est devenu celui qu'il est aujourd'hui. Quelqu'un d'extraverti qui suit ses propres règles vestimentaires, ce qui l'amène souvent à avoir de nombreux regards posés sur lui.

Le chain avait emmené la demoiselle si humaine dans un petit restaurant de quartier. Oh, il n'avait pas honte de l'amener ici. Il ne voulait pas non plus risquer les grands hôtels pour vider le porte-monnaie au lieu d'y remplir son estomac. Et il fallait dire qu'il était loin de rouler sur l'or. La parole ne l'avait pas quitté depuis qu'ils s'étaient rencontrés, quitte même en placer une de trop. Il n'avait pas peur de faire des erreurs, après tout, il était là pour progresser. Si Naaru avait été un enfant, il aurait sans aucun doute été premier de sa classe, car il n'hésitait pas à se tromper pour ne jamais refaire la même faute. Ici, avec une telle maîtresse d'école que Michiyo, Nana était certain d'en ressortir beaucoup plus intelligent, pour un humain tout du moins.

Assis à table après le soin de la blessure du chain, Myaw répliqua alors par ce dont ils avaient parlés, légèrement plus tôt dans la journée. Ce soucis du « je t'aime » qu'avait prononcé Nana visiblement à la légère. Il ne parvenait pas à comprendre ce qui avait bien pu la faire se renfermer, et quelque part, il attendait aussi une explication. Succincte peut-être mais bien présente. Et cette dernière tarda tellement qu'il l'avait presque oublié. Pourtant, il écouta patiemment les explications, sans en rater une seule infime partie. Décrire des sentiments indescriptibles ? Que voulait-elle dire ? Il baissa alors son regard pour le river vers ses jambes. Il tentait de comprendre. Un sentiment indescriptible ? Qu'est-ce que ça pouvait être ? Il ne savait pas. Et quelque part, ça l'énervait au plus haut point. Mais la dame avait l'air tellement sérieux qu'il craignit de passer pour un idiot en posant cette question. À l'évidence, il devait s'agir d'une chose que tout le monde connaît, mais qui reste tout de même un sujet tabou, pour les premières heures en tout cas. S'il avait eu des habitudes humaines, il se serait tourné les pouces par frustration. Mais il était absolument immobile, le regard fermé et les yeux grands ouverts sur quelque chose que lui seul pouvait voir. Inspirant profondément, il écouta la fin du monologue de la demoiselle. Des mots mûrement réfléchis ? Décidément, il nageait en plein confusion. Sa question lui brûlait les lèvres. La dernière phrase du Michiyo lui paru prononcé sur un ton différent, comme si elle ne voulait pas de violence entre eux, mais qu'elle souhaitait simplement s'expliquer. Cela rassura le chain qui laissa alors échapper la question tant attendue. Il releva la tête et lui lança un regard à moitié triste et gêné.

-Je... je ne comprends pas. Qu'est-ce que c'est ?

Oui, quel était ce sentiment dont elle ne parvenait pas à donner le nom. Secrètement, Nana pria pour qu'elle ne lui sorte pas quelque chose que lui-même ne connaissait pas. Dans tous les cas, il répondrait affirmativement à la réponse et se renseignerai plus tard pour ne pas gêner la demoiselle encore plus. Pour la première fois, il se sentait vraiment idiot. Le dernier des idiots. Il ne voulait pas que la demoiselle le prenne pour quelqu'un qui ne connaît rien à rien. Car il était loin d'être ce personnage.

Qu'importe, les minutes passèrent. Minutes pendant lesquelles la serveuse s'approcha avec les menus. Oh, il n'y avait pas un choix très important, mais Nana n'était pas venu ici pour la diversité. Il savait juste que Michiyo avait faim et qu'elle mangerait certainement quelque chose de consistant. Mais pas lui. La nourriture l'attendait autre part, et il aimait beaucoup tourmenter le cuisinier. Il n'avait pas de montre sur lui, il lui était donc impossible de savoir l'heure qu'il était. Mais après tout, il ne pouvait simplement se résoudre à rentrer. Après tout, il avait assuré à la demoiselle que personne ne l'attendait chez lui, alors il n'avait aucune raison de se pencher sur l'heure. Son choix de prendre une salade composée fut bien vite pensé. Il entendit sa compagne de journée décréter qu'il y avait trop de choix. Caché derrière son menu, Nana eut un sourire amusé. Visiblement, elle était de ceux qui ne parvenaient pas à se décider rapidement. Il trouva ça très mignon. En fait, il trouvait même Michiyo mignonne depuis un certain temps. Depuis qu'il voyait ses deux yeux, cette harmonie parfaite régnant sur son visage.

Finalement, le chain prévint la demoiselle qu'il n'était pas la peine de lui faire essayer de manger du sucre, sauf si elle avait une très bonne façon de le faire. Au final, ce n'était rien qu'une mise en garde comme une autre. Nana ne prenait pas de sucre, parce qu'un jour il l'avait décrété. Il se souvenait juste qu'il n'aimait pas ça, mais quand à pourquoi, il fallait remonter dans ses souvenirs volontairement oubliés. La demoiselle lui dit alors de ne pas plonger dans ses pensées sans qu'elle puisse avoir le temps de mettre son plan à exécution. Le chain fit une moue dépitée puis renfrognée et croisa les bras en repoussant brutalement son dos sur le dossier de la chaise. Allons bon, elle avait vraiment l'intention de lui faire manger quelque chose... il voulut répliquer, mais au final ne laissa aucune parole franchir la barrière de ses lèvres. Il ferma les yeux, boudeur, jusqu'à ce que Michiyo poursuive alors en lui indiquant qu'elle ferait quelque chose afin que ce soit le plus agréable possible. Le chain releva un sourcil intrigué et posa doucement ses yeux sur son interlocutrice. Cette attitude renfrognée se mua en soudaine curiosité, et le Naaru ne put s'empêcher de lui offrir un sourire sarcastique ponctué d'un petit « hoooo ? » du style « ah bon ? », très curieux de l'avancement des choses. C'était une légère moquerie. Oui, on ne se moquait pas de Nana et de sa non-volonté à manger du sucre. Alors il ne pouvait s'empêcher de piquer un peu la demoiselle.

La serveuse vint alors leur demander ce qu'ils avaient commandés. Le sourire de Nana réapparut et il demanda une salade. Se tournant vers Michiyo, il voulut paraître détaché mais son regard brillait d'une étrange envie. L'envie de savoir ce qu'elle allait demander. Ce qu'il allait probablement rechigner à goûter. Alors, il entendit le mot « tarte aux pommes ». La dame repartit. Nana était en plein dilemme. La tarte aux pommes était sucrée, c'était un fait. Mais il ne pouvait rien dire sur la pomme. Et en général dans ce genre de restaurant, ils faisaient des repas très bons et presque bourratifs. Par conséquent, il pourrait y avoir beaucoup de pommes sur cette tarte. Et là, Nana serait bien embêté. Mais il n'aimait pas le sucre, et quelque part, il voulait pousser la demoiselle dans ses retranchements.

Au bout d'une petite dizaine de minutes, on leur apporta le repas. Les yeux de Nana fondirent littéralement devant la salade. Elle était bien remplie et vraiment bien présentée. Il se rendit alors compte qu'il avait un peu faim lui aussi, d'un côté. Alors, doucement, il entama cette salade pour se rendre compte que Michiyo lui tendait sa cuillère avec un morceau de tarte dessus. Nana l'observa d'un air égal, même si dans sa tête il aurait bien voulu soupirer. Il n'était curieusement pas aussi violent qu'avec les autres personnes. Mais il fallait aussi dire que ce n'était pas le même genre de sucreries. Il parlait surtout des bonbons. Les bonbons, ça il ne pouvait pas les manger, sous aucun prétexte. Continuant de fixer simultanément le visage de Michiyo et la cuillère, il avala son morceau de viande et écouta la demoiselle. Elle répondrait à toutes ses questions ? Vraiment ? Seulement pour une bouchée. C'était un... prétexte donc ? Et ça ne s'arrêtait visiblement pas là. Son interlocutrice lui annonça alors qu'elle était maître dans l'art de la torture, et que les prochains essais seraient voués à moins de gentillesses. C'en était trop. Le chain baissa alors les yeux et passa sa main devant sa bouche en tremblant légèrement. C'était trop drôle. On ne lui avait jamais fait, celle-là. C'était toujours de force. La douceur ? Il connaissait pas. Mais c'était hilarant, en tout cas. En fin de compte, Naaru explosa de rire, emplissant l'air d'une joie incroyable. De nombreuses personnes se tournèrent vers lui, l'air accusateur, dérangeant leur petit rendez-vous. Une fois calmé, le chain passa une main dans ses cheveux pour libérer la longue mèche qui barrait toujours son visage en deux et dit alors, amusé.

-Il va falloir employer une autre façon de faire. Les paroles mielleuses ne m'intéressent pas. Mais tu as visiblement plus d'un tour dans ton sac...

Un sourire en coin naquit sur ses lèvres. Un sourire amusé mais aussi moqueur. L'amusement qu'il avait avec Michiyo l'entraînait à s'ouvrir encore davantage, et non pas de sourire pour faire plaisir tout simplement. Il ne cherchait plus la stratégie, il voulait simplement être lui-même. Et ça marchait, très, très bien.

[HRP=C'est un peu court désolé, MP-moi s'il y a un problème!]

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   25th Septembre 2012, 08:52

La Détermination. Chaque individu dans le monde né avec un sanglant de détermination. Parfois, celui-ci ne se montre jamais. Enfermé en nous comme un parasite. Ce petit élément qui attend son jour. Son moment. La répartition ce peut inégale. Certaines personnes ont se don. Ne recule jamais. Veulent réussir à tous prix. Dés la naissance. Cela fait parti intégrante des personnalités. Déterminée. Détermination et toutes les variantes.
D’autres en contre partie, pour égaliser. N’ont aucune détermination. Ils ne se lancent jamais. Généralement, la peur est le seul verrou visible. Il est certain, que d’autres doivent aussi exister. La partie invisible de l’iceberg. Le seul souci étant bien évidemment que les avancées sur les rouages mentaux. La conscience. L’inconscience. Ne sont pas encore assez développées. La peur paralyse tous les effets naturels de la détermination. Ainsi, leur vie est simple. Aucun débordement. Lorsqu’ils veulent effectuer une quelconque action, ils ne ressentent pas cette envie profonde. Non. Si, ils n’y arrivent pas. Ils ne tentent même pas. Au fond, ils s’en fichent.
Puis, comme dans toutes théories où la thèse et l’antithèse se font face. Il y a l’entre deux. Celui-ci se détermine, par ceux, qui ont la détermination et la peur en même. Ce n’est pas un verrou. Loin de là. Juste une petite barrière. Il suffit de passer par au dessus. Ainsi, par moment nous restons dans la partie visible du gros glaçon. Dans d’autres moments, nous tombons dans la partie invisible. La peur de tout. La peur de tout rater. C’était ainsi.
Généralement, la plupart de la population est dans la partie visible. C’était naturel. Il n’y avait que les dépressifs. Les fainéants. Les peureux. Les plus faibles qui n’avaient pas cette détermination. Les autres, savaient la mettre en action dés le moment voulu.
Là.
A ce moment précis. Michiyo allait la mettre en marche. Il se moquait d’elle un peu trop souvent. Elle se disait, que si l’on peut confier un secret à une personne. C’est que l’on est légèrement masochiste. Que l’on cherche désespérément, à ce que la personne mise au courant joue dessus. Pour nous aider, ou nous faire tomber. On ne confit jamais un secret à la légère. Sinon. Ce serait bien trop facile. Soit, dans un premier temps, on se tait. On le garde pour soi. Comme cela, aucun souci majeur.
Dans l’autre chemin, celui que le jeune Naaru avait décidé d’emprunter. C’était d’en parler à la jeune demoiselle. Bien-sûr, dans l’esprit calculateur de celle-ci, l’idée n’avait fait qu’un tour. Peut-être était-elle loin d’avoir raison. Ou alors tout prêt. Mais, elle l’avait pris comme un tout petit appel à l’aide. Quelqu’un qui voulait, même si il était certain de le regretter. Goûter au sucre. Juste une fois. Mais, comme à chaque fois qu’un individu souhaite dépasser une peur, une hantise. On appel à l’aide. Un petit appel. Histoire de ne pas être seul lors de l’acte tant réfléchi.
Donc, elle allait lui en faire manger.
Non, pas du sucre pur. Juste une pomme. Rien qui puisse le tuer. A moins qu’il s’étouffe avec.
Bien évidemment, elle n’allait pas non plus le forcer à avaler. Malgré toute la détermination dont elle pourrait faire preuve, si, il ne voulait pas la manger après multiples essaies. Elle en ferait son repas et fin de la conversation. Lui mettre de force dans la bouche engendrait le fait qu’il ne pourrait pas en profiter et aimer. Bien au contraire.

Elle l’observait. Sans relâche elle le regardait. Non, pas parce qu’elle le trouvait beau et qu’elle voulait le séduire. Non, uniquement parce qu’elle voulait le comprendre. Comprendre l’assemblage de rouages. De vie. De sang qu’était Naaru. Comprendre son fonctionnement. Pour ainsi prévoir ses réactions à l’avance. Malheureusement pour elle, elle n’y arrivait pas. Tantôt il était humain. Tantôt il était différent. Une distance de l’humanité. Ou encore, il était enfant. Un enfant qui ne pouvait comprendre toutes les façons de penser des adultes. Une adulte comme Michi qui avait grandis bien trop vite. Non. C’était lui qui avait grandit bien trop vite. Elle avait l’impression de voir un enfant, voire plus un adolescent de dix sept ou dix huit ans enfermé. Bloqué dans un corps d’adulte qui n’était pas le sien. Qu’est ce qui avait pu faire, qu’il n’avait pas grandi comme elle, ou toutes personnes de leur génération ? Au fond, elle s’en fichait. Il était là, avec elle. Parlait. Riait. Boudait. Etait certainement ce qu’il était tous les jours. Et puis, cela donnait du piment à la soirée. Ce serait morose de savoir à l’avance ce que chacun allait faire ou dire.

Finalement, ce qui la taquinait revint. Oui, ce même souci du je t’aime. Dans un sens, elle ne voulait pas y revenir. Si, il avait fini par l’oublié. Autant ne pas remettre une couche sur ce qui était passé. Mais non, comme toujours. Tout ce qui venait à la toucher de près ou de loin l’intéressait. Elle devait en parler. Cela la tracassait. Certes, elle ne faisait pas de fausses idées. C’était un je t’aime plus amical qu’autre chose. Elle l’avait compris rapidement. Lui expliquant qu’il fallait peut être trouvé d’autres synonymes pour exprimer ce qu’il voulait dire. Elle ne savait pas ce qu’il voulait dire.
Supposition.
En fait, elle ne savait même pas comment s’expliquer. Lui donnait une petite explication quelque peu embrouillée et non développée. Mais chacun avait sa vision de la chose. Lui donnait la sienne ne servirait certainement à rien. Il avait la sienne. Propre à lui-même.
Puis, elle remarqua doucement qu’il n’avait rien compris à son explication. En même temps, elle-même avait fini par se perdre. Aimer, c’était trop difficile à exprimer. Elle n’était pas philosophe, comment pouvait-elle mettre des mots clairs et précis sur un autre mot. Impossible. Il fallait trouver autre chose. Changer de sujet. Elle n’était pas la meilleure pour ça. Bon sang…
Le moment arriva trop rapidement. Il lui demanda. Demanda ce que c’était.. Qu’il ne comprenait pas.
Elle n’était pas vraiment professeur et était dans l’incapacité de lui donner une explication. L’explication qu’il voulait. Elle n’en dirait rien. Eviterait la question habilement.
Ce regard. Ce regard qu’il venait de jeter. Triste. Non, pas de tristesse. Elle ne pouvait jamais résister à ce genre de faciès.
Le renard.

La demoiselle aux cheveux bleus soupira. Elle ne pouvait l’éviter. Plantant son regard dans les yeux verts du jeune homme.

« Tu sais, je ne sais pas vraiment comment te l’expliquer… »

Elle abordait sur son visage, un regard plutôt déçue. Elle aurait bien voulu l’aider. Après tout, c’était elle qui avait tenté une explication. Elle se devait d’aller jusqu’au bout. Second soupir. Elle baissa les yeux. Comme si la réponse se trouvait sur ses jambes. Longuement. Doucement. Elle releva une nouvelle fois son regard. Cherchant ses mots. Marquant plusieurs pauses.

« Ce sujet à l’air d’être inévitable. Donc, je peux te dire qu’il y a autant de version pour expliquer le mot « Aimer » qu’il n’y a d’individu. La mienne ne pourrait t’aider, la tienne ne pourrait m’aider. Parce que nous avons tous les deux une vision différente. Mais… »

Michi laissa sa phrase en suspend, cherchant une nouvelle fois comment est ce qu’elle pourrait aider ce jeune homme à comprendre. Elle-même, ne s’était jamais plongée dans cette pensée. Fermant les yeux. Elle prit son temps pour réfléchir. Adoptant un rythme de respiration plus calme. Plus posé. A ses yeux, l’amour c’était celui de parents. L’envie de protéger une personne. Se jeter sous les roues d’une diligence puisque sa vie n’importe peu, face à celle de l’autre. Que même si le sentiment que nous éprouvons n’est pas partagé. On est heureux, parce que l’âme sœur est heureuse avec un autre. On ne peut lui en vouloir. C’est trouvé la personne belle, malgré qu’elle vient de tomber dans la boue. L’envie d’être avec.
Etre amoureux, c’est ne plus se comprendre nous même.

« C’est comme ci tu n’étais plus vraiment toi-même. Tu te sens étrange avec cette personne. Celle que tu as en quelque sorte choisis. »

La jeune femme se leva et bougea doucement sa chaise pour éviter de déranger dans leur repas solennel, les autres clients. Se plaçant ainsi aux côtés de Naaru. Elle ne lui demanda rien. Ne pris même pas la peine d’échanger divers explications, avant de poser sa main, légèrement plus froide sur le torse du jeune homme. Un contact. Unique.

« C'est sans comprendre pourquoi, cet organe. Ton cœur, bat plus vite lorsque tu es près d’elle. Lorsque son visage se trouve à quelque centimètre du tien. Lorsque tu réagis comme un imbécile. Mais que tu n’y peux rien. C’est elle qui te rend comme ça. Cette personne. Et tu ne veux même pas essayer d’arrêter d’être cet être bête qui souris et ris à chacune de ses boutades. Qu’elles soient nulles ou non. »

Voilà. Elle avait dit ce qu’elle pensait du terme « Aimer » en plusieurs fois. Mais c’était trop long. Trop difficile à expliquer dans un gros bloc. Ce n’était pas dans ses intentions de nouer le contact. Elle qui n’était pas vraiment tactile. Mais, par moment, les gestes valent mieux que les mots. Sont plus compréhensibles. Ce n’est pas pour rien que le langage des signes est universel. Etrangement, elle n’avait pas enlevé sa main. Non pas qu’elle ne voulait pas rompre le contact. Mais comme la toute première fois. Elle ne s’en rendait même pas compte.
Ses yeux possédaient encore une fois se léger voile. Marquant la distance. Elle était de nouveau dans son monde. Celui de la réflexion. Elle avait cette mauvaise manie. Cette habitude de se perdre dans ses pensées à n’importe quel moment. D’oublier le monde qui l’entoure. Quelques paroles et elle reviendrait certainement à elle. Incapacité de concentration.

Ce qui fut demandé, fut exécuté. Alors, qu’elle avait décrété envers et contre tout. Qu’il gouterait au sucre, bien-sûr de manière la plus douce possible. Celui-ci avait eu la bonté d’esprit de lui répondre de manière un peu trop sarcastique. Mauvais caractère oblige. Elle serra les dents. Un peu trop fort peut-être. Non, mais. Elle se voulait gentille. Même un peu trop. N’avait pas piqué une seule fois. Patiente même. Et il se moquait d’elle. Quel mauvais garnement il pouvait faire. Rompant le contact physique. Elle s’approcha doucement de l’oreille de son vis-à-vis. Soufflant légèrement dans le cou de celui-ci au passage. Un souffle chaud, qui réclamait vengeance.
Quelques mots. Une confidence.

« Ca fait deux ou trois fois que tu te moques de moi. Si tu tiens vraiment à manger du sucre, continue sur ta lancée. »

Au fur et à mesure des mots, son ton était devenu bien plus gentil. Bien plus agréable. Seul lui avait le droit à cela pendant une menace. Habituellement, Michael avait le ton le plus froid possible. Histoire de lui faire comprendre que sa décision était sans appel et non révocable. En cas de répétition prémédité de la bêtise. Autrement dit. Se moquer d’elle. Elle n’aimait pas trop cela. Mais finalement, lui offris un léger sourire.
Michiyo ne pouvait vraiment s’énerver contre lui. Il était bien trop gentil. Chanceux.
Ce même chanceux qui eut le droit de voir un morceau de pomme en face de sa bouche. Mais qui trouvait encore le moyen de manger de la viande. Michiyo arqua un sourcil et dut se faire violence pour ne pas afficher une légère mine de dégoût. La viande la rendait malade. Tuer un animal non. Elle s’en fichait – tant ce que n’était pas le mignon chat du voisin-. Mais bon dieu, en manger. Ce gout étrange en bouche. Non, décidément non. Elle ne pouvait pas.
Alors, pourquoi le forçait-elle à manger du sucre. Si, elle-même ne pouvait se forcer à manger de la viande ? Unique raison. Il lui avait dit. Pas elle.
Après avoir argumenté son fait. D’un, « si tu ne manges pas pendant que je suis dans la période douceur. Je te torture. » Elle le vit rire. D’un rire franc. Presque heureux.
Quatre.
Quatre maudites fois qu’il se moquait d’elle. Souriant faussement aux individus autours d’eux en signe d’excuse pour un tel dérangement. Elle se concentra de nouveau vers Naaru. La discrétion n’était pas son fort. A noter. Ne plus l’emmener dans un restaurant.
Au fond, l’entendre rire n’était pas si mal. Au moins, elle savait le faire rire.
Pour une fois.

Prenant un faciès légèrement vexé d’un tel refus. Elle retourna sa cuillère et mangea le morceau de pomme. Elle adorait les fruits. C’était un fait. Bon, peut-être pas les poires, ou les raisins. Mais si elle pouvait vivre uniquement de cela. Elle le ferait et rien de plus.

« Pas de chance pour toi . Ca en fait plus pour moi. »

Attitude enfantine. La demoiselle garda même sa petite mine vexée et son regard légèrement boudeur. On ne lui disait jamais non. Il en mangerait tôt ou tard. Même si en contre parti elle se devait de goûter de la viande. Elle le ferait. Mais, oh oui, il en gouterait. Echange de bon procédé.
Seulement. Il ne le sait pas. Elle ne lui dirait pas.
Avantage Michiyo.
Le jeune homme ajouta que les douces paroles de la demoiselle ne servaient à rien. Certes. Elle allait certainement trouver autre chose. Oui, elle avait plus d’un tour dans son sac. Fallait-il seulement qu’elle les trouve. Patience. Juste un peu de patience.

« Je ne dévoilerai pas tous mes tours de passe-passe en un coup. Il va falloir que tu fasses preuve de patience je crois. »

Une nouvelle fois, ses paroles furent ponctuées d’un léger sourire. Tout petit. C’était étrange. A chaque fois qu’elle lui parlait. Elle souriait. Les autres. Rien. C’était un magicien. Cet homme devait être né en souriant. Ca n’était pas possible autrement. En contre partie, Michi était née en faisant la tête. Là, c’était compréhensible.
Un mouvement.
Un unique mouvement sur la droite, que les yeux de la demoiselle captèrent. Elle le surveillait, discrètement. Pour ne pas que Naaru ne s’en rende compte. Mais elle surveillait cet homme un peu étrange sur la droite.
Chaque membre bien entraîné de Pandora avait certainement pris cette habitude. Foutu habitude.
Celle d’observer chaque personne autours de soi. Des signes ne trompent pas.
Si un homme semble nerveux, alors qu’il est seul et que personne ne vient à sa rencontre. C’est un contractant illégal.
Si, il sursaute à chaque petit bruit. C’est un contractant illégal.
Si, il se sent comme un animal en cage. Une girouette et regarde tout autours de lui. C’est un contractant illégal.
Signe que les contractants légaux ne montraient que rarement.

La demoiselle aux cheveux bleus concentra son regard quelques secondes de plus sur cette personne lorsqu’elle quitta la pièce. Un pas lent. Indéterminé. Des yeux fatigués. Une folie à peine cachée. Il allait commettre l’irréparable sous peu. Michiyo ne voulait pas être l’agent. Non en service. Ou pas. Le plus proche. Sans Michael, elle ne pourrait pas être d’une grande d’aide. Sa blessure n’arrangeant pas les choses. Elle fera attention la prochaine fois. De plus, laisser Naaru seul. En plan. Dans le restaurant ne lui ferai certainement pas plaisir.
Avalant une deuxième bouchée de tarte, elle replaça de nouveau son regard bleu dans celui du jeune homme.

« Je vais être franche Naaru. Si un cri se fait entendre dans les dix minutes qui viennent. Je partirai sûrement voir d’où il provient. S’il te plait, ne fait pas d’acte héroïque et ne me suit pas. »

En sommes, elle ne voulait pas qu’il soit blessé. Sur le coup, le lien qu’elle possédait avec sa créature Abyssale avait été amoindri d’un accord commun. Pour la journée. Mais cela était suffisant pour que la probabilité que l’Ange se rende compte d’un potentiel danger. Soi faible. Trop faible. Prendre des risques était son métier après tout. Pas celui de Naaru. Bien évidemment, si, il n’écoutait pas son conseil, elle le protégerait. Il était important. Le peintre au sourire.
Avalant une nouvelle fois un morceau de pomme, elle attendit d’avaler avant de prendre la parole, encore une fois. Elle parlait trop.

« Où en était nous ?... Ah oui, te faire goûter un morceau de pomme. »

Ce n’était pas parce qu’un potentiel contractant illégal se baladait dans la nature et risquait de faire un potentiel meurtre. Qu’elle allait renoncer à son but initial. Le sucre.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   30th Septembre 2012, 02:40

Ces deux-là entretenaient une relation privilégiée. Quelque chose les rapprochait l'un de l'autre, doucement, pas à pas, comme pour ne rien brusquer. Pourtant, si l'on s'en tenait au temps qu'il avait passé ensemble, l'on pouvait affirmer sans crainte que le lien s'était créé rapidement. Trop rapidement peut-être, mais qu'importe. Cette bulle qu'ils s'étaient formés éclatait de temps à autre pour se figurer le monde extérieur. L'un décrochait par moment, l'autre se plongeait dans ses pensées, une autre bulle plus solide qui n'appartenait qu'à lui ou elle seul. Et puis le reste du temps formait des sourires, des échanges visuels et auditifs. Parfois corporels. Ils n'en étaient pas encore là. Encore ou jamais, le destin choisirai.

La question n'était pas bénigne. Qu'est-ce que l'amour ? Trop de philosophie s'amoncelait sur ces maigres mots. La demoiselle avait provoqué la soif de connaissance du chain, et lui ne manquait pas de rappeler qu'il n'avait pas la connaissance de quelqu'un de son âge. Secrètement qu'il n'avait pas ces sentiments qu'éprouvaient les humains, ou tout du moins ne parvenait pas à poser un mot dessus. Allez à présent lui parler de quelque chose qu'il ne connaissait pas. Il paraît que pour connaître un sentiment, il ne faut pas seulement l'avoir vécu, mais aussi l'avoir appris. Appris de quelqu'un. La reconnaissance du sentiment. Nana n'avait plus de souvenirs. Tout ce qui lui restait était un puits, un puis profond dans lequel l'obscurité ne laisse pas même pousser la végétation. Un puits où même l'eau a déserté. Cette eau si désaltérante, si appréciable, qui redonnerai au puits sa saveur d’antan, sa fonction première.
Et puis, un jour, une goutte était tombée, éparpillant la poussière du fond du puits. Ce jour où ses yeux s'étaient plissés pour résister à l'astre le plus lumineux qui soit. Le soleil. Il avait redécouvert le monde, le vrai monde. Pas celui de l'Abysse. Un autre jour était arrivé et il avait plut. Il avait vraiment plut, dans l'esprit du chain comme dans celui du monde. Il avait retrouvé le sourire, la volonté et l'amitié. Et puis les journées se sont écoulées comme un sablier retourné. Le puits a commencé à retrouver un fond d'eau. Juste assez pour y plonger les pieds jusqu'aux chevilles. Juste assez pour y tremper les lèvres. Et la végétation est apparue. Mais Nana n'était pas satisfait. Il voulait un puits plein. Si plein que l'on ai qu'à se pencher et mettre les mains dedans pour sentir le liquide frais. Il y avait encore un chemin à faire. Et si personne ne lui apprenait plus rien, il ne pourrait jamais connaître cette envie.
Alors il voulait savoir ce qu'était l'amour.

Cette chose si indéfinissable semblait poser un certaine colle à Michiyo. Au moment-même où le chain lui fit ses yeux tristes mais résolut à trouver une réponse dans ceux de son interlocutrice, la demoiselle soupira. L'espace d'un instant, il crut que sa volonté allait flancher. L'avait-il poussé un peu trop loin ? Était-ce si difficile à dire qu'elle ne parvenait même plus à ouvrir la bouche ? Naaru ne sut guère comment réagir, c'est pourquoi il resta muet, priant secrètement pour recevoir une parole. Et il fut aussitôt exaucé. Elle planta ses yeux dans ceux du chain et commença par une phrase très floue. Eh bien, cela commençait bien. Si elle ne savait pas comment l'expliquer, il ne pouvait pas la forcer. Il s'apprêta à laisser tomber et à en informer la jeune femme lorsque cette dernière afficha un nouveau regard, prêt à poser des réponses sur les questions. Sincère. Elle se voulait sincère, et suffisamment claire. La joie de Nana remonta en flèche et il posa ses coudes sur la table en s'approchant de Michiyo pour ne pas perdre une miette de ses mots. Elle était décidément pleine de ressources.

À la fin de son discours, la demoiselle se tut. Avait-elle terminé ? Naaru espérait avec force que ce n'était pas le cas. C'était comme laisser quelqu'un sur sa faim tout en l'ayant provoquée. Plusieurs définitions ? Même pour lui, il y en avait une ? Peut-être lui suffisait-il de chercher. Mais comment savoir que c'était ça et pas autre chose ? Les questions s’amoncelèrent dans son esprit, aussi lointain qu'il ai pu dériver. Oui, ce sujet était inévitable. Il voulait des réponses claires, pour quelque chose d'aussi flou. Trop difficile. C'était un challenge plutôt compliqué. Devait-il trouver cette définition par lui-même ? Comment ? Il secoua la tête, tant ces questions prenaient de la place. Il fallait vider les tiroirs. Même s'il devait les faire un à un. Rester attentif. Mais...
Elle n'avait pas terminé.

Plus lui-même ? Mais alors qui était-il ? Pouvait-il vraiment ne plus être ce qu'il était ? Une autre personne ? Il avait son corps, son enveloppe, son lui. Sa personne. Naaru. Alors, pouvait-il être cette autre moi, cette partie qui sommeille jusqu'à voir l'élu de son cœur ? Il allait devoir choisir celle qu'il allait aimer. Enfin c'est ce qu'il avait compris. Il parut soudainement gêné, bien qu'il ignore vraiment pourquoi. Un soupçon d'adrénaline l'obligea à détourner le regard pour fixer ses pieds joints sur la chaise. Non, il ne choisissait pas qui il allait un jour ou peut-être jamais aimer. Tout ce qu'il pouvait affirmer, c'est que plus la dame en parlait, plus cela l'effrayait. Il ne voulait pas céder son corps à un tiers. Il ne voulait pas tomber en esclavage, s'enchaîner à quelqu'un d'autre. Un frisson parcourut son échine tandis qu'il vit la demoiselle se lever pour s'approcher du monsieur et poser sa main sur son torse. Elle touchait sa peau, et la différence de température se fit sentir jusque dans ses pieds. Il frissonna de froid pendant un court instant, sans se laisser déconcentrer et fixa Michiyo, sans comprendre où elle voulait en venir par ce geste.

Finalement, il fut bouche bée par les paroles de la dame. Son cœur battait toujours assez vite. Il était toujours heureux. Un rapprochement ? Il y avait bien cette main sur son torse, mais rien de bien grave. C'était à peine s'il le notifiait. Il pouvait même dire que c'était malgré tout appréciable. Il voulait aussi rire avec Michiyo. Il voulait la voir sourire, la voir s'épanouir, comme ces roses qu'elle affectionne tant. Était-ce pour autant de l'amour ? Il n'en savait rien. Et il fallait le dire, ce n'était guère avec des paroles que vous parviendrez à expliquer ce sentiment. Et Nana était un tactile. Alors une idée germa. Une mauvaise idée pour quelqu'un de normalement constitué. Mais une tentation pour quelqu'un de son espèce. S'il se prenait une baffe, il l'aurait mérité. Enfin bon, que pouvait-il y faire ? Après tout, les mœurs humaines n'étaient pas les siennes, et les chains se trouvaient même l'entière opposé des humains. Davantage sans-gêne.

La demoiselle rompit le contact en s'approchant de l'oreille de Naaru. Son souffle alla se loger dans le cou du jeune homme. Alors, est-ce que son cœur accélérait ? Est-ce qu'il se sentait bien ? Leur discussion s'était terminé, et avait enchaîné sur le sucre. Son pire cauchemar. Mais il ne parvenait pas à extraire les dernières paroles de Michiyo. Pire, il ne voulait pas les oublier. Voir.

Une confidence, une gentille menace. La demoiselle lui souffla qu'il ferait bien d'être un peu moins moqueur s'il ne voulait pas finir entouré de sucre. Proches. Le garçon n'attendit pas une seconde de plus et saisit gentiment le bras de Michiyo avant de l'amener à lui. Il encaissa sa chute en la prenant dans ses bras et venant poser sa tête près de son cou. Il respira le parfum de la demoiselle. Elle était presque assise sur lui, et si elle le voulait, elle n'avait qu'à se relâcher un peu pour tomber sur les genoux pliés en tailleur de Naaru. Ce dernier avait passé ses bras autour du corps de Michiyo. Après tout, c'était un peu un enfant. Il demandait du réconfort. Il demandait l'apprentissage. Il voulait apprendre ce qu'était l'amour, même si ça lui faisait peur quelque part. Mais il était brusque. Toujours trop brusque. C'était aussi ce qui faisait son charme. Un jour, il dirait à l'élu de son cœur qu'il l'aime. Comme ça. Parce que Nana partage, et qu'il n'a pas besoin de choses qu'on ne peut pas partager. Il voulait ses réponses. Mais il fallait qu'il pose les questions.

-J'ai besoin de contact pour comprendre. J'espère que tu m'excuseras. Qu'est-ce que tu ressens ?

Il avait chuchoté, presque murmuré. Son souffle était régulier. Il sentait son cœur un peu accélérer. Mais c'était pour autre chose. Il était simplement heureux. Et son visage le montrait à qui voulait le voir. Mais il était caché parmi les cheveux bruns et bleus. C'était vraiment une couleur étrange. Mais une belle couleur. Comme le ciel.

Quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent de nouveau face à face, après l'apparition de la serveuse gérante. Et Michiyo lui avait proposé un morceau de pomme. Qu'il avait détourné trop facilement. Il parut presque vexé lorsque la demoiselle mangea le morceau en ponctuant par « ça en fait plus pour moi ». Pas marrante. Le sourire s'effaça un instant de son visage, avant de réapparaître bien assez vite. Elle allait abandonner maintenant ? Non, ce n'était pas vraiment son style. Ses explications le prouvaient sans trop de difficulté. Elles voulaient toujours avoir le dernier mot. Tout comme Nana. Ils allaient vraiment bien ensemble. Elle n'allait pas dévoiler ses tours maintenant ? Le chain ronchonna quelque peu en bombant ses joues. La patience, il ne l'aimait que quand elle l'arrangeait. Autant dire que ce n'était qu'à de rares occasions. Et encore aujourd'hui, ça le gênait. Attendre, attendre. Il n'était pas patient avec elle. C'est comme s'il était face à une bibliothèque ambulante, qui en plus souriait et ouvrait les pages des volumes qu'il demandait, sans qu'il n'ai à chercher. Il ne pouvait laisser passer cette occasion. Il ne pouvait manquer ce sourire. Ces rires. Même s'il n'était pas à l'aise avec les relations, il vouait un profond respect, une profonde empathie pour cette femme.

Puis, ce fut le silence entre eux deux. Si bien que Naaru posa son regard sur son repas et recommença à manger dans le silence. Autour d'eux pourtant, le bruit prenait place. C'était un brouhaha incessant. Lorsque le chain releva des yeux discrets vers la jeune demoiselle, il vit qu'elle était perdue dans ses pensées. Ou bien, elle fixait quelqu'un. Mais comme ce point se trouvait quelque part derrière lui, il ne songea pas à se retourner et continua son repas. Jusqu'à ce que... jusqu'à ce que Michiyo prenne un nouveau morceau de pomme et relève le regard sur le chain. Ce dernier osa l'observer et cette dernière enchaîna alors.

Naaru resta pantois. Sans pouvoir articuler le moindre mot, il continua de fixer Michiyo, la fourchette à mi-chemin entre sa bouche et son assiette. Il cligna deux fois des yeux avant de reposer la fourchette et son contenu sur le bord de l'assiette. Un cri ? Nana n'était pas quelqu'un d'idiot, et pour être le chain d'un Baskerville, il savait ce que ça sous-entendait. Un combat. Pourtant, Michiyo avait bien stipulée qu'elle n'avait pas son chain avec elle. Il ne voulait pas qu'elle le suive, mais que pouvait-elle effectuer, elle, sans son chain ? S'il ne devait pas faire de gestes héroïques, elle ne devait pas en faire non plus. Et même si elle l'ignorait, d'eux deux, c'était Nana le plus entraîné au combat. Sa nature même en témoignait. Alors si le cri se faisait percevoir, il la suivrait, que ce soit avec ou contre son gré. Son mutisme pouvait paraître étrange, c'est pourquoi il baissa les yeux, un air torturé sur le visage. Combien de temps pourrait-il encore tenir ainsi ? Sans se dévoiler... Peu. Le temps semblait s'acharner. Il ferait tout pour le contrer. Mais il verrait. Il protégerait Michiyo. De son air toujours aussi torturé, il songea à la réponse qu'il allait lui fournir. Il devait lui exprimer sa pensée, lui dire qu'elle ne devait pas non plus sauter sur le danger sans pouvoir se défendre. Les chains ne sont pas des êtres à prendre à la légère, surtout s'ils sont sous contrats illégaux. Il pouvait témoigner. Lui-même était devenu fou. Totalement fou. Les contrats illégaux étaient dangereux. Trop dangereux. Inspirant doucement, il sut qu'il ne pourrait pas s'exprimer librement sans qu'elle ne comprenne qu'il savait.

-Ok...

« Je te suivrai quand même de toute façon. » Il ne pouvait le dire. Mais il le pensait. La demoiselle passa alors à autre chose. Oui, cette histoire de pomme. Il l'avait totalement oubliée. Mais c’était trop dangereux. Trop dangereux de ne s'intéresser qu'au sucre. Qu'à ce quart de pomme. Cette insignifiante part. Les pommes n'étaient que des fruits. Il en avait déjà mangé. Des natures. Là, il y avait potentiellement du sucre rajouté. Mais ce n'était rien. Rien comparé à ce qu'il pouvait se passer. Alors, le chain mûrit une idée en l'espace d'une demi-seconde. C'était trop dangereux de laisser les choses telles qu'elles étaient. Il fronça les sourcils, le regard bas, avant de serrer les poings sous la table. Il décroisa aussitôt les pieds et posa sa main gauche sur la table comme pour se relever. C'est ce qu'il fit à moitié. Son pied droit se posa sur la chaise, perpendiculaire à son corps. Celui-ci se pencha alors sur la demoiselle, et la main droite de Naaru empoigna le poignet de Michiyo, alors qu'elle s'apprêtait à manger un nouveau morceau de pomme. La prise était forte. Pas suffisante pour briser des os, mais assez pour ressentir une gêne et faire manquer quelques passages de circulation du sang. C'était la poigne de Naaru. La vraie. D'un air sérieux, son visage afficha pourtant un doux regard. Il ne voulait pas l'effrayer. Simplement la mettre au courant, indirectement. Sans parvenir à comprendre le problème. Lui avait peur. Peur de ce changement qui s'effectuait chez de nombreuses personnes. La peur, la haine. Il ne supportait pas cette différence. Il était né comme ça. Avait probablement subit la mort. Comment de simples humains pouvaient donc être aussi violents ? Il ne demandait qu'un peu de reconnaissance. Qu'un peu de confiance. Que des bras où pouvoir connaître le réconfort, le vrai sourire. Et cette demoiselle les avait. Alors, il ne voulait pas la perdre. Peu importait sur la nature de ce sentiment. Il l'aimait. Et ce fait était irréfutable. La pression sur ce bras se fit encore un peu plus dur, et le chain baissa le regard, se pinçant la lèvre. Il approcha la main de la demoiselle à ses lèvres, et sentit cette odeur sucrée aiguiser ses sens. Son regard fusilla littéralement celui de la demoiselle. Il était un être changeant. Mais jamais, jamais il n'oubliait ceux qu'il avait croisé.

-Si je mange ce morceau, promets-moi que, quoiqu'il arrive, tu me verras toujours comme l'homme avec qui tu as parlé aujourd'hui.

Et avant de laisser la dame répondre, le chain avala le morceau de pomme. C'était beaucoup plus sucré que ce qu'il avait imaginé. Cette sensation entreprit de lui faire lâcher la main de Michiyo. Dégueulasse. Une affreuse sensation. Mais il l'avait fait. Il n'avait pas mâché. Mais il l'avait mangé malgré tout. Le morceau eut quelque mal à passer l'oesophage, ce qui lui fit considérablement mal, mais ce trouble passé, il se rassit et fixa la femme, décidé à entendre sa réponse.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   1st Octobre 2012, 06:50

Aussi longtemps que pouvait remonter les objets passés. Les souvenirs d’un monde antérieur, une vie avant la notre. Une vie qui en créa d’autres, encore et toujours. Le Monde avait un passé. Son passé. Celui-ci se rythmait au son des violons, des pianos, au son d’une musique. Dans les plus anciennes musiques, on pouvait se rappeler, doucement, la servitude. Le fait qu’un homme ait toujours été considéré inférieur face à un autre. Quoi qu’il arrive, le Monde. La Nature, ensemble. Avaient créé un état dans lequel, des individus étaient supérieurs en tout aux autres. Une autorité différente au fur et à mesure des millénaires, certes. Mais qui revenaient toujours à la même situation.
Dans un premier temps, on avait le droit à une autorité dite de pouvoir. Le plus fort avait le pouvoir sur les plus faibles. Les entrainant dans un tourbillon de servitude, de peur, de mort. La contrainte, la Force et la peur étaient les seules lois. La loi du plus fort. Généralement, le cas échéant ne changeait que rarement. La vie n’était pas calme tous les jours. Des pendus. Des cadavres. Des vies arrachées et des pleurs. Puis, une vendetta. Fin de la dictature, pour qu’une nouvelle. Sous un règne plus noir. Le rythme de Dante. Un violon rapide, noir, faisant craindre chacune de ses notes.
Heureusement, certaines villes savaient se soustraire à la règle du plus fort. Elles étaient plus anciennes et possédaient tout de même un être de connaissance. Là où aucune personne ne sait lire, ni écrire. Pourtant, cet être n’était pas la personne la plus importante du village. Non, le chef, pacifiste était généralement le sénior. Il avait la coutume derrière lui. Personne ne se souvenait avoir un jour contre dit ses ordres. A sa mort, la coutume désignait un nouveau dirigeant. Rien de plus difficile. Rien de moins facile.
Le dernier cas était le charisme d’une personne. La beauté d’une femme. La façon de parler d’un homme. L’intelligence d’un être. Qui forçait le respect des autres. Les plus grands dirigeants étaient des orateurs, c’étaient ainsi. La fonction la plus évoluée de la Société reposait sur ce principe. Elle n’était pas forcément très pacifiste. Mais n’était pas non plus œuvre de guerre. Certains individus avaient tendance à dire, que grâce à cette idée, jamais. Oh grand jamais. Notre société retomberait dans le premier cas, désormais obsolète.
Mensonge.

Naturellement, nous étions revenus vers le modèle le plus primitive possible. Le pouvoir. Toute personne possédant le pouvoir. Possède la loi. Actuellement, Michiyo, Naaru, Pandora, citoyens, contractants illégaux. Vivaient sous le joug d’un pouvoir clanique. Les maisons ducales avaient leurs pouvoirs. Faisaient ce qu’ils avaient envie. Décidées de qui était bon et qui était mauvais.
Ce qui amena Michiyo à la réponse suivante. La société qu’elle suivait été tombée très bas. Leurs ennemis, eux, paraissaient plus intelligents à force de servir un homme ayant certes de grands pouvoirs. Mais aussi un charisme fou d’après les dires.
Pourtant, une chose dans l’univers, surpassait largement le pouvoir clanique, et tous les autres. Les sentiments. Ils dictaient tout. De la naissance à la mort. Personne ne pouvait s’y soustraire, même en se sauvant. En se cachant dans une grotte. Ils ne suivent partout. Et apparemment le sentiment d’incompréhension se chargeait du sort actuel du jeune homme en face d’elle. Bon Dieu. Pourquoi devait-elle lui expliquer tout cela ? Michiyo avait soupiré une première fois. Jamais, elle n’aurait la capacité mentale de lui expliquer autant de chose. Elle n’était pas philosophe, ni même une encyclopédie vivante. A son grand damne, elle n’était qu’une humaine. Avec ses défauts toujours plus visibles et incapables que ses qualités.
Au début, son défaut de mauvais caractère et d’incapacité à comprendre correctement les autres dans une situation normale avait pris ses droits. Non, elle ne lui dirait rien. Il allait grandir. Le découvrir comme un adulte. Un adolescent qui découvre que son corps subit quelques changements et que celui d’une femme l’attire d’un coup. Que son cœur aussi a évolué au point de battre énormément pour une seule et unique personne.
Non, n’insiste pas. Je ne te dirais rien.
Puis, il lui avait fait ses yeux tristes. Un chat. Un bébé chat. Sa faiblesse était les animaux. En plus d’un volatile, elle cachait dans son appartement un chaton au pelage noir. Lui aussi lui faisait ses yeux tristes et doux lorsqu’il avait fait une bêtise et qu’elle le grondait.
Elle lui cédait. Au grand malheur de son Chain, elle ne lui disait rien. Lui qui était toujours maltraité.
Naaru, avait trouvé la solution. Des yeux tristes, puis doux. Avec des iris verts. Tout bonnement magnifiques.
Elle avait craqué. Adorable. Ce garçon était vraiment trop adorable.

Alors, elle lui avait raconté ce qu’elle pouvait lui dire sur le sujet. Ce n’était pas très clair. Souvent maladroit, elle en venait même à oublier sa syntaxe. Il avait toujours des questions très intéressantes et n’avait pas honte de les poser. Michiyo se faisait douce, essayant quoi qu’il arrive de lui répondre correctement. Du mieux qu’elle pouvait. Sans lui mentir. Etrangement, elle vint à se demander si elle était capable de lui mentir après tout. Habituellement, ses mensonges n’étaient pas très gros et concernaient son statut de contractante, ainsi que l’endroit où il se situait. Parfois même sur la nature de ses sentiments.
Mais avec lui, elle se sentait l’obligation d’être toujours franche. De tout faire pour qu’il se sente bien. C’était ainsi et ne pouvait s’en soustraire.
Le sourire de la demoiselle s’afficha juste légèrement, lorsqu’elle remarqua qu’il l’écoutait avec une grande attention. Elle avait l’impression d’avoir face à elle, un enfant qu’elle devait éduquer. Lui apprendre les choses de la vie. Elle avait l’impression d’être une maîtresse d’école. La situation devenait presque comique. C’est ainsi qu’elle lui expliqua que la définition n’était pas la même en fonction de la personne que l’on était. Pour Michiyo, c’était perdre tous ses moyens. Le laisser lui caresser les cheveux. Chose qu’elle a en horreur habituellement. Se laissait aller et même pleurer. Avoir envie d’être dans ses bras. Avoir besoin de son réconfort. Juste une oreille attentive lorsqu’elle en avait besoin. Une personne prête à l’écouter. Uniquement cela.

Naaru, quant à lui, avait certainement une autre définition de l’amour. Peut-être que lui, serait totalement diffèrent de la personne qu’elle avait au moment même en face d’elle. Lui seul le sait. Lui seul en gardait le secret. Comme tous les autres.
Puis vint le moment où elle mit des gestes sur ses paroles. Théoriquement, Michiyo n’était pas très tactile. Les accolades n’étaient pas pour elle. Ni les embrassades. Non, juste une poignée de main. Finalement, elle posa sa main froide sur le torse plutôt chaud du jeune homme. Le contraste de chaleur était étonnant quand même. Certes, il était vrai que la demoiselle avait toujours les mains froides. Quoi qu’elle fasse. Après, elle avait certainement l’impression qu’elles étaient plus froides parce que le torse du brun était chaud. Ou pas. La chaleur avait peut-être chuté d’un coup sans savoir pourquoi.
Ainsi, elle remarqua un frisson appartenant à son partenaire. Avait-il froid ? Peut-être…

Le plus étonnant fut le silence apparent que Naaru laissait planer après les paroles de la demoiselle. Elle n’avait pas dit clairement qu’elle voulait une réponse. Une suite à ses explications. Mais ne voulait pas non plus plomber la conversation et se termina sur un silence angélus. Ainsi, la jeune femme ne savait pas ce qu’il pensait. Elle vint à se demander si, il avait compris quelque chose. Ou au contraire rien compris. Ce qu’il en pensait. Ou, ce qu’il n’en pensait pas. Elle ne pouvait même pas dire, deviner ce qu’il en pensait. A ses yeux, il était bien trop imprévisible. Une légère peur s’était emparée de la demoiselle avait qu’elle ne rompt le contact. Court. Agréable.
Ce qui ne l’avait empêché de très vite reprendre ses esprits et de lui souffler dans la nuque en proliférant quelques menaces adorables. Bien-sûr, il était évident qu’elle ne lui ferait jamais de mal. Elle en était incapable. Etrangement incapable. Et que même, si elle lui disait cela, sa tarte aux pommes finirait obligatoirement dans son ventre à elle.

Alors qu’elle allait se lever doucement pour reprendre sa place d’origine et ainsi ne plus déranger les autres clients. Car en effet, ils avaient tous un âge bien supérieur à ceux des deux jeunes gens. Etaient quasiment tous mariés une fois, voire deux peut-être. Et ne partageaient quasiment plus rien, mis à part un amour platonique. De surcroit, voir deux enfants – car oui, à leurs yeux, Naaru et Michiyo n’étaient que des enfants- se toucher. Etre aussi proche. Ne leur plaisait pas. Ils voulaient manger tranquillement. Sans se douter une seule seconde, que derrière cette relation un tant soi peu tactile. Se trouvait deux individus qui se connaissaient à peine. Depuis quelques heures au plus.
Par conséquent, ne voulant pas plus les déranger que cela, elle se leva tranquillement. Sans s’attendre à ce qui se passa une demi-seconde après.

Le jeune homme qu’elle voulait quitter, l’attrapa gentiment par le bras. Croyant certainement qu’elle était toujours en sucre. Mais la surprise de Michiyo ne venait pas de là. Non, elle venait de la suite. De sa façon de l’attirer à lui. Alors qu’elle se sentait tomber, deux bras la retinrent. La demoiselle comprit rapidement que c’était ceux de Naaru. Un souffle dans sa nuque. Une tête dans son cou. Celle du jeune homme. Ses bras forts autours de sa taille. Une surprise.
La surprise se lisait grandement sur le visage de la demoiselle. Si on lui avait dit, qu’elle se retrouverait dans les bras d’un homme qu’elle ne connaissait que depuis quelques heures. A demi assise sur lui. Dans une position plutôt inconfortable. Jamais, elle ne l’aurait cru.
Pourtant, la scène se jouait devant les yeux ébahis des autres clients, et, elle était l’actrice principale. Allait-elle se souvenir de son texte ?

Des mots. Alors qu’elle était toujours surprise et loin. S’approchèrent de ses tympans. Une voix qu’elle connaissait parfaitement. La voix de l’homme qui la tenait dans ses bras. Il fallu quelques secondes à Michiyo. Dix précisément. Pour comprendre ce qu’il venait de dire. Au début, elle voulu lui demander de répéter. Mais son cerveau se décida à comprendre avait qu’elle ne se décide à poser la question. Chuchoté. Doucement. Lentement.
Bien-sûr qu’elle ne lui en voulait pas. Il n’y avait pas mort d’homme. Elle n’était juste, non, pas tactile. Et avait des difficultés à ne pas bouger. A réprimander cette envie de quitter les bras musclés qui l’entouraient. Il fini par lui demander ce qu’elle ressentait. Quelle question…
Elle ne le savait pas.

Le silence se prolongea quelque peu. Laissant à la demoiselle, le loisir de fermer les yeux et finalement, de bien vouloir profiter d’une étreinte. Décidant que sa position très peu accommodante lui faisait un peu mal. Elle se positionna doucement sur les jambes du jeune brun. Sans vouloir lui faire mal. Certes, sa petite taille, faisait qu’elle avait l’air d’une adolescente dans les bras de son frère ainé. Mais donnait l’incroyable qualité de ne pas être très lourde. Pourtant, elle ne faisait pas dix kilos non plus. Ce qui engendrait le fait de sa douceur. Sans douleur.
Ses bras se dégagèrent de ceux du jeune homme, pour venir entourer la nuque de celui-ci. Caressant de sa main droite, machinalement, ses cheveux bruns. Penchant délicatement sa tête dans le cou de celui-ci, précisément à son oreille. Pour lui faire cette confidence. Cette demande.

« Ne rompt pas tout de suite. S’il te plait... »

La fin de sa phrase se contenta de mourir doucement dans sa gorge. Loin dans ses habitudes de réclamer ainsi. Mais le contact, mûrement réfléchi n’était pas désagréable. Mettant de côté son goût pour l’anti tactile prononcé. La demande de Naaru avait été muettement acceptée. Elle ne pouvait lui dire non. Cherchant ses mots. Pour une fois, ses joues n’avaient pas pris cette couleur carmin. Mais son cœur avait raté un battement. Voire plusieurs. Il avait même battu beaucoup plus vite juste après.

« Je ressens la chaleur de ton corps. Les battements de ton cœur. La douceur, mais pourtant dureté de tes bras. Certes, je ressens aussi une certaine gêne inexplicable. Ton souffle chaud. Et, je ressens un certain bonheur d’être dans cette position. »

Encore des explications floues, mais, elle ne savait pas trop comment définir ce qu’elle ressentait. Elle avait bien compris que la chaleur de son corps avait remonté de quelques degrés d’un coup. Qu’elle c’était laissé adoucir par des gestes tendres. Qu’elle se sentait étrangement bien dans ses bras. Comme protégée…Comme ci elle pouvait vraiment lui faire confiance. Se confier à lui sans retenu. Comme elle le faisait déjà, en quelque sorte.

« Et toi, que ressens tu ? »

Un raclement de gorge. Une réaction.
Le visage de Michiyo quitta doucement l’endroit où il se tenait caché. Des yeux bleus se firent remarquer une nouvelle fois. Fixant la femme qui venait les servir. Un faciès calme s’afficha sur le visage de la demoiselle avant qu’elle ne se lève à contre cœur. Son regard se plongea une nouvelle fois dans celui du jeune homme. Elle s’approcha au maximum. Pour que leurs souffles puissent se mélanger. Puis s’arrêta. Et prononça un unique mot.

« Merci. »

Puis retourna à sa place. Reprenant une conversation plus simpliste que l’ancienne. Le sucre. Elle n’en démordait pas. Bon, elle avait dit bien plus tôt qu’elle ne voulait pas le forcer. Mais tout de même, ce n’était que de la pomme. Personne ne détestait la pomme. Après, les goûts, restaient les goûts. Et son goût actuel n’était pas le meilleur. Elle était juste trop concentrée sur quelque chose. Ses yeux suivaient sans relâche cet homme. Ses cheveux gras. Ses yeux perdus et fous. Ce contractant.
Une vérité. Prévention.
Demoiselle Konoe lui avait simplement expliqué qu’elle partirait lorsqu’un cri se ferait entendre. C’était son travail. Son danger. Elle ne voulait pas l’avouer. Parce que Naaru n’avait pas à se retrouver dans cette situation. Mais, elle avait peur. Bien trop peur. Sa jambe gauche tremblait sous la table. Jamais elle ne savait à l’avance sur quel type de Chain elle pouvait tomber. Si ses deux lames allaient suffire. Si Michael allait entendre son appel à l’aide. Une peur sans nom. Indéfinissable. Comme ce qui les reliait Naaru et elle.

Ses yeux bleus s’étaient quelque peu noircis. Elle avait peur. Peur de mourir. De sur quoi elle allait tomber. Peur de voir la Mort dans son plus simple appareil. Peur de ne pas pouvoir tenir la promesse qu’ils s’étaient fait. Se revoir. Elle le voulait. Ardemment. Si, en cas de danger. Elle se devait d’être la première à tomber dans l’Abysse. Ses pensées iraient certainement vers cette promesse. Elle voulait la tenir. Ferait ce qu’il est possible de faire pour minimiser les dégâts. Le protéger au cas où il se prendrait pour le héro. Elle était le membre de Pandora. Il était le citoyen normal. Ainsi soit-il.
Tapotant nerveusement des ongles sur le cristal de son verre. Elle avait abandonné depuis un petit moment déjà son repas au profit de son verre d’eau. Son visage ayant repris son faciès habituel. Déserté de tout sourire. Même la présence du jeune homme à ses côtés n’était plus la meilleure des choses.
Non.
Elle n’avait pas peur pour elle.
Mais pour lui.
Un sursaut. Le sien. Alors qu’il avait simplement prononcé un ok. Ses pensées étaient tellement profondes qu’elle avait oublié de rester dans le monde normal. Il devait la prendre pour une folle. Mais bon dieu, ce qu’elle avait pu avoir peur. Se concentrer Michiyo. Ne pas oublier dans quelle galère tu vas t’impliquer dans deux minutes trente, vingt neuf, vingt huit.
Elle le savait, elle pouvait continuer à compter jusqu’à la fin. Rare était les fois où elle se trompait sur un contractant. Rare était les fois où un corps – anciennement- humain, gisait sur le sol à son arrivée. Ouvrant la bouche, elle prit une profonde respiration. Baissant les yeux.

« Ce n’est pas à toi de voir les horreurs qui se trouveront sur le sol après le passage de cet habitant de l’Abysse. »

Michiyo ne voulait aucune réponse. Elle avait dit cela comme une mise en garde. Qu’il ne devait pas voir les horreurs que pouvaient commettre les Chains des illégaux. Personne ne devrait subir ce genre de vision. Mais il fallait bien des nettoyeurs. Les membres de Pandora étaient là pour ça. Nettoyer les restes. Présenter leurs condoléances et sombrer. Peu à peu. Beaucoup d’entre eux, les premières années ne restaient pas très longtemps. Suicide. Meurtre. Internement. Ils étaient tenus au secret. Un secret trop lourd.
La première année, la demoiselle aux yeux bleus avait, elle aussi failli céder et ne plus s’en sortir. Ce qu’elle voyait n’était pas supportable. Les souvenirs et rêves des contractants n’y étaient pas plus… Dès que l’un d’entre nous entre en contact avec le Monde Abyssal, la Folie l’attend au tournant. Personne ne pouvait s’en détourner.

Ses iris bleus se posèrent lentement sur la main de Naaru, désormais appuyée sur la table. Comptait-il partir ? Non. Il se releva en prenant appui sur la table et la chaise en même temps. S’approchant de Michiyo. Cette même Michi qui s’était remise à manger. Il allait lui voler son morceau. Son poignet refusa subitement de continuer son chemin. S’arrêtant brutalement. Un poids. Le brun venait de lui attrapa la main, sans délicatesse. Bloquant tout mouvement.
Sans s’en rendre compte, le regard de la demoiselle était devenu plus dur et arqua les sourcils. Elle avait faim. Allait subir un combat dans une minute. Pourquoi n’avait-elle pas le droit de se nourrir convenablement ? La surprise fut le regard de Naaru. Certes, il y avait de la douceur. Mais beaucoup plus de sérieux.
Adulte.
Autant, quelques temps plus tôt, elle l’avait qualifié d’enfant. Désormais, il était un adulte. Un bel adulte.
Michiyo essaya de supporter ce regard. Ne pas baisser les yeux. Ne pas être gênée. Le regarder droit dans les yeux. Vouloir comprendre ce qu’il voulait. Le déchiffrer une fois pour toute. Découvrir ses secrets les plus profonds.
Sa main approchait doucement de la bouche de Naaru sans pouvoir être contrôlée par l’être à qui elle était attachée. Michiyo ne pouvait faire face à la force du jeune homme. Mais avait très bien compris. Allait-il vraiment manger son morceau sans plus de préambule ? Le fourbe.
Néanmoins, il se justifia. Lui demandant de promettre que si, il mangeait SON morceau de pomme. Elle le verrait toujours comme l’homme avec qui elle avait eu de telles discussions. Quel idiot il faisait. Bien évidemment qu’elle le verrait toujours comme l’homme qu’il était. Michiyo changeait très peu d’avis. Restait toujours sur ses positions. Certes, on avait beau lui dire qu’uniquement les idiots ne changeaient pas d’avis. Elle était peut-être idiote. Mais Naaru avait fait bonne impression. Donc, elle ne voyait pas pourquoi, elle le verrait autrement.
Un léger soupir se fit entendre. Lorsque son morceau de pomme fut avalée sans aucune chance de survis. Si à chaque fois qu’il voulait lui faire promettre quelque chose, il mangeait une de ses parts. La demoiselle aurait toujours aussi faim au bout du compte.

Trente trois secondes.
Sa main fut enfin libérée. Laissant tomber sa cuillère. Vingt secondes. Le temps était compté. Mais la demoiselle eut beaucoup de difficultés à retenir un rire. Un rire franc. Devant l’absurdité d’un tel geste. Non, pas de la proposition. Juste du geste.

« Même si tu n’avais pas fait ça. Même si je ne comprends pas pourquoi tu me le fais promettre. Oui, je te le promets Naaru, que je ne pourrai jamais te voir différemment. »

Dix secondes.
Michiyo se baissa pour prendre deux choses dans son sac. La première étant de l’argent. La somme qu’elle devait pour son demi-repas moins un morceau. Les pièces tintèrent au contact de la table. Le second fut un paquet de deux livres. Très vieux. Un peu abimés même. Mais qui promettaient de nombreux secrets. Offrande à Naaru, avec un sourire pâle. Peureux même. Ses nerfs étaient déjà à vifs.
Zero.
Le bruit tant attendu fit son entrée. Un double même. Les victimes étaient certainement un couple. L’effroi était présent. A quoi pouvait donc bien ressembler ce Chain pour autant de peur ? La demoiselle se leva de sa chaise. Comme promis. De sa main gauche, s’assura qu’elle avait au moins ses armes sur elle. Gratifia le jeune homme d’un sourire qui se voulait rassurant malgré la peur qui lui tenait les tripes en otage.

« N’oublie pas que tu m’as fais une promesse Naaru. »

Des dernières paroles qui n’existaient uniquement que pour la rassurer elle-même. Des pas qui se voulaient rapide pour ne pas avoir à attendre d’autres paroles. Délaissant son sac par la même occasion. Laissant tinter les perles.
Trois enjambées et elle fut dehors. A sa grande incompréhension, le ciel avait complètement changé. Le bleu de la journée avait laissé place à un gris-noir. Le soleil n’était plus présent. La chaleur avait fait éclater un orage silencieux. La pluie battait son plein. Rapidement, les cheveux de la demoiselle furent mouillés. Ses vêtements lui collèrent à la peau. Suivant les traces de sang sur le sol. Le constat fut rapide et sans conteste.
Ils étaient morts.
Un homme, une femme, d’âge mure. Etendu sur le sol. Une quantité incroyable de sang, lessivé par la pluie. Une pluie qui ne voulait pas que le Monde entier puisse voir ce qu’il venait se passer. Une pluie qui n’était là que pour garder un secret.

Un mouvement.

Face à elle. Pourquoi ne l’avait-elle pas remarqué plus tôt ? Deux orbes rouges. Non quatre. Encore moins, six. Des crocs brillants. Une taille gigantesque. Un pelage noir qui se fondait dans la noirceur de la nuit.
Michiyo Konoe en resta bouché bé. Le Chain ressemblait très portrait au Cerbère, gardien des enfers dans la mythologie grecque. Connaissance qu’elle avait apprise dans les livres que possédait désormais Naaru.
Trois têtes, un corps immense. Il détruisait tout sur son passage. Mais venait de remarquer la demoiselle. A ses pieds se trouvait son contractant. Il suffisait d’un coup. Un seul. L’une des pattes le protégeait. La chose ne serait pas une mince à faire.

Un morceau de toit. L’évitant avec chance, la demoiselle décida de se cacher derrière ce qui était auparavant un mur porteur. Il lui fallait une stratégie.. Aussi bénigne soit-elle.
Un coup de trop. Même caché, un coup de griffe venait de lui lacérer les flans. L’enfoiré.
Posant sa main droite sur la blessure, elle essaya de calmer le flot de sang. Ne pas se laisser à la douleur. Avec une seule lame. Elle pourrait tuer le contractant. Les chances étant minces. Michiyo se concentra longuement sur son attaque. L’angle à prendre.

« Viens ici jeune fille. Je ne te ferai aucun mal.
-Non, son âme sent l’Abysse à plein nez. Tuons-la rapidement »

Michiyo Konoe, bien trop concentré sur le débat qui se jouait sur sa petite personne. L’eau et son sang qui se mélangeaient pour ne faire qu’un. Le Chain n’avait pas l’air de l’avoir vu, était-il possible qu’il se dirige uniquement à l’odeur d’une âme ? Oubliant la première règle : Faire attention à son environnement. Le danger venait désormais, d’ailleurs.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   6th Octobre 2012, 12:23

Cette chaleur émanait si naturellement des humains. Les bras de Naaru se resserrèrent sur le corps de la demoiselle. Il laissa filtrer quelques sentiments sur son visage, plongé dans le cou de Michiyo. Une légère rougeur. Très légère, mais qui ne témoignait pas de la gêne. Simplement une impression de joie. D'apaisement. Comme un petit garçon réjouit de voir venir sa mère. Ou quelque chose du même genre. Il ne savait vraiment pas où se placer sur ses sentiments. Il voulait connaître ceux de cette femme. Peu importe la nature de ces derniers. Comprendre, témoigner. Il soupira de contentement avant de fermer les yeux. La chaleur des bras d'une femme. Sans doute était-ce cela qu'il recherchait chez Myaw. Un peu de réconfort, peut-être de l'amour maternel. Rien qu'une relation comme ça, basée sur la confiance, l'envie d'être ensemble, sans en faire trop. Recevoir des mots doux, s'étreindre gentiment, sentir qu'il y a quelqu'un au monde qui pense vraiment à toi. Le jeune homme se sentait en sécurité, même si c'était lui qui entourait ceux de la demoiselle. Son environnement n'avait plus d'importance, tant qu'elle, elle était là.

Les yeux clos, blotti dans son cou albâtre, le chain pensait la réponse de Michiyo. Qu'allait-elle bien pouvoir lui répondre ? Il redouta un peu la réponse, juste un peu. Puis, le dame dégagea ses bras pour les mettre autour du cou de Naaru. Ce dernier manqua un battement sous la surprise, et rouvrit ses yeux, sans bouger d'un quart de centimètres. S'il était un homme très extraverti, parfois, il avait du mal à réagir à certains gestes. Et celui-là en faisait parti. Bénin mais significatif. Ses yeux ne clignèrent plus jusqu'à sentir le souffle chaud de la demoiselle près de son oreille, afin de lui murmurer les mots qu'il voulait certainement attendre. Contact, il était tactile, et pourtant il s'étonnait de la réaction de Michiyo. Tout était question d'habitude. Et il trouvait que c'était une bonne habitude à prendre.

Ne t'en vas pas. Pas tout de suite. Reste encore un peu comme ça. La poigne se resserra une peu plus sur la demoiselle, comme un étau protecteur. Pourtant, c'était lui qui avait l'impression d'être protégé. Alors que rien ne le menaçait.il ne comprenait pas ses sentiments. Il voulait l'avoir près d'elle. Juste pour rire, la voir sourire et continuer à en savoir un peu plus sur elle. Pouvoir avoir du répondant, la défendre et sûrement d'autres choses. Être capable de dire « je la connais » et pas seulement se côtoyer en tant qu'inconnu. Un peu plus que des amis. Une relation privilégiée. Rien qu'une intimité entre eux. C'est tout ce qu'il demandait. Pouvoir l'étreindre. Et sentir son regard. Il ne dit rien, se contenta d'apprécier le moment. Elle n'avait toujours pas répondu à sa vraie question. Mais maintenant, ça ne lui importait plus. Plus rien. Sa réponse, il l'avait eu. Et il ne voulait plus rien d'autre que profiter. Comme un petit garçon.

Ce silence continua. Naaru pouvait sentir ses battements de cœur dans sa poitrine. Boum, Boum, ils prenaient un rythme régulier. C'était un peu plus rapide que d'habitude, mais pas suffisamment encore. Ce n'était pas non plus cette adrénaline qu'il ressentait en combat. Quelque chose d'autre. Un grand bien. Son souffle était profond et lent, ce qui contribuait à l'essouffler plus que d'ordinaire. Mais ça ne le gênait pas. Il ne bougeait plus. Restait simplement dans cette position pourtant un peu inconfortable.

*Dis, est-ce que tu tiens à moi ?*

Il voulait à nouveau lui poser une question. Décidément, il se trouvait trop, beaucoup trop curieux. En général, c'est à lui qu'on posait les questions. Il racontait sa vie, mais jamais au grand jamais il ne voulait connaître la vie de l'autre. Et actuellement... actuellement, il se fichait de sa vie et voulait tout savoir de Michiyo. Comprendre ses moindres gestes. Voilà tout. Il l'entend parler. Puis écoute, les yeux toujours clos.

Un sourire vint se déposer sur les fines lèvres du chain. Il était satisfait. Satisfait de cette réponse, ô combien complète. Ce qu'elle ressentait. De la gêne ? Ce n'était pas vraiment la même chose pour Naaru. Quelque chose d'autre, un bien-être intérieur. Troublant mais magique. Pour une simple étreinte. Il devait être devenu bien idiot pour accorder autant d'importance à une chose si insignifiante. Mais c'était quelque chose de différent avec Michiyo. Peut-être parce que c’était une femme. Simplement pour ça. Ça pouvait faire toute la différence pourtant. Les membres étaient plus fins, plus doux. Et puis, il sentait qu'il l'aimait bien. Et ça, ça faisait toute la différence. Son sourire restait le même jusqu'à la fin. Le bonheur. Elle aussi, elle en avait pris conscience. Et maintenant, c'était aussi le bonheur de savoir ses sentiments partagés. Quelque peu ambigu, mais bien présents. Le chain continua de se plonger dans un mutisme sans faille. Il n'attendait pas qu'elle parle. Il ne voulait pas voir ce moment se terminer. Juste continuer comme ça. Comme un petit rêve. Rien de bien compliqué.

Un raclement de gorge parut. La demoiselle se leva, remercia Naaru pour cet instant, et repartit se mettre à sa place. La serveuse venait donner les plats. Et pourtant, le chain était encore subjugué. Là... là, juste avant cet instant de séparation, elle lui avait posé une question. Drôle de question, mais question qu'il lui avait lui même posé. Il ne s'attendait pas à ce qu'on le la lui retourne. Alors, son regard se posa sur son repas, si bien préparé. Non, il n'était pas préparé à dire ce que lui il ressentait. Parce qu'il ne savait pas. On ne le lui avait jamais demandé. C'était un chain, il n'éprouvait pas comme les autres humains, ne voyait pas les mots de la même façon qu'eux. Ce qu'il avait ressenti ? Il ne pouvait pas répondre. Et, lentement, il sentit une chaleur monter jusqu'à son visage. Une chaleur si forte, si vive qu'il lui fallut y apposer ses mains pour se rafraîchir. Qu'étais-ce ? Il ne put relever le regard vers Michiyo. Et c'est en marmonnant à moitié dans sa main qu'il finit par répondre, encore déstabilisé.

-Ton parfum. Il est apaisant.

Deux uniques phrases. Une gêne trop mal cachée. Il attendit que son visage reprenne une couleur plus mat avant de reposer un regard hésitant sur celui de Michiyo. C'était l'une des premières fois où le jeune chain ne parvenait pas à s'exprimer clairement. Sans doute parce qu'on lui posait pour la première fois ce genre de questions. Et il avait du mal à encaisser comme il le faisait en temps normal, avec une attitude parfois trop décontractée.

Et puis, la discussion est repartie de plus belle. Simpliste, mais qui eu pour effet de redonner à Naaru cette candeur naturelle, ces sourires échangés. Et puis, Michiyo finit par le prévenir, avec un certaine mise en garde, qu'elle était sur le point de partir, dans tous les cas. Naaru avait dû s'y résoudre, écouter gentiment ce que lui proposait la demoiselle, à savoir ne pas bouger. Il lui avait répondu officiellement qu'il ne se mêlerai pas assez, sans beaucoup de volonté. Officieusement, il serait le premier à suivre Michiyo si jamais elle en venait à devoir affronter un chain. Puisqu'il en était un aussi. Son échine frissonna au moment où elle lui dit qu'il n'avait pas à voir les horreurs laissées par les habitants de l'Abysse. Il voulut répliquer. Lui dire qu'il les connaissait pourtant mieux que quiconque. Que l'Abysse elle-même, il la voyait souvent. Trop souvent peut-être. Il se demandait même comment Michiyo faisait pour ne pas sentir son odeur à lui, son odeur de chain, alors qu'elle voyait parfaitement le contractant illégal derrière lui. Enfin, il sentait plutôt cette odeur d'Abysse. Au début, il n'y avait pas fait attention, mais il fallait croire que le chain voulait à présent sortir. Il sut que la jeune demoiselle n'allait pas tarder. Quand exactement, il ne pouvait pas le dire. Mais il ne faisait aucune doute que ça ne tarderai pas.

Ça ne tarderai pas...

Il fallait qu'un jour ou l'autre il lui dise. Toute la vérité. Rien qu'à elle. Michiyo avait l'air tellement honnête... Naaru avait l'impression de la trahir. Et quelque part, ça le faisait souffrir. Elle ne méritait pas ça. Et que penserait-elle si elle l'apprenait d'un seul coup ? Il ne voulait pas parier sur ses chances de s'en sortir en happy end. Alors, il fallait lui faire comprendre d'une manière ou d'une autre qu'il était toujours Naaru Irwin. Et que peu importe son apparence, il ne s’attaquerait jamais au grand jamais à elle. Il lui vouait un nouveau respect, quelque peu identique à celui de Finn. Comme une relation de chain à maître. Même si, paradoxalement, il ne la considérait pas comme sa maîtresse. Et il était tout à fait légitime de penser ainsi. Alors, il se pencha sur la demoiselle et mangea le morceau de pomme après lui avoir promis qu'il serait toujours le même, et qu'elle se devait de le considérer comme tel. Comme ce qu'ils avaient vécus aujourd'hui. Le même.

Puis, elle éclata de rire, laissant penaud le chain. Il était sérieux. Vraiment sérieux. Et elle le prenait à la rigolade. C'était un peu blessant, et malgré toute sa volonté pour ne pas l'afficher, il se mordit la lèvre inférieure. Puis, vint le temps des explications. Rapides mais concrètes, Naaru écouta avec attention. Elle avait promis. Promis qu'elle ne le verrait jamais autrement que ce qu'il était. Elle ne comprenait pas. Fallait-il le lui dire maintenant ? Alors qu'ils étaient aussi proches, aussi heureux l'un et l'autre ? C’était gâcher l'instant. Et il ignorait comment cela se passerait dans le futur. Il ne voulait pas voir le visage de Michiyo changer. Pas celui-là aussi. Il voulut lui faire un nouveau câlin. Rien qu'un seul. Peut-être le dernier, qui sait. Mais celui-là. Michiyo chercha des choses dans son sac. Elle en ressortit de la monnaie, et puis les deux vieux livres. L'espace d'un instant, les yeux du chain s'illuminèrent. Mais il compris bien vite ce que cela sous-entendait.

Deux cris.

La totalité du restaurant se tourna dans la direction de la source. Naaru compris. Il entendit une chaise crisser devant lui, se tourna alors dans cette direction et vu un éclair bleu passer devant lui, pour seules paroles qu'un rappel de promesse. Le chain ouvrit la bouche, se tourna, la referma. Elle avait déjà disparue en-dehors du magasin. Alors, il croisa les bras, fixant furieusement son assiette vide. D'un air si furieux qu'il était presque dangereux de le regarder. Si furieux qu'il devait se contenir pour ne pas laisser exploser sa forme de chain. Il avait fait cette promesse. Il l'avait prononcé à voix haute. Et elle l'avait entendue. Lui aussi avait fait promettre quelque chose à Michiyo. Et elle lui avait répondu. Allait-elle briser cette promesse, comme lui s'apprêtait à le faire ? Promesse. Ce seul mot empêchait Naaru de sortir. Cette chose qui le pétrifiait comme jamais auparavant il ne l'avait été. Il ferma les yeux, contenant sa rage. Puis, lorsqu'il les rouvrit, il se leva, manquant de faire tomber sa chaise et sortit sans payer, laissant les livres là où ils étaient. Il reviendrait ici, pour sûr. Et ce n'était pas juste une promesse. La serveuse manqua de l'attraper par le bras, mais n'eut guère le temps. Dehors, le chain fut instantanément mouillé de la tête aux pieds. Il jeta un coup d’œil à droite, puis à gauche, se rendant compte que la population avait largement diminuée en quelques minutes, heures peut-être. Le décor avait radicalement changé. La pluie était battante, et on n'y voyait pas à 30 mètres. Naaru s'engouffra alors sur sa droite, sentant l'Abysse au loin.

Finalement, lorsqu'il arriva, il dû plisser les yeux pour apercevoir le chain, là-bas, plutôt éloigné de sa position. Un grand molosse, de certainement plusieurs mètres. Et au pied, le contractant. Ce contractant que Michiyo avait certainement dû voir. Mais il y avait quelque chose de plus alarmant. Naaru ne percevait pas du tout la demoiselle. Sans doute était-elle cachée. Mais était-elle pour autant à l'abri ? Certaines chains savaient très bien repérer les humains. Sans doute celui-ci en faisait-il parti. Il n'avait pas été repéré, et pour cause était bien loin de ce pseudo-combat. La pluie faisait l'effet d'un sacré brouillard, et c'est avec cet avantage que Naaru se fondit dans la rue principale, collé aux murs des maisons, caché par leurs ombres gigantesques. Il avait l'odeur d'un chain mêlé à celui d'un humain. C'est ce pourquoi il allait être difficile à cet autre chain de le démasquer. Inspirant profondément, il se fraya un passage silencieux jusqu'à observer le corps de deux personnes sur le sol. 5 secondes lui suffirent pour comprendre qu'aucun d'entre eux n'appartenait à Michiyo. Sans doute la source de deux cris. Triste fin. Que malgré lui Naaru avait connu sans vouloir s'en rappeler. Il continua de serrer les poings. Puis, il y eut un bruit de combat. Il se rapprocha de la source.

Et il la vit, enfin. Blottie là, contre un mur porteur. Il s'approcha discrètement, mais tant et si bien qu'il finit par voir la blessure sur sa hanche. Elle saignait, et la pluie ne devait pas l'enchanter plus que ça. Alors il n'attendit pas plus longtemps et parvint aux côtés de la demoiselle très rapidement, avec un air de paniqué sur le visage.

-Michiyo, tu... tu es blessée !

Non, il ne jouait pas l'innocent. Il savait très bien qui en était la source, il savait aussi qu'il ne tarderait pas à attaquer, et le pire de tout, il s'en faisait beaucoup sur Michiyo. Son regard se tourna alors d'un seul coup vers le chain un peu plus loin. Il avait dû parler trop fort. Et ce dernier se dirigeait à présent vers eux deux. Il ne fallait pas rester là... quelqu'un se chargerait de tout ça. Il ne pouvait pas la laisser risquer sa peau alors qu'elle avait tellement l'air de lutter. Mais lui ne voulait pas se dévoiler. Alors ils devaient fuir. Maintenant, tout de suite. Un grognement se fit paraître, bien trop proche. Ils n'eurent pas le temps de parler. Une taule d'environ trois ou quatre mètres de large tomba brusquement sur eux. Mais c'est alors que le pouvoir du chain s'emballa par pur réflexe d'auto-protection. Auto-protection qu'il attacha aussi à celui de la demoiselle. Il la prit instinctivement dans ses bras et ferma les yeux tandis qu'en un temps record ses cheveux prenaient une teinte neigeuse, et ses yeux la couleur du sang. La tôle se dématérialisa alors complètement autour d'eux, laissant un trou profond et du métal encore en fusion disposé en cercle parfait. Lorsqu'il ouvrit les yeux, il se rendit compte de son erreur. De son réflexe. Il ne put sortir aucun mot. Rien ne pouvait justifier son geste. Rien, absolument rien. C'était une erreur. Il ne voulait pas faire face à [i]son[i] regard. C'était une peur profonde, peut-être encore plus que celle qu'il s'était attendu. « Ne me juge pas ». Alors, il se releva bien rapidement, trop rapidement, et ne jeta pas un seul regard à la demoiselle. Il fallait régler son compte à ce chain face à lui, et il n'y avait pas de pitié. Son regard était dur, bien plus dur qu'avant. Et surtout, il sentait l'Abysse à plein nez.

Il ne voulait pas s'excuser. Pourtant, il avait commis une grave erreur. Mais il n'avait plus les mots pour.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   13th Octobre 2012, 10:19

Il arrive parfois que l’on oublie qui l’on est. Que l’on se sache derrière une façade fade et sans plus d’intérêt. On s’arrange pour ne plus souffrir. Ne plus rire. Ne plus aimer. Juste être dans son monde. Une bulle. Une bulle de savon aussi dure que du béton. Ce même béton qui verra naître et mourir nos larmes. Qui verra nos sourires s’effacer lentement, parce qu’à nos yeux, ils n’ont pas lieux d’être. Parce que l’on a d’autres soucis à gérer. D’autres rires à voir naître. D’autres larmes à voir couler. On préfère écouter les autres individus. Les plaintes muettes, les cris de déceptions. Que de se faire écouter. Nous savons vivre, bien évidemment. Mais d’une manière différente de celle d’avant. Nous sommes nous, mais dans une autre facette. Parfois, cela ne dure qu’un temps. Celui de quelques paroles, quelques notes. D’autres fois, le temps d’une chanson entière, d’un récit, voire même d’une vie. Cela perdure au fil des années. Pour nous laisser tomber au loin. Et on finit par se réveiller. On ouvre les yeux une nouvelle fois. Les sentiments qui nous poursuivaient, que l'on repoussait indéniablement sans faillir, font de nouveau surface. Ils sont tout simplement heureux ces individus. Heureux de sortir d’une torpeur, d’une vie fade et sans intérêt.
A cause de quoi ? Plutôt grâce à quoi ?

Un sourire. Un unique sourire. Une personne qui s’est approchée. Elle n’avait pas besoin de parler. Au plus profond d’elle. Elle le savait que ca n’allait pas. Son esprit avait entendu vos plaintes, vos murmures, vos supplices. Sans demander son reste, elle vous offre quelque chose et part. Une personne que l’on croise dans la rue, que l’on ne reverra jamais. Cela peut aussi être un voisin discret que vous intimidez. Un ami qui veut vous aider. Une promesse que vous offre une connaissance pleine de vie. Une lumière dans cet instant. Vous savez pertinemment que vous n’êtes pas dépressif, vous avez juste besoin d’une main tendue, même l’espace de quelques secondes. De douces paroles, juste quelques mots.
Un rayon de soleil. Voilà la définition parfaite. Cet individu est un rayon de soleil.

La demoiselle aux yeux bleus pouvait affirmer mainte et mainte fois sans permettre qu’une personne la conteste, que Naaru. Oui, le jeune homme avec elle, était un rayon de soleil. Ce sourire qu’il offrait gratuitement, sans jamais demander plus. Pouvait soigner toutes ces personnes sans surplus. Certes, elle n’était pas dans sa période « bulle de fer ». Mais, les sourires chaleureux que lui offrait le brun lui faisaient du bien. Tout au fond de son être. Il lui en faudrait beaucoup pour l’avouer. Des centaines d’heures de torture peut-être. Mais Naaru avait su faire grandir en elle, une chaleur. Un bien être sans précédent.

Certes, sentir le corps du jeune homme contre le sien. Ses bras autours de sa taille, pouvait y être pour beaucoup dans ce soudain coup de chaleur. Mais ce n’était qu’un mélange. Un mélange agréable qu’elle pouvait ressentir. Le souffle court, mais rapide de son camarade. Ses cheveux lui caresser le visage et le cou. Elle voulait avoir la prétention de le serrer un peu plus fort. De le garder pour elle. Jalousement. Quelques minutes de plus. Des heures même si elle le pouvait. Renforcer cette étreinte et cette confiance mutuelle, jusqu’à l’impossible. Jusqu’au moment où les liens ne pourraient plus ressentir de pression plus forte. Elle était égoïste. Égoïste au point de lui demander de ne pas la lâcher. De le prendre elle-même dans ses bras. Ses bras fins. Et de serrer doucement. De lui caresser les cheveux. De profiter de sa chaleur encore quelques secondes.
Rapidement, elle avait oublié le monde extérieur. Rapidement, la seule chose importante était Naaru. Les menaces, les rires, les regards. Tout. Tout avait disparu dans les méandres de ses souvenirs. Pour en profiter un maximum.

Ses mains caressaient machinalement les cheveux du jeune homme. Comme pour le rassurer. Comme on frotte gentiment la tête d’un enfant lorsqu’il pleure. Comme ci, elle ressentait le besoin de s’occuper de lui. De le rendre heureux. De chasser de son esprit le moindre mal. Les soucis du quotidien. Lui rappeler qu’il n’a pas le droit d’être triste. D’avoir de remords. Qu’il se devait de continuer à être lui-même. Tous ces mots dans une unique caresse. Les gestes sont souvent beaucoup plus expressifs que les paroles. C’était un fait.

Ce n’était pas dans ses habitudes pourtant, de vouloir s’occuper d’autrui ainsi. Généralement, elle lui aurait tenu la conversation quelques minutes tout au plus. Savoir qui il était. En intégrer le plus sur sa personne et ainsi pouvoir disposer d’armes en cas de litige. Que nenni, aujourd’hui, tout ce qu’elle voulait. C’était passer du temps avec lui. Elle s’était surprise même. Une surprise inhabituelle. Jamais, au grand damne jamais, elle n’aurait pris la peine de demander à quelqu’un de lui promettre quelque chose. Voire même de promettre elle-même. Les promesses, étaient faites pour ne pas être tenues. Ce n’est qu’ainsi qu’elles peuvent apparaître au grand jour. Sinon, elles sont invisibles. N’ont pas vraiment d’utilités. Sauf qu’à ce moment précis. La promesse se devait d’être tenue. Michiyo s’en fichait des autres individus. Qu’il puisse entendre ce « tu me l’avais promis ». Ces mots n’étaient que pour eux deux. Ils se devaient d’y rester. Sans jamais n’être brisés.

Puis, finalement, elle lui avait répondu. Avec autant de sincérité que possible. Elle avait l’habitude de le dire. Mentir ne lui servirait jamais à rien. Elle se sentait bien avec lui. Encore plus dans ses bras. Elle se devait de lui dire. Certes, elle lui avait dit. Mais pas de but en blanc. Non. Doucement. Comme une confidence. Il devrait être le seul à la voir dans ces moments. Ces moments où une présence humaine n’était jamais de trop. Où, tout ce qu’elle voulait, c’était se retrouver avec quelqu’un. La jeune femme ne se montrait pas pour autant fragile au grand jour. Mais un peu de douceur ne pouvait pas lui faire de mal. Le silence non plus. Ce fut pour cela, qu’après une question. Qui, à ses yeux semblait légitime. Elle ferma les yeux. Profita du silence et du rythme de la respiration du jeune homme.

Silence qui ne dura qu’une poignée de secondes. Le repas venait d’être servis et après tout, ce n’était pas éthique d’avoir une telle position dans un lieu public. Certains diraient que des endroits bien plus discrets étaient là pour ce genre de câlinerie. Qu’ils étaient jeunes, avec la fougue de leurs âges. Rien de tout ça n’était réel. Ils n’avaient pas plus de temps que les autres individus. Leurs vies à eux aussi ne valaient rien de plus qu’un grain de poussière. Alors pourquoi ? Pourquoi devoir tomber dans les méandres d’une spirale sociétaire et s’en tenir aux mœurs, alors que l’on sait très bien que demain sera peut-être le dernier ? Il fallait avouer que la demoiselle ne faisait pas du tout partie des groupes d’humains où la vie est toujours bonne à prendre. Loin de là. Michiyo était plutôt du genre à ne pas penser au lendemain. Cela n’était pas intéressant pour elle. Elle se renfermait souvent lorsque quelque chose lui déplaisait. Ou la contrariait. Alors non. Ce n’était pas parce que ce jour avait la pertinence de se déclarer « dernier » qu’elle allait se changer. Vouloir faire toutes les activités qu’elle n’avait jamais faite. Se jeter dans les bras du premier venu. Elle était saine d’esprit. Avait peur aussi.

Son regard se déplaça lentement vers Naaru lorsqu’ils eurent repris leurs places d’origines. Un léger sourire se dessina alors. Non, pas de la compassion, ni de la gentillesse. Plutôt une douce moquerie. Croyait-il vraiment qu’il pouvait cacher ce mal être aussi facilement ? Elle était loin d’être naïve et savait pertinemment remarquer une personne gênée lorsqu’elle en voyait une. En l’occurrence, Naaru. Apparemment, les hommes étaient bien moins doués que les femmes pour se cacher. Certainement à cause de leur manque d’habitude. Mais c’était ainsi.
Victoire pour les femmes.

Les yeux fuyants. Un silence presque pesant. Pour finir par parler. Pas très clairement. La jeune femme ne put empêcher son sourire de s’amplifier un peu plus. Non, ce n’était pas méchant. Elle ne voulait pas le vexer. Moqueuse. Il était adorable de cette façon. Un enfant une nouvelle fois. Ne sachant pas où se cacher. Un adolescent rougissant devant une fille. Un homme avouant une faute. Elle l’avait bien compris. Naaru n’était jamais la même personne en fonction des situations. Michiyo s’en amusait presque. Le découvrir. Apprendre la moindre de ses réactions en fonction des paroles données. Elle ne s’attendait pas non plus à une réponse concrète. Dire ce que l’on ressentait, n’était pas forcement facile. Mais, il lui avait posé la question. Donc, il aurait du se préparer à avoir un retour.

Lentement. Elle dirigea une de ses mains, en se levant légèrement, pour attraper l’une de celles du jeune homme. Michi ne le forçait pas à la regarder. Elle avait clairement entendu sa réponse. Juste que son parfum était apaisant. Ne sachant pas quoi répondre à cela. Elle se contenta une nouvelle fois de dévier la conversation. Plusieurs fois, il avait profité des situations pour la taquiner gentiment. Pourquoi, elle, ne pourrait pas en faire autant ? Armes égales .
Ainsi, elle attira la main de Naaru dans la sienne, lui permettant de voir une nouvelle fois, une partie de son visage. Toujours ce petit sourire sur les lèvres. Elle se contenta de quelques mots, qui, n’avaient rien à voir avec les précédents évènements.

« Tu es bien plus mignon, lorsque j’ai le loisir d’observer ton visage sans qu’il ne soit caché. »

Comment ça ce n’est pas « gentil » ? Qui, à part Naaru, avait dit qu’elle était gentille ? Personne. Elle-même ne le disait pas. Et puis, ce n’était pas bien méchant. Il allait certainement s’en remettre. Rire, lui lancer une boutade. Rire. Pendant qu’elle se vexerait. Chacun jouait à un jeu. Parfois, ces jeux se rejoignaient. Pour quelques secondes. Dans d’autres cas, ils étaient aux antipodes. Mais le résultat était le même. Aucun des deux partis ne voulait laisser la victoire à l’autre. Coûte que coûte. Michiyo était campé sur ses positions. Jamais, elle ne laisserait une victoire lui glisser entre les doigts. Même face au jeune homme qu’elle appréciait tant depuis le début. Celle-ci restait incertaine encore. Il faudrait du temps. Beaucoup de temps pour avoir une réelle victoire. Voire même jamais de victoire.

En attendant, elle fut presque heureuse d’avoir de nouveau en face d’elle, l’homme qu’elle cotoyait depuis plusieurs heures. Sans pour autant l’être. Elle savait que les minutes jouaient en sa défaveur et se moquaient bien d’elle. Que bientôt, elle devrait lui dire au revoir. Le quitter, sur une vaine promesse, pour courir au-delà du danger. Bien évidemment qu’elle ne se voyait pas mourir dans la soirée. Ni même dans la nuit. Mais, dehors, près d’ici, quelque chose attendait que l’on vienne à sa rencontre. Le renvoyer d’où il venait. Se heurter à la difficile réalité d’un monde séparé en deux. De la guerre Chain-humain. Ainsi soit-il. Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’il reste au chaud. Sans bouger. A attendre qu’elle revienne. Ou pas. Parler une nouvelle fois avec lui. Rire. Evoluer. Découvrir de nouvelle chose et lui donner des explications sans queue ni tête. Peut-être avoir de nouveau un contacte physique comme le précédent. A l’unique condition. Qu’il tienne sa promesse. Tout comme elle allait tenir la sienne.

Puis vint le temps de partir. Un rappel. Unique. Sans appel. Et elle quitta la pièce d’un bon. Dans un sens, elle avait peur de son regard. Elle avait craqué bien plus d’une fois devant ces yeux verts. Et, en aucun cas, elle ne voulait qu’il vienne avec elle. Malgré la pluie, elle marchait vite. Faisant toujours claquer ses talons sur le sol. Une bête énorme. Un contractant fou. Trois têtes. Une blessure et un mur. Voilà à quoi se résumait sa chance de survie au moment même où la bête l’avait repéré. Très peu. Mourir n’était pas dans sa liste de course. Perdre une jambe ou un bras non plus. Ni perdre connaissance.
Le point important pour le moment, était de trouver la faille. Eviter les griffes énormes de cet animal et tuer le contractant. Si lui mourrait, le Chain partait de nouveau dans le monde Abyssal. Ce n’était pas plus difficile à comprendre que cela. Certes, facile à dire. Atteindre l’humain n’était pas une mince à faire.

Ainsi, elle était là, depuis trois minutes, à tenir fermement sa blessure pour ne pas perdre plus de sang. Guettant le moment où elle pourrait, elle aussi blesser cet homme dont l’âme avait été vendue. Ce n’était qu’une question de seconde. Il fallait seulement ne pas manquer l’ouverture. Une respiration courte et saccadée. Une poitrine qui se levait et s’abaissait tout aussi vite. Des membres qui tremblaient de peur. La pluie qui plaquait ses cheveux contre son visage. Des spasmes de douleur. Elle n’était pas jolie à voir.
Quelque chose attira son attention. Des bruits. Réguliers. Qui se voulaient pourtant discret. Ce n’était pas le martellement de la pluie. Non. Tout autre chose. Des pas.
La demoiselle voulu soupirer. Bon Dieu, il avait rompu la promesse qu’il lui avait fait ouvertement et oralement. Quel mauvais garnement il faisait. Son regard se porta une nouvelle fois dans les yeux émeraude qu’elle connaissait si bien désormais. Des yeux qui semblaient tout aussi paniqués que leur propriétaire. Celui-ci, était tout aussi mouillé que la jeune femme. Il était fou.
Tellement fou qu’il parla bien trop fort, attirant le Chain vers ses paroles. Instinctivement, la jeune femme plaqua sa main contre la bouche de Naaru. Lui faisant comprendre qu’il ne fallait pas qu’il parle. Son visage était plus strict que les autres moments qu’ils avaient passé ensemble. Sans appel.

« Tu parles trop fort. Ce n’est qu’une égratignure, n’en fais pas toute une histoire. »

Plus distante aussi. Elle avait gardé sa main sur la bouche du jeune homme. Lui laissant tout de même le loisir de respirer. Il ne devait pas être là. Ne devait pas parler non plus. Il n’avait pas non plus le droit d’avoir peur pour elle et sa santé. Certes, ca saignait, mais, elle ne l’avouerait pas. S’occupant de cette blessure lorsque tout serait terminé. Les bruits du Chain se faisaient rapidement bien plus proches. Que fallait-il faire ? Partir. Non. Courir ? Elle n’avait pas assez de force et devrait forcer Naaru à venir avec elle. Attaquer ? Avec une diversion uniquement. Les solutions étaient bien restreintes. Il fallait agir. Vite. Sa main tremblait alors qu’elle l’enlevait du visage du brun. Impossible de se calmer. Nerveuse. Elle était nerveuse et n’aimait pas qu’une situation ne soit pas en sa faveur. Trop de facteurs n’allaient pas dans son sens. Ses membres tremblaient et sa peau était glacée. Mélange impossible de froid et de peur.

« Tu ne devrais pas être là. Tête de mule. »

Ces dernières paroles. Dernières avant qu’elle ne ferme les yeux. Reflexe idiot certes, mais humain. Le dernier reflexe des humains lorsqu’ils savaient qu’ils allaient mourir. Elle l’avait vu, cette plaque de métal leur tomber dessus. Mais avait fermé les yeux. Parce que Naaru l’avait pris dans ses bras rapidement. Qu’elle savait qu’elle ne pourrait rien faire. N’ayant pas le temps et la force de l’éviter. Ils allaient finir écraser parce qu’elle était négligente comme pas possible. Alors, une unique fois. Elle se laissa aller à une étreinte. Même si, elle n’avait rien à voir avec la première qu’ils avaient eu.

Trente secondes. Une minute.

Le temps où elle attendit le choc. Voulant ne pas trop souffrir. Espérant qu’il ne sente pas la douleur non plus. Mais …Rien ne vint. Pas de douleur. Pas de blessure, ni de sang, ni de cris. Alors, elle ouvrit doucement les yeux. Un par un. Et du contenir sa surprise. Autours d’eux, virevoltaient dans les airs, de micro particules de métal. Au dessus d’elle, se trouvait Naaru. Un Naaru albinos. Rien à voir avec les yeux verts qu’elle aimait tant. Silencieux. Debout. Soudainement. Elle avait compris. Inconsciemment elle l’avait compris. Il l’avait pris pour une idiote.

Ce chain.

Ses mains se crispèrent d’un coup. Oui, il lui avait menti. Et plus d’une fois en plus. Et elle, elle s’était fait avoir. N’avait rien vu venir. Non. Avait repoussé la vérité qu’elle avait voulu voir une première fois. C’était de sa faute. Sa faute et son refus conscient de ne pas ouvrir les yeux. Son caractère à refouler les vérités qui font mal.
Attrapant le bras du Chain, elle le tira sans ménagement vers elle et le sol. Lui serrant les épaules. Délaissant ainsi sa blessure. Tâchant les vêtements du jeune homme au passage.
Une gifle.
Elle ne l’avait pas retenu. Son instinct était parti tout seul. Certes, cela aurait pu être un coup bien plus violent. Mais son but n’était pas de le blesser. Juste de le raisonner.

« Je te pardonne. »

Elle aurait très bien pu s’excuser. Mais non. Ces paroles n’étaient pas là pour lui monter qu’elle regrettait son geste. Un, je te pardonne de m’avoir menti. Je te pardonne de m’avoir prise pour une bleue. Une idiote. D’avoir caché pendant tout ce temps ce que tu étais. D’avoir cru que j’étais fragile. De ne rien m’avoir dis. D’avoir rompu ta promesse. D’avoir cru que je jugerai. Que je revenais sur ma parole. Je te pardonne d’avoir été un idiot total. Je te pardonne d’avoir eu peur.

Sa main -celle qui n’était pas encore tâchée de sang- se détacha de l’épaule du jeune homme. Se dirigeant vers son visage à la peau mat. Caressant doucement la joue qu’elle venait de gifler sans retenue. Lui prouvant avec des gestes plutôt qu’avec des mots maladroits qu’elle était désolée. Qu’elle allait tenir sa promesse. Après tout, mis à part la couleur de cheveux et celle de ses yeux. Il n’avait pas tant changé. Il restait toujours un enfant. Un enfant qui avait eu peur de lui avouer la vérité. Un enfant, fragile.

« Tu es quand même idiot d’avoir attendu si longtemps. »

Elle était presque vexée. Mais tentait de ne pas lui montrer. Après tout, ce n’était pas le moment. Ils auraient le temps bien après. Puisque la donne venait de changer. Avec un Naaru Chain de son côté, les chances avaient largement augmentées. Elle se moquerait de lui après, et lui ferait des remontrances aussi. Qu’il soit d’accord, ou pas.

« Donc, maintenant que tu es là. Profites-en pour m’aider à terminer rapidement. »

Un clin d’œil sous la pluie. Un regard échangé. Une demande muette. Rester avec elle, et détourner l’intention du Chain ennemi, pendant qu’elle s’occuperait avec tant bien de mal, du contractant. Elle ne lui demandait pas d’être son Chain. Juste son allié.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   16th Octobre 2012, 08:24

Bien difficile de penser à toutes ces choses. À s'atteler au pourquoi sans avoir le comment. De toute sa longue vie, Naaru ne s'était jamais autant pris la tête sur une personne. Il n'avais jamais tenu plus de dix minutes sur un sujet, et ce dernier devait l'intéresser au plus haut point pour parvenir à le maintenir dix minutes sur une chaise. Pourtant, le chain se prenait la tête. Et se la prendrait encore tant que le maux principal ne s'en serait allé. Il y avait une partie qui suppliait cette présence de s'en aller. Et une autre qui la maintenait, qui la voulait. Michiyo. Une drôle de dame. Un joli cœur. Une présence apaisante qui soulage. Qui fait oublier. Oui, un joli petit cœur. Elle ne se donnait pas un genre face à lui. Naturelle. Le sourire aux lèvres. Sourire qui avait tardé à se former. Mais il ne le regrettait pas. Elle s'était dévoilée peu à peu. Tout doucement. Et lui avait encore des choses à découvrir. Sur elle. Peut-être sur lui aussi. Il espérait continuer à la côtoyer. Pour ça, il fallait aussi lui dire la vérité. Mais un jour viendrait, et il viendrait sans doute bien assez tôt, elle saurait. Elle découvrirai aussi les affreux mensonges qu'il lui a volontairement caché. Mensonges odieux qui pour Naaru signifiait un changement notable dans son caractère, lui, si honnête. Il s'apprêtait à briser des promesses, il mentait et tout ça... tout ça parce qu'il voulait passer un peu de temps humain. Ce temps qu'ils affectionnent tous. Et le chain comprenait mieux pourquoi à présent.

Blotti dans les bras de la demoiselle, le chain ne voulait plus parler. Son mutisme l'étonnait. Tout comme son comportement actuel. Rien n'était « normal » pour lui, un chain issu de l'Abysse. Il inspira longuement, et déplaça légèrement sa tête pour ne plus avoir les cheveux de la demoiselle près de son nez. Ça gratte sinon. Quoiqu'il en soit, lorsque le petit câlin se termina et que Michiyo regagna sa place, Naaru parut satisfait. Très satisfait, voir tout simplement heureux. Comme un gamin à qui on offrait une sucette. Mais Nana n'avait plus cet âge-là, et malgré toute la volonté du monde, il ne serait plus un petit garçon. Il n'avait pas la connaissance d'un homme humain, mais pas non plus l'innocence du garnement en coin de rue. C'était un chain qui avait appris à se défendre, à tuer pour lui-même subsister. En quoi voyiez-vous ici un enfant ? Même les enfants mendiants n'osaient pas s'attaquer aux plus riches de peur de répercussion. Dans l'Abysse, c'était une autre affaire. L'on n'avait pas soif. L'on n'avait pas faim. On ne craignait pas le sommeil, qui n'arrivait que peu de temps pour peu de temps. Mais ce n'était pas le rêve pour autant. N'importe qui, n'importe quoi pouvait surgir d'un bout de mur, d'un bout de cette porcherie s'étalant à des kilomètres et des kilomètres. Le même sol sur des kilomètres. Et cette peur terrassant chacun d'eux. De tomber sur plus fort, de ne pas s'en sortir.

De finir fou.

Fou, à tourner en rond dans une cage immense aux couleurs morbides et sans éclat. Des bruits de couverts. Naaru manqua de sursauter lorsqu'on posa son plat sur la table. Lui était parti bien loin. Si loin qu'un rien l'effrayait à présent. Il leva son regard vers la demoiselle, à moitié gêné. Ce qu'il ressentait. Beaucoup de choses. Encore plus maintenant qu'avant. Il pensait à tout et n'importe quoi. Mais ce qu'il ressentait... c'était plus profond. Alors, le parfum. Son parfum. Il paraissait que tous les humains possédaient un parfum particulier. Certains plus forts que d'autres, des odeurs d'épices et de mélanges, de mort ou de cadavre. Chacun avait son parfum, chacun était libre d'apprécier celui de l'autre. Peut-être était-ce ça qui formait les relations ? Nana était persuadé d'avoir l'odeur de l'Abysse. Lui n'était plus humain. Mais peut-être qu'en cherchant bien, il trouverait quelque chose de lointain. Quelques choses que lui auraient légués ses... ses parents. Il baissa la tête. Et Michiyo lui prit la main. Alors, à moitié rougissant, il posa un faible regard sur son interlocutrice, mi-fuyant et attendit que la demoiselle ne s'exprime. Car, à vrai dire, il sentait bien que ça allait finir par être le cas.

Son sourire en disait gros sur ses paroles. Mignon. On le lui avait souvent dit. Mesures qu'appelaient les humains la drague. Mesures qu'il n'avait jamais compris. Il pencha sa tête sur le côté, dans un mélange d'incompréhension et d'amusement. Oh, il ne se posait pas la question sur la drague en question. Cette pensée avait été écartée dès la fin de son temps de parole. Mais il avait une impression de déjà-vu. Lui resservait-elle les mêmes paroles qu'il avait prononcé quelques minutes, ou heures plus tôt ? Il n'en était pas sûr. Tout du moins, avec sa main libre et ses joues à moitié rouges, il passa la mèche qui barrait par habitude son visage derrière son oreille. Il n'ajouta rien de plus mais détacha sa main de celle de Michiyo en repassant par-dessus après une petite tape. Il n'aimait pas qu'on se moque de lui, pourtant il avait la curieuse impression que c'était le cas. La mèche retomba bien vite dès qu'il baissa la tête pour commencer son repas. Et il se mit à rire.

Cris.

Michiyo sortit en trombe. Et Naaru la suivit. Il délaissa tout. Sans payer. Il reviendrait. Il en était persuadé. Il n'avait pas peur de ce qu'il faisait. Rares étaient les choses qui pouvaient vraiment effrayer un chain. Par habitude, ils avaient tous l'impression de se sentir invincibles. Et il n'était pas l'exception à la règle, loin de là. Au contraire, il était même persuadé d'y aller là-bas pour la bonne cause. Parce qu'il était persuadé de pouvoir aider, de pouvoir même la sauver si les choses tournaient mal. Et visiblement, les choses tournaient mal. Lorsqu'il fut à portée de la demoiselle, il observa avec horreur sa hanche. Blessée. Par une ignoble chain de l'Abysse. Ne serait-ce que pour ce coup, il en voulait terriblement... mortellement à l'animal ennemi. Il avait la même attitude que s'il s'agissait de son contractant. Les mêmes réflexes. Pourtant, il n'avait pas encore montré sa vraie face. Son vrai visage. Patience. Elle lui mit la main sur sa bouche, l'empêchant de prononcer un seul mot de plus. Il ne comprenait pas. Il n'avait pas peur du chain. Ni du contractant d'ailleurs, rien. Alors, pourquoi voulait-elle le faire taire ?

Une égratignure ? Et puis quoi encore. Pour une simple égratignure, ça ne saignerait pas autant. Ça ne lui ferait certainement pas aussi mal. Il n'était pas médecin. Encore moins soigneur. Tout ce qu'il savait faire c'était détruire. À deux, ils devaient bien faire pitié, avec leurs cheveux collés, leurs vêtements trempés... Et puis, Michiyo n'allait pas bien. Elle tremblait. Après, il était impossible de savoir si c'était de la peur ou du froid, ou peut-être un mélange. Et Naaru, face à elle, était l'opposé. Il se tenait bien, avait le regard relativement fixe, oscillant sur la blessure et les yeux bleus de la demoiselle, et ne tremblait pas. Pour ainsi dire pas du tout. Elle retira sa main du chain et le traita de tête de mule. Son visage se renfrogna. Même en temps d'urgence, Naaru restait le même. Indiscernable, naturel selon son point de vue. Peut-être comique. Et décalé. Toujours.

Puis, il y eut cette tombée de projectiles. Tous en métal. Son pouvoir s'était naturellement déclenché. Comme pour le protéger. Et naturellement, il avait pris la demoiselle dans ses bras. Qui avait probablement senti son dernier jour arriver. Mais pas lui. Il savait qu'elle saurait. Et ce n'était plus de l'ordre du bientôt. C'était celui du « tout de suite ». Il se leva, refusa de fixer la dame. Ses mâchoires étaient crispées, et ses yeux sang lançaient de furieux avertissements à son compagnon chain. Mais il n'eut pas le temps de fixer davantage ce point qu'il prenait comme excuse pour éviter ceux de Michiyo. Elle le ramena à la réalité. Le tira par le bras, si fort qu'elle le fit tomber en arrière. Le maintint au sol, par les épaules. Naaru cligna des yeux, aperçu à moitié désorienté le visage que lui lançait la dame. Indéchiffrable. De si près, elle pouvait admirer ses yeux rouges sang et pourtant magnifiquement lumineux, comme des rubis à la lumière. Naturellement. Mais elle avait visiblement d'autres chats à fouetter. Le coup résonna dans les tempes du chain. Il avait fermé les yeux sous l'a-coup. Une gifle. Il s'était pris une gifle. Si un jour, on le lui avait dit, il aurait rit au nez de la personne, prétextant que ça n'arriverait jamais. Qu'il tuerai la personne qui avait osé. Mais là, il en était incapable. Il n'avait rien à répliquer. Ses yeux le montraient suffisamment. D'abord de la colère. Une immense colère comme on pouvait s'y attendre. Puis une attitude dépitée, pour finir sur un regret à peine caché.

Il cacha mal sa surprise lorsqu'elle lui annonça qu'elle le pardonnait. Il cligna des yeux. Deux fois. Deux uniques fois. Les mots peinèrent pour sortir. Il ne les avait pas. Avait-il bien entendu ? Le pardon ? Après une gifle pareille, c'était plutôt à lui qu'il fallait demander pardon. Puis, il comprit. Il comprit qu'elle acceptait. Qu'elle lui pardonnait peut-être ses mensonges passés. Il n'était sûr de rien, tout se mélangeait dans sa tête. Comme si cette gifle avait provoqué un trouble superficiel dans son esprit. Il inspira. Elle poursuivit. Posa sa main sur sa joue endolorie. Il n'en revenait pas. Avait-il eu si tort de lui dire la vérité à ce moment, sous l'arbre quand le soleil se couchait ? Il voulut se justifier. Lui expliquer. Mais peut-être avait-elle déjà compris.

-Myaw... Je ne voulais pas...

Le surnom était sorti d'un seul coup, parce qu'ils n'avaient pas beaucoup de temps pour discuter. Et puis, peut-être que son cerveau enregistrait difficilement la révélation. Non, il n'y avait pas d'animosité dans son visage. Pas de regard vraiment différent des autres. Peut-être un peu de colère. De vexation. Comme s'il fallait recommencer à se connaître après tout ça. Il avait fait une bêtise. Une grosse bêtise et il en assumerait les conséquences. Il soupira lorsque Michiyo lui demanda d'en finir rapidement. Après tout, c'était ce pourquoi il était là, dans un premier temps. Il se releva tant bien que mal, ses vêtements lui collant à la peau et l'eau dégoulinant sur son torse mat. Il eut un léger rire, comme pour faire redescendre la pression et dit, mi-amusé mi-gêné :

-Ce n'est pas vraiment le chain que je crains, mais plutôt toi...

Un clin d’œil. Puis Nana mit les mains dans ses manches, fit un pas vers l'autre chain, puis un deuxième, et le voilà qui s'avança bientôt à découvert face au grand colosse qui se dressait sur ses quatre pattes. La première chose qu'il pensa, c'est que vu de près, la bête était vraiment moche. Horrible. Laide. Et ça ne suffisait probablement pas à décrire l'animal. Et de toute façon, Naaru ne s’attarderait pas dessus. Il ne nota même pas les paroles que lui échangea simultanément le contractant et son chain. Ça lui était égal. Il en arriva même à fermer les yeux. Jusqu'à ce qu'il sentit le sol se libérer d'un gros poids. Le métal qu'il y avait près de Michiyo fonça droit vers Naaru pour le protéger. Le chain aimait beaucoup utiliser sa magie. C'était quelque chose de plaisant. De sympathique. Il se sentait mieux, et plus puissant. L'appui de la patte sur le métal se fit plus fort, et Naaru dû se décaler en toute hâte pour ne pas finir écraser. Puis, il sortit enfin ses mains de ses manches et amena une partie du métal à ses mains pour former deux immenses épées. Il ne lui restait plus qu'à occuper le chain un moment pour laisser à Michiyo le loisir de tuer le contractant. Ou d'en faire de la charpie ou même de la chair à pâtée mais qu'il finisse par emmener son chain avec lui. En tout cas, mieux fallait-il pour Michiyo qu'elle ne termine le plus rapidement possible, car Nana se laissait facilement entraîner dans une bataille. Et pour le calmer après, il fallait s'appeler Finn ou bien... peut-être Michiyo.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   27th Octobre 2012, 06:51

Lorsque l’on est une personne normalement constituée, on ne cherche pas à savoir s’il existe d’autres races d’êtres vivants. Hormis nous même. Les humains. Ces monstres pleins d’envergures, de rêves, de rancœur, de peur et surtout, d’égoïsme. L’égoïsme. La seule chose qui semble régir la vie d’un être humain normal. Celui-ci ne pense qu’à lui. Parfois, il fait semblant de s’occuper d’autrui, histoire de ne pas passer pour l’être qui s’aime le plus au monde. On ne voit dans la personne en qui l’on peut avoir des sentiments, que nous même, notre propre intérêt. Les amis sont un peu prêt le même reflet. Ils nous renvoient à travers des rires, que nous avons un peu d’humour. Ce qui nous flatte. Nous rappel à quel point notre apparence extérieure est magnifique, pourrissant l’intérieur en même temps. Néanmoins, cela n’est pas qu’une relation à sens unique. Eux aussi. Oui eux, vivent à travers nous. Nous sommes leurs miroirs. C’est généralement pour cela, que les humains restent entre eux et ne se mélangent pas. Ils perdraient leurs si beaux miroirs, s’ils venaient à vivre en autarcie. A contrario, si le mot « ennemi » existe, c’est uniquement pour une bonne raison. Ces humains, ces monstres, nos ennemis, sont des miroirs aux reflets véritables. Ils nous renvoient qui nous sommes réellement. L’intérieur pourri que nous cachons aux yeux des autres. Ces miroirs horribles qui nous horripilent.
Au fond, nous sommes égoïstes, tellement égoïstes que nous n’ouvrons pas les yeux convenablement. La plupart de la population n’est pas au courant pour le monde des Chain. Pourquoi dont ? Uniquement parce qu’ils ne sont pas capables d’ouvrir les yeux. De sortir de leur foutus cocon de bien être humain. Trop fou pour admettre qu’ils sont fous. Trop peureux pour vouloir accepter la réalité qui se dresse très souvent face à eux. Autant se complaire dans un monde où personne d’autre que les humains ne sont capables de nous éliminer. Imaginer donc la panique de la société engrainé dans ses convictions, si, elle venait à apprendre que des êtres bien plus puissants existaient quelque part. Plus prêt qu’il n’est possible pour eux de le croire ? Le chao. Quelques petites bandes se seraient créées pour se rebeller. Sans conviction.

Contrairement à ces êtres sans foi. Il existe justement les Chains. Peut-être pas si égoïstes qu’ils semblent bien vouloir le faire croire. Certes, ils passent des contrats avec des humains pour pouvoir passer dans leur monde, sans leur stipuler au préalable qu’il y a de gros risques qu’ils meurent bien évidemment. Sinon, ils semblent exister une catégorie qui s’occupe un tant soi peu des autres, sans demander leurs restes. Les Chain plus humains que les autres. Il est tout à fait plausible que leurs voyages dans le monde Abyssal leur ait fait comprendre qu’ils devaient se mettre de côté pour voir les autres individus avant de se voir eux même. Une chimère quasiment parfaite. En attendant, elle s’était rendu compte de cette triste vérité face au Chain brun qui se trouvait face à elle.

Ce Chain.

Ce même Chain qui s’était fait passé pour un humain. Qui l’avait fait se sentir si bien qu’elle n’avait pas menti une seule fois sur elle-même. Qu’elle avait souvent souris même. Il avait su la mettre en confiance en étant enfantin. Il l’avait mise en colère aussi. Une colère encore modérée comparé aux autres fois. Elle lui avait fait en parti confiance. Une confiance qu’elle avait tant de mal à donner. Ce Chain. Ce menteur. Naaru.. Sa connaissance la plus chère. Un rire qu’elle adorait voir. Des yeux verts dans lesquels elle se perdait volontiers s’il le voulait bien. Cet homme qui venait d’accourir vers elle pour la protéger, qu’elle avait fait taire avec tant bien de mal. Qu’elle avait souillé avec son sang. Ce liquide rouge qui ne voulait s’arrêter de couler. Ce liquide carmin qui tâchait le parvis de la ville. Les vêtements de son camarade. Son visage aussi. Non, pas pour le moment de la gifle, uniquement pour le fait de lui avoir caressé doucement cette joue endolorie. Elle avait été violente. Peut-être un peu trop, mais elle aurait tellement aimé avoir une vérité bien plus tôt. Elle n’était pas bête non plus. Assez ouverte malgré son mauvais caractère. Naaru, ce Naaru qu’elle aimait tant. Avait poussé le bouchon un peu trop loin peut-être.

Elle soupira. Un premier soupir. Celui d’une longue liste. Fixant les yeux rouges de son compagnon. Ces yeux qui pourraient tant faire peur dans la nuit. Ces yeux qui semblaient montrer qu’il ne vivait pas dans le même monde qu’elle. Qu’il n’avait pas les mêmes réactions. Les mêmes envies. Les mêmes besoins. La même vision de la chose. D’un coup, toutes les réactions du jeune homme lui revinrent. Comme des flashes. Elle venait de comprendre, toutes ses réactions et ses questions tellement détachées des siennes. Un enfant qui avait besoin de comprendre. D’apprendre. Non, elle était si loin du compte. Bien éloignée de la réalité. Il était cet adulte. Cet homme qui voulait juste au final découvrir un monde qui n’était pas – plus- le sien. Qu’elle idiote avait-elle fait en le giflant. Peut-être qu’il allait commencer à la détester. A se dire que ce n’était peut-être pas une bonne idée de converser avec elle encore un peu plus. De vouloir la revoir, comme il l’avait promis.

Fixant ses iris bleus, dans les yeux carmin, elle vit passer tant de sentiments d’un coup, qu’elle ne put tous les reconnaître. Ce qui était certain, c’est que cette fameuse gifle avait dû le faire réagir. Peut-être plus que prévu, mais l’avait fait réagir quand même. Elle voulu s’excuser. Lui chuchoter dans l’oreille, le serrer dans ses bras, lui dire ces mots. Lui dire qu’elle était désolée. Que nenni. Nous parlons bien de la demoiselle aux cheveux bleus. Son caractère impétueux qui l’en empêchait. Lui faisait seulement dire qu’elle, elle lui pardonnait. Un double sens qu’il n’arriverait certainement pas à comprendre. Mais elle s’en fichait. Pourtant, après ce déroulement, seulement quelques mots sortirent une nouvelle fois de sa bouche. Des lèvres tremblantes et bleuies par le froid soudain s’ouvrirent doucement pour lui parler.

« C’est fou, mais je trouve tes yeux verts bien plus attirants que tes yeux rouges. »

Une phrase toute bête certes. Mais ce n’était pas un mensonge et cela permettait au moins de détendre un peu la situation. Après tout, se retrouver en face d’un Chain n’était pas la meilleure journée qu’ils pouvaient passer tous les deux. Sans compter que l’eau avait transpercée leurs vêtements depuis longtemps. Les laissant se coller à leurs peaux gelées. Leurs cheveux en avaient fait de même. La natte de Michiyo ne ressemblait plus qu’à un amas de cheveux pâles et désordonnés. Certaines de ses mèches lui barraient le visage sans retenues. Elle semblait épuisée. Vidée de la plupart de ses forces par un maléfice inconnu. Non. Pas inconnu. En effet, la blessure à sa hanche en était pour beaucoup. Le froid ne l’aidait pas à aller beaucoup mieux. Cette histoire devait se régler le plus rapidement possible. Après, elle rentrerait chez elle en titubant. Ferait quelques signes à sa jeune propriétaire sourde pour lui dire qu’elle se porte bien. Puis s’effondrerait dans le divan sans retenue. Ou plutôt sur Michael – puisque c’est son lit- qui ne poserait de question que le lendemain. Oui voilà, très bon plan pour terminer une telle journée.

Secouant la tête doucement, elle concentra de nouveau son regard et son attention sur le jeune homme devant elle. Sur le coup, elle l’avait pratiquement oublié. Ce n’était pas un mal. Au moins, il pouvait se permettre de soupirer un peu et de se remettre de sa gifle sans subir un nouvel assaut de la part de la demoiselle aux cheveux bleus. Celui-ci lui expliqua, en quelques mots un peu flous qu’il ne voulait pas . Le menteur ! Si, bien-sûr que si qu’il voulait. Sinon pourquoi l’aurait-il fait ? Pourtant, elle n’en tenu pas rigueur. Ce n’était pas parce qu’elle c’était calmé. Au fond d’elle, elle ressentait toujours un peu de frustration. Mais, il avait utilisé ce surnom. Le surnom qu’il lui avait trouvé. Le renard. Son cœur se sentit fondre quelques minutes devant une telle mine. Même si il n’était pas le Naaru qu’elle avait commencé à connaître. Qu’il avait pris un petit coup de sérieux et de vieux, elle l’appréciait quand même. Soupirant, elle laissa les mots fuirent sa gorge fatiguée.

« Ne cherche pas à te justifier, j’ai très bien compris. Me prendrais-tu pour une idiote ? »

Certes, son ton n’était pas chaleureux, mais un tant soi peu gentil malgré des mots qui pouvaient sembler légèrement froids. Même s’il était ce bon petit Chain de Naaru, ce n’était pas pour autant que Michiyo allait perdre toutes ses habitudes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Et celle-ci, était plutôt mauvaise. Effectivement, lorsqu’elle était en colère, ou dans tout autre état, qui ne la mettait pas sous l’un de ses plus beaux jours. La jeune demoiselle avait tendance à s’énerver et se laissait emporter dans des paroles plus ou moins désagréable. Le côté qu’elle n’arrive pas vraiment à contrôler. Quelle mauvaise fille elle faisait parfois.
Elle voulut presque s’excuser de nouveau. Le prendre dans ses bras. Lui dire qu’elle l’aimait bien malgré tout. Peut-être un peu trop certainement. Beaucoup trop. Que rare étaient les personnes qui pouvaient s’attendre à tant de sympathie de la part de mademoiselle Michiyo. Repoussant difficilement ses cheveux de son visage. Tentant de rendre son visage et son apparence beaucoup plus attirants. Ce qui fut quelque peu le cas. Si l’on ne regardait pas, bien évidemment la large blessure qui trônait sur sa hanche. Bêtise. Cette sale bête allait en prendre pour son grade. Elle comptait sur Naaru pour l’aider à le terminer comme il se devait. Le renvoyer dans l’Abysse avant que trop d’individus ne s’amassent autours d’elle.

En effet, qui n’avait pas vu la petite troupe qui regardait ce drôle de couple caché derrière un mur ? La bête qui détruisait tout sur son chemin. ? Et l’homme qui riait sans retenu devant la folie meurtrière de son ami à trois tête, l’entrainant naturellement dans les profondeurs de cette vielle boite à jouets humide et détruite ? Le pauvre n’avait pas l’air de savoir ce qu’il faisait. Cet idiot ne savait pas ce qui l’attendait après cette tentative de meurtre. Peut-être que s’ils attendaient tous les deux. Ils partiraient tous les deux ? Non… Bien sûr que non…Michiyo soupira pour la troisième fois.

Ce même soupira s’effaçant lentement, suivant le rythme doux et las des mouvements de Naaru pendant que celui-ci se levait de toute sa hauteur. Finalement, il avait accepté sa demande et voulait bien l’aider. Pas en tant que Chain. Quoi qu’un peu.. Pas en tant que contractants. Mais en tant que camarade. Ami peut-être. Seul le sort et le destin pouvait choisir le futur. Pas eux. Un sourire. Voilà ce qui place sur les lèvres de la demoiselle, alors qu’elle prenait appui sur le mur pour se relever. Sa hanche et sa continuité n’étant pas décidées à l’écouter convenablement. Un sourire qui était apparu suite au rire de Naaru. Beaucoup trop contagieux comme toujours depuis le début. Elle écouta patiemment les paroles du Chain. Apparemment, le Chain ennemi lui faisait beaucoup moins peur qu’elle. Un rire nerveux se fit entendre. Se moquait-il encore d’elle ? Le fourbe !

« Voix tu, je crois que tu n’as pas tant tort que cela. J’suis du genre grand méchant loup capricieux quand je suis blessée. »

Ce n’était pas un mensonge. Bon, elle n’était pas un loup. Mais, elle était assez caractérielle pour oublier la douleur quelques minutes et égorger celui qui avait osé lui faire du mal. Ce qui était sûr, c’était qu’un cas de surpopulation chronique, il suffisait de blesser cette demoiselle, pour voir la population diminuer de moitié. Enfin, enfin ! Ses jambes voulaient bien la tenir. Lui donner un sursit de quelques temps. Attrapant doucement ses deux lames. Elle fit un signe de tête en direction de l’albinos pour qu’il comprenne qu’elle lui faisait confiance… Qu’elle avait besoin de lui. De son aide.

« Essai de revenir en un seul morceau si tu ne veux pas subir mon mauvais caractère. »

L’observant doucement, elle put remarquer qu’il n’avait vraiment pas peur. Les Chain avait-ils peur au final ? Possible.. Sinon, il lui aurait dit dès le début qui, il était. En attendant, celui-ci semblait tellement sérieux et concentré, que la demoiselle en fut surprise. Non pas qu’elle le connaissait depuis longtemps. Mais, elle en avait assez vu, pour comprendre qu’il n’était pas homme à garder son sérieux souvent. Cela voulait certainement dire que la situation était grave. Tellement grave, qu’elle eu un sursaut, lui arrachant une grimace de douleur. Lorsque l’éclat de métal prêt d’elle se déplaça rapidement pour protéger son camarade. Bon dieu, les Chain étaient des êtres si imprévisibles. Elle se sentait toute petites à côté d’eux. Seulement, cela la tuerai de l’avouer.

Profitant que la bête semblait occupée par la présence de Naaru, elle se déplaça discrètement vers son contractant. C’était sa cible. Le seul être vivant qu’elle avait la capacité de frapper, toucher et tuer sans mettre sa vie trop en danger. D’un coup d’œil, elle avait remarqué qu’aucune arme ne semblait être en sa possession. Cela ne pouvait être qu’un bien. Il était en situation d’handicape par rapport à elle. Certes, elle se déplaçait en boitant un peu trop peut-être. Mais elle était désormais assez proche pour pouvoir le frapper. Détournant son attention en lançant une dague, la faisant raisonner sur le sol humide. Pari réussi. Il venait de détourner la tête pour voir d’où venait le bruit.

Une dernière fois son regard se dirigea vers Naaru. Ce Naaru qui n’avait pas l’air en si mauvais posture. Puisqu’une nouvelle fois le métal avait changé de forme. Il portait désormais deux épées. Astucieux. Il faudrait peut-être qu’elle en achète une, un jour. . Cela pourrait être utile qui sait ? Dans le cas où l’argent lui manquerait. Elle en ferait part à Naaru. Avec de la chance, il pourrait lui en créer une de temps à autre. Un léger sourire apparu. S’il pouvait la voir de loin, c’était un signe qui voulait dire « bonne chance ». Ainsi, elle enleva doucement ses talons pendant que l’homme cherchait toujours d’où avait bien pu venir ce bruit. Elle devait faire vite, avant qu’il ne se rende compte que son Chain en combattait un autre et se rapproche trop de lui pour se protéger.

Lorsque ses pieds touchèrent la pluie et le sol, elle ne put réprimander un frisson. De la peur. Froid. Mais surtout adrénaline. Que cela. Le combat commençait à l’exciter plus qu’autre chose. Alors, lorsque l’ouverture se laissa enfin voir. Elle couru, oubliant la douleur. D’un pas léger pour attaquer sans remords l’homme. Le plaquant au sol sans retenu. Elle n’était certes, pas vraiment très grande. Mais sa force avait l’air assez conséquent pour le retenir au sol. Son regard signifiait qu’il n’avait aucune chance. Froide et sans appel. Elle allait le terminer rapidement. Passant sa main dans son dos, elle attrapa sa dernière dague.

« Voyons, comment est ce que je te punis pour avoir osé laisser ton Chain me blesser ? »

Un sourire. Des yeux bleus. Une lame qui s’abat sur un homme comprenant qu’il ne peut plus rien y faire, à par essayer de se débattre

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   2nd Novembre 2012, 05:00

Naaru Irwin. n.m. du latin nanam irwinus : animal à visage humain qui déteste tout ce qui touche au sucre. Le plus souvent schizophrène, le Naaru peut vous paraître sympathique au premier abord. Le problème étant qu'il l'est. Tant qu'il ne fait pas appel à sa deuxième apparence, plus... violente. Le Naaru est une espèce en voie d'extinction, avec pour seul représentant de son espèce un humain aux cheveux bruns et aux yeux verts. SI vous souhaitez malgré tout adopter cet unique représentant, veillez à suivre quelques recommandations. Le Nana est un animal rapidement apprivoisable, mais aussi très persuasif. Il prend ses marques très rapidement, au grand détriment de ceux qui l'hébergent. Le Nana a une drôle de façon de voir le monde, et sa moitié violente vous paraîtra plus mûre que l'autre. Le Naaru a subit des traumatismes dans son passé, il est donc peu recommandé de lui faire part des recherches que vous menez dans son dos sur son passé. À vos risques et périls.

Nana inspira profondément. Michiyo était juste au-dessus de lui, et lui était plaqué à terre, un regard triste sur le visage. Il s'en voulait terriblement de ne pas lui en avoir parlé plus tôt. Il ne se remettait pas en question cependant. Ne tâchait pas de revenir en arrière. Il ne voulait pas changer le passé. Il savait qu'il aurait été incapable de le lui dire plus tôt dans la journée. Incapable. Comme un enfant qui avait peur de se faire gronder. Et qui attendait le dernier moment. Le visage de Michiyo était penché au-dessus du sien. L'eau ne le gênait même plus. De toute façon, il était mouillé de la tête aux pieds, littéralement. Ses cheveux lui collaient au visage. Mais ses yeux étaient rivés sur ceux de la demoiselle. Il ne parvenait pas à s'en détacher. Il voulait l'entendre parler. Lui dire qu'elle ne lui en voulait pas, même si c'était impossible. Il avait fait une grossière erreur. Une baffe. Puis une excuse. Il ne comprenait rien. Un nouveau silence. Et le chain qui ne tarderait pas à rappliquer. Pour le coup, il s'en fichait. Il attendait encore des mots. Des expressions. Un regard. Michiyo avait froid. Pas lui. Il avait même très chaud. Peut-être parce que c'était un chain. Y'avait-il une si grande barrière qui les séparait ? Lui ne trouvait pas. Il pensait différemment, certes, mais comme un enfant. Il n'avait que son apprentissage à refaire. Ça ne devrait pas prendre trop de temps. Il ne comprendrait peut-être pas tut, mais un jour, il arriverait à se comporter comme un humain. Il avait bien berné Michiyo toute une journée durant. Il parviendrait à faire de même pour de plus en plus de gens. Il pourrait même surprendre ses ennemis.

Une phrase. Une préférence. Nana sourit aussitôt. Un sourire timide, qui prit un certain temps pour se dévoiler, mais un sourire tout de même. Lui aussi, il préférait ses yeux verts. Mais il savait que sans ses yeux rouges, il ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui. Il serait probablement mort. C'est ce qui le rend différent des autres. Alors, il se releva. Fixa le chain face à lui, prêt à lui flanquer la pire des corrections. Il n'avait pas oublié la blessure sur la hanche de Michiyo. Et il n'y avait pas grand monde qui pouvait faire quelque chose de ce genre. Un chain. Et ce n'était pas lui, pour le coup. Il ne ferait jamais de mal à Michiyo. Tout du moins, il l'espérait. Il obéissait à son contractant avant tout, et s'il devait se retrouver face à Michiyo avec pour ordre de la tuer, il le ferait. Tel était la dure loi des chains pour pouvoir voir le soleil se coucher tous les soirs. Heureusement, Nana ne possédait pas de maître aussi dur que ça. Il en était même l'opposé. Naaru tourna un énième regard vers Michiyo afin de s'excuser. Il ne s'attendit pas à la réponse que lui fournit la demoiselle.

La prendre pour une idiote ? Non, bien sûr que non. Le ton n'était pas si méchant que ça, pourtant les paroles se voulaient tout autres. L'espace d'un instant, le chain parut déstabilisé. Il ne répondit pas. Pas parce qu'il n'avait rien à répliquer. Non, il aurait voulu lui répondre mille et une chose, tenir bon face à son caractère. Mais non. Il était vexé. Pas boudeur. Ça n'avait rien à voir. Sous cette forme, il ne boudait pas. Les paroles étaient vexantes car véridiques. Il lui avait caché la vérité en connaissance de cause. Il savait qu'il allait devoir s'attendre à une réponse véreuse de la part de Michiyo. Il le savait et pourtant il a fait comme si de rien n'était. Il pensait qu'elle découvrirait d'elle-même. Et elle l'a fait, avec une grande aide de sa part. Il s'est juste dévoilé directement, sans passer par l'oral. Il se tourna face au chain et rit doucement en écoutant la dame lui dire qu'elle était un loup capricieux quand elle était blessée. Ben voyons. Il en ferait bien vite les frais.

Myaw prit dans ses mains deux poignards et inclina la tête pour dire à l'albinos de passer à l'attaque. Il ne se retourna pas directement pour voir tout ça, mais sentit que ça s'agitait dans son dos. Ses soupçons furent vérifiés lorsqu'elle lui demanda de revenir en un seul morceau. L'espace d'un instant, le rire de Nana se transforma en espèce de sarcasme terrifiant. Heureusement qu'il n'était pas tourné vers Michiyo, sinon cette dernière aurait pu voir l'éclat d'adrénaline animer ses yeux. Son sourire se mua en un espèce de sourire machiavélique et il répondit juste assez fort pour que Michiyo ne l'entende.

-Je devrais te retourner la pareille. Ce n'est pas un chain comme ça qui me fait peur.

Qu'il dit. Et quand il reviendra en sang comme si de rien n'était, il lui dira « tu vois, c'était rien ». Ce Chain est pire que déprimant. Quoique, pour une fois, il a l'air assez sûr de lui. Disons que Nana ne comprend pas vraiment l'intérêt du sang. Tant qu'il ne ressent pas trop la souffrance – qui possède déjà un degré minimal pas vraiment supportable pour un humain –, il se fiche du sang qui lui coule dessus. Il croit souvent que ce n'est pas le sien. Et pour cause, ses blessures cicatrisent très rapidement. Ce qui n'aidait pas vraiment.

Doucement, il se dirigea vers le grand chain. Les mouvements des gros chains sont souvent handicapants pour eux. Nana n'a pas une forme pareille. Il peut donc se faufiler un peu partout pendant ses attaques. En parlant d'attaques, celle-ci arrive bien vite. Le métal protège Nana pendant un court instant, avant de se retrouver autour des mains du chain, en forme d'épée. La garde est assez longue et protège sans problème l'avant bras de Naaru. Il profite d'une nouvelle attaque pour prendre appui sur l'une des pattes et se propulser sur le dos du chain ennemi. Malheureusement, ce dernier n'est pas aussi idiot que Nana ne veuille le penser et envoie rapidement un autre coup de patte sur lui. Les épées se transforment en grand bouclier, et Naaru se sert de ses mains comme d'une énième bouclier pour ralentir sa chute future. Qui se retrouve contre un mur. Enfin, chute bien réceptionnée. La vitesse emmagasinée permet au chain de plier ses jambes face au mur vertical et de reprendre une direction face au colosse. Le voyant revenir rapidement vers lui, le cerbère ouvre sa bouche en grand. Mauvais pour Nana, qui utilise alors le métal comme d'une perche pour le propulser un peu plus en hauteur. La deuxième tête, celle de serpent, plonge alors sur lui. Et paf, une pluie de piquants dessus. Nana atterrit en douceur sur le dos du cerbère. Et la mascarade reprend.

À la fin, finalement, quand Nana commence un peu à s'essouffler, le cerbère disparaît d'un seul coup, dans une sorte de fumée noirâtre. Ça, ça veut dire que Michiyo a réussi sa mission. Naaru se réceptionne sur le sol en douceur et fait disparaître le métal qui l'envahit. Il a toujours tendance à en faire un peu trop, parce qu'il aime le métal et sa fusion. Sans doute dû au fait qu'il était forgeron par le passé. Mais ça, il n'est plus censé le savoir. Il y a du sang sur ses vêtements, mais pour une fois, ce n'est vraiment pas le sien. Les quelques égratignures sur son visage sont en train de disparaître. Pas de gros dommages collatéraux, disons. Mais il n'a pas vraiment le temps de s'en faire pour lui.

Il mit les mains sur ses jambes, histoire de reprendre son souffle comme il le put. Il avait encore de l'énergie à revendre, ça, pas de problème. Mais il lui fallait tout de même se reposer un peu. Le sang commençait déjà à partir avec la pluie qui, elle, ne cessait de tomber. Naaru tourna un regard à droite, puis à gauche et trouva enfin Michiyo, un peu à l'ombre dans un coin. Elle était au-dessus de quelqu'un d'inerte. Sans doute le fameux contractant. Naturellement, le chain s'approcha de ma demoiselle et une fois paru à ses côtés, se pencha sur elle en tendant sa main avenante, invitant Michiyo à la prendre pour se relever. Il profita de cet instant pour observer la blessure de Michiyo. Il tâcha de n'y faire pas attention, mais mine de rien, cela le rendait soucieux. Pour rendre la situation un peu moins critique, et en prévoyance de ce qu'il allait se passer, Nana préféra blaguer, son sourire revenu.

-Décidément, tu aimes bien flanquer les hommes à terre.

Il s'était vraiment bien maîtrisé pour un chain qui avait l'habitude de partir en live à la fin d'un combat. Amusé, il l'était. Peut-être parce qu'il ignorait ce que le futur lui réservait. Peu de temps après, ses yeux reprirent leur teinte émeraude et ses cheveux la couleur du chocolat. L'air de rien, parce qu'il commençait à baliser, Naaru ne put s'empêcher d'ajouter :

-Alors, qu'est-ce qu'il va m'arriver maintenant ?

Sa phrase avait été prononcée sur la rigolade, mais elle cachait avec difficulté la vraie gêne qui se terrait derrière.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   3rd Novembre 2012, 14:17

Capricieuse. Voilà le mot parfait pour qualifier la jeune femme. Toujours et encore capricieuse. Généralement, voire très souvent, elle désirait ardemment tout ce qu’elle ne pouvait pas posséder. A contrario, dès le moment où l’objet, l’être humain ou tout autre chose se trouvait en possession. Il perdait automatiquement toute sa valeur. Une philosophe disait même, que le désir, ne fonctionne que dans la recherche à l’obtention de l’objet. Dès le moment, où l’on se retrouve avec cette chose en main, il ne compte plus. La palpitation retombe. Les sentiments ne sont plus aussi ardents. Toute l’excitation diminue tel le plus grand manège à sensations. C’était ainsi. Pour la demoiselle, la plus belle chose à avoir et de tracer doucement, lentement, le chemin qui l’emmènera jusqu’au but à atteindre. Par moment, cela pouvait prendre des jours dans le plus petit des cas. Puis, dans les moyens, des mois. Parfois même des années. Elle ressentait l’excitation du contrat en ce moment. L’excitation d’attendre toujours et encore la fin. De ne pas savoir ce que demain peut lui prévoir. Ne pas pouvoir brider l’avenir et encore moins le contrôler. C’était ainsi. Il fallait toujours que son caprice reprenne le dessus. Elle voulait toujours gros. Toujours plus gros. Se trouver une nouvelle source de besoin. Elle voulait jouer, toujours plus. Jamais elle ne pourrait s’arrêter. S’en contenter. Non, il fallait atteindre des sommets. Nouveaux. Chaque jour que Dieu faisait, elle se trouvait un nouveau besoin. Qu’il soit minime ou bien plus conséquent. Le matin même, son caprice était d’avoir un pain au chocolat avec un café bien noir. Ainsi, elle avait fait trois, quatre cafés et boulangeries avant d’aller travailler non sans grandes conséquences. Avec en plus de ça, un retard non négligeable. Au début, elle s’était très bien sentie lorsque ce qu’elle voulait, se trouvait entre ses mains. Puis la première bouchée et la fin de l’envie. Ce n’était pas pour autant qu’elle cherchait tous les jours voire toutes les heures une nouvelle envie. Un nouveau désir flamboyant. Non, il lui tombait dessus sans qu’elle ne cherche à l’avoir. On trouve toujours quelque chose d’intéressant lorsque l’on a cessé de se damner à le chercher. Par conséquent, elle avait rencontré son nouveau désir. Un jeune homme brun aux yeux verts. A l’esprit aussi pétillant qu’un bonbon fondant sur la langue. Aux airs taquins et à la peaux délicieusement mat. L’envie de donner envie. L’art de pousser l’humain dans ses derniers retranchements. L’art du mensonge. De la manipulation. Si douce manipulation. Des câlineries devant les autres clients. Des mots « doux ».

Difficile à dire. Mais du point de vue de la demoiselle, ils entretenaient une relation ambigüe. Bien trop ambiguë. Michiyo connaissait ce genre de relation. Celle, où aucun des deux partis, ne sait expliquer ce qu’il se passe. On ressent quelque chose. Un petit quelque chose. Seulement, personne ne sait d’où il vient, ce qu’il vient faire là et sa réelle motivation d’existence. Pourtant, on sait clairement, qu’un événement, bien que bénin, peut déclencher toutes la capacité que ce petit quelque chose cache aux yeux du monde. Même les plus entraînés. Alors. Oui alors, les deux protagonistes restent sur leurs gardes. Font ce qu’ils ont à faire, mais avec précaution. Par moment, serait-il mieux de provoquer le destin ? De se dire, allez, laisse toi aller à cette chaleur humaine. Non. Il faut mieux attendre, attendre patiemment que quelque chose arrive et déclenche tout. Ainsi comprendre ce qu’il peut bien arriver à ce moment là. Juste de la patience. Pour Michiyo, ce n’était déjà pas chose facile. Elle aimait que tout lui tombe dans la bouche. Que tout arrive vite. Elle n’aimait pas attendre. Surtout dans ce genre de situation où les choses semblent aller bien plus lentement qu’à l’origine. Parfois, elle voulait demander au jeune homme ce qu’il en pensait. Ce qui lui voulait faire pour qu’ils comprennent cette alchimie étrange. Mais non, fierté oblige. Elle ne semble vouloir rien dire du tout. Juste essayer de se contrôler.

Quel joli mot que de se contrôler. Lorsque l’on sait que les situations avaient tendance à déraper facilement. Au début, on se contente d’une poignée de main. Puis, on se retrouve à s’éteindre dans un restaurant. Se souffler dans la nuque des menaces plus ou moins douces. Se promettre. Rien qu’une promesse peut tout chambouler. Quelques mots qui exigent d’être tenus dans toutes circonstances. Sous peine de tout rompre. Principalement ce fragile équilibre qu’est la naissance d’une amitié. D’une relation. Puis, des prises de becs. Tantôt gentilles, tantôt plus caractérielles. Et enfin, le fait de se retrouver au dessus d’un homme. Dans l’eau. Le sang ruisselant le long de sa jambe gelée. Les cheveux éparpillés. Un homme que l’on avait apprécié. Puis giflé. Uniquement parce qu’il lui avait appris qu’il n’était pas humain. Lui avait caché la vérité alors qu’elle avait raison. Que de mensonges de la part d’une si belle bouche. Au fond, il l’avait mérité, comme le fait qu’elle soit au dessus de lui. Elle espérait. Il fallait qu’il comprenne que son geste n’était pas méchant. Qu’elle lui présentait aussi des excuses. Parce qu’elle n’aurait pas du s’énerver et le frapper. Non, parce qu’elle ne voulait pas. Mais qu’une émotion certaine l’avait poussé. Une émotion qu’elle n’avait pratiquement jamais ressentie auparavant. Trahison. On ressent cela d’une personne avec laquelle on est très proche, à qui toute notre confiance est accordée. Cela pourrait être normal, si la personne concernée n’était pas Michiyo. Michi et son incapacité à accorder sa confiance. Par conséquent, qui dit, aucune confiance, dit aucun sentiment de trahison. Or, celui-ci est bien présent. Quelle est l’inconnue qui fausse toute l’équation.

En attendant, elle était là. Muette. Le fixant. Yeux dans les yeux. Bon dieu, elle aimait vraiment plus la couleur verte sur lui que le rouge. Il dégageait une chaleur plus humaine dans ces cas là. Un petit quelque chose qu’elle aimait beaucoup. Qui lui faisait se dire, qu’être dans ses bras pour s’endormir ou simplement pour partager une étreinte plus longue et plus agréable que la dernière, ne devait pas être bien mauvaise. Il lui fallait juste qu’il lui prodigue cette chaleur humaine qui lui faisait défaut. Or, elle n’aimait pas cette version de lui. Cette version Chain… Elle avait beau le fixer. Le regarder sous toutes ses coutures. Il était bien Naaru, rien n’avait bien grandement changé. Hormis le fait qu’il lui semblait plus distant. Peut-être qu’avec une autre gifle, elle verrait de nouveau ces iris verts ? Idée à creuser pour plus tard. Juste au cas ou, il oublierait que ce n’est pas elle son ennemie.

Finalement, elle lui avoua. Peut-être avec plus d’aisance qu’elle ne l’aurait cru. Mais elle lui avait dit. Elle aimait ses yeux verts plus que les rouges. Cette phrase cachait un double sens. Certainement qu’il ne l’avait pas saisi. Il, le comprendrait peut-être plus tard, ou alors pas du tout. Mais, elle lui disait clairement que sa version humaine était bien plus attrayante. Plus chaleureuse. Qu’elle aimait le Naaru avec qui elle avait déjà passé beaucoup de temps. Et que pour rien au monde, elle ne l’échangerait contre le Chain qu’elle avait devant elle. Si, il ne lui parlait pas lui-même de sa vie dans les Abysses, de comment il était devenu ce qu’il est à ce moment précis. Qui est son contractant et dans quel groupe il se trouve. Elle ne lui demanderait pas. Au contraire. Elle s’en fichait éperdument. Le Chain devait être bien ennuyeux. Pratique, mais ennuyeux.
Puis… Ce sourire était bien plus beau lorsqu’il n’y avait pas cette pointe amère venant de l’Abysse.

Doucement, elle le laissa se relever. Après tout, elle ne pouvait le tenir à terre plus longtemps. Sur le coup, elle se sentie presque soulagée. Si, elle se pouvait de tenir tête et de regarder, le Naaru normal. Le Naaru Chain lui donnait plus de fil à retordre. C’était comme cela. Les habitants de l’Abysse devaient posséder un certain charme de persuasion, qui faisait que soutenir leurs regards n’était pas possible. Si, un jour, elle avait la chance de le recroiser sous cette forme. Ce qui n’était, bien évidemment pas, son plus grand rêve. Stipulons-le. Elle essaierait encore une fois de le regarder dans les yeux. Pour compter combien de temps, elle aurait la capacité de le soutenir. Puis, elle bouderait, et le forcerait à reprendre sa forme d’origine. Histoire de satisfaire un caprice et de pouvoir caresser ses cheveux bruns. Après, tout, il ne fallait pas mentir. Les cheveux blancs lui avaient donné un certain coup de vieux. La faisant se sentir comme une enfant. Une toute petite enfant. Chose qui avait tendance à la mettre de très mauvaise humeur. Lui avançant alors qu’elle n’avait pas besoin de ses excuses, qu’elle avait très bien comprises. Et que non, elle n’était pas idiote au point qu’il doive lui expliquer. Elle avait dû le vexer. S’attendant à ce qu’il réplique. C’était aussi ça qu’elle aimait bien chez lui. Le fait qu’il lui tienne tête et ne s’excuse pas, par peur qu’elle s’énerve encore plus. Un caractère fort et un joli sourire. Cet homme était très antipodaire au final. Presque trop intéressant. Elle le voulait. Le voulait pour elle et uniquement elle seule. Juste pour quelques heures encore.

Quelques encouragements. Il se devait de revenir en vie. Ce n’était même plus un conseil. Mais un ordre. Sinon, elle aurait perdu son temps, en apprenant à le connaître pour rien au final. Les morts n’étant pas très causants ni amusants. La compagnie des vivants étant beaucoup plus productive. Attrapant elle-même ses propres lames, elle savait quoi en faire. Elle reviendrait en un seul morceau aussi. Pourquoi se laisserait-elle tuer aussi facilement ? Une petite blessure ne pouvait pas l’empêcher d’accomplir ce genre de tueries. Pandora en prendrait juste pour son grade, parce que les membres en services, n’étaient pas encore présents. Aucune organisation.
Lui adressant des dernières paroles. Lui expliquant qu’il allait revenir, mais qu’elle devait en faire autant. Un sourire se dessina sur les lèvres de la demoiselle aux yeux bleus. Aucun souci pour elle, elle reviendrait.

« Dit dont, tu fais preuves de modestie, j’en aurai presque peur. »

Son sourire s’étendit encore un peu plus. Muant presque en un léger rire. Il était vrai, que la modestie ne l’avait pas étouffé sur le coup. Ce n’est pas bon de ne pas avoir un peu peur. Parce que l’on fait n’importe quoi dans ces cas là. En commençant par oublier de faire attention. Alors les mots sortirent de sa gorge. Presque comme un léger murmure.

« Sérieusement, fais attention. Chain ou pas Chain. »

Puis elle parti de son côté. Les bruits de combats de Naaru ne l’incommodant pas vraiment. Elle en avait l’habitude et faisait assez confiance au Chain pour qu’il revienne réellement en un seul morceau. Elle savait pertinemment, du fait de son propre contrat. Que si le Chain mourrait, le contractant ne ferait pas long feu non plus. Le contraire étant tout à fait possible. D’où le fait qu’ils se soient séparés. Sans Michael, la jeune femme ne pouvait pas faire grand-chose face au colosse. Mais face à un humain, non armé, aux cheveux grands et cherchant avec désespoir un endroit où se cacher. Ca, elle pouvait y faire tellement plus. Au début, elle avait simplement attiré son attention en sacrifiant une de ses armes. Bien vu l’aveugle, tel un animal, il s’est senti obliger de regarder. Voilà ce qu’il était, un animal. Un animal qui se sait chasser de surcroît. Qui doit se cacher pour survivre. Qui a peur. Michiyo savait très bien qu’elle pouvait jouer sur cette même peur. Le faire mariner un peu. Lui faire peur. Mais non, elle n’en avait pas envie. Se sentant d’humeur très colérique. En finir vite était sa priorité. Se réchauffer la seconde et ensuite dormir. La douche ne se prendrait que le lendemain matin. Trop d’eau dans la même soirée, ce n’était pas très bon. Le sang tâcherai ses draps. Pas grave, au moins, elle pourrait les jeter. Un cadeau. Horribles.

Oubliant quelques minutes la douleur. Question d’adrénaline qui permet de soulever des montagnes. Elle se dirigea doucement vers sa future victime. C’était dommage, il était à peine plus vieux que sa petite personne. Bon dieu, qu’est ce qui pouvait pousser un si jeune homme, à tomber aussi bas ? Avoir tant besoin d’aide, qu’il se doit de dépendre d’une bête assoiffée de sang. Certains d’entre eux, sont tout à fait capables de se contrôler. Mais là, il était sûr et certain que le cerbère n’était pas du genre à vouloir se faire tout petit. La présence de Naaru ne lui avait même pas faire peur. Un être bête qui voulait juste se retrouver dans le monde des humains. Les contrats illégaux les rendaient apparemment tellement fous. Humains, tout comme Chains. Soupirant devant tant de naïveté qu’elle ne pouvait pourtant pas blâmer. Elle se dirigea rapidement vers l’humain. Le plaquant violemment au sol, avant de se mettre à califourchon au dessus de lui. Elle pouvait les voir. Oui, les voir, ses yeux fous. Un animal en cage. Il savait qu’il venait de tomber sur un ennemi. Il avait peur. La jeune femme pouvait sentir tous ses muscles trembler sous elle. Si elle pouvait encore faire quelque chose pour lui. Elle l’aurait peut-être fait. Mais il était trop tard. Son esprit n’était déjà plus parmi eux. Perdu dans la spirale infernale de décadence qu’était l’Abysse. Une dernière phrase. Une menace et une mise à fort. Un coup précis dans la jugulaire. Un flot de sang dans la nuit noire. Un dernier souffle et même son animal de compagnie tira sa révérence.

Comprenant rapidement qu’elle en avait trop demandé à son corps, elle trouva une unique solution. Se relevant un peu, elle se posa sur le torse où toute vie avait quitté la cage thoracique pour pouvoir tendre la jambe. Elle commençait finalement à avoir mal. Pourtant, son repos fut de courte durée. Puisque déjà, des pas martelaient le silence que la pluie avait voulu installer. Michiyo soupira doucement, elle avait presque oublié Naaru. Remmenant sa jambe plus prêt de son corps, elle ne pu s’empêcher de le taquiner gentiment. Histoire qu’il oublie de lui parler de sa blessure.

« Tu devenais trop long. J’ai dû le tuer toute seule. »

Elle désigna alors d’un mouvement de la main. Le cadavre encore chaud sur lequel elle était assise. Son sourire n’était pourtant pas présent. Malgré la position dans laquelle elle se trouvait, elle avait un profond respect pour les morts. Seule la douleur arrivait encore à la clouer au sol. Malgré tout, elle ne pouvait pas lui avouer. Le connaissant, il en ferait certainement tout une histoire pour quelques gouttes de sang. Elle devait juste se contenter de montrer un faciès calme et tout irait bien. Avec un peu de chance, il n’y pensait déjà plus. Juste quelques minutes de repos pouvaient lui suffire. Après, le chemin du retour restait encore à déterminer. Elle ne put quand même se retenir de constater qu’il avait l’air un peu essoufflé. Le combat de son côté avait du être quand même bien plus difficile que le sien. En même temps… Ce n’était pas tout à fait comparable. Le sien n’était qu’une fourmi qu’elle avait écrasée sous son talon. Son regard remonta tout de même lentement. Du cadavre, aux jambes de Naaru, jusqu’à la main qu’il lui tendait. Non, ce n’était pas bon du tout. Juste encore un peu de temps. Michiyo était une fille comme ça. Elle ne pouvait pas se laissait aller à la faiblesse aussi facilement et encore moins devant quelqu’un qu’elle aimait un peu trop. Cherchant alors une échappatoire. Une excuse pour ne pas se relever et ne pas dire pour autant qu’elle ne pouvait pas surtout. Et là, devant ses yeux fuyants. Il lui offrit. Juste une phrase et un sourire. Alors elle lui saisie la main, le tirant vers elle. Ni trop fort, ni trop doucement. Le premier, parce qu’elle ne pouvait pas le réceptionner aussi facilement que lui l’avait fait avec elle. Et le deuxième, parce qu’il devait quand même, arriver à sa hauteur. Alors, elle lui chuchota à l’oreille. Prenant le temps de faire balader sur la nuque du jeune homme, un souffle chaud malgré le froid environnant.

« Hum, je pense que c’est mon côté dominatrice qui ressort en ta présence. Et, je pense même que tu vas finir par te retrouver une nouvelle fois en dessous de moi, si j’en ressens encore le besoin. »

Elle voulu dire « désir », mais l’autre mot sorti le premier. Peut-être question d’étique, ou de stratégie. Après, tout, elle n’aimait pas dévoiler toutes ses cartes en même temps. Tant que Naaru ne serait pas connu en long, large et en travers, elle en garderait toujours dans sa manche. Même, si celles-ci, étaient uniquement pour lui permettre de reprendre des forces. Il ne comprendrait peut-être même pas l’allusion derrière tout ça. Mais ce n’était pas la première de ses priorités. Il pourrait y réfléchir autant que cela l’enchanterait plus tard. Ce n’était qu’une simple diversion. Au fond d’elle, elle priait fortement pour que ça fonctionne. Le gardant auprès d’elle encore un petit peu. Michiyo en déduis qu’elle pouvait de nouveau se lever. Alors lâchant lui faisant comprendre qu’elle allait se lever avec son aide. Elle le fit. Lui laissant tout de même le temps de prendre bien appui au sol, s’il le désirait.

Quelques secondes après, elle sentie de nouveau ses jambes trembler. Non, elle n’était pas assez forte pour faire le trajet jusqu’à son appartement toute seule. En vrai, ce n’était pas une mauvaise chose. Michiyo savait pertinemment qu’elle pourrait une nouvelle fois accaparé le temps du Chain. C’était peut-être un caprice, juste celui de ne pas se retrouver seule. Mais, elle n’en avait que faire. Sa présence était requise, un point c’est tout. Alors, son sourire apparu une nouvelle fois, lorsqu’il lui demanda ce qu’il allait lui arriver. Il était certain qu’il s’attendait à se faire arrêter par le membre de Pandora qu’elle était. Ou alors se faire frapper à mort, par la Michiyo colérique. Que Nenni. Bien au contraire, les mots qui franchisèrent la barrière qu’était ses lèvres, en surprendraient plus d’un.

« Tu vas commencer par m’aider à rentrer au chaud. N’importe où, tant que je peux m’endormir. Après, tu vas me réchauffer, parce que je suis glacée jusqu’au os et que moi, je ne suis pas une Chain. Je ne tiens pas à avoir la grippe ou autre maladie dans le genre, que je ne pourrais même pas te refiler en tant que vengeance à ton mensonge. Et enfin, me lire une histoire jusqu’à ce que je m’endorme. Cela te convient comme réponse ? »

Un long monologue pour une jeune femme aussi fatiguée avec un sourire gratuitement. Pourtant, il fallait y comprendre qu’il devait la porter, parce qu’elle n’avait plus la force de faire un pas toute seule. Pour preuve, elle s’appuya légèrement sur lui. Histoire de ne pas se retrouver les genoux dans la flaque d’eau. La réchauffer et la laisser s’endormir. Certes, elle avait détourné la question. Mais, le temps d’y réfléchir n’était pas encore venu. Elle aurait tout le loisir de le faire le lendemain. Avec quelques heures de sommeils à son actif. Après tout, Naaru était devenu, son nouveau caprice.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   4th Novembre 2012, 03:26

Jamais. Jamais Nana n'éprouvait cette peur pourtant si commune aux humains. Se battre, c'était un peu comme un début d'adrénaline, et le chain avait fini par le prendre comme quelque chose d'agréable. Quelque chose qui lui faisait se sentir ce qu'il était. Il lui faisait surtout prendre conscience de sa vie, et ce, à travers la mort de l'être en face. « On n'a qu'une vie. ». Naaru crut pendant longtemps, plongé dans l'Abysse obscur, que cette vie s'était dérobée et que seul son esprit vagabondait encore en ces lieux, à la recherche du repos éternel. Que nenni. L'Abysse n'était ni plus ni moins une autre dimension. Non pas l'Enfer auquel il se croyait englouti. Non pas son âme qu'il croyait réduit à néant. Simplement un autre endroit, qui lui offrait une seconde chance, si infime soit-elle, de reprendre son cours normal. Normal. Après tout, l'était-il encore ? Lui qui ne vivait en ce monde uniquement par l'intermédiaire d'un vrai humain ? La vie aurait tôt fait de lui reprendre son dû. À lui comme à l'innocent qui avait osé conclure un pacte avec un chain. Triste fin.

Naaru avait le regard rivé sur son opposant. Aucun sentiment particulier ne s'échappait de ses prunelles aux couleurs de cinabre. Pourtant les mots de la demoiselle lui revenait en tête. Elle qui préférait ses yeux émeraude. Lui aussi. Mais il avait appris à ne pas favoriser ni l'un ni l'autre. Ceux du chain qu'il était possédait une certaine prestance, un certain charisme qui le rendait beaucoup moins avenant, et surtout terrifiant. Ceci non sans accentuer ce fait de par la couleur neige de ses cheveux. Il aimait peu cette couleur, qu'il ne considérait d'ailleurs même pas comme telle. Elle était trop fade à son goût, trop nue.

Le combat avait commencé. Mais le chain n'était pas vraiment concentré. Son attention était tournée vers une jeune fille, plus au loin, cachée dans l'ombre des maisons, s'apprêtant à commettre un énième meurtre. Non, Nana n'allait pas dire que ce n'était pas un travail pour une femme. Il avait tué des chains aux airs enfantins, sans aucune peine. On avait pleuré devant lui dans l'Abysse. On lui avait prié de leur laisser la vie sauve. Parfois même des humains. Et Naaru n'avais même pas fermé les yeux. Il avait fait ce que son cœur lui dictait. Alors, dès lors, il ne s'arrêtait plus à la simple vision des gens. S'ils devaient se tâcher les mains de rouge, alors c'est qu'il y avait urgence. Son regard se tourna une nouvelle fois vers l'endroit où Michiyo devait être. Moment de déconcentration complète. Il ne la trouvait pas. Ses yeux cherchèrent encore un peu. Une des têtes de cerbères s'abattit sur lui. « Fais attention » semblait lui marteler son crâne en empruntant les mots de la demoiselle. Ça n'allait pas. Oui, il devait faire plus attention. Mais où tout cela rimait si, au final, il était le seul à en réchapper ? Nana n'était pas d'un naturel soucieux. Loin de là. Ou disons qu'il prenait gare à éviter toute effluve de sang inutile. Il devait en finir vite. Mais le cerbère lui prenait plus de temps que prévu. S'il s'énervait franchement, s'il omettait d'un seul coup son environnement, sans doute n'en ferait-il qu'une bouchée. Mais c'était trop dangereux. Il savait qu'il était un chain et qu'il avait dû mal à se contrôler quand fleurissait la haine et la rage dans ses prunelles pétillantes. Et Nana ne voulait sous aucun prétexte blesser une femme en question.

Elle avait presque rit lorsqu'il lui avait demandé de faire attention à elle, en retournant ses propres paroles. En quoi étais-ce effrayant ? Certes, vu le sourire qu'elle ajouta, ce n'était pas la peur au sens général. Plus une moquerie. Mais cela suffit à rendre le chain légèrement vexé. Pour une fois qu'il faisait preuve d'un minimum de jugeote. D'un minimum de modestie, comme elle le disait, on le lui reprochait presque. Ou bien peut-être était-ce cette forme de chain qui perturbait Michiyo. Peut-être bien. En tout cas, à présent elle devrait comprendre que le Nana n'est pas l'un sans l'autre.

Une nouvelle attaque que le chain se contenta d'esquiver. Se contenta simplement. Ce qui lui valut de se recevoir une belle petite égratignure sur le visage. Qui ne tarda d'ailleurs pas trop à cicatriser, lavée par l'eau coulant du ciel. Nana asséna un coup brusque sur la tête du chain, qui lui fit secouer tout son pelage. Profitant de cette brève inattention, Naaru tenta de viser la troisième tête afin de tuer définitivement la bestiole. Il fut stoppé dans son élan par la mort pure et simple du contractant. Des salves d'un gaz noirâtre apparurent et le chain retomba lentement au sol, assurant sa réception sur ses bipèdes fléchis.

Il chercha du regard l'emplacement de Michiyo, et lorsqu'il l'eut trouvé, s'en dirigea à pas rapides. Elle était là, assise sur le cadavre frais de sa dernière victime, une de ses jambes tendue devant elle. Les yeux de Nana roulèrent sur les hanches de la demoiselle sans aucune gêne, à la recherche de sa blessure, elle aussi assez fraîche. Une parole qui fit relever le regard au chain. Il était trop lent ? Il le savait. Tout comme il savait les humains doués d'user des paroles pour masquer leur souffrance. Le contraire de Nana. C'était justement lorsqu'il était plongé dans une mutisme sans faille qu'il fallait se faire du soucis. Car même dans son sommeil, il était très actif. Elle désigna de l'index la chose sur laquelle elle était assise. Oui, c'était la première chose qu'il avait remarqué. Ce corps vidé de toute vie, les yeux encore grands ouverts, une expression de peur figée jusqu'à ce que les muscles eux-mêmes ne désertent leurs services. Aucune expression ne se dégagea du visage du chain. Ni plus ni moins une indifférence totale. Il n'allait pas fermer les yeux du garçon étendu à terre. Il n'en avait jamais pris l'habitude et bien souvent les chains disparaissaient sans demander leurs restes. Plus de corps. Plus rien. Pas même un souvenir, une sépulture. C'est comme s'il n'avait jamais existé. Il n'était pas non plus du genre à s'apitoyer sur le destin des autres. Il trouvait le sien suffisamment fort. Et ne voulait pas le partager avec quelqu'un d'autre.

Il tendit la main, pendant que son allure humaine reprenait le dessus. Le métal qu'il avait modifié réintégra sa place première. Comme si rien ne s'était produit. Si Nana avait été un peu plus pessimiste, voilà trois mois qu'il se serait enfoncé le couteau dans le cœur pour en terminer. Mais en plus d'être optimiste, il n'était pas égoïste. Il voulait profiter de la chance qu'il avait d'être là. Tout simplement. Michiyo attrapa sa main non pas en appui mais plutôt en pression pour l'amener à elle. Le chain se laissa faire et se pencha fortement en avant pour avoir la même hauteur tête à tête. Le souffle de la demoiselle effleura son cou déjà assez chaud. Elle lui annonça indirectement que c'était de sa faute à lui si elle avait des poussées de domination. Il haussa un sourcil tandis qu'un demi-sourire naissait doucement à la commissure de ses lèvres. Parce qu'il y aurait une nouvelle fois ? Restait à savoir si le chain allait se laisser faire. La première fois, c'était parce qu'il était surpris. Parce qu'il croyait que la terre entière lui en voulait. Mais il ne voyait pas du tout pourquoi cela se reproduirait. Il n'avait plus de raison d'être surpris, ou tout du moins pris au dépourvu.

-Ça, ça reste à voir.

Avait-il prononcé, un rire dans la voix. La réponse s'intéressait à la deuxième partie des paroles de la demoiselle. « À charge de revanche... » eut-il envie d'ajouter, mais s'en retint. Il se servit enfin de sa force pour relever Michiyo. Il la voyait flageller sur place. Et pas besoin d'être un humain pour deviner que ce n'était pas seulement le froid qui la tenaillait. Il n'avait pas envie de s'enquérir de l'avenir de sa blessure, parce qu'il comprenait bien que ce sujet n'avait guère l'air d'enchanter la jeune femme. Il ravala donc sa salive et demanda ce qu'il adviendrait alors de lui. Si un semblant de crainte était né dans son esprit il y a quelques minutes, à présent il était certain qu'elle ne mettrait pas ce qui lui restait d'énergie à l'embêter. Et même si d'un côté, ça le rassurait, d'un autre, ça le tracassait. C'est alors que finalement la dame lui répondit par un long monologue.

Le premier regard qu'il lui jeta était mêlé d'une espèce de surprise et d'une moquerie étonnante. Eh bien, en un mot, les siens se résumaient à l'esclavage. Certes, une forme de servitude tranquille, mais servitude elle était avant tout. Lui trouver un endroit où dormir ? Ne pouvaient-ils pas simplement aller chez elle ? Il était hors de question que Nana ramène quelqu'un chez Finn. Comme ça. Il n'arrivait pas à trouver le pourquoi du comment, mais ça n'allait pas être possible. Ensuite, même si le chain gardait une bonne petite bourse pleine d'argent, il préférait éviter de squatter les hôtels de la capitale qu'il savait hors de prix. Restait donc la maison de Michiyo. Uniquement elle. Et il n'éprouvait aucune honte particulière à en formuler le désir. Elle saurait mieux s'en tirer chez elle. Après tout, si Nana était très doué pour mettre le bordel, bien souvent c'était parce qu'il cherchait quelque chose à l'origine.

Ce qui étonna le plus Naaru, c'était la dernière partie de son monologue. Lui conter une histoire ? Eh bien, quel âge avait-elle pour désirer pareille chose ? C'était de ces paroles qu'étaient nées ce semblant de moquerie qui animait les lèvres du chain. Par la suite, Michiyo eut du mal à tenir sur ses jambes, et ni une ni deux, sans même demander son reste, il agrippa d'une main les épaules de la jeune femme, attelant l'autre sur l'articulation de ses jambes. Et il la souleva l'instant d'après, comme s'il n'avait affaire qu'à une simple petite plume. La force d'un chain restait la force d'un chain. Que ce soit sous forme humaine ou non, il gardait tout. Sauf ses pouvoirs, bien sûr. Alors qu'il commençait à marcher, il répondit :

-Tu sais, je suis très, très mauvais conteur.

Et il savait de quoi il parlait. Que ce soit pour raconter une histoire vécue personnellement ou un conte inventé de toutes parts, Nana éprouvait une certaine difficulté à classer ses idées. À les suivre aussi... C'est pour cette raison qu'on ne le conviait plus du tout aux rapports de missions, car il rajoutait toujours son grain de sel qui venait jusqu'à emberlificoter les idées des autres. Alors vraiment, non, il n'avait pas ou plus la tête à raconter des histoires. Ses pas le dirigèrent instinctivement vers le magasin qu'ils avaient délaissés au profit d'une bataille à venir. À présent que cette dernière était terminée, Naaru vint récupérer ce qui lui était à présent dû. Sans laisser un seul instant à Michiyo d'en placer une, il la déposa sur une chaise à l'entrée pour lui permettre de ne pas être mouillée par la pluie extérieure et pénétra lui-même dans l'auberge. Tout mouillé qu'il était, les regards se tournèrent et les chuchotements parurent. Il fixa la table qu'il avait lui-même quitté quelques minutes auparavant. Aperçu un jeune couple assis, les yeux rivés sur sa personne, comme la bonne majorité du restaurant. Ok, il n'était vraiment plus d'humeur tout à coup. Il jeta un coup d’œil à la table. Rien d'autre que des plats. Alors, il se dirigea à pas furibonds vers la caisse et dû respirer fortement pour ne pas s'énerver. La restauratrice courut alors vers l'autre côté de la caisse et réceptionna avec joie les sous qu'on lui devait. Le jeune chain, sans piper mot, garda sa main tendu vers la dame. Il lui fallut une bonne minute pour comprendre ce qu'il venait récupérer. Elle lui tendit avec un sourire gêné les deux livres qu'il avait laissé là.

Il ne remercia nullement la dame et sans un adieu, il retourna vers Michiyo. Tout à coup beaucoup plus doux, il retira son haori, le passa sur les épaules de la demoiselle et lui tendit les deux vieux livres d'un sourire. Il ajouta :

-Mon haori a beau être mouillé, il n'en reste pas chaud. Ça t'aidera à patienter. Et je préfère que tu gardes ces livres pour le moment.

Ce n'était pas qu'il ne les voulait plus. Non, ce n'était pas ça du tout, et ses yeux le montraient bien. C'est juste que la pluie avaient une grande possibilité pour les mouiller, et il avait rapidement compris que les feuilles et l'eau ne faisaient pas bonne entente. Il souleva une seconde fois Michiyo et ils sortirent de nouveau. L'eau semblait avoir redoublé de volume et de vitesse. Mais Nana n'avait toujours pas froid, bien qu'il soit à présent uniquement vêtu d'un simple kimono, dont le haut était bien ouvert sur son torse en raison d'une flemme apparente de refaire décemment son nœud de ceinture. Il secoua la tête pour enlever l'eau qui s'y agglutinait. Geste idiot qui contribua à faire rentrer les gouttelettes suivantes jusqu'aux racines. Il posa son regard sous un porche et s'y dirigea. Sans lâcher Michiyo des bras, il lui dit alors, une fois protégés :

-Bon, on va chez toi. Tu m'indiques le chemin ?

Son appel était sans retour. Et il comptait bien sur la faiblesse de la demoiselle pour parvenir à ses fins. Il était vraiment hors de question qu'elle termine chez lui.

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MessageSujet: Re: On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]   4th Novembre 2012, 12:49

Si, elle n’avait pas été blessée. Les choses n’auraient pas pris la même tournure. C’était ainsi, elle aurait été bien différente. Peut-être plus colérique, plus caractérielle. Un combat où un seul des partis ne pouvait que survivre. Jamais elle ne se serait permis de tuer ce jeune homme aussi vite. Peut-être lui aurait-elle laissé la vie sauve. Ou au moins le temps de se repentir. Certainement qu’elle ne l’aurait pas écouté. Non, juste lui laisser le temps de vider son sac. Croire qu’il avait des chances de continuer à respirer l’air pur de la ville. Au moins une dernière fois. Mais non, elle n’était pas comme ça. Donner des espoirs à des individus ne faisait pas parti de sa façon de vivre. Elle n’était pas non plus aux antipodes. Un assassin. Pourtant, ses mains étaient plus tachées de sang que son âme remplie de bonnes actions. Dire qu’avant, comme tout enfant, elle considérait qu’une vie était l’égale d’une autre. Qu’il fallait la chérir plus qu’autre chose. Une vie reste une vie et aucune ne mérite d’être prise d’une telle sorte. Même la plus noire d’entre elles. En grandissant, sa façon de voir la chose tendait à évoluer. Une vie n’était finalement pas une vie. Dans la balance de l’univers il fallait trouver et créer l’équilibre parfait. La vie de ce jeune homme, au début, devait falloir beaucoup plus. S’il était mort plutôt, une âme bien plus intéressante aurait vu le jour. A contrario, au moment de son assassina, il n’était plus qu’un vulgaire pantin, dont les ficelles étaient tirées par les doigts invisibles de l’Abysse. L’âme qui allait naitre en échange, ne pouvait qu’être une âme tâchée d’une certaine noirceur que la personne ne pourrait jamais expliquer. Une vie pour une vie. Une mort pour une naissance. Dès le moment où des yeux se ferment, d’autres s’ouvrent. Voilà la vision de la chose selon Michiyo. Le seul souci, étant bien évidemment l’Abysse. Celle-ci renvoie certaines âmes qui ne devraient plus exister. Avant, la demoiselle s’en plaignait quand même. Pourtant, depuis quelque temps. Elle commençait à se dire que l’Abysse ne faisait pas que de mauvaises choses. En commençant par son Chain à elle. Au fond, il n’était pas un mauvais bougre et son âme valait peut-être le coup d’avoir une seconde chance. Restant tout de même perplexe face à la rédemption. Elle venait de se rendre compte, au fil des minutes, que finalement, l’Abysse pouvait vraiment permettre la rédemption. La preuve était vraiment devant ses yeux fatigués par le combat. Naaru. Naaru qui tenait apparemment à l’aider. A vouloir faire en sorte que cette fichue blessure subisse une longue discussion sur comment la guérir. Oh, elle guérirait bien après une ou deux nuits de sommeil, pourquoi en vouloir plus ? Dans le pire des cas, une grosse fièvre sera sa compagne. Après tout, les médecins n’étaient pas les meilleurs amis de Michiyo. Moins elle les voyait, mieux elle se portait. Ainsi était fait son caractère.
En attendant, si l’Abysse, en concubinage avec la vie humaine, n’avait pas permis à Naaru de revenir. Elle n’aurait pas passé une si bonne journée, sans même parler de cette relation qu’elle n’arrivait pas à définir. Elle avait beau le tourner et le retourner dans tous les sens, il y avait une inconnue de trop dans cette équation. Il lui fallait trouver la donnée manquante pour trouver le résultat. La pièce disparue pour compléter le puzzle. Et sans Naaru, elle ne pourrait certainement jamais la trouver. Il fallait être deux dans ce jeu. Deux, ni plus ni moins. Qu’elle le veuille ou non.

Rivant une nouvelle fois sur le cadavre chaud sous elle. Un faciès triste traversa lentement son visage. Si jeune, si humain. Elle ne pouvait pas s’y soustraire. La tristesse faisait parti de ses nombreux sentiments qu’elle ne pouvait pas renier. Surtout lorsqu’elle pouvait se substituer à la personne. Elle pouvait se voir elle. Ses longs cheveux ayant pris une teinte rouge. Le dernier souffle désertant sa poitrine. Ses yeux bleus perdants toute flamme de vie. Son corps aurait pu être celui étendu à même le sol. Sans que personne ne pleure sa mort. Oui, elle se voyait clairement dans cet état. Alors, à ce moment précis. Un frisson traversa son échine. Lui rappelant qu’elle n’était pas à l’abri de la mort. Qu’un jour, ce serait son tour, et que personne ne pourrait rien y faire. Après tout, elle avait choisi son destin. Tout comme le fait de s’asseoir cinq minutes avec le jeune brun pour entretenir une discussion. Elle ne pouvait que se blâmer, elle et elle seule. Une vision lui traversa l’esprit. Non, plusieurs en fait. Toutes les victimes qu’elle avait assassinées sans même un regret. Parce qu’elle s’était laissé aller à son instinct le plus animal. Toutes ces victimes qu’elle avait accumulées. Sa liste ne faisait que de s’agrandir. Des noms, des sans noms. Secouant légèrement la tête, elle décréta qu’il ne fallait pas qu’elle se laisse aller dans de telles divagations. Alors, elle repoussa doucement les mèches de cheveux qu’elle avait sur son visage. Après tout, ils avaient fait eux aussi leurs choix. Peut-être qu’ils ne connaissaient pas les conséquences comme les contractants légaux les connaissent. Mais elle ne pouvait rien y faire. Maintenant, ils devaient en subir les conséquences. La jeune femme soupira d’aise. Son corps été gelé certes, elle était certaine qu’après s’être remise de sa blessure, elle aurait une grosse grippe, puis ça irait mieux. Fallait-il déjà qu’elle survive à la grippe. C’est fou ça, d’avoir peur d’une maladie et non d’un contractant fou et de son Chain. Il faudrait qu’elle puisse revoir un jour l’ordre de ses priorités.

Puis Naaru revint vers elle. Il lui fallu quelque seconde pour que sa vision n’arrête de se troubler. Apparemment, elle était bien plus fatiguée qu’elle ne voulait le montrer. Néanmoins, elle n’avait pas encore décidé que la soirée ne se termine. Malgré ses dires, si elle avait décidé de continuer, elle continuera. Naaru allait devoir apparemment subir les caprices de la demoiselle. Bonne chance. Après lui avoir lancé une légère boutade à laquelle il ne prit même pas la peine de répondre. Elle suivit chacun de ses gestes du regard. Un regard encore légèrement excité par le combat, certes court, mais un combat tout de même, qui venait de se dérouler. Bon, apparemment sa hanche était toujours bien plus attrayante qu’autre chose, depuis que le sang avait commencé à faire son apparition. Puis finalement, il remarqua. Oui, il l’avait vu l’objet qui lui servait de siège. Peut-on encore selon vous, dire qu’un cadavre est un être humain ? Michiyo avait son petit avis sur cette question. Dès que toute vie commence à déserter un corps, ce n’est plus qu’un banal objet. Apparemment, le fait qu’il ait les yeux ouverts n’avait pas l’air de le déconcentrer plus que cela. La jeune femme venait seulement de s’en rendre compte. Et pourtant, elle avait eu le loisir de les observer ses yeux vides. Retenant un ultime soupir, sa main légèrement tremblante vint fermer les yeux de sa dernière victime. Un ultime cadeau. Une façon de lui montrer qu’elle avait du respect pour ce qu’il était devenu. Maintenant, ils allaient partir. Avant, elle devait encore disposer d’un peu de repos, pour que sa jambe accepte enfin de la soutenir. Chose qui n’était pas une mince affaire, puisque l’adrénaline avait quitté son corps. Que la douleur faisait surface avec toute sa force et fureur. Alors, elle l’attira vers elle, trouvant une idée. Bien-sûr, tout ce qu’elle disait était la vérité, peut-être qu’un petit jeu de chat et de souris allait s’installer entre eux. Et vous pouvez croire tout ce que l’on pourra vous dire. Mais la jeune femme fera tout pour être dans la peau du chat. Même si pour le moment, elle ressemblait plus à une souris. Une petite souris qui avait besoin de toute l’aide du monde, même celle du chat, pour l’aider. Puis, elle le relâcha, pour qu’il puisse se relever tranquillement et partir s’il le souhaitait. Elle l’avait vu sourire. Mince, peut-être. Mais sourire. Finalement, elle voulait le démarrer ce jeu. Et même si elle était blessée. Elle serait le chat. Point à la ligne.

Alors son visage délaissa le cadavre pour se retourner une nouvelle fois vers Naaru. Qui, avait enfin décidé de lui parler. Alors elle l’écouta. Une phrase courte certes. Mais qui laissait bien des avantages. Alors, comme cela, il ne la croyait pas. Cela « reste à voir » . D’accord, elle lui prouverait. Avec son accord, ou pas.

« Oh, ne me tente pas petit Naaru. Peut-être pas maintenant, parce qu’à cause d’une certaine blessure, je ne peux pas. Mais je n’oublie rien. Et vois tu, je compte bien te faire te retrouver en position dominé une prochaine fois ».

Elle voulu bien évidemment rajouter, que tu sois d’accord ou pas. Mais ça, il se devait de le deviner lui-même. De plus, la jeune femme avait bien aimé rajouter le mot « petit » histoire de persuader, qu’elle était bien le chat dans cette histoire. Ou de pouvoir le dire à une personne une fois de temps à autre. Il fallait bien avouer que du haut de ses vingt et un an, elle avait encore la taille d’une adolescente et cela la frustrait un peu. Devoir se sentir regarder de haut bien souvent, ne la mettait pas de très bonne humeur. Alors, avec son aide, elle se releva. La douleur était encore moins supportable debout. Cachant une légère grimace de douleur, elle se contenta juste de parler, sur ce qu’il devait faire maintenant. Une demande d’aide déguisée. Ce n’était pas le moment de le sermonner pour ne rien lui avoir dit. Lorsqu’elle se sentirait mieux, ou alors jamais. Parfois, le silence est bien plus horrible que les explications. Cette sensation et envie indescriptible que l’on possède de parler, de s’expliquer. Mais se retrouver face à un mur qui ne vous pose aucune question sur ce sujet. Cela vous tenaille les entrailles. Naaru allait certainement le comprendre comme ça. On ne joue pas si facilement avec la jeune femme. Michiyo était tenace, et avait la capacité de faire de la « sélection auditive » soit en langage courant, entendre seulement ce qu’elle désirait entendre. Sur le coup, elle attendrait patiemment que Naaru ait une forte envie de tout lui expliquer, pour daigner poser des questions.

Michiyo ne tenait plus. Les secondes passaient trop lentement et elle avait mal. Non loin d’elle l’envie de crier au monde entier sa douleur. Il fallait que ça s’arrête, qu’elle trouve le moyen de minimiser les soubresauts de douleur. S’appuyer sur son autre jambe n’était pas une bonne idée. S’appuyer sur le jeune homme voudrait dire qu’elle acceptait qu’ils parlent de comment s’occuper de cette « petite égratignure » . S’effondrer non plus. Peut-être que se frapper la tête contre un mur pouvait se révéler utile. Pour le moment, elle se contentait de ne pas y penser. De se répéter inlassablement qu’elle n’avait pas mal. Que tout se passait dans sa tête. Non ! Elle avait vraiment mal. La douleur était réelle, la blessure aussi et le Chain à côté d’elle par la même occasion. Dans sa demande, elle avait stipulé un « endroit où dormir » pour ne pas s’inviter chez lui, et encore moins aller chez elle. Ils se pourraient qu’ils tombent sur un oiseau de très mauvaise humeur. Qui se damne à poser des questions à une contractante tout aussi caractérielle, devant un Chain qui ne tarderait pas à être démasqué. Vous voyez le tableau ? Une situation qui ne tournerait pas à l’avantage de la jeune femme. Ou, son partenaire ne serait pas encore rentré et tout se passerait bien dans le meilleur des mondes. Bien-sûr…

Alors qu’elle partait dans des théories tout aussi farfelues les unes des autres. Elle sentie un bras autours de ses épaules, un autre à ses articulations bien plus bas. Avant que ses pieds ne quittent le sol. Quelques secondes plus tard, et elle comprenait qu’elle était de nouveau dans les bras du jeune homme. De façon à ce que la douleur est diminuée d’un cran. Sauf que sur son visage, il n’y avait aucune gêne. Juste une certaine surprise de se retrouver aussi loin du sol. Ses pieds n’étaient pas habitués à cela, que lorsqu’elle était assise tout au fond d’une très grande chaise. Plutôt flattée que son poids ne soit pas énorme non plus. Elle se sentie petite. Très petite. Trop petite. Encore plus contre le torse de Naaru, qui lui sembla bien large sur le coup. Le voyant de plus en plus comme un homme, plutôt qu’un enfant.

Tout en commençant à marcher, il lui stipula qu’il n’était pas un très bon conteur. Ah... Il n’avait donc pas compris le fait, qu’elle voulait simplement le garder auprès d’elle le plus longtemps possible et que ce n’était qu’un prétexte. Michiyo s’en fichait bien d’avoir ou non une histoire avant d’aller au lit. Loin de là le besoin d’entendre de vaines paroles avant de s’endormir. Tout ce qu’elle voulait, c’était dormir avec une présence auprès d’elle. Elle en vint même à se demander si le fait qu’il n’ait pas compris soit une bonne chose ou non. Un sourire se dessina une nouvelle fois sur le visage légèrement plus pâle de la demoiselle, alors qu’elle ne rechignait même pas au fait d’être portée comme une enfant.

« Ne t’en fais pas pour ça, je te dirais que tu n’es pas si mauvais. S’il ne faut que ça pour te rassurer. »

Bien-sûr, elle ne lui dirait pas, que c’est uniquement pour ne pas passer la nuit seule. Elle s’agrippa alors légèrement aux habits du jeune homme pendant la marche. Nouvelle vague de douleur. Ne pas y penser. Surtout ne pas y penser. Tu es en vacances dans un pays étranger. Oui voilà, juste penser à autre chose. Mais bon dieu, comment penser à autre chose, lorsque sa chemise est tâchée de sang. Que l’on se trouve dans les bras d’un homme, parce que l’on est plus capable de marcher. Comment ? Simplement en relevant doucement les yeux pour observer le visage de son chevalier servant. Ce visage, elle avait beau le regarder depuis leur rencontre, elle ne s’en lassait pas. Cette peau mate, qu’elle avait déjà eu l’occasion de toucher. De diverse manière de surcroit. Ses yeux émeraude qui semblaient ne jamais avoir soufferts. Au moins, décrire chaque ligne du visage de Naaru était une solution acceptable pour ne pas souffrir plus. Il fallait juste le faire, avec beaucoup de discrétion. Avant de s’en rendre compte, la demoiselle s’était retrouvée sur une chaise à l’entrée du restaurant où ils avaient partagés un repas peu de temps avant. Ayant complètement oubliée qu’elle était partie sans récupérer ses affaires. Pourtant, elle n’avait rien pu dire. Juste le regarder se diriger vers la gérante pour payer son repas. Néanmoins son regard se fit plus dur, non pas à cause du comportement du jeune homme. Mais plutôt à la vague de chuchotements qui venait de déferler à leur entrée. Alors quelques regards plus choqués se tournèrent vers elle, principalement vers sa blessure. Le premier qui posait une seule question, pouvait être le prochain cadavre à embellir. Son regard se fit alors plus taquin, posant une main sur sa hanche, elle plaça ensuite un de ses doigts devant sa bouche, tout en fixant l’un des couples abasourdie par l’ampleur du sang sur sa chemise. Puis, un « chht » délicat et discret en sorti. Leur faisant comprendre qu’il fallait impérativement se taire. Si un sourire mesquin était présent, ses yeux se faisaient beaucoup plus dur et la décision sans appel possible. Reprenant ainsi une pose normale lorsque son camarade revint vers elle avec ses deux livres et de l’argent en moins. Sans compter le haori qu’il venait de poser sur les épaules de la demoiselle.

Par instinct, elle le resserra autours d’elle, lui rendant l’air doux que le visage de Naaru venait de lui offrir. Sincèrement, son geste, même simple, la surprenait et lui faisait plaisir. Ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait croiser un Chain gentleman. Elle souffla alors un petit « merci » tout en écoutant ce qu’il avait à lui dire. Justement, la prévenir que même humide, son vêtement allait lui tenir chaud le temps qu’il trouve une autre solution et qu’il lui rendait les livres pour le moment. Elle ne le prit pas mal, voyant l’éclat qui brillait dans ses yeux à cet instant. Plus tard, il aurait tout le loisir de les reprendre et de les lire.

« C’est gentil de ta part, je vais donc le garder avec moi le temps du voyage. Tu ne viendras cependant pas te plaindre, si je décide de le garder. »

C’est vrai, il était bien chaud, avait l’odeur du jeune brun dessus. Il y avait par conséquent de grands risques qu’elle le garde jalousement et s’en accommode un peu trop. Décidément, il avait su avec quelques attentions et de la patience, faire sortir la Michiyo plus douce et taquine qui n’avait pas souvent le droit de montrer le bout de son nez. Ce sourire et cette bonne humeur même dans les pires moments pouvait faire des miracles apparemment. Lorsque son corps quitta la chaise et qu’il se heurta une nouvelle fois au froid extérieur, elle frissonna. Il fallait vite se mettre à l’abri. Alors, elle cacha les livres du mieux qu’elle pouvait et remarqua au passage, une chose qu’elle avait pris l’habitude de voir. Le torse de Naaru. Il était vrai qu’elle ne faisait plus attention au fait qu’il ne soit pas couvert. Bien qu’elle sache désormais sa nature de Chain, elle ne pu s’empêcher de se lover contre et de couvrir le maximum de parcelle de peau avec le haori. Ce n’était peut-être pas très concluant, mais au moins, elle avait contribué à quelque chose.
Finalement la pluie s’arrêta soudainement. Encore une fois, elle n’avait pas suivis l’action et venait seulement de comprendre qu’ils se trouvaient à l’abri, lorsque les paroles du brun la firent revenir parmi les vivants. Elle cligna alors plusieurs fois des yeux, laissant le temps aux paroles d’être analysées et comprises par son cerveau. Il venait bien de lui ordonner de lui expliquer le chemin jusque chez elle. Chez elle. Croyait-il vraiment qu’elle allait dire oui ? Avec en plus, le potentiel fait que Michael se trouve dans le même appartement ? Mais bon…Au fond, elle n’avait pas le force de le contredire sur le moment. Avait froid et voulait se changer. Capitulation. Soupir.

« Vu que je n’ai pas le choix… »

Michiyo regarda à droit, gauche, en face, pour essayer de se repérer le plus possible. N’ayant aucune mémoire des lieux, il lui fallait de la concentration et du silence. S’appuyant de nouveau sur le torse dénudé du jeune homme, elle ouvrit la bouche.

« Tu va prendre directement à droite, continuer tout droit jusqu’au magasin de jouets en bois dont je ne me souviens plus du nom. Faire un quart de tour sur toi-même et te retrouver face à un immeuble aux briques rouges. Tu pousses la porte, monte jusqu’au troisième étage, et te dirige vers la troisième porte que tu verras. Tu as bien compris ? »

La demoiselle avait pris le temps de faire des pauses entre chaque nouvelle donnée, pour qu’il puisse les enregistrer convenablement. C’était un choix tactique de tout lui avoir détaillé d’un coup. Elle se sentait étrangement fatiguée d’un coup, et savait qu’elle risquait de s’endormir pendant le trajet. Le torse du jeune homme était assez confortable au final. Elle pointa tout de même du doigt la directement à suivre pour commencer. Après, il était assez grand pour trouver le reste tout seul. Une dernière indication lui vint tout de même à l’esprit.

« Oh, tu vas certainement croiser ma propriétaire. Ne t’évertue pas à lui parler, elle est sourde. Ce serait bête que tu puisses avoir l’air idiot à lui demander quelconques informations. »

Une petite pique pour terminer et retenir un bâillement. Ne pas dormir et ne pas penser à la douleur non plus. De toute façon, elle savait pertinemment ce qu’elle allait faire dès que la porte de son appartement serait ouverte. Commencer par se changer. Le faire se changer aussi. Les habits de Michael seront bien assez grand pour ça et surtout, oui surtout, prier aussi fort que possible, pour qu’il ne soit pas présent. Après, le reste se jouerait en fonction de Naaru et de ses réactions imprévisibles ainsi que du caractère capricieux de Michiyo.

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Un merci à Nana pour le joli kit ♥
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On rencontre parfois sa destinée au détour d'une ruelle. C'est même souvent le cas [PV Naaru]

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