AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  





Partagez | 
 

 L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   2nd Septembre 2012, 09:58

Il faisait beau dans les rues de Réveil en ce milieu de journée. Le soleil se situait bien haut dans le ciel et peu de nuage le couvrait, une belle journée de fin d'été comme on les aime. Revis le regardait avec dédain depuis la fenêtre de son appartement, il était, pour une raison qu'il ne comprenait pas, profondément ennuyé ; lui qui trouvait pourtant toujours quelque chose, ou quelqu'un, pour l'occuper. Mais aujourd'hui, malgré les rues bondées de la capitale, il n'avait rien vu d’intéressant. Sa seule occupation de la mâtiné avait été la légère dispute du couple qui habitaient dans l'appartement situé à côté du sien et dont les mur peu épais permettez d'entendre tout ce qui s'y passait. Depuis, plus rien, les habitants s'occupaient de leurs affaires dans le plus grand des calmes et personne ne semblait décidé à le rompre.

L'homme reporta son attention sur les passants, un marchand avait l'air déterminé à chasser un chat errant qui en avait après son étalage de viande, la courte scène amusa le Baskerville qui était prêt à rire à n'importe quoi du moment que cela l'occuper. Il suivit des yeux le chat qui fuyait devant le balai du marchand et c'est à ce moment qu'il remarqua une jeune fille sortir de la ruelle vers laquelle ce dirigeait l'animal. Ce n'était pas la première fois qu'il la voyait traîner dans les parages, elle y passait même souvent et ill avait déjà pu l'observer un peu. Son air hautain lorsqu'elle regardait les autres ainsi que le sourire qu'elle affichait en permanence étaient les première caractéristiques qu'il avait remarqué.
Revis plissa les yeux, peut-être avait-il enfin trouvé son occupation... Il n'avait rien d'autres à faire de toutes façons. Il enfila rapidement une veste qui se trouvait sur le porte-manteau et sortit sans prendre la peine de fermer à clé.

Une fois dehors, l'ex-chef chercha des yeux l'adolescente qu'il avait vu plus tôt, il l'a reconnu rapidement grâce à la longue chevelure grise qui couvrait son dos. Il commença par la suivre tranquillement, il ne comptait pas l'aborder devant tout ce monde, qui sait comment peut réagir une fille de son âge lorsqu'elle est abordé par un homme adulte qu'elle ne connaît pas ?
Ce ne fut qu'une fois entré dans une rue étroite et plutôt sombre que le plus âgé attrapa le bras de Fuyu pour attirer son attention, il attendit qu'elle se tourne vers lui pour lui dire doucement :

-Bonjour jeune fille. J'espère que tu n'es pas pressée, j'aimerais beaucoup que l'on discute tout les deux.

Il lui adressa un sourire qui se voulait rassurant.
Règle numéro 1 pour manipuler quelqu'un : Toujours mettre la personne en confiance...

[C'est plutôt court, j'en suis désolé... J'espère que ça t'ira quand même sinon tu me le dis et j'essayerais de changer ça ^^]

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 


Dernière édition par Revis Baskerville le 19th Novembre 2012, 06:35, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 197
Age : 18
Personnages préférés : Break et Echo essentiellement.
Double comptes : Aiko Baskerville

Feuille de personnage
Nom & prénom: Fuyu Akeno.
Nom du Chain : N'en possède pas.
Groupes: Civils.


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   4th Septembre 2012, 10:12

Ce n’était pas la première fois. Et ça ne sera sûrement pas la dernière. Des vagues successives d’ennui déferlèrent sur Fuyu, la submergeant et l’entraînant dans un état tel que son regard devint aussi vide de lucidité que de malice. Assise sur son lit, ses genoux amenés à sa poitrine, elle fixait le plafond, poussant de longs soupires désespérés. Pourquoi fallait-il qu’elle se réveille si tôt alors qu’elle savait parfaitement qu’elle n’allait rien faire de sa journée ? Cette pensée traversa son esprit plutôt rapidement, malgré la lenteur dont elle avait usé depuis son réveil. Alors elle se releva et alla se changer, trouvant que sa robe noire excessivement courte ne conviendrait pas pour une sortie en ville. Car oui, à la base, elle n’avait même pas envie de prendre l’air. Mais finalement, ça ne pouvait pas être pire. Elle opta donc pour une jupe légèrement plus longue, plissée et noire, et enfila un chemisier blanc dont elle ferma tous les boutons sauf le premier. Logique, elle allait étouffer sinon. Et puis, pas la peine de faire provocatrice, elle n’avait aucunement l’intention de s’amuser. Pas qu’elle ne le voulait pas, juste qu’elle était presque sûre de ne rencontrer personne de divertissant aujourd’hui. Presque sûre. Elle sortit de chez elle après avoir fermé la fenêtre et dévala les marches de son immeuble non pas sans avoir fermé la porte qui donnait sur son appartement.

Empruntant des ruelles qu’elle ne connaissait pas vraiment, l’adolescente essayait de se repérer comme elle le pouvait. Quand elle arriva en plein centre-ville, elle s’étonna elle-même de la facilité avec laquelle elle retrouva son chemin. Ses yeux glissèrent sur une petite fille alors qu’elle étira ses lèvres en un sourire amusé. La fillette manqua de lui rentrer dedans et finit par tomber parterre, se relevant aussitôt. Fuyu la trouvait mignonne, certes, mais elle ne chercha même pas à lui tendre la main ou à l’arrêter, voire même simplement lui demander si elle allait bien. Non. Elle ne fit rien. Strictement rien. Arborant son air habituel – hautain et méprisant – elle commença à s’éloigner de toute cette foule, préférant trouver la solitude dans quelques autres ruelles cachées derrière les marchandises des vendeurs. Elle s’y enfonça alors, s’habituant à la familiarité de ces lieux tant elle avait l’habitude de les fréquenter.

Ses pas résonnaient sur le sol, les murs renvoyant l’écho de ce bruit régulier. Elle s’attendait un peu à tout, mais surtout à rien. Effectivement, elle pensait vraiment être seule et ne s’attendait pas faire une quelconque mauvaise rencontre. En fait, elle ne s’attendait pas à faire de rencontres tout court. Elle ne pensait à rien, plongée dans un gouffre sans fond et sans clarté. Alors les pas qui suivaient les siens, elle ne les entendit point. Quand on lui saisit le bras, elle cligna des yeux, revenant soudainement au Ici et Maintenant. Elle voulu se retourner brusquement, attraper le poignet de cette personne et le lui faire regretter. Mais son bras fut vite libéré, et elle se contenta de faire volte-face. Son regard jaugea l’homme devant elle rapidement et elle réprima un soupire de soulagement ; elle avait bien fait de ne pas vouloir jouer aux fortes, contre un homme qui avait au moins cinq ans de plus qu’elle, elle n’aurait eu aucune chance. Ses prunelles restèrent accrochées à ses lèvres étirées en un sourire rassurant alors qu’elle demeura immobile, la tête penchée sur le coté, les mots qu’il venait de prononcer dansant dans sa tête. Des dizaines de répliques lui brûlaient la langue, toutes aussi cinglantes les unes que les autres. Mais finalement, elle se contenta d’afficher un sourire mi-amusé mi-provocateur, approchant d’un pas. Elle amena son index à ses propres lèvres, faisant mine de réfléchir. Qu’était-il ? Plutôt hypocrite ou plutôt manipulateur ? De toute façon, qui dit manipulateur dit hypocrite. Mais pas le contraire. Il était plutôt charmant. Non, à vrai dire, il était très charmant. Mais Fuyu se garda bien de le lui signaler. Elle lutta pour ne pas dire ce qu’il ne fallait pas. Oh oui, elle lutta vraiment pour ne pas avancer les évènements. Car oui, à ses yeux, la couleur était annoncée. Cette rencontre allait être plus qu’amusante, elle allait être littéralement exceptionnelle. Mais encore fallait-il que ça soit rapide, car si c’était trop lent, Fuyu s’en lasserait et ne perdrait sûrement pas son temps à essayer d’accélérer les choses. Donc, pour que, justement, ça soit rapide, il fallait que ce nouveau sentiment d’intérêt qui naquit en elle soit partagé, réciproque. L’était-il ? Il fallait qu’elle le sache. Il fallait qu’elle fasse réagir son opposant sans elle-même agir ; qu’il prouve ce qu’il ressente en ce moment sans savoir ce qui se trame dans la tête ainsi que le corps frissonnant de la demoiselle.

– Du temps ? J’en aurai si besoin. Mais peux-tu me prouver en peu de mots que tu vailles la peine que je t’écoute ?

Peu de mots. Pas peu de gestes. Elle retira son doigt de ses lèvres et redressa lentement sa tête. Quelques mèches de sa chevelure d’argent, relevées un court instant par une des dernières brises estivales, vinrent lui barrer le front. D’habitude, ça ne la dérangeait pas. Ou du moins, pas tant que ça. Mais aujourd’hui, alors qu’elle était occupée à observer le jeune homme face à elle, ses cheveux la gênèrent. De son index ainsi que de son majeur, elle les éloigna, les rangeant derrière son oreille. Pour l’inciter à agir, son sourire se fit plus malicieux alors que dans son regard se logeait une lueur d’impatience presque indécelable.

Était-elle normalement ? Une adolescente de quinze ans dite normale n’était-elle pas censée prendre peur à la vu d’un adulte ? Et ça ne pouvait qu’être pire si celui-ci l’interceptait dans une telle ruelle. D’ailleurs, que faisait-il ici ? Hasard ? Elle en douta. Mais revenons à notre sujet premier ; la normalité de Fuyu. Effectivement, elle prit vite par à ce petite manège, ne pointant même pas un doigt accusateur sur cet homme. Elle n’avait pas peur. Ce n’était pas son sourire rassurant qui sonnait faux qui lui ôtait cette peur. Elle n’avait simplement pas peur. Elle était confiante, voilà tout. Elle ne misait pas grand chose sur ses capacités physiques, mais elle était sûre que le duel sera plus mental qu’autre chose. Et question mental, elle était plutôt douée.

Elle n’avait pas pour habitude de céder à un homme si rapidement. Pas si facilement non plus. Il fallait qu’il trouve les bons mots – et il était d’ailleurs bien parti – et qu’il sache se comporter en n’étant pas trop timide et réticent mais en n’allant pas trop loin. Enfin, en n’allant pas trop loin dès le début. Pas qu’il risquait de choquer Fuyu, loin de là, simplement qu’elle aimait bien affirmer son coté dominateur. Coté que les hommes n’apprécient pas tellement. Peut-être sera-t-il différent, lui. Pour l’instant, sans qu’il n’ait rien répondu, il était déjà plutôt bien vu par la jeune fille. Il était vraiment bien vu par la jeune fille. Qu’il fasse juste attention. Qu’il réussisse le test. Qu’il sache préparer ses pions sur l’échiquier avant d’attaquer pour de bon la partie. Il veut jouer ? Elle allait jouer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   15th Septembre 2012, 03:09

Malgré son sourire apaisant, il ne s'attendait pas à voir la jeune fille aussi à l'aise en sa présence. Elle se retrouvait seule en compagnie d'un adulte venant de l'aborder, dans une ruelle ou peu de personnes allaient, pourtant elle semblait ne pas s'en inquiéter plus que ça. Tant mieux, ce serait bien plus simple que s'il avait du tout essayer pour gagner sa confiance. Il la vit sourire, elle n'était donc vraiment pas effrayée... Revis prit un peu de temps pour la détailler. Elle était jeune, Revis jugea qu'elle ne devait pas avoir beaucoup plus de 15 ans, mais elle était très jolie, son sourire aussi. Ses cheveux argentés venaient entourer son visage, le vent les balayant parfois, les ramenant sur son visage d'autres fois. Elle lui plaisait de plus en plus cette petite...

Il attendit donc patiemment sa réponse qui ne tarda pas à arriver. Il ne sut, tout d'abord, pas comment réagir face à sa phrase, il ne s'était pas attendu à ça. Mais, un sourire s'étira bien vite sur ses lèvres, elle était encore plus intéressante que ce qu'il avait imaginé d'elle. L'homme aurait voulu prendre tout son temps à réfléchir à comment répondre à sa demande. Il avait déjà son idée là-dessus mais, il aimait se faire attendre, rien que pour enquiquiner un peu interlocuteur, pourtant Revis eut la sensation qu'il valait mieux ne pas trop la faire attendre, il pourrait risquer de la faire fuir. Après tout, elle avait bien dit qu'elle aurait du temps pour lui que s'il en vaut la peine.
En peu de mots avait-elle dit ? Il devait y faire attention, choisir les bons sans trop en faire. Serait-elle réceptive aux gestes ? Il fallait tenter le coup, jouer là-dessus.

Il lui sourit à nouveau et plissa légèrement les yeux, la regardant avec intérêt. Il n'essaya pas de cacher ses émotions et les laissa même ressortir, il cherchait à ce qu'elle voient l’intérêt qu'il lui portait. Le Baskerville posa un doigt sous le menton de l'adolescente pour être sûr d'attirer son regard. D'après ce que ses observations avaient pu lui apporter, elle semblait plutôt hautaine, alors peut-être préfèrerait-elle être à sa hauteur ? Il s'accroupit donc jusqu'à qu'il puisse la regarder dans les yeux sans incliner la tête.

-Le simple fait de vouloir me tester te rend d'autant plus intéressante que je ne l'avais pensé.

L'homme l'observait sur toutes les coutures à la recherche d'un quelconque geste ou réaction qui dévoilerait ses émotions. Cependant, il restait concentré sur elle et se montrait discret, relevant souvent les yeux vers son visage pour croiser son regard. Il ne voulait pas non plus la mettre mal à l'aise en la fixant trop et faisait donc attention à ne pas la regarder trop longtemps dans les yeux.
A vrai dire, il ne savait pas trop quoi penser. Il voulait que les choses évoluent rapidement mais ne voulait pas non plus aller trop vite, prendre son temps, profiter du jeu. Car oui, c'était un jeu pour lui. Était-ce aussi le cas de cette jeune demoiselle ? À voir le sourire qu'elle affichait plus tôt, elle semblait bien s'amuser.
En portant son attention sur ses vêtements il sut déjà qu'elle n'était pas enfant de riches, au moins il n'aurait pas d'ennui avec des nobles si la situation prenait une mauvaise tournure... Bien sûr l'idée que cela puisse tourner à la violence était rejetée. Revis n'en avait aucune envie, surtout qu'il n'était pas vraiment habitué à ne pas avoir de gardes du corps ou de Chains dans ce genre de situation.

-La première impression est souvent la bonne. Tu ne te serais pas arrêtée si tu avais pensé, au premier coup d’œil, que je n'en valais pas la peine. Je me trompe ?

Il était bavard. Très bavard. Trop même.
Elle lui avait demandé de parler peu pour le test, il avait alors dû se forcer à ne pas en dire trop. Serait-elle satisfaite de ses paroles ? De ses gestes ?
Revis n'avait pas pour habitude de se tromper et n'aimait pas échouer lorsqu'il s'amusait avec quelqu'un. Ce qui le décevrait le plus serait tout de même de devoir passer à côté d'une personne comme elle, elle semblait avoir la même définition du mot jeu que lui. C'était bien rare, surtout avec un si jeune âge et c'est cela qui la rendait si attirante aux yeux du plus âgé.
Il attendit patiemment la tournure que cela prendrait, ainsi que l'évolution de leur.... relation ? Patiemment n'était en fait pas le bon terme, "impatiemment" aurait dû être utilisé mais il ne voulait pas le montrer...

Règle numéro 2 : Trouver les points à toucher pour prendre possession de la victime...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 197
Age : 18
Personnages préférés : Break et Echo essentiellement.
Double comptes : Aiko Baskerville

Feuille de personnage
Nom & prénom: Fuyu Akeno.
Nom du Chain : N'en possède pas.
Groupes: Civils.


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   18th Septembre 2012, 05:21

Qu’est ce qui pouvait susciter l’intérêt ? Du moins, chez Fuyu, car si nous ne précisons pas, le champ de réponses sera trop grand pour l’analyser en seulement quelques mots. Quand un homme d’approximativement vingt ans vous dit que vous êtes une jeune fille intéressante, neuf concernées sur dix prendraient leurs jambes à leurs coups. Mais pourquoi ? Sûrement parce que les conseils de leurs parents leur revenaient soudainement en tête, principalement celui leur interdisant de parler aux inconnus et de les suivre, même s’ils agitaient des bonbons sous leurs nez. Cruel, n’est-il pas ? Bien trop souvent, ces histoires finissaient mal. Fuyu aurait dû avoir peur. Mais non. Pas du tout. Il était subtil et malicieux, mais pas pervers. Quoique peut-être si. Mais il ne le sera qu’avec celles qui accepteront cette partie de lui. Et d’après son regard, il les incitait vivement à le faire et devait savoir s’y prendre. Je ne dis pas que notre demoiselle a l’intention de tourner cette situation en une autre, plus tordue encore, mais cela restait tout de même à déterminer. Je disais donc, qu’est e qui pouvait bien susciter l’intérêt chez elle ? Peut-être son air hautain. Sûrement. Autant quelques hommes détestaient ce coté, le méprisaient même, autant d’autres les convoitaient, ou plutôt, convoitaient les femmes le possédant – bien que le mot « convoitait » était bien trop grand encore. Ça devenait dès lors un combat perpétuel : qui dominera qui ? Le système d’une jungle. Ou, si vous préférez, la loi du plus fort. Supposons. Mais quoi d’autres ? Maintenant qu’elle lui avait parlé et qu’elle avait témoigné d’une partie de son intelligence – nommons cela ainsi –, on pourrait dire qu’il espérait jouer à ce genre de jeu. Ceux dans lesquels les tacticiens se distinguent des amateurs. Elle ne connaissait point ses capacités, mais le fait qu’il soit un homme avantageait déjà la jeune fille. Étrangement, elle jouait plus finement, quand il s’agissait de sexe opposé. Et le jeu devenait aussi bien plus saugrenu. Mais, maintenant qu’elle y pensait, il l’avait interpellée en premier, et donc, avant qu’elle ne parle, et puis, quand avait-il bien pu voir son air dédaigneux ? Quand avait-il vu son visage ? Il était bien derrière elle, et ça ne se reflétait pas dans sa démarche – quoique un peu. Alors quand ? L’avait-il suivi ? Si c’était le cas, alors son propre intérêt pour lui monterait d’un cran. Et d’ailleurs, il avait déjà monté. D’un demi-cran seulement, car il lui manquait une confirmation. Une confirmation qu’elle aura. Mais pas tout de suite. Pas tant qu’il n’y avait pas une mutuelle confiance entre eux deux. Et d’après l’évolution de la situation, ça ne serait pas très difficile.

Un doigt glissa sous son menton et le releva sans qu’elle ne pense seulement à résister. Il se courba et positionna sa tête face à la sienne, ancrant son regard dans ses prunelles à la couleur hésitante. Il plissa les yeux. Il sourit. Chaque esquisse de sa part fût perçue et analysée par Fuyu. Ce n’était pas la première fois qu’il s’adonnait à ce genre d’activités. Il avait l’habitude. Combien de femmes lui avaient-elles succombées ? Combien d’informations a-t-il bien pu leur soutirer, rien qu’avec son regard ? L’adolescente l’ignorait, mais elle serait prête à faire partie de ce nombre-là. Sauf que. Sauf qu’elle n’était pas comme les autres, et qu’elle savait se maîtriser – un minimum, du moins. Alors elle lui tiendra tête jusqu’à épuisement de ses ressources, et tombera bêtement dans son piège. Il lui restait néanmoins une solution. Une unique solution. Celle d’assécher les possibilités qu’il pourrait envisager, avant que les siennes ne s’émoussent. Comment ? Simple question de timing, parce que niveau stratégie, ils étaient au même niveau. En fait, non. Pour le moment. Parce que bizarrement, Fuyu avait l’impression qu’il n’avait pas dévoiler ne serait-ce qu’une partie minime de ce qu’il pourrait faire, et dans ce cas-là, il avait bien plus d’une longueur d’avance sur elle. Il fallait qu’elle trouve la solution de l’obliger à dévoiler ses cartes. Avant elle. Et vite.

Il semblait volontairement mettre à nu ses sentiments. Et vu qu’il n’avait pas encore placé un mot, Fuyu en conclu qu’il avait pris en considération la condition imposée par la jeune fille ; celle de n’utiliser que peu de mots. Et il avait aussi compris que les gestes n’étaient pas interdits. Apparemment, elle l’intéressait. Ça, elle l’avait compris avant même de croiser son regard, rien qu’en ayant entendu sa voix. Ce n’est même plus le pourquoi qui la tourmentait, étant donné qu’elle avait établi quelques hypothèses. Mais sous quel angle ? Comment ça, elle l’intéressait ? Que voulait-il faire ? Qu’avait-il en tête ? Seulement discuter ? Même si elle en n’était pas du tout sûre, elle s’obligea à continuer sur cette voie. Discuter de quoi ? Et, ne doutant même pas du fait qu’il allait réussir le test auquel elle le soumettait, elle se mit à réfléchir à la façon dont elle allait s’y prendre pour puiser de sa bouche les réponses qu’elle recherchait.

Elle étira ses lèvres en un sourire amusé, écoutant ce qu’il avait à lui dire avec intérêt. Alors elle avait réussi à l’intéresser un peu plus ? Parfait. En revanche, il avait vite compris qu’elle le testait. Logique, certes, mais quand même. Croyez-moi, il n’était pas le seul à s’intéresser à elle. Il n’était plus le seul à s’intéresser à elle.
Son regard vacillait, hésitait. Elle fronça les sourcils. Pourquoi ne soutenait-il pas le sien ? Elle savait que ce n’était pas par quelconque gêne. Alors pourquoi ? Craignait-il qu’elle le lui reproche ? Il se trompait. Finalement, peut-être qu’il avait l’habitude, mais pas avec les filles. Avec les femmes, certainement. Pas avec les plus jeunes. Eh bien, Fuyu elle, avait l’habitude de jouer avec les hommes, pas avec les jeune hommes. Elle l’initiera. Oui, le mot modestie était rayé de son vocabulaire. Et alors ?

Il continua sur sa lancée, visant dans le mille. Excellente réponse. Elle n’y avait pas pensé elle-même. Il fallait qu’elle trouve une répartie. Et une répartie cinglante, car elle ne voulait aucunement rater l’occasion d’avoir le dernier mot.
Elle glissa sa main droite derrière sa nuque, y exerçant une légère pression pour qu’il revienne accrocher ses prunelles aux siennes. Elle l’attira un peu plus vers elle, laissant son souffle s’abattre sur le visage de son interlocuteur, le même sourire accroché aux lèvres. Mais dans ses yeux brillait une étincelle nouvelle. Une étincelle malicieuse et envieuse.

– Tu parles trop, tu sais. Mais ce n’est rien. Dis-moi, qu’as-tu l’intention de faire ?

Question rhétorique. Elle n’avait besoin d’aucune réponse, ne désirant même pas les posséder. Pourquoi avoir posé la question, dans ce cas-là ? Elle voulait simplement lui faire comprendre, par biais d’une interrogation, qu’elle n’avait pas saisi ce qu’il avait en tête. Elle était trop fière pour le lui dire explicitement, alors elle avait usé de sous-entendus. Comme d’habitude.

Elle l’amena un peu plus près encore, et vint frôler sa joue de ses lèvres pour finalement les positionner à quelques millimètres de son oreille gauche. Son souffle était régulier, mais plutôt rapide. Elle savait que ce détail ne passerait pas inaperçu, mais elle s’en fichait. Elle s’humidifia les lèvres, gardant le silence encore un moment. Elle fit jouer ses doigts sur la nuque de cet inconnu dont elle ignorait d’ailleurs encore le prénom, approchant légèrement plus pour pouvoir lui chuchoter quelques mots. Lui susurrer quelques mots. Mais étant donné qu’elle ne savait pas à quoi s’attendre et qu’elle ne savait pas non plus dans quoi elle s’immisçait, elle préféra ne pas aller trop loin. Pas encore.

– À quel genre de jeu désire me défier ce charmant inconnu ?

Elle éloigna brusquement sa tête, éclatant d’un rire cristallin. Sa spontanéité l’étonna, mais lui plût aussi. Elle fit glisser ses doigts de sa nuque jusqu’à sa joue, décrivit quelques cercles à l’aide son doigt, puis utilisa ses ongles, et finalement, plaça simplement sa main sur le coté gauche de son cou. Son regard, n’ayant pas quitté celui de son opposant, glissa pour la première fois. Ledit cou.
Cette partie était autant sensible chez la gente féminine que chez la gente masculine, mais pour Fuyu, c’était plus particulier encore. Il suffisait de l’y toucher pour l’agiter, et, bien sûr, elle avait appris à mouvoir les corps d’autrui avec un toucher délicat et subtil. Elle s’obligea à revenir plonger dans les yeux de l’homme, ne désirant pas attirer un peu trop son attention. Découvrir d’emblée qu’elle était attirée par son cou la désavantageait. Mais il finira par le savoir. Obligatoirement.

Qu’allait-il pouvoir se passer maintenant ? Comment est-ce que la situation allait bien pouvoir évoluer ? Évoluera-t-elle sûrement ? Fuyu n’en douta pas. Mais pourquoi n’avait-elle pas peur ? Comment avait-elle fait pour se sentir en confiance avant même qu’il n’ouvre la bouche ? Avant même de déceler son sourire manipulateur et qui, d’ailleurs, aurait dû la faire frémir ? Une grande amatrice de danger. Une grande amatrice de jeu. Mais une véritable experte pour relever les défis. Restait à savoir une chose. Une seule. Qui allait gagner ? Y aura-t-il seulement un vainqueur ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   26th Septembre 2012, 02:46

La situation prenait bonne tournure. Ou du moins, c'est ce qu'il semblait. Il était encore trop tôt pour le confirmer. Mais Revis n'était pas inquiet. Aurait-il du ? Non, la seule inquiétude qu'il pouvait avoir serait qu'elle est un contrat, légal ou non. Et encore, les réactions de la jeune fille le mettaient en confiance, il était presque sûr qu'elle ne lui ferait rien sans raison. Le faite de l'aborder, sans vraiment de raison, alors qu'elle ne le connaissait pas aurait été une bonne raison pour n'importe qui mais pas pour elle. Il savait qu'il obtiendrait beaucoup d'elle, il le voyait, il le sentait. Mais il n'était pas sûr de tout obtenir. Elle était encore bien jeune. Pourtant, s'il ne se trompait pas sur son âge, alors elle était déjà considérée comme adulte à leur époque, était-ce le cas ? L'âge, le prénom, ce sont deux informations qui semblent capitale lorsque l'on veux faire connaissance avec quelqu'un, pourtant aucun des deux ne connaissaient ces données sur l'autre. Cela ne lui semblait pas utile pour le moment, mais elle, qu'est-ce qu'elle en pensait ?

Et bon, ce n'était pas parce qu'elle avait l'âge d'une adulte que la demoiselle ce laisserait pour autant aller dans les bras d'un homme plus âgé, d'un inconnu surtout. Cela ne lui posait pas de problème, ce n'était pas ce qu'il recherchait le plus en elle. Il l'avait abordé parce qu'elle l’intéressait, mais ce n'était pas pour cet intérêt, il y avait bien des femmes à payer pour ce genre de chose, ce n'était donc pas la peine d'en chercher ailleurs. Non, ce que voulait cet homme, c'était jouer, s'occuper, se débarrasser enfin de cet ennui qui le tenait depuis son réveil. Bien sûr, cela ne l'empêcherait pas d'essayer d'aller plus loin, doucement, au fil du temps et sans la brusquer. Et si elle venait ensuite à succomber, alors il ne passerait pas à côté d'un plaisir qu'il pouvait s'offrir. Seul le temps en dira plus.

Le regard est une arme dans ce genre de combat, Revis le savait et il devait l'utiliser. Ce n'était pas la première fois, ni la dernière, il savait ce qu'il devait faire. Il savait aussi que toutes proies avaient différentes manières de réagir, il fallait s'adapter à leur comportement, à leurs réactions.
Un sourire apparut sur le visage de la fille. Elle semblait amusée. Il avait donc réussi le test ? Ça semblait être une bonne nouvelle en tout cas. Il fallait qu'il guette toutes ses réactions, même les plus discrètes.
La suivante vint rapidement : un froncement de sourcil. Pourquoi ? Parce que son regard oscillait ? Il est vrai que celui de la plus jeune n'était pas hésitant... Il pouvait donc soutenir son regard, c'était bon à savoir.

Sans avoir le temps d'en penser plus, il sentit des doigts se glisser sur sa nuque. Il releva les yeux vers elle et plongea son regard dans le sien. Elle rapprocha son visage du sien, elle dirigeait et il la laissait faire, attendant de voir la suite, attendant de voir ce qu'elle voulait faire.
Alors comme ça il parlait trop ? Il le savait déjà, il s'en doutait. Heureusement, cela n'avait l'air d'avoir eu d'effet négatif.

- Mes intentions ? Elles ne dépendront que de toi.

Il avait instinctivement répondu à la question bien qu'elle lui ait paru étrange. Peut-être n'attendait-elle pas de réponse ? Trop tard me diriez-vous, il lui en avait déjà donné une.
La parole était, elle aussi, une arme. Et elle pouvait aussi bien avantager que désavantager, lui parlait trop et il était incapable de s'en empêcher. Pourtant il savait flatter et savait ce qu'il devait dire, ce qu'il ne savait pas c'était d'arrêter de parler une fois partit sur sa lancé.
Elle rapprocha à nouveau son visage, ce n'était sûrement pas la première fois qu'elle jouait à ce jeu, ce qui expliquerais pourquoi elle est aussi calme en sa présence. Il pouvait sentir son souffle contre son oreille et celui-ci était plutôt rapide. Voilà un détail qui le fit sourire.

- Le jeu a déjà commencé. J'espère que c'en est un que tu aime.

Elle riait, souriait. Elle jouait de ses doigts sur son cou et s'y prenait très bien d'ailleurs. Son regard se détacha un instant de lui pour se poser sur la partie avec laquelle elle s'amusait. Cet endroit l’intéressait-elle ? Il en aurait certainement la réponse plus tard.

Règle n°3 : Comprendre notre interlocuteur pour éviter les faux-pas...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 197
Age : 18
Personnages préférés : Break et Echo essentiellement.
Double comptes : Aiko Baskerville

Feuille de personnage
Nom & prénom: Fuyu Akeno.
Nom du Chain : N'en possède pas.
Groupes: Civils.


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   27th Septembre 2012, 08:21

Le monde est érigé par des règles strictes mises au point par les plus hauts placés – mais souvent les moins renseignés – de façon à gérer ce surplus d’anarchie. Mais parfois, ces règles ne sont pas respectées. Les répercutions peuvent être terribles. Et, au contraire, elles peuvent ne même pas avoir lieu. Mais dans les jeux, c’est autre chose. Si vous enfreignez les règles, vous serez sévèrement réprimandés. Si tout se passe bien, votre adversaire acceptera de continuer la partie si vous partez avec un désavantage. Au pire, le jeu prend tout bonnement fin. Après, cela dépend des contextes. Fuyu s’adonnait souvent à ce genre d’activités, elle avait d’ailleurs tâté tous – ou presque tous – les terrains. En commençant par le jeu de gamins jusqu’au jeu d’adultes, en passant par celui qui lui correspondait le mieux, le jeu des adolescents. Avec l’homme qui lui faisait face, elle oscillait encore entre la façon dont elle devait s’y prendre. En même temps, elle ignorait tout de ses désirs, et c’est en partie ce qui la poussa à poser sa question. Mais surtout parce qu’elle ne voulait pas garder le silence, mais plutôt le briser. Elle ne désirait pas qu’il y ait ne serait-ce qu’un instant de vide, de froid. Pas ce soir. Pas avec lui. Pas avec cet inconnu qui ne tarderait pas à faire partie des gens qu’elle apprécie tout particulièrement.

Finalement, il avait relevé et replongé son regard dans le sien. Il comprenait vite. Gentil garçon. Le même sourire étirait ses lèvres et le même voile d’innocence mêlée à de la malice éclairait son visage. Elle était vraiment douée pour mélanger des sentiments totalement contradictoires et réussissait à les faire apparaître et transmettre aux autres. En même temps, il était clair qu’elle n’avait plus rien d’une enfant innocente. Était-elle encore une enfant, d’ailleurs ? Selon l’avis d’un jeune homme qu’elle considérait comme étant son aîné, oui. Pas une enfant, en fait. Une gamine. Simplement. Mais à ses propres yeux ? Juste une adolescente. Ni plus ni moins. Bien que parfois, ses réactions pouvaient être tellement enfantines. Elle avait perdu son innocence trop tôt, était-il juste de la blâmer ? Bonne question. Mais à ces yeux rutilants d’une couleur si peu commune qui, pourtant, ressemblait étrangement à la sienne ? Que pensait-il d’elle ? Une enfant ? Allait-il la traiter comme tel ? Elle en serait déçue, et ne manquerait d’ailleurs pas de le lui faire remarquer. Oui, elle était bien exigeante. Si quelque chose lui déplaisait, elle n’hésiterait pas à couper court à cette conversation. Ou alors, la voyait-il comme une adulte ? Peut-être bien. Peut-être que non. Le temps répondra à cette question. Il y répondra indirectement, à vrai dire. Mais elle saurait comprendre. Elle était plutôt douée pour cela.

Que recherchait-il ? Malgré la question qu’elle lui posa, la réponse attribuée ne lui fût d’aucune aide. Cela dépendait d’elle. Tiens, ça pourrait même faire des fonctions si on la tourne mathématiques. Enfin, je m’égare. Ça dépendait d’elle. D’elle ? Comment ça ? Serait-il prêt à céder à ses caprices ? Ou alors, envisageait-il de dépasser un certain seuil que Fuyu ne réussissait point à visualiser – céder à ses propres caprices ? Ou peut-être qu’elle réussissait. Quoiqu’il en soit, il aurait tout aussi bien pu se taire, ça n’aurait pas changé grand-chose. Pas pour elle du moins. Mais bon, nous savons tous que l’humain est bien trop exigent. Effectivement, s’il n’avait pas répondu, elle aurait demandé une réponse. Elle envoya toutes ces pensées dans un coin sombre de son esprit et passa à autre chose.

Il ne faisait plus rien, la laissant l’attirer vers elle et le caresser à sa guise. Elle finit d’ailleurs par abandonner son jeu tactile, retirant entièrement ses mains de son cou. Elle avait la tête penchée sur le coté, le regard ancré dans le sien. Qu’attendait-il ? Qu’espérait-il ? Pourquoi ne bougeait-il pas ? Fuyu avait des multitudes questions qui se bousculaient dans sa tête. Pourtant, aucune ne dépassa le seuil de sa bouche. Bizarrement, elle n’avait pas envie d’en faire part à ses interlocuteurs. Pour le moment, ce qui pressait, c’était la répartie.

Ce qu’il lui dit après l’amena à réfléchir. Que pouvait-elle bien répondre à cela ? Pas grand-chose. Peut-être pimenter ledit jeu. Oui, mais comment ? Elle se surprit à y songer sérieusement, alors que son regard ne s’était toujours pas décroché du sien. La réponse lui parut soudain bien évidente. Elle réduit de nouveau la distance entre eux et laissa trainer son index le long de son cou, sans pour autant détacher ses prunelles des siennes.

– S’il me plaît ? Interprète mes réactions et tu sauras, tu sembles doué pour l’observation. Et puis, il manque quelque chose.

Dans le mille, Fuyu. Sa voix se fit basse, ses mots presque inintelligibles, mais son opposant les saisirait à la volée. Il avait tout du moins intérêt à le faire, parce qu’elle n’était vraiment pas du genre à se répéter. Oh et puis, pourquoi se casser la tête ? Elle était bien assez proche de lui pour qu’il puisse l’entendre. Et puis, bizarrement, son doigt se figea sur sa jugulaire, et son regard lui aussi, sembla se figer. Plus rien. Elle n’ouvrit plus la bouche, ne bougeait plus. à lui de jouer. Elle aimait dominer, certes, mais quand elle n’était pas accompagnée, elle abandonnait bien vite.
Doué pour l’observation, il l’était. Il n’y qu’à voir le regard intéressé qu’il posait sur elle. Décidément, il ne cessait de gravir les échelons de l’estime de la demoiselle. Il n’y avait rien à dire, il s’y prenait subtilement mais tout simplement merveilleusement.

Était-ce un nouveau test ? Bien sûr. Ce n’était pas le premier et croyez-moi sur parole quand je vous dis que ça ne sera pas le dernier. Son regard était profond. Tellement vide. Mais il s’y cachait bien des choses. Bien des sentiments. De la malice. Du désir. De l’amusement. Un certain genre d’excitation. Il suffisait de s’attarder un peu sur cette tempête qu’étaient ses dits yeux pour remarquer tout cela. Et vu les compétences dont faisait preuve son opposant, elle ne doutait pas qu’il comprendrait. Il comprendrait son impatience. Il comprendrait qu’il était en train de perdre le contrôle. Mais en même temps, il ne devait pas vraiment savoir quoi faire. Jusqu’où avait-il droit d’aller ? Fuyu ne lui fixait aucune limite. Il avait carte blanche. S’il en faisait trop, elle se contentera de l’arrêter. Mais d’après sa position en i et son visage à la fois inexpressif et tant expressif, il était évident qu’elle lui proposait de jouer un peu plus sérieusement. Plus étroitement. Finalement, dans un murmure, elle souffla la réponse de la question sous-entendue qu’elle lui avait posée dans ses dernières paroles, quand elle lui avait indirectement demander de deviner ce qui manquait mais de garder la réponse pour lui.

– Le but du jeu. Que vais-je gagner à la fin de la partie ?

Elle affirmait qu’elle allait gagner. Elle en doutait fortement, mais il était tout bonnement hors de question de témoigner de son manque de confiance face à un homme qui semblait n’attendre que ça. Le faux pas. D’ailleurs, elle ne savait toujours pas en quoi elle l’intéressait. Et tout compte fait, peut-être qu’elle ne le saura jamais. Est-ce pire, au fond ? En mourra-t-elle ? Non. Alors bon.
En puis, elle avait parlé de fin de partie. Est-ce qu’il y aura une ? Pas sûr. Surtout si elle se plaisait à ce jeu. Et il s’avérait que c’était le cas, parce qu’elle avait beau ne pas avoir répondu clairement, ça lui plaisait. Et pas qu’un peu. Alors elle s’y accrochera. Et solidement.

Les jeux peuvent être différents. Ceux qui ont été établis pour lutter contre l’ennui sont les plus imaginés. Les mieux construits. En outre, les meilleurs. Et puis, les règles sont très strictes, vous savez. Ironie ou vérité ? Malgré les apparences, c’était vrai. Parce qu’à vrai dire, les règles sont souvent qu’il n’y a aucune règle. Normalement, c’est simple. Mais quand on n’a pas de limites, alors on se perd, parce qu’on n’a même pas de point de repères. Jouer sur un terrain vaste et vierge n’est pas aussi anodin qu’il y laisserait paraître, mais Fuyu savait comment faire. En revanche, il restait encore un point pas encore éclairé. De quelle façon allait réagir un adulte expérimenté face aux provocations d’une adolescente débutant encore dans le domaine ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   11th Octobre 2012, 09:53

La séduction. La manipulation. Les deux peuvent se joindre, et ce, dans les deux sens. On peut manipuler une personne dans le but de la séduire. Beaucoup utilise cette technique, ils mentent et se font passer pour ce qu'ils ne sont pas, pour ainsi obtenir celui ou celle qui se trouve hors de sa portée. S'ils le font pour une relation sans lendemain, c'est effectivement pratique. Mais, lorsque l'on tente d'obtenir une relation à longue durée, c'est peine perdue, à moi de pouvoir mentir sur soi-même indéfiniment. Viendra toujours le jour où les masque tomberont. Ensuite, il y a ceux qui séduisent dans le but de manipuler la personne. Une fois qu'elle est sous notre charme, il est bien plus simple de faire d'elle ce que l'on veut. Bien sûr, on peut aussi faire les deux à la fois. Mentir à quelqu'un de façon à le séduire puis, une fois séduit, la manipuler et l'utiliser. Savoir tout cela n'est pas suffisant, il faut savoir les mettre en pratique. Et c'est ce que Revis voulait démontrer à celle qu'il venait de rencontrer. Elle semblait déjà armée sur ce terrain, elle savait ce qu'elle faisait et cela se voyait. Maintenant, il devait parvenir à garder son jeu en main et exploiter ses cartes.

Maintenant que ses premiers échanges avaient été effectués, il pouvait aller plus loin. Mais, progressivement. Il devait se faire tactile. Il ne l'avait pas fait plus tôt, tout d'abord, pour ne pas la brusquer, et ensuite, pour la laisser guider et faire ce qu'elle voulait. D'ailleurs, elle semblait s'en lasser, à moins que ça ne soit parce qu'elle voulait des gestes de sa part ? Il ne la ferait pas attendre plus longtemps, c'était à lui d'agir.
Jouant avec une mèche de cheveux d'une main et caressant légèrement son visage de l'autre. Leurs regards restaient toujours ancrés l'un à l'autre, ne se décrochant que le temps de cligner des yeux. C'est lorsque l'on fixe quelqu'un que l'on voit à quel point l'Homme peut battre des paupières. Certes, cette pensée était tout à fait inutile, mais c'est une remarque qui vient naturellement à l'esprit simple des humains. Nous sommes ainsi fait, peu de choses peuvent attirer notre attention, même de simples détails.

Elle répondit à sa question. Encore une phrase énigmatique, sans vraiment de réponse. Interpréter ses réactions ? Bien sûr, il pouvait le faire sans vraiment de soucis. Il avait déjà compris qu'il devait se faire plus tactile, tout comme elle l'avait fait avant lui. Leur visages étaient à nouveau proches, ce qui lui donnait l'envie de rapprocher encore un peu le sien. Jusqu'où pouvait-il aller ? Y avait-il seulement des limites ? Oui, sûrement, et c'était à lui de les trouver pour éviter de les franchir. Mais bon, il avait la quasi-certitude qu'elle montrerait une réaction ou un geste qui le lui ferait comprendre s'il venait à aller trop loin. Après tout, elle l'avait dit elle-même, il était observateur. Et ce n'était pas bien difficile de voir lorsqu'une chose déplaît à quelqu'un, surtout quand le concerné ne se trouvait qu'à quelques centimètres de nous. Aussi proche, il pouvait distinguer facilement toutes les expressions qu'elle pouvait avoir, du moment qu'elle ne les cachaient pas, bien entendu.

En regardant attentivement dans leurs yeux, on peut déceler tous les sentiments que ressent leur propriétaire. Il vous suffit d'être attentif et de savoir reconnaître les émotions.L'observation est un point très important quand on est manipulateur. On pouvait lire beaucoup de choses dans ceux de la plus jeune. De l'amusement, ça il l'avait déjà remarqué dans son sourire et son comportement et la malice venait le rejoindre. Ensuite. Du désir ? Il y avait sûrement dans ses yeux à lui aussi. Leurs sentiments vis-à-vis de la situation et vis-à-vis l'un de l'autre étaient bien semblables, ce qui était d'autant plus encourageant.
Peut-être même voyait-il une pointe d'excitation. Si elle venait à apporter l'impatience, alors leur relation avait de grandes chances d'évoluer encore plus vite.

Elle a affirmait gagner le jeu. Le contraire aurait bien surpris l'ainé. Enfin, y aura-t-il seulement un vainqueur ? Et même plus, y aura t-il seulement une fin de partie ? Si c'est une réussite, elle peut continuer. Elle évoluerait, sans aucun doute, il y aurait différents levels, avec de nouvelles règles qui apparaîtraient au fur et à mesure. Bref, il était encore trop tôt pour y penser, il devait se concentrer sur le temps présent plutôt que de se laisser distraire par la future suite des évènements.
Pourtant, il avait l'habitude de toujours tout prévoir à l'avance. Seulement, quand il s'agit d'humains, on ne peut jamais être sûr de leurs réactions et de comment nos prévoyances vont tourner. Et puis, avec elle, il préférait laisser les choses se dérouler naturellement. Et aussi, parce qu'il voulait la laisser à agir par elle-même, plutôt que d'influencer ses actions.

- Nous aurons tous deux à gagner là-dedans. Tu obtiendras sûrement de quoi te satisfaire.

Il attendit quelques instants. Ne voulant pas laisser un silence, il devait trouver quelque chose à lui dire. Il ne chercha pas longtemps, allant sur un sujet bien banal, mais qui n'avait pas du tout été abordé.

- Au fait, je ne sais toujours pas comme t'appeler.

A vrai dire, ce n'est pas ce qui l'intéressait le plus, bien au contraire. Mais toutes les questions concernant leur identité arriveraient bien tôt ou tard, alors autant s'engager là-dessus dans l'immédiat. Il ne s'attendait pas non plus à des détails, juste l'essentiel. Rien que le prénom était suffisant, lui-même n'en dirait pas beaucoup plus, il devait toujours restait secret quant à son statut de Baskerville, même avec les membres de sa famille. Il était même secret, tout court. Préférant agir dans l'ombre et dans la discrétion. Mais peu importe, comme dit plus haut, le simple prénom était déjà bien suffisant.

Rapprochant à son tour leur visage, il se demandait jusqu'où il pouvait aller à présent. Devait-il s'arrêter ou devait-il franchir la distance les séparant encore ? Il l'interrogea légèrement du regard, sachant qu'elle comprendrait le message. Après, allez-t-elle encore le tester et ne lui laisser aucun indice ou, au contraire, répondrais-t-elle à sa question silencieuse.

Règle n°4 : Rester à l'affut des moindres détails.

[C'est le truc le plus long que j'ai fait jusque maintenant °w° mais bon, c'est encore court par rapport à toi ._.]

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 197
Age : 18
Personnages préférés : Break et Echo essentiellement.
Double comptes : Aiko Baskerville

Feuille de personnage
Nom & prénom: Fuyu Akeno.
Nom du Chain : N'en possède pas.
Groupes: Civils.


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   15th Octobre 2012, 10:47

Qu’est-ce que la manipulation ? Bien que plusieurs personnes prétendent être manipulatrices, très peu d’entre elles en connaissent le réel sens. Sens relatif, différant selon les points de vue mais surtout selon les situations. La manipulation c’est se jouer de quelqu’un à des fins personnelles ou pas. Mais souvent, c’est pour satisfaire un désir individuel, tout bonnement. Pour jouer. Pour repousser l’ennui. Pour essayer d’occuper le temps trop libre dont nous avons la possession. Après, la manipulation peut bien sûr opérer de maintes et maintes façons. Différentes les unes des autres, là encore, concordant avec le contexte. La méchanceté gratuite, par exemple, peut s’avérer être un excellent moyen. Une solution extrême, servant à faire naître un désir de peur, de crainte et de respect forcé mais souvent faux, au cœur des victimes. Ou, pour faire plus simple, à les terroriser. Un acte extrêmement dangereux, car il peut facilement se retourner contre ses investigateurs. Et puis, c’est bien difficile de contrôler ce coté là de la manipulation. Raison parmi tant d’autres qui poussait Fuyu à user de son charme et de son corps. Elle ne s’était pas encore – en fait, elle n’avait strictement aucune intention de le faire – prostituée, n’allez pas vous imaginer toutes sortes de choses saugrenues. Elle faisait juste tourner les têtes des hommes. Malgré son jeune âge, c’était ce qu’elle préférait. Autant faire d’une pierre deux coups, non ? Car je ne vous cache nullement qu’en laissant ses doigts suivre un ballet bien précis sur les corps masculins ne lui déplaisait pas. Après tout, jeune ou pas, elle restait une femme. Et, d’ailleurs, le fait qu’elle soit jeune aidait, parce qu’elle était en pleine période d’adolescence. Elle avait beau contrôler ses émotions extérieures, elle ne cherchait nullement à le faire quand elle était en bonne compagnie. Bon, bien sûr, elle n’allait pas gémir ou je ne sais quoi sous la moindre caresse, mais elle ne s’interdisait pas de frémir sous les mains la découvrant. De toute façon, ce n’est pas comme si elle avait un réel contrôle sur ses frissons. En fait, elle n’en avait strictement aucun. Mais quand bien même ça aurait été le cas, elle ne s’en serait pas servie. Si ce n’est dans d’autres situations, quand elle avait peur par exemple. Bref. Je tiens juste à souligner un point plutôt important : Fuyu fixait des limites à tous ses adversaires. Et l’homme lui faisant face n’échapperait pas à cette règle qu’elle s’était imposée. Pourquoi faisait-elle ça ? Pour ne jamais, jamais, ressembler à sa mère.

Elle espérait qu’après avoir plutôt brusquement arrêté son petit jeu de mains, son opposant comprendrait qu’elle n’avait nulle envie de jouer seule sur ce terrain. Il semblait, non, il était expérimenté. Pourquoi hésitait-il, dans ce cas-là ? Parce qu’elle était une inconnue ? Ce serait logique. Mais alors, pourquoi ne se gênait-elle pas, elle ? Enfin, si, elle n’agissait pas en toute liberté, mais comparé à lui, eh bien, elle était drôlement détendue. Où était le problème alors ? Trop jeune à son goût ? Si réellement il la trouvait intéressant, alors il saurait passer outre ce détail. Et si vraiment ça l’avait dérangé, il ne l’aurait point abordé. Regrettait-il ? Il ne semblait pas. Son expression ne communiquait pas cette pensée à Fuyu. Et puis, elle serait prête à parier que s’il en avait assez d’elle, il s’en irait sans même chercher à se justifier. Alors quoi ? Quel était le souci ? Peut-être la façon dont elle agissait. Effectivement, il l’avait vite mise en confiance – il fallait croire que ça avait marché –, alors qu’elle n’avait rien fait pour le faire. Ça lui parût inutile. C’était lui qui l’avait interpellée, il n’avait donc pas besoin d’être mis en confiance. D’être amadoué. Voulait-il la laisser faire ? Ou est-ce qu’il avait négligé sa participation au jeu volontairement ? Était-ce le début d’une quelconque stratégie ? Fuyu réussit à se poser toutes ces questions, trouvant des arguments, des contre-arguments et abandonnant finalement tout ça pour passer à d’autres interrogations, alors qu’elle avait le regard ancré dans celui de l’albinos. Elle n’y déchiffrait pas grand-chose, si ce n’est de l’amusement, alors elle s’adonnait à une autre activité ; chercher toutes les réponses possibles à une question la turlupinant.

Et puis, enfin, il se décida à bouger. Il s’amusa avec l’une des mèches argentée de sa longue chevelure et caressa d’un frôlement subtil son visage. Le clignement de ses yeux suivant ce geste se fît quelque peu plus long, et elle savait d’ores et déjà que ce détail avait été soigneusement remarqué et noté dans un coin de l’esprit de l’homme. Elle pencha la tête sur le coté, accentuant l’effleurement des doigts masculins sur sa peau, maltraitant sa lèvre inférieure inconsciemment. Il y a certains ressentis tellement profonds qui s’extériorisent avant même que le cerveau – alors que c’était lui qui avait envoyé l’ordre de faire ou de dire telle ou telle chose – ne se soit aperçu de la façon dont avait agi le corps. Il approcha d’ailleurs un peu plus son visage, et Fuyu laissa une émotion lui échapper, teintant quelques instants son regard : l’impatience. Elle s’était trahie, et ça avait dû être remarqué. Que faire, maintenant ? Nier ? À quoi bon ? Elle croisa les doigts pour qu’aucun commentaire ne soit fait à propos de cela. Et puis, une idée lui survint. Agir avant qu’il n’ait pu le faire. Ne pas lui laisser le plaisir de lui faire remarquer qu’elle s’était montrée maladroite, qu’elle avait baissé sa garde, et pire encore, qu’elle s’était montrée si impatiente. Elle n’allait pas essayer de lui prouver le contraire, mais plutôt donner des appuis plus solides à ce nouveau sentiment. L’impatience revint éclairer ses yeux sous ordre de la demoiselle. Pourtant, elle avait tout de même commis une erreur. Une erreur qui ne pourrait pas être masquée. Même si sa nouvelle stratégie consistait à faire comprendre à ce charmant jeune homme qu’elle n’avait commis aucune faute, que tout était toujours sous son contrôle, le fait que la lueur d’impatience ait juste éclairé son regard quelques secondes avant de disparaître, telle une fugitive, la rendait coupable. Coupable de tout ce qu’il pourrait l’accuser. Même s’il avait observé cela, allait-il faire le lien ? Ou penserait-il que tout cela faisait parti du plan de la demoiselle, comme elle l’espérait ? Le temps seul éclairera sa lanterne.

Maintenant qu’elle se concentrait uniquement sur ses yeux, elle remarque une touche de désir. Un désir réciproque, bien entendu. Il ne tentait pas de le cacher, et tant mieux. En fait, l’adolescente se demanda s’il en était capable, parce que ce qu’il en la concernait, elle en était tout bonnement incapable. Elle dira que c’était volontaire, mais en fait, elle cacherait volontiers ce sentiment.
Maintenant, la seule chose commençant à l’irriter, c’était la position de ses pions. Ceux de son adversaire étaient mieux positionnés, et ils menaçaient déjà les siens. Son roi était toujours en sûreté, mais la bataille des pions allait être féroce. Et dans une partie d’échecs opposant deux experts, mettre en échec et mat le roi serait presque impossible. Alors ils jouent sur un autre terrain ; qui aura le plus de points ? Les pions avaient leur valeur. Plutôt moindre, mais une valeur tout de même. Et Fuyu n’aimait pas simplement gagner. Elle aimait remporter la partie haut la main, écrasant son adversaire, lui faisant regretter d’avoir croisé son chemin. Mais elle avait l’impression qu’elle n’allait pas gagner. Il commençait à la mettre en difficulté en ce qui est de cacher ses sentiments. À moins que. Devrait-elle arrêter de considérer cela comme une partie à remporter ? Pour une fois, devrait-elle se contenter de l’amusement récolté le long de ladite partie ? Ce serait fuir. Ce serait lâche. Ce ne serait plus Fuyu. Alors même s’il n’y avait pas de réelle victoire, elle gagnera. D’une façon ou d’une autre. C’était un défi personnel.

Fuyu était imprévisible. Totalement. On le lui dit plus d’une fois. Du coup, les personnes la connaissant abandonnaient rapidement l’idée d’anticiper ses gestes. C’était impossible. Effectivement, même si elle les prévoyait plusieurs coups à l’avance ses actions, il pouvait lui arriver de changer d’idée à la dernière minute. À la dernière seconde. Elle pouvait s’étonner elle-même. Alors autant mettre de coté la réflexion. Autant laisser courir. Autant la laisser faire. Autant laisser son instinct lui dicter ce qu’elle devait faire sans trop chercher à comprendre. Autant laisser le temps exécuter son pouvoir sur le déroulement des évènements.

De quoi la satisfaire. Oh, pensait-il réellement être à la hauteur de ses espérances ? Ses espérances. Quelles étaient-elles, d’ailleurs ? Elle n’en savait rien. Et lui aussi, il devait les ignorer. Sûrement. Sans aucun doute même. Mais étrangement, elle ne doutait pas de la capacité de cet homme à la satisfaire. À pleinement la satisfaire. Le lui dire lui ferait trop plaisir, alors elle s’abstiendra. Elle redressa la tête, et laissant un sourire malicieux étirer les coins de ses lèvres, elle chuchota quelques mots à son intention, d'une voix tout particulièrement aguicheuse.

– Mais tu ignores tout de mes désirs. Prouve-moi que tu es capable de ce que tu avances. Et je t’en prie, évite de trop parler. Évite de parler tout court d’ailleurs.

Elle avait parlé après avoir entendu sa demande indirecte pour connaître son prénom. Était-ce réellement important ? Non. Pas du tout. Lui aussi, il s’en fichait. Ça se voyait à la façon dont il lui parla. Mais bon, autant savoir à qui on a faire, même si je vous avoue que connaître le prénom qu’il porte n’aidera aucunement Fuyu. Pas qu’elle avait du mal à retenir les prénoms, non, juste qu’elle savait qu’elle n’avait jamais croisé cet homme. Enfin, au moins, elle pourra l’appeler autrement que « charmant jeune homme », ce qui mettra plus d’entrain et de féminité à ses phrases. Une carte de plus dans sa manche ; elle n’allait sûrement pas tourner le dos à une pareille occasion de collectionner les jokers. Pourtant, elle ne lui répondit pas. Comme si elle avait besoin de réfléchir avant de lui donner une réponse. En réalité, elle attendait d’abord de voir s’il avait l’intention de faire autre chose, parce que savoir qu’elle porte le nom d’une saison – et pas le plus chaude – pouvait attendre. Surtout qu’avant d’oser demander le prénom d’une personne, on est censés se présenter en premier lieu. Elle fermera les yeux. Juste cette fois-ci.

Et puis, il approcha un peu plus son visage. Maintenant, son cœur était prêt de s’échapper de sa poitrine. Elle ressentait un désir qu’elle n’arrivait pas à expliquer, et ça la perturbait. Pourtant, ses traits restèrent adoucis. Au moins, elle avait réussi à se contrôle. Il l’interrogea du regard, et sans cesser de le fixer, elle glissa les doigts de sa main droite derrière sa nuque, penchant légèrement sa tête sur le coté. Si ce message n’était pas assez significatif, c’était que vraiment, elle ne savait pas s’y prendre. Mais ce n’était pas le cas. Pour ça, elle savait qu’elle était douée. Surtout que Fuyu, elle ne se considérait vraiment pas comme étant sans importance dans ce bas monde. Et puis, il comprendra. Il avait tout intérêt.

– Tu es loin, très loin des limites fixées. Cesse d’hésiter. S’il te plaît.

Sa voix s’était d’abord faite neutre, et son ton fût mesuré. Mais quand elle lui demanda – qu’elle lui ordonna – d’arrêter d’hésiter, ladite voix se brisa. Elle ne chevronna pas, mais elle se transforma en un murmure. En un souffle. En un susurrement. Et l’ordre devint une demande. Ça aurait tout aussi bien pu être une supplication. Peut-être que ça l’était. Ça l’était sûrement. Mais Fuyu était trop fière pour l’avouer, alors elle se contentera de penser qu’elle formula une requête. Une simple requête. Son regard vacillait, ne semblant plus à son aise, plongé dans celui de l’homme. Pourtant, elle refusa de détourner les yeux. Hors de question de céder la première à ce jeu qu’elle avait pour habitude de maîtriser à la perfection.

– Fuyu.

Ce mot, ce prénom. Lui aussi fût murmuré. Elle avait été incapable – totalement incapable – de monter le son de sa voix. Elle ne lui avait pas demandé de se présenter, mais il allait devoir le faire. Il avait dû comprendre que les mots, ce n’était pas trop le fort de la jeune fille. Espérons seulement qu’il comprenne. Espérons plutôt qu’il ne décide pas d’ignorer cette demande silencieuse. En réalité, ce qui l’importait, elle, ce n’était pas le prénom qu’il portait. Elle voulait juste savoir une chose. Qui était-il ? Qui était cet homme ayant interpellé l’adolescente, lui signifiant clairement, et le lui disant aussi d’ailleurs, qu’elle était intéressante ? Qui était-il ? Cet homme ayant réussi à déstabiliser Fuyu, connue et parfois admirée pour son stoïcisme ? Qui était cet homme ayant poussé la jeune fille à parler si faiblement ? À ne plus trouver ses mots ? Qui diable pouvait-il bien être ? Le prénom lui suffira-t-elle ? Elle devra s’en contenter. Quoique non. Il y avait une autre façon de savoir qui il était. De le découvrir. Et d’elle-même, qui plus est. Mais elle avait tout de même besoin de lui. Il suffirait qu’il obtempère. Non. Elle ne devait pas s’encombrer d’illusions. Je reformule donc ma phrase. Il suffirait qu’il lui fasse la faveur de répondre à sa demande aussi bien verbale que silencieuse. Il suffirait qu’il la juge digne de cela, avant tout. Il suffirait qu’il agisse comme elle voulait le voir agir. Il suffirait qu’il franchisse le pas. Qu’il s’approche un peu, un tout petit peu plus, des limites. Qu’il s’enfonce dans le jeu. Il suffirait qu’il prouve ce qu’il avançait. Il suffirait qu’il la satisfasse.

[HRP : J'ai beaucoup aimé ce post. o/ Et je ne peux pas m'empêcher de faire long, même si j'avoue que trois pages, c'est pas grand chose. 'Fin, fais ce dont tu es capable, ça me suffit amplement, Revis. ♥]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   30th Octobre 2012, 13:40

Le désir. Il peut apparaître pour différentes choses et différentes raisons, pouvant aller de pair avec l'envie. Il en existe de toutes sortes, de la simple envie de chocolat jusqu'à une envie plus profonde ; lorsque l'on désire une personne par exemple -bien que certains ne désir que ce qu'elle peut lui apporter. Comment peut-on deviner ce que veux notre interlocuteur ? Il y a différentes façons de le savoir. En connaissant suffisamment le ou la concernée ou encore, si ses yeux reflète cette envie.
La plus jeune disait qu'il ignorait tout des siens. Tout semblait être un bien grand mot pour Revis, il pensait pouvoir affirmer qu'il en voyait beaucoup sur le visage de la fille. Mais, elle n'avait pas tort non plus, il ne pouvait surement pas lire en elle comme dans un livre, même si le voulait.

Elle le défiait à nouveau et lui interdisait l'usage de la parole -ce qui s'avérait déjà être un défi pour lui- mais, il avait compris qu'il devait lui répondre par des gestes, agir plutôt que de parler.

Ils souhaitaient tous deux gagner, cela se ressentait dans leur combat. C'est dans la nature humaine de vouloir gagner. Tous ne sont peut-être pas mauvais perdant mais, même ceux qui ne le sont pas préfèrent éviter de perdre, c'est une logique. Tout comme on peut rire de nos erreurs mais ne pas les apprécier pour autant. Bien souvent, le Baskerville ne se contentait pas de vouloir emporter les jeux, il aimait que ses adversaires n'aient pas la possibilité de le contrer et, sur ce point-là, son rôle de chef lui avait été bien pratique.Il appréciait aussi ceux qui ont du répondant, comme elle, il était d'ailleurs difficile pour lui d'être sûr d'emporter la victoire.

Elle contrôlait ses émotions à présent. Était-ce parce qu'elle regrettait de les avoir laissés paraître plus tôt ? Lui aussi faisait tout pour ne pas montrer ce qu'il ressentait, il n'était pourtant pas vraiment indifférent au rapprochement de leur visages ainsi que de leurs lèvres. Il y était habitué, certes, mais elle était différente des autres.

Il n'hésitait que rarement, voire jamais, il l'avait fait de peur de la bousculer, sauf qu'elle venait de lui dire clairement de cesser de le faire. Ce n'était pas un ordre, c'était une demande. Sa voix s'était faite plus faible, elle s'était même cassée sur la fin de sa phrase. Elle n'était pas indifférente, elle non plus. S’ensuivit son prénom, Fuyu. Il avait été murmuré, ce qui ne l'avait pas empêché de l'entendre. Un sourire traversa à nouveau son visage tandis qu'il arrêta ses lèvres à quelques millimètres des siennes pour souffler un unique mot.

- Revis.

Une fois dit, il franchit la distance les séparant encore pour unir leurs lèvres. C'était doux et chaud. Agréable. Sa main fit une nouvelle pression contre sa nuque, la collant un peu plus à lui. Il approfondit peu à peu le baiser, intensifiant leur échange.

Le lieu était bien choisi, même s'il n'avait pas vraiment été choisi. Ici au moins, ils étaient sûrs de ne pas être vu, encore heureux. Ils ignoraient encore tout l'un de l'autre mais, ils n'avaient certainement pas besoin de se connaitre plus pour savoir qu'aucun d'eux deux n'avait envie d'être interrompu, par qui que ce soit.

Les dernières règles n'ont pas besoin d'être apprises, elles viennent naturellement, avec l'expérience.

[Bon, c'est très court, j'avais l'impression que c'était plus long que ça T^T mais je suis à peu près fière de moi donc voilà. J'espère que tu aimera o/]

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 197
Age : 18
Personnages préférés : Break et Echo essentiellement.
Double comptes : Aiko Baskerville

Feuille de personnage
Nom & prénom: Fuyu Akeno.
Nom du Chain : N'en possède pas.
Groupes: Civils.


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   1st Novembre 2012, 02:51

Entre pouvoir et vouloir, il y a bien plus d’un pas à franchir. Et non, au risque de vous décevoir, vouloir rime certes avec pouvoir, mais en aucun cas il n’en possède le même sens. À vrai dire, vouloir ne contribue même pas au pouvoir. Parce que pour pouvoir, il faut plus que de la simple volonté. Après, bien entendu, cela dépend aussi de ce que l’on veut faire. Un exemple ? Parler. C’est souvent tellement facile que ça en devient agaçant pour nos interlocuteurs. D’autres fois, le silence s’installe, lourd et pesant. Mais peut-être que ce fût volontaire. Nous ne parlons pas de ces cas-là. Imaginez que vous êtes en compagnie d’une personne que vous commencez tout juste à connaître – ou que vous ne connaissez d’ailleurs pas. Logiquement, vous ne savez pas trop de quoi parler. Vous ne vous sentez pas trop à votre aise. Vous vous sentez oppressé. Vous craignez que votre interlocuteur vous parle de quelque chose dont vous ne voulez pas forcément discuter. Et tout ce qui s’en suit. Et parfois, vous voulez vraiment dire quelque chose. Le problème n’est pas que vous ne savez pas par où commencer ou que vous craignez que votre syntaxe ne soit pas juste ; le seul souci est que vous n’arrivez pas à décoller vos lèvres. Aucun son ne veut s’en échapper. Et vous n’arrivez pas à dire ce que vous voulez. Vous ramez. Vous tentez. Retentez. Souvent en vain. Votre opposant voit souvent l’hésitation sur votre visage, mais ce n’est pas en vous incitant gentiment à parler que vous en trouverez la force. Mais qu’est-ce qui bloque ? Si ce n’est pas une question de volonté, alors ça a rapport avec quoi exactement ? Quoi d’autre que l’appréhension, dîtes-moi ? Quand on dit quelque chose, on attend une réplique, un commentaire. Et quand on pose une question, on attend bien sûr une réponse. Et là, il paraît logique que nous attendons une réaction, sinon, pourquoi parler ? Pourtant, on ne veut savoir qu’à moitié. Parce qu’on devine cette réaction et qu’on la craint. Et si ce n’était pas celle qu’on voulait ? Sacré soucis, non ? Voici donc notre blocage. Le seul et unique quand la volonté y est. Et encore. Il nous est tout à fait possible de parler sans le vouloir. Juste pour donner un peu plus de sens et de véracité à mes premiers propos, nous allons donner un exemple. Si vous êtes contraints de jurer allégresse à quelqu’un pour sauver une personne va-t-on dire, est-ce que vous le voulez forcément ? Non. Pas du tout même. Est-ce que vous le dîtes quand même ? Oui. Tout cela pour vous dire que penser que pouvoir va de paire avec vouloir revient à croire au père-noël. Et si vous trouvez cette idée absurde, alors vous feriez mieux de vous poser des questions. Et les bonnes si possible.
Fuyu ne savait pas vraiment quoi penser. En fait, elle disait que si nulle once d’envie ne résidait en nous, alors on ne parlerait pas, quelle que puisse être la raison. En reprenant l’exemple donné, on ne veut pas parler, mais on veut sauver une personne. Donc le vouloir est là. Le pouvoir suit. Après, c’est vrai que dire que vouloir c’est pouvoir, c’est abusé. Totalement. Parce que là, elle voulait fort comme tout poser une question à cet homme se dressant face à elle. D’ailleurs, elle pensait tellement fort qu’elle espérait qu’il comprenne sans qu’elle n’ait à parler. Mais bien sûr, ça n’allait pas être si facile. Et il allait falloir qu’elle prenne le dessus sur ce coté d’elle-même lui dictant qu’il valait mieux se taire, parce que la réponse n’allait pas lui plaire.

Elle voulait connaître tout de la moindre émotion éclairant les yeux de son interlocuteur. Elle voulait aussi se nicher au creux de ses bras, parce qu’aussi bizarre que ça puisse l’être, elle se sentait en sécurité avec lui. Ses yeux de glace étaient une promesse. Une promesse de quiétude et d’aisance. Elle voulait tellement de chose, cette petite. Et le pire, c’est que la plupart de ses désirs actuels ne dépendaient pas d’elle. Ou du moins, pas que d’elle. Bien sûr, elle savait qu’elle ne pourrait pas formuler toutes ses envies de vive voix. Elle connaissait à peine cet homme, alors elle n’allait sûrement pas exiger quoique ce soit de sa part. Si ce n’est le défier. Mais ça ne revenait pas à exiger quelque chose de lui. Alors ça, elle pouvait se le permettre. Parce qu’après tout, elle qui était douée pour cacher ses sentiments et pas douée pour les exprimer, c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour témoigner de son affection ; les défis. Quoique. Vous me direz que si les défis n’ont rien de bienveillants, alors c’est que la jeune Fuyu n’aimait pas mais détestait carrément cette personne. Mais avec cet étrange personnage, c’était loin d’être du mépris. Elle ne saurait trop définir ce qu’elle ressentait pour lui. Tout compte fait, si, elle le pouvait. Et son regard en était teinté. Teinté de cette chose qui l’incitait à ne plus tenir en place. Teinté de ce fourbe désir.

Ce qui la perturbait le pus, ce qui la déstabilisait, c’est qu’elle avait l’habitude. Elle avait l’habitude d’être ainsi proche des hommes. Elle avait l’habitude de les séduire, de les manipuler et de jouer avec leurs nerfs et leurs corps, passants par leurs mentaux. Mais avec lui, elle avait trop vite perdu patience. Et ses membres refusaient de lui obéir. Elle n’arrivait pas à se maîtriser. Ce qu’elle craignait le plus, c’était qu’il puisse, par je ne sais quel moyen, entendre les battements sourds mais pourtant présents et totalement irréguliers de son cœur. Cela ressemblait d’ailleurs à un bruit continu, car il y avait très peu de temps qui s’écoulait entre deux battements. Son seul réconfort, elle le puisait dans le visage de son opposant. Il n’était pas totalement indifférent à ce rapprochement, alors que ses gestes indiquaient une expertise qui n’était plus à travailler. Après tout, peut-être n’était-elle pas la seule dans ce cas si peu explicable.

Et puis, un sourire fendit son visage tandis qu’il rapprocha un peu plus ses lèvres. Mais pas assez au goût de Fuyu. À quoi jouait-il ? Pourquoi ainsi la faire languir ? Elle pouvait elle-même clore la distance les séparant. Après tout, pourquoi pas ? Mais elle n’avait pas l’habitude de cela. Elle préférait que ce soit les hommes qui l’embrassent en premier. Qu’ils lui donnent le feu vert. Après, libre à elle d’approfondir le baiser ou pas. C’était une certaine puissance dont elle ne pourrait jamais se lasser. Ni se passer. Toutes ces pensées lui traversèrent l’esprit entre le temps où il rapprocha leurs visages et où il prononça son prénom. Revis. Elle ne l’oubliera pas. Elle n’oubliera sûrement pas le prénom du premier homme à lui faire tant d’effet.

Fuyu ne savait pas si c’était son imagination qui lui jouait des tours ou si Revis avait réellement usé d’une lenteur exagérée pour enfin clore la distance séparant leurs lèvres. Il les lui vola en même temps qu’il captura une partie de sa lucidité, la plongeant dans état de semi-conscience. Ce qui ne l’empêcha pas de répondre au baiser, d’abord timidement, mais passant vite le cap pour y ajouter une passion et un entrain qu’elle n’avait pas pour habitude d’utiliser dès le premier baiser. Elle s’attarda alors sur deux de ses sens. D’abord le toucher ; le contact avait quelque chose de doux mais aussi d'accrochant, aussi étrange que ça puisse l’être. Mais c’était tout simplement agréable, parce qu’il y avait sur les lèvres de cet homme quelque chose qu’elle n’avait pas connu avant. Et elle ne saurait dire quoi. Ceux qu’elle avait déjà embrassés n’avaient pas atteint la vingtaine. Pas tous. Et ceux l’ayant atteint avaient tout de même ce semblant d’enfantillage que Fuyu avait pour habitude d’admirer – c’est d’ailleurs en fonce de cette caractéristique qu’elle les choisissait. Revis n’était pas comme eux. Revis n’était pas gamin. Et elle se surprit d’ailleurs à aimer cela.
Ensuite, elle se focalisa sur le goût. Ses lèvres n’étaient pas sucrées ou salées, et encore heureux tiens. Le goût était bon, c’est tout. Bon et diablement enivrant. Finalement, alors qu’elle se faisait encore attirer vers l’homme, elle mit la main sur le mot qu’elle cherchait. Il avait ce soupçon de virilité que tous les hommes n’ont pas de nos jours.

Rien que le fait d’être entreprenant et de la forcer en délicatesse à s’approcher un peu plus rendait Fuyu accro aux moments partagés avec cette personne. Quand il l’embrassa, une chose bizarre se produit. C’est comme s’il ne lui laissait pas le choix. Comme s’il ne lui permettait pas de reculer ou de refuser cette avance. Cette assurance baignant dans ses yeux était lisible et tellement limpide. L’adolescente comprit alors pourquoi il avait mis un certain temps avant de l’embrasser. S’il n’avait pas attendu, il n’aurait pas été si sûr. Et ça ne devait sûrement pas coller avec sa personnalité, ne pas être sûr de lui-même.

Doucement, elle glissa sa main le long de leurs deux corps pour aller saisir celle libre de l’homme. Elle entremêla ses doigts aux siens et serra doucement dessus. Quand elle rompit le baiser – et croyez-moi quand je vous dis que c’était vraiment à contrecœur, – elle lui sourit faiblement. Elle n’allait sûrement pas lui faire de compliments. Quoique. Pas tout de suite. Elle laissa tomber sa tête contre son torse et ferma les yeux, désirant s’évader rien qu’un instant. Désirant calmer les battements de son cœur. Désirant se rafraichir les idées. Et désirant surtout refaire tomber le degré de chaleur de son corps. Elle sentait que son visage était en feu et ne voulait pas qu’il la voie ainsi. Si toutefois ce n’était pas déjà fait. Eh bien, elle allait devoir croiser les doigts.

Au bout d’un moment, elle releva la tête vers lui, l’entraînant à sa suite tandis qu’elle reculait pour s’adosser au mur derrière elle. Elle n’arrivait pas à décrocher ses yeux de ceux de son opposant, pas même pour examiner les alentours. Étaient-ils seuls ? Ce serait préférable. Le seul problème, si des yeux indiscrets tombaient sur eux, ce serait de voir une adolescente avec un adulte, bien que ce ne soit pas tant un problème pour elle que pour lui. À cette dernière réflexion, elle fronça les sourcils et rembobina sa mémoire. Adolescente. Enfant. Ça lui rappelait qu’elle ne lui avait toujours pas posé la question qui lui trottait depuis un moment déjà dans la tête. Mais là encore, ça attendra. Il fallait d’abord qu’elle le flatte un peu. Car le jeu n’était pas fini. Et c’est une partie mutuelle d’échanges verbaux et physiques. Est-ce que le but est de manipuler ? Non. Pas totalement. Pourtant, les flatteries font partie intégrante de la manipulation. Mais aussi de la séduction. Et Fuyu s’était fixé pour seul but de le séduite. Après tout, pourquoi pas ?
Plongeant dans son regard de glace, elle fît passer sa langue sur ses lèvres avant de s’exclamer d’une voix suave et mielleuse.

– C’est meilleur encore que la liqueur des Dieux. Tu as pris le risque que je devienne accro. Et c’est d’ailleurs ce qui s’est produit.

Et puis, elle leva son autre main – la gauche – vers le visage de son opposant et laissa traîner ses doigts nonchalamment sur la surface de sa peau, un léger sourire accroché aux lèves. Elle continua ainsi ses caresses, le regard toujours ancré dans celui de son interlocuteur. Dans ses yeux se produisait un véritable choc, s’éclairant de malice pour aussitôt s’assombrir de désir. Il était évident qu’elle n’avait pas fini de parler. Il était évident qu’elle n’avait pas encore tout dit. Mais elle ne réussissait toujours pas à desceller ses lèvres. Et puis, décidant qu’il ne servait à rien de retarder le moment où elle devra lui poser cette fameuse question, elle s’exprima. Moins sûrement qu’elle ne l’espérait, plus faiblement qu’elle ne l’aurait voulu, mais elle s’exprima tout de même.

– Est-ce que mon âge fait entrave à ce que tu réserves habituellement aux femmes, Revis ?

Il est vrai qu’elle n’avait que quinze ans. Une adolescente. Une enfant. Et lui, eh bien, c’était un adulte. Un homme. Si ça venait à se savoir, ce serait plus qu’une réputation qui se détruirait, mais toute une vie basée sur l’honnêteté et la confiance. Fuyu n’en avait que faire. Qui saurait, de toute façon ? Et puis, qu’avaient-ils fait ? Ils se sont embrassés, voilà tout. Mais si lui ne voyait pas cette affaire sous cet œil-là ? La demoiselle ne pourrait point essayer de le pousser à éviter les regards d’autrui. En parlant ainsi, elle n’avait pas essayé de lui faire comprendre qu’elle avait compris qu’il avait l’habitude de ces jeux là. C’était évident. Elle aussi en avait l’habitude. Mais ce n’était pas son but. Elle voulait juste lui demander si son âge causait problème. Si ça allait l’entraver. Si ça allait l’empêcher à continuer le jeu. Sa question ne cachait nul sous-entendu. Elle désirait juste avoir une réponse. Une réponse honnête. S’il disait que non, alors ils continueront ce jeu jusqu’à déterminer un vainqueur ou jusqu’à ce que la partie prenne d’autres envergures où vainqueur et perdant n’aura plus importance. Comment ? Fuyu ne saurait le dire.

Elle se hissa sur la pointe des pieds et glissa sa main gauche du visage de Revis jusqu’à sa nuque. Elle alla déposer un baiser sur ses lèvres. Un bref baiser. Un baiser chaste. À lui maintenant, et à lui seul de déterminer s’ils pouvaient continuer ou s’ils devaient s’en tenir à pareil échange. Et Fuyu n’avait pas besoin de le lui expliquer pour qu’il sache que ça ne lui convenait pas. Que ce baiser qu’elle lui offrit était trop pur et trop simple pour elle. Elle tenait aussi à ce qu’il fasse la différence entre les deux baisers. S’il devait répondre, alors il fallait qu’il pèse bien le pour et le contre. Et si pour l’adolescente, la réponse ne nécessitait nulle réflexion, peut-être que pour Revis, ce serait différent.
Revenant à sa place, elle s’adossa de nouveau au mur, ramenant sa main le long de son corps alors que les doigts de l’autre étaient toujours entremêlés à ceux de l’homme.

Revis. Il était bien le premier à ainsi faire bousculer les questions dans la tête de Fuyu alors même que son corps se livrait à une bataille sans répit pour ne pas trop en montrer. Car il était devenu anodin pour elle de cacher ses sentiments. Bien qu’avec cet homme, c’était peine perdue. Il lui semblait qu’il était protecteur, comme dit déjà plus haut. Mais elle n’en était pas sûre. À vrai dire, la seule chose dont elle était sûre en ce moment, alors qu’elle lui souriait faiblement, resserrant inconsciemment l’étreinte qu’elle avait sur sa main, c’était qu’il n’était pas comme les autres. Il était différent.

[HRP : Je t’ai déjà donné mon avis sur ton post. ♥ Et oui, je sais, j’ai répondu vite et j’ai fais encore plus long que d’habitude. J’espère que ma réponse te plaira. o/]


Dernière édition par Fuyu Akeno le 17th Novembre 2012, 08:13, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar


Féminin Messages : 512
Age : 21
Personnages préférés : Vincent, Leo, Jack, Gilbert et Elliot ♥
Double comptes : Grey & Reita

Feuille de personnage
Nom & prénom: Revis Baskerville
Nom du Chain : Aucun
Groupes: Baskerville ♪


MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   16th Novembre 2012, 12:29

L'assurance, c'est une chose que l'on a ou que l'on n'a pas. Ça ne s'apprend pas et vient principalement de notre confiance en soi. Certains en dispose en toutes circonstances alors que d'autres ne l'ont que selon la situation dans laquelle ils se trouvent. Si le moment est critique ou désespéré, beaucoup ne parviennent pas à garder leur sang-froid et paniquent, perdant ainsi tout le contrôle qu'ils avaient. Les plus dangereux sont donc ceux qui, au contraire, parviennent à garder ce contrôle et ce, quoi qu'il arrive. Revis faisait partie de cette seconde catégorie et c'était bien pour cette raison qu'il s'en voulait d'avoir laissé échapper de son assurance, un peu plus tôt. Mais, maintenant que le premier pas était effectué et qu'il embrassait sa nouvelle partenaire de jeu, il la retrouvait dans son intégralité.

L'enserrant de ses bras, il ne lui laissait aucune échappatoire -bien qu'il ne l'ait fait dans le seul but de la rapprocher de lui. Son étreinte se desserra d'ailleurs avec la fin du baiser. Ce dernier lui avait semblé long et court à la fois. C'est un peu compliqué dit comme ça mais l'explication est très simple : le temps lui avait semblé bien plus long qu'il ne l'avait réellement été pendant que leurs lèvres étaient scellées et, une fois estompé, il lui avait semblé trop court à son goût. Ce dont il était sûr, c'est que ce ne serait pas le seul qu'ils échangeraient, restait juste à attendre le prochain.

Sa main avait été faite prisonnière par celle de la plus jeune durant leur échange. Y faisant une légère pression, il répondit ensuite au sourire qu'elle lui adressait. Il n'eut pas plus l'occasion de voir son visage qu'elle le posa contre son torse, il crut tout de même y avoir aperçu une certaine rougeur. L'homme retint un rire, il avait toujours trouvé amusant d'observer les réactions de ses interlocuteurs et celle-ci était particulièrement plaisante. Sa main valide remonta doucement le long de son dos pour venir se glisser dans ses cheveux et effleurer sa nuque. L'instant était court, mais leur était nécessaire pour remettre leurs idées en place et se préparer à la suite. Car, n'en doutez pas, il y allait en avoir une et la phrase qui fut dite à ce moment-là par la jeune fille lui confirma cette pensée.

Cela pouvait n'être qu'une flatterie de sa part, mais elle semblait sincère et il était d’accord pour dire que ce baiser avait été exquis. Si elle y devenait effectivement accro alors ce serait des points de gagner pour lui, puisqu'il était parvenu à la garder auprès de lui. Seulement, ce n'était plus le seul objectif qui l’intéressait, désormais. Il désirait aussi obtenir plus.

La lueur qu'il voyait dans ses yeux l'encourageait sur sa lancée, mais ce fut sa phrase qui fit un déclic. Ainsi, elle affirmait que son jeune âge lui faisait entrave ? Elle avait visé juste, ça il ne pouvait pas le nier, seulement en l'entendant le dire de cette façon il comprit qu'il ne devait plus laisser sa jeunesse faire obstacle à ses actions. Elle le lui avait déjà fait comprendre mais c'était d'autant plus motivant dit de cette façon, il avait même l'impression qu'elle le mettait au défi, une fois de plus et certainement pas pour la dernière fois. Au passage, il remarqua qu'elle avait utilisé son prénom, c'était plutôt agréable de l'entendre de sa bouche pourtant, il lui importait peu qu'elle le retienne. La bouche dont il était question vint se lier de nouveau à la sienne, pour s'éloigner assez rapidement. Suivant le geste, l'adolescente alla s'adosser à un mur. Plus par instinct et réflexe que par autre chose, Revis l'y rejoignit et se colla à elle, murmurant à son oreille :

- Je ne me retiendrai plus désormais.

Ses mains se déposèrent délicatement sur ses hanches tandis qu'il déposa à son tour un léger baiser sur ses lèvres. Son regard se porta sur les alentours, une nouvelle fois, obsédé par l'idée que quelqu'un puisse les interrompre. Il revint finalement le plonger dans celui de Fuyu.

- Il serait peut-être préférable d'aller ailleurs ?

Sa question semblait bien explicative quant à ses intentions et il ne doutait pas du fait qu'elle comprendrait vite de quoi il s'agissait, si elle ne l'avait pas déjà compris plus tôt. Peu importait l'endroit où ils pouvaient se rendre, à partir du moment où ils y trouveraient l'intimité nécessaire. Mais, peut-être allait-il trop vite ? Et même s'il pensait pouvoir répondre négativement à cette question, il ne pouvait en avoir la certitude. Eh bien tant pis, il était prêt à en prendre le risque.
C'était tout de même amusant de constater à quelle vitesse leur relation avait évolué.

[Ça remonte à loin mais ton post était super ♥ voilà, comme d'ab, je met du temps à répondre et ce, avec un truc court mais bon, bonne lecture o/]


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Vava et signa by Ayu ♥


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]   

Revenir en haut Aller en bas
 

L'ennui nous pousse à trouver de nouvelles occupations [PV Fuyu]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Pandora Hearts :: « Let's play together! ♠ :: ♠ Réveil :: ♠ Rues sombres-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit