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 Envie d'aller trop loin. [PV Finn]

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MessageSujet: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   30th Juillet 2012, 07:50

L’ennui est un sentiment que l’on ne peut malheureusement pas contrôler. Toujours là à vous guetter, à attendre le bon – ou le mauvais – moment pour vous frapper. Étrangement, le temps se mettait à s’écouler d’une lenteur que vous ne lui connaissiez et que vous ne le soupçonniez point. Et c’est ce même sentiment qui prit d’assaut Fuyu alors qu’elle était assisse sur une des innombrables tables de la bibliothèque, son regard figé sur une étagère au loin, se perdant dans des images floues et confuses ; bribes du passé ou du présent, qui sait. Elle s’était endormie avec le lever du soleil et s’était réveillée quatre heures plus tard, mais bizarrement, ce n’est pas la raison pour laquelle elle restait assise là, à ne rien faire. Si elle trouvait une occupation, elle se lèverait et comblerait son temps vide comme elle le pouvait. Mais plus elle cherchait, moins les idées lui venaient. Elle savait juste qu’elle s’était isolée ici dans l’espoir de rester au calme et de pouvoir, éventuellement, trouver quoi faire. Ses paupières n’étaient étrangement pas alourdies et elle ne se voyait pas dans le besoin de piquer un somme. Elle irait même jusqu’à dire qu’elle était en pleine forme.

Elle sauta à terre et s’étira brièvement avant de commencer à progresser dans les rayonnages de livres pour enfin atteindre la sortie. D’un pas décidé, elle se dirigea vers le centre ville. Il y avait toujours de l’agitation là-bas, surtout en été. Les plus jeunes n’ayant pas cours courraient, criaient et bousculaient les passants qui, au lieu de continuer leurs chemins, s’arrêtaient pour tonner aux enfants d’aller jouer ailleurs. C’était amusant de voir à quel point l’Homme était stupide. Plutôt distrayant pour Fuyu de contempler les gens en se moquant intérieurement de leur comportement si sauvage. Avec un peu de chance, elle croisait quelqu’un qui remplissait ses critères et elle pourrait passer toute la journée avec cette personne, s’amusant à l’embêter à sa façon. Avec un peu plus de chance, c’était un jeune homme d’à peu près son âge. En telle compagnie, elle n’irait pas de main morte sur les moyens utiliser pour se distraire. Elle mettait, l’espace de quelques minutes voire quelques heures, son coté agressif, sadique et méchant de coté pour se vêtir d’un voile de féminité, d’audace mais aussi d’arrogance, se maquillant d’un masque enjôleur et devenant rapidement un objet de tentation. Un brin de cette chance en plus, et c’était quelqu’un qu’elle connaissait qu’elle recentrait. Ainsi, les formules de politesses n’auraient même plus besoin d’être utilisée. Et si, réellement, le hasard et une quelconque volonté divine était avec elle, elle croiserait quelqu’un qu’elle apprécierait tout particulièrement. De préférence quelqu’un avec qui elle pourrait jouer. Mais voyez-vous, quelque chose sonne faux dans ce raisonnement. Fuyu ne croit ni au hasard, ni aux coïncidences et encore moins à la chance.

Se mettant en quête d’un endroit où se poser, elle en oublie même de se nourrir. Il était dans les environs de quinze heures quand elle alla s’asseoir sur un banc, abandonnant l’idée de trouver une source de distraction. Elle pensa à pénétrer un bar, il ne suffisait que d’un regard pour faire céder les videurs, mais renonça à cette idée. Elle n’aimait pas trop boire, et quand elle le faisait, elle n’était jamais seule. Puis, à cette heure-ci, il n’y aurait rien qui pourrait attiré son attention assez longtemps. Elle n’avait pas non plus la tête à écrire ou à lire. Assisse sur ce fameux banc, le pied droit remonté et le menton sur le genou, les écouteurs enfoncés dans les oreilles avec un bruit fort à s’en percer les tympans, Fuyu se maudissait de ne pas être resté à la bibliothèque. Au moins là-bas, il n’y avait pas le vacarme de la ville et elle aurait pu écouter sa musique avec un soin moins élevé. Et puis, le soi-disant comportement des autres qui l’avait traîné jusqu’ici ne la faisait pas rire. Ne la faisait plus rire. Elle avait trop l’habitude de ces sottises. Elle espérait intérieurement ne pas être devenue aussi lassante que tous ces adultes vidés de vie.

Finalement, après avoir passé plusieurs heures à traîner ou à grignoter, elle s’enfonça dans une ruelle qui, d’après ce qu’elle savait, n’était pas très bien fréquentée. Mais ce n’est pas ce détail qui l’y attira. A vrai dire, elle n’avait aucune envie de se faire embêter. Juste qu’à vingt heures passée, les bars commençaient à se remplir tandis que les clients tenaient encore sur leurs chaises et que donc, ne se faisaient pas jeter dehors. Elle pourrait alors être seule, comme elle l’avait voulu depuis qu’elle avait quitté l’endroit clos empli d’étagères en bois poli sur lesquelles étaient disposés plusieurs livres et ouvrages arborant différents aspects et comprenant des textes de thème et d’origines dissemblables.

En s’enfonçant un peu dans la ruelle, elle finit par atteindre un mur dénudé de porte ou de grillage, haut de trois bons mètres. Elle s’y adossa, croisant les bras au niveau de sa poitrine, soupirant en calant sa tête aussi sur le cul-de-sac. A peine quelques minutes s’écoulèrent quand elle entendit des pas. En tendant l’oreille, elle comprit que cette personne s’approchait. Demeurant une jeune fille sans arme pour se défendre, elle serra les poings derrière son dos en fronçant les sourcils, tentant de garder son impassibilité.

Qui pourrait bien s’aventurer dans un tel endroit à cette heure avancée de la soirée ? Un obsédé qui n’a rien de mieux à faire de son temps ? Quelqu’un de bourré ? Il était encore tôt pour cette catégorie là. Une prostituée ? Peut-être que quelqu’un du genre se présenterait à Fuyu et lui pesterait de s’en aller. Qui d’autre ? Peut-être simplement une personne s’étant perdue. Ou mieux encore, qui s’ennuyait, comme elle-même. Inconsciemment, elle se mit à espérer que ça allait être une femme. A quelques mètres, une silhouette commença à se découper dans la pénombre. C’était un homme ; aucun doute là-dessus.

Fuyu commença se tripoter les doigts alors que, progressivement, les traits visage de ce nouvel arrivant se dessinaient sous les yeux de la demoiselle. Au moins, elle allait s’amuser. Quoique. Suffit-il d’être audacieux pour prendre le dessus sur l’ennui ? Avec un soupçon de maturité, peut-être. Mais en ce moment, la jeune fille n’était pas en posture de s’attribuer l’adjectif qualificatif de mature. Elle avait agis inconsciemment. Dangereusement. Et maintenant, elle ne pouvait qu’espérer. Espérer que cet homme s’était trempé de chemin. Parce que l’idée qu’elle le connaissait ne lui traversa même pas l’esprit.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   30th Juillet 2012, 11:44

- J'vais faire un tour, t'as intérêt à avoir TOUT rangé quand je reviens !

La porte claque et Finn se sent actuellement comme un parent qui vient de gronder son enfant. Sauf qu'il n'est pas parent, qu'il ne vient pas de gronder mais de menacer - les promesses de torture et autres joyeusetés vous sont épargnées - et qu'il n'a pas crié sur un gamin mais sur sa chain.
Naaru, aussi connu sous le nom d'ennemi publique numéro un des appartements propres. Une véritable catastrophe naturelle. Ou plutôt une catastrophe des abysses, puisqu'il vient de là après tout. Ce chain qui se comporte comme un chiot de 3 mois à peine sevré, et qui met un point d'honneur à mettre un bazar monstrueux sitôt son maître absent. Cette fois encore ça n'a pas loupé, l'animal a mis l'appartement sans dessus dessous, et le contractant s'est énervé devant l'air fier de l'autre. C'est à croire qu'il le fait exprès.
Ce qui, tout bien réfléchi, est probablement le cas. Misère. Il aura beau raconter tout ce qu'il veut à propos d'être victime de pulsions et de ne pouvoir s'en empêcher, en fait...
Un jour, oui un jour, il dormira dans une niche. Une fichue niche dans le couloir à côté du paillasson. Et qu'importe ce qu'en penseront les voisins ! Leur estime du duo ne doit déjà pas être bien haute.
C'est fou ce que les murs de cet immeuble sont fins.

Finn soupire en posant un pied dans la rue, après voir dévalé les marches de son immeuble. Il jette un coup d'oeil à sa fenêtre, intimement persuadé qu'à son retour rien n'aura changé et que la chain est actuellement en train de se payer sa tête sévère. Qu'à cela ne tienne, il lui règlera son compte au retour. Pour le moment, il se sent surtout, comme annoncé plus tôt, d'aller faire un tour. Au contraire de la plupart des gens normaux, Finn ne peut pas se permettre d'aller au hasard dans des ruelles en se disant qu'il retrouverait d'une manière ou d'une autre son chemin. Non. Parce qu'il sait qu'il ne retrouverait pas son chemin. Aussi quand il décide d'aller marcher, il doit d'abord choisir une destination. C'est avec cela en tête qu'il se met en route vers le parc le plus proche. Un chemin qu'il connaît par coeur, aller comme retour. Mais attention, si tous les chemins mènent à Rome, lui n'en connait qu'un seul. C'est ce chemin qui passe dans la rue de son appartement, remonte jusqu'au coin où l'on peut trouver la boulangerie du quartier, cette même boulangerie que l'on peut hummer à dix mètres si l'on se lève suffisamment tôt le matin. C'est ce chemin qui ensuite bifurque à droite pour un total de cinquante-trois pas Finniens, et en langage courant un peu plus de quarante mètres, passant devant une charmante fleuriste. Finn l'aime bien cette fleuriste, il va de temps en temps lui acheter la variété de fleurs à laquelle son adorable chain est allergique. La charmante fleuriste croit que c'est pour sa petite amie, comme il prend toujours les mêmes.
Finn n'a jamais démenti, mais intérieurement ça l'amuse beaucoup. Il la salue amicalement de la main en passant devant son étal.

Le chemin contiunue et ne s'arrête pas là. Une fois la quarantaine de mètres passés, il faut tourner à gauche, passer devant le bâtiment qui aurait bien besoin d'un ravalement de façade et ensuite devant celui dont le numéro, 86, est bancal. Là le contractant sait qu'il doit ensuite tourner à droite à nouveau et qu'il peut, une fois le coin de la rue passé, apercevoir la verdure un peu plus loin. Cet endroit où il compte se poser dans un coin, vider sa tête de toutes ces pulsions meurtrières et avoir droit au calme. Relatif, puisqu'il sait qu'il n'y sera pas seul. Ce qui, en un sens, l'arrange car Finny n'est pas exactement l'achétype de l'être solitaire. En fait c'est plutôt le contraire, et il aime bien avoir une bonne âme - volontaire ou non - à qui parler. Se faire la conversation tout seul c'est marrant, mais on arrive plus rapidement en panne de sujets.

Il va pour se poser tranquillement sous un arbre - en tant que Baskerville, il est au dessus des bancs comprenez - et ferme les yeux pour cinq minutes.

Cinq minutes qui se sont tranformées en deux heures. Deux heures à pioncer comme un bienheureux sous un arbre, et pas un manant pour le réveiller. Il aurait été au Soleil qu'il se serait réveillé d'une nouvelle couleur et ne se serait pas reconnu. Ajouter à cela que si ce genre de mésaventure lui arrivait réellement un jour, il ne pourrait pas, par tous les dieux de l'abysse, rentrer chez lui parce que la chain qui rôde dans son appartement ne le laisserait jamais oublier. Et son égo ainsi que sa compagne sa fierté ne pourraient pas le souffrir.
L'homme gromelle quelque chose d'inintelligible en se redressant. Parce qu'en plus il a glissé sur le côté pendant sa sieste improvisée. Honnêtement, comien de personnes ont pu être témoin de la scène pendant deux heures ? Il veut des noms.

D'ailleurs en parlant de personnes, l'endroit n'est pas très peuplé. En tout cas de ce que le Baskerville peut voir, depuis son poste d'observation somme toute assez peu avantageux. Alors pour pallier à cela, il se relève en s'époussetant au passage, et puis sort du couvert de l'arbre. Là, il peut effectivement constater que c'est plutôt vide, et il peut même juger de l'heure en regardant dans le ciel. Un étirement, et il se dit qu'il faudrait peut être rentrer. Le monstre a la maison a probablement fini de ranger... Douce utopie, mais au moins Finn est sûr de ne pas lui arracher la tête en le voyant. C'est déjà une bonne chose. En plus il commence à avoir faim.

Un quart d'heure plus tard, ce qui devait arriver arriva. Il s'est perdu. Il s'est perdu et il chouine intérieurement. Pourquoi est-ce qu'il a voulu essayer de passer par un autre chemin ? Pourquoi ? En plus il ne reconnaît pas du tout l'endroit et est donc - a juste titre - convaincu qu'il est parti à l'opposé de là où il devait se rendre. Combien de temps faudra t-il avant que Nana, affamé, ne lui mette la main dessus ? Pas trop longtemps il espère. En attendant et faisant fis de tous ces conseils judicieux qui disent que quand on est perdu le meilleur moyen d'être retrouvé est de ne pas bouger, il continue à s'enfoncer dans les rues de la capitale.

*Et si je faisais demi-tour ? Pour retourner au parc.*

Evidemment, ça marche quand on sait reconnaître le chemin que l'on vient de prendre. Dans le cas du contractant, cela ne fait que le perdre un peu plus. Oh un peu plus, un peu moins...
Ses pas le mènent dans des ruelles à l'air louche et, soyons francs, pas acceuillantes du tout. Du tout, du tout, du tout. Le Baskerville s'en fiche un peu dans la mesure où si on lui cherche des noises, il sait se défendre/courir vite - il faut savoir s'adapter aux situations, c'est ça la stratégie. En fait il préfèrerait presque qu'il y ait un vilain - ou une vilaine, de nos jours tout se vaut - pour lui tenir compagnie, parce qu'il se sent particulièrement seul.

- En plus j'ai faim.

Il a gromellé cette dernière phrase.
Ses pas l'ammènent à tourner une fois de plus tandis qu'il observe ses alentours avec une certaine curiosité. En ramenant son regard vers l'avant, il note une forme qui semble vaguement humaine. Les règles élémentaires du danger n'ont pas le temps de s'imprimer dans son cerveau qu'il s'est déjà approché, jusqu'à pouvoir constater que la forme est bel et bien humaine. Très humaine même.
Mais plus important: c'est vivant ! Sur le coup, Finn est très content.

- Un être humain ! Bon sang je commençais à penser que j'avais changé de dimension sans m'en rendre compte.

Il l'observe un instant de plus et l'interrogation pointe le bout de sa truffe sur son visage en voyant la jeune fille - maintenant parfaitement identifiée - assise par terre dans une ruelle sombre et mal famée. Il faut avouer que ce n'est pas exactement une vue courante. Alors il ajoute:

- Hmm, tout va bien ?

En y regardant de plus prêt, la ruelle semble même être une impasse. Lieu incongru pour faire des rencontres, pour sûr. Lieu franchement pas normal pour une jeune adolescente à cette heure de la soirée - en journée ce ne serait pas tout à fait le lieu idéal non plus. Par dessus tout, lieu à des années lumières - peut être que cela est un poil exagéré. Juste un poil - de l'appartement du contractant. Enfin le fait d'y croiser la fille devrait - aurait dû, en fait - mettre la puce à l'oreille du contractant en question.
Dommage.


[Hrp: Je ne réponds jamais aussi vite, j'avais juste de l'idée pour le coup. Mais faut pas s'y habituer, je suis très très lente en réalité xD. Hmm désolée si ça foire un peu sur la fin, je rode encore mon personnage]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   1st Août 2012, 09:20

Debout, toujours adossée au mur, Fuyu poussa un profond soupire de soulagement quand elle eut distingué la personne qui se dirigeait vers elle. Tout d’abord, il ne semblait pas particulièrement menaçant, voir pas du tout. Du moins, pas avec les jeunes filles qu’ils trouvent dans un coin de rue déserte à pareille heure. Aussi, il avait l’air attentionné. Mais ce n’est pas sur cela que se basa la jeune demoiselle pour enfin oser reprendre son souffle, car oui, elle s’était rendue qu’elle avait cessé de respirer tant elle craignait la venue d’une personne indésirable. En effet, pour en revenir au vif du sujet, elle ne jugea point les apparences de ce jeune homme. Disons simplement qu’elle l’avait, contrairement à lui, reconnut dès le premier abord. Finn. Qui était-il ? Réponse possédant plusieurs réponses. Un ami. Une sorte de grand-frère. Une cible parfaite. Une de ses innombrables victimes, mais aussi sa préférée. Celui qu’elle adorait secrètement. Une personne que, malgré elle, respectait assez pour ne pas dépasser les limites qu’elle s’était fixés. Car cette adolescente avait l’esprit drôlement mal tourné, et quand elle avait l’occasion de jouer, elle n’hésitait pas. Seulement, avec lui, elle restait raisonnable. De plus, plus âgé qu’elle, Fuyu ne voulait pas vraiment connaître les conséquences de ses actes. Peut-être qu’un jour, elle essayera. Peut-être qu’un jour, elle regrettera. Peut-être qu’un jour, tout sera oublié. Mais d’ici là, elle se contenterait de l’embêter un peu, ce pauvre Finn qui n’avait même pas daigné la reconnaître.

Mathématiquement, quelle était la probabilité pour que Fuyu tombe sur une personne qu’elle connaissait à cette heure-ci, à pareil endroit ? Quasiment nulle. Les chances pour qu’elle croise Finn ? Totalement inexistantes. Elle devait bien s’admettre qu’elle était dans l’incapacité d’expliquer cela par des chiffres et qu’elle devrait s’en tenir à l’excuse la plus idiote qu’elle n’ait jamais entendu : l’œuvre du hasard.

Disons-le tout de suite, ce charmant jeune homme n’avait rien de perspicace. Bien qu’il fasse sombre, comment avait-il bien pu s’y prendre pour ne pas reconnaître Fuyu ? Elle se maudit de s’être posé la question, tant la réponse était évidente. Il était idiot, voilà tout. Ce n’est pas quelque chose qu’elle venait de remarquer, ne vous méprenez pas, sauf que ce soir, elle en avait la confirmation formelle. Elle ne manquerait d’ailleurs pas de lui faire ce petit commentaire. Inconsciemment, le pauvre innocent – dans un certain sens seulement – venait de se garantir un aller simple dans le couloir de la torture de la demoiselle. Au fond, n’était-elle pas venue chercher amusement, allant même jusqu’à s’enfoncer dans de pareilles ruelles ?

Elle demeura un instant sans répondre, sans même bouger. Finalement, elle remit ses bras le long de son corps et fit un pas, espérant que son visage restait toujours aussi méconnaissable. Dans un élan de soulagement, peut-être aussi de joie, qui sait, elle posa ses deux mains sur le torse de Finn et le repoussa doucement, tonnant ce qu’elle pensait depuis un moment déjà.
– Idiot ! Tu m’as fais peur, Finn.

En prononçant son prénom, elle approcha un peu plus de lui et releva ses yeux vers les siens, un sourire amusé dessiné sur les lèvres et un air faussement boudeur sur le visage. Lui laissant à peine le temps de remettre toutes les images et sons qu’il venait de percevoir en place et par ordre chronologique, elle enroula es bras autour de son cou et alla se serrer contre lui. Qu’elle l’avoue ou pas, cette petite avait eu drôlement peur. Et malgré le fait qu’elle ait déjà commencé à provoquer Finn, son cœur battait encore assez fort pour qu’elle craigne que l’on l’entende à des mètres à la ronde. Bien que difficile à admettre, elle était contente de le voir ici. Ou plutôt, de le voir lui et pas quelqu’un d’autre. Décidément, elle avait vraiment été stupide de se traîner dans un quartier à la réputation peu accueillante.

Finalement, il y avait une autre façon de s’amuser. Être audacieux et mature n’était pas une mauvaise idée, mais se montrer créatif était tout de même plus logique. Il suffisait d’imaginer un bon scénario et de tenter de l’appliquer. Ce n’était pas facile, je vous le concède, mais ça demeurait plus raisonnable pour Fuyu qui avait du mal à être audacieuse sans franchir les limites et basculer dans l’inconscience.

Se reprenant, elle s’éloigna du jeune homme en retournant s’adosser au mur, levant ses yeux eu ciel peu éclairé, désirant surtout fuir le regard de Finn. Juste le moment qu’elle se remette des émotions contradictoires qui avaient défilés dans ses propres prunelles grises aux reflets bleutés. Après un moment, elle reporta toute son attention sur lui et réussit à esquisser un sourire malicieux. Elle effectua deux pas et tendit son index devant elle, le pointant vers le jeune homme, se gardant de l’enfoncer dans sa chair et se contentant de déposer le bout de son ongle sur son torse. Penchant la tête sur la gauche, elle fit mine de réfléchir.
– Comment te punir pour ne pas m’avoir reconnu ?

Elle étouffa un rire sarcastique mais amer, comprenant dès lors qu’elle avait reprit le contrôle d’elle-même. A vrai dire, elle ne réfléchit pas à la méthode qu’elle allait utiliser ne serait-ce qu’une seconde. Elle ne savait même pas si elle allait vraiment le faire ; elle voulait simplement pousser la provocation un peu plus loin. Juste un peu. Retirant son doigt lentement, elle finit par hausser les épaules, désirant d’abord d’entendre la réponse de Finn avant de décider de son sort.

Depuis toute petite déjà, elle avait éprouvé des difficultés à s’intégrer. Il ne lui a jamais été facile d’éprouver son affection ou son amour à quiconque, et même à cette période-là de son adolescence, elle se voyait encore dans l’incapacité de dire à l’homme qu’elle aimait ce qu’elle ressentait pour lui. Mais avec celui qui lui faisait face, ce n’était pas la même chose. Il devait bien se rendre compte qu’elle l’adorait, mais en même temps, ça ne serait pas amusant de le lui dire. Et puis, c’était bien plus divertissant de le faire tourner en bourrique. Bon, c’est vrai, il la prenait un peu trop souvent pour une gamine, et bien qu’elle n’apprécie pas cela, elle ne faisait rien pour lui prouver le contraire. Elle n’avait pas besoin d’être sérieuse. D’ailleurs, elle s’en fichait un peu de ce qu’il pensait d’elle. Tant qu’elle pouvait encore le tyranniser gentiment, ça lui convenait. Le reste n’était que formalités.

Cinq ans. C’est vrai qu’elle n’aurait pas aimé qu’un gosse plus jeune qu’elle vienne l’embêter. Mais qui sait, peut-être aurait-elle prit l’enfant en affection. Ou alors, elle lui aurait fait comprendre que ce n’était qu’un petit morveux. Pourquoi Finn n’avait pas agis ainsi, dans ce cas ? Plus elle y pensait, moins l’envie de trouver la clé de ce mystère était présente. Vivre au jour le jour. Ne pas se souciez du lendemain. Ne prendre, voir et entendre de la vie que ce que l’on veut. Apprécier le moment présent. Cesser de se poser trop de questions. S’amuser. Profiter. Vivre comme l’envie nous dictait de le faire. C’est ainsi que Fuyu voyait sa vie. Elle n’avait pas de réelles responsabilités sur ses épaules si ce n’était veiller à se nourrir et à se vêtir correctement. Au fond, tout cela ne peut relever que de l’insouciance. Une insouciance innocente. Pour elle, rien ne changera. Jamais. Elle continuera à mener sa vie ainsi, la saupoudrant de danger et l’assaisonnant correctement d’amour. Toujours à chercher l’aventure. L’aventure qui se passait au fin fond d’une forêt. Et, en récompense, vivre poussée par la faim d’en savoir plus sur ce monde et nourrie par la soif d’entendre le choc de deux épées maniées avec soin et précaution. Bruit mélodieux rompant le silence auquel elle était tant habituée. Trop habituée. Et cela ne mène qu’à une seule conclusion. Conclusion qu’elle ne voulait pas s’avouer, mais qui pourtant, était véridique. Elle n’était encore qu’une enfant.


Dernière édition par Fuyu Akeno le 17th Août 2012, 04:28, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   7th Août 2012, 09:41

Les personnes ayant été faire un tour dans l'Abysse sont, généralement - parce qu'il y aura toujours des gens aux moeurs étranges, très contents de revenir dans le monde normal. Leur engouement est forcément un peu gâté dès lors qu'ils réalisent que le temps a fait un bond dans le futur/tout le monde les a oublié/le passé a changé/ils sont tombés dans un autre univers/autre - rayez la ou les mentions inutiles, mais dans l'ensemble ils sont quand même bien contents. Finny ne dérogeant pas à la règle, croyez bien qu'il l'était aussi.
Mais là, sur le coup, il regrette quand même quelque chose. Une toute petite chose. Dans l'Abysse, il n'y avait pas besoin de sens de l'orientation. Et pour cause, on y est toujours perdu. De quoi se sentir enfin normal et égal aux autres quand on est dépourvu de toute carte et boussole mentale - ou d'une capacité à lire et à retenir les noms de rues, au moins.
Sitôt sorti, la réalité a repris ses droits. Et ça fait 10 ans qu'elle a repris ses droits. La vilaine.

La réalité, puisqu'on parle d'elle, n'a visiblement pas fini de se moquer du contractant aujourd'hui.

– Idiot ! Tu m’as fais peur, Finn.

Les chances qu'il se perde dans une ruelle presque suintante de noirceur, y tombe sur l'une des seules adolescentes de Réveil qu'il connaisse - et qui ne soit pas Baskerville, et ne la reconnaisse pas ?
Nulles. Où est l'invisible marionnetiste qui s'amuse à tester ses scénarios pour le moins étranges sur les gens égarés ?

L'air hébété qu'affiche le contractant quite à l'étreinte inattendue ne fait rien pour démentir le "idiot". Si on lui avait laissé le temps de se défendre, il aurait sûrement raconté en dix lignes qu'il fait trop sombre de toute façon. Et qu'il a faim, ce qui l'empêche de réfléchir correctement. Mais on ne lui laisse pas le temps de se défendre, ou de remettre de l'ordre dans ses idées par la même occasion, que déjà la plus jeune a ses bras autour de son cou. Elle serait presque mignonne. Presque. Pour toute personne aute que Finn qui ne saurait pas ce que cette bouche peut sortir comme mots plus gros qu'elle.

Il sort tout de même de son étonnement pour lui retourner l'étreinte brièvement. Elle ne le dira pas à voix haute, qu'elle l'aime bien, mais ce n'est pas grave. Il ne le fera pas non plus. Toute l'affection est en non-dits, aussi étrange que cela puisse parraître venant d'une créature bavarde comme Finn. Fuyu étant semble t-il aussi un être de contradictions - qui ne l'est pas, ils font donc très bien la paire.

Bien vite, tout cela est derrière et l'adolescente a reculé, le contractant ne faisant absolument rien pour la retenir. Mine de rien, même si il ne l'avouerait pour rien au monde, pas même un sens de l'orientation parfait, il est content de la voir là. Déjà, ce n'est pas une vilaine chain sanguinaire qui aurait attendu sa victime dans le noir, ou bien encore un type cherchant la bagarre - quoi qu'il est sensé être le méchant ici. Mais mieux que ça, c'est Fuyu. Une amie. Cela fait toujours plaisir de croiser une amie, non ?
Encore une fois, il ne l'avouera pas.

– Comment te punir pour ne pas m’avoir reconnu ?

Il hausse un sourcil tandis qu'un sourire amusé vient s'insinuer sur ses lèvres. Le punir ? N'inverse t-elle pas les rôles, qui est l'enfant pas sage ici ? Il croise les bras.

- Tu ne me punis pas, t'es trop petite pour ça. D'ailleurs qu'est-ce que tu fiches là gamine ? Tu joues à cache-cache ? La personne qui te cherchait a dû abandonner y'a un moment tu sais.

Le "gamine" glissé l'air de rien au beau milieu de la phrase n'est autre que le retour de bâton pour le "idiot" de plus tôt. Oeil pour oeil, dent pour dent comme ils disent. C'est aussi un moyen comme un autre de s'intéresser sans en avoir l'air à ce que fait la jeunette dans un lieu pareil. Evidemment, vu qu'il est ici question du cas "Fuyu", il s'attend un peu à tout, tout en sachant qu'il aura une réponse qui n'était pas attendue. Mais hey, c'est beaucoup moins amusant sinon.
Finn détourne un instant son attention de l'adolescente pour observer ses alentours. Il se tourne dans la ruelle pour faire face à l'extrémité qui n'est pas obstruée par un mur.Forcément, il a déjà oublié par quel côté il est arrivé. C'est pas gagné. Il se passe une main lasse sur le visage comme si cela allait soudainement faire changer le paysage, et remonter le temps par la même occasion. Ce n'est après tout pas comme si il avait gâché son après-midi sous un arbre. Et le coupable à l'origine de son exil ? Nana ! Ah, il va encore entendre parler du pays - et de la vaisselle - celui là. Et pas qu'un peu.
Le contractant se retourne de son inspection rapide et lance l'air de rien:

- De toute façon c'est quoi cet endroit ?

Comme façon d'obtenir des informations sur leur localisation actuelle, il faudra repasser.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   8th Août 2012, 04:23

Fuyu n’avait rien de bavarde, et de toute façon, combien même elle l’aurait été, jamais elle n’aurait avoué à Finn qu’elle l’aimait bien. D’ailleurs, jamais non plus elle ne lui dirait qu’elle été contente de le voir. Enfin, de le croiser lui plutôt que quelqu’un d’autre non pas simplement de le voir. Quoique. Mais passons, il est tout à fait inutile de parler de choses que la jeune adolescente ne fera point.

Le brun avait répondu brièvement à son étreinte, et elle n’en attendait pas plus de sa part. A vrai dire, elle a même été surprise qu’il ne soit pas assez étonné – car il l’était sûrement – pour ne pas réagir. Ayant repris son statut inflexible et son visage indéchiffrable et insondable, elle n’avait pu s’empêcher de lui lancer cette petite provocation. Voulait-elle faire la conversation ? Sûrement pas. Pas elle. Disons simplement qu’elle était venue, à la base néanmoins, chercher amusement. Alors autant en profiter. En plus, c’était Finn. La victime parfaite. L’objet le plus adéquat à cette situation. Il est tout de même assez vil de le décrire ainsi, mais c’est comme ça que s’entêtait la jeune fille à exposer les faits. Car s’il devait être mis au courant du fond de sa pensée – qui est bien entendu, tout autre, peut-être la qualifiera-t-il dès lors de mignonne. Et ce n’est pas ce qu’elle cherchait à faire. Elle voulait simplement lui prouver qu’elle n’était pas une enfant. Qu’elle n’était plus une enfant. Et bien que ce ne fût pas une partie à sens unique, où elle était la seule à encaisser les médisances et les mauvaises surprises, il n’était pas facile pour elle de se relever, de contre-attaquer et d’atteindre ce grand gaillard là où ça fait mal, si je puis le dire de cette façon. Pour faire plus simple, et bien qu’elle s’interdisait ce genre de pensée, elle aurait préféré opter pour la façon la plus simple, la plus anodine, la plus commune et probablement la plus lâche ; subir, supporter, avoir mal et rester, une fois pour toute, à terre. Pourquoi en serait-il autrement ? Pourquoi devoir se défendre ? A cette idée, Fuyu sourit. Finn ne s’imaginait sûrement pas qu’elle était entrain d’avoir une prise de conscience pareille, qu’elle mettait tant de cœur à jouer avec lui – ou de lui – et qu’elle pensait de la sorte, car, il faut bien l’avouer, ça n’avait rien de gamin. D’ailleurs, pensait-il ce qu’il disait ? Pensait-il qu’il avait à faire à une gamine ? Et elle, pensait-elle qu’il était un idiot ? Elle se posait toutes ces questions sans même y prendre la peine d’y associer une réponse appropriée, n’y voyant pas réellement l’intérêt.

C’est drôle. Étrange, je vous l’accorde. Mais tellement drôle. Comment un simple mot peut avoir un sacré impact en vous. Gamine. Bien sûr qu’elle l’était. Ce n’était pas la première fois qu’il le lui disait, et jamais ça ne lui avait fait cet effet là. Juste que ce soir, dans pareille situation, elle se serait bien passée de son commentaire. Que ferait une personne censée ici, à une telle heure ? Une fille mature n’aurait-elle pas ignoré cette remarque ? Je vous le rappelle : l’ignorance est le plus grand des mépris. Elle en était incapable. Quelle sotte ! Pourtant, elle ne s’autorisait pas de se rabaisser devant quelqu’un. Et surtout pas lui. La raison était simple ; celui qu’elle traita d’idiot, elle le respectait et l’aimait à sa façon, mais il ne le savait pas. Ou du moins, ignorait la première partie. C’est du moins ce qu’elle pensait. Elle était comme ça. Se rire d’elle-même, se moquer en son fort intérieur de ce qu’elle était, ou plutôt, de ce qu’elle n’avait pas réussit à devenir. C’était si pitoyable. La gamine en question possédait-elle une partie masochiste ? Elle ne le niera point.

Ces réflexions restèrent néanmoins pour elle. Face à son interlocuteur, elle garda sa mine malicieuse et enjouée, réfléchissant encore à la façon dont elle allait répondre. Elle aurait pu se contenir et ne rien dire, mais c’était plus fort qu’elle. Le problème était que les mots lui brûlaient gorge et qu’ils étaient en nombre, alors elle ne savait pas par où commencer. Non, elle ne l’insulterait pas. Tout de même, il était plus âgé qu’elle, et d’après les leçons de papa, car maman l’avait abandonnée, il fallait savoir quoi dire face à un adulte. Avec les années, elle reformula ce conseil. Mesurer ses paroles, contenir ses mots. Mais pas spécifiquement face à un adulte, car il faudra bien qu’un jour, elle aussi passe le seuil de la majorité, et donc, elle sera sur un même piédestal que les autres. Plutôt face à toute personne qui mérite son respect – aussi bien un enfant que quelqu’un de plus âgé. Et malheureusement, Finn était non seulement un adulte, mais possédait aussi tous les critères requis pour que Fuyu puisse affirmer qu’il avait l’immense honneur d’avoir le respect de cette jeune fille. Cette jeune folle.

Les mots s’écoulèrent de la bouche de l’individu masculin sans qu’elle n’y prête grande attention. Elle haussa les épaules pour répondre à ses deux questions. Mais bien sûr, ce serait trop simple. Alors, elle allait y ajouter du sien. Car au fond, cela s’était transformé en partie de mutuelle vengeance. Et elle allait lui faire payer d’avoir mouvementé ses pensées ainsi par un simple mot prononcé. Une insulte qui pourtant n’en était pas une.

– Oh, Finn. Je ne suis qu’une gamine, comment saurai-je où on se trouve ? C’est toi l’adulte, ici. Et je pense pouvoir dire être sous ta responsabilité, maintenant. Ignoreras-tu la présence d’un enfant dans un lieu si douteux ?

Tout de même ! Trouver une « gamine » dans une rue sombre et fermer les yeux est un délit grave. Ou pas. Enfin, si. Selon Fuyu du moins. Oh et puis, peu importait. Elle venait de marquer un point. D’ailleurs, elle était plutôt fière de sa réplique. Elle ne savait même pas qu’elle était capable de se montrer si calme face au commentaire, ou à la question, comme vous voulez, de Finn. Enfin bref, elle n’avait pas fini de jouer son tour. Et elle s’attela à la contre-attaque physique à peine la fin de sa phrase formulée.

Elle s’approcha de nouveau du jeune brun, se hissant sur ses deux pieds pour atteindre plus ou moins sa hauteur, laissant un léger sourire errer sur son visage partiellement illuminé par l’astre maître alors qu’elle enfouit sa main droite dans la masse de boucles indomptées de Finn, s’amusant à y risquer ses doigts. Son index gauche vint tapoter ses propres lèvres alors qu’elle pencha la tête sur le coté, faisant une seconde fois mine de réfléchir. Au fond, il n’en était rien. Son action était déjà toute préparée à partir du moment où elle ouvrit la bouche pour lui répondre. Elle libéra sa main des cheveux bruns et s’approcha un peu plus de lui. Ses lèvres frôlèrent la joue du jeune homme, bien que ce détail ne fût pas particulièrement désiré, et elle se stoppa net à quelques millimètres de son oreille. Elle ne dit rien, laissant son souffle chaud s’abattre sur une mince partie du cou de Finn. Son sourire disparut et elle se contenta d’entrouvrir la bouche, usant d’une voix accusatrice mais aussi teintée d’un désir incompréhensible.
– Vas-tu prendre soin de moi ?

Elle s’éloigna rapidement et éclata d’un rire cristallin. Non, son but n’était ni d’enjôler le pauvre jeune homme, ni de le mettre dans une situation embarrassante. Elle voulait faire naître du doute en lui, l’amener à se poser des questions sur les intentions de Fuyu. Ne sachant si elle avait réussi, elle retourna s’adosser à son mur, sa tête toujours penchée sur le coté, inspectant le visage du brun pour y déceler une réaction, un sentiment. Quelque chose, tout simplement.

Et ce désir qui avait si naturellement nuancé ses paroles, quel était son réel sens ? Ne vous méprenez surtout pas. Elle ne voulait que jouer. Provoquer. S’amuser. Et qu’en était-il des pensées de sa victime ? Elle n’en savait trop rien. Elle haussa les épaules et regarda le ciel, soupirant légèrement. Qui sait, peut-être évacuait-elle une pression ayant prit son aise en elle sans qu’elle ne s’en rende compte. Ou peut-être relâchait-elle son souffle alors qu’elle l’avait retenu un court instant après avoir ri ? Elle-même ne saurait vous répondre.

Lui. Qui était-il pour elle ? Pas tout. Parce que son tout n’était pas présent en ce moment. Et son tout n’était pas l’objet de ses pensées pour l’instant. Finn. Pourquoi vouloir le faire sourire ? Pourquoi vouloir le voir aller bien ? Un ami ? Elle en doutait. Mais elle ne savait comment qualifier ce qu’elle ressentait pour lui. Leur lien était pourtant simple. Ils se taquinaient. Ce qu’il pensait d’elle avait une importance non négligeable aux yeux de Fuyu, mais elle n’arrivait pas à s’y faire. Pourquoi, justement, accorder de l’importance à ce qu’il pensait d’elle ? De toute façon, les questions avaient beau venir et revenir dans son esprit, les réponses, elles, semblaient prendre un malin plaisir à rester dissimulées. Néanmoins, une chose était certaine. Elle ne voulait pas le perdre. Elle ne voulait pas perdre cet idiot. C’était étrange. Incompréhensible. Mais elle ne voulait pas prendre le risque de le perdre. Non. Elle ne le perdra pas.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   13th Août 2012, 06:11

On pourrait croire qu'un être comme Finn serait du genre à se faire un certain nombre d'amis, étant donné qu'il n'hésite pas à aller vers les autres, et peut faire la conversation pour dix. Pourtant, ce n'est pas le cas. Outre le fait qu'il puisse taper gentiment sur le système, c'est surtout qu'il ne ressent pas le besoin d'en avoir. Pour quoi faire, qu'il dirait. C'est chiant de s'inquiéter pour les gens, qu'il ajouterait derrière avec une moue. Ça m'effraie un peu surtout, qu'il pense tout au fond. C'est vrai que cela fait peur, d'avoir des amis. Et encore, pour être plus exact, ce n'est pas tant le fait d'en avoir que le fait de les perdre qui est redoutable.
Alors des fois, volontairement, il va s'éloigner pour détendre les liens. La plupart du temps, il n'y a qu'à garder les relations superficielles, ne pas passer trop de temps avec la même personne. Facile quand on partage son temps entre travailler, accomplir des missions plus ou moins dangereuses, dormir pour récupérer des dites missions, ou juste à lézarder - qu'il y ait soleil ou non - sur diverses surfaces planes. Ce n'est pas comme si il manquait d'intéractions sociales de toute façon, Nana lui colle aux basques.
Pas que l'un ou l'autre ait le choix de toute façon, mais ils le vivent bien.

Et puis des fois, il croise la même personne une fois. Deux fois. Trois fois. La première rencontre accroche, il en revient le soir passablement irrité, mais avec un sourire au fond. La deuxième rencontre est la revenche. Et évidemment, il en faut bien une troisième parce que jamais deux sans trois. Mais le jeu n'est pas terminé, le jeu ne termine jamais sauf abandon d'une des deux parties.
Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il est trop tard. Jusqu'à ce qu'il prenne conscience qu'il ne doit pas, sous aucun prétexte, perdre la personne en face de lui, l'autre joueur. Il n'en a pas beaucoup, des amis, mais il y tient. Et souvent, il est bien incapable de dire comment ou pourquoi il consière cette personne comme tel. Il hausse les épaules, n'en sait rien et répond que c'est comme ça et pas autrement. Fuyu ? Sait pas. Après tout qu'est-ce qu'ils savent l'un sur l'autre ? Trois fois rien, des banalités, des esquisses aux contours troubles de quelques traits de caractères, une vague idée de deux ou trois choses que l'autre apprécie.
Et surtout, quelques boutons à pousser pour tirer une réaction de l'autre. Et comme il en reste plein, de ces boutons, ils continueront à chercher à tâton dans le noir, en enchainant expérience sur expérience. Cette tactique ne marche pas ? Passons à la suivante ce n'est pas grave. Au passage, l'un aura découvert la couleur préféré de l'autre, pendant que ce dernier aura soulevé une peur cachée d'un quelconque insecte.
C'est drôle comme une chasse au trésor, et plus difficile car il n'y a pas de carte. Mais la récompense vaut sûrement plus qu'un coffre de pièces d'or ne pourra jamais acheter.

– Oh, Finn. Je ne suis qu’une gamine, comment saurai-je où on se trouve ? C’est toi l’adulte, ici. Et je pense pouvoir dire être sous ta responsabilité, maintenant. Ignoreras-tu la présence d’un enfant dans un lieu si douteux ?

* Hmph.*

Et vlan, dans ta face Finny. Enfin voyons, puisque tu es l'adulte, fais donc quelque chose.
Il croise les bras, pinçant un peu les lèvres tandis qu'il jauge la plus jeune de haut en bas. Il ne boude pas tout à fait, parce qu'il ne s'avouera pas vaincu pour si peu, mais il aimerait clairement trouver une répartie cinglante pour lui retirer cet air amusé. La vengeance peut cependant être un plat qui se mange froid. Ou tiède. Assaisonnée ou non, cela dépend des ingrédients à disposition.

Il observe d'un oeil mauvais l'adolescente qui s'approche avec visiblement l'intention d'en ajouter plus, de planter un clou de plus dans le cercueil qu'il a lui même ouvert pour le coup, et où elle l'a poussé. Qui gagnera la manche ce soir ?
Le Baskerville la laisse faire, la laisse s'approcher plus que la bienséance l'autorise, gardant sa moue et ne s'autorisant pas un changement d'expression qu'il sait capable de faire très plaisir à la jeune fille. Après tout pourquoi briser l'étiquette si ce n'est pour tirer une réaction de sa cible ?
Il la laisse même avoir l'audace de glisser sa main dans ses cheveux, tandis qu'un coin de son cerveau qui sonne de manière perturbante comme Nana lui rappelle qu'il est majeur, que la jeune fille non, et que tout cela est franchement louche et indécent. Dans une ruelle mal famée en plus, voyons !
Mais son expression ne change pas, têtu comme une mule, et curieux de voir ce qu'a prévu la plus jeune. La réponse ne tarde pas.

– Vas-tu prendre soin de moi ?

Il cligne des yeux alors qu'elle s'éloigne, et lui rend son regard quand elle retourne s'adosser à son mur. Et puis son visage se fent d'un sourire large et il se met à ricaner. En se penchant en avant, il étend son bras droit qu'il lève à hauteur du visage de l'adolescente, et pointe un doigt accusateur au milieu de son visage, allant jusqu'à toucher le bout du nez de sa victime avec. La balle est dans son camp, c'est l'heure de la remise en jeu.

- Toi. Ce n'est pas un comportement adéquat pour une gamine. Et on dit "s'il te plaît", quand on est poli.

Finn se redresse suite à cela, son sourire s'étant mué en quelque chose de moins moqueur et plus amical à la fin de sa réplique. Il considère sa vengeance plus ou moins accomplie. Evidemment, il ne doute pas un instant qu'il y en aura d'autres à accomplir, mais il faut savoir profiter des petites victoires. Même quand elles sont très, très petites. Après tout, comme a dit un grand homme un jour - ou peut être était-ce une femme - "il n'y a pas de petite victoire". Mine de rien, il y a beaucoup de proverbes que Finn suit. Enfin, quand cela l'arrange, bien sûr. Les proverbes ne sont après tout que des phrases de circonstances.

Jeux tordus mis à part, Fuyu a raison au fond. Qu'elle le pense réellement ou non, cet endroit est douteux. Et plus ils laisseront de temps à l'obscurité pour s'installer, plus elle sera douteuse voire dangereuse. Soudain, Fuyu contre son mur semble beaucoup plus petite face à toutes ces ombres.
Sur une impulsion, il l'attrape par la manche de son haut, et l'attire à sa suite alors qu'il recule dans la ruelle, sans se départir de son sourire.

- Allez viens ! On ne va pas rester là, en plus c'est moche comme coin.

C'est vrai que ce n'est pas joli. C'est vrai qu'il a envie de bouger de là, de sortir de cette ruelle où, entre les hauts murs des bâtisses l'encadrant et ce fichu mur au fond, on se croit enfermé. Mais c'est aussi vrai qu'il n'a pas envie de laisser Fuyu plantée là. Toute seule, si petite dans un endroit avec des dangers tellement plus gros qu'elle. Des gens mal intentionnés, sûrement des chains, et qui sait quoi d'autre. Le contractant se sentirait coupable si, dans trois jours, il apprenait qu'on avait retrouvé le corps sans vie d'une adolescente de quinze ans, dans un des recoins sombres de la ville. Finalement, malgré tout ce qu'elle pourrait dire, elle reste une enfant. Il ne l'avouera pas ouvertement, mais elle a raison, il n'ignorera pas "la présence d'un enfant dans un endroit aussi douteux". C'est le rôle des adultes de les protéger, non ?
Du moins voilà l'excuse officielle de Finn. Officieusement, c'est juste par qu'il tient tout bêtement à elle. L'adolescente ne lui a pas semblé vouloir bouger de son coin, alors il la fait bouger lui même. Peu importe si la jeune fille n'est pas de cet avis.
Et puis comme ça il ne se perdra pas tout seul.

[Hrp= n'hésite pas à me mp si tu trouves que tu n'as pas assez d'ouvertures, je trouverai des trucs à ajouter ^^"]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   14th Août 2012, 11:53

Avoir des amis. Oui, ça pourrait être pas mal. Mais beaucoup de barrière empêchaient Fuyu d’en avoir. Déjà, l’envie ne lui venait pas. Sa liste de défauts ne cessait de s’allonger alors que celle concernant ses qualités se réduisait à vue d’œil. Et de toute façon, d’après sa courte expérience, elle savait qu’il fallait être là pour les autres, mais qu’eux, n’étaient pourtant pas jamais là pour elle. Je vous l’accorde, il ne faut pas généraliser. Et puis, autant ne pas s’encombrer de personnes inutiles. Être seule lui convenait au fond. Et il y avait lui. Ce lui qui réussit, ce soir, à la perturber et tout remuer en elle. Finn. Ce n’était pas son ami. Enfin, elle ne pensait pas. C’est vrai, elle ne savait rien de lui. Et puis, il était peut-être trop âgé. Peut-être devrait-elle-même cesser de le fréquenter. Mais elle avait l’impression que lui, ne la trahira pas. Que lui, l’aimait peut-être un peu, au fond. Parce que cette adolescente avait beau se vêtir de ce voile d’innocence ingénue, s’enduire de froideur, se maquiller de méchanceté, elle n’était rien d’autre qu’une enfant. Et il l’avait compris dès le premier abord, bien que le tout était censé demeurer dans la limite du sarcasme. Autre chose qu’elle ne s’avouait pas, après ce qu’elle avait vécu – et je vous prie de ne point dramatiser – elle voulait juste avoir une présence masculine dans sa vie. Et puis Finn, au fond, elle l’aimait. Elle ne le considérait pas comme ami pour les raisons cités ci-dessus. Non, c’était plutôt parce qu’il était bien plus pour elle. Une sorte de grand-frère. Il n’aura cependant jamais l’occasion de se retrouver embarrassé ou mal à l’aise par cette confession, parce que jamais Fuyu ne le lui dira. Elle craignait sa réaction. Elle en avait peur. Elle en était terrifiée.

Et s’il le prenait mal ? Eh bien oui, il faut s’attendre à tout. C’est tout de même Finn dont on parle ! Et s’il se moquait d’elle ? À vrai dire, ça toucherait directement son amour-propre, et elle ne le lui pardonnera sûrement pas. Et si, tout bonnement, il ne la considérait que comme une gamine insouciante et stupide ? C’était probable. Et entre nous, elle ne voulait pas savoir comment elle réagirait. Leur situation présente serait-elle, en réalité, qu’un vulgaire mirage ? Une simple illusion ? Une parfaite utopie où baignait bonheur, moquerie et partage ? Voulait-elle seulement le savoir ? Elle était bien et lui ne se plaignait pas. Elle aurait aimé réagir comme toute enfant en adoration – je pense tout de même que le mot est grand – devant un adulte. Lui sauter dans les bras, le câliner et agir sottement et naïvement. Mais elle ne pouvait pas. Elle n’arrivait pas à s’empêcher de penser au gouffre qui les séparait. Il était adulte, elle était une adolescente. C’était un homme. Elle, une femme. Cinq ans. Cinq maudites années. Et aucun des deux ne s’ouvraient totalement à l’autre. Voire pas du tout. Fuyu s’en satisfaisait-elle ? Non. Pas du tout. Pourtant, elle faisait comme si. Car elle était orgueilleuse. Peut-être égoïste de le désirer de cette façon là.

Elle avait marqué un point. Elle le savait et ne cachait pas sa joie ; un air de défi s’insinuant maladroitement dans son regard éclaire de quelques lueurs de malice. Allait-il trouver de quoi rétorquer ? Lui en avait-elle seulement lui en donner l’occasion ? Sûrement. Finn était doué pour les répliques tordues. La réponse ne tarda pas à venir. Le jeune brun tendit le bras devant lui, pointât son index sur le nez de Fuyu et accompagna le tout de quelques mots. D’ailleurs, cette fois-ci, il la déçu quelque peu. Elle sourcilla, s’étant attendue à plus cinglant. Aussi, elle ne cacha pas son agacement face au fait qu’il ne réagit point à son petit manège que l’on décrira comme étant physique. L’espace d’un instant, elle ne dit rien. Ne pensa plus. Ne respira peut-être plus aussi. Elle donna sûrement l’impression à son adversaire qu’elle avait perdu. Mais ce n’était pas le cas. Elle venait juste de plonger dans un gouffre dont elle ne voyait pas le fond. Elle qui avait toujours aimé l’Inconnu, le danger mais qui pourtant demeurait entravé par sa Liberté, était totalement déstabilisée. Comment avoir mains et pieds liés par sa propre Liberté ? Réfléchissez. Ou plutôt, mettez-vous à la place de Fuyu. Revenons-en au vif du sujet. Qu’est-ce qui avait causé cet état second ? Un long chemin. Sombre. Silencieux. Si terrifiant. Mais ce n’était pas le pire. Elle était seule. Au fond, elle l’avait toujours été. Que voulait dire cette sensation ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi se sentir seule alors qu’elle était accompagnée de Finn ? Son regard se figea sur un point au loin, sa bouche s’assécha, sa gorge l’irrita, un poids prit place sur ses épaules et son ventre se noua. Elle était prête à étouffer, à exploser. Son cœur battait fort. Quelque chose clochait. Mais quoi ? Qui ?

Quand Finn lui saisit le poignet, elle se reprit. Première chose qu’elle distingua, un sourire narquois mais amical, qui se voulu peut-être rassurant, au coin des lèvres du jeune homme. Mais surtout, il venait de la tirer de ce mauvais rêve. De se cauchemar. Ce cauchemar qui n’a jamais cessé de la hanter depuis un peu plus d’une année.
Elle voulu le remercier, mais les mots ne lui venaient pas. Il la prendrait plus pour une folle que pour autre chose. Et ce n’est nullement qu’il la jugerait peut-être qu’il l’empêchait de s’exprimer, juste qu’elle tentait de se persuader elle-même qu’elle était saine d’esprit. Un mètre. Deux. Que faisait-il ? Elle s’arrêta brusquement, se libéra, et attrapa sa main pour qu’il se retourne vers elle. Sa peau était douce. Ce n’était pas la première fois que Fuyu le touchait, mais c’était bel et bien la seule fois où elle remarqua une telle suavité émanait de lui. Elle se sentait fondre comme une misérable enfant devant celui qui habitait ses nuits d’une façon encore trop angélique, trop blanche, trop simple, trop joyeuse et trop innocente. Sans violence, elle agit tout de même de façon à soutirer quelques interrogations, bien que ce geste ne fût pas volontaire. Elle le relâcha donc, inopinément, ne supportant pas ce sentiment qui l’avait habité et qui persistait, n’acceptant pas de se laisser griser si simplement. Il fallait qu’elle parle, qu’elle le rassure peut-être. Elle ne le fit pas. Elle s’adossa au mur, croisant les mains derrière son dos, relevant sa tête pour que ses yeux croisent ceux de Finn. Elle pencha la tête sur le coté et, d’abord doucement, pour retrouver ses repères, s’exclama. La vengeance est le dessert, le meilleur moment du dîner, la récompense de tant d’efforts. Fuyu préférait les desserts froids, mais elle ne refusait pas ceux étant chauds. Parce qu’au fond, ça n’avait aucune importance. Tout ce qu’il fallait savoir, c’est que la vengeance ne se mange pas, elle se savoure.

– Moi, j’aime cet endroit. Mais j’ai peur d’y rester seule. Alors Finn, en adulte responsable, tu vas rester avec moi et veiller à ce que rien ne m’arrive. Tu sais, les gamins sont capricieux et désobéissants.

Elle ricana et posa son index sur les lèvres de sa victime, lui interdisant de parler tant qu’elle n’avait pas fini son tour. Après tout, là aussi, n’avait lieu que vengeance. Il avait osé pointer son doigt sur son nez, la traitant plus comme une demeurée qu’une enfant. Mais elle, contrairement à ses insinuations, était polie. Eh oui, car elle au moins, le traitait comme adulte. Effleurer ses lèvres, en découvrir la texture les composant, en imaginer le goût pouvant être apportée dans la bouche d’une femme. C’était un homme, alors il ne valait pas vraiment mieux qu’elle. Parce que les hommes sont niais, se laissent manipuler facilement. Finn, bien que différent, restait de sexe masculin. Alors Fuyu ne lésinait pas sur les moyens, quitte à en paraître mal élevée et trop aguicheuse pour son âge. Qu’importait ? Elle voulait juste le faire languir un peu, de façon à titiller ses nerfs, à l’obliger à répondre à ses provocations sans retenue. Le jeu avait commencé lentement ce soir et Fuyu avait bien l’intention d’accélérer les évènements. De les pimenter, qui sait. Alors elle retira son doigt et laissa sa main maintiennent libérée rejoindre l’autre, derrière son dos. Un instant de silence. Elle entrouvrit les lèvres pour parler encore, mais ne dit rien, ne bougea même plus, attendant la contre-attaque. Tour achevé.

Il pouvait juste refuser. Juste s’en aller. Fuyu n’y voyait aucun inconvénient. S’il agissait comme tel, elle s’en irait, car cet endroit, elle ne l’aimait pas du tout et il ne lui inspirait point confiance. Mais elle ne pouvait pas lui dire ça. Ne pouvait pas lui exposer si ouvertement sa faiblesse, sa peur. Alors elle se tut. Ne dit rien de plus. Se contentant de décrocher ses prunelles de celle de l’homme, elle préféra observer un ciel qui ne cessait de s’assombrir. Si quelqu’un de censé tombait sur eux, Finn pourrait avoir des problèmes. Mais Fuyu, en bonne comédienne, jouerait son rôle de gamine jusqu’au bout. Ça, ça ne la concernait pas ; il fallait se taire quand les adultes parlaient et ne pas s’inquiéter pour eux, car ça, c’était leur devoir. Malheureux ! La traiter de gamine ? Il finira par le regretter et ce, amèrement. Mais pour l’instant, Fuyu se plaisait à ce petit jeu, à cette torture.

Elle était adossée au mur de gauche, son regard étant revenu sur Finn sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle l’observait, le détaillait. Finalement, seul un sourire exprima ses pensées. Des pensées malheureusement difficiles à cerner, elle-même ayant du mal à mettre la main dessus et à en saisir leur réel sens.

Fuyu ne voulait pas de protection. Elle ne voulait pas qu’on la couve, qu’on la chouchoute. Elle désirait simplement que quelqu’un soit prêt d’elle, prêt à lui tendre sa main, prêt à l’aider en cas de souci. Au lycée, elle ne faisait confiance qu’à un garçon de terminale. Elle avait toujours été attirée par les plus âgés. Mais elle ne l’aimait pas. Bon, peut-être s’autorisait-elle de jouer avec lui « excessivement ». Mais pouvait-on le lui reprocher ? Le genre de caprices qu’elle ne pouvait néanmoins pas se permettre avec Finn. Elle n’en ressentait pas le besoin. Il lui paraissait si inaccessible. Cela ne rendait-il pas, habituellement, la situation plus amusante ? Si cette incessibilité avait caractérisé quelqu’un d’autre, n’aurait-elle pas tout tenté pour l’avoir quelques heures ? Son esprit que trop pervertis relevait les défis. Quant à son corps, il réagissait parfaitement. Mais Finn était trop insaisissable. Et Fuyu ne ressentait pas l’envie de courir derrière telle personne. Parce qu’elle avait beau l’aimer, l’adorer, ça restait enfantin, sans arrière-pensée. Un amour fraternel, peut-être. Un amour simple. Oui, plutôt ça. Un amour simple. Sans complications. Mais est-ce que cet amour enfantin, simple, sans remous est réciproque ? Elle n’en savait rien. Il lui semblait que Finn était loin. Si loin d’elle. Si hors de portée. Si... Interdit.


Dernière édition par Fuyu Akeno le 23rd Août 2012, 10:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   16th Août 2012, 10:15

Avec un peu de chance, il aura retrouvé son chemin avant le lendemain.
Ok avec beaucoup de chance, trois Dieux qui veillent sur lui, et le Destin qui le prend par la main. Beaucoup de grands gens pour un si petit monsieur. Et surtout, beaucoup de gens bien trop occupés pour s'en soucier. Désolé Finny, c'est mort pour toi.
Au moins t'es pas tout seul.

D'ailleurs, il n'a strictement aucune idée de l'endroit où il pourrait bien emmener la plus jeune. Et lui demander si elle veut qu'il la raccompagne jusqu'à chez elle lui semble aussi ridicule que mal avisé. Elle ne serait pas venue ici si elle avait la moindre intention de rentrer à la maison et allons... Ce n'est pas à lui de l'y ramener. C'est juste que maintenant qu'il lui a posé la patte dessus, il refuse - et la conscience peut faire faire beaucoup de choses à ceux qui lui prêtent un minimum d'attention - de la laisser toute seule dans ce trou à rat.
Littéralement parlant, car il est à peu près sûr d'en avoir vu un courir là devant. Dégoûtant.
Les pulsions protectrices... Oh, il n'avouera pas en avoir une là maintenant. Voyons, quelle idée. Fuyu n'a pas à le savoir. Fuyu n'a qu'à continuer à penser qu'il n'en fait qu'à sa tête, ce qui au fond est le cas. Il y a juste un motif de plus. Parce que le jour où Fuyu apprendra qu'en fait, il se préoccupe quand même un peu d'elle n'est pas encore arrivé. N'arrivera peut être jamais. Qui s'en soucie ? Peut-être Fuyu qui sait ? Mais l'homme est trop borné pour le lui demander.

La jeune fille s'arrête rapidement, il aurait été plus qu'étonnant qu'elle se laisse faire de toute manière. Finn est partagé entre l'envie de sourire en pensant qu'il s'y attendait et celle de paraître agacé, se décidant rapidement pour le second en voyant un sourire qui ne lui dit rien qui vaille se propager sur le visage de l'adolescente.

– Moi, j’aime cet endroit. Mais j’ai peur d’y rester seule. Alors Finn, en adulte responsable, tu vas rester avec moi et veiller à ce que rien ne m’arrive. Tu sais, les gamins sont capricieux et désobéissants.

*Je vois ça.*

Il s'apprête à répliquer quelque chose, mais est immédiatement réduit au silence par un doigt sur sa bouche que, s'il ne savait pas mieux se contenir que ça, il aurait mordu. Réflexe. Stupide réflexe, certes.
Du coup il se contente de jeter un regard appuyé à la plus jeune. Réellement, elle aime ce coin ? Eh bien Finn est persuadé que, dans cette belle et grande capitale, il y a plein d'autres places qu'elle aime et où ils pourraient aller. Plein d'endroits qui ne soient pas sombres, renfermés, humides, et infestés de l'Abysse seule sait quoi de noir, grouillant, plus ou moins poilu et à géométrie variable. Rien que d'y penser...
Tout bien réfléchi, mieux vaut ne pas y penser.
Quand la plus jeune enlève finalement son doigt, toute répartie qui ait pu apparaître un instant plus tôt dans le cerveau du contractant a pris sa liberté et s'est envolée. Métaphoriquement parlant bien sûr. Du coup il croise les bras et baisse la tête pour observer le sol - comme si il allait magiquement lui envoyer une bonne idée à la figure - tout en marmonnant dans sa barbe - innexistante bien sûr - un:

- Les gosses pas sages, c'est au lit et sans dessert.

Dans le même temps il décide qu'il n'aura jamais de gosses. Voilà. Ça tombe bien, il n'avait pas encore pris de nouvelle résolution cette année.
Ses yeux se lèvent pour observer Fuyu un instant de plus. Puis finalement, avec un air assez résigné, il plonge la main dans sa poche droite, en tire un bonbon à la fraise - chose qu'il garde toujours sur lui parce que, bon sang, il possède la seule chain au monde à avoir besoin d'un bonbon à la fraise - mou s'il vous plaît, en plus - pour se remettre sur les rails après avoir trop utilisé ses pouvoirs. Et ce n'est même pas une blague - et le fourre dans une des mains de la plus jeune qu'il attrape de derrière son dos. Aucune violence, mais il est évident que de la jeune fille ou de l'homme adulte, ce dernier a plus de force.

- Tiens, prends ça et sois gentille. Les gamins sont plus conciliants quand on leur donne des bonbons.

C'est peut être pousser le jeu un peu loin ? Oh qu'importe, elle est la première à y être entrée, et à l'avoir porté haut et fort en guise de défense.
Il faut assumer jusqu'au bout maintenant.
Dans le même temps il attrape la seconde main de la jeune fille qu'il recommence à tirer à sa suite.

- Sérieusement, je n'ai rien pour nous défendre si un truc plus gros que nous décide qu'on a l'air appétissants.

Oh Finny, serait-ce de l'inquiétude que tu n'as pas tout à fait dissimulée dans ta voix ? Et puis ce n'est pas vrai, il pourrait toujours faire venir sa chain, mais Fuyu n'a certainement pas besoin de savoir qu'il est un contractant. Ou même qu'il sait se battre, pour commencer. Non, quand ils se croisent, peu importe les passes temps de l'un et de l'autre, ils sont juste Fuyu et Finn. Une ado un peu étrange et un adulte qui l'est tout autant d'une autre manière. Rien de plus, rien de moins.
Il n'empêche que le contractant réalise dans la seconde qu'il vient de glisser, et même si ce n'est que peu - qui ne serait pas légèrement inquiet dans ce genre de rue et non armé ? - il se réprimande quand même mentalement et se dépêche d'enchaîner:

- En plus ils aiment manger les petites filles qui devraient déjà être au lit.

Encore un coup bas. Sur la taille cette fois, c'est moche Finn, très moche.
Il glisse un regard en coin à la jeune qu'il entraîne hors de la ruelle. Ce n'est que lorsqu'il a mis plusieurs mètres entre l'étroite allée et eux qu'il consent à appliquer une prise moins forte sur la main de la plus jeune, de sorte qu'elle puisse retirer sa main en tirant assez fort. La petite impasse est juste derrière eux, et la rue dans laquelle elle débouche n'est pas tellement plus rassurante, juste un peu plus large.
Tout au fond, le Baskerville se demande pourquoi il s'embête autant pour une adolescente qui aime bien le faire tourner en bourrique. Lui qui démarre rapidement au quart de tour - Naaru peut témoigner - si on fleurte un peu trop avec ses nerfs. Oh oui il apprécie le renvoie incessant de piques, sinon il ne s'évertuerait pas à en glisser pratiquement une par réplique. Mais tout de même, la plus jeune pourrait, selon lui, avoir un peu de considération et ne pas lui imposer d'en plus être sur ses gardes au cas où un gros machin plein de dents viendrait à leur fondre dessus. C'est que la nuit avance pendant qu'ils font mumuse là dedans.
Comme pour confirmer cette dernière affirmation, un vacarme d'objets percutant le sol se fait entendre dans ce qui doit probablement se trouver à plusieurs rues de là, mais audible car avant cela le coin était plutôt silencieux. Peu importe ce qui a produit ce bruit, Finn souhaite juste ne pas croiser sa route.

[Hrp= J'ai honte de ce post ._. + hum j'espère que ça ne t'embête pas trop que je force Fuyu à bouger de son mur une nouvelle fois je suis tellement pleine d'imagination... J'les ai pas trop fait avancer exprès pour que tu puisses manoeuvrer comme tu veux ^^'. Oh et si tu te demandes, il n'y a pas de raison qu'ils croisent le truc de la fin, je trouvais juste ces fichues rues trop calmes xD.]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   16th Août 2012, 14:04

Elle avait peur. Peur de croiser un inconnu mal intentionné. Peur de tomber sur quelque chose dont elle ne connaissait même pas l’existence. Peur de ce noir oppressant et agressif qui l’entourait. Peur du calme qui régnait sur une telle ruelle, n’augurant rien de bon. Peur que Finn s’énerve finalement face aux réparties presque blessantes qu’elle lui rétorquait sans trop réfléchir. Elle jouait sur ses émotions et c’était mal. Mais au moins, elle le savait près d’elle. Alors cette peur s’émoussait progressivement, lentement. Fuyu ressentait de plus en plus le besoin d’être dans ses bras, mais ne pouvait se le permettre. Mettre se fierté à l’index était juste hors de question. Et puis, elle n’en serait que plus perdue. Quel était ce sentiment qu’elle éprouvait à l’égard de Finn ? Pourquoi ne parvenait-elle pas à l’identifier ? Ce n’était pas du désir charnel, ni de l’amour, ni même de l’amitié intensifiée. Pourtant, son cœur ne retrouva plus sa cadence habituelle à partir du moment où son doigt effleura ses lèvres. Ses tremblements n’étaient pas perceptibles, pourtant ses membres s’agitaient dans l’ombre, preuve de sa perplexité. Et ce regard qu’il lui lançait. Cet agacement qui brisa toutes les défenses de la jeune fille pour l’atteindre là où ça faisait mal. Pour la première fois de la soirée, elle détourna les yeux, n’osant affronter les reproches de l’adulte. Elle voulait qu’il parte. Tout de suite. Qu’il s’en aille. Qu’il la laisse seule. Qu’il la laisse remettre de l’ordre dans ses pensées. Qu’il la laisse reconnaître ce qu’elle ressentait pour lui. Elle voulait autre chose, mais savait que c’était stupide. Car elle espérait que deux évènements se produisent tout en sachant parfaitement que si l’un d’entre eux avait lieu, l’autre était à exclure. Effectivement, elle voulait aussi qu’il reste près d’elle. Qu’il s’inquiète pour elle. Qu’il soit attentionné. Elle s’en voulue intérieurement de tant exiger de lui et baissa inconsciemment la tête, gênée. Pourquoi ne pouvait-elle dont pas se contenter d’agir comme toute adolescente normale l’aurait fait ? Suivre le jeune homme, le remercier peut-être et rentrer chez elle. Vraiment, elle n’avait rien de raisonnable. Et cette partie d’elle-même qu’elle ne découvrait pourtant pas pour la première fois la terrifiait autant qu’elle la fascinait.

Revenons-en aux yeux de Finn. À ces yeux qu’il posait sur elle et qui la faisaient frémir. Elle avait l’impression qu’elle était sous leur emprise, incapable de s’en dégager. Elle était sur le point de lui tonner de déguerpir. Mais telle une cloche tintant dans sa tête, sa maturité lui intima de ne pas déverser sa colère due à son incompréhension sur Finn. Il ne voulait que l’aider. Et se comporter ainsi était puéril. Pire, elle n’oserait plus jamais lui reparler, même si, pas je ne sais quel miracle, elle en viendrait à lui présenter ses excuse. Elle voulait aussi identifier ce sentiment qui la rongeait, comprendre ce qui la poussait à être si arrogante ce soir. Elle avait l’habitude de l’être à ce point-là, mais jamais avec lui. D’habitude, c’était ses désirs qui lui dictaient quoi faire. Effectivement, elle provoquait pour voir combien de temps tiendrait sa victime. Et plus le supplice durait, plus l’extase récoltée à la fin la nourrissait, la grisait. Bien sûr, beaucoup entendront plaisir physique, voire même sexuel. Il n’en était rien. Elle n’était pas assez stupide pour omettre qu’elle était encore trop jeune. Peut-être parfois s’adonnait-elle à ce genre d’activités, mais combien même c’était le cas, elle n’en abusait pas. Disons simplement que discuter avec la bonne personne la satisfaisait. Mais les candidats pouvant prétendre au titre de « la bonne personne » se raréfiaient. Finn tenait le coup, bien qu’il commence à s’impatienter. Et, toujours aussi perdue, Fuyu ne savait si elle devait s’en satisfaire ou en être déçue.

Des doigts se posèrent sur son poignet et un froissement se fit entendre au même moment où elle sentait un objet se lover au creux de sa main. Nouveau frisson. Nouvelle interrogation Pourquoi le contact de sa peau l’électrisait ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ? Pourquoi se posait-elle tant de questions ? Toutes ces questions restèrent sans réponses alors que ses yeux parcouraient le bonbon dans sa main. Finn parla, mais elle l’écouta à peine. Un bonbon ? Vraiment, il exagérait. La traiter de gamine était une chose, la considérait comme telle et agir en conséquences en était une autre. Chose qui ne manqua pas d’agacer Fuyu qui ferma les yeux pour s’empêcher de répliquer. Plus tôt, il avait marmonné quelque chose. Seule une partie de la phrase parvint à ses oreilles et elle devina sans efforts son début mesquin. Encore une erreur comme ça, et elle ne tiendrait plus sa langue. Les chaînes qui la retenaient n’étaient que le respect et, pour ne rien vous cacher, elles commençaient à céder sous la chaleur cuisante de la détermination de Fuyu.

Son coup avait-il pour but de lui faire regretter son petit jeu de comédienne ? Pensait-il qu’elle allait protester, affirmant ne point être une gamine, et ainsi lui donner l’opportunité de retourner ses premières répliques contre elle-même ? Elle était à ça de céder, mais se retint. Et tant mieux. La partie n’était finie. À vrai dire, ce n’était que le début. Elle voulait que Finn s’implique et il l’avait fait. Parfait. Elle n’avait plus à se retenir, elle non plus. Elle allait jouer franc jeu. Mais pas encore. Attendons le moment venu.

Avant de pouvoir se poser plus de questions sur ce fameux moment venu, il lui agrippa l’autre main. Le frisson d’il y a quelques instants ne l’avait pas quitté et il ne fit que s’intensifier. Elle étouffa un rire amer. Elle faisait pitié à voir. Mais elle fronça les sourcils quand elle se rendit compte de la poigne plus forte, sans pour autant en atteindre l’agressivité, du jeune homme. Il prononça quelques paroles et Fuyu ne discerna que trop bien de l’inquiétude. Elle s’en voulu presque instantanément et n’essaya même pas de résister – de toute façon, ça aurait était inutile. Bien sûr. Pour qui l’avait-elle prit ? Il serait incapable d’assurer leur sûreté. Car il ne saurait s’il fallait se contrer sur l’assaillant ou sur sa protégée. Elle ne réalisa que trop tard sa bêtise. Mais toujours aussi fière, ne se prononça pas là-dessus. Bien que le fait qu’elle se laissa faire en disait long. Autre réplique de la part de Finn. C’était petit, mais tentant. Il lui avait fournit une occasion en or de se venger. Mais pas encore.

Elle se tut et continua à avancer, sans ralentir, suivant comme elle le pouvait les foulées du brun. Il desserra la poigne qu’il exerçait sur elle, la laissant se dégager si elle le voulait. Mais étrangement, elle ne se libéra pas, s’arrêtant pourtant, de façon à ce qu’il comprenne qu’elle n’allait pas aller plus loin, mais qu’en même temps, elle ne lui opposait aucune résistance. Il ne suffisait que d’un nouveau mot de sa part pour qu’elle lui cède. Le bonbon qu’il lui avait offert quelques minutes plus tôt se trouvait dans la poche de son pantalon, bien au chaud. Elle leva les yeux vers lui. Un geste maladroit, car elle venait de se trahir, elle-aussi, perdant la longueur d’avance qu’elle avait eu en découvrant de l’inquiétude dans la voix de Finn. Effectivement, son regard exprimait une certaine crainte, mais aussi un sentiment plus confus, presque désolé. Elle se rattrapa et son regard se durcit, s’assombrit.
– Au lit, dis-tu ? Le sommeil ne me vient pas quand je ne suis pas accompagnée.

Elle ne parla pas rapidement, mais sa voix se fit tranchante. À la place de son interlocuteur, elle serait devenue folle face à une telle audace. Arrogance, plutôt. Et pourquoi son regard, qui avait exprimé un mélange de sentiments et de ressentiments plus ou moins compatissants et doux, ne concordait-il pas avec ses dires ? Encore une fois, le mot fierté s’imposa. Et puis, c’est vrai, c’était une gamine. Une gamine orpheline, qui plus est. Mais là n’était pas son sous-entendu. Non, il fallait être plus tordu et plus saugrenu que cela. Et vu l’âge du jeune adulte, Fuyu ne douta pas qu’il comprendrait son allusion particulièrement déplacée.

Un fracas se fit entendre plus loin et, inconsciemment, elle serra la main de Finn dans la sienne. Détail qui n’avait pas dû passer inaperçu. Voilà. Comme ça, c’était clair : elle était complètement terrifiée et elle n’était plus la seule à être au courant. Mollement, elle lâcha sa main en bredouillant un « désolée » avant de reculer d’un pas, son regard rivé vers le sol. Le changement d’expression sur son visage était fulgurant. Elle ne se savait pas si lunatique. Elle fit passer sa langue sur ses lèvres avant de prendre une grande inspiration en relavant la tête vers le jeune homme. Elle croisa son regard et le soutint, s’y perdant presque. Ça lui brûlait la gorge, la langue. Mais les mots restaient coincés dans son esprit. Elle voulait lui demander ce qu’il représentait pour elle. Mais elle savait que c’était stupide, parce qu’elle était sûrement la seule à posséder une telle réponse. Imaginait-il seulement le remue-ménage qui opérait en elle ? Probablement pas.

Sa main droite se fourra dans sa poche et en sortit le bonbon à la fraise. Ce dernier détail fut compris par l’adolescente grâce à l’odeur, une fois le papier froissé et enfoui dans cette dite poche. Un bonbon à la fraise. Un bonbon à la fraise mou. Elle croqua dedans et tendit l’autre moitié à Finn, haussant les épaules. De toute façon, elle n’était pas comme les autres gamines. Les bonbons, ce n’était pas trop son truc. Si le jeune homme refusait ce qu’elle lui tendait, elle s’en débarrasserait. Aussi simple que cela. Malgré sa répartie qui n’était pas réellement au même degré que les autres, mais qui n’en demeurait pas moi cruelle, Fuyu savait qu’elle avait eu tort. Elle fit un pas devant elle, retrouvant la distance qui les séparait il y a quelques instants, puis un autre, amoindrissant cette même distance. Elle afficha un sourire en coin, soit sarcastique, soit sincère. Peut-être un peu des deux. Elle laissa traîner sa main gauche sur le visage de Finn et ferma les yeux, comme pour mieux ancrer cet instant en elle. Étudiant chacun de ses traits avec soin, Fuyu était partagée entre une mélancolique sans raison apparente et une envie de profiter de ce moment sans abuser de la gentillesse de Finn. Elle retira ses doigts un à un et revint en arrière, juste assez raisonnablement. Son comportement était incompressible ; elle en était consciente.

Elle continuerait d’agir ainsi, alternant entre méchanceté gratuite mais enfantine et allusions insolites et mal placées, jusqu’à ce qu’elle comprenne ce qu’elle ressentait exactement pour Finn. Il fallait qu’elle en ait le cœur net. Elle devait impérativement comprendre pourquoi est-ce qu’une chaleur rassurante et réconfortante émanait de lui. Ça avait toujours était ainsi, mais elle avait refoulé ces idées, se persuadant que tout cela n’était que le fruit de son imagination. Mais dans une ruelle aussi sombre et inquiétante que celle-là, elle ne pouvait que se confronter à la terrible réalité : Finn comptait à ses yeux d’une façon singulière. Et elle attendait de lui des réactions se contredisant elles-mêmes, totalement paradoxales. Elle n’arrivait pas à se souvenir s’il avait, par le passé, été là pour elle. Ou plutôt, ne voulait pas s’en souvenir, car au fond, ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que cela. Mais une chose était certaine, maintenant, il l’était. Et la moindre des choses était qu’elle se montre reconnaissante. Car, cette reconnaissance dont on parle ici, n’était-elle pas la mémoire du cœur ? C’est du moins ce qu’on disait. Et bien que Fuyu n’aimait pas se fier à ce « on », il fallait bien admettre qu’il avait raison. Elle ne savait pas si d’ici quelques minutes, son attitude allait changer, mais pour le moment, un halo de lumière éclaircit la partie réponses de son esprit. Pourquoi lui être reconnaissant ? Car elle n’avait pas de peine à admettre ses torts. Du moins, elle n’avait pas de peine à les admettre silencieusement.
[HRP : Alors là ! J'ai adoré, au contraire. Ça m'a permis d'adoucir le jeu bien que je ne l'avais pas prévu. L'inspiration m'a prise de court. o/]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   17th Août 2012, 12:26

Le contractant est agacé. Il le sait. Lui n'a que rarement du mal à mettre un nom sur ce qu'il ressent, car les émotions lui viennent spontanément. Et quand bien même viennent-elles en groupe - les fripouilles - il finit toujours par en ressortir une plus que les autres.
Actuellement, c'est très clairement de l'agacement. Envers lui-même, cela dit. Il a très bien conscience qu'il ne dit pas toute la vérité à Fuyu, il a très bien conscience qu'il se ment à lui même quand il se dit qu'il l'emmène avec lui pour avoir bonne conscience loin de cette ruelle - tuant par la même occasion le but de se mentir à soi même.
Voilà une autre des raisons pour laquelle il refuse quand les relations s'approffondissent. Il s'énerve tout seul dans son coin jusqu'à ce qu'il se décide à accepter les faits. Non pas qu'il les rejette actuellement. Ils sont simplement là, il les regarde, et il ne sait qu'en faire. La plus jeune ne l'aide pas non plus, à osciller d'un comportement à l'autre comme une girouette prise dans le vent. Difficile de garder un comportement fixe face à cela.
D'un autre côté, c'est aussi une des raisons pour lesquelle il l'aime bien. Il a encore à s'ennuyer en sa présence. Et il ne pense d'ailleurs pas près d'arriver ce jour, où Fuyu l'ennuiera. Elle ne sait que trop bien manier les mots pour appuyer là où il faut. Qu'est-ce que ce sera en grandissant...

Il n'empêche qu'actuellement, Finny rumine son glissement de plus tôt et, évidemment, Fuyu s'arrête et se plante sur place, l'obligeant à se tourner pour lui faire face.
Au prochain coup, il la porte. Et qu'on pense ce qu'on veut de lui, il l'assomme et il la porte. Quitte à la rentrer chez lui sous le nez de Nana - qui ne laissera pas passer l'occasion, évidemment - et à ensuite devoir faire face à une crise majeure le lendemain. Non pas que Fuyu parraisse être du genre à faire des crises mais hey, toute personne assommée et ensuite amenée contre son gré en territoire inconnu est en droit de vider son sac à son réveil, et préférablement sur le kidnappeur. Pour le moment cependant, Finn n'est pas un kidnappeur, et la plus jeune est saine et sauve. Saine, sauve, mais jusqu'à quand si ils restent là ?
Il observe comment son regard qui semble un instant perdu se durcit, annonciateur d'une nouvelle espièglerie de sa part. Bien entendu, cela ne loupe pas.

– Au lit, dis-tu ? Le sommeil ne me vient pas quand je ne suis pas accompagnée.

Il est à ça de lui demander si elle veut un ours en peluche pour lui tenir compagnie. Bien qu'il ait parfaitement compris le sens de la phrase, parce qu'il est peut être stupide mais pas aveugle, et il a bien vu à quoi joue la jeune fille depuis tout à l'heure. Encore que si elle dort uniquement quand elle a de la compagnie...
Mais quelque chose dans son regard l'empêche de sortir sa répartie. L'adolescente n'a plus l'air aussi à l'aise que tantôt, si son langage corporel est une quelconque indication. Un peu plus... Agitée, peut être. C'est vrai que la pénombre n'aide pas à déchiffrer. Le plus âgé fronce les sourcils et s'apprête à répliquer, mais est stoppé net par un fracas soudain.
Pratiquement au même moment, la pression sur sa main se fait plus forte, comme en réponse.
Elle a beau avoir un self-contrôle impressionant, et une sacré capacité à afficher l'émotion qu'elle souhaite au moment où elle le souhaite sur son visage, Fuyu n'est pas à l'abri d'un réflexe surprise lié à la peur. Il le sait, et elle le sait tout aussi bien. Ce glissement là est bien plus gros que celui commis par le contractant, et démentit tout ce qu'elle a bien pu inventer sur "aimer cet endroit" et ne pas en avoir peur.

Preuve en est le "désolée" qui suit sa retraite. L'homme quant à lui se passe une main sur le visage en relâchant un soupir qu'il n'avait pas eu conscience de retenir jusque là. Le silence est presque accablant après le soudain vacarme, et il espère secrétement que le responsable du bruit ne viendra pas faire un tour par là. Ce serait... Infortuné. La dernière chose dont ils aient besoin est d'une chain affammée. Peut-être que la plus jeune va enfin en prendre conscience ? Ce serait une bonne chose.

Le regard de Finn croise celui de Fuyu qu'il soutient sans rien dire. Mais le contractant n'est pas connu pour être capable de retenir sa langue bien longtemps. Il est même célèbre pour le contraire. Aussi il dit doucement, comme si au fond il avait peur de faire une énorme gaffe, comme si la plus jeune risquait de prendre offense à ses mots:

- ... Tu as le droit d'avoir peur quand je suis là.

Peut être qu'elle aurait l'impression qu'il la traîte encore comme une enfant. Peut être que c'est le cas. Pourtant, il la traite dans cet instant moins comme une gamine et plus comme la jeune fille de quinze ans un peu perdue qu'elle est. Plus vraiment une enfant. Pas tout à fait une adulte. Qui a encore peur du noir, mais qui veut y faire face par fierté. Cependant il s'attend aussi à ce qu'elle réagisse peut être mal. Il s'en voudrait. Il n'a pas réfléchi avant de parler, comme souvent. Même si il pense réellement ce qu'il a dit. Et si cela trahit ce qu'il pense au fond ? Pour le moment il s'en fiche. Il pourra toujours nier plus tard.

Fuyu finit par sortir le bonbon donné plus tôt. Etrangement, elle n'en prend qu'une moitié, tandis qu'elle tend l'autre à l'homme. Celui-ci l'accepte avec un haussement d'épaule, sans chercher une quelconque signification cachée derrière ce geste, où il n'y en a probablement pas. Et puis Fuyu lâche sa main - qu'il n'avait à ce stade même plus conscience de tenir encore - et s'éloigne.
Etrange comment, malgré le fait qu'elle soit plus jeune que lui, qu'il la considère - en surface du moins - comme une enfant qu'il a croisé plus d'une fois, et avec qui il aime bien renvoyer la balle de l'un à l'autre; comment malgré tout cela son avis et qu'elle ressent influent le plus âge. Si elle décidait soudainement de lui exploser entre les mains au milieu de la rue et de lui hurler dessus avant de s'en aller Dieu sait où, il s'en mordrait les doigts.
Bien entendu, de là à lui dire "je t'aime bien", il y a un pas - un gouffre - qu'il ne franchira pas de sitôt. Des sous entendus, des piques pour amener l'autre à sortir de sa coquille, des mains tendues, tout cela oui. Exprimer à voix haute le fond du fond, non. Trouillard.
Finn Baskerville n'est qu'un vilain peureux quand il s'agit des relations humaines. Voilà tout. En témoigne sa relation avec sa Chain, qu'il va tantôt malmener, tantôt aider, et leur relation tumultueuse donne souvent lieu à des disputes qui passent aussi vite qu'elles arrivent. Quel meilleur moyen pour montrer aux gens qu'on aime qu'on les aime que de justement leur faire croire le contraire en leur titillant les nerfs sans arrêt ? Juste pour se prouver qu'eux aussi doivent tenir à lui quelque part, puisqu'ils réagissent.
Complètement tordu ce pauvre enfant. Pourtant, il a été élevé normalement. Peut être le séjour dans l'Abysse... Ou juste le fait d'être un Baskerville, comme cette famille ne semble abriter que des cas sociaux.

Le silence environnant est opressant. Il est presque bruyant tellement il est pesant. Ou peut être est-ce une impression qu'a le contractant, sur ses gardes depuis le boucan entendu plus tôt. Il était déjà sur ses gardes, près à attraper Fuyu et à sortir du chemin en vitesse. Maintenant il est prêt à bondir toutes griffes dehors sur peu importe ce qui pourrait surgir de l'ombre. Le moindre bruit obtient son attention complète ou presque. Et comme il n'y a en fait pas de bruit, l'apréhension remplit ses veines. C'est cela qui lui fait même jeter un coup d'oeil autour de lui avant de reporter son regard sur sa jeune compagnie qui semble plongée en grande réflexion.
Et Finn n'aime pas le silence.

- Fuyu - et c'est la première fois qu'il s'adresse à elle par son prénom depuis leur rencontre plus tôt - à quoi tu penses ?

Le jeu reprendra - a déjà repris ? - il n'en fait aucun doute. Après tout cela les amuse tout les deux. Mais des fois au milieu du jeu, il faut faire des concessions, lâcher quelques choses, pour pouvoir repartir. Des fois il faut même refaire complètement sa stratégie. Des fois il faut juste changer de regard sur l'adversaire. Le temps des concessions toutefois risque de bientôt toucher à sa fin.

[Hrp= IH. Pardon. C'est mon instinct maternel qui... Bref. J'ai aucune excuse pour la dernière réplique, mais ça me démangeait TELLEMENT de la placer depuis un bon moment que j'ai craqué xD.]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   18th Août 2012, 05:37

Les mots fusèrent de la bouche du jeune homme, se laissèrent emporter par une légère brise jusqu’aux oreilles de Fuyu et les atteignirent. Inconsciemment, ses yeux se baissèrent pour scruter le sol. Elle avait réellement été stupide sur ce coup là. Le jeu était suspendu, mais ce n’est pas ce qui la dérangea. Elle avait témoigné de sa faiblesse face à Finn et elle s’en voulu. Ce dernier lui parla en usant d’une tendresse qu’elle ne lui connaissait pas ; s’inquiétait-il ? Il avait compris qu’elle avait peur et elle n’en étonna d’ailleurs pas. Comment faire autrement, dans une telle situation ? Habituellement, il lui suffisait de s’en aller quand un son la tracassait ou la faisait sursauter, mais ce soir, elle était étrangement attirée par le danger. Elle ne se demanda pas pourquoi parce qu’elle possédait déjà la réponse. Elle n’avait pas tout à fait menti en prétendant aimer cet endroit. En fait, elle ne voulait juste pas partir. Mais elle avait une excellente raison. Du moins, de son point de vue. Si elle restait là, en présence du brun, ils passeraient du temps ensemble et elle sera plus proche de lui que jamais. D’un coté, tout cela était égoïste. Elle ne désirait que comprendre ce qu’elle ressentait envers lui et elle espérait qu’en étant à ses cotés, elle pourrait y voir plus clair. Mais la véritable raison était toute autre, bien que plus difficile à avouer, même si c’était pour elle-même. Surmontant son orgueil et sa fierté mal placée, elle ferma les yeux et serra les poings. Elle voulait juste le sentir avec elle, apprécier la chaleur qui émanait de lui, se plonger dans ses yeux qui, elle en était certaine, cachaient bien des mystères. Mais plus que tout, elle voulait le savourer. Le savourer d’une façon peu commune. D’une façon qui allait être dévoilée au grand jour si elle réussissait à trouver les bons mots. Ou plutôt, le moment propice.

Elle était toujours partante pour une partie de renvoi mutuel de balle, de lancement de répliques mesquines et peu anodines. Finn, quant à lui, ne manquait jamais à l’appel. Mais parfois, il fallait savoir se caler, se poser. Elle en était consciente. Le jeune homme lui lançait une perche, lui permettant de la saisir. Et plus elle y pensait, plus elle se disait qu’il avait raison. Il fallait impérativement qu’ils fassent une trêve, peu importait sa durée. Elle devait trouver le moyen de lui expliquer ce qui se passait en elle, le moyen de lui signifier qu’il était le premier face auquel elle perdait ses moyens sans en comprendre la raison. Ca lui était déjà arrivé, mais elle avait finalement compris ce qu’elle ressentait à l’égard de cette personne. Car la première fois se passa avec un adolescent qui, avec le temps, s’avéra être celui pour lequel son cœur battait, pour lequel elle se battait. Mais face à Finn, elle ne sentait ni frissonner de plaisir, ni électrocuté par un sentiment pareil, ni même fondre de la même façon. Ce n’était donc point de l’amour qui s’opérait. Alors quoi ? Et surtout, pourquoi avait-elle l’impression de détenir la réponse au plus profond d’elle-même et de le refouler à peine remontait-elle à la surface ?

Elle releva la tête pour croiser une nouvelle fois son regard et, sans mot dire, approcha de lui. Avant qu’il n’ait eu le temps de protester, elle lui saisit les deux poignets et glissa ses mains dans les siennes, entremêlant leurs doigts. Doucement, elle vint appuyer son front sur le torse du jeune homme. Elle ouvrit la bouche, mais aucun mot ne parvint à en sortir. Elle ne savait quoi lui dire. Craignait-elle sa réaction ? Sûrement pas. Il lui prouva, même si c’était d’une façon maladroite, qu’il était là pour elle. Alors ce n’est pas cela qu’elle redoutait. En réalité, elle appréhendait ce qu’elle allait elle-même dire. Elle avait peur de se montrer trop vulnérable face à lui. Elle qui s’était promise de braver les obstacles et de ne jamais se laisser tomber plus bas que la fois précédente ; car il était inévitable de chuter. Il était hors de question qu’elle témoigne de ce qu’elle nommait faiblesse devant lui. Malheureusement, les mots qui s’échappèrent de la fente d’entre ses lèvres ne furent pas de cet avis.
– Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi j’ai peur, Finn.

Prise d’une soudaine gêne face à cette confession qu’elle aurait préféré taire, elle serra les doigts du jeune homme entre les siens assez fortement et ferma les yeux en s’appuyant d’avantage à lui. Qu’espérait-elle ? Qu’il lui explique pourquoi elle avait peur alors que ce n’était pas la première fois qu’elle se trouvait dans ce genre de ruelles ? Après ce qu’elle venait de lui avouer, elle aurait préféré courir loin de lui et s’en éloigner autant que possible. Pourtant, elle n’arrivait pas à se séparer du jeune brun, de plus en plus attirée vers cette sérénité qui se dégageait de lui. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux et ne désirait pas voir son visage ; si elle y lisait un sentiment tel de la moquerie, elle ne s’en remettrait pas. Elle ne savait pas ce qu’avait en tête Finn et au cas où il aurait eu l’intention de lui relever la tête, elle resserra son étreinte sur ses mains. Mais elle n’était pas stupide, elle savait qu’il était plus fort qu’elle et que s’il le voulait réellement, il pourrait se dégager. Mais elle voulait baigner encore dans ce bonheur peut-être illusoire, dans cette utopie qu’elle avait crée de toutes pièces et en si peu de temps.

Une nouvelle fois, il parla, posant cette fois-ci une question à Fuyu. L’expression de cette-dernière ne changea pas, comme si elle ne l’avait pas entendu. Il lui était encore plus difficile de trouver une réponse à cela. Du moins, une réponse qui ne donnerait pas naissances à d’autres réponses. Sans lui lâcher les mains, elle ouvrit les yeux et releva la tête pour pouvoir le voir, bien que l’obscurité environnante ne fut pas de son coté.

À son tour, elle se prononça sur ce qu’elle pensait. Sa voix était quelque peu trémulante, preuve qu’elle était incapable de la maîtriser à sa guise. Mais bizarrement, elle était aussi douce, calme et posée. Elle répondit comme si c’était une évidence. Mais là encore, les mots s’échappèrent sans qu’elle n’ait pu les retenir. Car avec un peu de bon sens, elle se serait abstenue de donner une telle réponse.
– À toi.

Tout d’un coup, elle se sentit libérée d’un poids qui n’était pas négligeable. Plus rien n’existait si ce ‘était Finn et elle. Une vague de quiétude l’envahit et elle comprit partiellement ce qu’elle ressentait à son égard. Du moins, elle réussit à éliminer l’amour auquel elle n’avait cessé de penser, ainsi que le désir qui était trop souillé pour pouvoir être éprouvé à l’égard d’une personne qu’elle considérait autant. Une chose était certaine ; avec lui, elle se sentait bien. Elle avait finalement réussit à le savourer. Cette étreinte bien que pas assez prononcée suffit à faire naître en elle un sentiment nouveau et des plus agréables.

Elle libéra la main droite du jeune homme pour aller poser la sienne sur sa joue. Gardant ses yeux rivés sur lui, elle afficha un sourire. Cette fois-ci, aucune once de sarcasme n’était visible sur son visage. Ce sourire avait pour but d’apaiser les inquiétudes de Finn et aussi de lui expliquer qu’elle allait bien. Était-ce réellement le cas ? Se sentait-elle vraiment bien ? La réponse était oui. Son index parcouru les traits du jeune homme. Il était bien l’une des rares personnes qu’elle ne voulait jamais oublier et dont elle ne désirait jamais s’éloigner. Mais comment le lui expliquer ? Et pourquoi se montrait-il si attention tout d’un coup ? Il avait visé le point faible de Fuyu. L’adolescente n’avait pas l’habitude qu’on lui prête tant d’attention alors il était compréhensible qu’elle soit quelque peu déstabilisée et peut-être aussi un peu gauche dans ses gestes. Un autre mot lui brûlait la langue, mais elle n’en fit pas part à son interlocuteur. Ça pouvait attendre.

Finalement, elle ne put soutenir bien longtemps le regard de Finn et elle s’étonna de revenir coller son front au torse du brun. Sa main gauche tomba le long de son corps. Mais elle ne trouva néanmoins pas le courage nécessaire de lui lâcher la main droite. C’est comme si elle tenait là son bien le plus précieux. C’était incompressible pour elle, mais à vrai dire, elle n’essaya même plus de comprendre. Elle se contenta de serrer un peu plus sur la main emprisonnée de Finn sans pour autant aller croiser son regard.

Et c’est là qu’elle se rendit compte que ce jeune homme avait utilisé son prénom pour la première fois depuis le début de la soirée. Alors comme ça, elle n’était pas la seule à hésiter face à l’attitude qu’elle devait choisir. Tenait-il à elle ? Peut-être que oui. Mais elle n’était pas prête de l’entendre le lui avouer de vive voix. Et de toute façon, ce n’était pas pire. Parce qu’elle non plus, ne lui avouera rien de ce qu’elle ressentait pour lui. Pas encore. De toute façon, encore fallait-il pour cela qu’elle le comprenne elle-même. Elle pensa à lui demander ce à quoi il pensait. Pourtant, elle ne le fit pas. Pourquoi ? Parce que plus que jamais, elle assuma non plus son rôle de gamine mais d’enfant. Elle ne voulait pas jouer à celle qu’elle n’était pas. Il avait décidé de témoigner d’une telle attention envers elle, alors elle ne le décevra sûrement pas en le mettant mal à l’aise. Parce que si elle venait à demander à quelqu’un de plus jeune qu’elle ce qu’il avait, elle n’aimerait pas qu’on lui retourne l’interrogation. Simple question de principes.

Tout ce qu’elle avait à faire maintenant, c’était attendre. Peut-être appréhender la réaction de Finn. Peut-être simplement se préparer à reprendre le jeu, bien que, avouons-le, elle ne le voulait pas. Du moins, pas tout de suite. Ou alors, juste patienter, sans espérer ni rien attendre de particulier. Gardant les yeux ouverts et veillant à ce que sa main reste toujours dans celle de Finn, Fuyu essaya de faire le vide en elle. Tentative vaine, bien sûr. S’il désirait vraiment s’en aller et entraîner la plus jeune avec lui, elle se plierait à ses volontés. Mais secrètement, elle espérait qu’il n’allait pas bouger de là. Elle voulait rester dans cette position encore un moment. Elle souhaitait garder cette distance quasi-nulle entre leurs deux corps, oubliant leur différence d’âge. Juste quelques secondes de plus. Juste le temps de conserver cette image en elle. À jamais. Pour toujours.
[HRP : xD Tu m'as trop fais rire sur ce coup-là. Je ne m'y attendais pas, mais alors là, pas du tout. Mais on s'en fout, j'ai, pour changer, adoré. o/]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   19th Août 2012, 07:43

L'on pourrait se demander pourquoi ces rues sont aussi sombres. Après tout ce soir là, la Lune brille pleinement. La ville est aussi équipée d'un système d'éclairage des rues. Mais ce système est absent dans ces rues là. Et la lumière de l'astre de nuit n'atteint qu'avec peine le sol pavé, parce que ces rues sont entourées de hautes bâtisses qui les enserrent étroitement. On y trouve des établissements probablement fermés toute la journée, et les gens qui y rôdent le soir sont des personnes que quiconque souhaitant garder une vie tranquille se devrait de ne pas avoir dans leurs relations. Il y a des gens un peu sombres, d'autres franchement louches. Il y a ceux qui traînent leur carcasse le jour et échouent ici la nuit, ceux qui se font pratiquement toujours expulser de bars parce qu'ils y finissent comme des paillassons sur le sol pas toujours propre et que, tant qu'à faire, les propriétaires préfèrent voir les paillassons à leur juste place: dehors devant la porte. Ces rues doivent probablement aussi receler de cachettes pour les chains échappées de l'Abysse. En plus, quel meilleur endroit que celui-ci pour leurrer les inconscients dans divers contrats illégaux ? Les bas quartiers où reigne la misère peut-être. Possible. Dans tous les cas, cet endroit est loin, très loin d'être accueillant. Il pourrait même servir d'exemple à son antonyme dans le dictionnaire. On pourrait aussi le trouver aux pages d' "inquiétant", "malsain" ou bien encore "dangereux" par exemple.

Ce n'est pas une place pour une enfant.
Et Fuyu semble s'en rendre enfin compte.
Le contractant quant à lui n'ajoute rien, il l'observe faire en tentant de lire son comportement. Une fois de plus. Forcément, cela ne marche pas mieux qu'à la minute précédente, et il se trouve une nouvelle fois en train de se questionner. Il sait qu'elle a peur, pourquoi refuser de partir alors ? Elle tâtonne à droite, elle tâtonne à gauche, semblant chercher il ne sait quoi. Elle teste tous les terrains, même les glissants, avec des répliques qu'elle ne devrait pas lancer. Répliques qui glissent sur le contractant, parce que combien même leur ton est équivoque, et le comportement de la plus jeune l'est tout autant, il ne parvient pas à la voir autrement que comme une enfant. Et ce depuis le début. Non pas qu'il essaie de la voir autrement, bien sûr. Il ne peut alors qu'observer ses jeux, répliquer comme il sait le faire parce qu'il est incapable de se taire et attendre le prochain changement. Oh il s'amuse beaucoup à user et abuser de leur différence d'âge pour tourner toutes ses tentatives vers le bas. Tout comme Fuyu s'amuse beaucoup à trouver la faille dans chaque réplique, pour l'agrandir et retenter sa chance le coup d'après.
Enfin, c'est habituellement comme cela. Habituellement. Car cette fois, lorsqu'elle s'approche à nouveau de lui, il la sent soudain plus vulnérable que jamais. Il n'y a aucun jeu lorsqu'elle vient contre lui. Au contraire, il a presque l'impression qu'elle essaie de se cacher de quelque chose.

– Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi j’ai peur, Finn.

La pression sur les mains de l'homme qui suit l'informe qu'elle a peut être aussi un peu peur d'elle même. Il est tenté de lui répondre que sa peur a un nom et s'appelle instinct de survie, et qu'elle devrait être contente qu'il ne soit pas trop endommagé - car c'est assez relatif. Un instant, ses pensées s'égarent et se demande si elle n'a peur que du noir ambiant. Si il n'y a pas plus derrière. Peut être. Sûrement, en fait. Elle ne semblait pas si effrayée que cela quand il l'a trouvée, plus tôt dans la soirée.
Son regard sur la plus jeune contre lui se fait plus doux, pendant qu'il sait qu'elle ne peut pas le voir - fierté mal placée. Ce n'est certainement pas ainsi qu'ils seront hors de danger, mais il n'a pas le coeur à la forcer à bouger alors qu'elle vient de laisser tomber une grosse partie de ses défenses. Finny n'est pas un méchant garçon après tout. Enfin, d'après lui. Et quand il n'est pas sujet à une crise tempérammentale comme il en fait aussi souvent que les gens normaux changent de sous-vêtement.
Il est vrai que l'opinion commune sur les Baskerville - quand les gens croient encore en leur existance, bien sûr - ne rejoint pas exactement la définition de gentil. Pourtant, certains, comme Finny, ne font que se battre pour ce en quoi ils croient. Ok il faut admettre qu'il y a de sacrés cas sociaux, que si la science posait la main dessus, elle ne saurait plus quoi faire de ses théories. Néanmois, Finny ne rêve pas de domination de six manièrs différentes toute la semaine jusqu'au dimanche - même les mégalos prennent des pauses - et torturer des gens ne l'amuse pas particulièrement. Il ne vole pas non plus les sucettes des bébés dans leur berceau et ne mange pas de chatons au petit déjeuner.
Ça, c'est dit.
Il possède par contre une sacré fierté mal placée, et se faire prendre sur le fait par Fuyu en train d'être ouvertement attendri par elle ne rentre pas dans les choses acceptées par cette fierté. C'est qu'elle est pointilleuse sur ce qu'elle accepte et n'accepte pas. Alors il continuera à agir en faisant semblant de ne pas s'en rendre compte.

- Si tu l'acceptais, la réponse te sauterait sûrement aux yeux.

Le sage a parlé.
Ou pas.
Le fait est qu'il pense sincèrement que si l'adolescente cessait de se débattre avec elle même, elle s'en sortirait beaucoup mieux. C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité parce qu'il est le premier à nier ce qu'il ressent, mais le fait même de nier ne revient-il pas à reconnaître l'existance de ce qui est nié ? C'est en tout cas vrai pour le Baskerville.
Il continue à parler doucement en relevant les yeux pour scruter la rue:

- C'est normal d'avoir peur du danger tu sais. Tu ne sais pas te battre, non ?

Il aime se penser capable de reconnaître un combattant à vue, mais Finny est un petit utopiste en puissance tout au fond. Ils vont néanmoins réellement s'attirer des ennuis à rester là. Cependant, il n'a toujours pas le coeur à la faire bouger tant qu'elle reste comme cela. Naaru serait là qu'il se moquerait ouvertement de lui. Enfin ce n'est pas comme si cet urluberlu avait besoin d'une quelconque raison pour se payer la tête de son contractant. Comme on dit, qui aime bien châtie bien.En sentant du mouvement contre lui il redescent son regard vers l'adolescente, pour s'apercevoir qu'elle a relevé le sien vers lui. Avec une réponse à la question dont qu'il pensait qu'elle n'en recevrait pas.

– À toi.

Réponse un peu évidente selon Finn. Il n'empêche qu'en regardant au delà de la réponse, il y a aussi le fait que Fuyu l'admette.
Lorsqu'elle lui lâche une main, il en profite pour l'utiliser pour lui offrir une étreinte, en lui rendant son sourire, se soumettant sans broncher à l'examen tactile conduit par la jeune fille. Leur position ne le dérange pas, et il a presque l'impression que Fuyu recherche un peu d'affection. Bien qu'il n'ira pas faire la supposition à voix haute et qu'il préfère la garder pour lui. Cela lui semble tellement étrange d'associer la jeune imprudente et son mur d'insolence à quelque chose d'aussi simple qu'une envie de câlins.
Lorsqu'elle baisse à nouveau la tête, il recommence à observer la rue jusqu'à temps pour voir une ombre bouger. Avant même de réfléchir un réflexe le fait serrer la plus jeune contre lui. Ce même réflexe qui, une poignée de secondes plus tard lui donne envie de se taper la tête contre un mur lorsque le propriétaire du mouvement, un gros chat, sort de l'ombre. L'homme lui jette un regard mauvais que le chat ignore avec toute la supériorité dont sa race peut faire preuve. Fichue bestiole. Et ça miaule, en plus. En plus il ressemble à cet insuportable animal que la voisine de droite adore. Insuportable bestiau qui entre régulièrement par effraction dans l'appartement du contractant.
Ce qui lui fait penser que...

- Tu veux que je te raccompagne chez toi ?

Il percute seulement après l'avoir dite que la question pourrait être prise par la plus jeune comme tordue, ou peut être pire comme si il la considérait à nouveau comme une petite. Selon l'ordre des priorités du contractant. Enfin il veut s'assurer qu'elle rentre en un seul morceau, et il profite de l'accalmie temporaire pour cela. Bien entendu, s'il a mal calculé son coup et que le côté impertinent de Fuyu n'attendait qu'une occasion pour ressortir, il vient de la lui offrir sur un plateau. A ce stade, ce n'est plus une perche mais un pont. Trop tard, ce qui est dit est dit.

[Hrp= J'ai eu un grand débat avec moi même sur la dernière réplique. Ravie que ça t'ait plu ^^]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   20th Août 2012, 12:21

Elle avait beau agir comme une gamine insolente, elle demeurait plus ou moins consciente et n’était pas totalement irresponsable. L’endroit dans lequel elle se trouvait en compagnie de Finn était dangereux et ne correspondait en rien aux critères d’une adolescente normale. Mais notre jeune fille n’était pas normale et maintenant, presque toutes ses connaissances le savaient ; effectivement, elle ne le cachait pas. En même temps, sans vouloir rejeter la faute sur qui que ce soit mise à part elle-même, Fuyu était ce que l’on nommait une pupille de l’état. Enfin presque, vu qu’elle n’était confiée ni à une famille d’accueil ni autre. Pour faire clair, elle vivait seule et n’avait été adoptée pour personne, étant donné qu’elle refusait de se rendre dans un orphelinat. De toute façon, dans une ville telle celle-ci, elle doutait que quelqu’un connaisse assez bien son père pour avoir entendu parler de l’existence de sa fille. Et quand bien même ça aurait été le cas, personne ne la chercha et elle n’eut même pas besoin de se dissimuler. Donc, en digne adolescente de quinze ans qui ne possédait pas de tuteur légal, elle faisait ce que bon lui semblait, quand bon lui semblait. Tout en continuant à avoir des notes acceptables, elle se débrouillait pour satisfaire ses petites envies. Ou alors, voulait-elle simplement oublier ? Oublier son père ? Oublier sa mère ? Oublier ce fameux jour ? Jouait-elle aux grandes pour mieux se terrer dans cette illusion ? Elle ne saurait le dire. Et de toute façon, elle ne voulait même pas penser à cela. Seule une personne savait qu’elle vivait seule et ce n’était pas Finn. En y repensant, elle se demandait bien pourquoi ne le lui avait-elle jamais dit. Peut-être l’occasion ne s’était-elle jamais présentée à elle, tout simplement.
Donc oui, elle admettait que sa place ne se trouvait pas ici. Elle réussit même à faire ouvertement part de sa peur. Peur qui, étrangement, ne s’était manifestée qu’en présence du jeune homme. Bien sûr que non, ce n’était pas le noir que craignait la jeune Akeno, sinon, elle ne se serait jamais aventuré dans de tels quartiers. Bien au contraire, elle aimait l’obscurité. Tandis que d’autres la craignaient, la jeune fille l’adorait. Elle s’y épanouirait presque, si ce n’était déjà le cas. Quoiqu’il en soit, elle était parfaitement consciente qu’elle se mettait délibérément en danger. Mais si ça lui permettait de passer encore quelques instants dans les bras de ce garçon avec lequel elle entretenait une relation qu’elle ne saurait définir, alors elle acceptait de prendre le risque. Et mieux encore, elle le prenait.

Elle avait parlé, mais c’était stupide. Elle savait bien mieux que lui de quoi elle avait si peur. Elle n’avait pas pour habitude se réfugier dans les bras de quelqu’un, pourtant, ce soir, elle l’avait fait. Qu’est ce qui avait bien pu la pousser à faire ça ? Peut-être parce qu’elle discerna de l’inquiétude dans la voix de Finn. Peut-être aussi parce que, justement, elle savait de quoi elle avait peur. Croyez-le ou pas, la réponse était simple, évidente. Elle fut interrompue au moment même où elle allait laisser la réponse à sa question surgir des méandres de son esprit ; où elle allait enfin s’avouer de quoi ou plutôt de qui elle avait peur. La voix de Finn retentit dans sa tête telle un écho, mais pourtant, elle ne réagit pas. Lui aussi, semblait avoir compris. Finalement, elle n’était même plus certaine du fait qu’elle savait mieux que lui la raison de sa peur si soudaine. Mais en même temps, il ne fit que la pousser à cracher le nom de ce qui l’effrayait, de ce qui l’obligeait à ranger sa fierté et à plonger dans ses bras pour échapper à ce qu’elle pensait être près d’elle. Mais la vérité était qu’elle se trompait. Ce n’était pas prés d’elle. C’est elle. Fuyu avait peur de Fuyu, tout bêtement. En fait, elle n’était pas la seule à avoir une part de tort. Finn aussi y était pour quelque chose. Elle se voyait obligée de mesurer ses paroles – croyez-moi, toutes les mesquineries qu’elle lui lançait étaient parfaitement calculées – et de ne surtout pas le blesser. Juste parce qu’elle ne voulait pas le perdre. Parce qu’elle avait tissé un quelque chose qui lui échappait encore avec lui. Parce qu’avec le temps, il avait pris une bien trop grande place dans son cœur. Mais aussi parce qu’il réussissait à la faire sourire et qu’il était bien le seul à y parvenir. Elle qui pensait que plus jamais elle ne pourrait rire à une réplique ou à une blague était bien obligée d’admettre que la roue tourne et que, malgré tout, elle avait trouvé quelqu’un de semblable à… Pourquoi ce mot lui échappait-il encore ? Pourquoi ne réussissait-elle pas à trouver ce « titre » qui appartenait à Finn ? Elle était encore perdue. Pas pour longtemps. Du moins, elle l’espérait. Quoiqu’il en soit, elle était néanmoins persuadée d’une chose ; la réponse à cette question aussi, elle la possédait. Elle ne voulait juste pas se l’avouer. Il n’avait pas tort, elle était vraiment qu’une gamine.

Une nouvelle fois, des lettres assemblées formant des mots atteignirent les oreilles de la demoiselle. Finn venait de lui poser une question à laquelle elle ne s’y attendait pas vraiment. Si elle savait se battre ? Oui. Enfin, non. Elle savait se défendre plutôt. Mais les poings d’une gosse comme elle ne feraient pas de mal à un gaillard se promenant à une heure si tardive dans les ruelles les plus malfamées de Réveil. Et surtout qu’après la petite agression qu’elle subit il y a quelques temps déjà, elle avait vraiment perdue confiance en elle. Je vous l’accorde, elle ne laissait pas paraître cette faiblesse l’habitant, mais pourtant, c’est vraiment ce qu’elle ressentait. Elle releva alors la tête pour observer le brun, une lueur d’hésitation dans son regard.
- Je me défends comme je peux. Cela n’empêche que j’ai peur. Peur de… Moi-même.

Un sourire étira ses lèvres. Un sourire faux. Un sourire forcé. Un sourire qui se voulait rassurant, mais qui ne réussira surement pas à tromper l’homme face à elle. C’est sûrement la raison qui la poussa à recoller son front contre son torse, évitant son regard, ses reproches et qui sait, peut-être même sa pitié. Voilà. Elle venait de lui avouer ce qu’elle aurait préféré garder pour elle. Mais pour une fois, juste une seule, elle voulait tout partager avec quelqu’un. Quelqu’un qu’elle aimait et en qui elle avait pleinement confiance. Elle voulait qu’il sache tout d’elle. Elle voulait tout savoir de lui. Elle voulait pouvoir être libre de l’apprécier. Mais aussi, elle voulait continuer son petit jeu malsain : il ne saura rien de ce qu’elle ressentait en ce moment même. Du moins, à son égard.

Quand elle daigna enfin lui libérer une main, il lui rendit son étreinte. À vrai dire, elle s’en étonna premièrement. Puis, elle se laissa attirer vers lui – plus qu’elle ne l’était déjà – et ferma instinctivement les yeux. Elle avait troqué la place de son front contre son oreille et pouvait ainsi percevoir les battements du cœur de Finn. Par la même occasion, elle sentait sa respiration s’écraser sur le haut de son crâne. Un nouveau frémissement la parcouru, l’agitant imperceptiblement, et allant se logeant au plus profond d’elle-même pour lui offrir un moment de pure plaisir. Se rendait-il seulement compte de l’effet qu’il avait sur elle ? Elle en doutait sérieusement. Mais de toute façon, elle n’en avait que peu faire. Pas besoin qu’il sache qu’elle rougissait dans la pénombre. Mais sa stupéfaction ne fit que croître en sentant que Finn venait de subitement de ka serrer un peu plus contre lui. Pourquoi ? Réflexe ? Une idée lui ayant parcourue l’esprit trop vite pour qu’il s’empêche d’en frémir ? Qui sait. Pourtant, un léger sourire vint errer sur le visage de la jeune fille.

Il parla une fois de plus. Ou plutôt, il lui posa, pour la seconde fois depuis ce petit moment d’attention, une question. Une question qui fit raidir Fuyu. Ne sachant si le fait qu’elle se soit ainsi crispée avait déjà attiré l’attention du jeune homme, elle préféra s’éloigner de lui de quelque pas. Mais elle ne trouva pas la force de lui lâcher la main, alors elle garda leurs doigts entremêlés, son regard baignant dans celui de Finn. Comment lui avouer que personne ne l’attendait chez elle ? Comment concéder du fait qu’elle se sentait plus en sécurité ici que chez elle ? Que ce chez elle renfermait trop de souvenirs pour qu’elle s’y sente à l’aise ? Puis, s’installant lentement dans son esprit, une idée prit forme. Pourquoi ne pas considérer cette proposition comme tordue et reprendre le jeu ? Elle y pensa sérieusement et se surprit à déjà chercher quoi répondre. Mais elle abandonna bien vite. Elle ne jouait que pour gagner. Et elle ne se sentait pas prête de reprendre. Pas si tôt. Elle émit un léger rire amer en secouant négativement la tête, son regard neutre ayant céder la place à un certain dégoût. Contre Finn ? Quelque chose dans son langage corporel infirmerait cette supposition. Elle avait encore une fois serré sa main dans la sienne, mais cette fois-ci, ça ne dura pas que quelque secondes. Elle l’étreignit aussi fortement qu’elle le pouvait tout le long de sa réponse.
– Chez moi ? Personne ne m’y attend. Et je n’ai aucune envie de passer la soirée toute seule.

Sa voix manqua de se briser. Elle ne voulait pas le lui dire. Pas ça. Elle désirait certes tout partager avec lui, mais ce tout n’incluait pas cela. Son regard gagna en tendresse alors qu’elle le détourna. Sa main s’était faite toute molle dans celle de Finn ; il suffisait à ce-dernier de la lâcher pour qu’elle retombe le long du corps de Fuyu.

Peut-être aurait-elle dû reprendre le jeu. Ça lui aurait au moins évité cette confession. Elle espérait seulement que le regard de Finn sur elle ne changerait pas. Et, bien que difficile à le croire, elle voulait qu’il continue de la considérer et de la traiter comme une gamine. Elle qui aurait pensé être vulnérable à ce moment ne l’était pas. Au contraire, elle s’était même ressaisie. Enfin, partiellement. Car il suffirait de quelques mots ou de certains gestes pour la refaire retomber dans cet état second où elle perdait le contrôle d’elle-même. Par ailleurs, elle espérait basculer de cet autre coté. Parce qu’un enfant ne doit pas connaître l’existence de la tristesse, des larmes et de la mort. Justes les sourires, les éclats de rires, le bonheur, la joie, la quiétude et tout ce qui s’en suit. Elle voulait redevenir l’enfant qu’elle fut. Et elle ne pouvait se permettre ce caprice qu’avec Finn. Alors, sans s’en rendre compte, elle voulait qu’il la traite comme une gamine. Ce soir. Juste ce soir.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   21st Août 2012, 12:03

Comment quand et par quel élément déclencheur ils en sont arrivés là, Finn serait bien en peine de le dire. Aucune idée. Qui a fait le premier écart ? Il ne saurait désigner de coupable non plus. Peut-être lui, peut-être elle. Peut-être bien les deux. C'est bien la première fois, en tout cas aussi loin que le contractant se souvienne, que leurs chemins se croisent dans ces circonstance. Probablement, sûrement en fait, que ce fait est aussi l'une des raisons du tournant de la discussion. Ce qu'il en pense ?
Il ne sait pas.
Actuellement, ses pensées sont tournées vers Fuyu pour la plupart, et vers l'obscurité ambiante pour le reste. Actuellement il n'est pas question de lui. Il ne remet pas en cause ce qu'il pense, tout a toujours été clair ou presque sur ses sentiments vis à vis de la jeune fille. Qu'il l'admette ou pas à voix autre est juste une question de fierté et d'obstination. A ses yeux, il n'a jamais été question de voir Fuyu comme autre chose qu'une jeune fille. Une gamine quand elle commence à le chercher et fait exprès de piétiner sa patience. Une enfant un peu étrange dans son comportement. Une amie qui le fait parfois rire sans qu'il s'y attende. Il n'avait jamais vraiment vu ce côté vulnérable. Non pas qu'il la pensait sans peur, ou qu'il ne se doutait pas que l'attitude bravache devait bien dissimuler quelques choses des fois, mais c'est la première fois qu'elle est ouverte à ce propos. Maintenant il est vrai que la voir soudain comme ça a fait remonter à la surface des sentiments qu'il savait plus ou moins là, mais pas aussi forts. Ils étaiens bien cachés, les bougres. Si il devait mettre un nom là dessus ? Oh... Eh bien, force est de reconnaitre qu'il y a là pêle-mêle des envies de protection et une certaine affection. Une affection... Il ne saurait pas trop comment la qualifier exactement. Amicale, mais plus. Comme... Comme... Bonne question, il n'a rien pour comparer. Mais la révélation finira par le frapper de plein fouet, à un moment où à un autre.
Alors voilà, en attendant Finn Baskerville continue de ne pas penser et de juste ressentir. Les questions sont là et attendent leur heure et leur réponse, qui viendront toutes deux et sûrement en même temps.
Pour le moment, Fuyu a plus besoin de réponses. Et de se poser les bonnes questions.

- Je me défends comme je peux. Cela n’empêche que j’ai peur. Peur de… Moi-même.

Oh, dans le mille.
La jeune sourit après cette prise de conscience, mais il est assez improbable que ce sourire soit vrai. Qui sourit après s'être rendu compte que ce qui l'effraie, c'est lui même ? Finn ne pense pas Fuyu dérangée à ce point. Avec une petite hésitation - anxieux à l'idée qu'elle prenne mal tout contact qu'elle n'aurait pas initié - il remonte sa main jusque dans ses cheveux pour les caresser doucement quelques fois, dans ce qu'il espère être un geste réconfortant. C'est qu'il n'en a pas spécialement l'habitude, et a tendance à agir d'instinct. Tout en sachant que sa mère faisait cela quand il était plus jeune et que, sur lui, ça marchait. Après il serait bien le dernier des imbécile de croire dur comme fer que cela fonctionne sur tout le monde mais... Comme dit, il agit sans trop y réfléchir plus que ça. A peine une hésitation. Ce qui, venant de la créature, est peut-être déjà pas mal.
Il veut dire quelque chose, mais pour une fois ne sait pas quoi. Il a cinq ans de plus mais il ne sait pas quel conseil donner. Pour une fois, la réalisation tombe. Leur cinq ans d'écart ne lui octroient pas vraiment plus d'expérience qu'elle dans la vie. A peine. Si peu. Quand bien même il a aussi fait un séjour d'un petit siècle dans l'Abysse. La folie, le sang, les meurtres, le combat, comment rapiècer une cape rouge, peut-être qu'il peut donner des conseils là dedans.
Mais vivre ?
Pas trop non. Comment agir face à la peur d'un enfant ? Aucune idée. Et comment faire si cette peur n'est pas vraiment une peur d'enfant ? Il le sait encore moins. Après tout Fuyu n'a pas peur du noir. Fuyu a des craintes d'adultes, coincées dans un corps encore trop petit et à l'esprit qui a mûrit trop vite. Sauf que, contrairement à un fruit auquel il ne faut que les meilleures conditions pour assurer sa mâturité, celle de Fuyu, elle, ne peut résulter que d'un passé lourd ou d'une situation actuelle pesante. Comme c'est pratiquement toujours le cas chez les humains.
Il sait que sa tentative sera vaine, car ne prodiguant aucun réel support, mais il dit quand même ce qu'il pense :

- Acceptes toi.

La petite humaine entre ses bras a encore bien du chemin a faire. Et la main du contractant retourne doucement à sa place à ses côtés.
A commencer par celui qui la mènera physiquement en sûreté ce soir. Non, Finn n'en démordra pas. Il en a eu l'intention tout du long, depuis qu'il l'a croisée dans ces rues trop sombres pour que ce soit réellement naturel. Avant même que la conversation ne prenne cette tournure. Après tout, c'est bien lui qui les a tirés tous deux cette impasse en premier lieu. Têtu et obstinné comme une mule.
Une fois de plus, Fuyu n'est pas de cet avis. Elle secoue négativement la tête. Finny quant à lui retient un soupir. Pourquoi refuser à ce point de bouger ? Il ne s'attendait pas à la justification donnée, ni à la force avec laquelle sa main est serrée - presque comme un appui pour ne pas tomber - durant cette déclaration :

– Chez moi ? Personne ne m’y attend. Et je n’ai aucune envie de passer la soirée toute seule.

Seule... Le mot fait clic en un instant. Pas de parents. Pas de frères et soeur. Juste personne pour l'attendre. Ou alors quelqu'un de physiquement présent et mentalement absent. A l'arrivée le résultat est le même. Personne. Soudain la dernière phrase prend un autre sens. Et la faiblesse soudaine dans sa voix. Sa tête qui se détourne. La révélation doit lui coûter au moins autant qu'elle est lourde de signification.

Quand il a quitté le manoir Baskerville pour s'installer seul en ville la première fois, ça lui a fait tout drôle. De rentrer dans un endroit vide. Non pas que le manoir soit particulièrement chaleureux, ou même surpeuplé, mais il y avait toujours quelqu'un. Quand bien même c'était un psychopathe fou rentrant de mission - de toute façon, on s'y fait à force de vivre dedans. Il l'avait plutôt bien vécu, d'être seul. Mais il est vrai que lorsque sa chain s'est imposée dans le petit cinq pièces, il a vu la différence. En un sens, il lui en a même été reconnaissant, peu importe le nombre de bagarres déclenchées du fait de leur cohabitation. Ce n'est jamais sérieux, puisque rapidement oublié. Alors oui, au sens strict du terme, il comprend, un peu, que rentrer dans un chez soit qui est toujours vide de vie, ce n'est pas drôle.
Bien entendu, il ne peut même pas - et ne cherchera pas à- commencer à prétendre comprendre ce que Fuyu ressent. Il est question de famille, pas de compagnie. Il est question d'une enfant de quinze ans qui devrait avoir ses deux parents. Ou au moins un. Ou bien un oncle, une tante, un grand frère, une grande soeur, qu'est-ce qu'il en sait ? Tout sauf la solitude.

Il ferme les yeux instant. La liste de ses options s'est drastiquement réduite. Déjà qu'elle n'était pas bien longue avant... Forcer Fuyu n'est pas dedans. La plus jeune a laissé tomber une grosse partie de ses murs, il lui ferait un bien piètre honneur que de marcher dessus. Et une nouvelle fois, le fait qu'elle soit finalement si jeune le frappe. C'est son rôle de la protéger, puisqu'il a réussi, d'une manière ou d'une autre, à gagner sa confiance. Ou du moins une partie de sa confiance. Il ne peut pas la forcer. La déposer chez un ou une amie ? Il aurait l'idiote impression de vouloir à tout prix s'en débarasser alors que ce n'est pas le but. De plus, ce n'est pas dit que l'ami ou l'amie existe et veuille bien. Trop compliqué, et il ne se sent de toute façon pas de parcourir toute la ville en allant d'une maison à l'autre.
Laisser Fuyu là au milieu est aussi à proscrire. Evidemment, sinon il ne chercherait pas une solution délicate. Il reste un autre toit à proposer à la jeune fille pour la nuit. Celui du contractant. En soit, mis à part le fait qu'il soit perdu - évidemment, cela n'a pas changé depuis le début - cela ne lui pose pas de problèmes. Sauf peut être... La présence de la chain dans l'appartement.
Il n'a pas le coeur à se résoudre à mettre son "colocataire" à la porte. Pas quand il est calme comme cela. En plus, Finny est peut être prompt aux réactions radicales, mais pas injuste. Oh que oui il a déjà mis Nana dehors, et plus d'une fois d'ailleurs. Mais à chaque fois, la chain avait fait quelque chose pour le mériter - selon son contractant. Ici, ce n'est pas le cas. Quand bien même il rentrerait pour trouver un appartement sans dessus dessous, une fois de plus. Il y est psychologiquement préparé, de toute façon.
Du moins il peut toujours espérer.
En rouvrant les yeux, il regarde à nouveau la jeune fille en baissant la tête. Elle regarde sur le côté, et il n'ose pas lui faire relever la tête.

- Viens chez moi alors.

Il se rend compte juste après l'avoir prononcée que la phrase sonnait plus comme une affirmation qu'une question. Alors que c'est réellement ce qu'elle est, une question. Une proposition. Ce qu'il tente de rattraper.

- Enfin, si tu le souhaites bien sûr.

Et si il dit non ? Alors il ne sait pas. Il improvisera. Il... Trouvera bien un moyen de la mettre en sûreté ce soir là. Peu importe le moyen utilisé.

[Hrp= J'avoue que j'ai pensé à cette solution il y a plusieurs posts, et j'ai jamais trouvé l'occasion de la placer. Well, voilà. Tu viens de réaliser un de mes fantasmes rpgiques récents /POUTRE/]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   22nd Août 2012, 06:15

Vulnérable. Fragile. Tellement pathétique. C’était la première fois depuis bientôt un an qu’elle s’était montrée si fragile. Et la première fois tout court qu’elle se trouvait dans cet état face à quelqu’un. Et bien sûr, après de telles révélations, elle ne voulait que s’éloigner de Finn. Aller le plus loin possible. Elle avait l’impression qu’elle pouvait perdre l’équilibre à tout moment, basculer dans son monde à elle composé d’obscurité, de froid et de silence. Pourquoi avait-elle seulement croisé son chemin ce soir ? Elle remettait tout en question, y compris elle. En plus d’être totalement perdue dans ses sentiments, elle se voyait pressée par le jeune homme qui ne cessait de vouloir la faire bouger de cette rue. Mais il était justifié, il désirait la protéger, alors elle comprenait. Du moins, elle essayait. Jamais elle n’éprouva un désir si ardent de protection envers une personne plus jeune qu’elle. Il fallait bien avouer qu’aujourd’hui, tant à jouer pleinement son rôle de gamine, autant bien le faire. Elle ne devait pas simplement prendre en compte les conseils du jeune homme ; elle devait lui obéir. Elle n’aimait pas ça, pourtant, le temps de quelques heures, elle se plierait à la volonté de l’adulte. Parce que la présence de quelqu’un de plus âgé dans sa vie avait totalement disparue alors qu’elle en avait encore besoin. Besoin d’autorité, de fermeté. Besoin de limites imposées. Il fallait que celui ou celle lui faisant face sache se faire respecter et, pour ne rien vous cacher, elle espérait que Finn en soit capable. Elle voulait être maîtrisée avant de totalement se détourner du droit chemin.

Il ne savait pas quoi répondre. Elle n’avait pas besoin de croiser son regard pour y lire de l’hésitation ; elle la sentait. Mais là encore, elle comprenait. Comment aurait-elle réagi à sa place ? Vraiment, elle l’ignorait. Elle n’eut pas à attendre longtemps qu’elle sentit une pression dans ses cheveux. Elle ne bougea pas, ne réagit pas non plus. Doucement, Finn fit passer ses doigts dans sa chevelure, d’un geste gauche au début, mais qui se fit plus sûr, plus attentionné, plus serein et plus calme au fil des secondes. Un sourire presque mélancolique étira les lèvres de l’adolescente. Jamais ses parents n’agirent ainsi avec elle. C’était plus le rôle d’une mère ou d’une grande-sœur, mais les deux ne furent jamais présents pour Fuyu. Un frisson la parcouru alors que son regard était encore braqué en bas. Peut-être en haut. Pourquoi pas à gauche ? Peu importe. Elle devait juste éviter Finn, de peur de céder. Jamais elle ne se sentit si fragile, si susceptible de se briser. Elle ne savait plus pour quelle option elle devait opter : couper court à la discussion, s’en aller, crier… Peut-être même pleurer. Encore quelques secondes et elle éclaterait de rire. Quel beau spectacle ! La bêtise humaine, féminine et enfantine sous son plus beau jour.

Le mouvement dans ses cheveux cessa sans qu’elle ne s’en rende compte, bien trop plongée dans ses pensées. Mais la voix du brun la ramena et la confronta à la dure réalité. À ce moment, elle osa le regarder. S’accepter. Pourquoi, une fois encore, avait-il raison ? Pourquoi refusait-elle de, justement, accepter les faits avant que le jeune homme ne les lui dise ? Elle comprit aussi qu’ils pensaient de la même façon, mais qu’il était plus courageux qu’elle, car il osait lui dire ce qu’il pensait sans craindre – du moins, à ce qu’il y paraissait – la réaction de sa vis-à-vis alors qu’elle ne trouvait pas la force de s’affronter. Mais pourquoi disait-il ça ? Pourquoi pensait-elle qu’il n’avait pas tort ? Pour lui donnait-elle raison ? Pourquoi est-ce qu’elle aussi, bien que silencieusement, pensait de la même façon ? Refusait-elle sa nature ? Bien sûr. Sinon, elle n’aurait pas peur d’elle. Mais est-ce qu’il comprenait le réel des propos de la fille ? Éclairons ce fait. Elle avait peur d’elle-même. Elle avait peur de la façon dont elle allait agir face à Finn. Peur de faire une erreur et de le perdre par sa faute. Peur d’être trop incompréhensible pour lui. Peur de paraître trop faible. Peur que son regard sur elle change. Peur de ce qu’elle était. Peur du monstre qui, elle en était persuadée, était tapis dans profondeurs abyssales de son esprit. Elle aurait pu craindre les monstres, oui. Ce n’était encore qu’une gamine, n’est-ce pas ? Oui mais les monstres sous son lit, pas ceux habitant dans son esprit. Elle pouvait avoir peur du noir. Peut-être même de quelqu’un, d’une figure qui lui inspirait la méfiance. Mais pas avoir peur d’elle tout de même ! Il a bien sûr fallu qu’elle ait quinze ans. Pas plus. Le sort prenait-il un malin plaisir à s’acharner sur elle ? Plus elle progressait sur la voie de sa vie, plus elle le pensait.
– Désolée. Je devrai arrêter de faire mon enfant.

Ils avaient beau avoir cinq quand de différence, cela n’aidait pas forcément le jeune homme à éclairer et à conseiller Fuyu. Ce n’était pas comme s’il avait l’habitude de s’occuper des plus jeunes. Il avait beau être un bon ami, un excellent ami même, elle ne voulait pas lui imposer ce rôle. Ce rôle de... Le mot est toujours absent dans la tête de la jeune fille, mais j’espère que vous comprenez à peu près ce que je veux dire. Pour faire plus simple, elle ne désirait pas l'intégrer de force dans une situation qui l’embarrassait plus qu’elle ne lui était agréable.

Bientôt un an. Cela faisait plus de dix mois qu’elle rentrait chez elle sans plus aucune conviction. Qu’elle poussait la porte de sa maison en sentant un frisson désagréable la secouer. Rien n’était plus pareil, tout avait changé. Elle sortait tôt le matin, rentrait tard le soir. Le but était de s’éloigner le plus possible de cette maison qui renfermait tant de souvenirs qu’elle préférait oublier. Mais elle ne pouvait se résoudre à changer d’habitat – déjà qu’elle n’en possédait pas les moyens – car il y avait aussi quelques senteurs, quelques sensations qu’elle ressentait et qui lui étaient trop familières. Trop plaisantes. Mais elle ne s’apitoyait pas sur son sort. Et son objectif n’était pas de se plaindre, ce soir, auprès de Finn. Elle voulait juste qu’il la comprenne, qu’il cesse de vouloir la traîner chez elle alors qu’elle n’en ressentait pas l’envie. Ses idées se contredisaient ; elle voulait qu’il arrête de s’inquiéter pour elle, pourtant, elle venait de lui donner une raison suffisante de le faire. Quelle était la solution, maintenant ? Sérieusement, pourquoi ne partait-il pas ? Elle ouvrit la bouche pour lui dire de s’en aller, ou pour lui dire au revoir – elle déciderait sur le coup – mais il la coupa en prenant lui-même la parole.

Elle releva ses yeux vers lui, cachant mal son étonnement. Avant de commencer à analyser la phrase qu’il prononça, elle en saisi le sens premier. Aller chez lui ? Pas que ça la dérangeait, mais elle ne voulait pas s’imposer. Lui aussi devait avoir sa vie privée, et elle se voyait mal s’incruster comme ça. Elle ne savait pas trop quoi en penser. Et s’il avait des invités ? Et s’il voulait rester seul, contrairement à elle ? Et, plus saugrenue comme idée, s’il désirait juste inviter une femme ? Toutes ces idées lui traversèrent l’esprit à une vitesse folle. D’abord, elle s’étonna. Puis, elle se sentit gênée car elle se considérait comme un poids pour lui. Après, face à cette idée qu’il pourrait inviter une femme chez lui, elle devint jalouse. Mais pourquoi ? Pourquoi était-elle si possessive avec lui ? Elle chassa cette pensée de sa tête, refusant de s’encombrer de d’avantage de questions. Vint après une cloche qui tinta en elle. Ce n’était pas une question. Sa réplique avait sonné comme une affirmation, presque comme un ordre. Face à cela, elle afficha un petit sourire. Il avait beau avoir des allures enfantines quand il se pliait aux jeux malsains de Fuyu, il demeurait un adulte et son esprit autoritaire avait reprit le dessus. Et, comme l’enfant qu’elle était, la jeune fille ne pût que le respecter. Elle ne le dira pas de vive voix, mais c’est ce qu’elle ressentait. Il avait réussi à lui intimer le sens de l’ordre et ne lui accordait pas le choix. Il avait agi de la meilleure manière qui soit. Bien rapidement, il se rattrapa, lui donnant le choix. Le mal était fait. Enfin, non. Peut-être d’après lui. Parce que pour l’Akeno, c’était surtout le bien qui était fait. Il avait réussi. Il avait prouvé qu’il en était capable. Il avait prouvé qu’il serait capable de hausser le ton si elle l’y contraignait.

Prit place dans sa tête un remue-ménage sans pareil. Accepter. Elle y était quasiment contrainte. En même temps, si elle refusait, cela reviendrait à causer plus de soucis à Finn. Vraiment, elle était dans une belle impasse. Elle retira sa main de celle du jeune homme, approcha de lui une nouvelle fois, se hissa sur la pointe des pieds et enroula ses bras autour de son cou. Sans prévenir, elle nicha sa tête dans son cou et calma sa respiration. Ses lèvres n’étaient pas plaquée contre cette peau qui avait le don de perturber son propre corps, alors elle réussit clairement à articuler quelques mots, bien qu’elle n’eut besoin que de les murmurer pour qu’ils atteignent le brun.
– Hum... D’accord. Mais avant cela, il faut que tu me promettes quelque chose, Finn.

Plus la discussion s’allongeait, plus elle devenait sérieuse. Elle ne lui dit pas de quoi il s’agissait, pas avant d’être sûre qu’il voulait savoir de quoi elle parlait. Pas avant d’être persuadée qu’il n’avait pas changée d’avis sur le fait de l’emmener chez lui. Elle voulu s’éloigner. Oui, vraiment, elle voulu le faire. Mais elle en fut incapable. Elle ne réussissait pas à le faire. Elle était attirée par lui ; le métal froid qu’elle abritait était indéniablement attiré par l’aimant qu’était Finn. Ce sentiment qui l’habitait grandissait, l’envahissait, l’oppressait. La proximité entre un corps masculin et le sien lui procurait un plaisir indescriptible, mais avec lui, ce n’était pas la même chose. Elle en était de toute façon déjà arrivée à cette conclusion là : ce n’était pas du désir. Elle avait lâché sa main, alors elle refusait juste de s’éloigner de lui. Maintenant, elle espérait quelque chose du jeune homme. Elle attendait, plutôt, une réaction de sa part. Mais elle refusa ne serait-ce que d’y penser, de peur qu’il réussisse à lire dans ses pensées et qu’il, d’une façon quelconque, triche. Il fallait qu’elle voie de quoi il était capable, en tant qu’adulte. En tant qu’homme. En tant que protecteur temporaire. En tant que… Que ce mot qui échappait encore à Fuyu. En tant que celui qui avait gagné une si grande place dans sa vie. Dans son cœur.
[HRP : J’étais persuadée que tu allais me sortir ça. x) Je fais durer ça encore un ou deux posts. Il faudra déplacer après ou… ? x__x]
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   22nd Août 2012, 20:51

Ce mot... Ce mot, ou peut-être ces mots, sur lequel il n'arrive pas à mettre le neuronne. Ce qui qualifie cet ensemble de sentiments qu'il ressent, il sait qu'il doit bien exister un terme. Terme qu'il aimerait bien trouver. Cela ne deviendra pas une obsession, loin de là. C'est juste un agaçant tiraillement dans un coin de son cerveau, incapable de mettre en ordre tout ce qu'il reçoit depuis le début de la rencontre. Ce n'est pas dans ses habitudes de ne pas être capable de désigner ce qu'il ressent, d'être en mal pour s'exprimer correctement. L'on pourra aussi reconnaître que la situation actuelle n'est pas habituelle non plus. Pour ne pas dire carrément inabituelle. Fuyu d'entre toutes les personnes qu'il connaît... Non, il n'aurait jamais pensé la voir ainsi un jour. En l'espace d'une soirée, il en a plus appris sur elle que depuis leur première rencontre. Le laps de temps est trop court pour lui permettre de vraiment réfléchir dessus. Pour en arriver à quelles conclusions à l'arrivée de toute manière ? Mis à part qu'il mettrait la main sur le mot qui lui échappe, il n'en tirerait rien de concluant. Son comportement ne diffèrerait pas de l'actuel. Il fait et pense ensuite déjà naturellement.

Pourtant, il est hésitant avec la situation actuelle. Il a... Peur, oui peur de mal faire. Peur est le mot. Il ne le montrera certainement pas, et rechigne même à l'avouer pour une fois, mais force est de reconnaître que c'est là. Il ne sait pas ce qu'attend Fuyu - le sait-elle même ? - et il ne sait pas ce qu'il attend lui même. Rien, probablement. Et pourquoi il fait tout cela alors ? Il hausserait les épaules si on lui posait la question et répondrait qu'il en a juste envie. Tout au fond, il ajouterait que c'est parce qu'il tient à la plus jeune, et que la voir dans cet état est ce qui déclenche les réactions. Un peu comme si elle était sa protégée, alors même que ce n'est pas dans ses habitudes d'avori des protégés.
Mais, encore une fois, ce n'est pas comme si il avait plusieurs amis dans le cas exact de Fuyu. D'ailleurs on pourrait affirmer sans trop s'avancer qu'elle est la seule et la première. Comme ça, pas d'élément de comparaison.
Il faut une première fois à tout.

Il peut dire, par la façon dont la plus jeune évite régulièrement et consciencieusement son regard qu'elle doit s'en vouloir. Elle est trop fière pour ne pas s'en vouloir. Et lui la comprend quelque part. Au même âge, il n'aurait pas été content du tout de lui même, s'il avait dû finir comme cela devant un adulte. Surtout un adulte qu'il aurait accoutumé à un tout autre comportement. Mais c'est lui dans le rôle de l'adulte ici. C'est lui qui doit lui faire comprendre que son comportement ne le dérange pas. Ou tout du moins, qu'il parviendra à faire avec. Comme il gère très bien - selon lui - son insolance. Seulement il ne sait pas réellement comment faire passer le message sans être gauche et maladroit, ou bien beaucoup trop franc. Alors il oscille entre les deux, finalement se dit que peut être ne rien dire est mieux, ou bien - assez lâchement peut-être - qu'elle va s'en rendre compte ou qu'elle le sait au fond. La dernière option est peu probable.
Le chemin emprunté est finalement presque aussi obscurs que le sont ces rues.

– Désolée. Je devrai arrêter de faire mon enfant.

Il ne pensait pas l'entendre s'excuser deux fois dans la même soirée. Et il devrait sérieusement songer à arrêter de noter tout ce qui sort de l'ordinaire ce soir. Dans la pénombre, ses lèvres affichent un faible sourire tandis qu'il hausse légèrement les épaules. Elle ne devrait pas s'excuser selon lui. Elle n'a rien fait de mal.

- Pourquoi ? Tu en es une et je t'ai dit que c'était normal. Tu ne t'acceptes pas.

Facile à dire hein Finny. Mais c'est tout ce qu'il peut faire, dire et être présent puisque tout le reste, c'est à la jeune fille de le faire. Dur de grandir. Finalement il est bien content d'en être sorti, et de ne pas se poser de réelles questions sur sa vie. Son but est le même que celui des autres Baskervilles, et c'est tout. Aussi simple que cela. Pas de remise en question, pas d'interrogations, pas de zones d'ombre.
Du moins il le pense.
Il ne sait pas vraiment quoi lui dire pour apaiser ses pensées. Peut-être qu'en réalité, rien n'y fera car il est très délicat de déloger des pensées bien ancrées, un comportement vu et répété. Peut-être que rien de ce qu'il ne dira ce soir ne marchera vraiment, et qu'il faudra voir sur le long terme. Sûrement. Trouver des mots, en former des phrases en accord avec le caractère de la plus jeune, tout en la guidant plus ou moins. Délicat.

Elle n'a personne pour lui poser des limites, personne à observer pour savoir comment faire et ensuite faire elle même, personne pour lui dire ce qui est bien ou mal, personne vers qui se tourner. Rien. Et dans l'instant lui ce qu'il représente ? Personne aussi. Dans l'océan que représente la vie d'une adolescente livrée à elle-même de 15 ans, il n'est actuellement qu'un rocher auquel se rattraper temporairement, mais certainement pas l'île, l'enclave où récupérer. Parce qu'il se rend compte - et ce n'est pas une grande nouvelle, il le savait - qu'il ne sait rien. Ce qui au départ ne le dérangeait pas plus que ça. Fuyu était Fuyu, ce qui comptait c'était le présent, puisqu'il ne voyait pas d'avenir. Maintenant il y a un fond qui se dessine et une toile vierge à l'avant plan qu'il faut remplir. C'est soudain, trop soudain pour réellement comprendre ou en dégager une quelconque ampleur. D'où le fait qu'il ne soit que le rocher. Mais le rôle lui va. Des mots, une présence, du réconfort - maladroit mais l'intention y est, il peut en donner. Ecouter aussi il sait faire. Parler, n'en parlons justement pas.

Evidemment, maintenant qu'il sait qu'elle est seul... Il comprend un peu mieux son caractère. Enfin, il essaie.
Elle n'a personne alors elle met en avant une attitude insolente, au dessus du reste, maniant les mots comme lui son sabre pour se défendre et faire croire qu'elle est intouchable ou presque. Des murs invisibles. Parce qu'en réalité, la moindre brèche, le mondre faufilement au delà des barrières suffit à faire tout tomber. La brèche est petite, minuscule, mais une fois trouvée... Le château de carte s'écroule. Elle semble surprise de son invitation, ce qu'il est difficile de blamer. Ce n'est pas comme si lui même l'avait prévu. Mais même en voyant son hésitation, il ne reviendra pas sur sa proposition. Ce qui est dit est dit. Alors il lui laisse le temps de penser sans l'interrompre. Il la laisse changer leur position sans bouger, commençant à s'y habituer. Elle initie les contacts. Il suit. Si quelque chose le dérangeait, il y remédierait immédiatement. Un peu comme un adulte qui supervise un enfant, le surveillant du coin de l'oeil sans en avoir l'air, prêt à intervenir à tout moment.
Puis finalement, une réponse :

– Hum... D’accord. Mais avant cela, il faut que tu me promettes quelque chose, Finn.

Il hausse un sourcil, incapable depuis sa position de voir l'expression de Fuyu. Dommage, il aurait espéré pouvoir y lire quelque chose. Avoir un indice sur ce qu'elle peut bien avoir derrière la tête. Il devra faire sans. Dans la situation où ils sont, et puisque Fuyu n'est de toute façon pas en mesure d'exiger quoi que ce soit, il ne se mouillera pas trop en lui répondant un :

- Quoi donc ?

Rien n'est accepté mais il est curieux de savoir ce qu'elle peut bien vouloir. C'est Finn qui offre de l'aide et c'est elle qui exige quelque chose en retour mais il passe sur le fait en haussant les épaules. En y regardant de plus près, il est celui qui exige quelque chose d'elle. Qu'elle ne reste pas dans cet endroit où elle est descendue d'elle même. Et elle vient bien, finalement, d'accepter de le quitter, non ? Peu importe le moyen si la fin est là. Une nuit sur le canapé, ce n'est pas cher payé. En plus il est bien son canapé. Nana ne s'en plaignait pas quand il n'y avait pas deux chambres.
Oui mais Nana est bizarre.
Enfin bref. Nana mis à part, son canapé reste très bien.

Il sent sa respiration sur son cou, calme et sans accoup. Aucun doute qu'elle a déjà une idée derrière la tête toute planifiée. Et lui ne bouge pas, trop curieux de voir où cela va mener, tout en étant prêt à tout stopper. Il pourrait lui rendre son étreinte, mais ne le fait pas. Pas cette fois. Il attend juste, calmement, de voir où elle veut aller. Lui laisser un peu de contrôle après son dérapage majeur. Peut-être cela l'aidera à régner un peu à nouveau sur ses émotions. Oui, de la patience, voilà encore une des choses dont il se sent de faire preuve à l'égart de la plus jeune.
Où cela les mènera, il se le demande.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   23rd Août 2012, 10:14

Ce sentiment de vide, d’hésitation, de peur et de malaise céda place à un autre ; le regret. Vint alors le temps des remords. Habituellement, Fuyu ne se plaignait pas. Jamais. Mais ce soir, en croisant le chemin de Finn, elle s’était aventurée sur un terrain trop glissant pour être sans risques. Alors maintenant, elle s’en voulait terriblement. Premièrement, elle avait baissé sa garde et pouvait maintenant perdre le jeune homme à tout moment. Pourquoi maintenant plus qu’autrefois ? Simplement car c’était la Fuyu arrogante et insolente qu’il connaissait et qu’il appréciait à sa façon – bien qu’il ne le lui ait jamais dis, elle s’amusait à penser qu’au fond, il l’aimait bien – et maintenant qu’il a découvert cette partie obscure en elle, il n’avait strictement aucune raison de continuer le jeu. Un mauvais coup aux échecs n’est pas souvent récupérable quand l’adversaire n’en est point à sa première bataille. Deuxièmement, elle voyait bien qu’il était devenu hésitant, peut-être même méfiant. Que pensait-il de cette situation ? Question sans réponse qui ronge encore la demoiselle. Mais le pire de tout cela, c’est qu’elle ne savait plus comment elle devait agir. Parce que se comporter comme à l’accoutumée en cet instant serait totalement déplacé et son but n’était pas là. Continuer sur sa lancée la perdra et à trop se remémorer son passé, elle succombera à l’envie de vider son sac sur Finn, de tout lui dévoiler, à partir de ses craintes jusqu’à ses cauchemars qui perduraient encore tant de temps après la disparition de son père. Elle était encore plus perdue qu’au début de la conversation, n’avait fait que s’enfoncer dans ce labyrinthe dont elle ne connaissait rien et où elle entrainait délibérément le brun. Le brun qui lui, la suivait sans geindre, signe qu’il ne savait pas plus comment se comporter qu’elle.

Elle n’attendait rien de lui. Elle espérait peut-être au fond qu’il trouve les bons mots, mais savait pourtant que ce serait peu probable, parce que ces bons mots justement, elle ne savait même pas quels étaient-il. Peut-être aussi s’attendait-elle, sans extérioriser cette pensée, qu’il la réprimande, parce que dans ses souvenirs, ça marchait fort bien quand il était question de la calmer. S’il se taisait, ça ne serait pas plus mal. Bon, avouons tout de même que rien que le son de sa voix suffisait à mettre une sorte de baume de protection et de sûreté autour de Fuyu, mais elle n’allait pas lui dire quoi faire tout de même. Pas que ça la dérangeait de lui donner des ordres – mal vu ou pas, ce n’est pas aujourd’hui qu’elle commencera à s’en soucier – simplement qu’elle ne saurait préciser ; elle ne saurait le conseiller sur le comportement à adopter en cette situation. Elle voulait tout. Elle ne voulait rien. Elle voulait qu’il s’en aille. Elle voulait qu’il reste près d’elle. Elle voulait qu’il se taise. Elle voulait qu’il la tance. Alors tout bonnement, elle refoulait toutes ces envies pour ne plus rien espérer, ne plus rien vouloir. Juste attendre. Une patience qui, malheureusement, lui faisait défaut la majeure partie du temps. Mais qui sait, ce soir peut-être, oui, juste ce soir, elle arriverait à se montrer patiente. Parce qu’entre nous, elle n’était pas en mesure d’exiger quoique ce soit.

Il reprit la parole, d’une voix qui ne se voulu ni sévère, ni vraiment douce. Il lui parlait normalement, non pas comme un adulte à un enfant, simplement comme... Comme ce mot qui lui échappait toujours. Pour une fois – et ce sera sans doute la dernière, elle ne lui en voulu pas car il la qualifia d’enfant. C’est vrai que si quelqu’un de dix ans venait lui parler, elle ne pourrait le considérer autrement qu’un enfant. Enfin, quoiqu’il en soit, elle ne trouvait pas qu’il avait raison. Elle se tenait encore face à lui quand il déclara ces quelques paroles et elle n’eut donc aucun mal à relever le menton pour croiser son regard. Elle ne s’y attarda cependant pas, fuyant toujours cette intensité qu’elle admirait, cette lueur qu’elle avait si peur de ne plus jamais revoir. Alors elle ferma les yeux, comme pour conserver les traits du visage de Finn dans sa tête, dans sa mémoire, ancrés en elle. La voix qu’elle utilisa pour répondre fut posée mais assez sarcastique, lui signifiant qu’il n’avait pas saisi. Pas tout à fait du moins.
– Ce n’est pas que je ne m’accepte pas, c’est que je ne me reconnais pas. Nuance.

Ils n’étaient pas entrain de concurrencer et elle ne jouait pas sur les mots pour éviter de lui donner raison, loin de là. Juste qu’elle avait eu le temps d’y réfléchir et qu’elle estimait que cette fois-ci, il avait tort. Elle ne le contredit pas sur le fait qu’elle était une enfant, qu’il s’en estime heureux. Mais pour le fait de ne pas s’accepter, pas la peine de chercher trop loin, ce n’était pas ça. En plus de cela, c’était bien la première fois qu’elle perdait ainsi tous ses moyens, alors au lieu de balbutier bêtement pour trouver ses mots, elle préférait lui dire ce qu’elle pensait. Elle ne pouvait s’accepter, était incapable de s’assumer tant qu’elle ne se reconnaissait pas. Ce n’était pas la Fuyu qu’elle avait l’habitude d’être. Pas avec Finn. Pas à cette heure-ci. Pas dans cette ruelle.
Il est vrai qu’elle s’excusa deux fois dans la soirée, mais d’après-elle, c’était justifié. Elle avait beau se montrer excessivement insolente parfois, elle savait tout de même distinguer le bien du mal et, plus que tout, lui était reconnaissante. Elle ne réussit pas à le lui dire clairement, mais elle le faisait par bribes lancées ci et là. Elle réussira peut-être au bout de la soirée, mais pour le moment, il devra s’en contenter.

Cela était évident. Flagrant. Il ne semblait pas avoir pris sa décision entre franchise peut-être trop brusque et maladresse attentionnée. La jeune fille avait logée son visage dans son cou et elle le remercierait presque de ne pas l’avoir repoussé. Qu’il ne s’inquiète pas, elle n’allait rien faire si ce n’est profiter encore quelques instants de l’agréable sensation de sa peau contre la sienne. Elle préférait qu’il soit franc, même s’il fallait qu’il la blesse. Elle n’aimait pas qu’on tourne autour du pot, ne supportait pas qu’on ne soit pas direct avec elle. Ayant subis pire, et vu ce qu’elle pensait en ce moment précis, elle sait qu’elle ne pourrait pas mal le prendre. Ce qu’elle pensait ? Parlons-en, justement. Elle ne pouvait pas s’énerver contre Finn car, à ce qu’elle sache, elle n’avait plus que lui. Il essayait et réussissait, bien que dérapant parfois. Il était là pour elle, la réchauffait de son souffle, la couvait à l’aide de ses bras, la faisait sourire juste avec quelques mots prononcés, et surtout, il acceptait cette nouvelle elle, qui prit le temps de quelques minutes la place de la Fuyu irrespectueuse habituelle, mieux qu’elle ne le faisait.

Peut-être qu’un jour, ce sera elle l’adulte. Peut-être qu’un jour, elle se retrouvera dans cette situation. Et peut-être qu’un jour, elle se rappellera ce moment qu’elle vit avec Finn pour s’en servir comme modèle et essayer de mieux faire. Peut-être que ce jour, elle ne pensera pas « je suis pathétique » mais plutôt « comment lui venir en aide ». À vrai dire, elle n’en doutait pas. Elle savait parfaitement que le jeune homme désirait l’aider. Mais elle savait aussi qu’il était trop peu informé pour tenter une approche si délicate, car, si nous nous penchons de plus près sur la question, Finn ne connait presque rien de Fuyu. En résumé, un caractère de chien et le fait qu’elle soit seule. Rien d’autre. Il en a pourtant besoin pour l’aider. Elle ne voulait rien lui dire de plus. Elle ne voulait pas qu’il sache les circonstances de ce jour, de cette nuit, de cette vie qu’était celle de la jeune fille. Et puis, au risque de me répéter, elle n’attendait rien de lui. Qu’il réagisse comme bon le lui semble. Car au fond, le résultat sera le même ; Fuyu n’est pas prête de se sentir mieux si ce n’est poussée par sa propre volonté.

Si réellement elle était la naufragée précipitée dans un fleuve agité par un violent courant, alors Finn n’était pas et ne sera jamais le rocher. Elle ne pouvait pas le considérer comme tel. Elle ne pouvait pas ignorer tous ses efforts pour lui donner un rôle qui a beau être important, n’est que temporaire. Il n’était pas la bouée, il n’était pas le bateau, il n’était pas l’île. Il était celui qui la poussait à se battre. Celui qu’il l’attendait. Celui qui lui revenait à en tête à peine l’idée d’abandonner fleurissait dans son esprit tourmenté par les vagues en entraîné dans les remous. Elle se battait pour lui. Ce lui qui était là pour elle, même dans cette situation. Ce lui qui ne pouvait rien faire physiquement, mais qui aidait plus que le sauveteur – si toutefois, ce sauveteur existe – étant donné que sa présence mentale était imprégnée en la demoiselle. Oui, voilà. Elle en était imprégnée. Elle n’était pas sotte au point d’ignorer ce qu’il faisait pour elle. Car des rares souvenirs qu’elle voulait garder de sa vie passée, il y avait cette image de son père lui recommandant fiévreusement de ne jamais être ingrate. Sans le crier haut et fort, elle était quelque peu étonnée de voir comment Finn réagissait. Parce que ses réactions étaient inattendues mais raisonnables. Il agissait comme il le fallait, quand il le fallait. Alors non, Fuyu refusait tout bonnement de le qualifier de rocher dans l’histoire. Et puis, c’était elle le personnage principal, non ? Alors la façon dont les évènements se dérouleraient changerait si cela lui chantait. Mais dans tout cela, ce qui est étrange, c’est qu’habituellement, celui ou celle qui jouait le rôle de la personne qui nous pousse à aller plus loin et qui nous attend à la maison était toujours quelqu’un de cher à nos yeux. Un membre de la famille. Mais alors, pourquoi est-ce que Fuyu voyait-elle Finn en ce « lui » ? Plus étonnant encore, pourquoi avait-elle l’impression qu’elle devait rester sur cette voie qu’était la famille pour trouver ce mot ou peut-être ces mots pour qualifier le jeune homme ? Elle le sentait ; ça remontait doucement à la surface. Elle était sur le point de le murmurer pour être sûre de ne pas l’oublier, mais Finn reprit la parole.

Elle ne répondit pas tout de suite étant donne qu’elle venait tout juste d’être tirée de cet état second où elle se vit plonger. Elle remarqua qu’il ne répondit pas à l’étreinte et sourit faiblement. Un sourire sans joie particulière, sans tristesse ou mélancolie apparente. Elle ne savait si elle l’avait mis mal à l’aise, mais elle le sentait tendu. Peut-être se trompait-elle. Pensait-il qu’elle serait capable de s’éloigner à ce point-là du chemin qu’elle arpentait ? Pensait-il qu’elle allait tenter quelque chose ? En même temps, si quelqu’un venait nicher son visage dans son cou, elle ne pourrait qu’être méfiante. Là encore, son maladresse la perturba, la gêna. Elle recula son visage pour qu’il soit face à celui de l’homme, sans pour autant retirer ses bras enroulés autour de son cou. Elle avait gardé une distance raisonnable entre eux deux, espérant que ça suffirait à lui ôter ses doutes. Elle n’avait qu’à lui répondre. Juste lui répondre. Après, elle s’éloignerait et ne se risquerait plus à l’approcher ainsi. Elle n’espérait pas spécialement qu’il lui rende son étreinte, mais au vu de sa fierté, ne voulait plus être comme qui dirait « ignorée ». Bien sûr, elle garda tout cela pour elle. Pas le peine d’aller le lui reprocher.
– Promet-moi que ton attitude ne changera pas vis-à-vis de moi. Promet-moi que tu resteras près de moi. Que tu ne m’abandonneras pas. Jamais. Promet-le-moi, Finn.

Elle ne savait pas trop si elle était en mesure de lui demander quoique ce soit, mais était pourtant consciente que ce qu’elle venait de lui dire sonnait bien plus comme un ordre que comme une requête. Elle ne reformulera pas, n’ajoutera rien. Peu importe. Elle retira ses bras pour les laisser tomber le long de son corps et recula d’un pas, ôtant définitivement l’idée que Finn s’était peut-être faite qu’elle voulait tenter quelque chose. Elle n’évitait plus son regard, le croisait, le soutenait et ne s’y laissait pas entraînée. Elle attendait une réponse. Peut-être un geste. Une réaction. Derrière tout cela se cachait un test. Un tout ou rien. Soit il réussit, soit il échoue. Soit il agit comme il se le doit, soit il est trop hésitant pour faire ce pas qui les séparait. Elle ne savait pas comment elle réagirait en cas d’échec de la part de Finn. D’ailleurs, elle ne savait pas non plus ce qu’elle ferait en cas de réussite de ce-dernier. Il fallait juste qu’il le dise. Non. Qu’il le fasse. Qu’il se rattrape. Il y avait différentes façons de procéder, mais cela menait au final à la même chose. Qu’il choisisse. Qu’il continue ou qu’il abandonne. Tic Tac.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   23rd Août 2012, 13:41

Hésitation et maladresse. Il les enchaîne toutes deux, l'une après l'autre, les deux en même temps, et des fois elles prennent une pause. Il ne se reconnaît pas entièrement là. Au début c'était lui. Et plus l'adolescente s'enfonce, plus son envie de la remonter est grande et moins il sait comment s'y prendre. Il tâtonne, essaie, tente de ne pas paraître trop mal assuré même si cela transparaît dans certains gestes. Il veut bien faire mais ne sait pas s'il s'y prend de la bonne manière. Le fait qu'ils soient tous les deux arrivés en terrain inconnu en même temps n'aide pas.
Et il peut s'estimer heureux de ne pas être en plus accablé de nouvelles émotions qu'il tente de démêler. Elles ont toujours été là, sous jacentes et attendant leur heure. Il n'aura plus qu'à les nommer une fois qu'il aura bien fait leur connaissance.
En attendant il s'autorise - tolère serait le terme exact - un débordement dans sa personnalité. Il est impossible d'être sûr de soi constament. En réalité, c'est même lorsque confronté à une situation délicate incluant une personne chère que l'on découvre des aspects de soi qui ne ressortent pas souvent. Comme là. Le temps qu'il leur passe une laisse et les place sous contrôle ne lui sera pas laissé en une soirée. En attendant, il est contraint de continuer à naviguer à vue en eaux troubles. Et à commettre des erreurs.

– Ce n’est pas que je ne m’accepte pas, c’est que je ne me reconnais pas. Nuance.

Ouch. Comme là. Accident de parcours pour lequelle elle ne semble pas lui tenir trop rigueur. Si on omet le sarcasme, mais après tout si il a mis les pieds à côté, c'est justifié. A ce stade, il ne va pas lui en vouloir pour si peu.
Elle a tant changé en un instant qu'elle ne se reconnaît pas. Un peu comme lui se demande si il est vraiment lui, à un niveau inférieur et moins important. Celle qui a une réelle crise existentielle ici, c'est Fuyu. Et honnêtement, il n'envie pas son rôle.
Du coup, il ne sait pas trop que répondre. Elle se cherche. Il n'a aucune idée de comment l'aider à se trouver elle même, puisqu'elle se cache visiblement à l'intérieur de sa propre tête. Il ne peut que lancer des suppositions quand il en a, en espérant que l'une d'elle fasse sonner une cloche et la ramène plus proche de la vérité. Un petit peu. Ou, comme à sa dernière réplique, élimine des pistes.
Alors, plutôt que de s'enfoncer ou de ne parler pour ne rien dire, puisqu'il fait des exception à son propre personnage, cette fois-ci il ne dit rien. Se contente de comprendre et d'écouter. Quand il aura une idée, il la fera savoir. Pour l'instant, il n'en a pas. Le soutient moral reste présent.

Et puis, la jeune fille bouge de sorte à lui faire face. Il attend, toujours aussi patiemment, la sentance.

– Promet-moi que ton attitude ne changera pas vis-à-vis de moi. Promet-moi que tu resteras près de moi. Que tu ne m’abandonneras pas. Jamais. Promet-le-moi, Finn.

Il ne peut absolument pas retenir, l'espace d'un instant, l'air surpris sur son visage. Qu'on ne s'y méprenne pas. Ce n'est pas que la demande lui semble pharamineuse et innacessible. C'est plutôt qu'au contraire, il pensais que ce point n'était même pas à discuter. Qu'il était acquis. Que Fuyu le pensait un peu plus égoïste que ça, et parfaitement capable de partir plus tôt si la situation l'avait ennuyé. Si il n'avait pas voulu assumer. Après tout, il aurait pu casser le tout. Remettre Fuyu dans le jeu, titiller sa fierté pour qu'elle reparte, la laisser là après avoir joué un peu. Il sait en général sentir arriver les ennuis et les situations délicates. C'est ce qui lui permet d'ailleurs de les provoquer quand il s'ennuie. Et même en étant complètement aveugle et stupide, lorsque tout a commencé à glisser - et surtout Fuyu - il était évident que si il n'avait rien voulu à voir avec la plus jeune, il aurait coupé court à tout. Pour ne rien entendre sur son passé. Pour ne rien entendre tout court et continuer à prétendre qu'elle n'est que l'arrogante petite adolescente de quinze ans.
Mais alors, elle n'aurait pas été son amie. Elle aurait été comme tous ces gens que Finn désigne comme "connaissances". Ils ne sont que ce qu'ils paraissent être, et jamais il ne se pose de questions sur le passé, ni ne va faire des suppositions sur différentes facettes de leur personnalité. En fait, il ne leur tient que rarement des discussions longues et avec un fond. Oui, Finny se contente de relations superficielles parce que cela lui convient.
Fuyu ne fait pas partie de ces relations superficielles.

Mais, pendant quelques secondes fugaces, il a l'air étonné. Et quand il reprend le contrôle entier de son visage, il s'en veut immédiatement. Evidemment, qu'il est stupide. Fuyu ne peut pas savoir. Fuyu ne lit pas dans ses pensées. Fuyu ne sait pas qu'il a une étrange façon de considérer ses relations avec les gens. Imbécile.

Et puis, la jeune fille se décroche de lui. Un instinc lui crie de la ramener là, alors que quelque part au fond de sa tête il a l'impression d'avoir encore dérapé. Un espèce de sentiement empathique agrandissant à l'échelle mentale cette séparation physique. Quand bien même la jeune fille n'est pas partie bien loin. N'est pas réellement partie en premier lieu.
Alors pour se rattraper, maladroitement, il décide d'avancer pour clore à nouveau la distance entre eux deux, enserrant la plus jeune dans ses bras avant qu'elle ne puisse reculer. Ce n'est certainement pas la meilleure des techniques, il en convient, mais il n'a pas réussi à penser à autre chose dans les deux millièmes de seconde qu'il s'est accordé pour réfléchir.

- Il est hors de question que je t'abandonne, c'est promis.

Il faut qu'il lui dise quelque chose d'autre. Pour achever de la convaincre, puisque sa performance jusque là a été quelque peu... Minable. Quelques petits mots qu'il pense très fort, qui doivent juste passer la barrière de ses lèvres. Ce n'est pas difficile, il parle à longueure de journée d'habitude. Quelle ironie. Il faut croire que le courage ne vient pas avec cette capacité là.

- Je... Je tiens à toi, d'accord ? Et ne me le fais pas répéter.

Ou peut être que si. La phrase est un peu précipité bien que parfaitement intelligible. En fait le contractant en est le premier étonné, bien qu'il ne le montre pas. C'est surprenament facile à prononcer, en fait. Une fois que c'est fait.
Il dit cela mais il n'est pas prêt de le redire une seconde fois. Oh que non. Noël est à la fin de l'année. D'ailleurs il n'aime pas Noël en fait, alors disons juste que l'anniversaire de Fuyu est en avance cette année. Ou en avance pour l'année d'après si il se trouve qu'il est actuellement en retard pour l'année en cours. Qu'importe.

Il la garde dans ses bras encore quelques secondes avant de relâcher son étreinte, reculant juste assez pour pouvoir la regarder en face. Ses mains ne quittent d'ailleurs pas les épaules de la jeune fille. Intérieurement, Finn se fait violence pour ne pas détourner le regard, parce que dans sa tête ce serait bien plus embarassant que sa petite confession. Chacun ses priorités.

- J'ai réussi le test ?

Son ton est revenu à la normal. Avec peut-être une pointe de légèreté sur cette dernière question, tant pour détendre légèrement la situation que pour se détendre lui même. Un léger sourire vient se dessiner sur ses lèvres. Il l'aime bien Fuyu. Que ce soit la facette agaçante, ou l'autre. Les deux forment Fuyu. La sienne, si il osait même y penser en ces termes. Car, vu son comportement ce soir, ils ne doivent pas être nombreux ceux à l'avoir vue sous ce jour. Et ces mots qu'il n'arrive pas à retrouver ? Certainement un terme affectueux. Une expression avec "petite" dedans. Pas "petite Fuyu", mais pas loin. Pas loin.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   24th Août 2012, 11:43

Fuyu était bien consciente de ne pas être la seule à subir une pression étrangère à ce qu’elle connaissait. Elle ne désirait en aucun cas se considérer comme la victime, car elle ne l’était pas. Certes, elle ne se reconnaissait pas totalement, mais c’était plutôt compréhensible. Il y a quelques minutes, elle taquinait Finn et jouait sur les mots avec lui avec malice. Maintenant, elle évitait constamment son regard, de peur d’y trouver cette étincelle. En fait, non. De peur de ne plus y trouver cette étincelle. Lui aussi ne savait pas quoi dire, ni quoi faire d’ailleurs. Il avait beau avoir cinq ans de plus qu’elle, connaître le monde mieux qu’elle, avoir peut-être subis des expériences plus douloureuses qu’elle, il n’avait sûrement pas l’habitude de ces cas-là. C’est comme s’il se sentait obligé de l’aider, de la protéger. Elle ne lui avait rien demandé, mais ne refusait pas non plus de s’accrocher à cette main tendue. Ne pouvait pas refuser, par crainte de tomber. Et pour tout vous dire, ce n’est pas le fait de tomber qui l’effrayait, mais plutôt de se dérober de la vue et de la vigilance du jeune homme. Comme si quelque chose allait se produire. Comme si elle était en perpétuel danger. Mais elle s’en voulu tout de même d’être si égoïste. Elle était plutôt exigeante comme fille et même si elle savait qu’il faisait de son mieux, elle n’avait pas pu résister à l’envie de lui imposer un test. Et cette pression dont je vus ai parlé dans les premières lignes se fit plus présente, plus oppressante et plus étouffante ; le cœur de la demoiselle battait tellement fort qu’elle craignait qu’il ne rompe le court silence installé entre les deux jeunes gens.

Revenons un peu plus tôt dans les évènements, quand elle venait tout juste de lui dire qu’il s’était trompé, quand elle commença à extérioriser cette partie mesquine et égoïste d’elle-même qu’elle haïssait. Finn ne répondit rien et bien qu’étonnée par son silence, elle le remercia silencieusement de la comprendre. Car il avait agi de la meilleure façon qui puisse être sur ce coup-ci. Il était là. Physiquement. Mentalement. Il était là. C’était suffisant. C’était bien plus que suffisant. Fuyu se cacherait dans ses bras si l’envie lui prenait – et elle l’avait déjà fait – et se réfugierait dans son regard si elle trouvait cela nécessaire. Mais elle n’abusait pourtant pas de cette présence, bien qu’en ce moment, elle l’utilise constamment. Elle ne savait pas si vraiment elle en avait besoin, mais c’est surtout de son essence à lui qu’elle avait besoin. Elle ne voulait pas prendre comme excuse son passé ou ce moment de doute qui la saisit. C’était juste comme ça. Pas un caprice de gamine. Une envie d’adolescente incontrôlable. Tolérable, néanmoins. Alors elle le faisait. Elle ne se servait pas de lui ; elle s’offrait délibérément à lui. Elle avait accepté son offre et était prête à aller chez lui, et qui sait, peut-être serait-elle prête à lui obéir encore quelques heures s’il le lui demandait.
Quant à lui, il ne profitait pas non plus d’elle. Et c’était justement cela qu’elle aimait en lui ; il était doté d’une gentillesse ancrée en lui, pas faussée par de l’hypocrisie. Pourquoi ne disait-elle rien alors ? Pourquoi se taisait-elle ? Pourquoi est-ce que ne lui expliquait pas tout ce qu’elle pansait ? Depuis quand sa fierté passait avant les êtres aimés ? Avant Finn, le fameux « lui » auquel elle tenait d’une façon différente, particulière, sauvage mais aussi douce ? Vraiment, elle se maudissait de ne pas trouver le courage nécessaire de le lui dire. De lui dire que cette promesse qu’elle voulait qu’il lui fasse aussi était égoïste ; elle voulait l’avoir pour elle, pour toujours. Mais qu’au fond, elle l’aimait bien. Et que de toute façon, l’amour, sous toutes ses formes, était un sentiment égoïste.

Il ne retint pas sa surprise. Ou peut-être n’y parvint-il pas, simplement. Quoiqu’il en soit, un fin maquillage d’étonnement lui souligna les yeux, les sourcils ainsi que les lèvres. Sans trop savoir pourquoi, Fuyu avait l’impression que le cerveau du jeune homme venait de passer la vitesse supérieure et que les idées défilaient, s’entrechoquaient, se mêlaient et se dispersaient. Elle avait gardé ses yeux rivés sur les siens, mais pourtant, elle n’y distingua pas grand-chose. De toute façon, communiquer par télépathie, ce n’était pas trop son truc non plus. Alors elle s’éloigna, le scruta, attendit. Il mit quelques seconds à s’éveiller et à se rendre compte qu’il n’avait encore adressé aucune réponse verbale à la jeune fille. Ce qu’il devait sans doute ignorer, c’est qu’elle n’interpréta pas ça comme de l’hésitation, mais plutôt comme de la réflexion. Nul besoin de lui en vouloir pour si peu. De toute façon, elle préférait les réponses réfléchies à celles débitées d’une façon tellement négligée que les mots perdaient leurs sens. L’agaçant son tinta bruyamment aux oreilles de Fuyu ; Tic Tac.

Un pas. Un seul. Finn analysa la situation d’un regard et le franchit. Il n’hésita pas. Le geste n’avait rien de maladroit. Quoique peut-être le fut-il, mais la demoiselle ne s’en soucia pas. Quand il l’entoura de ses deux bras, elle ne bougea pas, laissant le temps à ses émotions de se remettre en place. Pourquoi est-ce que son cœur ne retrouvait une cadence normale que quand elle percevait les battements de Finn ? Pourquoi est-ce qu’elle s’était sentie vaciller, tanguer et prête à tomber quand elle s’était éloignée de lui ? Pourquoi avait-elle été tant atteinte par le fait qu’il ne réagisse pas à son étreinte, un peu plus tôt ? Et surtout, pourquoi voulait-elle pleurer, maintenant ?

Sa réponse la fit frémir du plus profond de son être. Il avait utilisé les bons mots pour atteindre la jeune fille. Car elle qui aimait tant analyser les sous-entendus, était servie ; il venait d’insinuer qu’il s’interdisait lui-même de l’abandonner. Il venait d’avouer partiellement qu’il tenait à elle, juste assez pour ne pas la laisser – sens propre de la phrase. Mais c’est le dernier mot qui la calma pour bon. Il tiendrait parole. Elle le savait. Le sentait. Il ne romprait pas sa promesse. Non, ne parlons dont pas au temps de l’incertain. Il ne rompra pas sa promesse.
Doucement, elle remit ses bras autour du cou de Finn et se serra contre lui aussi fort qu’elle le pouvait, se hissant sur la pointe des pieds sans même s’en rendre compte. Mais qu’importait ? Il était là. Dans sa tête. Dans ses bras. Il était là. Il le sera encore. Il l’a promis. On ne compte pas le temps quand on a l’éternité devant soi. Bien que ce soit une éternité humaine et morelle, non celle des contes de fées.

Il fit plus que répondre à Fuyu. Plus qu’accepter sa requête. Il ajouta une phrase. Juste une phrase. Une phrase qui fit écarquiller les yeux de l’adolescente. Il ne pouvait pas la voir, mais pourtant, elle était réellement étonnée. Elle ne savait pas si au fond d’elle, elle était consciente de ce qu’il venait de lui avouer, mais l’entendre ainsi n’était pas un évènement qu’elle se serait permise ne serait-ce que d’espérer. Ils ne bougèrent plus. Puis ils ‘éloignèrent, mais il garda un contact physique avec elle ; ses mains étaient déposées sur ses épaules. Elle relâcha son souffle, se rendant tout juste compte qu’elle l’avait retenu. Une nouvelle fois, il prit la parole. Sa voix était plus calme, plus posée. Plus normale.

La jeune fille afficha un sourire et glissa sa main droite le long de son bras pour aller rencontrer les doigts du brun et, une seconde fois, les entremêler. Elle suivit cette opération des yeux, mais les releva pour lui répondre, son léger sourire toujours présent sur ses lèvres. Elle ne se demanda même pas comment il avait deviné pour le test ; au fond, la réponse était là : c’était Finn.

– Oui, tu as réussis le test. Et haut la main, qui plus est.

C’était insuffisant. Il fallait qu’elle rajoute quelque chose. Elle ne pouvait pas conclure avec une phrase si formelle, si peu personnelle. Elle n’allait certainement pas faire une remarque sur ce qu’il lui dit précédemment, accentuant encore le fait qu’il lui ait avoué qu’il l’appréciait. D’un geste doux, presque fraternel, elle leva la main du jeune homme – et la sienne par la même occasion – et la déposa sur sa propre joue, fermant les yeux un court instant, s’imprégnant de l’odeur, de la douceur et du plaisir que cela lui procurait. Quand ses yeux se rouvrirent, elle était décidée à le lui dire. Mais les mots ne lui vinrent pas. Comment s’y prendre ? Elle n’allait tout de même pas employer les mêmes mots que lui. Il fallait qu’elle trouve une phrase qui englobe tout. Parce que cette petite voulait être avec lui, le sentir près d’elle, le posséder, le savourer. Mais aussi, elle voulait lui dire qu’elle éprouvait la même chose pour lui et que s’il avait été capable de le faire, elle le pourra aussi. Mais ses sentiments étaient encore tant mêlés. Elle relâcha presque brusquement sa main et réduit bien hâtivement la distance peu présente entre leur deux corps. Elle se mit sur la pointe des pieds pour atteindre sa hauteur et vint pencher sa tête sur le coté. Bien qu’elle donne l’impression de se diriger vers son cou, c’était plutôt son oreille qu’elle visait. Quand elle l’atteint, elle lui murmura quelques mots dans un souffle chaud et saccadé qui s’abattait irrégulièrement sur sa peau.

– Ne t’avise jamais de me rappeler que je t’ai dis ça. Mais... Finn, je... Je t’adore.

Elle lâcha cette dernière partie rapidement. Peut-être trop. Mais c’était compréhensible ; le son de ces trois mots n’était comparable à aucun autre. Elle avait manqué de souffle, de courage, mais elle avait finalement réussit. Sans se soucier de l’avis de Finn sur ce qu’elle comptait faire, elle tourna légèrement sa tête vers la droite et fit disparaître la séparation présente entre la joue du jeune homme et ses propres lèvres. Elle ne s’y attarda pas, mais ne s’éloigna pas à peine la pression effectuée. Elle avait fermé les yeux, comme pour mieux contrôler son pouls qui ne voulait pas repasser à la vitesse anodine. Elle recula lentement, ses yeux fixés sur le sol. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était si gênée, mais se dit que c’était peut-être car elle appréhendait la réaction du jeune homme. De toute façon, s’il y avait bien une chose dont il était incapable, c’était de lui faire regretter ce baiser. Ce fut agréable. Plaisant. Reposant. Embarrassant. Simple. Compliqué. Mais c’était bien la première fois que Fuyu sentait une telle chaleur émaner de son corps alors qu’elle venait d’embrasser quelqu’un sur la joue. Ce n’était pas la chaleur qu’elle ressentait quand sa bouche rencontrait celle d’un homme. Non. Une autre sensation. Une autre relation. Plus authentique que l’amitié. Plus intime que le désir. Plus forte que l’amour. Plus solide que la haine.

Famille. Finn. Âgé. Les membres de la famille de sexe masculin et étant plus ou moins âgés étaient le père et les grand-frères. Frères. Grands-frères. Quelque chose en Fuyu s’agita. Elle tenait sa réponse. Elle l’avait. Mais pourtant, elle dérapait, glissait sur ce terrain si peu connu. Elle considérait donc Finn comme étant son...

Nouvelle interruption. Mais cette fois-ci, ce fut volontaire. Comme si elle ne voulait pas pas encore trouver la réponse. Comme si elle aimait bien se voir patauger et glisser. Ses yeux nuancés scrutaient toujours le sol quand finalement, elle les fermait. Qu’allait faire Finn ? Allait-il bien réagir ? Le prendrait-il mal ? L’obligerait-il à le regarder dans les yeux ? Et cela, était-ce plus considéré comme une bonne ou une mauvaise réaction ? Une punition, peut-être. Peut-être pas.

Elle. Lui. Eux. Fuyu. Finn. Deux jeunes gens approchant de la vérité. Le Destin existait-il ? Le soutient Divin était-il réellement présent ? Le temps était celui qui déterminait le mieux les réponses à ce genre de questions. Et pour le moment, ils avaient du temps devant eux. Enfin, plutôt quelques fractions de secondes pendant lesquelles il fallait que Finn agisse et que Fuyu réagisse. Elle rouvrit les yeux. Tout ce à quoi elle venait de se penser ne fit tourne l’aiguille des secondes de la grande Horloge qu’une seule fois. Et maintenant ?
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   26th Août 2012, 11:43

Les sens à l'affus, il essaie de détecter une réaction chez la plus jeune. Aussi petite soit-elle. Des fois, des détails racontent des histoires immenses. Un petit tic nerveux inconscient par exemple, peut prouver que la personne en face ment. De là il appartient ensuite à l'observateur de pointer, par exemple, le mensonge à la figure du menteur, ou de faire comme si de rien n'était, et de tirer les cordes d'un piège invisible qui finira par se refermer sur lui. Un minuscule détail peut mener à quelque chose de beaucoup, beaucoup plus gros, par une série d'évènement. La plupart du temps, quand il s'agit de traiter avec d'autres êtres humains, celui qui en sait le plus sur l'affaire - et sur son vis à vis bien souvent - l'emporte. Quand on se retrouve dans le cas de celui qui en sait le moins, il faut agir vite, bien, mais aussi être chanceux.
En tout cas, c'est vrai sur papier et en stratégie. Pour scrutter l'ennemi. Bien entendu ici, Finn ne cherche pas à détecter un mensonge ni rien qui s'en approche, et en fait Fuyu est loin, très loin, d'être considérée comme une ennemie. Le principe de base, chercher à analyser le comportement de l'autre, est la seule chose en commun. Son seul but est de chercher à voir les émotions de la jeune fille. Les vraies, pas celles qu'elle voudra bien présenter, après que les vraies soient passées dans un filtre. Dans la pénombre, c'est délicat.

Toutefois, il s'avère que tenter de se concentrer pour percevoir quelque chose est inutile. Elle affiche en effet clairement ses gestes et ses émotions, et il en est tout au fond très reconnaissant. Comment aurait-il réagi si elle avait falsifié le résultat de ses mots ? Il l'aurait probablement mal pris. Peut-être sans rien en montrer. Sûrement, en fait.
Mais son sourire sonne vrai, et elle répond au geste affectif. Il n'y a pas besoin de plus pour qu'il sente une tension s'en aller de ses épaules. Une tension qui s'était installée là à son insu. La fripouille.

– Oui, tu as réussis le test. Et haut la main, qui plus est.

Eh bien, voilà la preuve que ce qu'il pensait si maladroit ne l'était pas tant que ça. Ou peut-être que si mais qu'elle ne lui en tient pas rigueur. Dans tous les cas, le test est réussi. Ce qui signifie... Ce qui signifie quoi, d'ailleurs ? Leur relation va continuer son chemin, enrichie d'un nouvel aspect comme en fait elle a probablement toujours tendu à faire. Mais concrètement, cela signifie surtout que cette relation ne vient pas de voler en éclats à cause d'un pas de travers. Il ne le dira pas, mais c'est un énorme soulagement. Au lieu des mots, il serre brièvement un peu plus fort la main que tient Fuyu. Un geste qui parle autant qu'une phrase qu'il se sait incapable de prononcer de toute façon. La formuler ne serait-ce que mentalement risquerait déjà de lui prendre du temps. Il y a trop de sentiments et de ressentis, trop d'éléments entremêlés pour en ressortir quelque chose de suffisamment clair et précis pour être mis en mot. Les mots, bien que très pratiques, sont souvent trop précis pour exprimer ce qui est éprouvé. A l'inverse, ils peuvent bien souvent s'avérés trop peu spécifiques. Fréquement, les gestes parlent plus qu'eux. Ce qui en soit n'est pas forcément un mal. Même quand on est trop bavard.

Fuyu s'approche ensuite, se hissant sur la pointe des pieds pour pouvoir atteindre sa tête. Leur différence de taille est un des éléments qui font que Finn l'appelle gamine en premier lieu. Parallèlement, c'est aussi un des éléments qui tirent sur ce côté protecteur envers la plus jeune. Plus petite, plus jeune, plus faible physiquement. Car mentalement il n'en est pas vraiment sûr. Et c'est quelque chose qu'il n'est pas pressé de découvrir, cette résistance mentale. Il serait même préférable qu'il n'en découvre jamais l'étendue. Cela reviendrait à dire qu'elle n'a pas eu à en faire usage. Cela étant si bien sûr dans le cas contraire elle viendrait se réfugier vers lui à un moment ou à un autre. Enfin, il n'est actuellement question de rien de tout cela. Il n'est pour le moment question que du moment présent, l'avenir attendra.
La respiration chaude de Fuyu sur son cou est irrégulière, et pourtant rassurante. Ancrant la scène un peu plus dans la réalité et le présent.

– Ne t’avise jamais de me rappeler que je t’ai dis ça. Mais... Finn, je... Je t’adore.

Le contractant ne peut retenir son sourire. Il retient même un léger rire devant l'embarras de l'adolescente. Parce qu'il n'en menait pas large lui non plus un instant plus tôt dans la même situation, et car ce serait mal avisé de sa part. Et puis, il aurait été coupé net dans son action par la surprise provoquée par l'action de Fuyu. Il ne s'y attendait pas, l'action ayant fait dérailler tout train de pensée. Un geste inattendu, mais agréable. Définitivement agréable. Cette pensée là ramène un léger sourire sur son visage pendant que la jeune fille s'éloigne doucement, tête baissée.
Mignonne. Voilà ce qu'elle est dans l'instant. Tout comme son action. Après, pas sûr qu'elle apprécie qu'on le lui dise en face, alors Finn le gardera sagement pour lui même. A la place, il glisse une main le long de sa joue jusque dans ses cheveux qu'il ébouriffe légèrement dans une gesture affectueuse tout en ramenant sa tête contre son torse. Sans la forcer à lever le visage, parce qu'il respecte sa gêne.

- Je tâcherai de ne pas te le rappeler. Pas trop souvent en tout cas.

Il fait le malin avec la dernière phrase alors qu'il a parfaitement conscience qu'en fait, elle en tient une contre lui aussi. Et, honnêtement, il ne s'amusera pas à lui rappeler.
Pas trop souvent tout du moins.
Il ferme les yeux un instant pour profiter de leur position et de l'accalmie dans le dialogue. Les émotions tourbillonnent moins, elles se calment et se posent gentiment. Elles restent liées, beaucoup ne vont pas sans leur pair. On a rarement vu une émotion aller seule quelque part. Il a extrêment conscience de la présence de la plus jeune, et de cet étrange tiraillement qui le pousse à aller vers elle. Une affection douce. Certainement pas ce qui lierait un homme à une femme dans une relation amoureuse. De toute façon, il n'a même jamais pensé à Fuyu en ces termes, ils ne lui ont pas effleuré l'esprit. Trop étranges, trop différents du ressenti réel. C'est une autre branche dans l'arbre des relations. Ce n'est pas non plus vraiment la camaraderie ressentie envers Nana. Non, ce n'est pas quelque chose qu'il connaît. Ni qu'il a connu. Il y a de la confiance, aussi. Pas complète et totale car cette denière n'est accordée qu'à lui-même, et il en a toujours été ainsi. Cela ne l'a jamais empêché de croire certaines personnes les yeux fermés et sans remise en question. Il y a bien sûr cette volonté de protéger. Mais il y en a d'autres. Pêle-mêle, on retrouve cette étrange - et peut-être égoïste - envie qu'elle se confie à lui; cette façon bizarre de la trouver attendrissante quand il s'y attend le moins; ou bien encore cette inclinaison nouvelle à vouloir la serrer dans ses bras quand elle ne va visiblement pas bien. Autour gravitent toujours la manie de vouloir la taquiner - preuve en est sa dernière réplique - et sa langue n'aurait aucun mal à prononcer un "gamine" dans l'instant. Il y a autant d'aspects que de rayon dans un cercle. Le tout semble... Familial. L'affection chaleureuse de sa mère lui rappelle certains de sentiments éprouvés actuellement. Seulement, vis à vis de sa mère, il était plutôt dans le cas du protégé.
En rouvrant les yeux, il se dit qu'il finira bien par poser un neuronne sur ce mot. Il y en a - théoriquement - pratiquement cent miliards, l'un d'entre eux y parviendra à un moment ou à un autre. En croisant les doigts et avec quelques prières. Peut-être un charme de chance aussi.
Oh qu'importe pour le moment.

Sa main se déplace jusque sous le menton de Fuyu, où il exerce une pression vers le haut pour lui faire relever la tête gentiment. Mais il ne cherche pas son regard. A la place, il se penche légèrement vers le bas et dépose ses lèvres sur le front de la plus jeune.
Maintenant ils sont quittes.
Le contact ne dure pas, Finn recule bientôt sa tête en se redressant tandis que sa main quitte sa position sous le menton de l'adolescente. Et maintenant ? Et maintenant il rechigne à bouger. Honnêtement, si le lieu n'était pas si malsain, il passait la nuit là. Aucun problème. Sauf que c'est peu recommandé - et recommandable - et que la menace est proportionnelle au temps passé dedans et à l'avancement de l'heure dans la nuit.
Ils sont donc, actuellement, sur la pente ascendante. Mais Finny ne veut pas brusquer la plus jeune. Alors la pente ascendante attendra. Et elle attendra le temps qu'il faudra.
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MessageSujet: Re: Envie d'aller trop loin. [PV Finn]   27th Août 2012, 09:55

Depuis sa plus tendre enfance, Fuyu détestait les menteurs. Qu’on lui dire la vérité, et c’est à elle, et seulement à elle, de juger si elle était bonne à entendre ou si elle ne l’était pas. Mais elle devait l’entendre. Toujours. N’étant point du genre « faites ce que je dis, pas ce que je fais », la demoiselle n’aimait pas non plus mentir. Parfois, elle dissimulait la vérité. Mais c’était rare, car elle préférait encore rester franche avec ceux qu’elle côtoyait. Et avec Finn encore plus. Alors, elle laissa ses mesquineries de coté, sa fierté dans sa poche, son orgueil à l’index, et afficha son expression la plus sincère qui soit. Elle ne cachait ni sa satisfaction en l’entendant avouer qu’il l’appréciait, ni son léger embarras quand elle lui rendit la pareille, ni même sa gêne croissante quand elle plaqua ses lèvres sur sa peau. Et puis, même quand les deux jeunes gens s’enfonçaient de plus en plus dans leur jeux probablement malsains – l’un avait passé l’âge, l’autre était trop jeune encore – ça restait quelque chose de vrai. D’authentique.

Elle en était si proche. Elle avait frôlé la vérité. Frôler ce ou ces mots qui lui échappaient. Pourtant, elle avait refusé de s’en saisir, refusé de comprendre. C’était comme si cela devait rester vague et mystérieux. Trop loin, trop furtif et trop vif pour être saisissable. Elle semblait prendre un malin plaisir à courir derrière cette réponse et quand elle s’en approchait, elle la laissait filer. Avait-elle peur que la magie qui agitait ses ailes féeriques en laissant une trainée de poussière enchantée sur la relation qui la liait à Finn ne prenne fin ? Elle ne l’avouerait sans doute jamais, mais c’était le cas. Son esprit enfantin lui dictait de s’en tenir au peu qu’elle possédait et de s’en contenter pour le moment. Du moins, jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement sûre que le lien les unissant, le brun et elle, soit assez résistant pour supporter la révélation de ce qui procurait tant de plaisir à rester secret. Pas qu’elle doutait qu’il ne tienne sa promesse, ni qu’elle le pensait capable de mettre fin à leu relation pour si peu. C’est juste qu’elle doute. Mais pas de lui. D’elle. C’est d’elle-même qu’elle doutait. N’allez pas croire qu’elle craignait de l’abandonner ; c’était lui qui avait promis, mais silencieusement et peut-être aussi inconsciemment, Fuyu jura d’en faire de même et de ne jamais s’éloigner de lui, de toujours rester près de lui – il est vrai qu’elle était la plus jeune dans l’histoire, mais elle ne désirait pas être protégée sans elle-même faire de son mieux. Disons simplement qu’elle craignait de ne pas être à la hauteur de ses espérances, de ne plus sentir ce petit tintement au fond d’elle qui lui dictait ses limites vis-à-vis de Finn, et que ce-dernier ressentirait ce manque, se rendant compte par la même occasion que quelque chose clochait. Trop compliqué. Beaucoup trop compliqué pour une adolescente de quinze ans. Alors pour faire court : elle ne voulait simplement pas poser un nom sur la nature de leur relation. Seul le fait que ses doigts entremêlés à ceux du jeune homme soient soudainement confrontés à une pression plus dense la tira de sa rêverie. Alors elle cessa de réfléchir. Justes quelques secondes. Quelques minutes avant d’elle aussi, faire un aveu, une confession.

Une main plus grande que la sienne, plus chaude, plus forte aussi, prit place sur sa joue. Son cœur manque un battement alors qu’elle fermait les yeux pour se calmer, ne sachant toujours pas ce qu’avait l‘intention de faire le jeune homme. Mais vu la délicatesse de son geste, cette main ne pouvait qu’être rassurante et protectrice, peut-être aussi réconfortante de part ce qui produisit un peu plus tôt dans la soirée. Doucement, ne la forçant à rien, il l’attira vers lui. Elle ne chercha même pas à résister, non pas car elle ignorait que c’était inutile parce que ça ne le serait pas, mais surtout parce qu’elle voulait, en cet instant, être proche de lui. Alors quand elle rencontra pour la énième fois son torse, elle rouvrit les yeux, son cœur ayant reprit sa cadence habituelle une fois que ses oreilles eurent perçu les battements de l’adulte. Elle ne se sentait pas qu’en sécurité dans ses bras, elle se sentait juste bien. Tellement bien. Baignant dans une insouciance à laquelle on ne l’y avait guère habituée, elle en profitait en savourant autant que possible le moment. Pour une fois, plus rien ne compta, si ce n’est ce présent. Ce magnifique présent. Aussi, bien qu’elle ne reconnaisse pas tout de suite ce sentiment qui avait pris place juste après l’aveu de Finn, le frémissement qu’il procurait était plaisant. Quand sa tête rencontra son torse, elle comprit que c’était aussi le sentiment d’être aimée qui lui plaisait tant quand elle était dans les bras du jeune homme.

Il reprit la parole, ajoutant une phrase qui fit légèrement rire Fuyu. D’une certaine façon, elle évacuait la pression qu’elle s’était affligée pour ne pas déraper, le stresse qu’elle ressentit à chaque fois que Finn ouvrait la bouche ou esquissait un mouvement. Bien sûr, elle savait qu’il avait fait ça naturellement, sur un coup de tête, et non pas réellement pour la menacer. Elle était tout de même plus douée que lui sur ce domaine ; c’était à elle que convenait le plus le rôle du maître chanteur. Et de toute façon, il lui avait avoué ses sentiments avant qu’elle n’ait eu à le faire, alors elle avait l’avantage. Et il le savait. Alors il ne fera rien contre elle. Cette réplique n’avait pas de but précis. Ça a toujours été de cette façon qu’il agissait avec elle, et c’est exactement de la même façon qu’elle faisait avec lui. Et jamais elle ne se demanda pourquoi il faisait ça, alors ça n’allait certainement pas commencer aujourd’hui. La faire rire ? La voir sourire ? Détendre l’atmosphère ? Reprendre le jeu ? Tout était possible venant de la part de celui dont elle ignorait encore tant de choses.

Sa main change d’endroit, glissant sous le menton de Fuyu. Il lui fit relever la tête et, encore une fois, elle ne résista point. Ses prunelles fuirent celui du jeune homme, et ce-dernier avait bien compris qu’il ne fallait pas la brusquer, car il ne la força pas à le regarder. Doucement, il appliqua une pression sur son front. La demoiselle écarquilla imperceptiblement les yeux, étonnée, voire éberluée, par ce qu’il venait de faire. Le contact de ses lèvres était doux et plaisant. Elle les avait déjà effleurées de ses doigts, mais c’était toujours elle qui le tentait et qui le taquinait. Pour une fois, c’était lui qui venait à elle. Lui qui acceptait sans broncher de sceller sa peau à la sienne, ses lèvres à une autre partie de son corps. Et puis, ce n’était pas pour titiller ses nerfs qu’il faisait ça. Plutôt par envie. Quand il s’éloigna, elle revint immédiatement se caler contre lui. Elle avait peur de lui lancer un regard interrogateur sans le vouloir en croisant ses yeux. Elle préférait rester contre lui, car ce contact était tout aussi bon à ressentir que le baiser. Elle ne saurait dire lequel elle préférait, mais elle espérait sérieusement ne pas déjà être devenue accro à cela en si peu de temps.

Ils restèrent ainsi, l’un contre l’autre, silencieux. Parfois, un bruit venait pourfendre l’obscurité, abaissant un voile de peur dans les environs. Fuyu s’étonna quelque peu du fait que Finn n’ait plus fait allusion à partir de cet endroit. Elle ne dit rien, réfléchissant à ce qui devait être le mieux à faire. Pour le moment, elle ne ni ne fera rien, elle non plus. Elle humait l’air environnant, le filtrait, et ne gardait que l’odeur du jeune homme. Elle tendit l’oreille, percevait quelques bruits étouffés, d’autres sourds, et d’autres encore bien assourdissants et, là encore, les éliminait pour ne garder que le son de la respiration calme du brun. Ses deux mains étaient posées depuis peu à plat, sur son torse, et parfois, elle agitait ses doigts, juste pour se convaincre que ce n’était pas un rêve et que cette distance les séparant était bel et bien inexistante. Le goût qu’elle avait dans la bouche ? Eh bien, il n’y en avait pas. Elle se plaisait à imaginer le goût des lèvres de Finn, mais ce n’était que pur caprice. Ce qu’elle avait sous les yeux était, au risque de répéter ce quelques mots, le torse du jeune homme. Ou alors, quand elle les fermait, c’était carrément son visage, car ses traits se dessinaient progressivement, lentement parfois, plus rapidement d’autres, suivant la mémoire de Fuyu qui tenait à ne pas omettre la moindre parcelle de peau souillée par une blessure ou recouverte peut-être d’une barbe naissante. Minutieuse comme elle l’était, tout devait être parfait. Juste parfait.

Précautionneusement, elle releva la tête et plongea ses prunelles toujours aussi hésitantes entre le gris et le bleu, dans celles vertes du jeune homme. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire alors qu’elle comptait exprimer de vive voix la décision qu’elle venait tout juste de prendre.

– Très bien. Allons-y, maintenant. En revanche, je ne te garantie pas que je serai aussi sage que je le suis en ce moment.

Elle lui tira la langue d’un air gamin avant de s’éloigner d’un pas pour pouvoir se mettre en route. En une fraction de secondes, elle se rappela que Finn n’avait pas la moindre idée d’où ils se trouvaient. Elle s’empêcha de pointer vers lui un doigt accusateur en pouffant de rire et se contenta de le devancer, lui saisissant le poignet au passage. Elle l’entraîna à sa suite dans les ruelles, ignorant comme elle le pouvait les quelques yeux braqués sur eux deux. Effectivement, plus ils avançaient, plus les ruelles devenaient plus fréquentables et plus peuplées, sans pour autant en être vraiment moins dangereuses. Quand elle quitta toutes ces rues sombres et malfamées, elle relâcha Finn et se tourna vers lui, haussant les épaules. Elle ne pourrait pas l’aider plus que ça, ignorant totalement où il l’habitait. Sans trop savoir pourquoi, elle avait le sentiment qu’elle n’allait pas pouvoir voir où habitait le jeune brun avant un moment encore. Enfin, le temps qu’il retrouve son chemin.

Maintenant qu’elle n’était plus entourée d’une pénombre irritante et qu’elle avait les idées claires, une pensée lui parcouru l’esprit à toute allure. Elle n’avait pas sommeil. Comment, une fois arrivée chez lui, allait-lui expliquer qu’elle ne ressentait aucunement l’envie de se mettre au lit ? Oh au pire, elle improvisera, comme elle l’avait toujours fait. Elle n’aurait qu’à l’entrainer une nouvelle fois dans son jeu. Ou, qui sait, peut-être que d’ici là, elle se sera fatiguée. C’était tout de même trop espéré. Fuyu avait envie d’aborder un certain sujet avec Finn, mais, hésitant encore, elle préférait ne plus trop y penser. Elle verrait le moment venu.

Actuellement, tout ce qui comptait, c’était eux, et eux seuls. Une petite fille surexcitée d’une part, et d’une autre, un jeune homme bavard dissimulant une aura protectrice sans égale. Une enfant et un adulte. Fuyu et Finn. Les deux personnes qui, sans avoir le même sang qui coulait dans leurs veines, semblaient pourtant aussi proches que deux membres d’une même famille. Comme une sœur cherchant un abri pour être en sécurité et le trouvant dans les bras de son grand-frère.
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